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La bonne parole /
Publiée de 1913 à 1958, La Bonne Parole est un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec. [...]

Créée en 1913 par Marie Gérin-Lajoie, en collaboration avec Caroline Béique, la revue mensuelle montréalaise La Bonne Parole est, jusqu'en 1958, l'organe officiel de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste (FNSJB). La Fédération chapeaute de nombreuses organisations féminines et catholiques canadiennes-françaises.

LA FNSJB a d'abord été précédée dès 1902 par les Dames patronnesses de la Société Saint-Jean-Baptiste, association créée pour accueillir les francophones de la Montreal Local Council of Women (MLCW) et leur permettre d'appuyer la Société Saint-Jean-Baptiste, à laquelle elles sont souvent affiliées par leurs maris.

Des préoccupations liées à l'éducation catholique et à la survivance nationale du Canada français ont amené Mmes Gérin-Lajoie et Béique à créer ces rassemblements francophones.

Mue par les idées de progrès social incarnées au début du siècle par les mouvements de réforme urbaine et de santé publique, La Bonne Parole, en plus de faire écho aux activités de la FNSJB et de les alimenter, endosse tôt certains combats comme les luttes contre l'alcoolisme et la mortalité infantile.

Soucieuses de conserver la bienveillance des élites cléricales, les collaboratrices de la revue choisissent tôt de se conformer à la doctrine sociale de l'Église et de tempérer leurs revendications féministes en relayant l'idéologie de la femme au foyer.

La Bonne Parole met tout de même de l'avant les questions de la défense des intérêts professionnels traditionnels, de l'émancipation juridique et du droit de vote des femmes. À cet effet, Marie Gérin-Lajoie donne rapidement le ton, en 1913 et en 1914, avec une suite d'articles sur la condition légale de la femme, question sur laquelle elle revient au cours des années.

L'accomplissement social de la femme tel que prôné par La Bonne Parole, bien qu'il se cantonne au foyer et aux activités des congrégations religieuses, sera orienté vers de nombreuses initiatives philanthropiques relayées par la revue.

Entourée de collaboratrices appréciées comme Anne-Marie Gleason, Blanche Lamontagne-Beauregard et Marie-Claire Daveluy, Marie Gérin-Lajoie a doté la FNSJB d'une revue dont le tirage atteint 2000 exemplaires dès ses premières années de publication.

Cette volonté d'offrir aux Canadiennes françaises un média intellectuel engagé de grande qualité a permis à La Bonne Parole de devenir un important organe de diffusion des idées du féminisme social catholique au Québec.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 75-76.

LAVIGNE, Marie, Yolande PINARD et Jennifer STODDART, « La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et les revendications féministes au début du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 353-373.

SAVOIE, Chantal, « Des salons aux annales - Les réseaux et associations des femmes de lettres à Montréal au tournant du XXe siècle », Voix et Images, vol. 27, n° 2 (80), 2002, p. 238-253.

Éditeur :
  • Montréal :la Fédération,1913-
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juin 1939
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  • Revues
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La bonne parole /, 1939, Collections de BAnQ.

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Montréal, Canada Juin 1939 |_\ BONNE PAROLE Organe de la Fédération "Nationale Saint* Jean'Baptiste Oeuvre d'Action catholique SOMMAIRE Ce que lisent nos enfants, ce que lisaient le?enfants d'autrefois Solange Hone .1 Assemblée générale .4 Rapport de la quête annuelle du "Denier national" .5 La vie superficielle, Jeanne Lapointe .7 Les habitudes, PciUausc .10 Journal des œuvres : Chez les Aides maternelles — Chez les Env ployées de magasin — Messe annuelle du Saint-Esprit — Chez les Femmes d'affaires — Chez les Ouvrières catholi' ques.11 Bibliographie : Pic