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Titre :
L'abeille /
Diffusée durant l'année scolaire à partir de 1925 par les Frères de l'instruction chrétienne, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année. [...]

La revue L'Abeille (1925-1947), sous-titrée « revue mensuelle pour la jeunesse », puis « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », est publiée à Québec par les Frères de l'instruction chrétienne et paraît pour la première fois en septembre 1925. Diffusée durant l'année scolaire, de septembre à juin, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année.

Par l'accent mis sur la formation à la morale chrétienne et sur l'encouragement à la vocation religieuse, L'Abeille est d'esprit similaire au Bulletin du Très-Saint-Enfant-Jésus, une publication pédagogique des Frères des écoles chrétiennes.

La publication offre à ses jeunes lecteurs des chroniques, des contes, des reportages, des biographies de personnages historiques, des récits hagiographiques, des romans à épisodes, des causeries scientifiques, des chants, des activités de bricolage, des jeux et des devinettes.

En 1935, la revue atteint un tirage de 10 000 exemplaires; et celui-ci s'élève, au milieu des années 1940, à 17 000 exemplaires.

En 1947, L'Abeille fusionne avec Hérauts, périodique pour enfants publié par les Éditions Fides, et devient Abeille - Hérauts, qui sera diffusée jusqu'en 1964. La série Hérauts contient aussi les revues Ave Maria, Jeunesse, Stella Maris et L'Éclair.

La revue L'Abeille a contribué au développement de la littérature jeunesse canadienne d'expression française.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 102.

POULIOT, Suzanne et Nathalie ROUSSEL, « L'adolescence vue par les Frères de l'Instruction chrétienne », Cahiers de la recherche en éducation, vol. 7, no1, 2000, p. 37-61.

Éditeur :
  • Laprairie :les Frères,1925-1947
Contenu spécifique :
décembre 1944
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Hérauts ,
  • Abeille et hérauts
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Références

L'abeille /, 1944, Collections de BAnQ.

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L'IMftACULÉE-CQNCEPTION (8 DECEMBRE) Le monde a été perdu par le péché.Pour le racheter, le Kils de Dieu a voulu naître d'une Vierge que le moindre péché n'a jamais souillée.Marie a été conçue sans péché, et ce privilège unique lui est plus cher même que celui de la Maternité divine.Célébrons avec ferveur sa belle fête de l'Immaculée Conception et demandons-lui de nous aider à recevoir son Jésus dans un cœur bien pur le Jour de NOEL.JE SUIS L'UÊMACVLBB-CONCBPTION L'ABEILLE Paraît tous les mois, juillet et août exceptés.Elle a reçu une bénédiction spéciale de S.S.Pie XL Abonnement annuel : Canada S 0.75: étranger S 1.00.Dix numéros à la même adresse : Canada S 5.00; étranger $ 6.00.Publiée avec V autorisation de Son Exc.Mgr t'évique de Si-Jean, et la permission des Supérieurs.Directeur: Frère Arator-Josrph, Laprairie, P.Q.— 98 — L'Avent Pl&pxi/umè, lel vaieâ au Seùjueui Avec les fêles du Christ-Roi, de la Toussaint et des Morls, l'année liturgique s'achève; et novembre n'est pas encore fini que déjà l'Eglise nous invite a nous prépare» à une nouvelle année chrétienne en même temps qu'à la fête de Noël.Les quatre semaines qui précèdent Noël s'appellent l'AVENT, mot signifiant avènement ou venue.Elles rappellent les quatre mille ans qui ont précédé et préparé la venue du Messie promis à nos premiers parents.Toutes les prières des offices de ces quatre semaines nous montrent la sainte impatience, les ardents désirs des prophètes et des justes de l'Ancien Testament de voir arriver le Messie qui devait les racheter et les sauver.Si les peuples qui vivaient avant la naissance de Jésus avaient un si grand besoin d'un libérateur, nous n'avons pas moins de raisons qu'eux de demander le Sauveur qui délivrera notre pauvre monde des malheurs sans pareils qui pèsent sur lui.Jamais ce monde n'avait connu de guerres, de famines et de calamités semblables à celles qui existent de nos jours.La fin de nos maux approche-t-elle ?