Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Mainmise
Réponse québécoise à l'underground californien qui exerçait alors un puissant magnétisme culturel sur la jeunesse rebelle du monde entier, Mainmise a été le principal et le plus durable des porte-étendards de la culture hippie au Québec. [...]

Mainmise est une revue bimestrielle, puis mensuelle, publiée à Montréal de 1970 à 1978. Parmi les principaux porte-étendards québécois de la culture hippie d'influence américaine, la revue offre une incursion dans le mode de vie et les aspirations de la jeunesse séduite par le rock, la poésie et les plaisirs sensuels et psychédéliques véhiculés par la contre-culture des années 1960 et 1970.

La première équipe est constituée de Jean Basile Bezroudnoff, journaliste culturel au Devoir et hippie notoire, Georges Khal, animateur radio à CKGM, Kenneth Chalk, professeur à l'université Sir George Williams, Linda Gaboriau, animatrice radio à CKGM, Christian Allègre et Denis Vanier. Se joindront à eux, au cours des années, Michel Bélair, Liliane Lemaître-Auger, Rolland Vallée, Guy Latulipe, Daniel Vincent, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Michel Bogos, Paul Chamberland, Raôul Duguay et Claude Péloquin.

Comme membre associé de l'Underground Press Syndicate, Mainmise a, pour une modique contribution annuelle, accès à une banque de textes et d'images produite par un réseau de publications contre-culturelles principalement américaines. Plusieurs des textes sont traduits en français; c'est le cas surtout d'articles thématiques et spécialisés. Les éditoriaux, chroniques et textes de création sont en grande partie des créations originales.

Le mouvement de la contre-culture auquel s'alimente Mainmise est diffusé à partir des États-Unis, et est relayé ailleurs dans le monde, particulièrement en Europe. Il s'attaque aux institutions établies qui, selon ses adeptes, transmettent la tradition et le conformisme : école, famille, Église et système politique. La subversion sociale prendrait les chemins épars de la transformation de la conscience individuelle, de la spiritualité et des religions orientales, du rejet de la recherche d'intérêts pécuniaires, ainsi que de la lutte au contrôle de l'information, le tout facilité par une expérimentation de plaisirs sensoriels artificiels.

La drogue, la libération sexuelle, le féminisme, l'écologie, l'école alternative, la musique rock, le syndicalisme et l'autogestion sont les principaux sujets qui alimentent les pages de Mainmise, alors que l'utopie et la pensée magique en colorent l'approche.

D'abord présentée en format poche, la revue adopte en 1973 la forme du magazine, puis celle du tabloïd à partir de l'automne 1975. Ces changements entraînés par des considérations financières et de mise en marché, ainsi que des tentatives de distribution sur le marché européen, ne permettront pas à Mainmise de surmonter ses difficultés budgétaires récurrentes, mais la revue survit tout de même jusqu'en 1978. Cette même année, la revue Le Temps fou viendra combler le vide laissé par la défunte Mainmise.

Après avoir oscillé autour de 8000 exemplaires pendant les premières années de vie de la revue, le tirage de Mainmise aurait atteint son apogée à l'automne 1973 avec 23 000 ou 26 000 exemplaires.

MOORE, Marie-France, « Mainmise, version québécoise de la contre-culture », Recherches sociographiques, vol. 14, no

WARREN, Jean Philippe, « Fondation et production de la revue Mainmise (1970-1978) », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no

Éditeur :
  • Montréal :Payette et Payette,1970-1978
Contenu spécifique :
août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (12)

Références

Mainmise, 1976, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
numéro 61, août 1976 CERWIN-VEGA-FENDER Dynachord-MOOG-Système SG-Amps.V.T.-SHURE- Disco tek Amplificateurs Haut-Parleurs CLAVIERS Système de Son-Chant Microphones SYNTHETIZERS Pédales d'Effets-Wah Wah-Fuzz-Etc.Guitares ARIA, GIBSON, FENDER, I MARTIN, OVATION GUILD, DO-BRO, RICKENBACKER, LUDWIG, RODGERS, KING, DEFORD, SEL-MER, LATIN PERCUSSION, ETC.REPARATIONS Amplis.Fuzz.etc.P.MARRAZZA MUSIQUE INC.INFORMATIONS: 7082 St-Hubert.Montréal, 271-1182 175 Ste-Catherine Ouest.Montréal 849-8069.ABONNEZ-VOUS! Pour mieux demeurer informé de l'actualité cinématographique québécoise."I Veuillez m'abonner pour un an (10 numéros) à la revue Cinéma/Québec que vous adresserez a: NOM.ADRESSE .Ci-joint le montant quebec$8 00 étranger 510.00 Inclure cheque ou mandat postal et retourner a Cinéma/Québec, c p 309.station outremont Montreal.Quebec H2V 4N1 ?LE CHÂTEAU ?-' vît; Iff laLtGiznatif U87 ST-0INIS(P^ Mononneu.e Ttl.: l4S-ltt7 MAINMISE AOUT 1976-2 90973242068843 MAINMISE est un journal mensuel diffusé par les Distributions DYNAMIQUE.775 Lebeau.Montréal (tél.: 332-0680).Dépôt légal: 1er trimestre 1976 Courrier de deuxième classe: NO.2511.Port de retour garanti par MAINMISE.Le journal n'est pas responsable des taches de café ou autres ennuis pouvant survenir aux manuscrits ou aux dessins qui lui parviennent, mais on vous promet de faire attention quand même.Fondateurs: Jean Basile et Georges Khal.Redaction, administration, abonnements, fabrica-, tion et publicité: MAINMISE.1589 St-Denis Montréal, H2X 3K2, Tel : 843-4792 et 843-5844 pour la publicité.Équipe de production: Arabelle Grondin, André-Gilles d'Astous, Claude Puff-Puff et Michel Chevrier.Le Conseil des Arts du Canada a accordé une subvention au magazine pour l'année .75-.76.Le V.C.L."La Vallée" est un groupe en formation.Indépendant de tout fanatisme politique et religieux, ses buts se veulent sociaux et n'intéressent en fait qu'une petite minorité de personnes d'esprit foncièrement pacifique mais dégoûtées d'une société basée sur l'égoisme, la compétition, l'artificiel, la violence, l'insécurité et l'angoisse.L'objectif final du V.C.L."La Vallée" est de reconstituer en pleine Nature un Art de Vivre du type tribal plus en harmonie et conformité avec les aspirations profondes de ses futur(es) membres.L'édification d'un Village "PI" donc entièrement auto suffisant étant prévue hors des frontières canadiennes, toute personne faisant partie du projet sera d'accord à s'expatrier et en mesure de le faire au moyen de documents légaux appropriés.La phase présente est celle du regroupement d'individus des deux sexes DEJA convaincus et décidés à solutionner, rapidement leurs problèmes.Le projet tel que prévu étant complexe et téméraire et parce que sa réalisation dépend exclusivement de la détermination et capacités de chacun(e) des membres, il est recherché que des individus en pleine possession de leurs moyens physiques, stables dans l'exécution de leurs décisions et en tout points responsables de leurs actes et pensées.Le Règlement Interne régissant les relations sociales au sein du groupe une fois celui-ci constitué rejette toute,forme de discrimination à l'endroit de la personne.Et ceci conerne le sexe, la race, la nationalité d'origine, la religion et la condition sociale.Tout(e) postulant(e) intéressé(e) par ce projet acceptera de participer à une entrevue "à coeur ouvert" qui déterminera son rejet ou son incorporation au V.C.L."La Vallée".A tout membre admis à participer auprojet il sera demandé une étroite collaboration dans l'accomplissement des tâches et activités au sein du groupe.Chacun et chacune devant au profit de tous coopérer au maximum de ses capacités personnelles.Enfin et pour faire face aux très nombreux problèmes vitaux qui se poseront inévitablement, il sera exigé de toutes et tous une discipline et obéissance totale durant tout le temps que nécessitera la réalisation du projet.Phrase piège.Toute personne favorable au projet mais indécise quant à sa participation par suite de raisons personnelles doit écrire pour expliquer clairement son cas.Après étude du problème exposé une réponse assortie ou non d'une solution positive lui sera retournée dans les plus brefs délais.Pour inscription ou information complémentaire, écrire à V.C.L."La Vallée" 2393 Rue Bordeaux - MONTREAL H2K 3Z1 P.Q.- Canada - Cette a-dresse est valable pour les correspondants étrangers.Pour les Québécois et Canadiens, écrire à V.C.L."La Vallée" 684 Cousi-neau Appt 3 - Laval - P.Q.- Canada.Joindre une enveloppe timbrée pour la réponse.J'AIMERAI m'associer avec des gars et des filles intéressés à vivre une expérience de ferme communautaire.J'aime les gens créateurs aimant travailler de leurs mains; je veux des gens qui vont prendre la chose au sérieux, et qui n'ont pas peur de se cracher dans les mains Si ça t'intéresse, écris-moi pour que nous échangions là-dessus.Guy Giguère, 2605 Galt-ouest #2, Sherbrooke Que.Tel: 819 565 8251.ANNONCE-MAISON: Chatons de Myosotis à donner.De vraies petites fleu rs.Ah! ah! ah! Pour en avoir ou venir simplement les voir, téléphon er au 843 4792.Douce nuit de musique du jazzage hétéroclite de la montagne en réson nance à l'harmonie sonorisée de l'amour.La symphonie phonosonik de l'acclamation photonike du grand tout divinisé a l'unisson avec le c hoeur de la vie.Sur la scène les trompettes avec les harpes électro niques viennent moduler le chant LUOARESQUE de "D'si belle!" complém entaires et les grands silencieux trippent heureusement sur le high féerique bousculé par le vent de la houle de la fête.Empanaché de s on naturel sypaticosmique il acclame l'unisson des vies dans l'avis.(NDLR: Lettre reçue de Jean à propos du show de Raoul sur la montagn e à la St-Jean.Et transmise avec le même à-propos.) Aux chums de l'Institut Archambault, Nous avions été invités, Mainmise et autres journaux, à participer 1 undi 19 juillet à une sorte de conférence de presse et autres activi tés dont un concert de DYONISOS, mais à la dernière minute on nous a appris que tout était contremandé à cause (encore!) de ces fameux ze ux olympiques parce que la sécurité manquait; toute l'artillerie éta nt vouée aux oeufs limpides.Archambault est pourtant "à sécurité maximum".Que fallait-il de plus?Peut-être y a-t-il d'autres choses là-dessous.J'espère que dans le numéro de leur journal les gars auront la liberté de nous expliquer les dessous de cette affaire.En attendant, je souhaite que l'invitation soit reportée au mois de sep tembre, comme promis.Salut toulmonde.M-T.et Mainmise.MAINMISE AOÛT 1976-3 LES PRODUCTIONS DEAU-DCC i mi 14 h si QUTREMONT RAOUL DUGUAY."UN EVENEMENT D'OCTOBRE" et ses musiciens RAOUL DUGUAY JEAN-GUY MOREAU JIM II BERTRAND CLAUDE GAUTHIER JEAN-GUY MOREAU MIMES ELECTRIQUES TIM WEISBERG LA GRANDE VIREE GILLES VALIQUETTE JEAN-GUY MOREAU GILLES VALIQUETTE LA GRANDE VIREE PLUME "DIS-MOI QU'Y FAIT BEAU MEO" HORSLIPS RENAISSANCE POLLEN MONIQUE LEYRAC chante Emile Nettigan CONTRACTION PLUME LES MIMES ELECTRIQUES JOHN LEE HOOKER NOUVELLE AIRE SONNY TERRY & BROWNIE MCGHEE LE THEATRE OE L'OEIL présente Une table au chou" .03/10/75 04/10/75 10/10/75 16, 17, 18/10/75 17/10/75 18/10/75 23, 24, 25/10/75 24/10/75 25/10/75 31/10/75 31/10/75 01/11/75 01/11/75 01/11/75 6, 7/11/75 7, 8/11/75 13/11/75 14/11/75 15/11/75 30, LA MARMAILLE présente: Ce tellement "cute" des enfants OFFENBACH OCTOBRE BO DIDOLEY LE GRAND CIRQUE ORDINAIRE MONIQUE LEYRAC criante Mademoiselle marguerite SYLVAIN LELIEVRE CAPITAINE NO CLEMENCE DESROCHERS JESSE WINCHESTER PAULINE JULIEN MANEIGE LES HAUTS ET LES BAS D'LA VIE D'UNE DIVA LES SEGUIN 28/12/75 04/01/76 30/01/76 31/01/76 13/02/76 19, 20, 21/02/76 26, 27, 28/02/76 06/03/76 06/03/76 12, 13/03/76 20/03/76 26, 27/03/76 10/04/76 16, 17/04/76 02, 03/06/76 20, 21, 28, 22/11/75 21/11/75 22/11/75 28/11/75 29/11/75 29/11/75 5, 6/12/75 28/12/75 04/01/76 îCflRTIER OFFENBACH 12/08/75 CLAUDE GAUTHIER 13/08/75 GEORGES LANGFORD 13/08/75 TOUBABOU 13/08/75 PLUME 15/08/75 RAOUL DUGUAY 16/08/75 MANEIGE 16/08/75 LES SEGUIN 28, 29/11/75 PAULINE JULIEN 16, 17/04/76 MANEIGE 01/05/76 CEGEP DE VALLEYFIELD YVON OESCHAMPS 04/10/75 ANDRE GAGNON 19/10/75 PLUME 24/10/75 BEAU DOMMAGE 11/03/76 OFFENBACH 02/04/76 FELIX LECLERC 23/04/76 CEGEP de STE-THERESE "LE COMMIS VOYAGEUR" (théâtre) 23/10/75 RAOUL DUGUAY 25/10/75 ANDRE GAGNON 07/02/76 YVON DESCHAMPS 28/02/76 BEAU DOMMAGE 13/03/76 FELIX LECLERC 24/04/76 SOREL PLUME 12/11/75 LONGUEUIL PLUME 29/11/75 THEATRE CAPITOL à Québec PLUME 11/12/75 LE GRAND CIRQUE ORDINAIRE 06/05/76 COWANSVILLE YVON DESCHAMPS 05/03/76 BEAU DOMMAGE 18/04/76 ST-GEORGES DE BEAUCE YVON DESCHAMPS 17/03/76 AUDITORIUM LE VALDY CEGEP STE-FOY ANDRE GAGNON CINEMA FESTIVAL à Sherbrooke LES SEGUINS PLATEAU- 29/03/76 01/05/76 02, 03/06/76 THEATRE SAINT.DENIS 12.6.76 Concert Mainmise MAINMISE AOÛT 1976-4 MM: Tu reviens d'Europe.Es-tu allée là-bas pour y faite des spectacles?CD.: Non, du tout, j'y suis allée en vacances un mois.J'avais jamais vu l'Italie.J'ai trouvé ça bien beau.J'ai vu Florence, Rome, Venise.MM: As-tu aimé ça pour ce côté latin qui nous ressemble?CD.: J'ai été charmée par les Italiens, leur façon d'être, le pays, la beauté du paysage, la douceur des couleurs.On a eu un temps magnifique, on était.tu sais, c'est beau.Florence, ah! Florence, les oeuvres d'art, Michel-Ange, les places, ah! c'était tellement beau! MM: Sur les places.?CD.: Oui, les places.Les places en Italie, on n'en a pas ici, avec tous ces gens qui vivent dehors, avec des belles cathédrales, la façon dont c'est conçu, l'architecture, du dehors, c'est beau! MM: Ca ne te tenterait pas un moment d'aller faire une tournée en France?CD.: Non, c'est trop compliqué.c'est trop dur par rapport à ce que je suis rendue ici.Tu sais, recommencer, aller faire des shows pour les Français, ça veut dire recommencer au commencement.Ca fait plusieurs années que je fais ça, pis j'ai un cheminement ici, avec le monde d'ici.Je suis rendue à quarante ans maintenant; repartir avec mes nonologues, mes chansons et expliquer au monde qui je suis, parce qu'il faut que tu te fasses découvrir, parce que tu pensais qu'ils ne te connaissaient pas: ce serait trop ridicule.Le langage est tellement pas le même.C'est comme parler avec un Français, pis se parler entre nous: nécessairement on est proches pas mal vite vu qu'on est de la même race mais tu parles avec un Français, c'est plus difficile à rejoindre; d'abord, y écoute pas.J'suis v'nue au monde seul' comme tout le monde.MONDE AIME MIEUX CLÉMENCE! BLEU, BLEU, L AMOUR EST BLEU.Clémence nous a reçus dans un merveilleux salon bleu imeme le pot a lait était bleu); dehors, du vert partout, et pourtant on n est pas sorti de Montréal: si tu veux un coin vert même en plein désert, mérite-le! On est toujours un peu intimidé quand on rencontre une vedette mais chez Clémence c est vite passé, la vedette se transforme rapidement en femme simple et chaleureuse.M.M.: Comment réussis-tu à paraître aussi calme.' Je sais que tu ne les pas nécessairement mais tu nous laisses cette impression et c'est très rassurant quand on te rencontre.CD.:.J'ai peut-être acquis une sorte de souplesse pour que ce soit facile pour moi et pour les autres.Ca, je l'ai développé parce que je trouve ça important.Je souhaite que les rencontres ne soient pas laborieuses, qu'on soit bien ensemble.Clémence a réussi! Quand on sort de chez elle on est plein d'enthousiasme, on voudrait la revoir souvent: en faire "sa meilleure chum de fille".On a beaucoup ri: "eh qu'est folle Clémence!'' Toute en beauté, le soleil d'Italie lui va bien.Clémence nous a avoué préférer l'été: "C'est l'été que j'ai le plus de facilité à vivre.Enfin, ça éclate, pis on l'attend tellement!.Je suis plus facilement heureuse au soleil".C'est l'été, Clémence est donc en pleine forme.MM: Mais ici, si on regarde les spectacles que tu fais, t'as un langage bien particulier.D'où te vient de langage?Est-ce par observation ou bien c'est vraiment ta façon de parlera toi?CD.: Il me vient de ce que je suis, avec mon bagage de mots, ce que j'ai connu dans ma vie; aussi par observation du monde, parce que j'en fais partie.MM : J'ai l'impression que ta façon de parler en scène n'est pas la même que dans la vie.CD.Non, c'est sûr, ça dépend des personnages que je joue.Je suis comédienne mais aussi créateur.C'est l'observation de la vie, du quotidien, pis je transpose mais pas beaucoup, en fait, et ça devient les personnages de mes monologues ou de vrais protraits; surtout des portraits de femmes parce que je connais mieux les femmes.Adrienne et ses Malheurs, par exemple, c'est toutes des situations quotidiennes; là où entre la création, c'est moi.MM: On sent, quand on te lit ou t'écoute, que tu vis avec ton personnage avant d'écrire sur lui, que tu le regardes de toutes les façons, que tu le connais déjà.Est-ce là ta manière d'écrire?CD.: Oui, c'est exactement comme ça.Tu vois, Adrienne, c'est une fille avec un mélange de plusieurs autres dans d'autres situations mais qui se ressemblent et que j'emprunte à l'une et à l'autre.A moi aussi.MM: Tes femmes me font bien quelque chose mais c'est difficile à définir.CD.: Sont un peu défaites, c'est-à-dire un peu souvent seules ou viennent d'être délaissées.MM: C'est ça mais, en même temps, tes derniers personnages ont une lumière, quelque chose de plus fort qui s'est ouvert: si tu regardes en arrière, comment ça s'est passé?Qu'est-ce qui leur est arrivé?C'a été quoi la transition, le déroulement de tes personnages en général?CD.: Ca va de pair avec mon propre regard sur la vie.Y'a une période où j'étais triste, négative, alors mes personnages étaient des femmes seules, et comme maintenant, je suis bien dans ma peau, je suis plus heureuse, mon regard sur la vie s'adapte à mes personnages.Maintenant, c'est beaucoup plus positif et j'ai envie de le dire plus qu'avant, même.MM: Mais je pense que c'était normal et vrai que la plupart des gens étaient tristes et seuls, plus négatifs que maintenant et on a changé, on s'est dépognés en même temps, trouves-tu?CD.: Oui.et comme je suis moi aussi un reflet de ce qui arrive.J'ai une espèce d'instinct pour sentir le monde.MAINMISE AOÛT 1976-5 MM: C'est quoi que t'as le plus envie de passer au monde alors?CD.: Une chaleur, une grande chaleur, un contact.Faire un show, pour moi, c'est vital, un besoin de communication, être aimée, et faire quelque chose de fort, de bon et ça, je crois que je l'ai réussi; les gens sortent de mes spectacles et ils sont contents de m'avoir rencontrée pis ça ils viennent me le dire.Comme la rencontre avec vous deux, j'espère que c'est ça, la chaleur! MM: Qu'est-ce qui t arrive de mieux présentement?CD.: Un spectacle plus équilibré.Celui que je fais en ce moment est d'après moi le meilleur que j'aie fait.Il m'est arrivé une série de rencontres avec des musiciens; Marc Larochelle surtout qui est très important pour moi, dans ma musique; y'en a eu d'autres évidemment mais lui a été une rencontre très riche.Ce qu'il a fait avec mes chansons, c'est ça.Full Day of Melancholy, Le Tablier Blanc, c'est des musiques qui collent vraiment, exactement; il aime ça, il sait ce que je fais, il connaît parfaitement mes textes; il est très exigeant vis-à-vis de mes textes; quand un vers est mal écrit, il me le dit, me le fait travailler.Ca me pousse à plus de perfection.MM: Dans ton dernier livre, tu parles de tes "soixante mille musiciens".Est-ce que ça correspond à la réalité?CD.: Oui, c'est sûr, parce que comme je l'exprime dans cette nouvelle,'c'est difficile de former une équipe.Pis un show, c'est une équipe.Si tu fais un.spectacle avec quelqu'un qui, pendant que tu le fais, est déjà dans un autre "bag", tu sens le gars à côté de toi qui n'est pas entièrement là, qui pense déjà à d'autre musique, c'est terrible! Il a le goût de faire autre chose, c'est correct, mais pas pour toi.Marc Larochelle, c'est un gars qui aime ce que je fais, qui a de beaux arrangements, une belle musique.Le résultat est clair sur scène.MM: Comment se fait-il que sur ton dernier long-jeu, t'as une face de monologues et une de chansons?T'as pas pensé à faire seulement des chansons?CD.: J'en ai fait de toutes les façons."Le" disque, le bon et grand, y est pas encore fait.Le prochain disque, je vais faire seulement des chansons.C'est vrai, les gens se tannent plus vite des monologues, peut-être parce que c'est la même histoire qui se répète tout le temps.Dans les chansons, y'a répétition mais la musique soutient le tout et ça reste plus neuf.En août, je m'en vais faire un disque de chansons seulement.Je