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Titre :
La vie en rose
La Vie en rose jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sur un ton critique et avec humour. [...]

Publiée à Montréal de 1980 à 1987, La Vie en rose est, pendant cette période, le principal magazine féministe québécois. Le premier numéro, sous-titré « magazine féministe d'actualité » et dirigé par un collectif de six femmes, paraît au printemps 1980, encarté dans la revue contestataire Le Temps fou. Autonome dès le cinquième numéro, La Vie en rose est publiée trois fois l'an jusqu'en 1984, puis huit fois l'an jusqu'en 1986, où elle devient une publication mensuelle.

S'éloignant du militantisme « pur et dur » des revues des années 1970, La Vie en rose propose, pour contrer le discours ambiant post-féministe et justifier sa pertinence et son combat, de repenser, de renouveler et de redéployer le féminisme. Pour ce faire, La Vie en rose donne au féminisme une image enjouée, évite le dogmatisme et favorise une variété de perspectives. Cette volonté de rassemblement des féministes permet une ouverture intergénérationnelle et encourage la réflexion.

Le magazine jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sans s'aligner explicitement sur un parti ou une idéologie politique. Les thèmes abordés ne sont par ailleurs pas étrangers aux enjeux féministes : les articles traitent presque exclusivement de sujets intimement liés à la condition des femmes dans la société contemporaine. Revue indépendante, La Vie en rose tient mordicus à l'autonomie, qu'elle revendique aussi sous toutes ses formes pour les femmes québécoises.

Outre les rubriques récurrentes (l'éditorial, le courrier, les comptes rendus de films, de livres et de pièces de théâtre), le magazine propose des dossiers spéciaux qui abordent des sujets comme le travail, la langue, le pouvoir, le syndicalisme ou les lois. La Vie en rose explore parfois des questions difficiles, voire litigieuses, telles la religion, la prostitution, la pornographie et les maladies transmissibles sexuellement. Des entrevues de fond, avec des personnalités d'ici et d'ailleurs (Clémence DesRochers, Lise Payette, Diane Dufresne, Simone de Beauvoir, Christiane Rochefort et plusieurs autres), sont aussi publiées régulièrement.

Une des caractéristiques importantes du magazine est l'espace qu'il accorde à l'humour. Les caricatures et les textes ironiques en sont partie intégrante, de même que les célèbres « chroniques délinquantes » d'Hélène Pedneault (réunies ultérieurement en recueil), très appréciées du lectorat. La Vie en rose fait également une grande place à la littérature et encourage ouvertement la « relève »; elle publie le nombre impressionnant de 58 récits de fiction au fil de ses 50 parutions. Certains numéros contiennent des nouvelles portant sur un thème suggéré par la revue, alors que d'autres rassemblent des textes d'un même genre (le roman policier, par exemple), que l'équipe de La Vie en rose cherche à ouvrir à une redéfinition en vertu de paramètres féministes.

D'abord tiré sur papier journal et illustré de dessins et de photos en noir et blanc, le magazine adopte, dans son numéro de juillet 1983, un graphisme semblable à celui des revues à grand tirage et est imprimé sur papier glacé. De 10 000 exemplaires en 1981, son tirage moyen atteint ensuite près de 20 000 exemplaires par numéro.

Une combinaison de plusieurs facteurs, dont des difficultés financières dues aux abonnements insuffisants et un certain essoufflement de l'équipe d'origine, forcent La Vie en rose à tirer sa révérence au printemps 1987. Cette revue demeure encore aujourd'hui parmi les plus importantes de la presse alternative québécoise.

BERGERON, Marie-Andrée, « La Vie en rose (1980-1987) - Construction rhétorique d'un leadership », Globe - Revue internationale d'études québécoises, vol. 14, no

DES RIVIÈRES, Marie-José, « La Vie en rose (1980-1987) - Un magazine féministe haut en couleur », Recherches féministes, vol. 8 no

Éditeur :
  • Montréal :Productions des années 80,1980-1987
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

La vie en rose, 1984, Collections de BAnQ.

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LE CHAMPAGNE RÉCEPTEUR AMPLIFICATEUR, MODÈLE HK 330 I, PUISSANCE DE 20 WATTS PAR CANAL.__harman/kardon SiCtronique 9343 LAJEUNESSE, MONTRÉAL, QUÉBEC, CANADA H2M 1S5, (514) 389 1377 no 21 novembre 1984 Editorial Le triomphe de l'idolâtrie Françoise Guenette Courrier 7 Communiqués 9 Commentaire 11 L'abominable audace du peuple canadien Jacqueline Pelletier Chronique Délinquante 13 Y a-t-il un fantasme dans la salle?Hélène Pedneault Actualité Féministe 14 L'école des chaudrons ou des électrons?14 Une pornographie de premier choix 15 AFEAS: toujours l'argent 16 Un douloureux bien-être 16 Garderies exilées desCOFI 17 Actualité Politique fédérale: Les promesses de Brian 18 Gloria Escomel Le partage des tâches?Big deal! 32 Louise Vandelac Ecologie 37 Environnement Canada: Suzanne et les voisins Magali Marc SOMMAIRE 22 Quelle voyageuse êtes-vous?S Photos de Dulcé Araujo 24_ Les voyageuses Louise Larose 28_ Sur les traces d'Alexandra David Neel: Les exploratrices Louise Larose 30 Madeleine Sauvé: Le Nord en solitaire Micheline LaFrance Fiction Pour me consoler, j'imagine que les bombes sont tombées Anne Dandurand Musique 42 Giovanna Marini: Elle raconte des histoires Lucia Malvisi, Mercedes Roy Cinéma 44 Festival de Toronto: Surprises dans la Ville-Reine Diane Poitras Arts Montréal tout-terrain: Trente femmes, un monument 46 Rose-Mane Arbour Anti Nuke Show: L'art contre le nucléaire 47 Christine Ross La Malvas: Une sacrée galère 47 Gloria Escomel Théâtre Femmes de théâtre et théâtre de femmes: Bientôt la deuxième vague?48 Francine Pelletier Les Fées ont soif: Une heureuse reprise 51 Danielle Zana Flashes culturels 52 Livres, cinéma, théâtre, danse Calendrier 59 novembre 1984 LA VIE EN ROSE éditorial Jean-Paul II au Quebec triomphe de l'idolâtrie Vers 10 heures 30.le 11 septembre dernier, jour du pape à Montréal et des 60 000 jeunes colombes au Stade, je me suis précipitée vers le parc Jarry au milieu de son quadrilatère bairicadé.Et j'ai vu.J'ai vu 300 000 personnes assises sur des bancs de carton peu à peu rongés par l'humidité, enveloppées d'impers de plastique, un morne troupeau silencieux parqué dans une suite de corals cordés, sous un ciel de novembre.Et puis je l'ai vu.Lui.petite silhouette blanche se déplaçant au ralenti sur un énorme gâteau de mariée en presswood.J'entendais mal.voyais peu.j'avais froid, et toute la scène me déprimait ; je suis rentrée avant la pluie.Le soir, bien au chaud, je voyais les chroniqueurs religieux de notre télé d'État m'interpréter la scène que j'avais vue (était-ce la même 7) avec gros plan sur Lui.Ses mains.Sa calotte, Son dos pris en sandwich par la caméra entre deux dos d'èvêques.et derrière.Sa foule en adoration devant l'idole : belles images bien composées, propos insipides sur un ton lénifiant ou faussement enjoué Un exemple de la couverture «mur à mur et paresseuse» donnée par Radio-Canada à Sa visite, au coût de 12 millions $, selon les termes de Louise Cousineau dans La Presse.Le lendemain 12 septembre.La Presse.tout aussi sirupeuse, décrivait la même messe et m'abreuvait de manchettes, photos, propos grandiloquents : «moment grandiose d'un cheminement spirituel», «authentique communion de foi», «histoire d'amour entre Lui et "nous"» (nous qui7), «foule touchée et conquise», «ces jeunes qui accueillaient avec tant d'ardeur son message d'espérance», etc ad nauseam.Ce fut comme ça, pendant 11 jours et plus, souvent sur le même ton d'émotion factice, à longueur de page et d'antenne, sans plus de recul, de sens critique, de nuances.Vous vous en souvenez 7 Et puis enfin, un jour.Il est reparti pour Rome Ouf 1 c'était fini.Nous reprenions notre souffle quand vos lettres ont commencé à arriver Certaines d'entre vous, comme Francine Bélanger de Montréal, déploraient le tapage de la visite et notaient des péripéties à leur avis plus scandaleuses que d'autres : «J'ai vu l'homme en blanc et sa suite envahir couloirs et chapelles de la maison des Contemplatives à Hull et s'emparer des micros pour se souhaiter la bienvenue chez les soeurs et pour leur dire, ainsi qu'à toutes les femmes, de continuer à se taire, à servir et à rester dans l'ombre 1 J'ai vu les soeurs attendre, vibrer, se taire et se comprimer massivement dans la chapelle pour que quelques hommes puissent prendre la place (mais) le silence des Contemplatives ne se comparait pas à la Loi du silence qui a prévalu dans les médias durant la visite papale (et) j'ai vu cette forme d'invisibilité qui saute aux yeux : j'ai vu une toile épaisse sur le passé scabreux de l'Église et j'ai entendu murmurer que ce voyage allait nous coûter très cher !» autres, comme Hélène Simard de Québec, ont relevé d'abord les contradictions les plus criantes du discours papal concernant plus directement les femmes: «Bien sûr, le Très Saint Père a tonné contre l'avortement, "crime inexprimable contre la vie humaine".On s'y attendait.Mais pourquoi n'a-t-il pas dit aux pères d'arrêter de violer leurs filles 7 Ça ferait moins d'adolescentes à faire avorter.