La bonne parole /, 1 janvier 1919, mars 1919
2-1 - LA BONNE PAROLE ABONNEMENT (payable en Janvur) Canada et Etats-Unis, 50 cts ORGANE DE LA FEDERATION NATIONALE SAINT-JEAN-BAPTISTE.Etranser» SO cts Vol.VII.Mars 1919 .No 1 ABONNEMENT ET REDACTION : Chambre 3, Monument National Boul.Saint-Laureiit, Montréal.Tel.M-.i.7122.Heure» de Bureau de 9 b.a.m., à 1 L p.m.SOCIÉTÉS FÉDÉRÉES ^•a dames patronneases dcb oeuvres suivantes: fnat.des Sourdes-Muettes Creche de la .Miséricorde Nazareth Hôpital Notre-Dame Hôpital Stc-Justine Hôpital Saint-Joseph La Providence et '•es Incurables Fédération paroissiale de: l'Enfant-J ésus T.S.Nom de Jésus, [Maisonncuve Saint-Henri Saint-Vincent de Paul La Nativité d'iiochclaga ~aint-Arscnc Imui.ciilcc Conception Saint Pierre Saint-Anselme Stc-Philomènc de Rose-Sacré-Ca!ur [mont Sainte-Hélène Saint-F.usèbc SaimcClotild N.-l).du Perpétuel Secours, Ville Emard Snint-Stanislus de (Koslkn Le Foyer Les Ecoles ménagères Cercle d'études N.-Dame Association des: Institutrices catholiques cmp.de manufacture cmp.de magasins cmp.de bureau femmes d'affaires L'Assistance maternelle SOMMAIRE Entre nous .Georgette Lemoyne Chronique des œuvres.Le contrôle (les œuvres de bienfaisance par Hita.Albert Chevalier Pour le foyer: Réflexions mauves .Maria Lagace-Girard Le coin du travail : Préparons l'avenir .M.Paloteau L'eau .Marcelle André Le jardin .Edouard Pailleron Les modes actuelles .Jean de Lannoy Rien à faire.Les cercles d'étude : Notre prochaine journée d'étude.M.-J.G.-L.Les livres qu'il faut lire.ENTRE NOUS En ces temps-ci où tout le monde parle d'enseignement et veut y apporter des réformes, où des polémiques cinglantes s'engagent à ce sujet il peut être opportun de nous mettre en garde contre certaines opinions qui semblent poindre, et qui sont affaires de sentiment plutôt que de raison.Comme il arrive, en effet, dans toutes les discussions passionnées, c'est par un mouvement instinctif de sympathie plutôt que par des motifs sérieux de croire, que nous nous déterminons souvent à prendre fait et cause pour tel ou tel parti.Il en résulte que ne connaissant pas suffisamment la question nous la défendons à tort et à travers, et avec un zèle qui peut tout compromettre.C'est un peu ce qui arrive en ce moment dans cette lutte qui se livre au sujet de l'obligation scolaire.11 s'est établi dans certains milieux, non plus seulement contre l'instruction obligatoire mais contre l'instruction en général, un courant d'idées qui est bien de nature à nuire au développement de notre vie nationale.Il semble que quelques-uns n'aient retenu de tous les discours entendus, que les considérations faibles et maladroites qui s'y trouvaient.Quoi qu'il en soit, l'on en est venu à penser sérieusement dans ces milieux, que l'instruction poussée au-delà du stricte nécessaire, devient un luxe, quand elle n'est une source de maux.De telles croyances encouragent singulièrement cette apathie intellectuelle dont parlait M.l'abbé Dupuis dans une conférence remarquable.Une telle mentalité est malheureuse et elle se dessine fort mal à propos, au moment même où un mouvement très appréciable se produit en faveur des études postscolaires et de renseignement supérieur." Nous reprenions courage en voyant se fonder un peu partout les cercles d'études, les bibliothèques, les cours du soir.—Ou'advicndra-t-il donc de tous ces efforts d'i-jiitiative privée ou collective, de toutes ces belles ambi- tions, si l'on répand dans certains milieux des idées-étei-gnoirs du genre de celles-ci, que "l'instruction ne fait pas le bonheur," que "nos grands-pères moins instruits étaient plus honnêtes que nous," "qu'il faut bien des ignorants pour remplir les emplois vils," etc.etc?