prendrai de mes anciennes chansons, comme j'ai repris La Robe de Soie, un de mes "classiques" que j'aime beaucoup.MM: Vas-tu reprendre aussi des textes comme En Quête, L'Homme de ma Vie.?CD.: Peut-être.je ne sais pas encore quelles chansons je mettrai sur ce long-jeu.MM: Léo Ferré dit qua la poésie n'est pas faite pour être lue mais pour être dite ou criée?Es-tu d'accord?CD.: Un des grands plaisirs, oui, c'est de pouvoir la dire; surtout pour la comédienne en moi qui veut s'exprimer sur scène.MM: As-tu aimé, par exemple, le rôle de Mademoiselle Sainte-Bénite pour la télévision?CD.: Ah! oui, ça, c'était amusant parce que j'écrivais les textes aussi; mais apprendre les textes des autres par coeur, c'est laborieux.Dans la série pour enfants, on était seulement des adultes mais on avait un fun noir, on faisait les enfants.J'écrivais des histoires pour enfants, j'aimais bien ça; c'était comme dans mon enfance.Là, je vais animer une télé; une série ben l'fun qui va être le matin.Ca dure une heure et c'est une formule très intéressante; c'est avec toutes sortes de monde, comme des gens qui font de la céramique, du bois, du macramé; tous les gens qui savent faire des choses avec leurs mains, et tout ça, dans une espèce de décor qui rappelle une maison de campagne.Ca va être du monde qui viennent m'apprendre des choses ; pis ça tombe bien, j'ai toujours été gauche avec mes mains.Tu sais, les personnes qui ont des passe-temps comme ceux-là très intéressants parce que passionnés.Pis en plus, c'est en plein le temps où le monde retrouvent le goût de faire au lieu d'aller tout le temps acheter.Ca te donne des idées, quand t'as pas d'idées ou que tu sais pas comment faire.MM: Dans ton cas, ce ne sont jamais les idées qui ont manqué.Ca va s'appeler comment, cette émission?CD.: Moi, je voulais appeler ça "Avec nos Mains", d'après le poème de Vigneault mais ils ont trouvé le titre trop poétique.Alors, ça va être "Les Trouvailles à Clémence".Après Les Recettes de Juliette, Les Trouvailles à Clémence.! MM: Ah! oui, à propos, pourquoi est-ce que Le Patriote a donné ton nom à une de leurs boîtes?CD.: Par une espèce de délicatesse, parce que j'avais fait beaucoup de spectacles au Patriote.Mais j'ai fait changer ça, parce que les gens pensaient que c'était ma boîte et étaient bien déçus de ne pas m'y voir tous les soirs.Cet été je ferai un jardin.MM: Tu vis toujours à la campagne?CD.: Ah! oui, de plus en plus, pour sûr.MM: C'a été une grande transformation dans ta vie, le passage de la ville à la campagne?CD.: Non, la campagne, j'en ai toujours eu le goût bien fort.Là, je possède une maison, c'est chez nous, mais j'y ai toujours passé l'été.Adamo dit: "L'été, je suis italien".C'est l'été que j'ai le plus de facilité à vivre.L'été ça m'enivre, peut-être par le côté éphémère de cette beauté, j'en profite plus.Enfin, ça éclate, pis on l'attend tellement! C'est aussi le soleil, l'intensité du soleil et des couleurs.Je suis plus facilement heureuse au soleil.MM: Dans ton dernier livre J'ai des Petites Nouvelles pour Vous Autres, tu parles d'une famille de trois filles et de trois garçons.Est-ce ta vraie famille, ça?CD.: Dans La Promenade Solitaire.oui.MM: Ca te faisait quoi d'être dans une grosse gang?CD.: On était bien tassés, ça faisait des frictions bien des fois.MM : Où écrivait ton père alors?CD.: Sur le bout de la table, comme il a toujours aimé écrire.MM: Parle-nous de ta famille.CD.: Ah! chez nous, on vivait à Sherbrooke, près des usines de textiles.MM: C'est de là qu'est venue La Vie d'Factrie, une de tes plus belles chansons.CD.: Oui.MM: Une affaire m'intéresse.Je me demande souvent ça.Qu'est-ce que tu manges, je veux dire comment?CD.: Ah! je mange très bien, merci (un peu moqueuse).Non, j'adore bien manger, c'est un très grand plaisir et c'est beau aussi.Mais pour répondre à l'autre question, ma famille, c'est six individus, plus papa et maman.Mes frères et mes soeurs sont tous bien différents mais tous bien intéressants.D'abord, on est très liés, on s'aime beaucoup.Ma mère était pour moi une femme bien attachante, je l'aimais, je lui disais, j'allais la voir, la serrer dans mes bras.Pour mes autres soeurs, c'était différent; comme c'est moi qui suis restée le plus longtemps avec eux parce que je n'étais pas mariée, je les ai vus différents de ce que mes soeurs et mes frères ont connu.MM: Il me semble pourtant que tu parles plus souvent de ton père que de ta mère.CD.: Ah! j'ai beaucoup parlé de ma mère, mais surtout après sa mort; peut-être d'une façon égoiste parce que j'ai plus braillé son départ.Ah! oui, y'avait mon frère aîné, le héros de la famille; il était pensionnaire et quand il venait, il était le "beau aux beaux yeux" ; pis il faisait ce qu'il voulait.MM: Tout le monde en était jaloux?CD.: Non, on l'aimait beaucoup.Ensuite, il y avait mon jeune frère, pis il était toujours trois ans de plus fin que moi à l'école.MM: Es-tu la seule douée pour l'écriture avec ton père, dans ta famille?CD.: Non, tout le monde écrit dans la maison, sauf un de mes frères qui est horticulteur.Il y a une de mes soeurs qui adore étudier, qui aime la littérature: elle faisait MAINMISE AOUT 1976-6 une analyse sur l'humour dans l'écriture et elle m'a choisie comme écrivain.J'étais tellement flattée! Rendue à l'université.wow! MM : Tu étais quoi comme petite fille?CD.: A l'école, pas très bonne dans mes cours sauf à la cour de récréation où je me reprenais.Là, j'attirais l'attention des autres.Mon père était poète, alors on était pas comme les autres.Mon père buvait, arrivait saoul l'après-midi.Ca nous dérangeait un peu mais tout se rétablissait quand même.MM: Comment réussis-tu à paraître aussi calme.?Je sais que tu ne l'es pas nécessairement mais tu nous laisses cette impression et c'est très rassurant quand on te rencontre.CD.: Non, je ne suis pas calme, mais parce que des années et des années j'ai eu à rencontrer beaucoup de monde de toutes sortes dans toutes sortes de situations, j'ai peut-être acquis une sorte de souplesse pour que ce soit facile pour moi et pour les autres.Ca, je l'ai développé parce que je trouve ça important.Je souhaite que les rencontres ne soient pas laborieuses, qu'on soit bien ensemble.Y'a des jours où je les rate, j'ai pas le goût de parler; y'a des gens qui sont partis en disant: est donc Dlate.! MM: Dans tes rencontres, quelles sont les personnes qui t'ont le plus influencée, impressionnée?CD.: Y'en a beaucoup.D'abord tous mes amis et mes amies.La personne avec laquelle je suis peut-être le plus collée, c'est mon père; c'est merveilleux, c'est un lien effrayant! Si j'avais un enfant, ce serait comme ça.J'aime bien le monde mais j'ai aussi des chats que j'aime tellement qu'apparemment, je me rends ridicule avec eux.Je trouve que chacun a son caractère.Je les connais.La Titine est pas comme Gros-Minou.Gros-Minou est différent de Bouboule.MM : Tu parles de Titine dans ton dernier livre.CD.: Ah! oui, Titine est couchée sur ma feuille.Je pense que les chats aiment bien dormir sur le papier, hein?MM: Il y a aussi le fait de capter ton attention.As-tu remarqué qu'ils se couchent sur le papier où tu écris ou le livre que tu es en train de lire.CD.: Oui.oui, c'est ça.Souvent, j'étends le journal pis Gros-Minou vient toujours s'effouèrer en plein milieu.MM : T'as pas de chien?CD.: Non.un chien, j'en ai déjà eu un pis c'est trop colleux.pis tu le rends malheureux dès que tu t'en vas, tu y fais tout le temps de la peine quand tu pars.Les chats, c'est plus détaché, ils sont moins extravagants.MM: Oui, les chats jouent plus à être attachés.Ils méditent, comme disait De Gaulle.CD.: Ils sont pour le moins mystérieux.Après l'A de la F (Année de la Femme) MM: Tu as repris récemment une chanson de ton show Les Girls, L'Amante et l'Epouse.Parle-nous donc de ce show.CD.: Oui, c'était la première revue à gros succès.C'a été une période extraordinaire dans ma vie.La rencontre des cinq filles, c'a été très riche et pis c'est pas moi qui l'ai écrit toute seule, c'est Louise Latra-verse et Paule Baillard.Aie! c'était un show avant son temps: on parlait pas ben gros des femmes avant, y'avait pas d'Année de la Femme non plus.C'était libéré et fou; y'avait des moments où on se disait qu'on était beaux.Ca aurait pu être repris tel quel; mais on a perdu bien des textes pis, à cette époque, on n'a pas pu l'enregistrer à cause de petites mesquineries de compagnies de disques, parce qu'on n'endisquait pas toutes à la même place.C'est dommage.C'a été un événement.D'abord, c'a surpris les gens parce que ça s'était jamais vu, cinq femmes qui parlent librement sur scène, d'elles-mêmes: la fille pis son chum, la femme dans sa maison, avec ses maladies.MM: Avant ça, y'avait eu Le Vol Rose d'ur.Flamant.?CD.: Oui, c'était à la Comédie-Canadienne, mais c'était y'a dix ans.T'étais bien trop jeune pour ça.?MM: Ben non, j'avais vingt ans.CD.: Ah! oui, ça se peut.C'était un peu fade comme texte même s'il y avait de bons moments.Le principal de ce que j'avais voulu sortir, c'était l'atmosphère de club.J'en avais fait un peu pis j'avais trouvé ça, ah! tellement dur, tellement inhumain ! Mon spectacle était surtout prétexte à chansons.Y'avait Roberta et Tino, ils avaient choisi des prénoms exotiques, ce qui était très à la mode à l'époque.C'était assez coloré.MM: Ca fait penser un peu aux pièce; de Tremblay.CD.: Oui.Tremblay et Brassard étaient venus très souvent voir Le Vol Rose.Ils étaient jeunes à l'époque.Je me disais: "Mon Dieu! ces jeunes-là, qu'est-ce qu'ils peuvent bien trouver là-dedans?" J'ai retrouvé beaucoup de thèmes dans leurs affaires de club après; mais c'est normal, c'est souvent pareil, la même atmosphère de club.MM: C'a quand même été la première comédie québécoise.C'est un fleuron, ça, non?CD.: Tu sais, les fleurons, du moment que tu t'asseois dessus, ça pique.Dans ce métier-là, tu ne peux pas t'asseoir longtemps sur tes lauriers.On a dit: c'est l'année de Clémence! Pis avant de partir pour l'Italie, j'ai fait une tournée; une organisateur m'a engagée par téléphone.Je le connaissais pas Je me suis fait avoir pour trois mille piastres.Y'avait pas de monde parce que la publicité avait été mal faite.Un succès à Québec, pis le lendemain, à Lévis.y'avait soix: ante personnes dans la salle.J'te dis que c'est ballotant, la gloire pis les fleurons.Après le petit théâtre de Laval où il y a eu très peu de monde, t'as beau te dire que c'est la qualité qui compte, ben, cinquante ans plus tard, ça fait rien.Vas-y.Desrochers, c'est la qualité qui compte! C'est aussi fou que ça.MM: Après l'Outremont, est-ce que ca té tenterait de faire une salle comme la Place des Arts?CD.: Non, j'aime mieux une salle comble, à ma mesure: c'est-à-dire avec des contacts proches.Ca, je le sais, c'est là' que je suis bonne: une grande salle où je suis isolée, moi, ça m'amuse pas.Je préfè- re une salle à ma mesure, où j'me casserai pas la gueule.Je comprends les formules de show où c'est ça qu'on aime.J'ai vu le show de Shirley McLaine, c'est extraordinaire! Elle est d'une souplesse, elle se déplace d'une façon.une vraie beauté! Elle est charmante, elle danse, elle est drôle, elle a beaucoup d'esprit.Moi, par exemple, j'aurai jamais quatre-vingt musiciens.J'ai pas assez de voix pour ça, j'vais me faire enterrer.Non, je connais ma force pis mon plaisir; je prends des salles moyennes comme l'Outremont.C'est grand mais chaleureux; l'intérieur me fait penser à un vieux bateau bien conservé, bien "shiné", ah! c'est beau! Je le referai.MM: Ton public est composé de qui en général?CD.: Maintenant, ils sont beaucoup plus jeunes.Je les trouve plus sévères mais s'ils aiment ça, c'est plus généreux comme relations.Pis j'aime ça, c'est un public qui me découvre, que je découvre.Je passe ma vie à me faire découvrir mais c'est très enrichissant et c'est comme ça que je me renouvelle.MM: Au début, quand j'étais adolescente, je t'ai suivie un bon bout de temps.Je te trouvais drôle et triste à la fois, tout à fait comme je me sentais aussi.Après, je ne t'ai plus suivie.Maintenant je te revois complètement différente.C'est dû à quoi?CD.: Ma carrière est bien mouvementée parce que moi aussi, j'ai laissé et repris souvent.Alors, les gens ont fait la même chose.Je suis pas constante pis si tu décides que tu fais seulement des shows, t'as pas le temps de connaître autre chose.J'aime beau coup le spectacle mais je n'aime pas que ça.je peux vivre autre chose.Pis un moment, la vie publique, parler constamment de moi.j'en ai jusque-là.J'ai le goût d'aller voir au dehors.MM: Est-ce qu'il y a eu des moments où tu aurais eu le goût de tout lâcher?CD.: Oui, souvent, parce que j'aime é-normément les contrastes.Je peux pas faire quatre cents spectacles comme fait Yvon Deschamps, par exemple.Il faut aimer ça.Moi.je trouve ça trop dure, c'est pas une vie! MM: Mais ton gérant doit s'arracher les cheveux si tu ne suis pas ta carrière comme vedette?CD.: Ah! mon gérant, c'est ma blonde, ça fait que.je te l'organise.Non.elle me connaît pis elle est bien d'accord quand je veux arrêter.MM: T'es quoi comme signe?CD.: Sagittaire.On a eu un bien bel été.MM: Parle-nous encore de quand tu étais petite fille.CD.: Exécrable! Je faisais beaucoup de théâtre pour mes petites amies.Les premières années d'école, j'étais bien braillarde, j'cassais mon crayon, je pleurais: les religieuses allaient chercher mes grandes soeurs pour me consoler.Elles me trouvaient ben tannante pour ça.Mais rendue dans la cour, j'étais la reine de la cour mais toujours avec des bébés plus jeunes que moi.Là.j'inventais des jeux.Jouer dehors, ah! c'a été ma matière forte.Je faisais des parades.Ma grande obsession aurait été d'être enfant de choeur, alors j'attachais des canisses après des cordes pis je me faisais un encensoir.Y'avait nos voisins, les Emond, pis quand on a découvert que le père s'appelait Armand, on a fait courir une farce, on l'aimait bien, on l'appelait Arman-démon.MM: C'a été quoi, la religion, pour toi?CD.: Ah! c'a été très intense.J'allais faire mon chemin de croix à l'église mais vers la dixième station, à chaque fois, j'avais envie de pisser.J'aimais aussi l'odeur de l'église.Y'avait un vicaire qui jouait de l'orgue, on aurait dit qu'il se défoulait, enfin, pour moi petite fille, c'était extraordinaire.Mes parents n'allaient pas souvent à l'église pis ça me faisait bien de quoi.Mon père nous faisait accroire qu'il allait à la "messe des pompiers".Dans ce temps-là, on savait pas que ça n'existait pas.MM: As-tu été pensionnaire?CD.: Ah! oui.deux ans! J'ai-tu haï ça: Tellement que j'ai fait de l'eczéma, pis à Pâques, on m'a sortie de là.Je détestais tellement cette vie-là que j'étais toujours en christ: une cloche pour se lever le matin, une cloche pour aller manger le midi, une cloche pour s'asseoir, une cloche pour se lever.Après avoir été libre comme comme je l'avais été chez nous.Mes parents nous ont toujours laissés si libres à la maison que le régime du couvent a été terrible.Les soeurs! une surtout qui ne m'aimait pas.Ah! elle, j'en ai fait des cauchemars pendant des années.! MM: La transition entre l'école et la vie, ça s'est fait comment?CD.: Quand j'ai commencé à fréquenter le milieu des comédiens.Après le Conservatoire, pour me faire accepter d'eux, je faisais la drôle.Tout le monde disait: "Clémence est-tu folle!" Alors, j'ai eu à soutenir cette réputation, imagine! J'étais assez épuisée à un moment, j'ai arrêté ça, c'était effrayant.J'étais continuellement en représentation.Maintenant j'ai compris que je n'avais pas besoin de ça.MM: As-tu commencé à jouer tout de suite à ta sortie du Conservatoire?CD.: Non, j'ai commencé à faire les couloirs de Radio-Canada.Tu sais, il fallait aller se présenter dans les petits bureaux et dire: "Je suis Clémence Desrochers, je sais faire telle et telle affaire".J'ai fait un monologue là-dessus d'ailleurs, un de mes premiers: Ce que toute jeune débutante devrait savoir ou mon entrée à Radio-Canada.par Christine l'Heureux et Sleepy.MAINMISE AOÛT 1976-7 l'écttaito^ • ACHAT W^ VENTE-ECHANGE Dl SQUES USAGES LIVRES ( SCIENCE FICTION ET POLICIERS)^ ARTI SAN AT QUEBECOI S 3706 St-Denis Metro Sherbrooke TÉL.: 849-1913 recherche' Minai auquebeo* 4l7st-pierre suite 49 montreal H2Y 2M4 tel 849 9704 5 NUMEROS par année abonnement: étudiant $ 8 régulier $10 institution $15 REVUE D'INFORMATION SUR LES CULTURES ET L'ACTUALITÉ AMÉRINDIENNES SS3 \ / Complétez votre collection LIBRAIRIE I DES FEMMES 375 Est de I; j rue Ra"hel (coin Saint-De nis).843-6273.LE CINÉMA OUTREMONT MON CINÉMA. ENTREVUE AVEC UN PUSHER MM: D'après toi, qu'est-ce qui s'en vient pour le Québec dans les cinq prochaines années?Z: C'est pas joli joli! Actuellement, le Québec, je le vois comme ceci: premièrement, c'est le village gaulois d'Amérique.On est au nord, on est six millions contre à peu près trois cent millions d'anglophones.C'est Astérix en Amérique.Astérix pis Obé-lix.Malheureusement Panoramix est interdit de séjour.Pas le droit de fumer du "pot" dans le boutte.On le fait pareil.Le Québec?Depuis trois ans, on boycotte, on saborde, on sabote l'éducation à tour de bras.Depuis quatre ans, on s'est évertués à nous endetter à outrance.Depuis deux ou trois ans, on a dirigé tous les travaux collectifs, manufacturiers, industriels, publicitaires etc.sur les Olympiques.Après les Olympiques, ben, automatiquement, on est endettés jusqu'aux oreilles, on est une bande d'ignorants.La génération qui s'en vient, la génération passée aussi bien, partiellement; on est en chômage, l'armée est déjà installée; la police est en place; les droits acquis par les Québécois à la Confédération leur sont retirés un à un, comme ceux de l'Hydro-Québec et d'autres.Ce que je vois d'ici deux ans, c'est une tutelle fédérale et l'anéantissement graduel du Québec par l'arrivée d'une multitude de ressortissants étrangers "dumpés" ici et la suppression de nos droits en tant que canadien-français, en tant que majorité minoritaire de ce pays.MM: Quel intérêt le fédéral a-t-il à faire ça?Z: S'emparer de nos richesses naturelles et avoir à sa portée six millions d'individus prêts à travailler pour des pinottes en fonction de survivre, non de vivre.MM: Mais est-ce qu'il n'y a quand ftême pas eu dans la conscience québécoise un ré* veil?Puis est-ce qu'il n'y a quand même pas actuellement des mouvements qui s'amorcent, et un grand nombre de mouvements?Z: Oui mais qui ne sont, pour le moment, que voués à l'échec.MM: Pour quelle raison?Z: Pour la simple raison qu'un parti ou une armée sans armesest inutile.Et un parti sans argent est comme une armée sans armes.Comme le capitalisme a déjà tout noyauté par les multinationales, il n'y a plus de place pour les nouveaux partis ou les nouvelles idées.C'est toujours le même jeu, les mêmes règles du jeu dont on n'a fait que changer le costume.MM: Mais est-ce que c'est même pas par des armes autres que les armes militaires que nous avons une chance de nous en sortir?Z: Ici, on pourrait dire qu'il y a des armes autres que les armes militaires comme l'indifférence, l'union psychique, mystique ou ésotérique de groupes.Malheureusement, tout ça ne fait que mener au sectarisme, ce qui, par le fait-même, devient négatif.MM: Pourquoi dis-tu ça?Quelle expérience en as-tu?, Z: A combattre une chose que l'on veut existante mais qui, en fait, n'est qu'une illusion, on s'illusionne soi-même, on se laisse prendre au piège.C'est ce qu'on peut appeler les tentations du monde.MM: Est-ce que ce n'est pas un peu simpliste comme analyse?Z: Non.Si moi, j'arrive devant toi et te dis que je suis Dieu, qu'est-ce que tu me réponds?MM: Dis-tu "je suis" dans le sens du verbe être ou du verbe suivre?Z: Les deux à la fois.Ta contre-question ne fait que démontrer que chacun a le droit le plus absolu à sa prétention, dans le respect le plus absolu de la prétention d'au-trui qui, en fait, n'est que sa vérité.pas la tienne.Si Monsieur Bourassa entre ici et te dit qu'il est le premier ministre, que lui réponds-tu?MM: Ben, ça dépend.S'il est venu porter une subvention.Z: La raison pour laquelle tu réponds ça dépend simplement du fait qu'avant que moi je te dise que je suis Dieu, personne n'aura reconnu ma prétention.Tandis qu'avant que ANONYME- PARTIE) Bourassa te dise qu'il est premier ministre, il y a trois cent mille individus qui ont reconnu sa prétention comme étant leur vérité.De là ton doute à savoir si ce n'est que prétention de sa part que d'affirmer avoir autorité sur toi pour te dicter ta conduite.MM: Dirais-tu que tous les.systèmes politiques procèdent de cette façon-là?Z: Oui, définitivement.MM: Est-ce qu'il y aurait eu à ce moment-là, dans l'histoire, une société s'il n'y avait eu aucun système politique, quel qu'il soit?Z: Il n'y aurait définitivement eu aucune société.Mais il y aurait une une christ de belle humanité, par exemple.MM: Ca fonctionnerait comment?C'est quoi, ta vision?Z: On fonctionnerait sur des principes de libre choix, de libre échange et de libre er.treprise.Nous aurions un gouvernement unique au service d'un pays réel et non d'un "melting pot".A ce que je sache, mon corps n'a qu'une seule tête.Nos fonctionnaires régulariseraient l'immigration et les naissances à notre avantage, ce qui n'est pas le cas actuellement.Nous serions maîtres de nos richesses naturelles et pourrions, en réduisant les impôt d'environ 75% et les taxes actuelles, par élimination des multiples gouvernements et organismes qui nous sucent, doubler les budgets d'aide sociale et aussi créer le ministère du Revenu Annuel Garanti, et ce, seulement avec les profits des ventes de nos produits qui, actuellement, ne font enrichir les étrangers et les collaborateurs du système.De plus, dans notre pays, nous n'aurions qu'une langue officielle, la nô- tre.