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Titre :
VO
VO est une revue bimestrielle engagée portant sur le monde du travail, l'économie sociale et la coopération internationale. Publiée de 1990 à 1997, elle fait suite à Vie ouvrière. [...]

VO est une revue bimestrielle publiée à Montréal de 1990 à 1997. Résolument de gauche, la revue accueille des rédacteurs dont les préoccupations sont orientées vers la lutte aux inégalités sociales, la solidarité internationale et le développement de services publics de qualité. Pierre Vallières est rédacteur en chef de VO jusqu'au printemps 1991, où il laisse sa place à Jean Robitaille, collaborateur régulier de la revue depuis quelques années, qui travaillera étroitement avec Daniel S.-Legault. VO fait partie d'une longue série de publications incluant le Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947), L'Action catholique ouvrière (1951-1957), Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), Prêtres et laïcs (1967-1973), Dossiers « Vie ouvrière » (1979-1990), Vie ouvrière (1979-1990) et VO (1990-1997), qui, en fusionnant avec Les Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

VO s'adresse à un public scolarisé et engagé : intervenants et militants des milieux communautaires et syndicaux, journalistes, étudiants, recherchistes et, plus généralement, les individus préoccupés par les changements sociaux.

La nouvelle formule magazine adoptée par VO vise toutefois à une diversification tant de la forme que du ton. Des textes d'analyse substantiels côtoient les chroniques plus courtes dans une facture graphique plus illustrée et colorée que celle de Recto verso.

Le tirage de VO se situe entre 2000 et 5000 exemplaires.

FONTAN, Jean-Marc, « Souvenirs de Recto verso », Possibles, vol. 30, no

Éditeur :
  • Montréal :Jeunesse ouvrière chrétienne :1990-1997
Contenu spécifique :
juillet-août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Recto verso (Montréal, Québec) ,
  • Carnets de VO
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Références

VO, 1996, Collections de BAnQ.

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v0ÛT 1996 PORTRAIT Nancy Neamtan L'ADOPTION LOCALE 261 • 3.95S lA i ipfïlts^pi^g ;■'-•'.■■■■ u u a a i c m Ïlle mauricie s les ra PSKSSFë aUtafiMl 9 "770849"035006 0 8 • pour maintenir des • pour abolir services éducatifs et les écarts de de santé de qualité rémunération entre les femmes et les • pour venir en aide hommes aux plus démunis • pour obtenir • pour réviser une politique le système fiscal de plein emploi El CEQ a OM*»*1"6 PHOTO STS'HANE MONDRAK LtBL PUBLC EDITORIAL C'est Nancy Bouchard de Saint Ambroise (Québec), la chanceuse qui s envolera bientôt «ers la Tunisie, ayant gagne le de notre 4 Se anniversaire Bravo ENTREVUE 14 • Nancy Neamtan Dans la mêlée, ou les adoptions locales C'est à elle que le gouvernement a demandé de présider le chantier sur l'économie sociale, fer de lance du développement du Québec Directrice générale du RÉSO.experte en développement local.Nancy Neamtan réembarque dans la mêlée Anglophone indépendanuste, musicienne devenue administratrice, rassembleuse.fonceuse et défonceuse, c'est une québécoise entière DOSSIER 26 • La nouvelle Mauricie Où sont passés les raftmans?La Mauncie est une vieille région, qui change d'identité.Il est fini le temps des grandes papetières exportantes.Mais depuis tellement peu que chacun-e a une vision bien embrouillée de l'opération La région a gardé des habitudes, l'histoire son poids, pour le meilleur et pour le pire Les paysages de ces axes d'eau sont magnifiques, ces vieilles villes et vieux villages ont l'âme et le charme de lieux depuis longtemps habités Mais la récession a été cruelle pour des gens qui ont vécu longtemps dans le bnn de scie, autour des payroll de grosses compagnies Même la pollution industrielle est vieille en Mauncie, comme en témoignent les quatre pieds de dèbns de pitoune qui attendent dans le fond du St-Maunce PHOTO-REPORTAGE: Les vacances 7 BILLET.Père.rose forcé 8 Les normes ISO 10 CHRONIQUE INSOLENTE: Mauvais humour 13 VIE ET CULTURE.Turandot l'impure 20 REGARDER: Simonne comme rivière 22 LIRE: L'histoire du Québec 22 EN MOUVEMENTS: Vivian Labne et l'aide sociale 42 SUR LA PLANÈTE: Gaston, y'a l'télephon.45 TOUR DU QUEBEC: Criminalité à Westmount 46 Lawrence Morgan et son passeport 47 QUEBEC EN COULEURS: Pourquoi le Québec?48 COURTES ET SUCREES 50 EE VO est un magazine d'intérêt général et un magazine alternatif d'information, de réflexion et d'enquête qui traite des conditions de vie et de travail, des luttes, de la culture et des aspirations du monde populaire.VO s'adresse aux militants-es, aux interve-nants-es des milieux populaires et à tous ceux et celles qui aspirent à des changements sociaux.Fondé en 1951 à titre de revue de l'Action catholique ouvrière, VOa évolué au fil des ans pour devenir un magazine indépendant, qui s'inspire des différents courants émancipateurs.Les articles publiés dans VO n'engagent que leur-s auteur-e-s.Conseil d'administration: Guy Biron, Anne-Marie Brunelle, Yvan Noé Girouard, Raymond Langevin, Clotilde Lemay, Daniel S.-Legault, Monique Tremblay.Comité de rédaction: Louis Brillant, Diane Brulotte, Jacques Collin, Chantai Desjardins, Guillaume Dostaler, Abdelhamid Gmati, Françoise Guay, Stéphane Mongrain, Julie Perreault, Karen Ricard.Collaborations régulières et membres de comités: Nicole Brais, Pierre Viau.Rédacteurs en chef: Jean Robitaille et Daniel S.-Legault Coordination, promotion, publicité: Jean Robitaille Direction artistique, secrétariat de rédaction: Daniel S.-Legault Gestion des abonnements et traitement de textes: Ginette Gaudreault.Promotion: Abdelhamid Gmati.Mise en pages: Nicolas Calvé, Denis Rioux, et D.S.-Legault.Représentation publicitaire: Réseau international (514) 722-0785.Édition: Revue Vie ouvrière me.Impression: Impnmene d'Artha-baska inc.Distribution: Messageries de presse Benjamin Fréquence de parution: 6 numéros par an Photo couverture: Le long de la Saint-Maurice, par D.S -Legault (médaillon: N.Neamtan, par Stéphane Mongrain, L'oeil public).Grille de tarifs d'abonnement: Individu ou groupe populaire: 23$/an ou 40$/2ans.Institutionnel: 32$/an.Soutien: 35$/an Étudiant ou sans emploi: 15$/an.À l'étranger (par avion), individuel: 30$/an À l'étranger (par avion), institutionnel: 40$/an.Un numéro seulement: 5,35$ (incl.frais de poste).La distribution de VOest certifiée par l'Agence de vérification de la distribution par assermentation (AVDA) VO est membre de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP) Le magazine reçoit une subvention du Ministère de la Culture du Québec.Ses articles sont indexés dans le répertoire analytique de presse Repère.Dépôt légal à Ottawa et à la Bibliothèque nationale du Québec.ISSN0849-035X.Envoi de publication, enregistrement n°0220.Parution: n°261, 1" juillet 1996.VO- 1215 Visitation, bureau 101, Montréal (Québec), H2L 3B5 Téléphona: (514) 523-5998, télécopieur: (514) 527-3403 OITOR1AL lécosommet de mai Vivre concrètement les symptômes HAMID LAIDAOUI ET )EAN ROBITAILLE Le programme du récent Écosommet de Montréal est ambitieux: il vise à repenser l'agriculture, ménager les transports, valoriser nos villes, maintenir le virage syl-vicole et implanter une éducation relative à l'environnement et au développement durable.Pour ce faire, une recette sous forme de 500 projets est proposée aux régions et aux grandes villes.Nul n'est contre la vertu, mais force est d'admettre qu'encore une fois l'éléphant a accouché d'une souris.Comme l'a si bien dit Louis-Gilles Francoeur du Devoir, il y a un risque que l'agence de développement durable née de ce Sommet devienne une simple distributrice de médailles vertes et d'emplois temporaires pour militants-es et chercheurs-es affamés-es.À L'ORDRE Comment expliquer l'absence de groupes environnementaux aussi importants que Greenpeace, Les Ami-e-s de Ui Terre, Environnement-jeunesse et Au Courant, pour ne citer que ceux-là?Christian Boulais, du Monde à Bicyclette, résume bien la frustration de ces groupes qui ont refusé de participer à un exercice où les débats philosophiques étaient prohibés.«Les organisateurs de l'Écosommet ont fait un choix philosophique en ne voulant entendre que ce qu'ils appellent du "concret" contre ce qu'ils considèrent être de l'"ésotérisme environnemental".» Le Monde à bicyclette avait pourtant été associé aux premiers pas du processus de consultation d'Écosommet.«Mais très rapidement, l'Écosommet s'avéra être une pitoyable mascarade», selon Boulais.«On a souligné dès les premières consultations régionales que le développement durable ne peut pas être qu'une somme d'initiatives locales (parcs de conservation, collectes de matières récupérables, reboisement des berges, etc.) ou de "réussites" du genre "entreprise de pâtes et papiers se dotant d'un système de traitement des eaux usées".Ces développements sont tout à fait désirables ENVI M 'i - "StKHF'i Le ministre de l'Environnement, David Cliché, ne doit cependant pas poser des gestes qui viendraient conforter cette dynamique d'exclusion des groupes plus questionnants.Son discours de clôture de l'Écosommet laissait entendre que les suites de cet exercice de concertation pourraient être assumées par les partenaires présents.Ce serait faire fi du fait qu'Écosommet n'a pas livré toute la marchandise attendue.En particulier, les problèmes de la région montréalaise ont encore une fois été négligés, en bonne partie parce que ceux qui auraient pu les exposer avec le plus d'éloquence n'y étaient pas.Le problème dramatique de l'étalement urbain a ainsi été rélégué au troi-p>» sième rang des priorités.LE CANCER QUI RONGE L'étalement urbain est un cancer qui ronge non seulement la métropole mais également des villes de banlieue.Les citoyens-nes qui optent pour l'exode vers la banlieue immédiate, encouragés par des programmes d'aide à l'achat et la diminution de taxes, continuent souvent leur exode vers d'autres banlieues lointaines plus paisibles, avant de se faire rattraper à leur tour par l'autoroute et la civilisation.De sorte que l'étalement urbain semble se dessiner de façon exponentielle si on ne s'y attaque pas de manière adéquate.La menace de fermeture de la seule polyvalente du quartier Centre-Sud de Montréal illustre bien les ravages combinés de 1 extension des activités du centre-ville et de l'exode des familles vers les banlieues.PKJTD BBViAfC JE4» à court terme, mais de grâce, considérons-les pour ce qu'ils sont.» 11 est essentiel pour eux que le débat sur le développement durable ne se limite pas qu'à traiter les symptômes du problème mais qu'il porte aussi sur les causes.«On s'est fait répondre que c'est précisément ce genre de discussion qu'on voulait éviter à l'Écosommet», ajoute le militant écolo.«Ces réalistes concrets voudraient ridiculiser le concept de développement durable et renforcer les clichés selon lesquels l'environnement est une question d'aménagement paysager, qu'ils ne s'y prendraient pas autrement ■ PRESENCES SANS APPEL Le boycottage d'Ecosommet n'a pas enlevé à l'exercice toute sa pertinence.Près de 800 personnes de partout au Québec qui discutent de problèmes environnementaux, c'est tout de même remarquable.Et les groupes environnementaux qui ont choisi l'absentéisme y sont paradoxalement pour quelque chose.Parce que depuis 20 ans, ce sont eux qui ont été à l'origine des débats et qui ont forcé les institutions publiques et les entreprises à certaines prises de conscience.La Ville de Montréal constatait en 1992 que, depuis 20 ans, la circulation sur les ponts a doublé pour atteindre près d'un million de véhicules qui entrent et sortent de l'île de Montréal quotidiennement.Quand on pense qu'il faut parfois une demi-heure d'attente pour franchir certains ponts, la congestion augmentera à tel point qu'il faudrait construire au moins quatre autres ponts d'ici l'an 2011, selon le ministère des Transports, pour garder le flux actuel.La cour est pleine, Montréal détient déjà le record canadien pour la plus grande concentration d'ozone au sol.Avons-nous réellement le choix de ne pas opter pour le développement durable adapté à la cité?Avec des mesures d'économie d'énergie, qui favorisent le transport en commun, la réduction de la nécessité de se déplacer et la préservation de la qualité de l'environnement urbain.C'est la conclusion à laquelle aboutissent toutes les études d'impact depuis plus de 20 ans.Pour les mettre en pratique, on ne peut compter sur une concertation de partenaires qui tiendrait à l'écart les groupes environnementaux et les critiques du modèle économique actuel.L'heure n'est pas au pjtchage».J7, CD 03 CD a o < CD CM O > Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (CEQ) Au service des jeunes et des adultes dans les commissions scolaires.9405, rue Sherbrooke Est - Montréal HiL 6P3 Tél.: (514) 356-0505 Téléc.: (514) 356-1324 LE CENTRE 7400: au centre de l'île de Montréal -à côté du métro, station De Castelnau -près du boulevard Métropolitain -reçoit des organismes à but non lucratif -une douzaine de locaux disponibles -possibilité de 10 à 300 personnes -session de 1 jour et plus -services de cafétéria et 22 chambres 7400, boul.Saint-Laurent Montréal (Québec) H2R 2Y1 Tél.: 270-7400 Fax: 270-7451 Ne manquez pas dans le prochain numéro.Septembre-octobre 1996 ENTREVUE: Claude Hardy 0 L'OREILLE MASCULINE DOSSIER: A Le travail autonome \ LE MYTHE DE LA LIBERTÉ CD CD O) f" a o < I LU CM O > On pourra financer adéouatement l'éducation Quand les entreprises contribueront éouitablement au régime fiscal.Alliance des professeures et professeurs de Montréal (ceo) IKSksûfiaDm Revue mensuelle, 35,00$ par an Fondée en 1917 rslATIOrMALE • Sociale, économique, culturelle, indépendantiste 1259, rue Berri, bureau 320, Montréal H2L 4C7 Tél.: 845-8533 • Des faits, des idées et des solutions • 1 600 pages par année • Plus de 200 collaborateurs ■ Indépendante des partis politiques PHOTO: YVES PROVENCHER À TRAVERS L'HISTOIRE, IL A ÉTÉ DE PLUS EN PLUS RECONNU QUE LES TEMPS DE VACANCES SERVENT DE «REGÉNÉRESCENCE» POUR L'ÊTRE HUMAIN.ENCORE FAUDRA-T-IL DONNER À TOUS-TES LES MOYENS MATÉRIELS D'Y ARRIVER ET L'ADAPTATION NÉCESSAIRE AUX DIFFÉRENCES.