Cité libre., 1 janvier 1951, décembre
CITÉ LIBRE Vol.1, no 4 Décembre 1951 SOMMAIRE Lu querelle de» instituteurs CITE LUIRE L'irréalisme de notre culture P.VADBONCŒUR Poèmes .Anne HEBERT R.-M.LEGER Edmond LABELLE Réginald BOISVERT Décadence de In littérature française .Jean-Guy BLAIN FAITES VOS JEUX Fanatisme et vérité - D'une communauté sacerdotale CHRONIQUE DU TEMPS PERDU FLECHES DE TOUT BOIS 4 Quatre fois l'an 11 50 cents le numéro Cité libre Administration: .'{192 Prud'homme, Montréal Vol.1.no I Décembre I9.">l La querelle des instituteurs Confessant ses intentions, CITE LIBRE s'engageait, voici quelques mois, our la durée de l'art (pie l'écrivain ne consente à s'effacer.L'exemple de la biographie spirituelle est significatif, qui est écrite par ceux-là mêmes qui l'ont vécue.Voyez la correspondance", d'André Snarès et de Paul Claudel.C'est une des plus passionnantes qu'on puisse écrire.Mais il ne s'agit pas de littérature, mais bien plutôt d'une recherche et d'une forme particulière des lettres françaises, de la conscience française.L'ouvrage n'appartient à la littérature que par le moyen du langage, cl non par la forme de son architecture ou l'économie de son expression.L'idée de littérature implique la souveraine ambition de l'œuvre d'art qu'il serait vain de chercher dans cette "correspondance", Ce livre est un témoignage.Un témoignage sur les approximations spirituelles d'un grand esprit tourmenté, je veux dire : André Suarès.La "correspondance" d'André Suarès et de Paul Claudel s'ouvre en 1904 sur une simple circonstance.Suarès vient d'écrire un de ses premiers ouvrages : "Sur la mort de mon frère", qu'il envoie à Claudel.Du grand poète catholique qu'il admire comme un nouveau Dante, il connaît "Tête d'or" et "Connaissance de l'Est".Claudel ignore à peu près tout de ce farouche solitaire.Mais il est touché par l'accent de désespoir qu'exprime sa méditation.Il lui répond de Fou-Tchéou.Les deux hommes commencent de correspondre.Les premières rencontres ont lieu à Paris, au printemps de 1905.Entre ces deux hommes animés de la plus absolue sincérité, la conversation va sans retard à l'essentiel.Claudel n'hésite pas : "Vous êtes certainement chrétien, dit-il à Suarès,.mais vous ne croyez pas en Dieu ou plutôt en ce que nous appellerons en bloc la vérité catholique.Je suis amené à penser que si vous ne possédez pas déjà la vérité.c'est que vous n'avez pas voulu la chercher." Suarès est déjà réticent, et répond qu'il ne peut dès maintenant partager la foi de son ami."Ne me pressez pas, seulement.Vous ne voyez pas ce qui me sépare de la foi: rien en effet — rien que l'adhésion irrésistible, l'assentiment juste qui fait coïncider la raison au centre où toute la passion du creur tombe.Cette raison que je déteste et méprise me retient toutefois.Mon creur est seul dans cet amour.J'y vois mon destin d'éternelle solitude".Mais Claudel presse son ami.Il lui conseille la prière et lui donne l'adresse de son confesseur.C'est une lutte spirituelle qui est engagée dans ce dialogue.Et Claudel s'impatiente, élève déjà la voi : "La conversion est une grâce unique, le plus grand de tous les miracles.un débat entre vous seul et Dieu.Si vous étiez converti, c'est alors que vous n'auriez plus besoin de mon amitié." Mais il tempère aussitôt son ardeur apostolique: "Les intentions de Dieu à votre égard sont évidentes, mais au reste faites ce que vous voudrez, je suis bien rassuré à votre égard, vous ne lui échapperez pas".Claudel sent bien la résistance de Suarès, et après avoir failli à lui arracher le cri delà foi, voudrait persuader son esprit.C'est toute la "correspondance" de 1006. 