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Titre :
VO
VO est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1990 à 1997, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

VO est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1990 à 1997. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité. Pierre Vallières est rédacteur en chef de VO jusqu'au printemps 1991, où il laisse sa place à Jean Robitaille, collaborateur régulier de la revue depuis quelques années, qui travaillera étroitement avec Daniel S.-Legault. VO fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

VO s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

La nouvelle formule magazine adoptée par VO vise toutefois à une diversification tant de la forme que du ton. Des textes d'analyse substantiels côtoient les chroniques plus courtes dans une facture graphique plus illustrée et colorée que celle de Recto verso.

Le tirage de VO se situe entre 2000 et 5000 exemplaires.

FONTAN, Jean-Marc, « Souvenirs de Recto verso », Possibles, vol. 30, no

Éditeur :
  • Montréal :Jeunesse ouvrière chrétienne :1990-1997
Contenu spécifique :
novembre-décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Recto verso (Montréal, Québec) ,
  • Carnets de VO
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Références

VO, 1994, Collections de BAnQ.

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0 U V R VEL Entrevue avec CHRISTIAN NTAGNE DOSSIER onversion de La CEQ lance le débat sur l'éducation.- Un livre charnière pour comprendre les enjeux Un projet démocratique pour Fécole québécoise - Une contribution majeure de la CEQ Il y a là une rafraîchissante réflexion d'ensemble ne faisant pas mystère des valeurs qu'elle défend.Normand Baillargeon (Le Devoir) Une coédition CEQ/Éditions Saint-Martin.En vente dans les bonnes librairies et au Centre de documentation de la CEQ, 1170, bout.Lebourgneuf, bureau 300, Québec, QUÉBEC, G2K2G1.Tél.: (418) 627-8888 - Téléc.: (418) 627-9999.El CEQ 0NlMA»«E 14 ;-B3-jCJ=bçss£ EDITORIAL ENTREVUE 6 • Christian Lamontagne «Quand la religion ne nourrit plus.» Récemment, la triste actualité a beaucoup parlé des sectes, bien peu du Nouvel âge Christian Lamontagne «fait.» dans le Nouvel âge depuis une douzaine d'années Son magazine Guide Ressources traite du Nouvel âge, souvent avec intelligence, parfois avec un recul critique Lamontagne ne peut renier son passé contestataire et ses préoccupations sociales.Il nous raconte l'importance de garder le contrôle de sa vie et la difficulté de changer Si un lour, politique et Nouvel âge se marient, c'est lui qui célébrera la cérémonie DOSSIER 14 • La reconversion de l'industrie militaire au Québec L'industrie militaire est en chute libre Avec la fin de la guerre froide, et les embargos de vente sur plusieurs pays en guerre, cette industrie méconnue multiplie les chômeurs On parle beaucoup d'une reconversion à des fins civiles, et d'une diversification qui permettrait de survivre Doit-on intervenir'5 Peut-on intervenir9 Et le Québec va naître à la condition que circule l'information.je veux dire par là la description de la réalité [ ] En parler en poète, c'est le début de la prise de conscience Il faut passer de la poésie à la réalité statistique.qui est plus stimulante pour l'action t Gérald Godin 1938-1994 LIRE PHOTO-REPORTAGE CHRONIQUE INSOLENTE EN MOUVEMENTS PELURES DE MULTINATIONALES AUX ÉTATS QUEBEC EN COULEURS 11 12 31 32 34 37 38 Œ5 VO: LE MAGAZINE DE VIE OUVRIÈRE VO est un magazine d'intérêt général et un magazine alternatif d'information, de réflexion et d'enquête qui traite des conditions de vie et de travail, des luttes, de la culture et des aspirations du monde populaire.VOs'adresse aux militants-es, aux intervenants-es des milieux populaires et à tous ceux et celles qui aspirent à des changements sociaux Fondé en 1951 à titre de revue de l'Action catholique ouvrière, VO a évolué au fil des ans pour devenir un magazine indépendant, qui s'inspire des différents courants émancipateurs.Les articles publiés dans VO n'engagent que leur-s auteur-e-s.Conseil d'administration: Daniel Beaulieu, Guy Biron, Anne-Marie Brunelle, Sylvio Gagnon, Ginette Gaudreault, Clotilde Lemay, Monique Tremblay.Comité de rédaction: Louise Boivm.Diane Brulotte, Francesca Dalio, Guillaume Dostaler, Abdelhamid Gmati, Françoise Guay, France Paradis, Pierre Viau Collaborations régulières et membres de comités: Nicole Brais, Marie Constantineau, Guillaume Dostaler, François Gervais, Daniel Gingras, Pierre Hamel, Christine Nagl, Maryse Robert, Pierre Viau.Rédacteurs en chef: Jean Robitaille et Daniel S.-Legault Coordination, promotion, publicité et représentation publicitaire: Jean Robitaille Direction artistique, comptabilité, montage des couvertures: Daniel S -Legault Gestion des abonnements et traitement de textes: Ginette Gaudreault.Impression: Imprimerie d'Arthabaska inc.Distribution: Messageries de presse Benjamin Fréquence de parution: 6 numéros par an.Photo couverture: C Lamontagne, par Yves Provencher (agence Chrono-Presse).Grille de tarifs d'abonnement: Individu ou groupe populaire: 20$/an ou 35$/2ans.Institutionnel: 28$/an.Soutien: 28$/an.Étudiant ou sans emploi: 14$/an.A l'étranger (par avion), individuel: 25$/an.