Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
L'oiseau bleu /
Première revue destinée à la jeunesse canadienne-française, L'Oiseau bleu a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec. [...]

Le premier numéro de la revue L'Oiseau bleu, sous-titré « revue mensuelle illustrée pour la jeunesse », paraît à Montréal en janvier 1921. Créée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, sous la direction d'Arthur Saint-Pierre, fondateur de la publication, L'Oiseau bleu est la première revue destinée exclusivement à la jeunesse canadienne-française. Sa création a marqué les débuts de la littérature enfantine au Québec.

La revue est diffusée dans les écoles et, selon la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, elle s'adresse aux enfants canadiens de 3 à 18 ans. Certains ouvrages soulignent toutefois que la revue s'adresse davantage aux écoliers de la fin du primaire et du début du secondaire, soit aux jeunes de 10 à 15 ans, car la publication contient beaucoup plus de textes que d'illustrations. La revue est également diffusée auprès des jeunes franco-américains, franco-ontariens et acadiens.

L'Oiseau bleu poursuit le double objectif d'instruire et de divertir les jeunes. La revue a pour mission de renforcer leur sentiment d'appartenance nationale et leurs croyances religieuses. L'enseignement de l'histoire et de la géographie y occupe une place importante; on y trouve des rubriques telles que « Nos plaques historiques », « À travers l'histoire », de même que des récits de voyage comme « Mon voyage autour du monde ».

L'instruction religieuse et morale est présente dans les contes, les fables, les poèmes, les feuilletons et les biographies de saints. La publication comprend également des articles sur les sciences. Pour divertir les jeunes, la revue leur propose des feuilletons, des chansons, des jeux, des illustrations et des concours.

Plusieurs collaborateurs sont invités à participer à la rédaction de la revue, notamment Marie-Claire Daveluy, qui y publie en feuilletons son premier roman, Les aventures de Perrine et de Charlot. Celui-ci est considéré comme une oeuvre fondatrice qui a donné le ton aux oeuvres subséquentes de la littérature québécoise pour la jeunesse.

L'Oiseau bleu, qui a cessé de paraître en juillet 1940, a véritablement été un catalyseur pour la littérature enfantine québécoise.

LEPAGE, Françoise, Histoire de la littérature pour la jeunesse (Québec et francophonies du Canada) - Suivie d'un dictionnaire des auteurs et des illustrateurs, Orléans [Ontario], Éditions David, 2000, p. 113-118.

Éditeur :
  • Montréal :la Société,1921-1940
Contenu spécifique :
août - septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (10)

Références

L'oiseau bleu /, 1938, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
PUBLIÉE P\R LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL Rédaction et administration, 1 182, rue Saint-Laurent Montréal, Canada Abonnement: Canada et Etats-Unis: $1 Conditions exceptionnelles aux collèges, couvents et écoles Téléphone: PLateau 1131 VOLUME XIX — Nos 1-2 MONTREAL, AOUT-SEPTEMBRE 1938 Le numéro: 10 sous Vite, à coups de hache, Jacques fendit les tiges des haricots qui s'effondrèrent avec bruit en entraînant le méchant ogre avec elles. L'OISEAU BLEU CONTE DE FÉES LES HARICOTS MERVEILLEUX IL y avait une fois une pauvre veuve qui vivait avec son fils dans un joli village.Son fils, qui s'appelait Jacques, était très sage et très gentil.Elle était elle-même une brave et digne femme, mais elle n'était pas riche, un affreux ogre lui ayant tué son mari et volé tout son bien.La mère et son fils étaient donc souvent très malheureux, à peine s'ils avaient tous les jours de quoi manger.Il leur restait une vache qui paissait dans leur petit jardin, mais le jardin n'était pas grand, il ne donnait que quelques légumes et pas assez d'herbes pour nourrir la vache.Souvent la pauvre femme allait dans son jardin et murmurait: "Jamais il ne nous poussera ici que de quoi mourir de faim !" Son fils était un vaillant petit garçon, il cherchait toujours à la consoler.Il répétait souvent: "La terre fait pousser tant de bonnes choses