La Canadienne : le magazine du Canada français, 1 janvier 1920, v. 2, no 1
Abonnement .A COMPAGNIE DE PUBLICATION CONTINENTALE, LIMITI I Le numéro rROIS DOLLARS Montréal j canada „ toron™ VTNCT-CINQ CENTS Leçons contre l'usure du Pneu | GOOD0YEAR IService Station t ^TraitéGoodyear sur la Conservation des Pneus, A-** un cours en six leçons, est une encyclopédie en miniature contre l'usure des pneus, indiquant à l'automobiliste les choses qu'il doit faire pour prévenir les lésions du pneu et pour réparer ces lésions si elles se produisent.Il a pour but précis de contribuer à tirer des pneus le dernier mille de parcours possible.Le cours est une institution parallèle au service désigné sous le nom de Goodyear Service Station Dealer.Il vous montrera aussi comment prévenir, et comment réparer les éraflurcs de la chape, le pneu mou, l'alignement imparfait des roues, les ampoules de sable, les brisures du tissu; il vous mettra en I )i issessii m des Keoimmiseiirs de l'mu- ( ioodyear qui prolongeront la durée de vos pneus.Il peut rectifier l'alignement de vos roues.Il peut calculer la pression d'air qu'il faut à vos pneus.L'automobiliste qui emploie ce service obtient plus de milles de parcours lonc, un coût-du-mille moins élevé—que celui qui achète sur une base d'escompte ou de prix réduit.Dans chaque Station de Service de Goodyear vous trouverez le Traité Goodyear sur la Conservation des Pneus, dans le casier tel que reproduit dans cette gravure.Demandez votre série.THE GOODYEAR TIRE & RUBBER CO., of Canada, Limited Pneus de tous temps, Pneus de toutes roues La Canadienne, Septembre, IÇ20 D'UN MOIS A L'AUTRE Où il est question de ce que l'on donne, de ce que l'on va donner et de ce que l'on va demander Le Commandant du 22ïme Bataillon Courcelette! u: N détail d'administration nous a empêché de publier, ce mois ci, comme nous nous le proposions, l'article du Colonel Chaballc sur la bataille de Courcelette.L'article paraîtra dans le numéro d'octobre, quelques jours seulement après l'anniversaire de la grande bataille où se sont distingués tout particulièrement les soldats du 22ème Bataillon Canadien-Français.Le plaisir de le lire, pour avoir été retardé, n'en sera que plus grand.On aimera à suivre pas à pas les nôtres dans la terrible fournaise, à lire les ordres brefs du commandant Tremblay, chef admirable qui a l'œil à tout et dont la seule présence est presque une garantie de victoire.C'est peu de chose que l'histoire d'un bataillon dans cette épopée gigantesque que fut la grande guerre; mais c'est toujours l'héroïsme vivant que l'on retrouve sur chaque point de la ligne, et pour tous ceux qui avaient des tils au front, c'est dans la tranchée où se trouvaient les leurs que se faisait la lutte.Et c'est ainsi que le triomphe final n'a été dû, en somme, qu'à l'ensemble des héroismes et des sacrifices accomplis et réunis sur la terre de France.En rendant hommage aux unités perdues dans le grajid tout glorieux on se rapprochera de l'hommage du à tous les héros obscurs qui reposent dans la paix des cimetières et sous l'alignement des croix de bois.Et puis les souvenirs, même les plus cuisants, finissent pv être supportables.Un auteur français se demandait même, dans un ouvrage récent, si on ne finirait pas par regretter un peu cette vie fantastique des camps, cette atmosphère d'héroïsme et de grandeur que la liberté, comme un souffle divin, a pendant quatre années terribles répandue sur le momie.Il se demande si beaucoup parmi ceux qui en sont revenus, en songeant aux camarades, ne se diront pas que c'était le bon temps.Ecoutons-le: "Pour raconter votre longue misère, j'ai voulu rire aussi, rire de votre rire.Tout seul, dans un rêve taciturne, j'ai remis sac au dos, et, sans compagnon de route, j'ai suivi en songe votre régiment de fantômes.Rcconnaitrcz-vous nos villages, nos tranchées, les boyaux que nous avons creusés, les croix que nous avons plantées?Re-connaitrez-vou» votre joie, mes camarades?La fin d'un Concoure ¦^^OUS publions dans une autre page le résultat du concours des Cibles qui on le sait, a provoqué tant d'émulation et d'enthousiasme parmi les jeunes lecteurs et lectrice» de La Canadienne Comme il fallait bien s'y attendre un peu.parmi les milliers de réponses reçues c'est encore le petit nombre qui ont donné la solution juste.Même parmi ces dernières, c'est le petit nombre qui s'est strictement conformé aux conditions du concours.N'empêche que nous avons assisté à un tournoi des plus intéressants qui nous a permis de constater avec quel degré d'attention et d'intérêt on lisait La Canadienne C'est, pour nous, un sujet de satisfaction dont nous sommes très fiers et dont nous remercions très cordialement ceux et celles qui nous l'ont si généreusement fourni.Les juges du concours accompagnent leur décision de certaines observations du plus haut intérêt.Les concurrents devront les lire avec soin et, de la sorte, si tous n'ont pas remporté des prix, tous, au moins, retireront quelque profit du travail qu'ils se sont imposé.Et La Canadienne, dans ce petit tournoi organisé autant pour instruire que pour amuser aura atteint pleinement son but.Ce lui sera un encouragement pou' enfep'cnd'e, dans l'aveni*, d'autres tournois qui intéressent à un égal degré sa deja très grande (amille de lecteurs.Nous n'en dirons pas davantage sur re sujet qui, du reste, est traité au long par les juges dans leur rapport Mais à tous nous adressons un cordial merci1 Sherlock Holmes I A CRITIQUE française fait l'appréciation sui-vante du créateur de ce personnage de roman fameux: "On se ferait une fausse idée de Sir Conan Doyle en l'assimilant à nos romanciers 'populaires': cet Ecossais imaginatif est un écrivain de style.Né à Edimbourg en 1859, fils et petit-fils d'artistes, après avoir étudié la medicine, qu'il ne devait.pratiquer que peu de temps, et fait un voyage aux régions arctiques, il débuta dans les lettres par un roman historique, la Compagnie blanche, dont le succès fut très vif.Depuis, il devait revenir plusieurs fois, avec bonheur, à ce genre, pour lequel il garde une prédilection.Mais c'est le jour où, dans Un Crime Etrange, il créa son Sherlock Holmes, qu'il trouva la voie où l'attendait la célébrité.D'ailleurs, il ne le créa point de toutes pièces: un médecin militaire."C'était le bon temps.Oui, malgré tout, c'était le bon temps, puisqu'il vous voyait vivants.On a bien ri, au repos, entre deux marches accablantes, on a bien ri pour un peu de paillc trouvée, une soupe chaude, on a bien ri pour un gourbi solide, on a bien ri pour une nuit de répit, une blague lancée, un brin de chanson.Un copain de moin», c'était vite oublié, et l'on riait quand même; mais leur souvenir, avec le temps, •'est creusé plus profond, comme un acide qui mord." Courcelette est déjà chargé de ces souvenir» qui.avec le temps, ae creusent plu» profonds.Vou» le verrez bien, quand vou» lirez l'article du Colonel Chaballc dans le numéro d'octobre de La Canadienne.Avant de payer votre abonnement à LA CANADIENNE à un de nos agents voyageurs, assurez-vous qu'il est porteur du certificat reproduit ri-dessous.Assurez-vous aussi que la date imprimée sur le certificat n'est pas expirée, que le nom et le prix d'abonnement de LA CANADIENNE sunt imprimés sur le dos de la carte.professeur à l'hôpital d'Edimbourg, le Dr Joseph Bell, doué des plus extraordinaires facultés déduc-tives, lui fournit son modèle, mais il sut lui donner la vie intérieure et extérieure, le mouvoir dans l'invraisemblance comme si elle était la réalité, en faire une individualité si existante, si authentique, qu'à maintes reprises il a reçu des lettres à l'adresse de son héros."Sir Conan Doyle excelle dans le genre, anglais entre tous, de la Short Story: il s'entend comme personne à bâtir un drame, évoquer un milieu, fixer une figure, déterminer une atmosphère." On pourra en juger en lisant dans le numéro d'octobre de La Canadienne un morceau peu connu de Conan Doyle "La disparition de Lady Frances Carfax." Le serment du Chevalier Bayard "MONSEIGNEUR JÉSUS, un de mes frères reste à la maison, les deux autres se consacrent à Dieu, permettez-moi de me consacrer à la France, à la France tant seulement! Je jure de l'aimer et de la servir autant que vous-même; ce pourquoi je fais le serment de ne rechercher aucune dame en mariage, car il serait moult difficile de faire également double devoir terrestre." Bayard est resté fidèle à ce serment que Dieu seul avait entendu.Jusqu'à l'heure où nous sommes, jusqu'à l'âge de trente-sept ans.il n'a aimé, il n'a servi que Dieu, la France et le roi.y manquera-t-il aujourd-hui?C'est ce qui mettait le trouble dans cette âme grande et simple, c'est ce qui faisait passer son esprit et son cœur d'une extrémité à l'autre des émotions et des sentiments qu'il n'avait pas connus encore.Oui," dit-il, "c'est vrai, j'ai fait ce serment devant l'image de Monseigneur Jésus, et je dois le tenir, je dois donner l'exemple en un temps où les bons exemples se voient si peu! Et cependant, est-ce un grand mal de donner son cœur à une dame chaste et noble?Voilà vingt ans que j» tiens ma promesse.Doit-elle être éternelle?Si Adclina m'a enseigné ce mal d'amour, n'est-ce pas parce que Dieu l'a permis et qu'il m'invite à d'autres devoirs?N'est-ellc pas digne de créer des fils pour la France?Hélas! elle n'est point fille de France, et son pays est l'ennemi du mien; les enfants qui naîtront de nous n'auraient pas seulement le sang de mes ancêtres, mais aussi le sang d'une race étrangère.Ce serait forfaiture.Oui, mais je juge ces choses avec trop de rigueur; le roi et notre Saint-Père peuvent m'éclairer et me délier de mon serment secret; j'irai en France, à Rome, je me jetterai à leurs pieds; ils comprendront mes angoisses et mon espoir.C'est cela.Que Monseigneur Jésus me soit en aide!" Et le dénouement?On le trouvera dans le numéro d'octobre de La Canadienne.Bureau-Chef de l.ii Compaftnle de Publication Continentale.Limitée Éditeurs du MaKaiine du Canada Franc Les présentes certifient que Est autorisé à percevoir des abonnements, jusqu'au jo Septembre, IQ20 aux publications dont le nom et le prix de l'abonnement sont inscrits au dos de cette carte.NUL APRÈS LA DATE CI-DESSUS John F.Foy, Gérant des sbonnemencs.Quelques sujets ( \ N n'oubliera pas qu'à part les sujets que nous venons d'énumè-rer, LA CANADIENNE du moi» d'octobre en contiendra beaucoup d'autres, sans compter les rubriques établies qui intéressent à peu près tou» les membres de la famille.Ainsi, nos lectrices noteront avec plaisir que le "Costume Royal" leur offre une véritable abondance de modèles pour la mode d'automne.Condé Naat leur démontre une foi» de plus qu'il est l'arbitre incontesté des élégances.Pout ceux que l'avenir préoccupe ou qui portent dans leur cœur quelque secret tendre ou troublant une étude des lignes de la main fournira des instants agréables.Lise» aussi "Les Croix de Bois" et vou» non* en donnerez de» nouvelle». 2 La Canadienne, Septembre, IÇ20 Pureté IVORY SOAP est pur parce qu'il ne renferme d'ingrédients que ceux qui sont essentiels à la fabrication d'un savon supérieur.Il ne contient ni blanchisseur pour le rendre blanc, ni remplissage pour lui donner du poids Ivory Soap est pur parce que ses ingrédients sont si parfaitement raffinés qu'il ne contient ni saleté ni matière étrangère une fois qu'il est fini.Ivory Soap est pur parce qu'il combine si admirablement la matière grasse et l'alcali que dans aucun pain on ne peut trouver d'alcali en liberté ni de graisse qui ne soit pas saponifiée IVORY SOAP 99^ PUR Fabriqué aux établissements Proctor (e Gamble à Hamilton, Canada U OsaadumMé, Sepumtbrt, IÇM J Vd.2., \'0.J.'LA £jAA'£)T£ÏK1ixlU Septembre, 1Q2Q Uinh.,tl,nii tu» tau*.ta.Se.fan, L* liagari»» te Caviadii Français *""U«< «W U raaWfasas, «saaa fhvx-iunx txuxuou.«4«V ATTBVTION.Ca «•"¦—ai I «•«»•»»» « «• •alt II Un ifaiMf r« Urmtm «as- la aaauBs pnor ¦ansa* air» fart aaxanrw* w a*u pas K-arsdt An»law ni, nSàn ««est M «au* a4rcaa» aa faaamait «s* ' hot let l ¦onora Trots drntrin:—Haut—Medium—Doum 1.Moxtaqmu.Sl Co.|Mpi.