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Titre :
L'abeille /
Diffusée durant l'année scolaire à partir de 1925 par les Frères de l'instruction chrétienne, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année. [...]

La revue L'Abeille (1925-1947), sous-titrée « revue mensuelle pour la jeunesse », puis « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », est publiée à Québec par les Frères de l'instruction chrétienne et paraît pour la première fois en septembre 1925. Diffusée durant l'année scolaire, de septembre à juin, L'Abeille se consacre principalement à l'éducation religieuse des élèves du cours primaire, de la 1re à la 7e année.

Par l'accent mis sur la formation à la morale chrétienne et sur l'encouragement à la vocation religieuse, L'Abeille est d'esprit similaire au Bulletin du Très-Saint-Enfant-Jésus, une publication pédagogique des Frères des écoles chrétiennes.

La publication offre à ses jeunes lecteurs des chroniques, des contes, des reportages, des biographies de personnages historiques, des récits hagiographiques, des romans à épisodes, des causeries scientifiques, des chants, des activités de bricolage, des jeux et des devinettes.

En 1935, la revue atteint un tirage de 10 000 exemplaires; et celui-ci s'élève, au milieu des années 1940, à 17 000 exemplaires.

En 1947, L'Abeille fusionne avec Hérauts, périodique pour enfants publié par les Éditions Fides, et devient Abeille - Hérauts, qui sera diffusée jusqu'en 1964. La série Hérauts contient aussi les revues Ave Maria, Jeunesse, Stella Maris et L'Éclair.

La revue L'Abeille a contribué au développement de la littérature jeunesse canadienne d'expression française.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 102.

POULIOT, Suzanne et Nathalie ROUSSEL, « L'adolescence vue par les Frères de l'Instruction chrétienne », Cahiers de la recherche en éducation, vol. 7, no1, 2000, p. 37-61.

Éditeur :
  • Laprairie :les Frères,1925-1947
Contenu spécifique :
mars 1947
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Hérauts ,
  • Abeille et hérauts
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Références

L'abeille /, 1947, Collections de BAnQ.

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TABLE DES Uu écolier avisé .194 Allez à Joseph .195 Numéros chanceux .195 Je me souviens .196 Martyrs du Christ .198 Frère Théophile .201 Histoire d'une tabatière et d'une pipe .202 Jean-Marie de la Mennais .203 L'aluminium .206 Votre profession ?.207 Pour avoir dit la vérité .2d8 MATIERES Héroïsme obscur .210 C'est dix sous .213 Fleurs de sang .214 Un élève de Durer .218 Famille Joseph Botivier .221 Beaux exemples .221 Que sont-ils devenus f .222 Bricolage.Rions un peu .223 La sœur aînée (mélodie) .224 La famille B.Beauchemin .224 UN ECOLIER AVISE On cite une curieuse anecdote sur l'enfance de Cleveland, ancien President des Etats-Unis.Etant écolier, il avait commis une petite in-; cartade pour laquelle il avait encouru une punition de plusieurs coups de règle sur le poignet.Avant son entrée dans la classe, l'écolier s'était sali les mains en Jouant dans la rue.Quand le maître l'appela pour lui inlliger sa punition, le leune Cleveland était bien embar-.rassé et il ne trouva rien de mieux à faire que .de se laver la main droite à la façon des chats; malB il paraît que l'opération ne réussit pas, car le maître dit, en voyant la main que le gamin ! avait cependant bien frottée le long de son pan-: talon : "Si tu peux trouver dans toute l'école une main aussi sale que la tienne, je lève ta punition".Cleveland ne se le fit pas répéter, et montrant sa main gauche, qu'il avait jusque-là soigneusement cachée derrière le dos, il répondit victorieusement: "Eh bien I en voici une I" Le maître tint parole et ne put s'empêcher de rire.CONNAISSEZ-VOUS CES DEUX VOLUMES ?") "Restons chez nous", par Damase Pot vin.Beau volume in-8 broché de 221 pages.b) "Propos canadiens", par Mgr Camille Koy, volume in-8 broché de 192 pages.Edités par la Librairie Granger Frères Ltie.Prix : 75c; par la poste 85c.I'N MOULIN A VKNT SOUS \A NKIOK.KE1-KNTIONY, P.Q.UN BEAU CHŒUR PARLE POUR LE CAREME : "Le vTcd Pain du Ciel", (ou la multiplication des pains) pour le 4* dimanche du carême.Prix : 6c.l'unité; 35 c.la douzaine; 2c.l'unité pour 50 exemplaires ou plus.S.V.P.— Envoyer le montant requis avec la commande.L'ABEILLE Paraît tous les mois, juillet et août exceptés.Publier avtc l'autorisation de Son Exc.Mgr Vèvique de St-Jean.et la permission des Supérieurs.Directeur : Frère ARATOR-JOSEPH.La Prairie, P.Q.Une messe est dite tous les mercredis aux lnlenllons des abonnés.Enregistrée an CANADA comme matière postale de seconde classe.— 194 — cAllez à jfoâepk L'Eglise a voulu dédier chacun des mois de l'année à la garde d'un patron céleste pour stimuler notre dévotion et nous aider à pratiquer les vertus dont il nous donne l'exemple.Ainsi juin est consacré au Sacré-Cœur de Jésus, mai et octobre à Marie, janvier à l'En-fant-Jésus et mars à saint Joseph, le "noble époux de Marie".Joseph est un parfait modèle de foi en Dieu et d'obéissnnce à sa sainte volonté.Avec quelle promptitude il obéit à l'crdre de l'ange qui lui commande de prendre l'Enfant et sa Mère et de fuir en Egypte ! Joseph est un modèle d'espérance.Il compte sur la protection divine et supporte toutes ses épreuves, toutes ses peines, avec joie, résignation et amour.Si, à l'approche de Marie, Jean-Baptiste a été sanctifié dans le sein de sa mère, et si, à reposer sur le cœur du divin Maître, saint Jean a puisé un si grand amour pour Jésus, quelle ne dut pas être la charité de Joseph, choisi par Dieu pour être le père de Jésus et l'époux de Marie Immaculée I Sa vie s'est passée auprès du doux Sauveur; il l'a bercé dans ses bras; il a écouté ses mots d'enfant et l'a Initié à son rude métier.En retour il a été encouragé dans sa tâche de chef de famille par les caresses et les baisers de l'Enfant-Jésus, et le sourire de la Vierge très sainte.Au soir de sa vie, il rendit paisiblement son âme à Dieu, assisté de Jésus et de Marie.C'est pour cela qu'il est par excellence le patron de la bonne mort.Nul ne mena une vie plus humble que Joseph.Il ne s'est jamais vanté de posséder les deux plus beaux trésors de la terre : Jésus et Marie, et l'Evangile ne rapporte aucune de ses paroles.Pendant ce mois de mars, allons souvent à Joseph avec la plus grande confiance.Demandons-lui de veiller sur notre famille, sur notre enfance; de nous protéger contre tous les ennemis de notre salut; de nous aider à connaître et à suivre notre vocation.Demandons-lui également de venir nous assister avec Jésus et Marie à notre heure dernière, afin de faire une bonne mort et d'aller sans retard au ciel chanler les louanges divines.F.A.