qu'un jour, tu verras, celle de notre jardin nous donnera la fortune." Mais sa mère soulevait les épaules, et un jour elle lui dit en pleurant: — Il faut que tu ailles vendre notre vache au marché avant qu'elle meure de faim.Elle est encore assez belle.Il faut se décider puisqu'il est encore temps.Tâche d'en trouver un bon prix.Jacques partit au marché avec la vache.Mais, avant d'arriver à la ville, une femme qui passait sur la route l'aborda et lui demanda où il allait."Je vais au marché vendre notre vache, madame ! dit-il.L'inconnue ouvrit son tablier, qui était plein de haricots de toutes les couleurs, et elle lui dit: "Veux-tu mes haricots pour ta vache?" Les haricots étaient rouges, violets, jaunes; ils brillaient comme des pierres précieuses.Jacques, enchanté, donna la vache pour les haricots et revint en courant à la maison, tant il était fier du marché qu'il avait conclu."Tu as vendu la vache?lui demanda sa mère.— Eh oui! maman, regarde les beaux haricots que j'ai eus en échange.— Qu'est-ce que tu dis là?interrogea sa mère.Je pense que tu t'es fait payer par autre chose que des haricots.— Eh non! maman, regarde donc! de si beaux haricots! Ça ne se voit pas tous les jours.— C'est donc vrai! s'écria la mère.Tu t'es laissé voler de la sorte?Une poignée de haricots pour une vache si belle!" Furieuse, la mère jeta à la volée dans le jardin les haricots et se mit à pleurer en se désolant."A présent, nous n'avons plus qu'à attendre la mort, disait-elle Ah! si ton père vivait encore! Si nous n'avions pas eu tant de malheurs! Il ne nous manquait plus que celui-là.Notre vache, notre pauvre vache, tout ce qui nous restait, donnée pour une poignée de haricots! Désolé de voir sa mère se lamenter, Jacques était allé ramasser les haricots dans le jardin, il les avait plantés avec soin dans un endroit qu'il avaït auparavant bien bêché, bien retourné.Quand il les eut plantés il les arrosa chaque jour sans que sa mère s'en aperçût.Il ne doutait pas, le petit Jacques, il ne doutait pas que ces haricots ne dussent donner de beaux pieds, avec de beaux haricots capables de les nourrir tout l'hiver.Et même il se promettait d'en vendre et, avec l'argent, de racheter une vache comme 'la première.Et un beau matin, en se réveillant, Jacques fut tout surpris de voir par sa fenêtre que, durant la nuit, ses haricots avaient poussé, poussé si haut qu'il n'en voyait pas la cime.Ils grimpaient le long de la maison, ils dépassaient la toiture, ils montaient encore, dépassaient les peupliers, dépassaient les montagnes, et disparaissaient dans les nuages."Maman! Maman! criait Jacques, vois donc nos haricots! ils vont plus haut que les nuages! — Nous voilà bien avancés, dit la mère.— Ça n'est pas naturel, ça, maman, dit Jac-rtues.Ces haricots luisaient comme les plumes d'un paon.Aujourd'hui, les voilà qui donnent un pied qui monte par-dessus les nuages.Eh bien ! je veux savoir où il va, notre pied de haricot, là-haut, par-dessus les nuages.Et je veux y grimper.— Mais tu vas te tuer! malheureux, dit sa mère.— Eh non ! maman.Je crois à mes haricots, moi! J'ai confiance en eux.Laisse-moi faire." Et, vaillamment, Jacques grimpa.Bientôt il fut tellement haut qu'en regardant au-dessous de lui, le vertige le prenait.Il ne voyait plus son village, il approchait des nuages.Quand il L'Oiseau bleu est publié par la Société Salnt-Jran-Baptlate de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, à Montréal.Directeur: Alphonse de la Rochelle.La rerue ne parait pas en Juillet et en août. L'OISEAU BLEU 3 eut atteint les nuages, il s'arrêta, les haricots n'allaient pas plus haut.Il regarda.Autour de lui, les nuages s'étendaient très loin comme de la neige.Longtemps, il marcha sur cette neige; puis il trouva, de la glace, enfin ce fut un rocher.Tout à coup, une femme lui apparut; elle portait des ailes comme un papillon.Elle lui dit: "Je suis une fée.C'est moi qui t'ai donné les haricots.Je t'attendais.Ta mère est une pauvre veuve qui m'intéresse.L'ogre, qui a tué ton père et dérobé tous vos biens, habite un château que tu trouveras sur la route, une poule mange devant la porte.Je te protège.Sois hardi.Entre chez l'ogre et reprends les biens de ton père.Ils t'appartiennent, et tu rentreras chez toi retrouver ta mère".Vaillamment, Jacques poursuivit sa route.H arriva devant un château; une poule était à la porte.D'abord, on ne répondit pas.Il insista.Une femme apparut enfin à une fenêtre et lui demanda ce qu'il voulait.Je suis un voyageur égaré.J'ai faim, j'ai soif, je suis fatigué.Pouvez-vous me recevoir?