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Titre :
VO
VO est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1990 à 1997, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

VO est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1990 à 1997. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité. Pierre Vallières est rédacteur en chef de VO jusqu'au printemps 1991, où il laisse sa place à Jean Robitaille, collaborateur régulier de la revue depuis quelques années, qui travaillera étroitement avec Daniel S.-Legault. VO fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

VO s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

La nouvelle formule magazine adoptée par VO vise toutefois à une diversification tant de la forme que du ton. Des textes d'analyse substantiels côtoient les chroniques plus courtes dans une facture graphique plus illustrée et colorée que celle de Recto verso.

Le tirage de VO se situe entre 2000 et 5000 exemplaires.

FONTAN, Jean-Marc, « Souvenirs de Recto verso », Possibles, vol. 30, no

Éditeur :
  • Montréal :Jeunesse ouvrière chrétienne :1990-1997
Contenu spécifique :
septembre-octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Recto verso (Montréal, Québec) ,
  • Carnets de VO
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Références

VO, 1995, Collections de BAnQ.

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s - ^H ^^n Jf i o À «~ ' * 5006 _______fl O -»"', il La vidéo Parole de Québécois e * * Une contribution importante à la campagne référendaire La parole des « gens ordinaires » sur la nécessité de la souveraineté du Québec Un outil essentiel pour animer des réunions de cuisine Des témoignages de Québécoises et Québécois de tout âge Un prolongement des commissions sur la souveraineté Un moyen de communication pour aborder les indécis Une vidéo destinée aux militantes et militants de la souveraineté Vous voulez participer activement à la campagne référendaire ?Procurez-vous dès maintenant la vidéo Parole de Québécois e O) Parole de Québécois-e (durée : 15 minutes) Production : Partenaires pour la souveraineté/CEQ En vente au coût de 10 $ au Centre audiovisuel de la CEQ 1170 boulevard Lebourgneuf, bureau 300 Québec (Québec) G2K 2G1 Téléphone : (418) 627-8888 - télécopieur : (418) 627-9999 El CEQ r^ 0NIM»,,,E EDITORIAL ENTREVUE 8 • SVEND ROBINSON Il négocierait.Le politicien le plus courageux du Canada pourrait devenir l'interlocuteur d'un Québec souverain Avant, il devra convaincre les membres de son propre parti qu'on peut devenir premier ministre en choisissant la voie de sa conscience (plus que la ligne de parti) et.l'homosexualité.DOSSIER 22 • Les indépendances à travers le monde Des cas concrets Depuis 35 ans, le Québec a connu une ouverture accélérée au monde Le regard vers l'extérieur lui permet de se comparer (toujours imparfaitement], de se consoler, de se renseigner, de nourrir son imagination Si le monde vogue vers une mondialisation de l'économie et de la culture, les communautés humaines ressentent d'autant le besoin de contrôler leur structure politique À travers l'histoire récente, la maieure partie des très nombreux cas d'indépendances réalisées s'est faite sans tumulte, de façon trop peu spectaculaire pour retenir les médias Réalisme, alliés extérieurs et intérieurs, «petits pas»: l'indépendance est toujours faite de mille rapports de forces .souvent tranquilles.BILLET: L'hygiène d'employè-e 7 TOUR DU QUEBEC: Les ados à Bromont 14 VIE ET CULTURE: Informatique et pensée 16 LIRE: L'homme manichéen 19 PHOTO-REPORTAGE: La bonne nouvelle! 20 CHRONIQUE INSOLENTE: Du hockey et des jeux 39 EN MOUVEMENTS: Tests anti-dope 40 E VOesX un magazine d'intérêt général et un magazine alternatif d'information, de réflexion et d'enquête qui traite des conditions de vie et de travail, des luttes, de la culture et des aspirations du monde populaire.VO s'adresse aux militants-es, aux interve-nants-es des milieux populaires et à tous ceux et celles qui aspirent à des changements sociaux Fondé en 1951 à titre de revue de l'Action catholique ouvrière, VOa évolué au fil des ans pour devenir un magazine indépendant, qui s'inspire des différents courants émancipateurs.Les articles publiés dans VO n'engagent que leur-s auteur-e-s.Conseil d'administration: Daniel Beaulieu, Guy Biron.Anne-Marie Brunelle, Ginette Gaudreault, Clotilde Lemay, Monique Tremblay Comité de rédaction: Diane Brulotte, Francesca Dalio, Guillaume Dostaler, Abdelhamid Gmati, Françoise Guay, Pierre Viau.Collaborations régulières et membres de comités: Nicole Brais, Marie Constantineau, Guillaume Dostaler, François Gervais, Daniel Gingras, Pierre Hamel, Christine Nagl, Pierre Viau.Rédacteurs en chef: Jean Robitaille et Daniel S -Legault Coordination, promotion, publicité: Jean Robitaille Direction artistique, secrétariat de rédaction, comptabilité, mise en pages: Daniel S -Legault Gestion des abonnements et traitement de textes: Ginette Gaudreault.Promotion: Anne-Marie Brunelle Représentation publicitaire: Réseau international (514)722-7708 Édition: Revue Vie ouvrière inc.Impression: Imprimerie d'Arthabaska inc.Distribution: Messageries de presse Benjamin Fréquence de parution: 6 numéros par an Photo couverture: S.Robinson, par L'oeil public (intervention couleurs: S.Mongrain) Grille de tarifs d'abonnement: Individu ou groupe populaire: 23$/an ou 40$/2ans.Institutionnel: 32$/an Soutien: 35$/an Étudiant ou sans emploi: 15$/an.À l'étranger (par avion), individuel: 30$/an.À l'étranger (par avion), institutionnel: 40$/an.Un numéro seulement: 5,35$ (incl.frais de poste).VOest membre de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP) Le magazine reçoit une subvention du Ministère de la Culture du Québec.Ses articles sont indexés dans le répertoire analytique de presse Repère Dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 0849-035X.Envoi de publication, enregistrement n"0220.Parution: n°256, 1** septembre 1995.VO 1215 Visitation, bureau 101, Montréal (Québec), H2L 3B5 Téléphone: (514) 523-5998, télécopieur: (514) 527-3403 L'occasion est belle, la tentation est grande.L'opportunité DE COINCER, ENFIN, LE GOUVERNEMENT.