La presse, 25 septembre 2004, B. Actuel
[" À VOS AFFAIRES LE DIMANCHE CE DIMANCHE DANS Gérer vos finances sur le net, AVEZ-VOUS LE CHOIX?3256559A ILLUSTRATION FRANCIS LÉVEILLÉE, LA PRESSE© QUESTIONS EXISTENTIELLES S'ABSTENIR OU PAS?PAGE 6 ACTUELITÉS CONFUSION, KANUK ET HAIKU.PAGE 6 De ses boulevards remplis de marchands de voitures à ses autoroutes urbaines hyperbétonnées, Montréal n'est pas toujours joli joli.Pas besoin d'aller en voyage très très loin pour revenir d'autres villes convaincu que le béton est d'un gris beaucoup plus vert chez la voisine d'à côté.On en entend qui envient Ottawa à cause du très vert aménagement du canal Rideau et du parc de la Gatineau et d'autres qui envient Québec avec ses vieux quartiers.Nul besoin de préciser que San Francisco, Sydney, Rome, et compagnie sont des sources d'inspiration sans fin quand vient le temps de dire que Montréal est une moins belle ville que.Mais peut-être pouvons-nous faire quelque chose, justement, pour rendre notre ville aussi belle que les autres.Vous avez une idée audacieuse pour embellir Montréal?Un projet original pour y rendre la vie plus agréable?La Presse vous invite à soumettre vos propositions dans le cadreduprojet Embellir Montréal.Les propositions les plus intéressantes seront publiées dans nos pages et soumises à un vote parmi nos lecteurs.Leprojet s'adresse à tous les Montréalais, et comprend deux catégories.Le volet «citoyen» Votre projet peut avoir un impact pour l'ensemble de la communauté montréalaise, oupour unquartier.La description de la proposition ne doit pas dépasser 300 mots et peut être accompagnée d'un support visuel.Faites parvenir votre proposition à embellir@lapresse.ca.Volet «professionnel» Ce volet s'adresse aux architectes, urbanistes, et autres professionnels de l'aménagement urbain, de même qu'aux jeunes qui étudient ces disciplines.Ces projets doivent avoir un impact pour toute la communauté montréalaise.La description ne doit pas dépasser 300 mots et doit être accompagnée d'un support visuel.Faites parvenir une description du projet à embellirpro@lapresse.ca.Date limite: le samedi 9 octobre 2004.En attendant, voici dans les prochaines pages les réflexions de nos chroniqueurs sur la beauté et la laideur de Montréal et quelques mochetés montréalaises auxquelles on pourrait particulièrement s'attarder.MONTRÉAL EMBELLIR VOIR DOSSIER EN PAGES 2 À 5 DOSSIER EMBELLIR MONTRÉAL Oui à la chirurgie esthétique! RIMA ELKOURI i l'équivalent de l'émission de téléréalité Extreme Makeover existait pour les villes, Montréal serait une candidate de choix.De la tête aux pieds, des berges de la rivière des Prairies aux premiers clapotis du fleuve Saint-Laurent, les chirurgiens urbains ne manqueraient pas de travail.Munis d'énormes marqueurs, ils pourraient passer des journées entières à encercler en rouge les multiples amas de cellulite de la ville, ses poches de pauvreté sous les yeux, son nez gonflé de pollution, ses excroissances hideuses, les cicatrices laissées par ses promoteurs voraces ou ses maires sans vision.J'ai l'air de la détester.Pas du tout.Jeme suis même surprise, ces derniers temps, à la trouver belle.Et je ne parle pas ici que de beauté «intérieure».Je l'ai trouvée belle pour de vrai, l'autre matin, en descendant de l'autobus 535 qui m'a laissée aux portes du Vieux- Montréal, rue de Bleury.Ça faisait des mois que je n'avais pas mis les pieds dans ce coin de la ville, occupée comme j'étais à pousser ma poussette dans les rues de mon quartier.Et là, ça m'a sauté aux yeux.Elle était belle.Pendant des années, le Vieux-Montréal et ses environs étaient, au pire, un no man's land sans âme, au mieux, un piège à touristes où l'on vend du simili art inuit.Mais voilà que tout a changé.Je suis partie en congé de maternité, c'était un désert gris.Je suis revenue, c'était devenu un lieu magnifique.Un quartier, un vrai.L'ex-no man's land en question est devenu le Quartier international de Montréal (QIM), qui fait le pont entre la vieille ville et la nouvelle.Un lieu qui sedémarquepar son élégance et son intelligence.En écrivant cela, j'ai l'impression de rédiger une brochure touristique.Maisjevousassurequecette fois-ci, c'est vrai.Ce ne sont pas que des mots creux de promoteurs touristiques.Le QIM a réellement privilégié un aménagement urbain durable, dans un espace qui met à l'honneur le piéton.La cicatricebéantelaisséepar l'autoroute Ville-Marie a été recouverte, les stationnements de surface ont été éliminés, des places publiques ont été créées, des arbresontétéplantés.Toutcelaenayant à coeur la mise en valeur du patrimoine urbain et architectural.C'est sans contredit ce que Montréal a fait de plus beau depuis longtemps.Allezvous asseoir devant La Joute, place Jean-Paul Riopelle, quand la sculpture flotte dans la brume.Moi qui ai déjà douté de la pertinence de déménager cette oeuvre qui dormait dans l'est de la ville, je ne doute plus.J'admire.Allez aussi contempler la bouche de métro Guimard, à la station Square- Victoria, offerte par la RAPT (Régie autonome des transports parisiens) à la STM.Si toutes les stations avaient cette grâce, Montréal serait vraiment plus joli.Des lampadaires aux bancs publics, desfontainesauxnouveauxarbres, rien dans ce Quartier international n'a été improvisé.Aucunetracedetravailbâclé, de ce travail «botché», qui est trop souvent la marque de commerce de notre ville.Que faire pour embellir Montréal?Moi, je dis qu'il faut «vieux-montréaliser » Montréal.Ou plus précisément «quartier-internationaliser» Montréal.Je ne plaide pas pour un projet particulier.Je plaide pour un état d'esprit, qui a longtemps fait défaut à Montréal.Jenedis pas de fairepousser des Quartiers internationaux un peu partoutdansl'île.Jedisdes'en inspirer.De réfléchir et de rêver comme l'ont fait lesartisansduQIM.Depenserdans une optique de développement durable, plutôt que de développement fast-food.Bref, je dis d'oser.Vous me direz que la dernière fois qu'un maire a osé, on s'est retrouvé avec un Stade olympique.J'ajouterai donc qu'il faut oser tout en dosant.Sinon, on délire.Voilàdonc pour les grands principes.Si on me demande maintenant de me faire chirurgienne urbaine d'un jour et de me promener avec monmarqueur rouge dans la ville, je rendrais le réseau de transports en commun si efficace et confortablequenulnepenseraitàutiliser sa voiture.J'aménagerais davantage de pistes cyclables par sympathie pour tous les cyclistes qui risquent un peu leur vie, coincés dans le flot automobile de l'avenue du Parc.Je penserais au bienêtre du piéton et de sa poussette en élargissant les trottoirs, comme l'ont fait les artisans du QIM.Quoi d'autre?Je songe aussi à des petits trucs pas sorciers du tout qui rendraient laville plus agréable.Mettre par exemple des filets sur les bacs à recyclage \u2014 l'idée est d'ailleurs déjà à l'essai à Outremont\u2014pour éviter que les rues ne se transforment en corbeilles à ciel ouvert.Ou encore augmenter le nombre de places de stationnement pour vélo.Pourembellir, il faudraaussi s'autodétruire un peu.Se débarrasser d'uncertain nombre d'excroissances du paysage montréalais.Je rêve d'un logiciel qui, à l'instar du Control-Z sur mon traitement de texte («annuler la dernière frappe»), pourrait administrer un traitement-choc à la ville.On effacerait entre autres les immeubles soviétiquesquidéfigurent Montréal.En priorité, quelques grands classiques: l'ITHQ, rue Saint-Denis, qui, malgré sa récente remise en beauté, n'arrive pas à faire oublier qu'il a pris la place d'une très belle école de style victorien dans les années 70; le palais de justice, rue Saint-Antoine, qui jure avec l'architecture du Vieux-Montréal ; le bien mal nommé Colisée, rue Sherbrooke (à l'angle de la rue Jeanne-Mance), qui cache le mont Royal.Il suffirait d'une seule touche et toutes ces horreurs disparaîtraient.La chirurgie esthétique, ce n'est pas mon genre.Mais pour des cas lourds de ce genre, je pourrais faire une exception.Je suis partie en congé de maternité, le Vieux-Montréal était un désert gris.Je suis revenue, c'était devenu un lieu magnifique.Un quartier, un vrai.