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Mainmise
Réponse québécoise à l'underground californien qui exerçait alors un puissant magnétisme culturel sur la jeunesse rebelle du monde entier, Mainmise a été le principal et le plus durable des porte-étendards de la culture hippie au Québec. [...]

Mainmise est une revue bimestrielle, puis mensuelle, publiée à Montréal de 1970 à 1978. Parmi les principaux porte-étendards québécois de la culture hippie d'influence américaine, la revue offre une incursion dans le mode de vie et les aspirations de la jeunesse séduite par le rock, la poésie et les plaisirs sensuels et psychédéliques véhiculés par la contre-culture des années 1960 et 1970.

La première équipe est constituée de Jean Basile Bezroudnoff, journaliste culturel au Devoir et hippie notoire, Georges Khal, animateur radio à CKGM, Kenneth Chalk, professeur à l'université Sir George Williams, Linda Gaboriau, animatrice radio à CKGM, Christian Allègre et Denis Vanier. Se joindront à eux, au cours des années, Michel Bélair, Liliane Lemaître-Auger, Rolland Vallée, Guy Latulipe, Daniel Vincent, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Michel Bogos, Paul Chamberland, Raôul Duguay et Claude Péloquin.

Comme membre associé de l'Underground Press Syndicate, Mainmise a, pour une modique contribution annuelle, accès à une banque de textes et d'images produite par un réseau de publications contre-culturelles principalement américaines. Plusieurs des textes sont traduits en français; c'est le cas surtout d'articles thématiques et spécialisés. Les éditoriaux, chroniques et textes de création sont en grande partie des créations originales.

Le mouvement de la contre-culture auquel s'alimente Mainmise est diffusé à partir des États-Unis, et est relayé ailleurs dans le monde, particulièrement en Europe. Il s'attaque aux institutions établies qui, selon ses adeptes, transmettent la tradition et le conformisme : école, famille, Église et système politique. La subversion sociale prendrait les chemins épars de la transformation de la conscience individuelle, de la spiritualité et des religions orientales, du rejet de la recherche d'intérêts pécuniaires, ainsi que de la lutte au contrôle de l'information, le tout facilité par une expérimentation de plaisirs sensoriels artificiels.

La drogue, la libération sexuelle, le féminisme, l'écologie, l'école alternative, la musique rock, le syndicalisme et l'autogestion sont les principaux sujets qui alimentent les pages de Mainmise, alors que l'utopie et la pensée magique en colorent l'approche.

D'abord présentée en format poche, la revue adopte en 1973 la forme du magazine, puis celle du tabloïd à partir de l'automne 1975. Ces changements entraînés par des considérations financières et de mise en marché, ainsi que des tentatives de distribution sur le marché européen, ne permettront pas à Mainmise de surmonter ses difficultés budgétaires récurrentes, mais la revue survit tout de même jusqu'en 1978. Cette même année, la revue Le Temps fou viendra combler le vide laissé par la défunte Mainmise.

Après avoir oscillé autour de 8000 exemplaires pendant les premières années de vie de la revue, le tirage de Mainmise aurait atteint son apogée à l'automne 1973 avec 23 000 ou 26 000 exemplaires.

MOORE, Marie-France, « Mainmise, version québécoise de la contre-culture », Recherches sociographiques, vol. 14, no

WARREN, Jean Philippe, « Fondation et production de la revue Mainmise (1970-1978) », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no

Éditeur :
  • Montréal :Payette et Payette,1970-1978
Contenu spécifique :
juin - juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Mainmise, 1972, Collections de BAnQ.

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Courrier de deuxième classe Enregistrement numéro 2511 Port de retour garanti par MAINMISE 1589, rue Saint-Denis Montréal 129 Dépôt légal, 4ième trimestre 1971 2 DOUG PRINGLE, annonceur-vedette de CHOM, a fait récemment un voyage aux Indes en compagnie de Joseph Stirling.Il publie dans ce numéro de MAINMISE la première relation de ce qu'il a vu et senti, de Delhi aux Himalayas.page 64 to a s Par dessus le marché, on vous donne quelques recettes d'urgence en cas de freak out.dont la première: en cas de freak-out chez un autre, ne freakez pas vous-même. 3 Bien sûr, vous ne pourrez pas préparer de l'acide de synthèse dans votre salle de bain-mais, en tant qu'outil de survie, il est toujours intéressant d'avoir quelque part dans son armoire la patente du LSO-25.On vous l'offre avec les compliments de l'ANARCHIST COOKBOOK.page 120 COOH I page 104 On a pris l'habitude de vivre après 40 décibels.au-dessus de cette marque miracle, on est dans le monde du BRUIT AMBIANT qui est un petit monde à redécouvrir (si le bruit des automobiles vous le permet). a été composé et monté dans les ateliers de MAINMISE par le personnel suivant: Jean BASILE—BEZROUDNOFF, Michel BOGOS, Gérard LAMBERT, Rolland VALLEE, Guy LATULIPPE, Daniel VINCENT, Hélène RIVEST, Raymond LAVALLEE, ainsi que par de nombreux amis présents ou lointains.IviAINMISE est membre du syndicat de la presse underground PAS DE COPYRIGHT MAINMISE 1589, rue St-Denis Montréal Tel: 843-4792 DISTRIBUTION 1589, rue St-Denis Montréal Tel: 849-6870 8 I'humum quebec el! 10 4 Nous les freaks ordinaires Pourquoi n'êtes-vous pas plus radicaux?Pourquoi ne parlez-vous pas de politique?Pourquoi vous obstinez-vous à parler de la drogue?En un mot, pourquoi n'êtes-vous pas plus sérieux?On entend ça souvent à MAINMISE! Et, quand on veut bien écrire sur nous, c'est généralement ce que l'on dit.Pourtant, on n'envisage pas de changer notre formule.Ce n'est pas parce que l'on ne parle pas de politique que l'on n'a pas d'idée politique.Seulement à MAINMISE, on croit que la chicane d'intellectuels autour d'une idée, aussi bonne soit-elle, c'est perdre son temps, c'est parler pour parler.Parler sans qu'il y ait d'action au bout, on trouve ça toquant.Pour nous, le phénomène de la dope est intéressant parce qu'il a suscité une culture.C'est NOTRE culture et nous en parlons comme nous l'entendons, pour ceux qui nous entendent.Les autres peuvent toujours s'abonner à dix autres journaux qui leur parleront de politique, de grèves, de choses par a ft-il sérieuses.Ce qu'on trouve, sérieux, nous, c'est le projet CONCORDIA qui va débuter et qui est un non-sens.C'est aussi les ennuis des Dévots d'Haré Krishna avec la police et, plus particulièrement, c'est la façon éhontée dont se conduisent les policiers avec ces gens qui sont certainement des purs parmi les purs.Nous sommes parfaitement conscients qu'il faut une organisation partout.mais certainement pas une organisation démocratique dans le sens que l'on donne à la Démocratie aujourd'hui: 50 pour cent plus 1.Nous sommes aussi parfaitement conscients que, faute d'avoir pu les supprimer à temps, tout le monde est bien tolérant avec les cheveux longs et comme les entreprises aux Etats-Unis ont leurs noirs, nos entreprises ici ont leurs cheveux longs.Même nos braves Gouvernements qui se paient maintenant des commis voyageurs en cheveux longs.Pour être bref, ce que nous voulons à MAINMISE, c'est que les gens puissent vivre leurs fantaisies (mais oui, leur FANTAISIE) jusqu'au bout.Ce que nous voulons, c'est qu'il n'y ait plus jamais d'hommes politiques mais des administrateurs ouverts et conscients.Ce que nous »•••••••••< voulons, c'est que l'on bâtisse la Société sur des idéaux culturels et sociaux et non pas sur une répartition du pouvoir qui, finalement, n'est qu'une répartition de l'argent.Ce que nous voulons, c'est que les Québécois apprennent à ne pas se tuer entre eux.Ce que nous voulons, c'est que les intellectuels, les sociologues, les diplômés d'ici ou de là se servent de leur tête, non pas pour parler de ce que font les autres mais pour faire pleinement ce qu'ils croient bon de faire.Ce que nous voulons, bien au delà de la légalisation du pot, c'est que des groupes se forment pour définir une Société où la technologie et l'extase aillent de pair et ça se peut.Nous croyons que CREER dans l'extase, avec la technologie, est la seule chance du Québec de demain.Il ne faut quand même pas nous prendre pour des imbéciles illuminés.Nous savons parfaitement que le monde n'est pas fait de dope et de sexe.Nous pensons cependant que, si nous arrivons à intégrer dans notre démarche humaine et la dope et le cul, nous aurons acquis quelque chose de nouveau après quelques siècles d'oppression individuelle.Et quelque chose qui sera fort 11 different de ce que les gens croient aujourd'hui.Alors, on continue.MAINMISE ROLLING STONES Comme on pouvait s'en douter, les tickets se sont vite vendus pour le concert des STONES au Forum de Montréal.Ce qui était plus délicat, c'est la façon dont les billets se vendraient.Eh! bien tout a très bien marché.Les freaks se sont réunis la veille tout autour du Forum.Et chacun amenant sa survie: qui un sac de couchage, qui une simple couverte, des 12 radios, des caisses de bière et, bien entendu, de la bonne dope.Que ce soit dans le carré Cabot, ou autour du stade, les vibrations étaient très bonnes et les gens étaient heureux.Ca faisait quand même plaisir de voir rassembler tous ces freaks jeunes ou vieux qui célébraient, d'une façon imprévue, en attendant que s'ouvrent les guichets pour le plus grand concert qui ait eu lieu à Montréal, depuis celui mémorable des Beatles.Il y avait des visages connus •t inconnus.Chacun venait c -2 s 3 -s e S o -c !» 