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Titre :
La vie en rose
La Vie en rose jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sur un ton critique et avec humour. [...]

Publiée à Montréal de 1980 à 1987, La Vie en rose est, pendant cette période, le principal magazine féministe québécois. Le premier numéro, sous-titré « magazine féministe d'actualité » et dirigé par un collectif de six femmes, paraît au printemps 1980, encarté dans la revue contestataire Le Temps fou. Autonome dès le cinquième numéro, La Vie en rose est publiée trois fois l'an jusqu'en 1984, puis huit fois l'an jusqu'en 1986, où elle devient une publication mensuelle.

S'éloignant du militantisme « pur et dur » des revues des années 1970, La Vie en rose propose, pour contrer le discours ambiant post-féministe et justifier sa pertinence et son combat, de repenser, de renouveler et de redéployer le féminisme. Pour ce faire, La Vie en rose donne au féminisme une image enjouée, évite le dogmatisme et favorise une variété de perspectives. Cette volonté de rassemblement des féministes permet une ouverture intergénérationnelle et encourage la réflexion.

Le magazine jette un regard féministe sur l'actualité politique, sociale et culturelle, sans s'aligner explicitement sur un parti ou une idéologie politique. Les thèmes abordés ne sont par ailleurs pas étrangers aux enjeux féministes : les articles traitent presque exclusivement de sujets intimement liés à la condition des femmes dans la société contemporaine. Revue indépendante, La Vie en rose tient mordicus à l'autonomie, qu'elle revendique aussi sous toutes ses formes pour les femmes québécoises.

Outre les rubriques récurrentes (l'éditorial, le courrier, les comptes rendus de films, de livres et de pièces de théâtre), le magazine propose des dossiers spéciaux qui abordent des sujets comme le travail, la langue, le pouvoir, le syndicalisme ou les lois. La Vie en rose explore parfois des questions difficiles, voire litigieuses, telles la religion, la prostitution, la pornographie et les maladies transmissibles sexuellement. Des entrevues de fond, avec des personnalités d'ici et d'ailleurs (Clémence DesRochers, Lise Payette, Diane Dufresne, Simone de Beauvoir, Christiane Rochefort et plusieurs autres), sont aussi publiées régulièrement.

Une des caractéristiques importantes du magazine est l'espace qu'il accorde à l'humour. Les caricatures et les textes ironiques en sont partie intégrante, de même que les célèbres « chroniques délinquantes » d'Hélène Pedneault (réunies ultérieurement en recueil), très appréciées du lectorat. La Vie en rose fait également une grande place à la littérature et encourage ouvertement la « relève »; elle publie le nombre impressionnant de 58 récits de fiction au fil de ses 50 parutions. Certains numéros contiennent des nouvelles portant sur un thème suggéré par la revue, alors que d'autres rassemblent des textes d'un même genre (le roman policier, par exemple), que l'équipe de La Vie en rose cherche à ouvrir à une redéfinition en vertu de paramètres féministes.

D'abord tiré sur papier journal et illustré de dessins et de photos en noir et blanc, le magazine adopte, dans son numéro de juillet 1983, un graphisme semblable à celui des revues à grand tirage et est imprimé sur papier glacé. De 10 000 exemplaires en 1981, son tirage moyen atteint ensuite près de 20 000 exemplaires par numéro.

Une combinaison de plusieurs facteurs, dont des difficultés financières dues aux abonnements insuffisants et un certain essoufflement de l'équipe d'origine, forcent La Vie en rose à tirer sa révérence au printemps 1987. Cette revue demeure encore aujourd'hui parmi les plus importantes de la presse alternative québécoise.

BERGERON, Marie-Andrée, « La Vie en rose (1980-1987) - Construction rhétorique d'un leadership », Globe - Revue internationale d'études québécoises, vol. 14, no

DES RIVIÈRES, Marie-José, « La Vie en rose (1980-1987) - Un magazine féministe haut en couleur », Recherches féministes, vol. 8 no

Éditeur :
  • Montréal :Productions des années 80,1980-1987
Contenu spécifique :
septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

La vie en rose, 1986, Collections de BAnQ.

