L'Action catholique ouvrière., 1 janvier 1957, décembre 1957
L'ACTION CATHOLIQUE OUVRIERE VOLUME VII, No 10 DECEMBRE 1957 SOMMAIRE Aumôniers .des mouvements adultes d'Action Catholique Ouvrière, vus par des dirigeants de L.O.C.430 Etude sur une section de J.O.C.M.l'abbé Joseph Beauvais, ptre 435 Voix des Evêques Améliorer le milieu de vie afin de libérer les âmes .Son Excellence Mgr Georges Melançon 447 Civisme: un style nouveau .Son Excellence Mgr Percival Caza 448 Collaboration constante et totale entre la famille et l'école .Son Excellence Mgr.Georges-Léon Pelletier 449 Vie des mouvements — L.O.C.J.E.d'aumôniers diocésains de la L.O.C.450 Conseil National de Novembre .451 Journées d'Etudes .451 Vie des mouvements — J-O.C.452 "L'Action Catholique Ouvrière" est publiée sous la responsabilité des Aumôniers nationaux et diocésains de la J.O.C.et de la L.O.C.Avec autorisation de l'Ordinaire.Rédaction et Administration: 1001, rue St-Denis, Montréal 18, P.O.Canada Conditions d'abonnement (de janvier a décembre) Abonnement régulier : $2.00 — Pour les Séminaristes : $1.50 Le numéro : 0.25 AUMONIERS-des MOUVEMENTS ADULTES D'ACTION CATHOLIQUE OUVRIERE VUS PAR DES DIRIGEANTS DE L.O.C.' Un des graves devoirs du prêtre c'est de "se consacrer à la tâche difficile de préparer et d'entraîner le laïcat à l'Action Catholique (Pie xi).Pour entraîner, il faut avoir été entraîné soi-même.Pour en engager d'autres à sa suite comme chefs de file, il faut avoir appris à vaincre en soi la timidité et la peur, et savoir par expérience comment frapper à une porte, aborder une âme inconnue, susciter un dialogue, provoquer des contacts, mettre en route une organisation précise et contrôlée.Les adultes se rendent compte que tous les prêtres, du seul fait de leur sacerdoce, n'ont pas nécessairement des aptitudes pour remplir tous les genres de ministère.L'expérience de plusieurs années, au pays et à l'étranger, démontre que tous les prêtres ne sont pas également aptes à animer spirituellement, et indistinctement, des mouvements d'Action catholique de jeunes ou d'adultes, de filles ou de femmes.Même parmi ceux qui manifestent de réelles aptitudes, les laïques constatent beaucoup d'improvisation, beaucoup d'incohérence dans l'effort apostolique : certains dirigeants ont vu leur section changer complètement d'orientation avec chaque nouveau changement d'aumônier.Certaines sections vigoureuses bâties par des prêtres donnés à la cause, ont été systématiquement démolies par d'autres prêtres qui avaient un concept différent de l'apostolat.On a vu de généreux aumôniers dont la section ou la fédération allait au ralenti parce qu'ils ne parvenaient pas à gagner la confiance de leurs militants, ils n'entraient pas dans leurs problèmes et dans leur vie.Même leur direction spirituelle manquait de virilité et de réalisme.A l'occasion d'une semaine d'étude des aumôniers diocésains de la L.O.C., à l'Oratoire St-Joseph du 21 au 24 octobre 1957, des dirigeants de la L.O.C.furent invités à dire ce qu'ils attendaient de leurs aumôniers d'A.C.adulte.Un panel, présidé par M.Dave Bosset, prés, national de la L.O.C, était formé de MM.Leopold Turcotte, Jean Biais, Jean-Paul Savard et Roger Aube.430 Le dialogue suivant établi entre des dirigeants de L.O.C., et capté au fil de la plume, donne une idée de ce que les militants adultes attendent de leurs aumôniers.Nous saisissons aussi dans cet échange la profonde aspiration, la confiance de nos laïques envers leurs prêtres.L.— On nous montre le prêtre comme un séparé du monde.C'est vrai, vu du côté de Dieu.Mais vu de notre côté, il doit être un de nous.L'aumônier de L.O.C.est beaucoup plus près de nous que le prêtre confesseur, prédicateur, administrateur, même que le prêtre aumônier de syndicat.Nous n'exigeons pas qu'il aille aussi loin que le prêtre-ouvrier, mais nous voulons qu'il soit l'ami, capable de comprendre nos problèmes, d'entrer dans notre peau pour nous décharger d'une foule de misères.Le prêtre qui m'a conquis ne m'a pas fait demander au presbytère pour me parler de confession.Il est venu chez moi et m'a parlé de mes problèmes de tous les jours.J.— On veut un aumônier adulte qui n'a pas peur des adultes et qui peut discuter de leurs vrais problèmes.La plupart des prêtres arrivent dans la paroisse assez bien préparés pour s'occuper des enfants, des jeunes filles ou des femmes, mais peu savent présenter aux adultes une spiritualité d'adulte dans un langage d'adulte.J.P.— L'aumônier de L.O.C., doit être un "homme" qui doit faire la conquête de ses dirigeants comme le dirigeant fait la conquête de ses membres.R.— Ce que nous attendons de notre aumônier, c'est la confiance.Qu'il nous comprenne tels que nous sommes, avec nos défauts, et nos efforts; avec nos préoccupations et nos difficultés familiales; avec les obstacles qui nous découragent.Des aumôniers sont tout flamme pour régler les problèmes des autres et oublient ou se sentent mal à l'aise pour aborder les problèmes de leurs dirigeants.J.— Un sérieux écueil du militant, c'est un aumônier qui ignore son milieu de travail et qui ne se préoccupe pas sérieusement d'adapter sa spiritualité, sa direction spirituelle, son inspiration surnaturelle à la vie concrète du militant, père de famille et ouvrier aux prises avec tels problèmes, telles influences malsaines.J.P.— On ne peut espérer un rendement apostolique profond et durable d'un dirigeant qui serait aux prises avec de sérieux problèmes de famille.L.— Ce n'est pourtant pas si difficile pour un aumônier de connaître et d'avoir la confiance de ses gars.Si les dirigeants ou militants ne s'ouvrent pas de leurs problèmes, c'est que le prêtre 431 ne leur en parle pas.Que l'aumônier suive l'exemple du Christ : Il ne s'est pas souvent imposé d'autorité, si ce n'est une couple de saintes colères pour chasser les voleurs du temple.Il a surtout usé de miséricorde, secourant tous les malheureux, relevant les découragés, initiant ses apôtres à marcher sur ses traces.Les temps sont changés mais les problèmes sont les mêmes : la masse est exploitée, la famille ouvrière est plus que jamais menacée dans son gagne-pain, dans son épanouissement normal.Il existe une véritable conspiration contre elle qui inquiète les parents normaux encore capables de prendre conscience de leur mal.Que l'aumônier parle avec ses hommes de tous ces vrais problèmes; qu'il les initie progressivement à leur apporter une solution vraie, réelle.C'est à travers cet effort de promotion humaine, inséparable de la promotion chrétienne, que les hommes vont découvrir Dieu et le prêtre.J.— Les mouvements d'hommes, adultes, progressent lentement: 1) parce que les prêtres éprouvent de la difficulté à travailler avec des hommes : ils croient avoir rempli leur rôle quand ils leur ont servi quelques principes spirituels, qui ne correspondent pas toujours aux exigences concrètes de la vie.Les résultats sont vite apparents : les vrais chefs du milieu s'en vont et on se trouve devant un petit groupe de bons garçons qui pratiquent précisément ce qu'ils ont mission de combattre : une religion en dehors de la vie.2) Les prêtres vont plus facilement aux mouvements de jeunes.Plongés dans les études spéculatives à un âge relativement jeune, coupés de tout contact concret avec la vie ouvrière en particulier, vivant plus d'idéal que de réalité, ne connaissant de l'âme ouvrière, de ses souffrances, de ses luttes, que ce que certains professeurs, souvent préjugés contre la classe ouvrière, leur enseignent, ils se replient sur eux-mêmes au premier choc subi au contact des adultes.Ils comptaient, comme leurs éducateurs, sur une grâce infuse particulière qui les dispenserait de tout apprentissage.Mais pas plus que le médecin, l'ingénieur, etc., ne peuvent se contenter d'une formation livresque et spéculative, le prêtre doit s'entraîner dès le grand séminaire à sa mission de prêtre.3) Les prêtres trouvent plus facile de travailler avec les mouvements féminins.R.