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE© PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE© PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE© Le silo no5.La place Jean-Paul-Riopelle.Chapiteau, rue de la Commune. YVES BOISVERT DOSSIER EMBELLIR MONTRÉAL La faute à Le Corbusier vant toute chose, de la dynamite.Détruire, c'est parfois commencer à embellir.Ma première cible est ce silo numéro 5, que je vois chaque matin en arrivant dans le Vieux-Montréal.Dix étages de béton hargneux, walkin agricole sans grain d'un demikilomètre de long, témoin pathétique dudéclin de ce port qu'on a commencé à contourner il y a 44 ans avec la Voie maritime du Saint-Laurent.C'est une cible prioritaire en ce qu'elle est au coeur géographique et historique de Montréal, qu'elle défigure.C'est une cible esthétique d'abord, la chose étant incontestablement laide, inutile, massive et surmontée de trognons de rouille.C'est aussi, peut-être même davantage, une cible idéologique.En effet, c'estmoinslachoseelle-même(recyclable, à la limite) que l'idéologie de ses défenseurs qu'il faut dynamiter.Qui défend ça ?Plein de gens, voyons.Des gens qui regardent avec leur bouche.On a rasé les plus belles maisons de Montréal, alors pour compenser, ou pour sublimer, quelques architectes aux sourcils froncés voudraient que nous conservions ce témoignage épuré d'un passé industriel glorieux.Les dépotoirs à ciel ouvert sont aussi des témoignages d'un passé plein d'insouciance et de joie de vivre, de même que les cours à scrap évoquent l'amalgame postmoderne, le mélange des genres et invitent à la créativité, tant qu'à y être.Non, mais arrêtez-moi ces niaiseries- là ! Il a dit tout ce qu'il avait à dire, ce silo.Le témoignage est terminé.Il radote.Arrêtons de faire semblant que c'est intéressant ! Il a 100 ans cette année, au fait, faisons-lui une fête avec du blé dur et des feux d'artifice, il a bien mérité des marchands de ciment.Ettoutdesuiteaprès, onraselachose.Et l'idée de la chose, exemple encombrant de la supériorité des idées sur la matière.Le pire, c'est que cette cochonnerie ne doit sa survie qu'à quelques paroles malheureuses de cet enfoiré de Le Corbusier, ou plutôt au culte que vouent certains fidèles au pape de l'architecture moderniste de la première moitié du XXe siècle.Ce ne sera pas la première fois qu'un Français parle trop.L'ami du béton a visité les grandes villes américaines pour s'émerveiller béatementdecesbâtiments industriels: «Voici des silos et des usines américaines, magnifiques prémices dunouveau temps.Les ingénieurs américains écrasent de leurs calculs l'architecture agonisante.» Et voilà.Tout ce qui est laid à Montréal pourrait trouver sa source dans ce passage prophétique, qui est à l'architecture ce que le stalinisme est à la politique.L'amour aveugle pour le nouveau, la prétention de faire table rasedupassépour créersinonl'Homme nouveau, du moins la maison de l'Homme nouveau, ce qui suppose l'écrasement des anciennes manières dans une grande fanfare triomphaliste américanophilegaga(les Françaisn'ont pas toujours été antiaméricains).Je l'affirme péremptoirement aujourd'hui : de cette émotion esthétique dévoyée ont pu naître toutes les horreurs des 50 dernières années.De même qu'au nom de Jésus on a fait les croisades, et aunom de Marx les goulags, on veut nous faire souffrir jusqu'à la fin des temps ce silo au nom de Le Corbusier.Sauf que quand Le Corbusier en parlait, le silo vivait, vibrait.Ce n'était pas une ruine.Ça fait 75 ans ! Estce qu'on peut, nous aussi, «écraser» les vieilles idées ?Que s'est-il passé depuis que Le Corbusier a écrit ces quelques lignes?Précisément l'écrasement de l'architecture par le génie civil.Vive leciment !Allez, les ingénieurs! Coulez-en, dubéton !Et que jetecoupe en deux la ville et plein de quartiers avec des autoroutes Ville-Marie, métropolitaine, Décarie, Bonaventure! Tassez-moi l'architecture agonisante, faites place au Temps nouveau ! Surélevez- moi ça, faites-moi des tranchées, des échangeurs, youpelaï ! Les architectes amoureux du silo numéro 5 sont des ultraconservateurs qui s'ignorent, des porteurs de ceinture fléchée déguisés en amateurs d'art contemporain, en plus d'être les complices crédules de cette victoire de l'ingénieur sur l'architectequiaenlaidi tant de villes nord-américaines.Ils se tirent dans le plan ! Déboulevardtaschereauïsation Ce machin à grains est la clé.Sa démolition nous permet de déverrouiller la porte de l'embellissement, qui suppose, partout, de casser, enterrer, cacher le béton.Et de mettre du vert, tout bêtement.Après tout, mille choses sont laides à Montréal.Mais l'horrible, c'est l'inhumain, c'est ce qui ceinture, transperce Montréal, ce qui y mène ou ce qui s'y accroche.Les autoroutes beiges et grises, les boulevards de banlieue sans le moindre arbrisseau.Le touriste qui débarque à Dorval pour se rendre au Sheraton Laval à son congrèsd'arpenteurs-géomètresnevoit partout que la laideur.Elle se mesure, vous dira-t-il.Cachons le béton, faisons pousser des rhododendrons.Peuple de bûcherons frénétiques, pays de défricheurs obsessifs, la coupe à blanc, on l'a pratiquée même en ville ! Partout, desparkingsetdesparapets !Pasmoyen de planter deux ou trois arbres dans vos parkings de grande surface, non ?Quelle loi interdit de planter untout petit peu de vert le long de ces routes, si on n'en fait pas des tunnels ?On construit des murs mauves et beiges pour contrer la pollution sonore.