Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
La vie en rose
La Vie en rose jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sur un ton critique et avec humour. [...]

Publiée à Montréal de 1980 à 1987, La Vie en rose est, pendant cette période, le principal magazine féministe québécois. Le premier numéro, sous-titré « magazine féministe d'actualité » et dirigé par un collectif de six femmes, paraît au printemps 1980, encarté dans la revue contestataire Le Temps fou. Autonome dès le cinquième numéro, La Vie en rose est publiée trois fois l'an jusqu'en 1984, puis huit fois l'an jusqu'en 1986, où elle devient une publication mensuelle.

S'éloignant du militantisme « pur et dur » des revues des années 1970, La Vie en rose propose, pour contrer le discours ambiant post-féministe et justifier sa pertinence et son combat, de repenser, de renouveler et de redéployer le féminisme. Pour ce faire, La Vie en rose donne au féminisme une image enjouée, évite le dogmatisme et favorise une variété de perspectives. Cette volonté de rassemblement des féministes permet une ouverture intergénérationnelle et encourage la réflexion.

Le magazine jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sans s'aligner explicitement sur un parti ou une idéologie politique. Les thèmes abordés ne sont par ailleurs pas étrangers aux enjeux féministes : les articles traitent presque exclusivement de sujets intimement liés à la condition des femmes dans la société contemporaine. Revue indépendante, La Vie en rose tient mordicus à l'autonomie, qu'elle revendique aussi sous toutes ses formes pour les femmes québécoises.

Outre les rubriques récurrentes (l'éditorial, le courrier, les comptes rendus de films, de livres et de pièces de théâtre), le magazine propose des dossiers spéciaux qui abordent des sujets comme le travail, la langue, le pouvoir, le syndicalisme ou les lois. La Vie en rose explore parfois des questions difficiles, voire litigieuses, telles la religion, la prostitution, la pornographie et les maladies transmissibles sexuellement. Des entrevues de fond, avec des personnalités d'ici et d'ailleurs (Clémence DesRochers, Lise Payette, Diane Dufresne, Simone de Beauvoir, Christiane Rochefort et plusieurs autres), sont aussi publiées régulièrement.

Une des caractéristiques importantes du magazine est l'espace qu'il accorde à l'humour. Les caricatures et les textes ironiques en sont partie intégrante, de même que les célèbres « chroniques délinquantes » d'Hélène Pedneault (réunies ultérieurement en recueil), très appréciées du lectorat. La Vie en rose fait également une grande place à la littérature et encourage ouvertement la « relève »; elle publie le nombre impressionnant de 58 récits de fiction au fil de ses 50 parutions. Certains numéros contiennent des nouvelles portant sur un thème suggéré par la revue, alors que d'autres rassemblent des textes d'un même genre (le roman policier, par exemple), que l'équipe de La Vie en rose cherche à ouvrir à une redéfinition en vertu de paramètres féministes.

D'abord tiré sur papier journal et illustré de dessins et de photos en noir et blanc, le magazine adopte, dans son numéro de juillet 1983, un graphisme semblable à celui des revues à grand tirage et est imprimé sur papier glacé. De 10 000 exemplaires en 1981, son tirage moyen atteint ensuite près de 20 000 exemplaires par numéro.

Une combinaison de plusieurs facteurs, dont des difficultés financières dues aux abonnements insuffisants et un certain essoufflement de l'équipe d'origine, forcent La Vie en rose à tirer sa révérence au printemps 1987. Cette revue demeure encore aujourd'hui parmi les plus importantes de la presse alternative québécoise.

BERGERON, Marie-Andrée, « La Vie en rose (1980-1987) - Construction rhétorique d'un leadership », Globe - Revue internationale d'études québécoises, vol. 14, no

DES RIVIÈRES, Marie-José, « La Vie en rose (1980-1987) - Un magazine féministe haut en couleur », Recherches féministes, vol. 8 no

Éditeur :
  • Montréal :Productions des années 80,1980-1987
Contenu spécifique :
mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (8)

Références

La vie en rose, 1984, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Deux de perdues, une de retrouvée e^ à /V> LIBRAIRIES Vi, CLASSIC La Journée internationale des femmes k> ohm fA etk>vtmfSittii>ffa ¦¦:lui, .lu.s i>!,ii-/UV/U H I i ////>/Wt/fa Y tUKftitts, MfV*n-U eleUn wcsm Kin._ IE PRIM A PfliiER POUR ÉIRE MERE Pour célébrer la fête des Femmes, voici 3 volumes sur lesquels nous vous offrons 20% de remise jusqu'au 31 mars 1984.Chacun(e) de nos gérant(es) est autorisé(e) à démarquer les best sellers de son choix à tous les deux jeudis de chaque mois.Venez les rencontrer et profitez de leurs spéciaux.LIBRAIRIE CLASSIC 825 BOULEVARD ST-LAURENT PLACE LONGUEUIL LONGUEUIL TEL: 677-8341 LIBRAIRIE CLASSIC 1430 OUEST STE-CATHERINE MONTREAL.QUÉBEC TEL : 866-8276 LIBRAIRIE CLASSIC 1 PLAZA ALEXIS NlÉlON WESTMOUNT, QUÉBEC TÉL.: 933-1806 LIBRAIRIE CLASSIC GALERIES D ANJOU VILLE D ANJOU.QUEBEC TEL 353-6950 LIBRAIRIE CLASSIC LE CARREFOUR LAVAL BOUL LE CARREFOUR LAVAL.QUÉBEC TEL : 681-7700 LIBRAIRIE CLASSIC CENTRE LAURIER 2700 BOUL LAURIER STE-FOY, QUÉBEC TEL 653-3683 LIBRAIRIE CLASSIC LES GALERIES DE LA CAPITALE 5401 BOUL DES GALERIES QUEBEC.QUÉBEC TÉL.: 627-3855 LIBRAIRIE CLASSIC PLACE FLEUR DE LYS 550 BOUL HAMEL QUEBEC.QUEBEC TEL 529-9609 LIBRAIRIE CLASSIC PLACE DE SAGUENAY BOUL TALBOT CHICOUTIMI, QUEBEC TEL 543-3882 LIBRAIRIE CLASSIC LES PROMENADES DOUTAOUAIS 1100 BOUL MALONEY GATINEAU.QUEBEC TEL 561-1319 LIBRAIRIE CLASSIC CENTRE PLACE VERTU 3205 BOUL CÔTE VERTU VILLE ST-LAURENT.QUEBEC TEL : 335-2971 LIBRAIRIE CLASSIC LES GALERIES DE GRANBY 40 RUE EVANGELINE GRANBY.QUEBEC TEL 378-6547 LIBRAIRIE CLASSIC CENTRE LES RIVIÈRES 4125 BOUL DES FORGES TROIS-RIVIÈRES.OUÉBEC TEL 378-8708 Que la fête continue. aire DOSSIER 25 QUI A PEUR DE DE SIMONE DE BEAUVOIR?Hélène Pedneault 26 SIMONE DE BEAUVOIR, FEMINISTE Hélène Pedneault, Marie Sabourin 37 TEMOIGNAGES Celia Berlin Denise Boucher Marie Cardinal Marie Denis Benoite Groult Violette Leduc Jean-Paul Sartre 40 BIBLIOGRAPHIE Hélène Pedneault 41 LES ENFANTS DE SIMONE DE BEAUVOIR Nancv Huston LA VIE EN ROSE.NUMERO 16.MARS 1984 EDITORIAL COURRIER COMMUNIQUÉS COMMENTAIRES/Colette Beauchamp, Denise Sirois Réponses à «Mort, le féminisme ?» : Une vision brouillée Après l'inventaire, l'invention 3 4 5 7 FEMINISME ACTUEL/Ariane Emond.Françoise Guenette.Hélène Levesque.Lise Moisan.Hélène Pedneault.Francine Pelletier.Armande Saint-Jean, Louise Vandelae.La véridique histoire du 8 mars Québec : stratégies privées et politiques Mary O'Brien : une sage-femme politique Marie Denis : «Le féminisme n'a pas fini de se penser» Recherche : du téléphone arabe au samizdat USA : des questions de vie et de mort DOSSIER/ Coordination : Hélène Pedneault Simone de Beauvoir, féministe JOURNAL INTIME ET POLITIQUE /Diane Poitras Week-end à Saskatoon CULTURE/Hélène Lazar, Joyce Rock, Gloria Orenstein Librairies de femmes : deux de perdues, une de retrouvée Cinéma : rarement vu Art féministe : AT HOME.en Californie FLASHES CULTURELS Livres, cinéma, calendrier, 8 mars 8 10 15 16 21 23 25 46 48 49 51 55 cl Sharon Harlman-Slrom, Stovtni; tht Mountain.Human H urkmg fur Siniat Change.The Feminist Press.Old Weslbury, McGra»-Hill.New York.I9K0.p.51 Florence Luscomb vers 1910 LAMEES ROSE, mars ivm 9 féminisme actuel ENQUETE AUPRES DES QUÉBÉCOISES Stratégies privées et politiques ous voulions savoir où en étaient les autres féministes.Après en avoir choisi quelques-unes, nous leur avons demandé, plus qu'un bilan personnel, leurs stratégies d'action féministe pour l'avenir - personnelles et collectives.Productrices culturelles, informatrices, syndicalistes ou fondatrices de centres de femmes, elles ont entre 22 et 44 ans, habitent Montréal, Québec, l'Estrie, la Côte Nord ou le Bas-du-fleuve.Mais elles ont toutes en commun d'être depuis longtemps féministes et militantes - et identifiées ainsi dans leurs milieux respectifs.Il n'y avait que deux (larges) questions : 1.Compte tenu de ton expérience, quelles seront, les prochaines années et dans ton milieu, tes priorités d'action féministe ?2.Il y aura des élections générales au Québec d'ici deux ans.Selon toi, est-ce que ce sera une occasion valable d'essayer d'imposer politiquement les revendications des femmes ?Si oui, selon quelles formes d'organisation ou de représentation politique : lobbying auprès des partis traditionnels, appui de candidates féministes indépendantes, création d'un parti féministe ?etc.Si non, pourquoi ?Impliquée depuis 1978 dans la lutte féministe collective, entre autres à la revue féministe Des luttes et des rires de femmes Depuis la publication de Sans (leurs ni couronnes, bilan des pratiques de Des luttes et des rires, ma participation est moins active J'observe Décrochée de l'urgence, de l'appartenance Même situation quant à mon implication politique en tant que lesbienne, implication encore intimement liée à mon engagement féministe Position périphérique Recul Par mon travail salarié, par mes études à temps partiel, je traverse d'autres milieux J'écoute, je suis curieuse Je provoque, j'apprends Après une période de bilans, collectifs et personnels, période d'intégration des acquis, réajustements, continuité La même recherche celle d'une cohérence entre les pratiques et les discours, l'éclatement de la barrière entre le privé et le public.Les élections générales?Pour celles qui prennent encore plaisir à jouer de séduction et qui conçoivent que cet atout féminin peut être recyclé Pourquoi pas 9 Je ne garantis, pourtant, mon vote à personne 11 y a des jours où je n'ai pas envie de jouer à cette échelle-là.