La presse, 13 septembre 2008, B. Actuel
[" J'ai dé Jà trouvé.Petit modèle plus économique.J'ai pas cherché longtemps.Bonne tenue de route.Je tiens plus en place.Qualité en quantité 514 987-VENDU (8363) Les petites annonces www.cvendu.ca www.cyberpresse.ca/actuel GUINNESS L'HOMME DE TOUS LES RECORDS PAGE 4 ETON FABRIQUE À PREMIERS MINISTRES PAGE 7 ACTUEL sur cyberpresse.ca SEXE Faire l'amour, c'est bien; mais le faire huit fois par semaine, c'est mieux ! Lisez pourquoi sur cyberpresse.ca/sexe BLOGUE Lisez le blogue de Marie-Claude Lortie sur cyberpresse.ca/lortie VAUDOU Du 17 au 21 septembre, le Festival international du film haïtien de Montréal se consacre à un sujet tabou: le vaudou.Mais est-ce encore si tabou?Que ce soit au Québec ou ailleurs, de plus en plus d'Haïtiens brisent la loi du silence et parlent ouvertement de leurs pratiques vaudouisantes.Malgré tout, le mystère demeure.Le vaudou est-il une religion?De la magie?De la sorcellerie?Àquoi servent ce hochet, ce parfum et ces dessins ésotériques?Les poupées vaudou existent-elles vraiment?«Initiés », pratiquants et intellectuels répondent aux questions d'Actuel.Un reportage de Jean-Christophe Laurence en pages 2, 3 et 4.LE SORT DE L'OMBRE Nirva Chérasard, alias Soleil levant, est mambo.Ou, si vous préférez, prêtresse vaudou.«Il faut cesser de se cacher», dit-elle en accueillant La Presse dans son temple personnel.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Le prince William MON T R É AL SA M E D I 13 S E P T E M B RE 2 0 0 8 ACTUEL Jean-Christophe Lauren Ce Toc, toc, toc.Nirva Chérasard cogne trois coups sur le mur de la cage d'escalier.Elle nous demande d'en faire autant avant de descendre dans le sous-sol.«Il faut s'annoncer aux esprits », dit-elle avant de s'engouffrer dans la pénombre.En bas des marches, le spectacle est surprenant.De l'encens brûle.Le plancher, fraîchement nettoyé, sent le parfum et le basilic.Des dizaines d'objets tout aussi étranges les uns que les autres sont exposés de manière très ordonnée sur un autel.Bouteilles décorées, cierges de saints catholiques, foulards de satin multicolores, machette, tableaux ésotériques, têtes de mort, drapeau haïtien, clochettes.Seuls les murs en contreplaqué viennent nous rappeler que nous sommes bel et bien dans un bungalow de Repentigny\u2026 Nirva, alias Soleil levant, est une mambo.Ou, si vous préférez, une prêtresse vaudou.Et c'est ici, dans ce petit temple personnel (un houmfort) qu'elle tient ses cérémonies les plus intimes.Avec son «frère spirituel» Bob St-Felix, lui aussi prêtre vaudou (houngan), la dame passera plus de deux heures à nous expliquer la base de ses rites religieux, allant jusqu'à revêtir sa robe de cérémonie pour les besoins de la photo.aCTIONDE GRÂCE Un esprit vaudou a exaucé votre faveur ?Vous le remerciez par une action de grâce.Cela se traduit généralement par le sacrifice d'un animal, comme un mouton ou une poule.BOTANICA Magasin consacré au vaudou.C'est là que vous irez acheter les objets nécessaires à votre prochaine cérémonie: bouteilles, encens, machettes, etc.À Montréal, le magasin Botanica est spécialisé dans « l'art mystique et ésotérique» haïtien.CÉRÉMONIES Elles ont lieu le vendredi, le samedi ou lors d'occasions spéciales.Pour célébrer l'anniversaire d'un esprit, pour se mettre sous sa protection, pour se «marier » avec lui ou encore lui demander une faveur.Certaines messes sont ouvertes aux non-initiés.D'autres non.DIABLE En 2007, le pasteur Jean Fils-Aimé a causé la controverse avec son livre Vodou je me souviens.Il persiste et signe en 2008, avec Et si les loas n'étaient pas des diables ?«Si les chrétiens ont leurs anges, pourquoi les vaudouisants n'auraient-ils pas leurs loas?» lance-t-il.ÉRADICATION Appuyées par l'Église catholique, les autorités haïtiennes ont longtemps interdit la pratique du vaudou.Dans les années 40, la «Campagne des rejetés » avait tenté d'éradiquer complètement le vaudou, par des arrestations en série et la destruction des lieux de culte.FLORIDA Cette bouteille d'eau de Cologne est un incontournable des cérémonies.On s'en asperge ou on s'en sert pour laver le plancher du lieu de culte afin d'attirer les bons esprits.Tout parfum peut faire l'affaire.Mais la marque Florida, moins chère, est la plus populaire (5$ à l'épicerie Carnaval des Antilles).GUÉDÉ Les guédés sont les esprits des morts.En novembre, plusieurs cérémonies sont consacrées aux guédés.«C'est notre Halloween», résume Monique Dauphin, pratiquante et militante vaudou.Tous les temples vaudou ont un autel consacré aux Guédés, avec des têtes de mort et des lampions.hOCHET Aussi appelé «asson », cet instrument sert à saluer et à invoquer les esprits.Fabriqué dans une courge, il peut contenir différents objets (os de serpent, graines, perles).«J'ai payé le mien 10 000$!» clame la prêtresse Soleil levant.Le Carnaval des Antilles vend les siens 60$.Du toc?iNTELLECTUELS «Moins les gens sont instruits, plus ils pratiquent le vaudou», estime le pasteur Fils-Aimé.Les intellectuels ont, pour leur part, tendance à mépriser cette « religion des pauvres».Mais d'après Monique Dauphin, « ils y retournent dès qu'ils font face à un problème».JUMEAUX Dans le vaudou, on voue un véritable culte aux jumeaux.Considérés comme exceptionnels, les «doubles» revêtent un grand caractère mystique.L'esprit des jumeaux se nomme le Marassa.KAFOU GIDI GIDI Cet esprit de la famille Kafou appartient au rite petro.Il y a une vingtaine de rites différents dans les cérémonies vaudou, rites que l'on pratique selon le besoin.Les rites rada (esprits doux) et petro (esprits forts) sont de loin les plus importants.LOAS Le vaudou est une religion monothéiste.Au sommet, il y a le «Gran Mèt » (Grand Maître).En dessous, les 401 esprits, ou loas.Chacun a ses particularités.Baron samedi symbolise la mort ; Dambala, la paix et la tranquillité; Erzulie, l'amour et la féminité.MAGIE Elle fait partie, à divers degrés, de la culture vaudou.«Certains n'exploitent que cette facette, déplore Nirva Chérasard.Ils ont des demandes et veulent que ça aille vite.Mais ce n'est pas notre pratique.On n'est pas des pompiers.On préfère travailler sur la spiritualité plutôt que d'éteindre les feux.» Comprendre le vaudou?Difficile.Le connaître?impossible.actuel a tenté de s'y retrouver\u2026 sans grand succès.Contradictions, interprétations multiples et explications abstraites ne font que renforcer une certitude: plus on en sait, moins on en sait.survol vaudouesque en 26 lettres ou presque.Jean-Christophe Lauren Ce LE VAUDOU DE A À Z VAUDOU SORT DE L'OMBRE Bob St-Felix est hougan (prêtre vaudou) et pratiquant depuis 25 ans.Il s'agenouille devant l'autel des «guédés », les esprits des morts.Sa chemise multicolore symbolise tous les loas du panthéon vaudou.LE PHOTOS ALAIN ROBERGE, LA PRESSE / GRAPHISME CATHERINE BERNARD, LA PRESSE ACTUEL NAPHTALINE Nous avons trouvé des flacons de naphtaline dans la section vaudou du Carnaval des Antilles.Le pasteur Fils-Aimé affirme que le produit sert pour des exorcismes.La mambo Soleil levant est beaucoup moins mystérieuse : «Moi je m'en sers pour mettre dans les garde-robes.» O.La langue française a adopté l'orthographe «vaudou».Mais les Haïtiens préfèrent l'écrire avec un «o»: vodou.Cette version serait plus proche de l'appellation africaine originale : vodun.POUPÉE VAUDOU «Pour moi, c'est un truc de charlatan, lance Monique Dauphin.C'est folklorique.» Est-ce qu'on s'en sert ?Bob St-Felix, houngan, hausse les épaules.«Je suis dans le vaudou depuis 25 ans, je n'ai jamais vu personne piquer une poupée.Mais je ne peux pas nier catégoriquement : ça peut se faire, ça pouvait se faire, ça pourrait se faire», dit-il.Jean Fils-Aimé, lui, est formel : «Petit, j'ai bien vu un homme poignarder une poupée.» Qui croire ?QUÉBEC La province compte environ 150 000 Haïtiens.D'après le pasteur Fils-Aimé, la majorité d'entre eux pratiqueraient le vaudou plus ou moins.