«Bien sûr, le Très Saint Père a prôné le mariage indissoluble.Jésus est censé avoir prêché ça : il faut fouiller longtemps dans les Évangiles pour le découvrir Et Jésus, pas bête, est resté célibataire.Mais pour que le mariage dure et se bonifie, ne faudrait-il pas que les gars arrêtent de battre leurs femmes 7 Pas un mot là-dessus du Saint-Père.«On a eu droit à plusieurs couplets sur les droits et le "caractère sacré" de la per- LA VIE EN ROSE 4 novembre 1984 sonne.Mais pas le plus petit mot sur les droits pleins et entiers des femmes dans l'Église elle-même, cette bonne Mère pleine de grâces comme Marie Les filles, vous pouvez attendre à la porte du sanctuaire «Le miracle, car c'en est un, c'est qu'après toutes ces avanies il reste une seule femme pour écouter ces pontifes.Ou bien ces femmes-là n'ont aucune conscience, aucune fierté, pour endurer d'être traitées comme des servantes ; ou bien c'est la peur qui les fait marcher.» La dernière hypothèse est dure mais comment expliquer, en effet, l'impact indéniable de l'homme Jean-Paul sur plusieurs femmes pourtant féministes "> Gisèle Tremblay aussi a vu et pris des notes Pour elle, le pape est une idole, «une image représentant une divinité et qu'on adore comme si elle était la divinité elle-même» (Petit Robert), mais une idole de chair cette fois, reproduisant un discours pétrifié : «Comme tant d'autres, j'ai regardé le pape à la télévision pendant des heures, fascinée jusqu'au malaise, et je l'ai vu.J'ai vu la séduction personnelle de l'homme, indéniable, mais aussi l'attrait profond et sous-estimé qui caresse déjà la fonction elle-même.J'ai vu le frisson du spectaculaire qui parcourait les foules, et qu'on a vite confondu toutefois avec un renouveau du spirituel.J'ai vu le soupir d'aise de l'Église du Québec se déployant enfin à ciel ouvert après des années de purgatoire.J'ai vu la beauté des images télévisées, mais aussi l'unanimisme trompeur qui s'en dégageait.J'ai vu la tendance de la presse québécoise, pour rendre compte du spectaculaire, à se réfugier dans lanecdotique.ce qui réduit l'événement à ses apparences.«Or.la visite du pape n'était pas que spectacle.Denière la modernité du pèlerinage, dans les discours et les rites éprouvés qui le mettaient en scène, c'était bien le même vieux message truqué, fondé sur la haine séculaire des femmes et leur exclusion.«Une haine si intégrée aux croyances et aux institutions qu'elle a toutes les apparences de la vertu, que les hommes d'Église s'y chauffent comme à la source même de l'amour et qu'en s'abandonnant à leur propre ravalement dans les soubassements de l'espèce, les femmes elles-mêmes croient adorer Dieu.» En préparant le dossier papal de septembre dernier, nous essayions de prévoir les conséquences politiques de la visite de Jean-Paul 11.craignant qu'elle réduise la portée quotidienne des luttes des femmes : garderies, avortement.travail, etc.Nous n'étions pas les seules à avoir peur de l'impact réactionnaire de l'événement Dans la revue Pour le socialisme de l'été, Lucie Nadeau écrivait : «Et si ça renforçait la droite?Si, comme aux États-Unis, le mouvement anti-avortement connaissait un essor suite à la visite papale7 Si on renforçait la structure paroissiale, quel impact cela aurait-il sur les groupes populaires de nos quartiers 7 Si les partisans de l'école confessionnelle trouvaient de nouvelles munitions 7 Si les gais et les lesbiennes risquaient un peu plus de répression ?» Aurions-nous eu tort de craindre tant7 Pas sûr Dans La Presse du 1 5 septembre, il y avait cette lettre : «Je suis une femme qu'on pourrait facilement qualifier de féministe (.) je travaille pour et avec des femmes.J'étais indifférente à la venue du pape et puis il était là, il nous parlait.et aujourd'hui, moi et d'autres femmes comme moi, nous nous demandons si nous avons eu raison de revendiquer comme nous l'avons fait.» L'avenir nous dira (formule «consacrée») si elles sont nombreuses, les Québécoises à ce point touchées par le pape qu'elles ont «viré casaque», de bonne foi.Mais, en général, le bon sens des femmes ne finira jamais de nous étonner.Car la presse, quoique unanime et partielle, nous a quand même réservé involontairement quelques moments délicieux Je pense à cette petite soeur, servante du Bon Dieu, à qui on demanda lors de la béatification de sa fondatrice Marie-Léonie : «Ça ne vous dérange pas de passer votre vie à entretenir un homme prêtre 7».et qui répondit : «Si je m'étais mariée, j'aurais fait la même chose pour mon mari, sans être payée non plus !» Je pense surtout à soeur Odette Léger qui.à Moncton.refit au pape le coup de Theresa Kane à Washington en 1979,' en réclamant courageusement une meilleure place pour les femmes, religieuses entre autres, dans l'Église.Lui regardait ailleurs Je pense enfin à la candeur des femmes, des hommes et des jeunes qui.alors même qu'ils attendaient d'effleurer la paume papale, avouaient sans honte (aux rares journalistes qui leur posaient la question) utiliser des moyens contraceptifs, faire l'amour avec leur petit-e amie, respecter le droit à l'avortement des femmes qui le désirent, etc.De telles scènes tranchaient sur la muraille polie d'une longue couverture de presse trop unanime, où plus rien ne subsistait de l'opposition des femmes, des chrétiens de gauche, des athées, etc.aux préceptes de l'Église.Avant le 9 septembre, on (Radio-Canada entre autres) avait donné quelques «bonnes» minutes à la protestation des femmes, aux pétitions du Collectif pour la liberté, aux Fées ont soif.Une fois le pied papal posé à Québec, plus rien.Et après, on osa s'étonner du «peu de réactions des femmes» 1 Bertrand de La Grange écrivit même dans Le Monde, rien de moins : «L'habileté diplomatique du pape a démobilisé les organisations féministes qui avaient envisagé de manifester dans les rues de Montréal : elles n'étaient que 250 femmes à déambuler (.) À l'homélie de béatification de Marie-Léonie.les femmes ont préféré ne pas réagir.» Quelle naïveté de croire que les femmes auraient pu spontanément, sans moyens financiers, sans organisation paroissiale ou nationale, rétorquer à l'invasion papale sur une échelle aussi vaste que l'invasion elle-même7 De la même façon que la présence de 300 000 pèlerin-e-s dètrem-pé-e-s au parc Jarry ne signifie pas un renouveau durable de la foi québécoise, l'absence de 300 000 femmes en colère pour accueillir le pape pancartes vengeresses au poing ne présume pas du consentement des Québécoises au message papal.Entre la présence massive des uns et la visibilité réduite des secondes, il y a toute une organisation d'Église et d'argent, une mobilisation de deux ans, des milliers de bénévoles, des millions de dollars, et une presse partielle et partiale qui n'a'su voir que le faste et qui, volontairement ou non, a ignoré les contradictions surgissant à tout moment entre deux déclarations d'amour aveugle.Des femmes, pourtant bouleversées d'avoir touché le pape, disaient : «Oui, j'aurais signé la pétition des femmes si elle avait circulé dans ma région .mais je ne peux qu'écouter cet homme quand il parle de paix, de liberté individuelle, de valeurs anti-matérialistes», ou : «Je suis croyante et reconnais le pape comme chef de mon Église.mais l'avortement ou la contraception sont des affaires entre ma conscience et moi.» Ces femmes étaient plus près de la résistance des féministes chrétiennes ou athées que de tout dogme papal.Et cela, c'était la réalité, au-delà de l'émotion suscitée par la résurrection d'un vieux rite patriarcal.Non.nous n'avons pas tant perdu.La visite papale aura eu au moins cela de bon, de révéler au grand jour, une fois de plus, 16 ans après Humanae Vitae, l'irréalisme d'une morale catholique désuète, perçue comme telle et pour cela peu respectée ; de révéler l'ampleur du fossé entre les enseignements pontificaux et le vécu de la majorité des citoyen-ne-s ; de révéler enfin la tranquille résistance des femmes.FIN Françoise Guenette 1/ Voir LVR.septembre 1984.