3 SE •' - .k |7 $f / -1 A w> * Ht £ /AL ,» ï / Hfv~—¦**— f ?que Nixon a qualifié de Molière de la?t ' ! j f î f ' Côte Ouest: CRjj^g Désirée Kaminsky en vedette "* des recettes, des conseils (bons), des statistiques, des dessins, LA DOPE réunit en 250 pages les meilleurs ^articles publiés dans MAINMISE.EFFICHCITÉ UTILITÉ RENTABILITÉ (un vrai miracle.) UTILISEZ LE PAPE (John and Yoko)| a paraître le 10 juillet 160 161 162 163 164 165 166 167 171 And now, ladies and gentlemen, the biggest rock»n roll band in the world! La venue des Rolling Stones sera certainement un des événements marquant dans la saison rock n' roll montréalaise.Daniel Vincent trace ici un portrait de ceux qui, avec les Beatles, ont révolutionné le monde de la chanson et peut être même le monde tout court. 172 Qu'est-ce que le monde?Ce fut, un jour, une bande dessinée joyeuse; du moins, on nous le dit.Aujourd'hui, n'est-il pas plutôt une réalité (par ces guerres qui VRAIMENT n'en finissent pas), ou encore des journées accablantes (par les épreuves que subissent les Justes).La compassion ressemble à un vieux chapeau démodé.Quant à l'espoir.sur quelle route est-il: l'héroïne Katmandou, les extra-terrestres, la politique.Commerce, traffic, lutte de libération du Tiers-monde, prolétariat-de-tous-les-pays-unissons-nous, violence, Altamont.Un quart de siècle nous sépare de Hiroshima, dix ans de Budapest, trente ans depuis la première fumée sale sortant des hauts fourneaux de Auschwitz.Let it bleed! Que le sang coule.Les Rolling Stones reflètent notre monde.Mick Jagger dans ses écharpes mauves est le rayon de mort qui éclaire Sodome et Gomorrhe.Ils sont la voix de notre crève-coeur quotidien.Les voulez-vous?Ils sont vifs, débraillés, sauvages, oppressive ment intenses, bas, déments, délirants, attirants, mesmerisants, froids, pervers, révolutionnaires, parfaitement indulgents envers eux-mêmes.Leur musique?Elle est âpre, sinueuse, insidieuse, éclatante.Elle est le miroir direct et intense de leur manière de vivre, d'UNE manière de vivre.Elle est simple, tout à fait personnelle, éloignée autant qu'on peut l'être de tout bourbier métaphysique (oua-oua électronique) pour s'appuyer sur ce bon vieux DELTA FUNK.Les Rolling Stones ont, d'ailleurs, toujours excelles dans une musique vigoureuse aux paroles joyeusement lubriques.Ils sont méchamment sol itaires et paranoïaque ment méprisants sur le stage du rock n' roll.Ils sont baroques et flamboyants dans le cosmos qu'ils représentent à eux tous seuls. 174 Pourtant ce n'est ni un rituel, ni une messe, encore une catharsis, comme les WHO.Les Rolling Stones représentent une réalité accélérée et apeurante."It's Just a Shot Away.".Leur monde, ils l'ont construit soigneusement comme un théâtre-cauchemard dans lequel il ferait bon vivre.Les actes en sont étranges, violents, définitifs comme le meurtre de Meredith Hunter à Altamont.Comme la mort de Brian Jones, bel ange qui portait dans les poches sous les yeux, l'essentiel de tous ses vices.De "Satisfaction"à "Sympathy", en passant par "Gimme Shelter", le théâtre des Stones devient lentement la vision de notre Apocalypse (si vous y croyez).Ils cachent corruption et perversité sous la clarté étincelante de leur colère ingénue.L'ère du barbarisme revient et face à ce fatum les Rolling Stones se dressent, immenses et mystérieux comme les statues de l'Ile de Pâques.Jean-Luc Goddard (directeur de UN PLUS UN, autrement appelé "Symphony for the Devil") déclare: "Derrière le théâtre est la vie et derrière la vie est le théâtre.Mon point de départ était l'imaginaire et, partant de là, j'ai découvert une réalité.Mais derrière cette réalité, il y avait encore l'imaginaire." Le théâtre révolutionnaire des Rolling Stones est un jeu de miroir parallèle où se reflètent, à l'infini, réalité et imaginaire.Que le sang coule.Quelle est l'autre réponse.Nulle part.Que le sang coule, ici et là.Partout."Rien n'est vrai, disait le Vieux de la Montagne.tout est permis." LES DEBUTS Quoi qu'on en pense aujourd'hui, ce n'est pas autour de Mick Jagger que se formèrent les premiers ROLLING STONES, mais bien autour de Brian Jones.En effet, dès 1962, ce dernier dirigeait 175 SYMPATHIE POUR LE DIABLE Permettez que je me présente.Je suis riche, j'ai bon goût.Voilà bien longtemps que j'existe.J'ai volé des âmes.J'ai fait trahir des fois.J'étais aux côtés de Jésus Dans ses moments de doute et de peine.C'est moi qui a dit à Pilate de se laver les mains Et de celer ainsi son destin.Enchanté de vous rencontrer! Vous connaissez mon nom, je suppose.Ce que vous n'arrivez pas à comprendre.C'est bien la nature de mes jeux.Je traînais encore du côté de St-Petersbourg, Présent pour le grand changement; J'ai tué ministres et tsar; Anastasia cria en vain.Je conduisis un tank plus tard.J'eus rang de général Quand la guerre-éclair faisait rage Et que les cadavres puaient.Enchanté de vous rencontrer! Vous connaissez mon nom, je suppose.Ce que vous n'arrivez pas à comprendre.C'est la nature de mon jeu.J'ai observé avec allégresse Les batailles que vos rois et reines ont menées Pour sauver des dieux qu'ils ont faits.J'ai crié le premier: "Qui a tué les Kennedy?Je sais bien que c'est moi et vous qui l'avons fait! Enchanté de vous rencontrer! Je suis riche, j'ai bon goût.Je fais des pièges pour troubadours; Ils sont tués avant d'arriver à Bombay.Aussi vrai que le policier est un criminel.Aussi vrai que les pécheurs sont des saints, ai qu'il n'y a pas de différence entre tête et queue.Mon nom, en vérité, est Lucifer; Cela me donne bonne contenance! Soyez courtois, si vous me rencontrez; Montrez-moi quelque sympathie; Que votre politesse vous soit en aide.Sinon je transformerai votre âme en déchet. 176 déjà un groupe qu'admiraient Mick Jagger et Keith Richard.En 1963, Charlie Watts et Bill Wyman les rejoignent.Le groupe est donc complet.Qui a formé les ROLLING STONES?Question difficile à trancher.Brian Jones prétendait que c'était lui.En effet, il avait découvert ces disques, obscurs alors, de Rythmn n' Blues; il les avait importés en Angleterre.Le groupe en avait fait immédiatement son évangile musicale: Muddy Waters, Bo Didley.Bien que peu de temps soit passé, il est difficile de bien comprendre l'impact que firent les ROLLING STONES, dès leurs premières apparitions en 1963, en plein milieu d'une Angleterre encore victorienne.Avec leurs cheveux longs et mal lavés, avec leurs vêtements flétris, avec leur visage poqué de noctambules complètement gelés, ils étaient, en eux-mêmes, une insulte à ceux qui possédaient.En quelques mois, ils devinrent le symbole de la rebellion des jeunes contre les vieux de plus trente ans.Ils chantaient l'indépendance.Ils niaient la maturité.Le groupe représentait exactement ce que les parents redoutaient le plus pour leurs enfants.A cette question, "Laisseriez-vous votre fille épouser un ROLLING STONE", 90 pour cent des gens interrogés répondirent "Non".Dès le début en 1964, bien que bannis des ondes et de l'industrie musicale, ils avaient des millions d'admirateurs et les dollars commencèrent à entrer dans leur caisse.D'ailleurs, le bum Mick Jagger n'avait-il