La presse, 12 avril 2008, C. Arts et spectacles
[" museumsnature.ca 514 872-1400 Un rendez-vous tropical parmi des milliers de papillons exotiques! En vedette cette année : les papillons africains Papillons en liberté 21 février au 27 avril Grande serre du Jardin botanique Mardi au dimanche, de 9 h à 17 h Le Temps des sucres au Jardin\u2026 une expérience délicieuse en pleine ville ! Les fins de semaine du 15 mars au 13 avril 3549914A ARTS ET SPECTACLES www.cyberpresse.ca/arts THÉÂTRE GOLDONI, È LA VITA! PAGES 10 ET 11 CAMILLE MUSIQUE À BOUCHES PAGE 5 SYLVIE DRAPEAU Billy Joel n\u2019écrit plus de chansons pop depuis 15 ans, mais il chantera ses innombrables succès au Centre Bell le 23 avril.Il se défend bien de faire de la politique, mais il vient de pondre la chanson la plus mordante sur la guerre en Irak.De nombreux jeunes chanteurs-pianistes rêvent de devenir «le nouveau Billy Joel».Pourtant, le principal intéressé se considère tout au plus comme un artiste compétent dans un monde d\u2019incompétents.Le Piano Man s\u2019explique dans une rare interview, à La Presse.Àlire enpages2et 3.MON T R É A L S A M E D I 12 AV R IL 2 0 0 8 ARTS ET SPECTACLES ALEXANDRE VIGNEAULT HAUT-PARLEURS Le jour où l\u2019on parlera d\u2019une «première montréalaise » en direct de Brossard ou Laval n\u2019est pas loin, écrivais- je il y a deux semaines.C\u2019est chose faite.Le Tout-Montréal médiatique s \u2019est déplacé à Brossard, mercredi, pour entendre Charlebois refaire ses classiques et jeter un oeil à L\u2019Étoile du DIX30, salle de spectacles qui incarne le cauchemar des promoteurs de ce Quartier des spectacles qu\u2019on attend toujours au centre-ville de Montréal.Passons sur le débat urbanistique suscité par l\u2019implantation d\u2019un village commercial au carrefour des autoroutes 10 et 30.L\u2019enjeu, pour le monde du spectacle, c\u2019est le pouvoir d\u2019attraction grandissant des salles situées en périphérie de Montréal.L\u2019Étoile, la dernière à voir le jour, possède toutes les qualités des meilleures salles de banlieue.Et tous les atouts d\u2019une bonne salle tout court.Ce n\u2019est pas par son décor que L\u2019Étoile se distingue.Il est moderne et élégant sans faire très chic.Il est difficile d\u2019évaluer la sonorité d\u2019une salle devant un groupe aussi imposant que le Mur du son orchestra de Charlebois, mais il n\u2019y a pas de raison qu\u2019elle soit moins performante que le Métropolis sur ce plan.Ses plus grands atouts, outre le fait qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une salle polyvalente dernier cri, se trouvent à l\u2019extérieur.L\u2019Étoile se trouve au coeur d\u2019un quartier conçu pour l\u2019automobile.Pas l\u2019ombre d\u2019un problème de stationnement en vue.Son hall est vaste à défaut d\u2019être chaleureux.Aucun risque d\u2019y faire la queue sous une pluie froide de novembre.La salle du quartier DIX30 se trouve à proximité d\u2019une foule de restaurants.Des atouts dont aimerait disposer n\u2019importe quel urbain amateur de musique qui en a marre de se les geler rue Sainte- Catherine après avoir avalé deux hot-dogs et un Coke.L\u2019enj eu , c \u2019est le confor t .L\u2019Étoile ne s\u2019adresse pas aux fans de M.I.A.qui vont prendre une bière aux Foufs après le show.Son public cible semble plutôt être une clientèle motorisée, qui apprécie la musique populaire et l\u2019humour.Daniel Bélanger va certainement se produire à L\u2019Étoile.Malajube, c\u2019est moins sûr.Mais puisqu\u2019un spectacle d\u2019Omnikrom est à l\u2019horaire, on peut s\u2019attendre à tout.Les promoteurs du Quartier des spectacles veulent faire du centreville de Montréal une destination culturelle en regroupant salles de spectacles et galeries d\u2019art.Le DIX30, avec L\u2019Étoile, un complexe multisalle et l\u2019ouverture prochaine du Radio Lounge (« le club le plus moderne au Canada», selon son site internet), s\u2019impose déjà comme une destination divertissement auprès d\u2019une clientèle que certains voudraient voir revenir en ville.Et ce n\u2019est pas tout: le Théâtre Telus, jouxté d\u2019une discothèque, ouvre ses portes mardi, rue Berri.Ça va jouer du coude dans le monde du spectacle.Plaisirs coupables (bis) Jesus&Mary Chain est un faux plaisir coupable aux yeux de mon collègue et ami Marc Cassivi.L\u2019affirmer, si j\u2019ai bien compris la leçon qu\u2019il m\u2019a servie dans une chronique cette semaine, serait comme dire qu\u2019on a honte d\u2019être fan de Michael Haneke dans un cercle de cinéphiles.Il se peut que j\u2019aie confondu amour aveugle et plaisir coupable.Corrigeons le tir.Marc admet aimer des chansons de Styx et être un inconditionnel de CHOM-FM.Y\u2019a rien là.Du temps où j\u2019étais caissier dans un dépanneur, j\u2019étais forcé d\u2019écouter P.S.Tendresse à Rock Détente.Ça marque.Encore aujourd\u2019hui, je me prends pour un membre du Big Bazar quand j\u2019entends Chante de Michel Fugain.Dans l\u2019anonymat de ma voiture, il m\u2019arrive de prendre ma voix sexy pour accompagner Sardou dans Laisse-toi prendre ou imiter Willie Nelson et Julio Iglesias dans leur mielleux duo To All the Girls I\u2019ve Loved Before.Croyant me mettre dans l\u2019embarras, Marc, que je connais depuis 15 ans, a révélé que j\u2019aimais beaucoup danser sur Go West des Pet Shop Boys dans les fêtes d\u2019appartement.Erreur stratégique.Devinez qui se trémoussait dans le salon à mes côtés?COURRIEL Pour joindre notre chroniqueur : avigneau@lapresse.ca Destination banlieue ENTREVUE BILLY JOEL lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L\u2019Étoile se trouve à proximité d\u2019une foule de restaurants.Des atouts dont aimerait disposer n\u2019importe quel urbain amateur de musique qui en a marre de se les geler rue Sainte-Catherine après avoir avalé deux hot-dogs et un Coke.La dernière fois qu\u2019on l\u2019a vu, Billy Joel chantait au même programme qu\u2019Elton John, le 3 mai 2001 au Centre Molson.Le public était surtout venu entendre l\u2019Anglais, mais le Piano Man de Long Island lui a volé la vedette en enfilant une douzaine de ses innombrables succès avec la fougue qu\u2019on lui connaît.Conversation avec un vrai pro pas très porté sur l\u2019autocongratulation.ALAINDE REPENTIGNY Le 23 avril, Billy Joel donnera au Centre Bell son premier concert à lui tout seul à Montréal en presque 18 ans.Le Piano Man a cessé d\u2019écrire des chansons pop en 1993 \u2013 il a lancé depuis des compilations, des albums en spectacle et un disque de musique classique, Fantasies and Delusions \u2013 mais il n\u2019a pas pour autant cessé de chanter ses succès devant des foules conquises.En 2006, il a donné 12 concerts à guichets fermés au Madison Square Garden de New York, éclipsant le record de Bruce Springsteen.Et en juillet prochain, il sera le tout dernier artiste à se produire au stade Shea, deux soirs plutôt qu\u2019un.Des chansons pop, l\u2019artiste de 58 ans en a tout de même écrit deux récemment.La chanson d\u2019amour All My Life qu\u2019il destinait au crooner Tony Bennett et qu\u2019il a enregistrée avec le réalisateur de ses meilleurs albums, Phil Ramone.Et Christmas in Fallujah, la chanson la plus mordante qu\u2019il m\u2019ait été donné d\u2019entendre à propos de la guerre en Irak, qu\u2019il a donnée à un jeune chanteur inconnu de Long Island, Cass Dillon.Billy Joel ne chantera ni l\u2019une ni l\u2019autre au Centre Bell.Christmas in Fallujah parce qu\u2019on est en avril \u2013 quoique, à Montréal, avec la neige.\u2013 et All My Life «parce que c\u2019est un cadeau pour ma femme et que je ne suis pas Tony Bennett ; si je la chantais, je ne pense pas que le public apprécierait\u2026» m\u2019a- UN ARTISTE COMPÉTENT PHOTO ROB RICH EVERETT Billy Joel ne se considère surtout pas comme un artiste «politique».Même que ça l\u2019énerve un peu quand un chanteur ou une célébrité dit aux gens quoi penser : «Je trouve ça insultant.Pourquoi devrais-je me fier à un pianiste?Qu\u2019est-ce qu\u2019il y connaît au juste?Et si je me trompais (rires) ?Je ne suis pas assez convaincu de mes opinions politiques pour que ça vaille la peine de les partager avec tout le monde.» lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 ARTS ET SPECTACLES Dans un souper arrosé, dans un bar bondé ou au brunch dominical, dès que je mentionne mon métier \u2013 chroniqueur télé à La Presse \u2013 la réaction est instantanée, comme un mauvais café Sanka : «Meuh, tu me niaises, t\u2019es payé pour regarder la tévé?» Pas vraiment, non.En fait, un peu.Mais déboulonnons un premier mythe: mes supérieurs me paient plutôt pour trouver de la m.et la lancer ensuite dans le ventilateur, pour paraphraser une expression consacrée.Voilà, c\u2019est écrit.Et c\u2019est ce qui m\u2019allume le plus: fouiller, gratter, creuser, insister, téléphoner, re-téléphoner et re-retéléphoner afin de vous rapporter des histoires croustillantes \u2013 et exclusives! \u2013 sur notre fabuleux univers télévisuel.À La Presse, non, je n\u2019ai pas de télé vissée à mon bureau.Note à moi-même: en demander une à mon patron lundi.Plus question de rater Pour le plaisir ou Deux filles le matin.À la maison, mon téléviseur, tout cabossé, date de la guerre du Koweït.Ses circuits internes ronronnent bruyamment.Il tousse et émet un long cri strident pendant 15 minutes après son ouverture.N\u2019empêche, je ne me résigne pas à l\u2019envoyer au chemin, euh, non, rayez ça tout de suite, à l\u2019expédier au RECYCLAGE.Pas envie d\u2019avoir Jean Lemire, Laure Waridel et Steven Guilbeault sur le dos.Et en même temps, en plus.Note à moi-même : acheter du Robaxacet pour apaiser ces nouvelles douleurs lombaires.Ouille.Alors, j\u2019économise mes sous pour me payer la totale: un écran plat ultra mince LCD (ou LSD?), avec la haute définition et tout le joli plasma qui vient avec.Comme vous, j\u2019imagine, j\u2019ai la trouille d\u2019acheter la technologie qui se démodera le plus rapidement.Dans les années 80, j\u2019aurais été du type à m\u2019équiper en Beta, pendant que le reste de la planète se pâmait pour le VHS.Non, je ne passe pas mes soirées scotché à L\u2019auberge du chien noir ou à Annie et ses hommes.TVA, TQS et Radio-Canada m\u2019acheminent régulièrement des DVD, que je consomme frénétiquement.Pour les intrigues, je détiens souvent plusieurs longueurs d\u2019avance sur vous.J\u2019ai dévoré tout Nos étés en une semaine.Je sais qui a tué dans Casino.Si vous me payez deux, O.K., cinq gin-tonics, je pourrais distiller quelques secrets (et une forte odeur d\u2019alcool, aussi).Oui, je regarde beaucoup de télé américaine.Que voulez-vous, entre Destinées et Nip/Tuck, je choisis le cabinet McNamara&Troy, plutôt que la souffrante clinique Jouvence.C\u2019est injuste, oui, et je comprends les lecteurs qui me reprochent mes choix trop anglos.C\u2019est pourquoi je me fais violence pour visionner téléroman québécois X ou série radio-canadienne Y, qui m\u2019ennuient profondément.Si vous me payez deux, OK, cinq gin-tonics (mais sans concombre, s\u2019il vous plaît), je vous avouerai lesquels.Oui, un jour, j\u2019aimerais écrire une série télé.Mais j\u2019ai la chienne.Je comprends trop bien comment les chroniqueurs télé travaillent : ils fouillent dans nos déchets et les lancent ensuite dans le ventilateur.Voilà, c\u2019est dit.Dans la grande pyramide du journalisme, le chroniqueur télé se situe probablement entre le quatrième et troisième soussol, coincé entre deux vieilles Underwood déglinguées.M\u2019en fous.J\u2019adore mon boulot.Surtout quand je vous surprends à lire ma rubrique dans le métro ou au café, et que vous souriez doucement, je soupire: mission accomplie.Et je me couche le coeur plus léger.Je lévite Avec la bande sonore de My Blueberry Nights, de Wong Kar Wai.Un disque doux, aérien, qui s\u2019écoute avec un verre de rouge à la main.Avec Norah Jones, Amos Lee, Ry Cooder et Cat Power.Reposant.Je l\u2019évite Nitro en DVD.Même la pub de Jos.Louis a été incluse dans le coffret.Désolant.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca Ma vie, ma vie (de chroniqueur télé) Pour les intrigues, je détiens souvent plusieurs longueurs d\u2019avance sur vous.Si vous me payez deux, O.K., cinq gin-tonics, je pourrais distiller quelques secrets.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll t-il dit au téléphone il y a deux semaines.Billy Joel donne rarement des interviews.Mais quand il se prête à l\u2019exercice, il le fait sans regarder sa montre et répond aux questions sans détour.Les retrouvailles avec Phil Ramone ont fait naître la rumeur d\u2019un nouvel album de chansons.«Faux, me dit Joel.Au moment où on se parle, je ne suis tout simplement pas motivé à écrire des chansons pop.Je me consacre surtout à la musique instrumentale, qui pourrait devenir une symphonie ou une musique de film.Ça pourrait même se transformer en chansons ou en un spectacle de Broadway, qui sait ?Je n\u2019ai jamais arrêté d\u2019écrire, mais je n\u2019ai pas le goût de montrer ce que je fais au monde.Si j\u2019ai arrêté d\u2019écrire des chansons, c\u2019est en partie parce que ça prend beaucoup d\u2019arrogance.Il faut que tu sois convaincu que ce que tu as à dire doit être dit et, en vieillissant, je suis plus conscient des zones grises, tout n\u2019est pas noir ou blanc.En plus, je sens que j\u2019ai un peu sacrifié ma vie personnelle à cette musique.» Billy et Beethoven Si Billy Joel n\u2019hésite pas à reprendre ses nombreux succès en concert, c\u2019est qu\u2019ils ont leur existence propre.«C\u2019est comme des enfants que j\u2019aurais mis au monde et que j\u2019aiderais à gagner leur vie, explique-t-il.Malgré le succès que j\u2019ai obtenu, j\u2019aurais toujours voulu être meilleur.J\u2019ai fait du mieux que j\u2019ai pu, mais mon ambition était plus forte que mes moyens jusqu\u2019au jour où j\u2019ai frappé le mur de ce que je crois être ma propre médiocrité.J\u2019ai des exigences pas mal élevées\u2026 Peu importe ce que les critiques ont dit de moi, j\u2019ai dit des choses bien pires à mon sujet.J\u2019ai lu une citation intéressante de Neil Diamond qui parlait de son travail.Il disait: «Je suis en paix avec moi-même, je me suis pardonné de ne pas être Beethoven.» Moi, je ne me suis pas pardonné\u2026» Au bout du fil, Billy Joel me dit tout cela sur le ton de l\u2019évidence.Il n\u2019a jamais écrit pour un public donné, pour la critique, la radio ou les maisons de disques, m\u2019assure-t-il.Il écrivait pour lui, et il changeait tout le temps.«Les gens qui aiment mes premières chansons n\u2019aiment pas mon dernier album, River of Dreams.Moi, je pense que c\u2019est ce que j\u2019ai fait de mieux.Mais plus je suis devenu populaire, plus j\u2019ai connu le succès commercial, plus on m\u2019a soupçonné d\u2019avoir vendu mon âme.» Pourtant, plusieurs jeunes pianistes-chanteurs, de Jamie Cullum à Peter Cincotti, rêvent aujourd\u2019hui de prendre sa place.Joel est au courant, mais il n\u2019en fait pas un plat : «C\u2019est peut-être leur manière de dire qu\u2019ils veulent devenir compétents parce que je ne me trouve pas si bon que ça.Je sais chanter \u2013 je n\u2019ai pas une très bonne voix mais je ne fausse pas \u2013, je connais assez le piano pour jouer les chansons que j\u2019ai écrites, je sais comment écrire, comment donner un spectacle, faire des orchestrations avec un groupe et enregistrer ma musique.Je ne condamne pas en bloc tout ce qui est nouveau.Je dis seulement que plusieurs artistes n\u2019ont pas eu l\u2019occasion de vraiment apprendre ce qu\u2019est le métier.Je l\u2019ai déjà dit : je ne pense pas être extraordinaire, je suis compétent, mais en cette époque d\u2019incompétence, ça me fait paraître extraordinaire.» Billy et Paris Hilton Le Billy Joel qui était boxeur à l\u2019adolescence, celui qui chantait jadis Angry Young Man et qui avait l\u2019habitude de dire à son public à la fin de chaque concert « don\u2019t take shit from anybody », n\u2019est sans doute pas aujourd\u2019hui un homme assagi, mais il a l\u2019air heureux.Il a mis de l\u2019ordre dans sa vie depuis qu\u2019il a subi une cure de désintoxication en 2005.Mais il n\u2019est pas du genre à donner des conseils à Amy Winehouse.