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Titre :
La vie en rose
La Vie en rose jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sur un ton critique et avec humour. [...]

Publiée à Montréal de 1980 à 1987, La Vie en rose est, pendant cette période, le principal magazine féministe québécois. Le premier numéro, sous-titré « magazine féministe d'actualité » et dirigé par un collectif de six femmes, paraît au printemps 1980, encarté dans la revue contestataire Le Temps fou. Autonome dès le cinquième numéro, La Vie en rose est publiée trois fois l'an jusqu'en 1984, puis huit fois l'an jusqu'en 1986, où elle devient une publication mensuelle.

S'éloignant du militantisme « pur et dur » des revues des années 1970, La Vie en rose propose, pour contrer le discours ambiant post-féministe et justifier sa pertinence et son combat, de repenser, de renouveler et de redéployer le féminisme. Pour ce faire, La Vie en rose donne au féminisme une image enjouée, évite le dogmatisme et favorise une variété de perspectives. Cette volonté de rassemblement des féministes permet une ouverture intergénérationnelle et encourage la réflexion.

Le magazine jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sans s'aligner explicitement sur un parti ou une idéologie politique. Les thèmes abordés ne sont par ailleurs pas étrangers aux enjeux féministes : les articles traitent presque exclusivement de sujets intimement liés à la condition des femmes dans la société contemporaine. Revue indépendante, La Vie en rose tient mordicus à l'autonomie, qu'elle revendique aussi sous toutes ses formes pour les femmes québécoises.

Outre les rubriques récurrentes (l'éditorial, le courrier, les comptes rendus de films, de livres et de pièces de théâtre), le magazine propose des dossiers spéciaux qui abordent des sujets comme le travail, la langue, le pouvoir, le syndicalisme ou les lois. La Vie en rose explore parfois des questions difficiles, voire litigieuses, telles la religion, la prostitution, la pornographie et les maladies transmissibles sexuellement. Des entrevues de fond, avec des personnalités d'ici et d'ailleurs (Clémence DesRochers, Lise Payette, Diane Dufresne, Simone de Beauvoir, Christiane Rochefort et plusieurs autres), sont aussi publiées régulièrement.

Une des caractéristiques importantes du magazine est l'espace qu'il accorde à l'humour. Les caricatures et les textes ironiques en sont partie intégrante, de même que les célèbres « chroniques délinquantes » d'Hélène Pedneault (réunies ultérieurement en recueil), très appréciées du lectorat. La Vie en rose fait également une grande place à la littérature et encourage ouvertement la « relève »; elle publie le nombre impressionnant de 58 récits de fiction au fil de ses 50 parutions. Certains numéros contiennent des nouvelles portant sur un thème suggéré par la revue, alors que d'autres rassemblent des textes d'un même genre (le roman policier, par exemple), que l'équipe de La Vie en rose cherche à ouvrir à une redéfinition en vertu de paramètres féministes.

D'abord tiré sur papier journal et illustré de dessins et de photos en noir et blanc, le magazine adopte, dans son numéro de juillet 1983, un graphisme semblable à celui des revues à grand tirage et est imprimé sur papier glacé. De 10 000 exemplaires en 1981, son tirage moyen atteint ensuite près de 20 000 exemplaires par numéro.

Une combinaison de plusieurs facteurs, dont des difficultés financières dues aux abonnements insuffisants et un certain essoufflement de l'équipe d'origine, forcent La Vie en rose à tirer sa révérence au printemps 1987. Cette revue demeure encore aujourd'hui parmi les plus importantes de la presse alternative québécoise.

BERGERON, Marie-Andrée, « La Vie en rose (1980-1987) - Construction rhétorique d'un leadership », Globe - Revue internationale d'études québécoises, vol. 14, no

DES RIVIÈRES, Marie-José, « La Vie en rose (1980-1987) - Un magazine féministe haut en couleur », Recherches féministes, vol. 8 no

Éditeur :
  • Montréal :Productions des années 80,1980-1987
Contenu spécifique :
avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

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Références

La vie en rose, 1985, Collections de BAnQ.

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Avec la récente publication d'un nouveau cahier LE DEVOIR ESSENTIEL! iDITORIAL Courrier Communiqués Commentaires Rire ou racisme?Les années bidon Chronique délinquante Y a-t-il une sabbatique dans la salle?Hélène Pedneault ACTUALITÉ FÉMINISTE Reproduction: serons-nous des incubateurs ambulants Politique familiale: non a la consultation 11 Handicapées: passer la rampe 16 Les femmes et la torture 17 Services publics: d'abord une bataille de femmes 18 Des nouvelles des Îles-de-la-Madeleine 20 La contraception de l'an 2000?21 Pro-Choix repond a Pro-Vie 21 ÉCOLOGIE Comment pulveriser la tordeuse?Magah Marc JOURNAL INTIME ET POLITIQUE Suites en seule majeure Monique Trottier 22_ ENTREVUE Christiane Rochefort La vie d'abord Hélène Pedneault 28_ ACTUALITÉ La garde partagée Piège ou libération?Dominique Pineault, Dominique Legault 34_ INTERNATIONAL Juives et Arabes Les soeurs ennemies se parlent Shirley Sarna 1985 128 Park Aveniou Hélène Le Beau Cinéma Cinema d'hiver Sally Potter Diane Portras LITTÉRATURE L'art meurtrier de Sylvia Platti Anne-Marie Alonzo Arts Nancy Spero.Harmony Hammond Les pionnières sont parmi nous Rose-Mane Arbour, Nathalie Watteyne 50 Musique Angélique lonatos L'autre enfant du Piree Anne-Marie Alonzo 52 Flashes 53 Livres, cinéma, spectacles CALENDRIER 60 LA VIE EN ROSE Les femmes excellent à s'occuper des enfants et à prodiguer des soins, pendant que les hommes font la guenre et s'inquiètent du déficit.C'est ainsi que la nature l'a voulu et cela a merveilleusement marché jusqu'à présent.Pourquoi devrions-nous balancer tout ça?'» C'est ce que pense Grace PetTasek, originaire de Chicoutimi, épouse et mère de quatre enfants, membre de Pro-Vie et aujourd'hui présidente de l'association canadienne Real Women.basée à Toronto.Real Women, ou les Vraies Femmes, est aussi un acTonyme pour Réalistes.Égales, Actives et pour la Vie (life) C'est surtout, ni plus ni moins, la réponse de la droite au mouvement des femmes, un peu comme la rencontre des 1 5 000 Yvette au Forum en 1980 était la réponse ponctuelle de ménagères offensées par un discours féministe qu'elles jugeaient dévalorisant pour elles.Faut-il s'étonner de cette réaction alors que le féminisme est de plus en plus articulé et influent 7 D'ailleurs, de telles associations ont déjà vu le jour ailleurs : le Eagle Forum de Phyllis Schlafly aux États-Unis, qui joua un rôle majeur dans la défaite de l'Equal Rights Amendment (ERA, l'amendement pour l'égalité des femmes), la Society for the Protection of the Unborn Child et la Responsible Society en Angleterre, et la Women Who Want to Be Women (!) en Australie.En fait, il faudrait plutôt se demander pourquoi Real Women ne s'est pas manifestée avant.C'est que jusqu'à maintenant, les «vraies» femmes semblaient se satisfaire de leur lutte contre l'avortement.Jusqu'au jour de février 1983 où Judy Erola.alors ministre fédérale responsable de la Condition féminine, laissa entendre que le gouvernement libéral pourrait abolir l'exemption d'impôt pour épouses à charge.C'était tout ce qu'il fallait pour que Gwen Landolt.avocate et fondatrice à Toronto de l'association Pro-Vie et de son bras politique, Campagne-Vie.suivie de Grace Petrasek et de/:inq autres femmes, parte et fonde, un an plus tard, une «organisation de femmes indépendantes préoccupées par la préservation des valeurs familiales».Quoique ce soit toujours son dada, la lutte contre l'avortement n'est donc plus le seul cheval de bataille de cette association qui prétend aujourd'hui rassembler 20 000 femmes à travers le pays.Fatiguées d'entendre les «féministes radicales» parler pour elles, les Vraies Femmes ont décidé de répondre, point par point, au discours féministe.Pour ce faire, l'organisation a identifié le Comité canadien d'action sur le statut de la femme (CCA) et le Programme de la promotion de la femme du Secrétariat d'État, à Ottawa, comme ses premières cibles.Pourquoi viser ces organismes, par nature loin d'être radicaux "> Simplement parce qu'ils promouvoient très visiblement l'égalité des sexes.Mais comment peut-on s'oppo- ser à l'égalité des sexes en 1985 9 D'après Gwen Landolt.«l'égalité mène théoriquement à l'avortement sur demande, au service obligatoire pour les femmes et au début d'une société aseptisée » C'est ainsi qu'il faut comprendre le slogan de Real Women.« Women Rights but Not at the Expense of Human Rights» (les droits des femmes mais pas au détriment des droits humains) Slogan passablement ingénieux puisqu'il mélange habilement tradition et contestation.En ce sens, Real Women représente plus qu'un anachronisme, qu'un discours primaire et réactionnaire.Ces femmes vivent bel et bien dans les années 80.comme en témoigne leur plate-forme.e but fondamental de Real Women est de revaloriser les femmes à la maison, les mères de famille, et avec elles toute l'institution familiale.De là Lleur opposition à l'avortement, au travail à l'extérieur, aux garderies, au divorce et à l'action positive.Si on ajoute à ces prises de positions une condamnation de la pornographie (il fallait s'y attendre) et de la prostitution (encore plus), il.est impossible de ne pas reconnaître là le bon vieux discours de la droite.Comme la féministe américaine Andrea Dworkin l'explique dans Right- Wing Women (les femmes de la droite), ce que la droite promet - implicitement - aux femmes, c'est la sécurité, le refuge, l'amour, mais LA VIE EN ROSE 1985 éditorial des «vraies» femmes par Francine Pelletier selon des règles établies, dont le maintien du foyer conjugal et la maternité obligatoire.«Vivant dans un monde qu'elle n'a pas fabriqué et qu'elle ne comprend pas, une femme a besoin de règles pour savoir comment faire dans la vie (.) La droite, très gentiment, révèle aux femmes les règles du jeu dont dépendent leurs vies.La droite va jusqu'à dire que.malgré leur domination absolue, les hommes doivent aussi suivre certaines règles2.» Cette montée d'un activisme politique féminin et antiféministe est à certains égards ironique.Ces femmes auraient-elles eu le réflexe de s'élever ainsi contre le féminisme si elles-mêmes n'en avaient pas profité depuis 20 ans 7 Le plus absurde est que cette revalorisation par la droite de la femme au foyer coïncide avec une revendication semblable issue du mouvement des femmes.Courant plutôt timide au début des années 70.la reconnaissance économique du travail à la maison est une revendication féministe de plus en plus populaire.Or, l'émergence d'un groupe comme Real Women est d'autant plus inquiétante - plus intéressante aussi - que les frontières ne sont pas toujours très claires entre nous et elles, c'est-à-dire entre les femmes qui aspirent à la «libération» et celles qui ne veulent surtout pas y être associées.Par exemple, Real Women se dit d'accord pour «un salaire égal à travail égal»3 et pour des pensions de retraite aux ménagères, une revendication défendue par le Comité canadien d'action sur le statut de la femme.Et.bien, que les fondatrices du mouvement se ressemblent étrangement - de 35 à 45 ans, mères de famille, vivant très confortablement des revenus de leur mari - il n'y a pas de portrait-type des Real Women selon l'enquête de la journaliste Charlotte Gray «Une réunion de Real Women n'est pas si différente d'allure d'une réunion du CCA».dira une personne-ressource du Secrétariat d'État.