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Titre :
Recto verso
Recto verso est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1997 à 2004, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

Recto verso est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1997 à 2004. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité.

Recto verso fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990), et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

Recto verso s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

Le magazine est distribué gratuitement à 100 000 exemplaires.

« L'information dans une sacoche », Recto verso - Numéro spécial 50e anniversaire, no 293, novembre-décembre 2001, p. 28-29.

Éditeur :
  • Montréal :Revue vie ouvrière,1997-2004
Contenu spécifique :
juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • VO ,
  • Carnets de VO
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Références

Recto verso, 2003, Collections de BAnQ.

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LA VISITE À LA FERME Décor champêtre ou complexe agro-alimentaire ?L IMO 303 m> i I I i I Dresde I Koweït City I Kandahar Le cinéaste pour la paix raconte le rôle des victimes après les guerres R RECTO VERSO Recto Verso est un magazine indépendant nécessaire à l'heure des monopoles et de l'information-spectacle.Nous avons besoin de l'appui de tous, des syndicats, des associations, des entreprises et de nos lecteurs et lectrices pour continuer.Depuis le mois de mars 2003, la campagne «20 000 actions solidaires pour Recto Verso» a réuni 278 personnes et organisations.Nous avons recueilli plus de 16 000 $.Cette levée de fonds est nécessaire.Notre objectif est financier, mais il démontre aussi que Recto Verso jouit de votre soutien.N'attendez pas.Votre réponse fera la différence.Pour adhérer à la Société des actionnaires solidaires du magazine Recto Verso, utilisez le coupon publié en page 4 et consultez notre site Internet.> www.rectoverso.info LE MAGAZINE RECTO VERSO REMERCIE SES PREMIERS ACTIONNAIRES SOLIDAIRES INDIVIDU Hélène Bourque Jean-François Desgagnés Julie Girard Élise Lemaire Michel Nolm Francine Roussy Assonation pour la défense Pierre Agard Louise Bourque André Dicaire François Godbout Michel Léonard Frédéric Ouellet Guy Roy des droits sociaux Pierre Alane Richard Bousquet Diane Dubreuil Patrice Godm Gaétan Leroux Lise Ouellet Jean-Luc Roy Québec Métropolitain Claude Allard Pierre Brassard Bruno Dubuc Renaude Grégroire Gaétan Lessard Mane-Hèléne Papillon Julie Roy Caisse d'économie des tra- Patrick Alleyn Chantai Bnsson Bertrand Ducharme Lucie Gnsé Nicole Lessard René Paquette David Ruel vailleurs et travailleuses Richard Amiot Michel Brodeur Robert Ducharme Françoise Guay Françoise Leu Iules Paradis CéhnieRussell Centre de Loisirs commu- Jacques Archambault André Brunelle Patrick Ouguay Canne Guidicelli Jean-Claude Levasseur Fernando Parent Serge Saint-Armand nautaires Laje unesse Milagros Arguelles Anne-Mane Brunelle J.P Duhamel Mano Guilbert François Lusignan Bernard Pelletier Pierre Samuel Centre des femmes Michel Arvisais Dominique Caouette Martin Dupuis Enc Hains Pierre Lussier Claude Pelletier Guy Saucier du Val-Saint-François Robert Ascah Pierre Caplello Martine Eloy Cynthia Harvey Henry-George Madelaine Eugénie D Pelletier Jovette Saucier Centre St-Pierre Sophie Aubry Yvon Cardinal Louis Favreau Virginie Harvey Renald Mailhot Ginette Péloquin Jérôme Savary Corporation développe- Denise Babin Jacques Caron Sébastien Figeac Murray Hay Gabnelle Malka Roberta Peressini Ester Segura ment communautaire Jean-François Barbe Mane-JoséeCaron Guy Fihatreault Renée Hétu Stéphane G Marceau Elisabeth Petit Claude Sévigny MRC Asbestos Yann Barry Nicole Caron Jean-René Filion André Jacob Raymond Marchand Damelle Pinsonneault Dave Shepperd Espace Val D'Or Pierre Beaulieu Denis Carner Oneit Fiset Caroll Jacques Michel Marquis Natacha Piquette Jerry Snell FECHIMM Suzie Beaulieu Lme Chaloux Caroline Flibotte Mano Jean Jean-Sébastien Marsan France Plamondon Annick Sohi fraternité 5t-0amien Monique Beaulne Claude Champagne Jeanne Fontaine Damelle Jodoin Diane Martel Lucille Plourde Nathalie St-Pierre FTQ Nathalie Beauregard Nicole Chapdelaine Patrick f orest Louis Jolin Serge Martel Michel Plourde Alain Théroui Insertech Angus Huguette Beauséjour Paul-Émile Charland René fortin Sylvie Joly Lucie Martin Guylaine Poirier Mane-JosêeThibodeau Maison d'animation Jean Bédard Daniel Charron Jacques f ournier CarolJoubert Réjeanne Martin Samuel Poiner Daniel Thomas populaire de Sorel Alain Bellay Carole Chartrand Louis Foumier Mane-Eve Kéroack Isabelle Martineau Jean-Guy Poitras Carole Tremblay La Maison d'Aurore Catherine Berger Valérie Chevner-Noel Marcelle M Francoeur André Labbé Ginette Mathieu Major P F Potvin Hélène Tremblay La Maison ISA-CLACS André Bergeron Jacques Choumard François Fréchette Annabelle Laberge Lise Marte Mane-Claude Poultn Jean Tremblay Les Mêmes déchaînées Ghislaine Bergeron Yvan Ctoulier Lucie Fréchette Géraldine Laçasse François Maurice Pauline Poulm Monique Tremblay Productions Virage Hélène Bergeron Jocelyn Corbeil Suzanne Gagné Hélène Lacoursière Christine Maxwell Pierre Poulm Yves Tremblay Regroupement des orga- Jean Bergevin Yann Cormont Nadège Gaillard Francine Latlamme Francis Migneault Odette Pouliot KanneVeillette nismes communautaires Jacques Bernard Guillaume Côté-Philibert Monique Gatineau Noël Laflamme Minch Milan Monique Simard Geneviève Veilleux Laurentides Simonne Bemier Edith Cyr Donald Gaudreault Michel Lahaie Robert Lynch Millet Annie P Prothm RogerVeronneau Service budgétaire et com- Stéphane Bertrand Josée Dallaire Lise Gauthier Mane-Françotse Lamé Jean-François Milot Denise Proulx Annie Vervondel munautaire de Chicoutimi Andrée Bérubé Denise Daoust Yves Gauthier Roland Laliberté Suzanne Miron Luc Rabouhn Christian Viger Service des milieux Maud Bérubé François David Catherine Gauthier Dion François Lamarche Marie-Christine Monchalin Isabelle Reny Caroline Voyer SEUQAM Annie Besse MélaniedeBellefeuille Carole Gendreau Elise Landry Serge Mongeau Suzanne Richard Sonia Wafer Sœurs Auntiatrices Paule Biron Sébastien De Marre Joseph Ghanimé Nathalie Langlois Anne Moreau Phihppa Robert de Massy Vivian Wiseman SOPREF Manon Boily J-JacquesDelisIe Yveline Ghanani Louis La porte Jacinthe Monn Claudine Robillard STT groupe consultation CSN Mathieu Bostyn Anne Delpech Joseph Giguère Louise Lamvée Martin Monssette JeanRobitaille OKANISATION TCA-Québec, Section France Boucher Jacques Delvigne Renée Gilbert Mireille Lebeau Mêlante Navarro Joame Rollin Association canadienne locale 4281 Claude Bourgeois Claude Desautels Damien Girard Benoit Leblanc Nancy Neamtam Mane-ClaudeRose française de l'Ontario 91 Juillet/août 2003 4 Tribune 6 Éditorial O Tout court 31 Mots de société 17 L'économie sociale en mouvement Portraits de femmes CI-CONTR£ Montréal, 22 mars 2003 — Une femme se repose après la quatrième grande marche contre la guerre en Irak.Duckworth a filmé ces moments historiques.Photo Benoit Aquin pour Recto Verso ï& N 'J ô fc % r VJ £ ,' a Après la guerre en Irak LE MOUVEMENT POUR LA PAIX 10 Martin Duckworth | Artiste québécois pour la paix en 2002, le cinéaste Martin Duckworth a consacré son oeuvre à promouvoir la paix et la justice sociale, portrait, par andré seleanu 14 Madeleine Parent I La militante de 85 ans ne baisse pas les bras après la guerre d'Irak, entrevue, par julie roy En couverture Photo Benoit Aquin pour Recto Verso Martin Duckworth, réalisateur de 30 documentaires et homme à la caméra pour près de 80 films : « Je pense toujours aux sonates de Rachmaninov quand je fais la caméra.» L'agrotourisme 22 Visite à La ferme | Entre mégaporchenes et vignobles certifiés bio, le monde rural cherche à accommoder les touristes.et retrouver son âme.PAR DENISE PROULX 26 Terroir et productivisme : conflit d'usages I L'harmonisation reste à faire entre l'agriculture industrielle et une partie du monde rural tourné vers de nouveaux besoins, par denise proulx JUILLET/AOÛT 2003 IECT0 VEISO I 3 imz: LE PORC DE CHOIX Cette lettre se veut une réplique à l'annonce de la Fédération de producteurs de porcs du Québec et aux propos tenus par M.Philippe Desjardins, producteur de porcs.' [.] M.Desjardins croit que seuls les producteurs possèdent la vérité.Nous aimerions lui faire remarquer que c'est grâce a la pression des citoyens qu'il y a présentement un bape sur l'industrie porcine, car ils ont décrié haut et fort le désastre écologique et social engendré par l'industrialisation et l'asservissement des agriculteurs par les intégrateurs.Selon M.André Bouchard, directeur de l'Institut de recherche en biologie végétale de l'Université de Montréal, cet épandage inconsidéré de «diarrhée de porc- constitue le pire désastre écologique du Québec.Plus destructeur encore que les coupes répétées de la foret boréale.Actuellement, les opposants aux industriels sont bafoués dans leurs droits démocratiques, car ils ne sont guère écoutés par le gouvernement.M.Desjardins a fait le choix de produire du porc avec une gestion de fumier liquide (lisier).Les citoyens contribuables, qui soutiennent annuellement cette production à coup de millions de dollars, n'ont eu d'autre choix que de payer pour se faire empoisonner.Le lisier est une matière toxique et dangereuse pour l'environnement et la santé.On déplore un autre décès, un fermier de Saint-Léon-le-Grand, dû aux gaz toxiques qu'il a respires, provenant de lisier de vaches qui est pourtant moins dangereux que celui de porcs.Nous tenons à rappeler à M.Desjardins que ces enfants non plus n'ont pas fait le choix.Il est là, le problème.Peu importe la façon dont on en dispose, le lisier demeure et demeurera un produit