«S'il REFUSE DE CONSTRUIRE NOTRE AUTOROUTE, s'iL PERSISTE A CHAMBARDER LE SYSTÈME DE SANTÉ SANS NOTRE ACCORD, S'IL NÉGLIGE SES PROMESSES, ON VA L'ENVOYER PAÎTRE AVEC SON PROJET DE SOUVERAINETÉ!» On EST RENDU BAS.JEAN ROBITAILLE ET DANIEL S.-LEGAULT La Fédération des affaires sociales de la CSN a décidé, un moment donné, de marchander son «oui»'.Confondant d'une manière ahurissante le débat sur l'avenir politique d'un peuple et la réoganisation du système de santé-si importante soit-elle-, la FASa insufflée la mouvance abstentionniste une notoriété nouvelle.On va bouder.Déjà, au Saguenay-Lac St-Jean, le porte-parole d'un comité de citoyens-nes, qui réclame la construction d'une autoroute entre La Baie et Aima, avait averti le PQ qu'il perdrait son bastion souverainiste s'il n'acceptait pas la construction de l'autoroute.En Abitibi, c'est au tour du personnel d'un centre d'hébergement pour personnes handicapées, mis sous tutelle par le ministre Rochon, de menacer le gouvernement de boycotter la campagne référendaire si l'autonomie du centre n'était pas restaurée.On a même entendu un leader syndical, militant indépendantiste de longue date, mettre en garde le Gouvernement.«Il y a un os dans le fromage", déclarait-il.L'OCCASION FAIT DES LARRONS Faut-il le répéter, l'indépendance ne règle pas tout.Ce n'est pas la panacée à tous les problèmes sociaux, moraux ou économiques que nous connaissons.Mais c'est la façon normale pour un peuple de vivre et de façonner son destin.On ne réglera pas le sort de la loi 37 en faisant l'indépendance, pas plus qu'on ne pourra garantir aux artistes les conditions idéales de création.La définition des conditions de vie en société est l'oeuvre de rapports de forces continus.La décision d'indépendance est un acte plus ponctuel.i Ne manquez pas dans nos prochains numéros.KM***»*»*** le Québec n'est pas à marchander Bien sûr, quand on a de moins en moins d'occasions d'infléchir les décisions du Gouvernement, l'envie de profiter d'une conjoncture «favorable- est grande.Mais la politique exige plus de rigueur.S'il y avait un référendum sur l'augmentation ou la diminution des effectifs des services de garde, les syndicats oseraient-ils s'abstenir au cas où le Gouvernement ne leur donnerait pas satisfaction dans d'autres dossiers?Non, l'odieux serait plus apparent.Si Robert Bourassa, évitant de "tricher-, avait profité du momentum de l'après-Meech pour tenir un référendum sur la souveraineté, aurait-il fallu s'y objecter parce que, par ailleurs, sa gestion des affaires de l'État s'avérait férocement antisociale?Non, personne n'aurait osé risquer de faire déraper ce rendez-vous historique.Dans ces deux cas, la distinction entre ces différents enjeux politiques apparaît évidente.TROP SERIEUX POUR ETRE LAISSE AU PQ Dans la mesure où le processus d'accession à la souveraineté est démocratique et qu'il s'inscrit dans la tradition de respect des droits et libertés, les souverainistes ne peuvent se permettre de regarder passer la parade.Que le PQ agace avec ses annonces à gauche et ses virages à droite ne change rien au fait que le projet som'erainiste s'élève au-dessus des partis.Les aspirations indépendantistes d'un peuple n'ont pas à toutes s'incarner dans un seul parti politique.Les mouvements indépendantistes ailleurs dans le monde ont été le fruit de coalitions d'intérêts divers.La confusion vient ici sûrement du fait que c'est le Parti québécois qui gouverne, qui présente un référendum et qui «leade» le projet souverainiste dans ses dimensions les plus concrètes.Pourtant, il est dit depuis longtemps que la souveraineté est un sujet trop important pour être laissé aux pé-quistes.La solution à l'ambiguïté du peuple québécois là-dessus, c'est encore de départisaner l'option et de s'en rendre responsable.^7À 1 Plus de 76% des membres de la FAS s'étaient déclarés souverainistes lors de la consultation organisée par la CSN en 91.La CSN dans son ensemble a heureusement refuse clairement de suivre cette stratégie bassement opportuniste.entrevue AUDREY BEIMOIT: Etre et paraître dossier La «participation» des PERSONNES HANDICAPÉES DOSSIER: Les jeunes artistes à consommer! in in CD LU LT m o i-u o LU OC CD CL LU m LO LO eu D > Bonjour! A Montréal, il y a toutes sortes d'institutions bancaires.Mais si vous oeuvrez dans le communautaire ou si vous représentez un syndicat, Il y a la Caisse populaire Jean-Talon.Une Caisse Desjardins qui peut vous donner un service taillé sur mesure.Si vous désirez en savoir plus, venez me rencontrer ! Michel Vinet, Directeur nos heures d'ouverture : Caisse Populaire Jean-Talon Lundi : Mardi : Vendredi : Mercredi : Jeudi : 9h30 à16h00 9h30 à16h00 9h30 à16h00 9h30 à18h00 9h30 à19h00 2295, Jean-Talon Est (coin Louis-Hémon) Téléphone : 376-7691 ijJuLET Ti-Fernand se lève à 4h30 tous les matins pour ne pas rater le premier bus de la ligne et le premier métro à quitter la station Longueuil; s'il poinçonne une minute après 7h30, on lui coupera 15 minutes sur sa paie.Les jours où il ne travaille pas, Ti-Fernand se lève quand même au cas où le contremaître l'appellerait pour faire de l'overtime.À 55 ans, avec sa 8e année, il est fier d'avoir trouvé ce job; lui qu'on a licencié après 20 ans dans la même manufacture.Gilda C.arrive d'Iran et Keng H.de Corée.Ils font chaque matin le même voyage organisé que Ti-Fernand et K.; l'autobus 121, rue Sauvé, les amène à Ville Saint-Laurent.Recrutés par un -parrain-, parlant à peine le français et l'anglais, ils lui sont totalement tributaires.Ils font maintenant du packaging de kits d'électronique pour la compagnie Saturn (pas celle des autos).Travail à la chaîne.Salaire minimum.Protection: aucune.Les produits que les employés-es de Saturn emballent sont des produits de haute technologie.Le nec plus ultra emballé par un cheap labor à l'état d'esclavage.Le capitalisme néo-libéral dans sa forme la plus pure: ne pense pas et sois heureux d'avoir une job.DEMANDEZ AU SUPERVISEUR Il y a quelques semaines, la compagnie a inséré dans l'enveloppe de paie des employés-es un mémo portant sur ['••Apparence personnelle