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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
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décembre 1920
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  • Revues
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Références

La bonne parole /, 1920, Collections de BAnQ.

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"Les examens médicaux exigés pour le service militaire des conscrits et des volontaires ont mis en lumière le taux élevé du pourcentage des jeunes gens inaptes pour une raison ou pour une autre, au service militaire.Ceci, non seulement chez nous mais dans tous les pays belligerents.Ce nombre variait des villes aux campagnes.Mais d'une manière générale, chez nous, 20% des sujets étaient incapables de tout service et 20% étaient incapables de soutenir la vie de camp.En d'autres termes, environ un cinquième des jeunes gens se montrent incapables de soutenir les exigences de la vie et un autre cinquième s'y trouvent imparfaitement préparés.Or, remarquons que la plupart des défectuosités physiques constatées auraient pu être évitées si, dès l'enfance, ces jeunes gens eussent été convenablement soignés et suivis.Chaque enfant a le droit d'être aussi bien portant que la science actuelle peut le lui permettre.Et le pays où il est né, continue le docteur Blackader, doit se préoccuper de lui ménager ce droit." "Jl existe dans le pays plusieurs organisations locales et provinciales.Nous avons l'espoir, continue le conférencier que comme résultat de cette réunion le travail de chacune sera renforcé et stimulé, et peut-être, avec le temps, sera-t-il mieux déterminé afin de faire éviter les empiétements des oeuvres les unes sur les autres.Dans les villes et les localités où de telles oeuvres n'existent pas, ce nouveau département inspirera les fondations utiles.Notre champ d'action est vaste et se prête à tous les concours.Officiers publics, ministres des cultes de toutes dénominations, médecins, dentistes, architectes, "social workers", garde-maladeS, sociétés de tontes sortes qui ont pour objet le bien-être de l'enfance et son dévclopepmcnt normal aux points de vue physique, intellectuel et moral, pourront y exercer leur activité." "Aucun des problèmes de l'enfance n'est aussi simple qu'il le paraît au premier abord.Il est donc désirable qu'en plus d'une réunion générale qui couvre tout le Dominion, l'on tienne à intervalles réguliers des réunions locales et provinciales pour la discussion de problèmes particuliers." "Sans doute, c'est la part du médecin et de la garde de rendre la santé aux enfants malades, mais de conserver la santé de ceux qui sont bien et de favoriser leur parfait développement, c'est notre but.Prévenir est notre devise.Les médecins sont souvent incapables de restaurer complètement la santé des enfants, mais la mère peut souvent prévenir la maladie et ses conséquences désastreuses.Toutes les mères ont besoin d'être renseignées sur l'hygiène, l'alimentation et le développement des enfants.Pour leur donner ces notions essentielles nous saurons provoquer leurs confidences et leurs confiances.Fréquemment, nos efforts devront être dirigés de manière à restaurer la vie de famille dans toute sa dignité et son intégrité; intégrité qui est, dans plus d'un cas, entamée par les conditions économiques défectueuses.Une telle action exigera du tact et des connaissances.Sir Arthur Newsholmes écrit: "L'une des heureuses conséquences de cette désastreuse guerre mondiale est la restauration de l'idéal de la maternité dont dépend le bien-être et le bonheur de l'humanité de l'avenir"."Afin de mener à bien cette campagne du-Bien-Etre de l'enfance, il sera important d'avoir des statistiques détaillées.Un nouveau recensement* est à l'ordre du jour.Nous espérons que ce nouveau département obtiendra des précisions en ce qui concerne le taux des naissances et des morts aux différentes périodes de l'enfance et de l'adolescence et autant qu'il sera possible sur les conditions où vivent et se développent les enfants dans les différentes parties des villes, des provinces et du Canada tout entier." Puis l'auteur énumère les conditions nécessaires au développement normal de l'enfant: quant à la nourriture, à l'air, au milieu.11 indique que le travail du département portera sur trois périodes de l'enfance: jusqu'à la dentition, jusqu'à l'âge d'école, jusqu'à la sortie de l'école.A ce dernier sujet voici ce qu'il dit : "Cette période surtout exige la surveillance de l'état.Chaque enfant devrait être régulièrement examiné par un médecin afin de prévenir tout ce qui pourrait nuire à son développement.La diète alimentaire, les heures d'étude, l'exercice en plein air, tout demande une rigoureuse surveillance.On ne saurait exagérer l'importance de ces examens du médecin d'une part et plus fréquemment de garde-malades.Des centres pour la formation rapide de personnes qui voudraient prêter leur concours à ce mouvement du Bien-Etre de l'enfance devraient être constitués dans toutes les grandes villes.Tous les enfants devraient être pesés et mesurés à intervalles régu-j liers et le record de telles observations conservé pour référence." Le conférencier exprime ensuite le désir qu'une organisation semblable au Victorian Order of Nurses se forme pour faire l'éducation et la visite des familles à travers tout le Canada.La plupart des maladies de l'enfance seraient évitées si les mères, dit-il, pouvaient recevoir une instruction appropriée à leur mission.Puis il attire l'attention sur la nécessité d'institutions pour les anormaux.Sur les inconvénients et les dangers du travail des enfants dans l'industrie.Le docteur Blackader a évidemment une confiance illimitée dans la toute-puissance du.gouvernement pour la solution des problèmes de l'enfance.Nous voyons plus d'une difficulté à la réalisation intégrale d'un tel programme et plus d'un danger, tant il est appert que le vrai péril pour la défense de l'autonomie provinciale c'est l'empiétement sur ses attributions du pouvoir fédéral.Il n'empêche que l'attention accordée par les autorités à ces questions vitales, peuvent singulièrement aider les bonnes volontés., Les préoccupations qu'on propose d'insinuer dans les rapports du prochain recensement ne pourraient qu'être utiles à tous ceux qui s'occupent d'ouvrés.Souhaitons, avec le docteur Blackader que l'attention accordée par le gouvernement aux questions du Bien-Etre de l'enfance stimule toutes les énergies dans la voie de l'amélioration de nos conditions familiale, pourvu qu'elles n'empiètent en rien sur les prérogatives de nos oeuvres et de l'initiative privée.il/.