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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Q. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2008-09-07, Collections de BAnQ.

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[" 3576804A LECTURES RENTRÉE LITTÉRAIRE TOUT SUR LES RENTRÉES QUÉBÉCOISE, AMÉRICAINE ET FRANÇAISE PAGES 8 ET 9 L'IMAGINAIRE DU 11 SEPTEMBRE ENTREVUES AVEC TERRY COCHRAN ET BERTRAND GERVAIS PAGES 6 ET 7 sur cyberpresse.ca CLASSIQUES Consultez notre dossier complet sur les nouveaux classiques de la littérature sur cyberpresse.ca/ classiques AMOUREUX Paul Roux signe un blogue pour les amoureux du français sur cyberpresse.ca/ amoureux Sartre, Freud, Tintin, Anne Hébert, le chanoine Groulx, Agatha Christie, Jehane Benoît, Shakespeare ou Molière.Nous avons tous entendu parler d'eux un jour ou l'autre, de gré ou de force.Ce sont les vedettes des anthologies et des dictionnaires.Mais qui risque de leur succéder?Quels sont les livres qui influencent notre époque depuis les années 80?Quels sont les nouveaux «classiques»?Nous avons posé ces questions à près d'une soixantaine de personnes de divers horizons.UN SONDAGE NON SCIENTIFIQUE À LIRE EN PAGES 2 À 5.Amélie Nothomb une rentrée spectaculaire! Chez Libre Expression Arlette Cousture Paul ohl Johanne seymour Louise lacoursière Jane Johnson Jean o'Neil www.groupelibrex.com 1er octobre 17 septembre 24 septembre 8 octobre 10 septembre 15 septembre 3583153A LECTURESDOSSIER ALEXANDRE VIGNEAULT Dix titres pour résumer le foisonnant et intrigant univers de la bande dessinée des 25 dernières années?Possible, comme mission! La preuve, c'est qu'à partir d'une directive volontairement floue, les auteurs, dessinateurs, libraires et éditeurs consultés ont souvent cité les mêmes titres et les mêmes auteurs.La liste finale compte sa part d'oeuvre européennes, mais aussi un bon nombre de titres américains, témoignant de l'importance de ce corpus parfois négligé par les lecteurs francophones.Le manga, souvent perçu comme de la bande dessinée jetable, gagne aussi ses lettres de noblesse.Aucun ne figure sur la liste finale, mais le nom du mangaka Jiro Taniguchi est revenu à trois reprises pour trois oeuvres différentes, signe indéniable de son grand talent.Tardi , reconnu pour ses brillantes adaptations de romans de Léo Malet (120 rue de la Gare, notamment), a été nommé à plus d'une reprise, tout comme Frank Miller à qui on doit Sin City et sans doute le meilleur album jamais consacré à Batman, Dark Knight Returns.Fait à signaler, un Québécois, Guy Delisle, se classe dans le top 10.Avertissement : la liste qui suit risque d'inciter à l'achat compulsif de bandes dessinées! Il faut comprendre qu'il s'agit d'un jeu, d'une exploration.On a si souvent annoncé lamort de telle discipline ou de tel genre que nous avons eu envie de dresser la liste des livres, dans différents domaines, qui pourraient survivre aux diktats de la mode.Ceux qui risquent de rester.Nous avons demandé l'avis de professeurs, ces «passeurs» de la culture, mais nous avons aussi questionné des écrivains, des artistes, des éditeurs, des libraires, bref, des gens qui vivent pour et par la culture du livre et qui feront ceux de demain.La seule contrainte: il fallait s'en tenir aux ouvrages publiés dans les 30 dernières années seulement.Les listes qui en résultent, parfois fort étonnantes, ne sont certes pas définitives et ne prétendent en rien à l'objectivité la plus totale.Néanmoins, ce ne sont pas les listes personnelles de nos journalistes, mais une compilation des titres les plus cités chez les personnes interrogées.L'exercice est beaucoup plus difficile lorsqu'il faut se prononcer sur des oeuvres qui n'ont pas toutes traversé encore l'épreuve du temps.Dès que les premières compilations ont été établies, on a argumenté ferme au téléphone et dans la salle de rédaction sur les résultats.On imagine ce que cela donnera chez vous! Et cela nous renvoie à une autre question: quels sont VOS nouveaux classiques ?Vous pouvez en débattre au www.cyberpresse.ca/classiques LES NOUVEAUX CLASSIQUES PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE Christophe Blain BANDEDESSINÉE MAUS Art Spiegelman, Flammarion Seule bande dessinée à avoir obtenu le prestigieux prix Pulitzer, Maus raconte l'Holocauste du point de vue du père de l'auteur.Dans un éclair de génie, Art Spiegelman a transformé cette tragédie en une magistrale fable animalière : les Juifs y sont représentés sous la forme de souris, les SS allemands en chats, les Polonais en cochons, etc.«Dur, sensible, émouvant », commente l'auteur Régis Loisel.«Monument incontournable », résume Martin Brault, des éditions La Pastèque.L'ASCENSION DU HAUT MAL David B., L'Association De tous les récits autobiographiques cités, celui de David B.s'est imposé comme la référence du genre.Il y raconte l'histoire de sa famille, marquée par la maladie de son frère épileptique.«Les parents tenteront tout ce qui est possible et imaginable pour tenter de le guérir, quitte à déménager tous les ans près du nouveau gourou de médecine alternative à la mode.Une histoire vraie et très poignante dans un style de dessin mystérieux et envoûtant », estime l'auteur Michel Rabagliati.IBISCUS Pascal Rabaté, Vents d'Ouest Un héros atypique (« lâche, fourbe, opportuniste», note le libraire Laurent Boutin) et une page d'histoire: la Révolution russe de 1917.«Une vision de l'être humain noire et pessimiste, mais ô combien réaliste et fascinante », résume Martin Brault.JIMMY CORRIGAN Chris Ware, Delcourt «LE génie de la BD de la décennie et peut-être même de la décennie à venir, clame Michel Rabagliati.Ses magnifiques planches d'une inventivité folle finiront certainement un jour dans les plus grands musées d'art moderne.» Jean- Bernard Vidal, de la boutique Millenium, en rajoute: «La conception et la typographie sont exceptionnelles.» PERSÉPOLIS ! Marjane Satrapi, L'Association Source d'inspiration du film du même nom, la bande dessinée de Marjane Satrapi raconte «l'enfance et l'adolescence d'une jeune iranienne dans des années de bouleversements politiques et religieux », résume Michel Rabagliati.Il conclut que l'album est «plus copieux » que le film qui en a été tiré.PYONG YANG Guy Delisle, L'Association De retour d'un séjour en Corée-du-Nord, l'artiste québécois en témoigne dans ce récit autobiographique.«Un portrait spontané, surréaliste et drôle du régime politique de cette région et de ses habitants», dit Michel Rabagliati.ISAAC LE PIRATE @ Christophe Blain, Poisson pilote «Des retournements imprévisibles et un dessin somptueux », disent Delaf et Dubuc, de cette aventure de pirates.«Une épopée dans un monde où la brutalité côtoie la sensibilité», juge Régis Loisel.Ont été consultés : Régis Loisel (auteur et dessinateur) ; Delaf et Dubuc (dessinateur et auteure) ;Michel Rabagliati (auteur et dessinateur) ; Jimmy Beaulieu (auteur, dessinateur, éditeur) ; Jean-Bernard Vidal (libraire) ; Laurent Boutin (libraire) ; Martin Brault (éditeur) et Philippe Grenier (critique) Retrouvez trois autres suggestions de bédé et les listes complètes de nos participants sur www.cyberpresse.ca/bd LECTURESDOSSIER DANIEL LEMAY Qu'est-ce qu'un essai?Le Robert parle d'un «ouvrage littéraire en prose, de facture très libre, traitant d'un sujet qu'il n'épuise pas ou réunissant des articles divers ».Emmanchez-vous avec ça ! Un pas plus loin, on se prend à s'interroger sur la place qu'y tiendrait la recherche, la critique ou le je.Qui, dans l'essai québécois, aurait tranquillement remplacé le nous vers la fin des années 60 (tournant trop commode, là aussi, lit-on), mais sans que change le sujet central.Dans ces «nouveaux classiques» comme dans les anciens : la quête identitaire de la nation, sujet inépuisé et apparemment inépuisable comme on le verra plus bas.Reste que cette «facture libre» prête à une rencontre des genres - les cartésiens parlent de «confusion » - d'où la littérature sort transformée, souvent grandie.Que leur genre soit clairement défini (Pierre Vadeboncoeur) ou totalement éclaté (Victor-Lévy Beaulieu), voici donc, non pas LA, mais UNE liste d'ouvrages majeurs qui, par la tête ou le coeur, ont marqué le Québec depuis 30 ans.ESSAIS ET BIOGRAPHIES - QUÉBEC PAUL JOURNET Que signifie l'égalité en politique ?Existe-t-il encore des valeurs universelles?Quel sens donner à la vie?La science ne suffit pas pour répondre à certaines des questions les plus importantes.Pour cela, il existe la philosophie.Heureusement.Voici une liste de 10 livres parmi les plus marquants depuis 1980, compilée librement à partir des suggestions de philosophes et autres penseurs.Bien entendu, elle n'a aucune prétention scientifique.Il s'agit plus modestement d'un polaroid des ouvrages importants dans l'évolution récente des idées.«Postmodernisme et relativisme », «déroute du marxisme», montée de la mondialisation et débat sur les identités individuelles et collectives sont autant de courants dans lesquels ou contre lesquels s'inscrivent les oeuvres de notre liste, remarque Jean Grondin.Une liste peut être surreprésentée par ce dernier thème, remarque-t-il poliment.Certains, comme Thomas De Koninck et Jacques Beauchemin, ont privilégié les ouvrages québécois ou francophones.Daniel Weinstock, lui, a fait «le pari de sélectionner des livres accessibles au grand public, mais écrits par des penseurs à la feuille de route académique impeccable ».Des lectures comme Freakonomics (Stephen Lev it t) , Darwin's Dangerous Idea (Daniel Dennett) ou The God Delusion (Richard Dawkins), à la fois riches et agréables à lire.PHILOSOPHIE PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE Fernand Dumont PHOTO PC Gérard Bouchard PHOTO FRANCOIS ROY, LA PRESSE Victor-Lévy Beaulieu PHOTO ARCHIVES LA PRESSE René Lévesque ESSAIS GENÈSE DE LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE Fernand Dumont, Boréal, 1993 Sociologue et poète, Fernand Dumont (1927-1997) a été un des principaux penseurs de la marche du Québec vers la modernité.Sa Genèse est une vaste réflexion socio-historique sur l'identité québécoise, marquée depuis toujours par «la disjonction entre communauté nationale et organisation politique».Le défi du Québec réside encore dans son appartenance à l'Amérique, seule issue à la «longue hibernation» de la nation.