[D.S.-LECAULT] Père au foyer: LES FRUSTRATIONS RAYMOND LANGEVIN La récession économique, par ses impacts, ne fait pas que toucher aux institutions, elle bouleverse le vécu quotidien de nombreuses familles.À cause d'elle, je suis devenu un père au foyer tandis que ma conjointe travaille.L'AVEU: PAR OBLIGATION.Depuis la naissance de notre fille, j'ai toujours assumé mes responsabilités de père.]e dois toutefois avouer honnêtement que je n 'avais pas prévu jouer le rôle de père au foyer à temps plein.En fait, jusqu'à mon licenciement en septembre 1993, ma conjointe et moi occupions tous les deux un emploi.Notre petite fille allait à la garderie à temps plein depuis l'âge de cinq mois.En perdant cet emploi, notre revenu familial a subi une baisse drastique, nous obligeant à couper dans les dépenses et à revoir notamment la fréquence de l'envoi de la petite à la garderie.Notre revenu familial, malgré des prestations de chômage, excédait de très peu le montant permis pour que nous puissions bénéficier d'une subvention gouvernementale pour la maintenir à la garderie à temps complet.C'est ainsi que près de 20 mois plus tard, avec des prestations d'assurance chômage terminées et plus d'une centaine de demandes d'emplois formulées à gauche et à droite, j'en suis réduit à exercer ce rôle de père au foyer, et à exercer comme hobby à temps partiel la profession de sociologue, de chercheur et de journaliste-pigiste.Enfin, avant de l'oublier, je tiens à ajouter que je me situe aux antipodes de /'homme rose qui, lui, a choisi de rester à la maison alors que sa femme travaille.Si le fait de changer des couches a jadis fait partie de mon lot d'activités quotidiennes, les autres tâches suivantes deviennent partie intégrante de mon rôle de père au foyer: préparer des repas, éduquer, jouer, bricoler, sortir au parc et à la bibliothèque, donner les soins de base, visiter les médecins, consoler, nettoyer les dégâts, faire la lessive et la vaisselle, épousseter, laver les planchers, etc.En somme, rien ne distingue mon rôle de père au foyer de celui qu'exerçait jadis nos mères.La principale différence réside peut-être dans la technologie facilitante: laveuse automatique et four micro-ondes.Autant l'autonomie de ma fille s'est accrue au cours des vingt derniers mois, autant la mienne n'a jamais été aussi restreinte.«Papa, dessine-moi un nounours.Papa, je veux jouer à la pâte à modeler.Papa, j'ai faim, je veux du fromage.Papa, je veux faire du bricolage», etc.La litanie de ses demandes successives me pèse.Encore heureux que le Roi Lion soit disponible en vidéo-cassette, fe revois encore la mine déconfite de mon copain Yves, père d'une fillette du même âge que la mienne, qui me demandait avec quoi ma fille jouait le plus et moi, de lui répondre à brûle-pourpoint: «avec nos nerfs».Ah! comme je comprends maintenant ma mère lorsqu'elle se disait très fatiguée vers l'heure du souper. étude produite ai 1993 pour famille par le sociologue Genoaii nite'■: les transformations sociales récent que l'exercice du rôle de père au lent accidentel en ce sens que ce rôk fait une sérieuse entrave au chemlnemeri rière des horames.Selon Yves Nadoi d'entraide au père et du soutien aux enfant seulement une très petite minori deviennent pères au foyer sur une bas La majorité k devient par obiig.impératifs économiques.» fi n'existe pas de statistiques précises q om- bre de pères au foyer.Cepend nies par la F des association: monoparentales sont assez révélât' milles monoparentales ou Il est également intéressai relatives à la garde des divorces: 74% des femmes ont obtenu la g clusive contre 12% des nome: i ont eu la garde partagée.PKJTO YVES PRCNENO€R LES REACTIONS Le fait de demeurer a la maison m isole aussi du cercle des pairs.Un enfant a beau progresser au niveau du langage, il n'en demeure pas moins que les conversations possibles ressemblent plus souvent qu autrement à un monologue, l'établirais même U i un parallèle met le blues des travailleurs autonomes, soit l'absence de contacts mec des collègues de travail.Cela a un effet pen'ers parce que le soir, je ressens un besoin avide de sortir de la maison et d'aller discuter me* des anus.Ma conjointe, pour sa part, ressent surtout le besoin de se reposer après \.f fournie de travail, et évite d'avoir à ressortir.On peut tres bien imaginer l'impact que cela a sur la communication dans notre vie de couple, l'ai au moins la chance d'avoir une conjointe qui sait ce que veut dire l'expression -ne plus être capable de wir ou subir Us cinq cinquièmes des murs-, l'ayant deia vécu elle-même.Cet isolement est cependant un peu moins évident depuis quelques mois, l'ai développé une importante relation d entraide met mon copain Yves.In fait, celui-ci, travailleur autonome, garde ma tille quand j'en ai besoin pour accomplit diverses tâches de nature professionnelle tandis que je lui rends la pareille quand il en il besoin.( ela nous e\ite de débourser îles sommes faramineuses en frais de garde et permet a nos filles de ne pas subir le s\ n-drome de I enfant unique, tout en rompant leur ennui de passer des journées entières ava des pères grincheux.le n'ai jamais ressenti un quelconque désaveu de la société face à mon rôle de père.Au contraire, je dirais même que les principaux commentaires, exprimés notamment par des femmes qui me sont inconnues, font état du gentil père de famille qui s'occupe enfin de son enfant, permettant ainsi à sa conjointe de se reposer.Il est intéressant de constater ici que l'idée du père qui s occupe à temps plein de son enfant pendant que la conjointe travaille ne leur \ icnt pas encore à l'esprit.Ces femmes ne s imaginent pas que je m'occupe de ma fille par obligation.L eloignement géographique de nos familles respectives nous a habitués, contrairement à d'autres qui consultent d abord les grands-parents, a recourir aux services institutionnalises des qu'un petit problème de s^nte se manifestait, l'ajouterais même que cela m'a permis de constater une sous-utilisation étonnante, par la population, de ces services institutionnalisés (notamment le CLSC).MA FILLE Chose certaine, ma filk m'aimerait peut-être autant si je travaillais, mais elle ne serait pas toujours a demander à ma Conjointe quand je sors pour quelques heures: -IV où râpa'- Son papa constitue en fait une grosse partie de son ai m o o < D "3 CD CVI O > CERTIFICATION INTERNATIONALE: ISO, i$OpAR Cl ,so< mT ç ' RAYMOND LANGEVIN PHOTO BOMA1N PELLETER [LA vax GASPESENNEI L'usine de Cartons Saint-Laurent, à Matane, a acquis la certification ISO 9002.«HORS DE LA QUALITÉ, POINT DE SALUT», DISENT LES ANALYSTES FINANCIERS.NOUVELLE PHILOSOPHIE, OU NOUVELLES OBLIGATIONS?ON ENTEND BEAUCOUP PARLER DE ISO, UN SYSTÈME DE GESTION DE LA QUALITÉ.QU'EST-CE QUE C'EST AU |USTE?POURQUOI UN TEL ENGOUEMENT?CD en en a o < 3 CD CD | ! USTRATION DENB HOUX La qualité totale est la stratégie qui aura le plus d'effet sur la compétitivité à long terme des entreprises, conclut un sondage effectué auprès de 7 000 dirigeants-es et cadres d'entreprise1.Elle se classe bien avant la nécessité de former les employés-es, mais en fait l'une ne va pas sans l'autre.Pas surprenant que les normes ISO soient populaires dans le milieu des affaires.En temps de mondialisation des marchés.Les normes ISO, au-delà de 7 000, sont le fruit des travaux de l'International Standard of Organization2, fondée en 1947.Mais contrairement à ce que plusieurs pensent, l'appellation ISO n'est pas seulement l'acronyme de l'organisation qui la gère.Le terme ISO provient du grec et signifie «égal-, en référence à l'entente de plus de 110 pays, de faire certaines choses de la même façon, notamment en matière d'assurance de la qualité.Les normes ISO sont définies à partir de normes de plusieurs pays.Les plus connues sont celles de la série ISO 9000 (9001 à 9004), qui touchent la gestion des sytèmes de qualité.L'ECOLOGIE CERTIFIEE Il ne faut pas confondre ISO avec d'autres systèmes de gestion de la qualité, comme le Malcolm Baldrige, le Taguchi, le Capability Maturity Model, le Qualimètre, etc."Ceux-ci sont souvent plus complets que celui d'ISO 9000, sauf qu'ils n'ont pas nécessairement la même notoriété sur la scène internationale.L'équivalent d'ISO se retrouve d'ailleurs à l'étape 5 de la méthode du Qualimètre», précise Louis Cornellier, conseiller au Mouvement québécois de la qualité, parlant de ce système québécois.Une autre série de normes relatives à un système de gestion des impacts environnementaux est également appelée à connaître une grande popularité auprès des entreprises.Il s'agit de la série ISO 14000 dont la sortie est théoriquement prévue pour la fin de 1996.Mais dans cette négociation impliquant plus de soixante pays, il est possible que la sortie d'ISO 14000 soit une fois de plus retardée*.Il semble plus facile de s'entendre internationalement sur la fabrication de meubles que sur l'écologie! Le processus de certification ISO est un standard de plus en plus reconnu.Cette norme étant consignée à l'échelle inter- nationale, son utilisateur n'a pas à réinventer la roue en matière d'assurance de la qualité.«Pourquoi pondre un autre système?Notre certification ISO 9002 fournit à notre "donneur d'ordre» la preuve que notre produit le satisfera en termes de qualité», de dire Stéphane Rousseau, vice-président de l'usine de Matane chez Cartons St-Lau-rent.À la réception du produit, le «donneur d'ordre- ne devrait plus avoir théoriquement à en contrôler la qualité.diale encourageait le gaspillage, et admettait l'imperfection dans la production de biens et de services.Les tests de qualité, lorsqu'il s'en faisait, étaient habituellement effectués sur un lot de biens finis.On découvrait à l'occasion que tout un lot était défectueux.Des pertes financières, conduisant parfois i'entrepreneur-e à la faillite, s'ensuivaient.Il y a quelques années, une conserverie de thon a vu sa part de marché chuter de 40% à 1% lorsqu'un employé a laissé passer 800 000 boites au contenu douteux4.Le succès phénoménal de l'industrie japonaise a fait écarquiller bien des yeux au cours des dernières décennies.La qualité de ses produits a fait beaucoup d'envieux.Cette réussite a entraîné de nombreux-ses entrepreneurs-es nord-américains à revoir leurs méthodes de gestion du contrôle de la qualité Les entrepreneurs-es occidentaux-ales se sont imbibés de la philosophie de gestion des entrepreneurs-es japonais-es (ou allemands-es).Le contrôle de la qualité ne doit pas être effectué a posteriori mais a toutes les étapes de la production d'un produit.Il implique aussi que tous les membres de l'entreprise, de la présidence jusqu'à la base, participent à la chaîne de la qualité.L'équation est simple: si le contrôle de la qualité est bien effectué, les rejets en cours de production seront normalement éliminés.«Initialement, les normes devaient servir de cadre de références pour les systèmes de qualité.et ne rendaient pas obligatoire la certification.» L'EFFET D'ENTRAÎNEMENT La seconde raison de la popularité d'ISO tient de l'implacabilité des grands «donneurs d'ordre-, ces grosses compagnies qui passent des commandes à des fournisseurs dépendant d'elles.Elles exigent de plus en plus que leurs fournisseurs se conforment aux normes de qualité internationales, en détenant la certification ISO.Un grand nombre de fournisseurs sont éliminés qui, même s'ils produisent des produits d'excellente qualité, n'ont pas les ressources financières pour embarquer dans ce processus de certification.Les coûts d'implantation, dépendant de la taille de l'entreprise, varient entre 75 000$ et 150 000$.