À l'image de la société haïtienne en général.RASIN La musique rasin (ou racine) est la musique des cérémonies vaudou.Elle se joue avec des tambours et une chorale.Tous les magasins de disques haïtiens de Montréal tiennent une section « racine».Nous avons trouvé nos CD chez Sono-Musique.SYNCRÉTISME Du temps de l'esclavage, les adeptes du vaudou déguisaient les loas en icônes catholiques, afin de pratiquer sans attirer les soupçons.Héritage de ce subterfuge, la plupart des loas sont aujourd'hui représentés par des saints connus.Dambala prend le visage de saint Patrick, Papa Loco celui de saint Joseph et Erzulie est incarnée par la Vierge Marie.TEMPLE Le temple est composé de deux parties: le houmfort, où se dresse l'autel, et le péristyle, où ont lieu les cérémonies.Un petit temple domestique peut aussi s'appeler un oratoire.UNIVERSITÉ Le département de théologie de l'Université de Montréal enseigne les notions de base du vaudou.Le cours intitulé «Spiritualité africaine et créole» n'est cependant pas donné cet automne.VÈVÈ Dessin incantatoire du vaudou.Lors d'une cérémonie en l'honneur de tel ou tel esprit, le prêtre trace sur le sol le «vèvè» correspondant avec de la farine de maïs.Ces symboles sont une source d'inspiration pour plusieurs peintres haïtiens, tel Anthony Benoît.«Je ne suis pas un croyant, mais je suis sensible à toute cette beauté.Toutes ces formes m'appartiennent en tant qu'Haïtien.» Les peintures de M.Benoît seront exposées du 16 septembre au 11 octobre à la galerie Mosaik Art, dans le cadre d'une expo collective consacrée au vaudou.WANGATEUR Celui qui pratique la sorcellerie.Face sombre de la magie vaudou, la sorcellerie existe à divers degrés.ZOMBI Existent-ils vraiment?Tous les Haïtiens interrogés nous ont répondu la même chose: «Il paraît que oui, mais je n'en ai jamais vu.» En Haïti, on «zombifie» celui ou celle dont on veut se venger.Un empoisonnement le fait passer pour mort.Puis le contre-poison le réveille.La victime vit ensuite dans un état d'hébétude totale, servant d'esclave à son bourreau.Allô?Hollywood?Soyons francs: il est rare qu'une mambo ouvre ainsi les portes de son lieu de culte.Il y a encore quelques années, une telle chose aurait carrément été impossible.Sujet tabou pour une majorité d'Haïtiens, le vaudou est longtemps resté un phénomène clandestin, victime de préjugés tenaces.Mais voilà.Il semble que les choses soient en train de changer.Depuis le début des années 2000, de plus en plus d'adeptes décident, comme Soleil levant, d'affronter leur peur et de s'afficher, bien décidés à redonner au vaudou ses lettres de noblesse.«Il faut cesser de se cacher, dit Mme Chérasard.C'est fatigant d'être encore associés à la mauvaise sorcellerie.Nous, on voudrait que nos enfants et nos petits-enfants n'aient pas honte d'être vaudouisants.» «On est des braves» En Haïti, la réhabilitation est déjà bien commencée.En 2003, le président Jean-Bertrand Aristide a reconnu le vaudou comme religion officielle, au même titre que le christianisme, habilitant ainsi tout prêtre vaudou à célébrer mariages, baptêmes et enterrements.La plupart des grandes villes du pays possèdent aussi des temples publics et d'importantes organisations vaudouisantes.À Montréal - où l'on compte quelque 120 000 Haïtiens - on n'en est pas encore là.Mais le mouvement est amorcé.Des messes vaudou, avec prêtres venus spécialement d'Haïti, sont annoncées sur les ondes de CPAM (la radio haïtienne de Montréal); le centre culturel haïtien (La Perle retrouvée) présente des cérémonies sans se cacher, alors qu'une certaine «Prêtressehaïtienne» (La Belle Déesse Dereale Botanica) offre ses services dans les médias antillais de la ville.Malgré tout, la loi du silence domine toujours.En dépit d'une ouverture grandissante, les vaudouisants restent mal vus dans la communauté, payant encore le prix de leurs pratiques non conventionnelles.Soleil levant est la première à s'en plaindre.«Même dans notre famille, on vit l'exclusion, déplore la mambo.Ma propre soeur n'envoie pas ses enfants chez moi parce qu'elle a peur que mon fils leur parle de vaudou.» Si cer ta ins, comme M me Chérasard, assument pleinement leurs pratiques, d'autres finissent tout simplement par se convertir au christianisme, à force de harcèlement et de pression sociale.Plus surprenant encore: ce rejet ne se limite pas aux vaudouisants.Parlez-en à Jean Fils-Aimé, auteur de deux livres controversés sur le vaudou parus en 2007 et 2008 (voir Le vaudou de A à Z).Pasteur baptiste, historien et théologien, M.Fils-Aimé y affirme, en substance, qu'il n'y a pas d'incompatibilité fondamentale entre le vaudou et la foi chrétienne.Ce pavé dans la mare l'a éclaboussé plus que prévu.«J'ai été ostracisé par la plupart de mes collègues.Mon Église m'a montré la porte.Aujourd'hui, je dessers une paroisse à majorité blanche», raconte-t-il.Une image diabolisée Pourquoi tant de haine?«Parce qu'on n'efface pas 200 ans d'histoire en quelques années», se contente de répondre le pasteur Fils-Aimé.Victime de plusieurs siècles de propagande négative, le vaudou porte en effet de lourds stigmates.Sorcellerie, magie noire, possession, mauvais sort: tous les clichés sont bons pour décrire cette religion haïtienne originaire d'Afrique, qui a longtemps permis aux esclaves de résister à la colonisation spirituelle.«L'Église catholique a déployé beaucoup d'efforts pour diaboliser l'image du vaudou, explique Monique Dauphin, une pratiquante qui milite activement pour la reconnaissance du vaudou.Hollywood a fait le reste.Les films nous le montrent toujours sous un mauvais aspect.Ils ne prennent pas la peine de chercher plus loin.» Certes, il n'y a pas de fumée sans feu.La clandestinité a vraisemblablement favorisé l'éclosion de pratiques parallèles douteuses dans le vaudou.Mais était-ce vraiment du vaudou?Ça, c'est une autre question.Pour Nirva Chérasard, il est grand temps de faire une distinction entre la sorcellerie et la religion.Si certains «wangateurs » (sorciers) persistent à exploiter le vaudou à des fins mercantiles, les vrais «initiés» eux, le voient plutôt comme une démarche culturelle globale, guidée par une grande force spirituelle.Selon le pasteur Fils-Aimé, les Haïtiens n'auront pas le choix, un jour ou l'autre, d'assumer pleinement cette part de leur identité.«Rejeter le vaudou, c'est nous rejeter nous-mêmes, lance le théologien.Parce que tout Haïtien a le vaudou en lui, que ce soit dans sa conception de la famille ou dans son rapport à la nature et à la surnature\u2026 Cela fait partie de notre haïtianité.» Y aura-t-il un jour à Montréal, comme aux Gonaïves ou à Portau- Prince, des temples vaudou ouverts au public?C'est le souhait le plus cher de Nirva Chérasard.En attendant, la mambo continuera son travail de démystification, en donnant l'image de quelqu'un «qui pratique dans le positif ».«On est des braves, conclut Monique Dauphin.Ce n'est pas farfelu de le dire.C'est vrai qu'il faut être brave pour s'exposer comme ça.Mais il n'y a plus aucune raison qu'on pratique sous les draps.Il faut qu'on en soit fiers, au contraire\u2026 Vous savez, il y a beaucoup de sources de division chez les Haïtiens.Mais si on arrive à se respecter là-dedans, je pense que notre société va sortir de sa torpeur.» AUTRE TEXTE EN PAGE 4 Sur l'autel, des dizaines d'objets étranges sont disposés de manière très ordonnée.Bouteilles, icônes de saints catholiques, foulards, machette, couteau, parfum, offrandes de nourriture.Le « Temple des mystères » de Nirva Chérasard porte bien son nom.