toxique et dangereux.Les contaminants atmosphériques par exemple contiennent des gaz, dont le sulfure d'hydrogène, ■•un gaz mortel dont plusieurs agriculteurs en sont décédés", et des micro-organismes pathogènes que l'on respire.Le lisier n'est pas un engrais naturel, pas plus que l'azote liquide que l'on emploie en plus pour fertiliser les cultures intensives et destructrices.Au Québec la très grande majorité des porcs produits et subventionnés, soit 70%, le sont par les coopératives agricoles et les intégrateurs, dont 55% à contrat.Les petites fermes indépendantes disparaissent par centaines (izoo de moins depuis 1988).Selon la Financière agricole, les fermes À Saint-Benoît-de-Mirabel (Laurentides), la Bande à porc s'oppose à la création d'une porcherie de 1000 places.porcines se partagent ainsi: - de 1000 à 3 000 porcs zo% (1,3 million); - 3000 à 10 000 porcs 36% (2,4 millions); - 10000 porcs et plus 44% (2,9 millions) Il s'est abattu 8 millions de porcs au Québec en 2001, selon Statistique Canada, dont 6,7 millions étaient stabilisés, selon la Financière agricole, et c'est plus de 2,8 milliards de dollars qui ont été déboursés depuis 15 ans par les programmes de stabilisation pour le porc, porcelets et céréales reliés a la production porcine.Selon Statistique Canada, il y avait 4,3 millions de places-porcs en 2001, «nombre de porcs présents au même moment», et la Fédération des producteurs de porcs se disait confortable avec ce chiffre.Le ministère de l'Environnement [du Québec] a autorisé 3,45 millions de places-porcs et a fait des vénfications, en Chaudières-Appalaches, sur 30 fermes porcines, et a constaté un dépassement de 30% du nombre de places autorisées sur 25 de ces fermes.Pourquoi vouloir produire davantage: il n'y a pas eu d'augmentation du nombre de porcs aux États-Unis depuis 1910, mais il y a eu concentration et disparition de petites fermes.La réglementation de plus en plus sévère, le bannissement de la production dans plusieurs États chez nos voisins du sud et l'Europe, qui voudrait diminuer de façon importante la production d'ici 2013, poussent donc les ► 20 000 ACTIONS POUR RECTO VERSO Pour information I Téléphone 514-523-5998 I Télécopieur 514-523-5812 Courriel r«ctov«r»o@vld«otron.ci I Site Internet www.rectovvrto.info O Je deviens membre de la Société des actionnaires solidaires de Recto Verso Nombre d'actions_____x 10 $ =_____$ I m.Im r„.,t;il T.ilfiprmmi Retourner ce coupon et votre contribution a l'adresse suivante : Recto Verso.1215, de la Visitation, bureau 101, Montréal (Québec) H2L 3B5 4|RECTO VERSO JUILLET/AOÛT 2003 industriels à chercher d'autres endroits à polluer, en l'occurrence le Canada, le Mexique et l'Amérique du Sud, bien sûr, où la réglementation est déficiente, non appliquée ou inexistante.Après avoir tout détruit chez-nous ils s'en iront ailleurs.Est-ce bien cela que nous voulons?- GILLES TARDIF, V.-p.de la Coalition citoyenne santé et environnement, Bétbame - RENAUD blais, représentant des AmiEs de la terre de Québec à la Coalition au bape 1.www.leporcduquebec.qc.ca/ pages/Valorisation/ Page-valorYadequoi html RÉCONCILIÉ Je m'excuse des critiques acerbes et malicieuses.Je suppose que vous avez l'avantage d'idées qui appellent plus a la tolérance que les miennes.l'ai constaté avec surprise que vous avez publié une lettre de ma part sur Cuba.Même en la coupant, vous avez respecté l'esprit qu'elle voulait exprimer sans en déformer le contenu.Malgré tout ce que je dois à l'Église catholique, je suis resté un peu aigri de mon expérience religieuse en devenant athée.C'est sans doute un mal de l'époque que de susciter l'intolérance.Je me surprends moi-même, tout en continuant de militer, d'apprendre constamment à modérer mes ardeurs contre des gens qui ne constituent en rien des cibles politiques de notre programme pour faire du Canada et du Québec des Républiques socialistes (je suis communiste).Merci encore de votre patience stratégique et de votre leçon de ce qui s'appelle désormais pour nous "la lutte contre le sectarisme" à gauche.Je reste solidaire, — GUY ROY GRAND TORT Je tiens à vous féliciter pour des articles d'une très grande pertinence tel celui sur l'Afghanistan d'après guerre.Nous sommes tous à blâmer pour ne pas avoir tenu nos promesses.Cependant ie trouve que votre revue perd beaucoup de sa crédibilité alors qu'il semble y avoir un manque à la fois d'objectivité et de gros bon sens.Pour ce qui est de l'obiecti-vite, lorsque vous dites que le programme pétrole contre nourriture ainsi que les sanctions onusiennes font du tort à la population, ie suis d'accord, mais il faudrait souligner que l'aide qui est entrée rut détournée en bonne partie par le régime Hussein au profit des familles clientélistes du régime.Ceci est un fait que vous avez grand tort d'omettre car vous ne tracez pas le portrait complet et juste des causes de la misère irakienne.Pour ce qui est du gros bon sens, lorsque vous mettez en gros titre Moumr de faim c'est moumr assassiné, c'est absolument odieux.Ce n'est pas la même chose de crever de faim que de se faire trancher la gorge, mais en disant que ce l'est, vous allez chercher les gens par un mensonge extrêmement malsain.Vous ne semblez pas vous rendre compte a quel point ce genre de discours est dangereux.C'est comme dire que les millions de personnes qui meurent du sida sont les victimes d'un génocide.p.S.Très intéressant de voir que l'impression Recto Verso — Québécor World.- SÉBASTIEN CÔTÉ FEU L'ONU Comment Powell et Bush osent-ils dire que «I'onu survivra» et «que c'est juste un test' ?Non, Messieurs! Il n'y aura pas d'autre test, car les États-Unis et l'Angleterre viennent d'assassiner I'onu.[.] L'onu n'a plus aucune légitimité a l'égard du monde arabe.[.] Le 2 août 1990, l'Irak envahit le Koweït.Résultat: dès le 2 août, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une résolution condamnant l'invasion du Koweït et exigeant le «retrait immédiat et inconditionnel» des forces irakiennes.Le soi-disant objectif de I'onu était d'«imposer le respect du droit international» (sans rire, c'est écrit en ces termes).Entre le 2 août et le 25 novembre 1990, une pagaille des résolutions aboutira à un embargo commercial, financier et militaire pour in fine autoriser l'utilisation de la force après le 15 lanvier 1991.Le génie intelligent américain impose au monde la guerre du Golfe.Le 20 mars 2003, les États-Unis d'Amérique et l'Angleterre envahissent l'Irak.Résultat: rien, aucune condamnation, aucun texte de résolution de feu I'onu condamnant l'invasion des États-Unis et de l'Angleterre.[.] Maintenant nous savons ce que veut dire « imposer le respect du droit international », une sémantique onusienne, une de plus, qui veut tout simplement dire imposer la loi du plus fort, sans la nommer.On peut dire que le «Machin» a bien fonctionné et même à merveille.- MOHAMED BENALLAL Montréal NDLR .La tribune de Recto Verso est ouverte à toutes les personnes et organisations.Seules les lettres signées, avec adresse et numéro de téléphone seront publiées.Recto Verso se réserve le droit de les abréger.Les textes sont disponibles dans leur intégralité sur le site: www.rectoverso.info/ commentaires.html SOUTENEZ RECTO VERSO! ABONNEZ-VOUS! Groupe/Institution Individu Soutien Étudiant A l'étranger 1 AN a 25$ D 20$ a 32$ D 15$ D 30$ 2 ANS a 42$ a 34$ D 60$ a 50$ Faire parvenir votre chèque ou mandat poste è Revue Vie Ouvrière inc 1215, rue Visitation, bureau 101, Montréal (Québec) H2L 385 CODE POSTAL TELEPHONE IUILUT/AOÙT 2003 IECT0 VIISO I 5 ■ 1215, nie Visitation, bureau 101 1 Montréal (Québec) H213I5 ■ Télécopieur : 514-523-5112 l f»l 11 Courriel : rertoverso9»l> TOUT OQTTRTTF Logement 2003 DES TAUDIS D'ETAT Sans logis pendant un an et demi, Louise Vigneault obtient un hlm délabré pour ses quatre enfants.Mais elle apprend que le gouvernement sabre le budget d'entretien des immeubles.JEAN-SEBASTIEN MARSAN Le Ier décembre 2002, madame Louise Vigneault a obtenu un logement dans un hlm, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.Elle était sans logis depuis un an et demi et sur la liste d'attente depuis mai 2002.Son cinq pièces et demie est spacieux, mais dans un état lamentable : peinture sale et écaillée, moisissure aux fenêtres, planchers crasseux.Fin mai 2003, Louise Vigneault avait pu repeindre la chambre des enfants, mais une fenêtre reste brisée et n'a toujours pas été réparée; les tuiles de la salle de bains tombent; la saleté, dans les couloirs et les escaliers de l'immeuble, est repoussante.Et Mme Vigneault apprend que le gouvernement libéral nouvellement élu veut réduire de 25% le budget d'entretien des hlm.En juillet 2001, Recto Verso avait rapporté le cas de Louise Vigneault, monoparentale, enceinte, diabétique, assistée sociale et victime de la pénurie de logements (RV 292).Elle n'avait pas renouvelé son bail à Pier-refonds, pendant que le marché se transformait en jungle.Les propriétaires lui refusaient un logement en lui reprochant d'être assistée sociale et d'avoir trois enfants.Après avoir entreposé ses meubles, Louise Vigneault a vécu chez une amie, à Montréal-Nord ; puis à Longueuil, dans un centre d'hébergement pour femmes battues; ensuite chez une autre amie, à Pointe-aux-Trembles.Ses deux aînés ont changé trois fois d'école primaire.Le 25 janvier 2002, encore réfugiée dans un centre d'accueil, elle accouche de son quatrième enfant.À l'été 2002, la crise du logement a frappé tout aussi durement que l'année précédente.La famille Vigneault est demeurée sans logis.En 2003, la pé-nune fera toujours rage.Louise Vigneault est soulagée d'avoir un toit, mais elle n'a pas retrouvé le confort de son appartement de Pierrefonds.«Jamais dans cent ans!», commente-t-elle.