Recto verso, 1 janvier 2001, mai
BEC 2001 I KLEIN lias ràytes à ÎThlilîJU, | EMPLOI .-41 Les fausses pro, ■ ji,_• ^ •> .• AFRIQUE Les minières canadien, occupent le terrain iiflA  qui se fier? é&s produits du tfîrffîit" Issus d'un savoir-faire traditionnel Une mesure pour développer le Québec rural Le ministère des Régions contribue à la mise en valeur des produits du terroir et consacre une enveloppe de 1,8 M$ à l'intention des promoteurs de projets.Pour toute infomiation, contactez le bureau régional du ministère des Régions le plus près de chez vous.SOLIDARITÉ RURALE DU QUÉBEC Québec a El ta Ministère des Régions Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation Ministère de la Culture et des Communications NO MA n l/JUIN 2001 La nuit durant le Sommet des Amériques, dans la haute ville de Québec.Une grenade lacrymogène chaque minute en moyenne, selon la Ligue des droits et libertés.Photo Benoit Aquln pour Recto Verso.EN COUVERTURE Naomi Klein au Sommet des peuples des Amériques, en pause, durant le teach-in qu'elle y animait le 20 avril 2001.Photo Benoit Aqoin pour Recto Verso.RECTO VERSO AUX SOMMETS L'Alliance sociale continentale engrange une première victoire : les textes de négociation de la Zléa ont été rendus pubrks.Puis, le Sommet des peuples, le Sommet des Amériques, la Conférence des parlementaires des Amériques, la Conférence de Montréal, le Symposium hémisphérique sur le commerce et le développement durable, les rencontres aux plus hauts échelons se sont succédé au Québec pendant une semaine.Dans les rues, manifestants et policiers, pacifiques ou brutaux, ont offert au monde entier l'image de profondes divisions, dans la marche vers l'intégration continentale.Aussi dans ce numéro 4 À SUIVRE DANS RECTO VERSO 6 E0IT0RIAI 8 TOUT COURT 49 MOTS DE SOCIÉTÉ Des livres pour comprendre par Danieile Shelton et Hélène Bard Emplois LES FAUSSES PROMESSES 28 La balloune du travail autonome s'est dégonflée.Les NTIC (nouvelles technologies de l'information et des communications) en ont désenchanté plusieurs.L'emploi salarié a fait un retour en force après la crise des années 1990.Les patrons en ont profité pour se délester des charges sociales.Pour plusieurs travailleurs et travailleuses, la sécurité sociale, c'est le B.S Qui ramassera les pots casses ' Par Jean-Sebastien Marsan.13 L'ÉCONOMIE SOCIALE EN MOUVEMENT Les coopératives funéraires 44 SOLIDARITÉ INTERNATIONALE Penser à la voix active 0GM À QUI SE FIER?46 Danger ou non ?Les scientifiques dépendent des compagnies qui les financent.Les consommateurs, eux, sont laissés à eux-mêmes Par Denise Proulx.NAOMI KLEIN A QUEBEC Nicolas Bérubé a suivi Naomi Klein à Québec, pendant le Sommet des peuples.Il a rencontré la journaliste, la militante l'auteure maintenant célèbre de Ho Loge.Elle y a vu José Bové, Philippe Duhamel, Maude Barlow.Militante et journaliste, militante ou journaliste?Un certain regard sur Québec 2001.LE SOMMET EN PHOTOS Documentaire de Benoit Aquin - coordination Patrick AUeyrt Afrique LES MINIÈRES CANADIENNES OCCUPENT LE TERRAIN ^ ^^ En Afrique, l'aide au développement J m^ peut être néfaste Des sociétés minières s'y comportent comme m/ ^J en terrain conquis.Le gouvernement canadien et ses agences doivent reviser leur implication et adopter des normes de conduites acceptables Par le Groupe de recherche sur les activités minières en Afrique (GRAMA).L'EXPLORATION MINIÈRE CANADIENNE EN AFRIQUE : la carte des investissements en page 38 MAI/JUIN 2001 lECTOVEISOl Tnmreir En collaboration avec le Conseil québécois du Loisir UN SPECIAL PARTIR/SORTIR Des vacances et des loisirs, pour tous-tes et pour tous les budgets.Apprenez comment meubler votre été à peu de frais, en découvrant le Québec, votre région, votre ville, des activités auxquelles vous n'auriez jamais pensé ou que vous pensiez inaccessibles aux petits budgets.Camps de vacances-familles, randonnées pédestres, cylo-tourisme, astronomie, les Québécois-es ont bâti tout un réseau d'entreprises sociales vouées au tourisme et aux loisirs accessibles.LESOGM Une deuxième révolution verte?Le principe de précaution sur lequel s'affrontent Nord-Américains et Européens La rédaction 514.523.5998, poste 23 rectoverso@videotron.ca 4 Sommet des peuples, Québec 2001.Photo Benoît Aquin Les défis l'Alliance sociale continentale LA SOLIDARITÉ NORD/SUD À L'ÉPREUVE Quelle sorte de société formerons-nous quand tomberont les frontières?Les clivages culturels et sociaux?Le Sommet des peuples de Québec-2001 a présenté un front uni contre les privatisations, l'affaiblissement de l'État, la dérégulation des marchés opérée au détriment des peuples et au bénéfice des transnationales.Ce mouvement social s'appuie sur les consommateurs, les ONG de coopération internationale, les écologistes, syndicalistes, paysans et féministes des trois Amériques.La solidarité se renforcera-t-elle en se frottant aux Politiques, dans le contexte de la Zléa?■ Histoire, réalisations et avenir de l'Alliance sociale continentale ■ Portraits de dirigeants et militants pour les droits humains en Amérique Latine recto £RSO 1215, rue Visitation, bureau 101 Montréal (Québec) H2L 3B5 Téléphone: 514.523.5998 Télécopieur: 514.523.5812 rectoverso@videotron.ca Magazine indépendant d'Information générale, Recto Verso examine les réalités socio-politiques, économiques et culturelles d'ici et d'ailleurs Recto Verso cherche à comprendre et à rendre compte des transformations de la société, de ses acteurs et actrices, de ses structures et de ses influences.Publié depuis 1951, le périodique s'inspire depuis toujours des idées émancipatrices dans la perspective d'un plus grand pouvoir des citoyens-nes sur leur conditions de vie et de travail.Les articles publiés dans Recto Verso n'engagent que leur auteurs.CONSEIL 0'ADMINISTRATION Françoise Guay, François Mercier, Guylain Prince, Nathalie 5t-Pierre, Edith Tessier, LinaTrudel coordonnatrice c-ÉNEiALE Anne-Mane Brunelle lîOACTfut en chef Richard Amiot RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT ET C00RD.PHOTO Patrick Alleyn oirscteUR artistique François Leclerc directeur de la PRODUCTION Richard Bousquet «(vision et correction Ginette Gaudreault REPRÉSENTATION PUBLICITAIRE Edith TeSSier abonnement et comptabilité Maria Hemandez Édition Revue Vie Ouvrière inc.MISE EN PAGES ET (IAPHISME Composition Fleur de Lysée inc, Alain Théroux impression Imprimeries Transcontinental inc.fréquence DE parution 6 numéros par année Tt™^jUrt«u Recto Verso est distribué dans plus de A^SyDA ' 10u points de dépôt et par abonnements, r?Ty,7*—'** à travers le Québec et dans la francophonie "-*•>«>' hors Québec.Recfo yerso bénéficie de fonds pour le développement de l'économie sociale du gouvernement du Québec.Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts rédactionnels par l'entremise du Fonds du Canada pour les magazines.Recto Verso est membre de l'Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ).Ses articles sont indexés dans le répertoire analytique de presse Repère.Dépôt Légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec.ISSN: 1484-6586 Envoi de publication, Enregistrement : no 1325639 Parution: no 290, mai 2001 VOUS NE VOULEZ PAS PRENDRE LE RISQUE DE RATER UN NUMERO?ABONNEZ-VOUS! VOUS NE PAYEREZ QUE LES FRAIS DE POSTE ET DE MANUTENTION (toutes taxes inclusesl □ Groupe populaire 25$/an □ Individu 20$/an D Institutionnel 25$/an □ Soutien 32$/an □ Étudiant ou sans emploi 15$/an À l'étranger D individu 30$/an D institutionnel 40$/an NOM ADRESSE CODE POSTAL TÉLÉPHONE 1 ) PAIEMENT INCLUS D Faire parvenir votre chèque ou mandat poste à : Revue Vie Ouvrière inc, 1215, rue Visitation, bureau 101, Montréal (Québec) H2L 3B5 I RECTO VE1S0 MAI/JUIN 2001 TRIBUNE LE B.S.N'EST PAS UNE SINÉCURE On dit :« être sur le B.S.», comme si c'était un statut social ou une profession.Hier, c'était le B.S, bien-être social.Aujourd'hui, c'est la sécurité du revenu.Les mots ont changé, mais la réalité et les préjugés sont les mêmes.Ce n'est, dans aucun des cas, ni une sécurité, ni un bien-être.Prenons le cas d'une personne seule, son allocation est de 510,42 $ par mois, soustrayez le pnx d'un loyer et assurez-vous de beaucoup de démarches et d'imagination pour vous nourrir, payer des vêtements ou tout autre besoin.Ne me faites plus chier en disant que c'est vous qui payez pour me faire vivre.Vous n'êtes pas les seuls à avoir payé de l'impôt.Si vous désirez utiliser votre pouvoir, faites-le donc face aux dirigeants politiques.Qui est le parasite de qui ?Vous pensez que nous vivons richement et que tout nous est donné gratuitement ?Ne regardez pas les cas d'exception frauduleux, mais l'ensemble et la majorité des cas dans l'extrême pauvreté.Dans la vague des coupures budgétaires, les assistés sociaux furent les premiers et les plus durement touchés.Certains services sont encore partiellement disponibles, mais à quel prix ! Savez-vous l'humiliation que suppose la présentation d'une carte d'assisté social pour justifier vos besoins ?