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Titre :
L'Action catholique ouvrière.
L'Action catholique ouvrière est l'organe mensuel de la Ligue ouvrière catholique publié à Montréal de 1951 à 1957. [...]

L'Action catholique ouvrière est l'organe mensuel de la Ligue ouvrière catholique publié à Montréal de 1951 à 1957. Il fait suite au Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947) et est suivi de Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), de Prêtres et laïcs (1967-1973), de Dossiers « Vie ouvrière » (1974-1978), de Vie ouvrière (1979-1990), puis de VO (1990-1997) qui, en fusionnant avec Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

L'Action catholique ouvrière, dirigée par Égide Sénécal, prêtre oblat, est destinée aux militants du mouvement de L'Action catholique ouvrière (ACO), qui peuvent être prêtres ou laïcs. Cette organisation a été créée par l'Église pour favoriser et alimenter un encadrement pastoral actif du monde ouvrier. La revue est rédigée par les aumôniers nationaux et diocésains de la Jeunesse ouvrière catholique (JOC).

Ces rédacteurs ont manifesté un souci constant d'adaptation à l'évolution de la société québécoise, d'où une certaine ambivalence qui prend source dans leur attachement à la doctrine sociale de l'Église.

L'Action catholique ouvrière s'intéresse à tous les aspects de la condition ouvrière : salaire, syndicalisme, instruction, famille, etc. Elle publie enquêtes, reportages et articles de fond.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1987, vol. VIII, p.182-183.

COLLIN, Jean-Pierre, La Ligue ouvrière catholique canadienne, 1938-1954, Montréal, Boréal, 1996, p. 29-31.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1951-1957.
Contenu spécifique :
décembre 1955
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique.
  • Successeur :
  • Prètre d'aujourd'hui.
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Références

L'Action catholique ouvrière., 1955, Collections de BAnQ.

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VOLUME V, No II DECEMBRE 1955 L'ACTION CATHOLIQUE OUVRIERE DANS CE NUMÉRO 1 "Un foyer se construit par la compréhension, s'édifie par la collaboration, se purifie par une charité à toute épreuve" S.Em.le Card.Paul-Emile LEGER Ouvriers spécialisés sur le chantier des âmes R.P Gaston MORISSETTE, o.m.i.catholique o.m.i.< Le sort de l'Action Catholique est entre les mains des prêtres.> PIE XI MONTREAL — CANADA Tél.PL.* 5801 DUCHESNEAU - TRUDEAU Limitée Négociants et Importateurs 81 est, rue St-Paul Montréal ACHETE BIEN QUI ACHETE 865 est, rue Ste-Catherine Montréal PLatean 5151 Les fabricants Limitée Spécialité : complets et paletots pour le clergé Bureau-chef et salle de vente 2012 Boul.St-Laurent MONTREAL Tél.AV.8-6141 Autorifé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa. 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Ville-Mar\?" : pour dames et demoiselles.— VI — L'ACTION CATHOLIQUE OUVRIERE VOLUME V, No II DECEMBRE 1955 SOMMAIRE Pourquoi des «pannes de foyer» ?.La Rédaction 478 « Un foyer se construit par la compréhension, s'édifie par la collaboration, se purifie par une charité à toute épreuve » .S.Em.le Cardinal Paul-Emile Léger 479 Message de S.Exe.Mgr Georges Melançon .487 Déclaration de S.Ex.Mgr Georges-Léon Pelletier .489 Ouvriers spécialisés sur le chantier des âmes .R.P.Gaston Morissette, o.m.i.491 La « magna charta » de la femme catholique .R.P.Leopold Godbout, o.m.i.498 Les journées d'étude des aumôniers diocésains .R.P.Paul-Emile Pelletier, o.m.i.505 Vie des mouvements — L.O.C.16 octobre — Oratoire St-Joseph .509 Vie des mouvements ■— J.O.C.Le S.P.M.jociste .511 Le congrès de Duchesnay .511 La journée d'étude de Sherbrooke .512 "L'Action Catholique Ouvrière" est publiée sous la responsabilité des Aumôniers nationaux et diocésains de la J.O.C.et de la L.O.C.Avec autorisation de l'Ordinaire.Rédaction et Administration : 1001, rue St-Denis, Montréal 18, P.O- Canada Conditions d'abonnement (de janvier à décembre) Abonnement régulier : $2.00 — Pour les Séminaristes : $1.50 Le numéro : 0.25 Editorial J ourauoi deô panneô de fo f/ er On lira avec grand profit dans ce numéro le sermon que Son Eminence le Cardinal Léger prononça à l'Oratoire St-Joscph pendant la Semaine de la Famille Ouvrière, de même que les messages que NN.SS.les Evêques adressèrent dans le même temps aux loeistes de leurs diocèses.Nous croyons bon d'insister ici sur ce qui nous semble les causes principales de la désunion de tant de ménages, qui ne fait pas seulement le malheur des époux mais aussi celui de leurs enfants.Combien de fois, en retraites fermées, ou ailleurs, ne nous est-il pas arrivé de voir pleurer des jeunes filles à chaudes larmes en nous disant que leurs parents ne s'accordaient pas.A peu près chaque fois que nous avons rencontré des ménages malheureux, nous en avons trouvé les causes profondes dans l'orgueil, l'égoïsme et le manque de surnaturel de l'un ou l'autre des époux, et souvent des deux.L'amour vrai donne tout, veut tout savoir de l'autre, veut le don réciproque.Mais la plupart des époux ne donnent pas tout, ne disent pas tout d'eux-mêmes, et donc ne peuvent s'attendre à tout recevoir de l'autre.Ils croyaient aimer l'autre avant de se marier : en réalité ils n'aimaient pas l'autre, ils s'aimaient eux-mêmes.Ce n'était pas le bonheur de l'autre qu'ils cherchaient, c'était leur propre bonheur.Et dès le début du ménage, les frictions ont commencé, qu'on n'a pas su réparer, par ignorance de soi-même, par un égoisme persistant et grandissant, et surtout par orgueil.Pour que la première fissure ne devienne pas fossé, il aurait fallu un esprit surnaturel qu'on n'avait pas.Et le malheur est entré à demeure dans la maison.Malheur des époux qui a entraîné le malheur des enfants.La L.O.C.a devant elle un travail de géant.Elle possède pour l'accomplir une méthode éprouvée et toute la bonne volonté désirable.Mais il lui faut pour réussir la collaboration de tous, et surtout celle des prêtres.La Rédaction — 478 — La semaine de la Famille Ouvrière uer de conitruit par la compréneniion, 6 édifie par ta collaboration, ie purifie par une charité à toute épreuve Nos lecteurs liront avec plaisir le texte intégral du sermon que prononçait Son Eminence le Cardinal Paul-Emile Léger, dimanche le 16 octobre au cours d'une Grand-messe pontificale célébrée à l'Oratoire Saint-Joseph, à l'occasion de l'ouverture de la « Semaine de la Famille Ouvrière ».Chers militants et chères militantes de la Ligue Ouvrière Catholique, Vous consacrerez une semaine entière à examiner la question vitale du foyer stable et heureux.Vous avez situé le problème dans l'étude des points suivants : COMPREHENSION, COLLABORATION, CHARITE, qui conditionnent la construction, l'édification et la purification du foyer.Mais vous avez voulu que les premières heures de cette Semaine fussent consacrées à la prière, sachant par une expérience déjà longue, que le travail apostolique prend son efficacité dans la grâce du Seigneur.A quoi servirait à l'homme, en effet, de bâtir la maison si Dieu ne donnait pas la consistance aux fondations ?