Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
Contenu spécifique :
novembre 1920
Genre spécifique :
  • Revues
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (12)

Références

La bonne parole /, 1920, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
¦is MONTREAL.NOV KM TIRE 1920.T.Vol.VIII, No 11.A' Km urn • .: l ffl.'/"il [\ • ' ! i.H - I i i i Entre nous .Umr Marie G à fin-La joie Le conseil canadien du Bien-être de l'en lance Chronique des Oeuvres Le problème ouvrier au Canada Arthur Saint-Pierre Jour d'automne .Jacqueline de Martigny Pour le foyer: S.Jérôme et les femmes de notre temps Henri Reverdy La cuisine de Marion La Dame à ia Lampe Kurcuce Nightingale .Llclc de Lohcux Les cercles détudes: Rapport du cercle Notre-Dame.M.A.M adore Rapport du cercle Marguerite Bourgcoys Annette Cod ère Plan de causerie Notre courrier A iirc L > iff .* » ¦ ¦ r i&A - .-elle que les dirigées de saûit Jérôme se sont mises à apprendre l'hébreu pour mieux goûter les textes sacrés et qu'il leur a dédié la plupart de ses travaux sur l'Ecriture Sainte ! è Il n'est pas niable (pic notre époque présente pour les femmes de singulières analogies avec celle ou vivait saint Jérôme, et par ses -mauvais côtés, par ce luxe a-molisant qui rappelle celui de Ja décadence romaine, et par ses bons côtés, par cet appétit intellectuel qui s'éveille chez tant de jeunes filles.Jamais peut-être la direction de saint Jérôme n'a été aussi opportune à suivre, jamais la vie de sainte Paule n'a été ausi utile à méditer.N'est-elle pas aussi pour notre temps cette maxime de saint Jérôme: "Le grand devoir de la mère, c'est de former ses enfants.Il est écrit de la femme qu'elle Ici 'a son salut en.mettant au monde des enfants, maiis c'est si par une bonne éducation, elle les maintient dans la vertu." Henri Reverdy.(La Libre Parole) LA GUI SI NE DE MARTON L'ainé des garçons Fort en bec avait fait une bonne pêche;*] alla porter une part à Marion, et lui dit: —Ma mère ne sait comment accommoder ces poissons; elle compte sur vous pour lui donner un conseil et la tirer de peine.Marion remercia le jeune garçon du beau plat de carême qu'il lui offrait et s'en fut trouver sa voisine.—Je ne demande pas mieux, acquiesça Mme Fortenbec; vous voyez, il y a un peut de tout, dans la pèche du petit: carpes, barbillons, poissons blancs.—Justement, r.posta.Marion, le mélange est parfait dans une matelote; l'anguille même ne gâte rien quand on en a.Commençons par écailler et \iider les poissons, coupons-les en tronçons au fur et à mesure et nous les placerons à la casserole sur un assaisonnement fait d'un bouquet de persil, thym, laurier, ciboules, deux clous de girofle et un peu d'ail, mouillé de vin rouge pour une moitié et d'eau avec sel et poivre; il faudra ensuite laisser cu>c à feu vif pendant vingt minutes.D'autre part, faiitcs dorer dans une pcéle ou casserole une dizaine de petits oignons; dès qu'ils auront pris une belle couleur blonde, ajoutez-)' deux cuillerées de farine et mouillez avec la cuisson du poisson et un filet, de vinaigre ou de citron.Lorsque la sauce matelote sera réduite à son .point et que les oignons seront cuits, servez les poissons recouverts de ce jus et garnissez le plat de croûtons frits.(Petit Echo de la Lique des Français) 10 Montréal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1920 Vol.Vill, No 11.Gï*3*3*3*3*S*S*S*3*3*S*3*3*S*S*S*S*S*S*v3*3*3*3*S*3*S*S*S*S*S*S*^ I 1_A DA7VŒ 7\ LK I ((( (Florence Nightingale) * (1*2*2*2*2*2*2*2*2*2*2*2*2*2*2*24*2*^ •'A lady with a lamp shall stand "In the great history of the land ; "A noble type of good, "Heroic womanshood." Longfellow.En ces jours où tant parmi les nôtres encombrent encore les hôpitaux, "eux" dans la gloire douloureuse de leur martyre, "elles" dans l'ardeur de leur dévouement, j'évoquerai ton image! à "Toi" qui fus le modèle de l'infirmière et la Providence du blessé.Je l'évoquerai, telle que l'artiste l'a fixée à jamais dans le marbre, et la reconnaissance, dans le coeur dolent des pauvres mutilés de Crimée.Ombre silencieuse, qui, par les nuits de nostalgie et de souffrance, glissait entre les lits, ta petite lampe à la main.combien de pauvres yeux fiévreux ont épié ta course, combien de lèvres t'ont baisée lorsque tu les frôlais et combien de coeurs t'ont bénie, lorsque, penchant vers eux l'étoile rouge de ta lampe, le charme réconfortant de ton sourire et la compassion de ton âme, tu les encourageais à vivre ou tu les aidais à mourir.Florence Nightingale qui réforma ou plutôt créa le service sanitaire dans l'armée anglaise est née en 1820.Elle vécut ses premières années à Lea-Hurst, dans le Derbyshire, et manifesta dès l'enfance de mervielleuses dispositions à l'oubli de soi.Une bonté innée la penchait, affectueuse et intéressée, vers les humbles vies éparses autour d'elle.Elle aimait visiter les malades et porter aux pauvres ses humbles présents de fillette."Elle faisait ces choses, — dit un de ses historiens, — "non pas seulement parce qu'elles étaient bonnes, mais "parce qu'elle y trouvait réellement son plaisir." Le pasteur de Lea-Hurst était un homme charitable.Il avait étudié la médecine dans sa jeunesse et exerçait largement ses talents curatifs au profit de ses paroissiens indigents.Florence l'accompagnait souvent dans ses courses bienfaisantes, ajoutant sa caresse et sa modeste aumône aux soins du pasteur.C'est ainsi que sa bonté apprit à devenir utile.