XI et le Canada .14 853 est, rue Sherbrooke au t La Bonne Parole REVUE MENSUELLE CE QU'ELLE EST un LIEN qui sert a unir d'esprit et de cœur let Canadiennes-Françaises; un FOYER d'où rayonnent, sur tout let domaines de l'activité féminine, lumière et chaleur; un CENTRE où te rencontrent let bonnet vo-1 ont6b, détireutet de se dévouer avec plut d'efficacité aux œuvres nationales; un MOYEN de propagande pour la diffusion des principes catholiques d'action sociale; un ORGANE indispensable à l'œuvre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, d'abord auprès des diverses associations qui la composent et des comités par lesquels elle agit; puis auprès des œuvres nationales étrangères qui font, comme nout, partie de l'Union Internationale det Ligues Catholiques féminines.CONDITIONS DE L'ABONNEMENT: Canada et Etats-Unis.$1.00 par ma Union postale.$1.30 par an Un escompte de 50% est accordé aux membres des associations professionnelles, des Fédérations paroissiales et des communautés religieuses.Le prix de l'abonnement doit être envoyé au Secrétariat de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste, 853 Est, rue Sherbrooke.Les abonnét de la "Bonne Parole" jouissent des privilèges de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptittc et ont droit d'assister aux téancet publiques, dont avis est donné dans let journaux.Let abonnés oui détirent des invitations personnelles et voudraient devenir membres actifs de la Fédération Nationale n'ont qu'à l'inscrire, tm tout temps, au secrétariat de" la Fédération Nationale, 853 Est, rue Sherbrooke, où les heures de bureau pont, le dimanche excepté: de 10 heures & midi et de 2 heures à 5 heures p.m.— Téléphone: FRontenac 2665.Toute i>er8onne peut concourir à l'œuvre dt la "Bonne Parole": 1° en s'y abonnant; 2° en lui procurant de nouveaux abonnés; 3° en la faisant lire; 4° en lui apportant une collaboration littéraire; 5° en sollicitant det annonces à ton intention.La Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste Fut fondée en 1907 et incorporée en 1912 pour grouper toutes les associations féminines canadiennes-françaises catholiques en vue d'une action commune dans let questions d'intérêt général.t Aumônier: Son Excellence Mgr Gauthier.Présidentes d'honneur: Lady Gouln, Mme F.-L.Béique.Vice-Près, d'honneur: Mme L.-Athanase David Bureau de direction: Mme Henri Gérin-Lajoic.présidente-fondatrice; Mme Alfred Thibaudeau, présidente; Mme François Mathyt, vice-prés.; Mme Edmond Broasard, vice-prés.; Mlle Georgette LeMoyne, secrétaire générale; Mlle Jeanne Lapointc.ass.-scc; Mlle Maria Auclair, tréso-ricre; Mme Eustache Lctellicr de Saint-Just, rédactrice de la "Bokhb Parole"; Mme Eugène Desmarait, Mme Arthur Berthiaume, Mme E.Bouthillier.Mlle Hedwîge Lefebvre.Mlle Florine Phaneuf, Mme J.-A.Molleur, Mme Albert Dupult, Mlle Laura Robert, Mlle Corinne Méthot, det cercles de Fermières de la province de Québec; Mme F.-X.Dupuy présidente de la section de Saint-Lambert; Mlle Evangeline Zappa; Mlle Marie-Ange Madore, Mlle Marie-Louise d'Autreuil, présidente de la Fédération des cercles d'étude des Canadiennes-Françaises.Sociétés fédérées Les dames fatronnesses des oeuvres suivantes: Hôpital Notre-Dame, Hôpital Sainte-Justine.Federations et sections paroissiales: T.-S.-N.de Jésus, Maisonneuvs, Saint-Vincent-de-Paul.La lalivité d'Hochelaga, Saint-Pierre, Saint-Stanislas de Kottka, Saint-Lambert, Saint-Ambroise, Côte Saint - Paul, l'Assistance maternelle, Let écoles ménagères provinciales, La Fédération det CercJet d'étude des canadiennes-françaises, les Cercles de fermières de la province de Québec Associations des: emp.de magasin, emp.de bureau, femmes d'affaires, Aides materneiles; de la société des Ouvrières catholiques.