«Des femmes de tous les âges, bien mises, édu-quées.articulées.» N'est-ce pas d'ailleurs ce qui agace le plus dans cette affaire : voir les acquis du mouvement des femmes à la fois récupérés et attaqués par d'autres femmes 7 Real Women menait en février toute une campagne afin d'être subventionnée par l'État à la place des groupes de femmes actuels.Heureusement, les pressions des groupes féministes aidant, le gouvernement n'a pas encore répondu à ces demandes et ne semble pas enclin à le faire.Il faut préciser que Real Women est pour l'instant amplement soutenue, financièrement et moralement, par Pro-Vie.par plusieurs Églises et probablement par ses vis-à-vis des États-Unis et d'ailleurs.Ces nouvelles activistes ont ainsi un pouvoir de mobilisation considérable.Pour leur part.Gwen Landolt et Grace Petrasek sont sûres de détenir la formule gagnante : «Le vent a tourné, nous sommes la vague du futur», disent-elles.Une telle affirmation de la droite est peut-être justement ce qu'il fallait pour enflammer les troupes féministes 7 Gisèle Tremblay l'écrivait en 1981 dans son Manifeste pour les femmes «Nos adversaires sont non pas tous les hommes (.) Ce sont les hommes et les femmes qui.figés dans les privilèges de la domination, cherchent (.) à s'approprier encore le monde.Il y a donc des femmes parmi nos adversaires, car certaines ont intérêt à défendre dans le pouvoir des hommes la part de pouvoir qu'elles y trouvent elles-mêmes par association et qui repose sur l'exclusion du plus grand nombre.«Or.nous le publions, nous combattrons nos adversaires, fussent-elles des femmes, contre la duperie de l'immunité féminine.Nous revendiquons ce droit.(.) Et nous leur ferons l'hommage de les combattre.» 1/ « Iraditionahsts vs heminists», Charlotte Gray.Châtelaine, mars 1985 21 Right- Wing Women Andrea Dworkin, Peri- gree Books.New York.1983 3/ Tout en se disant en désaccord avec le salaire égal pour un travail d'égale valeur avril 1985 LA VIE EN ROSE Courrier Zuxure à La Vie en rose ?Les photos d'accouchement illustrant nos articles sur les sages-femmes (février) ont paraît-il soulevé bien des commentaires, verbaux (l'animatrice de radio Suzanne Lévesque, par exemple, considérait même très dégradant de livrer ainsi l'intimité d'accouchées - pourtant consentantes) ou écrits.Ainsi, madame Georgette Nassif Had-dad.selon sa lettre publiée dans Le Soleil de Québec, y a vu des «photos assez juteuses (.) montrant une femme ayant une tenue et des poses assez provocantes».Humaniser la naissance ne nécessite point l'exhibitionnisme, poursuit madame Haddad : «Pour le reportage, la femme vivant l'accouchement aurait pu cacher ses formes un peu plus.N'est-ce pas que nous les femmes aurions crié au scandale si nous avions vu ces photos dans Hustler.Penthouse, etc.1 C'est déplorable de constater que même dans les revues féministes, «Skin is in».Car.malheureusement, une fois de plus les hommes en ont plein la vue !» Denise Proulx D'accord avec madame Haddad.au moins une de nos abonnées, «déçue», a annulé son abonnement.Mais un lecteur de Sainte-Foy, Orner Landry, a décidé de lui répondre dans Le Soleil (avec copie à LVR) : «Merci, chère dame, de m'avoir ouvert les yeux.En effeL suite à la lecture de votre lettre dans Le Soleil du 17 février, je suis retourné à ma .revue La Vie en rose pour voir ce que j'avais manqué en la lisant la première fois.Cet article sur l'accouchement m'avait intéressé, mon amie accouchant dans deux semaines.Et voilà que vous m'apprenez que mon oeil n'avait pas su y déceler la luxure.Je relis, je regarde à nouveau et je dois vous avouer que le seul jus, comme vous dites, que j'y aperçois est le sébum recouvrant le bébé.Pour vous contenter ou me conformer à votre scheme de pensée, j'ai bien essayé de m'exciter mais je n'y arrive pas.Mille excuses si je n'y aperçois que des femmes accouchant à ce qu'il me semble dans la joie.Elles sont nues, il est vrai.Je ne me serais pas attendu à les voir habillées, pas plus que le bébé qui naît.Si l'article ne m'en a pas mis plein la vue, votre lettre par contre, me dépasse.Si c'est dans la tête qu'on est beau, c'est souvent là aussi qu'on est malade.» Et vous, ces photos vous ont-elles choquée ?L es féministes d'État, suite J'aimerais amener des précisions à l'article Où nous mènent les féministes d'État ?(février) où il est question du CSF.Je suis de celles qui ont demandé une mutation à l'automne dernier et j'ai eu la chance de pouvoir quitter le CSF rapidement.Quand je suis entrée au Conseil en août 80, je ne pensais jamais en arriver à dire une chose pareille.Mais, depuis l'entrée en fonction de la nouvelle présidente et ensuite dune nouvelle directrice des communications, le climat est devenu insupportable.Jusqu'à récemment, j'ai beaucoup aimé travailler au Conseil.C'était motivant et enrichissant.Pour la première fois en 10 ans de service, je travaillais dans un organisme gouvernemental qui n'en avait pas l'air.J'y ai connu des femmes extraordinaires et j'avais l'impression de contribuer à l'amélioration de la condition des femmes.Mais cette motivation s'est envolée quand trop d'attitudes et de mesures sont venues me faire douter des objectifs réels poursuivis par la présidente.Vous avez mentionné la résistance passive des employées.Toutes celles qui sont parties pourraient avoir l'air de s'être sauvées plutôt que d'affronter.Mais je ne sais pas comment nous aurions pu changer ce qui se passe présentement au Conseil car, depuis quelques mois, on nous a rappelé l'importance des titres.On n'entre pas dans le bureau de la présidente quand on est secrétaire, les employées de soutien sont exclues des réunions du Service de l'information, etc.J'ai vu plusieurs fois des femmes surchargées de travail pleurer parce qu'on les traitait comme des machines.La collaboration et les conversations non hiérarchiques sont devenues choses du passé.Il a fallu se taire car on nous a fait sentir très clairement que nous n'étions plus écoutées.Et pour s'assurer de notre «passivité», tout est devenu confidentiel.Même l'organigramme du Conseil1 Je vous laisse le soin d'imaginer le climat de méfiance qui s'est installé.Je trouve cette constatation regrettable, mais je pense que le souhait de l'ex-ministre Denise Leblanc-Bantey.«que le Conseil en prenne pour son rhume», s'est réalisé Le Conseil est devenu un organisme fantôme.Heureusement, on peut continuer de se battre ailleurs.Denyse St-Onge Beauport Francine Lalonde.ministre à la Condition (éminine L'analyse de Lise Moisan, dans Où nous mènent les féministes d'État ">.malgré sa justesse, m'a paru incomplète.(.) La complexité de la question n'en ressort pas (.).Le féminisme d'État au Québec est loin d'être monolithique et il est essentielle-ment différent de celui d'ailleurs, pour des raisons liées à la société québécoise.L'État a été perçu, ici, comme un moteur important du développement social, économique et culturel.C'est ce qui peut expliquer, d'une part, que des militantes au début des années 70 aient ressenti le besoin de s'y donner un lieu d'action et que, d'autre part, ce lieu, le CSF, ait pendant un certain temps déjoué l'inévitable institutionnalisation.Pour avoir été au CSF pendant ses bonnes heures (de 1976 à 1981 ), je puis témoigner que nous ne croyions pas nécessairement au «bateau dans lequel nous ramions» : nous croyions plutôt aux femmes qui, elles, savent ramer 1 II s'agissaiL pour plusieurs, d'utiliser un instrument pour les femmes et non pas de réformer la machine.La distinction est selon moi fondamentale.LA VIE EN ROSE avril 1985 Le constat de Lise Moisan, à savoir que l'on cherche maintenant à imposer des priorités aux femmes et à contrôler les groupes, mapparaît plausible.Personnellement, je fais une croix sur la structure gouvernementale et formelle de la condition féminine, devenue le lieu «d'une job comme une autre» et, tristement, le jalon de certaines carrières (les nominations récentes sont éloquentes).Par contre, l'information et le fric sont toujours là et, à l'intérieur même de la structure, on retrouve encore un réseau informel de féministes qui, lui, se maintient.Cette dimension est essentielle parce que son existence même tient du mouvement des femmes et non pas de l'institution ; surtout, elle nous est propre en tant que pratique.Impuissant face au gouvernement, ce réseau 7 Bien sûr.nulle n'en a jamais douté.Mais utile aux groupes de femmes 7 Oui.Quoiqu'il y ait des jours où.La fragilité du Conseil et le développement champignon du secrétariat à la Condition féminine nous enseignent qu'un lieu n'est qu'un lieu, et qu'il faut s'en donner d'autres quand le pouvoir l'avale Cela nous enseigne aussi que nos acquis ne sont jamais assurés si nous n'en avons pas l'entier contrôle (l'avortement, par exemple).Je maintiens toutefois que la présence de féministes dans les structures (et non pas les structures), en autant qu'elles répondent d'abord aux femmes, demeure encore un atout et qu'au Québec, compte tenu de notre type de bureaucratie, elle s'avère par moments efficace.La tentative de récupération de la question des femmes par le gouvernement actuel a malgré tout un côté rassurant : l'analyse critique s'est manifestée rapidement, les femmes se sont vite distan-ciées de cette entreprise La vitalité et l'autonomie du mouvement sont plus évidentes que jamais.Il reste évidemment un énorme boulot : comment avec peu de moyens opposer un contre-discours à celui qui est officiel et soutenu par une organisation privilégiée 7 Comment récupérer tous ces sous à d'autres fins ?Maria De Koninck Québec La moulinette doctrinaire Mario, le film de Jean Beaudin.a fait l'objet en février d'une critique plutôt hallucinante L'histoire de cet enfant au-tistique, en réaction agressive au monde, est passée dans une moulinette doctrinaire bien tranchante.Est-ce cela qu'on appelle une grille féministe d'analyse cinématographique7 En fait, l'article concentre en quelques lignes presque tous les clichés réduction-nistes disséminés avec une belle constance dans votre chronique de cinéma, tenant lieu jusqu'ici d'analyses qu'on aurait souhaitées réfléchies, nuancées ou même documentées.Ont été victimes de ce couperet tous ceux et celles qui.de Zulawski à Doillon.en passant par Ottin-ger.ont donné une autre image que celle de "l'héroïne positive".Le cinéma n'est-il pas autre chose qu'un autel où immoler toute velléité de représentation créative ou intelligente de la réalité7 Sommaire ou strictement descriptive, souvent braquée, la chronique de cinéma n'a jamais brillé d'aucun feu.Sa faiblesse devient gênante.Ah oui!, autre chose, ce gentil article sur Paris, Y a-t-il un taxi dans la salle7 Coquin et humoristique, mais d'un racisme à hurler1 Michel Beauchamp Carmen Palardy Lorraine LeBlanc Montréal Et vlan 1 Vous avez réussi à ègratigner beaucoup de monde au passage.Bravo d'avoir soulevé des questions aussi importantes que la pertinence et les modalités de la critique féministe.Je m'abstiendrai d'y répondre rapidement et avec aussi peu de nuances que vous le faites.Mais j'y reviendrai, c'est promis.Entre temps, je vous invite à relire le texte sur Ottinger.Et de grâce, cessez de lui faire dire ensuite le contraire de ce qui est écrit.même si cela sert bien votre propos.Diane Poitras Une amour de délinquante On me demanda récemment dans un sondage: «Pouvez-vous nommer une chronique de La Vie en rose?» Je répondis sans hésiter: «La chronique délinquante».Je l'adore, cette chronique, et je dois avouer que je lis rarement quelque chose qui me fasse autant de bien (.) Puis je trouve Hélène Pedneault que vos analyses partent et parlent de l'expérience vécue des femmes.Alors, si jamais vous rencontrez le monsieur qui parlait de ses «ma tante» de 200 livres, dites-lui pour moi que 98 % des hommes, quels que soient leur âge et leur tour de ceinture, ont toujours les jambes écartées.