Ça m'étourdit.Je préfère les jeux intimes de corps, de coeur et de tète aux prises de bec parlementaires, et j'ai l'impression qu'il y a plus de potentiel de changement radical dans un rapport intime réjléchi que dans une session complète a l'Assemblée nationale Suzanne Boisvert Montréal Femme de théâtre lesbienne et féministe radicale, a travaillé entre autres au Théâtre expérimental des femmes Depuis cinq ans, mon travail s'oriente principalement vers deux choses : tâcher de raffiner mon projet social et en expérimenter les différentes formes Mon engagement est à la fois théorique et pratique, individuel et collectif - politique, donc Tâcher de repenser notre existence, de redéfinir nos rapports, bref de redéfinir notre réalité.Mon discours s'adressant essentiellement aux femmes, je tente de vérifier dans un collectif de travail les limites et les dépassements possibles II est extrêmement important de proposer des imageries décolonisées, d'alimenter notre imaginaire femelle et de transgresser les limites des schemes patriarcaux «S'imaginer autre».D'où l'importance, à court et à moyen terme, de fonder des revues, des lieux de rencontre (théâtre, cinéma, expositions, etc.), des groupes de stratégie politique où les femmes pourraient travailler ensemble à développer et raffiner leurs pensées Et surtout, où des projets pourraient déjà prendre forme.Pour ma part, j'aimerais mettre sur pied un théâtre lesbien Je crois que le féminisme se trouve en ce moment à un tournant historique et critique.La société patriarcale prend un sérieux coup de barre vers la droite L'espèce de relâchement politique et idéologique des femmes m'inquiète Nous devons plus que jamais radicaliser notre pensée et notre action Question de survie.Question de vie.Et je vois davantage des interventions «extra-politiques» - telles la résistance passive et/ou l'action directe et violente (refuser de collaborer ou détruire systématiquement leurs biens) -qu'un parti féministe.Il me semble illusoire d'aller se battre sur leur terrain parlementaire.Un tel parti risque plutôt d'alimenter le stock des «token women».Et des femmes qui se brûlent inutilement dans des débats inutiles Micheline Carrier Québec • Journaliste à la pige, a écrit depuis dix ans des centaines d'articles (Châtelaine, Le Devoir, Questions féministes) sur la condition des femmes, particulièrement sur la pornographie et autres violences.Animatrice d'ateliers, de cours, en contact avec des groupes de femmes, vient de publier son troisième livre, en réponse à Christiane Olivier Faut-il pendre Jocaste ?L'information sur la porno et autres violences demeurera une priorité à vie.Mais mon «état» de communicatrice et de critique 10 LA VIE EN ROSE, mars 1984 féminisme actuel féministe m'amène à explorer tous les domaines influençant la vie des femmes, dont, au cours des prochaines années, le mouvement masculiniste et ses manifestations que signifie la tendance actuelle du nouveau patriarcat porté à réclamer les droits et les pouvoirs des «nouveaux» (?) pères sans qu'on leur ait au préalable attribué des responsabilités et des engagements concrets 7 Je ne donnerai pas une grande importance aux élections générales D'autres s'en chargeront Toutes les occasions sont bonnes d'affirmer les revendications féministes II ne serait pas sage, toutefois, d'abandonner même pour quelques mois les tâches en chantier sur d'autres terrains, au profit de la politique partisane qui engloutit plus d'énergie qu'elle n'apporte de résultats.Cela reviendrait à miser la totalité de ses avoirs sur une loterie Pas sur que les gagnant-e-s partageront avec les temmes Souvenons-nous du passé récent La scène politique ne me semble pas la meilleure, ni même une bonne voie pour changer profondément, radicalement, durablement la société, les personnes, la vie C'est la condition pour faire accepter dans les faits les valeurs des femmes, et mon «modeste» objectif de lutte à long terme Aider les candidat-e-s pro-femmes et rappeler fermement les exigences féministes, oui Mais ne pas mobiliser pendant des mois tout le temps, toute l'énergie de toutes les femmes à cette fin, à l'occasion d'un événement qui s'apparente trop souvent à une opération-diversion Ne serait-ce pas accorder une importance excessive à un lieu de pouvoir limité, éphémère, bien que prestigieux, et promouvoir d'autres intérêts que les nôtres ?Marie-Andrée Comtois Québec Fondatrice avec d'autres de la Maison des femmes de Québec, candidate en 1980 du Rassemblement populaire aux élections municipales de Québec.Les plans quinquennaux ou triennaux, c'est pas mon fort La provocation bien plus que la planification a servi de moteur à mes implications Mais attention, je ne suis pas une provocatrice, oh non, à l'inverse plutôt, une éternelle provoquée.Par exemple, c'est au lendemain du 8 mars 1976 (à l'époque de «Pas de libération des travailleurs sans libération des femmes» et vice versa) que cinq, six d'entre nous ont eu besoin de réagir : ce fut la longue aventure de la Maison des femmes de Quebec.Un autre 8 mars - coincidence 7 - en 1982 nous força à fouiller les multiples confrontations qui surgissaient chaque année dans l'organisation de cette journée : et ce fut le Dossier 8 mars publié par le collectif Marie-Géographie.Mes actions-reflexions, donc, naissent presque toujours d'un sentiment d'urgence Or, actuellement je me sens, je nous sens patience C'est comme si je m'étais faite à l'idée que ce serait très long, comme si.par moments, je l'assimilais à un beau rêve Comme si, aussi, le prix à payer pour une recherche d'autonomie devenait très élevé Coûteux en termes d'amour, de complicités, de sécurité, de fantaisie Et pourtant Dans un mois, un an peut-être, l'urgence va ressur-gir, l'espoir, nourri de réflexion-évaluation, de pratiques et de transformation personnelle, va repoindre.Le bilan sera inversé et alors, encore une fois provoquée, |e.Les prochaines élections pourraient-elles servir de catalyseur?L'expérience pequiste m'a confirmé qu'un préjugé même favorable demeure un préjugé On voit ce que ça a donné Un parti féministe qui remettrait en cause le pouvoir patriarcal et serait porteur d'un changement radical9 Utopie ou possible ?Provoquez-moi Co-fondatrice de la Maison des femmes de Baie-Comeau/Hauterive, travaille à présent au Centre Immersion (issu de la Maison) qui s'occupe de l'intégration des femmes au marché du travail.Entendons-nous bien : ie ne suis pas une vedette du féminisme' mais une femme POUR QUI TOURNE LA ROUE?Un vidéo qui questionne les effets de la microtechnologie sur le travail des femmes.Disponible sur cassettes, format 3/4 po.et 1/2 po.VHS, couleur, 36 min.1983.G IV Distribution de vidéos.1308 Gilford.Montréal.Que.H2J 1R5 (514)524-3259 LA VIF en rose, mars l*S4 11 féminisme actuel engagée dans l'action collective et qui y croit profondément.Votre petite enquête tombe pile : c'est une réflexion que j'avais amorcée de mon côté Je sors en effet de cinq années très intenses pendant lesquelles j'ai investi beaucoup de temps et d'énergie dans la lutte.À force de penser avec et pour le collectif, je réalise que j'ai fini par manquer de recul pour interroger mes propres affirmations.Je me donne encore un an au Centre Immersion, sur le dossier de la vie économique des femmes Après je prendrai le temps de souffler un peu, de regarder comment moi, Edith Godbout, je me définis comme féministe.J'ai le goût de laisser mûrir les choses et d'aller voir ce qui se fait ailleurs, dans d'autres groupes de femmes Pour, à long terme, revenir à l'action ressourcée.Dans trois, quatre ans 7 Quant à la politique et aux élections, je dois avouer que j'éprouve une réticence viscérale vis-à-vis de tout ce qui s'appelle pouvoir.À la Maison des femmes, nous avons beaucoup essayé d'établir des relations égalitaires, à faire en sorte que personne ne mobilise toutes les informations, n'assume seule toutes les décisions Selon moi, avant de songer au grand saut en politique, nous devons expérimenter d'autres formes d'organisation sociale au lieu d'envoyer des femmes se brûler dans l'arène politique.Madeleine Lacombe Sherbrooke Travaille depuis 1977 sur le dossier de la violence faite aux femmes, d'abord comme instructrice d'autodéfense (wen-do), ensuite comme co-fondatrice puis permanente, à Sherbrooke, d'un centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel.A milité dans les regroupements provinciaux des centres contre le viol et des maisons d'hébergement.J'ai pris un recul face à tout cela depuis 1984 1 J'avais envie de réévaluer mon action.La question de la violence demeure très importante pour moi.Tout en reconnaissant la nécessité de toutes les luttes menées par les femmes, j'ai l'impression de toucher là un point névralgique de la condition des femmes Notre impuissance aux niveaux social et politique est liée à notre impuissance dans le quotidien Impuissance apprise très jeune et entretenue par les agressions sexuelles, par les rapports de force qui régissent les relations hommes/femmes, autour de la sexualité et de l'amour, mais qui sont les mêmes sur le marché du travail, en politique, partout ! Personnellement, je n'ai plus envie de réinvestir dans le quotidien d'un centre Je crois qu'un danger guette les groupes de femmes actuellement, et c'est l'amateurisme II n'est pas suffisant d'avoir raison, il faut en avoir la force, être convaincantes, articulées, faire des interventions de qualité, donner une image de compétence, savoir profiter des expériences et des acquis, éviter de refaire certaines erreurs Après avoir beaucoup appris des femmes, je sens que j'ai aussi des choses à apporter II me reste à trouver le comment Selon moi, il n'est pas suffisant d'amener nos revendications au niveau politique Ce qu'il faut, c'est changer toutes les règles du jeu.Pour le faire actuellement, il faut créer un mouvement de contre-balancier et je crois présentent Cl aire Bonenfant Présidente du Conseil du Statut de la Femme dans une série de 3 CONFÉRENCES sur le thème LA FORCE DES FEMMES Frais: 20 S Horaire: 19:30 à 22:00 Dates: mercredi.28 mars.4 et 11 avril Lieu: Université de Montréal Pavillon principal 2900.Chemin de la Tour, Montréal Entrée: Z-1 (où une hôtesse vous attend) Renseignements: 343-6090 Université de Montréal Faculté de l'éducation permanente LA VIE ARRACHÉE par Michèle Mailhot Ainsi parle — et écrit — Michèle Mailhot dans La vie arrachée, que viennent de publier les