(S.O.C.) et ses sections: la Nativité de la Sainte-Vierge, Saint-Eu se be, les Saints-Anges de Lachine, 9nJnt-Vlncent-Ferrier; 8aint-Louls-de-France, Côte Saint-Pas.1, Saint-Raymond, Saint-Philomène de Rose-¦ont.de la J O.C.F.et ses sections: Saint-Alphonse, Sainte-Brigitte.Saint-Charles.Sainte- Cunégonde, Saint-Edouard.Saint-Eutèbe, Saint-Etienne.Saint-Françols-Solano, Sainte-Hélène.Saint-Jean-Bcrchmans.Saint-Jean de Matha.Salnt-Pier-re-Claver.Saint-Pierre-Apôtre, Saint-Vincent de Paul, Maisonneuve.Notre-Dame de la Paix (Verdun), Québec.Sherbrooke, Trois-Rivieres.Hull, Cap delà Madeleine, Asbestos.Principales oeuvres acoocapUesi par la Fédération et nés filiales Fondation det Associations professionnelles Fondation det Fédérations Paroissiales Etablittement de Caisses de Secours Etablissement de Cours d'Enseignement Ménager Comité de lutte contre l'alcoclisme Amendements à la loi des licences Législation en faveur des Institutrices et dt* employées de bureau Comité des questions domestiques Comité de lutte contre la mortalité infantile Fondation de "Gouttes de tail" Participation aux expositions pour le bien-être de l'enfance Comité de lingerie d'autel et décoration d'église du Congrès Eucharistique Pèlerinage a Lourdes et a Rome Affiliation à l'Union Internationale des Ligues catholiques féminines Fondation de la Bonne Parole Comité du "Denier National' Comité det questions civiques Comité de la Croix Rouge Comité du Fonds Patriotique Comité de Y Assistance Par le travail Comité central d'étude et d'action social* Comité det Oeuvres économiques Comité de Rédaction de la Bohnb Parole Comité d'Administration de la Bonne Paboli Comité de la construction Comité du service social Comité de la Visite des hôpitaux Fichier Central de renseignements Comité de l'apostolat de la paix La réforme du Code civil en faveur de la femme.N.B.— On peut devenir membre de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste en s'Iaseri* vant à son secrétariat: 833.rue Sherbrooke Bat, LA BONNE PAROLE Vol.XXVIII_Montréal, Juin 1939'_No 6 Ce que lisent nos enfants .ce que lisaient les enfants d'autrefois Celles d'entre vous qui ont le bonheur de posséder une bibliothèque hérédi-taire, ou du moins le vaste grenier d'une maison de campagne où s'entassent les livres anciens, savent quel attrait a pu exercer sur leur enfance ces vieux livres au style ancien et aux reliures d'autrefois.Et je ne parle pas d'un attrait de eu-riosité ou de celui défendu.Non, je pense à ce charme réel, et qui me semble inexpliquable, exercé par les ouvrages littéraires d'un autre siècle sur l'esprit des enfants d'aujourd'hui.Inexpliquable, en effet, et voici pourquoi : les enfants du 20e siècle sont, en apparence comme en réalité, très différents de ceux de jadis.Petits animaux généralement très assimilables, ils ont évolué depuis cent ans avec tout l'univers civilisé.Ils n'ont plus les mêmes études, les mêmes jeux, les mêmes goûts, les mêmes costumes — j'allais dire ils n'ont plus le même âge — que leurs ancêtres à la même époque de la vie.Et cependant, le fait est indéniable ; une certaine continuité, une certaine immutabilité dans l'esprit des enfants les porte à se plaire aux mêmes contes, de siècle en siècle, et par conséquent aux mêmes livres, lorsque ceux-ci ont été écrits par ceux qui les comprennent.Remarquez qu'il n'en est pas ainsi pour les grandes personnes.Peut'on imaginer, Mesdames, l'une d'entre nous installée pour un moment de plaisir ou de repos avec, pour toute lecture, un roman écrit il y a cent ans ?Naturelle-ment, je ne parle pas de ces immortels chefs-d'œuvre qui charment et qui charmeront toujours l'esprit humain.Je parle d'un roman moyen, de ceux qui ont été véritablement goûtés lors de leur apparition, et qui ont pu occuper agréablement les loisirs de nos grands-mères.quand elles en avaient.Eh bien, je ne crois pas trop m'avancer en affirmant que ces volumes ne nous passionnent plus aujourd'hui.La vie moderne nous a ainsi faites que nous ne pouvons plus pleu-rer sur Graziclla, et que même les héroïnes beaucoup plus récentes de Cherbuliez, Octave Feuillet, ou Bourgct, nous semblent un peu surannées.Mais je connais trois générations d'enfants qui ont été ravis, je dis ravis, par les vieux Magazins