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Titre :
La vie en rose
La Vie en rose jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sur un ton critique et avec humour. [...]

Publiée à Montréal de 1980 à 1987, La Vie en rose est, pendant cette période, le principal magazine féministe québécois. Le premier numéro, sous-titré « magazine féministe d'actualité » et dirigé par un collectif de six femmes, paraît au printemps 1980, encarté dans la revue contestataire Le Temps fou. Autonome dès le cinquième numéro, La Vie en rose est publiée trois fois l'an jusqu'en 1984, puis huit fois l'an jusqu'en 1986, où elle devient une publication mensuelle.

S'éloignant du militantisme « pur et dur » des revues des années 1970, La Vie en rose propose, pour contrer le discours ambiant post-féministe et justifier sa pertinence et son combat, de repenser, de renouveler et de redéployer le féminisme. Pour ce faire, La Vie en rose donne au féminisme une image enjouée, évite le dogmatisme et favorise une variété de perspectives. Cette volonté de rassemblement des féministes permet une ouverture intergénérationnelle et encourage la réflexion.

Le magazine jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sans s'aligner explicitement sur un parti ou une idéologie politique. Les thèmes abordés ne sont par ailleurs pas étrangers aux enjeux féministes : les articles traitent presque exclusivement de sujets intimement liés à la condition des femmes dans la société contemporaine. Revue indépendante, La Vie en rose tient mordicus à l'autonomie, qu'elle revendique aussi sous toutes ses formes pour les femmes québécoises.

Outre les rubriques récurrentes (l'éditorial, le courrier, les comptes rendus de films, de livres et de pièces de théâtre), le magazine propose des dossiers spéciaux qui abordent des sujets comme le travail, la langue, le pouvoir, le syndicalisme ou les lois. La Vie en rose explore parfois des questions difficiles, voire litigieuses, telles la religion, la prostitution, la pornographie et les maladies transmissibles sexuellement. Des entrevues de fond, avec des personnalités d'ici et d'ailleurs (Clémence DesRochers, Lise Payette, Diane Dufresne, Simone de Beauvoir, Christiane Rochefort et plusieurs autres), sont aussi publiées régulièrement.

Une des caractéristiques importantes du magazine est l'espace qu'il accorde à l'humour. Les caricatures et les textes ironiques en sont partie intégrante, de même que les célèbres « chroniques délinquantes » d'Hélène Pedneault (réunies ultérieurement en recueil), très appréciées du lectorat. La Vie en rose fait également une grande place à la littérature et encourage ouvertement la « relève »; elle publie le nombre impressionnant de 58 récits de fiction au fil de ses 50 parutions. Certains numéros contiennent des nouvelles portant sur un thème suggéré par la revue, alors que d'autres rassemblent des textes d'un même genre (le roman policier, par exemple), que l'équipe de La Vie en rose cherche à ouvrir à une redéfinition en vertu de paramètres féministes.

D'abord tiré sur papier journal et illustré de dessins et de photos en noir et blanc, le magazine adopte, dans son numéro de juillet 1983, un graphisme semblable à celui des revues à grand tirage et est imprimé sur papier glacé. De 10 000 exemplaires en 1981, son tirage moyen atteint ensuite près de 20 000 exemplaires par numéro.

Une combinaison de plusieurs facteurs, dont des difficultés financières dues aux abonnements insuffisants et un certain essoufflement de l'équipe d'origine, forcent La Vie en rose à tirer sa révérence au printemps 1987. Cette revue demeure encore aujourd'hui parmi les plus importantes de la presse alternative québécoise.

BERGERON, Marie-Andrée, « La Vie en rose (1980-1987) - Construction rhétorique d'un leadership », Globe - Revue internationale d'études québécoises, vol. 14, no

DES RIVIÈRES, Marie-José, « La Vie en rose (1980-1987) - Un magazine féministe haut en couleur », Recherches féministes, vol. 8 no

Éditeur :
  • Montréal :Productions des années 80,1980-1987
Contenu spécifique :
mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

La vie en rose, 1986, Collections de BAnQ.

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) et potentielle, assortie d'une analyse du «positionnement» de La Vie en rose sur le marché féroce du magazine, et d'un plan de redressement financier et organisational.Habituellement, les fondateurs et fondatrices de magazines commencent par obtenir cette étude de marché, un outil désormais indispensable, même aux gens qui ont du flair.Ensuite, ils lancent leur canard, au milieu d'une campagne promotionnelle soigneusement «ciblée» et fort coûteuse.Il faut beaucoup d'argent pour suivre ce scénario prudent; l'étude de marché à elle seule coûte environ 25 000 $.La nôtre, nous ne l'avons obtenue, après six ans de navigation au pif, qu'avec la collaboration tardive de deux ministères québécois.Mais ses résultats préliminaires, arrivés en mars, sont passionnants.D'abord, elle confirme la justesse de notre pari initial: il y a plusieurs dizaines de milliers de Québécoises intéressées à lire chaque mois un magazine féministe d'actualité.Approximativement 50 000.Or, La Vie en rose n'est présentement achetée que par 20 000 d'entre vous (les meilleurs mois), qui la prêtent à leurs amies, qui la passent à leur mère, etc., au grand désespoir de notre fichier d'abonnement.Si les groupes cibles d'abonnées (de Montréal, Québec et Sherbrooke), d'ache-teuses en kiosque (idem) et de lectrices occasionnelles émettent des critiques et des suggestions parfois aux antipodes, ils sont quand même unanimes sur certains points.D'abord, c'est bien d'une vision ouverte- ment, puissamment féministe de l'actualité que les femmes veulent.Mais de route l'actualité.Pas question de se concentrer um-quement sur les dossiers femmes: avorte-ment, droit au travail, garderies, groupes.Féministes, elles le sont pourtant, mais elles refusent de «se faire dire quoi faire».Comme elles cherchent un médium d'information plus sûr de lui, plus «positionné» et en même temps plus flexible, elles nous demandent d'élargir le spectre de nos sujets pour y intégrer des préoccupations très quotidiennes de la majorité des Québécoises: santé, éducation des enfants, etc., tout en continuant à développer des secteurs comme l'international.Ce qu'elles chérissent avant tout?La différence: elles ont horreur de lire dans LVR ce qui se trouve ailleurs.La profondeur.tout en voulant rire le plus possible, elles ont besoin d'articles et de dossiers fouillés, bien documentés, auxquels se fier.Le beau: appréciant un «look» professionnel, elles aimeraient un graphisme plus aéré, une couverture plus léchée, plus de couleurs et d'illustrations.Bref, elles semblent exiger de nous l'allure de Maximum, laligueur journalistique du Monde diplomatique, l'irrévérence du Canard enchaîné et l'esprit de Simone de Beauvoir! En même temps, elles perçoivent une amélioration sensible depuis la dernière année.Du côté financement, elles accepteraient volontiers une hausse des tarifs d'abonnement annuel (actuellement de 19 $) et plus de publicité dans les pages.Une publicité évidemment non sexiste: pas question de cosmétiques, de mode, de cuisine.davantage de publicité culturelle et de services par contre.Mais, après l'existence d'un bassin réel et non encore atteint de lectrices acheteu-ses, c'est la deuxième chose que l'étude de GICAM vient nous confirmer: de la part des publicitaires, un magazine comme La Vie en rose ne doit pas attendre la manne.Vous n'ignorez pas, sans doute, que tous les journaux et 98 % des magazines que vous voyez en kiosque sont essentiellement financés par la publicité.Dans les revenus de La Presse ou de Châtelaine, l'argent provenant directement des abonnements ou des ventes à l'unité est un apport secondaire.Bien sûr, c'est avec ses 280 000 abonnées que Châtelaine va chercher auprès des agences nationales de publicité (intermédiaires entre les entreprises et les médias) des contrats annuels chiffrés à plusieurs millions de dollars.Mais, arriverions-nous d'ici deux ans à un tirage de 50 000 (25 000 aujourd'hui) et à 25 000 abonnées (au lieu de 10 000), que Kraft, Alcan, IBM ne seraient pas forcément intéressés à nous acheter de l'espace.Car les publicitaires, des gens conservateurs pour la plupart et dont l'audace consiste à refléter les tendances sociales progressistes (les Wonder Woman et Yuppie de Provigo) ou réactionnaires («Don-ne'z'y la claque» en bière, «Tu vas y goûter!» en yogourt), misent rarement, nous dit l'étude, sur un médium «coloré», que ce soit par une idéologie ou par l'humour.Mais quand ils le font, c'est très rentable pour eux! Tilden, par exemple, a vite rentabilisé la pub achetée dans LVR.ce que nos «petits» publicitaires savaient déjà.Par contre, la nature même de La Vie en rose, informative et politique, et la structure de l'entreprise, à but non lucratif, nous donnent droit à quelques subventions gouvernementales, fédérales comme provinciales, certaines substantielles.Jusqu'à maintenant du moins, les subventions nous ont apporté entre 20 % et 30 % de nos revenus.Mais cela risque de changer bientôt, tant à Ottawa qu'à Québec: nous ne sommes pas épargnées par les compressions exemplaires ou justifiées des budgets culturels.Sur quoi, sur qui pouvons-nous donc compter pour soutenir financièrement La Vie en rose} Encore et toujours, plus que jamais, sur nos abonnées et lectrices, sur vous, qui êtes de loin et depuis 1980 nos premières mécènes.Malheureusement, vous n'êtes pas assez nombreuses, ni sur LA VIE EN ROSE 4 mai 1986 les listes d'abonnement ni parmi nos relations de kiosque.Votre nombre total a beau augmenter régulièrement, toutes les dépenses de production et de fonctionnement liées à la publication d'un magazine mensuel augmentent encore plus vite.D'ailleurs, comme les abonnements sont de loin plus avantageux et fiables, c'est eux qu'il faut multiplier.(Merci, en passant, aux abonnées, pour toutes les listes d'ami-e-s que vous nous faites parvenir depuis quelques semaines ).Sauf qu'il y a des limites à l'expansion de notre bassin actuel d'abonné-e-s.Ce qu'il faut, c'est recruter de nouvelles abonnées parmi les acheteuses en kiosque, tout en conservant l'intérêt des abonnées actuelles.De là les réaménagements au contenu et à la forme proposés parGICAM.aïs l'élargissement du contenu et l'amélioration de la forme ne constituent qu'un des aspects du vaste plan de relance que nous avons déjà déclenché.Les deux autres sont d'abord le redressement proprement financier de l'entreprise: gestion par secteurs plutôt que globale, contrôle plus serré des dépenses, nouvelles sources de financement (à déterminer: fondation?actions?); et ensuite, la réorganisation interne de LVR: coupures de postes, remplacement de l'actuel fonctionnement collectif (quatre directrices de secteurs autonomes) par une structure plus classique (supervision d'une directrice-générale).L'objectif de notre plan est de relancer à l'automne, mais sans arrêt de publication, une Vie en rose améliorée, plus près de vos et de nos attentes.Ce ne sera pas notre premier face-lift! Rappelez-vous notre passage au papier glacé, notre venue à la mensualité et de quel inséré nous sommes parties, il y a déjà six ans.L'inconvénient de ce plan difficile mais réaliste, c'est son coût (on n'en sort pas, décidément).Nous ne pourrons pas améliorer le contenu de La Vie en rose sans, par exemple, mieux rétribuer les femmes qui l'écrivent et le produisent.Or, et c'est là où l'infirmière change de ton, il y a la mauvaise nouvelle.En mars, nous avons reçu aussi nos états financiers pour l'année 1985.Qui ne sont pas très jolis.Nos revenus ont augmenté de 64 % depuis 1984 (grâce entre autres aux campagnes d'abonnement), mais notre déficit accumulé s'est quand même creusé.(Y en a-t-il vraiment parmi vous à avoir pensé jusqu'à maintenant que La Vie en rose était une entreprise profitable, déjà au-dessus de ses affaires?) Creusé au point de devenir invivable.En fait, comme nous vivons depuis six ans de notre énergie, de notre volonté collective alliée à votre solidarité, bref d'amour et d'eau fraîche plutôt que d'argent, nous pourrions toujours essayer de poursuivre ce délicat exercice d'équilibre monétaire.Mais nous ne le voulons plus.Fatigue généralisée des artisanes, ou réalisme soudain?Publier un magazine féministe à moyen tirage sans fonds de roulement n'a jamais été bien, bien réaliste.Penser lui donner un nouveau souffle sans une certaine marge de manoeuvre financière serait complètement fou.Comme nous tenons plus que tout à la suite de La Vie en rose, comme nous pensons que vous y tenez aussi, comme nous croyons au plan de redressement et à la relance, nous avons décidé de trouver d'ici l'été ce fonds de roulement qui nous a toujours trop fait défaut.Comment?En suscitant une campagne informelle de levée de fonds auprès des femmes féministes du Québec, à qui nous pouvons garantir que leur argent, déposé en fiducie, servira bien à organiser et financer la relance.Vous avez peut-être déjà été sollicitée, vous le serez peut-être bientôt.Pensez-y.On ne peut pas dire que nous ayons abusé en ce sens: c'est la première fois que nous faisons ainsi appel à votre solidarité.Si vous croyez en La Vie en rose, si vous en avez besoin, si vous pensez comme nous qu'il faut trouver les moyens de faire vivre nos projets plus que les cinq ou six ans prévisibles au départ, faites-le nous savoir1.ette campagne éclair est en même temps un test politique, une question posée plus clairement que ia mais au mouvement des femmes québécois.Le féminisme d'ici est-il assez fort pour soutenir financièrement un des éléments les plus visibles de sa presse?Nous verrons bien et le pari, aussi, a quelque chose d'excitant.Mais quelle ironie, tout de même, que ces deux nouvelles nous parviennent au même moment que les textes commandés sur la presse féministe d'ailleurs et d'ici! Alors que le constat est généralement prometteur pour les périodiques féministes plus spécialisés et à tirage limité, il l'est beaucoup moins, ici comme ailleurs, pour les magazines d'actualité plus générale, comme La Vie en rose.Ceci dit, la presse féministe n'est pas la seule presse d'opinion à se confronter aux fameuses «lois du marché».Qui a oublié, au Québec seulement, Québec-Presse, Le Jour, Presse libre, Le Temps fou?Qui ignore les ennuis cycliques du prestigieux Devoir} La Vie en rose réussira-t-elle à concilier l'apparemment inconciliable: un projet de changement politique - le féminisme - et les règles tyranniques du commerce?Le bras de fer est engagé.Comme dirait l'infirmière en entrant dans la chambre de la malade: «J'ai deux nouvelles pour vous, une bonne et une mauvaise.La bonne, c'est que tous les tests sont concluants: vous êtes prête pour une transplantation cardiaque, tous vos systèmes fonctionnent bien, les risques de rejet sont minces.Pratiquée d'ici 48 heures, l'opération a toutes les chances de réussir et vous, de bercer un jour vos petits-enfants.» «Et la mauvaise?», demanderait la malade.«Ben.on n'est pas sûrs que le coeur commandé arrive à temps!» Françoise Guénette, _Francine Pelletier 1/ Au moyen d'un chèque à l'ordre de: Fiducie La Vie en rose, à l'adresse de LVR d'ici le 2 juin.Merci! mai 1986 5 LA VIE EN ROSE Courrier L avenir du féminisme Je lis assidûment LVR depuis 4 ou 5 ans et, depuis un moment, je remarque une inquiétude face à l'avenir du féminisme.Remarquez que je ne suis pas sans m'inquié-ter moi-même puisque la disparition du mouvement des femmes ferait trop plaisir à une certaine caste dominante.(.) On aimerait bien nous voir retourner à nos casseroles et voilà pourquoi la lutte, souvent ingrate, que nous menons n'est ni vaine ni morte.Pour ma part, je choisis la lutte de tous les jours, sans grand déploiement mais constante, vigilante.J'ai l'intime conviction que nous ne devrions pas nous isoler, mais plutôt nous soutenir les unes les autres.Le problème du dominant-dominé-e concerne toute l'humanité.Or, j'aime croire (comment s'empêcher de rêver?) qu'en vivant une relation homme-femme équilibrée, juste, respectueuse, c'est toute l'humanité qui en bénéficie.C'est pourquoi je m'abonne à LVR.Puisse-t-elle rester intègre et honnête en continuant d'innover et d'explorer.Claire Lapointe, Montréal oins de jasette Je ne renouvellerai pas mon abonnement à LVR car je suis déçue.J'aurais préféré lire des articles et des dossiers étoffés, des informations concrètes, au lieu de vous voir «parlementer» autour d'une table.Plus particulièrement, le numéro sur les hommes et, plus récemment, sur le couple étaient sans intérêt.L'interview de Lise Payette, par contre, m'a apporté une vision féministe stimulante.C'est dans ce sens que j'aimerais voir LVR évoluer.Madeleine Tremblay, Cap d'Espoir NOUVEAU BOTTIN FILLES À LOUER 50 NOMS/PHOTOS ET NO TELEPHONE LES PLUS JGUS MODELES SPÉCIAL $19.95 S 19.95 plus S?05 de trais total: S 22.00 Ecnteà MOD'ELLE 47 DukeMtl.H3C 2L8 VENDREDI 21 MARS 1986/ LE JOURNAL DE MONTRÉAL Filles à louer À quand le nouveau bottin Gars à {lusher} Cette petite anonnce qui semble anodine et innocente à première vue a sûrement réussi à vendre plusieurs exemplaires.On en a mal au coeur! La société québécoise régresse-t-elle ou est-ce nous qui sommes tout simplement naïves?France Galarneau, Line Gariépy, Montréal D eux souhaits D'abord, restez ouvertes aux «chocs des idées».C'est parfois brutal mais les droits et le respect des femmes en dépendent.Les temps sont durs.Ensuite, pour quand un dossier approfondi sur la maladie mentale et le pouvoir de la psychiatrie?Francine Messier, Montréal Longue distance Je referme à peine le numéro de décembre-janvier, sur le pouvoir (distance oblige).Et me croirez-vous?Je l'ai trouvé bon.Je n'ai pas toujours été d'accord avec votre approche et je fus un des premiers à remettre en question le numéro sur les hommes.Je trouve toujours ce numéro insipide quoiqu'il a au moins le mérite de mettre en relief le désarroi des hommes vis-à-vis du féminisme.C'est déjà quelque chose! Et puis je vous vois rappliquer dans vos éditoriaux et par vos choix d'articles et je me dis que.LVR est un sacré bon magazine.Non seulement il ouvre ses pages à la discussion, il la suscite! Vous amenez les gens à questionner leur confortable ligne de pensée.Bravo! André Lacroix, Paris P.S.On se rend compte de la force de votre magazine en remarquant le vide en France.Le masculinisme au pilori?Dans votre numéro de février vous publiez une lettre signée «Mère autonome», laquelle réagit à votre article «Les hommes à poussette» (LVR, nov.85).Il nous a semblé que l'auteure de cette opinion fait preuve d'un réductionnisme abusif quand, tout au long de son texte, elle présente du mouvement «masculi-niste» une image tout à fait unilatérale, considérant en bloc ses adeptes tantôt comme les serviteurs des intérêts des gouvernements, tantôt comme les défenseurs de la seule autorité paternelle au détriment des femmes/mères, tantôt comme les propagandistes de «l'inceste positif» et du «fami-ly sex».Au nom de quoi devrait-on accepter une telle étiquette monolithique et sans nuances?