La presse, 20 octobre 2001, B. Plus
[" 6LP0101B1020 B1 samedi 6LP0101B1020 ZALLCALL 67 01:22:07 10/20/01 B Photo AFP Tout en poursuivant leurs activités régulières, ces étudiants d'Islamabad \u2014 ainsi que les Pakistanais en général \u2014 discutent ferme lorsqu'il s'agit de l'appui du président Pervez Musharraf aux États-Unis dans la guerre au terrorisme.Un match serré qui divise la population en deux clans presque égaux.Le Pakistan déchiré Depuis le début des frappes alliées sur l'Afghanistan, le Pakistan est un pays profondément divisé.Une partie de la population appuie le président Pervez Musharraf qui s'est rangé du côté des États- Unis.D'autres analysent la situation d'un autre oeil : les États-Unis ne sont pas en guerre contre le terrorisme, disent-ils, mais plutôt contre l'Islam.Notre journaliste est allée à la rencontre des deux camps.Portrait d'une poudrière qui pourrait exploser avant longtemps.Il est 18 h et un gros soleil jaune strié de rouge se couche tout doucement sur Rawalpindi.Autour du grand bazar, l'atmosphère est fébrile et dans les rues étroites, les autos se frôlent en jouant du klaxon.Les Pakistanais font leurs courses et ils s'arrêtent parfois devant un marchand ambulant pour avaler sur le pouce des fruits arrosés de yogourt en échange de quelques roupies.Pendant que le marchand chasse mollement les mouches avec un vieux chiffon, les gens discutent et se plaignent sur un ton badin.Ils adorent se plaindre.De tout : des grèves, du prix du sucre, de la chaleur et des Américains qui bombardent leur pays frère, l'Afghanistan.Personne ne porte de veston-cravate ou de robe qui trahit la coupe occidentale.Tous revêtent le costume traditionnel, le shalwar-kafmeez, une longue tunique qui se porte par-dessus un pantalon large qui flotte sur les sandales.Les femmes jettent parfois discrètement un voile léger sur leurs cheveux, mais la plupart du temps, elles se promènent tête nue.Les façades croupissantes des bâtiments qui entourent le bazar sont tapissées d'affiches criardes, tape-àl'oeil.Comme la plupart des villes asiatiques, Rawalpindi est désordonnée, grouillante, surpeuplée et formidablement vivante : quatre millions de personnes s'entassent dans cette cité populaire située à une dizaine de kilomètres d'Islamabad, la sage et morne capitale du Pakistan.Le vendredi, jour de prière pour les musulmans, Rawalpindi gronde de colère et les gens sortent dans la rue pour protester contre les frappes américaines.La semaine, c'est le bazar, le coeur de la ville, qui gronde.Dans cette marmite où environ 3000 marchands vendent des tissus, de la vaisselle, des parfums, des bijoux, des radios ou des clous, le président du Pakistan, Pervez Musharraf, n'a pas beaucoup d'alliés.Sa décision de laisser tomber l'Afghanistan pour appuyer sans réserve les Américains dans leur lutte contre le terrorisme choque.Dans l'échoppe de Qadeer Ahmed, les hommes prennent le thé en attendant les clients.Des morceaux de tissu s'empilent jusqu'au plafond, un ventilateur brasse paresseusement l'air chaud et des néons éclaboussent la pièce d'une lumière crue.« L'Afghanistan est tellement pauvre, les gens n'ont rien, s'indigne Qadeer Ahmed en avalant une gorgée de thé trop sucré.Comment les Américains, avec leurs puissants missiles, peuvent-ils attaquer ce pays ! Ne voyez-vous pas les images à la télévision, tous ces enfants afghans blessés par les bombes ?» Tous disent la même chose, répètent le même discours.Que ce soit Mohammad Asharf qui vend du tissu, son fils Yasir qui travaille avec lui, Atiq Rehman, le vendeur de sucreries, ou Waseem Raja qui achète de la vaisselle avec sa femme, sa petite fille et sa bellemère.Ils sont indignés, humiliés, choqués.Le Pakistan et l'Afghanistan sont des pays jumeaux.En frappant les Afghans, les Américains blessent du même coup les Pakistanais.Dans leur coeur.Ils encaissent durement l'onde de choc.Pour eux, Oussama ben Laden n'est pas le terroriste décrit par Washington mais un héros traqué par la puissante \u2014 trop puissante \u2014 machine de guerre américaine.Les États-Unis ne sont pas en guerre contre le terrorisme, disent-ils, mais contre l'Islam.Les marchands ont d'ailleurs donné de l'argent à des organisations islamiques qui viennent en aide aux réfugiés afghans, aux victimes de la guerre et aux talibans.En faisant le tour des échoppes, le président du bazar a facilement ramassé 50 000 $ US.Sur le campus À un jet de pierre de Rawalpindi, sur l'immense campus de l'Université Quad-e-azam d'Islamabad, le discours est plus feutré, moins enflammé, mais pas besoin de gratter très fort pour trouver, sous le vernis intellectuel, la colère et l'indignation.Bilal, étudiant en économie, contient mal son agressivité.Il porte des grosses lunettes fumées qui lui mangent les yeux.Assis sur le gazon avec des camarades, il ne se laisse pas distraire par les rayons du soleil qui jouent sur son visage.« Vous les Occidentaux, vous n'avez rien compris au véritable esprit de l'islam.Vous décrivez notre religion comme si c'était le diable.Un petit groupe a exploité le nom de l'islam en envoyant des avions bourrés de passagers se fracasser sur les tours du World Trade Center.Vous mélangez tout ! Jusqu'à preuve du contraire, ben Laden est innocent.Pourquoi les Américains ne montrent-ils pas les preuves qu'ils détiennent contre lui ?» Voir PAKISTAN en B2 6LP0201B1020 B2 samedi 6LP0201B1020 ZALLCALL 67 01:18:49 10/20/01 B YVES BOISVERT y b o i s v e r @ l a p r e s s e .c a De retour après l'anthrax NEW YORK \u2014 Des millions de personnes à New York travaillent en ce moment à réconcilier les deux phrases les plus souvent prononcées ces cinq dernières semaines : « Le monde ne sera plus jamais le même » et « La vie doit reprendre son cours normal ».Vaste programme.Quand on sort du taxi, près du quartier général de la police, on voit ce centre d'aide aux victimes \u2014 physiques, psychologiques, économiques \u2014 des attentats.On est à cinq rues de Ground Zero, mais on est pris à la gorge par cette odeur.On dirait de brûlé.mais cela sent la mort.Mercredi, 8000 personnes au chômage depuis le 11 septembre sont allées à une foire de l'emploi au Madison Square Garden.La vie ne reprend pas son cours pour tout le monde, mais on essaie.Il y a dans East Village un restaurant tenu par une aristocrate italienne déchue.Disons plutôt déshéritée : quand elle a annoncé à ses parents qu'elle allait marier un Noir new-yorkais, ils l'ont mise devant le choix : c'est lui ou la famille.Béatrice a choisi le gars.Et aussi New York.On peut naître new-yorkais, mais le plus souvent, on choisit de le devenir.Quand on a choisi aussi obstinément, aussi amoureusement, on n'a même pas dans l'idée de quitter.Charbon ou pas.Pour aller où ?Non, ce qu'il faut, c'est continuer.Et aider les autres à continuer.C'est une lourde tâche, ces jours-ci, mais très importante, que de gagner sa vie à rendre celle des autres un peu plus douce.Douce de saveurs romaines, douce d'un maximum d'atmosphère et d'un minimum d'éclairage.L'association de restaurateurs assez branchés à laquelle appartient Béatrice constate que non seulement les restaurants sont à moitié vides, mais qu'en plus, l'atmosphère est souvent morose.Il a été résolu par l'association de demander aux restaurateurs de monter la musique d'un cran.Pourquoi ?Pour enterrer les conversations trop lugubres.Pour changer l'atmosphère.On fait ce qu'on peut.Dick Walsh, un artiste québécois qui vit à New York depuis sept ans, gagne sa vie à organiser des fêtes.Des mégafêtes.À l'hôtel de Madonna à Miami.Ou pour une grosse maison de disques après les Grammy Awards à New York.Ou au mariage de Céline Dion (le premier !).Les grands magasins de New York l'appellent aussi pour faire leurs vitrines.Ou alors c'est un musée qui lui demande de faire un événement.Disons que depuis cinq semaines, il n'y a pas eu beaucoup de fêtes à New York.La vitrine de chez Macy's est noire.Les autres ont des drapeaux américains.Pas de citrouilles, cette année.Évidemment, tous ses contrats ont été annulés.« Le responsable de chez Barny's m'a dit : tu sais, c'est rouge, blanc, bleu, en ce moment, alors on n'aura pas besoin de toi.» De toute manière, Dick Walsh était tellement ébranlé après quatre jours passés sans téléphone, à nettoyer son appartement plein de suie (il est pourtant à un kilomètre de Ground Zero), et à envoyer, chez des amis, des courriels pour rassurer ses connaissances, il était tellement sonné, donc, qu'il songeait à revenir vivre au Québec.Une semaine de vacances lui a suffi : « Je ne voulais pas vivre dans un état de fuite, dans la peur.Alors je suis revenu.Maintenant je suis capable de voir les choses plus calmement.« Tout le monde dit que le monde ne sera jamais plus le même.Ça ne veut rien dire, concrètement : il faut que tu paies ton loyer, peut-être que tu as une chicane avec ta blonde, tu te lèves pour travailler.C'est la même chose.Bien sûr, dans nos têtes aussi il y a eu une explosion, et on n'a pas ramassé tous les morceaux.Dans les conversations privées, c'est là.En affaires aussi.On m'a dit : vous savez, à cause du 11 septembre, les budgets sont plus petits.Moi je réponds : à cause du 11 septembre, j'ai perdu beaucoup, je facture le double ! » Les gens ont-ils peur ?Ceux que l'on rencontre vous disent non.Mais voilà bien une mauvaise mesure : ceux qui ont peur ne sont déjà plus ici pour répondre.Il y a en tout cas un mot d'ordre officiel : ne pas avoir peur.Ou plus exactement, ne pas le montrer.Dans les médias, chaque manifestation de peur, ou d'apparence de peur, est descendue en flammes.Mercredi, après que l'on a découvert le bacille du charbon au Capitole, la Chambre des représentants a décidé de fermer boutique.Le Sénat, au contraire, a fermé ses bureaux, mais a continué ses délibérations, en signe de défi.Pour être conséquent, également : comment dire à tout le monde de reprendre le cours de sa vie pour ensuite plier devant un début de menace ?Le lendemain, en première page du très subtil New York Post, on apercevait la photo des leaders de la Chambre avec en gros titre : Wimps, que l'on pourrait traduire librement par « Moumounes ».Au contraire, Lisa Beamer, la veuve d'un homme d'affaires mort dans le vol 81, en Pennsylvanie, est une sorte d'héroïne : elle a repris le même vol que son mari n'a pu compléter ; sachant ce qui l'attendait, il avait attaqué les terroristes