Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
La lyre
La vie musicale au Québec entre 1922 et 1931. [...]

Le premier numéro de la revue La Lyre, dont le sous-titre changera plusieurs fois (« Revue musicale et théâtrale », « Publication mensuelle », « Revue musicale mensuelle », « Revue mensuelle illustrée »), paraît en octobre 1922. Le mensuel est édité à Montréal par la Compagnie de publication « La Lyre », propriété de J.-E. Turcot, marchand de musique, qui a pignon sur rue au 3, rue Sainte-Catherine Est, et des compositeurs Henri Miro et Léo Lesieur. La Lyre annexe en 1927 la revue Le Carillon, consacrée à la « bonne chanson » et dirigée par Charles Marchand. Parmi les nombreux directeurs qui se succéderont à la tête de la publication, citons Raoul Vennat, Jean-Sébastien Lambert et Alice Duchesnay.

Jusqu'en 1924, la revue se consacre à la publication de pièces musicales ainsi qu'à la promotion de la musique et des arts de la scène québécois et canadiens. Par la suite, son rôle principal sera de diffuser et de mettre en valeur la musique du Québec et, plus rarement, celle de la Nouvelle-Angleterre. L'opérette, la chanson populaire et le jazz ont toutes leur place dans la revue. On y met aussi particulièrement de l'avant le piano et l'orgue, deux instruments fort appréciés au Québec.

Outre l'édition mensuelle de partitions de musique vocale et instrumentale, La Lyre propose à ses lecteurs un panorama de l'actualité musicale (au pays et à l'étranger), des profils d'artistes locaux et d'artistes internationaux de passage au Québec, des critiques de spectacles (théâtre, danse, mais surtout musique), la présentation des activités des orchestres québécois, des notices biographiques d'artistes, des leçons d'harmonie, des renseignements sur les instruments de musique et des conseils pour leur entretien.

En plus d'un calendrier des concerts à venir et d'un aperçu des nouveaux enregistrements disponibles sur le marché, La Lyre offre une couverture de l'activité scénique des artistes lyriques canadiens-français au Québec et à l'étranger. Parmi les compositeurs québécois publiés dans la revue figurent Henri Miro, Léo Lesieur, Conrad Bernier et Alfred Mignault. La revue présente aussi une revue du théâtre amateur de langue française aux quatre coins du Québec, ailleurs dans le Canada francophone et en Nouvelle-Angleterre.

La Lyre fait paraître à l'occasion des textes littéraires (nouvelles, contes, poésie, théâtre) d'auteurs comme Robert Choquette, Jean-Charles Harvey et Émile Coderre. Elle offre également une tribune à ses lecteurs, qui livrent par moments des articles très critiques à l'égard du gouvernement provincial, entre autres dans le sillage des débats entourant la fondation du Conservatoire national de musique.

De nombreux articles de fond paraissent dans La Lyre. Par exemple, dans le premier numéro, on s'interroge sur l'avenir du phonographe, compte tenu de l'arrivée de la radio. Au nombre des collaborateurs de la revue, on compte Jean Riddez, Charles Marchand, Maurice Morrisset, l'abbé Pierre Chassang, Jean-Sébastien Lambert, Alice Duchesnay, Roger Champoux, Léo-Pol Morin et Jean Dufresne.

La Lyre a cessé de paraître à l'été 1931. Malgré sa courte existence, elle a joué un rôle majeur dans la promotion de la culture musicale de l'Amérique du Nord francophone. Elle est une précieuse source d'information sur la vie artistique et sur les mouvements musicaux de son époque.

En 1924, le tirage de La Lyre avait atteint 4750 exemplaires.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1984, vol. VI, p. 52.

Éditeur :
  • Montréal :Cie de publication "La Lyre",1922-1931
Contenu spécifique :
no 79
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

La lyre, 1931, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
4» Pour la diversité et l'excellence l'EDITION WOOD est suprême £ La première maison d'édition américaine EDITION WOOD Employée exclusivement par un grand nombre de prpofesseurs éminents.Au delà de 1,000 volumes de classiques, d'études et de récréations choisis pour l'enseignement musical par les plus importantes maisons d'éducation de l'univers.THE B.F.WOOD MUSIC COMPANY 88, RUE ST.STEPHEN BOSTON, Massachusetts.! Le Conservatoire National j de Musique *;* 441 rue Lagauchetière est ?ANTONIO LETOURNEAU, Adm.ALEXANDRE D'ARAGON, sec.-trés.t EUGENE LAPIERRE, D.M., LSC, Directeur PERSONNEL ENSEIGNANT: MM.Claude Champagne (composition), Georges Emile Tanguay (harmonie), Raoul Paquet (harmonie), Léo Pol Morin (piano), Chs E.Houle (piano), E.Lapierre (orgue Improvisation), Antonio Létourneau (solfège), Alexandre d'Aragon (solfège), Mlle Annette Lasalle (violon), M.Poisson (violon), Arthur Laurendeau (chanl), Jean Riddel, de l'Opéra de Paris (action scénique), Frédéric Pelletier (histoire), J.J.Gagnier (instruments à venl), Mme Morin-Labrecque (analyse et pédagogie), M.Edmond Trudel (pianiste-chef d'orchestre), M.A.Lamoureux (esthétique), M.Benoît Poirier (accompagnefent), M.G.Noël Charbonneau (musique grégorienne), Arthur Letondal, D.M.(piano), Albert Chamberland (violon), Maurice Charbonneau (violoncelle), Auguste Descarries (piano, virtuosité), Mlle Fabiola Poirier (chant), Mlle Aima Bouthillier (chant).On s'inscrit au Conservatoire, 441 est, rue Lagauchetière (provisoirement) Tél.HArbour 0430 Prospectus sur demande. Rédaction et Administration : 987 Boulevard Saint-Laurent Montréal.Tél.LAncaster 1907 ABONNEMENT : Six mois.$1.54 Un an .$2.50 Deux ans.$4.50 L'unité.• .2b Numéros des mois écoulés .35 Directrice : Alice Dncliesnay Secrétaire de Rédaction : Léo Menard Administrateur-délégué : Madame H.Miro Toute communication doit être adressée à la Rédaction de la "Lyre".— Les manuscrits non publiés ne sont pas retournés.IXe année — No 79 Mars 1931 HENRI GAGNON Henri Gagnon.ce nom n'évoque-t-il pas pour nous, la figure parfaite du musicien sincère — du musicien pour qui la musique est un culte — du musicien qui ne transige pas avec sa conscience d'artiste — du musicien pour qui la Musique porte un grand M parce qu'il la voit, d'un point de vue où elle est unique et immuable.Henri Gagnon respecte son art et il s'y soumet de coeur et de volonté.La musique n'est pas pour lui, ce qu'elle est pour tant d'autres musiciens, un métier pour lequel on a plus ou moins de talent et que l'on exploite à de multiples fins.Lorsqu'on le voit, sérieux et recueilli, à la console des belles orgues de la Basilique de Québec, accompagnant discrètement des harmonies grégoriennes, ou combinant jeux et timbres pour la registration de quelque chef-d'oeuvre de Franck ou de Widor, il donne l'impression d'un prêtre accomplissant, avec dévotion les rites de son culte.C'est un musicien qui a foi en son art, et s'y consacre tout entier, avec amour.Henri, le fils de Gustave Gagnon, appartient à une famille de musiciens, lesquels ont été les pionniers de la bonne culture musicale chez nous, car voilà presqu'un siècle que les Ernest, Gustave et Henri Gagnon dirigent avec soin l'éducation musicale des jeunes au Séminaire et aux Ecoles Normales de Québec, formant en plus de nombreux élèves personnels.Et je puis dire ceci : Henri Gagnon n'est pas qu'un bon professeur de piano et d'orgue, enseignant bien la technique particulière de ces instruments, mais il est encore et surtout "le maître" qui s'applique à développer et diriger le sens artistique chez son élève — "le maître", qui par des leçons, des lectures et des auditions apprend à son élève à discerner le bien du mal.en musique et sait développer en lui, une belle âme d'artiste, saine, autant que raffinée et susceptible de s'élever jusqu'aux meilleures conceptions de l'art.Ah ! voilà le "bon maître", celui qui n'est pas commun nulle part ! Ainsi que la plupart des musiciens canadiens de sa génération, Henri Gagr.on est allé à Paris où il étudia l'orgue et l'improvisation sous la direction des maîtres Gigoul et Widor.C'était vers 1906.Il n'y avait pas déjà si longtemps alors qu'an grand César Franck avait quitté ce monde mortel.et c'était encore à Paris, l'époque de la grande ferveur franckiste.Henri Gagnon avait toute la nature qu'il fallait pour être vile conquis par cette école qui marqua en France le règne de la Musique pure et des belles formes symphoniques.Comme virtuose de l'orgue, Henri Gagnon eut des succès à Paris se faisant entendre aux Concerts-Touche à l'église St-Augustin et ailleurs.En 1910, Henri Gagnon était revenu à Québec, où il donna plusieurs récitals, ainsi qu'à Ottawa, Toronto et aux Etats-Unis.Il se révéla un "organiste de concerts" parfait, jouant avec une virtuosité remarquable et une interprétation originale en même temps que toujours fidèle à la pensée de l'auteur.En 1915, il devint organiste titulaire de la Basilique de Québec succédant à son père qui démissionnait en sa faveur.C'était au moment où le pape Pie X ordonnait l'usage du chant grégorien dans les églises.Le nouvel organiste de la Basilique fut heureux de se prêter à l'accomplissement de cette réforme, étant d'ailleurs, initié d'avance aux subtilités de l'art grégorien.Comme organiste catholique, on ne peat être plus orthodoxe.Ses accompagnements, improvisations et soli de grand orgue sont toujours du meilleur goût et de la plus haute qualité musicale et religieuse.Henri Gagnon a aussi composé quelques oeuvres bien originales et élégantes, dont Muzurka et Chanson d'Eté pour piano — Rondel de Thibaut de Champaigne, mélodie pour chant et piano,, sont les plus connus.H a aussi écrit de nombreux versets pour orgue qui sont des modèles dans le style liturgique et sobre, tout en étant d'une harmonie très avancée.