(Ps.126) Aussi à cette heure, vous apportez au pied de l'autel le témoignage de votre foi catholique en même temps que vos prières.Vous affirmez avec l'Eglise universelle les droits de Dieu sur voi vies et vous participez au Sacrifice eucharistique qui les reconnaît et en satisfait les exigences.Enfin, vous attendez ici la confirmation de vos études en même temps que vous trouverez, dans la contemplation du foyer de Nazareth, l'idéal que vous essaierez de traduire dans vos vies.Durant ces jours de session intensive, vous fouillerez, je n'en doute guère, les textes de saint Paul, si explicites sur les devoirs réciproques de l'homme et de la femme dans le mariage ; vous vous attarderez à la méditation des Encycliques où les Souverain; Pontifes traitent de la famille.« Saint Paul est le docteur du mariage chrétien — 479 — et de la vie chrétienne dans le mariage en lequel il voit un moyen de .sanctification.Pour lui, l'union de Jésus-Christ avec son Eglise est le type et le modèle de l'union conjugale.« Ce mystère est grand, dit-il, c'est-à-dire la signification cachée de ce symbole.» (Ch.E.Marcel, Dictionnaire de Culture Religieuse et Catéchistique, p.407, Mariage chez les chrétiens.) I — LE SENS DE L'EGLISE Le rendement pratique, dans vos vies conjugales et personnelles, des études qui rempliront ces journées, se réduira pour la me:ure, la profondeur et la durée, à votre communion consciente et soutenue avec l'Eglise.Le sens de l'Eglise éclaire en effet tous les aspects de la vie de l'homme sur la terre ; il projette des clartés particulières sur la vie familiale, sur la préparation, l'édification et la perfection du foyer.1 — Union dans le Corps mystique La génération chrétienne qui nous a précédés, avait étrangement réduit la définition et le sens de l'Eglise.Encore aujourd'hui, certains se la représentent exclusivement dans sa hiérarchie ; d'autres en ramènent la notion à celle d'une assemblée de fidèles ; rares sont ceux qui, de nos jours même, la considèrent dans sa réalité : mystère de foi, Corps mystique de Jésus-Christ.L'Eglise, c'est Jésus continué et répandu, selon la si belle expression de Bossuet, c'est le corps de Jésus auquel tous les hommes doivent adhérer pour accomplir leur destinée terrestre et opérer leur salut éternel.L'Incarnation du Verbe de Dieu est l'événement qui domine les siècles : l'Histoire tourne autour de ce fait comme la terre sur son axe.« Je suis le Principe, Moi qui vous parle !.dit Jésus, et Celui qui m'a envoyé ne trompe point : ce qu'il m'a appris, je le dis en ce monde.» (Jean, VIII, 26) Si le calendrier liturgique rappelle Nazareth au jour de l'Annonciation, il serait néfaste de n'attacher à cet événement capital pour l'humanité, que le sens étroit et limité accordé aux faits banals et divers de notre vie quotidienne.« Le Verbe s'est fait chair ; et II a habité parmi nous.» (Jean I, 14) Mais, ce mystère demeure et, par l'Eglise qu'il a établie et dont chaque membre participe à la vie de Jésus, le Chef, le Verbe habite toujours parmi nous.C'est un véritable mariage que la divine nature a contracté avec la nature humaine par l'Incarnation, et le Christ est constitué ainsi l'Epoux de l'Eglise.Le baptême a fait de vous des membres de l'Eglise.En vous circule la vie divine dont l'Esprit Saint est le dispensateur.— 480 — t « Marie a conçu par l'opération du Saint-Esprit » affirme le Credo catholique.Cette vérité fondamentale pour votre vie chrétienne individuelle, s'épanouit cependant en des perspectives encore beaucoup plus vaste.2 — Un monde sans Dieu L'on cherche toujours la solution au problème social.Depuis que, tournant le dos à Dieu, l'on a entrepris de construire sans Lui un monde nouveau, la déchéance de l'humanité s'accentue chaque jour.En vain l'on promettra la paix en semant des germes de guerre.« Semez le vent, vous récolterez la tempête.» « C'est pour s'être misérablement séparés de Dieu et de Jésus-Christ, dit Pie XI, que de leur bonheur d'autrefois, les hommes sont tombés dans cet abîme de maux; c'est pour la même raison que sont frappés d'une stérilité à peu près complète tous les programmes qu'ils échafaudent en vue de réparer les pertes et de sauver ce qui reste de tant de ruines.On décida de même que ni Dieu si le Seigneur Jésus ne présideraient à la fondation de la famille, et l'on fit rentrer dans la catégorie des contrats civils le mariage, dont le Christ avait fait un GRAND SACREMENT (S.Paul, Ephés, V, 32) et qui, dans sa pensée, devait être le symbole saint et sanctificateur du lien indissoluble qui l'unit lui-même à son Eglise.Aussi, dans les masses populaires s'obscurcissent les idées ft les sentiments religieux que l'Eglise avait infusés à la cellule-mère de la société qu'est la famille ; la hiérarchie et la paix du foyer disparaissent ; l'union et la stabilité de la famille sont de jour en jour plus compromises ; le feu des basses convoitises et l'attachement mortel à des intérêts mesquins violent si fréquemment la sainteté du mariage que les sources mêmes de la vie des familles et des peuples en sont infectées.» (Pie XI, Encyclique : Ubi Arcano, La Communauté Humaine, E.Marmy, nos 936, 937).3 — Dans le plan de Dieu Dieu a son plan immuable, inchangcable, Il a voulu la divinisation de l'homme en son Verbe par son Saint-Esprit ; le monde ne trouvera son équilibre que dans l'acceptation des vue.; de Dieu.Dieu appelle ; Il avertit, Il menace ; Il promet la récompense à qui se soumet à sa sagesse et accepte son amour.C'est pourquoi II nous fait dire par son prophète, cette parole d'autorité ferme et infrangible : « Que celui qui est injuste fasse encore le mal ; que l'impur \e souille encore ; que le juste pratique encore la justice, et que le saint se sanctifie encore.Voici que je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ses oeuvres.» (Apoc.XXII, 11, 12) La consigne concerne tout d'abord chaque individu.Que chaque — 481 — s homme, en effet, accepte en lui l'ordre qui soumet à Dieu ses facultés supérieures et garde sous l'emprise de la volonté ses puissances inférieures, et sa vie sera plus harmonieuse.Ainsi doit-il en être de la société familiale.Le mariage, institution sociale par excellence, réunit des chrétiens, des âmes déjà épousées par le Christ.Seul le respect de cette union indi soluble avec Dieu assurera au foyer son équilibre et sa stabilité.II — I.E FOYER SE CONSTROTT PAR LA COMPREHENSION Ce mystère de l'Eglise, qui doit pénétrer le foyer chrétien et dont le foyer chrétien fait partie, sera la base de la compréhension nécessaire pour l'union des époux.Lisons un fait de l'Evangile qui illustre, dans une simplicité touchante, la compréhension chrétienne qui prépare un foyer modèle.