Le Journal des enfants, 1 janvier 1914, mai
1ère année QUEBEC, MAI 1914 No 1 PRIX DE L'ABONNEMENT : CANADA, 50 cts PAR ANNEE ETRANGER, $1.00 Pour loute correspondance, s'adresser au " Jourii<)l de» Enfant* " No 34, RUE GARNEAU, QUEBEC. AVIS L'abonnement peut commencer à toute époque de l'année.Il est payable « d'avance.» La direction doit être immédiatement prévenue de tout changement d'adresse, et, en le faisant, on doit indiquer clairement le nom du bureau de poste que l'on quitte.Ne pas envoyer de timbres-poste : le Gouvernement s'objecte à leur emploi comme mode de paiement.N.B.Les envois d'argent seront faits de préférence par bons et mandats de poste ou par chèque de banque.Si le chèque est fait payable à une banque des Etats-Unis, il faut ajouter 0.25 à la somme expédiée afin de couvrir les frais d'escompte.Nous conseillons fortement aux Institutrices de recueillir les abonnements et de les envoyer en mandats, ou bons de poste, ou lettre enregistrée.Toute correspondance doit être adressée, et tout chèque ou mandat doit être payable au "Journal de* Enfant»" 34, ru«* Garneau, P.Q. 1ère année MAI 1914 INo 1 I LE JOURNAL DES ENFANTS] A Sa Grandeur Mgr L.-N.Bégin, Archevêque de Québec, , qui a bien voulu nous bénir et nous encourager nous dédions L'ceuvre religieuse et patriotique du Journal de* Enfant» {La Direction.) 2 LE JOURNAL DES ENFANTS MAI Mois consacréIà?la Sainte Vierge 1.Vendredi.—SS.Philippe et Jac- ques, apôtres.2.Samedi.—S.Athanase év.couf.et docteur.3.Dimanche.—Ille après Pâques.Sol.de S.Joseph, époux de la b.V.M.4.Lundi.—Invention de la Sainte Croix.5.Mardi.—S.Pie V, p.et conf.6.Mercredi.—S.Jean devant la Porte Latine.7.Jeudi.—S.Stanislas, év.et mart.8.Vendredi.— Apparition de S.Mi- chel Archange.9.Samedi.—S.Grégoire de Naziance.10.Dimanche.—IVe après Pâques.11.Lundi.—S.François de Hiéroni-iuo, conf.12.Mardi.—SS.Nérée, Achillée, Do-mitille et Pancrasse, martyrs.13.Mercredi.—De la férié.14.Jeudi.—S.Boniface, martyr.15.Vendredi.—S.Jean-Baptiste de la Salle, conf.16.Samedi.—S.Ubald, év.et conf.17.Dimanche.—Ve après Pâques.18.Lundi.—Rogat.S.Venant, mart.19.Mardi.—Rogations.S.Pierre Cé-lestin, pape et conf.20 Mercredi.—Rogations.S.Bernardin de Sienne, conf.21.Jeudi.-JSCENSION.22.Vendredi.—S.Isidore, cultivât., conf.23.Samedi.—De l'octave.24.Dimanche.—S.Urbain I, pape et martyr.?6.Lundi.—S.Grégoire VII, pape et conf.26.Mardi.—S.PhilippedeNéri, conf.27.Mercredi.—S.Bède, le Vénérable, conf.et doct.28.Jeudi.—Octave de l'Ascension.29.Vendredi.—Ste Marie Madeleine de Pazzi, vierge.30.Samedi.—Jeûne.Vigile de la Pentecôte.31.Dimanche.—PENTECOTE- Programme de notre Journal Itll N journal pour les enfants ! Qui a inventé cela?Ce n'est pas une invention nouvelle, mes chers enfants.11 y a en France, en .Belgique, en Allemagne, de nombreux journaux pour les enfants.Les petits Canadiens seuls n'ont pas leur journal; et cependant, les petits Canadiens sont capables de lire et d'écrire aussi bien que les petits Français et les petits Allemands.Le temps est donc venu d'avoir votre Journal.Ce journal, chers enfants, sera un ami sincère et dévoué qui viendra, une fois le mois, vous entretenir amicalement, vous donner de bons conseils.Il vous parlera d'Agriculture et de tempérance ; il vous apprendra à penser, à réfléchir ; il vous donnera des avis pratiques sur vos devoirs en classe et envers vos parents.Il ouvrira pour vous des concours de compositions littéraires et la meilleure copie sera reproduite dans le journal De bons amis ont déjà promis une récompense au vainqueur.N'est-ce pas là, chers enfants, ce que doit être votre Journal ?.Le fondateur de ce journal n'a pas d'autre ambition que de vous instruire en vous récréant, que de faire triompher en vous le bien, le beau, le vrai.Vos parents, nous n'en doutons pas, ne perdront pas l'occasion de vous faire le plus agréable, le plus utile de tous les cadeaux, celui d'un abonnement au Journal des Enfant* LE JOURNAL DES ENFANTS 3 REVUE DU MOIS e serait pour moi un grand plaisir, si je pouvais commencer ma modeste revue par cette simple remarque : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possible ! » Mais bêlas ! cela va mal, plus que mal, comme vous allez voir.Ici au Canada, nous n'avons pas trop à nous plaindre, cependant.Nous nous chamaillons bien un peu à propos de politique et le temps n'est pas encore venu où nous pourrons dire : « Ni rouges ni bleus, rien que des Canadiens, de vrais patriotes.» Mais patience, cela viendra, s'il plaît à Dieu.En attendant, jetons un coup d'œil rapide sur ce qui se passe ailleurs.ANGLETERRE.— Beaucoup de trouble, parce que les Irlandais, qui ont tant souffert depuis des siècles, demandent un peu plus de justice et de liberté.Puis, il y a ces folles de sufragettes qui, au lieu de s'occuper de leur ménage et de leurs enfants voudraient se faire accorder le droit de vote et même devenir membre du parlement.Cela fait pitié.RUSSIE.— Ce pays se trouve mal pris : le Japon d'un côté, l'Allemagne de l'autre.Il chasse les Juifs et augmente son armée.ALLEMAGNE.— On y désire (?) la paix, tout en se préparant à la guerre.Les fonderies de canons et les fabriques de munitions travaillent jour et nuit.FRANCE.— Pauvre France, si puissante et si respectée autrefois, elle se ruiue et enr'chit les banquiers Juifs.Les bons patriotes gémissent et demandent un libérateur.Mais viendra-t-il ?Sera-ce un orléaniste, un bonrbon ou un bonapartiste ?Car il y a trois partis monarchiques.On pourrait même dire, qu'il y en a quatre et citer le parti Juift dont un Rotschild est le roi.Celui-là est même le plus fort, car il a la banque et la presse.Pas grand chose à dire ce mois-ci pour les autres pays d'Europe.Un mot cependant "pour un des plus petits, mais non des moins remarquables : LA BELGIQUE.— Le roi Albert, qui vient d'entrer dans sa trente-neuvième année, a été choisi nomme arbitre dans un conflit entre l'Italie et la République de l'Uruguay.C'est à propos du navire Maria Madré coulé par les républicains.Il arrangera cela numéro un, car il n'a pas deux poids et deux mesures.CONGRÈS DE LA PAIX.