À lire durant l'hiver qui vient.LES DEUX ROYAUMES Pierre Vadeboncoeur, 1978 Pierre Vadeboncoeur (1920-) est l'essayiste total: depuis 50 ans, l'ancien avocat de la CSN n'a jamais pratiqué un autre genre, ni dans ses combats politiques ni dans sa recherche intime du bonheur, qu'il ne craint pas de nommer.On peut commencer l'exploration de son oeuvre, majeure à plus d'un égard, par son recueil tout neuf - Les grands imbéciles (Lux Éditeur) et remonter à la source, comme l'auteur lui-même n'a jamais cessé de le faire.JAMES JOYCE, L'IRLANDE, LE QUÉBEC, LESMOTS Victor-Lévy Beaulieu, 2006 Écrivain-lecteur mégalomane, Victor-Lévy Beaulieu (1945-) «occupe de la façon la plus ambitieuse l'ancien territoire du roman national ».On en trouve la preuve monumentale dans James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots, «essai hilare » qui ignore toute frontière entre les genres.Comme, il y a 30 ans, le premier « livre total » de M.Beaulieu, Monsieur Melville (VLB, 1978).Tout voyage au «pays du langage» commence par là.GENÈSE DES NATIONS ET CULTURES DU NOUVEAU-MONDE Gérard Bouchard, 2000 «Mise en forme d'une intention plus qu'un achèvement», cette Genèse de Gérard Bouchard (1943-), figure de proue de l'école historiographique néo-nationaliste québécoise, présente une étude comparative de diverses collectivités neuves de l'Amérique.Qui, à l'exception du Québec et de Porto Rico, ont toutes accédé à l'indépendance, seule voie, selon l'auteur, vers la réalisation des potentialités nationales.Noui\u2026 INTÉRIEURS DU NOUVEAU-MONDE Pierre Nepveu, 1998 Dans cetteoeuvre majeure, le romancier, poète et essayiste Pierre Nepveu (1946-) sort la littérature québécoise de la problématique nationale pour l'analyser, tous genres et époques confondus, aux côtés d'écrits d'auteurs de toutes les origines ethniques.Pour voir comment la littérature peut «inventer, quelque part, dans une chambre, une maison, une ville, une autre manière d'être dans le Nouveau Monde».Et arrêter de brailler sur l'ancien.BIOGRAPHIES RENÉ LÉVESQUE Pierre Godin, 4 tomes (1994-2005) Une somme unique dans l'histoire de la biographie québécoise.Si les quatre tomes (2400 pages) vous font peur, trouvez-en la synthèse (714 pages), René Lévesque - Un homme et son rêve (Boréal, 2007).Pour comprendre l'homme et le pays que, pour plusieurs, «Ti-Poil » personnifiera toujours.GABRIELLE ROY - UNE VIE François Ricard, 1996 Plus qu'une biographie, François Ricard (1947-) livre ici une relecture éclairée de l'oeuvre de la Franco- Manitobaine Gabrielle Roy (1909-1983), première auteure canadienne à recevoir un prix en France (le Femina 1947 pour Bonheur d'occasion).Gabrielle Roy est aussi présente dans La génération lyrique, essai (Boréal, 1992) - ou est-ce un roman?- de M.Ricard où peuvent se retrouver bien des anciens des collèges classiques.JACQUES PARIZEAU Pierre Duchesne, 2001-2004 Du Croisé au Baron puis au Régent, les trois tomes de cette enquête journalistique - Pierre Duchesne est reporter à Radio-Canada - rappellent dans le détail le parcours du fonctionnaire et homme politique influent qu'a été Jacques Parizeau (1930-).ET QUATRE AUTRES\u2026 \u2026sur autant de personnages importants de l'histoire du Québec; social : Marie Gérin-Lajoie - De mère en fille, la cause des femmes d'Hélène Pelletier-Baillargeon (Boréal, 1985) ; politique: Bourgault de Jean-François Nadeau (LUX Éditeur, 2007); culture populaire : Gerry Boulet - Avant de m'en aller de Mario Roy (Art Global, 1991); poésie : Claude Gauvreau, poète et mythocrate (VLB, 1979).Ont été consultés : Georges Leroux, professeur de philosophie à l'UQAM; Carole David, poète et professeure de littérature au cégep du Vieux-Montréal ; Lorraine Pintal, directrice du TNMet animatrice de Vous m'en lirez tant à la Première Chaîne de RC; le journaliste laurentien d'origine acadienne Gérald Le Blanc ; et les libraires de la librairie Port de tête de l'avenue du Mont-Royal: Éric Blackburn, Martin Turcotte et Isabelle Jubinville.Je me suis aussi largement servi des ouvrages suivants : Histoire de la littérature québécoise, de Michel Biron, François Dumont et Élizabeth Nardout-Lafarge (Boréal, 2007) et Parcours de l'essai québécois (1980-2000) sous la direction d'Anne Caumartin et Martine-Emmanuelle Lapointe (Nota Bene, 2004).Retrouvez les listes complètes de nos participants sur www.Cyberpresse.ca/essais PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE Charles Taylor THEORIE DES KOMMUNIKATIVEN HANDELS (Théorie de l'agir communicationnel, 2 t.), 1981 Jürgen Habermas Pour résumer grossièrement ces quelque 800 pages, disons qu'Habermas distingue entre deux structures sociales: les sous-systèmes (État et économie) et le monde vécu (relations interpersonnelles).Dans les soussystèmes, on communique par le pouvoir ou l'argent.Dans le monde vécu, on communique par le langage.Le langage implique une tentative d'accord entre les individus.Pas l'argent et le pouvoir.Ce qui les rend très efficaces.Mais ce qui pose problème lorsqu'ils s'immiscent dans la vie privée et la pervertissent.Un ouvrage coûteux et très austère.Pour les non-initiés, on suggère plutôt Jürgen Habermas, une introduction de Stéphane Haber.SOURCES OF THE SELF (Les sources du moi), 1989 Charles Taylor Ancien candidat du NPD et copilote de la commission Bouchard-Taylor, Charles Taylor est surtout connu pour son engagement politique.Mais le professeur de Mc Gill est probablement le philosophe canadien le plus important des dernières décennies.Un penseur subtil et complexe, explique Daniel Weinstock, un de ses anciens étudiants et plus récemment un de ses conseillers à la Commission.«On assimile souvent l'individualisme moderne à l'égoïsme pur.Taylor montre dans ce livre que notre individualisme vient aussi de sources plus nobles, comme le romantisme (responsabilité face à soi-même) et l'héritage protestant (éloge de la production plutôt que de la contemplation).» Pour une introduction à Taylor, on suggère Grandeur et misère de la modernité, plus accessible et beaucoup plus court.POLITICAL LIBERALISM (Libéralisme politique), 1993 John Rawls «C'est probablement le livre le plus important en philosophie politique depuis Theory of Justice de\u2026 John Rawls en 1971», avance Christian Nadeau.Le philosophe d'Harvard y tente d'adapter sa théorie de la justice au «pluralisme irréductible » de nos sociétés.MAKING IT EXPLICIT : REASONING, REPRESENTING, AND DISCURSIVE COMMITMENT Robert Brandom, 1994 Cette brique austère est rapidement devenue un classique en philosophie du langage.Comme Habermas, Brandom fait le pont entre les traditions européennes et anglosaxonnes.Il prépare maintenant un livre sur Hegel.GENÈSEDELASOCIÉTÉQUÉBÉCOISE Fernand Dumont, 1993 Un des penseurs québécois les plus importants de sa génération, le regretté sociologue se penche dans ces ouvrages sur comment les Québécois se représentent, et sur leur capacité à élaborer des projets communs.AMATTER OF PRINCIPLE (Une question de principe), 1985 Ronald Dworkin WHAT IS EQUALITY Ronald Dworkin, 1981 Dworkin soutient que c'est l'égalité des chances plutôt que l'égalité de condition que nos institutions doivent viser.Un penseur marquant de la théorie libérale des droits.MULTICULTURAL CITIZENSHIP: ALIBERAL THEORY OF MINORITY RIGHTS (La citoyenneté multiculturelle) Will Kymlicka, 1995 «Kymlicka est un des premiers penseurs à poser la question des droits des minorités », rappelle Christian Nadeau, qui en a fait son premier choix.Les travaux de l'Ontarien intéressent particulièrement les pays d'Europe de l'Est, aux prises avec des conflits ethniques.Ont été consultés : Joseph Heath (philosophe - University of Toronto) ; Jean Grondin (philosophe - Université de Montréal) ; Daniel Weinstock (philosophe - Université de Montréal) ; Christian Nadeau, (philosophe - Université de Montréal) ; Thomas De Koninck (philosophe - Université Laval) ; Pierre Desjardins (philosophe retraité- cégep Montmorency), et Jacques Beauchemin (sociologue - UQAM).Retrouvez trois autres suggestions de titres et les listes complètes de nos participants sur www.cyberpresse.ca/philo PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Pierre Nepveu ENCORE DES CLASSIQUES?Notre spécialiste Norbert Spehner vous propose 10 incontournables du polar au www.cyberpresse.ca/polars et notre journaliste Sylvie Saint-Jacques a dressé la liste des 10 livres de psychologie populaire qui ont fait date au www.cyberpresse.ca/psycho. une relève littéraire qui promet Richard Ste-marie Sébastien 15 octobre 1er octobre filiatrault www.groupelibrex.com aux Éditions Stanké 3583156A LECTURESDOSSIER MARIE-CLAUDE LORTIE Le cliché veut que le Québec soit à cheval entre la France et l'Amérique.Côté cuisine, cette position acrobatique se transforme en gibelotte panachée quand vient le temps d'un livre de recettes.On s'identifie à la cuisine traditionnelle française et on adore tout ce qui est méditerranéen.Pourtant on mesure en pintes et en tasses, nos produits sont nord-américains et nos souvenirs premiers de saveurs divines sont souvent beaucoup plus proches d'un gâteau aux carottes que d'un foie gras.Je sais cuisiner, de Ginet te Mathiot, nous parle de produits qu'on ne connaît pas.The Joy of Cooking nous touche, mais en anglais, et la très classique Encyclopédie de la cuisine canadienne de Jehane Benoît demeure un classique mais est ancré dans une autre époque.Et si les nouveaux classiques étaient ceux qui réussissent le mieux à répondre à la fois à nos goûts tournés vers l'Europe et l'Asie et à nos exigences pratiques nord-américaines?Une petite crème brûlée ou des brownies, avec ça ?CUISINE ÉTIENNE LALONDE COLLABORATION SPÉCIALE «Cet exercice est absolument inhumain», lance Jean-François Chassay, professeur, essayiste et romancier, au moment même de remettre «une» liste d'ouvrages parmi les plus marquants des 30 dernières années ; romans étrangers, destinés à traverser les siècles, voire à devenir les «classiques » de demain.Alors, oui, si l'on se risque, ici, la tête sur le billot, à dresser «une» liste des 10 ouvrages «extracanadiens» les plus marquants du dernier tiers de siècle, disons que\u2026 courage\u2026 courage\u2026 car les manques, les oublis (voire les exactions) y seront obligés, autrement\u2026 cette liste occupera vite tout le cahier Lectures, et ce, sans jamais s'essouffler.La morale de cette histoire: peu importe ce que l'on vous dit de lire, lisez, c'est tout ! LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE PHOTO REUTERS Gabriel Garcia Marquez PHOTO IAN GITTLER Bret Easton Ellis À LA DI STASIO Josée di Stasio, 2004 Vendu à des dizaines et des dizaines de milliers d'exemplaires, ce livre est en train de redessiner le répertoire culinaire des Québécois.Si votre mère a appris à cuisiner avec Jehane, votre fils, lui, recevra probablement pour la première fois dans son nouvel appartement avec du boeuf à l'anis étoilé, un gigot braisé au romarin.Saveurs assurées, simplicité garantie, photos alléchantes.Le nouveau classique no 1 au Québec.PINARDISES Daniel Pinard, 1994 «Moi j'aime bien les livres anglo-saxons, mais pour le Québec, c'est certain qu'on doit compter di Stasio et avant elle les Pinardises parmi les nouveaux classiques », affirme Louise Latraverse, comédienne et grande gastronome.