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^riCtronique HAUTE FIDÉLITÉ 9343.Lajeunesse Montréal, Québec Canada.H2M 1S5 (514) 389-1377 son on Centra de haute fidélité 7339, Saint-Zotique est Ville d'Anjou Province de Québec H1M 3A5 "Là ou le dialogue remplace le traditionnel monologue du vendeur." DUAL- ELIPSON-GRADO-HARMAN/KARDON-JBL-KEF- NAKAMICHI-ORTOFON-REVOLVER-TEAC Editorial Le syndrome du KGB Gloria Escomel Courrier_ Commentaire La catastrophe désamorcée Danielle Fiset Chronique délinquante Y a-t-elle une artiste dans la salle?Hélène Pedneault Actualité féministe Congrès du NAC Un automne chaud Carole Beaulieu La Vie en rose, état de santé Françoise Guénette Femmes de science Sortir de l'ombre Natalie Boisseau Ces invisibles néo-Québécois-es Gloria Escomel SOMMAIRE LE MAGAZINE FÉMINISTE D'ACTUALITÉ n° 38 septembre 1986 Communiqués 17 Entrevue 18 Elisabeth Badinter L'avenir androgyne Diane Tremblay International 36 Nicaragua Toucher l'espoir du doigt Françoise David, Francine Pelletier Fiction 42 Dans le silence qui suivit Germaine Dionne Cinéma «Le Déclin de l'empire américain» Match nul 45 Francine Pelletier Quelques bonnes nouvelles 46 Diane Poitras Arts 48 Landry et Nantel Deux chambres à soi Sylvie Roche Théâtre Quinzaine internationale du théâtre Vol au-dessus d'un poulailler 50 Josette Giguère Tanzi Le ring des sexes 52 Josette Giguère Flashes S3 septembre 1986 PARLEZ-VOUS FRANÇAISE?Alors vous faites partie de ces féministes qui, comme Louky Bersianik et Louise Harel ici, Benoîte Groult en France, ne craignent pas de réinventer un langage moins sexiste.Au risque de paraître ridicules ou précieuses.Avez-vous l'impression que l'État, les boubous-macoutes ou les voisins vous pourchassent?Vous êtes victime du SYNDROME DU KGB.Ripostez.Croyez-vous vraiment que LA GUERRE DES SEXES n'aura plus jamais lieu?Lisez ELISABETH BADINTER, décodez LE DÉCLIN DE L'EMPIRE AMÉRICAIN, allez voir TANZI et nous en reparlerons.22_ PARLEZ-VOUS FRANÇAISE?23_ LA REVANCHE DU E MUET Lynda Baril, Hélène Levesque 26_ COMME EN LANGUE ÉTRANGÈRE Françoise Guénette 30_ UN CRIME DE LÈSE MASCULIN Benoîte Groult 33_ PAS RIDICULES, CES PRÉCIEUSES Lynn Lapostolle 34_ LA GRAMMAIRE INTÉRIEURE Susanne de Lotbinière-Harwood LA VIE EN ROSE éditorial a meute aboie vers la proie qu'on lui désigne.Et la chasse à courre, aujourd'hui, traque les assisté-e-s sociaux-ales, menu gibier qui ne mord pas comme les grands fauves.En un mois, au début de l'été, 1 750 chiens ont signalé des «fraudes» et la panique de se voir dénoncé-e ou débusqué-e a suscité un élan de sincérité également sans précédent.Et tout le monde de se féliciter du succès de l'opération déclenchée par le ministère de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu.Les chiens d'une vraie meute, au moins, ont droit à la curée.Les délateurs-trices, ici, n'ont pas d'autre récompense que celle de s'être bassement vengé-e-s ou d'avoir reçu l'appellation «d'honnêtes citoyens» par au moins un ou deux journalistes.Mais, comme l'écrivait Pierre Foglia, il y a des vertus qui puent.Vertu?Quel «courage, force physique ou sagesse» y a-t-il dans la délation?Aucune.Il suffit de passer un coup de téléphone: même pas besoin de se nommer, ni de se montrer.Allez par contre vous plaindre d'être lésé-e dans un de vos droits, par exemple à la Commission des droits de la personne: on vous demandera de venir sur place remplir un questionnaire.Combien de dénonciations y aurait-il eu s'il avait fifllu se déplacer et se nommer?En ce qui concerne le principe, on ne peut pas nier que tant de complaisance des autorités envers la délation est un encouragement implicite.Comme la couverture des médias peut l'être aussi.Les fonctionnaires, qui font remarquer qu'il y a toujours eu des dénonciations de «voisins» ou «d'amis», sont étonnés par l'augmentation spectaculaire d'appels depuis la fin mai.