« Il n'y a plus aucune raison qu'on pratique sous les draps.Botanica (5371, boulevard Henri-Bourassa Est), Sono-Musique, 3950, rue Jean-Talon Est, Carnaval des Antilles (8529, bouleard Pie-IX) Le pasteur Jean Fils-Aimé anime Lumière sur le monde, une émission sur la spiritualité, tous les dimanches de 8h à 9h, sur les ondes de CPAM (1610 AM) Le Diable Erzulie Florida Vèvè de potomitan, d'Anthony Benoît Rasin Hochet ACTUEL PHOTO MALI-ILSE PAQUIN, COLLABORATION SPÉCIALE Kate Smurthwaite a dû menacer de démissionner plusieurs fois pour avoir un salaire comparable à celui de ses confrères.MALI ILSE PAQUIN COLLABORATION SPÉCIALE Kate Smurthwaite est, selon elle, une dure à cuire.Rien n'avait pourtant préparé la Britannique de 32 ans à son passage dans la City, où elle a travaillé pendant sept ans dans une banque suisse.Peu après son embauche, en 1995, elle est devenue directrice associée dans son département, où environ 90% du personnel de direction était masculin.Puis, elle s'est cognée au plafond de verre.«Il faut attendre normalement quatre ans dans ce poste avant de devenir directeur, dit-elle.Après sept ans, on ne m'avait toujours pas promue.» Elle a dûmenacer de démissionner plusieurs fois pour avoir un salaire comparable à celui de ses confrères.Les virées dans les bars de danseuses avec les clients étaient monnaie courante, quand ce n'était pas carrément dans les bordels.«Je ne les accompagnais pas aux danseuses, mais je savais que ça m'empêchait d'avancer ma carrière.J'étais exclue de la clique du patron.» Kate se souvient d'une journée où un collègue faisait sa petite enquête dans le bureau pour connaître une bonne maison de prostitution.La raison?Un client russe richissime de la banque était sur le point d'atterrir à Londres.La culture de travail n'en était que plus sexiste, voire misogyne.Un jour, un employé a refusé de faire équipe avec elle parce qu'il trouvait ses seins «repoussants».Il a obtenu un transfert dans une autre aire de bureau.Milieu hostile L'expérience de Kate ne semble pas être l'exception mais la règle dans le milieu des finances londonien.De plus en plus de femmes brisent le silence pour dénoncer sa culture sexiste.Les chiffres parlent d'euxmêmes.Elles sont payées 43% de moins que leurs collègues masculins.Un poste de directeur sur 10 dans les entreprises du FTSE 100 (les plus grosses entreprises cotées à la Bourse de Londres) est occupé par une femme.Pour les courtiers à la Bourse, le taux chute à 7%.La situation est alarmante, selon Katherine Rake de Fawcett Society.«La City est un milieu hostile pour le sexe féminin, déplore la directrice du groupe de réflexion qui fait campagne pour dénoncer la situation.Et l'explosion des clubs de danseuses dans la capitale a un effet sournois sur leur environnement de travail.» Gare à celles qui auraient en tête de fonder une famille.La moitié des femmes qui poursuivent les firmes en finances ont été punies pour si peu.En Grande-Bretagne, 30 000 travailleuses sont poussées vers la sortie pendant leur grossesse chaque année.C'est le cas de Jessica (nom fictif), une mère de famille qui a travaillé 12 ans pour une entreprise du FTSE 100.Après son deuxième enfant, elle a été écartée pour une promotion qui lui serait naturellement revenue autrement.Un homme avec 15 ans d'expérience de moins qu'elle l'a obtenue.Le couperet tombe lorsqu'elle attend son troisième enfant.La grossesse s'annonce difficile.Elle demande la permission de pouvoir quitter son bureau pour l'hôpital en cas d'urgence.En moins de 48 heures, son patron exige sa démission.«Il m'a dit qu'il rendrait ma vie misérable si je restais, raconte-telle.J'ai tout de suite appelé mon avocat.» Après une longue bataille judiciaire, elle a obtenu une compensation financière substantielle.L'avocate Camilla Parker se spécialise dans les cas de discrimination dans la City.Elle ne chôme pas.Elle conseille chaque année des centaines de femmes qui ont été victimes de harcèlement sexuel, et surtout de discrimination liée à la grossesse.«Il y a beaucoup de harcèlement dans les tours de bureaux, ditelle.J'avertis toujours mes clientes des risques qu'elles courent.Elles s'engagent dans une aventure traumatisante et doivent dire adieu à une carrière dans la City.» Selon elle, le gouvernement britannique devrait être plus dur avec les grandes entreprises, en les obligeant à plus de transparence en ce qui concerne la politique salariale, par exemple.Seul le secteur public est soumis à des vérifications.Douce revanche Certaines femmes ont su tirer parti de leur passage chez les banquiers.Polly Courtney a travaillé un an dans une grosse banque américaine où ses compétences étaient systématiquement ignorées.Au lieu de projets excitants, ses supérieurs lui donnait du travail de bureau.Elle a rebâti sa confiance en elle en écrivant un best-seller intitulé Golden Handcuffs (Les menottes dorées) qui pose un regard cynique sur son expérience.«Beaucoup de lectrices m'ont dit avoir vécu exactement la même chose», dit la jeune auteure.De son côté, Kate Smurthwaite a aiguisé son sens de la répartie dans le «boy's club» où elle travaillait.Elle s'est lancée dans une carrière d'humoriste, un choix qui lui sourit.« Cela m'énerve quand les gens montrent du doigt l'orientat ion scola ire des femmes pour expliquer leur absence en finances, dit-elle.« J'ai fait tous les bons choix et j'ai décroché.Il y a un problème dans la City et ça s'appelle du sexisme.» Sexisme dans la City SOPHIE ALLARD Con na i s s e z -vou s A sh r i t a Furman?Porté par une douce folie et un coeur d'enfant, ce sympathique hurluberlu multiplie les exploits inusités.Des exemples?Il a déjà fait 8341 culbutes d'affilée sur 20 kilomètres.Il a effectué 3647 sauts sur un bâton à ressorts, sous l'eau, dans le fleuve Amazone.Il a complété 434 parties de marelle en 24 heures.Alouette! Âgé de 53 ans, Keith «Ashrita» Furman a réalisé 204 records Guinness depuis 1979.Il détient toujours 85 de ces records, dont celui du\u2026 plus grand nombre de records ! À l'occasion de la sortie, le 17 septembre, de l'édition 2009 du Guinness World Records, nous l'avons joint à son domicile de Jamaica, dans l'État de New York.«Plus le défi est farfelu, mieux c'est.J'aime faire rire les gens avec mes records, c'est ma principale motivation, dit-il.la voix enjouée.Partout où je vais, du Mexique au Japon, les gens ont la même réaction: ils croient tous que je suis un peu cinglé.» Il faut effectivement un brin de folie pour sauter sur cinq kilomètres avec un tigre en laisse, marcher avec une bouteille de lait sur la tête pendant 128 km ou jongler sous l'eau en présence de requins.«C'est complètement stupide, j'en conviens.Ça ne veut cependant pas dire que c'est facile.Ça demande des heures et des heures d'entraînement.» Ce gérant de magasin d'aliments naturels aurait-il un don?Il rit.«Non.Je ne suis pas très athlétique, mais la méditation me rend fort.Je veux montrer que l'humain a des capacités insoupçonnées et que nous pouvons tous repousser nos limites si nous croyons en nous.» Ashrita Furman vit selon les enseignements de son maître spirituel indien Sri Chinmoy, mort l'an dernier.Il habite dans une petite communauté de quelque 300 disciples.Il loue le même petit appartement depuis plus de 30 ans et ne possède pas de voiture.Il est célibataire, sans enfants.Il consacre son temps libre à sa quête incessante de records.Pour être un grand recordman, ça prend quoi ?«Beaucoup de patience, de la volonté, de la persévérance.» Et assurément une grande tolérance à la douleur.Avez-vous déjà tenté de faire rouler une orange au sol avec le bout de votre nez?Ashrita Furman détient le record de vitesse sur un mille : 22 minutes et 41 secondes.«Ça a l'air de rien, mais c'est souffrant.J'ai terminé le nez écorché, en sang.C'est un de mes records favoris, parce que c'est complètement fou!» Satisfaction garantie Il parle aussi avec enthousiasme du marathon (42 km) qu'il a parcouru en trottinant comme un enfant et de la voiture qu'il a poussée sur 27,5 km pendant 24 heures.«Les efforts mis à l'entraînement ne font qu'augmenter le sentiment de satisfaction lors d'un succès.» La persévérance aussi.