-Même si l'adhésion se fait sur une base volontaire, il y a lieu de s'interroger sur le côté démocratique de l'accès à la norme ISO», déclare (acques Collin, conseiller syndical à la CSN.Les exemples d'entreprises s'étant soumises au processus de certification ISO parce que les «donneurs d'ordre- l'exigeaient pullulent: Cartons St-Laurent, AMF, Cameo Crafts, etc.A défaut de s'y conformer, elles auraient perdu de lucratifs contrats.Il n'est pas évident que ces entreprises se seraient soumises au processus de certification si elles n'avaient pas été obligées de le faire.Parmi les grands «donneurs d'ordre au Québec, notons Hydro-Québec, le Conseil du trésor, Bell, les géants de l'automobile, etc.Initialement, les normes devaient servir de cadre de références pour les sytèmes qualité.et ne rendaient pas obligatoire la certification des sytèmes qualité comme cela a été mal interprète L'ENGOUEMENT ANTI GASPILLAGE Deux raisons importantes peuvent expliquer la popularité sans cesse grandissante de l'utilisation des normes ISO.La société d'abondance que nous avons connue après la Deuxième Guerre mon- L'usine de Cartons Saint-Laurent.Chez Cartons St-Laurent, par exemple, on a constaté beaucoup moins de variations dans la qualité des produits.Les pertes sont réduites au minimum parce que dès qu'une erreur est décelée, des correctifs sont apportés.Des gains de productivité ont donc été enregistrés sans que la cadence ou la charge de travail n'ait augmenté.Tout en avouant un important retour sur l'investissement, on se fait avare de commentaires chez Cartons St-Laurent quant aux économies réalisées.Une étude de la firme Deloitte & Touche démontre toutefois que les économies obtenues grâce à ISO se situeraient, selon la taille de l'entreprise, entre 25 000$ et 500 000$ par année. PETIT LEXIQUE ISO Pourquoi 9000?La nomenclature certification ISO a connu •000, 7000, «te.Mais nor- un produit, la série m 0) 3 O 4 3 "3 10 OJ o > PHOTO WES PROVENCHEB par beaucoup.••'' Il s'agit d'ailleurs de la principale critique formulée à l'endroit des normes ISO.UNE CONCERTATION ESSENTIELLE «Pour que l'aventure ISO fonctionne, il faut que les patrons comprennent la nécessité d'une réelle concertation avec les employés-es», précise Jacques Collin.•■Sans cette prise de conscience, l'im- plantation d'un programme d'assurance de la qualité est vouée à l'échec.Ce sont les employés-es qui, de leurs postes de travail, sont les plus susceptibles de constater les défauts ou les erreurs de fabrication.En ayant la responsabilité d'arrêter la production dès que des erreurs sont identifiées, l'employé-e devient un preneur de décision-La formation est également au coeur de l'aventure ISO.Lors de l'implantation des normes ISO chez Cartons St-Lau-rent, chaque employé-e s'est vu définir un programme de formation en fonction de son poste de travail.Ce programme définit les critères de qualité à atteindre et les procédures à suivre pour les atteindre.Un comité de coordination, formé de dirigeants-es et d'em-ployés-es, veille à ce que les processus mis en place soient fonctionnels.Les employés-es comprennent l'urgence pour l'entreprise d'embarquer dans une démarche de qualité.Comme l'exprime Jacques Collin, ■ l'implantation des normes ISO dans une entreprise ne constitue pas un piège à travailleur, ni une panacée.Par contre, c'est l'assurance pour les travailleurs que l'entreprise tient à survivre dans cette grande jungle, donc qu'elle préservera en bout de ligne leur emploi.- J^T, 1 IQM, Ahead m Falling Behind?, Development Dimensions, International QPMA & Industry Week, avril 1993.2 L'appellation française est Organisation in- ternationale de normalisation 3 Cela fait déjà trois ans que l'on travaille sur l'élaboration d'ISO 14000.En guise de comparaison, il a fallu sept années pour que les pays s'entendent sur les normes ISO 91 M Kl 4 Cité par Joseph Kélada, professeur et directeur du Centre d'études en qualité totale au Hh( , dans son livre ( umpranlrc cl utiliser lu qualité totale, 1991 5 Tiré du document La voie de l'Europe vers l'excellence, dans Louis Cornellier, Les normes ISO et le Qualimetre, Institut québécois de la qualité totale, 28 septembre 199S, p.12.ILLUSTRATION DENB «OUX 1 ouf ce qui est en bas est comme tout ce qui est en haut "Tout ce qui est en bas est comme lout ce qui est en haut» Encre de chine sur papier I 985.27,5 x 37,5 cm Celle oeuvre de Marc Lincourt est identifiée au programme des dons phnihès de ta Fondation Centratde Gossel i il+-A ssociés COMPTABLES AGRÉÉS MIS.RUEJARRi hl RI i MONTRÉAL (QUÉBEC! III 1A7 il i i PHON1 (314) I 6 HMi TÉLÉCOPIEUR (5141 176-4099 CBOWOUE W801EM« NICOLE BRAIS L'HUMEUR (MAUVAISE) A L'HUMOUR Je fais partie des gens qui ont eu de la difficulté à passer l'hiver.Question de climat autant météorologique que socio-politico-économique.Ça demande une sérieuse dose d'humour pour encaisser tous les affronts que la classe politique fait subir à notre intelligence.La passe de la journée nationale de fouille militaire de paperasses.Vous y avez cru, vous autres?La très calculée démission de Sheila Copps et toutes les âneries qu'a pu dire Chrétien à ce sujet.L'histoire du chien qui intente une poursuite devant les tribunaux pour faire respecter ses droits.Détrompez-vous, je ne parle pas de Guy Bertrand, je parle d'un VRAI chien.Mais, ça, ça ne peut se passer qu'aux États-Unis, rassurez-vous.Ils ont une longueur d'avance.Pour combien de temps encore?RIEZ DONC L'humour me suis-je donc dit, c'est un filon à exploiter.À moins que ça soit un filon qui nous exploite?Un parasite qui fleurit, engraisse et s'épanouit en période de déprime nationale?N'en parle-t-on pas comme d'une industrie fleurissante au Québec en ces temps de disette économique?Vous en connaissez d'autres industries qui fleurissent autant que celle-là?Je ne sais pas si on pourrait inclure ça dans le créneau de l'économie sociale pour lui donner un air d'aller?(A l'économie sociale, pas à la business de l'humour qui se porte très bien comme je l'ai déjà dit).Vous devez penser que je suis, moi qui chronique insolemment depuis plusieurs années, une fana de tout ce qui ironise et que, le calepin à la main, je collectionne les sarcasmes, que je cours les festivals de la rigole, que je rêve d'être intronisée au Musée de l'humour.Hélas, vous devriez me voir, six fois par année, errer désespérément, la face longue, à la recherche de quelque chose à rire.Tenez, je vais vous décevoir: quand j'entends Jean-Marc Parent déblatérer devant 10 000 personnes ou que je vois Courtemanche-grande-gueule-courte-vue se défigurer devant la caméra, j'ai autant de sens de l'humour qu'un guichet automatique.RIGOLER SAVAMMENT Je vais me faire taxer d'élitisme, je le sens.On n'a pas le droit de ne pas apprécier la P'tite vie.Si Jean-Marc pogne de même, avec ses shorts pis ses boutons, c'est qu'en quelque part il nous ressemble.Merci pour le compliment.Ça s'enseigne dans les universités tout ça.J'ai même fait une petite recherche par curiosité: 13 des 25 ouvrages traitant de l'humour québécois répertoriés à la bibliothèque de la très sérieuse Université Laval ont été publiés depuis le début des années 90.Vous voyez, il n'y a même plus moyen de rigoler avec l'humour.C'est devenu un sujet académique, un phénomène à analyser, à chiffrer et qui reste surtout encore à déchiffrer, si c'est possible.L'autre jour, je suis tombée sur une pu- blicité d'un de ces illustres rigolos.Une édifiante critique rassurait ainsi le public: «Il n'a aucun message à passer».Ça, c'est le summum du fun garanti.Surtout, ne pas être trop songé.Pour ma part, je songe sérieusement à m'inscrire au cours Humour 101 pour apprendre à rire de tout et surtout, tout le secret semble là, de rien.' 7, Uoiis pensiez que c'était dispendieux de louer une salle pour uos réunions ?Peut-être.Mais pas au CENTRE ST-PIEBBE Salies modernes Équipement audiovisuel Nombreux services inclus Stationnement gratuit J*mk$ 524-3561 Bun Hour Lao poste 451 E IM T R Portrait de Nancy NeamU Dans la , m MELEE m ^ ou les adoptions locales % CD 0) CD a Q < CO aj a > y V u JULIE PERREAULT Nancy Neamtan est directrice générale du RÉSO1, la première CDEC de Montréal.C'est pour son expérience et son expertise en développement local qu'on lui a demandé de présider le chantier sur l'économie sociale, un comité, mandaté par le gouvernement du québec, pour pondre, d'ici l'automne, un plan de création d'emplois.Anglophone indépendantiste, musicienne devenue administratrice, rassembleuse, fonceuse et défonceuse, c'est une québécoise dans la mêlée.PHOTOS : STÉPHANE MONGRAIN, L'OEIL PUBLIC De ses bras qui battent l'air en parlant, on dirait que Nancy Neamtan pourrait refaire le monde d'un seul geste.D'une seule envolée.Femme forte, presque dure, on perçoit, au fond du coeur, une générosité incommensurable.Entre deux rendez-vous et deux téléphones urgents, la pression baisse, le temps de l'entrevue.Elle se livre et philosophe.Elle reprend son souffle, avant de retourner dans le feu de l'action.FEMME DE RÉSEAU L'action quotidienne de Nancy Neamtan est étroitement liée au RÉSO, depuis sa création.Fondé en 1989, le RÉSO a toujours voulu allier économie et social.On s'est donc attelé à protéger et à développer des emplois, à améliorer les conditions de vie des résidents-es du Sud-ouest.«On voyait ça comme une lutte contre la marginalisation», se rappelle Nancy Neamtan.La formation de la population locale est une priorité.Les normes rigides sont alors mises à l'épreuve de la réalite du milieu.On doit innover pour outiller les gens.Par exemple, on voulait offrir une formation en cuisine à un groupe de personnes analphabètes.La CÉCM n'est pas emballée par le projet et demande à Nancy Neamtan si elle a l'intention d'empoisonner le Québec! Ce n'est pas ce qui va l'arrêter.Finalement, la Commission scolaire de Verdun accepte et forme 36 cuisiniers-ères capables de lire des recettes- Success story du développement local, des millions de dollars ont convergé vers le RESO depuis 1990.Cette corporation, inspirée de modèles états-uniens et ruraux de développement local, regroupe des gens d'affaires, des groupes communautaires, des gens des milieux culturel et institutionnel.Aujourd'hui, plus de 40 personnes travaillent au RÉSO et plusieurs pionniers-ères y sont encore dynamiques.L'équipe est puissante et stable, ce qui n'est pas étranger à la personnalité de Nancy Neamtan.Elle avoue n'avoir jamais fait cavalière seule.«Je suis capable de rassembler du monde fort, de créer un climat où le monde a le goût de donner le meilleur.» Reconnue par ses collègues de travail comme une ■ bulldozer», elle n'en est pas moins appréciée; «C'est une fille de développement, de vision», souligne Guy Biron du RESO.«Elle voit large sans jamais perdre le pied de la réalité». L'ILE DANS L'ILE Cette réalité, c'est le Sud-ouest de Montréal, véritable microcosme, agressé par les récessions et l'étalement du centre-ville.Quartier ancien, la fermeture du Canal Lachine, longtemps le moteur du développement industriel, a presque signé son arrêt de mort.Entre 1960 et 1990, plus de 20 000 emplois industriels ont été perdus dans cette seule zone montréalaise.Aujourd'hui, près de la moitié de la population est en chômage.Près du centre-ville, le Sud-ouest a reçu sa vague de spéculateurs-rices, vendant à coup de milliers de dollars une vue sur le canal.C'est dans le Sud-ouest, cette enclave montréalaise, que sont nés les ancêtres des cliniques juridiques et des CLSC.Un bastion de passionnés-es y défend avec ferveur et imagination son pouvoir local.Quand le milieu décide de prendre un virage économique, il maintient sa tradition d'innovation.Nancy Neamtan arrive dans l'arène du développement économique vers 1983.Elle est alors organisatrice communautaire au YMCA de Pointe-St-Charles, un quartier appauvri du sud-ouest de Montréal.Elle a en poche plus de 10 années de militance dans des groupes communautaires: coopérative alimentaire Olier, groupes de défense des droits sociaux, groupes de femmes, etc.-La croissance économique passait vraiment à côté des gens du quartier», souligne-t-elle.«Il y avait aussi un refus des pouvoirs publics et même de l'opinion publique de reconnaître l'existence d'un problème de pauvreté à Montréal.On pensait que la pauvreté était seulement un problème rural, des régions.» JUIVE QUÉBÉCOISE • pE ,e \t iu 11 »t UlBlE PHOTO YVES PROVENCHER L'opéra Turandot à Montréal LE SPECTACLE DANS LES ïk COULISSES Comment mater les foules CD 01 CD O < co OJ o > DANIEL S.