«Non, parce que je ne connais pas vraiment sa si tuat ion, répond-il.Et je ne veux pas être porte-parole pour la désintoxication ou les A.A.Je ne m\u2019y connais pas tellement en matière de sobriété, mais pour boire, je suis un expert ! La cure, ça fonctionne pour certaines personnes et pas pour d\u2019autres.J\u2019y suis allé tard dans ma vie et j\u2019aurais probablement dû le faire plus tôt parce que je viens d\u2019un quartier où, à la fin de la journée, tout le monde se retrouvait au pub du voisinage.Je suppose que si tu continues comme ça, faut que t\u2019ailles en désintox (rires).Ça fait partie de ta vie et tu ne t\u2019en rends même plus compte.» Joel avait l\u2019air serein récemment à l\u2019émission d\u2019Oprah Winfrey, en compagnie de sa femme Katie Lee, animatrice d\u2019une émission de cuisine.«Si j\u2019avais l\u2019air relax et heureux d\u2019être chez Oprah, je dois être un bon acteur parce que je ne l\u2019étais pas du tout, me dit-il.Je n\u2019aime pas jouer à la télévision, je n\u2019ai jamais aimé ça et je n\u2019aimerai jamais ça.La télé banalise la musique et je n\u2019étais pas à l\u2019aise pendant l\u2019interview.Je fais carrière depuis 43 ans et je me sentais comme si on m\u2019avait réduit en Paris Hilton en 10 petites minutes.J\u2019ai accepté de participer à l\u2019émission pour aider Katie Lee à faire la promotion de son nouveau livre de cuisine, ce que je n\u2019avais jamais fait et que je ne ferai probablement plus jamais.Ce pourrait bien être ma dernière apparition à la télé.» Joel me dira aussi qu\u2019il a toujours détesté faire des vidéoclips, qu\u2019il préférerait même n\u2019en avoir jamais fait.Le coffret (trois CD et un DVD) qui sera lancé en juillet pour commémorer les 30 ans de son album The Stranger comprendra pourtant deux clips.«Ah oui ?Je n\u2019étais pas au courant, répond-il.Une autre brillante décision de l\u2019industrie de la musique\u2026» Billy et la politique Non, Billy Joel n\u2019a pas perdu son franc-parler.Quand il a intronisé John Mellencamp au Rock and Roll Hall of Fame, le 10 mars dernier, il avait l\u2019air du parfait stand-up comic, très drôle avec juste ce qu\u2019il faut d\u2019autodérision: «Moi, le juif de New York, aller chanter pour Farm Aid dans le Midwest?T\u2019es pas sérieux, John, ils vont me tuer!» Il s\u2019est aussi moqué de la télé et de l\u2019industrie du disque, mais il ne blaguait plus quand il a parlé de son pays qui «a été pris en otage et s\u2019en va chez le diable ».Sa chanson Christmas In Fallujah est du même ton, inspirée par des lettres qu\u2019il a reçues de soldats en Irak, avec plein de références aux croisés et aux infidèles, aux armées de l\u2019empire et aux légions romaines, au bain de sang à Bagdad et aux puits de pétrole, sur une musique tout aussi puissante.S\u2019il ne la chante pas luimême, c\u2019est qu\u2019il se trouve trop vieux et qu\u2019il craint que «l\u2019image de Billy Joel» ne nuise à la chanson.«Elle devait être chantée par quelqu\u2019un qui a l\u2019âge d\u2019être un militaire, quelqu\u2019un qui pourrait être là maintenant, explique-t-il.Mon guitariste m\u2019a suggéré Cass Dillon et j\u2019ai dit oui, parfait.» Pourtant, Billy Joel ne se considère surtout pas comme un artiste «politique».Même que ça l\u2019énerve un peu quand un chanteur ou une célébrité dit aux gens quoi penser : «Je trouve ça insultant.Et parfois, c\u2019est contreproductif parce que ça provoque un ressac.Pourquoi devrais-je me fier à un pianiste?Qu\u2019estce qu\u2019il y connaît au juste?Et si je me trompais (rires)?Je ne suis pas assez convaincu de mes opinions politiques pour que ça vaille la peine de les partager avec tout le monde.» Christmas in Fallujah lui a valu plusieurs critiques: «On m\u2019a traité de communiste, et de plein de choses idiotes, dit-il.Quand tu exprimes une opinion, on dit que tu n\u2019es pas patriotique\u2026 On m\u2019a reproché d\u2019utiliser le mot «infidèles », pourtant à l\u2019époque des croisades, les chrétiens considéraient les musulmans comme des infidèles, des non-chrétiens.C\u2019est une vieille histoire qui remonte aux légions romaines.Et je ne voulais pas parler uniquement de la politique actuelle.Dans tout conflit à travers l\u2019histoire, c\u2019est le gars sur le champ de bataille, dans les tranchées, qui est baisé.Toujours.» L\u2019instant d\u2019après, Billy Joel concède que dans le fond, tout est politique, l\u2019amour, les relations interpersonnelles, la vie quoi?Mais jamais il ne fera de discours dans son spectacle, pas plus qu\u2019il ne chantera pour un candidat dans une campagne électorale.« Pour moi, la musique est le message, pas le contenu des textes, insiste-t-il.Quand le message éclipse la musique, la musique en souf f re.J \u2019entends des messages révolutionnaires dans la musique que Beethoven \u2013 encore lui ?\u2013 a écrite pendant les guerres napoléoniennes alors que le monde entier était viré à l\u2019envers par des nouvelles idées comme l \u2019égalité, la f raternité et la liberté.Sa musique l\u2019exprime sans paroles et pour moi, c\u2019est ça qui est vraiment subversif.» BILLY JOEL, en spectacle au Centre Bell le 23 avril.ET SANS PRÉTENTION « J\u2019ai fait du mieux que j\u2019ai pu, mais mon ambition était plus forte que mes moyens jusqu\u2019au jour où j\u2019ai frappé le mur de ce que je crois être ma propre médiocrité.J\u2019ai des exigences pas mal élevées\u2026 Peu importe ce que les critiques ont dit de moi, j\u2019ai dit des choses bien pires à mon sujet.» PHOTO FOURNIE PAR BILLY JOEL «Je l\u2019ai déjà dit: je ne pense pas être extraordinaire, je suis compétent, mais en cette époque d\u2019incompétence, ça me fait paraître extraordinaire», dit Billy Joel.HUGO DUMAS CHRONIQUE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 «Lumière dans le noir est un grand disque» \u2013 Alexandre Vigneault LA PRESSE «Peut-être un de ses disques les plus inspirés, les plus furieusement beaux » \u2013 Francis Hébert VOIR MONTRÉAL «Un grand cru» \u2013 L\u2019ACTUALITÉ GagnantduFÉLIX LE NOUVEL ALBUM EN VENTE MAINTENANT Gagnant du FÉLIX pour l\u2019artiste de la francophonie s\u2019étant le plus illustré au Québec EN SPECTACLE 3554946A 3548797A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE ALAIN BRUNET «Il est toujours intéressant d\u2019aller à la source des choses, à une époque qui ne tisse pas l\u2019imagination \u2013 la nôtre.On est dans les compromis, les gens le sont dans leur vie, même les idéologies le sont.Tout est affaire de compromis.Or, on ne fait pas de la poésie avec des compromis », tranche l\u2019artiste auvergnat, qui n\u2019a rien perdu de son tranchant.Ce n\u2019est pas à 56 ans qu\u2019il compte s\u2019assagir, d\u2019ailleurs.Cette position sur l\u2019ère contemporaine justifie amplement ce plongeon de Jean-Louis Murat dans un univers quasi intemporel.Il en ressort avec Tristan, un disque élégant, de facture classique, un disque aux mélodies limpides, aux harmonies clairement déployées.La langue y est belle, gracieuse, parfaitement maîtrisée, et ne tend pas particulièrement vers la modernité.Elle baigne plutôt dans cet esprit chevaleresque et cet amour courtois où défilent les thèmes de la pureté des sentiments, de l\u2019abandon et de la passion, mais aussi du mensonge, du tourment, de la destinée funeste.«Pendant que j\u2019écrivais les chansons de Tristan, raconte l\u2019interviewé, j\u2019ai repris les inédits de Baudelaire chantés par Ferré (l\u2019album Charles et Léo), ça m\u2019a un peu contaminé.Tu prends l\u2019habitude quotidienne de passer quelques heures sur un certain niveau de langue (de Baudelaire), tu as ensuite tendance à vouloir retrouver ce niveau de langue dans ta propre écriture.» Ce qui mène Murat à exprimer son désenchantement quant à la qualité de la langue d\u2019aujourd\u2019hui dans l\u2019écriture chansonnière ou poétique.«On y est moins imagé et plus pragmatique, alors que l\u2019art poétique marche beaucoup à base de métaphores.En fait, on a tendance à rationaliser le langage poétique, par exemple cette vague de poésie et de chanson réalistes qui déferle sur la France depuis quelques années.Je ne vois pas en quoi la poésie peut comporter quelque chose de réaliste! Certains associent ce réalisme au slam?Des vers de mirliton! Si l\u2019on est terrifié par la rime riche (lorsque la répétition porte sur trois phonèmes ou plus), on en devient esclave et l\u2019on ne s\u2019en sort pas.Il y a actuellement un conformisme de la sonorité obligatoire\u2026» Capable de tout faire Jean-Louis Murat avait prévu enregistrer Tristan en Irlande, question de s\u2019immerger dans le mythe au pays d\u2019Iseut.Or, le label V2 avec lequel il était sous contrat a été racheté par Universal.Le budget de production a été suspendu, le projet irlandais est tombé à l\u2019eau et Jean-Louis Murat a décidé de l\u2019enregistrer chez lui, sans l\u2019aide de quelque musicien.En plus de chanter, donc, il a joué les guitares, la basse, la batterie, une ligne de saxophone, une autre d\u2019harmonica, des sons de synthèse, des échantillons d\u2019ambiances, on en passe\u2026 «Pourquoi tout faire?Pour des raisons économiques.Je ne suis pas un gros vendeur et je suis capable de tout faire.Alors je me suis dit profitons-en.Je l\u2019ai fait de gaieté de coeur, remarquez, je n\u2019ai pas pris ça comme une malédiction.Bien au contraire, ça m\u2019a beaucoup plu.» Pour Tristan, Murat a préconisé l\u2019épuration, la ligne claire, une langue juste et élégante.La grande maturité, force est d\u2019observer.«Heureusement que l\u2019âge présente quelques avantages! Plus on touche à l\u2019immuable et l\u2019intemporel, meilleur c\u2019est, réaliset- on avec l\u2019expérience.Plus tu t\u2019oublies dans l\u2019acte de création, plus tu touches à l\u2019immuable.Plus tu y tends, plus tu deviens classique, plus la connotation du Moi s\u2019estompe.Plus j\u2019avance en âge, moins j\u2019ai l\u2019obsession presque maladive d\u2019imprimer mon travail d\u2019un Moi quelconque.Plus je vieillis, plus j\u2019ai envie d\u2019écrire des chansons populaires dont on ne reconnaît ni l\u2019auteur ni le compositeur.C\u2019est alors pour moi le vrai triomphe de la chanson populaire.» Pour l\u2019artiste, il s\u2019agit également d\u2019une volonté farouche d\u2019échapper à toute période de cette pop culture à laquelle on l\u2019associe, aussi atypique soit-il: «On a tellement d\u2019albums dans sa discothèque pour lesquels on se dit: tiens, ça, c\u2019est de 83, de 77 ou de 95.Je n\u2019aime pas que mes disques soient aisément datables.» Sur les deux douzaines d\u2019albums créés à travers une carrière pour le moins brillante, Jean- Louis Murat en a fait neuf au cours des sept dernières années.Cette productivité s\u2019accompagne de la fondation d\u2019une seconde famille: nouvelle épouse, petite fille de 3 ans et demi et petit garçon d\u2019un an qui s\u2019ajoutent à sa progéniture antérieure \u2013 il est même grand-père! Et l\u2019on ne compte pas ses activités agricoles (une ferme d\u2019Auvergne où il vit) qui se greffent quotidiennement à sa culture.Et comment situer Tristan dans cette imposante discographie, Jean-Louis Murat ?« Je préfère le prochain.Je n\u2019aime pas me retourner.» JEAN-LOUIS MURAT Aux sources du romantisme PHOTO BERNARD BENANT Pour Tristan, Murat a préconisé l\u2019épuration, la ligne claire, une langue juste et élégante.La grande maturité, force est d\u2019observer.«Heureusement que l\u2019âge présente quelques avantages ! » lance-t-il.Au lieu de s\u2019inspirer de son époque, Jean-Louis Murat s\u2019est plongé dans un mythe fondateur du romantisme à l\u2019occidentale : Tristan et Iseut, cette histoire tragique d\u2019un chevalier breton épris d\u2019une princesse irlandaise promise au roi de Cornouaille.D\u2019où Tristan, chargé de 10 chansons inspirées d\u2019un mythe ayant pris sa forme littéraire au XIIe siècle.«On a tellement d\u2019albums dans sa discothèque pour lesquels on se dit : tiens, ça, c\u2019est de 83, de 77 ou de 95.Je n\u2019aime pas que mes disques soient aisément datables.» SUR LES PLANCHES AUTECHRE, demain au Club Soda.T-PAIN, demain au Métropolis.SAUL WILLIAMS, demain à La Tulipe.THE DIRTBOMBS, demain au Cabaret Juste pour rire.MAN MAN, demain au National.HOT CHIP, mardi au Métropolis.SANTANA, mardi au Centre Bell.TAPES N\u2019 TAPES, mardi au Cabaret Juste pour rire.> > > > > > > > RÉMY GIRARD CHANTE GAUVREAU, mercredi à vendredi à l\u2019Usine C.MADCAPS, jeudi au Cabaret Juste pour rire.DUCHESS SAYS, jeudi à La Tulipe.VUSI MAHLASELA, jeudi au Kola Note.WITH ALL DUE RESPECT, vendredi au National.PASCALE PICARD, vendredi au Club Soda.> > > > > Carlos Santana > PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 DE CARLO GOLDONI TRADUCTION MARCO MICONE MISE EN SCÈNE CARL BÉCHARD PASCALE MONTPETIT / SYLVIE DRAPEAU / SOPHIE CADIEUX / FRANÇOIS ARNAUD / EMMANUEL BILODEAU / CATHERINE B.LAVOIE / PIERRE CHAGNON / DAVID-ALEXANDRE DESPRÉS / SÉBASTIEN DODGE / ROBERT LALONDE / RÉNALD LAURIN / ALAIN ZOUVI / assistance à la mise en scène et régie CLAUDE LEMELIN DÈS MARDI ! HHWWW.TNM.QC.CA HH 514.866.8668 HH FORFAITS FAMILLE ET TARIF 15 ANS ET MOINS HH UNE PRÉSENTATION UN TRIO DE CASTAFIORE AU CHARME IRRÉSISTIBLE! 3555217A Éric Bruneau Guy Nadon Micheline Bernard Éric Cabana Eve Gadouas Germain Houde Michelle Labonté Louise Laprade Raymond Legault décor Pierre Labonté costumes François Barbeau éclairages Claude Accolas conception vidéo Yves Labelle musique Christian Thomas accessoires Normand Blais en collaboration avec Equus de Peter Shaffer mise en scène de Daniel Roussel traduction de Daniel Roussel et Guy Nadon DU 23 AVRIL AU 31 MAI 3553941A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE ALEXANDRE VIGNEAULT Camille aime faire des bruits avec sa bouche.Elle possède un large répertoire d\u2019onomatopées \u2013 des poums, des pffuits, des oumfs \u2013, s\u2019amuse parfois à imiter des cris d\u2019animaux et maîtrise l\u2019art du cri, primal ou autre.Elle chante aussi merveilleusement bien, d\u2019une voix teintée par son amour de la soul américaine.Ou d\u2019une manière plus opératique, si c\u2019est ce que son instinct lui dicte.Ce n\u2019est pas l\u2019envie de faire différent qui pousse Camille à s\u2019amuser de la sorte.Son goût pour les jeux vocaux relève d\u2019un besoin presque physique.«C\u2019est une chose à laquelle je suis venue par mon expérience, dit-elle.C\u2019est comme ça que j\u2019éprouve le mieux ma liberté et la musique.Je la sens vibrer à l\u2019intérieur de moi et ça passe de mon imagination directement à ma bouche.» Camille, née à Paris en 1978, n\u2019a pas attendu Music Hole pour afficher sa singularité.De facture plus classique, Le sac des filles, paru en 2002, révélait déjà son envie d\u2019utiliser sa voix d\u2019une manière inusitée.L\u2019une des chansons qu\u2019on y trouve, Les ex, est construite sur une allitération \u2013 le son X \u2013, donne aux choeurs un rôle percussif et on y entend Camille imiter le son d\u2019une flûte.La pièce titre est de la même trempe.La jeune Parisienne n\u2019a pas seulement raffiné ce penchant sur son album Le fil, sorti trois ans plus tard, elle s\u2019en est aussi servi comme tremplin pour le spectacle tiré de ce disque plusieurs fois primé et qu\u2019on a pu voir évoluer à la faveur de deux visites successives dans le cadre des FrancoFolies.Sa dernière prestation, offerte au Métropolis en juin 2006, donnait à voir une artiste totalement décomplexée, bougeant, chantant et multipliant les bruits de bouche sans aucune inhibition.Il y en a qui appellent ça de la folie.Raisonnement un peu court, vu l\u2019intelligence de son écriture.Car son goût pour l\u2019expérimentation est couplé à une plume dont l\u2019acuité se révèle souvent à travers des pointes d\u2019ironie.Music Hole n\u2019en manque d\u2019ailleurs pas.Camille n\u2019oublie pas son «hamster in law» dans Gospel With No Lord, espèce d\u2019ode aux familles reconstituées.Pastichant le très rentable R&B pop à l\u2019américaine dans Money Note, elle affirme vouloir «battre Mariah» sur son propre terrain.Grosse commande : Mariah Carey vient elle-même de surpasser un record d\u2019Elvis en plaçant une 18e chanson en tête du palmarès Billboard.Grammaire de l\u2019art vocal ?Vu la légèreté avec laquelle les Français recourent à l\u2019anglais, peut-être est-il utile de préciser que Camille chante en anglais sur Music Hole.Pas exclusivement, mais surtout.Ce n\u2019est pas la première fois, puisqu\u2019elle reprenait Guns Of Brixton des Clash sur la première compilation bossa new wave Nouvelle Vague.Le fil comptait également une chanson partiellement en anglais, Babi Carni Bird.