À la télé, comme à la radio, comme dans ses bouquins, Pinard a été très efficace pour décoincer notre vision de la cuisine, faire sauter la rigidité des mesures, incorporer l'arbitraire du goût et ramener les saveurs d'abord et avant tout à la qualité des produits que l'on utilise.PÉCHÉ DE GOURMANDISE Nigella Lawson, 2001 TOQUÉ DE CUISINE Jamie Oliver, 2004 LA PASSION DES TARTES Martha Stewart, 1994 Certains diront que la cuisine est en train de glisser des livres à la télévision avec la profusion d'émissions de cuisine appuyées par des sites web.Mais quelques cuisiniers-vedettes - pas tous ! - ont réussi à faire de leurs ouvrages papier bien autre chose que de simples manuels d'accompagnement pour leurs performances au petit écran.En fait, ces trois livres qui amènent nos vedettes près de nos fourneaux se sont installés dans nos cuisines à demeure et on ne cesse de les consulter.Car au-delà de leur charisme télé, ces trois auteurs sont de vrais pros des saveurs et de la vulgarisation.Oliver, Lawson et Stewart sont les trois principaux qui ont su, chacun avec leur personnalité bien distincte - Stewart la maîtresse de maison, Lawson la maman séductrice et Oliver le jeune cool - vraiment combiner la force du média électronique à la force de l'objet imprimé, pour ouvrir une nouvelle ère de beaucoup plus haut niveau dans la médiatisation de la cuisine.RIVER CAFE COOKBOOK Une autre des caractéristiques de notre ère, côté livre de cuisine, c'est que ces publications sont plus que de simples manuels parlant de mélanges et de cuissons, mais bien des manuels de style de vie.Et selon Lesley Chesterman, critique gastronomique à The Gazette - qui lit et teste des douzaines de livres de cuisine par année - rien n'est plus efficace et représentatif à cet égard que le River Cafe Cookbook, de Rose Gray et Ruth Rogers, du restaurant éponyme à Londres.«C'est plus que faire les recettes.On veut vivre le livre », dit la journaliste.RECETTES VITE PRÊTES Donna Hay, 1999 Dans le monde du livre de cuisine anglo-saxon, il y a avant et après Donna Hay.Nos experts s'entendent pour dire que ses recettes méritent à peine qu'on en parle, mais pour ce qui est de la facture des livres, l'Australienne a transformé cet univers avec le stylisme épuré de ses ouvrages et surtout des photos hyperréalistes de plats.Après elle, tout le monde s'est mis à photographier la nourriture comme elle est et non plus comme elle devrait être.Ont été consultés : Robert Beauchemin, anthropologue et critique gastronomique, Lesley Chesterman, critique gastronomique, Louise Latraverse, comédienne, gastronome.Retrouvez trois autres suggestions de titre sur www.Cyberpresse.ca/cuisiner PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Josée di Stasio SIPARUNENUITD'HIVER UNVOYAGEUR Italo Calvino, 1979, en Italie Une confusion entre le lecteur réel et le lecteur fictif, «une expérience de lecture unique, un exercice de style complètement hallucinant » (Sébastien Rose) ; un «ouvrage contenant toute la modernité romanesque » (Paul Bélanger).L'AMOUR AU TEMPS DU CHOLÉRA Gabriel Garcia Márquez, 1985 Vivre pour l'autre, rêver de l'autre, «pour la poésie » (Fabienne Larouche) et le « récit chaud et envoûtant d'une grande passion» (Sébastien Rose).LE PARFUM Patrick Süskind, 1985 Puisque tout n'existe que par l'odeur, les phéromones, les arômes.«Un livre drôle et cauchemardesque à la fois», «un livre que l'on sent autant que l'on lit » (Patrick Senécal).«L'odeur et l'omnipuissance de celle-ci sur l'humain » (Ana Sokolovic).PHOTO AFP Enrique Vila-Matas PHOTO FOURNIE PAR GALLIMARD Milan Kundera champagne Roman · 400 pages · 27,95 $ «Humain sans être mièvre, conviant les grands espaces et le monde animal, ce livre d'une écriture claire et généreuse est un appel à respirer plus profond.» Valérie Marin La Meslée, Le Point «Une écriture fluide, riche et châtoyante, qui éclate sur 391 pages de bonheur.Un livre étincelant comme un lac des Laurentides éclaboussé du soleil de juillet.» Hugo Dumas, La Presse «Il y a longtemps que je n'ai pas éprouvé un pareil bonheur de lecture, un si pur enchantement.Je m'émerveille de nouveau devant la splendeur, la générosité et la précision de son écriture.» Pierre Cayouette, L'actualité « Champagne est une ode à la nature.» Marie-Claude Fortin, La Presse «Une formidable aventure humaine, faite de morts et de renaissances.» Tristan Malavoy-Racine, Voir Monique PROULX © Catherine Gravel UN PUR ENCHANTEMENT! 3582237A 3577701A LECTURESDOSSIER JADE BÉRUBÉ COLLABORATION SPÉCIALE Dresser une liste des nouveaux classiques de la littérature québécoise est un véritable supplice.Tout d'abord, qu'entendons-nous par «classique » de la littérature?Déjà, les points de vue s'entrechoquent et se canardent.Et si l'on oubliait un incontournable ?D'ailleurs, où se sont perdus dans nos listes les Mistral, Kokis et Blais?Un supplice, je vous dis.Néanmoins, il faut se mouiller.Comme le faisait pertinemment remarquer l'un de nos consultants à ce dossier, l'appellation «classique» renvoie tout d'abord à l'enseignement des oeuvres en classe.Le classique, vortex de la transmission?Voici une piste.D'où notre empressement à interroger des professeurs de littérature de cégep et d'université mais aussi de jeunes auteurs qui gardent, au fond de leur encrier, tous ces mots et toutes ces histoires racontées.LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE Sylvain Trudel PHOTO ARCHIVES, LA PRESSE Francine Noël PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Gaétan Soucy PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE Guillaume Vigneault EXTINCTION Thomas Bernhard, 1986 Pour la pourriture, la putréfaction, le long saignement ; l'un des romans les plus forts et douloureux qui soient.BELOVED Toni Morrison, 1987 Pour «l'engagement », simplement (Catherine Mavrikakis).L'IMMORTALITÉ Milan Kundera, 1990 Parce que «l'homme peut mettre fin à sa vie.Mais il ne peut mettre fin à son immortalité.» (Kundera).AMERICAN PSYCHO Bret Easton Ellis, 1991 Pour «l'écriture cannibale qui phagocytera la pub, les marques, l'oral et le cinéma» (Catherine Mavrikakis); ex-æquo avec James Ellroy, Le quatuor de Los Angeles (1987-1992) (qui comprend Le Dahlia noir, Le grand nulle part, L.A.Confidential et White Jazz) - Une oeuvre «qui a dévoyé, voire perverti, notre récente littérature.Ellroy a chambardé les notions du vrai et du faux en s'incluant lui-même, en tant qu'écrivain et personnage, comme témoin des faits et gestes d'une ville, d'une époque.» (Alain Fisette).OUTREMONDE Don De Lillo, 1999 « Le dernier avatar du Great American Novel (Jean-François Chassay); ex-æquo avec Philip Roth, Pastorale américaine (1997) - Une «véritable allégorie de l'Amérique» (Sébastien Rose).LE MAL DEMONTANO Enrique Vila-Matas, 2002 Pour « la construction romanesque éblouissante et l'intertextualité à la virtuosité phénoménale » (Julie Vincent).LA ROUTE Cormac Mc Carthy, 2006 Depuis «un certain cynisme» (Fabienne Larouche) et «parce que désormais la fin du monde ne pourra plus être prise à la légère» (Catherine Mavrikakis).Ont été consultés : Paul Bélanger, professeur, poète et éditeur ; Jean-François Chassay, professeur, essayiste et romancier ; Alain Fisette, poète; Fabienne Larouche, auteure et productrice; Catherine Mavrikakis, professeure et romancière ; Sébastien Rose, cinéaste; Marc Séguin, peintre ; Patrick Senécal, romancier ; Ana Sokolovic, compositrice, et Julie Vincent, dramaturge, professeure et metteuse en scène.Retrouvez les listes complètes de nos participants sur www.cyberpresse.ca/etrangere MARYSE Francine Noël, 1983 Francine Noël écorche ici toutes les institutions aliénantes, du mariage au milieu universitaire, et signe un véritable portrait social du Québec de l'après mai 68.«C'est un roman d'une grande lucidité, qui jette un regard franc sur les années 1968- 75, sur ces années de transformation profonde du Québec contemporain », note Isabelle Boisclair.VOLKSWAGEN BLUES Jacques Poulin, 1984 Un écrivain part à la recherche de son frère Théo, dont il est sans nouvelles depuis longtemps.«Un roman de l'ouverture», comme le qualifie Isabelle Boisclair, puisque l'oeuvre a fait voler en éclat la notion d'identité nationale.«Volkswagen blues est uneoeuvre majeure, d'une grande intensité, qui exploite non seulement le thème de l'américanité, mais aussi celui de l'enfance, de la chute du héros et de la recherche du bonheur», résume Aurélien Boivin.LE SOUFFLE DE L'HARMATTAN Sylvain Trudel, 1986 Deux enfants, deux frères d'aventures, l'un Québécois abandonné à sa naissance et l'autre Africain dénaturalisé, se lient d'amitié et choisissent de préserver l'enfance du monde adulte en entretenant entre les deux statuts un fossé infranchissable.