-LECAULT JJ ai fait tout le contraire d'à peu près 30 000 personnes.J'ai participé à la production de l'opéra Turandot, au stade olympique de Montréal, sans assister à aucune des présentations.Enrôlé en tant que baryton, j'ai été présent pour toutes les répétitions des choeurs.Vous aurez donc droit ici, honoré lectorat de VO, à une critique de la production, plutôt qu'à une critique du spectacle.Mais il y a des liens à faire.L'historique première nord-américaine de cet opéra de Puc-cini, peut-être le plus important mélodiste du XXe siècle, a été publicisée et médiatisée comme un méga-show, une fresque à grand déploiement.Turandot a été la dernière oeuvre de Puccini.Inachevée, comme la mythologie musicale en est friande.Puccini, qui avait plus de propension à la tragédie qu'à la finale heureuse, est mort, de labeur, à tenter de mettre en scène la puissance de l'amour véritable.Turandot, dictatrice mangeuse d'hommes, sera finalement séduite par le courage et l'intelligence d'un prince exceptionnel.Elle a son peuple à ses pieds; elle lui fait subir ses humeurs.Trois actes, trois énigmes, trois ministres-fonctionnaires, trois notes dans la cellule thématique principale: Turandot est un mélange d'ésotérisme et de politique, sur le thème du pouvoir dictatorial.Les apparitions (du prince perse, de Turandot, du père Timur) bouleversent la vie comme aucun quotidien.Musicalement, les emprunts à Stravinski, Schoenberg et Mah-ler sont d'époque.John Plant, le compositeur anglo-montréalais, croit que la montée de Mussolini, dans les années 20, explique ce qu'il croit déceler dans Turandot de déférence au pouvoir.Je crois plutôt que Turandot, si elle ne possède pas comme Madame Butterfly la densité permettant différentes grilles d'analyse, est une satyre précise du conformisme, et une attaque de la compromission des foules.D'ailleurs, être choriste dans Turandot, c'est représenter cette foule.C'est un rôle très ingrat.La foule est pute.Très.Elle a peur de la dictature, et n'hésite pas à changer de position pour en profiter ou s'en protéger.C'est lorsque la dictature s'est dissoute que la foule pose en grande justicière.LE DILEMME DU BÉNÉVOLAT Dans les plans du producteur, figurants-es et choristes (devant également figurer et se déplacer sur scène) participaient bénévolement.Au mois d'avril, l'Union des Artistes (UDA) s'est objectée: elle compte parmi ses membres plusieurs spécialistes de la figuration.Après négociations, le producteur a engagé plusieurs membres de l'UDA et acheté la paix.Quant à la centaine de choristes (avec une expertise et un travail se rajoutant à celui des figurants-es), elle restera bénévole.Ça révèle bien la jungle du marché du travail.Si l'UDA avait organisé un boycott de l'événement, j'aurais probablement suivi.Pas pour moi, qui ai un autre travail rémunéré, mais par principe: il y a des limites à faire travailler bénévolement autant de gens qui pourraient en faire leur gagne-pain, pour le profit d'une entreprise privée.D'un autre côté, dans toutes les régions du Québec, les gens s'habituent à se donner bénévolement, pour procurer à la communauté les infrastructures et les événements culturels ou de loisir, sachant très bien que l'argent ne viendrait jamais, et qu'il n'y aurait rien sans cet effort volontaire.Montréal a-t-elle les moyens de faire vivre un spectacle comme Turandot?Peut-être pas. Certains-es sont devenus-es bénévoles sans l'avoir prévu.C'est par les médias que j'ai appris que les chèques de paye des solistes et autres em-ployés-es avaient « rebondi".Des chèques sans fonds, le pauvre prince Calaf (pardon, Popov, son interprète), à lui seul, en avait pour 27 000$.Seuls les gros fournisseurs, telle la Régie olympique, ont encaissé des chèques exigés certifiés.Le producteur, Opus Production, accuse sa banque d'incompréhension.Sa banque, la BNP, répond, depuis l'Europe, que le producteur avait "garanti» des ventes de billets tardives, la fin de semaine des représentations.Certains se font accuser de fraude ou de complot pour moins que ça ! IMPROVISATION, OPÉRA ET DICTATURE C'est 1 mois et demi seulement avant les répétitions que, en catastrophe, ont débuté les répétitions musicales.C'est six mois qui auraient dû être prévus.Ça a été le premier signe d'inconséquence et de négligence crasse de l'organisation.Début avril, ce sont 26 répétitions qui étaient demandées aux choristes; le 29 avril, 4 autres répétitions étaient rajoutées.Le 1er mai (la fête des travailleurs-ses!), 4 autres répétitions s'ajoutaient, toujours unilatéralement.Le milieu de l'opéra, encore plus que celui de la musique savante, est très hiérarchisé.De sous-maestro en maestro, on perpétue une tradition d'humilité, de soumission, et d'effacement.Les répétiteurs-rices qui ont préparé Turandot à Montréal étaient compétents-es, respectueux-ses.Quand le maestro Vittorio Rossi est descendu d'Italie, il était attendu.On nous l'avait présenté comme un artiste, irréaliste et capricieux, question de bien vendre son exigence de PHOTO YVES PflOVENCHER.répétitions supplémentaires.Il s'est avéré charmant., ses assistants se chargeant d'appliquer sa «vision».Peu à peu l'assistant en question exprimait ses impatiences, ses insatisfactions, et traitait la foule comme du bétail.Il aurait été compréhensible, avec des solistes peu moti-vés-es ou irresponsables, de les bousculer un peu pour les dynamiser.Mais les choristes bénévoles de Turandot avaient déjà fait des merveilles.Les répétitions se multipliaient jusqu'à en faire sept par semaine.Et, audiblement, chacun-e travaillait sa partition à domicile, entre les répétitions, consciencieusement.Ce qui n'empêchait pas l'assistant, préoccupé uniquement de placer la mise en scène, de brasser son monde à volonté.C'est là que j'ai décroché.Dorénavant, la musique n'avait plus d'importance, le spectacle pouvait commencer.J'ai compris comment l'organisation faisait bien peu de cas de la musique.Évidemment, il a été répété ad nauseam que le public de Montréal n'est pas attiré par l'opéra, il est attiré par le méga-show.Bref, c'est une bande de crétins-es.PLUS GROS QUE GROS Je n'ai vu aucune représentation, mais la synthèse des critiques, officielles et populaires, lues et entendues, me fait penser que le tout s'est produit logiquement, dans la foulée du travail de mise en scène spatiale et de marketing le-très-gros-événement-ne-manquez-pas-ça-!-! Le programme-souvenir fastueux se préparait.Qui était la vedette de l'événement?Ni Puccini, ni son opéra, ni les solistes (inconnus du grand public et de la majeure partie de l'assistance), ni le chef d'orchestre.C'était Vittorio Rossi, le ••Cecil B.De Mille de l'opéra», le spécialiste des reconstitutions fastes et énormes.Les gens ont donc eu droit, les 18-19-20 mai, à une grande » mise en scène».Je ne critique pas que les pôles décisionnels soient précisément déterminés, ni que ce soit une vision très particulière de Turandot qui soit défendue.Je déteste plutôt la façon de faire.Je ne regrette pas d'avoir démissionné.Une vraie démission, complète.Celle qu'on ne se permet pas quand on organise, quand on est responsable! La démission seule d'un petit élément du groupe, insignifiante pour le Grand Organisateur.Mais une démission avec la très ferme conviction, technique, qu'il est possible de monter Turandot, comme n'importe quel grand projet, AL'TREMENT, et que les résultats ne risquent que d'en profiter.Le plaisir, très physique, de chanter et de lier sa voix à celle d'un choeur énorme, représentant ■■ la foule », dans d'aussi belles harmonies, est très émouvant.D'ailleurs, quand ce groupe chante ensemble, même dans les passages piano (doux), la petite voix du dictateur, pardon de l'assistant de Rossi, ne passe pas.^7t MTegarder B" ™ — ■- mm —i\/ir lire vidéo tû ai en a o < 3 -3 CD CU ^ ^Une vie COM^ D.S.-LECAULT 1ERE Cinq ans après un film sur son père, Alain Chartrand rend hommage, posthume celui-là, à sa mère, Simonne Monet-Chartrand.La comparaison est inévitable.Il y avait dans Un homme de parole l'émouvante rencontre de Alain avec son père, longtemps absent.Il est évident aussi que le réalisateur a profité que son père soit vivant pour lui poser de nouvelles questions, pour le filmer à nouveau au besoin.La principale qualité de Une vie comme rivière, qui est aussi le titre que Simonne a donné à ses mémoires, c'est de la laisser parler.La somme de documents audiovisuels retrouvés a permis que Simonne se présente un peu elle-même.Avec une verve rafraîchissante (qu'elle disait lui venir de son père avocat).Voilà une superbe recherche, une superbe oeuvre de reconstitution de paroles.L'autre fascination du film vient de cette succession des visages de Simonne à travers son histoire, un visage qui a toujours gardé uneétoiledansle regard.T.T 0 » ' PHOTO DOMINIQUE CHARTRAND l'histoire, Bettina BRADBURY, Familles ouvrières à Montréal, éd.Boréal, 1995, 368 p.L| histoire des gens riches et cé-I lèbres n'est pas la seule à définir le passage du temps.L'existence quotidienne de figurants anonymes de l'Histoire explique, elle aussi, l'évolution nécessaire de notre société.Cet ouvrage dense décortique les conditions de survie des familles ouvrières à Montréal de 1860 à 1890, pendant la première phase d'industrialisation du pays.Ce portrait cru met en évidence la contribution fondamentale des femmes (et des enfants) à la subsistance et à la reproduction de la cellule familiale et considère d'un angle différent le rôle d'ouvrier-pourvoyeur de l'homme.La vie quotidienne dans son ensemble est analysée sans complaisance, mais sans relent de misérabilisme.Les sources documentaires nombreuses et l'analyse pondérée donnent une grande crédibilité à l'étude et n'entraînent certainement pas la nostalgie du bon vieux temps [Diane BRULOTTE] Dennis GUEST, Histoire de la sécurité sociale au Canada, éd.Boréal, 1995, 478 p.Cette sombre description de l'ère de l'industrialisation et du «capitalisme sauvage» nous rappelle combien sont CETTE MÉMOIRE DE L'AVENIR nécessaires et précieux les programmes sociaux dont nous bénéficions (encore).Cette couverture ne résulte pas d'un hasard opportun.Elle a été l'objet de nombreux débats idéologiques et de décisions réfléchies.Depuis l'héritage colonial jusqu'au gouvernement de Brian Mulroney, Guest trace l'évolution des mesures et modes d'intervention choisis par les gouvernements et les situe dans le contexte politique et économique de l'époque.Essentiellement, il relève deux approches: résiduelle, d'une part, dans laquelle l'individu est responsable de sa subsistance et qui vise à secourir uniquement les plus démunis; institutionnelle, d'autre part, universelle et régulatrice qui permet de réduire les déséquilibres et d'assurer une plus grande stabilité sociale.Une réflexion d'une grande actualité.[D.B.] Serge G AGNON, Mariage et famille au temps de Papineau, Presses de l'Université Laval, 1993, 300 p.Les lois de l'Église comportent leur contrepartie en droit civil, ce dernier tendant sans cesse à se dégager de la tutelle cléricale.Ainsi, selon l'auteur: «Au temps des patriotes, le mariage-sacrement parait subordonné au mariage-contrat" (p.6).Certaines pratiques dérogatoires, même si elles ne remettent pas fondamentale- ment en cause la norme ecclésiastique, sont intéressantes.La règle de l'empêchement au mariage pour cause de consanguinité ou d'affinité (parenté par alliance), celle de la publication des •bans-, peuvent donner lieu à des «dispenses».D'abord octroyées gratuitement, ces dernières en viennent à être accordées moyennant une contribution financière.Avec ou sans mesures dérogatoires, le mariage n'implique pas l'égalité.En droit, le mari et la femme sont une seule personne et le mari est cette personne».Curieusement, ce principe de droit civil s'intègre, au moins implicitement, dans le droit ecclésiastique.Cela conduit certains clercs à atténuer la gravité de la violence faite aux femmes.En font foi les remarques de Mgr Plessis, le 2 mai 1812, sur la réhabilitation d'un mariage d'abord déclaré nul et dont le conjoint était suspecté d'avoir violenté son épouse."Il est des femmes qui n'ont point peur des coups», écrit l'évêque.Cet ouvrage utilise de solides connaissances, notamment en histoire et en anthropologie.Néanmoins, il reste peut-être plus intéressant au niveau des à-côtés et multiples curiosités historiques qu'à celui du sujet principal qui est, somme toute, aride et, dans une large mesure, affaire d'ex- I perts.[Pierre HAMEL] John A.DICKTNSON et Brian YOUNG, Brè\e histoire socio-économique du Québec, traduit par Hélène Filion, éd.Septentrion, 1992, 382 pages.Quand on lit «histoire», on s'est habitué à sous-entendre -histoire politique officielle».Dickinson et Young ont choisi de dire les contextes socio-économiques du quotidien des populations.On s'intéresse moins à l'institutionnel, encore moins aux politiciens-nes.Quand on dit •l'his- toire», on sous-entend aussi une narration à peu près chronologique, articulée autour d'événements.Or ici, les auteurs prennent de la liberté, faisant une oeuvre somme toute complémentaire.Brève (comme l'indique le titre), cette Histoire est aussi très rapide.Comme les autres études actuelles en histoire, on laisse une belle place aux épisodes autochtones et vikings d'avant le XVIIe siècle.L'iconographie est intéressante.Mais maigri?des soucis d'ouvrage de consultation, plusieurs références ne se retrouvent pas en bibliographie.Rappels intéressants, comme la hausse fulgurante de la pratique religieuse (et, partant, des pouvoirs ecclésiastiques ) après les rébellions de 1837-38.Comme si, mise en échec par le politique, la population se tournait là pour des jours meilleurs.Si les auteurs sont attentifs aux positions des différentes classes sociales, Us le sont autant à amoindrir les conflits (ethniques) entre francophones et anglophones, et prompts à attaquer les interprétations indépendantistes de l'histoire canadienne.