d'Education et de Récréation, publiés chez Hetzel à Paris aux environs de 1875.Les enfants du 20e, par un phénomène particulier de leur esprit, savent encore s'identifier avec les aventures des petites filles en crinolines et des petits garçons aux longues boucles.On me dit que Jules Verne est encore très recherché dans les bibliothèques et j'ai vu, moi-même, des garçons et des fillettes qui le lisaient avec un intérêt passionné.Pourtant la réalisation et la vulgarisation des grandes inventions pré' dites par l'écrivain enlèvent à ses œuvres leur élément de fantastique.N'importe, elles ont plu, elles plaisent encore malgré tous les autres ouvrages d'aventures qui ont été publiés depuis.Ecoutez plutôt ce qu'un célèbre éditeur de Paris, M.Hetzel déjà nommé, écrivait en 1860 d'un livre destiné à la jeunesse et qui, 2 LA BOHHE PAROLE Montréal depuis trente ans déjà à cette époque, enchantait ses petits lecteurs.Il s'agit des "Aventures de Jean-Paul Choppart", par Louis Desnoyers, publié donc en 1830."Voici un livre", disait M.Hctzcl, "qui a conquis sa place parmi les classiques de la récréation contemporaine, par des mérites tout à fait particuliers.Jean-Paul a fait la joie, je devrais dire la jubilation, de tout ce qui était enfant depuis 30 ans./1 Or, voici comment le volume commence : "Jean-Paul Choppart appartenait à une famille d'honnêtes bourgeois.Il n'avait pas de frères, ce qui était fort heureux pour eux, mais il avait des sœurs, ce qui était bien malheureux pour elles." Je vous assure que ces lignes illustrent parfaitement les principes donnés à l'université Columbia de New-York, sur l'Art d'attirer immédiatement l'attention du lecteur.On se demande aussitôt quel genre de garnement est ce petit bonhomme qui fait le malheur de ses sœurs, et on ne le quitte plus.Ecoutez aussi ce début des charmants "Voyages en Zig Zags" de Poppfcr, écrit en 1S43, il y a donc 105 ans.Il s'agit d'un voyage de vacances, entrepris par un groupe de collégiens sous la conduite d'un fort aimable professeur.Rien, comme conception, n'est plus moderne.Les routiers, les scouts de tous âges et de toutes catégories, pourraient, il me semble, décrire ainsi leur matinal et gai départ pour une excursion de quelques semaines, à pied."Arrive enfin le jour du départ, raconte ce bon M.Toppfer.Dès avant l'aube, il y a mouvement dans la maison, et sans que personne se soit mêle de réveiller, il se trouve que tout le monde est debout, blousé, ficelé, ajusté, prêt à partir aussitôt que l'aurore sera venu éclairer les campagnes de ses premières lueurs.Dès qu'elle paraît, on éteint les lumières, on ferme la porte et l'on se met en route.Tout à l'heure, le soleil embrase les cicux, perce les taillis, illumine les prairies, et il y a là un moment où l'âme, dorée aussi des plus purs rayons de la joie et du plaisir, se trouve être à l'unisson de cette allégresse qui éclate dans la nature." Mais je dois dire que le style d'autrefois ne se trouve pas toujours aussi clair et compréhensible que dans ces derniers exemples pour les petits lecteurs d'aujourd'hui.D'abord on a commencé très tard à écrire pour les enfants, personne ne s'étant avisé plus tôt qu'il valait la peine de créer une littérature à leur portée.Les premières œuvres écrites nettement pour les enfants étaient toujours de portée hautement pédagogique et moralisatrice, telles que Tclcmaque ou les Conies de Berquin.Puis vinrent les ouvrages, un peu moins austère?, mais écrits dans un style encore bien peu juvénile.Ecoutez plutôt cette page des "Veillées du Chateau" de Mme de Cenlis (publié en 1784)."Le Marquis de Clémire, au moment de partir pour l'armée recevait les adieux de sa femme, de sa belle-mère et de ses trois enfants.Il tenait sur ses genoux le petit César, son fils, qui se plaignait avec amertume de ne le pouvoir suivre.Le marquis, le serrant toujours dans ses bras, se leva.Ses deux filles embrassèrent ses genoux en pleurant et sa femme, baignée de larmes, se précipita vers la porte afin de recevoir son