-l •• r,rle IIU,.Toronlo Ah! cette Bouffée de parfum qui ne manque jamais de vous 'ouvrir l'appétit au déjeuner, est tou jours plusprenante quand c'est c SEAL.BRAND COFFEE qui la donne.Largavcur, le pailuni, la délie.i tisse renomnne ou Seal Brand sont scellés dans la boil, l-.n boites dc \% 1 et 2 livres.Jamais en sacs.Entier, moulu et pulvérisé pour tnculateurs ou per -dateurs ordinaires.Chez tous les bons épiciers.''CaTé parlait—parfaitcm n dit exactement comment se lait le café.Gratuit.Dcmandez-lc par écrit HASE & SANBOFN, MONTREAL La Canatiiennr.Septembre, IÇ20 Maurice Archer attendait le toir Une Idylle à la ICS RIVES abruptes de la l'ointe-au-l'ic rayonnent en cette fin de juillet; nulle part au "pays de Québec" les Ilots ne aont plus bleus et, en aucun endroit des cotes laurentiennes, les arbres, qui dégringolent des falaises jusqu'aux grèves, ne doivent être plus verts.Au reste, personne ne pouvait faire plus passionnément aimer les aspects élyzéens de la Pointe-au- Pic, à cette époque de l'année, que Maurice Archer, dans une lettre qu'il avait écrite, la veille, à Blanche Desrivières, de Québec: ".De ce temps-ci," écrivait-il entre autres choses, "de l'immense véranda du Manoir, j'assiste, des journées entières, aux démonstrations de la lumière qui vibre et rutile sur toute l'étendue grise du fleuve; c'est une plaine sans fin qui palpite d'une vie frémissante et qui frissonne sous le moindre vent.Et il me semble que cette étendue, par ses murmures et par ses harmonies, proclame à chaque instant que l'univers déborde des limites étroites où l'a enfermé la sagesse de l'homme.La lumière s'ép.ind en ondes larges et puissantes partout; la voix de la vie résonne partout, sur le fleuve et dans les bois d'à-côté où j'entends le murmure caressant des herbes et des feuilles, les cris et les gazouillis des oiseaux.Ah! que ne pouvez-vous jouir avec moi de ces clartés, de ces chants et de cette joie libre!." Malgré cette joie libre, ces chants et ces clartés, le Manoir somnole sur son haut promont >ire et, tout alentour, dans l'ombre des bjsquets sommeillent également les villas.Les villas somnolent et, dans cette lumière persistante des journées de l'été ravissant que nous avons, les caps, des lieues à la ronde, semblent, à qui mieux mieux, s'exhausser pour proclamer leur majesté, et toutes les anses, à leurs pieds, se font belles à ravir."A ravir, les anses s?font belles, et, dans l'eau bleue du fleuve, se projette la masse simbre des sapins tic la Pointe; la mass.- se prolonge au loin sans qu'il semble y avoir d'échappées; mais si drues et si épaisses que soient ces éternelles rangées d'arbres trop endeuillés, elles n'empêchent pas les fredons de l'écho de mille bruits joyeu\ de bruire entre leurs branches et de percer les frondaisons, comme les rayons d'or du soleil à travers les feuillages; bruits et rayons vont se mêler, en bas des falaises, au bord de la dentelle des grèves, à la brusque intrusion de quelques souffles légers agitant l'eau qui ne demanderait pourtant qu a dormir.Et ces bruits et ces rayons sont comme un rêve dans la somnolence générale des êtres et des choses."Et voilà, mon amie, le coin de pays où jc vis, où ie voulais vivre et que vous connaissez bien, d'ailleurs." Mais je reprends ma proposition.En quoi scrait-elle inacceptable?Elle n'a rien, assurément, dont se puisse inquiéter l'esprit le plus timoré, le vous jure, une fois encore, avoir (ait table rase de mes rêves de jadis et banni de mon cœur l'amour, tout cher qu'il m'ait été.le vous l'ai dit en pleine (ranchise, je le répète sans 1 ombre d'une arrière pensée: j'aspire désormais à votre amitié seule."Le jolie escapade!.qui ne serait, en somme, que la réalisation d'un projet qui vous avait paru sourire, l'année dernière.Or, l'été, charmant, cette année, nous promet des journées à souhait pour le réaliser.Ce serait, un peu, le (ruit défendu.Ne vous tente-il pas, jolie fille d'Eve?Voyons, j'insiste; je vous attendrai."Si vous voyiez la (orêt, ici, à coté du Manoir.Elle est toute (euillue et fleurie aussi.Dans quelque coin des ombrages de ces fleurs et de ces (euilles, nous causerons gentiment, non de ce qui me tint autrefois si fort au cœur; le sujet vous a toujours alarmée et il vous importune aujourd'hui: je le sais—nous causerons de la pluie, du beau temps—du beau temps surtout, c'est cela qui prime.Pour ce soir-là, il nous (era, jc l'espère une promenade très douce, égayée de jaseries amicales, rien qu'amicales.Vous verrez comme se prêtent à cela les bois environnant la Pointe-au-Pic."Mais une idée me tourmente, un tantinet folle.Vous allez rire.Si, pour nou» mettre un brin k l'aise.de grâce ne riez pas trop.Si, pour cette visite.cette promenade, vous cessiez d'être, pour un instant Mademoiselle Blanche Desrivières pour devenir ce que vous étiez, là-bas, à Saint-Cloud, l'infirmière Desrivièrrs!.Hé, là! point ne divague: n'ouvrez pa» si grand* vos beaux yeux.Moi, je redeviens, pour l'instant, le capitaine Archer Je m'explique.Pointe-au-Pic Par DAMASE POTVIN //;.Par t.v.McCarthy "J'ai une puissance d'illusion qui, au cas où vous consentiriez à vous prêter à cette fantaisie, me ferait, la folle du logis aidant, vous voir comme ie vous ai vue pendant plus de deux ans, à l'Hôpital canadien de Saint-Cloud, avec tant d'attentions, soignant les pauvres blessés de Verdun.Alors, vous savez, ce n'était plus de l'amitié, ni, à plus (orte raison, de l'amour; mais de la simple camaraderie."Vous voyez d'ici comme cela modifierait nos situations respectives.D'abord, nul danger que je m'oublie à vous parler d'amour; ce serait comme là-bas.Puis, il ne serait pas impossible qu'alors vous devinssiez confiante, voire même expansive.Peut-être, la camaraderie aidant, feriez-vous de moi, votre confident.Ce serait bon si votre âme fermée, murée jusqu'à présent, s'ouvrait toute grande, me dévoilant, comme on fait de vrai ami à ami vrai, ses intimes replis, ses recoins cachés; là où dort de son sommeil inquiet la peureuse et tremblante chimère que tous nous portons en nous et dérobons aux profanes." Dites, cela ne vous séduit-il pas?Répondez par un "oui" très brave, comme là-bas, quand la "ma-tronne" vous ordonnait d'aller soigner un grand blessé que les brancardiers venaient d'apporter, sanglant." C'est ce qu'avait écrit la veille du 24 juillet dernier, le capitaine Maurice Archer, de Montréal, en villégiature, à la Pointe-au-Pic, à Blanche Desrivières, ancienne infirmière à l'Hôpital canadien de Saint-Cloud.en France, à présent en permanence à Québec, chez s=s parents.| E CAPITAINE Archer—quatrième année de s—* médecine à l'Université Laval de Québec lors de la déclaration de guerre en 1914—avait fait toute la campagne comme clerc médecin dans divers hôpitaux de France.Quand il servait à l'Hôpital canadien de Saint-Cloud, il avait rencontré l'infirmière Desrivières qui venait de Québec, et qu'il avait vue plusieurs fois dans des "parties" de la Haute-Ville, alors qu'il était étudiant.A la suite de ces rencontres, il avait ressenti, pour Blanche Desrivières, un sentiment qui finit par devenir plus que celui d'une solide amitié.Ce sentiment allait se développer davantage quand on proclama, au "pays de Québec" l'appel volontaire contre le boche en train de ravager l'Europe.Maurice Archer s'enrôla l'un des premiers dans le corps médical; il fut aussi l'un des premiers qui servirent à l'hôpital fondé par le colonel Mignault; c'est là qu'il rencontra, un an après son arrivée en France, Blanche Desrivières, qui l'avait suivi jusque là en qualité d'infirmière.Ils étaient revenus au pays, après la démobilisation, et avaient vécu, chacun de son côté; Blanche Desrivières à Québec, Maurice Archer à Montréal, avec ses parents aussi, complétant à l'Université de Montreal ses études interrompues par la guerre.La belle saison qui suivit l'armistice, ils se rencontrèrent à la Pointe-au-Pic.Un sentiment encore plus sérieux qu'auparavant et qui laissait assez loin derrière lui la bonne camaraderie de Saint-Cloud, n'avait pas tardé à se manifester dans le cœur du capitaine et dans celui de l'infirmière.Mais Blanche Desri-vières n'était évidemment pas mûre encore aux entreprises trop audacieuses « de l'amour et à la vraie vie du cœur; elle était encore trop embarrassée dans les pipeaux du flirt.Par un "Dis-moi quelques beaux vers si tu veux" caprice psychologique assez subtile, le jour où e le sentit qu'elle était franchement aimée et qu elle allait aimer, elle se déroba.Elle mit (in brusquement à la villégiature de la Pointe-au-Pic.L'année suivante, Maurice Archer, passai^ de nouveau la belle saison au Manoir Richelieu.L'ancienne infirmière de Saint-Cloud ne parut pas.Un matin, Maurice Archer, tenaillé par le désir de revoir la jeune fille, lui écrivit la lettre dont nous venons de lire quelques passages.A cette lettre, il reçut, quelques jours après, la réponse suivante: "Vous serez toujours timbré un tantinet.Ai-je eu assez raison de ne pas vous aimer.d'amour.Où cela nous eût-il menés avec vos imaginations extravagantes?.Où cela me mènerait-il?oserais-je dire, car, vraiment, je vais croire votre folie contagieuse.J'ai hésité, je vous assure, d'avoir à conlesser que votre caprice, encore qu'il me semble baroque me trotte par la tête.Me voici (urieuse contre vous, contre moi, contre les autres.Pourquoi?.Ah! parce que."Éh! bien, oui, là, êtes-vous content?Sans plua tergiverser, je brûle mes vaisseaux.Je cours à la poste; j'y vais courir tout de suite, à l'étourdie, pour nje garder de réfléchir.Dans cinq minutes, je dirais "non" et, si souvent, vous m'avez accusée d'être d'humeur changeante et fantasque.En un mot, j'accepte votre proposition.Nous parlerons seulement de nos grands blessés, condition 'sine qua non," comme je vous ai entendu dire quelquefois, monsieur le séminariste.manqué.Je vous appellerai "capitaine" et vous me direz seulement "mademoiselle," comme là-bas.Dans les bois pacifiques de la Pointeau-Pic, ce sera, je l'avoue, un peu gnan-gnan.mais qu'importe! De temps en temps, vous me direz des vers, j'aime cela." Et, par la poste suivante, Maurice Archer adressait ce billet à Blanche Desrivières: "Je vous remercie d'avoir accepté d'être originale.Il est entendu que nous ne parlerons que de nos grands blessés et que je vous dirai aussi des vers.Je dirai tout ce que vous voudrez.Au besoin, nous disserterons sur le mazdéisme.Nous pourrons même, une fois épuisé le sujet des grands blessés, gloser sur les interpolations de la fine fleur du Zend-Avesta et je me sentirais avec vous l'héroïsme de soutenir des études comparées sur les trois prophètes issus de Zaratroustra.le baise votre coiffeJd'ie.*;'-.ière." QUELQUES jours après, Blanche Desrivières arrivait à la Pointe-au-Pic où sur le quai, depuis plusieurs heures, l'attendait, nerveusement, Maurice Archer revêtu de son plus brillant uniforme et tourmenté d'une inquiétude grandissante.Viendra-t-elle, ne viendra-t-elle point?se demandait-il, depuis deux heures au moins, en scrutant le fleuve, à la recherche du bateau de Québec.Par aine de ses sautes d'humeur inexplicables, dont il avait tant souffert déjà, ne se serait-elle pas ravisée?Mais non, elle arriva, charmante, réjouie, un peu rose, laissant voir par son manteau de voyage entr" ouvert quelques rayons bleus de son costume d'infirmière."Vous allez bien, Monsieur Archer?—Ah! alors.c'est "monsieur"?—Mais non!.Vouz allez bien, capitaine?Le cœur de Maurice battit."Bien, "mademoiselle".Vous êtes char-mante d'être venue.Un sourire s'épanouit sur le visage de U jeune fille.Tous deux gravirent U colline abrupte au sommet ue laquelle s'élève le Manoir Richelieu.Ils ne voulurent pas s'engager dans l'escalier trop moderne et prirent un sentier étroit, malaisé, rocailleux.Et ce sentier rocailleux, étroit et malaisé était pavé de vieille mousse d'où pointaient de longues herbes nouvelles; il semblait vouloir, avec ses rejets envahissants, les obliger de se rapprocher, se serrer de tout près.Déjà cette complicité des choses les troublait, l.a jeune fille s'ingéniait à trouver une diversion au cours de ses pensées inquiétées soudain par cet étrange rendez-vous.Par instants, le cœur gonflé d'une émotion trop vive, elle s'éloignait, courait un peu en avant de Maurice, ou bien s'attardait derrière lui pour cueillir une fleur, arracher d'une main distraite, à la pointe de quelque cépée, une poignée de petites feuilles tendres.Maurice Archer, sans penser à ces jeux enfantins, se creusait la tête pour trouver un texte à conversation.Il songea, d abord, à plaisanter sur le défaut de couleur locale du paysage si peu en rapport avec leurs costumes; mais il sentit qu il allait, inéluctablement, lancer quelque balourdise, une platitude, tout au moins.Pour rassurer la jeune fille, qu'il sentait inquiète, il affectait de l'appeler fréquemment : " mademoiselle.mademoiselle.Et visiblement, déjà, la québécoise semblait vexée de cette appellation trop méchamment fréquente.Quelques minutes après, ils s'arrêtèrent au bord de la terrasse du Manoir et s'émerveillaient du panorama qui se déroulait à leurs pieds.Le bateau qui avait amené la jeune fille, s'était éloigné du quai et filait maintenant vers les montagnes lointaines du Saguenay.Le bois de sapins verts qui couronne le cap, à droite du Manoir, les invitait."Vous venez.mademoiselle ?" demanda Maurice, montrant du doigt le bois de sapins verts.