avec d'autres passagers.Hier, c'était au tour du gouverneur George Pataki d'être attaqué.L'on a trouvé la bactérie de la maladie du charbon dans ses bureaux de New York, lundi.Il a aussitôt commencé un traitement au Cipro, cet antibiotique anticharbon, tout en n'ayant aucun symptôme et en n'ayant même pas subi de test de dépistage.Le même gouverneur, comme tous les responsables, recommandait pourtant fortement à la population de ne pas entreprendre de traitement préventif.Mais dans son cas, ce sont les responsables de la santé publique qui en ont fait la recommandation.Le maire Rudolph Giuliani, lui, s'est empressé de déclarer que malgré de tels avis, il refuse de prendre du Cipro préventivement.Chez les artistes aussi, il y a les bons et les peureux.Paul Mc Cartney, l'ex-Beatle, donne avec plusieurs mégastars un concert bénéfice ce soir au Madison Square Garden.Ceux-là sont des bons.Il y aura 5000 pompiers et l'on s'attend à une foule record.Mais l'on n'a pas manqué de noter que les actrices Drew Barrymore et Heather Graham, qui avaient des engagements à New York, ont subitement annulé.et sont apparues à Los Angeles.Liza Minelli, qui devait prendre l'avion pour aller à un concert-bénéfice en Californie, n'ira pas : « Quoi, je vais risquer ma vie pour une f.ing chanson ?» « Elles sont bruyantes quand il s'agit de défendre le droit des animaux de ferme de ne pas être transformés en steak haché, mais maintenant que les humains ont besoin d'elles, où sont-elles ?» demande une critique.De retour à la vie « ordinaire » après le 11 septembre ?Après l'anthrax ?Oui.Mais dans les têtes, dirait-on, ça fume encore.Cipro contre Viagra Secoués, les États- Unis sombrent dans une contagieuse paranoïa qui menace de se propager au nord, constate notre journaliste.L'antibiotique contre la maladie du charbon Cipro déloge le stimulant érectile Viagra au palmarès des médicaments.Un pilote de ligne agite d'un air menaçant une hache devant ses passagers, pour décourager d'éventuels terroristes.Des fêtes et festivals sont annulés, moitié par respect pour les victimes du 11 septembre, moitié par peur des attentats.Des gens apportent leur combinaison ignifuge au travail dans un gratte-ciel.Des prophètes de malheur appellent à la rédemption sur les ruines du World Trade Center.Les évacuations d'édifices se multiplient sous la menace du bioterrorisme.Des musulmans sont congédiés, agressés.Plus d'un mois après les attentats terroristes, l'Amérique du Nord n'en finit plus de s'inquiéter.Les États-Unis, en particulier, connaissent des situations inimaginables il y a 40 jours.Quelques histoires marquantes illustrent bien le changement irréversible que la menace terroriste a causé.L'hebdomadaire New Yorker relatait récemment le discours volontariste du commandant du vol 564 de United Airlines qui a décollé le 15 septembre de Denver, à destination de Washington.« Les portes sont maintenant fermées et nous n'aurons aucune aide de l'extérieur pour un problème qui pourrait survenir dans cet avion.Voici notre plan et nos règles.Si quelqu'un, ou plusieurs personnes, se lève et déclare qu'il détourne l'avion, je veux que vous vous leviez tous.Prenez ce qui vous tombe sous la main et lancez-le-leur.Visez leur visage et leur tête pour qu'ils doivent lever leurs mains pour se protéger.Votre meilleure protection contre les couteaux sont les oreillers et les couvertures.Ceux qui sont proches de ces gens devraient essayer de mettre une couverture sur leur tête : comme ça, ils ne pourront plus voir.Une fois que ce sera fait, forcez- les à se coucher par terre et maintenez-les-y.Ne les laissez pas se relever.Je vais ensuite atterrir le plus près possible et nous nous en occuperons.Après tout, ces gens sont habituellement peu nombreux et nous sommes plus de 200.Nous ne les laisserons pas prendre le contrôle de cet avion.» Intolérance D'autres techniques d'autodéfense se sont révélées plus funestes.En particulier, celles qui visent expressément les musulmans comme s'ils faisaient tous partie d'une cinquième colonne islamiste.Le New Yorker rapportait que le matin même du 11 septembre, un yéménite s'est fait congédier de l'entreprise de location de complets chics pour laquelle il travaillait depuis cinq ans à Detroit.Son patron a dit à la presse qu'il lui avait simplement suggéré de changer d'air pour une semaine, mais n'a pas caché son animosité pour tous les musulmans.Au Tennessee, un sikh s'est fait assassiner par un Américain islamophobe qui le croyait musulman.Dans les universités, les menaces prennent l'allure d'attaques à la liberté de l'enseignement.À l'Université de la Floride du Sud, un professeur d'origine palestinienne a été forcé de prendre un congé payé à cause de ses liens avec un terroriste du Hamas.Le FBI a enquêté pendant 10 ans sur Sami Al-Arian à cause de ces liens, sans être accusé.Mais un animateur du réseau Fox, Bill O'Reilly, a ramené fin septembre les accusations sur le tapis au cours d'une entrevue en direct avec M.Al-Arian ; M.O'Reilly a notamment rappelé un discours de M.Al- Arian datant de quelques années, où il faisait l'apologie du jihad contre Israël, et a accusé son université d'être un nid à terroristes.Même si elle était au courant de toutes ces histoires depuis belle lurette, la présidente de l'université a suspendu M.Al-Arian pour « enquêter sur les menaces de mort qu'il a reçues ».Mais au grand déplaisir du syndicat des professeurs, elle a aussi ajouté que le comportement de M.Al-Arian influencerait la date de son retour.Au-delà de ces cas, où les Américains ont décidé de prendre leur destin en main, il existe aussi des exemples rappelant Ponce Pilate, qui est passé à l'histoire pour avoir refusé de prendre ses responsabilités.Notamment tous les cas de prêcheurs, comme Jerry Falwell, qui ont vu dans l'écroulement des tours jumelles un signe que Dieu est fâché contre l'Amérique, par exemple contre sa permissivité morale.Notamment, une histoire circule qu'une poutre en forme de croix a été retirée des ruines.Cette semaine, dans le quotidien torontois The Globe and Mail, un des théologiens les plus influents de l'Église épiscopale américaine, John Shelby Spong, a durement dénoncé les discours moralisateurs.« Si Dieu avait voulu faire un signe, il aurait empêché les avions de frapper le World Trade Center », a dit Mgr Spong, qui était évêque de Newark jusqu'à sa retraite.Il s'est dit « gêné » par les milliers de prières spéciales faites depuis le 11 septembre, qu'il qualifie de « lettres au père Noël écrites par des adultes ».« Dire aux gens que les victimes sont heureuses au paradis, et qu'elles ne veulent pas revenir sur terre, comme l'a fait Billy Graham, le conseiller évangéliste de la Maison-Blanche, n'est pas correct.Les fidèles doivent accepter que le monde est plein de hasards, selon Mgr Spong : les décisions de Dieu sont au-delà de notre compréhension et ne dépendent pas de nos prières.« Le Dieu sur lequel nous avions l'habitude de nous appuyer, le superparent, n'est plus.Il faut abandonner notre dépendance puérile envers un être surnaturel.» Dans le rayon de la déresponsabilisation, on peut à la limite classer certaines alertes au bioterrorisme.Au Tennessee, une femme s'est vivement inquiétée d'une poudre sur son clavier ; le FBI a découvert qu'il s'agissait de miettes de biscuits, et la femme s'est souvenue d'en avoir mangé.Plus près de nous, à Ottawa lundi dernier, un édifice fédéral a été vidé de ses 800 employés pendant deux heures et demie parce que le bureau de la ministre du Travail, Claudette Bradshaw, avait oublié avoir commandé du sirop d'érable pour des cadeaux.L'employé qui a appelé le 911 avait constaté qu'un épais liquide brunâtre s'écoulait d'un colis.Photo AP La peur du terrorisme prend des allures parfois funestes aux États-Unis.Un immigrant indien, Balbir Singh Sodhi, a été tué devant cette station-service de Mesa en Arizona, le 17 septembre, par Frank Silva Roque, un américain islamophobe qui l'a pris pour un musulman.PAKISTAN Suite de la page B1 Même si un fort sentiment antiaméricain parcourt les étudiants \u2014 et la société pakistanaise en général \u2014, ils approuvent le président Musharraf qui s'est rangé du côté des États-Unis.« Il n'avait pas le choix, explique Mustapha, le copain de Bilal.Notre économie est dans un état épouvantable.Si nous n'avions pas appuyé les Américains, le Pakistan aurait croulé sous ses dettes.En prenant cette difficile décision, Musharraf a sauvé le pays.» Dans les quartiers chic d'Islamabad, la raison l'emporte sur l'émotion.Les rues droites et quasiment désertes, où s'alignent proprement de grandes villas, forment un contraste saisissant avec les ruelles étroites et surpeuplées de Rawalpindi.Les fleurs rouges et orange des arbustes qui tombent en grappes sur les murs blancs ceinturant les grandes maisons apportent une étonnante touche de couleur et de fraîcheur qui tranche avec le lourd nuage de poussière et de pollution des quartiers populaires.Ici, l'appui au président Musharraf est sans équivoque même si les États-Unis n'ont pas la cote.Appuyer Washington et tourner le dos aux talibans est une décision raisonnable, la seule possible.Mais la pilule est difficile à avaler.Par contre, la solidarité envers le peuple afghan est entière, solide comme un roc.Zahid Kiani est ingénieur et sa femme, médecin.Il habite une de ces belles maisons d'Islamabad, avec muret, jardin et fleurs.Il réclame des preuves de la culpabilité de ben Laden, il demande pourquoi une nation aussi puissante que les États-Unis, avec tous ses alliés occidentaux, frappent un pays aussi pauvre et vulnérable que l'Afghanistan.Il appuie Musharraf même si c'est une décision crève-coeur et il n'a aucune confiance dans les Américains.« Ils nous utilisent et lorsqu'ils n'auront plus besoin de nous, ils vont nous laisser tomber comme en 1971 lorsque nous avons perdu le Bangladesh qui est devenu indépendant.Les intellectuels aussi se rangent du côté de Musharraf.Le Pakistan vit une des crises les plus graves de son histoire, jamais l'économie n'a été dans un tel état de délabrement, jamais l'équilibre de la région n'a été aussi précaire.