dernier adieu".Le titre du volume s'explique par les histoires que l'on raconte à ces enfants inconsolables, pour les distraire pendant les veillées d'hiver, et dont voici quelques titres : "Delphine, ou l'heureuse guérison" : "L'héroïsme de l'attachement" : "Eglantine ou l'indolente corrigée".On peut supposer par les titres une ces contes avaient un sens très édifiant.Evidemment, la littérature enfantine faisait déjà un grand progrès avec les Contes de Schmidt, ou la Fabiola du Cardinal Wiseman ; Robinson Crusoé, et Les Voyages de Gulliver, publiés chez Granier en 1873.Il y a même un vieil ouvrage de 1850 que je vous recommande beaucoup pour la jeunesse malgré son titre rébarbatif : "La nature et ses trois "Montreal LA BOXHE PAROLE 3 règnes", de Saintine, Fauteur de "Picciola".Ce volume est instructif d'une façon bien amusante.Mais parlons maintenant des petits lecteurs tout à fait jeunes, de ceux qui lisent avec tant de plaisir Bécassine et les histoires de Benjamin Rabicr.Sachant parfaitement lire, mais ne possédant pas encore un vocabulaire très étendu, ils sont tout d'abord fort déconcertés par le style des vieux livres et s'imaginent qu'ils n'y comprennent absolument rien.Prenons le livre, lisons-le leur à haute voix en leur expliquant quelques termes ignorés.Tout à coup, ils saisiront à la fois et la clef du style et le sens du livre.Ainsi, je connais une petite fille de huit ans qui avait été enchantée par le récit d'une vieille légende allemande recueillie par Théophile Gauthier, "l'Enfant aux petits souliers de pain".La petite, qui amait beaucoup la lecture et les contes, voulut lire elle-même l'histoire et s'aperçut qu'elle n'y comprenait rien.Sa mère prit le livre et tomba sur le paragraphe suivant : "Nous allions oublier un berceau d'enfant tout neuf, bien douillettement garni et recouvert d'une jolie courte-pointe à ramages, piquée par une aiguille infatigable, celle d'une mère ornant la crèche de son petit Jésus.L'en' fant d'un bourgmestre ou d'un conseiller aulique n'eut pas été plus mocllcmcnt couché." Evidemment, il avait suffi de quelques mots rares et inconnus d'un enfant : courtC'pointc à ramages, bourgmestre, conseiller aulique, pour dérouter la compréhension d'une très jeune lectrice habituée au style tout à fait simple de la vaste littérature qui est maintenant à la disposition des lecteurs de cet «âge.Mais, une fois compris les mots étranges, rien, rien ne peut surpasser comme charme pour nos petits, certaines anecdotes tirées de la grande littérature et où le génie d'une autre époque et de grands talents disparus a mis sa marque inef-façable.Le passage que je vais vous lire des "Misérables", de Victor Hugo, et qui se trouve, je me hâte de vous le dire, dans un recueil de "Morceaux Choisis", n'a pas été écrit pour les enfants.Cependant, chaque fois qu'une petite fille de notre époque le lit, le relit, ou l'écoute, elle en ressent ic même enchantement.Il s'agit du passage où Coscttc, la plus misérable et abandonnée des petites créatures, reçoit d'un étranger une poupée magnifique, le premier et unique jouet de sa vie, devant lequel elle reste paralysée d'extase."Coscttc considérait la poupée merveilleuse avec une sorte de terreur.Son visage était encore inondé de larmes, mais ses yeux commençaient à s'emplir, comme le ciel au crépuscule du matin, des rayonnements étranges de la joie.Ce qu'elle éprouvait, à ce moment-là, était un peu pareil à ce qu'elle eut ressenti si on lui eut dit brusquement : Petite, vous êtes la reine de France.Il lui semblait que si clic touchait 5 cette poupée, le tonnerre en sortirait.Ce qui était vrai jusqu'à un certain point, car elle se disait que la Thénardicr gronderait et la battrait.Pourtant, l'attraction l'emporta.Elle finit par s'approcher et murmura timidement en s'approchant de la Thénardicr : Est-ce que je peux, Madame ?" Aucune expression ne saurait rendre cet air à la fois désespéré, épouvante, et ravi."— Pardi, fit la Thénardicr, c'est à toi.Puisque Monsieur te la donne."