La bonne parole /, 1 janvier 1929, novembre 1929
hh ÇONNE PARObE revue: mensuelle Ce qu'elle est: un LIEN qui sert à unir d'esprit et de coeur les Canadiennes françaises ; un FOYER d'où rayonnent, sur tous les domaines de Tac-tivité féminine, lumière et chaleur; un CENTRE où se rencontrent les bonnes volontés, désireuses de se dévouer avec plus d'efficacité aux œuvres nationales ; un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale; im ORGANE indispensable à l'œuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit; puis auprès des œuvres nationales étrangères qui font, comme nous, partie de l'Union Internationale des Ligues Catholiques féminines.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT: Canada et Etats-Unis.$1.00 par ai Union postale.$1.30 par m Un escompte de 50% est accordé aux membres des sociations professionnelles, des Fédérations paroissiales des communautés religieuses.Le prix de l'abonnement doit être envoyé au Secrétariat de Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, 853 Est, rue Sherbrool Los abonnés de la "Bonne Parole" jouissent des privilèges de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste et ont droit d'as-: aux séances publiques, dont avis est donné dans les journal) Les abonnés qui désireraient des invitations personnelles et v draient devenir membres actifs de la Fédération Nationale n'ont qu'a s'inscrire, en tout temps, au secrétariat de la Fédéral: Nationale.853 Est.rue Sherbrooke, où les heures de bureau son:, le dimanche excepté: de 10 hrs à midi et de 2 hrs à 5 hrs p.m Téléphone: FRontenac 2665.Toute personne peut concourir à l'œuvre de la "Bonne Parole" 1 en s'y abonnant: 2° en lui procurant de nouveaux abonnés; 3° en la faisant lire: 43 en lui apportant une collaboration litte raire; 5° en sollicitant des annonces à son intention.La Fédération Nationale St-Jean-Baptiste Fut fondée en 1907 et incorporée en 1912 pour grouper .otites les associations féminines canadiennes-françaises catholiques en vue d'une action commune dans les questions d'intérêt général.Aumônier: Sa Grandeur Monseigneur Gauthier.Présidentes d'honneur: Lady Gouin, Mme F.-L.Béîque.Vice-prés, d'honneur: Mme L.-Athanase David et Mme Pierre- F.Casgrain.Bureau de direction: Mme Henri Gérin-Lajoie, présidente générale; Mme Alfred Thibaudeau, vice-prés.; Mme François Matins, vice-prés.; Mlle Georgette LeMoyne, secrétaire générale; Mlle Maria Auclair.trésorière; Mlle Marie-Rose Boulais, auditrice; Mme Eustache Letellicr de Saint-Just, rédactrice de la "Bonne Parole; Mme X.Sabourin.économe; Mme Arthur Berthiaume.Mme Eugène Desmarais, Mlle Sophronie Renauld.Mme D.-X.Germain, Mme K.Bouthillier, Mlle Gabrielle Riballicr des Isles, Mme Edmond Brossard, Mlle Hedwidge Lefcbvre, Mlle Graziella Boissonnault présidente du comité d'Administration de la "Bonne Parole"; Mlle Florinc Phaneuf, Mme A.Duval, Mlle Adricnne Sénécal, Mme J.-A.Molleur, Mlle Georgette Pineault.SOCIÉTÉS FÉDÉRÉES.Les dames patronnesses des La Fédération des Cercles d'Etudes des Canadiennes fran-ceuvres suivantes: çaiscs.Hôpital Xotrc-Dame Association des: Hôpital Stc-Justine cmP- ^ magasins emp.de bureau Fédérations et sections pa femmes d'affaires roissiales: emp.de manufactures et ses sections: St-Jcan-Baptiste de la Salle Ville Emard T.-S.-X.de Jésus, Maisonneuve Saint-Paul Saint-Vincent-de-Paul Saint-Zotique Saint-Henri Saint-Henri La Nativité d'Hochelaga Foyer du Sacré-Cœur Saint-Pierre Sainte-Hélène Sainte-Hélène Hochelaga Saint-Stanislas de Kotska Maisonneuve Saint-Lambert S.-Jcan-Berchmans L'Assistance maternelle Saint-Etiscbc Les écoles ménagères provinciales Société Fducatrice des Da- Cercles de Fermières de la pro- mes Franco-Américaines de vince de Québec Lowell.Mass.Chaque œuvre par son affiliation à la Fédération fortifie et étend son influence particulière.PRINCIPALES ŒUVRES ACCOMPLIES PAR LA FEDERATION FT SES FILIALES Fondation des Associations professionnelles.Fondation des Fédérations paroissiales Etablissement de Caisses de Secours Etablissement de Cours d'Enseignement Ménager Comité de lutte contre l'alcoolisme Amendements à la loi des licences Législation en faveur des Institutrices et des employées bureau.Comité des questions domestiques Comité de lutte contre la mortalité infantile Fondation de "Gouttes de Lait" Participation aux expositions pour le bien-être de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'église lors du Congt-Eucharistique Pèlerinage à Lourdes et à Rome Affiliation à VUnion Internationale des Ligues catholiques fèwi nines Fondation de la Donne Parole Comité du "Denier National" Comité des questions civiques Comité de la Croix Rouge Comité du Fonds Patriotique Comité de l'Assistance par le travail Comité central d'étude et d'action sociale Comité des Oeuvres économiques Comité de Rédaction de la Donne Parole Comité d'Administration de la Donne Parole Comité de la construction Comité du service social Comité de la visite des hôpitaux Fichier Central de renseignements Comité des Aides-Maternelles.N.B.