— Les prêtres n'arrivent pas préparés à leur rôle d'aumôniers d'A.C.Il y a ceux qui n'acceptent pas cette fonction qui leur est "imposée" et refusent de s'y donner: de nombreuses sections sont tombées faute d'aumôniers.Il y a ceux qui acceptent et qui s'y 432 donnent, mais là encore on pourrait distinguer ceux qui paralysent l'initiative des laïques en faisant tout à leur place, et ceux qui sont des vrais animateurs surnaturels.Il arrive que des prêtres n'aiment pas les gens qui discutent.En Cercle d'étude, ils règlent les problèmes au nom de leur autorité.Avec ce résultat, trop souvent, que nous laïcs respectons nos prêtres mais que nous n'avons pas confiance en eux pour discuter à coeur ouvert de nos problèmes.L.— L'aumônier a aussi comme rôle d'informer l'autorité religieuse.C'est d'ailleurs une des fonctions de l'Action catholique d'éclairer l'Eglise dans l'orientation concrète de son apostolat.J.P.— C'est aussi à l'aumônier qu'il revient d'aider à découvrir les vrais chefs du milieu et de les former selon la méthode de l'Action catholique.Il y a des aumôniers, qui trouvent plus facile d'aller chercher les bons diables, prêts à faire partie de toutes les bonnes oeuvres.Ces gens-là ne sont pas les chefs naturels du milieu et ils ne le deviendront jamais.On ne forme pas un chef par des sermons, mais par une action apostolique proportionnée à ces capacités.On donne le sens des responsabilités en confiant des responsabilités.L.— On est tellement occupé à déchiffrer les programmes du mouvement aujourd'hui, qu'on oublie (ou qu'on trouve moins compromettant) de travailler sur les vrais problèmes du milieu.Il y eut un temps où la L.O.C.a monté parce qu'elle organisait des grandes campagnes qui touchaient des vrais problèmes comme l'habitation, le budget, l'entr'aide ouvrière, famille-école.Il ne faut pas avoir peur de s'attaquer aux problèmes de la classe ouvrière.L'abbé Pierre ne s'est pas contenté de prêcher, il s'est fait ramasseur de guenilles, il s'es: fait pauvre avec ses pauvres, il a bâti des maisons.Là où se posent les problèmes des travailleurs, là doit travailler la L.O.C.J.— Les grandes campagnes ne donnent pas nécessairement le sens des responsabilités dont les ouvriers ont besoin.Une constatation fréquente, c'est que les aumôniers sont surchargés d'activités de toutes sortes.Il semble que si on croyait vraiment à l'Action catholique, les prêtres qui en sont chargés auraient le temps nécessaire pour donner à leurs seclions ,et à chacun de leurs militants en particulier, l'orientation spirituelle indispensable à leur efficacité apostolique.Les conclusions de ce panel ont été tirées par M.Dave Bosset : Il est clair qu'après un magnifique départ et un gros travail de dix- 433 huit ans, la L.O.C.a encore un immense travail, tant pour le territoire à conquérir que pour la formation apostolique de ses militants.Où trouver le remède ?Faut-il revenir aux formules passées ?Manquons-nous d'audace en face du monde actuel ?Sommes-nous devenus incapables de découvrir les valeurs apostoliques du monde du travail ?Nos prêtres et nos aumôniers peuvent énormément pour aider le mouvement à remplir sa mission d'Eglise dans les milieux de travail.Nous ne voulons pas que nos aumôniers s'aventurent sur le terrain qui nous appartient, mais nous savons bien que nous sommes voués à l'échec s'ils ne sont pas avec nous pour nous donner l'aliment spirituel dont nous avons besoin.Or, il suffit d'avoir parlé avec quelques militants désireux d'être formés dans la vie spirituelle et d'être conseillés dans leur vie apostolique pour savoir combien faiblement est satisfait leur appétit des choses de Dieu, quelles difficultés ils ont à rencontrer un prêtre qui consente à s'intéresser à leur âme et à leurs travaux.Nous comprenons que la tâche de l'aumônier n'est pas facile.Elle est double: 1) Former spirituellement des laïcs; 2) Etre l'âme de l'équipe d'Action catholique.1) Former spirituellement des laies.— Leur donner Jésus-Christ vivant, tel qu'il apparaît dans l'Evangile.Ils sont ennemis des équivoques, de l'hypocrisie; ils aiment ceux qui sont vrais.Le Christ de l'Evangile est franchise et simplicité : "Que votre parole soit oui, quand c'est oui, non, quand c'est non ! Tout ce qui vient en plus, vient du Malin." Comme la samaritaine, les laïcs ont soif d'une religion intérieure, en esprit et en vérité.Etouffés dans une atmosphère qui n'a rien de chrétien, ils ont besoin du prêtre pour leur donner le goût de Dieu.2) Etre l'âme de l'équipe d'A.C.— Les laïcs, organisés en laïcat d'Action catholique, ont une mission propre qui suppose et dépasse le rôle de chaque laïc pris individuellement.C'est au prêtre qu'il revient de faire vivre ensemble ces laïcs d'Eglise.Ceux qui ont pris en charge les intérêts des travailleurs et ceux qui ne sont pas encore engagés doivent puiser dans leur foi les mobiles qui les pousseront à se mettre toujours davantage au service du prochain.L'organisation du laïcat n'est jamais terminée.Les techniques apostoliques doivent se renouveler sans cesse pour être efficaces.Mystique et technique seront le souci constant de l'équipe prêtre-laïcs en Action catholique.434 ETUDE SUR UNE SECTION DE J.O.C.(suite) par Monsieur l'abbé Joseph BEAUVAIS, ptre CHAPITRE QUATRIEME CONSEQUENCE —COMPLEXITE DU ROLE DE LEO Lorsqu'on considère l'action que Léo a menée dans et par la section, lorsqu'on considère les relations qu'il a établies à l'intérieur de la section ou à l'extérieur ainsi que celles qu'il a eues à maintenir avec l'Institution, il est facile de s'imaginer qu'il s'est trouvé souvent à prendre des conduites bien différentes selon les cas.Son but était toujours le même; pénétrer le milieu des jeunes de Villeneuve.Mais les gens avec qui il faisait affaire n'étaient pas toujours les mêmes et n'interprétaient pas Léo de la même façon; ils ne le regardaient pas tous sous le même angle de vision.Ils s'attendaient à telle conduite de la part de Léo et lui, agissait autrement.Si l'on définit le rôle comme une attente de conduite selon le statut ou la fonction dans un groupe, on peut dire que le rôle de Léo a été parfois complexe car, pour différentes personnes, sa fonction a été différente selon l'interprétation qu'on en faisait.Ainsi, nous verrons dans ce chapitre le rôle que Léo eut à jouer comme chef à l'intérieur de la section en accordant une attention spéciale à ses relations avec Jean-Luc.Ensuite, ses relations avec l'Institution et enfin le tiraillement qu'il a subi du fait de ses relations avec l'Action Civique, la Ligue des Proprios, les lutteurs, les "racketeers", les politiciens.1 — Le Chef Les gars de la section attentaient de Léo des conduites de chef.Que fut ce chef ?Quelles furent ces conduites ?a) abordage Léo a dit quelque part qu'il faut aborder un gars avec ce qu'il aime.Il s'aperçut lors d'un premier contact avec Bob que celui-ci 435 s'était occupé dans le passé de l'Oeuvre des Terrains de Jeux (O.T.J.).Alors, un soir il est allé consulter Bob sur ce qu'il entrevoyait comme possible dans le domaine des loisirs à Villeneuve.Bob a parlé, parlé toute la soirée.C'est de ce contact qu'il a été gagné à la section.Jean-Luc lui avait fait part de son ennui à Villeneuve, lui avait dit qu'il aimerait des veillées du "bon vieux temps".Un soir Léo est allé lui présenter une jeune fille de la J.O.C.F., l'invitant à une soirée à St-Jean.C'est de