— Nous souffrons dans notre fierté nationale de cet état de chose.Nous sentons fortement combien il faut réagir, à cette époque surtout où l'on ne parle que de reconstruction, et où nous nous préoccupons avant tout, nous Canadiens-Français, d'assurer notre survivance.L'instructions n'est-elle pas un des facteurs principaux de cette survivance?11 faut que nous en soyons convaincus,„avec ceux qui ont travaillé le plus intelligemment et le plus ardemment à élever notre race et à lui assurer l'immortalité.Les articles de Mgr Gauthier, de Fadette, de M.Perrault, de M.Danier, que publiait l'an dernier l'Action Française, et où passe un tel sou file de patriotisme, témoignent hautement de cette foi en la survivance du Canada-Français par son développement intellectuel.Je ne saurais terminer de façon plus persuasive, ni mieux résumer ma pensée, qu'en détachant quelques fragments de ces belles pages.De Mgr Gauthier: "Notre Enseignement," mai 1918.Si nous voulons garder en ce pays nos positions dans tous les domaines, l'économique comme les autres, il faut que nous ayons des agronomes, des commerçants, des ingénieurs, des chimistes industriels, instruits et cultivés.La jeunesse oublie volontiers de réfléchir et de penser à l'avenir; faisons-le pour elle.Demandons-lui avec insistance de mettre à profit, avec une exactitude scrupuleuse, les moments, après tout si heureux, de sa formation.Instruisons-la, cela va de soi ; donnons-lui surtout une bonne méthode de travail, lui rappelant sans cesse que rien de solide ne se crée sans effort ; que le génie lui-même est "une longue patience;" qu'elle nq 2 Montreal — LA BONNE fait pas que travailler pour elle-même en assurant son avenir, mais qu'elle travaille du même coup pour son pays; que la meilleure forme de patriotisme consiste à devenir une supériorité.".De M.Danier;: "Notre jeunesse" septembre 1918."Jamais, semble-t-il, nous n'avons senti davantage le besoin de nous outiller intellectuellement.De toutes les sphères d'activité s'élèvent des clameurs qui incitent au travail fécond.On réclame partout des hommes instruits, des compétents.La race les demande au nom de ses intérêts les plus chers.Elle a besoin de leur autorité pour l'accroissement du prestige national, pour la défense de ses droits méconnus, pour l'épanouissement rapide de sa foi et la conservation de son génie particulier, pour la conduite clairvoyante et sûre du peuple dans la voie de ses destinées." De Fadette enfin, nous extrayons de son article: "La Canadienne" juin 1918.ces pensées très justes, sur ce que doit être la formation intellectuelle de la femme.''La jeune fille doit être instruite, parce que pour un être responsable et libre, voir clair est la première condition pour se conduire, et ceux qui prétendent que l'habitude de bien faire y suffit n'y entendent rien.La plus honnête routine ne tient pas longtemps devant la tentation insidieuse et le sophisme habile.Par crainte des exagérations du féminisme, des hommes intelligents pourtant et sages, redoutent une trop large instruction pour les femmes.Ils sont dans l'erreur et ils ne connaissent pas bien les femmes.Même au point de vue moral, la culture intellectuelle est .un bienfait, car elle combat la légèreté et favorise la réflexion: elle ouvre l'esprit et le pondère.Le travail intellectuel, en stimulant la pensée, réprime l'imagination, cette ennemie charmante des femmes qui les perd en les grisant.Plus d'habitude du raisonnement donne aux femmes plus de maîtrise d'elles-mêmes, en leur montrant clairement les causes et les conséquences, et en leur faisant apprécier la valeur exacte des choses et leur relativité entre elles." Georgette Lcmoync.