La presse, 10 juillet 2004, X. Arts et Spectacles: Cahier jazz
[" ARTS SPECTACLES SUR LE COUP DE MINUIT PAGE 3 DEUX GÉANTS CONVERSENT Oscar Peterson RENCONTREZ DONC CHAMPION! PAGE 7 > Voir GÉANTS en 2 ALAIN BRUNET alain.brunet@lapresse.ca vant que ne s'entame cette conversation musicale à caractère historique, Oscar Peterson et Oliver Jones se rendent mutuellement hommage par voie téléphonique, en plus de réfléchir à cette profession qu'ils chérissent.Touchant.Oscar amorce ce bel échange de congratulations.«Je dois admettre avoir un préjugé favorable à l'endroit d'Oliver.C'est qu'il en sait beaucoup sur le piano.Je le sais fort bien puisqu'il a été formé par ma soeur aînée Daisy\u2014que je surnommais Attila pour la taquiner (rires).Elle l'a fait travailler fort, notre Oliver, avec les résultats qu'on connaît.Lorsque je l'écoute jouer, je sais qu'il maîtrise les fondements du jazz.» «Si tu veux te hisser à unniveauélevé, ajoute Peterson, tu dois être bien équipé, et Oliver l'est.Je ne veux pas nommer de noms, mais je vous dirai que plusieurs personnalités connues du jazz ne peuvent compter sur une aussi solide formation que la sienne.Ils ne peuvent donc pas s'exprimer comme l'ont fait les plus grands.» Oscar Peterson et Oliver Jones, deux jazzmen de réputation internationale nés à Montréal, donnent ce soir le concert de clôture du 25e Festival international de jazz de Montréal.Plus tôt cette semaine, Alain Brunet a réalisé avec les deux pianistes une interview téléphonique en duplex qui a donné lieu à un dialogue unique entre ces deux grands. JAZZ Deux géants conversent GÉANTS suite de la page 1 Au tour d'Oliver d'encenser son aîné.« Oscar, tu es mon mentor depuis mon enfance.Toute ma vie, je me suis appliqué à suivre ce que tu as accompli.Même dans ton jeune temps, à cette époque où sévissaient de merveilleux pianistes montréalais tels Milton Sealy, Reggie Wilson ou Steep Wade.J'ai aussi appris de ces musiciens expérimentés.Et je me réjouis encore d'avoir pu bénéficier d'une solide formation avec Daisy, dès l'âge de 8 ans.« Lors de ma première leçon, je lui avais demandé qu'elle m'enseigne à jouer comme toi.Elle m'avait répondu que cette musique faisait déjà partie de moi mais qu'il me fallait aussi apprendre les fondements de la musique classique.J'ai pu faire face à la musique parce que Daisy connaissait bien le jazz et la musique classique, chose rare à l'époque.Lorsque ma leçon était terminée, je lui jouais mon jazz.Elle écoutait attentivement, me soutenait dans ma démarche.Ce fut un grand privilège.» Oscar Peterson confiera avoir pu compter également sur Paul de Marky, un professeur ouvert d'esprit.« Il était de formation classique mais écoutait aussi Teddy Wilson.Il m'avait transmis ce respect que tous les musiciens doivent manifester à l'endroit de leur instrument.Mon idole suprême, Art Tatum, tout comme le pianiste Hank Jones, ont aussi respecté profondément le piano.» L'expérience du jazz Les deux légendes vivantes se réjouissent en outre de l'amélioration des conditions d'enseignement du jazz, qui trouve désormais sa place dans toutes les facultés de musique.Quoique.« L'éducation des jazzmen, évalue Oliver, est maintenant supérieure au plan technique, reste que plusieurs pédagogues n'ont pas vécu l'expérience du jazz, soir après soir.» « C'est vrai, corrobore Oscar.Les jeunes posent des questions auxquelles les professeurs ne peuvent répondre.Il n'y a pas de connexion entre leur formation et le jazz dans la vraie vie.Je remarque heureusement que certaines écoles font des efforts pour connecter le monde académique au monde du jazz.» Au crépuscule de leur existence, Oscar Peterson et Oliver Jones s'opposent à tous les oracles annonçant l'agonie du jazz.« Le jazz peut toujours atteindre un autre stade, estime Oscar.Chaque être humain qui manifeste un vrai talent est aussi un être humain différent des autres.S'il réussit à affirmer cette différence, il y a des chances que le jazz s'en trouve transformé.» Oliver renchérit : « Chaque décennie, quelqu'un se présente avec une nouvelle approche, un nouveau concept avec lequel la communauté du jazz doit se familiariser.Le genre a tellement progressé au cours des dernières décennies, tant de musiques l'ont marqué, du Japon à l'Amérique latine.D'où qu'on provienne, on peut contribuer à l'évolution de la forme à la condition d'en avoir bien assimilé les fondements.On n'a pas non plus besoin de mille notes pour s'exprimer.« Bien sûr, complète Oscar.Mais il te faut trouver une voix avec qui converser.Ardent défenseur de la culture, Peterson s'élèvera contre le marchandisage du jazz dont il est un des plus éminents représentants.« Le jazz parle de lui-même ; nous n'avons pas à faire des pieds et des mains pour le commercialiser.Cette étiquette smooth jazz, qu'on essaie de nous vendre, par exemple, ne veut strictement rien dire.Quant au potentiel lucratif de cette musique, il ne faut jamais l'évaluer à court terme.Le jazz n'a jamais rapporté rapidement, ça ne se produira jamais.Pour atteindre la célébrité, les musiciens doivent prendre de la maturité.Et il faut du temps pour y arriver.\u2014 À quel âge, monsieur Peterson, avez-vous senti que vous aviez atteint cette maturité ?\u2014J'y travaille toujours.\u2014 Lorsque j'aurai 75 ans, ajoute Oliver, j'aurai peut-être une bonne idée de ce que je fais.Chaque fois que je m'assieds au piano, je découvre encore de nouvelles choses.» Jamais dire jamais Tiens, tiens.Aurait-on flairé des sentiments partagés au sujet de la retraite, cher Oliver?On lui soumet l'interrogation, on entend Oscar rire de bon coeur.« Saviez-vous qu'il était de retour ?» lance-t-il en riant.« Non non non, réplique Oliver.Lorsque j'ai donné mon concert d'adieu à la veille de l'an 2000, je croyais vraiment que c'était terminé.Les organisateurs du festival ont ensuite essayé de me faire jouer, ils insistent depuis deux ans et demi.Ils n'ont réussi qu'en me proposant de partager la scène avec Oscar.J'étais très honoré.Mais.bien sûr, je jouerai encore à la maison, je donnerai quelques concerts par-ci par-là.Les tournées comme autrefois, cependant, c'est bel et bien terminé.Tout ce que je puis dire, en tout cas, c'est qu'il ne faut jamais dire jamais.» Pour Oscar Peterson, qui a su composer avec un accident vasculaire cérébral ayant paralysé sa main gauche pendant de longs mois, il n'est point question de retraite.Jouer, selon ses propres mots, est aussi essentiel à son existence que de boire de l'eau.