— Nous l'espérons.Pouvons-nous la hâter ?— Certainement.Comment ?— Ecoutons et suivons les conseils que Jean, le précurseur du Messie, donnait aux Juifs qui venaient le trouver: "Faites de dignes fruits de pénitence.Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers; comblez les vallées, abaissez les montagnes et les collines, redressez ce qui est tortueux et aplanissez ce qui est raboteux." Et d'abord : "Faites de dignes fruits de pénitence".Ce sont, en effet, les péchés des hommes qui excitent la colère divine et attirent sur nous ces fléaux si terribles.Tant que les hommes, ;/ compris chacun de nous, ne cesseront de commettre péché sur péché et n'en feront pas une sincère pénitence, inutile de compter sur la mlséi corde divine et la fin de nos maux."Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers, etc." Le bon Dieu veut s'apprccher de nous, se donner à nous, pour nous sauver.Mais par où viendra-t-U ?.Le chemin dans lequel nous mar- chons est-il droit ou croche ?.Est-ce le chemin de la vertu ou celui du vice ?Est-ce celui de l'obéissance aux commandements de Dieu, celui de la soumission à no3 parents, à nos maîtres et maîtresses ?.Comblons par nos bonnes œuvres les vallées eu vides creusés par notre paresse; abaissons les collines ou montagnes dressées par notre orgueil et que Jésus ne peut franchir; corrigeons ce qui n'est pas droit dans nos manières, et faisons disparaître les défauts dont la rugosité froisse ou blesse notre prochain.Imitons la Sainte Vierge.Quand l'Ange lui annonce que Dieu l'a choisie pour devenir la mère du Sauveur, elle répond : "Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit lait selon votre parole.".Pouvons-nous dire en vérité comme elle : "Mol aussi, je suis le serviteur de Dieu, toujours prêt à faire ce qu'il demande de moi par la voix de mes parents, de mes maîtres, de l'Eglise." Dans ce cas, nous pouvons être certains que Jésus descendra dans nos cœurs avec ses grâces de choix, avec cette paix, surtout de l'âme, promise aux hommes de bonne volonté.S'il importe de se bien préparer à la fête de Noël, il est encore plus nécessaire de se préparer au deuxième avènement de Notre-Seigneur, au jour où il viendra nous juger.C'est pour nous rendre notre juge favorable que nous devons faire de dignes fruits de pénitence, et acquérir par cette pénitence, un trésor de bennes œuvres d'autant plus grand que nous nous sommes causé de plus grands dommages par le péché.¦— "Faites pénitence, nous dit Notre-Seigneur, ou vous périrez tous".Cette deuxième venue de Notre-Seigneur n'est peut-être pas éloignée pour quelques-uns, même pour ceux qui paraissent en meilleure santé.Les morts subites sont si fréquentes.C'est pourquoi Dieu nous dit : "Soyez prêts, je viendrai à vous comme un voleur".Celui-ci n'annonce jamais sa venue.11 vient toujours au moment où on l'attend le moins.Fr.ARATOR-JOSEPH — 99 •— — Au parvis Notre-Dame, s'écrièrent en même temps les deux auditeurs ! — .le jour de la Pentecôte, acheva le conteur.Kogcr jeta irn cri.— Cela vous étonne, continua le soldat, surpris de l'émotion du jeune garçon, c'est pourtant chose commune; les bohémiens (lé-robeurs d'enfants sont aussi nombreux à Paris que les chiens dans les rues.— Et après son enlèvement l'enfant ne fut-il pas emmené en Lorraine et abandonné à un chevricr ?demanda Frère Benoît.— C'est cela, parfaitement, — Le bohémien se faisait appeler le roi Ru no ?— Précisément; vous connaissez donc 1'hisloire, mon Révérend ?Je la connais et je connais également le (Ils de la dame de Varennes.— En vérité ! Où est-il ?- I-e voici, dit Frère Benoit en désignant Roger qui, pâle et tremblant, pouvait a peine contenir son émotion.— - Quoi ! ce jeune garçon ?.— Est l'enfant que l'on recherche, le flls adoptif du chevrier Hugues Barbette.Olivier se leva en poussant des exclama- tions de surprise; mais la douleur de sa jambe' le força proinptcmcnt à se rasseoir.Il posa alors force questions au moine et au jeune garçon et acquit la cerlilude que ce dernier était bien l'enfant volé onze ans auparavant.