« Avant les frappes, les gens sympathisaient avec les Américains.Ils les voyaient comme des victimes.Avec les bombardements, le vent a tourné, affirme Jamil Raza, professeur au département d'études stratégiques à l'Université d'Islamabad.Mais le Pakistan est plus stable qu'on ne l'imagine et Musharraf contrôle la situation.L'armée l'aime et l'apprécie.» « Les Pakistanais croient que Musharraf a pris la bonne décision même si les Américains l'ont acculé au mur.Le Pakistan a besoin des États-Unis, besoin de son aide pour rééchelonner son énorme dette et briser son isolement international », croit Ahmed Reza, un chercheur en science politique.Un sondage du magazine américain Newsweek montre à quel point le Pakistan est divisé sur cette question.Seulement 51 % des Pakistanais approuvent l'appui de Musharraf aux États-Unis et 41 % sont contre.Il n'y a que 8 % d'indécis.Par contre, 83 % des personnes interrogées sympathisent avec les talibans, comparativement à un famélique 3 % pour les Américains.Autre donnée troublante : seulement 12 % des Pakistanais pensent que ben Laden est coupable et 48 % affirment que c'est Israël.L'ingénieur Zahid Kiani, le nanti, le riche, qui vit dans sa belle villa d'Islamabad, conclut en lançant un avertissement.« Quand vous vous sentez impuissant et en colère, quand vous sentez qu'il n'y a plus de justice, vous nourrissez le terrorisme.» 6LP0301B1020 B3 20oct 6LP0301B1020 ZALLCALL 67 01:12:47 10/20/01 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 0 O C T O B R E 2 0 0 1 P L U S B 3 Photo Associated Press Pendant la guerre du Golfe, le général américain Norman Schwarzkopf a réglé le « problème médias » en adoptant des méthodes éprouvées par ses patrons politiques : la « gestion de l'information ».Le Pentagone décidait de ce que la presse voulait savoir et Stormin' Norman livrait en personne l'information.La plume et le canon Le général Sherman, héros de la guerre de Sécession, l'a dit: impossible de mener une guerre sous l'oeil d'une presse libre.Malgré des périodes d'accalmie, la relation militaire-reporter a toujours été plutôt difficile.Par nature, le général n'aime pas répondre au particulier.Et cela est aussi vrai aujourd'hui, au moment où les bombardements alliés frappent l'Afghanistan, qu'au XIXe siècle.L'un fait mieux en ne posant pas trop de questions, sauf à lui- même.L'autre gagne sa vie à en poser, tout le temps et à tout le monde.Plutôt conservateur, le premier se soumet aux objectifs du groupe et respecte l'autorité tandis que l'autre, plutôt libéral et indépendant, la questionne systématiquement.Un monde sépare le soldat et le journaliste, couple dysfonctionnel qu'un siècle et demi de guerres a condamné à la cohabitation.Cohabitation pas trop pacifique depuis le jour où, pendant la Guerre de Sécession, le général William T.Sherman se vit obligé de livrer bataille à Goldsboro (Caroline du Nord) après que son adversaire sudiste eut lu dans le New York Tribune que les troupes de Sherman s'y dirigeaient.« Il est impossible de mener une guerre sous l'oeil d'une presse libre », avait plus tard déclaré Sherman à qui l'on doit la jolie formule « War is hell » (La guerre c'est l'enfer) en plus du concept de « guerre totale ».1 Nourrir la bête Un de ses émules, le général Norman Schwarzkopf, allait, plus d'un siècle plus tard, régler le « problème médias » en adoptant pendant la guerre du Golfe des méthodes éprouvées par ses patrons politiques : la « gestion de l'information ».Le Pentagone décidait de ce que la presse voulait savoir et, question d'éviter les intermédiaires maladroits, Stormin' Norman livrait en personne l'information au cours de briefings quotidiens télévisés en direct dans le monde entier : « Voici la cible irakienne avant notre passage et la voici après.Y a-t-il des questions ?» « La fonction information était trop importante, je ne pouvais laisser ça à la presse », dira Dick Cheney, secrétaire à la Défense du temps.Les grandes organisations de presse américaines se plaignirent des restrictions, surtout de la « pré-censure » qui consistait à interdire aux journalistes l'accès au champ de bataille ou à ne l'autoriser qu'à de petits groupes triés sur le volet (pools) et strictement contrôlés.Au Kosovo, l'OTAN et le Pentagone se sont efforcés de nourrir la bête, 24 heures sur 24, prenant toute la mesure de « l'effet CNN », le plus important instrument de propagande du monde moderne.« Vous voulez des images ?En v'là ! » Dick Cheney est aujourd'hui vice- président des États-Unis et, selon toute vraisemblance, le véritable officier des opérations de la « guerre aux terroristes » de son président George W.Bush.L'ex-général Colin Powell, chef d'état-major à l'époque de la guerre du Golfe, est devenu secrétaire d'État et Donald Rumsfeld, à son deuxième tour comme secrétaire à la Défense, est l'aigle le plus secret de la Maison-Blanche.Questions ?Oui.à Jacqueline E.Sharkey, auteure 2 et professeure de journalisme à l'Université de l'Arizona : les choses ont-elles changé depuis la guerre du Golfe ?« Pas vraiment.Je suis troublée par la constance des efforts du Pentagone à ne pas divulguer l'information, même celle qui ne met pas en danger la sécurité militaire.D'autant plus que les journalistes ont toujours respecté l'entente de ne pas publier quoi que ce soit qui compromette la sécurité des opérations ou qui mette en péril la vie des soldats.« Mais dans certains cas, comme dans la présente campagne, le Pentagone n'est plus la seule source d'information ; plusieurs reporters, par exemple, travaillent du nord de l'Afghanistan.» \u2014 Les briefings quotidiens du Pentagone, par ailleurs, n'ont pas changé.\u2014 Vrai.Vous avez toujours les vidéos avant/après la frappe et cette insupportable terminologie qui veut que l'on « tue » les avions (kill) alors que l'on parle des morts civils comme de « dommages collatéraux ».Un principe de guerre Même si les généraux, à Londres, Washington ou Ottawa, ont une tendance naturelle à se cacher derrière le secret, la surprise reste un principe de base de la guerre, au même titre que l'action offensive, la concentration des forces et la simplicité du plan : l'ennemi ne peut se défendre contre ce qu'il ignore.Pendant la Deuxième guerre mondiale, une grande époque de coopération armée/médias, les généraux avaient l'habitude de briefer les journalistes AVANT les opérations ; 10 jours avant le débarquement en Sicile, Eisenhower avait expliqué son plan à une trentaine de journalistes américains, s'en faisant ainsi des « alliés ».Nonobstant les circonstances, c'est toujours là le dilemme du journaliste : copain-copain, on lui dit plein de choses qu'il ne peut pas toujours écrire.La notion du « besoin de savoir » a certainement changé, mais des époques ont fait ressortir certains traits communs entre le militaire et le reporter.L'ambition et la soif de pouvoir ne sont certes pas le champ exclusif de ces professions, mais leur haut degré de compétitivité peut exacerber ces traits, surtout en état de crise : la guerre du général est la grosse histoire du journaliste.Qui partagent par ailleurs le sentiment bien assis d'être, sinon audessus, en marge de la société, et la certitude absolue quant à leur rôle de protecteur de la démocratie et des intérêts supérieurs de la nation.Plusieurs raisons ont depuis creusé l'écart entre les deux groupes : l'émergence de la télévision comme instrument de choc pendant la guerre du Vietnam et une méconnaissance mutuelle qui aux États- Unis, selon le professeur Sharkey, trouve son origine dans l'abolition du service obligatoire en 1973, un an après la fin de l'engagement militaire américain dans la région.« L'isolement de l'institution militaire n'a fait qu'augmenter depuis cette époque.Avant, tout le monde avait un fils ou un frère dans l'armée où toutes les couches de la société étaient représentées.Cela donnait à l'armée un caractère égalitaire et créait dans les familles américaines une conscience de la réalité militaire.Dans les familles et dans les médias.L'abolition du service obligatoire a aussi réduit à presque zéro le nombre de journalistes ayant une expérience militaire.Pour l'analyse de la chose guerrière, les médias s'en remettent pour la plupart à des officiers à la retraite \u2014toujours présentés comme tels \u2014 qui, malgré leur talent et leur expérience, restent plus des militaires que des journalistes.À la conférence de presse quotidienne du Pentagone, nous n'avons pas encore vu d'anciens colonels questionner le secrétaire à la Défense sur le changement d'approche tactique ou le bombardement par erreur d'installations humanitaires.Un Canadien au Vietnam Le véritable clash toutefois est survenu au Vietnam et il s'en trouve encore beaucoup aujourd'hui, chez les anciens militaires, pour dire que « les médias ont perdu le Vietnam ».Le général W.C.Westmoreland, accusé de toutes parts d'avoir perdu une guerre qu'il ne pouvait gagner, en avait surtout contre la télévision qui donnait selon lui « une image distordue de la guerre », la nature même de la télé donnant « des nouvelles réduites à des images dramatiques qui ont fait que la guerre que les Américains ont vue était presque exclusivement violente, misérable et controversée » 3.Le peuple américain n'avait jamais « vu » la guerre ; on l'en avait protégé.Par tous les moyens : la Deuxième Guerre était finie depuis longtemps quand le gouvernement a publié les photos des corps des G.I.morts sur les plages normandes en 1944.CBS et Morley Safer, un journaliste canadien qui avait travaillé à la CBC, allaient changer l'Amérique.1965.Les États-Unis ont 25 000 hommes au Vietnam \u2014 ils en auront sous Richard Nixon (1969) plus d'un demi-million \u2014 pour aider la république du Sud à résister aux « agressions communistes » du Vietnam du Nord et des Viêt-cong.Les journalistes n'ont pas à subir la censure de guerre parce que, officiellement, les États-Unis ne sont pas en guerre, ne l'ayant jamais déclarée.À Da Nang, un jeune officier des Marines informe Safer, nouvellement embauché par CBS, que son unité s'apprête à aller « rayer de la carte » le village de Cam Ne, « un nid de Viêt-cong ».Safer veut-il les accompagner ?4 Les images qui arrivent à New York montrent des Marines tirant partout \u2014 sans que l'ennemi présumé ne réplique \u2014, lançant des grenades dans le moindre trou et utilisant des lance-flammes sur les huttes d'où sortent en panique, quand ils en ont le temps, des civils, hommes, femmes et enfants.Des Viêt-cong, pas la moindre trace.Les nouvelles du soir mettent les É.