pas fait trois ans à la London School of Economies (comme Trudeau).Keith Richard venait de Tottenham qui est un peu le St-Henri de Londres.Charlie Watts, le batteur toujours stone, travaillait dans une agence de publicité avant de se joindre au groupe.Le bassiste, Bill Wyman, était (et est encore) le plus vieux; il était déjà marié 177 quand il entra dans le jeune groupe et conserva toujours une certaine distance vis-à-vis des autres.Brian Jones, enfin, était né dans une petite ville de la campagne anglaise; c'était le seul qui avait une formation quelconque.Regard objectif, caché dans l'ombre de la gloire montante, il y avait Andrew Loog Oldham, leur manager.C'est lui qui décida de pousser le côté bum des Rolling Stones.C'est lui encore qui décida de la montée de Mick Jagger après la mort de Brian Jones.LA DOPE Peut-être est-il aisé désormais de se rouler un joint dans son salon serein, de mettre "High Tide and Green Grass".Il n'en était pas de même autrefois et les ROLLING STONES le surent.Célèbres ils étaient et leurs busts le furent non moins.La presse s'en empara voulant détruire et leur image et la drogue.Ce fut le contraire qui arriva car peu importe d'aller en prison pour marijuana alors que tant de gens, dont Mick Jagger et Brian Jones, y allèrent de même.Keith, Mick, Brian furent tour à tour bustes pour possession de marijuana, de benzedrine, de méthédrine et de cocaïne.Aucun d'entre eux ne firent jamais plus de quatre jours de prison (Mick n'en fit aucun).Tous payèrent des amendes élevées.Les Rolling Stones furent parmi les premiers freaks à la conscience qui s'épend Leur musique s'en ressent et il est plus d'une chanson qui nous relatent certains voyages.Pourtant la persécution des narcs de la reine finit par rendre Brian Jones paranoïaque.On ne saura jamais le vrai rôle de la dope dans la vie de Brian Jones.Elle joua certainement un rôle important puisque c'est en droppant des downers que Brian Jones tenta de se suicider, pour la première fois. 178 lors d'une tournée aux Etats-Unis: il s'en sortit avec une semaine d'hôpital Mais dès lors, son importance commença à baisser au sein du groupe.Il baissa ainsi jusqu 'au 2 juillet 1969.LA MORTD'UN ANGE Le 2 juillet 1969, Brian Jones mourait, noyé dans sa piscine, aux petites heures du jour, à Sussey, dans sa maison.Il avait 26 ans.Selon les dires, il était sur l'acide.La plus belle image de Brian Jones est celle que l'on trouve dans le BEST OF.de ROLLING STONES, numéro 2.On les voit couchés par terre branche d'une étoile mais quand même fascinant.Il est revêtu de tous ces habits soyeux, de tous ces joyaux qu'il fut l'un des premiers à porter.Il ressemble encore à un enfant, avec sa coupe de cheveux à la page.Il ne nous reste rien de lui que son souvenir d'ange freaké, possesseur d'automobiles et de femmes, tous ces jouets qu'il n'avait pas pu posséder lors de sa première jeunesse.Les femmes.Brian Jones en eut partout.Il dit un jour qu'il en avait eues 64 différentes en un mois.Peut-être exagerait-il.Du moins, était-il celui que l'on photographiait (à la grande colère de Mick).Du moins, était-il celui qu'assiègaient les groupies de tous sexes.Sa grande peur, il l'avait exprimée plusieurs fois avant de mourir."Si j'avais lâché le groupe, avait-il dit, je ne serais plus qu'un ex-ROLLING STONES".Il se voulait vieillir et croyait qu'on l'aimait beaucoup pour son visage d'enfant que pour son talent.Il est vrai qu'à cause de sa paranoia, il n'était plus, vers la fin, qu'une sorte d'ornement dans la musique des Rolling Stones. 179 MA SOEUR MORPHINE Yeah, dans mon coeur, cher petit enfant.Quand donc te reverrais-je, soeur Morphine?Je ne pense pas que je pourrais t'attendre si longtemps* Ne vois-tu pas que d'autres sombrent?Les cris de l'ambulance Résonnent à mes oreilles.Dis-moi donc, soeur Morphine, Depuis combien de temps suis-je étendu ici?Qu'est-ce que je fais ici?Pourquoi le docteur n'a-t-il pas de visage?Je ne puis même plus ramper sur le plancher.Ne peux-tu voir, soeur Morphine, Que j'essaie seulement de marquer un point ou deux?S'il te plaît, soeur Morphine, Change en rêves mes cauchemards.Ne peux-tu voir ce qui s'est passé?Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent.Cette piqûre sera la dernière.Cher cousin Cocaine, Joue tout dou-doucement dans ma tête.Allons, soeur Morphine, Arrange-toi pour me rejoindre au lit.Car tu sais et je sais Que je serai mort au petit matin.Yeah, tu peux bien t'asseoir tout à côté de moi.Tu peux bien me dévisager.Tous ces verts coutils sauvages qui se frippent.Mais. 190 II devient, en effet, ex-ROLLING STONES quand il quitta le groupe.On chuchota sur une évidente mésentente entre lui et Mick Jagger.Qui saura jamais.Quand Brian Jones fut mort, les ROLLING STONES engagèrent Mick Taylor, comme guitariste avec lequel ils donnèrent un concert gratuit à Hyde Park de Londres en mémoire du premier.Devant une foule complètement gelée, Mick Jagger lut un poème de Shelley.Puis on lâcha des milliers de papillons blancs qui s'envolèrent rejoindre l'âme de celui qui reste, avec Joplin, Hendrix, Duane Allman, un des satellites musicaux que notre âme collective épanouie envoie dans les ethers.Puis les ROLLING STONES publièrent, toujours en hommage à Brian Jones, un disque de musique marocaine intitulé "Joukouka".Les photographes désormais tournèrent leurs objectifs vers Mick Jagger dont le magnétisme indubitable sembla attendre la disparition de Brian Jones pour se répandre tout à son aise.MICK JAGGER Mick Jagger fait partie de ces personnages antithétiques qui parsèment la longue route du rock n' roll.Sex image, on ne sait en effet, à quel sexe il s'adresse.Il partage, avec Joplin et Hendrix, le privilège de n'être plus rjen ou d'être tout.Ce qu'il confirma d'ailleurs en épousant une héritière, Bianca Perez Morena, lors d'une cérémonie parfaitement ennuyeuse où l'on consomma quelques milliers de dollars de caviar.Mick Jagger s'inscrirait facilement au nombre de faits surréalistes.En moins de 30 minutes, il peut transformer une foule passive en rassemblement hystérique.Son image n 'est déjà plus son image.Il est devenu l'image de son image de son image, par une suite de transformation que ne peuvent ft1 UNE FILLE DE MANUFACTURE J'attends une fille qui a des bigoudis dans les cheveux J'attends une fille qui n'a pas d'argent du tout Nous prendrons des autobus de partout J'attends une fille qui travaille dans une manufacture J'attends une fille qui a les genoux beaucoup trop gros J'attends une fille qui porte des foulards à la place de chapeaux Sa fermeture-éclair est brisée dans son dos J'attends une fille qui travaille dans une manufacture J'attends une fille qui m'incite à me battre J'attends une fille et nous nous soûlerons ensemble les vendredis soirs Mes yeux endoloris la voient comme un délice J'attends une fille qui travaille dans une manufacture J'attends une fille qui porte une robe pleine de taches J'attends une fille et je me mouille les pieds Elle n'est toujours pas arrivée J'attends une fille qui travaille dans une manufacture 182 accomplir que les grands, Maurice Richard à Marilyn Monroe.C'est le maître incontesté du hard rock qui dit tout.C'est le provocateur sensoriel d'un univers cochon et mystique.Aux temps anciens, parions qu'une Bethsabée, eut déjà demandé sa tête.Pour lui, il se contente de revivre aux yeux de tous ce qui pourrait bien être sa liturgie personnelle: Altamont où 300,000 jeunes américains qui lui ressemblent sont littéralement enculés par des Hell Angels en rut rouge, que Mick Jagger avait retenus 183 pour sa police individuelle en les payant de quelques $500 de bière criminelle.Le Flower Power se termina, historiquement, durant le long été 1969, en cet instant post-mortel où Mick Jagger, témoin du meurtre, lança sur la foule, pour finir son concert, des pétale» de fleurs.Let it bleed! Que le sang coule! qu'importe si la musique, comme elle le fut le soir d'Altamont, est bonne. 