-J.FAVEUR OBTENUE PAR SAINT JOSEPH Le fait suivant vient de se passer à Chicago, assez récemment, et est relaté par Dale Harrison.Une petite Sœur des Pauvres entra un four chez un boulanger pour lui demander quelques pains pour ses protégés, promettant de prier saint Joseph pour lui s'il voulait l'obliger.Le boulanger hésita quelques Instants, puis se décida à lui donner quelques miches de sa maigre provision."le ne connais guère votre saint Joseph, dit-il, mais si par hasard il a quelque influence sur les marchands de farine, ie lui serais bien reconnaissant, car nous autres boulangers, nous avons autant besoin de farine que les pauvres de pain.Si donc saint Joseph peut m'obtenlr de la farine, je vous donnerai tout le pain qu'il vous faut." La petite sœur sourit et accepta le don.Elle avait à peine franchi le seuil de la boulangerie, que le boulanger recevait le télégramme suivant : "Par une chance exceptionnelle, nous pouvons vous donner un char de farine.Il est déjà en route." Coïncidence remarquable : le télégramme venait de SainMoteph, Missov.ri.NUMEROS CHANCEUX DE FEVRIER 378 2688 5229 7539 9949 609 2919 5460 7770 10180 840 3381 5691 8001 10411 1071 3602 5922 8232 10632 1302 3843 6153 8463 10863 1531 4074 6384 8694 11184 1764 4305 6615 8925 11415 1895 4536 6846 9156 11646 2226 4767 7077 9387 11877 2457 4998 7308 9618 12198 12429 15639 18849 22059 25269 12750 15960 19160 22380 25592 13071 16281 19491 22701 25911 13392 16602 19812 23022 26232 13713 16923 20133 23343 26553 14034 17244 20454 23664 26874 14355 17567 20775 23985 27195 14676 17886 21096 24306 27516 14997 18207 21417 24627 27837 15318 18528 21738 24948 28158 Avex-rous gardé précieusement toutes toi Abeille* ?LES VRAIS numéros chanceux, los GAGNANTS paraîtront dans "L'Ab«ille" d'avril.Survoillex votre chance.— 195 — Femme d'esprit.Femme de tête.Une fée m'apparut une fois, en rêve, tenant en ses mains diaphanes trois cassettes dorées.Sur la première, brillaient ces mots : FEMME D'ESPRIT; sur la deuxième.FEMME DE TETE; enfin, la troisième portait aussi en exergue l'inscription FEMME DE CŒUR.J'ouvris le premier coffret.Il contenait un délicat parchemin aux lettres d'or."Lisez, me dit la fée." La FEMME D'ESPRIT a la faculté de concevoir ses pensées avec rapidité.Elle découvre, en un instant, sur l'objet qui se présente à son observation, des idées justes et ¦¦g FK.MMK MTOI'IUT Femme de cœur.personnelles.S'agtt-il d'une vérité à étudier?Les notions apprises précédemment surgissent, claires et lucides, à sa mémoire; les motifs de crédibilité, les objections, les réfutations et les preuves naissent aussitôt dans son intelligence.Le devoir à accomplir se montre à elle avec ses avantages et lui fait entendre tout de suite les raisons pour lesquelles il doit être exécuté I Sur les événements sociaux ou les menus incidents de la vie ordinaire, elle porte aussi un jugement solide et éclairé.Mais il y a plus.La femme d'esprit a le talent d'exprimer ses idées avec une adresse exquise.Elle a des termes ingénieux où se révèle la finesse de son esprit; des expressions originales où perce le génie personnel; des mot3 précis, pleins d'art et de chaleur.Cette femme peut rendre à la société des services précieux par les écrits qu'elle laisse à la postérité.Telle se révéla Madame de Sévigné dans ses incomparables lettres à sa fille; telles nous apparaissent encore aujourd'hui nombre de femmes écrivains qui apportent dans le monde des lettres les richesses d'une fine spiritualité.• J'ouvris aussi la deuxième cassette et sur le vélin doré je lus : "La FEMME DE TETE possède l'esprit d'ordre et de discipline.Elle sait diriger un foyer avec méthode; chez elle le hasard ne commande jamais les actes; tout le détail des jours est sagement fixé en un règlement qui empêche le vaille que vaille.L'ordre règne dans le ménage, dans les divertissements nécessaires.Cet ordre produit le calme dans lequel tous les membres de la famille déploient librement leur activité.Elle est en outre douée d'un -196- admirable sang-froid el elle domine les situations les plus diverses et les plus critiques.En un mot, la femme de tête a l'art du gouvernement.Elle est précieuse pour créer des œuvres agissantes et elle exerce dans son milieu une influence profonde en provoquant autour d'elle une certaine admiration ou en inspirant un peu de crainte." FKMMK KB TBTK La troisième cassette contenait un feuillet rouge où je pus lire : "Si vous possédez le courage et l'ardeur, vous serez une FEMME DE CŒUR : courage dans les tâches monotones, obscures parcelles de la volonté divine; courage dans la défense du droit, de la justice et de la vérité; courage quand l'épreuve abat, quand les forces déclinent; courage partout et toujours; ardeur au travail du corps et de l'esprit, à la prière et au sacrifice.La femme fut créée pour aimer, pour se donner, pour souffrir.Cette vocation exige du courage et de l'ardeur pour être bien accomplie, tout entière, sans fléchissement.Une femme de cœur, c'est donc une femme telle que Dieu la veut; c'est presque la seule dont le monde ait réellement besoin.Certes, il ne faut pas dénier à la femme d'esprit le bienfait de ses lumières mais si cette femme ne possède, en même temps que sa vive intelligence, le dévouement et l'amour, son influence ne saurait être durable.Il ne faut pas non plus mépriser la femme de tête : L'esprit de direction est nécessaire; mais si une femme n'est Influente que par l'autorité de l'esprit, si elle ne règne pas aussi par le cœur, son influence ne sera ni profonde ni durable.A part les traités de littérature, qui nous rappelle les grandes femmes d'esprit ?Quel souvenir reste-t-il dans le monde d'une reine Elizabeth d'Angleterre, vraie femme de tête?Les seules qu'on n'oublie pas, ce sont les "filles au grand cœur", les Jeanne d'Arc, les Marie de l'Incarnation, les Jeanne Mance; ce sont surtout nos bonnes mamans qui puisèrent bien plus dans leur cœur que dans leur esprit les leçons de foi qu'elles nous enseignèrent sur leurs genoux, leçons qui ont réjoui notre enfance, guidé notre jeunesse et qui seront encore au soir de notre vie, comme un phare lumineux nous conduisant au port de 1 éternité." • Je replaçais les parchemins.je refermais les cassettes.