-/.G.-L. Vol.VIII.No 12.Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1920 Esquisse Graphologique Les personnes qui désirent faire analyser leur écriture devront: 1.—Ecrire à l'encre, sur papier non rayé, d'une écriture naturelle; il est beaucoup préférable de ne pas envoyer de copie.2.—Ajoutez 25 sous, ou si l'on préfère recevoir l'esquisse chez soi, 50 sous, ainsi qu'une enveloppe adressée et affranchie.3.—Adresser: Madame la Graphologue, ch.3, Monument National, Boulevard Saint-Laurent, Montréal.i t Jeannette dit Cap.— Voyez cette impénétrable qui demande à être analysée et qui, d'ailleurs, remplit fort bien les conditions.En fait, l'impénétrabilité, chez elle, n'ex- clut en rien la parfaite loyauté, mais sert à masquer sentimentalité, la grande tendresse, la tendace au dévot la - .dévoue- ment, choses exquises, assez inattendues dans une Jeannette cultivée, au goût sobre et sûr, à la grande activité intellectuelle, à la volonté ferme, nette; constante, même sèche et dure, et parfois violenté.De douceur et d'imagination, je ne vois pas trace, mais du sérieux, par exemple, de la prudence, du sens pratique et une manière précise de voir les choses avec tous leurs menus détails et une façon claire et facile de les présenter qui-doit faire très intéressante, sa conversation.Elle aime à parler, d'ailleurs, en laissant sous clef, sa personnalité intime.De manières simples, je lui donne de la tenue, plutôt que de l'orgueil, un grain d'égoïsme, et un grand l>csoin d'être approuvée et.rassurée.Elle est un peu craintive et très défiante.Loîdc.— Veuillez lire les conditions ci-dessus.Le Graphologue.POUR LE FOYER MA BONBONNIERE "C'est ce soir, tu sais.Gertrude, la surprise!" — Oh! je ne me tourmente guère, Yvonne.Que pouvons-nous avoir de mieux que les beignes au chocolat de jeudi dernier.J'en ai faits, chez-nous le lendemain.et c'était réussi ! Tous les ont déclaré délicieux, et m'ont recommandé de nie souvenir du compliment.Et chacune de raconter les expériences.C'est en effet le cours d'art culinaire, ce soir, au Patronage.Dans la salle de récréation, elles sont vingt-quatre patronnées attendant l'heure réglementaire pour pénétrer dans la cuisine.Certes, toutes les classes du Patronage sont assidûment fréquentées, mais la leçon de cuisine semble avoir encore plus d'attraits.C'est que là, le succès est toujours concret, et de plus, Mademoiselle, la directrice, qui est aussi professeur d'art culinaire, a promis une surprise pour ce soir.Enfin, il est 7.15 heures.Mademoiselle ne tarde pas à venir chercher les élèves.A peine a-l-elle entre-baillé la porte, qu'un "Bonsoir, Mademoiselle"! la salue avec plus d'entrain que jamais.Les enfants connaissent cette politique de se faire aimable en prévision d'une faveur.Nos patronnées vont donc prendre leur place accoutumée à la cuisine.Bientôt, tous les yeux se tournent vers le petit tableau et lisent: "Ma bonbonnière" Oui, c'est cela votre surprise, ajoute Mademoiselle.Chacune, ce soir, apprendra à préparer sa bonbonnière, et celles qu'elle voudra offrir j'espère que vous^ ferez partager votre plaisir, et votre petite science: c'est le moyen de grandir l'une et l'autre.Surtout faites large la part de vos parents."Certainement, Mademoiselle, répond Jeanne, que cette petite morale impatiente.Aurons-nous plusieurs reeettes?"Oui Jeanne.Voila qui vous ira bien : nous commençons par le bonbon appelé "Patience".Il se compose de deux parties: Première partie : 1 tasse de sucre 1 tasse de lait ou crème Deuxième partie : 2 tasses de sucre ^ 1 tasse de lait ou crème.Thermomètre (spécial pour la cuisson)."Je fais caraméliser une lasse de sucre.Qu'est-ce déjà que caraméliser, Berthe?—"C'est faire fondre le sucre sur le feu, sans eau." — C'est cela.regardez, le voilà à point.J'ajoute le lait.le sucre (2e partie).et le lait.Je plonge le thermomètre que je laisse monter jusqu'à 240°.En attendant qu'il soit à ce degré, nous nous occuperons, tout en surveillant.Claire, lisez à haute voix, les recettes écrites au tableau, afin (pie celles qui auraient besoin d'explications puissent les demander." Claire commence: * * * Nougat 2 tasses sucre J/j tasse eau J j tasse sirop de blé d'inde 2 blancs d'oeufs 1 c.à thé crème de tartre Cuire le sucre avec l'eau, le sirop de blé d'inde et la crème de tartre jusqu'à 230 degrés.Verser petit à petit, la moitié de ce sirop sur les blancs d'oeufs battus en neige.Cuire le reste du sirop jusqu'à 270° ; ajouter au premier mélange.Battre pour faire prendre; mettre refroidir dans un plat beurré.Couper en cubes.* * * "Butter scoth" à la crame.2 tasses cassonade 1 c.à thé beurre, 1 pincée de sel 2 c.à table eau.* .Mêler le tout, mettre sur un feu doux, cuire sans brasser jusqu'à ce que le mélange soit presque cassant dans l'eau froide.Mettre refroidir dans des assiettes beurrées.Quand le bonbon commence à froidir, le jeter sur du marbre ou du zinc, placer dessus la crème à laquelle on a donné la forme de Ixnulin enrouler la tire autour, l'allonger et couper en petits coussins.Crème pour le "butter scoth": 24 tasse sucre en poudre Quelques gouttes lait et vanille.En former une pâte. 8 Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1020 Vol.VIII.No 12.Chocolats aux fruits.1.— Pruneaux.Vj 11).Pruneaux l/2 11), sucre Chocolat "dot"#( % de lb.) Cuire les pruneaux, enlever les noyaux; remettre sur le feu, avec le sucre et ]/i tasse du bouillon de pruneaux.Laisser jusqu'à 235°.Retirer du feu, faire refroidir; former de petits cubes à l'aide de sucre blanc, les plonger un à un dans le chocolat fondu au bain-marie et légèrement refroidi.Déposer les cubes sur une toile cirée et laisser sécher au froid.îjï î{î j|s 2.— Dattes.I lb.Dattes ]/A lb.chocolat "dit" 3 onces noix Grenoble.Enlever les noyaux des dalles, les remplacer par ]/2 livre noix, et plonger dans le chocolat.Faire refroidir comme les pruneaux."Vous avez bien mérité de vous reposer, Claire.Notre "patience" est terminée.Le thermomètre indique exactement 240°.Pauline, déposez la casserole dan; l'eau froide et battez quelques minutes, pendant que Lau-rette prépare un plat beurré.