—Oui.capitaine.—Voyez, il y a là-bas des arbres magnifiques; la vue embrasse là un horizon encore plus large; on doit respirer mieux.I LS se remirent en marche vers le boisTfvde sapins verts.Ils cheminèrent parmi les délices de l'ombre forestière, se confiant aux caprice d'une piste ignorée dont l'énigme ténébreuse et la fantasque humeur répandaient en eux je ne sais quel besoin de poésie iné- ¦ i H dite.attentifsaurythme odoriférant du feuillage, à l'obsédante musique des moucherons ivres de chaleur,'.aux jeux souples de rayons égarés sur des mou»ses polychromes, à toutes les mille menues richesses du sousbois dormant sous la lumière.Et dans l'ombre du sous-bois, tout-à-coup.Blanche prit le bras du jeune homme et s'y appuya avec abandon." Dis-moi quelques beaux vers, si tu veux.Ravi, il commença: Non ce n'est pas en vous "un idéal" que j'aime.C'est vous tout simplement, mon enfant, c'est vous-même.Telle Dieu vous a faite, et telle jc vous veux.Et rien ne m'éblouit ni l'or de vos cheveux, Ni le feu sombre et doux de vos larges prunelles.Bien que ma passion ait pris sa source en elles.Comme moi, vous devez.—Non, pas cela.fit vivement Blanche.—Bien.alors: Certes, il faut avoir un amour en ce monde.Un amour, rien qu'un seul, tout fantasque suit-il ; Et moi qui le recherches ainsi noble et subtil.Voilà qu'il m'est.Elle l'interrompit de nouveau, impatientée: —"Vous êtes irritant.Autre chose.—Comme vous voudrez, mademoiselle; nous allons, si vous le voulez disserter sur Zaratroustra: "Nous adorons Aboura-mazda, le pur, le seigneur de pureté.—Ah! mais, c'est de la persécution! —Alors, parlons des grands blessés de Verdun: ils étaient héroïques, oh! si béroiques avec leur ttolcité dans la douleur, tous ces pauvres éclopés pour toujours.— l'ai envie de vous battre.— Moi aussi, mais Victor Hugo a dit: " Il ne faut jamais frapper une lemme même svec une fleur." Mais quand même.Ah! si j'avais une rose sous la main!.— Prenez garde; il y a les épines.—Vous êtes méchante.Taisez-vous.Uisons-nous; rêvons plutôt.Ah! que c'est beau, là-bas.le fleuve.les collines.Voyez-vous le Cap-à-l'Aigle?Avec une longue-vue, je crois que nous pourrions distinguer le clocher de la Rivière-Ouelle, de l'autre côté.1 E SOIR venait.Accru peu à peu, il tendait sur *-* le ciel de fines gazes et de légers crêpes violâtres; dans leur traîne infiniment terne scintillaient, de minute en minute plus nombreuses, les étoiles.Bientôt, la lune claire et ronde émergea d'un gros «uage opalin, répandit sur tout le paysage une lumière ttiteuse.diffuse et qui s'en allait en d'insensibles H-'-jr.id.it unis dans la pénombre des lut.lus.Blanche et Maurice étaient maintenant au sommet de.la colline d'où ils apercevaient, comme dans un "eux de verdure assombri, le Manoir.A leurs pieds, 'I* voyaient luire sous le clair de lune, les rails du Québec-Charlevoix qui fuyaient, parallèles, jusqu'A ¦ gare, masse sombre piquée de deux étoiles de sémaphore*.De petits houleux dévalaient ju*qu à la *oi> ferrée., La jeune fille était assise tout au bord de la tran-fnér dont elle fouillait du regard l'enténèbremcnt.1 n instant «es yeux se portèrent du côté de la gare "i venait d'arriver de la Malbair l'exprès» régulier en route pour Québec.La locomotive haletait et, au-dessous, s'élevait dans le bleu obscur du ciel, un long serpent de fumée blanche."Regardez là-bas.le train va partir.—Pour Québec.Maurice Arche*/ visiblement à court d'éléments de conversation fut content de continuer: "Qui eut cru cela, voilà quelques années, qu'une locomotive nous traverserait tant de montagnes et nous amènerait, en quelques heures, de la Pointeau-Pic à Québec!.—C'est le Progrès, Monsieur.Zaratroustra n'avait pas prévu cela, hein, capitaine?Elle éclata d'un joyeux éclat de rire qui sonna fort dans ce calme du soir."Je veux descendre là-dedans.Sans tenir compte des protestations de Maurice, au risque de se blesser et de sortir avec une toilette en lambeaux, Blanche DeBrivières, tout d'un coup, dévala comme une biche effarouchée, faisant sous ses pas dérober les pierrailles, qui roulaient jusqu'en bas, et craquer les arbustes auxquels clic s'accrochait de toute la pesanteur de son corps.C* FF RAYÉ, Maurice Archer se précipita à la suite * ' de la jeune fille.Par malheur, dans son élan, il buta violemment sur une pierre et tomba tout de son long dans la brousse; étourdi, il se releva en se plaignant d'une douleur au front; il continua de descendre le talus de la tranchée au fond de laquelle il n'entendait plus rien.Haletant, étourdi, le front sanglant d'une large égratignure, il mit pied enfin sur le sable durci de la voie ferrée.A ce moment, la lune était cachée dans un nuage; il fouilla de tous côtés, du regard, les ténèbres: il tendit l'oreille: rien seulement, déjà loin, le crissement sec du sable de la voie sous des pas menus.Il cria:: "Blanche!" Puis, il prit sa course dans la direction de la gare et du bruit des pas menus sur le sable sec.A chaque pas, il butait sur les traverses saillantes que l'obscurité i'empêchait de voir.Il tomba de nouveau et faillit se frapper le front sur l'acier d'un rail.Il se releva et reprit sa course folle, titubant comme un homme ivre.Il n'était plus qu'à quelques centaines de pas île la gare.Tout-à-coup, deux coups secs du sifflet de la premier souffle automnale, depuis quelques jours, ne voit que de rares promeneurs.locomotive strièrent l'air et il entendit le» grincements de ferrailles du train qui s'ébranlait.Quelques secondes après, il eut A peine le temps de »c jeter d'un côté de la voie; la lourde masse de fer et de flammes, geignant par toutes ses soupapes, (lassait en un bruit de tonnerre, entraînant sa longue suite de wagons pointillés de leur» portières lumineuses.Le train emportait vers Québec l'énigmatique et capricieuse Blanche Desrivières.\/lAURICE Archer vécut des jour» mornes jusqu'à à»s la fin de la saison.La fuite étrange de Blanche Desrivières l'avait surpris et peiné, il en chercha longtemps mais vainement le» causes.Quel» étaient bien à ce moment-là le» sentiments de la jeune fille à son égard?Il fouilla, scruta, se perdit tlans les dédales du cœur sans pouvoir rien trouver qui ressemblât à une solution, si vague la désirait-il, de ce problème psvi hologique.Il iiiivil.elle ne répondil pas.Finalement, philosophe qui en avait éprouvé bien d'autres, il en prit son parti.Il chercha à oublier mai» ne put jamais jurer qu'il réussissait.La fin de la saison fut délicieuse à la Pointe-au-Pic.Le paysage, à la veille du départ de» villégintcur», semblait se laire plus captivant que jamais, afin, san* doute, de se mieux faire regretter.Il invitait plus La Canadienne, Septembre, JÇ20 9 aux folles échappées, à deux, vers l'ombre des chênaies, dans le sous-bois ou vont et viennent de bonnes brises qui agitent des feuilles roussies par la première haleine de l'automne.Quelle joie tout de même, en ces jours de l'été finissant, Maurice Archer eut retrouvée avec l'ancienne infirmière de Saint-Cloud, par un de ces jours clairs et frais quand l'air roule dans ses frissons ce» capiteuses odeurs d'herbes fanées.La Pointe-au-Pic est maintenant déserte et toutes ses villas dorment au grand jour, sous les bosquets dénudés qui, durant l'été, les cachaient jalousement aux regards des curieux.Le premier souffle automnal, depuis déjà quelques jours, fait fuir vers les villes, maintenant plus hospitalières, l'essaim des villé-giateurs; et la Pointe-au-Pic est déserte et morne comme un tombeau.A Montreal, dans le brouhaha de la grande ville, parmi le toho-bohu des fêtes d'hiver, dont il était l'un des rois, Maurice Archer ne réussit pas plus à oublier que dans le calme tranquilisant de lu Pointeau-Pic.Plusieurs fois, il avait eu l'envie véhémente «l'aller à Québec avec le secret désir d'y rencontrer Blanche Desrivières.Il évoquait alors toutes sortes de bonheurs.C'eût été bon de se promener à son bras dans les rues tourtueuses et enneigées de la vieille cité, par un jour ensoleillé, même par les violentes "poudreries": d'affronter, du haut de la Terrasse, les vents glacials du fleuve; ou encore de courir la ville durant les lentes tombées des flocons qui descendent du ciel, pareils à l'éparpillement de pétales de fleurs chimériques qu'effeuillent d'invisibles mains.Il aurait eu au bras l'amie frileusement emmitoufflée; des flocons de neige se fixent sur sa voilette y brodant de blanches mouchetures: d'un souffle sorti en fine buée, l'haleine de la chérie les fait fondre, se résoudre en perles où s'allument des lueurs de prisme.Mais la crainte d'une rebuffade arrêta Maurice chaque fois qu'il pensait au voyage à Québec.A cette perspective d'un refus, d'une nouvelle fugue, sa figure s'imprégnait de tristesse, la tristesse ties mécomptes douloureux, des efforts avortés, des rappels aux catastrophes, des inutiles regrets.Il n'avait point osé, craignant d'accroître encore un tourment déjà trop cruel.L'hiver passa.Le printemps, très doux, éveilla, très vif, en l'esprit, le désir de nouvelles villégiatures dans les campagnes reverdies, au bord de la mer bleue ou dans les montagnes, sonores et fraîches.Vers la fin de juin, Maurice Archer retourna à la Pointe-au-Pic.Il était sûr d'y souffrir; mais il éprouvait, d'avance, quand même, consolation des amoureux malheureux, cemme un âpre plaisir à revoir des lieux bénis, chers malgré tout; plaisir de chercher à annéantir la douleur, sinon l'amour, par son excès même.AU MILIEU de l'été, vint l'anniver-**¦ saire du beau jour si tristement fini.De nouveau, ce jour-là, la Pointe-au-Pic rayonne sous mille feux.Le bois de 1» colline semble une apothéose des sept couleurs du prisme.Un fin sifflement de brise court dans les branches mollement oscillantes et dans les feuilles chargées de sève; les mousses ont des exhalaisons enivrantes.Maurice Archer attendait le soir pour accomplir un mélancolique pèlerinage au sommet de la colline.C'est décidément un soir de rêve.Le jour s'en était allé dans une gloire de pourpre et les arbres s'endorment, majestueux et calmes, sans un souffle dans leurs feuilles pressées: le ciel, implacablement bleu malgré l'obscurité grandissante, vers une lueur diaphane sur toute la nature.D'en bas, le hersant et long murmure du fleuve monte, engourdissant les êtres et les choses.Puis ce fut l'heure sacrée où la lune se mit à inonder de myriades de vers luisants, les boules des massifs, glaçant d'argent bruni les troncs des bouleaux, transformant en colonnes de bronze ceux des sapins et des épinettes.Une grande tristesse envahit le cœur de Maurice Archer quand il parvint au sommet de la colline boisée de ses sapins si éternellement pareils et de ses taillis moqueurs.Il se sentit prêt à pleurer.A ses pieds, il vit luire les deux rails du .Québec-Charlevoix qui, sous le clair de lune, fuyaient jusqu'à la gare, masse sombre piquée de deux étoiles de sémaphores.Quelque chose de doux, d'indéfini, comme une sensation de rive monte avec les exhalaisons nocturnes de ce coin de nature laurentienne.Tout-à-coup, Maurice Archer s'arrêta, stupéfait.Des bords du talus où, un an auparavant, s'était produite la catastrophe de son am"ur, il lui sembla entendre comme une faible plainte, très triste.Il s'approcha de quelques pas et une exclamation lui jaillit de la gorge: Blanche!.C'était elle, assise au bord du talus de la tranchée, prostrée en une attitude de désolation indicihle.La pauvre enfant pleurait tout bas.Elle pleurait sur le malheur d'avoir, un jour, sous les dictées tyranniques d'une idée fixe et d'un caprice, frustré son cœur des tendresses de l'amour; d'avoir tenté, par un vouloir amer dont elle avait, une longue année durant, cuirassé son âme pour mieux martyriser son cœur; elle pleurait un sot orgueil qui n'avait pas réussi à lui faire maintenir les résolutions douloureuses et les tortures volontaires d'un amour qu'elle voulait sacrifier simplement par caprice d'enfant gâté.Et, elle aussi, n'y tenant plu*, ce jour anniversaire, d un caprice d'enfant gâté, elle avait voulu accomplir le mélancolique pèlerinage.A pas lents, ils B'cn revinrent ver» le Manoir dans la sérénité et la mystérieuse grâce de cette belle nuit d'amour.D'en ba», le berçant et le murmure du fleuve engourdissait les être» et le» choses. 