« La voi x , c \u2019est le son et c\u2019est aussi le langage, expose Camille.Il y a plus d\u2019ouverture dans la langue anglaise au niveau sonore.Il y a plus de voyelles, on ouvre plus la bouche en anglais.» Music Hole, c\u2019est donc une référence au trou de la bouche, origine du chant et du langage.«Pour moi, c\u2019est un disque d\u2019ouverture, à la fois sur l\u2019intériorité et sur le monde.» Camille élargit une fois de plus ses horizons.Grande fan de musique noire américaine, elle flirte avec la soul, le gospel et le R&B, parlant même de son disque comme d\u2019un «hommage à la soul music, la musique de l\u2019âme».Sa palette vocale ne s\u2019arrête toutefois pas aux frontières de la musique pop.Elle ose un pas vers l\u2019opéra (The Monk) et s\u2019approprie même le youyou, cri de joie typiquement maghrébin.Et c\u2019est sans compter qu\u2019absolument tous les instruments qu\u2019on entend sur Music Hole \u2013 basse, vents, etc.\u2013 sont produits par des voix humaines à l\u2019exception du piano et de percussions corporelles.Se pourrait-il que, en puisant dans différents univers culturels, Camille se soit donné le projet d\u2019établir une grammaire exhaustive de l\u2019art vocal?«Des fois, on inverse les choses, répond-elle.Tous les sons sont dans la nature et tous les sons sont dans l\u2019être humain.Ces sons, au même titre que les langues, ont donné des traditions culturelles.Ce qui m\u2019intéresse, ce sont autant les traditions culturelles que les jeux sonores.Quand je fais le youyou, qu\u2019on peut effectivement rattacher à une tradition vocale, c\u2019est juste un son qui me plaît.» La musique de Camille, c\u2019est le plaisir avant toute chose, en effet.CAMILLE Musique à bouches Des artistes qui disent aborder le chant comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un instrument, il y en a plusieurs.Des artistes qui le font vraiment, il y en a peu.Camille ne fait pas de chichis : sur son troisième album, Music Hole, la voix humaine joue de tous les instruments.Sauf un.PHOTO MARIE DE CRÉCY Camille se passionne pour les jeux vocaux, mais d\u2019abord pour le chant.«Je fais de la musique vocale parce que ça m\u2019amuse énormément de faire tous les arrangements: du coup, je chante tout le temps ! » « Pour moi, Music Hole est un disque d\u2019ouverture, à la fois sur l\u2019intériorité et sur le monde.» lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 SEAGULL-PLAY (LA MOUETTE) Anton Tchekhov Enrique Diaz RIO DE JANEIRO PETITS FANTÔMES MÉLANCOLIQUES Louise Bombardier MONTRÉAL aKabi Aydin Teker ISTANBUL CABANE Paul-André Fortier MONTRÉAL SMASH UP Dana Gingras VANCOUVER POÉSIE, SANDWICHS ET AUTRES SOIRS QUI PENCHENT Loui Mauffette MONTRÉAL IWANOW Anton Tchekhov Dimiter Gotscheff BERLIN IMPORT/EXPORT Annabel Soutar MONTRÉAL L\u2019INVISIBLE Marie Brassard MONTRÉAL GRANDE THÉORIE UNIFIÉE Martin Bélanger MONTRÉAL ORPHÉE ET EURYDICE Marie Chouinard MONTRÉAL FESTI dansethéâtre VAL TRANSAMÉRIQUES 1.866.984.3822 / WWW.FTA.QC.CA 3547107A 514.985.2258 OPERADEMONTREAL.COM OPÉRA PLUS STARMANIA PLAMONDON/BERGER LA FANCIULLA DEL WEST / LES PÊCHEURS DE PERLES / MACBETH / LUCIA DI LAMMERMOOR ABONNEZ-VOUS SAISON 08/09 3549283A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE MARIE-CHRISTINE BLAIS Ce qui a brouillé les cartes, pour la brune Mel à la jolie voix, c\u2019est la réunion inopinée des Spice Girls, en 2007, pour une vaste tournée à succès\u2026 en Angleterre et en Amérique du Nord.Son album solo This Time est sorti en Europe il y a un an, tout juste avant les pourparlers pour une «réunification» des cinq filles épicées.C\u2019est parce que cette tournée a été finalement écourtée, en février (en raison des faibles ventes de billets en Australie, en Chine, en Afrique du Sud et en Argentine) que Melanie C a pu reprendre son album là où elle l\u2019avait laissé.Or, en solo, elle est assez différente de celle qu\u2019elle incarne au sein du quintette féminin \u2013 aux débuts du groupe, son surnom de scène était même Scary Spice! «C\u2019est vrai que je suis plus douce quand je suis seule, mais c\u2019est exactement comme dans la vie : quand tu es avec ton groupe d\u2019amis, tu es toujours plus extravertie, justement parce que tu es entourée de gens avec qui tu te sens parfaitement en confiance.Mais quand le groupe n\u2019est plus là, on est tous plus réservés, plus vulnérables, plus tendres aussi.» D\u2019où ce disque assez rythmé, mais avec des textes très axés sur la confiance à acquérir, l\u2019estime et affirmation de soi\u2026 La résilience aussi, au coeur de son premier extrait et clip, Carolyna, sur une jeune fille qui fuit un foyer violent et se retrouve dans la rue: «En studio, explique Melanie avec son joli accent britannique, je me suis rappelée d\u2019un documentaire sur les enfants qui vivent dans la rue que j\u2019ai vu il y a plusieurs années, mais qui m\u2019a beaucoup marquée, au point de me souvenir clairement des images.C\u2019est à partir de cela que j\u2019ai écrit le texte, un texte positif, parce que je me rappelle avoir grandi et espéré en écoutant les chansons très affirmatives de Madonna ou de Eurythmics.» Car Melanie, contrairement aux autres Spice Girls, écrit ou plutôt coécrit ses textes.À ce jour, elle détient officiellement le titre de coparolière la plus prolifique de l\u2019histoire de la musique (elle a notamment collaboré à pas moins de 11 hits en Angleterre) et demeure jusqu\u2019ici la seule femme à avoir occupé les premières places dans les palmarès tant individuellement (avec I Turn To You, tiré de son premier album) qu\u2019en duo (When You\u2019re Gone avec Bryan Adams) ou en groupe (Wannabe et compagnie avec les Spice).Tous ces succès, de même que sa reprise I Want Candy (à la faveur d\u2019abord d\u2019une série comique à la télé britannique, dont c\u2019est également le titre), elle entend bien les interpréter sur scène dans le mois à venir.À Montréal, elle s\u2019arrêtera le 4 mai au Club Soda \u2013 euh, c\u2019est pas mal plus petit que le Centre Bell : «Mais je suis avec mes cinq musiciens, qui étaient ceux qui nous accompagnaient pendant la tournée des Spice.(\u2026) Sur l\u2019album, conclutelle, j\u2019ai une chanson intitulée This Time, mais ce n\u2019est pas à cause de cette chanson que j\u2019ai choisi de baptiser mon album ainsi: c\u2019est parce que je crois vraiment que this time is the time, cette fois, c\u2019est la bonne!» MELANIE C La sportive adoucie Melanie C, alias Mel C ou Sporty Spice quand elle est au sein du groupe The Spice Girls, est d\u2019une patience d\u2019ange: alors que son quatrième album solo sort en Amérique du Nord et qu\u2019elle entame \u2013 à Montréal \u2013 une nouvelle tournée à compter de mai, elle doit constamment rappeler à ses interlocuteurs que la carrière solo, «c\u2019est ce que je fais depuis neuf ans, vous savez\u2026» PHOTO MARK BLINCH, REUTERS Contrairement aux autres Spice Girls, Melanie C écrit ou plutôt coécrit ses textes.À ce jour, elle détient officiellement le titre de coparolière la plus prolifique de l\u2019histoire de la musique (elle a notamment collaboré à pas moins de 11 hits en Angleterre).«C\u2019est vrai que je suis plus douce quand je suis seule, mais c\u2019est exactement comme dans la vie : quand tu es avec ton groupe d\u2019amis, tu es toujours plus extravertie.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll Carter: 100 ans Pour les 100 ans du compositeur américain Elliott Carter, le Quatuor Pacifica a groupé chez Naxos ses Quatuors nos 1 et 5, datés respectivement de 1951 et de 1995.Intégrale Elgar La soprano Amanda Roocroft et le baryton Konrad Jarnot signent le volume 1 d\u2019une intégrale projetée des mélodies de sir Edward Elgar, chez Channel.Ce premier disque contient 15 pièces.NOUVELLES DU DISQUE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 Photo : Laurence Labat tournée 2008 www.louisjosehoude.com 514 790-1245 | 1 800 361-4595 | www.admission.com | www.geg.ca Mise en scène:Joseph Saint-Gelais suivre la parade « Louis-José Houde n\u2019était plus juste un humoriste, mais un drôle de prédicateur et même une rock star.» Isabelle Massé, La Presse « (.) c\u2019est sans contredit le meilleur spectacle d\u2019humour présentement en circulation à l\u2019heure actuelle.» Claude Deschênes, Radio-Canada 11-12 avril, 14 juin 2008 CoMPLet Plus de 150 000 billets vendus 3551877A 3552445 MELT Noémie Lafrance NEW YORK ÉVÉNEMENT GRATUIT LÀ OÙ JE VIS Danièle Desnoyers MONTRÉAL mady-baby.edu Gianina Cãrbunariu BUCAREST MAYBE FOREVER Meg Stuart Philipp Gehmacher BRUXELLES / VIENNE IS YOU ME Benoît Lachambre Louise Lecavalier Laurent Goldring MONTRÉAL BOLÉRO VARIATIONS SWAN LAKE, 4 ACTS Raimund Hoghe DÜSSELDORF-PARIS LA MAREA Mariano Pensotti BUENOS AIRES ÉVÉNEMENT GRATUIT 7 IMPORTANT THINGS Nadia Ross George Acheson OTTAWA CHAMBRE BLANCHE Michèle Noiret BRUXELLES OXYGÈNE Ivan Viripaev Galin Stoev BRUXELLES 22 MAI AU 5 JUIN 2008 / RÉSERVEZ VOS PLACES DÈS MAINTENANT / FORFAITS DISPONIBLES 514.844.3822 / 3547108A commanditaire de saison 1, 2,3MAI 2008 20H compagnie invitée : houston ballet GROUPES 514.849.0269 Jour aprÈs Jour JusQu\u2019À madame butterfly ballet de staNtONWelch photo : Jim caldWell danseurs : barbara bears, simon ball PREMIèRE MOntRéAlAISE PRÉSENTÉ PAR « émouvante, magnifiQuement dansée par la compagnie sur la somptueuse musiQue de puccini, cette madame butterfly constitue l\u2019un des plus beaux ballets de Welch.» - houston press Causeries 19h à 19h30 extraits vidéo au GRAndSbAllEtS.cOM 3546605A 3546585 ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Descendant du premier souverain de la tribu des «Ga», au Ghana, Nii est aussi la figure de proue de la musique highlife à Montréal.Et c\u2019est à ce titre qu\u2019il défendra les chansons de son premier CD (Highlife Time), ce soir au Kola Note avec Odja, son groupe de six musiciens.Créé à Accra au début du XXe siècle, le highlife (« grande vie», comme dans «mener la grande vie») est une des musiques pop les plus prisées d\u2019Afrique de l\u2019Ouest.Né d\u2019une fusion entre les rythmes traditionnels ghanéens et la lutherie occidentale (guitares, cuivres), le genre s\u2019est développé sur plus d\u2019un siècle, donnant naissance à un nombre incalculable de ramifications stylistiques, dont le «hip-life», mélange très actuel de rap et de highlife.Ardent défenseur du roots highlife (le highlife de base), Nii se considère pour sa part comme un traditionaliste.Mais un traditionaliste à l\u2019esprit ouvert.Si sa musique reste ancrée dans le folklore, son instrumentation se veut résolument actuelle (claviers et rythmes synthétiques).«Je suis un lien entre l\u2019ancien et le moderne, explique l\u2019auteur-compositeurchanteur de 49 ans.Même si je n\u2019ai rien contre des musiques nouvelles comme le hip-life, je pense qu\u2019il faut d\u2019abord et avant tout entretenir ses racines\u2026» Cet te louable démarche a toutefois un prix: même s\u2019il est très connu chez les Ghanéens de Montréal, Nii n\u2019a pas encore réussi à élargi r son publ ic.«Quand les gens écoutent le highlife, ils aiment.C\u2019est une musique de fête.Mais on n\u2019a pas de subventions, pas de fonds pour la promotion et peu d\u2019occasions de se faire entendre.L\u2019industrie du disque préfère dépenser pour des musiques plus modernes », déplore cet ancien machiniste de GE Hydro, qui gagne actuellement sa vie comme messager.Le concert de ce soir sera peut-être une bonne occasion de renverser la vapeur.Après 20 ans d\u2019une carrière musicale intermittente, Nii serait plus que mûr pour mener cette «grande vie» dont il est un des ardents promoteurs\u2026 à 8000 kilomètres du Ghana.Nii & Odja, avec Selasee (chanteur reggae ghanéen), ce soir, 20h, au Kola Note.NII & ODJA La «grande vie» selon Nii Son vrai nom est Samuel Nii Okai Robertson.Mais on dit Nii, pour faire plus court.En langue akan, cela signifie « roi » et c\u2019est exactement ce qu\u2019il est.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Même s\u2019il est très connu chez les Ghanéens de Montréal, Nii n\u2019a pas encore réussi à élargir son public.«On n\u2019a pas de subventions, pas de fonds pour la promotion et peu d\u2019occasions de se faire entendre », déplore-t-il.«Même si je n\u2019ai rien contre des musiques nouvelles comme le hiplife, je pense qu\u2019il faut d\u2019abord et avant tout entretenir ses racines\u2026 » lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 PRÉSENTE NEBBIA DANIELE FINZI PASCA / CIRQUE ÉLOIZE et TEATRO SUNIL LE RETOUR HAROLD PINTER / Traduction RENÉ GINGRAS / Mise en scène YVES DESGAGNÉS LE MARIAGE DE FIGARO BEAUMARCHAIS / Mise en scène NORMAND CHOUINARD LA CHARGE DE L\u2019ORIGNAL ÉPORMYABLE CLAUDE GAUVREAU / Mise en scène LORRAINE PINTAL LE DRAGON BLEU ROBERT LEPAGE et MARIE MICHAUD / Mise en scène ROBERT LEPAGE LA DÉRAISON D\u2019AMOUR JEAN-DANIEL LAFOND et MARIE TIFO / Mise en scène LORRAINE PINTAL ABONNEMENT / WWW.TNM.QC.CA / 514.866.8668 3555334 3553780A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE ALEXANDRE VIGNEAULT La vive tristesse suscitée par la mort subite de Sylvain Lelièvre n\u2019arrivera jamais à effacer l\u2019image de l\u2019homme rayonnant qu\u2019on a vu sur scène au cours des dernières années de sa vie.Après avoir courtisé la note bleue en catimini pendant des décennies, il avait cessé de résister à son versant jazz.Il laissait courir ses doigts sur son piano avec un plaisir évident et souriait généreusement aux cuivres rutilants qui réchauffaient sa poésie.Son élan, comme on le sait, a été brisé.Ne reste de lui que cet heureux souvenir et un répertoire qui s\u2019étoffe encore avec la parution d\u2019un coffret de deux disques et un DVD.Exactement à l\u2019opposé du Plus beau métier, compilation de ses titres les plus connus, Chansons re t rouvée s propose d\u2019entendre ses toutes premières oeuvres, des enregistrements live jamais publiés et de redécouvrir son tout premier album éponyme, paru en 1973 sur l\u2019étiquette de Gilles Vigneault.Peu ou pas connues pour la plupart, ces 31 chansons constituent le «chaînon manquant» de l\u2019oeuvre du brillant chansonnier de Limoilou.Élizabeth Gagnon, réalisatrice à la radio de Radio- Canada, est la grande architecte de ce projet, auquel la veuve de l\u2019artiste, Monique Vaillancourt- Lelièvre, a aussi collaboré.L\u2019idée du coffret est une espèce de prolongation de la série consacrée à Sylvain Lelièvre diffusée l\u2019été dernier.«En fouillant dans les archives, je mettais les chansons de côté, raconte-t-elle.C\u2019est comme ça qu\u2019est venue l\u2019idée de faire quelque chose.» Chansons retrouvées confirme une chose trop souvent oubliée: Sylvain Lelièvre n\u2019a pas attendu l\u2019orée de la soixantaine pour faire des chansons jazzées ou bluesées.Il y avait pratiquement un big band sur Tombouctou, version 1981! Et ce n\u2019est pas parce que l\u2019embaumeur fan de Tommy Dorsey joue de la planche à laver qu\u2019une autre chanson s\u2019intitule Le croque-mort à coulisse.Avec le vent, enregistrée en 1966, témoigne déjà de l\u2019affection que le poète et prof de littérature avait pour le be-bop.«C\u2019est une occasion de démontrer que son versant jazz ne date pas du concert du Festival de jazz (NDLR: en 2000)», expose Monique Vaillancourt-Lelièvre.