«Il y a 42% de fraudeurs!», affirmait un rapport ministériel.Quelle aubaine! Mais qui définit le seuil de la fraude, sinon ceux qui établissent les règles du jeu?On veut nous obnubiler avec les cas spectaculaires et singuliers d'individus qui, comme N.Tremblay, cumulent 12 identités et 6 000 $ par mois, pour détourner notre attention des cas innombrables de bénéficiaires du BS qui arrondissent leurs maigres prestations d'un peu de travail au noir.Comme le fait remarquer Madeleine Bouvier, directrice générale de l'Association des familles monoparentales (dont 80% des membres sont des femmes): «Un peu de couture par-ci, un peu de gardiennage par-là, c'est ce qui fait toute la différence.Or, 50 $ gagnes au noir suffisent à vous faire perdre la totalité des prestations.L'expérience nous a démontré que les seules personnes ayant réussi à se sortir du BS sont celles qui se sont aidées par un peu de travail non déclaré.» Qu'elles soient en contradiction ou non avec la Charte des droits et libertés, les visites des «boubous-macoutes», ces violations du domicile, sont odieuses.Surtout pour les femmes: à guetter le moindre rasoir ou vêtement masculin dans la maison, pour mettre la main sur un «pourvoyeur» _ quelconque, on les traite toutes comme des | putains.N'ont-elles pas le droit d'avoir un lj> ami sans que celui-ci soit automatiquement s un bailleur de fonds ou un conjoint de fait?f Toute vie amoureuse est-elle automatique- t ment vénale?Certes, il y a des abus.Il y en a partout.| Mais les subventions données aux entrepri- = septembre 1986 LA VIE EN ROSE 4 Le syndrome du KGB Jusqu'à quel point un gouvernement a-t-il le droit d'aller pour régulariser la conduite des individu-e-s?Est-il sain, par exemple, qu'un Etat américain comme la Géorgie, dans la foulée de la croisade morale post-reaganienne, interdise la sodomie et la fellation entre adultes consentants, s'infiltrant ainsi dans le domaine pour un temps sacré de la vie privée?L'Etat n'a rien à faire dans les chambres à coucher, plaidait Pierre Elliott Trudeau à l'époque d'un bill omnibus demeuré célèbre.Aujourd'hui, pourtant, il arrive qu'on fouille les chambres et placards de certain-e-s, en grande majorité des femmes.Et la population, consultée après coup, semble d'accord avec cette opération destinée d'abord à économiser quelques dollars aux contribuables1.Les «fraudeurs» et «fraudeuses» de l'aide sociale, car c'est d'elles et d'eux qu'il s'agit, sont visité-e-s de plus en plus à la suite de plaintes, c'est-à-dire de dénonciations de leurs voisin-e-s bien intentionné-e-s.Bien intentionné-e-s?Gloria Escomel questionne ici l'immoralité profonde d'une pratique de plus en plus courante dans le processus judiciaire: la délation.par Gloria Escomel ses, pour la création d'emplois par exemple, font-elles l'objet d'autant de vérifications?Et qui, dans le grand public, pourra être en mesure de dénoncer les abus commis à ce niveau?Qui, dans le Gouvernement, aura le courage de s'en prendre à des hommes d'affaires?Qui aura, par exemple, le «courage politique» de couper le salaire à vie des députés réélus, une fois qu'ils n'exercent plus leurs fonctions?Ou les frais de déplacement des hauts fonctionnaires?La course à la fraude peut commencer dans n'importe quel secteur.Mais on a choisi, avec les bénéficiaires du BS, les proies les plus faciles, déjà emmaillotées dans des définitions tellement étroites de la fraude qu'elles sont induites, par le système lui-même, à frauder pour vivoter un peu mieux.Nos anciens ministres et députés (élus deux fois) sont aussi des assistés sociaux payés à même nos impôts.Mais ils ont maintenu les règles du jeu leur assurant une rente à vie, même si la plupart sont casés ailleurs et ont un double emploi.Pourquoi ne pas dénoncer, pendant qu'on y est, tous ceux qui, malgré un taux de chômage atteignant 11,5%, cumulent salaires et honoraires, charges et postes rétribués?Parce qu'ils rapportent des impôts intéressants, pardi! Libre à eux, et à elles, de