Éditions La Presse La vie arrachée, c'est la somme relue, revue, revécue de ces cahiers dans lesquels elle s'est confiée depuis l'âge de neuf ana Diffusés en majeure partie sur les ondes de Radio-Canada dans le cadre de la série «Journal intime de.», ces cahiers offrent aujourd'hui, dans ce livre, le témoignage a la fois lucide et douloureux d un cheminement qui avait commencé avec Veuillez agréer., son ouvrage précédent paru aux Editions La Presse La vie arrachée, un livre prenant après lequel il n'y a plus que le silence Et l'amour.w|# les éditions la presse En vente partout Membres de I Aeeo éditeurs canadiens 12 LA VIE EN ROSE, mars 1984 féminisme actuel que seul un parti féministe peut provoquer ce mouvement.Je ne crois plus au lobbying auprès des partis traditionnels.J'ai appris, pour avoir milité jusqu'à récemment en «politique», que les hommes sur lesquels on peut parfois compter au départ ont souvent un «plan de carrière» et que, dans la pratique, celui-ci passera avant tout idéal À long terme, on ne peut donc pas compter sur eux.Bien sûr, le même piège guette les femmes - quoique il ne faut pas avoir de plan de carrière (traditionnel en tout cas) pour se présenter dans un parti féministe1 L'avantage d'un parti féministe, c'est que ces femmes, même peu nombreuses au début, seront élues sur des bases claires, avec le mandat de défendre nos revendications, et elles seront soutenues par une «base» de femmes désirant des changements fondamentaux.En fait, l'idée d'un parti féministe m'emballe, je crois sincèrement que dans la conjoncture actuelle ça pourrait faire avancer des choses Marie Leclerc Québec «s» A participé à Droit de parole (journal de quartier), à Presse Libre, aux Cordes à linge (groupe de musique féministe) ; est actuellement au collectif Marie-Géographie.Nous, je, avons à nous affranchir de nos barrières-entraves mentales et sociètales .«Ah verrai-je ïamais le jour Où je jouirai de chaque geste qui jaillira Où nos cantiques alentour Porteront tumulte d'autres temps, d'autres choix».Se créer des espaces de liberté Investir l'agir en alliance du quotidien Constamment retrouver le rythme intérieur de nos sensibilités Ne plus s'égarer dans le pluriel des redites de leurs discours Nous avons figé la mouvance dans des parcours tracés Laissons monter la flamme, le souffle Incrivons tenacement nos convictions persistantes d'une nécessaire transformation globale Monte la résonance de nos avancées face aux retombées de crachats des pouvoirs L'apprivoisement de nos différences-femmes jette un pont sur le fossé entre réformisme, modération et radicalisme Hormis le statu quo, tout nous est envisageable Viser la subversion des tribunes du parlementarisme Pourquoi pas.Si toutes nous portons nos flambeaux et arborons nos croyances et absences de croyances, comme une bannière multicolore.Si quand nous prenons nos avenues nous inscrivons nos vues, nos sentis.Si quand nous conquérons un siège nous nous y dressons au lieu de nous y piéger.Nancy Marcotte politique du moins pire.Montréal Membre du collectif de production de Des luttes et des rires de femmes de 1978 à 1981, a participé entre autres à l'organisation de rencontres-discussions, de tables rondes et de journées de réflexion entre femmes.Et maintenant9 Je pense que l'évolue dans un milieu diffèrent d'il y a deux ans.J'ai transformé mon champ d'action et d'intérêts et je me suis mise à travailler dans le secteur «artistique» Car pour moi l'expression artistique est une clé importante dans la création d'images de nous-mêmes valorisantes, fortes et uniques J'ai le goût de participer à l'édification d'une culture de.femmes réfléchie et approfondie Et mes priorités ?Continuer à appuyer la création de ces nouvelles images, avec d'autres femmes et sur une base ponctuelle, et tenter de vivre pleinement ma vie avec tout ce que ça implique Non, je ne crois pas à «l'occasion des élections».L'histoire nous le démontre bien Pas plus qu'auparavant, nous ne pouvons imposer politiquement nos revendications lors de cette élection.Bien sur, à force de pressions, nous réussissons à faire alléger certaines lois, à imposer partiellement nos idées Mais le gros de tout ça, nous le devons à nous toutes, à notre acharnement, à notre propre rayonnement.La manipulation électorale est intrinsèque au fonctionnement des partis politiques en général.Ainsi, ils se servent de nous et nous font de belles promesses.Mais je voterai bien sûr à ces élections, et c'est ce que j'appelle la Véronique O'Leary Montréal Militante féministe depuis 1969, au Front de libération des femmes, au Comité de lutte pour l'avortement libre et gratuit, au Théâtre des cuisines, dans divers groupes autour de Matane, etc.Auteure avec Louise Toupin de l'anthologie Québécoises Deboutte «Je suis fatiguée Près de 15 ans maintenant que je suis devenue féministe.Oui.c'est vrai, nous sommes maintenant des centaines, des milliers, pourtant jamais je ne me suis sentie aussi seule.J'ai le sentiment d'être passée de la solidarité entre quelques-unes à la solitude à plusieurs Je découvre aujourd'hui la méfiance entre nous, la division, l'épuisement, le désenchantement.» Hiver 83-84 : l'énergie revient Comment diriger mon action féministe dans les prochaines années9 Mais par mes anciennes amours, le théâtre, le Théâtre des cuisines.Y dire et y chanter, à qui veut l'entendre, mes tristesses, mes colères, mes espoirs de femme féministe Mais que vivent encore les femmes sur la terre : «Insultées, frappées, violées, mutilées, torturées, massacrées.».Cri d'alarme «On est en guerre De deux choses l'une: ou on la gagne, ou on la perd» Ma priorité : «Pour aujourd'hui et dans cent ans, l'union des femmes il faut la faire Faisons la paix entre nous pour faire la guerre ensemble.» Et chantons à nos enfants : «Dors ma Delphine, tu seras marine , dors Sébastien, seras pas chauvin.» Toutes ces citations entre guillemets sont des extraits du dernier spectacle du Théâtre des cuisines, écrit et monte pour le 8 mars 1984, présenté en audition le 18 janvier au comité organisateur du show du 8 mars de La île en rose Refuse.Ce jury féministe nous dit, au telephone : «Trop démobilisateur: trop de déjà vu, parler de guerre heurte, alors qu'on veut lancer un appel féministe Ça ne va pas avec notre show » C'est vrai, c'est heurtant de toujours se rappeler que le patriarcat et le capitalisme mènent la guerre, contre les femmes.Mes priorités au printemps 84 l'union avec moi-même, par le théâtre, la musique, où le prive est toujours politique et le féminisme UVIEENROSF mars IV.U 13 féminisme actuel Comment y arriver ?En investissant les structures existantes pour changer le système de l'intérieur ?Ou en échataudant de nouvelles organisations en dehors de l'arène patriarcale 7 Ce sont là affaires de stratégie, d'énergie, de goûts personnels Aucune des routes n'est à dédaigner II serait cependant illusoire de penser que nous emprunterons toutes le même chemin.Ce n'est ni souhaitable ni nécessaire L une bonne partie de mon oxygène Je dis non à un parti féministe.Je ne crois pas au monopole des luttes et de l'idéologie, qui nie les divisions et fait taire les différences Armande Saint-Jean Stanstead Journaliste de métier, productrice agricole depuis dix ans, impliquée comme militante féministe surtout en information : émissions de radio et de télévision, collectif et journal Les Tètes de pioche, sessions de formation et ateliers sur la condition féminine, entre autres.A publié en novembre Pour en finir avec le patriarcat Sans doute par dé/formation professionnelle, je souffre depuis longtemps de la pauvreté des réseaux d'information entre les femmes.Or la communication me semble essentielle à toute survie, à tout progrès des femmes, individues et collectives Je veux donc continuer d'exercer mon métier en demeurant intimement associée à des femmes écrire, publier, diffuser, animer, chercher, enseigner, témoigner Je rêve depuis des lunes à une radio des femmes, comme à la naissance d'une revue d'idêes/actions féministes Je continuerai de participer aux diverses activités féministes publiques où des femmes m'invitent, particulièrement dans ma region de l'Estne, auprès de femmes dont je partage les intérêts personnels, comme l'agriculture.Quant au privé, je poursuivrai une tentative amorcée depuis quelques années la mise sur pied d'une communauté de femmes autonomes vivant à la campagne, partageant ressources et activités II s'agit de se donner un lieu géographique et affectif (hors de l'arène patriarcale et au-dela de la structure familiale traditionnelle) où établir des rapports d'entraide, égalitaires, harmonieux et visant à satisfaire nos besoins respectifs La lutte des femmes est désormais posée en termes politiques Dans les années 60.nous réclamions l'égalité.La décennie 70 nous a vues faire des percées significatives dans tous les champs de l'activité humaine La décennie 80 doit nous permettre de consolider nos acquis et de conquérir tout ce qui nous manque encore, notamment le pouvoir Marianne Tremblay Rimouski A milité d'abord au Comité des femmes de la C.E.Q.et, depuis trois ans, à la Maison des femmes de Rimouski.En dépit de la morosité et de la démobilisation que je peux voir autour de moi, je suis convaincue qu'il ne faut surtout pas lâcher, qu'il reste encore des batailles à gagner Pour l'instant et pour les prochaines années, ma priorité est de travailler avec d'autres femmes pour en arriver à nous tailler une place dans la vie économique.J'ai un autre front de lutte, aussi important : le Regroupement provincial contre la pornographie Pour moi, l'abolition du patriarcat passe nécessairement par une réflexion féministe sur la vie privée, sur la vie sexuelle Enfin, comme syndiquée, je compte bien continuer à m'impliquer à l'intérieur du Comité des femmes Je sais bien que la structure syndicale est mâle , c^st justement pour cela qu'il faut y rester pour la changer, pour aller, comme femmes, nous y chercher du pouvoir Dans la conjoncture actuelle, je trouve prématuré de songer à la mise sur pied d'un parti féministe, quoique l'idée me plaise assez Il faudrait plutôt privilégier des candidatures féministes indépendantes, à la condition que ces femmes s'affichent comme féministes et basent leur programme électoral - et toutes leurs interventions par la suite - sur les revendications des groupes de femmes.Les partis politiques traditionnels 7 Surtout pas1 Les femmes y sont trop encadrées, assujetties a la ligne de parti, tenues à la solidarité ministérielle Elles abdiquent.