« Voici, dit saint Matthieu, de quelle manière le Christ vint au monde.Marie, sa mère étant fiancée à Joseph, il se trouva, avant qu'ils eussent habité ensemble, qu'elle avait conçu par la vertu du Saint-Esprit.Joseph, son mari, qui était un homme juste, ne voulant pas la diffamer, résolut de la renvoyer secrètement.Comme il était dans cette pensée, voici qu'un ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains point de prendre avec toi Marie ton épouse, car ce qui est formé en elle est l'ouvrage du Saint-Esprit.El elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; car il sauvera son peuple de ses péchés», (Matt.I, 18, 19, 20, 21).Fidèle à la loi, mais troublé par une perplexité faite d'humilité, d'admiration et de respect, Joseph garde envers Marie une attitude de bienveillance, de vénération et d'amour, conséquence de la sollicitude qu'il lui a vouée.Aussi le message du Ciel ne fera-t-il que consacrer, en l'approfondissant, cette compréhension respectueuse commandée par la vocation de la Vierge.Si la compréhension conjugale exige beaucoup de psychologie humaine, elle exige encore bien davantage cette attitude vertueuse qui pose le foyer sur les assises immuables de la foi et de la piété solide et dont l'union du Christ avec son Eglise est le modèle et la source.1 — Psychologie et piété solide C'est cette même vertu qui permettra la collaboration franche et soutenue des époux en vue d'édifier le foyer.Inspirés tous deux des données de la foi, vivant ensemble leur dignité baptismale dans la grâce qui les constitue enfants de l'Eglise, ils conjugueront leurs investigations, leurs expériences et leur conduite.C'est vers un même idéal entrevu qu'ils se dirigent, comme c'est une source commune qu'ils vont puiser.Touj deux, is ont lu dans l'Evangile : « Cherchez avant — 482 — tout le Royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroit.» (Matt.VI, 33) Ils ont recueilli cette consigne comme mot d'ordre du Maître, les invitant à établir leur vie de famille en tenant compte de la hiérarchie des valeurs.2 — L'organisation matérielle du foyer et le travail de la mère Ils s'assureront le gain matériel selon les lois de la prudence et du travail.Mais l'argent ne deviendra pas pour eux une obsession, un dieu auquel on sacrifie parfois son âme.Comptant sur la Providence paternelle de Dieu, ils sauront organiser leur vie de façon à respecter ses saintes volontés et non pour poursuivre un mirage étourdissant et décevant.L'esprit chrétien qui rappelle aux époux leur dignité de Fils de l'Eglise, d'époux du Chrbt en Elle, ne les entraînera jamais à une vénalité, à une soif de lucre telle qu'ils consentent à désagréger le foyer en permettant à la femme et surtout à la mère, d'aller en dehors chercher un salaire matériel.Si la nécessité s'impose parfois de ce travail de la mère en dehors de son foyer, il le faut déplorer comme un malheur, l'accepter parfois, mais comme une épreuve, car le travail de la mère au dehors e?t aussi dangereux pour sa santé propre que pour celle de ses enfants.Il est nuisible à la famille moralement ; un intérieur sans mère est un foyer sans âme.La cohésion de la famille, quelque fois son existence même, risquent de s'en trouver gravement atteintes.» (Antoine de Tarlé, La vie sociale, revue ,Christus, 20 février 1938, p.171) III — LE FOYER SE .SOLIDIFIE PAU LA COLLABORATION Dans l'éducation des enfants L'influence de l'Eglise au foyer commandera surtout la collaboration pour la grande œuvre qui constitue le droit et la dignité par excellence des parents : l'éducation des enfants.La conviction qu'ils partagent avec l'Eglise la responsabilité de former des enfants de Dieu, unira encore plus intimement le père et la mère pour collaborer, dans une même pensée, par des moyens adaptés, à un idéal commun, par l'exemple soutenu des vertus qui font les chrétiens.Retrouvons encore dans l'Evangile, la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, et admirons chez ces parents privilégiés la collaboration chrétienne que réclame un foyer solide.« Quand Jésus eut atteint sa douzième année, ses parents montèrent au Temple selon leur coutume.Et lorsqu'ils s'en retournèrent, les purs de la fête étant passés, l'enfant Jésus resta dans la ville, sans que son père ni sa mère s'en fussent aperçus.— 483 — En le voyant, ils furent étonnés ; et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi avez-vous agi ainsi avec nous ?Votre père et moi, nous vous cherchions tout affligés ».(Luc II, 43, 46, 48) — Votre père et moi.Il devrait toujours en être ainsi dans tous les foyers : même sollicitude, mêmes angoisses, mêmes joies.Lisons toujours l'Evangile en songeant qu'il est notre code de vie d'enfants de Dieu et de l'Eglise.IV — LE FOVEIÎt SE PURIFIE PAR ÏTN .1)1(11 'Il A TOITE EPREUVE Persuadés que vous êtes membres de l'Eglise parce que circule en vous la sève surnaturelle de la vie divine reçue au baptême ; persuadés que vous êtes de ceux dont Jésus a dit : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; et moi, je l'aimerai et je me ferai connaître à lui.» (Jean, XIV, 21) Et encore : « Je vous donne un commandement nouveau, c'est de vous aimer les uns les autres, comme je vous aimés.» (Jean XIII, 34).Vous comprenez sans peine que la charité, l'amour à toute épreuve qui donne au foyer sa vie et sa perfection, trouve en vos richesse; de fils de l'Eglise, sa possibilité, son secret, son couronnement.1 — Un amour vrai Un foyer solide suppose un amour vrai entre les époux.Seule l'Eglise donne et recèle le sens véritable de l'amour.Elle sait qu'il est une participation de la vie divine, qu'il commande des sacrifices et parfois même de l'héroïsme de la part de ses membres, encore militants sur la terre.La beauté est éphémère, la jeunesse transitoire, « trompeuse la grâce et vaine est la beauté» dit l'Ecriture (Prov.XXXI, 30).L'amour pénètre jusqu'à l'âme ; il s'assimile à la sagesse dont l'Esprit Saint révèle la valeur : « La sagesse est plus belle que le soleil, et que l'arrangement harmonieux des étoiles.Comparée à la lumière, elle l'emporte sur elle, car la lumière fait place à la nuit, mais le mal ne prévaut pas contre la sagesse.La sagesse atteint avec force d'un bout du monde à l'autre, et dispose tout avec douceur.» (Sag.VII, 29, 30) Tel est l'amour qui préside au foyer.Quand une maladie prolongée exige patience, soins et services coûteux, l'amour n'en est pas amoindri ; bien au contraire, il soutient la fidélité et la bienveillance.C'est qu'il s'alimente toujours au même feu divin, à cette grâce baptismale initiale à laquelle le mariage a ajouté sa grâce particulière qui informe toute la vie conjugale.2 — Le plus grand amour L'amour chrétien est fort, invulnérable, parce qu'il découle de — 484 — Dieu par Jésus qui a déclaré ainsi sa mission : « je suis venu répandre le feu sur la terre ; et quelle es: ma volonté, sinon qu'il s'allume ?» (Luc 49) Ce feu, c'est-à-dire son amour, Il l'a porté aux limites : c 77 n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime.» (Jean XV, 13) C'est dès avant l'origine du monde que le Fils unique de Dieu nous a embra ses de sa connaissance éternelle et infinie et de son amour sans fin.Et c'est afin de manifester cet amour d'une manière visible et vraiment admirable, qu'il s'est uni notre nature dans l'unité de sa personne ; faisant ainsi, comme le remarquait avec une certaine candeur Maxime de Turin, que « dans le Christ, c'est notre chair qui nous aime » (Maxime de Turin, Sermc XXIX, PI.LVII, 594).Une telle connaissance, toute aimante, dont le divin Sauveur nous a poursuivis dès le premier instant de son Incarnation dépasse l'effort le plus ardent de tout esprit humain.Dans la crèche, sur la croix, dans la gloire éternelle du Père, le Christ connaît et se tient uni à tous les membres de son Eglise, d'une façon infiniment plus claire qu'une mère ne fait de son enfant pressé sur le sein, et que chacun ne se connait et ne s'aime soi-même.» (Pie XII Encyclique: Corporis Mystici, La Communauté Humaine, E.Marmy, nos 1142, 43).Ainsi parle Notre Saint Père Pie XII de l'amour de Jésus pour son Eglise et pour chacun des membres de l'Eglise.Jésus a donné sa vie pour son Epouse et pour chacune des âmes et II attend que nous l'aimions en retour dans nos frères.3 — Spiritualité conjugale Mais alors ne faut-il pas insister sur cette pensée que l'apôtre saint Paul exprimait déjà à ses premiers disciples : « Si quelqu'un n'a pas soin des siens, surtout de ceux de sa famille, il a renié sa foi et il est pire qu'un infidèle.» (I Tim.V, 8) L'amour conjugal n'est qu'une modalité spéciale de la charité chrétienne.