□ vous serez étonnés! Offrez-vous Le Devoir du samedi Actualités Le monde Perspectives Édïtonal Idées Soence Éducation Économie Culture Sports CAHIER SAMEDI CAHIER CULTURE CAHIER LIVRES CAHIERS SPÉCIAUX L'AGENDA L LE DEVOIR Un journal indépendant Abonnements ; 51^.985.3355 ou 18001*63.7559 www.ledevoif.com J 1UIUET/A0ÛT 2003 1ECT0 TE1S0 I 9 Le 12 avril 2003, Martin Duckworth filme la cinquième des grandes marches contre la guerre en Irak.C'est la dernière Bagdad vient de tomber.10 | RECTO VERSO IUIUET/A0ÙT 2003 Le cinéaste québécois prône un pacifisme intransigeant.Ce fils de militants quakers expose depuis 40 ans le point de vue des victimes et des soldats et leur engagement pour prévenir PAR ANDRÉ SELF nation japo worth •Je tt transmet en tant a.a paix ht monde se trouve actuellement dans un ita, tension- Quelques < t battre.• deux pierres nmàt bombes atomiques; la deuxième c des bombes atomiqueseiIces / mumappauvr causé des souffrances atroces tnd nombre à humatns, et surtout aux enfm lots améri xposis aux rm font laguerre du Golfe.Et pourtant, le Aefde la seule superpuissance mondiale s'apprête à faire la guerre de nom de nouveau à l'aide d'un arsenal comprenar \ l'uranium appauvri ■ Citoyennes et citoyens du Canada et de k ?ville * "Âmatfti avec sa multitude JUILLET/AOÛT 2003 IECT0 VERSO I 11 I Mouvement pour la paix h petites et grandes - du plus minuscule de ses insectes et du plus petit de ses oiseaux jusqu'à ses innombrables fleurs qui n 'ont pas encore de nom, si vous aimez vos enfants et vos petits-enfants, joignezoous à moi pour que nous criions tous d'une même voix, comme le dit si bien ton magnifique film sur Hiroshima : Plus jamais d'hibakusha!» Les hibakushas sont les survivants de la déflagration atomique d'Hiroshima.Dans Plus jamais d'hibakusha!', le documentaliste Martin Duckworth suivait le périple de mille d'entre eux à New York, venus manifester contre le réarmement atomique pendant la crise des euromissiles en Europe, au début des années 1980.Dans Central Park, il filmait des New-Yorkais avec les hibakushas, ainsi qu'une délégation du Québec, scandant : «Plus jamais d'Hiroshima! Plus de hibakusha ! » Duckworth a développé une vision engagée et pacifiste de la société au cours d'une carrière cinématographique de presque 40 ans.Pour l'ensemble de son oeuvre, les Artistes pour la paix (fondé il y a vingt ans par le chanteur et poète Gilles Vigneault et par l'écnvaine Antonine Maillet) lui ont décerné leur prix annuel en 2002.Duckworth va à contre-courant du néolibéralisme et de l'idéologie guerrière dominante.Les producteurs et les réalisateurs de documentaires montréalais ont une haute estime pour son travail.À Montréal, "les gens travaillant dans le cinéma documentaire d'auteur poursuivent une tradition progressiste de justice sociale», dit Magnus Isacsson (Vues du sommet, 2002), collaborateur de longue date et ami de Duckworth.En mars 2003, lors de l'attaque des États-Unis contre l'Irak, Isacsson a organisé des séances de documentaires dans la salle de l'Office national du film (onf), rue Saint-Denis, à Montréal.Il y a présenté deux classiques pacifistes de Duckworth, Plus jamais d'hibakusha et Retour à Dresde.«C'est très difficile de faire passer les films d'auteur actuellement», continue Isacsson.«À la télé, on nous dit : "Ce sujet-là, nous l'avons déjà fait", etc.» Isacsson déplore le traitement réservé aux points de vue personnels comme ceux de Duckworth.Travaillant depuis trente ans comme réalisateur indépendant, dans des conditions ardues, souvent avec Ton F, Martin Duckworth a réalisé vingt-cinq documentaires et a travaillé comme cadreur ou directeur de la photographie à la réalisation de soixante-dix autres.Parmi ses films les 12 | RECTO VEBSO lUIUÎT/AÛUT 2003 i m i On entend la voix de gnome de Churchill, nasillarde et terrible, annonçant aux Londoniens la revanche attendue contre les Allemands.plus marquants, on peut citer The Wish (Le souhait), sur ses filles jumelles Sylvia et Mary; Accident (1973), portrait de son ami Pat Crawley, survivant d'un écrasement d'avion; sa trilogie sur Hiroshima, Dresde et la Guerre du Golfe; et Le Plus loin possible (2000), le portrait d'une réfugiée politique bolivienne au Québec, Ana-Maria Seifert.«Martin parle peu, rapporte celle-ci.Sa relation avec l'équipe de tournage n'est pas hiérarchique, mais faite plutôt de complicité.» Duckworth lutte contre la tendance à dépersonnaliser l'art, dans le cinéma comme dans la peinture.Loin de lui la recherche sur la forme de l'œuvre faisant fi du contenu.Tout cela fait partie de l'arsenal de l'art actuel que l'on appelle post-moderne, un art de salon qui contient une immense dose d'imitation et est décentré de l'humain, de son expérience normale et de ses préoccupations affectives ou politiques.Dans ses documentaires, au-delà des idéologies ou de la géopolitique tellement à la mode, Duckworth fait appel aux valeurs éternelles : la compassion, la tendresse, la fraternité.Sa compassion s'étend à tous les êtres humains et précisément à ceux que la propagande guerrière a essayé de diaboliser, les civils allemands et |apo-nais de la Deuxième guerre mondiale.Fils de parents pacifistes, Duckworth s'intéresse particulièrement aux conséquences de la guerre sur les civils.Ce thème est présenté de manière dramatique dans Plus jamais d'hibakusha! (1983), Retour à Dresde (1986) et Armes pour la paix - Point de vue sur Li Guerre du Golfe (1993).Par ses films sur les survivants de trois guerres.Allemands, Japonais et Irakiens, Duckworth réalise un dessein moral étroitement lié à sa conception pacifiste : humaniser l'ennemi.Le cinéaste est parfaitement conscient que l'accent presque exclusif sur Montréal, 15 mars 2003 — Un théâtre de rue représente les victimes de la guerre en Irak, durant la 3e marche pacifiste de l'hiver 2003.Duckworth prépare un film sur les événements.la souffrance des civils du camp ennemi peut être vu par les bien-pensants comme une coupable omission.Dans Retour à Dresde, réalisé avant la chute du Mur de Berlin en 1989, GifFord, un navigateur de bombardier dans l'aviation canadienne, est confronté à des civils allemands qui auraient pu être ses victimes en 1945.À Dresde, 35 000 Allemands furent tués sous les bombes.Le patn-moine de la "Florence du Nord* fut anéanti.GifFord assiste à l'inauguration de l'Opéra Semper, reconstruit quarante ans après sa destruction sous les bombes alliées.Les cadences dramatiques de l'opéra Freischûtz, du compositeur romantique Cari Mana von Weber, le vrombissement des bombardiers et leur scintillement dans la nuit formeront la trame de fond, visuelle et sonore, du Retour à Dresde.On entend aussi la voix de gnome de Churchill, nasillarde et temble, qui annonce aux Londoniens, eux-mêmes victimes des bombardements nazis, la revanche longtemps attendue contre l'agresseur allemand.Duckworth n'évoque pas autrement les cnmes des nazis en Europe.Une narration documentaire devrait avoir un certain côté équilibré, mais, du point de vue de Duckworth, un civil allemand brûlé vif n'est pas responsable pour les ordres de Hitler.La guerre du Golfe Armes pour U paix - Point de vue sur lu Guerre du Golfe (1994) critique la position du Canada dans la guerre du Golfe, tantôt force de paix, au nom des Nations Unies, tantôt allié fidèle de la superpuissance, les Etats-Unis, Duckworth i visité le champ de bataille un mois après la guerre.Il trace le parallèle entre l'impérialisme britannique en Irak dans les années 1920, assoiffé de pétrole, et les visées améncaines idennques dans les années 1990.Et, en effet, Paul Wol-fowitz, sous-secrétaire d'État américain à la défense, ne vient-il pas d'avouer, en juin 2003, à Singapour, que «l'Irak gît sur une mer de pétrole» et que la destruction des armes de destruction massive (adm) irakiennes n'était qu'un faux prétexte avancé pour des raisons «bureaucratiques»?Duckworth montre les convois irakiens en fuite, encore ► suite à la page ie MANIFESTATIONS PACIFISTES PAR RICHARD AMIOT La Cinémathèque québécoise présentera une rétrospective de l'œuvre de Martin Duckworth à l'automne 2003.Le cinéaste pour la paix a filmé toutes les grandes manifestations organisées au Québec par le Collectif Échec à la guerre à l'hiver 2003, ayant précédé ou suivi l'invasion de l'Irak par les forces anglo-américaines en mars 2003.Ces manifestations ont surpris par leur ampleur dans le monde entier et elles ont ébranlé des gouvernements en faveur de la guerre.Quelques semaines ont suffi, pour mobiliser des millions de manifestants anti-guerre, avant même le commencement des hostilités.Guerre au Viêt-nam Ceux qui réclamaient la fin de la guerre au Vièt-Nam n'étaient que 25000, en 1965, aux États-Unis.Il a fallu que le mouvement se développe jusqu'en 1969 avant que 500000 personnes manifestent pour la paix.La guerre du Viêt-Nam prit fin en 1973.Crise des euromissiles Dans les années 1980, les pacifistes s'étaient livrés à de semblables manifestations, mais avaient été discrédités par des accusations de collusion ou de manipulation par les services secrets soviétiques.Grève générale de 1914 Jean Jaurès, en France, et Ftosa Luxembourg, en Allemagne, appelaient en 1914 les ouvriers à manifester par la grève générale leur opposition à la guerre.Le 31 juillet 1914, Raoul Villain assassine d'un coup de feu le grand chef socialiste français.Jaurès disparu, la tendance pacifiste au sein du mouvement socialiste européen s'effaça.► JUILLET/AOUT 2003 IECT0 VIRS0 13 Mouvement pour la paix Traité Briand-Kellog En 1928, le traité Briand-Kellog (des noms du ministre des Affaires étrangères de la France et du Secrétaire d'État des É.