«Le Balayeur du Temple».novembre 1984 5 LA VIE EN ROSE Courrier hymne de trop Il y a peu de temps, La Vie en rose produisait un article sur Louise Forestier, une femme que j'aime beaucoup.Quelques mois plus tard, j'ouvre la revue Ma Caisse produite par le Mouvement Desjardins et qu'est-ce que j'y trouve 7 Un «hymne Desjardins» qui sera interprété par nulle autre que Louise Forestier.J'avoue que le choc a été grand.Desjardins, une super-compagnie très centralisée, tente actuellement d'écraser la lutte d'au moins 10 000 femmes qui travaillent dans ses 1 300 caisses.L'employeur essaie à tout prix de réinstaller le salaire au mérite Bref, les conditions des travailleuses des caisses sont semblables à celles des femmes dans les différents ghettos d'emploi féminin : salaires bas, harcèlement, discrimination, horaires débiles, temps partiel forcé, etc.Alors, j'aimerais comprendre comment on peut d'une part se dire proche des femmes et de l'autre, chanter un hymne à un empire financier qui les opprime 777 Chantal Drouin.travailleuse de caisse, Beauport La Vie en noire Je viens de prendre connaissance pour la deuxième fois de votre revue Elle me répugne.Elle mapparaît être le produit dégradant de femmes frustrées qui teintent tous leurs écrits d'intolérance pour ceux et celles qui ne pensent pas comme vous et qui ainsi éloignent de la vérité.Vous portez des jugements sur tout, y compris l'Église que vous n'avez peut-être pas fréquentée depuis nombre d'années (comment donc pouvez-vous la connaître 7) et toujours sous le seul angle féministe : ce qui est une forme de prostitution intellectuelle parce que malhonnête au départ.Heureusement que l'ensemble de nos femmes québécoises ne sont pas de votre espèce ; elles se respectent et défendent leurs droits en temps et lieux sans éclabousser les autres.Je vous suggère un titre plus réaliste : «LA VIE EN NOIRE» b.bouliane.Chamblï Récupération Depuis quelque temps, je me posais des questions quant à mon réabonnement ; la revue de septembre m'a apporté la réponse (.) Cette couverture m'a choquée.Je suis catholique pratiquante et la revue va à rencontre de mes convictions (.) Au début, elle me plaisait parce qu'elle apportait un nouvel éclairage à l'actualité, mais la nouvelle tendance de montrer surtout la vie pour les femmes et entre femmes ne me rejoint nullement.Je vous envoie donc la page couverture et la revue servira à la récupération du papier.Ginette Vadnajs.Trois Rivières Couverture hilarante Un mot pour vous dire combien votre magnifique revue me soulage lorsque je la lis On y retrouve enfin une solidarité forte, vraie, entre femmes, qui nous donne enfin un espoir de vaincre les inégalités et injustices qui subsistent encore envers nous.J'ai adoré votre premier numéro mensuel (sept.84) : la page couverture est hilarante 1 J'ai beaucoup aimé le pape-test d'Hélène Pedneault.Le texte Andrée de Maryse Pellerin m'a énormément touchée par son réalisme et surtout parce qu'il raconte ce que j'ai vécu, ce que je vis.ce que je vivrai.' Nathalie Allaire.Montreal Nous n'avons pas hésité à nous abonner.Par contre, nous déplorons le fait que la revue nous parvienne une semaine ou deux plus tard que dans les kiosques.Nous espérons que vous pourrez remédier à ce problème bientôt.On vous aime quand même et encore bravo.Marthe et Claudette Québec PS.: Où est passé votre humour piquant des premiers numéros?LvR superficielle J'aime les dossiers, j'aime bien les entrevues, mais je trouve parfois qu'on couvre un peu vite certains événements.La critique féministe doit aussi - et surtout, puisqu'il y en a plus - s'attaquer aux films, aux pièces de théâtre, etc.des hommes.Je trouve mon secteur d'intérêt, le cinéma, particulièrement négligé et souvent traité superficiellement jocelyne denault.Ville Saint Laurent ÉQUIPE DE DIRECTION : Ariane Ëmond, Françoise Guenette.Claude Krynski.Louise Legault, Lise Moisan.Francine Pelletier • RÉDACTION : Françoise Guenette, Francine Pelletier • ADMINISTRATION: Louise Legault • PROMOTION: Ariane Émond • SECRÉTARIAT : Carole Gladu • DIRECTION ARTISTIQUE: Sylvie Laurendeau • COLLABORATION Anne-Marie Alonzo.Rose-Marie Arbour.Agnès Beaulieu.Carole Beaulieu.Paule Bélanger.Anne Dandurand.Gloria Escomel.Annette Herrikson.Micheline LaFrance.Louise Larose.Lucia Malvisi.Magali Marc.Hélène Melançon.Paule Nord.Jacqueline Pelletier.Diane Poitras.Louise Proulx.Christine Ross.Mercedes Roy.Louise Vandelac.Denise Vinet.Danielle Zana.Dana Zwonok • ILLUSTRATION Huguette Bertholot.Marie-Josée Lafortune, Diane O'Bomsawin.Micheline Rouill.ml • PHOTOGRAPHIE : Dulcè Araujo.Louise de Grosbois • MAQUETTE Diane Blain.Sylvie Laurendeau.Luce Venne-Forcione (publicité) • CORRECTION D'ÉPREUVES: Suzanne Bergeron.Hélène Lecours.Claudine Vivier • COMPOSITION: Concept Médiatexte me • PELLICULAGE: Dupligraphix • IMPRESSION Imprimerie Canadienne Gazette Inc • DISTRIBUTION: Les Distributeurs associés du Québec.DAQ tel 645-8754.extérieur 1-800-361-4550 • PUBLICITÉ: Claude Krynski 843-7226 • ABONNEMENT: 1 an.10 numéros 19 $.2 ans.20 numéros 33 $.3 ans.30 numéros 45 $ Tarif international, par voie de surface 30 $.par avion 44 $ Marie-France Poirier 843-8366 • LA VIE EN ROSE est subventionnée par le Conseil des arts du Canada et par le ministère des Affaires culturelles du Québec LA VIE EN ROSE est publiée par les Productions des années 80.corporations sans but lucratif On peut nous |Oindre de 9 h 30 à 17 h au 3963 nie Saint-Denis.Montréal.H2VV 2M4.ou en téléphonant (514| 843-8366 ou 843-7226 Cop\ right 1984 - LA VIE EN ROSE Tous droits de reproduction et d adaptation réservés Dépôt légal Bibliothèques nationales du Québec et du Canada ISSN-0228-549 Indexée dans Radar et membre de l'Association des éditeurs de périodiques culturels québécois Courrier de deuxième classe 5188 Commission paritaire 4 067 CDN.novembre 1984 7 LA VIE EN ROSE Communiqués ÉVÉNEMENTS Femmes et technologie Comment ajuster nos stratégies, nos tactiques et nos structures aux réalités des années 80 7 Nous rappelons l'invitation lancée par le Comité canadien d'action sur le statut de la femme (CCA) à toutes celles intéressées au mouvement des femmes du Québec, pour assister au Colloque sur les femmes et le virage technologique les 2, 3 et 4 novembre au YWCA.1355 Dorchester ouest, Montréal (Voir communiqués LVR, octobre 84) Pour plus d'information (514) 271-7835.de 8 h à 12 h.ou laisser un message à (514) 932-4524 Images et modèles À ne pas manquer les 9, 10 et 11 novembre, le colloque Femmes images et modèles, organisé par l'Institut canadien de recherche sur l'avancement de la femme (ICRAF), qui tentera d'élucider les rapports des images et des modèles avec l'existence concrète des femmes.(Voir communiqués LVR.octobre 84).Pour plus d'information : Carole Tremblay.(514) 282-3111 Le commando du 11 Il n'est pas trop tard 1 Participez à la manifestation commando du 11 novembre, Jour du souvenir, à la mémoire de toutes les femmes victimes des guerres, (voir LVR, janvier 84 : Le commando du souvenir).Pour plus d'information, appeler au Centre des femmes de Lachine (514) 637-4912 ou composer le (514) 739-2886 Un e femme remarquable Lors du colloque Le Philosophe et le gendarme, qui se tiendra à l'UQAM, salle AM 050.les 15.16 et 17 novembre, Mariarosa Dallacosta présentera le vendredi 16, dans l'après-midi (de 14 h à 17 h), une communication sur l'impact théorique et pratique de la lutte des femmes dans l'autonomie italienne Elle participera également à une table ronde intitulée // était une fois en Italie L autonomie sociale au delà de Tautonomie.le même jour, à 17 h 30, au même endroit Pour plus d information (514) 523-3281 ACTIVITÉS -Femmes En plus de ses «cours» : Se reconnaître comme femme I et II, Les chanceuses, Faire le Point.L'obsession de la minceur, Info-Femmes offre cet automne des conférences rencontres.5 novembre Santé mentale, à l'aide du vidéo Cest pas le pays des men'eilles 3 décembre Pour qui tourne la roue ?, vidéo traitant de l'impact des changements technologiques sur la vie des femmes.Pour plus d'information Info-Femmes.1050 boul Saint-Jean Baptiste.Pointeaux-Trembles, ouvert de 10 h à 15 h.du lundi au jeudi Tel (514) 645-1526 Les lunches du mardi au «Y» des femmes 6 novembre Women and Development (en anglais) ; les effets de la microtechnologie sur la vie des femmes, ici et dans le Tiers-Monde, conférencière : Jean Fairholm, de World Inter-Action.13 novembre Les femmes et le Jour du souvenir ; .alors qu'on oublie de se souvenir des femmes de toutes les guerres, conférencière : Dana Zwonock.militante féministe 20 novembre La ménopause, ses mythes et ses traitements, conférencière : Lise Laporte.27 novembre Femmes et développement ; la santé des femmes au Salvador, conférencière : Lorraine Guay.une infirmière qui a travaillé six mois dans une clinique communautaire en zone contrôlée.4 décembre Positive Images of Women in the Media, conférencière : Sylvia Spring, écrivaine et directrice nationale de Media Watch.Pour plus d information (514) 866-9941 emplois pour immigrantes Le Centre des femmes offre une série de sessions à toutes les femmes immigrantes, les mardis à 14 h 30 octobre Les étapes de la recherche d'emploi 6 novembre L'entrevue avec l'employeur Pour plus d information Le Centre des femmes.3585 rue Saint-Urbain Montréal Tel (514) 842-0814 Les femmes et l'argent Aussi au Centre des femmes, une série de rencontres d'information sur l'argent Comment en faire, comment le faire fructifier, comment le dépenser judicieusement, comment l'économiser et en faire profiter ses héritiers 7 Avec une spécialiste chaque fois, ces sessions s'adressent aux femmes seulement, en français, le mardi soir (19 h 30) 30 octobre L'assurance-vie.6 novembre La bourse 13 novembre Préparation à la retraite 20 novembre Les successions et les testaments 27 novembre Acheter une maison.4 décembre Noël.Comment être une bonne consommatrice durant la période des Fêtes 7 Pour plus d information Le Centre des femmes.3585.rue Saint-Urbain Montréal Tel (514) 842-4787./discussions pour femmes Comment être bien dans sa tête et dans sa peau ?Toujours au Centre des femmes, des discussions : 6 novembre Notre corps nous appartient-il ?13 novembre : Phénomènes naturels du corps et tabous qu'on y pose I : à propos des menstruations.20 novembre Phénomènes naturels.