(.) Il n'y a pas si longtemps, rappe- M ÉQUIPE DE DIRECTION: Ariane Émond, Françoise Guénette, Claude Krynski, Louise Legault, Lise Moisan, Francine Pelletier • RÉDACTION: Françoise Guénette, Francine Pelletier • ADMINISTRATION: Louise Legault • PROMOTION: Ariane Émond • DIRECTION ARTISTIQUE: Sylvie Laurendeau • COLLABORATION: Anne-Marie Alonzo, Carole Beaulieu, Claudine Biais, Anne Dandurand, Hélène Dohon, Christine Eddie, My-riame El Yamani, Gloria Escomel, Danielle Kimm, Roseline Landry, Line McMurray, Albanie Morin, Hélène Pedneault, Hélène Pelletier -Baillargeon, Diane Poitras, Jocelyne Richer, Nathalie Riel, Monique Roy, Hélène Sarrasin, Paula Sypnowich, Lucie Villeneuve • ILLUSTRATION: Suzanne Côté • PHOTOGRAPHIE: Mank Boudreau, Suzanne Girard, Marie-Hélène Robert • MAQUETTE: Diane Blain, Sylvie Laurendeau • CORRECTION: Dominique Pasquin • COMPOSITION: Concept Médiatexte inc.• PELLICULAGE: Graphiques H.I.Liée • IMPRESSION: Imprimerie Canadienne Gazette • DISTRIBUTION: Les Messageries de presse Benjamin Ltée: 645-8754 • PUBLICITÉ: Carole Pageau, Nathalie Ranger: 843-7226 • ABONNEMENT: 1 an, 10 numéros: 19 $; 2 ans, 20 numéros: 33 $; 3 ans, 30 numéros: 45 $.Tarif international par voie de surface: 30 $, par avion: 44 $.Anne-Marie Cormier: 843-8366 • LA VIE EN ROSE est subventionnée par le Conseil des arts du Canada, par le ministère des Affaires culturelles du Québec et par le Secrétariat d'État, Programme de la femme.• LA VIE EN ROSE est publiée par les Productions des années 80, corporation sans but lucratif.On peut nous joindre de 9 h 30 à 17 h au 3963, rue Saint-Denis, Montréal H2W 2M4, ou en téléphonant: (514) 843-8366 ou 843-7226.Copyright 1986 - LA VIE EN ROSE.Tous droits de reproduction et d'adaptation réservés.Dépôt légal: Bibliothèques nationales du Québec et du Canada ISSN-0228-5479.Indexée dans Radar et membre de l'Association des éditeurs de périodiques culturels québécois.Courrier de deuxième classe: 5188.Commission paritaire 4 067 CDN.LA VIE EN ROSE 6 mai 1986 lez-vous, les féministes dénonçaient avec la plus vive énergie toute tentative qui visait à les réduire à un bloc unilatéral et indistinct.Il n'y a pas plus un seul masculinisme qu'il n'y a eu un seul féminisme.Jules h.Gourgues, PRÉSIDENT DAUTONHOMMIE, Saint-Étienne L e grand saut Ça y est! Je fait le grand saut: je m'abonne.Moi qui vous achète et vous dévore tous les mois depuis vos débuts, je mérite bien ça, non?Une seule critique: LVR fond dans la bouche et c'est trop vite fini! Mon rêve: une LVR de 300 pages dont 100 à la chronique délinquante.(Surtout depuis qu'Hélène a fini de se prendre pour Chris-tiane Rochefort, notre idole commune.) Sophie Veillot, Montréal Ui n bien triste rôle Vous, femmes de La Vie en rose, avez un bien triste rôle, celui de réveiller et de renseigner le peuple québécois sur la place des femmes dans le monde.J'écris cette lettre pour vous féliciter de votre travail et vous souhaiter la santé.Je veux surtout souligner que le Spécial rire jaune est génial en son genre, avec ces dessins de Christine Roche et ces textes de personnes aguerries comme Jacqueline Barrette et Chantal Malien, avec ces efforts aussi de ne pas trahir le but premier de LVR: savoir être convaincantes tout en étant très très sérieuses.Madeleine Leblanc, Montréal M aîtriser sa peur Je désirerais apporter mes commentaires sur l'article paru dans LVR en mars 8j titulé «La crainte de l'erreur».Je trouve que l'auteure décrit les garçl et les filles de façon trop traditionnelle.Il me semble que c'est plutôt l'approche du «d'abord savoir, puis faire» des filles qui devrait être valorisée plutôt que «l'essai et l'erreur» des gars.On n'est plus à l'époque préhistorique où le mâle maître du clan devait s'attaquer aux bêtes sauvages plutôt que les fuir.On est à l'époque postindustrielle de l'information où une somme immense de savoir est à acquérir avant de passer à l'action.Et dans ce sens, les filles excellent plus que les gars.Elles sont prudentes dans leur mode d'expérimentation, patientes, plus inclinées à la lecture et très aptes à innover.La crainte de l'erreur n'est pas un tort mais une étape saine puisqu'elle incite à la prudence.(.) Mais il faut savoir aussi maîtriser sa peur, sa crainte de l'erreur.J'invite donc votre revue à rendre plus visible l'accomplissement de femmes pionnières dans le domaine des sciences, car la science fait, aujourd'hui plus que jamais, partie du pouvoir.Luce S.Bérard, Granby oncle Maurice Félicitations pour l'excellent numéro sur le cancer (avril 1986, no.35), et pour l'article «Onze femmes en colère».J'ai été touchée par l'histoire de Mariette, de toutes les autres Mariette dont je fais partie.Pour certaines, ce fut un père, un beau-père, un frère, un voisin ou un livreur.Pour moi, ce fut l'oncle Maurice.Voilà maintenant quinze ans que je suis en colère.Pendant quatre années j'ai milité auprès des femmes à dénoncer les violences qui nous sont faites, mais je n'ai eu encore le courage de confronter mon agresseur.Pendant plusieurs années je n'ai voulu que le faire souffrir, de la même façon que moi j'avais souffert de son abus de pouvoir.Mais vint un jour où je ne pouvais plus vivre avec ce désir de vengeance, parce que ma propre violence me faisait horreur.Alors j'ai essayé d'oublier que j'étais en colère.Sans succès.Elle refait surface épi-sodiquement depuis quelques temps.Tout comme Mariette, les coussins ne me suffisent plus.Et je sens venir le temps propice où pour moi la confrontation sera possible, parce qu'elle sera non-violente et n'affirmera que la reprise de possession de mon propre pouvoir.Ce jour là, je serai seule.C'est un choix bien personnel.Mais il est rassurant de constater que l'on peut compter sur le support de quelques groupes féministes qui ont accepté de se remettre en question et d'évoluer dans leur conception de l'intervention.À ceux et celles qui croient que le féminisme est mort, je répondrai qu'il s'est transformé.Le féminisme est devenu plus humain (Oups.Pardonnez-moi cet euphémisme.) qu'il ne l'était auparavant.En fait, il est devenu plus féministe que jamais.joan lefrançois, Montréal LA PREMIÈRE BOUTIQUE D'ÉQUIPEMENT HAUTE-FIDÉLITÉ 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episcopal national1.Historiques parce que telle était la perspective privilégiée.C'est en effet à l'historienne du féminisme québécois, Micheline Dumont, que les organisatrices avaient confié l'imposante conférence inaugurale chargée de remémorer, aux femmes et aux évêques réunis, la longue marche des Occidentales vers la reconnaissance de leur égalité et la plénitude de leurs droits.Historiques enfin, ces journées confirmaient le changement de cap significatif pris par les évêques du Québec vis-à-vis de la place des femmes dans l'Église.Longtemps à la remorque de l'épiscopat canadien, notamment sur la question du suffrage féminin provincial2, les évêques du Québec font désormais figure de chefs de file, allant jusqu'à Rome proposer une discussion franche des aspects théologiques de l'accession des femmes aux ministères ordonnés.À l'intérieur de la marge de manoeuvre qui leur est impartie dans les structures ecclésiales, ils ont effectué des «premières»: de 1980 à 1983, c'est une femme, Gisèle Turcot, membre de l'Institut Notre-Dame du Bon-Conseil, qui a assumé la direction de leur secrétariat permanent.Depuis 1982, chacun de leurs 22 diocèses s'est désigné une répondante à la condition féminine.Ni l'épiscopat de France ni celui des États-Unis n'ont encore envisagé semblables initiatives.Certes «une hirondelle ne fait pas le printemps», et les 86 femmes réunies à Montréal pour discuter avec leurs évêques de thèmes aussi névralgiques que le pouvoir, le langage, la famille et la sexualité avaient bien conscience d'élaborer avec eux un tout premier état des questions controversées.Leur réunion volontaire ne possédait, en effet, aucun des pouvoirs reconnus à une assemblée délibérante: les généreuses résolutions «votées» en plénière ne révélaient donc pas'de caractère contraignant.Mais les évêques se sont engagés à leur donner des suites.Si l'Église «catholique et romaine» constitue encore un pouvoir monarchique incarné à son sommet par le Pape, en revanche, les Églises locales sont actuellement enracinées au coeur de sociétés modernes profondément marquées par la pratique démocratique et la succession depuis bientôt deux siècles, de gouvernements électifs.Cette expérience politique des individu-e-s se répercute de plus en plus à la base de la pyramide de l'Église, particulièrement au sein de son laïcat dont les effectifs les plus engagés, dans la plupart des pays occidentaux, sont majoritairement composés de femmes actives en pastorale, en éducation et en travail social.Privées de voix décisionnelles quant aux orientations théologiques de leurs activités, et d'accès aux ministères ordonnés, mais citoyennes à part entière dans la cité séculière, les femmes catholiques acceptent de moins en moins de vivre pareille dichotomie au sein de leur Église.Comment l'Évangile, formidable manifeste d'espérance et de libération pour tou-te-s les ex-clu-e-s du pouvoir, pourrait-il, en effet, être moins «généreux» pour les chrétiennes que ne le sont les chartes des droits et libertés dont se sont dotés, depuis bientôt 30 ans, la plupart des États modernes?L'Eglise catholique, par les puissantes symboliques de sa lithurgie, l'éclat et la solennité dont elle entoure généralement ses prises de position, constitue une formidable rampe de lancement pour les messages (ou les contre-messages) qui intéressent la cause des femmes.Toute évolution en son sein, même timide et encore circonscrite au niveau d'un episcopal national, ne saurait laisser aucune féministe indifférente.Quand la Chine s'éveillera.titrait autrefois un observateur politique averti.Et «quand l'Église s'éveillera?» Une lourde part du contentieux hommes-femmes pourrait bien commencer alors à se dénouer dans l'inconscient collectif où, par sa dimension religieuse, la culture occidentale et judéo-chrétienne plonge ses toutes premières racines.1/ Voir Maria Riley, «Debout devant l'hôtel», Relations, mars 1986, page 48.21 Les Canadiennes ont obtenu le droit de vote aux élections fédérales en 1918.Les Québécoises, les dernières de la Confédération, ont attendu jusqu'en 1940 pour obtenir ce même droit au provincial à cause de l'obstruction influente des évêques du Québec sur les gouvernements Taschereau et Duplessis.LA VIE EN ROSE 8 mai 1986 Chronique Délinquante Y a-t-il un Provigo dans la salle?on.Je me suis chicanée avec ma meilleure amie.De guerre lasse, j'ai fini par lui hurler au téléphone: «Je ne suis pas un Provigo, qu'est-ce que tu crois?» J'étais désespérée.Elle a éclaté de rire.(Ça fait trois jours, je crois qu'elle rit encore.) La chicane a fini là.Je la voyais se promener en moi avec son chariot à provisions: «Un peu de ça, et de ça.Non, pas ça, je n'en ai pas besoin.Une provision de ça, un quart de livre de ça, une livre de ça.Ah! non! Pas ça, je déteste ça.» Ça étant différentes parties de moi.J'ai pris mon surmoi et je me suis drapée dedans.Il y a des gens comme ça qui prennent et qui laissent.Je refuse d'être magasinée à rabais ou en morceaux.Avec moi c'est tout ou rien.Non mais c'est chiant les gens qui nous font sentir cent fois par jour qu'on n'est pas parfaite avec détails à haute précision! Je les connais, mes imperfections.Pas besoin de les éclairer avec une ampoule de 1 000 watts qui, de toute façon, rend aveugle.Le tout ou les parties?La poule ou l'oeuf?L'oeuf ou l'argent?Ce besoin de polariser tout le temps, c'est épuisant.Je sens qu'on veut me diviser pour mieux régner.Après tout, ça se peut d'être à la fois très raffinée et de parler fort.Ou de se décrotter le nez avec une robe de 500 $ sur le dos.Ou de sortir un gros mot de temps en temps dans un langage par ailleurs assez étudié.Ça fait du bien les imperfections, quand on sait que c'en est.En fait, les imperfections, on devrait pouvoir les accepter quand on aime quelqu'un.Presque aussi bien que les grandes qualités.Prendre le paquet ou rien (le paquet en question n'ayant rien à voir avec la grosseur de la personne concer- OU Comment ne pas devenir un supermarché par Hélène Pedneault née).Je suis comme ça de toute éternité.Je n'ai jamais pu morceler mes sympathies, ni mes antipathies, m mes affections, ni rien.Ce n'est pas très subtil.Ça aussi, c'est à prendre ou à laisser.En plus, ça m'amène à avoir l'air de lancer des ultimatums à tous vents.Pas du tout.J'appelle la même tolérance envers mes gouffres (imaginez la profondeur des failles) que j'essaie d'en avoir avec ceux des autres.Mais là, en écrivant, je me rends compte que je mens en partie.En fait, ma tolérance ne s'applique qu'à un niveau individuel.Pas du tout à un niveau collectif, encore moins politique.Et je revois tout à coup Robert Bourassa à Paris, au Sommet de la francophonie.Il a fait une première sortie très remarquée en parlant d'agriculture.C'est normal.Il n'a jamais fait la différence entre culture et agriculture.C'est vrai.À peine a-t-il pris le pouvoir qu'il laboure les budgets des Affaires culturelles, sème la panique à l'Orchestre symphonique, au Musée d'art contemporain et dans tous les théâtres de la ville, et récolte quelques malheureux millions de plus pour pratiquer son coûteux dada: construire des barrages.Peut-être se souvient-il qu'en effet la culture dépendait du ministère de l'Agriculture jusqu'à la fondation du premier ministère des Affaires culturelles1 (M.Du-plessis voyait le rapport lui aussi.).Ce n'est pas si loin.C'est peut-être à cause de ça que nous, les Québécois-es, gardons profondément ancré dans notre inconscient collectif la peur d'être, au fond, des habitant-e-s.Il faudra fouiller cette hypothèse un jour.(Saint Sigmund, priez pour nous).Mais à la quantité de psychothérapeutes qu'il y a ici au mètre carré, on devrait pouvoir régler ce problème agricole très bientôt, j'ai bon espoir.Bref, pour en revenir à M.Bourassa, entêté comme il est, il va nous remettre le bilinguisme sur le nez, dans la bouche et dans le cul en deux temps trois mouvements.Les journaux l'ont écrit en caractères gras: «Le bilinguisme refleurira le long de nos autoroutes, dans nos rues et dans nos magasins2.» Le journaliste avait l'air content.Pas moi.Premièrement, le bilinguisme n'est pas une fleur.Ou si c'en est une, elle est vénéneuse.De l'herbe à puce.Quelque chose qui ne sait pas vivre.Comme quelqu'un qui porterait des pantalons de fortrel avec une blouse de soie fine et des souliers en cuir fin d'Italie.Si vous rencontiez quelqu'un habillé comme ça, vous lui diriez que ça ne va pas, que quelque chose cloche.Pareil avec le bilinguisme.On ne peut pas endurer un tel manque à l'esthétique.Il faudra dire à M.Bourassa que les Québécois-es ne sont pas morcelables comme ça, qu'ils et elles ne pourront pas tolérer d'être traité-e-s à rabais dans leur langue et que c'est à prendre ou à laisser.Comme moi avec les individu-e-s.Je ne veux pas être un Provigo, mais je ne veux pas non plus être un dépanneur ouvert 24 heures pour servir la clientèle au maximum.Je ne veux pas servir en tant que peuple non plus.Je sens qu'on veut nous diviser pour mieux régner.«Wake up or die, les ami-e-s.» «V 1/ Authentique.21 Cité par Gaston Miron au coin des rues Laurier et Saint Urbain, le 16 février dernier.mai 1986 9 LA VIE EN ROSE «1^^ orénavant, la violence ^T^^ conjugale sera traitée com-H me le crime qu'elle est et B non comme un simple ^^^V trouble de voisinage», an-nonçait le nouveau ministre de la Justice, M.Herbert Marx, à la fin mars.Il ne s'agit pas d'une nouvelle loi pour autant, mais d'une volonté désormais affichée du gouvernement du Québec de «contrer la violence conjugale».Car jusqu'à maintenant, tout se passait, précise la politique d'intervention, «comme dans un cercle vicieux: la conduite des femmes battues et plaignantes décourageait le système judiciaire de s'intéresser à leur cas tandis que les actions réalisées par ce dernier décourageaient les femmes d'y avoir recours».Il y a certainement du bon dans cette nouvelle politique.Il était grand temps que la violence (pouvant aller jusqu'au meurtre) que subissent près de 300 000 femmes au Québec chaque année sorte du privé et devienne un «conflit d'ordre public».Ceci dit, le ministre de la Justice, appuyé par le procureur général du Québec, M.Gérard Latulippe, et par la ministre déléguée à la Condition féminine, Mme Gagnon-Tremblay, ont beau vouloir rendre le processus judiciaire aussi efficace devant cette forme de violence que devant d'autres infractions au Code criminel, ils semblent oublier que ce n'est pas un délit comme les autres.Il aurait fallu que le Gouvernement s'interroge sur les causes du problème autant que sur les moyens légaux de le contrer.C'est précisément ce que la politique d'intervention ne fait pas.D'abord, le terme «violence conjugale» n'est pas fidèle à la réalité: il ne s'agit pas de violence entre conjoints, mais bien de la violence que bon nombre d'hommes se croient en «droit» d'infliger à leur conjointe.Ce qui ne veut pas dire que les femmes ne sont pas agressives ou parfois même violentes.C'est précisément une caractéristique des femmes battues, révélait Mme Marion Boyd, du Battered Women's Advocacy Clinic de London, Ontario, lors d'un colloque tenu à Laval quelques )ours après l'annonce de la politique d'intervention.Ne sachant trop comment agir, «elles adoptent l'attitude de l'agresseur», précise-t-elle.Mais les femmes battues sont aussi particulièrement dépendantes.Tout le travail des maisons d'hébergement ou de «counselling» consiste alors à rendre la femme, tout autant que l'homme, responsable de ses gestes et attitudes, et finalement, à l'aider à «prendre du pouvoir sur sa vie».Car, comme dit si bien Mme Boyd, «on ne peut pas sauver quelqu'un qui ne veut pas l'être».Scènes disgracieuses et avilissantes M.Marx et ses collègues comprennent-ils tous ces aspects de la question?A la lecture de la politique d'intervention, il est permis d'en douter.Il n'est jamais dit, d'abord, que le problème des femmes battues est la prérogative d'une société patriarcale.On parle plutôt, pour reprendre les termes du sergent Michel Tremblay, de Laval, «de scènes disgracieuses, avilissantes pour notre société».Ensuite, on veut concentrer tous les moyens d'action entre les mains de dame Justice.Quoiqu'on parle de «concertation avec les services offerts par le ministère de la Santé et des Services sociaux», rien de concret n'est prévu de ce côté.Pire encore, la nouvelle politique a tendance à voir les femmes battues comme des «entraves» au processus judiciaire.On Une nouvelle série d'essais d'actualité sur le vécu des femmes.No.2 Les tâches liées au soin des enfants, par Michelle Duval No.3 Bilan et perspectives de recherches féministes, par Francine Descarries-Bélanger et Micheline de Sève No.4b Le mouvement profamille est-il pour ou contre les familles?par Margrit Eichler Prix: 2,50$ par numéro Institut canadien de recherches sur les femmes/ICREF 408-151 Slater, Ottawa, Ont.KIP 5H3; (613) 563-0681 parle de leur ambivalence et de leur hésitation à porter plainte comme d'un «danger à l'issue de la procédure» et d'une «démotivation des intervenants judiciaires».Or, pour mieux suivre son cours, le processus judiciaire sera désormais le suivant: un policier appelé au domicile conjugal devra non seulement arrêter un conjoint violent (ce qui protégera relativement la femme et ses enfants), mais devra, «lorsqu'il y a lésions corporelles ou tout autre crime ayant ce caractère de gravité», faire