— Vous recevoir, mon enfant! Mais vous ignorez donc que vous êtes chez l'ogre?— Vous me cacherez.— Mais il vous sentira! — Oh! je suis si petit! Laissez-moi entrer.Allez, madame, je suis si fatigué!" La femme de l'ogre se décida et lui ouvrit la porte.Elle lui donna même à manger.Car, au fond, elle n'était pas méchante, bien que femme d'un ogre.A ce moment, on entendit une série de coups sourds, effroyables.C'était le bruit des pas de l'ogre qui approchait."Mon mari, j'entends ses pas! Vite, cachez-vous!" Jasques obéit et courut se cacher.Pan! Pan! Et de violents coups retentirent dans la porte.Pan ! Pan ! "Qui est là?— C'est moi ! hurla une voix épouvantable.Ouvre donc." La femme de l'ogre courut ouvrir."Ça sent la chair fraîche, ici, dit l'ogre à peine entré.— C'est la soupe, une bonne odeur de soupe que j'ai préparée en y ajoutant le reste de ton ragoût de voyageurs." Et bien vite la femme mit un couvercle pardessus le fourneau éteint dans lequel se cachait le petit Jacques."Ah! ah! Eh bien, nous allons la manger cette soupe." Et l'ogre se mit à manger.Ses mâchoires craquaient d'une façon terrible.Jacques, dans sa cachette, tremblait de tous ses membres.Mais l'ogre mangea tant qu'il n'eut bientôt plus faim.Il dit alors à sa femme: "Apporte-moi la poule." La femme apporta la poule que Jacques avait vue à la porte.L'ogre la mit devant lui sur la table.Et il prononça: "Coco! s'il vous plaît!" Et la poule pondit aussitôt un oeuf d'or.Il dit une seconde fois: "Coco! s'il vous plaît!" Et la poule pondit un second oeuf d'or.Il dit une troisième fois: "Coco! s'il vous plaît!" Et la poule pondit un troisième oeuf d'or.L'ogre, satisfait, se frotta les mains."Tu as bien travaillé, dit-il à la poule.Tu peux te reposer.Je vais en faire autant." Là-dessus, il s'endormit profondément.Jacques sortit de sa cachette, s'approcha de la table, prit les oeufs, les mit dans sa poche et gagna tout doucement la fenêtre.Une chaîne pendait jusque dans les fossés du château.Il s'y cramponna et se laissa glisser en bas.Quand il fut dehors, il vit la poule qui mangeait à la porte.Il la prit sous son bras et s'enfuit à travers la campagne.Il entendit l'ogre crier et le vit qui, du haut de son château, le menaçait de son poing.Mais il eut bientôt retrouvé la cime de son pied de haricots et il redescendit facilement jusque chez lui.Il trouva sa mère en larmes."Jamais je ne Hon.Albint Paqotttb MINISTÈRE DU SECRÉTARIAT DE LA PROVINCE DE QUEBEC j"*« Brttchkm Ministre Sous-Ministre Les Écoles d'Arts et Métiers Enseignement gratuit Cours du Jour et du Soir dans les principales villes de la province COURS: Dessin industriel, Menuiserie, Électricité, Physique industrielle, Mathématiques, Ajustage, Dessin à main levée, Modelage, Architecture, Lettrage d'enseignes, Peinture, Solfège.Pour renseignements s'adresser à GABRIEL ROUSSEAU, Directeur, 59, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, Tél.: BElair 2374 Abonnement: $1 parannée 44 TECHNIQUE " ^'E^StiS?*0* 4 L'OISEAU BLEU croyais que tu reviendrais," disait-elle.Pour la consoler, Jacques mit la poule sur la table et dit: "Coco! s'il vous plaît!" La poule pondit aussitôt un oeuf d'or.Il lui fit pondre ainsi beaucoup d'oeufs qu'il alla changer à la ville en belles pièces de monnaie.Puis il dit à sa mère: "Je veux débarrasser Je pays de l'ogre.La fée me protège.Tu peux être tranquille.Mais il faut que je retourne là-haut.Ne pleure pas.Je reviendrai." Et le vaillant petit Jacques grimpa de nouveau jusqu'aux nuages.Comme il était très petit, il put se cacher auprès du château de l'ogre et attendre la nuit.Lorsque, le soir, l'ogre rentra, il se glissa entre ses jambes et entra en même temps que lui.L'ogre appela aussitôt sa femme d'une voix qui faisait trembler la muraille: "Ma