À l'étranger (par avion), institutionnel: 33$/ an.Un numéro seulement: 5,10$ (incl frais de poste).VO est membre de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP) Le magazine reçoit une subvention du Ministère de la Culture du Québec.Ses articles sont inscrits dans le répertoire analytique de presse Points de repère Dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0849-035X Envoi de publication, enregistrement n'0220 Parution: n°251, 1" novembre 1994 VO 1212 rue Panet, Montréal (Québec), H2L 2Y7 Téléphone: (514) 523-5998, télécopieur: (514) 527-3403 ^OlTORl*1- Les élections scolaires, ces éternelles négligées, susciteront-elles plus d'intérét cet automne alors que le statut confessionnel de l'éducation est en |eu?Dans un Québec sécularisé, les débats entourant la religion soulèvent encore beaucoup de passion.Pourtant la question est simple: l'école est-elle l'endroit propice pour l'enseignement de la foi dans une société comme la notre?Depuis plus de 20 ans, à Montréal, la CÉCM, la plus grande commission scolaire du Québec, est sous l'emprise d'un groupe minoritaire d'intégristes catholiques: le Regroupement scolaire confessionnel.Seule l'indifférence de plus de 85% de la population montréalaise à l'égard des élections scolaires peut expliquer le maintien au pouvoir d'une équipe aussi dangereusement rétrograde.Mais cette mainmise du RSC semble se fissurer.Le bateau prend l'eau et ses commandants abandonnent le navire.La volte-face de son ex-président, François Ouimet, en juin dernier sur le statut confessionnel de la CECM, a mis en déroute cette organisation politique.Le RSC risque également de souffrir durement de l'absence de l'appui traditionnel de l'archevêché de Montréal.Du temps de Paul Grégoire, les curés étaient tenus de lire en chaire, le jour de l'élection scolaire, son message d'appui.Depuis l'arrivée de Jean-Claude Turcotte à la tête de l'Eglise de Montréal, celle-ci s'est ralliée à la position plus nuancée de l'épiscopat québécois en matière d'enseignement religieux.Une saine neutralité s'est installée.Les jeux sont donc ouverts pour un véritable débat public.LA CONTRAINTE CONSTITUTIONNELLE Faut-il le rappeler, depuis 1867, le droit des catholiques et des protestants-es à un enseignement confessionnel est inscrit dans l'Acte d'Amérique du Nord britannique.La loi sur la restructuration scolaire, la loi 107, prévoit la transformation, d'ici 1996, du statut des commissions scolaires qui passerait de «confessionnel» à «linguistique», alors que les écoles, elles, conserveraient la possibilité d'être catholiques, protestantes ou autres, selon le désir des parents.Solution mitoyenne, la loi 107, loin de résoudre le problème, l'envenimerait.Les changements proposés risqueraient de ghettoïser dangereusement notre système d'enseignement, tout particulièrement dans la région montréalaise où se concentre la population immigrante du Québec.Des CONFESSIONNALITE ET ELECTIONS SCOLAIRES DES ÉCOLES À L'EAU BÉNITE IEAN ROBITAILLE écoles de quartiers, communes pour tous les jeunes du coin, on passerait à l'école pour les catholiques, l'autre pour les protestants-es, celle pour les musulmans-es et une dernière laïque.Belle façon de construire un Québec pluri-culturel respectueux des différences et fort d'une culture publique commune! L'école, lieu d'intégration privilégié pour les jeunes qui arrivent au Québec, favoriserait plutôt l'affirmation d'identités culturelles distinctes et parfois antagoniques.Pourquoi?Pour préserver le droit des catholiques ou des protestants-es à un enseignement religieux à l'école.S'il est clair pour la grande majorité que la religion des uns-es ne peut être imposée aux autres, il demeure que plusieurs parents, plus ou moins croyants, souhaitent encore néanmoins que la religion soit enseignée à leurs enfants.Poussant le paradoxe à l'extrême, ils croient même que l'école est mieux placée que l'Église pour assumer l'éducation de la foi de leurs enfants.Maigre le fait que des parents pourraient le souhaiter, le statut des écoles n'a pas à être confessionnel.Le projet éducatif n'a pas à être la propriété d'une religion, quelle qu'elle soit.Puisqu'on s'opposerait vigoureusement à ce que notre enfant aille dans une école dont le projet éducatif serait musulman (parce que la majorité des parents du quartier en aurait décidé ainsi), on ne peut revendiquer le droit d'imposer, même démocratiquement, un caractère confessionnel à cette école.L'ÉCOLE NE FORME PAS DES CROYANTS ES L'école publique n'a pas la responsabilité d'enseigner la toi C'est d'ailleurs non seulement inapproprié mais bel et bien impertinent: l'enseignement religieux d'aujourd'hui ne produit pas plus de croyants-es.Tout simplement parce que la foi ne s'enseigne pas à une personne qui n'a pas d'expérience de foi.Dans une société sécularisée comme la nôtre, prétendre enseigner la foi à des jeunes qui n'ont pas de pratique de foi est une hérésie.La confessionnalité du système scolaire (enseignement religieux, projet éducatif confessionnel, etc.) doit faire place à un système laïque qui n'a plus pour mission d'enseigner la foi mais qui sait faire connaître aux élèves ce qu'est le religieux.Il s'agirait d'offrir un programme universel d'enseignement qui traite des religions: histoire des grandes religions, courants philosophiques et spirituels qui les traversent, valeurs qui les animent, débats contemporains posés par le religieux et l'athéisme, etc.L'école devrait même, au nom de sa mission de formation intégrale de l'élève, proposer un service d'accompagnement spirituel non-confessionnel.Seulement 15% des gens vont voter au scolaire, pourquoi?Les gens pensent que les commissaires n'ont pas de pouvoirs.Pourtant, à l'exception des programmes, de la sanction des études et des salaires, qui sont du ressort du Ministère de l'Éducation, les commissaires ont tous les pouvoirs sur ce qui se passe dans l'école.Juste à la CÉCM, les commissaires allouent annuellement plus de 25 millions $ à divers projets.Si on fait notre devoir le 20 novembre prochain, le taux de participation franchira peut-être la note de passage! 77, PK3T0 OANEt S -LEGALILT in œ LU Œ - U •LU Q i LU Œ m S LU > o z in ai o > N ENTREVUE AVEC CHRISTIAN LAMONTAGNE: «QUAND LA RELIGION NE NOURRIT PLUS.» LE NOUVEL ÂGE FRANCE PARADIS PHOTOS DE YVES PROVENCHER, CHRONO-PRESSE Ai-je l'air d'un New Age?», demande-t-il avec les sourcils en accent circonflexe.