«Sylvain Trudel réinvente le langage.Il gronde en lui une série de personnages-vérité qui vibrent de toute la gamme possible des émotions », soutient Mélanie Vincelette.LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TROP LES ALLUMETTES Gaétan Soucy, 1998 Deux enfants doivent appréhender le monde où le réel s'entremêle à l'imaginaire à la suite du suicide de leur père.Une langue surprenante qui serpente entre les cailloux de la cruauté.La majorité des oeuvres de Gaétan Soucy a raflé des prix mais c'est La petite fille qui aimait trop les allumettes qui a propulsé l'auteur au rang d'écrivain internationalement reconnu.MARIE-HÉLÈNE AUMOIS DE MARS Maxime-Olivier Moutier, 1998 Amoureux fou, égaré dans le sentiment, éperdu, Moutier y relate son voyage en enfer à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul avec le lyrisme que permet la littérature, transformant le récit en véritable épopée tragique, créant un Orphée des temps modernes où l'amour a débordé.«Du vertige amoureux à la paternité, Moutier creuse la psyché collective pour produire des livres essentiels à tous les mortels», affirme Mélanie Vincelette.CARNET DE NAUFRAGE Guillaume Vigneault, 2000 Lorsque Marlène quitte Alex, celui-ci se fait emporter par la houle.Une houle de chagrin qui le mènera sur les chemins de l'introspection.Qu'est-ce que l'amour?Une fuite devant le vide de l'existence?Que reste-t-il de nous, après l'amour?La quête du protagoniste suit le courant de la mélancolie jusqu'à ce qu'enfin elle se tarisse.NIKOLSKI Nicolas Dickner, 2005 Trois étranges narrateurs se partagent une épopée identitaire qui les mènera à Montréal.«Ce roman dément tous les pires pronostics sur le monde actuel: la fameuse \u201c dérive \u201d identitaire ne mène plus à la catastrophe.Ici, l'avenir est à construire», note Isabelle Boisclair.L'auteur fait également preuve d'une ingéniosité de l'écriture qui contribue au charme de ce récit vivifiant.Ont été consultés : Marie-Hélène Poitras (écrivain) ; Mélanie Vincelette (éditrice et écrivain) ; Hélène Robitaille (écrivain) ; Aurélien Boivin (professeur de littérature à l'Université Laval et directeur du Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec) ; Jean-François Chassay (professeur de littérature à l'Université du Québec à Montréal) ; Isabelle Boisclair (professeur de littérature à l'Université de Sherbrooke).Retrouvez trois autres suggestions de titres et les listes complètes de nos participants sur www.Cyberpresse.ca/ quebecoise PHOTO ALEXANDRA BOLDUC Maxime-Olivier Moutier les essais de la rentrée Jean-Marc piotte Jean laberge aux Éditions Logiques 10 septembre 1er octobre www.groupelibrex.com 3583139A deux ouvrages de référence pour les épicuriens Éric trudel Richard bizier Roch nadeau 15 octobre octobre www.groupelibrex.com aux Éditions du Técarré 3583141A LECTURES Jeudi, ce sera le septième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.Le seul fait de souligner chaque année cette date en dit long sur l'importance de cet événement dans la psyché collective.Depuis trois sans, à l'UQAM, l'Équipe de recherche sur l'imaginaire contemporain, la littérature des images et des nouvelle textualités (baptisée Éric Lint), construit patiemment, au fur et à mesure, un répertoire des oeuvres littéraires, cinématographiques et artistiques s'inspirant de ce drame.Entrevue avec son directeur, le professeur et écrivain Bertrand Gervais, et la chercheuse Annie Dulong.CHANTAL GUY QComment est né le projet Lower Manhattan?R Bertrand Gervais \u2014 Il fait suite à l'apparition graduelle de romans et de films traitant du 11 septembre.On a très clairement vu qu'un discours s'est rapidement imposé comme quoi le 11 septembre était le point de départ du XXIe siècle, qu'il était comme une borne historique qui venait littéralement ouvrir le siècle.Mais on a vu aussi apparaître une réduction du discours.Entendre les gens parler du 11 septembre comme d'une borne du XXIe siècle, il y avait là une espèce de mythe d'origine.Je me suis posé la question: s'il y a un mythe, comment le décrire?Comment est-il à l'oeuvre dans la littérature?QEn somme, vous établissez une bibliographie et une filmographie du 11 septembre ?R Gervais \u2014 Oui.Nous travai l lons d'abord sur les représentations littéraires, cinématographiques et artistiques du 11 septembre.Dans notre répertoire, nous avons déjà une centaine de romans.En plus, on utilise une base de données qu'on peut alimenter continuellement et avoir des collaborateurs du monde entier qui peuvent simplement, de n'importe où, déposer un compte rendu, en respectant le protocole bien sûr.Ce qui est intéressant, c'est de monter cette base de données au fur et à mesure que ces fictions là surviennent.Ça se passe maintenant ! On prend quelque chose de l'imaginaire contemporain et on met sur pied un observatoire.Le 11 septembre devient un objet facile dans ce sens-là.Et d'une certaine façon, la facilité de cet objet est de l'ordre de la pointe d'un iceberg.Enfin, avec la révolution web, on peut dire que c'est un work-in-progress.Les gens sont tout à fait libres de participer et ça arrive régulièrement.On nous dit : vous avez manqué telle chose, vous n'avez pas parlé de mon roman.(rire).QEn trois ans, qu'avez-vous découvert qui vous surprend?R Annie Dulong \u2014 Ce qui m'a le plus intriguée, c'est lorsque j'ai comparé les textes qui ont été écrits par les New-Yorkais et les autres.Les gens de New York écrivent des textes plus centrés sur les sens, les odeurs, les couleurs, alors que les auteurs de l'extérieur ont tous vu les mêmes images, comme nous.Je veux voir si ce barrage entre ceux qui étaient là et ceux qui n'y étaient pas va s'absorber ou persister de façon à ce qu'il y ait deux types de fictions sur le 11 septembre, celles de l'intérieur et celles de l'extérieur.Gervais \u2014 On a rapidement identifié le lieu des attentats comme étant «ground zero ».Il y a quand même là quelque chose d'extraordinaire! D'ailleurs c'est cette mention-là qui justifie le titre de notre projet.Parce que le projet Manhattan est le projet de la création de la bombe atomique.Ground Zero renvoie à cela, dans une identification abusive.Cela veut dire que rapidement, et ça s'est fait très spontanément, on a identifié le lieu des attaques au ground zero d'une bombe atomique.On sait bien que l'imaginaire qui découle de la bombe atomique est un imaginaire post-apocalyptique.Dans notre cas, c'est un modèle réduit de cet imaginaire postapocalyptique.Mais ce n'est même pas de la science-fiction, c'est du roman réaliste ! QCet te rapidité, cet te date fixe, cela fait un sujet en or pour vous qui sondez l'imaginaire contemporain ?R Ge r va i s \u2014 Absolument , avec ses dangers aussi.Les enjeux sont tellement fascinants et importants, je pense, que ça en vaut la peine.On ne va pas attendre 30 ans pour voir de quoi notre époque était faite, cela ne se fera pas rétroactivement.On a choisi un sujet précis, mais il peut s'insérer dans un projet beaucoup plus large aussi.On essaie de baliser un territoire.QNous sommes aujourd'hui très sensibles à l'idée historique, on passe notre temps à dénicher des moments historiques.Cette tendance n'était peut-être pas aussi présente il y a un siècle.Est-ce que cela explique pourquoi beaucoup d'artistes utilisent cet événement dans leurs oeuvres ?Comme pour être de leur temps?R Des penseurs disent que nous sommes en fait dans un nouveau régime historique, marqué par ce que l'on a nommé le «présentisme ».Une fascination pour le moment présent.Son établissement dans une chaîne.Dans ce contexte, on a besoin de placer le 11 septembre comme une balise, c'est une façon d'établir notre présent et de lui donner une signification.Oui, en effet, le type de rapport que nous avons à l'histoire et à notre place dans l'histoire fait en sorte qu'on va facilement intégrer cet élément-là, qui a des résonances immédiates pour les lecteurs.Si j'écris «c'était trois jours après le 11 septembre.», c'est une référence partagée par tout l'Occident, pas besoin de l'expliquer.L'événement arrive avec sa date.Il n'y a pas d'autre événement qu'on connaît sous le nom de sa date ! QPersonnellement, quelles sont vos fictions préférées?R Dulong \u2014 J'ai un faible pour Un désordre américain de Ken Kalfus.C'est d'un cynisme et d'un réalisme intéressant.Pour le deuxième, j'hésite entre The Writing on the Wall de Lynne Sharon Schwartz et Compter jusqu'à cent de Mélanie Gélinas.Gervais \u2014 Moi, j'aime beaucoup le Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près, parce que ça met en scène un enfant dont le père est mort dans le WTC.C'est très beau.Mais je n'ai pas aimé le dernier De Lillo.Pour consulter ou participer au projet Lower Manhattan: http://lmp.ericlint.uqam.ca/ Le territoire imaginaire du 11 septembre PHOTO ALEX FUCHS, ARCHIVES AFP Bertrand Gervais, directeur du groupe de recherche : «On utilise une base de données qu'on peut alimenter continuellement et avoir des collaborateurs du monde entier qui peuvent simplement, de n'importe où, déposer un compte rendu, en respectant le protocole bien sûr.» « Les gens de New York écrivent des textes plus centrés sur les sens, les odeurs, les couleurs, alors que les auteurs de l'extérieur ont tous vu les mêmes images, comme nous.» Tous les samedis dans CE QU'ON A VU, CE QU'ON EN PENSE. «Une voix exceptionnelle qui ose.Et qui s'impose.» Danielle Laurin, Le Devoir Pascale QUIVIGER LA MAISON DES TEMPS ROMPUS © Nigel Rigden 240 pages · 24,95 $ Roman 3582238A Un no UveaU best-seller de denis Monette © Guy Beaupré Denis Monette www.groupelibrex.com 4septembre 3583136A 22 octobre 15 octobre 15 octobre 15 octobre 15 octobre 27 août Eric walters pour les eNFa Nts.et les plus GraNDs! 10 a Ns+ 22 octobre 11 a Ns+ 10 a Ns+ www.groupelibrex.com Louise simarD Collection « Intime » 3583158A LECTURES MATHIEU PERREAULT Quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001, Terry Cochran entendait souvent des gens traiter de «lâches» les kamikazes, et en particulier leur chef Mohammed Atta.Le qualificatif lui a rapidement paru bizarre.