et l'hygiène».Ne riez pas, ce qui suit n'est pas un monologue d'Yvon Deschamps.Saturn demande d'abord à ses employés-es d'être propres en tout temps et de se vêtir d'une manière qui convient à leurs fonctions.Les employés-es de l'entrepôt peuvent porter des jeans et un T-shirt, mais ces vêtements «ne doivent pas être troués ou déchirés et aucun slogan offensant ne doit figurer sur les T-shirts-.Le personnel de production a reçu des sar-reaux et des T-shirts de Saturn qui "doivent être lavés régulièrement et portés selon les instructions des chefs de service».Le personnel de bureau, lui, doit être vêtu de façon professionnelle", car il représente Saturn auprès des clients-es et h A- A A A l o_ ; m 4 i m] [un&S - LSTERK 15TEK0C le paternalisme i patronal: TRAVAILLEURS SES DE TOUS LES PAYS, LAVEZ-VOUS! fournisseurs-es.Question: le salaire consenti à ces employés-es est-il un salaire de professionnel?Ici, on commence à rigoler sérieusement.Le mémo souligne que les employés-es travaillent souvent dans des «endroits étroits ■ et qu'en raison de cette promiscuité, chacun-e doit respecter les autres en suivant -les normes d'hygiène personnelle de base».Le mémo précise ces normes: - on doit se laver-prendre une douche tous les jours - on doit surveiller son haleine (conserver une brosse à dents et du dentifrice dans le casier ou le bureau) - on doit utiliser un désodorisant (on recommande de se rafraîchir les jours particulièrement mouvementés ou stressants) - on doit se laver-peigner les cheveux GILLES DESCHATELETS régulièrement - on doit porter des vêtements propres tous les jours Le meilleur est à venir: «En cas d'urgence, on peut demander au superviseur du désodorisant, du rince-bouche, des serviettes hygiéniques (pour les dames), des pansements, etc.- Voyez le spectacle: une gang de gars et de filles qui se passent le rouleau de désodorisant pour se rafraîchir le dessous de bras! Qui trinquent au Listerine.N'étant pas sj ndiqués-es, les employés-es qui espèrent être retenus comme permanents-es un jour ne peuvent pas porter plainte contre ce patron qui les traite de sales et de puants.A moins que la Commission des normes du travail.Travaillez! Suez, bonnes gens! La Compagnie fournit le désodorisant! iL»j r r r r D t-O o _ Œ m m t- ■ 01 Q > IM Le politicien le plus courageux du Canada pourrait devenir l'interlocuteur d'un Québec souverain.Avant, il devra convaincre les membres de son propre parti, qu'on peut devenir premier ministre en choisissant la voie de sa conscience (plus que la ligne de parti) et.son homosexualité.m en 0) Œ m o H U O LU Œ m LU t- o.LU co B in ru o > Il a 43 ans mais a l'air d'avoir dix ans de moins.Très grand, mince et beau comme les princes charmants des contes de fée, le candidat favori à la course au leadership du NPD a défoncé à lui tout seul plus de portes et de barricades que la Chambre des communes au grand complet.Svend Robinson respire la force et le calme.Il s'est présenté à notre rendez-vous sans attaché-e de presse ni adjoint-e politique, ce qui est rare dans ce milieu.«Bonjour, m'a-t-il dit en s'avançant simplement, je m'appelle Svend Robinson».Ce nouveau héros dont le nom circule d'un océan à l'autre sauvera-t-il le NPD?Svend Robinson est né aux États-Unis, le 4 mars 1952, d'une mère danoise, qui lui apprendra sa langue, et d'un père états-unien professeur d'anglais et de linguistique.Cette carrière obligera la famille à déménager souvent, de Minneapolis à Copenhague, puis jusqu'à Burnaby, près de Vancouver, la circonscription qu'il représente aujourd'hui depuis 17 ans.À l'école secondaire, il reçoit le prix du meilleur debater et se distingue comme chef de l'opposition au sein du parlement étudiant.Cet étudiant modèle, qui se cherche, ignorait alors qu'il deviendrait, 20 ans plus tard, l'un des plus puissants et signifiants modèles d'homme pour toute une génération de jeunes, hétérosexuels ou gais.Avec son Bacc en droit, il part pour l'Angleterre étudier à la London School of Economies pendant une année.Il est admis au Barreau l'année suivante mais le droit n'est qu'un vestibule et cet homme d'envergure s'y sent trop à l'étroit.DOULOUREUX MARIAGE Mais dans les années 70, non seulement on ne s'affiche pas quand on est homosexuel mais on fait tout pour ne pas l'être, tout simplement.Svend épouse donc en 1972 une amie d'enfance, alors qu'il étudie encore le droit à l'Université de Colombie-Britannique.Trois ans plus tard, ils se séparent quand il lui avoue avoir sa première liaison sérieuse avec un homme.Le divorce est prononcé l'année suivante.«Je me souviens avoir pleuré en traversant le hall du bureau des étudiants, confiera-t-il à une journaliste des années plus tard.Je me sentais dans une peine immense et une confusion totale.Je l'aimais et elle m'aimait, mais ce n'était pas possible.Heureusement, de moins en moins de personnes ont à traverser ces douloureux mariages.» Robinson court alors les bars gais et tente de noyer sa peine dans l'alcool.Il y réussira presque mais sera sauvé in extremis par, tenez-vous bien, la politique! La vie politique partisane! Ce gouffre avaleur d'humain sera en fait sa planche de salut.APRES AUDREY MCLAUGHLIN Membre du Parti néo-démocrate depuis l'âge de 14 ans, il a occupé la présidence de l'aile jeunesse de son parti et en est d'ailleurs membre honoraire à vie.Il s'y fait les dents mais plonge vraiment dans la mêlée en 1979 quand il est élu pour la première fois comme député.Il a 27 ans.Robinson a survécu à toutes les vagues.Même et surtout à celles qu'il a faites lui-même.Aux dernières élections, réélu pour la cinquième fois, il remporte la victoire avec plus de 4 000 voix d'avance sur son adversaire.Il est un des deux seuls députés néo-démocrates à siéger actuellement.Il annonçait, il y a quelques mois, sa candidature à la chefferie du Parti.Svend Robinson n'est pas du genre reposant.Sa feuille de route est remplie de scandales ou d'exploits, selon que l'on soit parmi ses détracteurs ou ses supporters.Car cet homme déchaîne les passions: on l'adore ou on le déteste; on le porte aux nues ou on lui promet la damnation.Ses convictions et ses