À quand des murs de verdure, partout ?Il faut d'urgence procéder à la déboulevardtaschereauïsation de toute la région de Montréal.Les architectes amoureux du silo numéro 5 sont des ultraconservateurs qui s'ignorent, des porteurs de ceinture fléchée déguisés en amateurs d'art contemporain.PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE© PHOTO LA PRESSE© PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE© L'échangeur Turcot.PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE© Parc Viger au-dessus de l'autoroute Ville-Marie.Autoroute Ville-Marie.L'ancien et le «nouveau»: l'ITHQ rue Saint-Denis. DOSSIER EMBELLIR MONTRÉAL Pleure pas ma belle NATHALIE COLLARD n ami débarque à Montréal pour la première fois.Où l'emmenez-vous pour lui faire découvrir la beauté de notre ville?Au chalet du mont Royal, pour qu'il embrasse la métropole du regard et admire les collines montérégiennes qui pointent à l'horizon?Ou sur Mc Gill College, un soir de décembre, quand la rue est toute illuminée pour Noël?Ou encore, au carré Saint- Louis, pour admirer les belles demeures bourgeoises des rues avoisinantes?Non mais, qui a dit que Montréal était moche?Nommez-moi une ville qui n'a pas son petit musée des horreurs, ses anomalies urbaines et ses constructions honteuses?C'est vrai, quand on atterrit à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau en provenance de New York, Paris ou Barcelone, on a la désagréable impression de débarquer à Wabush.Avec sa poignée de gratte-ciel maigrelets, Montréal a l'air d'une grosse ville de région qui essaie de se donner des grands airs.Et ce n'est pas l'horrible autoroute Côte-de-Liesse qui va nous remonter le moral.Pourtant, qu'on soit montréalais d'origine, new-yorkais en visite ou torontois jaloux, tout le monde s'entend pour dire que Montréal est une ville cool, branchée où il fait TELLEMENT bon vivre.En fait, tout ce qui manque à Montréal, c'est un look qui corresponde davantage à sa personnalité.Soyons patients ! Il n'y a pas si longtemps, les mots design et urbanisme n'étaient jamais prononcés dans les couloirs de l'hôtel de ville.Montréal ne comptait pas de musée d'architecture et on n'avait qu'Habitat 67 pour se péter les bretelles.Admirons le chemin parcouru.Le superbe concours Commerce Design Montréal, lancé il y a neuf ans, a déjà été reconnu à l'échelle internationale et on le cite en exemple dans plusieurs villes dans le monde.Dans quelques jours (du 6 au 8 octobre prochains), Montréal accueillera le colloque Nouvelles Villes de design, un événement de plus qui va sensibiliser les Montréalais à l'importance du design.Il y a un momentum, comme disent les politiciens.En fait, ce qui manque surtout à Montréal, c'est de l'argent.Beaucoup d'argent.Car si Montréal était riche, s'il y avait une plus forte concentration de gens à revenus élevés, Pointe-Saint- Charles serait déjà un quartier émergent qui compterait des cafés sympas, quelques bons restos et une poignée de galeries d'art.On irait faire les boutiques de jeunes designers dans Hochelaga-Maisonneuve, le boulevard Saint-Joseph retrouverait son lustre d'antan et tous les parcs que fréquentent nos enfants seraient verts, propres et accueillants.À Montréal, les choses bougent plus lentement qu'à New York ou Toronto.Question de s'encourager, regardons ce qui s'est produit dans le domaine de la restauration au cours des dernières années.Il y a 20 ans, la majorité des Québécois mangeaient leurs asperges dans des boîtes de conserve et croyaient que Gargantua et Pantagruel, rue Saint-Denis, était un bon restaurant.Aujourd'hui, la critique resto du New York Times s'extasie sur nos bonnes adresses gastronomiques.On parie combien que dans 10 ou 20 ans, Montréal sera au nombre des plus belles villes du monde?DANS SA PAGE MÉTROPOLIS, LECAHIER ACTUEL S'AMUSECHAQUE SEMAINEÀ DÉNONCER LES LAIDEURS MONTRÉALAISES.VOICI QUELQUES-UNES DES PLUS FRAPPANTES, DES PLUS ÉVOCATRICES.BOULEVARDSAINT-JOSEPH Àune autre époque (pas si lointaine), le boulevard Saint-Joseph était doté d'un large terre-plein gazonné et une seule voie était aménagée de chaque côté pour les voitures.Mais, depuis, on a remplacé le gazon par du béton.Résultat : le boulevard est devenu une voie rapide.où les voitures sont agglutinées à l'heure de pointe.Un exemple du «tout-à-l'auto» qui mine la qualité de vie des riverains.Pourquoi ne pas y aménager une voie pour les autobus?Ou\u2014horreur\u2014une piste cyclable?MARCHÉCENTRAL Avez-vous déjà essayé de vous rendre au Marché central sans prendre votre voiture?Autant essayer de traverser les rapides de Lachine en nageant avec une ceinture de plomb.Si l'envie vous prenait d'y aller en vélo, confiez vos dernières volontés à vos proches avant de partir : vous allez vous mesurer à des camions de 10 tonnes et vous soumettre aux supplices dantesques du rond-point l'Acadie.Construits selon la mode américaine des «big box stores», les magasins du Marché central sont tellement espacés qu'il faut prendre sa voiture à chaque fois qu'on visite une nouvelle boutique.Cela crée des bouchons de circulation (et de la frustration) en permanence.Ne pensez pas non plus vous balader à pied dans cette ville-champignon : les trottoirs sont quasiinexistants et l'odeur du dioxyde de carbone qui se mélange à celle des beignets Krispy Creme suffit à vous faire regretter de vous être levé ce matin-là.Comme le confiait récemment un ami : «De quoi donner le goût de s'adonner à la simplicité volontaire».BILLET ÉCHANGEURDES PINS Regardez bien l'échangeur des Pins : bientôt, il ne sera plus qu'un souvenir.D'ici 2006, la Ville entend le démolir pour le remplacer par un carrefour en surface.Les résidants du ghetto Mc Gill n'auront donc plus besoin d'aller allumer un lampion à l'Oratoire avant de traverser l'avenue des Pins pour aller à la montagne.Nous avons une proposition pour les responsables de l'urbanisme: tant qu'à refaire le coin, profitez-en pour enfouir l'avenue du Parc entre des Pins et l'avenue du Mont-Royal.Le tunnel ainsi créé n'aurait que quelques centaines de mètres de longueur, et il n'y aurait plus de coupure entre le mont Royal et le parc Jeanne-Mance.Ça pourrait être «notre cadeau aux générations futures» comme on dit.PAR NICOLAS BÉRUBÉ DOSSIER EMBELLIR MONTRÉAL 5 HANGARNUMÉRO16 Quelle est la vocation du hangar numéro 16?Est-ce un marché aux puces?Un labyrinthe?Un peu de tout ça à la fois?Chose certaine, le hangar centenaire qui s'élève dans la partie est du Vieux-Port a été négligé au fil des ans.Et ce n'est pas l'ajout récent d'une série de machines distributrices de boissons gazeuses qui vient améliorer le tableau.Selon un scénario étudié par la Société du Vieux-Port de Montréal, le hangar numéro 16 serait éventuellement transformé en un centre d'exposition.Bonne idée.6 TERRAINS VAGUES SOUS LE PONT JACQUES-CARTIER Quelle est la fonction des terrains vagues sous le pont Jacques-Cartier?Incarnent-ils le meilleur endroit en ville où se faire voler le lecteur CD de sa voiture?Un incontournable pour se faire casser la gueule le soir?Les terrains vagues sous le pont Jacques- Cartier sont tristes et gris.Avec le quartier gai qui s'étale tout près, on peut espérer que le tableau s'améliorera dans les prochaines années.Un parc?Une aire de jeux?Un terrain de pétanque géant?On peut toujours rêver.POUBELLES DE RECYCLAGE INEFFICACES Les poubelles de recyclage installées dans les rues de Montréal sont inefficaces.La plupart du temps, les orifices aménagés pour le papier sont bloqués par un surplus d'assiettes de carton et de croûtes de «pizza à une piastre ».Les panneaux latéraux s'ouvrent en un tournemain, exposant ainsi le contenu aux quatre vents.Aux dernières nouvelles, la Ville avait demandé à la compagnie responsable de ces paniers, OMG Media, d'enlever ses poubelles publicitaires à cause de la «piètre qualité des services rendus».Aux dernières nouvelles, les poubelles étaient toujours là.MANQUEDE POUBELLES Est-ce à cause de l'affluence de l'été?Dans tous les quartiers, les poubelles débordent.Littéralement.