-U.en émoi et les gens de CBS, Walter Cronkite en tête, sont traités de traîtres et de menteurs : « Nos boys ne peuvent pas brûler de huttes au Vietnam.Les Américains ne font pas ça ».Le président Lyndon B.Johnson, hors de lui, commande une enquête sur Safer : « Ça doit être un communiste.» Non, c'est un Canadien au-dessus de tout soupçon.« Je savais que ce n'était pas un Américain.» Pendant les 10 années suivantes, la guerre la plus médiatisée de l'histoire a vu s'affronter deux notions proches en apparence : la sécurité nationale, qui est la mission première des militaires, et l'intérêt national dont la presse se veut l'ultime gardienne.Aujourd'hui, à l'ère des guerres nouvelles, les parties campent encore sur leurs positions respectives mais s'entendent toujours sur un point : « La vérité est la première victime de la guerre.» (1) American Heritage, July-August 1991, Press vs Military.(2) Jacqueline E.Sharkey, Under Fire \u2014U.S.Military Restrictions on the Media from Grenada to the Persian Gulf, University Press of America, Lanham, Maryland, 1995.(3) Harry G.Summers Jr.The Vietnam War Almanach, Presisio, Novato (Calif.), 1999.(4) David Halberstam, Powers that be, Dell Books, NY, 1979.Photos AFP Les briefings quotidiens du Pentagone sur les attaques en Afghanistan font échos aux rencontre avec les médias durant la guerre du Golfe: « Voici la cible avant notre passage et la voici après.Y a-t-il des questions ?» 6LP0401B1020 B4 - SAMEDI 6LP0401B1020 ZALLCALL 67 01:13:32 10/20/01 B Photothèque La Presse © Les premiers bénéficiaires du système offshore sont les fraudeurs du fisc.Ensuite viennent, dans l'ordre, les politiciens et fonctionnaires corrompus, les trafiquants de drogues, les vendeurs d'armes et les passeurs d'immigrants illégaux, qui profitent du laxisme des systèmes bancaires comme ceux de pays comme Monaco.Quand la pieuvre offshore nourrit le terrorisme L'argent de la drogue et celui des fraudeurs de l'impôt se côtoient sous les tropiques et de nombreux experts estiment que la lutte contre le blanchiment d'argent, censée priver criminels et terroristes de leur financement, sera inefficace tant qu'on ne s'attaquera pas à toute la constellation offshore.Réunis cette semaine à Montréal pour la Conférence internationale sur le blanchiment d'argent, ces experts soulignaient que les attentats du 11 septembre avaient suscité un déblocage dans le dossier de la lutte contre les paradis fiscaux, mais ils doutaient que l'élan serait suffisant pour abattre la pieuvre offshore.« Une coalition globale contre l'argent des terroristes ne tiendra pas quand viendra le temps de combattre l'argent sale en général, estime Jeffrey Robinson, expert du blanchiment et du monde offshore.Les 3 à 5 trillions qui traînent dans les paradis fiscaux représentent une force politique énorme contre toute volonté de tenter de savoir à qui ils appartiennent.» Le système financier offshore, dans lequel entrent chaque année 500 milliards US en produits de la criminalité, reçoit de cinq à 10 fois plus en produits de l'évasion fiscale.Ce sont ces sommes considérables issues de fraudeurs petits et grands qui rendent le système efficace pour tous les autres, trafiquants, politiciens corrompus et terroristes, qui s'en servent à leur tour.Et il y a peu de personnes sur la terre mieux placées pour le savoir que Jack Blum, avocat de Washington.Ses clients sont des gens qui ont été floués grâce à des stratagèmes impliquant des paradis fiscaux, mais il conseille aussi les autorités américaines dans des poursuites pénales contre des fraudeurs.« Le premiers bénéficiaires (du système offshore) sont les fraudeurs fiscaux, dit-il.Ensuite viennent, dans l'ordre, les politiciens et fonctionnaires corrompus, les trafiquants de drogues, les vendeurs d'armes et les passeurs d'immigrants illégaux.» En dernier lieu, loin derrière, viennent les terroristes, dit-il.L'exemple du Nigeria Cependant, loin de dissocier tous ces utilisateurs, Me Blum voit un lien direct entre l'existence d'un tel système facilitant la vie des fraudeurs de tout acabit et la misère des populations de plusieurs pays du tiers-monde où la pauvreté est un ferment puissant pour le fanatisme religieux.et le terrorisme.« Au Pakistan, Benazir Bhutto et son mari ont fait une razzia, et le taux d'illettrés est de 60 %, rappelle- t-il.En Indonésie, où il y a des émeutes religieuses, la famille du président Suharto a volé 40 milliards US et, pendant ce temps, le peuple indonésien n'avait pas d'éducation ni de chance d'améliorer son sort.» « Prenons le Nigeria, poursuit Me Blum.C'est un pays de 140 millions d'habitants, un des plus riches du monde en ressources naturelles.Avant l'indépendance (en 1960), ils avaient les meilleures universités d'Afrique.Aujourd'hui, le pays est en ruines.Depuis l'indépendance, 125 milliards US ont été siphonnés.Le dernier dictateur, Sani Abacha, s'est taillé avec 4 à 6 milliards après cinq ans de règne ! L'argent est gelé, au Lichtenstein et ailleurs, mais encore rien n'est revenu au Nigeria, trois ans plus tard.» Me Blum représente des intérêts nigérians dans cette affaire et il affirme que la cause est effroyablement complexe.Chacune des sociétés offshore créées pour ce gigantesque détournement a engagé une batterie d'avocats pour contester le rapatriement des fonds.Selon un autre expert, Luciano Guglielmini, de la Police nationale italienne, l'affaire ne connaîtra pas de dénouement avant cinq ou 10 ans.Pendant ce temps, le peuple nigérian croupit dans la misère.« Tous ces gens ont utilisé les comptes secrets et les sociétés offshore, dit Me Blum.Et c'est le reste du monde qui a fourni les outils de ces crimes.» Ce qui nous ramène donc dans les cabinets des avocats, les bureaux des fiscalistes et des courtiers, dans les succursales bancaires du monde développé.La position de ces professionnels qui facilitent la fraude et le blanchiment est semblable à celle d'Humpty Dumpty, le personnage à la coquille fragile assis en haut d'un mur.Perchés à la frontière entre la sphère judiciaire et le monde interlope, les avocats, banquiers et courtiers risquent à tout moment de tomber d'un côté ou de l'autre et de voir leur carrière se briser en mille miettes.Ils peuvent tout d'un coup perdre leur vernis respectable, leur gagne-pain et leur train de vie, comme ce fut le cas pour le juge Robert Flahiff, reconnu coupable en janvier 1999 de blanchiment d'argent, à l'époque où il était toujours avocat.Pour cette raison, Me Blum croit qu'il suffit de quelques poursuites pour enrayer une grande partie des activités criminelles dans les milieux professionnels.« Le principe derrière l'action judiciaire est la dissuasion et cela ne prendrait pas beaucoup de causes pour envoyer le message », dit-il.C'est d'ailleurs ce que réclame depuis longtemps Jeffrey Robinson.« Il faut mettre des avocats et des banquiers en prison, lance-t-il.Il faut qu'il y ait dans chaque société offshore un vice-présidentresponsable- d'aller-en-prison.» Depuis les attentats du 11 septembre, les pouvoirs publics sont habités par un sentiment d'urgence : couper les sources de financement des organisations terroristes.Leur premier objectif est de colmater les brèches offertes par les paradis fiscaux.Mais comme l'a démontré la Conférence internationale sur le blanchiment d'argent tenue à Montréal cette semaine, il y a loin de la coupe aux lèvres, comme l'expliquent nos journalistes.Blanchiment d'argent: des pistes de solution Il ne fait pas de doute que le trafic de drogue, le lessivage d'argent et le terrorisme sont étroitement liés.Comme vient de le démontrer l'hécatombe de New York, le phénomène affecte bien plus que l'économie : il ébranle les valeurs morales, menace la démocratie et ouvre la voie à des bouleversements extrêmes de l'ordre mondial.Les citoyens s'inquiètent, car ils ont le sentiment que les gouvernements et les spécialistes euxmêmes sont désarmés.Comment s'est-on retrouvé, tous en même temps, dans une situation aussi précaire, et que peut-on faire pour traquer l'argent du terrorisme et du crime organisé ?La Conférence internationale sur le blanchiment d'argent, qui s'est tenue cette semaine à Montréal, a levé le voile sur certaines causes et lancé des pistes de solution à l'échelle planétaire.En voici quelques-unes : > accentuer la coopération internationale en créant une agence internationale qui favorisera la circulation des renseignements ; > uniformiser et simplifier les traités d'entraide internationale de façon à accélérer les échanges entre les pays ; > mettre sur pied un organisme de contrôle des transactions bancaires afin de faire pression sur les pays où le blanchiment est trop facile ; > créer un tribunal pénal international pour juger les membres des réseaux de criminels.Le Canada mal vu C'est drôlement audacieux de la part de la GRC, organisatrice de l'événement pour une deuxième fois depuis 1998, quand on connaît le peu de volonté du Canada et sa piètre réputation en matière de blanchiment d'argent.« C'est tellement vaste et complexe qu'on ne peut tout faire d'un coup.Le Canada est en train de changer.C'est la politique du petit pas, ici comme ailleurs », a admis l'inspecteur John Mair, de la GRC, au moment de présenter son bilan avec trois de ses collaborateurs du secteur privé.Comme tout le monde, il espère que les attentats du 11 septembre ont ouvert les yeux des autorités et, surtout, que la terrible leçon servira.« Le Canada a préparé un projet de loi antiterroriste de 171 pages en trois semaines.Quand on veut, on peut, n'est-ce pas ?» a-t-il noté, enflammé.Pourtant, ce n'est pas d'hier qu'on crie sur tous les toits que le Canada est un paradis pour les blanchisseurs d'argent, que le crime organisé est omniprésent, surtout à Montréal, et que le pays sert de refuge aux terroristes islamiques.Jeffrey Robinson, auteur depuis 1994 de deux livres (The Laundrymen et The Merger) sur les rouages du blanchiment d'argent, n'hésite pas à qualifier le Canada de « lessiveuse du Nord ».Selon lui, les lois canadiennes ne sont pas assez sévères et les contrôles trop mous.Quant au travail des policiers, il est incohérent et rempli de complications inextricables, tant sur le plan opérationnel que juridique.Nouvelle agence de contrôle À l'entendre, le nouveau Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada (FINTRAC/CANAFE) qui ouvrira ses portes le 8 novembre prochain ne changera pas grand-chose.