— .», »- Lorsque les nations sont devenues criminelles à ce point qui amène nécessairement les châtiments généraux; lorsque Dieu a résolu de les ramener à l'ordre par la punition; de les humilier; de les exterminer, de renverser les trônes ou de transporter les sceptres, pour exercer ces terribles vengeances, 11 emploie de grands coupables, des tyrans, des usurpateurs, des conquérants féroces qui se jouent de toutes les lois: rien ne leur résiste parce qu'ils sont les exécuteurs d'un jugement divin; mais pendant que l'ignorance humaine s'extasie sur leurs succès, on les voit disparaître subitement, comme l'exécuteur quand il a fini.J.de Maistrc.Tâchons de rendre les mariages saints autant qu'il est au pouvoir humain, car les plus saints sont les plus utiles à l'Etat.Platon.PAROLE — Mars 1919 Vol.VII, No 1 Chronique des OEuvres ê Réunion mensuelle : — La Fédération a eu sa deuxième réunion mensuelle le mercredi, 26 février, sous la présidence de M.le curé Perrier.Continuant la série de ses intéressantes conférences sur la charité, M.Albert Chevalier nous parla du contrôle des œuvres de bienfaisance par l'Etat, des philanthropes et des pseudo-philanthropes.Nous trouverons le texte de cette conférence dans ces pages.Nous y trouverons aussi un rapport d'un grand intérêt, que présenta Madame Terroux, présidente de la section française du Fonds Patriotique, sur l'organisation de cette société, ses méthodes d'enquêtes et de distribution des secours.Madame Terroux nous fait part des précieuses expériences qu'elle a acquises au cours de ses visites, qui prouvent suffisamment combien de services le bureau confidentiel de la Fédération sera en état de rendre aux institutions de charité.Mademoiselle Marguerite Plourde, chargée de l'organisation de ce bureau, en donne un rapport très satisfaisant.Plusieurs jeunes filles travaillent tous les lundis au secrétariat pour la copie des fiches.La Société St-Jean-Baptiste ayant été sollicitée par le révérend père Sigouin, aumônier militaire, de faire la visite des hôpitaux militaires, s'est à son tour adressée à la Fédération, qui a promis son concours.Mesdames Terroux.Maurault, Dumont, Laviolette, Hébert, Labine, Taschereau, Mathys, l'apineau, Couture, mademoiselle loyal qui se sont immédiatement mises à l'œuvre, font ces visites avec beaucoup de dévouement veillant surtout à faire circuler le nombre considérable de livres que la Société St-Jean-Baptiste met à leur disposition.Des séances de musique sont aussi organisées pour réjouir les pauvres soldats revenus malades du front.Madame Gérin-Lajoie fit ensuite un appel chaleureux en faveur du comité de la langue française.Elle pria instamment les dames présentes, au "nom de l'amour que nous devons toutes avoir pour notre langue et notre religion, de faire les petites enquêtes dont les formules furent envoyées par la "Ligue des Droits du Français." Séance tenante un grand nombre de feuilles furent distribuées.Pour clore la séance, M.le curé Perrier, qui préside ces réunions fut invité à prendre la parole.Plaçant le cours de M.Chevalier sur la bienfaisance, dans un cadre plus vaste, celui de l'économie politique, M.Perrier exprime le regret que les sciences économiques ne soient pas plus étudiées et mieux connues chez nous.D'une façon très claire, très précise, il marque la place que la charité occupe dans l'économie politique et sociale.Si la richesse, dit-il, est produite par le travail et le capital, combien dans leur circulation, ces mêmes richesses se trouvent-elles inégalement réparties?Il y aura donc toujours des riches et des pauvres, en dépit de tous les efforts publics et individuels.La question n'est donc pas de faire disparaître la misère, mais de la diminuer.C'est à ce but que concourent les trois grandes influences que nous connaissons: l'initiative privée, l'Eglise, l'Etat. Vol.VII, No 1 Montréal — LA BONNE PAROLE — Mars 1919 l}our résoudre la question qui se pose si souvent de "os jours: qui doit faire la charité?deux opinions bien différentes ont été exprimées.L'une veut que l'aumône individuelle soit déprimante et que l'Etat par la taxe légale en fasse disparaître la nécessité.L'erreur est grave car l'Etat ne pourrait jamais répondre â tout.Ce régime en plus tuerait les plus précieux dévouements, tarirait les plus belles sources de charité.Rappelons-nous d'ailleurs, combien tout monopole est dangereux.D'autres au contraire veulent que l'Etat n'ait rien a taire dans les questions de charité,'et que tout soit laissé à l'initiative privée.C'est trop dire.