À chaque fois, tu dis à la face du monde ta situation de démuni demandant de l'aide.L'accueil de la personne te donnant le service est variable, plus souvent qu'autrement, tu auras droit au mépris ou à la condescendance.Auras-tu l'énergie pour te battre contre ceux qui te desservent ?Je ne veux pas non plus manger aux soupes populaires.Certains me disent que c'est de l'orgueil, mais il s'agit de ma dignité.Loin de moi l'intention de mordre la main tendue pour m'aider ou dénigrer ceux qui mangent aux soupes populaires, mais je me sens comme une quêteuse.C'est trop difficile émotivement, de voir la pauvreté des autres faire écho à la mienne.Où est ma place socialement ?Au Sommet des peuples, aux tables de concertation : qui me consulte ?De combien de listes de revendications et de marches mondiales avons-nous besoin pour affirmer nos droits ?Nous n'avons plus besoin d'études, de séminaires ou de commissions parlementaires sur le sujet; ce sont des tactiques pour retarder les décisions.Aucun problème ne se règle uniquement par des théories car c'est dans la vraie vie que ça se passe.Bernard Landry ne quête pas, il exige du fédéral, avec preuves à l'appui, il se défend à coups de statistiques et de budgets.Si Bernard Landry ne se considère pas le pauvre d'Ottawa, où est son plan d'action pour que son peuple ne soit plus le pauvre de son gouvernement ?Aura-t-il la même ardeur à défendre nos droits face à la mondialisation ?D est temps de sortir de tout discours et de toute attitude de victime.Il ne devrait plus être question de lutte contre la pauvreté et d'abus, mais de droits et de moyens concrets pour accéder au respect et à l'abondance.Jocelyne Poirier Saint- Gabncl-dt-Brandon NDLR Le tribune de Recto Verso est ouverte è toutes les personnes et organisations.Seules les lettres signées, accompagnées de votre adresse et de votre numéro de téléphone seront publiées.Recto Verso se réserve le droit de les abréger.j/^Ws ââkf ▼ lorsqu'on s'investit à fond Votre satisfaction ne se mesure pas en profits ?Vous caressez un idéal, celui de rendre service ?Vous avez en tête un projet d'entreprise ou d'organisme qui redonnera à la communauté ?C'est bien là un signe que, chez nous, on peut avoir le sens des vraies affaires.o* * c 4£i • * 1 ON MÉRITE UN COUP DE POUCE Investissement Québec veut faire équipe avec vous.Notre éventail d'incitatifs financiers, adaptés à votre situation, peut vous aider en garantissant le financement de votre projet.Parce qu'avoir le sens des gens, c'est avoir le sens des affaires.[721 Investissement USA Québec Lesens«Elaffaires Montréal: (514) 87) 4)7$ Québec : (418) 64) 5172 Régions : 1 800 461-24)3 iq@invest quebec.com www.invest-quebec.cont & ^ *N Québec E1U MAI/JUIN 2001 IECT0 VERSO [Eran DANS LA ZLÉA POUR Y RESTER Maude Barlow et des membres des TUA se sont séparés du cortège de la Marche des peuples, à Québec.Abandonnant le tracé officiel, qui conduisait les dizaines de milliers de personnes venues manifester au Sommet des peuples vers un stationnement, loin du périmètre de sécunté du Sommet des Amériques, la porte-parole du Conseil des Canadiens et des syndiqués des Travailleurs ums de l'automobile ont préféré se joindre à ceux qui, la veille, avaient opéré une brèche dans le mur érigé autour des chefs d'État.Parmi les marcheurs-ses qui ont respecté les mots d'ordre et se sont tenus loin de la casse, plusieurs maugréaient, mais obéissaient.C'est à l'image des deux sommets.Tout le monde n'est pas content, mais presque tous ont suivi les lignes officielles.Les dingeants-es, dans la Haute-Ville ou la Basse-Ville, ne voulaient pas perdre le contrôle de la situation.La frustration est la même, toutes choses étant égales, pour un bon nombre de militants-es engagés dans les luttes et les combats et certains des chefs de gouvernement dont les intérêts ne coïncident pas avec ceux des États-Unis, les meneurs du jeu dans le processus d'intégration des trois Amériques.Les institutions mondiales continuent les ajustements structurels au prix du bien-être des peuples Intégration de quoi, au juste?En adoptant une clause démocratique (dont il reste beaucoup à dire), les 34 chefs d'États réunis à Québec ont admis que l'intégration de sociétés aussi diverses, de la Terre de Feu à l'Alaska, ne pouvait se résumer à un simple accord commercial.Au début de la négociation de la Zléa, en 1994, à Miami, sous la présidence de Bill Clinton, il était entendu que le libre-échange devait au minimum s'accommoder de clauses de protection sociales et environnementales.Rapidement, les affaires ont pns le dessus.Les comités devant lesquels devaient être évoquées les questions sensibles des services publics ou de la situation des économies de petite taille ont siégé pour la frime.Par contre, YAmencas Business Forum, qui réunit tout ce qui compte en Amérique, les grandes sociétés capitalistes, a pris en main les pourparlers commerciaux, se réunissant au préalable, avant et pendant chacun des sommets des ministres du commerce.Ils ont mené le bal du début à la fin, négociant en secret des accords qui peuvent jeter à terre les services publics, interdire ou affaiblir les contrôles environnementaux, mettre à mal les lois du travail là où cela gêne les affaires.Les plus sagaces ont sonné l'alarme.Ils n'ont pas été immédiatement entendus.Nous sommes en 1994, en 1995, cela attendra novembre 1999 avant que, à Seattle, de grandes manifestations populaires fassent échouer les négociations du Millenium de l'Organisation mondiale du commerce.Tout le monde est resté sous le choc.Les manifestants-es eux-mêmes, pour commencer.L'opinion publique, et singulièrement l'opinion publique états-unienne, s'est émue, inquiète des changements dans l'ordre économique mondial, dont elle voyait bien qu'ils bouleverseraient aussi l'ordre politique en limitant la capacité des gouvernements d'adopter des lois d'intérêt général.C'est l'ordre démocratique, le pouvoir du peuple sur les affaires publiques, qui est concerné par ces changements.En pratique, ce sont des organisations d'horizons divers, écologistes et syndicalistes, mouvements de consommateurs et même paysans, en plus de groupes politiques aux États-Unis considérés radicaux, qui ont formé un front uni, mis de côté, le temps d'une manifestation, leurs différends idéologiques ou leurs disputes d'intérêts (syndiqués contre écologistes, paysans contre consommateurs).Les images ont fait le tour du monde, on les connaît bien maintenant.En pratique toujours, les manifestants-es avaient si bien réussi à embouteiller le trafic à Seattle que la réunion de l'OMC n'a pu se tenir dans les formes.Les pays africains, quelques Européens, un peu tout le monde en a profité pour retirer ses billes du jeu.See andwait.Les gouvernements les plus sensibles aux humeurs de leur opinion publique ont saisi le message, mais pas changé de trajectoire.La mondialisation est présentée comme une force de la nature, sorte à'Act ofGod de l'économie, pas d'assurance là-dessus.L'OCDE* et l'OMC, la Banque mondiale et le FMI se sont annexé l'Organisation mondiale de la santé et la plupart des grandes institutions internationales.L'économie donne le la et le chœur de tous les pays doit battre la marche du progrès, même au prix du bien-être des peuples.Le cycle des négociations du Millenium de l'OMC n'a connu qu'un temps d'arrêt.Sur tous les fronts (santé, éducation, énergie, environnement, droits sociaux) les institutions internationales continuent les ajustements structurels, les ammages des politiques nationales et régionales à l'économie mondiale.Tout n'est pas joué, quand même.