* * Florence Nightingale appartenait par sa naissance et par sa fortune à un monde où le problème de l'avenir pour les femmes ne se posait pas parce qu'il semblait résolu d'avance : un mariage bien assorti qu'aurait favorisé une éducation toute d'extérieur.Très cultivé et d'intelligence ouverte, Mr Nightingale désira pour ses filles une préparation sérieuse à une vie sérieuse* "Life is real, life is earnest".Florence reçut donc une instruction solide et très étendue.Elle connut dès l'enfance le prix du temps et l'austérité de la vie laborieuse.Vint l'adolencence, et l'heure décisive où il lui fallut choisir sa vie: "Que serait-elle dans la vie?" Ses goûts et ses dispositions naturelles la portaient vers le soin des malades.Mais la profession d'infirmière était exercée, à cette époque, par des personnes de condition inférieure, d'éducation vulgaire et de moeurs souvent peu recomman-dables.Ce n'était pas une carrière convenable pour une jeune fille.Bravant l'opinion, triomphant de l'hésitation de ses parents, Florence se mit néanmoins à l'oeuvre.Elle s'engagea en 1849 comme infirmière volontaire à l'institution de Kaiserwerth, et ce fut sous la direction du grand Fliedner lui-même — le fondateur de l'établissement — qu'elle fit ses études.Celui-ci déclara que de toute sa carrière, il ne vit pas d'examen plus brillant que celui de cette jeune, riche et gracieuse Anglaise.Désireuse d'ajouter aux connaissances théoriques l'étude des réalités, Florence ne perdit aucune occasion de visiter les hôpitaux.On la vit à Londres, à Dublin, à Edimbourg, puis en France, en Allemagne, en Italie, jusqu'en Egypte.Elle fit, ses études terminées, un séjour chez les Soeurs de Saint-Vincent-de-Paul à Paris.Elle y tomba malade, et put expérimenter par elle-même la valeur de leurs soins.Ses études et ses investigations l'avaient, depuis longtemps, pénétrée de l'importance et du sérieux de sa mission.Elle avait pu constater les suites fâcheuses du manque de formation chez les infirmières anglaises.Au parallèle qu'elle put établir entre ces dernières et les soeurs de charité de France, elle comprit que pour être bien exercées, les fonctions d'infirmières devaient être confiées à des femmes instruites, d'éducation distinguée et de dévoûment sûr, et que, seul, l'amour de Dieu pouvait mener à l'acquisition des vertus austères qu'exige cette profession."Le soin des malades est une vocation, écrit-elle quelque part.C'est une vocation difficile qu'il faut suivre par amour pour Dieu, et sous l'oeil de Celui qui a promis de récompenser ce que l'on fait au moindre des siens''.Et ailleurs: "Le soin des malades est un art, et pour être exercé comme un art, il demande une préparation aussi sûre, un dévoûment aussi exclusif que n'importe quelle oeuvre de peinture ou de sculpture.Car qu'est-ce donc que manier le marbre froid ou la toile insensible, en comparaison d'un corps vivant, le temple du Saint-Esprit?Je ne crois pas que personne l'a jamais bien exercée, quand il le fit exclusivement pour de l'argent." Le désintéressement était, à son avis, la condition sine qua non du succès."Ma chère enfant, conseillait-elle plus tard à une élève infirmière, ne soyez pas à moitié aussi inquiète de savoir combien votre travail vous fera gagner que de savoir combien il vous permettra de donner" Elle énonçait là le principe de toute sa vie.Sollicitée peu de temps après son retour en Angleterre, d'apporter son aide pécuniaire à l'oeuvre peu florissante du "Home for sick governesses", elle se donna elle-même, plutôt que de donner de l'argent.Pendant plusieurs années, on la vit rarement hors des murs de cette institution où elle remplaça la confusion par l'ordre, le gaspillage par l'économie, l'atmosphère languissante par une vaillante gaité.L'institution fut sauvée mais, Florence surmenée, tomba malade.Février 1854: guerre de Crimée, Les enthousiastes récits d'héroïsme guerrier, envoyés Vol.VIII.No 11.Montreal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1920 11 du front par les correspondants des grands quotidiens anglais, furent bientôt couverts par un cri d'alarme.Ce cri dénonçait l'insuffisance du service médical, l'incurie du personnel, le manque total de ressources, tant en argent qu'en médicaments, literies, vêtements et nourriture, et les douloureux et profonds ravages causés dans les rangs des soldats par la faim, la contagion et le manque de soins.On devine l'émoi causé en Angleterre par ces révélations.En quelques jours, la liste de souscription du "Fonds pour les blessés", dressée par le Times, se couvrit de signatures, et le montant des dons en espèces atteignait en quelques mois un demi million de Livres.Là, cependant, n'était pas le salut."N'y a-t-il, écrivait le Dr Russel, parmi les filles de "l'Angleterre, aucune femme dévouée qui soit prête, en "cette heure suprême, à venir exercer auprès de nos sol-"dats blessés l'oeuvre de la miséricorde?.La France a "envoyé ses religieuses qui sont là au chevet des montrants, dispensant, à leur agonie, ce que seule une main "de femme peut disposer de confort et de soulagement."Nos soldats ont combattu à côté des troupes françaises, avec un égal courage, dans une des plus sanglantes "bataille qui fût jamais.Devons-nous nous laisser dépasser de si loin par la France, dans une oeuvre que le "Christ bénit, comme accomplie envers lui-même.J'estais malade et vous m'avez visité." Cet appel parvint à Florence Nightingale alors que, dans la douceur prenante du home, sous le couvert des bois de Lea-Hurst merveilleusement dorés par l'automne, elle se remettait de ses fatigues.Elle entendit la Voix; elle la reconnut, et