46 Cité libre "N'ctcs-vous pas, Suarès.qu'un amateur passionné des choses de l'âme et de l'intelligence?Non, je ne le crois pas.Les véritables raisons de ne pas vous l'aire catholique, vous ne les avez jamais dites.Je sais seulement que vous avez la foi, la charité et même l'espérance".Suarès a été touché dans sa liberté, et sVn plaint amèrement, Sa réponse est pathétique: "Ce n'est pas vous, Claudel, qui pouvez m'engendrer au salut, vous qui n'êtes pas un saint.Vous ne voulez pas me prendre pour qui je suis, Je sens en catholique, et je pense en païen: voilà tout le mystère.Mes raisons sonl celles d'un païen.Il m'est impossible de dire: je crois et je sais.Je ne puis croire uniquement parce que j'aurais du bonheur à croire.Dans un paien, la nature est la raison.Elle s'oppose à ce que le désir passionné du cœur devienne une certitude." Claudel gardera le silence pendant une longue année.Ses lettres, connue celles de Suarès, éviteront soigneusement un question aussi brûlante Mais le consul se reproche d'avoir failli à la lumière, de n'avoir pas encore sauvé son ami.Sa lettre du .1 mars 1*)()7 est une sorte d'ultimatum fraternel: "Si vous voulez Dieu et la vérité catholique, en dehors de laquelle je ne pense point et ne suis point, prouvez-le par l'acte.Si vous n'attendiez Dieu de moi, qu'attendriez-vous?De nouveau Suarès retraite dans une hautaine réserve.Malade et délaissé dans la plus extrême pauvreté, déchiré par le désespoir de jamais "créer à son image en attendant la mort, l'image «le la vie", il parle avec nue tragique éloquence de la grandeur de la souffrance humaine et de l'ivresse «le son absolue solitude.C'est l'époque de "Voici l'Homme" et bientôt des "Images «le la grandeur".Il médite son "Pascal" et son "Dostoïcwsky".Pendant près de cinq ans, la "correspondance" deviendra une sorte d'échange intellectuel entre les deux grands écrivains.Avec une merveilleuse lucidité d'analyse, Suarès écrira à Claudel la critique de ses ouvrages, Mais les lettres se font rares depuis 1912.Le poète parait avoir renoncé au salut de l'essayiste.Mais au bas d'une lettre du lj septembre 1913, il ajoute: "Quand quitterez-vous enfin ce parti du désespoir?.Quand ccsscrez-vons de résister à Dieu?Quand screz-vous catholique?" Ce sera le silence définitif de Suarès.La "correspondance" est interrompue de 1914 à 1925.Quelques mots de circonstances en 1926.Quatre lettres de Claudel, de 1933 à 1938, toutes restées sans ré|>onse.Jusqu'à sa mort Suarès restera prisonnier de sa solitude.A travers la variation du dialogue, André Suarès et Paul Claudel se sont rapprochés puis éloignés sans rupture apparente.L'un et l'autre se sont conservé jusqu'à la fin une indéfectible amitié.Faut-il donc penser que seule la question religieuse ait interrompu leur commerce spirituel?11 est difficile de l'affirmer de Suarès, qui chercha passionnément la vérité jusqu'à sa mort, haute par l'idée de posséder un absolu «pie son c«vur appelait Dieu.Quant à Claudel, cela ne parait pas faire de doute : "Quant à attendre de moi une amitié purement humaine, non, Suarès, vous le savez.Tout ce «pi'il y a en moi et qui n'est pas Dieu, ne vaut pas la peine que je le donne.Je ne sais plus ce que les gens appellent la beauté, et ce qu'on appelle l'art est |«iur moi moins que rien".Cette parole était prononcée en 1907, et fut suivie d'un long silence.Et dans sa lettre d'adieu à Suarès, écrite en 1937: "C'est sur le plan de la souffrance, et non sur aucun autre que je vous ai jadis rencontre, et que j'espérais arriver jusqu'à votre âme.L'art, éternel ennemi des artistes, m'a barré le chemin, consolidant d'autres obstacles, el je me suis éloigné sans vous avoir oublié, mais nie comprenant inutile".L'art, ennemi éternel des artistes.Après vingt-cinq ans, Claudel comprenait le refus de Suarès.Ainsi commençait de s'éclairer le malentendu essentiel qu'avaient entretenu les illusions du langage et de l'amitié.A Cité i.ihui: 47 Suarès, Claudel