-U.), ratifié par 44 pays, met la guerre hors-la-loi.C'était une vaine tentative d'imposer l'arbitrage des conflits entre les États tout comme la création de la Société des Nations (précurseur de l'ONU) au sortir de la première guerre, à l'instigation du président des USA, Woodrow Wilson.Convention de Genève : (adoptée en 1864 et renouvelée en 1949) échoue à «civiliser» les pratiques de la guerre.Personne n'a trouvé la voie pour réaliser le Projet de paix perpétuelle (1795) prôné par le philosophe Emmanuel Kant.Croix-Rouge Créée en 1863, elle tente d'imposer les droits humains fondamentaux en respectant trois principes universels : obligation de soigner les blessés sans distinction de nationalité; neutralité (inviolabilité) du personnel et des établissements sanitaires; reconnaissance du signe distinctif de la croix rouge sur fond blanc.Paix de Dieu Dans le Sud de la France, le concile de Charroux, en 989-990, instaure le serment de la «paix de Dieu», un engagement de respecter le droit d'asile, de protéger les pauvres, les femmes, les vieillards et les enfants et de ne pas s'en prendre aux gens d'église.Les conciles régionaux de paix ont réussi à pacifier une bonne partie de l'Europe ravagée par les seigneurs, y imposant la Trêve de Dieu.Pax Romana Après sa victoire à Actium (—29) contre l'Egypte, l'empereur Auguste, pour marquer l'instauration de la paix à Rome, ferme les portes du temple de Janus.Elles ne l'avaient pas été depuis —241.14 I RECTO VERSO JUILLET/AOÛT 2003 Madeleine Parent dénonce UN PLAN DE CONQUÊTE MONDIALE Après l'Irak, la militante pacifiste voit les États-Unis conquérir tout le Moyen-Orient et imposer leur loi au monde entier.Les peuples n'auront d'autre choix que la révolte.PAR JULIE ROY | PHOTO BENOIT AQUIN DES MILLIONS DE MANIFESTANTS opposés à la guerre «préventive» en Irak ont formé un mouvement pacifiste sans pareil contre un nouvel ordre international brutal, dictatorial, qui enveloppe la planète d'un voile de noirceur comme jamais depuis la Deuxième guerre mondiale.George W.Bush et ses faucons ont avoué candidement qu'ils n'avaient pas de preuves sur les supposées armes de destruction massives (adm) de Saddam Hussein.Ils ont admis avoir menti et manipulé l'opinion publique pour atteindre leur cible.Madeleine Parent, à 85 ans, n'a pas rangé ses armes pour dénoncer l'obscurantisme qui s'est abattu sur ce début de xxie siècle.«D'abord, il faut dire que ni Ben Laden ni Saddam Hussein ne sont des hommes à soutenir.Ce sont des bêtes qui ont leurs propres raisons d'agir comme ils l'ont fait.Mais que les Américains se servent de leurs agissements pour se lancer à la conquête du monde, c'est une autre chose que l'on doit condamner», lance-t- elle.«Bush a mêlé le terroriste Ben Laden et le dictateur Hussein dans l'esprit du public américain pour servir sa propagande.Il a associé Hussein à la responsabilité des attentats du 11 septembre et beaucoup de gens ont compris que c'était la même chose, alors que ça ne l'est pas», précise M™ Parent.Une ère d'obscurantisme L'utilisation de la peur et l'emploi abusif du terme terroriste ont déjà trop servi la propagande américaine : «Il faut s'attaquer à l'utilisation qu'ils font de ce terme-là, dit-elle.Aujourd'hui ce n'est plus la chasse aux communistes, c'est devenu la chasse aux terroristes, et tout est bon pour qualifier de terroristes ceux qui se trouvent sur leur chemin.Combien de personnes aux États-Unis, aux noms à consonance arabe, sont détenues sans raison et sans pouvoir voir leur avocat ou leur famille?», interroge la syndicaliste qui a vécu personnellement les affres des chasses aux sorcières à l'ère duplessiste.«La raison invoquée par Hider, c'était la chasse aux Juifs et aux communistes.Maintenant on parle de chasse aux terroristes», rappelle-t-elle.«Bush, c'est le Gcebbels* du temps de Hitler», tranche-t-elle.*(Gccbbeh : ministre nazi de l'Information et de la Propagande, puis responsable de la guerre totale en 194s-) Le nom de terroriste a été utilisé abusivement pour tromper le peuple américain et camoufler un hold-up sur le pétrole irakien planifié dans la première phase d'un plan stratégique plus large.«Ils sont par- Pour faire taire l'opposition, la chasse aux terroristes a remplacé la chasse aux communistes, tis à la conquête du monde pour leur empire.C'est le retour aux grands empires bâtis sur le dos des peuples», résume Madeleine Parent, syndicaliste, féministe et militante pacifiste depuis les années 1930.Ce n'est pas qu'a la conquête de l'Irak et de son pétrole que Bush et Blair se sont lancés, mais de l'ensemble des pays arabes, analyse Mme Parent.«Le vol du pétrole de l'Irak (2e producteur mondial), c'était l'objectif de la guerre.L'Irak est le voisin de l'Arabie Saoudite (icr producteur) et de plusieurs autres pays producteurs de pétrole.Ça veut dire que les États-Unis auront une influence beaucoup plus forte sur la politique saoudienne et des autres pays membres de I'opep.» Des ambitions démesurées Mais là ne s'arrêteraient pas les prétentions des faucons, selon la militante retraitée du mouvement syndical en 1983, mais toujours très active, qui prenait la parole devant les 25 000 manifestants ayant répondu à l'appel du collectif Échec à la guerre, le 18 janvier 2003.«Ils veulent contrôler tout le Moyen-Onent.Ils ont déjà déclaré que la Syrie est une menace à la paix du monde, reprend M™ Parent.Le scénario contre l'Irak est déjà enclenché pour se répéter en Syrie.Si la Syne est envahie S et contrôlée, l'Iran va y passer.Ils n'en par-ô lent pas, mais c'est ça.Là où il y a du pc-2 trole, Bush veut être le maitre-.= En fait, les ambitions améncaines sont > démesurées.«Les États-Unis sont les mieux §■ armés du monde, et de beaucoup», insiste s M™ Parent Elle avertit :« Bush, c'est l'empe-s reur du xxie siècle.Comme de raison, il n'a | pas le sens de l'histoire.Il ne sait pas que tous les grands empires ont pén.C'est horrible.C'est la force brutale avec une ignorance crasse, et toutes les munitions imaginables».Maintenant que l'invasion anglo-amé-ncaine a réussi en Irak, que reste-t-il des mouvements d'opposition pacifiste?Dans la situation actuelle, le renoncement serait la pire des options.Ce n'est pas le moment d'un repli, d'autant plus que les agresseurs viennent de fournir de sérieux motifs de crainte à tous leurs opposants.Maintenant, «tout comme Us ont mêlé Saddam Hussein au terrorisme, ils parlent de terrorisme en Iran, alors que le président Khatami a combattu les intégristes en Iran et continue de faire un travail extraordinaire.Mais les Améncains veulent trop contrôler l'Iran pour se rendre compte que, ► JUILLET/AOÛT 2003 IECT0 VE1S0 I 15 Mouvement pour la paix PARENT > SUITE DE LA PAGE 15 s'ils abattent Khatami, les intégristes peuvent reprendre le pouvoir», prévient Mmc Parent.Il leur faudra des défaites Mais toutes les manifestations du monde auront-elles assez de poids face à l'artillerie lourde et au pouvoir financier du clan Bush?Madeleine Parent se veut optimiste, mais réaliste : «Il y a une limite à la patience des peuples.Bush et son peuple sont détestés partout dans le monde et beaucoup plus que jamais.Ce sont les chefs d'État qui sont à genoux devant les États-Unis, pas les peuples, dit-elle.Il leur faudra des défaites et que les peuples se retournent contre eux.Déjà ils sont très impopulaires dans les pays arabes, même dans les royautés que les Américains et les Britanniques ont installées au pouvoir.» Les Démocrates américains devraient être «plus hardis» qu'ils ne l'ont été.Elle déplore leur mollesse, bien qu'il y en ait deux ou trois qui soient excellents, admet-elle.Espérons que le peuple américain et les médias reprendront leurs esprits et assumeront leurs responsabilités avec détermination.Car l'après-guerre aura sans doute plus de poids dans l'histoire que les bombes larguées sur un peuple irakien appauvri, désarmé par I'onu et malade de l'embargo imposé depuis douze ans par les États-Unis.Faut-il se surprendre que W.Bush en réfère à Dieu si souvent?Madeleine Parent n'est pas dupe de son jeu.«Pour lui, la religion est un outil, tout simplement, dit-elle.On ne peut pas tuer des gens, les mutiler, les priver d'eau et d'électricité et croire que c'est Dieu qui veut ça.C'est de l'hypocrisie! On retourne au droit divin des monarques», ironise-t-elle.Le peuple américain acceptera-t-il de porter le poids des erreurs de quelques hommes ?Que ses enfants et petits-enfants baissent les yeux quand on leur parlera de cette période, comme le peuple allemand qui continue d'être identifié aux horreurs de l'Holocauste?«J'aimerais que l'on dise en mon nom, conclut Madeleine Parent, que ceux qui appellent "terroristes" des peuples qui ont été dépouillés de tous leurs moyens de défense face à ceux qui ont toutes les armes, ce sont eux les terroristes.» □ DUCKWORTH > SUITE DE LA PAGE 13 fumants, absolument carbonisés, et l'on comprend que personne n'en est sorti vivant.Après, un luthiste irakien, très élégant et raffiné, qui vient de quitter l'armée défaite - nous sommes en 1991 -parle de son amour pour Bagdad, "mère de l'art et de la littérature".Autre inquiétante prémonition, après les pillages de ses trésors archéologiques et artistiques au mois de mars 2003.Quant au Canada, au-delà de son pacifisme proclamé à mi-voix, de temps en temps, il vend des armes, rappelle Duckworth.Dans une scène surréaliste, il montre des cheiks des Émirats du Golfe suivant éperdument des yeux les avions de chasse qui virevoltent au-dessus de leur tête, dans une foire d'armements, au Les Born Again Christians comme George W Bush sont pareils à ceux qui commettent des attentats-suicide.milieu du désert.Les Bntish Aerospace, Oerlikon, SNC-Lavalin et Harvey Cox livrent armements et munitions aux forces américaines et aux autres armées du monde.L'industrie militaire tourne rondement au Canada.Un pacifisme intransigeant Le cinéaste est issu d'un milieu marqué par le social gospel protestant, proche du parti socialiste ce F, l'ancêtre idéologique du Nouveau parti démocratique (npd).La famille Duckworth se reconnaît dans les fondateurs de la social-démocratie au Canada anglais : J.S.Woods-worth, Stanley Knowles, Tommy Douglas (créateur de l'assurance-maladie universelle au Canada).Diplômé en histoire des universités Yale et de Toronto, il sent l'appel de la vo- cation - réaliser des films à portée sociale et politique - et rejoint l'Office national du film en tant que cameraman en 1963.Le rôle de documentaliste lui échoit naturellement.