cette soirée que Jean-Luc a été gagné à la section."Avec Raymond, faudra te prendre autrement qu'avec les autres.Il ne travaille pas à la "grosse ouvrage".Il travaille dans un bureau".Dans l'abordage d'un gars, il faut respecter sa personnalité.Léo explique un jour à Jean-Luc que le National demande de faire une enquête religieuse sur un jeune travailleur de leur connaissance.C'est difficile d'arriver à poser ces questions sans que le gars s'en aperçoive.On cause sur cette difficulté un certain temps et finalement, Léo sort une fiche d'enquête toute remplie en disant: "C'est possible; la mienne est déjà faite sur toi".Il faut aborder un gars avec ce qu'il aime, sans qu'il s'en aperçoive et tout en respectant sa personnalité.bl Meneur Le chef est un meneur.Il dirige, il entraîne, vers ce qu'il s'est donné comme but à atteindre.C'était le temps où Léo voulait changer de tactique pour contacter les gars de restaurants.Dorénavant, il s'y introduirait avec Bernard et Jean-Luc.C'est ce qu'il avait décidé.Mais il fallait en parler à Bernard.La réunion se fait avec Bernard cette fois-là.A la fin de la réunion, c'était Bernard qui était tout heureux de pouvoir emmener Léo à telle salle de pool.Léo "avait besoin de lui".Il comptait sur lui.Lors de la première réunion tenue sur la balle, un type avait été invité qui, dès le début, n'est pas entré dans les vues de Léo.Il l'a l'aissé parler chaque fois qu'il en a eu le désir, l'a laissé sur l'impression que ses idées étaient sûrement bien bonnes.Mais à la fin, on ne les a pas suivies.ci Prévoyance et contrôle de l'action Le chef sait prévoir, contrôler l'action et réfléchir sur elle.Dès la première réunion, on fait la liste des gars à contacter.Les trois du CE.se partagent les noms en tenant compte des possi- 436 bilités de chacun."Un tel, tu tâcheras de le rencontrer quand tu seras avec une fille." Pour un autre : "// faudra auparavant rencontrer le père, le jaser sur la Ligue des Propriétaires, du Crédit Social.Après, le gars pourra être rencontré".Tout est pesé et prévu.A la réunion suivante, on commence par une revision de l'action."On devait rencontrer douze gars à nous trois.Pour ma part, j'ai vu un tel, un tel.Le résultat est le suivant .Toi, Jean-Luc ?Et toi, Bob ?" Une délégation à l'Hôtel de Ville a été organisée dans le but d'obtenir un terrain pour la balle.Quatre ou cinq semaines avant, l'affaire était déjà dans le sac.Un échevin avait été approché pour le cas où il faudrait se présenter devant le conseil municipal.Avant le conseil fédéral qui réunissait les sections de St-Jean et de Villeneuve, Jean-Luc devait lors d'une soirée à St-Jean causer amicalement avec les gars de cette ville pour savoir d'eux leur opinion sur telle et telle activité.Léo voulait savoir "comment ils allaient prendre ce qu'il se proposait de leur dire et jusqu'à quel point ils étaient prêts à se laisser influencer".La troisième phase de la vie de la section commença ainsi : "Le printemps s'en vient; donc, que Raymoond (qui est aujourd'hui président de la ligue de balle) commence à penser à un programme de sports pour l'été et qu'il trace un programme précis.C'est au printemps qu'il organisera les clubs de balle pour l'été; il devra trouver des capitaines, former une ligue, tracer la cédule, le règlement, trouver des chandails, des commanditaires, balles, bâtons, etc.Ce sont des choses que tu dois discuter avec Raymond, des choses qu'il doit prévoir"."Ce soir (le 23 février), on va essayer de regarder la position de la section, de clarifier la situation.Il ne faut pas se laisser mener par les événements, mais les contrôler ." d) Educateur Nous avons affaire à un groupe, nous l'avons vu, qui porte en lui un idéal autour duquel il s'est formé.Il ne faudra pas se surprendre que le chef ait de temps en temps des attitudes moralisatrices.Son but, c'est de former ses gars, selon son expression, i.e.leur faire faire le lien entre leur idéal et leur vie.Cette formation se donne par l'action en leur faisant poser, consciemment ou inconsciemment, des actes qu'ils ne poseraient pas sans lui.Un jour ou l'autre, le gars prend conscience de telle attitude du chef et se pose des questions.C'est là qu'un pas est fait.Un soir, Bob et Jean-Luc questionnent Léo "sur la façon dont il s'est pris pour les atteindre".Léo explique à Bob comment il 437 l'avait fait jaser, à son insu, sur ce qu'il avait fait, ce qui l'intéressait, sur l'O.T.J."C'est pourquoi j'ai été avec Jean-Luc te consulter là-dessus.Et comme je voulais te lancer, Jean-Luc, je me suis absenté de cette veillée.Je t'ai laissé seul avec Bob".La rencontre avait eu lieu en novembre et ce n'est que le 3 février que les deux prenaient conscience de ce qui s'était passé.Il était décidé que Jean-Luc menait telle réunion.Mais Jean-Luc était embarrassé, ne savait que dire pour commencer : "Est-ce qu'on fait telle chose immédiatement ?" Léo : "C'est toi qui mènes la réunion".A partir des faits, il faudra réfléchir, faire des leçons.Léo ne manque pas son coup, surtout quand il s'agit de Jean-Luc.C'était au début de la ligue de balle.Il y avait eu deux réunions à ce sujet.Jean-Luc qui devait être le représentant de la section dans le futur exécutif de la ligue avait préparé la première réunion.C'est lui qui devait la mener en présence de Léo, de Raymond et de plusieurs autres.Il avait préparé par écrit tout un programme de réunion lequel était très bien.Mais il a manqué son coup.A un moment donné durant la réunion, ne sachant plus quoi dire, il passe ses feuilles à Raymond en disant: "Continue, on est rendu ici".De plus, au cours de la réunion, il fit mal à propos de petites réflexions moralisatrices qui sonnaient faux sur l'amitié ou l'idéal jociste.Léo avait pris la réunion en main.Léo, ne sachant pas trop la cause de cet échec, se rendait tout de même compte du problème de Jean-Luc.Lui qui avait été si bon dans les contacts individuels semblait manquer son coup dans une réunion de groupe.Il fallait au moins réfléchir sur le fait et en tirer une leçon.A une réunion du CE.qui suivit, où seulement Léo, Jean-Luc et Bob sont présents, Léo demande à Jean-Luc de rencontrer Raymond et de préparer avec lui une autre réunion."Je ne tiens pas à me mêler à la question de la balle, lui répond Jean-Luc, ça ne m'intéresse pas." Léo : "Pourquoi ?" (Ici se place une petite discussion.) Et Léo de continuer: "Pourquoi on a parti l'affaire de la ligue de Balle ?Pour avoir des 'gangs', entrer, s'infiltrer !" Jean-Luc pensait probablement s'en tirer à bon compte en acceptant ainsi.Il accepte parce que Léo vient de faire appel au grand motif de leur action contre lequel il ne peut s'opposer.Mais Léo n'est pas satisfait.Il me lance un clin d'oeil et revient à l'attaque : "due penses-tu des deux réunions qu'on a eues sur la balle à date ?" Léo entre vraiment dans le vif.Jean-Luc ne peut s'en sauver.Un moment d'attente et Jean-Luc de répondre : "La première réu- 438 nion ?Raymond a été mieux que Untëlj celui-ci est buté sur les sports intérieurs.Emmener des gars en bas au local, je n'y tiens pas.J'aime mieux accrocher les gars en dehors que de les accrocher ici.C'est plus jociste".Jean-Luc est tout de même adroit.Il évite la question et sert à Léo une réponse qu'il sait lui faire plaisir: prendre les gars dans leur milieu, où ils sont.Mais Léo va foncer: "Tu ne devais pas mener la réunion ?" Jean-Luc : "J'étais emmer .!" Léo : "// est bon de revoir ça pour étudier ce qu'il y a à faire.Pourquoi, à un moment, tu as modéré ?" Jean-Luc : "J'étais mélangé".Léo : "Pourtant tes notes étaient claires.Pourquoi as-tu fait lire Raymond sur tes notes ?" Jean-Luc : "Il me semble que Raymond s'y entend