À ce chapitre, la solution est simple : il faudrait rajouter des poubelles à peu près partout et s'assurer qu'elles soient régulièrement vidées.Rien à dire de plus.PHOTOS PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE© LA STATION-SERVICE ANGLE SAINT-LAURENT ET SHERBROOKE Pourquoi faut-il que les stations-service soient si éclairées, si clinquantes, si clonées les unes sur les autres?Passe encore quand elles sont situées dans un no man's land en bordure d'une autoroute.Mais en plein centre-ville?Alors que tous les propriétaires des édifices aux alentours se fendent en quatre pour embellir le quartier?La station Esso située à l'angle de Sherbrooke et Saint-Laurent est l'incarnation même de ce manque de vision.On se bat pour préserver la maison Notman située tout près, mais personne ne fait grand cas de la station-service «vaisseau spatial» qui s'élève à côté, et qui ne s'intègre pas du tout au quartier.À mettre au rayon des actes manqués. ACTUEL La tentation de l'abstention NICOLAS LANGELIER COLLABORATION SPÉCIALE QUne élection partielle avait lieu dans ma circonscription, cette semaine.Étant très peu enthousiasmé par l'ensemble des candidats, de même que par leurs chefs et partis respectifs, j'ai décidé de ne pas voter.Est-ce que j'ai contrevenu à une quelconque obligation ?\u2014A.Martin, Montréal RLa position la plus répandue est que oui, un citoyen a l'obligation morale de voter.C'est le point de vue de la majorité des penseurs, depuis la Grèce antique (sauf bien sûr durant ces quelques siècles où il était impossible de voter parce que vous étiez une femme, ou un esclave, ou un individu vivant sous le joug d'un tyran, ou que vous aviez égaré votre carte d'électeur quelque part dans la hutte).Dans certains pays, comme l'Australie et la Belgique, voter est même obligatoire, sous peine de sanction.Et les arguments en ce sens sont effectivement aussi valables que variés.Un des plus importants repose sur un des fondements mêmes de l'éthique: l'obligation de faire le bien.Un citoyen qui s'abstient de voter peut se soustraire à cette responsabilité, puisqu'en n'accordant pas son vote au parti proposant la position la plus morale (une question très subjective, bien sûr, surtout en matière de politique contemporaine), il accroît les chances du « moins bon» parti de l'emporter.La dernière élection américaine, par exemple, a été décidée par une infime proportion de voix.Si à peine quelques milliers de démocrates floridiens de plus étaient allés voter, bien des choses que l'on peut qualifier d'immorales auraient sans doute été évitées.Il est donc possible de soutenir que ces citoyens ont failli à leur devoir moral.Mais est-ce réellement toujours le cas ?La réponse se trouve dans celle que l'on donne à cette question fondamentale : « Quelle action fera le plus de bien ?» Si vous n'appuyiez aucun parti dans la récente élection partielle, c'est parce qu'aucun d'entre eux ne répondait à vos aspirations (et, inévitablement, aux aspirations de gens comme vous).Quelle était alors la meilleure manière de le faire savoir ?En restant chez vous ?En annulant votre vote ?En votant pour le « moins pire » parti, même s'il ne répondait qu'à moitié à vos attentes ?Là-dessus, les avis sont partagés, et souvent défendus de manière très passionnée.Personnellement, je considère que l'abstention peut être une position rationnelle, potentiellement porteuse d'évolution sociale.Elle souligne notre déception quant au choix qui s'offre à nous, et annonce aux partis politiques qu'ils vont devoir faire mieux, s'ils désirent notre appui.Ou que nous pourrions être prêts à voter pour un nouveau parti qui répondrait mieux à nos attentes.En ce sens, s'abstenir est assez semblable à annuler son vote.Mais, alors que le taux d'annulation passe souvent inaperçu parce qu'il est assimilé aux bulletins rejetés, le taux de participation, lui, est toujours bien en évidence dans les comptes rendus médiatiques.Quand plus de 50% des gens ne votent pas, il y a là un message clair que quelqu'un, quelque part pourra saisir.Des gens véritablement préoccupés par l'environnement et la justice sociale, par exemple, qui, remarquant le taux général de désaffection, pourraient se dire que le temps est peut-être venu de se regrouper pour proposer une vraie réforme.Abstenez-vous donc, si c'est ce qui vous semble le plus en accord avec votre conscience (en autant bien sûr que les candidats s'équivalent, moralement.Si une élection opposait Paul Martin à Pol Pot, j'espère que vous iriez voter pour le premier.Une situation fort peu probable, soit, puisque l'ancien dictateur n'est pas citoyen canadien.Ni vivant, d'ailleurs).Un avertissement, cependant : le danger, avec l'abstention, est qu'elle soit perçue comme de l'apathie.Et, comme l'histoire l'a trop souvent démontré, l'apathie ouvre la porte à bien des abus.La meilleure solution sur le plan éthique : jumeler votre abstention à un véritable engagement à créer les conditions qui vous redonneront, à vous et à d'autres, le goût de participer pleinement à notre vie démocratique.Vous avez des interrogations éthiques, des dilemmes moraux déchirants et autres questionnements existentiels ?Écrivez- nous à Questions existentielles, à ethique@lapresse.ca ou au 7, rue Saint- Jacques, Montréal H2Y1K9 QUESTIONS EXISTENTIELLES L'éthique dans la vie de tous les jours Un congrès punk au parfumnostalgique AGENCE FRANCE-PRESSE « Punk is not dead », proclament les t-shirts.En congrès jeudi à Kassel, dans le centre de l'Allemagne, plusieurs centaines de vétérans du mouvement punk affichent pourtant une allure assagie, loin des crêtes d'iroquois et des blousons perfecto des années 70.Au programme de ce premier « congrès international » du mouvement punk, pendant trois jours : concerts, projection de films d'émeutes urbaines, exposition sur les punks vus par la presse, tables rondes sur le punk slovène, etc.Dans l'assemblée venue faire le point sur l'influence politique et culturelle du mouvement aujourd'hui, très peu de crêtes ou de perfectos donc, mais une grande majorité de quadragénaires, aux costumes impeccables, qui échangent leurs souvenirs de l'âge d'or du punk, à la charnière des années 70-80.Vie en communauté, contestation de la société de consommation et des pouvoirs établis: Thomas Heinemann, 43 ans, se souvient « d'avoir été complètement antisocial ».Difficile de croire cet homme, qui travaille aujourd'hui dans une agence de publicité, quand il raconte comment il a fait la manche pendant quatre ans dans les années 1980 et « porté toute la panoplie, épingles à nourrices et chaînes sur le perfecto comprises ».Puisant leurs valeurs dans l'anarchisme, les membres du mouvement punk affichaient divers signes extérieurs de provocation par dérision pour l'ordre social.En Allemagne de l'Est, malgré des points communs, les risques et l'enjeu du mouvement étaient totalement différents, rappelle quant à lui Michael Pankow Boehlke.Contrôles d'identité à répétition, fermetures de clubs pour des raisons sanitaires et pour les groupes de rock les plus célèbres, filatures de la Stasi, la police politique de l'ancienne RDA.Malgré les difficultés, une fierté demeure: celle d'avoir participé à « l'émergence d'une société civile » et contribué à l'ébranlement du système socialiste, par le simple geste de faire passer des cassettes sous le manteau.3255023 6570, rue Saint-Hubert, Montréal (514) 276-3701 L'INCONTOURNABLE POUR CET AUTOMNE ET CET HIVER.CHRISTIANO DI THIEME - D'ITALIE SIMON - D'ITALIE PELLE XAVIER - ESPAGNE LUHTA - SCANDINAVIE LABELLE FOURRURE - CANADA 50% d'escompte sur les manteaux de laine de