« Malheur à l'homme, a-t-on écrit, qui détourne sa femme du Christ, alors qu'il doit être près d'elle celui dont la présence lui parle toujours.» (P.A.M.Henry, op.p., Vie Spirituelle, mai 1949.Le mystère de l'homme et de la femme.) Et qu'elle est malheureuse aussi la femme qui refuse son rôle d'amour et de dévouement au foyer ! Elle renonce du même coup à sa dignité, à sa puissance.L'on a magnifié la femme et la mère chrétienne, on lui a attribué la gloire d'avoir donne à l'Eglise des martyrs et des saints.C'est qu'à l'instar de l'Eglise, la femme se prodiguant pour son époux, lui donne des fils qu'elle enfante dans la douleur, qu'elle entoure de soins, à qui elle distribue le pain qui conserve et soutient.— 485 — V — AMOIR RAYONNANT Que l'on accorde donc à la vie de l'Eglise en soi, la place qui lui revient au foyer constitué par de; chrétiens, des baptisés, en qui doivent briller les vertus théologales et morales ! A l'Eglise de construire le foyer, de l'édifier, de le sanctifier par les époux qui sont ses membres et qui ne vivront pleinement qu'en autant qu'ils porteront partout la grâce de leur baptême, développée dans une vie pure et généreuse.Votre amour mutuel devra ainsi devenir générateur de sainteté dans votre foyer.Comment pourriez-vous en effet affirmer que vous aimez si vous ne tendez à procurer aux êtres aimés tout le bien que vous leur pouvez assurer ?Vos exemples, vos coneils, vos prières, votre vie dans tous ses détails, exhaleront de l'amour, si vous avez compris et accepté votre titre d'enfanls de l'Eglise.Collaborateurs de l'Architecte divin Soyez donc fiers et portez haut le signe de votre foi, chers époux et épouses catholiques, collaborateurs de l'Architecte divin dans la construction du Temple éternel qu'il élève à sa gloire avec les pierres vivantes que sont les chrétiens ! « Je vis la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, descendant du ciel, d'auprès de Dieu, parée comme une épouse ornée pour son époux » dit saint Jean, (Apoc.XXI, 2) Et l'Eglise dont la liturgie possède un sens qu'elle tient de l'Esprit Saint lui-même, chante dans une hymne propre à nous ravir, les merveilles de cette vie mystique en ses enfants : « Jérusalem, cité céleste, bienheureuse vision de paix, qui êtes bâtie de pierres vivantes et qui vous élevez jusqu'aux astres : ô vous que mille milliers d'anges couronnent comme une épouse ».« O épouse au sort bienheureux, qui avez en dot la gloire du Père, et êtes comblée de la gloire de l'Epoux, Reine toute belle, unie au Christ souverain, brillante cité du ciel.« Ici les portes étinccllent de pierreries, et sont ouvertes à tous, car tout moriel qui, mû par l'amour du Christ, supporte les tourments, est conduit ici par la vertu qui lui montre la voie.» Que de chacun de vos foyers l'on puisse affirmer : « Ceci est la maison du Seigneur, solidement bâtie.Elle est bien assise sur la pierre ferme ! » C'est le vœu que nous déposerons ensemble sur la patène pour que Jésus, par son Sacrifice, nous en obtienne la réalisation.Amen ! — 486 — Message de S.Ex.Mgr Georges Melançon Evêque de Chicoutimi à l'occasion de la Semaine de la Famille La L.O.C.est un mouvement cher à l'Eglise et il me fait plaisir, i l'occasion de la Semaine de la Famille, d'apporter à M.le Chanoine )esgagné, directeur diocésain do l'A.C, ainsi qu'à tous les Locistes, oxpre-sion de mon entière satisfaction, pour le bon travail qu'ils ipèrent dans notre diocèse.Tel le voyageur qui aime à s'arrêter un moment pour regarder ; chemin parcouru et celui qu'il reste à poursuivre, la L.O.C.revoit ette semaine, le bilan des agir de l'an dernier, avant d'aborder une ouvelle étude.« Compréhension des Epoux et Eucharistie, sacrement e l'Unité », dit-on au bulletin médité.Epoux privilégiés qui avez ompris l'opportunité d'une sérieuse réflexion sur les conditions de onheur de la vie familiale, et sur le grand moyen assuré de garder ne unité de pensée, de vouloir et d'action parfaite, rendez grâces u ciel, pour les lumières reçues au cours de la dernière année, et ùtes provision de résolutions, afin de persévérer dans votre marche, ers un mariage selon le cœur de Dieu.« Compréhension entre les Epoux », tel a été votre premier sujet e travail.Heureuses les familles où règne cette union de la pensée : de l'amour, parce que le père et 'a mère tenant compte de leurs ifférences psychologiques, usent de déférence l'un à l'égard de l'autre, ■ respectent mutuellement, évitent les heurts et se soutiennent réci-roquement ! Heureux, ces parents rense'gnés sur le comportement armai mais combien différent de l'homme et de la femme ! Ceux-là mt maîtres de leur bonheur, parce que connaissant les réactions lasculines et féminines, ils seront indulgents, condescendants et rudents.Voilà la lumière que la L O.C.s'est efforcée d'apporter à ius ses membres, et pour la maintenir bien au-dessus des intempéries : la vie terrestre, elle proclamait « l'Eucharistie, sacrement de inité ».Combien d'époux et d'épouses, mes bien cher, amis, vivent toute ur vie sous le même toit, mais comme n'y étant pas !.ou encore irce qu'ils ne peuvent pas trop faire autrement ! Ils se sont aimés, i se sont mariés, ils ont cru se connaître et se comprendre, mais peu peu, les liens qui semblaient les avoir unis si fortement se sont inoués.Froideur, infidélités, épreuves ont fini par ébranler le bel lifice des « vingt ans » : les esprits et les cœurs se sont désunis.srnmcnt tant de promesses et de premiers efforîs ont-ils pu ne pas — 487 — rédster à l'assaut du terrible quotidien ?Ah ! c'est que ces époux n'ont pas alimenté leur âme et leur amour du Pain des forts, du pain de l'Eucharistie.Ils se sont anémiés et leur bonheur s'est écroulé, parce qu'il ne consistait pas en Dieu, la fin ultime des actes de l'homme.Vous avez donc médité, époux chrétiens de la L.O.C., sur le grand Sacrement de l'unité dans le mariage et vous ne manquerez pas, j'en suis convaincu, de le mettre à la base de toutes vos « prescriptions » de bonheur dans la vie conjugale.L'Eucharistie est le sacrement de l'amour et de la vie.De même que Jésus se livre tout entier, à celui qui le reçoit, de même aussi, Il veut que ses amis se donnent en pardonnant, en faisant généreusement le sacrifice de leurs goûts, de leurs aises, des plaisirs où il y aurait occasion de tomber.