La presse, 31 octobre 2004, C. Lectures - Arts et Spectacles
[" LES CUIVRES À L' HONNEUR ! Invitée spéciale :Ingrid Jensen Christine Jensen SAMEDI 13 NOVEMBRE, 20 h - THÉÂTRE OUTREMONT présente le en collaboration avec Renseignements : (514) 871-1881 ou 1 888 515-0515 www.montrealjazzfest.com Billets en vente sur www.ticketpro.ca ou au (514) 908-9090 Quintet FILL218 J'étais assis, il y a une semaine, à la terrasse d'un petit restaurant sur le campus de l'Université de Los Angeles (UCLA) en train de manger une salade verte (je me mets au régime quand je suis là-bas) quand je fus frappé par tous ces étudiants qui circulaient si tranquillement autour de moi.Bien sûr, je ne leur demande pas de se mettre en transe électorale, mais il me semble que cette université était plus remuante dans le temps.Quand ?Peut-être durant la guerre du Vietnam.Le mot Vietnam est assez tabou aux États- Unis, ces jours-ci, et ce devait pour devenir un des points majeurs de cette campagne électorale a tourné court, faute de combattant (les démocrates échaudés comme les républicains honteux évitent d'y toucher).C'est tout de même étonnant que l'Amérique, qui voue un culte à la guerre, ait toléré qu'on humilie publiquement un héros de guerre.J'ai eu l'impression que c'est exactement à ce moment-là que le Vietnama basculé dans le passé, l'Irak s'apprêtant à le remplacer dans la conscience américaine.Et pourtant il y a eu beaucoup plus de soldats morts au Vietnamqu'en Irak.Vous me direz que c'est loin d'être fini, l'Irak.Cela continuera encore bien longtemps après le départ des Américains, si jamais ceux-ci acceptaient de perdre la face et une bonne part du pétrole mondial (je n'ai pas entendu une seule fois parler de pétrole ces derniers temps).C'est étrange comme on nomme les guerres.On dit simplement la guerre du Vietnam.Dans quelque temps, on ne saura plus qui était en guerre contre le Vietnam.De même pour la guerre de Corée.D'accord, cela se faisait en Corée, mais contre qui?Je parie qu'on com-mence à l'ignorer.Quand dira-t-on la guerre des États-Unis?On n'a jamais dit non plus la guerre de l'Allemagne, alors qu'elle avait mené deux grandes guerres durant le seul 20e siècle.Résultat: les États-Unis et l'Allemagne n'ont aucune guerre qui porte leur nom.Les puissants s'arrangent toujours pour faire porter le chapeau aux petits.Les lumières de Tokyo Que peut-on faire d'autre, assis au soleil?On regarde passer les gens, disons honnêtement les filles dans mon cas.Je m'étonne que, dans une ville aussi obsédée par la perfection esthétique, l'acné soit encore si répandue (peut-être parce que c'est un signe distinctif de la jeunesse et que la jeunesse est ici l'unique rivale de la beauté).C'est étonnant qu'on n'ait pas encore résolu ce problème d'acné.La peau du visage semble lisse de loin, mais dès que la jeune fille s'approche, on remarque le lourd maquillage.Un aprèsmidi Los Angeles FRANÇOIS COUTURE COLLABORATION SPÉCIALE \u203a Voir MONDE en page 2 FRIANDISES À LASORCIÈRE PAGE 3 Vous êtes Afghan.Vous vous retrouvez par hasard sur les lieux d'un attentat terroriste.Vous êtes arrêté par erreur et emmené de force à des milliers de kilomètres de votre pays, sans motif valable, sans procès.Arrivé dans une base militaire dans l'île de Cuba, vous vous faites dire par vos geôliers que vous êtes maintenant la propriété des marines des États-Unis d'Amérique, que vous serez détenu indéfiniment et que vous n'avez pas droit à un avocat.Si Frank Kafka avait écrit Le Procès au début du 21e siècle, il aurait peutêtre situé l'action de son roman à Guantanamo Bay.Toujours brûlant d'actualité, ce chef-d'oeuvre de la littérature mondiale sera trans-posé sur la scène du Théâtre du Nou-veau Monde du 2 au 27 novembre, dans une adaptation de Serge Lamo-the mise en scène par François Gi-rard.Un excellent prétexte pour (re)découvrir Le Procès et son auteur.Unécrivain et une oeuvre mythiques Franz Kafka est né à Prague en 1883.Issu d'une famille de commerçants juifs partiellement germanisés, Kafka sentit à chaque instant une suspicion autour de lui.Ajoutez des relations conflictuelles avec un père très autoritaire et vous avez là un creuset idéal pour concevoir une vision paranoïaque de la réalité \u2014 état psychique qui transcende toute son oeuvre.Kafka étudia en droit pour faire plaisir à son père, et à 19 ans, il rencontra Max Brod, qui devint son ami et l'éditeur de ses oeuvres posthumes, malgré la volonté de Kafka de détruire tous manuscrits inachevés après sa mort (Le Procès, Le Château et L'Amérique).L'écrivain mourut de tuberculose en 1924 .Il avait 41 ans.Censurée et brûlée sous Hitler durant la Deuxième Guerre mondiale, l'oeuvre de Kafka a par la suite été saluée par les grands de la littérature.C'est grâce au traducteur Alexandre Vialatte qu'on découvrit Le Procès en France dans les années 30 pendant que les textes de Kafka subissaient encore l'autodafé dans son proprepays! Ses écrits étaient en effet perçus comme le prototype de la décadence destructrice, et on les disait susceptibles d'avoir une influence nuisible sur la société.C'était à une époque où l'on croyait encore au pouvoir de la littérature sur les hommes.Franz Kafka a commencé à travailler au Procès 10 ans avant sa mort, en 1914 (le roman fut publié par Max Brod un an après son décès, en 1925).Comme plusieurs autres de ses oeuvres, le livre resta inachevé.L'adaptation théâtrale de Serge Lamothe a été conçue dans le respect de cet inachè-vement : «Il s'agissait surtout de ne pas prétendre conclure là où Kafka lui-même avait estimé inutile de le faire.J'ai relu les adaptations déjà existantes et je n'aimais pas ce qu'on faisait dire à son texte.PHOTOMONTAGE JOCELYNE POTELLE © DANY LAFERRIÈRE COLLABORATION SPÉCIALE \u203a Voir LOS ANGELES en page 2 CHRONIQUE LECTURES ENTRETIENS Le monde André Brassard: est kafkaïen attachant méchant MONDE suite de la page 1 « J'ai donc décidé de faire exister son ambiguïté plutôt que de la résoudre pour défendre quelque idée ; plutôt que d'avoir un parti pris, j'ai fait preuve d'humilité », explique Serge Lamothe.Le Procès débute par l'arrestation abrupte d'un employé de banque nommé Josef K., à 5 h 35 du matin, par deux représentants de la loi.Entraîné malgré lui dans les méandres administratifs d'un procès dont il ne sait rien \u2014 de quoi l'accuse-t-on au juste ?et qui l'accuse ?\u2014 Josef K., apparemment coupable, rencontre des gens qui disent vouloir l'aider, mais qui semblent entretenir des liens fort étroits avec le système.Isolé, bataillant pour garder sa raison, Josef K.décide de se défendre seul contre tous, jusqu'à la condamnation finale : la mort.« Josef K.est réveillé au début du Procès, raconte Serge Lamothe.On le réveille à l'imminence et à l'inéluctable de sa mort.Comme si la vie était un vaste procès et que nous étions tous coupables d'un crime que nous n'avons pas commis.» On a souvent interprété Le Procès en fonction des contextes sociopolitiques propres à chaque époque.En fait, l'oeuvre de Kafka prédit et décrit toute forme de totalitarisme.Pour lui, l'individu se sent accablé par des puissances impénétrables et inaccessibles qui déterminent ses désirs et même ses cauchemars \u2014 d'aucuns y verront un rapprochement avec le 1984 d'Orwell.Il n'agit pas, il exécute, comme tous les personnages de la Cour dans le roman.Un écrivain qu'on découvre encore jeune?Françoise Careil, propriétaire de la Librairie du Square, à Montréal, est catégorique : « Les jeunes viennent encore beaucoup acheter Kafka et pas seulement parce que leur professeur a mis l'un de ses livres au programme.Avec Camus, c'est l'un des plus vendus.C'est un auteur classique.Alors pourquoi lire encore Kafka ?« Ses écrits déroutants m'ont obligée à remettre en cause ma conception de la littérature », dit Aurélie Trujillo, 23 ans, étudiante en littérature.« Quand j'ai découvert Kafka à l'adolescence, deux différences opposaient ses romans à tout ce que j'avais lu auparavant : la transformation de l'auteur en personnage mythique et la sensation d'accéder à la révélation d'un savoir capital sur l'existence.J'ai donc essayé de comprendre des textes qui étaient pour moi effarants parce qu'inachevés, fragmentés.Et contrairement à mon habitude, peu m'importait alors de prendre du plaisir dans ma lecture : j'essayais d'y trouver la vérité.À l'heure où je me posais un certain nombre de questions, Kafka, loin de m'apporter les réponses souhaitées, me confortait dans mon questionnement.Pour Mustapha Boris Diop, 24 ans, Kafka n'est rien d'autre qu'un pur visionnaire.L'étudiant spécialisé en littérature germanique trace même un parallèle entre Josef K.et les opposants à la mondialisation \u2014 le terme par excellence du pouvoir absolu des puissants sur les citoyens : « Le Procès est une vision prémonitoire du monde totalitaire et tueur de liberté dans lequel on vit aujourd'hui.Si Josef K.bascule dans l'isolement et l'absurde, c'est parce qu'il est encore innocent, comme les altermondialistes qui font peu de cas des tenants du pouvoir.» Un homme d'influence Dans une récente entrevue, Serge Lamothe affirmait que tous les écrivains du 20e siècle ont été influencés de près ou de loin par Kafka.Pour s'en convaincre, on n'a qu'à taper « influence de Kafka » sur Google : 21 700 pages \u2014 en français seulement\u2014 apparaissent en résultat de recherche ! Mais qu'on soit écrivain ou lecteur, il faut donc lire Kafka.C'est une oeuvre qui nourrit notre conception du monde.Quand, dans Le Procès, on entend l'avocat Huld déclarer : « Le verdict ne tombe jamais d'un coup : c'est la procédure elle-même qui se transforme peu à peu en verdict », on ne peut s'empêcher d'avoir une pensée pour ces enseignants faussement accusés d'agressions sexuelles ; ou on se remémore le feuilleton CHOI-FM.Pour en savoir plus : Excellente sélection de sites à consulter dans la rubrique « Sites Internet » http : membres.lycos.fr/fzkafka ÈVE DUMAS Si un accident vasculaire cérébral survenu il y a plus de deux ans l'a considérablement ralenti et le condamne aujourd'hui à « endurer » la vie, André Brassard n'en est pas moins capable d'une pensée lucide et parfaitement cohérente.C'est ce que nous démontre Je suis le méchant !, une série d'entretiens réalisés par Wajdi Mouawad et publiés récemment chez Leméac.Il a fallu aux deux hommes de théâtre 10 rencontres pour faire l'inventaire d'un parcours dense et complexe.Mais le lecteur en appétit ne mettra pas plus d'un aprèsmidi pour dévorer ces passionnants entretiens qui nous font découvrir un être d'exception, ennemi du compromis et des lieux communs.Et comme c'est un autre être à part qui pose les questions, avec la loquacité qui est la sienne, les échanges sont naturellement denses et colorés.Il s'en dégage une ambiance de conversation à la fois respectueuse et décontractée.Les deux artistes ne se sont pas laissé enfermer par un protocole strict.Le parcours est sinueux, mais l'essentiel d'une vie et d'une carrière est abordé.On en apprend autant sur André que sur Brassard, c'est-à-dire sur le mal-aimé aux tendances autodestructrices que sur le metteur en scène acclamé qui a « sorti le théâtre québécois de sa gangue colonialiste et nationaliste ».Dans le tiers central du livre, Wajdi Mouawad propose à André Brassard de revenir sur quelquesunes de ses mises en scène les plus déterminantes, ce qui lui permet de remettre les pendules à l'heure sur la manière dont s'est déroulée par exemple la création des Belles-Soeurs de Michel Tremblay en 1968.Tout un chapitre, intitulé « Pourtant on n'est pas heureuses », est consacré à cet événement historique qui avait provoqué au Théâtre du Rideau Vert un « ramdam du tonnerre de Brest », comme dit l'interviewer.Brassard, qui ne s'est pas contenté pendant sa carrière d'être le metteur en scène attitré de Michel Tremblay ou, comme il le dit, l'« épouse » de Tremblay, revient également sur Les Paravents de Genet, Les Feluettes de Michel Marc Bouchard et En attendant Godot de Beckett.Tchekhov, Marivaux, Racine, Chaurette et bien d'autres surviennent également dans les entretiens.La direction artistique du Centre national des Arts à Ottawa, la direction de la section interprétation de l'École nationale de théâtre, l'enfance, l'homosexualité, la dépendance à la cocaïne, la maladie sont autant de sujets qu'abordent les deux hommes.Anti-esbroufeur par excellence, André Brassard se livre toujours en toute honnêteté.Wajdi Mouawad a enveloppé ces captivantes conversations d'une présentation qui rappelle le texte de théâtre.D'entrée de jeu, on nomme les personnages (ils sont trois avec Sophie Létourneau, qui retranscrit).Des didascalies au début et à la fin des chapitres nous donnent le contexte et l'humeur de chaque entretien, qui se termine toujours de la même manière : « L'enregistreuse s'arrête.Wajdi et Sophie se lèvent.Rangent leurs affaires.Saluent André et sortent.André reste seul.» Mais il est en bonne compagnie, Brassard veillant toujours sur lui.Le Passeur d'âmes Au moment où sortait Je suis le méchant ! , Leméac publiait également Le Passeur d'âmes, un essai de Martine Beaulne sur son métier de metteure en scène.L'entrée en matière est essentiellement autobiographique.L'artiste donne quelques repères essentiels à son parcours et raconte son éveil au théâtre, surtout attribuable à son père, Guy Beaulne, qui a travaillé dans à peu près toutes les sphères du théâtre et de la culture.Martine Beaulne fait ensuite un retour sur les pièces les plus marquantes de sa carrière : L'Arbre des tropiques, Don Juan, La Locandiera et Albertine, en cinq temps.Ouvrage parfois technique, écrit dans une langue précise et claire, Le Passeur d'âmes s'adresse aux vrais amateurs d'analyse théâtrale.FFFF JE SUIS LE MÉCHANT ! Entretiens de Wajdi Mouawad avec André Brassard Leméac, 165pages LE PASSEUR D'ÂMES Martine Beaulne Leméac, coll.L'Écritoire, 200 pages On a souvent interprété Le Procès en fonction des contextes sociopolitiques propres à chaque époque.PHOTO PIERRE CÔTÉ, ARCHIVES LA PRESSE© André Brassard est un être d'exception, ennemi du compromis et des lieux communs.Un après-midi à Los Angeles LOS ANGELES suite de la page 1 Est-ce plus apparent sur une peau blanche ?Cela m'amène à regarder plus attentivement les étudiants pour constater qu'une bonne majorité est d'origine asiatique.Je vois de temps en temps passer des groupes de touristes japonais ou coréens dont les guides sont aussi de jeunes étudiants asiatiques.Le flux reste ainsi constant.Je me demande comment ces Japonais voient tout cela dans leur délire planétaire (à les voir photographier ainsi sans cesse, j'ai toujours pensé qu'ils étaient en train d'évaluer un monde dont ils seront les propriétaires un jour).Ce campus lui-même fait peut-être partie d'un complexe universitaire japonais situé dans une lointaine banlieue de Tokyo.Est-ce pourquoi les étudiants asiatiques ne semblent pas trop s'intéresser aux prochaines élections américaines, absorbés qu'ils sont par ce qui se passe dans leur pays d'origine ?Mais qu'est-ce qui se passe ces jours-ci au Japon ?Et en Inde?Et aux Philippines ?Que font les autres habitants de la Terre en ce moment ?