enquête et poursuivre l'agresseur.Et ceci, indépendamment de «la volonté de la victime de porter plainte ou pas.» Non seulement est-ce trop centrer l'attention sur l'appareil |udiciairc, qui devient ainsi une espèce de héros invraisemblable (derrière chaque ministère se cachent de tenaces instincts de macho!), non seulement est-ce négliger la volonté des premières concernées, mais c'est aussi ne pas assez tenir compte des «ambivalences» du processus légal lui-même.En premier lieu, les policiers, comme les procureurs de la couronne, sont réticents à augmenter leur charge de travail.D'autant plus que les nouvelles directives sont loin d'être claires.Va encore pour les infractions criminelles graves (lésions corporelles), mais elles ne constituent pas la majorité des cas.Tous les autres cas - voies de fait, dommages, menaces - pourront facilement être relégués à une zone grise où il sera difficile d'agir, à plus forte raison unilatéralement.En d'autres mots, ce qui, jadis, empêchait d'agir les policiers les mieux disposés ne disparaît pas nécessairement avec la nouvelle politique.De plus, les policiers sont plus que jamais insécures quant à leur rôle et, au moment où l'opinion publique juge qu'ils interviennent trop, peut-on vraiment leur demander d'intervenir davantage?Des préjugés tenaces Mais le fond du problème réside sans doute dans l'ensemble des préjugés qui persistent au sein de cet appareil plutôt conservateur.Venu assister au lancement du rapport ministériel, un avocat crut bon de lancer cette boutade: «Quel dommage, on ne pourra plus battre sa femme!» Derrière l'humour noir, il y a la croyance bien ancrée qu'un homme a bien le droit de faire ce qu'il veut avec sa femme.C'est d'ailleurs ce qui explique que les policiers ont souvent interprété des problèmes de femmes battues comme des «chicanes de famille», que les procureurs et les avocats ont souvent découragé les femmes à porter (ou mai 1986 11 LA VIE EN ROSE Actualité Féministe à maintenir leur) plainte devant les tribunaux et que les juges s'en sont tenus à des sentences ridicules: une amende de 25 $, par exemple, ou la recommandation que l'accusé «se fasse traiter».Quoique le sergent Tremblay compte sur l'intégration de femmes au corps policier pour assurer l'application de la nouvelle politique, rien n'est moins sûr.D'après la criminologue Linda Veillette, fondatrice d'un programme de sensibilisation à la violence conjugale pour les policiers, «les femmes policières jugent souvent plus sévèrement les femmes battues que leurs confrères.Elles qui ont relevé l'énorme défi de "faire comme un homme", ne veulent surtout pas s'identifier à une image de victime.» Pour Mme Veillette, la politique d'intervention ressemble à un «bel arbre de Noël qu'on aurait planté tout nu dans le salon».Tout en étant un pas dans la bonne direction, il manquerait à cette nouvelle politique son propre budget, une volonté plus grande de soutenir et de protéger les femmes victimes de violence et, finalement, une reconnaissance des organismes communautaires (dont les maisons d'hébergement et les centres pour hommes violents).D'autres intervenantes sont plus sévères encore.Pour Monique Thériault, consultante à la maison Le Prélude à Laval, il s'agit d'un règlement entre hommes.«Juste au moment où les femmes sont en train d'acquérir une certaine autonomie, le Gouvernement intervient pour nous dire de ne plus nous inquiéter, et qu'il va tout arranger ça.» Déplorant le fait que ce soit des policiers qui seront appelés à sensibiliser d'autres policiers, Mme Thériault croit que le Gouvernement n'a vraiment qu'une chose à coeur: le respect de la famille.Quant au respect des femmes, on peut repasser.En effet, à l'heure où l'État se «déresponsabilise1», cette soudaine responsabilisation de l'appareil ludiciaire a de quoi nous faire réfléchir.Il faut inciter les femmes à recourir à la loi - non seulement pour que justice soit faite, mais parce que c'est souvent leur seul moyen de ne pas se penser folles - mais il faut que toute action ou procédure réponde à leurs besoins et non à un code quelconque, celui de la loi ou des bonnes moeurs.C'est ce que ni le ministère de la Justice ni celui de la Condition féminine ne semblent avoir bien compris.Francine Pelletier 1/ Voir Négociations du secteur public, Derrière la bataille des chiffres, J.A.Bouchard, LVR, avril 1986.Lorsque le PS devient ^/ un post-scriptum.On le sait: aux élections législatives du 16 mars, la coalition de la droite l'a emporté en France.Maintenant, un président socialiste doit cohabiter avec Jacques Chirac, pour qui «la femme idéale c'est celle de l'ancien temps, celle qui sert les hommes à table, ne s'assied jamais avec eux et ne parle pas1.» C'est sans doute pourquoi le nouveau premier ministre n'a retenu que trois femmes secrétaires d'État pour son gouvernement: aucune n'a le droit de siéger au conseil des ministres.Doit-on exclure tout espoir de progrès pour les femmes avec le nouveau gouvernement de droite?Pour le moment, on constate que c'est encore le PS qui a le plus de femmes élues, tant parmi les députés que parmi les conseillers régionaux: 21 députées par rapport à 9 pour l'ensemble des forces de droite et 65 conseillères par rapport à 44.En tout, 33 femmes députées siégeront à l'Assemblée nationale (9,7 % des élu-e-s) et il y aura 133 conseillères régionales (9,3 %).Si la représentation féminine globale n'a pas chuté davantage, c'est grâce au «score» des socialistes.Un score gagné de haute lutte par une association, les Mariannes, créée par les femmes ministres lorsqu'elles se sont aperçu qu'avec les nouvelles modalités du vote, les femmes, rarement en tête de liste, ne risquaient pas d'être élues (voir LVR, mars 86).Les fem- Psychothérapie analytique Analyse M.C.PPO DEA Ps Cl.et Psychan.933-1790 Centre de santé psycho-corporelle Phénix enr 2071, rue St-Hubert bureau: 2 Montréal, Qc H2L3Z6 Louise Houle psychothérapie analytique approche psycho-corporelle Tél.: (514) 523-5339 LA VIE EN ROSE 12 mai 1986 Jean-Marie LePen, Parti du Front National mes de la droite n'ont pas eu le même réflexe de défense au sein de leurs propres partis politiques: leur présence a baissé de 8 % à 5 %.La première conséquence du gouvernement Chirac, c'est l'abolition du ministère des Droits de la femme, au nom de la plus stricte égalité.Puisque hommes et femmes sont égaux en droit, il n'y a pas de raison, dit-on à droite, qu'il y ait un ministère spécial pour les femmes; à la limite, ce serait sexiste (sic).La discrimination positive, on ne veut pas connaître.Mais on ne reviendra apparemment pas sur les lois déjà votées sous Giscard (qui avait créé le secrétariat à la Condition féminine, devenu ministère sous les socialistes) ou par le gou- vernement socialiste de Mitterrand: il ne peut pas y avoir de retour en arrière, affirment les féministes de droite, ni pour le remboursement de l'avortement par la sécurité sociale, ni pour la loi de l'égalité professionnelle (qui incite les femmes à entrer dans les métiers non traditionnels).Elles n'en conviennent pas moins que les mentalités doivent changer (celles des femmes autant que celles des hommes), puisque, au point de vue des lois, la panoplie leur semble complète.Mais pour que les mentalités changent, il faut de la publicité: le ministère des Droits de la femme s'en chargeait - petitement, à la mesure de ses moyens - et subventionnait quelques associations capables d'agir sur les mentalités.Quelques-uns des lieux féministes dépendants des subventions (les maisons de femmes, par exemple) sont aujourd'hui menacés, à moins que l'adversité ne leur donne l'élan nécessaire pour s'autofinancer.Plus menaçante, sans doute: la politique nataliste et familiale contenue dans la Plate-forme pour gouverner ensemble de l'union des diverses droites.On y lit: «Par l'aménagement du temps de travail à temps partiel, il faut ouvrir de vraies possibilités de choix aux parents: poursuivre une activité professionnelle ou se consacrer à l'éducation des siens.Il faut, ensuite, assurer un meilleur accueil de l'enfant en améliorant les modes de garde (.).Cette action doit s'accompagner d'une modification du système de prestations familiales [qui] doit ainsi clairement garantir le libre choix par les familles d'un troisième enfant, par exemple grâce au développement de l'allocation parentale d'éducation ou à l'ouverture de droits propres en matière de retraite au profit des mères de famille.» En d'autres termes, pour favoriser la naissance du troisième enfant, qui fera remonter un indice de fécondité actuellement bloqué à 1,8, on développera une politique de logement (ce qui, de toutes manières, est urgent, surtout dans les grandes villes françaises, où l'exiguïté des appartements est désespérante).Mais on créera aussi un «salaire» de mère de famille.Cette mesure, qui retirera beaucoup de femmes du marché du travail, est ici comme ailleurs très discutée.Dans la mesure où elle semble s'assortir d'une retraite, c'est moins grave, mais on semble s'accorder pour dire, à gauche comme à droite, que dans la situation économique actuelle de la France, on n'a pas encore les moyens de s'offrir ce «salaire».Cela donnera aux femmes le temps de réfléchir à la question, peut-être?Dans l'état actuel de démobilisation «féministe» au sens large, on ne peut rien présumer, toutefois, de la réaction des femmes.Dans une entrevue accordée pen- COOP DU PLATEAU aliments naturels produits biologiques 4487, De la Roche (coin Mont-Royal) (514) 523-4272 MU, Que.H2J 3d2 SONIA SARRAZIN RÉNOVATION CONSTRUCTION RÉPARATION PEINTURE RESIDENTI EL COMMERCIAL 6861 ST.DOMINIOUE MONTRÉAL H2S3B3 277-4338 LES CONSTRUCTIONS SODERO INC.mai 1986 13 la vie en rose Actualité Féministe dant la campagne électorale à Libération, Chirac déclarait: «Il faudra restreindre les facilités qui ont été données pour restreindre les naissances.» Indignées, les femmes du Planning familial ont été les seules, parmi les groupes féministes de la base, à diffuser des tracts appelant les femmes à voter pour la gauche.À part un article paru dans Parts féministe et rappelant que l'on devait Les femmes employées par le Centre de services sociaux du Montréal métropolitain (CSSMM) ont-elles suffisamment de pouvoir?Quels obstacles doivent-elles affronter pour parvenir à des postes influents?Telles étaient quelques-unes des questions à l'ordre du jour, les 26 et 27 mars derniers, lors du colloque Les Femmes face au pouvoir organisé par les comités de condition féminine des cadres et des 1 300 syndiquées.Des huit ateliers regroupant quelque 200 femmes, sept ont exigé le rétablissement du poste de conseillère à la condition féminine de l'organisme (incluant les employées et la clientèle), vacant depuis octobre.«Il faut lutter pour garder ce poste, car c'est en partie grâce à lui que les questions de femmes ont pris de l'importance», précisent la vice-présidente du syndicat, Louise Boucher, et la responsable du comité-femmes, Cécile Côté.Cette dernière se demande d'ailleurs si le CSSMM n'a pas ac- au PS la législation de l'homosexualité, le remboursement de 1TVG, la loi sur l'égalité professionnelle et d'autres mesures féministes, les mouvements de femmes, désabusés par la politique, se sont tenus en retrait de la campagne.Certes, avec plus de voix qu'en 1981, l'échec du PS n'est que relatif.Mais l'union de la droite l'a tout de même em- cepté de collaborer au budget du colloque essentiellement pour calmer les critiques suscitées par cette coupure de poste.Louise Boucher, quant à elle, croit que le Centre ne s'est montré favorable au colloque que «pour mieux gérer cette vague de fond (de protestation) et sûrement pas pour révolutionner le CSSMM»! Le pouvoir paraît assez bien réparti au CSSMM: près de 50 % des cadres sont des femmes.«Mais, rétorque Françoise David, présidente jusqu'à mai du syndicat, elles sont concentrées au bas de l'échelle.» De plus, il n'y a qu'une femme parmi les 14 membres du conseil d'administration.Donc, même si beaucoup d'employées remettent en question la structure hiérarchisée du CSSMM, elles n'ont pas les moyens de la changer.Que feraient-elles en poste de décision?C'est la question à laquelle, selon Mme David, le colloque n'a pas répondu.^ Nathalie Riel porté.Signe inquiétant: la montée du Front national de le Pen, un parti d'extrême droite avec lequel Chirac refuse de composer, au nom de la démocratie, mais qui a tout de même 33 sièges (9,8 %) à la Chambre des député-e-s.Non seulement Le Pen est-il contre l'avortement, mais s'il ne s'agissait que de lui, il mettrait «tous les étrangers à la porte et tous les homosexuels en prison, les femmes à la maison et les hommes au travail.» Et vogue la galère! Dans un gouvernement de cohabitation, où il n'y a plus de femmes ministres, fau-dra-t-il composer aussi avec l'extrême droite?Eléments peut-être positifs: la grogne des femmes politisées, de droite comme de gauche, est telle qu'elles risquent de négocier des unions ponctuelles; Yvette Roudy est députée et peut compter sur une vingtaine de femmes de son parti et peut-être aussi sur des députées communistes et de droite, si une trop grande misogynie s'instaure; surtout, la crainte aidant, on verra peut-être le réveil des mouvements de la base et des associations féminines (déjà en train de se remobiliser, d'après l'ex-chef de cabinet d'Yvette Roudy), et la reconstitution des groupes féministes en débandade.Enfin, comble de l'ironie, alors que le ministère des Droits de la femme est aboli, vient de se créer un ministère des Droits de l'Homme.Mais on sait qu'en France, l'homme comprend encore la femme.Il semble que ce ministère sera chargé de faire respecter les droits des uns comme des autres, le croira-t-on?En attendant, dans les milieux féministes, c'est la panique.L'avenir dira si elle est justifiée.y£ Gloria Escomel 1/ Ce qui n'empêche pas sa femme d'être maire de Lozère et de mener une vie politique active.Colère et questions au CSSMM LUCIE CHAPUT ASSUREUR-VIE Assurance-vie et revenu invalidité Rentes, REER, Assurance collective, Planification successorale et financière Sun Life du Canada 1155, rue Metcalfe, bureau 707 Montréal H3B 2V9 861-2603 Dom: 277-9343 3> Centre de santé psycho-corporelle Phénix enr.822 est, rue Sherbrooke, suite 120 Montréal, Oué.h2l 1k4 Céline Labrecque Massothérapeute Tél.: 843-8281 la vie en rose 14 mai 1986 Assurance-chômage Qui a peur de la commission Forget?Pourquoi et pour qui veut-on réformer le régime actuel d'assurance-chômage?D'octobre 1985 à février 1986, la commission Forget (du nom de son président, ministre des Affaires sociales du Québec sous Bourassa) a sillonné le Canada pour trouver un substitut au régime de l'assurance-chômage.La réforme touchera les 10,7 % de Canadiennes actuellement chômeuses, ainsi que toutes celles sur le point de le devenir.Cette commission est née en juillet 1985, dans la foulée de la Commission royale d'enquête sur l'union économique et les perspectives de développement du Canada (commission MacDonald), qui proposait de couper 4 milliards $ dans les prestations d'assurance-chômage.On le sait: «A travail égal, salaire égal» n'est encore qu'un idéal et, en réalité, les femmes travaillent souvent à temps partief ou comme temporaires.En conséquence, elles se retrouvent régulièrement au chô-u mage avec, en moyenne, 117,23 $ par se-s maine contre 161,57 $ pour les hommes.5 Une diminution du budget de l'assurance-c chômage pourrait avoir sur les femmes l'ef-$, fet d'un coup de poing sur la gueule.% Mise sur pied par le gouvernement i.Mulroney, la commission Forget est juste- ment à étudier les diverses recommandations des groupes intéressés.À lire quelques-uns des 350 mémoires déjà déposés, on perçoit bien les grandes lignes et les tendances qui guideront le débat.Amélioré Les syndicats, comme les groupes de femmes ou de chômeurs-euses, réclament une amélioration du système actuel, qui irait de l'augmentation du montant des prestations au prolongement de leur durée.Pour les femmes, particulièrement, on veut que la période des prestations de maternité, actuellement de 15 semaines, soit portée à 20 semaines.Action-Travail des femmes1 demande aussi que «les travailleuses qui ont bénéficié de prestations de maternité puissent avoir droit aux prestations de maladie au même titre que tout autre travailleur».Présentement, si une femme prend le congé de maternité auquel elle a droit, elle ne peut retirer de prestations de maladie au cours d'une période de 52 semaines.Bref, cette année-là, une femme doit choisir: elle sera malade ou enceinte, mais pas les deux.Pour Action-travail des femmes, avoir un enfant est aussi utile à la société qu'occuper un emploi, et on devrait le reconnaître en versant aux mères 100 % de leur salaire, par le régime d'assurance-chômage.Par contre, plusieurs aimeraient que les congés de maternité ne dépendent plus de l'assurance-chômage, puisqu'il ne s'agit pas réellement de chômage.«Actuellement, admettait Monique Si-mard, vice-présidente de la CSN, à l'audience publique de Montréal, le régime ne répond pas aux critères d'un régime d'assurance-chômage classique.et c'est correct comme ça.» En effet, un système classique calculerait, par l'entremise d'actuaires, ce que chacun-e représente comme ris- Monique Slmard 849-1095 Hôtel Méridien Complexe Desjardins Anne Drolet Nicole Bériault André Sarrasin MASSAGE MASSOTHÉRAPEUTES DIPLÔMÉS Accès au vestiaire et au sauna gratuit.Piscine: en supplément.GESTION RESSOURCES 4218 rue ST HUBERT MONTREAL QUÉBEC H2J 2W7 TEL (514) 522 1703 GESTION COMPTABILITÉ INFORMATIQUE mai 1986 15 LA VIE EN ROSE Actualité Féministe que et il établirait ses redevances en fonction du risque calculé.Système dangereux: une employée du textile, par exemple, se verrait carrément refuser une assurance ou devrait la payer un prix mirobolant parce que le taux de chômage dans ce secteur grimpe constamment.Dans un tel système, les premièr-e-s pénalisé-e-s seraient les femmes et les jeunes puisque leur sécurité d'emploi est plus fragile.Présentement, chaque travailleur-euse paie un pourcentage de son salaire et retire en chômage 60 % de son salaire brut.Sa prime est donc proportionnelle à son salaire et non à son risque de chômer.Mais le concept d'assurance-chômage ne prévoyait pas, à son origine, des taux de chômage de 11 %.C'est le coût annuel du régime - 11 milliards $ - qui amène le Gouvernement à vouloir changer son tir, dit-on.