— Car les individus ne sauraient atteindre toutes les misères et les soulager toutes; puis encore, combien d'abus peuvent se glisser sous le couvert de la charité?L'Etat doit intervenir, ne serait-ce qu'en remplissant parfois un rôle d'agent de police, comme il a été appelé à le faire si souvent dans les œuvres de guerre d'initiative privée, ce qui n'a pas toujours été sans â propos! Parlant du rôle de l'Etat il me vient naturellement ajoute M.Perrier, de vous mettre en garde contre 'Té-tatisme" qui tend â détruire toute initiative privée, civile et religieuse.Peut-être est-il pire ici qu'ailleurs, et nous en traversons aujourd'hui l'une des crises les plus dangereuses.Le danger est eminent et il faut absolument voir clair dans toutes les menées de la politique fédérale qui tend â tout unifier sous l'étiquette bien connue de: one llag, une t< mgue ! Aussi je ne saurais trop mettre la Fédération en garde, comme elle semble l'avoir compris d'ailleurs; contre toutes les propositions de centralisation qu'on lui fait.Monsieur l'abbé Perrier termine son allocution en félicitant les dames de vouloir mettre l'étude à la l)ase de leur action, et il leur rappelle que la grande force morale réside surtout dans le christianisme qui a >a formé la plus parfaite dans le catholicisme, d'où vient le besoin que nous avons de toujours revenir aux doctrines et à l'enseignement de l'Eglise.Le Fonds patriotique: Section canadienne-française Madame la Présidente a eu l'amabilité de me prier «le vous parler du Fonds Patriotique auquel je m'intéresse depuis bientôt cinq ans.Parmi toutes les «cuvres nées de la guerre, peu ont joué un rôle aussi considérable — c'est une œuvre éminemment patriotique et sociale (pu* a rendu des services appréciables aux familles de nos braves ^soldats.Quelques statistiques vous en feront connaître toute l'iin-I» rtanec.Le nombre de famille inscrites au fonds de cours a dépassé 6 000.Ce qui a nécessité un travail énorme pour établir le bien fondé des réclamations à recevoir de l'aide.— Depuis septembre 1914 au delà de 13 500 enquêtes ont dû être faites et le nombre des familles canadiennes françaises qui ont été secourues s'élève à plus de 3 500.1-e total des fonds réservés dans le district de Montréal depuis le début de la guerre dépasse à l'heure qu'il est $3.300.000, chiffres qui ont leur propre éloquence.Il s'ensuit que bien des misères ont été soulagées et grâce aux secours obtenus il est à peu près certain que peu de familles dont les soutiens se sont enrôlés ont eu à souffrir.Voici comment Ton procède: la requérante est reçue dans notre salle de réception.On inscrit : Son nom et son adresse.Sa croyance.Sa qualité de mère ou d'épouse.Le nom du soldat.Le nom de son régiment.Le lieu et la date de l'enrôlement.Son emploi.— Son salaire.Le montant de sa contribution â l'entretien.Le nom et l'âge de chaque enfant de la famille.Le nom de deux personnes comme références.Puis le billet est signé par la requérante et le témoin.Sur 156 qui ne peuvent signer leur nom nous avons le regret de constater (pie 98 sont des nôtres.Un ou deux jours après la visite au Fonds Patriotique, l'enquête se fait à la maison.On s'informe s'il y a des dettes?une assurance quelconque, un livret de banque etc, on étudie le mieux possible les conditions hygiéniques de la maison, l'état de santé de la famille, la fréquentation scolaire etc, s'il y a des personnes malades on requiert un certificat de médecin.Pour les femmes de soldat le certificat de mariage est exigé avec le certificat de baptême de chaque enfant.Pour une veuve le certificat de décès du mari.Tous ces renseignements sont de la plus haute importance.Nous avons