mieux que moi.Aussi je n'avais pas assez étudié mon affaire".Léo : "Vois-tu, vis-à-vis des nouveaux, il faut mener sans faire les frais, mais il faut mener.A un moment donné tu disais: 'Moi, je ne connais pas ça !' Devant un nouveau sur qui il faut avoir de l'influence, il ne faut pas ramper.Il ne faut pas non plus employer trop de termes jocistes.C'a doit transpercer au bon moment, i.e.l'amitié.Vois-tu, cette idée sur l'amitié que tu as essayé de faire passer, il s'agit pas de lui dire tant en paroles que par des faits.Supposons que Raymond s'occupe de la balle.Il a des capitaines.Prenons le cas où l'un de ses capitaines ne se rend pas à une réunion convoquée par lui.Alors tu profites de l'occasion et tu dis à Raymond : 'Mais es-tu chum avec lui ?' A ce moment-là, ton idée sur l'amitié passera par un fait.C'est bien plus fort".On continue à causer sur le même ton.A la fin, Jean-Luc dit : "A la prochaine réunion, je vais t'observer".C'est ainsi que le chef sait tirer des leçons au profit de ses gars, à partir de faits ou de toute occasion.Toutes ces attitudes de chef entrent bien dans le rôle de Léo.Jean-Luc les attend et quand Léo ne les prend pas, il s'en demande les raisons.Dans ce temps-là, il en parlait à l'aumônier : "Léo est le chef, il a le droit de donner des leçons; il mène et sans lui on ne fait rien".Il devait y avoir un petit "meeting" à propos de la carte ouvrière.Jean-Luc était sur l'impression que Léo devait s'y rendre.Or, il y avait eu malentendu.Léo ne devait pas assister à cette rencontre et de fait ne s'est pas rendu.Jean-Luc et son compagnon n'ont rien fait.Au retour, Léo leur a fait remarquer qu'ils pouvaient travailler sans lui."On aurait pu travailler sans toi, mais on t'attendait", dit tout simplement Jean-Luc.439 e J Relations Léo-Jean-Luc Avec ce qu'on vient de dire, il est facile de conclure que pour Jean-Luc Léo incarne vraiment l'idéal d'un chef.Léo est l'idéal qu'il faut reproduire, à qui il faut s'identifier.Quand, tout à l'heure, Léo lui demandait ce qu'il pensau de la première réunion faite sur la balle où il avait manqué son coup, Jean-Luc ne répond pas à la question mais pense à trouver quelque chose du goût de Léo.Reproduire ce que Léo fait ou ce qu'il veut, ceci est important.Jean-Luc répond que tel est buté sur les sports intérieurs, qu'il vaut mieux se tourner vers l'extérieur, aller trouver les gars dans leur milieu.Ceci est dans les idées de Léo et Jean-Luc le sait; aussi, c'est ce qu'il lui sert.Et, il finit par lui dire : "A la prochaine réunion, je vais t'observer".D'ailleurs, tout le problème de Jean-Luc à l'occasion de la ligue de balle semble venir en grande partie du fait de son identification à Léo.Le motif allégué par Jean-Luc pour se désintéresser de la ligue était qu'il ne s'y entendait pas assez et que Raymond était plus compétent dans cette affaire.Si ceci est vrai, ce n'est qu'une partie de la vérité.Il semble plutôt que si Jean-Luc n'a pas réussi à conduire ces premières réunions de groupe sur la balle, c'est que Léo y était présent.Jean-Luc est un type qui inconsciemment veut devenir un autre Léo.Son petit frère à la maison lui a déjà dit : "Te voilà rendu comme Léo" Alors, quand Léo est absent, Jean-Luc peut être un autre Léo, mais lorsque ce dernier est présent, il ne peut être que Jean-Luc et il se trouve désemparé.Le complexe d'infériorité qu'il disait ressentir envers Raymond lors des premières réunions de la ligue de balle, c'était plutôt envers Léo qu'il le ressentait.La ligue de balle est partie et fonctionne sans Jean-Luc.Celui-ci s'occupe d'une équipe de soirées.Dans cette équipe de soirées, il doit faire face à des types de la même trempe que ceux de la ligue de balle.Il a réussi à tenir des réunions, à leur faire préparer une soirée comme jamais il n'y en eut à Villeneuve.Mais Léo n'allait pas aux réunions de l'équipe.D'ailleurs, c'est lui-même Jean-Luc qui disait un jour : "L'abbé, quand Léo est là, je suis figé 'fret'." Un soir, il reçut un appel téléphonique de sa petite amie alors qu'il était en présence de Léo.Cette petite amie, c'est Léo qui la lui a fait connaître.Eh bien ! Jean-Luc n'a pas pu tenir conversation car Léo était présent.Mais il ne faudrait pas croire que Jean-Luc n'a pas de volonté 440 par lui-même ou qu'il n'a pas de personnalité.Au contraire, c'est un type qui a de grandes ressources et il le^ fait valoir; c'est cependant à l'école de Léo qu'il apprend à les exploiter.Léo est trop conscient de sa responsabilité pour étouffer la personnalité de celui sur qui il a les yeux pour se trouver un successeur.Si nous avions affaire à "une gang" de coin de rue, le chef pourrait être le même idéal pour ses subalternes mais n'aurait pas constamment, comme Léo peut l'avoir, le souci de faire trouver à ses gars leur plein épanouissement, de les lancer, quitte à s'effacer lui-même un jour.Il est arrivé, au moins quelques fois, d'entendre Jean-Luc affirmer son désaccord sur une décision de Léo.Ce dernier l'en félicitait : "J'aime ça un gars de même".Dans "une "gang" ordinaire où le chef n'aurait pas eu l'idéal de Léo pour laisser ses gars évoluer le plus possible par eux-mêmes, nous n'aurions peut-être pas vu cette attitude du chef envers Jean-Luc.Mais alors, il semble bien que, même dans ces circonstances où Jean-Luc s'affirmait ainsi devant Léo, contre lui, son identification à ce dernier n'était que plus grande.On aurait dit qu'il le faisait en étant sûr qu'il en serait probablement félicité, comme dans un geste symbolique pour se prouver réellement qu'il pouvait faire comme Léo qui, lui, sait s'affirmer.Quoiqu'il en soit, le phénomène d'identification de Jean-Luc à Léo est réel.Léo, conscient de ce qui se passe, laisse Jean-Luc prendre son vol.C'est ainsi qu'il lui aide dans la preparation de ses réunions bien qu'il le laisse dorénavant seul pour diriger l'équipe des soirées.Nous terminerons cet exposé sur les relations Léo-Jean-Luc en nous reportant au tout début de l'histoire de la section, alors que Jean-Luc était si déçu d'être obligé de vivre à Villeneuve.Il avait décidé de se replier sur lui-même, de ne connaître personne, de partir de Villeneuve et, en attendant ce départ, d'aller trouver son désennui à Montréal.Mais il rencontre Léo et, un mois après cette rencontre, il disait : "Aujourd'hui, il n'est plus question de partir de Villeneuve.Avant, j'avais l'intention d'aller passer mes vacances à l'Ile Perrot.Là, il n'en n'est plus question.Je regarde ce gars-là (Léo); il a de l'ouvrage par-dessus la tête et il se donne.Je veux lui aider.Il m'a eu, il m'a conquis à l'idéal de faire quelque chose pour les gars de Villeneuve".C'est ainsi que Jean-Luc a surmonté la déception qu'il ressentit en arrivant à Villeneuve.Léo était son idéal et il l'est encore aujourd'hui.441 2 —Léo et l'Institution al L'Institution La section de Villeneuve est une section jociste sur le plan local.Chaque paroisse peut avoir sa section.Mais la section qui nous occupe couvre toutes les paroisses de la ville.Plusieurs sections forment une fédération et plusieurs fédérations se regroupent à l'intérieur d'un diocèse.A la tête de chaque fédération, il y a un dirigeant fédéral et à la tête d'un diocèse, il y a un dirigeant diocésain qui est responsable des fédérations du diocèse quand celui-ci en compte plusieurs.Les fédérations et les diocèses se regroupent dans un organisme national que dirige le comité national logeant à Montréal à la Centrale de la J.O.C.Ce comité national, on le nomme couramment "Le National".Le diocèse de St-Jean ne comprend qu'une seule fédération.Léo en plus d'être dirigeant de la section de Villeneuve est aussi dirigeant diocésain.De