« C'est pas si mal, mais les employés de l'agence ne font pas d'enquêtes sur le terrain.Ils ne feront que signaler les cas de transactions douteuses aux corps de police », dit-il.Selon lui, les policiers sont déjà débordés par les informations qu'ils reçoivent des banques sur une base volontaire.« Déjà, ils n'ont pas les moyens de tout enquêter », a souligné l'expert invité du CIBA.D'un autre côté, Robinson se dit loin d'être certain que les avocats, les notaires et autres professionnels vont se soumettre à la nouvelle loi.« Ce n'est pas dans leurs intérêts, puisque ça va toucher leur portefeuille.S'ils refusent de négocier avec un client étranger qui veut investir ici en leur demandant d'où vient l'argent, le client va aller ailleurs », a-t-il dit.L'organisme doit débusquer les transactions financières douteuses, tout en sauvegardant le droit à la vie privée.« À cause de la dualité de notre mandat, le travail sera très difficile », a renconnu Peter Lemay, porte-parole de la nouvelle agence fédérale.Celle-ci comptera 130 employés à Ottawa, Montréal, Toronto et Vancouver.Une fois la machine bien huilée, on s'attend à effectuer 200 000 vérifications par année.Comme quoi, à moins d'une situation d'urgence comme on l'a vécu à New York avec les terroristes et les Hells Angels à Montréal, depuis 1994, on n'est pas prêt de casser les grands criminels, presque toujours les mêmes, dont les noms sont mentionnés dans les enquêtes internationales.Sans compter la corruption et le recyclage de l'argent que des groupes infiltrés dans la politique et les affaires exercent sur les programmes gouvernementaux et les appels d'offres de travaux publics.« Ça reste un énorme fléau.Même si Cosa Nostra se fait moins visible, son influence politique reste grande », a répondu l'inspecteur Luciano Guglielmini, de la police nationale italienne, à l'issue de son allocution.Trop délicat peut-être, mais combien pernicieux, ce moyen de laver l'argent sale n'a pas été abordé à la conférence. 6LP0501B1020 B5 - SAMEDI 6LP0501B1020 ZALLCALL 67 01:13:41 10/20/01 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 0 O C T O B R E 2 0 0 1 P L U S B 5 Une loi antiterroriste n'élimine pas pour autant la menace Ce n'est pas parce que le Canada veut se donner à toute vapeur une loi antiterroriste que ses citoyens jouiront automatiquement d'une protection sans faille contre le terrorisme.Ce genre de déclaration n'est évidemment pas ce que nos politiciens veulent entendre en ce moment, pas plus que la grande majorité des Canadiens d'ailleurs, mais elle n'en affirme pas moins un postulat qui se vérifie.Combien de fois a-t-on rappelé dans la presse depuis le 11 septembre que les États-Unis, bien avant les attentats de New York et de Washington, avaient des outils législatifs pour lutter contre le terrorisme ?Combien de fois aussi a-t-on rappelé que les États-Unis possédaient une politique d'immigration musclée ?Tout cela n'a pas empêché les auteurs des attentats de se fondre en parfaite légalité dans la population américaine, sans éveiller de soupçons autour d'eux.Un certain nombre de conditions sont essentielles au bon fonctionnent d'une loi antiterroriste, aussi bien ficelée soit-elle, et à la mise en application de la panoplie de mesures que le gouvernement fédéral a annoncé pour assurer la sécurité des aéroports, pour faire en sorte que sa politique d'immigration ne soit pas une porte ouverte aux terroristes et pour contrer la menace du bioterrorisme.Et il faut par-dessus le marché, ô ultime défi, que tout ce corpus de mesures ne vienne nullement se heurter à la Charte des droits et libertés, ce qui le transformerait inexorablement en un coup d'épée dans l'eau.Ces mesures de tout acabit annoncées depuis quelques jours par le gouvernement fédéral, assorties du dépôt du projet de loi C-36 contre le terrorisme, sont-elles adéquates et répondent-elles aux objectifs qu'elles se fixent ?Pour comprendre leurs chances de succès et celles du projet de loi antiterroriste du gouvernement Chrétien, il faut d'abord se demander de quel modèle on s'est inspiré pour agir.Il faut se demander également si ce modèle a fait ses preuves.On sait que le ministère de la Justice a mobilisé tout son personnel d'experts pour rédiger jour et nuit, pendant plus d'un mois, le projet de loi C-36.On sait également que ces experts en droit, une trentaine en tout, se sont inspirés de ce qui s'est fait aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en France en matière de loi antiterroriste.La définition notamment des « activités terroristes » qui se trouve dans C-36 s'est fortement inspirée de celles des Américains et des Britanniques.Est-ce que cela devrait nous rassurer ?Peut-être pas.D'abord, nous l'avons dit, les États-Unis n'ont pas vu venir la tragédie du 11 septembre malgré leur loi et malgré la puissante organisation étatique dont ils disposent.Quant aux Britanniques, leur premier ministre, Tony Blair, a eu beau ces derniers jours se faire le chevalier blanc de la lutte antiterroriste, il n'est pas exempt de griefs de la part de ses partenaires de l'Union européenne qui reprochent à la Grande-Bretagne son laxisme dans la lutte contre le terrorisme.La France est particulièrement outrée par l'attitude des Britanniques en matière de lutte contre le blanchiment de l'argent des terroristes.Mercredi de la semaine dernière, un rapport accablant, le rapport Montebourg, était déposé à l'Assemblée nationale contre la City, l'accusant de ne rien faire pour éliminer la porosité qui existe entre le blanchiment d'argent sale et le financement des activités terroristes.Les députés français dénonçaient, au grand dam des Britanniques, « l'importance, pour les organisations criminelles à visée terroriste, de la place de Londres et des territoires offshores de la Couronne ».Le rapport parlementaire français considère que la City et ces territoires offrent « un paradis non seulement fiscal, bancaire et financier, mais malheureusement judiciaire à bien des égards ».Les députés français déplorent, comme plusieurs magistrats européens, les « graves difficultés rencontrées dans la coopération judiciaire » avec les autorités britanniques et dénoncent leur « aveuglement ».Les Français, sans le dire ouvertement, sont également fâchés de la lenteur avec laquelle le ministère britannique de la justice et des affaires intérieures (Home Office) a accepté, la semaine dernière seulement, l'extradition de Rachid Ramda, soupçonné d'avoir participé à l'attentat dans le métro et le RER parisiens en octobre 1995.La France avait formulé sa demande en décembre 1995.Le modèle français On le voit bien, malgré la sévérité des lois britanniques \u2014 et françaises \u2014 en matière de lutte antiterroriste, ces dernières ne sont pas parvenues pour autant à contrer le terrorisme.La France, victime de nombreux attentats terroristes au cours des 20 dernières années, a certes oeuvré inlassablement à se doter d'un important arsenal juridique de lutte contre le terrorisme.Elle a notamment légiféré de façon efficace, ce qui lui permet de procéder à la dissolution des associations et des groupes qui se livreraient sur son territoire ou à partir de ce territoire à des agissements en vue de provoquer des actes de terrorisme en France ou à l'étranger.La notion dans la loi d'« association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » permet ainsi d'interpeller des individus soupçonnés d'appartenir à un groupe ayant des visées terroristes (qu'il s'agisse de structures clandestines ou des vitrines légales, associatives ou commerciales) avant le passage à l'acte.Le modèle français a fait ses preuves.La France n'a pas connu d'attentats terroristes depuis 1996.En 1986 \u2014 ce qui fait horriblement défaut au Canada \u2014 elle a créé sa fameuse 14e section du Parquet de Paris dite « antiterroriste », qui est composée depuis des mêmes quatre magistrats dont les pouvoirs sont étendus et d'une compétence nationale.À l'heure actuelle, une douzaine d'enquêtes sont en cours en France à propos d'infractions liées à la mouvance islamiste.Sans compter les condamnations en septembre 1999 de 21 membres du réseau qui a préparé la vague d'attentats islamistes en 1995 et celles, en avril 2001, de 24 personnes, dont l'Algéro-Canadien Fateh Kamel, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».De plus, la France vient d'annoncer, à la suite du 11 septembre, un durcissement de sa loi sur la sécurité quotidienne, respectant en cela la philosophie de l'ancien garde des Sceaux, Robert Badinter, qui disait que « l'État de droit, ce n'est pas l'État de faiblesse ».Malgré tout cela, certains élus français, dont la socialiste Odette Grzegrzulka (Aisne), estiment que, malgré ses lois préventives dures, la France demeure un foyer de préparation du terrorisme.C'est donc que, sans une volonté politique plus large dépassant les frontières, sans la coopération des services, judiciaires ou autres \u2014 comme le démontre l'exemple du blanchiment de l'argent dans la City \u2014, les efforts de lutte contre le terrorisme sont mis à mal.Si les foyers de préparation du terrorisme ne sont pas éradiqués, les progrès demeurent insignifiants.En ce sens, la coopération entamée entre la police, les services secrets, les services douaniers canadiens et leurs pendants aux États-Unis \u2014 notamment le partage informatique des dossiers judiciaires \u2014 est sans doute l'une des mesures les plus lucides et les plus prometteuses annoncées par le gouvernement Chrétien ces derniers jours.Quant au projet de loi canadien antiterroriste, les réserves et les inquiétudes qu'il suscite auprès de l'opposition, du commissaire à la vie privée et auprès de simples citoyens risquent de le miner considérablement si elles ne sont pas prises en compte par le gouvernement.Une loi ne saurait donner les résultats escomptés si elle ne s'imprègne dans son élaboration du consensus de la société qu'elle est sensée régir ou protéger.Ainsi, outre la façon dont seront désormais permises les « détentions préventives » (sur simple soupçon de participation à une activité terroriste), bien des Canadiens s'inquiètent de l'abandon du « droit au silence » de tout prévenu ou témoin.Il est vrai qu'en contrepartie, si le témoin parle, il reçoit la garantie que ses déclarations ne sauraient servir à l'incriminer dans le cas d'une poursuite judiciaire.Mais, comme le faisait remarquer le député