— A.D.Aujourd'hui les jeunes compositeurs s'essaient à découvrir une musique libérée de tout appel extra-musical, tout de même que les peintres envisagent une peinture qui ne soit soumise qu'aux lois de la ligne et de la couleur.— (André Coeuroy).Cesar Franck qui fut malheureux, méconnu, avait une âme d'enfant si indéracinablement bonne, qu'il put contempler sans jamais d'aigreur la méchanceté des gens et la contradiction des événements.(Debussy).César Franck dédaigne et rejette d'instinct, comme indigne d'être célébré par son art, tout élément pittoresque ou anecdotique susceptible d'altérer une ligne ou de détruire une proportion.— (Alfred Cortot).^ ^ ïjc "Il faut chercher la discipline dans la liberté et non dans les formules d'une philosophie devenue caduque et bonne pour les faibles.N'écoutez les conseils de personne, sinon du vent qui passe et nous raconte l'histoire du monde". Ces chanteurs montréalais furent entendus au Théâ étudié sous l'habile direction de Signor F.tre Capitol dans "Cavallena Rusticana." Tous ont Manetta, professeur de chant à Montréal.A PROPOS DE "DAPHNIS ET CHLOE" DE MAURICE RAVEL Bénissons l'existence Je la Radie» qui nous a permis d'entendre le chef-d'oeuvre de Ravel.Ah ! qui dira tout le charme de ce ravissant ballet, de cette éblouissante "symphonie chorégraphique" que nous a servie, au cours de son programme du 2l) mars, la symphonie cle New-York, sous l'infaillible ba^uetie dun Arturo Toscanini.Si nos yejUX ont été privés des féeriques images de la tendre fable de Daphnts et Cbloê.nos oreilles ont en conséquence, peut-être mieux écouté toute la beauté de cette magie sonore, à la grâce mystérieuse, au rythme prodigieux.Ah ! ce jaillissement spontané îles mélodies, s'épanouissant sans contrainte à travers l'étincellement des traits qui s'élancent, des sons qui s'égrènent ! lit cette richesse du coloris orchestral qui vous met en joie et vous étonne comme un enfant devant un trop bel étalage de joujoux ! Quel art d'enchantement sonore est la musique de Ravel.Hlle nous change mon Dieu ! des merveilleux "machins" des temps passés dont on se sent las parlois.Ne vous est-il pas arrivé de ne plus éprouver de scrupule à vous écrier : Toujours du Beethoven ?.Oh î mais, l'on s'en fatigue à la fin !.Une Rhapsodie de Liszt ?Ah ! Zut par exemple.Et votre Casse-Noisette du monsieur en ski.assez ! La "Danse macabre" à Saint-Saéns.Non ! lit surtout pas de valse de Strauss ni d'Ouverture d'Offenbach.Seigneur, que nous n'avons pas de chance.Que connaissons-nous de l'oeuvre de César Iranck.Debussy.Ravel.Moussorskv, Sirawinsky.Manuel de Palla.Ilonegger, Chabrier et autres auteurs contemporains qui ont composé pour nous de la musique ravissante ?Heureusement encore que nous avons les disques.et parfois quelques artistes téméraires, comme le quatuor "Pro Arte" par exemple, qui.il y a trois ans a dû jouer un Debussy et un Ravel, pour une centaine de personnes dispersées dans la salle du théâtre Princess.Oh ! ce soir-là, quelle fête ! Ce fut pour les quelques musiciens et mélomanes qui se trouvaient là, la plénitude de la jouissance artistique.Ça.c'est plus beau que l'amour, plus beau que tout ! Mais s'il nous fallait attendre les régals comme celui-là pour s'alimenter, on mourrait de faim.Ainsi, quand nous est-il donné d'entendre une oeuvre de Ravel, avec la finesse de sonorité requise ?Oui.on ignore celle nuance subtile de la sonorité qui est presque tout dans l'interprétation de nos modernes.SOMMAIRE Henri Gagnon, biographie.— A.D.Simplicité — Médiocrité.Rodolphe Mathieu.Nouvelles musicales.Raoul Vcnnat.Leçons d'Histoire de la Musique.La Musique pour Piano de Paul Dukas.— Alfred Cortot.Alfred DesRochers, biographie.Lettre ouverte à propos de Musique moderne.- - Chs Magnan.Schubert.— P.Chassang.Quelques concerts.Petit billet.— R.Champoux.Mackay Conservatory of Music OSCAR O'BRIEN I EDGAR BRAIDI Y i Cour» d'harmonie III VIOLONISTE * V III Ecole de C'orelll et de Paganlr.i •:• Spécialité : Bach.£ Tél.UPtown 0446 | ;•; 1405, rue Mackay ALFRED LALIBERTÉ ( PIANISTE-COMPOSITEUR ) Enseignement des éléments à la plut haute virtuosité artistique, ainsi que Chant en français, en anglais, en allemand.M.Laliberté est hautement recommandé par le grand compositeur pianiste russe NICOLAS MEDNER.MArquette 7!»74 1231, rue STE-CATHERINE OUEST M.Paul Lafrance, assistant-professeur.T t î Montréal, Mars 1931 B sir* Simplicité — Médiocrité En ce moment on revient, dit-on, à la simplicité.Mais, si nous regardons de près la vraie simplicité, il est facile de voir qu'elle n'est pas aussi .-impie.Il ne faut pas prendre pour de la simplicité quelques bouts de planches brutes clouées sur une autre, et préférer cet objet à une oeuvre d'êb •-nisterie.Cette pose à la simplicité a parfois tellement dérangé le goût de certains individus qu'Os en sont venus à préférer un trait de crayon à un motif décoratif.Sous le titre de "C'est simple", beaucoup de snobs préféreraient s'as- seoir par terre que d'utiliser un fauteuil confortable.Offrez-leur au contraire un petit banc de quinze sous sur lequel un pinceau déposa quelques taches, et ils vont s'écrier: "Que c'est beau ! Que c'est simple !" On confond trop souvent la simplicité avec la médiocrité: l'économie des moyens arec les moyens primitifs.Une petite valse, un petit caprice — qui n'a pas fait son petit caprice espagnol — sur le même ton et la même basse, comme disent certaines personnes, sont déclarés des "OEUVRES" ! "de grande simplicité" ! Mais qu'est-ce donc, en effet, que la simplicité ?Il nous semble, à nous, que la vraie simplicité se manifeste surtout dans l'unité de principe et l'équilibre des moyens formels.Ainsi, un compositeur pourra prendre comme moyen d'expression un grand orchestre; au contraire, un autre musicien n'utilisera, lui, que quelques instruments, mais cela ne veut pas dire que le dernier sera plus simple que l'autre.Ce n'est pas parce qu'un auteur divisera ses premiers violons en quatre parties, et ainsi de suite, qu'il sera jugé compliqué; car tout dépendra de l'unité technique apparaissant dans ses oeuvres.Wagner, Schriabine, Debussy sont d'une grande simplicité malgré leur apparence extérieure.Ces auteurs, comme beaucoup d'autres, sont simples dans leur puissance.Cela nous rappelle une discussion que nous avions un jour entre amis.Un poète qui se trouvait parmi nous soutenait ne rien connaître de plus beau et de plus simple que la mélodie "Au Clair de la Lune"; que cela suffisait pour être une oeuvre d'art in-surpassable, comme d'ailleurs suffisait au poète pour l'inspirer, avouait-il.la présence d'un tout petit filet d'eau coulant dans une montagne.— Mais, que nous fîmes encore plus modestement remarquer à ce poète d'heures tendres, il y a aussi les Chutes Niagara ! Rodolphe MATHIEU.Une des dernières photographies c'e Liszt, prise à Weimar en 1884.On le voit avec son élève le grand planiste Alexandre Sllotl.Auteur de "Topaze" "Topaze'*.Quand Marcel Pagnol En prospectant, un jour d'aubaine, Rencontra soudain cette veine Aux filons de son propre sol.Qu'il vit jaillir des pierres jaunes Der feux rivaux de Sirius ?Et découvrit, en moindre zone.Ce brillant nommé "Marius".Il fut riche.Mais nulle pierre Ne vaut sans l'art du joaillier Et Topaze peut être fière Qu'un Arnaudv l'ait fait briller.J.B._ _ Stravinski enseigne qu'un son est un ron.Vous riez ?Belie découverte.C'en est une après le romantisme.Pour des milliers de musiciens, le son a été symbole, signe, allusion, moyen d'expression.Même quand le musicien disait : ni littérature, ni peinture, il chargeait ses notes d*un contenu expressif.Pour Stravinski, un son est une matière, un matériau, c'est le bloc de pierre d'un architecte, c'est la couleur pure du peintre, c'est une forme d'existence qui doit se suffire à elle-même.