( )n peut, selon sa générosité, avant de verser, ajouter à la "patience" des noix ou du coco.Soyez attentive, Pauline, le bonbon achève.N'attendez pas qu'il devienne granulé.— N'est-ce pas fini, Mademoiselle?— Oui, Pauline.déposez le plat près de la fenêtre ouverte.Nous couperons en petits cubes, tout à l'heure ' Pour varier le goût et l'apparence, on passe quelques cubes de patience et de nougat dans le chocolat, tout comme on fait des fruits.Luce, donnez à chacune un morceau de bonbon.Comme d'habitude, nous garderons la plus grande partie pour nos pauvres de la Saint-Vinccnt-de-Paul." "Avoue, Gertrude, que ce plat surpassé les beignes au chocolat, reprend Yvonne." II est S.55 heures.C'est le départ."Merci! Bonsoir, Mademoiselle! Vive le Patronage." Une amie du Patronage du Saint-Enfant-Jésus.LES GRELOTS Ding! Ding!.c'est le traîneau qui passe; Oui (île sur la glace.Dans l'entrain des galots.Et sur la neige dure, au son vif des grelots.Ding! Ding! Ding! au traîneau faites place! C'était un soir d'hiver, Un beau soir éclairé d'un sourire d'étoile, La neige, ainsi qu'un voile.Nimbait le front rêveur, le grand front du désert.'l'ont se taisait dans l'air.Le vent dormait, là-bas, au froid, parmi les branches Où sont des larmes blanches.Les cloches de Noël attendaient le signal Des longues sonneries.O cloches, reposez!.Car l'hymne virginal, — Réveil des bergeries — N'a pas encor vibré dans le plus haut des Cieux! * * * Par la sente froide et le silence, J'allais, cherchant des yetix, Un rien.quelque point d'or au ciel immense, Quelque nid vide.un souvenir; Une espérance.* * * Soudain, j'ai tressailli! J'entends, j'entends venir Très loin, dans leur cadence.Et des galots, Et des grelots, Sonnettes claires Oui sautent, vont par bons joyeux Très loin, très loin dans l'espace neigeux.Oh ! la belle musique au seuil des sapinières.Par les ravins, les lacs et les rivières, Notes d'un soir berçant le rêve des chaumières.* * * Noël! Noël!.Hardi! légers traîneaux Sous la feuillée De givre aux vieux ormeaux, Accourez aux hameaux Pour la veillée!.* * * Ding! Ding!.Sur la route il s'en vient ?Le "sledge" canadien! Du rouge à tors les bords: et du rouge aux figures.Sous l'abri des fourrures.Et de l'écume au p >itrail des coursiers.Les étranges colliers, lambeaux d'hermine aux cous d'ébène.Fantômes noirs rasant la blanche plaine, \'A des éclairs dans les grands yeux, Comme des feux, ( |ui dans la nuit jettent leurs flammes! Kt de la joie au fond des âmes Par les chemins frilleux !.* * * Dong! Ding!.C'est le traîneau qui passe: Qui file sur la glace Dans l'entrain des galots.Kt sur la neige dure au son vif des grelots.Dong! Ding! Ding! Au traîneau faites place! * * * C'était un soir d'hiver.Par la sente froide et le silence J'allais tout seul.O souvenance! Et je te vis passer, passer comme un éclair Petit traîneau rapide Ht les galops! Et les grelots! Quand la neige se ride Sous ton acier limpide Qui saute et va joyeux Très loin, très loin, par l'espace neigeux.Sur la route silencieuse Tout avait disparu.Sur la route lumineuse Où le traîneau furtif avait couru.L'heure était calme: elle montait, sereine.Tout en blancheur de par la froide plaine.Et de l'autre côté des horizons glacés, Mon coeur vous a revus, ô mes vieux jours passés! Vol.VIIT.No 12.Montreal — LÀ BONNE PAROLE — Décembre 1920 Qu'est-ce donc que cette vie Où Ton va, l'âme ravie Parce que des mots d'amour Nous ont rejoints quelque jour?.Une course en traîneau, du berceaux vers la tombe.Une course rapide avant la nuit qui tombe.L'épreuve et le chagrin: c'est le froid de l'hiver; L'étoile de l'espoir brille aux lointains de l'air.Et l'on va tous ses jours; et l'on parcourt l'espace En de fiévreux galops! Sur la neige du Temps on laisse un peu de trace, Et le bruit des grelots Qui charmera des coeurs, et puis s'éloigne, et passe! Ils vont, pauvres traîneaux, chacun vers l'Idéal Entrevu quelque part, plus loin que notre terre.Et le vent glacial Fera la route austère.Qu'importe le chemin Si Dieu nous tend la main!.Allons par nos Sentiers au Pays des étoiles, Au pays des Noëls qu'on chante dans les Cieux.Très loin, très loin, l'azur ouvre ses voiles, Vers la grande veillée où "jasent" les aïeux! * * * Et comme je rêvais d'une route infinie Plus loin toujours au Pays du bonheur.Un carillon nocturne a vibré d'harmonie Noël! Noël! Voici le Bon Seigneur! Ding! Ding! C'est le Bonheur qui passe.Qui sourit dans l'espace; Le vol des angelots Dans la nuit de Noël, comme un son de grelots: Ding! Ding! Ding! Au Seigneur faites place! Benoît de Cistcl.Noël a,u pays On est à la Noël.Partout dans la campagne, sur la vaste étendue, les longues routes blanches sont constellées.Entre leur bordure verte de sapins, — ces bouées fleuries, guides du voyagur dans la plaine immense et nivelée par l'hiver, — on les voit courir et se croiser a travers les champs combles.Et c'est comme une procession, ce long cortege de traîneaux venant de toutes parts, s'acheminant tous vers l'église du village.La rosse qui les tire, indifférente au froid comme a la gravité de l'heure, trotte sans hâte, d'un pas égal et rythmé., f De ses naseaux l'haleine s'échappe en fumée lumineuse- mais cette ressemblance lointaine avec les coursiers olvmpicns, dont les narines flamboyantes lancent des éclairs en est une bien trompeuse cependant, car, voyez la pauvre bête — par exemple la dernière là-bas avec cette lourde charge — les ardeurs guerrières sont depuis longtemps mortes en sa vieille charpente.D'un contentement égal elle porte au marche la poches pleines, ou, comme en ce moment, la famille a la messe de minuit., Le pauvre cheval n'est pas ne du printemps.d'autres encore qu'on a laissé à la maison, s'il ne les a pas vus naître, du moins les a-t-il tous, chacun à son tour, menés à l'église petits infidèles, pour les en ramener petits chrétiens.L'histoire de ces vieilles bêtes est celle de leur maître.Jeune et fringant, le bon animal brûla jadis le pavé pour conduire chez sa "blonde" le père d'aujourd'hui.Et, depuis, ils cheminent ensemble dans la vie, se supportant réciproquement, travaillant côte à côte, indispensables l'un à l'autre, se retrouvant toujours aux heures solennelles, aux moments d'urgence, moments où le plus humble des deux devient parfois le principal acteur.