à propos de la ménopause.27 novembre: Se faire violence à soi-même.Pourquoi devons-nous souvent nous empêcher de vivre une émotion 7 4 décembre La santé mentale des femmes Pour quelles raisons les 2/3 des personnes qui consultent psychiatres et psychologues sont-elles des femmes 7 Pour plus d'information Le Centre des femmes.3585.rue Saint-Urbain.Montréal Tel : (514) 842-4781.SOLIDARITÉ assistance aux Femmes Assistance aux Femmes de Montréal, centre d'hébergement pour femmes et enfants victimes de violence familiale, annonce sa deuxième campagne de levée de fonds du 1" au 15 novembre.Cette maison de transition qui fonctionne 24 heures par jour, sept jours par semaine avec seulement cinq animatrices.a besoin, comme l'an dernier, de votre collaboration financière.Assistance aux Femmes de Montréal Inc.CP 82.Suce £ Montréal H2T 9Z9 N" de statut de charité 0611822201 08 Pour plus d information Madeleine Perreault (514) 270-9545 ou 270-8291 PUBLICATIONS Bonne nouvelle! La mensuelle lesbienne Ça s attrape 1 a fait peau neuve et devient Treize.Elle sera disponible par abonnement, 18$ pour 10 numéros, ou elle sera vendue aux librairies Aubépine et Androgyne au coût de 2$ l'unité.Treize.CP 771.Suce C.Montréal.Québec H2L 4L6 novembre 1984 9 LA VIE EN ROSE ATïON VOUS PRÉSENTE • «PREMIÈRE» son programme spécial, comprenant du matériel technique, des déplacements ainsi qu'une animatrice professionnelle.Tout cela gratuitement.(Ce programme a été rendu possible grâce au Conseil des Arts du Canada) VOUS OFFRE • Des films et des vidéos de tous les genres incluant une section spéciale Femme.(Prix variables) PlUS Des cours et des consultants en diaporama, vidéo et cinéma.(Prix variables) 526-8931 526-4423 4572 Av.De Lorimier, Montréal, H2H 2B5 vaut mieux payer un peu pour 1 film animé par desspécialistesque visionner gratuitement 3 films mal encadrés._ Université de Montréal faculté de l'éducation permanente P.I.A.F.PERFECTIONNEMENT DES INTERVENANTES AUPRÈS DES FEMMES P.I.A.F.poursuit son programme d'activités cet hiver, n vous offre la possibilité d'approfondir vos connaissances - en anthropologie de la condition féminine - sur la situation des femmes au Québec - sur les rapports hommes-femmes.P.IAF., en plus de permettre une systématisation de ses connaissances sur la situation des femmes, favorise les échanges et la réflexion sur les pratiques d'intervention.Date limite d'admission: 3 DÉCEMBRE 1984.Pour information téléphonez au 343-6090.Futonia - la compagnie de futon qui appartient à des femmes est gérée par des femmes emploie des femmes.370A Duluth Est, Montréal 843-4739 220 Laurier Ouest, Montréal Commentaire Élections fédérales L'abominable audace du peuple Entre 20 h mardi le 4 septembre et 9 h le lendemain, rivée à l'écran prophétique, à mes pistaches et à ma liste de can-didat-e-s.les doigts noircis par les analyses livrées à ma porte au petit matin, incrédule, par moments exaltée, traversée de réflexions cyniques, tantôt d'angoisse, tantôt de plaisir, enfin tout simplement d'un énorme fou rire, j'ai éprouvé un amour soudain et terrible pour la population de ce pays.Quel culot ! Quelle abominable audace ! Fidèle néo-démocrate depuis les temps psychédéliques, j'avais calmement souhaité un certain équilibre, de quoi favoriser une reprise économique sans trop d'otages.Conservateurs minoritaires au pouvoir, donc, forte présence néo-démocrate, le tout parsemé de taches rouges pour l'effet nostalgique Mais, comme un raz de marée, la volonté de l'électorat s'est effrontément dressée devant les raisonnables qui.comme moi, voulaient à tout prix sauver la chèvre et le chou.Faut-il y voir une tragédie ?Pas du tout.Du moins, pas pour l'instant.Un phénomène critique a échappé aux analystes du «Blue Tuesday».peut-être le plus important pour les années qui viennent.Après avoir étudié l'envers et l'endroit du désenchantement de l'électorat face à l'équipe Trudeau et dénoncé les gaffes à répétition de Turner, après avoir répété béatement que jamais les néodémocrates ne pourraient former le gouvernement, plusieurs ont prétendu que la razzia du 4 septembre fut le résultat d'un mirage exécuté à la perfection par une équipe conservatrice bien rodée et que la technologie, au service du parti depuis trois ans.est parvenue à orchestrer une lobotomie orwellienne sur l'électorat.Dans les milieux progressistes, on murmure même que la mentalité «red neck» (quelles colorations versatiles revêt la politique ') s'installe maintenant à Ottawa et qu'à ce point, mieux vaut se tourner vers les États-Unis de novembre pour comprendre ce qui nous attend.Mais qu'importe la perspective, tou-te-s reconnaissent que la population canadienne a canadien par Jacqueline Pelletier opté pour le changement.Géniale conclusion ! Mais quel changement au juste 7 Selon moi, le peuple canadien n'est ni naif ni lâche.Sous son apparente platitude mijote une conscience des véritables enjeux et même une volonté croissante d'y faire face.Le 4 septembre, en plus d'administrer une claque magistrale aux libéraux, le peuple a donné un coup de pied dans la porte de ce que certain-e-s appellent 1ère de la transformation, d'autres, celle des réseaux, du consensus, de la décentralisation.Lisez Marilyn Ferguson, Alvin Tof-fler.Lisez John Naisbitt, pour ne nommer que les plus èvident-e-s.Du coup.Mulroney est devenu l'héritier d'un mandat qu'il n'a sans doute pas prévu.Se peut-il que nous ayons dans ce pays effectué un début de «saut quantique» vers une nouvelle époque de transition 7 Regardons ce qui se passe ailleurs dans le monde Stressée, la société accourt vers les valeurs connues, les traditions, le conservatisme, dans l'espoir d'y trouver quelque réconfort.Allemagne.États-Unis.Angleterre, Israël.Du même coup pourtant, elle réclame le changement dans les façons de faire et de penser Les mécanismes politiques sont remis en question, les relations interpersonnelles réexaminées.Le désarmement, légalité des chances, les droits des autochtones et l'écologie deviennent centraux et suscitent des débats politiques audacieux, innovateurs, ce qui indique en soi une volonté de changement.Quoi qu'on pense de ce qu'ont dit les chefs, le débat du 15 août sur les femmes en est un exemple notable.Car.apeurée, la société sait pourtant que le véritable changement exige de regarder l'avenir et non le passé.Confusion.Ambiguïté.Signes certains d'un monde troublé, qui cherche, inquiet mais audacieux.Allemagne.États-Unis.Angleterre, Israël, Canada Rencontres de théories opposées, intégration plutôt que confrontation : l'impact de la nouvelle technologie y est pour beaucoup.Les murmures nucléaires aussi.Plus ou moins conscients, mais exposés à la planète, les gens exigent que soit reconnu l'environnement de la tetre, celui des êtres et des idées.Réceptifs ou pas.tôt ou tard, les hommes politiques n'ont d'auh-e choix que d'écouter Revenons à Mulroney Qui setvira-t-il ?L'élément conservateur seul, peut-être le plus évident 7 Ou l'ensemble de ses députés, ce regroupement éclectique dont on peut attendre bien des choses 7 Planera-t-il à la surface de ce vote significatif ou saura-t-il saisir les courants progressistes qui l'ont sous-tendu7 À mon avis, le style d'intervention des groupes d'intérêt non gouvernementaux, féministes entre autres, sera déterminant.Irréaliste 7 Pas du tout.Habile conciliateur.Mulroney s'inscrit tout à fait dans les courants de notre époque de transition, de même que sa deputation, plus coalition qu'équipe, plus réseau que «parti».Tirons parti de cette conjoncture, d'abord en agissant comme si chacune d'entre nous avait gagné ses élections.Récupérons «leur» victoire, mais en tenant compte qu'on ne confronte pas les conservateurs à coups de poings (les Onta-rien-ne-s l'ont appris à leurs dépens).Les grandes associations féminines se sont rodées au lobbying depuis le débat constitutionnel ; bâtissons sur cet acquis et sachons, plutôt qu'attaquer les députés, forcer leur