* ' MM: Est-ce que nous ne sommes pas déjà dans un système de libre entreprise?Z: Pour moi, la libre entreprise, c'est le droit de prendre une graine de "pot", la semer, cultiver le plant, le récolter et le vendre à qui le veut.Ici, nous n'avons pas ce droit, selon la loi.Et toutes les autres formes d'entreprise, si non interdites, sont soumises à une multitude de lois, de règlements, de contigentements, de contrôles, de paperasseries et de taxes qui nécessitent un capital de fonds énorme sans parler des appuis politiques et des crédits bancaires pratiquement obligatoires.Ce phénomène d'ingérence étatique interdit la libre entreprise au simple citoyen, ça va de soi.MM: Mais pour en revenir à la question des armes, je pense que nous avons ici une position assez claire vis-à-vis de ça.Disons qu'on est contre toute forme de violence, sans pour autant être pour la non-violence, c'est à dire sans tomber dans l'autre extrême.Z: Je suis contre toute forme de violence mais je crois quand mêmes aux vertus de la violence.Il n'y a pas d'autre possibilité, dans le sens rationnel du mot.Si nous voulons combattre le système qui cherche à nous subjuguer ou à nous enlever notre liberté ou nous soumettre à ses idées, à ses préjugés, à sa conception des choses, à sa conception de la morale et de la bonne marche des choses, à sa conception de la paix, de la justice et de la liber*é (qui en fait ne se décrit que par la soumission à ses règles et à son profit), on est voués à la faillite.Le jour où la population sera éveillée en tant qu'individus et que l'individu refusera de reconnaître, la prétention des prétentieux, il n'y aura plus ni premier ministre, ni roi, ni pape.Parce qu'aucune prétention ne pourra tenir devant l'homme qui est vraiment homme.MM: En fait, c'est contre l'autorité du père que tu en as.Z: Exactement.Toute forme de paternalisme doit être bannie de la planète.MM: Mais est-ce qu'une société peut exister sans police, au sens où, par exemple, le corps humain doit avoir à l'intérieur un système d'immuno-défense pour se protéger?Z: Je n'inclus pas la police dans les données politiques dont je parle.Je crois à une certaine forme de politique, mais pas une politique titrée.Je crois à des administrés, des fonctionnaires au service de la population, au service des deniers de la population, de son bien-être mais je ne crois pas à des prétentions humaines qui visent à un pouvoir, un droit ou un privilège d'autorité sur les autres en fonction de soumettre ou subjuguer une population entière, ou d'intimider ou terroriser une population.La police est nécessaire dans le sens où la police agit à titre de démon du diable.Si personnellement, j'ai l'intention de commettre un meurtre, j'engendre en moi le démon du meurtre.Et éventuellement je devrai faire face à la projection de ma propre conception.La société veut que ce soit la police qui soit appelée à personnifier le démon de l'individu.MM: D'où le nombre élevé de suicides chez les policiers, comme chez les psychiatres.Mais la relation entre le maître et l'esclave, c'est quoi à la racine.En descendant plus creux, elle tient à quoi cette relation-là, elle vient d'où?Z: De l'intérieur de l'être.C'est intérieur à l'être humain.MM: Ca tient à quoi?Z: Aux besoins créés sur soi-même.Chez moi, est-ce mon corps qui domine l'esprit ou l'esprit qui domine le corps?Je conçois mon corps être le serviteur et l'esclave de mon esprit.En remerciement de ses bons services, je lui fais la gratuité d'un bon repas, d'un bon joint, d'un bon vern de vin.Je satisfais l'oeil autant que l'oreille que le toucher, à titre de salaire à mon serviteur.Si, par contre, c'est mon esprit qui est soumis à ma bête, mon esprit se voit constamment contraint d'être à la recherche de l'alcool ou de l'héroine ou de l'opium.ou d'une relation sexuelle, ou d'un taponnage, ou d'exhibitionnisme exigés par U bête.L'Esprit accepte, dans certains cas, de le faire pendant un certain temps, mais un jour se dissocie; à ce moment-là, l'homme ne pouvant plus s'identifier à son propre esprit doit automatiquement se mettre en esclavage, sous la domination de l'esprit de quelqu'un d'autre.Le gouvernement, ou un patron.De lui-même, il ne peut plus rien.MM: Comment expliquerais-tu, par exemple, dans ce schéma-là, que l'homme essaie de prendre le contrôlable la nature?Z: C'est que, n'ayant pas^conscience de sa propre individualité, cherchant à se maîtriser lui-même, s'identifiant à la nature, il cherche à dominer la nature pour se maîtriser lui-même.MM: C'est une forme de nàiveté alors?Z: Oui, d'infantilisme, définitivement, parce que la nature, comme l'animal, est au service de l'homme et non l'homme au service de la nature et de l'animal.L'homme qui cherche à domestiquer la nature est en retard de deux mille ans.La nature est au service de l'homme: L'homme n'a qu'à lui ordonner et elle obéit.C'est entendu qu'il y a une question de temps.Si je sème des carottes aujourd'hui, je ne les récolterai pas demain.Chaque chose nécessite un temps de croissance.MM: On parle.on parle.Est-ce que qu'on s'embranche dans les données québécoise?Z: Si vous voulez.MM: Actuellement, quelles sont les sources d'approvisionnement du pot au Québec?Z: Voilà, jusqu'il y a deux ans, ça venait surtout du Mexique.Ensuite, on a eu très MAINMISE AOÛT 1976-9 peu de ce qu'on appelle des "thai sticks", des bâtons thaïlandais qui sont faits dans les monastères bouddhistes de Thaïlande et qui sont ensuite transportés à Bangkok puis, de là, exportés à Vancouver ou Los Angeles ou San Francisco, généralement par des soldats américains.On a eu un peu de ça.Mais depuis deux ans, en fait, c'est le colombien qui est le gros vendeur.Du colombien qui vient en général de Carthagène ou de Santa Martha.MM: Quel est le réseau par lequel cette mari pénètre au Québec?Z:Colombie-Miami-Montréal.MM: Il y a beaucoup d'individus impliqués là-dedans?Z: Normalement moins qu'actuellement.C'est fonctionnel à des conjonctures très précises.Les Olympiques ont lieu, la frontière est fermée, les corps 'policiers sont doublés, l'armée a posté une multitude d'hommes à Montréal.Et la police a subventionné une multitude d'informateurs, de délateurs, à créé des réseaux d'information à n'en plus finir, pour sauver la face pendant l'envahissement étranger durant les Olympiques.Normalement, je dirais qu'il y a entre vingt et vingt-cinq grossistes à Montréal.Actuellement, il y en a peut-être trois ou quatre en opération.MM: Peux-tu décrire en gros l'opération qui se fait du champ jusqu'au consommateur.Z: Du champ jusqu'au consommateur.D y a d'abord un réseau d'Américains qui se compose de deux ou trois individus dont un est pourvu en capitaux, c'est-à-dire possède un bateau ou un avion.Celui-ci se rend à Santa Martha, se fait introduire, si ce n'est déjà fait, auprès des Indiens.Ca se fait toujours par intermédiaire parce que c'est assez dangereux de ce côté-là.D achète une récolte complète qui est transbordée de nuit, par chaloupe, à bord d'un bateau qui attend au large des côtes, à quatre ou cinq milles au large de Santa Martha, soit à l'est, soit à l'ouest.C'est dirigé généralement vers St.Peterburg ou Tampa, débarqué de nuit sur les plages puis entreposé.On attend les acheteurs qui sont généralement des gens de Pennsylvanie ou de l'état de New-York ou du Québec qui descendent à Miami, s'introduisent dans les réseaux, soit à Tampa, soit à St.Petersburg, soit à Miami par le club de nuit Le P'tit Québec, de réputation internationale.Ensuite, la marchandise est camouflée où il se doit et traverse la frontière pour être apportée à Montréal.Une fois rendue à Montréal, dans les environs, l'importateur téléphone à ce qu'on appelle le "dealer", lui dit la quantité qu'il possède, la qualité et le prix du gros et le "dealer" prend en général entre deux à trois semaines pour redistribuer le stock à vingt ou trente intermédiaires qui, eux, redistribuent aux "pushers" qui vendent au détail sur le marché local.Sur un lot d'environ cent livres arrivant de Miami, rien ne va quitter la région de Montréal.Sur cinq cent livres, il y en a peut-être cent à deux cents qui vont prendre la direction de Québec.Et sur mille livres, il y en a environ la moitié qui s'en va en Ontario.MM: La province est donc plus ou moins dépendante de Montréal à ce niveau-là?Z: La province se ravitaille complètement à Montréal.MM: J'aimerais savoir, moi, c'est quoi les prix réels actuels du "pot".Z: Les prix réels du colombien, un colombien doré rendu à maturité, va se payer $350.00 la livre pour cent livres à Miami et se revendre ici entre $550.00 et $600.00 pour dix livres.MM: Et une qualité supérieure, comme par exemple le sinsemilla, ça se vend combien?Z: Nous n'avons jamais eu que quelques livres de sinsermilla à la fois et certaines se vendirent mille dollars.Pour moi, ça vaut pas ça.MM: Comment expliques-tu l'augmentation générale des prix?Z: Par l'inflation il y a trois ou quatre personnes qui entrent en ligne de compte.Il y a ce qu'on appelle le "runner", celui qui va conduire l'automobile et qui doit défrayer les dépenses du voyage, l'essence de l'automobile, les motels, les hôtels.Consider* que ça prend trois jours.Ensuite, il y a l'entrepôt qui, souvent, pour des questions de sécurité, est indépendant du circuit et qui doit être payé au mois par un "fixe" mensuel assez élevé.Ensuite, il y a aussi celles du distributeur et du grossiste.MM: D'après toi, est-ce que c'est le crime organisé qui contrôle le marché du cannabis?Z: A ma connaissance, au Québec, c'est faux, totalement faux.Tous les réseaux, les réseaux criminels en tant que tels, ceux-là qui contrôlent la prostitution, le trafic d'armes, le trafic des chimiques, qui ont tenté de toucher au cannabis se sont, un jour ou l'autre, fait avoir pour la simple raison que le cannabis est un monde beaucoup trop ouvert et toléré, justement pour permettre à la police de se diriger dans d'autres zones.On se sert de petits fumeurs comme dénonciateurs, à leur insu, sachant très bien qu'une personne qui est "stone" et qui est fleur bleue parle beaucoup mais agit peu et va souvent, dans ses prétentions, dire certaines vérités concernant les autres.De là qu'on tolère beaucoup le cannabis.MM: N'est-ce pas aussi parce que c'est moins payant pour eux que, par exemple, le trafic de l'héroine?Z: C'est moins payant dans le sens qu'il n'y a aucun assujettissement chez la clientèle.La clientèle des cannabinacées peut, à n'importe quel moment, dire: "Bon ben.j'en prends pas", et eux rester pris avec des stocks en ayant gelé des capitaux énormes.Quelqu'un achète cinq cent livres de mexicain; le mexicain n'est pas bon, personne n'en veut.Le gars qui l'a acheté ne peut pas le retourner.C'est un marché noir, il n'est pas question de retour.A ce moment-là, le gars vient de geler cinquante à soixante mille dollars de capital.Il ne peut plus bouger pendant six mois-un an.Il est obligé de vendre à perte.Personne n'est intéressé.Eux, ce qui les intéresse, c'est les gros profits rapides.Il faut que le client revienne automatiquement par la terreur ou la nécessité.Dans le "shylock", par exemple, l'emprunteur revient par la terreur, l'acheteur d'héroine revient par la nécessité.C'est des clients acquis.MM: D'après toi, depuis quand est-ce que les Québécois contrôlent le marché?Z: Il n'y a aucun contrôle réel du marché.MM: Mais depuis quand le réseau québécois actuel est-il organisé?Z: 1967.L'année 1967 a été l'année cruciale au niveau de la prise de conscience de l'existence de la marijuana par les Québécois.En 1970, c'a été la prise de conscience par le gouvernement du non-danger en rapport avec la santé nationale.MM: C'est du Rapport LeDain dont tu parles?Z: Oui.C'est depuis ce temps-là que c'est en partie toléré.MM: Qu'est-ce qui fait que finalement c'est si cher.On trouve que le marché est assez libre dans un certain sens.Si ce n'est pas la mafia qui le contrôle et si le gouvernement ne s'en mêle pas trop qu'est-ce qui fait que les prix sont si élevés?Z: C'est que si la tolérance est acquise au Québec, elle ne l'est pas dans les pays d'où les cannabinacées viennent.Ni en Colombie, ni aux Etats-Unis.Aux Etats-Unis, tu te fais prendre avec cent livres de marijuana, il n'est pas question de possession, c'est automatiquement trafic et c'est dix à quatorze ans de prison avec des amendes de cinquante .H soixante mille dollars.Les personnes qui font le trafic de marijuana comme profession font peut-être deux, trois, quatre passes par année à cause des risques trop élevés d'amende et de pertes parce qu'au moment où on saisit la mari on saisit en même temps les automobiles, les montants trouvés etc.MM: Ca dépend d'abord du pays où ça se passe?Z: Dans tous les pays, c'est la même chose.Et, à ce moment-là.les pertes sèches sont énormes.Alors les gens préfèrent prévoir, prévenir que guérir MAINMISE AOÛT 1976-10 MM: Qu'est-ce que tu penses de la loi canadienne sur le cannabis?Z: Je l'accepte pour ce qu'elle est actuellement.MM: Pburrais-tu la définir?Z: C'est une loi simple qui laisse très bien entendre que le cannabis est toléré en autant qu'il n'y ait pas de commerce mais que, par contre, il est maintenu illégal pour forcer l'individu à prendre par lui-même une décision, ce qui provoque l'individualité.Ca, c'est évidemment une donnée du gouvernement fédéral.Le gouvernement provincial s'oppose à ça.MM: Ce n'est pas de la science-fiction, ça?Z: Ce n'est pas de la science-fiction.C'est un vouloir d'évolution de la part du fédéral.C'est qu'on sait, au fédéral, qu'on se dirige, ou bien vers une société de loisirs, ou bien vers une société totalement déché-ante.On préfère aller vers la société de loisirs que la société qui pourrait suivre les Olympiques.La société des loisirs implique une liberté absolue au niveau du libre choix de ses satisfactions personnelles.Pour éduquer le peuple, on ne peut pas, du jour au lendemain, dire que c'est légal et illégal ou que c'est illégal et légal.Si on donne une période de dix ans de tolérance et si, après, on légalise le "pot", il n'y a pas une sainte Jflri M' " ligue du Sacré-Coeur ou des Dames de Sainte-Anne qui pourra se lever alors pour s'y opposer.MM: Est-ce qu'il n'y a pas une contradiction dans ce que tu dis?Tu parles d'une société des loisirs, tu parles de données concertées du gouvernement fédéral cherchant à favoriser l'épanouissement de l'individu en préparation de ça mais, en même temps, y'a quand même un christ de paquet de chômeurs.Ces gens-là ne sont-ils pas justement ceux qui pourraient accéder beaucoup plus rapidement que d'autres à une société des loisirs?Or, il n'en est rien.Z: Justement, le fait qu'on tolère la marijuana, c'est qu'on leur permet déjà d'accéder à ça.MM: Oui mais les chômeurs sont loin de tous fumer.Z: En effet mais beaucoup de ceux qui fument de la mari, parmi les jeunes surtout, en font aussi le commerce au détail et survivent sans créer de traumatisme dans la société dans laquelle ils sont, s'ex-cluant du groupe des chômeurs pour s'inclure dans le groupe des "pushers" qui vivent en marge de la société par leurs propres moyens, sans rien réclamer au gouvernement.Enlève totalement la mari du marché et tu vas avoir d'un seul coup un paquet de nouvelles inscriptions au chô- mage.MM: Un syndicaliste sauterait probablement complètement à ce que tu dis là parce qu'effectivement, au Québec, il y a un problème de chômage.Je ne sais pas si les gens se sont eux-mêmes mis dans cette position-là mais le gouvernement semble vouloir les maintenir là où ils sont en ce moment.Z: Oui, pour créer plus tard ce qu'on appelle une main-d'oeuvre à bon marché advenant le fait que la société des loisirs foire.MM: Ce serait quoi ce système-là?Ca correspond à quoi pour toi?Z: La société des loisirs correspond pour moi à ceci: une société dans laquelle il y aurait un service civil obligatoire pour tous les citoyens entre dix-huit et vingt ans, dans le sens du service public.Autrement dit, chaque individu serait, si l'on peut dire, appelé à travailler pour l'état pendant trois ans.Après ces trois ans, il aurait droit à un montant forfaitaire mensuel pour le reste de ses jours.Si, plus tard, il veut avoir un surplus en rapport de ce montant-là, qui équivaut aux nécessités premières de la vie, il devra travailler deux, cinq, dix ou vingt heures, mais pas plus, par semaine, soit à des travaux privés, à de l'artisanat ou autre chose.En- tretemps, la notion de travail aura disparue.On possédera son temps.Aujourd'hui, on ne possède pas son temps.MM: C'est la notion - même du travail que tu remets en question là?Z: Totalement.Dans cette société-là, ce serait sept ans d'école primaire, cinq ans d'université, trois de service civil, pratique, expérimental pour former le citoyen.Ca ferait partie de l'éducation globale de l'individu.Lui apprendre à se servir de ses mains, de sa tête, à se donner aux autres, à servir son entourage, tout en se servant lui-même, en servant lui-même, en ne s'excluant jamais totalement lui-même.MM: En posant l'échange comme base fondamentale.?Z: Comme base fondamentale de toute transaction humaine, de toute relation humaine.MM: D'après toi, c'est ce qui s'en vient dans le futur?Z: C'est définitivement possible.C'est bien sûr que si ça se passait du jour au lendemain, il y aurait un ressac terrible qui nous foutrait tous dans un chaos pendant deux ou trois ans avant que ça se stabilise.Mais ça peut quand même être réalisé dans une période de temps assez courte.C'est officiel qu'il y a certains groupes qui prétendent à une supériorité ou une sectarisme quelconque du fait de se concevoir élus, supérieurs ou différents ou tout ce que tu veux, n'accepteraient pas d'emblée cette théorie-là, parce qu'elle est à leur détriment.Ils doivent revenir à l'égalité de leur prochain.MM: A l'intérieur de ce sytème politique tel que tu le définis, disons d'une façon pour le moins visionnaire, c'est quoi pour toi l'argent?Z: L'argent.?C'est pas grand'chose.En fait, c'est un moyen d'échange, un agent neutre d'échange qui se situe parmi des dizaines d'autres.Quand on veut obtenir quelque chose, on peut le demander, le recevoir, le prendre, le voler (malgré que ce n'est pas à conseiller), se le faire donner, le trouver, le cultiver, le fabriquer, le modifier, le transformer ou l'acheter.L'argent n'est qu'un moyen.La société veut nous le faire concevoir comme étant un but final mais, en fait, ce n'est qu'un moyen qui représente le pouvoir créateur de l'homme transmuté dans une forme rationnelle, tout simplement.MM: En dehors de toute anarchie et toute dictature, quel nom donnes-tu à ce système poli tique-là?Z: On pourrait dire que ce serait, s'il faut lui donner une étiquette, de la démocratie réelle: chacun ayant le droit d'être le démon de sa propre prétention en accordant le même droit à son prochain.Ce qui veut dire que nul ne pourrait prétendre à une autorité sur quelqu'un d'autre.MM: En rapport de tout ce que tu as dit, ça correspond à quoi pour toi l'évolution spirituelle que subit actuellement l'humanité?MM: Ca se définirait comme ceci: l'évolution tend vers une seule chose: la maîtrise de la matière par l'esprit, la maîtrise de l'esclave par le maître.Autrement dit, la maîtrise de son corps par son â-me, la maîtrise de son corps pour sa raison, la maîtrise de ses sens par sa raison.Le jour où j'aurai réussi à identifier tous les aspects négatifs de ma projection, j'aurai réussi à maîtriser la matière et je serai débarassé de toutes servitudes existentielles et terrestres.MAINMISE AOÛT 1976-11 MAINMISE PSI-130 MAINMISE PSI-132 m MAINMISE PSI-173 MAINMISE PSI-133 .MAINMISE PSI-134 MAINMISE PSI-171 r MAINMISE PSI-l 70 .