—On parle de nouveau d'un Congrès de la Paix, qui, comme les derniers, aura lieu en Hollande.Sera-t-il, lui aussi, suivi d'une guerre ?Cela ne me surprendrait nullement, car la diplomatie, de nos jours, ne consiste que trop souvent à dire le contraire de sa pensée et à manquer à ses plus solennelles promesses.J'aurai confiance dans les congrès de la paix, quand ils seront présidés par le Pape, comme le proposait un philosophe protestant Leibnitz, il y a plus de deux cents ans.Mais ce vœu n'est pas sur le point de se réaliser.Le Saint Père désire sincèrement la paix, la vraie fraternité, la justice, et les pêcheurs en eau trouble n'en veulent pas.J'espère annoncer plus et de meilleures nouvelles la prochaine fois.Michel.AUX INSTITUTRICES es peuples sont comme les forets, ils se refont par le pied et non par la tête », disait un député français.Les Juifs et les Francs-maçons ont ont mis ce principe en pratique bien avant les catholiques.Quel a été leur moyen d'action?La presse.Ils ont multiplié les journaux impies et immoraux, ils ont multiplié les gravures grotesques et obcènes.Corrompre l'enfance par tous les moyens, afin d'avoir une génération façonnée a leur image.Ne perdons pas de vue l'œuvre sournoise de nos Juifs et de nos petits maçons eu tablier.Prenons • -I LE JOURNAL DES ENFANTS les devants, ou plutôt, gardons nos positions.Prévenir est plus facile que de réparer.Le petit journal que nous vous présentons est né de cette pensée, qu'un peuple se refait par le pied, c'est-à-dire par les enfants.Donnons à nos enfant, un journal à eux, plein de foi, de vie et d'intérêt, d'où sera à jamais banni le grotesque et le grivois.Mesdemoiselles les Institutrices, vous êtes les aides naturels de toute œuvre d'apostolat et de dévouement ; il n'y en a pas une qui ne s'appuie sur vous, et nous vous connaissons si bien, que nous comptons sans hésiter sur votre zèle.Veuillez recueillir au plus tôt les abonnements que vous pensez pouvoir recueillir autour de vous, afin que nous puissions sans tarder établir régulièrement nos listes d'adresses.En récompense de votre bonne volonté, nous vous annonçons avec plaisir que chaque livraison de notre journal,—à partir du second numéro,— contiendra une petite pièce en vers ou en prose, saynète, dialogue, adresse pour réception de visiteurs distingués, etc, etc, pièces qui, en mainte circonstance, pourront vous être très-utiles.A MESSIEURS LES MEMBRES DU CLERGÉ Messieurs les Membres du Clergé et des communautés religieuses d'hommes et de femmes, nous espérons rencontrer chez vous, de tous, beaucoup de sympathie.Nous nous présentons avec des recommandations qui doivent nous ouvrir toutes vos poites.Le Père Marie-Antoine.PENSEES.Il n'est presque pas de famille qui ne puisse fournir un abonnement au "Journal des Enfants".Il n'en est pas qui ne soit disposée à le faire après avoir lu le premier numéro.LA PAGE DE CHEZ NOUS AUX GENS DE BONNE VOLONTÉ Nous seiions très heureux si nous pouvions trouver, dans chaque paroisse, un ou deux zélateurs ou zélatrices à qui nous enverrions, chaque mois, un certain nombre de copies du "Journal des Enfants » et qui les vendraient à raison de 5 centins la copie.Nous accorderions sur ces ventes une remise de vingt pour cent.Les enfants de chœur, ou certains élèves des collèges, pensionnats et écoles, pourraient se charger de cette propagande et nous aider à faire de «leur Journal » un petit organe plein de vie, d'entrain et.de succès! UNE INDUSTRIE En chemin de fer: « Monsieur vous oubliez votre journal.— Je ne l'oublie pas, monsieur, je le laisse.— C'est différent.» Je regardai le journal abandonné sur le banc : c'était D Univers.Je pense que mon compagnon eut peur de me scandaliser car en descendant du wagon, il me dit : « Si je laisse ainsi V Univers, je vous prie de croire que je suis loin de mépriser ce journal ; je le préfère à tous les autres.Seulement, je l'ai abandonné dans ce wagon, dans l'espoir qu'un autre voyageur, l'y trouvant, le lira peut-être avec quelque profit.— Alors, dis-je, cette manière de faire est chez vous un système?— Oui, je n'achète que les bons journaux et après les avoir lus, je les sème où je puis.—(Jean Grange).Si chaque enfant, après avoir lu «son journal », le prêtait au lieu de le déchirer, le nombre des lecteurs serait doublé du coup.La propagande de la bonne lecture, surtout du Journal des enfants serait si facile, si peu coûteuse et ferait tant de bien ! LE JOURNAL DES ENFANTS 5 PIE IX Oh! que Pie IX avait raison de dire: "Les hommes de la Révolution m'ont ravi et détiennent mes Etats; ce n'est pas ce qui m'afflge.Ils dépouillent les églises, font la guerre aux religieux: ce n'est pas ce qui déchire le plus mon âme.Mais ils m'enlèvent la jeunesse catholique, ilsarra chent à Jésus-Christ les âmes des enfants: voilà ce qui me perce le cœur ! " Loin de vous, enfants, les lectures mauvaises, les images grossières, et impures qui vous éloignent de notre Seigneur.A L'IMMACULÉE Toi, que n'osa frapper le premier anathème, Toi, qui naquis dans l'ombre et nous fis voir le jour ; Plus reiue par ton cœur que par ton diadème ; Mère avec l'innocence, et vierge avec l'amour, Je t'implore là-haùt, comme ici-bas je t'aime, Car tu conquis ta place au céleste séjour ; Car le sang de ton Fils fut ton divin baptême.Et tu pleuras assez pour régner à ton tour.Te voilà maintenant près du Dieu de lumière.Le genre humain courbé t'invoque la première.Ton sceptre est de rayons, ta couronne est de fleurs, Tout s'incline à ton nom, tout s'épure à ta flamme, Tout te chante, ô Marie ! Et pourtant, quelle femme, Même au prix de ta gloire, eut bravé tes douleurs?V.H.PETITE CAUSERIE Un célèbre penseur, La Bruyère, a dit : Les enfants sont colères, jaloux, curieux, volages menteurs, hypocrites, désobéissants.Est-ce vrai, cela?Jugez vous-mêmes, mes enfants, ces méchancetés dites sur votre compte.Pour sûr il y a exagération : mais avouons franchement, qu'il y a du vrai dans ces paroles.Un autre penseur trop charitable, a dit : « Tout est bon chez l'enfant.» Ce jugement est plus consolant.Examinons ensemble la question.Nombreux sont les enfants colères, menteurs, hypocrites, jaloux.Regardez dans votre classe.Un tel est jaloux, un tel est hypocrite, un autre est léger, un autre est vicieux.N'oubliez pas de vous regarder vous-mêmes.Vous découvrirez facilement votre défaut.Moins nombreux sont les enfants qui n'ont pas ces défauts et alors on dit que ces enfant sont bons.Moi, je vous dis qu'un enfant est bon, quand il ne fait rien contre sa conscience ; ce qu'il croit être bien, il le fait sans crainte; ce qu'il croit être mal, il l'évite sans faiblesse.C'est donc par la conscience qu'on juge un enfant bon ou méchant.Le développement des forces physique, la culture de l'intelligence, de la mémoire sont des devoirs impérieux, mais ce n'est pas là ce qui fait la valeur d'un homme.Un homme instruit peut-être coquin, impie, franc-maçon, etc.La ./raie valeur d'un homme, c'est sa valeur morale.Un enfant deviendra un homme de valeur si, dès le jour où il saura distinguer le bien du mal, il fait simplement le bien qu'il connait et évite énergiquement le mal.Qu'importent les difficultés.Jamais il n'omettra ses devoirs soit en classe, soit chez ses bons par nts.Il acquerra ainsi eu peu de temps l'habitude du bien, car une habitude se forme vite, quand on en répète souvent les actes; alors en