^ Propos recueillis par : helene levesque Lise Moisan Françoise Guenette Mary O'Brien «Je cherchais à analyser la naissance comme une chose réelle, vraie Personnellement, je la voyais déjà ainsi, non pas parce que j'ai des enfants - je n'en ai pas - mais parce que j'ai été sage-femme jadis J'ai donc été présente lors de ces incroyables «célébrations» de la féminité.À cause de cette expérience, je ne pouvais pas accepter le fait que la naissance soit perçue comme aliénante, purement biologique, inintéressante et a-historique Notion entérinée même par Simone de Beauvoir, pour qui la «transcendance» ne peut être l'affaire des mères.(J'ai d'ailleurs voulu peut-être lui prouver quelque chose à elle en particulier) Moi, j'ai toujours eu ce gros bon sens de penser que l'histoire n'existerait pas sans le fait d'être mis-e au monde Mais c'est une préoccupation tout à fait absente des annales de la pensée des hommes En fait, la naissance n'est pas simple C'est un processus complexe non pas au niveau du corps mais au niveau de la conscience humaine.Et tout comme il y a la conscience de classe, il y a la conscience de reproduction, très différente, selon qu'on est un homme ou une femme » Le droit des papasHHHHH «La paternité est ni plus ni moins qu'une découverte historique A un moment donné, l'homme découvrit qu'il était à la fois inclus dans et exclus du processus de reproduction.La paternité est une idée, la connaissance d'une cause à effet qu'il fallait matérialiser  mon avis, le patriarcat est l'effort des hommes, a travers l'histoire, pour se réconcilier 14 LA VIE ES H"sr man I9S4 féminisme actuel MARY O'BRIEN Une sage-femme politique ary O'Brien a les cheveux tout blancs, une allure très «casual» malgré tout, un rire sonore et une érudition qui m'a parue sans bornes.Écossaise d'origine, elle enseigne aujourd'hui la théorie politique et les «études féministes» à l'Ontario Institute for Studies in Education, à Toronto.Elle fut l'une des fondatrices du Parti féministe du Canada, créé vers 1975 à Toronto, mais son vrai titre de gloire, c'est The Politics of Reproduction (1981 ), un livre qui fit d'elle une théoricienne féministe très remarquée.Invitée à l'Institut Simone-de-Beauvoir, à la fin janvier, elle expliquait son choix du thème de la reproduction.concrètement avec l'espèce Ce qui ne pose pas de problème comme tel, mais, et c'est un fait historique, il ne suffit pas aux hommes d'être des pères «en particulier» - des papas-et c'est cela qui amène l'oppression et la privatisation des femmes.Car l'expérience vécue de la paternité passe par l'incarcération des femmes, leur inaccessibilité aux autres hommes et, de plus, l'appropriation des enfants par l'homme Nos enfants sont à nous, les femmes, parce que nous les mettons au monde Les enfants appartiennent aux pères parce que ceux-ci possèdent le droit millénaire de les nommer, de dire «voici, cet enfant est le mien», peu importe si les faits disent le contraire.C'est très différent Et il faut comprendre cette dialectique fondamentale de la reproduction pour mieux comprendre notre passé mais aussi notre présent.Il faut dire qu'à l'époque où nous vivons, la situation est passablement différente.Les femmes peuvent de plus en plus, comme les hommes, décider par un acte de raison d'avoir un enfant ou non Historiquement, nous faisons face à une nouvelle condition de notre existence : pouvoir non seulement choisir librement la maternité mais aussi étendre ce privilège à une nouvelle vision du monde, où la conservation de l'espèce deviendrait une entreprise humaine et historique considérable et prioritaire » Mary O'Brien en est venue à cette analyse via Marx («parce qu'il est matérialiste et la reproduction est matérielle avant tout, quoique ce soit quelque peu aberrant de considérer ses enfants comme de la marchandise»), mais surtout grâce à Hegel, qui lui a fait com- prendre le processus dialectique de la reproduction, et grâce à toutes les penseuses féministes qui travaillent (comme elle) à «une nouvelle méthode, une nouvelle perception de la connaissance».Car «la seule position que nous pouvons avoir face aux canons intellectuels mâles, c'est une position critique», de préciser Mary O'Brien Les erreurs de parcoursw^mËtmm Alors que dire du Feminist Party of Canada, ou de tout autre parti politique de femmes ?Est-ce réitérer un modèle masculin ou au contraire réaliser une «transformation historique» ?«Je crois que la lutte féministe est trop importante pour qu'on ne se batte pas à tous les niveaux Nous ne pouvons certainement pas nous permettre d'être passives et nous conformer au stéréotype Et il ne suffit pas d'aborder individuellement nos problèmes au travail ou dans nos vies privées, ni même de nous sentir enfin confortables dans nos groupes de femmes.Il faut bouger politiquement Ceci dit, je ne suis pas sûre qu'un parti politique soit la réponse En tous cas, cela n'a pas marché pour nous quoique les raisons m'ap-paraissent maintenant assez évidentes D'abord, le parti a été l'idée de femmes libérales : «Nous allons nous présenter sous la bannière de l'égalité des droits pour les femmes, ont-elles pensé, ensuite nous verrons les matières fiscales, environnementales et autres qu'il faudra inclure dans la plateforme» Le problème, c'est qu'elles confondaient l'égalité avec le changement être comme les hommes, ce n'est pas changer le monde Ensuite, nous nous sommes enlisées dans le collectivisme démocratique II y avait 700 femmes lors de la première réunion - ce qui est exceptionnel pour un meeting féministe -et les femmes ne cessaient d'appeler par la suite, nous disant : «Dites-moi ce que je peux faire».Mais on ne pouvait pas leur dire quoi faire, sous prétexte que c'était trop autoritaire, hiérarchique1 L'organisation était donc beaucoup trop nébuleuse Finalement, et je crois que c'est la raison la plus importante, la présence des lesbiennes séparatistes.La moitié des femmes étaient lesbiennes et, pourtant, nous n'avons jamais abordé la question franchement On la symbolisait de toutes sortes de façons, la première étant l'exclusion des hommes du parti, et il faut peut-être se demander si on peut s'organiser en excluant un groupe aussi nombreux (ce n'est d'ailleurs pas parfaitement légal) Alors, à force de se sentir lésées chacune de notre côté - les hétérosexuelles se sentant «attaquées», les lesbiennes pas assez «admises» - on a laissé tomber Le parti n'est pas officiellement dissous, il dort en attendant que se règlent ces questions.Selon moi.la grande leçon de cette histoire est qu'il faut travailler sur la base de ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous divise Il faut donc toujours faire ce que le patriarcat dit qu'il ne faut jamais faire se voir comme une entité, un tout organique, quelque chose qui se tient C'est la seule façon d'arriver à une nouvelle forme de politique, dont le Parti féministe constitue malgré tout une amorce » Propos recueillis par Francine Pelletier L.4 VIE ES ROSE, mars 1984 15 féminisme actuel ^h^h^mhb HABIB DEHSh_mhb «Le féminisme n'a pas fini de se penser» Co-fondatrice de la Maison des femmes de Bruxelles, de la revue féministe Voyelles (1979-1982), collaboratrice aux Cahiers du GRIF, journaliste et auteure de Dis, Marie.où elle raconte sa vie de militante, Marie Denis est à 62 ans un pilier du mouvement des femmes en Belgique.Elle était de passage à Montréal en novembre dernier, mais sa conférence à l'Institut Simone-de-Beauvoir a été peu publicisèe et quasi ignorée par les médias.Sauf par Francine Pelletier et Hélène Ped-neault, qui ont eu le plaisir de la rencontrer pour La Vie en rose.LVR : Quelle est la question féministe qui vous préoccupe le plus en ce moment ?¦I : Le thème de la différence La différence, c'est l'altèritè, ce qu'il y a d'humain, la dynamique humaine Nous, les féministes, avons toujours été amenées à une dynamique sexuelle, oppositionnelle : le bloc des femmes contre le bloc des hommes Ce n'était plus de l'altèritè, c'était de l'opposition, de la guerre Il faut d'abord réfléchir sur les différences entre nous, les femmes.Or, pour que la réflexion soit positive, il faut commencer par une mise en question du refus de la différence, de la peur et de la non-maturitè devant la différence Et peut-être d'abord réfléchir sur les différences entre nous Parce que nous sommes dans une sorte de connivence, «les mêmes», nous avons un dialogue rapide et facile, nous employons les mêmes mots, nous avons des sensations souvent très proches qui nous réjouissent.Nous pourrions donc sans crainte et sans trop nous blesser reconnaître les différences, parfois l'opposition entre les femmes Mais, au colloque féministe de Namur sur le thème de la différence, il s'est dit carrément que la perte de l'affirmation, de la théorie, de l'idéologie de la sororitè avait été, pour beaucoup de femmes, l'abandon du féminisme, le désespoir, la trahison Au début, l'illusion est nécessaire.LVR : Comment expliquez-vous ça ?MO : Au début, l'illusion est nécessaire.Mais parce que nous avons entretenu l'illusion, nous avons continué à dire «sororitè» quand il y avait déjà des blessures, nous avons voulu cicatriser trop vite, et alors on s'est retrouvées féminisme actuel devant une déchirure complète Des femmes se sont disputées, se sont battues, et au lieu de se dire «Ça ne fait rien, nous sommes quand même des personnes humaines tout à fait respectables», on s'est beaucoup trop peu respectées, on a été vraiment dégoûtantes Ce qu'on avait dit qu'on ne serait plus jamais, on l'a été encore plus Donc, une désillusion atroce Alors Françoise Collin, une femme de chez nous, a dit dans un moment de désespoir : «Si c'était pour en arriver là, on aurait mieux aimé ne pas être féministe».Un peu comme on dit.après une passion amoureuse : «Si c'était pour en arriver là, on aurait mieux fait de ne pas aimer ce type ou cette fille» LVR : Et d'après vous, quelles seraient les différences essentielles à reconnaître entre femmes et entre féministes7 MO : Ces différences sont à plusieurs niveaux : il y a d'abord des différences de caractère.Nous avons aussi avec nous des femmes de pouvoir ; et comme nous étions contre le pouvoir, nous avons nié cela.Moi je suis un peu une femme de pouvoir, même si je n'en ai pas l'air.