La presse, 3 juin 2007, C. Arts et spectacles: radar - Lectures
[" ARTS ET SPECTACLES INTERNET LA RÉVOLUTION DE RUE89.COM PAGE 4 PLANCHE À ROULETTES ET BETTERAVES PAGE 10 TECHNAUTE FRUITDE L'ESPRIT CRÉATIF JAPONAIS, LEJEU ODIN SPHERE PAGE 11 LECTURES ENTREVUE ROLAND BOURNEUF ÉLOGE DU VEILLEUR PAGE 5 Roland Bourneuf PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © À cette étape de la création, même si tous les morceaux du puzzle n'ont pas encore été réunis, la fresque de Robert Lepage offre déjà de grands moments de théâtre.SYLVIE ST-JACQUES CRITIQUE Impossible de s'y méprendre: dès les premières secondes de Lipsynch, on reconnaît la signature de Robert Lepage.Comment arrivet- il à nous garder captif pendant 5h20 (avec deux entractes) alors que d'autres nous lassent au bout de 45 minutes?Vaste question.Mais puisqu'on n'a pas toute la soirée, parlons simplement de la formidable faculté de Robert Lepage de créer des personnages intrigants et de créer des mises en scène ingénieuses.Soulignons comment, en partant parfois de l'anodin, il nous entraîne sur la piste de ses théories existentielles.Évoquons aussi son talent pour l'imbrication d'histoires où le destin est déterminant.Et bien sûr, rappelons comment il a le flair de s'entourer de collaborateurs aussi différents qu'ils sont doués et généreux.La majorité de ces cocréateurs en provenance des quatre coins du globe y défendent des rôles, apportant sur scène leur voix, leur personnalité, leur histoire et leur origine culturelle distinctes.Des rencontres à l'image d'une planète de plus en plus globalisée, entre individus qui alimentent chaque jour l'abondant trafic aérien.Et qui donnent lieu à des échanges langagiers cacophoniques autour de la table d'un resto.Cette réalité polyglotte et multiculturelle, on l'imagine familière à Robert Lepage, le créateur voyageur.Mais mondialisation ne signifie pas perte d'identité, dans le monde pluriel de Lipsynch.Si bien que l'authenticité de chacun des acteurs apporte profondeur et complexité à tous ces neuf personnages aux destins interreliés.Reste à savoir comment tous ces êtres forment, sans forcément se connaître ni se rencontrer, une petite communauté planétaire.Pour cela, il faudra attendre la version «longue» de Lipsynch.À cette étape-ci de la création, tous les morceaux du puzzle n'ont pas encore été réunis.Le pari de Robert Lepage était donc de construire une pièce autour de la voix humaine.On peut affirmer sans se tromper que le projet est engagé sur la bonne voie puisque Lepage parvient à tisser harmonieusement des intrigues qui tournent autour de ce riche sujet.Si bien qu'on a droit à un captivant «soap» qui débute sur des notes d'opéra avant de bifurquer vers la musique rock, la postsynchro, la lecture sur les lèvres, avec des clins d'oeil au karaoké et aux appareils électroménagers parlants, signe d'un temps où la communication est déshumanisée.Après une entrée en matière sur la Symphonie no 3 de Gorecki - livrée par la soprano américaine Rebecca Blankenship, formidable actrice à la voix envoûtante -, ce voyage qui débute à 18h pour se clore vers les 23h30 prend son envol dans un avion en direction de Francfort.Guadalupe, la très jeune maman nicaraguéenne d'un poupon (saisissante Nuria Garcia) meurt d'une embolie cérébrale.Ana (Blankenship) se charge du bébé.Après quelques coups de fil, cette chanteuse d'opéra allemande qui réside à Londres retrace l'enfant qu'elle finit par adopter.FTA / Lipsynch Premiers fragments d'une grande fresque PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © Dans un tour du monde qui dure cinq heures, Lipsynch entraîne les spectateurs dans une réalité polyglotte etmulticulturelle.Dévoilée vendredi soir au FTA en première nordaméricaine, Lipsynch est une fresque ambitieuse, drôle, foisonnante, potentiellement géniale, mais inachevée.Des questions.Des hypothèses.Des spéculations.Des analyses.La nouvelle création d'Ex-Machina s'imprègne dans notre esprit comme seule peut le faire une oeuvre riche en pistes de réflexion.Encore une fois, Robert Lepage nous envoûte avec un spectacle en chantier de plus de cinq heures.Neuf histoires s'entrelacent dans ce feuilleton interplanétaire où le thème de la voix humaine est décliné sous plusieurs formes.FLORENCE K.3SOIRS SEULEMENT 5, 6 et 7 juillet 20h TNM THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE BILLETS THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE 514 866-8668 tnm.qc.ca 514 908-9090 ticketpro.ca BILLETTERIE CENTRALE DU FESTIVAL EN PERSONNE SPECTRUM DE MONTRÉAL 318, rue Sainte-Catherine Ouest >Voir LIPSYNCH en page 2 RADAR DEUX ACTRICES (4) (23:17) DIMANCHE 3 JUIN Le Téléjournal Découverte / Planète Terre - Les Forêts saisonnières .Laflaque / Gérard visite Laurence.Pleins feux / La Guerre des Six Jours, du 5 au 11 juin 1967.Le Téléjournal Zone Doc / Les amateurs de country sillonnent les routes du Québec.Le TVA 18 heures Téléthon Opération Enfant Soleil (18:10) Le TVA LA VIE (5) avec Eddie Murphy COURSE FOLLE (5) É.-U.2001.Comédie avec John Cleese.\\ Un richard excentrique offre à six personnes la chance de participer à une course dont l'enjeu est un butin de deux millions de dollards.LE MASQUE DE L'ARAIGNÉE (5) É.-U.2001.Drame policier avec M.Freeman.\\ Un détective et une agente des services secrets recherchent la fillette d'un sénateur, kidnappée par un criminel avide de célébrité.ESPÈCES II (6) avec Michael Madsen, Natasha Henstridge (22:45) L'Histoire à table Malcolm / Le père de Hal décède.Questions de société / À qui profite le crime?24 heures pour l'Histoire / Thérèse et Albert - Une histoire de coeur UNE CARTE DU MONDE (4) É.-U.1999.Drame psychologique avec S.Weaver.\\ Une mère de famille qui travaille comme infirmière dans une école élémentaire est accusée à tort d'avoir molesté un garçonnet.A LITTLE PRINCESS (3) (17:00) The Nature of Things MISS MARPLE: ORDEAL BY INNOCENCE avec Geraldine Mc Ewan Sunday Night the fifth estate CTV News ET Spotlight Degrassi: Next.Instant Star Corner Gas Robson Arms Cold Case Law & Order: SVU CTV News House & Home Global National The War.Home King of the Hill The Simpsons King of the Hill Family Guy American Dad Without a Trace Driving TV ABC News Ebert & Roeper America's Funniest Home Videos Extreme Makeover: Home Edition Alias News CBS News 60 Minutes Without a Trace Cold Case Without a Trace News NBC News Dateline NBC Sunday Friday Night Lights Law & Order: SVU Doo Wop's Best (17:30) John Denver: A Song's Best Friend Mystery! / Jericho: To Murder and Create The Best 25 Years of Pop Broadway's Best at Pops Alone in the Wilderness Soundtrack Criss Angel Mindfreak / Six émissions (17:00) Dog the Bounty Hunter Gene Simmons Family Jewels / Quatre épisodes The First 48 Vive les mariés! Pour l'amour du country Viens voir./ Claude Legault Toute une soirée avec Frank Sinatra UN CRIME DANS.(22:45) Inside the Actors Studio (17:00) Arts & Minds A.Flower The Idealist James Beveridge WHATWOMEN WANT (4) avec Mel Gibson, Helen Hunt La Maternité Docu-d / La vie et l'art de Jean Giraud Fou! Fou! Fou! Docu-d / Dino Lab La leçon d'anatomie Détectives .(16:05) ARRÊTE OU MA MÈRE VA TIRER TU SERAS UN HOMME MON FILS TRANQUILLE LE FLEUVE Myth Busters Discovery / India Unleashed Discovery Presents / Alien Planet Myth Busters / Air Cylinder.Discovery.Hakuna Matata / Mombasa 50 heures de vacances Paris.Québec.Cap sur la Catalogne Inspiration / Yves Lambert Roue du Tour Phil (17:39) Darcy (18:32) .Raven Zoey (19:25) .(19:51) Life.(20:38) THE PENNY PROMISE avec Scott Christopher .(22:32) .(22:48) The Game .Hates Chris The War at Home BAD BOYS 2 (6) avec Martin Lawrence, Will Smith Hidden Palms Supernatural Opération Survie / Naufrage Pare-chocs à pare-chocs Les saltimbanques du ring JAG Prochaine Station / Papineau .trains Underworld Histories Britain's Finest Hour D-Day on Juno Beach THE LONGEST DAY (3) avec John Wayne, Robert Mitchum Les 101 plaisirs inavouables Chute libre Liaison.à Granby! L'Index.Génération 90 Musicographie / Garou Acoustiques Top5.anglo Top5.franco Presque.Flambant.Bienvenue chez les Barker VJ recherchée Musique Plus La Prochaine Pussycat Doll Le Gros Show Noir de monde Luso Montreal Extreme Makeover: Home Edition Polonia In Montreal Bangla TV Paysage.Teleritmo Les coulisses du pouvoir Le Monde Planète Prise 2 Découverte / Les mers peu.Le Téléjournal Chasseur de pyromanes Le Téléjournal Les leçons de Josh Les Ex / Deux épisodes Femme$ de footballeurs C.S.I.: Miami Les Experts Tom Stone .(17:10) LA FERME EN FOLIE L'ENLÈVEMENT LE BROUILLARD Regenesis 3 YEARS TO LIFE (6) avec Robert Hays, Hugh O'Conor .Park Boys Billable.Huff 1er Emploi Volt Panorama Cinquième.MANON avec Renée Fleming, Marcelo Alvarez .(22:45) Inside Brookhaven Obesity Clinic / Cinq émissions (17:00) An Astronaut Scorned .Obesity Clinic LES SUPER NANAS.(17:00) Kappa Mikey Di-Gata Billy.Futurama Les Simpson Boondocks South Park Décalés.Les Simpson 30 Millions.Journal FR2 Questions pour un.champion Vivement dimanche / Jean Daniel Mémoires de Normandie d.Le Journal Oui, je le veux! Simplement César.Dre Nadia Si un rêve.L'espace.30 Jours / Le Nouvel Âge Plasticiens riches et célèbres Guy Corneau Sans filtre Vert tendre Bonheur total Livre Show Ici et là Baromètre Parole et Vie Boxe Rock Parents.Frank vs Girard L'Académie.Tête.Degrassi.Derek .le trouble Presserebelle Degrassi High / Quatre épisodes Techno marine Autopsie d'un désastre Les Stupéfiants Délire techno LOST IN THE BERMUDA TRIANGLE (6) 30 images.Sports 30 NASCAR Coupe Nextel / Dover 400 Sports 30 Golf PGA / Tournoi Memorial Sportsnet.Hockeycentral Week Baseball Jays Connected Baseball / Yankees - Red Sox Sportsnet.Sportscentre That's Hockey 2007 French Open Tennis Sportscentre Le Journal (22:15) Desperate Housewives Brothers & Sisters Bruce Springsteen with The Sessions Band: Dublin 185 \u2014 \u2014 556 \u2014 67 180 \u2014 \u2014 137 \u2014 \u2014 \u2014 9 9 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 BEV VD VDO 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 BEV VD VDO CBC CTV-M GBL-Q ABC CBS NBC PBS-P PBS-B A & E ARTV BRAV CD CinéPOP DISC EV FC FOX HI HIST MMAX MP MTL RDI S+ SE SHOW TFO TLC TTF TV5 VIE VOX VRAK RDS SPN TSN SRC TVA TQS TQc VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION SYLVIE ST-JACQUES CRITIQUE Une marionnette peut rendre l'âme de toutes sortes de façons.Elle peut se faire écrabouiller la tête par un poing malveillant.Être démembrée par un vent violent.Se faire sauter la cervelle après avoir assisté à la pendaison de l'un des siens.Se faire décapiter par un monstre.Et si on est une marionnette du futur, on peut être cryogénisée et se réveiller quelques siècles plus tard, entourée de bizarres créatures masquées par des photos de Johnny Depp.Délicieusement irrévérencieux?Tout autant ! On a rarement l'occasion de se dilater la rate, lorsque la mort est au menu.Avec son désopilant Famous Puppets Death Scenes, la compagnie albertaine The Old Trout Puppet Workshop aligne des scènes de «trépas marionnettiques» qui provoquent l'hilarité générale.Non, le public qui occupait le studio Hydro-Québec le soir de la première n'était pas composé de gens particulièrement sadiques.Seulement sous l'emprise de marionnettistes qui l'ont entraîné dans le plaisir ludique de cette forme d'art habituellement réservée aux petits.Et ce, tout en sollicitant son ironie, sa capacité d'émerveillement et son humour noir.The Old Trout Puppet Workshop met son imagination fertile à contribution dans une mise en scène ingénieuse et en constante évolution.On passe d'un univers à un autre dans ce spectacle qui fait appel à divers répertoires de la marionnette.Les traditions allemande, japonaise, scandinave, japonaise, juive d'Europe centrale et autres sont intégrées à ce spectacle, découpé en petites scènes dont la fin est irrémédiablement tragique.