Ça fait plus que toutes les «ma tante» de 200 livres mises ensemble.Quant aux Français, vous avez tout dit mais, comme vous concluiez, «Paris est si belle.» Hélène Sarrasin montréal Mi erci Les trois articles de février consacrés aux femmes handicapées m'ont bien plu.J'y ai retrouvé le talent et la personnalité attachante d'amies et de collègues.Plus encore que les femmes «ordinaires», les femmes handicapées ont besoin de modèles et de connaître des femmes qui expriment ce qu'elles vivent.La Vie en rose a répondu à ce besoin avec talent, justesse, sans fausse note et l'information sur la loi et sur l'Office des personnes handicapées du Québec est correcte.Je vous remercie.Laurette Champigny Robillard présidente de l'ophq drummondville 1 rrèvérence J'étais très contente de lire une critique de mon livre Lily Briscoe un autoportrait.par Anne-Marie Alonzo.dans le numéro consacré aux féministes.D'ailleurs, je lis chaque numéro avec beaucoup de joie et des éclats de rire pour votre audace et votre salubre irrévérence.Mais je voudrais corriger une petite erreur: vous dites que Lily Briscoe est paru sous le titre anglais 77te Medusa Head.En fait ceci est le titre de mon deuxième livre, publié en 1983.et Lily Briscoe avait le même titre en anglais: Lily Briscoe.A Self-Portrait.Mary Meigs montréal avril 1985 7 LA VIE EN ROSE Thérapie individuelle et de groupe 4581 Fabre H2J 3V7 Métro Mont-Royal 524-3289 m rie cabana psychologue "La respiration est la corde pour aller au fond du puits» disent les Orientaux Rebirth Une expérience de la profondeur PAULE LEBRUN thérapeuthe gestaltiste formée au Breath Therapy session individuelle et de groupe Le Zorbou.centre de créativité et d'éveil.844-0751 Monique Panaccio PSYCHOLOGUE psychothérapie et psychanalyse fr?| DENISE NOËL PSYCHANALYSTE 5350 RUE WAVERLY MONTREAL H2T 2X9 TEL (514)495-3696 Luce Bertrand m.p.s.psychologue «Une femme à l'écoute des femmes » PEURS - DÉPENDANCES - CULPABILITÉ HÉTÉROSEXUALITÉ - HOMOSEXUALITÉ CROISSANCE - CHEMINEMENT __Là Tél.bur.: 274-8097 jVicoée @lee>&e&, m.A.Psychologue Psychothérapie Individuelle i i 831, rue Rockland Montréal, Qc H2V 2Z8 intervention /émiiusie consultation individuelle Gisèle Legault fravailieuse sociale psycho-thérapeute et professeure à l'Université de Montréal 277-1216 (Outremont) TVouvelles publications Ici l'Amérique latine Une correspondante à Mexico, d'autres à Rio, au Nicaragua, au Chili, en Argentine, au Pérou.Des reportages et des témoignages en direct.Et cela chaque mois, à temps pour vous permettre d'agir sur l'actualité.Abonnement d'un an (11 numéros) : 4 $.Soutien : 8 $ et plus.Écrivez à Ici l'Amérique latine, 3575, Saint-Laurent.Montréal H2X 2T7.Le mouvement pour le désarmement et la paix est le titre du numéro d'automne 84 de la Revue internationale d'action communautaire.Qualifiant ce mouvement «d'événement majeur des années 80», ce volumineux document «cherche à saisir ce que les diverses composantes du mouvement pour la paix apportent de nouveau dans la transformation des rapports sociaux et des modes de vie».Aussi au CSF.Explorons de nouveaux espaces, à la fois un document écrit et un vidéo, s'adresse aux étudiantes du 2' cycle du secondaire afin de les aider à démystifier les emplois non traditionnels et ainsi à élargir leur choix de carrière.En vente au Service de distribution du matériel didactique.Ministère de l'Éducation.600 rue Fullum.5e étage.Montréal H2K 4LI.(514) 875-5078 L'AFEAS vient de lancer deux brochures destinées au grand public: La Puce à l'oreille et au bout des doigts vulgarise le fonctionnement d'un ordinateur et Les Maladies cardio-vasculaires.les femmes aussi tente d'expliquer pourquoi nous en sommes de plus en plus affectées.À 75 cents chacune, ces brochures sont disponibles à YAFEAS 180.boul Dorchester est suite 200.Montréal H2X IN6 Femmes et histoires le silence éclaté est le titre d'une première revue publiée par Indiscipline historique, un collectif d'étudiantes de l'UQAM préoccupées par l'absence des femmes dans l'histoire.Disponible aux librairies suivantes: Coop UQAM.Agence du livre français.Parchemin Zone libre.Aube-épine.Androgyne (toutes à Montréal) Le répertoire des groupes de femmes.1984-85.cet outil indispensable est maintenant disponible au Conseil du statut de la femme.8.rue Cook 5' étage, bureau 300.Québec G1R 5J7 La Science et la Technologie est un numéro spécial des Cahiers de la femme qui traite «du rôle des femmes dans un monde de plus en plus changeant».Inf.: Catherine Kellogg.(514) 879-8521 "communiqués Y a-t-il encore de la publicité sexiste?Prix Déméritas-Éméritas Pour la S' année consécutive, le CSF lance son concours du pire et du meilleur (en matière de publicité) sous le thème: Y a-t-il encore de la publicité sexiste7 Vous êtes invitées à faire parvenir vos suggestions avant le 30 avril, au Comité pour la publicité non sexiste.1255 Carré Philippe, bureau 708.Montréal H3B 3G1.Tél.(514) 873-8384 ou 1-800-361-4349 (sans frais d interurbain) Jeudis de l'histoire des femmes 11 avril: «Quand les femmes se retrouvent sur le marché du travail.».Trois panellistes abordent les métiers non traditionnels, la syndicalisation, les nouvelles stratégies de lutte.Au 1212.rue Panel à Montréal à 13 h 30 Témoignages recherchés Êtes-vous mère célibataire par choix ou par obligation?Votre témoignage servira à une recherche dans le but de même sut pied un centre de références, d'échanges et de soutien pour mères célibataires.Contactez Brigitte Vandal 52.rue Jarry est Montréal H2P 1T1.tel: 381 1980 On cherche des témoignagnes de femmes ayant subi du harcèlement racial et sexuel en milieu de travail afin «d'élaborer des recommandations et une politique précise à ce sujet».Le Centre de recherche-action qui pilote le projet travaille conjointement avec des groupes de femmes et des groupes ethniques, les associations syndicales et patronales, les commissions des droits de la personne et les centres d'emploi.Contactez Martine Contant, au CRARR.1655.rue Béni, suite 295.Montréal H2L 4E4.tel 843-3892 Karaté pour femmes L'Atelier de karaté des femmes de Montréal continue sur sa lancée et vous offre une 3' session de cours pour débutantes, d'avril à juin.Coûts: 90 $ plus 10 $ de frais d'inscription.Inf 524-7881 (jour).527-9079 (soir) Des conseils gratuits La Semaine nationale de la justice aura lieu du 1 5 au 19 avril, au Palais de justice de Montréal et au Complexe Desjardins.Toute la journée, des cliniques juridiques gratuites vous permettront d'avoir des consultations individuelles sur n'importe quelle question de droit matrimonial, corporatif, criminel, immobilier, etc.B ientôt.Cinéma Femmes L'événement Silence, elles tournent, organisé par le groupe Cinéma Femmes, s'en vient Ce festival annuel, prévu pour juin, montrera ce que des femmes du monde entier réalisent en cinéma et en vidéo.Ouvrez les yeux et les oreilles.et pour plus de renseignements tout de suite: Louise Martin, 522-3141 .Personnel Je cherche des femmes capables de composer de la musique sur mes textes de chansons d'inspiration variée: féministe, surréaliste, poétique et engagée.Contactez Francine Bélanger.2324.rue Dorion.Montréal H2K 4B2.tel 524-8217 ou 351-0291 avril 1985 9 LA VIE EN ROSE Rire ou racisme?La chronique délinquante de février, où Hélène Pedneault évoquait la France et les Français-es, a suscité plusieurs commentaires partagés (voir courrier p.7), quelques lectrices allant jusqu'à parler de racisme.Hélène Pedneault répond à monsieur Nérof et aux autres et, ce faisant, précise la raison d'être de sa chronique.Hélène Pedneault, je me demande à quoi peut bien servir votre article rageur contre les Français.(Au fait, que signifie ce titre: Y a-t-il un taxi dans la salle7) La plupart des affirmations sont complètement non fondées.Mitterrand, par exemple, n'a jamais caché ses origines bourgeoises et quand bien même, qu'est-ce que ça lui enlèverait?Pompidou était petit-fils d'agriculteurs, aurait-il dû être socialiste7 En 12 années de vie à Paris, les taxis m'ont emmené là où je voulais et s'ils m'interdisaient de fumer, mon droit de fumeur ne réapparaissait pas supérieur à leur droit de ne pas être incommodés par la fumée.Loin de se présenter comme les meilleurs et les plus forts, les Français annoncent chaque mois dans les journaux la montée «apocalyptique» de leur chômage.(.) Par ailleurs, il me semble rapide de dire que la société française se sclérose.La réflexion menée par le syndicat CFDT et par la gauche en général (même dans les rangs du Parti communiste) m'apparaît plutôt comme le signe du contraire.Je pourrais réfuter ainsi, une à une, la plupart de vos affirmations, mais ce serait un contre-discours aussi oiseux que le vôtre: dans ce genre d'argumentation, chacun ne retient que ce qu'il a envie d'entendre.La question n'est pas là, mais plutôt, à mon avis, dans votre absence totale de recul et d'humour au sujet des Français.Car enfin, ils sont comme ils sont, ni pires ni meilleurs que les Québécois ou les Américains, les Japonais, les Philippins, etc.(.) Il serait plus constructif en revanche de nous amener à réfléchir sur votre déception.«Ça fait mal parce qu'on y a cru.à la réputation qu'ils se faisaient», dites-vous.Mais pourquoi y avoir cru7 Pourquoi avoir cru qu'un peuple est meilleur ou plus fort qu'un autre?