«Toute ma vie, j'ai travaillé dans des milieux à la fois de langue anglaise et française», précise le cinéaste.«Je suis natif de Montréal.Mes parents appuyaient les organisatrices syndicales Léa Roback et Madeleine Parent, lorsqu'elles aidaient l'organisation des travailleurs du textile, au Québec, dans les années 1940», raconte-il.«Je suis un homme de famille, d'abord un Montréalais, ensuite Québécois, ensuite Canadien, enfin citoyen du monde.Je suis fortement attaché à ma femme, Audrey Schirmer, et à mes enfants.» Son épouse Audrey représente la famille Duckworth au sein de la coalition Échec à la guerre mise sur pied à l'automne 2002 pour s'opposer à l'invasion anglo-amén-caine en Irak.Duckworth et sa femme ont convaincu plusieurs voisins de leur quartier d'artistes, dans le Mile End, d'arborer les rubans blancs de la coalition Échec à la guerre à leur porte.Les parents de Duckworth étaient des quakers prônant un pacifisme intransigeant, la philanthropie et la simplicité des moeurs.Cette forme du protestantisme est aux antipodes des Bom PORTRAITS DE FEMMES ET DE LEURS PROJETS Econome SOCIALE DE [.ÉCONOMIE SOCIALE Fmn-nnN FONDS DE FINANCEMENT COOPÉRATIF ù4 les entreprises d'économie sociale ont le vent dans les voiles et leurs parcours sont remarquables.La contribution des femmes à cet espace social porteur d'avenir est tout aussi spectaculaire que méconnue.Autant capitaines de navire que matelots, les femmes y détiennent la majorité des emplois et des postes de direction.Des salaires honnêtes, des emplois valorisants.Plus de 6 200 entreprises (coopératives et organismes sans but lucratif) génèrent une activité économique de 4 milliards 316 millions qui ont fait naître 65 000 emplois.Pas entrepreneurs, les femmes ?En tous cas elles s'impliquent et innovent dans une quinzaine de secteurs.En périnatalité, centres de la petite enfance, aide à domicile, cela n'étonnera personne, mais également en habitation, en agroalimentaire, en loisir et tourisme social dans le secteur culturel celui des nouvelles technologies ou des services financiers.Mais qui a dit que naviguer était de tout repos, surtout quand on le fait à contre courant ?L'économie sociale : CLASSÉE PAUVRE, POURTANT RICHE Pourquoi les femmes ont-elles envuhi l'économie sociale ?Bien avant le plan de carrière, c'est la mission de justice sociale et le sentiment de l'utilité de leur travail qui ancrent les femmes dans ce milieu Historiquement, les femmes ont toujours été à l'écoute des besoins de leur communauté.Quand certains services n'existaient pas.elles les ont inventés : garderies, maisons d'hébergement, restos pop, ressources périnatales.senices aux démunis, aux malades un exclus.Et il semble bien que les problématiques sociales lourdes ne les font toujours pas reculer ! Mais leur participation massive n'a pas été ans soulever des questionnements.Et si l'économie sociale devenu] un ghetto d'emplois plus qu'un tremplin pour les femmes ?La réflexion a donne lieu il v a quelques années i des prises de positions tranchées.Une partie du mouvement féministe craignait que les femmes ne se retrouvent piégées.« C'était une appréhension |i ultime.Mais les femmes ont tait des avancées gril e à l'économie sociale.Il faut se réjouir de la place qu'elles occupent sur le terrain et dans les postes de direction » repond Annie Mdal figure de proue du quartier Hochelaga-Maiscmneuve.Cela dit, pour la directrice de /-'dito de la minONt, les femmes Annie Vidal.Faites de la musique sont encore bien peu nombreuses aux commandes des leviers financiers traditionnels.■ Nos entreprises d'économie sociale sont sous-capitalisées, les critères d'accès a une partie du financement sont trop stricts et devraient être revus.11 faudra plus de femmes dans 1rs postes dé ou se prennent les grandes décisions financière s Le ministère du Développement économique et régional, partenaire des entreprises d'économie sociale Des outils et des services à votre portée Pour plus d'information, consultez notre site Internet à : www.mder.gouv.qc.ca/cooperatives Développement économique et régional Québec L'ECONOMIE SOCIAL!.CAHIER D'INFORMATION L'ÉCONOMIE SOCIAL! fi CAHIER D'INFORMATION EN MOUVEMENT EN MOUVEMENT EDITH CYR, UTOPISTE ET PRAGMATIQUE « Ça nous ressemble l'économie sociale, nous sommes des utopistes pragmatiques ! » lance Edith Cyr de Bâtir son quartier.EUe est coordonnatrice générale de ce fleuron de l'immobilier social et collectif, actuellement le plus important groupe de ressources techniques en habitation au Canada.Bâtir son quartier a coordonné la réalisation de plus de 275 projets d'habitation communautaire dans différents quartiers de Montréal, totalisant plus de 5 157 unités de logement et gère environ 13 millions d'investissements par an.Edith Cyr et son équipe de 30 personnes, majoritairement des femmes, travaillent dans le secteur de la construction en somme ! « N'est-ce pas formidable toutes ces femmes expertes dans le développement de l'immobilier ?Ce qui nous distingue, c'est l'accompagnement des collectivités locales afin que des gens s'approprient leur logement, leur quartier.» Rieuse, elle explique sa détermination inébranlable par ses origines : un croisement entre un bleuet et une morue (ses parents sont du Saguenay et de la Gaspésie) ! « Parfois je me dis que si je meurs demain, je serai satisfaite de mon emploi du temps et de ma vie.» Edith Cyr travaille depuis 20 ans à la Pointe Saint-Charles, dans le Sud-Ouest de Montréal.Un quartier revitalisé par des projets communautaires souvent fabuleux.«J'adore ce que je fais et je ne suis pas découragée.Bien sûr on ne sait pas ce que nous réserve le nouveau gouvernement.Mais je demeure confiante que la société n'acceptera pas de reculer sur le logement social, au contraire ! » Edith Cyr est lauréate du Prix du Mérite coopératif 2002 dans la catégorie Coopératrice de l'année de la CDR Montréal-Laval, c'est la première femme à recevoir ce prix DES PARCOURS DIVERS QUI MÈNENT AU DIEN COLLECTIF Qui sont-elles ces femmes qui ont le cœur à 1Y< i *■ nomie sociale ?Elles sont fille de commerçant mais diplômée en littérature comme Linda Maziade, ont t i< i ( h irdonnatrice de banquets dans des Holliday's Inn ou des Howard Johnsc m comme Sandrine Viel dans une autre vie ou ont mis sm pied une garderie et un ( hit Resta Pop comme Annie Vidal, milité dans des groupes de femmes comme Sylvie Tardif, ou étudii en travail social comme Edith Cyr.Des centaines d'autres comme elles font que les entreprises d'éce.mie sociale fournissent des vices utiles, revitalisants pour les gens et leur colla -tivité.« Quand t'as réussi dit Sylvie Tardif, t'as réussi plus, pan e que tu ne l'as pas fait seule.En bout de ligne, c'est plus enrichissant.Pour toi, pour ton entreprise, pour ton monde.» DE FIERES RAMEUSES CES FEMMES QUI BRASSENT DES AFFAIRES AUTREMENT SANDRINE VIEL, L'AUTRE-HÔTELIÈRE Sandrine Viel, 34 ans, est la jeune directrice générale de L'Autre Jardin à Québec.Une auberge trois étoiles du quartier St-Roch en basse-ville, qui mérite le détour.Depuis l'ouverture de ses portes il y a trois ans, l'établissement allie beauté des lieux, service de premier ordre et mission sociale.« Côté atmosphère, nous sommes un peu dans la lignée des hôtels boutique, comme le Germain si on veut, mais plus petit.Nous offrons 27 jolies chambres, une salle de réunion.Notre mission sociale (contribuer à des actions de solidarité sociale et de développement durable) transparaît partout, sur notre site, notre cédérom, nos dépliants, mais sans lourdeur ni prosélytisme !» L'Autre Jardin appartient à l'organisme de solidarité internationale Carrefour Tiers Monde.L'auberge propose thé.café, sucre, chocolat équitables au petit déjeuner et sa boutique met en vente de beaux produits d'artisanat d'Afrique et d'ailleurs.Apres une coupure de 35 % de ses revenus par l'ACDI en avril 95, Carrefour Tiers Monde voyait disparaître sa seule source de financement récurrent, à quatre jours d'avis ! L'organisme a voulu assurer son avenir et son autofinancement de manière novatrice : il a littéralement bâti une entreprise d'hôtellerie en économie sociale.« Pour nous, c'est essentiel de ne pas se refermer sur nous-mêmes, poursuit Sandrine Viel.Nous sommes très présentes au sein de la communauté d'affaires et de l'industrie hôtelière.Nous sommes fières de témoigner de nos valeurs et de notre réussite.Déjà nos prévisions sont dépassées, notre taux d'occupation frôle les 60 °-o, ce qui est extra.La réussite commerciale des entreprises d'économie sociale est importante.Nous faisons de l'argent qui a du sens et du cœur ! Et nous le réinvestissons dans quelque chose de durable et de collectif.» SYLVIE TARDIF.PORTEUSE DE VALEURS SUR TOUS LES FRONTS Pour Linda Maziade du Réseau québécois du crédit communautaire, basé à Québec, pour que les entreprises d'économie sociale puissent vraiment contribuer à la démocratisation de l'économie, il faut une volonté politique claire qui soutiennent cet espace économique avec la même fierté que celles et ceux qui y travaillent chaque jour.