«Ça m'a pris trois ans avant de pouvoir faire tenir en équilibre sur mon menton 223 boîtes de cigares.Il faut vraiment y croire et persévérer.Quand rien ne fonctionne, il faut user d'imagination et trouver une nouvelle technique.» En août, il a établi deux nouvelles marques.Il a parcouru un mille (1,6 km) sur des échasses en 12 minutes et 23 secondes.Avec l'aide de 200 assistants, il a allumé 48 523 bougies sur un gâteau géant de 52 pieds sur 17.«Depuis que je suis tout jeune, je rêve de briser des records.» Pas pour flatter son ego, insiste-t-il.«Je suis plutôt humble et discret.Je passe souvent incognito et c'est parfait comme ça.» Il y a un prix à payer pour le succès.«Quand t'es le meilleur, tout le monde veut te surpasser.Ça m'impressionne de voir comment les gens arrivent à briser mes records.Ça me pousse à faire mieux, à m'entraîner plus fort pour récupérer mes titres.» En novembre 2007, Furman a établi le record du plus grand nombre de rotations (170) d'un cerceau en une minute.«Un gars a réussi à en faire 188! J'y arrive presque.» Son objectif?«Je veux simplement continuer de m'amuser et, surtout, ne jamais avoir peur du ridicule.» David Letterman a dit de lui : «Certaines personnes gâchent leur vie et vous avez des gars comme Ashrita Furman!» Guinness World Records édition 2009: sortie le 17 septembre.ASHRITA FURMAN L'homme de tous les records PHOTO ALADIN ABDEL NABY, REUTERS Âgé de 53 ans, Keith «Ashrita» Furman a réalisé 204 records Guinness depuis 1979.Il détient toujours 85 de ces records, dont celui du\u2026 plus grand nombre de records ! CINÉMA ET VAUDOU Entre documentaires et cinéma fantastique, le 4e Festival international du film haïtien de Montréal (FIFHM) consacre plus d'une vingtaine de films au phénomène du vaudou.Nos suggestions.London Voodoo MINUIT Vaudou et homosexualité.Deux tabous pour le prix d'un.Un premier film réalisé par la fondatrice du FIFHM Fabienne Colas, qui tient aussi le rôle principal.Vendredi 19 septembre, 19h, Cinéma du Parc.Samedi 20 septembre, 20h, Guzzo Lacordaire.ZOMBIE Une équipe de la télévision grecque part à la recherche de zombies haïtiens.Une enquête fascinante, qui suscite beaucoup de questions, mais donne peu de réponses.Jeudi 18 septembre, 20h, Cinéma ONF.Dimanche 21 septembre, 21h, Cinéma du Parc.MÉMOIRE VAUDOU Arrivée en Haïti à la fin des années 50, la Suissesse Marianne Lehmann collectionne les objets folkloriques depuis près de 40 ans.L'histoire d'une passion.Vendredi 19 septembre, 20h, ONF.HÉRITAGE VAUDOU Le vaudou vu par la communauté haïtienne de Montréal.Vendredi 19 septembre, 20h.LONDONVOODOO Déménagé à Londres, un couple d'Américains découvre que sa maison est hantée par des esprits vaudou malfaisants.Descente aux enfers.Vendredi 19 septembre 18h, Guzzo Lacordaire.Samedi 20 septembre, 17h, Parc. ACTUEL LA REVUE DES REVUES VANITY FAIR MARILYN, TOUJOURS AUTANT DE MYSTÈRE Meurtre, suicide, ou accident?Le mystère entourant la mort de Marilyn Monroe demeure intact.Des détails de sa vie intime viennent toutefois d'être révélés, grâce à une minutieuse enquête d'un journaliste du Vanity Fair, qui a passé des mois avec un photographe, à éplucher les effets personnels de la star.Deux classeurs de la dame avaient jusqu'ici été gardés à l'écart du public.Ce qu'on y trouve?Non, pas une seule lettre des frères Kennedy, mais des clés, des photos, des factures de pilules et un poème d'amour, signé.T.S Eliot! Aucune réponse, quoi.Mais bien des questions.\u2014 Silvia Galipeau BITCH ALLEZ LES FILLES, ON SE BIDONNE! Les femmes sont-elles trop intelligentes pour vraiment avoir le sens de l'humour ?Pas du tout ! C'est du moins ce qu'avance la journaliste Abby Paige dans le magazine féministe Bitch, en réponse à une chronique peu flatteuse pour les femmes publiée dans le Vanity Fair.Seulement, les hommes ne supportent peut-être pas le rire des femmes, qu'ils comparent à celui des enfants, ou pire, à des bruits d'animaux.Elles ont envie de vous parler d'autre chose «que de leurs règles, de leur passion pour le magasinage et de leurs démêlés avec les réveil-matin électronique».Un dossier très sérieux pour rire de soi.\u2014 Isabelle Audet VIBRATIONS MONTRÉAL VU PAR\u2026 La revue française de musique Vibrations publie une grande entrevue avec notre Leonard Cohen national.Mais ironiquement, c'est un autre Montréalais qui retient ici notre attention.La rubrique «Lost in the City » (ah! ces Français.) est en effet consacrée au DJ de réputation internationale Kid Koala, qui nous fait découvrir ses endroits préférés à Montréal.Peu de surprises sur le plan musical (Le Lion d'or, la Sala Rossa et le magasin de disques Primitive), mais ses choix gastronomiques sont plus étonnants.Vous le saviez, vous, que les meilleures tartes aux pommes du 514 se trouvent chez Rockaberry (4275, rue Saint-Denis)?\u2014 J.-C.Laurence NEWSWEEK PALINMANIE Êtes-vous surpris?Sarah Palin a fait la une de nombreux magazines américains cette semaine.Qui se cache derrière cette hockey mom, dévote et chasseuse d'orignal ?Le Newsweek consacre 16 pages à la colistière de John Mc Cain.On apprend que Palin, alors qu'elle était mairesse de Wasilla, a flirté avec l'idée de retirer des livres «offensants » de la bibliothèque municipale.Gouverneure, elle aurait tenté de faire congédier son ancien beau-frère policier.Elle l'avait d'abord faussement accusé d'être alcoolique, de battre sa femme et d'avoir menacé son père.Pas jojo.Son surnom au secondaire?Sarah «Barracuda» ! \u2014 Sophie Allard J'hésite sur la façon de vous le dire car j'ai peur d'avoir l'air imbibée de rectitude politique et que vous me pensiez pilotée par mon radar cognitif alors que c'est réellement sincère.Mais si vous allez tout simplement feuilleter le magazine, vous allez comprendre ce que j'essaie de vous expliquer : la série de photos de vedettes «sans maquillage» du dernier numéro de Clin d'oeil est magnifique.Vraiment très très belle.J'irais même jusqu'à dire que je trouve certaines des 17 actrices-chanteuses-animatrices photographiées pour ce reportage en hommage aux femmes touchées par le cancer du sein, plus frappantes prises ainsi.Encore plus jolies sans fond de teint, sans mascara, sans rouge à lèvres, sans anticernes et compagnie.Et comprenez-moi bien.Ce ne sont pas des imperfections maintenant apparentes qui les rendent plus belles de l'intérieur, car la beauté ressort du coeur et blablabla à la Saint-Exupéry.Peter Morneau a tout simplement fait de belles photos, de belles images, sans maquillage, de ces très belles filles : Mireille Deyglun, Mitsou, Anne Dorval, Julie Perreault, Maxim Roy.Se faire photographier sans maquillage peut sembler simple et facile pour vous et moi.Mais pour des vedettes habituées à travailler avec tous les outils du bord pour perfectionner leur image, cette nudité faciale est immense, me rappelait hier la directrice de la publication, Michèle Coulombe, qui m'a assurée que seule une tache de naissance sur une personne avait été retouchée.Bref, pour ces vedettes, c'est vraiment comme lâcher les armes.Pourtant, elles sont belles ces filles.Lorsqu'on les regarde, on voit bien qu'elles n'ont rien à craindre d'être ramenées à la case départ.Ramenées à qui elles sont.Croyez-moi, je ne suis pas du tout antimaquillage.J'avoue que je suis même la fatigante qui met son rouge à lèvres en conduisant et ralentis tout le trafic.j'ai beaucoup de respect et d'admiration pour les grands maquilleurs qui sont en fait de véritables artistes capables de réinventer les visages pour leur donner mille sens.J'aime bien aussi ceux qui jouent avec le maquillage, qui le prenne au second degré, par exemple la colorée chanteuse Amy Winehouse qui exagère rondement du pinceau - le eye-liner extrême dans son cas - pour se donner des airs théâtraux, presque grotesques, mais remplis d'une certaine autodérision, surtout lorsque combiné à ses cheveux «grichés» au max.Mais pour chaque fille qui s'amuse, consciemment, combien s'installent pendant des heures devant leur miroir ou chez le chirurgien, convaincues de