— On peut devenir membre de la Fédération Na tionale Saint-Jean-Baptiste en s'inscrivant à son secretariat : 853.Sherbrooke est.1 VOL.XVIII No 11 Montreal — LA BONNE PAROLE — Novembre 1929 3 II S a EKITRE TiOUS - Les femmes au Sénat *> Le devoir social de Id femme dans la vie publique Le jugement du Conseil Privé, qui reconnaît à la femme le droit de siéger au Sénat, en vertu du texte même de l'Acte de l'Amérique Britannique du Nord, consomme notre émancipation politique dans le domaine fédéral.Nos grands quotidiens ont donné l'historique de ce mouvement d'affranchissement de la femme qui origina dans l'Alberta.L'honorable juge Emélie Murphy conduisit la campagne, avec le concours de l'honorable Irène Pareby, première femme dans l'Empire britannique à occuper le poste de ministre dans un cabinet, Mme Louise McKinney, première femme élue à la Législature de l'Alberta, Madame Xellie McClung qui a représenté Edmonton à la Législature provinciale, Mme ().C.Edwards, magistrat, toutes les cinq agissant comme appelantes au Conseil Privé du jugement rendu let24 avril 19JS par la Cour Suprême du Canada qui refusait aux femmes de siéger au Sénat sous prétexte qu'elles n'étaient pas des "personnes" au sens de la loi.Le gouvernement du Canada ne fit aucune opposition à cet appel.La province de Québec avait délégué pour combattre le projet devant le Conseil Privé, messieurs Charles Lanctot et Aimé fîcoffrion.Mais le gouvernement provincial se retira de la cause devant les protestations de l'Alliance Canadienne pour le vote des femmes du Québec et celles des Clubs ouvriers, notamment le Club La fontaine qui vint se joindre à l'Alliance.Nous savons que le Conseil Privé interpréta libéralement et grammaticalement le terme "PERSONNE" dans l'Acte de l'Amérique Britannique du Nord et reconnut aux femmes le droit de siéger au Sénat sans qu'il fut nécessaire d'ajouter un iota au texte existant.Mettons-nous en présence des faits.11 est conféré à la femme une puissance nouvelle; sa voix se fera entendre au Parlement, non seulement aux Communes mais elle ira défendre son programme jusqu'au Sénat.Elle inspirera directement les lois, qui porteront désormais l'empreinte de sa pensée, de ses aspirations, de sa connaissance de la vie, des besoins de l'enfance, de la famille; elle y apportera sa pitié et le besoin de soulager la misère humaine.Elle restera femme sous les traits du législateur.C'est sur elle que l'on compte pour activer l'œuvre de pacification qui tend à compléter l'organisation hiérarchique des pouvoirs publics en les couronnant d'une institution internationale qui fera l'unité entre les nations comme le pouvoir civil a fait l'unité entre les familles.Sommes-nous prêtes à assumer de telles responsabilités?Je le crois; car la vie publique n'est pas destinée en principe à distraire l'individu de son devoir privé, elle lui aide au contraire à l'accomplir dans toute son extension et à apporter à son exécution un perfection- nement qui n'est rendu possible que grâce à l'administration publique.Les questions politiques ont chacune une assise dans la famille.Voilà pourquoi l'œil de la femme est apte à les juger sans sortir du foyer et plus que personne elle pressent les contre-coups d'une bonne ou d'une mauvaise loi.Sans doute quelques femmes placées dans des circonstances exceptionnelles de,vie et se trouvant dans des - conditions favorables à l'action publique seront bien obligées, dans l'intérêt commun, de prendre place au Parlement pour nous y représenter, exprimer nos vues, défendre nos intérêts; mais cette mission supérieure, dont quelques-unes seulement seront investies, doit être envisagée comme un service public et un apostolat au nom duquel il est légitime de faire des sacrifices et de s'arracher aux égoïsmes de la vie! Depuis bientôt un quart de siècle, l'œuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste a été de former une élite, de donner à la femme un programme d'action publique, de créer des chefs.Les événements actuels justifient pleinement nos prévisons; les canadiennes françaises ne seront pas prises