« Nous sommes aux prises ave( des préjugés tenaces et une étiquette " d'économie de pauvres " absolument erronée et péjorative.La vérité c'est que nos entreprises sont performantes, en phase avec les exigences du marché et font du développement humaniste et durable ! Il y a de quoi être fières d'avoir bâti tout cela.Mais il nous arrive d'être très fatiguées de ramer si fort.» « Quand des entreprises d'économie sociale siègent aux tables socio-économiques, il y a un vrai choc des cultures avec les gens d'affaires.Mais c'est parfait tout ça.On met des visages humains sur eux et eux sur nous.Des ponts solides se sont construits ainsi.» La voix de Sylvie Tardif est éraillée de fatigue mais sa ferveur passe 10 sur 10.C'est que la directrice de COA1SEP (Trois-Rivières) vient tout juste d'être élue conseillère municipale.« J'ai marché les 4000 portes », dit-elle.Impliquée depuis longtemps dans le district Marie-de-rincarnation, elle savait pouvoir compter sur les moins nantis qui connaissent son envergure et son humanisme.Il lui fallait convaincre les plus riches qu'elle les représenterait équitablement.Les 76 % des votes recueillis montrent que Sylvie Tardif a gagné la confiance de la majorité.« J'ai refusé de faire une campagne de guerriers.Je suis féministe, je prône d'autres valeurs.Et je tiens à porter le message de l'économie sociale à l'hôtel de vrille.L'économie sociale est porteuse d'avenir, de santé, de bonheur quoi ! Tout le monde y a droit, les démunis et les exclus aussi.» COMSEP est l'acronyme pour Centre des organismes mauriciens de services d'éducation populaire.D a trois grands volets : alphabétisation, éducation populaire et emploi.De concert avec d'autres organismes, COMSEP a donné naissance en 12 ans à 12 entreprises, traiteur, transport routier, ébénisterie, etc.Elles offrent des salaires décents, génèrent 5 millions par année et ont créé plus de 1 000 emplois.L'ne autre fierté de Sylvie Tardif ?Que la Chambre de commerce de Trois-Rivières ait appuyé le projet de loi pour l'élimination de la pauvreté.C'est la seule chambre de commerce à avoir posé ce geste solidaire.Qui l'a convaincue croyez-vous ? L'ECONOMIE SOCIAL1 - CAHIER D'INFORMATION EN MOUVEMENT L'économie sociale à la grandeur de la planète S'INSPIRER MUTUELLEMENT Malgré ses avancées, le mouvement d'économie sociale québécois reste imparfait et ne constitue pas la panacée à tous les maux sociaux.Bien qu'il cherche à réintroduire la solidarité dans l'activité économique, il ne peut faire cavalier seul, bien é\idemment.Pour résister aux forces du libre marché, responsables d'appauvrissements incalculables, l'économie sociale doit multiplier les lieux, les espaces et les échelles d'intervention.On ne peut se passer d'intervenir ni au plan régional ni à l'international, ni de s'alimenter, ni de témoigner de ce qu'on fait ici.Au fond, c'est comme si la globalisation de l'éco- ^sagiSBi nomie de marché nous jetait tous et toutes dans les bras les uns des autres ! « Parfois nous réalisons que notre expertise a une portée insoupçonnée, raconte Edith A droite, Françoise Couillard présidente de l'Union des femmes de Nouvelle-Calédonie.Cyr de Bâtir son quartier.Je reviens du Vietnam où j'ai fait une présentation de notre façon d'intervenir en habitation sociale.La qualité de notre accompagnement dans l'élaboration des projets coopératifs pris en charge, dès le départ, par des collectivités, était une inspiration pour mes interlocuteurs.Nous échangeons aussi avec des organismes du Brésil, de France et de Colombie.» « Il ne se passe pas un mois sans que nous recevions de la visite internationale dans les locaux de COMSEP raconte Sylvie Tardif à Trois-Rivières.Nous échangeons et apprenons autant des Maliens, des Africains du Sud, ou des gens d'Amérique latine qu'ils soient du Pérou, du Mexique ou du Guatemala.Quelqu'un de chez nous a par- Germaine Koffi, présidente de Micro-femmes, une Mutuelle de Micro-crédit en Côte d'Ivoire.ticipé aux ateliers et forums de Porto Alegre.Vous savez, en 1988 un voyage au Zimbabwe m'avait ouvert les yeux sur le potentiel de résistance des formules de collectifs et de coopératives.Quand je voyais les miracles qu'ils faisaient avec rien, je me suis dit : déniaisons-nous ! » « Notre première mission, dit Annie Vidal de Faites de la musique, c'est de représenter une forme d'espoir qui amène les gens à s'impliquer et à développer leur milieu.Nous sommes la pour renforcer la solidarité dans nos collectivités et redonner un sens au travail.Et partout dans le monde, d'autres le font depuis longtemps.Il faut s'inspirer mutuellement.» Ce cahier d'information de quatre pages traitant du développement de l'économie sociale au Québec est édité conjointement sous l'entière il seule responsabilité des organisations suivantes Le Chantier de l'économie sociale i si ! une "i'un ii.Biitoni.■ -I prrmitnente \is,iru 1.1 firiinn'Hun il k .li \.h .|>|i.in-iil ili IV».mu' su.i.ilc I y I :h.iiili.i i i .iir[m ration à but non lucratif regroupan! la in-.irnls iiiuiiw-ments sociaux, 1rs seteun du dévdoppenKDI local et les promoteurs d'entreprise il 11 onomie sociale.i OKOmi soi de Le Comité sectoriel de main-d'œuvre de l'économie sociale et action communautaire (CSMO-ESAC), Orga- nisme a, but non lui rahl, vite à élflboïl ' « < i mettre en œu\Te des stratégies de développement El 'I' formation à l'intention de la main-d'truvre ei des entreprises et .iri'.iitiMiit'v ilu secteur, en favorisant et en .on .olnt.uii la concertation ri le partenariat Ij CSMO-ËSAC Cil financé pat Eniploî-Qjiébo >Le Réseau d'investissement social du Québec (RISQJ esl un I.I ,1, _ .api ta! de risqUC .1 lu il 0OI1 lut r.tlil uni .i pOlU nii.Mitn de rendre accessible un lin.un - niriii tdaptl .i l.i réalité des filin prr-i Ifi .mu .il.Il v r< I I Qlltl nu l'( |QT (4 entreprises collectives pai ['injection de capital de cou- mu in .■■.i \ .11 il de |e\ner finanf irr poiH II réalisadotl 'I' li m ■ pn ijeti On i»"i contacte] ces organisnies sus numéros de téléphone luivanti < lu.(514)899-9916 CSMO-ÉSAJ (514)259-7714 RISQ (514)866-2355 11 mda de lin,un emeni .cm,,ni .1 Fuaction (418)522 3334 l'M'ilu' son tit i e < ihiei \i iam i.(larinr Guidîcelli, Mélanii [olin, [oftl Lcbos- i |i ni Ritlnl.llllr t rraphùmc < lonipctsition Fleia de I ysee p i \Ar^irir~)f\i ^;uuon' '** fr^ds pom I j.£\\g* / /W( V l'un,-mun.li-.il n l'apprtn iiîonni snenl des fonds < omniunau-baires du Qui I.■' un rbndi de i apitaJ dj riMjiir .i bui ni'ii lui i ml .n .,i l'initiative de I.Lu Mi'ii-t SN M ,i ir- in.in.l.it d.i spitalisi i [es entrepa i ■• 11 b ?i i anom.si I livcs ri OBNL Le Ponds d- iin.m ' ' III.lit .|» T .llll en li h.Pum i mat Isunon eotn fondai bon, !.le Québec a adopté une loi sur les appellations réservées, unique en Amérique du Nord.Faute de personnel et de normes claires, cette loi ne s'applique qu'aux produits biologiques.L'upa et Solidarité rurale travaillent à bonifier la Loi sur les appellations réservées, afin qu'elle soit un levier pour la mise en marché des produits artisans et paysans et qu'elle leur permette d'être compétitifs sur les marchés mondiaux.Le 11 ]uin 2003, Solidarité rurale participait à Genève à la ► JUILLET/AOÛT 2003 1ECT0 VE1S0 | 29 AGROTOURISME fondation d'une organisation mondiale de producteurs (origin) pour faire pression sur l'Organisation mondiale du commerce (omc), afin que les appellations géographiques soient protégées dans les accords internationaux.Par contre, les 17 pays du Groupe de Caims, dont le Canada et les États-Unis, s'opposent aux appellations d'origine, qu'ils considèrent comme un frein au commerce.L'omc veut trancher le débat avant la réunion ministénelle de Cancûn en septembre 2003.Au Québec, un comité du ministère de l'Agnculture, des Pèches et de l'Alimentation vient de déposer (fin juin 2003) des recommandations à la ministre Françoise Gauthier.Mise en scène Diane Gonthier, de la Ferme de la butte magique, a cessé d'offrir, après 15 ans, le gîte à la ferme et s'est retirée de la Fédération des Agricotours, quoiqu'elle ait reçu le Grand Prix du tourisme des Laurentides en 2000.«Nous ne voulons pas participer à cette mise en scène pour créer un produit touristique authentique-, explique-t-elle.Sa ferme est un élevage de moutons, située à Saint-Faustin, à dix kilomètres de Mont Tremblant et de la piste cyclable du parc linéaire du P'tit train du nord.Mmc Gonthier a bâti sa ferme à même la forêt, choisi les arbres pour la construction de la bergerie, de l'atelier de cardage de la laine et de la maison.Elle a sélectionné les moutons en fonction de leur résistance au climat.Un lama agit comme gardien du troupeau.La traite des brebis se fait à la main, de même que le fromage, le beurre et le yogourt.La ferme organise des ateliers d'art, des visites éducatives, vend du compost et des feutres de laine teints dans une ancienne chaudière à sirop d'érable.Mmt Gonthier ne veut pas modifier son mode de vie pour répondre à des normes sanitaires standardisées.«Notre savoir-faire, on le retransmet avec passion et c'est ce que les clients veulent», explique-t-elle.Roméo Bouchard, de Saint-Bernard-de-Kamouraska, cherche à démontrer, depuis dix ans, que l'agriculture de performance aliène les citoyens qui veulent vivre à la campagne.Président-fondateur de l'Union paysanne, il travaille depuis 1993 à freiner le déclin de son village de 325 habitants.Un Symposium de peinture place dorénavant Kamouraska dans les circuits touristiques du Bas Saint-Laurent.«L'idée était que si on avait un si beau village face au fleuve, il devrait y avoir moyen d'attirer des peintres! Cette année, du 13 au 20 juillet, nous recevrons 120 peintres, et les commerçants du village vont faire leur hiver durant cette semaine-là, grâce aux 10000 visiteurs», explique-t-il.L'association touristique et le Centre local de développement (cld) ont planché, avec les artisans locaux, à une politique de développement des produits du terroir.