valeurs personnelles lui donnent assez d'énergie, semble-t-il, pour continuer là où la plupart s'arrêtent.L'AFFAIRE SUE RODRIGUEZ Alors qu'il était déjà très actif au service de causes comme les droits des personnes âgées, des gais et lesbiennes et des autochtones, tout le Canada le suit des yeux au moment de l'affaire Sue Rodriguez.En 1993 cette femme, atteinte de la maladie mortelle et dégénérative de Lou Gehrig, demandait qu'on lui reconnaisse le droit de mourir dignement, au moment où elle le souhaitera et avec l'aide compétente d'un médecin.C'est Svend Robinson, son député et ami, qui la supporte dans ses démarches.Madame Rodriguez ira d'appel en appel, et c'est tout le pays qui va avec elle jusqu'en Cour suprême du Canada où elle sera finalement déboutée.Toutes les cuisines, ce soir-là, ont résonné de discussion.Quelques semaines plus tard, c'est un Svend Robinson ému aux larmes qui annonce devant les caméras que Sue Rodriguez est morte avec l'aide d'un médecin, dans ses bras, comme elle le souhaitait.Il a refusé bien sûr d'identifier le médecin, s'expo-sant ainsi à une accusation de complicité d'homicide.Tirant sur sa corde tant qu'il peut, Robinson dépose un projet de loi privée sur la légalisation du suicide assisté pour les malades en phase terminale deux jours après que la GRC ait ouvert une enquête sur lui.Un procureur spécial a finalement été nommé.Le 28 juin dernier, le procureur spécial chargé de l'enquête dans l'affaire Sue Rodriguez renonçait à V u PORTRAIT TEXTE DE FRANCE PARADIS PHOTOS STÉPHANE MONGRAIN ET FRANÇOIS BOUCHER.L'OEIL PUBLIC m o CJ o oc m DL LU CO SVEND ROBINSON? porter des accusations contre Svend Ro-binson pour «insuffisance de preuves».Le commentaire de Robinson: "Voilà un poids de moins sur mes épaules».EN COSTUME HAÏDA Personne n'oubliera jamais l'image de cet homme mûr dont la voix tremblait de peine et qui s'expose aune peine de prison pour avoir le courage de ses convictions.Ses détracteurs diront qu'il sait organiser de belles mises en scène médiatiques.Ils n'ont pas tout à fait tort.Robinson n'a rien d'un grand naïf qui porte ses convictions à bout de bras.Il connaît bien les labyrinthes de la vie politique et l'impact de la télévision.Il sait se servir des médias pour attirer l'attention.Ses spectaculaires prises de positions publiques sont plus près du risque savamment calculé que du coup de coeur inattendu.«Ma conscience est claire, répond-il.Si je n'y croyais pas, je ne serais pas ici.» Sa carrière de personnalité controversée commence quelques semaines après sa première élection, en 79, alors qu'il accueille chez lui un réfugié chilien, défiant ainsi ouvertement un mandat de déportation fédéral.En 1982, il vote contre le rapatriement de la constitution parce que «le Québec se trouvait isolé et les droits des francophones bafoués!» En 1983, il est chassé de son poste de critique néo-démocrate en matière de justice pour avoir fait la promotion de la légalisation de la prostitution.En 1985, il monte aux barricades avec la tribu des Haïdas en Colombie-Britannique pour s'opposer à l'exploitation forestière de l'île de Lyell, dans le nord de la province.Il s'y fera arrêter et accuser d'outrage au tribunal.Habillé du costume traditionnel Haïda, il se présente devant le juge qui le condamne à verser 750$ d'amende.En 1987, il conspue Ronald Reagan aux cris de «Non à la guerre des étoiles! Non au soutien aux Contras!» alors que celui-ci prononce un discours devant le parlement canadien.DÉPUTÉ ET HOMOSEXUEL Le 29 février 1988, sur les ondes de la CBC, il est le premier parlementaire canadien élu à déclarer publiquement être homosexuel.Même si son entourage politique le savait déjà, c'est une grenade dégoupillée qu'il lance dans les salons feutres du pouvoir.Tout le monde s'attend à un «backlash» époustouflant.Si Ed Broadbent, son chef de l'époque, le supporte sans équivoque, on ne peut pas en dire autant de ses collègues.La plupart s'abstiennent de commentaires alors que les autres l'accusent ouvertement d'avoir «sali» le parti et tous ses membres avec.Que dire de ses ennemis qui se réjouissent déjà de la «débarque» qu'il prendra.C'était sans compter sur son immense réputation de droiture, le support réel des gens de son comté et de toute la Colombie-Britannique.À 36 ans, il allait imposer une fois encore au Canada tout entier l'image du courage et de la transparence.Neuf mois plus tard, il est réélu avec 8 000 voix de plus que son plus proche adversaire.LE PRIX À PAYER Robinson est loin d'être stupide et même s'il est vrai que sa déclaration est exceptionnelle dans les annales de l'histoire parlementaire canadienne, il avait pris grand soin de tâter le terrain avant sa grande sortie.Barney Frank, représentant au congrès américain et ami de longue date de Svend Robinson, avait fait le même genre de déclaration l'année précédente sans que le prix politique à payer ne soit très élevé.En annonçant publiquement son orientation sexuelle, Robinson s'exposait à la critique des extrémistes mais surtout à l'admiration de tous ceux qui ont quelque chose à dire et n'osent pas le faire.Un courage qu'il paie chèrement.À la suite de ses déclarations, il a reçu, entre autres, une douille de balle dans une enveloppe scellée.On a saccagé son bureau de comté, brisant les fenêtres, les bureaux, les chaises.Il reçoit chaque année des centaines de lettres haineuses, certaines écrites par des extrémistes chrétiens qui l'exhortent à la pénitence pour sauver son àme.Une nuit, un camion le poursuit et tente de le renverser.Il s'en sauve.Dans une entrevue qu'il accordait au Devoir l'an dernier, le député néo-démocrate le plus connu au Québec déclarait: «C'est une chose de lutter dans l'abstrait, mais c'est autre chose que de lui donner un visage humain.C'est ce que j'essaie de faire, donner une dimension personnelle et concrète à un combat.» Car il lutte, en effet.Et tout le monde prend pour ce David devant Goliath.En janvier 1992, il est expulsé de Chine avec deux autres députés pour avoir frayé avec des militants des droits de l'homme et des prisonniers politiques en plus d'avoir voulu déposer des fleurs