« J'ai encore beaucoup de plaisir à jouer, je ne peux imaginer ce qui me ferait plus plaisir \u2014au plan artistique, s'entend.Et puisque je suis une personne entêtée, j'ai réussi à améliorer ma condition et à remonter sur scène.Thank God ! Tant qu'il y a un piano devant moi, la conversation est possible.» Ce soir, chaque trio des fameux pianistes se produira tour à tour au concert de clôture ; un duo de géants est aussi prévu.« Lorsque nous jouerons ensemble, lance Oliver, je ne veux que les deux pouces d'Oscar.\u2014 Moi, relance Oscar, je pensais justement à tes pieds ! » Et le fou rire envahit les lignes téléphoniques.Oscar reprend son sérieux, et conclut: « Avec Oliver, il n'est point question de compétition, mais bien d'un échange spontané d'idées et d'émotions.» De jazz, en fait.Les trios de Oscar Peterson et Oliver Jones bouclent la programmation en salles du Festival de jazz de Montréal ce soir à la salle Wilfrid-Pelletier, 20 h 30.Le concert sera retransmis en direct à 21 h 30 à la télévision de Radio-Canada dans le cadre d'une émission animée par Gregory Charles.PHOTO FOURNIE PAR LE FIJM Unis, même par les honneurs.En 1989, Oscar Peterson reçoit le tout premier prix portant son nom des mains d'Oliver Jones ; l'année suivante, c'est au tour d'Oliver d'obtenir ce prix soulignant l'apport d'un jazzman canadien.Dans sa bulle PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Hier soir, Bob Harrisson jouait sur la scène Labatt Bleue.Et ce festivalier, lui, soufflait des bulles, allez savoir pourquoi.JAZZERIES SWING, OSCAR «Oscar Peterson représentait la puissance du swing.Un des premiers disques que j'ai écoutés était de la série .Oscar y jouait en trio avec Ray Brown à la basse et Herb Ellis à la guitare.La dimension blues du jeu d'Oscar et l'aisance de son rythme m'ont jeté par terre.(\u2026) Il y a eu aussi quelques trucs harmoniques que j'ai pris d'Oscar qui avait établi une approche assez forte à l'amalgame des voix des instruments.» \u2014 HERBIE HANCOCK sur Oscar Peterson dans le numéro spécial 70e anniversaire du magazine Downbeat.«Oscar» et son ami «Oliver» donnent ce soir le concert de clôture du 25e FIJM, qui est présenté à la télévision de Radio-Canada.On pourra le réentendre à la Chaîne culturelle de la radio de Radio-Canada en septembre.QUESTION «Monsieur Armstrong, qu'est-ce que le swing?» «Madame, si vous avez à le demander, vous ne le saurez jamais!» \u2014Attribué à LOUIS ARMSTRONG.QUESTION DE CARACTÈRE «J'ai joué souvent dans des endroits misérables où je ne me suis pas beaucoup amusée.Certains disaient que ça me formerait le caractère et j'étais comme\u2026 mon caractère est juste correct.» \u2014DIANA KRALL BLEUE À POIS ROSES\u2026 «Noire, blanche, bleue à pois roses, jazz, variétés, classique, toutes ces distinctions sémantiques sont perfectionnées pour séparer, heurter, opposer les musiciens.Elles ne représentent rien, ne renvoient à rien d'autre qu'à la musique.» \u2014 MAX ROACH, cité dans Le Jazz de Philippe Hucher, Éd.Flammarion, 1996.JAZZ ET CRITIQUE «Je suis sûr que les critiques ont leur raison d'être, et qu'ils doivent faire ce qu'ils font, mais parfois ils se laissent un peu emporter par ce qu'ils croient qu'un musicien aurait dû faire, au lieu de se concentrer sur ce qu'il a fait.» \u2014 DUKE ELLINGTON, qui disait aussi qu'il n'y avait «pas d'art sans intention».«Comment ne pas être influencé quand on lit les mêmes idioties dans 10 magazines de jazz?» \u2014BORIS VIAN JAZZ, VIE ET MORT\u2026 «Le jazz est mon aventure.Je traque les nouveaux accords, les possibilités de syncope, les nouvelles figures, les nouvelles suites.Comment utiliser les notes différemment.Oui, c'est ça! Juste une utilisation différente des notes.\u2014THELONIOUS MONK «Le jazz est arrivé en Amérique il y a 300 ans, enchaîné.» \u2014PAUL WHITEMAN «Le jazz n'est pas mort, c'est juste qu'il sent drôle.» \u2014FRANK ZAPPA PHOTO AP Herbie Hancock Frank Zappa PHOTO ARMAND TROTTIER LA PRESSE© Jazz at the Philharmonic JAZZ La résidence de Charlie, la cohésion de Jaga Jazzist ALAIN BRUNET CHRONIQUE alain.brunet@lapresse.ca Charlie Haden n'est pas un grand technicien de la contrebasse, la plupart de ses admirateurs en sont conscients.La qualité de son soutien rythmique, sa capacité de dire la note qu'il faut, la musicalité exceptionnelle de son accompagnement ont néanmoins fait de lui un des contrebassistes les plus en demande depuis la fin des années 50.D'Ornette Coleman à Keith Jarrett en passant par Paul Bley et Art Pepper, Charlie Haden n'a jamais manqué de travail.Plus tard, le sideman si convoité devint un leader exceptionnel, multipliant ad infinitum les projets excitants.Et que dire de ses collaborations parallèles ?Rappelez-vous Rejoicing, un des disques les plus audacieux de Pat Metheny, grand absent de ce 25e festival \u2014quoi qu'on pense de sa musique.Toutefois.Organisées dans le cadre de son retour à la série Invitation, les trois premières soirées de Charlie Haden (on vous reparlera plus tard de la dernière) au Monument- National n'ont pas été les meilleures auxquelles j'ai assisté.Mardi soir, le premier duo avec Egberto Gismonti (au piano cette fois), m'a paru très quelconque.Où était Charlie ?Pas tout à fait là.Le contrebassiste semblait avoir du mal à suivre les progressions harmoniques de son collègue brésilien, les improvisations labouraient un territoire connu, on n'y sentait pas la connexion et l'efficience technique essentielles aux improvisations de haute tenue.On dit que le second duo avec le pianiste John Taylor fut de meilleure facture.Le lendemain, les choses se sont améliorées.Dewey Redman, ce saxophoniste avec qui Haden a joué dans le quartette américain de l'aimable Keith Jarrett, s'est finalement pointé à Montréal, question d'évoquer le fameux quartette Old And New Dreams, dont l'objet était de faire revivre l'esprit d'Ornette Coleman avec certains de ses excollaborateurs.Mais puisque le batteur Ed Blackwell et le trompettiste Don Cherry ne sont plus de ce monde, la réunion était évidemment impossible.Alors ?Pour l'occasion, le musicien en résidence a choisi un batteur s'exprimant dans l'esprit blackwellien, le très bon Matt Wilson.Haden, Redman et Wilson se sont ainsi appliqués à évoquer les grandes années Old And New Dreams et ses relectures d'Ornette.avec un peu moins de précision, un peu moins d'énergie, un