sans hésitation, la réponse jaillit de son coeur: "Maître, me voi-ci ! La lettre par laquelle Florence Nightingale envoyait, au secrétaire militaire de l'Etat, ses offres de service, croisa celle de Mr Sidney Herbert, lui demandant, au nom du gouvernement, de prendre la direction du service d'infirmières de l'armée.Sa mission officielle ne fut donc pas uniquement due à ses démarches personnelles.N'eût-elle pas d'ailleurs été constamment soutenue par le gouvernement, qu'elle n'eût pas pu, malgré toutes ses aptitudes, tout son dé-voûment, toute son énergie, surmonter la barrière de préjugés, de suffisance et de routine qui s'opposait à son action réformatrice."Rarement, dit W.J.Wintle, une "main de femme fut appelée à conduire une aussi lourde "charrue, rarement le sillon tracé s'aligna plus droit et "plus profond." Aucune femme n'avait encore été admise drfns les hôpitaux militaires.M™ Jameson, qui témoignait d'idées très avancées pour son temps, parlait ainsi de cette innovation: "C'est une "entreprise absolument nouvelle dans nos coutumes anglaises et fort peu en rapport avec l'éducation ordinaire "donnée aux femmes de notre pays.Si elle résussit, ce "sera la gloire de Florence Nightingale et de ses aides dévouées, d'avoir brisé cette "muraille chinoise" de préjugés sociaux, religieux et professionnels, et d'avoir éta-"bli un précédent qui produira tant de bien dans la suite des temps." La "muraille chinoise" fut brisée, mais après quels efforts! , .¦ Les "dames" infirmières ne furent pas comprises des l'abord, même des soldats."Lorsqu'elles vinrent d'Angleterre, dit l'un d'eux, on ne sut comment les considérer.Vous comprenez, cela "semblait si étonnant de penser que des Ladies anglaises "venaient pour nous soigner, nous, rudes soldats.Cela "déplut à beaucoup, au début, mais très vite, on apprit "à apprécier Miss Nightingale et ses nurses." Les médecins et les officiers attachés à la routine des vieux systèmes qu'elles étaient chargées de renouveler furent lents à leur rendre hommage.Ce ne fut que deux mois après son arrivée que le corps médical se décida à reconnaître officiellement Miss Nightingale comme la directrice de l'hôpital.Le fait qu'elle exigea toujours de ses assistantes une obéissance absolue aux ordres des médecins contribua pour beaucoup à faire apprécier ses services.Les docteurs surmenés, enfin rendus à l'évidence, furent unanimes à apprécier l'aide des nurses qui "n'étaient jamais dans le chemin, sinon pour bien faire".Autre difficulté: le manque d'organisation du service dans les hôpitaux.Il y avait à Scutari l'hôpital militaire et l'hôpital général.Le docteur Russel écrivait au Times: "Les hôpitaux "manquent des objets les plus indispensables; on n'y ac-"corde pas la moindre attention aux principes les plus "élémentaire de la décence et de la propreté, l'infection "est épouvantable ; les hommes meurent sans que le moin-"dre effort soit fait pour les sauver." Les matelas destinés aux blessés étaient jetés sur les dalles.froides des corridors et les hommes s'y entassaient pèle-mèle, au hasard de l'arrivée.Ils étaient rongés de vermine et c'est avec peine que les plus faibles d'entre eux se défendaient contre les rats.Une odeur nauséabonde régnait dans les salles et aux environs.Des détritus de toute espèce étaient jetés sur le sable, dans le voisinage de l'établissement.Miss Nightingale compta, un jour, sous les fenêtres de Scutari, six chiens crevés, dans un état de décomposition indescriptible.Quoi d'étonnant à ce que les eaux fussent contaminées et que le chiffre de mortalité atteignît parmi les blessés et malades 60%.La fièvre, la dysenterie, le choléra et l'épuissement régnaient dans les rangs.Des bateaux amenaient les soldats du champ de bataille à Scutari, sans que leurs plaies eussent été bandées.L'hôpital, ne possédant pas de buanderie (!), on ne pouvait songer à renouveler les literies ou le linge des malheureux.Ceux qui ne veillaient pas eux-mêmes à se pourvoir de linge de rechange, étaient condamnés à porter jusqu'à la fin de leur.séjour, les haillons poussiéreux et sanglants avec lesquels ils revenaient de Crimée.Voici ce qu'écrivait l'un d'eux : "Nous ne recevions ni "linge, ni chiffons pour bander nos plaies.Que faisions-"nous?Nous déchirions les chemises des morts et en "faisions des bandages pour les vivants." Bien des choses, cependant, avaient été envoyées d'Angleterre à l'usage"des blessés.Mais "au lieu d'être placées dans la partie la plus accessible des navires, elles "furent ensevelies sous les lourdes charges de marchandises et ne purent être débarquées où il le fallait.Médicaments, pansements et accessoires pourrissaient sur "les rives de la Varna ou à fond de cale dans le port de "Balaclava.Il est notoire que des fournitures médicales, envoyées aux hôpitaux par le gouvernement anglais, "furent vendues ouvertement dans les bazars de Cons-"tantinople et les villes turques de l'intérieur." De plus, une fois débarqués, les objets du "gouverne- 12 'Montréal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1920 Vol.VIII, No 11.ment ' ne pouvaient être délivrés qu'après une suite de formalités décourageantes.Un jour, Miss Nightingale osa insister pour que de la nourriture "gouvernementale" fût distribuée à de pauvres malades qui se mouraient d'inanition.Le préposé, choqué d'une pareille audace, s'indigna: celui qui osait toucher à la corde d'un ballot était passible de la loi martiale! Sous sa propre responsabilité, la noble femme fit ouvrir le magasin et distribuer les