À Tokyo, on ne voit que Los Angeles, tandis que les lumières de Tokyo fascinent encore ceux qui sont à Los Angeles.J'ai entendu tout à l'heure un étudiant se demander, avec une pointe angoisse, si ce qui affecte les États- Unis devrait autant préoccuper le reste de la planète.J'ai fait semblant d'être plongé dans mon journal tout en pensant que nous étions partis pour une de ces longues méditations philosophiques (l'autoflagellation a toujours fait de bons scénarios à Hollywood).Bien sûr que les États-Unis occupent une place prépondérante dans la marche du monde, mais ce serait une erreur de croire que l'Amérique est le nombril universel.Les autres peuples, pas plus ni moins que les Américains, ne s'intéressent qu'à eux-mêmes.Et si l'élection américaine les inquiètent aujourd'hui, c'est simplement parce qu'elle pourrait avoir une incidence sur leur propre vie.Il suffit que l'Amérique ne soit plus le maître du jeu pour qu'on s'en détourne comme si elle n'avait jamais existé.Qui a dit « Russie » ?C'est étonnant que chaque fois qu'un puissant tombe (un individu ou un pays), on entend toujours la même rengaine à propos de l'ingratitude des hommes.Mais d'où vient cette obsession de vouloir être à la fois craint et aimé ?On ne leur a pas dit que c'est incompatible.Ce qui m'avait touché après l'horrible défiguration de New York (je refuse de dire 9/11, ce raccourci publicitaire, parce qu'à mon avis, on le fait encore une fois pour éviter de voir les corps), c'est l'étonnement des Américains devant l'indifférence des autres peuples.L'émotion a tardé à venir, on s'en souvient.Et cela les a profondément blessés.Depuis, ils se sont enfermés dans leur univers, au risque même de s'asphyxier.Et Bush qui leur martèle sans cesse : « Vous voyez, nous n'avons pas d'amis.Nous n'avons que Dieu de notre côté.» Et même quand Kerry rigole à propos d'une coalition clairsemée, il ne peut s'empêcher de frémir devant un pareil désastre émotionnel.Définir le terrorisme Montaigne disait que les questions politiques sont souvent des problèmes de grammaire.Un débat fait rage, ces jours-ci, dans le Los Angeles Times à propos de la définition à donner au mot terrorisme.On est au coeur de l'affaire.Pour un premier lecteur, le terroriste est celui qui vise délibérément les civils.On lui répond que les Américains le font aussi à Fallouja, mais qu'on appelle cela « dommages collatéraux ».Un autre a une définition plus pointue : le terroriste, c'est celui qui commence la violence.Que fait-on alors des provocations clandestines ?Et si, à force de serrer la vis, on pousse l'autre à commettre un acte désespéré ?Dans ce cas, qui a commencé la violence ?Celui qui hurle ou celui qui sourit?Mais finalement, un dernier lecteur a flairé le piège : il ne faut pas, dit-il, chercher à définir le terrorisme, car nous courons le danger que cela se retourne contre nous.Je remarque que la plupart des noms ici ont un accent.On vient de partout.L'Amérique est faite de beaucoup de gens qui ont choisi de renier leur pays afin de se sentir plus Américains.Ils l'ont fait de leur plein gré, sachant que c'est là leur seule chance de réussir.On doit brûler le bateau qui nous a amenés ici.La nostalgie est pire qu'une cale qui prend l'eau.Après avoir fait de tels sacrifices, ils entendent que l'Amérique reste intacte.Tout doit rester comme dans le rêve d'avant le voyage.Ce sont eux qui poussent le plus à la guerre.Ils veulent vivre dans une Amérique impériale.Pour eux, il n'y a plus d'autre rêve possible.Il n'y a plus de « là-bas ».C'est l'ennemi direct du terroriste.Il vit dans un monde aussi éthéré que celui-ci.En route vers l'aéroport, le taxi longe le grand cimetière des soldats morts à la guerre.Il se trouve juste en face des bureaux de l'Immigration.Beaucoup de ces immigrants viennent de pays qui ont déjà fait la guerre aux Américains (Vietnam, Corée, Japon).Et que voient-ils, de l'autre côté de la rue, quand ils viennent discuter de leur statut ?Les tombes de ceux contre qui ils se sont battus quand leur pays était en guerre avec les États-Unis.C'est une image qui doit sûrement compter dans le renforcement de leur patriotisme.Savent-ils aussi qu'ils risquent de se trouver face à leur propre frère, un jour ?L'immigrant qui a changé de patrie et le terroriste qui n'a plus de pays.II.À voix basse J'ai reçu par la poste ce matin blême où l'impression d'avoir à vivre quatre ans de plus avec le visage et la voix de George Bush dans le journal du matin et dans le téléjournal du soir se faisait plus oppressante qu'à l'ordinaire, un colis de Noël.À l'intérieur : trois livres de trois poètes majeurs du Québec.Ce n'est pas chaque jour que la crème d'une génération se présente ainsi à votre porte.Voici donc les trois larrons: Gaston Miron (1928-1996) avec Un long chemin (des textes en prose qu'il a écrits entre 1953 et 1996), Roland Giguère (1929-2003) avec Coeur par coeur (ses derniers poèmes écrits entre 1988 et 2003), et Paul-Marie Lapointe, né en 1929 et toujours bien vivant, avec L'Espace de vivre (620 pages de poésie de la période de 1968 à 2002).C'est l'Hexagone qui nous fait cette fleur de ramener sous les projecteurs, à un moment si opportun, ces jeunes gens nés vers la fin des années 20 et qui ont eu 20 ans au début des années 50 \u2014 la génération Duplessis.Trois tempéraments si différents.Lapointe : international et friand de curiosités modernes.Miron : organique et national.Et Giguère, plutôt élégiaque.Des trois, je me sens plus proche de Giguère.Naturellement, je reviendrai souvent à ces voix décisives et si distinctives qui ont tissé notre époque, car il est vital, aujourd'hui, d'entendre d'autres musiques que le bruit des canons.Justement, nous perdons trop de temps à argumenter avec le Malin qui ne fait que gueuler sa puissance.Le coeur n'écoute que si on lui parle à voix basse.Comme le fait toujours Roland Giguère : Je sais par coeur mille chansons vieillottes et des vers sublimes de poètes inconnus je sais par coeur des noms de villes perdues des noms de femmes aimées des noms peu communs des noms propres avec de grandes initiales brodées je sais par coeur de vieux airs de danse et des chants d'amour qui mouillent les yeux Je suis de ceux qui croient que cette voix nostalgique d'un homme assis tranquillement dans le noir et qui n'essaie pas de nous vendre aucun avenir radieux ni passé sanglant, cette voix qui semble parler pour elle-même et qui, en fait, parle pour nous, c'est la vraie voix humaine.Cet homme courtois qui a vécu en locataire sur cette terre et qui n'a pas cherché à abuser de rien, même pas de l'instinct de conservation, s'est donné la mort, sans bruit, le 17 août 2003.COURRIEL Pour joindre Dany Laferrière dany.laferriere@lapresse.ca . POLAR NORBERT SPEHNER COLLABORATION SPECIALE Steven Bochco est un scenariste mondialement connu puisqu'il est le createur des series NYPD Blues, L.A.Law et Hill Street Blues.Mort a Hollywood est son premier roman, et comme le dit l'expression consacree, pour un coup d'essai, c'est un coup de maitre.Quelle histoire ! Bobby Newman, un scenariste en panne d'inspiration est le temoin accidentel d'une scene torride entre une starlette et un acteur en vue qui s'acheve par le meurtre de l'un des deux amants.Plutot que de prevenir les autorites, Newman decide de garder le secret.Il va se servir des circonstances de ce drame sanglant pour ecrire un nouveau scenario, un polar plus vrai que nature dont il est le seul a connaitre le coupable.Il s'incruste dans l'enquete du detective Dennis Farentino, n'hesitant pas a l'envoyer sur de fausses pistes.Au fur et a mesure de la progression de l'enquete criminelle, il ecrit fievreusement son histoire, conscient de tenir un sujet explosif qui lui vaudra la gloire.Trop sur de lui, persuade d'etre le maitre du jeu et de tirer les ficelles, il neglige certains details troublants avant de realiser avec stupeur que lui aussi est manipule.Quelqu'un d'autre, plus retors encore, et tres malintentionne, a pris le relais ! Tout en faisant une peinture corrosive, satirique et drolatique des milieux tres colores du cinema et de la television, Bochco nous entraine au coeur d'une histoire machiavelique.Le debut est assez lent, comme dans certains films d'Hitchcock, avec une forme un peu deroutante .le recit enchasse d'une tierce personne ., mais une fois l'intrigue lancee, l'auteur nous piege de facon magistrale pour nous entrainer inexorablement vers un denouement macabre, totalement inattendu.Manipulations du passe Qu'elle repose en paix, de Jonathan Kellerman, est le 16e roman de la serie mettant en vedette le psychologue Alex Delaware et son ami Milo Sturgis, inspecteur des homicides a Los Angeles.Quand Delaware recoit un dossier contenant les photos de 43 crimes, Sturgis y repere vite les cliches d'une affaire vieille de 20 ans dont on l'avait dessaisi avant qu'il ne puisse la resoudre.A cette epoque, il revenait du Vietnam et, petit nouveau aux homicides, il faisait equipe avec Pierce Schwinn, un solitaire qui ne lui faisait pas confiance.Apres tout ce temps, pourquoi lui a-t-on envoye ce dossier ?Qui souhaite que cette affaire soit rouverte ?C'est ce que Delaware et Sturgis vont tenter de decouvrir au cours d'une enquete semee d'embuches : certaines personnes malintentionnees n'ont pas interet a ce que le passe soit revele.Contrairement aux autres romans de la serie, cette fois, c'est Milo le personnage principal, et c'est tant mieux.Delaware est aux prises avec des problemes sentimentaux sans grand interet, dont l'auteur aurait pu faire l'economie (et du coup elaguer cette brique de plus de 500 pages).Il passe son temps a surfer sur Internet et a donner des coups de telephone.Milo Sturgis va sur le terrain rencontrer les temoins et les survivants de cette tragique affaire : le meurtre particulierement atroce d'une jeune femme.Pendant ce temps, dans l'ombre, quelqu'un manipule les enqueteurs.Malgre des irritants mineurs, Qu'elle repose en paix est un roman de procedure policiere classique de bonne facture ou Kellerman aborde avec brio l'un de mes themes favoris, soit la reprise d'une vieille affaire non resolue, avec toutes les difficultes supplementaires que cela implique : mort de certains temoins, disparition de preuves et de documents, reticences des survivants et autres obstacles.Manipulations sexuelles Le corps enseignant male qui convoite le corps de ses etudiantes, voila qui n'est pas exactement original.Apres tout, l'universite n'est-elle pas le lieu ideal pour jouer au docteur ?Les coucheries entre profs et etudiant(e)s ont deja inspire de nombreux auteurs quebecois, dont Gerard Bessette ou Andre Vanasse, mais voici que Jean-Pierre Charland donne un nouvel eclairage a la chose dans un petit polar satirique, La Souris et le rat, sous-titre Petite histoire universitaire.Or, donc, dans cette universite montrealaise ou l'adultere est un passe-temps et la fornication une discipline olympique, une jeune etudiante douee, particulierement jolie, decide de seduire un vieux professeur, vicedoyen (bien nomme, le vice !) antipathique, plutot repoussant et impuissant.Ce qui donne deux scenes de baise entre la belle et la bete plutot surrealistes, tres peu academiques, deux veritables morceaux d'anthologie.Evidemment, l'accorte demoiselle a une vilaine idee derriere la tete et tout cela finira tres mal.Si le recit commence comme une sorte de roman de moeurs satirique tragicomique, qui propose un regard incisif sur un milieu que Charland connait bien, dont il devoile les dessous sales au propre et au figure, il bascule par la suite dans le roman criminel quand la suite des evenements echappe a la belle Julie pour prendre une tournure meurtriere.La Souris et le rat est un agreable divertissement qui ne revolutionnera pas le genre.Parfois, on rit (jaune) de bon coeur, a condition, bien sur, de ne pas se retrouver dans certains personnages, auquel cas les paranoiaques devront se souvenir de l'avertissement de l'auteur : toute ressemblance avec des personnes reelles ne pourrait etre que fortuite.Le volet francophone du Prix Arthur Ellis 2004, decerne par les Crime Writers of Canada, a ete remporte par Jean Lemieux pour son excellent roman policier On finit toujours par payer (la Courte Echelle, 2003).Un honneur bien merite, et un polar a lire, si vous ne l'avez pas deja fait ! FFFF MORT A HOLLYWOOD Steven Bochco Flammarion, 278 pages FFF1.2 QU'ELLE REPOSE EN PAIX Jonathan Kellerman Seuil, 511 pages FFF LA SOURIS ET LE RAT Jean-Pierre Charland Vents d'Ouest, 241 pages COURRIEL Pour joindre Norbert Spehner spehner@globetrotter.net Manipulations mortelles Les coucheries entre profs et etudiant(e)s ont deja inspire de nombreux auteurs quebecois, mais voici que Jean-Pierre Charland donne un nouvel eclairage a la chose dans un petit polar satirique, La Souris et le rat.Coral Egan VENDREDI 12 NOVEMBRE, 20 h SPECTRUM DE MONTREAL presente le en collaboration avec Renseignements : (514) 871-1881 ou 1 888 515-0515 www.montrealjazzfest.com Billets en vente sur www.ticketpro.ca ou au (514) 908-9090 ECLECTIQUE, NATURELLE ET ENIVRANTE ! FILL221 SONIA SARFATI Friandises a la sorciere La Foret des Gorets, de Suzanne Cote et Celine Malepart (Les 400 coups, des 5 ans).Il etait une fois une petite Bardane.une fillette, pas une plante .qui, desesperee apres l'arrestation de son papa, se refugia dans la foret ou elle rencontra une sorciere serviable.Ca existe .la preuve est la ! ccc Mon prof est une sorciere, d'Elaine Turgeon (Quebec Amerique, des 7 ans).La maitresse d'ecole de Philippe s'habille en noir, possede un chat noir et s'appelle Samantha.Le garcon est persuade qu'elle est une sorciere.Il n'a peut-etre pas tort.Mais a-t-il raison ?Un roman souriant qui joue sur les apparences.ccc La Plus Affreuse des sorcieres, de Nicolas de Hirsching (Cascade, des 7 ans).Sept histoires mettant en scene une sorciere qui reve d'etre belle, une autre qui ouvre une garderie, une troisieme qui ne perd pas espoir de gagner le concours de mauvais sorts, et ainsi de suite .en erreurs plus qu'en horreur.ccc Fils de sorcieres, de Pierre Bottero (Cascade, des 9 ans).La prenante histoire d'un garcon qui est fils de sorciere, frere de sorciere, petit-fils de sorciere.mais qui n'est pas sorcier.Sauf que c'est lui qui devra affronter le terrible buveur de magie qui s'en est pris aux femmes de sa famille.A chacun ses pouvoirs.ccc La Sorciere et la Petite Fille, de Joann Sfar (Boreal Jeunesse, des 12 ans).Un livre pour enfants qui n'en est pas tout a fait un.Ceux qui connaissent l'humour tres subversif de Joann Sfar comprendront.Les autres devraient lire cette histoire de petite fille qui ne le reste pas longtemps avant de l'offrir aux plus jeunes.ccc Sucreries humoristiques Je suis Louna et je n'ai peur de rien, de Bertrand Gauthier et Gerard Frischeteau (Quebec Amerique, des 3 ans).Coup de coeur pour cet adorable album ou Louna voudrait bien, avoir peur de rien.Un texte musical, des illustrations chantantes.Un delice a consommer sans craindre l'indigestion.ccc A h ! Une araignee ! de Lydia Monks (Scholastic, des 3 ans).L'histoire d'une araignee qui voudrait bien etre adoptee par une famille qui fait des pieds et des mains pour s'en debarrasser.L'heroine, elle, fera des pattes et des pattes pour rester.Un recit court, qui reserve une surprise.brillante.Faut pas en dire plus.ccc Alice la fee, de David Shannon (Scholastic, des 3 ans).Pas le plus attrayant des albums pour ses illustrations mais attention, le texte vaut le detour ! Alice est une fee temporaire qui perfectionne son art pour devenir permanente.Ses parents, bien ordinaires, risquent de voir son apprentissage d'un autre (et mauvais) oeil ! ccc Julie et la danse diabolique, de Martine Latulippe (Quebec Amerique, des 7 ans).Une reconstitution contemporaine de la legende de Rose Latulipe (et non Martine, comme l'auteure !) ou la jolie Julie se sent d'humeur coquette a quelques heures d'un bal ou s'impose l'inquietant M.Rouleau, gante et chapeaute de noir.ccc La joyeuse maison hantee: En pieces detachees, de Martine Latulippe, La Sorciere Makiavellina, d'Yvon Brochu et Frissella frappe un mur, de Reynald Cantin (des 8 ans) Trois livres se deroulant dans une maison pour creatures fantastiques malades.Un monstre qui tombe en pieces, un chat qui porte malheur et un fantome qui ne passe pas a travers les murs.Cherchez l'erreur ! ccc Lucifere Premiere, de Paul Rousseau (la courte echelle, des 10 ans).La biennommee Lucifere est la petite-fille de l'actuel maitre des enfers.Les deux bosses sur sa tete le prouvent.Un destin