Étonnamment, on prend un plaisir assumé à voir mourir ces créatures généralement immunisées contre un destin fatal, bien à l'abri dans les castelets des spectacles pour enfants.Un psychanalyste dirait peut-être que ce plaisir de voir agoniser une marionnette révèle d'une propension à la cruauté de même que d'un besoin de régression.On est peut-être cinglé, mais pourquoi bouder son plaisir ?Une chose est certaine : Death Puppet Death Scenes ne se gêne pas pour dépasser les limites de ce qui est acceptable pour le public « familial» d'un spectacle de marionnettes.Pour le plus grand bonheur du public qui, ce faisant, n'en revient pas d'assister au spectacle de deux personnages à poil qui s'adonnent à un étonnant jeu de séduction interrompu par une mort aussi étrange qu'inattendue.Il va sans dire que le travail impeccable des manipulateurs et le génie des concepteurs sont en grande partie responsables du caractère exceptionnel de Famous Puppets Death Scenes.Chaque tableau permet la découverte d'un type particulier de marionnette et d'une scénographie différente.Comme autant de portes qui s'ouvrent sur des lieux intrigants.Et certaines scènes sont d'une poésie saisissante, comme ce tableau où plusieurs perspectives sur un paysage sont dévoilées une à la fois, à la façon d'un zoom grossissant.Nous allons tous mourir.Pas besoin d'en faire toute une histoire.Autant regarder la réalité en face.Et pourquoi ne pas considérer notre sort commun avec rire et dérision?Voilà ce qu'on retient de ce merveilleux Famous Puppets Death Scenes.Un spectacle de marionnettes pour adultes, qui nous entraîne subrepticement dans les zones de l'enfance où l'espièglerie est reine.FAMOUS PUPPETS DEATH SCENES, mise en scène de Tim Sutherland, au Studio Hydro- Québec du Monument-National jusqu'au 3 juin.FTA / Death Puppet Death Scenes Mourir dans la bonne humeur PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL TRANSAMERIQUE Les traditions allemande, japonaise, scandinave, japonaise, juive d'Europe centrale et autres sont intégrées à ce spectacle, découpé en petites scènes dont la fin est irrémédiablement tragique.Non, le public qui occupait le studio Hydro- Québec le soir de la première n'était pas composé de gens particulièrement sadiques.Seulement sous l'emprise de marionnettistes qui l'ont entraîné dans le plaisir ludique de cette forme d'art habituellement réservée aux petits.Sous nos yeux, le petit Jeremy se transforme momentanément en ado rockeur, incarné avec brio par le Torontois Rick Miller.À partir de ce noyau incarné par une mère adoptive et son fils, Lipsynch se déploie.On y découvre l'histoire de Thomas, le neuro-chirurgien (John Cobb) qui devient l'amant d'Ana.On voit le médecin réaliser une intervention sur Marie (excellente Frédérike Bédard), une actrice québécoise atteinte d'une tumeur au cerveau.Devenue aphasique pendant plusieurs années, celle-ci reviendra à son métier par la voie du doublage cinématographique.Cette trajectoire la mettra sur la piste de Jeremy le cinéaste qui, lui, se trouvera sur celle de Lupe, sa mère biologique et ainsi de suite.Des intrigues qui évoluent rapidement et voyagent de Londres à Montréal jusqu'au Niacaragua.Pour chaque changement de décor, une vingtaine de techniciens sont dépêchés sur scène.Même si l'accent est surtout mis sur la voix et la musique, le travail sur l'image y est remarquable.On sait que la version définitive de Lipsynch durera neuf heures.Avec cette première mouture, Lepage met la table pour une oeuvre qui a le choix de plusieurs destinations.Certaines réflexions sur les relations Nord-Sud, la quête des origines, la mémoire de la voix, vaudront la peine d'être approfondies.En revanche, il faudra peutêtre nettoyer la pièce de certains éléments trop anecdotiques.Dans deux ans, Lipsynch sera-t-elle un simple feuilleton international ou une oeuvre révélatrice des grandeurs et tourments de son époque?Avec ce qu'on a vu au FTA, les plus beaux espoirs sont permis.Pendant ce temps, on meurt d'impatience de connaître la suite.LIPSYNCH, mise en scène de Robert Lepage, à la salle Pierre- Mercure jusqu'au 7 juin (relâche le 4 juin.) Premiers fragments d'une grande fresque LIPSYNCH suite de la page 1 3484657A RADAR CLAUDE GINGRAS CRITIQUE Marianne Fiset, soprano canadienne de 28 ans encore peu connue, a raflé plus de la moitié de la somme d'argent offerte aux gagnants du Concours international de chant.Mercredi soir, après l'épreuve finale avec orchestre, on annonçait les noms des titulaires des six prix principaux; le premier, de 25 000$, lui était alors décerné.Vendredi soir, au traditionnel concert des lauréats, on complétait le palmarès avec les six prix spéciaux où, cette fois, son nom figurait quatre fois : prix Chalmers du meilleur artiste canadien, prix Joseph-Rouleau du meilleur artiste québécois, prix Poulenc pour la mélodie française, Prix du public (en hommage à Léopold Simoneau).Les12prixtotalisent90 000$.Les cinq prix remportés par Marianne Fiset représentent 49 000$, soit plus de la moitié de cette somme.Les gagnants des six prix statutaires partageaient le programme de vendredi avec un septième lauréat - lauréate plutôt, l'Allemande Susanne Ellen Kirchesch, jugée meilleure interprète de la pièce canadienne inédite imposée en finale, Portraits ; prologue, de Julien Bilodeau - pièce fort difficile, qu'elle avait mémorisée.Passant du cadre quasi intime de Maisonneuve (lieu de la finale) à celui, beaucoup plus vaste, de Wilfrid-Pelletier, chanteurs et chanteuses, malgré la distance qui les séparait du spectateur, conservaient toute leur force de projection.Les Mozart, Rachmaninov et Dvorak de Marianne Fiset étaient aussi beaux vocalement mais moins touchants qu'en finale.Steven Ebel (deuxième prix) a encore mal articulé son Mozart et a eu un chat dans la gorge au milieu de son Ambroise Thomas.On aurait dû lui faire reprendre son Britten de finale.Evgenia Grekova (troisième prix) a donné Mozart et Verdi dans un style très pur - et d'affilée car elle s'envolait le même soir pour remplir un engagement en Allemagne.Julie Boulianne (quatrième prix) a livré un Mozart très virtuose mais un Rossini à l'intonation un peu basse.Leticia Brewer (cinquième prix) a réussi un Verdi plus cohérent qu'en finale mais a détonné dans Puccini.Comme déçu d'être aussi loin dans le palmarès, Peter Barrett (sixième prix) a chanté correctement, sans présence.Les cordes de l 'Orchestre Métropolitain furent remarquables et le chef invité Daniel Lipton suivit généralement bien les chanteurs.Le président du Concours, M.André Bourbeau, animait la cérémonie, assisté - à peine - du comédien Albert Millaire.Plus tôt dans la journée, les membres du jury commentaient la compétitionenprésencedes médias locaux et de correspondants venus d'Europe et des États-Unis.CONCOURS MUSICAL INTERNATIONAL DE MONTRÉAL.Discipline : chant.Orchestre Métropolitain du Grand Montréal.Dir.Daniel Lipton.Concert-gala des lauréats et remise des prix.Vendredi soir, salle Wilfrid- Pelletier de la Place des Arts.CHANT Grande salle et grandes voix PHOTO FRANCKGAY, FOURNIE PAR LE CMIM La soprano Marianne Fiset PHILIPPE RENAUD CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE La dernière fois, c'éta it au Métropolis, à guichets fermés, évidemment.Encore une salle comble vendredi soir dernier pour le passage de l'égérie indie Leslie Feist dans le magnifique théâtre Olympia.Fraîchement rénovée, la salle n'a jamais été aussi bien sonorisée de toute sa vie de vieux théâtre.Côté aération, toutefois, c'était comme à l'ouverture en 1920: une vraie fournaise.Les chansons de Feist nous ont collé à la peau toute la soirée.Délicieux.Il y a des vendredis soirs meilleurs que d'autres.Puis, il y a ces vendredis soirs exceptionnels, comme celui que les Montréalais viennent de connaître.On nous avait pourtant bassiné toute la semaine que les orages viendraient nous le gâcher.Voilà que, par miracle, les nuages passent tout droit, le Mile End a droit à une brillante première de son nouveau festival de rue, et les fans de Feist en ont été quittes pour un coup de chaleur intramural.C'était collant, moite, embrumé, «comme dans Gorillas in the Mist», a fait remarquer la musicienne à la «loud, standing, beautiful Montreal audience».Les conditions étaient idéales pour ce retour de Feist, venue présenter devant plus de 1200 fans les chansons neuves, mais au cachet folk-country-blues patiné, de The Reminder.Lequel nouvel album venait d'atteindre le statut de Disque d'or (50 000) au Canada, nous apprenait le communiqué distribué aux journalistes.The Reminder, qu'on a presque envie de jeter (ou, encore mieux, de donner à un ami) après avoir passé la soirée en compagnie de son auteure.Attention: imparfait mais bon, The Reminder ne sera jamais aussi génial que lorsque Feist vient nous le chanter en pleine face.C'est le premier constat de cette soirée lumineuse, torride - il fallait voir le parterre débarrassé de sièges, archibondé de fans qui, massés devant la scène, pouvaient presque s'étirer le bras pour toucher sa belle grosse Gibson Electric Spanish rouge ocre, dont elle frustrait les cordes comme si son côté punk, qu'on cherchait un peu sur The Reminder, prenait un malin plaisir à brouiller le cours de ses tranquilles chansons.Tout comme nous, les chansons transpiraient le South américain, les notes grattées de sa petite guitare acoustique (baptisée Framus), le blues rock qui tache, le gospel, la pop seventies qui invoque l'esprit de Joni Mitchell, de Van Morrisson et pleins d'autres.L'orchestre servait de liant à chacun de ces univers sensibles, quotidiens, que sait si bien rendre la grande brune.D'une version appuyée - pour ne pas dire pesante - de My Moon My Man, Feist passe alors à une version fragile, tellement plus vulnérable qu'en studio, de la touchante The Park, pour ensuite revenir à des airs plus pop, The Limit to Your Love, Gatekeeper\u2026 The Reminder a tenu le haut du pavé, Let it Die a transparu, harmonieusement, grâce à des arrangements d'une grande simplicité, riches dans le détail, aux textures vieillottes et charmantes.Mais voilà, ce fut trop court.Même après les deux rappels - avec Sea Lion et Let it Die, puis Brandon Alexander alors que les lumières s'allumaient -, les fans n'en avaient pas assez de cette voix forte et filandreuse qui habite et rend ces chansons si authentiques.Tout naturellement, sans fla-fla, sans cérémonie, Feist sera passée en coup de vent dans ce vendredi soir torride.Leslie Feist au théâtre Olympia En coup de vent PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE© Les conditions étaient idéales pour ce retour de Feist, venue présenter devant plus de 1200 fans les chansons neuves, mais au cachet folk-country-blues patiné, de The Reminder.