^ Quand il s'agit, par exemple, de longues courses pressées, l'hiver, par les chemins débordés, au milieu de la "poudrerie" que soulève l'aquilon; l'automne, quand le pied s'embourbe et se dégag avec peine dans les sentiers boueux, et l'été sur les routes sans ombrage.Elément obligé des joies de la famille, il conduit aujourd'hui "les enfants" à la messe de minuit; cette fête unique pour les petits et les simples; fête mystérieuse où ils retrouvent dans la touchante et poétique' allégorie de la Crèche, la reproduction tangible, comme un incarnation des choses vagues et douces, du merveilleux qu'ils voient parfois flotter dans les rêves de leur sommeil paisible ou dans les fantaisies de leur imagination naïve.Les deux plus jeunes de ces six heureux, enfouis, émus et recueillis, dans le fond du traîneau, y viennent pour la première fois.Tandis que le père, des qu'on est arrivé descend le premier et se met en devoir de tirer les petits de l'encombrement des "robes", le plus grand saute à terre pour jeter la meilleure et la plus chaude peau sur la bête qui fume.Et pendant qu'on l'attache, les mioches, rangés sur le perron de l'église, engoncés, raides comme des mannequins dans leurs gros vêtements "d'étoffe du pays" regardent et disent tout bas : — Pauvre Bidon, il ne verra rien ! Puis on les pousse dans le vestibule, où la main paternelle enlève de leur tête, la "tuque" de laine profondément enfoncée.Les cheveux suivent le mouvement, et dmeurent tout droits, hérissés.Qu'importe! les pet'its hommes, le coeur serré, ne quittent pas des yeux le chef de famille, prêts à obéir au premier signe.A peine osent-ils passer en hâte leur grosse mitaine au bout de leur nez et sur leurs yeux où le froid a mis des larmes.A travres la lourde porte on perçoit quelque chose de doux et de troublant, quelque chose d'exquis comme un chant pour endormir les anges.Soudain cette porte I s'ouvre toute grande et les marmots extasiés le regard attaché sur les mille feux de l'autel, avancent inconsciemment, marchent comme dans un rêve, jusqu'à ce qu'on les retienne par leur habit.Tandis que la foule s'agenouille et s'incline autour d'eux, ils restent debout, sans mouvements, absorbés par la vue de la grotte de sapins, cristallisée de sel, représentant la neige sous laquelle gît presque nu, le Petit-Jésus tout blanc, tout mignon, tendant les bras en soureiant aux fidèles qui l'adorent.Certes, il ne fait pas chaud dans l'église; l'haleine y monte comme l'encens, en spirales blanches, vers la voûte noire.Aussi, malgré la présence du boeuf et de l'âne de la crèche, les petits gars se disent-ils en eux-mêmes que cela leur semble bien insuffisant.Ils craignent beaucoup que le bon Jésus ne irrelotte.aussi légèrement vêtu.Mais il y a là la sainte Vierge toute sereine et presque souriante; elle s'en apercevrait bien, elle, puisqu'elle est sa maman, n'est-ce pas, s'il avait trop froid. 10 Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1920 Vol.VIII.No 12.Qu'importe! voilà saint Joseph avec un grand manteau rejeté en arrière et dont il n'a que faire.S'il le lui mettait, ça ne serait pas de trop assurément.Mais non pourtant.Cela doit être.11 faut que l'adorable Jésus souffre pour les hommes.afin d'expier leurs péchés! On leur a.souvent raconté cela.Mais pourquoi les vilains hommes ont-ils fait des péchés Leur coeur se soulève, s'emplit soudain d'une grande indignation.Un violent désir de venger le Petit-Jésus les saisit.Des gros mots — les plus énergiques de leur vocabulaire enfantin — d'éloquentes invectives leur montent aux lèvres pour flétrir les ingrats qui lui font tant de mal.Ils vont le prendre et l'emporter.Ils vont le mettre dans leur lit — eux coucheront à terre plutôt! Ils vont le couvrir de tout ce qu'il y a de chaud et de moelleux dans la maison!.L'on verra bien ensuite si les méchants oseront venir le leur ôter!.Et les pauvres innocents, navrés, tout frémissants de la tempête qui vient de passer en eux.reniflent tout bas, pris d'une grosse envie de pleurer.Tout à coup la musique cesse.C'est comme si une main brusque chassait leur rêve en les réveillant brutalement.La grotte de sapins s'emplit d'ombres, et au milieu d'un vilain brouhaha, on les entraîne dehors où le vent glacé les soufflette au visage.Sans un mot ils se laissent tasser, encapuchonner, envelopper dans les fourrures, sentant gronder en eux une sorte de mauvaise humeur rageuse qui se fond bientôt en un immense besoin de dormir.A la maison on les sort de leur nid comme des sacs de farine — par les deux bouts.On les déshabille, on les couche sans qu'ils en aient conscience, sans qu'ils prennent même part à ce fameux réveillon dont ils ont vu les apprêts alléchants, et qui devait, dans leur espoir d'hier, couronner si délicieusemnt la fête.Leurs nerfs agités se reposent, dans un sommeil de plomb, de la secousse qu'ils ont subie.Et ce sera demain le débordement des impressions, les emportements, les questions sans nombre, l'adorable histoire enfin des âmes neuves s'ouvrant une première fois à la perfection des choses de la vie.Et, certes, sous quel plus pur et plus chaud rayonnement que celui de la crèche divine, à quelle plus belle %aurore pouvait s'opérer cette fraîche éclosion! Vive Xoël toujours pour les mignons et les innocents! ./ osâphinc-M.Dcuidurand.UN APPEL (/y Nos fidèles abonnés voudront bien se rappeler que leur contribution de $1.00 (avec 50 p.c.de remise aux membres d'associations professionnelles, etc.) devient due en janvier.Ils nous reluiront service en l'acquittant sans autre avis.Tout retard clans le paiement de-l'abonnement impose à l'œuvre des sacrifices qui entravent son action, et nous aurons le regret d être obligées de supprimer de nos listes les noms de ceux qui ne répondent pa^ à notre apel très pressant.xidresser par bons de poste ou chèque à chambre 3 Monument National, Boul.St Laurent.