plus, à St-Jean, comme dans plusieurs diocèses, il y a, pour regrouper tous les mouvements spécialisés, un comité consultatif des mouvements spécialisés que l'on nomme couramment le C.C.M.S.Quand nous parlons ici d'institution, c'est de cet ensemble que nous voulons parler.La J.O.C.a des cadres, des structures; elle est une Institution.b) Attitude de Léo envers ses gars au sujet de l'Institution Léo saura exploiter l'Institution pour enthousiasmer ses gars.A plusieurs reprises, il invite aux réunions de la section tel et tel dirigeant national.Il souligne leur présence, fait remarquer que la J.O.C.est un mouvement national et même international.A la réunion du 25 janvier, il est heureux de souhaiter la bienvenue à Bert lequel est dirigeant de Moncton.Il a laissé un "maudit bon salaire" pour s'occuper uniquement de la J.O.C.dans son diocèse.Actuellement, il reçoit son salaire de six jeunes travailleurs qui lui donnent chacun cinq dollars par semaine."Les gars, nous ne sommes pas seuls à travailler dans notre coin !" Lorsqu'il leur a présenté pour la première fois le B.M., Bulletin Mensuel — publié par le National, ce fut la même attitude : "La J.O.C, c'est quelque chose qui est organisée".De ce temps-ci, il lance ses gars vers des horizons internationaux.L'an prochain, il y aura grand pèlerinage international à Rome.Un d'entre eux doit être leur délégué.Mais le rôle de Léo envers l'Institution ne s'arrête pas là.Il a eu, en tant que dirigeant diocésain, des relations avec le C.C.M.S.442 et le National.La conduite qu'il prend envers ses gars à propos de l'Institution ne nous surprend pas, on s'y attendait.Mais l'attiitude qu'il va prendre envers le C.C.M.S.et le National est moins ordinaire.cJ Léo et le C.C.M.S.Léo est fidèle à l'Institution et d'une fidélité à toute épreuve.Mais, à cause de sa conception de l'action jociste, il s'est établi en réaction contre le C.C.M.S.et le National, ou plutôt, contre la manière de faire du C.C.M.S.et contre certaines directives du National.De cette différence de point de vue envers lui et les autorités concernées, il n'en n'a jamais été question devant ses gars.D'un côté, Léo se servait de l'Institution pour "pepper" ses gars, de l'autre, il était en réaction contre elle à cause d'une différence de point de vue.Il était sans doute un peu tiraillé.Il n'est pas question ici de juger le cas pour savoir lequel côté pouvait avoir raison.Ceci dépasse les limites de notre travail.Mais en étudiant les relations Léo-Institution, nous n'avons pas pu faire autrement que de remarquer une différence de point de vue.Nous avons vu dès le début que, pour Léo, la question la plus importante, ce sur quoi il voulait faire porter tous ses efforts, c'est la pénétration des milieux de vie.C'est d'ailleurs l'idée centrale de la deuxième partie de cette étude car, selon nous, c'est la raison de la présence de Léo à Villeneuve.Sans doute, sur le plan des principes, le C.C.M.S.et Léo s'entendent.Pour les deux, la pénétration des milieux de vie est ^es^en-tiel de l'Action Catholique spécialisés."Mais en pratique, dit Léo, par sa manière d'agir, le C.C.M.S.l'oublie." di Léo et le National Il en est de même pour le différend qu'il y eut entre Léo et le National à l'occasion du conseil national qui réunissait tous les présidents de fédérations.La fédération de St-Jean a été appelée à faire ses suggestions sur un plan d'action présenté par le National.Léo, au nom de sa fédération, a fait les siennes.Voici ce qu'on y lit à l'item "Objectifs de travail" : "Pour l'objectif général, nous ne sommes pas d'accord.Le grand objectif que nous voudrions mettre en avant, c'est le but fondamental de la J.O.C.: rechristianisation des milieux de vie des jeunes travailleurs.Il nous semble que l'objectif général tracé ne vise que l'organisation interne du mouvement.Mais, est-ce que les problèmes d'organisation interne ne se régleraient pas par la pénétration effective des milieux de vie ?Il ne s'agira donc pas de stabiliser ce qui 443 existe, mais bien d'aller de l'avant de pénétrer la masse des jeunes travailleurs.Il nous semble qu'il serait favorable au mouvement que nous profitions des grandes manifestations du pèlerinage et du 25e pour orienter ce tournant décisif dont on varie, dans le vrai sens s le sens fondamental de toute la J.O.C., celui de Cardijn." C'est ainsi que s'établit le différend entre Léo et l'Institution.Il est coincé entre sa conception de l'action et l'autorité.Tout en restant attaché à l'Institution et respecueux de l'autorité, Léo nous apparaît un peu comme un novateur, ou plutôt comme un rénovateur, puisqu'il déclare revenir "au sens fondamental de la J.O.C., celui de Cardijn", le fondateur.3 —■ Léo et l'Action Civique, Ligue des Propriétaires, Lutteurs, Racketeers, Politiciens On sait que Léo était entré dans la Ligue des Proprios et dans la Ligue d'Action Civique.Ces deux organisations ont joué, ces derniers temps, un rôle très important dans la direction de la Commission Scolaire de la ville en faisant élire comme commissaires des hommes qui s'opposeraient à l'influence de la politique dans la distribution de contrats d'écoles à construire.La politique ne voulut pas s'avouer vaincue.Elle engagea à son service des fiers-à-bras capables d'intimider les opposants durant les réunions de la Commission et même dans leur vie privée.Or, le chef de ces fiers-à-bras n'était nul autre que Kid, Kid le "bandit", qui fait partie de "la gang" de lutteurs et à qui Léo avait voulu rendre service en leur trouvant un local.Voici Léo bien vu et admis des deux camps adverses.Si bien, qu'à une réunion de la Commission Scolaire ou les lutteurs, Kid en tête, avaient ordre de contrôler les entrées, Léo se fit accepter par eux comme journaliste."Là, dirent-ils, les nouvelles vont être bien rapportées." D'un côté, les proprios commence à suspecter Léo; ils le traitent de "vendu".De l'autre, Léo qui, tout en désirant se faire réadmettre de nouveau par "la gang" de lutteurs, veut quand même rapporter les nouvelles dans son journal avec toute l'objectivité possible, ce qui veut dire qu'il va devoir, par les faits, blâmer les lutteurs.Son patron, M.Lecavalier — directeur du journal, qui se trouve aussi président de l'Action Catholique pour tout le diocèse, lui demande de prendre position.Léo le fait dans deux articles, deux semaines de suite, et va se retirer de cette affaire.444 CONCLUSION Nous sommes maintenant au 12 mai 1956.Il n'y a pas de doute que nous avons affaire à un groupe très dynamique.]Je mois en mois, de semaine en semaine même, l'action varie, passe d'une main à une autre et apporte du nouveau.Officiellement, à cause d'un manque de temps, nous avions clos notre observation avec le mois de mars.Mais au cours de la deuxième partie, le lecteur a pu se rendre compte que nous avons fait appel à certains faits qui se sont passés dans le mois d'avril comme, par exemple, la grande soirée du 7 et l'assemblée générale du 16.C'est que ces laits nous sont apparus intéressants.Dernièrement, c'est-à-dire hier le 11 mai, nous avions un entretien avec Léo et Jean-Luc.Bob a pratiquement abandonné la section.Il n'est plus question de lui.L'équipe des soirées qui devait, selon l'idée de Jean-Luc et de Léo, s occuper de préparer une grande parade d ouverture pour la Ligue de balle, vers le 20 mai, a également faussé compagnie à la section.Par ailleurs, Jean-Luc, ces derniers temps, s'est occupé activement de la ligue de balle.Il s'en est occupé peut-être plus que Léo lui-même, lui qui avait dit que la chose ne l'intéressait pas.Le 10 mai, il passa une partie de l'après-midi avec Raymond, le président de la ligue, et quelques capitaines