peu moins d'enthousiasme que naguère.Vers la fin, un détour vers le blues et Body & Soul, fameux standard de Coleman Hawkins, ont semblé raviver le trio.Lente progression, donc.C'est qu'il faut le jouer plus d'une fois, ce jazz.Il faut le rejouer pour que ses particules se soudent, pour qu'on en ressente la cohésion.L'amitié de longue date et la complicité ne garantissent pas le résultat.D'autant plus que Dewey Redman, vénérable septuagénaire, doit bénéficier de conditions propices pour trouver sa vitesse de croisière.Le lendemain (jeudi), le Liberation Music Orchestra reprenait du service, avec Carla Bley au piano et à la direction d'orchestre.De cette superbe musicienne, on a clairement senti la patte dans les orchestrations au programme, recueil de grands hymnes américains.Ainsi, nous avons traversé l'Amérique selon Charlie, de Amazing Grace à God Bless America en passant par This Is Not America, gracieuseté du Pat Metheny Group pour la bande originale du film The Falcon And The Snowman.Ainsi, la conscience étatsunienne était revue et corrigée par le contrebassiste gauchisant, question de faire résonner la nation autrement qu'elle ne résonne par les temps qui courent.Étant donné que l'alignement du Liberation Music Orchestra était à peu près neuf, on mis un certain temps avant de ressentir une véritable cohésion orchestrale.Mais puisque ces musiciens sont tous d'irréprochables professionnels, ils ont fini par la trouver.Chaque livraison témoignait d'une amélioration par rapport à la précédente.On aura remarqué de nouveaux talents du jazz, Haden étant toujours un excellent recruteur ; les saxophonistes Chris Cheek (ténor) et Miguel Zenon (alto) ainsi que le trompettiste Michael Rodriguez m'ont particulièrement impressionné.Les vétérans, eux, ont évité que le bateau ne parte pas à la dérive, à commencer par Carla Bley et le tromboniste Curtis Fowlkes.Reste à espérer que cette onzaine de musiciens joue et rejoue, de manière à ce que le Liberation Music Orchestra puisse reprendre son envol.En somme, cet épisode de la série Invitation nous aura offert des musiques intéressantes, parfois prenantes, pas nécessairement à la hauteur des grandes prestations du Liberation Music Orchestra \u2014à l'époque notamment où y participaient Joe Lovano, Ernie Watts, Geri Allen et autres Tom Harrell.La cohésion totale, parfaite, celle qui rend invincibles les grandes formations, on a pu la trouver au Club Soda sur le coup de minuit.Le grand coup de minuit, dois-je ajouter.La claque, celle dont vous ne revenez qu'après quelques jours.J'avais écouté avec grand plaisir l'album The Stix du groupe Jaga Jazzist (étiquette Ninja Tune) ; jamais je n'aurais pensé assister à une performance aussi électrisante, surtout après avoir été sous le charme du vétéran saxophoniste (alto) Buddy Shank ainsi que du pianiste Bill Mays, sublimes au Gesù.L'éclectisme sied parfaitement à ces jeunes musiciens norvégiens, ensemble depuis 10 ans.Dix ans à croire au même projet, celui de mélanger tous les styles, toutes les approches, du rock à l'improvisation collective, des break beats au drum'n'bass, du jazz à la musique contemporaine, bref à tout ce qui peut passer entre les oreilles de ces affamés.Dix ans à apprendre tous les instruments acoustiques, électriques ou électroniques, à orchestrer cette lutherie selon des méthodes tout ce qu'il y a d'iconoclaste.Dix ans à parfaire un langage orchestral des plus singuliers, à huiler au quart de tour une machine dévastatrice, certes la meilleure de tous ces Cinematic Orchestra et autres Herbaliser qu'il m'ait été donné d'entendre.Et dire que Lars Horntveth, principal compositeur de Jaga Jazzist, n'a pas encore 25 ans ! Les trois premières soirées de Charlie Haden au Monument-National n'ont pas été les meilleures auxquelles j'ai assisté.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © Charlie Haden était au Monument-National du 6 au 9 juillet dans le cadre de la série Invitation.Belleville, un rendez-vous qui swingue! PHILIPPE RENAUD CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE De tous les concerts présentés au Spectrum à 18 h durant le festival, celui de Benoît Charest avec l'Orchestre des Triplettes fut un des rares, sinon le seul, à afficher complet.C'est dire combien les festivaliers attendaient ce « cabaretconcert » sur le thème des Triplettes de Sylvain Chomet, concert que l'on promettait farci de surprises, de robes chic, de boas rouges et d'au moins un solo d'aspirateur.À ces surprises et plus nous avons eu droit : elles ont fusé de toutes parts au cours de cet espiègle concert, que je vous décortique dans trois, deux, un.Action ! La scène du Spectrum était jonchée d'instruments classiques ou hétéroclites : vibraphone, piano à queue, deux ensembles de batteries, un ensemble de percussions classiques, des guitares en masse.sans oublier l'aspirateur, la roue de vélo et une grille de frigo ! Les spectateurs qui avaient vu le film de Chomet\u2014tous ceux présents au Spectrum hier, je suis prêt à gager \u2014 se sentaient déjà dans le cabaret des Triplettes avant même que la chanson-thème, Belleville Rendezvous, donne le coup d'envoi du spectacle Betty Bonifassi était craquante dans sa longue robe scintillante ; les 10 musiciens (quatre d'entre eux avaient été assignés aux cuivres) conféraient à cette mémorable mélodie le souffle et le swing requis.Un démarrage digne d'un contre-la-montre du Tour de France Nous devions être nombreux, devinais- je, à s'attendre à ce que les images du film soient projetées derrière l'orchestre pour évoquer Mme Souza, Bruno le chien ou les Triplettes.Non seulement ça n'a pas été le cas, mais ç'aurait même été superflu.Car à voir Charest piloter son solide orchestre \u2014 auquel se sont joints le bassiste Angelo Finaldi, le saxophoniste Jean-Pierre Zanella, le trompettiste Charles Imbeau et le pianiste-vibraphoniste Mathiew Herkowitz \u2014, l'évidence nous sautait aux oreilles : elles sont toutes là, les Triplettes, tant la musique occupe le rôle principal officieux du film.Ce sont des airs et des atmosphères si chargés d'images que nous nous rappelions telle ou telle scène lorsqu'un des deux thèmes émergeait des arrangements touffus de Charest.Or, en lieu et place d'une scène projetée en toile de fond, un comédien pour combler les blancs entre les chansons: Alexis Martin, auteur de Matroni et Moi, film pour lequel Charest a composé sa première trame