cachemire-Shearling Fourrure - Accessoires - Sur marchandises sélectionnées POUR TOUS LES GOÛTS ET BOURSES Financement disponible Collection unique de foulards en fourrures Nous reprenons vos vieilles fourrures en échange.Ouvert 7 jours Nouvelle destination Spa à Sainte-Agathe-des-Monts 1.866.333.7SPA www.stonehavenrelaisspa.com Séjour Spa à compter de 136$/pers./nuit.1 déjeuner, 1 accès bains, 1 massage ou 1 facial Occ.double, Prix sujet à changements sans préavis.Service inclus, taxes en sus.3251692A Informations, observations et poésie NICOLAS LANGELIER COLLABORATION SPÉCIALE GROSSE SEMAINE POUR.LE HAÏKU La confusion Beaucoup de flou et d'incertitude, cette semaine.Personne n'est certain du sort des otages retenus en Irak.Les autorités américaines confondent Cat Stevens/Yusuf Islamavec quelqu'un qui pourrait d'une quelconque manière menacer la sécurité de leur pays.Tout le monde se tâte à savoir si les médecins devraient ou non accepter les incitatifs financiers offerts par certains pharmaciens (réponse : hmm, on va continuer à y penser).Il devient évident qu'il y a un important malentendu quant à la signification réelle de l'expression «politiquement correct».Et puis il y a l'étrange histoire de cette Malaise abattue d'un coup de carabine par son mari, alors qu'elle cueillait des mangoustes dans l'arbre derrière leur maison \u2014 il l'avait prise pour un singe.Il y a des semaines comme ça.LE MOT À SUPPRIMER Vrai La suppression proposée ici n'est en fait que partielle, le sens premier («Qui présente un caractère de vérité») étant indispensable.En effet, sans lui, comment faire valoir le «caractère de vérité» de votre jus d'orange ou de votre poitrine?Vous seriez obligé de dire «Mes seins sont tout à fait naturels et n'ont subi aucune intervention chirurgicale», ce qui est beaucoup trop long, si vous êtes le moindrement pressée.Non, c'est dans un contexte très particulier que vrai doit être banni : lorsqu'il accompagne monde, choses ou affaires, comme dans a) «le vrai monde», et b) «dire les vraies choses/affaires».Il y a bien des problèmes avec cet usage, mais le plus grave est qu'ici vrai ne veut pas vraiment dire vrai, mais plutôt a) «les classes sociales défavorisées dont j'ai nourri le ressentiment à l'aide de mes discours dangereusement démagogiques», et b) «les propos diffamatoires, haineux ou simplement puérils que j'emploie, dans le cadre de cette émission de radio ou de ce talk-show au concept payé très cher à un producteur français».Et, franchement, la vérité mérite mieux que ça.Élections partielles Tous les partis crient victoire La populace baille LE TOP 5) Le prix des manteaux.4) Le «graphisme» et le «stylisme».3) La vacuité du regard des vedettes qui acceptent de poser.2) Le fait de réaliser que tout le monde, de Chibougamau au Plateau, porte les mêmes manteaux, comme dans un vieux film soviétique.1) En couverture : des huskies, des inconnus, Mahée Paiement.Les cinq choses les plus troublantes, à propos du nouveau catalogue Kanuk : L'actualité hebdomadaire sous la forme du poème classique japonais de 17 syllabes en trois vers.The Arcade Fire Funeral, l'albumdu groupe rock montréalais, reçoit des critiques dithyrambiques un peu partout.La STM Prévoit implanter plusieurs circuits d'autobus prioritaires, d'ici quatre ans.Le Repêchage/ Making The Cut Le genre de choses pour lequel la téléréalité a été inventée.La Vie rurale Le genre de choses pour lequel la téléréalité nous désespère.Les bottes Ugg Cute, oui.Mais, euh, avez-vous remarqué que vous portez toutes les mêmes?Les cadenas à vélo Kryptonite Se déverrouillent facilement à l'aide d'un simple crayon Bic.ACTUELITÉS CE QU'ON AIME CE QU'ON AIME MOINS ACTUEL Tu n'as pas changé RAFAELE GERMAIN JE T'AIME MOI NON PLUS COLLABORATION SPÉCIALE «En tout cas, tu n'as pas changé » est sans doute la phrase qui a été prononcée le plus souvent au cours de la soirée.Ça et : « Et toi?Qu'est-ce que tu deviens ?» C'était un samedi soir, tout en haut de la Place Ville-Marie \u2014enfin, pas tout en haut, mais plutôt au 737, le bar qui occupe un des derniers étages et que j'avais toujours (observez bien le désopilant jeu de mots) regardé d'encore plus haut, croyant qu'il s'agissait d'un endroit sans âme où venaient s'ébaudir des gens sans âme eux-mêmes.Or l'endroit est plutôt joli et la vue, elle, spectaculaire, chose que je n'aurais jamais pu apprécier si je n'avais pas été conviée là dans le but de célébrer la fin de nos études et la remise de nos diplômes, il y a 10 ans.Ici, bien sûr, les plus cyniques d'entre vous inséreront les paroles de la chanson de Patrick Bruel, celle qui nous raconte qu'« on s'était dit rendez-vous dans 10 ans, même jour même heure même pomme ».(D'ailleurs, à quelle pomme faisait-il allusion ?Aux pommes que les élèves apportent à leurs professeurs dans les livres pour enfants?À « pomme » dans le sens de « tête, figure » ?À une « pomme » de douche ?Au fait que les gens mentionnés dans la chanson formaient 10 ans auparavant un club très sélect d'émules de Guillaume Tell ?Mystère.) Et non seulement les plus cyniques d'entre vous auront raison de le faire, mais ceux qui ont aussi connu le bonheur tantôt aigre-doux, tantôt franchement sympathique, de retrouver leurs anciens camarades sauront que, ah bien ça par exemple, Patrick Bruel, ou peu importe qui a écrit sa chanson, avait raison sur toute la ligne (à part peut-être pour cette sombre affaire de pomme \u2014personne n'avait de pomme au 737).Tous les commentaires et les questions énumérés dans sa sirupeuse chanson y sont passés : « T'as pas changé, qu'est-ce que tu deviens ?Tu t'es marié, t'as trois gamins, t'as réussi ?Tu fais médecin ?» Et sur le même ton en plus, puisque j'ai étudié dans un collège français.Le tout était donc ponctué de «putain » étonnés et ravis, surtout quand un d'entre nous annonçait qu'il était marié ou qu'une telle autre avait, justement, trois gamins.« Trois gamins ?Putain.» me disais- je alors (donnez-moi deux verres de vin blanc et un interlocuteur français et mon accent semi-français revient au galop, tout comme l'étonnante capacité de dire spontanément « aïe ! » plutôt que «ayoye !» en me frappant contre quelque chose).« Trois gamins ?» Ce n'était pas si étonnant, pourtant : les plus jeunes d'entre nous ont 27 ans, les plus vieux 29, peut-être 30.Mais j'ai encore ce réflexe de penser que ce sont les adultes qui ont des enfants, pas nous.Parce que, évidemment, je nous voyais encore comme les adolescents que nous étions il y a 10 ans.Tous bien habillés, bien coiffés, bien à l'aise pour parler de nos « métiers », de nos « carrières »; nous avions même un peu l'air de jouer un rôle, d'être des petits enfants portant les vêtements trop grands de leurs parents.Si nous avions été dans un film, il y aurait eu un effet spécial et suite à un habile fondu, chacun d'entre nous aurait retrouvé ses vieux jeans, ses chemises grunges, ses bomber jackets et ses Doc Martens 20 trous, ses boutons et ses broches.Et le miracle s'est produit, enfin pas littéralement, ce qui aurait été plutôt troublant, mais figurativement, quand un certain Thomas est venu me demander : « T'as des nouvelles d'Amélie Fontaine ?» Je me suis tout de suite retrouvée en 1994, alors qu'il était passionnément amoureux d'elle, alors que nous étions tous