vivres.C'était du courage ! Peu d'hommes eussent osé encourir de tels risques ! En ce qui concerne le système culinaire des hôpitaux, tout était à faire.Une nurse écrivait chez elle, quelques jours après son arrivée: "Jls sont là, des centaines, rem-"plissant jusqu'aux couloirs qui mènent à nos chambres "privées.Parmi ceux qui sont confiés à mes soins, onze "sont morts cette nuit, d'épuisement.Si j'avais eu sous "la main de quoi leur procurer une nourriture convenable, "ils vivraient encore.Nous n'avons pas vu une goutte "de lait depuis notre arrivée.Le pain est extrêmement "sûr.Le beurre est infect.C'est du beurre irlandais en "décomposition, et la viande ressemble plus à du cuir "moisi qu'à de la nourriture.Nous attendons des pom-"mes de terre qui doivent arriver de France."La viande était dans un état tel qu'on pouvait la découper en lanières comme des lacets de bottines.Nous "essayions de la rôtir, raconte un soldat, puis nous enlevions nos chemises pour l'en envelopper et nous nous "efforcions #de l'écraser entre deux pierres.Mais nous "n'arrivions pas à faire grand'chose." Jusqu'alors, la cuisine avait été faite exclusivement par des soldats de l'hôpital, sans contrôle d'aucune sorte, et à l'aide d'un matériel plus que rudimentaire.La méthode consistait à placer les différent aliments (légumes, viandes, pâtes, conserves) dans des filets qu'on plongeait dans le même chaudron, et qu'on laissait bouillir pendant un temps déterminé par une foule de circonstances toutes fort étrangères à la nature des comestibles.Miss Nightingale et sa compagnie d'infirmières — une cinquantaine, parmi lesquelles dix religieuses catholiques — se mit courageusement à l'oeuvre.En dix jours, elle posséda une cuisine bien organisée et bien montée, capable de fournir journellement à un millier d'hommes, une nourriture saine, fortifiante et bien préparée.Plusieurs lettres de soldats témoignent d'un étonnement naïf et.ravi devant la splendeur de pareils festins."Quand on m'apporta un bon déjeûner, magnifique-"ment préparé, raconte l'un d'eux, je me dis' "Ce sera "tout ce que j'aurai jusqu'à midi".Mais, vers dix heu-"res, je vis arriver un oeuf avec du pain beurré, et à midi "un excellent dîner.Je n'en revenais pas!./' Grâce aux ressources considérables mises à sa disposition par le "Fonds du Times", Miss Nightingale aménagea une buanderie, et s'occupa de procurer aux blessés de l'eau potable.Les matelas furent remplacés par des lits proprets, entretenus avec soin.Tout cela fut fait sous "la dent" de l'opposition, mais ce fut fait! Il en résulta une amélioration notable dans l'état sanitaire de l'armée.Un officier d'Etat-major, Lord Raglan, en témoigne ainsi: "La semaine dernière, cinq "cents hommes sont retournés au front, et cette semaine, "sept cents se préparent à rejoindre.11 y a un mois, un "blessé retournant à son régiment eût paru une mervcil- "le!M Le labeur de Miss Nightingale s'étendit au-delà des quatre murs de Scutari.Elle eut bientôt à assumer la direction de huit hôpitaux, contenant ensemble environ cinq milles malades et blessés.Au milieu de toutes ses préoccupations d'organisatrice, elle considéra toujours le soin des malades comme son prerhier devoir.Il lui arriva fréquemment de rester vingt heures debout, assistant à l'arrivée des malades, distribuant le vêtement et la nourriture, dirigeant le travail de son état-major féminin, aidant aux opérations les plus pénibles, apparaissant partout où sa présence pouvait être utile.Adèle de Loncux.(La Femme Belge) (à suivre) Esquisse Graphologique •Adresser: Madame la Graphologue, chambre 14, Monument National, Boulevard St-Laurent, Montréal.Jeanne — Infiniment peu d'écriture.Il me sera impossible de vous en dire long, Mlle Jeanne, mais je veux vous plaindre de tout mon coeur de graphologue.Il y a quelque chose de triste et d'austère, dans votre écriture.C'est une imaginative, pourtant, impressionnable et affectueuse et qui aimerait à se confier, à se donner.Mais l'imagination ne rit pas, chez elle, les impressions déconcertantes l'abattent, et sa bienveillance naturelle est très combattue ; seuls, les intimes en bénéficient.Elle doit s'y connaître en art et en culture et je lui vois une tendance à admirer, à vénérer.plutôt qu'à exceller elle-même.Besoin de sympathie.La volonté, me semble-t-il serait plutôt tenace et obstinée, mais fort inégale.Aucun égoïsme.Lucie — Une grande sensibilité intellectuelle, une facilité non moins grande d'assimilation, de la culture, une volonté entreprenante, nette et forte, m'apprennent tout de suite qu'elle est quelqu'un.Le goût est bon ; la finesse, fort réjouissante.Et si j'additionne sa vivacité, son im-pressionnabilité, sa nature très ouverte et toute d'abandon, avec ce que j'ai dit plus haut, le total qui m'arrive est une personne fort séduisante, à la compagnie délectable.Mais alors, vivante et animée comme je la vois, comment peut-elle, du même coup, se révéler mélancolique?C'est un contraste de cette riche nature.Si elle est artiste, je la suppose musicienne.C'est bien l'art, qui il me semble, répond le mieux à sa sentimentalité rêveuse.La voilà toute surprise de ce mot.Ne vous inquiétez pas, il y paraît peu.Habitude de confort.Orgueil fier, qu'on ne trouve, lui aussi, qu'en cherchant bien; elle connaît ce qu'elle vaut, au moins en bloc.Beaucoup d'activité.Lointaine — La charmante personne, douce, pondérée, sensée, rayonnante.Que d'ordre, que de clarté dans cette tête.Quelle grâce souple dans les manières.Quelle bienveillance extraordinaire.Non, tout