sonore.Tantôt déguisé en Champion (le cycliste kidnappé du film) avec son cuissard et sa casquette démesurément grande, tantôt parcourant la scène dans une robe de chambre avec une « tapette à grenouille » ou sapé en majordome pour servir des verres et danser avec Betty, Martin était le brin de folie additionnel prenant au sérieux son rôle de maître de cérémonie et de bouffon.Et nous du public, fébriles et amusés, nous nous sentions comme des enfants devant un dessin animé très tôt un samedi matin.Le spectacle, traversé par un entracte au cours duquel l'accordéoniste Walter Palmieri et les cuivres nous ont joué de la musique bavaroise (c'était pour aller avec la bière !), marquait ses deux parties d'atmosphères différentes.Comme dans le film, nous étions surtout en France au début, puis ensuite en Amérique.Dans les premières minutes du spectacle, Betty Bonifassi, qui n'a pas besoin de se forcer pour que sa voix nous rappelle celle de Piaf, a chanté Le Billard électrique.Originalement interprétée par la Môme en 1961, cette version était augmentée de percussions qui semblaient faire écho aux onomatopées du texte.Sur le mode swing ou ballade, dominée par les deux thèmes de la bande originale du film, la première partie s'est déployée en mode ludique.Ben Charest dirigeait de gestes discrets ses brillants musiciens, qui ont ajouté au programme de la soirée un air fort à propos, The Penguin, emprunté à l'excentrique compositeur de swing orchestral Raymond Scott.On a presque envie de croire que Charest distribuait les cadeaux aux festivaliers en première partie pour mieux se faire plaisir durant la deuxième partie, plus exigeante.Plus jazz aussi, comme l'annonçait la chanson Bach à la Jazz (version rallongée pour la scène) que l'Orchestre des Triplettes a balancé juste avant l'entracte.Au retour de la pause, Charest s'est mis à l'aspirateur alors qu'un musicien tapait sur les rayons d'une roue \u2014 comme Mme Souza ! Puis Charles Linton (ancien membre des Sinners qui a poursuivi une fromation en chant classique) est monté sur scène pour la lyrique Barbier « Cieco, cieco ».Bien humblement après la performance tonique de Linton, Ben Charest s'est mis à chanter au micro le rock fifties Pa Pa Pa Palavas.Là où Charest a vraiment semblé se faire plaisir, c'est au moment de ce plongeon dans les abîmes de la musique de film classique.Le rythme jazz-funk tortueux, les ponctions de cuivres stressantes, nous ont replongés tout de suite dans la scène de poursuite des Triplettes.Deux versions allongées des titres Filature et Poursuite, agrémentées de solos de guitare, de piano puis de batterie \u2014 Alexis Martin a mis un terme au combat de batteurs à coups de fusil à eau et de maillet de plastique ! En guise de rappel, évidemment, un dernier petit tour de Belleville Rendez-vous mettait un terme à ce spectacle débridé et trop court au goût des spectateurs, à nouveau sous le charme des Charest, Bonifassi, Mme Souza et du reste de la bande.Dans le livret du disque des Triplettes de Belleville, Benoît Charest a écrit une note qui se termine à peu près ainsi : « Ben maintenant, il est temps pour moi de voguer vers d'autres horizons musicaux.Comme à la fin du film : « Zoom-back caméra ! ».Pouf ! Je suis ailleurs.» On peut se demander s'il ne se mord pas les doigts d'avoir écrit ça il y a plus d'un an.Si ses nouveaux fans avaient voix au chapitre, il y aurait peut-être eu une supplémentaire.Et des fans, nous le savons maintenant, il y en a partout dans le monde.Une p'tite tournée avec ça ?PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Concert espiègle, Béatrice Bonifassi craquante, surprises à la pelle : Benoît Charest et son Orchestre des Triplettes n'ont pas manqué leur rendez-vous avec leur public. JAZZ ZÉPHYROLOGIE La fanfare revisitée PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Le Zéphyrologie Starlouz Fanfare Brass Band \u2014appelons-le Zéphyrologie, si vous le voulez bien \u2014 est dans son élément au Festival de jazz, auquel il participe pour la deuxième année consécutive.L'orchestre de 10 jeunes musiciens a élu domicile sous le petit chapiteau de l'esplanade de la Place des Arts.Devant la fontaine, l'ensemble français réclame la rue comme sienne en brisant nos idées reçues sur les fanfares.Au rancart, When The Saints Go Marching In.Le temps venteux de cet été ajoute au bonheur de ces musiciens de jouer sur l'esplanade.« Ah oui, l'an dernier c'était la canicule, dit le chanteur Éric Coatleven.Cette année, il y a beaucoup de vent, mais nous avons été chanceux : tous les jours, nous avons évité la pluie.» Depuis mardi dernier, la colorée fanfare met de la couleur sur les lieux du Festival avec ses performances animées et un répertoire totalement éclaté qui comprend des standards, beaucoup de compositions et.une reprise de Rage Against the Machine ! « Au début, c'était une gageure de refaire un titre rock comme celui-là.Finalement, ça sonne très bien.» Si bien que Zéphyrologie l'a mis sur son dernier album, Pom Pom Boyz, paru l'an dernier.Né en 1997, le Zéphyrologie s'est imposé comme l'une des cinq fanfares les plus en demande en France, où une bonne vingtaine d'orchestres semblables sillonnent les festivals.Contrairement à Ceux qui marchent debout, fanfare reconnue jusqu'au Québec qui a choisi de se consacrer à la scène et aux enregistrements, ces jeunes Français tiennent à se produire sur le macadam.« Le seul inconvénient de la rue, c'est qu'on ne se fait entendre et voir que par les gens qui sont à, disons, une quinzaine de mètres de nous.En contrepartie, l'impact est immédiat, le public a tout de suite envie de participer ! » Au Québec plus qu'en France \u2014 « où le travail de musicien de rue est mieux reconnu », croit Coatleven \u2014 il y a beaucoup de travail à faire pour changer la perception que les gens ont d'une fanfare.L'Orchestre des pas perdus est peut-être la plus « européenne » de nos fanfares qui, d'ordinaire, se concentrent sur le répertoire Dixie Land et New Orleans des orchestres américains.