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Titre :
Recto verso
Recto verso est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1997 à 2004, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

Recto verso est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1997 à 2004. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité.

Recto verso fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990), et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

Recto verso s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

Le magazine est distribué gratuitement à 100 000 exemplaires.

« L'information dans une sacoche », Recto verso - Numéro spécial 50e anniversaire, no 293, novembre-décembre 2001, p. 28-29.

Éditeur :
  • Montréal :Revue vie ouvrière,1997-2004
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • VO ,
  • Carnets de VO
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Références

Recto verso, 1998, Collections de BAnQ.

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Bureau du c 2275,rueH .(HUMI,!!!,!.,,,!,!,!,!!,!,!,.!.,!!,,!,,.(Illull., Montréal Québec Y Un asp ôus t Un simple coup de téléphone permet de vous orienter dans vos démarches.• Un accès facile à une précieuse banque de renseignements juridiques préenregistrés relative aux lois qui vous touchent.• Composez le code correspondant à l'un des sujets d'information juridique (plus de 170 messages).• Ces renseignements ne sont pas des avis juridiques.1,50$ la minute Durée moyenne d'un message : 4 minutes 24 h sur 24 ThQse messagers arc aSso availablG m Englist) et de la loi Droit de la famille et de la personne Droit du logement Séparation el divorce 1100 Séparation de corps 1101 Pension alimentaire 1102 Motifs de divorce 1103 Médiation familiale 1104 Diverses étapes du divorce 1105 Perception dune pension 2500 Locataire dtoil et obligation 2501 Locateur droit el obligation 2502 Renouvellement d'un bail 2503 Locateur mettre tin au bail 2504 Locataire mettre lin au bail 2505 Reprise de possession 2506 Procédure devant la Régie Coûts 4600 Aide lundigue au Québec 4601 Frais d'avocats Recours divers 4700 Le bon Samaritain 4701 Poursuite contre une municipalité 4702 Plainte contre un policier 4703 Responsabilité des écoles à l'égard des entants 4704 Recours du loueur et du spectateur blesses lors d'une activité sportive 4705 Dommages causés par le mauvais étal d'une autoroute alimentaire Droit criminel 1106 Garde des enlants el droit de visite Testaments et succession 1107 Partage des biens 5100 Possession de mari|uana 2700 Pourquoi taire un testament 1 5101 Agressions sexuelles Entant et famille 2701 Différents types de testaments 5102 Casier judiciaire 1200 Adoption 2702 Règlement d'une succession 5103 Demande de pardon 1201 Liens luridiques entre parents 2703 Liquidateur de la succession 5104 Vol à l'étalage et enlants 2704 Partage de la succession 5105 Ivresse au volant 1202 Autorité parentale 2705 Testament et divorce 5106 Conduite sans permis valide 1203 Tutelle 2706 Dettes de la succession 5107 5108 Victimes d'actes criminels Retrait d'une plainte Mariage et vie commune Droit du travail 5109 Violence laite aux lemmes 1300 Union de lait 5110 Arrestation d'une personne majeure 1301 Droits et devoirs des époux 3100 Normes heures de travail 5111 Fouilles et perquisitions faites par 1302 Validité d'un mariage 3101 Congé de maternité la police 1303 Choix du régime matrimonial 3102 Salaire et déductions 1304 Patrimoine lamilial 3103 Jours fériés, chômés el payés Droit de l'immigration 1305 Déclaration de résidence familiale 3104 Accident du travail 1306 Annulation du mariage 3105 Congédiement iniuslilié 5500 Qui peut immigrer au Canada ' 3106 Appel dune décision de la C S.S T 5501 Famille déjà établie au Canada Etal civil 3107 Fin d'un emploi préavis 5502 Parent aidé 1400 Changement de nom 3108 Discrimination et harcêlemenl 5503 Immigrant indépendant 1401 Nom et prénom d'un entant 3109 Contrat de travail 5504 Stalul de réfugié 1402 Actes d'état civil 5505 Visiteur au Canada 1403 Copies d'actes d'étal civil Droit immobilier 5506 Enquêtes et déportation Droit de la personne 1500 Accès à l'information el protection des renseignements 1501 Protection du maieur inapte 1502 Mandat en cas d'inaptitude 1503 Placement d'une personne atteinte de maladie mentale Droit du consommateur Dettes et prêts 2100 Cautionnement ou garantie d'un prêt 2101 Perception de comptes impayés 2102 Faillite personnelle 2103 Entente à l'amiable et consolidation de dettes Contrais Ou consommateur 2200 Contrat d'entreprise ou de service 2201 Garantie légale ou par contrat 2202 Contrats avec des vendeurs itinérants 2203 Commandes postales ou téléphoniques 2204 Maisons d'enseignement et studios de santé 2205 Contrat d'adhésion Consommation 2300 Cartes de crédit 2301 Contrats de crédit 2302 Achat d'un véhicule d'occasion 2303 Produit défectueux 2304 Service mal exécuté 2305 Vente a tempérament 2306 Vente pyramidale 2307 Réparation d'appareils ménagers 2308 Réparation d'automobile ou de motocyclette 2309 Bien perdu ou volé a l'hôtel 2310 Jeux et pans 2311 Crédit-bail 2312 Préarrangements lunéraires 2313 Maison neuve Achat et vente d'immeuble 3200 Achat d'une maison 3201 Offre d'achat d'une maison 3202 Achat d'un condomimum 3203 Courtage immobilier 3204 Financement dune maison 3205 Vente d'une maison 3206 Recours pour vices cachés Construction 3300 Contrat préliminaire 3301 Obligations de l'enlrepreneur Droit de propriété 3400 Droit de passage 3401 Servitude de vue 3402 Clôtures mitoyennes 3403 Arbres du voisin 3404 Limites d'un terrain Environnement et zonage 3500 Zonage agricole 3501 Rejet de contaminants Divers 3600 Bureau de la publicité des droits Système judiciaire Tribunaux el procédure 4100 Système judiciaire 4101 Témoins 4102 Procès civil 4103 Dépôt volontaire 4104 Saisie 4105 Biens saisissables 4106 Rôle des huissiers 4107 Jury Petites créances 4500 Cour des petites créances 4501 Comment poursuivre quelqu'un 4502 Que taire si vous êtes poursuivi ' 4503 Médiation aux petites créances 4504 Exécution du lugemcnl 5507 Demande de citoyenneté Droit des affaires 6100 Immatriculer une entreprise 6101 Bail commercial 6102 Brevet, droit d'auteur el marque de commerce 6103 Comment lormer une compagnie 6104 Venle d'une entreprise 6105 Hypothèque sur les meubles 6106 Venle d'une entreprise el non-concurrence Droit de la santé 7100 Responsabilité médicale 7101 Soins de santé 7102 Soins donnés aux mineurs 7103 Recherche médicale 7104 Don d organes 7105 Techniques de reproduction Sécurité du revenu Assurance-chômage 7300 Conditions d'admissibilité 7301 Appel d'une décision 7302 Prestations spéciales Sécurité du revenu 7400 Relus de prestation Aide aux étudiants 7500 Prêts et bourses Protection de la jeunesse 8100 Adolescents 8101 Arrestation d'un jeune 8102 Entants maltraités Assurances 8200 Automobile dommages matériels 8201 Automobile dommages corporels 8202 Vie fausses déclarations □ Gouvernement du Québec Ministère de la Justice 1*1 Ministère de la Juslice Canada El Société québécoise d'information juridique s RECTO VERSO est un magazine socio-politique indépendant pan-québécois d'intérêt général, un magazine alternatif d'information, de réflexion et d'enquête qui traite des conditions de vie et de travail, des luttes, de la culture et des aspirations du monde populaire.RECTO VERSO s'adresse aux militants-es, aux intervenants-es des milieux populaires et à ceux et celles qui aspirent à des changements sociaux.RECTO VERSO contribue à ce que le rapport de forces sociales profite à toute la population humaine d'ici comme d'ailleurs dans le monde.Publiée depuis 1951.la publication a évolué au fil des ans pour devenir un magazine indépendant, qui s'inspire des différents courants émanci-pateurs.Les articles publiés dans RECTO VERSO n'engagent que leur-s auteur-e-s.Conseil d'administration: Michel Bussière, Guy Biron.Marianik Gagnon, Ginette Gaudreault, Clotilde Lemay, LinaTrudel.Comité de lecture: Louis Bonneville.Louis Brillant, Jacques Collin, Chantal Desiardins, Guillaume Dostaler, Françoise Guay, Ludovic Hirtzmann, Jean-Sébastien Marsan, Julie Perreault.Rédacteurs en chef: Jean Robitaille et Daniel S.-Legault.Coordination, promotion, publicité: Jean Robitaille.Direction artistique, secrétariat de rédaction, couverture: Daniel S.-Legault.Gestion des abonnements, comptabilité, traitement de textes, et distribution: Ginette Gaudreault.Mise en pages et graphisme: André Leclerc.Représentation publicitaire: René Harvey, (SU) 523-5998, poste 22, et le Réseau Placement Média, (514) 722-0785.Édition: Revue Vie ouvrière inc.Impression: Imprimerie d'Arthabaska inc.Fréquence de parution: 6 numéros par an.Photos couverture: manipulation infographique: d.s.-legault; médaillon: |.Legault, par Alain Chagnon.tarifs d'abonnement: Individu ou groupe populaire: 20s/an ou 32s/2ans.instituTIONNEL: 255/an.Soutien: 32S/an.Étudiant ou sans emploi: 15S/an.À l'étranger (par avion), INDIVIDUEL: 30S/AN.À l'étranger (par avion), institutionnel: 40S/AN.Un NUMÉRO SEULEMENT: 4.00$ TTC.Tirage de 100 000 copies: 70 000 encartées EN JOURNAUX LOCAUX, 29 000 EN POINTS DE DÉPÔT, 1000 EN ABONNEMENTS, À TRAVERS le Québec La distribution de RECTO VERSO EST CERTIFIÉE PAR L'AGENCE DE VÉRIFICATION DE LA DISTRIBUTION PAR ASSERMENTATION (AVDA).RECTO VERSO EST membre de la société de developpement des périodiques culturels québécois, et de l'association des médias écrits communautaires du québec.ses articles sont indexés dans le répertoire analytique de presse repèrc.dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec.ISSN O849-035X.Envoi de publication, enregistrement n 0220.Parution: n°270, 1" ianvier 1998.RECTO VERSO 1215, rue Visitation, bureau 101, >ait« d'hier Montréal (Québec) H2L 3B5 rJ!3Ç!Z Téléphone: (514) 523-5998, télécopieur: (514) 527-3403 Adresse électronique: vo@mlink.net Numéro 270 Janvier-février 1998 PAGE 8 Portrait JOSÉE LEGAULT Les tièdes seront omis Elle est au moins aussi connue au Canada anglais qu'au Québec.Francophile sans être anglophobe, son franc-parler la fait passer pour une radicale.Portrait peu connu d'une femme de tête et de coeur.page 22 Dossier 'tSSiVIEME GAUTHIER Survivants-es du downsizing des organisations Rester quand les autres partent Le travail, c'est la (sur)vie L'époque est à l'amaigrissement des entreprises.On parle souvent des personnes mises à pied.Solutions et pseudo-solutions jalonnent la balade du chômage.Qui reste?Les employés-es subissent une surcharge de travail, effectuent du temps supplémentaire à outrance, s'absentent pour un rien, sont démotivés, moroses, et même dépressifs.Bref, vraiment pas d'humeur à rigoler, car ils-elles se remettent à peine de licenciements ou d'une restructuration qui a emporté plusieurs de leurs collègues Ces employés-es vivent le «syndrome du survivanD).nébuleuse de troubles physiques et psychologiques qui guette les «chanceux» et «chanceuses» épargnes par les mises à pied et remue-menage organisationnels.Travail, ô ma douleur! Éditorial Actionnaires d'Hydro, où sommes-nous?.4 KébélcoskoD6 Psychanalyse et collectivité: l'édentation au Québec.14 Carrefour de savoirs Lire -John Saul: Loyautés contre démocratie.18 Chronique insolente Le pire ennemi du chien.21 On apprend 83% par la vue «Y'a quelqu'un?».35 Carrefour de pouvoirs La syndicalisation des McDo.38 s et sucrées.42 janvier-février 1998 Le Québec n'est pas qu'un constructeur de barrages.Isabelle Marissal De l'utilité publique à l'augmentation des profits Actionnaires d'Hydro, où sommes-nous?Hydro-Québec est-elle en tram d'oublier la mission que les Québécois-es lui confiaient lors de sa nationalisation' Cette mission nourrissait l'ambition de fournir aux Québécois-es de l'électricité à très bon prix.La nationalisation portait aussi en elle un immense potentiel de développement pour le Québec.Un développement souscrivant au principe de l'universalité en matière énergétique en se soustrayant volontairement aux lois du marché.Avec son dernier plan de développement pour I 998-2002, Hydro choisit délibérément un axe de «croissance économique» pure.Ce choix démontre une cassure nette dans la mission originale de la Société d'État et un manque de transparence inquiétant.Pas la moindre consultation publique supportant un tel choix.Pire, la Société d'Etat ignore tout à fait le consensus dégagé par la Table de consultation du débat public sur l'énergie1.Celui-ci proposait que l'efficacité énergétique figure au coeur de la future politique énergétique québécoise.Rappelons qu'en 1995, le gouvernement Panzeau.par la voix de son ministre des Ressources naturelles de l'époque, François Gendron.confiait à la Table le mandat de réaliser des audiences publiques sur la question de l'énergie au Québec et de fournir ses recommandations au gouvernement.D'autres aussi sont inquiets et ont réagi vigoureusement au Plan d'Hydro.Martin Poirier, de la Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM, est un de ceux-là.Le chercheur se demande comment Hydro s'y prendra pour geler ses frais d'exploitation pendant les cinq prochaines années?La seule inflation annuelle tourne autour de 2,0% à 2,5%! Hydro avance des prévisions: plus de pluie, une hausse du taux de change du dollar canadien et une baisse