* ©F § * i | I I * (fil.» (fi-* Vol.VIIT.No 12 Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1920 ii | LES CERCLES D'ETUDES | Rapport du cercle d'études du Saint-Enfant-Jésus 1919-1920.Kn consultant, pour la préparation de notre rapport, les minutes de notre cercle d'étude, nous ressentons une impression assez favorable — l'assistance à nos assemblées étant plus considérable que les années précédentes.Nous accusons aimablement notre directeur l'abbé Per-rier, d'être la cause de celte recrudescence de membres chez nous.Nous savons combien il se dévoue aux oeuvres de jeunesse, aussi, plusieurs jeunes filles ont amené à ces séances quelques nouveaux membres, pour les faire bénéficier de cet enseignement pratique, que M.le curé sait rendre agréable aux jeunes intelligences.Notre cercle compte 22 membres cette année; il n'est pas exclusivement paroissial — 6 nous viennent de la paroisse Saint-Jean-Baptistc — 2 de la paroisse Saint-Jacques — 1 de la paroisse Saint-Denis — et 13 du Saint-Enfant-Jésus.Nous avons eu 11 réunions; trois de ces séances ont compté 9 membres — deux, 12 membres — deux, 14 membres — trois 15 membres et une 16 membres.L'oeuvre de notre cercle d'étude est le Patronage des Jeunes Filles, la plupart d'entre nous ont pris ou prennent part présentement à cette oeuvre de charité, qui répond si bien aux besoins sociaux de notre temps, —r Plusicurs de nos jeunes filles font partie de la Caisse-Dotation.Le cercle possède aussi une "boîte aux questions" — ces questions se rapportent surtout aux idées religieuses les plus controversées de notre époque.Voici le programme de nos clinics pour celle année: • Education familiale.1.—Euulc des qualités, des défauts, des tendances (les enfants.Observations nouvelles, méthodes, conclusions pratiques.2—Tares héréditaires, moyens d'en prévenir les inconvénients.3.—Développement de l'esprit d'observation.4.—Développement de l'initiative, de la responsabilité.5.—Etude dans la famille des aptitudes de l'enfant, leur développement au point de vue d'une carrière.6.—Comment la famille peut contribuer à l'éducation morale de l'enfant.7.—Formation de la conscience de l'enfant.Voici maintenant pour In partie littéraire: Le roman contemporain (depuis 1850).1.—Victor Hugo.2.—Georges Sand et Alfred de Musset.3.—Gustave Flaubert.4.—Emile Zola.5.—Les Concourt.6.—Alphonse Daudet., 7.—Guy de Maupassant.8.—Paul Bourget 9.—Pierre Loti.* L'humble travail accompli par le cercle d etudes du Saint-lui faut-Jésus au cours de l'année 1919-1920 nous rappelle les bons conseils de Mgr Tissier: "Une femme n'a pas le droit de gémir sur les mauvaises lois, les mauvais livres, les mauvaises écoles.qu'elle agisse pour changer la face des choses"! — Voilà ce que chacune d'entre nous tend à devenir en travaillant à développer les connaissances théoriques et pratiques propres à nous faire toucher le but que nous ambitionnons.libertine Mcthot, sccrctairc-lrcs.Montréal, ce 24 avril 1920."La i journée sociale de la jeune fille." ACTION.— Dans les oeuvres.1.—L'oeuvre ne s'oppose pas à l'action au foyer, mais la complète; elle fournit à l'effort isolé le levier de l'association.2.—Toutes les oeuvres n'ont pas la même valeur: la fin et le motif qui les inspirent en déterminent la valeur.Montrer l'opportunité des oeuvres sociales et leur inspiration charitable.3.—L'efficacité des oeuvres dépend de la persévérance et de la coordination des activités qui y concourent.Comment nous devons nous dévouer aux oeuvres.Quelques exemples et suggestions.lire : Les femmes du monde et les ouvres sociales, Flornov, act.Top.La préparation sociale de la femme, abbé Thel- lier de Poncheville.L'esprit des oeuvres sociales, Louis Durand.Oeuvres sociales de femmes, Paul Acker.Françaises, action Populaire de Reims.' Initiatives féminines, Max.Turmann.Les vies sociales, Maze Sender.• " Tract licol.Soc.Pop.5, 6, 16, 65, 66, 67, 68.LA LIGUE DES DROITS DU FRANÇAIS- )iïre une remise de 50% sur l'achat des billets des conférences Beaudé, à tous les membres de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, sur présentation d'une carte de membre.Qu'on se le dise.BANQUE D HQCHELAGA Capital autorisé: $10,000,000 — Capital versé et Total de l'actif, $12,500,000 Fonds de réserve : $7,700,000 CONSEIL DE DIRECTION: J.A.Vaillancourt, Président; Hon.F.-L.BéTejtie, Vice-Président; A.Turcotte; E.-H.Lemuy ; Hon.J.-M.Wilson; A.-A.Lnrocque; A.-W.Donner.— Boaudry Léman, Gérant général; F.-G.Leduc, Ocrant du bureau principal; Y von Lamarro, / nu prêteur ; J.-C.Thivicrgo, Contrôleur.Toute personne pout ouvrir un compto h notre département d'épargne, avec un dépôt de % 1.Nous accordons l'intérêt au plus haut tau* XJur&M à tout le* dépôt» d'opargne. 12 Montreal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1920 Vol.VIII, No 12.LE COIN DU TRAVAIL [ m * * '4-; ! m AUX ASSOCIATIONS PROFESSIONNELLES "Vous serez victorieuses, parce que vous avez l'intelligence du bien et la passion du bien." Sa Grandeur Mgr Gibier, prononçait ces belles paroles à la clôture de la huitième semaine sociale, tenue à Versailles au mois d'août dernier, par la Fédération des Syndicats professionnels féminins de France.Avec Mgr Gibier ne pouvons-nous pas dire, à chacune des quatre associations professionnelles féminines qui se groupent sous l'égide de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste : vous serez victorieuses parce que vous avez l'intelligence du bien et la passion du bien?Oui, certes, elles comprennent et elles aiment le bien, ces femmes, employées de bureaux, de magasins, de manufactures; ces femmes, directrices elles-mêmes de maisons d'affaires, qui, il y a dix, treize, quatorze années, jetaient les bases d'associations merveilleuses, dans le but de développer, non pas les seuls intérêts professionnels de leurs membres, ce qui eut été déjà fort légitime, mais aussi la valeur sociale, la valeur morale de la femme, la préparant admirablement à l'accomplissement de tous ses devoirs de membre de la société et de chrétienne.Maintes victoires marquent déjà les différentes étapes de leur vie, mais comme le chemin du bien mène loin, elles n'ont pas voulu s'arrêter à ces premiers succès.La lutte d'ailleurs, n'est-elle pas toujours à recommencer; ne se fait-elle pas toujours sur le même terrain : celui des passions, des préjugés, de l'apathie, de l'égoïs-me?Et par le temps qui court, ne faut-il pas ajouter un danger plus grand encore?Le danger de certaines associations nouvelles, dites neutres ,à surface séduisante, qui tendent la main en amies, qui cherchent à supplanter nos associations catholiques, qui parviennent de fait à