— (André Coeuroy). 6 Montréal, Mars 1931 >irm-n-m-iwnnrnmîî1 nuiumiiyn m irirra iiihiii.hhiiiiiiihïhi'""'" rmrj yijBiTi.,.,iy«iiiyiniiuiinn NOUVELLES MUSICALES Par RAOUL VENNAT ;.y.=i.[j.i.nri.rP.mi njLSJf ¦ ° «JJJJ lm«p»niirii«ia«»»iliniiini«nimii» iwiljl tmHIHIrHmiliaiBgilllllinilBt ^JJJ-HJJJJ 1-a.rjUlJ JLIJ.IJJ Après les nouveaux instruments de musique, présentés ces derniers temps par Theremin, Givelet, Bertrand, Martenot, voici M.Pechadre qui nous présente un nouvel instrument à ondes sonores engendrées par l'électricité.Ce nouveau-né a nom : L'ONDIUM.La totalité de son registre est de 6 octaves qu'il peut même dépasser.Les timbres obtenus ressemblent beaucoup à celui du violoncelle, du cor de chasse, de la guitare bawaïnne.Le musicien joue assis, tenant l'instrument incliné devant lui, appuyé d'une part sur ses genoux et, d'autre part, au bord d'une table.Ceux qui seraient intéressés par ce nouvel appareil, en trouveront une description détaillée dans le Ménestrel du 6 février.— Une pièce curieuse à l'Athénée de Paris.Son nom Arlequinades.Costumés en Arlequin, Mlle Kedroff, est chargée de commenter le programme varié qui compose cette pièce.Au lever du rideau, le premier décor encadre les chansons de mer.Sur ie pont du navire, adossés aux mats ou appuyés aux échelles, les mathurins chantent avec tout le réalisme requis, des chansons à hisser, virer, ramer.Ensuite avec décors appropriés, les Chansons tristes suivent, mimées et habilement mises en valeur.Puis de gaies chansons : Le Petit Mercerot, tragique aventure d'un mariage avec un Auvergnat, et la Ronde de la belle fille et du petit bossu.La seconde partie est consacrée aux Boites à musique, avec poésies déclamées et jcuées.Et ce spectacle coupé et qui doit être fort divertissant, se termine par de charmantes romances adroitement adaptées et interprétées.Il ne devrait pas être très difficile, pour certains auteurs Canadiens, de prendre modèle sur pareil -spectacle, et de nous donner quelque chose autrement attrayant que les revues qui ont défilé à Montréal ces dernières années.— Stravinsky travaille à la composition d'un Concerto pour Violon, dont la première audition aurait dieu l'automne prochain à Berlin.— Pour remédier aux difficultés financières qui la menacent, l'Opéra de Cologne songerait à une exploitation régionale, à laquelle seraient intéressées des villes voisines.Est-ce que pareille idée ne' pourrait pas se réaliser à Montréal, de concert avec Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke ?Dans ce cas, le Gouvernement provincial ne serait-il pas plus disposé à ouvrir sa bourse ?— A Bayreuth cette année Toscanini dirigera Tanhauser et Parsifal.Tristan et Isolde sera conduit par Furtwangler.— A Londres on donne une opérette nouvelle de Dunhill : Tantivy Towers.— L'Orphéum de Pampelune, ville espagnole de cent mille âmes environ, apprécie la Neuvième Symphonie, donnée avec choeurs par son Orchestre Symphonique et son Orphéon.A Montréal, ville dix fois plus populeuse, qu'avons-nous ?Hélas, plusieurs symphonies, plusieurs orphéons.Mais quel ensemble serait capable de nous donner la neuvième symphonie, le Requiem de Berlioz, le Stabat de Rossini.Comme l'a dit souvent l'Honarable Atha- nase David; Musiciens ajustez vos violons, entendez-vous une fois pour toutes et formez UN seul Orchestre, UN seul Orphéon, en prenant dans toute la ville le dessus du panier.Alors seulement nous pourrons rivaliser avec des centaines de villes moins riches et imoins peuplées que Montréal.— A Amsterdam, récital d'Alfred Cortot: Les quatre Ballades de Chopin, le Premier livre des Préludes de Debussy, et les Etudes Symphoniques de Schumann.— Georges Enc-sco s'est fait applaudir à Amsterdam sous les triples espèces de compositeur, chef d'orchestre et virtuose.— La mort d'Anna Pavlova, survenue en Hollande, y a provoqué une vive émotion.A un concert populaire, l'Orchestre du Concertgeboinv a joué le Cygne de St-Saëns en mémoire de l'Artiste qui en avait donné une si gracieuse traduction chorégraphique.— Au Palais royal de Turin, a eu lieu, une reconstitution de l'Orfeo de Monte-verde, telle que l'oeuvre fut exécutés pour la première fo's en 1607.— En Italie, la Tribuna dit que le film sonore, la surprise passée, semble moins suivi par le public que l'était le film muet, accompagné d'un crchestre humain.La maison Gaumont de Londres aurait réintroduit, de petits orchestres dans ses trois cents salles.—A Monte Carlo reprise de l'Arlésienne de Bizet.Paul Paray a interprété la belle musique de Bizet comme on a rarement l'occasion de l'entendre, depuis le temps où Colonne imposait au public de L'Odéon de Paris, le prest;ge de sen znerveilleux talent.— A Lausanne, Le Conservatoire a donné 1-e Messie de Haendel dans un grand enthousiasme.Selon l'habitude anglaise tous les auditeurs se levèrent spontanément.Quand verrons-nous pareille chose à Montréal, où l'on ne peut assister à des spectacles que je me permettrais de qualifier de merveilleux, étant donné notre grande pauvreté artistique, sans trouver dans les coulo;rs des dém-clisseurs du spec-' tacle qui se donne.Quand la troupe Scotti venait à Montréal avec des artistes de tout premier plan, qui avaient nom : Florence Easton, Claudia Muziu, Chamlee, Morgan, Scotti, Rothier et bien d'autres, ne voyait-on pas dans les entre-actes, un jeune amateur, sans grande culture musicale, affirmer partition en mains, que la Tosca, La Bohème et tout le répertoire dont ces excellents artistes nous régalaient, n'était pas chanté selon la partition, mais transposé, mutilé.A l'Orpheum, lorsque le merveilleux interprète de Beethoven, Rissler, est vattu donner son concert, n'y avait-il pas un professeur de piano, qui disait que l'on devrait faire cadeau d'un métronome à Rissler, pour qu'il apprenne les mouvements et la mesure convenant à Beethoven.Or, tout le monde sait, excepté peut-être ce grand pianiste, que même en Allemagne, l'interprétation de Rissler faisait loi.Quand M.Brassard a fait ce geste, sans précédents de prendre dans sa poche des économies laborieusement amassées, pour doter Montréal, d'une -saison régulière d'opéra et d'opérette, n'avez-vous pas entendu ces critiques amateurs, ne les ave.z-vous pas entendu tout critiquer, tout diminuer.Ils ne voyaient que les erreurs, mais ils se gardaient bien de dire que ce que faisait M.Brassard était un exemple que l'on n'a pas vu suivre encore par personne depuis ces 30 dernières années.En mettant à part l'effort des millionnaires Meighen, Shau-nessy et autres.Mais ces derniers n'ont donné qu'une faible partie de leur revenu, tandis que M.Brassard a donné tout son capital, tout son avoir : Honneur à lui.Il était du devoir de la presse d'aider et d'encourager pareil effort.Des exemples du même genre sont innombrables.Les plus récents sont la singulière critique du beau travail du Conservatoire National, pour l'Erection d'une salle de concert, par de soi-disant lettrés qui n'ont trouvé comme argument que de dire que la musique ce n'est que du bruit, ou bien que le but du Conservatoire était surtout d'établir un garage, au lieu et place de la bibliothèque Saint-Sulpice ?Tant que nous n'aurons pas plus d'esprit civique, nous ne devons nous attendre à aucun progrès dans les Arts.Sans esprit civique nous trouverons des niasses de critiques, mais cembien parmi eux d'actionnaires pour la construction d'un théâtre national '.' Combien parmi eux seront actionnaires d'un Orchestre permanent ?Combien même mettront la main à la poche, si le gouvernement Provincial, la ville et la fondation Carnegie ne peuvent pas faire la somme nécessaire pour l'achat de la bibliothèque St-Sulpice.Démolfr, que c'est facile.Mais construire c'est autre chose.Il faut aussi se méfier, comme de la peste, d3 ces personnes qui prétendent avoir entendu mieux, et ne pas vouloir gâter un bon souvenir, en acceptant de prendre un billet pour un Concert, un Opéra, une