sur la place Tienanmen.Deux semaines plus tard, c'est le gouvernement de Malaisie qui lui tape sur les doigts parce qu'il appuie et rencontre ouvertement des militants écologistes et autochtones.L'année dernière il purgeait une peine de 14 jours de prison pour avoir participé à une manifestation tenue en 1993 contre la coupe à blanc dans la forêt de Clayoquot sur l'île de Vancouver.QUI L'AIME LE SUIVE Un franc-tireur comme lui peut-il faire un bon chef?Svend Robinson est porte-parole du NPD pour les affaires étrangères, la défense nationale et les droits de la personne.Candidat dans la course au leadership pour la chefferie de son parti, il est un des rares candidats ou députés néo-démocrates à parler le français.Sans doute est-ce pour cela qu'il s'est retrouvé responsable des relations avec le Québec, lui, un gars de Vancouver! Nelson Riis, leader parlementaire du Parti à Ottawa, dit de Svend qu'il ne connaît pas le mot "équipe- et qu'il peut secourir un collègue mal pris et, deux heures plus tard, lui mettre un couteau sur la gorge sans remords.-Il s'est approprié, explique monsieur Riis, l'expression de la Mafia "Nothingpersonnal, justbusiness"." Certains lui reprochent de dévier souvent de la ligne du Parti et de suivre sa conscience plus souvent que les directives des tètes dirigeantes du parti.Je crois que les gens veulent un leader qui prend position, rétorque Robinson.qui défende des principes clairs même si, parfois, ça le mène à des résultats inattendus comme mon séjour en prison.Les gens veulent quelqu'un avec une vision, des convictions.•• Le moins qu'on puisse dire, c'est que les siennes sont m claires et cohérentes depuis le début de œ sa carrière.Mais les néo-démocrates _ auront-ils le courage d'élire un homosexuel comme chef de parti?Œ m «Les gens vont voter pour les convictions que j'ai; pour mes engagements et a le travail que je fais depuis 17 ans et pas o parce que je suis gai ou pas.» Une chose ùi est sûre: il est le plus connu, et de loin, Œ parmi les concurrents au poste.-Quand !?je vais dans les petites et grandes villes, ^ les médias viennent, déclare-t-il, et c'est h un avantage.Je sais que je suis plus fort que mon parti au Québec.Et j'espère en pouvoir me servir de ça pour convaincre , les Québécois de se joindre au parti, le suis prêt à faire le tour de la province pour les convaincre.» Il espère rebâtir le ^ parti moribond au Québec et compte sur les groupes progressistes, le mouvement communautaire, les syndicats et les jeu- o nés.L'n beau défi.> QUOI DE NEUF POUR LE QUEBEC?Il est conscient que la grande majorité des alliés potentiels du NPD militent dans le mouvement souverainiste et reconnaît que les Québécois-es sont les seuls à pouvoir décider de leur avenir.«S'ils votent non, se dépêche-t-il d'ajouter, le NPD aura quelque chose à leur offrir»! S'il est élu à la tête du Parti néo-démocTate, Robinson nous promet un Canada changé qui mettra l'accent sur la justice sociale et l'amélioration des programmes sociaux.Un Canada qui compterait un Québec fort.Wow! N'a-t-il donc rien de mieux à promettre que ce que tout le monde promet aux Québécois-es depuis 1982?Il rétorque que le NPD n'a jamais pu exercer le pouvoir et qu'il faut laisser la chance au coureur; qu'il faut travailler à réduire la pauvreté, combattre le chômage, défendre les droits des minorités, les femmes, les gais et lesbiennes, les pauvres.Même s'il a certaines réserves quant à la question à poser au référendum québécois, monsieur Robinson ne tremble pas du tout à l'idée d'une réponse affirmative.«Si une majorité de Québécois décidaient de se séparer, il est clair pour moi que le reste du Canada devrait répondre en s'engageant dans un dialogue respectueux- Pas de menace, pas de rejet du revers de la main.Quand je lui rappelle que monsieur Chrétien a déjà annoncé qu'il ne négocierait jamais, Robinson rétorque que si l'on reconnaît le droit démocratique d'un peuple à choisir son avenir, on ne peut pas accepter un résultat et pas l'autre.Si le NPD prenait le virage de la droite lors de l'élection de son prochain chef, Svend Robinson annonce qu'il quitterait le Parti.«Je suis socialiste.Je ne resterai pas dans un parti de droite qui défendrait les intérêts du pouvoir.» «Si le NPD décidait de couper ses liens avec le mouvement syndical, par exemple, comme certains l'ont suggéré, je ne pourrais pas rester.Cette relation avec les syndicats est la clé d'un mouvement social-démocrate.Si le Parti abandonnait sa lutte pour les droits des femmes et s'opposait, par exemple, au libre choix en matière d'avortement, je ne pourrais pas rester.Je ne pourrais non plus embarquer dans l'hystérie collective actuelle en renonçant à l'objectif de plein emploi et à une meilleure répartition des richesses.Ce sont des exemples de ce que serait pour moi un virage à droite inacceptable.» Il conclut: «j'ai beaucoup d'énergie.Je vais rester en politique, sauf si le NPD vire à droite.Alors, je trouverais une autre façon de pouvoir agir dans la vie politique.Peut-être à l'internationale, pourquoi pas?» ^T, A BONNE RENTRÉE SCOLAIRE à tous les élèves jeunes et adultes aux parents et à toutes les personnes qui oeuvrent dans le monde de I éducation 1 935-1 3 3 6 C'EST L'ANNÉE DES ÉTATS GÉNÉRAUX SUR L'ÉDUCATION toutes et tous ensemble nous devons y défendre l'école publique.parce qu'elle est menacée! Alliance des professeures et professeurs de Montréal (CEQ) Un partenaire de la Coalition pour la défense de l'école publique in en rx CD Z Y- u o LU ce m ID eu o > TOUB DU QUÉBEC à Bromont LES ADOS NATHALIE PAQUIN Bromont est perçu par plusieurs comme étant un haut lieu de villégiature, un endroit où il fait bon vivre.Avec, en plus, une qualité de vie hors pair.Donc, une place tout indiquée pour fonder une famille et élever des enfants.Mais pour ceux-celles qui ont déjà grandi, les ados, Bromont représente le calme plat: l'ennui.