(.) Ceci dit, je continue de vous lire avec intérêt.4^ Alain Nérot montréal Cette chronique est qualifiée de délinquante.Je suis là pour casser des vitres, dessouffler des pneus, placer des «bra-quettes» sous les pieds nus, etc., toutes ces actions n'étant pas particulièrement objectives.Je tire des roches, je ne tiens pas une chronique politique.Quant à Y a-t-il un taxi dans la salle7, je dois dire que c'est un cas d'exaspération plus que d'humour.Vous avez raison Pour faire de l'humour, il faut sortir de l'exaspération.Mais de là à crier au racisme, il y a une marge.Ce n'est pas parce qu'on parle d'un autre peuple, même de ses défauts, qu'on tombe dans le racisme.Ceci dit, après 14 ans de voyages fréquents en France - de trois ser.aines à six mois -, après toutes ces années de vaillante défense de la France et des Français-es contre les attaques habituelles, je me suis retrouvée à bout d'arguments.Comme si d'un coup, sans raisons particulières, tout ce que j'avais dû refouler, afin de prendre leur défense, remontait.L'humour que je choisis de faire ici implique une certaine dose d'exaspération, soit dans le «vaste» général (je fesse dans le tas.1), soit dans le particulier (je grossis une tête d'épingle.).Dans ce cas-ci.j'ai utilisé la mauvaise foi.la généralisation à outrance.D'habitude, je le fais exprès: mais là je me suis laissée emporter à quelques reprises.Je ne m'en excuse pas.J'aurais dû dire Parisiens au lieu de Français7 J'aurais dû parler de quatre chauffeurs de taxis plutôt que de fous les chauffeurs de taxis7 J'aurais dû décrire la vie quotidienne et stressante d'un-e Pari- sien-ne pour expliquer sa mauvaise humeur chronique?La surpopulation de Paris7 La peut7 Le bruit excessif On peut toujours trouver mille raisons de comprendre.Et on peut en trouver autant de ne pas comprendre.Mais ce n'est pas dans ces morceaux de délinquance que je compatis.Je le fais ailleurs.Ou j'écrirai un autre article, tendre, parce que je veux aussi l'être envers ce peuple.J'essaierai de faire mieux - ou pire?La prochaine fois.1 Mais attendez que je parle des Québécois-es.Dira-t-on alors que je suis raciste ou critique7 Hélène Pedneault 1/ Il y a plus "anti-Français" que moi Avez-vous lu La France dans tous ses états, par Pierre Daninos7 LA VIE EN ROSE 10 avril 1985 284953 Les années bidon Est-ce la conjonction de l'Année internationale de la jeunesse et de la Journée internationale des femmes?Février et mars nous ont apporté - enfin - des lettres et des commentaires de femmes plus jeunes.Des programmes gouvernementaux à la relève féministe, elles s'inquiètent justement.Janvier 1985.J'ai 24 ans, bientôt 25.Les médias me rappellent que l'ONU a décrété 1985 Année internationale de la jeunesse.Je devrais être fière puisque je suis membre à part entière de cette belle jeunesse en mal d'avenir, mais pourtant le scepticisme me gagne.Qui profitera de cette année?Les jeunes, me direz-vous.On soulignera leurs difficultés, leurs problèmes.Toutefois, aura-t-on le courage de poser les vraies questions au risque de provoquer des changements majeurs dans notre société?Va t-on répéter inlassablement que la situation économique des jeunes est précaire sans rappeler qu'il y a au moins dix ans que le taux de chômage officiel du groupe 15-25 ans atteint mini-maJement 20% au Québec7 Alors, pourquoi s'en inquiéter aujourd'hui7 Sans doute parce que le monde des adultes en subit de plus en plus les conséquences.Et que fait le gouvernement face à une telle situation7 Jusqu'à présent, il occupe les jeunes mais ne s'en préoccupe pas.Sinon, comment expliquer qu'il ait invité les jeunes assistés sociaux à nettoyer les berges du Saint-Laurent pour un maigre 250 $ par mois7 Comment expliquer qu'il consacre près de 10 millions $ à des projets présentés par des jeunes dans le cadre de l'AU?Ce geste est plus noble, direz-vous.Certes oui, toutefois ces projets ne sont pas la panacée recherchée.En fait, ils ne serviront qu'à garder les jeunes dans un état d'infantilisation économique en attendant que d'ici quelques années la démographie vienne rétablir la situation en réduisant le nombre de jeunes arrivant sur le marché du travail.Il n'y a pas de solution miracle.Le problème économique des jeunes demande des gestes concrets tels une politique de plein emploi Evidemment, il s'agit d'un choix de société: ou bien on choisit le statu quo et on continue de nourrir la jeunesse de miettes gouvernementales; ou bien on cherche des solutions dans une politique de plein emploi qui demandera des efforts à toutes les couches de la société mais qui profitera aussi à d'autres groupes que les jeunes.Voilà les vraies questions 4^ Maryse Robert montréal Quand Schultz instaure une année du chien pour Snoopy, il y a peut-être beaucoup plus d'amour et d'humour là-dedans que.dans une Année internationale de la jeunesse.Enfin! L'année 1985.déclarée Année internationale de la jeunesse par l'UNESCO et par un peu n'importe qui tenté de «facilement dire», se définit par les trois thèmes Paix, Participation et Développement.La paix: espérons qu'on aura le temps d'en parler avant que ça saute, et que les médias mettront en manchettes pactes et ententes au lieu des continuelles boucheries et «affrosités».Le développement: espérons qu'on se fera un peu moins bouffer par les entreprises privant les gens de savoir même qu'ils existent à titre de personnes humaines: manufactures, syndicats, multinationales, GRC, CIA, ITT, séries télévisées type «comment tuer un Américain tout en trompant ses trois femmes», groupuscules totalitaristes.terroristes idéologiques du carcan limitatif à outrance (arrêtons ici avant le danger, toujours avant le danger).La participation: espérons que le mythe de la suprématie basé sur le pouvoir de l'argent, la performance sexuelle, la supériorité dite des aînés, baisse de deux ou trois crans ses ambitions écrasantes et que cesse, aussi, le conditionnement qu'on impose à la jeunesse, cet «effet» qu'on nous «shoot» à pleine page: «génération du désastre, la jeunesse de maintenant est victime d'une déprime galopante», etc.On est peut-être autre chose que d'irrécupérables débiles! Naïfs et démentiels, sans doute, mais avec la notion idéaliste de construire un monde meilleur.La même vieille idée, quoi, qui dure encore et tant que ça tournera, probablement.Hélène Monette.24 ans montréal Je suis de celles qui n'ont pas encore 20 ans et qui craignent en constatant le manque de relève féministe.C'est avec des luttes que les femmes sont an-ivées à certains changements, mais leurs efforts auront peut-être été vains, car les «nouvelles femmes» semblent suivre passivement les traces de leurs mères.Elles semblent croire que tout est acquis, que la condition des femmes est très juste.Elles haussent les épaules lorsqu'on leur parle d'injustices et de luttes.Certaines en viennent à parler comme leur partenaire masculin en traitant impunément de «frustrées» les femmes qui revendiquent Questionnez-les avec moi à la polyvalente, au cégep ou même à l'université, sur leurs projets d'avenir.La plupart choisissent encore des domaines d'étude traditionnellement féminins.La majorité prévoit arrêter ses études pour fonder un foyer et élever ses enfants.En sciences, elles sont très peu présentes.Je ttouve inquiétant de voir ces jeunes femmes si peu éveillées, quand on connaît le sort réservé aux femmes qui se retrouvent seules, sans argent et surtout démunies psychologiquement Elles font encore le choix de vivre avec leur «chum».Il n'y a rien de mal là-dedans, mais elles y voient une raison de vivre, une réalisation, une sécurité.Elles laissent souvent tomber leurs rêves, leurs projets et leurs études.Elles sont toujours responsables de la contraception, avec les anovulants comme principale méthode, et cela, pendant bien des années.Elles ont très peu de respect pour ce qu'elles sont, pour leur sexualité.Plusieurs sont anorexiques.Quel est le rôle d'une revue comme La Vie en rose7 N'est-il pas de conscientiser les femmes7 Mais quelles femmes7 Celles qui le sont déjà ou celles qui prendront la relève demain7 N'est-il pas inquiétant de penser que tout ce qui a été gagné peut soudainement s'écrouler par manque de relève7 Judith Roy beauport avril 1985 LA VIE EN ROSE Chronique Délinquante Y a-t-H une sabbatique dans la salle?ou Comment rater le virage technologique e me ronge tellement les ongles - et les doigts qu'il y a autour - depuis six mois que je vais finir comme la Vénus de Milo : je n'aurai jamais pu être moderne et je n'aurai plus de bras.(Si je n'ai pas réussi à perdre le poids que j'ai en trop, je mettrai dans mon testament qu'on m'ex- pose dans un habit de skidoo et qu'on m'intitule «La Vénus de Milo du Nord») En fait, je fais une petite dépression depuis que je me suis fait poser sur le téléphone la merveilleuse invention de Bell Canada qui s'appelle poétiquement «la mise en attente des appels».Plus brutalement, je suis carrément en train de troubler, parce que.dorénavant, je ne peux plus jamais être occupée au téléphone.Je suis devenue complètement rejoignable et dérangeable et disponible.Je vendrais mon corps que ce ne serait pas diffèrent.Parce que maintenant, je peux recevoir deux téléphones pour le prix d'un.En même temps.Il fallait bien qu'on puisse me rejoindre puisque je passe mes journées au téléphone, ou plutôt c'est le téléphone qui me fait passer mes journées avec lui.Je suis devenue son annexe.Sa chose.Il m'offre maintenant la possibilité de faire deux conversations presque en même temps, en respectant la confidentialité de l'un et de l'autre interlocuteur.Je passe de l'un à l'autre.Ou je suis avec l'un et j'oublie l'autre.Ou je suis avec l'autre et je coupe l'un accidentellement.Une affaire de rien.Ce système a été inventé pour nous faciliter la vie.La vie des autres qui me cherchent, pas la mienne.C'est ce que j'aurais dû comprendre quand je me suis extasiée sur les merveilles de la technologie.par Hélène Pedneault En plus j'ai un répondeur automatique.Y a-t-il quelque chose de plus déprimant que de rentrer chez soi à 3 hres du matin, un peu grise et heureuse de vivre, et de savoir qu'on aura 35 messages à retourner le lendemain matin ~> Comme si on n'avait pas le droit de sortir, de ne pas être là.Je suis en train de développer un délire paranoïaque contre le téléphone, ses pompes et ses oeuvres, qui me fait penser que chaque coup de téléphone (le mot est très exact) est une agression caractérisée contre ma personne.Une «voix de faits» comme disent les avocats.Et les chan-ceux-euses qui ont eu le grand bonheur de me réveiller avec un téléphone le matin ne se remettront jamais de l'air glacial qui leur est entré dans l'oreille à travers ma voix : traumatisme violent ou otite chronique, aucun-e ne s'en est tiré-e indemne.En plus, les Postes canadiennes viennent d'inventer la poste prioritaire qui commence à sonner à nos portes à huit heures du matin.On n'avait pas assez du courrier spécial ou du recommandé, qui demande notre signature en robe de chambre, pas eu le temps de trouver ses lunettes, toute nue en essayant de garder sa décence d'une main endormie pendant que l'autre signe le papier du facteur qui.lui, est extrêmement réveillé.Essaye de te rendormir après, alors que les chats se dandinent devant leur bol, pensant que c'est