ceci ne peut être des fruits naturels.Et de fait, la volonté tenace et ferme, quelque chose d'un peu tendu et qui ressemble à des barres inflexibles, parmi les lettres gracieuses, me font deviner que Lointaine a travaillé en artiste son exquis caractère, devenu plus exquis encore.Tout est discipline, chez elle, jusqu'à l'imprcssionnabilité qu'elle subit et tâche cn^vain d'assagir.Imaginative et enthousiaste, spontanée, généreuse, mais tout cela, avec de la tenue, du tact.Beaucoup d'amour-propre; de la complaisance en soi.Activité constante et gracieuse.Optimisme et gaîté.Politesse raffinée et peut-être même trop poussée. Vol.VIII, No 11.Montreal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1920 13 Î 1 LES CERCLES D'ETUDES £ RAPPORT DU CERCLE D'ETUDE NOTRE-DAME Le Cercle Notre-Dame a repris, au cours de cette année son activité habituelle.Il a eu huit réunions de fin-novembre à la mi-avril.Vous savez toutes que le Cercle fait, de la question sociale, l'article principal de son programme, mais les questions religieuses, pédagogiques et historiques n'y sont pas pour cela mises au rancart.La question sociale, si complexe, touche à tropdc problèmes pour ne pas s'harmoniser avec d'autres sujets.Elle y trouve un rapport lointain parfois, mais réel.Comme Mlle Gérin-Lajoie inaugurait, opportunément, cette année, son cours préparatoire à l'action sociale, on décida de tenir les réunions du Cercle environ tous les quinze jours, immédiatement après ce cours, qui tenait lieu des étudies sociales que nous faisions habituellement.Mlle Gérin-Lajoie traita tout d'abord de l'évolution des conditions sociales depuis l'antiquité jusqu'à nos jours.Elle fit un tableau de la société antique, montrant ensuite l'influence du christianisme, les transformations qu'il opéra, les oeuvres variées qu'il fit éclorc et dans une troisième leçon elle étudia les conséquences sociales de la Renaissance, les maux sociaux des 17mc et ISme siècles, les dogmes sociaux de la Révolution et la réaction qui se produit aujourd'hui.Quatre cours furent consacrés aux notions d'économie politique, trois aux diverses écoles sociales: école libérale, socialisme, doctrine sociale catholique.Deux autres aux oeuvres sociales publiques et privées et enfin le dernier avait pour sujet : Adaptation des oeuvres au milieu où elles se font.—Coordination entre elles.— Les personnes d'oeuvres.Au Cercle nous avons cherché en quoi consiste la préparation à l'apostolat.Voici ce que nous avons étudié: Sous quelle forme se présente l'apostolat à exercer pour une jeune fille?— Est-ce un devoir pour une jeune fille d'exercer un apostolat ?— La préparation éloignée : formation générale de l'intelligence, du coeur, de la volonté.— Formation immédiate par la connaissance et la pratique des oeuvres à faire.— Par le développement de la vie intérieure.— Les relations de la prière et de l'apostolat.— Les vertus qu'il faut pratiquer en vue de l'apostolat : la pureté d'intention.— Le désintéressement, la patience.— La confiance en Dieu.— Le zèle.On puisa les arguments surtout dans Dom Chautard et saint Thomas d'Aquin.Deux sujets furent traités sous forme de controverse, ce qui jeta une note imprévue dans nos réunions.Toutes s'intéressèrent à ces études et la discussion suivait, toujours vive et intéressante.La revue des revues a été régulièrement faite et maints articles substantiels de l'excellente Revue des jeunes, ont été lus et grandement appréciés.Ajoutez à cela une analyse littéraire, une causerie sur les moeurs et coutumes de l'Inde, deux sur le bolchévis-mc, une bibliographie et une réunion consacrée à la préparation de cette journée d'études, et vous aurez une idée de nos travaux.Mais là ne se borne pas l'activité des membres du Cercle Notre-Dame.La "Bonne Parole" recrute parmi nous plusieurs collaboratrices actives, d'autres se dévouent à des oeuvres paroissiales ou charitables.Mlle Gérin-Lajoie a fait cinq conférences, l'une à Mont Rolland, sur Philil)ert Vrau, une à Sherbrooke, et une autre aux Trois-Rivières, sur les questions sociales en général, une aux employées de magasin, sur le socialisme autre à l'occasion du 3 centième anniversaire de naissance de la Fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame, sur Marguerite Bourgeoys, femme d'oeuvres.Mlle Charettc a aussi donné deux conférences aux associations professionnelles.La retraite fermée annuelle pour les membres du Cercle et leurs amies, a eu lieu du 25 au 29 mars.Vingt et unes jeunes filles l'ont suivie avec piété sous la direction du R.P.Boncompain, S.J, Le cercle a donné la somme fort modeste de cinquante piastres, pour l'Université de Montréal.Il ne croyait pas, par ce don, acq litter sa dette envers l'Université Laval.En effet, rares sont parmi nous, celles qui n'ont pas bénéficié de son enseignement ; mais ses ressources très limitées ne lui permettaient pas de donner plus généreusement.En terminant je puis dire que le 3 centième anniversaire de naissance de la Vénérable Marguerite Bourgeoys n'a pas passé inaperçu pour les membres du Cercle Notre-Dame.C'est avec une joie toute filiale et patriotique qu'elles l'ont célébrée.C'est une des gloires les plus pures de la patrie canadienne, c'est une des plus belles figures du Montréal héroïque et c'est aussi sous la maternelle sollicitude des Religieuses de la Congrégation de Notre-Dame que le Cercle est né et a grandi.Quelques-unes parmi nous n'ont pas fait leurs études sous l'égide des continuatrices de son oeuvre, mais toutes ont senti en entrant