«L'agrotourisme doit faire partie d'un objectif plus large d'occupation du territoire où la foresterie, l'agriculture, les transports se complètent», pense M.Bouchard.L'ethnologue Paul-Louis Martin, de l'Université du Québec à Trois-Rivières, rappelle que la beauté de la campagne est la prémisse de la bonté des produits.«Une campagne qui n'a pas su préserver la qualité de ses espaces, son tissu rural original, qui possède des paysages agricoles déstructurés, un patrimoine bâti en décadence, une architecture banalisée et uniforme n'est pas invitante.» D LIC#00-0E0 ORDONNANCE CENTRALE DES SYNDICATS DU QUÉBEC 320, rue Saint-Joseph Est 9405.rue Sherbrooke Est Bureau 100 Montréal (Québec) H1L 6P3 Québec (Québec) G1K 9E7 (514) 356-8888 (418)649-8888 i \ Adresse.LX^rffr.Date Renouvelable Pas de substitution Signature.cr 1 ® ÇSQ M.D.REPETATUR 12 3 4 5 PRN NR 30llECTO VEISO JUILLET/AOÛT 2003 MOTS DE SOCIETE UMFAIB «*»■ AM1RICAN jeu ■ More NAFTAs NlXIT! T SEATTLE, 1999 Les métallos Dan Albrirton et Al Skinner marchent avec l'AFL-CIO contre l'OMC.nouveau syndicalisme luttant pour une plus grande justice sociale.Impensables jusqu'à récemment, des liens se nouent entre syndicats locaux, groupes communautaires, féministes et écologistes.À I'afl-cio, la grande centrale nationale, les auteurs décrivent un changement de génération et de vision favorisé par l'élection à la présidence de John Sweeney, avec son programme «New Voice», en 1995.Le terreau de ce nouveau syndicalisme se trouve où on ne l'attendait pas : lez les pents salariés, les immi- Le syndicalisme aux Etats-Unis LE DÉBUT D'UN TEMPS NOUVEAU?Après des décennies de féroces pratiques anti-syndicales et de scléroses structurelles, un nouveau syndicalisme d'action et de contestation sociale se développe aux États-Unis.PAR ANNE-MARIE BRUNElif Dans Des syndicats domestiques, repression patronale et résistance syndicale, Rick Fantasia et ECim Voss, deux sociologues américains, présentent un portrait bien documenté du monde du travail et du mouvement syndical aux États-Unis.«Pour des dizaines de millions de travailleurs améncains qui n'ont pas de qualifications professionnelles, une carte syndicale est le principal passeport pour une véritable existence sociale», écrivent-ils.Pourtant, moins de 14% des travailleurs sont syndiqués aux États-Unis.Cette situation s'explique par l'histoire du mouvement et sa structure décentralisée.À la fin de la Seconde guerre mon- diale, deux menaces pèsent sur le capitalisme américain.«La Russie à l'extérieur, le syndicalisme chez nous», aurait dit Charles E.Wilson, le président de la General Electric, au moment de joindre le cabinet du président Harry Truman.Il sera lourdement combattu, ce syndicalisme, sous prétexte de lutter contre les communistes.Une loi dévastatrice, le Tart-Hartley Act, votée en 1947, affaiblit la garantie des droits syndicaux, permet aux États de voter des lois du travail qui les «délivrent» du syndicalisme et, surtout, les syndicats doivent obtenir la reconnaissance de la bureaucratie officielle de l'État pour exister légalement.Le Taft-Hartley Act aura pour effet d'éloigner les syndicats «du contexte immédiat (et de l'urgence) des revendications sociales», expliquent les deux auteurs.Une fracture qui coûtera cher aux syndicats, davantage gestionnaires que revendicateurs, dont le membership baisse de façon constante.Encore Seattle L'histoire dira si les manifestations contre l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à Seattle, en 1999, auront tous les impacts qu'on leur prête aujourd'hui.Fantasia et Voss voient dans l'union des ouvriers syndiques et des écologistes de la classe moyenne, l'alliance «Teamsters et Turtles» (les marionnettes géantes en forme de tortue promenées dans les rues de Seattle pendant les manif contre I'omc), l'émergence d'un Moins de 14% des travailleurs sont syndiqués.grés, les employés d'entretien et de service dans le pnvé.Les deux sociologues consacrent un long chapitre à l'histoire des \ictoires syndicales comme la campagne «Justice for lanitors» (les employés d'entretien) à Los Angeles et à Las Vegas.Des expénences qui leur permettent de conclure : «le syndicalisme pamendra-t-il à renverser les énormes obstacles qui l'empêchent d'exercer un réel pouvoir sur la société américaine.Ce n'est pas sur.Ce qui importe, c'est que, pour la première fois depuis bien longtemps, on peut penser qu'une telle chose est possible.» D Rick Fantasia et Kim Voss Des syndicats domestiqués.Répression patronale et résistance syndicale aux États-Unis, Éditions Raisons d'agir, 2003 JUILLET/AOÛT 2003 KCT0VEIS0 31 LES ÉVASIONS BARBARES Un humanisme fourvoyé.PAR ISABELLE GUSSE Le mourant est aussi mauvais père que mauvais mari; un prof d'université et un intellectuel sans envergure ni talent, peu apprécié de ses étudiants ; un socialiste d'opérette, bien nanti et dénué de la moindre once d'empathie; un bourgeois qui pense avec sa queue, de la catégorie qui donne à la langue française les refrains qui nment avec «cochon» (dixitJacques Brel).Son fils est un redoutable financier, l'argent lui pisse entre les mains.Pour lui, tout s'achète, complètement tout : la direction d'un hôpital, une aile d'hôpital (pour un seul patient, son père), le syndicat, une jun-ky, de l'héroïne pour hjunky, les étudiants, une infirmière.Al-ter ego de Mario Dumont et de Jean Charest, ce fils prodigue nous présente ce qui nous attend avec la privatisation du système de santé : un système à deux vitesses, atrophié pour les pauvres, avec ses entassements, son désordre, l'anarchie, les syndicats mafieux, etc.; privé et commercial pour les riches, où l'argent remplace le droit, où l'individualisme triomphe dans un univers de masseuses slaves, d'amis de toujours et de drogues dures.Aux usa, c'est bien mieux : 41 millions de citoyens n'ont aucune couverture médicale et 71,5 millions n'en ont qu'une partie de l'année [Les États-Unis malades de leurs pn-sons in Le Monde Diplomatique, juin 2003, p.23].S'il y a une venté dans le film de Denys Arcand, Les invasions barbares, c'est que nous sommes tous égaux devant la mort, au moment où elle ferme les yeux de ceux qui partent pour remplir d'eau les yeux de ceux qui restent.Mais il y a des gens plus égaux que d'autres (dixit Co-luche) : les bourgeois, les riches.Conflit de générations Le scénario de Denys Arcand se développe autour de la relation père-fils.L'universitaire de gauche accuse son fils de bouder les livres, mais semble ignorer la façon dont son propre rejeton gagne sa vie.Le fiston accuse son géniteur d'avoir été un «père absent» (dixit.qui déjà?Ah!, oui, Guy Corneau) et de s'intéresser plus à ses maîtresses qu'à ses enfants.Autour d'eux, le monde dérive : le système de santé des Québécois, les syndicats, les rapports hommes-femmes, la religion et la foi, le sexe, l'euthanasie et la drogue, pêle-mêle, dans des saynètes parfois drôles mais aux dialogues stéréotypés, dans un hôpital de carton-pâte.Arcand aborde toutes ces questions «brûlantes d'actualité» (dixit les médias) en restant justement dans le schéma classique de l'actualité journalistique, sans nuance, sans profondeur.Et sans réflexion.À la place, les cinéphiles sont plutôt invités à sympathiser avec les protagonistes du drame humain dont les valeurs de classe (bourgeoisie et finance) sont pourtant exécrables.Mais la grande faucheuse approche.Ça radoucit les humeurs, ça reconstruit les liens brisés et tout se termine par une classique réconciliation, des aveux, du genre : Tu es un fils extraordinaire ! Ça renifle dans les salles obscures (dixit Kleenex), la recette est éprouvée.La fin, la mort de Rémi, est une scène à faire brailler une statue de l'île de Pâques.Dans les cinémas, pendant la projection de cette comédie de classe sur les gens «riches et célèbres», je suis certaine que de nombreuses personnes ont envié Rémi d'avoir un fils si présent, dévoué et.argenté.Un bon p'tit gars, qui a réussi dans la vie.Invraisemblable C'est la grande imposture de Denys Arcand.Il nous la joue personnelle et humaniste, avec ses bourgeois.Il nous fait passer son jeune barbare capitaliste pour un Saint-Vincent-de-Paul ! _ ai INVASIONS Que le public de Cannes ait ovationné ce film n'a rien d'étonnant.Cannes est envahie de barbares, surtout pendant le Festival.Et puis, quand même, le scénario d'Arcand comporte quelques invraisemblances : un cancéreux en phase terminale, avec ses bonnes grosses joues et tous les attributs d'une santé flons-sante, clamant son amour pour la vie, mais refusant de se battre pour la conserver, vous y croyez ?Et unejunky à la mine si fraîche, à la peau si satinée (à faire pâlir d'envie une «belle d'Ivory», dixit mon amie Lulu) ?Arcand y croit, lui.Vive le divertissement! Bienvenue dans le monde des Évasions barbares.□ Denys Arcand Les Invasions barbares Les Éditions du Boréal.2003 SOUTENEZ LA PRESSE INDÉPENDANTE ET SOLIDAIRE! La presse indépendante est sur les dents! Elle s'unit pour résister à l'hégémonie de la presse commerciale.N'attendez pas que les poules aient des dents.Abonnez-vous à un second, voire un troisième journal indépendant: ils ont tous une dent contre la bêtise, et ils se complètent si bien.Le Couac est un mensuel satirique qui propose un regard critique sur notre société avec l'humour grinçant qui lui a valu son surnom de «canard qui a des dents».M □ Abonnement d un an \jg D Abonnement de deux ans Couac G Abonnement Institutionnel et de soutien: D Abonnement de groupe d un an 110 copies par parution! D Abonnement d'un an à 1 étranger 30.12 $ ♦ taxas = 35.00 $ 52.15 $ «taxas » 60.00$ 52.15$ «taxas - 60.00$ 225,98$ «taxas « 260,00$ 63,46 $ « taxas ■ 50.00 $ Nom Par téléphone 1514)521-5499 Par La poste U» Couac CP 129 Suce.dcLonmicr Code postal Téléphone Montréal (Québec) H2H 2N& Courriel Adresse! votre chèque à le C#u*i 32 I HECT0 VERSO JUILLET/AOÛT 2003 LE NID DE FAUCONS PAR RICHARD AMIOT Que veulent les Américains?Le bonheur, la liberté et plus de richesses, grâce à leur industrie et au libre commerce.