pour essayer de les "repepper".La ligue fait face à des difficultés matérielles très grandes et l'exécutif semblait vouloir se décourager.La ligue n'a pas d'argent pour acheter l'équipement nécessaire aux clubs.Auparavant on se fiait sur Léo, mais ce dernier avait dans la tête de ne rien faire afin de forcer les gars à prendre leurs responsabilités et à se débrouiller eux-mêmes.Hier, le 11 mai, la ligue était sûrement dans une impasse.De plus, hier également, Jean-Luc avait préparé tout un programme en vue d'une journée d'étude le 13 où il y aura initiation de quatre nouveaux membres dans la J.O.C.Il est clair que Jean-Luc prend de plus en plus d'importance dans la vie de la section.Quelle sera la situation de Léo dans quelque temps ?Celle de Jean-Luc ?Bob reviendra-t-il ?Raymond et ses capitaines réussiront-ils à prendre réellement en main les destinées de la ligue de balle ?Et surtout, quelle est au juste la trame de toutes les relations établies à l'intérieur de notre groupe ?Quel est le jeu d'interaction sociale entre tous ces gars ?Une étude plus approfondie nous le livrera un jour; du moins, nous l'espérons.445 OUVRAGES CONSULTES Street Corner Society, VV.F.Whyte, Enlarged Edition.The University of Chicago Press.Relations parentales et relations de voisinage chez les ménages ouvriers de la Seine, Article d'Andrée Vieille dans Cahiers Internationaux de Sociologie, pp.140-153, Vool.XVII, 1954.Presses Universitaires de France.Social Psychology, Alfred R.Lindesmith and A.L.Strauss, Indiana University, The Dryden Press, N.Y.Small Groups.Studies in Social Interaction, Alfred A.Knopf, N.Y.Introduction à la Psychologie Collective, Dr.Ch.Blondel, Collection Armand Colin.446 ^oix des Evêques Améliorer le milieu 4e fie afin 4e libérer le* âmeJ Message de Son Excellence Mgr Georges Melançon, évêque de Chicoutimi, à l'occasion de la Semaine de la Famille, 6-15 octobre 1957 Lorsque chaque année, les Aumôniers, les Dirigeants de la L.O.C.préparent la grande Semaine de la Famille Ouvrière, la première pensée qui se présente à mon esprit est d'abord une pensée de gratitude envers le bon Dieu qui a fait don à notre diocèse de la si bienfaisante Ligue Ouvrière Catholique.Et là, je le remercie pour ses grâces abondantes accordées aux Aumôniers, aux Dirigeants, aux Dirigeantes de la L.O.C, dont le travail est vraiment digne d'admiration.Je lui exprime la consolation qu'apporte à son Eglise sur la terre, chacun des Membres d'une section d'Action Catholique, tout au service du Christ et de la Famille Ouvrière Catholique.Chers Amis, Aumôniers, Dirigeants et Membres de la L.O.C, vous vous apprêtez à une nouvelle session d'étude et de travail qui doit encore cette année, alerter le plus grand nombre possible de familles de notre diocèse.Je vous félicite et vous souhaite plein succès ! Daigne la divine Providence bénir elle-même vos efforts édifiants et permettre que toutes nos familles ouvrent, non seulement leurs portes, mais encore leur coeur à la porteuse de bien qu'est la L.O.C.! La Ligue Ouvrière Catholique a maintenant fait preuve dans le monde catholique, de la valeur de sa doctrine et de ses activités.Les papas, les mamans qui se sont ligués pour faire entrer et vivre le Christ dans les familles, savent clairement ce qu'ils veulent et ils le veulent avec toute la décision de ceux qui par vocation, sont responsables d'une famille; ils le veulent avec le ferme vouloir de ceux qui, plus que tous les autres, souffrent du désordre social, du désordre moral des temps actuels.La L.O.C.a pour but direct de mettre le bon Dieu dans les coeurs, dans les foyers ouvriers.Consciente de sa tâche et considé- 447 rant que les âmes, non seulement vivent dans les corps, mais encore évoluent bien au concret dans les foyers, dans le milieu social que nous connaissons, la Ligue Ouvrière Catholique ne limite pas son action au spirituel pur.Elle vise par tous les moyens possibles, à améliorer le milieu de la famille, — milieu de travail, de loisirs, milieu politique et économique — afin de libérer les âmes, autant que possible, des entraves à la paix familiale et sociale.La L.O.C.est méritante et nous en rendons grâces à la divine Providence ! Il faut donc, chers Amis, qu'un plus grand nombre encore rejoignent les apôtres du moment, pour que tous ensemble, par tous les moyens présentés par l'Action Catholique, on puisse amener toutes les âmes à vivre à plein jour leur vie chrétienne et ainsi, atteindre leur destinée surnaturelle ! Je souhaite vivement que la prochaine Semaine de la Famille Ouvrière donne occasion à tous les papas et les mamans, de se convaincre du besoin que notre monde a de l'Action Catholique.Puisse-t-elle alors les gagner à vouloir participer pleinement à un mouvement voulu pour eux, par le bon Dieu, et les amener à goûter au bonheur, à la consolation de passer en ce monde en faisant oeuvre divine et sociale ! Réitérant mes félicitations à tous ceux qui militent dans la L.O.C, pour la plus grande gloire du bon Dieu et le bonheur de nos chères familles ouvrières, je vous remercie particulièrement, Monsieur l'Aumônier diocésain, pour le magnifique travail accompli en notre diocèse et je vous bénis tous, paternellement.Cit)Urne- un Mifle nouveau Message de Son Excellence Mgr Perdrai Caza, évêque coadjuteur de Valleyfield, à l'occasion de la Semaine de la Famille 6-13 octobre 1957.La grâce de la Confirmation fait de vous, ouvriers chrétiens, les témoins du Christ.Vous devez toujours vous rappeler que cette grâce qui est en vous; vous donnerez la preuve de son existence à ceux qui vous entourent, beaucoup plus par ce que vous faites que par votre simple appartenance à l'Eglise et par ce que vous dites.448 Cette ligne de conduite est inspirée et commandée par la nature même du christianisme qui doit être une pénétration et un engagement de toutes vos pensées, de tous vos sentiments, de toutes vos activités.Comme l'amour du prochain — pour l'amour de Dieu — est le signe auquel le Christ vous reconnaîtra pour ses disciples, vous pouvez être assurés qu'il compte sur votre collaboration pour l'établissement de son royaume, non seulement dans votre vie privée, dans votre vie familiale, mais aussi dans toutes ces institutions, dans toutes ces associations de l'ordre temporel, terrestre, utiles, parfois nécessaires à vos frères — qui ne sont pas de purs esprits — pour toute la durée et la fin heureuse de leur pèlerinage vers la Cité de Dieu.Ces institutions, ces associations, vous les connaissez.Votre Télé-Foyer d'octobre ne nous parle-t-il pas d'unions ouvrières, de caisses populaires, de coopératives, d'écoles, de centre de loisirs, de groupements de Néo-Canadiens, etc.Autant d'occasions pour pratiquer la formule d'inspiration évan-gélique : "Chacun pour tous" et qui n'exclut pas l'autre également nécessaire: "Tous pour chacun".Ces brèves considérations suffisent pour faire saisir toute l'importance du thème de la Semaine de la Famille Ouvrière 1957 : "CIVISME" un "STYLE" nouveau.Que l'Esprit-Saint vous éclaire et rende vos nombreux frères du monde ouvrier dociles à vos enseignements sur le Civisme .COLLABORATION CONSTANTE ET TOTALE ENTRE LA FAMILLE ET L'ECOLE Message de S.E.Mgr Georges-Zéon Pelletier, évêque de Trois-Rivières, à l'ouverture de la Semaine de la Famille 1957.Son Excellence aborde le Thème du civisme sous l'aspect de la collaboration famille-école."En tout premier lieu, j'ai la grande joie de vous féliciter chaleureusement pour le choix de votre sujet.Famille et école sont deux entités dont l'action se fond l'une dans l'autre, tellement la collaboration qui existe entre elles doit être profonde, constante et totale.449 "C'est à