186 OLLING STONE Il se peut que la question essentielle à se poser, face au dernier double-disque des ROLLING STONES "Exile On Main St.", soit celle de l'adjonction de cuivre à la formation traditionnelle du groupe.Car la présence au piano de Hopkins n'a rien de surprenant, les ROLLING STONES ayant toujours bien aimé le piano.Car l'ensemble des chansons, l'ambiance, les rythmes, tout cela et le reste sont exactement dans la lignée que l'on attendait.Tout, sauf les cuivres qui donnent un côté rythm n' blues, parfois agréable, parfois déraisonnable, parfois tout simplement agaçant, encore que leur emploi a été malgré tout fait discrètement.C'est ainsi qu'une excellente chanson comme "Let it Loose" (face 3) perd de son impact à cause des cuivres et d'un choeur souvent abusifs.Il faut dire quand même que certaines chansons gagnent en intensités sombres, voire tragiques, avec l'adjonction de ces mêmes cuivres; citons la première chanson de l'album "Rocks Off", solidement assise sur la respiration lourde et oppressante de la section à vent.Cette remarque préalable faite, il est incontestable que les ROLLING STONES font montre d'une maîtrise totale de leurs possibilités à travers tout le disque.On peut dire qu'il n'y a pas UNE chanson qui ne soit intéressante, sur un plan ou sur un autre.Il y a les chansons "commerciales" où l'on retrouve le beat et les intonations qui ont rendu le groupe célèbre; "Casino Boogie" est de celles-là, "Happy" aussi; ce sont des chansons moins mélodiques que musicales, avec ce rien de mélancolie bien typique. 187 XILEON MAINS Il y a aussi beaucoup de recherches musicales, si l'on peut appeler "recherches" tout ce qui est déjà réussi.Ainsi "Shake Your Hips" malgré le titre un peu agressif, est de beaucoup la chanson plus ésotérique dans le cool de l'album; dans le même style mental, mais avec une tentative de redonner au calypso un côté rock n' roll, citons évidemment "Sweet Black Angel", le chef d'oeuvre du disque peut-être pour l'équilibre du beat, le fondu des couleurs et le rendu impeccable de l'exécution.C'est, bien sûr, une vieille bataille.Sur quel plan les ROLLING STONES sont-ils les plus impressionnants?Dans la recherche, commencée disons avec "She Is a Rainbow", ou dans le retour au primitif?Ce disque ne départagera certainement pas les exégètes parce que l'on y trouve un peu de tout et que l'on ne peut pas se décider entre les deux.Ainsi, dans le primitif, il faudrait citer une chanson comme "Turd On Run", sorte de rock n' roll très élémentaire, très sec et très rapide mais cependant complètement farci d'étincelles encore plus élémentaires, encore sèches et plus rapides que le corps principal de l'oeuvre.Cette chanson est d'ailleurs suivie par deux des pièces les plus mystérieuses de l'album.Premièrement "Ventilator Blues", d'apparence inutile et complètement foquée, malgré une solide et rassurante construction verticale de Hopkins au piano.Deuxièmement, "Just Wanna See His Face", objet aussi étrange, aussi maléfique qu'un chapeau au plein milieu d'une forêt vierge.La synthèse de ces deux styles pourrait se trouver dans une chanson comme 188 "Exile on Main St." est d'évidence une réussite majeure dans la discographie des ROLLING STONES.C'est aussi, par certains aspects une oeuvre de transition qui devrait déboucher sur un seul disque absolument époustouf fiant, un peu comme le double album blanc des BEATLES a débouché autrefois sur "Abbey Road".On ne peut d'ailleurs demander dix-huit chefs d'oeuvre pour dix-huit chansons.Bien que le monde des ROLLING STONES se ressemble encore dans cette parution, je crois que l'on peut y découvrir aussi une certaine montée vers la spiritualité, beaucoup moins dans les paroles que dans la musique.En effet, si le son primordial est AUM, il est évident que l'on arrive à vibrer complètement à certains moments à l'écoute de ce disque et c'est une vibration grave mais jamais brutale, lente mais jamais relâchée, un peu comme si nous étions enfermés dans la corde la plus grave d'une guitare basse."Torn and Frayed".Cette chanson est tellement dans le style des ROLLING STONES qu'on se surprend à sourire en se disant qu'ils ne pourront jamais se passer de faire leur petit numéro de chesterfield dans un salon pauvre de la banlieue.Instru mentalement, les deux disques sont parfaits.Ceux qui croient que Mick Jagger prend TOUJOURS la vedette se trompent.Ce double disque est avant tout un travail d'ensemble d'une perfection à faire frémir.M.Taylor est tout à fait surprenant sur sa guitare et Keith Richard est un virtuose de l'assise harmonique et rythmique.J'ai déjà dit ce que je pensais des cuivres.Quant à Nicky Hopkins, sa participation est, comme on pouvait s'y attendre, parfaite.quoiqu'un peu mineure, il me semble.Il y a beaucoup de chansons, "Loving Cup" par exemple, où son travail est un délice.Mais on se rend compte aussi à quel point Nicky Hopkins a voulu INTEGRER son piano à l'ensemble et non pas faire un petit numéro individuel. ET MAINTENANT LES DISQUES LONDON PRESENTENT JOE TEX Incontestablement un des plus grands solistes noir de RYTHM & BLUES.CATHERINE RIBIERO ALPES Un nouveau groupe de France avec de la poésie libre sur une musique ben stone. 190 192 On aime ou on n'aime pas les frères Winter.Si vous ne les aimez pas, passez directement devant de double long jeu.Si vous les aimez, vous aurez donc plaisir à retrouver dans votre discothèque non seulement Edgar Winter et White Trash (qui signe officiellement ce disque LIVE), mais également Edgar Winter qui chante un de ses incroyables rock n' roll de JOHNY WINTER AND., ainsi que le guitariste qui avait été la révélation de ce dernier disque: Rock Derringer, maintenant en représentation avec Edgar.On ne parle pas vraiment d'un disque live, à moins qu'il ne soit exceptionnel.Et celui-là ne l'est pas.Le son est excellent, sans plus.Quant au jams, propre au genre, elles valent ce qu'elles valent.Pourtant, il sen dégage une incroyable énergie, un peu vulgaire, un peu maléfique.Au fond, c est ce qu'on demande.Le double album est bien équilibré.On y trouve, évidemment, beaucoup de White Trash, caractérisé par les cuivres; une face complete est consacrée à Derringer, moins une chanson, qui est "Rock n' Roll Hoochie-koo", interprétée par Johny.La face trois et la face quatre sont entièrement occupées par des jams, la première sur ''Tobacco Road" et la seconde sur "Cool Fool".• Autre disque LIVE, celui de MOUNTAIN qui met en vedette Leslie West et Félix Pappalardi.Une face est consacrée à des chansons courtes dont une magistrale interprétation de "Crossroader".L'autre est entièrement dédiée à "Nantucket Sleighride".Là encore, il ne s'agit pas d'un disque LIVE exceptionnel.Son grand intérêt réside dans le fait que MOUNTAIN vient de se séparer.On sait que Pappalardi revient à la composition et à la production où il est un maître.Quant à West, il joindra Jack Bruce avec Corky Laing pour former un nouveau groupe qui s'appellera tout simplement WBfcL.||E|(Ô1|E]1|(Ô|©^ Trois disques live Bloodrock Mountain Winter 193 lilted©©©©!!© Ce disque intitulé "The Road Goes Ever On" est donc un document que l'on aura plaisir à réentendre si l'on aime le rock n' roll heavy, quasiment nocif et envoûtant comme un encens, de MOUNTAIN.BLOOD ROCK publie aussi un LIVE.Ce groupe avait été meilleur la première fois qu'on l'avait vu à Montréal avec GRAND FUNK, que la seconde, avec CHILLIWACK.A part quelques exceptions, il n'est à peu près pas possible de capter sur disque le "son" d'un groupe comme BLOOD ROCK.a moins de mettre son ampli si fort que l'on en vient à trembler pour ses haut-parleurs.Il y en a qui le feront.Bonne chance.l^(SlPIIçil^ISlS|o||&ISISIIç|(D|(E]|ç||âllô|(olSISIS 194 John Martyn "Bless the Weather" Island - SW 9311 "The Road to Ruin" Island - HPS 9133 Jim Messina "Sittin' In" Il est a peu près sûr que vous n'avez jamais entendu parler de John Martyn.Moi non plus.Encore moins de sa femme.Moi non plus.Pourtant ce jeune garçon remporte un joli succès et je me crois obligée de vous le signaler.Il s'agit de rock country très léger qui jouxte parfois le folklore.Le son est ténu.Dans ses meilleurs moments, il atteind une intériorité certaine mais sans jamais dépasser les limites du bon gout.Le brave garçon a également enregistré un disque avec sa femme qui s'appelle Beverley.Chacun y chante en alternance avec l'autre.Même qualité que le précédent.JOHN MARTYN - "Bless the Weather" - Island SW 9311.JOHN AND BEVERLEY MARTYN - "The Road to Ruin" - Island ILPS 9133.Columbia C 31044 Même si vous n'êtes pas des amateurs de country-rock acharnés, vous devez plus ou moins connaître Jim Messina qui a été le compère de Neil Young au temps du BUFFALO SPRINGFIELD.De conserve avec Lenny Loggins, ce duo publie un second disque qui s'appelle "Sittin' In".C'est beaucoup dire qu'il s'agit d'un disque de country-rock, en ce que les deux chanteurs font preuve, ici, d'une surprenante diversité.Il y a quand même une prédominence de ce style, mais avec des incursions dans le rock rapide, le country véritable, et même quelques mesures de calypso.Un tel album reste pour nous un peu hermétique en ce qu'il n'atteint pas l'universalité de Neil Young par exemple, ni même au plaisir de vivre qui explosait dans les disques de Poco, où travaillait également Messina. 