harpe! demanda-t-il.Je suis fatigué, elle me reposera !" L'ogre lui-même appréciait la musique autant que l'argent.Et sa femme ayant apporté la harpe, l'ogre ordonna: "Joue!" La harpe aussitôt joua toute seule sans qu'on vît personne la toucher.Mais la musique finit par endormir l'ogre.Lorsqu'il le vit endormi, Jacques se glissa jusqu'à la harpe, l'empoigna et courant à travers le château, gagna la porte, puis la campagne,.Mais la harpe cria tout à coup: "Au secours! Au secours! L'ogre réveillé bondit, prit sa massue et voulut rattraper Jacques.Heureusement, celui-ci était arrivé au haricot et il dégringolait de branche en branche.Mais au moment où il arrivait en bas, il vit l'ogre qui, à son tour, descendait des nuages par les tiges des haricots.Il était encore très haut! Vite, à coups de hache, Jacques fendit les tiges des haricots qui s'effondrèrent avec bruit en entraînant le méchant ogre avec elles.L'ogre fut tué sur le coup.Alors, Jacques et sa mère gardèrent la harpe qui leur joua tous les jours de la belle musique et vendirent un à un les oeufs qui les rendirent très riches.Non seulement ils rachetèrent une vache, mais ils achetèrent aussi un beau château où la mère de Jacques vécut très vieille.Et Jacques, ayant épousé la plus belle fille du pays, fut très heureux et eut beaucoup d'enfants.L'Amour du Terroir Bayard, de Paris, revue alerte, abondamment illustrée en couleurs, très goûtée des jeunes Français, a publié dans son numéro du 7 août, un articulet qui est d'un grand intérêt pour le Canada français et qu'il nous plaît de reproduire ici.FIGURE-TOI qu'un de ces dimanches est arrivé dans un petit village du Perche, à Parfondeval, un des cent mille petits-enfants de Jean Trudel, parti à l'âge de 16 ans pour le Canada, en 1645.Ce chiffre de cent mille te surprend un peu et tu te demandes s'il n'y a pas erreur.Que non! Jean Trudel s'est marié là-bas et il eut 12 enfants, 48 petits-enfants, et 214 arrière-petits-enfants.En comptant au delà de la quatrième génération seulement une moyenne de trois garçons par famille Trudel, on arrive à des chiffres émouvants: 4e génération: 642, 5e génération: 1,926; 6e génération: 5,778; 7e: 17,334; 8e: 52,002.A la neuvième génération, les cent mille sont dépassés.Mais que venait fonc faire ce descendant de la nombreuse lignée du colon parti pour défricher la forêt canadienne, un Père Franciscain, à la haute stature et à l'athlétique carrure?Il venait tout simplement voir les lieux où avait vécu son ancêtre: la grande ferme où il était né, les fonts baptismaux de pierre brune ou il avait reçu la grâce le faisant enfant de Dieu, l'église où il avait fait sa première communion, le magnifique horizon que ses yeux avaient contemplé.Le P.Eugène Trudel fut très ému.Et il voulut emporter, en souvenir de sa visite à Parfondeval, deux petits sacs de la terre foulée par ses ancêtres.Tu ne comprends peut-être pas très bien cette démarche du P.Trudel.Elle t'étonne.Pourtant c'est mû par l'amour du terroir qu'il a entrepris ce long voyage.Son coeur, comme celui de tous les Trudel sans doute, battait toujours pour la petite patrie.Il a voulu la connaître.Il est venu au berceau de sa race.Que ton coeur batte aussi pour le coin de terre qui t'a vu naître.Restes-y attaché par toutes les fibres de ton être.Ne le quitte qu'à bon escient.Et alors gardes-en à jamais la nostalgie en ton âme.Bayard, Paris, 7 août 1938 L'OISEAU BLEU 5 L'enfance de Pierre de la Vérendrye M.Donatien Fremont, directeur de la Liberté, de Winnipeg, a fait revivre avec émotion les années d'enfance de Pierre Gaultier de la Vérendrye.découvreur et explorateur de l'Ouest canadien.PIERRE BOUCHER,.père de quinze enfants, dont onze allaient laisser une nombreuse et brillante postérité,.fut l'un des premiers grands patriarches de la Nouvelle-France.De cette magnifique couronne de petits-enfants qui allaient réjouir sa vieillesse, les petits de Varennes étaient les premiers fleurons.Privés de leur père, ils avaient droit à des attentions spéciales.On peut croire que Pierre fut particulièrement choyé.Il était le benjamin de la famille, les autres venus après lui n'ayant pas survécu.Il fut aussi le seul des garçons