Éditeur et rédacteur en chef du Guide Ressources, le plus intellectuel des magazines "nouvel âge», Christian Lamontagne est allergique à ce qualificatif.Membre de la communauté rajneesh1 pendant trois ans, de 1983 à 1986, son sens critique lui a permis de quitter la communauté pour manifester son désaccord avec les games politiques qui se jouaient dans la hiérarchie du pouvoir au ashram2, et parce que «je n'en pouvais plus d'examiner mes bibittes 24 heures par jour.» Trois années de zen3 ont suivi et il fait aujourd'hui zazen': un mode de méditation tout à fait ancré dans les gestes de la vie quotidienne.Il porte la cravate, mange régulièrement de la viande et a recommencé à fumer.Après neuf ans d'édition, il se prépare très sérieusement au virage de la télématique.Assis à son écran d'ordinateur, il tient l'avenir au bout de ses doigts et compte bien ne pas manquer le coche! «Je ne suis pas un New Age.» 1 Les Rajneesh sont les disciples du Maître Baghwan, mort il y a quelques années.Guru très célèbre dans les années 70, il a aussi connu la controverse à cause de sa fortune personnelle, entre autres.2 Ashram: communauté de vie en Inde, où la frugalité et la mise en commun des ressources sont les règles d'or.C'est que la distinction est importante entre un «New Age» et un «New Ager».Le premier a perdu son sens critique et suit aveuglément la première vogue venue, tandis que le second avance lentement sur la route tortueuse et peu fréquentée de la grande quête spirituelle de la croissance.QUI EST UN «NOUVEL ÂGE»?«L'expression «Nouvel âge» est devenue bien commode! On y met n'importe quoi: irrigation du côlon, cristaux, méditation et macrobiotique tout à la fois.Un mélange du meilleur et du pire.Je vous dirais qu'une démarche inspirée du Nouvel âge, selon moi, va dans le sens d'une responsabilisation et d'une prise de conscience dans une vision holistique.C'est-à-dire que plus on avance, plus on assume notre part de responsabilité dans le tout dont nous faisons partie.» Zen et zazen: mode de méditation qui fait que les méditants-es tentent de «sortir» en quelque sorte des situations qu'ils-elles vivent afin d'observer le problème plutôt que d'être dedans.Ils-elles prennent le plus de recul possible et tentent ainsi de mettre fln aux tourbillons d'émotions Le zen est finalement davantage un mode de vie permanent qu'une technique, alors que le zazen est une pratique quotidienne de recul par rapport aux événements.V u 7 ^ / « 01 0) m o or.m LU > O z in eu o > ••Il y a du monde qu'on pourrait désigner de New Agers et qui seraient surpris de l'apprendre.Pierre Weil, par exemple, est un Français de 75 ans qui vit au Brésil depuis 40 ans.C'est un auteur prolifique, cofondateur de l'Association internationale du transpersonnel.Robert Muller également, ancien secrétaire de trois secrétaires généraux des Nations Unies et qui enseigne actuellement à l'Université de la paix au Costa Rica, affiliée à l'ONU.Même Maurice Strong à la tête de Hydro-Ontario; il a déjà été à la base de la construction d'un village de la paix.La plupart des gens ne savent pas ça de lui; et pourtant, lui aussi pourrait être étiqueté Nouvel âge.» Lamontagne connaît beaucoup, beaucoup de monde dans les milieux alternatifs de croissance et de recherche spirituelle.Profondément sceptique de nature, il doit toucher pour croire.«On pourrait penser que c'est parfait, mais en fait, ça me joue des tours.Voyez-vous, ce n'est pas parce que je ne sens 10% de charlatans complètement farfelus, 10 autres de chercheurs-es sérieux et rigoureux et 80% qui se trouvent entre les deux.pas certaines choses qu'elles n'existent pas.Ma compagne, par exemple, est beaucoup plus sensible et je n'ai aucune raison de ne pas la croire quand elle me dit ressentir des énergies que je ne sens pas.Au fil des années, je suis donc devenu plus ouvert aux choses qui dépassent ma sensibilité CONTRÔLER SA VIE Selon Lamontagne, la «courbe normale de répartition» est celle qui décrit le mieux les milieux du Nouvel âge: 10% de charlatans complètement farfelus, 10 autres de chercheurs-es sérieux-ses et ri-goureux-ses et 80% qui se trouvent entre les deux.Le Nouvel âge est jeune.«Peut-être est-ce Kerouac le précurseur du Nouvel âge, avec Dhanna Bum.C'était la première fois que les Occidentaux entendaient parler du bouddhisme de cette manière-là.Puis Esalen4 en 1961 a sans aucun doute été le premier pas de cette ère nouvelle que Marylin Ferguson a extra-ordinairement bien expliquée, dans son livre de 1975, Les enfants du Verseau, quelques années plus tard.Nous ne sommes qu'à la frange de cette ère.Le commencement du début.Il faudra peut-être 200 ans avant que notre culture n'intègre les valeurs et les enseignements du Nouvel âge.Ça explique peut-être les balbutiements maladroits.» «Le meilleur outil pour discerner les charlatans des autres, c'est notre sens critique.Mes illusions sur la thérapie brève, par exemple, ont glissé entre les craques du plancher.Je sais aujourd'hui que le changement prend beaucoup de temps.Beaucoup.On change quand on se connaît et c'est peut-être l'ouvrage de toute une vie.Une fois qu'on se connaît, il faut s'accepter tel que l'on est.Ce qui n'est pas une mince affaire non plus.Alors tous ceux qui vous promettent un changement rapide vous induisent en erreur.Car si c'est une erreur de croire que le changement peut être rapide, c'en est une plus grave encore de croire qu'il peut être facile.» «Mais il y a des choses plus dangereuses que d'autres.Remettre son sort entre les mains de quelqu'un d'autre, c'est toujours dangereux, comme avec le chanellings.Tu peux peut-être aller chercher des informations utiles mais l'essentiel est de rester le seul responsable de toi-même.Souvenez-vous de ceux qui sont morts avec les médecins du ciel; ils avaient remis leur vie entre les mains de ces «entités».Remarquez que la mise en garde vaut aussi pour n'importe quel médecin ou professionnel, traditionnel ou non.Si vous remettez toute votre santé physique, morale ou spirituelle entre ses mains, vous prenez un grand risque.Conserver le contrôle et la responsabilité de sa vie est certainement le plus important point de départ.» «Un autre repère: d'une manière générale, les gens sensés ne disent pas Fondé par Michael Murphy, jeune universitaire californien, au retour d'un séjour dans un ashmm indien, F.salen est devenu LE lieu de rencontre et de recherche sur les thérapies humanistes, les états altérés de conscience.Des milliers de thérapeutes et d'éducateurs-rices y passèrent (Gordon, Péris, Berne, etc.) et diffusèrent son esprit et ses activités.Esalen est le lieu de naissance du mouvement du potentiel humain.Le chainlliux