10 La Canadienne, Septembre, I(j20 ¦ La Haute cJMagie en 1920 Par ANDRÉ ARNYVELDE Gravure extraite des "Trai'és de Philalcthe'' livre manuscrit du X Vllème stècle .Y a quelques années, des loges "hermétiques," des centres "d'Initiation" existaient encore, où se donnait, toutes portes closes au vulgaire, l'enseignement, sacré, pareil à celui que recevaient les disciples «les mystères d'Eleusis et de Delphes.L'étudiant, le candidat a l'Initiation, y recevait une instruction complexe et y subissait des épreuves rigoureuses.Des maîtres, possesseurs dc l'antique Tradition secrète, lui apprenaient progressivement ou l'aidaient a connaître quelles facultés et quelles intelligences il devait développer en lui pour devenir apte à entrer en rapports avec les mondes et les entités de l'Invisible, et comprendre les Réalités éternelles dépouillées de tous les symboles.La guerre ferma maintes de ces loges, dispersa maîtres et disciples.Il put sembler que l'Occultisme proprement dit subissait un temps d'arrêt ou de silence.Le temps semblait, disons même le temps semble .1 jamais passé, de manifestations telles que celle des Rose-Croix, où s'illustra, vers 1890, un Péladan, dc ce Satanisme qu'un Iluysmans peignait si àprenient dans Là-Bas.Par contre, l'étude scientifique des phénomènes psychiques se développait et se développe plus activement qu'en aucun temps.Et, tout dernièrement, ne vit-on pas se fonder, dans l'un des quartiers le plus luxueux de-Paris, et occupant un magnifique immeuble, un Institut Métapsychiqu exclusivement cons.ni.à l'expérience el à l'observation positive des phénomènes psychiques et du "Merveilleux"?La philosophie transcen-dcntale allait-elle le céder à la Raison critique, les Hautes Sciences se taisaient-elles, se tairaient-elles désormais devant la Science.tout court?/"\K, il ni '.ni vint, il y a quelque temps, d'être in lor nié que des "Loges" nouvelles étaient actuellement en formation, que dc nouveaux centres d'Hermétisme s'élaboraient .Etait-il donc de nos jours et parmi nos si rudes luttes matérielles et les Apres conflits sociaux, des continuateurs des Papus, des Guaita des Èliphas Levi, des Swedenborg, des Hoehme, des Raymond L u 11 e ?Était-il des dépositaires de la Tratlition secrète des théurges et des alchimistes du moyen age, des Epoptes.était-il donc des Mages, enfin?Or, j'ai pu approcher ces 1 initiés" modernes, célèbres dans le monde qui s'intéresse aux Hautes Sciences ésotériques.Et, je l'avoue tout de suite, au cours des entretiens que ces hommes de qualité voulurent bien m'accorder, je ne manquai point de les questionner sur la Magic et sur le Merveilleux.Détenteurs des arcanes de la Terre, du Ciel et de l'Enfer, avaient-ils ressuscité le» morts, comme Appolonius de Tyane; change l'ordre des saisons, transmué le plomb en or, pérégriné en Astral ou dans tel autre des Mondes invisibles intermédiaires, s'étaient-ils fait servir par lea " Elemental*"?.A tout le moins, s'ils n'avaient été instigateurs ou acteurs de prodiges, avaient-ils assisté.avaient-ils vu.Oui et mon.C'est-à-dire.Je préfère laisser au lecteur la surprise, ou l'émerveillement, d'enregistrer, au cours des réponses, les témoignages, les preuves et les contradictions, en ce qui concerne les prodiges, tant accomplis que contemplés.Les uns nient, les autres affirment.Mais ce qu'il est indispensable d'observer tout premièrement, c'est que pour ces hommes eminent* et qui ont renoué ou pensant avoir renoué le lien dc la Tradition Eternelle, les manifestations "surnaturelles," les prodiges, les phénomènes communément dits dc "Magie," enfin, n'ont qu'un intérêt tout secondaire.Leur préoccupation profonde est de choses spirituelles.OTANISLAS de Guaita fut, sans conteste, en »?même temps qu'un grand poète, un véritable Illuminé, au sens le plus large du terme.Il domine tout le début du XX;tne siècle comme une sorte de génie de la Scienec et dc la Mystique occultes.D'aucuns écrivirent de lui qu'il se faisait servir par les Esprits.Déjà, au XIX-mc siècle, un autre initié, Fabre d'Olivet, auteur d'eeuvres qui font loi parmi les i hermétistes, pouvait, racontent ses historiographes, faire venir à lui un livre de sa bibliothèque, sans quitter son fauteuil.Des témoins ont affirmé que des habitants de l'Invisible servaient lorsqu'elle les appel lit, le thé de Mme Blavatski, fondatricede la Religion Théosophique.Papus assure que le médecin Philippe, mage et familier du tsar Alexandre, père du demi r empereur de Russie, fit, sur l'invitation du souverain tonner et tomber la foudre, un jour que le ciel était d'un bleu sans nuages.\Jf OSWALD WIRTH, compagnon, ami et secré-taire dc Stanislas de Guaita, fut membre de la Rose-Croix, fondée, ou plutôt ressuscitée aux alentours de 1880 selon la pure Tradition Rosi-crucienne du moyen 3ge.par l'auteur du Serpent de la Genèse.M.Wirth a pénétré la science universelle des symboles, ou, à plus modestement parler, a voué sa vie à l'étude de cette science.Mais il a limité l'exégèse et la compréhension des grandes allégories à celles qui figurent dans la Franc-Maçonnerie.Le titre d'un de ses livres, paru en 1910, indique l'ampleur de ses recherches: Le Symbolisme Hermétique dans ses rapports avec l'Alchimie et la Franc-Maçonnerie.Et, dès 189(1, Stanislas de Guaita écrivait, en renvoi d'une de ses pages d'Au seuil du mystère: "Un groupe de recherches iniatiques récemment éclos à l'instigation d'un maçon affilié à la véritable Rosc- OR, avez-vous, ai-je demandé à l'ancien secrétaire de Stanislas de Guaita, été témoin de quelque acte de magie, de quelque manifestation de prodige ?—Non, me répondit M.Oswald Wirth; d'aucun acte qui ne puisse être scientifiquement expliqué.Avisant une petite médaille de bronze sur la cheminée du cabinet de M.Wirth: —Pensez-vous, dis-ie, qu'il serait possible que, sans aucun contact humain, mais parce que des hôtes de l'Invisible y aideraient, cette petite médaille fût à coup précipitée par terre?—Il se pourrait faire, dit M.Wirth, mais ce phénomène pourrait résulter d'un acte d'extériorisation de notre motricité, la vôtre ou la mienne, ce qui est quasiment du domaine de la science expérimentale.—Prenons donc un fait ou un événement relevant plus expressément du Mystère.M'en pouvez-vous citer un ?—Non, dit encore M.Wirth, sauf pour ce qui est dc la divination.Lors, il me cita des expériences qu'il fit, lui-même, et dans un petit groupe réunissant des astrologues, des géomanciens, des psychomètres.Les géomanciens sont ceux qui peuvent prévoir l'avenir ou voir le passé à l'aide dc figures dessinées dans le sable.Les psychomètres peuvent lire dans la distance ou dans le temps à l'aide d'un objet ayant appartenu au sujet sur lequel on questionne l'Invisible.Dans l'Hôte inconnu, Maurice Maeterlinck cite une dame M.qui—il fut témoin de l'expérience— ayant posé sur son front un foulard appartenant à un veillard disparu depuis quelques semaines, décrivit l'endroit où l'on trouverait le cadavre de ce vieillard.Le cadavre y fut très exactement découvert.De même, M.Oswald Wirth et ses amis ont pu, soit â l'aide de calculs astrologiques, soit par la géomancie ou le psychométrie, prévoir le cours des maladies de certaines personnes, et des événements a venir et qui se réalisèrent.Et dc ces justes prévisions il a toutes les preuves souhaitables.A ses yeux, quels que soient les moyens employés: géomancie, tarots, psychométrie, voire la divination par le vulgaire marc de café, les aides, les éléments de la prévision n'ont qu'une importance relative.Ils sont surtout—quels soient-ils—des moyens de concentration pour le voyant.Cette concentration amène avec elle un état d'attention, de tension, mettons hyper-physique, qui est, à prendre un exemple grossier, comme une cheminée d'appel dans l'Invisible, où passé présent, avenir et distance se rejoignent, et participent d'une unité que nos sens physiques seuls découpent arbitrairement: temps, en heures, en ans, en siècles; espace, en formes, en lieux, en continents.La peinture alchimique de l'église Saint Maurice de Reims.Croix, M.Oswald Wirth, s'est assigné pour but de retrouver le mot perdu des anciens mystères." Aussi bien, l'étude de ces symboles et dc leurs rapports avec l'Alchimie, permit-elle a M.Oswald Wirth d'être arbitre dans une affaire bien pittoresque advenue en 1908: un tableau étrange figurait aux murs de l'église Saint-Maurice de Reims.Or, un jour, le curé de cette église, s'attardant devant la sainte image, s'inquiéta soudain et chercha à en pénétrer le sens.Après de longs débats ecclésiastiques, M.Oswald Wirth., appelé a donner son avis, reconnut, en cette toile, une ceuvre de signification indéniablement alchimiste, autant dire ceuvre du démon! Le tableau fut tôt enlevé des murailles et relégué à la sacristie.MAIS pour M.Oswald Wirth comme —ainsi que je l'ai indiqué plus haut—pour les initiés en général, ces expériences de divination, »i intéressantes—et parfoil probantes—soient - elles, ne représentent qu'un à-coté de ses préoccupations, lesquelles sont philosophiques, et, dirai-je, sociales.Car M.Oswald Wîrtt est de ceux qui travaillent à faire renaître les "centres" d'initiation.Toutefois, le principe de ces centres est singulièrement amplifié et modernisé.Le temps dc I* "Tour d'ivoire ' est achevé.U ne s'agira plus de distiller précautionneusement l'accès à l'ini; tiation, mais bien, au contraire, de l'ouvrir, de l'ouvrir le plus largement possible.Par des conférences publiques, par sa revue: le Symbolisme, organe du mouvement universel de régénération initiatique, M.Oswald Wirth veut inviter quiconque & chercher avec lui I* sens des grands symboles antiques, et à appliquer à ceux-ci le mode d'étude raisonner et critique qu'appu* quent aux textes religieux et juridiques les exégète* les plus scientifiques.Et le but premier sera atteint si, parmi les auditeurs et les lecteurs, il s'en trouve quelques-uns que les perspectives merveilleuse* ouvertes à l'intelligence par une compréhension p'u' intime des allégont-« tradition- [Suite enccr demanda à l'ingénieur en chef, de comparer son volume à celui dc la Grande Pyramide d'Egypte."Elle ne contient qu'un quart environ des matériaux de la Grande Pyramide!" fut la réponse.La comparaison avait trait seulement aux dimensions actuelles de la Pyramide, qui, ayant servi pendant des siècles de carrière pour les mosquées et les palais du Caire, est réduite considérablement de volume.Néanmoins, elle reste bien le plus grand monument du monde.Telle qu'elle est aujourd'hui, chacun île ses quatre côtés a une longueur maximum dc 770 pieds—le pillage des vandales ayant réduit la longueur de 19 pieds dc chaque côté.Sa hauteur est maintenant de 434 pieds; elle était autrefois de 472 pieds: elle est plusieurs fois plus grande que les plus grandes cathédrales.La Pyramide, après avoir perdu 1,200,000 verges cubes de matériaux ne contient pas moins aujourd'hui de 29,000,000 verges cubes de pierres.Comment ces pyramides ont-elles été construites?Comment les plus vastes de tous les monuments humains s'érigèrent-ils dans le pays du vieux Nil, et dans quel but?La Grande Pyramide, cette construction grandiose, fut la création de Chéops, roi d'Egypte, il y a environ 6,000 ans.C'était la coutume des rois égyptiens, qu'immédiatement, en montant sur le trône, ils devaient commencer à faire construire leur tombeau.Ne jugeons pas la splendeur de l'imagination de Chéops par la grandeur de u pyramide, car un égypto-logue savant affirme que le monarque, n'ayant aucune unité de mesure à sa