— "Laquelle de ces trois femmes préférez-vous", me demanda la fée.— "Certes, répondis-je, être à la fois femme d'esprit, femme de tête et femme de cœur serait l'Idéal.Il faut même aspirer à posséder toutes les qualités du cœur et de l'intelligence puisque c'est un devoir de mettre "comme une étoile au-dessus de sa vie, le perfectionnement de soi-même." Cependant, je préfère la FEMME DE CŒUR.La mission de la femme est avant tout une mission d'amour; si les dons de l'esprit lui sont utiles, voire nécessaires, les dons du cœur lui sont sans contredit les plus indispensables.La mission de la femme est une mission de dévouement quotidien à des besognes souvent fort prosaïques.Quel levier placera ces besognes sur le plan supérieur où elles apparaîtront dans la beauté ?L'amour d'un cœur généreux opérera seul cette merveille et c'est ce que je vous souhaite à toutes, jeunes filles de mon pays." fkmmk nie rœtTi — 197- EVASION Au début de mai, Jogues, pour la première fois, alla visiter les établissements hollandais à Itensselaerswyek.Il était accompagné de sa "tante", de Goupil et de Jean, tous heureux de revoir les blancs.Jogues eut des entretiens avec le gouverneur Viui Corlaer et le ministre réformé Johannes Magapolensis.Ceux-ci s'intéressèrent à son sort et essayèrent à nouveau, mais en vain, de racheter le prisonnier.Le Père Isaac écrivit au gouverneur Mont-màgny pour l'informer de la violence accrue des Iroquois.Il confia cette lettre à un guerrier mohawk qui jura de la porter à destination.Durant tout son séjour parmi les Hollandais, Ondessonk fut étroitement surveillé par les Mohawks qui le ramenèrent dans leur pays.Chaque jour lui apportait la nouvelle de combats sanglants entre les Iroquois d'une part, les Algonquins, les Ilurons et les Français, de l'autre.Les Iroquois avaient maîtrisé les Algonquins et les Montagnais et dévastaient le pays huron.Ils ne craignaient même plus les Fiançais et leurs bandes guerrières rôdaient autour des habitations de Montréal et de Trois-Rivières.Pendant ce temps, Jogues souffrait toujours chez les Iroquois.Sa "tante" cherchait une occasion de le délivrer.Elle lui apprit qu'il repartirait avec elle et les siens pour la pêche et qu'ils passeraient quelques jours chez les Hollandais.Elle lui conseilla de tenter une évasion.Jogues croyait que son devoir était de rester parmi les sauvages et il cherchait à écarter toute autre pensée.Il partit donc, le 31 juillet avec sa "tante" et, deux jours après, entrait au Fort-Orange.Van Corlaer et le Dominie MegapolensLs accueillirent le Jésuite avec grande bonté.Ils l'invitèrent à dîner avec eux.Le gouverneur essaya de nouveau de racheter le Père Jogues.Il offrit des présents aux Iroquois, mais ceux-ci ne promirent pas de relâcher leur prisonnier.Le directeur de la colonie conseilla alors au Père Jogues de s'échapper en lui promettant de l'aider de tous les moyens en son pouvoir.Pendant son séjour à Rensselaerswyck, Jogues vit un jour arriver une bande de sauvages vociférant des imprécations et jurant la mort d'Ondessonk aussitôt son retour à Ossernenon.Le Père apprit que sa lettre à Montmagny avait été portée au fort Richelieu.Après la lecture de cette lettre, lea Français avaient bombardé les sauvages qui étaient revenus furieux contre Ondessonk qui, disaient-ils, les avait trahis.Van Corlaer comprit que le Père serait infailliblement massacré si on le laissait retourner à Ossernenon.Il vint donc trouver Jogues au camp iroquois et lui dit : "Pourquoi n 'essayez-vous pas de vous sauver I II y a un vaisseau dans le port, qui met à la voile dans quelques jours; échappez aux sauvages et allez vous cacher à bord, vous serez emmené en Virginie et, de là, en France." Jogues se prit à hésiter.Devait-il retourner chez lea barbares ou profiter de la chance de s'enfuir que lui offrait le gouverneur hollandais ?II demanda une nuit pour réfléchir.Resté seul, il pria longtemps.Ses hésitations s'en allaient.S'il retournait chez les Mohawks, ceux-ci le tueraient non en haine de la foi, mais à cause de la lettre qu'il avait écrite.Lorsque vint la nuit, une douzaine de sauvages conduisirent Jogues dans une grange pour y passer la nuit.Eux s'étendirent et s'assoupirent aussitôt.Lui passa la nuit à prier et à réfléchir.Les Hurona chrétiens s'é- — 198 — taient presque tous enfuis.Qoupil et Couture et Jean étaient en sécurité et avaient promis de s'enfuir également.Son ministère auprès des Mohawks semblait terminé pour le moment.A l'aube, Jogues était décidé à tenter l'évasion.11 sortit en même temps que les sauvages et se rendit chez Van Corlaer pour lui dire qu'il acceptait de s'enfuir.Celui-ci parut très content et fit venir le capitaine du vaisseau hollandais.Le marin promit de cacher le Français et de l'emmener sain et sauf à Bordeaux.Van Corlaer conseilla à Jogues de retourner chez les Mohawks et de se glisser durant la nuit jusqu'au fleuve où une chaloupe l'attendrait.Il passa le reste du jour avec les sauvages et se coucha île nouveau dans la grange avec eux.Cette grange était la propriété d'un riche fermier hollandais qui avait épousé une femme mohawk.La maison communiquait avec la grange par une porte intérieure, une autre porte donnait sur la cour.Jogues prit note de ces détails afin de préparer sa fuite.Lorsque les Mohawks se furent endormis, Isaac enjamba les corps étendus et se glissa dans la cour.Malheureusement