est une technique de présumée communication avec des «entités» de l'au-delà, qui se fait via des médiums, et repose sur l'idée que des entités ont des choses importantes a communiquer aux humains-es vivant actuellement. CHRISTIAN LAMONTAGNE LES VISAGES DE DIEU 1969 Militant du Mouvement syndical politique à Québec, accusé de libelle séditieux, innocenté De 69 à 71 Études de philosophie à l'UQAM De 71 à 73 À l'Agence de presse libre du Québec 74-75 Soudeur et militant à la Coop Olier à Montréal 75-76 Voyage en Europe et en Afrique De 77 à 83 Co-f ondateur du magazine socio-politico-culturel Le temps fou De 83 à 85 Années sabbatiques Depuis 85 Éditeur-fondateur du magazine Guide Ressources d'énormités.Je pense aux mots science et scientifique, par exemple, qu'on utilise à tort et à travers.L'organisme Écoute ton corps, par exemple, véhicule beaucoup de choses grossières, mais je ne les ai jamais condamnés parce que je crois vraiment qu'ils ont fait plus de bien que de tort au bout du compte QUAND LA RELIGION NE NOURRIT PLUS Le Nouvel âge n'est pas une religion: pas de corpus de croyances organisé, pas de rites collectifs, pas de lieux communautaires d'initiations.Pas une religion, mais certainement une quête spirituelle.«Le Nouvel âge c'est la même quête spirituelle qu'il y a 600 ans.Les gens cherchent un sens à leur vie quotidienne, en réaction au matérialisme ambiant.Les pays de l'Est dévorent vraiment tout ce qui s'appelle Nouvel âge.À Prague, l'an dernier, j'ai constaté que la grosse vedette là-bas anime une émission Nouvel âge, elle donne des cours de yoga qui sont très courus.Les Slaves sont très mystiques et, surtout depuis l'ouverture des frontières, ils ont soif de spiritualité.Non pas parce qu'ils ont été abreuvés de biens matériels dans les dernières décennies, mais leur culture en était une matérialiste.La quête spirituelle que propose le Nouvel âge comble ce besoin.Vous savez, il m'arrive de remercier la Vie avant un repas.Mais pour moi, le mot Dieu est trop chargé de sens anthropomorphique"; je ne parle pas à Dieu.» h l'anthropomorphle attribue à Pieu des qualités humaines.Même si le Nou%'el âge n'est pas une religion au sens strict, il a parfois des rapports très flous avec les religions.Je suis déjà allé à la Unity (lunch sur la rue Girouard à Montréal.Elle s'annonce chrétienne et pourtant les homélies qu'on y prononce parlent de pensée positive, de visualisation, etc.A mon avis, les charismatiques aussi sont très proches du Nouvel âge: les transes, les gens qui parlent en langues, etc; ce sont des manifestations qu'on retrouve dans les expériences du Nouvel âge.» «Par rapport à la religion catholique, le Nouvel âge n'a pas la dimension du service communautaire.Au contraire, c'est chacun pour soi.Mais il est indéniable que le Nouvel âge a permis à beaucoup de monde de réintégrer la spiritualité dans leur vie alors que la religion catholique ne les nourrissait plus.Finalement, je dirais que le Nouvel âge a dépersonnalisé Dieu.Un peu à la manière des religions orientales où les Dieux sont des aspects de Dieu.Nous aussi sommes un aspect de Dieu dans cet ordre d'idées et le Nouvel âge invite à retrouver cette divinité en nous-mêmes.» Les critiques du Nouvel âge soulignent que la plupart des adeptes font du lèche-vitrines: un peu de méditation, un peu de visualisation, un peu de produits naturels et hop! je suis dans le mouvement Nouvel âge.Peu de gens finalement s'engagent profondément dans cette quête de sens.«C'est tout à fait vrai.Je crois qu'il y a peu de gens prêts à s'engager dans une démarche de changement, de quête spirituelle.- IL EST DIFFICILE DE CHANGER «Je compare souvent la route du changement et de la progression spirituelle à celle des grands athlètes; très peu de sportifs finalement sont prêts à faire ce qu'il faut pour arriver au dépassement «Nous ne sommes qu'à la frange de cette ère.Le commencement du début.Il faudra peut-être 200 ans avant que notre culture n'intègre les valeurs et les enseignements du Nouvel âge.» En 1985, à la conférence de presse annonçant le lancement du Guide Ressources.en 01 CI m 2 LU CJ •LU Q I LU a.m S LU > o z LO (M O > 01 tr m LU u LU D LU Œ m LU > o z m eu O > des grands athlètes.Peu de gens arrivent à intégrer les valeurs du Nouvel âge dans les gestes de la vie quotidienne.Les cristaux, les essences de fleurs et l'homéopathie, par exemple, travaillent sur les énergies subtiles, et je suis certain que très peu de gens sont conscients de ces énergies.Alors, comment peuvent-ils utiliser ces choses?Ce qui ne rend pas leur recherche sans importance.Disons que beaucoup se laissent freiner par les techniques et les produits.Et quand vient le moment de vraiment plonger, quand ça commence à faire mal, ils se tournent vers un nouveau livre ou une nouvelle technique.Je l'ai dit avant: il est difficile de changer.Long et difficile.» Un autre fait souvent rapporté par les observateurs souligne les apparentes contradictions entre les croyances des New Agers.Il n'est pas rare, par exemple, de rencontrer quelqu'un qui croit en Dieu et en la réincarnation en même temps.«Ça c'est amusant parce que les bouddhistes, dont on a tiré l'enseignement sur la réincarnation, ne pensent pas que nous nous réincarnons comme personnes.Les bouddhistes, par exemple, ne croient pas que mon âme va se réincarner pour achever mon karma.Pour eux, nous sommes tous Un.Ce n'est donc pas moi, mais une partie du grand tout qui se réincarnerait; et non pas une partie déterminée et personnalisée.Au contraire.Il arrive souvent qu'on importe une notion d'une autre civilisation sans importer également toute la culture qui va avec.Mais c'est sain tout de même; parce que ça ébranle des croyances et des visions du monde.Au-delà des détails, ça permet à l'esprit d'envisager l'inconnu, d'ouvrir sur quelque chose de nouveau.Peut-être cela va-t-il forcer l'Église catholique à se remettre à jour.Des fois, je souhaite «Remettre son sort entre les mains de quelqu'un d'autre, c'est toujours dangereux.» qu'elle meure, et d'autres fois, je souhaite qu'elle se réincarne!