« En France, il y a une tradition de la fanfare de rue qui est différente de la tradition américaine, soutient le chanteur, qui doit utiliser un mégaphone pour ne pas se faire enterrer par les cuivres durant les spectacles.Il y a d'abord les harmonies municipales constituées de musiciens du coin.Puis les brass bands, lesquels s'en tiennent généralement à la musique écrite, aux musiques de films.Nous proposons plutôt un répertoire qui doit être festif, plus près des fanfares funk qu'on trouve parfois aux États-Unis, tout en ajoutant une touche de non-sens, de dérision, pour amuser le public.La théâtralité est très importante dans nos performances.» En tenant ainsi à la rue comme scène privilégiée, en faisant la promotion de la fanfare comme véhicule musical pour insuffler une nouvelle vie au répertoire usé des brass bands, Zéphyrologie boucle la boucle du jazz, né à la fois dans la rue et tributaire des fanfares.« Comme les premiers orchestres jazz, je crois, nous revendiquons la rue pour scène.Mais notre souci est de rafraîchir le répertoire.Tous les musiciens ont des intérêts musicaux complémentaires qui s'entendent dans notre musique, imprégnée de sonorités latines, d'Europe de l'Est, de rock, de funk et de jazz.» .ZÉPHYROLOGIE sera en concert ce soir, 19 h, et à deux reprises demain, à 17 h et 18 h 15, toujours au petit chapiteau de l'esplanade.Et si vous les manquez, sachez qu'il investiront l'Escogriffe \u2014 rue Saint-Denis, au sud de l'avenue Mont-Royal \u2014 lundi et mardi soir prochains PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © L'ensemble français de 10 jeunes musiciens Zéphyrologie est à son aise sur le macadam.« Nous revendiquons la rue pour scène.» LE GUIDE DUFESTIVALIER CABARET MUSIC-HALL METROPOLIS TNM CLUB SODA MONUMENTNATIONAL GESÙ - Centre de créativité SPECTRUM SALLEWILFRID-PELLETIER CLUB JAZZ Banque TD Canada Trust SCÈNE Labatt Bleue SCÈNE CARREFOUR Loto-Québec General Motors SCÈNE General Motors SCÈNE Bell LA PETITE ÉCOLE DU JAZZ SCÈNE Bleue légère TERRASSE Grand Marnier HÔTEL Jam sessions Movado THÉÂTRE MAISONNEUVE rue Sainte-Catherine boulevard Saint-Laurent rue Saint-Urbain rue Jeanne-Mance ruede Bleurry boulevard de Maisonneuve avenue Président-Kennedy Scène extérieure Salle de concert Métro La parade du Festival Le village du Festival NOTRE VIRÉE QUATUOR FORTIN-LÉVEILLÉ Deux guitaristes appréciés des mélomanes montréalais, Luc Fortin et Richard Léveillée, reprennent leur manège tzigane pour le plaisir des festivaliers.Avec eux sur scène, le contrebassiste Éric Lagacé et l'accordéoniste d'origine roumaine Marin Nasturica.> Club jazz TD, 19h HOT CLUB DE MA RUE Référence manifeste au Hot Club de France du grand Django, le Hot Club de ma rue écume les petites salles de la ville avec son irrésistible jazz manouche.Ces excellents musiciens - les guitaristes François Rousseau, Martin Tremblay et le contrebassiste Sébastien Heppel, qui recrutent leurs amis au gré des spectacles - vous replongent dans le Paris des années '30.> Scène du Festival, 20h, 22h SHOGÜN Hier, ils se produisaient au Club Soda sous le nom des Troublemakers.Autre jour, autre titre, les Marseillais de Shogün - DJ Oïl et le flûtiste Majik Malik - s'éclatent sur des rythmes house, hip hop, drum& bass et cie.Y'aura du groove dans l'air.> Scène Bleue Légère, 22h \u2014Philippe Renaud SAMEDI 10 JUILLET Kiosque à musique du Festival MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL 12h Lubo Alexandrov's Kaba Horo Place du complexe - Intérieur Gratuit 12h Gadji-gadjo Terrasse Grand Marnier Gratuit 13h Bourbon Street Terrasse Grand Marnier Gratuit 14h La Petite École du jazz Place du complexe Desjardins- Gratuit Intérieur 15h Bémol 9 Scène General Motors Gratuit 15h30 La Petite École du jazz Place du complexe Desjardins- Gratuit Intérieur 16h Cantabile Scène Bell Gratuit 17h Denny's Dixieland Clan Scène du Festival Gratuit 17h30 La Parade du Festival avec Swing Tonique Départ scène Bell Gratuit 18h La soirée commémorative du 25e Anniversaire : Place des Nations Gratuit Streetnix Et Vic Vogel Big Band 18h Gagnant du Grand Prix de Jazz General Motors Scène General Motors Gratuit 18h Carol Welsman Et Peter Cincotti Théâtre Maisonneuve - PDA Payant 18h Vinicius Cantuaria Quintet Spectrumde Montréal Payant 18h No Name Jazz Sextet Gesù - Centre de créativité Payant 18h15 Denny's Dixieland Clan Scène du Festival Gratuit 18h30 Don Ross Carrefour General Motors Gratuit 19h Zéphyrologie Starlouz Fanfare Brass Band Terrasse Grand Marnier Gratuit 19h Quatuor Fortin-léveillé avec Marin Nasturica club Jazz TD Canada Trust Gratuit 19h Pat The White Scène Labatt Bleue Gratuit 19h Coral Egan Club Soda Payant 19h Ligue nationale d'improvisation musicale cabaret Music-hall Payant de Montréal / équipe gagnante de Montréal vs équipe gagnante de Québec 19h30 Bomba Scène Bleue Légère Gratuit 20h Hot Club De Ma Rue Scène du Festival Gratuit 20h Dorothée Berryman Scène Loto-Québec Gratuit 20h Moses Mayes&The Funk Family Orchestra Scène Bell Gratuit 20h Taima Théâtre du Nouveau Monde Payant 20h30 Concert de Clôture: Oliver Jones Trio et Salle Wilfrid-Pelletier - PDA Complet Oscar Peterson Trio 21h Three Crooners Scène General Motors Gratuit 21h Nuno Mindelis Scène Labatt Bleue Gratuit 21h Kiran Ahluwalia Carrefour General Motors Gratuit 21h The Unexpected Salle Beverly Webster Rolph - MAC Payant 21h Youssou N'dour / Première Partie: Ramatou Diakité Métropolis Payant 21h30 «Vacation Blues» Dave Douglas avec Spectrumde Montréal Payant Roswell Rudd, Brad Jones Et Barry Altschul 22h Moses Mayes&The Funk Family Orchestra Scène Bell Gratuit 22h Dorothée Berryman Scène Loto-Québec Gratuit 22h Shogün Scène Bleue Légère Gratuit 22h Hot Club de ma Rue Scène du Festival Gratuit 22h Quatuor Fortin-Léveillé Ave Marin Nasturica Club Jazz Banque TD Canada Trust Gratuit 22h30 Zurzolo Quintet Gesù - Centre de créativité Payant 23h Three Crooners Scène General Motors Gratuit 23h Pat The White Scène Labatt Bleue Gratuit 23h Jam sessions avec Thuryn Von Pranke, Hyatt Regency, salon Jeanne-Mance Gratuit Frédéric Alarie&Wali Muhammad Minuit Trio Pulse Nu Jazz Sessions avec Dan Thouin, Savoy - Métropolis Gratuit Max Sansalone&Adrian Vedady Minuit Champion Et Ses G-strings / Barbara Brown Dj Club Soda Payant 0h30 Nuno Mindelis Spectrumde Montréal Gratuit HEURE ÉVÉNEMENT LIEU HEURE ÉVÉNEMENT LIEU SAMEDI 10 JUILLET Jam sessions: accès prioritaire, mais non exclusif, aux détenteurs de la carte des amis du Festival. JAZZ Taima: taillé dans l'émotion ALEXANDRE VIGNEAULT CRITIQUE Avec sa série baptisée Chants d'Amérique, le Festival de jazz désirait ériger des ponts entre Montréal et différents points du continent.Le voyage a commencé au Mexique avec Lhasa, puis s'est poursuivi avec des escales en Louisiane et en Acadie avec Zachary Richard.Ne