inquietant, que le sien.en particulier a cause d'une certaine prediction evoquant le 666e Lucifer.L'enfer, quoi! ccc Douceurs inquietantes L'Araignee et la Mouche, de Mary Howitt et Tony Di Terlizzi (Scholastic, des 4 ans).Un coup de foudre.si la foudre peut frapper en noir et blanc.et ce serait magnifique, si l'on se fie aux illustrations de ce livre.Un album juste assez inquietant (par les images) et moralisateur (par le texte) ou une mouche se fait prendre dans les filets d'une araignee belle parleuse.ccc Le Sortilege de la vieille foret, d'Ann Lamontagne (Hurtubise HMH, des 9 ans).Tout commence par une betise, lorsque Laurie renverse son verre sur l'ordinateur familial en cette soiree du vendredi 13.L'equivalent de cogner a la porte de l'univers secret du Petit Peuple, va-t-elle decouvrir.a ses depens.ccc Tous des sorciers ! (J'ai lu, des 10 ans).Un palpitant recueil de nouvelles signees par plusieurs maitres de l'horreur, du fantastique et de l'etrange .de Ray Bradbury a Philip Pullman en passant par Roald Dahl, Diana Wynne Jones.bref, la creme (fouettee ?) des ecrivains anglo-saxons donnant dans ces genres ! ccc Le Cheval fantome et autres histoires envoutantes (J'ai lu, des 10 ans).Des volontaires pour passer Halloween dans une maison hantee ?Pour offrir son coeur a un vieux tonton revant de jeunesse ?Dix textes inquietants signes Neil Gaiman, Conan Doyle, Bram Stoker, R.L.Stine et autres diaboliques ecrivains.PPoouurr aaccccoommppaaggnneerr llaa rreeccoollttee ddee bboonnbboonnss Quelques livres avant d'aller amasser quelques livres de bonbons ?Sorcieres, monstres et autres creatures inquietantes sont au rendez-vous entre les pages d'albums et de bouquins de circonstance.Une autre maniere de faire provision de frissons, quoi ! HALLOWEEN LECTURES LECTURES THRILLER Espaces fines et insécables (bis) Kathy Reichs fait de vieux os SONIA SARFATI En publiant un sixième roman en autant d'années, Les Os troubles, l'anthropologue judiciaire Kathy Reichs prouve qu'elle est capable de faire de vieux os en tant qu'auteur de thrillers.Que de chemin parcouru depuis Déjà Dead, en terme d'écriture (malgré cette habitude agaçante de changer de paragraphe presque à chaque phrase) et dans le développement des protagonistes de ses livres Et, tandis que Patricia Cornwell fait de mal en pis avec le personnage de Kay Scarpetta, il fait bon (manière de parler) retourner sur les scènes de crime et dans les morgues en compagnie de Tempe Brennan, une autre experte en cadavres a priori non identifiables.Surtout que le genre est à la mode \u2014 comme le prouve le succès de la série télévisée CSI: Crime Scene Investigation (Les Experts, dans sa version française).« J'étais là, à envelopper les restes d'un malheureux bébé, et pendant ce temps-là, le criminel qui l'avait tué et que j'aurais moi-même volontiers tué de mes propres mains roulait sur les chapeaux de roue en direction de Charlotte, au nord de l'endroit où je me trouvais.» La phrase, qui ouvre Les Os troubles, est claire : le roman sera lourdement traduit, mais il sera prenant.Ce qu'elle ne dit pas, c'est que l'intrigue concernant le bébé n'est que le premier des fils nombreux (trop ?) du bouquin.Car, dans les pages suivantes, Tempe participe à un garden party où son chien se fait remarquer en déterrant un sac plein d'ossements \u2014 qui s'avéreront animaux et non humains.Puis, un petit avion s'écrase et les deux personnes qui se trouvaient à bord, recouvertes d'une étrange poudre noire, sont calcinées \u2014 donc non identifiables pour le commun des mortels, dont Tempe ne fait pas partie.Là où elle est par contre complètement dans la moyenne, c'est lorsque vient le temps de conjuguer sa vie professionnelle à sa vie personnelle \u2014 entre Charlotte (Caroline du Nord) et Montréal.Parce que les événements mentionnés ci-dessus se produisent alors qu'elle hérite du chien de son ex-mari, qu'elle doit passer du temps de qualité avec sa fille et, surtout, qu'elle espère passer en vitesse supérieure dans sa relation avec le lieutenant-détective Andrew Ryan, de la Sûreté du Québec.Enfin! Mais non, ce n'est toujours pas tout.Il y a aussi ces courriels, qu'elle reçoit.Au début, anecdotiques.Puis, de plus en plus menaçants \u2014 photos à l'appui.Bref, beaucoup de morceaux dans ce casse-tête où se mêlent les pièces « boulot » aux pièces « perso ».Beaucoup de personnages aussi.Sur fond de préoccupations écologiques, puisqu'il est question d'espèces menacées et de trafic d'organes d'animaux.Et sur une trame très très sombre: Tempe, bien qu'héroïne de la série, est de moins en moins intouchable \u2014 et ça n'a rien à voir avec les scènes qui la mettent en présence de Ryan ! Le résultat est un page turner.Difficile, donc, de lâcher en cours de route.Mais le parcours ne se fait pas sans heurts et l'arrivée, pas sans frustration : trop de pistes, trop de suspects, trop d'événements\u2014comme un excès de viande autour de l'os.FFF LES OS TROUBLES Kathy Reichs, Robert Laffont, 364pages PAUL ROUX MOTS ET ACTUALITÉS De nombreux lecteurs ont paru troublés par la réponse que j'ai faite à Guy Monté, où j'affirmais qu'il faut faire précéder le deux-points, le point-virgule, le point d'interrogation et le point d'exclamation d'une espace insécable.Ce qui a causé tant d'émoi, c'est que cet usage est contraire à celui préconisé par le Multidictionnaire et l'OLF, sauf pour le deux-points.« Ne devonsnous pas suivre les règles établies par l'Office de la langue française ?» me demande d'ailleurs Hélène Trudel.L'OLF n'est pas la Bible.Il n'y a d'ailleurs pas de bible du français.On peut le regretter, mais c'est ainsi.Et c'est particulièrement vrai en matière de règles typographiques, où les ouvrages de référence se contredisent souvent.Pour ma part, je suis généralement fidèle au Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale, ce qui ne m'empêche pas de consulter avec plaisir et intérêt Le Ramat de la typographie, Le Guide du rédacteur, le Multidictionnaire et Le Français au bureau.Traditionnellement en typographie soignée, on faisait précéder le point-virgule, le point d'interrogation et le point d'exclamation d'une espace fine insécable, et le deuxpoints d'une espace complète insécable.Le problème actuel vient, comme le fait remarquer avec justesse un lecteur, Maurice Rouleau, de ce que les logiciels ne savent pas faire les espaces fines.En conséquence, deux tendances s'affrontent : la première, dont je me réclame, remplace l'espace fine par une espace insécable qui est un peu plus large.La seconde fait tout simplement disparaître l'espace fine.M.Rouleau me souligne que la première tendance est française, la seconde canadienne.Ce détail, qui m'avait échappé, ne m'incite pas pour autant à changer mon fusil d'épaule.Je trouve l'usage de l'espace insécable bien plus joli, tout en étant fidèle à la tradition française.Mais je ne monterai pas au créneau pour le défendre.Car tout cela a finalement bien peu d'importance, l'emploi ou l'absence d'espaces insécables ne rendant les textes ni meilleurs ni pires.Autre interrogation suscitée par cette chronique : l'emploi du mot espace au féminin.Ce terme désigne la « petite tige métallique utilisée par les typographes pour espacer les mots ou les lettres », et par extension, le « blanc entre les mots ou les lettres ».« Comme cette lame de métal n'existe plus depuis l'informatique, m'écrit Jacques Roy, on devrait mettre au rancart (comme on l'a fait de la lame) cette règle qui féminise le mot au sens typographique.» Quant à moi, je n'ai aucune réticence à employer le féminin en ce sens, comme le font d'ailleurs le Robert, le Larousse et le Hachette.Ciel ! Pas contacter?QCiel ! dans votre réponse à « Joindre ou rejoindre », vous avez écrit : > Nous l'avons contacté par lettre.Est-ce à dire que mon DVD du Petit Robert (copyright 2001) est désuet, lui qui note encore : Contacter : Prendre contact avec (qqn).Emploi critiqué.Après avoir soutenu contre vents et marées (et clients) qu'on ne perdait pas le « contrôle » mais bien la « maîtrise » de son véhicule, pour me voir maintenant désavouée par le Petit Robert, qui ne note plus cet emploi « anglicisme » mais tout simplement « de l'anglais ».voilàt- il que je vais devoir accepter d'être « contactée » ?J'en frémis.La langue évolue, bien sûr.« Contacter » est-il donc entré de plein droit dans la bonne société des mots ?Une réactionnaire irréductible et rétrograde (apparemment).Hélène Dion, traductrice RBien entendu, vous n'êtes pas rétrograde et c'est votre droit de ne pas employer contacter.Il faut admettre d'ailleurs que ce verbe n'est pas indispensable, le français disposant déjà de prendre contact avec, entrer en relation avec, entrer en rapport avec, se mettre en rapport avec, joindre, communiquer avec, appeler, téléphoner à, prendre contact avec ou toucher.Soit dit en passant, le Petit Robert ne vous a pas encore désavouée puisqu'il qualifie toujours contacter d'emploi critiqué.Le Multidictionnaire fait la même remarque, mais ajoute aussitôt que cet emploi est passé dans l'usage.Chose que le Petit Larousse et le Hachette semblent confirmer, car ni l'un ni l'autre ne mentionnent l'origine anglaise de ce verbe apparu en français vers 1940.Pour ma part, j'estime qu'il s'intègre fort bien à notre langue et j'aime sa brièveté.Je ne vois donc aucune raison de m'y opposer.J'ai déjà assez à faire avec les centaines d'emplois que je déconseille, contre vents et marées (et journalistes), et qui me font passer pour un irréductible puriste.Nez à nez ou coude à coude ?QPour indiquer que, dans une compétition, deux personnes sont à égalité, l'anglais utilise l'expression neck and neck, l'italien, mano a mano, et le français, jusqu'à récemment (au Québec du moins), nez à nez.Depuis un certain temps, à la SRC et dans certains médias, on utilise l'expression coude à coude.Récemment, à la SRC, on a indiqué comme étant à proscrire l'expression nez à nez dans le sens de à égalité en disant que cette expression voulait dire face à face.J'ai toujours cru que l'expression nez à nez était utilisée par analogie avec les courses de chevaux, où souvent le vainqueur est déterminé par la position du nez.Donc, peut-on dire, à l'occasion d'une campagne électorale, que républicains et démocrates sont nez à nez ou doit-on dire qu'ils sont au coude à coude ?Pierre Béland RLa SRC a raison : l'expression nez à nez est bien française, mais au sens de face à face.> Ils se sont retrouvés nez à nez en faisant leurs courses.C'est sous l'influence de nose to nose qu'on lui donne souvent, mais à tort, le sens de à égalité, égaux, ex aequo, sur le même rang.> Bush et Kerry restent à égalité dans les sondages.Soucieux d'éviter le calque, certains remplacent nez à nez par (au) coude à coude, locution qui signifie « très proche l'un de l'autre, côte à côte ».> Marcher, travailler au coude à coude.À mon sens, cette locution évoque une entente étroite bien plus qu'une rivalité.Je ne la trouve donc pas particulièrement appropriée pour exprimer que deux partis, deux personnes, deux clubs, etc., sont à égalité.Mais je dois reconnaître qu'elle est souvent employée en ce sens, tant au Québec qu'en France.Petits pièges Voici les pièges de la semaine dernière 1.La glace noire rendait la chaussée glissante.2.Des produits hauts de gamme.\u2014 La « mince couche de glace transparente et presque invisible » qui se forme sur la chaussée en hiver se nomme verglas.La locution glace noire est une traduction littérale de black ice.Bien qu'on la trouve dans le Glossaire de météorologie et de climatologie, elle n'ajoute rien à verglas, terme employé par les grands dictionnaires pour traduire black ice.\u2014La locution haut de gamme est invariable et s'écrit sans trait d'union.Il aurait donc fallu écrire : 1.Le verglas rendait la chaussée glissante.2.Des produits haut de gamme.Voici les pièges de cette semaine.Les phrases suivantes comprennent chacune une faute.Quelles sont-elles 1.Vladimir Poutine s'est accaparé tous les pouvoirs.2.La convention de la baie James a été signée en 1976.Les réponses la semaine prochaine.Faites parvenir vos questions, vos suggestions ou vos commentaires par courriel à paul.roux@lapresse.ca ou par la poste au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (QC), H2Y1K9.La première clause du manifeste du célibat était pourtant claire : «Être et demeurer célibataire ».Voilà le but que s'étaient donnés Chloé, Antoine et Juliette, trois amis qui ne croyaient pas en l'amour.Ils y seraient peut-être arrivés si Chloé n'avait pas décidé, un jour, de partir à la recherche du grand amour\u2026 Photo : ©Panneton-Valcourt Soutien-gorge rose et veston noir de Rafaële Germain 454 pages - 27,95 $ 3265859A Dernier automne Récit 214 pages · 21,95 $ « Touchant aux larmes, et pourtant magnifique, frémissant [\u2026], Dernier automne est aussi une réflexion sur la mort et sur l'humilité à laquelle elle nous contraint.» Marie-Claude Fortin La Presse © Dominique Thibodeau Pierre MONETTE 3266268A LECTURES Les tribulations de Pierre Leroux Le journaliste montrealais publie a Paris un roman habile remarque par les medias LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPECIALE PARIS .Pierre Leroux fait partie des Quebecois migrateurs.En 1997, le journaliste montrealais, qui avait publie un premier roman aux Intouchables, Le Rire des femmes, s'est arrete en France, presque par hasard, d'abord a Paris puis en Touraine, et ne sait absolument pas ou il se trouvera dans les annees a venir : Je pourrais bien etre au Japon ou en Californie.Cela depend du boulot que je ferai a ce moment-la.Pour le moment, pas d'ambiguite, c'est a Paris qu'il fait ses affaires.Ou, plus exactement, il vient de publier, comme si de rien n'etait, aux puissantes editions Albin Michel, un roman epistolaire habile et rejouissant, intitule Cher editeur, qui decrit les affres et le desespoir, comique ou tragique, des romanciers eternellement refuses par les grands editeurs parisiens.La premiere lettre, modele du genre .un roman presente pour la 14e fois au meme editeur ! .est a mourir de rire.Et pas loin de la verite.Le roman traitant du milieu de l'edition parisienne est un genre bien connu et qui suscite toujours la curiosite des journalistes litteraires et des editeurs.Encore fautil qu'il soit un peu subtil et reussi.Il faut croire que c'est le cas avec Cher editeur.Car, meme au milieu de l'infernale rentree de septembre, avec ses 661 romans recenses, le premier roman parisien de Pierre Leroux a ete sinon couronne, du moins veritablement remarque et distingue au milieu de l'avalanche de publications.Notre Montrealais expatrie s'est ainsi retrouve avec son portrait dans les pages de Paris Match, en compagnie de la romanciere chevronnee Christine Arnothy, qui elle- meme venait d'ecrire un roman un peu satirique sur les moeurs de l'edition parisienne.Et comme M Arnothy avait aime le roman, elle s'est fendue d'un article fort louangeur de 180 mots, pas un de moins, dans les pages du Parisien, le grand quotidien regional de la capitale, sous le titre : Un regal.Ajoutons deux mentions substantielles dans Le Figaro et Le Monde, une autre dans le Nouvel Observateur, diverses radios et teles : pour un editeur qui publie le roman d'un parfait inconnu, c'est un bilan plutot brillant.Meme pour une maison comme Albin Michel, qui se specialise dans les romanciers, bons ou moins bons, mais en tout cas qui se vendent : Amelie Nothomb, Katerine Pancol, Poivre d'Arvor et cie.Pierre Leroux doit etre une illustration du proverbe la fortune sourit aux audacieux .En tout cas, la bonne fortune francaise lui est tombee dessus sans qu'il ait besoin de trop ramer en solitaire.Ainsi, bien qu'il ait quelques relations parisiennes, il s'est fait un point d'honneur d'envoyer par la poste le manuscrit de son roman.Ou plutot les photocopies, une dizaine