eu plusieurs cas de femmes sans certificats de mariage.Plus tard survenait une femme de même nom produisant un certificat, et ayant été abandonnée par son mari depuis plusieurs années.Dans ces cas la femme légitime reçoit l'allocation mensuelle du Gouvernement soit $30—et le soldat assigne d'habitude sa solde â l'autre femme.Les enfants des deux côtés sont aidés par le Fonds.Nous avons rencontré beaucoup de braves femmes pleines de reconnaissance, mais nous avons eu aussi beaucoup de problèmes excessivement difficiles à résoudre, et il est prcsqu'impossible dans bien des cas d'établir la vérité, l'honnêteté faisant souvent défaut.Le manque d'instruction s'est fait sentir; nous avons trouvé beaucoup de garçons de dix à douze ans qui ne veulent pas aller à l'école, les parents n'ont aucune autorité sur eux, plusieurs fument la cigarette et sont incontrôlables.J'aimerais pouvoir m'étendre plus longuement sur le rôle social du Fonds Patriotique qui offre un si vaste champ d'étude pour toutes nos œuvres, je crois néanmoins pouvoir affirmer que nous avons accompli beaucoup de bien et il est à espérer que les leçons et les encouragements qtie nous avons donnés porteront leurs fruits.Je dois dire que l'organisation du Fonds Patriotique sous la direction de mademoiselle Reid est une chose remarquable, mais, malgré de précieux concours, j'ai le regret d'ajouter que nous n'avons pas pu trouver Montréal — LA BONNE PAROLE — Mars 1919 un nombre suffisant des nôtres pour prendre la direction de tous les quartiers de la ville et de la banlieu.Parmi celles qui nous ont rendu des services appréciables, je tiens à mentionner tout particulièrement Sœur Marie de Liesse de la Providence qui a été pour moi une aide précieuse dans bien des cas pénibles et difficiles, je dois aussi un témoignage de reconnaissance aux Religieuses des différents hôpitaux: Ste Justine, l'Hôtel-Dieu et l'hôpital des Incurables etc., qui ont toujours montré beaucoup d'empressement et de bonne volonté à recevoir nos malades confiés à leurs soins.Permettez-moi de vous citer l'un des cas qui m'a particulièrement intéressée et qui m'a donnée l'illusion, un moment, de pouvoir faire un peu de bien.Le mari enrôlé en l'été de 1917 avait quitté sa femme et trois enfants, l'aîné un garçon de 14 ans, les deux autres 6 et 4 ans.lin octobre la femme était arrêtée pour ivresse et condamnée à un an de prison.Un oncle prit l'aîné des enfants et les deux autres furent placés dans un couvent où ils sont encore.L'automne dernier la mère sortait de prison, je la vis, elle versa des larmes abondantes en me promettant une meilleure conduite mais hélas ! peu de jours s'étaient à peine écoulés qu'elle se remit à boire.11 y a trois semaines le mari soldat, revenait du front, vous pouvez juger de sa détresse en rentrant chez lui car il arrivait à un très mauvais moment.11 abandonna son fover et se retira à la campagne.Peu de jours après sa femme était arrêtée de nouveau et condamnée cette fois, à deux mois de prison, j'ai multiplié mes visites et tenté l'impossible pour sauver cette pauvre femme, mais son cas, comme tant d'autres malheureusement était désespéré.La guerre avant duré si longtemps, il y a eu bien des naufrages.Certaines femmes se sont lassées de mener une vie exemplaire et ont remplacé leurs maris, quelques unes ont quitté la ville accompagnées d'un ami et de leurs enfants.Plusieurs soldats seront bien désillusionnés à leur retour en trouvant leurs foyers vides et désorganisés.Dans ces cas désespérés, nous avons fait tout en notre pouvoir, pour reprendre les enfants et les placer dans des institutions.Le Fonds Patriotique retient alors l'argent pour leur entretien, et garde le surplus pour être remis au soldat à son retour, je n'ai fait qu'un récit bien incomplet du travail accompli par le Fonds Patriotique, si l'on désire des renseignements plus précis, je serai très heureuse de