s'échiner pour en payer davantage.Plus difficiles à dénoncer, les grands, parce que protégés par les lois, les relations, leur habileté à se défendre.Le syndrome du KGB commence par là: un gibier facile.Demain, ce sera comme dans certains États américains: les voyeurs se mettront à dénoncer les lectures porno et les pratiques sexuelles de leurs voisin-e-s, homosexuel-le-s ou non.Le gonflement du réseau des indicateurs de police coûtera les yeux de la tête et nous nous demanderons ce qu'on fait de nos impôts.Certes, toute dénonciation n'est pas mauvaise.La police ne peut être partout en même temps, heureusement ou malheureusement.Qui d'autre que des voisin-e-s peuvent l'alerter en cas de femmes battues, d'enfants maltraités, de voies de fait?Mais il s'agit là de prêter assistance à des personnes en danger, à des victimes réelles, comme d'ailleurs la loi nous y oblige tous, toutes.Dénoncer son voisin batteur d'enfant n'est pas la même chose que dénoncer son voisin assisté social et plombier d'occasion.De même, les comités de surveillance de quartier, si efficaces contre les vols à domicile et de plus en plus populaires, fonctionnent sur la base de dénonciations.Mais où finit le sens civique et où commence l'injuste délation?La ligne de démarcation est fluctuante, que l'on pourrait peut-être tracer en interrogeant sa conscience: Où est mon intérêt personnel?Vengeance?Dépit?Le service rendu à mon voisin, ma voisine?Mon besoin de bien me faire voir par les autorités?Ou celui d'affirmer, enfin, ma puissance?Il Selon un sondage CROP effectué entre le 4 et le 14 juillet pour le compte du ministère de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu, 81% des Québécois-es interrogé-e-s se disaient d'accord avec les visites à domicile.Rapidement, la Ligue des droits et libertés, le Front commun des assistées sociales et assistés sociaux et la Coalition for the Rights of Welfare Recipients ont toutefois contesté la méthodologie et les résultats de ce sondage réalisé en pleine période de propagande antifraude.5 LA VIE EN ROSE septembre 1 986 Courrier Ferveur ravivée À moi toute seule, je ne peux promettre d'apporter le cœur manquant.mais seulement une goutte de vie jointe à celle des autres, en toute sororité: je m'abonne à La Vie en rose.Et cela d'autant plus joyeusement que j'ai été impressionnée par la qualité de l'article sur les Chinoises.Si la Chine, pour les «yuppies» de 86 et dans l'information économique, représente un vaste réservoir de consommatrices et consommateurs potentiels, plus profondément, dans des couches inconscientes, déjà elle est un «mythe» qui a inspiré tous ceux et celles d'entre nous qui avons porté les grands rêves d'égalité économique et politique et, particulièrement, le rêve d'égalité des femmes et des hommes.L'article de Françoise Guénette, par les questions qu'elle soulève, ravive cette ferveur: créer une humanité nouvelle! Lise Boucher Montréal Des sueurs froides J'ai beaucoup apprécié le numéro d'été.meurtrier.Je le relirai sûrement à petites bouchées.Je suis heureuse de constater que vous pourrez continuer à nous «déranger» dans les mois à venir.Les Québécoises et les Québécois ont prouvé qu'ils étaient généreux lorsque quelque chose leur tient à cœur.Au besoin, faites encore appel à nous.Michèle Ali Je ne renouvellerai pas mon abonnement.Le magazine devient de plus en plus ennuyant et insignifiant.J'essaie d'encourager les publications canadiennes et, pendant un certain temps, j'ai espéré une amélioration.Mais votre dernier numéro a complètement brisé mes attentes.Page après page, des histoires de détective! Je ne m'intéresse plus guère ni à Christie, ni à Highsmith.Si je voulais lire ce genre de littérature, j'irais en acheter.Si vous vous décidez un jour à redevenir sérieuses, peut-être vous relirai-je.Lucette Hansen Chevery La vraie Rosa Luxemburg J'ai relevé une erreur assez importante dans l'article de Diane Poitras (LVR, été 