au Cercle Notre-Dame la grande et bienfaisante influence de Marguerite Bourgeoys s'exercer sur elles et les conquérir.Marie-A tige Madore, Secrétaire-archiviste.Rapport du cercle."MARGUERITE BOURGEOYS de SHERBROOKE" Résumer dans un rapport l'année du Cercle "Marguritc Bourgeoys, c'est répéter ce que nous en avons dit les années passées, car il est vrai que le cercle garde la même organisation en poursuivant le même programme.Voici : Encouragées par des voix pleines d'autorité, nous n'avons pas craint de remettre pour une troisième année les études apologétiques airpremier rang; nos membres actifs y ont mis un intérêt plus grand encore que les années dernières: c'est qu'au Cercle on comprend mieux la nécessité d'éclairer sa foi et même on a pris goût à ces écu-des si lumineuses pour l'âme et pour l'esprit.La partie qui traite de l'Eglise a été expliquée par notre infarguable directeur, M.l'abbé Begin, puis étudiée et dirigée, par les membres actifs à tour de rôle.En outre l'histoire du Canada nous a été présentée sous forme de causerie par nos compagnes.Cette étude a rafraîchi en notre mémoire les débuts de l'histoire de notre pays.Quelquefois aussi nous avons étudié et discuté le vocabulaire de l'abbé Blanchard.Nous conservons chez-nous la catégorie des membres adhérents.Nous tenons à augmenter le nombre de ces membres, bien qu'ils ne prennent pas une part active aux travaux du Cercle, par leur admission et leur pre- Montréal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1920 Vol.VIII, No 11.14 sence au Cercle, leur esprit absorbe des connaissances nouvelles en écoutant les travaux faits au comité d'études, car c'est à nos réunions générales que les thèses apo-i logétiques rédigées par les membres a'etifs sont lues; plusieurs fois aussi à ces réunions nous avons eu la bonne aubaine d'entendre des conférenciers qui nous ont parlé de Pompéi, de la composition française, de la poésie, etc.Le Cercle depuis deux ans a une vie extérieure plutôt éclatante.Pour accélérer le mouvement intellectuel en ville nous avons dû prendre l'initiative d'une série de conférences publiques.M.l'abbé Adam, promoteur des oeuvres sociales du diocèse de Sherbrooke, nous parla de "L'apostolat laïque", i\l.l'abbé Martin, directeur du Séminaire Saint-Charles- Borroniée "de la culture intellectuelle", M.Henri Lemay, de "Lacordaire", Mlle (îérin-Lajoie a répondu à "quelques énigmes sociales".Nous aurons la dernière conférence publique de la saison en tuai prochain.Le Cercle a toujours gardé une part active dans ces séances publiques en présentant chaque fois un travail fait par un de nos membres.C'est*ainsi qu'on a traité de la lecture, de la conversation, de la bonne ménagère, de la bonne chanson, chronique, etc.L'Institut canadien français nous remplacera pour l'organisation de ces conférences publiques l'an prochain, et nous retournerons à l'intimité de nos réunions d'autrefois.Je vous avoue que nous en serons heureuses.Quelques dispositions prises nous font espérer qu'un cours littéraire nous sera donné au Cercle: ce qui je crois rencontrera les ambitions et les goûts de tous nos membres.Le Cercle a organisé, l'été dernier, une retraite fermée, laquelle n'a pas réunie le nombre de jeunes filles que nous aurions voulu.Nous réalisons que Tété n'est pas une saison propice pour assurer le plein succès de cette oeuvre.Connaissant l'efficacité de ces jours de prières, de réflexion, le Cercle veut essayer d'encourager un plus grand nombre de jeunes filles à y prendre part."Le Cercle Marguerite Bourgeoys" a profité de sa fête patronale, le 29 janvier dernier, pour faire la consécration solennelle île ses membres au Sacré-Coeur de lésus, trouvant dans cet élan de piété, un moyen île rendre notre organisation plus stable et d'attirer sur nos membres les bénédictions cél es t es.Le comité des oeuvres a eu, comme les années dernières, ses réunions de couture pour les pauvres : ce sont des dames qui.pour le plus grand nombre, sont venues coudre avec nous au foyer Sainte-Elisabeth, dans seize réu-nions: nous avons confectionné ou réparé 208 morceaux, lesquels ont été distribués dans vingt-huit familles, en favorisant surtout les petites filles qui fréquentent'les classes.Les bienfaits de cette oeuvre, nous les avons appréciés chez nombre de pauvrettes qui.se voyant convenablement vêtues, ont été assidues à l'école.La Caisse-Dotation est encore chez nous l'oeuvre sociale par excellence.Elle est dû au dévouement admirable de ces jeunes filles qui ne craignent pas de faire deux heures supplémentaires de travail, leur journée finie, pour percevoir les économies de leurs membres, donner à chacune une parole encourageante, un sourire aimable.A leur assemblée annuelle de février, les amis de la Caisse, eurent le bonheur de savoir que le nombre de ses membres est de 300, soit une augmentation de 70 sur l'année précédente.Depuis sa fondation.$7 784.6C^ ont été verses par ses membres, dont SJ 954.03 pendant l'année.Trente-trois retraits représentant une somme de $1 120.63 ont été payés pendant l'année écoulée.De la Caisse-Dotation a surgi une autre oeuvre "l'Association professionnelle des employées de Julius Kaiser" et bien qu'elle ne soit fondée que depuis sept.1919, déjà elle a porté ses fruits et montré sa valeur.Le nombre de ses membres est de 224.Une caisse de secours y a été formée et compte déjà 97 membres.Depuis janviers 1920, 167 jours de maladie ont été payés, soit une somme de $83.50.C'est la première association professionnelle féminine formée chez nous, et si on tient compte du travail qu'exige l'éducation de chaque jeune fille ouvrière pour une chose si nouvelle, on peut conclure que les débuts sont consolants et pleins de promesses pour l'avenir.Annette Codère.présidente.LES CERCLTjES D'ETUDES "La journée sociale de la jeune fille1' ACT TON.Au foyer.1.L'importance du rôle de la ménagère: (a) La nourriture et les soins hygiéniques.