«Pourtant, fait remarquer Action-travail des femmes, ni le patronat ni le ministre Wilson ne s'inquiètent des 18 milliards $ qu'Ottawa a consacrés la même année aux entreprises, sous forme de subventions ou de concessions fiscales, une largesse dont la plupart n'avaient absolument pas besoin.» Coupé Le Conseil du patronat, lui, suggère de couper dans le régime actuel.Il est de ceux qui croient que la bonification du système ne fait qu'engendrer des abus: «On constate que 66,6 % des femmes qui ont épuisé leurs prestations en 1984 avaient, à l'intérieur de la famille, le statut d'autre salarié (contrairement à principal salarié).Y aurait-il un lien à établir entre le degré de nécessité financière qui incite à se trouver du travail et la durée de la période d'indemnisation?» Action-travail des femmes répond: «Nous voilà encore, en 1986, devant le vieux mythe qui veut que les femmes n'aient pas vraiment besoin des revenus qu'elles rapportent, qu'elles travaillent pour s'acheter des bébelles, qu'elles puissent toujours compter sur un homme pour les faire vivre.Par contre, on sait très bien que le nombre de familles pauvres doublerait au Canada si les femmes mariées se retiraient du marché du travail.» Des compressions affecteraient particulièrement les femmes qui, à 21,4 % contre 6,1 % d'hommes, travaillent à temps partiel.Elles reçoivent de faibles rémunérations, donc, plus tard, de faibles prestations.En plus, elles doivent, pour bénéficier de l'assurance-chômage, travailler un minimum de 15 heures par semaine.Celles qui en font moins, une fois mises à pied, vont directement à l'aide sociale.Minimum Deux groupes québécois ont demandé de remplacer le régime actuel par un revenu minimum garanti.De façons différentes, cependant.La chambre de commerce du Québec suggère d'implanter un revenu minimum garanti pour les familles vivant dans la pauvreté.Autrement dit, si le mari gagne suffisamment d'argent pour assurer le minimum vital à sa famille, il deviendra impossible à la femme, ou aux enfants s'ils habitent à la maison, de recevoir des prestations quand elle ou ils perdront leurs propres emplois.Le Réseau d'action et d'information pour les femmes (RAIF) propose, lui, un revenu minimum individuel, indépendamment du fait que vous viviez avec quelqu'un ou non.Ceux et celles qui voudraient se prémunir contre la perte d'un emploi pourraient se trouver une assurance privée et «classique», au coût calculé selon le risque.On peut le voir: les commissaires, avant de remettre leur rapport cet été, ont du pain sur la planche.Claude Forget mentionnait récemment aux journalistes qu'«il n'est pas question d'abolir l'assurance-chômage mais [qu'] il faudra faire plus que de petites réformes marginales».Selon lui, il faut réinstaurer l'aspect «assurance classique» du programme plutôt que chercher un système de redistribution des revenus.Au salaire que sont payés les commissaires (Claude Forget à 750 $ par jour, les autres à 400 $, plus 125 $ les jours de déplacement.salaires fréquents, ceci dit, pour ce genre de travail), on espère qu'ils n'oublieront pas la réalité d'être chômeuse ou chômeur.Claudine Blais Claudine Biais est journaliste à la pige.1/ Action-travail des femmes, 2515, rue De-lisle, Montréal, H3J 1K8, (514) 932-4524 Lucie Laviolette Rebirfh Montréal 524-5580 Vrmhrr [utiirwintwellc JcLf CorpnrJttnn île* flJttJftOéMMtta du Qatbt ,fmm REVUE NATIONALE ¦ D'INFORMATION ET D'OPINION des femmes francophones vivant en milieu minoritaire CHANTAL P.CHOLETTE responsable du marketing PUBLIÉE PARLA FEDERATION DES FEMMES CANADIENNES-FRANÇAISES 325.rue Dalhousie.pièce 525 Ottawa.(Ontario) KIN 7G2 (613)232-5791 #^4 DIANE RICARD : VOIX et SONS ENR.psychophoniste thérapeutique par la voix 117, Villeneuve ouest Montréal.Québec H2T 2R6 (514) 276-7945 LA VIE EN ROSE 16 mai 1986 Communiqués C/roupes Le Centre pour victimes d'agressions sexuelles recrute présentement des femmes bénévoles, conscientisées et bilingues pour leur ligne téléphonique d'urgence, en fonction 24 heures par jour.Une session de formation aura lieu les 23 et 30 mai.Pour informations, Glenda ou Debby au 924-4504.La maison d'hébergement La Traverse, ouverte aux femmes de la région de Lanau-dière, demande l'aide de la population pour sa survie.Le gouvernement ne finance qu'une partie de ce service qui dessert la région 24 heures par jour, sept jours par semaine.Pour informations, écrire à la maison d'accueil La Traverse, C.P.401, Juliette, J6E 3Z9.(colloques, congrès, conférences Le FRAPPE ( Femmes regroupées pour l'accessibilité au pouvoir politique et économique) vous invite à deux journées d'étude ayant pour thème général «Les Femmes et la Politique», les 10 mai et 7 juin prochains, de 8 h 30 à 17 h, à la salle 3290 du pavillon Jean-Brillant de l'Université de Montréal.Ces journées, conçues et animés par la politicologue Hélène Sarrasin, s'adressent surtout aux femmes intéressées par les questions sociales et à celles qui doivent faire valoir leurs droits auprès des instances du pouvoir.Pour information, Chantai St-André au 842-5067.Dans le cadre du Congrès annuel de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS), du 12 au 16 mai, deux colloques sont à surveiller: «Les Femmes et les Structures du pouvoir universitaire: diagnostic d'une allergie», le jeudi 15 mai, à 13 h 30, à l'Université de Montréal et «Les Scientifiques et la Paix», avec la participation de la sociologue française André Michel, le mardi 13 mai toute la journée, aussi à l'Université de Montréal.Le comité de recherche féministe de la Société québécoise de science politujue organise une table ronde sur le lobbying politique, le 16 mai, à 13 h 30, pendant le Congrès annuel de la société.Pour informations: 282-4582.Le Mouvement international pour les femmes et l'enseignement de la mathématique (MOIFEM) organise un colloque sur le thème «Femmes et Mathématique», les 6 et 7 juin, au cégep André-Laurendeau.Les thèmes abordés seront la démystification de la mathématique pour femmes, les filles et les métiers non traditionnels, les choix scolaires en cinquième secondaire, l'abandon des femmes en sciences au collégial, l'histoire de mathématiciennes, etc.Pour inscriptions, Louise Lafortune, au 364-3320, ou Roberta Mura, au 656-2145.Le Y des femmes vous invite à une confé- rence sur le féminisme devant la montée de la droite «Feminism Facing Right Wing Politics" le mardi 6 mai, de 12 h 15 à 13 h 30, au 1355, boul.Dorchester.La conférencière est Mme Brenda Carbonell, coor-donatrice de l'Union des femmes de l'Université McGill.L'entrée est de 2 $.Pour informations: 866-9941.La Ligue des droits de la personne de Bnai Bnth Canada tient une conférence bilingue sous le thème «Les chartes des droits: instruments efficaces d'accès à l'égalité?», les 15 et 16 mai, à l'hôtel Bonaventure-Hilton.Pour plus d'information: 733-5377.L'Association pour la santé et la sécurité au travail, secteur affaires sociales (ASST-SAS) et le comité SIDA Québec organisent, le 9 mai, à l'Université de Montréal, un colloque visant à offrir aux intervenant-e-s du secteur de la santé et des services sociaux, l'opportunité de recueillir de l'information sur l'impact du SIDA sur la santé et la sécurité au travail.Il n'y a que 1 300 places disponibles.Pour plus de renseignements, Anne-Marie Dupont au 524-6871.Des membres de différents groupes de Québec organisent une Quinzaine de la pensée écologiste, du 5 au 18 mai, à Québec.Ils et elles veulent ainsi favoriser les échanges et sensibiliser la population aux diverses tendances et pratiques écologiques.On peut communiquer avec le comité organisateur au (418) 527-4305.La Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) vient de publier un document dans lequel elle s'interroge sur les gains des femmes dans le domaine de la contraception: Du contrôle de la fécondité au contrôle des femmes, disponible gratuitement.La Fédération annonce aussi la parution du second numéro de ses Cahiers femmes et sexualité.Ce mois-ci, on y trouve une analyse du rapport Contraceptifs oraux du ministère fédéral Santé et Bien-être, des renseignements sur l'avortement, la vasec-tomie, la violence en milieu conjugal, etc.Ce deuxième numéro coûte 8 $.On peut se procurer les deux documents à la FQPN, 3826, rue Saint-Hubert, Montréal, H2L 4A5.Le Conseil du statut de la femme annonce la parution d'une série de trois brochures portant sur l'autonomie économique des femmes.Elles ont été réalisées à la suite de la tournée du Conseil dans différentes région du Québec l'automne dernier et traitent des trois sujets suivants: «La reconnaissance des acquis de formation et d'expérience», «les perspectives d'emploi pour les Québécoises d'aujourd'hui et de demain», ainsi que «les femmes et la production sociale».Pour obtenir gratuitement ces brochures, contactez le Conseil du statut de la femme, Direction des communi- cations, 8, rue Cook, 3e étage, bureau 300, Québec, (QC), G1R 5J7.L'Enjeu, une publication mensuelle sur l'Amérique centrale, célèbre son premier anniversaire et lance une campagne d'abonnements.Dans le numéro spécial-anniversaire, on parle entre autres de la composition d'un nouveau cabinet démocrate-chrétien au Guatemala, de l'impact du mouvement syndical au Salvador, et de l'avortement au Nicaragua.Pour recevoir un exemplaire gratuit de L'Enjeu: Salva-presse, C.P.66, Suce.C, Montréal H2L 4J7 jLyivers La Fondation Thérèse F.Casgrain annonce la première bourse postdoctorale Thérèse F.Casgrain pour une recherche sur les femmes et le changement social au Canada.Cette bourse de 25 000 $ sera administrée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.La date limite de présentation des demandes est le 1er juin.Renseignements: 992-0525.Vélo-Québec propose à tous-toutes les cyclistes un tour de l'île de Montréal, le dimanche 8 juin.Le départ se donnera au Vieux-Port de Montréal.L'inscription se fait à l'avance au coût de 5 $.Informations: 252-3123.Le festival Un geste pour la paix invite pour la cinquième année consécutive, les individu-e-s à partager leur vécu avec les habitant-e-s et les visiteur-e-s de Montréal, les 31 mai et 1er juin.Pour plus de détails, Mireille Crépeau au 279-0406, ou Thomas Fielden au 282-0876.Pétitum: le Syndic de la Corporation professionnelle des médecins du Québec poursuit en ce moment devant les tribunaux, pour exercice illégal de la médecine, plus de 500 praticien-nes de médecines alternatives dont beaucoup ont une solide formation et des diplômes reconnus dans la discipline qu'ils-elles exercent.Voulez-vous préserver vos droits et oeuvrer pour que votre praticien-ne puisse continuer à travailler?Faites-le savoir en signant une pétition que CATA (Comité pour l'accès aux thérapies alternatives) fait présentement circuler.Pour l'obtenir: (514) 388-9296.Adresse: 10055, rue Papi-neau, Montréal H2B 1Z9.La Fédération des femmes du Québec (FFQ) fête son 20ième anniversaire et organise à cette occasion une campagne de levée de fonds présidée par Louise Roy, pdg de la STCUM.L'objectif est de 100 000 $.Pour information, Liliane Leblanc au 844-7049.Le numéro de téléphone pour rejoindre la Coalition pour l'avortement libre et gratuit n'est pas 279-6883, tel qu'indiqué dans LVR, avril, p.14: «Mobilisation générale», mais bien 270-6883 (Lise Gratton).mai 1986 17 LA VIE EN ROSE resse te A chacune son créneau par Francine Pelletier C'était une première.Des représentantes de la presse féministe québécoise se sont rassemblées autour d'une table, un bel après-midi de mars, pour discuter de leur rôle, de leurs problèmes et de leur avenir.Le prétexte à cette rencontre-la 4e Conférence des périodiques féministes canadiens qui a lieu à Toronto, à la mi-mai.Plus les publications se multiplient d'un bout à l'autre du pays, plus de telles conférences deviennent un bon moyen de ressourcement et une occasion unique d'examiner les problèmes spécifiques à la presse féministe.Mais outre les problèmes techniques (la distribution, par exemple, fléau de toute publication féministe), ces conférences désormais annuelles nous permettent de revoir la philosophie qui nous motive, le «défi impossible» que nous partageons toutes: vendre ce qui, jusqu'à nouvel ordre, se vend très mal, c'est-à-dire des idées, voire une vision.Peu étonnant qu'à la conférence de l'année dernière, près de Montréal, l'atelier le plus couru se soit intitulé: «Comment s'imposer sur le marché sans diluer le message».Réunies en mars dans les locaux de LVR, les dix représentantes de la presse féministe québécoise se sont peu attardées sur la conférence de Toronto.Il faut dire que tout ce qui se passe à l'échelle canadienne demande une énergie que peu d'organismes parviennent à maintenir.Pour des raisons de langue et de culture, les Québécoises n'ont pas le même besoin de s'associer à d'autres féministes canadiennes, d'une part.D'autre part, nous nous organisons de façon beaucoup plus spontanée et ponctuelle qu'ailleurs au Canada.Est-ce pourquoi la presse féministe d'ici n'avait jamais songé à se réunir auparavant?Quoiqu'il en soit, toutes les femmes présentes étaient convaincues de l'intérêt de cette rencontre, qui s'est déroulée sous le signe de l'entente et de la bonne humeur.Où était donc passée la controverse suscitée par de récentes prises de position de LVR1 et reprise dans certains médias?Elle n'avait pas miraculeusement disparu.Deux périodiques assez importants, Communi-qu'elles et la Revue du RAI F, ont refusé de nous rencontrer pour cause de mésentente idéologique.Le débat aurait pu être tout différent.Ceci dit, il s'agissait moins d'examiner les publications particulières que de voir globalement «où s'eivva la presse féministe».Participaient à cette rencontre Marie-Thérèse Lacourse de Marie-Géographie, Suzanne Blanchet de L'Une à l'autre, Louise Couture et Louise Dandurand de La P'tite Presse de la Fédération des femmes du Québec, Céline Messner des Cahiers de la femme, Rita Hazel de L'Autre parole, Françoise Guénette et Francine Pelletier de La Vie en rose, et à titre individuel, Susan de Rosa de la FFQ et de Commumqu'elles et Catherine Lord de la Gazette des femmes.Plus vigoureuse que jamais La discussion s'est enclenchée sur un ton nettement optimiste.«La presse féministe est plus vigoureuse que jamais du fait qu'elle s'est multipliée et diversifiée, sans que l'une ou l'autre publication tente un monopole.Et puis, d'ajouter Marie-Thérèse Lacourse, nous avons toutes plus d'expérience, nous sommes de meilleures journalistes.» Pour Louise Dandurand, la presse féministe a fait preuve d'une «grande évolution».Et plus on est âgée, plus on s'en aper- çoit, précise-t-elle.«Il n'y a pas si longtemps, nous étions obligées de compter sur les revues françaises, Femmes en mouvement, F Magazine.Quand La Vie en rose est née, elle a pris une place laissée vacante.» Pas question, donc, de revenir sur la raison fondamentale de toute publication féministe: rendre visible ce que pensent et vivent les femmes et ainsi, apporter une autre interprétation du monde.D'autant plus que «la lune de miel entre les grands médias et le fé- ¦ du sutut d« la feir minisme est terminée».Comme au début des années 70, voilà donc les groupes de femmes obligés de «créer l'événement» dans l'espoir de voir les médias d'information LA VIE EN ROSE 18 mai 1986 s'intéresser à elles.D'autant plus, aussi, que «la presse féminine redevient féminine, ce qui nous permet de poursuivre notre travail de plus belle».Bref, si la presse féministe semble se porter assez bien, la conjoncture, elle, a déjà été plus favorable.De là l'importance pour les publications féministes de «se tenir les coudes», dira Louise Couture, et d'éviter entre nous ces «conflits déplorables».Déplorables, peut-être, mais aussi inévitables si l'on tient compte d'une évolution qui permet aujourd'hui à plus d'une tendance ou d'un courant de s'exprimer au sein du mouvement des femmes; lorsqu'on tient compte également du fait que LVR occupe une place disproportionnée dans le tableau: on voit trop souvent en nous le symbole du féminisme au Québec.Il est parfois difficile de ne pas avoir l'air d'un éléphant dans un magasin de porcelaine, du moins aux yeux de certaines.D'ailleurs, il fallait se demander si l'existence de La Vie en rose n'a pas l'effet «d'écraser» les autres publications féministes.La réponse est partagée.Pour Louise Dandu-rand, «LVR ne fait que conférer plus de crédibilité aux autres», alors que Marie-Thérèse Lacourse raconte qu'aux débuts de Mane-Géographie, on leur disait: «Mais pourquoi une autre revue féministe puisqu'il y a La Vie en rose?» Mieux «ciblée» L'évolution de la presse féministe a fait en sorte que tout le monde y trouve sa place, finalement.La grande majorité des publications existantes s'inscrivent dans un créneau particulier: Les Cahiers de la femme dans le milieu universitaire, L'Une à l'autre dans le mouvement pour la santé des femmes, Marie-Géographie dans une perspective régionale (et socialiste), L'Autre parole dans le mou- Menuisière de métier Femmes cinéastes Jeunesse témoigne vement des féministes chrétiennes, La P'tite Presse, bulletin d'information de la Fédération des femmes du Québec, dans l'information rapide de ses membres.Dans la même optique, Commumqu'elles et la Revue du RAIF informent d'autres militantes des sujets féministes de l'heure; finalement, La Gazette des femmes s'inscrit dans le sillon des activités du Conseil du statut de la femme.Reste LVR qui n'a d'autre axe que la «couverture de l'actualité d'un point de vue des femmes»; une revue plus générale, donc, avec ce que cela comprend d'avantages et d'inconvénients.Car la spécialisation des revues a ceci d'avantageux: elle permet un meilleur «ciblage» de sa clientèle.Il n'y a rien, en effet, de plus difficile pour une publication féministe que de savoir qui, exactement, est intéressée à la lire.Comment s'en surprendre?Le féminisme étant en pleine évolution, son public s'avère tout aussi «mouvant»; jamais tout à fait acquis, jamais tout à fait perdu.Ce pluralisme de la presse féministe au Québec, comme ailleurs en Amérique du Nord, est dû essentiellement à «l'individualisation» du mouvement des femmes depuis six ou sept ans.Depuis l'époque où les groupes militants se trouvaient seuls à la porter, il y a 10 ans, la pensée féministe est devenue l'affaire d'innombrables individues: des secrétaires qui refusent de servir le café au patron aux femmes qui décident de se lancer en affaires ou en politique, voire aux hommes qui se découvrent des talents pour élever leurs enfants.Et de pair avec cet individualisme, on se découvre un goût pour le «positif», un désir de dépasser la victimisation en faveur de l'affirmation de soi.«Un grand pas pour le mouvement féministe», de dire Susan de Rosa.Ceci dit, nous sommes toutes conscientes d'un certain «plafonnement» du féminisme.Un exemple des difficultés auxquelles nous nous heurtons en ce moment, tiendra à souligner Louise Dandurand: la résistance à la féminisation.