195 Voilà c'est CAPITOL qui distribue la compagnie ISLAND et ISLAND c'est une grande famille pour faire connaissance, écoutez.Capitol NICK DRAKE La lune rose est sur sa voix, personne d'entre vous ne se tiendra plus grand quelle, la lune rose vous attrapera tous et c'est une lune rose.CLAIRE HAMILL Le calme après minuit.LUTHER GROSVENOR Un disque que l'on écoute au petit déjeuner, à midi, au souper et même la nuit dans son lit.Dans la famille ISLAND aussi JIM CAPALDI - Oh How We Danced SW 9314 TRAFFIC - Low Spark of High Heeled BoysSW306 MIKE HARRISON - Mike Harrison SMAS 9313 JOHN MARTYN — Bless the Weather SW 9311 THE SUTHERLAND BROTHERS BAND SW 9315 196 Trois chanteurs Peter Frampton AM - AMLS 68099 Tom Fogerty Fantasy - 9407 Mike Harrison Island ILPS9170y Ce mois-ci nous apporte le »* résultat de trois désertions: Mike Harrison qui a quitté SPOOKY TOOTH, Tom Forgety qui a fait de même avec CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL et Peter Frampton qui a quitté HUMBLE PIE.Tous trois publient, ce mois-ci, le premier album solo.PETER FRAMPTON -"Wind of Change" - AM AMLS 68099: je me demande ce qui est, de prime abord, séduisant dans le disque de Peter Frampton.Est-ce la voix?Elle est excellente, c'est sûr; mais elle n'est quand même pas exceptionnelle au point de nous boulverser.Sont-ce les tunes?Pour bonnes qu'elles soient, elles n'ont rien de particulièrement réussies.Est-ce la production?Sans doute pour une grande partie car elle est souvent hors paire; mais pas exclusivement car il y a beaucoup de disques bien produits.Pourtant, ça ne trompe pas.Par précaution, on varie le trip pour être bien certain de son coup: colombien, ça marche; jamaïcain, ça marche encore; marocain (superbe, avec un arrière arôme de géranium) et ça marche toujours.Alors, on peut dire que ce disque-là est l'un des meilleurs du mois à cause d'un ensemble de qualités qu'il est assez rare de trouver réunies sur un même album.Le style de Peter Frampton est tout à fait anglais et ne 197 John Mayall nous présente un nouveau "Turning Point", avec des musiciens fantastiques: Blue Mitchell à la trompette, Clifford Solomon au sax, Larry Taylor à la basse, Ron Selico aux percussions et Freddy Robinson à la guitare.Mayall dirige le groupe à l'harmonica, à la guitare et au piano.Découvrez la dernière étape dans la recherche musicale de ce grand musicien: la fusion du jazz et du blues, enregistrée "live".\ )( )lycl( )i STEREO 2391 032 198 sur deux des pièces, "The Lodger" notamment.Il y donne une leçon de style époustouf lan te avec sa baguette solide et précise, son coup de pied subtile et opportun.Ringo, le drummer qui n'a JAMAIS fait de bruit.laisse pas de ressembler à celui de Windwood, en plus rugueux cependant.Le chanteur est entouré d'un orchestre solide qui est toujours employé à bon escient.Outre la section rythmique habituelle, on nous offre ici des cordes, là des cuivres.C'est d'une richesse un peu baroque mais jamais vulgaire, que ce soit dans des pieces brillantes, aux rythmes rapides, comme "The Lodger' qui est sans doute la meilleure de l'album, ou des pièces plus intimes comme "Hard", ou "Oh for Another Day".Le son est toujours rond, parfaitement contrôlé et l'on peut passer un bon moment sans rush en écoutant ce disque-là.Il y a aussi une surprise: Ringo Starr est à la batterie MIKE HARRISON - Island ILPS 9170: le style de Mike Harrison est, évidemment, beaucoup plus riide que celui de Peter Frampton, et c'est là peut-être que réside la grande différence entre les deux.Par voie de fait, l'atmosphère du disque de Harrison est moins raffinée, moins sophistiquée.Le chanteur et son orchestre font tout, sauf un trombone et un grand choeur mixte lesquels font une timide apparition; il ne faut quand même pas trop en demander.Mais c'est quand même du blues et l'on retrouve, comme dans l'ancien SPOOKY TOOTH, l'excellent phrasé et le beau timbre de Mike Harrison, sans que l'on puisse déceler de différences notables entre son premier trip et celui-là.Le matériel cependant reste un peu faible et on ne trouve de chansons vraiment intéressantes.D'ailleurs Harrison n'a jamais été un auteur-compositeur mais un interprète. 200 La plupart du disque a été écrit par Harrison et par son nouvel orchestre qui s appelle JUNKYARD ANGEL (! ).C'est du hard blues nettement contrôlé par Ian Hébert, lequel rajoute à l'objet la touche de magique en jouant de la guitare acoustique et électrique, du piano, de l'orgue et du vibraphone.C'est dans une évidente sincérité que l'on retrouvera, finalement, les plus belles qualités de ce disque sans compromis et sans prétention.On appréciera certainement beaucoup "Call it a Day" et "Hard Headed Woman" (de Cat Stevens) qui sont les deux pièces les plus développées de ce disque un peu court de souffle mais sympathique.TOM FORGETY - Fantasy 9407: aucune comparaison possible entre le Mues anglais et ce qui se fait en ce moment à San Fransisco.Alors oubliez complètement les deux albums dont je viens de parler, si vous voulez apprécier le troisième.Car il s a g i t d'un disque parfaitement simple, parfaitement dégagé, aussi rock n' roll qu'on peut l'être sur la côte ouest, avec une teinte de folklore et de western.Dans une chanson, Tom Forgety explique pourquoi il ne veut pas être un rock n' roll star.Et il ne le sera certainement pas avec ce disque dans la mesure où être un star signifie déplacer 20,000 jeunes hystériques à la fois.Si l'on accepte une certaine limitation dans le trip, alors on aimera beaucoup une chanson comme "Train to Nowhere" qui est une sorte de chanson anti-héroine, et même tout ce disque, surtout la seconde face.Quant au monde de Tom Forgety, il reste celui qu'était le monde de CREEDENCE CLEARWATER: légèrement revendicateur, joyeusement justicier.Ce serait même un monde un peu terne si, au détour, on ne se demandait pas si Tom Forgety était vrai naif ou maudit farceur.Le tout sur un rythme enjoué, ce rythme qui animait les danses villageoises de Brueghel. 201 DE VRAIS CHEVAUX DE GUERRE Des nouveautés chez GALAXY ELTON JOHN - Honky Château PALADIN - Charge IF - Album no 4 BRIAN AUGER - Second Wind GENTLE GIANT - no 3 ARGENT - All Together Now PINK FLOYD - Obscure by Clouds 486 ouest, rue Ste-Catherine 866-5978 1437, rue Mackay pour commandes postales. 202 Tracks "Heads Hands & Feet" Là, vous êtes mieux de vous accrocher après votre plan avant que l'ouragan ne vous emporte.Après le triomphe de AMERICA ("A Horse With no Name"), ça va nous débouler dessus à la cadence de.Capitol - ST - 11051 compétent qui joue et chante des tunes faciles avec enthousiasme.D'ailleurs, c'est un groupe gai; regardez la pochette, ils sourient tous SAUF un ou sauf UN: le drummer; mais qui a déjà vu un drummer sourire?En voila un! Bravo! Il est presque le premier.C'est HEADS HANDS AND FEET par TRACKS, ou le contraire (mystère et nom de groupes).Quatre garçons qui flottent à l'aise, en leur verte Albion, entre le blues et ces inimitable country-blues-soul-rock n' roll-bougie-woogie (depuis T-Rex) mis à la mode par Crosby, Stills, Nash and Young.Le groupe présente l'intérêt d'avoir un personnel Alors ne faisons pas la fine oreille devant de bonnes chansons comme "Roadshow" ou "Rhyme and Time" de Albert Lee qui semble être, tant comme chanteur que comme compositeur, le plus intéressant de la gang.Rien de transcendant.Malgré l'expansion du temps bien propre au hallucinogènes, je n'ai pas pris ce disque pour un Oratorio de Haendel ou un opéra ("Nur einmal" -Thomas Man) de Mozart.» 