- NOUVEL ÂGE ET COLS BLEUS On a parfois l'impression que les grandes questions existentielles du Nouvel âge sont réservées aux intellectuels-les.Pourtant, la classe ouvrière connaît et utilise aisément tout le vocabulaire du Nouvel âge et jongle avec ses concepts sans effort.«Je pense que la quête spirituelle, quelle qu'elle soit d'ailleurs, fait appel à une sensibilité particulière.Je ne suis pas certain que les conditions de vie de la classe ouvrière soient propices à ça.Mais le Nouvel âge est entré en force, si je puis dire, dans les magazines.Et les gens apprennent tout du Nouvel âge en lisant les entrevues avec leurs vedettes.Je pense au Lundi, à 7 jours, qui ont des chroniques plus ou moins liées au Nouvel âge.Et je dirais que c'est dommage que les gens prennent leurs informations là, parce que leur traitement de l'information Nouvel âge est cheap.On y cherche le sensationnel, alors on met de côté le fond; le plus important souvent.Dans ces revues, on donne souvent des «recettes» de croissance.C'est vraiment dommage.» DES LECTURES «Je ne sais pas s'il y a des leaders.Il y a des penseurs.qui seraient sans doute très surpris d'être mis dans la catégorie du Nouvel âge.Il y a beaucoup de scientifiques parmi les grands penseurs du Nouvel âge.L'un des théoriciens principaux du transpersonnel est un épistémologue de la conscience et biologiste, dans la cinquantaine: Ken Wilber.En français, vous pouvez lire de lui Les trois yeux de la connaissance, mais je vous suggère Vp front eden en anglais, si vous le pouvez.David Bohm est un physicien dont les écrits inspirent beaucoup.Rupper Sheldrake, également biologiste, qui a écrit un livre extrêmement intéressant: 7 expériences qui pourraient changer le monde.Il s'agit de sept expériences que vous pouvez faire chez vous et qui ébranleront sans doute votre conception du monde.» ■ Étrangement, le Nouvel âge n'a pas pénétré les grands quotidiens.Exception faite du journal de Montréal qui publie chaque dimanche une chronique Astro-note dans laquelle on retrouve des informations sur les concepts du Nouvel âge.Mais les autres font encore comme si le Nouvel âge n'existait pas.Quand ils en parlent c'est pour le descendre en flamme; jamais pour expliquer les recherches et les questions qu'amène le Nouvel âge.» «Évidemment, les gens moins instruits sont plus exposés que les autres aux charlatans.Comment les en prévenir efficacement si les revues qu'ils lisent leur renvoient n'importe quoi?» Heureusement, la somme relativise les parties.«Ce qui me rassure, c'est que ces gens-là lisent beaucoup.Beaucoup de livres sur toutes sortes de sujets liés à la croissance.Ils savent beaucoup de choses et sont moins résistants au changement que d'autres.Ce sont ces gens-là qui vont aux week-end ateliers de croissance.Les ateliers de Écoute ton corps sont pleins de monde des classes populaires.Leur ouverture d'esprit est bien en soi (et beaucoup pourraient s'en inspirer), mais rend le discernement plus difficile peut-être.Je suis allé visiter une mine de cristal à Racine l'an dernier.Ils avaient eu 5 000 visiteurs et en attendaient le double pour cette année.Ça me laisse songeur.» ^T, HUMAIN, TRES HUMAIN DANIEL S.-LECAULT Michel CAPON, La comptabilité en perspective, coll.Repères, éd.La Découverte, 1993, 123 pages.■ Les comptables: tous-tes des capitalistes?Cette boutade pourrait servir de bandeau publicitaire à ce beau petit ouvrage sur l'avenir de la comptabilité.Un petit historique rapporte les liens entre comptabilité en partie double (notre système de tenue de livres), capitalisme, et crédit.Plus loin, c'est la conception tayloréenne du travail qui introduit la comptabilité analytique.De petites études de cas, dans les pays africains francophones néo-indépendants, dans l'Europe du centre et de l'est qui apprennent l'économie de marché, dans la Chine communiste, et dans le Japon besogneux, illustrent une «géographie comptable» qui reflète les priorités et les besoins de chaque système politique.Le Japon, par exemple, où le patronat est réputé pour des revenus à peine plus importants que ceux de ses employés-es, a une comptabilité qui favorise l'investissement, qui indique maximalement l'endettement et minimise le fonds de roulement.Ces priorités incitent les actionnaires et patrons à "modérer leurs aspirations à la distribution de dividendes».Michel Capron La comptabilité en perspective % -> Avec l'internationalisation des entreprises, 1ère des comparaisons comptables est arrivée.Non, la comptabilité n'est pas neutre! Tout ce que vous devriez savoir sur la science •■' Harry COLLINS et Trevor PINCH, tout ce que vous devriez savoir sur la science, coll.Science ouverte, éd.du Seuil, 1994, 213 pages.Régulière, rigoureuse, soutenue?Pas du tout, la recherche scientifique est très humaine, et très ERRATIQUE.Son évolution est discontinue.La divinisation de la recherche joue des tours aux chercheurs-ses mêmes.La moindre erreur, la moindre controverse, tuent des recherches magistrales.Les auteurs n'ont pas voulu aborder l'organisation de la recherche scientifique, son financement, ni les guerres de pouvoir et gloriole, ni les intérêts corporatistes.En outre, leur livre serait plus facile à lire s'il ne donnait pas dans la description de cas.Le lecteur moven risque de regretter sa propre inculture scientifique, ou de jeter au diable ces histoires de fusion froide et de longueur de rayons lumineux.En science, rien de décisif Les Français-es en font leur jeu préféré; les Québécois-es en font une religion.La langue française (comme les autres) a Évolué à coups de normalisation et d'interventions étatiques: on l'oublie souvent.Les législations sur le statut de la langue sont plus connues et discutées que la codification et la normalisation.Nulle part mieux que dans l'étude de son histoire on constate que la langue ne vient pas du ciel."3- r - r m LU O m D i _ OC m LU O z À lire autour de ce sujet: • en 1976, L'aliénation linguistique, de Henri Gobard, chez Flammarion • en 1983, La nonne liii^uistniuc.Conseil de la langue française • en 1988, La langue française est-elle gouvernable?