À L'AFFICHE Consultez les Guides-Horaires des Cinémas ou Visitez le Sony Pictures Releasing.ca «.LE MEILLEUR DE LA TRILOGIE.UN DES MEILLEURS FILMS DE LA DÉCENNIE.» Charlotte O'Sullivan, LONDON EVENING STANDARD 3487670A DECONSEILLE AUX JEUNES ENFANTS LE FILM No1MONDIAL! « Le meilleur des PIRATES! » MARK S.ALLEN, CBS/CW-TV Pour les cinémas et les horaires, veuillez consulter le répertoire des films ou consultez www.pirates.movies.com 3487775A DISPONIBLE MAINTENANT ! OBTENEZ UN RABAIS DE 5$ SUR VOTRE BILLET POUR ALLER VOIR GROSSESSE SURPRISE À L'ACHAT DU DOUBLE ALBUM \u201c40 ANS ET ENCORE PUCEAU\u201d EN DVD ÉDITION SPÉCIALE CHEZ FUTURE SHOP CINEMAS FORTUNE INC.STARCITÉ HULL CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEMAS FORTUNE INC.CINEMAS FORTUNE INC.CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEPLEX DIVERTISSEMENT CINEPLEX DIVERTISSEMENT VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE À L'AFFICHE! Consultez le Répertoire des Cinémas ou www.universalpictures.ca pour l'horaire des films Aucun coupon rabais de ciné-parc accepté «À MOURIR DE RIRE.IL FAUTLEVOIR POURLECROIRE! » Peter Travers ROLLING STONE ÉCRITET RÉALISÉPARJUDDAPATOW UNFILMUNIVERSAL © 2007 UNIVERSAL STUDIOS SHAUNAROBERTSON CLAYTONTOWNSEND PRODUITJUDDAPATOW SETHROGEN EVANGOLDBERG PAR PRODUCTEURS EXÉCUTIFS UNIVERSALPICTURESPRÉSENTEUNEPRODUCTIONAPATOWUNFILMDEJUDDAPATOW\"GROSSESSESURPRISE\"SETHROGENKATHERINEHEIGLPAULRUDDLESLIEMANN MUSIQUELOUDONWAINWRIGHT JOEHENRY JONAHHILL JASONSEGEL MARTINSTARR DE JAYBARUCHEL BANDE SONORE SUR ÉTIQUETTE CONCORD RECORDS ((VVeerrssiioonn ffrraannççaaiissee ddee KNOCKED UP)) 3487773A 3485967A RADAR SPECTACLES DA N S E agora de la danse Crepuscule.: 20h.theatre la chapelle A situation for dancing: 22h.VA R I E T E S cabaret du casino de montreal Frederick de Grandpre: 13h15.Flower Power; 20h30.casa del popolo Wapstan/Kolumkilli + Sunken Skulls/Blake Hargreaves + Disguises + Women In Tragedy: 21h.la tulipe CSS + Bonde Do Role: 21h.l'inspecteur epingle Recital de Maitre Renard, Karine Beauchamp, Caroline d'Ete, Julie Valois: 20h.petit cafe campus Les melons + L'Orosite: 21h.sala rossa LA) The Sea and Cake + The Zincs: 20h30.theatre saint ƪdenis Frou Frou et Frene Zie: 14h30 et 20h30.ANABELLE NICOUD Rue89.com a fait une entree fracassante sur la toile.Deux semaines apres sa naissance, le site Internet se fendait meme de son premier scoop, revelant dans un meme article que Cecilia Sarkozy n'avait pas vote, et que la nouvelle avait ete censuree par le proprietaire d'un grand quotidien.Depuis que l'on a appuye sur le bouton depart, c'est une deferlante absolue, confirme Pierre Haski, joint aux locaux de Rue89, installes¡K dans sa cuisine.En moins de trois jours, on eu plusieurs milliers de messages proposant des articles, des correspondances.Avec Rue89.com, les journalistes esperent mettre en branle une nouvelle forme de journalisme, le journalisme a trois voix.Il y a un debat depuis plusieurs annees.D'un cote, les journalistes professionnels qui sont une citadelle assiegee.De l'autre, la recherche d'informations et de prise de parole a ete prise par les non-journalistes ., analyse-t-il.Le site ouvre donc ses colonnes aux journalistes professionnels, aux experts et, enfin, aux internautes.C'est une experience que nous (Laurent Mauriac, Pascal Riche, Pierre Haski, ex-correspondants pour Liberation) avons connu par nos blogues.Ce n'est plus un rapport vertical entre le journaliste et le lecteur, mais horizontal: le lecteur enrichit, conteste ou commente l'information ., dit Pierre Haski.Depuis plusieurs annees, les peres fondateurs de Rue89.com sentaient le vent tourner en faveur de l'internet.Quand les gens ouvrent un quotidien, ils savent deja tout.C'est un peu la ou le monde journalistique a rencontre une vraie limite ., note Pierre Haski.Les journalistes ont profite d'un plan de depart de Libe pour se lancer a temps plein dans leur site, qu'ils ont egalement finance.Pour l'instant, le site n'est fait que par des benevoles.Dans un deuxieme temps, nous esperons normaliser son fonctionnement ., prevoit Pierre Haski.Avec des titres colores, le ton de Rue89.com a de quoi effaroucher le lecteur nord-americain.Pourtant, le site ne revendique aucune etiquette ¡V .On veut creer un site ouvert , accessible a tous.¡V, pas plus qu'il ne pretend a la neutralite.En France, c'est difficile d'etre neutre.En plus, nous venons de Liberation.Nous avons un ADN de Liberation ., estime le journaliste.Cote actu, l'equipe de Rue89.com espere sortir des sentiers battus de l'information et d'explorer d'autres avenues que les conferences de presse.L'idee n'est pas de courir derriere l'actualite.C'est une denree accessible a tous, rappelle Pierre Haski.Notre idee, c'est de sortir des infos significatives et de mettre en oeuvre les trois cercles.L'initiative des fondateurs de Rue89.com n'est pas sans rappeler des sites tels que The Politico, fonde par des anciens journalistes du Washington Pos t, et Newassignment, un site internet americain ou les internautes collaborent avec des journalistes professionnels.Si la tendance au journalisme participatif est bien la, Pierre Haski se refuse a parler de revolution mediatique.On reste modestes, vous savez.On est 10 personnes dans une cuisine, a bricoler un site.Meme si on a eu un impact a nos debuts, il faut qu'on fasse nos preuves ., estime le journaliste.Sur internet : www.newassignment.net www.rue89.com www.capitolleader.com INTERNET / Rue89.com Le blogue est a nous .Votre revolution de l'info.A mi-chemin entre le blogue et le quotidien, Rue89.com affiche ses ambitions : faire dialoguer journalistes, experts et internautes.Ses instigateurs s'appellent Pierre Haski, Laurent Mauriac, Pascal Riche et Arnaud Aubron, des anciens de Liberation qui ont pris la tangente web.PHOTO JOEL SAGET, ARCHIVES AFP Le site Rue89.com a fait une entree fracassante sur le net en annoncant, deux semaines apres sa naissance, que Cecilia Sarkozy n'avait pas vote et que cette nouvelle avait ete censuree par un grand quotidien.3487459A CELEBREZ LA DOUCEUR DE VIVRE AUJOURD'HUI! .Version originale anglaise.Consultez les guides-horaires des cinemas ou visitez le www.enprimeur.ca A L'AFFICHE USA Today .UNE IRRESISTIBLE PORTION DE DELICIEUX PLAISIRS!.Chicago Sun-Times .\"\"\"\".UNE PETITE TRANCHE DE PARADIS qui remonte le moral et qui fait sourire.The Wall Street Journal .UNE DELICIEUSE COMEDIE qui est PRES DE LA PERFECTION.The Miami Herald .Keri Russell est tout simplement ETINCELANTE dans cette comedie SEDUISANTE, et CHALEUREUSE AUSSI DELICIEUSE que les tartes du film.Atlanta Journal- Constitution .UNE COMEDIE ADORABLE et JOYEUSE.Keri Russell est radieuse.¡¨ Newsweek .C'est un FILM FACILE AAIMER.Version originale anglaise.ONCE est peut-etre le meilleur film musical de notre generation.Michael Phillips Consultez les guides-horaires des cinemas ou visitez le www.enprimeur.ca Presentement a l'affiche Pour d'autres critiques elogieuses, visitez le www.Onceina Lifetime Reviews.com 3487669A L'evenement danse theatre ARENA Compania Israel Galvan (Seville) Le choregraphe et danseur Israel Galvan a revolutionne le flamenco en creant une gestuelle parfaitement originale.Il sera enfin a Montreal pour deux representations exceptionnelles! .Danseur pour danseurs, Israel Galvan est le plus grand des danseurs actuels .LE MONDE .Le Nijinski du flamenco! .L'HUMANITE 5>6 juin a 20h THEATRE MAISONNEUVE ¡V PDA DERNIERE SEMAINE ! RENCONTRES AVEC LES ARTISTES > Entree libre Lundi 4 juin : ISRAEL GALVAN (12h a 13h30) et ROMEO CASTELLUCCI (17h a 18h30) Agora du Coeur des sciences de l'UQAM 145, av.du President-Kennedy INFO-FESTIVAL www.fta.qc.ca 514 842-2112 1-866-842-2112 SPECTACLE DE CLOTURE LES .SIESTES MUSICALES .D'ETIENNE CHARRY EVENEMENT EXTERIEUR GRATUIT 4 au 7 juin > Esplanade de la Place des Arts > 12h15 (a 16h30 en cas de pluie) 3475047A Sam8d# 20\"30 MÉTROPOLIS billetS MÉTROPOLIS 514 908-9090 TICKETPRO.CA BILLETTERIE CENTRALE DU FESTIVAL EN PERSONNE SPECTRUM DE MONTRÉAL 318, rue Sainte-Catherine Ouest RYTHMES HYATT REGENCY MONTRÉAL antibalas/ femi kuti & the po Sitive force PROGRAMME DOUBLE LECTURES Exceptionnel Excellent HHHH Bon HHH Passable HH À éviter CHANTAL GUY QComment expliquer qu'un jour, tout lecteur ait envie de raconter son histoire de la lecture ?R Je vais répondre pour moi.J'ai commencé à lire très jeune.Même avant que je sache lire, je demandais à ma mère de me lire le Journal de Mickey.Le goût de la lecture s'explique à mon avis par ma mauvaise santé quand j'étais enfant.Je ne pouvais pas tellement jouer à l'extérieur.Plus tard, ça a été du Jules Verne, les histoires de nomades du Nord, les voyages au Canada.J'étais un petit enfant du centre de la France et c 'était pour moi un pays mythique.Il y a eu ensuite le lycée où on m'a initié à la littérature, mais c'était souvent des méthodes très scolaires qui ne développaient pas tellement le goût de la lecture.Mon intention première était de faire de la traduction, car je voulais éviter le travail de prof dans un lycée.Mais quand j'ai émigré à Québec, je me suis orienté vers la littérature.Donc, j'ai lu beaucoup, à la fois par goût et pour des raisons professionnelles.C'était difficile à résumer ! Il y avait aussi le problème de la méthode qui se posait, et je me suis trouvé à cheval sur plusieurs approches ; celle, traditionnelle, de l'histoire littéraire selon Lanson, que j'ai absorbée comme tous les étudiants de ma génération, et celles que j'ai connues dans cette époque où il y avait une transformation des approches critiques : structuralisme, psychocritique, sémiotique, etc.J'ai l'impression que ça m'a apporté quelque chose d'important, d'essentiel, mais que ça me laissait sur ma faim.C'est fort bien mais ça ne m'amène pas au coeur des livres, au coeur de la littérature, ça me laisse un peu à l'entrée du livre.Ce que j'ai essayé de transmettre, c'est que les livres étaient quelque chose qui me rejoignait intérieurement.De rassembler les livres qui ont compté pour moi et d'essayer de voir pourquoi ils ont compté.Qu'est-ce qui me parlait, en somme.En invitant évidemment le lecteur à faire la même opération.QVotre génération a été en réaction envers un certain académisme, et s'est tournée vers de nouvelles théories, comme le structuralisme.Mais on sent un retour du balancier, comme si nous craignions d'avoir perdu le sens premier de la lecture.Même Todorov, dans La littérature en péril, se demande si on ne se trompe pas dans l 'enseignement de la littérature.R J'ai l'impression que dans l'approche de la littérature, on passe d'un dogmatisme à un autre.En dehors de Lanson, il n'y avait pas de salut, hein! Pour le moment, je crois qu'on est dans une phase de remise en question de ces nouvelles approches.Moi, c'est dans ma nature, mais c'est devenu plus conscient, je favorise une approche un peu plus empirique de la littérature, exactement comme dans la vie: on fait l'expérience d'un livre avant de le démonter, de voir comment il est fait.QCe que l'on entend plutôt rarement, et ce qui séduit dans votre essai, est que vous voyez une grandeur dans l'expérience de la lecture.R J'aime bien ce terme que vous employez de grandeur, parce qu'effectivement pour moi, l'expérience de la littérature, c'est quelque chose de grand.Je me dis qu'il y a tellement de choses que j'ai apprises sur la vie, les grands problèmes, le rapport avec les autres, la solidarité humaine, l'évolution de l'être, la souffrance, la misère et la beauté du monde\u2026 Je pense que le monde et la vie me sont arrivés d'abord à travers les livres avant que j'en fasse l'expérience directe.Comme si je sentais déjà dans les livres que c'était quelque chose d'immense, qui n'avait pas de limites.Après, quand je faisais mes propres expériences, la littérature m'aidait à les mettre en place, à leur donner un sens.QÇa prend du temps avant de savoir si un livre a laissé une marque durable dans notre esprit.R Oui.C'est troublant, cette déperdition de la mémoire en relation avec les livres qu'on a lus.Il m'est arrivé combien de fois de prendre un livre dont j 'étais incapable d'identifier ce qui m'avait marqué, d'avoir oublié le titre aussi ! Tous les gens qu'on a rencontrés, les paysages qu'on a vus, c'est la même chose.On peut dire que c'est perdu à jamais, mais peut-être qu'il y a quelque chose qui se dépose de façon inconsciente.QDans votre très beau chapitre «Veilleurs », on comprend que pour vous, la littérature confine à quelque chose de vital.Qu'au-delà d'une transmission de la culture, il s'agit d'une connaissance de soi, par les livres.ENTREVUE/Roland Bourneuf Éloge du veilleur CHANTAL GUY SIGNET Je me dis souvent qu'il y a trop de gens qui veulent être écrivains alors que le monde est en manque de lecteurs.Cela me revient en refermant Pierres de touche de Roland Bourneuf, que j'ai eu le privilège de rencontrer pour l'entrevue que vous pouvez lire en ces pages.Il m'importe peu d'avoir lu tous les écrivains dont il est question dans cet essai, bien que le plaisir de lecture se décuple dans les chapitres consacrés aux auteurs que nous avons eu en commun.Je ne sais trop pourquoi, depuis quelque temps, j'ai un peu délaissé la fiction pour l'essai - sans angoisse, puisque je sais intérieurement qu'il s'agit d'un intermède.Tout lecteur a sûrement besoin, une fois de temps en temps, de faire le bilan de ses lectures, comme l'on doit faire le bilan de sa vie pour poursuivre sa route de façon à éviter les redites ou le culde- sac.Roland Bourneuf, bien mieux que moi, vous le raconte magistralement dans son essai.Fréquenter les lecteurs-quiécrivent - ce sont inévitablement aussi des écrivains, car de toute façon, quel écrivain digne de ce nom n'a pas été en premier un lecteur?