toute chose, le bien lui deviendra facile.Mes enfants, voulez-vous devenir des hommes de valeur?Obéissez toujours à votre conscience.Le Père Marik-Antoink LE MOIS DE MARIE Ai, le mois de Marie, bien qu'il nous arrive généralement dans un gai rayon du soleil, n'est pas précisément, dans notie pays aux longs hivers, le mois des fleurs si souvent chanté par les poëte.Il n'y a guère que la violette des champs, le muguet et la 6 LE JOURNAL DES ENFANTS pâquerette qui s'épanouissent durant son cours, en même temps que se développe la tendre verdure de nos érables et que se dessinent les premières grappes de lilas.Mais il est sans contredit le mois des dévotions sincères, des belles et touchantes manifestations de foi et d'amour.Nous ne parlerons pas aujourd'hui de ce qui se passe dans les églises catholiques, de ces exercices pieux, de ces sermons toujours féconds en effets salutaires, de ces chants qui montent du cœur des fidèles vers celle qu'on n'invoque jamais en vain, de ces autels ornés avec tant de goût et qui prouvent l'amour de notre bonne population pour la Reine du ciel et de la terre.Mais nous dirons un mot d'une vieille et louable coutume que nous ont léguée nos ancêtres, et que grand nombre de familles ont précieusement conservée.Dans une des plus belles places de la maison, les enfants font un petit autel.Le plus souvent leurs faibles moyens ne permettent pas de grandes dépenses, mais leur bon cœur trouve des moyens ingénieux pour honorer celle qui tient avant tout à la pureté des intentions.Sur une armoire, ou même sur une modeste caisse, on étend une nappe blanche.Au milieu, on place une statuette de la Sainte Vierge qu'on entoure d'une grande quantité de fleurs.Le soir venu, toute la famille s'agenouille dans ce modeste oratoire ; la mère de famille ou un des enfants, lit un chapitre du "Mois de Marie", après cela, on dit la prière du soir et on se relève avec une volonté plus énergique de bien faire et le cœur rempli de joie et d'espérance.Heureuses les familles, bénis les ménages oû régnent toujours les bonnes vieilles coutumes chrétiennes ! L'indifférence en matière religieuse fait malheureusement de grands progrès dans notre pays ; on néglige trop la prière en commun ; les bénitiers deviennent rares dans les maisons soi-disant catholiques, ou ils sont secs comme beau-coups de cœurs ; des romans d'une moralité plus que douteuse remplacent les bons livres et certaine jeunesse prétendument chrétienne, préfère les réunions bruyantes et parfois dangereuses aux cérémonies religieuses, à la prière en commun et aux douceurs de la vie de la famille.Nous aimons à croire que le mal n'est pas général, et surtout qu'il n'est pas sans remède.C'est en partie aux mères de famille qu'incombe le devoir de l'enrayer.Elle peuvent beaucoup : on respecte leur volonté quand elle y mettent un peu d'énergie et qu'au lieu de "proposer" telle ou telle chose, elles se rappellent qu'elles ont le droit de " commander ".Jean Canada.SA SAINTETE PIE X Sa Sainteté Pie X ( Joseph Sarto), Vicaire de J.-C, 2Ô4ième successeur du Prince des Apôtres, Pontife suprême de l'Eglise Universelle, Patriarche d'Occident, Primat d'Italie, Métropolitain de la province Romaine, Archevêque et Evêque de Rome, Souverain des Domaines temporels de la sainte Eglise, né à Riese, diocèse de Trévise, le 2 juin 1835; ordonné prêtre le 18 septembre 1858; vicaire à Tombolo; Curé de Salzano, 1867; Evêque de Mantoue, le 10 novembre 1884; Cardinal-prêtre du titre de Saint Bernard Aile Terme, le 12 juin 1893 ; Patriache de Venise, le 15 juin 1893 ; élu Pape le 4 août 1903, couronné le 9 août 1908. LE JOURNAL DES ENFANTS 7 Notre prochain numéro contiendra une adresse des abonnés du Journal des Enfants à sa Sainteté Pix X, le Pape de la communion fréquente.Qu'on se hâte de s'inscrire afin d'être du nombre ée ceux qui solliciteront et recevront certainement la bénédiction du grand et pieux Pontife.PAGE DE L'ECOLE AUX INSTITUTRICES es papas et les mamans vous ont remis entre les mains ce qu'ils ont de plus cher et de plus précieux : l'âme et le corps de leurs jeunes enfants.Vous êtes chargées de développer l'une et l'autre par l'exercice, le travail, les jeux, tout cela sagement réglé et ordonné.L'éducation de l'enfance est une question vitale : c'est vous qui ferez en grande parties l'avenir de ceux qui vous sont confiés ; l'enfant sera dans la vie publique ce que vous l'aurez fait à l'école : esclave du devoir ou paresseux, insubordonné, irréligieux.Nous avons l'honneur et le plaisir de vous présenter aujourd'hui le Journal des Enjants, dans le but de vous aider à remplir vos graves devoirs.C'est le dernier-né de la Presse canadienne, qui a des journaux pour toutes les classes de la société, et qui n'en avait pas pour cette partie cependant si intéressante de notre population,— lacune incroyable.que nous avons la prétention de combler! Vous aviez déjà VEnseignement Primaire qui est, à proprement parler, le livre du maître.Comme son nom l'indique, le nouveau journal sera surtout le livre de l'élève, car il s'adresse directement au peuple écolier.Chaque numéro contiendra un sujet de concours littéraire, ou de dessin, des problêmes de mathématiques, etc., et le nom du vainqueur sera proclamé dans le numéro suivant.Avez-vous un élève qui s'acquitte remarquablement bien d'un travail quelconque, ou dont la conduite excellente ne se dément jamais?Vite, vous nous en faites part, et nous sommes heureux de vous aider à le recompenser en faisant connaître publiquement son mérite.Désirez-vous exprimer une idée qui vous paraisse utile à vous et aux autres?Les colonnes de notre journal vous sont largement ouvertes, et nous vous serons reconnaissants de toute correspondance convenable au point de vue des idées et du style.Eu un mot, tout ce qui intéresse votre école nous intéresse, puisque nous avons directement pour but.la formation de l'enfance au travail.Nous voulons créer parmi vos chers élèves un courant d'émulation louable et très actif, et le petit journal doit devenir comme un centre vers lequel convergeront toutes leurs jeunes ambitions.Nous comptons sur votre zèle intelligent, pour nous aider à obtenir la plus grande somme de bons résultats possibles.Chaque numéro contiendra, à votre usage personnel, quelques notes d'un petit cours pédagogique très-simple, mais solide et soigné.Il donnera aussi aux parents des conseils sur la manière de vous faciliter votre tâche, et ce Journal des Enfants aura un mot utile pour tout le monde.Vous pouvez recevoir ce journal gratuitement ; en voici le moyen, qui est très simple: Toute personne qui nous enverra le prix de 10 abonnements, aura droit au sien propre.Ce nombre sera facile à recueillir pour la plupart d'entre