à ALLO1.ALLO ! OVIDE !!.AN bONJOUR!.NON, JE REN-TRAIS JUSTEMENT.IL EST SEULEMENT NUIT NE URE S.J'AI REÇU PLUSIEURS CARTES CE MATIN, IL Y EN A UNE DE LITTLE DIOMEDE ISLAND.C'EST DANS LE DETROIT DE 5 ERING ENTRE L'ALASKA ET LA SlbERIE.NON.NON.NON.QUOI D'AUTRE ?.COM- b/EN ?.VIVALDI, VERDI.SCHU- MANMNON.C'EST PAS GRAVE.OUI.JE SERAI LA POUR NEUF NEURES.A TANTÔT!.C'EST UN MATIN POUR REVER] E T CROIRE QUE RIEN.RIEN D'AUTRE N'EST VRAI QUE LES /MAGES DE NOTRE MÉMOIRE.ET CE LIVRE QUI EST RENTRÉ AME CLES CARTES.IL VIENT DE MARIE JEANNE ET DE JACQUES.A PARIS.CE LIVRE ESTIMPRI-, MÉ GRÂCE A UN PROCÉDÉ INVENTÉ PAR UN ALLEMAND ¦SUR DU PAPIER INVENTÉ EN CEI/NE.SES CARACTÈRES SONT UNE VARIANTE ROMANO - ÉTRUSQUE DE LA FOR -ME GRECQUE D'UN ALPHA -bET COMMUNIQUÉ PARLES PHÉNICIENS U!.MAINMISE PSI-135 MAINMISE PSI-136 MAINMISE PSI-169 DE TOUTES CES MORTS, AUSSI TOUT EN FAISANT SEMbLANT DE DORMIR ELLE ETAIT RES TÉ AUK AGUETS.PLUS TARD ELLE LE VIT LEVER] LA MAIN ET ENLEVER LE bANDEAU DESTINÉ A APLATIR SON FRONT, PUIS SORTIR DU PANIER QUI ÉTAIT SON bERCEAU ET QUITTER LA MAISON.EN LE VOYANT AINSI LA FEMME NE DOUTA PLUS ,0N VOYAIT QU'IL ÉTAIT EN QUÊTE DE SAN& ET QUE POUR EN ObTENIR IL FAISAIT UN TROU DANS LE FLANC DES GENS.IL GRANDIT ET DEVINT UN UEUNE HOMME IL TUA SON PROPRE ONCLE ET SA MERE NE RÉUSSIT PLUS 'A DISSIMULER LA VÉRITÉ.LA UEUNE FEMME LE DIT A SON PERE QUI RÉUNIT ALORS LE CONSEIL ET RÉVÉLA CE QUE SA FILLE AVAIT DIT.RASSEM-' HEZ-V0U5, GUERRIERS VOUS ALLEZ TUER MON PETIT-FILS, Aio r\ ]QUE DESORMk/ MAIS UE NE \ f h* RECONNAIS \m\PLU5 COMME I fj\TEL.ÉN VE RITE, C'EST \ LUI QUi SÈME LA MORT PARMI NOUS.LES GUERRIERS S'APPRETENT CFIACUN PRENANT SA LANCE .LA UEUNE MERE ÉCLATA EN LARMES .SUR LA PLAGE ET COMME SON FILS S'APPROCHAIT DEL -LE ET LUI DEMANDAIT-'POURQUOI PLEURES-TU71 {ELLE LUI DIT 'DANS UN INSTANT TU SAURAS POURQUOI JE PLEURE'.AU MÊME MOMENT LES GUERRIERS.IL S'EN DEbAR-RASSA ET S'ENFUIT PANS LA FORET.IL PARTIT DÉFINITIVEMENT DANS LES bO/5.ATTEIGNAIENT LA PLAGE ET SE PRECIPITAIENT SUR LUI EN AGITANT LEURS LAN-CES.MAIS IL NE MOURUT PAS.TOUTES LES LANCES LE TRANSPERCERENT ET RESTÉ ¦ RENT PLANTÉES EN LUI.MAIS.JMAIS JE M Al PAS LE CNOIX NOS {CONDITIONS DE TRAVAIL SONT PRI flAITIVES ET TOUT LE MONDE A \PEUR DE LEFFORT.API1 SI UE \POUVAIS DESSINER POUR MARC FAVREAU" I .1 ~ - ^ 4 JEUNE NOMME C'EST COMME ÇA LORSQU'ON EST PRÉCURSEUR ON EST LES PREMIERS A RECE VOIR LES COUPS ON TÂTONNE DANS LE NOIR ÉTON COMMET DES ERREURS QUI SERVIRONT D'EXEMPLES A NOS SUCCES -SEURS.QUI AURONT VITE FAIT DOUbLIER ET DE DÉPASSER NOS bALbUTIEMENTS.OUI MON GARÇON C'EST COMME ÇA MAIS IL FAUT LE FAIRE ^AVEC COURAGE' 3k JE VEUX blEN TE CR01RE.CONS-TANT MAIS UE SU/5 TROP EGO-CENTRIQUE POUR PARTAGER TES SENTIMENTS .TROP VULNERAbLE POUR ÊTRE UN PIONNIER.UE SUIS TRÈS RECONNAISSANTACEUX QUI M ONT DONNÉ LA CUANCE DE REALISER LE PREMIER TRUC POUR PÂMÉS DU (GENRE ET JESPÊREQUE LEUR GÉNÉROSITÉ SERA TOUT AUSSI INDULGENTE QU'AbONDANTE1 ET PUIS UENE M APPELLE PAS ALEX NINO OU DE ZUNIÛA JE TRAVAILLE COMME JE PEUX.DANS UN PAYS QUE TU CONNAIS! bON'.ALORS A blEN-TÔT ET bONNE JOURNÉE1., S MAGIQUES, OUVREZ CETTE PORTE'! DIRE QUE JE SUIS PARRAIN!! SALUT GU-DRUN'JEVAIS CPER CHER DU PAPIER.Kl //v\ 1 ES T~ MAINMISE PSI-137 ÉÉÉÉMÉÉÉÉÉ MAINMISE PSI-168 o D'AUTANT PLUS QUE » C'EST UN PAYS QUI COMMENCE A SE TROUVER.JE ME DEMANDE SI ON VA SE TROUVER AUTRE UIQSE QU'UN.SENTIMENT RE- c WIT AU NATIONALISME.JLY'ENA QUI.AULIEU DE SE CHERCHER UNE PATRIE DEVRAIENT COMMENCER PARSE TROUVER.'5A6IT PAS SEULEMENT DE PRENDRE LES MOYENS POUR ObTENIR CE QU'ON VEUT.IL S'ACIT DESAVOIR SI CE QU'ON VEUT EST CE QU'IL FAUT.OUAIP!MAINTENANT IL ME FAUDRAIT DES FEUILLES NON-LIGNÉES.A TROIS TROUS.MAIS ILS N'ONT RIEN DANS CE WUû'L PA5 MEME UN DON PAPIER1FIOUF ' .PUIS COMMENT POURRAIENT-ILS SAVOIR QU'EN ÉTUDIANT LA NATURE ILS ARRIVERAIENT A DEPLUS GRANDES CONNAISSANCES ETA UNE MEILLEURE APPROCHE DE LA SAGESSE.D'AILLEURS.EST-CE QUE JE'LE FAIS, MOI-MÊME?.DE LA THÉORIE A LA PRATI QUE.IL VA UN PAS.AU MOINS JE SAIS QUEL PAS FAIRE.COMMENT?.C'EST AUTRE CHOSE \N00O !'.!.ME Y LA REPARTI A VOULOIR CHANCER LE MONDE'.FAUDRAIT PAS QUE JE ME PRENNE POUR UN AUTRE ' DAUTANT PLUS QU'AVEC DES DESSINS.MAINMISE PSI-138 QUI ÉTAIT MORT D'UN TROU AU FLANC.DONT ON IGNORAIT LA CAUSE.UN JOUR PASSA ET CE FUT UN AUTRE.AINE AUSSI.QUI MOURUT LA MERE REMARQUA ENSUITE DU SANG SUR LES ONGLES DE SON NOUVEAU-NE ELLE COMMENÇA 4 j >) -Il A SOUPÇONNER )av> \ QU'IL ÉTAIT LA CAUSE (Il MAINMISE PSI-167 MAINMISE PSI-166 A MAINMISE PSI-139 MAINMISE PSI-164 MAINMISE PSI-141 £57" blEN PROCHE DE L AMOUR.CES A PARFOIS UNE ÛRÀ CE D'ÊTRE HEUREUX.ET UN DEVOIR1 UN HOMME DIGNE DE CE NOM S'ATTACHE AU bON-HEUR O o o COMME À UN MÂT PAR SALE TEMPS POUR SE CONSERVER A LUI-MÊME ET A CEUX QU'IL AIME.C'EST UN DEVOIR DE S'ACCROCHER A LA VIE.UNE GÉNÉROSITE MAINMISE PSI-163 MAINMISE PSI-162 MAINMISE PSI-143 MAINMISE PSI-144 MAINMISE PSI-161 MAYANIMA , TU COURS COMME UNE CHEVRE DE MONTAGNE.JE TE SUIS.SANS SAVOIR OU JE VAIS, J'IGNORE ENCORE CE QUI 5ÉST PASSE.JE MARCHAIS CALMEMENT LORSQU'UNE CALE -CHE VENUE DE JE NE SAIS OU, FILE A TOUTE ALLURE, UE ME RETROUVE DEVANT LA GRILLE D UN JARDIN ET JE RAMASSE UN bIRMAN, A-LORS LES MYSTERES COMMENCENT¦ D'AbORD LES PORTES QUI S'OUVRENT TOUTES SEULES,.ENSUITE, UN.VENT.HALLUCINANT.ET ME VOILA ASSIS PRÈS DE TOI.TRANSFIGURÉ.SANS MES VÊTEMENTS, SANS MON SAC, VÊTU D'UNE PEAU.ET TU ME DIS QUE NOUS DEVONS DESCENDRE DANS LA VALLÉE D M^OlXM' .ALORS7A-LORS JE VEUX blEN CONTINUER DANS LE MYSTÈRE Â CONDITION DE CONNAITRE LÉS RÉGLÉS DU JEU."7 DE5 REGLES 7 DES RÈGLES.IL N YEN A PAS' ET PUIS TU LE RETROUVERAS TON SAC,IL TE PERMETTRA MEME D ACCOMPLIR UN MIRACLE PAR JOUR.ICI .TUES MS LE MONDE DE TES PHANTASMES, DANS LE ROYAUME CHIMÉRIQUE .LE bERCEAU DES RÊVES.JE NE SUIS QU'UNE ILLUSION COMME LE RESTE ET JE CONNAIS MON bUT TE GUIDER SUR LE CHEMIN DU RETOUR, ET TROUVER UN CHAT SANS QUEUE.ALORS, TOUT SERA CLAIR, TOUT SERA A SON TERME ET TU AURAS LA CLEF DU MYSTÈRE; ALORS.PREPARE-TOI A VOYAGER DANS LE PAYS DES MYTHES ET DES CLICHÉS.MAINMISE PSI-145 ÉMÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉtl MAINMISE PSI-146 MAINMISE PSI-159 MAINMISE PSI-158 MAINMISE PSI-147 MAINMISE PSI-156 MAINMISE PSI-1S4 MAINMISE PSI-151 MAINMISE PSI-152 MAINMISE PSI-153 MAINMISE AOUT 1976-37 ___________________________________1 BULLETIN DE COMMANDE (A remplir et à retourner à MAINMISE, 1589 St-Denis, Montréal Que).Bulletin d'abonnement.de Réabonnement.— Abonnement pour un an (12 numéros).$ 8.50 — Abonnement pour deux ans (24 numéros).$17.00 NOM:.ï:u- ADRESSE:.VILLE:.PROVINCE:.CODE POSTAL:.(Abonnements pour l'étranger: 1 an $10.00 ou 50FF Par Avion, doubler le prix.Paiement par mandat-poste international seulement).J COMPLETEZ VOTRE COLLECTION: Complétez votre collection en commandant les numéros qui vous manquent No 1 à 6.épuisés No 7 à 20 (sauf 8).$2.00 chacun.No 21 au dernier paru.$1 25 chacun.Dix numéros au choix à partir du no 21.$10.00 La Dope (tout sur le pot).épuise Embarque mon amour i Pierrot Légen.$2 50 Les Chômeurs de la mort (Claude Péloquini.$1.00 Comix No 2 (Robert Crumb pour adultes seulement! $1 00 Comix No 3 iGotlid.Mandryka.Bretecher Pour adultesi.$1 00 Le J>*t>J.'y, tfat-orel [u Hwt^tl^ v«*r ^ V?.$9.95 Je désire recevoir.Je désire obtenir la collection complète des Editions Mainmise au prix spécial de $50.00.HoiJTez.vite.' c'es-A SGRertetfr ha coh- \ Ci' ArNCttWS I MAINMISE AOÛT 1976-38 NAISSANCE DU C.H.A.R.:LES HOMOSEXUELS ET LA LOI "Nous sommes des projections de votre inconscient, l'incarnation de vos pires craintes." Martha Shelley 1897, Magnus Hirschfeld fonde en Allemagne le premier mouvement de libération homosexuelle, sous le nom de Comité Humanitaire Scientifique.Revendiquant le retrait du paragraphe 175 du code criminel allemand condamnant les actes homosexuels entre adultes mâles consentants, Hirschfeld crée à Berlin, en juillet 1919, l'Institut pour les Sciences Sexuelles destiné à l'étude des phénomènes sexuels, comprenant plusieurs bureaux de consultation, une librairie ainsi qu'un service de tests pour l'élaboration statistique de l'information.Le 6 mai 1933, en pleine montée nazie, les étudiants et manifestants envahissent l'Institut, s'emparent des documents de recherche qu'ils brûleront avec le buste d'Hirschfeld.square de l'Opéra.Quelques années plus tard, Hitler parquera des milliers d'homosexuels dans des camps de concentration afin de les y torturer et éliminer.1934.les staunistes arrêtent à Moscou.Leningrad.Kharkov et Odessa les artistes et autres éléments soupçonnés d'homosexualité, les emprisonnent ou déportent en Sibérie pour les y exterminer.1948, en Californie, nait la Mattachine Society, premier groupe homophile important auquel se rallieront, en 1950, le groupe modéré Daughters of Bilitis.1960, nous assistons, à San Francisco, à l'éclosion de la Société pour les Droits Individuels tandis qu'à Los Angeles, Henry Hay organise une manifestation de protestation contre l'exclusion des homosexuels des forces armées.1969, une descente de police effectuée au Stonewall, bar de New-York, sous prétexte d'infraction à la loi sur l'alcool, provoque des bagarres durant près de trois jours, les clients résistant et se vantant ouvertement d'être homosexuels.A la faveur de l'agita-tation qui suivit ces bagarres fut créé le Gay Liberation Front et, en novembre, parut le journal Come Out.Le combat s'amorce.Kinsey, publiant, en 1948.son rapport ae-sormais célèbre, révélait que 37% des hommes américains blancs avaient eu au moins une expérience homosexuelle poussée jusqu'à l'orgasme, lS'"r avaient eu des rapports tant homosexuels qu'hétérosexuels au cours d'une période d'au moins trois ans tandis que 4r; étaient exclusivement homosexuels, 107< des hommes blancs et 6' ; des femmes blanches aux Etats-Unis avaient surtout des relations homosexuelles durant une période considérable de leur vie adulte, ces pourcentages étant également répartis dans toutes les classes sociales.En se basant sur ces données, le Canada compterait environ 1,795.000 homosexuel dels.Statistique le Canada compterait environ 1.795.000 homosexuel (le)s.Statistique Canada recensant, en juin 1974.11,216.000 hommes et 11,229.400 femmes, ce qui constitue un des groupes minoritaires les plus importants du pays.L'oppression des homosexuels se manifeste, au Canada, sous des formes innombrables.La Charte des Droits de la Personne des diverses provinces canadiennes qui assure la protection des droits civils de la plupart des groupes minoritaires ne s'applique pas aux homosexuels.Nous n'avons donc aucun recours légal dans les cas de discrimination qui surviennent au niveau de l'habitation, de l'emploi et de l'accès aux services publics.De plus, certaines législations du gouvernement fédéral permettent implicitement la discrimination envers les homosexuels tandis que d'autres préconisent effectivement celle-ci.Le Bill Omnibus de 1969, révision des articles du code criminel concernant la sodomie et la grossière indécence, ne servit qu'à suspendre les sanctions punitives à l'égard d'activités accomplies entre deux personnes consentantes de plus de vingt et un ans et à l'égard des couples mariés de tous âges.Le code stipule que l'âge de consentement pour s'adonner à des actes hétérosexuels en privé entre des adultes consentants est de dix-huit ans et quatorze ans, dans certaines circonstantes; pour des activités homosexuelles équivalentes, l'âge est de vingt et un ans.Plusieurs parties du code criminel ayant trait aux délits sexuels, à la grossière indécence et aux délinquants dangereux sont si vaguement formulées qu'elles permettent des arrestations sélectives, notamment celles d'homosexuels masculins.La Loi sur L'Immigration refuse aux homosexuels le droit de séjour au Canada, soit à titre d'immigrants, soit à titre de visiteurs (on se rappelle l'interdiction de séjour signifié, à Jean Genêt).On enlève souvent aux parents homosexuels le droit à la garde de leurs enfants pour le simple motif de leur orientation sexuelle.i * I ï li3 !,,;' : '.Ui"'""S -Ér* iïïi'iWi - ' f Dans le domaine de l'habitation et du logement, maints propriétaires refusent de louer des locaux à des associations homophiles ou à des individus qu'ils croient homosexuels.Quant aux services publics, la presse écrite du Canada refuse souvent d'accepter de simples annonces pour le compte d'associations homophiles.A cet effet, un précédent mérite d'être souligné: le Vancouver Sun ayant refusé de publier une annonce du Gay Tide, journal homophile de Vancouver, vient d'être reconnu coupable de discrimination sans motif et contraint de payer une amende de $500.00 pour dédommager le Gay Tide.En Ontario, le député libéral Margaret Campbell a déposé une résolution à L'Assemblée Législative demandant l'inclusion des termes "orientation sexuelle" dans le Code des Droits de l'Homme de l'Ontario Reconnaissant que la discrimination envers les homosexuels existe dans le monde du travail, plusieurs syndicats ouvriers canadiens ont été incités à négocier en vue de l'inclusion des termes "orientation sexuelle" dans les clauses "non discriminatoires'' de leur contrats.Dans l'emploi, les homosexuels sont particulièrement vulnérables à la discrimination, les employeurs ne citant pas ouvertement l'homosexualité comme motif de renvoi alors que la plupart des homosexuels ont peur de déposer une plainte officielle, craignant nuire à leurs chances d'obtenir d'autres emplois.Des cas flagrants, comme celui de John Damien, en février 1975, commissaire aux courses congédié par la Commission Hippique de l'Ontario parce qu'il est homosexuel avec confirmation de Charles McNaughton, président de cette commission (voir le Globe and Mail du 15 février 1975) de même que celui de Doug Wilson qui, le 22 septembre 1975, se voyait refuser le droit de superviser le comité élèves-maîtres du système d'école publiques de Saskatoon dans le cadre de ses fonctions universitaires à cause de sa participation publique aux activités d'un organisme homosexuel ne constituent qu'un début de liste d'exemple de discrimination dans l'emploi.A l'Université du Québec à Montréal, les professeurs votèrent en faveur de la même inclusion dans la charte des droits de la nouvelle convention collective.Malgré ces efforts de libérisation.on trouve encore au sein même de la Fonction Publique fédérale et des Forces Armées des lois carrément anti-homosexuelles.Le paragraphe de l'Ordonnance administrative des Forces Canadiennes 19-20 (déviation sexuelle-enquêtes, examens médicaux et mesures à prendre) se lit comme suit: "La ligne de conduite militaire ne permet pas de garder les pervertis sexuels dans les Forces Armées", alors que la Commission Royale d'Enquête sur la sécurité stipule, dans la section 100 du rapport, que: "Les faits démontrent que les homosexuels en particulier attirent l'attention des services secrets des puissances étrangères.De plus, par suite des faits portés à notre connaissance, nous sommes enclins à croire qu'il est plus' facile de compromettre les homosexuels, surtout certains types, que des personnes menant une vie sexuelle normale.Cependant nous pensons qu'il faut examiner chaque cas à la lumière des circonstances qui l'entourent.En général, nous ne croyons pas que des relations homosexuelles durables qui auraient lieu à l'heure actuelle soient des motifs suffisants pour qu'on refuse d'employer un individu dans la Fonction Publique ou qu'on lui refuse une habilitation qui ne lui permettrait d'avoir accès qu'aux informations des plus bas niveaux de classification.Toutefois, nous sommes d'avis que, dans l'intérêt des homosexuels eux-mêmes comme dans celui de l'Etat, il ne faudrait pas les recruter s'il existe la possibilité qu'au cours de leur carrière, ils aient besoin d'une telle habilitation, pas plus qu'il ne faudrait les nommer à des postes délicats à l'étranger".En d'autres termes, les politiques discriminatoires créent le milieu dans lequel naît le chantage.Si nos instances gouvernementales n'énoncent pas des politiques abolissant toute discrimination fondée sur l'orientation sexuelle dans la Fonction Publique canadienne, nombre d'individus continueront à vivre dans la clandestinité et l'angoisse.Cette discrimination, omniprésente dans le quotidien, s'accompagne aussi de persécution et de répression dans le milieu même où évoluent les homosexuels .Le "monde gai" devient, spécialement depuis ces derniers mois, une cible pour la police montréalaise.Le commencement de ce "nettoyage" olympique (selon les propos de la C.U.M.) date de février 1975 où l'on as-, siste à des centaines d'arrestations, de descentes régulières dans les bars homosexuels, les saunas, les parcs quand on n'intimide pas les homosexuels prenant du soleil en bande dans les lieux publics l'après-midi.S'inscrivant dans une tentative de faire disparaître tous les homosexuels, les marginaux, les immigrants politiquement engagés, les clochards qu'on emprisonne maintenant pour trois mois de sentence "post-olympique'.les activités des; mouvements de gauche qu'on harcèle généreusement histoire de fabriquer une image léchée d'un Montréal International pro- pre et.vertueux.Formé le 20 mai dernier, à la suite d'une recrudescence des attaques policières contre la collectivité homosexuelle de Mont réal, le C.H.A.R.(Comité Homosexuel Anti-Repression) organisait le 19 juin une première manifestation où plusieurs centaines d'homosexuels descendaient dans la rue pour crier leur mécontentement contre les abus du pouvoir et revendiquer leurs droits à la liberté.Cette première action publique réunissait des participants des divers Fronts de libération homosexuels du Canada, des groupes homosexuels d'action politique, des ligues socialistes-ouvrières et autres supporters.Conscients que la répression contre l'homosexualité s'inscrit dans un phénomène global de répression des droits individuels et sexuels, produit d'un système social étroit maintenant à coups de Franco-Fête.d'Exposition Universelle, de Célébration de la Saint-Jean, de Jeux Olympiques, ses citoyens dans l'imbécillité heureuse, je préjugé congénital et la sclérose institutionnalisée afin qu'ils ne s'assument jamais dans ce qu'ils représentent de constructif, de valable et de magique, les homosexuels luttent et lutteront pour leur liberté dans l'élargissement de la conscience totale.