« Nous te mangeons, Seigneur, s'écriait saint Ephrem, non pour te consommer, mais pour vivre par toi ».En effet, dans l'Eucharitie, c'est non seulement des grâces que l'on reçoit, mais l'Auteur même de toute grâce, Celui qui a béni le mariage chrétien et compte sur son unité la plus parfaite, pour conduire les âmes au bonheur sans fin.Mes bien chers Amis, la L.O.C.fait vraiment œuvre sociale et divine et je remercie de tout cœur M.le Chanoine Desgagné, directeur diocésain de l'A.C, ses collaborateurs, les généreux dirigeants et dirigeantes et tous les membres de la L.O.C, pour le bien qu'ils accomplissent dans notre diocèse.Je souhaite vivement qu'un grand nombre de nos époux chrétiens puissent profiter de ce?enseignements tout orientés vers la vie familiale telle que le Christ l'a voulue.« Le monde est malade, la chair tombe de tout son poids vers la terre », dit Son Eminence le Cardinal Léger.N'est-ce pas parce que nos foyers ne sont pas assez solidement établis sur une union heureuse parce que bien chrétienne des époux ?.Voilà autant de considérations qui doivent, d'une part réjouir et consoler les Membres de la Ligue Ouvrière Catholique, et qui d'autre part, doivent les inciter à faire mieux connaître autour d'eux, les bienfaits de leur Mouvement, afin que le plus grand nombre possible de leurs frères puissent en bénéficier ! Et je vous bénis paternellement.f Georges MELANÇON Evêque de Chicoutimi — 433 — 1 Déclaration de S.Ex.Mgr Georges-Léon Pelletier Evêque des Trois-Rivières à l'occasion de la Semaine de la Famille Evêché de Trois-Rivières, le 2 septembre 1955.Chers Locistcs, Toujours fidèles à votre mission apostolique de restaurer dans le Christ la famille, spécialement la famille ouvrière, vous organisez cette année encore, toute une semaine qui lui est consacrée.Le thème choisi vise particulièrement à pénétrer jusqu'au cœur même de la famille.Quoi de plus juste que de dire : le foyer se bâtit par la compréhension, il s'édifie sur la collaboration, enfin il se purifie dans une charité à toute épreuve.La compréhension qui sert à bâtir le foyer, c'est l'union des intelligences, c'est la fusion des cœurs.Impossible de vouloir édifier si l'on n'est pas d'accord.Impossible d'avancer quand l'un tire à droite et l'autre à gauche.Des constructeurs ne sauraient bâtir une maison sans entente préalable sur des plans, le choix des matériaux, la répartition du travail, etc.A plus forte raison dans le foyer, on ne pourra aller de l'avant s'il n'y a pas d'abord cette grande compréhension qui est née d'une vision nette et concordante de la sublime mission des époux.Même le départ n'aura rien de solide, sans l'unité qui ressortit à la décision librement consentie de mener une vie en commun, de fondre comme dans un tout lumineux et réchauffant deux esprits, deux amours, deux volontés et deux êtres, soucieux de gravir ensemble l'un par l'autre, l'un avec l'autre et l'un pour l'autre, la montagne également sainte du sacrifice, de la perfection et du bonheur.Le foyer, il s'édifie sur la collaboration.Le don mutuel des conjoints, l'union de deux vies ne suffit pas.Pour mettre vraiment à exécution le plan de Dieu, il faut y ajouter la collaboration, i.e.cette marche harmonieuse, cette activité conjuguée de deux énergies éclairées et aimantes.Comme, à l'instar des cellules de notre être qui se renouvellent constamment, la vie est un perpétuel recommencement, cette collaboration du père et de la mère au foyer doit être toujours en éveil, sans cesse en exercise.C'est-à-dire que chaque geste posé au sein de la famille, doit recevoir l'approbation des deux, être un écho fidèle de l'assentiment d'un chacun : en un mot, la résultante heu- — 489 — reuse d'un même point de vue examiné par deux intelligences, l'avancement vers un même but que désirent obtenir deux volontés, en même temps que la mise en branle d'un effort commun soutenu par deux indomptables énergies.Alors seulement le foyer fera du progrès.Les difficultés de chaque jour seront vaincues, l'éducation des enfants sera poursuivie avec succès, les membres se sanctifieront.Dieu, dont le regard est fixé sur ce sanctuaire d'immortelle vie, verra avec bonheur cette marche ascendante poursuivie avec joie, confiance, renoncement et amour.Enfin le foyer se purifie dans une charité à toute épreuve.Ce que nous venons d'indiquer ne se réalise pas sans difficultés.Lorsque des êtres, souvent très différents, doivent s'unir, le lien ne se scelle que par la charité.Voilà pourquoi, la compréhension et la collaboration qui garantis-ent l'harmonie de l'action, ne s'obtiendront que par une inaltérable charité maintenant dans l'unité les uns et les autres.N'est-ce pas la charité qui ouvre la voie de la compréhension n'est-ce pas elle qui soutient la collaboration ?La charité, mais elle rend l'amour compréhensif et collaborateur.La charité, elle tient constamment les époux orientés vers leur grande mission et les empêche de perdre de vue leurs devoirs.Elle fait aimer la route de l'héroïsme, abat sans cesse les difficultés qui peuvent s'élever sur cette voie montante du foyer ; enfin, mettant en exercice toutes les forces chrétiennes des époux, elle les fait s'acheminer sans peur et sans reproche vers leur éternelle de tinée.Chers Locistes, que votre Semaine de la Famille soit belle, qu'elle soit transformante, qu'elle attache les uns et les autres à leur sainte vocation qui est d'augmenter en nombre et en qualité les élus de Dieu.Prières, attachement, et bénédiction « pour que votre charité abonde de plus en plus » l.t Georges-Léon PELLETIER, Evêque de Trois-Rivières 1.Philippiens 1, 9.— 490 — OUVRIERS SPECIALISES SUR LE CHANTIER DES AMES par le R.P.Gaston MORISSETTE, o.m.i.En un précédent article, « La prédication et l'action catholique » nous sont apparues comme des forces qui s'ignorent.Le missionnaire itinérant et le militant vont chacun leur chemin.Ils se connaissent vaguement comme des ouvriers d'une immense usine ; ils se saluent poliment comme deux officiers de l'armée du bien.Les deux apprécient au plus haut point leur autonomie ; ils ont délimité avec précision leur domaine d'action et n'entendent pas qu'on remette en question la légitimité de leur existence et leur compétence avertie de bons serviteurs dans la vigne du Seigneur.On trouve des philosophes parmi eux qui soutiennent gravement que si en bonne métaphysique, on ne doit multiplier les êtres sans néce-sité, il convient de laisser vivre en paix des êtres nécessaires.Les prédicateurs et les militants dans l'Eglise de Dieu possèdent un droit de cité à des titres différents mais valables.Une légitime autonomie La prédication est une fonction de l'Eglise enseignante.L'Action catholique générale ou spécialisée prolonge dans le milieu paroissial ou le milieu profane de travail ou de loisirs la présence sanctifiante de l'Esprit.Les deux sont nées du souffle même de l'Esprit et s'alimentent à cette flamme d'amour que le Christ est venu allumer sur cette terre.Spécifiées par des fins nettement distinctes, la prédication et l'Action catholique possèdent une mystique, des méthodes, des domaines déterminés.L'outil s'est forgé peu à peu dans la main de l'ouvrier