des taux d'intérêt! Or, il pleut moins au Québec, ces années-ci.Des réservoirs vides ne produisent pas d'énergie.Cela pourrait vouloir dire 495 millions $ de moins que prévu.Même calcul avec les taux d'intérêt.La dette à long terme de 37,9 milliards $ peut se transformer en gouffre si les prévisions d'Hydro ne se réalisent pas.UNE RÉGIE SANS POUVOIR La Coalition contre la dénationalisation de l'électricité (CCDE) soulignait aussi la complicité du gouvernement Bouchard dans les orientations récentes d'Hydro.En effet, le gouvernement tarde à donner à la Régie de l'énergie son droit de regard indépendant sur les axes de développement proposés par Hydro-Québec.La mise en vigueur de tous les articles de la Loi 50 créant la Régie n'est pas encore adoptée.Devant la Fédéral Energy Regulatory Commission (FERC) des États-Unis, la Société d'État a faussement prétendu être assu|ettie janvier-février 1998 FHOTC SUNTHB ÎMH1 PHOTO: AUIN CHAGKON au contrôle de la Régie, pour se faire reconnaître un statut de grossiste auprès de la FERC.Ce statut vient de lui être accordé.Avec le gouvernement Bouchard, le vent a tourné d'un coup: changement de direction à l'Hydro en novembre 1996 - avec André Caillé comme pdg - et investissements massifs dans la construction de barrages.Caillé résume en quelques mots la philosophie qui l'anime: «La décroissance, c'est fini.Nous reprenons le chemin de la croissance, et la convergence offre des possibilités d'y aller plus rapidement.» Selon Éric Michaud, coordonnateur de la CCDE, la rentabilité des ventes d'électricité aux Etats-Unis n'est absolument pas démontrée.La Régie, inopérante, serait la mieux placée pour réaliser cette analyse.LE PIÈGE D'UN SAVOIR-FAIRE UNIQUE Il y avait une légitimité certaine à réaliser le potentiel de développement hydroélectrique du Québec.Ce dé- veloppement s'est inscrit à l'intérieur de la mission première d'Hydro et aura été bénéfique pour les Québécois-es de nombreuses manières.L'une d'entre elles concerne la formidable expertise développée par Hydro-Québec avec la construction de gigantesques barrages.Ce savoir-faire est unique au monde Face à cette expertise, il faut tout de même se poser la question: «les artisans d'Hydro-Québec sont-ils devenus des bâtisseurs de barrages et seulement ça?» La construction de barrages n'est peut-être plus la seule voie a privilégier D'autres défis pointent déjà: réaliser la pleine efficacité énergétique et apprendre à faire du développement durable appliqué, par exemple.Ces avenues exigeront le développement d'expertises novatrices et parfois courageuses Le gouvernement aussi devrait revoir sa position face aux seuls objectifs de rentabilité économique confiés à sa Société d'État.2 milliards $ représentent 5% des revenus de l'État1 N'est-on pas en tram d'assister à un glissement de la première mission d'Hydro-Québec.commande par l'État, aux seules fins de remplir les coffres de celui-ci7 CROISSANCE VS DÉVELOPPEMENT DURABLE Le débat public sur l'énergie parvenait, en 1995, à un consensus.Ce consensus proposait le concept de développement durable pour définir les orientations de la politique énergétique québécoise.Le concept fait maintenant partie du discours, non seulement des écologistes, mais des politiciens-nes.des gens d'affaires, des médias et des chercheurs-es universitaires Faisons toutefois une nuance.Beaucoup conçoivent encore ce modèle comme une avenue qui n'appartient qu'aux seuls défenseurs de la Nature.Le développement durable est évidemment plus qu'un porte-voix pour ce dernier groupe.L'équilibre qu'il propose entre les pôles «environnement», «économie», «enjeux sociaux» et «équité» suggère que tous-tes devront dépasser le seul discours partisan.Les Québécois-es doivent se réapproprier leur droit au processus démocratique en matière de développement énergétique.Un consensus s'est déjà exprimé.Que les décideurs-ses ne fassent pas semblant qu'ils-elles ne l'ont jamais reçu' V^ janvier-février 1998 Préarrangements funéraires : la vigilance s'impose I y a 4 ans entrait en vigueur un décret qui limitait la vente itinérante de préarrangements funéraires.Cette longue lutte a permis d'abolir la sollicitation téléphonique et le porte à porte dans ce domaine et les abus dont étaient victimes les consommateurs, particulièrement les personnes âgées.Cependant, ce décret avait une durée limitée: jusqu'en décembre 1997.L'ACEF-Estrie et la FNACQ avec ses partenaires dans le dossier, la FADOCQ1, l'AQDR2, le Centre communautaire juridique de l'Estrie et la CTQ3 ont donc fait des pressions et obtenu que le décret soit reconduit avec les mêmes protections mais, enfin, pour une durée illimitée.Toutefois, la FNACQ considère qu'il y a encore des abus dans ce domaine.En effet, la loi prévoit que 90 % des sommes payées, moins les biens fournis, doivent être déposées en fiducie.Cependant, contrairement à ce qu'on pourrait croire, une grande partie des fonds reçus par un commerçant n'a pas à être mise en fiducie, et donc ne fera pas l'objet d'un remboursement au consommateur qui désire annuler son contrat.Exemple n° 1 : Un enterrement traditionnel lot au cimetière.500 $ monument.800 $ creusage.450 $ embaumement.300 $ transport du corps.150 $ exposition.500 $ cercueil.1 500 $ TOTAL.4 200 $ IHHHHHflflHHHBflli^HHI Exemple n° 2 : Incinération sans embaumement ni exposition location d'une niche (colombanum).1 000 $ urne.350 $ transport du corps.150 $ contenant pour l'incinération.25 $ incinération.350 $ TOTAL.1 825$ Exemple n° 1 : Si on achète pour 4 200 $ de préarrangements funéraires, on pense généralement que 90 % des sommes seront versées en fiducie, ce qui voudrait dire 3 780 $.Cependant, le prix du lot au cimetière et des biens «fournis» (monument et cercueil) s'élève à 2 800 $.Cette somme n'a pas à être mise en fiducie.Quant aux biens et services non fournis, ils s'élèvent à 1 400 $ et, compte tenu que le vendeur pourra conserver 10 % de cette somme, c'est réellement 1 260 $ qui seront versés en fiducie.Dans notre exemple, c'est donc 66 % du montant que le commerçant est autorisé à conserver.Exemple n° 2 : L'urne et la location de la niche sont des biens fournis et ces montants ne seront pas déposés en fiducie.De plus, compte tenu que le commerçant peut conserver 10 % des sommes versées pour les biens et services non fournis, c'est donc 427,50 $ seulement qui seront déposés en fiducie, et 76 % du montant que le commerçant est autorisé à conserver.Dans tous les cas, si le consommateur décide d'annuler son contrat, il ne se verra remettre que les sommes d'argent qui sont versées en fiducie, ce qui peut être bien peu.puisque le consommateur devra négocier avec le commerçant afin de récupérer le reste - les biens fournis - ce qui peut s'avérer une bataille difficile d'où les consommateurs ressortent généralement les grands perdants.Voici quelques questions importantes à se demander avant d'acheter des préarrangements funéraires : Est-ce que j'ai vraiment besoin de ce type de service ?Si |e luge qu'il est important pour moi de régler ces questions avant mon décès, je dois me poser les questions suivantes : • Est-ce que la compagnie est fiable?On peut vérifier auprès de l'Office de la protection du consommateur.Y a-t-il eu des plaintes à l'égard de cette compagnie dans le passé?• Quels sont les biens et services vendus qui seront considérés comme déjà fournis et dont les sommes versées ne seront pas placées en fiducie?• Avez-vous une garantie réelle que ces biens sont à vous peu importe que vous mainteniez ou non votre contrat?• Qu'arrive-t-il des sommes en fiducie?Est-ce que ces sommes serviront vraiment à vous offrir des services équivalents à ceux que vous avez achetés même si les coûts augmentent (inflation annuelle)?Ne signez jamais un contrat en vitesse.Demandez toujours du temps supplémentaire afin de le lire à tête reposée, avec d'autres personnes de votre entourage dans le but de bien comprendre ce qui est réellement garanti et ce qui n'est «garanti» que si tout va bien.Il est essentiel de vérifier si l'entreprise dépose réellement les sommes en fiducie.Il y a eu des problèmes à cet effet dans le passé.De plus, il faut absolument vous assurer que vos proches reçoivent une copie du contrat que vous signez.Dans certains cas, les commerçants vous demandent de cocher une case qui ne vous garantit pas que votre famille recevra une copie du contrat.Ainsi, si vous oubliez de transmettre vous-même une copie vos proches pour- ESPACE RETENU ET PAYÉ PAR LA FNACQ raient repayer ailleurs pour des services que vous avez déjà payé.Dans tous les cas, respectez la règle: MAGASINEZ.Si vous possédez déjà un contrat avec une entreprise pour des préarrangements funéraires, il serait bon de regarder votre contrat et de bien en comprendre les conditions.Aussi, vous pouvez vérifier auprès de l'Office de la protection du consommateur si le compte en fiducie de l'entreprise respecte la loi.Si vous croyez être lésé, faites parvenir une plainte écrite à l'Office de la protection du consomma- Assurance-médicaments : mise en garde.'idée d'offrir un régime universel d'assurance-médicaments qui complète notre dispositif de jrotection sociale en matière de santé n'est pas récente.En fait, elle avait été suggérée par la Commission Hall en 1964 et la Commission Castonguay- Nepveu en 1967.Cependant, cette protection sociale doit dépasser la loi 33 actuellement en vigueur.Le gouvernement doit adopter une politique globale du médicament qui responsabilise tous les intervenants du médicament (industries pharmaceutiques, pharmaciens, organismes de contrôle, médecins, etc.) afin que les coûts des médicaments diminuent et que l'accessibilité des consommateurs soit préservée.En fait, la Fédération nationale des associations de consommateurs (FNACQ) considère que pour un vrai régime universel d'assurance-médicaments, il faudrait notamment : • Un régime entièrement public et administré par la RAMQ.• Le respect du gouvernement québécois des cinq principes enchâssés dans la loi canadienne de la santé et qui sont: l'universalité, l'accessibilité, la transférabilité, l'administration publique et l'intégralité.D'autre part, le premier janvier 1998 marque le premier anniversaire de l'entrée en vigueur de la loi sur l'assurance-médicaments au Québec.Pour plusieurs consommateurs et consommatrices, le cadeau pourrait être de mauvais goût.En effet, lors de votre prochain rapport d'impôt, ce qui s'en vient à grand pas, il faudra faire le paiement de la prime.C'est donc, en général, 175 $ qu'il vous faut prévoir débourser.Il est bon de commencer tout de suite à mettre ce montant de côté! teur et faites-nous en parvenir une copie.)oignez-y une copie de votre contrat en indiquant pour quelles raisons vous pensez avoir été lésé.Nous avons besoin de ces informations afin de continuer d'être vigilants dans ce dossier et afin de bien cerner les problèmes qui vous affectent et de trouver les bonnes solutions.' Fédération de l'âge d'Or du Québec 2 Association québécoise de défense des droits des retraités et préretraités 3 Corporation des thanatologues du Québec Les assurances et la FNACQ : des nouvelles importantes.Un nouvel organisme de défense des droits des consommateurs spécialisé dans les assurances vient de se mettre en place.Le Regroupement des consommateurs d'assurance (RCA) travaille notamment sur un recours collectif contre une entreprise d'assurances qui vend des polices participatives et il entend développer des outils d'information pour les consommateurs dont un rapport d'évaluation sur les polices d'assurance les plus populaires sur le marché actuellement.De plus, le groupe prévoit déposer un mémoire lors de la Commission parlementaire qui entendra les propositions de modifications de la Loi des Intermédiaires de marché.Ce projet de loi autoriserait, entre autres, les Caisses populaires Desjardins à vendre une gamme plus large de produits d'assurance.Une grande vigilance s'impose.Nous profitons de l'occasion pour annoncer que le Regroupement des consommateurs d'assurance a joint les rangs de notre fédération et que nous allons travailler conjointement sur ces dossiers.Les consommateurs ont besoin d'information et de réponses précises à leurs questions et ensemble, la FNACQ et le RCA, nous tenterons de le faire.Bienvenue à ce nouveau groupe ! Fédération Nationale des Associations de Consommateurs du Québec La Fédération nationale des associations de consommateurs du Québec 1215, rue Visitation, bureau 103, Montréal (Québec) H2L 3B5 Téléphone : (514i 521-6820 • Télécopieur : (514) 521-0736 • fnacq@accent.net Vous désirez plus d'information?Écrivez-nous.Vous avez des problèmes de consommation?Faites-nous en part. André Lachanœ Photos: Alain Chagnon Portrait de Josée Legault Les tièdes seront omis Peu de Québécois-es savent que Josée Legault est un personnage familier au Canada anglais, où elle défend courageusement l'idée d'un Québec souverain.Depuis 1992, elle a ainsi livré plus de 300 commentaires, entrevues et analyses sur l'actualité politique à CTV, CBC, CFCF, Newsworld, The Gazette, The Globe & Mail, The Calgary Herald et tutti quanti.Malgré les attaques vicieuses dont elle fait parfois l'objet - le sénateur Jacques Hébert l'a même traitée de «vache séparatiste» pendant la dernière campagne référendaire -, la jeune femme de 37 ans se bat, seule, pour expliquer le Québec dans les médias anglophones.Tout un contrat.