[Daniel S.LEGAULT] BREVE HISTOIRE SOCIO-ÉCONOMIQUE DL QUEBEC Robert LAHAISE, La fin d'un Québec traditionnel, 1914-1939, I.Histoire du Canada à «Notre État français», éd.L'Hexagone, 1994, 235 p.Avec le 1er tome de cet essai, le-la lec-teur-rice reste quelque peu déconcerté-e.Pourquoi ce style parfois ironico-humorico (vous voyez le genre)?Bien que le contenu est prometteur et paraît bien structuré, il s'avère toutefois qu'il n'en est pas ainsi.R.Lahaise a beau vouloir «traduire sans trahir» les silences ou insistances de ses confrères d'époque ou contemporains, il fait comme eux et présente l'histoire à travers son propre prisme.Comment expliquer autrement le silence total sur la situation des Autochtones du Québec?Y a-t-il d'autres «oublis»?Malgré quelques trouvailles étonnantes pour ceux-celles qui connaissent mal - comme moi - CD 0) 0) 3 O < UJ OJ O > leur histoire (Eh oui, il y avait des gouvernements qui accumulaient des «excédents» pendant 27 années consécutives!), on cherche vainement le parallèle entre les événements politico-économiques et les divers mouvements littéraires.Pour ce faire, il faut attendre le 2e tome et la conclusion qui les coiffera [Christine NAGL] Simcon MwdftCMOlll Lettres à Judith Correspondance d'un putrwU rxtlr Introduit!.>n et notes par licorne* Aubin LES C*HU»S DU JtPTINTRION Siméon MARCHESSEAULT, Lettres à Judith.Correspondance d'un exilé.Introd.et notes de Georges Aubin, Éd.du Septentrion, 1996,124 p.Fils d'Acadiens, le patriote Siméon Marchesseault est arrêté en 1837, alors qu'il prend la fuite après la bataille de St-Charles.Après plusieurs mois en prison «Au pied du courant» à Montréal, il sera exilé aux Bermudes avec huit de ses compagnons.Il rentre au pays en 1840, après avoir transité misérablement plus d'un an en Nouvelle-Angleterre.C'est le quotidien de cet exil qui se rend jusqu'à nous à travers ces Lettres à Judith, son épouse.Alors qu'on s'attendrait à y lire de pathétiques envolées patriotiques, on découvre avec intérêt, tantôt la rudesse des cachots québécois, tantôt les conditions de vie de l'époque aux Bermudes.Marchesseault apparaît comme un époux et un père affligé, et un amant de sa patrie.Georges Aubin qui a réuni et annoté les lettres se fait discret.Son travail rigoureux et le respect de la poésie épistolaire nous présente le parcours psychologique d'un exilé peu ordinaire.[Julie PERREAULT] Micheline LACHANCE, Le roman de Julie Papineau.éd.Québec-Amérique, coll.Deux Continents, 1995, 517 p.Pour Châtelaine, Micheline Lachance, a expliqué la gestation du Roman de Julie Papineau, à partir de la biographie de cette dernière.«Pour les historiens, Julie n'a été que la femme de.Moi, j'ai découvert une passionnée de politique, que son mari consultait sur tout, qui a été influente et que les historiens ont maltraitée.» Son dévouement à LA cause, sa passion de la chose publique vont bien au-delà du jeu de second violon.Faisant partie de l'élite éclairée tout en étant de la trempe des leaders, Julie critique le gouverneur Aylmer en matière d'instruction publique.Au banquet de fondation de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal, le 24 juin 1834, elle apostrophe le maire de Montréal, Jacques Viger: «Le bien public est compromis lorsque le gouverneur approuve la fermeture de plus de mille écoles élémentaires.Au nom de quelle logique agit-il?La vérité, c'est qu'il obéit aveuglément à ses conseillers anti-canadiens qui lui ont fait miroiter quelques économies de bouts de chandelles.Résultat: quarante mille de nos enfants resteront ignorants.Et vous voulez que nous courbions l'échiné?» (p.318).La dialectique colonisateur/colonisé forme la clé de voûte de la grille d'analyse politique pour Julie.Elle déclare à Jacques Viger: «Je vous prédis qu'il y aura une réforme dans le Haut-Canada mais qu'ici nous resterons opprimés parce que nous sommes pâte à l'être.Nos ennemis le savent, qui nous connaissent mieux que nous nous connaissons nous-mêmes» (p.259).Julie n'est pas plus tendre à l'égard de Mgr Larti-gue, grand pourfendeur des patriotes.À l'évêque qui lui reproche le fait que son fils Amédée s'entraîne au tir à la carabine à la Côte-à-Baron, elle rétorque: «Sachez [.] que je suis fière de lui.Et s'il m'arrive d'avoir peur pour lui, je me réconforte en pensant que le courage est une vertu.Tant qu'il y aura des hommes comme lui et comme Papineau, son père, pour défendre le pays, nous pouvons espérer survivre dans le respect de nos droits et de notre dignité.Il y en a tant d'autres qui le trahissent.» (p.389).Le roman s'achève sur l'arrivée de Julie, venue rejoindre son époux dans son exil états-unien.Décidément, comme l'a dit le Dr Nelson à Julie: «Les choses n'ont pas tourné selon le scénario que nous avions élaboré.» [P.H.] Quelques fragments d'histoire pour mieux comprendre le Québec y - • *% i y* Québec ss «^ mi Quelques fragments d'histoire pour mieux comprendre le Québec, Secrétariat à l'avenir du Québec, Min.du Conseil exécutif, Gouv.du Québec, 1995, 75 p.Distribuée gratuitement.Ostentatoire-ment indépendantiste.Visiblement préparée pour la dernière campagne référendaire.Cette brochure tourne les coins ovales dans son entreprise aide-mémoire.Elle a toutefois plusieurs mérites, comme une illustration schématisée et graphique de la minorisation francophone par le Canada britannique à partir de 1791.Quand on sait la subite rapidité avec laquelle Ottawa accueillait les immigrants-es et distribuait la citoyennetccanadienne l'an dernier, on remarque que le génocide a sa longue histoire.[D.S.-L.] Sous la dir.de Guy LAPOFNTE, So ciété, culture et religion à Montréal (XIX' et XX' siècles), éd.VLB, coll.Études québécoises, 1994, 338 p.Au 19e siècle, Montréal, ville ouverte au monde, accueille son lot d'exilés-es.Moins de 200 ans après la Conquête, les Montréalais-es, font face à une migration sans pareille.Société, culture et religion explique savamment cette insertion.Les Juifs-ves s'organisent entre eux, CTéent leurs écoles, leurs temples et organisent leurs vies à Montréal sans oublier leurs traditions.Ils sont les premiers à fonder des syndicats à la manière européenne.Ils déclenchent même la première grève générale à Montréal dans le domaine du textile.L'insertion des Irlandais-es, entre protes-tants-es et catholiques, est examinée de façon avertie.Malgré l'austérité des textes, cet ouvrage fait ressortir un volet peu connu de Montréal, et s'attache aux Juifs-ves solidaires, aux Irlandais-es divisés, aux femmes exploitées et peu reconnues, aux pauvres qui font face avec courage à une situation souvent précaire.[Robert GERVAIS] Jacques LACOURSIERE, Histoire populaire du Québec, éd.Septentrion, Tome 1: Des origines à 1791, 1995, 480 pages.Tome 2: De 1791 à 1841, 1996, 446 pages.(Les tomes 3 et 4 restent à paraître) Rééditant avec mise à jour les fascicules Nos racines, Lacoursière obtient un autre étonnant succès de librairie.Surtout pas «populaire" au sens d'une histoire par la tradition orale ou d'une histoire du monde populaire (ce qui serait prometteur dans les deux cas), mais plutôt dans le sens d'une vulgarisation facile à comprendre, et d'un ton (de raconteur) facile à suivre Goût de l'anecdote, style un peu vieillot avec maladresses de rédaction, l'auteur fait dans le détail.Parfois avec bonheur, par exemple quand il donne le prix européen des épices pour expliquer la grande ruée vers l'Inde au XVe siècle.Parfois moins essentiellement, en citant très abon- damment des textes de lois et de correspondances.En ce sens, l'ouvrage donne plus d'informations que l'ouvrage-phare de Durocher-Linteau.À l'opposé des Dickinson et Young, l'auteur s'intéresse principalement aux élites, racontant par exemple les péripéties (avec ce que les historiens-nes ont récemment appris) de la vie d'un Jacques Cartier.[D.S.L.] ffi LE MAGAZINE DE VIE •** ! OUVRIERE \ D Abonnement individuel 1 an : 23,00 $ D Abonnement individuel 2 ans : 40,00 $ D Abonnement individuel à l'extérieur du Canada 1 an : 30,00 $ D Abonnement institutionnel 1 an : 32,00 $ □ Abonnement institutionnel à l'extérieur du Canada 1 an : 40,00 $ D Abonnement de soutien 1 an : 35,00 $ D Étudiants ou sans-emploi 1 an : 15,00 S D Numéro seulement 3,95 $ + 1,45 S poste NOM ADRESSE CODE POSTAL PAIEMENT INCLUS : FAIRE PARVENIR VOTRE CHÈQUE OU MANDAT-POSTE A Revue Vie Ouvrière inc, 1215 nie Visitation Montréal (Québec) H2L 3BS • Téléphone : (514) 523 5998 », J —i • J -H M-=-}S CD o o < -3 (D OJ O > o Où sont passés les raftmans ?ou l'âge de papier UN DOSSIER REALISE PAR JULIE PERREAULT et DANIEL S.-LEGAULT La Maurice est une vieille région, qui doit changer d'identité.Les raftmans de la chanson, ces dra-veurs, n'existent plus.Et il est fini le temps des grandes papetières exportantes.mais depuis tellement peu que chacun-e a une vision bien embrouillée de l'opération.La région a ses habitudes, l'histoire SON POIDS, POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE.LES PAYSAGES DE CES AXES D'EAU SONT MAGNIFIQUES, CES VIEILLES VILLES ET VIEUX des gens qui ont vecu, depuis autant de generations, dans le brin de scie.cette population a vieilli lentement, autour des payroll de grosses compagnies.Pour plusieurs, lettrés-es, qui ont influencé l'ensemble du Québec, une autre partie de la population n'a eu que faire de lettres pour s'occuper de la NATURE OU DES TRAVAUX PHYSIQUES.Le PAPIER QU'ON PRODUISAIT, ON L'EXPORTAIT, ON NE LISAIT PAS.MÊME LA POLLUTION INDUSTRIELLE EST VIEILLE EN MAURICIE, COMME EN TÉMOIGNENT LES QUATRE PIEDS DE DÉBRIS DE PITOUNE VILLAGES ONT L ÂME ET LE CHARME DE LIEUX DEPUIS LONG- QUI, DEPUIS LA RECENTE FIN DE LA DRAVE, ATTENDENT DANS TEMPS HABITÉS.MAIS LA RÉCESSION A ÉTÉ CRUELLE POUR LE FOND DU St-MaURICE.PHOTO DANIEL S -LEGAUtT m ÙMIHM* jTï LE JEUNE PONT 10 en m a o 4 DANIEL S.-LECAULT La région 04 Mauricie-Bois-Francs est une vue de l'esprit.C'est en fait, au moins, 2 régions, complètement différentes.Il s'agit de vouloir regrouper les organismes communautaires pour constater que l'identification et l'espace vécu n'ont rien à voir avec le découpage administratif effectué.Le fleuve joue un rôle bien trop important.Le pont Laviolette, qui lie la Mauricie et les Bois-Francs, ne date que des années 60.«Le pont est arrivé trop tard", estime Jean-Claude Landry, organisateur communautaire à Ste-Geneviève-de-Batiscan.La rive sud du fleuve se sent trop souvent lésée.D'ici un an, il y aura scission officielle.Même de son côté du fleuve, la Mauricie est découpée de plein de façons: en MRC, en commissions scolaires, en comtés électoraux provinciaux et fédéraux.Seules les régions naturelles n'ont pas de nom.À travers l'histoire du Québec, Trois-Riviéres s'est développée en partie en tant que transit entre les villes de Montréal (capitale commerciale) et Québec (capitale politique).Au milieu du siècle, la construction des autoroutes 20 et 40 a réduit le besoin d'une halte à Trois-Rivières.LE POIDS DE L'HISTOIRE cH-r StCMNAI-LAC iTMH 'HtKjfT '\MAUWCI£\ LAUXENTltéS _) L'Abitibi et la Côte-Nord sont \ ' \r *«« ^ 3 -a des régions boomtown] : pas la Mauricie.L'histoire a marqué tumrimi S] A-1*»! • son architecture, son tissu social.Pour le meilleur et pour CD le pire, c'est une région qui a OJ des traditions, une âme.c comme on dit.J 'l O À leur physionomie, on recon- > naît rapidement au Québec les ^•^ J^^,'Ê sa &2+ i.tn« , PmoaWA vieilles villes industrielles.On trouve dans leur vieux centre-ville une ou deux énormes usines.Les nouvelles villes, au contraire, ont zone un parc industriel un peu plus à l'écart.Il suffit de regarder la carte de Trois-Rivières ou Shawinigan ou Cap-de-la-Madeleine pour en déceler leur âge, plus sûrement encore que les rainures d'un tronc d'arbre.La population est restée installée dans les axes de colonisation, le long du fleuve, d'une part, et le long du St-Maurice perpendiculaire, d'autre part.Dans les arêtes de ce grand T renversé de cours d'eau, les villages ont pris des siècles à pousser.Ceux et celles qui n'avaient pas besoin de la rivière ou du fleuve se sont fixés-es un peu plus à l'intérieur du pays, pour la forêt et l'agriculture.i'T Boomtown : quartier ou ville ou région ayant poussé comme un champignon, habituellement à la faveur d'une montée de valeur d'une ressouce naturelle et la venue de nouvelles grosses entreprises.CAHTE JULÏ PEBBEAULT PHOTOS DANIEL S LEGAULT Lettres et analphabétisme en Mauricie UTILISER LE PAPIER D.S.