(Normes et m EfWtés langagières), collectif, chez Delachaux et Niestlé • en 1989, Le français en cage, de Jacques Laurent, chez Grasset (réédité en Livre de poche) • en 1993, le Dictionnaire historique Je '.' langue française, des éditions Robert.JT EU O > P h o LES GITANS ES D'ORIGINE ROUMAINE EN FRANCE GENS DU VOYAGE PHOTOS: DANIEL GINGRAS TEXTE: DANIEL GINCRAS ET DANIEL S.-LEGAULT P g Les familles tziganes (gitanes) d'origine roumaine sont ballotées à travers l'Europe.Ce sont les vrais-es citoyens-nes de la CEE! De vrais-es Euro-péens-nes! Certains-es se sont installés-es à Montmagny, à 15 kilomètres de Paris.Parce qu'ils ont été protégés-tolérés par le régime communiste de Ceausescu, la droite les accuse d'avoir été des collabora-teurs-rices.Maintenant, le racisme les menace physiquement.En France, la loi Besson oblige les municipalités de plus de 5 000 âmes à avoir un «terrain d'accueil» pour les voyageurs-ses.Cette loi n'est pratiquement pas respectée.Moins connu que le sort des Juifs-ves, durant la Deuxième Guerre Mondiale, 600 000 tziganes ont été exterminés par les nazis-es.JJT, - Œ m m > o z o s LA RECONVERSION DE L'INDUSTRIE AU QUEBEC L'industrie militaire est probablement l'une des plus mal connues au Québec.L'une des plus mal foutues aussi.depuis la fin de la guerre froide, les carnets de commande sont à sec, les emplois en chute libre.On PARLE DE DIZAINES DE MILLIERS D'EMPLOIS.Un PAY ROLL QUI S'EFFRITE REGULIEREMENT, DE plus en plus vite depuis 1990.Pour éviter que ne coulent des secteurs industriels entiers qui s'appuient sur la RECHERCHE FINANCÉE PAR LES PROGRAMMES MILITAIRES, IL FAUT PRÉVOIR UNE ALTERNATIVE.Un PROGRAMME DE RECONVERSION.De l'aRGENT POUR LA DIVERSIFICATION.Portrait d'une industrie à la croisée des chemins.Un dossier coordonne par MARTINE D'AMOURS *N0S REMERCIEMENTS PARTICULIERS AU CROUPE DE RECHERCHE SUR l'iNDUSTRIE MILITAIRE (CRIM) DE l'UQAM. LA RECONVERSION GRANDS PARLEURS, PETITS FAISEURS MARTINE D'AMOURS 1 m PHOTO CHRS MIKULA Depuis quelques mois, on parle beaucoup de la diversification de l'industrie de la défense.Sur le terrain, en revanche, la diversification avance à pas de tortue.La reconversion totale vers des productions civiles?Il n'en est absolument pas question! Cela s'explique en partie par la culture et les règles de fonctionnement de l'industrie, et en partie par le fait.qu'il est encore extrêmement payant de faire du militaire.UN DEUXIÈME CHOIX POUR L'INDUSTRIE Pour les entreprises confrontées à la baisse des carnets de commandes militaires, la diversification n'est qu'un second choix.Leur priorité, c'est de survivre en s'adaptant aux nouvelles conditions du marché.Selon les cas, cela a pu signifier chercher des niches à l'abri du désarmement, jouer à fond la carte des exportations, rationaliser (faire des mises à pied, réorganiser la production), se spécialiser dans un segment particulier de son propre marché.Une étude commandée par le Centre canadien pour la sécurité mondiale' résume la situation de dix entrepreneurs québécois représentatifs de l'industrie de défense.Plusieurs ont vu leur chiffre d'affaires et leurs effectifs diminuer ces dernières années; plusieurs prévoient de nouvelles pertes d'emplois (jusqu'à 40%) pour la période 1993-1995; aucun n'anticipe une amélioration de la situation sur les marchés canadien ou étrangers."Malgré cet avenir incertain, conclut le rapport, aucune entreprise ne semble être prête à délaisser complètement le secteur de la défense.Toutes s'efforcent même d'y concentrer leurs activités de base et de devenir plus compétitives en rationalisant la gestion, en améliorant le contrôle de la qualité et en diminuant les coûts de revient.En outre, toutes cherchent - à des degrés divers, il est vrai - à diversifier leurs activités2.- 1 Diversification de défense 2000, Les stratégies gouvernementales Je support pour la diversification de l'industrie de défense au Québec, mars 1994.2 Diversification de défense 2000, p.25.éléphone PORTRAIT DE ,'.L'INDUSTRIE MILITAIRE A MARTINE D'AMOURS UNE INDUSTRIE TRÈS CONCENTRÉE1 W e Québec compte environ fes-" I 650 entreprises engagées ^à dans la production de pièces, de sous-systèmes et d'équipements militaires spécialisés.Mais en fait, le gros des activités repose sur une quinzaine de grandes et moyennes entreprises et une vingtaine de petits fabricants et sous-traitants fortement spécialisés.À elles seules, les 25 entreprises repérées sur la carte sont responsables de 90% de la valeur des contrats de première source attribués au Québec dans le champ de la défense et du tiers environ 1 Source: Diversification de défense 2000, Les Stratégies gouvernementales de suppôt! pour la diversification de l'industrlt dt la défense au Québec, mars 1994. Un exemple: les Technologies industrielles SNC, qui produisent des munitions pour la Défense nationale, ont récemment développé des balles d'entraînement pour les corps policiers et des trépieds pour mitrailleuses.-Nous allons nous diversifier dans des secteurs connexes à nos compétences, déclare l'un des vice-présidents, M.Claude Daigneault.Idéalement, il faudrait atteindre un ratio 70-30 à l'aube de l'an 2000 et 50-50 cinq ans plus tard.» L'entreprise a aussi d'autres projets, à un stade embryonnaire, comme les générateurs de gaz explosifs pour coussins gonflables et les projectiles servant à combattre les incendies.Les officiers syndicaux, eux, sont très préoccupés par la précarité des emplois.«Si SNC n'avait pas fermé IVI (une autre usine possédée par le groupe), c'est nous qui aurions été fermés.» Ils voient comme un sursis le renouvellement de l'entente avec le gouvernement fédéral (une entente valable jusqu'en 2006 qui accorde à SNC le statut de fournisseur préférentiel, mais sans lui garantir de volume d'achats).Pour eux, l'orientation est claire: il faut enclencher le plus vite possible une vigoureuse démarche de diversification, sans la limiter aux secteurs paramilitaires.DES SYNDICATS SENSIBLES, MAIS DÉMUNIS Deuxième choix pour les entreprises, la diversification-reconversion devient de plus en plus le premier choix des syndicats.