- a toujours été pour moi une source de plaisir infini, ainsi qu'un excellent moyen de recharger mes batteries.Au-delà de la fiction, j'ai besoin d'aller communier avec ceux qui ont traversé cette étrange expérience qu'est la lecture, qui elle, n'a rien de fictionnelle.Nous avons vraiment vécu quelque chose en lisant, mais quoi?Il ne s'agit pas tant de me conforter dans mes positions - j'aime plutôt les ébranler- que de vérifier une espèce de magie.Je découvre alors que je ne suis pas seule à avoir été transformée par certains livres.Je découvre surtout d'autres écrivains, et des communautés d'esprits.Dans ce rayon plutôt restreint que je tente de garnir régulièrement, je pense au Vol du vampire de Michel Tournier.Le livre des préfaces de Borges (tout Borges, en fait !).Exercices d'admiration de Cioran.Un siècle en pièces ou L'allié de personne de Robert Lévesque.Raconter et mourir et Abolir le temps de Thierry Hentsch, dont je vous reparlerai certainement.Je ne cherche pas vraiment l'analyse ultime d'une oeuvre - de toute façon, est-ce vraiment possible?- mais le témoignage sincère de lecteurs sur leur aventure littéraire.Car enfin, de quelle autre manière pouvonsnous vérifier l'immortalité des écrivains si ce n'est qu'en se révélant, entre vivants, comment et combien ils nous habitent?COURRIEL pour joindre notre journaliste: cguy@lapresse.ca Lectures de lecteurs Professeur de littérature pendant plus de 30 ans à l'Université Laval (aujourd'hui à la retraite), Roland Bourneuf est aussi un romancier et un essayiste, auteur de plus d'une quinzaine d'oeuvres.Mais il est aussi un grand lecteur.Avec Pierres de touche, son plus récent essai publié à L'instant même, il se fait l'archéologue d'une vie complète passée dans les livres.Son constat : la lecture est une formidable aventure, une odyssée intérieure qui nous révèle à nous-mêmes.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE © « Pour moi, l'expérience de la littérature, c'est quelque chose de grand », confie Roland Bourneuf, professeur, romancier et essayiste qui vient de publier Pierres de touche.>Voir BOURNEUF en page 9 LECTURES RÉGINALD MARTEL Le Bout du monde, c'est le lieu d'un autre monde.Tous les jours et à toute heure, on s'y retrouve entre marginaux, solitaires mal résignés, voisins de passage et gens du voyage, pour déguster les spécialités du chef, boire, bavarder et imaginer la vie autrement, sans trop y croire.Ceux qui sont là sont un peu ailleurs, ou alors ils y seront bientôt.Hélène Rioux, qui a défriché bien des terres lointaines, les y a précédés et elle a préparé la mise en scène de leurs drames, grands et petits.Le résultat est étonnant, car Mercredi soir au Bout du monde est bien plus qu'un habile collage de nouvelles.C'est une oeuvre complexe, et ses éléments en apparence disparates composent une vaste polyphonie dont les thèmes sous-jacents s'insinuent efficacement dans la conscience, pour suggérer une vision du monde vibrante, troublante.La tension dramatique ne diminue pas un seul instant.Les petites gens n'écrivent pas de romans.Quand ils figurent dans ceux des autres, c'est souvent pour de bien petits rôles : ils sont des faire-valoir.Les personnages que Mme Rioux convoque à son théâtre ne sont pas définis par leur appartenance à une classe sociale, mais par leur humanité tout entière.Leurs amitiés, leurs amours, leurs angoisses, leurs désirs sont reçus avec la même empathie.Au delà des différences ethniques et linguistiques, des cultures et des moeurs, ils partagent une commune dignité.La souffrance n'est épargnée à personne et il arrive qu'elle pousse à la fuite, dans la folie ou dans la mort.La romancière ne prend pas parti.Elle observe les gestes sans chercher à les juger, ni même à les expliquer.Un certain fatalisme teinte tous ces destins qui se croisent, se nouent et se dénouent, mais c'est la vie qui triomphe malgré tout.Si la tristesse brouille le décor, elle ne le résume pas.Pour contrer la désespérance, la résilience du désir parfois suffit.Les références aux cultures et aux productions artistiques du Nord et du Sud sont multiples.Plutôt que d'étaler lourdement sa connaissance du vaste monde, Mme Rioux la refile discrètement à ses personnages.La Terre est vaste, il faut la vouloir tout entière, s'en emplir les yeux et le coeur et la mémoire.Quelque part dans l'est de Montréal, le Bout du monde servira de creuset où transformer en or tout ce qui va plus loin que l'accessoire ou l'anecdote.Le talent de la romancière, qui s'affine de plus en plus, permet de réaliser cette tâche qui tient à la fois de l'art et de l'artisanat.Oui, le Bout du monde existe, il fallait l'inventer.HHHH MERCREDI SOIR AU BOUT DUMONDE Hélène Rioux XYZ éditeur, 232 pages ROMAN QUÉBÉCOIS Le Bout du monde existe ANDRÉ DUCHESNE Le 28 janvier 2003, George W.Bush révèle que le gouvernement anglais a appris que Saddam Hussein cherche à se procurer d'importantes quantités d'uranium en provenance d'Afrique.Cette déclaration constituait un des éléments clés permettant aux Américains de déclencher la guerre en Irak.Aujourd'hui, on sait que tout cela n'était que mensonges.Or, l'administration Bush n'a rien inventé.En 1940, le gouvernement anglais essayait par tous les moyens de convaincre l'Amérique d'entrer en guerre.Les Anglais avaient entre autres créé un redoutable service de propagande, alimenté par une agence de presse bidon, avec pour but d'effrayer l'opinion publique américaine contre l'Allemagne.Cette histoire vraie est au coeur du plus récent roman de l'auteur William Boyd, La vie aux aguets.Époustouflant thriller d'espionnage, le roman oscille du début à la fin entre la Seconde Guerre mondiale et l'été de 1976, en Angleterre.Été 1976.Ruth Gilmartin, 27 ans, professeure d'anglais, étudiante et mère seule, apprend que sa mère Sally n'est pas la personne qu'elle croit.Sally a un incroyable passé.D'abord, son identité.Son nom véritable est Eva Delectorskaya.D'origine russe, elle a espionné pour l'Angleterre durant la Seconde Guerre mondiale.Devenue maîtresse du mystérieux et séduisant homme qui l'a recrutée, Eva est par la suite devenue encombrante.Parce qu'elle en savait trop.Depuis, elle fuit.Elle s'en est tirée grâce à sa ruse et son expérience mais, 30 ans après la fin de la guerre, tout en livrant son terrible secret à Ruth, Sally expose ses états d'âme : elle se sent toujours traquée.Sally va donc utiliser Ruth, comme elle a elle-même été manipulée, pour chercher le moyen d'en finir avec son passé.William Boyd nous tient en haleine du début à la fin avec cette narration nerveuse et chirurgicale.Avec le même brio qui a caractérisé d'autres de ses oeuvres \u2014 Brazaville Plage, Les nouvelles confessions \u2014 il manie avec un plaisir évident l'art de nous livrer une histoire en forme de miroir, jouant sur deux paliers, passant du « il » au « je ».Et comme dans Brazaville Plage, il est à son meilleur lorsqu'il se glisse dans la peau d'une narratrice.Roman d'espionnage, certes, et dont une petite partie se déroule au Québec et à Ottawa, La vie aux aguets aborde également toute une série de thèmes - le mensonge, l'exil, le secret, l'identité - présents chez presque tous les personnages.Au bout du compte, on peut se poser plusieurs questions : jusqu'où faut-il jouer le jeu?Quand s'arrête la complicité?Où commence la délation?À quoi et à qui sert le mensonge?Chose certaine, peu importe les réponses, ici, le plaisir est garanti.Et on ne le boudera pas! HHHH LA VIE AUX AGUETS William Boyd traduit par Christiane Besse Seuil, 352 pages ROMAN ÉTRANGER Mensonges made in England NATHALIE COLLARD ESSAIS Comme un écho aux essais canadiens et américains des dernières années, deux Françaises lancent un véritable cri du coeur : elles en ont m-a-r-r-e ! Marre de devoir être une femme, une mère, une employée et une amante parfaite.Elles veulent se défaire une fois pour toutes de ce « corset invisible », ces obligations de minceur, de jeunesse et de performance qui les emprisonnent.À la lecture de ce brûlot écrit par deux écrivaines qui sont également mères, on a envie de dire : bienvenue au 21e siècle, les cousines.Et surtout, où étiez-vous durant toutes ces années ?Le corset invisible s'inscrit dans la lignée du roman I Don't Know How She Does It d'Allison Pearson (l'humour en moins), ou encore de l'essai The Mommy Myth de Susan J.Douglas.Du moins estil animé du même ras-le-bol.L à où l a r é f le x i on de s deux F rança i s es s'éloigne radicalement de l 'approche anglo-saxonne, c'est dans les conclusions.Plutôt que de critiquer la société de consommation, les médias ou les hommes (quoi qu'ils sont sérieusement écorchés au passage) pour les maux qui affectent les femmes, elles pointent leur grand doigt accusateur en direction\u2026 des féministes.Ce serait donc la faute de Simone de Beauvoir et de ses descendantes si les femmes sont à ce point malheureuses aujourd'hui : « Le féminisme a brisé les genoux de la femme en lui imposant le champ masculin en plus de la sphère qui lui était traditionnellement dévolue, le foyer ».Responsable de la déroute des sexes, le féminisme serait donc à l'origine de la quête d'identité des hommes, démis de leur rôle de protecteur et de pourvoyeur face à des femmes fortes, autonomes et indépendantes.