manquait plus que le nord du continent, représenté par le duo Taima, qui donnait hier le premier de deux concerts au Théâtre du Nouveau Monde.La carte postale sonore du Grand-Nord écrite par la chanteuse inuk Elisapie Isaac et le guitariste abitibien Alain Auger s'était révélée particulièrement touchante sur disque compact.N'ayant jamais vu le groupe sur les planches, j'allais les redécouvrir, hier soir.Transposer pour la scène des chansons aussi axées sur les atmosphères n'est pas une mince affaire.Mais le duo, augmenté de trois musiciens \u2014 Roger Miron (guitare), Mathieu Gagné (basse), Francis Fillion (batterie) \u2014, a habilement relevé le défi.Taima a taillé son concert dans l'émotion brute.Guidés par la voix tantôt angélique et tantôt sauvage d'Elisapie Isaac, nous avons traversé les paysages intérieurs de la chanteuse inuk.Des lieux à la géographie changeante, évoquant tour à tour la mélancolie, la tristesse, la fragilité, la fierté, la fureur de vivre et, aussi, le désir.Il fallait la voir se mouvoir sur scène pour comprendre à quel point la musique l'habite \u2014 jusqu'à déborder, parfois.De son côté, Alain Auger s'est consacré à tisser un riche tapis de mélodies sur lequel sa complice pouvait se reposer.C'était souvent très doux, voire carrément berçant.Nuancé, tamisé et expressif, comme les très beaux éclairages qui enrobaient la performance.Mais il y eut aussi des explosions d'impatience, de colère et de dépit, comme dans So You Say ou Hard to Be, augmentée hier d'un enregistrement de chants de gorge inuit.Taima fait de la musique habitée, qu'il tende vers le rock, la britpop mélancolique ou le folk atmosphérique.Son concert a connu de courts passages à vide dans la deuxième moitié, où le groupe a joué deux ou trois chansons en anglais moins convaincantes, mais il a surtout démontré à quel point l'univers du duo est solidement attaché.De toute évidence, le concert prendra encore du tonus au fil des représentations, on ne sentira plus la mise en scène (dans les déplacements des musiciens, notamment) et tout le spectacle ne sera plus que spontanéité.Elisapie Isaac, qui chante en inuktitut, en anglais et en français, parvient très bien à communiquer des images de son coin de pays.Elle fait bien sentir, dans ses textes et dans sa voix, le duel intérieur qu'elle a vécu en venant voir ce qui se passait au Sud.Elle crée aussi des images fortes qui parlent de sa famille et des paysages qui l'ont vue grandir.Son pays à elle aussi, c'est l'hiver, sauf que ce n'est pas tout à fait le même que nous.Mais le public rassemblé au TNM hier s'est reconnu dans sa langue gracieuse et sa sensibilité.Taima a eu droit à deux ovations.Et on serait bien malhonnête de croire que c'était immérité.Constatez le vous-même, si vous avec l'âme aventureuse, car le duo remonte sur les planches ce soir, au même endroit.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © Transposer pour la scène des chansons aussi axées sur les atmosphères que celles de Taima n'est pas une mince affaire.Mais le duo composé de la chanteuse Elisapie Isaac (sur la photo) et du guitariste Alain Auger a habilement relevé le défi.Taima fait de la musique habitée, qu'il explore le rock, la britpop mélancolique ou le folk atmosphérique.DISQUE DU JOUR 3239252A Artistes variés Happy Birthday Newport ! 50 Swinging Years Columbia/Sony FFFF Le meilleur de Newport Alors que le Festival international de jazz de Montréal célèbre son 25e anniversaire, le père de tous les festivals de jazz, le célèbre et intime Newport Jazz Festival, célèbre cette année son 50e ! Depuis 1954, la petite bourgade de Newport, pas très loin de Boston, a vu passer sur ses scènes les plus grands, de Louis Armstrong à Miles Davis, en passant par Duke Ellington, Ella Fitzgerald, John Coltrane et Billie Holiday.Et quelle bonne idée d'avoir enregistré les brillantes performances de ces monstres sacrés du jazz ! Étalées sur trois CD, les 27 interprétations nous entraînent dans un voyage dans l'histoire du jazz qui, d'une certaine manière, est intimement liée à celle de l'événement de Newport.Hormis une version inédite de Round Midnight de Miles Davis enregistrée en 1955, toutes ces performances ont été offertes sur disque auparavant.Mais réunies dans ce coffret commémoratif, elle nous font prendre conscience une autre fois de l'héritage discographique de Newport.De plus, le joli livret annoté par George Wein, fondateur du festival, regorge de photos inédites.Ph i l i ppe Renaud , co l laborat ion spéciale AUTRE TEXTE Le festival de Newport a 50 ans, page 6 .Le samedi dans OÙ EST L'EMPLOI ? JAZZ Le festival de Newport a 50 ans D'APRÈS ASSOCIATED PRESS Si George Wein avait été un meilleur pianiste, il n'y aurait peut-être pas eu de festival de jazz à Newport.Heureusement, Wein a vu sa destinée en imprésario.Son festival en plein air \u2014 une première \u2014, qui a contribué à donner au jazz ses lettres de noblesse en le sortant des petits clubs enfumés, fête ses 50 ans cette année, du 11 au 15 août.Et à Newport même, là où tout a commencé.« J'aime dire que jazz n'est plus un mot sale », dit Wein.Dans une petite ville touristique du Rhode Island, reconnue pour sa grande société et ses somptueuses demeures, Wein a rendu le jazz accessible à des milliers de personnes, créant un modèle imité de par le monde.Aujourd'hui, Wein estime à un millier le nombre de festivals de jazz sur la planète.Le but de Wein, dont la famille voyait d'un mauvais oeil sa passion pour cette forme d'art, était de légitimer la musique qu'il aimait.Newport a favorisé l'entrée éventuelle du jazz dans les universités et les institutions culturelles.« Je savais que si je réussissais à faire accepter le jazz comme forme d'art, cela m'aiderait à gagner le respect des autres », explique Wein, âgé de 78 ans, dans son bureau de Manhattan.Comme pdg de Festival Productions Inc., Wein produit plus de 20 festivals cette année, dont le porte-étendard à New York, le New Orleans Jazz & Heritage Festival et un nouvel événement à Séoul.Bien en vue dans le bureau de Wein, une photo d'Art Tatum.C'est après avoir entendu ce grand virtuose que Wein, alors jeune pianiste de la région de Boston, a décidé de.réorienter sa carrière et d'ouvrir son propre club, Storyville (ce qui ne l'a pas empêché de jouer sur plus de 40 disques).Par une froide nuit d'hiver de 1953, Lorraine Lorillard, élégante figure de la haute société, s'était plainte à Wein que les étés de Newport étaient « terriblement ennuyeux », laissant entendre qu'un peu de jazz pourrait mettre de la vie dans la petite ville ; elle avait même aligné 20 000 $ pour combattre l'ennui estival.Les 17 et 18 juillet 1954, le premier American Jazz Festival attira 11 000 fans au Club de tennis de Newport.Sur la scène du court central : Oscar Peterson, Dizzie Gillespie et Billie Holiday.