qui lui a imprimé sa marque.Une légitime autonomie.S'il e t vrai que l'homme aime être appelé par son nom, déteste l'embrigadement, aspire à se réaliser, il est éminemment chrétien d'admettre dans l'Eglise de Dieu, avec la diversité des charges, la diversité des grâces, et l'inégale distribution de l'Esprit.Les talents octroyés diligemment exploités conduisent à des demeures différentes que Jésus nous prépare.Saint Paul, mieux que tout autre placé pour parler de vocation personnelle, explique patiemment à ses Ephésiens la différente mesure de grâce reçue dans le Christ-Jésus.Les membres du corps mystique organiquement liés ne sont pas interchangeables comme les pièces de nos moteurs standardisés.Les âmes sont incommunicables.Elles se rejoignent en Dieu souverainement autonome.Dans — 491 — ce concert universel des êtres, l'homme veut librement jeter une note toute vibrante de joie indépendante.L'homme crée des œuvres à son image.Autonome, il se reflète dans des œuvres qui se distinguent et en un sens se suffisent.La prédication se distingue de l'Action catholique et les deux cheminent parallèlement.Une autonomie limitée Faudrait-il ici souligner comment le désordre originel a exar-cerbé cette soif d'autonomie de l'homme remis entre les mains de son propre conseil ?Le malheureux couple de l'Eden a saboté l'héritage d'une précieuse liberté.Leurs descendants, qui la reçoivent diminuée et fragile, changent la spontanéité de l'être en maladie d'indépendance absolue.L'homme se claquemure dans sa prison d'égoïsme.Il veut pleinement se réaliser sans référence au Créateur, dût-il pour cela rompre avec Dieu et tuer Abel.Ne dramatisons pas.La prédication et l'Action catholique ne sont pas des frères ennemis et ne projettent ni attaque surprise ni guerre d'usure contre le Dieu des armées.Cependant admettons chez les prédicateurs et les militants une susceptibilité explicable mais préjudiciable au bien des âmes.Se haussent-ils toujours à la notion de bien commun ?A force d'ajuster sa lunette sur un angle inexorablement précis, le champ de vision se rétrécit.Les arbres empêchent de voir la forêt.Le spécialiste devient un prisonnier intellectuel.La légitime autonomie génératrice »ie fierté professionnelle et d'initiative créatrice tend vers l'isolement splendide ou peureux.La collaboration n'apparaît plus comme un enrichissement mais une atteinte à l'idéal de jalouse autonomie.Au service du bien commun Tout œil qui regarde le monde moderne, le voit dominé par la technique et livré au spécialiste.En tous domaines.Les relations humaines se compliquent alors que la tâche du spécialiste se simplifie.L'ouvrier à la chaîne n'éprouve plus la fierté de l'œuvre totale.Il perd de vue le bien commun, résultant des réalisations partielles et des efforts conjugués.Qu'importe.La luxueuse voiture roulera silencieuse et puissante sur les autostrades.Les ouvriers apostoliques, eux, travaillent au bien des âmes rachetées par le sang du Dieu vivant.Au chevet de ces mêmes âme;, ils se retrouvent prédicateurs et militants, comme deux médecins également spécialistes et pareillement anxieux.Echangeront-ils le fruit de leurs observations comme ils partagent la même inquiétude ?Porteront-ils à deux le diagnostic et prescriront-ils des remèdes convergents ?Nous en sommes à ce point.A une époque où l'Etat, autonome par définition, abandonne une partie de sa souveraineté aux mains d'une autorité internationale, on — 492 — est bien près de trouver retardataires et ridicules les tenants des autonomies fermées.Cette exigence d'un univers complexe qui s'unifie, on la retrouve dans un monde spécial des œuvres d'Eglise.Elles ont proliféré pour répondre à des besoins réels.Elles ont édifié des statuts, arrêté un programme, acquis une juste notoriété.Elles se meuvent sur des plans paroissial, diocésain et national.Un bien particulier les inspire.Ont-elles maintenu la primauté du bien commun tout court ?Sont-elles prêtes à la collaboration loyale au service d'une cause qui les dépasse toutes, quitte à perdre quelques parcelles d'autonomie ?Surtout si l'Eglise elle-même sonne le ralliement des énergies dispersées.Il nous souvient d'un fait.En une région, la pénurie d'in titu-trices diplômées apparut préjudiciable au bien commun.Un groupe d'éducateurs discutait des moyens à prendre pour corriger cette situation alarmante.L'un* d'eux suggéra le plan suivant : «Nos œuvres traditionnelles paroissiales disposent de capitaux considérables qui dorment dans nos caisses improductifs.Pourquoi ne pas constituer un fond d'éducation ?Une minime partie de cet argent suffirait.» L'idée parut lumineuse.Les éducateurs se regardèrent, s'interrogèrent sur la conversion possible des conseils respectifs à cette idée toute simple de bien commun.Entreprise gigantesque à laquelle ils renoncèrent.A tort ou à raison.Il leur parut plus facile de détourner le Gulf Stream pour tempérer le climat canadien.Posons la question.La prédication et les œuvres paroissiales, plus spécialement l'action catholique, peuvent-elles loyalement collaborer au cours d'une mission ?Une expérience française Transportons-nous en France.Il ne sera pas question de déchristianisation ni qualitative ni quantitative.Les Français en parlent avec plus d'à propos et d'autorité que nous saurions le faire.Intéressons-nous aux œuvres d'Eglise du catho;ic'sme français.Elles sont innombrables.Ne sommes-nous pas au pays de l'individualisme.On se perd dans la forêt des organisations catholiques.Il faut un guide sûr pour déchiffrer les sigles mystérieux où se cachent les richesses d'invention et de labeur apostolique des pratiquants.En France plus qu'ailleurs la promotion du laïcat chrétien apparaît nécessaire.La neutralité agressive do l'Etat, les structures sociales laïcisées, limitent à l'extrême la présence et l'action du clergé.Sans les chrétiens préservés et conquérants, que peuvent les évêques, curés et vicaires ?Ils ressemblent à un général obligé de licencier ses troupes et qui monte à l'assaut avec ses seuls officiers d'état-major.La collaboration hiérarchie-laïcat fait retrouver à l'Eglise de France une atmosphère d'enthousiaste combativité.L'état d'urgence est décrété et dans le danger la fraternité des combattants s'établit d'emblée et — 493 — produit des fruits magnifiques.Dans ce contexte ecclésial est apparue à la logique française une anomalie de taille.La mission n'exigeait du laïcat aucune collaboration efficace.Le mis ionnaire prédicateur arrivait dans une paroisse, et rempli de l'Esprit-Saint jetait du haut de la chaire les vérités traditionnelles à une minorité résignée de fidèles.Les catholiques venaient aux exercices de la mission de moins en moins nombreux et les prédicateurs semaient la parole san: plus escompter de fruits durables.Il revient au Père Motte, o.f.m.d'avoir mis sur pied une technique de collaboration avec les forces vives de la paroisse ou d'un secteur.La formule du C.P.M.I.s'est imposée à l'attention des évêques et constitue un des apports les plus consolants de la pastorale nouvelle.Il ne nous appartient pas de la décrire en détail.Ce qui nous intéresse, c'est bien la contribution élargie du laïcat d'action catholique au