«C'est une femme courageuse», affirme le cinéaste Pierre Falardeau.L'intéressée est plus modeste.«Je crois aux débats, aux polémiques», dit-elle simplement.«Je suis peut-être la souverainiste de service aux yeux de certains, mais |'ose croire qu'on m'invite parce que ça permet d'avoir de bons débats.Je n'ai pas la prétention de convaincre, j'essaie tout au plus d'expliquer.» Un défi que Josée Legault.qui est à la fois historienne et politologue, relève avec brio.L'AUTRE «J'ai beaucoup de respect pour les anglophones», dit-elle, ajoutant qu'elle considère le Canada anglais - où elle a beaucoup voyagé - comme une société fascinante.«Vous allez rire mais l'aime les Rocheuses, même si je suis souverainiste.Je dis souvent que si je quitte un jour le Québec, ce sera pour Calgary.C'est une ville extraordinaire!» Née dans le quartier montréalais de «la petite patrie» au tout début de la Révolution tranquille, elle a sept ans quand ses parents emménagent à l'étage d'un duplex du quartier Samt-Michel.Tout un choc.Les propriétaires sont Italiens, de même qu'une bonne part des familles du quartier; les locataires, eux.Canadiens français, comme on disait alors.En somme, une copie conforme du petit monde triste et colonisé ressuscité par Jean-Claude Lauzon dans Léolo «C'était difficile pour nous, les enfants», reconnaît-elle.«Il y avait chez les Italiens une convivialité, un plaisir de vivre, qui manquait aux Canadiens français.Moi, ça me fascinait.Je me suis vite rendu compte que la seule façon d'entrer dans cet univers, c'était de parler.anglais.Pour eux, c'était la langue du travail et de la réussite.Ils méprisaient notre langue, vue comme celle des locataires et des pauvres.» L'enfant, qui ht tout ce qui lui tombe sous la main, est décidément précoce.À 10 ans, elle connaît déjà Marx, Engels et Mao.dont elle a collé un photomontage sur un mur.Un soir d'octobre 1970, son père entre en trombe dans sa chambre et arrache le montage.Un ministre vient d'être enlevé et le père de Josée, membre de l'escouade antiémeute de la police de la CUM, ne veut prendre aucun risque.«Papa participait évidemment à toutes les manifestations de l'époque: Opération McGill français.La Presse, visite de De Gaulle.Il nous racontait tout une fois à la maison.La souveraineté lui faisait terriblement peur.» 8 \£&8 janvier-février 1998 Spontanément, à la suite de l'insulte du sénateur Hébert, plusieurs femmes ont porté cet autocollant, en guise de solidarité.COURTOISIE- M VICTOR CHARBONNEAU A l'adolescence, afin d'améliorer son anglais, elle plonge dans des classiques comme Shakespeare, Milton et Poe, les pastichant allègrement dans de petits contes et nouvelles qu'elle écrit «à la manière de.» LES NOIRS-ES C'est aussi l'époque où les Haïtiens-nes commencent à s'établir dans le quartier Saint-Michel, où ils forment aujourd'hui une communauté en pleine expansion.«Les Haïtiens ont beaucoup souffert», dit-elle.«La seule chose qui unissait alors les Italiens et les Canadiens français, c'était qu'ils ne voulaient nen savoir des Noirs».Le jour où une première Haïtienne se pointe dans sa classe, tout le monde l'ignore.La petite Josée, que révolte déjà l'injustice, fait le premier pas.Comme sa jeune camarade a de la difficulté dans son cours d'anglais, elle propose de l'aider et l'amène chez elle, indifférente aux regards désapprobateurs des voisms-es.«Ce n'était pas facile car personne ne m'encourageait, sauf ma mère.» Sa mère, elle en garde un souvenir ému et plein de tendresse.Décédée en 1995, elle fut serveuse dans de petits snack bars de la métropole, ayant parfois l'occasion de servir le magnat Sam Stem-berg.«Pour maman, c'était l'homme le plus doux et le plus poli de la terre.Chez nous, c'était interdit de dire quoi que ce soit contre les Juifs.» LES FORCES D'ATTRACTION Dorénavant, la jeune fille, qui entreprend des études au cégep Ahuntsic puis un Baccalauréat en Histoire à rMcGill et ensuite à l'UQAM, ne s'identifiera plus que comme Québécoise.C'est un peu par hasard, alors qu'elle termine ses sciences politiques à l'UQAM, qu'elle choisit de faire porter un travail de fin de session sur la communauté anglo-québécoise.Jusque-là.l'étudiante s'était surtout intéressée aux relations entre la majorité russophone et les diverses minorités qui composaient ce qu'était alors l'URSS.Étrangement, personne n'avait ainsi examiné le leadership de la communauté anglophone du Québec.La première.Josée Legault dévoile que la lutte des Anglo-Québécois-es en faveur de soi-disant droits individuels cache en fait un combat pour des droits collectifs.Et que cette communauté, qui rejette l'idée d'être minoritaire au Québec, tente ainsi de conserver ou de reconquérir des privilèges hérités de la Conquête.«On oublie souvent que nous sommes dans une situation unique de compétition linguistique en Amérique du Nord», ajoute Josée Legault.«Les Anglo-Québécois parlent la langue qui a la force d'attraction la plus puissante dans l'histoire du monde.» La politologue peste aussi contre une certaine rectitude politique qui.au Québec, prétend que le français et l'anglais peuvent se développer de façon concomitante.«Ce qui est impossible, car on est en lutte démographique, surtout sur l'île de Montréal», explique-t-elle Sa thèse, publiée chez Boréal sous le titre L'invention d'une minorité, en 1992.a suscité des réactions passionnées dans la presse anglophone, le columnist William Johnson qualifiant même l'ouvrage de «littérature haineuse», rien de moins.«On m'a accusée, moi.d'être anglophobe», s'm-digne-t-elle.«Pour ces gens, critiquer le leadership anglophone est un signe d'anglophobie.Mais critiquer le leadership francophone.ee n'est pas de la francophobie!» Malgré tout, l'ouvrage lui mente l'estime de certains Anglo-Québécois-es.D'objet d'étude au départ, plusieurs des leaders de la communauté La première, Josée Legault dévoile que la lutte des Anglo-Québécoises en faveur de soi-disant droits individuels cache en fait un combat pour des droits collectifs.10 V388 janvier-février 1998 «Depuis l'arrivée de Lucien Bouchard, il y a des choses qui ne se disent plus parmi les francophones», laisse-telle tomber comme à regret.«Si vous les dites, on vous colle une étiquette de radical.» anglophone du Québec deviennent même des amis-es.C'est le cas de Robert Libman.dont elle a fart encadrer une savoureuse lettre - bilingue et où le français prédomine dans la proportion de deux pour un - qui pend au mur de son modeste logement du Plateau Mont-Royal, tout contre la plate et très laconique lettre d'excuse que le sénateur Hébert lui a fait parvenir.De Thomas Schnurmacher aussi, potmeur à The Gazette.qui anime tous les après-midi une émission de lignes ouvertes a CJAD, où les mots «Constitution» et «Individual Rights» reviennent comme des leitmotive.LA MAIN TENDUE?Elle garde un souvenir grinçant de la tentative de rapprochement politique amorcée avec Me Julius Grey, avec qui elle a signé quelques textes.«Avec la faculté que nous avons, nous les francophones, de nous culpabiliser pour un oui ou pour un non.on en arrive à souhaiter que disparaissent les problèmes entre anglos et francos».exphque-t-elle.«Vous savez, c'est du bon monde, intéressant et tout.Le problème, c'est qu'on en vient à transposer nos relations individuelles sur le plan de nos luttes collectives.C'est d'une grande naïveté et j'ai eu cette naïveté», admet-elle.Elle n'est pas la seule à être tombée dans le panneau.Lucien Bouchard aussi, avec son fameux discours du Centaur, où le Premier ministre a tenté, là aussi sans succès, d'amadouer la communauté anglophone.Malgré ses précautions oratoires, on sent que Josée Legault est déçue du chef du Parti québécois, qui craint comme la peste de se faire accuser de radicalisme.«Depuis l'arrivée de Lucien Bouchard, il y a des choses qui ne se disent plus parmi les francophones», laisse-t-elle tomber comme à regret.«Si vous les dites, on vous colle une étiquette de radical Le terme est utilisé pour discréditer ceux qui ont une idée claire de la réalité politique Les fédéralistes sont morts de nre.» Mais il n'y a pas que la politique dans la vie de la politologue, qui s'intéresse à plein d'autres choses.La littérature, par exemple.Quand on lui parle du grand écrivain québécois Mordecaï Richler, ses yeux d'un «brun commun», comme elle dit.s'allument soudain.Bien sûr.elle admire toute son oeuvre romanesque, gardant cependant un faible pour L'opprentissoge de Duddy Kravitz.le portrait d'un jeune arriviste capable des pires bassesses pour arriver à ses fins.N'empêche que la fixation proprement maladive de l'écrivain à rencontre des francophones - toujours représentés comme des êtres falots, ignorants ou corrompus - la fait souffrir «On a l'impression que Richler n'est jamais sorti de son enfance, de cette douleur, de cette énorme difficulté qui était d'être Juif dans le Montréal de l'en-tre-deux guerres et de la Dépression», dit-elle comme pour l'excuser.«Cela colore toute son oeuvre et c'est malheureux car c'est quelqu'un qui fait beaucoup de tort à la réputation du Québec.L'homme a des tribunes que les francophones n'auront jamais.» Josée Legault poursuit néanmoins son singulier combat Ses tribunes à elles sont au Canada anglais, certes, mais aussi au quotidien Le Devoir, où elle publie chaque semaine une sémillante chronique.Son deuxième livre.Les nouveaux démons, a établi encore un peu plus sa réputation de femme de tête et de coeur w^ janvier-février 1998 VBS8 il «Entre autres, notre avenir émergera de notre capacité à fouiller notre patrimoine.Le patrimoine pour la beauté de notre environnement, le patrimoine pour la quête d'authenticité, le patrimoine pour le tourisme, le patrimoine à table.(.) le patrimoine pour tout ce qu'il recèle de moderne.» Jacques Proulx Le x/illacje, ^eptièrtNe cCMfére^ce flaX iCMale Date: 5et 7févrierI7?2f Lieu: Rln\0i>5ki l Wrt5eîcjirten\e*t5 et îrt5crlpt!cM5: Soliaarïté rurale au Québec 100 000 exemplaires distribués à travers tout le Québec.dont 23 000 en points de dépôts: Métropole: Université du Québec a Montréal, Université de Montréal, Centre des femmes de Montréal, Faites de la musique, TROVEP de Montréal, Ateliers d'éducation populaire, Carrefour d'éducation populaire de Pomte-Saint-Charles, Centre d'éducation populaire de la petite Bourgogne et de St-Henn, Centre éducatif communautaire René-Goupil, Comité social Centre-Sud, Pavillon d'éducation communautaire Hochelaga-Maisonneuve, SPGQ, CLSC Verdun, OXFAM/OCSD, Fédération des étudiants-es des collèges du Québec, Alliance des professeurs-es de Montréal, syndicat SEPB-434, FTQ, Réseau québécois des groupes écologistes, CDC de la Pointe, CDC Rosemont, CDC Laval, Projet Genèse, CINQ FM, POPIR-St-Henri, Regroupement information logement de Pointe Saint-Charles, Resto Plateau, Chic Resto Pop, CDÉC Centre-sud/Plateau Mont-Royal, CDEST, RESO, Clinique communautaire de Pomte-St-Charles, CDÉC NORD, CDÉC Rosemont-Petite-Patne, CDÉC Côtes-des-Neiges-NDG, SODEC Rivière-des-Praines/ Pointe-aux-Trembles, Solidarité Populaire Québec, Écomusée du Fier monde.Bloc québécois, Centre des femmes de Verdun, Librairie Abya-Yala, Centre St-Pierre, Centre de formation populaire, CLSC St-Laurent, Conseil central de Montréal-CSN, Conseil des travailleurs et travailleuses de Montréal (FTQ), Fédération des infirmières et infirmiers du Québec, Développement et Paix, Fédération des femmes du Québec, SUCO, Polyvalente Pierre-Dupuy, La mie St-Amand, Établissement de détention de Bordeaux, CSD, CLSC Mercier-Est-Anjou, Cégep du Vieux-Montréal, Collège Montmorency, Bas St-Laurent-Gaspésie: Université du Québec à Rimouski, CDC du KRTB, CDC Montmagny-L'lslet, CDC Vallée de la Matapédia, FTQ-Bas St-Laurent-Gaspésie, Développement et Paix-Rimouski, CSN-Rimouski, Abitibi-Témiscamingue: Association générale des étudiants-es de Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, CCATU-CSN, REPAT(Rouyn) FTQ-Abitibi-Témiscamingue, Mauricie: Association étudiante de Université du Québec à Trois-Rivières, Regroupement des OVEP de la Maurice, CDC de Francheville, CDC MRC de Maskinongé, CDC Nicolet-Yamaska, FTQ-Centre du Québec, CSN-Trois-Rivières, Estrie: Fédération des étudiants-es de l'Université de Sherbrooke, TROVEP Estne, CDC de Brome-Missisquoi, CDC Memphrémagog, CDC de la MRC d'Asbestos, FTQ-Estne, CSN-FTPF Windsor, Saguenay-Lac St-Jean: Association étudiante Université du Québec à Chicoutimi, Comité des OVEP, CDC Deux-Rives, CDC du ROC, L'ASTUSE du Saguenay, FTQ-Saguenay-Lac/St-Jean, Développement et Paix, CSN-Chicoutimi, Québec: REPAC, CADEUL Université Laval, FTQ-Québec, CDC Desjardins-Chutes-de-la Chaudière, CLSC de la Jacques-Cartier, ADDS-Québec, Développement et Paix, CSN-Québec, Syndicat des Professionnels du Gouvernement du Québec, CEQ-Québec, Syndicat de la fonction publique du Québec, Bois-Francs: CDC des Bois-Francs, CDC Drummond, CDC de L'Érable, CSN-Victonaville, École secondaire Monique-Proulx, Lanaudière/Laurentides: Table régionale des OVEP de Lanaudière, FTQ-Laurentides-Lanaudière, Caisse d'économie de Lanaudière, CSN-Saint-Jérome, CSN-Joliette, CLSC Jean-Olivier-Chénier, Rive-Sud de Montréal: TROVEP de la Monterégie, CDC Longueuil, CLSC Longueuil-Ouest, CLSC Longueuil-Est, CDC Beauharnois-Salaberry, Outaouais: Table ronde des OVEP de l'Outaouais, FTQ-Outaouais, CDC Rond-Point, Inter Pares, Développement et Paix, CSN-Hull, Côte-Nord: Table des groupes populaires de Baie-Comeau, FTQ-Côte Nord, CSN-Sept-lles, Beauce: CDC de L'Amiante, CDC Beauce-Etchemms, CDC du Granit, CSN-Thetford-Mmes, Monterégie: CDC du Bas-Richelieu, FTQ-Montérêgie, CDC du Haut-Richelieu, CDC Haute-Yamaska, CLSC des Maskoutais, Table des regroupements de personnes assistées sociales, CLSC du Havre, CSN-Granby, CSN-Saint-Jean-sur-Richelieu, VjS Nouveau-Brunswick: Développement et Paix-Petit Rocher b k L'édentation au Québec PSYCHANALYSE ET COLLECTIVITÉ 1- nen pour mordre le goût du vrai.récit Pendant longtemps.