86) sur Von Trotta et Rosa Luxemburg.Elle qualifie cette dernière de «révolutionnaire anarchiste» quand elle fut, toute sa vie, consciente et militante, une marxiste révolutionnaire, donc une opposante irréductible de l'anarchisme.Rosa Luxemburg (1871-1919), d'origine juive polonaise, fut l'une des fondatrices du SDKPIL (Parti social-démocrate du Royaume de Pologne et de Lituanie), parti affilié pendant un certain temps au POSDR (Parti ouvrier social-démocrate de Russie) dont l'un des dirigeants principaux était Lénine.Naturalisée allemande en 1893, professeure à l'école centrale du SPD (Parti social-démocrate allemand), elle organise dès août 1914 la lutte contre l'appui du SPD à l'effort de guerre de sa bourgeoisie et fonde le groupe «Internationale».Ce groupe deviendra la Ligue spartakiste qui, elle-même, devint le Parti communiste d'Allemagne.Emprisonnée pendant la guerre de 1914-18, elle est libérée par la révolution et assassinée le 15 janvier 1919 par la contre-révolution momentanément victorieuse.Ses assassins, le hussard Runge et le lieutenant Vogel, n'eurent qu'une condamnation de deux ans de prison.Le responsable de son assassinat, le «socialiste» réformiste Noske, ministre du gouvernement, ne fut jamais inquiété.La Rosa Luxemburg do Margarethe von Trotta Elle fut l'une des figures les plus importantes du mouvement ouvrier de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, tant en Pologne, en Allemagne, en Russie qu'au niveau international (voir son rôle et son activité au sein de la Deuxième internationale ainsi que ses écrits sur l'impérialisme).Paul Frôlich, l'un de ses compagnons d'armes, a écrit une des plus belles et des meilleures biographies de sa vie (publiée ÉQUIPE DE DIRECTION: Camille Bachand, Françoise Guénette, Andrée Lafortune, Lise Moisan, Greta Nemiroff, Francine Pelletier • RÉDACTION: Louise Bessette, Françoise Guénette • COMITÉ DE RÉDACTION: Carole Beaulieu, Martine D'Amours, Marie-Claire Dumas, Gloria Escomel, Yolande Fontaine, Françoise Guénette, Hélène Lévesque, Hélène Pedneault, Francine Pelletier, Diane Poitras, Hélène Sarrasin, Marie-Claude Tré-panier • ADMINISTRATION: Johanne Isabelle • DIRECTION ARTISTIQUE: Sylvie Laurendeau • COLLABORATION: Lynda Baril, Carole Beaulieu, Josée Boileau, Natalie Boisseau, France Boisven, Françoise David, Susanne de Lotbinière-Harwood, Germaine Dionne, Gloria Escomel, Danielle Fiset, Josette Giguère, Nancy Huston, Louise Labbé, Lynn Lapostolle, Hélène Lévesque, Laurence Orillard, Hélène Pedneault, Francine Pelletier, Diane Poitras, Denise Proulx, Nathalie Riel, Sylvie Roche, Monique Roy, Diane Tremblay • ILLUSTRATION: Bruneau, Suzanne Côté, Thérèse God-bout, Diane O'Bomsawin • PHOTOGRAPHIE: Suzanne Girard, Louise Lemieux • MAQUETTE: Diane Blain, Sylvie Laurendeau • CORRECTION : Dominique Pasquin • COMPOSITION: Concept Médiatexte inc.• PELLICULAGE: Graphiques HI Ltée • IMPRESSION: Imprimerie Canadienne Gazette • DISTRIBUTION: Les Messageries de presse Benjamin Ltée: 645-8754 • PUBLICITÉ: Claude Krynski: 843-7226 • ABONNEMENTS: 1 an, 10 numéros: 19 $; 2 ans, 20 numéros: 33 $; 3 ans, 30 numéros: 45 $.Tarif international par voie de surface: 30 $, par avion: 44 $ Anne-Marie Cormier: 843-8366 • LA VIE EN ROSE est subvendonnée par le Conseil des ans du Canada, par le ministère des Affaires culturelles du Québec, et par le Secrétariat d'État, Programme de la femme • LA VIE EN ROSE est publiée par les Productions des années 80, corporation sans but lucratif.On peut nous joindre de 9 h 30 à 17 h au 3963, rue Saint-Denis, Montréal H2W 2M4, ou en téléphonant: (514) 843-8366 ou 843-7226.Copyright 1986 - LA VIE EN ROSE.Tous droits de reproduction et d'adaptation réservés.Dépôt légal: Bibliothèques nationales du Québec et du Canada ISSN-0228-5479.Indexée dans Radar et membre de l'Association des périodiques culturels québécois.Courrier de T classe: 5188.Commission paritaire 4 067 CDN.LA VIE EN ROSE 6 