États-uniens et Européens, pays du Sud et du Nord, riches et pauvres s'affrontent.Ne pouvant imposer, dans le calendrier prévu, le nouvel ordre mondial annoncé par George Bush (père) à l'issue de la guerre contre l'Irak, les États-Unis ont décidé de continuer leur partie dans leur cour, les Amériques, selon leur destinée manifeste.En imposant leur règle du jeu à un hémisphère, ils comptent l'imposer au reste du monde par voie de conséquence, à cause d'un poids économique qui rattrapera et dépassera celui de l'Union européenne.Le combat s'est transporté de Seattle à Québec.Dans un coin, 34 chefs d'État.Tout ce qu'ils disent, tout ce qu'ils font, ce qu'ils décident a force de loi.Dans l'autre coin, la gang de Seattle.Des illuminés, des rêveurs, au pire des trouble makers, pour les uns.Des visionnaires, un espoir, une nouvelle gauche, pour les autres.6 I BECTO VE1S0 MAI/JUIN 2001 Seattle a été un miracle.L'Histoire est habituelle de la chose.Le lendemain, on était dans les affaires.Les gens ont commencé à s'organiser.Zléa ou OMC, c'est du pareil au même : quelques-uns qui décident pour tous, des petits cénacles, des intérêts privés.Mais nous vivons, fort heureusement, en démocratie.On peut se parler, avoir des projets, résister, négocier.Dans les Amériques, l'ORIT* a pris la pôle position.Elle a soutenu de ses deniers, organisé avec ses militants-es l'Alliance sociale continentale.Les syndicalistes se sont ad)oint les ONG de coopération internationale, les mouvements de consommateurs-trices, les organisations paysannes.Le mouvement féministe, qui a montré sa capacité de mobilisation avec la Marche mondiale, les a rejoints.Le Sommet des peuples qui a campé à Québec sous les murs du Sommet des Amériques résulte de cette conjonction d'intérêts contre la marche inéluctable d'un progrès qui fait trop peu de cas des personnes et de la société.Les analystes vont se pencher, dans les semaines, les mois à venir, sur les textes négociés, vont vérifier la portée de la clause démocratique proposée par les chefs d'État.Le processus est en route.Il ne s'arrêtera pas.L'Histoire est avare de miracles.2 avril 2001.La police d'Ottawa arrête 87 membres de l'Opération SalAMl et de la Table de convergence qui tentent d'entrer, de manière non-violente, au ministère du Commerce international, pour «diberer» les textes de négociation de la ZLÉA, toujours gardés secrets.Deux semaines plus tard, le ministre Pettigrew annonce leur divulgation.après le Sommet des Amériques.Ce qui influera sur le cours de choses, c'est le rôle que jouera la société àvile, celle représentée, normalement, par les gouvernements démocratiques, quand ils ne sont pas inféodés à des groupes d'intérêts privés.Qui représentera la société civile?L'Alliance sociale continentale?L'alliance des peuples qui se réunira à nouveau, à Porto Alegre, en 2002?Oui, dans la mesure où elle survivra aux dissensions naturelles, où elle se régénérera à la source de la jeunesse qui, assoupie, dans les pays riches, s'est éveillée aux intérêts du Monde.Il faut lui faire bon accueil, montrer de la fermeté, être ouvert d'esprit, prêt à contester et à être contesté.Il faut la défendre contre les tentatives d'intimidation, être rassuré par sa modération.Et puis, derrière les images de casseurs, sur lesquelles focalisent les grands médias, derrière l'unanimité de commande affichée par les chefs de l'Autre mondialisation {i\'ec, quand même, quelques nuances, comme l'a rappelé, par sa conduite, Mme Barlow, après le Sommet des peuples), il faut voir que les choses s'organisent et qu'il y a encore bien du chemin à faire avant que l'Alliance sociale continentale soit un joueur d'égale importance à V Amenais Business Forum, dans la Zléa.Q • OCDE : Organisation de coopération et de développement économique; OMC : Organisation mondiale du commerce, FMI : Fonds monétaire international; ORIT : Organisation régionale interaméricaine des travailleurs.MAI/JUIN 2001 IICTO VEISO ! Les Ateliers Verticille ÉCOLOGISTE ET ÉCONOMIQUE PAR USE MIUETTE Les Ateliers Verticille sont nés, il y a tout juste un an, d'un problème d'entassement de palettes de bois! Le gestionnaire de l'ancien édifice Cadbu- ry, sur la rue Dandurand, à Montréal, a sollicité l'Éco-Quar-tier pour se débarrasser des nombreuses plates-formes de transport qui s'y accumulaient.Une pente fabrique s'est mise sur pied, utilisant le bois recyclé Deux travailleurs des Ateliers Verticille de Montréal : M.Claude Poulin, chef d'atelier, et Benoît Couillard, menuisier.pour concevoir des mobiliers de jardin, des patères ou des com-postières dont 300 ont été achetées par la Ville de Montréal.Le petit atelier a même inventé un nouveau produit : la compostiè-re de balcon, une idée originale pour favonser le compostage en ville.Compact, pratique et écologique, ce bac à compost modèle réduit se vend 25$.Les Ateliers Verticille sont ainsi passés du simple objectif de récupération, financé par le Fond de lutte à la pauvreté, à un projet d'économie sociale.«Il y a une place pour nous sur le marché, d'abord pour notre rôle de relais écologique et ensuite parce que les produits sont très abordables», soutient Sylvie Plante, la responsable des ventes.Elle pense tripler l'équipe de trois employés.«Il y a un retour au bois, dans les coups de cœur de la population», explique-t-elle.Malgré ces très bons résultats et une courbe de vente ascendante, Mme Plante admet que «les débuts ont été difficiles, mais, bon!, tout programme d'insertion a cette caractéristique au départ».Vercitille tire son nom d'un mot qui décrit la façon dont certaines feuilles poussent de manière circulaire autour d'une tige et qui rappelle le symbole du recyclage, une pensée au coeur du projet.D Élections à la FFQ L'ACCLAMATION PAR ANNE-MARIE TREMBLAY Le 3 juin prochain, les 900 membres de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) se choisiront une nouvelle présidente.Après trois mandats, la présidente actuelle, Françoise David, quitte son poste.Les membres de la FFQ, autant des femmes que des groupes, éliront donc celle qui reprendra l'étendard des revendications des femmes québécoises pour les deux années qui viennent.Toutes les membres de la FFQ_ peuvent entrer dans la course à la présidence, pourvu qu'elles soient appuyées par une autre femme.Mais les candidatures ne pleuvent pas sur la Fédération.«Ce sont des grands souliers à chausser et le travail à accomplir en tant que présidente est énorme», expli- que Manon Massé, coordonna-trice de la FFQ^ Les aspirantes à la présidence ont jusqu'à la veille des élections (3 juin 2001) pour présenter leur candidature.Mais, de mémoire de femmes, on ne se souvient pas avoir eu de scrutin pour choisir la présidente de la FFQ^ Une candidat* Au moment de mettre sous presse, une seule candidate avait manifesté officiellement son désir de présider la FFQ, Vivian Barbot, actuelle vice-présidente de la Fédération.Cette militante fait partie de la Fédération depuis huit ans.Elle a longtemps fait partie du comité femmes de la CEQJmaintenant CSQ) et a également oeuvré au sein la Ligue des droits et libertés et du Conseil des relations interculturelles du Québec.D'ongine haïtienne, Vivian Barbot croit que le rapprochement entre les communautés culturelles est prioritaire.«Il faut cimenter la solidarité des femmes et surtout réussir à rallier les diverses orientations», explique-t-elle.Dans la foulée de la Marche mondiale, la Fédération a dénoncé la violence faite aux femmes et la pauvreté.Pour Vivian Barbot, il faut continuer de se battre sur ces plans.Mais on oublie souvent de parler de la santé des femmes, un enjeu important à ses yeux.En effet, pauvreté rime avec problèmes de santé.Comme les femmes vivent dans les conditions économiques les plus mauvaises, «ce sont elles qui utilisent le plus le système de santé», soutient Mme Barbot.Elles sont donc les premières à subir les conséquences des compressions gouvernementales.Solidarité planétaire La Fédération a été fondée en 1966 par Thérèse Casgrain.Elle a toujours misé sur la promotion des droits des Québécoises.«On a toujours eu un mandat national, mais avec des événements internationaux comme la Marche mondiale des femmes, on a pris un tournant international», précise Manon Massé.La FFQ/est déjà engagée à mettre sur pied un réseau féministe mondial.Bien amorcé grâce aux relations qui se sont tissées entre les femmes des quatre coins de la planète pendant la Marche mondiale des femmes, le réseau est déjà en Suite à la page 11 ► RECTO VERSO MAI/JUIN 2001 Syndicalisation UN CHAUSSON AVEC CA?PAR RICHARD AMIOT Voilà un groupe de fiers et jeunes syndiqués.Ils-elles sont les premiers, au Canada, à réussir la syndicalisation d'un restaurant McDonald's.Isabelle Plante (17 ans, trésorière), Janik De Van (18 ans, vice-présidente), Guillaume Lépine-Thi-bodeault (17 ans, président) et Éric Crépeau (23 ans, secrétaire) forment l'exécutif du tout nouveau Syndicat des travailleuses et des travailleurs du McDonald's de Rawdon (La-naudière), affilié à la CSN.Les jeunes employés-es ont gagné parce que le nouveau propriétaire de la franchise, M.Sylvain Vincent, s'est désisté de la contestation de l'accréditation syndicale devant le Bureau du commissaire général du travail.Mais tout n'est pas joué.Le président et le secrétaire du syndicat sont sous le coup de congédiements.La CSN a porté plainte, dans les deux cas, en vertu des dispositions du Code du travail relatives aux activités syndicales et au maintien des conditions de travail avant la signature d'une première convention collective.Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, cette percée syndicale chez le géant du fast-food a été suivie de l'annonce de fermeture du McDo de la rue Peel, à Montréal.Mauvaise affaire pour les employés qui y perdent leur emploi.Mais le propriétaire abandonnait en même temps sa procédure de contestation de l'accréditation syndicale devant le commissaire du travail.McDonald's a-t-il compris que ses tactiques anti-syndicales ne le menaient nulle part et qu'elle devait respecter les lois québécoises?Pas sûr.Dis employés-es dissidents (embauchés après le dépôt de la demande d'accréditation syndicale) ont continué leur contestation devant le tribunal du travail, «pour le principe», a expliqué leur avocat.M.Roger Valois, vice-président à l'organisation syndicale à la CSN, se dit fier de l'enga- gement de la jeune génération dans le mouvement syndical.Il se dit confiant aussi qu'avec l'appui du comité national des jeunes de la centrale tous les moyens seront pris pour que McDonald's, qui s'affiche comme une école de la vie et du travail pour la jeunesse, finisse par se conformer aux normes de la société québécoise, à moins qu'elle ne préfère subir une vaste campagne qui le mettra sérieusement à mal.McDonald's est reconnu pour son anti-syndicalisme.Voyez, sur Internet : le site de la CSN (www.csn.qc.ca) et un site international sur l'exploitation des travailleurs et travailleuses par McDonald's et sur diverses tentatives de syndicalisation dans le monde : (www.mcspot hght.org/).Un film, Un syndicat aztcçaf, montre aussi la saga de la tentative de syndicalisation, par les Teamsters (FTQ), du McDo de Saint-Hubert.Le réalisateur, Magnus Isacsson, avait suivi les syndiqués-es pendant deux ans.D SUIVI+ A SUIVRE VÉLO POUR LA PAIX Au printemps 2002, Christian Blanchard donnera les premiers coups de pédale qui le propulseront dans une grande aventure.Il passera deux ans sur sa bicyclette, parcourant 43 605 km sur les routes des trois Amériques.Ce voyage n'est pas un défi sportif.C'est une occasion de promouvoir un pacifisme actif, social et environnemental.Ce projet nécessite un appui financier important et Christian est à la recherche de commanditaires.Une partie de la somme recueillie pendant la campagne de financement sera versée à un organisme œuvrant pour la paix.Pour devenir partenaire, faire un don ou pour avoir de plus amples informations, écrivez au : 196 A Court, Granby, Québec J2G 4Z6, à l'attention de Christian Blanchard, ou par courrier électronique à : chris_velopax@hotmail.com FAIM IMMÉDIATE «Faim et développement social : les tournants qui se prennent», colloque, le jeudi 24 mai 2001 (18h à 2lh30) et le vendredi 25 mai (8h à 16h30), à l'Uqàm, local R-M130.La Table de concertation sur la faim et le développement social a organisé cette rencontre dans la perspective, très actuelle, «de la mondialisation des marchés, de la transorma-tion rapide du monde de l'alimentation et de l'appauvrissement d'une partie de la population».Inscription : 5$.Renseignements : Sylvain Marcotte ou Jean-Paul Faniel, 514-526-6363.MAI/JUIN 2001 IECT0 VE1S0 19 SUM+ A SUIVRE SOLIDARITE INC.Sous ce titre, qui passerait peut-être pour irrévérencieux chez nous, l'excellent mensuel économique français, et de gauche, Alternatives économiques publiait dans son numéro d'avril 2001 un long article sur le Fonds de solidarité de la FTQ, décrit à la fois comme une réaction, et un réponse, des travailleurs-ses à la crise des années 1980-1990, et comme une expérience originale de fonds de placement éthique.Alternatives économiques décrit aussi Fondaction (CSN) à nos cou-sins-es d'outre-Atlantique.RELATIONS FEMMES ET RELIGION La prochaine Soirée de Relations (Centre Justice et foi), le 17 mai, à 19h (Uqàm, 1205, St-Denis, Montréal, salle NM 510, niveau métro) portera sur les rapports entre les groupes religieux et les femmes, courants conservateurs et progressistes, face aux grands enjeux féministes, le contrôle du corps de la femme, la sexualité, la fécondité.Quatre conférencières : Marie-Aimée Hélie-Lucas (de Femmes sous lois musulmanes), Marie-Andrée Roy (du département des sciences religieuses de l'Uqàm), Ariane Brunet (de Droit et démocratie) et Carolyne Sharp (profes-seure de théologie à l'université St-Paul d'Ottawa).Contribution volontaire de 5$.LE 15 MAI 2001 COMPTEZ VOUS Toronto — Il est important que tous les francophones de l'Ontario soient répertoriés comme parlant français lors du recensement national du 15 mai prochain.«La quantité et la qualité du service en français des programmes fédéraux et provinciaux dépendent du nombre de francophones identifiés par le recensement fédéral tous les dix ans», explique le président de l'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO), Alcide Gour.«Trop souvent, des francophones ne sont pas identifiés comme tels à cause d'une réponse incorrecte au recensement», rapporte M.Gour.Lorsque quelqu'un répond qu'une autre langue, en plus du français, est sa langue maternelle, cette personne est comptée seulement comme la moitié d'un francophone! ACFO, 2, rue Carlton, bureau 1711, Toronto, Ontario M5B 1J3, Tél.: 416-595-5585.■Kaux à faire! Besoin d'aide pour identifier le problème?^ogistique qui cumule plus de 10 ans d'expérience en rénovation d'immeubles ou en entretien préventif.Notre expénence 'vous permettra de trouver des solutions qui tiennent compte de vos ressources humaines et financières.Nous offrons un service de lion de travaux.Logistique est une filiale d'Inter-Loge S LOGISI TIQUE Tel : (614) 682-2107 fax : (614) 622-7070 Courriel : lnterlogedqo.aira.com 60 ÎTîwTrTOTTCTSÏSwmrîTWW Antidote POUR L'AUTONOMIE DES FEMMES PAR LOUISE VACHON Rimouski - La formation s'adresse aux femmes qui veulent mieux s'affirmer dans leur milieu.Le programme Antidote, créé il y a 10 ans par Nikole Dubois, psychopédagogue et animatnce, propose une démarche d'intervention féministe visant l'autonomie personnelle, familiale et sociale, pour l'amélioration des conditions de vie des femmes.Le programme se répartit en 10 ateliers de trois heures.Grâce à une subvention du minis- Suite de la page 8 place.Mais, dès l'automne prochain, les militantes de la Fédération tenteront d'élaborer des moyens pour fortifier ce réseau planétaire.Après le travail accompli par Françoise David, qui a renforcé la position de la FFQ_ au Québec, la nouvelle présidente aura un défi de taille à relever.«II est certain que Françoise David a joué un rôle important à la Fédération.Elle avait un grand leadership et était capable de rallier les femmes», déclare tère de la Santé et des Services sociaux, une étude de Micheline Bonneau, professeure à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), a comparé 50 femmes ayant suivi la formation avec 30 autres.Les femmes qui ont suivi la formation Antidote perçoivent un sentiment de bien-être psychologique, se sentent plus autonomes et sont plus actives socialement que les femmes du groupe témoin.Les participantes sont plus conscientes du rôle social traditionnel des femmes et elles Manon Massé.Pour Vivian Barbot, la présidente sortante a permis aux femmes de voir ce dont elles étaient capables.«Mais il ne faut pas oublier que, derrière Françoise David, il y a énormément de militantes», rappelle Mme Bar-bot.Selon elle, la Fédération des femmes, c'est avant tout un travail d'équipe.Le nombre de membres a augmenté en flèche au cours des dernières années.De 125 en 1995, la FFQ_ compte aujourd'hui 900 membres.D le remettent davantage en question.Elles affirment être moins dominées et vivre des relations interpersonnelles plus équilibrées.Elles ont une meilleure confiance en elles et se sentent davantage capables de faire face à leurs problèmes.Environ 4 000 Québécoises ont suivi le programme Antidote, esnme Nikole Dubois.Antidote est un outil d'intervention efficace dans l'amélioration de la santé des femmes victimes de violence conjugale, d'alcoolisme et de toxicomame.Antidote forme aujourd'hui non seulement les femmes mais aussi les intervenantes auprès des femmes, grâce à Antidote Monde.une entreprise d'économie sociale.Les demandes affluent, non seulement de tous les coins du Québec, mais aussi du Canada, de l'Europe et même de certains pays d'Afrique.Antidote a de plus remporté plusieurs prix régionaux pour sa qualité et un prix national au Gala Femmes de mérite 2000 dn Québec pour sa contribution exceptionnelle à la pédagogie et à l'avancement des femmes par l'éducation.On peut auiourd'hui suivre Antidote 2, qui se concentre plus particulièrement