probablement amoureux de quelqu'un de notre classe, quelqu'un qui risquait fort bien de se trouver là au 737 (pour les besoins de l'anecdote j'ajouterai que celui qui faisait battre mon coeur sous mes chemises granoles n'était pas là.J'ai d'ailleurs dû radoter à ce sujet jusqu'à 3h, après tout un des buts principaux de ces réunions n'est-il pas de pouvoir constater si nos amours de jeunesse sont à la hauteur des souvenirs qu'on en garde ?).Mais la question de Thomas m'a éclairée sur quelque chose : en entrant au 737, nous avions mis les pieds dans une sorte de raccourci temporel \u2014et en revenant 10 ans en arrière, nous ne voulions pas découvrir à quel point nous avions changé, mais à quel point nous étions restés les mêmes.Je parle pour moi, évidemment\u2014 peut-être que certains étaient venus pour les crevettes au saté ou par simple curiosité.Mais je persiste à croire que c'était la raison pour laquelle la phrase «t'as vraiment pas changé » était toujours prononcée avec bonheur, voire avec soulagement.C'était des « t'as vraiment pas changé, hein ?» qui ne s'adressaient pas vraiment à nos physiques, en fait (aucun d'entre nous n'étant devenu soudainement énorme, filiforme, barbu ou totalement chauve, nous nous sommes évités toute une ribambelle de quiproquos cocasses et navrants comme on en voit toujours dans les films).Ils s'adressaient beaucoup plus à ce que nous étions, à ce qui nous faisait rire en 1994 et nous fait rire encore, au fait que même sans s'être vus pendant 10 ans, nous nous reconnaissions, au fond, parfaitement \u2014et moi c'était avec un certain soulagement que je constatais qu'à l'aube de la trentaine, certains d'entre nous étaient restés les adolescents que nous étions, juste un peu mieux mis, un peu moins gauches, un peu plus réfléchis.Aussi, après nous être extasiés sur ce que nous étions devenus, nous sommes rapidement revenus à nos anciennes préoccupations \u2014 j'ai dû entendre au moins six variations sur le thème de « ah l'amour, hein, c'est toujours pas facile» (j'ai aussi eu droit à : «moi je suis pourri en relations, j'ai été sept ans avec la même fille »).Sept ans?Pourri ?En sommesnous rendus à croire que ce n'est pas déjà quelque chose d'avoir passé sept ans avec quelqu'un et qu'une relation de moins de 45 ans compte pour des prunes ?Encore une autre fascinante question dont je n'ai pu poursuivre l'investigation, ayant été distraite par un plateau de minifeuilletés aux épinards et une énième anecdote commençant par « tu te souviens la fois où ?» Ce n'était pas tant que nous avions les mêmes préoccupations, en fait, mais que nous en parlions avec la même urgence.Toutes ces choses dont nous rêvons encore \u2014l'amour, une vie riche et unique et surtout, surtout, du plaisir, semblaient toujours aussi importantes, et personne n'avait l'air d'y avoir renoncé, pas une miette.Le lendemain matin, évidemment, alors que je n'avais plus devant moi l'éblouissante vue de la ville de Montréal et que j'avais retrouvé, avec ma gueule de bois, une saine dose de cynisme, je me suis fait la réflexion assez pertinente que si nous avions tous agi de la sorte, c'était parce que nous nous retrouvions, justement.Nous étions un peu retombés en adolescence \u2014c'était un effet d'entraînement, l'inéluctable et délicieux retour à ces années passées ensemble autrefois.Puis je me suis souvenue de nos « maintenant qu'on ch'est retrouvés on che laiche plus, hein ?» de fin de soirée \u2014 ils étaient lamentablement articulés, certes, mais je les avais trouvés sincères et un peu touchants, sans doute parce que j'avais entendu, dans leurs accents avinés, la soif de tout qui caractérisait nos 18 ans.Ne dites plus tapas, dites.areas ! Petits et grands FRANÇOISE KAYLER rendez-vous RESTAURANTS La cuisine est comme la littérature, la peinture ou la chanson, le reflet de ce qui se passe dans la société.Même si la culture ne semble pas s'intéresser ou se préoccuper de l'art culinaire, il n'en reste pas moins que les cuisiniers sont, au moins comme les chanteurs, des acteurs importants.Il y a des restaurants où l'on fait beaucoup plus que simplement servir à manger ! Parce que l'on n'a plus de gros appétits ou, plutôt, moins le goût d'affronter de grosses portions et plus l'envie de goûter à plusieurs choses.Parce que l'on trouve souvent que les prix des restaurants sont de plus en plus élevés.Parce que tout cela et pour bien d'autres raisons, le restaurant Area vient de changer sa façon de travailler.Parce que les tapas sont à la mode et pas seulement au Québec, le petit restaurant de la rue Amherst a décidé de profiter de ce courant pour multiplier les plats.Sans verser, évidement, dans la tradition culinaire espagnole, en étant fidèle à sa cuisine.Et à sa cuisine des débuts où il excellait dans des transformations étonnantes de produits très simples.Il a retrouvé l'art de travailler le lait et de faire mousser des nuages de saveurs délicates.La liberté est au rendez-vous de ce nouveau menu.Il est découpé en amuse-bouches, petits plats divers et plats qui explorent la mer, le ciel et la terre.Les portions des plats principaux sont raisonnables.Les autres sont petites à souhait et peuvent être multipliées.Et, parfois même, partagées.Les présentations sont élégantes et jolies.Bisque de homard et lait de cèpes sont servis dans une vaisselle parfaitement choisie pour ces deux préparations surprenantes.Mousseuses, elles sont tout à fait différentes l'une de l'autre, la saveur de la bisque est assise sur une texture veloutée, alors que le goût du champignon est infusé dans le lait.L'une et l'autre sont relevées avec intelligence, l'une plus pimentée et l'autre plus poivrée.Il faut avoir la précaution de les remuer un tout petit peu, les « assaisonnements » ayant tendance à tomber dans le fond de la tasse cylindrique choisie pour ce service.La polenta faisait partie, comme les précédents, de la section amuse-bouche.En bûchette d'une finesse de goût et de texture peu courante, cette polenta servait de base à des escargots très tendres, sans cette trace de goût terreux habituel, et fort agréablement parfumés.La salade de cresson peut être partagée.Elle mêle des éléments que rien ne destinait à se rencontrer : chorizo et chèvre frais qui se répondent bien dans cette salade poivrée par la feuille, adoucie par le maïs, réveillée par une vinaigrette particulière.Le meilleur du lapin était dans cette cuisse, chair douce et tendre, juste posée sur la moitié d'un gros oignon fondant entouré d'un jus parfumé et légèrement piquant aussi intéressant pour la couleur que pour le zeste de saveur.Il y avait dans le service du « coquelet » une allusion claire au service du poulet frit, mais avec quelle élégance ! Croustillant dehors, moelleux dedans, le poulet était servi sur une salade de chou ciselé.Le miel (servi à part) faisait partie de la dégustation de ce plat épicé et parfumé, évocateur d'une autre culture culinaire.La tarte au citron est parfaitement citronnée, sucrée, meringuée.Le mariage panna cotta, yogourt, espresso est remarquable.