être pratique supposait de remplacer les dents naturelles problématiques par des dents artificielles fonctionnelles.À cette époque pas si lointaine, le Québec a perdu une bonne partie de ses dents.Au milieu du siècle, après la deuxième Guerre mondiale, s'est subitement accélérée la consommation d'aliments très raffinés et de sucreries.Les boissons gazeuses, élément canogène par excellence, sont engouffrées en quantités industnel- DESSIN: DANIEL S LEGAULÏ les par les |eunes.Les habitudes d'entretien dentaire ne se sont pas adaptées pour autant.En cas de problème (le plus souvent, en fait, en cas de douleur), la solution la plus simple et la plus économique était l'extraction, se faire «arracher» les dents adultes une fois pour toutes Du moins à court terme, car on ne soupçonnait pas encore les complications (mastication, digestion, détérioration esthétique).À la même époque, par un autre critère, esthétique celui-là, on souhaitait que toutes les dents d'une bouche soient parfaitement alignées, droites, blanches et symétriques.Comme les dents naturelles l'étaient rarement.Entre 1970 et 1982, les extractions dentaires en milieu hospitalier étaient couvertes par l'assurance-maladie, mais pas les obturations: incitation supplémentaire.Inversement proportionnelle au taux de scolarité, beaucoup plus importante chez package deal les francophones que chez les anglophones, l'abstraction des dents s'est propagée en mode.Si bien qu'en 1980 au Québec, 44% des personnes de plus de 16 ans avaient au moins une maxillaire complètement édentée En 1983, le quart des 16 à 34 ans était complètement édenté.L'édentation au Québec était une des plus importantes du monde, surtout dans certaines tranches d'âge L'État a tergiversé Certaines générations ont profité de soins dentaires défrayés.D'autres ont été oubliées, même dans les meilleurs temps de l'assurance-maladie 50 ans d'observations et d'éducation plus tard, nous ne risquons pas de retrouver de pareils taux d'édentation, mais les soins dentaires ne sont pas plus également accessibles.Comme le dit Dr Paul Mercier, spécialiste clinicien de l'édentation, dans son ouvrage La perte des dents, «la dentisterie actuelle», surtout celle des soins spécialisés, s'adresse à une élite qui a les moyens de se la payer.» v£ [Daniel S.-LEGAULT] 14 PHOTO: MATHEWFRIGOGMANN janvier-février 1998 Jusqu'en 1960, ici, pendant que le dentiste procédait à l'extraction des dents, le médecin de son côté profitait de l'anesthésie pour enlever les amygdales.De quoi laisser un goût amer dans la bouche.Ce travail était particulièrement courant sous l'égide de l'unité mobile de la Croix-Rouge qui sillonnait les régions éloignées du Québec.Mais le même travail se faisait aussi à l'époque à l'hôpital Sainte-lustine.On a depuis découvert l'«utilité» des amygdales! \£ [Jocelyn PAGE] PHOTO.ALAIN CHAGNON 2- castration symboligène?En psychanalyse, les dents représentent l'agressivité et l'affirmation.La perte des dents revêt une valeur symbolique non négligeable, d'autant plus lorsqu'elle touche ainsi près de la moitié de la société L'apparition des dents représente une étape importante dans le développement de l'autonomie de l'enfant en ce qu'elle marque son aptitude à se nourrir par ses propres moyens.L'enfant doit alors renoncer à la mère-nournce.apprendre à marcher, à parler, à être propre, autant de responsabilités et de concessions au monde extérieur qui le font sortir de sa vie égocentnque des premiers mois.À cette étape, l'enfant peut démontrer un certain désir de régresser à un stade antérieur plus sécurisant.L'apparition des dents marque ainsi de façon symbolique le processus d'affirmation de l'individu.Celui-ci se voit confronté entre, d'une part, la volonté de changer, d'avancer et de développer son autonomie et.d'autre part, la fuite et le refus d'accepter les responsabilités à venir C'est non sans raison que la psychanalyse a prêté un sens particulier aux dents, véritable symbole de l'agressivité et de l'affirmation.La perte des dents entraîne certes des déficits fonctionnels pour l'individu: déficits masticatoires, gustatifs et )► petit glossaire Dent-de-Chien: érythome (plante) Vouloir prendre la lune avec ses dents: vouloir tenter l'impossible Avoir la dent dure: être très sévère, dur dans la critique Être guéri du mal de dent: être mort Avoir la dent: avoir faim Dent-de-Lion: pissenlit Dent-de-Loup: croûton de pain Source: Grand Robert \£ [Jocelyn PAGE] quand les poules mouillées auront des dents Entre 1970 et 1982, on a effectué au Québec plus de 300 000 extractions de dents par année.Plus de 3 600 000 dents en 12 ans.Pour en mesurer l'étendue, il faut se souvenir de ce film d'archives où l'on voit des nazis souriant près de montagnes de dents en or arrachées aux Juifs-ves menés aux fours crématoires et aux chambres à gaz.L'horreur! La comparaison est boiteuse certes, mais cette image d'humiliation collective offre un sens psychanalytique important.La différence, c'est l'acceptation.On ne penserait jamais à se faire arracher les yeux pour les remplacer par des yeux électroniques.Ni les jambes par des prothèses de haute performance.Mais les dents, oui! Les dents symbolisent l'agressivité.Cette agressivité, c'est aussi l'énergie vitale de l'individu, le moteur et l'affirmation de soi.Énergie psychique, énergie sexuelle, affirmation de ses choix.^ [Jocelyn PAGE] 1-■-w ''>/', boff, v'Ji tout fut pour les empêfer aie /'enfuir ' An 'ouife ' f'est comme fi KifMf/f effuyé de fouf fier c/jnS une contre 6 les établissements de santé doivent investir dans les ressources humaines pour accroître les services de prévention et de maintien à domicile; -> les hôpitaux doivent cesser de couper dans les services externes de réadaptation tels que la physiothérapie, l'ergothérapie, l'orthophonie et l'audiologie; -■ les hôpitaux doivent éliminer les longues listes d'attente pour les examens radiologiques; -> les CLSC doivent ouvrir leurs portes aux techniciennes en diététique pour qu'elles mettent leur expertise au profit de la population; ■i les CLSC doivent maintenir le programme de prévention de santé dentaire auprès des enfants; -> les CLSC doivent offrir des services de psychologie et de service social pour répondre aux besoins croissants des jeunes et des femmes; -> les régies régionales doivent mettre en place des structures d'accueil pour les personnes atteintes de maladie mentale avant de procéder à la fermeture de lits.CES ACTIONS REDUIRONT LES PROBLÈMES DE PERCEPTION ET REDONNERONT VÉRITABLEMENT CONFIANCE À LA POPULATION Nicole Brais Le pire ennemi du chien Même si on est dans une revue bien, on peut tout de même à l'occasion - une fois n'est pas coutume - parler de chiens écrasés.Le terme n'est pas tout à fait exact, étant donné que je veux parler du phénomène de la violence canine et de son corollaire, celui de la bêtise humaine.(Associations de défense des animaux, vous abstenir.) Vous savez, ces histoires d'horreur qui font la manchette, pas souvent, surtout pas dans Recto Verso, mais régulièrement quand même, ces histoires d'enfants défigurés quand ils ne sont pas carrément décapités par le meilleur ami de l'homme.En soi.il s'agit d'événements tragiques et horribles, on en convient Mais le comble de l'horreur c'est quand on entend les propriétaires de ces charmantes bêtes les défendre devant les caméras avec tout l'aplomb qu'on peut attendre d'une cervelle d'oiseau.On les mordrait Dans mon coin, on a une voisine de cette espèce.Elle laisse courir son chien dans toutes les cours du voisinage.Ce n'est pas qu'il soit particulièrement mauvais.Tout juste un peu bête, comme sa maîtresse.Il fait peur à la petite voisine qu'il surprend régulièrement dans son carré de sable.Tant et si bien qu'elle ne veut plus jouer dehors.Les parents, en voisins civilisés, ont demandé à plusieurs reprises qu'on attache le chien, comme l'exige le règlement municipal.«Quelle idée stupide.Est-ce que je vous demande d'attacher votre fille?», a-t-elle répondu du haut de sa dignité, de celle de son chien V^ janvier-février 1998 VB88 DESSIN.MEURE GAUTHIER 22 yss& janvier-février 1998 Dossier SURVIVANTS-ES DU DOWNSIZING DES ORGANISATIONS Le travail, c'est la (sur)vie Rester quand les autres sont remerciés-es «Survivre nous a Jusqu'à présent empêché de vivre» (slogan popularisé par le mouvement de mai 1968) Le concept est plus connu en anglais: downsizing pourrait se traduire par «réduction de personnel».Car l'époque est à l'amaigrissement des entreprises.On parle souvent des personnes mises à pied.Solutions et pseudosolutions jalonnent la balade du chômage.Mais qui reste en place?Les employés-es subissent une surcharge de travail, effectuent du temps supplémentaire à outrance, s'absentent pour un rien, sont démotivés, moroses, et même dépressifs.Bref, vraiment pas d'humeur à rigoler, car ils-elles se remettent à peine de licenciements ou d'une restructuration qui a emporté plusieurs de leurs collègues.Ces employés-es vivent le «syndrome du survivant», nébuleuse de troubles physiques et psychologiques qui guette les «chanceux» et «chanceuses» épargnés par les mises à pied et remue-ménage organisationnels.Le vocabulaire médical pénètre le monde du travail: une organisation qui a licencié au point de perdre toute son expertise, sa mémoire, est atteinte d'«alzheimer organisationnel»; l'obsession de la mise à pied chez certains dirigeants d'entreprise peut aussi causer P«anorexie organisationnelle».Et il y a le «syndrome du survivant».Y a-t-il un médecin dans la salle?Dont les remèdes s'attaqueraient à la racine du mal?Travail ô ma douleur! Un dossier coordonné par JEAN-SÉBASTIEN MARSAN janvier-février 1998 VB§8 23 Jean-Sébastien Marsan LA REPONSE Du zèle à la démotivation Chez les survivants-es, le premier comportement consiste à préserver son emploi coûte que coûte, au risque d'affecter sa santé.Le second est marqué par la démotivation, l'abandon de toute attente envers l'entreprise, l'inquiétude, un désespoir réel.Tenaillés par la peur de perdre leur emploi, des «survivants-es» travaillent plus fort pour prouver qu'ils sont compétents.Accablés de fatigue et de stress, ils-elles commettent cependant des erreurs qui diminuent la productivité de l'entreprise; leur zèle ne sert donc à rien.Le surmenage peut causer des problèmes physiques: accidents de travail, maux de dos, burn-out.Figurent aussi les ennuis de nature psychologique: anxiété, insomnie, toxicomanie, détresse psychologique, dépression.Stade ultime de la surperformance: mourir d'avoir trop travaillé (une dépression sévère mène au suicide ou le zèle excessif provoque ce que les Japonais-es appellent karoshr.un burn-out fatal) DÉBORDÉE Les licenciements laissent fréquemment les survivants-es aux prises avec le travail jadis abattu par leurs anciens collègues.Ginette L'Heureux, commis-comptable, travaille chez Pirelli Câbles (Samt-Jean-sur-Richelieu) depuis 1979.Cette entreprise spécialisée dans la fabrication de câbles de haut voltage et de fibre optique comptait 342 employés-es à l'été 1997.«Moi, je me sens coincée, même avec 17 années d'expérience dans la comptabilité», confie Ginette L'Heureux lors d'une entrevue menée en juillet dernier.«À la dernière vague de cou- pures, ils ont coupé deux postes dans les comptes payables.Dans une compagnie où il y a plus de 200 employés dans la production, ça implique une grande quantité de factures à traiter.» Résultat: bien qu'elle soit officiellement responsable de la comptabilité des actifs immobiliers, Ginette L'Heureux ne s'occupe que des comptes payables.«La gestion des actifs immobiliers, je n'ai pas touché à ça depuis janvier 1997», assure-t-elle.«Dans les comptes payables, on a du retard, c'est épouvantable», juge Ginette L'Heureux.«C'est ridicule parce que ça n'a pas de rapport avec la capacité de PHOTO: GUIUERMOIMEDA Michel Bernardin.janvier-février 1998 PHOTO: YVES PROVEMCHEB payer de Pirelli, seulement rapport avec le manque de personnel.Ce qu'on nous demande, c'est de butcher notre travail, d'aller au plus vite», déplore l'employée.Directeur des ressources humaines de Pirelli Câbles, Louis Tassé confirme qu'au début de l'année 1997, 12 em-ployés-es ont dû quitter les départements de la comptabilité, des ventes et du marketing.