disposition, ne put concevoir à l'avance les dimensions de la construction qu'il entreprenait, et, l'ayant commencée, il eut honte dc la laisser inachevée.La coutume de bâtir des pyramides ut perpétua pendant des siècles, mais aucun successeur de Chéops ne tenta de rivaliser avec celui-ci, et la (randeur et la splendeur des pyramides diminua, jusqu'à et qu'enfin l'habitude de les ériger disparut entièrement.Même si cette théorie est bien fondée, et il n'y a pas dt raison pour en douter, la construction de la Pyramide n'en est pas moins une chose merveilleuse; c'est un miracle ^construction, effectué avec une exactitude et une symétrie parfaites, par un homme qui, ayant commencé « qui paraissait une besogne facile, se trouva engagé dans une entreprise jamais égalée tn magnificence, ni avant, ni •près lui.Le grand tombeau-pyra-aide est situé sur un plateau 'odieux de 115 pieds de •auteur à 7,000 metres envi-'on du vieux Caire, à l'entrée ii désert, et il domine la val « du Nil.Il est formé de fsagées ou terrasses au nom-*e de 206.Les côtés de la pyramide étaient donc, pen-**at sa construction, comme *» longues rangées de «arches, et à celles-ci on 'jouta ensuite des pierres ["angulaires, de façon que •» surfaces soient unies—et "t> pas dentelées comme ''(es le sont maintenant, ¦•'enveloppe extérieure a été "«tque entièrement enlevée.par les sections qui r**tent en place, nous avons ¦t Idée de la maçonnerie •«Ployée.Le Tombeau d'un Tyran Comment fut bâtie la grande pyramide Par N.F.WASSON Dans l'intérieur de la Pyramide se trouvent plusieurs chambres, des galeries, et des puits dont l'un servait au passage dc l'air.La première chambre des morts était, on Te suppose, réservée au roi, mais son règne durant longtemps et le travail s'éternisant, la chambre fut destinée à la reine au moment de sa mort.Des passages et des galeries conduisaient à la chambre de la reine, et de là, au cœur de la Pyramide, où la dernière demeure du roi fut enfin préparée.Ici, une chambre dc 33 pieds par 18, et de 18 pieds de hauteur, fut construite.Pour achever la Pyramide, il s'ensuivit qu'une masse énorme de pierres eût dû être transportée au-dessus du toit dc la chambre du roi; pour diminuer ce poids, on éleva cinq chambres, les unes sur les autres, au-dessus de la chambre royale.Le plafond de celle-ci est formé de 9 plaques de granit poli, ayant chacune une longueur de 12 pieds, et si parfaitement adhérentes qu'il est impossible, même aujourd'hui, après 6,000 ans, d'insérer la pointe d'une épingle dans les jointures.Sur la toiture dc l'appartement supérieur, se trouve l'un des deux seuls souvenirs qui restent du constructeur.C'est un nom griffonné en rouge, "Chéops," écrit-là, on le suppose, par les manœuvres qui aidaient à l'érection du monument, il y a 6,000 ans.Le second est dans la chambre mortuaire.C'est un sarcophage cassé, en granit rouge, dans lequel, il y a soixante siècles, on déposa la momie, entourée de bandelettes, du tyran qui Lrs splendeurs de la Cour du roi Chéops.asservit une nation entière pour élever ce mausolée qui perse les nues.Quelle sorte d'homme était ce Chéops, pour lequel le plus grand tombeau du monde fut construit?Nous savons moins de lui que de beaucoup de rois qui reposent dans de plus humbles tombeaux.La grande passion de sa vie fut la construction du tombeau dans lequel il espérait passer l'éternité.Il ferma tous les temples d'Egypte, nous dit-on, et interdisait tout sacrifice, et toute adoration, pour que les services de sa nation entière fussent consacrés à l'œuvre de sa vie.Malgré ses ressources, il trouva les frais au-dessus de ses moyens et vendit l'honneur de sa maison royale pour se procurer des fonds.Sa manière de construire est un de secrets enfouis dans le grand passé de l'Egypte.Le seul rapport authentique qu'il nous en reste est celui d'Hérodote, qui, trente siècles après l'événement, avait appris 1 histoire par les prêtres d'Héliopolis, et nous donne la narration brève de ces opérations prodigieuses: Chéops ordonnait à tous les Egyptiens de travailler pour lui.Les uns étaient désignés pour transporter les pierres des carrières de la montagne arabe jusqu'au Nil; d'autres devaient recevoir les pierres qui avaient traversé le fleuve sur des bateaux et les transporter à pied-d'œuvre.Ils travaillaient par équipe de 100,000 hommes à la fois, pendant trois mois.Le peuple fut ainsi assujetti pendant dix ans à cette terrible corvée du transport des pierres sur la route qu'ils avaient d'abord construite eux-mêmes, besogne non moins énorme que celle de la construction de la Pyramide, car la route était pavée de Jpierres 'polies, sur lesquelles des personnages sontfgravés.Il fallut vingt ans pour ériger la Pyramide elle-même.Chaque face avait 8 pléthra (908 pieds) à sa base et la hauteur en est la même; elle se compose de pierres polies et jointes avec la plus grande exactitude aucunes des pierres n'ayant moins 'de739*picds.Cette Pyramide fut construite dc la façon suivante: Elle formait un gigantesque escalier, et dans le creux des marches on plaça ensuite les autres pierres, élevées à l'aide de machines faites ,de courts madriers.Après l'avoir soulevée de terre, on'montait la pierre jusqu'à la première rangée Jde marches, puis là, on la mettait sur une autre machine qui était'prête sur cette première rangée, et on élevait^la pierre jusqu'à la seconde rangée et j'ainsi de suite jusque tout en haut, car on commençait le travail naturellement 'par les parties supérieures.Sur la Pyramide*se trouve une inscription en "caractères égyptiens, démontrant combien on dépensait en radis, oignons, [et (enjail, pour la nourriture des manœuvres: le tout s'élevait i' '1,600 talents d'argents «(1,000,000 dollars de notre .imonnaie).Si ceci "«st exact, combien devait-on .dépenser en outil dc fer, en Ipain et en vêtement?Au moyens de quels instruments ces pierres immenses Iqui pesaient!jusqu'à 60 tonnes étaient-elles tirées du sol, traînées, mises en place?Longtemps avant la première dynastie dea rois, les Egyptiens fabriquaient des7instruinenls admirables en cuivre ou en bronze; qu'étaient ces instruments, comment manœuvraient-ils?Nous l'ignorons.(Suite tur la page 47) 12 La Canadienne, Septembre, 1020 L'INFIRME HAQUE année, aux vacances, en revenant dans cette petite ville où nous étions né* tous deux, je ne manquais pas d'aller le voir, de renouer connaissance avec lui.Je le trouvais le même et il semblait, en vérité, ne pas vieillir.On eût dit que son infirmité le gardait des atteintes de I'lge.Il demeurait, de longues journées, assis dans son fauteuil, au coin du feu flambant de la cuisin : et il ne la quittait que lorsque sa jeune sœur Rose le menait faire un tour de promenade au dehors, poussant droit devant elle le fauteuil à roulettes dont l'infirme dirigeait le gouvernail de se* mains débiles.Au reste, depuis la mort des parent*, cette tœur se consacrait à ion frère et l'on disait qu'à cause de lui elle resterait fille, en dépit de sa jeunesse et de sa beauté.Il ae nommait Codognat, Joseph Codognat, et il était un peu terrifiant à voir, avec sa tête énorme, disproportionnée, qu'allongeait encore une barbe dont il ne se montrait pas peu'fier; avec ce corps minuscule, perpétuellement caché sous une couverture; avec ses yeux un peu égarés.Mais ici, dans ce village, cette hideur connue, familière, n'offusquait plus personne, au contraire.On allait volontiers le voir, bavarder avec lui; on le consultait même, à l'occasion, car il ne manquait pas de jugement, lisait beucoup et s'était instruit, lui-même, avec patience.Seulement, il y eut la guerre, et, soudain, la petite ville se vida de tous ses hommes valides.L'infirme demeura seul avec quelques vieillards; il en conçut une cuisante humiliation.Du coup il perdit beaucoup de son prestige.Désormais, on ne pouvait plus s'intéresser à lui comme jadis, car d'autres, qui combattaient et souffraient au loin, sollicitaient l'attention, la pitié du village.Peu à peu, les visites s'espacèrent; il demeura seul, ou presque, avec sa sœur.Et puis, les premiers blessés revinrent, il n'y en eut plus que pour eux; pour l'un d'entre eux surtout, Gasparin, le maréchal ferrant, qui, après avoir passé trois mois dans les hôpitaux, venait d'être réformé avec la médaille militaire, car il avait perdu les deux jambes, le bras droit, et lui aussi devait vivre, désormais, immobile, dans une fauteuil roulant.Ce Gasparin, Codognat le hait tout d'abord, comme le plu* redoutable des rivaux, comme un concurrent déloyal.Mais l'autre sut si bien l'amadouer qu'il» devinrent, peu à peu, une paire d'ami*.Ils faisaient, ensemble, d'interminable* parties de cartes, se contaient dea histoires; et l'ancien combattant, semblant oublier l'origine "de ses mutilations, ne parlait jamais de ses prouesse* guerrière*.Cela, surtout, acheva de gagner Codognat.Désormais il afficha une telle amitié et s'en glorifia, même.Tout allait pour le mieux, jusqu'au jour où le frère de Rose s'aperçut que, ai son copain passait ainsi les après-dlncrs et les soirées auprès de lui, c'était pour se rapprocher de la jeune femme.Rose, de son coté, semblait trouver le maréchal ferrant de son goût, en dépit de ses mutila- ' tions.Bref, ce qui 'devait arriver arriva: Rose et Gasparin se plurent, s'aimèrent, et la pauvre enfant, malgré sa tendresse, son dévouement pour son cadet, n'eut pas le courage de repousser l'autre qui la demandait 'en mariage.Les choses en étaient là, lorsqu'à une première permission, nprès dix mois de Iront, jc revins au village.En arrivant, on me conta l'histoire, mais on m'apprit aussi que les deux fiancés n'osaient point s'unir devant le curé et le maire, car l'infirme, depuis qu'il avait découvert les sentiment» de sa sœur, lui rendsit la vie impossible et la menaçait de se tuer si clic le quittait pour un ature.Je résolus d'aller voir mon pauvre ('odi>t;ii.it pour lui (aire entendre raison, le sermonner, car, autrefois, il m'écoutait volontirrs et je pouvais mc_ vanter d'avoir sur lui quelque influence.Justement, lorsque je pénétrai dans sa demeure, il était seul.Rose venait de s'absenter pour quelques minute*.Sitôt les premières paroles de bienvenue échangées, j'attaquai résolument la t) tint ion.—Alors, fis-je, il parait qu'il y a du nouveau ici, depuis mon départ Ta s.rur va se marier.Tu doi» être heureux?Il laissa tomber sa lourde tête aur sa poitrine, pui» U relevant soudain et me regardant fixement, bien en face: —Ah! on vous a racontéI Je repris: —Oui, on m'a annoncé la bonne k nouvelle' Mais., elle n'a pa» l'air de te réjouir.Est-ce que «u|nc trouve» pas que Koae choisit bien?Il haussa le* épaules: —Vous vous moques.-Moil —Oui, vou»! Et ce n'est pa* bien de votre part ' Vou» saves?.On vous a dit la vérité dans le village, hein' .Et que je ne voulait pat qu'elle l'épousât.C'est vrai.Non, pas celui-là.Je feignit l'étonnement : , —Coalisent.Alor» il s'emporta en paroles désordonnée», véhémente» —Non.pee celui-là'.t'n autre, je ne dis pat'.Par Edmond Sée ^arce que je pensais bien qu'un jour.jeune et jolie comme elle I est.elle trouverait quelqu'un et ne passerait pas toute son existence à soigner, à se dévouer pour son frère, quand il y a tant d'hommes qui sont beaux, bien bâtis, et que les femmes peuvent aimer.De ceux-là, voyez-vous, je crois que je n'aurais paa tant souffert.Mai» elle ne devait pas le choisir, lui, ce malheureux qui n'a plus de jambes, auquel il manque un bras.qui n'est autant dire que la moitié d'un homme.comme moi.comme moi!.Voilà pourquoi on s'entendait si bien tous les deux.Oui.et pourquoi je m'étais attaché à lui.Oh! pas tout de suite, mais peu à peu! Grâce à lui, j'avais l'impression de n'être plus seul.de mon espèce.quelqu'un à part.une exception sur terre.Jc m'étais habitué à mon sort, depuis qu'il le partageait.On vivait heureux tous les trois ensemble et elle, Rose, nous gâtait, nous soignait, nous aimait pareillement, je le croyais du moins.et il me semblait que ça aurait pu durer ainsi toujours, bien doucement!.Et puis j ai vu, j'ai compris qu'elle l'aimait, et que, lui aussi, il l'aimait, mais autrement, d'amour.d'amour, vous entendez!.Et c'est cet amour-là que j'ignorais, que je ne soupçonnais pas.cet amour qu'ils m'ont révélé, brusquement! Alors, depuis ce temps-là, je ne vis plus, je me torture, je me tourmente.Je l'interrompis: —Tu as tort.Cela devrait te réjouir au contraire.et t'encourager.