septembre 1986 en français chez Maspéro et en anglais chez Monthley Review Press).Il y réhabilite ses idées et son activité face aux sociaux-démocrates et aux staliniens qui tentaient de dénaturer son œuvre et sa vie, bref qui tentaient de l'assassiner une deuxième fois.Richard Poulin Hull J^ouer sur deux tableaux Dans son article sur la Charte des droits de la personne (LVR, été 86), Andrée Côté semble mettre en opposition les poursuites judiciaires et les stratégies alternatives.Or, Action travail des femmes voit les choses autrement.Si dernièrement nous avons pu faire des pressions pour forcer la Société de transport de la communauté urbaine de Montréal à modifier des critères d'embauché discriminatoires, c'est parce que la STCUM avait peur d'être poursuivie comme l'a été le Canadien National.Pour cette raison, nous voyons les deux types d'action comme complémentaires et nous croyons qu'il faut continuer la lutte pour l'égalité en jouant sur les deux tableaux.Carole Wallace action travail des femmes Montréal Relance J'ai reçu la bonne et la mauvaise nouvelle.L'éditorial m'a toutefois laissée perplexe.Nous sommes saisies d'un diagnostic de «l'affaire», mais outre le constat quant à la cible, au marché potentiel et au financement, les pistes de solution (face-lift, changement de fonctionnement.) me semblent restreintes, fort à court terme et peut-être hors d'ordre.Pourquoi ne pas inviter les abonné-e-s à devenir «membres-actionnaires» de La Vie en rose, leur permettant ainsi de s'impliquer autrement qu'en envoyant les listes d'amies ou des dons ponctuels?Peut-être cette hypothèse a-t-elle déjà été envisagée, mais on n'en sait rien.Comme abonnée, j'aimerais être mieux informée et, sans prétention, participer de plus près à la relance de La Vie en rose.Josée Paquette, MBA, Sainte-Foy ots d'amour.Acceptez ce petit chèque et mes meilleurs vœux.Il faut que vive La Vie en rose] Le besoin est réel.Ici.Maintenant.La plupart de vos lectrices et lecteurs partagent mon avis.Je suis sûre que je n'aurai pas à faire la quête au coin des rues Saint-Denis et de Maisonneuve!!! En avant, au boulot.La Vie en rose deviendra plus forte et sera le porte-parole des femmes d'ici et d'ailleurs.Léa Roback Montréal .d'admiration J'admire la confiance que vous mettez dans vos lectrices et lecteurs pour vous donner le coup de main dont vous avez besoin pour continuer.J'admire votre désir de faire toujours mieux, de «vendre» ce que vous faites pour que ça finisse par devenir rentable, sans laisser tomber votre personnalité.J'admire votre côté un peu fou et expérimental, qui fait de vous une gang avant-gardiste, porteuse de changement, stimulante et provocatrice.Michel Venne Montréal .d'inquiétude Permettez-nous de vous signifier notre inquiétude quant au contenu de votre magazine.Depuis plusieurs mois déjà, on ne retrouve plus dans La Vie en rose les articles et les dossiers étoffés qui alimentaient notre réflexion féministe et justifiaient notre intérêt pour votre revue.Nous souscrivons tout de même à cette levée de fonds, car nous souhaitons que revive ce magazine féministe qui a, tout de même, le mérite de rejoindre le plus grand nombre de lectrices et de lecteurs.Toutefois, prenez note que nous ne pourrons maintenir notre appui si La Vie en rose ne redevient pas rapidement le reflet féministe des conditions de vie des femmes.Lorraine Bergeron coordonnatrice.Maison daccueil pour femmes en difficultés, lévis «1 enser» femme! La vie n'est pas rose du tout pour vous en ce moment.Je ressens votre angoisse et vos souffrances car nous avons connu la même chose à Voyelles (magazine féministe belge décédé en 1982 - NDLR).Mais nous n'avions que trois ans et peut-être avions-nous commencé trop en flèche.Vous, au contraire, vous avez été très prudentes, très économes et voilà que vous avez le couteau sur la gorge.Nous avions aussi fait cette étude de marché et reçu le même diagnostic: il y a un public suffisant pour une telle revue, mais pour l'atteindre, il faut du temps et de l'argent.