« La libération de la femme ne l'a pas libérée, elle l'a esclavagisée », poursuivent les deux auteures, qui revendiquent le droit à la différence, à la nature féminine.Or le féminisme a nié l'expérience féminine, selon ces écrivaines qui déplorent le double emploi dont sont actuellement victimes les femmes qui se retrouvent seules à tout assumer après la séparation ou le divorce, conclusion inéluctable aux unions amoureuses.Inéluctable, car épuisées et à bout de nerf, les femmes se t ransforment en mégères repoussantes que les hommes s'empressent d'abandonner.Bref, c'est La galère mais contrairement à la sitcom de Renée-Claude Brazeau, on ne rigole pas beaucoup.Le corset invisible est un livre très émotif qui transpire l'amertume et offre une vision archaïque (ou franco-française ?) des relations hommes-femmes.Si on ne peut qu'être d'accord avec certains constats des deux auteures - vrai, le féminisme a provoqué une véritable remise en question des rapports entre les sexes qui ne s'est pas faite sans heurts - on croit rêver à la lecture des passages qui parlent des hommes comme si on était encore dans les années 50.Les auteures souhaitent avoir écrit un manifeste pour une nouvelle femme française.Mais cette nouvelle femme ne pourra pas voir le jour si les hommes français ne font pas leur bout de chemin.Et en lisant ce livre, pourtant écrit par des femmes âgées de moins de 40 ans, on se dit que la route risque d'être longue.HH LE CORSET INVISIBLE Éliette Abécassis et Caroline Bongrand Albin Michel, 218 pages « Ma gaine me fait mourir.» Tous les jours dans AU-DELÀ DE LA SCÈNE CURIOSITÉ PHOTO ROBERT NADON, LA PRESSE © ENCORE UNE JOURNÉE POURRIE\u2026 OU 365 BONNES RAISONS DE RESTER AU LIT Pie r re Enckel l Il est de ces journées où l'on se demande comment faire pour sortir du lit et affronter le monde.Les capsules d'optimisme de Jean-Marc Chaput ne changeront rien à notre état - elles pourraient même l'aggraver.Ce petit livre de Pierre Enckell pourrait bien être la solution.Glanées ici et là dans les journaux intimes d'écrivains et de personnalités publiques, de courtes phrases de désespoir, d'ennui, de lassitude, de maladie, bref, des «fragments de pessimisme quotidien» qui, absorbés à dose homéopathique, produisent l'effet contraire de la déprime sur les esprits chagrins.Il y en a une pour chaque jour de l'année.Tenez, en date d'aujourd'hui, celle-ci, de Paul Claudel : «3 juin 1948: Temps épouvantable.Pluie.Froid.On fait du feu! 3 juin ! » Vous voyez que, lorsqu'on se compare, on se console ! Si je n'étais pas heureuse, je serais déjà morte! \u2014 ANTONINEMAILLET, répondant à la question de Serge Bouchard : «Êtes-vous heureuse?» lors de l'émission spéciale sur le bonheur à Pensée libre, sur la Première chaîne. Retrouvez Manon Le Blanc dans samedi 20h30 EN KIOSQUE DÈS MAINTENANT! et lundi 19h30 à Abonnés de La Presse Club Privilèges LECTURES AU PIED DE LA LETTRE CHANTAL GUY LA BIODE BOURGAULT Lux Éditeur fait patienter la plume des médias avec la première biographie de Pierre Bourgault, signée par le journaliste Jean-François Nadeau.Si les copies de presse, en nombre limité, seront distribuées aux journalistes le 8 juin, ceux-ci devront cependant respecter un embargo jusqu'au jeudi 6 septembre, soit la veille de la sortie du livre en librairie.On vous en reparle à l'automne ! UNMONTRÉALAIS PRIMÉ D.Y.Béchard, un Montréalais d'adoption né en Colombie- Britannique, a remporté le prestigieux prix Commonwealth Writers, assorti d'une bourse de plus de 10 000$, pour son premier roman, Vandal Love, publié chez Random House en janvier.Dans ce roman, nous suivons dans toute l'Amérique les aventures des Hervé, une famille canadiennefrançaise.Selon un article du National Post paru en 2006, Béchard serait l'enfant d'une mère américaine et d'un père québécois qui aurait commis plus de 50 vols à main armée ! À suivre.LENOUVEAU DESTIN DE HARLEQUIN Retour aux sources pour Harlequin, qui a fait sa fortune avec les romans à l'eau de rose.Torstar, propriétaire d'Harlequin Enterprises, annonce que la maison élargit ses activités à la non-fiction.On publiera des livres pratiques sur la santé, les régimes, la forme, la psycho-pop, des mémoires et des biographies.Rappelons qu'à ses débuts, en 1949, Harlequin publiait autant des livres de cuisine que des romans d'amour, avant de se concentrer dans ce dernier créneau dans les années 60.Harlequin sort mensuellement 120 titres, traduits en 26 langues dans le monde.LE RETOURDESBOUQUINISTES Bonne nouvelle: les Montréalais pourront de nouveau bouquiner sous le soleil au Vieux- Port, puisque les Bouquinistes du Saint- Laurent seront de retour pour une 16e année, du 20 juin au 15 juillet.Sous les chapiteaux, des livres, bien sûr, mais aussi des spectacles, des animations, des dégustations, et un weekend de festivités pour la Saint-Jean-Baptiste.En attendant la programmation complète, on peut visite le www.lesbouquinistes.org.ÉVÉNEMENT PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE PHOTO ROBERT NADON, LAPRESSE© DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Je débarque, cette fois, dans un Paris tanguant sous une pluie diluvienne.Qu'est-ce qui m'a empêché de noter le nom et l'adresse de l'hôtel?C'est dans le coin de Montparnasse.Alors ça doit être l'hôtel Montparnasse que je trouverai sur le boulevard Montparnasse, pas loin de la gare du même nom.J'y étais l'année dernière.Mais là on dirait une vraie tempête tropicale et, soudain, Paris ressemble à une toile de Pissarro.Essayez d'avoir un taxi sous la pluie dans cette ville.J'entre dans le premier hôtel.Le concierge, aimable, tente de m'aider, mais le problème, c'est qu'il y a au moins quatre hôtels Montparnasse dans le coin, dont un juste à côté.J'y vais.Naturellement, ce n'est pas le bon.Toujours ce vent furieux qui fait voleter les parapluies.Les voitures glissant dans un chuintement.Je finis par laisser de côté la logique pour suivre mon instinct.Des repères visuels.Voilà la gare Montparnasse, droit devant moi.De là, je prends la première rue à droite - rue du Maine.Je reconnais la porte vitrée et le petit salon.Si pour certains il faut des noms et des numéros pour se retrouver dans ces villes-monde, pour d'autres qui cherchent leur chemin dans la forêt de la mémoire, cela prend des couleurs, des odeurs et des sons.L'hôtel semble vide.Les écrivains, déjà dans leur chambre.Peut-être à regarder, à la télé, cet excellent documentaire sur Malraux.J'avais oublié ce Malraux tout déglingué vers la fin à force de cigarettes, d'alcool et de drogues - tout cela pour pouvoir avaler sans gémir ce cocktail de douleurs et de malheurs que fut sa vie.J'éteins la télé au moment où on lui annonce que ses deux fils viennent de mourir dans cet accident de voiture (sa première femme périt dans un accident de train).Et dans le noir, je pense encore à ce Malraux si cher à Georges Henein - « Quel est cet homme, étrange entre tous, dont le visage tient à la fois du rictus et de l'extase?» se demande l'écrivain égyptien.On n'a pas fini avec Malraux, et d'ailleurs comment pourrait-on avoir fini avec quelqu'un qui martèle, avec des yeux fous, que « la seule chose qui importe, c'est qu'il soit donné aux hommes de vivre un jour, une heure, un instant selon leur coeur ».J'éteins, finalement, la dernière ampoule : mon esprit.Le train Rendez-vous tôt le lendemain à la gare Montparnasse.Un train presque entier est réservé à des écrivains venant du monde entier.Chaque année, Saint-Malo convie tous ceux qui scribouillent à une fête de la littérature et des huîtres.Du Québec, je vois passer quelques fortes têtes: Michel Tremblay qu'on voit rarement dans les festivals, Jacques Godbout, François Barcelo et son humour narquois, Wajdi Mouawad, Neil Bissoondath et le jeune Nicolas Dickner, dont le premier roman (Nikolski, Éd.Nota Bene, 2005) a tant charmé Godbout.D'Haïti : Gary Victor et Lionel Trouillot, deux veilleurs de nuit qui refusent de quitter ce pays en pleine dérive depuis un demi-siècle (Duvalier est arrivé au pouvoir en 1957).De Cuba : Leonardo Padura avec ses yeux las d'inspecteur havanais à qui il manque son cigare.On croise au bar du train le Djiboutien Abdourahman Waberi et le Congolais Alain Mabanckou en train de conspirer contre le système littéraire.De Madagascar, voici Jean-Luc Raharimanana et ses histoires violentes qui se déroulent dans l'univers de la télé.La Saïgonnaise Anna Moï, qui vit aujourd'hui à Hô Chi Minh-Ville, et dont le visage limpide contraste avec le fracas de la guerre qui rejoue constamment dans sa tête.Le jeune Munichois Daniel Kehlmann, lecteur de Borges et de Nabokov, qui s'apprête à renouveler la littérature allemande, qui n'a pas vu pareil talent depuis un bon moment.Nancy Huston avec cette casquette qui lui fait ressembler de plus en plus à un jeune marin d'Odessa.Et les nouveaux écrivains anglais, dont la plupart ne sont pas nés en Angleterre.D'ailleurs, Alex Wheatle, l'un des chefs de file de ce mouvement qui entend dynamiter la grammaire anglaise (il est DJ d'un sound system londonien), est issu d'une famille jamaïcaine, mais vit à Brixton, l'un des quartiers les plus explosifs de Londres.L'autre voyou, Roberts Gregory David, vient, lui, de Melbourne où il a été condamné à 17 ans de prison, avant de s'évader pour filer à Bombay.On se demande en France comment l'Empire britannique s'y est pris pour que ces écrivains qui viennent de partout se sentent si bien à Londres qu'ils ont fini par changer la musique de la langue anglaise (un nouveau tempo).C'est qu'au lieu de se défendre, l'Angleterre s'est ouverte à eux - ce qui ne veut nullement dire que ce pays n'a pas de problèmes sociaux.La francophonie Bien sûr, il y a les livres, et le public si enthousiaste de Saint-Malo qui impressionne, à chaque fois, ces écrivains habitués à des salles clairsemées.À neuf heures du matin, en pleine tempête, la foule est là.Et les gens prennent des notes.Et après les débats, ils se précipitent sous les tentes pour rencontrer leurs écrivains favoris.Mais, cette fois-ci, on y était aussi pour discuter d'un point fort : la francophonie versus le monde.C'est qu'il y a deux mois, une bombe est tombée au milieu du jardin français.Un groupe d'écrivains, venant d'un peu partout sur la planète française, ont affirmé que la francophonie a fait son temps.La francophonie, cette idée généreuse qui entend rassembler tous les pays de langue française afin d'empêcher que l'Amérique fasse de la terre une planète unilingue.C'est aussi une sorte de solidarité entre ces peuples qui partagent une histoire commune, parfois sanglante, celle de la colonisation - sans oublier la Suisse, la Belgique et le Québec, et d'autres pays qui ont adhéré sans que le français soit leur langue officielle.Mais depuis un certain temps, ça grogne dans les rangs.Les écrivains francophones, surtout d'Afrique et des Caraïbes, ont l'impression d'être « utilisés », de servir de chair à canon dans une guerre qui se révèle beaucoup plus économique que culturelle.De plus, on s'étonne que les écrivains franco-français soient si rarement présents dans ce combat de la francophonie qui vise pourtant à montrer que la langue française est porteuse d'humanisme.On ne les voit jamais sur le front.Toujours planqués, à l'arrière, à tricoter des histoires au plus près de leur corps, tandis que les écrivains francophones continuent à parcourir le monde à leur place.Mais à force de raconter cette planète, ces derniers veulent maintenant l'habiter.Cela fait plus de 30 ans que ces écrivains francophones peinent à pénétrer le noyau dur de la France : Paris.Paris et ses puissantes institutions littéraires restent incroyablement sourdes à leurs plaintes.