«Sylvain n\u2019a jamais caché son amour de la musique américaine », renchér it Él izabeth Gagnon.Plus de 40 ans plus tard, il est fascinant de constater à quel point l\u2019artiste incarnait parfaitement la dualité québécoise : même lorsque ses musiques étaient marquées par celle des États-Unis, son chant et sa plume demeuraient résolument français.Chansonnier urbain La plupart des chansons «retrouvées » repiquées ici sont issues des archives D\u2019un chansonnier à l\u2019autre, émission que Sylvain Lelièvre a animée en 1968 à Québec.Vu la qualité de cette plume pourtant encore verte, l\u2019amateur de chansons bien tournées à bien de la matière à assimiler.Et comme toujours, l\u2019intelligence de la rime refuse le tape-à-l\u2019oeil.On trouve déjà, dans ses oeuvres de jeunesse, un regard d\u2019écrivain posé sur l\u2019amour, la mort et l\u2019espérance.Sylvain Lelièvre manie d\u2019ailleurs déjà fort bien l\u2019ironie et la chronique sociale.Élizabeth Gagnon fait d\u2019ailleurs remarquer que, malgré certaines images bucoliques, le poète de Limoilou est d\u2019abord et avant tout urbain.La partie de hockey, c\u2019est un peu la vie de quartier, en effet.Les cheminées et Y\u2019a trop de morts, c\u2019est le monde ouvrier.«Il a précédé Beau Dommage, dit encore la réalisatrice.Sylvain Lelièvre a cassé l\u2019image, il a planté le décor urbain, alors que Beau Dommage a cassé le langage.» Après Le plus beau métier et Versant jazz 2, Chansons retrouvées est le troisième disque consacré à Sylvain Lelièvre depuis son décès.Sa veuve s\u2019est investie dans chacun de ces projets.Par amour pour lui et ses chansons.Avec pudeur, elle admet que ce travail de mise en valeur du répertoire l\u2019a peut-être aidée à «donner un sens» à un départ brutal.Est-ce à dire que Chansons retrouvées vient mettre le point final à l\u2019opération de mise en valeur de cette oeuvre?Rien n\u2019est moins sûr.Un recueil des textes du chansonnier doit paraître sous peu sous le titre Chanteur libre.Son unique roman, Le troisième orchestre, doit également être réédité.Et puis, la discographie de Sylvain Lelièvre comptant désormais 19 disques, il serait fou de ne pas en faire un 20e.La matière est là, disent les deux femmes.CHANSONS RETROUVÉES DE SYLVAIN LELIÈVRE Le talent précoce d\u2019un grand chansonnier PHOTO DENIS COURVILLE, ARCHIVES LA PRESSE Chansons retrouvées renferme les toutes premières oeuvres de Lelièvre \u2013 des enregistrements live jamais publiés \u2013 en plus de nous faire redécouvrir son tout premier album éponyme, paru en 1973 sur l\u2019étiquette de Gilles Vigneault.On a cru pendant un temps que Versant jazz, un live paru à l\u2019hiver 2002, serait le testament discographique du regretté Sylvain Lelièvre.On avait tout faux, heureusement.Six ans plus tard, sa veuve et la réalisatrice Élizabeth Gagnon remontent dans le temps et dévoilent ses oeuvres de jeunesse.Il est fascinant de constater à quel point Lelièvre incarnait parfaitement la dualité québécoise : même lorsque ses musiques étaient marquées par celle des États-Unis, son chant et sa plume demeuraient résolument français.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 Écoutez des extraits exclusifs du spectacle au: www.theatrecorona.com Plus de 50 succès incontournables dont :Sweet Soul Music \u2022 Chain of Fools \u2022Stand By Me \u2022Under the Boardwalk \u2022Midnight Hour \u2022 When aMan Loves aWoman \u2022Unchain My Heart \u2022Soulman \u2022You Send Me \u2022Proud Mary\u2022IFeel Good \u2022Respect \u2022etplus\u2026 Revivez l\u2019époque glorieuse montréalaise du Rhythm & Blues des années 50, 60 et 70 Au Théâtre Corona dès le 18 juin La revue musicale de l\u2019été 2008 Une revue musicale de Michael Dozier et Michel Gaumont avec 17 artistes et musiciens sur scène dont Sylvie Desgroseilliers, Michael Dozier, Franck Julien, Andrew Leader,Jimmy Dooley et Skipper Dean.Réservez dès maintenant : Théâtre Corona billeterie@theatrecorona.com lundi au samedi 12h à 18h 514 931-2088 réseau Admission www.admission.com 514 790-1245 3555507A ARTS ET SPECTACLESMUSIQUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE «C\u2019est comme ça : durant toutes les années que j\u2019ai passées avec Kanye, nous n\u2019avons jamais joué à Montréal.Et maintenant qu\u2019il vient (en mai, au Centre Bell), je n\u2019y serai pas ! » lance Alain Macklovitch (cadet de David, du duo Chromeo), joint à New York, quelques jours avant son propre concert, ce soir, à la SAT.Toute une nouvelle pour les amateurs de hip-hop.A-Trak était le bras droit de Kanye West depuis le début de sa carrière solo.Pour les Montréalais et les musiciens de la scène hip-hop qui espèrent un jour vivre de leur art, il y avait quelque chose de rassurant à voir le jeune DJ, casquette vissée sur la tête, aux côtés de Kanye West à chacune de ses apparitions.Comme s\u2019il était vraiment permis de rêver\u2026 Il faut dire qu\u2019en matière de réussite professionnelle dans ce milieu fortement axé sur le talent américain, le parcours du jeune musicien est phénoménal.Sa réputation n\u2019est d\u2019ailleurs plus à faire.Une semaine après avoir annoncé à Kanye West qu\u2019il ne serait pas le directeur artistique de sa prochaine tournée, A-Trak a reçu une offre pour le moins alléchante du bonze du hip-hop new-yorkais Jay-Z.«J\u2019ai dit à Kanye que je voulais me consacrer à mes propres projets.Il l\u2019a bien pris, ça n\u2019a pas été un problème.Je lui ai recommandé un ami pour me remplacer.Mais je ne pouvais pas accepter l\u2019offre de Jay-Z, dit-il.Je ne voulais pas froisser Kanye.» A-Trak a cependant accepté de conseiller le mari de Beyoncé et a passé une semaine avec lui à Miami afin de peaufiner la prochaine tournée.« Graduation (NDLR : plus récent album de West) venait de paraître, je savais que la tournée me mènerait encore une fois aux quatre coins du globe pendant au moins un an, explique A-Trak.Ça faisait déjà un moment que j\u2019espérais m\u2019investir dans ma carrière solo, alors j\u2019ai annoncé que je ne l\u2019accompagnerais pas.» DJ extraordinaire, A-T rak a par ailleurs mis au point sa propre spécialisation: directeur musical d\u2019un orchestre de hiphop.Un métier appris sur le tas, peaufiné alors même que Kanye West passait de jeune producteur prometteur à pop star mondiale et fabricant de tendances.«C\u2019est ça que j\u2019aimais, en travaillant avec Kanye : c\u2019est un gars ouvert d\u2019esprit, toujours à l\u2019affût de la nouveauté, qui n\u2019a pas peur de se réinventer.Ses premiers concerts, il n\u2019y avait que lui, John Legend et moi.Au fur et à mesure que des musiciens se greffaient, c\u2019est moi qui dirigeais l\u2019allure du concert.Grâce à ça, j\u2019ai pu me forger une place et innover à ma manière.» Pour A-Trak, le meilleur reste encore à venir, maintenant qu\u2019il revient à sa ca r r ière solo, et à son nouveau label.«Pendant longtemps, j \u2019ai dirigé le label Audio Resea rch, connu pour ses productions hip-hop underground typées.Mais aujourd\u2019hui, ma musique m\u2019amène à faire le pont entre le hip-hop et l\u2019électro, et peu de labels ici s\u2019y consacrent.» A-Trak et les membres de son label Fool\u2019s Gold (Sinden, Steve Aoki) seront à la SAT ce soir, à l\u2019invitation de Peer Pressure, des soirées NEON et de la Red Bull Music Academy.A-Trak, en concert ce soir, à compter de 21h, à la SAT (1195, boulevard Saint-Laurent).A-TRAK À LA SAT De nouveaux et vastes horizons PHOTO BIZ3 PUBLICITY «Aujourd\u2019hui, ma musique m\u2019amène à faire le pont entre le hip-hop et l\u2019électro, et peu de labels ici s\u2019y consacrent », dit A-Trak, en concert ce soir à la SAT.A-Trak est le plus important Québécois sur la planète hip-hop.À l\u2019âge de 15 ans seulement, le jeune prodige des platines a remporté le prestigieux DMC World DJ Championship, pour ensuite s\u2019emparer des plus grands honneurs aux deux autres concours internationaux de turntablism, Vestax et ITF.Après avoir passé presque quatre ans aux côtés de Kanye West à titre de DJ et de directeur musical, A-Trak se consacre désormais à ses projets personnels.« Je savais que la tournée me mènerait encore une fois aux quatre coins du globe pendant au moins un an.Ça faisait déjà un moment que j\u2019espérais m\u2019investir dans ma carrière solo, alors j\u2019ai annoncé à Kanye que je ne l\u2019accompagnerais pas.» lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 9 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE SYLVIE ST-JACQUES Trois cantatrices jouent du coude pour décrocher le meilleur rôle, le plus somptueux costume et le plus gros cachet.Avec leurs attributs et leur charme distinctif, elles déclinent trois facettes de la séduction.Leurs motivations, ni très nobles ni métaphysiques, se résument à peu près à cela: assurer sa survie et sauver sa peau.Sophie Cadieux fait Annina, Sylvie Drapeau fait Lucrezia et Pascale Montpetit fait Tognina.Aux commandes: Carl Béchard, le maître d\u2019oeuvre du Malade imaginaire, grand succès de la saison 2005-2006 du TNM.Je rencontre les trois actrices dans les bureaux du théâtre de la rue Sainte- Catherine.De façon unanime, elles font valoir le côté universel et intemporel du texte qu\u2019elles s\u2019apprêtent à livrer.«Nos personnages sont des wheeler dealers.Les subventions n\u2019existaient pas dans ce temps-là, alors tu n\u2019avais que toi sur qui compter pour te défendre», fait valoir Pascale Montpetit, qui a été dirigée par Carl Béchard dans Toc Toc et Le malade imaginaire.Pour cette faste production qui clôt la saison du TNM, Béchard a privilégié l\u2019esprit de troupe.«On n\u2019a pas vraiment le temps de se réchauffer et d\u2019entrer dans notrepersonnage.Il faut toujours être «sur le piton» et prêtes à arriver sur la scène», évoque Montpetit, ajoutant que l\u2019esprit de troupe prédomine dans cette traduction de Goldoni signée Marco Micone.«Carl (Béchard) ne voulait pas tomber dans la mécanique de la commedia dell\u2019arte avant d\u2019avoir compris la tragédie de ces gens-là qui ont faim», d\u2019ajouter Sophie Cadieux.La course des choux à la crème L\u2019imprésario de Smyrne raconte les pérégrinations d\u2019un impresario turc qui, en séjour à Venise, entend construire une troupe formée de chanteurs d\u2019opéra.Mais entre les chanteurs et l\u2019impresario, s\u2019infiltrent des intermédiaires sans scrupule, qui promettent monts et merveilles aux artistes.«Tout le monde pense connaître le secret pour répondre aux exigences de l\u2019imprésario et décrocher le rôle», révèle Sophie Cadieux.On devine, bien entendu, que ces manipulations et magouilles mettent en relief le caractère bassement opportuniste de cette bande d\u2019ambitieux.«Ce qui ressort, c\u2019est l\u2019injustice de tout ça.Les choix sont basés sur des manipulations, sur les apparences.En fait, cela s\u2019apparente beaucoup au métier d\u2019acteur», reconnaît Cadieux.L\u2019imprésario de Smyrne, confirme Sylvie Drapeau, peut être perçu comme un clin d\u2019oeil au métier d\u2019acteur, aux rivalités qui s\u2019installent entre les artistes prêts à tout pour atteindre la gloire.Et la fébrilité est palpable, chez ces drôles d\u2019oiseaux qui veulent à tout prix se maintenir dans la haute voltige du succès et éviter à tout prix de crasher dans le troisième sous-sol de l\u2019oubli.«Il est beaucoup question des illusions des chanteurs», évoque Pascale Montpetit, en reconnaissant toute l\u2019autodérision qui transpire de ce spectacle.«Les artistes s\u2019illusionnent sur la noblesse de leurs sentiments, de leur art, de leur créativité.Tandis que leurs motivations profondes sont beaucoup plus triviales.Nos personnages sont habillés comme des gâteaux à la crème, tandis qu\u2019ils n\u2019ont même pas d\u2019argent pour payer la gondole ou le cordonnier!» L\u2019artisanat du théâtre «C\u2019est tout simple, Goldoni.Mais quand c\u2019est bien fait, cela peut être très beau et plein d\u2019humanité », exprime Sylvie Drapeau, qui suggère que ce dévoilement de la trivialité des ambitions et des prétentions humaines démontre à quel point les humains sont tous identiques.Sur le plan esthétique et visuel, Carl Béchard a privilégié la douceur et une certaine sobriété.Les costumes, même les plus extravagants, sont confectionnés avec du lin et non du satin.Et les teintes prédominantes sont le crème, le pastel.Les mécaniques du théâtre seront aussi exposées au grand jour, dans cet Imprésario de Smyrne dont la distribution compte une «vraie» cantatrice.«Par exemple, une gondole se déplace en étant tirée par un être humain.On sent la troupe qui est en train de faire une prestation.On ne fait pas semblant que c\u2019est vrai.On montre le jeu», explique Sophie Cadieux.Puis, enfiligrane, ilyaégalement la sensualité italienne qui devrait faire son chemin.Celle déployée par la très belle Lucrezia (Drapeau), qui fait se lever le soleil, chaque fois qu\u2019elle arrive sur la scène.«C\u2019est de la concurrence déloyale!» s\u2019esclaffe Pascale Montpetit.L\u2019apport de l\u2019écrivain Marco Micone \u2014 l\u2019Italien naturalisé Montréalais, qui a traduit Goldoni avec un souci de clarté et de limpidité \u2014 fait ressortir la modernité de Goldoni.«Marco, qui est un immigrant, transmet l\u2019idée du voyage, de chercher une meilleure vie ailleurs.Un thème qui est traité dans la pièce, à travers l\u2019ambition des chanteurs de faire entendre leurs sublissimes voix à Smyrne», remarche Pascale Montpetit.Et puis, dans ce Venise au temps du carnaval, les masques finissent par tomber pour mettre à nu toute la tristesse de ces artistes pauvres comme Job.«C\u2019est la vie qui domine, dans cette façon de nous battre, d\u2019aller de l\u2019avant.Tout le monde peut se reconnaître dans ces archétypes », lâche Sylvie Drapeau.Sous l\u2019effervescence et même l\u2019hystérie de l\u2019opéra, l\u2019humanité reprend ses droits.Et le bal des ego culminera vers la conclusion fatale que même si l\u2019on atteint les sommets de la gloire, on est bien peu de chose sans les autres.L\u2019imprésario de Smyrne, de Goldoni, du 15 avril au 10 mai au Théâtre du Nouveau Monde.GOLDONI, È LA VITA! POURQUOI MONTER GOLDONI DE NOS JOURS?PARCE QUE L\u2019ESPRIT CLOWNESQUE DE L\u2019IMPRÉSARIO DE SMYRNE ET D\u2019ARLECCHINO SERVITORE DI DUE PADRONI EST UN REDOUTABLE ANTIDOTE À LA MOROSITÉ.PARCE QU\u2019ELLES SE FONT SI RARES, AUJOURD\u2019HUI,LESPRODUCTIONS IRRÉSISTIBLEMENTFESTIVES.MAISSURTOUT,COMMELEFAITSAGEMENTREMARQUERSYLVIE DRAPEAU \u2014 QUI CAMPERA LUCRETIA, SUR LES PLANCHES DU TNM \u2014 PARCEQUE «GOLDONI, C\u2019EST LA SIMPLICITÉ DE LA VIE».SYLVIE ST-JACQUES «C\u2019est le rôle qui a consacré ma carrière et m\u2019a donné la plus grande joie », avoue en entretien téléphonique le vif et sympathique comédien, qui s\u2019apprête à livrer sur les planches de la Place des Arts le rôle qu\u2019il a joué plus de 2000 fois.Cette production du Piccolo Teatro de Milan, jouée à peu près sans relâche depuis 1947, prendra l\u2019affiche de la salle Maisonneuve du 7 au 11 mai.Goldoni a écrit Arlequin serviteur de deux maîtres pour rendre hommage à une tradition perdue, qui privilégiait le jeu, le masque et la virtuosité des acteurs.En plus de 60 ans, ce spectacle s\u2019est promené sur les scènes du monde entier et le rôle d\u2019Arlequin n\u2019a été interprété que par Marcello Moretti et Ferrucio Soleri.«Strelher était un génie du théâtre, qui a compris qu\u2019il faut jouer, pour amuser le public sans penser.» Ferrucio Soleri souligne que le jeu qu\u2019il a développé pour Arlecchino servitore di due padroni n\u2019est pas complexe, autant sur le plan psychologique, qu\u2019intellectuel.«Strehler a pensé à nous faire jouer avec les masques.De façon incroyable, on arrive à se faire comprendre sans parler.» Arlequin, poursuit le mythique comédien, est un personnage analphabète qui, malgré son absence de culture, a un caractère incroyable.