Ça m'a un peu été reproché C'était dur, mais )e pouvais le supporter C'est une des premières choses à admettre : qu'il y a des femmes de pouvoir et qu'elles sont nécessaires LVR : Que voulez-vous dire par «femme de pouvoir» ?MO : Ça peut être une femme qui veut réussir un projet, qui assume une idée.Par exemple, vous ici, à La Vie en rose, vous êtes des femmes de pouvoir parce que vous exercez un pouvoir sur la pensée, et il faut se réjouir d'avoir cette puissance de création et ce droit à le faire, à continuer, même si c'est souvent très difficile.Nous avons souvent une façon de ne pas nous enorgueillir et de critiquer les hommes qui le font.Nous avons rejeté des femmes comme ça aussi.Ne soyons pas carriéristes, mais affirmons ce droit à la différence.Il y aura toujours des suiveuses par exemple, comme il y a des tas de suiveurs.Il faut cesser de parler avec ces mots.qui nous trompent, qui nous font perdre énormément de temps.LVR : Et pourquoi pensez-vous qu'on a tant de difficulté à accepter le pouvoir?MO : C'est parce que nous sortons du gauchisme : le pouvoir, c'est l'oppresseur, c'est l'aliénation.Il faut cesser de parler avec ces mots : ce sont des bulles qui nous trompent, qui nous font perdre énormément de temps Or nous sommes issues du gauchisme - le féminisme n'est pas venu comme ça - et même si nous disons que ce sont nos mots à nous, nous trichons Nous avons reçu une pensée qui nous a plu, la pensée gauchiste, et nous l'avons faite nôtre immédiatement, et nous ne l'avons pas quittée même si nous l'avons faite un peu différente Nous vivons de la pensée de notre temps, et je crois qu'on est actuellement dans un post-marxisme, un post-collectivisme.Mais là aussi la réflexion est à faire.Il faut du pouvoir, non pas excessif, plutôt redistribué, mais il en faut.Par exemple, les femmes qui font de la politique, combien les avons-nous critiquées au dêbuL «Des réformistes» disions-nous.Mais il en faut quand même des femmes comme elles Je crois qu'il faut les soutenir tout en les critiquant tout le temps, mais pas les lâcher comme ça.On a nié sa propre vie.LVR : Vous avez dit dans votre conférence que vous aviez été hypocrites face à nos rapports aux hommes.Que vouliez-vous dire 7 MO : Nous nous sommes aperçues très tôt que nous vivions des situations très variées, très difficiles, que chacune s'en tirait comme elle le pouvait, mais que si on commençait à discuter de ça entre nous, on allait éclater en pleurs, on allait ralentir tout le programme de la journée, on allait buter tout le temps.On n'a donc pas touché au privé mais, conséquence néfaste, on a nié sa propre vie On ne disait pas, en se présentant au groupe par exemple, «Je travaille à faire cela, je suis mariée depuis tant de temps, j'ai tant d'enfants » Les féministes disaient : «On ne doit rien savoir».C'était peut-être bien, pour créer un espace plus libre, mais nous risquions alors de mentir un peu.On se présentait comme plus libre qu'on l'était Le discours admis était : «Les hommes, il n'en faut plus !» Or il y en avait qui étaient en recherche d'hommes très intense, à toutes sortes de niveaux Alors elles sortaient de la réunion en faisant semblant, elles allaient peut-être dans une boîte Moi, je suis mariée, je n'ai pas de raison de quitter mon mari et, parfois, je ne voulais pas rentrer trop tard.Alors je commençais à regarder l'heure, très en cachette, comme une enfant, et les autres disaient «Marie se lève tôt, elle doit rentrer, etc » On essayait de le cacher, surtout vis-à-vis des lesbiennes qui restaient là, elles, toutes ensemble LVR : Pourquoi croyez-vous que les hétérosexuelles soient arrivées à se sentir si mal à l'aise face à leur propre vécu ?MO : Au début, chez nous, il y avait des homosexuelles radicales ; pas tant dans le sens de radicalement homosexuelles que radicalement anarchistes.Ça voulait dire qu'on pouvait à peine construire la Maison des femmes ensemble, puisqu'elles refusaient de s'organiser entre elles, pour faire la vaisselle ou le bulletin.LVR : Qu'est-ce qui les motivait dans l'anarchie7 MO : Il faut les comprendre : comme la société rejette les lesbiennes, elle leur semble toute entière foutue, injuste, à mettre à terre tout à fait Alors, commencer à s'organiser c'était pour elles réadopter le système de la société, le système des hommes.D'ailleurs, disaient-elles aussitôt, «vous appartenez aux hommes et vous rentrez chez vos maris » Nous avions une timidité vis-à-vis de ces femmes.Ce n'était pas le moment de parler d'affinement entre hommes et femmes.En plus, à tout moment, nous avions devant nous des femmes dans le marasme, dans la misère, en divorce, etc.Si on appelle ça une «prostituée conjugale», eh bien, j'en suis une.LVR : Y a-t-il eu d'autres différences pour vous (nous) freiner7 MO : Oui, je pense qu'il y a aussi les différences économiques De façon générale, on dit que la moyenne du salaire féminin est de un tiers en-dessous du salaire des hommes Mais, en plus, des tas de femmes ont un demi-temps, des petits postes, ou sont pigistes Mais souvent nous trichions là-dessus.On faisait semblant d'être indépendante, puisque l'un des buts du féminisme est l'indépendance économique.Les féministes - surtout celles qui avaient épousé des types avec un gros salaire -n'aimaient pas avouer leur dépendance Alors qu'il y avait par ailleurs des femmes vraiment seules, élevant parfois leurs enfants seules avec un tout petit budget Et on faisait semblant d'être les mêmes, soi-disant pour ne pas vexer.Il faut pouvoir admettre sa propre situation si on appelle ça une «prostituée conjugale», eh bien j'en suis une.Même si je gagne un peu avec deux ou trois articles, je ne suis pas financièrement indépendante LVR : Ètes-vous en train de dire qu'on a été LA VIE ES ROSE, mars 1984 17 féminisme actuel de mauvaise foi par rapport à beaucoup de sujets 7 MO : Nous ne voulions pas être de mauvaise foi.Les hommes avaient divisé pour régner, nous étions divisées Nous avons décidé de gommer tout ça et d'être toutes les mêmes.Ce qui nous est arrivé, ce sont eux qui nous l'ont imposé, en un sens Mais on devrait connaître nos différences et s'accepter comme ça.Au journal Voyelles, nous avons travaillé avec des filles très différentes qui ne venaient pas du tout du féminisme Elles venaient simplement pour faire du journalisme : des femmes différentes avec un but commun On partage alors une base commune et puis on sait que chacune reprend sa vie différente après Et je crois qu'on l'acceptait mieux comme ça parce que le but commun était précis ; tandis que.quand le but commun est la fusion, alors c'est l'amalgame Le mouvement des lemmes chez nous ?C'est assez pareil.LVR : Comment dêcnriez-vous le mouvement des femmes en Belgique aujourd'hui7 Y a-t-il des différences profondes avec la France, la Suisse ou le Québec 7 MD : Non D'après ce que nous lisons c'est assez pareil La plupart des femmes ont lâché la Maison des femmes à Bruxelles pour faire autre chose, peut-être parce que nous sommes mieux insérées dans la société maintenant, et que nous avons des possibilités de faire autre chose En quittant la Maison, les unes ont fait une radio libre, d'autres sont retournées au GRIF (Groupe de recherche et d'intervention féministe), moi j'ai fait Voyelles et j'ai écrit mon livre Les lesbiennes sont restées en disant «Nous on est vraiment féministes, on va rester, on va continuer la Maison» Et puis alors, la Maison est devenue une maison de lesbiennes LVR : Est-elle encore ouverte ?MD : Non On l'a fermée Je n'étais plus là Une maison des femmes va peut-être manquer, mais nous n'avons plus le courage de le faire.LVR : Ici on croit que même si les actions sont moins éclatantes que jadis, les femmes sont beaucoup plus nombreuses à prendre conscience de ce qu'elles vivent.Est-ce comme ca chez vous 7 MD : Disons d'abord ce qu'il y a comme féminisme Donc, on a fermé la Maison des femmes à Bruxelles.Les lesbiennes ont trouvé un autre endroit, un café, où elles sont bien II y a deux maisons que vous appelleriez «centres de femmes», qui sont des centres culturels.Dans celle ou je suis maintenant, il y a le G RI F en haut, il y a le collectif des femmes battues, un groupe de femmes universitaires, des femmes américaines et provenant d'autres pays de langue anglaise, le groupe «Changeons les livres scolaires» En fait, c'est davantage un regroupement de différents groupes de travail, et non plus une «maison» où l'on peut entrer et raconter son histoire Ça va peut-être manquer, mais nous n'avons plus le'courage de le faire.Il faudrait que les jeunes prennent le relais, mais elles ne le font plus : elles font plutôt des groupes de thérapie II y a aussi des groupes d'auto-dèfense contre le viol, des groupes indépendants Dans une autre maison à peu près pareille, il y a l'Université des femmes qui est une fondation des Cahiers du GRIF Même si les groupes sont plus dispersés, je pense qu'ils travaillent plus.Après la première série des Cahiers du GRIF, Françoise Collin et les autres en avaient un peu marre (il parait que c'est très féminin d'en avoir marre trop vite de ce que l'on fait !) et alors elles ont créé l'Université des femmes, employant le sens ancien du mot université qui veut dire «séminaire de recher- che».Elles font des sessions de recherche sur la pornographie, sur la sexualité des hommes, des sessions de quatre ou six mois selon les sujets II faut continuer la recherche, le féminisme n'a