«Le fait qu'on ait restructuré dans la vente et la comptabilité en enlevant les leaders, ça n'a pas aidé», confesse Louis Tassé.Sa marge de manoeuvre est mince, car les licenciements sont ordonnés du siège social de Pirelh.aux Etats-Unis.EN DOWNSIZING PERMANENT «Pour moi, un survivant, c'est quand le désastre est terminé et que tu commences à rebâtir ta cabane avec les bouts de planche que tu ramasses.Nous autres, c'est pas le cas parce que c'est jamais réglé».Ce «nous autres», ce sont les employés-es de Bell Canada, comme Michel Bernardin, installateur-réparateur de lignes résidentielles.«Il y a beaucoup de gens en burn-out, affirme Michel Bernardin.Ce n'est pas mon cas.même si j'aimerais ça des fois en péter un! Mais je suis très anxieux, j'ai été des mois à mal dormir, je ne suis jamais sûr du lendemain.» A l'origine des ennuis de Michel Bernardin et de ses collègues: Bell a an- nonce, en 1995, un plan triennal de départs volontaires.Objectif: 10 000 départs (sur 50 000 employés-es) à la fin de 1997.Pas de mises a pied directes.Plutôt une certaine pression vers la porte de sortie.«Moi, à 40 ans.c'est pas le temps de signer: j'ai rien devant moi», avoue Michel Bernardin.Ceux-celles qu acceptent l'offre de départ volontaire peuvent tout de même travailler pour une filiale de Bell, Entourage Solutions Technologiques, mais à un salaire moindre.«Je prends la chance de quitter maintenant pour Entourage ou je reste chez Bell?», se demande Michel Bernardin.LA PEUR DU LENDEMAIN Pauline Boucher, technicienne de laboratoire à l'hôpital Sainte-Justine depuis 1990, vit dans la crainte perpétuelle d'être bumpée ou de subir la privatisation du laboratoire.«Moi, je suis la moins ancienne, je suis toujours Entourage Solutions, sous-traitant presque exclusif de 8e//, en est formée d'ex-employés-es.janvier-février 1998 V&8 «j'aimais ce que je faisais» Un des effets de cette nouvelle conception du travail sera peut-être une dégringolade de celui-ci dans notre échelle de valeurs.Comme le dit Jean Nolet, journalier pendant 22 ans chez Maple Leaf, et aujourd'hui chômeur, «je pense que les gens travaillent parce que c'est une nécessité, mais ils n'y accordent plus d'importance, avec la situation qu'on vit présentement.Moi, recommencer à travailler pour une compagnie, je ne referais pas ce que j'ai fait chez Maple Leaf.Je ferais ma job, point.Les compagnies, elles, veulent des profits et je suis d'accord, mais à un moment donné, assez c'est assez.Aujourd'hui, je pense que les gens sont contents d'avoir un emploi, il y en a certains qui prennent ça à coeur, mais moi je ne le prendrai plus à coeur.Je travaillerais pour mon salaire, je ne dis pas que je donnerais mon 100%.À Maple Leaf, j'ai trop pris ma job à coeur.J'aimais ce que je faisais.C'est niaiseux, c'était une job sur un chariot-élévateur, mais j'aimais ce que je faisais.» PHOTO: GUNTHE9GAMPER Des problèmes de communication amplifient l'incertitude.«Nous autres, tout ce qu'on sait des patrons, c'est à titre de rumeurs.» 26 Alain Dugré.susceptible d'être bumpée.Ce que je vis, à chaque jour, c'est un sursis, parce que je ne sais jamais quand j'aurai à partir.» Pauline Boucher affirme qu'à l'été 1997, 10% des techniciens-nes du labo, répondant à l'appel du gouvernement, ont pris leur retraite.La conseillère professionnelle du Programme d'aide aux employés de l'hôpital, Ginette Berthiaume, corrobore les appréhensions de Pauline Boucher: «même si dans le milieu de la santé les gens sont dans un contexte de sécurité d'emploi, les gens vivent une anxiété au niveau de la réorganisation du travail, assure-t-elle.À Sainte-Justine, il y a 350 employés qui sont partis, c'est une expertise importante, une partie de l'histoire de l'hôpital, et il y a des secteurs plus affectés que d'autres.Présentement, les gens se disent:"quand ça va être mon tour?"» Les problèmes de communication amplifient l'incertitude.«Nous autres, tout ce qu'on sait des patrons, c'est à PHOTO: GUNTHER GAMPEK titre de rumeurs, soutient Pauline Boucher.Les syndicats non plus ne savent pas.C'est comme s'il y avait personne dans la bâtisse qui sait.» Anecdote significative, «il y a eu une fin de semaine où il y a eu trois rumeurs.La première: Sainte-Justine ferme!», raconte Pauline Boucher en pouffant de rire.«La deuxième -celle-là était vraie -, c'est qu'ils coupaient 14 millions $ sur un budget de 30 millions $.La troisième, c'est que Sainte-Justine deviendrait un centre de recherche.Ces rumeurs-là, c'était au printemps ou au début de l'été 1997.Là, il y a des rumeurs de fusion, mais on ne sait pas avec quel hôpital.» Cerise sur le sundoe: le gouvernement a vaguement laissé entendre qu'il pourrait privatiser les laboratoires d'hôpitaux.Une étude menée auprès des employés-es des centres hospitaliers Saint-Michel et Saint-Laurent intégrés dans d'autres établissements suite à la fermeture de ces deux hôpitaux en 1996, démontrait que 83% de ces employés-es ont vécu un taux élevé de détresse psychologique.Ce taux était déterminé à l'aide des indices de détresse psychologique de la dernière enquête de Santé Québec, menée en 1992.Cette dernière enquête soutenait que «seulement» 26% des tra-vailleurs-ses québécois affichaient un taux élevé de détresse psychologique en 1992.janvier-février 1998 INFOGRAPHIE: D S.-LEGAULT LA DÉMISSION FANTÔME En cas de downsizing, souvent les employés-es sombrent dans le désengagement.S'estimant trahis-es par la direction de l'entreprise, ils entretiennent de la méfiance et du cynisme à son égard.La motivation et la créativité chutent, les salariés-es s'absentent plus souvent, se consacrent davantage à des activités personnelles, tentent de dénicher du boulot ailleurs ou explorent les opportunités de travail autonome.Le ras-le-bol peut se transformer en colère: des employés-es calomnient les patrons, se livrent à des actes de sabotage.Tout changement organisationnel d'envergure se heurte toujours à la résistance des employés-es.Un comportement instinctif, selon les spécialistes de la psychologie du travail.Les employés-es craignent les changements; comme tout le monde, ils aiment les situations familières et sécurisantes.Michel Bernardm.de chez Bell Canada, se rappelle qu'à une époque révolue, les employés-es s'apostrophaient avec un «t'as combien d'années de service?» rituel.De nos jours, affirme Michel Bernardin, il est plus courant d'entendre «combien d'années il te reste avant ta pension?» «Il n'y a plus personne qui a du fun, autant chez les cadres que chez le personnel, sou-tient-il.Avant, quand on entrait chez Bell, on était comme bénis par le Pape.Je pensais qu'on allait me réveiller après 30 ans de service en me disant: "Hé, c'est fini!" Aujourd'hui, j'ai réorienté ma vie en fonction du fait que je vais perdre mon emploi.Je suis entré chez Bell en 1978 et ils m'ont montré comment monter des fils.À part de ça, je ne sais rien faire», soupire Michel Bernardin, qui reste avare de détails sur ses plans d'avenir.TOURNER LES COINS RONDS Cette attitude à la fois pragmatique et fataliste anime aussi Alain Dugré.inspecteur au Comité paritaire des agents de sécurité.Cet organisme parapublic, qui gère le décret de convention collective des agents de sécurité, est passé de 17 employés-es syndiqués en 1993 à 8 en 1995.«Comme inspecteur, il y a deux manières de régler un dossier», expose Alain Dugré: soit en prenant des initiatives, soit en se limitant à répondre aux plaintes et «si tu vois des cas à côté où le décret n'est pas respecté.tu te fermes les yeux au heu de faire vraiment ton mandat.Ça peut donner un problème de conscience à l'inspecteur que d'arrondir les coins, de se fermer les yeux.Il y en a qui sont à l'aise avec ça.C'est peut-être ceux qui sont le moins affectés par les coupures, ils se disent:"si c'est ça qu'ils veulent, je vais le faire.Ils veulent pas qu'on fasse de zèle, j'en ferai pas."» Alain Dugré n'a pas remarqué de problèmes de santé graves ni d'absences de longue durée chez ses collègues.Par contre, «il y a beaucoup de gens qui sont démoralisés, c'est généralisé.Comme on manque de personnel, ça crée des frictions.Il y a par exemple le phénomène du dumpage sur le bureau de l'autre: il y en a qui essaient de refiler du travail à d'autres.» v£ janvier-février 1998 DESSIN: PIERRE GAUTHIER J.-S.Marsan Survivants-es et rescapés-es Études de cas LJ expression «syndrome du survivant» a été utilisée pour la première fois i après la première Guerre mondiale pour désigner le stress post-traurna-tique vécu par les rescapés-es de situations extrêmes: catastrophes naturelles, accidents graves (un écrasement d'avion, par exemple), conflits armés (combats, torture, camps de concentration, génocides, les bombes nucléaires au Japon, etc.).Là où survivants-es de licenciements et survivants-es d'une situation extrême se ressemblent, c'est sur le plan du cheminement psychologique et des émotions vécues.En effet, tous-tes encaissent un choc initial; ils-elles développent ensuite, à divers degrés, des problèmes physiques et psychologiques; ceux- Avoir mal à son travail La terreur familiale -S.Marsan Pour fidéliser leurs employés-es, les dirigeants d'entreprises insistent souvent sur le caractère familial des relations entre boss et salanés-es.Dans un livre intitulé Healing the Wounds1, le consultant états-unien David Noer utilise justement une «métaphore de la famille brisée» pour décrire ce que peuvent ressentir les survivants-es du downs/zing.Il était une fois.une famille heureuse: le père, la mère et quatre enfants.La famille ne manque ni d'argent, ni d'affection.Un jour, les parents annoncent à leurs enfants que des problèmes financiers ne permettent plus de nourrir, de loger et d'habiller convenablement toute la famille.Deux enfants, choisis au hasard, doivent quitter la maison et seront hébergés chez un jossey-Bass Publishers.Sans Francisco, 1993 Healing the Wounds (que l'on pourrait traduire par «Cicatriser les plaies») demeure, avec les travaux de Joël Brockner l'ouvrage le plus connu sur le syndrome du survivant.oncle et une tante.«Il n'y a rien de personnel dans cette décision, défend le père.C'est simplement une décision économique, nous n'avons pas le choix.» Le lendemain, il manque deux chaises à la table familiale.Aucune trace des deux enfants «sacrifiés».Les parents font valoir aux deux enfants «survivants» qu'ils sont chanceux de faire encore partie de la famille.Les parents s'attendent d'ailleurs à des efforts supplémentaires de leur part pour les tâches domestiques.«Mangez votre déjeuner, les enfants, dit le père.Après tout, la nourriture, ça coûte cher!» David Noer affirme que les sentiments vécus par les enfants partis, par les enfants «survivants» ainsi que par les parents sont identiques: colère, souffrance, peur, culpabilité, tristesse.Une famille, tout comme une organisation, ne peut fonctionner normalement dans un climat psychologique aussi morbide.28 Ve88 janvier-février 1998 PHOTO- S£RG£ (OMGUÉ celles qui ont traversé les deux premières étapes s'adaptent tant bien que mal à leur nouvel environnement.HAUT NIVEAU DE STRESS Le stress post-traumatique est cité dans la classification des maladies mentales (DSM IV) de l'Amencan Psychiatrie Association, le manuel diagnostic de la profession.Par contre, on n'y retrouve pas le syndrome du survivant des licenciements! Selon Jean-Jacques Bourque, psychiatre à l'hôpital Notre-Dame et aussi président-fondateur de la firme Humagest inc.(consultation en entreprise), «le syndrome du survivant (des licenciements) n'est pas une maladie, c'est un niveau de stress important».Un stress qui ne cause pas directement des ennuis de nature psychiatrique «parce que les gens qui ont une personnalité forte, normalement, n'auront pas de problèmes, assure Jean-Jacques Bourque.Mais quand on a affaire à des gens qui ont une faible personnalité, étant donné qu'ils vivent un surplus de stress, ils pourraient faire une dépression à laquelle ils sont prédisposés».Le psychiatre affirme avoir rencontré quelques sur-vivants-es «mal en point».Si la majorité des individus traversent une période difficile pour ensuite se rétablir, «un petit nombre reste marqué et ne revient pas au niveau de productivité antérieur», juge Jean-Jacques Bourque %£ SYMPTÔMES À COURT ET À LONG TERMES A partir d'entrevues menées dans une firme multinationale de la côte est des États-Unis en 1987.David Noer a dressé une liste de symptômes du syn- DESSIN PIERfit GAUTHIER janvier-février 1998 drome du survivant, qu'on peut résumer ainsi: • sentiment d'injustice, méfiance, colère envers l'organisation • dépression, stress et fatigue • réduction du risque et démotivation • sentiment que le changement est permanent, que rien n'est stable • les cadres déplorent un manque de stratégie orga-nisationnelle Cinq ans plus tard, en 1992.Noer effectue une seconde visite dans la même entreprise.Les mises à pied se sont poursuivies, l'entreprise lutte toujours pour sa survie.À noter, les employés-es interroges en 1992 ne sont pas les mêmes qu'en 1987.Les symptômes de 1987 sont toujours présents et de nouveaux apparaissent, tels que: • insécurité, anxiété, peur • résignation et torpeur • problèmes de communication entre les dirigeants et les employés-es • dénonciation plus subtile des mises à pied survenues après la première vague de licenciement Les salanés-es distinguent mieux la «bonne» de la «mauvaise» façon de remercier un-e employé-e • loyauté envers soi-même et à son travail, non envers l'organisation • les employés-es détestent se faire dire qu'ils sont chanceux d'avoir un emploi.Par ailleurs, ils sont d'avis que l'optimisme est une attitude qui ne cadre pas avec les valeurs dominantes de l'entreprise.David Noer conclut que «les symptômes des survivants ne disparaissent pas d'eux-mêmes.Ils persistent évoluent et souvent s'intensifient avec le temps.» Le travail, c'est la santé, qu'ils disaient.