sur l'amour et la quête d'autonomie affective.Les intervenantes désirant suivre la formation Antidote communiqueront avec Antidote Monde, au 418-854-5049, ou avec Nikole Dubois, au 418-854-2399.D VU SU LU L'APOSTROPHE Nos confrères et consœurs de L'auf journal ont eu un rejeton : L'apostrophe, un magazine trimestriel dont Jean-Claude Germain assumera la rédaction en chef.L'apostrophe a été lancé officiellement le 30 avril 2001.Son premier numéro présente un portrait de Michel Chossudovsky, sous la signature du directeur de L'auf journal, Pierre Dubuc, un dossier de Pierre Dubois, sur la forêt québécoise, et un essai littéraire de Michel Lapierre.Bienvenue et longue vie à L'apostrophe, vendu en kiosque au coût de 8$ ou par abonnement au prix de 25$.UN CONGRÈS MONDIAL, Une société inclusive, c'est le monde sans obstacles, se tiendra à Montréal du Ie' au 5 juin 2001, sous la présidence d'honneur de M.Ed Broad-bent.Parmi les conférenciers, MM.Claude Filion, président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, et Norbert Rodrigue, président de l'Office des personnes handicapées du Québec.Renseignements : www.ccrw.org ou 514-287-1070.IL EST TEMPS DE PARLER DE DIVIDENDES SOCIAUX.PARLER DE PAUVRETÉ, D'EXCLUSION.DE MEILLEURE REDISTRIBUTION DES RICHESSES.C'EST PAS MAL MOINS À LA MODE QUE DE PARLER DE GLOBALISATION ET DE DIVIDENDES AUX ACTIONNAIRES POURTANT, NOUS LE DEVONS AUX PLUS DÉMUNIS PARCE QUE, COMME TOUT LE MONDE.ILS ONT DROIT A UNE VIE MEILLEURE.LES MEMBRES DE LA CSQ SE SONT TOUJOURS BATTUS POUR FAVORISER LA JUSTICE SOCIALE ET CONTRER LA MARGINALISATION DES PLUS PAUVRES PARCE QU'ILS ONT TOUJOURS CRU QU'IL EN ALLAIT DE L'INTÉRÊT DE TOUTE LA SOCIÉTÉ DÉFENDRE LES VRAIES VALEURS (g) CSQ MAI/JUIN 2001 lECTOVCISolU VU SU LU BAS-RICHELIEU Paru récemment : Le monde communautaire du Bas-Richelieu, sous la direction de Claude Desautels, avec la collaboration de Monique Roberge et René Lachapelle, à la fois recension exhaustive (233 pages, plus des annexes) et court historique des organisations communautaires de la région.Pour un bon bout de temps, un livre de référence pour ceux qui oeuvrent dans le Bas-Richelieu.Disponible au coût de 20$ (plus 5$ pour frais de manutention) à : CDC du Bas-Richelieu, 71, rue de Rame-say, local 208, Sorel-Tracy (Québec) J3P3Z1,Tél.: 450-746-7871.Téléc: 450-746-7108, Courriel : cdcbr@aide-ointernet.org SUIYI+ A SUIVRE LA GUERRE ?NO SIR ! Nos impôts pour la paix : des Québécois-es refusent de payer la portion des prélèvements fiscaux d'Ottawa qui finance les activités militaires.En 2001, 8 % des impôts fédéraux iront au ministère de la Défense.«Nous refusons la conscription de notre argent à des fins militaires», explique Dominique Boisvert, de Nos impôts pour la paix.Depuis 10 ans, le groupe créé par Serge Mongeau, demande au gouvernement de créer un fonds pour la paix.En attendant, l'argent retenu est investi dans un fonds temporaire, et les intérêts servent à financer diverses activités pour dénoncer la guerre et promouvoir le pacifisme.«Ce n'est pas une forme d'évasion fiscale», soutient Dominique Boisvert.Le ministère du Revenu ne voit évidemment pas les choses du même œil.Quand un-e contribuable ne paie pas une partie de ses impôts, les intérêts s'accumulent, et le fisc se paie à même les remboursement de TPS, les allocations familiales, etc.Les convictions peuvent avoir un prix.Plus d'informations à : www.cam.org/~nipp INVESTISSEMENTS RESPONSABLES Développement et Paix a remis, le 3 avril, à Pierre Petti-grew, ministre du Commerce international du Canada, 130 000 lettres signées par des Canadiennes et des Canadiens réclamant une réglementation adéquate des activités de la Société pour l'expansion des exportations et entreprises canadiennes qui font des affaires au Sud.«La Société pour l'expansion des exportations et les entreprises privées doivent respecter les conventions internationales (sur les droits de la personne, les droits sociaux et les droits des autochtones) et les normes environnementales dans leurs projets dans les pays du tiers-monde.Nous voulons des investissements responsables», mande le communiqué de presse de M.Fabien Leboeuf, le directeur général de Développement et paix.Développement et Paix 5633, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H1N 1A3 Internet : www.devp.org Téléphone: 514-257-8711 Télécopieur : 514-257-8497 Courriel : info@devp.org (Sur le même sujet, lisez le dossier du Groupe de recherche universitaire GRA-MA, sur les activités des minières canadiennes en Afrique, dans le présent numéro de Recto Verso.) 12 | BECTO VERSO MAI/JUIN 2001 L'ECONOMIE SOCIALES CAHIER D'INFORMATION EN MOUVEMENT produit par: LENGAGEMENT COLLECTIF RESEAU ^INVESTISSEMENT SOCIAL DU QUEBEC A la vie.à la mort! Depuis près de dix ans, le marché funéraire québécois est envahi par des entreprises multinationales flairant les profits que pourrait engendrer la croissance des décès au cours des 45 prochaines années.Le réseau des coopératives funéraires québécoises veut protéger le caractère public de ce marché et offrir des services funéraires à moindre coût.Portrait d'un réseau d'entreprises d'économie sociale qui favorise la prise en charge des gens de leur destinée, jusqu'au bout de l'aventure humaine! Prise en charge collective et moindres coûts CHANTIER DE LÉCONOMIE SOCIALE économe sociale ACTION CÛ«MgNAUTAl*£ «« Il faut se donner des institutions qui vont non* appartenir et qui vont répondre à nos beMOÙiS.Etre le reflet de ce nous sommes et non la copie de l'étranger ••.déclare Michel Marengo.président de la Fédération des coojwratives funcrat du Qtiehti La mort de\Tait relever du domaine public comme toutes les autres étapes ou besoins inévitables de la vie: la naissance, l'éducation, le mariage, la santé.Pour plusieurs c'est la troisième plus grosse dépense qu'ils font dans leur vie après l'achat de la maison et de la voiture.»' Ces propos de Michel Marengo, président de la Fédération des coopératives funéraires du Québec (FCFQ, illustrent assez bien la mission que s'est donnée le mouvement coopératif.«On s'inscrit dans un cheminement de prise en charge des gens de leur propre destinée.Il faut se donner des institutions qui vont nous appartenir et qui vont répondre à nos besoins.Être le reflet de ce nous sommes et non la copie de l'étranger», ajoute-t-il.«Les multinationales américaines évacuent le sacré.Aux Etats-Unis, les prêtres protestants se déplacent, la cérémonie peut se faire n'importe où.Les salons funéraires, comme les églises, sont plus petits.Ils veulent reproduire leur modèle alors qu'ici c'est encore le lieu et l'occasion d'un rassemblement de familles et d'amis nombreux», précise Alain Leclerc, directeur général de la Fédération des coopératives funéraires du Québec (FCFQ.Les coopératives ont également comme mission d'offrir des services funéraires à moindre coût.Avant leur implantation, en 1972, les consommateurs québécois payaient 20 "n de plus que les autres Canadiens pour un service funéraire, selon une étude du ministère québécois de l'Industrie et du Commerce.En 1993, le prix des funérailles était de 4 503 $ pour le Canada.3 920 S pour l'ensemble Photo: Alain Chagnoo du Québec et 2 225 S pour les utilisateurs d'une coopérative funéraire québécoise, un écart favorable aux coopératives qui a toutefois tendance à se réduire face aux petites entreprises familiales en région.Aujourd'hui, un service complet peut coûter plus de 4 000 S et le service le moins cher, soit l'incinération sans exposition, moins de 1 000 $ dans une coopérative Mais les écarts avec le marché canadien et québécois se maintiennent, à l'avantage des coopératives.Des membres informés mais vieillissants De plus, les coopératives ne s'intéressent pas à leurs membres-clients qu'au moment de leur décès « On amène les gens à réfléchir et à décider d'avance de la gestuelle d'accompagnement, à préparer leur famille.On désire donner des services aux membres à partir du moment où ils achètent leur carte de membre »,: explique Michel Marengo.La FCFQ publie à 75 000 exemplaires le magazine Profil et organise un colloque annuel sur le thème : La mort parlons-en! La direction de^i coopératives du ministère de l'Industrie et du Commerce se préoccupe toutefois du vieillissement des membres administrateurs : « Sans mettre en doute les capacités et les compétences de ces personnes, il n'en demeure pas moins que les coopératives doivent mettre en place des mécanismes favorisant la venue de nouveaux administrateurs qualifiés » 1 David contre les Goliath de la crémation, etfrevnt .