les donner.Malgré la fin de la guerre il y aura encore bien des infortunes à soulager et il importe que nous nous donnions toutes la main pour continuer cette belle œuvre sociale.; Corinne Terrons.Ce 26 février 1919.Vol.VII, No 1 I ¦ I.HUIl ¦IIIIMfl.LE CC NTRÔLE DES Oeuvres de bienfaisance par l'Etat Les philanthropes, les pseudo-philanthropes.Les causes qui meurent sont celles pour lesquelles on ne meurt pas.Dans quelques pays, il y a des lois qui assujettissent à une surveillance plus ou moins étroites des groupes particuliers d'institutions ou de sociétés de charité.Il est douteux qu'il y ait un seul pays qui soumette à une surveillance et à un contrôle complets toutes les formes de philanthropie pratique.Dans certains pays, des chartes pour des types particuliers d'institutions ne peuvent être accordées avant que le bureau de l'Assistance Publique ou un corps semblable de l'Etat ne se soit prononcé sur l'opportunité et le nécessité d'ajouter une autre institution à celles qui existent déjà.Dans d'autres pays, il y a un système de surveillance ou de licence en vertu duquel certains groupes d'institutions ne peuvent accepter des contributions, ou solliciter des secours du public, ou venir d'une autre manière quelconque en contact avec le public en général, avant d'avoir obtenu d'un bureau ou d'un fonctionnaire de l'Etat un certificat ou licence.Depuis quelques années les divers pays semblent avoir une tendance à exercer un contrôle de plus en plus strict sur les institutions et sociétés de bienfaisance.Cela paraît être dû au fait que la "charité couvre une multitude de péchés" et que trop souvent de soit-disantes organisations de bienfaisance sont formées par des hommes rusées et sans scrupule, qui parviennent à s'assurer un gîte et un moyen d'existence pour eux-mêmes et leurs familles au moyen des fonds qu'ils se prennent au nom de la charité.Ou, encore, des souscriptions sont sollicitées et obtenues pour une institution qui est supposée avoir été fondée pour secourir les indigents; or à un moment donné l'on constate qu'il n'y a personne qui bénéficie de cette institution excepté les promoteurs.Ainsi depuis le début des hostilités en Europe, le nombre des œuvres de guerre a augmenté d'une façon continuelle' et rapide, si rapide même qu'on en était à se demander quand cela finirait Sait-on combien on en comptait en septembre 1917, dans la ville de Montréal seulement?Soixante-sept! Le public a été appelé a contribuer au soutien de chacune d'elles et il l'a fait avec la générosité qui caractrise les Montréalais.Toutefois, vu le grand nombre de ces œuvres et le peu de garanties de bonne administration qu'offraient quelques-unes d'entre elles, une législation sévère a été imposée par le Gouvernement Fédéral à la session de 1917, législation connue sous le nom de "Loi des secours de guerre, 1917", cette loi pourvoit à ce que celui qui souscrit à ces oeuvres soit protégé contre l'exploitation et sache quel emploi on fait de son argent.Au lendemain de la passation de cette loi, et de l'obligation imposée, par la ville de Montréal dans son règlement No 626, à toute association de charité sollicitant des fonds du public, d'obtenir une autorisation à cette fin, nous avons constaté que sur les soixante et Vol.VII, No 1 Montréal — LA BONNE PAROLE — Mars 1919 sept œuvres de guerre que je vous mentionnais il y" a quelques instants, sept seulement étaient légalement et régulièrement organisées.A cause de cette exploitation, plusieurs des institutions et des sociétés de charité les mieux administrées insistent pour que l'Etat exerce sa surveillance afin qu'elles soient protégées contre ces pseudo-concurrents.Vu cette tendance qui va en s'accen-tuant, il est temps que Ton fasse comprendre à ceux qui sont chargés du service de surveillance qu'ils doivent s'efforcer de résoudre les problèmes de ceux qui sont surveillés et qu'ils doivent