attention et celle des comités parlementaires en les alimentant d'informations irréfutables, selon un plan concerté.Malgré les frustrations inhérentes à cette approche et le sentiment fréquent d'avoir été soi-même récupérée, il faut y aller de bonne foi.omniprésentes et rigoureuses.Pour éviter un trop grand virage à droite, nous devons agir vite De Brian le Conciliateur, de «l'Homme du changement» pré-électoral, servons-nous FIN Jacqueline Pelletier est une journaliste pigiste d'Ottawa.novembre 1984 LA VIE EN ROSE «S'il y a un amant que jamais Marguerite Duras n'oublia ni ne trahit, c'est son art, l'image émerveillée de sa parole.» Claude Roy Chronique Délinquante Y a-t-il un fantasme dans la salle?ou Conference J'en conviens, c'est troublant.Mais je peux vous parler de l'amour J'en arrive.Tout juste.J'en reviens.J'en reviens bien d'ailleurs.J'en reviens mal en point.Remplie de virgules, de guillemets et de parenthèses Surtout de parenthèses.Je souffre de ponctuation.Mal en poing Au point d'en avoir assez, ou trop.C'est pareil en ce qui concerne les atterrissages ratés, les faux retours de faux voyages.Je peux vous en parler.Longtemps et si peu.C'est pareil.C'est fou comme certains contraires deviennent synonymes en certaines occasions.L'amour.Cet amour.Lieu par excellence de la fausse représentation.Faux théâtre.Fausses dents J'ai mordu dans du vent.Fausse satiété Mon ventre n'y a vu que du feu.Que du feu.D'ailleurs, c'était chaud N'importe qui aurait pu s'y faire prendre.Chaud chaud chaud.Enrobé, brillant, bon à toucher, bon à goûter, à déballer.Jeux de jambes, de joues, de girouettes, de jambettes et de givre.Finalement.Le givre.Parlons-en du givre On ne m'y reprendra plus.Moi qui pensais que le gixnre était le summum de la cristallisation La belle affaire.Cristal, faience, porcelaine, craque, crack.Ramasse les miettes, ramasse les miettes.On n'en voit plus la fin.On en trouve sans arrêt, tout le temps, partout.Curieusement, ça éclabousse.Comme de l'eau Un genre d'écoulement par le milieu.Toujours par le milieu.L'amour est terriblement centré.Centriste 7 Centralisé 7 Centralisateur 7 Central 7 interrompue par Hélène Pedneault Une gare avec une seule destination.Pas le choix.Pas envie d'aller là Bobo maman, béquer bobo.Je le referai plus Non non non.C'est quand on a fait du mal qu'on dit ça.Et je n'ai pas fait de mal ?.Non.Je n'ai pas fait de mal 7 Je reprends.J'attends d'en mourir.De ça ou d'autre chose.D'ailleurs.Un instant S.V.P.Pardon 7 Qu'est-ce que vous me voulez ?Ahhhhh.Oui.oui.Bien sûr, Bien sûr qu'on s'est déjà vues.Je n'ai fait que ça dans ma vie.vous voir.Vous.Voulez-vous que nous partions 7 Ensemble 7 Dans des îles, des archipels, des mégalopoles ou des déserts.Qu'importe 7 Dans des lagunes, des rues à boutiques ou des cavernes.Qu'importe 7 Pourvu que vous y soyez, vous.Et que je puisse écrire.On nous cherchera Qu'importe 7 Nous n'étions peut-être pas des personnes à trouver.Aimez-vous le sable 7 Nous en aurons Aimez-vous la mer 7 Nous en aurons.Aimez-vous le coeur de Rome 7 Nous en aurons du coeur, nous ne connaîtrons que ça.le coeur.Et en plus, je n'ai jamais vu Londres.Je n'ai jamais rien vu avec vous.Ai-je déjà vu 7 À Mirabel, immédiatement après la conférence Nous prendrons le premier avion qui part.Sur-le-champ.Tout presse maintenant que nous nous connaissons.Nous irons vivre et ne rien savoir.C'est tout.Nous refaire une santé ou plusieurs si on en a besoin.Hors médias.Appel minimum, regard maximum.J'ai déjà entendu dire qu'on nommait ce genre de voyage un «nowhere».Expression facile.Nous savons très bien où nous allons, n'est-ce pas ?Nous n'avons jamais rien su d'autre.N'est-ce pas 7 Ce qu'on va rigoler1 Je vous reviens tout de suite.Ne bougez pas.Je termine ma conférence.Qu'est-ce que je disais ?.FIN novembre 1984 13 LA VIE EN ROSE actualite féministe L'école des chaudrons ou des électrons?Obligatoire au secondaire depuis à peine deux ans, voilà que le cours d'économie familiale qui devait nous ouvrir l'ère des «hommes nouveaux» risque de passer au hachoir ! Le ministère de l'Éducation (MEOJ.soucieux d'assurer une meilleure éduca- tion scientifique aux petit-e-s Québé-cois-e-s, étudie en effet la possibilité de modifier le programme académique du secondaire II pour y inclure un cours obligatoire de sciences physiques Le projet a même reçu l'été dernier l'appui du Conseil supérieur de l'éducation.Tiré de De la poêle à frire à la ligne de feu, de G.Auger et R.Lamothe Mais pour ajouter un nouveau cours au programme, il faudra en retirer un Arithmétique élémentaire, ma chère Watson 1 Et la rumeur veut que les tenant-e-s du progrès par la science s'apprêtent allègrement à dire aux dèfenseur-e-s d'une «nécessaire éducation au partage des tâches» d'aller se faire cuire un oeuf Chaudrons ou électrons1 Telle est la question.Devant ce qui semblait prendre la forme d'un véritable lobby scientifique, plusieurs organisations de femmes, alertées par des enseignantes qui trouvaient que ça sentait le roussi, ont décidé de lobbyer à leur tour.Association d'économie familiale, Corporation des diétètistes, AFEAS.Fédération des femmes du Québec, toutes ont fait savoir au Ministère qu'elles s'opposaient à tout recul dans ce dossier «gagné de haute lutte».Et à son tour le Conseil du statut de la femme s'est porté à la défense du caractère obligatoire du cours d'économie familiale.D'ici décembre, le Ministère aura fait son lit Et il est difficile de savoir ce qui se passe véritablement en coulisses.Entretemps, tous les arguments sont bons pour passer la vadrouille sur ces quelques heures par semaine où petits garçons (souvent pour la première fois) et petites filles apprennent ensemble que les tâches domestiques et les bonnes habitudes de consommation sont l'affaire de tout le monde, une question «d'autonomie individuelle» et non pas de sexe.On prétend même que les cours de sciences «ouvriraient aux filles les portes d'un monde dont elles sont encore trop absentes».Jusqu'ici, la plupart des groupes de femmes concernés ont refusé de mordre dans cette carotte qui leur pendouille au bout du nez.Pour eux.la récolte des petits «hommes nouveaux» étant loin d'être mûre, il est encore trop tôt pour faucher.Mais, comme le disait la présidente de l'Association d'économie familiale, «la bataille n'est pas gagnée et tous les appuis sont les bienvenus.» Carole Beaulieu LA VIE EN ROSE 14 novembre 1984 Une pornographie de premier choix 1979 La Presse nous apprenait il y a quelques mois la nomination de M.Hubert Harel à la présidence de Premier Choix/TVEC.avec la tâche délicate de relancer cette chaîne qui, comme les autres télévisions payantes à l'heure actuelle, n'est toujours pas rentable.D'emblée, le nouveau pdg affirmait qu'il continuerait de présenter des films dit erotiques «sans toutefois les publiciser pour ne pas effaroucher les abonnés éventuels que les films de fesses horripilent»1.La phrase est drôle dans la bouche du président du Comité consultatif sur les stéréotypes sexistes dans les médias.Eh oui ! M.Harel est aussi à la tète de cet organisme de bénévoles créé il y a deuj^ns.Vigilance industrielle L'histoire, en fait, remonte à 1 moment où Jeanne Sauvé, alors min des Communications, demanda au Conseil de la radiodiffusion et des télécommuni cations canadiennes (CRTC) «qu'un groupe de travail favorisant l'élimination des stéréotypes sexistes véhiculés par les médias soit formé et qu'il soit composé de radiodiffuseurs, de représentants de l'industrie en général, d'annonceurs et de membres de groupes féministes»2.Mis sur pied à la fin de 1979, ce groupe décida de travailler solidairement avec le secteur industriel, convaincu que ce serait la meilleure façon d'amorcer les changements Dans son rapport publié en 1982 et d'ailleurs excellent, le groupe de travail recommande même une «ligne de conduite» dictée par l'industrie elle-même, car «au fur et à mesure que nous avons laissé de côté l'idée d'un code réglementaire pour avancer dans la voie de l'auto-réglemen-tation.l'industrie s'est mise à réagir favorablement».La Confédération générale de la publicité (COGEP) se porta alors garante du financement et de la mise sur pied d'un organisme d'auto-réglementation de la publicité en français.Et c'est ainsi que le Comité consultatif sur Jes stéréotypes sexistes vit le jour.Les membres actuels1 en sont, outre Hubert Harel ; Raymonde Lavoie de l'agence de publicité Ogilvy 8t Mather(Canada) ; Stella Baudot, ancienne vice-présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) : Jean Norman-deau.radiodiffuseur ; Niquerte Delage de l'Association canadienne des consommateurs et Jean-Marie Allard de la COGEP.11 manque encore un-e représentant-e des médias imprimés Leur rôle à tou-te-s est de recevoir et de traiter les plaintes formulées.Des plaintes, s'il-vous-plaît En 1983, le comité a reçu 79 plaintes dont 73 avaient