203 0 e e e o e e e e e 1 e 9 e e E> CD CD CD CD CD^j5" Si vous êtes Pour ceux qui n'ont pas le temps de lire, voici une liste résumée des disques que j'ai aimés ce mois: 1) PETER FRAMPTON: malgré une certaine tendance au baroque, un excellent premier disque solo plein de surprises.2) HOOKFOOT / Good Times a' Comin': l'ancien groupe d'Elton John trouve son chemin entre la campagne et la ville.3) JETHRO TULL / Thick as a Brick: c'est un énorme r>uccès de vente et c'est un succès justifié.mais sans risque.4) NEW RIDERS OF THE PURPLE SAGE / Powerglide: toute la côte ouest américaine est contenue dans ce disque surprenant mais frais comme une limette.5) JEFF BECK GROUP: un hard rock dynamique et poilu, très proche de l'ancien groupe de Beck quand il s'appelait BECK OLLA.Et toujours.MARK ALMOND 2: des rush de jazz dans un paysage lunaire.une réussite incontestable du duo.ROBERT CHARLEBOIS pouvez-vous trouver mieux?/ Super Frog: FLEETWOOD MAC / Bare Trees: beau avec une sorte de jubilation piquante et un côté lâché d'oiseaux.I ; a^mcq> cdco cpj 204 'Honky Château' PJM - DJPH 423 Il n'y a que deux cantiques et une dépression nerveuse dans le nouveau disque d'Elton John, "Honky Château".Et comme il veut nous avertir sans tarder de sa bonne humeur, il disque par chanson qui sa commence son "Honky Cat", donne le ton à presque tout l'album: joyeux, plein d'humour (noir) et nerveusement rythmé.sous 1e s sassafras de la Nouvelle-Orléans.Merci.Il a bien fait.Je dois dire que, personnellement, je » I 205 n'attendais plus ce disque où l'on retrouverait un peu de cette qualité qui était le fait de son premier album, qualité qui avait descendu lentement mais sûrement vers le commercialisme le plus éhonté.En fait, la première face est vraiment excellente avec, outre "Honky Cat", une pièce lente, savoureuse ("Mellow") qui se termine sur ce mot "seed".A propos de cette chanson, la présence de Jean-Luc Ponty au violon est bien agréable.surtout quand on a écouté du Byron Berline toute la semaine précédente.Puis, c'est le tout de la dépression nerveuse ("Think I'm Gonna Kill Myself") mais sur un mode très rythmé qui lui enlève finalement tout côté morbide.Enfin, "Susie" où Elton John réemploie sa nouvelle voix, moins geingnarde, laquelle précède la meilleure chanson de l'album, "Rocket Man", à la fin impressionnante.C'est sur la seconde face que l'on trouve les deux cantiques.Le premier devrait être adopté par l'Armée du Salut; les dignes membres en feraient des auditions publiques à la place de souffler dans leurs petites trompettes; les adhésions afflueraient.Pardon, chère Armée du Salut, après Haré Krishna, vous êtes bien les meilleurs.Cette chanson s'appelle naturellement "Salvation"; la suit "Slave", la pire de l'album et du pire Elton John.il en faut bien une.Le disque se termine sur deux notes plaisantes de virtuosité, "Amy" et "Hercules".Elton John (toujours co-auteur de toutes les chansons avec Bernie Taupin) s'est entouré de musiciens solides dont Nigel Olsson qui fait un excellent travail sur ses tambours.J'ai déjà parlé de la présence de Ponty sur deux chansons (la seconde est "Amy").Enfin, dans les moments de freakage général, Elton John n'hésite pas à louer un A.R.P.synthétiseur (?) qui met un peu de vertige là-dedans.On ne guérira jamais Elton John de ses défauts, puisqu'on l'aime pour ses défauts.Alors soyez donc déjà content qu'il les connaisse et les oublie quand il veut bien.Gus Dudgeon, à la production, a dû bien l'aider pour ce faire.La surprise de retrouver un Elton John de bonne qualité passée, il n'y a guère de surprise sur ce disque qui coule de chanson en chanson avec la ferme intention de nous séduire.Ce qu'il fait. 206 i^(^l|[^iliIilil[g[cl[g(clilii[cjo Uriah Heep "Demons, Wizards' Bronze - ILPS 9193 Il y a toujours dans les disques de URIAH HEEP une touche de black magic.Oh! un grain.lequel d'ailleurs est électronique.Ou bien c'est un petit tour dans la chambre à echo, ou bien une petite distorsion, ou bien encore une multiplication des bandes à différents niveaux.etc.Dans le précédent URIAH HEEP la touche de black magic était la participation de MANFRED MANN au Moog.Cette participation n'était que provisoire.Manfred Mann n'apparaît pas sur le présent album; il faut bien le dire, ça cause une petite déception.D'autant plus que le matériel, pour nouveau qu'il soit, n'apporte rien de bien neuf dans le monde de URIAH HEEP.Les chansons ressemblent toutes un peu à celle de "Look at Yourself", y compris la dernière, "The Spell" qui est une sorte de démarcage de "July Morning", la guitare et le piano remplaçant le Moog de Mann.Pourtant, ce nouvel album qui s'intitule "Demon, Wizards", n'atteint pas à la qualité du précédent, sauf dans une chanson, "Circle of Hand" où l'on retrouve l'énergie translucide de URIAH HEEP quand il est bon.Ce n'est pourtant pas le changement de personnel qui est la cause de ce retrait.En effet, les deux principaux meneurs du groupe sont toujours là.Ken Hesley signe à peu près toutes la musique de ce disque avec cinq chansons sur neuf à lui tout seul, plus deux en collaboration.C'est encore David Byron qui assure la plupart des parties vocales.Pour les amateurs, signalons que les remplacés sont: Paul Newton à la basse remplacé par Gary Thain et Iain Clark à la batterie remplacé par Lee Kerslake.Alors qu'est-ce que c'est.ggiiniiaiÈiiËiiôiP^ Un peu comme Pappalardi, Al Kooper est un producteur avant d'être un showman.S o u v e n o n s - n o u s de l'invention de BLOOD, SWEAT AND TEARS.Il publie cependant des disques personnels; son petit dernier s intitule "A Possible Projection of the Futur / Childhood's End".Il s'agit de deux sortes de suites organiques, une par face.Bien qu'Ai Kooper ait un public fidèle et que l'on vante Kooper A Possible Projection _of the Future souvent sa connaissance du blues, je n'aime pas ses interprétations que je trouve forcées, construites.En bref, sans sincérité.Et tel est ce disque qui, par surcroît, souffre de sur-production: une entrée à la MOODY BLUES, des choeurs, des cordes, des voix de fausset.On a toujours un peu honte de ne pas aimer un disque de Al Kooper, lui qui était au clavier de BLONDE ON BLONDE.Bobby Whitlock Bobby Whitlock a été responsable, avec Clapton, du double album "Derek and the Dominos".Il a été aussi un des musiciens favoris de Delaney and Bonnie.Le chanteur-guitariste a décidé de se lancer tout seul.Il publie son premier disque, intitulé tout simplement, "Bobby Whitlock".Derrière lui, on retrouve des noms aussi illustres que ceux de Harrison, Clapton, Radie, etc.De quoi faire pâlir tout débutant.Cela n'aide en rien Bobby Whitlock, au contraire.Il est presque écrasé par toutes ces vedettes qui veulent lui donner un petit coup de main. 208 Hook Foot "Good Times a' Cumin A l'inverse de CRAZY HORSE qui s'était séparé de Neil Young pour faire un délicieux premier disque solo, HOOKFOOT s'était séparé de Elton John pour faire un bien médiocre premier disque solo.Toujours à l'inverse de CRAZY HORSE qui a fait un bien médiocre second disque solo, HOOKFOOT publie un deuxième disque, "Good Times A'Commin'" qui est vraiment magnifique.Evaluez le compliment: ça ressemble à ce que pourrait faire THE BAND, le côté musical un peu plus heavy cependant dans la recherche sonore et dans l'effet psychédélique, le côté ascèse men- AM - SP 4338 taie un peu moins élevé que THE BAND.on ne peut pas tout avoir.Le son est souvent celui d'un country rock très dynamique où alternent les moments bucoliques et les passages de virtuosité pure.La qualité des instrumentistes est évidente, dont celle de Caleb Quaye à la guitare.Il ne manque plus à ce groupe qu'un spray de glamour qui nous donnera envie de les lécher: un petit bust pour cocaïne peut-être?En tout cas, une pochette un peu plus joyeuse et significative que la présente, propre à vous dégoûter d'acheter ce disque.Ce qui serait dommage. 