—M "encourager?.—Oui.en te prouvant qu on peut chérir profondément, violemment un.enfin un être qui n est pat.quelqu'un comme toi, enfin.Il saisit mon bras de ses petits doigts frémissant!: —Non, non, vous dites cela pour me consoler, mais vous savez bien que ce n'est pas vrai.Moi je ne suis qu'un infirme, un pauvre diable grotesque et repoussant.Lui, il est un mutilé glorieux de la guerre.et qu'une femme peut aimer.Entre nous, aucun rapport!.On n'est pas pareil, comme je le croyait, comme je voulais le croire.Mai* aujourd'hui je comprends, je vous dit, je comprend* bien de* choses.Voilà pourquoi je le déteste, lui surtout.et elle.qui me les ont fait comprendre.ensemble.ensemble .et qui, après, vont s'en aller, en me laissant seul, bien plus seul qu'avant.A INSI parla l'infirme.Je m'efforçai de le raisonner z \ encore, - de le consoler, mais je saisissais trop ses raisons et la particulière âpreté de son chagrin pour pouvoir plaider ma cause avec éloquence.Au reste je fus rappelé brusquement au front et ne retournai au village qu'à la fin de l'automne suivant.J'y appris à la fois et le mariage de Rose et le décè» mystérieux de son frère.Le soir même des noces, en effet, on avait trouvé l'infirme mort dans son lit.Le médecin conclut à une mort nalurcjlc.causée par une embolie, mai» moi je demeurerai toujours convaincu qu'il y avait autre chose, autre chose qu'il vaut peut-être mieux que l'on n'ait pas découvert.U -1 É V a.c ' Rate, i* »»¦ cité, traxcsui' trvmxrer te marttkai ferranl rit ion f aali Avoir de Bons Yeux NE chose plus appréciable que d'avoir de beaux yeux, c'est d'avoir de "bon» yeux." Nous en avons tous quand nous le voulons Qu'une personne nous soit présentée pour la première fois, nous l'examinons tout d'abord avec le plus grand soin, rien ne nous échappe dans ses manières, ses gestes, sa conversation, sa toilette.Quand elle sort, nous sommes fixé* sur son caractère, ses goûts, ses habitudes, sa fortune et même sa santé D'un coup d'oeil pénétrant, nous sommes arrivés rapidement à percer à jour toute sa personnalité.Et cependant, combien d'autres choses passent pour nous inaperçues et qui pourtant ont la plus grande importance! Nous nout imaginons connaître à fond ceux qui nou* entourent, nous nous faisons d'eux une idée établie une fois pour toutes et, comme nous le» voyons tous les jours, nous ne nous apercevoni pas qu'ils changent.Les modifications de leur caractère, de leurs sentiment», nous échappent la plupart du temps parce qu'elles se lont insensiblement C'est ainsi que des membres d'une même famille finissent par devenir presque étrangers les uns aux autres.Ils ne s'approfondissent pas mutuellement et ne se connaissent que superficiellement Ils »c trompent sur ce que pensent et éprouvent le» leurs et finissent par ne plus les comprendre.On tel écueil, plus fréquent que vous ne le pensez, est en somme facile à éviter.Il suffirait, pour cela, d'apporter à cette tâche le même soin que s'il s'agissait d'indifférent».Il faudrait regarder no» proche» avec la même acuité que lea étrangers.On verrait alors qu'un changement d'humeur chez un mari ou chez une femme, qui va peut-être briser à jamais la bonne harmonie du ménage, peut être évité sans beaucoup de peine.On trouverait vite la cause du mal, en l'appliquant à la chercher, on »e mettrait en mesure de le détruire et on s'épargnerait peut-être une vie de continuel* froissement* qui deviendrait à la longue insupportable.Est-il donc si difficile d'apporter à cette observation de ce qui concertai notre entourage immédiat It même passion que s'il s'agissait de gens qui ne nous intéressent pat?La santé d'es père ou d'une mère, le» »enti-ment» d'un mari ou d'us* femme, le caractère d'un calant, nou» touchent de lieav* coup plus presque la santé,k caractère ou le» sentiments «V Mme X.ou de M.Z.Comment se fait-il que nous nous en occupions si pes' Ce fait est très explicable.Nous somme» attifé» par la nouveauté, et I ien que noua aimions la vit de famille, ce centre de notre vie n'a plu» rien «V caché pour nou» Je ne dirai pas qu'il dévies* monotone, mai» il perd de «on relief, ce qui en 1st' partie ne nou» frappe plu» aussi profondément, psi suite de l'habitude Nous somme» attirés au contraire par la curiosité ver» le» gen» que nou» connaissons peu.Mi"* questions nous viennent à l'esprit: que font-il»?quelle est leur situation, leur vie?Non» allons vers l'inconnu, ce que nout ap-prenont n'est pat toujour* d'une rigoureuse exactitude, nous avons tout st loisir de construire des hypothèses.Ce jeu est intéressant, et il l'est d autant plus que nous n'y mettons rien de nous-mêmes.Au contraire, toute constatât!©*, toute recherche qui se rapporte à cet» que nou» aimons est sérieuse et souvent (Sutit sut ta patt 40) La Canadienne, Septembre, IÇ20 13 U Ou voit ici lei employées d'uni fabrique secourant leur combagne doni la jambe a été brisée bar une chute d'ascenseur.La blessée a été étendue sur un brancard et des aides instruites des premiers soins ont placé la jambe en position convenable el ajustent les bandages comme il convient.On comprend de quel soulagement ces soins doivent lire à la pauvre malade qui doit attendre l'arrivée du médecin.Les Premiers Soins Une inauguration pratique pour le bénéfice des employeurs et des employés 'INITIATIVE manifestée récemment 6is la compagnie tlu Canadian Pacific ailway et dont la récente organisation a été très populaire est celle des premiers soins à donner aux personnes blessées dans un accident ou soudainement frappées par la maladie.Pour faciliter au lecteur l'intelligence dc l'importance des premiers soins autant pour l'employeur que pour l'employé, nous donneronsYjun rapide schéma de ce que sont ces premiers soins, leur nécessité, les résultats fournis par un bon traitement et ceux qui peuvent découler d un mauvais traitement.Répondons d'abord à cette question: Qu'appelle-t-on premiers soins?1.L'enseignement, pour chacun, des soins les plus pratiques et les plus immédiats à donner à toute personne blessée dans un accident ou frappée soudainement par la maladie, avant l'arrivée du médecin.2.L'enseignement, pour chacun, de ce qu'il ne faut pas faire en cas d accident afin qu'il n'y ait pas dépense d'énergie et inutile sympathie prodiguée trop souvent par des ignorants dont le traitement faux est inutile quand il n'aggrave pas le mal.i.La conviction qu'en des cas extrêmes comme abondant saignement, empoisonnement, étouffement ou noyade une vie ne doit pas être inutilement sacrifiée sur l'avis d'un spectateur.Le récit suivant de deux accidents récemment arrivés donnera une idée de l'importance de notre luiet au public en général et aux compagnies responsables dc nombreux employés.Un homme fut frappé par un tramway, à la cuisse, où fut faite une fracture du fémur.Cela signifie que l'os seulement était brisé et qu'aucune des parties adjacentes, aucun tissu, aucun artère n'était atteints.Les témoins de l'accident, qui se trouvaient alors occasionnellement dans la rue, n'eurent rien de plus pressé que de retirer le pauvre malheureux de dessous lea roues du tramway et dc le déposer, en attendant' l'ambulance, dans un endroit a, l'abri de la circulation des toitures et des camions.Voyei comment ils placèrent le blessé : ils lui donnèrent une position perpendiculaire dans laquelle tout le poids dc son corps reposait sur sa jambe brisée, occasionnant ainsi un plut profond déplacement des os et la perforation du fémoral, artère principal dc la cuisse.L'ignorance de cette action occasionna la mort du malheureux.Si les camion-seurt ou le conducteurs du tramway eussent connu les aotiont élémentaires de ce Que nous enseignons au sujet •es premiers soin», et mis a (rofit leurs connaissances, homme vivrait probable-aaeat encore et la compagnie *** tramways aurait été fupensée de payer les forte» aammes qui ont été réclamée» Ira use de» dommages causés.Comparons maintenant ce •ait avec un autre accident •areenu dans une fabrique ** l'on fut à même de pro-•faer de» »oin» intelligent» « éclairés.Ua ouvrier eut le bras prit France: feuillage léger très décoratif; la terre main-'rooe toujours moite; les feuilles aspergées au moyen d'un arrosoir pulvérisateur.10.Latania borbonica.— Latanier de Bourbon.Palmier robuste pour appartement tempéré, même froid; arrosages abondants l'été, plus espacés en hiver.11.Coco» WadJcliana.— Petit palmier de l'Amediae du Sud: appartement chaud, le pied toujours ¦•intenu dans une humidité .moyenne.Auraucaria eicelta.—Auraucaire élevé de la Nouvelle Calédunie, exige température moyenne, beaucoup de lumière, ne veut pat être trop souvent changé de place, arrosages modérés.23.Aralia Siefco/ctï.Aralia de Siebold.vient du Japon, robuste, lionne plante d'appartement tempéré, arrosages modérés.24.Dracoena indiviea.— Dragomicr, très ornemental.Demande de l'air, de la lumière, température chaude, arrosages abondantes de mai à septembre, plus rares pendant les autres mois.25.Bégonia Rex.—Bégonia Royal, plante brésilienne, vit 2 ou 3 mois en appartement tempéré, même peu éclairé, arrosages abondants pendant la croissance de» feuilles, plus rares pendant les moi» (roids.26.asparagus.—Asperge Amérique septentrional, plante de suspension: se convient dans les vestibules peu chauffés, arrosages modérés.28.Areca lutescens.—Aréquise ou palmier des Indes, produit la noix de laquelle on extrait le bétel; appartement chaud, très bon éclairage, terre maintenue toujours humide.29.Maranta bivittata.—Genredecanna,originaire des Indes; plante de serre chaude; se plait dans les appartements bien chauffés ou grandement éclairés.30.Chamaerops excelsa.— Palmier chanvre élevé.Mexique, le plus rustique des palmiers, supporte le (roid; plante d'appartement chaud ou tempéré, de vestibule non chauffé, arrosages plus ou moins fréquents suivant le milieu d'existence.11.NE FAUT pas s'étonner de voir cette liste corn-1 posée surtout de végétaux à feuillages: Palmiers, fougères, etc., bien plus robuste» que le» végétaux fleurissants.Du reste, nous avons toujours la ressource de nous procurer en bouquets le principal élément décoratil de ces derniers.Avant d'acheter une plante, rendez-vous compte de son état de végétation et de santé; il y a toujours intérêt, en hiver surtout, â ne choisir nue des sujets qui ne sont point dan» une période de développement sensible, dont les (euillcs, les racines ne sont pas en voie de (ormation.Les plantes vivent.— Dans le courant d'une année, elles boivent, se nourrissent, respirent, évaporent, croissent, se reposent et recommencent l'année d'après; les soin» k leur donner, dan» les appartements, se réduisent donc à prévoir tou» leur» besoin» de lumière |>our verdir, d'air pour respirer, tie chaleur, d'eau rt de nourriture pour croître.Les plantes et la lumière.—Toutes les plantes plu» ou moin» doivent être éclairées; tou» re rapport, les Palmiers et le» Cactées, le» Pelargoniums, etc.sont les plus exigeants: tenez-les dans les embrasures des fenêtre», en let tournant de temps en temps sur eux-mêmes afin qu'ilt échappent k la déviation résultant de cette tendance naturelle des tiget vert la lumière.Parmi les espèces peu exigeantes les Fougères sont au premier rang; viennent ensuite les Begonia, les Carmcllia, ('Aspidistra; on peut les tenir plus ou moins loin des (enêtres sur une cheminée, ou un guéridon.• Faites-les respirer.\rt feuille» des plantes ont des bouches par lesquelles l'air pénètre rt sort par un véritable phénomène de respiration, niait ces bouches sont microscopiques, un grain de poussière peut les obstruer; de là les lavages nécessaires; on les (ait une (ois par semaine avec une éponge douce imprégnée d'eau claire.Le plein air est le milieu des végétaux par excellence; la nécessité d'aérer tout local où l'on (ait de la culture tombe donc sous le sens.Hardiment, par une belle température, mettez donc quelques heures vos plantes sur la margelle des fenêtres, et si une pluie douce tombe, laissez-les, 20 ou 30 minutes sous l'ondée qui les rafraîchit et les luvc; mais, par exemple, ne les oubliez jamais dans un courant d'air.Les racines également, respirent, c'est pourquoi il ne (aut employer comme vase de culture que de* pots en terre cuite, dont la paroi poreuse assure l'aérage durable.Ces pots sont toujours bien drainés, c'est-à-dire qu'ils ont leur fonil garni d'un certain nombre de trous par où doit s'échapper l'excédent tics eaux d'arrosage.Arrosez-les.