enrôler un bon nombre des nôtres.Nous aurons occasion d'en parler plus longuement l'un de ces jours, dans le Coin du Travail.Pour le moment, nous désirons vivement signaler à ces -vaillantes, qui ont si intelligemment compris de quel apport leur serait l'association dans la poursuite du bien dont elles ont la passion, un puissant moyen de seconder leurs efforts.Il est vrai qu'elles trouvent, ces quatre associations, dans l'unité de but qu'elles se sont donnée; dans un échange sympathique de vues, de connaissances ; d'expériences précieuses, que favorise un cercle d'étude commun à toutes; dans une étude sérieuse des intérêts professionnels de chaque association, et qui se fait dans des réunions mensuelles; il est vrai dis-je, que nos associations trouvent dans toutes ces choses, un encouragement et une puissance d'action, qui décuplent leurs forces respectives.Mais pour que cette unité de but, ce cercle d'étude, ces réunions mensuelles, pour que le dévouement et la bonne volonté de chacune donnent leur plein rendement, ne faudrait-il pas que toutes les associées sans exception puissent en profiter?— Ne faut-il pas pour que l'arbre soit fort, que la sève qui monte des racines atteignent tous les rameaux?Et pourtant combien, qui se sont inscrites de tout coeur, ne peuvent participer à la vie même de l'association, en connaissent à peine l'esprit, ne peuvent profiter de ses enseignements, faute de pouvoir assister à toutes, ou à la plus grande partie de ses réunions.Comment remédier à cet état de choses?C'est le moyen que nous croyons efficace et que nous voulons vous soumettre.Nous croyons que le journal peut en quelque sorte tenir lieu (\q réunions, pour celles qui sont empêchées de s'y rendre; ou fortifier chez celles qui y assistent déjà le lien de solidarité que crée l'association entre tous ses membres.Le journal, c'est le visiteur, l'ami toujours attendu et toujours bien accueilli, parce qu'il intéresse, distrait, renseigne, sert, sans demander de retour.C'est ainsi que se présente la "Bonne Parole", et c'est afin de servir les intérêts particuliers des associations professionnelles, qu'elle met chaque mois, quelques pages à leur service.Ce Coin du Travail, la direction veut lui donner avec l'année nouvelle, une recrudescence de vie, mais en retour elle demande aux associations leur collaboration.Il ne suffit pas en effet que le Coin du Travail, entre bien dans l'esprit des associations, tienne en éveil l'intérêt des sociétaires, s'efforce de seconder les efforts de chacune; il faut encore qu'il soit reçu et lu par toutes.Avec janvier donc, se fera une propagande active en faveur de la "Bonne Parole", auprès de chaque association professionnelle; et nous demandons à celle-ci de favoriser cette propagande, par tous les moyens qui sont en son pouvoir.Les abonnées savent déjà, qu'une remise de cinquante pour cent est faite aux associations, sur le prix d'abonnement, ce qui réduit celui-ci à cinquante sous par année.C'est peu, et le journal compte surtout pour vivre, sur celles à qui il est utile.Puisqu'avec le premier de l'an, les souhaits sont à Tordre du jour, formons ceux de compter parmi les plus ferventes abonnées de la "Bonne Parole", les quelque deux mille membres de nos belles et grandes associations professionnelles.Georgette Lemoyne.NOS AUTEURS FEMININS, par Georges Bellerive.C'est le titre d'un nouveau livre de luxe dont M.Georges Bellerive est l'auteur et qui intéresse vivement la femme canadienne.Il nous entretient de 39 de nos auteurs féminins et nous fait l'histoire de la littérature féminine dans notre province depuis son origine.Sa couverture est illustrée, et il contient la photographie de 24 de nos auteurs féminins.C'est un livre attrayant à se procurer et à donner en cadeau de fête. Vrtl.VIII.No 12.Montreal — LA BONNE PAROLE Décembre 1920 13 Notre Courrier Nouvelles féminines — En Angleterre_A Oxford, des grades universitaires viennent d'être conférés à des femmes pour la première fois.A Cambridge, on n'en est pas encore venu à cette innovation.Aux Etats-Unis: c'est une femme qui a obtenu la plus forte majorité républicaine aux récentes élections, .Miss Martha Auntie, élue juge de paix à Camden, N.-J.En Allemagne : on dit que le nouveau régime en Allemagne se montre très favorable aux femmes.Trente-sept femmes siègent au parlement national et plus d'une centaine dans les législatures provinciales.Ces membres féminins représentent toutes les opinions politiques, mais elles sont résolues de mettre de côté les divergences de vue lorsqu'il s'agit des questions se rapportant aux femmes et aux enfants.Une association de femmes élec-t rices s'occupe de la préparation des projets de loi formulés dans ce but.Au Canada : le comité exécutif de la "National Council of Women" s'est réuni cette année à Peterboro, Ontario.Parmi les résolutions adoptées par les déléguées s'en trouve une demandant des vues cinématographiques plus choisies, ainsi qu'une meilleure représentation féminine au bureau de censure; une autre recommandant que toutes les sociétés affiliées s'efforcent de travailler contre les habitudes de luxe qui s'infiltrent dans la société, dans le but de ramener plus de simplicité dans la vie, particulièrement du côté de la mode.G.R.des J.Nouvelles féminines: — Le congrès de la "American Hospitals Association", tenu à Montréal, au courant du mois d'octobre, a été l'occasion pour nous de constater comment nos admirables soeurs de Charité peuvent répondre aux besoins de l'heure.L'une d'elles, la Mère Desnoyers, de la Maison Mère, a lu un mémoire des "services dans les Hôpitaux depuis deux siècles" et des "oeuvres de charité des soeurs Grises" devant cette docte même en résumé, ces intéressants rapports; mais l'extrait suivant donne en quelques mots la raison d'être de cette association des Hôpitaux.En même temps, on constatera le bien qui découle d'une parfaite coopération entre les diverses catégories de personnes qui se dévouent à l'humanité souffrante: "C'est la fraternité des nations de guerre alliés en Turquie, officier de l'Instruction publique.CHRONIQUE INTERNATIONALE Comité catholique d'études internationales.Sur une initiative partie de Fribourg, un comité international d'études et d'action religieuses et sociales s'est constituée récenment dans cette ville, avec