selon lui.La-dessus, il admet avoir quand meme recu cinq ou six lettres de refus prefabriquees, du genre ce livre ne correspond pas a notre politique de publication , etc.Egalement quelques reponses plus encourageantes.Mais principalement, en moins de deux mois, un appel telephonique de chez Albin Michel, qui acceptait le roman.Il parait que j'avais une chance sur 1000 d'etre publie en passant par la poste, plaisante aujourd'hui le romancier qui a brode sur les auteurs refuses.Je sais maintenant que certaines maisons n'ouvrent meme pas les manuscrits, par exemple la Table ronde.D'ailleurs, j'ai rencontre recemment un editeur dont j'avais recu la lettre circulaire et qui me disait desormais : votre roman est un vrai livre-culte dans notre maison ! Il n'avait aucun souvenir du manuscrit, bien entendu ! Et le jour ou je suis alle signer mon contrat, j'ai eu un choc en voyant les sacs postaux qui arrivaient, avec des dizaines et des dizaines de manuscrits ! Pierre Leroux doit bien avoir cette petite et bonne etoile qui porte chance.A l'automne 1997, il est de passage a Paris, entre la reception d'un petit prix litteraire au fond de la province pour Le Rire des femmes, et deux mois en residence dans un chateau proche de Cannes, a manger du canard aux olives tous les jours .Dans un bistrot, il croise Claude Lelouch, qu'il a connu, professionnellement et un peu plus, au Quebec, lors d'un tournage.A la blague, Lelouch l'avait pris comme figurant.Il devait y avoir un fond de sympathie ou d'interet, car Lelouch lui propose, comme ca, de travailler avec lui sur un prochain scenario.De retour de sa residence , Leroux entame une collaboration qui, a ce jour, a donne quatre scenarios, dont And now ladies and gentlemen, et le troisieme volet (a venir) du Genre humain.Au passage, notre Leroux a ecrit un texte de chanson pour Une pour toutes, en 2000.Et, le metier appelant le metier, il a travaille .en anglais.sur le scenario de Hitler produit par Christian Duguay.Ces jours-ci, il a meme a peu pres termine un scenario pour un film norvegien en preparation! Et, par-dessus le marche, il declare avoir un agent a Hollywood, ou les choses avancent peu a peu .On constate en effet que Pierre Leroux est du genre voyageur.Pour l'instant, bien que de temperament fort urbain et un peu agite, il serait plutot dans la retraite campagnarde et paisible.Apres cinq ans de vie parisienne dans le bruit et l'agitation, il s'est installe a la frontiere du Berry et de la Touraine, dans une maison qui se loue le prix d'un petit studio parisien, ou je travaille bien, ou je peux organiser mon temps .Lorsqu'il a des affaires a regler a Paris, il saute dans une vieille jeep et va prendre a Tours le TGV qui l'emmene en une heure dans la capitale.Mais la Touraine ne fera sans doute qu'un temps : Il est probable que, dans un avenir rapproche, je m'installe dans le Midi, pas loin de Monte Carlo , dit-il, enigmatique.Seraitil deja en train de planquer ses droits d'auteur dans un paradis fiscal ?Pas encore , dit-il dans un bruyant eclat de rire de fumeur.FFF1.2 CHER EDITEUR Editions Albin Michel, Paris 2004, 245 pages PHOTO FOURNIE PAR ALBIN MICHEL Le Quebecois Pierre Leroux vient de publier, comme si de rien n'etait, aux puissantes editions Albin Michel, un roman epistolaire habile et rejouissant, intitule Cher editeur, qui decrit les affres et le desespoir, comique ou tragique, des romanciers eternellement refuses par les grands editeurs parisiens.MICHELINE LACHANCE Photo : Maryse Raymond Quand on arrive a la fin du livre, on voudrait qu'il reste encore 500 pages a lire tellement on s'est attache a ces gens dont on a partage la vie de tous les jours.[.] maintenant que j'ai lu Lady Cartier, je ne regarderai plus jamais l'un des monuments de Sir George-Etienne Cartier de la meme facon.Lise Payette, Le Journal de Montreal www.quebec-amerique.com Par l'auteure du best-seller LE ROMAN DE JULIE PAPINEAU 3267136A Quel est votre meilleur livre de cuisine ?PHOTOASSOCIATED PRESS Est-ce que Philip Roth a raison de dire que le puritanisme a finalement gagne la partie aux Etats-Unis au detriment de la liberte ?En ce mois de novembre, mois des morts et du Salon du livre qui a choisi comme theme cette annee la gastronomie, le Club de lecture La Presse lance un appel a tous pour savoir quel est le meilleur livre de cuisine ou de recettes, selon vous.Et pourquoi.Parce que c'est le livre dont se servait votre mere ?Parce qu'il ne fait pas que donner des recettes, il propose une certaine philosophie de la vie ?Parce qu'il est une veritable petite encyclopedie ?Parce qu'il est si beau que c'est un ravissement que de plonger dedans ?Celui ou celle qui, grace a ses arguments, arrive a nous convaincre que son livre est le meilleur gagnera un bon d'achat de 200 $ a depenser dans les librairies de la chaine Renaud-Bray.Rappel Vous avez jusqu'au 3 novembre, lendemain de l'election presidentielle aux Etats-Unis, pour nous envoyer vos commentaires sur l'oeuvre de Philip Roth ou sur son roman recemment traduit en francais, La Bete qui meurt.Est-ce que l'ecrivain new-yorkais a raison de dire que le puritanisme a finalement gagne la partie aux Etats-Unis au detriment de la liberte ?Envoyez vos courriels a clubdelecture@lapresse.ca.La meilleure lettre vaut a son auteur un bon d'achat de 200 $ chez Renaud- Bray et elle sera publiee dans Lectures, dimanche prochain.De l'autre cote du pont Roman 196 pages 19,95 $ Quand on a plus de passe que d'avenir, y a-t-il encore une possibilite de bonheur ?c Pierre Longtin Gilles ARCHAMBAULT 3266281A LECTURES CLAUDE BEAUSOLEIL JOCELYNE LEPAGE « La poésie, ça se vit au quotidien, explique Claude Beausoleil, poète de son état.La poésie est là quand j'écris, quand j'en parle, si je suis à l'étranger.La poésie est le seul produit qui mérite d'être mondialisé, la seule drogue qui devrait être permise.C'est un arrêt sur l'image, la possibilité de penser par soi-même \u2014on exprime et on reconnaît sa propre idée.La poésie ne demande pas à consommer ce qui est extérieur à soi.C'est un miroir de l'intérieur.C'est la voix grave de l'être.» Claude Beausoleil est un ambassadeur extraordinaire de la poésie.Il pourrait même convaincre un cheval des bienfaits de ce plongeon extrême en soi-même.Depuis plus de 25 ans qu'il promène sa silhouette dans les rues du Plateau, une silhouette qui a fondu du tiers ces dernières années, jamais il n'a porté son âme en bandoulière.Beausoleil est un homme bouillant de vie, apparemment heureux.À 55 ans, jeune retraité de l'enseignement, il est cette année comblé de récompenses, entre autres le Grand Prix du Festival international de poésie de Trois-Rivières, et il vient d'être nommé membre de l'Académie Mallarmé, la plus prestigieuse institution de la poésie en France.Le Québécois avant lui ?Gaston Miron, en 1976.Chaque année, l'Académie donne un prix.« Je m'engage à ce qu'un poète québécois le reçoive un jour, dit-il.La poésie n'a pas besoin de prix, mais les poètes, eux, oui.C'est une occasion de parole.Avoir un prix, ça te donne une place dans la cité.» Les huit derniers mois, il les a passés en France, donnant des conférences à Paris, lisant des poèmes en Normandie, participant au Festival de Rodez (le plus ancien festival de poésie) dans le sudouest de la France.La poésie le fait voyager.Explosion de poésie au Québec Selon le poète, qui a une soixantaine de recueils à son actif, dont certains ont été traduits en une dizaine de langues, le Québec vit actuellement une explosion de poésie.« Dans la même saison, on assiste à la sortie de recueils de cinq ou six générations de poètes.Depuis Paul-Marie Lapointe à un groupe de tout jeunes publiés par Poètes de brousse, une nouvelle revue.À 92 ans, Clément Marchand prépare encore quelque chose.Avant, les générations se remplaçaient les unes les autres.Aujourd'hui, on est dans le multi-style et le multigénérationnel.Il y a de la poésie plurielle au Québec.Et d'excellentes voix dans toutes les générations.Il se publie autour de 150 recueils par année.Et cette année, quatre ou cinq nouvelles revues sont nées.Ça faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu de nouvelles revues.On est en affirmation multiple contrairement à ce qui se passait entre 1982 et 1995, période offwhite, formelle, où tout le monde écrivait pareil.On a pourtant l'impression que la poésie jouait un rôle beaucoup plus éclatant dans la société dans les années 50 et 60 autour d'un Gaston Miron, par exemple, d'une Michèle Lalonde.de la Nuit de la poésie.« C'était une effervescence de circonstance, explique Beausoleil.Tous les poètes avaient 20 ans à cette époque.Mais la poésie d'aujourd'hui est aussi un miroir de son époque.En ce début de 21e siècle, on a besoin de ralentir.De plus en plus de gens écoutent de la poésie, c'est comme un antidote à la consommation effrénée.Nos poètes se sentent ancrés dans l'histoire de notre poésie et sont de plus en plus sensibles à l'ouverture aux autres cultures, à la traduction de poètes étrangers.Aujourd'hui, être traduit pour un poète, ça ne veut plus dire une fin de carrière comme autrefois.C'est le contraire, ça ouvre une carrière.L'histoire de notre poésie est organisée, groundée.On n'est plus en opposition à la France.On s'inscrit dans la poésie francophone et on a une manière québécoise de lire de la poésie.On fait ça debout, notre corps parle.Les Français sont assis.« En poésie, tout le monde est passionné, ditil encore.Même ceux qui sont plates.C'est la passion qui nous réunit.» Au cour de cette entrevue d'une heure, Claude Beausoleil aura parlé de poésie, de passion, jamais de ses propres poèmes, lui qui écrit chaque jour, sept jours sur sept, de trois à quatre heures par jour depuis la fin de l'adolescence.Et pour toutes sortes de circonstances, pour la fête de sa mère ou pour mettre de la poésie dans un menu de palace parisien.On le paye en repas.(« écris pas ça, je vais faire rire de moi »).« Il n'y a pas de place où la poésie n'a pas sa place », croit-il.Le poète heureux est né dans un snack-bar de Saint-Henri le 16 novembre 1948, « l'année de Refus global », précise-t-il avec fierté, et près du 5-10-15 sur la rue Notre-Dame, où va se dérouler Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy.Claude Beausoleil est un poète contagieux.L'éloge de la poésie PHOTO ROBERT NADON, LA PRESSE © Claude Beausoleil vient d'être nommé membre de l'Académie Mallarmé, la plus prestigieuse institution de la poésie en France.FLASH LIVRES GÉNI E S EN HERBE #1117 En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., ghpanto@videotron.ca A- FOURMIS 1 Quel auteur français nous a offert la trilogie Les Fourmis, à la fois roman d'aventure, conte philosophique et fantastique?2 Quelle substance chimique est émise par les fourmis comme moyen de communication?3 Quelle caste de fourmis constitue la majorité de l'effectif d'une fourmilière et a pour tâches la construction de la fourmilière, la défense de la colonie et la quête de la nourriture?4 Comment appelle-t-on les trois petits yeux en forme de triangle que l'on retrouve uniquement chez les reines et les mâles et qui sont des capteurs infrarouges?5 Quel poète a écrit La cigale et la fourmi, fable dans laquelle la fourmi refuse de nourrir la cigale qui a changé tout l'été au lieu de constituer des réserves en vue de l'hiver?B- IDENTIFIEZ L'ORGANISATION TERRORISTE 1 Fondé en 1974 par Abdullah Ocalan, ce parti politique vise la création d'un état kurde indépendant et mène une campagne de guérilla et de terrorisme en Turquie et dans le nord de l'Irak.2 Ce «Parti de Dieu», organisation terroriste islamiste chiite basée au Liban, souhaite restaurer la primauté de l'islam sur la vie politique, sociale et économique dans le monde musulman et vise entre autres l'éradication d'Israël.3 Cette organisation sunnite radicale, créée en 1987 et issue de la section palestinienne des Frères musulmans, finance des organismes de bienfaisance ainsi que des activités terroristes.En guerre contre Israël, elle est un des principaux groupes responsables des attentats suicides depuis le début de la seconde intifada.4 Créée en 1959, cette organisation nationaliste utilise l'activité terroriste afin d'obtenir l'indépendance du Pays Basque espagnol.Elle fut responsable de l'assassinat en 1973 du chef de gouvernement franquiste Carrero Blanco.5 D'inspiration maoïste, ce mouvement péruvien mène une guérilla contre le gouvernement et vise l'instauration d'un régime révolutionnaire paysan et d'un État ethnique indien.Son chef fondateur, Abimaël Guzman, a été arrêté en 1992.F- IDENTIFICATION PAR INDICES 1 Cinéaste français né à Niort le 20 novembre 1907, il se destine tout d'abord à la marine mais sa mauvaise santé l'en empêche.Il meurt en 1977.2 En 1941, il adapte Les inconnus dans la maison de Georges Simenon avec le célèbre inspecteur Maigret et, en 1942, il réalise L'assassin habite au 21 d'après S.A.Steeman.3 Interdit de travail pendant deux ans, il fait un retour triomphal en 1947 avec Quai des orfèvres, inspiré de Légitime défense de Steeman, et remporte le prix international de la mise en scène à la Biennale de Venise.4 En 1950 il épouse Véra Amado Gibson, script-girl d'origine brésilienne qui jouera dans trois des films de son époux et mourra en 1960 de la maladie même du personnage qu'elle avait incarné en 1955 dans Les diaboliques.5 Dans La vérité, en 1960, il confie à Brigitte Bardot un de ses premiers rôles dramatiques, celui d'une meurtrière prise dans un triangle amoureux.G- CINÉMA ET SECONDE GUERRE MONDIALE 1 Quelle parodie d'Hitler fut réalisée par Charlie Chaplin en 1939- 1940?2 Ce film aux accents pacifistes de Jean Renoir réalisé en 1937 met en scène un officier français aristocrate fraternisant avec le directeur de la prison allemande où il est retenu, permettant ainsi l'évasion de deux de ses collègues.3 Oscar du meilleur film en 1943, ce film et roman d'amour réalisé par Michael Curtiz illustre la complicité de la France de Vichy avec l'Allemagne et les tentatives d'évasion d'Europe de nombreux réfugiés par l'intermédiaire de papiers subtilisés ou falsifiés.4 Ce film culte d'Eisenstein fut réalisé en 1938 et préfigure l'invasion allemande en URSS en racontant la victoire du grand-prince Novgorod Alexandre sur les chevaliers teutoniques au 13e siècle.5 Ministre de l'Information et de la Propagande du régime nazi, cet Allemand supervisa la propagande cinématographique d'actualités à la gloire du parti et des films antisémites.H- HARRY POTTER ET LA CHAMBRE DES SECRETS 1 Où travaille Arthur, le père du clan Weasley, en tant que directeur du service des détournements de l'artisanat moldu?2 Quel sort subissent les victimes du basilic?3 Comment se nomme la fillette fantôme des toilettes des filles à Poudlard, ayant l'habitude d'inonder celles-ci de ses pleurs?4 Qui se cache derrière le personnage de Tom Elvis Jedusor, élève de Serpentard lors de la première ouverture de la chambre des secrets et auteur d'un journal intime?5 Quel acteur et réalisateur britannique, interprète de Albus Dumbledore, meurt en octobre 2002, quelques jours avant la première mondiale de ce second épisode?Comédien C- ÉLECTIONS DU 28 JUIN 2004 1 Quelle candidate néo-démocrate dans la région de Toronto et épouse de Jack Layton n'a pas réussi à se faire élire le 28 juin dernier?2 Quel parti canadien aura désormais droit au financement public annuel, équivalant à 1,75$ par voix obtenue, car il a obtenu plus de 2% des voix aux dernières élections?3 Quel comédien d'origine camerounaise a ravi la circonscription de Saint-Lambert aux libéraux, en étant élu sous la bannière bloquiste?4 Lequel des ministres suivants du cabinet libéral n'a pas réussi à conserver son siège : Liza Frulla, Bill Graham, Ralph Goodale ou David Pratt?5 Qui est le seul député indépendant de la Chambre des communes, ex-alliantiste élu dans la circonscription de Surrey- Nord, en Colombie-Britannique?D- ASSOCIATIONS Associez la chaîne de montagnes à son continent.1 Monts de l'Atlas a- Europe 2 Monts Altaï b- Amérique du Sud 3 Carpates c- Afrique 4 Sierra Madre d- Asie 5 Andes e- Amérique du Nord E- CHARADE 1 Mon premier est une note de musique; son homonyme est aussi un adverbe marquant la proximité temporelle ou spatiale.2 Mon second peut être droit, retroussé ou aquilin.3 Mon troisième est un acarien parasite piquant la peau des animaux et parfois de l'homme.4 Mon tout est le type d'énergie que possède un corps en mouvement.Acteur et réalisateur britannique GEN31OE SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Yvon et Stéphane Yvon Deschamps est prêt à tout pour faire parler de lui.C'est lui qui le dit dans sa préface au tome 2 des Chroniques du dimanche de Stéphane Laporte, qui viennent de paraître (Éditions La Presse).Il paraît que « ce genre de recueil se vend, ça se vend pas mal et à mon âge, on veut rester présent, faire parler de soi, écrit-il.On est prêt à tout pour avoir son nom quelque part.Même, s'il le faut, écrire une préface pour un recueil de chroniques humoristiques.» Le monde aime Stéphane Laporte \u2014 et a acheté quelque 10 000 exemplaires de son tome 1 \u2014 et Stéphane Laporte aime le monde, on le sait par le ton qu'il emploie quand il est touché, ému.Et il aime beaucoup en haïr une partie, en tout cas, faire rire en haïssant.C'est un « sapré » beau métier.Parlant d'Yvon Deschamps, il a droit à un élogieux ouvrage de la part de Claude Paquette, qui lui avait déjà consacré une biographie en 1997.Dans Universel Yvon Deschamps (Éditions Contreforts/Récit), l'auteur s'intéresse aux mots de Deschamps, aux mots dits (excusez-la) et aux mots chantés ainsi qu'à leurs effets sur luimême et sur d'autres personnes de différentes générations.C'est vrai que si Yvon Deschamps fait rire, il peut aussi faire pleurer et réfléchir.