«C'est sûr que ce n'était pas un héros, mais un lâche?Chose certaine, il n'avait pas hésité à se donner la mort.Ce n'est pas un comportement typique des lâches.» À l'époque, le professeur de littérature à l'Université de Montréal travaillait sur les liens entre l'expérience littéraire et l'expérience spirituelle.Il a décidé de rediriger son projet pour s'intéresser plus particulièrement aux kamikazes.Son livre De Samson à Mohammed Atta, issu de ces réflexions, vient d'être publié.«C'est une décision qui est presque toujours fondée sur des textes littéraires, dit M.Cochran.Les terroristes du 11 septembre avaient tous dans leurs bagages la même lettre, avec des références au Coran et des instructions comme se raser complètement le corps.Les kamikazes japonais se basaient sur le bushido, un texte du XVIIe siècle distribué à tous les garçons à l'école, qui expliquait comment un samouraï devait se comporter face à son maître, face à la mort.Pour se laisser emporter par sa foi jusqu'à se donner la mort, il faut l'imaginaire d'un monde textuel.» D'ailleurs, la littérature dans son ensemble puise ses sources dans le domaine religieux, selon M.Cochran.«Les premiers textes étaient souvent spirituels.Et les techniques d'analyse littéraire ont évolué au fil des siècles précisément pour mieux analyser les textes religieux.» Justement, la popularité du terrorisme-suicide dans notre ère est intimement liée à l'analyse littéraire.Ou plutôt, à la fin de la prépondérance des institutions traditionnellement chargées de cette analyse.«J'appelle cela la \"protestantisation\" du monde, dit M.Cochran.À partir du XVIe siècle, on a commencé à voir des groupes s'entendre entre eux sur l'interprétation des textes religieux, et rejeter les interprétations officielles.Dans l'islam, on voit beaucoup d'imams recueillir autour d'eux des fidèles qui suivent leurs recommandations à la lettre.Et maintenant, avec la montée en puissance de la blogosphère, chacun a l'impression que son opinion est aussi bonne que n'importe quelle autre.» Or, celamine tout l'édifice de normalisation des idées par les institutions académiques.«On peut dire ce qu'on veut à propos du conservatisme des universités, mais il reste que les idées qui s'y imposent doivent être examinées de façon critique par les pairs.Si un étudiant écrit des absurdités sur un texte, il se fera corriger, on lui expliquera qu'il faut lire les textes du XVe siècle dans le contexte de leur époque, par exemple, au lieu de les interpréter selon nos propres valeurs et connaissances.Les institutions sont en quelque sorte des guides.» Peut-on faire un parallèle avec les jeunes filles qui pensent que l'amour ressemblera aux contes de fées?«Oui, et il faut d'ailleurs noter que très souvent, l'autorité a cherché à restreindre l'accès à la littérature pour éviter qu'elle soit mal interprétée.» Certains parents rechignent maintenant à donner de la littérature pour enfants «sexiste» à leurs filles.Faut-il donc redevenir papiste?«Non, certainement pas, répond M.Cochran.Mais il faudra trouver desmanières d'aider les individus à comprendre les textes littéraires.» N'est-ce pas simplement une question de formation éthique?«Oui, mais il faut se souvenir que la foi est toujours une aberration du statu quo.Quand on est touché par la foi, on n'a plus besoin du jugement des autres.Si Abraham avait tué son fils, il aurait probablement été jugé pour meurtre par ses pairs.On ne peut pas expliquer la foi.» D'ailleurs, attribuer à Dieu le sentiment religieux est en soi une interprétation.«Du point de vue laïc, c'est une intuition, pas la voix de Dieu.Kant disait que Pascal ne se rendait pas compte qu'il entendait sa propre voix quand il avait l'impression d'entendre celle de Dieu.» L'émotion, les larmes en particulier, est étroitement liée à la piété.«Le noeud gordien liant les larmes et le sacré crée un obstacle infranchissable pour la pensée moderne», écrit M.Cochran.On ne peut s'empêcher de penser à une technique presque infaillible pour mettre un terme à une discussion conjugale corsée: éclater en sanglots.Vraiment, les kamikazes ont des liens surprenants avec le monde ordinaire.HHH DE SAMSON À MOHAMMED ATTA Terry Cochran Fides, 220 pages, 29,95$ ENTREVUE / Terry Cochran Les kamikazes sont littéraires PHOTO FOURNIE PAR TERRY COCHRAN Lors des attentats du 11 septembre 2001, le professeur de littérature Terry Cochran travaillait sur les liens entre l'expérience littéraire et l'expérience spirituelle.Il a décidé de rediriger son projet pour s'intéresser plus particulièrement aux kamikazes.Son livre De Samson à Mohammed Atta, issu de ces réflexions, vient d'être publié.MARIE-CHRISTINE BLAIS S'il est un auteur contemporain dont les romans se prêtent particulièrement bien à être lus à voix haute, c'est sans doute Phi l ippe Claudel, dont les livres fourmillent de descriptions fouillées, et dont la plume comme le style est classique, au sens noble du terme.Pour Le rapport de Brodeck, qui a valu à Claudel le Goncourt des lycéens 2007 et le Prix des libraires du Québec 2008 (catégorie roman étranger), la maison Audiolib a fait appel à la voix d'un jeune comédien français peu connu, mais lui aussi de formation classique, Sylva in Machac.On soulignera tout de suite la bonne idée que de faire appel à une voix très belle, tout en n'évoquant aucun visage de comédien connu : c'est bel et bien Brodeck, être anonyme, qui s'exprime à voix haute, nous semble-t-il.Mais ce n'est pas la seule vertu de cet audiolivre sobre, respectueux de l'intégral ité du texte, composé d'un seul CD MP3 : c'est en entendant la prose de Claudel qu'on mesure à quel point l'auteur est inspiré par le souff le particulier de Victor Hugo, dont il a d'ailleurs mis une citation en exergue de son roman.La beauté de la langue telle que maniée par Claudel n'a d'égale que sa maîtrise des retours en arrière, des digressions nécessaires, qui fait de son livre une oeuvre, non pas touffue, mais vivante, humaine.Lu à voix haute ou à voix basse, Le rapport de Brodeck est aussi inquiétant .Car dans l'une et l'autre version, le même constat : le danger absolu que constitue le concept de «pureté de la race », qui fait qu'un camp de concentration, en pleine guerre, et un village perdu, en pleine paix, se ressemblent douloureusement lorsqu'il est question d'éliminer toute trace de l'autre, de l'étranger.HHHH LE RAPPPORTDE BRODECK Philippe Claudel, lu par Sylvain Machac Éditions Audiolib.Durée: 10h30.AUDIOLIVRE La voix de Brodeck « Pour se laisser emporter par sa foi jusqu'à se donner la mort, il faut l'imaginaire d'un monde textuel.» Mario bolduc 12 novembre www.groupelibrex.com © Robert Etcheverry la star chérie des québécois se dévoile 3583151A incontournables! www.groupelibrex.com Jacques savoie Michel Jean 24 septembre 10 septembre Aux Éditions Stanké 3583144A LECTURES NICOLAS BÉRUBÉ LOSANGELES\u2014À quoi ressemble une rentrée littéraire en période d'élections aux États-Unis ?Eh bien! ça ressemble à la section internationale des grands quotidiens: beaucoup d'Obama et de Mc Cain, de l'analyse politique, du réchauffement climatique.Et quelques poids lourds, qui promettent de filer tout droit vers le sommet des listes de best-sellers.Côté littérature, de grands noms prendront part à la rentrée 2008.Le prolifique Philip Roth publiera Indignation, roman dont l'histoire se déroule dans un collège du Midwest durant les années 50.Le plus récent livre de John Updike, The Widow of Easkwick, arrivera quant à lui dans les librairies en même temps que Fine Just the Way It Is, collection d'histoires signée par Annie Proulx, lauréate d'un prix Pulitzer.Marilynne Robinson, l'une des auteures favorites de Barack Obama, publiera son plus récent livre, Home.Il s'agit de la suite de Gilead, qui lui a valu un prix Pulitzer en 2005.Du côté des livres d'actualités, c'est le legs de GeorgeW.Bush qui occupera l'avant-scène.La déferlante médiatique devrait se mettre en branle demain pour la sortie du quatrième et dernier tome du journaliste Bob Woodward sur l'administration Bush.Comme ce fut le cas avec les trois tomes précédents, le livre de Woodward, The War Within : A Secret White House History 2006- 2008, fait l'objet de beaucoup de spéculations.L'auteur sera-t-il critique envers Bush ou prendrat- il plutôt le pari de réhabiliter un président détesté par (presque) tous les électeurs?Pour s'expliquer, l'auteur passera la semaine à courir de studio en studio.Woodward sera impossible à éviter.Jusqu'à ce que le sujet s'épuise.Ou qu'un candidat présidentiel fasse une gaffe.Autre arrivée remarquée dans les librairies: le troisième livre de Barack Obama, Change We Can Believe In.Il s'agit d'un recueil de ses meilleurs discours et des politiques qu'il compte mettre en place s'il est élu.Ce troisième ouvrage risque d'accaparer beaucoup de temps d'antenne - et d'être taillé en pièces par John Mc Cain une nanoseconde après son lancement.Un guide électoral signé Michael Moore D'ici aux élections américaines, une série de livres seront immanquablement publiés sur Obama et Mc Cain.Il s'agira pour la plupart de bouquins écrits en vitesse par des auteurs peu connus payés pour faire «une job de bras» contre un candidat.Difficile de juger de leur valeur.Une page couverture avec la photo d'un candidat affublée d'un titre arrogant et/ou cynique devrait soulever des doutes.Parlant depolitique, ledocumentariste provocateur Michael Moore n'allait pas laisser passer l'occasion de mettre son grain de sel dans la campagne électorale.Cet automne, il publie Mike's Election Guide 2008, son premier livre depuis Dude, Where's My Country?, son best-seller paru en 2004.Dans ce « guide électoral », Moore répond aux questions que lui ont envoyées les lecteurs de son blogue et donne des conseils pour démolir les arguments des républicains.De toute évidence, Moore a peur de voir les démocrates se planter durant la campagne, comme en témoigne le sous-titre de son livre: «Combien de démocrates faut-il pour perdre l'élection la plus facilement acquise de l'histoire des États-Unis?» Aut