pas fini de se penser, car si on avait fini de se penser, on serait mortes Se penser, et penser avec certains hommes en partant d'où nous sommes, pour arriver à de nouvelles choses Même si les groupes sont plus dispersés, je pense qu'ils travaillent plus, et de temps en temps, on fait appel les unes aux autres LVR : LesCahiersduGRIFontrecommencéà publier en 82 La perspective est-elle changée, avez-vous de nouvelles avenues7 MD : C'est un peu changé, mais pas fondamentalement.Au fond l'idée c'était de théoriser le féminisme, de donner de la théorie pour que le féminisme soit étudié dans les universités, pour donner des références de travail aux sociologues Je pense qu'ils sont lus dans les universités, mais pas utilisés autant qu'on le souhaiterait Ils ont été publies jusqu'en 78, et ont repris fin 82 LVR : Pour quelles raisons avez-vous arrêté la publication pendant presque cinq ans 7 MO : Pour fonder une Université des femmes, pour voir un peu.Françoise Col lin, qui est écri-vaine, voulait redevenir ècrivaine, cesser d'être militante, et puis, finalement, elle n'a pas vu clair.Je suis comme elle voulons-nous seulement être des écrivaines, rentrer dans notre coquille, ou bien est-ce que nous avons en nous l'être journaliste et l'être militant en même temps, et alors nous travaillons sur les deux 7 18 LA VIE EN ROSE, mars 1984 féminisme actuel Mais l'année dernière, après avoir cessé d'écrire pendant près de dix ans, j'ai écrit un petit texte, que Françoise Collin et moi avons décidé de publier Alors on a recommencé les cahiers du GRIF Mais différemment.Au début, il fallait expliquer des choses de base, par exemple qu'il y a un produit national brut caché dans les statistiques des gouvernements, comment l'Église nous opprime toutes, etc C'était la théorie sur la base du vécu, et surtout des témoignages Il ut faut pas nier que dans l'éros, H fast un peu d'agression.Maintenant, nous allons nous en tenir à un sujet par numéro, pour en faire presque des essais Notre premier, Cinéma.Regard.Violence, a été fait en grande partie par une cinéaste qui parle du droit au regard Et il y avait cette question : allons-nous poser un regard pornographique 7 C'est une discussion Selon certaines d'entre nous, il ne faut pas nier que, dans l'éros, il faut un peu d'agression Alors il faut peut-être l'affirmer7 Pour en finir justement avec la porno LVR : Dans la mesure où il n'y a pas de violence, ni de domination de quelqu'un-e sur quelqu'un-e d'autre ?MO : Nous ne pouvons pas nier qu'il y ait de la violence dans l'éros, mais que ça doit être une inter-violence et une inter-douceur C'est certain que je cautionnais beaucoup de choses à cause de mon âge.LVR : Croyez-vous que l'âge peut être un pouvoir ?MO : J'ai 62 ans Au début, quand il y avait la lutte pour l'avortement, j'avais peut-être 52-53 ans Je pouvais dire je rejoins le féminisme, mais je n'en ai pas besoin pour ma vie privée J'avais une vie agréable, pas de problèmes conjugaux C'est certain que je cautionnais beaucoup de choses à cause de mon âge On m'envoyait en avant en disant «Tu es calmement habillée, tu parles avec gaieté, tu as l'air saine».Se présenter comme personne d'âge mûr, ça peut très bien s'assumer, se vivre gaiement Mais quelque part en soi, on se dit que ce serait gai d'être jeune Alors c'est ambivalent Je dirais que je suis encore au milieu de tout C'est une de mes connivences avec Simone de Beauvoir : j'ai l'affolement de la vieillesse et de la mort, mais surtout de la vieillesse Je collabore à une revue faite par des hommes, La Revue Nouvelle, et maintenant, je suis vraiment importante Au début, quand j'y allais, je les laissais parler : ce sont des économistes, des sociologues, des banquiers, des universitaires.Maintenant, je les laisse parler un petit moment et je rentre dedans Et ça c'est à la fois à cause de l'âge et de l'assurance d'avoir un bagage, un bagage féministe, un bagage de réflexion et d'expression.^* Une entrevue de : Francine Pelletier Hélène Pedneault ETUDE JURIDIQUE A MAJORITE FEMININE Unterberg Labelle Jenneau Dessureault et associés 1980 ouest Sherbrooke suite 700 Montréal H3H 1E8 934-0841 Paul Unterberg Lise Labelle Michèle Jenneau Hélène Dessureault François Lebeau Louise Rolland Lina Desbiens AVOCATS Yolande Fontaine Agent littéraire et promotion Relations publiques C P 787, suce Oulremont MONTREAL (Quebec) H2V 4N9 (514) 737-8122 LA VIE ES ROSE, mars f>m 19 FEMMES PROFESSIONNELLES Thérapie individuelle et de groupe 4581 Fabre H2J 3V7 Métro Mont-Royal 524-3289 psychologue Bur Laval (514) 688-1044 Bur C.C.P.E.1497 est.boul Sl-Joseph Montreal H2J 1M6 (514) 522-4535 Luce Bertrand m p s PSYCHOLOGUE «Une femme à l'écoute des femmes » PEURS - DEPENDANCES - CULPABILITÉ HÉTÉROSEXUALITÉ - HOMOSEXUALITÉ CROISSANCE - CHEMINEMENT Paquet, Bibeault, Sauriol 1385 est Mont-Royal, Montréal, Québec H2J 1Y8 Chantai Sauriol (514) 527-1387 • COMPTABILITE • RAPPORTS D'IMPÔT 2et3.1978 CombesetHaicault Congrès mondial de sociologie a paraître sous peu) OBnen The Politics of Reproduction.Women's Press, Toronto.1981 Rich Nouvelles Questions féministes, n° mars 1981.MacKinnon Signs, vol.3 et 4, 1983 7/ Entre autres la librairie Androgyne, 3462, boul.Samt-Laurent.Montréal 8/ Une petite équipe du GIERF.le Groupement interdisciplinaire de l'enseignement et de la recherche sur les femmes de l'UQAM.analyse actuellement les possibilités d'améliorer, complementer ou regroupe' certains services de documentation 9/ Pour Nouvelles Questions féministes librairies Aube-épine (4050, Saint-André), Gutenberg(3453, rueSamt-Denis), Agence du livre français (1246.rue Saint-Denis) à Montréal Pour Signs librairie Androgyne «SHÀDÔW ÔN À DÎMË » le tout dernier microsillon de ?Fcrron ?Bientôt disponible 842 4765 3642 ST-LAURENT 2' ETAGE MONTREAL •mot5 emmeô d Tlasnmauon ^t-t^enii j^ête avec voui du 7et au 3Tmau cù reduction iut toui lei écrite d j^emmei * iut ptéientatio-n de ce menace.exception Annf.Marie Alonzo LCPIfDDf-ROI nPTisnns renovation domiciliaire 56 la vie es rose, mars 19m flash La mémoire de Natacha Enfance.Nathalie Sarraute, Editions Gallimard, France, 1983, 16.95$ Faut-il rappeler que la parution de Enfance étonna les initié-e-s de l'oeuvre de Nathalie Sarraute9 L'écrivaine n'avait, semble-t-il, aucun penchant pour l'autobiographie.Cela s'est fait avec pudeur et même avec gène Mais la haine des mots «évoquer ses souvenirs» et la peur des clichés de l'autobiogra-phi n'ont pas empêché Sarraute de sauter dans le vide de la mémoire.Ledialogue s'engage avec le double de la narratrice : cette censure intérieure qui empêche les raccords romanesques quand la mémoire dérive (la tentation du roman.).Ici pas question d'exhiber de «beaux souvenirs», de devenir un personnage de contes de fées.Il s'agit aussi d'éviter le conformisme de l'enfance malheureuse Enfant, la petite Natacha dut se balader entre la Russie et la France ; il ne reste aucun souvenir de ce qui a précédé la séparation des parents.Un jour, à neuf ans, elle quitte la Russie et sa mère pour les vacances annuelles en France avec le père, elle a le sentiment qu'elle ne retournera pas là-bas La mère réclamera sa fille quelques années plus tard.Trop tard Natacha a apprivoisé sa nouvelle patrie, elle a trouvé son pouvoir dans la réussite scolaire (le pouvoir des mots) à défaut d'en avoir dans son milieu familial.Délaissée par son père, malmenée par sa belle-mère pour qui elle est de trop, la ieune fille ne |uge personne Nathalie Sarraute ne règle pas ses comptes.Aux autres (lectrices-teurs 7) de pointer les bons et les méchants.Les scènes sont tracées par petites touches qui évoquent de courts moments, des instantanés de la mémoire Le récit se construit sur la ligne brisée des souvenirs.Sarraute écrit l'enfance comme on défie les imprécisions de l'histoire.Elle le fait sans complaisance avec rigueur et sincérité.La lecture se fait au rythme des absences et puis du retour des images du passé.En refermant le livre, j'ai ressenti une étrange impression de parenté.«Vous vous retrouvez dans l'enfance de Sarrauteexactementcom-me dans la vôtre, avec l'impression de plus en plus forte que c'est un double de vous qui parle, oui, pour la première fois cela est dit de la vraie façon, comme si un voile se soulevait.»1 Lire Enfance de Nathalie Sarraute comme on a envie de palper, de caresser, de parcourir avec des mots les images dégagées du brouillard qui recouvre le passé.Marie Claude Trepanier Lf PitDDCROi fiPTisnns MOBILIER SUR MESURE -h" Re P n 1/ Monique Larue.no 36.sept 83 m Spirale.du Herau Hôtwô1 tous tes livres de la Section fëwinit>fve7 5% défaut bill kRoselanErÇJfe librairie autogérée, à buT non lucratif 3Z5 est Sfe-Catoerine, MH^rjevri, HOR.CXAU1ÎEL F:*nusiCAXU.LE ¦"•¦< : * tnO x¦ ¦ : XÀ*st*Kf ïfvnyr, Xt* Oubliée du monde avant même de l'avoir quitté.rJUAel Les Presses de la Renaissance.17.95$ | UN LIVRE BRÛLANT: LE DESTIN TRAGIQUE DE CAMILLE CLAUDEL Demandez nos catalogues gratuits: ÉOIPRESSE (1983), 8382, rue Saint-Denis, Montréal H2P 2G8 LÀ VIE UN ROSE, mars 19S4 57 flash LE LIVRE CHOC DU FÉMINISME QUÉBÉCOIS Pour en finir avec le patriarcat La journaliste ARMANDE SAINT-JEAN dénonce dans cet essai percutant un système totalitaire et universel qui nous opprime TOUTES et TOUS.UN ÉVENTAIL DE BEST-SELLERS! 1»1*1*.15tï1l MONTRÉAL - PARIS 2069.rue Saint-Denis Les cases de la vie De mémoire de femme.Marguerite Andersen, Quinze, collection réelles.Montréal, 1982, 15,95$ J'apprends que De mémoire de femme de Marguerite Andersen vient de se voir attribuer le Prix des ieunes écrivains du Journal de Montréal.Je me sens un peu honteuse Un an après sa parution, je ne l'ai pas encore lu.Je lis De mémoire de femme.Mémoires.On dit des mémoires qu'elles sont la «relation écrite qu'une personne tait des événements auxquels elle a participé et dont elle a été témoin».