À part Le Clézio, rares sont les écrivains français importants dont le regard va au-delà de Saint- Germain-des-Prés.Pour la plupart d'entre eux, la francophonie n'est qu'une banlieue de l'esprit.Lemonde Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?Pourquoi ces écrivains du centre semblent s'intéresser brusquement au brouhaha qui vient de la périphérie?Parce que la périphérie vient d'avaler le centre avec un seul mot : monde.Ces écrivains de la francophonie, avec des complices de l'intérieur, ont fomenté une révolution.Ils ont sorti un manifeste réclamant la part du lion.Les écrivains de l'Hexagone peuvent bien garder la France car, eux, ils veulent le monde.Ces écrivains francophones viennent de remarquer que le monde est beaucoup plus vaste que la France.La colonisation est un cordon ombilical qui vous relie au maître.Et pour devenir un être humain normal, il faut d'abord rompre ce fil, et c'est d'autant plus difficile qu'il est invisible.Encore une fois, pourquoi même Sollers s'en mêle, lui qui n'a jamais pensé qu'on pouvait être à la fois Sénégalais et écrivain?D'abord parce que ce n'est pas une plainte, comme pour les fois précédentes, mais une contre-attaque.Les écrivains francophones ne demandent pas une part du gâteau français, ils visent un plus gros gâteau.On reste dans la symbolique ; pas encore dans l'argent.De plus, le manifeste (Pour une « littérature-monde ») est paru dans le plus influent quotidien de France : Le Monde.Et Gallimard publie un livre regroupant les textes des ténors de ce mouvement (Pour une littérature-monde sous la direction de Michel Le Bris et Jean Rouaud, 2007).Le Monde et Gallimard : on est enfin au coeur du centre.Pourquoi ?L'une des raisons, c'est que le mouvement est mené par quelques intellectuels français qui ont ouvert la porte de Troie pour que le cheval d'Ulysse puisse entrer.Voilà pourquoi on commence à Paris à entendre ces écrivains, malgré leur fort accent.Est-ce trop tard?Il faut reconnaître que cette connaissance du monde de ces écrivains qui viennent, pour la plupart, de pays en difficulté économique, n'a été possible que grâce au patient travail de ces gens de terrain (les attachés culturels et les représentants des institutions internationales francophones disséminés un peu partout dans le monde) qui ont porté, à bout de bras, le rêve de la francophonie.Ce sont eux qui ont permis à ces écrivains de quitter leur village, parfois leur prison, pour aller raconter leurs histoires aux lecteurs du monde.Pour une « littérature-monde » 3451111A BIOGRAPHIE La robe de chambre framboise d'Albert Cohen JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE Il fallait la faire, cette biographie d'Albert Cohen, parce qu'on lui a fait plusieurs réputations contradictoires - et il s'avère qu'il les mérite toutes ! Son biographe, Franck Médioni, nous raconte : « En 1977, au cours de l'émission spéciale d'Apostrophes que Bernard Pivot consacre à Albert Cohen, des milliers de téléspectateurs découvrent un vieil homme chauve de 82 ans à la fine moustache, habillé d'une robe de chambre framboise, un monocle dans une main, un chapelet d'ambre dans l'autre ; un merveilleux séducteur.C'est l'image médiatique d'Albert Cohen, souvent décrit comme un dandy solitaire et singulier qui, au soir de sa vie, vit retiré du monde, comme reclus dans son appartement genevois.Que sait-on de Cohen ?L'homme est discret et mystérieux.Il a toujours protégé son intimité.Chez Cohen, tout passe par l'écriture (.).Il faut le deviner entre les lignes.» Que non pas.Grâce à Médioni, nous ne serons plus intrigués par ce personnage, nous saurons tout, mais ce qui semble plus important, c'est que nous saurons tout sur son oeuvre.Je rappelle quelques titres : d'abord Solal, le roman de 1930 qui le rendit célèbre \u2014 Solal le juif aristocrate est-il Cohen luimême, ou bien Cohen voulait-il qu'il le fût ?Première énigme.Puis Mangeclous (1938), histoire d'un juif de Céphalonie qui fit rire et pleurer en même temps - Qui est-il ?S'il ressemblait dans sa crasse comique à Cohen lui-même toujours impeccable et parfumé ?Ensuite, Le Livre de ma mère (1954) le plus brûlant, et brillant, et splendide hommage d'un fils à sa mère - On verra le comment et le pourquoi de ce livre dans lequel l'auteur écrit « écrivons utile, et assez de romans ».Moyennant quoi il se présentera chez un éditeur, 14 ans après, en 1968, avec un roman, un monstrueux roman qui tient à peine dans une valise, un vrai roman intitulé Belle du Seigneur - chef-d'oeuvre inclassable comme tous les chefs-d'oeuvre - si long, si long, que l'éditeur demande de sérieuses coupes.On extrait du manuscrit un autre roman qui s'y était en quelque sorte glissé, fondu, et qui paraîtra sous le titre Les valeureux en 1969.De lui, on peut dire que c'est le roman le plus désopilant qui soit, racontant les aventures rabelaisiennes d'une bande de joyeux drilles, juifs orientaux, qui, si vous avez le bonheur de ne pas l'avoir lu, vous feront tordre du boyau, dilater de la rate et peut-être même faire pipi dans vos braies.Mais revenons à Cohen, et à une autre réputation, celle de séducteur - misogyne et séducteur, on verra comment c'est possible, sinon inévitable.L'homme qui ne pouvait, disait-il, ni être un père ni un mari, s'est entouré de femmes aimantes, attentives, esclaves de son oeuvre, copiant et recopiant ses manuscrits (des fleuves de 2000 feuillets, à reprendre chacun plusieurs fois).Laquelle fut la Belle du Seigneur ?Il faut lire ce petit livre pour comprendre l'un des plus grands romanciers du siècle, mort à l'âge de 86 ans, à Genève, vêtu de cette fameuse robe de chambre framboise.HHHH ALBERT COHEN Franck Médioni Folio, Paris, 326 pages avec un cahier photo CÉLÉBRITÉS.SUZANNE BÉLANGER NOBILE Infirmière au CH Ste-Justine Présidente syndicale du SPSIC Félicitations pour ta retraite si bien méritée Tu y laisses une grande partie de ton coeur Tu vas beaucoup nous manquer Amis et collègues CLAIRE CHOUINARD Bon anniversaire de naissance Maman! Maman Claire fête son 90e anniversaire de naissance le 8 juin De tes enfants, Jean-Daniel, Alain, Martin et Mario et de tes petits-enfants Xavier, Samuel, Jean-Philippe, Josiane.CARMEN DESCÔTES ET ANDRÉ ST-DENIS Anciennement pressier au journal La Presse.Félicitations pour votre 50e anniversaire de mariage.Le couple en or profite pleinement de sa retraite, il partage le peu de temps libre en siégeant sur le conseil de l'Âge d'or de la paroisse St-Norbert à Laval.Votre fils, votre famille et vos ami(e)s.GEORGETTE LEMIEUX ET ALPHONSE LEPAGE Félicitations pour vos 50 ans de mariage! Vous êtes formidables! Le 23 juin prochain, nous aurons l'occasion de souligner cet événement avec vous! De vos enfants : Luc, Michel, Suzanne, Monique et leur conjoint, vos 10 petits-enfants et votre arrière-petit-fils qui vous aiment tant.VOUS AVEZ UN ÉVÉNEMENT À CÉLÉBRER ?tous les dimanches dans La Presse Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 celebrites@lapresse.ca LILIANNE ET ANTHONY CARRA 60 années d'amour, de générosité et d'aventures.Félicitations, vous êtes formidables! Avec toute notre affection, vos enfants, petits-enfants et arrière-petite-fille JOSÉE CORNEAU Félicitations pour ton diplôme d'infirmière Voici enfin le résultat de trois ans de travail Nous étions déjà comblé d'avoir une fille comme toi, alors imagine la fierté que tu nous apporte.Tes parents qui t'adore ALEXANDRE «LE GRAND» LALANDE Félicitations pour la fin d'une étape importante.Bravo et succès au Cegep Ahuntsic.Nous sommes fiers de toi.Love you! Denise, Pépé et Paule celeb_030607 ARGENTINE FRÉCHETTE DESROCHES LACOMBE Fête son 100e anniversaire le 3 juin Pour souligner cet événement, sa famille lui rend hommage et reconnaissance pour le travail qu'elle a accompli, son amour, son courage et sa joie de vivre.Avec amour, félicitations de nous tous.LECTURES Roman 232 pages · 22,95 $ Paillard, rabelaisien, échevelé, La Mère morte est une irrésistible satire de la vie universitaire.Le lecteur y trouvera la preuve irréfutable que les plaisirs de la chair sont la panacée contre les maux de l'esprit.Robert Gagnon La Mère morte 3483028A PHOTO MARIE-REINE MATTERA « Le nouveau roman de Louise Portal prend au coeur, montrant le retour de la passion quand on croit tout fini.» Le Journal de Québec 3486220A Pour des élans plus constants et des coups plus solides en vente dès maintenant 2995$ + taxes Profitez des conseils de deux professionnels de grande réputation, Carlo Blanchard Olivier Edmond et son entraîneur LECTURES R C'est une notion importante pour moi, la veille.Dans «veille», il y a «veiller », il y a «vigilance ».C'est pour moi une sorte de nécessité.C'est le rôle que devrait jouer en particulier l'intellectuel, celui qui travaille avec sa tête, mais cela ne lui est pas réservé.Il me semble que c'est toute une attitude à développer chez un individu, par rapport à son temps, par rapport à la vie qu'il mène, par rapport à ce qui se passe dans le monde.C'est-à-dire quelqu'un qui cherche à développer sa conscience, à l'élargir, à la raffiner, qui essaie de maintenir dans le monde cette conscience.Pour moi, ça rejoint le symbolisme de la lumière, peutêtre dans un sens chrétien, où la lumière est là pour éclairer le monde.Avoir un certain sens de l'histoire, se poser des questions sur l'évolution de l'humanité, de la société, où est-ce qu'on va, quoi ! Se poser ces questions, c'est le rôle du veilleur.Pour essayer de sortir l'immense majorité des gens de la torpeur dans laquelle ils vivent.C'est l'attitude que chacun devrait développer pour soi-même, c'est-à-dire de ne pas se laisser emporter par tous les courants du temps, par toutes les modes, le matraquage publicitaire, les engouements politiques ou autres, qui consistent tout simplement à suivre ce qui se fait, à tomber dans tous les panneaux, à se faire duper de toutes les façons\u2026 La figure du veilleur est liée beaucoup pour moi à la figure de l'homme libre.Et je pense qu'il y a des livres qui nous aident à parvenir à cela.QVos héros littéraires ne sont pas tant des gens d'action que des gens qui ne cèdent pas.R Oui.Ça correspond aussi à toutes les nuances de mon idéal personnel.Des veilleurs, ce sont aussi des éveilleurs.J'ai essayé d'être ça un petit peu pour mes étudiants, d'allumer quelque chose, d'éveiller quelque chose, pas seulement de transmettre un savoir, mais de les amener à cette réflexion libre, vers leur liberté intérieure.Je leur disais : je vous explique des choses, mais vous n'êtes pas obligés d'accepter ça totalement, ce n'est pas un évangile que je transmets, ce n'est pas un dogme.Lorsque vous êtes en face d'un livre, vous n'êtes pas obligés de l'admirer parce qu'on vous a dit qu'il était admirable ! QFinal ement, LA question essentielle que vous posez à la littérature est : qu'est-ce que l'oeuvre me dit au plus profond de moi ?R Pour moi, c'est une priorité.Dans l 'enseignement, ça devrait être ça et dans la lecture aussi.Un livre devrait être l'occasion de développer ça chez nous.Une fois qu'on a lu un livre, qu'on a vu un film ou une pièce de théâtre, qu'est-ce qui reste?Est-ce que ça m'a aidé à m'ouvrir un peu intérieurement?Est-ce que ça m'a ouvert sur le monde, est-ce que ç'a m'a révélé quelque chose que je ne connaissais pas?C'est tout ça qu'on trouve dans la littérature.Mais nous avons une responsabilité: c'est aussi à nous d'aller chercher ça dans les oeuvres.Éloge du veilleur CHANTAL GUY CRITIQUE «Les livres que nous élisons, ou ceux qui nous choisissent, renvoient nos visages successifs, et notre visage essentiel, les signes de notre propre destin y paraissent inscrits avant que nous ne puissions les déchiffrer.» L'entreprise paraît impossible, mais Pierre Bourneuf l'a quand même tentée: rassembler en un livre tous les livres qui ont compté pour lui, ceux qui l'ont fait, finalement.Dans son panthéon, on retrouve Giono, Proust, Rilke, Jünger, Soljenitsyne, Gracq, Camus, Yourcenar, Rimbaud, Dostoïevski , Thomas Mann, Hesse, Zweig, Le Clézio, pour ne nommer que ceux-là.Peu d'écrivains québécois, il s'en confesse, mais ce n'est pas là un jugement de valeur, plutôt une honnête : l'homme né juste avant la guerre en Auvergne avant de s'installer définitivement au Québec dans les années 60 parle avant tout de ses lectures marquantes, de ses empreintes indélébiles, et le lecteur d'expérience conviendra que ce sont souvent celles de la jeunesse.Roland Bourneuf a construit son projet selon de grands axes; l'inévitable enchantement de l'enfant qui entre dans les livres, les événements extérieurs qui influencent nos penchants littéraires (la guerre, surtout), l'amour de la nature, les bouleversements de la maturité, de l'homme à la recherche de lui-même, son envie de partir, d'explorer le monde et finalement de se sonder lui-même; à chacune de ces étapes, des livres sont là, comme des phares dans la tempête, à moins que ce ne soient eux qui en provoquent, parfois.Des chapitres aussi sur le lecteur de romans, le lecteur d'essais ou de biographies; un, magnifique, sur la poésie qu'il a pourtant moins fréquentée; un autre très intéressant sur la création, à laquelle le grand lecteur est confronté, ne serait-ce que pour remettre de l'ordre dans ce qu'il a reçu.Enfin, une finale proche de la profession de