À la CSN, les premières résolutions en ce sens datent du congrès de 1984.L'automne dernier, cette centrale a organisé un colloque international sur la question, et réclamé, après l'annulation du contrat des hélicoptères EH-101, la création d'un Fonds national de reconversion.La CSN est présente dans deux entreprises où la reconversion est à l'ordre du jour: Expro et MIL-Lauzon.À la FTQ, où se concentre la majorité des effectifs syndiqués du secteur de la défense, la démarche est beaucoup plus nouvelle.La résolution favorable à la reconversion date du congrès de 1993, et des rencontres ont eu lieu cet été avec les syndicats et les sections locales concernées.Le Conseil L'expertise d'industries militaires pourrait-elle servir à la manipulation de déchets dangereux ?LLUSmt'nCN CEN6AOJX des travailleurs et travailleuses du Montréal métropolitain (CTM), qui regroupe les syndicats FTQ de la région, joue depuis plusieurs années un rôle de pionnier, via son Comité d'action pour la paix et son service Urgence-emploi.Marie-Danielle Lapointe, d'Urgence-emploi, résume: -Ça fait 10 ans qu'on approche le monde des syndicats de l'armement.Au début, ils ne voulaient rien savoir.Ils disaient "Ça n'arrivera pas chez nous".Aujourd'hui, ils veulent en entendre parler parce qu'ils sont inquiets, mais ils sont aussi démunis devant l'ampleur de la tâche."Qui suis-je, disent-ils, pour amener mon entreprise à mettre ses chiffres sur la table, qui suis-je pour imaginer de nouveaux produits?" Le défi, c'est de leur montrer que oui, on peut renverser la vapeur, qu'on peut relancer les entreprises du secteur de la défense comme on a relancé des entreprises d'autres secteurs.» ->- r des emplois industriels qui en découlent.Les entreprises de défense se répartissent entre cinq secteurs importants: l'aérospatial, l'électronique, le naval, les munitions et le transport terrestre.LE RÔLE CENTRAL DE MONTRÉAL2 Montréal et Toronto contrôlent plus de 50% de toute la production militaire canadienne.En 1990, ces régions métropolitaines ont drainé 45% de toutes les activités de maîtrise-d'œuvre dans ce secteur.2 Source: Yves Bhanc.fr, avec la collaboration de Catherine Ffrembach, L'économie Je défaut Je Montréal: un enjeu pour les années 7990, GRIM-UQAM, juin 1992.Au Québec même, la grande région de Montréal (incluant la Rive-Nord, la Rixe-Sud, la sous-région de Saint-Jean-sur-Richelieu et celle de Valleyfield) accapare 63% des contrats militaires, la région de Québec 18%, les Cantons de l'Est 13% et les autres régions 6%.Cette même région est responsable de 75% de la production destinée au marche canadien et de 95% des exportations.DES SECTEURS D'AVANT-GARDE, D'AUTRES MOINS3 L'industrie de défense a deux profils bien différents.D'un côté, les secteurs de l'aérospatial et de l'électronique sont 3 Source: Ibid.technologiquement plus avancés, effectuent le gros des dépenses en recherche et développement, et vendent leurs produits surtout à l'étranger, en particulier aux États-Unis.De l'autre, les secteurs de la construction navale, des munitions et de l'équipement de transport se caractérisent par une technologie moins avancée, une faible compétitivité et la vétusté de leurs équipements.Ils destinent leurs produits surtout au marché canadien.La dépendance à l'égard du marché de la défense varie selon les secteurs.Elle est très prononcée dans les cas des munitions et de la construction navale, et beaucoup moins dans les cas de l'aérospatial, de l'électronique et du matériel de transport.Œ m 5 K > o z c > LES GOUVERNEMENTS S'il y a une chose sur laquelle les chefs d'entreprises, les centrales syndicales et les politiciens-nes du Québec s'entendent, c'est sur la nécessité de revendiquer des gouvernements supérieurs une aide à la reconversion.En campagne électorale, les Libéraux fédéraux avaient promis un programme d'aide à la reconversion industrielle de l'industrie de défense et l'inclusion au sein du Programme de productivité de l'industrie du matériel de défense (PP1MD), le plus important programme de soutien à l'industrie, d'un volet d'aide à la reconversion-diversification.Une fois au pouvoir, ils sont revenus sur leurs engagements mais sont actuellement la cible de pressions multiples en provenance des différents acteurs.Par ailleurs, la Ville de Montréal se montre fort soucieuse de ne pas perdre les emplois, et surtout la technologie, reliés à l'industrie de défense.Selon le rapport Bélanger3, en effet, une grande partie des technologies qui structurent actuellement les industries aéronautiques et électroniques de la région est financée grâce aux fonds militaires.On parle ici des matériaux composites, de la CAO appliquée (conception appliquée en ordinateur), des radars, des antennes, des simulateurs, des trains d'atterrissage, des instruments de détection, du traitement de l'image, etc.La Ville s'est montrée particulièrement intéressée par la proposition, soumise à la fin du PHOTO KENtCBLY document de Diversification de défense 20004, de créer un Centre d'assistance à la diversification de l'industrie militaire.11 serait toutefois extrêmement périlleux d'essayer de deviner ce que l'avenir réserve à cette proposition, car si les chefs d'entreprise veulent de l'argent pour les aider à se diversifier, ils semblent beaucoup moins chauds à l'idée de s'embarquer dans une structure de concertation patronale-syndicale.Y.Bélanger, avec la collaboration de Catherine Ferembach, L'économie de défense de Montréal: un enjeu pour les années 1990, GRIM-UQAM, juin 1992.Groupe de travail formé par le Centre canadien pour la sécurité mondiale.Le CCSM a reçu de divers organismes gouvernementaux le mandat d'étudier l'élaboration d'une stratégie visant à permettre aux industries militaires québécoises de se diversifier.PLUS ÇA COUTE CHER, PLUS ÇA RAPPORTE On est donc loin d'apercevoir le bout de la queue d'une politique de reconversion industrielle, loin de la -transformation des épées en socs de charrues».Et cela en bonne partie parce que malgré ses récents déboires, l'industrie militaire bénéficie de conditions plus favorables que celles du marché civil.Le cost plus est un système de rémunération