il n'avait pas compté avec les chiens de garde qui aboyèrent et se jetèrent sur loi.L'un d'eux le mordit à la jambe.Les Mohawks réveillés en sursaut accoururent.Le fermier hollandais conduisit Jogues dans sa maison, pansa sa plaie d'où le sang s'échappait et, pour éviter la rage, y introduisit des poils du chien qui l'avait mordu.11 banda le tout solidement et renvoya Ondessonk dans la grange.Les Mohawks fermèrent solidement la porte et le firent coucher entre deux d'entre eux.Jogues étouffait.Il paraissait impossible de s'évader.Quand le matin se leva, un serviteur entra dans la grange; Isaac se faufila vers lui; d'un geste, il fit signe d'attacher les chiens, puis il courut vers la rivière.Moitié courant, moitié boitant, il parvint jusqu'à la chaloupe amarrée sur la rive.Il se retourna : personne.L'alarme ne paraissait pas encore avoir été donnée.Il essaya de pousser au large la chaloupe échouée dans le sable.Il n'y parvint pas.Craignant toujours d'être rejoint, il héla le navire, mais ne reçut pas de réponse.11 se recommanda à Dieu, fit des efforts désespérés et réussit enfin à pousser la barque dans l'eau.Il rama vers le navire, escalada l'échelle de corde et se trouva bientôt sur le pont.Le capitaine le reçut aimablement et lui promit de le tenir à l'abri des Mohawks.Aucun sauvage ne paraissait avoir remarqué la fuite du Père car la rive était déserte.Pour plus de sûreté, le capitaine conseilla à Jogues de se cacher dans la cale du navire.La fuite d'Ondessonk causa tout un émoi chez les Mohawks.Ceux-ci parcoururent les rues de la ville fouillant les maisons et jurant de tout exterminer si on ne leur rendait pas leur prisonnier.Ils assiégèrent même les demeures du gouverneur Van Corlaer et de Dominie Megapolensis.Le gouverneur les laissa perquisitionner chez lui, les assurant qu'Ondessonk n'était pa-s dans la ville.Les sauvages refusèrent avec insolence les présents que Van Corlaer leur offrait et renouvelèrent leurs menaces.Le gouverneur comprit la gravité du danger et décida de rappeler Jogues il Rensselaerswyck où il demeurerait caché jusqu'à l'apaisement des sauvages.Le Dominie alla donc trouver Isaac à bord et lui expliqua la situation.Jogues accepta de retourner chez les Hollandais.On le conduisit en canot jusqu'au fort.Là, Van Corlaer se confondit en excuses et assura le Père de sa protection.Il voulait seulement l'avoir à proximité durant les pourparlers avec les sauvages.Jogues demeura caché une douzaine de jours dans la maison du commandant du fort.La plaie de sa jambe s'étant envenimée, le médecin se demanda s'il ne serait pas nécessaire de l'amputer.On pensa qu'il serait plus commode de loger le Père dans la maison du cantinier qui Il K«SAYA l)K I-Ol'SNKU I.A (Il M (M II: servait de magasin, l'n eoin du grenier, séparé du reste par une cloison de planches, servait de refuge au fugitif.Dans ee réduit, bas, mal éclairé, que le soleil transformait en four et où la pluie pénétrait les jours d'orage, Jogues souffrit beaucoup.De plus, les sauvages rôdaient aux alentours ; île sa cachette, Isaac les voyait dans la cour.Parfois, ils montaient dans le grenier et une simple cloison ajourée les séparait alors de lui.Mal nourri par le cantinier avare et mal logé, le Père Jogues demeura deux longs mois dans son grenier.Le Dominie Mégapolensis s'étant rendu compte de la mesquinerie avec laquelle on traitait le Père, réussit à lui procurer une meilleure nourriture.Toutefois, la fureur des sauvages ne diminuait pas.Ils devenaient même chaque jour plus menaçants.Cependant la régente de France, Anne d'Antriche, ayant appris par lettre la situation de Jogues.avait fait pression auprès des Seigneurs hollandais pour hâter la délivrance du Père jésuite.Le gouverneur général Kieft envoya done un ordre formel à Fort-Orange afin que le Père Jogues fût envoyé au plus tôt à Fort-Amsterdam.En même temps que cette lettre, Van Cor-laer reçut une délégation des chefs mohawks.Ceux-ci, irrités accusaient les Hollandais de trahison et réclamaient leur prisonnier.Le gouverneur leur offrit de nouveau des présents pour le rachat île leur captif.Ils refusèrent.Voyant l'obstination des sauvages, Van Cor-laer changea de tactique.Il avoua avoir caché Ondesaonk et leur offrit trois cent guidera en compensation.Si les Iroquois refusaient ce présent, les Hollandais leur retirerait leur amitié et cesseraient de commercer avec eux.Les Mohawks finirent par accepter la rançon et se consolèrent de la perte d'Ondes-sonk.Durant la nuit, Jogues s'embarqua sur un petit bateau avec quelques notables du pays en route vers Fort-Amsterdam.Il avait trente-six ans.Demi-chauve, le teint cuivré, le visage couvert de rides et la barbe grisonnante, on lui aurait donné dix ou quinze ans de plus.Dans ses vieux habits trop amples, le Jésuite contrastait avec l'apparence cossue de ses amis hollandais qui voyageaient avec lui.Ceux-ci, le Dominie surtout, étaient très joyeux de la libération du Français.Ils burent à sa santé et baptisèrent même une île, près de laquelle ils s'arrêtèrent, du nom "Ile Isaac Jogues".Le directeur général Kieft accueillit le Père très aimablement et lui assura qu'il s'oc- cuperait lui-même de le faire traverser en Kurope.Il remarqua le pauvre accoutrement du Jésuite et commanda immédiatement un habit noir eorrect.Il donna nu grand diner en son honneur auquel assistèrent les principaux personnages de la ville.Le gouverneur Kieft eut.de la difficulté à trouver un navire car, à cette époque de l'an née, tous les départ avaient eu lieu.A la fin d'octobre, un petit bateau arriva à l'im-proviste à Fort-Amsterdam.Il était à peine capable de tenir la mer.Kieft offrit à Jogues de voyager à bord de ce navire.Le Père accepta volontiers et s'embarqua le 5 novembre.Le voyage fut long et pénible.Vers la fin de décembre, le petit, navire entrait dans la Manche.Une violente tempête l'obligea à chercher refuge à Falmouth (Angleterre).Poursuivi par des pirates, le bateau hollandais parvint à grand peine à gagner son abri.A Falmouth, l'équipage apprit que la guerre sévissait en Angleterre.Une loi proscrivait les Jésuites.Jogues demeura