«La grande règle, pour nous», résumait le président George Washington en 1797, -est de développer nos rapports commerciaux tout en ayant le moins de relations politiques» avec les autres nations.Selon les polémologues Gérard Chaliand et Arnaud Blin, l'Aménque missionnaire et salvatrice de George W.Bush et la stratégie des faucons du Pentagone sont issues d'une tradition aussi ancienne que la nation améncaine.Dans Amenca is back Les nouveaux césars du Pentagone, ils en présentent les principales figures.Deux courants principaux se disputent la conduite des affaires internationales aux USA.Un courant «réaliste», incamé dans la pensée et l'action du républicain Théodore Roosevelt (1901-1912, prix Nobel de la paix en 1906); et un «idéaliste», représenté par son successeur, le démocrate Woodrow Wilson (1912-1921), créateur de la Société des nations, pnx Nobel de la paix (1919).Un troisième courant, isolationniste, minoritaire, est nommé «jacksonmen», du nom du président Andrew Jackson (1828-1836).La politique internationale américain tire toute sa force de la fusion, de temps à autre, de ces trois courants, unifiant la nation.Les États-Unis ont dû sortir de leur splendide isolement lors M ! \V Chaia Heller Désir, KO] nature ▼.—^»^^r et société r, 1 ^Jn, > L'écologie sociale au quotidien Dans cet ouvrage philosophique sont repensées, de façon sensible et —."?*""» j^bé.intelligente, les conceptions liées au désir et à la nature.Profondement convaincue que l'écologie ne doit pas se limiter à des questions de besoins matériels et de survie, Chaia Heller y ajoute la notion de désir d'une , • y r ' j j meilleure qualité de vie au jour le \ 4l >, jour, qui doit passer par une impor- - tante refonte des institutions sociales, économiques et politiques.■ 1 éftécosociété ^^jjr www ecosooete org de la Seconde Guerre mondiale, après l'attaque de leur territoire national à Pearl Harbour en 1941.Face à la menace communiste, le successeur de Franklin D.Roosevelt, Harry Truman, prôna la continuation d'une politique d'alliances héritée de la Deuxième guerre mondiale et une stratégie de contamment du communisme qui perdura |us-qu'à l'arrivée à la Maison Blanche de Ronald Reagan.Celui-ci opéra une fusion des divers courants et prôna une contre-offensive au nom de la démocratie et de la liberté.Après la chute du Mur de Berlin, à la tète d'une vaste coalition incluant aussi bien les Russes que les Arabes pendant la Guerre du Golfe (1990-1991), George Bush père annonça un «nouvel ordre mondial», mais ne sut pas en tirer toutes les conséquences.Après lui, le long mandat de Bill Clinton ra- gestion de l'eau vous laisse perplexe?Eaux et territoires Frédéric Lasserre et Luc Descroix 500 pages 49$ (418) 657-4399 www.puq.uquebec.ca mena aux États-Unis les habituelles divisions entre idéalistes et réalistes.Au bout du compte, les USA n'ont toujours poursuivi que leur propre intérêt, recherchant la sécurité, l'accès aux marchés et la supériorité sur leurs adversaires.et leurs partenaires.Derrière les divisions apparentes, une grande unité anime cette nation.Ainsi, le même homme, Andrew Marshall, qui orchestra la stratégie nucléaire américaine dans les années 1940 et 1950, est encore en charge du bureau de la prospective du Pentagone qui dirige la refonte de la politique étrangère américaine.Qui a conduit à la récente guerre en Irak.O Gérard Chaliand et Arnaud Blin America is back Les nouveaux césars du Pentagone, Bayard.2003 lun/AOÙT 2003 «ECT0 VEIS0 i 33 ET LE SAUVAGE Sous la plume de Mario Vargas Llosa, deux grands idéalistes : l'activiste féministe et ouvriériste Flora Tristan et le peintre Paul Gauguin.PAR ANNE-MARIE BRUNELLE Flora Tristan et son petit-fils, le peintre Paul Gauguin, ne se rencontrèrent jamais.Gauguin est né en 1848, quatre ans après la mort de sa grand-mère.Mais, alternant les chapitres consacrés à Flora (née en avril 1803) et à Paul (mort en mai 1903), le romancier péruvien Mano Vargas Llosa entrelace leur vie et parcourt tout un siècle de quêtes d'utopies politiques et artistiques.Fasciné, Vargas Llosa a refait tous leurs voyages.Il déclarait au magazine français Le Point : «Tous deux sont l'incarnation de formes très différentes de l'utopie qui était tant à la mode au xixc siècle.J'ai trouvé dans ces deux caractères le même idéalisme, la même générosité, une créativité de même nature.Et la même souffrance!» Madame-la-Colère Le rôle de Flora Tristan dans le mouvement ouvrier et féministe est méconnu.Elle représente pourtant l'une des plus authentiques figures du socialisme uto-pique (avec Owen, Charles Fou-rier, Saint-Simon), annonciatrice de la vague révolutionnaire qui balaie l'Europe en 1848.D'abord par ses écrits : un roman, Méphis (1838, repns en 1843 sous 'e Dtre de Maréjjuita l'Espagnole) ; une autobiographie, Pérégrinations d'une pana (1837); et Promenades dans Londres (1840), une enquête fouil- lée et sévère sur la condition ouvrière et la pauvreté dans le pays phare du capitalisme industriel.La vie de Flora la prédisposait à devenir l'héroïne d'un roman.Née de l'union illégitime d'une petite bourgeoise parisienne et d'un riche anstocrate péruvien, elle est dépouillée de l'héntage paternel (elle se rendra au Pérou pour le faire reconnaître en 1833), vit dans la pauvreté et connaît les misères d'une femme battue (son man, André-François Chazal, fut condamné à 20 ans de bagne pour avoir tenté de l'assassiner).Manée jeune, mère de trois enfants, elle fuit ce mari dont la loi ne lui permet pas de divorcer."L'homme le plus oppnmé peut opprimer un être qui est sa femme.Elle est la prolétaire du prolétaire même», écrit-elle.À la différence de ses contemporains, elle lie résolument la libération des femmes, ces étemelles mineures, à l'émancipation de la classe ouvrière.Le roman débute avec la tournée européenne de Flora, après la publication, en 1843, de son essai appelant à la constitution d'une association ouvrière réformatrice, l'Union ouvrière.Cinq ans avant Marx et Engels, Flora Tristan conçoit l'idée d'un paru international des travailleurs et cherche à la mettre en œuvre.Vargas Llosa la suit dans sa quête, ses rencontres, ses souvenirs, authentiques ou imaginés.Rien ne prédisposait Paul Gauguin à la peinture.Matelot à IECTO VE1S0 JUILLET/AOÛT 2003 Irt ^: 16 ans, puis boursicoteur à Pans, c'est à l'approche de la trentaine que, encouragé par Pissarro, il entreprend sa recherche absolue de la liberté et de la venté, par son œuvre bien sûr, mais aussi par son mode de vie.Ses choix et son intransigeance lui coûteront cher.Comme son ami, le Hollandais fou Vincent Van Gogh, qui revient souvent dans le roman de Llosa, Gauguin n'a connu m gloire et ni reconnaissance de son vivant.Koké-le-Sauvage Il fuit la froide Europe qui ne le comprend pas.Sa quête le mène en Polynésie, à Tahiti puis aux Marquises.Sa première vahiné l'appelle Koké.Dans sa lutte romantique à la civilisation, il retourne à la nature primitive, obsédé et désespéré par son besoin de reconnaissance et par son refus de toutes les écoles, de tous les cadres.Vargas Llosa révèle un Gauguin provocateur, inquiet et affamé.Le peintre est un type plein de contradictions.Dans le roman, ses positions racistes, publiées dans des journaux français de Tahiti, étaient d'abord motivées par le besoin d'argent.Mais les passages sur la conception des œuvres de Gauguin, particulièrement réussis, les feront Flora Tristan Après Madame Zola (Grasset, 1998), la biographe Evelyne Bloch-Dano s'est attaquée au personnage de Flora Tristan, démêlant le vrai du faux, la légende de la vérité historique.Exercice difficile, car la créatrice du personnage de légende est Flora Tristan elle-même.Le ton de la biographie demeure assez romanesque.Comment résister?On en apprend tout de même beaucoup sur cette jeune fille sans le sous, devenue femme de lettre et prophète de la révolution ouvrière.Grâce à des extraits de sa correspondance et de son œuvre, on la voit voir au lecteur avec un œil neuf.La licence romanesque permet à Llosa d'inventer des rencontres - un bref contact entre Tristan et Marx, dans une impn-mene -, de prêter à ses personnages des sentiments dont nous ne saurons jamais nen.Lui, qui connaît l'avenir de ses protagonistes, intervient dans leurs vies, les tutoie, les interroge.Cette liberté ne dérange pas la lecture, mais ennehit le parcours de ces deux résistants d'exception.D Mario Vargas Llosa Le Paradis — un peu plus loin Éditions Gallimard, Paris, 2003 : 1803-1844 évoluer dans le monde des penseurs utopistes.On la suit dans ses combats contre son mari, sa rivalité avec George Sand, ses voyages en Angleterre et au Pérou.Flora Tristan ne doutait pas de son importance, de son rôle dans l'histoire.Elle est morte d'épuisement pendant sa tournée pour construire en Europe l'Union ouvrière.N'avait-t-elle pas dit : «J'irai jusqu'à ce que je tombe.»?Evelyne Bloch-Dano Flora Tristan La femme-messie Grasset, Paris, 2001 Pr0(»ui7 MESURE DE SOUTIEN AUX PRODUITS DU TERROIR SOLIDARITE RUR1I L u u i ntic * I IP * -g m ;* */ ' ■ -**• on REER me donne du Plus d'économies d'impôt, plus de bon temps Le REER du Fonds de solidarité FTQ vous procure 30 % plus d'économies d'impôt qu'un REER conventionnel.C'est 30 % plus d'argent qui vous revient maintenant.À vous d'en profiter! P 1 800 5G7 FONDS www.fondsftq.com La valeur de l'action fluctue Pour des renseignements détaillés sur les actions du Fonds, consultez le prospectus disponible à nos bureaux ^J FONDS de solidarité FTQ La force du travail
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