Opérette.Je gagerais que, dans la majorité des cas, la raison est fausse, que l'on n'a jamais entendu auparavant l'artiste ou la pièce que l'on refuse d'encourager.De même la question de l'emplacement du théâtre : Le Majesty est trop loin, le Na-t'onal est mal situé, trop quartier juif, le St-Denis, trop vulgaire, on y vend de la crème à la glace et ce n'est pas, je l'avoue, de très bon ton.Mais qui empêche lorsque le St-Denis est loué à une entreprise quelconque de poser comme condition, qu'il ne sera rien vendu dans la salle ?Non, tout cela ce sont des prétextes pour ne faire aucun effort, et décourager ceux qui ont la bonne volonté de vouloir nous doter de tout, car en fait -de théâtre, de salle de concert, d'orchestre, de troupe, nous n'avons que nos bons amis du Stella, et les efforts mensuels de la Société Canadienne d'Opérette.Et depuis cette saison la Symphonie de M.Clarke.Malheureusement toutes les fois que l'on veut parler de Symphonie de Montréal, il semble que des questions de race surgissent, et que l'on veut mettre en concurrence une oeuvre Canadienne-française avec centre bien naturel dans l'est et une oeuvre Canadienne-anglaise avec centre dans l'Ouest, à McGill si possible.Comment dans ces conditions envisager l'aide du gouvernement de Québec et l'aide de la ville.Ni l'un ni l'autre ne voudront donner a DEUX, et ils auront parfaitement raison.Nous avons besoin de suite d'une symphonie.Nous n'avons pas les moyens d'en avoir deux, à moins de nous contenter de médiocrité et de vouloir jouer devant des banquettes. Montréal, Mars 1931 Avec le radio qui permet à tout le monde d'entendre de bons orchestres, j" estime vouée à la mort, toute tentative qui ne donnera pas toute satisfaction.Car les amateurs de musique resteront devant leur radio et trouveront de quoi satisfaire leur goût de bonne musique.Ils économiseront et seront plus satisfaits.— Les Chanteurs de St-François de Québec sont dirigés cette saison par Henri Vallières.— Le 10 décembre dernier mourait à Toronto, Watkins Mills, fameuse basse du dernier quart du siècle passé.Il avait triomphé dans l'Oratorio, après des débuts sensationnels au Crystal Palace de Londres et des tournées avec Adelina Patti.Il était né en Angleterre et avait étudié à Londres et à Milan.— On a repris, à La Monnaie de Bruxelles, l'Opéra de Massenet : Thérèse.Le public a acceuilli l'oeuvre avec enthousiasme.—Colossal.La plus nombreuse harmonie militaire vient de sa constituer aux Etats.Par la fusion cle la Musique de la flotte de Quantico, Virginie, avec la musique du 20ème Régiment de marine, la nouvelle organisation aura 250 membres.Souhaitons que ce soit aussi beau que colossal.— Le triomphe étonnant de Lily Pons, la jeune soprano française du Métropolitain, est une inspiration et un danger, lisons-nous dans un journal américain.Les autorités du Métropolitain ont trouvé dans cette jeune art'ste, encore dans ses vingt ans, l'attraction de la saison.Elle ajoute au charme de la jeunesse une voix et un art magnifiques.La belle France, continue le journal, fait au monde un rare cadeau.Mais il ajoute aussi cette îierle : Il ne faut pas s'imaginer que ce succès a pu être obtenu sans un dur labeur et cle grands sacrifices.Lily Pons a étudié de nombreuses années et chanté dans plusieurs petits, théâtres avant d'atteindre sa notoriété.Même après son engagement au Métropolitain, elle retourna à son professeur pour perfectionner ses rôles.Les jeunes gens qui révent de prendre quelques leçons, et ont ensuite la prétention d'étonner le monde, font des fous d'eux-mêmes, continue le journal.Avant cle prétendre pareille réussite, il faut étudier longtemps et avec un bon professeur.Faute d'observer pareille condu'te, on doit s'attendre à ruiner sa voix vivement et à n'avoir que des déceptions.Que de malheureux exemples à Montréal même ! — Wladimir d ePachmann continue à donner des concerts avec grand succès, malgré ses S2 ans.— La mémoire prodigieuse d'Arturo Tos-canini, fait l'objet d'un article fort intéressant du journal l'Etude de mars.Penser qu'il peut conduire les 9 symphonies de Beethoven, sans partition, même aux répétitions, c'est vraiment prodigieux.— Lundi 9 février, prenrôre représentation de Cantegril, l'oeuvre lyrique de Roger Ducasse, à l'Opéra comique de Paris : grand succès.— Au Trianon Lyrique, première de l'Opérette Prince Chéri, de- Lionel Remieu, qui met en scène les aventures amoureuses du fameux Prince de Ligne.Parmi les interprètes nous relevons le nom de Léon Marcel, le ténor de la troupe Brassard.— A la Gaieté Lyrique première de Vieux garçon, la nouvelle opérette de Mme Louis Urgel, de Québec.La Société Canadienne.d'Opérette a joué avec succès M.Dumollet du même auteur.Madame Urgel a aussi a son crédit de jolies mélodies très en vogue, comme Les Trois Petits Garçons.— A la Scala, une autre nouveauté : Couscous.On voit que l'Opérette française est en demande, et trouve auprès du public parisien, un accueil favorable.A propos de Debussy — Voici une liste à peu près complète des oeuvres de Debussy, qui pourra certainement intéresser nombre de nos lecteurs.Pour l'orchestre, il faut citer Printemps, suite symphonique, d'abord conçue pour choeurs et crchestre en 1S86, à Rome; le Prélude à l'Après-midi d'un faune flS94) ; Les Nocturnes (1899); La Mer (1905); Les Images (1909); Jeux (1912) et Khamma (1912).Debussy a délaissé le genre Concerto, à part toutefois la Fantaisie pour piano et orchestre (1S99) qu'il ne voulut pas que l'on jouât de son vivant et la Rhapsodie pour saxophone et Orchestre.Dans le genre Cantate, deux ceuvres de jeunesse : L'Enfant prodigue, qui lui valut en 18S4, le Prix de Rome et la Demoiselle élue, qui fut commencée et presque achevé pendant son séjour à Rome.Par contre Debussy a richement doté la littérature du piano avec la Petite Suite (1SS4), les Deux Arabasques (1SS7), la Suite Bergamasque (1SSS), Marche écossaise (1S91), la Suite en 3 parties pour le piano (1901), les Estampes (1900), L'isle joyeuse (1904), Les Images (1905 et 1912), La Boite à joujoux (1913), Les Douze Etudes et la suite en trois parties pour piano à 4 mains En Blanc et en Noir (1915).Beaucoup de ces compositions ont été orchestrées, mais ce ne fut pas par Debussy, à part la Marche Ecossaise qu'il orchestra en 190S.La Petite Suite a été orchestrée par M.Busser, l'isle joyeuse par Molinari, le Children's Corner par André Caplet, sans parler de certains Préludes comme la Cathédrale engloutie, dont H.Busser a établi une version orchestrale.Il semble que ces adaptat'cns, que Debussy a connues de son vivant, aient reçu son approbation.Dans la musique de chambre toutes ses oeuvres sont d'une qualité exceptionnelle : le Quatuor à cordes (1S94) et les 3 Sonates, la première pour Violoncelle et piano (1915),.la seconde, pour Violon et piano (1917) et la troisième pour flûte, alto et harpe (1915).De nombreuses mélodies et poèmes ly-r'ques ont été écrits par Debussy : les Ariettes oubliées (Verlaine), Cinq Poèmes de Baudelaire, Proses lyriques (dont il établit la texte).Chansons de Bilitis, toutes oeuvres composées avant 1900.Puis ce sont les Fêtss Galantes (Verlaine), Les Trois Chansons de Charles d'Orléans pour choeurs "à capella".Les Tro\s Ballades de Villon, d'abc rd écrites pour chant et piano et bientôt après orchestrées, Le Promenoir des Deux amants (Tristan Lhe.rmitte), tout cet ensemble datant d'avant la guerre.Pendant la tourmente, il n'écrivit que le Noël des Enfants qui n'ont plus de maison et les Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé.Enf n Debussy a vu les feux cle la scène avec Pelléas et Mél'sande, représenté à l'Opâra-Oomique en 1902, (mais commencé dès 1S92), et le Martyre de St-Sébastien, représenté au Chatelet lors des galas offerts par Ida Rubinstein.L'Etude de l'ensemble de cette oeuvre si riche, si variée, permet de dégager les multiples aspects de la technique de Debussy; mais celle-ci ne fut pas une fin comme chez tant d'autres; elle fut le merveilleux truchement grâce auquel l'auteur de St-Sébastien a pu dévoiler sen âme.11 a trop souvent proclamé son horreur des systèmes, tels ceux de Beethoven et Wagner pour se complaire uniquement dans la - recherche savante de combinaisons sonores subtiles; c'est sa sensibilité, son émotion, sa con- 7 templation, extasiée qu'il eut toujours le désir d'exprimer, d'évequer, de murmurer.(De la Semaine Musicale).