— Vrai, Monsieur, reprit Coscttc, est-ce que c'est vrai ?C'est à moi, la dame ?" L'étranger paraissait avoir les yeux pleins de larmes.Il semblait être à ce point d'émotion où l'on ne parle pas pour ne pas pleurer.Il fit un signe de téte à Coscttc et mit la main de la "dame" dans sa petite main.Coscttc retira vivement sa main comme si celle de la dame la brûlait, et se mit à regarder le pavé.Tout à coup elle se retourna et saisit la poupée avec emportement."Je l'appellerai Ca- 4 LA BOHHB PAROLE Montréal therine", dit-elle.Ce fut un moment bizarre que celui où les haillons de Cosettc rencontrèrent et ctreignirent les rubans et les fraîches mousselines roses de la poupée."— Madame, reprit-elle, est-ce que je peux la remettre sur une chaise ?"— Oui, mon enfant, repondit la Thénardier.Cosettc posa Catherine sur une chaise, puis s'assit à terre devant elle, et demeura immobile, sans dire un mot, dans l'attitude de la contemplation."—Joue donc, Cosettc, dit l'étranger."— Oh, je joue", répondit l'enfant.Nous pouvons donc conclure de ces réflexions que, d'une part, les enfants forment un incomparable public de lecteurs.Public fidèle, durable et qui ne se fait pas prier pour faire de la réclame aux auteurs qui leur plaisent.D'autre part, que si beaucoup d'ouvrages destinés aux enfants doivent tomber dans l'oubli, ils le feront moins vite que les ouvrages écrits pour adultes et qui auront eu, par exemple, un égal succès au moment de leur apparition.Les livres de la Comtesse de Ségur en sont un exemple incomparable et semblent promis à un succès éternel.Donc, prenons soin de nos livres et j'ajouterai : des livres d'enfants encore plus que des autres, puisqu'ils sont destinés à rester en usage si longtemps.Enfin, ajoutons encore ceci en marge de la très intéressante causerie sur les Bibliothèques d'enfants que Mlle Hélène Grenier faisait récemment : Aucun livre susceptible d'intéresser les enfants ne devrait être laissé en chômage tant qu'il y aura des petits lecteurs qui pourraient en jouir.Et j'espère vous avoir prouvé que les volumes anciens ont encore pour ceux-ci un tel charme qu'il ne faut pas les abandonner.Ce sont même ceux qui devraient être donnés le plus facilement et le plus utilement aux bibliothèques enfantines.D'abord, parce qu'ils sont en général fort bien reliés, et ensuite parce que bien souvent, hélas, il n'y a plus d'enfants dans les vastes demeures où il y en a tant eu autrefois.Solange HO?\E ASSEMBLEE GENERALE L'assemblée semestrielle générale, à laquelle seront lus les rapports de toutes les associations et les sections paroissiales, de tous les comités et autres organes de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, aura lieu à la maison même de la Fédération, le mercredi soir 28 juin, à S h.p.m.On y entendra aussi le rapport de la secrétaire générale, Mlle Georgette LeMoyne, celui du secrétariat que lira Sœur Alice Godin, et celui de la trésorière, Mlle Maria Auclair.Tous les membres de la Fédération et les amies de nos œuvres sont invités.L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle.— Mme Swetchme * * * Il y a toujours en nous quelque chose que l'âge ne mûrit point ; et c'est pourquoi les faiblesses et les sentiments de l'enfance s'étendent toujours bien avant, si l'on n'y prend garde, dans toute la suite de la vie.— Bossuet Montréal LA BOHNE PAROLE 5 RAPPORT DE LA QUETE ANNUELLE DU "DENIER NATIONAL" Voici le rapport de la quête publique annuelle du ''Denier National" qui eut lieu le 20 mai dernier et dont les recettes sont affectées aux œuvres multiples de la Fédération nationale Saint'Jean'Baptiste.L'équipe de Mlle Hedwige Lcfebvre, paroisse Notre-Dame, qui comptait 23 auxiliaires, a rapporte $77.02 ; l'équipe de Mlle Hélène Provost, paroisses Saint'Louis'dc'Francc et Saint'Jean'Baptiste, 13 auxiliaires, $64.00 ; Péquipc de Mme H.