%C J.-S.Marsan Dans Healing the Wounds, David Noer affirme que les gestionnaires et les employeurs ne peuvent aider les survivants-es; trop rationnels, ils seraient dépourvus de la sensibilité émotionnelle requise.Noer a donc développé une méthode d'intervention en quatre étapes, à mettre en oeuvre par des intervenants-es provenant de l'extérieur de l'organisation.Dans le genre, «thérapie de groupe».Cette méthode est diffusée partout en Amérique du Nord, jusqu'au ministère de l'Éducation du Québec.Des gestionnaires de ce ministère ont participé, en 1996, à un séminaire intitulé L'accompagnement des personnes désignées comme excédentaires et la gestion de celles qui restent (ouf!), où le modèle de Noer était cité en exemple.Un.Veill er a ce que les mises à pied s'effectuent avec un minimum d'humanité afin de minimiser le syndrome du survivant.Les patrons doivent exposer les faits aux em-ployés-es, leur faire comprendre le caractère inévitable de la catastrophe appréhendée, leur offrir un service de recherche d'emploi ou une pré-retraite, etc.Dévoiler l'humanité cachée du boss.Deux.Dis-moi où ça fait bobo: un-e intervenant-e, en utilisant la métaphore de la famille brisée, déclenche une discussion entre patrons et employés-es puis interroge les parties sur les émotions vécues.Trois.Eliminer ce que Noer appelle la «codépendance organisationnelle».Selon Noer, il ne faut rien attendre des entreprises; la seule sécurité d'emploi serait notre valeur individuelle sur le marché de l'emploi.Noer suggère donc aux employés-es d'élaborer un plan de carrière qui s'appuie sur Vempowerment et la responsabilisation.Quand on veut, on peut! Quatre.A long terme, créer de nouvelles relations de travail qui immunisent le personnel au syndrome du-de la survivant-e.Il s'agit de jeter l'ancien «contrat psychologique» à la poubelle et de le remplacer par le nouveau.Voyons ça de plus près.NOUVEAU CONTRAT PSYCHOLOGIQUE «C'est frustrant, quand on a travaillé tant d'années pour un employeur, de voir que toute une époque s'écroule», conle Ginette L'Heureux de Pirelh Câbles.«La cause fondamentale du syndrome, c'est le bris du contrat psychologique, soutient le professeur Alain Gosselin, professeur et guérir! La psychologite individualiste agrégé au Service de l'enseignement de la gestion des ressources humaines de l'école des Hautes études commerciales (HÉC) de Montréal.Au-delà du contrat formel, écrit, il existait une espèce de contrat qui liait l'entreprise et l'employé, qui se disait: je reste dans cette entreprise-là parce que j'y trouve mon compte.L'entreprise me demande de performer de partager mes compétences, mes idées, d'investir du temps, et je le fais parce qu'en contrepartie, elle me donne une progression salariale, des opportunités de carrière, un milieu de travail, des collègues, etc.» Ce contrat historique, jadis incarné dans toute sa splendeur par le secteur public, a volé en éclats.Finis les avantages du salanat-à-temps-plein-pour-la-vie.«Par contre, l'entreprise demande plus de temps, plus de performance, plus d'idées, plus de compétences, explique Alain Gosselin.Alors, ce que l'entreprise demande à l'employé s'est accru, mais ce que l'entreprise donne a diminué», comme si les organisations ne respectaient que la moitié du nouveau contrat psychologique.Ce nouveau contrat psychologique transfère tout le poids de la participation au marché du travail sur le dos des individus.Licenciements et restructurations seraient donc un mal nécessaire, comme si les employés-es étaient fondamentalement inadaptés au monde dans lequel ils vivent.Grâce à la méthode Noer, les employeurs peuvent se donner bonne conscience pendant que les travailleurs-ses se démènent pour survivre dans une organisation du travail fondée sur le chacun pour soi.\£ tëS8 janvier-février 1998 Jean-Sébastien Marsan Quand la hache tombe.La mode du downsizing Jean Nolet, 49 ans, a été embauché chez Maple Leaf à Montréal en 1974.Il a perdu son emploi de journalier en 1996.Lors des premières vagues de licenciement en 1992.il a vu ses collègues accablés de «divorces, de dépressions, il y en a qui sont tombés malades, il y en a qui sont partis et qui ne se sont jamais trouvé une autre 70b».Les salanés-es de Maple Leaf tombaient de haut: ils gagnaient en moyenne 36 000$ par année pour 40 heures par semaine, assure Jean Nolet, qui a été président du syndicat local.«Avec les heures supplémentaires, on pouvait faire jusqu'à 60 000$ par an.Ça marchait très bien.Les pertes d'emploi, on pense toujours que ça arrive aux autres, confie Jean Nolet.On se disait que "Maple Leaf est une grosse compagnie qui existe depuis 70 ans".» En 1992.l'entreprise a fermé son usine de produits de salaison de Montréal (414 mises à pied) puis, en janvier 1997, Viandes Maple Leaf à Saint-Laurent (I 10 emplois perdus).RESTRUCTURER.MAIS POUR QUOI AU JUSTE?Les mises à pied qui frappent les esprits sont surtout celles qui surviennent sans crier gare.le plus souvent au nom d'une restructuration.Dans le cas de Maple Leaf.l'entreprise a tout bonnement transféré une partie de sa production en Ontario.Si des licenciements peuvent s'inscrire dans une restructuration, il ne s'agit pas d'une étape obligatoire pour brasser la cage d'une organisation.Il y a des licenciements plus sauvages que d'autres, et des restructurations plus justifiées que d'autres.Surtout quand un effet de mode se manifeste Cas tristement célèbre, le 2 janvier 1996, le géant etats-unien des communications AT&T annonçait le licenciement de 40 000 employés-es.Un sur six! Le motif: restructuration d'un titan pourtant rentable.Aux États-Unis, entre 1989 et 1991.17% des réductions de poste ont touché les cadres moyens, bien qu'ils ne formaient que de 5% à 8% de la force de travail.Plus de 85% des sociétés répertoriées au Fortune 500 ont réduit leurs effectifs de cadres entre 1987 et 1991.PERDRE SA STABILITÉ D'EMPLOI Aux restructurations s'ajoute un phénomène, dans le secteur public, qui passera à l'Histoire comme une marque des années 90: les départs volontaires afin ► PM0T0: SERGE I0NGUÉ janvier-février 1998 31 Alain Gosselin il ^* La démobilisation peut tuer l'entreprise Certains employés-es préfèrent quitter le bateau avant qu'il ne sombre.Alain Gosselin, professeur agrégé au Service de l'enseignement de la gestion des ressources humaines de l'école des HÉC, explique que «l'entreprise entre alors dans un cercle vicieux: on s'est débarrassé d'un certain nombre de personnes, on a gardé ceux qu'on veut, mais ils commencent à quitter.Plus les gens importants vont quitter, moins l'entreprise va être performante; moins elle va être performante, plus elle va faire des mises à pied; plus elle va faire des mises à pied, plus ses problèmes seront exacerbés.C'est ce qu'on voit dans beaucoup d'entreprises, il y a des vagues de licenciement parce qu'on ne réussit pas à repartir.C'est dommage parce que les deux perdent: à la fois l'entreprise et les employés sont dans un cercle vicieux.» En 1992, un sondage de l'American Management Association a révélé que 43% des entreprises sondées avaient procédé à deux restructurations en cinq ans, et que 24% en avaient connu trois ou plus.En 1993, un second sondage a démontré que 65% des entreprises qui avaient licencié en 1992 ont répété la manoeuvre l'année suivante1.Dans le milieu des gestionnaires, les partisans-es des licenciements comme stratégie de gestion affirment que la cure minceur réduit le gaspillage, facilite la prise de décisions et fouette la créativité des employés-es.Les attentes à court Expansion Management Review.n° 74, automne 1994, P- 49- terme des actionnaires peuvent exacerber ce type de gestion: par exemple, en septembre 1996, la caisse de retraite des en-seignants-es de l'Ontario exigeait, en retour d'un investissement de 70 millions $ dans Toronto Sun Publishing Corp., que celle-ci procède à des compressions de personnel.Interrogé sur le discours paradoxal de la caisse de retraite (qui s'opposait alors aux licenciements dans le secteurde l'éducation), son président directeur général, Claude Lamoureux, a laissé tomber: «Comme fonds de retraite, nous recherchons le rendement.» À l'inverse, d'autres soutiennent que l'abolition de postes mine le moral des employés-es, élimine l'expertise des vétérans et peut affaiblir les finances d'entreprise.Le dernier sondage de la firme montréalaise Murray Axmith sur Les modalités de licenciement au Canada démontre qu'il y a eu réduction des frais d'exploitation dans 80% des entreprises mais dégradation du moral des employés-es dans 67% des cas.46% des entreprises sondées affirment que les licenciements n'ont pas eu d'effets sur la productivité et 9% soutiennent que la productivité a chuté après les mises à pied2.1 014 entreprises ont répondu au sondage, dont 71% ont restructuré leur entreprise ou réduit leurs effectifs au cours des cinq dernières années.Source: La Presse, 11 avril 1997, p.C1C2.32 v938 ► d'atteindre le déficit zéro.Par exemple, en vertu d'un objectif de réduction des dépenses de 800 millions $, le gouvernement québécois a convaincu, en juillet dernier plus de 30 000 de ses employés-es d'accepter un plan de retraite en échange de leur démission.Plus du double de l'estimation de Québec lors de l'annonce de son programme en avril 1997! Dans le seul réseau de la santé, les 7 000 départs prévus en avril sont passés à plus de I 3 000 au mois d'août suivant.justement, on retrouve fréquemment le syndrome du survivant dans les grandes entreprises privées et publiques où la sécurité d'emploi semblait, jusqu'aux récentes vagues de licenciement, un acquis.L'âge peut donc jouer un rôle important, car les 45 ans et plus qui ont travaillé longtemps dans de grandes organisations stables acceptent mal la précansation de l'emploi et éprouvent des difficultés à se recycler.Une réalité qui effraie moins les jeunes, habitués à l'emploi précaire, au travail autonome, aux Mcjobs en attendant mieux.«Le problème fondamental du syndrome, c'est la notion d'identité», affirme Serge Rainville, un conseiller d'orientation et en relations industrielles, qui a souvent oeuvré auprès de sur-vivants-es des licenciements.«Il y a des gens qui ont mis toute leur identité dans leur employeur, dit-il.Alors quand la structure de leur organisation change de façon importante, ils sont démunis.» Dans un monde où l'emploi est de plus en plus exigeant et précaire, paradoxalement, le travail trône encore au sommet des valeurs sociales.Puisque la famille, la religion et l'appartenance à la communauté ne jouent plus un rôle identitaire central, le travail est le déterminant numéro un du statut social.Il donne sens à l'existence.D'où l'ampleur de la crise personnelle qui frappe les chômeurs-ses et les «survivants-es».Lors d'une conférence prononcée en avril 1996, Johanne de Montigny, psychologue à l'unité des soins palliatifs de l'hôpital Royal Victoria de Montréal, ainsi que chargée de cours au Centre d'études sur la mort de l'Université de Montréal, m i— -■■ décrivait l'im- SJfiP ^ portance du syndrome du survivant dans le réseau de la santé.Elle-même rescapée d'un écrasement d'avion survenu en "^« 1979.elle s'interrogea ification de l'expression «syndrome du survivant» dans le monde du travail.«La vie des travailleurs est-elle réellement menacée?, demandait-elle.Ne serait-ce pas plutôt le travail qui est menacé?Or, si le travail définit la vie, il est clair qu'il s'agit alors d'une vie menacée.» v£, janvier-février 1998 •LE YEMEN: ENTRE POIGNARDS ET CELLULAIRES • Micro-crédit • E.DREWERMAIUIU: SALMAN RUSHDIE L'IRONIE EN MOINS •Démotivation scolaire: posters et répondeurs ►DOSSIER: la JUDICIARISATION de la société à lire dans la prochaine édition MARS-AVRIL 1998 ««« liîSÇi /\ Vous ne payerez que les frais de poste et de manutention (toutes taxes incluses): Abonnement individuel 20$ Étudiant ou sans emploi 15$ Abonnement institutionnel 25$ Extérieur du Canada 30$ BON NEZ" VOUS! Nom Adresse UfrÎEïïl Vous ne voulez pas prendre le risque de rater un numéro de Recto Verso?Code postal Paiement inclus: Revue vie Ouvrière Inc.1215 rue Visitation, bur.101 Montréal, (Québec) H2L 3B5 Tél.(514) 5*3-5998 Faire parvenir votre chèque ou mandat-poste à: FÉDÉRATION AUTONOME DU COLLÉGIAL Colloque sur l'avenir de la.profession enseignante 16 et 17 janvier 1998 Crowne Plaza - Métro centre Information 1259.rue Berrl.bureau 400, Montréal (Québec) «H214C7 Tél.(5141840-9977 Telec (5141848 0166 Internet : http://www.lafac.uc.ca Courriel lac laiacpcca d>®J«| Conférencier international Membre de la Commission Delors 34 V588 janvier-février 1998 PHOTO: ALAIN CHAGNON «Y'a quelqu'un?» Cette photo a vieilli bien vite.Depuis 1978, profits et concurrence obligent, Bell a utilisé les chronomètres et la technologie pour réduire son personnel, dont une grande quantité de femmes téléphonistes.Il y a un autre anachronisme qu'on voit moins, dont on entend moins parler.On trouve encore au Québec plus de 60 000 ménages, en milieu rural, où il est impossible d'avoir des compagnies téléphoniques autre chose qu'une ligne partagée.Deux coups, c'est pour le voisin, trois coups pour l'autre, etc.Impossible sur ces lignes d'installer même un simple répondeur.Pensez-y la prochaine fois que vous entendrez parler de l'autoroute informatique.