ai rx m rx m LU > O z m ru o > DES MARCHÉS À LA BAISSE.4 Depuis la fin de la Guerre froide et la crise généralisée des finances publiques, les pays membres de l'OTAN ont diminué leurs dépenses militaires: moins d'effectifs, moins d'achat d'équipements, moins de budgets pour la recherche et le développement.Cette baisse des budgets de défense se manifeste en particulier aux États-Unis, traditionnellement le plus important débouché pour les exportateurs canadiens et québécois.Ce resserrement du marché se double d'un protectionnisme qui tend à exclure les producteurs autres qu'états-uniens.Le marché intérieur canadien n'est guère en meilleure posture.Depuis 1986, le gouvernement a mis la pédale douce sur l'acquisition de nouveaux matériels, ce qui s'est traduit par une baisse de près de 50% de la valeur des contrats.4 Source: Ibid.De plus, la part de contrats attribués au Québec a diminué au profit de l'Ouest et des Maritimes.DES EMPLOIS AUSSI5 On estime à 47 millions le nombre actuel d'emplois rémunérés à même les budgets de défense pour l'ensemble de la planète.De ce nombre, 17 millions sont des emplois industriels.Un million a été perdu depuis le milieu des années 80.Et ce n'est que le début: un tiers des emplois restants est appelé à disparaître au cours de la présente décennie.Au Québec, les emplois industriels directs dans le secteur de la défense sont passés de 41 000 à 30 000 entre 1987 et Sources: Catherine FuboacHj L'enjeu du désarmement et le problème de l'emploi: un portrait dt la situation, Groupe de recherche sur la continentalisation, UQAM, février 1994, et Diversification de défense 2000, op.cit. des contrats qui garantit un pourcentage pré-établi de profits, basé sur les coûts de production.Contrairement au fabricant de vêtements ou d'automobiles, le fabricant d'équipement militaire n'est donc pas incité à réduire ses coûts de production, mais à les augmenter.Outre les marges de profits garanties, les entreprises militaires n'ont à peu près jamais à sortir d'argent de leurs poches, puisqu'elles sont payées à chaque étape de production.On est loin du risque encouru par l'entreprise commerciale, qui fait du profit - jamais garanti - seulement à l'étape des ventes.Depuis quelques années, le Gouvernement tend à encadrer la pratique du cost plus, mais elle demeure très répandue pour les contrats attribués sans appel d'offres.Or, en 1990-1991, 6 908 contrats, d'une valeur totale de 542,2 millions $, avaient été attribués sans appel d'offres à des firmes québécoises.Cela représente beaucoup de petits contrats, environ 70% de tous les contrats octroyés à des entreprises de défense du Québec.«Même si la pratique du cost plus tend à s'estomper, le secteur de la défense est encore l'objet des sollicitudes gouvernementales: aide à la recherche, aide à l'exportation, etc.Le Défense Production Sharing Agreement est même l'un des rares secteurs à avoir été soustrait à l'accord de libre-échange, rappelle Normand Beaudet, coordonnateur d'activités au Centre de ressources sur la non-violence, et auteur de l'ouvrage Le mythe de la défense nationale.Le militant pacifiste ne blâme pas d'abord les industriels («ils sont en affaires pour faire de l'argent-), mais le choix gouvernemental de soutenir ce type de production.«Si le choix politique changeait, si c'était moins rentable de produire de l'armement, ce serait plus intéressant pour les industriels de se reconvertir- UNE CULTURE PARTICULIERE Mais ce n'est là qu'une partie du problème.Le cost plus, la production en petite série et, souvent, pour un client unique, l'existence de normes et de spécifications très rigoureuses visant à assurer la qualité du produit et le secret de fabrication, la culture du secret, les lourdes structures administratives sont autant de règles propres au marché de la défense, autant d'obstacles à la diversification vers le civil.En effet, dans le civil, plus question de marge de profits garantie: il faut produire au moindre coût sans rogner sur la qualité, augmenter la productivité.Plus question de fournisseur unique, il faut affronter la concurrence, miser sur le marketing, li%rrer dans les délais.Plus question de se limiter à un ou à une poignée de produits à la fois, il faut produire en série.Une entreprise militaire qui souhaite développer un volet de production civile a donc tout un fossé culturel à combler: elle doit apprendre à produire autrement.En outre, de façon différente dépendant des secteurs, elle se heurtera aussi à l'obstacle technologique.S'il est vrai que certaines technologies militaires ont des applications dans le civil, l'écart s'est creusé entre ces deux types de technologies.Par exemple, on a investi des millions pour développer la «furtivité», une technologie utilisée pour rendre les avions de chasse invisibles aux radars.Les avions produits pour le secteur commercial doivent au contraire pouvoir être détectés par les radars.Armez-vous de patience car pour diversifier, et à plus forte raison pour reconvertir, il faudra du temps.Les expériences de reconversion réussies prennent entre 3 et 10 ans.Raison de plus pour commencer tout de suite.^7, 1992, une perte sèche de 11 000 emplois.QUI ACHÈTE LES ARMES?6 Les pays du Tiers Monde n'échappent pas à la tendance.Selon une étude du Service de recherche du Congrès états-unien, citée par Diversification de défense 2000, les livraisons d'armes au Tiers Monde ont chuté de plus de 61% entre 1988 et 1992.Seuls l'Asie et le Moyen-Orient demeurent des marchés en croissance.Selon la compilation du Stockholm International Peace Research lnstitute (SIPR1) pour les années 1988-1992, l'Inde et le Japon viennent en tète des pays importateurs d'armes, suivis de l'Arabie Saoudite, de l'Afghanistan, de la Grèce, de la Turquie, de l'Iraq, de l'Allemagne fédérale, de l'Espagne et de l'Iran.^Tj 6 Sources: Press for Conversion, août 1994, SIPR1 Yearbook, 1993, et Diversification de défense 2000, op.cit.0) UJ Œ m u cr m ai > O z a H O > PK3TD BORSSPSEMO Mirabel Les principales industries militaires au Québec ■I ■>" jj^ sN*5 .
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