— L'eau n'est pas seulement la base de la constitution des plantes; c'est elle qui leur apporte, dissous dans sa masse, le* éléments de leur nourriture.Voici déjà deux raisons pour en donner; la troisième résulte de ce que l'eau qu'on a apportée une loi» est plus ou moins vite dissipée par ('evaporation dont toutes les partie* herbacée* sont le siège.L'importance des arrosages dépend, du reste, de la période de la végétation des plantes.Considerables, c'est-à-dire répètes deux ou trois (ois par semaine pendant la vég.'tation active qui dure l'espace de la belle saison, ils sont restreints (renouvelé» une (ois tous les huit ou quinze jours! pendant la période de végétation stationnuirc qui correspond à l'hiver.Tout ceci indépendamment des besoin* particuliers de chaque espèce dont on se rend compte par la pratique.D'ailleurs on doit toujours arroser au jugé, en considérant comme indice, non seulement l'époque, mais encore le ton du (euillage qui ternit quand la plante a soi(; le degré de plasticité du sol, toujours en raison inverse de son degré d'humidité et, en cas d'incertitude absolue, le rapide examen de la motte de terre sortie momentanément de son pot.p> jEn tous les cas, l'eau est à la température du local, le drainage doit bien (onctionner, et l'on s'assure que la base du pot ne baigne pas dans les égouts.Rempotez.—Le* rempotage» »c (ont au début de la végétation active.Toujours on a une tendance à rempoter trop grandement.Un coup d'œil jeté sur la planche ci-contre donnera une idée de la proportion des pots par rapport aux plantes, i Fantaisie de Naturaliste T A MONTRE est un petit animal à *—é sang (roid qui vit dans une coquille et dont le ventre est blanc.Jadis, cette coquille était volumineuse comme celle •l'un escargot; maintenant elle est aussi plate que celle d'une huître.On la rencontre, d'ailleurs, par bancs, à la devanture des horlogers.La montre est un animal domestique Ïui peut être classé parmi les parasites.Ile vit, en effet, de prélérence, aur l'homme et la femme.Cependant elle s'échapperait volontiers si l'on ne prenait soin de la tenir en laisse, de la fixer à son poignet ou del'attachcr à son vêtement par une chaîne.Quand, malgré ces précaution», la montre disparaît, c'est au r loti qu'on la rencontre.Elle y séjourne plus ou moins longtemps, plongée dans une profonde léthargie.Au reste elle possède un tempérament lymphatique et il (aut, sans cesse, la remonter, pour lui éviter des crises de paresse ou de neurastnésie.La montre est un de» animaux qui ont le plu* de dent».Ces dent», disposée» en rond, qui permettent de mattiquer le tempe, sans arrêt, comme un Américain, qui mâcherait du ikewinr, t*m jour et nuit.La montre ne mange, d ailleurs, pas autre chose que le temps.Elle ne boit que de l'huile, par petite quantité et à dr longs intervalle».Ce sont des animaux savant», sachant compter san» erreur les 86,400 secondes qui composent une journée de 24 heures.Ce résultat remarquable permet de dire que la montre est la plu» belle conquête de l'homme, aprè» le cheval et la (emme, naturellement. to La Canadienne, Septembre.Itjzo m Vue générale des établissements de l'abbaye de Notre Dame du Lac (Oka), La Trappe, Qtu\ LES COMPAGNONS DU SILENCE Par PAUL NORMAND et FRANK YEIGH 1 |ES AGRICULTEURS du comté des Ucux-Montagui'S ont récemment visité, en une visite officielle, les magnifiques lermes des KR.PP.Trappistes d'Oka.M.J.A.C.Éthicr, député au gouvernement fédéral, du comté des Deux-Montagnes, M.Arthur Sauvé, député de ce même comté, au provincial, et les membres île la société d'agriculture conduisaient la nombreuse délégation.Ils lurent reçus par le R.Dom Pacôme, abbé mitre de La Trappe,aidé des RR.PP.Leopold, Athanase et Adélard et les FF.Sébastien et Wilfrid.Ceux-ci conduisirent leurs invités dans tout leur domaine: poulailler, granges, écuries et ailleurs.Au cours de cette visite, les agriculteurs ont pu admirer les produits envoyés au différentes expositions de la province, du Canada, et même des Etats-Unis, où ils ont remporté des.premiers prix.> La lapiniere de* Trappistes, sous la direction du Frère Wilfrid, est l'une des plus importantes de la province de Québec.Elle comprend des lapins de toutes les races, quelques-uns de ces animaux ont même été importés des pays étrangers et sont élevés à La-Trappe où l'on tente, pour le bénéfice île nos agriculteurs, de propager ces races précieuses.Les invités furent reçus à dîner chez les Trappistes.M.Paul Gratton, président de la société d'agriculture, M Joseph Fortier, secrétaire, adressèrent quelques mots dans lesquels ils exprimèrent leur reconnaissante pour la magnifique réception qu'on leur faisait et leur intérêt pour l'agriculture telle que pratiquée par les révérends pères.Le révérend père Jean de la Croix prit la parole au nom du R.Dom Pacôme qui n'avait pu assister au diner.Après avoir dit combien lui-même et ses frères étaient heureux et honorés de la visite de la société des agriculteurs «lu comté, il parla de l'œuvre des Trappistes.Citons quelques extraits: "Il existe, au sein de notre population, d'après ce que nous avons pu constater, deux forts préjugés qu'il est nécessaire de faire disparaître, pour le plus grand bien de notre agriculture et pour le maintien de notre œuvre."L'on croit, en certains milieux, qu'à l'Institut Agricole d'Oka, les élèves qui y suivent les cours d'agriculture, ne sont voués qu'à la pratique, et restent absolument ignorants de la théorie.Ailleurs, 'on est sous l'impression qu'ici les centaines de jeunes gens qui suivent nos cours chaque année, ne reçoivent qu'une formation agricole théorique, et que l'on évite de leur (aire mettre en pratique leurs théories."A ceux-là qui se présument de ces faux préjugés, I est nécessaire de fournir des preuves éclatantes de eur erreur absolue.Je profite de cette heureuse circonstance pour déclarer, qu'à l'Institut Agricole d'Oka, les élèves reçoivent une formation égale de a pratique comme de la théorie, et que la théorie éclaire la pratique de tous les jours.Le but de l'Institut est de former «tes agriculteurs et des agronomes plus habiles, et faire de nos élèves de bons praticiens comme d'excellents théoriciens.Tous, à leur sortie de l'Institut, possèdent les principes bien arrêtés et bien fondés, concernant l'agriculture." Le R.P.Jean de ta Croix donna ensuite quelques enseignements sur le mode d'enseignement de I Institut Agricole et les succès remportés dernièrement par les élèves qui y ont suivi régulièrement les cours.L'Année eeolaire 1919-1920 SOUS le rapport de la préparation désirable des candidats," dit-il, "la rentrée septembre dernier (ut très satisfaisante.Le nombre des élèves s'éleva à 12.' Sur ce nombre, 26 avaient complété leurs études classiques, 19 en avaient (ait une partie, jusqu'aux Belles-Lettre ou la rhétorique et 23 autres venaient dr terminer avec succès leur cours académique ou commercial."Dans ce nombre, étaient compris quelques-uns de nos anciens que la guerre avait enrôlés et qui, après avoir conquis leurs epaulettes, venaient reprendre leur» études agricole», entre autre» le» lieutenants Tremblay et Bois, ainsi que plusieurs soldats de retour du Iront, désireux de se livrer à l'agriculture Ces derniers semblent surtout prendre goût à l'apiculture et à l'élevage des volailles.ALA SUITE des examens et de la soutenance publique des thèses, les S, 9, 10 et II juin dernier, 18 élèves finissants sur 19 obtenaient le diplôme de bacheliers en agriculture, ce qui porte à 102 le nombre des diplômés de notre institut, depuis son affiliation à l'Université Laval en 1909.Sur ce nombre, il y a: il agronomes dans notre province, et 1 dans Ontario.5 prolesseurs dans notre institution.2 médecins vétérinaires.6 au service du ministère d'agriculture à Ottawa, dont Dumaine.9 au service du ministère de Québec, dont le directeur du Journal d'Agriculture, l'Etourneau, le chef Un Trappiste en costume de travail du service d'agronomie, M.Roy, le che( du service d'apiculture, M.Vaillancourt, le directeur des cours abrégés provinciaux, des cercles des fermières, du Bulletin delà Ferme, M.A.Dcsilets.1 tué sur le Iront français à Verdun, après deu-citations à l'ordre du jour, M.Jean Rcboul.2 décédés, MM.Conrad Meunier et Albert Marcotte.1 au service du Comptoir coopératif, M.Clout ie-envoyé en Europe.1 assistant-rédacteur du Bulletin des Agriculteurs, M.A.Gosselin.S au service de la compagnie des Fromagers de Québec.14 cultivent leur propre ferme-Le directeur de l'institut agricole termina son intéressante allocution en faisant un appel en faveur du retour à la terre."Les bacheliers de nos université», de nos collèges classiques, ne doivent pas craindre," ajoute-t-il, "de perfectionner leurs connaissances agricoles, sur une base égale à celle des connaissances dans lesquelles ils sont déjà versés." L'orateur suivant (ut M.J.-A.C.-Ethicr qui exprima son admiration pour la belle œuvre et la ferme modèle dirigée si habilement par les nobles religieux de La Trappe.M.Arthur Sauvé, le député au Fédéral du comte des Deux-Montagnes corrobora, en quelques mots, ce qu'avait dit son collègue et exprima aussi à quel point il était heureux de participer à cette réception.Chez les messieurs Je Saint-Sulpice a PRÈS'le discours de M.Arthur Sauvé, les hôtes 1 * des Trappistes, après avoir salué et remercié les religieux de leur bienveillant accueil, se dirigèrent ensuite vers la ferme des MM.de St.-Suplice, où ils furent reçus par M.le supérieur Réené Labelle, et M.l'abbé Arthur Curotte, de l'archevêché de Montréal, actuellement en visité à la ferme des Sulpiciens.Après une longue visite dans la vaste (erme des Sulpiciens, M.Forest adressa- quelques mots dans lesquels il remercia M.Labelle et ne cacha pas son étonnement du développement de la (erme et des progrès immenses qui s'y opéraient chaque année.M.le Supérieur souhaita une cordiale bienvenue à ses invités et ajouta: "Vous avez pu constater le travail qu'a pu accomplir notre société pour l'agriculture.Sans doute, il a fallu des sommes énormes pour en arriver à ce résultat.Mais peu savent que l'idéal des Sulpiciens n'est pas, comme certains le prétendent, de cultiver afin d'augmenter nos revenus, mais bien de dépenser nos revenus, afin de mieux faire cultiver nos citoyens.C'est là le principe qui dirige nos efforts, et je crois qu'avant longtemps nos espérances seront réalisées." La Délégation p\RMITceux qui (aisaient partie du groupe des S visiteurs, en outre de MM.les députés Éthicr et Sauvé, nous remarquions: MM.Paul Gratton, président de la Société d'Agriculture du comté des Deux-Montagnes; J.W.Sauvé, vice-président: Joseph Fortier, secrétaire; le Dr J.-M.Ouimct, maire d'Oka; Athanase Legault, directeur de la Société, pour la division d'Oka; J.Sauvé, directeur de Saint-Hermas; Adélard Leroux, maire de Saint-Hermas; William O'Connor, maire de Saint-Canut; Gilbert Deschambeau, directeur de Saint-Canut; Stanislas Neveu, maire de Saintc-Scholastique; Cléophas Gratton, directeur de Saintc-Scholastique; John CoKord, maire de Saint-Colomban; Ulnc Parent, secrétaire du comté des Deux-Montagnes; G.Jeannette, maire de l'Annonciation; Joseph Labonté, directeur de l'Annonciation; Daniel Duquette, maire de Sainte-Monique; J.Limoge, directeur de Saint-Monique; Elzéar Leduc, maire de Saint-Benoit: T.-R.Bédard, maire de Saint-Placide; P.Paiement, directeur de Saint-Augustin; E.Lallier, maire de Saint-Augustin; Napoléon Dumoulin, maire de Sainte-Joseph; Ovide Lafléche, directeur de Saint-Joseph; A.Paquin, directeur de Saint-Eustache; Âglibcrt Théorct, maire de Saint-Eustache et A.Le merise.Nos lecteurs seront contents de ce qu'on rappelle, en cette occasion, l'histoire de l'établissement des pères de La Trappe au Canada.Nous la trouvon» explicite et intéressante en un article de M.Frank Yeigh que nous traduisons littéralement.LES COMPAGNONS DU SILENCE Par Frank Yeigh 1' ES MOINES de La Trappe sont bien les com-J-* pagnons du silence.On peut aussi les appeler de vrais fils de la Religion, tel qu'il» vivent en leur monastère du Canada, à Oka et Mistasttini dan» puébec, et dans la Nouvelle-Ecosse, à Tracadie.Qeur conception de la fraternité paraîtra étrange, particulièrement aux protestants.