« Yvon Deschamps est plus qu'un amuseur public.Il est aussi un prodige littéraire, un interprète du plus ancien et peut-être du plus influent genre littéraire du Canada.Et je crois que c'est sur le plan littéraire qu'on finira par rendre justice à son oeuvre.» Ronald Sutherland dans A New Hero (1977), cité par M.Paquette au début de son ouvrage. À chacun son style de radio Les Canadiens sont-ils prêts à payer pour écouter la radio de l'avenir?STÉPHANIE BÉRUBÉ Écouter de la musique country.Tout le temps, sans pause publicitaire avec une qualité de son exceptionnelle.Dans la maison ou dans la voiture, de Montréal à Chibougamau.Mieux encore : de Thetford Mines à Fort Lauderdale, sans changer de fréquence.Ce sera bientôt possible pour les Canadiens, moyennant une dizaine de dollars par mois.Pour avoir accès à cette radio de l'avenir, il faudra acheter un nouvel attirail de récepteurs et s'abonner à un service qui donnera droit à des dizaines de nouvelles stations.Les Canadiens se mettront-ils à payer pour écouter la radio ?Trois groupes parient que oui.Demain, aux audiences publiques du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) à Gatineau, ils iront défendre leurs projets.Le premier vient de Radio- Canada, qui fait équipe avec la société américaine Sirius et la canadienne Standard.Le deuxième est un groupe qui comprend XM Satellite Radio, leader en radio par abonnement aux États-Unis, et les canadiennes CSR et Corus, qu'on connaît à Montréal pour ses stations de radio 98,5 FM, CKOI et Info 690.La dernière proposition, 100% canadienne, vient du tandem CHUM et Astral.Ce qu'ils proposent tous ?Plus de canaux.Beaucoup plus.Le projet de CHUM et du groupe Astral compte une cinquantaine de nouvelles chaînes, au départ.Un peu plus de la moitié sont des radios musicales.La musique y est divisée par tous les styles : rock, hip hop, reggae, dance, ambiance, douce, électronique, rétro, punk, folk et ainsi de suite.Sur la station Chill, on entendra la musique de Coldplay, Morcheeba ou Telepopmusik ; sur Mausoleum, le gros métal lourd de Metallica, Black Sabbath et autres groupes pas trop jojos.Cinq ou six chaînes de musique classique sont prévues, dont une consacrée exclusivement à la musique de chambre et une autre à l'opéra.Six ou sept pour le jazz.Quelques chaînes ethniques.Des chaînes où on lit des livres, 24 heures sur 24.De la musique pour enfants et même cet étonnant projet : Einstein Channel qui présentera de la musique, qui, d'après des études, aurait un effet positif sur la formation des neurones du foetus ! Les fournisseurs de radio satellitaire des États-Unis commencent aussi à avoir des ententes exclusives avec des équipes sportives.XM va présenter dès l'année prochaine toutes les parties du baseball majeur, du camp d'entraînement à la série mondiale.En anglais et en espagnol.Aux États-Unis, les services de radio par abonnement commencent à gagner en popularité.« Quand nous avons déposé notre projet, il y a 10 mois, il y avait 1,3 million d'abonnés aux États-Unis, raconte Michel Tremblay, vice-président stratégie et développement commercial à la Société Radio- Canada.Aujourd'hui, il y en a 3,2 millions ! On prévoit qu'en Amérique du Nord, d'ici 10 ans, il y aura 50 millions d'abonnés.» Les premiers convertis seront certainement les gens qui passent une partie de leur vie sur la route.Les camionneurs et les représentants, qui n'auront plus à changer de fréquence quand la radio se met à faire des bruits de friture.« C'est aussi bon pour les gens qui ne dorment pas la nuit, dit Jacques Parisien, président d'Astral Radio.Et les gens qui habitent à la campagne.Et les restaurateurs.» Et les amateurs de musique qui préfèrent un style très précis à la diversité musicale, qui n'aiment pas les pauses publicitaires des radios commerciales, puisque la publicité sera pratiquement absente de la radio par abonnement, à son lancement.Selon M.Parisien, ces postes de radio spécialisés ne viendront pas trop gruger l'auditoire des postes traditionnels.« Ça va augmenter le total d'heures d'écoute de radio, mais les auditeurs vont rester fidèles à leurs postes traditionnels », assure-t-il.L'ABC de la radio par abonnement STÉPHANIE BÉRUBÉ Plusieurs l'appellent, à tort, la radio numérique.D'autres, un peu plus justement, la radio satellitaire, si la fréquence arrive directement du satellite à la maison, sans passer par une tour de télécommunication terrestre.Le vrai nom de ce service de radio, bien qu'il soit beaucoup moins sexy, est radio par abonnement, puisqu'il regroupe tous les projets, peu importe la technologie utilisée.Comme pour la télévision « numérique », l'abonné du nouveau service de radio devra acheter l'équipement nécessaire.C'est-à-dire des récepteurs pour la maison, la voiture et même un récepteur portable, de type baladeur.Pour l'instant, un récepteur pour la maison coûte une centaine de dollars.Parfois plus, selon les gadgets compris avec l'appareil (pourquoi ne pas ajouter un lecteur MP3 tant qu'à y être ?).Les prix de ce genre d'équipement vont être annoncés lorsque le service sera offert au Canada.Si le CRTC accepte plus d'un projet de radio par abonnement, et qu'il y a de la concurrence, les consommateurs se feront courtiser à coups d'offres promotionnelles toutes plus alléchantes les unes que les autres.Aux audiences publiques qui se tiendront demain et mardi à Gatineau, il sera beaucoup question de contenu canadien.Pour défendre son projet, CHUM et Astral se vanteront d'être les seuls à répondre aux critères du CRTC en termes de contenu canadien.Les deux autres projets présenteront essentiellement ce qui est offert aux États-Unis, en ajoutant quelques stations canadiennes.Radio- Canada veut inclure la Première Chaîne dans son bouquet ; Corus songe à y mettre le 98,5 FM.« C'est du vrai dumping culturel », lance Jacques Parisien, d'Astral Radio.« C'est le même débat qu'à l'arrivée de la télé numérique, rappelle Denis Rozon, viceprésident au développement d'Astral Media Radio.Et à ce moment, le CRTC avait dit non aux Américains.Notre culture est en jeu dans cette histoire.» Mais il y a un autre point à régler : une compagnie canadienne peut-elle utiliser un satellite américain?La réponse, pour l'instant, est non.À moins qu'elle fasse la preuve qu'elle n'a pas le choix.Ce que tentera de faire Radio-Canada en plaidant que les satellites canadiens ne sont, techniquement, pas capables de redistribuer des ondes de radio sur des cibles mobiles.Une voiture par exemple.Pour compliquer un peu plus les choses, ce règlement ne relève pas du CRTC, mais de deux ministères, Patrimoine Canada et Industrie Canada, qui viennent de lancer des consultations publiques à ce propos.« Le Canada n'a pas de satellites spécialisés fonctionnant sur certaines bandes qui amènent des signaux mobiles directement aux voitures », dit Fernand Léger, directeur de la politique du spectre et des services de radiocommunications à Industrie Canada.« Nous lançons une consultation publique pour modifier la politique à cause de circonstances exceptionnelles », dit-il.Les gens d'Astral, eux, plaideront qu'ils ont trouvé une technologie leur permettant d'envoyer les signaux aux Canadiens sans avoir à utiliser un satellite américain, en utilisant des signaux compressés et des tours de télécommunication terrestre.Les autres groupes prétendront que le projet d'Astral et CHUM est, notamment à cause de cette technologie, plus complexe à mettre en place.« À la SRC, on dit qu'une fois l'approbation du CRTC en poche, leur radio par abonnement pourrait être offert à l'intérieur de deux mois ; chez Astral, on parle davantage de six mois.Le CRTC a le choix : il peut rejeter les demandes, en accepter une, deux ou toutes les trois.COURRIEL Pour joindre Stéphanie Bérubé: stephanie.berube@lapresse.ca PHOTO AP Sirius a grassement payé Howard Stern pour le convaincre de faire le saut dès janvier 2006.La compagnie américaine de radio par satellite espère que l'animateur frisé amènera avec lui une partie de ses 12 millions d'auditeurs.Radio-Canada associée à Howard Stern?STÉPHANIE BÉRUBÉ Howard Stern, la bête noire de la radio américaine, a annoncé au début du mois d'octobre qu'il faisait le saut : dès janvier 2006, l'animateur sera entendu aux États-Unis par les abonnés de la radio satellite de Sirius, exclusivement.Sirius qui, justement, est le partenaire de Radio-Canada pour un projet de radio par abonnement au Canada.Si le projet Sirius / SRC est approuvé au Canada, la société d'État deviendra-t-elle diffuseur des émissions du controversé animateur américain ?Pas si sûr.« J'ai de grandes réserves », avoue Michel Tremblay, vice-président stratégie et développement commercial de Radio- Canada, qui rappelle que Sirius est minoritaire (20 %) dans l'entreprise canadienne.Radio-Canada (40 %) et Standard Radio (40 %) ont tout le loisir de présenter ce qu'elles veulent bien, insiste M.Tremblay, qui est aussi président du conseil de Sirius Canada.« Personne ne peut nous imposer quoi que ce soit, dit-il.Si un service est en conflit avec le mandat public de Radio-Canada, nous ne l'offrirons pas.» Aux États-Unis, Sirius a fait beaucoup de bruit à propos de cette entente avec Stern qui lui a donné une visibilité sans précédent dans les médias.La compagnie espère que l'animateur frisé amènera avec lui une partie de ses 12 millions d'auditeurs et l'a grassement payé pour le convaincre de faire le saut.Un contrat de cinq ans, 100 millions de dollars américains par année pour son salaire et les frais de production de l'émission.Propos non censurés Mais il ne faut pas croire que l'argent est la motivation première de Howard Stern.Que non ! Dans une entrevue accordée au New York Times au début du mois, Stern expliquait que son passage à la radio par abonnement était pour lui le moyen d'échapper à la Commission fédérale des communications, l'équivalent américain de notre CRTC, qui a donné de nombreuses, et salées, amendes aux stations qui présentaient, sans censure, les propos offensants de M.Stern.Aux États-Unis, la Commission fédérale des communications ne réglemente pas la radio diffusée par satellite.Au Canada, le CRTC n'a pas encore défini les règles régissant cette radio de l'avenir.Les audiences publiques de cette semaine aideront les conseillers du CRTC, qui devront élaborer le cadre réglementaire de la radio par abonnement.Chose certaine, contrairement aux États-Unis, il y aura des règles à suivre au Canada, même pour la radio qui vient du ciel.« Les entreprises de radiodiffusion canadiennes doivent se conformer aux règlements canadiens », rappelle le directeur des communications du CRTC, Denis Carmel.YVES BEAUCHEMIN CHARLES LE TÉMÉRAIRE L'auteur du Matou au sommet de son art Roman 688 pages 29,95 $ 3267738A .ARTS ET SPECTACLES ARTS ET SPECTACLES REEDITIONS Mysterieuse Isabelle Pierre En 1971, Isabelle Pierre etait au sommet des palmares quebecois.Puis un jour, elle a tire la plogue .Disparue depuis 30 ans, elle alimente toutes les rumeurs et refuse obstinement de parler aux medias.La reedition de ses plus belles chansons ne l'a pas fait sortir de son mutisme.JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Le temps est bon / Le ciel est bleu / J'ai deux amis qui sont aussi mes amoureux.Avec ces quelques mots, Isabelle Pierre est entree dans l'inconscient collectif des Quebecois.C'etait en 1971.Malgre son sujet un brin scandaleux, Le temps est bon, chanson ecrite par Stephane Venne pour le film Les Males, avait connu un tres gros succes populaire.Ce ne fut pas le seul.Dans la meme periode, Isabelle Pierre enregistra une serie de classiques.Les Enfants de l'avenir, Heureuse, Allo la vie, Si tu m'aimes, l'imposerent comme une des plus belles et chaleureuses voix du temps.Sans trop l'avoir cherche, Isabelle Pierre devint une star.Un statut qui en aurait fait baver quelquesunes.Mais contrairement a d'autres, elle n'aimait pas les feux de la rampe.En 1974, apres l'echec de son dernier album (J'm'appelle Nicole Lapointe, concu sans Stephane Venne), elle tourna definitivement le dos au showbiz.Depuis ?Plus rien.C'est le silence radio le plus complet.Redevenue Nicole Lapointe, Isabelle Pierre a tout simplement disparu de la circulation.Depuis 30 ans, elle alimente toutes les rumeurs.Et ne semble pas pressee de les faire taire.Elle refuse obstinement de parler aux medias.Et s'entete a ne pas apparaitre en public.On croit l'avoir vue en 1997, vetue d'une grande cape noire, lors d'un spectacle monte en son honneur.La superbe reedition Le temps est bon, lancee un an plus tard en hommage a Stephane Venne, ne l'a pas davantage ramenee sous les projecteurs.Comme seule entrevue, Monique Giroux, de Radio-Canada, avait du se contenter de lire une lettre en ondes.On se serait cru plus chanceux.Alors que les disques XXI viennent de lancer un CD de ses plus belles chansons, on pensait bien qu'Isabelle Pierre se laisserait convaincre.Qu'elle sortitrait pour une fois de son mutisme.Mais non.A la maison de disques, on avoue ne meme pas avoir parle a la dame.Le choix des chansons, notamment, s'est fait par personne interposee.Et on nous a refile le numero de Nathalie Rouillard, une amie de Nicole Lapointe.C'est par elle qu'il faut passer pour joindre l'ancienne chanteuse.On a demande a la rencontrer.On lui a fait valoir que ce silence avait dure trop longtemps.En vain.Trois jours plus tard, Nathalie Rouillard nous a laisse savoir que Mme Lapointe avait bien reflechi, mais qu'elle ne voulait pas nous parler.Pourquoi cet entetement ?Elle a tout simplement tourne la page, explique Nathalie Rouillard, devenue .un peu malgre elle.la porte-parole officielle d'Isabelle Pierre.Reparler de ces annees-la, c'est beaucoup de choses, positives et negatives.Et ce sont des choses qu'elle a depuis longtemps oubliees, mises de cote.Je pense aussi qu'elle aurait de la difficulte a en parler de facon concise.Enfin, elle n'a pas envie, c'est