«Ça me chavire chaque fois que je vois une femme insister pour se faire appeler Madame le directeur.Nous n'avons plus l'énergie pour revenir sur ces détails-là et, pourtant, en tant que presse féministe, il faut trouver les moyens de les dépasser.» Raffiner le discours La question de l'heure est donc: «Comment aller de l'avant ou, si l'on veut, comment ne pas ennuyer le public?.» Pour Catherine Lord, la marche à suivre est claire: «Le discours féministe a maintenant été entendu par toutes celles et ceux qui voulaient bien l'entendre; trop le répéter à l'heure actuelle risque de susciter des réactions négatives.On perdrait toute crédibilité, de toute façon, à prétendre qu'il n'y a pas eu de progrès.Après dix ans de théorie, il est temps de passer à la pratique.Les femmes sont aujourd'hui sur le marché du travail, fondent des entreprises, retournent aux études.Elles ont passé l'étape de la réflexion, elles en sont à l'action.Alors, faisons du journalisme d'enquête! Plutôt que de parler du dernier livre de Germaine Gréer, allons voir comment les jeunes - qui ne se disent pas féministes d'ailleurs - vivent la discrimination à l'école.» Disons tout de suite que cette réflexion, avec laquelle nous étions largement d'accord, trouve un appui dans l'étude de marché qui vient d'être réalisée pour le compte de LVR: les femmes interrogées ne veulent pas d'une revue qui «leur dirait quoi faire».Elles veulent des nouveaux sujets de réflexion bien documentés ainsi que plus d'humour, de spontanéité, «d'ouverture sur le monde».Avec le temps, donc, et c'est le cas de LVR par exemple, il y a un déplacement nécessaire du strict féminisme au strict journalisme.Car il ne suffit pas de dire ce qui n'est pas dit ailleurs, il faut bien le dire.C'est une question d'efficacité.Et c'est au nom d'une plus grande efficacité que nous en sommes venues à nous poser la question suivante: «Faut-il absolument qualifier nos publications de féministes?» En effet, l'étiquette féministe qui, de 1970 à 80, a été la meilleure façon d'annoncer clairement nos couleurs, n'a pas aujourd'hui la même utilité.Au contraire, au moment où toute idéologie est vue d'un oeil suspect, l'étiquette peut indisposer.Et puis, «ça devrait être évident, de lancer Suzanne Blanches Quand une revue traite de la santé des femmes, je n'ai pas besoin de savoir qu'elle est féministe en plus pour avoir envie de l'acheter.» Bien sûr, nous avons toutes rêvé au jour où le terme féministe deviendrait superflu, tellement la réalité aurait changé.Mais n'esi-il pas un peu prématuré de l'enlever alors que «les femmes chauffeures d'autobus sont encore à faire les manchettes?».Bref, nous n'avons pas tranché cette question ô combien épineuse pour des féministes qui, il n'y a pas si longtemps, réfléchissaient dans le sens contraire.Mais, entendons-nous: il ne s'agit pas de cacher tout à coup le fait qu'on soit féministe, ni de subir les douteuses métamorphoses de la presse féministe française (voir «Paumée, comme un camembert.»).mai 1986 19 •••au Québec Une presse féministe «commerciale» ne fonctionnerait pas au Québec, de l'avis de la majorité attablée là.Il n'y a qu'à voir l'empressement avec lequel Châtelaine, au contenu souvent féministe, est revenue à la formule (gagnante, il va sans dire) de la «presse féminine».Si l'on doit intégrer certaines lois du marché en tant que presse féministe qui veut s'imposer, les compromis ne doivent pas dépasser certaines limites.Exemple: coincer des articles qui font appel à l'autonomie des femmes parmi une pléiade de publicités sexistes.Les femmes ne supportent pas les doubles messages, voilà une autre conclusion claire de notre étude de marché.Il existe quand même un certain «marché féministe» qui, tout en étant limité (50 000 femmes aux dernières nouvelles), est proportionnellement plus grand ici qu'en France.Non tenues de respecter certaines traditions bien ancrées - intellectuelles, esthétiques ou autres - les Québécoises se disent beaucoup plus facilement féministes que les Françaises.C'est important pour qui veut vendre une revue féministe.Le bilan est donc loin d'être sombre.D'une part, il y a de nettes améliorations, une plus grande originalité, plus d'ouverture, LVR ayant eu ici, selon nos collègues, une influence non négligeable: «Vous avez toujours été très près de la réalité québécoise, en tout cas montréalaise.Et puis, on peut ne pas être d'accord avec vous, on sait qu'on trouvera toujours un point de vue dans LVR; c'est une vraie presse d'opinion.» D'autre part (la moyenne d'âge étant à la hausse), on devient plus philosophes ou, tout simplement, plus pragmatiques: «Impossible de tout faire ou de tout dire», d'après Céline Messner; concentrons-nous alors sur nos acquis.L'avenir nous sourit-il?Toutes semblent croire que oui, moyennant un discours plus «raffiné», une pensée plus globale et, pourrait-on ajouter, un humour et un courage sans failles.Il n'y avait que nous deux, de LVR, à avoir l'air un peu plus découragé et on nous l'a fait remarquer.Si vous avez lu l'éditorial, vous savez maintenant pourquoi.Nous ne pouvions pas en parler cette journée-là et laissez-moi vous dire que ce fut un exercice de schizophrénie avancée que d'entendre tant d'encouragements et de félicitations tout en sachant que nous, à LVR, étions plus que jamais dans une situation précaire.Sommes-nous devenues pessimistes pour autant?Pas encore.Il faut croire que l'his- toire d'amour que représente pour nous La Vie en rose — comme pour les femmes présentes leur publication respective! - nous tient trop à coeur.Et puis, cette table ronde ne nous dit-elle pas que nous avons raison d'insister?^/ 1/ Les numéros de LVR sur l'érotisme (juillet-août 85), sur Pauline Marois (sept.85) et sur les hommes (nov.85) ont beaucoup contribué à la rumeur selon laquelle LVR effectuait un «virage à droite», voire qu'elle ne méritait plus de s'appeler féministe.Au cours des derniers mois, nous avons d'ailleurs publié certaines lettres de lectrices à cet effet.LA VIE EN ROSE Magazine féministe d'actualité à diffusion large, dont l'objectif est de porter un regard féministe sur l'actualité en général.Fréquence de parution: mensuelle.Tirage: 25 000 exemplaires Distribution: par abonnement et en kiosque.Coût: 2,95 $ l'unité, 19 $ l'abonnement/an.Financement: abonnements et ventes (53 %), subventions (30 %), publicité (17 %).Nombre de pages: 64.Années d'existence: 6 Équipe permanente: 8.Rémunérée: oui.Collaboration: bienvenue et payée.Siège social: 3963, Saint-Denis, Montréal H2W 2M4 (514) 843-8366.Personne contact: Françoise Guénette.L'AUTRE PAROLE Bulletin d'information des groupes de féministes chrétiennes: il en existe cinq au Québec.Fréquence de parution: trimestrielle.Tirage: 300 exemplaires.Distribution: par abonnement ou sur demande.Coût: 2 $ l'unité, 6 $ l'abonnement/an.Financement: abonnements et ventes.Nombre de pages: entre 24 et 36.Années d'existence: 10.Équipe permanente: comité de coordination composé d'une déléguée de chaque collectif, plus deux coordinatnces pour les tâches quotidiennes.Rémunérée: non.Collaboration: bienvenue et bénévole.Siège social: CP 393, Suce.C, Montréal, H2L 4K3.Personne contact: Réjanne Martin.LA GAZETTE DES FEMMES Revue officielle du Conseil du statut de la femme, visant à informer des travaux et prises de position du CSF, des lois et projets de lois du gouvernement québécois et d'autres sujets d'intérêt féministe.Fréquence de parution: bimestrielle.Tirage: 45 000.Distribution: par abonnement seulement.Coût: gratuit.Financement: le CSF.Nombre de pages: 36.Années d'existence: 7.Équipe permanente: 4 employées à temps plein, un à temps partiel.Rémunérée: oui (en tant qu'agentes d'information du gouvernement).Collaboration: bienvenue et payée.Siège social: 8, rue Cook, 3e étage, bureau 300, Québec G1R 5J7 (418) 643-4326 ou, à Montréal: 843-8384.Personne contact: Catherine Lord.MARIE-GÉOGRAPHIE Revue d'information féministe selon une perspective régionale (Québec) et socialiste.Fréquence de parution: 3 lois par année.Tirage: 1 000 exemplaires.Distribution: par abonnement et en kiosque.Coût: 2.50 $ l'unité, 6 $ l'abonnement/an.Financement: subventions d'abord, suivi d'abonnements (300) et ventes.Pas de publicité.NICOLE REEVES, ma Psychologue Psychothérapie individuelle Tel (514) 274 464e 920.rue Cherrier Mil.H2L IH7 Échauffez-vous avant de faire de l'exercice1.psnncipacnoni LA VIE EN ROSE 20 mai 1986 Nombre de pages: 26.Années d'existence: 2.Equipe permanente: non, la revue repose sur un collectif de militantes.Rémunérée: non.Collaboration: bienvenue et bénévole.Siège social: C.P.3095, Suce.Saint-Roch, Québec G1K 6X9.Personne contact: Georgette Lebel.CAHIERS DE LA FEMME Revue bilingue (mais dont le contenu est davantage anglophone) traitant de différents sujets, surtout académiques ou concernant les femmes professionnelles.Fréquence de parution: trimestrielle.Tirage: 25-30 000 exemplaires.Distribution: par abonnement et ventes.Coût: 6 $.Financement: Université York, fonds privés et quelques subventions à l'occasion.Très peu de publicité.Nombre de pages: environ 150.Années d'existence: 8.Équipe permanente: 10 anglophones.5 francophones.Rémunérée: oui.Collaboration: bienvenue, payée seulement dans le cas des chroniques.Siège social: 204 Founders College, Université York, 4700 Keele St., Downsview, Ontario M3J 1P3 (416) 667-3725.Personnes contact: Jeanne Maranda (rédactrice en chef au Québec): 271-5704.LA P'TITE PRESSE Bulletin d'information de la Fédération des femmes du Québec.Fréquence de parution: mensuelle.Tirage: 1 000 exemplaires.Distribution: aux membres et aux associations membres.Coût: gratuit.Financement: partie de la subvention globale accordée à la FFQ.Nombre de pages: entre 2 et 8.Années d'existence: 1 (auparavant , revue traitant de différents sujets d'actualité féministe depuis 1968) Équipe permanente: 3 employées issues du Comité des communications de la FFQ.Rémunérée: non, sauf pour la personne qui assure le graphisme.Collaboration: bienvenue et bénévole.Siège social: 506, Sainte-Catherine Est, Montréal H2L 2C7 (514) 844-7049.Personne contact: Louise Dandurand.COMMUNIQU'ELLES Revue publiée en version anglaise (20 %) et en version française (80 %), traitant d'actualité et d'information féministes.Fréquence de parution: bimestrielle.Tirage: 12 000.Distribution: par abonnement ou sur demande seulement.Coût: gratuit au Québec pour toutes celles (incluant les institutions) qui sont incapables de payer.Autrement: 12 $ l'abonnement/an (institutions: 18 $).Financement: par subventions surtout, quoiqu'on espère augmenter les revenus d'abonnement et de publicité.Nombre de pages: 44.Années d'existence: 5 (auparavant: bulletin du Centre d'information et de références des femmes de Montréal pendant 7 ans).Équipe permanente: aucune Rémunérée: seulement par le biais de projets gouvernementaux accordés au Centre.Collaboration: bienvenue et bénévole.Siège social: 3585, rue Saint-Urbain, Montréal H2X 2N6, (514) 844-1761.Personne contact: Susan de Rosa.L'UNE A L'AUTRE Revue traitant de pénnatalité et, de plus en plus, de sujets concernant la santé des femmes en général.Fréquence de parution: trimestrielle.Tirage: 2 000 exemplaires.Distribution: par abonnement surtout, et par 18 kiosques à Montréal.Coût: 2,50 $ l'unité, 10 $ l'abonnement/an (15 $: groupes, 25 $: institutions).Financement: Subventions d'abord, abonnements ensuite.Nombre de pages: 24.Années d'existence: 3.Equipe permanente: assurée par le biais de Naissance-Renaissance, groupe de pression pour l'humanisation de la naissance.Rémunération: aux contractuelles (une rédactrice en chef, une graphiste, une recher-chiste et une coordinatnee) réengagées pour chaque numéro.Collaboration: bienvenue et rémunérée.Siège social: C.P.249, Suce.E, Montréal, H2T 3A7 (514) 525-5895.Personne contact: Francine Dubreuil.un pape et son message '"élections, promesses et débats les incroyables privilèges de l'Église f LA REVUE DU RAI F* Revue d'information féministe.Fréquence de parution: bimestrielle.Tirage: environ 1 000 exemplaires.Distribution: par abonnement surtout, en plus de quelques kiosques.Coût: environ 3 $.Financement: abonnements et ventes.Nombre de pages: entre 40 et 100.Années d'existence: 10.Équipe permanente: 7 employées.Rémunérée: non.Collaboration: exceptionnellement.Siège social: C.P.5, Sillerv, GIT 2P7, (418) 658-1973.Personne contact: Marcelle Dolment * Réseau d'action et d'information des femmes UN SPECTACLE SUR LE RACISME ET L'APARTHEID*DE MARYSE PELLETIER* MUSIQUE DE ROBERT LEGER*PLACE DES ARTS*SALLE WILFRID PELLETIER* 2JUIN*20h30* moi 1986 21 LA VIE EN ROSE Grandeurs et misères par Paula Sypnowlch Proportionnellement plus nombreux qu'aux Etats-Unis, les périodiques féministes canadiens se cognent régulièrement à un problème majeur.Pas le libre-échange, l'argent.La liberté de la presse appartient à ceux et celles qui possèdent la presse.Personne n'est mieux au courant de cette situation que les féministes et c'est pourquoi elles ont fondé leur propre presse.En plus des maisons d'édition, des librairies et des innombrables bulletins d'organisations et de centres, on compte près de 50 périodiques féministes au Canada, dont 38 publiés hors-Québec.Ils vont du petit tabloïd régional au magazine spécialisé sur papier lustré, reflétant les activités, les idées, les buts et l'état de santé général du féminisme.Même s'ils partagent la même perspective politique générale, le périodique féministe moyen est aussi peu tangible que la Canadienne moyenne.Certains, comme le trimestriel Canadian Journal of Women and the Law, d'Ottawa, se préoccupent d'un thème spécifique.D'autres analysent le féminisme à l'intérieur d'un certain cadre: Cayenne, de Toronto, par exemple, est un périodique féministe socialiste; The Open Door, de Terrace, en Colombie-Britannique, est publié par et pour les lesbiennes.Il existe aussi des différences régionales.À l'encontre de la majorité des revues, les magazines et journaux féministes s'adressent à un public local: The Optimist, de Whitehorse, au Yukon, s'intéresse souvent à des questions régionales qui n'auraient pas beaucoup de signification pour les lectrices de Common Ground, de Charlottetown, sur l'île-du-Pnnce-Édouard.Même les périodiques qui traitent de sujets communs et partagent le même public potentiel sont rarement redondants.Room of One's Own, de Vancouver, et Fireweed, de Toronto, sont deux revues littéraires distribuées à travers le Canada.Atlantis, de Halifax, et Canadmn Women StudiesILes Cahurrs de la femme, de Toronto, sont des publica- Canadian Woman Studies les cahiers de la femme WOMEN'S STUDIES / CONFERENCES LES ÉTUDES DE LA FEMME / COLLOQUES tions académiques qui ont aussi une perspective nationale.Cependant, étant donné le caractère distinct de chacun, ils coexistent sans se menacer mutuellement.C'est vrai aussi des publications qui ont le même bassin de lectrices.Il y a 17 périodiques féministes en Ontario, dont neuf sont produits à Toronto (les centres urbains ont l'avantage d'avoir un public plus large et souvent plus politisé; Toronto, qui cumule près de 25 % des périodiques féministes canadiens, en excluant le Québec, a aussi une population relativement plus riche).Néanmoins, chacune de ces parutions a sa propre interprétation du féminisme, ses propres intentions et son propre style, complétant les autres plutôt que de les concurrencer.En plus des publications proprement féministes, il existe des périodiques politiques comme Rites, un tabloïd lesbien et gai, et Fuse, un magazine d'actualité culturelle, deux mensuels de Toronto.Même si la couverture qu'ils assurent n'est pas uniquement dirigée vers les femmes, ils comptent parmi les périodiques canadiens d'allégeance résolument féministe.Prolifique.En dépit des rumeurs malfaisantes voulant que le mouvement féministe soit mort, ou au mieux en phase terminale, (peut-être à cause de ces rumeurs?), le nombre de périodiques féministes au Canada ne cesse d'augmenter et les disparités régionales sont en voie d'être comblées.L'Alberta et l'île-du-Prince-Édouard, par exemple, n'étaient desservies par aucune publication fémini-niste pendant un certain temps; maintenant, il y en a deux à Edmonton, Webspinner et The Newsmagazine for Alberta Women, et une, Common Ground, à Charlottetown.Cette croissance est due en partie à une certaine réduction des coûts de production -particulièrement de l'impression et de la composition - résultant des progrès technologiques.Toutefois, les facteurs économiques n'expliquent pas à eux seuls pourquoi il y a maintenant deux fois plus de périodiques féministes au Canada qu'il y a quatre ans.Eleanor Wachtel, du collectif Room of One's Own, dans un rapport sur les périodiques féministes rédigé en 1982 et remis à jour en 1985, explique que les femmes sont incitées à produire leurs propres périodiques à cause de leur exclusion des médias traditionnels et de la couverture navrante donnée par la presse commerciale aux affaires des femmes.Wachtel soutient que cette couverture est passée par cinq étapes: l'inexistence, le sen-sationnalisme, la banalisation, la mise à l'écart et, parce que les féministes n'ont pas eu la politesse de disparaître, la réaction.Nous en serions maintenant à la sixième étape, celle de l'institutionnalisation du féminisme et des femmes «qui ont réussi».Même si le mot féminisme apparaît aujourd'hui dans les pages de la presse commerciale, la couverture d'événements tel le colloque Women and Words, à Vancouver en 1983 (dont les médias n'ont rapporté que le fait qu'il était réservé aux femmes!!!) prouve que les véritables questions ne sont pas encore traitées.La croissance des périodiques féministes au Canada est aussi due à l'élargissement de ce qui est considéré comme sujets féminis- LA VIE EN ROSE 22 mai 1986 tes.La plupart des revues et journaux féministes s'intéressent maintenant à des questions souvent ignorées au début du mouvement des femmes; quelques-unes des publications récentes sont même très spécialisées et se concentrent sur ces nouvelles questions.Maternai Health News, de Vancouver (que l'on peut comparer à L'Une à l'Autre, de Montréal), n'aurait pas pu survivre au début des années 70: la grossesse et la naissance étaient des thèmes alors écartés pour mieux débattre de l'égalité des droits et de la violence faite aux femmes.mais affamée Même très vivante, la presse féministe au Canada n'est pas en parfaite santé.Les périodiques féministes sont presque tous des collectifs d'un genre ou d'un autre et ces collectifs affrontent des problèmes et des obstacles aussi semblables que leurs produits sont diversifiés.Les exigences tant pratiques que politiques de la production d'un magazine féministe sont énormes: l'investissement d'incalculables sommes de travail, d'énergie et de persévérance est essentiel à la survie de l'entreprise et même à ces conditions, la survie n'est pas assurée.Bien sûr, l'obstacle majeur est l'argent.Presque tous les périodiques féministes du Canada opèrent avec un budget ridicule, la majorité d'entre eux n'ont pas de locaux, pas d'employées rémunérées et tirent à moins de 2 500 exemplaires.Très peu peuvent s'offrir de la couleur à l'intérieur de leurs pages et la plupart ne peuvent pas payer leurs collaboratrices.Les sources de financement, dont aucune ne promet une bonne santé, sont la publicité, les abonnements, les ventes en kiosque et les subventions gouvernementales.Peu de publications ont le personnel nécessaire pour vendre des espaces publicitaires: leur énergie et leur temps sont ailleurs.Et féministes et annonceurs ont trop souvent Les filles d'Évangéline Les Maritimes se réveillent doucement.Deux nouveaux journaux de femmes viennent de sortir des eaux de l'Atlantique, Réseau au Nou-veau-Brunswick et Pandora en Nouvelle-Ecosse.Le vent qui souffle si fort ici va-t-il les encourager à continuer, même si le féminisme semble plutôt à la baisse en ce moment?En tout cas, les projets sont grandioses^eseau ne veut rien de moins que regrouper l'ensemble des Néo-Brunswickoises, Acadiennes, anglophones et autochtones sous un même «parapluie, où chacun des groupes pourra déterminer ses propres priorités ainsi que les moyens à prendre pour atteindre ses objectifs», souligne Murielle Young, la coordi-natrice provinciale du réseau, établi à Fré-déneton.Pandora propose «de fournir aux femmes une alternative aux médias dominants, de retracer l'histoire et la culture des femmes des Maritimes, si souvent omises ou bafouées.Le journal n'a pas une seule voix; il n'y a pas d'opinion collective, de position éditorialiste.Chaque article reflète le point de vue des femmes qui écrivent», explique Betty-Ann Lloyd, coordinatrice de ce journal de Halifax.Pandora était connue dans la mythologie grecque comme une femme qui, mécontente, avait ouvert une