conservateur Peter Mac- Kay jeudi devant le Comité de la justice, n'est-ce pas là une formule qui risque de permettre à des terroristes de s'en tirer à bon compte ?Les clauses crépusculaires De plus, le débat autour des fameuses « clauses crépusculaires » semble faire ressortir que l'existence même du projet de loi antiterroriste constitue en soi une victoire pour les terroristes.Le projet de loi C-36 suspend certaines libertés fondamentales traditionnelles du Canada \u2014 c'est le cas pour la détention préventive par exemple.Or, pourquoi ces articles considérés litigieux par beaucoup ne seraientils pas assortis d'une durée de validation limitée ou encore pourquoi ne feraient-ils pas l'objet d'une révision dans une année, plutôt que dans trois ans comme le prévoit le projet de loi ?En fait, nos élus sont aux prises avec la contradiction de mettre au point une loi destinée à préserver le mode de vie des Canadiens mais qui, dans les faits, y porte atteinte.La clause crépusculaire permettrait de rendre passagère cette contradiction et de faire de la loi une véritable « loi d'urgence ».Le premier ministre a semblé sensible à ces arguments, cette semaine, aux Communes.Enfin, le renforcement des mesures annoncées en matière d'immigration par la ministre Elinor Caplan, le 12 octobre, « pour lutter contre le terrorisme » suscitent là aussi bien des interrogations quant à leur efficacité.L'accélération notamment du processus de contrôle de sécurité pour les demandeurs de statut de réfugié ne conduira- t-il pas, en soi, à bien des injustices ou encore à des erreurs coûteuses sur le plan de la sécurité pour le Canada La plupart des experts en immigration au pays estiment qu'il est illusoire de prétendre pouvoir faire des contrôles de sécurité sérieux en moins de 72 heures, comme l'exigerait la loi.Malgré les 2000 policiers supplémentaires que la GRC va dépêcher aux frontières pour attraper les trouble-fêtes, cela n'arrêtera pas les terroristes qui, comme ce fut le cas aux États-Unis pour ceux du 11 septembre, entrent avec des visas de touristes.Cela n'empêchera pas non plus l'arrivée de ceux qui n'ont aucun casier judiciaire.En quoi, de plus, l'intensification annoncée des mesures d'expulsion se marie-t-elle avec l'objectif du ministère « d'empêcher les terroristes d'entrer au Canada » ?N'aurait-il pas mieux valu donner un peu plus de mordant à nos lois sur l'extradition, notamment en ce qui concerne les personnes accusées de terrorisme ?À l'heure actuelle, les longueurs pour arrêter et extrader les individus qui ont été mêlés à des activités terroristes à l'étranger sont susceptibles de nuire considérablement aux enquêtes internationales et aux bonnes relations entre pays amis.C'est sans doute là une des plus grandes lacunes de la loi antiterroriste.Quant à l'introduction accélérée de la fameuse carte à puce pour les résidents permanents, elle semble satisfaire l'opposition.Madeleine Dalphond-Guiral, la critique du Bloc québécois en matière d'Immigration, estime que cette carte permettra d'éviter la falsification des documents.Beaucoup de faux réfugiés ont pu entrer au Canada, explique- t-elle, en fabriquant l'ancien document qui consistait en une simple feuille de papier 8 1/2 sur 11.La députée s'interroge cependant sur la nature des informations qui seront encodées dans la carte, d'autant plus que le commissaire de la GRC, Giuliano Zaccardelli, a confié cette semaine au comité des Communes sur l'immigration qu'il souhaitait que la carte contienne « le plus d'informations possibles ».À ce jour, le gouvernement est resté avare de commentaires sur la nature de ces informations.« Nous nous opposons à ce que ces informations soient reliées aux préoccupations sécuritaires de l'État, affirme Madeleine Dalphond- Guiral.Cette carte ne doit servir qu'à permettre aux résidents permanents de rentrer au pays à la suite d'une absence.Le seul élément de sécurité acceptable dans cette carte, c'est celui de réduire la possibilité de falsification.» En fait, on le voit bien, toutes les lois et les mesures mises en place par l'État pour contrer la menace terroriste ne sauraient être efficaces sans qu'elles ne soient assorties de la volonté politique des pays concernés à se coordonner entre eux et sans qu'elles ne reposent sur l'appui des populations concernées.Un beau casse-tête en somme pour le gouvernement Chrétien.Surtout que, devant le caractère hautement irrationnel des actions que décide d'entreprendre un terroriste kamikaze, l'État \u2014 malgré ses bonnes intentions \u2014 peut être à tout moment ébranlé.Aucun gouvernement, peu importe la qualité de ses lois et des mesures antiterroristes adoptées, ne peut prétendre échapper entièrement à la menace permanente d'un attentat terroriste.Au cours du dernier mois, des experts du ministère de la Justice du Canada ont été mobilisés pour rédiger la loi antiterroriste proposée par le gouvernement Chrétien.Travaillant jour et nuit, ils se sont inspirés des initiatives mises en place dans plusieurs autres pays.Mais, comme le constate notre journaliste, aucune loi n'atteindra véritablement ses objectifs sans une volonté politique plus large, dépassant les frontières, et misant sur la coopération entre les services policiers, judiciaires et économiques des pays en lutte contre le terrorisme.La définition des « activités terroristes » qui se trouve dans C-36 s'est fortement inspirée de celles des Américains et des Britanniques.Le modèle français a fait ses preuves.La France n'a pas connu d'attentats terroristes depuis 1996.Photothèque La Presse © Dès le lendemain des attentats du 11 septembre, aux États-Unis, des patrouilles spéciales des Forces armées canadiennes ont parcouru l'intérieur et l'extérieur de l'aéroport Pearson de Toronto, mitraillette en main. 6LP0601B1020 B 6 samedi PLUS 6LP0601B1020 ZALLCALL 67 01:13:54 10/20/01 B 6LP0701B1020 B 7 samedi PLUS 6LP0701B1020 ZALLCALL 67 01:12:58 10/20/01 B La Presse 20 octobre 2001 Page B8 manquante 6LP0901B1020 B9, samedi, MONDE 6LP0901B1020 ZALLCALL 67 01:16:35 10/20/01 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 0 O C T O B R E 2 0 0 1 MOND E B 9 Bush et Jiang confirment un rapprochement Pékin n'approuve toutefois pas publiquement les raids contre les talibans P H I L I P P E DEBEUSSCHER Agence France-Presse SHANGHAI \u2014 Les présidents américain et chinois, George W.Bush et Jiang Zemin, ont décidé hier d'unir leurs efforts dans la guerre au terrorisme et de mettre en sourdine leurs divergences, pour renforcer le nouvel esprit de coopération entre Washington et Pékin, lors de leur premier face à face à Shanghai.Bush a déclaré avoir reçu de son homologue chinois « un ferme engagement de coopérer en matière de renseignements et dans la traque à l'argent terroriste », tandis que Jiang faisait état « d'une série de consensus sur toute une série de questions majeures, en matière bilatérale, sur l'antiterrorisme et sur le maintien de la paix et la stabilité ».« Nous avons reçu du gouvernement chinois un très bon soutien en matière de renseignements.Il a aussi fermé sa frontière avec l'Afghanistan.Nous sommes très satisfaits », a précisé un haut responsable américain.Jiang n'a toutefois pas publiquement approuvé les raids américains contre les talibans, se contentant de demander qu'ils visent « des objectifs clairement définis » et « soient suffisamment précis pour éviter de faire des victimes innocentes ».Bush et Jiang parlaient lors d'une conférence de presse conjointe, à l'issue de leur entretien.Ils participent ce week-end au sommet économique de l'APEC (Forum de coopération économique Asie-Pacifique), qui réunit à Shanghai 21 pays riverains du Pacifique.« Nous avons une compréhension commune de l'ampleur de la menace posée par le terrorisme », a ajouté Bush.« Toutes les nations civilisées doivent s'unir pour vaincre cette menace et je crois que les États-Unis et la Chine peuvent accomplir beaucoup en oeuvrant de concert pour combattre le terrorisme », a-t-il dit.Mais le nom d'Oussama ben Laden, le chef fondamentaliste considéré par Washington comme le commanditaire des attentats du 11 septembre, n'a pas été mentionné, selon un responsable américain.Les deux dirigeants ont souligné l'importance qu'ils attachaient au développement de relations « constructives » entre leurs deux pays.Le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhu Bangzao, a précisé que deux mécanismes de dialogue à haut niveau seraient mis en place, l'un sur les questions stratégiques et l'autre sur la lutte antiterroriste.Depuis les attentats contre les États-Unis, les relations américanochinoises ont connu une transformation spectaculaire, se traduisant par un ton nouveau entre les deux pays.Elles avaient pourtant subi un très net « coup de froid » à l'arrivée à la Maison-Blanche de Bush, celui- ci considérant la Chine comme un « concurrent stratégique », et s'étaient encore détériorées en avril lors de la collision d'un avion espion américain et d'un chasseur chinois.Des responsables américains se sont dit encouragés par la coopération de Pékin dans la chasse aux instigateurs des attentats à New York et Washington.Les batailles anciennes sur la question des droits de l'homme ont aussi cédé le pas à l'actualité plus immédiate.Lors de la conférence de presse, Bush s'est contenté de relever que la guerre contre le terrorisme ne devait pas « servir d'excuse pour persécuter les minorités », bien qu'il ait, selon son entourage, exhorté avec ferveur Jiang au respect des libertés religieuses.Durant leur rencontre, l'un des principaux points de friction entre les deux pays, la question de Taïwan, est brusquement revenue au premier plan.La délégation taïwanaise présente à l'APEC a décidé de quitter Shanghai pour protester contre le refus de Pékin d'inviter son principal représentant, l'ancien vice-président Li Yuan-zu, au sommet afin de limiter la participation de Taïwan à l'APEC au strict niveau économique.Cet accès de mauvaise humeur ne semble pas avoir eu de répercussions sur le nouveau dialogue sino-américain.« C'est une question concernant le pays hôte », a déclaré un responsable américain ayant requis l'anonymat.Photo Reuter Le président chinois Jiang Zemin attire l'attention de son invité, le président américain George W.Bush, sur un point d'intérêt, avant la conférence de presse commune qu'ils ont accordée hier à Shanghai.