«Sans l\u2019aide de personne et seulement avec sa force, il peut obtenir tout ce qu\u2019il veut.Malgré tout, il est très simple: c\u2019est un homme avec un cerveau d\u2019enfant», résume l\u2019acteur.Metteur en scène qui a trouvé son auteur, Giorgio Strehler (disparu en 1997)areprislatraditionde la commedia dell\u2019arte, un genre oublié pendant deux siècle en Italie.Le cofondateur (avec Paolo Grassi) du Piccolo Teatro a consacré sa prolifique carrière à la réalisation d\u2019un théâtre humain.Avec Goldoni, bien entendu, mais aussi en touchant à Shakespeare, Tchekhov, Goethe, Brecht et Pirandello, dans quelque 200 mises en scène.Ferrucio Soleri, qui entend incarner Arlequin tant que son corps le lui permettra, est le transmetteur de l\u2019esprit de Strehler.«Quand je suis seul devant le public et que j\u2019entends quelques mots, quelques rires, j\u2019aime bien improviser.Cela peut survenir à quatre ou cinq reprises pendant un spectacle.J\u2019adore cela.J\u2019y trouve une grande satisfaction.» Arlecchino servitore di due padroni, du Piccolo Teatro de Milan, du 7 au 11 mai à la salle Maisonneuve de la Place des Arts.ARLECCHINO SERVITORE DI DUE PADRONI À LA PLACE DES ARTS Dans la peau d\u2019Arlequin depuis 47ans PHOTOS DIEGO CIMINAGHI À ses premiers pas comme acteur de théâtre, un prof de la compagnie nationale d\u2019art dramatique de Rome a eu un flash prémonitoire à l\u2019endroit de Ferrucio Soleri: celui-ci était Arlequin.Quarante-sept ans après avoir pris le relais de Marcelo Morreti, dans la mise en scène de Giorgio Strehler d\u2019Arlecchino servitore di due padroni, Soleri s\u2019illustre toujours, à 79 ans, comme l\u2019ambassadeur par excellence du Piccolo Teatro deMilan.En Tognina, Lucrezia et Annina, PascaleMontpetit, Sylvie Drapeau et Sophie Cadieux forment un redoutable trio de cantatrices toujours prêtes à abuser de leur pouvoir de séduction.L\u2019IMPRÉSARIO DE SMYRNE AU TNM Commedia dell\u2019arte et autodérision SYLVIE ST-JACQUES C\u2019est un peu grâce à Robert Lepage que Ferruccio Soleri et le Piccolo Teatro de Milan s\u2019apprêtent à traverser l\u2019Atlantique pour faire découvrir au public montréalais l\u2019héritage de Giorgio Strehler.«Lorsque le TNM a fêté ses 50 ans, nous nous sommes donné la mission d\u2019ouvrir notre théâtre à de grandes compagnies internationales, tous les deux ans.Robert Lepage nous avait alors suggéré de rencontrer le Piccolo Teatro», raconte Lorraine Pintal.L\u2019idée a fait son chemin dans la tête de la directrice du TNM.En plus de souligner les 300ans de Goldoni en programmant à sa saison L\u2019imprésario de Smyrne, la dame de théâtre a pris contact Angelo Mazzone de l\u2019Institut culturel italienàMontréal et s\u2019inscrire dans les festivités mondiales autour de cet anniversaire.«Il m\u2019a lui aussi parlé de cet acteur de 78 ans qui jouait dans cette mise en scène de Strehler créée en 1947.Nous nous sommes vite entendus sur la nécessité d\u2019inviter Arlechino en même temps que notre Goldoni», exprime Lorraine Pintal, qui soutient que ce printemps italien est né «d\u2019un amour pour Goldoni et du désir de faire se rencontrer des acteurs».En marge d\u2019Arlequin et Smyrne, l\u2019Institut culturel italien proposera une exposition, un festival de cinéma ainsi que des débats et conférences.«La culture est la meilleure façon de lier les communautés et établir le dialogue.Et leQuébec a énormément d\u2019affinités avec l\u2019Italie!» Brise italienne sur Montréal ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 A V R I L 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 11 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE 1 2 3 TRIO SYLVIE ST-JACQUES lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PREMIÈRE ANGLOD\u2019À TOI, POUR TOUJOURS, TA MARIE-LOU Jouée pour la première fois au Quat\u2019Sous en 1971, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou n\u2019a jamais été présentée en anglais à Montréal.À compter du 22 avril, le Centaur prête sa scène à la traduction de John Van Burek de ce classique de la dramaturgie québécoise, qui dépeint le boulevard Saint-Laurent des années 70.Pour infos: www.centaurtheatre.com ÇA SENT LA FIN D\u2019ANNÉE AU CONSERVATOIRE Les élèves de troisième année du Conservatoire d\u2019art dramatique de Montréal convient le public aux représentations de la pièce Il était onze heures le soir, créée et mise en scène par Reynald Robinson.L\u2019entrée sera gratuite pour cette pièce qui tiendra l\u2019affiche de la Cinquième Salle de la Place des Arts à compter du 18 avril.On peut se procurer un laissez-passer (obligatoire) au guichet de la PDA (514 842-2112).TROISIÈME TOUR DE PISTE DES SANSNOMS La Société sans Noms présentera, demain, le troisième volet de ses lectures publiques livrées sur la scène du Rideau Vert.Encore une fois, pour privilégier le texte et créer l\u2019effet surprise, les noms des lecteurs seront tenus secrets jusqu\u2019à la dernière minute.On sait toutefois qu\u2019ils liront Phèdre de Jean Racine.Pour plus d\u2019infos: www.rideauvert.qc.ca À pareille date l\u2019année dernière, TransThéâtre ralliait une belle bande d\u2019artistes et de spectateurs à bout de nerfs avec son premier Cabaret insupportable.Les codirecteurs Brigitte Poupart et Michel Monty s\u2019apprêtent à reprendre ce défoulement collectif qui soulignait les 16 ans de la compagnie.Pour cette seconde mouture, ils ont convié une trentaine de leurs amis artistes sur la scène du Lion d\u2019or.L\u2019objectif : repousser les limites de la tolérance.SYLVIE ST-JACQUES «TransThéâtre est passé à l\u2019âge adulte.Cette année, on a pensé investir tous les champs culturels comme la danse, la radio, le documentaire, dans un exercice de convergence », lance le metteur en scène Michel Monty, dans un café du Mile End.Àses côtés, lemaîtredecérémonie Stéphane Crête enchaîne en parlant de son rôle d\u2019animateur trop jovial et heureux, qui compte écoeurer les spectateurs avec ses formules sirupeuses et sa vénération sans borne des vedettes.En d\u2019autres termes, il a été engagé pour insupporter les spectateurs, entre deux numéros tout aussi insupportables.«C\u2019est une sorte de clin d\u2019oeil au culte de la vedette.Mon personnage méprise les inconnus, ceux qui viennent de sortir de l\u2019école de théâtre.Il essaie de recevoir l\u2019approbation du public, en disant que c\u2019est plate, les nobodys.» Une bonne partie de la version originale est restée intacte, dans cettedeuxièmeproduction du Cabaret insupportable, qui prendra 12 soirs l\u2019affiche du Lion d\u2019or.«L\u2019habillage est différent », souligne Michel Monty, qui a invité cette année des artistes d\u2019autres disciplines (comme le chorégraphe Dave St-Pierre.) «En gros, ça ressemble à la bandeannonce d\u2019un film dont le scénario n\u2019est pas écrit», ironise Michel Monty, un habitué des demandes de subvention où l\u2019on demande aux artistes de décrire leur emploi du temps pour les quatre années à venir.«On va plutôt dévoiler des extraits des spectacles que TransThéâtre compte monter dans les 10 prochaines années», blague Monty.La catharsis par l\u2019insupportable Outre l\u2019énervante prestation du MC Crête en lécheur de vedettes, le Cabaret insupportable nous réserve de nombreuses charges contre les petits et grands irritants de la vie moderne.François Parenteau, par exemple, reprend son personnage de « siffleux» à l\u2019élocution énervante.Didier Lucien va jouer la carte du malaise.Michel-André Cardin va à nouveau interpréter son impayable version d\u2019une chanson de Richard Desjardins.«La formule cabaret nous permet de rester sur la corde raide et nous maintient dans une sorte de fragilité.Le public apprécie cela », estime Stéphane Crête qui, justement, veut repousser les limites des spectateurs jusqu\u2019à ce que ceux-ci manifestent leur exaspération.Selon Michel Monty, le public québécois entretient un respect démesuré pour le travail des artistes.Contrairement aux Français, les spectateurs québécois n\u2019exercent pas leur droit de se lever et de s\u2019en aller.«Le travail de TransThéâtre est orienté en fonction du public », affirme le metteur en scène qui, avant toute chose, veut répondre au désir du spectateur d\u2019être ébranlé, diverti, stimulé par le théâtre.«Il n\u2019y a pas de quatrième mur dans le Cabaret insupportable.Certains numéros se passent dans la salle.D\u2019autres critiquent l\u2019industrie du spectacle ou le culte de la vedette et l\u2019obsession de l\u2019image au détriment des idées.«L\u2019impact est d\u2019autant plus grand, quand ce sont des gens connus (tels que Christian Bégin) qui tournent en dérision le culte de la vedette », énonce Monty.Prêts à être hérissés jusqu\u2019à plus soif ?TOLÉRANCE ZÉRO SYLVIE ST-JACQUES COUPS DE THÉÂTRE Mardi dernier, j\u2019ai rencontré Michel Monty et Stéphane Crête pour parler de la reprise du Cabaret insupportable, un délire collectif signé TransThéâtre.L\u2019année dernière à pareille date, ce spectacle à numéros \u2013 la moitié du bottin des artistes avait accepté participer à la fête \u2013 avait fait un malheur.Le concept : décliner sur la scène du Lion d\u2019or les petits comme les grands irritants de l\u2019existence.En jovial maître de cérémonie, qui vénère les vedettes et méprise les nobodys, Stéphane Crête fera le lien entre les numéros.Son objectif: insupporter les spectateurs jusqu\u2019à ce qu\u2019ils lui balancent des «ta gueule », voire quelques claques à la figure.«Au Québec, le public est trop gentil.Les gens n\u2019osent pas se lever et sortir quand quelque chose leur déplaît », a-t-il fait valoir en entrevue.Michel Monty a pour sa part abordé le souci de la compagnie TransThéâtre de créer des oeuvres qui rejoignent le public.Bref, d\u2019être accessible, si j\u2019ai bien compris.Belle coïncidence: pour la première fois de ma vie, la veille, c\u2019est précisément ce que j\u2019avais fait, prendre mes cliques et mes claques et quitter la salle au beau milieu d\u2019un spectacle.Le lieu du crime était l\u2019Usine C, à la soirée-bénéfice de la compagnie Sibyllines, où l\u2019on présentait des extraits de diverses mises en scène de Brigitte Haentjens réalisées depuis 1997.On nous avait promis les temps forts des 10 années de création de Sibyllines.Mais en guise d\u2019introduction, on a réchauffé les donateurs de la soirée avec un peu d\u2019humour pour théâtreux avertis.Toujours est-il que je n\u2019ai pas eu le bonheur de revoir sur scène James Hyndman dans La nuit juste avant les forêts ni Marc Béland dans Hamlet-Machine.J\u2019ai quitté la salle de l\u2019Usine C pendant le discours d\u2019hommage de Céline Bonnier à Brigitte Haentjens.L\u2019actrice n\u2019en finissait plus de ridiculiser tous les pauvres esprits qui veulent à tout prix qu\u2019une oeuvre théâtrale soit accessible.«Pour rendre plus accessible le travail de Brigitte, j\u2019ai pensé par exemple vendre des jeux de cartes avec des photos de tous ceux qui ont joué nus dans les pièces de Sibyllines », blaguait Bonnier, avant de se lancer dans une suite d\u2019inside sur le manque de ponctualité de Sébastien Ricard ou la fâcheuse tendance des journalistes à poser des questions \u2013 non mais, quelle aberration! \u2013 sur le sens des pièces de Brigitte.Je vais au théâtre environ deux à trois fois par semaine.Il m\u2019arrive d\u2019être insupportée par des pièces trop longues, des mises en scène bâclées, des textes qui ne méritaient pas d\u2019être montés.Et oui, parfois, il m\u2019arrive de tomber sur des trucs «inaccessibles », réservés à une très restreinte catégorie de spectateurs.Pourtant, je n\u2019ai jamais classé les oeuvres de Sibyllines dans la catégorie de l\u2019hermétisme.Toujours est-il que je m\u2019étais rendue à l\u2019Usine C pour voir des extraits de pièces de Brigitte Haentjens et qu\u2019en guise de horsd\u2019oeuvre, j\u2019ai eu droit, comme spectatrice, à une claque en plein visage.Du mépris déguisé en inside jokes pour amis et complices triés sur le volet.Après ça, on s\u2019étonne que plein de gens \u2013 et pas les plus bêtes! \u2013 disent ne jamais mettre les pieds au théâtre.Lundi soir, à l\u2019Usine C, j\u2019ai exercé mon droit fondamental de spectatrice en me levant et en quittant la salle.Tout ça était un peu trop inaccessible et insupportable.COURRIEL Pour joindre notre chroniqueuse : sstjacqu@lapresse.ca Spectateurs debout Je m\u2019étais rendue à l\u2019Usine C pour voir des extraits de pièces de Brigitte Haentjens.En guise de horsd\u2019oeuvre, j\u2019ai eu droit, comme spectatrice, à une claque en plein visage.Du mépris déguisé en inside jokes pour amis et complices triés sur le volet.ENTREVUE STÉPHANE CRÊTE ET MICHEL MONTY lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE «La formule cabaret nous permet de rester sur la corde raide et nous maintient dans une sorte de fragilité.Le public apprécie cela», estime Stéphane Crête (à gauche), qui souhaite repousser les limites des spectateurs jusqu\u2019à ce que ceux-ci manifestent leur exaspération.On le voit ci-dessus en compagnie de son compliceMichel Monty.CETTE SEMAINE Cabaret insupportable II, du 14 avril au 27 mai au Lion d\u2019or.L\u2019impresario de Smyrne, du 15 avril au 10 mai au TNM lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 4 8 Sarah Lamb Royal Ballet David Makhateli Royal Ballet Céline Cassone Grand Théâtre de Genève Bruno Roy Grand Théâtre de Genève Tara Birtwhistle Royal Winnipeg Ballet Dmitri Dovgoselets Royal Winnipeg Ballet Ilhan Karabacak Istanbul, Turquie Joseph Webb Artiste Independent Krisztina Pazár Ballet National de Hongrie Zoltán Oláh Ballet National de Hongrie Tamako Akiyama Compañia Nacional de Danza Dimo Kirilov Compañia Nacional de Danza Filipa de Castro Ballet National du Portugal Carlos Pinillos Ballet National du Portugal Rasta Thomas Bad Boys of Dance Adrienne Canterna Pretty Girls of Dance les artistes interprètes des Ballet Jazz de Montréal 13 Nouvelles Étoiles! 10 premières jamais présentées à Montréal! 