î '"Au moyen-âge, quand on brûlait les sorcières.les Inquisiteurs ordonnaient aux bons bourgeois (tous des hommes, bien sûr) de tirer de prison les pédérastes enfermés de les lier ensemble par grappes de les jeter ensuite avec du bois aux pieds de la femme et d'y mettre le feu pour allumer un bûcher assez infâme pour brûler une sorcière.Les morceaux de bois ainsi rassemblés étaient appelés "fagots" et c'est ainsi qu'on appelait tous les pédérastes et c'est ainsi qu'on nous appelle encore en souhaitant notre extinction, notre complète extermination, l'androcide et le gynocide étant leur seule réponse à tout blasphème hérétique contre une virilité donnée par Dieu." Flaming Faggots Collective Mort plutôt à l'inhibition, aux tabous, aux préjugés de la bêtise! Place aux papillons de la nuit Et que dansent et s'embrassent Dionysos et Apollon! Jean-Guv Prince MAINMISE AOUT 1976-39 LA SANTÉ: DE LA MALADIE Le 4, 5 et 6 juin 1976 se tenait au Centre d'Art du mont Orford un Colloque interdisciplinaire sur la Santé, organisé par la revue CRITERE, en collaboration avec le Collège Ahuntsic de Montréal.Le thème du colloque: POUR UN NOUVEAU MEDICAL, à la recherche des priorités dans le domaine de la santé.Selon son indefatigable organisateur, Jacques Dufresne, directeur de la revue Critère, "il s'agit d'un colloque sur la santé, non sur la médecine." La distinction était utile d'autant plus qu'elle allait être difficile à maintenir, comme nous allions l'apprendre.Le colloque fut un grand succès, d'une grandeur tout intérieure.Nous eûmes beau parler de santé, lentement se faisait jour en nous que c'était le déroulement du colloque lui-même qui était le véritable sujet ou contenu du colloque.La santé, c'était la façon dont le colloque nous entraînait tous les uns à découvrir les autres, malgré les différences.Deux cents personnes venues d'un peu partout, véritable coupe transversale de la société québécoise.Voici des extraits épanouis d'une longue conversation que Michèle Favreau, Christian Allègre et Georges Khal eurent sur le colloque.Le colloque a été 1' exemplification merveilleuse de ce que pouvait être un village où les gens se parlent.Un colloque, c'est en fait un village idéal d'une certaine manière, c'est un consensus d'une force que personne ne conteste.Aucune angoisse à se demander constamment: de quoi s'agit-il, qu'est-ce qu'on fait?Par exemple, au cinéma, le consensus est évident, on est ici au ciné-et on regarde l'écran et tout le monde au courant et tout marche très bien parce qu'il n'y a aucune ambiguité.Dans certains endroits un vague malaise circule: personne ne sait ce qui se passe vraiment, ou ça change trop rapidement: le consensus est constamment dérangé.Mais au colloque d'Orford, c'était parfait.Si un village vivait comme un colloque constant, ça serait assez extraordinaire.Il faut dire qu'il y avait cette situation assez spéciale (par rapport à d'autres colloques) que c'était à la campagne, que les gens vivaient ensemble, mangeaient ensemble, avaient les mêmes activités, les mêmes horaires.Les gens se découvraient sans arrêt.Le plus remarquable, c'était le degré de maturité des interventions personnelles, le côté responsable, autonome, conscient, direct, les plus belles "vertus" qu'on pourrait espérer du citoyen! Plus la dimension du fait que ce sont les années '70, et que nous sommes en '76 et qu'à ce stade on peut commencer à prendre conscience de ce qu'est la décade "70: il y a la conscience de passer à un autre niveau, il y a un degré de franchise, d'ouverture, et comme symptôme premier de cela, il y a le mouvement des femmes.Celles qui sont intervenues au colloque le faisaient avec un côté direct, franc qui en disaient long sur leur degré de conscience.De plus en plus les gens disent ce qu'ils-el-les pensent et ce qu'ils-elles resentent.Et au colloque, ça été très apprécié par tout le monde.Lorsque qui que ce soit intervenait et disait ce qu'il-elle pensait d'une façon directe, simple, honnête, ouverte, tout le monde était impressionné.C'était moins la définition du rôle social qui passait que les qualités humaines de chacun, et à cause de cela, les gens se nourrissaient des bonnes vibrations des autres."Ca me donne beau- vitrations des autres."Ca me donne beaucoup d'espoir pour le restant,que le Québec fasse qu'il y a des gens comme cela, qu'il y en ait beaucoup, qu'il y en ait partout.et ils ne sont pas nécessairement là où nous, par préjugés de groupes sociaux, on va penser qu'y sont, tsais." Ils n'étaient pas nombreux, 200, dimension raisonnable, un nombre de gens suffisamment restreint pour qu'il se passe quelque chose justement.L'organisation était trippée: juste assez de structure pour que l'essentiel du roulement se fasse sans heurt, tout était programmé et prévisible, repas, que l'imprévisible puisse se produire, pour qu'une synergie émerge et que les libertés et les différences trouvent "intérêt à opérer et plaisir à coopère*".A la fin du colloque, la dernière conférence était celle de Fernand Séguin.Il a critiqué d'abord la rencore sur deux points: pas d'ouvriers présents et pas de victimes de l'industrie ou de la médecine présentes.Silence dans la salle.De la culpabilité et du moteur.(On présente Séguin: chercheur infatigable, pédagogue invétéré, rends assimilable ce qui est difficile.) Il a ensuite fait l'ébauche d'une pensée québécoise dont le pro pre est d'êtres la synthèse de plusieurs courants.Et ici c'est vrai qu'on est au courant, on le dit assez, une vrai plaque tournante où les flus viennent se rencontrer, se mélanger, et, on le suppose, se reconnaiî-tre.Souvenez-vous de: Je Me Souviens.Plus loin: il est difficile de définir la santé qu'on oppose toujours systématiquement à maladie.Séguin dit: y faut pas.Il faut que l'on arrive à une analyse des systèmes-vivants-en-tant que-ensemble-de-relations-complexes.Il y a des frontières où les bords se brouillent, et finalement c'est des système de régulation dont on doit tenir compte.Ce qui existe c'est un continuum dynamique entre la santé et la maladie.Comment disait-ils ça."un réseau de fréquen- ment disait-ils ça."un réseau de fréquences qui sont modulés avec un bruit de fond qui peut être pathologique".Appareil encrassé."C'est ça, où la santé serait musicale, et la maladie un bruit de fond".De la maladie à la mélodie.Bruits de parasites, ta radio est mal syntonisée.Ben oui.Il ajoute: la spécialisation est mortelle.Lorsqu'on privilégie un outil, on voit alors tout l'univers sous cet angle: "pour le marteau tout est clou".Il a même proposé que la médecine se branche sur la Théorie des Castastrophes de René Thom, que les interventions médicales soient purement d'ordre péricatastrophiques.Plus loin: redistribution du savoir et du pouvoir, nouveau contrat social.Il a même proposé et lu un manifeste pour les médecins, c'est à dire que les médecins eux-mêmes prononceraient."Nous, médecins, sélectionnés sur.et connaissant.blablabla.nous ne savons rien.On s'attend à beaucoup trop de nous et nous ne sommes absolument pas cette fausse i-mage de grands-prêtres." Un manifeste ET JE GEMECCiE 0t£N L-E PROFESSEUR KTl-UôeMSCW-rR(JPF; &(ZÂC£ Â L'APPACElU ÇU'il.M'A ÔREFFÉ J JE PEUX Â NOUVEAU) VIVCE COMME.UN HOMME MORMAL !.où les médecins s'humilieraient publiquement.Selon Séguin, ce geste d'humilité publique de la part du corps médical serait un aiguillon pour la conscience publique.D'abord ça libérerait les médecins d'un poids énorme, et ça permettrait au public de se prendre en main: on va aussi s'aider nous-mêmes.Dans un atelier: Comment peut-on s'arranger pour que les humains génèrent socialement leur propre santé.Quesuons de modèle of course.C'a n'est jamais remis en question, mais on pourrait penser que tout est en place pour ça, car finalement beaucoup de ces gens présents questionnaient.Des'réponses venaient.Trémollières, superbe viel homme, par exemple: "Il faut approcher la réalité de façon globale et comprendre qu'elle est un ensemble multifac-toriel et interdépendant, sans référence extérieure à lui-même et régise uniquement par la loi interne de l'harmonie entre des différences." L'écologie de l'intérieur.Et il ajoute qu'il faut retourner à la vision de l'enfant."L'enfant, il a la relation immédiate, il comprend sans les mots." Dans un grouper, nous dit ce viel homme, si vous voulez savoir ce qui se passe, bien il y a certains individus qui le savent, ce sont les enfants."Moi j'ajoute qu'au-delà de la formule, il y amoyen pour tout le monde de retrangolan-ter en nous l'enfant, c'est de toute façon l'enfant en nous qui sait si l'autre ment ou non.Un brittanique trè drôle parle d'évaluation des autres médecines, celles d'autres, des anciens."Et je me suis rendu compte qu'il voulait surtout faire passer toutes ces médecines différentes par leur modèle épis témologique à eux, ce qui est une erreur finalement, bien entendu.Car il faut totalement changer de grille.Mais ils veulent pas, car ça enfreint le modèle géocentrique qui règne encore là: il te faut un point de gravité, tu peux pas flotter, c'est pas possible, il faut toujours que tu partes d'un point de gravité, une planète, pour être obligé d'y revenir.Tu peux peut-être t'imaginer ailleurs, mais toujours à partir de ta base de lancement.C'est à partir de là que tu vas juger les autres; même si tu te te mets dans la peau des autres, c'est toujours à partir de toi que tu te mets dans la peau des autres.On en sort jamais alors, on en sort absolument jamais." Mais.mais.mais.Mais si on juge toutes les épistémologies à partir de l'amour, alors il y a un avantage pour tout le monde.Et on plus pour nous, il y a l'avantage de le savoir.Nous, un rôle possible, c'est d'être un méta-message sur tout ça, et savoir qu'on est un méta-message généré à l'intérieur de tout ça.C'est trop compliqué par boutte tout le trip civilisé, et nous on a la chance de ne pas avoir trop de bagage culturel, ou plutôt, moins conditionné hermétiquement, on n'a pas été formé par toute une série de.nous on est peut-être la molécule qui change, nous sommes dans une phase où le code se restructure.C'est l'fun pour nous, car à ce moment-là on peut voir autre chose, mais pour la masse de la connaissance officielle, je veux dire, Wo la jument! les charlatans et la superstition c'est sérieux.Alors là c'est le moment incroyable et grandiose.C'est le problème classique: t'imagines une maison où il y aurait cent personnes qui y vivent.Tout à coup on fait circuler la rumeur qu'il y a une personne traître là-dedans.Alors ne sachant pas qui, tout le monde devient coupable, tout le monde est susceptible de l'être, et si tu installes une police pour retrouver à tout prix cet agent perturbateur, tu vas tout détruire la maison pour être bien sûr que tu as détruit le coupable.Comme au VietNam: détruit et raser les campagnes et les forêts pour être bien sûr de ne pas avoir manqué l'ennemi.Comme la pénicilline qui détruit toutes les bactéries d'une région ou du corps pour bien s'assurer que quelques-unes sont mortes.Comme le disait Lewis Thomas, C'est le problème de certaines maladies infectieuses où le Pentagone de l'immuno-défense réagit avec une telle violence à quilques agents perturbateurs qu'ils détruit tout, soi-même compris.C'est la sécurité totale, finale, la peur portée à sa plus grande expression.Un technocrate sympathique des Services de la Santé parle.Trois difficultés majeures au niveau des politiques à appliquer.Les relations complexes entre le Ministère de la Santé et les autres services/ministères.Communiquer la stratégie dans tout le ministère et aux corps impliqués dans l'application, comme les médecins par exemple.Sassurer de la participation efficace de la population, car si les gens ne marchent pas.la politique elle sert pas à grand chose.Je me retrouve, comme pour regarder nos traces.Qu'est-ce qu'un colloque?une réunion signalétique et sémantique d'auto-évaluation: les traces d'un système (nous) se rencontrent et décident de projeter leurs différentielles en un unité qui est leur Sommation.Comme j'apprécie votre différence et vous sait gré et respect d'apprécier et respecter la mienne.GK.MAINMISE AOÛT 1976^0 Remise en cause de l'institution médicale et du rôle du médecin.Mis à part le Dr Jean-Paul Escande, auteur d'un livre sur les médecins, qui n'a pas épargné ses confrères, la remise en cause a été surtout le fait des aides médicaux, des professions para-médicales.Les infirmières, bien sûr, mais pas seulement, des directrices d'écoles, des éducatrices, et même une femme-médecin.Des femmes principalement.Il y a une grande tension en ce moment entre les infirmières et les médecins.D'abord à cause des grèves, mais aussi à cause de tout ce qu'elles remettent en question, à commencer par l'autorité personnelle du mé decin, son prestige de mâle, de sorcier dont on ne remet pas en cause les connaissances.Il devient de plus en plus évident que les médecins sont dépositaires, dans leur immense majorité, d'un savoir très limité, et l'erreur vient du fait que les gens croient qu'ils en connaissent beaucoup plus.La majorité des gens veulent voir en leur médecin un mage, mais c'est une bête très rare, le mage.Ca pose évidemment tout le problème de savoir ce que c'est un médecin.Pour sa part, le Dr Escande aimerait - il l'a dit pendant le Colloque - que les patients soient plus informés des limites des médecins.Il semblerait d'ailleurs qu'une portion des médecins souhaiterait lâcher cette position de prestige, de thaumaturge, parce que finalement c'est lourd à porter.Ils préféreraient qu'on les respecte comme des gens qui font une job, le plus honnêtement du monde.Mais cette position est très ambiguë, car elle est traversée de part en part par le paradoxe qu'on ne veut pas que les médecins fassent une job «impie; on veut qu'ils aient des rapports très humains avec nous, qu'ils soient donc, finalement, des sorciers.D'une part, on leur demande d'être extraordinaires, de soigner, de soulager de sauver.On ne veut pas qu'ils fassent une job mécanique, brancher la machine, tâter le pouls et dire: vous avez telle ou telle maladie.D'autre part si un médecin joue trop l'art, on lui dit: vous vous prenez pour un grand sorcier, vous vous prenez pour le bout du monde.Il se fait traiter de paternaliste.Il y a eu un atelier où on a accusé la série télévisée de Marcus Welby, le médecin de famille par excellence, s'occupant de la vie de ses patients dans tous ses détails, une espèce de personnage sucre blanc partout.Et pourtant c'est ça qu'on veut.Donc quoi qu'il fasse, le médecin est critiqué, du moins dans les deux excès contraires: le super-thaumaturge et le super-spécialiste.La définition de la santé.Pas grand-monde la connaît.C'est un concept intuitif.Pendant le colloque, un certain nombre de définitions ont circulé, par exemple le concept d'adaptation.Le chauffeur d'autobus de New York est adapté par rapport à New York, est en santé par rapport à New York; il ne serait pas adapté à un village d'Islande.Le professeur Dubos, principalement, a insisté là-desus; un ours polaire dans une région tropicale n'est pas adapté; il meurt.Un paysan du Danube en plein centre de New York non plus.Dubos a souligné que la médecine est un symptôme humain pur.Il n'y a pas de médecine chez les animaux.Les animaux sont toujours en bonne santé pour 3 raisons : 1) Trop vieux, ils meurent; 2) trop malades, ils sont abandonnés par leur groupe et meurent; 3) Déficients génétiquement, ils sont abandonnés, éliminés et meurent.La santé suppose donc: 1) adaptation dans le milieu; 2) faculté de fonctionner confortablement et efficacement; 3) adaptation au développement.Dubos dit que la personnalité génétique humaine en fait un être a-dapté à l'environnement des Hauts Plateaux de l'Afrique Occidentale; autrement dit qu'on est fait pour vivre en zone semi-tropicale, dans la savane.Et ceci n'a jamais changé depuis 30,000 à 50,000 ans.La température à la surface de la peau des Esquimaux est la même que celle des autoch- tones des tropiques, la même que la nôtre, quels que soient les moyens employés pour la préserver: vêtements, maisons, chauffage, igloo, air-conditionné.L'idée de Dubos, c'est que la santé est un "mirage".La santé parfaite est impossible chez les humains, car au lieu de s'adapter biologi-quement, comme les espèces animales et végétales, ils ont transformé l'environnement (ce qui donne une très grande liberté de vivre dans une grande diversité de milieux) mais cette adaptation n'est jamais aussi parfaite que l'adaptation biologique.George lui demande: mais tout de même, est-ce que les Amérindiens ne sont pas un exemple extraordinaire d'adaptation à un milieu?Réponse: leur adaptation vient du fait qu'il n'y a pas presque pas de changement dans leur vie.La réponse est légèrement insatisfaisante parce qu'en fait la seule chose permanente dans la vie des Amérindiens, c'est précisément le changement.L'idéal de la santé ne peut pas se définir en soi.Il y a plusieurs genres de santé.Il y a l'adaptation aux conditions de vie qu'on choisit, il y a l'autonomie vitale.La santé dépend 1) de déterminants biologiques 2) des aspects sociaux, de l'influence du milieu; 3) de choix personnels qui surdéterminent 1).Il n'y a aucun concept de santé qui a tenu devant la détermination des humains de faire quelque chose.Sartre, par exemple, a voulu écrire sa critique de la Raison dialectique; il s'est rendu malade, il a pris des speeds, il a perdu la santé, il le savait, il l'a perdu pour écrire son livre Balzac s'est rendu malade pour écrire sa Comédie humaine.La santé est donc liée à l'intérêt.Tu es en santé POUR.Si l'on regarde le corps humain comme un instrument de musique, l'important est de le maintenir parfaitement accordé, sans quoi il ne peut se syntoniser avec les informations qui viennent d'un autre niveau de réalité.Pour les mystiques, le corps, en tant que temple, doit être maintenu aussi pur que possible (pour la musique), aussi disponible que possible (pour le Plan Divin).Il y a un point, à l'extrême, où tu es en santé pour être en santé: la joie de vivre, la qualité de vie, l'Harmonie.L'alimentation.Grande absente de ce Colloque, malgré la présence du Professeur Trémolières.Sa conférence "Diététique et art de vivre" a été absolument superbe, remplie de citations, plus exaltantes les unes que les autres, mais finalement il aiort peu parlé d'alimentation.Il a donné cette définition plaisante de la diététique: un exercice pour voir ce que l'on devient quand on met de l'ordre dans son comportement le plus personnel et le plus profond.La diététique peut être prise comme une voie puritaine (si je fais cela, je guérirai) ou comme une loi de bien vivre qui aidera à se découvrir soi-même.En fait cette définition, il ne l'a pas donnée dans sa conférence, je l'ai lue dans un texte qu'il m'a prêté la veille.Tout se passe comme si l'alimentation était la dernière chose qu'on acceptait de remettre en question.Tous les repas du Colloque, les six repas, fabriqués par un chef français, rivalisaient en hauteur gastronomique.Poisson et viande à chaque repas, midi et soir; des légumes "on the side"; de la laitue "iceberg"; aucun grand plat de légumes; aucun trip dans les assortiments du crudités; aucun fromage; six repas identiques, pas mal déséquilibrés.Entièrement centrés sur les protéines.C'est assez significatif que dans un Colloque sur la santé, dans un endroit comme Orford, en pleine nature, dans un endroit superbe, par beau temps.on n'ait pas pensé à organiser des repas qui aient valeur d'exemple aussi.Je pense que ça prendra encore beaucoup de temps avant que les médecins admettent l'importance de l'alimentation comme facteur de guérison.et comme composante de la personnalité.Autres Grandes absentes: les médecines parallèles.J'ai été frappé par le fait que pas une fois dans tout le colloque l'hégémonie qu'exercent les médecins sur les connaissances médicales n'ait été remise en question.Illich a été mentionné plusieurs fois, mais ses idées fort peu utilisées.Se soigner soi-même semble une entreprise truffée de dangers pour un médecin allopathe."On ne sait jamais ce que cache un symptôme" (paranoïa entretenue par les procès faits aux médecins qui se trompent).Un étudiant en médecine de Sherbrooke m'a demandé ce que c'était que l'allopathie; comme M.Jourdain il fait de la prose sans le savoir.A part pour Madeleine Préclaire ou Michel Tolosa (prof, de philo et littérature), la médecine (d'esprit hippocratique) des semblables semblait ignorée, ainsi que ses grands représentants comme Paracelse.Même chose pour l'acupuncture, la phytothérapie, et toutes les biothérapies.Ceci dit, le Colloque lui-même a été un événement plein de santé.D a été une rencontre blowante pour tout le monde.Il y avait beaucoup de santé parce que tout le monde se regardait, et était intéressé à communiquer.Pendant trois jours 200 personnes ont vécu autour d'un consensus, qui était de parler de la santé; toutes les différences étaient autant de richesses à mettre en commun.Certainement le fait que le Colloque avait lieu en pleine nature, que les gens étaient logés sur place, qu'il faisait très beau, a dû influer.Le même colloque à Sir George Williams aurait été très différent.Nous traitons la planète comme nous traitons notre corps; cela n'empêche, comme dit W.I.Thompson dans le dernier CoEvolution Quaterly, que si l'on veut bâtir un paradis technologique, à base d'acier, de béton et de verre, d'ordinateurs, on peut faire ça n'importe où dans la galaxie mais si l'on veut aimer, cette planète-ci est parfaite.CA.MAINMISE AOÛT 1976-41 CI-DESSOUS, UN CORPS HUMAIN