foi, presque un testament: «Une des quelques certitudes que je puis avancer: je lirai aussi longtemps que j'en aurai la force.Mon parcours de lecteur s'achèvera en même temps que mon parcours d'homme.» Rien de didactique dans l'exercice, même si on y apprend beaucoup; rien de prétentieux même si l'on se sent parfois intimidé par une telle érudition; aucun égocentrisme même s'il s'agit d'un essai très personnel.Pierre Bourneuf est de ces intellectuels qui préfèrent nous parler d'égal à égal, sans complaisance, plutôt que de grossir la horde des pessimistes de notre époque.La lecture de Pierres de touche serait exigeante si elle n'était portée par une plume aussi belle et assurée, et par une vision aussi humaniste de la littérature.HHHH PIERRES DE TOUCHE Roland Bourneuf L'instant même, 395 pages L'invitation au voyage PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE © « La figure du veilleur est liée beaucoup pour moi à la figure de l'homme libre.Et je pense qu'il y a des livres qui nous aident à parvenir à cela », explique Roland Bourneuf.TEMPÉRATURE MAX MIN Hier Normales du jour Auj.l'an passé (Observé hier à 15h) RECORDS Plus haut maximum Plus bas minimum FACTEUR HUMIDEX Aujourd'hui INDICE UV Aujourd'hui PRÉCIPITATION Hier LE SOLEIL ET LA LUNE MÉTÉO www.meteomedia.com Les systèmes météorologiques sont prévus pour 14h00 cet après-midi.Montréal Toronto St-Jean LES SYSTÈMES MÉTÉOROLOGIQUES ©Météo Média 2007 Front chaud Front froid Occlusion Creux Anticyclone Dépression Neige Pluie Pluie verglaçante Orages MONTRÉAL ET LES ENVIRONS QUÉBEC AUJOURD'HUI Ciel variable.20/15.DEMAIN Nuageux avec faible pluie.18/11.OTTAWA AUJOURD'HUI Possibilité d'orages.26/16.DEMAIN Nuageux avec faible pluie.17/9.TORONTO AUJOURD'HUI Orages.25/16.DEMAIN Nuageux avec faible pluie.19/8.BAIE-COMEAU AUJOURD'HUI Ensoleillé.12/11.DEMAIN Pluie.12/11.AUJOURD'HUI MAXIMUM Maniwaki 22/16 Trois-Rivières 21/17 Rimouski 16/12 Thetford Mines 18/14 Sherbrooke 21/15 Burlington 26/14 PRÉVISIONS RÉGIONALES Val-d'Or 23/9 Saguenay La Tuque 21/14 21/15 Sainte-Agathe 20/14 MONTRÉAL 24/16 QUÉBEC 20/15 Plattsburgh 26/14 Gatineau 25/16 Ciel variable en matinée, quelques averses en après-midi.Vents légers.Probabilité de précipitations: 40 %.Facteur humidex 26.CETTE NUIT MINIMUM Plutôt nuageux avec averses dispersées cessant en soirée, nuageux au cours de la nuit.Vents du sud-est à 20km/h.Probabilité de précipitations: 80 %.Facteur humidex 21, en soiree.18/9 DEMAIN MAX / MIN Nuageux avec faible pluie.Probabilité de précipitations: 80 %.18/6 MARDI MAX / MIN Nuageux avec faible pluie.Probabilité de précipitations: 70 %.LE MONDE AU SOLEIL AUJOURD'HUI Acapulco Atlantic City Cape Cod Daytona B.Key West Kennebunkport Miami Niagara Falls Old Orchard Wild Wood Beijing Boston Bruxelles Lisbonne Londres Los Angeles Madrid Mexico Moscou New York Paris Port-au-Prince Rome Tokyo Washington Nuageux 27 25 Orages 21 15 Beau 22 13 Beau 26 17 Soleil 20 9 Variable 25 15 Beau 25 12 Soleil 26 10 Soleil 19 5 Averses 25 17 Beau 22 12 Averses 35 24 Pluie 17 15 Éclaircies 22 19 Averses 22 18 AUJOURD'HUI Orages 26 14 Soleil 14 8 Orages 26 15 Averses 19 12 Soleil 14 8 Variable 3 -2 Orages 27 16 Pluie 7 2 Averses 25 15 Variable 23 12 Beau 23 10 Soleil 24 12 Soleil 14 2 AUJOURD'HUI Beau 34 25 Pluie 22 17 Orages 21 15 Beau 30 21 Beau 28 25 Orages 21 11 Beau 29 22 Orages 26 17 Orages 15 11 Pluie 21 16 AU PAYS Calgary Charlottetown Edmonton Frédéricton Halifax Iqaluit Régina Saint-Jean Saskatoon Vancouver Whitehorse Winnipeg Yellowknife L'ALMANACH QUOTIDIEN POUR MONTRÉAL 31 en 1967 1 en 1986 8 juin 15 juin 22 juin 30 juin 5h08 20h37 Durée totale du jour: 15h29 Modéré 2.2 mm Halifax Whitehorse Yellowknife Churchill Winnipeg Boston New York Washington Atlanta Miami Chicago Houston Phoenix Denver San Francisco Los Angeles Detroit Ottawa Charlottetown Regina Saskatoon Calgary Edmonton Vancouver Victoria Portland Kansas Minneapolis Thunder Bay Nouvelle- Orléans Fredericton Tampa -10 -20 -30 -40 BOURNEUF suite de la page 5 JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE 12-15 ANS.TROP VIEUX POUR PASSER L'ÉTÉ COMPLET AU CAMP MAIS PEUR DE L'ENNUI ?POURQUOI NE PAS FAIRE UN COMPROMIS?DEUX JOURS PAR SEMAINE EN NATURE ET LE RESTE EN VILLE À FLÂNER, NE SERAIT-CE PAS L'IDÉAL?C'EST CE QUE PROPOSE LE JARDIN BOTANIQUE AVEC LES JARDINS JEUNES.POUR 15$, CHAQUE ADO HÉRITE DE SON PROPRE JARDIN DE 2 M SUR 4 À CULTIVER DEUX APRÈS-MIDI PAR SEMAINE.C'EST LE TEMPS DE SE DÉCOUVRIR UNE PASSION POUR LE JARDINAGE TOUT EN AYANT UN ÉTÉ URBAIN.PLANCHE À ROULETTES ET BETTERAVES COHABITENT TRÈS BIEN, VOUS SAVEZ! LE SAVIEZ-VOUS?Les Jardins jeunes existent depuis la création du Jardin Botanique, en 1938! À l'époque, s'inscrire coûtait 50 cents.Cossette Marcoux, qui a fondé les Jardins jeunes, visite encore les jardins! REMISE DES DIPLÔMES Les Jardins jeunes organisent à la fin de l'été une remise de diplômes.Chaque ado reçoit un diplôme à titre de jardinier.«C'est moins sérieux que la remise de diplôme du secondaire, mais une animatrice m'a déjà dit préférer la nôtre à celle de son école! On remplit l'auditorium avec ça!» dit en riant Violaine Simard, la responsable des Jardins jeunes.«On fait en même temps une rétrospective des anecdotes de l'été.Parfois il y a des étés de carottes.Des étés de pluie, de concombres, d'insectes.On fait des blagues avec ce qui s'est passé.» L'ÉTÉ EN ÉTAPES Avril c'est le temps des semis en serre.Certains légumes doivent être semés à l'intérieur car ils prennent beaucoup plus de temps à pousser (ce qu'on appelle la germination).Pas le temps d'attendre le printemps donc.C'est le cas des tomates.Mai La plantation dans le jardin commence.On sème les graines et on plante les jeunes plants.À cette étape de l'été, les jardins sont bruns.Il n'y a rien à voir.Mais les graines travaillent déjà sous la terre.Juin à août Arroser, arracher les mauvaises herbes, récolter.Épuisant mais réjouissant ! Septembre Ultimes récoltes.Alors?Qui a la plus grosse betterave?VOUS VOULEZ DES EN SAVOIR PLUS?514-872-0956 DES JARDINS BRANCHÉS Vous avez votre propre jardin dans la cour ou sur le balcon (ou sur le toit!) mais vous avez besoin de conseils?Les Jardins branchés, sur internet, vous permettent de poser des questions aux spécialistes du Jardin botanique et d'avoir des réponses personnalisées.Aussi, sur le site, plein de trucs et d'astuces de jardiniers.On m'a dit que des internautes du Sénégal et du Brésil en profitent pour y discuter.Pourquoi pas vous?www2.ville.montreal.qc.ca/jardin/jeunes/accueil.htm ALORS, COMMENT ÇA FONCTIONNE?Tout d'abord, le Jardin botanique connaît bien les ados.Pourquoi?Parce que les 12-15 ans ont l'horaire de rêve.Les lève-tard seront heureux: on commence à 13 h et on termine à 15h30.Mais il faut savoir que ces deux après-midi par semaine passés dans votre jardin demanderont beaucoup de travail: sarclage, éclaircissage, arrosage, binage, taillage.Lors de vos après-midi au jardin, vous avez donc accès à des spécialistes pour vous aider.PAR EXEMPLE, CETTE SEMAINE VOTRE JARDIN EST ENVAHI D'INSECTES NON IDENTIFIÉS QUI BOUFFENT VOTRE LAITUE?FAITES APPEL AU SPÉCIALISTE SUR PLACE! MÊME CHOSE POUR LES HORTICULTEURS.N'EST-CE PAS COOL?C'est aussi l'occasion de rencontrer vos voisins jardiniers (et peut-être d'adopter leurs trucs).Mais surtout, vous passerez l'été à cultiver des légumes et des fines herbes que vous rapportez à la maison! Quel plaisir de croquer dans une tomate qu'on a vue pousser ! CONSOLES ET LÉGUMES Après avoir jardiné au Jardin botanique pendant sept étés consécutifs, Simon est devenu aide animateur au Jardin tout en étudiant en électronique! Alors pas de clichés.On peut «tripper» jardin et être urbain ! SIMON, TE RAPPELLES-TU TON PREMIER JARDIN ICI ?En fait, c'est ma mère qui m'a inscrit.(Rires) Je n'avais aucune idée dans quoi je m'en allais.Au début, j'étais perdu.Je me rappelle qu'ils nous disaient de bien semer les carottes dans le bon sillon.Mais moi je mélangeais les graines de légumes.(Rires) Juste pour voir ce que ça allait donner.MAIS TU ES REVENU PLUSIEURS ÉTÉS DE SUITE?Oui parce que j'ai eu un coup de coeur.Au Jardin, tu es en pleine nature tout en étant en ville.C'est un contact avec la terre mais c'est surtout TON jardin.EST-CE QUE ÇA DEMANDE BEAUCOUP DE DISCIPLINE?Il y a un système qui s'appelle Les Honneurs.Quand tu as moins de trois mauvaises herbes dans ton jardin, tu as droit à une petite pancarte Honneur.C'est planté devant le jardin.Moi j'avais beaucoup de misère à avoir la pancarte.(Rires) Il y avait tout le temps des mauvaises herbes en dessous des feuilles de choux et des haricots.EST-CE QUE ÇA PREND DES QUALITÉS PRÉCISES POUR PARTICIPER À CE PROJET?Non.C'est juste agréable de voir comment ce que tu sèmes pousse ensuite.Tu ne peux pas te tromper, c'est sûr que ça va pousser.Mais bon, il peut y avoir des insectes, des oiseaux qui viennent picorer tes légumes.Et dans ces cas-là, on est super bien encadrés pour trouver des solutions.POURQUOI AS-TU CHOIS I DE DEVENIR ANIMATEUR À TON TOUR?J'ai toujours aimé être au Jardin.J'aimais l'équipe.Je tenais à rester ici à participer d'une autre façon.J'ai alors compris ce qu'est l'autorité.Ça me fait drôle de voir que je suis devenu l'animateur.MAIS TU ÉTUDIES EN ÉLECTRONIQUE?Oui.Je souhaite avoir mon propre studio de son.Je suis la preuve vivante que les deux passions peuvent exister dans la même personne.Ma chambre n'est pas bourrée de plantes mais bien d'amplificateurs et de consoles.(Rires) C'EST ÉTONNANT! Mais c'est ce qui est bien d'ici.On peut être très urbain, très e-mail et ordinateurs.Et aimer avoir les mains dans la terre de temps en temps.C'est l'avantage du Jardin botanique.C'est le compromis idéal.PIERCING Vousavezaiménotre spécial piercing?Vousaimerezsans doutelenouveauromanpour ado Piercings sanglants de Sylvain Meunier aux Éditions La Courte Échelle, collection ADO. LES SORTIES DE LA SEMAINE PALMARÈS LOCATION 1> MARIO PARTY 7 2> TMNT 3> SHREK SMASH N» CRASH RACING 4> LEGO STAR WARS II : THE ORIGINAL TRILOGY 5> THE SIMS 2: PETS 1> NEED FOR SPEED: CARBON 2> MARVEL: ULTIMATE ALLIANCE 3> SCARFACE: THE WORLD IS YOURS 4> MAJORLEAGUEBASEBALL2K7 5> NHL 07 1> PIRATES OF THE CARIBBEAN: AT WORLD'S END 2> SPIDER-MAN 3: THE GAME 3> SHREK THE THIRD 4> GOD OF WAR II 5> MEDAL OF HONOR: VANGUARD GAMECUBE XBOX PS2 1> PIRATES OF THE CARIBBEAN: AT WORLD'S END 2> SPIDER-MAN 3: THE GAME 3> F.E.A.R.4> MLB 07 5> OBLIVION PS3 1> PIRATES OF THE CARIBBEAN: AT WORLD'S END 2> SPIDER-MAN 3: THE GAME 3> COMMAND AND CONQUER 3: TIBERIUM WARS 4> CRACKDOWN 5> SHREK THE THIRD XBOX 360 1> PIRATES OF THE CARIBBEAN: AT WORLD'S END 2> SUPER MARIO PAPER 3> SPIDER-MAN 3: THE GAME 4> SHREK THE THIRD 5> WARIO WARE: SMOOTH MOVES WII Source : Blockbuster TECHNAUTE JEUX VIDÉO ODIN SPHERE Odin Sphere FÉLIX LOCAS COLLABORATION SPÉCIALE Fruit de l'esprit créatif japonais, Odin Sphere apporte un vent de fraîcheur à la liste de nouveautés pour PS2, qui tend à s'appauvrir depuis l'arrivée de la puissante PS3.Il s'agit d'un jeu d'action et d'aventure en défilement horizontal 2D aux fonctionnalités riches, originales et engageantes.Le joueur entreprend l'épopée d'Odin Sphere aux commandes d'une courageuse héroïnevalkyriequi n'hésite pasàmettre sa vie en danger pour sauver l'honneur de son père, le roi, et de son royaume.La combattante est alors appelée à croiser le fer avec des hordes de créatures féroces, aux desseins obscurs.Les frontières entre le bien et le mal sont floues et l'intrigue du jeu est bien ficelée.D'autres personnages jouables peuvent éventuellement être débloqués (cinq héros sont proposés au total).Le participant est alors en mesure de poursuivre les aventures d'Odin Sphere selon une toute nouvelle perspective narrative.Les différents personnages se contrôlent