3555163A CHAFOUINS RUDIBONLANTE K ST-CHRÈME MÉTORFÔSE RUDIBONLPAUNTTAEILLE HUC OUC CHAFOUINSIMAGÈNEST-CHRÈME MÉTORFÔSE RUDIBONLANTE ÉPORMYABLE PUTAILLE LYSTÉ PHALÈNES PUTAILLE DÉ NORO ST-CHRÈME MÉÉTPOORRFMÔSYEABLE PUTAILLE KEUKEU KLYSTÉ PHALÈNES ST-CHRÈMDÉENORO RUDIBONLANTE ÉPORMYABLE CODDINS PUTAILLE IMAGÈNE UKEU CSHTÉAFOUINS PHALÈNES REFUS GLOBAL CHAFOUINS ST-CHRÈME CHRÈME PUTAILLE MÉTORF RUDIBONLANÉPTOERMABLE CODDINS PUTAILLE HUC OUC AFOUINSIMAGÈNEST-CHRÈME MÉTORFÔSE RUDIBONLANTE OUC É PHALÈNESPUTAILLE HRDÈÉMNEORO MÉÉTPOORRFMÔSYEABLE PUTAILLE HUC KEIMUAKGEÈUNE KLYSTÉ PHALÈNES HRÈMDÉENORO RUDIBONLANTE PUTAILLE IMAGÈNE EU CKHLYASFTOÉUINS HALÈNES CHAFOUINS CRÈME PUTAILLE ST-CHRÈME ST-CHRÈME ÉPORMYAB IMAGÈNE H KEUKE C ST-CHRÈM MÉTOR HUC RUDIBONLANTE IMAGÈNE DÉPNHOARLOÈNES MÉÉTPOORRFMÔSYEABLE PUTAILLE KEIMUAKGEÈUNE CHAKFLOYSUTINÉS PHALÈNES ST-CHRÈMDÉENORO PUTAILLE IMAGÈNE KEUKEU KLYSÉTPÉORMYA PUTAILLE KE ST-CH P IMAG CHAFOUIN PUTAIL IMAGÈNE IMAGÈN REFUS GLOBAL KLYSTÉ KEUKEU HUC HUC HU ST-CHRÈME MÉTORFÔSE KEUK ST-CHRÈME C KEUK HUC ÉTORFÔSE RÈME ÉPORMYABLE RÉMYGIRARD KLYSTÉ REFUS KLYSTÉ ST-CRÈM PUTAILLE CLAUDE GAUVREAU KLKYRSLEYTFSÉUTKSÉLGYKSLLOTYÉBSATÉL ENCHANSONNE 16 au 26 avril 1345, av.Lalonde, Montréal Guichet 514.521.4493 usine-c.com Admission 514.790.1245 admission.com Billets à tarifs réduits disponibles en prévente seulement.Idée originale Rémy Girard Textes Claude Gauvreau Musique originale Jean-Fernand Girard Mise en scène Normand Chouinard Décor et costumes Jean Bard Eclairages Claude Accolas Vidéo Christian Pomerleau Une production Les Quêteux Lunaires en collaboration avec l\u2019Usine C Supplémentaires dimanche 20 et 27 avril, 15 h 3552849A 3552850 ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE JEUNE PUBLIC JEAN SIAG CRITIQUE Ils sont trois sur scène.Le jeune Stanislas, le vieux Walter\u2026 et un mur.Mais ce mur, érigé quelque part dans un pays arabe, a une voix.Celle du dialogue et de la réconciliation.Et il jouera un rôle-clé dans le rapprochement des deux hommes\u2026 avant d\u2019être démoli par un bulldozer.Après le décès de sa mère, Stanislas Walter LeGrand rejoint un vieil homme censé être son père.Mais le garçon, refermé sur lui-même et trop orgueilleux, refuse d\u2019entrer en relation avec lui.D\u2019où la métaphore du mur, qui occupe toute la scène de la Maison Théâtre.C\u2019est, bien sûr, une histoire humaine, mais on ne peut s\u2019empêcher de faire un parallèle avec tous ces murs qui ont divisé les peuples dans l\u2019histoire politique récente, et plus particulièrement au Moyen-Orient, lieu probable de l\u2019action.Ce mur donc, dans lequel se trouve littéralement imbriqué le comédien Gabriel Lessard, parvient à entrer dans la bulle de Stanislas et à le toucher par sa propre histoire, vieille de mille ans ! Le jeune garçon trouvera en lui le courage d\u2019accepter sa condition et aussi de donner une chance à son père.Il faut souligner le travail du metteur en scène, Serge Marois, et du scénographe, Paul Livernois, qui donnent réellement vie à ce mur, pivot de l\u2019histoire.Les éclairages de Claude Cournoyer accentuent les reliefs étonnants qui s\u2019y trouvent et mettent bien en valeur «la voix» qui se déplace.Créé l\u2019automne dernier, le texte de Sébastien Harrisson (D\u2019Alaska), est vif, clair et lumineux, en ce sens qu\u2019il est aussi porteur d\u2019espoir.Malgré la dureté du sujet, les élèves de cinquième et de sixième année qui ont assisté à la représentation d\u2019hier matin, semblaient à la fois captivés par le récit et le dispositif scénique.Les comédiens sont tous trois excellents.Richard Fréchette, qui interprète le rôle de Walter, donne le ton.Celui qu\u2019on a vu récemment au cinéma dans Le secret de ma mère et Sur le seuil, joue juste et bien.Son accent d\u2019Anglais ajoute au fossé qui le sépare de son fils francophone.Simon Boulerice, qui lui donne la réplique dans le rôle de Stanislas Walter LeGrand et qu\u2019on a vu récemment à Fred- Barry dans la pièce Comme vous avez changé (qu\u2019il a coécrite), joue bien le garçon inquiet, tourmenté et révolté, même s\u2019il donne parfois dans la caricature.Enfin, « la voix » du mur, est celle de Gabriel Lessard, qui a fait ses débuts au cinéma dans le film Borderline, de Lyne Charlebois.On le voit peu, mais sa présence est bien réelle.Et l\u2019effet est réussi.Ses apparitions s\u2019amarrent très bien aux dialogues du père et du fils.En tout cas, cette production de L\u2019Arrière Scène donne envie (ou non) d\u2019entendre parler les murs du Moyen-Orient.Qui en ont sûrement ras le bol de se faire confier des messages haineux.Et qui peinent à trouver une langue universelle.Stanislas Walter LeGrand, de L\u2019Arrière Scène.ÀlaMaison Théâtre jusqu\u2019au 27 avril.Pour les8à 12 ans.STANISLAS WALTER LEGRAND Le mur de la réconciliation PHOTO FRANÇOIS GÉLINAS, FOURNIE PAR LA PRODUCTION Les comédiens sont excellents.Richard Fréchette (à droite), que l\u2019on voit ici aux côtés de Simon Boulerice, donne le ton.Le texte de Sébastien Harrisson est vif, clair et lumineux, en ce sens qu\u2019il est aussi porteur d\u2019espoir.Tous les jours dans ARTS SPECTACLES EN PRIMEUR CE SOIR.M.EUR CE SOIR.lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 13 25 SEPTEMBRE BILLETS EN VENTE CE LUNDI À MIDI! 5 NOVEMBRE CENTRE BELL ADMISSION AU 514.790.1245 / 1.800.361.4595/ WWW.GEG.CA ACHATDEBILLETS WWW.BLUEMAN.COM WWW.HOWTOBEAMEGASTAR.COM Album incluant \u201c1234,\u201d \u201cMY MOON MY MAN\u201d & \u201cI FEEL IT ALL\u201d MEILLEUR DE 2007 DANS: NEW YORK TIMES, SPIN, ROLLING STONE, WALL STREET JOURNAL, LA TIMES, PASTE, PITCHFORK, STEREOGUM, WASHINGTON POST, THE ASSOCIATED PRESS, NEWSWEEK, NPR.BILLETS EN VENTE DÈS MAINTENANT! 3540279A Kent nagano, directeur musical présenté par À ne pas manquer! Une série de trois concerts mettant en vedette le virtuose canadien Louis Lortie.L\u2019artiste termine ainsi son intégrale des concertos pour piano de Mozart, à la somptueuse Basilique Notre-Dame.Basilique Notre-Dame 1er mai 19 h 30 Concerto pour une comtesse mOZaRT, Concerto pour piano nº 8, K.206 RaVEL, Rapsodie espagnole mOZaRT, Concerto pour piano nº 19, K.459 6 mai 19 h 30 Mozart et Ravel RaVEL, Pavane pour une infante défunte mOZaRT, Concerto pour piano nº 18, K.456 RaVEL, Menuet antique mOZaRT, Concerto pour piano nº 26, « du Couronnement » K.537 11 mai 19 h 30 L\u2019ultime concerto de Mozart RaVEL, Le Tombeau de Couperin RaVEL, Ma Mère l\u2019Oye mOZaRT, Concerto pour piano nº 27, K.595 ÉCONOmiSEZ 15% en vous abonnant aux 3 concerts Mozart, Ravel et Lortie Un trio à ne pas manquer! Saison 2008-2009 maintenant dévoilée sur osm.ca Billets : 514.842.9951 \u2013osm.ca Tarif spécial pour les 18\u201334 ans 3554600A ARTS ET SPECTACLES ENTRACTE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ISABELLE MASSÉ entracte@lapresse.ca SÉPARÉS À LA NAISSANCE EN HAUSSE\u2026 EN BAISSE LA RADIO PARLÉE «L\u2019avenir m\u2019inquiète, parce que les gens vont à la radio pour s\u2019informer avant tout!» a dit André St-Amand de Rythme-FM, cette semaine.Le bonheur des dirigeants du 98,5 et de la Première chaîne de Radio-Canada fait le petit malheur de ceux des radios musicales.Les résultats du dernier sondage BBM confirment la popularité grandissante de la radio parlée à Montréal: respectivement 14,2% et 12,7% de parts de marché pour le 98,5 FM et la Première chaîne.Loin derrière, CKOI ne récolte plus que 7,1% de parts de marché.Une solution: des chanson parlées dans la programmation?Vite, Lucien Francoeur, à la rescousse! MONTRÉAL On précise: le Montréal qui rime avec «festival».Cette semaine, les organisateurs des grands festivals estivaux de la ville n\u2019ont pas caché leur jalousie à la suite du versement de 15millions au Luminato de Toronto.La Ville reine fait plus que jamais de l\u2019ombreàMontréal, car le gouvernement provincial est vraiment plus généreux avec ses dirigeants culturels.«J\u2019espère que ça va interpeller nos politiciens locaux et provinciaux», a lancé Gilbert Rozon, qui a souvent prouvé qu\u2019il pouvait faire beaucoup avec beaucoupmoins.ILS, ELLESONT DIT\u2026 «Je n\u2019ai aucun malaise d\u2019avoir réussi.Je vis bien avec l\u2019idée de faire de l\u2019argent.» \u2014Josiane Balasko, vedette de L\u2019auberge rouge, à La Presse.«Fabienne Larouche est la solution à tous nos problèmes.Incluant la famine dans le monde et la baisse de natalité dans les pays industrialisés.» \u2014Marc Labrèche, à 3600 secondes d\u2019extase.«Ce week-end, la rue Sainte-Catherine est montée d\u2019un cran au niveau intellectuel.» \u2014Pierre Brassard, commentant le passage de Paris Hilton dans unmagasin de chaussures deMontréal, à Flash.«Séparez-vous avec nous! Imaginez le Québec et la Colombie-Britannique réunis: la meilleure bouffe et les plus belles filles du monde!» \u2014 Le bi-séparatiste et chanteur Michael Bublé, à Flash.«Si on pouvait effacer tout ce qu\u2019on avait fait quand on était saoul, je ne m\u2019appellerais pas Louis-José.» \u2014 Louis-José Houde, à Ici, Louis-José Houde.«Je ne suis plus capable! Les gens ne s\u2019imaginent pas tout le travail que ça exige.» \u2014 Normand Brathwaite, encore échaudé par les critiques du dernier gala des Jutra qu\u2019il a animé, à La Presse.Guy Carbonneau PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Gilbert Rozon PHOTOCRISTINA CANO, COLL.SPÉCIALE Josiane Balasko PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE Michael Bublé PHOTO PC L\u2019un est méchant ; l\u2019autre, gentil.L\u2019un est détesté; l\u2019autre, adulé.Mais les deux sont tout aussi populaires.En pleine fièvre du hockey, les planètes se sont alignées pour nous faire découvrir la ressemblance époustouflante entre Guy Carbonneau, entraîneur du Canadien, et Stéphane Crête, alias Brad Spitfire qui aimerait bien «caller les shots» à bord du Romano Fafard, dans la série, les films et les produits dérivés de Dans une galaxie près de chez vous (deuxième film en salle vendredi).On louange le sens de l\u2019observation de notre lectrice Sylvie, qui n\u2019est pourtant pas une fan de hockey.Stéphane Crête PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 3543232A 3543219A 3549902A 3551339A 3554947 3549978A 3549979 ARTS ET SPECTACLES AGENDA DANSE STUDIO 303 Le Studio 303 presente son 138e vernissage-danse ce soir.Au programme, trois choregraphes newyorkais, Ryan Migge, Katy Orthwein et Sasha Welsh, et deux choregraphes montrealais, Alyson Wishnousky et l¡¦excellente Chantal Lamirande, dont on a pu voir les creations enveloppees de lumiere a Tangente.Intriguante aussi, My Jesus Tastes Like Grape Juice de Ryan Migge, l¡¦histoire d¡¦une jeune fille maladroite et impopulaire, eleve a la Vivien Drabbe¡¦s Dance Academy, qui desire connaitre Dieu.¡X Stephanie Brody, collaboration speciale CE SOIR, 20H30, AU STUDIO 303 Concours de la releve de l¡¦humour Juste pour rire Parraine par Jean-Francois Mercier, le 6e Concours de la releve de l¡¦humour Juste pour rire attend de droles de textes, dessins et numeros d¡¦ici le 7 mai.Les gagnants se partageront 10 000$ en bourses.Ces cinq dernieres annees, le concours a permis de faire connaitre notamment le duo Ben et Jarrod, Alexandre Barrette et Philippe Laprise.En ce qui a trait au volet humoristes, les finalistes presenteront leur numero le 4 juillet a Val-d¡¦Or dans le cadre du Festival d¡¦humour de l¡¦Abitibi-Temiscamingue.Pour plus de details sur le concours: www.relevedelhumour.com.¡X Isabelle Masse FLASH C L A S S IQUE CHAPELLE HISTORIQUE DU BONƪPASTEUR Une moufette, un gateau, une patate ou un chapeau ?, conte musical (Anfousse- Lussier).Jean Maheux, comedien, Ensemble Pentaedre : 14 h.EGLISE SAINTƪJEANƪBAPTISTE Orchestre symphonique de McGill et choeurs.Dir.Alexis Hauser.Letitia Brewer, soprano, Stefano Algieri, tenor, Michael Meraw, baryton.War Requiem .(Britten) : 20 h.ESPACE DELL¡¦ARTE ü40, Jean-Talon E.) L¡¦Archange ¡V oper¡¦installation (Nouss-Dufort).Production : Chants Libres : 20 h.OLD BRICK CHURCH üBrome Ouest) Les Boreades.Marais, Lully, Couperin : 20 h.SALLE PIERREƪMERCURE Orchestre de chambre de l¡¦UQAM et Ballet Divertimento.Dir.Martin Foster.Stephane Aubin, pianiste.Handel, Verdi, Mozart, Arriaga, Schumann : 20 h.DA N S E AGORA DE LA DANSE Moi, sur une chaise : 20 h.MAISON DES ARTS Danse-decouverte : 20 h.MOySE HALL ƪ MCGILL UNIvERSITy Danse Performance 2008 : 20 h.THEATRES D¡¦ETE Le cahier special L¡¦ete culturel sera publie le samedi 24 mai.Les responsables des theatres d¡¦ete sont pries de faire parvenir leurs programmes, au plus tard le 3 mai, a : Pierrette Bouchard, La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montreal, Que.H2Y 1K9.Telecopieur : (514) 285-4814 Courriel: lp2@lapresse.ca SPECTACLES RENE GUIMONDQUITTE LA PRESIDENCE DE TQS A lire en une de La Presse Affaires DANS LA PRESSE AFFAIRES lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R E A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 15 ARTS ET SPECTACLES DANSE VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll STÉPHANIE BRODY COLLABORATION SPÉCIALE À l\u2019occasion de cette nouvelle création, Manon Oligny transforme la Société des arts technologiques en écurie.Celle-ci abrite trois femmes juments \u2013 Sophie Corriveau, Karina Iraola et Anne Le Beau.Enfermées chacune dans une stalle en bois, elles ruent et piaffent.Le spectateur, quant à lui, déambule autour pour les épier de front ou à travers le jour entre les planches.Oligny et sa complice des mots Nelly Arcan, deux artistes souvent qualifiées de sulfureuses, nous convieraient-elles à un peep show?«Non, lance Arcan, la façon dont les danseuses bougent rompt totalement avec cette idée.Ces femmes-ci sont totalement affranchies du regard de l\u2019autre, libérées d\u2019une féminité qui serait spectacle, consommable, pornographique ou séduction perpétuelle.Ce ne sont pas des pantins gouvernés par une volonté extérieure.À la limite, on n\u2019aura pas trop envie de s\u2019approcher d\u2019elles parce qu\u2019elles dégagent une énergie très centripète.Elles ont un centre de gravité très solide et prennent leur espace.» Lorsque Oligny a lu Putain, elle a tout de suite voulu travailler avec Nelly Arcan, l\u2019identité féminine étant, à toutes deux, au coeur de leurs préoccupations.Par ailleurs, la chorégraphe admire les artistes qui, comme elle, s\u2019intéressent au désir et à la séduction et pour qui le corps est tantôt un objet, tantôt un sujet affranchi.En 2001, c\u2019est Christine Angot, auteure du scandaleux Inceste, qui faisait parler les danseuses d\u2019Oligny dans 24X Caprices ; cette fois, c\u2019est Arcan qui passe des heures en studio, à épier les danseuses, à tenter d\u2019apposer des mots sur ce qu\u2019elle voit et ce que leurs mouvements provoquent en elle, mots qu\u2019elle retranscrira ensuite en direct, pendant le spectacle, et qui seront projetés au-dessus des box à chevaux.Quête de force et de libération Pour l\u2019écrivaine, dont il s\u2019agit de la toute première incursion dans le monde de la danse, l\u2019exercice est confrontant et pas uniquement parce qu\u2019Arcan, habituée aux phrases-fleuve, se doit ici d\u2019être succincte.«J\u2019aime la violence que dégagent parfois les danseuses, admet la jeune femme, parce que j\u2019aime les femmes en colère.Il y a quelque chose de l\u2019ordre de la sauvagerie dans les mots que je choisis.Mais là où ces juments me dépassent, c\u2019est dans leur aspect triomphant.Elles sont glorieuses et puissantes, des états que je ne suis pas habituée à explorer.Dans mes propres livres, les femmes sont plutôt en état d\u2019échec.» «Mais ces femmes-juments ont beaucoup de failles tout de même », renchérit Oligny.Ainsi, le corps et l\u2019esprit de femmes qu\u2019elle présente dans L\u2019écurie ne seraient donc pas totalement affranchis ?«Disons que, comme les chevaux, elles rencontrent certains obstacles.Elles sont en quête de force et de libération», précise la chorégraphe dont les créations sont truffées de corps sublimés au culte de la performance, tel que dans L\u2019éducation physique, ou en réaction aux canons imposés par la culture de masse, comme dans XX-x (Étude # 1 sur la séduction).Et les «juments » en question, se sentent- elles affranchies ?«Dans L\u2019éducation physique, j\u2019étais une victime.Cette fois, je suis en contrôle », précise Anne Le Beau, qui compare sa propre jument à un cheval arabe très racé qui a su assumer les limites de son box, contrairement à Sophie Corriveau dont la jument ne demande qu\u2019à s\u2019enfuir ou à Iraola qui n\u2019a aucunement conscience de sa stalle.«Ma jument peut boquer, mais si elle est très têtue, elle est aussi très assumée », conclut Le Beau qui, elle, adore le fait que L\u2019écurie lui permet de s\u2019exprimer avec une fougue et une violence cathartiques qu\u2019elle n\u2019a pas nécessairement l\u2019occasion ou même envie de dévoiler dans sa vie personnelle.L\u2019écurie de la compagnie Manon fait de la danse, du 16 au 26 avril à la Société des arts technologiques.L\u2019ÉCURIE DE MANON OLIGNY Fougue chevaline, fougue féminine PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE Manon Oligny (à droite) transforme la Société des arts technologiques en écurie.Anne Le Beau danse et joue la femme jument.Au rancart, la femme objet, vive la femme jument ! Inspirées par la fougue et le caractère réputé indomptable des juments, la chorégraphe Manon Oligny et l\u2019écrivaine Nelly Arcan nous offrent L\u2019écurie, une ode à la féminité sauvage.SAMEDI 12 AVRIL 400 fois Québec L'Épicerie Le Téléjournal Pendant ce temps./ Kim diseuse.3600 secondes d'extase / Dernière Le moment de vérité / Les Meilleurs Moments.Dernière Concert pop tout en piano - Florence K Le Téléjournal VERONICA GUERIN (5) avec Cate Blanchett, Ciaran Hinds GREMLINS 2: NOUVELLE GÉ-NÉRATION (4) avec Zach Galligan (16:00) Le TVA 18 heures HOMMES EN NOIR (4) avec Tommy Lee Jones, Will Smith et Linda Fiorentino.\\ Deux agents secrets sont chargés de contrôler les activités d'extraterrestres séjournant incognito sur la Terre.L'ARME FATALE 3 (5) avec Mel Gibson, Danny Glover et Joe Pesci.\\ Deux policiers casse-cou enquêtent sur les activités d'un ex-flic qui s'est converti dans le trafic d'armes.(20:15) Le TVA LE FUGITIF (4) avec Harrison Ford.\\ Un innocent est condamné à mort.Qu'est-ce qui mijote Le Journal Drôle, Drôle, Drôle SPIDER-MAN (4) avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst et Willem Dafoe.