re livre d'analyse qui risque de faire du bruit : Hot, Flat and Crowded, de Thomas Friedman.Auteur, conférencier et chroniqueur au New York Times, Friedman s'est imposé comme le grand gourou de la mondialisation avec son livre à succès The World Is Flat.En 2002-2003, Friedman a été l'un des rares commentateurs progressistes à militer en faveur de la guerre en Irak.Depuis, il s'est intéressé aux changements climatiques et à la question de l'énergie renouvelable.Il en appelle aujourd'hui à une «révolution verte nécessaire pour sauver la planète et rétablir la compétitivité américaine sur le plan international ».Espérons que son nouveau cheval de bataille connaisse plus de succès que l'ancien.RENTRÉE AMÉRICAINE Politique et grosses pointures PHOTO PABLO MARTINEZ MONSIVAIS, ASSOCIATED PRESS Les livres sur leprésident sortant des États-Unis disputeront les rayons des librairies à ceux consacrés à ses possibles successeurs.LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE PARIS \u2014 Depuis longtemps, en France, les romanciers sont souvent des romancières.C'est particulièrement vrai en cette rentrée 2008, simplement parce que beaucoup de noms importants de la littérature féminine semblent s'être donné rendez-vous en ce mois de septembre.En haut de la liste, sans surprise, celle qui produit chaque année un best-seller à la même date: Amélie Nothomb.Un peu systématique à mon goût.Mais cette fois, son petit Fait du prince (Albin Michel, 172 pages) est un récit absurde et très amusant qui se lit d'une traite : à partir d'une intrigue fantaisiste (un monsieur prend l'identité d'un inconnu mort subitement chez lui), la poule aux oeufs d'or de Bruxelles réussit avec brio à sortir par le haut à la faveur d'une dernière pirouette.«Du Kafka superlight », écrit le Nouvel Observateur.Déjà numéro un des ventes.Mais l'événement de la rentrée, c'est bien sûr Jour de souffrance (Flammarion, 265 pages).On attendait Catherine Millet depuis le gigantesque succès de La vie sexuelle de Catherine M.en 2001.Sept ans après cette chronique froide et factuelle de ses innombrables partouzes, la très chic directrice d'Art Press produit cette fois un récit très personnel, presque sentimental, où elle explique comment elle a senti un jour la jalousie monter en elle et la torturer : elle venait de découvrir les preuves tangibles d'une liaison entre son mari, Jacques Henric, et une jeune femme.Catherine Millet a une vraie écriture et, cette fois, loin des épisodes scandaleux de son premier livre, elle donne avec subtilité certaines clefs de son comportement.Plutôt bien reçu par la critique.Angot racoleuse La tentation était trop forte et beaucoupdemédiassesontempressés de faire le lien avec le nouvel opus de Christine Angot, Le marché des amants (Seuil, 320 pages).Le récit d'Angot se veut franchement scandaleux si ce n'est racoleur.L'auteure - qui a ou avait elle aussi une écriture très forte - a peut-être finalement un peu trop tiré sur la ficelle de l'autofiction, avec un titre tous les deux ans.Après une liaison avec un journaliste littéraire parisien, puis une non-liaison avec un acteur, voici maintenant le compte rendu d'amours éphémères avec une (petite) vedette du showbiz, Doc Gynéco, jeune de banlieue devenu sarkozyste.Généralement éreinté par la critique pour cause de ridicule.Après avoir triomphé en 2000 avec La conversation amoureuse, Alice Ferney revient avec autant de succès sur le sujet inépuisable des relations de couples.Tiré à 100 000 exemplaires, Paradis conjugal (Albin Michel, 256 pages) est déjà installé dans les listes des meilleures ventes.Un peu moins pétaradantes, mais candidates au succès en librairie, deux romancières.D'un côté, la Franco-Algérienne Nina Bouraoui, qui revient avec un roman court et dense, pratiquement écrit d'une seul jet, Appelezmoi par mon prénom (Stock, 120 pages).Le livre raconte l'histoire toute simple de la naissance d'une passion entre Paris et Genève.De l'autre, un roman riche et ambitieux de Catherine Cusset.Un brillant avenir (Gallimard, 369 pages) prend à bras-le-corps l'histoire occidentale de 1941 à 2006, entre la France, la Roumanie et les États Unis (où l'auteure enseigne).Pour L'Express, Catherine Cusset constitue «l'une des meilleures surprises de la rentrée»; pour le Nouvel Obs, son roman est «un Goncourt rêvé».Un mot sur les hommes.Le plus québécois des Français, Jean-Paul Dubois, revient, avec Les accommodements raisonnables (Éd.de l'Olivier, 261 pages), au style qui lui avait tant réussi dans Une vie française, Prix Femina 2004.Paul Stern, alter ego de l'auteur, est un scénariste mélancolique échoué à Hollywood tandis que sa femme est en dépression profonde et que son père vit une crise d'adolescence à 78 ans.Dubois triomphe déjà en librairie à raison de 5000 exemplaires vendus par semaine.Autres poids lourds: Yasmina Khadra, avec Ce que le jour doit à la nuit (Julliard, 416 pages), a choisi de revenir sur l'Algérie des années 30 jusqu'à l'indépendance de 1962.Quant à Olivier Rolin, il signe un très beau récit littéraire concernant Édouard Manet et l'un de ses modèles, Eugène Pertuiset, illustre inconnu tiré de l'oubli dans Le chasseur de lions (Seuil, 236 pages).Une promenade mélancolique dans ce Paris artistique du Second Empire.RENTRÉE FRANÇAISE Le retour des femmes Six cent soixante-seize romans, 466 français et 210 étrangers.Un nombre deux fois plus élevé qu'il y a 15 ans.Les femmes dominent cette rentrée: Millet, Angot, Nothomb, Bouraoui, Ferney.Mais on note aussi Jean-Paul Dubois, Yasmina Khadra et Olivier Rolin. Alain Grandbois ARCHIVES LA PRESSE LECTURES SIGNET AU PIED DE LA LETTRE DANIEL LEMAY FINALISTES À L'ALQ L'Académie des lettres du Québec (ALQ) a fait connaître les finalistes aux prix annuels qui seront remis le 17 septembre à la Grande Bibliothèque.Prix de poésie Alain-Grandbois : Louise Bouchard, Entre les mondes, (Les Herbes rouges); Louis-Philippe Hébert, Le livre des plages (Les Herbes rouges) ; Gabriel Landry, L'oeil du calendrier (Québec Amérique); Nathalie Stephens, \u2026 s'arrête?Je (L'Hexagone) et Louis-Jean Thibault, Reculez falaise (Noroît).Prix Ringuet du roman: Patrick Nicol, La notaire (Leméac) ; Pierre Manseau, Ragueneau le sauvage (Triptyque); Hélène Rioux, Mercredi soir au bout du monde (XYZ); Claude Lebouthillier, Karma et coups de foudre (XYZ) et Stéfani Meunier, Ce n'est pas une façon de dire adieu (Boréal).Prix Victor-Barbeau de l'essai : Étienne Beaulieu, Sang et lumière.La communauté du sacré dans le cinéma québécois (L'Instant même); Roland Bourneuf, Pierres de touche (L'Instant même) ; Anne-Élaine Cliche, Poétiques du Messie (XYZ) et François Paré, Le fantasme d'Escanaba (Nota bene).IL Y EN A TANT.Entre autres invités aujourd'hui à l'émission Vous m'en lirez tant de la Première Chaîne de Radio-Canada (de 14 h à 16) : Minou Petrowski, qui présente son autobiographie Prends-moi dans tes bras (VLB), «cinéma et amours tumultueuses»; Michelle Corbeil, la fondatrice du Festival international de littérature de Montréal, qui se tiendra du 19 au 27 septembre ; la poète Catherine Lalonde et son recueil Corps étranger (La passe du vent/Québec Amérique) et la « lectrice» Pascale Bussières.DEUXMOTS.Marie-Claire Blais est l'invitée d'Aline Apostolska, mardi aux Midis littétaires de la Grande Bibliothèque (de 12h30 à 14 h, entrée libre).Le Chicoutimien Carol Lebel a remporté un troisième prix de poésie Abitibi-Consolidated pour La nuit est un objet étrange, publié à l'Hexagone en 2007.Le Carrefour international des littératures autochtones de la francophonie accueille jusqu'à samedi prochain à Wendake (L'Ancienne- Lorrette) une trentaine d'auteurs, poètes et conteurs amérindiens, berbères, ma'ohis et kanaks (www.wendake.ca).De passage à Moncton pour le colloque sur Antonine Maillet, le professeur Takayasu Oya de l'université Tokyo Gakugei y a lancé cette semaine un livre, en japonais, sur l'histoire de l'Acadie : Mémoire d'un pays qui a disparu de la carte ; M.Oya avait déjà traduit dans sa langue le poème Évangéline de Mme Maillet.SOURCES: ALQ, SRC, BAnQ, VML.CHANTAL GUY En feuilletant les programmes des maisons d'édition, c'est ce qui nous frappe: beaucoup de propositions originales - du moins dans les descriptions.Ce sera un automne pas banal et, surtout, pas nombriliste.Les écrivains s'amusent, expérimentent et s'associent avec d'autres.On dirait bien que la mode est au «gadget», à ce petit quelque chose qui distinguera un livre de la masse.Le ton a été donné par Éric Dupont et son Bestiaire, dont on vous parlait la semaine dernière (lire la critique en page 10).On se demande ce que va donner Plus loin, de David Dorais et Marie-Ève Mathieu, professeurs de littérature et couple dans la vraie vie, qui font leur entrée chez Boréal main dans la main avec ce premier roman écrit à deux.Expérience similaire chez Leméac avec Uns, de Marie-Andrée Lamontagne et Philippe Borne, et il s'agit en plus d'une oeuvre de science-fiction! Enfin, que dire du collectif Alexandre Bourbaki, de retour avec Grande Plaine IV après nous avoir surpris avec Traité de balistique, sinon qu'on n'a aucun indice sur ce titre déjà étrange?L'éloge de l'imaginaire se poursuit avec Jean Barbe et Antonine Maillet, qui nous offrent tous les deux des contes philosophiques\u2026 Dans Le travail de l'huître, un jeune paysan russe aux idées révolutionnaires disparaît littéralement du monde des vivants tandis que Le mystérieux voyage de Rien propose rien de moins que l'histoire d'un personnage nommé.Rien, qui échappe à sa créatrice.D'autres aventures littéraires?Les éditions Le Quartanier en ont fait leur marque de commerce et publieront Matamore No 29 d'Alain Farah, Téléthons de la Grande Surface, de Marc-Antoine K.Phaneuf (une «encyclopédie nonchalante »), et Lectodôme, de Bertrand Laverdure.On précise que Les années de bataille de Claude Vaillancourt est construit comme un sudoku ; la très aimée Dominique Demers entame une saga de fantasy avec La Grande Quête de Jacob Jobin ; «Hallucination romanesque» et même «psychose», dit-on à propos du dernier Emmanuel Aquin, Phénix ; Quelques sujets de sa majesté d'Yves Boisvert se veut un radioroman antifédéraliste à «l'hyperréalisme sémantique».Enfin, on ne doute pas du succès que remportera la bédé Jeunauteur, écrite par Stéphane Dompierre (vedette des palmarès depuis Un petit pas pour l'homme) et dessinée par Pascal Girard, puisqu'elle a déjà son fan-club sur Facebook.Souffrir pour écrire, c'est le sous-titre, et nous n'en sommes qu'au tome 1.Est-ce que ce sera aussi intéressant que le jumelage Janice Nadeau- Hervé Bouchard, qui nous donneront Harvey aux Éditions de la Pastèque?Les retours attendus Chez Leméac, que serait une rentrée sans Michel Tremblay ?Il poursuit la trajectoire de Nana, commencée avec La traversée du continent, en publiant une suite, La traversée de la ville.Deux autres grands noms du théâtre reviennent avec des nouveautés au catalogue: Wajdi Mouawad, dont la pièce Seuls ainsi publiée sera précédée du journal illustré de sa création, et René-Daniel Dubois, qui renoue enfin avec l'écriture théâtrale avec la pièce Bob.Enfin, belle surprise : le quatrième roman de la Tribu de Francine Noël, joliment intitulé J'ai l'angoisse légère.Chez Boréal, Ying Chen ouvre la saison avec une critique de la maternité dans Un enfant à ma porte, notre collaborateur Jacques Folch-Ribas nous plonge dans le Deep South avec Les pélicans de Géorgie, tendresse et émotion pour le dernier Stéfani Meunier, Et je te demanderai la mer, ainsi qu'un nouveau recueil de poésie d'Hélène Monette, Thérèse pour joie et orchestre.Et, parlant de poésie, on aura aussi droit à un nouveau recueil du doyen Patrice Desbiens, Décalages, aux éditions Prise de parole, ainsi qu'à un nouvel exercice poétique de Michaël La Chance, Corrida pour soi seul (Triptyque).On attend les nouveaux romans de Linda Amyot (Au matin), Louise Dubuc (Les chenilles du brigadier), Aki Shimazaki (Zakuro) et Andrée Laberge (Le fin fond de l'histoire), qui avait remporté le prix du Gouverneur général pour La rivière du loup.On a aussi entendu dire que Le ciel de Bay City, de Catherine Mavrikakis, représente une pièce majeure dans son oeuvre.On attend Victoria et le vagabond, de Melikah Abdelmoumen, et Le vengeur masqué contre les hommes perchaudes de la Lune, de François Blais.Et que nous concocte donc VLB avec son dernier essai, Se déprendre de soi-même - dans les environs de Michel Foucault ?On s'en doute, ce ne sera pas du Guy Corneau ! Tout le monde va en parler C'était inévitable: une biographie de Julie Couillard, la femme qui a tant fait couler d'encre le printemps dernier - et fait couler en même temps le ministre Maxime Bernier.C'est aux Éditions de l'Homme, qui fêtent d'ailleurs leurs 50 ans d'existence cette année, qu'on pourra lire son histoire, en octobre.Gro s se pr i s e aus si pour Libr e Expression : Rock'n Romance, la première biographie de Nanette Workman, écrite par Mario Bolduc, trouvera sûrement de nombreux lecteurs parce que cette bio ne peut pas être ennuyeuse ! Idem pour Minou Petrowski, qui vient de publier son autobiographie, intitulée Prends-moi dans tes bras chez VLB Éditeur.Les larmes emprisonnées, c'est le titre du récit de Monia Mazigh, femme de Maher Arar, qui racontera dans ce livre publié chez Boréal sa difficile lutte pour sauver son mari injustement détenu en Syrie.L'artiste Luck Mervil lance quant à lui un éloge du métissage (et un débat) avec un premier essai, Ma race est la meilleure, aux Intouchables.Enfin, on en parle déjà : Pourquoi nos enfants sortent-ils de l'école ignorants?Le professeur Patrick Moreau donne sa réponse dans ce brûlot qui vient de paraître chez Boréal.Notre chroniqueur Réjean Tremblay publie, aux Intouchables, Quatre décennies sur cinq continents, un recueil de ses meilleurs articles publiés depuis 35 ans.Aux éditions La Presse nous arrivera enfin le recueil des chroniques de Bruno Blanchet, La Frousse autour du monde, publiées chaque semaine dans ce journal.Sans oublier le centenaire du Canadien de Montréal, dont le monde de l'édition et les fans se régaleront.Au moins deux titres annoncés : L'édition 100e anniversaire - La glorieuse histoire des Canadiens de Léandre Normand et Pierre Bruneau et Un siècle de hockey - Le Canadien La Presse, de notre collègue André Duchesne.Romans historiques Le genre est prolifique et fait des malheurs au palmarès des ventes.C'est le retour de plusieurs stars cette année.Notamment Arlette Cousture, l'auteure des Filles de Caleb, qui nous racontera son enfance dans Depuis la fenêtre de mes cinq ans (Libre Expression).Anne-Marie Sicotte termine son incroyable saga des Accoucheuses avec un troisième tome, nommé La déroute (VLB), tandis que Micheline Lachance nagera dans les mêmes eaux avec Les filles tombées (Québec Amérique).Paul Ohl lance le premier tome de son roman sur Jos Montferrand (Libre Expression), alors que René Ouellet publie le tome 3 du Sentier des Roquemont (Hurtubise), Maryse Rouy, le tome 2 d'Une jeune femme en guerre, Diane Lacombe, le tome 2 de L'appel des cygnes (VLB) et Jean-Pierre Charland, le tome 3 des Portes de Québec (Hurtubise).Quant à Michel David, il lance coup sur coup cet automne les deux premiers tomes de Chère Laurette (Hurtubise).Des hordes de lecteurs les attendent.RENTRÉE QUÉBÉCOISE L'année expérimentale Stéphane Dompierre qui s'aventure dans la bédé, Jean Barbe dans le conte philosophique, Dominique Demers dans la « fantasy», non pas un, mais deux romans écrits à quatre mains, le retour du mystérieux Alexandre Bourbaki.La rentrée littéraire au Québec, cette année, est l'une des plus éclatées jamais vues.Dans la fournée de livres qui nous arrivent, bon nombre sortent des sentiers battus et jouent résolument avec les formes.Le mot d'ordre cet automne : surprendre.PREMIERS ROMANS Pour eux, ce n'est pas la rentrée, mais l'entrée en littérature ! > Enthéos de Julie Gravel-Richard (Septentrion) > Au Passage d'Emmanuel Bouchard (Septentrion) > Tu es Julie de Françcois-Xavier Liagre (Marchand de feuilles) > Du bon usage des étoiles de Dominique Fortier (Alto) > Peut-être que je connais l'exil d'Annick Charlebois (Québec Amérique) > Le chef-d'oeuvre de Sébastien Filiatrault (Stanké) > Ressources de l'épuisement de Joahn af Ström (Leméac) > Le récital de Nicolas Gilbert (Leméac) > Extraits du carnet d'observation de la femme de Rodolph Lasnes (Leméac) > Presque 39 ans, bientôt 100 de Fred Dompierre (Boréal) PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Ying Chen ouvre la saison avec une critique de la maternité dans Un enfant à ma porte.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Jean Barbe s'aventure dans le conte philosophique avec Le travail de l'huître.SYLVIE ST-JACQUES Lauréate du prix du Gouverneur général et finaliste pour le prix Giller en 2004 (pour le Cercle parfait), Pascale Quiviger arrive avec un roman à clé.Il est de la responsabilité du lecteur de composer une cohérence ou une «histoire» avec ces tableaux (ou «cahiers») qui ont chacun une couleur individuelle.L'auteur nous entraîne d'abord dans une étrange maison au bord de la mer.Un lieu idyllique, que la narratrice, par un quelconque miracle, s'approprie pour une bouchée de pain.Le jardin est splendide, la vue est imprenable, mais le lieu n'existe sur aucune carte géographique.Les amis s'inquiètent, alors que la narratrice se laisse glisser dans cet exil imaginé.Puis, on finit par se demander si la maison existe vraiment, en se mettant à douter de la lucidité de la narratrice.Dans quel bateau Quiviger est-elle en train de nous mener?Puis, abruptement, le demi-rêve fait place à la genèse de la gémellité de deux soeurs «choisies », Claire et Lucie.Dès le premier cahier (L'âge tendre), on les retrouve dans leurs poussettes sur lesquelles veillent deux mères aux antipodes.L'une est rigide, bourgeoise.L'autre est mère célibataire, vient d'un quartier populaire.On suit Claire et Lucie dans leur amitié naissante, leur adolescence, leur passage dans l'âge adulte et la maternité.Et survient une tragédie par laquelle Quiviger fait intervenir ce qu'elle appelle «le courage quotidien».La composition de ce «tableau» - puisqu'il s'agit bien du roman d'une artiste visuelle - est fragmentée, pour ne pas dire inégale.Quiviger, surtout au début de La maison des temps rompus, verse parfois dans l'excès, le trop « fleuri».Mine de rien, elle se rend en des lieux complètement différents, dans le pragmatique, le terre-à-terre («Pendant les derniers jours de sa grossesse, Lucie, dans un soudain regain d'énergie, entreprend un ménage frénétique.»).On est souvent dérouté par ce récit qui s'envole dans des lancées poétiques pour mieux atterrir dans la matière, le corps maternel.Impossible, alors, de ne pas lui trouver une parenté avec Nancy Huston.Un roman qui n'est pas sans défaut, mais auquel on finit par s'accrocher, grâce notamment au personnage de la mère de Lucie, et autres personnages secondaires qui nouent l'intrigue.Dans ces fragments d'une histoire où l'amitié se déploie dans toute sa noblesse s'impose la voix unique de Pascale Quiviger, qu'il faudra absolument continuer de suivre de près.HHH LAMAISONDES TEMPS ROMPUS Pascale Quiviger, chez Boréal, 238 pages.LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Fragments de temps La chronique de Chantal Guy sera de retour dès la semaine prochaine. Le beau Livre de La rentrée octobre www.groupelibrex.com Nancy Char Les © Nancy Charles aux Éditions Publistar émotion et espoir 3583137A Beauchemin renouvelé ! Nouveaux titres : De grands textes dans de petits livres www.groupelibrex.com 3583149A LECTURES BIBLIO L'INNOCENTE LUCIE CECCALDI ÉDITIONS SCALI 412 PAGES, 37,95$ HH À peine le livre ouvert, ces quelques lignes: «Ami lecteur ou non lecteur, si (\u2026) tu cherches un règlement de compte dans la famille Houellebecq, referme ce livre, car il n'y en aura pas.» Libre à nous, donc, de refermer le livre, et de voir, sur la quatrième de couverture, son auteure, Lucie Ceccaldi, décrite comme étant « la mère de l'écrivain Michel Houellebecq».De là à imaginer qu'entre l'éditeur et l'écrivain il y eut un malentendu nommé Houellebecq, il n'y a qu'un pas que l'on peut largement franchir.Forte femme, Lucie Ceccaldi tient parole et n'évoque son fils, Michel, que très brièvement.De son enfance, on retient surtout qu'il était un bébé constipé - «il ne parvenait à émettre, après des hurlements, qu'une petite crotte de bique».Adolescent, il est évoqué en quelques lignes.Et pour le reste, L'innocente est le récit de vie d'une femme certainement libre et sauvage, qui a laissé derrière elle ses deux enfants, et fait le récit par le menu détail de ses nombreux voyages, amours et autres.L'écriture est mécanique, descriptive, et finalement, plutôt ennuyeuse une fois la fascination pour la narratrice atypique passée.Et Houellebecq alors?Il nous revient en une postface (une suggestion de l'éditeur?) très fielleuse: ravalé au rang de «p'tit con coquet », qui «n'intéresse plus» sa mère.