(Suite sur la pace 43) La Canadienne, Septembre, ient», lesquel», vu leur limplicité, doivent être «aucoup de particularité.Cependant le» ¦ iKcctaitcnt se travaillent facilement, et ur qui n'exige aucun ajuitage complet ne révéleraient pa» aut»i osteniiblcmcnt une couture qui aurait pu dévier de la rigoureute ligne droite.L'apprentie n'éprouve vraiment du plaisir k travailler que lorsqu'elle entreprend la confection des robe», manteaux, costumes et autres.Et c'est A ce moment qu'elle apprécie la valeur de s'être entraînée a travailler avec perfection les robe» de nuit, le» jupon* et autres dessous.Nou» commencerons d'abord par une jupe.Le premier point c*t dc choitir le modèle et ceci ne demande pat des connaissances expérimentées, cependant nou» contcillon» k la débutante de choisir un modèle facile • confectionner.Ceci ne commande pa» de se confiner aux modèles médiocre», surtout en cette saison où le bon sens domine les modes et lai»*c aux jupes des ligne» rai»onnable».La Silhouette du jour est agréable et naturelle, comme nou* le démontrons dans quelque» reproductions de ce numéro, tant pour cela enlever aux élégante» la faculté d'exercer leur choix et de mettre en relief ce qui tes avantage le plu».Une femme mince choisira les vêtement» drapé», a pli» et a ruche*, à panier» et autre» mode» bouffante».Celle qui aura une tendance k être grasse c'en tiendra aux ligne» longue» et droite» ou adoptera le» pli» qui amincissent.La jupe à pli» e»t en grande faveur, cette saiton et elle l'impose pour la pratique du «port.L'importance du choix do modèle demande un peu dc réflexion.L'argent dépensé k un modèle pratique est toujours bien placé.Nou» avons adopté pour ces demonstration* de» modèle» avancé» cl originaux, parfait» dant la coupe et la ligne.Si le» mesure» ¦ont »crupuleu»cment prîtes, aucun ajuitrmcnt, aucune correction ne seront nécessaires.II est icprudaut indispensable de lavoir corriger un modèle en papier, avant dc découper l'étoffe, pour pluiicuri raison».D'abord, on p.ni délirer faire un patron qui »rra utilité pour deux mrmbtr» dc la famille dont le» inclure» »ont A LA VILLE ET A LA CAMPAGNE ladRooiii Dans la Chambre à couch G R A S S R UGS MADE /.v AMERI( LA COUVERTURE DE PARQUET IDÉALE A UCUNEfemme ne demandedes "bonbons," delà poudre * *¦ pour le visage ou des "soupes en conserve." Elle demande ces articles en leur donnant des noms particuliers—des noms qui désignent des articles d'une qualité reconnue.Toute femme devrait connaître davantage les Carpettes "CREX." Elles sont hygiéniques—ne gardent pas la poussière—ne demandent pas d'être battues, et peuvent être nettoyées avec un linge ou un balai humides, ou encore en les secouant légèrement.Elles sont solides et élastiques.Elles sont fabriquées sans l'aide d'ingrédients chimiques ou par tout autre procédé nuisible.Les fils de la chaîne, très extensibles, résistent à l'usage et font des "CREX" un article supérieur aux carpettes de paille ordinaire.Les Carpettes "CREX" s'adaptent à n'importe quel plancher.Elles sont fabriquées de couleurs, de dimensions et de dessins qui les rendent propres à n'importe quelle pièce dans la maison.Si vous vous contentez de demander simplement une Carpette de paille vous n'êtes pas sûre d'obtenir une "CREX." On vous donnera même une ingénieuse imitation faite de paille fendue ou battue.Mais si vous prononcez le mot "CREX" vous désignez tout de suite la carpette fameuse qui depuis plus de vingt ans à donné satisfaction dans des millions de Homes.La carpette qui apporte un peu de plein air dans votre home, et vous donne tout le long de l'année une couverture de plancher qui est à la fois artistique, décorative et utile."CREX" est facile à prononcer, et à lire.Ce nom tissé dans la lisière est une marque d'identification que rien ne peut effacer.Le Catalogue illustré, montrant en couleurs et en dimensions les trois marques "CREX"—DE LUXE, HERRINGBONE et REGULAR—est envoyé gratuitement sur demande CREX CARPET COMPANY] 212 Fifth Avenue New York, N.V.Histoire de l'Ameublement (Suite de la page 26) CREX «O» CREX «O» CREX «»g» d'ornements empruntés aux siècles passés ?Il y a la un dilemme que l'on ne parvient pas à résoudre et qui force l'ébéniste et le public à rester dans l'expectative.Seul l'arthitccte y apportera une solution.Partout où il le pourra, en effet, il devra désormais construire selon des données nouvelles, en tenant compte que plusieurs arts attendent, pour s'épanouir, sa rupture avec un enseignement trop imprégné d'histoire el d'archéologie, un effort de son imagination, son adaptation aux exigences du présent.Trop souvent, il est vrai, le propriétaire empêche tout élan de l'architecte vers une renaissance.Il veut que ses appartements puissent s'adapter, sans trop de discordances, à toutes les physionomies des styles anciens.Il ne parvient nullement d'ailleurs à obtenir ce résultat.La majorité des logements actuels offrent entre le décor et le mobilier, des disparates hurlants.Il ne peut pas être question de remanier, en un jour, ce qui existe déjà.Mais l'accroissement des populations urbaines va imposer l'obligation de construire.C'est dans les maisons nouvelles que l'on pourrait tenter de transformer le décor traditionnel de l'appartement.Opérer cette transformation n'est pas si malaisé qu'on l'imagine.Les tendances actuelles de l'ébénisterie et des arts décoratifs fournissent des indications suffisantes aux architectes.Pour quiconque a contemplé, dans nos expositions et nos magasins, les mobiliers conçus depuis quelques années, il est evident que la courbe, symbole de grace, attire la prédilection des créaturs.Si elle est maintes fois employée avec excès et maladresse, elle contribue néanmoins à communiquer au lit, au buffet, à l'armoire on ne sait quel charme qui n'en exclut point la solidité.Cette flexuosité du meuble impliquera naturellement l'emploi des lignes infléchie* dans l'établissement du décor.Les pièces ne seront plus géométriquement dessinées sous la forme de cubes aux plafonds toujours parés des mêmes moulures sans beauté.Ployées en cintres légers, leurs parties supérieures et même leurs portes et fenêtres viendront épouser les contours onduleux du chêne et de l'acajou.Alors seulement se fondera une harmonie entre le contenant et le contenu.Les murailles seront débarrassées des boiseries vraies ou fausses et abandonnées à l'art du tapissier.Celui-ci a fait des progrès immenses depuis que le dessin des papiers a été confié à l'initiative de crayons habiles.Bien choisi le papier peint aide à parachever l'accord des fonds avec le mobilier.C'est une erreur que de lui donner, comme on le fait dans maints modèles d'appartements, trop de personnalité par la vivacité de la couleur ou le sens abstrait des motifs.Son rôle est absolument secondaire, accessoire.La paroi d'une pièce comporte, en effet, son propre mobilier, que la tapisserie doit simplement concourir à mettre en valeur.Tissée en fines soieries où se juxtaposent les fleurs stylisées ou bien taillée dans des toiles rigides où s'impriment des volutes décoratives, la tenture y tiendra une place, avec le rectangle de passementerie devenu, sous l'aiguille inspirée d'artistes, un tableau de génie.On substituera, pour encadrer la peinture ou la glace, à la bordure d'or la bordure de bois où se reproduiront, réduits à l'essentiel, les modèles du meuble.Les étagères où rayonneront vases et bibelots, loin de leur servir, comme il advient souvent de repoussoirs les embelliront du relief de leurs lignes.Les lustres, qui ont, ce semble, pour but de tendre, au bout de leur tige, des fleurs lumineuses, seront débarrassés des verroteries, coupes et autres fantaisies burlesques, pour devenir de légers rameaux de cuir de fer ou de bois dont l'ampoule électrique apparaîtra comme l'épanouissement printannier.Enfin, la cheminée, où l'on ne souhaite plus, comme au grand siècle, superposer en pyramide les faïences hollandaises, n'ayant pas besoin d'un grand espace pour supporter un bronze, un cuivre, un grès, prendra, recouverte de bois aux courbes gracieuses, son vrai aspect d'autel d'où rayonne la chaleur d'amour du foyer familial.Ainsi pourrait-on concevoir, dans une maison de notre temps, bâtie par un architecte moderniste, aménagée par ses auxiliaires naturels, le décor de l'appartement.Ce décor, croyons-nous sourirait à l'œil.En lui la vie apparaîtrait à vivre.Elle serait certainement plus aimable, car l'esthétique s'accompagne toujours d'hygiène et l'hygiène stimule la sérénité.KM ILE MAGNE.Un Clocher dans la Plaine (Suite de la dessus les rayons d'or auréolant la tête du Christ, la grande figure grave du père de Ludovic, et tous deux, le prêtre et le vieil homme, se souriaient.En allant vers la chaire il passa près de leur banc.Ils étaient là; sans se soucier des regards fixés sur eux, ils se levèrent spontanément pour lui laire honneur.Alors il oublia le sermon qu'il avait composé à grand travail, un sermon sévère où il était question de péché et de justice; il ne parla que d'indulgence et de ciel.Son action de grâces dura tout le jour.Il avait prié et il était exaucé.Deux brebis de son troupeau, qu'il avait crues égarées, avaient retrouvé le droit chemin; un des plus anciens foyers de la paroisse ne risquait plus d'être désert ; l'union de deux jeunes cœurs, un instant rompue, s'était renouée; comme un cauchemar qu'emporte la lumière du matin, la tentation qui vient des villes et qui arrache aux campagnes tant de bras et tant d'âmes de paysans n'avait pu enlever au pays l'enfant qu'elle avait frôlée de son aile mauvaise.Et voici que, la messe finie.Reine et Ludovic s'en allaient par les champs, vers leur maison.Les bonnes gens qui sortaient de l'église se les montraient en disant tout bas: Les vlà remis ensemble! C'est-il croyable?Mais ils n'avaient garde de leur parler, respectant l'intimité de leur bonheur recommencé.page 2S) À distance, le père et la mère Dorget i le père et la mère Langlois suivaient: les premiers se disputant, comme toujours, chacun d'eux réclamant l'honneur d'avoir assuré une réconciliation qu'ils avaient failli rendre impossible; les seconds silencieux, tout entiers à la joie d'avoir reconquis leurs enfants.Tout à coup le soleil qui, depuis une heure, luttait contre le brouillard, en triompha.La campagne resplendit; des alouettes montèrent tout droit dans le ciel et se pâmèrent dans la lumière avec de petits cris éperdus.En même temps le clocher de Vironville s'anima; et lui répondit le clocher de Fresne; puis celui des Essarts, et celui des Crières; et tout le grand horizon calme se remplit de leurs lamberts.C'étaient les morts qui, dans la voix des cloches, revenaient planer sur le vieux pays.Et leurs voix n'étaient pas tristes; elles parlaient à ces jeunes gens comme des voix très douces d'aïeules; elles bénissaient leur tendresse, accompagnaient, indulgentes et émues, leur marche amoureuse.Et Ludovic, en les écoutant, sentait naître en lui un sentiment religieux.Ses mauvais jours étaient finis, et satisfaite enfin l'ambition modeste de sa vie fière.Rien ne lui manquait plus de ce qu'il lui fallait pour être heureux: une femme au foyer, des champs sous le soleil, un clocher dans la plaine.Et il obéissait aux ancêtres qui lui commandaient de remercier Dieu.FIN Avoir de ¦1 te de attristante.Ce que nous découvrons, en les examinant avec soin, c'est qu'ils vieillissent ou que leur santé chancelle, c'esf qu'ils soutirent intérieurement de soucis et de tristesses auxquels nous sommes impuissants à trouver un re mède.Au lieu d'une distraction de notre esprit nous avons donc une source d'inquiétudes.Il ne faut pas que cette crainte nou» lasse reculer: il est de notre devoir de Bons Yeux la page 12) veiller au bonheur de ceux qui nous sont chers et c'est en les enveloppant d'une tendresse attentive, qui scrute leurs peines et leurs ennuis, que nous pouvons souvent leur rendre le calme ou le bonheur, toujours les soulage! par notre affection.Pour cela, il faut observer sans cesse ne pas »c contenter d'un regard jeté à U surface, en un mot: avoir de bons yeux. La Canadienne, Septembre, 1920 41 Un Juge satisfait!! 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