être non pas des fardeaux encombrants, mais des amis pour ceux qui sont dignes ét utiles, et des ennemis implacables pour ceux qui sont indignes et inutiles.Avant que l'Etat soit en mesure d'exercer un contrôle effectif relativement à la constitution en corporation et aux opérations des institutions et sociétés philanthropiques, les organisations commerciales et surtout celles des grandes villes peuvent, par une surveillance et une censure judicieuses, démontrer au public l'avantage qu'il y aurait à déterminer les principes applicables aux œuvres de charité, ce qui donnerait, de meilleurs résultats que n'importe quel système qui serait adopté par l'Etat.Les besoins des collectivités varient et le corps commercial est plus près de ceux qui dirigent les institutions et sociétés de charité et de ceux qui les soutiennent, et les problèmes locaux pourraient être réglés par lui d'une manière plus satisfaisante que par un fonctionnaire de l'Etat, à moins qu'il ne formât une exception marquée parmi la généralité des fonctionnaires.Il est tout probable que l'Etat adopterait, de temps à autre de nouvelles méthodes pour déterminer les principes applicables aux œuvres de charité et établirait un système de surveillance, en se basant sur les constatations faites par les corps commerciaux, n'ayant aucun caractère légal officiel, qui feraient connaître les moyens de contrôle employés dans leurs propres localités, moyens de contrôle qu'il faudrait placer, au bout d'un certain temps (afin qu'ils deviennent absolument effectifs), dans les mains de fonctionnaires revêtus d'une autorité légale, dont ils pourraient se prévaloir, au besoin.Toute cette autorité gouvernementale devrait être basée sur la théorie d'une coopération constructive plutôt que d'une repression destructive.Si ce contrôle du gouvernement est établi, il faudra insister pour que les idées de ceux qui travaillent à améliorer la condition des prolétaires soient reconnue dans les conseils politiques et pour que les hommes chargés d'administrer les lois qui seront édictées aient la compétence voulue; en d'autres termes l'autorité de l'Etat, dans cette sphère d'activité, devra être tempérée par un vif intérêt public et une demande incessante pour une application juste, raisonnée et judicieuse de cette i— autorité.L'on se plaint dans tous les pays que les bureaux de bienfaisance sous le contrôle de l'Etat dépensent des millions de dollars à secourir les malheureux, mais déboursent à contre-cœur quelques sous pour déterminer les causes de la misère ou de la dégradation des assistés afin de permettre, par l'élimination de quelques-unes F2*!N lin.du Th utro St-Denls EST 3.-.UÔ G-.J.PAPILLON Manufacturier de fourrures Notre assortiment est le plus complet que vous puissiez trouver.181 OUEST, AV LAURIER télé, St Louis 104.Près avenue du Parc P.LAFRANCE & CIE Limitée 184, rue S.-DENIS En face de l'université Laval Manufacturiers et Importateurs de haute nouveauté en manteaux, costumes, lobes de toilettes, blouses, etc., d'une élégance et d'un chic incontestable.A.DIONNE, FILS & CIE Importateur, Epicerie de Choix 581 STE CATHERINE, Ouest, Tél.Up.2380.La Société coopérative de frais funéraires 242 est, rue Ste-Catherine-Telephone Est 1235 MONTREAL Constituée en corporation par Acte du Parlement de la Province de Québec le 16 août 1895 ASSURANCE FUNÉRAIRE Nouveaux taux en conformité avec la nouvelle loi des Assurances, sanctionnée par le Parlement de la Province de Québec, le 22 décembre 1916.Système de Polices Acquittées ou Système de Polices à Vie entière.Assurance pour Enterrements de la valeur en marchandises de $50.00.$100.00 et $150.00 Fonds de réserve en garantie pour les porteurs de POLICES approuvé par le Gouvernement.DÉPÔT DE $25,000.00 AU GOUVERNEMENT La première Compagnie d'Assurance Funéraire autorisé par le Gouvernement.
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