l'adhésion d'un certain nombre de hautes personnalités catholiques de divers pays.Le but essentiel de la fondation nouvelle est d'étudier l'application des principes du droit des gens chrétiens aux problèmes internationaux de l'heure présente, d'assurer autant qu'il dépendra de ses forces, la défense des intérêts catholiques dans leurs rapports avec la Société des Nations, et de donner conscience aux milieux catholiques du rôle bienfaisant que celle-ci peut être appelée à jouer dans le inonde de demain.Le comité a décidé à cet effet d'organiser un Secrétariat permanent, qui a son siège à Fribourg, et qui a reçu mission de préparer la réunion à Paris, au cours de l'année 1920, d'une conférence catholique internationale dont l'ordre du jour est ainsi arrêté dans ses grandes lignes.Sa Sainteté Benoit XV a daigné, dans une lettre du 9 février 1920, adressée au comité par l'organe de son représentant, Mgr Maglione, accorder son encouragement à l'œuvre naissante, qui lui avait respectueusement soumis son programme et qui se maintiendra en étroite communication avec le Siège apostolique.Pour toute demande de renseignements, s'adresser à M.le professeur de littérature française.Chércl, à Schœnberg, Frilxnirg.• • »- ANGLETERRE.Le message dit cardinal Bourne aux catholiques an-(/lais.— Ce grave document renferme d'opportunes leçons qui conviennent aux catholiques de tous les pays : C'est ainsi que l'archevêque de Wesminster rappelle le devoir des catholiques comme citoyens."Le moment est venu pour tous les catholiques, dit-il, de réfléchir très sérieusement à leurs devoirs de citoyens et à la contribution particulière au bien-être commun qu'ils sont en mesure d'apporter comme représentant une antique et universelle tradition.L'Eglise catholique a aidé, dans les temps passés à faire sortir du chaos, l'ordre sociale; beaucoup de nos concitoyens pensent que son aide doit être grandement désirée j>our la reconstruction de demain.Ils reconnaissent, par exemple, qu'elle est capable de combiner la stabilité sociale avec la lil>erté et ainsi d'éviter à la fois l'anarchie et la tyrannie, où notre pays peut être aisément entraîné.'1 Le cardinal constate la fermentation qui règne dans les esprits; ces tendances sociales ont besoin d'être dirigées et c'est la mission qui s'impose aux catholiques."Ils travaillent pour la stabilité sociale et la liberté, pour la justice et la charité, et tâcheront de réunir dans l'unité nationale les classes divisées et aigries." Le moment est venu pour les catholiques de saisir l'occasion, et cette occasion peut ne jamais revenir.Le cardinal Bourne recommande avant tout la prière fervente, la fréquetation des sacrements.l'excmple d'une bonne vie catholique.Mais il recommande en outre une réelle compréhension à la fois des conditions et des tendances sociales présentes et des principes qui nous rendront capables de les résoudre équitablement.Il indique comme moyen d'action les cercles d'études sociales, la littérature sociale catholique, enfin les associations catholiques."Le travail de ces associations, dit-il, doit être constructeur.Le but n'est pas simplement de contredire les faux principes ou de protester contre l'injustice, mais de construire; positivement, un ordre sociale chrétien." 14 Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1920 Vol.VIII, No 12.bcs 0eùx Femmes de Bethléem =====:======: Comte de TsToel ============= Toute pauvre, toute nue, solitaire sur la pente de la colline, l'etable se recueillait connue quelqu'un qui porte un beau trésor ou un grand secret.Les anges n'étaient plus visibles aux veux des mortels; les bergers s'en étaient retournés à leurs pacages, et, la veille au soir, on avait vu descendre et s'en aller les rois de l'Orient en un splen-dide cortège.Maintenant, les cimes et les vallées frissonnaient à la bise dure de décembre: le paysage triste ressemblait à ces lieux où la fête fut grandiose, et qui paraissent garder pour quelques jours l'écho des chants, le reflet des lumières et le vague parfum mourant des fleurs emportées.A l'intérieur de l'etable, Joseph et Marie étaient inquiets.Joseph n'avait pu garder pour lui seul son grand secret.Une voix lui avait parlé en songe: "Lève-toi, disait-elle, prends l'enfant et sa mère, fuis en Egypte, car Hérode va chercher l'Enfant: il veut le perdre." Et Marie savait tout.Mais comment partir?Elle n'avait rien pour un tel voyage.11 fallait des langes et quelques bardes pour le petit Jésus; elle avait besoin elle-même de raccommoder ses vêtements fatigués par la longue route de la semaine dernière.Elle s'était mise à l'oeuvre à la fine pointe de l'aube.Elle travaillait, elle cousait, elle reprisait : et ses mains étaient fébrile, et ses paupières étaient rouges.Le moindre bruit venu d'en bas lui donnait le frisson, car c'était peut-être un sicaire d'IIérode qui montait, et la divine Mère s'alarmait en son coeur.Vers la deuxième heure du jour, une femme se présenta sur le seuil de l'etable.Elle était singulière dans son vêtement et dans son attitude.Vraiment elle ne ressemblait à aucune des filles de Jacob.Son voile était si lestement posé sur le front qu'on eût dit qu'elle cherchait à n'en point avoir.N'eût été sa voix, sa voix légère, aux inflexions douces, Joseph l'eût prise pour un homme.Et elle portait sous le bras un gros parchemin roulé.Joseph vint à sa rencontre : — Rabbi, dit-elle, si c'est toi le père de l'enfant qu'ont annoncé et célébré les poètes, Rachel, fille de Lévi, te salue.Et elle s'inclina.Joseph ne savait que dire.Autant il avait été familier avec les pasteurs de la montagne, autant il se trouvait gêné devant cette visiteuse imprévue.Et, l'esprit encore plein de sa vision nocturne, il hésita ne sachant trop si la femme venait de la part de Dieu ou de la part d'Hérode.Elle dit: — La grande nouvelle circule dans la ville.J'accours de Jérusalem; je viens saluer le Dieu nouveau.Et elle entra.Et la scène fut étrange.Marie avait posé son ouvrage et pris son fils sur les genoux.Devant elle, Rachel se prosterna, mais avec une solennité cérémonieuse.Et Marie, la voyant, se disait qu'elle était moins simple que les anges, moins gracieuse que les bergers^ Rachel se mit à déclamer des paroles d'emphase.Elle disait: "Petit enfant, j'ai lu tous les livres des poètes, ceux d'Israël et