î\< Michel VLurngo, Rirto ïmo.numéro 275, novrmbrr-detrembre 1998.' Opcit.Le ministère de l'Industrie et du Commerce partenaire des entreprises d'économie sociale Québec ci ci ci M Industrie et Commerce www.mic.gouv.qc.ca L'ECONOMIE SOCIALES CAHIER D'INFORMATION EN MOUVEMENT TALON D'ACHILLE DE El LES ALLIÉS DE Alain Leclerc, directeur général de la Fédération des coopératives funéraires du Québec La Fédération des coopératives funéraires du Québec (FCFQ a officiellement déposé une offre à la multinationale états-unienne Stewart pour acquérir les salons funéraires Urgel Bourgie (et Lépine-Cloutier de Québec).La Fédération pourrait ainsi plus que doubler ses actifs, s'accaparer de plus du quart du marché québécois et mettre les pieds sur l'De de Montréal, terrain dont elle est absente et qu'elle convoite depuis de nombreuses années.D s'agit d'un réel revirement de situation en l'espace de seulement trois ans.Goliath avait un talon d'Achille et David a déniché des partenaires financiers pour livrer la bataille et assurer son développement.Au début des années 90, des multinationales se lançaient à l'assaut du marché en faisant des acquisitions en série, souvent sans égard à la valeur réelle des entreprises et sans se soucier, au Québec, de la présence des coopératives.Très agressives, elles ont tenté de s'emparer du marché funéraire en Amérique du Nord, en Europe et en Australie en achetant des entreprises à prix fort avec l'objectif de monter les prix une fois le marché sous leur contrôle.Depuis 1997, la valeur des actions de ces principales multinationales funéraires lourdement endettées est en chute libre, l'action ayant tombé d'environ 30 8 à près de 2 S dans la plupart des cas.Les multinationales en difficulté Service Corporation International (SCI) traite environ 5 000 décès par année au Québec, principalement au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Outaouais, à Québec, à Montréal et sur sa rive sud.Ne pouvant percer le marché du Bas du Fleuve où les coopératives sont bien implantées, elle s'est départie de ses salons en Gaspésie, trop isolés.Pour réduire sa dette de près de 3,5 milliards $, l'entreprise texane a mis en vente toutes ses activités non directement liées aux services funéraires et plus de 400 salons mais pas encore ceux du Québec.L'entreprise Loewen de Vancouver possède les salons funéraires Papermint & Sons à Montréal et Guay sur sa rive nord, gérant ainsi près de 2 400 décès québécois.Placé sous la Loi de la protection de la faillite depuis juin 1999, elle a mis en vente 200 salons funéraires et 170 cimetières aux Etats-Unis.Mais la palme du nombre de décès revient à l'entreprise Stewart de la Nouvelle-Orléans qui en faisant l'acquisition des 75 salons d'Urgel Bourgie et Lépine-Cloutier en 1996 au coût de 135 millions S s'accaparait de 9 000 funérailles par an sur le marché québécois.Devant supporter une dette de près de 1 milliard S, Stewart s'est lancé, elle aussi, dans une opération de délestage, mettant en vente ses actifs situés à l'extérieur des Etats-Unis, dont ses salons québécois.L'opportunité des coopératives Avec l'aide du Réseau d'investissement social du Québec pour les études de marché et du potentiel de développement et un partenariat financier avec la Caisse d'économie des travailleuses et travailleurs (Québec), la Caisse centrale Desjardins, le FondAction de la CSN et Investissement Québec (pour la garantie de prêt), le mouvement coopératif funéraire a pu faire progresser sa part du marché québécois de 7 à plus de 12 %, entre 1993 et 1999.Cette croissance a résulté en l'ouverture de six nouvelles coopératives, une multiplication des points de service et une augmentation de plus de 100 % du chiffre d'affaires grâce à un investissement de l'ordre de 27 millions S.La prochaine manche se déroule sur le terrain des ligues majeures.Lors d'une première rencontre exploratoire, la Banque de développement du Canada et le Fonds de solidarité de la FTQ se sont joints aux partenaires financiers initiaux pour étudier une éventuelle participation, confirme Réjean Wathier de FondAction.Assisterons-nous à un premier partenariat des deux fonds syndicaux?La tête achète, la base construit Si la transaction se concrétise, le défi reste important selon plusieurs personnes interrogées.La FCFQ avait l'objectif de mettre les pieds à Montréal en 1999, révélait Michel Marengo, président de la Fédération, à l'automne 1998.En 2001, elle a la chance de la faire mais la mobilisation du milieu, nécessaire à l'implantation de coopératives funéraires, est encore au stade embryonnaire.Le développement imposé par en haut comporte des risques.Le directeur général de la FCFQ; Alain Leclerc, reconnaît le danger mais demeure confiant : « Pour les quatre entreprises dont nous avons fait l'acquisition au cours des dernières années, nous avons recruté entre 1 000 et 2 000 membres, en s'appuyant sur les réseaux en place et privilégiant le contact personnel pour la vente des cartes de membres.De plus, nous conservons les employés des entreprises.Il faut les informer, les intégrer au fonctionnement de la coopérative, gérer leur insécurité.Les employés de deux des quatre entreprises acquises se sont syndiqués mais ce n'est pas un problème.C'est une pratique commune dans les coopératives funéraires.» L'i CONOMIf SOCIALE sœ™™, __ EN MOUVEMENT Un réseau en plein développement Les 34 coopératives québécoises ont traité 6 649 funérailles en 1999 dans leurs 100 points de service, s'accaparant 12,2% du marché funéraire québécois- En 1993, elles ne traitaient que 3 636 décès, soit 7 % du marché.Prises globalement, elles occupent maintenant la première position pour le nombre de points de service et la deuxième position pour le nombre de funérailles traitées et la part de marché, derrière les Salons funéraires L'rgel Bourgie, Les 28 coopératives membres de la Fédération des coopératives funéraires du Québec (FCFQ) possédaient des actifs de 77,3 millions % en 1999, soit 50 M S de plus que six ans auparavant Elles ont un budget d'opération global de 21 millions S dont 5 M $ sont consacrés à la masse salariale.Elles comptent plus de 120 000 membres, versant une part sociale à vie de 10 à 20 S et des membres siègent bénévolement sur différents comités de gestion, de recrutement et de formation.Les 28 coops emploient près de 600 personnes, dont une centaine à temps plein, près de 200 à temps partiel et environ 300 porteurs à contrat.Les porteurs sont essentiellement des hommes mais des femmes occupent près de 75 % des postes d'accompagnement et de conseillers aux familles.Le salaire horaire moyen tourne autour de 14,50 S.Des étudiants du Collège de Rosemont à Montréal effectuent des stages comme embaumeurs dans 52 % des coopératives du réseau.1 Un* deuxième vague La première coopérative funéraire fut fondée à Château-Richer, près de Québec, en 1942 mais le mouvement a réellement pris son envol dans les années 70, dans un contexte où la volonté populaire de se prendre en main a également atteint ce secteur.L'arrivée des multinationales états-uniennes sur le territoire québécois et d'une nouvelle direction dynamique à la tête de la fédération a stimulé une deuxième vague de création de coopératives funéraires depuis 1993.Les coopératives funéraires sont bien implantées dans le Bas-Saint-Laurent, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, dans la région de Québec-Charlevoix, en Estrie et en Abitibi-Témiscamingue.70 % des décès traités par les coopératives le sont dans ces cinq régions qui comptent 63 réseau.des points de service du « Il ne suffit pas de faire plus, il faut aussi faire mieux » -Robert Gaudreautl coopérant au Lac-St-Jean la qualité, c'est un tas de petits détails, comme l'allure du bureau où on reçoit " L les familles, la propreté des véhicules, la tenue vestimentaire des porteurs, le confort des salons, la qualité de l'accueil.Ce travail n'est jamais terminé, il faut toujours chercher à améliorer nos façons de faire », précise Robert Gaudreault.Rr traité depuis quelques mois, Robert Gaudreault a fait carrière dans les services financiers.Il était directeur du Centre financier Desjardins à Aima.Il a accepté de siéger au conseil d'administration de la Coopérative funéraire du Lac Saint-Jean en 1989 et il y occupe la fonction de président depuis trois ans « Il ne suffit pas de faire plus, il faut aussi faire mieux.Ça ne coûte pas tellement plus cher de bien faire les choses, On se rend compte chez nous qu'on a une clientèle plus sophistiquée qui vient pour nos services.Il v a quelques années, certaines catégories de personnes ne seraient pas venues à la Coopérative Maintenant, elles nous font confiance •• Au sem de la Fédération, Robert Gaudreault apporte donc une solide et vaste expérience.