tout.Pas envie de donner sa version et pourtant, soucieuse de ce qu'on ecrira sur elle.Ainsi, on apprend que Nicole Lapointe ne veut pas qu'on mentionne son age, ni qu'on dise ce qu'elle a fait pendant toutes ces annees, et encore moins ce qu'elle fait aujourd'hui.Coudonc, madame, seriez-vous Rejean Ducharme?Contentons-nous d'une rumeur : il parait que Nicole Lapointe vit a la campagne.Qu'elle a passe quelques annees a s'occuper de chevaux.Pour le reste, a chacun d'imaginer sa propre histoire.Manque de Venne Isabelle Pierre faisait partie des bonnes interpretes de son temps, resume Robert Therien, historien de la chanson quebecoise.Elle avait beaucoup de bonnes tounes.De la bonne pop qui trouvait racine dans la chanson.C'etait du materiel solide et bien foutu.Sur ce point, rendons a Cesar ce qui lui revient : la chanteuse pouvait compter sur Stephane Venne, un des auteurs-compositeurs les plus doues de l'epoque.Il avait propulse Renee Claude au rang de deesse de la chanson pop (C'est le debut d'un temps nouveau).Il allait bientot faire de meme avec Emmanuelle.Entre les deux, Isabelle Pierre fut une de ses plus brillantes interpretes.Qu'est-ce qu'elle chantait bien ! lance Stephane Venne, qui avoue avoir pleure en reecoutant ces vieilles chansons.Elle avait un registre enorme, capable de passer des graves aux aigus sans changer de couleur.Une interprete intelligente.Elle avait une capacite d'aller dans le tragique sans tomber dans le miserabilisme.Il y avait chez elle un melange de force et de vulnerabilite que je n'ai pas rencontre ailleurs.Elle faisait deboucher ca sur des paysages sonores que je ne pouvais pas soupconner.Elle pigeait les nuances, comme si elle etait le deuxieme auteur de la chanson.Ensemble, ils ont grave une bonne poignee de classiques, la plupart entre 1970 et 1972.Il y en aurait eu davantage, sans doute, si Isabelle Pierre n'avait voulu tenter sa chance ailleurs.Mauvais choix ?Choix necessaire, sans doute.Elle ne voulait pas etre seulement vue comme la creature de Stephane Venne, elle a voulu faire autre chose , resume Robert Therien.Isabelle Pierre, de fait, aspirait a davantage.Elle voulait collaborer a l'ecriture.Intervenir dans le processus creatif.Son ambition helas, ne correspondait pas aux idees de Stephane Venne, plutot jaloux de son pouvoir artistique.J'aime ecrire ce qui correspond a l'interprete, dit-il.Et je pensais savoir ce qui etait bon pour elle.J'ai sans doute pese lourd dans ce qu'elle a choisi de faire ensuite.Au fond, elle ne pensait pas pouvoir s'epanouir a mes cotes.Apres deux brillants microsillons concus par Venne, la chanteuse s'est donc tournee vers d'autres auteurs- compositeurs (Roch Poisson et Mario Bruneau).Mais le succes n'a pas suivi.Et son ultime album (J'm'appelle Nicole Lapointe), sorte de coming out artistique, fut ecorche par la critique.D'ou, peut-etre, sa mefiance desormais viscerale envers les journalistes.Pas faite pour ce metier Est-ce la raison de sa subite et radicale retraite de la chanson?En partie, sans doute.On ne se remet pas facilement d'un echec, surtout quand on croit avoir fait son oeuvre la plus personnelle.Mais la verite, c'est qu'Isabelle Pierre n'a jamais ete tres a l'aise avec le joyeux monde du showbiz.Et il n'etait que logique que cette ancienne dessinatrice / animatrice de radio, tombee dans la chanson par accident au milieu des annees 60, en sorte tout aussi abruptement.Il ne faut pas chercher midi a 14 h, explique Robert Therien.Elle n'etait tout simplement pas faite pour ce metier.Pour etre un artiste, il faut accepter d'emblee que ta vie privee va etre publique.C'est une forme de pression qui ne lui convenait pas.Isabelle Pierre est donc redevenue Nicole Lapointe.Puis s'est retiree dans ses terres.Son desinteret pour l'industrie, combine au fait qu'une carriere de chanteuse se mene difficilement depuis un champ de ble, en a fait le fantome mediatique que l'on sait.Et nous voila encore a fantasmer sur cette enigmatique interprete, dont les succes ont etonnamment bien vieilli.A preuve, Les Enfants de l'avenir a recemment ete repris .en version technoisee .pour la pub de la rentree chez Zellers ! Son choix de tourner le dos a la chanson a ete dechirant, mais reflechi, explique Nathalie Rouillard.Aujourd'hui, elle reconnait que ca a ete sa vie pendant quelques annees.C'est quelque chose qu'elle a aime profondement.Et dans un autre contexte, elle n'aurait pas deteste faire une carriere plus longue.Avant qu'on ressorte son materiel, elle ne pensait jamais qu'on reecouterait ses chansons.Elle en est la premiere etonnee.C'est quelque chose qui la flatte.Mais le mystere va continuer a durer, j'ai l'impression.FFF1.2 Isabelle Pierre ISABELLE PIERRE (Disques XXI) PHOTO FOURNIE PAR DISQUES XXI La chanteuse Isabelle Pierre en studio, avec Stephane Venne et l'ingenieur de son Michel Ethier, pour Les Enfants de l'avenir, en 1971.La verite, c'est qu'Isabelle Pierre n'a jamais ete tres a l'aise avec le joyeux monde du showbiz.La tournee Vote For Change a eu de l'effet, croit le chanteur de R.E.M.PRESSE CANADIENNE TORONTO .A l'approche de l'election presidentielle americaine, le meneur de R.E.M., Michael Stipe, a passe la majeure partie du mois a se produire lors de spectacles donnes dans des Etats chaudement disputes, jouant aux cotes d'artistes tels que Bruce Springsteen et John Fogerty dans l'espoir de chasser de la Maison-Blanche le president George W.Bush.Le chanteur affirme que le temps passe a Vancouver, pendant l'enregistrement du nouvel album de R.E.M., Around The Sun, lui a permis de mettre en perspective la situation politique americaine.Je dois dire que le fait de me trouver si pres de mon pays, mais dans un pays de toute evidence libre de tout prejuge, m'a donne un grand sens de la perspective , declare-t-il lors d'un entretien exclusif accorde a la Presse Canadienne de Chicago, dans l'Etat de l'Illinois.Au Canada, on a l'impression que sont appuyes (.) les arts creatifs, que les gens qui s'expriment sont appuyes, et que le progres et la vie au 21e siecle sont appuyes.R.E.M.entreprendra une tournee canadienne, le mois prochain, et Stipe est plus que dispose a lecher les bottes du Canada, qualifiant Vancouver de ville du futur avec de super restaurants et des gens incroyablement creatifs .Mais a la veille d'une election ayant galvanise musiciens et comediens, Stripe est clairement preoccupe par ce qui passe dans son pays.J'ai certainement ressenti, et je pense que beaucoup de gens aux Etats-Unis l'ont ressenti (.) a la suite de notre entree en Afghanistan apres le 11 septembre (2001), un grand sentiment d'engagement personnel , dit-il.Je sais que mon groupe, R.E.M., et moi-meme avons fait tout ce que nous pouvions faire .non seulement en tant qu'individus, mais aussi en tant que groupe.afin d'encourager les gens a se rendre aux bureaux de scrutin afin de jeter un coup d'oeil aux candidats et de faire un choix eclaire.Stipe se dit convaincu que les concerts de la tournee Vote For Change ayant eu lieu dans des Etats comme la Pennsylvanie, l'Ohio et la Floride ont permis de changer quelque chose.Bien que les efforts de Stipe visant a installer le democrate John Kerry a la Maison-Blanche aient pousse le chanteur au premier plan de l'actualite, recemment, combiner musique et politique n'a rien de nouveau pour R.E.M.A la fin des annees 80, le groupe de Georgie invitait des organisations militantes comme Greenpeace et Amnistie Internationale a ses spectacles afin d'y solliciter des dons.Et lors de la ceremonie de remise des prix Grammy de 1992, alors que la formation fut recompensee a trois reprises pour l'album Out Of Time, Stipe etait apparu sur scene vetu d'un tee-shirt recouvert de slogans politiques.Au cours de sa tournee canadienne, R.E.M.se produira dans de petits marches pour la premiere fois depuis l'epoque ou le groupe etait la coqueluche du circuit underground.Le premier concert aura lieu le 9 novembre a London, en Ontario.D'autres sont ensuite prevus a Toronto, Ottawa, Montreal (12 novembre), Thunder Bay, Winnipeg, Calgary et Vancouver.PHOTO REBBECA COOK, REUTERS Au Canada, on a l'impression que sont appuyes (.) les arts creatifs, que les gens qui s'expriment sont appuyes, et que le progres et la vie au 21 e siecle sont appuyes , a dit le meneur de R.E.M., Michael Stipe, apres avoir passe un certain temps a Vancouver. ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS EN BREF Les collages d'Elliott Automne chargé s'il en est un : biennales, événements, expos de groupe inusitées.Entre toutes ces manifestations prétendues exceptionnelles, en cette époque carburant à l'extraordinaire, au spectaculaire, un artiste qui poursuit son petit bonhomme de chemin en solitaire peut difficilement se démarquer.C'est pourtant le cas de David Elliott, peintre remarquable et remarqué pour sa production mariant des images de la culture populaire (animaux, objets du quotidien, symboles).Pour son premier solo chez Joyce Yahouda, Elliott sort une nouvelle série de collages, encore éclatés et savamment équilibrés.Son univers, toujours kitsch et dense, ne se renouvelle pas.Est-ce une raison pour le négliger ?Ça reste fascinant.Au 372, rue Sainte-Catherine Ouest, jusqu'au 6 novembre.Info : 514-875-2323.Le zen Bouthillette Autre artiste soutenu largement par la critique et connu pour ses petites bêtes sympathiques (des écureuils surtout), Sylvain Bouthillette, se fait également discret par un solo en arrière-scène (la petite salle de la galerie Clark).Toujours ironique et provocateur, un peu plus bouffon peut-être, il propose, outre ces machines rotatives un peu zen qui ont fait sa marque, une série photographique plus humaine que jamais.Sous son allure ludique (un couple moitié ivre se livre à une séance d'autoportraits en grimaces), cette suite respire la liberté, la joie.Le bienêtre.Ou du moins, il ne semble y avoir aucune morale.Au 5455, rue de Gaspé, jusqu'au 20 novembre.Info : 514-288-4972.Parus récemment Artefact 2004, sculptures urbaines : le catalogue de l'expo de cet été sur le mont Royal.Pour le plaisir de se remémorer ces balades inusitées.Publié par le Centre d'art public.Regards sur l'art québécois, la collection d'art de l'Université de Montréal : une véritable, mais succincte, histoire nationale.Publié par Les Presses de l'Université de Montréal.Jérôme Delgado collaboration spéciale PHOTO FOURNIE PAR DAZIBAO, CENTRE DE PHOTOGRAPHIES ACTUELLES Ces pièces murales en aluminium découpé au jet d'eau constituent la quatrième des cinq étapes de l'exposition Sculptures de dessins issus de photographies d'objets, par Micah Lexier.Espaces manipulés JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Entre la banalité d'une galerie vide et la monotonie à peine irrégulière d'un paysage de gratte-ciel, il n'y a pas grande chose, croit-on, à se mettre sous les yeux.Ça ne prend pourtant qu'un regard sensible, pour que ces vues deviennent riches de sens.Deux expositions le démontrent, l'une au centre Dazibao, portant sur le travail conceptuel de Micah Lexier, l'autre à la galerie de l'UQAM, tirant de l'oubli les astuces en anamorphose de Peter Gnass.Si les deux artistes suivent des démarches fort distinctes, les deux cependant visualisent un espace, en extraient des grandes lignes et modulent nos environnements immédiats à leur façon.La ville, parmi d'autres sujets, prend chez Lexier des formes sinueuses, des traces presque volatiles.La galerie universitaire, par l'intervention in situ de Gnass, devient quant à elle objet d'une nouvelle aventure optique et physique, cérébrale et matérielle.Natif de Winnipeg, aujourd'hui établi à New York, Micah Lexier traite de l'intangible depuis les années 80, au moyen de la photographie ou de la sculpture.Intangible comme la logique et les maths, qui semblent le fasciner.La simplicité des résultats et sa manière de procéder n'ont pas été exempts de controverse.Pour Portrait of David (1994), il avait chargé un tiers de photographier les nombreux modèles retenus.On ne lui a pas reconnu la paternité de l'oeuvre.Comme quoi la propriété intellectuelle est encore une chose abstraite.Qui sait à combien de murs Lexier s'est heurté jusqu'ici ?Son projet à Dazibao est une sorte de coming out qui révèle le comment de sa démarche.Le titre de l'expo, Sculptures de dessins issus de photographies d'objets, y fait explicitement référence.D'abord des objets, ou des édifices.Puis des photos de ces objets.Puis des dessins, simples et vite faits, à partir de ces photos, puis des sculptures murales à partir de ces dessins.Enfin, un mur, doté des vis destinées à retenir une sculpture.Ce processus en plusieurs étapes, cet ensemble, est à la fois le comment et le contenu.Au-delà du processus, les photos, dessins et sculptures exposés au centre Dazibao révèlent la fascination de l'artiste pour les choses occultes.En portant son attention à des aspects anodins ou peu attrayants (des boîtes de carton dans la rue ou son imprimante laser), Lexier fait ressortir des formes peu visibles.L'imprimante n'est plus une imprimante, mais une ligne horizontale qui bifurque vers le haut, puis vers la droite.Peter Gnass n'est pas aussi explicite au sujet de son travail, bien que soient exposés plus d'un croquis menant à son C For Cut, l'oeuvre pensée pour l'UQAM (une deuxième version sera dévoilée en janvier au Musée régional de Rimouski).Il n'est pas aussi explicite, mais il n'en livre pas moins tous les éléments.Ses constructions optiques, malgré leur côté magique, sont avant tout faits d'objets réels, présents sur place.C'est l'addition de formes géométriques, de matériaux complexes et d'un point de vue unique (le point de fuite propre aux théories de la Renaissance) qui rend la chose fascinante.Ce premier solo en plus de 10 ans survole en quelques oeuvres 40 ans de création.De l'intervention primitive, non sans humour (Progression, 1978) à des machines complexes (Topolog, de 1968, audacieuse structure suspendue qui se gonfle et se déforme selon nos déplacements), l'expo Couper/Coller fait de Gnass un manipulateur aussi efficace que la fonction informatique à laquelle son nom fait référence.Issu à la fois d'une longue tradition artistique, sculpteur à la fois classique, abstrait et minimaliste, Peter Gnass est une référence de l'art québécois.Le catalogue publié pour l'occasion lui rend hommage et rappelle à quel point son art est fait d'astuces de toutes sortes, tel ce vol d'oeuvre qu'il a inventé en 1976 pour faire parler de lui lors d'une expo de groupe (Forum 76, Musée des beaux-arts).À l'instar des Daniel Buren, Georges Rousse ou Gary Neill Kennedy, Gnass se sert de l'architecture comme d'une feuille de papier.Son C For Cut (des blocs en bois à lire de bien des façons) est même présenté comme un travail abandonné en cours, comme si le point de vue idéal avait été atteint subitement.À notre tour de développer ce regard sensible.SCULPTURES DE DESSINS ISSUS DE PHOTOGRAPHIES D'OBJETS de Micah Lexier, Dazibao, 4001, rue Berri, jusqu'au 13 novembre.Ouvert du mardi au samedi.Info : 514 845-0063.COUPER/COLLER de Peter Gnass, galerie de l'UQAM, jusqu'au 27 novembre.Ouvert du mardi au samedi.Info : 514 987-8421.