vous.Si vous en recueillez 20, vous pourrez faire bénéficier une parente ou une amie d'un second abonnement gratuit.Lisez maintenant jusqu'au bout ce premier numéro, auquel ressembleront tous les autres, et, nous en sommes certain, le Journal des Enfants aura près de vous- cause gagnée.La Direction.PETITES QUESTIONS ui que vous soyez, écoliers ou éco-lières, mes bons amis, laissez-moi vous donner un petit conseil qui vaut de l'or.Quand vous faites une lecture, soit chez vous, soit à l'école, ne passez jamais par-dessus un mot dont vous ne comprenez pas le sens, sans chercher à le connaître. S LE JOURNAL DES ENFANTS Un dictionnaire est fait pour qu'où s'en serve : si le vôtre ne vous donne pas d'explications suffi santis — car il y a des dictionnaires terriblement laconiques — (Qu'est ce que cela "laconique"?) ayez recours à votre bonne maîtresse, ou à vos parents, à une personne quelconque plus instruite que vous qui, certainement, se fera un plaisir de vous renseigner.Tenez, prenons, par exemple, cette étude sur le blé que vous trouverez à la page agricole du prochain numéro.Vous y voyez les mots : un citadin, un rural, le producteur et le consommateur ; plus loin, on vous parle d'un préjugé, d'un phénomène ; qu'est-ce que tout cela ?Qu'entendez-vous par la germination, la végétation et la maturation d'une plante?Plus loin encore: — Qu'était Balzac et que prétendait-il?Que signifient ces mots: "Les premiers végétaux des stations lacustres " ?Où est située la ville de Lucerne?Que veut-on dire par ceci: "la panification était rudimentaire " ?Qu'est-ce qu'une tradition?une légende?Qu'elle différence y a-t-il entre la légende et l'histoire?Lequel d'entre vous peut me raconter la légende arabe à propos du blé?Qu'est-ce que l'autruche?qu'est-ce que le roitelet?Bien, très-bien ! .Maintenant, entendons-nous.Je ne vous demande pas de répondre à ces questions daus le petit journal, mais seulement "par devant vous-mêmes" ou par devant votre bonne institutrice si elle veut bien s'intéresser à votre travail.Mais je vous demande de raisonner toujours vos lectures de cette manière, de toujours bien comprendre ce que lisez, et vous verrez qu'en peu de temps, vous pouvez acquérir de grandes connaissances.Je m'aperçois que la plupart d'entre vous ont déjà leur dictionnaire en main pour chercher la réponse à mes questions.C'est très-bien! Pour récompenser votre bonne volonté, je vous raconterai, dans le prochain numéro, la légende du roitelet, qui est bien jolie.Amicus.SUJETS DE CONCOURS E viens d'avoir une idée ; cela m'ar-rive quelquefois: à vous de dire si l'idée est bonne ou mauvaise.J'étais à chercher deux sujets de concours: l'un pour les élèves les plus avancés, et l'autre — naturel- lement— pour les moins avancés, c'est-à-dire pour les élèves du cours élémentaire.Je ne les voulais ni trop simples, ni trop difficiles pour une première fois, juste ce qu'il faut pour éprouver votre capacité, et j'étais à me creuser la cervelle quand je me suis dit : Mais c'est justement la page sur le blé que nous venons de raisonner ensemble qui va me fournir le sujet du premiers concours.pour le cours modèle Vous voudrez donc bien, gentilles fillettes que bientôt, dans le monde on appellera cérémonieusement : Mesdemoiselles, et vous garçonnets qui sem-blez trouver que votre moustache est lente à venir, vous voudrez bien nous dire comment se faisait la panification du blé dans les premiers âges du monde, et comment elle se fait aujourd'hui; — les gens du métier vous renseigneront bien là-dessus, et cela donnera des connaissances ménagères pratiques aux demoiselles.Puis, comme tout travail sérieux doit avoir une portée morale, vous finirez par quelque beau rapprochement entre le pain matériel et le pain spirituel de la Sainte Eucharistie.Un prix sera décerné pour la meilleure composition, et le petit journal publiera les noms et prénoms, l'âge et le lieu de résidence du vainqueur.N'oubliez donc pas d'envoyer ces indications en même temps que votre travail.Donnez votre adresse complète, afin que nous puissions vous faire parvenir le cadeau, s'il y a lieu.Envoyez tout cela à l'adresse indiquée sur la couverture du petit journal.pour lr cours élémentaire Quant aux élèves des cours élémentaires, ils écriront à un de leurs camarades ou à une de leurs amies, pour lui annoncer l'apparition du Journal des Enfants, et lui dire ce qu'ils en pensent.Mêmes LE JOURNAL DES ENFANTS .) 9 encouragements et mêmes conditions que pour le premier concours.A l'œuvre donc, nous vous attendons ! Qui décrochera le premier prix ?.Amicus.CONCOURS DE DESSIN Vous aimez le dessin, mes enfants?.C'est un art si agréable.et si utile ! Eh bien ! vous allez pouvoir nous montrer vos talents.Que les plus forts d'entre vous concourent avec zèle mais sans tricherie, sur le sujet que voici : C'est le mois de la Ste Vierge : vous dessinerez Un enfant, petit garçon ou petite fille, qui offre un bouquet à sa bonne maman la douce Vierge Marie.Nous ferons faire le cliché du dessin qui sera trouvé le meilleur, et il sera reproduit avec le nom, l'âge et le lieu de résidence de l'auteur dans le numéro du mois suivant.N'oubliez donc pas de joindre ces indications à votre dessin.N'oubliez pas non plus cet Avis important Toutes les réponses à nos différents concours devront toujours être envoyées dans le cours des trois premières semaines du mois.Passé ce temps, il sera trop tard pour qu'elles puissent être imprimées dans le numéro suivant.Ces réponses, ainsi que toute correspondance ou ¦ communication relatives au journal, devront être envoyées à l'adresse indiquée sur le couvert, soit : Le Journal de* Enfant» 34, rue Garneau, Québec, P.Q.AUX ÉLÈVES EN GÉOGRAPHIE Au cours de l'année 1913, il s'est passé un fait très important qui est du domaine géographique et qui a intéressé tous les peuples du monde.Quelqu'un peut-il nous dire quel est ce fait?.Amicus.Nota bene.