\\ Après avoir été piqué par une araignée mutante, un collégien timoré acquiert d'étonnantes facultés qui lui permettent de devenir un justicier.PISTES TROUBLES (5) avec Ashley Judd, Samuel L.Jackson et Andy Garcia.\\ Une détective de San Francisco enquête sur une série de meurtres dont les victimes sont toutes d'anciens amants.Le Journal La Villa des plaisirs Atomes et Neurones / Déjouer le casino Malcolm Bienvenue au Moyen Âge! Les Francs-tireurs / Fétichisme, prostitution et autres tabous Planète bleue / Namaqualand, miracle au coeur du désert Belle et Bum / Jonas, Rose, Imposs, Marie-Mai, Paul Houde et Félix Soude LE GRAND JEU (4) avec Robert Carlyle.\\ Six chômeurs décident de tenter leur chance comme strip-teaseurs pour dames.World Curling Champ.(14:00) Sat.Report Hockey.Hockey / Séries éliminatoires: Bruins - Canadiens Just for Laughs Scores Sue Thomas: F.B.Eye CTV News Sportsnight W-Five Whistler Law & Order: SVU Law & Order News CTV News Golf / The Masters - 3e ronde (15:30) Global Currents Mutant X Andromeda Renegadepress Cdn Case Files News Final Sat.Night ABC Sports (16:00) ABC News Ebert, Roeper News .Raymond HARRY POTTER AND THE CHAMBER OF SECRETS (4) avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint Sex and the City Golf / The Masters - 3e ronde (15:30) King of.The Lord\u2019s Boot Camp 48 Hours Mystery News Late Night Ironman World Championship News NBC News Stargate: SG-1 Law & Order: CI Law & Order: SVU Law & Order Sat.Night Roadside.Rustic Living World News Art Express Mountain Lake .Antiques Antiques Roadshow / Tampa Keeping up.As Time goes by / Deux épisodes Waiting, God World News Soundstage Antiques Roadshow The Lawrence Welk Show As Time goes by Keeping up.Are.Served Vicar of.Mystery! / Miss Marple Austin City Limits / John Prine Globe Trekker / Malawi THE GODFATHER (1) avec Marlon Brando, Al Pacino (16:00) THE GODFATHER II (1) avec Al Pacino, Robert De Niro La boîte à souvenirs Marguerite Volant Pour l'amour du country Viens voir./ Germain Houde Tu jongles avec ma vie LES ORDRES (2) avec Jean Lapointe (22:40) GRACE OF MY HEART (15:30) Arts & Minds Bravo! Videos Lunatic Van Beethoven Roll over Beethoven Beethoven's Hair Symphonic Landscape: Beethoven's Ninth.Autopsie / Eaux troubles Humour mental Drôle de monde .fou! Casse-croûte chez Albert Humour mental Mayday / Un combat sanglant Webdreams LES AVENTURES DE.(16:10) DAVID ET BETHSABÉE ONM'APPELLE DOLLARS ALEXANDRE LE GRAND (21:45) Mayday How it's Made / Deux émissions What's that about?Dirty Jobs / Sludge Cleaner Last One Standing Criss Angel: Mindfreak MythBusters / Air Cylinder.50 heures de vacances Planète en furie Suivez le guide Dans la roue du Tour Paris bouche à bouche Lonely Planet Champagne Hôtels des Caraïbes Kim (17:12) .(17:39) Sadie (18:06) Flight (18:31) .(18:57) Zoey (19:22) Zack (20:12) .(20:36) INFERNO (5) avec Ray Liotta, Gloria Reuben THE LAST STARFIGHTER (4) avec L.Guest (22:34) Baseball / Yankees - Red Sox (15:30) Two and a Half Men NASCAR on Fox / Fresh Fit 500 La loi du colt Kaamelott Les deux font Maudits fous! Chantiers / Bâtir.la Taïga NCIS LA DERNIÈRE CORVÉE (3) avec Jack Nicholson, Otis Young Digging for the Truth Re-Inventors .Legends Rome / Passover Mummy Forensics BAT 21 (4) avec Gene Hackman, Danny Glover Masterminds Présentation / R.E.M.Live Max Week-end Les dernières 24 heures de.Plus riche que toi Liaison.Style de star Hollywood extrême M.Net Pimp mon char Les Pussycat Dolls: Girlicious Matche-moi.L'Heure Rencontre Coup, foudre Présentation / Pussycat Dolls Présentation spéciale / Rihanna Hogan.Pimp mon char Le Pont Ciao Montreal La Caravane From Egypt.Magazine libanais .afromonde Parsvision Teleritmo Foco Latino Noir de monde Téléjournal La Facture La Semaine verte Journal RDI .l'Histoire Une heure sur terre Le Téléjournal Enquête / Éthanol: fièvre verte La Facture Le Téléjournal .l'Histoire Les Experts New York 911 Godiva's Miss Météo Voisins.Juste Cause Bones Dossiers classés TU ME FAIS MOURIR (16:25) CHESTNUT: LE HÉROS DE CENTRAL PARK SOCCER DOG: CHAMPIONNAT D'EUROPE RÈGNE SUR MOI (21:05) .(23:15) Bon Voyage STORM CELL avec Mimi Rogers, Robert Moloney THE SECRET OF HIDDEN LAKE avec Rena Sofer, Adam Harrington Kenny vs Spenny Trailer Park Boys Moitié.Prêt pas prêt .Choux Bravo Gudule Panorama Jardins Planète Country / Paul Dwayne REGARDE LES HOMMES TOMBER (4) avec Jean-Louis Trintignant Un monde de passions Flip that House Property Ladder Moving up Flip.House Date.House Trading Spaces Moving up Flip.House Date.House SCOOBY-DOO AU PAYS DES PHARAONS (5) Shaun.Kappa Mikey Billy & Mandy 6TEEN Blaise.blasé Les Simpson Punch South Park Clone High Les Simpson Les Décalés.Paroles./ Chloé Ste-Marie .(17:55) Journal FR2 Survivre / L'Oryx Les Années Bonheur / Nathalie Cardone, Kim Carnes / Caméra Café (22:20) .(22:40) Le Journal .pas couché En quête de beauté Debbie rénove Décore ta vie Airoldi.Bye-bye maison! Des idées.On a échangé nos mères Super Nanny Dépendance maudite Le Lab Baromètre Parole et Vie Vert tendre En route vers mon 1er gala JPR Razzia Prenez garde.La Relève JPR Le 9,5 Ma 1re PDA Arshitechs.Baromètre Stan.stars Changement Smallville Wildfire La clique de Brighton Samantha Parents.Frank vs Girard Presserebelle.Degrassi, la nouvelle génération .c'est fait Cracks du lab Bouche-trous Jobs de bras Monstres mécaniques Mélinda, entre deux mondes The Dead Zone MORTAL KOMBAT (6) avec Christopher Lambert, Bridgette Wilson Golf / Tournoi des maîtres - 3e ronde (15:00) Hockey / Séries éliminatoires: Bruins - Canadiens Sports 30 (21:45) Hockey / Séries éliminatoires: Stars - Ducks (en cours) NBA Action Overtime Hockeycentral European Poker Tour Fultiltpoker.net Ultimate Fighter Sportsnet Connected UEFA Champions League.Sportscentre Golf / The Masters - 3e ronde Hockey / Séries éliminatoires: Stars - Ducks The Rick Mercer This Hour has.CSI: New York US Open 9 Ball La Zone 206 13 13 112 4 4 115 7 7 114 5 5 138 8 8 205 11 11 55 3 3 281 22 22 282 21 21 280 18 23 284 46 24 284 43 59 615 73 39 143 31 31 620 72 34 129 20 20 185 205 205 520 37 37 134 23 51 556 \u2014 67 283 36 46 133 25 53 522 49 47 142 32 48 141 30 30 207 14 14 126 19 19 132 24 52 180 \u2014 201 616 40 40 137 \u2014 \u2014 521 39 27 139 34 45 145 15 15 135 35 44 \u2014 9 9 140 16 16 131 26 54 123 33 33 406 38 38 400 28 28 17 h00 17 h 30 18 h00 18 h 30 19h00 19h 30 20 h00 20 h 30 21h00 21h30 22h00 22h 30 23h00 23h 30 BEV VD VDO 17 h00 17 h 30 18 h00 18 h 30 19h00 19h 30 20 h00 20 h 30 21h00 21h30 22h00 22h 30 23h00 23h 30 BEV VD VDO CBC CTV-M GBL-Q ABC CBS NBC PBS-P PBS-B A & E ARTV BRAV CD CinéPOP DISC EV FC FOX HI HIST MMAX MP E! MTL RDI S+ SE SHOW TFO TLC TTF TV5 VIE VOX VRAK Z RDS SPN TSN SRC TVA TQS TQc lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 16 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 3555033A ARTS ET SPECTACLES ANABELLE NICOUD Nicole Croisille est l\u2019une des rares personnalités du monde de la musique, que «tout le monde connaît ».Et si vous croyez ne pas la connaître: détrompezvous, vous n\u2019avez sans doute pas échappé à ses chansons, passées à la postérité par le timbre si particulier de sa voix \u2013 Une femme avec toi et Les uns et les autres, entres autres.À peine arrivée au lieu de not re rendez-vous, un peu plus tôt cette semaine, Nicole Croisille, lunettes fumées sur le visage, allure de star, jette un regard autour d\u2019elle.L\u2019hôtel où nous nous retrouvons est bien différent, dit-elle, de celui, qui, dans ses souvenirs, accueillait le gratin de la chanson française quand il se déplaçait à Montréal (Gainsbourg, Birkin).À Montréal, Nicole Croisille se sent presque comme à la maison.Le Québec et elle, c\u2019est une histoire qui dure depuis longtemps.Amie de longue date de Ferland, qui lui a présenté Mercure, Charlebois, elle évoque sa rencontre avec Plamondon, en 1975, «il y a 25 ans\u2026 30 ans bientôt.» Elle rit, et s\u2019étonne: «Dès qu\u2019on fait des bilans comme ça\u2026» En Nicole Croisille semblent cohabiter plusieurs femmes.La jeune fille, qui se souvient de son premier malheur amoureux, la femme qui a connu des hommes, chanté les désespoirs, l\u2019envie d\u2019en finir, et Nicole d\u2019aujourd\u2019hui, élégante, volubile, qui évoque tout, dans un rire, du «mondialisme» au Tibet en passant par l\u2019amour, et la mort.Sur La dernière ligne droite, les mots de Luc Plamondon s\u2019allient à la douceur de la composition de Daniel Mercure.Le sujet n\u2019a rien de réjouissant, mais Nicole Croisille l\u2019évoque sans détour.«Je dis (à Plamondon) : je suis en train d\u2019entamer ma dernière ligne droite, je le sais, je le sens.Il m\u2019a dit : c\u2019est exactement ce que je me dis en ce moment.Il a travaillé là-dessus, on s\u2019est retrouvés à Paris.On a choisi le texte, et puis voilà.» Quand Daniel Mercure approche Nicole Croisille avec ses compositions, en mai dernier, la réponse ne tarde pas à venir.«Je lui ai dit : oui, mais fais-moi voir les textes », dit-elle.Elle justifie: «J\u2019ai besoin que les choses soient personnelles, qu\u2019elles soient faites pour moi.Je ne peux pas chanter les textes comme une gamine de 18 ans, il faut que ça soit crédible pour une femme de 70 ans.» Langage du coeur Il y a La dernière ligne droite, donc, mais aussi, dans une tonalité très bossa, des chansons d\u2019amour (Le temps qui passe, Tu me manques, Tu m\u2019as appris), des invitations au voyage (Danse, Vacances).«Je suis contente, je trouve qu\u2019il y a des petits bijoux musicaux là-dedans, c\u2019est un langage du coeur, il y a de la tendresse, c\u2019est ce que l\u2019on peut faire une fois que l\u2019on n\u2019est plus en bagarre avec le reste du monde», estime Nicole Croisille.«J\u2019ai besoin de faire rêver les gens.J\u2019ai dit à Mercure: vas-y, prends tous les sujets qui font rêver les gens.Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a de plus beau, aujourd\u2019hui, que de procurer du rêve aux gens?Je ne suis pas là pour faire brailler les gens, c\u2019est fini.Je l\u2019ai fait, à l\u2019époque, où j\u2019y croyais, comme quand je chantais des chansons comme Emma, où une femme va se tuer par amour.» Tu me manques passe de la mélancolie à l\u2019humour.Monsieur s\u2019en va est ainsi un joyeux cri de libération d\u2019une femme fraîchement divorcée, composé par Lambert.«Il a amené le texte tout fait, j\u2019ai dit c\u2019est tout mignon.J\u2019ai trouvé ça adorable, parce que ce n\u2019est pas revendicateur», dit-elle.Celle qui dit fuir «les grands débordements» aujourd\u2019hui se réjouit des chansons «toutes simples », douces comme un «cocon», telle la Bossa d\u2019hiver.Toutefois, Nicole Croisille voit ce nouvel album dans la continuité de ses albums passés.Elle admet que la barre a été placée bien haut, mais « trouve que les musiques sont tout à fait de la même qualité de ce que j\u2019ai fait avant».Nicole Croisille n\u2019abdique pas non plus l\u2019ambition qui a porté sa carrière: faire rêver.« Je continue à me dire que je serai peut-être la dernière à vouloir le faire, mais moi je veux faire rêver », revendique-t-elle.Nicole Croisille sera l\u2019invitée de Tout le monde en parle, demain, 20h.NICOLE CROISILLE Le rêve au coeur Depuis 15 ans, les disques de Nicole Croisille s\u2019étaient faits rares au Québec.La grande dame de la chanson française remédie à la situation avec un disque fait au Québec, par et pour les Québécois.Pierre Létourneau, Lambert et Luc Plamondon ont posé des mots sur les compositions de Daniel Mercure, pour un album qui invite au rêve, et au voyage.PHOTO CATHERINE CABROL, COLLABORATION SPÉCIALE «J\u2019ai besoin que les choses soient personnelles, qu\u2019elles soient faites pour moi.Je ne peux pas chanter les textes comme une gamine de 18 ans, il faut que ça soit crédible pour une femme de 70 ans », dit Nicole Croisille.« Je ne suis pas là pour faire brailler les gens, c\u2019est fini.» FLASH Un nu de Carla Bruni vendu 91 000 $ US Une photographie de nu de Carla Bruni-Sarkozy, l\u2019épouse du chef d\u2019État français, a été adjugée jeudi pour 91 000 $ US, soit environ 30 fois plus que prévu, lors d\u2019une vente aux enchères chez Christie\u2019s à New York.Le cliché a été pris par le photographe Michel Comte en 1993, alors que l\u2019actuelle première dame de France était l\u2019un des plus célèbres mannequins du monde.L\u2019argent issu de la vente ira à une association caritative suisse, qui fournit de l\u2019eau potable à des pays en développement, a précisé Christie\u2019s.\u2014 Associated Press lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 17 ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION D\u2019UN WAGON À UN AUTRE PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE Josélito Michaud revient à l\u2019animation sans tambour ni trompette, le temps de huit émissions présentées à Radio-Canada.«Pas plus ! J\u2019ai fait le tour du jardin.J\u2019ai compris ce que j\u2019avais à comprendre.Je veux garder la rareté», lance-t-il.ENTREVUE JOSÉLITO MICHAUD lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ISABELLE MASSÉ Il y a près de neuf ans, Véronique, compagne de Josélito Michaud, a fait une fausse couche.Elle avait la mi-quarantaine et lui, la mi-trentaine.Il doutait fort que sa douce puisse redevenir enceinte.«Ne pas être capable d\u2019avoir d\u2019enfant naturel fut un grand deuil dans ma vie, moi qui achète tous les livres qui parlent de foetus, de grossesse, raconte Josélito Michaud.Porter la vie, c\u2019est la plus belle chose qui soit.Et je rêvais que Véronique porte la vie.Je rêvais de voir grossir le ventre de ma blonde.» Quelque temps plus tard, même si elle doutait depuis toujours de pouvoir être une bonne mère, Véronique a fait la grande demande à son homme : pourquoi ne pas adopter ?«J\u2019ai pleuré, avoue celui qui n\u2019a connu sa mère biologique qu\u2019à 18 ans.Adopter, ça allait tellement de soi pour moi.» Comme quoi un grand bonheur peut suivre un deuil.En l\u2019espace de 14 mois, le couple est allé chercher deux bébés au Vietnam.Un garçon, puis une fille.«Quand nous avons adopté ma fille, on nous a annoncé qu\u2019elle avait le sida.Je me suis effondré.J\u2019ai appris plus tard que c\u2019était un faux diagnostic.À ce moment-là, j\u2019ai décidé que mon job serait de protéger mes enfants, de les chérir.Et non pas d\u2019être sous les projecteurs.» Si Josélito Michaud a tiré sa révérence à la télé et à la radio, ce n\u2019est donc pas pour cause de burn-out, comme l\u2019ont cru certains.Ou encore pour cause d\u2019apparition gênante dans une pub dansante «et ridicule» de la radio RockDétente qui a suscité moqueries et parodies.«Il y avait eu 15 ans de travail avec Isabelle Boulay, un an de Star Académie, un an de talk-show, un an de radio.Je m\u2019étais assez vu et entendu.J\u2019ai rapidement eu plein de propositions, mais j\u2019avais besoin de prendre du temps pour moi.Quand on anime des quotidiennes, tout tourne autour de soi.Tout le monde m\u2019épargnait de tout.Mon fils souffrait de mon absence.Il me réclamait et je ne le savais pas.Un jour, je l\u2019ai vu dormir avec un de mes chandails.Je me suis alors dit que j\u2019avais pris la meilleure décision.Je posais tellement de questions aux gens que j\u2019avais oublié d\u2019en poser aux miens.» Un sauveur pris de court Les confidences ne manquent pas lorsqu\u2019on rencontre Josélito Michaud.L\u2019animateur sait comment raconter ses histoires, les ponctuer d\u2019anecdotes intéressantes, sans en échapper trop.L\u2019intervieweur est un bon interviewé.Mais ne lui demandez pas de s\u2019ouvrir sur sa rupture professionnelle avec Isabelle Boulay, il y a cinq ans.«On s\u2019est promis de ne jamais en révéler les détails», dit-il.Cette séparation fut-elle toutefois un deuil?«Une séparation l\u2019est toujours, répond Josélito Michaud.Ne plus être avec quelqu\u2019un, c\u2019est un deuil.J\u2019ai vraiment été heureux avec Isabelle pendant 15 ans.» Pour les confidences donc, mieux vaut se rabatt re sur la nouvelle vie d\u2019auteur de l\u2019ex-agent.Et sur son retour à l\u2019animation sans tambour ni trompette, le temps de huit émissions présentées à Radio- Canada.