l'heure de se lever, que le rêve est cassé en mille miettes dans lesquelles tu patauges nu-pieds parce que fas pas retrouvé tes pantoufles, et que le coeur te débat encore parce que la maudite sonnette a un son d'alerte aérienne comme l'Angleterre en 40.Essaye.Même si tu t'es couchée à 3 heures du matin parce que tu as écrit jusqu'à épuisement vu que tu n'es pas capable de le faire dans le jour parce que le téléphone sonne trop et te déconcentre.Et.incorrigible, je rêve d'un microordinateur Ça voudra dire que je pourrai travailler deux fois plus vite, trois fois peut-être Que n'importe qui se sentira en droit de me demander d'aller plus vite, d'être plus efficace, vu que j'aurai investi dans l'efficacité.Les terminaux sont des failles dans nos vies privées, j'en suis persuadée Ils font partie d'un complot qui vise à déstabiliser notre équilibre personnel, de la même façon que les Russes ont inventé la Lada pour déstabiliser l'économie occidentale : les propriétaires passent plus de temps au garage qu'à travailler.Toutes ces choses dont on nous dit qu'elles sont là pour nous faciliter la vie sont là en fait pour nous rendre fous et folles Même mon détecteur de fumée me contrôle parce qu'il m'interdit de rêvasser et d'oublier mes toasts le matin 11 m'interdit de me faire des patates frites : il doit me trouver trop grosse, j'en suis sûre.Il sonne, il sonne sans répit tant que je n'ai pas été chercher l'escabeau pour le décrocher et l'ouvrir et le déconnecter.Une affaire de rien.Le virage technologique me fait penser aux routes étroites et dangereuses de la côte amalfitaine en Italie : mais sans la Méditerranée en bas Signé je craque Note de la voisine d'en bas : Ma voisine d'en haut m'a demandé de faire suivre son courrier à l'adresse suivante : Hôpital Hippolyte-Lafontaine, suite 459.près du tunnel.Elle a viré avec le virage, mais sur le top.avril 1985 13 LA VIE EN ROSE Actualité Féministe Droits de la reproduction Serons-nous des incubateurs ambulants?/ ft LA VIE EN ROSE «Nous avons revendiqué le droit des femmes à choisir leurs maternités Revendiquerons-nous aussi leur droit d'avorter si l'enfant n'est pas du sexe qu'elles désirent ?» Lancée avec une tendresse quasi angoissée, la question fait tressaillir les quelque 200 femmes rassemblées dans le grand hall de l'hôtel Skyline d'Ottawa.Lourd samedi de février auquel on voudrait pouvoir échapper.Au micro, la biologiste américaine Ruth Hubbard perçoit le trouble de son auditoire.«Nous nous sentons inconfortables avec cette idée, n'est-ce pas 7».interroge-t-elle.Inconfortables.Déchirées.Profondément troublées.Pendant les trois jours qu'aura duré la première conférence canadienne sur les incidences juridiques des nouvelles technologies de la reproduction1, rares sont les participantes qui ne l'auront pas été à un moment ou à un autre.Médecins, avocates, étudiantes, sociologues, sages-femmes, elles étaient venues d'un peu partout au pays et même des États-Unis pour s'informer et réfléchir sur ce que la philosophe Mary O'Brien allait décrire comme la plus grande menace à l'autonomie des femmes que notre siècle ait connue : les nouvelles technologies de la reproduction Insémination artificielle, fécondation m vitro, mères porteuses, traitement du foetus in utero.Toutes ces nouvelles technologies, théoriquement prometteuses d'une liberté de choix accrue pour les femmes, vont-elles, comme ont dit le craindre plusieurs des participantes, se transformer en nouvel outil d'oppression des femmes 7 Ces technologies en sont-elles déjà à nous imposer une vision mâle de notre rôle de reproductrices : la maternité à tout prix, même aux dépens de notre santé ?La maternité dans le cadre du couple hétérosexuel seulement 7 «J'ai déjà eu des visions naïves, raconte doucement Mary O'Brien ; je pensais que les technologies de la reproduction allaient libérer les femmes.J'oubliais que la question du pouvoir, du contrôle, est inséparable des questions technologiques.Nous ne devons pas croire un seul instant que nous sommes confrontées à de la science pure.» Pour O'Brien, comme pour bien d'autres, il ne s'agit donc pas de rejeter en bloc les nouvelles technologies mais plutôt de les interroger : quelle autonomie servent-elles 7 Dans quel but ?«Car le problème n'est pas dans la technologie même, mais bien dans son contrôle » Maternité.mâle Qui a le contrôle ?disait le thème de la conférence.L'État?La profession médicale 7 Les multinationales pharmaceutiques 7 Malgré la rareté de données avril 1985 précises, ce sont actuellement des chercheurs mâles qui se penchent sur leurs èprouvettes pour permettre à toutes les femmes de remplir leur rôle de mère.Il est évident aussi que ce sont des «États mâles» qui décideront de légaliser ou non l'exploitation des utérus de femmes des couches sociales plus défavorisées, par le biais des mères porteuses ou de remplacement Mais.«Où sont les médecins non sexistes, culturellement neutres, scientifiquement objectifs parmi ceux qui siègent sur les comités déterminant les critères d'accessibilité aux programmes de fertilité 7» ironisait la sociologue onta-rienne Sommer Brodribb.Triste bilan que celui de la conférence d'Ottawa : les femmes ont pour l'instant très peu de contrôle sur le phénomène et ignorent même «qui fait quoi et avec quel argent1».«L'hôpital Royal Victoria de Montréal n'accepte pas de femmes célibataires dans son programme d'insémination artificielle, raconte Sommer Brodribb Pas plus que celui de Calgary, qui exclut les femmes lesbiennes.À l'Hôpital général de Toronto-Est, seules les femmes mariées ont accès au programme de fécondation in vitro et seul le sperme du mari peut être utilisé.Cet hôpital a une autre politique : tous les ovules fertilisés sont implantés en même temps dans l'utérus de la mère, en dépit des risques pour sa santé si de multiples naissances en résultent.» Au Québec, qui fait quoi et avec quels critères 7 Le portrait reste à faire et le Conseil du statut de la femme (CSF) s'y attèlera prochainement, révélait lors de la conférence la présidente du CSF, madame Francine McKenzie.«Nous devons rendre toutes ces données transparentes, de façon à ce que les femmes puissent faire un choix éclairé.» La recherche sur les technologies biomédicales fait donc partie de l'actuel plan triennal du CSF.La thèse de McDonnell Les féministes doivent réouvrir le débat sur l'avortement.Cela en dépit des risques et surtout avec une nouvelle analyse qui tienne compte de la dimension morale du geste, du deuil après-avortement vécu par plusieurs femmes et des défis posés par les nouvelles technologies.Telle est la thèse principale défendue par l'ècrivaine ontarienne Kathleen McDonnell dans l'essai provocateur qu'elle publiait à Toronto il y a quelques mois, intitulé Not an Easy Choice (Pas un choix facile).Je l'ai brièvement rencontrée à la conférence d'Ottawa.McDonnell soutient que si le droit à l'avortement n'a pas fait, clans l'opinion publique, les mêmes progrès que la Le droit de refuser Mais les femmes, dirait-on, veulent de plus en plus avoir accès à ces «progrès de la science» qui leur promettent l'enfant depuis longtemps désiré, ou éloignent le spectTe d'un nouveau-né handicapé.L'attrait des cliniques de fertilité est tellement grand qu'un couple d'Américains a récemment dépensé près de 80 000 $ pour avoir un enfant par fécondation in vitro2.«Tous ces choix sont-ils véritablement libérateurs7,» interroge la biologiste américaine Ruth Hubbard Que penser en effet de ce nouveau test prénatal, la biopsie chorionique.qui permettra de diagnostiquer au cours des trois premiers mois de grossesse les déficiences génétiques possibles du foetus 7 «Six fois plus de femmes se retrouveront devant le douloureux choix d'avorter, s'inquiète Ruth Hubbard, alors que nous savons déjà que près de 90 % de ces foetus avortent naturellement.Que nous aura donné de plus ce test ?» Au-delà du test lui-même se pose déjà une autre question : les femmes auront-elles ou non le droit de le refuser 7 « L'État pourra-t-il forcer les femmes à avorter lorsque les nouveaux tests-diagnostics montreront qu'elles portent un enfant handicapé ?, demande l'avocate Sandra Manet.Les femmes pourront-elles refuser ces tests et choisir le risque 7 Et si elles le font, l'État refusera-t-il de défrayer les coûts associés à l'éducation d'un enfant handicapé7» Toutes ces questions démontrent, selon Ruth Hubbard, l'urgence pour les femmes de développer une éthique féministe face aux nouvelles technologies.Du cheval au tribunal «Déjà l'échographie est devenue un test prénatal de routine», précise le docteur Abby Lippman de l'université McGill.Les mères - qui veulent toujours le meilleur pour leur enfant1 - hésitent à le revendication pour un «salaire égal» ou la lutte contre le viol et la pornographie, c'est «parce que nous, les féministes, n'avons pas osé dire en public nos doutes et nos questionnements».«Nous marchons encore aujourd'hui avec les mêmes slogans qu'au début des années 70», dit encore cette militante pour l'avortement libre et gratuit, auteure de plusieurs pièces de théâtre.«Nous devons trouver de nouvelles façons de parler d'avortement.Mais je n'ai pas de réponses toutes faites.Je ne sais pas lesquelles, je les cherche » Not an Easy Choice a été jusqu'ici favorablement accueilli, même si certaines féministes considèrent que.dans le contexte actuel du débat entourant l'avortement, avec par exemple les manifestations anti-Morgentaler de Toronto et refuser, même si sa nécessité n'a pas été prouvée et qu'on ignore encore tout des possibles effets des ultra-sons sur le foetus «En découvrant l'automobile, les hommes ont cru se donner le choix entre l'automobile et le cheval.L'usage du cheval a disparu, raconte Ruth Hubbard.Ces nouveaux choix de maternité nous en fermeront-ils d'autres, par exemple sans interventions technologiques7» La fécondation in vitro, tout autant que les progrès scientifiques comme la chirurgie utérine, soulève avec plus d'acuité que jamais la question du statut légal de l'ovule fécondé et/ou du foetus.«Un tribunal pourra-t-il imposer à une femme le traitement de son foetus malade, même au détriment de sa santé à elle ».interroge une avocate.