était venu apporter la joie, l'exaltation et la sérénité d'une certitude.Suarès était demeuré dans la souffrance et l'angoisse, impuissant à sortir de sa fière el douloureuse solitude par la sympathie de l'art.Voici comme il se peint lui-même: "Caerdal (le Condottiere de Suarès) est un homme qui a toujours été en passion.Il a coutume de dire que l'art poétique est la loi de tout homme vraiment né pour ne pas mourir.Comme la religion, l'Art vise la plénitude et embrasse profondément la douleur et la mort.C'csl la victoire sur la mort, une possession directe sur l'univers: là on se sent étemel." lu il ajoute: "L'art s'impose à la sainteté même et domine toute la vie".Oui, voici l'homme.Une sorte de grand-prêtre de l'An, dont le culte doit lui révéler Dieu par la poésie.Cette révélation, c'est la sainteté elle-même, une sainteté de la beauté, une sainteté paienne.Suarès plaçait dans cette religion la passion la plus haute de son esprit: "J'ai la religion; mais en moi la religion n'a pas d'objet, ce qui est terrible.Je suis plein de prières, sans savoir qui prier.Le divin inonde mon être, il le déborde.Mais je n'ai point de Dieu.Je n'ai que des dieux, en nombre infini, et partout.Le divin, c'est la nature: proprement et strictement tout.Mais ce tout n'est rien .c'est un rêve.Une conception de ce genre échappe à l'intelligence.Ici il faut sentir et ne point penser, La raison ne mène que sur le deuil.Kt pour elle, il n'y a rien au-delà".Aux yeux de Suarès, renoncer |>our le catholicisme à chercher la vérité du côté de la Beauté ne pouvait cpie représenter une humiliation de la Grandeur."Devenir saint pour soi-même", écrivait Baudelaire.L'espoir le plus pathétique et le nihilisme le plus farouche semblent s'être combattus jusqu'à la mort.Comme André Gide dans le libre examen des valeurs morales et l'aul Valéry dans l'activité créatrice de l'intelligence pure.André Suarès dans le culte passionné de la beauté rejoint la grande tradition française de la sainteté profane.Mais sur celte discipline personnelle de la perfection, il est le seul à construire une mystique vivante.Toute l'activité de son esprit repose sur la foi cn son immortalité dont il s'applique à saisir une parfaite connaissance.Si la grandeur de l'art est pour lui un des chemins les plus sûrs vers la possession de cette connaissance suprême, c'est que l'art est Amour et Vérité.Devant cette exigence d'absolu, personne n'a su comme Suarès se faire "une âme si intense et si nue".Saint Suarès ou la passion de la sincérité.MAURICE fîLAIN "PREMIERS SECRETS" Les Premiers Secrets d'Eloi de Graudmont rappellent aux grandes personnes que nous sommes, que l'état d'innocence est le privilège du poète.Tout au fond de son puits île merveilles, il compose les images du petit momie bucolique qu'il aperçoit par un carré de ciel clair.Occupés au grand jeu vain d'exister par les temps qui courent, ce n'est pas sans un ravissement un peu attristé que nous retrouvons celte vérité sensible au creur.L'innocence, c'est aussi le signe mystérieux de l'enfance, cet univers fragile où vit la poésie de Grandmont.C'est l'âge du rêve, de l'évasion vers ces contrées où seul le bonheur arrive.Quand viendres-vous dormir Sous le ciel vert des arbres?Quand pourrons-nous ensemble Abandonner la terre? 48 Cité libre Obscurs jardins our reparaître frais d'espoir avant la fin du vers.C'est parfois une simple chanson qui remue ciel et terre: A l'aube, j'ai le corps couvert de mille étoiles Que je fourre en riant dans mes goussets troués, Mais quand naît le soleil, quand le tour est joué, L'araignée économe en a garni sa toile.Ailleurs, la lumière liait du choc des images, et nous déliassons le pouvoir des mots: Vous m'aves éz'cillé.Parents, l'oici ma ville.C'était un grand désert.J'avais un beau navire.Vous ne voyiez donc pas comme j'étais tranquille?Ou, ceci : Si l'oiseau chante eucor, tu verras les chevaux lit les chariots bleus des reines endormies.Si la brise se tait, regarde les pavots Se suwrc tout le long des grilles, leurs amies.Car toi-même tu es le roi de ces coteaux.Les rois que lu verras n'auront pas de royaume.Et les fleurs des sentiers se faneront bientôt.