(b) Le bon équilibre du budget par des dépenses intelligentes et par l'industrie à domicile.(c) L'aspect attrayant du foyer et d»3 ceux qui l'habitent.•2.[nfluence intellectuelle et morale sur l'entourage: (a) par les conseils éclairés et désintéressés.(h) par les conversations, (o) par l'exemple.(d) par la prière.A lire: "Le foyer" par Mme Aug.Moll-Webs."L'enseignement ménager" par Beaxfretton., ".Le rôle social de la femme" par Lampêrièrc."Les vies nécessaires" par Maze Sender."La charité à travers la vie" par (SHaussonvillc.Notre Courrier Bien-Etre de l'enfance: — Lors du congrès du Bien-Etre de l'enfance, tenu il y a quelques semaines à Ottawa, lecture fut donnée d'un rapport de la journée faite dans les Cantons de l'Est sous les auspices du service municipal d'Hygiène dont nous avons parlé dans ces colonnes au mois de septembre.11 ressortait de ce rapport que.toute comparaison faite, la santé des bébés dans les districts ruraux était moins bonne qu'à Montréal.N'y a-t-il pas là un bel éloge pour les Gouttes-de-lait et les admirables dévouements qui protègent la santé de nos petits citadins?La "Loyola School of Sociology" a inauguré cette année une série de conférences sur le "Bien-Etre de l'enfance." Quelques graduées, possédant déjà leur diplôme en sociologie, se spécialisent actuellement dans l'étude de la puériculture.La crise du logement: — Une situation sans précédent s'est fait sentir cette année; nombre de familles n'ont pu trouver où se loger après avoir été forcés d'abandonner leur demeure à cause d'une trop forte augmentation de loyer.Si une telle situation est grave pour une famille, elle l'est davantage pour les jeunes filles, qui de nos jours, sont si souvent seules en ville.Il serait à souhaiter que l'oeuvre du "Foyer" puisse s'agrandir, que les bonnes volontés féminines lui prêtent une aide efficace afin que ces maisons prennent les proportions Vol.VIII, No 11.Montreal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1920 15 que les besoins du moment imposent.Actuellement un mouvement sérieux se fait de ce côté parmi nos concitoyens protestants.Un comité féminin, sous la direction de Tévêque anglican, ramasse les fonds nécessaires à rétablissement du "Business Girl's Hostel".Cette maison offrira à des prix abordables un local où femmes et jeunes filles pourront se loger convenablement.Au courant du mois d'octobre, une autre maison, sous Ja direct tion de l'Armée du salut, "S.A.Business Girl's Hostel" a été ouverte au numéro 5, rue Mansfield, pouvant recevoir une soixantaine de pensionnaires.En plus des salles de récréation et de lecture à l'usage des jeunes filles, il y a une buanderie, dont chacune est libre de se servir.Il est à espérer que les efforts que font en ce moment le Bureau de direction du "Catholic Girl's Club" ainsi que l'oeuvre de "l'Ave Maria" pour agrandir leurs locaux, seront couronnés de succès.Ces oeuvres avec les louables initiatives citées plus haut, aideront à résoi\dre la question du logement pour les jeunes personnes qui gagent leur vie à Montréal.' • LIVRE A LIRE—Brins d'herbe par Monique — imp.au "Devoir" Le titre joli, modeste et frais de ce petit recueil nous dit bien ce qu'il est.Il n'y faut pas chercher la puissance des fortes peintures, ni la profondeur philosophique, mais les délicates impressions, des visions tenues et transparentes, des mélodies intérieures.La première de ces courtes esquisses littéraires s'intitule aquarelle.Au fait il nous semble que chacun de ces "billets du soir," soit une fine aquarelle et comme un jeu de couleurs douces et chatoyantes sous les doigts de l'artiste.Les teintes en sont plutôt tristes, les contours des dessins s'estompent dans le demi-jour, mais ils laissent dans l'esprit un souvenir de joie, comme un peu de beauté entrevue.Nous traitons le cuir chevelu et la figure par le procédé le plus moderne le Générateur à Rayon violet de Brans-ton.Nous nous occupons spécialement de la fabrication des perruques, transformations, toupets, tresses et postiches en tous genres.Satisfaction garantie Mme ASSELIN 175 ouest, Av.Laurier, angle Mance Tél.: St-Louis 4035 POULIN & riu» Volailles, Gibiers, (Eues.39, marché Bonsecours.— Tél.Main 7107 «in»! ecu lUMi HARNAIS, VALISES, SACS DE VOYAGE, SELLES.LAMONTAG^LIMITÉE Bloc Balmoral, N.-Dame ouest HENRI ST-PIERRE DOUCHER Boeuf, veau, lard, saucisses, jambon, conserves, piailles et légume*, beurre et œufs.Tel.St-Louis 7993- 93 Ave.Laurier Est.FILIATRAULT Spécialiste en Tapis—Linoleums—Rideaux aussi Cotons et Toiles.429, Blvd St-Laurent.Tel.Est 635 Rod.Carrière, Henri Senécal Opticiens et Optcmétristes 207 Est, Rue STE-CATHERINE Entre les rues Stc-Elisabcth et Sanguinet MONTREAL Assortiment complet de lorgnons lunettes, yeux artificiels, lunettes marine et d'opéra.Aussi un grand eboix de Thermomètres, Baromètres de toutes sortes, Hygromètres et Boussoles.Salons privés pour l'ajustement des yeux artificiels.CONSULTATIONS: A l'Hôtel-Dieu, par Rod.Carrière de 9.30 à 11 heures, excepte le mercredi et le samedi.Aux salons d'Optique, de 9 a.m.à 8 p.m., par Hod.Carrière de 1 p.m.