-J.Pilon, paroisse Saint'Ambroise, 9 auxiliaires $48.19 : l'équipe de Mmes A.Méthot et H.Bourassa, paroisse Notre-Dame.12 auxiliaires, $41.06; réquipe de Mlle Cécile Deshaies, paroisse Sainte'Marguerite'Marie, 19 auxiliai' rcs, $39.67 : l'équipe de Mme A.Hogue, paroisse Sainte-Brigidc, 29 auxiliaires, $34.25 : l'équipe de Mlle Eglantine Phaneuf, 11 auxiliaires, $32.27 ; l'équipe de Mlle Marie'Ange Madore, paroisse NotrcDamc, 8 auxiliaires, $2tS.()3 ; l'équipe de Mlle Luce Brosscau, paroisse Saint'Stanislas, 5 auxiliaires, $26.02 ; l'équipe de Mme Arthur Hamel, paroisse Notre-Damc-de-la-Paix, 20 auxiliaires, $25.85 ; réquipe de Mlle Maria Àuclair, 2 auxiliaires, $24.04 : l'équipe de l'Association des Aides maternelles, 4 auxiliaires, $21.02 : l'équipe de Mme Gabriel Morin, paroisse Saint-Joseph de Bordeaux, 11 auxiliaires.$20.86 : l'équipe de Mme E.Bouthillier, paroisse Saint-Viatcur, 4 auxilaires, $19.54 : l'équipe de Mme De-ligny Labbé, paroisse Saint-Paul-de-la-Croix, 4 auxiliaires, $19.17 ; l'équipe de Mme J.'P, Lamarehe, 2 auxiliaires, $7.82 : l'équipe de Mme J.L'Espérance, paroisse Saint-Alphonse, 7 auxiliaires, $15.06 : l'équipe de Mme J.-V.Sabourin, paroisses Saint-Joseph et SaintcCunégondc, 12 auxiliaires, $14.69 ; l'équipe de Mlle Madeleine Dalmé, paroisse Saint-Laurent, 2 auxiliaires, $14.25 : l'équipe de Mme E.Trépanier, paroisses Saint-Anselme et Saint-Louis de Gonzaguc, S auxiliaires, $14.18 : l'équipe de Mlle Joubert, 2 auxiliaires, $12.56 : l'équipe de Mme Eva-P.Marchand, paroisse Saint-Pascal-Baylon, 6 auxiliaires, $12.21 ; l'équipe de Mlle Annette Proulx, paroisse Saint-Jean-Berehmans, 9 auxiliaires, $11.57: l'équipe de Mme A.Fontaine, paroisse Saint-Vincent-Fcrrier, 8 auxiliaires, $11.35 : l'équipe de Mme E.McNeil, paroisse Saint-Pierre, 5 auxiliaires, $9.65 : l'équipe de Mlle Laurenda Raymond, 2 auxiliaires, $7.63 : l'équipe de Mme J.Desjardins, paroisse de la Nativité, 6 auxiliaires, $7.39 ; l'équipe de Mlle Lucette David, paroisse Saint-Marc, 12 auxiliaire*, $6.63 : Péquipc de Mlle Emcrenticnne Chagnon, paroisse N.-D.du Saint-Sacrement, 4 auxiliaires, $6.24 ; l'équipe de Mme Jean Leclair, paroisse Saint-Georges, 6 auxiliaires, $5.89 : l'équi' pe de Mme B.Beauchamp, paroisse Saint-Jean-Damaseène, 6 auxiliaires, $5.52 ; l'équipe de Mme J.Bouchât, paroisses Saint-François-Solano et Sainte-Philoménc, 5 auxiliaires, $4.76 : l'équipe de Mme René d'Astous, paroisse Notre-Dame, 3 auxiliaires, $4.05 : et l'équipe de Mlle Y.Couture, paroisse Notrc-Dame-de-Lourdes, 3 auxiliaires, $2.12.A Mlle Gcorgcttc-Hélènc Dagcnais revient l'honneur d'avoir, parmi les auxiliaires, rapporté la plus forte somme, $25.10.Voici le détail de quelques-unes des meilleures boîtes : Mlle Maria Auclair, $21.02 : Mlle Luce Brosscau, $15.44: Mlle Armandinc Lacharité, équipe de l'Association des Aides mater' nelles, $13.04 : Mlle Annette Charbonneau, équipe de Mme H.'J.Pilon, $12.73 ; Mlle Aurore Lalondc, équipe de Mlle Hélène Provost, $11.51 ; Mlle D.Laiv glois, équipe de Mlle Hélène Provost, $11.16 ; Mlle Madeleine Grothé, équipe 6 LA BOKHE PAROLE Montréal de Mme J.'P.Lamarche, $10.16 ; Mlle Marguerite Corta, équipe de Mlle Madeleine Dalpc, $9.53 : Mlle Mariette Provost, équipe de Mlle Hélène Provost, $8.98 : Mlle Turcotte, équipe de Mlle Joubert, $8.54 ; Mlle Réjane Arpin.équipe de Mme E.Bouthillicr, $8.45.Le mercredi soir 31 mai, le tirage des récompenses, offertes aux collabora* trices du "Denier National'*, eut lieu.Les prix, pour les souscriptions, furent gagnés par Mlle Eglantine Phaneuf, qui a recueilli $168.00, et Mlle Jeanne La-pointe, $51.00.Le prix offert aux chefs d'équipes fut gagné par Mlle Luce Bros-seau.De nombreux prix furent ensuite tirés parmi les autres auxiliaires.La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste exprime sa profonde reconnaissance à ceux et à celles qui ont collaboré à cette quête, soit par leur travail, par leur obole ou par leur souscription.* * * Souscriptions obtenues par Mlle Eglantine Phaneuf : Henry Morgan êr Company, $50.00 : T.Eaton Cr Company, $25.no : Dupuis Frères, Limitée, $25.00 : Société Nationale de Fiducie.$25.00 ; La Banque d'Epargne de la Cité.