\£, [Daniel S.-LEGAULT] janvier-février 1998 VBS8 35 LE C HUAI EQUITABLE Un peu d'histoire.• C'est durant la Seconde Guerre mondiale qu'un groupe d'universitaires secoués par la famine affligeant la Grèce, a fondé le OXford Committee for FAMine Relief.Ce comité allait devenir l'organisme OXFAM que nous connaissons depuis.Créé pour répondre à un problème de famine, dans un contexte de guerre, l'organisme s'est très vite engagé dans la recherche de résolutions aux problèmes de la faim dans le monde.Membre du réseau OXFAM International, OXFAM-QUÉBEC - fondé en 1973 -travaille prioritairement en faveur de la sécurité alimentaire et met de l'avant le droit fondamental de se nourrir.Ses actions en sécurité alimentaire visent, entre autres, à créer des conditions favorables à l'accès aux denrées alimentaires, tant en milieu urbain que rural, par l'obtention de revenus pour les acheter ou de moyens pour les produire.C'est pourquoi OXFAM-QUÉBEC a décidé d'oeuvrer à faire connaître le commerce équitable et à offrir des produits équitables au public québécois.Pourquoi le commerce équitable ?________ Afin de permettre aux petits producteurs et productrices de se libérer de conditions de vie dans lesquelles ils se débattent : dépendance à l'égard d'acheteurs et d'intermédiaires, récoltes précaires, endettement, etc.Afin d'introduire des pratiques équitables qui leur permettent d'obtenir un prix juste pour leurs produits - et leur travail.Car les organisations de commerce équitable leur offrent des débouchés pour leurs produits, leur garantissent des prix justes et réalistes et établissent des liens directs entre eux et les consommateurs.Afin qu'ils puissent, grâce à l'obtention de revenus décents, avoir accès aux denrées alimentaires et améliorer les conditions de vie de la co.Timunauté.Et pour que, consommateurs du Nord, nous puissions faire des choix socialement responsables, c'est-à-dire solidaires avec les petits producteurs du Sud.Le commerce équitable s'étend au Québec.Le commerce équitable a une présence affirmée depuis des décennies, particulièrement en Europe, où l'Association européenne de commerce équitable regroupe, entre autres, des organisations de commerce équitable (OCE) affiliées à des membres d'OXFAM International tels Magasins du Monde (Oxfam-Belgique), Intermon (Oxfam-Espagne) et Oxfam Trading (Oxfam-Royaume-Uni).Le commerce équitable est considéré comme un élément-clé d'une politique de développement durable.Au Canada, OXFAM-Canada a créé la branche commerciale Bridgehead et offre des produits de commerce équitable certifiés.Pour garantir aux consommateurs que le café acheté est bien un café équitable, Fair TradeMark Canada, une société fédérale à but non-lucratif, membre de TransFair International, accorde l'étiquette qui garantit que le produit est réellement «équitable».Pour sa part, OXFAM-QUÉBEC a créé Produits du Monde OXFAM et, grâce à une collaboration avec Bridgehead, peut désormais offrir un premier produit équitable au Québec : le café équitable De plus, afin de développer une clientèle éclairée sur le commerce équitable, et en collaboration avec le groupe A SEED (Action - solidarité, équité, environnement et développement) OXFAM-QUÉBEC réalise un programme d'éducation du public en utilisant les moyens suivants : affiche, dépliant, vidéo, trousse pédagogique (livre, bande dessinée, fiches), séances d'animation, tournée à travers le Québec.Les partenaires du Nord Le principal partenaire d'OXFAM-QUÉBEC au Nord est Bridgehead-Oxfam-Canada inc , organisation de commerce équitable (OCE) et branche commerciale d'Oxfam-Canada.Depuis plus de 10 ans, Bridgehead se spécialise dans l'importation d'artisanat et de produits alimentaires provenant de coopératives des pays du Sud.Bridgehead achète son café équitable de Equal Exchange Equal Exchange est aussi une organisation de commerce équitable (OCE) qui travaille avec des coopératives de producteurs de café regroupant plus de 10 000 familles de cultivateurs en Amérique latine et en Afrique.Au cours des 10 dernières années, Equal Exchange a développé une expertise dans l'importation et le traitement du café commercialisé équitablement et, ainsi, peut garantir aux consommateurs un café gourmet de première qualité.Les OCE s'engagent à payer un juste prix aux producteurs, à s'approvisionner auprès de coopératives gérées démocratiquement, à fournir du crédit lorsque nécessaire, à encourager une agriculture qui mène à l'autonomie des groupes et à des pratiques respectueuses de l'environnement, ainsi qu'à établir avec les producteurs et productrices des relations à long terme fondées sur l'égalité et le respect mutuel.OXFAM-QUEBEC Fondé en 1973, OXFAM-QUÉBEC est un organisme voué au développement international, ayant pour mission d'appuyer les populations qui luttent pour leur survie, pour leur progrès, pour la |ustice sociale et pour le respect des droits humains , de mobiliser la population du Québec et de faciliter l'expression de sa solidarité pour un monde plus équitable OXFAM-QUÉBEC est membre du réseau OXFAM International et travaille de concert avec d'autres OXFAM à promouvoir le commerce équitable UN CHOIX €RU< OXFAM-ttlJÉBEC JM.JC Ma POUR Les producteurs du Sud Le café à saveur équitable provient, entre autres, des coopératives suivantes : La route vers.le café à saveur équitable ! Prodecoop-Nicaragua Prodecoop (Promoteur du développement des coopératives) de la région des Segovias a été incorporée en 1993 et, cette même année, a vendu son premier conteneur de café vert à Equal Exchange.Prodecoop appartient à 71 coopératives établies à Esteli, Nueva Segovia et Madriz, et compte un total de 2 420 membres actifs.On retrouve le café de Prodecoop dans plusieurs mélanges commercialisés au Québec.Socra et Fesacora-EI Salvador En vendant ses cafés sur le marché équitable, Fesacora aide ses membres à reconstruire leur communauté après 15 ans de guerre civile.Établie en 1992, Socra représente 3 fédérations de coopératives, une confédération et 17 coopératives de café dans le centre et l'ouest du El Salvador.Kncu-Tanzanie L'Union des coopératives indigènes du Kilimandjaro est l'une des plus anciennes coopératives d'Afrique.Fondée en 1924, Kncu regroupe aujourd'hui 90 coopératives locales et compte environ 135 000 membres.La douceur et le velouté de son café en font un des meilleurs cafés africains.Cette production se retrouve dans le café Tanzanie AA.% La route du commerce conventionnel Un chemin jalonné de plusieurs intermédiaires trop souvent abusifs.f petrt producteur*\ y de café J La route du commerce équitable Le chemin le plus court entre le producteur et le consommateur et la garantie d'un juste prix pour le producteur.f intermédiaire \f travailleur sur A V (négociant) J\^ la plantation J : transformateur X X propriétaire ^\ de plantation J C c c 7" exportateur courtier compagnies de cafés / torréfacteurs ■ distributeurs magasins consommateu C c G C ) C 3 petit producteur de café coopérative i : organisation de commerce équitable^ I magasins consommateurs 3 Le café à saveur équitable ■ Par son engagement dans le commerce équitable.OXFAM-QUÉBEC travaille à accroître la capacité des petits producteurs et productrices à prendre en charge leur développement.Ainsi, les consommateurs se voient offrir des produits qui représentent des choix socialement responsables.Le café, c'est souvent un des premiers gestes du matin, c'est la pause de la demi-journée, c'est le compagnon d'un moment de détente et de conversation entre amis.Et ce peut devenir un geste place sous le signe de la justice et de la solidarité en matière de commerce Nord-Sud.Car ne nous y trompons pas, cette petite tasse de café équitable modifie certains rapports de forces au sein de nos sociétés : elle nous fait passer de l'échange commercial conventionnel au renforcement des petits producteurs et productrices du Sud.Pour consommer le café équitable ou pour organiser une activité d'animation de groupes, contactez-nous au (514) 937-1614.OXFAM-QUÉBEC 2330, rue Notre-Dame Ouest, Bureau 200, Montréal (Québec) Canada H3J 2Y2 Téléphone : (514) 937-1614 • Télécopieur (514) 937-9452 Courriel info@oxfam.qc.ca V CET ESPACE EST RETENU ET PAYE PAR : AQOCI.DEVELOPPEMENT ET PAIX, INTER PARES, OXFAM-QUEBEC, SUCO. La syndicalisation des McDo Ronald en duel Nathalie Labonté Dans le coin gauche, le plus puissant syndicat au monde: la Fraternité internationale des Teamsters.Quelque 1,8 million de travailleurs-ses syndiqués en Amérique du Nord et une récente victoire aux dépens de la compagnie de messagerie UPS aux États-Unis.Leur opposant, dans le coin droit, la plus grande et antisyndicale chaîne de restauration rapide au monde: McDonald's.Décembre 1996, le téléphone sonne au local 973 des Teamsters à Montréal.Martin Lepage.un employé du McDonald's à Saint-Hubert, demande à parler à un organisateur syndical, résolu à mettre fin aux mauvaises conditions de travail que lui et ses collègues subissent.Après avoir discuté avec leurs employeurs, logé une plainte au siège social québécois de la direction des restaurants McDonald's et s'être rivé le nez à la Commission des normes du travail sans résultat, la syndicalisation devient alors leur seule porte de sortie.Le conseil des Teamsters reçoit la requête avec scepticisme.Henri Van Meerbeeck, un organisateur syndical, prend le temps de rencontrer les employés-es.Convaincu du sérieux de leur démarche, il entreprend dès lors l'éducation syndicale d'un petit noyau de jeunes et moins jeunes, qui l'aideront à recueillir un maximum de signatures (50% des employés + I), indispensables à la demande d'accréditation.L'objectif est atteint en deux soirées intenses.LesTeamsters.affiliés à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, déposent la demande .* ., d'accréditation le 18 février 1997 au ministère du Travail.I!tmà Les sceptiques sont confondus.Au début de cette campagne, Henri Van Meerbeeck passe pour un illuminé.Dans le milieu syndical, plus personne n'ose s'attaquer à Ronald McDonald's et sa gong.Toutes les requêtes en accréditation précédentes dans cette chaîne de restaurants ont échoué au Canada et même en Amérique du Nord.«Un seul restaurant de llowa a été syndiqué dans les années 70, souligne Henri, Cela a duré quatre ans, avant que la compagnie casse l'union.» Au Québec, lesTravailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) ont perdu des plumes en tentant une percée à Longueuil en 1993.La CSN, quant à elle, s'est cassé les dents à Granby et Shawmigan.Henri Van Meerbeeck n'a pas peur; son puissant syndicat est probablement le plus apte à affronter cette grosse multinationale.janvier-février 1998 01 UNE CAUSE QUI FRAPPE L'IMAGINAIRE Les médias s'emparent vite de l'affaire, qui a tous les atouts pour faire couler beaucoup d'encre: un combat qui oppose principalement des jeunes aux emplois précaires, épaulés par un puissant syndicat, à une multinationale richissime, véritable incarnation du néolibéralisme et de la mondialisation.La possibilité de créer un précédent en Amérique du Nord, advenant la victoire du syndicat, suscite l'intérêt.En plus de se battre pour de meilleures conditions de travail, les jeunes employés-es de Saint-Hubert luttent aussi pour leur droit d'association devant le ministère du Travail.Voilà presque un an que leur demande d'accréditation traîne devant le commissaire général du travail.Généralement, la procédure s'échelonne sur six mois.Même si ces employés-es ont recueilli 82% des appuis possibles, ils ne sont toujours pas syndiqués.«Toutefois, le moral des troupes est bon», lance Martin Tremblay, un employé très engagé dans la syndicalisation LAMCSTRATÉGIE Pour contester la requête en accréditation déposée par le syndicat desTeamsters.la direction des restaurants McDonald's a engagé les avocats les plus réputés: l'étude Martineau Walker Après avoir défendu lesTim Horton.WalMart et CanadianTire.maîtres Skelly etTurmel soutiennent que cette requête n'est pas valable, puisque les propriétaires du McDo de Samt-Hu-bert possèdent cinq autres restaurants franchisés et que ces seuls employes-es ne constituent pas la majorité au sein des entreprises JMC.«SiTom et Mike Capelli.nos employeurs, n'avaient eu qu'une seule franchise, enchaîne Martin Tremblay, nous aurions eu notre accréditation depuis longtemps McDonald's essaie par tous les moyens de gagner du temps: le temps de nous remplacer tous.» Cinquième audience devant le commissaire du travail (31 oaobre 1997).huit employés-es des entreprises JMC.opposés à la syndicalisation, sont venus écouter le contre-interrogatoire d'un ►- Henri Van Meerbeeck.Qui sont les Teamsters?Les Teamsters ont syndiqué la plupart des entreprises qui alimentent les restaurants McDonald's, notamment les employés-es de Sealtest et de Coke.Grâce à ce syndicat aussi, le personnage de Mickey Mouse à Walt Disney a maintenant l'air climatisé dans son costume.Réputés pour leur recrutement intensif, les Teamsters ont loué le site de la Floride pendant quatre jours, pour finalement y accréditer la plupart des employés-es.Aux États-Unis, la Fraternité des Teamsters s'est fait connaître dans le domaine du transport routier.Aujourd'hui, elle compte 6oo sections locales à travers l'Amérique du Nord, dont 41 situées au Canada.Elle syndique plusieurs types de métiers: des travailleurs-ses de ligne aérienne, en passant par ceux-celles de l'automobile, des employés-es de buanderie, de cinéma, etc.