-LEGAULT ■ "V ans le stationnement munici-I pal souterrain, une dame a ré-M^J colté une amende de 40$.Elle s avait mal interprété l'avis «stationnement à reculons prohibé • : elle CToyait que cela signifiait « obligatoire ».A la suite de cette cause, le Centre d'organisation mauricien de services et d'éducation populaire (COMSEP) a d'ailleurs recommandé aux autorités municipales d'utiliser un vocabulaire moins pompeux.L'analphabétisme est important en Mauricie, beaucoup plus élevé que la moyenne du Québec.Les grosses industries implantées dans la région ont favorisé une longue tradition de salariat et de travail manuel.Même la scolarisation s'en est ressentie.«Quand les jeunes se faisaient offrir des jobs à 20$ de l'heure, ils n'avaient pas trop envie de retourner à l'école», se rappelle-t-on.Tant que l'emploi persistait, les problèmes étaient peu ressentis.Mais la vague de mises à pied que les industries de la région ont effectuées entre 1982 et 1992 a laissé des gens sans ressources, moins «employables».Paradoxalement, la Mauricie a été, dans l'histoire du Québec, une pépinière de chansonniers-ères, de poètes-es, et d'écri- Pour lire la région LE BON NOUVELLISTE D.S.-LEGAULT La Mauricie a son quotidien, publié à Trois-Rivières.Le Nouvelliste, propriété de Power Corporation (comme La Presse), donne surtout dans la nouvelle locale.Son orientation idéologique est claire.Ses éditoriaux, à côté desquels ceux de La Presse sont des trésors de réflexion, sont tonitruants.Le 18 avril dernier, sa «une» se scandalisait des 10 000$ (principalement en frais de police) qu'avait coûtés une manifestation contre la loi de l'assurance-chômage! Deux jours plus tard, c'est en éditorial que le rédacteur en chef Bernard Champoux proposait d'envoyer la facture à la Coalition organisatrice! Dès qu'ils en ont l'occasion, les éditorialistes mitraillent.les Cols bleus de Montréal (affiliés à la FTQ), et demandaient l'an dernier leur rappel à l'ordre pu leur chef.Gérald Larose (sic] ! Trois-Rivières a évidemment sa statue de Ouplessis.«C'est la première fois qu'y s'tient deboutt!» me dit l'homme qui me la montre.vains-es.De Pauline Julien à Jacques Ferron, de Louis Fré-chette à Gatien Lapointe, de Félix Leclerc à Gérald Godin, de Nérée Beauchemin à Clément Marchand en passant par Ringuet, c'est comme si ceux et celles qui savaient écrire l'avaient fait un peu pour les autres.Jean-Claude Landry a une explication moins surprenante.«Trois-Rivières est une vieille ville où se sont côtoyées une bourgeoisie et d'autres classes sociales.Des institutions scolaires, littéraires et religieuses ont été développées.■• Cette dualité se reflète dans les deux réputations des Trifluviens-nes: un bassin de syndicalistes, et une élite politico-culturo-commerçante.JJ7, Les employés de la Kruger de Trois-Rivières sentent l'orage.Sur leur temps personnel, ils ont accepté de suivre une formation, à raison d'une soirée par semaine pendant 10 semaines.Les travaux scolaires prennent une seconde soirée.Les coûts de cette campagne d'« amélioration du français et des mathématiques » sont défrayés par l'employeur.Le responsable de la formation chez Kruger, François Gélinas, explique qu'une précédente tentative, en 1994, avait échoué.Deux différences: l'employeur ne voulait pas y associer le syndicat et, surtout, l'idée présentée 1 parlait d'«alphabétisation».Le terme est-il mal perçu?LES FORGES DE L'INFORMATION Outre le quotidien Nouvelliste, la région compte trois hebdos.Deux hebdos commerciaux se concurrencent sur un même marché, et le troisième, la Gazette populaire, se démarque d'autant.Après 12 ans d'existence, la Greffe populaire est un journal communautaire qui, comme la région, a une tradition, et une histoire.Une légion de Trifluviens-nes ont utilisé ses pages pour animer la région.L'équipe actuellement en place privilégie une approche d'éducation populaire.Elle travaille à ce que le journal gagne en accessibilité, en nombre de pages et de numéros, et en lectorat.«Le journal ne se définira pas par sa marginalité», annonce Jean-Claude Landry, du Conseil d'administration.Les informations sont peu locales, mais ■ visent à éclairer le public sur des préoccupations de niveau national et international », toujours selon Landry.La Greffe Populaire a produit l'an dernier un excellent dossier sur le virage ambulatoire québécois.*?À ^ff Apprendre à écrire à Trois-Rivières AU QUOTIDIEN Des élèves en alphabétisation, à COMSEP de Trois-Rivières, nous écrivent leurs activités régulières.franchement, directement, avec un mélange de poésie et d'urgence, avec la beauté des mots essentiels.^ 1 »A^J/,_./** //jJLjs v/ÂJi —-■ ■■.!.— Je, C'iULa/LvaoU pOuA Cilh a.■y^Lt.' JEAN ROBITAILLE 11 y a un an, dans le Québec pré-référendaire, le projet de société était à l'honneur.-Le contexte était bon», nous dira Vivian Labrie pour expliquer son engagement au sein du comité chargé par le gouvernement de proposer une réforme de l'aide sociale.Après le dépôt, en mars dernier, de deux rapports du comité, voici le bilan d'une militante sortie de l'antre du loup.Chacun sa part, co-signé par Camil Bouchard, Alain Noël et Vivian Labrie1, prônait une approche globale et plus généreuse de la sécurité du revenu.L'autre, produit par Pierre Fortin et Francine Séguin2, suggérait un régime plus punitif à l'égard des prestataires "aptes» qui ne participeraient pas aux programmes d'employabilité.Il n'est pas habituel que des gens du mouvement communautaire soient mandatés pour repenser nos programmes sociaux.Vivian Labrie milite depuis de nombreuses années à Québec dans les groupes d'éducation populaire.Bardée de diplômes (dont des études post-doctorales en psycho-sociologie), elle n'était pas en reste face à ses collègues universitaires du Comité.Elle était toutefois la seule à être aussi bien branchée sur le terrain.Ses talents d'animatrice populaire et de bédéiste ont ponctué sa contribution au comité.OSER COUPER En juin 95, le Gouvernement demandait à ce comité d'imaginer rien de moins que la prochaine génération de programmes sociaux.«On a tenu mordicus à s'orienter dans cette direction», précise Vivian."Sauf que plus on avançait dans l'automne, plus on sentait qu'il fallait maintenant fournir la solution pour le prochain budget.Tout le monde parlait de couper, on s'y est refusé», affirme-t-elle.Elle lance un message: « Lucien Bouchard va devoir comprendre que tu ne peux pas faire la solidarité sur un trou dans les finances publiques, il faut que tu la fasses sur un projet.■ Chose étonnante, au moment de notre entrevue (mai 96) Vivian Labrie et ses collègues n'avaient pas encore rencontré Louise Harel, la ministre responsable, depuis le dépôt de leur rapport.••Voilà déjà plus de deux mois qu'on le lui a transmis, soulignait Vivian, et pourtant on n'a pas encore pu la rencontrer pour lui exposer notre vision!» Comme c'est l'habitude dans ce genre de mandat, ils s'attendaient à être invités pour présenter leur travail.Est-ce un premier tablettage?Les fonctionnaires pourront-ils continuer et faire à leur guise la réforme en question?EXPÉRIENCE D'ÉQUIPE TRÈS RICHE Vivian confie avoir vécu une des plus belles expériences de travail d'équipe de sa vie avec Camil et Alain.«On a eu une belle expérience de partage de savoir.Chacun a amené sa part.Alain Noël est un gars qui connaît sur le bout de ses doigts la littérature sur le sujet.Camil Bouchard a toute l'expérience du support aux personnes, des problèmes des jeunes et de la pauvreté.Moi, j'avais plus le côté communautaire, la préoccupation du projet de société.■ Bien qu'elle ait été confrontée à des divergences idéologiques profondes avec l'économiste Fortin, Vivian reconnaît avoir beaucoup appris de lui.«Mais j'ai également réalisé que je pouvais discuter avec un économiste.Et qu'il ne faut pas se laisser intimider.Une fois que les chiffres sont sur la table, on n'est plus que des citoyens ayant des choix à faire Et mon choix vaut le sien.» Les trois co-signataires du rapport Chacun sa part pré- tendent avoir tout tenté jusqu'à la fin pour qu'il n'y ait qu'un seul rapport."Quitte à ce qu'à certains endroits on retrouve "version A", "version B", précise Vivian.Mais 30 heures avant la conférence de presse on s'est rendu compte qu'on n'avait pas leurs textes.Non vraiment, je ne crois pas « Lucien Bouchard va devoir comprendre que tu ne peux pas faire la solidarité sur un trou dans les finances publiques, il faut que tu la fasses sur un projet.» PWJTD YVESPHOveOCR Comment faire du changement?* L'opposition à des situations injustes implique la construction d'une alternative, sans quoi nous faisons le jeu même de l'injustice.Neuf mois plus tard, et après la naissance de deux jumeaux non identiques, je crois qu'il est nécessaire plus que jamais de continuer à s'opposer à ce qui est injuste et qui ne fait pas de sens et de continuer à exprimer des refus.Mais l'opposition ne doit pas nous servir de couverture pour ne pas agir.Si nous voulons vraiment travailler au changement social, nous ne pouvons pas préférer un statu quo qui se complairait dans une vision des méchants tout-puissants et des bons impuissants où tu regardes la partie se jouer en passant tes commentaires.Il est bien plus dérangeant de sauter de l'estrade sur la patinoire et de jouer la partie.Pour faire du changement social, il faut trouver un moyen de libérer des forces créatrices et donc de prendre des risques, et notamment le risque de construire.Pendant tout le temps de notre participation au comité, bien des gens nous ont dit: «On n'aimerait pas être dans vos souliers ! » Mais comment les changements se feront-ils si personne ne met de souliers de marche, de bottes de chantier, voire même de souliers neufs pour lire un budget à la nation ?Une des plus grandes difficultés que nous ayions rencontrées pendant nos consultations a été de susciter des pistes de solutions.Tout le monde s'entendait pour dire que la loi 37 était épouvantable, mais quand venait le temps de demander ce qu'on proposerait à la place, il se faisait souvent un grand silence.Cela m'a fait gagner du respect pour les fonctionnaires qui sont obligés, eux et elles, d'imaginer la suite, de préparer des propositions applicables et réalisables.J'ai pris conscience cette année que l'opposition à des situations injustes implique la construction d'une alternative, sans quoi nous faisons le jeu même de l'injustice.J'ai compris aussi que quand il y a une alternative rigoureuse, réaliste, applicable, ça fait sortir les prétextes, les fausses raisons, les préjugés, ça les met en évidence.C'est donc plus dangereux aussi.Quand on construit une alternative en pouvant exprimer les principes qui fondent notre action et en acceptant de les soumettre à la discussion, on commence à se prémunir contre la récupération.VIVIAN LABRIE Extrait d'une allocution prononcée le 12 avril 1996 par Vivian Labrie au Centre St-Pierre sous le thème «Est-il possible de passer de l'opposition à la construction sans se faire récupérer?» que Pierre Fortin et Francine Séguin étaient aussi intéressés à n'avoir qu'un seul rapport, qu'ils y ont mis autant d'efforts que nous.Disons que nous, on a eu à coeur de produire quelque chose qui fasse du bien au monde le plus appauvri dans notre société.Mais je ne pense pas, pour être bien honnête, que chez Pierre et Francine il y avait autant cette motivation-là.Leur motivation visait plus à répondre à une commande du Gouvernement.La ligne de partage des eaux est maintenant passée entre nous, pour le meilleur et le pire.•> FINANCIÈREMENT RÉALISTE «Camil, Alain et moi, on a cherché une approche qui soit financièrement réaliste mais qui tiendrait compte aussi de la réduction des inégalités.Je dis souvent: "Tout le monde veut que tout le monde travaille, mais personne veut payer pour." Comment résoudre ça?La solution passe inévitablement par les portefeuilles, et donc par notre vision de comment on met l'argent en commun.• «Cette année, conclut Vivian, j'ai le sentiment de n'avoir cédé en rien dans mes convictions.Je me suis plutôt radicalisée.Plus que jamais, je pense que dans une société où le revenu moyen par ménage est de 45 000$, on ne peut pas pointer du doigt les familles qui en ont 10 000$ en leur disant qu'ils en prennent trop ou qu'ils ont des problèmes à budgeter.Les personnes ne reçoivent pas leur part.Notre société ne répartit Le pouvoir des uns-es et des autres RÉFLEXIONS D'ANTICHAMBRE Vivian La brie On m'a demandé souvent quel pouvoir on a devant cette machine complexe qu'est un gouvernement?Je pense que notre meilleur pouvoir, c'est notre pouvoir d'initiative», soutient Vivian.