210 ft Tiens donc.comme si tout changeait comme ça à cause d'un tab qu'on avale (zouinc).Psychédélisme ou pas, il en va dans le rock n' roll comme il en va en littérature, en cinéma, en théâtre, en peinture: il y a deux sortes de gens: ceux qui créent des mondes et ceux qui n'en créent pas.Oubliez les seconds.Dans les premiers, il y a ceux qui créent un monde qui est bien et qui nous convient et il y a ceux qui créent un monde tout aussi bien mais qui ne nous convient pas.Il ne fait aucun doute que Jethro Tull est dans les premiers de la première catégorie et, en ce qui me concerne, dans les seconds de la seconde.C'est-à-dire que je ne suis pas tout à fait juste.Autant prévenir.Je trouve que "Thick as a Brick" est, dans l'ensemble, un disque magnifique.Il faut, pour faire le trip d une heure au complet, beaucoup de ressources musicales, MAJOR BEAT GROUP RECORDS GERALD'S POEM beaucoup d'inventions et de couleurs, et aussi beaucoup de technique.Jethro Tull a tout cela qu'il nous expose avec maestria dans ce disque qui est sa somme à date.Il va avec désinvolture du charme à la force, sans oublier l'humour et même un petit peu de recherche dans l'électronique.Bravo.Mais je trouve aussi qu'il y a bien des facilités que je pardonnerais sans doute dans 211 ********* un autre groupe duquel je me sens plus proche.Ainsi, je déplore les recherches électroniques dont certaines vont jusqu'à me rappeler la désastreuse "Revolution nine nine nine." de Beatles (face 2 de "Thick as a Brick").Il faut dire à sa décharge que Jethro Tull sait toujours comment s'en sortir.A peine est-il allé trop loin qu'il nous raccroche avec ce qu'il fait le mieux: un chant choral lent et dominicain auquel succède un grand solo d'orgue, solide et rugueux, à travers les notes 911 duquel se faufile la flûte de Jethro Tull, une flûte sans aucun prétention et d'autant plus merveilleuse qu'elle est rigoureusement intégrée.Il reste que parmi les disques ambitieux sortis ces derniers temps, peu nombreux il faut le dire, "Thick as a Brick" reste une tentative dans l'ensemble réussite.Je trouve que la seconde face est plus variée et plus solide que la première.Le son, tout en étant ample, n'est jamais abusif.C'est une acquisition de toute sécurité.un peu trop de sécurité peut-être?4********** 212 THE MOVE est un groupe irremplaçable, un peu comme THE INCREDIBLE STRING BAND.Ils sont un peu la folie du rock n' roll.Mais la folie douce.Leur recherche est sans prétention mais continuelle.Ils réussissent parfois et parfois s'écrasent.Leur nouvel avatar, sous le nom de THE ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA, est une de leur réussite incontestable.Il s'agit d'un rock n' roll où le violon remplace la guitare électrique et où le violoncelle remplace (presque) la basse.C'est très agréable à écouter, un peu comme du Satie revisité par les Beatles.C'est aussi très acide et très impertinent.Imaginez, pour vous donner le ton, que notre brave Drapeau invite VOS VOISINS pour animer une soirée dans le grand salon de l'Hôtel de Ville et que VOS VOISINS empruntent les instruments de l'OSM pour lui faire plaisir.Comment s'ennuyer dans un monde de fantaisie où cohabitent les soldats-enfants, les bateaux magiques et le gardien de l'Univers?Ce monde est le monde de FREE qui revient à son nom traditionnel pour publier FREE AT LAST.Apres cinq disques, on ne peut qu'attendre une manière de perfection qui est, en effet, la marque de cet album lent, pesant même, mystérieux et sensuel.Peut-être FREE n'est-il pas le groupe le plus imaginatif qui existe.La musique que les musiciens font est cependant de grande qualité, ce que l'on ne voit pas toujours à cause d'une discrétion qui semble bien être la marque distinctive de ce groupe et de ce disque.Ainsi des chansons comme "Magic Ship" et "Guardian of the Univers" sont vraiment étonnantes par leurs structures musicales raffinées mais efficaces.Voilà un très bon disque solide, qui demande un peu de bonne volonté au début mais qui vous embarque au premier tournant venu. 213 Ce n'est pas du blues, ni du country, ni du rock n' roll.En revanche, il y a beaucoup de tralala, de chat qui sort du sac (si vous êtes assez vieux vous vous souvenez de mes chats), de tyroliennes britanniques, etc.On ne peut pas dire, pour autant, que c est mauvais.1) parce qu'il y a un bon guitariste encore un peu empêtré (Derek Folley) — 2) parce qu'à force d'être voulu facile, ça l'est vraiment et on tripe avec — 3) parce que je trouve que c'est auboutt de commencer un morceau avec des réminiscences des "Cathédrales englouties", pour le continuer avec le pire rock n' roll qui soit, pour enchaîner sur quelques mesures de Bach.Vous ne le croyez pas.Pourtant c'est vrai.Mieux encore, terminer un disque sur un air country avec harmonica et violon (juré) quand pendant deux faces ont a tenté de faire une synthèse entre Led Zeppelin, Deep Purple et les Moody Blues.c'est fort.Avec un groupe pareil, on ne sait jamais ce qui peut arriver.Ce disque-là, on peut le passer mais attendons le troisième.on ne sait jamais.Ils s'appellent PALATIN.Après ses sous-bois ensorcelés, STRAWBS nous revient d'Angleterre avec un deuxième album: "Grave New World".On y traite, sur fond de mélotron, de la nouvelle morale, laquelle se réfère à un Dieu en trois personnes: Jésus, Bouddha et 1 Acide.Ce rock-message vaut ce que valent les musiciens.car il vaut mieux oublier la leçon de morale.STRAWBS est en progrès net Leur deuxième disque est plus convaincant que le premier.On y note un retour a la simplicité qui nous vaut les meilleures chansons du disque.Particulièrement "Tomorrow", avec un beau final à la URIAH HEEP.Malheureusement la structure de l'ensemble reste un peu répétitive: un couplet vocal, une variation instrumentale, un autre couplet, etc.Pour les bons points également, mentionnons un son agréablement clair et nulle boursouflure musicale.En bref, un sens de la mesure qui devrait trouver sa récompense tôt ou tard. 214 m E JEFF I ¦a* Ë BECK GROUP p pi JP JE Il n'a fallu que deux longs jeux pour que Jeff Beck réussisse à reprendre la place qui lui revient.En effet, son second JEFF BECK GROUP nous redonne un feeling BECK OLLA, à l'époque ou le chanteur de Beck s'appelait Rod Stewart et le pianiste Nicky Hopkins.Si, dans ce nouveau disque, Max Mid-dleton (piano) n'atteind pas encore la grandeur de Hopkins, le chanteur (Bob Trench) n'est pas loin de valoir Stewart avec un peu de force en moins et un peu de sensibilité en plus.Etrange quand même de constater que Jeff Beck revient toujours au trio où il est à l'aise: guitare, voix et piano.Le disque est composé de rock n' roll et de blues.On y trouve aussi deux pièces assez courtes consacrées à la guitare de Jeff Beck.C'est en écoutant "Highway", par exemple, que l'on se rend compte à quel point Beck est près de Page et près de Clapton, tout en même temps.Le meilleur Jeff Beck dans une sorte de hard rock délicat (oui, oui, ça existe tout comme un éléphant de porcelaine) dont le meilleur exemple serait "Glad All Over" sur la première face.On regrette un peu que Jeff Beck préfère les pièces courtes: cinq chansons sur la première face et quatre sur la seconde.c'est un peu beaucoup.Enfin, deux chansons sont nettement moins intéressantes.Premièrement "Sugar Cane", prétexte à un petit morceau de bravoure de Beck; deuxièmement "Tonight I'll Be Staying Here With You", de Dylan, médiocrement interprété par Trench.Malgré ces imperfections, on est bien heureux de retrouver un des meilleurs guitaristes existant actuellement.©il©©©©©©©©©©©©!!] 215 216 ¥¥¥¥¥¥¥¥¥¥¥¥ ¥ ¥ ¥¥^MMHHMr»^HHM^»-¥*»»¥~> "Straight Shooter" Dunhill - ABCX 741 Sans jamais avoir été à la tête des hip parades, THE JAMES GANG continue son petit bonhomme de chemin en publiant de bons disques de hard rock, à la virilité incon testable et d'autant plus cochonne.Cela vaut pour le troisième disque, "Straight Shooter" qui sera d'une excellente écoute, après le trip Judy Collins par exemple.THE JAMES GANG a la chance d'avoir un très bon chanteur lead dans la personne de Ray Kenner; le guitariste est non moins bon.Ils signent tous deux la plupart des chansons du groupe dont les meilleurs sont les plus rapides: "Kick Back Man ou "Looking for my Lady", par exemple.Pourtant THE JAMES GANG peut être calmement agréable.On le remarque dans une pièce acoustique comme "Getting Old" ou "Let Me Come Home", plus country.Voilà un bon disque simple et plein d'énergie.Il lui manque encore cet auboutt qui fait le galaxique.Mais on passe, avec eux, une heure en bonne compagnie.Que demander de plus quand la nuit est fraîche, que sa main est douce et que la dope est bonne. 