succès surnaturel de la mission.Les militants habitués à travailler avec les curés et les vicaire collaboreront avec ce nouveau venu, le missionnaire prédicateur.Mais tout d'abord et avant tout, un travail sacerdotal.L'équipe sacerdotale Le pastorat ordinaire sous la direction épiscopale est responsable de la paroisse.Que vient faire le missionnaire ?Tout d'abord il possède un mandat implicite ou explicite de l'Ordinaire, l'habilitant à travailler de concert avec le clergé et le laïcat organisé à une revision des structures paroissiales.Il apporte aussi l'objectivité du désintéressement, l'expérience des cas analogues et souvent des éléments maintenant indispensables de sociologie re'igieuse.Un volonté sincère de servir l'Eglise l'anime et une franche humilité sacerdotale devrait égaler sinon dépasser la largeur de vue surnaturelle du curé, des vicaires qui consentent à discuter loyalement de l'état actuel de la paroisse, de la marche des œuvres et des objectifs de mission à préciser et à atteindre.Ni visiteur canonique ni inspecteur gouvernemental, notre missionnaire apporte des yeux neufs et un coeur fraternel à l'ouvrage qu'il veut en profondeur et durable.Esprit large, compréhensif, maniant l'analogie, et qui décidément ne croit plus aux recettes définitives pour achever la rédemption.Il n'a pas de doctrine personnelle ni de mouvement à implanter mais il part de la réalité paroissiale pour exiger d'elle un rendement meilleur en telle circonstance de personnes, de temps, de lieux et de grâce.Ces prêtres du Seigneur qu'étreint la même inquiétude se penchent sur la carte de la paroi se qui s'anime et parle.Au hasard des rues qui se croisent, des vieux quartiers et des zones de construction, des maisons surpeuplées c; des résidences cossues, des âmes ont surgi — 494 — unies à d'autres âmes par des hens de chair, de voisinage, de grâce et de péché.La solidarité, mot abstrait et usé, a pris tout d'un coup sa dimension humaine tragiquement concrète.Au centre de la paroisse, le Christ-Jésus avec son hostie et sa parole et le prolongeant, les prêtres, parents et éducateurs, et les petites forces d'information catholique.Et les âmes plu< ou moins rapprochées de ce foyer de lumière et d'amour.La statistique paroissiale bien à jour ou à établir fera toucher du doigt le jeu libre des influences bonnes ou mauvaises qui s'exercent dans la paroisse, dans tel secteur humain qui déborde sou-v ~nt le terr'*oire canonique.Il existe des milieux vivants et actifs, des c 'lii'es spirituelles plus ou moins irriguées par la grâce des sacrements, et de zones d'infection nettement caractérisées.Etendre sur la table d'un presbytère la carte de la paroisse et la lire avec des yeux humble;, amis de la réalité et qui prennent le risque d^ tout voir et de compléter par l'enquête scientifique les appréciations approximatives, cela est tout simple, souvent difficile, toujours révélateur.Et pour mieux repérer la réalité d'une paroisse vivante, invitons les laïques les plus représentatifs.Ouvrons la porte aux laïques.Que ce ne soit pas à la manière des grandes personnes qui consentent à prendre un intérêt amusé aux récits enfantins mais qui se retrouvent seules pour les affaires sérieuses.Comme si en l'occu-rence d'une mission paroissiale, les affaires sérieuses n'étaient pas précisément l'âme de ces baptisés majeurs et responsables, directement intéressés à voir clair et enchantés de poser des gestes libres de soldats en cette Eglise qu'on appelle militante.La présence du laïcat majeur Cette seule présence fait du bien.L'Eglise réalise alors sa définition de société surnaturelle de membres inégaux mais associés.L'Eglise retrouve sa jeinr solidarité d'autrefois, la fraternité touchante des communautés anciennes où pontife, clercs, néophytes et catéchumène-, vivaient dans la charité du Seigneur en attendant la Communion enthousiaste au même sacrifice sanglant.Ce n'est pas sans émotion que l'on parcourt la liste des militants chrétiens à qui les évêques d'autrefois — Pierre — Paul — Jean — transmettaient le salut fraternel.Ces tâcherons du Seigneur ont leur nom écrit dans la Bible.Ils voisinent avec les plus sublimes doctrines de salut.Ils ont bâti l'Eglise.Mieux.Ils étaient l'Eglise.L'Eglise de noire temps retourne aux sources de la Bible et de .'i liturgie.Le peuple de Dieu en marche avec le royaume se nourrit ,du pain de la Parole autour de la table du Seigneur.Dans cette ambiance eucharistique, pourquoi ne pas refaire la solidarité dans l'action des ordonnés et des confirmés ?— 495 — On parle volontiers de promotion du laïcat.Enlevons à cette appellation je ne sais quelle saveur démocratique d'une tutelle secouée.Le laïcat par le baptême et la confirmation s'est haussé aux tâches d'Eglise auxquelles l'appelle de pressante façon la hiérarchie.La part du laïcat au cours de la mission L'enquête préparatoire à la mission ouvre aux laïques un domaine plein d'intérêt.Les responsables d'Eglise, curé, vicaires, missionnaire, s'ils pénètrent la réalité des âmes au confessionnal, ne voient que du dehors le contexte profane qui travaille à les démo'ir.Le militant, l'homme d'eeuvre se meuvent à l'aise dans cette complexité d'influences, ce réseau de milieux que la sociologie la plus sommaire se doit d'apprécier et de découvrir.Nos laïques peuvent, à cette enquête, à cette mission, apporter une contribution originale et irremplaçable, qu'il s'agisse d'inventorier les effectifs parois iaux, de dégager les objectifs de mission immédiatement réalisables, ou tout simplement de faire autour de la mission une honnête publicité.Soulignons le profit de faire travailler côte à côte les différentes œuvres paroissiales, cloisonnées dans leur individualisme, et qui se découvriront une commune vocation d'Eglise.Disons aussi l'enrichissement pour le missionnaire de ce contact avec les confirmés.Il n'a rien à apprendre d'une soit-disant théologie laïque.Il peut cependant beaucoup apprendre de la vie du laïque chrétien.Nos sermons, savant échafaudage de textes, d'arguments et d'objurgations, sont pour le fidèle plus que des mots mais des soucis quotidiens, des problèmes obsédants, une tragique réalité.Le catholique moyen est sincère et subit le sermon de mission et l'admonestation au confe-sionnal, mais il aimerait tout de même placer un mot, le mot de l'usager.Dans le commerce, le client a toujours raison.Et dans l'Eglise.Il ne s'agit pas d'édulcorer la doctrine, d'énerver la discipline, mais tout simplement de trouver le point d'insertion d'une vérité exigeante dans un cceur d'homme faible mais bien disposé.Jésus savait dire à chacun le mot qui convertit.Il lui avait suffi d'un regard pour inquiéter la conscience de la pécheresse.Les pharisiens condamnèrent Marie et son geste osé et prodigue ; ils n'avaient pas suivi dans ce cceur bouleversé le sillon que la grâce avait creusé.Jésus avait parlé à son âme.Les prédicateurs qui colportent de paroisse en paroisse une somme imposante de principes théologiques et de vérités universelles gagneraient à engager un dialogue avec les laïques les plus représentatifs d'un milieu à évangéli cr.Leur voix dans la chaire de vérité divine dégagerait un accent d'humaine