— Voici, dit-il enfin, qui ne va pas arranger les affaires de mon capilaine, qui escomptait déjà sa fortune, — Evidemment, dil le moine, la réapparition de l'enfant lui enlève ses droits.— Il ne se laissera pas déposséder aisément, reprit l'archer dont le visage s'était rembruni, il demandera des preuves.— Nous en donnerons; j'ai une lettre de Hugues Barbette qui ne laisse aucun doute.J'irai avec Roger trouver la dame de Varennes; pourriez-vous me dire où elle se trouve ?— Je n'ai aucun renseignement à vous fournir, répondit brusquement Olivier, cherchez-la je ne vous souhaite pas de trouver Guillaume de Flavi sur votre chemin.Merci pour toutes vos bontés, mon Révérend; bonne chance, jeune homme.El sans qu'on pût le retenir, il gagna la porte du couvent, remonta sur son cheval et disparut promplement.Quand il fut parti, Roger laissa éclater sa joie.— J'ai une mère ! J'ai une mère ! répè-la-l-il avec enthousiasme ! Oh ! mon Révérend, je vous en supplie, laissez-moi partir tout de suite pour la chercher.Frère Benoit, comprenant toutes les dillimités el tous les périls que son prolégé allait avoir à surmonter, essaya de calmer son ardeur et d'ajourner les recherches jusqu'au moment OÙ elles entraîneraient moins de dangers; mais tontes ses observations furent inutiles.— Je veux chercher ma mère, je veux partir immédiatement, répétait-il.Dieu et la Vierge viendront à mon secours.— Eh bien ! tu partiras, dit enfin le Frère Benoît, mais je t'accompagnerai.Je ne te laisserai pas te jeter seul, pauvre enfant, au milieu des embûches qu'on ne manquera pas de semer sous tes pas; si le père Supérieur le permet, nous partirons ensemble et je ne te quitterai qu'après avoir trouvé la dame de Varennes.— 100 — les troupes Roger, fou de joie, se join aux pieds du religieux et lui baisa les mains.Le l'ère prieur accorda aisément la permission.Les préparatifs ne furent pas longs, et bientôt les deux voyageurs quittèrent le couvent.Ils se dirigèrent vers la Tou-raine où se trouvait la cour et où ils pensaient pouvoir obtenir plus facilement des renseignements, car Olivier leur avait dit que la dame de Varennes avait été dame d'honneur.Cl n'était pas une chose aisée qu'un voyage à cette époque et dans de pareilles circonstances.Tous les désastres semblaient s'être réunis pour accabler la pauvre France.La guerre, la famine, la maladie avaient décimé la population et ruiné le pays.La campagne était couverte de neige et la plupart des villages abandonnés Frère Renoit et son petit compagnon devaient faire de continuels tours de forée pour éviter d'Anglais et île Itourguignons, les brigands embusqués au coin des bois, les bandes de loups affamés qui venaient jusqu'aux poternes des villes attaquer les sentinelles.Il leur fallait s'écarter des grandes roules et demander un abri h quelque masure abandonnée.Les deux voyageurs cependant continuèrent leur chemin avec courage et sans se plaindre.Un soir, ils arrivèrent a un petit hameau qui avait été récemment brûlé par les Anglais.Tous les habitants s'étaient réfugiés dans l'église et y avaient cnlrtssé les meubles et ustensiles qu'ils avaient pu arracher à l'incendie.Les chèvres, les moutons, les volailles, échappés au désastre, s'y trouvaient également pèle-mèle avec les humains.Frère llenoit et Roger y cherchèrent nussi un asile pour la nuit.On avait allumé sur les dalles du rhu-ur un grand feu de brindilles, dégageant une épaisse fumée, et tous ces pauvres gens, grelottant, se tenaient à l'entour.Bo voyant la robe du moine, ils se serrèrent pour lui faire place ainsi qu'A son jeune compagnon.L'assistance se composait uniquement de malades, de femmes et d'enfants; comme Frère llenoit s'étonnait de l'absence des hommes, on lui apprit qu'ils avaient profité de la nuit pour aller labourer leurs terres en s'nttelant eux-mêmes aux charrues, faute