«Y'a a rien pour nous ici.On ne fait des jeux que pour les bébés et les enfants.Tout ce qu'on a, c'est un panier de basket», clame Mathieu, 15 ans.Dans cette munici- palité de l'Estrie, ils sont plus de 150 jeunes âgés de 13 à 17 ans.150 à vivre les bleus de l'adolescence, coincés dans un village pensé pour les touristes, les adultes et les enfants.Pour ces jeunes, il est clair que les activités conçues à leur intention, en dehors des heures de cours, sont insuffisantes.Et le problème atteint son point culminant les fins de semaine.Ils se dirigent alors vers les villes de Granby, de Waterloo ou de Cowansville pour bénéficier de divertissements à leurs mesures.Surtout des soirées dansantes.CACHEZ CET ADO.Ceux et celles qui ne peuvent se déplacer en sont réduits à demeurer à la maison, les yeux rivés sur le petit écran à regarder des films loués.Les clubs vidéo du coin sont prospères.La plupart de ces ados proviennent de milieux défavorisés et habitent les HLM de Bromont.Et voilà: les pauvres avec les pauvres, les riches avec les riches.La pauvreté, elle existe ici aussi mais on la cache, on la déguise.On aimerait bien pouvoir en faire autant des ados.Ils déplorent le peu d'espace et de ressources qu'ils ont pour eux à Bromont.Ils ont bien tenté de se définir un "lieu de rencontre» - le parc de l'école ou \'«aréna» - mais, sitôt arrivés, sitôt chassés.Car les autorités veillent.Un jeune qui marchait dans la rue avec un carton de pizza sous le bras a dû l'ouvrir, sous l'ordre d'un policier soupçonneux! "On se fait toujours critiquer.S'il se produit un acte de vandalisme, ça nous retombe sur le dos; on pense que c'est nous», dit Martin, exaspéré.L'équation est simple et sans retour: «ado = délinquance».«Nous voulons seulement un endroit qui nous éviterait de trainer n'importe où, et où l'on aurait nos propres activités».Ils ne savent plus où aller.«Mes parents me disent de sortir, de prendre une marche».Prendre une marche à 16 ans, un vendredi soir, ça n'a rien de très excitant.Dans les villes, les infrastructures offrent mille et une possibilités aux jeunes, mais à la campagne, il faut bien l'avouer, faire quelques mauvais coups constitue souvent le seul moyen de divertissement. UN VRAI LOCAL Annie Rousseau, de Loisirs Bromont, a monté un dossier complet afin de présenter un projet de café-ados.En annexe, une pétition de 76 adolescents-es qui attendent "leur local», accompagnée d'un laborieux sondage téléphonique et de ses résultats.Le projet est accepté en décembre 1993 par leConseil municipal.L'ouverture était prévue à l'été 94.Des fonds de 50 000$ étaient «débloqués» afin d'aménager un local dans l'ancienne école.Mais rien n'a bougé.Le conseiller O'Neil Couture le dit lui-même: •■ la Ville de Bromont n'injectera pas d'argent au niveau des activités.De plus, aucun bureau de direction n'a été formé pour se pencher sur le dossier.» LES -POLITIQUES D ADULTE» • On a déjà fait un lave-auto pour ce projet.Où est cet argent?De toutes façons, on ne s'attend plus à rien», conclut Julie, une ado résignée.Le message demeure le même: les jeunes n'ont pas confiance dans les politiques d'adultes.et les adul- tes ne leur font pas suffisamment confiance pour leur accorder un local désigné.Un conflit de générations, en quelque sorte.Selon Pierre Pronovost, animateur auprès des jeunes depuis longtemps, "Ce projet devrait, avant tout, relever d'un organisme totalement indépendant, où siégerait un comité de parents.C'est important que les ados aient un endroit à eux, où ils retrouveraient, entre autres, une écoute autre que celles des parents.De nombreuses municipalités ont compris cela».Ainsi, de plus en plus de -maisons-ados» ont des psychologues sur place, à la disposition des jeunes.Depuis le mois d'avril, nos jeunes reluquent avec envie L'Exit de Waterloo, une coquette maison bleue et blanche, toute neuve, construite expressément pour les jeunes de la municipalité.Les jeunes ont amassé près de 50 000$, en mettant sur pied diverses activités au profit de leur rêve maintenant réalisé.À Bromont, «on ne s'attend plus à rien», conclut Julie, 17 ans, résignée.Ecoeu-rés de ne rien voir bouger autour d'eux, la plupart des jeunes envisagent de quitter la ville, sitôt atteinte leur majorité.V?À 25 ANS D'EXPÉRIENCE ÇA COMPTE (8,999,65 ACTIF 18,828,14 12,793,85 PASSIF I8.S2X.I4 12,798,85 soi m 0,00 0,00 Gosselin -hAssociés COMPTABLES AGRÉÉS 1415.RIE JARRY EST.Bl REAL 420.MONTRÉAL (QIËBEOHIIE | \- TÉLÉPHONE : (5141.176-4090 À l'approche des TRAVAUX, diminuez le TEMPO! On fait du chemin Hero de votr* p»u*r>ct tf&L Hcra' I Québec Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (CEQ) Au service des jeunes et des adultes dans les commissions scolaires.9405.rue Sherbrooke Est - Montréal H1L 6P3 Tél.: (514) 356-0505 Téléc.: (514) 356-1324 LE CENTRE 7400: au centre de l'île de Montréal -à côté du métro, station De Castelnau -près du boulevard Métropolitain -reçoit des organismes à but non lucratif -une douzaine de locaux disponibles -possibilité de 10 à 300 personnes -session de 1 jour et plus -services de cafétéria et 22 chambres 7400, boul.Saint-Laurent Montréal (Québec) H2R 2Y1 Tél.: 270-7400 Fax: 270-7451 .- r r _ ce m o F- u o _ ce m ai (- a ai ES -e eu > c lu 11 W \u in * in 01 0) ce m o i-o o LU ce ca co m co o > PHOTO GEORGE SIMHONI ■ informatique fait dorénavant par- Ll tie de notre quotidien, du bureau au supermarché, en passant par les guichets automatiques, les bibliothèques et la maison où nous attendent sagement nos ordinateurs personnels, nos jeux vidéos et nos magnétoscopes.Le recours systématique à l'informatique pourrait-il modifier notre pensée, notre façon de concevoir les choses ou, encore, configurer notre cerveau sur les modèles de raisonnement des programmes informatiques?Considérant l'invasion des milieux de travail par l'informatique et les longues heures passées devant l'écran informatisé, notre pénétration au pays de la rationalité aiguë nous emporte parfois dans un no man's land, à la limite de l'hypnose.À 5h du soir, le retour au réel est brutal! Daniel Beaulieu, informaticien au Canadien National, fréquente les ordinateurs à toutes heures du jour et de la nuit pour solutionner les problèmes d'un réseau transcanadien.Selon lui, l'ordinateur n'a pas amplifié ses prédispositions pour la «logique».