donc caché à bord du navire.Dans la soirée, il fut assailli par un bandit qui lui mit le pistolet sous la gorge.D'autres malfaiteurs surgirent et fouillèrent le bateau.Ils dépouillèrent Jogues de ses habits et l'abandonnèrent grelottant sur le pont.De bonne heure le matin, Isaac descendit et se dirigea vers la rive.Là, un homme lui donne un manteau et l'emmena déjeuner dans un restaurant.Jogues y rencontra un Français qui lui dit qu'un charbonnier quittait Falmouth dans quelques jours à destination de la France et qu'il pourrait s'y embarquer.Le vaisseau quitta le port la veille de Noël.La mer était calme et tout laissait prévoir qu'il toucherait le rivage de France le lendemain matin.Le Père Jogues ne dormit pas de la nuit.Son âme exultait.Il y avait dix-sept mois qu'il avait dit sa dernière messe et communié à Trois-Rivières.Il pourrait se confesser et recevoir la communion le lendemain matin.II fit son examen de conscience.Il se croyait un grand pécheur.Pourtant le Père Buteux, ayant entendu plus tard sa confession générale, déclara, après la mort de Jogues.que l'âme de ce dernier était toujours restée bien pure.A travers la brume, Isaac aperçut les côtes rocheuses de Bretagne.Le navire avança avec précaution près de la rive.Un canot fut mis à la mer.Jogues y descendit et so dirigea vers le port.Bientôt il toucha le rivage.11 était en France.(d suivre) DoLLAJtD DES ORMEAUX -200 — 45 cms cru service de Dieu, dont 41 voués à l'Instruction et à l'éducation de la jeunesse I.45 ans de pratique intense des vertus religieuses, dont 41 de dévouement obscur et sans compter entre les quatre murs d'une classe, n'ayant pour seuls témoins que Dieu et le militer d'enfants, petits ou grands, qui lui doivent une bonne part de leurs connaissances religieuses et profanes, avec le réconfortant souvenir de ses exemples de piété, d'oubli de sol et d'ardeur à la tâche quotidienne I.Telle fut la vie du cher Frère Théophile-Isidore, que Dieu appelait, le 9 janvier dernier, à la récompense éternelle promise aux bons religieux et aux apôtres de l'enfance.Treize mois de langueur à l'infirmerie de La Prairie achevèrent de purifier sa belle âme et valurent, sans doute, de précieuses grâ ces à tous ses anciens élèves pour qui il priait chaque jour, mais plus particulièrement pour ceux de l'école de la Mennais qu'il avait dû quitter l'an dernier.Le cher Frère Théophile-Isidore conçut toujours le devoir dans toute sa rigidité, aussi bien peur lui-même que pour ses élevés.Par un amour inné de l'ordre et pour donner à ses journées leur pleine capacité, il réglait sa vie de religieux et de professeur jusque dans les plus petits détails.Très régulier à tous les exercices de sa communauté, il était pour ses devoirs professionnels d'une scrupuleuse ponctualité.Il ac ceptalt très difficilement les retards à la classe du matin et les absences pour un petit rhume ou pour une légère migraine.DERNIER COUPON pour le CONCOURS de BICYCLETTES 4138 Nom Adresse 4.V.p.— Ne imip-» pan c* coupon mnlntraant .,.(l,n,I.-» Ir nnmfro d"«Trtl pour uxoir «I Tool »«*• imlnrnl "chaneww".De même il ne pardonnait guère le défaut d'application au travail, le manque d'ordre dans les pupitres, ou l'inexactitude dans le calcul des bons points journaliers.Son explication quotidienne du catéchisme était si bien préparée et présentée avec tant de conviction d'autorité et de clarté que ses petits élèves, habitués dès les premiers jours de l'année scolaire à ne perdre aucune parole de leur professeur, émerveillèrent maintes fois les inspecteurs par une connaissance de la religion, bien au-dessus de leur âge.Le cher Frère Théophile-Isidore jouissait tout le premier de ces succès et ne manquait pas d'en faire part à ses confrères à la récréation ou au repas suivants.Il excellait aussi à obtenir de ses élèves, petits et grands, des prières récitées avec beaucoup de piété et de conviction, et sa classe fut toujours à l'honneur pour l'assiduité à la messe sur semaine.Maintenant qu'il jouit, espérons-le, d'une magnifique place au ciel, nous sommes cer tains que le cher Frère Théophile-Isidore se souvient de chacun de ses chers anciens; qu'il prie ardemment le bon Maître de les garder dans le chemin du devoir et de la vertu, afin que tous ceux qu'il a tant aimés ici-bas aillent le rejoindre, un jour, dans la gloire sans fin.De là-haut, il demandera aussi au divin Maître de lui trouver de nombreux remplaçants dans le champ d'apostolat qu'il vient de quitter.Qui sait, cher lecteur, si Dieu n'a pas les yeux fixés sur vous pour cette belle mission I.FR.B.de S.— 201 - 'Ttiâtoite dune ta&atièsie et ct'cate fiifre C'est une histoire vraie.Le lait a eu lieu dans une famille anglaise du siècle dernier, la famille Vaughan, un grand nom dans l'histoire de l'Eglise catholique en Angleterre.Le papa, un lieutenant-colonel, est à table, entouré de ses nombreux enfants.Une grosse bûche flambe dans le foyer, au fond de la salle à manger; autour de la table rayonne 'a joie, la loie franche des familles nombreuses, unies, chrétiennes.Le papa sert les enfants l'un après l'autre.Vient le tour du petit dernier, Bernard.— Oh I non, merci papa; pas pour moi, je n'en prendrai pas., s'il vous plaît — Quoi ?mais qu'est-ce que tu as, mon fiston ?Tu n'as pas faim ?Es-tu malade ?— Non, papa, J'ai faim., mais je veux me garder una grosse place.pour le dessert.L'histoire ne le dit pas, mais ce devait être du plumpudding.— Ah 1 c'est donc ça ! Monsieur fait le capricieux parce qu'il est gourmand.Eh bionl mon garçon, si tu ne manges pas de rosbif, lu n'auras pas de dessert.SI ça a du bon sens être gourmand comme ça I esclave du dessert 1 Et alors le petit Bernard, sans vouloir manquer de respect, mais avec son air canaille qu'il n'a jamais perdu par la suite, réplique : — Mais, vous avez bien votre tabatière et votre pipe, vous, papa.Le lieutenant colonel Vaughan arrêta le service, saisi.Il réfléchit un Instant.Brusquement, à la militaire, il se lève de table, va chercher quelque chose dans la pièce voisine, revient, se dirige vers le foyer, puis, sans un mol, mais d'un geste décidé, lance au feu.sa labaliire ft sa pipr.Autour de la table, pas un mot.L'émotion gonfla les cœurs qui battent plus vite.Les enfants ont compris.Du coin de son tablier, maman Vaughan essuie une larme.Le papa est revenu à sa place.Un peu ému lui-même, mais calme, il brise le silence qui s'alourdissait : — Maintenant, mon petit Bernard, vas-tu pren- ' dre du rosbif ?Le cadet réuBsil à ravaler le sanglot qui lui montait à la gorge, et d'une voix étouffée : — Oui, papa.et puis, je ne prendrai pas de dessert.et puis, je vous demande pardon.