de boeufs, car ils n'avaient pu travailler dans le jour par crainte de l'ennemi.Os pauvres femmes, velues, ainsi que leurs enfants, de peaux d'animaux non tannées et de tissus de paille tressée, maigres, misérables, les cheveux en désordre, ressemblaient plus à des sauvages qu'aux bonnes chrétiennes qu'elles étaient.Files tirent partager aux deux nouveaux venus leur chétif repas, composé d'un peu de lait de chèvre et de racines cuites sous la cendre; puis l'une d'elles lui présenta un bébé, né l'avant-veillc dans l'église, en le priant de le baptiser, le curé ayant péri au coirrs de l'incendie.A ce moment, on entendit au dehors les pas d'une troupe de chevaux.Les femmes et les enfants se levèrent avec effroi, croyant à une nouvelle attaque de l'ennemi, mais ils se rassurèrent bientôt en voyant que les cava liers, qui n'étaient qu'au nombre de cinq, venaient de mettre pied à terre; celui qui marchait en tète, et qui paraissait toirl jeune, entra en se signant et en disant A haute voix ; — Bonnes gens, Dieu vous assiste ! (^c qui rassura tout le monde; puis, s'age-nouillant.il se mit à prier.Comme il s'était placé lout près de Itoger, celui-ci, l'ayant regardé attentivement, ne put retenir un cri de surprise.— Tu connais ce jeune cavalier ?lui demanda Frère Benoit.— Non, répondit Hoger, mais il ressemble Irait poin- trait 11 la paysanne qui fut si bonne pour moi, l'an passé, à Domrémy.— Domrémy ! s'écria l'étranger en se retournant vivement.Et.ayant rencontré le visage de Roger, il ajouta : — Jésus, Maria ! (Vest le chevrier que les gens de Monccy voulaient tuer 1 — Quoi I s'exclama à son tour Roger, vous êles bien la bonne Jeannette ?(à tulvre) — 101 — par Jacquet Ulchel III Mon voleur était un jeune paysan qui, n'ayant pas connu son père, ne respectant pas sa pauvre mère accablée de besogne, s'était mis de bonne heure a galvauder, refusant le travail, vivant de maraudages et de rapines.Au demeurant, maudit par sa mère, pourchassé par les gamins de son Age, pauvre diable sans feu ni lieu qui avait bien l'excuse du malheur.Il avait emporté le magot dans la forêt proche où les ruines d'une ancienne cabane de bûcherons lui servait parfois d'abri.L'importance de son larcin était bien plus considérable que ce qu'il avait tout d'abord supposé.Il était grisé de se sentir si riche et inquiet en même temps, car, c'est bien certain, In possession des richesses est le pire des maux pour ceux qui s'y attachent : plus de sommeil calme, plus de vrai repos.La crainte d'être volé, assassiné peut-être, sans compter aussi, pour cette fois, la peur de la justice et le remords.On a beau n'avoir pas de scrupules, la conscience oublie rarement de se faire entendre d'une façon ou de l'autre.Bref, le jeune voleur n'était pas plus tranquille que celui qu'il venait de dépouiller I Il creusa d'abord un trou sous le mur à demi croulant de sa hutte, y cacha tout ce qu'il avait dérobé.Puis, le trou rebouché, il songea que cette cachette n'était pas bonne, que s'il était surpris par la police ou par quelques-uns de ses confrères en brigandage, cette terre fraîchement remuée ne manquerait pas de le trahir.Mieux valait trouver, dans la forêt, un coin perdu, isolé, reconnaissable de lui seul, où il enfouirait son précieux butin.Mais il ne fui pas encore satisfait.Lorsqu'il eut enterré son trésor en pleine forêt, à plus d'une lieue de sa cabane, cl qu'il fut revenu vers celle-ci pour y dormir, il ne rut fermer l'œil, tant il était inquiet de savoir si nul rôdeur ne l'avait vu et suivi, attendant son départ pour visiter la cachette.11 n'eut de cesse qu'il ne fût retourné jusque-là.Or, comme il approchait de l'arbre au pied duquel il avait creusé la terre, il entendit craquer les feuilles sèches dont le sol était jonché, tout comme sous le pas d'un homme.Retenant son souffle, il écouta : aucun doute, on marchait derrière lui ! Plein de terreur, il se colla contre le tronc d'un chêne et il attendit.Il lui sembla d'ubord distinguer une faible lueur, puis, dans l'impressionnant