$5.00 : L.G.Beaubien c?Cie, Liée.$5.no : Mrs.Milton Horsey, $5.00 ; Mme Albert Dupuis.$5.00 ; Mme W.W.Skinner.$5.00 ; M.H.-E.Phaneuf.$3.00 : Mlle Thérèse Gravel, $3.00 : Mme M.Beullac, $2.00 ; l'Archevêché de Montréal, $2.00 ; la Banque Canadienne Nationale, (suce.Sainte-Catherine ouest), $2.00 : Bianchini Féricr (Canada) Limitée, $2.00 ; Granger Frères, Limitée, $2.00 : John Henderson (f Company, $2.00 : Coudurier.Fructus if Devi-gne, $2.00 : France-Couture (Canada) Limitée.$2.00 : Mark Fisher Sons tr Company, $2.00 : M.Alphonse-L.Phaneuf, $1.00 ; Ekers Cushing i?Company, $1.00 : MM.Vanier if Vanier, $1.00 ; Mme Henri Gauthier, $1.00.Souscriptions obtenues par Mlle Jeanne Lapointe : Mme L.de (i.Beau-bien.$25.oo : la Banque Canadienne Nationale.$10.00 : Mme F.-B.Mathys, $5.00 : Mme C.-E.Gravel, $5.00 : la Banque Provinciale du Canada, $2.00 : Mme Hector Cypihot, $3.00 : Mme Eustache Letellier de Saint-Just, $2.on.Souscription obtenue par Mlle Luce Brosseau : J.J.Joubert.Limitée, $5.00.Autres souscriptions : L'honorable Sénateur Raoul Dandurand, $10.00 ; Comité des Oeuvres économiques.$5.00 : la Section paroissiale Saint-Ambroise, .$5.00 : Mlle Marie-Ange Madore, $5.00.Les souscriptions ont rapporté $260, la quête a rapporté $703.57, soit un total de $963.57.Solidarité Pratiquons l'économie, qui consiste à tirer le meilleur parti de toutes choses.Déposons nos épargnes dans un grand établissement de crédit, qui prête une large part de ses ressources à l'agriculture, au commerce et à l'industrie.Ainsi, nous ferons d'une pierre deux coups: notre capital d'épargne sera en sûreté et nous rapportera des intérêts, et il alimentera l'activité économique dont tout le monde profite Banque Canadienne Nationale 537 bureaux au Canada 66 succursales à Montréal Montréal LA BOT^HE PAROLE 7 La vie superficielle Entendons-nous sur ce mot "vie".Vivre, ce n'est pas soupirer ; ce n'est pas non plus s'agiter.Tant de gens — dispcnsons'iious du pourcentage — remuent, s'empressent, vont, viennent, croyant vivre parce qu'ils respirent, boivent, mandent, dorment et même s'activent.Illusion ! leur dit un romantique qui a plus ou moins bien vécu ¦— plutôt moins bien — mais qui a vécu, puisque son âme a souffert.Musset voyait plus loin, comme tous ceux qui observent.Tant de gens que nous côtoyons n'ont que des apparences de vie.Parce qu'ils sont par* tout et touchent a tout en effleurant ; parce qu'ils escamotent aux autres une réflexion, un jugement qu'ils n'ont ni le temps, ni la capacité d'avoir ; parce que, de ci de là, ils font une démarebe qui répond à leur besoin d'activité, ou donnent un peu quand ils pourraient donner beaucoup, ils se jugent et on les juge — j'entends ceux qui n'approfondissent jamais — occupés, profonds, intelligents ou bons.Ils se trompent et trompent les autres; ils ne font que semblant de vivre; ils tournent les feuillets d'un livre que jamais ils ne s'arrêtent à lire ; de la vie, ils n'ont que les gestes.La vie, c'est quelque ebose de splendide quand on sait d'abord la dégager de tout ce qui est superficiel, puis ensuite, l'approfondir.Vivre, c'est concentrer toutes ses énergies au lieu de les disperser ; c'est, sans oublier jamais les contingences, les nécessités de la vie, et les menus détails mate' riels, savoir les dépasser.C'est tout en soignant son corps — car la santé est la première joie — développer toutes ses facultés ; c'est, en s'épanouissant au dehors, fleurir surtout en dedans.Par suite c'est, sous les gestes nécessaires, olv server, réfléchir, penser, descendre en soi, s'y retirer, y entendre 'les voix intérieures" : c'est échapper au terre-à-terre obligatoire et mieux accomplir le devoir en écoutant la nature, le beau.Dieu.C'est agir non dans le vide mais pour un but précis : c'est donner et se donner : c'est aimer, non tant de bouche que de creur et d'âme, dans l'oubli de soi ; c'est lutter, travailler et même pleurer.Vivre ainsi par l'esprit, le c
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