— Il n'est nullement défendu aux élèves des cours supérieurs de donner aussi leur appréciation du Jonrnal des En/ants, si le cœur leur en dit.SUGGESTION Vers la fin de l'année scolaire.Messieurs les membres du Clergé, MM.les députés, et en général, toutes les personnes les plus en vue de la société, en un mot, tous les vrais amis del'éducation se font un devoir d'offrir des prix spéciaux qui sont décernés publiquement aux élèves les plus méritants comme récompense et, tout à la fois, comme encouragement pour leur bonne conduite et leur application.C'est un témoignage de satisfaction, je dirais presque de gratitude que la société intelligente et zélée se plaît à offrir à ces jeunes sur qui elle a les yeux, qui incarnent toutes ses espérances d'avenir, et qui ont déjà, dans leur âge si tendre, bien mérité de leur pays en travaillant consciencieusement à devenir des citoyens utiles.Nous prions respectueusement tous ces bienveillants amis de l'enfance et de la jeunesse de faire figurer, parmi les prix qu'ils ont l'intention de donner cette année, un grand nombre d'abonnements au Journal des Enfants.Par le don d'un abonnement, vous offrez à l'élève studieux, non pas un livre qu'il lira une fois pour le mettre ensuite de côté pendant des années, mais un livre qu'ils lira tous les mois, avec un intérêt nouveau ; non pas un récit de scènes plus ou moins réelles, propres à développer la sensibilité et à exciter l'imagination, mais un assemblage de choses écrites spécialement pour lui, adaptées à son âge, à sa vie, à ses études, capables de développer son intelligence et de former son cœur, et pouvant être utiles, non-seulement à lui, mais à tous les autres enfants de la famille.Vous aurez en outre le mérite de contribuer par là à asseoir solidement une œuvre éminemment patriotique et commencée dans les meilleures intentions.Dans l'intérêt même de leurs écoles respectives, nous prions Mesdemoiselles lea Institutrices, d'appuyer notre suggestion auprès des bienveillants donateurs de récompenses, lorsque le temps en sera 10 LE JOURNAL DES ENFANTS venu.La collection des douze numéros reliés, à la fin de l'année, formerait un volume capable de figurer avec honneur dans n'importe quelle bibliothèque.La Direction.SCIENCE ET FOI R téléphone n'a apporté aucune consolation à la misère morale du genre humain et les tramways à air comprimé n'ont donné la paix du cœur à personne.C'est incontestable ; mais téléphones ou tramways ont-ils jamais eu cette folle prétention?Sous ce papport les plus belles découvertes sont impuissantes.Quand Galilée eut prouvé que la terre tournait, les hommes ont-ils été moins inquiets de leur destinée que sur un globe qu'ils croyaient immobile?La science a rendu et rendra dans l'avenir la vie de moins en moins douloureuse, la nature de moins en inoins hostile, le monde de plus en plus habitable.Elle ne changera pas l'âme humaine, elle ne supprimera pas l'angoisse qui nous étreint, lorsque nous pensons à la mort et que nous sentons qu'il faudra bientôt disparaître, sans avoir atteint notre idéal de justice et de bonheur, et plonger au fond du gouffre en emportant notre indéracinable instinct d'immoralité.Suis-je le jouet d'une illusion?Chaque fois qu'un homme intelligent m'affirme qu'il est tout à fait athée et matérialiste, je le regarde dans les yeux.Il me semble toujours y lire une arrière-pensée, y deviner on ne sait quelle gêne, quel singulier mélange d'orgueil et de terreur.Cela m'étonne toujours, un homme niant l'infini qui nous accable, l'éternel cri d'épouvante et d'espoir de l'humanité.Mais le malheureux est sincère.Il a mordu daus la pomme du jardin d'Eden, mangé le fruit qui rend orgueilleux, et il a pris au sérieux la parole du Tentateur: Vous serez semblables à Dieu.En général, les savants ne sont pas modestes, et la science devrait être, pourtant, la plus forte école de modestie.Car quiconque s'enfonce un peu dans l'étude de la nature et dans la pensée, finit toujours par donner du nez contre l'incompréhensible.Et là, il est attendu par Pascal, qui lui dit: "Tout ce qui est incompréhensible ne laisse pas d'être, et la dernière démarche de la raison est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent".Etincelante vérité, contre laquelle l'orgueil se révolte en vain, et qui donne, à ceux qui la méditent et s'en pénètrent, l'humilité du cœur et la résignation devant tout ce que la vie a d'obseur et de doloureux.François CoppÉe.AUX ELEVES Qu'était François Coppée?Pouvez-vous me citer un de ces ouvrages, qui est célèbre?Qu'était Pascal?Qu'était Galilée?Quelle parole, devenue historique, attribue-t-on à celui-ci et en quelle circonstances fut-elle prononcée ?Le Questionneur.oooooooocooockdooooooooooooooooo^ ATTENTION ! Les personnes qui ne désirent pas recevoir le Journal des Enfants sont priées de le refuser dès le premier numéro, en renvoyant celui-ci, afin de nous épargner des frais et du travail inutiles.Cela ne les empêchera pas de le redemander plus tard, si elles viennent à changer.heureusement.d'idée! Toute personne qui n'aura pas refusé le premier numéro sera considérée comme abonnée et devra payer son abonnement: soit, 50 centins pour le Canada, et $1.00 pour les Etats-Unis et les autres pays.La Direction.ooooooooooooooooooooooooooooooocxxxxxxxx) LE JOURNAL DES ENFANTS 11 PAGE de la MERE de FAMILLE AUX MÈRES DE FAMILLES tji plus que vous, Mesdames, est intéressé à la formation de l'esprit et du cœur de vos enfants?Assurément personne.N'est-ce pas pour eux que vous vivez, que vous travaillez, que vous vous dépensez nuit et jour?Ces chers petits ne sont-ils pas le sujet de toutes vos préoccupations, et ne placez vous pas en eux toutes vos espérances pour l'avenir?N'êtes-vous pas heureuses de tous leurs succès, désolées de toutes leurs fautes, fières de toutes leurs naissantes vertus?Hésitez-vous jamais à faire un sacrifice quand l'intérêt de vos enfants le demande, et combien de fois ne vous oubliez-vous pas vous-mêmes afin de mieux penser à eux?.Et, en tout cela, vous avez parfaitement raison, et vous ne faites que remplir votre devoir maternel, car Dieu vous demandera compte des petits êtres qu'ils vous a confiés.Dès leur arrivée en ce monde, le bon Dieu a commis deux anges à la garde de chacun d'eux : l'un invisible, l'Ange Gardien, dont le rôle est d'inspirer le bien, de préserver du mal, de guider, de protéger, et d'enregistrer au livre de la vie éternelle toutes les bonnes actions dont il est l'heureux témoin.L'autre ange, visible celui-là, c'est la mère, dont le rôle est.Hé bien ! ce rôle n'est-il pas identique au premier?.Inspirer le bien, préserver du mal, guider, protéger, instruire et éclairer, n'est-ce pas là ce que nous faisons toutes, du moins ce que nous désirons faire?Et n'ai-je pas raison de vous appeler le second ange de vos enfants?Si vous n'avez pas pour mission d'enregistrer devant Dieu les mérites de ceux qui vous sont plus chers que vous-mêmes, vous avez celle de lui parler d'eux bien souvent dans vos prières, et d'appeler la sollicitude de sa divine Providence sur tous leurs besoins moraux et matériels.Vous avez celle de remplacer, en quelque sorte, à leur égard, cette providence miséricordieuse, par votre prévoyance, vos soins, votre dévouement de toutes les heures, de toutes les minutes.Oh! qu'elles sont vraies les touchantes paroles de ce beau cantique que je ne saurais trop recommander aux petits enfants de méditer et de redire souvent au bon Dieu : Seigneur, encor je n'étais pas Que déjà votre Providence Songeait aux besoins qu'ici-bas Eprouverait