à rester constamment auprès de sa mère pendant cette période.Le seigneur de Boucherville n'a pas seulement laissé la réputation d'un homme admirablement équilibré, possédant à un degré eminent les plus riches dons de l'esprit et du coeur.On sait qu'il fut aussi le type du splendide vieillard, calme, majestueux, à la noble figure aux traits fins, encadrée d'une chevelure abondante.L'enfance de Pierre se trouva irrésistiblement influencée par cet aïeul beau à contempler, dont les conseils et l'exemple de vie s'insinuaient doucement.Les fortes qualités du grand-père: bravoure, patriotisme désintéressé, noblesse de caractère, rectitude de jugement, ténacité, piété solide, attachement à la famille sont précisément celles qui brillèrent chez le petit-fils.A Boucherville, comme aux Trois-Rivières, c'est la contemplation quotidienne du grand fleuve qui porte dans sa brise le goût du large et la chanson des voyageurs.Comment avoir constamment sous les yeux cette magnifique "route qui marche" et ne pas sentir naître la vocation de marin, de coureur de bois ou de découvreur?.La position critique où se trouve la Nouvelle-France, à la merci d'une attaque combinée des Anglais et des Iroquois, a nécessité le rappel à Québec, du comte de Frontenac.L'énergique gouverneur va prendre résolument l'offensive contre les deux adversaires.Au manoir de Boucherville, le gouverneur suit de près les événements militaires.Il les commente avec enthousiasme et autorité devant le cercle de famille.Ces rencontres périlleuses le ramènent au temps de sa jeunesse, lorsqu'il guerroyait avec tant d'ardeur au service de la colonie.Parmi les chefs du jour, certaines figures lui sont très familières.Frontenac a lancé trois expéditions de représailles contre des établissements de la Nouvelle-Angleterre.L'une est commandée par François Hertel, un enfant de son cher Trois-Rivières; une deuxième par Le Moyne de Sainte-Hélène, fils de son ami intime Charles Le Moyne — son ancien voisin de la seigneurie de Lon-gueuil — mort il y a cinq ans.Ce dernier a sous ses ordres son frère Pierre Le Moyne d'Ibervil-le, qui vient de se couvrir de gloire dans une première campagne à la Baie d'Hudson.Pierre Boucher a le droit de se montrer fier de ce brillant jeune officier, qu'il tenait sur les fonts baptismaux il y a un quart de siècle.Il ne se lassera jamais de célébrer ses incomparables exploits.Ainsi, l'enfance de Pierre de la Vérendrye sera bercée par les chants de cette splendide épopée du Jean Bart canadien, — héros idéal dont il suivra toujours la fulgurante carrière avec la plus fervente admiration.En 1695, Mme de Varennes quitta la maison de son père pour aller s'installer avec ses enfants sur sa propre seigneurie.Entre Boucherville et Varennes, la distance n'est que de cinq milles: l'aïeul continua de veiller sur eux.Pierre ne séjourna que deux ans à Varennes.L'heure était déjà venue pour lui de choisir une carrière.Il n'hésita pas longtemps.Autour de lui tous ceux de son rang; mieux encore, tous ceux de sa famille, — grand-père, père, oncles, frères, cousins, — appartenaient à l'Eglise ou à l'armée.Chez les Boucher, à part deux prêtres et une religieuse ursuline, tous les fils étaient soldats ou marins, toutes les filles avaient épousé des soldats ou des marins.La noble tradition se continue chez les Gaultier.Pour un jeune canadien de noblesse dévoré de zèle et d'ambition, qui rêve de se sacrifier pour son pays, de porter toujours plus loin le nom de la France et du Christ, il n'y a pas d'autre carrière que celle des armes.Pierre de la Vérendrye, à douze ans, entre comme cadet dans les troupes de Sa Majesté.SOCIÉTÉ DE SAINT.JEAN.BAPmtE /A AU mit ftAYMO/ID 6 L'OISEAU BLEU Un témoignage entre plusieurs Couvent des SS.des SS.NN.de Jésus et de Marie Sandwich, Ontario, le 21 juin 1938 Monsieur le Directeur, Les fondateurs de la revue illustrée Z'Oiseau bleu doivent justement se glorifier du bien immense accompli parmi la gent écoliere canadienne-française durant l'année scolaire.Cest au prix de grands sacrifices pécuniaires, il est vrai, que la Société Saint-Jean-Baptiste maintient cette oeuvre, nous le savons, mais la cause est si belle