silence que troublait seul le cri d'une hulotte en chasse, il entendit une voix qui l'appelait par son nom.Une force contre laquelle il luttait vainement le retenait cloué à son arbre.Il n'avait jamais éprouvé cette angoisse que dans les mauvais rêves.La voix l'appelait encore, et la lueur, de plus en plus forte, paraissait venir vers lui.Alors, tout à coup, il vit, à deux pas, un évê-que vêtu d'or et portant mitre et crosse, tout semblable A la statue de bois qu'il avait dû déplacer chez le Juif I — Monseigneur saint Nicolas I flt-il en tombant & deux genoux comme si l'invisible main qui le retenait l'eût brusquement lâché.Et saint Nicolas, car c'était bien lui, s'approcha lentement du voleur : — ncpens-tol, gamin I lui dit-il.Dieu est toute miséricorde.Il aura pitié de toi.Le crime le plus grand que tu aies commis, c'est d'avoir si longtemps douté de sa grande bonté.Repens-toi.Deux larmes brillantes coulant sur le visage du jeune garçon furent toute sa réponse.Mais elle suffit à saint Nicolas.— Et maintenant, reprit-il, tu vas reporter tout ce que tir as volé à ce misérable Juif.— Oh ! de grâce.Monseigneur.Il me tuera I — Ce serait, conviens-en, un châtiment mérité; mais il n'en sera rien.Va, et remets tout ceci à celui qui le possédait, de la part de saint Nicolas.— Je n'aurai garde de l'oublier, grand saint 1 Le voleur avait à peine dit ces mots, que la lueur disparut, et il se retrouva, tremblant encore, tout seul dans la nuit profonde de la foret.Il se demanda s'il n'avait pas rêvé; mais il sentait en lui un tel soulagement qu'il n'hésita pas un instant et déterra le trésor, avec la ferme résolution de courir le restituer.Lorsqu'il arriva chez moi, les bras chargés de mes richesses perdues, je faillis d'abord lui faire un mauvais parti.Mais, se rendant compte de mes intentions, mon voleur s'empressa de me dire qu'il venait de la part de saint Nicolas.Le trésor m'en tomba des mains ! Quoi ?Saint Nicolas que j'avais si maltraité ! Saint Nicolas que j'avais injurié ! Saint Nicolas dont j'avais flagellé si violemment la statue I Saint Nicolas lui-même venait de faire rendre gorge à mon voleur 1.J'exigeai de celui-ci de plus amples explications et il me fit sans hésiter le récit de son aventure nocturne.Je n'en pouvais croire mes oreilles.J'étais si bouleversé, que j'offris au jeune chenapan une bourse gonflée d'or en lui disant : "Merci, mon gaillard, merci I Va-t-en et sois honnête I" Il s'en fut d'ailleurs aussitôt sans demander son reste (façon de parler, bien sûr ! et, pourtant, je crois bien que, sur le moment, je lui aurais tout donné).IV Je demeurai de longues heures immobile, stupide.Ce trésor que j'avais aimé plus que moi-même, ce trésor que j'avais tant pleuré, voilà qu'il m'était rendu et cela ne me causait aucune joie I La miraculeuse intervention de saint Nicolas, je n'arrivais pas à la comprendre.Et puis, tout a coup, la lumière se fit dans mon esprit : "Saint Nicolas, me dis-je, ne m'a pas fait revenir tout cet or pour que je reprenne ma vie coutumière, pour que je redevienne l'avare au cœur sec que J'étais.Saint Nicolas, non plus, n'a pas eu peur de moi et de mes menaces brutales et grotesques.Alors, c'est qu'il a un autre dessein, c'est qu'il veut que je devienne un autre homme." Je courus allumer mes cierges devant la statue de bois.Mais, cette fois, ce n'était pas par superstition.Ces petites flammes brillantes étaient bien l'image de la fervente prière de reconnaissance qu'au fond de moi-même je formulais sans pouvoir l'exprimer sur mes lèvres.Je me souvins d'un vieux grimoire où était racontée l'histoire de Jésus, le Dieu des chrétiens, le Dieu de saint Nicolas.Je le cherchai et l'ouvris au hasard, et aussitôt ms yeux tombèrent -sur deux petites lignes que je déchiffrai avec soin pour les graver dans ma mémoire : Donne tons les biens ai:x panures el snis-moi.Sans perdre un instant, je m'en fus a travers le bourg, distribuant mon Irésor dans les plus pauvres maisons."Il est fou ! mais à nous l'aubaine 