À peu de choses près, le décor de Area est resté le même.Il ne doit pas être touché, pas plus que le fond sonore en harmonie avec les murs et la table.AREA 1429, rue Amherst 890-6691 Ouverture : du mardi au vendredi, de 11h30 à 14h.Du mardi au samedi, à partir de 18h.Fumée : oui Bisque de homard fouettée au fromage de chèvre, piment d'Espelette et huile d'herbes Lait de cèpes fouetté au poivre et huile de cresson Polenta blanche frite, escargots à la cardamome et glace de viande à la truffe Cresson, maïs caramélisé à cru, chorizo rôti au four, chèvre frais Coquelet mariné au lait, gingembre, citronnelle, anis étoilé, réduction de vinaigre de riz à la cannelle et miel piquant au piment d'Espelette Cuisse de lapin braisée au vin blanc, demi- oignon compoté à la vanille, bourbon et jus de poivron rouge piquant Panna cotta, yogourt nature bio, espresso corsé, meringue, noisette rôtie Tarte au citron meringuée, zeste de citron confit, jus simple de menthe Menu pour deux, avant vin, taxes et service : 73 $ FRANÇOISE KAYLER GASTRONOTES L'Abitibi-Témiscamingue fait escale à Pointe-Saint-Charles.La plus jeune des régions du Québec est invitée à la table de l'un des plus vieux, sinon le plus vieux restaurant de Montréal.Magnan propose jusqu'au 5 octobre une table d'hôte élaborée par le chef Yves Moreau, de l'hôtel Forestel de Val d'Or, mettant en valeur plusieurs des produits de sa région.C'est ainsi que l'on offrira les poissons fumés dont le fameux esturgeon du lac Témiscamingue, le caviar de corégone, une variété de champignons abitibiens et les tomates de Guyenne.Celles qui poussent dans des serres installées en pleine forêt et que l'on arrose avec de l'eau de la même source que celle embouteillée sous la marque Esker.Les fromages, les petits fruits, les miels, les gelées et les confitures, une glace de lait de brebis sont aussi intégrés dans ce festival qui met en vedette une région où les cuisiniers et les producteurs travaillent en étroite collaboration.> Les chefs ont l'habitude de prêter leur concours à divers événements.Et, en particulier, à des campagnes de financement.Celle à laquelle vont participer des cuisiniers de plusieurs villes du Canada est particulièrement impressionnante.Ils vont s'associer au Fonds d'excellence olympique canadien créé il y a deux ans par le Comité olympique canadien pour fournir une aide financière directe aux «meilleurs espoirs olympiques ».Des cuisiniers baptisés « Des chefs en or », associés chacun à un athlète, vont entrer en compétition dans les villes de Montréal, Toronto, Ottawa, Winnipeg, Edmonton, Halifax, Vancouver.Lors de la finale, le Dîner Médaille d'Or qui se tiendra à Whistler les 5 et 6 novembre prochains, les vainqueurs de chaque ville se mesureront.Chaque chef jumelé à un «olympien » devra préparer un plat à son image.À Montréal, la compétition se déroulera le jeudi 21 octobre, dans la salle de bal du Windsor, à l'occasion d'un gala où chaque convive devra voter afin de décerner les médailles d'or, d'argent et de bronze.Les chefs montréalais James Mc Guire (anciennement du Passe-Partout), Marino Tavarès (Café Ferreira), Laurent Godbout (Chez L'Épicier), Michel Ross (La Brunoise), Éric Gonzalez, (Cube), Ian Perreault (Area) ont confirmé leur participation, ainsi que les athlètes Annie Pelletier, Alexandre Despatie, Émilie Heymans, Nathalie Lambert, Sylvie Bernier, Penny et Vicky Vilagos.L'objectif du Comité olympique canadien et « Des chefs en or» est d'amasser 500 000$ pour 2004.La présidence d'honneur a été confiée à Justin Trudeau et Nathalie Lambert.Pour information: 514-287-1070, www.goldmetalplates.com .> Cela s'appelle le « Portail du secteur bioalimentaire des Laurentides » et c'est le seul site du genre au Québec.Tous ceux qui sont habitués à « naviguer» sans bouger utiliseront cette adresse avec plaisir.En effet, ce site a été créé autant pour les professionnels du bioalimentaire que pour les simples usagers.Le moteur de recherche, dans la section agrotourisme, permet de trouver des circuits et des marchés publics, de faire une liste de producteurs spécifiques, de trouver des lieux d'autocueillette, de consulter les répertoires de gites à la ferme et de planifier des promenades en fonction d'événements spéciaux.Sur le thème « Plaisirs- saveurs-découvertes », ce site est une réalisation de la Table de concertation agroalimentaire des Laurentides : www.agroalaurentides.qc.ca PHOTO ARMAND TROTTIER Resto BBIISSTTRROOBBAARRRREESSTTOOTTAAPPAASS 1er restaurant Portugais RÉNOVÉ Nouvelle décoration / Prix à gagner Nouveau chef directement du Portugal Nouveau spectacle de fados et guitares 32e festival Automne au Portugal d a n s le Vieux- Mont r é a l a u 111, rue Saint-Paul Est, Montréal Tél.: 861-4562 Téléc.: 878-4764 LE CÉLÈBRE BRETON vous propose FINE CUISINE FRANÇAISE 1550, rue Fullum (coin de Maisonneuve) (514) 523-2551 www.armoricain.com Espace fumeur et non-fumeur NOUVEAU «BRUNCH» DIMANCHE 12 ANS ET MOINS GRATUIT VENDREDI ET SAMEDI SOIRÉE MUSICALE AVEC ORCHESTRE OUVERT 7 JOURS Une table d'hôte Sa carte de saison son menu dégustation 1031, rue Victoria, Saint-Lambert Réservation : (450) 671-0946 www.lessarcelles.com restaurant Fine cuisine française Canard, gibier et fruits de mer Table du midi et du soir Brunch du dimanche 436, Place Jacques-Cartier, Vieux-Montréal Rens.: (514) 861-1386 www.lefripon.com Cuisine française et fruits de mer Salles disponibles pour partie de Noël Choucroute/Huîtres/Coquillages TOUS LES SOIRS SUPER TABLE D'HÔTE Réservation : (514) 843-6698 Web : www.casagaliciamontreal.com 2087, rue Saint-Denis Métro Sherbrooke de Montréal Gastronomie espagnole depuis 1977 Spectacle de flamenco Tapas avec festival de la paella Table d'hôte Menu spécial pour groupes de 15 à 50 pers.Cultura Gastronomica Peruana Au nord de l'ancien Pérou 200 ans avant Jésus-Christ Ouvert dès17 h 3863, rue St-Denis, MTL.284-4448 www.restaurantmochica.com ACTUEL SAVEURS Château de Parenchère: fiable, constant JACQUES BENOIT DU VIN jbenoit@lapresse.ca Vin fiable, constant, le Bordeaux Supérieur Château de Parenchère, dont le premier millésime vendu au Québec fut le 1979, est devenu au fil des ans un classique du répertoire général.Produit sur un grand vignoble de 63 hectares, situé tout à fait à l'est du Bordelais, c'est un vin \u2014malgré la modestie de l'appellation\u2014 d'un potentiel de garde étonnant, de plus d'une dizaine d'années dans les bons millésimes.Goûté ainsi la semaine dernière avec son propriétaire Jean Gazaniol, le Château de Parenchère 1988, tout en étant évolué et resté tannique, assez austère, n'avait en même temps rien de déclinant et demeurait tout à fait acceptable.Le millésime présentement en vente, à savoir le 2001, ne tiendra peut-être pas la route aussi longtemps, tout en ayant ce qu'il faut pour gagner en complexité au cours des trois à cinq prochaines années.Fidèle à son style, il s'agit d'un vin bien coloré, au bouquet d'assez bonne ampleur, de fruits rouges et noirs, légèrement épicé-boisé, aux arômes francs, et qui est élevé, non pas en fûts de chêne, mais plutôt en foudres, c'est-à-dire en grands tonneaux.Un peu plus que moyennement corsé, ses tannins sont fermes, quoique sans rugosité.Bref, un bordeaux supérieur de qualité, qu'on peut boire dès maintenant ou mettre en cave pour quelques années.C, 00151985, 20,30 $, FFF $ $( $), à boire, 3-4 ans au moins.Il n'a qu'un défaut : son prix.un peu trop élevé, mais qui glissera sous la barre des vingt dollars (à 19,95 $) le lundi 11 octobre.Racheté par le père de Jean Gazaniol, Raphaël