— Allons, ne pleure pas, mon garçon, et passe-moi ton assiette.Puisque ma tabatière et ma pipe pouvaient servir à vous donner le mauvais exemple, je les ai sacrifiées.Jamais plus je ne fumerai.Si j'ai fait cela, c'est que je vous aime plus que ma pipe.Souvenez-vous de cela, mes enfants.Et le papa lança la conversation sur des sujets réjouissants.Lentement l'appétit revint avec la belle humeur.Et le papa en conta de tellement bonnes, que, à la fin du repas, le rire fusait autour de la table.Et dans le foyer flambait toujours la grosse bûche.avec la taba tière et la pipe.• La morale ?Celle de l'Evangile : faire avanl d'enseigner, ou encore faire en agissant.Rien ne bat la puissance de l'exemple.Pour bien élever leurs enfants, les papas ne sont pas tous tenus de jeter leur pipe au feu.Il reste que l'éducation enlre par les sens.Ici la parole est d'argent, mais l'action est d'or.:"Descendre un chapitre" sur le renoncement aux caprices, ça mord moins sur le fiston ou la fistonne qu'un geste significatif, comme celui du lieutenant colonel Vaughan.— "Pour élever un enfant, il faut tous les jours, soi-même, s'élever un peu plus devant lui".(René Benjamin).Faire Jouer le ressort de l'admiration, ce merveilleux Instrument d'assomptlon humaine, voilà la règle d'or de l'éducation.El pour finir, voulez-vous savoir les résultats pratiques du geste de cet admirable chef de famille ?Pas uniquement de ce geste, mais de l'esprit chrétien qu'il révèle et des autres gestes que cet esprit commande ?Presque tous ses enfants répondirent généreusement à une vocation supérieure : ses cinq filles devinrent religieuses; six des huit garçons devinrent prêtres, dont un fut cardinal et deux autres archevêques.Quant au petit Bernard, qui avait tellement le diable au corps, il tourna mal et se fit Jésuite.Voilà la belle gerbe de vocations préparée pour l'Eglise catholique d'Angleterre par le lieutenant-colonel Vaughan, qui, un Jour, à un moment stratégique, jeta au feu sa tabatière et sa pipe.Ce fut probablement sa plus belle victoire.— 202 — ni - I78C - I860 por Guv lavjiolettè _ DE PETITES CHARTREUSES Taudis transformés en classes.Les écoles des Frères ne tardèrent pas à se multiplier.C'étaient, nous disent les vieilles chroniques, autant de petites chartreuses par leur esprit de prière et de pauvreté." "Chartreuses où les classes voyageaient de la cave au grenier; où les maisons du quartier servaient de dortoir et de réfectoire; où les places publiques tenaient lieu de cour de récréation; où maîtres et élèves logeaient parfois en bonne harmonie avec les hôtes d'un poulailler, dont ils n'étaient séparés que par un papier buvard."Dans ces taudis transformés en classes, que de prodiges de patience et d'abnégation les anges durent enregistrer I C'est là que les énergies se trempaient, que la foi se fortifiait et que l'Institut se développait." Visite des maisons.Monsieur de la Mennais visitait souvent ses malsons.Il arrivait ordinairement à l'improviste, s'enquérait auprès de monsieur le Curé de la marche de l'école, de la ferveur du Frère, et distribuait selon le cas.la réprimande ou l'encouragement.Il entrait dans les moindres détails, aidait le maître de ses conseils, et lui enseignait à se mettre à la portée des élèves.Il adressait de courtes allocutions appropriées aux jeunes, embrassait les plus sages, grondait les moins appliqués, et sortait pour tous une boîte de bonbons qui se vidait en un clin d'œil.Pour dérider les fronts moroses.L'inspecteur des clases ne manquait pas, non plus, de mettre tout le monde en joie par quelque tour original.Ainsi quand il ne trouvait pas de clou dans la classe pour y accrocher son chapeau, il le plaçait sur la première tête de mioche qu'il apercevait devant lui."Bonjour, monsieur le Curé!" disait-il à l'élève.Et l'enfant, plus fier qu'un prince, de se promener dans la salle avec cette large coiffure qui lui tombait sur les yeux.Heureusement que le professeur s'emparait du chapeau, sans quoi il eût circulé tour à tour sur la tête de chacun des élèves.La leçon de catéchisme.Quand arrive la leçon de catéchisme, monsieur le Grand Vicaire adopte volontiers le langage naïf des jeunes.El lorsqu'il obtient une réponse satisfaisante, il invite l'élève à le questionner lui-même, prenant bien soin de répondre de travers pour lui donner l'occasion de relever l'erreur.Une fillette de six ans venait de montrer beaucoup de mémoire et d'aplomb : "A ton tour, ma fille, interroge-moi", lui dit monsieur de la Mennais.— Combien y a-t-il de Dieu?— Trois Dieux.— Oh I dame non, ce n'est pas ça.Vous devriez savoir, à votre âge, qu'il n'y a qu'un seul Dieu.— Je tâcherai de m'en souvenir; continue.— Combien y a-t-il de personnes en Dieu?— Quatre.— Prenez donc garde 1 Vous vous trompez encore.— Mais non, il y en a bien quatre : le Père, le Fils, le Saint-Esprit et la sainte Vierge.