REPRÉSENTÉ AVEC SES MÉRIDIENS LE LOltq DESQUELS CIRCULENT LE VlN ET LE VflKl^.Cl-DESSODÔ, UKI CORPS HUMAIN REPRÉSENTÉ TEL QU'IL EST VU PAR LA MÉDECINE TRADITIONNELLE OCCIDENTALE.Lfl DIFFÉRENCE FAIT SOURIRE. y en a qui appellent fa nous on appelle (a de l'énergie Gentil malheur de ne pouvoir parler que si peu et encore vous verrez que ce peu est moins que rien, de tous ces livres, Miam miam le réflexe immédiat et j'aimerais m'allonger sur chacun comme une caresse sur un relief particulièrement réussi.Impossible.Ces mois d'été sont impitoyables: nous n'avons droit qu'à ces maigres pages, n faudra donc énumérer et décliner les identités de ces livres, choisis parce qu'excellents ou intéressants ou hors de l'ordinaire, sans pouvoir trop les commenter et leur signifier l'admiration et l'intérêt qu'ils inspirent.Gentil malheur.A l'Aurore, nouvelle collection dirigée par Gilles Marsolais: Le Cinématographe, qui présentera des dossiers complets sur les grands films québécois.Par exemple, dans le premier titre, Rpjeannc Padovani de Denys Arcand, on trouvera des textes de présentation et de témoignages, des bio-filmographies, le découpage technique complet et les dialogues in extenso, des photogrammes tirés du film même, un choix de critiques, une bibliographie, et enfin des photos du tournage.Le format de la collection est très agréable à manipuler: 12" x 9".Le dossier de Ré-jeanne Padovani est une réalisation de Robert Lévesque.Longue vie à cette nouvelle collection.Chez Beaucbemin.les trois premiers volumes des Oeuvres Complètes de Claude Péloquin, couvrant la période 1942-1975, et qu'il a choisi d'appeler Le Premier Tiers.Deux autres volumes sont à paraître.On y retrouvera les grands textes fulgurants et pétés (prophétiquement pétés) de Péloquin: Manifeste Infra, Emissions Parallèles, Pour la grandeur de l'Homme, Manifeste Subsiste, etc.A relire pour la découverte, pour se rendre compte à quel point Péloquin était en avance sur son époque et lucidement branché sur des ondes que nous commençons à peine à percevoir.Deux livres sur un personnage controversé et hypocritement persécuté.Aux éditions L'Etincelle, Entretien avec Henry Morgentaler, de Sylvie Dupont et Catherine Germain.Aux éditions Quinze, Morgentaler, Assassin on héros?la passionnante histoire du défenseur de l'avortement, par Eleanor Wright Pelriae.Science fiction.Chez Denoel, collection Présence du Futur, le célèbre Sirius de Olaf Sta-pieton, no 212: Inferno de Fred et Geoffrey Hoyle, no 204; et La voix du maître de l'extraordinaire Stanislas Lem, no 211.De Lem aussi, chez Calmann-Lévy, collection Dimensions, Le Congrès de Futurologie, la même collection avait déjà publié Mémoires trouvés dans nne baignoire du même auteur, et Présence du Futur avait déjà publié Solaris, Le bréviaire des Robots, Cyberiade.Pour ceux qui trippent dans la communication d'intelligences dans le cosmos et les réseaux psycho-cybernétiques, Lem est une énorme crème glacée.Et enfin, chez Albin-Michel, collection Super-Fiction, Le Fulgur Gris de EE."Doc" Smith.Romans.Chez un éditeur insolite Le Sagit- taire, parution d'un roman dont on dit qu'il invente "une nouvelle forme de fiction après Joyce et Céline"' Le Purgatoire de Pierre Boutang.Chez le même éditeur, la réédition de ce que l'on considère être le meilleur livre sur la vie et l'oeuvre de Marcel Proust, écrit en 1935 par Léon-Pierre Quint, un des membres du merveilleux groupe Le Grand Jeu.Chez Folio, Love (Femmes Amoureuses) de D.H.Lawrence, en deux volumes.Ceux qui ont vu le film de Ken Russell et furent emportés par, trouveront grand plaisir à lire calmement et sans hystérie ce roman épique sur la "lutte des sexes".Chez Gallimard, collection Le Chemin, le quatrième roman de l'impossible et cosmique Jean Demélier (voir MM55) La constellation des chiens.Le début est épouvantable, la finale superbe, comme si l'un n'allait pas sans l'autre; auteur à suivre.Aux Editions France-Empire, un crypto-roman du fils de Henri de Monfreid ("La croisière du haschich"), Daniel de Monfreid: Journal de bord de Menocée, le phénicien.Chronique historique qui cherche à comprendre "comment les marins de l'Antiquité parvenaient à effectuer leurs lointaines navigations sans aucun des instruments que nous connaissons aujourd'hui/' Superbe et passionnant, Hérodote est à bord et la philosophie "matérialiste" de Démocrite y circule dans la nuit.Chez Flammarion, collection Connection, une oeuvre insensée de William Burroughs et Bryon Gysin: Oeuvre Croisée.C'est "le croisement et l'interpénétration des conceptions littéraires et plastiques de deux auteurs qui ne désiraient ne plus faire qu'un.On y nage dans le cut-up, le fold-in, les permutations, le montage, la saturation." On trouvera dans le dernier Tel Quel, no 66, été 1976, un texte de Burroughs: Cities of the Red Night, ainsi qu'un texte intitulé Biographie où Gérard-Georges Lemaire fait dialoguer (!) Burroughs.Ginsberg, Gysin.dans une sorte de découpage technique de film.Ailleurs et pourtant ici.Chez France-Empire dans la collection Les premiers matins du Monde, La Mystérieuse Pyramide de Falicon par Henri Broch."Une mise au point qui permet de découvrir à partir d'une authentique pyramide française la naissance et la vie de la forme pyramide." Chapitre très bien documenté et surprenant sur "Les pyramides dans le monde", n y en a littéralement partout.Chez Laffont, dans la collection Les énigmes de l'univers, Les druides, Science et Philosophie, de Paul et René Boucnet.Une chose certaine, il est inutile de situer ce livre sur le druido-celtisme à gauche ou à droite, mais on peut s'y baigner comme pour une noyade dans une totale grammaire vibratoire: combina -toire consciente des ondes.De rigoureux fragments sur une super-technologie à base de fréquences, proportions, rythmes et SONS.Danse et prudence.Dans la même collection, Connaissance des mégalithes, de Fernand Niel."Enigme de la préhistoire ".le mégalithe est le point pi mortel de lhistoire chronologique et de l'évolution humaine: le passé refuse de se laisser dompter.A moins de l'explorer différemment.Fernand Niel, expert du catharisme et de la civilisation mégalithique, approche par le côté du étonné séduit: par qui?pourquoi?quand?comment?Résultat, une somme voulue complète sur le sujet.Quand à la techinique.nécessairement prodigieuse pour élever certains de ces insen-sément énormes bétails de pierre, on se surprend volontairement à rêver du mariage entre une fée et un fait.Ecosystémique, cybernétique et guerre joyeuse des signes pairs et verts.Enfin, mon bien cher oeuf, un livre sur La Dynamique des Systèmes, principes et application, par Jacques Popper, aux Presses Universitaires du Québec en coédition avec les Editions d'Organisation et Ey-rolles.n suffit d'ignorer complètement les applications à l'entreprise, la piasse, l'industrie et d'en retenir l'aspect: outil à découvrir des boucles dans tout système en mouvement.Très belle première partie sur "les principes" qui sont beaucoup plus une esthétique du slapshot au bout-te et au fond du filet A synergiser avec Le Ma-croscope de Joel de Rosnay et toute contemplation active de nuages.La subversion par la bou- cle et le cycle.Retz a enfin publié (en '75, mais je le découvre maintenant) l'introuvable Théorie Mathématique de la Communication de W.Weaver et C.Shannon, publié en 1948-1949 et qui à la suite de Cybernetics de Wiener (gros baisers), allait révolutionner le monde si fragile des paradigmes scientifiques.Le chapitre de Weaver sur les aspects généraux et non mathémati-sés de la théorie est un chef-d'oeuvre de clarté et de calme où s'explique pourquoi l'information que transporte une phrase, .sa signification, est une fonction directe de l'entropie de ses signaux; que plus une phrase est précise, plus son information est improbable et plus sa negentropie est grande.Délicieux à apprendre dans un quiproquo grave et encore plus au spectacle de confusions communicationnelles s'amplifiant les unes les autres.Cas précis et limite où de vulgaires paroles réussissent à déplacer des souffleuses et agiter de la chair-et-os dans le phénomène rassurant du rire.Fanatiques de René Thom, réjouissez-vous et bénissez la revue Communications no 25 (Seuil) Dans ce numéro consacré à La Notion de Crise, un article de Thom sur Crise et Catastrophe, première chose à paraître de lui depuis son Modèles mathématiques de la morphogenèse UO/18) et son introuvable (c'est-à-dire seulement disponible en français à Toronto chez la succursale canadienne de la firme américaine Addison-Wesley!) Stabilité structurelle et Morphogenèse.Et ce n'est pas tout; des articles aussi de Jacques Attali, Emmanuel Le Roy Ladurie, Edgar Morin, entre autres, et de superbes "Notes sur quelques fragments d'Utopie" d'Henri Desroche.On retrouve dans ce numéro les grands moments du no 18 sur L'événement et du no 22 sur La nature de la société.Chez Fayard, collection Expérience et Psychologie.A la recherche de la mémoire de Georges Ungar.Les rapports entre la mémoire, le système nerveux, le cerveau et.la biochimie, dans une approche simple mais compacte.Ungar y explore les liens entre comportement inné et comportement acquis, mémoire héréditaire et mémoire acquise.Chapitre étonnant sur "Le codage des informations dans le système nerveux" où l'on voit des protocircuits neu-ronaux se combiner sous l'influence de l'apprentissage et donner naissance à des métacircuits."La mémoire dépend de la conservation des métacircuits." Emergent éventuellement le langage et le sens symbolique qui ne sont que d'hyper-complexes codes de codes de codes de codes et ainsi de suite jusqu'à l'activité cellulaire.Chez Gallimard, dans la nouvelle collection de poche Tel, parution des numéros 4 et 5: Les problèmes théoriques de la traduction de Georges Mounin, et la brique de Maurice Mereau-Ponty: Phénoménologie de la perception Inclassables et farfelus.Le comédien américain Woody Allen, mélange intime des Marx Brothers et de Dostoievsky, écrit aussi des livres dont le comique absurde est une eau fraîche admirablement complémentaire à la douce (!) chaleur d'un ou de deux joints.Si vous aimez Alphonse Allais, Alfred Jarry, Eric Satie, Mark Twain, Raymond Queneau, la pataphysique et les films comiques de Bergman (ça n'a rien à voir mais ça fait longtemps que j essaie de la placer), alors vous trucûlerez avec pour en finir une bonne fois pour tontes avec la culture aux éditions Presses-Pocket.Pour les amateurs de légèretés, parution chez Christian Bourgeois du plus court livre français jamais paru depuis le remarquable Mages et Fromages de Jean Sérien (aux éditions Levure et Velours): Alors, la Chine?de Roland Barthes: six pleines pages de texte, et deux pages de postface.Une notice au début nous renseigne : "Cet ouvrage a été imprimé aux dépens de l'éditeur Christian Bourgeois pour son plaisir et celui de ses amis.Quelques exemplaires seront mis en vente pour les curieux, inconnus de l'éditeur et de l'auteur." Après première lecture, on le comprend.Après deuxième, le geste prend des proportions d'évidence.A la troisième, un se renu compte que tsarines vient de renouveler sans que jamais ça se sache l'ethnologie comparée et osée des peuples.Alors, la Chine?La Chine est une prose sans pose.Un Barthes à savourer du thé vert.Chez Bordas.MAINMISE AOÛT 1976^2 dans la collection Pour connaître, Pow connaître la pensée des stdiciens par Antoinette Vi-rieux-Reymond.On se fait une idée assez fausse de la Stoa en s'imaginant que ces gens prêchaient la "résignation stoique".C'est bien plutôt l'invitation à trouver sa place harmonieuse dans la multiplicité qu'ils diffusaient selon une conception du monde (étonnamment proche de l'écosystémique contemporaine) où "le Kosmos est le Grand Vivant d'où le vide est exclu, l'intercaction entre les phénomènes cosmiques et humains existe, l'initiative étant prise par le Grand Tout." Chez Calmann-Lévy, un livre assez spécial d'Arthur Koestler: La Treizième tribu.L'histoire d'une neuDlade d'ethnie turque d'un très haut degré de civilisation, convertie au judàisme et qui régna entre la mer Gaspienne et la mer Noire du Ve au Xlle siècle: les Khasars.Byzance les craignait ecore plus que Charlemagne et se sont eux qui arrêtèrent l'avalanche arabe des premiers stades et empêchèrent la conquête musulmane de l'Europe de l'Est au Ville siècle.Insolite et bien documenté comme la plupart des livres de Koestler.Chez Flammarion, collection Nouvelle Bibliothèque Scientifique, L'Eglise et le Village de Gabriel Le Bras.Résonnance avec le Québec: "L'église est dans le village comme le centre d'un pays, la capitale d'une communauté." De moins en moins de cela aujourd'hui.Mais du Vie au XIXe et jusqu'en 1960 au Québec, la structure politique du pouvoir a toujours reposé sur une imbrication consciente entre l'Etat et l'Eglise, comtés et diocèses.Belle étude interdisciplinaire qui devrait intéresser nos anthropologues locaux et en herbe.Section gâteaux.Fidèle à l'immémoriale promesse j'en apporte deux.On y découvre un fève appelée Pitet Agor.On y parle d'espaces se traduisants les uns dans les autres, avec pëtage discret mais ferme aux bords de leur rencontre interfaciale, et des techniques optiques qui s'y révèlent.Je suis bien obligé alors de dire que Les machines célibataires de Michel Carrouges, au Chêne, est un blowant chef-d'oeuvre au centre duquel la mythologie, la topologie mentale et la paronoia critique s'interfacialisent et explosent le savoir en saveur.Dans une magnifique, solide, illustrée et nouvelle édition entièrement revue et augmentée de son livre (qui avait paru déjà en 1954), Carrouges nous propose: "A la critique rationaliste des mythes doit succéder la critique mythologie de la raison et des mythes." Son tremplin pour voyager sans drogues: "Par son système d'images mentales motrices, Le mythe est une machine mentale qui sert à capter, transformer et communiquer les mouvements de l'esprit." Les machines y passent, celles célibataires surtout inventées par Duchamp, Poe, Jar-ry, Verne, Kafka, Roussel.Un indubitable plia- 'il s' ex va tdot û€ SUITE.ge de cerveau: bref une keurve.Aux Editions de Minuit, un complexe manuel de pilotage abordable par nous profanes sur les montagnes saillantes de certaines questes d'ions, La perspective comme forme symbolique.d'Erwin Paaof-sy.Toute conquête de l'espace, où d'autre s'installer?doit percer le réseau que la perspective tisse, instaure et propagandise entre le monde et nous.Panofsky couvre le terrain où s'illustre et se prouve que la perspective est à la fois technique visuelle et à la fois vision psychique: le regard que l'âme regarde le monde avec.Graves implications.Trop graves.Beaucoup illustrations qui fait que si vous passez à travers, ce qui impliquerait que ou bien vous êtes un dessinateur philosophe ou un freak intransigeant de l'épistémologie paranoïaque, vous obtenez un passeport pour la Salle où Trônent la Splendeur minuscule, le Calme infini et la Légèreté toute-puissante.Livres poches spottés.Seuil/Points, Figures I, Gérard Ge nette.Chez 11/18 Histoire dn Marxisme Contemporain, 2 vol., Institut Giangiacomo FeltrinelU.Gallimard/Idées, Catalogne Libre, George Orwell; Dostoïevski et les Juifs, David Goldstein: Qu'est-ce que l'idéologie, Jean Blac-ler, ce dernier petit chef d'oeuvre de débousso-lage épistémologique, même plaisir que dans les mots et les choses de Foucault.Chez De-noel/Gonthier, collection Médiations, Essais de Polemologie, Gaston Bouthoul, naissance d'une science carrefour: guerre, conflits, violence où survit la négentropie de la paix.Particulièrement brillant dans la lucidité et le trippé.Savez-vous que "la guerre 1914-1918 fut la dernière des guerres courtoises, celles où l'on respecte en règle générale les non-combattants." Politique.A compte d'auteur et disponible dans les librairies.L'Entre 2 Révolutions, de l'industrialisation à la révolution technique et scientifique, par Henri Gagnon.Fascinante remise en question de la situation du travail et de la situation ouvrière au Québec."Contrairement à l'industrialisation, la révolution techno-scientifique n'est pas créatrice d'emplois.Chaque invention nouvelle pousse un nombre important de citoyens hors des cadres réguliers de la société.Lé nombre de gens ainsi déclassés s'agrandit chaque année." L'analyse québécoise est singulièrement adroite et clairvoyante.Gagnon, par ce livre et ses titres précédents, semble se désigner comme le Ralph Nader du Québec.Chez Stock, coll.Penser, La Révolution et le Pouvoir, Daniel Bensaid.Autre brillante étude carrefour.Epice: un jeune communiste fait face à toutes les attaques récentes contre le paradigme marxo-stalinien et la dictature triomphante.Chez Aubier-Montaigne, coll.Repères pour le Socialis- "M Ctff\6iTUD£.k.Vt • me, Lattes ouvrières en Italie de 1SM à 1*76, D.Grisou et H.Porteli.Divers et briques.Chez Gallimard, coll.Du monde entier, L'Esprit des Lieu, Lawrence Dur rell, recueil de lettres et d'articles sur ses nombreux voyages et séjours méditerranéens, fragments du bonheur de vivre.Au Seal, coll.Poétique, Mimologiqaes, voyage en Cratylie, de Gérard Ge nette.Brillante exploration et exhaustive des manifestations dans la littérature occidentale de la théorie selon laquelle le nom de chaque chose, personne, étoile, objet, etc., lui convient par essence parce qu'il lui ressemble, la thèse contraire consistant à poser que le nom des choses est purement une convention.Pour qui a le souffle, c'est 428 pages de fun noir car Genet-te a le bistouri fin et l'oeil amusé.Par moment, c'est de la séduction, comme, étonnamment, dans le chapitre sur Claudel.Pour drop-out des Lettres ou dilettante incorrigible des sons et des jeux de mots.Chez Gallimard, coll.Connaissance de l'Inconscient, Les premiers psychana-listes, minutes de la société psychanalytique de Vienne, tome 1, 1MC-1M8.Compte rendu minutieux des fameuses séances du mercredi soir au domicile de Freud; premiers séminaires où naquit la psychanalyse.Sont présents les futurs dissidents: Alder, Rank, Stekel.Chez Calmann-Lévy, un maître inconnu de la psycho-sociologie trippée, Norbert EXas, La Dynamique de l'Occident.C'est la suite de La Civilisation des Moeurs, paru chez le même éditeur.C'est si impossible à résumer de façon à mettre l'eau au cerveau que je citerai in extenso ma non troppo la jacquette."L'analyse s'attache à démontrer les mécanismes qui ont conduit les Occidentaux à exercer un contrôle croissant sur leurs pulsions.Deux volets.Le premier retrace en un raccourci saisissant et neuf, le mouvement séculaire qui a mené de la dispersion féodale à la concentration étatique contemporaine, en passant par le stade absolutiste, jugé crucial.Ce mouvement politique est déterminé par les tensions constamment renouvelées qui opposent les groupes en concurrence, que ce soit au sein des élites ou entre élites et un peuple.Ces tensions jointes à la multiplication des contacts sociaux contraignent les individus à aiguiser leur per cetion de l'environnement social et à éviter toute manifestation intempestive des pulsions sous peine de rétorsion immédiate.Une société plus complexe, où l'expression de la violence est monopolisée par l'Etat, oblige les groupes et les individus à se montrer plus prévoyants, plus rationnels et plus maîtres de soi." Elias est un allemand et il a écrit son oeuvre en 1939.Quelques années avant l'apparition de la Cybernétique, Elias avait génialement conçu le processus de civilisation comme devant son origine et sa permanence, "à la dynamique intrinsèque d'un réseau d'interrelations, à des modifications spécifiques du comportement que la vie commune impose aux hommes." Elias est un des rares auteurs à s'intéresser à cette infrastructure de la violence physique constamment possible entre individus mais réprimés par des processus d'auto-contrainte.Moeurs et manières.Oeuvre très riche et trippante comme toute morphologie vibrante.Pour grosses communes.GK L'Univers est aussi mystérieux que splendide.n existe plusieurs grilles de lecture, enthousiasmantes, grandioses, humbles, aimantes, effrayantes, puissantes, comme quoi la sagesse est comme le blanc: elle contient toutes les couleurs.L'une de ces grilles est la Magie, la science analogique par excellence.Un beau livre d'introduction historique: Savoir et Magie, par Ghislaine