ma faible enfance : Vous envoyiez à mon secours Le cœur et les bras d'une mère Pour être, dans ces premiers jours, Ma providence sur la terre ! Chaque jour vous daignez m'offrir D'amour une preuve nouvelle : Chaque jour je dois vous bénir, O Providence paternelle ! Aussi, nos petits enfants sont-ils naturellement disposées à regarder comme des oracles tous les mots qui s'échappent de notre bouche, à modeler leur conduite sur les exemples que nous leur donnons, à s'imprégner de tous les sentiments qui nous animent.Combien il est donc important de nous surveiller devant ces petits êtres si terribles parfois, à l'œil limpide et ouvert de qui rien n'échappe, et qui souvent, nous embarrassent par des questions ou des réflexions auxquelles on ne trouve rien à répondre.Examinons-nous soigneusement sur ce point.N'avons-nous pas parfois, peut-être inconsciemment, enseigné la vanité et la dissipation à nos jeunes filles, l'orgueil dominateur, la brutalité, l'ambition déraisonnable qui, sans pitié, écrase les autres, à nos forts et joyeux garçons?Avons-nous suffisamment travaillé à les établir sur des bases solides de vertu qui leur permettent de traverser impunément les orages qui les attendent?.Bien souvent, hélas ! malgré toute notre bonne volonté, les soins matériels que nous devons à ces chers petits, les innombrables occupations d'un ménage nous absorbent à ce point qu'il nous reste à peine le temps de nous occuper de leur formation morale, la partie la plus essentielle cependant de nos devoirs envers eux.Pour ma part,— car c'est une mère de famille qui vous parle en ce moment, 12 LE JOURNAL DES ENFANTS et qui, par conséquent, connaît bien le sujet dont elle vient causer avec vous—je me suis dit souvent : je devrais avoir quelqu'un qui me déchargeât de la cuisine, du raccommodage, du nettoyage, etc., ce qui me permettrait de mieux surveiller mes enfants, de diriger leur jeux, de me mêler à leurs conversations, de les suivre dans leurs promenades, en un mot, de ne jamais les perdre de vue.Qui d'entre nous est en position d'agir ainsi?—C'est l'exception, certainement.Aussi, en vous présentant aujourd'hui le Journal des Enfants, dont j'ai accepté d'être la collaboratrice, j'ai le désir sincère de vous aider à remplir vos grandes obligations.Il parlera à vos chers petits, quand vous en serez empêchées, un langage qu'ils comprendront; vous l'aimerez parce qu'il leur plaira.Vous y trouverez pour vous mêmes des conseils précieux, des recettes utiles, des anecdotes intéressantes.Si vous nous encouragez, nous viendrons vous voir plus souvent, ou nous vous donnerons une plus grande quantité de bonne et saine matière à lire.Comme tout nouveau-né, le Journal des Enjants ne demande qu'à vivre et à grandir, et je ne puis mieux faire pour assurer son développement, que de le placer sous la protection des Mères.Spes.AUX LECTRICES DE FEUILLETONS ET DE ROMANS Une dame aborde uu jour un célèbre prédicateur et lui avoue qu'elle lit beaucoup de romans et d'autres publications, sans aucun scrupule sur le choix:"—Mais pourquoi agissez-vous ainsi?c'est très dangereux pour votre âme.—Je vous affirme que je n'y prend aucun mal ; c'est pour moi une distraction.—En êtes-vous bien sûre?—Oh! parfaitement certaine.—S'il en est ainsi, continuez vos lectures; seulement, chaque fois que vous serez sur le point d'ouvrir un de ces livres, ne manquez pas de vous mettre à genoux et de dire à Dieu : Mon Dieu, je vais lire ce roman pour vous plaire: je sais qu'il s'y trouve de mauvaises doctrines, de mauvais exemples et de mauvais conseils, n'ira- porte, je vais le lire pour accomplir les promesses de mon baptême, pour procurer votre gloire et le salut de mon âme.—Mais je ne puis faire une prière comme cela, ce serait me moquer de Dieu.—Non certainement, si cette lecture est bonne, vous pouvez et devez faire cette prière.—Mais?.—Ah ! vous sentez enfin que cette lecture n'est pas aussi indifférente que vous le pensiez d'abord.Parlez-moi franchement.Autrefois, étiez-vous plus pieuse que vous ne l'êtes maintenant?—Je dois l'avouer.—Et alors lisiez-vous des romans?—Jamais.—Alors n'aimiez-vous pas mieux les études sérieuses, les travaux utiles?Alors fréquentiez-vous les sacrements avec plus de goût, de ferveur et d'exatitude?—Hélas! je l'avoue encore.—Et bien ! je n'ai plus rien à dire; vous venez de vous condamner et de reconnaître qu'il est dangereux pour votre âme d'agir comme vous avez fait." L'EDUCATION « On se plaint de l'affablissement des caractères.Il y a dans les hommes de notre temps quelque chose de mou, et de flottant, d'indicis, qui sacrifie facilement la conscience à l'intérêt, le devoir au plaisir.Cela tient à l'absence de la foi, qui donne les convictions fortes, mais cela tient aussi à l'affablissement de l'autorité paternelle.Le père a cessé d'être le maître de son enfant, il s'est fait son ami et presque son égal.L'enfant le tutoie et lui commande; il partage tous ses plaisirs il est admis à toutes ses causeries, il reçoit de bonne heure toutes ses confidences.Il n'y a plus de distauce entre lui et son père, et on trouve que cela est un grand progrès ! Nous qui ne sommes les ennemis ni du nom ni de l'idée du progrès, nous ne pouvons admettre celui-là qu'avec de grandes restrictions.Voyez quels funestes résultats ! Les enfants, exaltés ainsi dans l'estime d'eux-mêmes, n'ont plus ni référence, ni soumission ni modestie.Ils parlent de tout et critiquent tout avec un aplomb ridicule LE JOURNAL DES ENFANTS 13 et une audace incroyable ; ils jugent leurs parents et s'émancipent étourdi ment de leur direction; ils toisent leurs maîtres, les qualifient ou les méprisent, et leur cœur est aussi pauvre de sentiments que leur esprit est riche de présomption.Petits hommes avortés par cette éducation facile et sans concentration, ils ont gaspillé avant le temps toute leur énergie, toute leur sève vitale.Leurs âmes sont comme des machines impuissantes, dont les ressorts se sont relâchés, comme des vases tout ouverts, d'où s'est évaporé le parfum.Pauvres âmes affadies et desséchées, qui se consument dans l'égoïsme! sans reconnaissance pour les bienfaits, sans compassion pour les souffrances, qui font pleurer leurs mères plutôt que de se vaincre, et qui triomphent, avec une joie odieuse, du chagrin ou du découragement de leurs maîtres.O pères, c'est votre tâche et votre devoir d'empêcher ou d'atténuer ces résultats funestes ! Vous voyez que votre part est nécessaire, grande et précieuse dans l'éducation de la famille.Abbé Dauphin.ILS VALENT.CE QU'ILS COUTENT ui donc?Les enfants.Oui, un enfant bien élevé a dû coûter à ses parents.Et ici, il ne s'agit point des sommes parfois considérables qui, chaque année, sont versées à un pensionnat où l'enfant reçoit l'éducation : c'est sans doute là une des multiples formes sous lesquelles l'éducation d'un enfant coûte à sa famille.Mais je veux surtout faire remarquer ce que doit coûter à ses parents de patience, de soins, de peine, l'enfant qui un jour vaudra quelque chose, sera quelqu'un.Les enfants coûtent à nourrir, et quel père, quel mère pourrait se résoudre à voir son enfant chétif, maigre et souffrant, faute de l'alimentation nécessaire à son corps?