(Petit Robert 1, 1982, p.1 179.) Sur la couverture, un casier d'imprimerie rempli de photographies d'entants, de femmes, d'hommes et surtout de mots, «.inquisition», «silence», «corps», «passion», «plaisir», «labyrinthe», «douceur» écrits à la main sur papier blanc.Ce sont ces cent quinze compartiments qui mènent Anne à travailler sa mémoire, à la répertorier, à l'ordonner: «J'ai, me semble-t-il, trouvé un système simple et hygiénique de mettre de l'ordre dans ma vie.» Mémoire de.Anne est allemande, elle a maintenant cinquante-deux ans.Mariée trois fois, mère de trois enfants, elle parle trois langues et a vécu sur trois continents Autour de certains mots, de certains visages et de quelques événements, elle retrouve peu à peu la mémoire de son corps, du corps Le mot, trop longtemps tu, remplira la case du e muet, la plus importante, parce que la lettre la plus souvent utilisée.Corps, mot clé autour duquel s'agglutineront les signes du passé et les marques de l'émergence d'une vitalité nouvelle De mémoire de Maria, la mère, Emma, la soeur, et Dominique, l'aîné des trois enfants, disent Anne devenue personnage raconté.«Il me faut y regarder de près, me dire, me taire, laisser parler les autres, me chercher, me trouver.» Chacune, chacun réfracte à travers son lieu, son temps et son espace la même Anne, diverse et multiforme.La mère dit l'Allemagne, les annéesde guerre, de privation, la complicité avec sa fille malgré le père écrivain, et les différences.Anne aventureuse, ainsi nommée par Irène la soeur, création de l'après-guerre, femme aux valeurs sûres, résolument ancrée à l'intérieur, et reprise semblable par Dominique, déchiré par l'absence de la mère, assouvissant la haine qu'il éprouve pour le troisième mari, obiet d'un amour exclusif.De mémoire de D'aussi loin qu'Anne se souvienne, il y a l'enfance, les deux soeurs aînées, la famille et surtout l'Allemagne du nazisme, l'initiation et les premières aventures sexuelles, tout cela qui marque et s'inscrit, de mémoire de, pour admettre la fuite, l'exil comme coupure volontaire du milieu, apprendre les |ouissances du corps découvert, viable, l'histoire des femmes.De mémoire de femmes.À la fois trajectoire singulière rendue dans une structure habitable et synthèse des vies de femmes à mi-chemin entre le roman, l'essai et l'autobiographie.De mémoire de femme de Marguerite Andersen crève les écrans de toutes les représentations.Le langage, ultimement, naît du corps et y revient vivre Michelf Roy |_J Pour suivre de près les mutations rapides des pratiques artistiques: Abonnez-vous! CP.277, Haute-Ville, Québec G1R 4P8 Tous les anciens numéros sonl disponibles, exceptés les numéros 2 et 7.nos I a II 2 $ l'exemplaire, nos 12 à 17: 3 $ l'exemplaire.Commande de plus de 5 numéros: rabais supplémentaire de 20r/c La série de douze numéros: 25 $ Encercle/ les numéros désirés: I 2 3 4 5 6 7 8 9 10 M 12 13 14 15 Ici 17 IX 14 20 2 1 ?12 numéros Nom_ Adresse Ville Code postal 58 LA VIE EN ROSE, mars 1984 La débarque des «paètes» Maryse, Francine Noel.Éd VLB Montréal.1983 Maryse, ou quand l'esprit-trappeur de la brigade des gangs confondant bouteille d'encre et carafon de sangria, prend un sacré bouillon ! Chaque fois qu'un esprit-frappeur prend une débarque, ça me rend euphorique Souvent invisible à l'oeil peu exercé, l'esprit-frappeur (avec ou sans brigade) est touiours présent présent et partout.Comme Big ou Little Brother ou cet autre shérif plus ancien,., De toute façon, c'est assez encombré au Panthéon de leur Splendeur ! Francine Noèl, qui a l'oeil vif, l'a repéré et raconté avec un talent indiscutable.Elle sait qu'une des fonctions essentielles de l'espnt-frap-peur est de cogner assez fort pour que ça laisse des ecchymoses intéressantes afin qu'à sa prochaine patrouille, l'es-prit-frappeur et sa brigade des moeurs puissent se rincer l'oeil et se dilater vous savez quoi.Mais n'allez pas déduire que ce monde-là fait seulement dans l'amour.Voyons donc, ils sont plein d'envergure et il est normal de les retrouver chef de police des consciences ou lifeguard des thèses dans les piscines des «maternités» et autres barbotteuses «littérologiques».Dans ce beau roman, les dites barbotteuses sont fréquentées en maiorité par des bar-botteurs d'extrême-gauche «voués à la gauche comme si c'eût été de naissance, comme une lâche de naissance».Et ils sont tous les grands esprits-frappeurs-fondateurs de la LMNOPQRSTU, lire «Ligue machiste nationale officiellement péquiste et québécoise, radicale secrètement thanatoiste et unitaire».Une métamorphose n'attendant pas l'autre, les voici «paètes» à la recherche dune «muse diplômée senior» pour l'inspiration.Une muse de préférence «steady et robuste» ne devra-t-elle pas travailler à l'extérieur pour taire vivre son «paète» et à l'intérieur pour le nournret le blanchir ?Mais muse diplômée ou pas, quand vient l'heure du crépuscule des idoles, c'est-à-dire quand le «paète» frappe la croûte de sa stérilité au fond de sa bouteille d'encre, il est dans l'ordre des choses que la muse fasse son autocritique, concrètement : qu'elle prenne tout le blâme Je ne vous surprendrai pas si ie vous dis que les personnages les plus attachants de ce livre remarquable sont les femmes Des femmes qui semblent souvent survivre à cette tragique ieunesse du coeur, à coups de sangria, d'amitié, de courage- non.ie ne dirai pas complicité ie préfère quant à moi parler d'alliance L'alliance des femmes, et c'est avec elles et Mélibée Marcotte, la chatte futée de Maryse, que nous traversons les épaisseurs de l'après-temps de la révolution tranquille des pépères québécois Ce livre nous gardeenlre le fou rire, la lubilation, les pincements au coeur et le coup de toudre pour une écrivaine qui vient de prendre le large, le grand large Lisez Maryse de Francine Noél, le temps d'un enchantement JOVFTTF fvlARCHFSSAULT Etang aux oies 1—( IfPifDKPOi \ : fipjisnns DEUX MENUISIERS «D" SUR MESURE o M Re p ci Ania Francos stipule : «Cancer ou non, il faut vivre» «Un roman existentiel qui a choisi la voie loufoque, le ton cynique (.) Et surtout ne pas chercher la morale là où ne s écrit qu'une merveilleuse leçon de vie.» Monique Roy (Le Devoir) «C'est de la vie.ce roman, de la chaleur, de la colère : un incendie d'espoir qui brûle les pages." Matthieu Galey (L Express) Diffusion flammarion EN VENTE DANS TOUTE BONNE LIBRAIRIE Ania Francos sera en visite au Québec, accompagnée de son éditeur Bernard Barrault.du 1 5 au 20 janvier.LA VU ENMOSX, mars I9Ê4 59 flash La course insolente Station transit.Geneviève Letarte.Ed La pleine lune.Montréal.1983 Comment sait-on si un livre est bon, si l'auteure a, ou non, du talent ?En dehors de tout canon d'appréciation, il y a.et avant tout, une forme d'instinct Dès les premières lignes du texte, les mots nous giflent ou sagrippent à nous, ils s imposent naturellement, exigent notre attention II faut lire Quitte à voir et on verra Station transit de Geneviève Letarte est à la fois un premier livre et un premier bon livre Très |eune (souvenez-vous de ce qu'on dit du vin), encore frais, truffé de toutes sortes d influences, et non dénué de tics d'écriture, ce texte est une course à travers la vie et la ville et l'auteure tout comme les lectrices/lecteurs s en sortent essoufflé-e-s voire épuisé-e-s .À mi-chemin entre Yolande Villemaire.Pauline Harvey et Jean-Paul Daoust ressemblant à du iazz.du rock ou du Geneviève Paris première version, riche encore (et toutefois pas assez) de toutes les lectures, de toutes les écoutes, de toutes les (nom candeurs.Station transit esi vif.insolent et tendre L op y parle et quête l'amour, l'attention, les sons et les couleurs et l'on court après son souffle comme après sa vie avant que i autre ne l'échappe, ne s échappe Avec Anne Marie Alonzo Peu de stratégies Birth Report.Valmai Elkins Le Birth Report de Valmai Elkins rassemble beaucoup d'informations sur l'accouchement à l'hôpital, surtout des témoignages de parents qui l'ont vécu suivis d'analyses détaillées de ces expériences Le livre examine le caractère institutionnel des hôpitaux, qui doivent s'occuper d'un grand nombre de gens le plus efficacement possible; il étudie aussi le désir des gens de vivre une expérience unique tout en ayant la «sécurité» du milieu hospitalier Les conflits qui en résultent sont d'ailleurs bien expliqués En tant qu'ex-professeure de cours prénatals et grande lectrice de livres sur la naissance.|'ai lu énormément sur le suiet ces huit dernières années Quoique donnant une bonne idée du déroulement de la naissance dans un hôpital - de la dimension humaine aux aspects hautement techniques - le Birth Report n'amène rien de neuf au débat L'analyse des soins institutionnels et du peu d'égards accordé aux besoins individuels sont choses connues Outre tous les livres à ce suiet.tous les groupes post-natals pourraient vous en dire long, sans parler .des femmes qui sont passées par là Ce qu'il manque, il me semble, ce sont des stratégies Les parents ont besoin de savoir ce qyi est immuable et ce qui peut changer, à l'hôpital : comment ils et elles peuvent agir ensemble lors de leurs escarmouches avec l'administration hospitalière Ces conseils pratiques manquent au Birth Report ff?i i i i Janet Torge immo LE\l\Gs\ZIXE QUI EUT COULER BEAUCOUP D'ENCRE r JULIA BETTINOTTI JOCELYN GAGNON B QUE C EST BETE.MA BELLE! ÉTUDES SUR LA PRESSE FÉMININE AU QUÉBEC ___J distribution en librairie diffusion lougarou inc.9890 de l'Esplanade Montréal (Québec) h3l 3r5 389-0902 / 389-7811 soudeyns-donze éditeurs cp 608.dépôt n Montréal (Québec) h2x 3M6 60 LA VIE EN ROSE, mars 1984 flash En attendant les partys de bureau Sans coeur et sans reproche.Monique Proulx.Éditions Québec/Amérique.Montréal, 1983, 1 4.95$ Un soir d'automne, par temps doux.ie lis.À côté, une femme accouche.Les premiers cris se mêlent aux mots Difficile de les oublier, ce sont ceux du texte, ceux de la vie.Elle s'appellera Françoise, lui Benoît.D'autres renseignements 9 Ils se côtoient à la maternelle et grandissent dans les formes.