devenir quelqu'un d'autre?Combien essaient et essaient encore ?Mireille Deyglun, qui aura 50 ans la semaine prochaine, est magnifique quand elle est maquillée comme lorsqu'elle ne l'est pas du tout.Mitsou sourit comme une petite fille.Anne Dorval est d'une beauté à couper le souffle, comme d'habitude.Allez jeter un coup d'oeil à ces photos pour voir aussi Virginie Coossa, Sophie Grégoire, Julie Perreault, Marie-Élaine Thibert, et la liste continue.Toutes belles, toutes naturelles.Je ne suis pas la première à le dire, mais la prochaine fois, j'espère que même les filles de la page couverture ne seront pas maquillées.Et j'espère qu'il y aura aussi des femmes de 60, 70 ou 80 ans qui auront accepté de jouer ce jeu de la mise à nue.Car elles, elles peuvent nous en dire long sur ce que, dans la vie, aucun fond de teint ne peut cacher et aucun mascara ne peut réinventer.Belles naturelles MARIE-CLAUDE LORTIE CHRONIQUE COURRIEL Pour joindre notre journaliste: mlortie@lapresse.ca Qui l'aurait cru?Dans l'univers des magazines pro petits pots, drague 101 et régimes sans fin, qui aurait pu croire qu'un nouveau-né subversif, avantgardiste, féministe et féminin à la fois, photocopié de nuit et agrafé à la main, ferait tout ce chemin?SILVIA GALIPEAU Et quel bout de chemin! Souvenezvous.C'était en 1993.Une bande de copines oeuvrant dans le monde de la télé, fatiguées de lire des recettes miracle pour perdre leurs kilos en trop, décident de se lancer dans un projet fou: réaliser un magazine pour les filles, toutes les filles.Pas seulement les poupounes en dentelles ou les mères en cols roulés.Mais aussi pour les poupounes en cols roulés et les mères en dentelles.«Nous avons voulu jouer avec tous les stéréotypes qui entourent les femmes», résume Debbie Stoller, l'éditrice en chef de Bust, qui vient de fêter en grande pompe ses 15 années de vie.Pour leur premier numéro, les filles ont demandé aux plumes de leur entourage de leur écrire quelque lignes sur un aspect de leur vie qu'elles ne voyaient jamais reflété dans les magazines du moment.Elles ont reçu des récits allant dans toutes les directions: des stripteaseuses, des femmes victimes de racisme, mais aussi desmarchandes d'art.Parce qu'être une femme, cela peut être tout cela.Bien au-delà de chercher à conquérir son voisin ou recevoir la belle-famille à la Toussaint.Avec tout ce matériel, elles ont photocopié quelques centaines de copies, les ont agrafé à la main, et les ont distribué aux vendeurs du coin.L'enthousiasme des lecteurs a été immédiat.Les revendeurs, par contre, ont demandé quelque chose d'un peu plus sérieux dans le contenant (bien qu'aussi cool dans le contenu).C'est donc à partir du deuxième numéro que Bust est imprimé, en bonne et due forme.D'abord sur du papier journal, puis tranquillementpas vite, ildeviendra le beau magazine sur papier glacé que l'on connaît aujourd'hui, tiré à quelque 467 500 exemplaires.Moins politisé que Ms.et un poil plus axé sur la culture populaire que Bitch, Bust traite depuis toujours de tout ce qui peut toucher les femmes, sans censure: l'histoire du droit de vote chez les femmes aux États-Unis, un portrait d'une collectionneuse compulsive de poupées, ou encore un banc d'essai de vibrateurs bon marché, tous les sujets féminins sont ici traités.Cette audacieuse et rafraîchissante publication a pourtant failli disparaître.C'était au début des années 2000.Bust appartient à l'époque à un fournisseur de contenu internet, Razorfish.Tout va pour le mieux quand, du jour au lendemain, tout bascule.«Les marchés se sont effondrés, la compagnie a fait faillite, on n'avait plus d'argent, puis il y a eu le 11 septembre.C'était une époque inquiétante.Un magazine, ça ne nous semblait plus aussi important.» Grâce aux lecteurs Mais grâce aux demandes répétées des lecteurs, la petite équipe se ressaisit, rachète le magazine qui demeure à ce jour indépendant.Ce dont elles sont les plus fières?Tous les sujets sur l'artisanat (notamment le tricot), renouvelés à la sauce féministe (Bust a contribué à la renaissance du mouvement Do it Yourself ).Et puis ce reportage sur les femmes terroristes, publié à la suite du 11 septembre, histoire de démontrer que non, le terrorisme n'a pas de sexe.Et les moins bons coups?«Amy Winehouse.On l'avait interviewée au début de sa carrière.Et on aurait dû la mettre en couverture.C'est la seule erreur qu'on ait faite!» répond Debbie Stoller.Un peu sûre d'elle, limite insolente, l'éditrice en chef a néanmoins toujours le sourire aux lèvres.Exactement comme son magazine.Le prochain numéro sera en kiosques à la fin du mois.BUST 15 ans de subversion féminine PHOTOS FOURNIES PAR BUST Bust traite depuis toujours de tout ce qui peut toucher les femmes, sans censure .PHOTO PETER MORNEAU, CLIN D'OEIL EN FAMILLE SILVIA GALIPEAU ACTUEL ON SORT! L'étén'estpasencoreofficiellement terminé, et voilàqu'il est déjà temps de préparer la prochaine saison de ski! Le Mont-Saint- Bruno lance aujourd'hui sa traditionnelle vente d'équipements neufs et usagés.Tous les week-ends jusqu'à la fin octobre, vous pourrez profiter de belles aubaines sur plus de 5000 articles (dont 2000 paires de skis, 1000 planches à neige et une foule d'accessoires).Si vous avez de l'équipement usagé à vendre, vous pouvez également l'apporter, et ce jusqu'au 12 octobre.Infos: 450-653-3441.Au cas où cela vous aurait échappé, et si vous n'avez pas encore lu le dossier du cahier Gourmand, la saison des pommes bat son plein.Peut-être avez-vous déjà votre verger préféré, mais si vous cherchez encore un petit coin tranquille, loin des foules (est-ce que ça existe ?), consultez le site de la pomme du Québec (www.lapommeduquebec.ca).Le répertoire vous permet de sélectionner la région de votre choix (Oka bien sûr, mais pourquoi pas Saint-Chrysostome, ou encore Sainte-Pétronille?À vous de choisir, les suggestions ne manquent pas).Pour des vergers de la région des Laurentides, plus spécifiquement, rendez-vous sur le site de La Pomme en fête (www.pommesenfete.com).Trouvez votre perle rare.La Maison Théâtre fête ces jours-ci sa 25e saison.Pour l'occasion, elle invite (gratuitement) les familles à participer à sa journéeportes ouvertes, demain, entre 13h et 16h.Au programme: une visite de la scène aux coulisses, en passant par les loges.Les plus jeunes pourront y découvrir le théâtre d'ombres et se faire maquiller.Les plus téméraires, quant à eux, auront l'occasion de se créer un personnage, de se costumer et même de se faire photographier sur scène.Et pour marquer le coup, tous sont invités à souffler les bougies du gâteau d'anniversaire, à 15h30.Infos: 514-288-7211, poste 307.J'AI LU Real Simple family Des suggestions simples pour gagner du temps, sans stress, on achète.Le numéro hors série du magazine Real Simple se consacre à la famille, et propose justement une foule de trucs pratiques pour vous rendre la vie facile.Vous êtes pris de court?Vous découvrirez ici l'art de bricoler un costume d'Halloween (avec des idées simples et ingénieuses, réalisables même si vous n'avez pas d'aiguilles à coudre dans vos tiroirs\u2014vous lisez ici Real Simple, pas Martha !), trouver un vrai beau cadeau (vive les chèquescadeaux sur l'internet), ou encore une carte de remerciement pour un prof, le tout à la dernière minute.À lire, et à garder sous la main.Parce que ça va servir, c'est clair.Des commentaires ?Suggestions de sorties?Écrivez-nous à actuel@lapresse.ca MOTS D'ENFANTS Ève, 4 ans, discute avec sa mère.«Maman, quand on est mort, c'est pour toujours hein ?-Oui, répond sa mère.-Et où on va?-Au ciel, mon amour.-Pis quand y'a plus de place au ciel, on nous met dans la terre ?» Envoyé par maman Chantal.Cédrik,7ans, regarde la télévision, zappant d'une chaîne à l'autre.Il tombe sur unmatchdehockey, en pleine bagarre entre deux joueurs.