* * Cependant, il est une autre formation non moins importante que la fondation physique, et pour laquelle les parents ne doivent rien épargner : c'est la formation de l'esprit, de la volonté, du caractère de l'enfant.C'est bien aux parents qu'incombe, avant personne, le grave devoir de donner à leurs enfants la formation de l'esprit, de leur apprendre à penser.Il va sans dire qu'à cet âge l'enfant ne s'occupe pas des problèmes de haute philosophie: ses pensées, comme ses paroles, sont toutes simples et pratiques.L'enfant pense à ce qu'il voit, à ce qu'il désire, à ceux qu'il connaît: d'elle-même sa pensée ne va pas au-delà.Aux parents, de lui apprendre à penser aux absents, même à ceux qu'il n'a jamais vus; aux parents, de donner à l'enfant la première idée du Bon Dieu, du Ciel, de lui inculquer les premières notions de la loi morale, tout en ne sappuyant que sur les choses, sur les faits, seuls accessibles à l'intelligence de l'enfant.Hélas! que d'enfants sont de vrais sauvageons spirituels, fatite d'avoir reçu de leurs éducateurs naturels, de leurs parents, l'indispensable formation que rien ne peut remplacer.* * * Mais il faut être là.près de l'enfant, au lieu que souvent on s'applique à trouver les moyens de s'en débarrasser.Y a-t-il quelque chose de plus triste que de constater cette préoccupation constante des parents de chercher comment se débarrasser de leurs enfants?A peine ont ils ouvert les yeux à la vie, ces chers petits, que déjà ou tâche de s'en décharger sur d'autres.Pourquoi?Parce que c'est ennuyeux.C'est ennuyeux: il y a de longs siècles que le devoir est ennuyeux, pénible.S'il était agréable, facile, ce ne serait plus le devoir, mais le plaisir.Et cependant, s'il est quelque chose qui donne de la fierté légitime à un homme, c'est bien l'accomplissement du devoir ! Mais parmi les devoirs, il en est de plus importants que les autres et pour un père et une mère ; le devoir le plus sacré consiste à donner à leurs enfants la première formation intellectuelle, à ne pas s'en décharger volontiers sur autrui, en tous cas, à ne j'amais s'en désintéresser et à toujours veiller de très près pour que l'enfant apprenne à penser sainement, à agir droitement.C'est ennuyeux, c'est pénible.Mais ils ne valent que ce qu'ils coûtent.Qui?les enfants.La Maison Moderne. 14 LE JOURNAL DES ENFANTS PAGE ANTIALCOOLIQUE UNE RESOLUTION RADICALE ETTR résolution vaillamment prise et non moins vaillamment tenue par un enfant, serait d'un bon exemple à suivre pour nombre d'hommes qui se prétendent forts.Un petit garçon de douze ans venait de s'embarquer, comme mousse, à bord d'un navire quittant Liverpool.A peine en mer, quelques matelots lui offrirent un verre d'eau-de-vie.— Excusez-moi, s'il-vous-plaît, répondit l'enfant.Je préférerais ne pas le boire.Ils se mirent à rire, mais ne parvinrent pas à le décider.Le capitaine, entendant parler de la chose, dit au petit mousse : — Il faut que tu apprennes à boire de l'eau-de-vie si tu veux être un vrai matelot.— Pardon, capitaine, je préfère ne pas le faire.Le capitaine n'avait pas l'habitude d'entendre ses mousses discuter ses ordres.— Prends cette corde, cria t-il à un matelot, et qu'il fasse connaissance avec elle, nous verrons si nous le ferons céder.Le matelot prit la corde et battit cruellement l'enfant.— Maintenant, dit le capitaine, boiras-tu ou ne boiras-tu pas?S'il vous plaît, capitaine, je préfère ne pas le faire.— Alors, monte jusqu'au haut du grand mât, tu passera la nuit.Le pauvre enfant leva les yeux vers le mât, tremblant à la pensée d'y rester toute la nuit, cramponné aux cordages ; mais il fallut obéir.Le lendemain matin, le capitaine, en se promenant sur le pont, se souvint du petit mousse.— Hé! là-haut! cria-t-il?Pas de réponse.— Descends, m'entends-tu ?Toujours rien.Un matelot grimpa le long des cordages et trouva l'enfant à moitié gelé.Dans la crainte de tomber dans la mer quand le navire plongeait, le petit mousse avait entouré le mat de ses deux bras et le tenait serré si fort que le matelot eut de la peine à l'en détacher.Il le descendit sur le pont, et là ils le frottèrent jusqu'à ce qu'il reprît connaissance.Quand il fut en état de s'asseoir, le capitaine lui versa un verre de cognac.— A présent, bois cela, mon garçon.— S'il vous plaît, capitaine je préfère ne pas le faire.Laissez-moi vous dire pourquoi, et ne vous fâchez pas contre moi.Nous étions heureux dans notre maison autrefois, mais notre père se mit à boire.Il ne nous donnait plus d'argent pour acheter du pain et, un jour, on vendit notre maison et tout ce qu'elle contenait ; et, voyez-vous, cela brisa le cœur de ma pauvre mère.Elle languit quelque temps, puis elle mourut.Peu d'heures avant sa fin, elle m'appela près de son lit et me dit : — Jean, tu sais ce que la boisson a fait de ton père.Je voudrais que tu promisses à ta mère mourante que tu ne boiras jamais de boisson eni vrante.Je voudrais te savoir à l'abri de la chose maudite qui a causé la ruine de ton père.— Oh! monsieur, continua, le petit mousse, voudriez-vous me faire manquer à la promesse que je fis alors à ma mère mourante, afin qu'elle pût s'en aller en paix?.Moi, je ne le puis ni ne le veux 1 Ces paroles touchèrent le cœur du capitaine.Les larmes montèrent à ses yeux et, se baissant, il prit l'enfant dans ses bras en s'écriant: — Non, non, mon petit brave ! Je ne t'y ferai pas manquer.Tiens ta promesse, et si quelqu'un essayait encore de te faire boire, viens me le dire : je te protégerai ! Et, pour te dédommager de la punition cruelle que je t'ai fait subir, voici un billet dont tu disposeras à ton gré.En disant cela, le capitaine ouvrit sa bourse et remis au jeune héros un billet de banque de la valeur de 125 francs.Que de malheureux ivrognes feraient bien de prendre modèle sur cet héroïque mousse, et que de pauvres familles retrouveraient ainsi l'aisance, la paix et l'honneur ! (Almanach de l'atelier.) LE JOURNAL DES ENFANTS 15 PAS DE PRIVILÈGES AUX BUVETIERS Pourquoi traiter les buvetiers en enfants gâtés, en privilégiés?Leur négoce n'est pourtant pas d'intérêt public ; le buvetier n'a pas besoin des études longues et spéciales, pas même d'apprentissage.Enfin il n'y a pas l'ombre d'une raison pour que le pays soit son débiteur.Au contraire, il faudrait plutôt mettre justement au crédit du buvetier tous les frais de prisons de cours de justice, d'asiles d'aliénés, d'hôpitaux, occasionnés par les piliers de la buvette et que l'alcool, qui a enrichi les privilégiés du gouvernement, a empoisonnés, rendus criminels, fous ou infirmes.Ah! si le peuple, si le pays envoyaient leur compte au buvetier.ce n'est pas moi qui voudrais le payer.Tout l'or de nos millionnaires n'y suffirait pas.