«Que penser de la naissance, dans un monde où l'on pourra bientôt retirer le foetus de l'utérus, l'opérer et le remettre en place ?» Toutes ces questions n'ont pas trouvé de réponses à Ottawa.Mais ce n'était pas l'objectif de la conférence, selon l'avocate montréalaise Suzanne Boivin, membre québécoise du comité directeur de l'Association nationale de la femme et du droit ; le but visé était plutôt de «lancer le débat, de sensibiliser les femmes à la question, de commencer à définir les actions possibles».Car, comme le disait si bien Mary O'Brien, «Si nous ne prenons pas le contrôle, nous risquons de nous retrouver dans le rôle d'incubateurs ambulants.» Carole Beaulieu Il Organisée par l'Association nationale de la femme et le droit (ANFD), la 6e conférence biennale nationale de l'association s'est tenue à Ottawa du 21 au 24 février 1985 2/ «The New Origins of Life».Time Magazine 10 septembre 1984 Winnipeg, il est bien peu prudent de se lancer dans un pareil questionnement public.Pour McDonnell, l'argument ne tient pas.Selon elle, le changement de discours des féministes pourrait au contraire «dépolariser le débat» : «Plusieurs femmes m'ont écrit pour me dire leur soulagement.Enfin, quelqu'un disait cequ'el-les avaient ressenti, ce qu'elles osaient à peine, tout juste, se dire entre elles : que l'avortement n'était pas un choix facile, mais que c'était presque toujours un choix nécessaire.» C.B.Not an Easy Choice a Feminist Re examines abortion.Kathleen McDonnell.The Women's Press.Toronto.1984 avril 1985 15 LA VIE EN ROSE Actualité Féministe Politique familiale Non à la consultation Depuis le 3 janvier et jusqu'à la fin d'avril, se poursuit partout au Québec la tournée du Comité de consultation sur la politique familiale, suite au livre vert déposé en octobre.1 Le 20 février, à la veille du forum consultatif de Montréal, la Fédération du Québec pour le planning des naissances, le Centre d'éducation et d'action des femmes, Info-Femmes et la Marie Debout expliquaient en conférence de presse pourquoi ils ne participeraient pas à la consultation gouvernementale.Leurs motifs "> Autant la démarche du gouvernement que le contenu du livre vert.Qu'est-ce qui cloche dans le monde merveilleux de la consultation "> De façon générale, tous les groupes, féminins comme familiaux, ont grincé des dents en octobre dernier quand le comité responsable de la consultation en a dévoilé le programme «Le gouvernement a mis quatre ans à sortir le fameux livre vert alors qu'il bénéficie d'une structure de soutien importante et il demande aux individu-e-s et aux groupes d'y réagir en moins de trois mois Ces délais sont tout à fait irréalistes.», de souligner les groupes contestataires.Ces groupes contestent aussi la méthode utilisée pour consulter, soit la tenue de treize forums régionaux suivis d'audiences particulières.«Comment, dans un territoire aussi grand que le Québec, nos représentants gouvernementaux peuvent-ils penser «consulter la population» en organisant une seule rencontre par région administrative 7» Et puis, ils soulignent leur désaccord sur le déroulement même des forums (découpage par thèmes, nécessité de pnoriser les propositions, plénière réservée aux propositions priorisées, etc ) qui, selon eux.empêche les débats de fond.Enfin, un dernier reproche : que la démarche gouvernementale s'inscrive dans un véritable tourbillon de consultations (livre vert sur la politique familiale en octobre, livre sur l'habitation en novembre, consultation sur la régionalisation des octrois de la Direction générale de l'éducation des adultes en novembre, forums Décisions 85 sur la situation économique des femmes en décembre et février, livre blanc sur la fiscalité en janvier .).«Nous faisons face, il est clair, à une véritable stratégie gouvernementale, assurément rentable sur le plan politique Pour notre part, nous voyons là une illusion de démocratie combien coûteuse en termes monétaires et humains.» Le droit de choisir Voilà pour la forme, maintenant pour le fond ; quelles sont les critiques "> Ce qui inquiète peut-être le plus ces quatre groupes de femmes (et d'autres sans doute), c'est que nulle part «le document gouvernemental reconnaît-il clairement le droit des femmes au libre choix de la maternité.Or, il est fondamental qu'une politique de la famille affirme ce droit clairement (.) puisque tous les choix que les femmes auront à faire au cours de leur vie sont directement influencés par la possibilité qu'elles ont de choisir ou non d'être mères, de déterminer combien d'enfants elles auront et à quel moment elles les auront.» Selon la Fédération, pour que le droit au libre choix soit réel, la politique familiale devra contenir toutes les mesures gouvernementales qui permettent de l'exercer : c'est-à-dire que l'État assure des services complets et gratuits, de qualité et en nombre suffisant, en matière de planification des naissances, y compris des services d'avortement.D'après la Fédération, ces services, par exemple l'information préventive en milieu scolaire, sont actuellement en régression au Québec.À un autre niveau, les groupes de femmes développant une pratique alternative en santé rencontrent de nombreux Les 27, 28 février et 1 " mars derniers, se tenait, au Centre Sheraton de Montréal, un nouveau sommet québécois pour l'intégration des personnes handicapées : la conférence À part égale 1 marquait le début de la Décennie des personnes handicapées Par cet événement.l'Office des personnes handicapées du Québec entendait favoriser la concrétisation de la politique d'ensemble proposée au gouvernement en janvier 1984.Les «décideurs» québécois ont donc été invités à réfléchir sérieusement à la mise en oeuvre des 316 recommandations de cette politique d'intégration.Pendant trois jours, les organismes de promotion des droits des personnes handicapées ont pu discuter avec des représentant-e-s des milieux des affaires et de la coopération, des associations syndicales et profes- problèmes de financement qui menacent même leur existence.La Fédération s'interroge aussi sur le silence du livre vert quant aux problèmes d'infertilité alors que 10 à 1 5 % des couples québécois sont concernés.Outre ces services en planning des naissances, des mesures telles que des services de garde universels et gratuits et le droit universel aux congés de maternité sont essentiels pour respecter le choix des femmes à l'égard de la maternité.Aux forums gouvernementaux, la Fédération du Québec pour le planning des naissances, le Centre d'éducation et d'action des femmes, Info-Femmes et la Marie Debout ont donc préféré celui de l'opinion publique.On sait que leurs critiques des modalités de la consultation gouvernementale sont de plus en plus partagées Ce qu'on ne sait pas encore, c'est si les participant-e-s aux forums entérineront le principe du libre choix de la maternité et le soutien à l'exercice de ce droit, ou si la question sera «judicieusement» évitée.À suivre.Hélène Sarrasin 1/ Comité formé de Maurice Champagne-Gilbert.Christiane Bérubé-Gagnon et Nicole Boily.Voir «La parenté est arrivée».Carole Beaulieu, in LVR n° 22, décembre 1984.p 14 sionnelles.des réseaux des affaires sociales et de l'éducation, des gouvernements régionaux, municipaux et provincial, ainsi que d'autres organismes de service.Les thèmes abordés étaient aussi vastes que les occupations d'une vie : transport, travail.loisir, culture, vie associative et soins médicaux, pour n'en nommer que quelques-uns.On peut toutefois s'étonner qu'/i porr égale ! n'ait pas fait preuve de préoccupations particulières à l'égard des femmes handicapées.Cette question a été soulevée dans l'allocution d'ouverture des organismes de promotion, et à quelques reprises lors de la conférence.Le ministre Élie Fallu y a répondu lors de la synthèse des travaux.Au cours des prochains mois, le ministre délégué des Relations aux citoyens-ennes débloquera des budgets pour examiner, en collaboration Personnes handicapées Passer la rampe LA VIE EN ROSE 16 avril 1985 avec l'OPHQ la condition spécifique des femmes handicapées.À l'issue de la conférence, on a pu constater un consensus autour de la politique d'ensemble, devenue désormais le plan d'action du gouvernement du Québec.Pour les organismes de promotion.ces trois jours auront surtout servi à accroître contacts et visibilité.Ils prévoient élargir la concertation jusqu'à la population.En effet, il est souvent difficile à une personne non handicapée de déceler l'obstacle qui crée le handicap : un escalier, une porte trop étroite ou des communications exclusivement sonores ou visuelles.Il faut donc constamment rappeler que l'intégration ne se limite pas à l'installation de rampes d'accès - même si elles sont nécessaires et encore trop peu nombreuses.Josette Giguère Les femmes et la torture «À un moment donné, je me suis rendu compte que ma fille était devant moi.J'ai même réussi à la toucher, j'ai senti ses mains.Elle me disait : Maman, dis quelque chose, dis n'importe quoi pour que cela s'arrête.J'ai essayé de la prendre dans mes bras mais ils m'en ont empêchée.Ils nous ont séparées brusquement.Ils l'ont emmenée dans une pièce voisine et j'ai écouté, horrifiée, alors qu'ils la torturaient, ma propre fille ! Quand j'ai entendu ses gémissements, ses cris terribles, j'ai cru que j'allais devenir folle, que ma tête et tout mon corps allaient éclater.» C'est par ce vibrant témoignage d'une Chilienne que commence un dossier sur les femmes et la torture paru dans Communications (nov.-déc.1984), la revue de la section canadienne francophone d'Amnistie internationale.Bien que les gouvernements totalitaires ne réservent pas la torture aux femmes, la situation de ces dernières est particulière.Pour elles, l'humiliation est double.D'une part, la torture, physique ou psychologique, rabaisse tout individu à l'état d'objet ; d'aurre part, les tortionnaires et membres de l'appareil judiciaire sont généralement de sexe masculin.Ainsi, au Pakistan, «les interrogatoires serrés, la totale promiscuité et la surveillance constante sont ressentis par les femmes musulmanes comme une profonde humiliation».Partout, ces femmes sont exposées à des violences sexuelles et à des insultes.Outre les viols, des femmes enceintes sont frappées au point d'avorter.D'autres, devenues enceintes à la suite d'un viol en détention, se voient refuser l'avortement.La relation étroite entre les femmes et leur famille est souvent exploitée : on torture la femme devant le mari et les enfants, ou vice-versa.«Les femmes sont parfois détenues et torturées en raison de leurs propres activités, mais aussi des activités dont on accuse des parents ou des amis à elles recherchés par la police ; ou alors, elles sont prises en otages pour obtenir que ces parents ou amis se livrent aux autorités.» Rosemary Riveros.enlevée en 1975 et torturée par des militaires en Argentine, a été libérée en 1981 grâce à Amnistie internationale, et a retrouvé sa fille Tamara en 1983 Succès relatif Les conséquences de tels traitements sont diverses.À court terme, c'est une panoplie de maux physiques : enflures, ecchymoses, infections, nausées, maux de tête, pertes de mémoire.et psychologiques : insomnies, cauchemars, anxiété et dépressions.La vie familiale devient de plus en plus perturbée, les liens se défont, la solitude s'installe.Devant l'ampleur et la gravité d'une telle situation.Amnistie internationale est loin de pouvoir tout régler, mais parvient parfois à soulager le sort des prisonnières politiques soit en améliorant leurs conditions de détention, soit en leur procurant soutien et réconfort.Des demandes d'enquête sur les mauvais traitements subis sont également acheminées auprès des autorités concernées.Amnistie internationale se veut apolitique, c'est-à-dire que l'organisme ne dénonce jamais globalement tel ou tel régime (qu'il soit de gauche ou de droite) mais bien telles conditions faites à tels ou telles individu-e-s.Ne pouvant ainsi être accusé de partisanerie.Amnistie internationale considère avoir les coudées plus franches et donc plus efficaces.Son succès, bien que relatif, est d'ailleurs indéniable.Pour de plus amples renseignements, écrire à : Amnistie internationale.Secrétariat section canadienne francophone, 1 800 boul.Dorchester ouest, suite 127.Montréal, Qc.H3H 2H2.Muriel Gaudel ^ Pour une tète différente à un prix raisonnable Demander Michel Barbe au Salon Raymond Larivière.