et Lucien Gérardin, Retz éditeur.Des cavernes et de Gilgamesh à FJiphas Lévi, de Démocrite et Salomon, à Cornélius Agrippa et aux loges maçonniques, en passant par les Talismans, pentacles et carrés magiques, Platon, Marsile Plein et les bûchers du moyen-âge.Un ton super-cool.Très l'fun à parcouru-.Si le côté mystérieux de l'Univers c'est, pour vous, les OVNI, les UFOS, la parapsychologie, Vélikovsky, le bizarre en biologie et l'étrange en tout, un livre vient de paraître pour vous: Certaines choses que je ne m'explique pas.par Rémy Chauvin, encore chez Retz.Toujours chez Retz, deux des très grandes "grilles" universelles: La cabbale et le zen; La Cabbale et la tradition judaïque, par Renée de Tyron-Montalemoert et Kart Hraby; et Le Zen et la tradition japonaise, par Paul Harnold.La Kabbale, comme disait quelqu'un dans un vieux Mainmise, est un traité de Thermodynamique: elle voit le monde comme une énorme gestation qui doit accoucher du paradis; le zen nie toute idée de paradis ou même toute idée.Et pourtant ce n'est pas une anti-Kabbale.Je vous donne l'été pour trouver le point commun.Toujours des "grilles", mais celles-ci ont quelque chose en plus de l'épistémologie, elles sont des voies pratiques, des "Sentiers spirituels ", comme on dit; le bouddhisme tibétain, d'abord, avec deux des cinq titres d'une nouvelle collection aux Editions du Seuil: Points-Sagesses.Chogyam trungpa.Pratique de la voie tibétaine, au delà au matérialisme spirituel, et John Blofeld, Le bouddhisme tantrique du Tibet.le catalogue des ressources nuurrtltirc vetemeat irtHMra Le CATALOGUE DES RESSOURCES EST DISTRIBUE AU QUEBEC, contrairement à ce qui est annoncé dans le dernier numéro de Mainmise (page 47, No 60, Juillet 76).D est actuellement en vente à la librairie PAN-TOUTE, 4*, rue Garneaa, à Québec (Tel: 694-9748) et le sera très bientôt à la librairie des Pti'Zoiios, 15*6, rue Saint-Laurent, à Montréal (Tél.: 845-2824) Chogyam Trungpa Rimpoché est installé aux Etats-Unis depuis 1970.On a traduit de lui un autre livre en français: Méditation et Action, No 9 de la collection Documents Spirituels, chez Fayard.Son livre démontre que nous pouvons nous servir d'un trip spirituel pour renforcer notre égo.La pratique de la voie tibétaine vise précisément à faire disparaître l'illusion d'égo.et ceci passe par le silence mental, ce fameux silence qui est peut-être l'élément le plus difficilement accepté par l'occident, en particulier par certains Gnostiques Le livre de Blofeld parle de la méditation tantrique, théorie, buts et techniques: comment réaliser Dieu par l'immersion, le dissolution, l'interdépendance, et le grand repos nirvanesque En Points-Sagesses aussi: Célébration has-sidique, de EXe Wiesel.Une suite de portraits des grands maîtres du hassidisme avec leurs faicts-et-dicts.Le hassidisme est un aspect superbe de la mystique juive, car c'est un mouvement profondément mystique qui s'est articulé, au léème siècle, en Ukraine et en Pologne, autour d'un saint et mystique fondateur: Rabbi Israël Bail Shem-Tov, le "maître du Saint et Bon Nom".Sa vie est belle.Dans son extrême et renversante humilité, il a cette stature incomparable qu'on retrouve chez les grands mystiques, et certains fondateurs de religions Ajoutons le Dov Baer de Loabavitch, le dernier en date de la même lignée, avec un livre de la collection Documents spirituels, chez Favard: Lettre aux Hassidim sur l'extase.Pour psycho-nautes de la Lumière et autres téméraires.En Points-Sagesses encore: Paroles des Anciens, de Jean-Claude Guy.n s'agit d'une collection de sentences des Pères du désert, les fondateurs de la religion chrétienne proprement dite, qui vécurent pour la plupart entre le 1er et le quatrième siècle de l'ère chrétienne: Antoine bien sûr, FDvagre, Macaire, Poemen, Xanthias, Zacharie.Je préfère parce que beaucoup plus complet, et plus pratique à lire parce que classé par thèmes religieux, au lieu d'alphabétiquement, mais plus dispendieux, Les sentences des pères du désert, par des moines de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes (France).Tous les grands anachorètes et cénobites du désert y sont.L'étude et la connaissance de la vie et de l'enseignement des Pères de l'église se nomme: le patristique.Aujourd'hui élargie, cette science englobe l'étude de toute l'époque où ils vivaient, et notamment de toutes les hérésies (du moins nommées telles) qui foisonnaient à l'époque: l'a-rianisme.le pélagisme, le valentinisme et sa gnose.Tout ceci fait la matière d'un livre que je mentionne avec respect: le No 9 de Patristica Sorbonensia, intitulé Patristique et humanisme, mélanges par Henri-Irénée Marrou, Ed.du Seuil, 1976.Marrou est le seul grand historien français de cette période en général mal connue: du premier au 8ème siècle.On lui doit aussi une histoire de l'éducation dans lantiquité, chez le même éditeur, et une somme, un livre d'histoire passionnant, surtout de nos jours qui ressemblent tant à ceux de la chute de l'empire romain, Saint-Augustin et la fin de la culture antique Ce livre est aujourd'hui épuisé.C'est le genre de livre qu'on trouve chez Caron, rue Ste-Catherine, d'occasion.Marrou vient de quitter sa chaire d'histoire à la Sorbonne.et ses amis et disciples lui ont proposé de réunir des articles, représentatifs de ses recherches, vous voyez le genre, c'est de la superérudition.Un livre pour maniaques.Toujours au Seuil, mais dans la Collection de poche Maîtres Spirituels, St-Vincent-de-Paul.MAINMISE AOÛT 1976-43 LE COIN DES YEUX HENRI RLIPPtNi- MICHEL BOURGEOIS de Zig et Poc« è Ttntm et Asteri* LA BANDE DESSINEE EN M LEÇONS Lucky Luke KébeKomlk LJ\ REINE 1 CE LA PATATEI i Le Québec mar à mur Ckfk Mayger Edward Jylins Detmold ¦Sri Et pour commencer, saluons l'entrée dans l'histoire peu fournie de la bande dessinée québécoise de la revue KébeKomik, dont le grand mérite est jusqu'ici d'avoir réussi à imprimer et à mettre en marché un "Vol.1 no 1".L'effort semble avoir été très grand, et on est en droit de se demander s'il sera poursuivi.Trente-deux pages, même en noir et blanc, pour seulement cinquante cents, c'est un pari difficile à tenir.Mais quel que soit le résultat ce n'est pas la B.D.qui y perdra, ni ses fanatiques.D'où la traditionnelle formule de politesse-encouragement en forme d'espoir dans un futur meilleur, ça ne coûte rien et ça fait preuve d'une ouverture d'esprit de bon ton.Pour rester dans le secteur B.D., LA BANDE DESSINEE EN 10 LEÇONS (Henri Filippi & Michel Bourgeois, Hachette 1976) n'est pas, comme on pourrait le croire, un guide d'apprentissage de la BD, mais plutôt un ouvrage très général sur la question, situé dans le catalogue Hachette entre "Votre enfant et le sport" et "Elever son bébé", pas loin de 'Réparer sa moto", et de "Rédiger vos lettres ".On y trouve des choses aussi diverses que l'historique de la BD de Tôppfer à nos jours, le western et la BD fantastique, Astérix, les revues et les albums, ainsi qu'un petit chapitre 9 très amusant intitulé "Comment devient-on créateur de BD?", où il est conseillé très sérieusement de travailler le jour comme manoeuvre, et de dessiner la nuit "avec l'espoir d'être un jour remarqué par un rédacteur en chef".Je rajouterai à ça le conseil de dormir aux heures des repas et de manger sur le pouce, et surtout d'éviter de lire de pareils livres, c'est du temps perdu.A lire quelque chose, il vaut mieux passer à travers le dernier "Lucky Luke" (L'empereur Smith, Morris & Goscinny, Dargaud édit), et essayer de comprendre les éléments qui ont fait le succès de la série.Malgré le plaisir nostalgique de retrouver un compagnon d'enfance, il manque un petit quelque chose.Et si on veut croire que la verve de Goscinny n'a pas diminué de qualité, et que le coup de crayon de Morris ne s'est pas empâté, on peut penser que ce sont les critères d'appréciation qui ont changé.La génération actuelle de dessinateurs de BD a donné une telle dimension au médium qu'il devient difficile de retourner à la simplicité pleine de santé qui suffisait à nous combler il y a quelques années.Je me souviens encore du numéro 1 de Pilote, que j'avais reçu en abonnement-cadeau.Aucun rapport avec celui d'aujourd'hui.On arrête pas le progrès.Le Québec mur à mur, par Serge Grenier, Editions Quinze, $7.95.Serge Grenier, "le plus cynique des Cyniques", aidé par l'argent du Conseil des Arts du Canada pour un projet Exploration, abandonne le monologue pour la photographie, et présente un montage de deux cents photos, accompagné d'un très court tex- par Claude te.Du "Roi de la patate Bienvenue" au "Salon Jeannette Coiffure", chaque image est le simple enregistrement visuel d'un de ces panneaux-réclame qui encombrent les bords de routes.Une anthologie du "quétaine".Je cite: "Après la montée du jouai et l'ascension du western, pourquoi pas l'apogée du quétaine?Pourquoi ne serions-nous pas aussi authentiquement quetaines que nous sommes authentiquement québécois?Pourquoi le quétaine ne serait-il pas notre originalité?Pourquoi d'injure ou de constat, quétaine ne deviendrait-il pas compliment?Récupérons le mot.Reconnaissons-le.Assumons-le.Cultivons le quétaine.Le quétaine c'est moi, c'est toi, c'est nous autres.On est six millions." n y a un côté très chevaleresque dans cette façon de détourner élégamment la culpabilité d'être ce que l'on est.En reconnaissant et en assumant les faits et méfaits de l'humanité tout entière, on se trouve à placer ses propres faiblesses à des niveaux très confortables.Pourtant six millions de rois de la patate, ya pas de quoi se vanter trop fort.Le livre est donc plutôt à feuilleter dans l'optique du savant de la planète Mars qui examine les données rapportées par une équipe d'explorateurs sur la signalétique générale de la société terrestre motorisée.Un beau puzzle.Deux nouveaux titres dans l'admirable collection des éditions du Chêne dont on a déjà parlé ici à plusieurs reprises.Le premier, "Les créatures fantastiques de Edward Julius Detmold", présente quarante reproductions d'un illustrateur de la nature à l'histoire tourmentée: né en 1883, il se lance très tôt avec son frère jumeau dans la carière artistique.Tous deux doués d'une habileté technique toujours grandissante, ils vont de succès en succès, jusqu'à la mort mystérieuse de Maurice Detmold, qui se suicide à 24 ans.Edward poursuivra seul le chemin entrepris, et terminera sa vie en écrivant un livre où la recherche de la voie de libération passe par un pessimisme exagéré.Illustrations du "Livre des insectes" de Fabre, des "Fables d'Esope" ou des "Contes des mille et une nuits", chaque image est reproduction scientifique rigoureuse autant que décoration d'artiste parfaitement maître de ses techniques.Un modèle de travail bien réalisé.Dans la même collection: "Les peintures de marine de Chris May- ger", illustrateur anglais très contemporain, puisque la plupart des tableaux reproduits datent des années 1971-75! Chris Mayger est graphiste illustrateur de métier.On fait appel à lui pour des couvertures de livres, surtout ceux qui parlent de bateaux.' Peindre le Tirpitz en train de couler en n'ayant pour tout document qu'un diagramme du poste d'amarrage, la position du bâtiment, et le point d'impact des bombes.Et arriver évidemment à satisfaire les plus exigeants en matière d'exactitude.Rajouter à cela la délicate confrontation du peintre à reproduire la mer, les vagues, les embruns, les nuages, les rayons lumineux, dans des conditions météorologiques non seulement cohérentes entre elles, mais aussi compatibles avec le récit que l'illustration accompagne.C'est tout un programme.Aujourd'hui que les mécènes ont disparu, on peut se réjouir que les compagnies de disques ou les maisons d'édition puissent faire vivre pour leur passion des gens d'aussi grand talent que Chris Mayger.Et remercier ceux qui ne creusent pas de fossé entre l'art "pur", celui des musées, des expositions, des happenings, et l'art "commercial", fruit de contrats passés dans des bureaux de publi-cistes, ou les bureaux du marketing.MAINMISE AOÛT 1976-44 par André Dodin.L'exemple de la charité, l'esprit de l'humilité.En points-Sagesses encore: La foi d'an incroyant de Francis Jeanson.Deux manuels pratiques, deux guides pour passer à travers, quand on est sur le sentier spirituel: L'enseignement du Dalai Lama, traduit du sanskrit, série Bouddhisme, collections Spiritualités Vivantes, chez Albin-Michel.Conseils pratiques transcrits par le 14ème Da lai-Lama exilé en Inde.Egalement: Le guide du Yoga, du Shri Auro-bindo.Réédition (Albin Michel).On retrouve Henri-Irénée Marrou dans l'un des fameux Cahiers de l'Heme, le numéro 13, consacré à Louis Massignon, dont je mentionnais le mois dernier la réédition du livre de sa vie: la passion d'Al Hallâj.Marrou dit de Massignon qu'il est, avec Teilhard, l'un des deux hommes qu'il n'hésite pas à qualifier de génie.Rouvrir ce grand livre d'histoire des idées et des arts qu'est Patristique et Humanisme à la page 307: l'arbre généalogique du néoplatonisme.Passons maintenant à la plus grande des sciences humaines (oui), la Médecine, la Médiation, art et science du "médicus".Voici dix-sept livres récents qui chacun donne une information précise.Commençons par les mises-au-grand-jour-dénonciations: une superbe munéro (No 4, 1975-76) de la revue Autrement (distribuée par So-mabec à Ste-Hyacinthe) intitulé "Guérir pour Normaliser" et sous-titré: l'arsenal thérapeutique pour rectifier et normaliser.C'est absolument freakant, et très instructif.Le plus freakant c'est l'utilisation de la chimio-thérapie et surtout les différentes sortes de lobotomies et autres "tomies" (ablations).2) Réédition du grand livre de Michel Foucault, La Naissance de la clinique, au PU.F.Le regard perçant de Michel Foucault examine l'histoire des idées qui ont façonné l'observation médicale et le concept de clinique.3) Autre dénonciation, à la Ralph Nader, celle-là: The medicine show, un guide pratique de la Consumer's Union, Orangeburg, N.Y.1M62.Tout sur les médicaments courants, leurs dangers, les abus des compagnies pharmaceutiques, etc.4) une page mémorable de la médecine à Québec: Maria Beaumier-Paquet, no 1 de la série Documents à la Librairie Garneau.C'est la vie et l'oeuvre d'une grande infirmière, la fondation de l'Ecole des infirmières et directrice de l'hôpital St-Luc.Passons à l'art proprement du médicus, médiateur entre la nature et l'homme.D'abord comprendre ce qui se passe.Etablir le réseau, la cartographie des relations microcosme-macrosco-me : un livre pour les tout-débutants en astrologie : Faites votre horoscope vous-même, par Olen-ka de Veer, aux éditions Solar.C'est vraiment l'ABC de l'astrologie, avec l'explication des signes, les noms des positions et des aspects.35 pages d'explications, suivies de 360 pages d'interprétation des aspects, et des tables qui ne sont malheureusement valables que pour la France.Mais ces tables de maisons et d'éphémérides sont disponibles en des endroits comme la librairie d'Ezo-térik, à Montréal.4) deux livres sur la biorythmie, science des cycles de la vie.Biorythmes, par George S.Thommen, éditions Feu vert, et Biorythmie, par Fernand La pointe, éditions Alain Stanké.Les deux livres sont supposés vous permettre de prévoir quels sont les jours favorables et les jours défavorables pour entreprendre quoi que ce soit.Il parait (C'est Gaétan Dostie, du Jour, qui s'y connaît et qui me l'a dit) que le premier est nettement meilleur.Il est paraît-il impossible de calculer son biorythme avec le deuxième, à cause d'une erreur dont je vous ferai part ultérieurement si je la retrouve).5) après se connaître (encore aue bien peu), Connaître les autres par Les Gestes, un livre par Françoise Kostolany, chez Retz.Vos gestes parlent et sans que vous ayiez besoin de dire un mot, on peut comprendre quel genre de personnalité vous êtes rien qu'en vous regardant bouger, évoluer, Les visages, les mains, la kinésique, .un livre très complet.6) Le corps.pauvre corps, dont nous avons une si imparfaite connaissance et surtout une si imparfaite conscience.Il est plus avantageux de considérer le corps comme un tout plutôt que comme un arrangement musculaire, "objet industriel en pièces détachées".Exemple, Un pied plat l'est à cause d'un genou en rotation interne qui, lui, est victime d'une déformation musculaire du dos.C'est donc le dos qu'il faut soigner si l'on veut soigner un pied plat (Françoise Mézières).Ce livre, — Le corps à ses raisons, auto-guérison et anti-gymnostique, par Thérèse Bertherat et Carol Bernstein, — nous promène entre Reich et l'acupuncture, l'anti-gymnastique médicale de Françoise Mézières et la statuaire grecque, nous incite à la culture d'un corps parfait, à l'optimum de ses possibilités, de ses facultés, la maison parfaite, la salle de musique et non la forteresse imprenable, la maison hantée, avec portes blindées, serrures, et nécessité de clefs.Ce livre se termine sur de "préalables", qui sont au corps ce que sont à l'esprit les "pratiques" enseignées par le Dalai-Lama ou Aurobindo: gymnastique, acupuncture, toute petite cause avec un gros effet.Et à travers tout cela le principe de similitude est vérifié cent fois.7) Le deuxième livre de Claudine Brelet-Rueff.Après l'excellent "médecines traditionnelles sacrées" (Retz), La biothérapie, ou les médecines de la vie, chez Albin-Michel.C'est le livre à lire si vous voulez savoir ce que sont toutes ces manières de soigner naturelles, parallèles, différentes, et surtout qui ne nécessitent pas de médecin, sinon vous-même; il donne une définition et explique leur philosophie, qui ont l'avantage réticulaire et systémique de se justifier toutes les unes par les autres: homéopathie, organothérapie, eugénisme prénatal, iridologie, biorythmes, phytothérapie (médecine par les plantes), médecine par les métaux, par l'eau et le sel de mer, les minéraux (l'argile), naturopathic diététique, acupuncture.C'est très bien fait et Claudine Brelet-Rueff met beaucoup d'entrain dans son propos.Elle y croit, et elle est très cultivée.Elle-même a "subi" une césarienne sous acupuncture; elle sait de quoi elle parle.8) La Médecine chinoise par les plantes, par Ming Wong, chez Tchou.Un livre splendide Un livre pour apprendre comment cueillir soi-même les plantes et les préparer longuement, et savoir lesquelles guérissent quoi; pour comprendre les principes de la phytothérapie chinoise.Magnifiquement illustré.Le tout par un cantonnais ayant fait ses études de biologie médicale en France, actuellement maître de recherches au C.N.R.S.9) La médecine par les fleurs, par Fabrice Bardeau, chez Robert Laffont.Encore un très beau livre pratique.Le seul autre livre moderne traitant de la thérapeutique par les extraits de plantes aromatiques (aromathérapie) est celui du Dr Valnet, à la librairie Maloine Celui-ci semble un pas en avant: la biblographie est extrêmenent solide.Si le bonhomme a vraiment lu tout ça, il est très calé, et ses indications sont fondées sur de longues et nombreuses recherches.10) J'ai lu a réédité en format de poche l'un des premiers livres de Jean Palaiseal: Tous les Espoirs de guérir (Nos A333 et A334 et, à venir, A335) en trois tomes.L'originalité de cette oeuvre de Jean Palaiseul est de recenser tous ces remèdes suspects aux yeux de la médecine officielle "orthodoxe".Ce sont généralement des trouvailles, des découvertes de chercheurs isolés qui ont guéri des maladies réputées incurables.Remèdes et méthodes d'aujourd'hui et de demain, tel est le sous-titre de ces trois livres.Connaissez-vous la Nivaline, le Syncardon et l'extrait de radis noir?les sels biochimiques du Dr Schuessler, le K33, la méthode Kneipp, le Rhu-macutine, la cellulothérapie ou le "bol d'air" Jacquier?Le tout est écrit avec l'humour habituel de l'auteur de Nos grands-mères savaient et Les cadeaux du ciel et de la terre (Laffont).11) Notre bien-aimée Mère Michel, alias Michel Chevrier, qui s'est chargé depuis 8 mois de la coordination de la rédaction à Mainmise, a trouvé le temps d'écrire un livre: le Jardin Naturel, aux Editions de l'Aurore, n s'agit de matériel qui doit vous aider (c'est le sous-titre du livre) à reconnaître, cultiver, utiliser les herbes et plantes du Québec dont le ginseng et le riz sauvage.On y trouvera en outre, des détails pertinents sur le compost naturel, les arbres à oiseaux, les plantes