«Les ordinateurs ne sont que le prolongement du cerveau.Il faut cependant savoir faire la part des choses, tirer une ligne en quelque part, sinon on finirait par ne plus avoir d'émotions.» les effets de l'informatique sur la pensée humaine: ATTENTION À L'INTELLIGENCE NATURELLE ou «pensez Tuggle» • • • CHANTAL DESJARDINS Programmeur, professeur d'informatique et propriétaire d'une entreprise d'informatique, Richard Lavigne est catégorique.« Depuis que je travaille dans le domaine de l'informatique, j'ai tendance à rationaliser tous les genres de problèmes qui se posent à moi, même ceux qui sont plutôt d'ordre émotionnel.Par contre, l'informatique m'a amené à penser que tout problème a une solution, ce qui est positif.» Sans nous en rendre compte, nous faisons continuellement appel à notre logique, que ce soit pour calculer la quantité de peinture requise pour peindre un appartement, ou conduire une automobile.À LONG TERME Jusqu'à présent, aucune étude scientifique prouvant le degré d'influence de l'informatique sur le psychisme des êtres humains n'a été effectuée.Mais la plupart des chercheurs-es ayant réfléchi à cette question sont unanimes: il n'y a pas de modification fondamentale de la psychologie humaine attribuable à l'informatique pour l'instant.Si elle survient, soutiennent les psychosociologues Serge Guimond et Guy Bégin dans Le choc de l'informatique, «elle s'élaborera plutôt de façon graduelle, à long terme, et non d'une manière abrupte.•• Il faudra attendre encore une, deux ou même trois générations avant de conclure à une possible mutation de notre intellect.Par l'accélération du processus de compilation et d'analyse de l'information, l'informatique change davantage notre rapport au temps que notre façon de penser.On n'attend plus des jours avant de recevoir des communications écrites, on s'envoie des fax sur le champ, ou on échange par Internet.L'OUTIL Jean-Guy Meunier, professeur de philosophie spécialisé en linguistique et directeur du Centre d'analyse de texte par ordinateur de l'UQAM, croit qu'il faut être très «nuancé» lorsqu'on pose ce genre de question.Ses observations lui ont permis de constater certaines modifications du processus de la pensée en rapport avec l'outil utilisé.L'ordinateur en est un bon exemple: auparavant habitué-e à concevoir nos idées et à les structurer tout en pensant à la forme concrète qu'elles prendront (division des paragraphes, syntaxe, orthographe, etc.), l'ordinateur nous permet maintenant de dissocier ces étapes.La plupart des utilisateurs-rices de traitements de texte consacrent d'abord leurs énergies à l'élabo- PHOTO BU.0EMSON ration de leurs idées et optimisent ainsi leur pensée, réservant pour la fin l'étape de correction ou de structuration du texte.Et la pensée créative étant plus proche du langage oral, il s'en suivrait une perte au niveau de l'écrit.Résultats: notre habileté pour l'argumentation augmenterait, tandis que notre attention accordée au style et à l'orthogTa-phe diminuerait.Jean-Guy Meunier a pu le vérifier à de nombreuses reprises parmi ses élèves utilisant l'ordinateur.Paradoxalement, un>4 vis sur les industries Je la langue Jan\ la 'x'c icte et I information, produit l'année dernière par le Conseil de la langue française, révèle qu'une demande accrue pour les travailleurs-ses maîtrisant parfaitement la langue écrite ira en s'intensifiant.Les nouveaux outils numérisés font en sorte qu'il faille rapidement savoir produire, transmettre et analyser de l'information écrite.Le rapport spécifie que «le respect de la morphologie des mots, de la grammaire et de la 1} ntaxe devient déterminant quand l'ordinateur doit reconnaître lui-même le message qui lui est transmis.» Et les institutions scolaires ne seraient pas en mesure présentement de répondre à la demande des em-ployeurs-es.-> THE AMERICAN WAY OF ÉCRIRE Ce serait davantage les gens qui pensent et fabriquent l'informatique qui pourraient changer notre façon de penser, plutôt que la technologie elle-même, surtout sur le plan culturel.Presque tout le matériel informatique que nous utilisons provient des Etats-Unis.Tout le langage de programmation et les manuels d'apprentissage sont anglophones.Les informaticiens-nes doivent constamment penser en anglais.La plupart des informaticiens-nes francophones se rebutent à utiliser les traductions effectuées par les Français-es, parce qu'elles leur semblent incompréhensibles.Trop habitués à travailler avec un langage informatise à l'etats-unienne, ilsontdu mal à s'adapter à une autre façon de penser l'informatique.Quant aux traductions en français de logiciels anglophones, elles ne sont généralement que des calques reproduisant les termes et structures syntaxiques de l'original.En excluant les correcteurs d'orthographes québécois, la majorité des correcteurs francophones sont conçus par des anglophones états-uniens.Ce n'est pas une tare, mais le professeur Jean-Guy Meunier de l'UQAM soulève le fait que «petit à petit, sans s'en apercevoir, le système est sensible à des fautes plutôt qu'à d'autres.» Quand on sait qu'à cause des communications informatisées l'anglais est en train de redevenir la langue de travail au Québec, surtout chez les cadres et les professionnels-les, et que 80% des informations disponibles sur Internet sont en anglais, il y a de quoi se demander si penser en anglais ne sera pas un «must»! FTQ Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec c*#°L** sVHP'C 545, boulevard Crémazie Est 17e étage Montréal (Québec) H2M 2V1 Téléphone: (514) 383-8000 Télécopieur: (514) 383-8001 HULL (819)777-5441 JONQUIÈRE (418)699-0199 MONTRÉAL (514)383-8000 QUÉBEC (418)623-8713 RIMOUSKI (418)722-8232 ROUYN (819)762-1354 SAINT-JÉRÔME (514)431-6659 SEPT-ÎLES (418)962-3551 SHERBROOKE (819)562-3922 TROIS-RTVIÈRES (819)378-4049 œ 0) X CD o H u o LU S m S a LU en CD in ru DES MILLIONS tous les vendredis SUPER o > 10 l'intelligence artificielle: LA VIE EN NOIR ET BLANC ET NUANCES S'il est vrai que l'informatique de type séquentiel (c'est-à-dire que les informations sont traitées les unes à la suite des autres sans pouvoir entrer en relation) à laquelle nous avons encore couramment affaire nous force