« Ils ont un malentendu », dit-il.Envoyé par oncle Marc.Mélody, deux ans et demi, en file à la banque avec sa maman, remarque un vieil homme, une canne à la main.Comme elle le montre du doigt, l'homme lui murmure tout bas: «Ça, c'est la canne du roi ! » La petite, apeurée, se cache derrière sa mère.Quand elle sort enfin de sa cachette, elle regarde le monsieur, lève sa robe et dit bien fort : « Et ça, c'est des bobettes de princesse ! » Envoyé par mamie Francine.Des mots d'enfants?Écrivez-nous à actuel@lapresse.ca ISABELLE AUDET Amélie, 16 ans, raffole de la littérature.Elle dévore les romans les uns après les autres et écrit de longues heures pendant la journée.Si elle doit investir un minimum de temps dans l'apprentissage d'autres matières, elle consacre la plus grande part au perfectionnement de son français.«L'éducation à domicile, c'est comme ça.Oui, il y a des matières imposées, mais si un enfant veut pousser l'apprentissage plus loin dans un domaine, on n'est pas pris pour lui dire que ce sera au programme dans deux ans», explique Pierre Compagnat, père d'Amélie, mais aussi personne ressource aux affaires légales à l'Association québécoise pour l'éducation à domicile (AQED).Sa femme, Marie Tremblay, enseignante de formation et présidente de l'Association, se charge de l'éducation de leurs filles.Avant d'intégrer l'école l'an dernier, son fils faisait lui aussi partie de sa classe de «petits préférés».L a f a m i l le Tr embl a y - Compagnat s'est lancée dans l'éducation à la maison il y a un peu plus de 10 ans.À l'époque, Marie ne pouvait concevoir d'envoyer sa fille de 5 ans à la maternelle toute la journée alors qu'elle faisait encore de longues siestes l'après-midi.Elle s'est donc assurée de son éducation pendant toute l'année scolaire.Puis, elle a continué, jusqu'à garder ses trois enfants avec elle à la maison.«Évidemment, unchoixcomme celui-là soulève des questions, dit M.Compagnat.Il y a des gens qui pensent qu'on porte préjudice à nos enfants et qu'on les empêche de socialiser.Au contraire, ça fait des enfants ouverts, capables de jouer entre eux peu importe l'âge.Nous n'avons rien contre les écoles non plus: nous y avons même envoyé notre fils quand nous sentions qu'il ne progressait plus à la maison.» Environ 1500 familles au Québec éduquent 3000 enfants à la maison.D'après l'AQED, ce mouvement est difficilement quantifiable, mais il prendrait de l'ampleur.Malgré tout, l'instruction en marge du système scolaire suscite des interrogations.Mère de deux fillettes à la maison, Claudia en sait quelque chose.Elle-même oeuvrant dans le domaine de l'éducation, elle nous a demandé de changer son prénom, histoire de ne pas avoir à justifier sa décision.Claudia et son mari Loïc veillent tour à tour à l'éducation de Maëlanne, 5 ans, qui devait entrer en maternelle cette année.Grâce à des horaires de travail variables, ils arriment leur vie professionnelle au défi de l'enseignement à la maison.Vive, leur aînée sait lire et elle complète à son rythme le programme de la première année du primaire.Presque deux ans plus tôt que prévu.«À la maison, notre fille peut avoir son propre rythme d'apprentissage, souligne Loïc.À l'école, on exige des enfants des horaires que nous-mêmes, comme adultes, nous aurions du mal à soutenir.Qui peut rester concentré pendant deux heures assis sans bouger?» Une philosophie sur laquelle s'est penchée Christine Brabant, chercheuse à l'Université de Sherbrooke.Elle a publié en 2004 la première étude québécoise sur la question.«Les recherches que j'ai lues m'ont donné assez de raisons de croire qu'il n'y a aucun danger à faire l'école à la maison, dit-elle.Ce n'est pas toujours le cas, mais c'est possible de très bien faire si les parents s'entourent bien.» Et les commissions scolaires?«L'éducation à la maison est un droit inclus dans la loi sur l'instruction publique, explique Jean-Pierre Saint-Gelais, responsable des communications pour la Fédération des commissions scolaires du Québec.Généralement, ça se passe plutôt bien entre les deux parties.Les enfants passent seulement un examen à la fin de l'année pour vérifier que tout se passe bien.» Cependant, d'après l'AQED, 60%des familles qui optent pour l'école à la maison le font dans le plus total anonymat.Les enfants surgissent de l'ombre au moment de passer leurs examens pour l'obtention d'un diplôme d'études secondaires.C'est la relation parfois tendue avec certaines commissions scolaires qui amènent des parents à couper les ponts avec le système scolaire régulier.«Oui, il y a une difficulté d'interaction, mais c'est un domaine en progression et ça va s'ajuster, croit Christine Brabant.Ce n'est qu'une question de temps.» Mes profs, ce sont papa et maman ! POURSUIVEZ LA DISCUSSION SUR BLOGUES.CYBERPRESSE.CA/MERE SILVIA GALIPEAU ET ISABELLE AUDET MARDI, 15H40 Nous sommes tombées sur la série de livres «J'aide mon enfant à apprendre », dans laquelle Claudine Potvin vulgarise la réforme, une année scolaire à fois.Enfin, des explications qui font tellement plus «2008» que «1978» ! Parce que, qui peut dire ce qu'est une « fraction impropre» ?JEUDI, 14H21 Un chercheur de l'Université de Montréal a découvert que même s'ils gagnent en maturité, les adolescents téméraires de 14 ans deviennent souvent des conducteurs à risque six ou sept ans plus tard.Leur prêteriez-vous vos clés ?VENDREDI, 00H01 Les pédiatres doivent se montrer ouverts à la diversité sexuelle des ados, recommande la Société canadienne de pédiatrie.Parce que jusqu'ici, ils ne l'étaient pas ?PENSÉE ZEN DE LA MÈRE BLOGUE Stop.On arrête de courir le matin.Ce sont les écoliers, et non leurs parents, qui récoltent les billets de retard.LA MÈRE BLOGUE PHOTO LAETITIA DECONINCK, LE SOLEIL Loïc Lance et ses filles, Maëlanne, 5 ans, et Loralie, 3 ans. ACTUEL RAFAËLE GERMAIN CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Nous avions à peine 12 ans et nous nous voulions sorcières.Nous jetions des sorts, nous inventions des potions, nous priions le nez en l'air, les yeux plantés sur des cieux remplis d'étoiles.Bien au chaud dans nos pyjamas aux couleurs claires et aux motifs naïfs, nous nous penchions sur des planches de Ouija, nos petits doigts poussant plus ou moins subtilement l'anneau de carton vers les lettres qui composaient les prénoms de ceux qui faisaient battre nos coeurs d'enfants.Nous allumions des lampions, traînions sur nous d'absurdes colifichets qui devaient nous porter bonheur, que nous infusions du pouvoir de nous attacher nos futurs amoureux.Nous avions l'âge d'y croire encore.«Ben voyons donc, dirait mon amie Judith.On y croit encore.C'est juste qu'on n'a plus l'innocence de nos 15 ans.C'est juste qu'à nos âges, c'est rendu gênant d'y croire.» Alors nous croyons en cachette.Hordes de femmes, pourtant sages et matures, instruites et se voulant cyniques, détentrices de baccalauréats en philosophie et en études religieuses, de maîtrises en génie civil et de doctorats en psychologie.Cadres, chômeuses, travailleuses sociales.Mères de familles plus ou moins nombreuses.Célibataires endurcies, divorcées romantiques, naïves professionnelles, amoureuses désillusionnées.(Je ne les crois pas, celles-là.Comme ceux qui prétendent bruyamment que les élans du coeur ne les concernent plus.On n'est jamais aussi désillusionné qu'on voudrait le croire.) Les hommes aussi prient les dieux païens des amours en devenir.Mais ils le font plus souvent que nous dans le fragile refuge de leur orgueil.À quoi ressemblent-elles, ces muettes incantations qu'on se répète en prenant le métro, en croisant un regard, en se rendant le coeur battant et le pas léger vers un rendez-vous encore plein de promesses ?«Faites que ça marche» - le destinataire de cette vaste prière est pour moi un peu flou.Dieu, Cupidon, Satan, le fantôme de grand-maman, Dame Nature ?J'aurais tendance à croire que dans la plupart des cas nous lançons nos souhaits ardents dans l'univers en espérant que quelqu'un, quelque part, une entité cosmique, une onde positive, un coup de vent, va l'attraper et s'en charger.