été déposées par des femmes et dont 77 ont été étudiées.Les plaintes téléphoniques, par ailleurs, ne sont pas comptabilisées.Est-ce dire que tout est loin d'aller pour le mieux ?Pour sa part, Stella Baudot se plaint d'un roulement excessif des représen-tant-e-s au sein du comité, qui permet peu de continuité dans le travail : le comité ne s'est réuni que cinq ou six fois depuis sa création, il y a deux ans.et n'y ont participé que six déléguè-e-s.Au printemps prochain, le comité devra comparaître devant le CRTC pour défendre son travail.Jean-Marie Allard.lui.se dit persuadé de l'efficacité dudit comité.De plus, il ne votf^icun conflit d'intérêt au fait que rt Harel cumule deux fonctions si osées.D'après lui.M.Harel est «de 'onne foi».Mais, n'en déplaise à M.Allard, la question demeure : comment peut-on promouvoir la pornographie à la télévision et voir en même temps à améliorer l'image des femmes7 7 À moins d'être schizophrène 7 Dana Zvvonok NDLR : Ne ratez donc pas l'occasion de vous plaindre en bonne et due forme de tous les messages et images qui vous déplaisent, avant la fin du mandat du Comité (décembre 1984).Envoyez votre commentaire détaillé (média, date, heure, texte ou paroles, etc.) au Comité consultatif sur les stéréotypes sexistes, a/s COGEP.465.rue Saint-Jean, bureau 509, Montréal.H2Y 2R6 Et.pour être bien sûre que ça ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd, envoyez une copie à : Évaluation-Médias/ Media Watch (organisation de femmes pour l'amélioration de l'image desfemmes dans les médias), CP.1687.Suce.H.^Montréal, H3G 2N6.tél.: 270-7069., fl^^^-esse 26 mai 1984 Limage des femmes, rapport du groupe dè^^Bt sur les stéréotypes sexistes dans ,Ç les mèdiM, ministère des Approvisionnements et services.Canada.1982 0) 2/ TH T3 0) novembre 1984 15 LA VIE EN ROSE Actualité Féministe AEEAS Couverture de Canadian Woman Studies Les cahiers de la femme, vol.3, n° 4 Sous le thème Partenaires pour bâtir lavenir.l'AFEAS (Association féminine d'éducation et d'action sociale) tenait en août dernier son congrès annuel La priorité d'action retenue pour 84-85 : demander aux gouvernements de réviser leurs systèmes fiscaux afin que les travailleuses au foyer aient accès à tous les avantages sociaux dont bénéficient habituellement les travailleurs-euses rémunéré-e-s, à savoir le régime de rentes, le régime de pensions, les allocations de maternité, les congés de maladie et l'indemnisation en cas d'accident Le mois de novembre sera consacré à déterminer des actions concrètes pour appuyer ces revendications «L'accès au régime de rentes, entre autres, est une priorité d'action depuis 81 -82, nous dit Michelle Ouellet.agente d'information à l'AFEAS, et qui fait maintenant partie des promesses électorales, alors qu'on n'en parlait même pas il y a deux ou trois ans».Que pense l'AFEAS de l'idée d'un salaire pour les femmes au foyer 7 Michelle Ouellet précise que la question a été soulevée lors d'un colloque de l'AFEAS.en mai 84.qui regroupait plusieurs intervenant-e-s.mais bien que ses 35 000 membres auront à se prononcer prochainement sur les propositions de ce colloque, c'est une position que l'AFEAS n'a jamais endossée La principale objection amenée par les membres lors de discussions antérieures : les femmes ne veulent être ni les employées de l'État, ni celles de leur mari.Comment accéder alors à «une prise en charge individuelle 7» «Il y a des moyens pour sensibiliser les gens à un partage du revenu familial, poursuit Michelle Ouellet ; par exemple, leur expliquer comment avoir leur propre compte en banque ou les amener à considérer les dépenses personnelles comme une part des dépenses du ménage.On ne peut pas décider pour les femmes en tant qu'organisme, mais on peut leur faire connaître des moyens de développer plus d'autonomie.Les gouvernements, par contre, peuvent adopter des mesures pour assurer une certaine sécurité aux travailleuses au foyer, telles que l'accès au régime des rentes, pour ne pas être sans ressources à la retraite ; la possibilité de déduire les frais de garderie s'il y a maladie et.dans le cas d'un retour aux études, la possibilité d'obtenir un prêt-bourse dont le montant ne serait pas évalué à partir du revenu du conjoint mais bien sur la part qui revient à la travailleuse au foyer.La société reconnaîtrait ainsi la valeur économique de cette dernière».À noter que l'AFEAS vient de publier aux Éditions du Boréal Express un Rapport sur la situation des femmes au foyer, d'après une enquête réalisée en 1982 auprès de 2 050 Québécoises.1 Il s'agit d'une collaboration entre l'AFEAS et le bureau de la recherche de la faculté de l'Éducation permanente de l'Université, de Montréal, et c'est signé conjointement par Louise Joly (AFEAS) et Rita Therrien (Université de Montréal).Le rapport d'environ 200 pages trace entre autres un portrait de la situation financière des femmes au foyer, du pouvoir à l'intérieur de la famille et de l'utilisation des ressources et services de santé pour les femmes On est loin de la doctrine sociale de l'Église préconisée par l'AFEAS des débuts, il y a déjà 18 ans et demi ! Muriel Gaudel 1/ Document disponible ( I 3,95$) aux bureaux montréalais de Y AFP AS.180 rue Dorchester est bureau 200.Montréal H2X 1N6.Tél.: (514) 866 1813 LA VIE EN ROSE 16 novembre 1984 Un douloureux bien-être «Quiconque s'est déjà trouvé-e dans la position de recevoir du «bien-être social» sait à quel point ce processus est déshumanisant Soudainement on vous nie vos droits à la vie privée.On vous force à exposer toutes vos possessions matérielles pour qu'elles soient soigneusement scrutées par la personne-police du B.S.qui.si elle découvre que vous possédez plus de choses que permis par la loi ou que vous ne satisfaites pas à quelque critère, a quasiment un pouvoir de vie ou de mort sur vous.Vos ami-e-s les plus intimes sont interrogé-e-s et si vous cohabitez avec quelqu'un, vous perdez votre chèque de B.S.Chaque mois, on vous pose des questions absurdes et on vous force à signer des formules qui, en aucun cas, ne reflètent la vérité.On ne vous permet pas daller à l'école et, sauf pour une allocation minime (25$/mois), tout ce que vous gagnez est déduit de votre chèque rachitique.» Pour protester contre tout cela.Annette Henrikson écrivait au bureau du B.S.au printemps dernier, faisant valoir qu'elle n'était pas responsable du fait que cette société «dominée par les hommes» ne valorise pas son travail (l'éducation de ses enfants) et que nulle part cela lui soit «crédité» ; qu'elle refusait de troquer ses acquis pour une «job plâtre.et improductrice».Elle concluait en refusant de remplir la formule de renouvellement.Bien sûr, ses allocations furent assez rapidement coupées.N'ayant d'autres revenus, Annette Henrikson songe maintenant à entreprendre une grève de la faim.Elle a besoin d'appuis.Pour plus d'information : (514) 392-3008.ou écrire : A.H.a/s Coalition montréalaise pour le désarmement.3625 Aylmer.Montréal, H2X 2C3.LVR Garderies exilées des COFI?Les femmes immigrantes en ont assez qu'on discute de «leur cas» lors d'interminables colloques dont les recommandations aboutissent sur les tablettes.Elles veulent être consultées sur les politiques qui les concernent et sentent bien que leurs intérêts rejoignent ceux de toutes les Québécoises.C'est ce que le Collectif des femmes immigrantes de Montréal est en train de faire valoir depuis l'adoption, l'été dernier, de nouvelles mesures gouvernementales abolissant les services de garderie gratuitement offerts aux nouvelles arrivantes inscrites aux cours de français des Centres d'orientation et de formation des immigrant-e-s (COFI).Parce que les gouvernements fédéral et provincial n'arrivaient pas à s'entendre (encore une fois) et parce qu'il y avait coupures de budget (touchant encore une fois directement les femmes), le ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration (MCCI) du Québec avait décidé de fermer les trois garderies situées à l'intérieur des COFI de la région métropolitaine de Montréal et celle de Québec.On exigeait dorénavant des nouvelles arrivantes, qui ne connaissent encore rien de la société québécoise, qu'elles trouvent elles-mêmes un endroit de garde pour leurs enfants ou alors qu'elles renoncent aux cours de français indispensables à leur intégration et à leur participation au marché du travail.Face à cette décision inacceptable, le Collectif a entrepns une vaste campagne de mobilisation et obtenu l'appui d'une soixantaine d'organismes de femmes immigrantes, de femmes québécoises, des regroupements de garderies, etc.Des femmes, surtout, ont soutenu la protestation Toutes y ont vu une tentative de renvoyer les femmes à la maison ou alors de les maintenir dans les emplois les plus mal rémunérés, réservés aux femmes allo-phones.souvent ignorantes de leurs droits et donc faciles à exploiter.Cette lutte pour