à nous adapter au raisonnement minimaliste de la machine, les nouveaux modèles de type parallèle «humaniseront» l'informatique.Plusieurs chercheurs-es travaillant dans le domaine de l'intelligence artificielle s'affairent présentement à développer des modèles appelés connexionnistes, émergentistes, réseaux neuro-naux, algorithmes génétiques, etc.Basés sur le modèle du fonctionnement du cerveau humain, les modèles parallèles tiennent ainsi compte de plusieurs facteurs dans la résolution d'un problème.Utile dans des domaines relatifs aux sciences humaines, l'ordinateur pourra tenir compte à la fois d'une statistique, d'une expérience, d'une histoire ou d'un fait pour solutionner un problème.Les données ne seront plus seulement de nature quantitative mais aussi qualitative.S'en suivrait alors une vision beaucoup plus nuancée des choses.La vision en noir et blanc due à l'usage fréquent de l'ordinateur laisserait de la place à des nuances de gris.Les nouvelles technologies sont en train de changer complètement les modes de communications dans le monde du travail.Le fax engendre un nouveau style d'écriture plus bref et supprime les longues formules de politesse, ce qui, du même coup, diminue les rapports hiérarchiques.Le courrier électronique ne fera qu'amplifier une certaine brièveté du langage qui tend déjà, et de plus en plus, vers l'acronyme.Et le langage étant intimement interrelié à la pensée, il serait étonnant que des effets concomitants sur notre schème psychique ne se fassent pas sentir éventuellement.£5 PHDTO BBIMWDJEAY I R Élaine AUDET, Pour une éthique du bonheur, chroniques de l'imposture, les éditions du Remue-ménage et L'aut'Journal, 1994, 237 pages Haine \ml.I H T R R T Il y a de cela à peine cinq ans, ramasser les bacs verts était hors de prix pour les municipalités.Le bac vert tournait alors autour de 20$ à 351 l'unité.Les compagnies se dévouant à ce labeur peu reluisant ne bataillaient guère pour le butin.Aujourd'hui, cette attitude est révolue.Les prix demandés par les entreprises de cueillette sélective sont près de quatre fois inférieurs à ceux qu'elles proposaient naguère.Les récoltes sont monnayables, car les marchés national et international récupèrent une partie croissante des matières premières qui en proviennent.Ainsi, cannettes, bouteilles, verres, cartons et papiers de toutes sortes sont réinjectés dans le circuit de la production, achetés par des firmes se spécialisant dans les matières recyclées, un marché qui trouve de plus en plus preneur.LES PRIX CHUTENT Les coûts exigés ont chuté pour différentes raisons, incluant la sensibilisation des individus et leur collaboration.Maintenant le marché du recyclage, en pleine expansion, permet d'absorber la mise en circulation des matières premières de seconde main.L'existence de ce marché, aux niveaux national et international, signifie que les entreprises de recyclage font face à une demande croissante des particuliers-ères pourdes produits recyclés.Cettedemande amène un nombre grandissant de firmes concurrentielles à s'implanter dans une industrie qui s'annonce prometteuse.Ceci faisant, les firmes se font compétition autant sur le terrain des prix que sur celui de l'efficacité des services offerts.Pnx concur-rentiels et efficience des produits disponibles sur le marche entraînent à leur tour une stimulation de la demande.Résultat: les produits recyclés que l'on peut acheter en papeterie ou ailleurs sont de meilleure qualité, pour un coût moindre, ce qui encourage le-la consommateur-rice à acheter, ainsi que les firmes à se multiplier, sinon à se livrer une guérilla pour les parts de marché.Au rythme où vont les choses, certains-es observateurs-rices se demandent si, dans un futur presque probable, les compagnies de collecte n'iront pas |usqu'à payer pour ramasser nos poubelles.Un scénario absurde?Pas si le marche du recyclage persiste dans sa croissance.,' 7 tchécoslovaquie LA SEPARATION DE VELOURS À Prague, quelques mois avant le partage.Dans le village de Parnica, en Slovaquie.PHOTO PETP.ROSCKY MM JULIE PERREAULT ^^«j-v* Malgré une sécession sans appel au peuple, la T}f* Tchécoslovaquie l'a fait pacifiquement.Le 1er janvier 1993, disparaissait la Tchécoslovaquie.La fédération cédait sa place à deux États souverains: la République Tchèque et la Slovaquie.On craignait une séparation violente, elle fut pacifique.Reconnus par l'ONU et la Communauté européenne, ces États restent encore l'un pour l'autre le principal partenaire économique.En 1648, la Grande Moravie (Slovaquie ) et le Royaume de Bohême (Pays tchèque) sont conquis par l'empire austro-hongrois.Mena-cés-es d'assimilation culturelle, linguistique et politique, les Slovaques développent un nationalisme visant l'autonomie politique.Les Tchèques désirent, eux, accroître leur influence au sein de l'empire.TCHÉCOSLOVAQUIE Avec l'effondrement de l'Empire, au lendemain de la Première Guerre mondiale, naît la Tchécoslovaquie1.Tchèques et Slovaques sont conscients d'être de petites unités nationales dont l'autonomie a été et peut encore être menacée par de puissantes nations.D'où l'idée de s'allier dans un État bi-national.Nations longtemps dominées, elles misent sur le respect des diversités culturelles.L'idéologie du "tchécoslovaquisme», porteuse d'une identité commune, va ébranler ce rêve.L'imposition de professionnels-les tchèques en territoire slovaque chatouille les susceptibilités.On impose à la Slovaquie une représentation politique fondée sur l'appartenance religieuse qui ne coïncide pas avec la proportion de protes-tants-es et de catholiques dans la population.Le nationalisme slovaque refait surface.Il débouche sur une République slovaque, au régime autoritaire, le temps de la Deuxième Guerre mondiale.Les Tchèques et certains-es Slovaques se sentent trahis-es par cette politique fascisante.Pour d'autres, c'est plutôt la libération de la domination tchèque.jusqu'en 1945, date où la Slovaquie est réintégrée à une Tchécoslovaquie méfiante, communiste et plus centralisatrice que jamais.PHOTO IVJ MOMATIUK JOHN EASTCOTT ••>•> ferrer -fc
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