«J'ai toujours cru qu'il faut pouvoir se salir les mains.Pas dans le sens de faire des choses pas correctes mais dans le sens d'essayer, de se tromper puis de continuer.Nous avons aussi le pouvoir de dire, de raconter (j'ai compris ça avec l'histoire des carottes!1), et il est vrai que c'est un bénéfice réel de pouvoir être présent dans des lieux où les choses se disent.Je me suis demandé plusieurs fois cette année: "Mais savent-ils à qui ils parlent?" J'ai entendu des choses qu'on n'aurait jamais dites i du monde du communautaire.» Elle a ainsi été stupéfaite de constater certaines décisions prises aléatoirement dans la préparation du budget.LES POUVOIRS DES PUISSANTS « Les puissants et les influents ont d'autres pouvoirs.Le pouvoir du silence, le pouvoir de ne pas faire, d'insinuer, d'arriver en retard à des réunions, de ne pas produire les textes promis, de ne pas apporter les chiffres, de ne pas avoir le temps, le pouvoir d'ignorer, de ne pas lire, de ne pas rappeler, de contourner.•• Nancy Meamtan et Vivian Labrie.pas bien la part du travail.Elle ne répartit pas bien non plus la part du revenu.L'injustice c'est pas la pauvreté, c'est qu'elle existe dans une société d'abondance ! » JJT, 1 Vivian Labrie travaille au Carrefour de pastorale en monde ouvrier.Alain Noël est professeur de Sciences politiques à l'UdeM.Camil Bouchard est directeur du Laboratoire de recherches en écologie humaine et sociale à l'UQAM.2.Pierre Fortin est professeur d'économie à l'UQAM.Francine Séguin est professeure aux HÉC.CRÉER LA COMMUNICATION « Il y a une partie des problèmes à l'aide sociale qui est économique, qui est due à une société d'inégalités et tout ce qui va avec: pas de travail pour tout le monde, les revenus mal partagés.Mais il y a une autre partie qui est dans les relations humaines, dans le fait que ce sont des cultures qui se côtoient sans se parler.J'aimerais bien voir un article dans une loi d'aide sociale qui dirait: "les personnes à l'aide sociale et leur agent iront prendre une bière une fois par mois ensemble!" Il y a dans l'échange de la parole quelque chose de fondamental, c'est comme ça que les humains se réunissent et font du sens dans leur vie.■> LES PERSONNES NE COMPTENT PAS «Je lance une grosse affirmation: "Au ministère de la Sécurité du revenu, les personnes sont comptées mais elles ne comptent pas." On est capable de voir les effets jusqu'à un poil près de certaines décisions: comment tu peux économiser 1 million $ ici ou là.Par ailleurs, l'effet que ça aurait de faire confiance aux gens, il n'y a pas de calculs là-dessus! •• ASSOCIER LES GENS AU PROCESSUS «Ça m'a déconcertée énormément de réaliser que parmi toutes les études que le Ministère nous a remises à la fin de l'été, pas une seule ne demandait aux personnes à l'aide sociale comment elles feraient ça une réforme.Cout'donc, c'est pourtant elles qui vivent ça! J'ai compris cette année que la solution n'est pas juste au terme mais dans la manière dont on traite les dossiers.Et dans le cas de l'aide sociale, on a exclu les personnes de la solution.De sorte qu'on ne peut pas faire autrement que d'avoir une solution boiteuse.» J/T, I.Voir VOn°2S8, p.9. s lu 1R » V U In te h * A travers le monde, l'État a toujours été curieux des faits et gestes de ses administrés-es.Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le développement fulgurant des télécommunications a permis de surveiller et de ficher les ci-toyens-nes.Mais l'État n'est pas le seul fautif.Des banques en passant par les employeurs et les entreprises de marketing, on s'intéresse à la vie privée des individus.Un commerce fort lucratif que notre société de consommation interactive encourage.MERVEILLEUX APPAREIL Dans les pays occidentaux, la plupart des foyers sont équipés d'un téléphone.Au Québec, la compagnie phare Bell propose tous les jours de nouveaux services.Une petite fenêtre sur les téléphones peut maintenant afficher le numéro du-delacorrespondant-e.Un numéro étoile est le sésame pour obtenir les coordonnées de quelqu'un-e qui a oublié de laisser un message.Gaston, le téléphon est abscons! LUDOVIC HIRTZMANN UXISTRflTCN OBCBOLK PHOTO JCJO.Y Téléphone Le Québec reste néanmoins un apprenti face aux États-unis.Toujours à la fine pointe du progrés, ils proposent encore mieux.Une société du Missouri offre aux entreprises un système qui laisse pantois.A partir de croisements de banques informatisées, un afficheur placé sur les téléphones permet de lire à volonté les habitudes de consommation, les revenus, le voisinage et bien d'autres éléments encore sur la personne appelée.Depuis cette année, le même État autorise les employeurs-es à écouter les conversations téléphoniques de leurs employés-es.En octobre dernier, une États-unienne, dont l'ex-petit ami travaillait chez Southwestern Bell au Texas, a obtenu 245 000$ de dommages et intérêts de la part de la compagnie.La compagnie a expliqué que certains employés-es doivent écouter les conversations des abonnés-es afin de vérifier la qualité du service.Son ancien amant se servait donc de ce système pour connaître la nouvelle vie de son ex-maitresse.Sur le vieux continent, les systèmes de télécommunications civiles sont aussi très performants.Pour savoir qui téléphone où, la société téléphonique d'État enregistre systématiquement les coordonnées de toutes les communications passées depuis l'hexagone pendant une période de 12 mois.Si l'on compte une moyenne de 120 millions d'appels par jour, il est incroyable d'imaginer qu'une compagnie puisse stocker et gérer tant d'informations.Certaines cartes à puce utilisées dans les cabines téléphoniques françaises depuis bientôt 20 ans sont même personnalisées, ce qui permet des informations précieuses.BRIGADES SUR MINITEL Pourtant, les entreprises ne se privent pas de demander des informations sur les appels effectués par leurs employés-es.Des informations confidentielles que France Télécom leur fournit avec empressement.Nombreux sont les représentants-es qui, en utilisant leurs cartes à puce téléphoniques, ont voulu faire croire à leur employeuse qu'ils étaient chez tel-le client-e alors qu'ils étaient dans les bras de leur maîtresse ou amant.Mal leur en a pris, la puce traque même les chauds lapins.Le minitel, sorte de mini-Internet mis en place en France depuis déjà 15 ans, est le lieu de prédilection de la surveillance policière.Des brigades spécialisées surveillent les sites visités et classent ainsi les moeurs des minitélistes.PHOTO MJOCL ALBEP- 1 es petits malins qui vous diront d'un air entendu que leur téléphone portatif évite de tels inconvénients n'ont rien compris.Les téléphones cellulaires n'échappent pas à la règle.En avril 1996, le chef indépendantiste tchétchène Doudaiev a été repère par un satellite Russe parce qu'il utilisait un cellulaire.L'ne erreur qui lui a coûté la vie.' 7, CD CO •D Q < CD OUB DU QUÉBEC Entrevue avec Edouard Anglade, policier Deux quartiers: UNE MÊME POLICE JATHALIE PAQUIN Le contraste le plus important au Québec! A Montréal, entrevue avec un policier noir qui faisait la navette entre Westmount (surtout anglophone) et Saint-Henri (surtout francophone)! Criminalité côté riche, côté pauvre.^ Montréal, la criminalité n'a pas IL de domicile fixe; elle étend ses Lm tentacules d'un bout à l'autre de *■ A l'île et, selon les quartiers, peut revêtir différents visages.Le poste 23, coincé entre les maisons cossues de Westmount et le ghetto de Saint-Henri, a, lui aussi, du pain sur la planche.Edouard Anglade, sergent-détective aux enquêtes criminelles du district Westmount et auteur du livre Nom de Code: Mao, peut en témoigner.Le district 23 est déclaré secteur crimina-lisé, même si le taux y est plus bas que pour le reste de la ville.«Bien sûr, les obstacles à Westmount ne sont pas les mêmes qu'au centre-ville, concède Anglade, 52 ans, anciennement agent doubleau Bureaudes stupéfiants.Déplus, les milieux de la drogue y sont moins installés qu'à Montréal-Nord ou Verdun.Par contre, quelques intouchables habitent Westmount.Surtout des Québécoises.«Dans Saint-Henri par contre, le monopole de la drogue est tenu par lesjamaï-cains-nes.Ce fléau amène son lot de bagarres dans lesquelles sont parfois impliqués des jeunes de 14, 15 ans».Mais dans ce district hétéroclite, les problèmes les plus courants demeurent la fraude, les introductions avec effraction, ainsi que la violence conjugale.LA VIOLENCE-SUR UNE PLAGE DU SUD Les appels relatifs à la violence conjugale proviennent encore de Saint-Henri.Le sujet y est moins tabou que chez les riches.Le sergent évoque cette femme battue par son mari et qui avait porté plainte.Le couple avait reçu ordre de ne pas se revoir avant de comparaître devant le tribunal.Mais le jour du procès, les tourtereaux ont annoncé qu'ils s'étaient réconciliés et projetaient de partir en vacances.Peu de temps après, M.Anglade reçoit d'Arruba un appel de détresse: l'homme venait de récidiver.«La femme m'a annoncé qu'elle prenait le premier avion pour revenir.À son retour, elle PHOTOS YVES PfiOVENO-en Le vol par effraction constitue toutefois le délit le plus courant sur ce territoire.Sur ce point, le sergent aimerait que le système judiciaire soit plus sévère.«Le vol sans violence, c'est emmerdant, dans un sens, car le juge est souvent très clément.On demande simplement au contrevenant de ne plus se retrouver à l'endroit de son délit.Avec un si faible jugement, il recommence.» Il se produit peu de vols dans Westmount, les gens étant équipés d'un arsenal de caméras et de systèmes d'alarme.C'est, encore une fois, dans Saint-Henri que sévit le crime; ils se volent entre eux.«La criminalité découle toujours de problèmes économiques.À Westmount, il se PHOTO NATHALÉ PAÛU1N trouve beaucoup d'héritiers, de gens qui ne connaissent pas de véritables problèmes d'argent", constate M.Anglade.Pour l'ensemble de Montréal, la criminalité est plutôt à la baisse.Mais, s'il se produit moins de crimes à Saint-Henri par exemple, ceux-ci sont de plus en plus violents car les gens sont bien armés."La pègre italienne loue et vend des armes à qui en veut.Les criminels s'entretuent souvent .LES VOLS DE COUTEAUX Noir, issu d'une famille aristocrate de Port-au-Prince, Edouard Anglade n'aime pas parler du racisme.11 a connu plusieurs démêlés avec son supérieur immédiat, un certain lieutenant Cazelais, qui souhaitait la mutation du policier haïtien à tout prix.Les couteaux ont volé bas pendant longtemps.Que pense-t-il de la télé-série fasminequ'on accuse d'endosser la marque du «politically correct»?-C'est bien vrai ça.Au début, après avoir lu mon livre, le réalisateur est entré en contact avec moi, pour en savoir plus sur la vie du premier policier noir du territoire de Montréal.Mais il a fabulé, changé et considérablement amplifié les faits, croyant ainsi mieux faire prendre conscience des problématiques de la société interculturelle québécoise.Mon intérêt pour l'émission n'aura duré qu'une demi-heure.» J/T, «QUEBECOIS» ET «IROQUOIS» Passeport ou symbole?CHANTAL DESJARDINS Me Lawrence Morgan n'a pas froid aux yeux.Il a voyagé dans le monde entier en présentant aux douaniers-ères son passeport.commémoratif des festivités de Québec 84.Une réplique du passeport officiel, dont les pages blanches prévues pour les estampes côtoient les publicités de Labatt Bleue, le sigle de la Banque Royale et un plan du port de Québec! Aux douaniers-ères sceptiques, il répond que la publicité réduit le coût du passeport et que, très pratique, le plan du port de Québec évite de se perdre! L'homme a beaucoup d'humour et d'imagination.L'idée de voyager avec son vieux passeport de Québec 84 lui est venue après le référendum de 1992, alors que Brian Mulroney «nous menaçait déjà de nous retirer le passeport canadien-.Insulté, Morgan a voulu faire la preuve que le document d'identité canadien n'était pas aussi indispensable que le prétendaient les fédéralistes.Le parcours de ce professionnel aux idées originales est inusité.Prendre position pour l'indépendance du Québec est une hérésie lorsqu'on vient d'une famille à 90% anglophone et qu'on a comme cousin germain William Johnson, chroniqueur à The Gazette et chef de file de la partition du Québec.Lorsqu'à l'automne dernier, Jean Charest a théâtralement tenu son passeport sur le coeur pour vendre le NON au référendum, Me Lawrence Morgan en a vraiment eu ras-le-bol des .campagnes de peur»; il a médiatisé ses exploits.Et il est allé montrer son pseudo-passeport estampé à des gens âgés, inquiets de ne plus pouvoir passer l'hiver en Floride si on leur enlevait le passeport canadien.«Le passeport, c'est une joke.Qu'ils essayent pas de vous faire peur avec ça.Ça marche avec n'importe quoi», a-t-il lancé devant l'auditoire étonné.DE ORLY A MIRABEL En 1993, il parcourt l'Europe, de l'ouest à l'est.Il se rend d'abord en France puis, dans le but de rencontrer un ami, il part en voiture, vers l'ex-Yougoslavie en guerre.Il traverse l'Italie, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie, la Serbie.