ceux des Gentils.Us ont dit de toi des choses étonnantes.Petit enfant, je t'apporte l'hommage des grands penseurs !" Et, déroulant son parchemin, elle commença de réciter des vers qui venaient de Rome.On eût dit qu'elle chantait, tant le rythme des phrases ressemblait à une musique.Elle disait l'oracle de Virgile: "Voici venir le temps prédit par la sibylle de Cumes.La Vierge revient, et l'âge d'or revient avec elle, Une race nouvelle descend du haut du ciel.," Joseph et Marie écoutaient, interdits un peu.Ils ne comprenaient rien à cette langue.Us restèrent graves cependant, même lorsque Rachel se fit câline pour dire les vers si doux: "Petit enfant, commence à connaître ta mère par son sourire!" Quand elle eut fini, elle se releva.Le petit Jésus s'agitait et pleurait; comme s'il"eût voulu dire qu'il en avait assez, bille interrogea.Joseph ne put* se retenir de lui confier ses inquiétudes, qu'il devait partir au plus tôt et mettre l'enfant à l'abri des colères d'Hérode.Alors Rachel chercha dans sa mémoire; elle fut sublime de nouveau ; elle dit : "Les poètes l'ont annoncé encore.Ton fils est pareil au Prométhée des Gentils.Il apporte, comme lui, la lumière du ciel.Il sera proscrit et enchaîné; il souffrira de la ruse et de la violence." Et là, debout, toute blanche dans le clair-obscur de l'etable, elle évoquait, à la pensée de Joseph, le souvenir de Judith et de Débora, des vierges bibliques qui voyaient dans l'avenir aussi bien cpie dans le présent, mais qui étaient sans doute un peu plus modestes, un peu moins bavardes.Elle roula son parchemin et sortit â reculons.Joseph l'accompagna jusqu'au balcon de la montagne.Et, quand il revint, Marie lui demanda, très douce, sans un soupçon d'ironie: "Eh bien! cpie pensez-vous de cette femme?.Elle parle admirablement, n'est-ce?— Oui! fit Joseph, elle parle comme un livre; c'est une femme savante.Seulement, il en faudrait d'autres pour nous aider à sauver l'Enfant." * * * El Marie se remit à son travail.De son côté, Joseph consolidait avec quelques clous le bât de l'âne, rafistolait les courroies, rangeait au fond d'un sac toute une provision de figues sèches, offrandes des pasteurs.Au milieu de la journée, comme il était venu sur la porte et interrogeait avec inquiétude les sentiers de la montagne, il aperçut de nouveau une femme qui montait: C'est encore Rachel! se dit-il.Elle aura feuilleté d'autres livres, elle vient apporter à l'enfant un reliquat d'hommage au nom des grands penseurs! Mais non; elle semblait demander sa route.Et Joseph s'empressa d'annoncer à Marie cette seconde visite.Celle qui entra ne ressemblait pas à l'autre; elle n'avait ni ses airs délurés, ni son regard hardi, ni son verbe haut.Elle était toute simple, timide; il y avait du respect dans sa démarche, et un tendre accent de piété faisait trembler d'en-baisait puis elle couvrait les petits bras, écartait les brins de paille trop durs pour qu'ils ne blessassent point les membres délicats.Est-ce possible?murmurait-elle.Un Dieu dans cet abandon! un roi dans cette pauvreté!.un enfant dans cette misère!.— Et ce n'est rien encore! ajouta Marie.Ils veulent le prendre, le tuer." ^ La divine Mère sanglotait.Elle raconta la vision de Joseph et que l'ordre du ciel était formel; il fallait en toute hâte, dès la nuit prochaine fuir avec l'Enfant.et c'était là-bas, bien loin, vers les colonies d'Egypte."Voyez, disait-elle, je prépare le Voyage, quelques vêtements nécessaires, juste ce qu'il faut pour ne pas mourir de froid sous les nuits d'hiver." Alors, d'un geste soudain, Séphora fit tomber son man- sa demarche, et un tendre accent ue piece laisau iremmei sa voix.Elle implora comme une grâce la faveur d'en-vit cette femme s'agenouiller: Séphora prenait et baisaii les menottes de l'Enfant, elle caressait les joues, et puis Vol.VIII, No 12.Montréal — LA BONNE PAROLE — Décembre 1920 15 teau de ses épaules, et c'était un beau manteau de soie blanche,^ comme ceux que Ton tisse dans les maisons de Tyr.Elle le ramassa, le déposa sur les genoux de Marie: "C'est pour lui! dit-elle.Je n'ai rien qui ne soit à lui.Voulez-vous maintenant que je vous aide?" Marie rougit d'abord.Elle accepta tout de même, car le temps pressait, et cette femme y mettait une si bonne grâce que vraiment il n'y avait pas de refus possible.Et le petit Jésus eut son premier sourire au moment où Séphora s'asseyait sur un escabeau de bois pour travailler avec Marie.Elle tailla dans la soie du manteau.Il était vaste comme le quart d'un arpent de terre.Elle coupait, elle cousait.Elle ne laissait rien perdre, car les plus petits morceaux étaient utiles.Et elle travaillait avec une telle ardeur, une telle passion qu'un peu de son âme semblait passer dans chaque point des coutures.Et cela dura longtemps pour Marie, trop peu de temps pour Séphora; elle eût voulu que cette journée ne finît point et que le manteau d'offrande fût aussi large que le grand firmament bleu.Maintenant la nuit tombait du ciel, couvrant d'une ombre indulgente les vallées et les cimes.D'épaisses bandes de brunie s'accrochaient aux pentes, voilant les sentiers, les rocs et les cabanes.Quelques feux allumés par les bergers brillaient seuls dans le paysage nocturne.Mais là-haut, au-dessus du chemin qui file d'Hébron vers l'iduniée, une petite étoile s'alluma tout à coup comme un signe de Dieu: — Tout est-il prêt?demanda Joseph.— Oui, fit Marie.Et elle montra les petites robes et les manteaux achevés par Séphora.— C'est le moment de partir, dit Joseph.11 eut vite fait de seller l'âne docile qui vint de lui-même offrir son dos à la divine Mère.Séphora, tout doucement, installa le petit Jésus sur les genoux de Marie.Joseph prit son bâton, et, dans l'ombre, sans parler, la caravane descendit vers Hébron.Séphora marchait quelques pas en avant.A un détour du chemin, comme on traversait un bois de sycomores, elle s'arrêta: — Ecoutez! fit-elle anxieuse.On entendait du côté de la ville lointaine des cris d'enfants et des lamentations de mères.Un vague bruit d'armes se mêlait au sifflement de la bise dans la nuit.— Il était temps! soupira la brave femme, Hérodc a beau faire; maintenant l'Enfant est sauf ! — Grâce à vous ! dit Marie.Heureux ceux dont le coeur est pitoyable et dont les mains sont laborieuses ! 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