vérité.' —496 — Un espoir à l'horizon pastoral Cet article ne veut rien conclure.Une conclusion découle de prémisses clairement posées et logiquement liées.C'est Dieu lui-même qui a posé les prémisses de l'apostolat et du zèle.Tout baptisé, prêtre ou laïque, entend la voix du ciel : « Où est Abel ton frère ?» D'autres parts le Verbe incarné quittant cette terre a laissé un message d'union: « Soyez consommés dans l'unité ».N'est-ce pas un appel à cette collaboration préalable à la mission où prêtres, missionnaires et laïques étudient les mêmes problèmes humains sous un angle d'éternité ?Si nous avons parlé longuement du désir d'autonomie des personnes et des œuvres, c'était pour prévenir certaines objections, une répugnance à la fusion, à l'embrigadement.La charité chrétienne qui inspire 1 dévouement sacerdotal et l'apostolat laïque, saura bien devant l'urgence des tâches créer un climat d'entente fructueuse et de mutuel respect.Il semble qu'en France on ait réussi une expérience prometteuse de mission paroissiale et régionale.De nombreux pays s'intéressent à cette formule.Une dizaine de prédicateurs canadiens se sont rendus sur place pour étudier les principes et la pratique de l'apostolat missionnaire.A nous de chercher dans cette initiative française des éléments d'application universelle.Le contexte ecclésial et sociologique du Canada français exige une prudente adaptation des méthodes européennes.Soit.Mais que notre zèle lucide et courageux prenne son bien partout où il se trouve.On connaît le sort du serviteur paresseux attaché au statu quo du talent enfoui.Fasse le ciel que nos méthodes missionnaires s'inspirent du serviteur diligent et chercheur tout heureux d'apporter au Maître Souverain de nouvelles pièces d'or.— 497 — La "magna charta" de la femme catholique UN ANNIVERSAIRE A SOULIGNER par le R.P.Leopold GODBOUT, o.m.i.Un récent numéro de i'Osservatore Romano nous rappelait un des plus importants discours de Sa Sainteté Pie XII, prononcé le 21 octobre 1945, et déplorait que la presse, même catholique, eut fait silence, dans le temps et depuis, autour de ce que l'auteur appelait la « magna charta » de la femme catholique.Nous avons voulu faire écho à cet article en soulignant le dixième anniversaire d'un document d'une telle envergure, en même temps que rendre service aux lecteurs de l'Action Catholique Ouvrière en soulignant les grandes lignes de ce document et en essayant d'en tirer quelques conclusions pour le milieu canadien.Du début de son pontificat jusqu'aujourd'hui, Sa Sainteté Pie XII a parlé plus de cinquante fois des droits et devoirs de la femme dans le monde moderne.Alors que dans la plupart de ces allocution?, le Pape touche l'un ou l'autre de ces droits ou devoirs, dans son discours du 21 octobre 1945, il en fait une synthèse, rappelant d'abord la doctrine traditionnelle sur la mission de la femme comme mère, éducatricc et collaboratrice de l'homme, puis, après avoir envisagé le sort que lui ont fait les régimes totalitaires et capitalistes qui se partagent actuellement le monde, le Pape expose les nouveaux devoirs qu'un monde durci par le matérialisme impose à la femme en dehors du foyer aussi bien dans la vie politique que sociale.I — LA DOCTRINE TRADITIONNELLE Le Pape affirme tout d'abord que « le problème féminin, dans son ensemble comme sous chacun de ses multiples aspects particuliers, consiste totalement dans la dignité que la femme a reçu de Dieu ».1 — La dignité de la femme Tout le discours du Souverain Pontife est centré sur ce point : la dignité de la femme.« Pour nous, dit-il, ce problème (le problème féminin) n'est pas seulement d'ordre juridique et économique, péda- — 498 — gogique ou biologique, politique ou démographique, mais encore, étant donné sa complexité, un problème qui gravite tout entier autour de cette question : comment maintenir et renforcer cette dignité de la femme, aujourd'hui surtout, au milieu des circonstances dans lesquelles la Providence nous a placés ?Voir le problème d'une autre manière, le considérer unilatéralement, fous un seul des aspects, quel qu'il soit, mentionnés plus haut, serait la même chose que l'esquiver, sans profit pour personne, et encore moins pour la femme elle-même.Le détacher de Dieu, de l'ordre très sage du Créateur, de sa très sainte volonté, serait en méconnaître le poin' essentiel, c'est-à-dire la véritable d'gnité de la femme, dignité qu'elle a reçue de Dieu et qu'elle conserve en Dieu seulement.» « En quoi consiste cette dignité que la femme a reçue de Dieu ?Interrogez la nature humaine, telle que Dieu l'a formée, élevée et rachetée par le sang du Christ.Dans leur dignité humaine d'enfants de Dieu, l'homme et la femme son' absolument égaux, comme aussi en ce qui concerne la fin dernière de la vie humaine, qui est l'union éternelle avec Dieu dans la félicité du Ciel.« C'est la gloire impérissable de l'Eglise d'avoir rendu à cette vérité le rang et l'honneur qui lui revenaient et libéré la femme d'une servitude dégradante contraire à la nature.Mais l'homme et la femme ne peuvent maintenir et perfectionner leur dignité qu'en respectant et en mettant en pratique les qualités particulières que la nature a donnée; à l'un et à l'autre.« Bien plus : les deux sexes, en vertu de leurs qualités particulières elles-mêmes, sont ainsi ordonnés l'un à l'autre, que cette mutuelle coordination exerce son influence dans toutes les nombreuses manifestations de la vie humaine et sociale.2 — Les trois états de vie L'étnt «lo maringo « Le fruit d'une véritable communauté conjugale ne comprend pa; seulement les enfants et les bienfaits matériels et spirituels que la vie de famille offre au genre humain.La civilisation., les peuples et la société des peuples, l'Eglise elle-même, en un mot toutes les vraies valeurs de l'humanité en éprouvent les heureux effets partout où cette vie conjugale s'épanouit dans l'ordre, partout où la jeunesse s'habitue à la considérer, à l'honorer, à l'aimer comme un saint idéal.« Au contraire, partout où les deux : exes, oublieux de l'intime harmonie voulue et établie par Dieu, s'abandonnent à un individualisme pervers, partout où ils ne sont plus qu'un objet réciproque d'égoïsme et de cupidité.le bien commun de la société se trouve gravement compromis.» -499 — I.-I vis- ri'liuiciisi- « .Depuis bientôt vingt siècles, des milliers et des milliers d'hommes et de femmes, parmi les meilleur;, renoncent librement, pour suivre le conseil de Jésus-Christ, à la fondation d'un foyer.Le bien commun des peuples et de l'Eglise est-il pour autant mis en péril ?Tout au contraire : ces âmes généreuses reconnaissent que l'association des deux sexes dans le mariage est un très grand bien.Si elles s'éloignent de la vie ordinaire, du chemin battu, loin d'abandonner l'humanité, elles se consacrent à son service, dans le détachement absolu d'elles-mêmes et de leurs propres intérêts.« .Voyez-les se consacrant à la prière et à la pénitence, appliqués à l'instruction et à l'éducation de la jeunesse et des ignorants, penchés au chevet des malades et des agonisants, le cœur ouvert à toutes les misères et toutes les faiblesses.» I
de

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