« Newport a été l'un de faits saillants de ma carrière », dira le saxophoniste Lee Konitz, 76 ans, qui avait joué en quartette le soir de l'ouverture.L'influence de Newport s'est fait sentir hors des États-Unis lorsque la radio Voice of America a commencé, en 1955, à enregistrer des concerts pour les diffuser dans le monde entier.Wein a par la suite fondé la Grande parade du jazz de Nice en 1974 et a reçu la Légion d'honneur pour son apport à la culture française.Dès le début, Wein a su conjuguer réalisme économique et crédibilité, en présentant d'autres musiques que le jazz.Ainsi, Newport a fait de Ray Charles (1958) et de Aretha Franklin (1962) des vedettes nationales.En 1960, le bluesman Muddy Waters a créé tout un impact avec un groupe électrique qui comprenait James Cotton à l'harmonica et Otis Spann au piano.Mahalia Jackson, qui considérait le jazz comme une « musique du diable » et refusait de chanter dans les clubs, a atteint un nouveau public à Newport.Sa spectaculaire interprétation de Didn't It Rain, pendant laquelle la pluie s'est arrêtée net, est le grand moment du fameux documentaire Jazz on a Summer Day, filmé au cours du Festival de 1958.Le Newport Folk Festival (1959) a ensuite vu le jour, avec les Pete Seeger, Earl Scruggs et Joan Baez, qui n'avait que 18 ans.Le Newport Folk de 1965 a passé à l'histoire lorsque Bob Dylan a branché sa guitare électrique et a été chassé de la scène par les huées.Newport est plein de souvenirs.PHOTOARCHIVES AP Les plus grands sont passés par le festival de Newport ; ici, Thelonious Monk en 1963.3241239A Le festival de Newport a contribué à faire accepter le jazz comme forme d'art.3239580A JAZZ Cinq questions au.Champion! PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Il s'appelle Champion, le caméléon.Maxime Morin s'est d'abord fait un nom en tant que Mad Max, pourvoyeur, à la belle époque rave, de rudes performances techno et auteur de quelques albums pour le label Hybrid Structure.Il a monté une compagnie de production de musique pour films (Matroni et moi, etc.) et de pub avec Benoît Charest \u2014 c'est d'ailleurs Max qui jouait de la bicyclette lors de la soirée des Oscars ! Il y a quelques années naissait, sur un single du label Hautec, la première incarnation de Champion.Incapable de tenir en place, le compositeur et musicien donne aujourd'hui une toute nouvelle couleur sonore à son projet en incorporant quatre guitaristes, un bassiste \u2014 ses GStrings\u2014 et une chanteuse au concert qu'il présentera ce soir au Club Soda.Des réponses, maintenant QBetty Bonifassi (la voix des Triplettes) chantera avec toi ce soir ; comment t'est venue l'idée de l'incorporer à ta musique ?RC'est d'abord par amour ! Lorsque Benoît (Charest) et moi avions notre compagnie, je m'entendais super bien avec sa femme \u2014c'est parce que nous sommes deux Vierges ! J'étais en train de préparer mon « album de guitares » (le projet Champion et ses G-Strings), les musiques étaient déjà presque toutes finies, j'ai eu l'idée de l'inviter à chanter dessus, à improviser.Betty chante des work songs, cette musique qui a donné naissance au blues.Elle fait aussi un gospel.QCe mélange des musiques t'éloigne du son électronique auquel on t'associe.RJ'ai eu envie d'autre chose.Le milieu de la musique électronique valorise beaucoup les textures, les affaires compliquées où le premier degré n'a pas vraiment sa place.Je cherchais un son, mais j'étais tanné des synthétiseurs, des logiciels, des bébelles.J'ai repris ma guitare et j'ai joué une petite mélodie toute simple, pour le plaisir.L'essentiel des structures rythmiques sont toujours faites à l'aide de machines, mais les mélodies et les harmonies sont jouées à la guitare.QComment abordes-tu cette performance ?RL'essentiel, c'est la danse ; c'est toujours la première chose que j'ai en tête lorsque je donne un spectacle.QTon albumdevait paraître sur le label MUTEK\u2014REC.Est-ce que ça tient toujours ?RNon, le disque paraîtra plutôt sur (le jeune label électronique montréalais) Saboteur en novembre prochain.La première fois que j'ai présenté ce projet, c'était durant une foire sur Saint-Laurent devant le Laïka.Alain Mongeau (patron de MUTEK) m'avait alors proposé de sortir l'album, mais je crois qu'avec le temps, il a cru que mon projet s'éloignait un peu de l'esprit du label MUTEK.QEnfin, comment as-tu vécu ton expérience aux Oscars avec Les Triplettes de Belleville ?RDisons que je suis encore un peu perplexe par rapport à ça.La phrase que je répète toujours : « C'est sûrement plus impressionnant à voir qu'à faire ! » Mais c'était étouffant là-bas.J'ai voyagé beaucoup au cours de la dernière année pour donner des concerts et l'endroit où je me suis senti le moins libre, c'est à Beverly Hills et à Hollywood.Finalement, je crois que j'étais quand même content de l'expérience \u2014 le meilleur moment a été les trois heures passées sur la plage avec ma blonde ! PHOTO FOURNIE PAR LE FIJM Maxime Morin, alias Champion.TEMPÉRATURE MAX MIN Hier Normales du jour Auj.l'an passé (Observé hier à 15h) RECORDS Plus haut maximum Plus bas minimum FACTEUR HUMIDEX Aujourd'hui INDICE UV Aujourd'hui PRÉCIPITATION Hier LE SOLEIL ET LA LUNE !! !!! MÉTÉO www.meteomedia.com Les systèmes météorologiques sont prévus pour 14h00 cet après-midi.Montréal Toronto St-Jean LES SYSTÈMES MÉTÉOROLOGIQUES ©Services Commerciaux MM 2004 Front chaud Front froid Occlusion Creux Anticyclone Dépression Neige Pluie Pluie verglaçante Orages MONTRÉAL ET LES ENVIRONS QUÉBEC AUJOURD'HUI Plutôt nuageux avec quelques averses.21/12.DEMAIN Ciel variable.25/12.OTTAWA AUJOURD'HUI Ciel variable.24/14.DEMAIN Passages nuageux.27/16.TORONTO AUJOURD'HUI Passages nuageux.27/17.DEMAIN Passages nuageux.27/18.BAIE-COMEAU AUJOURD'HUI Plutôt nuageux avec averses isolées.18/10.DEMAIN Ciel variable.19/9.AUJOURD'HUI MAXIMUM Maniwaki 21/10 Trois-Rivières 20/13 Rimouski 17/10 Thetford Mines 18/9 Sherbrooke 20/7 Burlington 24/13 PRÉVISIONS RÉGIONALES Val-d'Or 22/10 Saguenay La Tuque 21/12 19/12 