«Il est 11h11, fait un voeu!».Étoiles filantes, poupées vaudou, voyantes et médiums, mauvais sorts, philtres et potions, ensorcellements, amulettes - la magie se mêle souvent d'amour, peutêtre parce qu'à la base, elle lui ressemble, peut-être parce que seule une chose aussi mystérieuse et irrationnelle que la magie donne à l'homme l'impression de pouvoir expliquer l'amour, d'avoir une infime chance d'un jour le dominer.J'imagine parfois le lourd et volumineux recueils de nos souhaits réunis, de nos rêves d'amour, de nos actes magiques performés avec plus ou moins de conviction, avec un sérieux teinté de doute ou une nonchalance de surface.Confidences souvent humiliantes dont on se moque avec plaisir des années plus tard, aveux troublants, constats d'échec.Combien avoueraient y croire encore?Pour chaque geste naïf, chaque bouteille jetée dans la mer immense de nos désirs et de nos espoirs, combien de résultats heureux et tangibles?Assez, de toute évidence, pour que nous continuions à formuler, ensemble ou en secret, d'immortelles formules magiques - et pour que résonne encore, chaque jour un peu partout, celle de toutes nos paroles qui s'approche le plus de l'incantation: «je t'aime».Philtres et autres potions Fondé en 1440, le collège anglais d'Eton est devenu une véritable usine à premiers ministres et à monarques.Outre les princes Harry et William, 18 premiers ministres britanniques ont été formés dans ce sélect pensionnat.Visite guidée du controversé collège.YVES SCHAËFFNER COLLABORATION SPÉCIALE WINDSOR \u2014 Chemise et faux col blanc amidonné, queue-de-pie et pantalon noirs à fines rayures: l'uniforme d'Eton est sans doute le plus chic de tous les collèges anglais.Se tenant toujours droits comme des i, leurs livres sous le bras, les 1300 garçons du collège donnent des airs un brin surréalistes à la ville de Windsor.On se croirait dans une perpétuelle soirée de gala.«La légende veut que l'uniforme soit inspiré des vêtements de deuil portés à la mort de George III», explique William Tite, jeune etonien de 18 ans.Dans les faits, le célèbre uniforme a plutôt été adopté au XIXe siècle, 200 ans après la mort du monarque britannique.Depuis, des générations et des générations de jeunes de bonnes familles ont enfilé la fameuse queue-de-pie.Dans le lot, il y a notamment eu les princes Harry et William, une flopée de premiers ministres britanniques, le roi Birendra, du Népal, le nouveau maire de Londres, Boris Johnson, l'économiste John Maynard Keynes, George Orwell et l'auteur des James Bond, Ian Fleming.Comment expliquer une telle concentration de talents et de personnalités dans un même établissement?«Le succès scolaire attire le succès scolaire», assure Richard Coward, professeur de français et responsable de la maison Penn, où logent 53 pensionnaires âgés de 13 à 18 ans.Naturellement, le fait que les droits de scolarité s'élèvent à plus de 55 000$ par année tend aussi à écrémer les candidatures.Et puis, il y a les très exigeants examens d'entrée.«Chaque année, le collège reçoit plus de 700 candidatures, 250 sont retenues», explique le sympathique barbuvêtud'un costume formel.Une fois admis, les élèves sont encouragés à suivre des cours de latin, de grec ancien et, signe des temps, de mandarin.Réputé pour la qualité de son enseignement et de son encadrement (chaque élève a un tuteur attitré), le collège se targue aussi d'offrir un vaste choix d'activités parascolaires : escrime, aviron, polo, théâtre, cricket, chorale, «wall game» (un sport unique à l'institution), etc.Qui plus est, d'Andrew Lloyd Weber à J.K.Rowling, l'école peut se vanter de recevoir des invités de marque pendant toute l'année.En mai dernier, «un groupe d'élèves a même obtenu une audience spéciale avec le dalaï-lama», souligne, impressionné, William Tite.S'il est difficile d'obtenir une place au sélect pensionnat, les efforts sont généralement récompensés.Les garçons qui passent par le collège sont pratiquement assurés d'obtenir une place dans l'une des meilleures universités au monde.«Ceux qui ne vont pas à l'université, c'est un choix qu'ils font», dit M.Coward.Chaque année, environ 30% des finissants d'Eton sont acceptés à Oxford ou à Cambridge, les deux universités les plus difficiles d'accès au pays.Évidemment, un tel succès attire également les critiques.Au Royaume-Uni, le collège est synonyme d'élitisme et de privilèges.Aujourd'hui, les politiciens qui ont étudié à Eton, comme le leader conservateur David Cameron, tendent à prendre leurs distances de l'institution.«Étudier à Eton peut aider comme cela peut nuire», admet William Tite.Fils d'un couple d'avocats londoniens, l'élève, qui souhaite devenir producteur de théâtre, reconnaît qu'il lui arrive de taire où il étudie lorsqu'il tente de décrocher un stage dans une compagnie théâtrale.Demoins en moins snob Ancien journaliste au Times et auteur de plusieurs livres sur la Deuxième Guerre mondiale, Guy Walters, convient que les préjugés à l'égard des etoniens ne sont pas tous infondés.«Il existe un type d'etonien qui correspond à l'idée que s'en fait le grand public.À savoir quelqu'un de snob, élitiste, déconnecté et aristocratique.Mais je pense que l'école est probablement de moins en moins comme ça.Beaucoup de garçons ne viennent pas d'un milieu incroyablement riche », précise-t-il.À l'heure actuelle, le collège s'enorgueillit d'ailleurs du fait que 18% des pensionnaires reçoivent un soutien financier.«C'est facile de perpétuer la caricature d'Eton, mais les gens devraient regarder un peu sous l'uniforme», plaide M.Coward.Montrant une photo des 53 élèves logeant dans l'immeuble qu'il dirige, le professeur souligne que si plusieurs d'entre eux sont les héritiers de richissimes familles, deux ne paient pas de droits de scolarité.Fier d'avoir étudié à Eton au cours des années 80, Guy Walters ne ta rit pas d'éloges envers l'institution.«Eton m'a permis de développer ma confiance personnelle, assuret- il.L'école encourage les jeunes à faire des choses différentes.Cela donne aux élèves, la confiance de faire des choses différentes quand ils grandissent.» Eton : la fabrique à premiers ministres PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE Étoiles filantes, poupées vaudou, voyantes et médiums, mauvais sorts, philtres et potions, ensorcellements, amulettes - la magie se mêle souvent d'amour.«Chaque année, le collège reçoit plus de 700 candidatures, 250 sont retenues .» «Moi j'ai déjà écrit le nom de l'homme que j'aimais sur un Post-it et je l'ai mis dans une petite boîte magique.» Après m'être interrogée sur la signification ésotérique du Post-it, j'ai demandé à mon amie en quoi la boîte était magique.«Parce que j'avais décidé qu'elle était magique.» Je ne pouvais que saluer l'esprit d'initiative et l'autonomie de la démarche.Et aussi son succès : elle vit maintenant avec l'homme dont le nom repose encore, à ce jour, sur un Post-it au fond d'une boîte.POST-SCRIPTUM Debout devant la vitrine d'une boutique de magie (tout se vend, apparemment.Vraiment tout.), je regarde d'un oeil dubitatif les chandelles rouges (l'amour, si j'ai bien compris, frappera à la porte de celle qui la brûlera), les poudres scintillantes et les bijoux sincèrement encombrants et pas nécessairement jolis qui promettaient amour, joie et fécondité.Une vendeuse sort de la boutique et me dit : «C'est pas pire que des livres comme The Secret.» Elle a tellement raison que pendant quelques secondes je considère l'achat d'un grimoire.Il y a des souhaits qu'on ne s'avoue même pas.Sur le site postsecret, il y a quelques semaines, on pouvait voir une carte sur laquelle quelqu'un avait écrit : «Je souhaite secrètement que tu sois malheureux.Mais plus secrètement encore, je te souhaite d'être heureux .» PHOTO FOURNIE PAR ETON Des générations et de générations de jeunes de bonnes familles ont enfilé la fameuse queue-de-pie. ACTUEL UNE IMAGE VAUT 100 MOTS MEXICO MIX MANIA Le lundi 15 septembre, le Mexique célèbre sa fête nationale.La soirée El Grito (le cri), avec le trio de DJ Sonido Nordico, promet d'être chaude et bien arrosée.Rencontre avec Mariano Franco, le Mexicain du groupe.LA PRESSE - Le 15 septembre, c'est important pour les Mexicains?Mariano Franco - Comme la Saint-Jean ici.Au Mexique, on fait sonner des cloches.On se lance du maïs.Mais surtout, on se soûle à fond la caisse.