— Si l'ombre avait une ombre on verrait des fantômes.J'imagine que Sylvain Garncau a quitté d'hier l'enfant triste et espiègle qu'il retrouve, quand il le désire, dans les rues de la ville ou dans un décor de rêve: /:( nous allions, le soir, dans nos lits, deux à deux, Raconter en silence à nos amis lunaires Combien nous les aimions ces centaures peureux Qui courent, enflammés, sur les dunes légères.Le jeu devenait si facile qu'il fallait le secours d'une prosodie sévère pour empêcher qu'il ne fut vain.Mais l'alexandrin a une vivacité qu'on ne lui connaissait plus; le sonnet, une liberté d'allure presque provocante.Et cette i>oésic, qui sait atteindre au silence, a des accents qui ne peuvent venir que de sentiments très réfléchis.Ce sont des enfants du grand nombre que les frères de In lune, les fuyards de la nuit ou les jascurs de noir: L'odeur des grands chevaux parvient jusqu'à la ville.C'est le vent chaud d'été qui met des étendards Dans ce grand ciel grêlé d'étoiles en retard.Un seul instant, peux-tu laisser l'ombre tranquille?Sylvain Garncau sait interroger l'ombre.Qui en douterait?Roiif.kt Eue. 50 Cité libre CELUI QUI A DIT NON L'éducation de la pureté n'est pas une œuvre de tout repos.Les initiatives les plus louables en ce sens sont parfois en butte à des difficultés imprévues.Quand les obstacles prennent la forme d'une opposition systématique ou d'une ironie irréfléchie, les zélateurs ont déjà bien de la peine à les surmonter.Mais imagine/ les angoisses d'un éducateur de la pureté aux prises avec un concurrent commercial! Pour ceux qui ignorent tout du "Centre M,nia Goretti", nous rappelons que le 20 juillet l'J50, au cours d'une audience, le Souverain Pontife recommandait au IL P.Alfred Laplante, c.s.c, de répandre la dévotion à la nouvelle sainte."J'ai cru, avoue lui-même le K.P.Laplante, qu'un excellent moyen de répondre à ses désirs était d'utiliser le cinéma.C'est pourquoi, le 10 novembre l'JâO, j'acquérais, au nom de l'Oeuvre du Service Familial que je représente, les droits exclusifs d'exhiber la version française du célèbre film: "La Fille des Marais" qui relate la vie, le martyre de suinte Maria Goretti, canonisée l'an dernier." En septembre dernier, le théâtre "Champlain", du Cap-de-la Madeleine, proposait à hcs clients, par la voix des journaux, d'aider cette "(euvre sociale nouvelle", en assistant à une représentation du film cn question.Vers le même temps, un autre cinéma, de Trois-Kivièrcs, celui-là, s'avisait de participer par le même moyen à l'apostolat de la pureté.Le "Cinémn de Paris" publiait dans "Le Nouvelliste", sur huit colonnes, une annonce ù cet effet: "Maria Goretti.Sa vie.Son martyre.Sa mort — Seule et unique version originale du film illustrant la vie et le martyre de sainte Maria Goretti — La pure enfant qui a préféré la mort ù la souillure." Suivait le scénario du film, et l'affirmation que le Saint-Père "n vu et béni" "cette unique version originale du film d'Augusto Génina".Le coup était dur, on en conviendra.Le "Cinéma de Paris" voulait utiliser "Maria Goretti" à ses propres fins.Le R.P.Laplante a dit non.Le lendemain paraissait dans "Le Nouvelliste" une annonce du "Champlain", étalant sur trois colonnes une lettre du Révérend Père.Ayant rappelé la grande mission qu'il poursuit, le religieux s'ingéniait ù déjouer les visées de ses concurrents."L'Oeuvre du Service Familial est.seule au Canada, à posséder les droits