«Pour le Québec, c'est combien?», a demandé Morgan.Consultant son livre des visas et n'y trouvant pas «Québec», le douanier conclut: «Québec nicht visa.O.K.Rien à payer.» Pourquoi se compliquer la vie quand on peut se la simplifier! Son voyage d'agrément s'est poursuivi en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et enfin en France Partout où il est passé, on lui a estampé son passeport de Québec 84; les tampons en font foi.PHOTO V\^S PfiOVENOCP. C'est à Mirabel que le douanier a refusé de lui estamper son passeport déjà tout décoré d'estampilles multicolores.Il est quand même rentré chez lui sur la seule foi de son accent québécois, puisque le passeport de Québec 84 était la seule pièce d'identité qu'il avait à présenter, soutient-il.LA CITOYENNETÉ QUÉBÉCOISE Me Morgan persiste dans son désir d'affirmation nationale.Partout où il passe, il défend l'idée d'un premier passeport de l'État du Québec pouvant être offert gratuitement à toute personne née et établie au Québec, ainsi qu'à celles y résidant en permanence depuis au moins trois ans.L'idée parait farfelue puisque le Québec n'est pas encore un pays.Mais le juriste anticonformiste, autrefois conseiller légiste de Gil Rémillard et directeur de la recherche au ministère de la Justice, se fout des convenances et des sentiers battus: «Il n'y a rien dans la constitution qui nous empêche de créer une citoyenneté québécoise en plus d'une canadienne-, affirme Me Morgan, maintenant avocat à l'Office de la protection du consommateur.En défendant la création d'une citoyenneté québécoise, Me Morgan n'a qu'une idée en tète: «qu'on arrête de dormir!» • Moi, j'ai pas eu peur de partir avec mon passeport, de l'utiliser, de le faire estamper.Mon but c'est d'empêcher les Québécois de continuer d'avoir peur." L'EXEMPLE DES AUTOCHTONES Plusieurs autochtones ont osé créer leur propre passeport à rencontre des ententes internationales.Les douaniers-ères ont déjà vu passer sous leur nez le passeport Huron émis par le North American Government du Québec.Plus connu, le passeport de l'Audenosaunee, ou de la Confédération iroquoise, est émis dans sa forme actuelle par la nation onondaga de l'Etat de New York depuis les années 80.Il y aurait, selon M.Kenneth Deer, un Mohawk résidant à Kahnawake, 200 à 300 passeports de ce type en circulation.Une trentaine de pays l'accepteraient.«Les Hopis et les Soshones du Nevada ont aussi leur propre document de voyage.Je crois que les nations aborigènes de l'Australie l'ont aussi.» M.Kenneth Deer, rédacteur en chef du journal Eastem Door, affirme voyager depuis neuf ans en Europe, en Australie et aux États-Unis avec, comme seul document d'identité, son passeport de l'Audenosaunee l'identifiant comme citoyen Mohawk.«Nous le faisons pour des raisons politiques, par principe, par rapport à notre souveraineté.Le passeport reste un symbole important pour notre nation», explique M.Deer.M.Kenneth Deer pense qu'il ne serait pas «sage» pour le Québec de créer son passeport, pour «la simple raison qu'une majorité de Mohawks croient constituer un peuple souverain, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle pour le Québec»! Lorsque les Québécois-es tergiversent sur la question d'un document d'identité québécois, Me Morgan, lui, s'interroge: «Je garde toujours dans l'esprit ce que me disaient mes cousins anglophones et toute ma famille: "ces gens-là auxquels tu t'associes n'auront jamais le courage d'aller jusqu'au bout, de se donner le pays".» ^T, QUÉBEC EN Pourquoi le québec?COULEURS PIERRE VIAU M ohand Tessa est un Algérien d'origine berbère.Il était haut fonctionnaire chargé de la coopération internationale en ma- PHOTO SOPHt BACHELIER tière de formation professionnelle et d'emploi.Dans la cinquantaine, il est arrivé au Québec avec sa femme Malika et ses trois enfants, comme réfugié, depuis moins de deux ans.Pourquoi le Québec?Dans leur quasi majorité, les membres de la communauté algérienne avaient dans leur pays une activité pérenne, un statut social affirmé, en un mot, une situation qui les mettait à l'abri des difficultés de la vie et pire encore des aléas d'une migration.À cet égard, il faut bien dire qu'il reste peu de contrées désireuses d'accueillir des im-migrants-es.Aux vicissitudes de l'histoire s'ajoutent celles de l'Économie contemporaine: les pays développés qui s'inquiètent de l'énorme pression migratoired'un Sud pauvre et prolifique réagissent en ■cadenassant» leur espace géographique.Pour la seule Europe communautaire, où vivent déjà 12 millions de ressortissants-es extra-européens, toute une armature juridique a été mise en place pour empêcher l'entrée et l'installation dans ces pays de ressortissants-es du continent africain et dans une moindre mesure d'Europe centrale.CHOISIR UNE DESTINATION C'est dire combien le choix des destinations est singulièrement limité pour le-la candidat-e algérien-ne à un exil, que la menace mortelle d'un intégrisme religieux dangereux, fanatique et ignare, rend urgent et très souvent incontournable.Il existe cependant trois pays qui constituent encore des lieux de refuge ou plus réellement des havres précaires et incertains.Il s'agit de la Tunisie, du Maroc et de la France, que la proximité géographique autant que les affinités culturelles et les données de l'histoire font apparaître comme des lieux possibles d'exil temporaire.D'abord avec les deux premiers pays cités limitrophes de l'Algérie, il existe des conventions d'établissement conclues en 1963 qui autorisent l'installation et l'exercice de droits économiques à tout-e ressortissante de chacun de ces pays et ce dans un cadre de réciprocité.Ces deux pays présentent en outre l'incontestable avantage d'une similitude de modes de vie et de comportements, mais où se rencontrent en revanche les problèmes aigus et insupportables de logement, d'installation matérielle, de protection sociale même rudimentaire, de scolarisation des enfants et enfin et par-dessus tout d'insertion dans le marché du travail.LA FRANCE ALGÉRIENNE Ensuite la France, itinéraire et destination d'une migration traditionnelle dont l'origine remonte déjà au début de ce siècle, soit en 1920, et qui s'est transformée à partir des années 70 en communauté algérienne forte de 2 millions de personnes établies définitivement sur le sol français, à la faveur d'une législation interne et des dispositions des Accords algero-français du 27 décembre 1968, qui ont permis le processus dit de «regroupement familial».Cependant, en raison de la crise économique structurale en France, qui constitue elle-même un des motifs principaux de la montée d'un sentiment de xéno- phobie, la France a mis en oeuvre une politique musclée de contrôle de l'immigration et de lutte contre l'immigration clandestine.Liée par les engagements de l'accord de Shengen conclu en 1989 entre certains États de la Communauté européenne, la France apparaît, en dépit d'un effort méritoire d'accueil d'exilés-es démocrates algériens, comme un espace dorénavant clos sur le double plan juridique et socio-économique.Le constat d'un Maghreb aux possibilités limitées, d'une France quasiment hermétique et d États arabes apparemment « non concernés», conduit les démocrates algé-riens-nes, dans leur grande majorité francophones et dotés d'un savoir-faire, à s'orienter vers le Québec, au Canada.LA MÊME LANGUE À l'évidence, le Québec représente dans l'imaginaire collectif des Algériens-nes, mais également des Africains-es en général, le rêve superposé et sans cesse caressé, d'abord, de l'Amérique lointaine et attractive, par ce qu'elle suscite comme promesse de liberté et de réussite, et surtout de l'Amérique parlant français où le-la locuteur-rice algérien-ne a la certitude de comprendre et de se faire comprendre, d'autant plus aisément qu'il maîtrise cette langue, belle et compliquée, dont son pays constitue en nombre et en fait la deuxième contrée francophone du monde.Jamais, peut-être, la formule «je me souviens» n'a revêtu une si grande signification, que lorsqu'une famille algérienne, encore sous l'émotion et avec des restes de peur, qui surgissent de cauchemars nocturnes, ne se retrouve installée dans ses commodités matérielles et psychologiques et appelée vite à affronter les banales et habituelles préoccupations de la vie courante.Un tel épisode vécu par bon nombre d'Algériens-nes fait naître, loin de tout lyrisme excessif, comme de toute attitude complaisante, un sentiment de gratitude et de reconnaissance dont on ne témoignera jamais assez.C'est un juste mais infime retour des choses, c'est l'élémentaire devoir pour ceux et celles qui ont été, au sens littéral, recueillis et aidés par ce pays d'ouverture et les futures générations pourront dire avec une force tranquille: «Québec, je me souviens».^T, u T E S U LOUIS BRILLANT EROS ET THANATOS: CE QUI CORSE Les Américains-es d'aujourd'hui sont des Victoriens-nes à l'envers.Les Victoriens-nes étaient fameux pour leur pudeur face au sexe, mais dégourdis dans la préparation de leur vieillesse et de leur mort éventuelle.Tout l'inverse, nous pouvons dire presque n'importe quoi sur nos expériences sexuelles, mais nous traitons les questions de vieillesse et de mort avec autant de dégoût que les Victoriens-nes pouvaient parler de sexe.TheAtUmtic Monthly, mai 1996.OESSN DAMCL P&Z HUMOf [BUENOS WHESI « — Je vous jure que je ne suis pas folle, docteur.— On va bien voir.Que vous évoquent ces taches?» LA PENSEE SEROPOSITIVE Avec 10 millions de prostituées, l'Inde se débat avec une pandémie du SIDA, et Bombay est son épicentre.Plus de la moitié des prostituées de Bombay sont séropositives.Les "Red Light Districts» sont les principaux vecteurs de la transmission du virus à la population.La nouvelle génération est menacée : des Indiens croient que coucher avec une vierge les guérira de la gonorhée ou de la syphillis! Il y a beaucoup d'hommes riches en Inde qui peuvent se permettre d'acheter des vierges pour éviter le SIDA.The Nation, I j\nl 1996.VACHES FOLLES.VACHES SACREES.Le World Council of Hindus a propose d'accueillir les 12 millions de vaches anglaises menacées d'abattage.L'Inde est le pays qui compte le plus de vaches au monde (280 millions) Le programme du parti hindouiste prévoit ouvrir des asiles pour les vaches malades et âgées, où elles pourraient se préparer à leur rôle de passeur du Styx hindouiste En contrepartie, la Grande-Bretagne pourrait récupérer les millions de chiens errants dont les hurlements empêchent la population indienne de dormir! Le Courrier international, no 286/DieTageszeitung- Berlin PÉTAOCTETS La quantité d'informations actuellement entreposée sur la planète est de Tordre approximatif du «200 petaoctets», un petaoctet équivalant à un quadrillard d'octets.En comparaison, la quantité d'informations qui aura été accumulée dans les inforoutes dans les deux dernières décennies du XXe siècle seulement est estimée deux fois et demie plus grande.The Attantu Monthly, mai 19%.CD tu a a o < OJ O > GUERRE ET SEXE Dans Horizons philosophiques du printemps 1996, Annie Leclerc écrit: «La guerre me semble inséparable de l'exclusion desfemmes de la philosophie.On ne peut faire la guerre sans exiger le silence des femmes.Et tant que la philosophie ne manifeste pas explicitement qu'elle travaille à défaire la guerre, tant qu'elle croit pouvoir, pis, devoir se passer de la pensée des femmes, elle reste infidèle à sa promesse.» Mme Thatcher aurait-elle pu penser plus au féminin avant les Malouines?CIJCKING: TERME-FETICHE MU VEAt Après des succès comme «cocoonlng» et «re-enginee-ring», les gourous de la gestion états-unienne nous amènent le «clicking» (l'art d'utiliser la souris de votre ordinateur).Pour Faith Popcorn, c'est une façon d'être, d'aborder la vie, en réseau.TCHERNOBYL: LA FACTURE «Le plus important cataclysme socio-économique de l'histoire soviétique»: dès 1990, l'économiste Yuri Koryakin estimait que l'accident coûterait à l'Union soviétique 358 milliards $ EU.TkeNation.29imi 1996 ■ l'ROl VKZ l.A CHARTE! D.ii s les nceoci.iiioi is précédant l'accord d'Oslo, les Israéliens- IWS el l'OLP « khi iKiii ,i Pari* el les Israéliens-nos posèrent le pro ili-nic île l.i Chai le.demandant aux Palestiniens-nés d'en m* irtei un exempt; ire afin de leur indiquer les étatises à nu ii liller.Les Pulesi niens-nes se trouvèrent hien embarrassé*.ne » achant nù s'en p ■oegrer une copie.Xprès ik's recherches fiîbt ilen ilev le ehel de 1.muter l'aide île i délégation .lui finalement se résoudre a ,i délégation israélienne qui obtint instanta- non enl île Jérusalen i une copie du l,uneu\ le\le.par fax.( nu //e/ hilfiiitiiii'iitil u -N7.\sli.in| \|-A\\\ul.1 i'ihIk'v fîîl L~ our n avei romette fi ^ m *7 a Un pa -■ .■.■ -, t ^^^ ndl$p»n$oblê I ontréal : (514) 383-8383 Sans frais : 1 800 361-50 M
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