— Les Cosaques du Don continuent leur marche triomphale.En ce moment ils sont à Paris, où un accueil enthousiaste les attend à chaque séance.Les journaux sont unanimes à déclarer que c'est le plus bel ensemble au monde.— A Paris on va reprendre la Veuve Joyeuse, qui a eu un si grand succès au Théâtre St-Denis, lors de la troupe Bras- - sard, en faisant jouer en travesti le prin-c'pal rôle féminin de la pièce : le rôle titre.C'est M.Charpini qui l'incarnera.— Une nouvelle opérette de Goublier Fils; Billy-Bill, fait fortune à la Scala.Rappelons-nous la Cocarde de Mimi-Pin-son et la Fiancé du Lieutenant, données par la Société Canadienne d'Opérette avec grand succès.— Le Roi des Aulnes, poème visuel et musical insp;ré de la Ballade de Goethe et du Lied de Schubert, est donné avec succès à Paris, à l'Ermitage.Max d'Ollone a doté ce film d'une importante partition, qui assurerait à elle seule, le succès du film.— Le compositeur allemand Manfred Gurlitt travaille à un opéra, d'après le roman de Zola, Nana.— Si l'on parle beaucoup, en Allemagne comme en France de la crise des théâtres, le théâtre de Manheim a compté, en décembre 1930, S000 spectateurs de plus que dans le même mois de l'année précédente.Notre Société Canadienne d'Opérette se contenterait de cette différence de S00O spectateurs pour son spectacle mensuel, et avec ce nombre assuré de spectateurs M.Vaillancourt ferait des merveilles.Heureux habitants de Manheim.— Vif succès à Berlin, de Alfred Cortot, dans un récital de Chopin.Il est curieux de constater que les Allemands reconnaissent aux Musiciens Français, l'exactitude et la valeur de leur interprétation des classiques.Autrefois Riss-ler était fêté en Allemagne quand il jouait du Beethoven.Aujourd'hui Cortot triomphe dans Chopin.Dire que certain professeur de Montréal conteste la chose, et veut adresser à ces grands interprètes des metronomes ?Nous attendons cependant les prodiges de son enseignement.Depuis nombre d'années ils auraient dû apparaître mais comme soeur Anne, nous ne voyons rien venir.Cela me remet en mémoire ces vers de Musset : Je ne fais pas pour moi, grand cas [de la critique Toute mouche qu'elle est.c'est rare [qu'elle pique.Mais il est malheureux de penser que pour faire état de son dédain de la musique française, notre homme s'attaque même aux interprètes français.Souhaitons-lui de prouver que sa théorie est exacte, non par de la mauvaise humeur et des éclats de bile, mais par des récitals personnels ou par des récitals de ses élèves, qui nous permettrons de faire la différence' entre l'école française et la sienne.— Le Re'chstag vient de fixer à 120.000 marks (2S.S00 dollars), le montant de la subvention accordée par le Reich (sans préjudice des subventions allouées par la Prusse et la ville de Berlin) à l'Orchestre Philharmonique de Berlin.Heureux orchestre qui reçoit de 3 côtés: Gouvernement Fédéral, gouvernement provincial et la ville de Berlin.A quand pareil geste chez nous ?Des subventions de cette importance per- 8 mettent à un théâtre, ou à un orchestre d'entretenir effectivement son autorité internationale et l'emploi de ces sommes massives est preferable à, la poussière d'atomes, aumônes que d'autres pays, sous couleur de propagande, éparpillent sans méthode comme sans utilité.Ne sera-ce pas notre situation à Montréal si la prochaine saison, nous avons 2 Symphonies, celle en marche actuellement pour les Anglais et.les Snobs de l'Est, et celle que ne peut manquer de nous donner le Conservatoire avec son immense salle de 3,500 sièges, qui, dit-on, sera inaugurée l'automne prochain.— Une Coloratura Française, Mlle Suzanne Hédoin, triomphe à Monte Carlo, dans La Nuit à Venise, opéra-comique arrangé d'après les valses de Strauss, où elle chante, joue, et danse le rôle de Jéritza.En l'honneur du SOème anniversaiw de Vincent d'Indy, la Sehola Cantorum donnera à la salle Pleyei, le lundi 23 mars, à £1 heures, une unique audition dd Chant de la Cloche, sons la direction du maître.— Le compositeur Alfredo Barbirolli, vient de mourir.Ses mélodies d'une veine facile sont très connues au Canada, et très aimées.Les plus populaires sont : Aimer c'est forger sa peine.Chant de la nature.Brumes d'amour.Je voudrais.Je t'aime trop.Ferveur.Fragilité.Le loup.Le Rêve.Le Mimosa.Pensées tendres.Il pleut.Rimes tendres.Si je pouvais mourir.Sérénade nocturne.Sourires et baisers.T'en souvient-il.Vos yeux.Max Reinhard va venir à Paris, au printemps; il organisera une saison à l'Opéra, au début de laquelle il doit montrer une pièce d'allure mystique de HofmannstaM : Jetermann.— On affirme la rentrée à l'Opéra Comique de Lucien Muratore, le célèbre ténor dans une oeuvre de Gabriel Fauré, probablement Pénélope, qu'il a créée.— Dans la nouvelle pièce lyrique La Bataille en 3 actes et 9 tableaux, on ¦ verra plusieurs tableaux cinématographiques.— Moineau est le titre de la nouvelle opérette de Guillot de Saix et Louis Beydts.La pièce est donnée au Théâtre Marigny.Comme l'action se passe sons le second empire, on aura l'occasion de voir revivre sette mode charmante des crinolines.Après un premier acte situé à Montmartre, on assistera à une noce à Romainville.— Associations professionnelles et Chambres Syndicales se sont associées pour prendre les mesures nécessaires en vue d'enrayer le chômage des musiciens.Un projet a été adopté et présenté aux pouvoirs publics: — Au cours d'un concert du Cercle artistique de Bruxelles donné à l'occasion du cSOième anniversaire de Vincent d'Indy, la reine Elisabeth à remis à l'illustre compositeur l'insigne de grand officier de l'Ordre de la couronne.— Heifetz jouera ce printemps seulement à Londres, Bruxelles et Paris.— Le Théâtre du Jorat, en Suisse, donnera au cours de l'été : La Belle de Mou-don, oeuvre nouvelle due à la collaboration de MM René Morax et Arthur Honneger, — Franz Lehar a confié l'adaption française de sa nouvelle opérette ?Le Pays du Sourire à MM.André Mauprey et Jean Ma-rietti.Cette oeuvre doit être créée en France cette année.— A Leipzick a été publié un concerto inédit pour trompette, dont l'auteur, Leopold Mozart, était le père de l'Illustre compositeur.— La Musique humaine est-elle menacée par la Musique Mécanique.La découverte du film sonore et la généralisation de son emploi dans les cinémas a peur conséquence de décimer peu à peu les orchestres humains.Cette substitution n'a pas été dictée par le souci d'un progrès dans l'exécution, mais par celui d'une réduction de dépenses.Elle n'est en rien comparable à celle du chemin de fer remplaçant la diligence, de l'auto mettant les chevaux dans ses moteurs.Elle est uniquement dictée par des considérations économiques, et elle n'offre qu'une sorte de contrefaçon de l'orchestre véritable.De plus, l'intensification du travail mécanique permet des spectacles permanents et accroît le rendement des salles.Ici, comme en beaucoup d'autres domaines, la machine se substitue à l'homme et le réduit au chômage.La crise, mondiale de surproduction, dont nous souffrons, est due principalement à l'intensification du machinisme, auquel il fallu demander, pendant la guerre, un effort exceptionnel, tant à cause des besoins anormaux, que de la rareté de main d'Oeuvre.Les cargaisons de blé, de matières premières, de produits fabriqués, envoyés au fond de la mer, les réparations des destructions causées par la folie des hommes, motivèrent une production anormale et la création d'un outillage qui n'a plus aujourd'hui sa raison d'être, mais que le capital, qui en fit les frais, ne veut se résoudre maintenant à laisser improductif.Certes le développement du machinisme musical est indépendant des causes qui ont poussé à la surproduction et il a permis à la musique de pénétrer dans tous les milieux sociaux et dans toutes les régions terrestres.Il a donc été, à ce point de vue, un bienfait pour la musique; mais, par contre, il a fait une concurrence mortelle à un nombre de plus en plus grand d'artisans musiciens.-o - L'un ,des 'meilleurs concerts de la "Semaine de 'musique" fut celui organisé par le Conservatoire National.Ce concert presque entièrement composé 'd'oeuvres canadiennes a obtenu ,1e 'plus 'franc succès.Nous félicitons auteurs et interprètes.-o- M.et Mme Raoul Vennat s'embarqueront le 26 avril pour la France où ils feront un 'Séjour de 'quelques mois.Nous leur souhaitons un heureux voyage.