© 2001 Sony du Canada Ltée.SONY, HANDYCAM, LA MAISON SONY et le logo SONY sont des marques déposées et CYBERSHOT, DIGITAL 8 sont des marques de commerce de Sony Corporation, Tokyo, Japan.SOUS RÉSERVE DE DISPONIBILITÉ.TOUS LES PRODUITS NE SONT PAS DISPONIBLES DANS TOUS LES MAGASINS.BROSSARD Champlain Mall (450) 923-6990 MONTREAL Eaton Centre (514) 843-7557 POINTE-CLAIRE Fairview Mall (514) 694-2727 LAVAL 2200 Le Corbusier Blvd.(450) 973-7669 SAINT-BRUNO Les Promenades (450) 653-9066 VILLE d'ANJOU Les Galeries (514) 353-3585 OTTAWA Rideau Centre (613) 569-7669 Bayshore Shopping Centre (613) 721-7581 L'événement «Récoltez les économies» à la Maison Sony L'HIBERNATION EST PLUS AGRÉABLE AVEC DE BONS DIVERTISSEMENTS C'est le moment comme jamais de visiter un magasin Sony.Vous y rencontrez bien sûr notre personnel de ventes amical et ultra-compétent.Plus une foule d'articles à des prix très avantageux.C'est notre façon de vous dire «On vous attend !» haut l i e u du savoir Caméscope Digital 8 Handy CamMD DCRTRV130 949,99 $ comprend une prime différée de 50 $ avec achat du kit d'accessoires pour caméscope.Play Station®2 Ludiciel: Gran TurismoMD 3 A-Spec ATV FuryMD Offroad ICOMD Twisted Metal:BlackMD 69,99 $ chacun Microchaîne hi-fi à composants CMTEP30 Était 249,99 $ Maintenant 229,99 $ Apparéil photo Cyber-shot MC de Sony DSCF505V Était 1 499,99 $ Maintenant 1 199,99 $ «Téléchargez, transférez et partez» Enregistreur Mini Disc portatif Walkman® MZR500PC 299,99 $ comprend étui avec pince de ceinture.Support assorti pour téléviseur.SU43HT5 Était 399,99 $ Maintenant 299,99 $ Apparéil photo Cyber-shot MC de Sony 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vous faire découvrir leur pays, leur culture, leurs attractions touristiques et leur hébergement.De nombreux forfaits soleil pour la période des fêtes et la prochaine saison.Tous les services aux voyageurs réunis au même endroit : agences de voyages, assurances, passeports, douanes\u2026 Animation continue ! 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Ministère des affaires étrangères et du commerce international 12 h 15 Les 6 zones touristiques de Costa Rica (Version anglaise) 13 h 00 Un goût d'Irlande 13 h 45 Croisières sur les canaux d'Europe 14 h 30 L'Égypte a tout 15 h 15 La Barbade : au-delà de l'imagination 16 h 00 Visitez la Louisiane 16 h 45 100 ans de magie au Walt Disney World Resorts en Floride 17 h 30 Le charme du Vietnam, commenté par Michel Larivière 18 h 15 La Grèce par les Grands Explorateurs 19 h 00 Immersion linguistique par Séjours linguistiques VTE 19 h 45 Le premier pas de votre voyage par le Bureau des passeports PLACED'ANIMA TION 11 h 30 Conférence sur Bali, Chine et Japon 12 h 30 Ballet folklorique Hidalgo-Mexico 13 h 30 Danse irlandaise 14 h 30 Coup de coeur voyages avec Angèle Coutu 15 h 30 Danse et musique folkloriques de la Turquie 16 h 30 Danse folklorique égyptienne 17 h 00 Présentation des candidates venues de 60 pays pour le concours miss Global 2001 18 h 00 La danse Mergapaty d'Indonésie 18 h 30 Venezuela chante pour le Québec 19 h 30 Troupe de musiciens cubains Cruz Isaac PLACEDU CINÉMA 10 H 30 Ixtapa-Zihuatanejo deux fois plus plaisant 10 H 45 Le complexe hôtelier El Senador s.a.de Cayo Coco 11 H 15 Visitez l'Espagne 12 H 00 Turquie, un pays unique 12 H 45 Croisières sur les canaux d'Europe 13 H 30 Impressions d'Allemagne 14 H 15 Le charme du Vietnam, commenté par Michel Larivière 15 H 00 Bonjour France 15 H 45 Pérou un rêve pour vivre 16 H 30 Ressentir l'Inde PLACED'ANIMA TION 11 h 30 La danse Joged Bumbund d'Indonésie 12 h 00 Voyager en famille avec Angèle Coutu 12 h 30 Prévention contre la fièvre aphteuse par l'Agence canadienne d'inspections des aliments 13 h 30 Ballet México Mágico 14 h 00 Folklore tunisien 15 h 00 Troupe folklorique Alizé de la Martinique 15 h 30 Danseurs de l'école Santropez et cours de merengue de la République Dominicaine 16 h 30 Venezuela chante pour le Québec 17 h 00 Tirage du concours du Salon international tourisme voyages 2001 Angèle Coutu porte-parole 2997593A Faces connues en campagne au Nicaragua d'après AFP MANAGUA \u2014 Les visages d'Oussama ben Laden, Saddam Hussein, Fidel Castro et Mouammar Kadhafi sont utilisés depuis quelques jours, dans des messages publicitaires, par le parti du candidat libéral à l'élection présidentielle du 4 novembre au Nicaragua, pour mettre en garde les électeurs contre un vote pour le sandiniste Daniel Ortega.« S'ils pouvaient voter au Nicaragua, il voteraient Daniel », affirme d'un ton ferme une voix avant d'ajouter : « Mais vous qui pouvez voter, dites non à Daniel car il est aux cotés des ennemis de la paix.» Le message publicitaire, diffusé à la télévision aux heures de grande audience, se termine sur des images de Daniel Ortega en uniforme militaire, lorsqu'il était à la tête du régime sandiniste (1979-1990).Cette période fut marquée par une guerre civile entre les sandinistes et la guérilla « contra », soutenue par les États-Unis, qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts.Selon la revue d'analyse politique nicaraguayenne « Confidencial », l'objectif de ce message publicitaire est très clair.« Soixantequinze pour cent de la population considère que le candidat libéral Enrique Bolanos est plus proche des États-Unis que Daniel Ortega, et comme les gens préfèrent entretenir de bonnes relations avec les Américains, il ne faut pas faire confiance à Ortega », écrit-elle.Le parti sandiniste a pour sa part estimé que l'idée qu'Ortega pouvait pactiser avec le terrorisme était totalement stupide.La mission d'observation de l'Organisation des États américains (OEA) chargée de vérifier la transparence du scrutin a immédiatement réagi, jugeant cette propagande politique trop violente.« Ces messages heurtent la conscience des électeurs par son contenu injurieux et par les images rappelant un conflit qui appartient au passé », a déclaré l'un des responsables de la mission de l'OEA, Rafael Lopez Pintor.À deux semaines du scrutin, les sondages prévoient un résultat très serré entre les deux candidats.Le Nigeria veut régler ses comptes d'après AFP LAGOS \u2014 La Commission nigériane des droits de l'homme a mis fin à ses travaux après un an d'auditions, renvoyant trois ex-dictateurs devant le « tribunal de l'Histoire » après leur refus de comparaître devant elle.« C'est l'Histoire, et non la commission, qui rendra son verdict » sur les trois anciens dirigeants militaires nigérians, a déclaré son président, Chukwudifu Oputa, dans son discours de clôture.Les ex-dictateurs Muhammadu Buhari, Ibrahim Babandiga et Abdulsalami Abubakar ont refusé de répondre aux convocations de la commission, qui désirait les entendre sur des accusations de violations des droits de l'homme à l'époque où ils dirigeaient le pays.Buhari et Babandiga avaient même tenté de faire annuler les convocations de la commission par la justice.Les médias et les associations de défense des droits de l'homme ont condamné l'attitude des trois exdictateurs, dont les régimes sont accusés de meurtres, tentatives d'enlèvement, arrestations et détentions illégales, harcèlement et autres formes de violations des droits de l'homme.La commission a été mise en place par le président nigérian, Olusegun Obasanjo, en 1999, peu après son entrée en fonction, sur le modèle de la Commission vérité et réconciliation sud-africaine, pour évacuer les rancoeurs et les injustices nées de décennies de régimes militaires.Le président Obasanjo, qui a luimême été à la tête d'une junte militaire nigériane dans les années 70, avait montré l'exemple en se présentant devant la commission à deux reprises.La commission, qui a commencé à siéger le 23 octobre 2000, a tenu des audiences publiques à Lagos et dans trois autres villes du pays.saviez- Le Conseil de la coopération du Québec vous Les coopératives québécoises : deux fois plus durables que les autres entreprises 2996712A 6LP1101B1020 B11, samedi, MONDE 6LP1101B1020 ZALLCALL 67 01:16:44 10/20/01 B L A P R E S S E MONT R É A L S AME D I 2 0 O C T O B R E 2 0 0 1 MOND E B 1 1 EXPRESS INTERNATIONAL Gambie Yahya Jammeh réélu LE PRÉSIDENT GAMBIEN, Yahya Jammeh, a été réélu pour un deuxième mandat de cinq ans, a annoncé hier la Commission électorale indépendante.Il a remporté 52,96 % des suffrages lors du scrutin de jeudi, contre 32,67 % pour le leader de l'opposition, Ousainou Darboe, a précisé le président de la commission, Gibril Peters.Les trois autres candidats en lice, Hamat Bah, Mustapha Dibba et Siddia Jatta, ont recueilli les 14,37 % restant.La participation a été importante, soit 89,83 % des 500 000 électeurs inscrits.Des observateurs internationaux ont affirmé que les élections s'étaient déroulées sans problèmes dans le pays et qu'il n'y aurait pas eu de violences.La Gambie, un petit pays enclavé dans le Sénégal, compte une population d'environ 1,3 million d'habitants, qui sont en grande partie dépendants du tourisme et de la production de cacahuètes.\u2014 d'après AP Corne de l'Afrique Encore prisonniers LA MISSION des Nations unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE), chargée de surveiller le cessez-le-feu entre les deux pays, les a pressés hier de continuer de libérer leurs prisonniers de guerre respectifs.« Nous continuons à demander aux deux parties de remplir leurs obligations » consignées dans l'accord de paix signé le 12 décembre 2000 à Alger, a déclaré un porteparole de la MINUEE.La semaine dernière, 24 prisonniers de guerre éthiopiens ont été libérés par l'Érythrée puis rapatriés sous l'égide du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).Il s'agissait des premières libérations depuis sept mois.Depuis la signature de l'accord de paix, le CICR a organisé le rapatriement de 856 prisonniers érythréens et 677 éthiopiens.Au moment de la signature, le CICR avait recensé quelque 2600 prisonniers érythréens en Éthiopie et environ un millier d'Éthiopiens en Érythrée.\u2014 d'après AFP Norvège Coalition de centre-droit UNE COALITION MINORITAIRE de centre-droit, dirigée par le démocrate-chrétien Kjell Magne Bondevik, a pris les rênes du pouvoir en Norvège hier, deux jours après la démission du gouvernement travailliste pour cause d'échec électoral.