—Canadien.—De la Vérité, Québec.TRADUIT D'UN JOURNAL ANGLAIS: Il y a deux classes de personnes qui devraient surtout s'abstenir de l'usage des boissons alcooliques: les hommes et.les femmes! * * * Sous l'influence de l'alcool, les muscles de l'œil, ainsi que certains autres du corps, ne répondent plus au commandement de l'homme.Certains individus en état d'ivresse bégayent, d'autres marchent en zig-zag ou voient double.SES RAISONS On demandait à un brave père de famille : — Quelles raisons avez-vous pour prendre la tempérance ?— J'en ai six, répondit-il, eu montrant ses six enfants.LA PAGE AGRICOLE AUX FILS DE CULTIVATEURS Il importe d'entrer résolument dans la voie des améliorations agricoles, avec la détermination bien arrêtée d'aimer l'agriculture et de se procurer les profits et les agréments de la vie champêtre.Indépendamment des avantages temporels à en retirer, il y a d'autres considérations d'un ordre supérieur, bien propres à nous faire mieux apprécier et aimer l'agriculture plus que les autres arts.En effet, considérée au point de vue moral et religieux, n'est-elle pas un bienfait du ciel, qui ferait bien des heureux, si on savait mieux l'apprécier et si ou ne laissait pas perdre par l'insouciance et la routine le bonheur pur et durable qu'elle procure.Partout l'agriculture est la source la plus féconde et la plus sûre de la vie des peuples, puisqu'elle en est comme la mère nourricière.Aussi, Virgile en a-t il dit: « Heureux les hommes des champs ! « Plus heureux encore seraient-ils, s'ils connaissaient leur bonheur.» Et Lamartine, à son tour: « La charrue, en traçant le premier sillon, a creusé les fondations de la société.Ce n'e.-t pas seulement du blé qui sort de la terre labourée, c'est une civilisation tout entière.» C'est ce qu'avaient bien compris les fondateurs qui, inspirés par une foi vive, vinrent fonder une colonie sur nos rivages, en adoptant pour devise : « La croix et la charrue » ; labarum sacré sous les plis duquel se rangèrent en phalanges serrées nos pères venus de France, qui furent choisis avec soin et prévoyance parmi les hommes des champs.On voulait ainsi fonder une colonie essentiellement catholique et agricole, où devait régner la vraie liberté des campagnes, image la plus paifaitt- du bonheur idéal.Telle est l'origne de l'agriculture, tt sa principale raison d'être—rendre les peuples agticnlteurs heureux et prospères: n'est-ce pas assez pour mériter d'être tenue en une haute estime par les culti- 16 LE JOURNAL DES ENFANTS vateurs qui devraient l'aimer et la faire aimer par leurs enfants, au lieu de la déprécier, de leur en faire perdre le goût ; par conséquent de les éloigner du toit paternel, pour aller se faire les esclaves des manufacturiers, soit daus nos villes, soit aux Etats-Unis.En général, quelles sont les causes de ce malheur national, que déplorent les vrais patrioties?Elles sont, entr'autres, la routine obstinée, l'insouciance, l'inconduite, le luxe et l'imtempérance.Le cultivateur est obligé de travailler ferme, il est vrai, mais qui n'a rien à faire ici-bas?Est-il moins bien partagé que l'homme de bureau qui est atteint souvent avant l'âge d'infirmités inconnues aux gens de la campagne?N'est-ce pas dans cette condition que l'on trouve ces cas de longévité qui rappellent l'âge patriarcal?Les revenus en argent sonnant ne sont pas très considérables ; mais ne trouve-t-il pas à même sa terre de quoi fournir à sa substance?Cette condition demanderait peu de dépenses, si le cultivateur actuel ne cherchait pas .à vivre en grand seigneur.Le luxe, voilà ce qui explique que les fortunes soient si rares chez eux.Quel contraste, par exemple, si on les compare aux paysans français ! Ce dernier a' son vieux bas de laine garni, mais aussi voyez quelle vie il mène.On ne le voit pas habillé de fin drap, se promener avec des voitures dernier modèle et des chevaux de prix ; son salon ne déborde pas d'immenses glaces et de meubles précieux ; son épouse ne s'affuble pas de ces fantastiques chapeaux dont les plumes, importées à grands frais des pays étrangers, constituent presqu'une petite fortune.Le paysan français porte encore aujourd'hui le costume de ses ancêtres.La mode, pour lui, passe inaperçue, il ne se croit pas ridicule pour cela, attendu que ce n'est pas se ridiculiser que de s'habiller selon sa condition.Les cultivateurs devraient s'efforcer de faire disparaître ces défauts, de faire valoir l'agriculture, et de léguer à leurs enfants toutes les vertus qui firent la force de nos ancêtres.Qu'ils prêchent l'attachement au sol natal, et l'agriculture retrouvera bientôt l'attrait qu'elle n'aurait jamais dû perdre pour nos populations.(Extrait de Con/.Agr.) PROPOS AMUSANTS LE CHOIX D'UNE CARRIÈRE Un brave fermier avait un grand garçon dont il ne savait que faire.Un jour, il adopta un moyen aussi original que nouveau de connaître sa vocation.Il pénétra dans la chambre du jeune homme pendant son absence, et mit sur sa table un.billet de dix piastres, un livre de prières et une bouteille de whiskey.Cela fait, il se cache derrière la porte en se disant: "S'il prend le billet de banque, il fera un homme d'affaires ; s'il prend le livre, il fera un prêtre; s'il prend la bouteille, il fera un bon à rien." Quelques instants après, le fils arrive en sifflotant et s'arrête, interdit, devant la table.Il met le $10.dans sa poche, le livre sous son bras et avale deux ou trois bons coups de whiskey.Le père lève les deux bras au ciel en s'écriant : " Mou Dieu, mon Dieu ! il va faire un politicien ! " UN JOLI MOT D'ENFANT C'était pendant une mission.Jeanne, qui a 5 ans, disait à son papa : — Je serais bien heureuse si tu venais avec moi ce soir au sermon : il y avait beaucoup de messieurs qui y conduisaient hier leurs petites filles.C'est bien, dit le père, je t'y mènerai ce soir.Le soir, Jeanne entrait à l'église avec son père.Mais, conduisant sa fille près d'une dame de sa connaissance, il fit semblant d'aller du côté des hommes et sortit de l'église.Jeanne s'en aperçut et ne dit rien.Le lendemain elle voulut par caprice demeurer parmi les messieurs avec son père.— Que faites-vous là ?lui demanda le prêtre, ce n'est point votre place.— Monsieur, répondit-elle tout bas, laissez-moi ici, je garde papa ! 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