compagnes, les épi ces et l'organisation des jardins.Je sais avec quel enthousiasme (pour l'avoir partagé à plusieurs reprises) Michel a fouillé, cherché, compulsé, aimé sa matière.Il est transformé quand il parle de plantes.Toutes les plantes et herbes mentionnées poussent au Québec ou y sont cultivables.C'est l'avantage de ce livre par rapport à la marée de livres du même genre qui nous vient de France.Enfin un livre parfaitement adapté à notre environnement.A avoir absolument.Editions de l'aurore, $9.95, 1651, rue St-Denis, Montréal.12) Reçu récemment un livre qui date d'un an mais qui est très important.Utilisation thérapeutique des oligo-éléments, par H.Picard, Ma-loine, éd.Les oligo-éléments sont ces minéraux que le corps humain utilise en quantités infinitésimales, mais dont il a absolument besoin (manganèse, cuivre, argent, or, zinc, etc.) 13) Deux livres pratiques essentiels à qui veut l'homéopathie pour se soigner dans toutes les petites affections courantes: Mémento homéopathique d'urgence, par les Drs Chavanon et Levan-nier, ainsi que L'Homéopathie pratique, par le Dr Claude Binet.Ces deux livres sont parus aux Editions Dangles, qui sont distribuées à Montréal par la Librairie Raffin, rue St-Hubert.L Homéopathie est interdite au Québec par le Collège des médecins.Elle est reconnue officiellement en France en Angleterre, et en Ontario, aux Etats-Unis.Je ne connais pas d'homéopathes au Québec, mais si vous voulez vous soigner suivant cette méthode "douce" — la médecine des semblables — qui remonte à Hippocrate, en passant par le grand Paracelse, ces deux livres seront très utiles d'autant plus que, lorsque vous commencerez à vous y connaître, vous pourrez commander vos remèdes homéopathiques à Toronto: D.L.Thompson Homeopathic supplies, 844, Yonge Street, Toronto - 5, tél.: (416) 922-2300.14) Deux livres pour les femmes, sur la maternité: le mal joli, par CL.Revault d'AUonnes, 10/18, un livre sur l'accouchement et la douleur.Le sein ou le biberon, par Yvette Pratte-Mar-chesseau, infirmière, aux Editions de l'homme.Ce livre semble pencher pour l'allaitement au sein.Fin du coup pour les livres de médecine, mais restons avec les femmes à cause de deux livres: la vie de George Sand, par Francine Mallet, Grasset éditeur, et La Dérobade, an récit de Jeanne Cordeber, préfacé (élogieusement) par Benoîte Groult, chez Hachette.Ajoutons pour les mères et leurs époux L'enfant-personnage et l'autorité dans la littérature enfantine, de Marielle Durand, chez Léméac; pour savoir quels livres acheter à vos enfants.Trois livres sur le théâtre: le deuxième tome de Le théâtre canadien d'expression française, répertoire analytique des origines à nos jours, par Edouard G.Rinfret (lettres f.g.hj.j, kj) chez Léméac.Bien plus qu'un répertoire, c'est un manuel d'anthropologie, de "Weltans- chauung ".Chez Fides, par Jacques Cotnam, Le théâtre Québécois, instrument de contestation sociale et politique.Aux Editions du Seuil, Les les signes et les songes, un essai sur le théâtre et la fête, par Alfred Simon, Collections Esprit.La vraie fête, celle que l'homme se donne à lui-même, "acteur de soi sur le grand théâtre de tous", qui ne peut être tolérée par aucun régime, doit, pour ne pas tomber dans l'insignifiance ou la violence, être un événement mythologique, une image dynamisante, une épiphanie.Un grand, très grand livre d'histoire: Les forges d'Htram ou la Genèse de l'Occident, par Jean Servier, chez Grasset.Ce livre ne se présente pas exactement comme un livre d'histoire, mais c'est exactement le genre de livre que j'aurais aimé lire lorsque j'étais sur les bancs d'école, à la place de ces insipides manuels scolaires où l'on vous fait ingurgiter des séquences de "faits" sans lien entre eux ou trop évident.Le premier complexe industriel date de Phéniciens (à Enon-Geber, sur la Mer Rouge, construit pour Salomon, par Hiram, roi de Tyr).A la base, un livre est venu apporter la notion de progrès, en même temps que celle de conscience individuelle et de libre arbitre: la Bible, et surtout l'Ancien Testament.La quincaillerie, le commerce, la consommation sont nés là, et à sa suite toute la technologie, le projet "technique" lui-même.Enfin un livre qui explique quelque chose, au lieu de ressasser.Passionnant.A lire absolument pour comprendre le trip occidental.Autres histoires: Histoire des Etats-Unis, par Robert Lacour-Gayet, chez Fayard.On doit à La-cour-Gayet une volumineuse histoire du Canada qui est bien vue parait-il id.They Shared to survive, the native peoples of Canada, par SeJwyn Dewdney, dessins de Franklin ArbucHe, Mac-Mi lia n of Canada éditeur: un très bon livre sur l'histoire, la vie quotidienne des Amérindiens du Canada au moment de l'arrivée de nos ancêtres.Le mouvement paysan chinois de 184* à IMS, pur Jean Chesneaux, coll.Points-Histoire, au Seuil: la principale leçon de ce livre c'est: compter d'abord sur ses propres forces, viser Tin-dépendance économique, sociale, symbolique, physique, biologique.Histoire toujours, mais symbolique celle-là, avec les Contes et légendes des Des-de-la-Ma-deleine tome 2, par Azade Harvey, Editions de l'Aurore.Prenons garde, l'histoire symbolique est la vraie histoire, au sens où, par exemple, un livre d'art est un manuel pratique, d'un point de vue métanoiaque, s'entend.Histoire encore, et avertissement surtout, par le Président du Club de Rome, Aurélio Peccei, le grand industriel et homme d'affaires qui est à l'origine du Rapport Meadows: Halte à la croissance.Le livre, à travers les expériences personnelles et tribulations de l'auteur, et les activités du Club de Rome, réformule le contenu de la révolution écologique des dix dernières années: pour suvivre, l'homme (et la femme) devront changer.ou disparaître.C'est passionnant à lire, car on n'y rencontre pas seulement des idées, mais des individus qui les expriment: La qualité humaine, par Aurélio Peccei, Stock éditeur.Parlant d'écologie, signalons la réédition d'un livre qui fait autorité en la madère: Ecologie forestière, la forêt: son climat, soc sol, ses arbres, sa faune, par P.Pesson et une équipe de 23 collaborateurs, dont R.Dajoz, l'auteur du Précis d'écologie, chez Dunod.Le livre de Pesson est édité chez Gauthier-VUlars, distribué par la So-cadis au Québec.Dans le monde des plantes, signalons le meilleur livre de Michèle Lamonta-gne, parmi les cinq écrits à date: La multiplication des plantes, éditions Sola rama.Tout sur le sujet, en 64 pages.Voyages: En Inde par exemple avec Renaître en Inde, de Guy Deleury, Stock éditeur.En URSS, avec un excellent petit livre de la collection Petite Planète, au Seuil, par Jean Marabini.Des illustrations très attirantes; un bip énorme de la Russie de Pierre-le-Grand, aux rives de l'Amour, en passant par les "combinats" du Kazakhstan, Irkoutsk, et la mystérieuse Sibérie.Voyage freakant, avec de la presque science-fiction, dans Mourir au futur, une anthologie de l'épouvantable et de la haine, pur Philippe Hupp, en 10/18.Voyages en Laputie avec Jonathan Swift, dont Folio (No 597), c'est-à-dire Gallimard,vient de rééditer Les voyages de Gulliver, avec une préface de Maurice Pons.Voyage — passionnant — dans Malraux avec Malraux Etre et Dire, un recueil de textes sur Malraux, sa vie, son oeuvre, sa personnalité, suivis d'un texte inédit de Malraux: Néocritique, qui semble être un essai sur la biographie et l'immobilité.C'est brillant comme d'habitude.Pion est l'éditeur.Voyage dans l'oeuvre de Boris Vian, avec un petit livre édité chez Bordas, par Jacques Bens: Boris Vian, présence littéraire.Voyage à travers les problêmes d'une commune française, Journal d'une communauté, par M.Besson et B.Vidal, Stock éditeur, ou: que se passe-t-il lorsque le consensus n'est pas clair pour tout le monde, et quand la police du système s'en mêle.Enfin voyage dans l'histoire des Beatles, avec l'édition de poche de la biographie de Hanter Davies, Les Beatles, Presses de la cité.Bien le bonjour.CA.MAINMISE AOUT 1976-45 PRINCIPAUX CHAMPIGNONS COMESTIBLES OJJ|BjCWS 10.LACTAIRE DÉLICIEUX: C'est le seul de sa famille à être comestible, les autres lactaires étant, soit véné-reux , soit d'un goût médiocre.Comme il est très commun et très facile à reconnaître, j'en donne ici la description, certains auteurs le donnant pour une des meilleures espèces qui soient: Sous-chapeau: lamelles décurrentes, é-troites, serrées, de la même couleur ou plus jaunâtres que le chapeau: elle verdissent quand on les brise ou quand elles vieillissent.Chapeau: déprimé au centre lisse, visqueux au toucher, gris orange ou orange rougeâtre brillant, présentant des taches et des zones concentriques de couleur plus vive, tournant, avec l'âge, au grisâtre ou au vert-gris; la marge du chapeau est d'abord enroulée puis devient soulevée.2Vz-5 pouces de largeur.Chair: ferme, blanchâtre puis tournant à l'orange puis, lentement, quand on la casse, au vert.Caractéristique: le lactaire délicieux est facile à différencier des autres lactaires en ce que ses lamelles et la chair de son chapeau libèrent un lait orange vif quand on les brise.Un autre de ses traits caractéristiques est d'être le seul lactaire à donner une sporée jaune pâle ou jaunâtre, les autres lactaires donnant une sporée blanche.Pied: rempli de moelle dans le jeune fige il devient vite creux; il est uniforme ou légèrement étranglé à la base, de la même couleur ou un peu plus pâle que le chapeau et souvent marqué de taches orangées.lVi-4 pouces de longueur.Sporée: jaune pâle ou jaunâtre.Saison: été et automne.Habitat: bois humides de conifères (en particulier le genévrier) et endroits marécageux.Seul ou en groupes: solitaire ou en petites colonies.11.LEPIOTES: Bien que plusieurs variétés de cette famille soient de bons comestibles, je ne donne ici que la description de la meilleure, la lépiote élevée, deux espèces, la lépiote en bouclier et la lépiote de Podman étant véné-reuses.Toutes les lépiotes se caractérisent par un anneau persistant, l'absence de volve à la base du pied et la présence d'écaillés hérissées disposées en cercles concentriques sur le chapeau : LEPIOTE ÉLEVÉE (coulemelle) Sous-chapeau: lamelles libres, distan-ciées du pied, blanches, larges et tassées.Chapeau: blanc, en forme d'oeuf dans le jeune âge puis convexe, étalé et mamelonné au centre vers la fin, couvert d'écaillés disposées en cercles concentriques réguliers de couleur brune.4-8 pouces de large.Chair: molle, épaisse, blanche ou légèrement rougeâtre.Caractéristique: c'est sa haute taille et sa sporée d'un blanc pur qui permet de distinguer la lépiote élevée des lépiotes vénéneuses, soit: la lépiote de Rodman, dont la sporée est verdâtre et le pied lisse, et la lépiote en bouclier, beaucoup plus petite et croissant dans les bois en automne.Pied: très long, creux, rugueux et couvert d'écaillés brunâtres, bulbeux â la base, sans volve (détail qui le différencie des amanites ), mesurant 7-12 pouces et plus de hauteur.Le pied est entouré, à quelques pouces du chapeau, d'un anneau é-lastique et mobile très distinctif.Sporée: blanche.Saison: août et septembre.Habitat: champs, pâturages et clairières.Seule ou en groupes: isolée ou en groupes.12 MARASME D'OREADE et MARASME À ODEUR D'AIL Petites espèces excellentes et très fréquentes.La première se caractérise par les ronds-de-sorcière qu'elle forme dans les lieux engazonnés; le deuxième, par son odeur d'ail très sorte qui en fait un condiment sauvage précieux : MARASME D'OREADE (Mousseron d'autom ne Sous-chapeau: lamelles libres ou liées au pied par un filament, larges, assez dis-tanciées les unes des autres et les unes plus courtes que les autres, de blanchâtre à chamois pâle, visibles en même temps que le dessus du chapeau quand le champignon est avancé en âge.1-2 pouces de largeur.Chapeau: convexe puis plat et mamelonné au centre, lisse, charnu, souple, la marge unie et parfois légèrement striée; la couleur varie de brunâtre à fauve pâle ou chamois et peut s'atténuer jusqu'à devenir presque blanche.Chair: épaisse, variant de chamois pâle à blanchâtre.Caractéristique: sa principale caractéristique est de former sur les gazons humides des ronds — de-sorcière.Il faut voir cependant à ce que ne se soient pas glissées; dans ces ronds d'autres espèces, en particulier les clitocybes vénéneux dont les lamelles, au lieu d'être libres, sont serrées, blanches et décurrentes.Le marasme est un champignon qui se sèche facilement et qui reprend sa forme dans l'eau.Pied: uniforme, plein, recouvert d'un duvet léger ou lisse, il est de la même couleur ou presque que le chapeau.1-3 pouces de longueur.Sporée: blanche.Saison: été et automne.Habitat: pelouses, pâturages, champs des bords de l'eau.Seul ou en groupes: soli taire ou en ronds de-sorcière.Le marasme à odeur d'ail est lui très facile à identifier à cause de son odeur très caractéristique et parce qu'il croit en groupes nombreux sous les conifères, en particulier les pins.1/3-1 pouce de diamètre.13.MORILLE et GYROMITRE: La Morille C'est, la fonte des neiges achevée, le premier champignon à percer les croûtes de feuilles mortes des bois clairs et des vergers.J'en ai trouvé deux fois à date.La première, en plein coeur de Montrai, le long d'une voie ferrée, la deuxième, dans un bois de Hearst (si sauvage que j'aurais pu en ramasser une demie-tonne).Le champignon est très facile à reconnaître.Il a plus ou moins la forme d'une éponge allongée et sa couleur varie du brun-grisâtre au brun-jaunâtre.Il peut mesurer jusqu'à six pouces.Le pied du champignon est creux et sa couleur varie du blanc crème au blanc-jaunâtre .On le trouve généralement en groupes nombreux.Bien des amateurs de champignons considèrent la morille comme le meilleur de tous les champignons Une seule ombre au tableau, mais légère: il ne faut pas confondre la morille avec la gyromitre comestible qui malgré son nom MAINMISE AOÛT 1976-46 et même si elle est rarement dangereuse, peut incommoder certaines personnes.Celle-ci a la forme (très variable) d'une cervelle aplatie (aplatie par trop de mauvais acide) mais non-trouée.Sa couleur varie du brun-rougeâtre au brun-foncé.Elle pousse en général sous les conifères (le pin en particulier) .On peut toujours essayer d'en manger (en petite quantité la première fois) après avoir ébouillanté et.rejeté l'eau des champignons.Note: Si on veut consommer les morilles fraîches (en omelette ou autrement), il faut voir à les dégorger de leur eau (jusqu'à 90%) à la cuisson.Personnellement, je préfère les morilles sechées remises à gonfler dans, le beurre, le poivre et une pointe d'ail ou une branche de thym (à l'étouffée).Oreille-de-Judas (voir Auriculaire) 14.PEZIZE ORANGEE Toutes les variétés de cette famille sont comestibles.Elles se reconnaissent à ce qu'elles ont toutes la forme d'une petite coupe croissant à même le sol, et sans pied.Une variété en particulier est recherchée, la pézize orangée: Corps fructifère: mince, fragile, en forme de coupe, la surface intérieure est o-rangée, l'extérieure, orange pâle et comme givrée.Chair: très fragile.Habitat: terrains sablonneux (bois, bords de route etc.).Saison: été et automne.Seule ou en groupes: généralement en petits groupes de 5-8.PLEUROTE EN FORME D'HUÎTRES (poule de bois) Sous-chapeau: lamelles blanchâtres, larges et décurrentes.Chapeau: un peu de forme d'éventail (même si un ami vendéen m'apprend qu'on appelle le pleurote "langue-de-boeuf", chez lui, et même si Charlebois considère que "le "hasch", c'est d'ia marde", celui que je viens de toker était ben bon) convexe ou presque plat, lisse et de blanchâtre à gris-brun sombre, parfois ondulé ou lobé à la marge.3-7 pouces de largeur.Chair: ferme et blanchâtre.Caractéristique: comme les polypores, comestibles en partie, eux aussi, sa caractéristique est de ne croître que sur les troncs d'arbre ou le bois mort (souches, arbres tombés etc.).Pied: blanc, entier, excentrique ou presque absent, court, trapu et un peu courbé.Sporée: lilas.Saison: de mai à octobre.Habitat: sur les troncs d'arbres à feuilles caduques comme l'orme, l'érable, le saule ou le peuplier.Seul ou en groupes: il forme en général de grosses touffes en s'étageant le long des troncs.Méthode de cuisson: comme le champignon est légèrement coriace, même dans le jeune âge, on le saupoudre de sel et de poivre, le roule, coupé en morceaux, dans un oeuf battu puis dans de la chapelure.On le fait ensuite frire dans l'huile.15.PHALLUS PUANT (SATYRE PUANT) Champignon très caractéristique en ce qu'il a exactement l'air d'un pénis en érection.Son odeur nauséabonde suffit à le faire i-dentifier.Son pied est blanc tandis que son cHâpeau est vert foncé (quoique j'en aie déjà trouvé un violet) avec une petite proéminence trouée à son sommet.16.PLEUROTES: Toutes les pleurotes sont comestibles.Toutes ont des lamelles blanches et décurrentes, un pied excentrique ou absent et croissent sur les arbres ou le bois mort.Une espèce en particulier est recherchée: le pleurote en forme d'huitre.On a même écrit un livre sur sa culture au Québec (voir bibliographie) : 18.VESSE-DE-LOUP Famille dont toutes les variétés sont comestibles sauf une , le scléroderme vulgaire dont la surface extérieure craquelée et couverte de verrues jaunes ou brunes suffit à la différencier des vesses-de-loup.17.POLYPORES: Aucune des variétés de cette familles n'esl vénéneuse mais la plupart sont trop coriaces pour être consommées.Une variété en particulier est recherchée: le polypore des brebis.Contrairement aux autres polypores qui croissent sur les troncs ou le bois mort, celui-ci pousse au sol.La principale caractéristique des polypores est d'avoir, comme les bolets, le dessous du chapeau (hyménophore) criblé de pores et non composé de lamelles : POLYPORE DES BREBIS Sous-chapeau: tubes courts, décurrents, avec des pores petits, blancs puis jaunâtres.Chapeau: épais, lisse, convexe puis éta-,lé ou légèrement creusé, charnu, blanc grisâtre puis jaunâtre et craquelé.Chair: ferme, blanche et se couvrant souvent de taches jaunâtres.Caractéristiques: c'est un des rares polypores à pousser au sol.ment ses pores qui le différencient des autres champignons.Pied: court, épais, bulbeux, central ou excentrique, blanc et souvent tacheté de jaune, Saison: égé et automne.Habitat: bois de conifères (surtout autour des épi nettes).Seul ou en groupes: croît en colonies et est parfois très abondant.Trompe tte-des-morts (voir craterelle) verse et couvert de minuscules aiguillons, sans pied.Chair: blanche puis olivâtre puis noire.Le champignon n'est comestible que lorsque la chair est entièrement blanche àl'intéri eur.Saison: été et automne.Habitat: souches pourries, arbres morts.Seule ou en groupes: en groupes compacts.Une variété en particulier est recherchée : la vesse-de-loup géante, qui peut atteindre la taille d'une citrouille moyenne.Comme elle est assez rare, je donne ici plutôt la description de la vesse-de-loup piriforme: VESSE-DE-LOUP PIRIFORME Corps fructifère: blanc jaunâtre ou brunâtre en forme de boule ou de poire ren- PETITE BIBLIOGRAPHIE Champignons de l'Est du Canada et des Etats-Unis, René Pomerleau, Editions Chantecler, 1951.Le Grand Livre des Champignons, Via-rà et Jouvet, Editions De Vecchi, Paris, 1975.Cueillette des champignons Sauvages, Ministère de l'Agriculture du Canada, Publication 861.Culture du Pleurote Québécois, Gyor-gy-m.Ola'h, Presses de l'Université Laval, 1975.Champignons Hallucinogènes du Kébek, Mainmise 52 ($1.00).La Mère Michel F JAFDN NATURE! ou comment reconnaître, cultiver, utiliser les herbes et plantes du Québec dont le ginseng et le riz sauvage On y trouvera en outre, des détails pertinents sur le compost naturel, les arbres a oiseaux, les plantes compagnes, les épices et l'organisation des jardins.L'AURORE j\JO*< .fRérJOH.ADe«ess€-.rue- SaÎAT-£^l%,KoWTft£/'rc_ f^ua rtZX 3K2) MAINMISE AOUT 1976-47 La médecine officielle tient dans le plus grand mépris tout ce qui s'est découvert en dehors d'elle.Pourtant, des procédés thérapeutiques venus du fond des âges ou de lointains pays, volontairement ignorés par nos praticiens, pourraient guérir des malades réputés incurables.fm\ JEAN PALAISEUL TOUS LES ESPOIRS DE GUÉRIR des et met1/ lujourdT/ te dem / remèdes et méthodes d'aujourd'hui et de demain La collection qui choisit bien ses livres.MAINMISE AOÛT 1976 48
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.