«UN DES MEILLEURS FILMS DE L'ANNÉE.» Audrey Bernard, RADIOSCOPE «LEFILM LE PLUSSURPRENANTDEPUIS\u2018LESIXIÈMESENS'.» Bill Bregoli, WESTWOOD ONE version française de THE FORGOTTEN G À L'AFFICHE! VISA GÉNÉRAL Déconseillé aux jeunes enfants VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES Du réalisateur de «AMOURS, FLIRT ET CALAMITÉS» et de «TROIS ROIS» «VERSION ORIGINALE ANGLAISE» «FFFF DE LOIN, LA COMÉDIE LA PLUS ORIGINALE DE L'ANNÉE.» Glenn Kenny, PREMIERE «Une distribution de rêve.irrévérencieux, provoquant, amusant et satisfaisant.» Krista Smith, VANITY FAIR «Une comédie intellectuelle malicieuse de l'esprit curieux de David O.Russell.» Peter Travers, ROLLING STONE 13 PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE ! ANS + CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS ou www.tribute.ca CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) CINÉMAS AMC LE FORUM 22 LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 CINÉMA DU PARC 3575 Du Parc 281-1900 version française de THE GRUDGE «LE FILM LE PLUS EFFRAYANT DE 2004!» WILSON MORALES, BLACKFILM.COM EST LE FILM NO.1 AU CANADA VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉMA CARNAVAL CHÂTEAUGUAY / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / CINÉMA BIERMANS SHAWINIGAN / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ VERSION FRANÇAISE LES CINÉMAS GUZZO LANGELIER 6 / CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / CINÉMA GALERIES AYLMER / VERSION ORIGINALE ANGLAISE FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / LES CINÉMAS GUZZO PARADIS / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT / CINÉMA MAGOG MAGOG / CINÉMA PIXEL 13 À L'AFFICHE / SON DIGITAL LOUISEVILLE / HORREUR ANS + 3267962A SPECTACLES CHIROLOGIE CLAIRVOYANCE PARANORMAL MÉDITATION SPIRITUALITÉ RÉINCARNATION LIVRES MÉDIUMS ASTROLOGIE SANTÉ HEALING AURAS TAROT 40e SALON INTERNATIONAL DE l'ÉSOTÉRISME de Montréal Prix d'entrée : Adultes : 9 $ Aîné(e)s : 6 $ (Taxes incluses) 5 nov.16 h - 23 h 6 nov.11 h - 22 h 7 nov.11 h - 19 h Conférences et démonstrations MARCHÉ BONSECOURS 350, rue St-Paul Est Vieux-Montréal P Champ-de-Mars Édifice Chaussegros-de-Léry Vieux-Port de Montréal CINÉMAS INDÉPENDANTS AIMANTS (LES) Cinéma Beaubien: 12h15, 16h, 19h30, 21h15.CE QU'IL RESTE DE NOUS Cinéma Beaubien: 14h15, 18h.CHORISTES (LES) Cinéma Beaubien: 13h, 15h, 19h, 21h.CLEAN Ex-Centris: 14h30, 17h, 19h10, 21h30.ETHNOCIDE Cinémathèque québécoise: 18h30.GHOST IN THE SHELL 2: INNOCENCE Cinéma du Parc (3): 15h15, 17h15, 19h15, 21h15.I'HUCKABEES Cinéma du Parc (1): 15h, 17h05, 19h10, 21h20.LA LUNE VIENDRA D'ELLE-MÊME Cinéma Beaubien: 17h.MÉMOIRES AFFECTIVES (LOOKING FROM ALEXANDER) Ex-Centris: 15h, 17h15, 19h20, 21h35.Cinéma Beaubien: 12h30, 14h30, 16h30, 18h30, 20h30.MOTORCYCLE DIARIES Cinéma du Parc (2): 14h, 16h30, 19h, 21h30.PETIT JEAN (LE), LE GRAND PERREAULT précédé de RYAN Cinéma Parallèle: 15h10, 19h.POLICIÈRE EN MISSION DE PAIX /WOMEN ON PATROL Cinéma ONF: 19h (anglais); 20h30 (français) DANSE L'AGORA DE LA DANSE (840, Cherrier) Dans le silence des bambous, de Jocelyne Montpetit: 20h.TANGENTE (840, Cherrier) Madame Smith, de Karina Iraola, et Conséquence, de Jordi Ventura Fabra: 16h.MUSIQUE MAISON DES JMC Hansel et Gretel (Humperdinck): 11h.CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR Alexander Dobson, baryton.Fauré, Brahms, Holman, Poulenc: 15h30.VARIÉTÉS CABARET DU CASINO Édith Butler.Du mar.au ven., dimanche: 13h30.STUDIO-THÉÂTRE DE LA PLACE DES ARTS Sylvie Tremblay: 20h.CABARET MUSIC-HALL (2111, Saint-Laurent) Groupe Prototypes avec Frigid et Call Me Poupée: 20h.CENTRE BELL Incubus: 20h.DÉSOLÉ, LAISSEZPASSER REFUSÉS Unee nouvveellllee ééccollee monttrree sseess deenttss version française de Shark Tale CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) / CINÉMA CARNAVAL CHÂTEAUGUAY / CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / CINÉMA GALERIES AYLMER / CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / CINÉMA MAGOG MAGOG / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD / FAMOUS PLAYERS VERSAILLES / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / CINÉMA BIERMANS SHAWINIGAN / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / VERSION ORIGINALE ANGLAISE FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT / FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / VERSION FRANÇAISE GVISA GÉNÉRAL PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE / SON DIGITAL VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA POUR LES HORAIRES 3267959A (Version française de TEAM AMERICA: WORLD POLICE) VIOLENCE, LANGAGE VULGAIRE ANS+ 3267589A VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES Tom Hanks Virginie Ledoyen Lou Doillon « Jouer dans des films, c'est comme être dans un cirque.Il y a beaucoup de gens, des camions, de la nourriture gratuite, des représentations et parfois des applaudissements.J'ai toujours autant de plaisir à participer au cirque et à faire le clown.Ce que je préfère, c'est quand je sais vraiment ce qu'on attend de moi ce jour-là, que je connais mon dialogue à la perfection, que ma concentration ne requiert plus aucun effort.» « Dans la vie privée, je porte des lunettes parce que sans elles je ne voit rien, je me maquille peu, je suis plutôt jean que fanfreluches.Pour autant, je n'aspire pas au modèle sac à patates, je suis juste naturelle.Être vamp du soir au matin, ça m'ennuierait.L'Oréal, ce n'est pas tout à fait moi, mais un peu.Et, à travers ces publicités, les films, les séances de photos, mon quart d'heure d'égocentrisme féminin est largement rassassié.» « L'idée de la mort me fascine.J'ai appris que les moines avaient tous une tête de mort dans leur chambre pour se rappeler que nous sommes mortels.J'ai ça à la maison : des têtes de mort partout, des icônes religieuses, le Christ.Je trouve dans tout cela un rappel de la vie.J'ai même, à côté de mon bureau, une vraie jambe entière du début du siècle que j'ai trouvée près de l'école de médecine.Une pause pour Renée Zellweger Renée Zellweger a annoncé qu'elle s'accorderait une année sabbatique en 2005.Elle a précisé vouloir prendre un peu de temps pour vivre une vie normale.« Le travail est très prenant et il y a tant de choses qui vous sont alors interdites dans votre vie, at- elle déclaré.J'aimerais prendre un café tous les jours avec mes amis.J'envie mes amis qui peuvent le faire.C'est pourquoi je m'arrête.Je n'envisage vraiment rien (dans le domaine des nouveaux projets de films) jusqu'à l'an prochain à la même époque.Le retour de John Gotti Entouré de Freddie Prinze Jr., Mena Suvari et Scott Caan, Alec Baldwin interprétera le parrain John Gotti dans Nailed Right In ; pour les besoins de ce drame policier, il incarnera le célèbre et sanguinaire parrain de la mafia newyorkaise qui défraya la chronique dans les années 80.Ce film raconte comment l'amitié et la cohésion d'un groupe de jeunes catholiques de Brooklyn se retrouvent menacées par la montée en puissance du parrain de la mafia John Gotti.Le démon du midi Après Catwoman et toujours partante pour un Basic Instinct 2, Sharon Stone a accepté de jouer dans Cougars, une comédie romantique où elle incarnera une femme d'affaires qui tombe amoureuse d'un homme de 27 ans aux ambitions douteuses.« Cougar » est une expression américaine pour désigner les femmes riches, âgées de 40 ans et prises du démon de midi.Le tournage devrait se dérouler dans le courant de l'année prochaine.Le Texas n'existe pas Richard Berry tourne actuellement un thriller, Le Texas n'existe pas, son troisième film en tant que réalisateur, adapté de la nouvelle La Boîte noire de Tonino Benacquista.Le film raconte comment, sortant d'un coma dans lequel il était plongé depuis un accident de la route, un homme, incarné par José Garcia, découvre un passé enfoui : la vérité sur ses origines, les trahisons amoureuses de sa jeunesse, un délit d'initié.Sous le joug des zombies Le succès de L'Armée des morts, de George A.Romero, remake de son Zombie, n'est sans doute pas étranger à la mise en chantier « surprise » de Land of the Dead, quatrième (et dernier) volet de sa saga des morts-vivants.Situé après les événements du Jour des morts-vivants, Land of the Dead met en scène un monde tombé sous le joug des zombies.Réfugiés dans une ville fortifiée, les derniers humains se séparent désormais en deux groupes : les pauvres, résidant dans les rues où règne l'anarchie, et les riches, à l'abri dans des buildings renforcés.Alors que les morts-vivants évoluent peu à peu en créatures plus intelligentes, un groupe de laisséspour- compte décide de prendre le contrôle de la cité.E X P R E S S Sophie Marceau enchaîne les rôles de femme fatale qui fait basculer le destin des pauvres hères qui ont le malheur de croiser son chemin.C'est le cas, par exemple, d'Yvan Attal qui, subjugué par son apparition dans un TGV, accepte de passer un week-end avec elle dans un palace.Les ennuis commenceront quand la belle inconnue disparaîtra et qu'il échappera de justesse à une tentative de meurtre.Lui est obsédé par les mathématiques, elle par la peinture et la musique, mais ils souffrent tous deux du syndrome d'Asperger, une forme d'autisme.Josh Hartnett et Radha Mitchell sont les héros de Crazy in Love, une comédie romantique dont le scénario est signé Ron Bass (Rain Man, Le Mariage de mon meilleur ami).Après avoir travaillé ensemble sur Edward aux mains d'argent, Ed Wood et Sleepy Hollow, Tim Burton et Johnny Depp sont à nouveau réunis pour une adaptation d'un roman de Ronald Dahl, Charlie et la chocolaterie.Sources : Studio, Variety, Paris Match, The Hollywood Reporter Renée Zellweger TQc CANAUX 17 h 00 17 h 30 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 23 h 30 VD VDO Soyons bêtes! Il va y avoir du sport! QUEENIE (5) d'Amos Kollek Wonderfalls MAELSTRÖM (4) avec Marie-Josée Croze, Jean-Nicolas Verreault À la di Stasio Plats déguisés 3260670A THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 17H TOON SCOOBY DOOET LE FANTÔMEDE LA SORCIÈRE Scooby Doo se retrouve dans une maison hantée.18H ARTV LE GALA DE L'ADISQFAIT BAP Une heure qui décoiffe sur la musique alternative québécoise, animée par Claude Rajotte.Jumelages inusités entre Taima, Charles Papasoff, les frères Diouf, les Pistolets roses, 01 étranjj, Urbain Desbois et Karlof.19H CD DOCU-D: LES MAISONS HANTÉES Des histoires troublantes de maisons habitées par des esprits.Àl'Halloween, on se fait peur! 19H r LA TOURNÉE STAR ACADÉMIE 2004 Première partie du grand spectacle Star Académie 2 avec Stéphanie, Meggie, Marc- André.Mise en scène et réalisation impeccables.Énergisant! 19H30 a GALA DE L'ADISQ Guy A.Lepage prend congé de Tout le monde en parle pour animer le 26e gala de l'ADISQ en direct du Théâtre Saint-Denis.Avec des numéros de Corneille, Stefie Shock, Marie-Élaine Thibert, Dumas, André Watters, Lhasa de Sela et l'humour mordant de Guy A.en prime.20H A CINÉMA: MAELSTRÖM L'excellent film de Denis Villeneuve avec Marie-Josée Croze et Jean-Nicolas Verreault.Àrevoir.21H b THE MADAM'S FAMILY Trois générations de femmes font des affaires d'or dans la prostitution jusqu'à ce que le FBI les visite.23H a PLEINS FEUX: LAUZON LAUZONE Regard intimiste sur la vie du cinéaste Jean-Claude Lauzon.Le Téléjournal Découverte / La Vraie Guerre de Troie Gala de l'ADISQ Le Téléjournal LAUZON LAUZONE (4) Documentaire Le TVA 18 heures L'École des fans / D.Bédar Le Spectacle: la tournée Star Académie 2004 (1/2) Pour le meilleur et pour le pire La Vie rurale Le TVA Surprise sur prise Évangélisation (23:32) Soyons bêtes! Wonderfalls MAELSTRÖM (4) avec Marie-Josée Croze, Jean-Nicolas Verreault Gros Plan sur.(21:33) Il va y avoir du sport! / Denise Bombardier QUEENIE IN LOVE (5) avec Valérie Geffner M.DEEDS (5) avec Adam Sandler, Winona Ryder L'ENRAGÉ (5) avec Michael Douglas, Robert Duvall Automania News Assignment Law& Order: Criminal Intent Cold Case Desperate Housewives The Sopranos CTV News News News BEETLEJUICE (4) (17:00) Marketplace Venture H2O avec Paul Gross, Leslie Hope (1/2) Sunday Night Mary Walsh Reflections ABC News .Athlete America's Funniest Home Videos Extreme Makeover Desperate Housewives Boston Legal Will & Grace NFL Football (16:00) 60 Minutes Cold Case THE MADAM'S FAMILY: THE TRUTH ABOUT CANAL STREET.News .Raymond News NBC News Dateline NBC American Dreams Law& Order: Criminal Intent Crossing Jordan .Machine Candidate Debates 2004: Lieutenant Governor Candidate Debates 2004: Governor Masterpiece Theatre / Talking Heads: the Hand of God Windy Acres THE LADY VANISHES (3) BBC News Wall Street Classic Gospel Nature / Animals Behaving.Trifles BBC News .Lens Find & Design Fatal Fathers CHOCOLAT (4) avec Juliette Binoche, Alfred Molina Growing.CSI:Miami Le Gala de l'ADISQ fait BAP Ces enfants d'ailleurs L'Actors Studio / Jeff Bridges Thema / Cinéma Fantastique 3 L'ÉCHINE DU DIABLE (3) avec Fernando Tielve, Eduardo Noriega The Definitive Elvis Arts&Minds Shaping Art Samuel Bak: Painter.COMING HOME (3) avec Jane Fonda, Jon Voight PLATOON (3) Québec en humour Docu-d / Les Maisons hantées Sans détour / Armoires à glace Défier la mort Pièges à touristes / Miami Des livres.Lachimie.com Une carrière dans l'industrie.UQAR.Bilan du siècle Centre.de l'automobile Entre l'arbre et l'école .la croissance d'une PME Frontiers of Construction Daily Planet Discovery Presents / Jekyll and Hyde - Exorcists Myth Busters Daily Planet Vins du monde Asslama La Route.la France .le spa Top des stars Gilles Proulx Pilot Guides Les Routes oubliées Disney's Dave Mentors (18:33) Radio Free.(19:25) .Afraid of the Dark?(20:16) LITTLE SHOP OF HORRORS (4) avec Rick Moranis BLACKBEARD'S GHOST (5) (22:32) The Mountain The Simpsons THE X-FILES (4) avec David Duchovny, Gillian Anderson Charmed Jack & Bobby Global News Global Sunday Bob & Margaret The Simpsons Arrested.Malcolm.That '70s Show Crossing Jordan Global Sunday Global Sports Trouvailles./ Rimouski Destins / 1re révolution Des histoires d'alcool L'Or (4/6) RAN (2) avec Tatsuya Nakadai, Mieko Harada Metropolis / Alexandria Antiques Roadshow The History of Anesthetics INTERVIEWWITH VAMPIRE (3) avec Tom Cruise, Brad Pitt History Bites Style Star Fashion File Surviving in the Wild Birth Stories Adoption.Little Miracles Sexy Girl Skin Deep Med.Surgeons M.Richard L'amour à.Nostalgia / Elvis Musicographie / Mariah Carey Sarah Brightman Live.Benezra Clip.Musicographie / Mariah Carey Top5.anglo Top5.franco Babu à bord Groulx luxe Pimp mon char Viva la Bam Les pourris.Pauvres Filles! Les Jeunes.Le Mike Ward Pimp mon char Noir de monde American Dreams Extreme Makeover .arménien Acasa Boston Legal Teleritmo BBC News Inside Media the fifth estate Nature of Things CBC News: Sunday Night The Passionate Eye Sunday / A Family at War Hemispheres Sec.Regard Le Téléjournal Le Journal RDI La Part.Ushuaïa Nature Le Téléjournal Le Point 5 sur 5 Le Journal RDI La Part.Sport Gillette Sports 30 Hors-jeu Football / 49ers - Bears Sports 30 Les Soeurs Mc Leod Saint-Tropez sous le soleil Brigade spéciale L'Oeil du crime Miss Match Les Experts Prime Suspect NORTH OF SIXTY: TRIAL BY FIRE avec Tina Keeper, Peter Kelly Trailer Park Boys JEEPERS CREEPERS 1 (5) avec Gina Phillips, Justin Long (22:01) Ghost.Steve Smith Smallville Star Trek: Enterprise THE EXORCIST (3) avec Jason Miller, Ellen Burstyn Sportsnetnews Business, Sport Soccer / Spanish Primera Liga Sportsnetnews Au bout.Presserebelle Panorama Africa Trek Metropolis MAIGRET ET L'AFFAIRE SAINT-FIACRE (4) avec Jean Gabin Duos: sessions jazz .Ugliest Bathrooms (17:00) Trading Spaces: Family Deadly Dentist Mostly True Stories Trading Spaces: Family Sportscentre Gentille.NFL Primetime NFL Football / 49ers - Bears Sportscentre .(17:00) .le meilleur Zeroman Duck.Les Simpson Futurama Daria Planète crue Delta State Décalés.Les Simpson Futurama Passepart Journal FR2 Vivement dimanche / Jean-Claude Brialy Écrans.Culture et Dépendances / Le christianisme.Le Journal Kiosque It's a Living Reach for.Vox Out there QUEEN MARGOT (3) avec Isabelle Adjani, Daniel Auteuil The Viewfrom Here Diplomatic.Quand la vie est un combat Décore ta vie Métamorphose Grand Ménage Dre Nadia.en toute confidence Une chance qu'on s'aime! Le sexe dans tous ses ébats Révélation Planifiez.Lé Zarts Parole et Vie Ma maison À l'heure de Montréal City Life Gilmore Girls Smallville Charmed Edgemont Radio Free.