« Je suis très satisfait de mon équipe », a déclaré Bondevik, 54 ans, après avoir présenté au roi Harald la composition de son gouvernement qui comprend 10 ministres conservateurs, six démocrates- chrétiens et trois libéraux.Aux dernières élections législatives, le 10 septembre, les travaillistes, force traditionnellement dominante du royaume, avaient essuyé leur revers électoral le plus cuisant depuis 1909 en ne recueillant que 24,4 % des suffrages.\u2014 d'après AFP Pologne Vers l'Europe LE NOUVEAU premier ministre polonais, Leszek Miller, a réaffirmé après son investiture hier sa volonté de faire entrer la Pologne dans l'Union européenne « le plus vite possible ».« Il n'y a pas d'alternative à l'adhésion de la Pologne à l'Union européenne », a déclaré Miller, dont l'Alliance sociale démocrate (postcommuniste) et son allié socialiste Union du Travail ont remporté la majorité aux législatives du 23 septembre, soit 216 sièges sur 460.Mais leur victoire relative les a amenés à conforter une majorité absolue au Parlement en prenant pour allié au gouvernement le Parti paysan traditionnel PSL (42 sièges) qui lui, n'est pas un Européen convaincu surtout en ce qui concerne le dossier agricole.\u2014 d'après AFP Bolivie Touristes bloqués QUELQUE 200 touristes européens, dont une cinquantaine de Français, étaient bloqués par un conflit social hier, pour la troisième journée consécutive, dans les Andes à près de 600 km au sud de La Paz.Des dizaines de villageois, protestant notamment contre les nuisances des deux hôtels où sont logés les touristes, à une trentaine de kilomètres de la localité de Uyuni, située près du désert de sel portant le même nom, bloquent la route d'accès aux établissements.Ils demandent notamment la fermeture des hôtels, qui sont construits à base de blocs de sel, car « leurs déchets polluent » le Salar de Uyuni, un désert de sel qui s'étend sur quelque 12 000 km2, à près de 4000 mètres d'altitude, au milieu des sommets andins.\u2014 d'après AFP AMASSEZ RAPIDEMENT DES POINTS EN UTILISANT VOTRE CARTE LA BAIE, HBC OU ZELLERS.OBTENEZ 25 POINTS ADDITIONNELS POUR PRESQUE CHAQUE DOLLAR DÉPENSÉ.TRANSFORMEZ VOS ACHATS DE TOUS LES JOURS EN RÉCOMPENSES.Amassez des points dans tous les magasins de la Compagnie de la Baie d'Hudson : la Baie, Zellers, Déco Découverte ou hbc.com J'aime, j'achète! free Ces offres sont exclues des rabais Aubaines mystère.Autres exceptions : articles « Aubaine la Baie » et « Nouvellement réduit ».Tant qu'il y en aura.Sur nos prix ordinaires, sauf avis contraire.vous en voulez plus?Des exceptions s'appliquent, précisions en magasin.Achat d'une valeur maximale de 1 000 $.Le samedi 20 octobre, de 8 h à 10 h 2 heures d'aubaines lève-tôt! plus 60 % de rabais serviettes To Gomc en éponge et en velours Serviettes de bain, solde 6,99 $ et 7,99 $ 50 % de rabais 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tous les véhicules neufs Audi 2001 livrés à partir du stock du concessionnaire.Exemple : Financement de 20 000 $ au taux de 3,9 % équivaut à des mensualités de 589,60 $ pendant 36 mois.Coût d'emprunt : 1 225,60 $, pour une obligation totale de 21 225,60 $.Les mensualités et le coût d'emprunt varient selon la durée du contrat, le montant emprunté, l'acompte versé ou l'échange.Prix réels établis par le concessionnaire.Tous les détails chez les concessionnaires participants.Offre d'une durée limitée et pouvant être modifiée sans préavis.« Audi », « quattro », « A4 », « A6 », « A8 », « allroad » et l'emblème des quatre anneaux sont des marques déposées de Audi AG.« TT » est une marque de commerce de AUDI AG.« Avantage Audi » est une marque de service de Audi L'AVANTAGE AUDI : SERVICES D'ENTRETIEN PÉRIODIQUE SANS FRAIS PENDANT 4 ANS OU 8 0 0 0 0 KM Même le taux de financement a été conçu avec soin.La fougueuse A4.L'étonnante A6.La luxueuse A8.La pure et puissante TT et la superbe et 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une motion aux juges du TPI étayant cette requête, Del Ponte estime qu'une inculpation élargie doit notamment inclure, dans l'accusation de persécution, les violences sexuelles commises par les forces serbes au Kosovo ainsi que la destruction de lieux religieux.Ce projet d'élargissement devrait également permettre de faire le lien entre les personnes tuées ou disparues dans deux lieux d'exécutions au Kosovo, à Suva Reka et Meja, et les corps découverts dans les charniers de Batajnica, près de Belgrade.Les corps découverts avant l'été à Batajnica provenaient notamment d'un camion frigorifique qui avait été coulé dans le Danube.Trois endroits de déportation ont également été ajoutés dans le projet d'amendement du procureur : Decani, Kacanik et Vucitrn.L'acte d'accusation sur le Kosovo, qui date du 24 mai 1999, avait été amendé une première fois le 29 juin 2001.Les juges chargés du cas Milosevic devraient examiner cette nouvelle requête lors de la prochaine comparution publique de Milosevic devant le Tribunal le 29 octobre.Milosevic devrait par ailleurs indiquer à cette occasion s'il plaide coupable ou non coupable des accusations qui pèsent sur lui dans le dossier croate.Il continue toutefois à défier le TPI en le considérant comme un « tribunal politique ».Par ailleurs, le Comité international pour la défense de Slobodan Milosevic tient demain et lundi à Belgrade une conférence internationale pour la libération de l'ex-président yougoslave, ont annoncé hier les organisateurs.Cette conférence réunira plusieurs dizaines d'experts en droit international, des artistes et des analystes venus de 15 pays, dont les États- Unis, les Pays-Bas, la Grèce, et l'Italie, a précisé Vladimir Krsljanin, qui est à la tête du comité organisateur.« Il y a un grand besoin de grouper au même endroit tous les arguments politiques et juridiques contre la détention de M.Milosevic et coordonner les activités visant à corriger cette situation », a expliqué Krsljanin, un haut fonctionnaire du Parti socialiste (SPS, opposition) de Milosevic.L'ex-président yougoslave fait l'objet de deux actes d'inculpations du TPI pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre : l'un pour son rôle lors du conflit au Kosovo (1998-1999) et le second pour sa responsabilité dans la guerre de Croatie (1991-1995).Par ailleurs, les avocats désignés par le TPI pour assister la cour (amicus curiae) dans le dossier de l'ex-président yougoslave présenteront bientôt au tribunal une série d'objections relatives à son autorité dans le cas de Milosevic, a indiqué à l'agence Tanjug un des ces avocats, le Yougoslave Branislav Tapuskovic.AMRA HADZIOSMANOVIC Agence France-Presse SARAJEVO \u2014 Ambassades fermées, arrestations en série, islamistes infiltrés, Sarajevo, la capitale bosniaque, qui garde encore les traces d'un siège interminable, se voit aujourd'hui particulièrement concernée par la menace du terrorisme islamiste.Hier, pour le troisième jour consécutif, les ambassades des États- Unis et de Grande-Bretagne sont restées fermées en raison de menaces contre leur sécurité.Des policiers bosniaques, casqués et armés de pistolets-mitrailleurs, sont postés devant les deux missions.Voisine de l'immeuble vétuste du gouvernement de la Fédération croato-musulmane, l'une des deux entités de Bosnie, la vaste représentation diplomatique américaine, entièrement ceinte d'un mur de béton élevé, semble pourtant bien à l'abri de toute agression.Dans cette ville où la population est en grande majorité musulmane et où les mosquées se dressent à chaque coin de rue, on ne prend pas à la légère les menaces antiaméricaines.Soucieux de montrer sa bonne volonté à la communauté internationale, qui supervise toujours à ce jour la bonne marche du pays, le gouvernement central s'est hâté de dénoncer le terrorisme et d'assurer que la population de Sarajevo n'avait rien à craindre.Jozo Krizanovic, membre croate et président en exercice de la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine, s'est adressé aux citoyens de son pays pour leur dire de ne pas s'inquiéter des menaces reçues par les deux ambassades.Cependant, malgré leur discrétion, les autorités bosniaques n'ont pu cacher l'arrestation ces derniers jours de plusieurs étrangers, souvent venus de pays islamiques et disposant parfois de passeports bosniaques.Si les autorités se gardent en général de divulguer les motifs de leur arrestation, suivie parfois d'une extradition, les informations de différentes sources indiquent qu'on les accuse de menées terroristes et qu'ils sont arrêtés à la demande des États-Unis qui ont fourni à la police de Sarajevo des listes de suspects.Car la Bosnie-Herzégovine a gardé sur son sol des hôtes indésirables sur lesquels les terroristes peuvent compter.Baptisés « moujahidines », plusieurs milliers de combattants étaient venus de nombreux pays musulmans, Iran, Égypte, Algérie, pour prêter mainforte pendant la guerre de Bosnie (1992-95) à leurs coreligionnaires de l'armée bosniaque contre les forces serbes.Mêlés à eux, certains des combattants étaient venus avec l'intention de gagner les musulmans bosniaques, la plus importante communauté du pays, à la cause d'un islamisme radical.Pourtant habitués à une forte présence de la communauté internationale et aux innombrables véhicules militaires kakis de la Force de stabilisation de l'OTAN (SFOR), qui patrouillent dans les rues de Sarajevo, les habitants s'irritent parfois de ces mesures de sécurité renforcées.Pour Amar, ingénieur de 36 ans, elles « encouragent l'hystérie antimusulmane ».« Tout le monde va nous considérer comme des terroristes, déplore-t-il.Les Américains en font trop.Il n'était pas nécessaire de fermer l'ambassade », estime Lejla, un mannequin de 27 ans.Selon la mission de l'ONU à Sarajevo, qui n'a pas jugé nécessaire de fermer ses portes, des graffitis et des affiches en faveur de ben Laden, l'ennemi public numéro un des États-Unis, ont fait leur apparition à Sarajevo et à Tuzla.Très vite retirées, des affiches placardées dans une école secondaire de la ville au début du mois proclamaient : « Nous voulons une troisième et une quatrième guerre mondiale pour l'islam.Vive Laden.AMASSEZ RAPIDEMENT DES POINTS EN UTILISANT VOTRE CARTE LA BAIE, HBC OU ZELLERS.OBTENEZ 25 POINTS ADDITIONNELS POUR PRESQUE CHAQUE DOLLAR DÉPENSÉ.TRANSFORMEZ VOS ACHATS DE TOUS LES JOURS EN RÉCOMPENSES.Amassez des points dans tous les magasins de la Compagnie de la Baie d'Hudson : la Baie, Zellers, Déco Découverte ou hbc.com J'aime, j'achète! prime Christian Dior BEAUTÉ à la baie Nouveau! 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