que le mérite en est d'autant plus magnifique.Je tiens à vous donner une juste appréciation des pages de cette revue.Le Questionnaire de la Jeunesse aide beaucoup à corriger et surtout à augmenter la vocabulaire de nos petits Ontariens.Le conte de Fées, à la portée de nos élèves, les incite à la lecture facile.La page d'histoire développe chez nos élèves l'amour de la patrie en leur faisant connaître la beauté de leurs origines.Enfin, je tiens à féliciter l'auteur efUne nouveauté canadienne en pédagogie, qui fut pour nos élèves d'une grande utilité et une occasion unique de se perfectionner dans l'art du lettrage.Nous aimerions voir dans les pages si instructives de /'Oiseau bleu des devoirs a"élèves, assez faciles et qui les aideraient dans leurs compositions, ainsi que le résumé des événements de cliaque mois dans le monde entier.Ces quelques suggestions cependant n'enlèvent rien à la valeur éducative de votre revue qui aura toujours notre collaboration.Nous vous promettons notre réabonnement pour l'an prochain par l'entremise de la Commission scolaire de Windsor.Cordialement vôtre, Soeur N.-A.-des.A.Invitation aux Jeunes Philatélistes ATTFNTION, voici une nouvelle très intéressante pour vous.Saisissez cette occasion de vous récréer et de vous instruire tout en même temps.TROISIEME EXPOSITION de l'Union Philatélique de Montréal les 14, 15 et 16 octobre 1938 à la salle de l'Assistance publique, 458, rue La Gauche-tière est, à Montréal.Des médailles d'or, d'argent et de bronze seront offertes en prix aux exposants.Holà! Vite les jeunes; que cette exposition de timbres-poste ne vous laisse pas indifférents ! Rendez-vous nombreux à la salle de l'Assistance publique, ouvrez les yeux et observez! Comité d'organisation de l'Exposition : Secrétariat, 2151, avenue du Mont-Royal est, à Montréal.• _L'OISEAU BLEU__7 LOUIS AUGER Nouvelle historique écrite pour l'Oiseau bleu par PHILIPPE CUSSON ALORS mon vieux Paul, c'est entendu, tu viens au camp avec nous?— Oui l'Abbé, j'accepte avec plaisir ton aimable invitation.D'ailleurs je crois que ce camp scout va m'intéresser énormément, car tu sais, les scouts, je les aime mais sans les connaître.— Plus on les connaît, plus on les aime, mon cher, tu verras.Dis donc, tu chantes ou tu fais de la musique, toi?— Mauvaise adresse l'Abbé; ni l'un ni l'autre.— Tant pis! Tu raconteras des histoires alors ! — Raconter des histoires, mais à qui?— Aux scouts, parbleu.— Et quand cela?— Le soir, au feu de camp.Et sur ce, l'Abbé se leva en disant à son ami Paul Leblanc: — Excuse-moi, mon cher, je descends ici.Tu sais, je compte sur toi.Avant que Paul ait eu le temps de lui répondre, l'Abbé était descendu du tramway.Paul, seul, se gratta la tête en pensant: "Des histoires, je n'en sais pas, moi.Faut donc que j'en trouve.Mais où?" Passablement embêté, il regarda par la fenêtre sans rien voir, tout obsédé par l'idée de trouver des histoires.Le tramway monta la rue Amherst, traversa la rue Sherbrooke et longea le parc LaFontaine.En apercevant du coin de l'oeil la Bibliothèque Municipale, Paul esquissa un sourire.Il dencendit au premier arrêt, traversa le coin du Parc, entra à la Bibliothèque, où il gravit le grand escalier de marbre et traversa la galerie pour entrer à la salle Gagnon.Trois jours plus tard, Paul Leblanc prenait l'autobus à destination de Contrecoeur pour aller visiter son ami, l'Abbé Morin, aumônier d'une troupe de scouts.Le premier soir, l'Abbé le laissa assister au feu de camp, sans lui demander d'histoire, mais le deuxième soir, les scouts eux-mêmes le prièrent de raconter quelque chose.Paul les regarda longuement, intéressé de voir toutes ces petites figures tournées vers lui, attendant de lui une histoire.Assis en rond autour du feu de camp, les reflets de la flamme se jouaient sur les scouts et projetaient des ombres fantastiques sur les tentes.Eclairées seulement par le feu de camp, toutes ces figures d'enfants lui parurent touchantes et sympathiques au possible.Alors, pour leur faire plaisir, il commença, non sans avoir toussé deux ou trois fois, pour s'éclaicir la voix, car il s'enrhumait facilement dans la fraîcheur de la nuit tombante: Mes