1" disait-on en ricanant.Et l'on prenait mon or sans même me remercier.Des gamins me donnaient la chasse et tournaient autour de moi.Par devant ils me saluaient et tendaient les mains a mes cadeaux, puis derrière ils faisaient des grimaces et criaient : Ohé, Juif I ohé ! ta vieille tête est fêlée I" Mais tout cela m'était égal.Quand je n'eus plus rien je poussai un grand soupir et je m'en fus sur les routes, à la recherche du Christ.Des années passèrent et je mourus, pauvre et charitable, comme j'avais vécu depuis le jour du miracle.Au ciel je fus accueilli par saint Nicolas lui-même.II était tout pareil à sa statue, mais bien plus beau encore.— Je t'attendais, nie dit-il d'une voix douce en me prenant cordialement la main.Viens, nous allons voir le bon Dieu.— 103 — — Le bon Dieu ?fls-jc en tremblant ù la fois de Crainte èt tie joie.Mais, grand Saint, ne nie faut-il pas aller un peu dans les flammes «lu purgatoire pour me laver de tous mes vieux péchés avant de nie présenter devant Lui ?- Non, mon ami.nie répondit l'archevêque.Ton purgatoire, tu le feras avec moi, si Dieu le permet.— Avec vous?Qu'est-ce à dire?.I.e saint se mil à rire doucement et poursuivit : — Je me suis rendu compte par moi-même (pie tu sais admirablement manier le fouet.Des larmes me montèrent aux yeux tandis que je me souvenais de l'horrible scène où j'avais flagellé la statue de bois.- Vous avez donc senti mes coups?.— Eh oui ! Mais, rassure-toi, je les ai oubliés.Seulement, je vais avoir besoin de tes services.Chaque année, au moment de ma fêle, je descends sur la terre pour faire un tour chez les enfants.A ceux qui sont sages, je laisse des jouets.Mais aux autres, qire puis-je donner ?.— Je ne sais pas.bon saint Nicolas ! — Prends ce fouet, il est tout semblable au tien.Tu vieilliras désormais avec moi et lu puniras les méchants enfants qui l'auront mérité.— Oh ! grand Saint, je ne pourrai pas ! — Si, si.Ce sera ton châtiment à toi.Et c'est ainsi que, depuis des siècles, j'accompagne saint Nicolas, donnant des verges aux petits enfants qui n'ont pas votre bon cœur et votre gentillesse.Le problème de Toto Toto a un cousin très savant et surtout très tort en mathématiques.Pendant les vacances, il l'a vu faire des problèmes difficiles, avec des cercles, des triangles, etc.Bref, le cousin se prépare à entrer à l'école Polytechnique.Mais, Toto.qui ne sait que faire des multiplications — et encore pas toutes justes — est un petit malin, jeudi dernier il a voulu jouer une petite farce à son cousin.— Gantil cousin, pariez que )e vous donne un problème que vous ne pourrez pas faire.— Oui, cela m'intéresse : montre moi ton problème.— Voilà: Essayez donc de retrancher 9 de 6, 10 de 9 et 50 de 40.je parie que je peux le faire, et je trouve 6 au résultat.— Ah I par exemple, mais mon petit bonhomme, ton problème est absolument impossible.même en raisonnant ab absurdo.ajouta-t-il en souriant.Toto ne savait pas bien ce que c'était que "raisonner ab absurdo"; il comprit vaguement que ce devait être quelque moyen mystérieux pour rendre les problèmes toujours justes.Mais il ne fut pas décontenancé; 11 prit du papier et un crayon et écrivit sa solution qu'il présenta quelques secondes plus tard tout triomphant.Pouvez-vous résoudre ce problème comme Toto?(Trois Abeilles reliées à tirer au sort parmi les gagnants).NOS AMIS LES SAINTS (Suite de la page 105 ) soldats de conduire la jeune vierge dans une maison infâme.Mais lorsqu'ils veulent l'entraîner, il leur est impossible de la faire bouRer.Ils joignent tous leurs efforts, la sueur coule sur leur visape, mais en vain, Lucie ne remue pas.On va même chercher plusieurs paires de bœufs auxquels on l'attache avec des cordes; on fouette les animaux, mais sans plus de succès; autant essayer de déplacer une montagne.Ce miracle, loin de convaincre le préfet, semble redoubler sa rage.