d'exhiber la copie française du film: "La Fille des Marais".J'ai refusé d'acquérir les droits de la copie originale, gui est parlée en italien avec des sous-titres anglais.Car n'ayant aucun intérêt pour notre population française, celte copie n'aurait pu servir les fins apostoliques que je poursuis." (Les soulignes sont dans le texte.) Alliant à son zèle apostolique un vigoureux sens pratique, le Père Laplante écrit ensuite: "Je suis enchanté d'apprendre que vous avez eu l'heureuse idée de présenter au Champlain, non seulement à votre sympathique popu- Cité libre 51 lation du Cap de la Madeleine, mais aussi à celle de Trois-Rivières, le film "LA I'TLLE DES MAKAIS", la seule et unique copie qui existe en français.Permettez-moi de vous féliciter et de vous remercier pour la si bienveillante collaboration que vous apportez ù la mission que je poursuis.Soyez assuré que votre geste porte le gage de grâces el de bénédictions spéciales pour vous et votre clientèle." (.Les soulignés sont de nous.) Nous ignorons les suites de ce vertueux duel autour de "Celle qui a dit non".Nous serions heureux d'apprendre que lu public s'est rallié autour de la version, quelle qu'elle soit, la plus susceptible d'assurer le triomphe de lu pureté sur le mercantilisme.H.11.JOURNALISME D'INFORMATION L'idéal de noire presse quotidienne est de nous fournir une information correcte et impartiale.Nous tenons à le dire pour le profit de ceux qui ne le savent pas, ou qui ont pu interpréter avec malveillance les divergences qu'on pouvait remarquer récemment dans les compte-rendus îles divers journaux en marge des déclarations de l'archevêque de Montréal au congrès annuel de l'Association Professionnelle des Industriels."Les patrons chrétiens doivent d'abord reconnaître les droits des ouvriers".Tel est le titre, sur quatre colonnes, dont le Devoir coiffait sa reproduction du texte intégral de Son Excellence, Les lecteurs de ce journal ont appris que Monseigneur Léger avait souligné «levant les industriels la nécessité d'organisations patronales et ouvrières; la compétence de l'Eglise à déterminer ies points d'incidence entre la technique et la morale; la nécessité pour le chrétien de tenir compte des intérêts surnaturels, même dans le domaine temporel.Suivaient un certain nombre de prises de position énergiques sur quelques points particulièrement importants : "Vous avez dit tantôt, déclarait Son Excellence, que l'ouvrier a le droit d'être à voire table, el pourtant, je n'en ai jamais rencontré un seul."Vous devez donc profiler de celle réunion pour replacer devant vos yeux l'idéal que l'Eglise vous trace.Tout d'abord, rappelez-vous bien que voire association ne vivra que dans la mesure où tous ses membres seront gagnés à la cause du syndicalisme chrétien.A quoi servent ces déclarations d'allégeance à l'Eglise de tout le groupe si chaque membre n'est pas prêt à faire des sacrifices [iour assurer le triomphe de l'Eglise?" "Les conditions d'habitation i>our nu grand nombre de familles ouvrières sont une occasion prochaine de manquer aux lois les plus élémentaires de la morale.".de riches propriétaires (fréquentent) ostensiblement l'Eglise alors qu'ils viennent de soutirer quelques centaines de dollars à un pauvre ouvrier qui doit emprunter d'usuriers perfides |>otir payer le droit «l'entrer dans son logis.Je vous déclare que JE NE PRENDRAI PAS DE VACANCES TANT QU'IL Y AURA UN TAUDIS DANS LA PROVINCE.Elle est riche, notre province.Pourquoi alors tant de misères, tant «le taudis?Ils sont nombreux ceux qui possèdent une belle maison à la ville et une autre à la campagne; l'une est toujours vide, alors «pic des gens sont sans logis."JE N'AI PAS A VOUS DEPENDRE.Je parle ici au nom des pauvres, au nom «le ceux
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