petits amis, je vais vous raconter ce soir, du moins je vais vous commencer l'histoire de Louis Auger.Connaissez-vous Louis Auger?Non, je vois dans vos yeux que vous ne le connaissez pas, que vous n'en avez jamais entendu parler.Au temps où mon histoire commence, Louis Auger avait dix ans, il était donc du même âge que plusieurs d'entre vous.Avec son père et sa mère, il habitait la ville de Rouen, en France.Et maintenant, mes petits amis, il faut nous reporter à près de trois cents ans en arrière, c'est-à-dire exactement, au printemps de 1653, temps où commence mon histoire.Louis Auger allait alors à l'école, mais il n'aimait pas rentrer à la maison après les classes finies, car chaque fois il trouvait sa mère en larmes.La première fois qu'il l'avait trouvée ainsi pleurant, il s'était approché d'elle, câlinement il lui avait passé les bras autour du cou et il l'avait embrassée sur la joue en disant: — Pourquoi pleures-tu, maman, qui t'a fait de la peine?Pas moi, pour sûr, car j'ai été bien sage aujourd'hui! — Non, mon chéri, ce n'est pas toi.T'inquiète pas et va jouer.Et avec un triste sourire, elle l'avait congédié.Quand il revint pour le souper, il fut surpris de voir son père à la maison, car son père, un brillant officier de cavalerie, était en garnison à La Rochelle.Louis se jeta dans ses bras.Son 8 L'OISEAU BLEU père le pressa sur son coeur et tout en l'embrassant il essuya une larme du revers de la main et dit: — Mon pauvre Louis, mon pauvre petit Louis.A ces mots, la mère de Louis éclata en sanglots.N'y comprenant plus rien, Louis demanda, tout abasourdi: — Mais pourquoi ces larmes et ces sanglots?Moi je suis très content de voir papa, alors pourquoi tu pleures, ma petite maman?Et toi, papa, tu as l'air tout triste?— Ecoute, mon grand Louis, tu n'es plus un enfant, je vais te raconter tout ce qui est arrivé.Je viens de donner ma démission, je quitte l'armée.— Alors tu ne seras plus officier?— Déjà, je ne le suis plus.Il me faut remettre mon uniforme demain.— Et tu vas t'habiller comme un vulgaire pékin?Dommage, moi qui étais si fier de toi.Je voulais, moi aussi, devenir un bel officier comme toi.Deux grosses larmes coulèrent sur les joues de Louis.Sa mère s'approcha: — Mon Louis, quand tu sauras tout, tu pleureras peut-être, mais tu seras encore plus fier de ton père qu'auparavant.— Comment cela?je ne comprends pas bien.Jean Auger expliqua alors à son fils, Louis, que son capitaine à La Rochelle, un protestant fanatique, lui en voulait d'être catholique et fervent; que plusieurs fois il avait été injuste envers lui, et même, il y a quelques jours, lui avait refusé, sans raison, une pjomotion qui lui était due depuis longtemps.Comme il avait réclamé, son capitaine lui avait dit que s'il voulait de 'l'avancement, il ne fallait pas afficher son catholicisme à l'armée.— Tu comprends, mon Louis, je lui ai répondu fièrement.Il s'est fâché et m'a insulté.J'ai répondu par des paroles cinglantes, oubliant que je parlais à mon supérieur.L'irréparable était fait.Il ne me restait plus qu'à démissionner, ce que je viens de faire.— Tu as bien fait, papa, mais pourquoi maman pleure-t-elle?— C'est que ma carrière militaire est brisée, et je n'avais que ma solde d'officier pour vivre.Les jours qui suivirent furent les plus mornes, les plus tristes que Louis eût encore connus.Son père, désemparé, se demandait comment refaire une carrière si brusquement brisée, et sa mère, désolée, voyait fondre trop vite leurs petites économies.Aussi une atmosphère de tristesse enveloppait toute la famille Auger.C'est pourquoi le petit Louis, sachant qu'il trou- verait son père triste et sa mère en pleurs, n'était pas pressé de revenir à la maison.Il s'amusait donc le plus longtemps possible, avec ses camarades, avant de revenir au foyer.Le dix juin, Louis, avec ses petits amis, alla courir dans les champs et revint à la maison les bras chargés de fleurs printanières.Il les avait cueillies pour sa maman, pour lui faire plaisir, pour lui faire oublier un peu ses soucis et ramener le sourire sur sa jolie figure.Avant d'entrer, comme il arrangeait son bouquet pour qu'il fût plus présentable, il entendit sa mère qui disait