«Mon fils, qu'il aille se faire foutre par qui il veut avec qui il veut, qu'il refasse un bouquin, j'en ai rien à cirer.Mais si par malheur il remet mon nom sur un truc, il va se prendre un coup de canne dans la tronche, ça lui coupera toutes les dents, ça c'est sûr ! » Atypique, on vous dit.- Anabelle Nicoud NOIRS TATOUAGES VAL MCDERMID LE MASQUE 472 PAGES, 29,95$ HHHH L'intrigue de ce polar atypique, qui flirte avec le roman historique, repose sur la question suivante: Fletcher Christian, le chef des mutins de la Bounty (28 avril 1789), est-il revenu en Angleterre sous une fausse identité?Une rumeur persistante veut qu'il ait regagné l'Angleterre pour y rencontrer le grand poète William Wordsworth, son ami d'enfance à qui il aurait raconté toute l'histoire.Ce dernier aurait transformé son récit en poème épique, une oeuvre restée inédite de son vivant mais dont le manuscrit original vaudrait une fortune aujourd'hui.Après la découverte d'unmystérieux cadavre tatoué dans une tourbière de Lake District, Jane Gresham, une spécialiste de Wordsworth, persuadée qu'il s'agit du corps de Fletcher Christian, se met à la recherche du précieux manuscrit parmi les descendants du poète.Cette quête littéraire prend soudain une allure sinistre quand les gens contactés meurent de façon suspecte.Les convoitises s'éveillent, les cadavres s'accumulent alors que l'auteur nous entraîne dans une énigme historique passionnante.En alternance avec les tribulations contemporaines de Jane Gresham, Val Mc Dermid nous livre le récit (fictif, mais solidement documenté) des aventures maritimes des mutins de la Bounty et du sinistre capitaine Bligh.Sachant qu'un telmanuscrit n'existe que dans l'imagination enflammée de l'auteur, le lecteur se demande comment elle va s'y prendre pour nous proposer un dénouement plausible.La fin de ce puzzle littéraire est aussi subtile que surprenante! La mutinerie du Bounty a inspiré plusieurs cinéastes et romanciers .Val Mc Dermid en a tiré un polar tout à fait passionnant.- Norbert Spehner, collaboration spéciale SUR LA PLAGE DE CHESIL IAN MCEWAN GALLIMARD 151 PAGES, $27.95 HHHH Imaginez-vous une jeune vierge le soir de ses noces, qui entend le mot « pénétration » et y voit une déchirure de ses chairs.Voilà une situation assez répandue.Ajoutez à cette peur un silence buté entre mari et femme, une non-communication complète, et vous n'avez pas seulement une nuit à oublier, mais aussi les prémices du dernier roman du Britannique Ian Mc Ewan.Ce court récit prend racine dans une nuit d'amour ratée, mais il connaîtra un dénouement qui surprend, car Mc Ewan est pas mal futé.Nous sommes en 1962, Edward et Florence vont passer leur nuit de noces dans la province de Dorset, en face de la plage, après un mariage modeste mais comme il faut.Ils prennent le repas dans leur chambre, servis par des garçons de table mielleux, tout en attendant le moment fatidique où mari et femme doivent\u2026 Et c'est ça le problème.Edward et Florence ne savent se parler, ne savent rien sur les mystères de la chair, ne sont que peu portés sur la chose.Elle l'avoue ; lui se cache derrière son rôle d'homme affamé de la chair de sa femme.Ce récit d'un échec est brillammant mené, nous prenons à la fois le parti d'Edward et de Florence, nous voudrions leur crier : « Mais parlez-vous, bon Dieu ! Mais non.On est en 1962.Ce livre est-il un éloge de la révolution sexuelle, grâce à laquelle (parfois) les hommes et les femmes ont appris à se parler, ou est-ce tout le contraire ?Vous le lirez, et vous déciderez.-David Homel, collaboration spéciale LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE LITTÉRATURE FRANÇAISE Un chat blanc, un chien astronaute, quelques volatiles dont une flopée de poules cruelles et un grand-duc sage et bavard.Les Jeux olympiques de 1976, Nadia Comaneci, René Lévesque, les évangiles, la Caramilk de Cadbury, les villages de la Gaspésie.Un père agent de police surnommé Henri VIII.Une mère répudiée, cuisinière de son métier, aimant Elvis Presley et ses enfants.Une soeur aimée, un demi-frère jalousé, une belle-mère imposée, puis une autre, toutes rebaptisées du nom des femmes du vrai Henri VIII: Catherine D'Aragon, Anne Boleyn, Jeanne Seymour\u2026 Dans son étrange et saisissant Bestiaire, Éric Dupont en mène large.Peu d'écrivains seraient capables de jongler avec autant de balles sans en laisser tomber une seule.Mais il y parvient.Il jongle avec une aisance, un naturel désarmants.Troisième titre de cet auteur qui ne cesse de nous surprendre (il remportait, avec La logeuse, le Combat des livres 2008), Bestiaire est une autofiction en pièces détachées, le récit à bâtons rompus d'une enfance à l'eau, lestée, noyée.Entre les déménagements imposés par un père instable, le supplice des cours d'école, l'incompréhension des adultes, parents et professeurs, le narrateur de Bestiaire, qui se nomme Éric Dupont, tiens, tiens, survit grâce à son rêve d'un jour pouvoir partir au loin, et grâce à la lecture et l'écriture.Le jour où il apprend à lire, s'ouvre le ciel.Éric Dupont est une sorte de mouton noir.Inconnu il y a quatre ans, il fait aujourd'hui partie de nos écrivains les plus originaux, les plus audacieux.Sa voix ressort du choeur des jeunes auteurs, plus aérienne, plus légère, aussi reconnaissable que l'est le chant de la grive aux oreilles des ornithologues.Son imaginaire semble intarissable.Son récit, porté par un souffle qui décoiffe comme le vent gaspésien, coule de source et nous emporte très loin, mais ne perd jamais le nord.Entre les images puissantes, les scènes traumatisantes ou cocasses, Éric Dupont raille ou critique en douce une société souvent étroite d'esprit, sans verni, qui joue à ni oui ni non mais passe toujours à côté de la question, et qui a fait de son système d'éducation une machine pleine de failles.Mais ce n'est pas ce qui nous reste en mémoire, une fois la dernière page tournée.C'est bien davantage l'impression d'avoir visité un lieu unique.D'avoir contemplé le monde à travers le regard d'une espèce de surdoué qui, n'arrivant pas à le supporter tel qu'il est, a décidé de le réinventer en y ajoutant ses couleurs, ses motifs, sa vision.Qui l'aime, le suive.\u2014Marie-Claude Fortin, collaboration spéciale BESTIAIRE ÉRIC DUPONT, EDITIONS MARCHANDDE FEUILLES, 304 PAGES, 24,95$ HHHH Mouton noir Le champagne, on l'aime bien froid.Si froid que, comme le dit l'un des personnages de Le fait du prince d'Amélie Nothomb, «les bulles ont durci.On a l'impression de boire de la poussière de diamants».Voici qui donne le ton/ goût du 17e roman en autant d'années de la romancière qui marque la rentrée automnale avec la précision d'un métronome.Si seulement ce récit aux premières gorgées bien frappées avait tenu ses promesses jusqu'à la dernière goutte/page! Mais, non.On a plutôt l'impression que la bouteille n'a pas été placée dans le seau à glace et que le vin, au moment du dernier verre, était chambré.N'empêche.Les premiers étaient pétillants à souhait.Pas aussi enivrants que l'ensorcelant Ni d'Ève ni d'Adam, formidable cru de l'an dernier, mais de très loin meilleur que la piquette de 2006, Journal d'hirondelle.Le fait du prince, donc.Un texte qui s'abreuve à l'artère «fiction» de la très belge dame aux drôles de chapeaux et non à sa veine «autobiographique».Une histoire d'usurpation d'identité dont la première gorgée/phrase est si forte que l'on pressent, avec raison, le cul-sec: ce roman se consomme d'un trait.«Si un invité meurt inopinément chez vous, ne prévenez surtout pas la police.» C'est le conseil qu'un inconnu donne à Baptiste Bordave lors d'une soirée.Conseil qu'il aura la chance de mettre en application dès le lendemain.Un homme frappe à sa porte.Peut-il passer un coup de fil?Oui.Il compose.S'effondre.Mort.Et comme il n'existe pas «vacances plus profondes que de prendre congé de soi-même» - on reconnaît bien là «notre» Amélie, non?-, Baptiste, qui a la vie fade, décide de prendre la place du défunt.Sa voiture, une Jaguar, s'il vous plaît.Son adresse, à Versailles, rien de moins.Sa villa.Et son épouse, blonde, bien sûr.Bien sûr?Elle accueille l'inconnu avec grâce et un verre de Meursault (un hasard, si le vin porte le nom du narrateur de L'étranger de Camus?Hum\u2026), avant d'enfiler avec lui les bouteilles de champagne.Veuve (Clicquot) mais pas trop, la dame.Qui ignore en fait tout de son nouvel état civil, Baptiste/Olaf se gardant bien de lui révéler le drame.À partir de là, la table est mise pour une histoire belge.Décalée, donc.Pleine de fantaisie et pétillante d'humour.De mordant sous des dehors de légèreté extrême.On sent la romancière s'amuser.Avec ses personnages.Avec nous, aussi, lecteurs placés de l'autre côté du livre.Que cette fois-ci, contrairement à Ni d'Ève ni d'Adam où elle nous entraînait carrément avec elle sur les flancs d'une montagne japonaise, elle garde là.Àdistance de page.Sans parvenir à nous immerger complètement dans un récit qui, au bout du compte, nous laisse un peu sur notre soif.En quête de l'ivresse promise.Ou du moins, espérée.Dommage, avec tout ce champagne\u2026 LE FAITDUPRINCE AMÉLIENOTHOMB, ALBINMICHEL, 180PAGES, 24,95$HHH Pétillant mais pas assez frappé SONIA SARFATI "]
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