Gazaniol, en 1958, ce domaine produit également, depuis le millésime 1988, une cuvée prestige avec les fruits de ses plus vieilles vignes et de ses meilleures parcelles.Ce vin, le Bordeaux Supérieur Cuvée Raphaël, ainsi nommé en hommage au père de Jean Gazaniol, élevé en fûts de chêne celuilà, aux tannins solides, est de qualité remarquable pour l'appellation.Et il vieillit admirablement, comme le montrait le 1989 goûté ce jour-là, au bouquet séduisant, complexe, aux notes de petits fruits noirs à l'eau-de-vie, de raisins secs.du niveau de bien des vins d'appellations plus prestigieuses, et à la bouche marquée par des tannins fermes, quoique encore là sans rugosité.Le millésime actuellement en vente est le 2001, comme pour la cuvée courante.Bien coloré, il se présente avec un bouquet de bonne amplitude, au boisé bien présent, avec lui aussi des notes de fruits noirs à l'eau-devie.Relativement corsé, ne manquant pas de chair, il a de beaux tannins serrés, et de qualité.Très beau bordeaux.S, 975631, 30,25 $, FFF et même FFF(F), à boire, 5-6 ans.Chose à signaler : depuis ce millésime, Jean Gazaniol utilise pour cette cuvée le microbullage, de plus en plus populaire, technique qui consiste à diffuser de l'oxygène dans le vin \u2014 en doses précises et déterminées à l'avance \u2014 avant la mise en bouteilles.Le microbullage, nommé aussi la micro-oxygénation, a pour effet de rendre la couleur plus stable, mais également d'attendrir les tannins.D'où, dans le cas de la Cuvée Raphaël 2001, des tannins plus enrobés, plus gras que dans de précédents millésimes de ce vin.Ceci, explique Jean Gazaniol, en réponse à certains qui reprochaient à ce vin d'être un peu trop tannique.Enfin, on peut ajouter que ce domaine est situé en fait dans l'appellation Sainte-Foy-Bordeaux, très peu connue, son propriétaire préférant donc vendre ses vins sous celle de Bordeaux Supérieur.Du Languedoc Vous voulez.confondre un amateur de vos amis ?Servez-lui, à l'aveugle, un verre du Vin de pays des Cévennes 2001 Cuvée Templière Domaine de Gournier, qui est la cuvée prestige de cette propriété du Languedoc.Il risquera de rester fort perplexe devant ce vin rouge à la robe soutenue, d'une nuance grenat indiquant qu'il est déjà partiellement évolué, et dont le généreux bouquet, aux nuances de cuir, d'une étonnante complexité, surpasse ce à quoi on s'attend d'un simple vin de pays.Vin qui a du corps, tannique, ferme et aux saveurs nuancées, il est élaboré avec surtout du Cabernet Sauvignon (70 %), puis un assemblage de Syrah et de Merlot (30 %), et est élevé en fûts de chêne.Très réussi.S, 10272106, 18,85 $, FFF $ $, à boire, 2-3 ans.Aussi du Languedoc, le Saint-Chinian 2003 Donnadieu, dans lequel domine la Syrah, au nez et en bouche, est pour sa part un vin tout en fruit, avec une petite note sucrée sur le plan olfactif, un peu plus que moyennement corsé, au goût de petits fruits noirs, tannique sans dureté.Fort bon.C, 642652, 16,30 $, FF(F) $ $, à boire, 1-2 ans.Provenant du même domaine, le Saint-Chinian 2003 Clos Bagatelle, est dans le même style, en plus léger, avec des tannins tendres, tout en fruit, avec la Syrah qui réussit à s'affirmer même si elle ne compte que pour 10% de ce vin.À servir assez frais (14-15 degrés Celsius), ce qui mettra son fruit en valeur.C, 445153, 13,40 $, FF $( $), à boire, 1 an.D'autres vins rouges Véritable salade de fruits, le Sant'Antimo 2000 Cum Laude Castello Banfi, bien coloré, d'un beau rouge jouant entre le pourpre et le grenat, est pour sa part un vin au bouquet ample, aux notes de fruits rouges insistantes, marqué à la fois par le Cabernet Sauvignon (30 %) et le Sangiovese (25 %), dans lequel entrent aussi du Merlot et de la Syrah.Même générosité en bouche, avec du corps, de la chair, le tout bâti sur des tannins fermes, denses, mais sans aspérité.Très bon, et \u2014bravo ! \u2014 sans les notes torréfiées insistantes et habituelles (café, chocolat, etc.) des vins de ce domaine.Il en reste peu, toutefois.S, 00701938, 30 $, FFF(F) $ $ $( $), à boire, 4-5 ans.Des vins blancs Il en faut pour tous les goûts, et de tous les prix.Vin blanc de la Vénétie (Italie), le Veneto IGT 2003 Pinot Grigio Garganega, plutôt léger, aux arômes peu marqués, mais aux saveurs nettes et relevées par un peu de gaz carbonique, rappelle les vins de Pinot blanc d'Alsace.Àprix correct.C, 928887, 15,05 $, FF $( $), à boire.On entre dans un tout autre monde avec le Pouilly-Fumé 2002 Pascal Jolivet.Vin de Sauvignon blanc de la Loire, son bouquet, très typé, un peu herbacé, a beaucoup d'élégance.En bouche, des saveurs pénétrantes, du caractère, avec tout ce qu'il faut de vivacité, et donc d'acidité, pour lui permettre de vieillir en beauté.Impeccable.S, 10272616, 29,60 $, FFF(F) $ $ $( $), à boire, 6-7 ans.Vin blanc de la Loire atypique, et élaboré lui aussi avec du Sauvignon blanc, le Sancerre 2000 Edmond Alphonse Mellot, est de son côté élaboré et élevé en fûts de chêne contrairement à la tradition de cette région.Cuvée prestige de ce domaine, il est boisé avec beaucoup de retenue, et son bouquet, distingué, est très discret pour l'instant.D'une ampleur inaccoutumée pour un Sancerre, la bouche est elle aussi boisée sans excès.À attendre quelques années.Très beau vin.S, 10269273, 71 $, FFF(F) et sans doute FFFF plus tard, $ $ $ $ $, 4-5 ans au moins.Ritz-Carlton, Montréal, le jeudi 30 septembre 2004 Dégustation commentée à 19 h Réservation : sac.vinum@vinumdesign.com Tél.: (514) 985-3200 Le forfait comprend 4 verres de la Série Vinum (Bordeaux, Bourgogne, Chardonnay et Sauvignon) d'une valeur au détail de 144 $ avant taxes.Notez que les participants partiront avec leurs verres dans des boîtes cadeaux.Places limitées.200 $ (plus taxes) Robert Mondavi Fumé Blanc Napa Valley 2001 Robert Mondavi Chardonnay Carneros 2000 Beaume 1er cru Clos de la Féguine 2000 Bordeaux Château Phélan Ségur 2001 (magnum) Vinum design vous invite à venir constater l'incidence de la forme du verre sur la perception du vin.1480, City Councillors, Montréal (près de La Baie centre-ville) Tél.: (514) 985-3200 www.vinumdesign.com jusqu'au 17 octobre 2004 Promotion en magasin 25% Dégustation de vins dans les verres Riedel 3258817A La référence des connaisseurs bonleheur est dansl'arôme À GAGNER : L'une des 15 luxueuses batteries de cuisine ANOLON en inox haute performance.Une valeur de 650$ ch.Bulletin de participation disponible dans les SAQ participantes ou en visitant le WWW.GAGNEZAVECROBERTMONDAVIPS.COM AUCUN ACHAT REQUIS.Ouvert uniquement aux résidents du Québec âgés de 18 ans et plus.Le concours débute le 12 septembre 2004 et se termine le 9 octobre 2004.Tirage le 22 octobre 2004.Pour plus de détails, visitez le www.gagnezavecrobertmondavips.com 3247636A DIFFUSEZ VOS IDÉES.EN ÉPISODES L'ÉCOLE DE TÉLÉVISION ÉCRITURE / RÉALISATION / PRODUCTION PROGRAMME 2005 / MARS À JUIN / 2500 $ PORTES OUVERTES : JEUDI 30 SEPTEMBRE 2004 À 19H DATE LIMITE D'INSCRIPTION: VENDREDI 5 NOVEMBRE 2004 inis.qc.ca 3245359A Un nouveau goût à découvrir Mouton Cadet, le Bordeaux le plus vendu au monde, présente son nouveau vin.Un rouge plus rond, plus fruité et un blanc plus frais, plus croquant.Un raffinement et une tradition d'excellence de Baron Philippe de Rothschild.3253938A "]
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