-O- Concours de virtuosité et nouveaux Prix d'Europe du Canadian Institute of Music Le Canadian Institute of Music pourra, cette année, faire bénéficier les musiciens d'un grand nombre de prix, à ses concours de virtuosité, qui auront lieu à la fin de juin.Voici les renseignements et les conditions pour ces concours : 1.—Un premier prix de $100 et un second de §50, pour instruments à clavier : piano et orgue.2.—Un premier prix de $100 et un second de $50, pour instruments à archet : violon, alto, violoncelle.3.—Un premier prix de $100 et un second de $50," pour chant : toutes les voix.Entre 1S et 30 ans 4.—Peuvent prendre part à ces concours toutes personnes, entre dix-huit et trente ans, ayant habité au moins deux ans la province de Québec, et pouvant exécuter ou chanter, de mémoire, trois groupes de pièces classiques, romantiques et modernes.Le nombre et le choix de ces pièces est libre, mais on ne doit pas compter moins de trois oeuvres importantes pour chaque groupe.5.—Les concurrents qui désirent faire connaître au jury le genre d'études théoriques ou autres qu'ils ont faites ou qu'ils sont à faire, peuvent apporter une partie de leur travaux le jour même du concours.Mais, quoique ces travaux soient pris en considération, ils n'influencent pas la question principale des concours : c'est-à-dire l'exécution.6.—Chaque candidat fait un dépôt de $10, lequel dépôt lui est remis, au cours de l'année, soit en engagements, ou en droits d'assister à tous les concerts organisés par le Canadian Institute of Music.Etudes à Paris 7.—Voici comment les prix sont accordés chaque année : Le gagnant, pour la première fois, d'un des prix est tenu d'utiliser ce montant pour payer ses études musicales.Le gagnant, pour la deuxième fois, d'un des prix reçoit un cachet de $100 pour un concert qu'il doit donner en entier.Le gagnant, pour la troisième fois, d'un des prix, bénéfice d'une année d'étude à Paris.2.—Les concours auront lieu le 25 juin, à la salle Victoria, Westmount, à 9 heures a.m.Les personnes qui pourront s'inscrire avant le 15 du même mois auront une heure spéciale réservée pour elles.Le public est admis à ces concours, qui auront lieu désormais chaque année.- o- L'opérette française, telle que la réalisa souverainement un Messager, va, vient, coquette, aguiche, séduit, se reprend séchappe et domine par la grâce spirituelle.Elle joue le jeu de sa race.—(André Coeuroy). Léo Roy à Toronto Québec.— M.Léo Roy, notre distingué compositeur canadien, arrive de Toronto où il a fait exécuter un grand nombre de ses oeuvres.Les journaux de Toronto ont beaucoup parlé de lui et dans des termes très flatteurs.Depuis surtout deux ans, Léo Roy est à l'honneur cans les milieux musicaux de la ville de Toronto.Ses compositions sont l'objet d'un véritable engouement chez les musiciens de la capitale ontarienne, et pour ne parler que des derniers succès, disons que : Le 27 janvier dernier, à la salle Massey, M.Léo Roy fut invité à diriger l'Orchestre Symphonique de Toronto qui joua "Danse Canadienne No 1".Le Star, le Globe et autres journaux firent à cette occasion un bel éloge du talent de notre sympathique artiste québécois.' Le 10 mars 1931, l'Orchestre Symphonique de Toronto, direction Dr L.Von Kunitz, exécuta la "Danse Canadienne No 3".Le 11 mars, à la salle de concert du Conservatoire, Mlle Florence Richardson, violoniste, joua "Romance Québécoise" (sur Isabeau).Cette pièce est dédiée à Mlle Richardson.Le 26 mars, à la salle Margaret Eaton, Mlle Bettina Vigara, violoniste, joua "Un Canadien errant"; M.L.von Kunitz était au piano.-o- Grâce aux poètes, les personnes imaginaires sont généralement plus célèbres que les personnages réels.Alors que les érudits, seuls, connaissent les noms des divers souverains de l'Angleterre, personne n'ignore les noms d'Hamlet, de Roméo et Juliette., UN LIVRE Nous avons reçu "Les Soirées littéraires" de l'Union Musicale de Sherbrooke 1929-1930.Ce volume contient le texte complet de quatre conférences données sous les auspices de l'Union Musicale de Sherbrooke."En Terre Sainte", par le Père M.A.Dieux; "Chansons d'autrefois, Chansons d'aujourd'hui", par le juge Ed.Fabre-Surveyer, assisté de Mlle Camille Bernard; "Vie de l'esprit français au Canada", par le chanoine E.Chartier; "Un grand chef et un grand serviteur : Foch", par le père M.A.Bellouard, dominicain.îfc ^ L'Union musicale de Sherbrooke est une institution qui fait grand honneur à cette ville.Les Sher-brookois ont bien raison de travailler à faire de leurs musiciens des intellectuels, et de leurs intellectuels, des gens instruits des choses de la musique.Leur exemple devrait être médité.* * * La nervosité de Chopin sut mal se plier à la patience qu'exige la confection d'une sonate; il en fit plutôt des 'esquisses" très poussées.On peut tout de même affirmer qu'il inaugura une manière personnelle de traiter cette forme, sans parler de la délicieuse musicalité qu'il inventait à cette occasion.(Debussy).?* * La liberté de penser n'existe que dans les livres.L'homme pense et agit d'après lès idées de son temps et surtout de son groupe.9 Tél.YOrk 1816 Docteur PAUL TREPANIER CHIRURGIEN-DENTISTE Heures de bureau: 9-12 a.m.— 2-5 p.m.152 Re'gina, VERDUN Georges-Emile TANGUAY Leçons de Piano, Orgue, Harmonie et Contrepoint.1599, me Marie-Anne Est Tél.CHerrier 5798 Lunettes Elégantes Prompte Livraison Prix modérés A.L.PHANEUF OPTOMÉTRISTE 1767 ST-DENIS, près Ontario Tél.HArbour 5544 CHARLES MAGNAN PIANISTE Gradué de l'Institut de l'Art musical de New-York.PIANO — ORGUE — HARMONIE FUGUE — CONTREPOINT Coaching: Opéra et Répertoire anglais, russe, italien, espagnol, allemand.5212 ST-DENIS Tél.DOIIard 9894 J.G.YON L.J.Doucet, prop.3933 St-Denïs, Montréal.Ta.HArb.2302 Endroit par excellence où l'on peut se procurer le plus beau choix de musique classique, piano solo, chant, violon, violoncelle, musique religieuse, chants canadiens, traités d'harmonie, littérature musicale, et toute la musique demandée par les différents Conservatoires, y compris les éditions Durand.Schirmer, Wood, a.des prix défiant toute compétition.Nouveau rayon de phonographes et disques Starr-Gennett.Remises spéciales aux Communautés Religieuses et aux Professeurs.Service courtois.Une visite a.notre magasin vous convaincra du choix de musique varié que nous sommes en mesure de vous offrir.A tous ceux qui nous enverront 3 abonnements à ilLa Lyre!\ nous offrirons \ui joli album contenant dix pièces de musique.Musique est une science Qui veut qu'on rie et chante [et danse Cure tCsl de mélancolie 10 Leçons d'histoire de la rr)usique pour les jeunes élèves Ecole anglaise PURCELL Mais Purcell d'avoir Opéra oeuvres, c'est au grand musicien (1658) que revient la gloire donné à l'Angleterre un national.De toutes ses il faut distinguer King Arthur et surtout Don Quichotte.Les pièces de Shakespeare devaient tenter les compositeurs : Henri Purcell ne manqua point de faire valoir les oeuvres du grand poète en écrivant les choeurs de Shadwell qui furent tant goûtés.Outre ses oeuvres théâtrales, le maître écrivit de superbes Oratorios, de la Musique d'Eglise et de fort belles Sonates pour violon.La vogue de ses compositions fut immense.Le premier, il introduisit l'usage des instruments dans la musique sacrée.Son style influença fortement celui de Haendel qui s'était fixé en Angleterre, ainsi que nous l'avons vu.HAENDEL Bien que né en Saxe, Haendel doit être classé dans l'Ecole anglaise pour ses belles et nombreuses compositions vocales et instrumentales.Ses Oratorios sont le plus grand titre de gloire de cet illustre maître.ARNE Pureed] eut pour successeur Arne (1710-1778) qui fut un des plus fameux compositeurs anglais.Il donna en 1733 à Hay Markett Tom Thumb, et en 1738 Cornus, une de ses meilleures productions.Au lieu d'imiter Purcell ou Haendel.il fit preuve d'une réelle invention dans ses ouvrages.Arne e-t l'auteur de l'hymne patriotique: Rule Britannia.Il faut compter encore: WESLEY (1766-1837 Organiste célibre et compositeur.JOHN FIELD (1782-1837) Eut la réputation d'un virtuose hors ligne par la façon merveilleuse dont il exécutait les fugues de Bach et de Haendel : il est célèbre par la création de charmantes pièces pour piano appelées Nocturnes.BALFE (1808-1878) Nombreux opéras dont le principal est La Bohémienne.WILLIAM WALLACE (1814-1865) Auteur d'une rare fécondité et très apprécié, a composé Lurline et Mari-tuna qui furent tant applaudis.Il a écrit en outre des Romances, Etudes, Préludes, etc.Sa mort fut un deuil national.ALEXANDRE MacFARREN S'est inspiré des vieilles et expressives mélodies anglaises, particulièrement dans son Robin Hood.SULLIVAN (1842-1900) Œuvre considérable: on doit à ce compositeur de nombreuses et charmantes opérettes, entre autres: Le Mikado dont le succès fut universel.MacKENSIE (1847) A écrit Colomba.Le Troubadour.Montréal, Mar» 1931 et beaucoup d'Oratorios.Citons Cowen.Stanford et aussi German (1862) dont lamusique est spécialement adaptée aux oeuvres de Shakespeare.Ses Suites, Chants et Sym-lihoniis sont très populaires.