(.) Se dire féministes?Grosse question.Là oU nous nous battons, pas question de renier ce vocable, mais dans le magazine, nous l'évitions un peu, en pensant que toute femme n'est pas capable de recevoir positivement ce terme.Nous nous présentions comme un journal pensé par, avec et pour des femmes.Penser est féministe !, et le mot apparaissait souvent dans les articles, nécessairement.Vous parlez de plus en plus et très bien des problèmes mondiaux.Excellent «penser» femme! Une rubrique qui nous avait réussi (sic): présenter une ville, même un village, à travers ses femmes, leurs travaux spécifiques, les pionnières de ceci ou cela, leurs artistes, leurs réseaux culturels et sociaux, etc.Nous avions une rubrique cuisine, très «de femme à femme», une autre sur les plantes médicinales: des douceurs pour celles que les articles rebutent au premier abord.Il paraît que même le mot croisé était accrocheur! Hélas! je parle au passé, mais qu'il n'en soit pas ainsi pour vous! Que vous trouviez un peu d'argent pour vous laisser le temps d'innover, d'élargir les centres d'intérêt.(.) De tout coeur avec vous, Marie Denis Bruxelles Notre dossier sur la presse féministe (LVR, mai 86) comportait hélas quelques oublis.Traitant de la presse féministe française, nous avons omis les Cahiers du féminisme, publiés à 2 000 exemplaires depuis 1977.Et au Canada anglais, Resources for Feminist Research/Documentation sur la recherche féministe, revue bilingue publiée à Toronto depuis 15 ans et distribuée auprès de 1 000 lectrices à travers le monde.Quant au Québec, la fiche d'identification des Cahiers de la femme (p.21 ) n'était pas tout à fait exacte.Tirage: 2 500 à 3 000 (et non 25 000!).Nombre de pages: 120.Équipe permanente: trois anglophones à Toronto, et une francophone bilingue à Montréal.Rémunération: la rédactrice en chef et une secrétaire à mi-temps.Collaboration: bienvenue et bénévole.Et en juillet, les photos de l'enterrement de Simone de Beauvoir (LVR, juillet 86, p.10) étaient d'André Lacroix et non de Josée Boileau.Quant à la date de l'événement, excusez la bévue, il s'agit du 19 avril 1986 et non du 19 mars.M septembre 1 986 7 LA VIE EN ROSE Commentaire Tchernobyl La catastrophe désamorcée Chernobyl, ça vous dit quelque chose?Allons, réfléchissez un peu: c'est ça, l'accident nucléaire survenu le 26 avril dernier en Union soviétique et dont les «méchants Russes» n'ont pas voulu parler.N'ayez pas peur, je ne ferai pas de politique, je n'en fais jamais.Vous n'aurez pas de discours «écolo» non plus, mes préoccupations écologiques se limitant hélas à ne pas jeter de papiers dans la rue, mais à attendre sagement la poubelle placée là par la municipalité.Bref, je ne suis ni pire ni meilleure que la plupart de mes concitoyennes.Dois-je ajouter que j'en ai honte?Mon intérêt s'est pourtant réveillé lorsque j'ai pris connaissance de l'accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl.Comme la plupart des gens, je m'étais, à quelques reprises, posé des questions sur les dangers de la production d'énergie nucléaire.Mais des réponses trop scientifiques ou trop évasives, de même que l'assurance qu'il était pratiquement impossible qu'une telle chose se produise, avaient réussi à me rassurer et je m'étais désintéressée du problème.Mais voilà, l'impossible s'est produit! Cet accident aurait sûrement des conséquences et je saurais lesquelles.De plus, je m'attendais à un retour du débat sur le bien-fondé de la production d'énergie nucléaire.Je me suis donc mise à lire tous les articles de journaux québécois parlant de Tchernobyl.Quelle naïveté! J'ai dû me rendre à l'évidence.On n'a toujours pas répondu à mes questions sur l'énergie nucléaire et ses dangers.Par contre, j'ai beaucoup appris sur l'hermétisme du monde soviétique, sur son refus de coopération avec le monde occidental et même avec son