(métro Sherbrooke) 842-8315 ANDRÉ JACQUES psychologue Psychothérapie gestaltiste Séances individuelles et de groupe 3950 Drolet, Montréal, H2w 2L2 (514) 843-3452 avril 1985 17 LA VIE EN ROSE Actualité Féministe Services publics D'abord mm bataille de femmes Lors du célèbre conflit à l'hôpital psychiatrique de St-Ferdinand d'Halifax, l'ex-ministre des Affaires sociales Camille Laurin avait parlé sans frémir des «ouvriers de St-Ferdinand» 1 Méconnaissance ou lapsus révélateur ~> La propagande gouvernementale concernant le secteur public obéit à une constante : elle est asexuée ou plutôt encore masculine.Le gouvernement masque ainsi le vrai visage des «travailleurs» du public (et il faut admettre que cela n'a pas provoqué dans le passé trop de protestations des organisations syndicales).L'image de «privilégiés-égoïs-tes-paresseux-préoccupés-de-leurs-seuls-intérêts» dont sont affublé-e-s les travailleuses et travailleurs des services, depuis quelques années, serait plus difficile à faire gober si le gouvernement avouait qu'il s'agit aux deux tiers de femmes : 225 000 des plus de 350 000 syndiqué-e-s.La mise en place de services collectifs d'éducation et de santé, à la fin des années 60, a marqué la naissance du Québec moderne.Et c'est presque «naturellement» que les femmes ont eu accès à ce nouveau marché du travail : il était le prolongement rémunéré de tâches qu'elles accomplissaient gratuitement à la maison Du même coup, nombre de Québécoises parvenaient à une autonomie financière dépassant enfin le seul salaire d'appoint.Ces emplois, elles ont réussi à les revaloriser par la force de leur nombre organisé.Les travailleuses des secteurs public et parapublic représentent aujourd'hui quelque 80 % de toutes les femmes syndiquées au Québec.SAVÎEZ-YOUS QUE: LE TRAVAILLEUR DU SECTEUR PUBLiC privilégié-égoïste- paresseux-préoccupé de son seul inférer" Gouvernement dixit Garder sa job et la faire bien Depuis dix ans.le gouvernement a pratiqué une politique systématique de compressions budgétaires dans les services publics.Il a d'abord prétendu couper «dans le gras».Une fois «décharnés», les services ont continué d'être la cible de coupures pour atteindre aujourd'hui un seuil critique.Comment cela se traduit-il dans la réalité quotidienne de celles et ceux qui dispensent ces services diminués 7 15 000 postes éliminés dans le seul réseau des Affaires sociales depuis une décennie, au moment où les besoins vont croissant ; la multiplication pas toujours souhaitée du temps partiel (près de la moitié des effectifs de ce secteur) ; les soins minutés dont on s'étonne qu'ils soient déshumanisés.Résultat : les travailleuses vivent une surcharge constante de travail, combinée à la culpabilité de ne pas faire bien son travail.Un travail avec des personnes généralement dans le besoin.Et puisque les femmes sont également les principales utilisatrices des services sociaux et de santé, ce sont elles qui devront attendre plus longtemps à l'urgence avec un enfant malade, compenser pour l'absence de services spécialisés à l'école, s'occuper des convalescents ramenés trop tôt à la maison faute de place à l'hôpital.Comme le soulignait une consoeur : «Un emploi de femme coupé signifie tout simplement une travailleuse surchargée de plus et une femme de plus EST UNE.FEMME JÛJJU B « o c. Il n'y a pas que les hommes à s'ennuyer sans amour.et sans sexe ! Et Catherine Beaunez n'a pas peur de le dire Cette jeune bèdéiste française, qui a déjà publié dans La Vie en rose (!) et collabore à des revuqs comme Circus et Fluide glacial, s'est lancée dans la grande aventure de l'illustration des fantasmes féminins et des relabons hommes-femmes.Pour le meilleur et pour le pire : «Oui.allô Georges, c'est moi ! J'ai reçu ta lettre.Y a une formule que j'aime pas beaucoup Tu écris : J'aimerais beaucoup te faire l'amour.' C'est le te' là qui me gène.» Mes panouzes pourtant, n'est pas une bande «cochonne» pour femmes adultes seulement D'ailleurs, la page couverture qui, au départ, arborait une petite dame toute nue se masturbant seule sur son lit, a été modifiée par l'éditeur en accord avec l'auteure.«Trop osée», disait-on L'album est plutôt un mélange, parfois amusant, parfois redondant, de grandes réflexions et de petites obsessions de femme seule Original et osé, le sujet est rarement abordé par les femmes de façon aussi crue.Dessins en noir et blanc, à la Reiser mais en moins «dégueulasse», moins de finesse que Brétecher mais un sens de l'observation assez aigu, propos colorés et aventures pas toujours réjouissantes ; un seul personnage féminin vit, une histoire par page, selon les hauts et les bas de sa conditionde femme et de ses états d'âme très hétérosexuels.Avec insistance, l'auteure illustre le non-dit du grand jeu de la séduction ou encore lavant-rencontre et les multiples péripéties imposées par la coquetterie féminine Jusqu'à l'absurdité: «Bon, quelle couleur de draps "> Blanc et bleu, ça fait vierge.Mauve et rose, ça n'ira pas avec la couleur de ses yeux.Allez, le blanc c'est ce qu'il y a de plus sobre Au bout de la troisième fois, j'espère que ce sera lui qui fera le lit.» Et le plaisir sexuel des femmes dans tout ça?«Bon.je sens que j'ai trop forcé sur la masturbation Tout ça parce que je n'ose pas lui sauter dessus Du coup je m'esquinte le clito en attendant qu'il se déclare !» Voilà une bande dessinée qui m'a laissée perplexe, finalement.Sans grandes prétentions féministes, Mes partouzes demeure cependant un premier album divertissant qui raconte autre chose que des «harlequineries» tout à fait dépassées.Sylvif Laplante LA VIE EN ROSE 56 avril 1985 Matïk Boudreou et Suzanne Girard, nos deux collaboraffices, ont remporté récemment, ex-aequo avec Sam Tata, le premier prix du concours de maquettes de livres photographiques organisé par le magazine OVO (2500 S).Cette photo est tirée de l'ouvrage primé."Pièces jointes».Le deuxième prix allait à Judith Crowley pour son livre sur les mères.Trente-trois photographes avaient relevé le dêti de ce concours, une première au Québec, lancé dans le but d'intéresser et les photographes et les éditeurs à semblables projets.L'INFORMATION SOUS INFLUENCE Comment s'en sortir par Jacques Keable Jacques Keable L'Information sous Influence Cuwwnt a'«n sortir essai 3 vlb éditeur Un réquisitoire implacable contre la concentration de la presse.Le contrôle des médias par une poignée de businessmen n'est pas une fatalité.Des solutions existent pour s'en sortir et fauteur y apporte sa contribution 240 pages 14,95$ Un ouvrage important qui concerne les lectrices et les lecteurs de LA VIE EN ROSE.vlb éditeur Cinéma Enfin 1 emotion Cest comme une peine damour .Suzanne Guy.Québec.1984.L'avortement, expérience émotive comme il en est peu.obsédante au point d'être paralysante, est vécu de façon différente par chaque femme.et chaque homme Suzanne Guy a voulu rendre compte de cette réalité dans son film Cëst comme une peine d'amour, et c'est une heureuse initiative Occupées jusqu'à maintenant à lutter pour la reconnaissance du droit à lavortement et l'implantation de cliniques offrant ce service, nous avions abordé le sujet sous l'angle de la justice sociale et de l'autonomie des femmes, en laissant quelque peu dans l'ombre son aspect émotif.Si certaines d'entre nous savaient pour l'avoir vécu ce que recouvrait cette réalité, il n'est pas évident que la population en général le savait.Mais (car il y a un mais).fallait-il absolument qu'émotion rime avec perte de l'aurre, et attachement à l'enfant ~> Malgré l'intérêt de certains témoignages, j'ai eu l'impression d'assister à un film-réclame sur l'instinct maternel, ce qui m'a profondément agacée.Comme si l'auteure voulait déculpabiliser les femmes qui avortent en nous convaincant qu'au fond ces femmes aiment bien les enfants et désirent en avoir Mais à quoi, à qui sert toute cette mauvaise conscience ?Suzanne Guy termine son film en amorçant une réHexion sur la mutation des rôles des hommes et des femmes Je n'ai pu m'em-pècher de penser que si cette réflexion avait été intégrée au film, celui-ci aurait peut-être gagné en profondeur ?.Hélène Sarrasin ^4utre son de cloche Dans la mise en scène de tous ces témoignages.Suzanne Guy a Qui est Ce Ho Rosenberg?demandez à votre libraire in CONST€LLRTIONDU CYGNC l.i |il< i«H tlllK l>iiilii»ii: ProlUKOC avril 1985 57 LA VIE EN ROSE Flash La chevauchée roze fait un effort pour sortir des sentiers battus du documentaire, effort auquel j'ai été sensible.Mais ce souci esthétique contribuait parfois à CTéer une distance entre les personnes interviewées et le public.Aujourd'hui, lorsque le repense à Cest comme une peine damour.me viennent à l'esprit ces images sur papier glacé de magazines tels que Vogue Une facture très lustrée, très soignée, voire sophistiquée, mais somme toute plutôt froide, et très décollée de la réalité.Ceci dit, il n'est pas facile de sortir de l'hyper-réalisme dans le documentaire.Par ailleurs, j'ai été dérangée par la caméra que je trouvais voyeuse à certains moments Particulièrement pendant la scène de l'avortement, avec ce zoom-in final sur les larmes silencieuses de la «patiente».J'avais la très désagréable impression de voir son visage pour la première fois depuis le début de la séquence.Malgré ces réserves et surtout dans un contexte où 3 000 mani-festant-e-s PTO-Vie s'attaquaient encore récemment à la clinique* Torontoise et Morgentaler, je crois que le film de Suzanne Guy apporte une contribution au débat.DlAMF.POITRAS Cowgirls épiques La Chevauchée roze.de Marie Décary, fiction.16mm.7 min 55 s.Québec.1985.Marie Décary est magicienne.Disposant d'un budget minime et en un temps de tournage record (deux jours seulement), elle a réussi à concocter un très beau court métrage Fable féministe empruntant à la comédie, à l'épopée et au surréalisme, La Chevauchée roze met en scène une cavalerie de femmes qui s'empare d'un verger sous l'oeil apeuré du gardien.Cette opération est téléguidée par une visionnaire, jouée par Marie Décary elle-même, qui.simulant le sommeil, sauve à la dernière seconde l'honneur du bataillon Marie Décary invente des femmes légendaires en puisant à même la réalité.Les chevaux de la cavalerie sont les balais-bannières confectionnés par la réalisatrice et sa complice Lise Nantel pour la manifestation du 8 mars 81 et utilisés depuis lors quasi annuellement.Une des qualités de ce film est qu'il court-circuite les mythes et renverse les rôles en ne ménageant ni l'humour ni les surprises.