la maison que se commence l'éducation des tout-petits.Le père et la mère forment ces âmes tendres dans l'amour de Dieu et du prochain.Par leurs exemples, leurs conseils, l'atmopshère du loyer, les enfants s'initient peu à peu à la vie religieuse, ils s'entraînent aux vertus, à la discipline et se préparent graduellement aux responsabilités qui les attendent.Ils supportent déjà les fardeaux de leur âge.Ils se réjouissent au bonheur des parents, partagent également leurs chagrins, s'habituent aux sacrifices en se privant déjà de certaines choses qu'ils aiment, en étant bons pour leurs frères et soeurs ainsi que pour leurs petits camarades de jeux.Leurs prières sont un élan de ferveur toute pure, une sorte de montée parfumée de leur âme qui s'envole vers le Petit Jésus pour lui demander de grandir à son exemple en grâce, en sagesse et en vertu et solliciter pour leurs parents, les autres membres de leur famille et les catholiques du monde, voire les petits enfants païens, pour que la lumière de l'Evangile descende en eux.Les mille et une choses de la vie quotidienne sont pour eux autant de sujets d'observation, autant d'occasion de formation, autant de motifs d'apprentissage à la vie." "Lorsque l'enfant a atteint la maturité de l'âge de raison, il doit orner davantage son cerveau, former plus profondément son coeur et se familiariser avec les disciplines intellectuelles.A ce moment il prend le chemin de l'école, parce que la famille est incapable de lui fournir ce nécessaire supplément.Les maîtres et les maîtresses le prennent alors sous leur égide pour lui montrer ce qu'il doit connaître pour être un authentique citoyen de la terre et des cieux."Mais pour que cet apprentissage soit efficace, pour que l'enfant vraiment aime l'étude, il est nécessaire, d'une part, que des maîtres avertis lui transmettent les connaissances avec doigté, confiance et affection.D'autre part, il est non moins important que l'enfant qui se lend à l'école, assumant de ce fait une responsabilité nouvelle, trouve au sein de la famille un encouragement jamais démenti, une ambiance d'étude et un support total envers l'autorité extra-familiale qui le dirige.Les parents doivent donc s'assurer que l'enfant puisse faire ses devoirs, apprendre ses leçons, non seulement en lui ménageant un temps, un petit espace où il puisse avoir de la tranquillité; mais en s'intéressant à ce qu'il fait, en se réjouissant de ses succès, en trouvant la cause de ses échecs; en un mot en suivant sa vie scolaire avec vigilance et amour.Tout cela doit être parsemé de conseils sur la formation intellectuelle et morale, de convictions sur l'importance irremplaçable d'être bon et instruit."Cette mission ne va pas sans sacrifice.Certains parents doivent se convaincre d'abord de la nécessité de l'instruction et de la formation.D'autres auront à se priver de programmes télévisés pour assurer à l'enfant le calme et la concentration qu'exige l'étude.Parfois, 450 il faudra omettre des sorties intéressantes afin que rien ne soit négligé dans ce domaine.Car l'éducation qui se continue à l'école, demande pour les parents autant de responsabilité que la première qu'ils s'emploient eux-mêmes à parfaire à la maison."S'agit-il maintenant de collaboration avec les maîtres, là encore, les parents seraient coupables de se soustraire à la tâche qui est leur.Si dans un esprit de fraternelle collaboration les parents ont soin de se tenir au courant de la marche scolaire de l'enfant et d'aider le maître ou la maîtresse aux heures difficiles le résultat n'en sera que décuplé.De son côté, l'enfant se rendra compte que l'autorité des parents et celle de l'école ne font qu'une; il ne songera pas à se réfugier derrière la première pour se soustraire aux exigences de l'autre.Même cet exemple aura l'heur d'éveiller en lui la nécessité qu'il aura lui-même, devenu grand, de garder intact cette solidarité; et comprenant qu'il aura plus reçu parce qu'il en était ainsi, il sera certain plus tard que, si la famille et l'école sont unies, l'enfant sera plus instruit et meilleur."Mes prières et mes voeux vont pour que cette semaine soit fructueuse.Puissent les familles comprendre leur rôle et offrir à l'école cette collaboration franche et soutenue qui facilite la tâche auosi bien des parents que celle des maîtres, qui montre à l'enfant que la formation est de souveraine importance.Les bons maîtres et les vrais parents n'ont de cesse que lorsqu'ils ont réalisé dans les tout-petits la perfection qui convient aux vaillants de ce monde et aux saints qui s'engagent dans le Royaume des Cieux.451 Vie des mouvements — L.O.C.J.E.D'AUMONIERS DIOCESAINS DE LA L.O.C.Du 21 au 24 octobre, la L.O.C.réunissait, comme à chaque année, ses aumôniers diocésains et fédéraux.Au nombre de 17, venant de 12 diocèses différents, ils se retrouvaient autour de problèmes communs concernant la famille ouvrière et le mouvement.Dès la première veillée, un panel plaçait les aumôniers bien au fait quant à l'orientation du mouvement dans sa branche masculine.Le lendemain, on aborda la formation de l'ouvrier comme travailleur en même temps qu'on essayait de discerner le mode de pénétration de l'Action catholique dans le monde du travail et dans l'action sociale.A ce moment des journées d'études se place l'agréable visite de Son Excellence Mgr Arthur Douville, Président de la Commission Episcopale d'Action catholique, qui daigna participer activement en nous laissant de précieux conseils que nous voulons publier bientôt.Le soir, un panel, féminin cette fois, faisait réaliser aux aumôniers l'apport irremplaçable de la femme pour créer une mentalité familiale dans le mouvement.Suivirent, le lendemain des échanges de vues avec quelques-uns de nos aumôniers diocésains sur la formation des séminaristes par rapport à l'Action catholique.Des exposés furent faits sur la collaboration des aumôniers avec les confrères prêtres, à quelque ministère qu'ils appartiennent.Egalement une recherche doctrinale, appuyée sur une longue expérience, nous valut un magnifique exposé sur le sens et la nécessité d'une direction spirituelle, principalement chez nos dirigeants.Pour être complet, il aurait fallu ajouter quelques réalisations en train de se poursuivre et qui laissent augurer des succès apostoliques enrichissants.Ces journées se terminèrent le jeudi après-midi.Tous semblaient avoir profité grandement de ces rencontres qui permettent un contact intime où il demeure possible d'établir l'état de santé de notre L.O.C.C'est également l'occasion de discuter de l'orientation du mouvement et d'émettre des voeux qui seront transmis aux dirigeants.Quelques-unes de ces suggestions reviendront en Conseil National.Là les dirigeants les étudieront pour en déterminer la valeur et décider de la possibilité de leur application.452 CONSEIL NATIONAL DE NOVEMBRE Deux fois par année, soit en novembre et en mars, des dirigeants de toutes les parties de la Province se réunissent pour prendre connaissance de la marche du mouvement.Ces rencontres sont importantes puisqu'il s'agit à ce moment de discuter de la situation du mouvement et de prendre les mesures propres à assurer un apostolat toujours plus fécond.Une fois les décisions prises, à la majorité des voix, le Comité National aura pour fonction, par la suite, de les appliquer selon les recommandations.JOURNEES D'ETUDES A l'automne, nos journées d'études ont pour but de nous faire prendre connaissance du programme de l'année.C'est en même temps l'occasion, pour une fédération, de faire la revision de ses activités.Dans toutes les fédérations, les journées d'études se sont tenues tel que prévu.Dans le diocèse de Saint-Jérôme, en