boite fatidique et laissé s'échapper tous les esprits malins du monde.Pendant 24 pages, en noir et blanc, les petits malins ressemblent à l'exploitation des femmes reporters, aux femmes noires et à la paix, aux femmes qui pèchent, aux Nicaraguayennes, etc.Network News Women Will Have Clear Mandate After Conference Les femmes auront un mandat précis Réseau a Network News Pandora est trimestriel et s'adresse aux femmes de tous âges et de tous bords.Il veut privilégier les femmes «qui n'ont pas d'expérience dans l'écriture, et qui n'ont aucun accès aux médias».Ce journal est financé par les abonnements et les dons, mais on y découvre aussi de temps en temps un peu de publicité.Espérons que les petites malignes seront plus fortes que les malins! Réseau est plus qu'un journal, c'est aussi un regroupement de femmes de langues et de cultures différentes, qui n'ont pas l'habitude de se côtoyer et de travailler ensemble.Chaque groupe ethnique dispose d'un conseil qui fonctionne indépendamment des autres; deux membres de chaque conseil sont élues pour un an et déléguées au comité de liaison du réseau.Pour la première fois, «les femmes auront réussi à relever le défi de partager leurs expériences, d'entreprendre des démarches en commun et de s'entraider pour mieux servir leurs causes de femmes néo-brunswickoises», explique Murielle Young.Le réseau existe officiellement depuis un an et demi et le journal, un trimestriel, en est encore au stade de bulletin de liaison.II est financé par ses membres, 21 000 en un an, et par des subventions du programme promotion de la femme du Secrétariat d'État et de Canada au travail.Si le «parapluie» ne se referme pas dès la prochaine tempête, il aura des chances de devenir plus professionnel et, pourquoi pas, le premier journal féministe au Nouveau-Brunswick.M v ri am n El Yam ax i mai 1986 23 LA VIE EN ROSE au Canada et aux Etats-Unis des intérêts divergeants.L'imagerie sexiste qui domine habituellement dans la publicité adressée aux femmes correspond difficilement aux objectifs d'une publication féministe.De leur côté, les annonceurs investissent dans des publications à fort tirage (ce qui inclue très peu de périodiques féministes) ou dans un public plus restreint mais financièrement plus aisé (ce qui exclue la majorité des femmes).,Il n'y a pas assez de librairies et de cafés progressistes, même à Toronto, pour fournir à Broadside un revenu publicitaire suffisant.Alors, imaginez ce qu'il en est pour Tapestiy, de Vernon, dans le sud-est de la Colombie-Britannique! En moyenne, moins de la moitié des coûts totaux d'opération des publications sont couverts par les abonnements et les ventes en kiosques.Les éditrices se trouvent dans la situation étrange (et souvent inconfortable) de devoir concilier leur idéologie politique avec les besoins du marché.Peu d'entre elles acceptent de modifier leurs convictions -leur raison même de publier - pour les rendre plus rentables.Le problème, c'est que les femmes qui achèteraient volontiers un magazine féministe ne le trouvent pas, à moins de fréquenter assidûment la librairie féministe locale, quand il y en a une.La Vie en rose peut être achetée au dépanneur du coin, mais il s'agit d'une heureuse exception.La majorité des périodiques féministes ont une distribution très limitée qu'ils n'ont pas les moyens d'améliorer, et dépendent presque exclusivement des abonnements.De plus, l'achat de publicité qui saurait attirer l'attention sur eux est trop coûteux et la publicité gratuite est difficile à dénicher.Or, comment les femmes peuvent-elles s'abonner au périodique féministe de leur localité si elles en ignorent même l'existence?Les périodiques féministes ne peuvent certainement pas espérer être couverts par les grands médias.Deux semaines après la publication par Broadside d'une entrevue avec la première femme médecin à la clinique du docteur Morgentaler, à Toronto, le Toronto Star a poursuivi le sujet en affirmant qu'il était le premier média à en traiter.Les subventions gouvernementales attribuées aux périodiques féministes sont difficiles à obtenir.Les magazines et journaux féministes, qui ont une idéologie explicite, peuvent difficilement compter sur les subventions comme source sûre de revenus; plus la publication est «radicale», moins le gouvernement y est sympathique.Les revues académiques ou littéraires, moins ouvertement politiques et se classant dans la catégorie des arts et de l'éducation, ont quelque accès aux fonds de l'État (ce qui leur permet de survivre sans ou avec peu de publicité).Environ la moitié de tous les périodiques féministes canadiens ne reçoivent aucune aide du gouvernement.Inévitablement, les difficultés financières provoquent d'autres problèmes.Plusieurs éditrices se «brûlent» à force de travailler de longues heures pour peu de gratifications.Le reportage national, le journalisme d'enquête et même la précision de la nouvelle constituent souvent des luxes inabordables.A rencontre de la presse commerciale, la majorité des périodiques féministes ne peuvent s'assurer un budget de déplacement, se payer des appels interurbains ou engager des vérificatrices pour garantir l'exactitude des faits publiés.Même si le design, lui, peut être amélioré sans augmentation des dépenses, l'argent est pour beaucoup dans l'allure d'un magazine: après quinze ans de parution, Kinesis, de Vancouver, est encore fait au traitement de texte, plutôt que photocomposé, et imprimé sur papier journal.Par contre, Henzons, de Winnipeg, est la contrepartie canadienne de Ms, le «newsmagazine» féministe et national des Etats-Unis, quoique beaucoup plus mince, beaucoup moins connu, avec un tirage de loin inférieur à Ms (ceci dit, le débat reste ouvert: le succès de Ms justifie-t-il la publicité et les articles qu'on y publie?).1 in nus riNomcmc-c 1000 STRESS" M ÏOUR UFC il f ?What h Vour "Social Arrurty"?[A Quù) » M.".l ind Unique Friendship ?H haï ïimr Mak Shnttk h Rfallv Thinking Jane Brody's Perfectly Nutritious Meal ¦>.-Jut.to Toik Waste* Ironiquement, nous, les lectrices, attendons beaucoup plus des périodiques féministes que de la presse commerciale.Malgré leurs ressources limitées, nous exigeons d'eux qu'ils analysent toutes les questions qui concernent les femmes, qu'ils couvrent toutes les activités féministes, et qu'en plus ils le fassent selon notre perspective politique.Les publications traditionnelles ne semblent devoir rendre de comptes à personne (sauf peut-être à leurs publicitaires); les éditrices de périodiques féministes, elles, ont à satisfaire les membres d'un mouvement très diversifié et exigeant.Les belles américaines Aux Etats-Unis, les périodiques féministes ont quelques avantages sur leurs parallèles canadiens.Bien que leur nombre absolu soit plus élevé (l'édition de 1986 de YIndexl Directory of Women's Media en compte 331 ), ils sont proportionnellement plus rares, compte tenu de la population.Leur nombre suit une courbe ascendante, mais plus lente qu'au Canada.Un article du New York Times, au début du mois de mars, attribuait cette croissance au désillusionnement des féministes devant la défaite au Congrès de l'amendement sur l'égalité des droits (ERA).Une couverture déficiente (encore une fois) dans les médias traditionnels, comme le besoin de mettre leur énergie dans une activité nécessaire et plus continue, conduit plusieurs femmes à lancer leurs propres publications.Les périodiques féministes américains ont l'avantage d'avoir accès à un marché plus vaste et souvent plus concentré.Même si plusieurs accusent les mêmes difficultés financières que les journaux canadiens (Off our backs, de Washington, D.C., légèrement plus ancien que Kinesis, est lui aussi fait au traitement de texte et imprimé sur papier journal), quelques-uns sont encore plus spécialisés et plusieurs ont les budgets nécessaires pour s'assurer des recherches approfondies, des collaboratrices réputées, un design professionnel, un plus grand tirage et un personnel salarié.Il n'y a pas d'équivalent canadien, par exemple, au Women's Art Journal, un magnifique périodique produit au Tennessee, ou à Heresies, un imposant journal new-yorkais sur les arts et la politique.Ceux-ci paraissent seulement deux fois l'an, mais leurs articles sont exceptionnellement bien documentés, leurs collaboratrices sont expertes dans les domaines traités, la qualité du papier et de la reliure se rapproche de celle d'un livre de qualité et ils sont distribués à la grandeur du pays.Le chemin sera long avant de produire des publications similaires au Canada.En dépit des obstacles et des frustrations qu'entraîne la production d'un périodique féministe au Canada, en dépit de l'abnégation et de la persévérance que cela exige, la presse féministe canadienne continuera sans doute à se développer.Quelques publications mourront certainement, mais d'autres, plus nombreuses, les remplaceront.Pourquoi?Parce que les femmes ont besoin d'une voie d'expression et que personne ne parlera à leur place Paula Sypnowich, étudiante et membre du Comité-femmes de l'UQAM, collabore aux Archives lesbiennes et à d'autres magazines ou journaux.24 LA VIE EN ROSE mai 1986 La presse féministe en France Paumée, comme un camembert senile.par Jocelyne Richer Elle n'en finit plus de crever.Paumée, tarée, elle empeste le vieux camembert et fait fuir toute la France.C'est clair, on ne veut plus d'elle.Alors, sur papier glacé ou papier mat, lap'tite pépée agonise tout doucement entre l'éternel féminin et la haute finance.Exit, la presse féministe française.epuis le temps que les jeunes filles en fleur lui faisaient des 1pieds de nez, que les ménagè-res-épouses-et-mères l'ignoraient savamment, que les travailleuses «branchées» s'en méfiaient et que les jeunes-cadres-dynamiques haussaient les épaules, elle a fini par se faire une raison et accepter de foutre le camp.«La presse féministe?C'est dans les archives qu'on la trouve désormais», résume laconiquement Françoise Pasquier, du CRIF (Centre de réflexion et d'information féministe) à Paris.En France, après les Templiers, la monarchie et Brigitte Bardot, voilà que la presse féministe fait maintenant partie des has been.Dans la mère patrie, on ne compte plus les périodiques d'information féministe qui ont rendu l'âme au cours des dix dernières années, après, le plus souvent, une existence bien brève: Histoire d'Elles, Questions féministes, Femmes en mouvement, La Revue d'en face, Le torchon brûle, F Magazine.Tombés comme des mouches, tous, faute d'argent, d'énergie et, sourtout, de lectrices.Sans compter, non plus, les «cahiers femmes» - de tendance franchement féministe -des grands magazines, tels Mane-Claire et Elle.Disparus les uns après les autres.Tout comme, d'ailleurs, les chroniques régulières sur la condition féminine dans les grands quotidiens de Paris {Libération, Le Monde, Le Matin.).Pffffffuitttt! Noyées dans la Seine.Que se passe-t-il donc en France?L'écri-vaine Benoîte Groult interprète la vague d'aniiféminisme qui s'abat présentement sur son pays comme un réflexe de défense de la part des femmes (et de la société en général) devant l'espèce de mutation, de révolution CLAIRE BRETECHER EDITRICE ! mai 1986 causée par le féminisme dans les années 70.Étourdies par le remous féministe, les Françaises auraient maintenant besoin d'une pause, le temps de jeter un coup d'oeil nostalgi- que dans le rétroviseur.«Beaucoup de femmes font elles-mêmes de l'antiféminisme et je trouve cela extrêmement triste.Tous les ans, cinq ou six livres paraissent - les hom- 4^ mes se jettent dessus - disant: "Nous sommes allées trop loin, les hommes ont peur de nous.Soyons plus soumises et ils reviendront." L'Amérique a fait naître cette grande peur de la solitude», déplore l'auteure d'Ainsi soit-elle, rencontrée dans son bel appartement situé dans les parages de la tour Eiffel.Les pancartes, les soutiens-gorge en guise de drapeaux, les «États généraux de la femme» parus dans Elle, le manifeste des 343, les marches et les discours, les Françaises en ont ras le bol.«De nos jours, à Paris, un groupe féministe, ça signifie une femme avec deux ou trois personnes autour», calcule Sylvia Niollet, du mouvement Choisir.L'ère du militantisme terminée, vive le «Moi d'abord!».«Le seul mot "féminisme" fait peur, soutien Benoîte Groult.Tout le monde se croit maintenant obligé de dire: "Je ne suis pas féministe".» Pourquoi ce désaveu, cette gifle aux luttes menées par les féministes sur les barricades?«On a nié le fait que les femmes avaient aussi envie de tricoter, explique le plus sérieusement du monde Martine Grapas, rédactrice en chef du magazine féminin le plus lu en France.J'ai des amies féministe qui, à un moment donné, se sentaient coupables de tricoter.Dans les mouvements féministes, on continue de penser que s'occuper de cuisine et de mode, c'est ramener la femme à un objet et la rétrograder.La presse féministe, elle, prêchait pour des convaincues.Avec leur langage inaccessible, leurs discussions qui n'intéressaient qu'une certaine élite, les chefs de file de cette presse ont exclu elles-mêmes la majorité des femmes qui pouvaient faire quelque chose pour le mouvement féministe.» Et vlan! 25 LA VIE EN ROSE Femme actuelle: ainsi grandit-elle.Martine Grapas, elle, tricote un magazine qui colle aux préoccupations féminines de style «rétroviseur» et qui, bien sûr, n'exclut personne.Et la Française se jette dessus, comme un macho haletant sur une revue hardcore.Après seulement un an d'existence, son «bébé» est câliné chaque semaine par 12 % des Françaises, c'est-à-dire (tenez-vous bien! ) plus de deux millions et demi de lectrices (33 fois plus que LVR.), dans un marché où les titres sont nombreux et la compétition féroce.Les féministes pleurent, les autres magazines féminins en bavent d'envie, mais ses promoteurs, on s'en doute, sont morts de rire.Son nom: Femme actuelle.Un succès monstre, phénoménal dans les annales de la presse périodique féminine française, pour une formule toute simple: une centaine de pages, 200 sujets par numéro, 250 photos.Un magazine vidéo-clip.Les sujets?Mode, beauté, cuisine, bricolage, décoration, horoscope.Aux grands dossiers sur l'avortement, le chômage des femmes ou le viol, qui ont fait les beaux jours des magazines féminins des années 70, Femme actuelle rétorque avec un «dossier spécial éclairage».On s'ennuie de F Magazine.F Magazine: ainsi périt-elle.Seul véritable organe français d'information féministe qui ait été à la fois de masse et de luxe (présentation soignée, beaucoup de photos, grands reportages à travers le monde, budget d'opération confortable), F Magazine n'aura vécu que quatre ans.Quatre années durant lesquelles le magazine créé par Benoîte Groult en 1978 a compté jusqu'à 200 000 lectrices (ce qui est à la fois beaucoup et peu pour un pays où on dénombre 20 millions de femmes de 15 ans et plus).Pourquoi a-t-il cessé de paraître?Petit à petit, les publicitaires ont entrepris de boycotter F Magazine, n'en pouvant plus de se faire taper sur les doigts et de se faire reprocher leurs «pubs sexistes».Les grands pourvoyeurs du magazine (Jean-Jacques Servan-Schreiber en tête), eux, se sont graduellement désintéressés du magazine, considérant que le tirage avait plafonné.En 1982, sentant la soupe chauffer et ne voulant pas céder au chantage des publicitaires et des financiers, sept des dix rédactrices de F démissionnent avec fracas.Le magazine est vendu peu après et devient le Nouveau F ramenant, tirage oblige, les déboires de Sheila et les amours en déroute de Sylvie Vartan.«Ce sont les compagnies de yogourt qui décident de ce qui sera publié», grince Françoise Pasquier, déplorant l'immense pouvoir des publicitaires (tous des hommes, bien entendu) sur la presse.Mais si notre gueule de féministe ne plaît pas aux publicitaires des fabricants de yogourt, de protège-slips, de cosmétiques ou de soutiens-gorge, on peut toujours leur tourner le dos et façonner à la mitaine, avec les moyens du bord, le petit bulletin militant distribué le soir près des stations de métro.C'est plus ou moins ce que quelques poignées de féministes ont tenté de faire, de diverses façons, et avec plus ou moins de bonheur.N0l\ ELLES QUESTIONS FEMINISTES 67 Les femmes et l'Etat Pour initiées, intellectuelles ou militantes Car depuis la mort de F Magazine, les aspirations des femmes, leurs analyses, leurs émotions, leurs chlamydias et leurs accouchements sans douleur, leur double tâche et leur salaire égal, leurs épanchements solidaires et leurs joies solitaires ne s'expriment plus qu'à l'intérieur de petits bulletins militants, marginaux, à tirage famélique, ou dans quelques périodiques savants pour initiées ou intellos.Parmi celles qui n'ont pas encore rendu l'âme, voici quelques publications féministes françaises: Tiré à 350 exemplaires, Pans féministe, de tendance lutte de classes et proche des groupes lesbiens, est brodé par une poignée de militantes bénévoles de la Maison des femmes (regroupement de groupuscules féministes et, dit-on, le seul lieu à Paris «où il se passe quelque chose») et paraît toutes les deux semaines.C'est avant tout un bulletin d'opinions et de témoignages avant d'être un magazine d'information.Nouvelles Questions féministes a jailli, tel un phénix, des cendres de Questions féministes (après de bouillantes querelles idéologiques).En lieu et place des dossiers sur l'éclairage ou sur l'art-de-bien-utiliser-les-pinceaux-dans-le-maquillage de Femme actuelle, Nouvelle Questions féministes traite du «rôle des femmes dans l'insurrection du sud de la Martinique en septembre 1870».Tirée à 1500 exemplaires, publiée deux ou trois fois par année, la revue vivote grâce à des subventions.Le but visé par ses artisanes: «proposer des analyses de fond sur la compréhension entre les sexes».Démarrée en 1977, NQF n'est pas assurée de lendemains joyeux: «Nous avons absolument besoin d'argent frais, sinon dans quatre numéros nous disparaissons», prévoyait à l'automne Ariette Gauthier, historienne, sociologue et membre du comité de rédaction.Organe d'information du mouvement Choisir, créé par Gisèle Halimi, le magazine Choisir paraît tous les trois mois.Tiré à 5 000 exemplaires expédiés aux abonnées, le magazine survit grâce à la témérité, encore une fois, d'une poignée de militantes bénévoles «qui y consacrent tous leurs temps libres», dira Sylvia Niollet.Vingt-six pages d'informations internationales, de dossiers (femme et nazisme, femme et politique, etc.) et, partout, la griffe ou la photo de Gisèle Halimi, omniprésente.Après huit ans d'existence, l'Agence femmes information (AFI) cherche encore à être reconnue.Sa directrice, Claire Poinsignon, en est rendue à se demander s'il n'est pas suicidaire de continuer à s'entêter.L'Agence publie chaque semaine un bulletin d'information (calendrier des principales manifestations et conférences faites par ou sur les femmes, statistiques, reportages, nouvelles brèves, etc.) distribué aux médias et institutions abonnés à l'AFI.L'idée à la base de l'AFI est séduisante: fournir aux médias des textes qu'ils retransmettront par la suite, élargissant la place accordée aux informations sur les femmes dans les médias de masse.