-o- M.Robert Choquette, notre distingué poète et romancier canadien donnera le 1 I avril, une conférence à l'Hôtel Windsor, sous les auspices du Cercle Musical.-o- La musique du XIXe siècle explique des âmes, celle du XXe décrit des choses, choses sonores dans des arabesques sans titre, choses vécues, choses visuelles, elle expose sans commenter, elle relate sans méditation.(Maurice Boucher.) » » * Wagner écrit la légende de la mort et de l'amour, de la douleur et de la rédemption : Franck évoque les Béatitudes promises et Beethoven demande "Muss es sein" ?(M.Boucher).» • * Trop sentir empêche de bien penser.PROF.J.J.GOULET In u nul ilu (on>rrt iituirr Itojiil île Musique de l.li-tli'.ItrlElqur Professeur au Mont-Salnt-l.uuls e! à I Académie 81-Putrice — Chef de Muali|u« "Lea Carabinier* Mont-Royal" .— Directeur dea coura de aolfece au Monument National.Conseil ilea Arte et Manufactures.»rl.r .-iHKH II p.\„ am, Malum II OOtl R8P1>ANA.UB, Hantrfal.T.I.ru.MM Photographie du pianiste canadien Charles M»n>n tencier de Santiago au Chili.Mon.cur Î!B 1 dnnn f" '!?Sofia Del Campo.fameuse soprano chilienne A aU° T rCClta' ave e.t le sénor Ibanez De.CampoPpresident du"chilî m0n"eUr M'1gna I-ec nan La Musique pour Piano de Paul Dukas Par ALFRED CORTOT Une autre influence — et celle-ci, plus sensible dans l'esprit que dans la forme, pour reprendre é notre compte la distinction spécieuse de M.d'In&y — et celle de Beethoven, qui se manifeste dans le significatif emploi du style fugué pour l'intermède.C'est encore à Beethoven que nous songerons en abordant l'introduction du Finale, dans laquelle ,ainsi que dans le préambule de la fugue de l'op.106, nous voyons la pensée créatrice hésiter entre divers thèmes, tirant de son indécision même le prétexte d'une argumentation pathétique et ne prendre sa résolution que clan si'exposi-tion du Finale proprement dit.Les éléments constitutifs de la pièce terminale y apparaissent déjà, mais morcelés, dramatisés en quelque sorte, et dépouillés de la fermeté rythmique insistante qui, plus tard, caractérisera leur élan ramassé.Les premières notes de l'introduction ne sont autres, si l'on est curieux amagrammatique, que les notes initiales du Trio du Scherzo, retournées, prises comme l'on dit, à rebrousse-poil, modifiées du reste, dans leur caractère autant que dans leur disposition et, de mystérieuses et fatidi-diques qu'elles étaient, devenues impérieuses, dominatrices.Peu à peu, après s'être proposé divers sujets d'improvisation bientôt abandonnés, la fantaisie de l'auteur paraît se fixer.Elle se concentre sur l'élément initial de l'un des thèmes successivement énoncés.Elle le nourrit d'un rythme de plus en plus accentué, jusqu'à ce que, libéré ce toute incertitude, il s'affirme "sans hâte et bien scandé" — et donne naissance au magnifique couronnement de l'oeuvre.Nous retrouvons à nouveau, dans cette dernière partie, la forme Sonate bithématique qui a déjà servi, obligatoirement pour le premier mouvement et avec une évidence plus discrète pour le second.Mais elle est ici d'un mécanisme particulièrement compliqué, par la présence, dans chacun des thèmes essentiels, d'éléments fragmentaires, de segments pourrions-nous aire qui, à leur tour, donneront lieu à des développements distincts.Le premier thème est constitué par deux phrases de rythme fortement syncopé dont la seconde est plus abondamment lyrique que la première.Le second thème se partage également en deux sections, que réunit une sorte de divertissement, rappelant la première et faisant présager la suivante.Ce second thème est, dans sa moitié initiale, de caractère chaleureux et solonel à la fois, presque religieux et ce n'est pas sans raison que M.d'Indry lui découvre une étroite parenté avec le Ponge lingua ces liturgies.Nous.ne saurions oublier du reste l'admirable parti que M.d'Indy lui-même a tiré de ce motif dans la péroraison de Fervaal.On pourrait également rapprocher l'idée musicale de Dukas, du moins comme sentiment général, du large thème ternaire en ré majeur de la Sonate de Liszt.Le second élément est empreint d'une altière fierté et ses éclats vont, jusqu'à la fin du morceau, ajouter leur flamme chevaleresque et leur panache romantique à l'intense conflit qui met en action ces quatre mo- -Je tiens TOUT ce que je promets tifs d'expression différente.Peu avant la réexposition, le sujet principal de l'Introduction, magnifié et retentissant, vient couronner le développement, introduisant dans un dialogue déjà si richement diversifié une note prophétique saisissante.La réexposition elle-même va donner lieu, par des dispositions pianis-tiques encore plus nourries, à un déploiement sonore d'une intensité presque orchestrale.Tous les thèmes du Finale y réapparaissent, animés, suivant leurs tendances initiales, d'un surcroît d~ar-ceur combative ou d'un nouvel élan d'exaltation triomphante, dans une atmosphère d'apothéose.Une coda enthousiaste clôt ce prodigieux moment d'énergie musicale où s'affirme la plus noble volonté au service du plus haut dessein.Nous avons marqué à diverses reprises la qualité beethovénienne de la facture dans cette oeuvre monumentale.On nous permettra d'y insister car nous y trouverons mieux qu'un parti pris de métier musical.Cette hautaine indifférence à l'endroit des tendances du présent ne traduit point que le respect des tendances du passé.Elle témoigne d'une personnalité décidée qui, ne pouvant utiliser à l'appui de ses fortes conceptions que les puissants instruments d'expression des ancêtres, simplement les reforge.A rencontre de l'art subtil et suggestif ce Debussy, plein de faux-fuyants délicieux, faisant parfois naître l'enchantement de la musique du seul plaisir sensuel de l'écriture, ouvrant au piano toute une perspective nouvelle de poésie sonore, la ma- Pour le bénéfice des Musiciens, nous avons fait imprimer 3 catalogues que nous vous adresserons gratuitement sur demande Catalogue de Musique Religieuse — Catalogue de Musique Vocale Française — Catalogue de Musique de Piano.Consultez-les, vous avez le plus beau choix de Musique Française de toute l'Amérique du Nord.En plus nous adressons la Musique EN APPROBATION h TOUT LE MONDE.— Demandez nos conditions.Nouveautés du mois : "Pour elle", sérénade napolitaine, (gros succès), franco 55c — "La vie est un rêve", (gros succès), franco 40c "Berce-moi lentement", de M.Pesse, (gros succès) 55c Vingt-quatre Chansons populaires, texte français et anglais, en un joli petit livre, 25c Pour Ctre au courant de la nouveauté, il faut s'aoonner à notre Journal iriensuel de Broderie et MUSIQUE Toujours en mains tons les morceaux annoncés dans "La Lyre" Par an: 25 cts RAOULVENNAT -Assortiment — Compétence — Courtoisie — Prix raisonnables — Service .'