Ça finit toujours par des bagarres.Q.Et cette fête, c'est important pour vous?R.Moyen, je dirais.Question d'éducation.Mes parents n'étaient ni religieux ni nationalistes.Quand je suis arrivé au Québec il y a 12 ans, j'allais fêter avec la communauté.C'était le seul lien avec mon pays.Mais à un moment donné, j'ai arrêté.Q.Vous allez quand même faire le DJ dans une soirée mexicaine\u2026 Àquoi s'attendre ?R.Beaucoup de rythmes tropicaux.De l'électro-cumbia à la house, en passant par de la chicha (cumbia psychédélique).Il y aura aussi un hommage au rock à gogo mexicain.On a eu des grosses vedettes, tu sais.Cesar Costa, Johnny Laboriel, Enrique Guzmann\u2026 Ces types-là jouaient dans des films.C'était nos Elvis mexicains.Q.Pas de musique mariachi au programme?R.Vers 2h du matin, quand tout le monde sera soûl, on va peut-être niaiser.Mais il y aura un chanteur en première partie (Camilo Mejia).Nous, c'est pour danser\u2026 Q.Vous parlez beaucoup d'alcool.On pense tout de suite Corona\u2026 R.Ici c'est surtout la bière, c'est vrai.Mais au Mexique, on est plutôt rhum.Les Cuba libre (rhum'n'coke) sont super populaires.La bière, c'est le dimanche, relax, avec le barbecue.La tequila, c'est pour les occasions plus formelles.Q.Et la bouffe?R.Les Mexicains mangent tout le temps.Ils sont obsédés par la nourriture.Tu demandes à un immigrant mexicain ce qui lui manque le plus, il va te répondre la bouffe.Ici, c'est pas la même chose.Les plats ne goûtent pas pareil.C'est une version commerciale.Et c'est super cher ! Q.Mariano, une petite colle pour finir: comment débute l'hymne national mexicain ?R.Hmmm\u2026 attends\u2026 Tu veux que je le chante?(raclements de gorge) «Mexicanos al grito de guerra/El acero aprestard y el bridon/Y retiemble en sus centros la tierra/Al sonoro rugir del canon.» En gros, ça veut dire: Mexicains au cri de guerre.Préparez l'acier et le destrier.Et que tremble en son centre la terre.Au sonore rugissement du canon.Super joli, super pacifiste, super romantique, non?El Grito, le mardi 16 septembre, bar Karima, 1455, rue Crescent.Avec Sonido Nordico et Camilo Mejia.Le lundi 15 septembre, la communauté mexicaine de Montréal célèbre sa fête nationale au Fort de l'île Sainte-Hélène.Des navettes partiront du métro Jean-Drapeau à compter de 18h30.Plus familial.Bouffe et danse folklorique au menu.\u2014 J.-C.Laurence POUR RELIRE L'ENTREVUE: CYBERPRESSE.CA/OISEAU OISEAUXURBAINS ILYATOUJOURSDUBONQUELQUEPART.L'ÉQUIPE D'ACTUEL MAMAN, JE VEUX CETTE BARBIE ! On savait que la compagnie Herobuilders avait un petit faible pour les figurines politiquement incorrectes (Saddam Hussein, Oussama ben Laden).Mais on ne s'attendait pas à ce que le fabricant de jouets américain lance une poupée Sarah Palin déguisée en vengeresse sexy.Plus près de Lara Croft que de Laura Bush, cette Barbie de la colistière républicaine pose tout sourire en minijupe, revolver caché sous le manteau.En d'autres mots : une main de fer dans un gant de velours.Vendue 39,95$US, la figurine Palin s'en va rejoindre celle de Barack Obama, tout en muscles et en short, créée il y a quelques mois par Herobuilders.Avis aux intéressés : la compagnie Wizard vient aussi de lancer une poupée du sénateur démocrate.Leur slogan?«Enfin un superhéros en qui l'on peut croire.» \u2014 J.-C.Laurence PHOTO AP PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE BEAUCOUP, BEAUCOUP DE COCUS Selon une récente recherche de l'Université de Montréal, 54% des adultes en couple (âgés en moyenne de 27 ans) ont pensé tromper leur partenaire et 39% sont passés à l'acte.Ayoye ! La probabilité qu'une personne soit infidèle au moins une fois au cours d'une union varie de 40 à\u2026 76%.Cocus, consolez-vous: vous n'êtes pas seuls! À quand un regroupement ?DES FIENTES ET DES CONSERVATEURS Le macareux moine vivait dans l'ombre de son terrier jusqu'à cette semaine.Grâce au Parti conservateur, qui a propulsé l'oiseau au premier plan de façon magistrale, la plupart des Canadiens ont maintenant approfondi leurs connaissances ornithologiques.Certes, ce n'était pas très gentil de présenter Stéphane Dion l'épaule couverte de fientes de macareux, mais les conservateurs ont contribué à faire connaître ce volatile.Quel parti peut se vanter d'en avoir fait autant pour la cause ornithologique?Des commentaires?Des suggestions ?Écrivez-nous à actuel@lapresse.ca DOPÉ PAR LE SUCCÈS Lance Armstrong revient à la compétition pour gagner son huitième Tour de France.Un point positif ?Les résultats de ses prochains tests antidopage\u2026 AGENCE FRANCE-PRESSE WASHINGTON \u2014 La domination des dinosaures sur la Terre pendant plus de 160 millions d'années avant leur disparition n'a pas été le fait de leur supposée «supériorité» physiologique mais surtout de la chance, selon des travaux publiés cette semaine aux États-Unis.«Pendant longtemps, on pensait qu'il y avait quelque chose de spécial chez les dinosaures qui les aurait aidés à s'imposer durant leurs30premiersmillionsd'années d'existence mais cela est faux», a déclaré Steve Brusatte, un chercheur de l'Université Columbia à New York, qui est affiliée à l'American Museum of Natural History, et coauteur de cette étude.«Si nous avions été des observateurs durant cette période de leur histoire à l'ère du triasique, nous n'aurions sans doute pas parié sur les dinosaures pour être l'espèce dominante pendant les 130 millions d'années suivants, mais sur les crurotarsiens, leurs concurrents, dont les seuls descendants sont les crocodiliens», a-t-il ajouté.À la fin du triasique, les crurotarsiens et les dinosaures se ressemblaient beaucoup et étaient probablement en concurrence pour consommer les mêmes ressources.Ces chercheurs, dont les travaux paraissent dans la livraison du 12 septembre de la revue américaine Science, ont étudié les caractéristiques de l'évolution des dinosaures et des crurotarsiens durant ces 30 premiers millions d'années en analysant près de 500 caractéristiques de squelettes à partir de fossiles ainsi que les rythmes d'évolution et les disparités morphologiques.Ils n'ont trouvé aucune différence dans ces mesures entre les dinosaures et les crurotarsiens, ce qui a été une surprise, selon ces paléontologues.Si les dinosaures avaient été «supérieurs» durant cette première période de leur histoire, ils auraient probablement connu une évolution plus rapide que celle des crurotarsiens, ont souligné les chercheurs.En termes de disparité morphologique, les crurotarsiens étaient même supérieurs, avec une plus grande diversité de tailles, de types de corps, de régimes alimentaires et de modes de vie (aquatique et terrestre).Si les dinosaures et les crurotarsiens ont survécu à une première extinction de masse il y a 251 millions d'années, apparemment provoquée par l'impact d'un météorite, ces derniers n'ont pas survécu à un second cataclysme destructeur, 51 millions d'années plus tard.Un réchauffement important du climat, dû probablement aux retombées de la chute d'un météorite, a provoqué étrangement une extinction soudaine des crurotarsiens, épargnant les dinosaures devenus ensuite les maîtres de la Terre jusqu'à leur disparition il y a 65 millions d'années.SCIENCE Chanceux, les dinosaures PHOTO FRED THORNHILL, REUTERS Ethan et Zoe Pepper, 7 et 9 ans, jettent un coup d'oeil à une exposition de dinosaures mise en place par le Royal Ontario Museum, à l'aéroport Pearson de Toronto, l'été dernier.PHOTO AFP "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.