«Nous voulions être une passerelle entre le mouvement des femmes et les médias», raconte Mme Poinsignon.Sauf que les médias n'ont pas mordu à l'hameçon.Boycottées par à peu près tous les grands médias (presse, radio, T.V.), les informations produites par l'AFI sont tout de même lues par 5 000 à 10 000 personnes dans les publications féminines ou celles de quelques syndicats et institutions.LA VIE EN ROSE mai 1986 26 «C'est un échec», résume la directrice et fondatrice de l'AFI, en parlant du blocage des médias vis-à-vis du sujet «femmes».«On ne peut pas s'étendre sur ces choses-là», lui a-t-on répété sur tous les tons dans les médias où elle allait offrir ses services.«Pourtant, demande-t-elle un peu amère, les autres agences spécialisées réussissent à vivre, pourquoi pas nous?» Les pires ennemies?Pourquoi «ces choses-là» n'intéressent-elles personne et ne trouvent-elles pas preneurs?Car tout le monde s'accorde pour dire que s'il n'y a pas en France de presse féministe, au sens journalistique du terme, il n'y a pas, non plus, de place faite au sujet «Femme» dans la presse en général.«Ils ne viennent même plus à nos conférences de presse», déplorent en choeur les groupes de femmes.La cause des femmes, les activités à caractère féministe, la condition féminine n'ont jamais eu autant mauvaise presse.Ou on en parle en mal ou, le plus souvent, on n'en parle pas du tout.L'an dernier, raconte Claire Poinsignon, lors de la conférence internationale sur les femmes à Nairobi (où étaient réunies 14 000 femmes du monde entier), la ministre déléguée aux Droits de la femme, Mme Yvette Roudy, craignait tellement que l'événement ne soit pas couvert par les médias nationaux qu'elle a défrayé le voyage afin que les grands quotidiens daignent s'y rendre.«Pour eux, 14 000 femmes réunies, çà n'est pas un événement», en conclut la directrice de l'AFI.Et les femmes journalistes, dans tout ça, se laissent-elles bâillonner?Ne nourrissent-elles pas un préjugé favorable envers les femmes?«Si on veut durer, il faut être féministe sans le dire, sans le montrer», constate avec lucidité Florence Montreynaud, de l'Association des femmes journalistes, qui ne regroupe qu'une cinquantaine de membres.«Les femmes journalistes sont les pires ennemies du mouvement», renchérit tout de go Françoise Pasquier, déplorant l'incroyable autocensure des journalistes féministes.Peur de perdre son emploi, peur que son contrat ne soit pas renouvelé (la compétition est féroce et le nombre de femmes pigistes va croissant), peur d'être associée au mouvement féministe (ce qui est très mal vu pour faire carrière).il n'en faut pas plus pour que les représentantes de la presse trempent leur plume dans le système d'intérêt en place.La conjoncture ne semble pas leur offrir d'alternative.Sénilité précoce et subversion Et l'avenir, comment s'annonce-t-il?Atteinte de sénilité précoce («une fois les grandes théories énoncées, le discours des féministes devenait répétitif»), la presse fé- ministe française radotait, s'accorde-t-on à dire dans les milieux féministes de Paris, telle une vieille dame qui n'arrive pas à se mettre au goût du jour.Et comme on fait avec les vieilles dames, on l'a abandonnée.Mais tout n'est pas perdu; la lutte, certifie Benoîte Groult, n'a pas été vaine.«Au moins, la presse féministe a mis les problèmes scandaleux au grand jour.Je trouve cela énorme, parce que l'information, c'est subversif en soi.Je crois qu'un jour on aura un écoeurement de tous ces journaux féminins qui sont une sorte d'exaltation d'une féminité ridicule.J'ai l'impression qu'on aura un ras-le-bol.Car même si elles jouent les jarretelles, les femmes ne supportent plus d'être mises en tutelle.» C'est déjà cela de pris.À propos, la presse féministe québécoise risque-t-elle un jour de rencontrer, elle aussi, son Waterloo?A-t-on pris soin de l'immuniser in extenso contre la sénilité précoce?^ Jocelyne Richer est journaliste au quotidien Le Droit, d'Ottawa.Elle a bénéficié l'automne dernier d'une bourse de l'Office franco-québécois pour la jeunesse afin de faire à Paris un reportage sur la presse féministe française.r i Canadian woman studies les causers de ia femme • Une source de références.• Un lieu de réflexion sur la condition des femmes.• Un thème nouveau abordé à chaaue numéro.Les cahiers de la femme revue trimestrielle et bilingue En vente dans toutes les bonnes librairies 5,00 $ ABONNEZ-VOUS Les cahiers de la femme: 2170 Bishop, Montréal.Québec.H3G 2E9 DION COMMUNICATION CONSEIL INC.Si on faisait des affaires ensemble?Vous êtes en affaires?Moi aussi.Vous voulez «pousser la machine», faire avancer l'affaire?Moi aussi.Vous n'avez pas toujours le temps de tout faire?Je suis là pour ça.Dion Communication-conseil inc.est un bureau de coordination de projet qui s'occupe tout spécialement de communication pour la P.ME.Pour votre plan de publicité, de relations publiques, vos activités de promotion.donnez-nous un coup de fil.560, boul.Henri-Bourassa Ouest Bureau 312 Montréal, Québec H3L 1P4 334-0650 mai 1986 27 LA VIE EN ROSE La presse féministe en Allemagne de l'Ouest Prospère et surtout berlinoise par Myriame El Yamani C'est à Berlin que semblent se concentrer les activités des féministes allemandes, après 15 ans de tumulte et d'organisation.En fer de lance depuis 1977, le magazine mensuel Emma.est en Allemagne, le dimanche 8 mars 1914, que la Journée internationale des femmes aurait eu lieu pour la première fois.un 8 mars.Depuis, la confédération générale des syndicats de la RFA (DGB) l'a reconnue officiellement.Ce n'est pas peu dire: cette confédération regroupait en 1981 huit millions de syndiqué-e-s.Pourtant, l'égalité dans le monde du travail entre les hommes et les femmes est loin d'être réalisée, et l'autonomie des femmes encore incomplète.Comme dans la plupart des pays européens, les féministes allemandes doivent faire face à une vague de conservatisme, et quels que soient les partis, CDU (Union chrétienne-démocrate) ou SDP (Parti social-démocrate), on recommence à prôner les joies de la maternité et le retour de la femme au foyer.La République fédérale d'Allemagne est un drôle de pays, très contrasté, mais aussi très passionné.Le conflit des générations persiste, entre celles qui ont vécu la guerre et ont participé à la reconstruction du pays, et les plus jeunes qui refusent de se culpabiliser avec les horreurs de l'hitlérisme et qui proposent des alternatives pour la reconnaissance de leurs droits.C'est qu'il a fallu attendre 1969 pour que le gouvernement fédéral allemand supprime définitivement la discrimination faite aux femmes, considérées pendant la guerre comme les gardiennes de l'empire du Reich et des Aryens.Depuis, les Allemandes ont fait du chemin.En 1972 se tenait à Francfort le premier congrès national de femmes.«Droit à l'avortement et autodétermination des femmes»: autour de ce mot d'ordre se rassemblaient près de 450 féministes.Pourtant, le vote sur l'avortement, en 1976, a été beaucoup moins libéral que ne l'auraient souhaité les féministes.L'avortement n'est toléré que lorsque la vie et la santé de la mère sont en danger, lorsque l'enfant risque de naître infirme, lorsque la mère se trouve enceinte à la suite d'un viol ou quand elle est dans une situation sociale difficile.En 1983, lajnoitié des avortements étaient encore clandestins! Ce premier congrès des femmes aura surtout permis au mouvement allemand de s'organiser.La recherche d'une contre-culture féministe, l'intérêt porté au corps féminin, «la nouvelle maternité», autant de leitmotive qui suscitent des prises de position et des tensions au sein du mouvement des femmes allemand.«Actuellement, on peut nommer trois stratégies pour le mouvement: la stratégie de l'égalité, qui exige la même place pour les femmes que les hommes dans tous les domaines; celle du développement d'une culture de femmes comme mode de vie alternatif, qui permet l'élaboration de projets féministes à l'intérieur de la société patriarcale; enfin, la stratégie d'un changement individuel, avec le mouvement des femmes comme groupe de référence1», expliquait en 1983 l'écrivaine Herrad Schenk, dans une analyse du «défi féministe» en Allemagne.C'est d'ailleurs pourquoi les mouvements féministes autonomes se sont séparés des autres groupes de femmes existants.Le mouvement des femmes en RFA ne fonctionne pas de manière linéaire.Entre Alice Schwarzer, qui en 1975 avait osé mettre sur la place publique la sexualité féminine avec son livre La Petite Différence et ses Grandes Conséquences, et la sociologue Moni-ka Jaeckel, qui prône «les centres pour les mères» avec toutes les commodités voulues pour vivre pleinement sa maternité, le fossé se creuse et le débat est loin d'être achevé.C'est autour de la famille, du mariage, de la maternité que s'organise encore l'essentiel de la vie des Allemandes, même si depuis Alice Schwarzer: So fing es an! Die noue Frauenbewogung 1979 le gouvernement fédéral autorise une travailleuse à prendre quatre mois de congé supplémentaires à l'occasion de sa maternité, sans pour autant perdre son emploi.Les LA VIE EN ROSE 28 mai 1986 pères et les parents adoptifs sont encore exclus de cette nouvelle loi.La tendance serait-elle de confirmer une fois de plus les femmes dans leur rôle de mère?Toutefois, de plus en plus de femmes remettent en cause cette «nouvelle maternité», semblent déçues par le mariage: deux tiers des divorces sont demandés par les femmes, surtout depuis que le divorce par consentement mutuel a été accordé, en 1977.Maintenant, une femme mariée peut garder son nom, mais en général elle et ses enfants prennent encore celui de l'homme.Les mentalités évoluent sans doute moins vite que les lois, et le clivage entre le nord et le sud de l'Allemagne, bastion du conservatisme, demeure une des caractéristiques de ce pays.Reste Berlin, iceberg occidental au milieu de la RDA (République démocratique allemande), où tout semble plus facile, plus libre, plus avancé.Même si vous avez l'impression de vous cogner continuellement à ce mur aux barbelés évocateurs, tout est fait pour vous encourager à rester, comme si les Allemand-e-s voulaient oublier que leur pays est coupé en deux.Les néons brillent, le Kudamm (la rue principale de Berlin Ouest) est toujours surpeuplé et en effervescence, les cafés pullulent.C'est à Berlin qu'a débuté Nina Hagen, c'est ici que la mode punk a eu le plus d'influence.Je me souviens de ce petit café, le Blocks-berg, «gemutlich2» comme diraient les Allemandes, où les femmes se retrouvaient pour «manger, boire, danser, jouer au flipper ou aux «sorcières».Créé en 1975, ce café, point de rencontre des féministes berlinoises, est vite devenu le lieu privilégié de toutes les féministes allemandes mais aussi le point de mire de l'État.En 1977, une véritable chasse aux sorcières fut orchestrée par les forces policières, pendant ce qu'on a appelé l'«autom-ne allemand».C'était l'époque où une grande vague de répression s'abattait sur le pays, suite à l'assassinat de l'industriel Schleyer à Stuttgart.L'amalgame entre féministes et terroristes ou sympathisantes ne s'était pas fait attendre.Quelques mois plus tôt, au printemps 1977, des milliers de femmes étaient descendues dans la rue pour revendiquer le droit de sortir la nuit sans se faire agresser, et pour combattre le viol ou la violence faite aux femmes.Depuis, un centre d'urgence pour femmes violées a vu le jour à Berlin et une cinquantaine de maisons pour femmes battues se sont ouvertes dans toute l'Allemagne.Il s'agit dans presque tous les cas de réalisations autogestionnaires.Il faut dire qu'une femme est violée tous les quarts d'heure en RFA et que, sur 7 000 viols dénoncés, 700 violeurs seulement sont condamnés.C'est aussi à Berlin que les femmes ont commencé à se préoccuper d'elles-mêmes et de leur santé.Le premier centre de santé pour les femmes s'est ouvert en octobre 1977, on a expérimenté de nouvelles thérapies et Clio, le journal sur la santé des femmes, continue de divulguer ces tentatives.Partout, en ville ou à la campagne, plus d'une centaine de centres de femmes, lieux de rencontres et d'échanges, ont été ouverts.Il existe plus d'une trentaine de librairies de femmes, dont trois pour la seule ville de Berlin.On dénombre actuellement «83 groupes de femmes pour la paix, 77 projets dans le domaine de l'édition et des journaux, 56 projets dans le domaine culturel (pièces de théâtre, littérature, arts, film, vidéo.), 33 projets liés à la recherche féministe et 18 maisons de vacances pour les femmes3».C'est encore à Berlin qu'on retrouve le Centre de recherche, de formation et d'information féministes.Depuis 1976, les Berlinoises ont organisé des universités d'été pour les femmes, et chaque année les féministes allemandes travaillent sur un nouveau thème.Courage disparaît, Emma continue L'Allemagne fédérale peut se vanter avec Emma* d'avoir son Ms: un tirage mensuel de 100 000 exemplaires dès 1981, une audience nationale et Alice Schwarzer à sa tête.Emma se veut professionnelle et représente le courant radical du féminisme allemand, refusant catégoriquement, par exemple, «la maternité naturelle».L'apparition de ce journal ne s'est pourtant pas faite sans grincements de dents.Courage, un autre journal féministe installé à Berlin depuis 1976 (un an avant Emma), lui reprocha sa concurrence.La Bottine noire, journal théorique sur le féminisme, lança carrément un boycott contre Emma, en l'accusant «d'être une entreprise commerciale» permettant à Alice Schwarzer «d'utiliser le mouvement des femmes pour ses propres projets».La presse lesbienne berlinoise encouragea le boycott, en soulignant qu'«Emma voulait stabiliser l'hétérosexualité et la petite famille patriarcale».Courage, qui tirait en 1981 à 60 000 exemplaires, s'est éteint un beau jour de juin 1983 avec ces quelques mots: «Nous vendons le Courage.au mouvement des femmes»! Même si la controverse autour d'Emma est loin d'être close, il ne faut pas oublier que c'est grâce à ce journal que le débat sur la pornographie et l'image de la femme comme objet sexuel s'est engagé dès 1977.Pour la première fois, un journal féministe allemand a osé porter plainte contre l'un des plus grands périodiques de RFA, Stem, qui avait mis en première page la photo d'une femme nue.Emma a perdu son procès: le Conseil de presse allemand lui a répondu qu'il s'agissait en fait «d'une affaire de goût».Mais le débat, enfin public, aura au moins suscité de vives réactions chez les Allemandes.A côté de ces deux grands périodiques, une panoplie de petits journaux féministes, vendus seulement dans les librairies de femmes ou les cafés, s'est développée: des journaux locaux comme Le Forum des femmes à Munich, Contravox à Freiburg ou Klara à Essen, des journaux par et pour les lesbiennes comme UKZ («notre petit journal») à Berlin ou Partenaire d'Hélène Richter.D'autres journaux féministes se sont spécialisés dans un domaine, comme Troubadoura pour la musique, Kassandra pour les arts visuels de Berlin et Zurich, Femmes et fdm pour le cinéma.Je ne pourrais les citer tous, tellement il y en a.En tout cas, ils sont là, ces journaux, pour montrer que la presse féministe allemande se porte bien et qu'elle aakfuelle frauenzeitung ^\ URAGEO 29 Eva Maria Epple Giftige Kosmetik DDR- Frauen Sfreit um den strich stôren S toc kel s c huh - Revue den Frieden Sterben der Mutter aime aussi l'humour, comme Tangofemimsta à Berlin.Autre bonne nouvelle: à Munster, trois femmes ont monté une agence de presse.Depuis octobre 1983, elles envoient des nouvelles sur les femmes à plus de la moitié des quotidiens allemands, dans tout le pays.Les initiatives des Allemandes pour faire avancer la condition féminine en RFA ne manquent pas, même si l'argent se fait de plus en plus rare.Les soutiens de l'État s'amenuisent: surtout depuis 1980, date d'entrée au pouvoir des chrétiens-démocrates d'Helmut Kohi, on a sabré les projets de recherche féministes et les expériences pilotes.Il n'empêche qu'en 1986, les Allemands et les Allemandes prennent de plus en plus conscience des inégalités entre les sexes, et, comme on n'est jamais si bien servi que par soi-même, on peut se fier à la résistance et à la solidarité des Allemandes pour transformer un peu les choses de leur vie.Myriame El Yamani habite au Nouveau-Brunswick; elle est journaliste au journal mensuel Ven'd'est, pigiste au Réseau, à Femmes d'oxiton, etc.Depuis 1977, elle a vécu à plusieurs reprises en Allemagne, à Berlin ou Tubingen.1/ Citée dans le livre Femmes en RFA de Carole Pust, Petra Reichert, Anne Wenzel, 1983, pp.183-184.21 Agréable, confortable, sympathique.3/ Chiffres extraits du livre Femmes en RFA, p.186.4/ Ce nom serait une parodie de la pseudo-progressive Nora (du nom de la femme de Freud.), en solidarité avec la bonne vieille Emma, et non pas une allusion à Vem(m)anzipa-uon des femmes.mai 1986 LA VIE EN ROSE Actualité France Les marcheuses de l'antiracisme Peu après que Le Pen et ses supporters racistes aient gagné 10 % des voix aux élections législatives en France, le Québec formait, début mai, son propre comité SOS Racisme.Après «Touche pas à mon pote!», «Touche pas à mon-ma chum!» ?Lancé en France, le mouvement SOS Racisme est en train de s'étendre en Europe, porté, beaucoup plus qu'on ne le croit, par de jeunes femmes comme Ryma Sellami.30 mai 1986 on, les Françaises et les Français ne peuvent plus se faire d'illusions.Aux élections du 16 mars dernier, le Front national, le parti d'extrême droite de Jean-Marie Le Pen, raflait 10 % des voix, confirmant ainsi un courant minoritaire mais réel au sein de l'opinion publique: le refus de l'autre, l'intolérance.Parallèlement à la montée de cette formation politique, pour qui la France a importé ses problème en ouvrant ses frontières, s'est développé un mouvement qui, après un an seulement, présente des lettres de noblesse assez impressionnantes.SOS Racisme, un mouvement de masse comme on n'en avait pas vu depuis 1968, fait la une des journaux français et voit son porte-parole Harlem Désir reçu à l'Elysée.Son exemple fait tache d'huile dans plusieurs pays occidentaux et même au Québec où l'on assiste ces jours-ci au lancement d'un comité SOS1.Comment la France, longtemps reconnue comme terre d'asile, et aujourd'hui très divisée, s'orientera-t-elle?Par ailleurs, l'exemple français démontre qu'aucune société n'est à l'abri du racisme.C'est dans cette optique que se tient à Montréal, les 2,3 et 4 mai, le Forum organisé par l'Union française et l'Association démocratique des Français-es à l'étranger.La communauté française veut alerter ses membres face à la situation tant en France qu'ici.En collaboration avec le Mouvement québécois pour combattre le racisme et SOS Racisme Canada, les associations françaises s'intéressent donc à l'immigration et au racisme au Québec.Après avoir examiné autant les politiques d'immigration que le vécu de groupes spécifiques (femmes, jeunes, autochtones) dans différents milieux (écoles, travail), on devrait pouvoir élaborer des recommandations et des lignes de conduite.Au nombre des groupes participants, il y a le Collectif des femmes immigrantes.Et parmi les personnes dont l'apport au Forum sera précieux, on note Mme Juanita Westmore-land-Traoré, présidente du Conseil québécois des communautés culturelles et de l'immigration et Harlem Désir, un des fondateurs de SOS Racisme France2.L'automne dernier, une délégation de SOS Racisme France était de passage à Montréal, dont faisait partie Ryma Sellami, responsable de la Commission jeunesse de l'association.C'était l'occasion idéale d'en savoir plus sur l'organisme et sur la situation particulière des filles d'immigré-e-s en France.