Î7T0-3772 RUE SAINT-DENIS (anciens 642) Tél.Harbour 6515-5310 MONTREAL 12 Montréal, Mars 1931 nière de Paul Dukas s'affirme dépourvue d'artifice, directe, virile, agissante.Dans son oeuvre, la technique du clavier ne compte pas pour elle-même.Elle est un moyen de traduction, non un éélément d'inspiration.Dans la Sonate, elle ne tend à l'ingéniosité du détail que pour les besoins du développement qu'elle fortifie et enrichit.Elle s'incorpore à lui, pleinement, sans velléités pittoresques, négligeant toute forme de virtuosité qui ne découlerait pas de l'amplification des idées génératrices.Parfois un peu massive, un peu chargée, elle excelle par là même à exprimer le caractère cyclopéen de certains thèmes, particulièrement dans le premier mouvement et le Finale.Il n'y faut pas chercher l'agrément de la fioriture ou du trait.Elle n'est pas faite "ad usuin Solistae".Elle se traduit par les arguments les plus robustes de la rhétorique musicale, par l'accord, par le rythme, par la polyphonie.Elle excède parfois les possibilités sonores-du piano, sinon les limites de résistance du pianiste.Elle exige en tous cas, de la part de ce dernier, l'apport de dix doigts résolus à ne pas marchander leur effort.Mais elle néglige la complaisance de l'effet et loin de viser à rendre plus plaisante la musique qu'elle fait vivre, elle tend au contraire — et si paradoxal que cela puisse paraître— à la revêtir d'abstraction, à la graver en profondeur plutôt qu'en relief.Elle puise dans ce splendide parti pris ces ressources dialectiques d'une singulière élévation.Elle y perd par contre — et peut-être n'est-ce pas un mal — l'attention de l'auditeur moyen qui n'a pas accoutumé, pour prendre plaisir à l'exécution d'une oeuvre musicale, de lui accorder une attention aussi soutenue que s'il en était l'interprète.Dans le premier des deux articles consacrés par Debussy à la Sonate de Dukas, l'un et l'autre, au reste, d'un tour curieusement contraint et réticent, malgré la haute estime professée pour l'auteur et pour la composition, on trouve ceci, qui, avant la lettre, confirme notre impression : "La sorte d'émotion hermétique qui s'y traduit et ce lien rigoureux dans l'enchaînement réclament impérieusement une intime et profonde communion avec l'oeuvre.Elle est le résultat d'une ardnte patience clans l'ajustement ces pièces formant son armature et il est à craindre qu'on ne puisse aisément en suivre le jeu clans une exécution au concert." A quoi Dukas eut.pu répliquer, devançant André Gide, et avec la même fierté : "Je n'écris pas pour être lu, mais pour être relu." Au surplus, de concluantes experiences ont prouvé que même le plus indifférent en matière d'ordonnance musicale ne pouvait se soustraire a l'impression de grandeur qui se dégage de.cette oeuvre aux amples périodes aux proportions puissantes, au vaste équilibre.- Le première audition de la Sonate fut donnée par Risler, Salle Pleyel, le 10 mai 1901, au cours d'un concert auquel nous avions le privilège de prendre part en interprétant avec lui diverses pièces à deux pianos.Le succès fut considérable pour l'ouvre et pour l'interprète et, sauf quelques exceptions négligeables, entièrement confirmé par la presse.Pierre Lalo, en particulier, consacra à ce qu'il considérait à juste titre comme un événement dans l'histoire de la musique française, un retentissant feuilleton du Temps.Ce qui valut en réplique le second article de Debussy auquel nous avons précédemment fait allusion.Il ne faut sans doute point chercher à l'ironique commentaire de "M.Croche, antidilettante", d'autres raisons que à l'opinion ce la Schola dont, à tort le souci frondeur de ne point souscrire ou à raison, M.Lalo passait pour être le porte-parole.Lorsqu'il reproche à ce dernier de sacrifier aux vertus quantitatives de la Sonate de Dukas la sensibilité et l'ardeur qualitatives des Sonates de Chopin et de Schumann, nous sentons bien contre qui il engage le combat et que l'oeuvre de Dukas n'est qu'un prétexte à l'escarmouche des principes.Plus loin, il ne manque pas de railler l'évocation de la grande ombre de Beethoven à laquelle Pierre Lalo avait, tout naturellement eu recours, cherchant à définir le caractère exceptionnellement élevé de l'oeuvre qu'il analysait.D'autres que lui, on a pu s'en apercevoir en parcourant ces pages, ont cédé au même penchant.Quoiqu'il en soit, Debussy affirme qu'à la place cle son ami Dukas il eut été médiocrement flatté de la comparaison et il en donne ce motif inattendu : 'C'est, dit-il, que les sonates de Beethoven sont très mal écrites pour le piano".Saint-Saëns, à qui l'oeuvre est dédiée, n'accusa jamais, croyons-nous, réception de son envoi à l'auteur.Ce qui à la rigueur, peut passer pour une opinion.Et ce qui n'a pas empêché une autre opinion — celle qu'on a coutume de dénommer publique — de placer ce magnifique édifice sonore qu'est la Sonate de Dukas, au nremier rang des monuments durables que l'éoloe française a consaci'és à la gloire du piano.Les Variations, Interlude et Finale sur un.thème de Rameau, dont la.composition n'est que de quelques mois postérieure à celle de la Sonate et dont la première audition eut lieu à la Société Nationale, le 23 mars 1903 — Edouard Risler ayant cette fois encore le privilège de l'interprétation initiale — nous révèlent un aspect quelque peu différent du style pianistique cle Dukas.Non pas qu'on puisse constater de notables changements dans la nature des idées musicales.Nous rencontrerons à nouveau, sous les audacieuses transformations dont est l'objet l'innocent thème qui sert de prétexte à cette oeuvre considérable, cette franchise mélodique, cette fermeté cheleureuse du rythme, ces particularités en quelque sorte phonogé-niques, qui inscrivent du premier coup des motifs saillants dans la mémoire et fournissent à l'auditeur des raisons de s'étonner que des accents aussi définitifs, des contours aussi caractéristiques, n'aient pas depuis longtemps été inscrits dans la substance sonore.Mais une évolution marquée — nous n'oserions dire un progrès — se manifeste dans la qualité de la réalisation.Elle se tradnit par le choix de moyens instrumentaux plus rares ou plus savoureux que ceux dont l'étude de la Sonate nous a révélé le mécanisme sévère; par l'emploi d'une écriture plus aérée, plus transparente; par le nombre enfin et la diversité d'un lengage harmonique enrichi de séduisantes subtilités.On n'attend pas que nous ne fassions dépendre l'intérêt artistique des Variations que du seul pouvoir cle la.facture musicale.L'originalité ingénieuse de l'auteur s'y exerce suide plus substantiels arguments et M.d'Indy a pu dire avec raison de cette oeuvre qu'elle est une véritable synthèse des trois moyens de la Variation : ornementation, décoration, amplification.Mais déjà le parfait équilibre qui règne ici entre le fond et la forme, suffit, au regard d'un esthétique objective, à justifier une préférence et à établir une supériorité.Le grand exemple cle Beethoven, édifiant sur la banalité définitive d'une Valse de Diabelli, les surprenantes 33 Variations, sommet d'un art et somme pro-digeuses d'un savoir, a pu, cette fois encore — veuillent les mânes de Debussy nous être indulgentes — inspirer Dukas et lui suggérer l'initiative de sa composition.Le plan et le caractère des deux oeuvres diffèrent certes, mais elles procèdent pourtant d'un principe analogue.Il pourrait se formuler ainsi : étant donné un thème générateur, entirer les déductions musicales qui peuvent le mieux le faire oublier.Ce qui, à la vérité, ne répond (Suite à la page 15) Montréal, Mars 1931 KfJKB NOS POETES CANADIENS Alfred DesRochers Nous poursuivons la galerie d'auteurs canadiens, entreprise dans notre dernier numéro, par la biographie de l'important poète (pue vient de nous donner la ville de Sherbrooke : M.Alfred DesRochers.M.DesRochers a publié, en décembre dernier, un magnifique volume de vers intitulé "A l'ombre de l'Orford".On y trouve, sous le sous-titre de "Cycle des Champs et des Bois" d'admirables sonnets où le poète peint sur le vif nos choses et nos gens.M.DesRochers est le fils intellectuel de ses propres énergies.Né en 1901, et élevé dans une famille de colons, à Saint-Elie d'Orford.près de Sherbrooke, il apprit à lire, écrire et compter à l'école du rang.A quatorze ans il commençait son apprentissage de mouleur en fonte à la Cie Jenckers, à Sherbrooke.A dix-sept ans, se croyant une vocation de missionnaire, il entra au Collège Séra-phique des Trois-Rivières, en sortit, au bout de trois ans, pour retourner au monde industriel, en attendant que le monde intellectuel le réclamât dans ses rangs.Après avoir été mouleur, canteur de moulin à scie, fileur, commis quincailler, fidèle lecteur de Leconte de Lisle et d'Héré-dia, DesRochers échoua soudain, en 1923, à "La Tribune" comme rédacteur sportif, fonda un journal, "L'Etoile de l'Est", à Coaticook, et revint à "La Tribune" comme chef du service de publicité."DesRochers est un solide gaillard, chevelure forte, "crinière en brous-saille", teint basané, démarche fière.rires éclatants, conversation abondante, entaillée de reparties inattendues, souvent ironiques.Il a des ambitions pour satisfaire une géné-raton et des projets pour reimplir dix vies humaines.C'est une personnalité robuste au physique et au moral, un esprit sain dans un corps sain."DesRochers est, par ses qualités mêmes, et sans le chercher, le poète le plus canadien, le plus national que nous ayions.Sa canadianitc ne sent pas l'artificiel.Il est tel qu'il est, c'est-à-dire, pleinement lui-même, dans ses visions, ses émotions, ses M.Alfred DesRochers, poète.(Cuurtiiinr ili- M Allien l>v
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.