\£ Grâce auxTeamsters.Mickey Mouse est maintenant climatisé.janvier-février 1998 VB§8 39 Les médias s'agglutinent.►- témoin des Teamsters, Jerry Vincent.L'avocat qui les représente, maître Guy Sirois, est assis à côté des avocats officiels de McDonald's.Lorsqu'on demande à ces employés, surnommés A/lc-contestatoires par les syndicats, qui paie les honoraires de leur avocat, ils se font très discrets.Sur la place publique, le clan McDo est peu loquace.Magnus Isaacson prépare un documentaire sur le conflit McDonald's-Teamsters.Il suit attentivement le déroulement des événements.«C'est une histoire à la fois très dramatique et symboli- que de la situation des jeunes qui travaillent dans le secteur des services et des emplois précaires.Jusqu'à maintenant je n'ai pas eu de difficulté à parler aux gens du côté syndical.Par contre, dans le cas de Me Sirois et ses clients.|e demande des entrevues depuis trois mois, mais elles ont toujours été remises.» Depuis le début des audiences, la petite salle est majoritairement remplie de Me-contesta-taires.Ghislam Schinck, employé des entreprises JMC.affirme avoir eu une mauvaise expérience avec la CSD.Sur son t-shirt.on peut lire «Un syndicat?Ben voyons donc.» UNE CAMPAGNE BOULE DE NEIGE L'histoire des employés-es de Saint-Hubert, véhiculée par les médias, met la puce à l'oreille d'autres travailleurs-ses précaires.Plus d'une vingtaine de McDo ont déjà contacté l'organisateur syndical des Teamsters.Une campagne comme celle-là a de quoi donner l'appétit aux syndicalistes, qui y entrevoient une belle percée dans le monde du travail précaire.Le défi est de taille.Henri Van Meerbeeck arrive en sauveur dans un secteur longtemps boudé par les grands syndicats.Il devient vite débordé devant l'ampleur du problème.Toutefois, sa stratégie semble porter fruit.ASSEMBLÉE DE SALON Un samedi soir d'octobre, Mathieu est l'hôte d'une réunion syndicale dans le salon de ses parents.Il a 20 ans et travaille dans un McDo du sud-ouest de Montréal depuis trois ans.Il n'a jamais terminé ses études secondaires II fait entre I 5 et 18 heures par semaine, à un taux horaire de 7,05$.Les trois jeunes présents s'enflamment quand la discussion tourne autour des conditions de travail.Tous ont des anecdotes, des histoires d'horreur, à raconter à l'organisateur syndical.Henri Van Meerbeeck rencontre les jeunes en petit nombre pour écouter attentivement leurs appréhensions.Il s'informe à chacun comment vont les signatures de carte.Même s'il leur a remis une feuille dressant tous les avantages d'un syndicat, les employés-es «recruteurs» viennent rapidement à court d'arguments en discutant avec leurs compatriotes.Par exemple, certams-es craignent de voir passer leur maigre salaire en cotisation syndicale.«Pour les temps-partiel, c'est environ 5$ par semaine, leur indique Henri.Mais en général, ça revient à une heure de salaire par semaine.» Quant aux jeunes qui ont peur de perdre leur emploi en côtoyant des syndicalistes.Henri les rassure: «Personne n'a perdu son emploi au McDo de Saint-Hubert.» Au côté de l'agent de recrutement des Teamsters, Kevin Schwanker, un gars dans la vingtaine, est là aussi pour mfor- Depuis plusieurs décennies, MacDonald fait passer ses employés-es par différents programmes de formation, souvent très autoritaires.40 V388 janvier-février 1998 mer les jeunes II est passé par le même processus, en syndiquant un restaurant Harvey's à Brassard.«Depuis que nous avons signé une convention collective, le patron respecte l'ancienneté des employés pour les horaires et les salaires», explique Kevin.Ce soir-là.la rencontre avec Henri et Kevin a un effet stimulant chez les trois |eunes.Sébastien est prêt à s'emparer de la liste des employés-es pour obtenir leur numéro de téléphone et les contacter personnellement «La promotion des «2 pour I» s'en vient, ajoute-il.La pression va être énorme, je vous dis que les employés vont signer leur carte.» Syndicaliste chevronné.Henri Van Meerbeeck a analysé toutes les requêtes en accréditation au sein des restaurants McDonald's d'ici et d'ailleurs.Solide de l'appui du président de la FTQ.Clément Godbout, il est prêt à aller jusqu'au bout.Le commissaire du travail, chargé de trancher dans le conflit McDo-Teamsters, devrait rendre sa décision cet hiver.«Si jamais on refuse le droit d'association aux jeunes de Samt-Hubert.un boycott des restaurants McDonald's est tout à fait envisageable», conclut Henri Van Meerbeeck.La partie n'est pas terminée %^ Portage Il y a de ces gens, rares, qu'il fait bon retrouver en toutes occasions.Qui demeurent solides et rayonnants malgré les crises et les tourments.De ces humains aux qualités si grandes qu'on oublie qu'ils sont mortels.GUY LAFLEUR, directeur de l'Association québécoise des organismes de coopération internationale, s'est suicidé le 15 octobre dernier.Militant passionné de justice, passionnant d'intégrité et d'intelligence, il fut depuis trente ans de tant de combats au Québec et dans les Amériques pour toutes les libertés.Puissent tous les rêves qu'il a portés s'accomplir.[].Robitaille] yÉ^ Appel de services Le magazine RECTO VERSO est à la recherche d'une ou plusieurs personnes pouvant assumer, pour au moins l'année 1998, une partie ou l'intégralité des blocs de tâches suivants (équivalant a 1 temps plein): A- ADMINISTRATION DU MAGAZINE - pour 1 1/2 jr par semaine • planification budgétaire et suivi de gestion • coordination des ventes publicitaires • promotion • représentation publique • financement B- DIRECTION ARTISTIQUE - entre 15 à 23 jours par 2 mois (demi-temps) • recherche pour illustration des textes • commandes et suivi des illustrateurs-nces et des photographes • édition des illustrations • préparation du montage • montage (facultatif) • suivi à l'imprimerie et coordination de la pro- duction • correction d'épreuves C- SECRÉTARIAT DE RÉDACTION - pour 12 jours par 2 mois • correction de textes journalistiques • suivi des pigistes • titraille et pupitre • animation du comité de lecture • corrections d'épreuves Qualités et compétences souhaitées: Rigueur d'organisation et autonomie Expérience ou formation pertinente, et créativité Connaissance du fonctionnement interne d'un média écrit • • • Salaire: 17,10$ l'heure + avantages sociaux Dès que possible, avant le 30 janvier 1998, nous signifier votre intérêt par la poste (RECTO VERSO, 1212 rue Panet, Montréal H2L 2Y7), par télécopie (514-527-3403) ou par courrier électronique (vo@mlmk.net), en incluant les pièces que vous jugez pertinentes (curnculum vitae, articles déjà publiés, critiques et suggestions pour le magazine) Nos ressources en réception étant très limitées, prière de ne pas téléphoner ni se présenter.Les éléments non mentionnés ici sont ouverts à la discussion ou négociables.Merci de votre compréhension.janvier-février 1998 ^38 41 V et CEE Daniel S.-Legault La vie, l'amour, les grandes oeuvres Un candidat, pendant la dernière campagne électorale à Laval, martelait le principal article de son programme: une baisse de taxes de 42$ par année.Dites sérieusement à un jeune que la politique est passionnante.Plein de soupe Il avait déjà suggéré de «fermer les régions» «non-rentables».Après le pan-canadien voyage en Chine de cet automne, dont il faisait partie, André Bérard de la Banque Nationale demande aux gens d'affaires, pour promouvoir ces initiatives, d'«acheter des articles de journaux» dans leur région! Pas de la publicité, des articles de journaux.Ça en dit long sur la conception de l'information qu'a le bonhomme.Le Soleil.13 novembre 1997.Choisir ses chiffres Les pays occidentaux, qui ont réduit de 50% les substances appauvrissant la couche d'ozone (SACO), aimeraient que les pays en voie de développement en fassent autant.Pourtant, selon une étude de l'Agence internationale de l'énergie, les États-Unis sont le premier pays pollueur, par exemple en émettant près du quart du C02 de la planète.Le scandale n'est pas celui annoncé! La situation du transport pour personnes handicapées est pire que jamais, avec d'importantes diminutions de service, et des temps d'attente inhumains.Le transport adapté est évidemment coûteux, mais pas beaucoup plus que le trans- ÛyUjÇfJLÂË port régulier.Ce qui n'a pas empêché un journaliste du Journal de Montréal, en octobre, de faire la une avec un pseudo-scandale.Certaines personnes handicapées utiliseraient les taxis adaptés «pour aller au Ca- seuses nues».Faudrait-il ALLER AU CASINO qu'elles n'aillent qu'à l'hôpital ou à l'église?! Des clients s'en servent pour I DEMAIN : la clientèle du transport adapte augmente .ou aux danseuses ! Idée fixe photo:martinlaprise depuis le dé- but des années 80, l'écart de revenus entre riches et pauvres ne cesse d'augmenter.Ces DERNIÈRES ANNÉES, LES HAUTS DIRI- GEANTS CANADIENS SE SONT OFFERT PLUS DE 10% D'AUGMENTATION DE REVENUS PAR AN, ALORS QUE L'INFLATION A TOURNÉ AUTOUR DE 2%.GHYSLAIN DuFOUR, L'ANCIEN PRÉSIDENT DU CONSEIL DE PATRONAT, VIENT DE DEMANDER UNE HAUSSE IMPORTANTE DU SALAIRE DES HAUTS CADRES DE LA FONCTION PUBLIQUE QUÉBÉCOISE.En VOILÀ UN QUI RESTE FIDÈLE À LUI-MÊME.Ghislam Dufour.Ô Canada Selon une récente enquête Angus nés rateraient le test imposé aux tion.Ces tests doivent en principe gration! Reid, 50% candidats mesurer la des C es à 1 capac anad 'imm ens-igra- té d' inté- Celsius 231 Après un an de rénovations où elle est restée fermée, la bibliothèque Centrale de Montréal est plus inaccessible que jamais.La majorité des /ivres doivent être demandés aux préposés qui vont les chercher en «magasin» arrière: les erreurs sont plus fréquentes que les rondes de recherche, et impossible pour le public de fureter sur les rayons.Les heures d'ouverture ont diminué.La collection de livres se renouvelle à un rythme de sous-développement.Chaque année, la Bibliothèque se dé/este de dizaines de milliers de vieux livres, pour «faire de la place».Après les nouveautés best-sellers, c'est maintenant pour les mises de côté que des frais sont exigés.PHOTO: DANIEL S.-LEGAULT janvier-février 1998 Depuis un an, • Plus de 3 000 emplois coupés dans le secteur de la fonction publique • Des millions de dollars en compresssions budgétaires récurrentes dans les services directs aux québécoises et aux québécois POUR UN QUÉBEC EN PROGRÈS, CONSOLIDONS NCTIONPUB" M.Bouchard, les dépenses publiques, ça sert aussi à construire; c'est un investissement dans la collectivité.r SYNDICAT DE LA FONCTION PUBLIQUE DU QUÉBEC Les découvertes urbaines de L'autre Montréal : * quand on scrute le passe.pour mieux façonner I avenir \'us " > Pour information : Collectif L'outre Montréal Téléphone : [514] 52J-7802 Télécopieur : [514] 271-0035 Courrier élect.: autrmtl@cam.org Pourquoi investir ailleurs ?Une recherche* portant sur 1312 fonds mutuels québécois et canadiens indique que sur 237 milliards $ d'actifs recensés, seulement 6 % étaient investis dans l'économie québécoise.Pourtant, 21 % de ces actifs étaient détenus par des Québécoises et des Québécois.* Source: L'Action nationale, novembre/décembre 1997 'épargne Plus qu'un REER: un fonds de travailleurs Quand vous contribuez à un REER, vous avez droit à des déductions d'impôt.Parce que Fondaction est un fonds de travailleurs, vous obtenez EN PLUS deux crédits d'impôt totalisant 30 %, qui s'ajoutent aux déductions REER.Un REER Fondaction requiert donc un déboursé net moins élevé qu'un REER conventionnel.Profitez-en pour vous offrir une meilleure retraite.La mission de Fondaction est centrée sur la création et le maintien d'emplois ici au Québec.Au cours de 1998, Fondaction commencera à investir dans les entreprises québécoises.À la fin de décembre 1999, au moins 60 % de son actif net moyen de l'année 1998 sera à l'oeuvre dans des entreprises québécoises.FOND4C77Q/V LE FONDS DE DÉVELOPPEMENT A POUR LA COOPÉRATION SS ET L'EMPLOI REER Fondaction Calcul des économies d'impôt et du déboursé net selon le montant investi et le revenu imposable Revenu imposable 1000$ réductions débourse d'impôt* net 3 500$ réductions déboursé d'impôt* net 8 250$ à 25 000$ 647$ 353$ 2 265$ 1235$ 25 001 $ à 50 000 $ 755$ 245$ 2 643$ ' 857$ 50 001 $ à 59 179 $ 785$ 215$ 2 748 $ 752 $ ■ Les frais d'adhésion et les frais annuels ne sont pas inclus.* Tenant compte des crédits d'impôt de 30% et des déductions fiscales associées aux REER selon les taux marginaux d'imposition de 1998.' Une souscription effectuée pour l'année fiscale 1997 permettra de bénéficier d'une réduction supérieure compte tenu des taux marginaux d'imposition de 1997.Vous voulez adhérer ou en savoir davantage sur Fondaction: 1 800 253-6665 OU 514 525-5505 Ceci ne constitue pas une offre publique de valeurs.Vous obtiendrez les informations requises dans le prospectus de Fondaction
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