«Je n'ai pas l'intention d'être passif!J'ai travaillé avec beaucoup de Sens dans mon travail, j'ai œuvré sur le développement d'un grand nombre de projets.C'est ça qui m'attire au plan provincial.» Témoignage extrait du bulletin de la Fédération des coopératives funéraires du Québec avril 2001 Une rentabilité accrue Malgré le développement rapide du mouvement et un endettement qui est passé de 4,7 à 27,4 millions $ en six ans, les coopératives ont réussi à accroître la rentabilité du réseau avec des marges nettes de 7,2 % en 1999, en hausse de 1 % par rapport à 1995.A titre comparatif, la marge de profit net de l'industrie funéraire canadienne était de ! 1 % en 1995.Les coopératives traitant moins de 50 décès par année et n'ayant pas de permanence ainsi que celles traitant plus de 100 décès par année font des surplus d'opération.Le passage de 50 à 100 funérailles traitées annuellement s'avère une étape de croissance charnière.Trop pentes pour rentabiliser les opérations reliées à leur permanence, ces coopératives sont condamnées à agrandir leur territoire ou à partager une direction générale à deux ou trois coopératives, selon .Main Leclerc, directeur général de la FCFQ.Staoaique tirer du Rvtrait «retond dr la main d'œvnTe de l'économie sociale et de l'action communautaire.CSMO-ÉSAC, automne 2001 MODELES COOPÉRATIFS La FCFQ privilégie le modèle des coopératives de consommateurs, favorisant avant tout des services aux membres au moindre coût.Il existe également d'autres modèles coopératifs.La Coopérative de développement régional (CDR) de Montréal promeut la formation de coopératives de travailleurs ou de solidarité, formule permettant un partenariat entre les usagers, les travailleurs et des groupes de soutien.Elle travaille actuellement à l'implantation d'une coopérative de travailleurs comme actionnaire partiel d'une entreprise funéraire montréalaise et informe régulièrement la FCFQ de ses démarches.Le directeur général de la CDR.Guy Bisaillon, croit qu'il est théoriquement possible pour deux formes de coopérative de se côtoyer mais reconnaît que l'homogénéité du mouvement rend sa dynamique plus facile. L'ECONOMIE SOCIALE £ CAHIER D'INFORMATION EN MOUVEMENT LES TENDANCES D'UN MARCHÉ_________ EN EXPLOS L' urbanisation a entraîné la commercialisation des pompes i funèbres.Le salon funéraire a remplacé le salon familial et l'entreprise familiale a tassé l'artisan croque-mort.La majorité de ces entreprises ont quitté le giron familial depuis une dizaine d'années ou le quitteront au cours des 15 prochaines années, pour être vendues à une multinationale, un autre directeur de funérailles ou une coopérative.Suivant la courbe d'augmentation des gens âgés de plus de 65 ans, le nombre de décès au Québec, tout comme dans le reste de l'Amérique du Nord, doublera d'ici les 45 prochaines années.Selon une étude menée aux Etats-Unis, les raisons avancées par plus de 40 % des gens pour justifier le choix d'une entreprise funéraire sont le fait qu'elle a déjà servi la famille, sa réputation et son emplacement.L'arrangement préalable et le prix ne comptent que pour 14 et 9 % des répondants.Le cumul de ces deux facteurs explique aisément l'engouement pour i l'acquisition des salons funéraires existants de ceux t qui ont flairé la bonne affaire.1 Mùihfl Alarmço Lavenir se joue maintenant L'utilisation commune de véhicules, laboratoires et fours crématoires sur une base régionale est génératrice d'économies.Le pouvoir d'achat de cercueils l'est également.L'entreprise privée a compris l'équation, les coopératives aussi et leur taille joue en leur faveur.L'entreprise funéraire états-unienne moyenne traite 117 décès par année comparativement à 153 décès pour l'entreprise québécoise et 237 pour la coopérative funéraire moyenne.Les revenus des grandes entreprises reposent de plus en plus ' Cm matum «t fonction* tant fméncén par i» Cotnetr d *«ura'va-aTvfcw dont fa C«n#d* art raspomaàte Québec Emploi Québec emplot-quebec gouv.qc ci MAI/JUIN 2001 1ECT0 7E1S0|31 SÉCURITÉ SOCIALE LA MAIN-D'ŒUVRE À LA TRAPPE Le tiers des travailleurs-ses occupent des emplois atypiques.Cette proportion atteint 46,5 % chez les 15-29 ans.Pour elles et eux, la sécurité sociale, c'est le B.S.PAR JEAN-SÉBASTIEN MARSAN Jacline Piché, 58 ans.Trente ans dans l'hôtellerie et la restauration, à ne compter que sur les pourboires pour vivre.Burn-out à 48 ans, aide sociale, programmes d'employabilité PAIE et EXTRA qui ne mènent nulle part.Elle «fait des ménages» sur appel.Ce boulot lui cause des maux de dos insupportables.Incapable de se payer des médicaments, elle s'en passe pendant un an.Eve Lamont raconte l'histoire de Jacline, parmi d'autres, dans un documentaire lancé à Montréal le 12 avril dernier, Méchante job.À la première, Jacline confiait déterminée, occasionnels ou saisonniers), ou autonomes.À ceux-ci s'ajoutent les employés-es réguliers au salaire minimum, à la situation tout autant précaire.Sept dollars l'heure, 40 heures par semaine, cela donne 14 560 $ par année (sans les vacances), 3 000 $ sous le seuil de faible revenu déterminé par Statistique Canada (18 189 $ pour une personne seule résidant dans une ville de plus de 500 000 habitants).À un job steady peut donc correspondre aussi la précarité.Les statuts atypiques et les emplois au salaire minimum, que de nombreux tra- Les travailleurs-ses atypiques ou au salaire minimum ont un dénominateur commun : une sécurité sociale très limitée.à Recto Verso que la sécurité sociale, pour elle, se résume à l'aide sociale et aux rentes du Québec.Et encore, son chèque de B.S.sera amputé lorsqu'elle sera à sa pension! Et elle s'inquiète encore pour les autres : «Le plus dur, c'est ce qui arrive aux jeunes.Quand on regarde ce qui se passe dans le monde du travail, je suis pessimiste».Jacline Piché a subi de plein fouet la perte de statut des travailleurs-ses et la précarité d'emploi.Une mutation qui a creusé l'écart entre les salariés-es réguliers (emploi à temps plein et permanent) et les travailleurs-ses atypiques, à temps partiel, temporaires (contrat à durée vailleurs-ses cumulent pour joindre les deux bouts, ont un dénominateur commun : une sécurité sociale très limitée.Malgré leur présence régulière sur le marché du travail, ces travailleurs-ses échappent aux mécanismes de protection sociale conçus sur le modèle de l'emploi-à-temps-plein-pour-Ia-vie.Qui acquittera la facture sociale de cette précarité?Une stratégie de gestion Au Québec, les emplois atypiques ont bondi de 135 % entre 1976 et 1995, contre seulement 6,6 % pour les emplois réguliers.En 1999, le tiers (33,1 %) des travailleurs-ses étaient des atypiques.Cette proportion atteignait 46,5 % chez les 15-29 ans.Les charges sociales viennent au second rang des coûts de main-d'œuvre, après les salaires, et représentent en moyenne 35 % de la rémunération globale.Pour réduire ces coûts, un employeur peut, légalement et sans préavis, modifier la durée du travail de ses salariés-es.L'employeur transfère ainsi aux travailleurs-ses et à l'État sa responsabilité de prendre en charge une partie de la sécurité sociale.Un amendement à la Loi sur les normes du travail, l'article 41.1, introduit en 1990, interdit aux employeurs de moins rémunérer un-e salarié-e parce qu'U-elle travaille moins d'heures.(Cet article ne s'applique pas si le-la salané-e gagne plus de deux fois le salaire minimum.) Protégeant les travailleurs-ses à temps partiel, l'article 41.1 ignore cependant le travail temporaire à temps plein.Un employeur peut donc embaucher un-e travailleur-se pour une pénode déterminée et lui accorder un salaire et des conditions inféneurs aux employés-es permanents.Comme le délai requis par la Loi pour obtenir le droit d'intenter un recours contre un congédiement sans cause juste et suffisante est de trois ans, les travailleurs-ses temporaires sont pénalisés et laissés sans recours.La Loi sur les normes n'encadre pas non plus les agences de placement de personnel, qui embauchent et rémunèrent elles-mêmes les salariés-es dont elles louent les services à des entreprises clientes.Ces agences recrutent, signent le chèque de paie et licencient, mais, selon le Code du travail, le client de l'agence demeure le véritable employeur, car il intègre l'employé-e.En cas de litige dans cette relation à trois imprévue par les lois du travail, les tribunaux tranchent au cas par cas.Bien qu'il existe des définitions du travail salarié dans la Loi sur les normes du travail et le Code du travail, certains pa- 32llECTOVEIJO MAI/JUIN 2001 Mme Jacline Piché fait partie de cette catégorie de travailleurs-se s, comptant maintenant pour près dn tiers de la main-d'œuvre, auxquels une vie de labeur offre de biens maigres perspectives de sécurité sociale, pour eux-mêmes et leur famille : le régime public rétrécit comme peau de cbagrin et les régimes privés sont trop dispendieux.trons obligent des employés-es à se convertir en travailleurs-ses autonomes.Cela les dispense des contributions sociales.Le conflit entre Métro-Richelieu et ses camionneurs, une saga judiciaire de cinq ans, a mis en relief cette tactique d'évite-ment de leurs responsabilités par les employeurs.La justice a tranché en 1997 en faveur des salariés-es.Cas extrême de faux travail autonome (travail dépendant), «le propnétaire d'un bar a essayé (sans succès) de définir une serveuse comme une employée autonome dont la tâche consistait à livrer des boissons qui avaient été sous-traitées, en échange de pourboires», rapportait Développement des ressources humaines Canada en 1997.La bombe à retardement de la précarité «Dans mon temps, une bonne job et un bon boss, c'était la norme.Tout le reste, c'était la grosse déprime», témoigne Richard Lessard, directeur de la santé publique de Montréal-centre.Ce baty-boomer s'étonne de la capacité d'adaptation des travailleurs-ses, surtout jeunes, à la précarité.