le maintien des garderies dans les COFI a pris un caractère historique ; c'était la première grande mobilisation des femmes immigrantes, en solidarité avec les femmes québécoises, pour exiger que le gouvernement respecte leurs droits et les considère comme des citoyennes à part entière.L'action s'est poursuivie durant tout l'été sous forme de conférence de presse, de rencontres publiques, de pétitions, de séances de négociations avec le ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration du Québec, et elle a permis d'obtenir certains gains Ainsi, on a créé des garderies à but non lucratif sur les lieux des COFI pour remplacer les anciennes garderies et le Ministère s'est engagé à y réserver un certain nombre de places aux enfants des étudiantes des COFI.Celles-ci auront aussi droit à une aide financière de l'Office des services de garde à l'enfance pour assumer une partie des coûts Bien sûr, tout est encore loin d'être acquis.Les nouvelles garderies ont une situation financière précaire et le service aux nouvelles arrivantes peut être aboli avec un avis de 30 jours du Ministère C'est pourquoi des représentantes de divers organismes de femmes ont mis sur pied un Comité garderies pour surveiller l'application des mesures gouvernementales, appuyer les nouvelles garderies et forcer le Ministère à s'engager clairement face aux besoins des femmes, de façon permanente : les contrats signés entre le Ministère et ces garderies se terminent le 31 mars 1985.Une histoire à suivre, donc.Toutes les femmes désireuses d'en savoir davantage ou de s'impliquer dans la lutte des femmes immigrantes peuvent communiquer avec le Collectif des femmes immigrantes, 6865 Christophe-Colomb.Montréal.H2S 2H3.tél.: 279-4246.Agnès Beaulieu novembre 1984 17 LA VIE EN ROSE Politique fédérale Actualité Les promesses de Brian En matière de condition féminine, le nouveau gouvernement de Brian Mulroney sera-t-il progressiste.ou conservateur ?Des promesses aux réalisations, combien de chances laisserons-nous au coureur ?Quelques semaines plus tard, un tour d'horizon de « nos » priorités telles que reprogrammées par « eux ».par Gloria Escomel Depuis septembre dernier, il y a deux fois plus de femmes à la Chambre des communes, à Ottawa : vingt-sept dont dix-neuf conservatrices, cinq libérales et trois néo-démocrates.Quatorze d'entre elles sont québécoises, ce qui nous «donne» trois des six femmes nommées ministres.Cette victoire «honnête» nous permet d'espérer que les dossiers qui nous concernent seront un peu mieux soutenus Mais s'il est vrai, comme l'a constaté Louise Giguère-Tesner, présidente du caucus des femmes conservatrices, que les Québécoises sont plus politisées que leurs consoeurs canadiennes, il faudra qu'elles surveillent les promesses qu'on leur a faites au cours de la campagne électorale et en fonction desquelles, somme toute, elles ont voté.« Les conservateurs sont très conscients de devoir leur vote aux femmes, fait remarquer madame Giguère-Tesner et ils savent que s'ils négligent leurs problèmes, ils risquent de perdre les électrices aux prochaines élections.» Bien que difficile à vérifier, cette affirmation mérite d'être prise au pied de la lettre, ne serait-ce que par l'engagement qu'elle suppose Mais faisons plutôt le tour du programme des conservateurs.«Quant au rôle politique des femmes, constate Jocelyne O'Hara.conseillère politique sur la situation des femmes auprès du Premier ministre, soulignons que plus de femmes détiennent des portefeuilles importants - au niveau de l'économie et des finances - dans des secteurs liés de près aux préoccupations des femmes et que deux d'entre elles, Flora MacDonald et Patricia Corney.respectivement ministre de l'Emploi et de l'Immigration et ministre de l'Énergie, des Mines et des Ressources, siègent au comité des priorités.«La troisième femme à détenir un portefeuille.Suzanne Biais-Grenier, est ministre de l'Environnement (Voir Écologie, p.37).Mats les trois autres sont des ministres d'État : Andrée Champagne à la Brian Mulroney Jeunesse.Barbara Jean McDougall aux Finances.Monique Vézina aux Relations extérieures.L'Homme de la situation Quant au ministre délégué à la Condition féminine, l'équivalent de Judy Erola au précédent gouverrtement.c'est un secrétaire d'État : Walter F.McLean.Dans le communiqué de presse du 17 septembre où il annonçait la composition de son cabinet, il ne mentionnait même pas une partie de sa charge.qui ne concerne que 52% de la population ! À moins que le gouvernement n'ait craint les railleries des groupes de femmes devant le fait que le responsable de la situation des femmes soit désormais un homme, qui plus est un ministre du culte de l'Église protestante?.«Ceux qui le connaissent savent qu'il était le porte-parole du parti sur la question, il y a quelques années, répond O'Hara, que c'est ainsi qu'il a gagné ses epaulettes.C'est donc un homme sympathique à la situation féminine, on a fait un très bon choix, surtout si l'on cherche à sensibiliser la population masculine à la nécessité de régler les problèmes des femmes.» Admettons.Mais les premières réactions des femmes à qui j'ai annoncé la nouvelle - variant du hoquet au sursaut, en passant par le scepticisme ou l'indignation - prédisent qu'il faudra un peu d'habileté pour faire avaler cette pilule d'un paternalisme mal enrobé.Rassurons-nous, cependant : Walter McLean n'a ni moins ni plus de pouvoir que sa prédécesseure Judy Erola «Mais il y a une différence, précise Jocelyne O'Hara ; le secrétaire d'État sera maintenant responsable de toutes les sections majeures traitant du statut de la femme Avant, elles étaient séparées : d'une part, le Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme (CCCSF) et le Bureau de coordination des programmes, sous la responsabilité de la ministre Erola, et.d'autre part, le programme Promotion des femmes qui finance les groupes à travers le Canada avec un budget de 5 millions $, sous la responsabilité du secrétaire d'État.L'avantage de cette centralisation, sous le chapeau dorénavant de McLean, sera d'avoir une meilleure vue d'ensemble de la situation».Pour Lucie Pépin, ancienne présidente du CCCSF, maintenant députée libérale d'Outremont cette centralisation est dangereuse parce qu'elle risque de neutraliser le CCCSF : «Je pense que les conservateurs n'ont jamais compris à quel point le Conseil était indépendant de la ou du ministre et décidait de ses priorités.Ils nous pensaient au service de la ministre, ce qui n'a jamais été le cas.Ils vont restructurer les organismes à la condition féminine mais j'ignore dans quel sens.Je serais étonnée qu'on mette le CCCSF de côté, son crédit est trop important, mais cette restructuration est à surveiller».Intentions particulières Selon les conservatrices interrogées, le nouveau gouvernement conservateur pourra, règle générale, négocier plus facilement qu'un gouvernement libéral avec le gouvernement québécois, pêquiste ou libéral.Les dossiers fédéraux-provinciaux concernant les femmes incluent les garderies, le Code civil (divorce, tribunal de LA VIE EN ROSE 18 novembre 1984 la famille, etc.), le Code criminel (avortement.prostitution, pornographie «dure»), les régimes de rentes à la retraite, l'emploi, etc.«Lorsqu'on examine le programme des conservateurs envers les femmes, on ne peut pas dire qu'on soit frappées par l'originalité des questions, commente Maria Jean, présidente du Comité des femmes libérales Ils se sont visiblement inspirés du «questionnaire rose vif» du Conseil consultatif canadien du statut de la femme, que Lucie Pépin avait fait préparer pour aider les électrices à poser des questions pertinentes aux candidate's : mêmes états de la situation, mêmes questions, auxquelles s'ajoutent des promesses très générales et rassurantes.Mais par quels moyens concrets vont-ils faire évoluer la situation 7 Cela reste à voir».Il est vrai que les priorités - faire progresser la vie économique des femmes par l'égalité des chances en emploi, les programmes d'action positive et l'affirmation du principe de salaire égal pour travail de valeur équivalente ; recycler les femmes en fonction des nouvelles technologies ; améliorer les pensions de retraite, pour les femmes au foyer ou à faible revenu, de même que les conditions de travail à temps partiel, etc.- étaient les Flora MacDonald Pat Carney Suzanne Biais-Grenier Lucie Pépin mêmes pour les trois partis.Que nous ont promis les conservateurs en particulier 7 Rèsumons-le : en matière de garderies engager des fonds fédéraux pour les rendre plus accessibles à tous les enfants ayant besoin de services de garde (en 1980.le CCSF estimait qu'il n'y avait que 109 135 places disponibles pour 760 000 enfants de moins de six ans) ; mais auparavant, le gouvernement doit «étudier des solutions satisfaisantes», parmi lesquelles une révision des mesures fiscales.Rappelons que le CCCSF venait de déposer une analyse semblable auprès du dernier gouvernement.Sans doute une nouvelle analyse permettra-t-elle de gagner du temps 7 À cause de l'héritage En matière de régimes de pensions à la retraite, les propositions sont plus détaillées.Il s'agit d'instaurer, de concert avec les provinces, un régime de retraite accessible à toutes les Canadiennes au foyer ou à faible revenu, et.