— Pourquoi cette fureur, lui dit la jeune fille ?Confesse la puissance du Dieu que je sers et crois en lui; si tu doutes encore, convaincs-toi davantage.Paschase ordonne alors de couvrir Lucie de poix, de résine et d'huile et d'allumer le feu autour d'elle.Le Seigneur, encore une fois, l'entoure de sa protection en sorte que le feu n'a aucune prise sur son corps.Enfin, un soldat la frappe avec une épée; elle tombe baignée dans son sang.Avant de mourir, Lucie annonce aux chrétiens, accourus auprès d'elle, la fin de la persécution, le triomphe de l'Eglise et les châtiments qui attendent les persécuteurs.S.S.A.104 — m nim us mm Sainte.Jlucie vierge et martyre Fête le 13 décembre Lucie ou Luce, dont le nom signifie lumière, naquit à Syracuse, ville de Sicile, vers l*an 284.Elle avait a peine six ans lorsqu'elle perdit son père.Sa mère, grecque de naissance et chrétienne de religion, voulut faire d'elle une jeune fille accomplie, digne d'occuper le haut rang auquel la noblesse et les richesses de sa.famille lui permettaient d'aspirer.Lucie fut donc formée dès ses premières années à la pratique de la vertu et à l'amour de Dieu en même temps qu'elle s'instruisait des sciences profanes.Sa mère, bien que chrétienne, la promit en mariage à un jeune homme païen.Douloureusement surprise, Lucie se contenta de répondre ù sa mère : — Je suis trop jeune pour penser au mariage; je désire vivre longtemps encore près de vous.La mère tomba soudainement malade; pendant quatre ans, elle mena une vie languissante sans que les plus grands médecins pussent la soulager.Lucie lui suggère d'aller demander sa guérison au tombeau de sainte Agathe.La mère et la fille se rendirent à Catane près des reliques de la Sainte.Tout à coup Lucie s'endort; pendant son sommeil, elle voit sainte Agathe, éclatante de beauté et de majesté, qui s'approche d'elle.Avec un sourire empreint de douceur et de bonté, la Sainte lui dit : — Lucie, ma sœur, ta foi a déjà sauvé ta mère et la voilà guérie; tu seras un jour la gloire de Syracuse comme je suis la gloire de Catane, parce que ton cœur virginal est un temple agréable au Seigneur.Lucie s'éveille et s'écrie : — Mère, mère, vous êtes guérie ! La mère et la fille, au comble du bonheur, remercient leur sainte bienfaitrice.Lucie profite de l'occasion pour demander à sa mère d'abandonner le projet de mariage dont celle-ci l'avait entretenue.La mère y consent et lui permet de disposer de ses biens en faveur des pauvres.Le jeune homme qui se croyait encore lo fiancé de Lucie, la voyant vendre ses bijoux et une grande partie de ses domaines, s'enquit auprès d'une femme do confiance de la maison.Cette personne lui répondit avec habileté et prudence : — Votre future épouse a trouvé l'occasion d'acquérir à vil prix des biens précieux et, pour se les procurer, elle n'a pas hésité à se défaire d'une partie de ses terres.D'abord rassuré, il se retira; mais il apprit bientôt que sa fiancée distribuait ses richesses à de* gens sans ressources et donc incapables de lui donner quoi que ce soit en retour.11 entra en fureur d'avoir été ainsi joué par une jeune fille et une servante et alla dénoncer Lucie comme chrétienne à Paschase, préfet de la ville.Appelée devant le fonctionnaire impérial, qui lui ordonne d'obéir à l'empereur et de sacrifier aux dieux, Lucie lui répond : — Vous observer, les préceptes des empereurs, moi, je garde ceux de Dieu; vous redoutez vos maitres, moi, je crains mon Seigneur; vous désirez être agréable à vos princes, moi, je ne veux plaire qu'au Christ.Faites donc ce que vous jugerez convenable, moi, j'agirai pour mon bien.— Toutes ces belles paroles cesseront quand tu sentiras les verges.— On n'arrête pas le Verbe de Dieu.— Es-tu donc Dieu ?— Je suis la servante du Seigneur et c'est lui qui parle par ma bouche, car il a dit : "Ce n'est pas vous qui répondrez aux juges, mais l'Esprit-Saint qui parlera en vous.— L'Esprit-Saint est donc en toi et c'est lui qui nous parle.— L'Apôtre a dit : "Les cœurs purs sont le temple de Dieu et son Esprit habite en eux.— Paschase, outré de colère, commande aux (Suit* à la Pi
de

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