«Au début des années 1990, avec la récession qui s'annonçait, on croyait que le chômage et le travail précaire auraient des impacts majeurs sur la santé publique», rapporte le Dr Lessard.«Honnêtement, on n'a pas été capables de mesurer une diminution de l'état de la santé publique.» Le gestionnaire de la santé avance une hypothèse : les 20-50 ans jouissent naturellement d'une bonne santé, peu importe leur emploi.Les problèmes apparaîtront plus tard, avec l'usure prématurée du corps et de l'esprit.À court terme, le Dr Lessard croit que «s'il y a un impact du travail précaire, c'est sur la santé mentale» des personnes.L'instabilité et l'insatisfaction au travail provoquent des pathologies réversibles (stress, anxiété, dépression, détérioration des capacités intellectuelles) ou irréversibles (incapacité permanente sévère, maladie cardio-vasculaire, penchant suiadaire).Il cite l'Enquête sociale et de santé 1998, de Santé Québec, qui a déterminé qu'environ 20 % de la population de 15 ans et plus montrent un indice de détresse psychologique élevé.Cette proportion diminue avec l'âge, de 18%, chez les 15-24 ans, à 11 %, chez les 65 ans et plus.De reculs en reformes Au cours des 20 dernières années, «il y a eu un mouvement général de compression du système de sécurité sociale, un recul de l'universalité et une récupération fiscale des prestations», analyse Pieire Issalys, professeur à la faculté de droit de l'Université Laval.«On a observé un certain effacement de l'idée de droit aux prestations, au profit d'une conception plus gestionnaire de la sécurité sociale», poursuit-il.«C'est le cas en particulier de la réinsertion professionnelle des bénéficiaires de l'aide sociale et de l'assurance-emploi.Le pouvoir discrétionnaire des fonctionnaires est [devenu] considérable.» Mutilés, des programmes sociaux sont méconnaissables.En 1971, l'assurance-chô-mage couvrait 96 % des salanés-es et leur accordait des prestations équivalant à* MAI/JUI N 2001 IECT0 VEISQ | 33 CPEC ■*- f i 7 n entreprises d'économie sociale / DU CŒUR ET DES RÉSULTATS Le 4 avril dernier, la CDEC Centre-Sud /Plateau Mont-Royal a dévoilé les noms des cinq entreprises lauréates de la première édition de son concours Du cœur et des résultats.Ce concours récompensait les entreprises d'économie sociale dont les produits et services sont particulièrement reconnus ainsi que les initiatives de nouveaux promoteurs.« Chacune à sa façon, les entreprises lauréates se sont démarquées par une gestion rigoureuse et un plan d'affaires innovateur, ce qui ne les a pas empêchées d'enrichir la qualité de vie dans la communauté, d'offrir des emplois de qualité et d'être des symboles de gestion démocratique », a souligné Mme Nancy Neamtan, présidente d'honneur du concours.n Premier prix La Corporation Part du Chef Présenté par la CDEC Centre-Sud/Plateau Mont-Royal La Corporation Part du Chef est la plus récente initiative du projet PART, un organisme à but non lucratif de réinsertion socioprofessionnelle des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ou psychosociaux.Depuis 1997, l'entreprise embauche et offre une formation intensive de sept mois à des participants dont l'état de santé mentale s'avère un obstacle important à la réinsertion.L'entreprise concocte de 800 à 1 000 repas par jour et compte quatre secteurs d'activité : repas surgelés, service de traiteur, opération de cafétérias et comptoir de prêt-à-manger.En réussissant des projets de réinsertion avec une clientèle que plusieurs estimaient la plus difficile, Part du Chef a fait plus pour dissiper les préjugés que mille campagnes de sensibilisation.Renseignements : (514) 526-7278 Deuxième prix Plumeau, chiffon & cie Présenté par les Caisses populaires Desjardins du Plateau Mont-Royal et du Centre-Sud Plumeau, chiffon et compagnie est active dans le domaine de l'aide domestique : l'entretien ménager courant, la lessive, le repassage, l'approvisionnement et autres courses.Plumeau, chiffon et compagnie offre aussi un service de grands ménages, un forfait destiné aux gens qui partent en vacances et des opérations de déneigement.Plumeau, chiffon et compagnie a créé à ce jour pas moins de 45 emplois stables.Plumeau, chiffon et compagnie ne fait pas que créer des emplois de qualité.Elle permet aussi aux familles retrouver le temps de vivre, aux convalescents de reprendre leurs forces et aux personnes âgées de continuer de vivre confortablement dans un environnement sain.Renseignements : (514) 523-6626 Troisième prix Meilleur projet d'expansion Capella Technologies Offert par Sherpa, consultants Capella Technologies est l'une des rares entreprises du domaine de l'Internet au Québec à fonctionner en coopérative.Forte d'une solide croissance depuis ses débuts, l'entreprise a de nombreux projets dans ses cartons pour étendre ses activités à de nouveaux marchés.Capella Technologies a mis au point des formules originales d'hébergement de sites web pour les organismes communautaires et coopératifs du Québec.Ainsi, au-delà des services traditionnels de conception, d'implantation et d'opération de sites web, d'intranet, et d'extranet, Capella Technologies offre également des services de conception d'applications web, d'analyse et de consultation, et de conception info- De g.à dr.: Nancy Neamtan, Jean-Robert Bisaillon.Local Distribution, Marthe Bureau, Part du chef, Louise Rozon.Agence de presse en consommation, Céline Charpentier, directrice générale CDEC Centre-Sud/Plateau Mont-Royal, Lison Bédard, Plumeau, chiffon et cie et Jean-Michel David, Capella Technologies.graphique.Capella Technologies a démontré que la propriété en coopérative et la gestion démocratique peuvent devenir d'indéniables avantages compétitifs.Renseignements : (514) 849-1494 Troisième prix Meilleur projet de démarrage Agence de presse en consommation Offert par Benoit Jean Consultant La coopérative Option Consommateurs a mis sur pied en septembre 2000 une agence de presse pas comme les autres.Sa mission est de protéger les droits des consommateurs par le biais d'une information rigoureuse et complète dans un format accessible.On lui doit déjà de nombreuses chroniques et dossiers, en plus du célèbre Guide des jouets du magazine Protégez-Vous, un outil précieux pour 900 000 lecteurs.En faisant appel à une équipe de 20 pigistes et experts, l'Agence de presse en consommation tire des revenus de la vente d'articles et des collaborations régulières aux @ Desjardins L« Caitta populaire* Dnjardins àv Plateau Mont-Royal el du Cenlre-Sud médias, en plus de mener des enquêtes d'envergure en partenariat avec certaines publications.Renseignements : (514) 598-7288 Prix spécial du Jury Pour la relève Local Distribution Offert par la Fondation du maire de Montréal pour la jeunesse Local Distribution est un projet d'entreprise d'économie sociale mis sur pied par la SOPREF, un OBNL qui regroupe plus de 400 groupes musicaux et jeunes producteurs de la scène alternative québécoise.Local Distribution offrira des services de distribution exclusive et non-exclusive aux disquaires indépendants et aux grandes chaînes.L'entreprise se chargera également de la fabrication, de la promotion de disques compacts et de produits dérivés de la musique.Grâce au réseau du promoteur SOPREF, Local Distribution est dans une excellente position pour fédérer la production québécoise de musique alternative.Renseignements : (514) 845-9994 1 EWr.c,ll JEAN Consultant Racharchaal
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