de la même façon, mais possèdent tout de même quelques habiletés qui leur sont propres.Une fonctionnalité qui augmente de beaucoup la durée de vie du jeu.Au niveau visuel, Odin Sphere étonne par le cachet et la beauté de ses graphismes.Les concepteurs du jeu ont exploité un style BD un brin manga, extrêmement coloré et vivant, que l'on pourrait situer quelque part entre le dessin animé Le Roi et l'oiseau et l'univers caricatural des Looney Toons.L'action se déroule dans de très petits tableaux, infestés de créatures hostiles.Les scènes sont brèves et expéditives.Elles peuvent généralement être complétées en quelques dizaines de secondes tout au plus, à moins d'affronter un ennemi principal (un «boss»).Malheureusement, en passant d'un tableau à l'autre, une période de chargement est imposée au joueur, ce qui morcelle terriblement l'expérience de jeu.Les attaques des personnages sont simples et peuvent être exécutées en martelant plus ou moins le bouton « carré» de la manette de la PS2.Toutefois, les concepteurs d'Odin Sphere ont eu la brillante idée d'instaurer une jauge de fatigue, qui oblige le joueur à garder ses distances, à calculer ses attaques et à faire preuve de beaucoup plus de vigilance.Par ailleurs, lors des combats, il arrive trop souvent que le joueur perde momentanément le contrôle de son personnage.L'enchaînement des attaques n'est pas toujours fluide et les ennemis ont la fâcheuse tendance d'assommer, congeler, repousser ou paralyser le héros.Ses mouvements sont souvent interrompus, ce qui n'enrichit en rien l'expérience de jeu.Pour être en mesure de dominer ses adversaires, de monter de niveau et de gagner en puissance, le joueur doit sans cesse utiliser des sortilèges et des objets magiques de toutes sortes.Il peut notamment planter des graines pour faire pousser des plantes aux pouvoirs variés, utiliser des potions offensives et défensives et avaler de la précieuse nourriture.Une panoplie d'éléements peuvent d'ailleurs être combinés entre eux pour obtenir différents effets.Ces ressources sont essentielles à l'évolution du personnage, et le joueur a tout intérêt, dès le début du jeu, à faire des expériences pour en comprendre les nombreux mécanismes.Par exemple, un bulbe peut être transformé en potion, générant ainsi des cristaux capables d'alimenter une plante, sur laquelle pousse un fruit qui, une fois mangé, donne une graine, de laquelle peut naître une nouvelle plante, et ainsi de suite.Odin Sphere est un jeu plutôt difficile, sans toutefois être insurmontable.Il saura captiver les innombrables irréductibles de la Playstation 2.CALL OF JUAREZ XBOX 360 SURF'S UP WII, DS, GBA, PS2, PS3, PSP, PC, XBOX 360, GC SHREK THE THIRD PSP, PC TOMB RAIDER ANNIVERSARY PC, PS2 THE SIMS 2 H&MFASHION STUFF PC Source : EBgames Surf's Up Concepteur : Vanillaware Éditeur : Atlus Software Plateforme: Playstation 2 Cote: T (adolescent) Prix: 49,99$ Graphismes remarquables, expérience de jeu engageante.Fréquentes pér iodes de chargement, combats parfois frustrants.VOUS AVEZ AIMÉ?VOUS AIMEREZ AUSSI : > OKAMI > GOD OF WAR II > DEVIL MAY CRY 3 ODIN SPHERE hhhh CRITIQUE MINUTE POLYGONES EN BREF FÉLIX LOCAS COLLABORATION SPÉCIALE Les concepteurs du jeu ont exploité un style BD un brin manga, extrêmement coloré et vivant.CYBERGLADIATEURS, À VOS ARMES! Shadowrun est la première initiative de Microsoft visant à réunir les joueurs de Xbox 360 et de PC au sein d'un même univers virtuel.Le jeu de tir à la première personne permet jusqu'à 16 participants de coopérer et de s'affronter, peu importe laquelle des deux plateformes ils utilisent.Les utilisateurs de PC doivent cependant posséder le système d'exploitation Windows Vista pour pouvoir installer Shadowrun et y jouer: une bien triste limitation.Le jeu est basé sur un univers «cyber-punk» ou se côtoient sorcellerie et technologie futuriste.La grande force de Shadowrun est de permettre aux participants de choisir, au cours d'une session de jeu, parmi de nombreux pouvoirs spécialisés, tout à fait sympathiques.Un joueur peut, par exemple, apprendre à se téléporter, à soigner ses alliés, à invoquer de puissantes créatures ou à repousser ses ennemis.Des fonctionnalités qui donnent énormément de profondeur à l'expérience multijoueurs de Shadowrun.Il est clair que la communauté de joueurs apprendra rapidement à maîtriser ces pouvoirs et à élaborer, à partir de ceuxci, d'ingénieuses manoeuvres stratégiques.UN AVENIR PROMETTEUR POUR LES JEUX EN LIGNE Les revenus générés par le marché du jeu en ligne grimperont en flèche au cours des quatre prochaines années.C'est ce qui ressort d'une étude de 750 pages réalisée par DFC Intelligence, une firme spécialisée en statistiques de jeux vidéo.Selon les résultats de l'étude, les jeux en ligne pourraient être en mesure de rapporter quelque 13 milliards US à l'industrie en 2011, soit plus du triple de ce qu'ils ont généré en 2005 (environ 3,4 milliards US).Une croissance qui s'explique notamment par la multiplication des foyers ayant accès à l'internet haute vitesse, l'émergence de services en ligne offerts sur les consoles de salon et la distribution de produits et de jeux par voies numériques.DFC Intelligence estime qu'en 2012, 50% des revenus générés par les jeux en ligne proviendront de l'Asie de l'Est, 25% de l'Amérique du Nord et 18%d'Europe.RAYEZ STARCRAFT II DE VOTRE LISTE DE NOËL Il fallait s'y attendre.Les rumeurs voulant que Starcraft II soit lancé d'ici Noël sont fausses : le jeu ne sera pas disponible avant l'an prochain.Une nouvelle qui ne surprendra pas les joueurs ayant attendu, il y a quelques années, la sortie de Diablo II ou de Warcraft III.Le concepteur Blizzard Entertainment est en effet reconnu pour prendre tout le temps dont il a besoin pour peaufiner ses jeux, n'hésitant jamais à repousser ses dates de sortie et à prolonger ses périodes de tests bêta.« Starcraft II n'est assurément pas pour cette année », s'est contenté de lancer Rob Pard, de Blizzard, lors d'une entrevue accordée jeudi à MSNBC.com.Une affirmation qui, admettons-le, laisse au concepteur californien une confortable marge de manoeuvre.Shadowrun PHOTO FOURNIE PAR DAVE ST-PIERRE Dave St-Pierre ANNE RICHER Il a obtenu le Mouson Award 2005 à Francfort pour La pornographie des âmes ; s'est retrouvé avec ses danseurs sur les circuits de danse contemporaine d'Europe; a obtenu des collaborations avec le Cirque du Soleil; entreprend maintenant une tournée pour La pornographie des âmes et Un peu de tendresse bordel de merde! Danse-t-il ?Joue-t-il ?Conçoit-il ?Performe-t-il ?« Je suis un bâtard », résume-t-il.À ce perturbateur discipliné qui ose se jeter nu dans la fournaise des émotions, La Presse et Radio-Canada accordent le titre de Personnalité de la semaine.Multidisciplinaire Comment explique-t-il l'audace de ses spectacles ?«Il faut être alerte, ouvert.Je me pose des questions.Chaque personne rend des hommages à sa façon.Je pense aux victimes innocentes.C'est le rôle d'un artiste de rendre les catastrophes et les drames humains plus acceptables.Les humoristes le font en abordant souvent des sujets tabous.L'art transcende le drame.» Du plus loin qu'il se souvienne, il voulait danser, être acteur, monter des spectacles, offrir paroles et corps à son public.Il a commencé avec des cours de claquettes, qui ont battu pendant cinq ans le tempo de son bouillonnement intérieur.Fred Astaire, qui avait des ailes aux pieds, l'a inspiré.Plus tard, ce fut la chorégraphe Louise Lecavalier, une véritable icône à ses yeux.«On n'est pas désincarné.Avec le corps, souvent plus éloquent que la parole, on parle à ses semblables, des êtres de sang et de chair.On leur fait un cadeau.» Son humanité à travers son art rejoint celle des autres.C'est pour cette raison qu'il se veut accessible, refuse le vase clos, le mythe de l'artiste insaisissable.Et puis il y a la fibrose kystique.Avec cette dame de compagnie depuis sa naissance, il est plus sensible à la douleur des autres; car au lieu de se refermer comme une huître, d'abandonner sa vie dans les mains de son destin, il a choisi de se donner à fond.Ce qu'il offre aux regards des autres, c'est le courage.«Je suis un petit nerveux, moi, vous savez.Je ne me bats pas, je vis avec ça.Advienne que pourra.Je ne me limite pas.Les voyages, les projets.J'aime mieux mourir jeune et n'avoir aucun regret.» Il a 33 ans et beaucoup d'amis qui le suivent depuis longtemps.«Je suis pareil aux autres, ni plus ni moins.La seule différence, c'est que j'ai été placé devant la mort plus rapidement, parce que le corps dépérit et se rappelle à notre bon souvenir.» Hyperactif Ce grand solitaire, comme il se décrit lui-même, ne craint pas d'être seul.Il débranche le téléphone et prend du recul, fait le point sur un spectacle, par exemple, ou sur une expérience de vie.«Je ne me sens jamais vide.» Lorsqu'il réapparaît , son énergie déborde sur sa troupe, ses danseurs, qui sont plus que des compagnons de travail et de création, mais de vrais amis, une famille «choisie ».Souvent, en cours de création d'un spectacle, c'est huit heures par jour de travail, d'entraînement.«Je suis excessif, j'en conviens.Je dis souvent : qui m'aime me suive.Il faut ouvrir des voies, prendre le train, surtout ne pas le rater.» Il se rappelle son enfance.Il est né à Lafontaine, a grandi à Sainte-Sophie.Il est l'aîné de trois enfants, le père est ouvrier de la construction, la mère est couturière.«J'étais le seul garçon partout où j'allais suivre des cours de danse.Bien sûr, j'ai subi toutes les railleries, mais j'aimais tellement ça.Mes parents ont été mes complices silencieux mais efficaces.Mon père voyait mon bonheur.» La «grosse tête de cochon» s'accroche à son rêve.Il danse, il danse.Il en apprend toujours.En cherchant ici, en trouvant ailleurs.À l'adolescence, évidemment, ce qui compte au secondaire ou au cégep est de pouvoir danser et monter des spectacles.À 19 ans, déjà, les dés étaient jetés.Son travail d'artiste déboucherait sur un langage nouveau; il y aurait dans tous ses spectacles à la fois de la vérité, de la lucidité et de l'espoir.Sa mission est toujours et encore de faire parler les corps.Mais, bien au-delà, il cherche avant tout à rendre les autres heureux, particulièrement ceux qui travaillent avec lui.Ses monstres, comme il les appelle tendrement.De temps en temps, il va à l'hôpital faire le point sur sa dame de compagnie.Il la tient à distance respectueuse tout en connaissant ses intentions.Mais le yoga, la force mentale, l'amour qu'il reçoit en retour de celui qu'il donne, sont des pieds de nez à sa destinée.C'est le rôle d'un artiste de rendre les catastrophes et les drames humains plus acceptables.Les humoristes le font en abordant souvent des sujets tabous.L'art transcende le drame.LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE SUR LES ONDES DE RADIO-CANADA ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT Il parle de tsunami, il en est un lui-même.S'il rappelle le 11 septembre, c'est que tout explose en lui.Et s'il demande Un peu de tendresse bordel de merde!, le public en donne et en redemande.C'est le cas avec cette production qui a été présentée dans le cadre du Festival Trans Amériques (FTA), jusqu'au 29 mai dernier.Dave St-Pierre est atteint d'une sorte de délire de créativité qui le mène à brûler les planches ici comme ailleurs.AUJOURD´HUI Avec Louis Lemieux VENDREDI, SAMEDI ET DIMANCHE DÈS 6h ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ: 9h40 DEMAIN MATIN C'EST BIEN MEILLEUR LE MATIN Avec René Homier-Roy DU LUNDI AU VENDREDI 5h À 9h ENTREVUE AVEC LA PERSONNALITÉ: 6h40 A RADIO-CANADA RETROUVEZ LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE LA PRESSE/RADIO-CANADA www.radio-canada.ca 3469402A "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.