(16:00) It's the Great Mystery Hunters YTV's Hit List Yvon of.Addams Radio Active System Crash Monstres mécaniques Cour à \"Scrap\" Métal hurlant Futur extrême La Patente E.Sexe Tru Calling Le Grand Journal Pub NHLPA's.Business, Sport Les hommes forts canadiens CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES JÉRÔME MINIÈRE PRÉSENTE HERRI KOPTER AU CABARET Bonheur à vendre! PHILIPPE RENAUD CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE En costard-cravate, Jérôme Minière posait moins en vendeur d'assurances qu'en fier et dévoué représentant du service à la clientèle \u2014 région montréalaise\u2014 de Herri Kopter inc., utopique société qui vend du bonheur et de la bonne musique.Vendredi soir dernier au Cabaret, accompagné de trois acolytes, Minière nous a préparé un Tupperware-party de la chanson d'avant-garde, exhibant ses grands récipients à trouvailles devant un auditoire captivé.Première montréalaise, donc, de ce concert-concept autour de l'univers d'Herri Kopter, qui tourne en dérision le mercantilisme.Une première (insistons) étonnamment réussie.Pas parce que Minière est incapable de nous surprendre, loin de là.La première incarnation scénique d'Herri Kopter, à l'époque de son premier album de facture « ambiante », nous avait en effet plongés dans des grooves laineux génér synthétiseurs.La mise en scène contribuait grandement à nous faire croire à la Laanka, cette île disparue à cause de l'insouciance des hommes.Si nous devons encore une fois saluer le travail d'éclairage, c'est la performance musicale qui s'est révélée plus inventive et beaucoup plus nourrissante qu'à l'époque « ambiante ».Les chansons de l'album Jérôme Minière chez Herri Kopter, déjà plus musclées et structurées, ont été fidèlement reproduites sur scène et enrichies d'un charme renouvelé.Minière et son groupe \u2014bassiste, guitariste-claviériste et batteur\u2014 ont brillamment transposé le propos incisif de l'album, glissant au passage plusieurs titres de Petit Cosmonaute dans ce spectacle qui a mis un peu de temps à décoller \u2014sans toutefois faillir à nous faire planer.Minière s'est d'abord présenté devant le rideau pour saluer la foule et passer en détail les éléments de son décor.Trois extraits de Petit Cosmonaute ont suivi : Arpenter puis En attendant Vegas, qu'il a subtilement fondue dans la douceur pop de La Fonte des glaces.La foule commençait déjà à léviter.Le musicien nous a alors distribué des feuilles en nous invitant à « apprendre l'italien sous hypnose ».Car la compagnie Herri Kopter offre de nombreux services, n'est-ce pas, dont une école de langues.Le premier tiers du spectacle s'est articulé autour de chansons plus pop avant de nous entraîner dans une avenue plus rythmée et électronique.Les Yeux tout autour de la tête (de Petit Cosmonaute) a gagné en rythme, Mon truc à moi (du dernier Herri Kopter) a gardé le tempo jusqu'à l'excellente If You Don't Buy You Die, l'un des moments parfaits de la soirée.Le batteur en remettait sur les séquences rythmiques qui ponctuaient la performance.Pendant ce temps, le guitariste Kim Ho fignolait tantôt des mélodies, tantôt des ambiances sonores ; Christian Miron couchait d'imparables lignes de basse et flirtait avec le synthétiseur, tout comme Minière lorsqu'il n'avait pas les mains posées sur sa guitare acoustique.Et ça roulait comme un charme.Le passage le plus rythmé du concert nous a fait bouger des hanches et des épaules avant de nous pousser dans des chansons plus rock et bruyantes, sans jamais perdre de cohérence, soulignant au passage les fines mélodies de Minière.Au rappel, entre autres cadeaux, Minière nous a interprété une version électropop de Il pleut, de Brigitte Fontaine, (« une chanson des années 70 jouée à la manière des années 80 »), a-t-il dit avec un humour légèrement débile.Minière ne se produisait que vendredi et hier soir, mais ne vous en faites pas trop : ce spectacle est condamné à être repris, peut-être même dans une salle plus spacieuse que le Cabaret.Cette performance irréprochable et envoûtante est sûrement l'un des concerts les plus réussis de la rentrée.La performance musicale s'est révélée plus inventive et beaucoup plus nourrissante qu'à l'époque « ambiante ».PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Jérôme Minière donnait son spectacle vendredi soir, au Cabaret Music Hall.Cesoir Télé-Québec ça change de la télé 19 h Wonderfalls Première femme à avoir plongé en baril dans les chutes Niagara.Vraiment ?17 h À la di Stasio Les courges.Potage, citrouille farcie.Savoureuse Halloween ! 22 h Antiaméricains?Attendons-nous trop de Kerry?Il va y avoir du sport! Animation : Marie-France Bazzo Invitée : Denise Bombardier Avec Caroline Dhavernas 3260656A Mc Gill/Soirée exaltante CLAUDE GINGRAS CRITIQUE Je n'avais pu entendre le premier concert de la saison à l'Orchestre symphonique des étudiants de Mc Gill pour des raisons de non-ubiquité : le même soir, c'était la première de Turandot et le concert Mc Gill n'était donné qu'une fois.Mais c'est une formation forte de 90 jeunes, forte surtout d'une très exigeante première expérience de saison, la deuxième Symphonie de Mahler, que j'ai retrouvée vendredi soir.Pollack Hall était rempli.La scène aussi.enfin, presque.Personne n'a pu m'expliquer cet espace vide, en forme de triangle, à droite.Cette fois encore, le chef Alexis Hauser avait placé les premiers et les seconds violons de part et d'autre du podium, avec les violoncelles et les contrebasses derrière les premiers et les altos derrière les seconds.En fait, seconds-violons et altos très rapprochés formaient une masse compacte qui libérait tout l'avant-scène du côté droit.Cette étrange disposition servait les besoins d'un enregistrement, selon une source ; selon une autre, elle permettait à certains groupes de cordes de mieux se voir et s'entendre.Peu importe, à vrai dire.C'est le résultat qui compte et ce résultat fut exaltant.Hauser avait choisi deux sommets du répertoire : l' Inachevée de Schubert et la Septième de Beethoven.Dirigeant de mémoire, le chef natif de Vienne, berceau de cette musique, y mit tant de soin, d'énergie, de coeur et d'imagination qu'on avait l'impression de la redécouvrir ; surtout, il nous a rendus conscients que, presque 200 ans plus tard, elle correspond encore, et tout à fait, à nos sensibilités modernes.L'orchestre lui-même était dans sa forme des grands soirs.Un écart d'intonation à l'unisson hautbois-clarinette, au tout début de l' Inachevée, fut presque entièrement corrigé à la reprise ; dans le Beethoven, quelques attaques hésitantes, notamment dans le petit dialogue flûte-hautbois / violons à la fin de l'introduction, sont compréhensibles dans un exercice comme celui-ci, et j'accepte même les hurlements crachés par les cors comme correspondant au caractère assez délirant de cette oeuvre étonnante.Pour l'ensemble, Mc Gill possédait cette totale et vraie sonorité d'orchestre, une tradition établie par Timothy Vernon et maintenue par son successeur Hauser, avec des cordes très nombreuses, chantant pleinement et très justes, des bois et des cuivres aux timbres bien ronds, et une percussion solide.En fait, c'est presque un orchestre professionnel qu'on écoutait.De l' Inachevée, si souvent routinière, on retiendra le ton étrangement dramatique conféré au premier mouvement et le tempo très allant, très « con moto », adopté pour le deuxième (et dernier) mouvement.Quant à la Septième de Beethoven, son surnom d' « Apothéose de la danse » a rarement paru aussi justifié.La direction de Hauser est extrêmement dynamique, jamais vulgaire : elle est excessive, comme l'est cette musique.Au Scherzo, marqué « presto », le chef demande à ces jeunes l'impossible en fait de vitesse.et l'obtient.Un peu partout, il souligne avec une vigueur inhabituelle les accords qui donnent à la partition son excitante pulsation rythmique.Entre ce Schubert et ce Beethoven étonnants, les huit minutes signées Niklas Kambeitz, élève de Mc Gill en composition, font un bruit qui se confond bientôt avec celui de l'entracte.McGILL SYMPHONY ORCHESTRA / ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE McGILL.Chef d'orchestre: Alexis Hauser.Vendredi soir, Pollack Hall de l'Université Mc Gill.(Le programme était repris hier soir.) Programme : Symphonie no 8, en si mineur, D.759 («Inachevée ») (1822) - Schubert «Body» (2004) (création) - Kambeitz Symphonie no 7, en la majeur, op.92 (1812-13) - Beethoven Alexis Hauser CINÉMA LUC PERREAULT Brève rencontre cette semaine avec Jacques Matte, l'infatigable directeur du Festival du cinéma international en Abitibi- Témiscamingue venu prêcher la bonne nouvelle : la 23e édition de son festival, lancé hier.« Il existe une mondialisation des festivals », soupire celui qui regrette l'époque où des stars comme Serge Gainsbourg ou Claude Lelouch débarquaient sans cérémonie à Rouyn-Noranda en quête d'exotisme et d'orignaux.« Aujourd'hui, il faut se battre contre une nouvelle réalité, comme le fait que certains acteurs exigent des cachets pour se déplacer.Le paysage a changé par rapport au star system.Nous, on se bat et nos affaires marchent.On progresse en fonction de notre public.» Si la 23e mouture de cet événement annuel, jusqu'au 4 novembre, a beau être avare en grosses pointures, c'est pour mieux accorder la vedette au cinéma luimême.Au menu, quelque 20 longs métrages, 29 courts et moyens métrages et 16 films d'animation, tout ça soigneusement choisi, conformément à une tradition désormais bien établie.Matte est particulièrement fier d'un film tourné dans sa région par des jeunes de la place : Deux mille fois par jour.Il s'agit d'un long métrage documentaire sur des jeunes actifs dans le reboisement.Stéphanie Lanthier et Myriam Pelletier-Gilbert, les réalisatrices, les ont suivis pendant deux ans.Résultat, selon Matte : un film qui risque d'être le chouchou de cette année comme le fut il y a trois ans Il parle avec les loups de Carlos Ferrand Zavala sur le trappeur Michel Pageau.Il mise également beaucoup sur son film d'ouverture, Sept ans de mariage, de Didier Bourdon, présenté en première nord-américaine.L'excellente Catherine Frot affronte l'acteur devenu réalisateur dans cette comédie de moeurs portant sur l'usure d'un couple.Face à l'intransigeance de madame, monsieur navigue sur les sites pornos.Il faudra l'intervention d'un ami sexologue.Côté québécois, Matte met d'abord l'accent sur Roy Dupuis présent à double titre, d'abord dans Mémoires affectives, de Francis Leclerc, qui sort simultanément en salles chez nous, et dans Manners of Dying, une première mondiale signée Jeremy Peter Allen, un cinéaste canadien-anglais.Dupuis y serait exceptionnel dans la peau d'un condamné à mort qui raconte, à l'intention de sa mère, sept manières différentes de mourir.André Melançon réserve à sa ville natale son tout dernier film pour tous, Daniel et les superdogs.Carole Laure viendra faire son tour avec CQ2.Roger Boire y présente en première sa comédie au titre accrocheur : Comment devenir un trou de cul et enfin plaire aux femmes.Parmi tous les autres films québécois, la plupart déjà sortis à Montréal, retenons le film de clôture : Maman last call, de François Bouvier, inspiré du roman de Nathalie Petrowski, dont Rouyn-Noranda aura la primeur.Le volet étranger réserve aussi des surprises.Le Maroc et la Belgique sont particulièrement représentés, le premier avec Jawhara : Filles de prison, l'autre par un volet de courts métrages sélectionnés par un spécialiste en la matière, Michel Coulombe.Du Danemark enfin, un film remarqué au dernier FFM, Villa Paranoïa, signé Erik Clausen.Cette année, pour la première fois, le festival mérite tout à fait son appellation.Il couvrira en effet toute la région, depuis Val d'Or jusqu'à Ville-Marie, de Senneterre à Lebel-sur-Quévillon, en passant par La Sarre, Matagami et Amos, en tout 15 lieux différents, de quoi faire rayonner un festival qui a désormais le droit de claironner bien fort : mission accomplie.Abitibi, prise 23 3263840A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN C'est la 15e fois que Noëmie Forget raconte son histoire, mais elle le fait avec autant d'enthousiasme et de générosité.Le lieu qu'elle a imaginé et fondé suscite un immense intérêt.Lubu est une librairie-café où, comme son nom l'indique, on peut prendre un café et lire.Et où, pour passer sa commande, il faut regarder la serveuse bien en face, dans les yeux, en articulant pour qu'elle lise sur nos lèvres, puisqu'elle est sourde.Elle parle, écrit, répond au téléphone, prépare deux cafés, signe un chèque, reçoit une clientèle jeune et bigarrée, des hommes et des femmes qui lui font un brin de causette.ANNE RICHER oilà sans doute pourquoi, aussi surprise soit-elle de l'intérêt des médias pour son affaire, Noëmie Forget, qui, elle, n'est pas sourde, devient une espèce de phare de cette nouvelle génération d'entrepreneurs.Le Cirque du Soleil lui a remis le prix qu'il décerne à l'entreprise qui a le plus fait preuve d'engagement social et culturel.La Presse ajoute sa voix en lui accordant le titre de Personnalité de la semaine.Une battante Après des études en graphisme, elle ne voulait plus voir les ordinateurs.Elle s'est dirigée vers le travail en librairie, plus près de ses goûts profonds.Et puis elle a fait un détour d'un an comme réceptionniste dans un bureau d'architectes.«Tu sais, le genre qui ne te donne pas envie de te lever pour aller travailler.» Alors, dans sa tête et dans son coeur, la vieille idée de son adolescence a repris vie : «Tenir une librairie et discuter de livres autour d'un bon café.» Les livres québécois d'abord.Plus qu'une marotte: une passion, une mission.«Il faut bien faire leur promotion, sinon qui s'en chargera?» Ses recherches l'ont conduite à tout apprendre sur le marketing, le marché du livre, qu'elle connaissait déjà, sur la restauration, finalement sur un lieu où jeter l'ancre.Elle a arpenté les rues, les quartiers de la ville, cherchant à respecter un budget restreint.«La rue Sainte- Catherine Est prend un essor considérable ; finalement, c'est en pensant à une clientèle d'étudiants, d'artistes, de travailleurs du quartier Hochelaga-Maisonneuve que je me suis décidée.» L'art de tout faire Elle parle, écrit, répond au téléphone, prépare deux cafés, signe un chèque, reçoit une clientèle jeune et bigarrée, des hommes et des femmes qui lui font un brin de causette.Tout en même temps.Avec le sourire de ses 27 ans.Et son énergie de Lionne.De ses parents, dit-elle, elle a hérité un sens artistique.De sa grand-mère maternelle, l'énergie.Elle tient sa passion des livres d'une enfance à Saint-Jérôme où les plus belles sorties étaient, avec sa mère, à la bibliothèque municipale, où elle empruntait un maximum de livres.«Pour cette aventure de maintenant, mes parents m'ont beaucoup encouragée, ça m'a donné confiance.» Ce café-librairie la révèle à elle-même.«Tout m'intéresse.J'aime apprendre et prendre des décisions.J'ai vu de quoi j'étais capable.» Le secret de sa réussite?«J'ai réuni tout ce que j'aimais.» La gratitude est l'une de ses vertus.«J'ai eu beaucoup d'aide, de bons contacts, un mentor qui m'écoute.» Elle n'est pas avare de conseils aux plus jeunes qui s'adressent à elle.«C'est essentiel.Il faut donner et ne rien attendre en retour.» Pendant qu'elle réfléchit à sa prochaine réponse, le café se remplit.Elle rit de bon coeur, sachant que le stress n'est pas la meilleure chose pour quelqu'un d'angoissé, de perfectionniste.Et puis ce va-et-vient, c'est la consécration: la maman avec son bébé, les jeunes hommes qui veulent se détendre, les filles qui s'exclament devant le décor, celui qui se faufile et s'installe à l'arrière sur un long canapé de velours.Lubu est comme un refuge dans la laideur du monde.Il n'y a rien de tel pour se réconcilier avec la vie qu'un bon café en ajoutant un idéal qui peut être un gâteau, mais aussi un bavardage de vive voix, ou PHOTOS ARMAND TROTTIER LA PRESSE© de mains vives, sans sons.Noëmie Forget "]
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