— Oh I ce n'est pas ça, du tout.Si vous n'êtes pas plus savant dans le catéchisme, mon pauvre homme, vous ne ferez point de communion cette année, bien sûr I -203 — Les religieuses présentes à l'examen rougissent, pâlissent; mais le bon Supérieur, lui, rit à gorge déployée.j- Jm loMiiiKV v *-t-m.iik nMOMMH KN mr.i ; Retraites annuelles.Au temps des retraites, les Frères voyageaient à pied."11 n'y avait alors parmi nous ni vieillards ni infirmes, raconte l'un des témoins.Notre Père seul possédait un cheval, et il le cédait souvent à quelque Frère qui paraissait fatigué.Nous voyagions parfois sous une chaleur accablante et d'autres fois, sous une pluie torrentielle.Chacun de nous portait à la main ou sur son dos un petit paquet renfermant le linge et les objets nécessaires au trajet, "Pour charmer la longueur de la route, nous priions ou chantions des cantiques.Aux heures des repas, nous nous asseyions sur la lisière d'un bols pour manger un morceau de pain, quelques fruits, du beurre ou du fromage que chacun exhibait de son sac."Arrivés au lieu de la retraite, nous n'a- vions ordinairement pour ht qu'une paillasse étendue par terre, et un petit ballot pour oreiller." Vo« papier* I Monsieur de la Mennais ne 3e traitait guère plus délicatement lui-même dans les fréquents voyages que lui imposait la visite de ses écoles.Un jour cependant qu'accompagné d'un Frère, il s'asseyait sur l'herbe pour expédier son maigre repas, quelqu'un s'avança qui lui réclama froidement ses papiers.Le prêtre, arrachant son rabat, le tendit au garde °n disant : "Voilà les seuls papiers que je possède.Mon compagnon, lui, porte les siens sur sa poitrine.— Monsieur, reprit le garde-forestier, cela ne suffit pas; suivez-moi." Il fallut obéir.L'humble Frère cheminait derrière l'agont de la force publique, qui marchait lui-même sans mot dire.Mais quand on atteignit la coquette demeure qui se dressait au fond Yiy* l-.«l-IKIli.Mli VOn PI.AIT!.-204- MOTS CROISES Horizontalement.1.— Mass© de neige qui ec détache des montagnes.2.— Quadrupède à longues oreilles, du gonro cheval - Olui avec qui on est lié par l'affection — la salutation angélllque.3.— Aiguillon — couleur du ciel sans nuages.4.¦— Co qui frappe l'ouïe — temps où 11 qèle.5.— Préposition décharger une arme à feu — fleuve d'Italie.6.— Autre lorme de cou — pointe de terre qui p 'avance dans la mer.7.— Pronom personnel de la 2e personne — annulé - - arlicle au masculin singulier.8.— Terre à pâturage - - époque à partir de laquelle on compte les années.9.— Habit monacal - - espèce de grand cerf qui habite le Nord.10.- Terrain sur leqtir-1 on marche - can-lon suisse — de nouveau.11.— Témoigner qu'une chose est vraie.Verticalement.1.— Mots aloutés aux norat pour les qualifier.2.— Recueil de pensées - patriarche sauvé du déluge - masse de pien-e fort dure.3.— Préposition indiquant la direction ¦ - extrémité de l'axe de la terre.4.— Bien qu'une femme apporte en se mariant - - arme servant à lancer des flèches.5.— Note de la gamme — cercle de lumière qui entoure la tête des saints — 1ère not» de la gamme.6.— Principe de vie éclat de voix.J.-M.DE LA MENNAIS (suite de p.204) d'une clairière, le qarde se découvrit et pria respectueusement ses deux compagnons d'entrer."Monsieur le Supérieur, dit en souriant la femme de l'honnête fonctionnaire, vous nous pardonnerez le moyen extrême que nous avons employé pour obtenir l'honneur de dîner avec vous.Nous n'aurions pu réussir autrement, et c'est moi qui ai conseillé à mon mari de vous jouer ce vilain tour".Une oasis.On se mit à table, et monsieur de la Men.nais rivalisa de gaieté avec ses aimables hôtes.Ouant au Frère, il avouait plus tard, au souvenir de ce repas plantureux, que ça avait été pour lui une oasi* dans le d/sert de Jo tlê.(à suivre) 123456 789 10 11 ?xpr UBGBDI ?CDD -¦?cfrnDODB £- S.V.P.ne découpai pas le dessin.Voir instructions, page 157 dan» "L'Abeille" de Janvier 1947.7.— Particule négative — prison • arbre toujours vert.8.— Grande salle - - De où Nai>oléon fut relégué en 1814.9.— Lit d'enfant — colère.10.-Première lemme — pieu aiguisé par un bout iluide que nous respirons.11.Habitants de l'Europe.¦ Réponses aux mots croisés de février Horizontalement.1.Halte — laite.— 2.Abus - glas.— 3.Me ¦ - école — os.— 4.PU — rua — ana.- - 5.Mai.sec.— G.Epi — Uil.— 7.lie — usé.— 8.Rue — lin — sas.— 9.En — surir — ni.— 10.Vide — orge.— 11.Etole — arier.Verticalement.1.Hampe - - grève.— 2.Abel — unit.—¦ 3.Lu — impie — do.- - 4.Tsé — air — sel.— 5.Cri — élu.— 6.Cou — ire.— 7.Las — uni.— 8.Age — eus — roc — 9.n — acres — ri.- 10.Taon — ange.- 11.Essai — osier Gagnants du Concours de janvier 1.Yolande SUGermain, Montréal.2.Yvonne Desjardins, Stc-Thérêse de B.'I.Madeleine Duranceau, Montréal.4.Jean Lambert, St-Charles de H.5.F.Léon-Michel, La Tuque.6.Yves Lambert, Montréal.7.André Nadeau, St-Charles de B.8.Joseph Le Roux, Gourin, France.9.Jean Le Mouroux, Chantenay, Franc*.10.Noël Couellec, Goarin, France.-205- L'ALUMINIUM (CAUSERIE SCIENTIFIQUE) Caractères : L'aluminium dont le symbole chimique est Al et le poids atomique 28 est le type des métaux trivalents.L'aluminium est extrêmement répandu; il forme un constituant essentiel des lelds-paths et d'autres silicates complexes.On le trouve dans les argiles, résultat de la désagrégation des feldspaths.En masses moins considérables, on te rencontre dans la bauxite qui est un oxyde hydraté d'aluminium répondant à la formule chimique A12 03.2H220 et la cryolithe dont la formule est 3 NaF.AlF3.L'aluminium est probablement le métal le plus abondamment représenté dans l'écorce terrestre, dont 11 constituerait, d'après certains calculs, 7.3 % de la masse totale.Par qui l'aluminium fut-il découvert ?L'aluminium a été isolé pour la première fois, en 1827.par Wôhler en décomposant le chlorure d'aluminium1 par le potassium.Il obtenait de cette façon une poussière grise.En 1854, Henri Sainte-Claire Deville, réussit à l'obtenir industriellement sous forme de lingots.Pour y réus sir, il fit agir, dans un four à réverbère, le sodium sur le chlorure double d'aluminium et de sodium avec addition de cryolithe, qui, augmentant la fluidité de la matière, permet au métal de se rassembler plus facilement.Aujourd'hui, nous devons le procédé d'électrolyse qui est généralement employé, au Français Louis-Toussaint Héroult et à l'Américain ChaTles-Martin Hall.Comment s'y prend-on pour obtenir l'aluminium à l'état pur?Le procédé est relativement simple, du moins dans son schéma général.Il consiste d'abord à extraire l'alumine (oxyde d'aluminium) de la bauxite, qui est le meilleur minerai d'aluminium.Dans ce minerai, l'oxyde d'aluminium est mélangé à des oxydes de 1er.de la silice et autres Impuretés.L'alumine pure est ensuite transformée en aluminium dans un four ou cuve, en présence de la cryolithe, à laquelle on ajoute souvent de la fluorine, et