Âgée d'à peine 20 ans, Ryma est maghrébine comme la plupart des filles impliquées dans SOS Racisme.D'un succès à l'autre L'association a été fondée en 1984 par un petit groupe de copains et de copines qui voulaient réagir à ce qu'ils et elles considéraient comme une «banalisation» du racisme dans leur pays.La montée du Front national, qui désigne les immigré-e-s comme responsables de la crise économique et qui alimente les campagnes de haine contre les communautés issues de l'immigration, les a aussi incité-e-s à tirer la sonnette d'alarme.Car, dit Ryma, «la jeunesse vivait quelque chose de différent».L'objectif était de créer une organisation de masse et de trouver un moyen par lequel toutes et tous se sentiraient impliqué-e-s.Une fille a lancé l'idée d'un macaron.C'est le maintenant célèbre «Touche pas à mon pote!», qui signifie, au fond: «Attention! Celui-ci n'est pas un étranger, c'est quelqu'un qui ne m'est pas indifférent, c'est mon ami-e que tu touches.» Pas moins dedeux millions de macarons ont été vendus jusqu'à maintenant.Parallèlement, des cornas SOS Racisme sont nés partout en France: on en compte 300 dans tout l'Hexagone.La Hollande, l'Allemagne, la Suisse, la Belgique, le Danemark, la Suède et l'Italie ont emboîté le pas en créait leurs propres comités.Suite à des attentat» racistes, SOS a aussi lancé des mots d'ordre et appelé à des manifestations: «Arabes à Menton, juifs à Paris, c'est toujours nos potes qu'on assassine.» Chaque fois, les foules ont été nombreuses.W^Bftroe par cet enthousiasme, l'idée d'organiser une immense fête s'est mise à germer.Une nuit blanche en couleurs.Place de la Concorde, le 15 juin 1985, a réuni 24 artistes (dont trois femmes seulement), toutes nationalités confondues, qui ont chanté gratuitement leur espoir en un monde de tolérance.Durant 12 heures, plus de 400 000 personnes se sont pressées pour les entendre sans qu'on rapporte le moindre incident.Après la fête, on craignait une retombée.L'ascension de SOS semblait si rapide, comment maintenir un tel rythme?Mais SOS a continué sur sa lancée.Des jeunes, appelé-e-s les «voyageurs de l'égalité», sont parti-e-s dans différents pays européens.Leur mission: aller voir comment se déroulaient l'intégration, les rapports entre les différentes communautés, et comment se débrouillaient les comités SOS locaux.Au retour des messagèr-e-s, l'automne dernier, SOS organisait une marche un peu spéciale.Deux colonnes de scooters devaient sillonner la France durant 45 jours avant de revenir sur Paris pour un immense rassemblement à la Bastille.Au long du trajet, les participant-e-s des colonnes ont rencontré les comités locaux et ont fait signer une charte par laquelle les signataires (on a sollicité prioritairement les élu-e-s, les fonctionnaires de police et les magistrats) s'engageaient à faire respecter les cinq principes suivants: le droit d'aimer et d'exister librement, le droit de circuler librement et d'être traité-e avec équité par la police et par la justice, le droit de choisir librement son lieu de résidence, le droit de s'exprimer librement, c'est-à-dire de voter, le droit au travail et à la dignité.La marche est arrivée à Paris comme prévu le dimanche 8 décembre.Un autre succès.Cet hiver, SOS s'attaquait à un autre dossier, l'apartheid sud-africain, et organisait un sommet en mars, à Paris.La faute aux médias Ryma était à la lère réunion de SOS Racisme mais je n'ai jamais entendu parler d'elle.Quelle est la place des femmes à SOS?ne J^Kwna: ellefs!^ Sbccupent du journal Elles sont partout, meJfic^-Kyma: elleÇsoï trésorière, secrétaire, Bccupent du journal (sous l'oeil attentif d'un directeur), voient aux relations avec l'extérieur, son attachées de presse du président Harlem Désir.» C'est vrai, coriLede m>>n îiiierlocutricc.ces postes sqjffjïé moindre homme nouveau genre.d'analyses au même titre que la guerre dans les CLSC sur la question de l'avortement et la riposte des groupes communautaires aux programmes de création d'emplois du gouvernement fédéral.Enfin, un morceau de taille qui nous concerne particulièrement: «La Vie en rose: ne débattez pas sans elle.» Il fallait du doigté pour aborder les controverses suscitées dans certains milieux par LVR et Martine D'Amours en a démontré.On sent qu'elle s'est approprié le sujet tout en gardant le recul nécessaire pour bien en rendre compte.Cela donne une entrevue habilement menée, où les choses sont enfin claires! L'Autre Actualité offre donc un contenu intéressant.Il faudra cependant qu'elle travaille encore sa présentation parce que l'emballage, qu'on le veuille ou non, ça compte maintenant.Pour les «socialistes» et pour les autres.HÉLÈNE SARRAZIN Dans la montée en flèche des réflexions sur la condition masculine faites par la gent masculine elle-même, Les Rogers, sans être d'un révolutionnaire bouleversant, marque quelques points.Disons-le, la pièce est «cram- pante».Pour des jeux de mots, de langage.Pour le ridicule de la situation à trois, d'un vaudeville renouvelé où un célibataire récent, soutirant de force l'aide morale de ses deux amis, pique une crise de jalousie complètement hystérique parce que son ancienne amie s'est trouvé un nouveau chum.Faible comme histoire, mais cette faiblesse ouvre justement à plein de digressions, de retours sur les rapports hommes-femmes.On ne sent pas la lourdeur de la nouvelle idéologie masculi-niste, mais on ne sait pas très bien non plus sur quels acquis repose la pièce.Les Rogers fait sentir, du début jusqu'à la fin, le malaise de ces hommes dont les réactions affectives contredisent la modernité de leurs propos.Une scène est particulièrement révélatrice.Celle, très courte mais intense, où la folie du «cocu» entraîne les trois amis dans un «concours du plus macho»: de boutades cyniques en rires paranoïques, les accu- — petite auberge en ^ nouvelle angleterre À seulement 3 heures de route de Montréal, dans les montagnes blanches du New Hampshire, le HIGHLANDS INN vous offre tout le confort et le charme tranquille d'une gracieuse auberge de campagne Vous attendent: des montagnes à perte de vue sillonnées de pistes de randonnée; cent acres de terrain privé avec piscine et bain tourbillon (terrains de golf et de tennis à proximité).Des chambres meublées d'antiquités, des pièces communes spacieuses avec foyer, bibliothèque et piano.Cette année, prenez rendez-vous avec la montagne.Aubergistes : Judith Hall Grace Newman P.O.Box 118 a Valley View Lane Bethlehem, N H 03574 (603) 869-3978 Voyage dans le monde des choses Travaux photographiques récents de Raymonde April 29 mars au 18 mai Jean-Charles Biais/ Gérard Garouste Peintures et dessins 29 mars au 18 mai Expositions organisées par le Musée d'art contemporain de Montréal MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Le Musée d'art contemporain est subventionne par le Ministère des Affaires culturelles du Quebec et les Musées nationaux du Canada mai 1986 57 LA VIE EN ROSE Flash sations jaunes fusent.Petit règlement de comptes où l'ego de chacun montre ses faiblesses.Somme toute, Les Rogers est une pantomime de ces hommes qui questionnent le désir dans l'absence même de ces femmes avec lesquelles ils construisent la scène imaginaire de leur vie de couple.Pantomime qui, encore à la manière des «gars», remplace le discours de la confidence.Une coproduction du Théâtre du Nouvel-Ontario, du Théâtre d'ia Vieille 17 et des Productions Jean-Claude Les-pérance, cette pièce a été écrite et est interprétée par Robert Bellefeuille, Jean-Marc Dalpé et Robert Marinier.Elle sera peut-être en tournée à l'automne.Line McMurray Celle (Woopi Goldbert) et Mr.(Danny Glover) dans «Trie color purple» Cinéma A A Lu Rendez-vous du cinéma québécois, les cinéastes Diane Letourneau et Luce Roy se sont mérité respectivement les prix du meilleur moyen métrage (pour Une guerre dans mon jardin) et du meilleur court métrage (pour Téléphone).Félicitations! Llice à la guimauve The Color Purple, de Steven Spielberg, d'après le roman d'Alice Walker, É.-U., 1986.Alors qu'il produisait simultanément Goonies, Back to the Future et Young Sherlock Holmes, Steven Spielberg décida de réaliser lui-même The Color Purple.Le scénario est adapté d'un roman d'Alice Walker, cette écrivaine américaine dont Gloria Steinhem a dit qu'elle doit sans doute à la couleur de sa peau d'être si peu connue du public1.L'histoire est celle d'une femme noire qui résiste avec les moyens du bord à la domination du père, du mari, du pouvoir mâle dans la Géorgie du début du siècle.Mais Spielberg a choisi de tourner en Caroline du Nord: «La Géorgie, dit-il, nous offrait un décor plus vrai.Mais il n'était pas aussi joli que cette ferme que nous avions dénichée en Caroline du Nord2.» Bien sûr, il est de pratique courante au cinéma de ne pas tourner sur les sites réels qu'on veut suggérer.Mais lors- que le choix se fait en fonction de la joliesse du décor, on peut s'attendre à un film.joli.Et c'est précisément ce qu'il est advenu de cette oeuvre forte et intelligente: une grande vue larmoyante, qui baigne un peu trop dans le sirop et les flonflons d'une musique à la guimauve.De ces beaux personnages lucides et indomptables, il ne reste plus que des caricatures, sympathiques certes, mais qui, entre le roman et le film, ont perdu la moitié de leur âme.La résistance patiente de Celie, par exemple, devient trop souvent mollasse et pleurnicharde.Et quand le film essaie de nous distraire avec ses gags, gros comme des autobus, on s'ennuie de l'humour fin et subversif de Walker.Ceci étant dit, je m'en voudrais de vous dérou-rager tout à fait d'y aller.ne serait-ce que pour voir Whoopi Goldberg qui, dans le rôle de Celie, fait une merveilleuse première apparition à l'écran.Et si vous percevez dans cette histoire une saveur invitante, courez vite acheter le livre! Votre plaisir y sera décuplé! Diane Poitras 1/ Mais avec The Color Purple, Alice Walker a remporté le Prix Pulitzer! 2/ American Cinematographer, février 1986.COLLECTION PRINTEMPS NOUVELLE COLLECTION POUR HOMMES cinema « libres 1976- 1986 Dix ans déjà! Serez-vous de la fête?À la Cinémathèque québécoise du 20 au 25 mai.Distributeur de films et vidéos 4872 Papineau, Montréal, (Qc) 526-0473 O.ëorr\0«£S pffWtr cÂa&kS, ckaJz 4358 dit (U, KocAe Montréal 521-9491 LIVRAISON GRATUITE la vie en rose 58 mai 1986 calendrier SPECTACLES Joe Bocan sera au Spectrum les 16 et 17 mai prochains.Informations: 861-5851.Le Centre d'essai de l'Université de Montréal présente du 19 Joe Bocan ÉVÉNEMENTS L'Université de Montréal offre jusqu'à la fin mai un atelier de formation en photo couleur, ouvert à tous-toutes les amateur-e-s ayant une connaissance du laboratoire noir et blanc.Pour informations, Errol Duchaine au 343-6524.La Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce (3755, rue Bo-trel) propose du 7 au 25 mai «La reliure d'art: rencontre américano-canadienne».L'entrée est libre.Informations sur les heures d'ouverture: 872-5582.au 31 mai «Most Modem», un groupe d'artistes qui tente de lier au mouvement l'expression orale.Les billets seront en vente au guichet du Centre d'essai.Pour réservations: 272-4238.Chantal Beaupré présente son spectacles «Mères et filles» à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal (465, Mont-Royal Est) le 7 mai.Elle interprétera des textes de Michel Tremblay ainsi que ses propres compositions.Elisabeth Le Normand, soprano, sera à la Maison de la culture Côte-des-Neiges le 21 mai à 20 h.L'entrée est libre.Geneviève Paris sera à la Maison de la culture Maisonneuve le 12 mai.Le 26 du même mois, la Maison présente Marie-Claire Séguin.L'entrée est libre.Informations: 872-2200.THÉÂTRE À VEskabel, le 19 mai prochain, on pourra voir «Tête d'affiche 1900 ou La divine Ro-salinde de Montpensier comédienne et rivale de l'autre.Sarah Bernhardt!» Un texte de Simon-Patrick Mainville interprété par Maire-Renée Patry et mis en scène par Gaston Michel.Informations: 387-2055.Tess Imaginaire présente «Time Actor», spectacle multi-disciplinaire qui traite de l'angoisse humaine par rapport au temps, à la salle Fred Barry, du disciplinaire qui traite de l'angoisse humaine par rapport au temps, à la salle Fred Barry, du 7 au 31 mai, à 20 h 30, du mercredi au dimanche.Le théâtre Zoopsie se lance cet été dans «Montréal, série noire», un spectacle/visite gui- EXPOSITIONS La Maison de la culture Maisonneuve (4120, rue Ontario Est) présente du 9 mai au 1er juin les oeuvres de Gabrielle Potvin, peintre.À la Maison de la culture Côte-des-neiges (5290, Chemin de la Côte-des-Neiges), on peut voir du 24 mai au 15 juin, 35 à 40 sérigraphies d'artistes latino-américain-e-s.La Maison de la culture Marie-Uguay (6052, boul.Monk) présente jusqu'au 4 mai une exposition de dessins du Centre d'accueil pour personnes handicapées intitulée «Réadapt'art».Interface III présente 22 oeuvres réalisées par des équipes de créateurs-trices en arts visuels sous le thème «Artiste Power».On peut voir cette exposition jusqu'au 11 mai, tous les jours dée dans les rues de la métropole.Quatre heures de «polar en autobus» pendant lesquelles se mêlent fiction et faits historiques pas toujours véridiques.Pour informations: 525-9474.Le théâtre de La Marmaille est en tournée dans les villes de New York, Toronto, Halifax et Providence (Rhode Island) jusqu'au 2 juin.Il présente les pièces «Pleurer pour rire» et «L'Umiak».Le Théâtre de Quartier propose un atelier sur l'écriture théâtrale.Animée par Pierre Dro-let, cette session intensive aura lieu les 3 et 4 mai de 9 h 30 à 17 h.Les inscrit-e-s travailleront différents types d'écriture par le biais d'exercices pratiques et de conseils.Il en coûte 70 $ pour s'inscrire (réduction (sauf le lundi), de 11 h à 22 h, au 645, Wellington, 4e étage.Une Chambre à soi, un thème déjà exploré par Virginia Woolf et repris par deux artistes qui, en vous ouvrant les portes de leur atelier, leur «chambre à soi», vous proposent une vision différente.Du 31 mai au 15 juin, de 13 h à 18 h, du jeudi au dimanche.Lise Landry, 3921 St-Hubert, Montréal; Lise Nantel, 3738 St-Dominique, Montréal.Pour plus d'informations: Lise Landry: 514-525-2676.CINÉMA Le Y des femmes présente, le mardi 13 mai, un court métrage de Tina Horne, Si jamais tu pars, qui traite de la violence faite aux femmes, et le 20 mai, un film de Gail Singer sur l'avortement, Abortion Stories: from North and South.Ces films sont diffusés au 1255, boul.Dorchester à 12 h 15, et le prix d'entrée est de 2 $.Une période de discussion suivra.pour les chômeur-euse-s, as-sisté-e-s sociaux-ales et étu-diant-e-s: 843-3338.Le Festival du mime, le festival qui fait du bruit, propose cette année 12 spectacles et 23 représentations sur scène de productions nationales et internationales, du 22 mai au 31 mai.On y verra, entre autres, Dimitri, clown-musicien suisse, Les Acrobates de République populaire de Chine ainsi que The Adaptors, des États-Unis, qui parodient à leur façon la société américaine.Les spectacles seront présentés dans les salles de l'Université du Québec à Montréal, au complexe Desjardins et au Spectrum.Pour plus de renseignements, 842-3851.Si vous déménagez.Collez ici l'étiquette portant votre ancienne adresse et votre numéro d'abonnée Nouvelle adresse Nom_ Adresse.Ville_ Code Postal.N° d'abonnée_ SVP.Faire parvenir ce formulaire à : La Vieen rose, 3963 St-Denis.Montréal, QC.H2W2M4 mai 1986 59 LA VIE EN ROSE Abonnez-vous à La Vie en rose, économisez jusqu'à 49 % sur le prix de vente en kiosque et obtenez gratuitement cette jolie pendulette, à l'effigie de La Vie en rose.Petite, légère, pratique elle vous suivra partout; bref, elle vous sera aussi fidèle que vous.à La Vie en rose.1an -f A(S 2ans r)r)A Wnuméros i}JJS 20numéros .\.^7K (36 % de réduction B w *r (44% de réduction) w W y* sur le prix en kiosque) Simone de uvoir FIN ET SUITE par Hélène Pedneault il y a des destins privés.La majorité des gens, au cours de leur vie.I éprouveront du plaisir et de la douleur, et finiront, comme ils et elles sont I venu-e-s.dans l'anonymat.C 'est notre lot, parait-il, de finir avant même de savoir ce que nous faisions ici.Et toutes nos histoires restées inconnues sont authentiques.Pareillement authentiques.Elles sont la chair du monde qui n'existerait pas sans tous nos petits destins privés.Comme dirait Suzanne Jacob, «ce sont les permanents du monde.» Et il y a des destins que j'appellerai collectifs, comme celui de Simone de Beauvoir.Ces destins aident les autres à vivre, à se nourrir, à chercher, à avancer.Il faut une force peu commune pour supporter ce genre de destin.Simone de Beauvoir avait cette force et nous l'a transmise, à plusieurs d'entre nous.Elle a décrit, agi, parlé, sans relâche, avec une conscience aiguë des conséquences de ses actes, même si elle écrivait un jour: «On ne sait jamais ce qu'on est en train de faire.» C'est vrai.Elle ne savait pas ce qu'elle allait provoquer en écrivant Le Deuxième Sexe en 1949.Elle avait 40 ans.On l'a traitée de tous les noms, on lui a lance son livre au visage.Et presque 40 ans plus tard, la majeure partie de son livre est encore d'actualité.Pourtant, en bonne intellectuelle rigoureuse, elle croyait avoir écrit un livre sur la condition féminine, sa condition à elle, avec le maximum d'honnêteté.Elle avait fabriqué une bombe.Elle-même aura mis 20 ans à s'en rendre compte.Vingt ans avant de se consacrer presque exclusivement à la cause des femmes, au début des années 70.Elle aura été comblée dans sa vie: elle a eu la beauté, l'intelligence, la capacité de transmettre des idées, la force de détendre les moins nanties, le succès, l'argent, un compagnon à sa hauteur pendant plus de 50 ans.Pour parler justice, elle nous a mille fois rendu ce qu'elle avait reçu individuellement.Nous ne saurons jamais combien de destins privés ont été influencés par l'existence de Simone de Beauvoir.Quand on est un phare, on ne sait pas vraiment ce qu'on éclaire.Surtout à l'échelle de la planète, comme elle, traduite dans toutes les langues, aussi présente au monde dans ses écrits que par ses nombreux voyages.Ce genre de destin est historique parce qu'il est généré par l'existence de tout le monde.Comme si on avait besoin, collectivement, de se choisir un être, comme on envoie un éclaireur avant les troupes.Ces êtres sont des éponges formidables qui absorbent les pulsions d'une époque, les tensions, la vie des gens à un certain moment de l'histoire; elles et ils en font des mots, des tentatives d'explication, des gestes concrets qui profitent à une multitude.Les femmes doivent beaucoup à Simone de Beauvoir.Son oeuvre continuera de parler pendant longtemps.Personne n'a pu l'empêcher de parler pendant qu 'elle était vivante.Personne ne pourra l'en empêcher après.Son oeuvre est de granit.Simone de Beauvoir, féministe.En mars 1984, La Vie en rose publiait une longue entrevue de Simone de Beauvoir par Hélène Pedneault et Marie Sabourin, accompagnée de témoignages (20 pages).Il nous reste moins de 300 de ces numéros de collection.Disponibles à LVR, à 4,95 $. VIOLA LÉGER Le vrai visage de "la Sagouïne" à rémission "VISAGE" Réalisation: Lynn Fournier.Dimanche 4 mai à 20h30 Voyez les choses.autrement! L autre 4fA Radio télévision Québec "Là ou le dialogue remplace le traditionnel monologue du vendeur." DUAL- ELIPSON-GRADO-HARMAN/KARDON-JBL-KEF- NAKAMICHI-ORTOFON - REVOLVER -TEAC
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