À treize ans, Benoît s'ini-tie à la chimie «mélange de mescaline.L.S.D et mica -vtrès très^rès dément.».Françoise, quinze'ans, vit violemment un versant de la conduite automobile masculine.Le sexe, bien sûr, détermine les éclatements et la qualité des éclats.Ils s'aiment à trente ans.s'en souviennent chaque année et vont chacun de leur côté en laissant parfois parler leur corps, douloureusement.Ainsi, ils vieillissent, dans le territoire rétréci de leurs rêves et les petites misères de la vie en famille, en société.Entre deux impressions de voyage (une naissance, une mort) et en treize nouvelles.Françoise et Benoît se partagent équitablement les âges d'une vie.Parfois ensemble, souvent tour à tour, ils montent sur la scène de leur existence, le temps d'une révélation, d'une métamorphose.Car, c'est de cela d'abord qu'il s'agitdans les nouvelles de Monique Proulx, réunies sous le titre Sans coeur et sans reproche: les règles parfois échappent, la mécanique de vivre a des ratés et les corps délirent un court instant.Vous devinez9 J ai beaucoup aimé.À cause des personnages, de l'intelligence du regard, des émotions, de l'ironie surtout.Monique Proulx sait user des effets de la parole: les répliques sont vives comme des éclats de rire, des turbulences dans le passage des malaises - «J'en ai mis un - Un quoi 9 , - Un tampax, innocente1 ', - Cest-tu vrai 9 Ça fait-tu mal 9 Je m'en vas essayer le mois prochain !» Quand le quotidien opprime, le langage tient heu de survie.Françoise et Benoît deviennent, à ces moments presque trop vrais de transparence, dangereusement humains Vous ne connaissez pas Monique Proulx9 Elle a signé des textes dramatiques pour la radio et la télévision, un téléthéâtre et une pièce Vie et mort des souris vertes Sans coeur et sans reproche est sa première publication Un livre de nouvelles à lire, par exemple, avant les réunions des Fêtes et les partys de bureau.Pour imaginer ce qui se passe sous les surfaces.Michèle Rov cO Lf PifDDE-ROJ ARTISAN CHARPENTIERS/ÉBÉNISTES Michel Servant/Louis Brown L ATELIER 389 chemin Evangeline, I Acadie Invesud de min JOJ 1 HO Tel 1-347-2674 768-7384 (soir) LéY des femmes PARCE QUE, DEPUIS PLUS BE CENT ANS, C'EST UN ENDROIT OU NOUS POUVONS: • améliorer notre situation de femme • acquérir une meilleure condition physique • parfaire notre formation personnelle • participer au rrjieux-être de la communauté VOUS Y TROUVEREZ.• Le centre de gestion pour femmes • Le centre d'activités physiques • Le centre d'action féministe • L'Hôtel/Résidence • Le service de consultation et de références • La base de plçjn air (Camp Oolahwan) • La garderie, h>lte-garderie et le camp de jour • Les lunchs du- mardi • Des journées d'information, des rencontres etc.Session Printemps 1984 9 avril - 30 juin Inscriptions: 14 mars -13 avril Le YWCA .Un endroit où les femmes travaillent ensemble pour faire bouger les choses! YWCA-1355 ouest Dorchester.866 9941 LA VIE EN ROSE, mars IM4 61 • • • • • • • • • • • I • • • I • • • • Telle mère, telle fille?Terms of endearment.U SA 1983 avec Shirley Madame et Debra Winger Oui, vous allez pleurer, c'est garanti ; de |Oie, de tristesse, de désespoir et peut-être même de rage à vous sentir manipulée, si savamment manipulée C'est pourtant un film à voir, ne serait-ce que parce qu'il explore très franchement une réalité souvent reléguée dans un coin obscur, la relation mère-fille L'histoire d'abord Adaptation d'un roman de Larry McMurtry (The Last Picture Show), cette tragi-comédie brosse le tableau de la relation entre Aurora, la mère, et Emma, la fille, et décrit sur un ton narquois l'évolution mouvementée de leurs rapports depuis la naissance d'Emma jusqu'à sa mort prématurée C'est, sur un ton enioué, une ode spirituelle à l'amour, à l'amitié, au sexe et à toutes ces émotions et ces infidélités qui se multiplient dès qu'il y a relations avec les autres Il s agit d'un film authenti-quement américain, c'est-à-dire rodé comme une machine mais assez superficiel, sauvé pourtant par le ieu ma- gnifique de chaque personnage On peut trouver intéressante cette description ouverte des relations entre une mère et sa fille, parce que si elle en aborde les aspects négatifs (comme dans My Mother Myself), on y retrouve aussi des aspects d'amouret de complicité extraordinaires On parle de la dépendance d'une mère par rapport à son enfant, de ses stratégies pour préserver la relation privilégiée qu'elle avait avec sa fille avant le mariage de celle-ci, on aborde aussi, même si c'est de façon un peu naïve, la rivalité sourde qui peut exister entre un enfant et un parent du même sexe, même si cette rivalité s exprime mal.On peut aussi trouver ce film très caricatural, la victoire d'une «marna» américaine déçue d'avoir perdu le contrôle sur sa fille et qui cherche à tout prix à la regagner D'ailleurs, les ficelles émotives qu'on tire à l'excès pour nous faire réagir par la compassion et la répulsion ne sont-elles pas un peu grosses 7 Malgré tout, ce film illustre bien, à mon avis, tout le merveilleux et tout l'odieux de ce qu'on nomme parfois le «contrat d'amour» ^ Madeleine Champagne LE MAGAZINE DE L'INFORMATION AU QUÉBEC POUR SAVOIR, DE L'INTÉRIEUR, TOUT CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE DE L'INFORMATION AU QUÉBEC.Abonnement: 10$ Le «30», 1212, rue Panet, Montréal, H2L 2Y7 (514) 522-6142 Criminologie Vol.XVI, n° 2, 1983 Les Femmes et la justice pénale Les Femmes réclament à l'intérieur du système pénal une place qui soit mieux adaptée à leurs actes et plus conforme à leurs exigences de justice sociale.134 p.7,50$ Abonnement 1984 Individus Canada Institutions Le numéro Pays étrangers 12$ 14$ 24$ 7,50$ Le Maternage mal salarié Travail sexué et discrimination salariale en milieu hospitalier Dominique Gaucher L'organisation hospitalière définit des pouvoirs, des champs d'intérêt et des lieux de travail différents pour les sexes.244 p.18$ Iffiï PUM universitaire LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL CP 6128.Suce »A.Montréal (Québec] H3C3J7 Tel : 343-6929 62 LA VIE EN ROSE, mars 1984 >«i*A*iJ*ft*Ll*l*J Théâtre LES BOULES À MYTHES de Lina Beaulieu, «satyre» tra-gico-comique qui veut déconstruire les mythes féminins à travers les époques.Les 28, 29, 30, 31 mars et 1er avril.Au Théâtre de la cité universitaire, Université Laval, Québec, 20 h 30.Henriette Lambert, (41 8) 656-2765.Concert L'ensemble GYNESTR' ELLES, regroupement d'une quinzaine de femmes ayant une expérience chorale, sous la direction de Danielle Lavoie, donnera le Stabat Mater (concert choral) de Giovanni Battista Pergolesi, le 11 mars84,à20 h, à l'école de musique Vincent d'Indy, 628 chemin de la côte Sainte-Catherine.Entrée libre.CONFÉRENCES FAISEUSES D'IMAGES ET IMAGES D'ELLES (les femmes et le cinéma) de Jo-vette Marchessault.Mardi, 6 mars, 19 h 30 : Bibliothèque Côte-des-Neiges, 5290 chemin de la Côte-des-Neiges, Montréal.739-2139.Samedi, 24 mars, 13 h: Bibliothèque Ahuntsic, 780, boul.Henri-Bourassa Est, Montréal.381-1 428.L'AVENTURE LITTÉRAIRE DES FEMMES de Jovette Marchessault.Mercredi, 7 mars, 1 9 h 30 : Bibliothèque Marie-Uguay, 6052, boul.Monk, Montréal.872-4414.Samedi, 10 mars, 13 h: Bibliothèque Ahuntsic, 780, boul.Henri-Bourassa Est, Montréal.381-1428 INFO-FEMMES présente: 1 2 mars : «Prendre en charge sa santé mentale» de Francine Jolicoeur.19 mars : «Discussion sur Le complexe de Cendnllon» de Lise Labarre.26 mars: «Apprivoiser ses peurs» de Geneviève Courval.Info-Femmes est un organisme à but non lucratif qui poursuit des objectifs de sensibilisation sur les conditions de vie des femmes.Pour plus d'informations : 1050, boul.Saint-Jean-Baptis-te, Montréal.645-1 526.JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES MARS ^^~\ m PRÉSENTE MARIE CLAIRE SEGUIN NICOLE LEBLANC N.GENEVIÈVE PARIS \ *¦ MARIE CARDINAL WONDEUR BRASS LES FOLLES ALLIÉES SYLVIE POTVIN LOUISE BABIN MARIE HÉLÈNE ROBERT LISE VAILLANCOURT MONIQUE RICHARD ÉLISE BÉDARD DANIELLE HOTTE et ses danseuses JEUDI 8 MARS i 20H30 Billets: 8.50$ au PALADIUM DE MONTRÉAL 1650 rue BERRI métro Berrl-de-Montlgny BAR • DANSE • GARDERIE GRATUITE Hltata an vanta da* l* 10 la.ria, ; •n PALADIUM da 12n t23h tous lu tours 284-0009 i la LIBRAIRIE ZONE LIBRE 325 Sta-Catdartna M 844-0758 < LA VIE EN ROSE 3963 St-Oamia 843-8576 RENSEIGNEMENTS (réservations, garden*, prix d« groupa, ale .I LA VIE EN ROSE 3963 Sl-Oanu 843-8576 ES EXCLUSIVEMENT Dernière heure ! Samedi le 10 mars, à 12h., au Carré St-Louis, aMontréal, manifestation de l'intersyndicale à l'occasion de la Journée internationale des femmes: DE PLUS EN PLUS FORTES (Tel : 598-2097) - Les 6,7,8,9 mars, à la galerie MAXIMUM, 123 Mont-Royal ouest, des spectacles de musique, poésie,etc.pour les femmes (ex-)dé tenue s (Té 1 : 282 - 2050) Les 21 et 22 mars, vidéos féministes du GIV à Powerhouse 3 7 38, St-Dominique (Té 1 : 524 - 3259 ) ^ LA VIE EN.ROSE mars I9H 63 1J DES FEMMES BATTUES AU QUEBEC groupe d'analyse des politiques sociales ÉDITIONS SAINT-MARTIN Claidelgwiewx [A CUISE w\e (oistoire de famille EDITIONS SAINT-MARTIN Pourquoi, après trente ans de pouvoir socialiste, après la réforme agraire, le Grand Bond en avant et la Révolution culturelle, le mariage des femmes est-il encore négocié selon leur poids dans les régions montagneuses du Shanxi et du Guangdong ?Comment expliquer la survivance de tels traits féodaux dans la société chinoise ?À quoi est-elle due ?Telles sont les trois questions constituant l'armature de cet essai.180p.10,95$ Les femmes ne veulent pas de pilules pour oublier et de soins pour cicatriser des plaies ouvertes ; elles veulent des refuges pour se soustraire à la violence et de la solidarité pour les soutenir dans leur refus de la violence et la recherche de la justice.Les maisons de femmes suscitent et répondent à ces nouveaux besoins.110 p.8,95$ EGALEMENT DISPONIBLES DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES : L'intervention féministe : l'alternative des femmes au sexisme en thérapie C.Corbeil, C Lazure, G.Legault, A.Pâquet-Deehy 188 pages 12 $ Nous, notre santé, nos pouvoirs G.R.A.F.S.en coédition avec les Editions du Remue-Ménage 204 pages 12 $ Viol et pouvoir L.Clark et D Lewis 208 pages 12 $ L'école rose et les cols roses F.Descarries-Bélanger Éditions Saint-Martin 4073, rue St-Hubert, suite 201 Montréal H2L 4A7 128 pages 10 $
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.