au dépourvu, elles ont un programme, elles sont eut rainées à l'action et leur âme est pleine des aspirations que le sens chrétien y a déposées et que la charité commande de déverser sur l'humanité.Marie GERIX-LAJOIE Deuxième assemblée de la société des nations Cette session a vu s'accomplir un fait capital: l'adhésion des grandes puissances à la Cour de Justice Internationale.La création, en 1920, de cette cour qui fut la grande œuvre de la première session ne pouvait aboutir à éliminer la guerre que si tous les Etats s'engageaient à y porter leurs différends.Sans doute l'expérience a montré que les Etats y ont eu souvent recours depuis dix ans, mais l'efficacité d'une justice internationale n'est pleine et entière que s'il y a obligation de recourir à elle.Or, une série de petits Etats avaient signé la clause d'obligation.L'Allemagne y avait souscrit, il y a deux ou trois ans.La Belgique a signé également.Cette année, la Grande-Bretagne et ses Dominions, la France, le Japon et l'Italie ont effectivement adhéré en signant la célèbre clause.Des offices religieux ont été célébrés a Genève pour appeler les bénédictions divines sur les travaux de la Session.Tout ceci, mesdames, nous prouve que notre Comité de la Paix arrive à son heure! E.-R.T. 4 M mit real — LA I'.OXXK PAROLE — Novembre 1929 VOL.XVIII No 11 4.SOUVENIRS p Le long cies tertres, sur l'herbe asséchée qui recouvre les Lombes, les feuilles tourbillonnent et pétillent, se heurtant aux mausolées et aux croix.Poussées par le vent, elles s'envolent, reviennent, se dispersent comme des pensées en détresse, des regrets affolés.Les feuilles de novembre visitent les tombes que nous délaissons et murmurent à la terre qui les garde l'inconstance du cœur humain et la fragilité des souvenirs qu'il abrite.Car nos souvenirs sont ici.au cimetière, enclos avec ceux qui sont partis; ils sont scellés dans un coffre de bois où nous avons cru.au jour du deuil, notre cœur arraché et enfermé à jamais.Ils sont ici les souvenirs de notre enfance, de toute noire vie.étendus auprès de celle dont les mains pour nous travaillèrent sans relai, dont le cœur ardent et inépuisable nous aima sans reniement.Ils palpitent dans l'épaisseur de l'ombre, sans rumeur et sans frisson.Novembre nous rappelle les morts et surpris, nous disons: "Il y a quatre ou cinq mois qu'il est mort, qu'elle est partie." et souvent, plus étonnés que tristes, nous vérifions au calendrier la date du départ, des chants funèbres qui ébranlèrent le temple .Les feuilles qui, dans l'air, tourbillonnent sont l'image de nos souvenirs qui se dispersent sans qu'il nous soit possible, sons l'implacable poussée des jours, de les garder en notre cœur, à notre esprit, intacts et fidèles.A nos yeux détournés de la vie présente, parfois, rapidement, ils repassent, précis et vivants, mais impossibles à saisir, à reprendre au passé, à arracher à l'oubli qui les guette pour les jeter dans le gouffre du temps où s'estompent les traits (pie nous avons si souvent baisés et les yeux qui nous ont regardés avec tant de douceur et d'amour.Mes souvenirs, tous mes souvenirs, je vous appelle! Faites revivre le passé, éclairez dans l'ombre le visage de mes morts, repeuplez la maison de mon enfance pour (pie j'y chemine encore, les yeux clos, attentive à ne pas heurter les seuils et les meubles qui s'y trouvaient jadis, les marches de l'escalier usées sous des pas que je reconnaissais de loin.Ranimez mon père et ma mère, mes frères et mes sœurs, le pendule de l'horloge, les peupliers et les roses du jardin, les terreurs et les rires de mon pemier âge que je ne parviens plus à me révéler.Donnez-moi, une fois encore, les ravissements de ma jeunesse, ses angoisses et ses enthousiasmes, ses pleurs sans cause et ses fols espoirs."Entrez mes souvenirs, quand vous seriez en larmes", je veux vivre avec vous, je veux (pic vous soyez les hôtes incessants de mon esprit et non plus ceux qui dorment, sans soleil et sans lumière, au fond d'une tombe d'où lâchement se détournait ma pensée.Kntrcz.asseyez-vous, hôtes invisibles, rappelez-moi mes serments et mes pleurs, reprochez-moi mon abandon ; entrez, exigez de moi la rançon qui vous conduira à la suprême résurrection, vers le Dieu de la paix et du bonheur.Mes souvenirs, ne soyez pas.sanglots stériles, la feuille qui tourbillonne, heurtant en vain les mausolées et les croix.Triomphez de la nuit et de l'oubli car tout reliait, la feuille et l'azur, l'aube et le soir, devant l'âme qui demeure.Vvonuc Lctcllier
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