217 218 Renouveau du country L'histoire des FLYING BURRITO BROTHERS est associée à l'histoire de la re cherche d'un rock n' roll tout américain.La voici en bref: ce groupe fut fondé par deux BYRDS originaux, Chris Hillman et Gram Parsons, lesquels voulaient inventer une musique typiquement country américain, dans le but de contrecarrer le genre psychédélique cheap qui, dans les années '68, encombrait le marché.Le groupe eut quatre différentes moutures.Il enregistra peu de disques qui furent un succès limité mais vif.C'est en concert qu'il fallait les voir pour les aimer car c'est là que les musiciens dégageaient toute leur énergie.L'histoire des FLYING BURRITO BROTHERS restera brève.En effet, avec la publication de ce disque live, le groupe se débande.C'est dommage car la musique qu'ils font est de grande qualité.La première face de ce disque est carrément country, avec les interventions du violon de Byron Berline (que l'on retrouve, d'ailleurs, sur le dernier disque de Stills).La seconde face, plus complexe, est magnifique.Pour les FLYING BURRITO BROTHERS faire de la musique signifiait avoir du plaisir.Et, sur cette face, ils en ont et nous en donnent.avec une virtuosité peut-être sans comparaison dans le style.Le trip de Parsons, selon ses propres mots, était de faire un "dream of soul country cosmic music".Il semble que 219 "Powerglide" Columbia - KC 31284 "Last of the Red Hot Burritos" AM - SP 4343 "Commander Cody" Paramount - PAS 6017 Ace Warner Brothers - 2627 ce soit le rêve de toute la côte ouest américaine à la recherche de son deuxième souffle, maintenant que les grands aînés se reposent un peu.Si quelqu'un mérite le nom de cosmic dans le country, se pourrait bien être les NEW RIDERS OF THE PURPLE SAGE.Enfants de Jerry Garcia, ils viennent de publier leur deuxième disque qui est, à quelques nuances près, un petit chef d'oeuvre de plaisir et de fraîcheur.Voici onze tunes sans aucune prétention.Quelques-unes sont vraiment des petits chefs d'oeuvre du genre.Citons "Rainbow" ou ^'California Day"; d'une façon générale, la première face est un peu meilleure que la seconde.Je ne sais pas pourquoi mais on voit généralement le cos- mique comme une chose un peu lourde, très lointaine et tout à fait sérieuse, comme PINK FLOYD, par exemple.Il y a aussi le cosmique du soleil et le cosmique de la joie, quand la joie est la porte qui conduit à l'extase.Et ce disque est, souvent, une joie.Le NEW RIDERS ont d'ailleurs des parrains superbes.Outre Garcia, il y a aussi Nicky Hopkins au piano et Billy Kreutzman qui fait une petite apparition aux tambours.Puisque nous sommes du côté des GRATEFUL DEAD, pourquoi ne pas saluer au passage la tentative de Robert Ace Weir, guitare et chanteur ordinaire du groupe précité, qui publie un disque solo, sous le titre de "Ace".Comme on peut s'en douter, 220 c'est un ouvrage sympathique de blues façon western.un peu terne malgré la solidité du travail.Enfin, puisque nous sommes du côte de la campagne, on ne peut pas manquer de signa-ler que COMMANDER CODY est arrivé à Montréal, en disque tout du moins, leur premier qui s'appelle Ozone".Ceux qui ont lu MAINMISE 12 savent déjà que ce groupe est l'un des rares nouveaux célèbres à BERKELEY.Une de leurs chansons est actuellement classée dans les TEN TOP.("Hot Rod Lincoln") ce qui laisse présager d'un débordement de frontière incessant.Les Montréalais risquent d'être surpris en écoutant ce disque outrageusement country et outrageusement boogie boogie.Il réussit même à sonner "underground".Ce qui est quand même assez étonnant en 1972 où la multiplicité des bandes sonores et l'habilité des ingénieurs du son remplacent trop aisément la qualité musicale et spectaculaire des groupes, tels qu'en eux-même la bonne dope les change.les pl M est assez étrange que deux des chefs d'orchestre "classiques" les plus en vue de la contre-culture aient été, pour un temps Canadiens.Ainsi, Zubin Mehta (qui a dirigé l'OSM) fait des malheurs à Los Angeles en enregistrant avec Zappa.Quant à Seiju Oshawa, il est maintenant à San Fransisco après avoir fait les beaux jours de Toronto.Chose plus curieuse encore, Mehta est indou et Oshawa est japonais.Oh! orient.par quelles voies nous parviens-tu?Zubin Mehta donc vient d'enregistrer un nouveau disque dont la publicité apparaît dans ROLLING STONE.bonne preuve qu'on compte sur nous pour la vente.C'est de Gustav Holst dont j'entends le nom pour la première fois.Ca s'appelle "Planets".La première audition a eu lieu en 1919.Autant dire que ce n'est pas moderne-moderne.On connaît d'ailleurs le goût de Mehta pour le début du siècle et, tout particulièrement, le début 221 du siècle germanique."Planets" est, en effet, une oeuvre symphonique dans le style de Strauss, moins heavy peut-être.On y décrit, comme son nom l'indique, quelques-unes des petites boules qui flottent dans le ciel: Mars (padaboum), Vénus (Aaaaaaaaaaaaah), Mercure (psitt), Jupiter (oum), Saturne (Ccccccccch), Uranus (hop li) et Neptune (bipbipbip).mais Holst ne nous parle pas de la terre.Peut-être n'existait-elle déjà plus en 1919.On aime ou on n'aime pas ce genre de poème descriptif.Je les aime bien et pourtant ce disque m'a un peu déçu.Il ne faut jamais comparer (je sais) mais dans le genre cosmic, je trouve que les PINK FLOYD, entre autres, font mieux l'affaire.Peut-être Zubin Mehta est-il un peu trop fidèle à l'oeuvre.un petit Moog aurait donné un peu de pep.C'est quand même une oeuvre très riche en sonorité et parfois très belle, comme la dernière pièce, N eptune, le Mystique.Ceux qui aiment l'astronomie pourront se référer également au dernier disque de CHASE, intitulé "Ennea".Avec des moyens moins puissants qu'un double orchestre symphonique et choeur de femmes, ce groupe réussit à nous décrire à sa façon quelques dieux de l'ancien Olympe dont les noms sont les mêmes que nos bonnes vieilles planètes.On sait que CHASE se distingue des autres groupes rock par un emploi massif de la trompette et même de trompettes.Dans le genre cuivre à outrances, CHASE est l'un des groupes les plus francs et les plus dynamiques.Il y a certainement beaucoup de naïveté dans cette description des dieux grecs mais beaucoup de virtuosité dans l'exécution musicale.PLANETS de Gustav Holst — orchestre philarmonique de Los Angeles dirigé par Zubin Mehta — LONDON CS 6734.CHASE - "Ennea" -EPIC KE 31097. 223 Ne vous laissez pas avoir par BOLAN BOOGIE qui, pour certains, peut sonner comme un NOUVEAU T-REX.Ce disque est, en fait, un choix des meilleures chansons de Bolan, au temps où T—REX s'appelait encore TYROSONAURUS REX.Pas d'affolement! Si vous êtes un vieil admirateur, vous avez tout cela dans votre discothèque sous le nom de UNICORN, etc.Cela ne veut pas dire que ce disque est mauvais.Au contraire, il est magnifique! II sera particulièrement utile à tous ceux qui ont découvert Bolan avec ELECTRIC WARRIOR, car ils verront que Bolan n'avait pas besoin d'être électrique pour faire sauter les fusibles.En effet, dès le début timide de sa carrière, il était complètement dément, tant dans les paroles, que dans la musique, que dans ses interprétations.U était même, à certains égards, infiniment supérieur à ce qu'il est devenu, quoique "Cosmic Dancer" soit sa plus belle chanson.La sélection contenue dans BOLAN BOOGIE est excellente et montre très bien le chemin déjà parcouru par le jeune musicien.L'album illustre avec non moins d'à propros les différents styles du c h anteur et du compositeur, que ce soit l'insolite avec des chansons comme "She Was Born to Be my Unicorn" ou "Dove", que ce soit les pieces extrêmement sophistiquées, flamboyantes au point de paraître parfois en décomposition, comme "Jewel" ou "The King of the Mountain Commeth", ou enfin les chansons directes, salopes carrément qui font de Bolan l'Héliogabale du rock n' roll.Citons pour ces dernières, le célèbre "Jeppster" et "First Heart".Bien sûr, Bolan est la "découverte 1972", comme on dit.Après ce disque, on se rendra compte combien il est ridicule de voir en lui une nouvelle et transitoire idole à mania, un jeune incapable issu de la publicité.Sans doute, sa publicité est bien faite mais il y a, d'abord, un talent profond et mystérieux qui, espérons-le, ne s'égarera pas dans des voix trop commerciales.Nouveau 45 tour de T—REX.Deux mots: METAL GURU.deux notes: les mêmes qui ont été utilisées à foison dans ELECTRIC WARRIOR.C'est quand même un peu répétitif et cela nous pousse à conseiller plus fortement encore le BOLAN BOOGIE pour les plus anciennes chansons.
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