à l'aide d'un puissant courant on réalise l'électrolyse.On retire l'aluminium fondu dans te fond de la cuve et on le moule en lingots.Quelles sont ses propriétés physiques ?L'aluminium est un métal d'un blanc bleuté.Il fond à 657"; se volatilise à 1800°; sa densité est 2.58 : par suite, Il est, à volume égal, quatre fois plus léger que l'argent.Il est très sonore : en frappant sur un lingot suspendu à l'extrémité d'un fil, on obtient un son analogue à celui produit par une cloche do verre.Il est bon conducteur de la chaleur et de l'électricité.L'aluminium est très mal- Exportations W(K> ,.Aluminium en lingots ; ° La production d'aluminium eu Canada 1905-1944 S,»M,fl00 J Importations da bauxite et d*alumina au Canada, 1925-1943 ¦Sn 0,000 — 206 léable et très ductile : on peut l'obtenir on fils fins ou en feuilles minces, comme l'or ou l'argent.A quoi sert l'aluminium ?A cause de sa légèreté 11 est employé dans la construction des autos, des avions, des dirigeables.On en fait dos longues-vues, des lunettes de spectacle, des embarcations, etc.La bijouterie l'utilise à la place de l'argent dans certains cas.Il est employé aussi pour l'affinage de l'acier.L'aluminium entre dans la composition d'un grand nombre d'alliagos (on sait que les alliages sont des combinaisons de métaux par la fusion).En voici quelques-uns : Bronze, d'aluminium : cuivre et aluminium, Fer-ro-alummium : fer et aluminium, Laiton d'aluminium : laiton, cuivre, zinc, aluminium, Etain d'aluminium : étain et aluminium, Magnalium : magnésium, cuivre, nickel, aluminium.Electron : magnésium et aluminium.Duralumin : aluminium, cuivre, manganèse, magnésium, Alpax : silicium et aluminium, Aérai ; cadmium, cuivre, magnésium, aluminium.Enfin, un autre usage que l'on fait de l'aluminium consiste à mélanger ce dernier métal en poudre avec de l'oxyde ferrique (appelée Thermite).Ce mélange donne du fer et permet de souder sur place des rails de chemin de fer, par exemple.Ce procédé prend le nom d'aluminothermie.Nous pouvons nous faire une idée de l'importance qu'a pris l'aluminium en ces domlères années en jetant un coup d'œll sur les graphiques ci-contre.• EXPLOIT CANADIEN EN GUYANE La demande toujours croissante do l'aluminium au cours de la dernière guerre fit faire de nombreuses recherches pour du bauxite en divers pays.On en découvrit des dépôts considérables en Guyane anglaise; mais pour les exploiter il lallut construire un chemin de fer à traverB quarante milles de lungle dans les conditions les plus difficiles.L'entreprise fut confiée à des ingénieurs ca nadiens qui 'durent se contenter d'une main d'ceuvro presque exclusivement indigène el inex-pérlmentoo.Los ouvriers devaient travailler constamment dans la boue el se garder contre do nombreux serpents et une sorte de tigre appelé "ocelot".En maints endroits on dut recommencer plusieurs fois les travaux de terrassements, car lo gravier disparaissait sans cesse dans la boue.A cause de toutes ces difficultés, la construction de ce chemin de fer de quarante milles seulement dura une année entière.1 HKMIN l>K KKR ('l)NSTIM IT KN (il YANK TOI It l.'KXP1.0ITATTON DU IIAI'XITK.Le bauxite de la Guyane est recouvert d'environ cent pieds de terre; Il est si riche qu'il suffit de quatre tonnes de bauxite pour fabriquer une tonne d'aluminium.Los nombreuses rivières de la Guyane sont infestées do petits requins d'eau douce mosu rant à peine dix-huit pouces.Malheur à qui ose se baigner dans ces rivières; il risque do se faire couper un doigt ou un orteil, car ces poissons sont très féroces et munis de puissantes mâchoires, et lorsqu'ils vont par bandes, ils peuvent même venir à bout des vaches qui vont boire dans la rivière.Votre pi Mgr Grouard.ce vaillant missionnaire du Nord-Ouest canadien, se trouvait de passage à Paris.11 s'était arrêté devant un étalage du Pont-Neul, lorsqu'un groupe de lycéens qui passait s'amusa à regarder ce prêtre qui ne ressemblait pas aux autres avec sa longue barbe floconneuse.L'un d'eux lui demanda insolemment : — Ouelle est votre profession ?ifession ?Sans s'émouvoir, le missionnaire lui répliqua : — "Vous voulez savoir ma profession ?C'est bien aimable de votre part.Seulement je dois vous dire que l'en ai plusieurs : bûcheron, charpentier, maçon, couvreur, batelier, pêcheur, imprimeur.l'Imprime des livres en sept langues différentes.Le lycéen, ahuri, n'en demanda pas davantage et regagna ses compagnons, très peu fier de sa déconvenue. m uvL 13 Four *voit iil la vériu*— A qoliisc an».I ••••m >r.*iid>in< une -•-m .> ne Au bout de ce temp».il fit demander .r>,u,.nn l*1nimohllWnlf.le di- recteur du Inircuu avait complètement oublié d'envoyer I éoimrtl porte* te- ordre»; mal» il »e c&rda bien d'en ,.i.i.ir •,|.l.i,iit le .,pii .,i.pendant que le i «Il cm U était en .nt.-ni- dun- le port, ««ait manqué un antre rhantement et il réclamait de» dotiimu«-e»-n.t, i .¦!> | 'aniuitcur fut cité en ni-(n< I .» v ni lie de i mi.ii.sicc, l'employé m%ltcent fit tenir I '"imnl et lui dit : >.étm appelé comme témoin.UnMri faite* bien attention de dire que )- «ont ai envoyé porter de* ordre» m capitaine, l'affaire dépend de votre témelmc*.— Mal» Monotrur.dH Léonard, vou» aWH bien que » ou» ne m'avra pu* envoyé.Je ne pal» mentir.— Quelle béll»c î Kcoutrr bien mon rarroa.II.FAIT que «oa» dUlem que TOtM •res porté de» ordre* au capitaine, et dite»-le Wen rlalcemenf.nn »lnon " le directeur le = ird > d'un air mmiipunt et It ¦'«n alla.Léonard resta, atterré.Sûrement.VU fmsuit condamner »on patron.Il perdrait aa pince: d'autre part.Il ne foulait po* mentir, non.à aucun prit.Il était tout pèle, quand Il eendtt A l'andlenre.Hon Innr étant arrivé de se presenter drtnnl le tribunal, Ir juge lui demanda: "Avea-vnua port*.If Jour de l'arrivée du bateau, unt lettre au '-.i|iii.inir f — s.Moiulrnr.— Lui avec->oa* poet* Instruction* trrvm let.' — Son, Menalcur.— T Ihb-TMI all*.I* Irndfmaln oa Irm (our* suivante?— Son Mun-lcur.— \ :.r voua n'y *tea pua all* — Non.Moualrur.— (Via suffit." La .m-.- •¦• nt ¦.r.|.,,- I i ¦ .i ' ¦ 11 r fut condamné ii purer au
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