à son mari: — Jean, mon Jean, pourquoi as-tu fait cela, et sans m'en parler! Mais voyons, tu sais bien que c'est impossible, nous ne pouvons pas partir! Partir! En entendant ce mot, Louis sentit son coeur se serrer dans sa poitrine.Non, il ne voulait pas partir lui non plus, car il aimait bien Rouen, cette belle ville pleine de souvenirs de Jeanne d'Arc, et qu'il commençait à peine de parcourir.Partir et laisser son école, ses camarades, ses maîtres, non, il ne voulait pas partir lui non plus.Il entra pour se ranger du côté de sa mère.En l'apercevant, les bras pleins de fleurs, sa mère esquissa un pâle sourire et le.débarrassa de sa fraîche cueillette.Louis se tourna vers son père et du regard l'interrogea.Jean Auger attira son fils vers lui en disant: — Et toi, mon grand, seras-tu plus raison- L'OISEAU BLEU nable que ta mère, ou vas-tu refuser de partir toi aussi?— Jean, je ne refuse pas de partir, mais cela me semble tellement fantastique, tellement extraordinaire que je ne peux me faire encore à l'idée du départ.— Où donc veux-tu nous conduire?papa, demanda Louis, inquiet.— Bien, bien loin, mon cher enfant, au bout du monde, à Montréal, en Canada.— En Canada?Là où il y a des sauvages et des animaux à fourrure, bien loin au delà des mers?— C'est juste.Bien loin au delà des mers, au pays des sauvages, de la neige et des grandes forêts.— Mais qu'est-ce que nous allons faire là-bas?— Toi, mon cher, tu iras à l'école, ta mère fera comme ici, elle tiendra maison pour nous.— Et toi, papa?— Moi, je ferai la guerre aux sauvages et je cultiverai la terre.Surpris au delà de toute expression, Louis ouvrait de grands yeux et regardait tantôt son père, tantôt sa mère.Ses yeux bleus, si limpides et si clairs, se voilèrent d'abord d'inquiétude, puis bientôt s'éclaircirent et brillèrent encore plus qu'auparavant; car Louis pensait: "Comme cela va être extraordinaire, partir pour ce monde nouveau, au delà des mers, voir les sauvages, les grands bois, et quelle tête vont faire mes camarades quand je vais leur annoncer mon départ." Battant des mains, Louis s'écria joyeusement: — Oh oui, je veux bien partir, moi, papa.— A la bonne heure, voici un heureux au moins.Philippe CUSSON (A suivre) RÉCRÉONS-NOUS EXERCICES On sait que six assistants sujets suisses sont censés se cacher à Sens.Aussi, sensation insensée, ceux de Sens sont sens dessus dessous, aucun Sensais sensé n'ose sortir sans son chien.* * * Ma riche amie Marie n'a ni mari ni ami.Vous savez sa vie: son père mort marin à Marmara, sa mère remariée est maharanée de Ca-ramanie.Son parrain est à Marennes, sa marraine est à Pavie.N'enviez pas sa vie.9 Mort vivant • Bougainville était aide-de-camp pendant la guerre du Canada.A l'attaque très vive du fort de Ticonderoga, auquel les Anglais donnèrent inutilement plusieurs assauts, il reçut au front, au plus fort de l'action, une balle qui le renversa.Un officier qui le vit tomber s'écria, en s'adressant au général de Levis qui était peu éloigné: — Ah! mon Dieu! ce pauvre Bougainville vient d'être tué.— Eh bien ! on l'enterrera demain avec beaucoup d'autres, répondit froidement le général, qui lui était fort attaché mais qui, dans un pareil moment, craignait, en paraissant sensible à cette perte, de décourager les soldats.M.de Bougainville n'était qu'étourdi du coup, la colère lui rendit la parole; il se relève en disant: — Général, il me semble que vous vous consolez bien aisément de ma mort; pourtant vous ne me ferez pas encore enterrer cette fois-ci.Il guérit en effet et rendit son nom célèbre.PENSEES Vivez où vous êtes, plaisez-vous à ce que vous faites, soumettez-\ous d'avance à ce que Dieu voudra: c'est le secret du bonheur.S'il y manque quelque chose, souvenez-vous que vous êtes dans le lieu d'épreuve et attendez l'éternité.Ne vous apitoyez pas sur le passé et ne rêvez pas à l'avenir; emparez-vous du présent et tirez votre leçon de l'heure présente.La famille catholique, avec la paroisse catholique, fut la cause principale de notre survivance dans le passé; elle seule pourra nous permettre de surnager dans l'avenir.R.P.Alexandre Dugré.S.J.m i
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.