à 5 p.m.Tel.Bell Est 2257.Rendez-vous pris par téléphone Nous Brodons, Nous Etampons.Nous Perlons Demandez toujours le meilleur coton Français: M.F.A.Raoul Vennat 642, S.-Denis.— Tél.Bell Est 3065 Nous vendons toute la Musique Française C.-J.GRENIER & Cie Fabricants et Importateurs de Corsets.— Grand choix de gants pour dames.401 c«t.STE-CATHERINE MONTREAL TEL.UP 2187.TEL.Rés.: Up 1329 JOSEPH SAWYER ARCHITECTE.MESUREUR et EVALUA TEUR.407, rue GUY, Montréal.Edmond Archambeault PIANOS et PHONOGRAPHES Musiques religieuse et musique profane Tel Est 1842.312, Ste-Catherine est A LOUER La Banque Provinciale DU CANADA Siège social, 7 et 0, Place d'Armes, MONTRÉAL Capital autorisé .$5,000,000,00 Capital payé et surplus .$3,000,000,00 Actif total: au-delà de .$31,690,000,00 La seule Dnnque en Canada ayant un Bureau •le Contrôle pour son département d'Kpargnc.L'Honorable Sir Hormisdas Lsporte, C.P., président de la l>nw|uc.Sir Alexandre Lacoste, président du bureau de contrôle.Monsieur Tnncrcdc Bienvenu, vice-président et directeur général.Succursales à Montréal.392 est, rue S.-Cathcrinc, près S.-Hubert.1022 — — — angle Horion.SSO — — — à Maisonncuve.848 ouest, rue Notre-Dame, angle Richmond.1333 — — — — Vinct.— — — S.-ITcnri.346.rue Bcaubicn, angle S.-Valicr.742 est, rue Ontario, — Panct.408 est, rue Rachel, — S.-Hubert.103, rue Roy, (S.-Louis-dc-France).493, rue Bélanger, (S.-Arsène).Boulevard Gouin, quartier AHUNTSIC.HENRY B1RKS & SON Ltd.PHILIPS SQUARE Fabrication, reparation d'articles d'églises, Insignes de société, Croix, etc.Une spécialité de dorure et placage.Commandes respectueusement sollicitées.L-G.S t-Jean Cie Limitée MEUBLES 20 ouest, Notre-Dame MONTREAL.Téléphone Main 1756 EUSTACHE DESTREMPES —EPICIER— 1.Traitement Courtois—2.Bonne Qualité 3.Prix Modérés—4.Service Prompt 1191, rue De Laroche.Tél.Calumet 2324 HECTOR - L.DERY 17 est, Notre-Dame MONTREAL Graines de semences.:—: CATALOGUE GRATIS :—: À LOUER '"l.fill*) VIVE LA CANADIENNE Parmi les qualités qui ont distingué nos mères canadiennes nous devons remarquer, entre autres, celle d'avoir etc économes et leur en rendre hommage.NOUVEAUX COSTUMES POUR DAMES Démonstration des plus charmantes des modes et de la qualité "Fairweathcr" Tenez à l'honneur de continuer ce bel exemple.Pour pratiquer ('ECONOMIE il n'y a pas de moyen plus efficace que d'ouvrir un compte à FAIRWEATHERS LIMITED LA BANQUE D'EPARGNE rue STE-CATHERINE, près Peel Toronto MONTREAL Winnipc; Maison FILIATRAULT Nouveautés, Aon iïîpfr Pr6iarTts- J°ucts, Poupées.429-433, Boul.S.-Laukknt, Montréal, P.O VOUS trouverez tout ce qu'il vous faut chez - _ - UtVTÙ.It PLUS GRAND tJ MAGASIN m MONTREAL J.-A.TEASDALE & CIE Lits de plume, matclats neufs et réparés DÉSINFECTION de la PLUME par la VAPEUR :__ -JHKJfe?maladies contagieuses 157.VISITATION, Montréal - Tél.Est 191G Faitei vos «chats à nos magasins et épargnez de l'argent."Lê Magasin du Peuple".Rue S-CATHERINE, angle S.-ANDRE MADAME CABANA Assortiment de plumes de toutes sortes plumes teintes, nettoyées, et frisée* LAIT CLARIFIÉ ET PASTEURISE CREME, BEURRE CREME A LA GLACE J.-JJOUBERT LIMITÉE 975.rue SAINT-ANDRÉ De la Cité et du District de Montréal.Nous vous réservons toujours le meilleur accueil quelques petites que soient les économies que vous voudrez bien nous confier.Nous vous donnons la sécurité la plus certaine.Bureau Principal et / ., , seize sueeursales à Lc ?*nni éttéra!> Montréal.A.-P.Lcspôraiicc.MAPP1N & WEBB LIMITED BIJOUTIERS ET ORFEVRES 353, O.Ste-CATHERINE.Montréal Catalogue en français sur demande.LAVIGNE Window Shade Co.Fabricant de Stores, parsiennes vénétiennes, l'arsiennes Rustiques, Draperies, Garde chaleur, _Moustiquaires.219, rue BLEURY Tel.Bell.Est"6400.J.-B.BAILLARGEON (Camionnages) La plus grande organisation de transport 329 est, rue ONTARIO-Montréal.SALON DENTAIRE MODERNE Dr GASTON GUILLEMETTE 187 St-Dcnis, angle Ste-Catherine, Ouvert tous les soirs.Tél.Est 7*103 Examens gratuits._Travaux garantis The Queen's Jubilee Laundry CREVIER & FRERES, Props.'.V55-57-59 ouest.Av LAURIER angle St-Uubain TKLKPUOXE EST 2220 HilDON HEBERT & CIE1 «- Importation en gros \!imentation, vins, liqueurs 18, rue DeBresolcs MONTRÉAL CANADA Lorsque vous ne pouvez pas manger chez vous, VENEZ AU CAFETERIA DU gfiSfigS Coin Bloury ot St*-Ca*herine Ouest .MONTRÉAL G-.J.PAPILLON Manufacturier de fourrures Notre assortiment est le plus complet que vous puissiez trouver.161 OUEST, AV LAURIER Télé.St-Louis 104.Près avenue du Parc P.LAFRANCE & CIE Limitée 257, Ste-CATHERINE Ouest " Tel.Uptown, 8287 Manufacturiers et Importateurs de haute nouveauté en manteaux, costumes, lobes de toilettes, blouses, etc., d'une élégance et d'un chic incontestable.A.DIONNE, FILS & CIE Importateurs, Epiceries de Choix Vins et bières Tél.Up.2300 581 ouest, rue STE-CATHERINE La Sociétée Coopérative de Frais Funéraires 242 est, rue Ste-Catherine-Téléphone Est 1235-MONTREAL Constituée en corporation par Acte du Parlement de la Province de Québec le 16 août 1895 ASSURANCE FUNÉRAIRE Nouveaux taux en conformité avec la nouvelle loi des Assurances, sanctionnée par le Parlement de la Province de Québec, lc 22 décembre 1916.Système de Polices Acquittées ou Système de Polices à Vie entière.Assurance pour Enterrements de la valeur en marchandises dc $50-00' $100.00 et $150.00 Fonds de reserve en garantie pour les porteurs de POLICES .approuvé par le Gouvernement.DÉPÔT DE $25,000.00 AU GOUVERNEMENT La première Compagnie d'Assurance Funéraire __autorisé par le Gouvernement.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.