«Pas plus ! J\u2019ai fait le tour du jardin.J\u2019ai compris ce que j\u2019avais à comprendre.Je veux garder la rareté.» À compter de vendredi, Josélito Michaud présente On prend toujours un train, dérivé télévisé (mais avec nouveaux témoignages) de Passages obligés, populaire livre relatant les deuils de personnalités québécoises, sorti il y a deux ans.Un bouquin qui a presque changé la destinée de l\u2019auteur.«Un jour, une femme s\u2019est approchée de moi et m\u2019a dit : «Mon mari ne parlait plus depuis la mort de notre fils, il y a cinq mois, jusqu\u2019à ce qu\u2019il vous voie à la télé parler de Passages obligés.» Son mari, une armoire à glace, s\u2019est ensuite avancé vers moi et a ajouté: «Grâce à vous, je vais aller consulter.» Josélito Michaud, un sauveur?Un psychologue?Devant le succès de Passages obligés (plus de 90 000 livres vendus), l\u2019animateur et auteur a craint pour sa santé mentale.Une tournée d\u2019un an de tous les salons du livre du Québec et des conférences données devant des salles combles lui ont fait comprendre à quel point il avait touché une corde sensible.«J\u2019ai eu peur d\u2019être Monsieur Deuil, à l\u2019époque, confie-t-il.Au Salon du livre de Québec, quand je me suis rendu compte que tous les gens devant le stand où je prenais place étaient là pour moi, j\u2019ai cru que j\u2019étais dans un mauvais film.Comment allais-je écouter et parler à ces personnes ?La séance de signatures a duré six heures.Je suis ensuite allé me coucher.J\u2019étais sonné.J\u2019étais mal devant les autres auteurs présents au kiosque.Eh bien ! il y a eu encore plus de monde le lendemain! J\u2019ai compris que je portais un sujet important.Et que c\u2019était dangereux, car je n\u2019avais pas les clés aux deuils des gens.» Le livre aurait pu être mielleux, complaisant, braillard.Pendant sa préparation, tout comme pendant les enregistrements d\u2019On prend toujours un train, Josélito Michaud s\u2019est juré de ne pas rendre le contenu complaisant.«Je n\u2019ai pas de complaisance, mais de la compassion, précise-t-il.Je ne suis pas là pour juger, mais pour offrir des points de vue divers sur le deuil.Ma plus grande fierté avec l\u2019émission, c\u2019est que jamais on ne tombe dans le pathos.Je ne veux pas qu\u2019on croie que c\u2019est du voyeurisme.» Mission accomplie donc pour celui qui a notamment fait parler le père de Julie Surprenant disparue il y a neuf ans, les parents d\u2019Anastasia De Sousa, décédée lors de la fusillade au collège Dawson, Joanne Villeneuve, veuve de Gilles Villeneuve, et le chanteur Corneille, qui raconte la mort sauvage des membres de sa famille lors du génocide rwandais.«Je suis revenu complètement remué de cette dernière entrevue, avoue Josélito Michaud.Je me sentais investi d\u2019une mission.Je savais que ce serait la seule fois où Corneille parlerait de ces événements qu\u2019il a niés pendant 14 ans.» Voyages en train L\u2019animateur a trouvé le cadre idéal pour porter à la confidence.Il a convié ses invités à bord du train touristique l\u2019Orford Express, qui fait la navette entre Sherbrooke et Magog et qui a été restauré par un prêtre.«Le train symbolise la vie, les départs du point A au point B ponctués d\u2019arrêts inattendus.» Adopté à cinq ans, Josélito Michaud dit avoir vécu les deuils d\u2019amies et de sa grand-mère adoptive décédées.Mais les gens ne font pas que disparaître dans sa vie.De 2 à 5 ans, il a vécu avec une dame dont il a retrouvé la trace au moment du projet Passages obligés.Une belle surprise ! «Elle m\u2019a envoyé un cour riel des États-Unis, où elle vit aujourd\u2019hui, dit celui qui a grandi à Matane.Je me suis longtemps demandé si elle avait vraiment existé.» Les deuils réels ou vécus par procuration pouvant être lourds à porter, Josélito Michaud s\u2019est rapidement trouvé un projet lumineux, pendant l\u2019écriture de Passages obligés.«Je me suis lancé dans le projet (du chanteur) Michaël Girard, raconte-t-il.Ça faisait du bien.» C\u2019est le retour à la case départ de l\u2019agent, donc ?«Je ne travaille pas sur la carrière de Michaël à temps plein.J\u2019ai monté une équipe autour de lui.J\u2019ai le goût de toucher à plusieurs affaires.Je veux être libre.Je veux pouvoir partir quand je ne suis plus bien.» Josélito Michaud veut pouvoir retravailler à la radio, si ça lui dit.Celui qui a reçu quelques propositions n\u2019est pas certain de vouloir retourner à la barre d\u2019une quotidienne, cependant.Pour l\u2019instant, il réféchit.Il est toutefois sûr d\u2019une chose : il ne dansera plus jamais dans une pub pour promouvoir une émission! Il y a cinq ans, lorsque Josélito Michaud et Isabelle Boulay ont annoncé leur rupture professionnelle, la vie de l\u2019imprésario ne s\u2019est pas arrêtée.Les projets se sont multipliés pour cet ancien directeur du magazine Le Lundi, devenu par la suite directeur de Star Académie, animateur à la télé, à la radio et auteur d\u2019un livre très apprécié sur le deuil.À l\u2019aube de la diffusion d\u2019un dérivé télévisé de Passages obligés, La Presse a invité Josélito Michaud à parler de ses propres deuils.« Je n\u2019ai pas de complaisance, mais de la compassion.Je ne suis pas là pour juger, mais pour offrir des points de vue divers sur le deuil.Ma plus grande fierté avec On prend toujours un train, c\u2019est que jamais on ne tombe dans le pathos.Je ne veux pas qu\u2019on croie que c\u2019est du voyeurisme.» lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 18 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 Renseignements: 514-285-2000 ¡CUBA! ART ET HISTOIRE DE 1868 À NOS JOURS 31 JANVIER - 8 JUIN 2008 Maintenant ouvert jusqu\u2019à 21 h, mercredi, jeudi et vendredi.OUVERT SOIRS PAR SEMAINE 3 Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins* *Accompagnés de leurs parents.Non applicable aux groupes.Cette exposition est organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal, avec la participation du Museo Nacional de Bellas Artes et de la Fototeca de Cuba, La Havane, ainsi que de nombreux prêteurs privés et publics américains, dont le MoMA.Jorge Arche (1905-1956), (détail).1938, huile sur toile, 91,5 x 76,5 cm.La Havane, Museo Nacional de Bellas Artes.Photo RodolfoMartínez Portrait de Mary UNE PRÉSENTATION DE EN COLLABORATION AVEC 3538660A 3553401A ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION RICHARD THERRIEN TÉLÉVISION LE SOLEIL Soyons francs : le générique représente pour le téléspectateur un mal nécessaire.Qui, vraiment, s\u2019installe devant son téléviseur pour regarder attentivement cette liste interminable de noms, la plupart inconnus, à la fin de son émission préférée ?N\u2019empêche, cet espace est le seul où chacun des artisans d\u2019une production voit son travail reconnu.Pas de maquilleuse ?Pas d\u2019émission.Pas de perchiste ou d\u2019aiguilleur ?Pas d\u2019émission non plus.Seulement pour ça, le générique devrait rester intouchable.Devant des annonceurs de plus en plus gourmands, les diffuseurs empiètent davantage sur cet espace autrefois réservé aux artisans.Assez pour heurter les créateurs de l\u2019industrie, qui voient ainsi leur intégrité bafouée.Dans une lettre envoyée aux grands patrons de Radio-Canada, TVA, Télé-Québec, TQS et des Chaînes Télé Astral, six associations culturelles ont sonné l\u2019alarme la semaine dernière.On y dénonçait la compression des génériques, mais aussi l\u2019insertion de bandeaux publicitaires et d\u2019autopromotion en surimpression à l\u2019écran.«Ces pratiques menacent l\u2019intégrité des oeuvres, en détruisent l\u2019ambiance, altèrent l\u2019émotion recherchée et constituent une intrusion de plus en plus nuisible à la qualité artistique que nous nous efforçons d\u2019atteindre», écrivent les signataires.C\u2019est l\u2019épisode final de la série Les Lavigueur, la vraie histoire à Radio-Canada qui a alerté la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma, instigatrice de la lettre.Au terme de cet épisode, une autopromotion de la chaîne, annonçant la série Casino, est venue interrompre brutalement la chanson J\u2019ai souvenir encore de Claude Dubois.«Toute l\u2019atmosphère qu\u2019a imposée le réalisateur a été complètement bousillée, pour des raisons bassement commerciales.Il y a un mépris des oeuvres là-dedans», considère le président de la SARTEC, Marc Grégoire.Selon lui, le Québec serait l\u2019un des seuls endroits au monde à marier autant la publicité et les oeuvres dramatiques.«Nous faisons partie de l\u2019International Affiliation of Writers Guilds, et même les Américains n\u2019avaient pas encore vu ça.Nous serions les pionniers dans le parasitage des oeuvres.» Intrusion Encore plus que la compression des génériques, l\u2019insertion de la publicité à l\u2019intérieur même des émissions ulcère les créateurs.Marc Grégoire croit que la télévision est le seul espace à subir une telle intrusion.«Imaginez que pendant un film au cinéma, quelqu\u2019un passe devant l\u2019écran avec une pancarte, nous invitant à voir une autre production.C\u2019est comme si pendant Cyrano de Bergerac au théâtre, on passait pour annoncer du Vicks contre le rhume.» Leprésidentde l\u2019Union desartistes, Raymond Legault, accepte mal qu\u2019on puisse détourner l\u2019attention du téléspectateur par un bandeau publicitaire durant une série dramatique.Il croit que le placement de produits pur et simple, comme lorsqu\u2019on voit une marque de céréales ou de bière sans les nommer, est moins dommageable et ne détourne pas indûment l\u2019attention des téléspectateurs.«Tout dépend comment c\u2019est fait.J\u2019ai vu des excès dans certains cas, comme dans la défunte série Formule 1 à TVA, où il n\u2019y avait pas une image sans placement publicitaire.Le placement de produits doit se faire en accord avec l\u2019artiste, et non à son insu.» Ce n\u2019est pas la première fois que ces associations interviennent auprès des réseaux; les mêmes avaient réagi en 2004.Une sortie de Serge Postigo à la soirée des prix Gémeaux en 2006 avait aussi créé un certain effet.«On s\u2019est opposés quand Radio-Canada s\u2019est mise à diffuser des publicités de produits durant ses génériques, et ils ont reculé », rappelle Marc Grégoire.Les signataires comptent une fois de plus sur le gros bon sens des différents réseaux, et non sur un encadrement juridique, pour remédier à la situation.Aucun patron de réseau n\u2019a encore répliqué à la lettre.Ne touchez pas à mon générique Tous les jours dans À VOS MARQUES lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 A R T S E T S P E C T A C L E S 19 ÉCOLE 3+7EG .@$EM 31&ME1.1G,.1/H,G71LG I*+L1 .1 )1$7\"9$EMG )+/2.'#\"(0#54/ 3-/ *,'+1\"+,+1 41,&M7E1 61GG,& 0C7$E1LL1 %+$LL1E,1 3+LL$F1 3>E$#,C71 4+M1E,1 J*7LAM7E1 1M AL7G 1&*+E1 ;; 07GG, 4E+FE$##1 A+7E B17&1GG1 1M $.+G $AE'G L@>*+L1 1M L$ D,& .1 G1#$,&1 3+7EG .>)7M$&M G1AM; 1M +*M; \"1*)('%( #%(/&$1.0'&/ -+'%,1 $.52&4.\" %.,14'1 KKK;*1&ME1.1G$EMGH,G71LG;*$ ?/ME+ (1&.+#1 /=-9-88;://8 3548446 Cours débutant en avril 3548456 PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL POUR LES ARTS DE LA SCÈNE www.nac-cna.ca/prixgg 3mai20h Un soir seulement! Centre national des Arts Procurez-vous vos billets aujourd\u2019hui! 50 $ \u2013 150 $ Cette soirée comprend un cocktail d\u2019avant-spectacle et le spectacle gala, suivi d\u2019une réception incluant dessert, champagne, musique et danse.Présences d\u2019artistes sujettes à changement.Gregory Charles Animateur Des présentations de En compagnie de Michel Pagliaro AntonKuerti Crystal Pite Martin Short Veronica Tennant Jackie Maxwell Jane Coop Et plus! Avec d\u2019évocateurs portraits vidéo de chacun des lauréats 2008 des Prix de la réalisation artistique, réalisés par l\u2019Office national du film.Hommage inoubliable àdes artistes incomparables 53, rue Elgin, Ottawa 1-866-850-2787 Lauréats 2008 Unhommageaux plus grands artistes canadiens de la scène et une soirée gala spectaculaire En partenariat avec Avec le soutien de Partenaire spécial Commanditaires de l\u2019événement Une production du Une présentation de LES PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL POUR LES ARTS DE LA SCÈNE Anton Kuerti Eugene Levy Brian Macdonald John Murrell Alanis Obomsawin Michel Pagliaro Eric Charman The Tragically Hip 3549079A Dévoiler ou dissimuler ?690, rue Sherbrooke Ouest 514 398-7100 Métro McGill LÀ OÙ l'histoire PREND vie www.musee-mccord.qc.ca Une exposition provocante sur la pudeur, l\u2019audace et la mode.3544159 3544701 ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS JOCELYNE LEPAGE Tout un mur y est rempli, en effet, de petits dessins fantastiques, dans les deux sens du terme, montrant surtout des femmes transformées par des mutations, qui ont six seins, le sexe mangé par des abeilles, les yeux percés ou le corps transpercé.Chaque dessin est comme une page d\u2019un conte érotico macabre.Il y en a 91, un dessin fait chaque jour pendant toute une saison, nous a expliqué son galeriste Donald Browne, qui loge deux étages au-dessus de Skol, dans l\u2019édifice Belgo, haut lieu de l\u2019art contemporain à Montréal.On peut y voir aussi une grande photo d\u2019un building rose d\u2019où sortent têtes de mort et autres figures fantasmagoriques, photo reliée à une partition de musique que l\u2019on peut écouter et lire.La musique est construite à partir de l\u2019agencement des fenêtres éclairées du building, nous a-t-on dit.C\u2019est bien compliqué à expliquer ; vaut mieux voir et entendre.Dans une sa l l e f ermée, Bernatchez présente un court film mystérieux, évoquant lui aussi une certaine catastrophe.On y voit un homme dans une voiture fumant une cigarette pendant que l\u2019eau monte petit à petit dans le véhicule.On croirait voir un extrait de film d\u2019horreur tellement la bande sonore, très importante, est évocatrice de tout qui existe comme musique de film à la Kubrick ou Hitchcock.On pense aussi à La nuit des mortsvivants, de George A.Romero.Pour donner une autre idée de l\u2019univers étrange de cet artiste de 35 ans, il y a cette Chrysalide \u2013 chaque regroupement d\u2019oeuvres porte le titre Chrysalide au singulier \u2013 composée de pages d\u2019un carnet de notes dont les moisissures ont formé des taches comme celles de Rorschach utilisées autrefois dans les tests de personnalité.L\u2019artiste aurait laissé ces pages moisir dans son auto avant de les recueillir et d\u2019en faire une oeuvre.Comme on peut le constater, Bernatchez puise son inspiration à différentes sources \u2013 le dessin, le cinéma, l\u2019imagerie populaire, la musique \u2013 et en fait une sorte d\u2019opéra postmoderne à la fois grandiose et angoissant.Il ne serait pas étonnant de le retrouver, cet été, aux côtés de David Altmejd, parmi les élus de la première Triennale du Musée d\u2019art contemporain.Ça sent le printemps Restons au Belgo encore un peu.Juste le temps d\u2019admirer les photos de têtes de vaches prises par Lewis Stein, réunies à la galerie Projex-Mtl.Il n\u2019y en a pas beaucoup, chacune a sa personnalité, mais elles nous regardent toutes dans le blanc des yeux.Chrysalides, Patrick Bernatchez, à la galerie Skol, 372, rue Sainte- Catherine Ouest, espace 314, jusqu\u2019au 3 mai.Entrée libre.L\u2019apocalypse selon Patrick Bernatchez PHOTO FOURNIE PAR PATRICK BERNATCHEZ Les dessins de Bernatchez montrent surtout des femmes ayant subi desmutations.Patrick Bernatchez a non seulement un imaginaire étonnant et des idées complexes, il est aussi un dessinateur remarquablement doué, comme on peut le découvrir ces jours-ci à la galerie Skol, un centre d\u2019artistes.S\u2019y trouvent là, rassemblées sous le titre de Chrysalides, différentes oeuvres qui allient dessin, vidéo et musique et dont le thème rassembleur est peut-être l\u2019apocalypse, la fin du monde ou d\u2019un monde, la décadence, les mutations\u2026 lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 20 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 A V R I L 2 0 0 8 "]
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