Sainte-Agathe 21/11 MONTRÉAL 23/13 QUÉBEC 21/12 Plattsburgh 24/13 Gatineau 24/14 Ciel variable en matinée, possibilité d'orages en après-midi.Vents légers.Probabilité de précipitations: 40 %.FFaacctteeuurr hhuummiiddeexx 2266.CETTE NUIT MINIMUM Ciel variable en soirée, averses au cours de la nuit.Vents légers.Probabilité de précipitations: 60 %.FFaacctteeuurr hhuummiiddeexx 2233, , eenn ssooiirreeee.27/16 DEMAIN MAX / MIN Passages nuageux.Probabilité de précipitations: 20 %.27/17 LUNDI MAX / MIN Passages nuageux.Probabilité de précipitations: 30 %.LE MONDE AU SOLEIL AUJOURD'HUI Acapulco Cancun La Havane Honolulu Miami Myrtle B.Orlando Tampa Virginia B.West Palm B.Beijing Boston Bruxelles Lisbonne Londres Los Angeles Madrid Mexico Moscou New York Paris Port-au-Prince Rome Tokyo Washington Nuageux 32 26 Variable 27 17 Beau 18 10 Beau 26 16 Éclaircies 18 10 Variable 25 18 Éclaircies 28 12 Averses 22 13 Variable 26 14 Variable 30 21 Nuageux 18 10 Soleil 35 24 Soleil 29 17 Averses 30 26 Beau 31 22 AUJOURD'HUI Variable 25 9 Averses 18 12 Ensoleillé 24 9 Averses 21 12 Averses 21 13 Ensoleillé 12 3 Variable 26 13 Averses 15 9 Ensoleillé 26 13 Averses 19 14 Éclaircies 18 8 Orages 27 16 Ensoleillé 24 14 AUJOURD'HUI Beau 34 27 Orages 34 24 Soleil 35 24 Beau 31 24 Beau 32 26 Orages 33 25 Orages 33 24 Orages 33 25 Variable 32 23 Beau 33 26 AU PAYS Calgary Charlottetown Edmonton Frédéricton Halifax Iqaluit Régina Saint-Jean Saskatoon Vancouver Whitehorse Winnipeg Yellowknife L'ALMANACH QUOTIDIEN POUR MONTRÉAL 34 en 1955 9 en 1983 17 juil 25 juil 31 juil 7 août 5h16 20h43 Durée totale du jour: 15h27 Élevé 0.04 mm Halifax Whitehorse Yellowknife Churchill Winnipeg Boston New York Washington Atlanta Miami Chicago Houston Phoenix Denver San Francisco Los Angeles Detroit Ottawa Charlottetown Regina Saskatoon Calgary Edmonton Vancouver Victoria Portland Kansas Minneapolis Thunder Bay Nouvelle- Orléans Fredericton Tampa -10 -20 -30 -40 2000 21e FIJM 2001 22e FIJM NOS ANNÉES JAZZ PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © LE JAZZA100 ANS En ouverture : Diana Krall (prix Ella- Fitzgerald); en clôture : Oscar Peterson.Michael Brecker reçoit au Monument-National.Aussi : Wayne Shorter, la série Jazz Italia, Shakti, Chris Potter, Prince, Cesaria Evora, Cassandra Wilson, Michael Brecker, Gonzalo Rubalcaba, Jean Beaudet, Ibrahim Ferrer.Dehors : Manu Chao, Laurent de Wilde, Si Ce, Bet.e & Stef.ANDRÉ MÉNARD REVIENT Après une année sabbatique, André Ménard est de retour à son poste de vp et directeur artistique du FIJM\u2026 Le FIJM arrive au 15e rang des entreprises les plus admirées des Québécois (selon la revue Commerce)\u2026 Groove alla Turca attire 125 000 personnes au Grand Événement\u2026 Trois millions en revenus de billetterie\u2026 Michael Brecker reçoit le prix Miles-Davis; le prix Oscar-Peterson va au flûtiste Moe Koffman, à titre posthume.Prix de jazz: Nick Ali&Cruzao.DANS LA PRESSE «J'invoque vos noms mais ne vous détourne pas de votre chemin de morts.» \u2014Formule vaudoue citée par Stanley Péan, chroniqueur invité, qui note que le jazz est «hanté par ses légendes».AUTRES NOUVELLES En poste : Bernard Landry, PMdu Québec.Vendu : le Club de hockey Canadien.Frappés : New York, le 11 septembre; l'Afghanistan.Disparus : John Lee Hooker, Chet Atkins, Tommy Flanagan, George Harrison, Gilbert Bécaud.Tournent: Seul (Garou), Dans tes yeux (Sylvain Cossette).Textes et recherche : Daniel Lemay David Jobin Michael Brecker PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE © CHARLIE EST PARTOUT En ouverture : le Charlie Haden Quartet West avec le Shirley Horn Trio; en clôture : Dee Dee Bridgewater.Carte blanche à Dave Holland, Au Centre Molson : Ray Charles, puis Buddy Guy et les Géants du blues.Aussi : Sylvain Lelièvre, Melhdau en solo et en trio, Ray Brown, Frisell, Rava, Fresu, Maceo Parker, Medeski, Martin&Wood.Dehors : Éric Truffaz, Jay Jay Johanson, Jane Bunnett & the Spirit of Havana, Denzal Sinclaire, Steve Hill.DAVID JOBIN, MERCI\u2026 General Motors remplace Du Maurier comme commanditaire principal\u2026 Laurent Saulnier remplace David Jobin comme responsable de la programmation extérieure.Merci, David Jobin pour toutes ces musiques\u2026 Nouvelle scène ska\u2026 La fiesta brésilienne Timbalada attire 225 000 personnes au Grand Événement, un record, selon le FIJM mais la police disait plutôt 125 000.Mais ce n'est «pas son rôle»\u2026 Autre record : 2,3 millions $ en billetterie venant de 100 000 spectateurs pour 127 concerts\u2026 Prix Miles-Davis : Charlie Haden; prix Oscar-Peterson : Charles Biddle; Prix Ella- Fitzgerald : Dee Dee Bridgewater; prix de jazz GM : Eduardo Pipman.DANS LA PRESSE «Nous sommes prêts pour l'arrivée massive d'un nouveau jazz et d'un nouveau public.(\u2026) Si cela ne se produit pas, le Festival deviendra encore plus le festival des musiques alternatives pour adultes consentants.Et puisque le jazz est une bannière rassurante, le nom restera.» \u2014ALAIN BRUNET dans son bilan du 21e FIJM.À LAUNE Finie : l'Oldsmobile de General Motors, Élu (malgré tout) : GeorgeW.Bush.Inexistant : le bogue de l'an 2000.Disparus : Nat «Cannonball» Adderley, Dédé Fortin, Tito Puente, Pierre Elliott Trudeau, Maurice Richard.On écoute : Je n't'aime plus (Mario Pelchat), La Maline (Marie-Jo Thério). Place au Soleil de minuit Le grand événement General Motors Nous sommes heureux de vous offrir gratuitement ce grand spectacle qui célébrera conjointement les 25 ans du Festival International de Jazz de Montréal et les 20 ans du Cirque du Soleil.C'est un rendez-vous, le dimanche 11 juillet, à 21h, sur la scène GM, coin Sainte-Catherine et Jeanne-Mance.CONCOURS LA TOUCHE GAGNANTE Toute une fin de semaine à s'enivrer de jazz Participez et courez la chance de remporter le grand prix d'une valeur de 2000$.Remplissez votre bulletin à latouchegm.com/jazz Aucun achat requis.Concours ouvert aux résidents du Canada ayant atteint l'âge de la majorité dans leur lieu de résidence.Règlement et détails de prix à latouchegm.com ou au 1 800 463-7483.Limite de une participation de base par personne par jour et limite de cinq participations supplémentaires par personne par jour pour les participations à latouchegm.com.Voir le règlement pour les autres manières de participer.Fin du concours: 30 juillet 2004.Question mathématique obligatoire.Tirage le 16 août 2004 3240519A "]
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