particulier, une innovation semble s'être avérée des plus heureuses.La Journée d'Etude avait lieu à Sainte-Adèle.Cette rencontre fui conjointe.On se séparait pour les commissions mais les plénières réunissaient hommes et femmes.L'expérience semble devoir être encouragée.Vie des Mouvements — J.O.C.La JOC et la JOCF à l'occasion de la Semaine nationale des Jeunes Travailleurs, ont célébré avec éclats le 25e anniversaire de ce mouvement au Canada.Nous reviendrons sur cet événement dans le prochain numéro.Toutefois à cette occasion Son Eminence le Cardinal Paul-Emile Léger a envoyé un message à la JOC canadienne.Nous en reproduisons quelques extraits.".Vous m'avez demandé, chers jocistes, de vous adresser un mot à l'occasion des fêtes qui marqueront votre jubilé d'argent.J'ai voulu, dès le début de cette leltre, vous rappeler le souvenir des fondateurs de votre mouvement.C'est pour prolonger l'action énergique et apostolique du grand Pape Pie XI que S.E.Mgr Gauthier jetait les bases de la JOC.C'est pour rendre présent, dans ce diocèse, le rayonnement apostolique de S.S.Pie XII que S.E.Mgr Gauthier jetait les bases de la jOC.C'est pour rendre présent, dans ce diocèse, le rayonnement apostoliue de S.S.Pie XII que vous avez tous répondu à l'appel de vos Evêques.Mais les uns et les autres devaient découvrir, comme tous ceux qui se sont occupés des oeuvres de jeunesse, que l'organisation de la JOC serait lente et difficile.Il faut de longues années pour former 453 un apôtre Et lorsqu'il est prêt à commencer son apostolat, il est déjà pratiquement détaché de son milieu, tout d'abord parce qu'il a vieilli et que le mouvement s'adresse à des jeunes.Et puis, il y a tant de circonstances dans la vie qui changent l'orientation d'un jeune, que si j'avais la prétention de les analyser dans cette lettre, celle-ci prendrait l'aspect d'un manuel de sociologie.Telle n'est pas mon intention en vous adressant ce message.Je veux tout d'abord rendre des actions de grâces à Dieu qui a suscité dans notre milieu des apâtres au coeur de feu, qui ont accueilli les directives de la Hiérarchie avec respect et soumission et qui n'ont pas hésité à consacrer leur vie à la recherche du Royaume de Dieu.Combien de jeunes ont été influencés depuis vingt-cinq ans par le mouvement jociste ?La statistique ne peut donner une réponse adéquate à cette question car seul Dieu peut scruter les coeurs et y découvrir les merveilles de la grâce.Mais serions-nous loin de la réalité en affirmant que dans notre milieu social, près de 100,000 jeunes ont senti la chaleur de ce foyer ardent qui s'allumait au Canada il y a un quart de siècle ?Les premiers militants ont tâtonné avant de comprendre le vrai sens de la formule apostolique: "Voir-Juger-Agir" .Ce regard sur le passé nous aidera à mieux préciser les tâches actuelles.Après les rencontres inoubliables et fructueuses de la JOC Internationale, à Rome en août dernier, il serait bien malheureux de constater un fléchissement dans l'élan apostolique de la Jeunesse Ouvrière Catholique.Ce n'est pas uniquement le monde ouvrier qui est travaillé par des idéologies inspirées du matérialisme et parfois même de l'athéisme.Toute la société moderne est soumise à ce phénomène de déchristianisation.Les institutions sont vidées de leur contenu spirituel, comme des arbres que le vent du désert a desséchés et finalement brûlés.La vie familiale s'est désagrégée sans cette atmosphère viciée.D'où la nécessité de donner au Service de Préparation au Mariage une action plus étendue et toujours plus profonde.Le climat de la cité est chargé de miasmes qui s'attaquent à la vie chrétienne de l'individu, et les jeunes sont plus menacés que les autres.Vous devez donc vous occuper non seulement de ceux qui sont entrés à l'usine, mais vous devez atteindre les candidats au travail en donnant à la Pré-JOC une attention très spéciale .Sachez que votre Evêque a confiance en vous et c'est de tout coeur que je vous bénis afin que votre action apostolique transforme tout ce diocèse pour la plus grande gloire de Dieu et l'exaltation de notre Mère la Sainte Eglise.Montréal, t Paul-Emile Cardinal Léger, 21 octobre 1957 Archevêque de Montréal, 454 Table des Matières pour année 1957 »G« 1ère partie : PASTORALE Apostolat : Le laïcat dans l'Eglise (Claude Ryan) .6 Notes sur la JOC dans son rôle de rechristianisation et de culture (J.P.Hétu) .91 Apostolat des personnes d'âge mûr ?supérieur (J.R.Laurin o.m.i.) .101 Comment un chef bâtit son équipe (David Bosset) .142 La pénétration des milieux de vie des Js.Trs.(C.Collin, ptre) .147 Etude sur une section de JOC (J.Beauvais, ptre) .184-224-324 Formation des jeunes ouvriers à l'apostolat par la méthode de la JOC (Mgr Cardijn) .194 La formation des dirigeantes fédérales (H.Bourassa, ptre) .208 L'aumônier du S.O.F.(J.Champagne, o.m.i.) .211 Le S.P.M.du Centre Catholique de l'Université d'Ottawa (A.Guay, o.m.i.) .244 Rôle de l'aumônier dans la finance (P.Guay, ptre) .253 Spiritualité de vie d'équipe (C.Rousseau, o.m.i.) .266 Recollection et sermon : Pour que ça paie plus! (A.Breault, ptre) .15 Le prêtre dans la vie du militant (J.Champagne, o.m.i.) .107 Action de grâces d'un chef d'équipe (L.Girard, ptre) .307 Jeunesse prends ton avenir en main (R.Poirier, o.m.i.) .363 Réinstaller le Christ à l'usine (B.Lemoyne, ptre) .371 Vie paroissiale : Regards sur une paroisse ouvrière (G.Morissette, o.m.i.) .53 Aspects nouveaux d'une pastorale en marche (G.Morissette, o.m.i.) .237 Programme religieux 1957 En JOC En face d'un monde pessimiste (La rédaction) .322 Etude régulière .356 En LOC Des équipes d'action .270 Etude en commission .292 Le Christ modèle du militant (Mme L.Harnois) .288 Etude régulière .295 Programme social 1957 En JOC Etude régulière .342 En LOC Le sens communautaire de l'argent .275 Maître ou serviteur (Roger Aube) .282 Divers : Le Cardinal Lercaro et la présence de Marie dans notre vie quotidienne .2 Point de vue d'un commissaire d'école (L.P.Fortin) .163 455 2ième partie : DOCUMENTS Voix du Pape .Radiomessage au pèlerinage de Lorette .30 Message du Pape au Rassemblement mondial de la JOC, 25 août 1957 .333 Voix des évêques : Déclaration de l'Episcopat canadien au sujet de l'A.C.22 La pratique chrétienne du civisme (Déclaration de l'Episcopat canadien) .25 Lettre de S.E.Mgr J.A.Papi- neau aux jocistes de son diocèse .157 Lettre de S.E.Mgr G.Mélan- Çon .313 Autres documents : Lettre de Mgr Cardijn à M.l'abbé G.D'Auteuil .19 Lettre de Mgr Cardijn à la section jociste de Québec-Ouest .20 Une réponse positive et constructive (Discours de Mgr Cardijn) .86 3ième partie : VIE DES MOUVEMENTS A la JOC : Visite au Canada du fondateur de la JOC .73 La JOC acadienne, elle est jeune mais elle est belle .127 Les services jocistes .115 Guide du S.P.M.175 Visite de M.J.Foliet .176 Conseil national de mars .177 Le Système "D" .178 Service de Préparation à l'avenir .179 Journées d'étude des aumôniers nationaux et diocésains de la JOC .179 Préparation du Pèlerinage de Rome .217-220-258 Session intensive de Lévis .255 Les Centres d'entraînement .257 Journée d'étude d'août 1957.315 A la LOC : Journées d'étude des aumôniers diocésains .78 Conseil national de novembre .79 Visite du Provincial des Oblats.81 Journées d'étude des Propagandistes .81 Noyaux de formation .136 Service d'Orientation des Foyers 136 Le Conseil national de mars .167 L'étude religieuse dans la LOC 214 Session intensive .261 L'Equipe d'Action .261 LOC en plein essor au diocèse d'Ottawa .303 Poured'année centenaire .373 Dans les pays d'en haut .373 Fête de Québec au Lac Beau-port .374 A la LOC de Montréal .374 456
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