à court terme, d'apporter une aide immédiate aux personnes âgées ; de donner l'allocation de conjoint à toutes les veuves âgées de 60 ans.quel que soit l'âge de leur conjoint à son décès (actuellement elles en sont privées si celui-ci s'est «illégalement» avisé de mourir avant 65 ans.«âge prescrit par la loi» !) ; de réformer en profondeur les régimes privés et publics en incluant des mesures incitatives pour la planification des retraites ; de remplacer les déductions actuelles aux régimes de pensions par un dégrèvement fiscal fixé à 40% ; d'étudier la possibilité de transférer les régimes enregistrés au moment d'un changement d'emploi ; etc.Ces mesures entraîneraient certains coûts.Or.à peine deux semaines après la formation de leur cabinet les conservateurs se plaignaient à grands cris d'avoir hérité des libéraux un déficit budgétaire de beaucoup supérieur à leurs prévisions.«Ça m'étonne que l'opposition n'ait pas connu le déficit des libéraux, à quelques millions près !» répond à cela Lucie Pépia «.mais ce sera, je le CTOis.leur grande excuse pour faire des coupures.Ils ont déjà affirmé à deux reprises, lors de réunions internes, ne pas vouloir augmenter les budgets sociaux et j'ai peur que les pensions de retraite, les allocations familiales et les programmes de santé en souffrent».Travailleuses de tout le pays Quant au salaire égal pour un travail de valeur égale, le gouvernement veut en promouvoir le principe auprès des milieux d'affaires, entre autres, et l'appliquer dans le secteur public fédéral ; il s'engage, dans les mois qui suivront sa victoire (maintenant, quoi ').à organiser un vaste sommet économique où seront analysées en priorité les barrières systématiques à l'égalité économique des femmes et les moyens de les éliminer novembre 1984 19 LA VIE EN ROSE Actualité onique Vézina Andrée Champagne «S'agit-il de donner suite à la Commission fédérale d'enquête sur l'égalité en emploi que le gouvernement libéral avait mandatée il y a deux ans ?», s'interroge Maria Jean.Si tel est le cas, comme cette Commission était présidée par Flora MacDonald.il y aurait sans doute, espérons-le.une continuité.L'affaire est à suivre, en tout cas.Même chose pour la question du temps partiel, qui avait suscité une autre Commission fédérale d'enquête présidée par une femme.Joan Wallace.Là aussi, l'actuel gouvernement respecte certaines des conclusions : obtenir des avantages sociaux et des salaires proportionnellement équivalents à ceux des tra-vailleur-euse-s à temps plein.Quant à l'action positive, obligatoire pour la promotion de l'emploi des femmes, le gouvernement s'engage à implanter des programmes «efficaces» avec suivis et mesures d'évaluation, dans la fonction publique, les conseils et corporations de la Couronne.Il promet d'inciter les compagnies privées à embaucher plus de femmes en posant comme condition aux entreprises fournissant des services au gouvernement de se conformer aux objectifs des programmes fédéraux d'action positive.Les Commissions d'emploi et d'immigration du Canada devront élaborer des programmes de recyclage et de formation additionnelle face au virage technologique pour les femmes qui le désirent ; on modifiera la loi de l'assurance-chômage pour que les bénéficiaires conservent leurs prestations en sengageant dans ces programmes de formation ; par des incitations fiscales, des subventions et des bourses, on favorisera l'augmentation de la qualification des travailleuses ; des assises formées de représentant-e-s d'entreprises, de syndicats et du gouvernement établiront des programmes «appropriés et efficaces» de recyclage de la main-d'oeuvre, correspondant à la demande du marché et aux besoins des femmes.À surveiller, encore.Plus de criminels Par questions sociales, on désigne les problèmes des femmes battues, la planification des naissances et l'avortement -où, disons-le tout de suite, on ne prévoit que le statu quo, à quelques palabres près - la pornographie, la prostitution et le divorce.Quelles sont les bonnes résolutions à l'horizon 7 En plus de prévoir, là comme ailleurs, des programmes de sensibilisation, le gouvernement compte traiter la violence faite aux femmes et aux enfants à la maison en réformant les programmes fédéraux d'hébergement, d'emploi et d'éducation publique pour les mettre essentiellement au service des victimes, et retirer l'agresseur de la résidence familiale plutôt que sa femme et ses enfants.Il devrait aussi, toujours d'après les promesses èlec- NOUVEAUTÉS Des femmes écrivent des textes dramatiques e du théâtre.Il y a dans ce mode d'écriture une relation particulière et immédiate à la vie.Une parole directeque les femmes ont toujours privilégiée.Le théâtre, c'est aussi un texte à lire comme un roman.Sur l'air d'Iphigénie de MARIE SAVARD Une lettre rouge orange et ocre de ANNE-MARIE ALONZO les éditions de la pleine lune EN LIBRAIRIE Sommeil d'hiver de MARIE-CLAIRE BLAIS Alice & Gertrude Natalie & Renée et ce cher Ernest de JOVETTE MARCHESSAULT LA VIE EN ROSE 20 novembre 1984 torales.mettre sur pied des programmes permanents (et non plus ponctuels) d'assistance financière et sociale aux femmes victimes de violence.Freiner la pornographie les conservateurs s'engagent à clarifier la définition du Code criminel afin de rendre la pornographie illégale.Ils prévoient aussi réviser les lois sur les douanes, la radiodiffusion, le code criminel, etc.pour freiner l'entrée, la production et la distribution du matériel pornographique Ils attendent par ailleurs la publication du rapport Badgley, sur l'exploitation sexuelle et les offenses impliquant des enfants, pour prendre d'autres mesures législatives.Quant à la prostitution qu'il était question de décriminaliser, on semble s'orienter plutôt vers une plus grande «crimina-lisation» des clients que vers un plus grand libéralisme envers les prostituè-e-s ; on envisage de poursuivre les clients, surtout s'ils demandent «les services sexuels» de mineur-e-s, et d'élargir la définition «d'endroit public» pour mieux sévir.Par ailleurs, on veut prévenir la prostitution des femmes et des jeunes «en améliorant leurs conditions socio-économiques.» Face au plus ancien métier du monde, le voeu est aussi pieux que vieux ! Et en ce qui concerne le divorce ?Les conservateurs mettent surtout l'accent sur la perception des pensions alimentaires : inclure dans la loi des critères précis et détaillés qui assurent des allocations équitables ; créer un registre cenoal des ordonnances d'entretien de garde ainsi qu'un mécanisme d'application de ces ordonnances partout au Canada.Actuellement, en effet, il suffit aux pères ou maris de «disparaître» ou de changer de province pour échapper à l'obligation de verser des pensions alimentaires Pas un mot, par contTe, toujours dans le programme conservateur, sur la possibilité du divorce «sans faute», ou par consentement mutuel.Un enfer bleu ?Quant aux femmes autochtones, elles verront disparaître l'article 12-1 (b) qui leur enlève leur statut d'Indienne dès qu'elles épousent un non-Indien, en priorité à toute autre réforme y compris celle qui concéderait l'autodétermination des peuples autochtones.Aux femmes immigrantes, aux prises avec des insuffisances linguistiques et des ghettos d'emploi, on a promis de meilleurs programmes de formation et d'information sur leurs droits, de la part du ministère de l'Emploi et de l'Immigration et de celui du Travail.Le fédéral prévoit «exhorter» les provinces à appliquer les lois sur les normes d'emploi surtout dans les secteurs du travail domestique et du textile, où les immigrantes abondent.Il faudra voir ce que Flora MacDonald fera de plus concret.Bilan ~> De bonnes intentions.Mais pour que notre enfer futur n'en soit pas pavé, il faudra concrétiser ces généralités en mesures précises et détaillées.Pour le moment (début octobre), les députè-e-s et les ministres en sont encore à s'installer, cherchent bureaux ou appartements à Ottawa et dans leurs comtés, prennent connaissance de leurs dossiers : impossible de les joindre.C'est encore la période où l'on veut donner sa chance au coureur.Mais La Vie en rose suivra ces promesses.Tout ce qu'on peut dire, pour l'instant, c'est qu'elles sont (trop ~>) raisonnables et.sauf sur les questions économiques, fort.conservatrices.Pouvait-il en être autrement ?FIN Gloria Escomel est lournaliste.professeure de littérature à l'Université de Montréal et ècrivaine à temps perdu.ÇQc
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