À voir absolument LlNDA SOUCY Spectacle /dole des «sixties» Joan Baez.spectacle donné le 27 février 1985.à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, Mtl Trente-et-un disques dont huit d'or, dix prix et trophées, un doctorat en lettres, une compagnie de production, d'innombrables tournées à travers le monde.tout cela en 25 ans dune carrière remarquable et remarquée.Car Joan Baez n'est pas qu'une chanteuse folk à la «voix douloureuse de soprano» ; c'est une légende, un mythe que les parents nostalgiques des années 60 reviennent voir de spectacle en spectacle en y traînant leurs adolescent-e-s.Idole des intellectuel-le-s de gauche et des partisanes de la paix.Joan Baez commence par chanter, au début des «sixties».dans des petites boîtes puis dans des festivals, et met sa voix au service de la dissidence et de la protestation.«Sa musique est plus qu'un message, c'est un Joan Baez engagement», qu'elle respecte depuis tant d'années.Et si, comme elle le chante.«Dylan went to Jésus» et que Hendrix.Joplin et les autres ne sont plus, elle ne cesse de porter sa guitare sur l'épaule comme d'autres leur fusil.Chanter auprès de Martin Luther King, s'opposer à la guerre du Viêt-nam, fonder l'Institut Y PREMIERE-BENEFICE DE LA VERSION FRANÇAISE DE «EL NORTE» ILS FUIRENT LA TERREUR DE LEUR PAYS ET PRIRENT UNE ROUTE PÉRILLEUSE .uraradis MONTREAL Au profit des programmes internationaux du YMCA de Montréal pout ses projets outre-mer.Jeudi, le 18 avril 1985 20 heures Cinema Le Parisien 480.rueSte-CatherineO.Billets en vente dans tous les YMCA de Montréal et à l'Agence du livre français.1246.rue St-Denis.Prix d'entrée: étudiants: 3.00$ âge d'or: 3.00$ adultes: 5,00$ Toute contribution supplémentaire sera grandement appéciée.Renseignements: (514)849-5331 x 162 pour l'étude de la non-violence et Humanitas International, faire de la prison, être activiste politique, «antipatriotique», refuser de verser 60 % de ses revenus pour le budget de la Défense (elle se voit intenter une poursuite de 50 000$ par l'Internai Revenue Service américain), voilà la chanteuse, la troubadoure que l'on compare à Jeanne d'Arc.Aujourd'hui, Joan Baez a les cheveux courts qui grisonnent légèrement ; élégante, elle est vêtue de vêtements soyeux, seyants : sa voix a baissé d'un ton mais garde toute sa force, toute sa beauté.Alternant entre des chansons «old, new and in between", elle parle longuement (trop 7) de tout ce qui la concerne et la motive.Elle parle aussi d'amour, elle rit beaucoup, change d'accent, taquine les uns et les autres, se moque un peu du sérieux avec lequel elle et sa bande vivaient à 20 ans et fait une hilarante imitation de Dylan en chantant.Dylan.Nous étions tous et toutes là.hétéroclites et rayonnants, nous étions nostalgiques, sentimentaux, nous la sentions, la comprenions à demi-mot.nous lui pardonnions ses quelques temps morts ou ses interminables accords de guitare, nous étions là avec elle comme nous le sommes depuis tant de disques et d'années et quelque part «la nostalgie est bien ce qu'elle était».Anne-Marie Alonzo OUVREZ L'OEIL FESTIVAL INTERNATIONAL DE FILMS ET VIDEOS DE FEMMES.MONTRÉAL 85.DU 6 AU 16 JUIN.UN NOUVEL ÉVÉNEMENT CINÉMATOGRAPHIQUE À MONTRÉAL (514) 522 3141 CINEMA FEMMES MONTREAL avril 1985 59 LA VIE EN ROSE calendrier Cinéma Ciné-femmes Le Service d'action féministe du YWCA de Montréal inaugure une nouvelle série de 12 films et vidéos, tous les mardis midi, à compter du 12 mars.Le 2 avril : Dream For a Free Country A Message from Nicara-guayan Women.Un documentaire sur le rôle joué par les femmes dans la révolution sandiniste et sur leur désir de participer au même titre que les hommes.Film couleur, 60 min.réalisé par Kathleen Shannon.Ginny Stike-man.Edward LeLorrain.Blake James.Le9 avril : Lavortement.histoire secrète.La réalité de lavortement face aux différentes structures et valeurs sociales Film couleur.55 min, réalisé par Gail Singer.ON F.Le 16 avril : Women in Belize.La situation des femmes dans ce petit pays d'Amérique centrale.Diapositives présentées par Heather Holms Le 23 avril : Femme/sage comme une image Comment les femmes sont-elles représentées dans les médias 1 Vidéo couleur, 23 min, réalisé par Joanne Frechette et Linda Peers.Le 30 avTil : Just for Me.Les avantages et désavantages de l'exercice physique pour les femmes.Film couleur, 27 min, réalisé par Lois Tupper.Lieu: 1355.boul Dorchester ouest (métro Lucien-L'Allier) Entrée gratuite pour les membres ; non-membres.2 $.Renseignements : Francine Mayer.866-9941.poste 43.iSilence, elles tournent ! Du 6 au 16 juin, aura lieu ce festival international de films et de vidéos de femmes.Les femmes tournent partout : à Montréal, elles montreront une trentaine de longs métrages de fiction, des films documentaires et d'animation, et animeront des ateliers.Gardez les yeux et les oreilles ouverts, on en reparlera.Pour renseignements, en attendant : Louise Martin.522-3141.TVa 'attire morte La guerre du Viêt-nam mise en parallèle avec d'autres, plus intimes, qu'on appelle guerres domestiques Avec Michèle Deslauriers, Hélène Mercier et Çil-bert Sicotte, mise en scène de Yves Desgagnés, au Théâtre de Quat'sous, 100.avenue des Pins est Montréal, jusqu'au 28 avril, à 20 h Réservations : 845-7277.Je t'embrasse, Sylvia L'ascension et la chute - jusqu'au suicide - de l'écrivaine HUrrtKlV HAJN1NA américaine Sylvia Plath.Avec Christiane Proulx et Huguette Oligny, mise en scène de Michelle Rossignol, au Café de la Place, 1501.rue Jeanne-Mance, Montréal, jusqu'au 20 avTil, à 20 h 30.Renseignements: 285-4273 Z-'antimouche Une pièce d'Albert G.Paquette, mise en scène de Serge Le Maire, à l'Eskabel, 1237.rue Sanguinet.Montréal, du 3 au 20 avril, à 20 h 30.Information : 737-7153.L e Festival québécois de créations jeunesse Pendapt trois jours, les jeunes nous en mettront plein la vue.Stages en vidéo, cinéma, danse et théâtre, et publication de cahiers techniques à l'intention des jeunes intéressés à ces disciplines ; colloque de deux jours sur les moyens de rendre la production culturelle plus accessible aux jeunes ; échange culturel avec la France et la Belgique, etc Les 5.6.7 avril, à la polyvalente Pienre-Dupuis.2000, rue Parthenais, Montréal Information : 849-5297.Z'aventure littéraire des femmes Jovette Marchessault présentera sa fameuse conférence, L'aventure littéraire des femmes, en tournée dans les Cantons de l'Est.Le 3 avTil, à 20 h : Saint-Hyacinthe.Le 4 avril, 20 h : Weedon.Le 9 avril, 20 h : Saint-Félix-de-Kingsey.Le 23 avril, 20 h : Saint-Jacques-le-Majeur Dans la majorité des cas.à la bibliothèque municipale.Pour plus d'informations : (819) 826-2259.Expositions .Montréal Galerie d'art Concordia, 1455.boul.de Maisonneuve ouest (879-5917): Biennale de la faculté des Beaux-Arts, jusqu'au 27 avril Dazibao.Centre d'animation et d'exposition photographique.4060, boul.Saint-Laurent suite 104 (845-0063) : Alain Chagnon.77vT Travailleuses non traditionnelles (document photographique sur les femmes qui exercent des métiers d'hommes), à compter du 24 avril.Galerie Skol, 3981, boul.Saint-Laurent, suite 810 (288-6636) : Paule Delisle.Trois lieux picturaux (objets acryliques), du 2 au 13 avril : Lucie Dion, Transmission (dessins et installation), à compter du 30 avril ; Louise Mercure.De la gestation à la magie (huiles sur toile et sur papier), du 16 au 27 avril.Galerie Noctuelle.307.rue Sainte-Catherine ouest, suite 555 (845-5555): Dorothy' Deschamps (sculpture céramique), jusqu'au 30 avril.Articule.4060, boul Saint-Laurent, suite 106 (843-9686) : Janet Logan (peinture), du 3 au 20 avril.Galerie Powerhouse.3738.rue Saint-Dominique, suite 203 (844-3489) : Nancy Spero (peinture et dessin), à compter du 20 avril ; rencontre avec l'artiste au Musée des Beaux-Arts le 21 avril.Hn Claude Krynski.Janine Gagné.Nicole Frechette.Josée Drolet.Doniella Lavallée, Louise Martin.Llnda Soucy : les organisatrices de Silence, elles tournent (Cinéma lemmes) 11 Axe Néo-7.Centre d'art contemporain, 205, rue Montcalm (819-771-2122) : Vikky Alexander (photographie), du 3 au 21 avril ; Suzanne St-Denis (sculpture), à compter du 24 avril.LA VIE EN ROSE 60 ovril 1985 Le 5eanniversaire de La Vie en rose Cinq ans pour nous, c'est comme 100 ans pour La Presse et 75 ans pour Le Devoir/ Alors permettez-nous de vous ennuyer à notre tour avec un peu de narcissisme bien placé.s Début février.Violaine Servant gagne (la chanceuse!) | le voyage au Mexique offert en décembre, par LVR, o à toute nouvelle abonnée, en collaboration avec | la compagnie d'aviation Wardair.V 6 m* 4 mars.Brunch-anniversaire de LVR au bar Dietrich, à Montréal.Pas mal rigolo, si on aime le champagne et les sandwiches roses, les Folles Alliées et Marie-Claire Séguin.27 février.Une quarantaine de professionnelles, de femmes d'affaires, de politiciennes (bref, des femmes qui ne sont généralement pas associées à LVR) se bousculent à la Maison des vins, à la suite d'une invitation de LVR.Nous voulions savoir ce qu'elles pensaient d'un magazine comme le nôtre.Elles nous l'ont dit.Non, La Vie en rose n'est pas à la veille de «donner la parole aux hommes», comme le disait l'article paru dans Le Devoir du samedi 2 mars.Même si nous pensons, en effet, solliciter à l'automne quelques textes masculins en vue d'un dossier sur les hommes et le féminisme.De là vient la confusion.Donc, messieurs, rentrez vos plumes.10 mars.Les filles de LVR (un peu cernées, c'est vrai) sont au poste pour la journée d'ateliers-kiosques-vidéos-panel-etc.organisée à l'UQAM par l'Intersyndicale des femmes.8 mars.La garderie Lafontaine au grand complet remonte la rue Saint-Denis pour venir chanter «Bonne fête» à LVR (et sensibiliser le quartier à la lutte des garderies) Ça, c'est dla relève! Mais la reine de la journée est Léa Roback, 81 ans de militantisme!.à qui les femmes, rendent chaleureusement hommage. 'eus Jy.5S EN AMOUR WAV EC Lg^ EN ROSE?Protéâ pour ta son ciel ou a vie?1 tion sexuelle, re 1981 anette et les e veulent plus ir e 1981 Ile famille et la re 1982 pied, mises au e 1982 ère à l'autre, aternité 3 es en prison, TOaM983 Boufferc'e^ pas dla Je joins mon paiement de: \ ?6,95 $ mon no.d'abonnée est_ ^« ?7,95 $ Frais de poste et de manutention inclus pour chaque reliure demandée ^ ?par chèque ?Visa ?MasterCard N° carte _ _ Expiration ^ Signature ^ Nom ^ Adresse _ Ville _Code postal ^ Allouez de 4 à 6 semaines pour la livraison Tél.! \ LA VIE EN ROSE, 3963.rue St-Denis, Montréal, Oc H2W 2M4 \ ^ Adresse \ Ville \Q Code postal Tél.\ Ci-inclus un chèque ou mandat-poste au montant ^ Hq 2,50$ par numéro l \ LA VIE FN ROSE.3963.rue St-Denis.Montréal.Oc H2W 2M4 N 1 2 3 4 7 8 10 11 12 13 14 ?16 17 18 19 20 21 22 23 24 ?I Voilà le thème des trois dramatiqiés, française, suisse et québécoise, qui alimenteront le débat de ce super Droit de parole irtternotioaal: Agoni, avec Claire La marche.Vendredi 5%vril à 20 h Réalisation: Jacques Cholette et Guy Leduc Lautre Radio Québec
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