propre peuple.J'ironise?Que voulez-vous, j'ai été sidérée par la façon dont la nouvelle a été traitée.En effet, tout en rendant compte de l'événement, la presse écrite s'est servi du mythe du «gros méchant» (entendons ici tous les autres peuples qui n'appartiennent pas au régime soviétique) pour évacuer la réalité, c'est à dire les dangers que court la population en cas d'accident nucléaire.Dès le début, on a mis l'accent sur le manque par Danielle Flset d'informations fournies par l'URSS plutôt que sur le fait que «l'impossible» se soit produit, soit un accident nucléaire grave.Je veux bien admettre, à la décharge de la presse, que l'Union soviétique n'a pas été très communicative.Mais qu'on se rappelle l'accident de Three Mile Island, aux États-Unis, en 1979: quoique beaucoup moins important, il avait soulevé un tollé de protestations du public qui, informé par cette même presse, et bien avant d'avoir des données précises sur l'ampleur de l'accident et ses conséquences, avait remis en question le bien-fondé de l'énergie nucléaire.Cette fois-ci, pas de protestations ni de questionnements.Mais des articles insistant sur la non-collaboration de l'URSS, truffés d'expressions subjectives mettant en doute les informations fournies par les Soviétiques, les confrontant sans cesse aux suppositions de «nos experts».On insiste tellement sur cet accident nucléaire soviétique, que la lectrice ne sait plus si c'est grave parce que c'est soviétique ou parce que c'est nucléaire.Nous avons même droit à un article titré: «Manifestations en Europe contre le nucléaire russe»1.Pas contre le nucléaire, contre le mauvais nucléaire, celui des Russes.Parallèlement à ces articles sur la catastrophe de Tchernobyl, on peut lire des articles sécurisants sur nos centrales qui, elles, sont «ouvertes» et où toutes les précautions sont prise*, comme si les Soviétiques, eux, n'avaient pas pris de précautions.Plusieurs articles décrivent aussi les mesures prises par le gouvernement canadien pour nous protéger(!) des retombées radioactives: saisie aux douanes des légumes contaminés, tests de contrôle du taux de radioactivité (en prenant soin de spécifier que les taux enregistrés ne sont pas dangereux pour «l'homme»), etc.De plus, on ressort nos problèmes écologiques, les pluies acides par exemple, ce qui a un effet réducteur sur les problèmes de l'utilisation de l'énergie nucléaire.Et que dire de ce titre: «Des manifestations antinucléaires font 400 blessés en RFA»2?Les manifestations seraient-elles plus dangereuses que le nucléaire lui-même?D'autres articles, enfin, nous informent des dangers des radiations.Moins nombreux cependant, avec des titres moins accrocheurs et un emplacement beaucoup moins stratégique dans les journaux.Bien sûr, il n'aurait pas été souhaitable de créer un climat de panique dans la population en brandissant le spectre du nucléaire.Mais qui pourra m'assurer, preuves à l'appui, que nous ne courrons aucun danger si un tel accident se répète où que ce soit dans le monde?On nous a dit que les retombées enregistrées ici n'étaient pas dangereuses, mais est-ce bien vrai?Quels moyens avons-nous de le vérifier?Et si elles l'avaient été, l'aurions-nous su?Et aurait-on pu changer la direction du vent?Qui peut garantir que nos enfants ne paieront pas le prix fort?Que les déchets radioactifs entreposés ne leur rendront pas la vie intenable dans 10, 20, 50 ans?Ces questions et bien d'autres encore, les journaux ne les ont pas posées.Et c'est ainsi que, incroyablement, un accident d'une telle gravité n'a pas soulevé l'opinion publique.Et qu'il n'a même pas remis en question l'existence de nos centrales nucléaires! En perpétuant l'image de la méchante URSS versus les bons Occidentaux, en identifiant clairement «l'ennemi», on endort tranquillement la population en la sécurisant, on s'assure ainsi de son appui quelles que soient les décisions prises éventuellement par nos gouvernements.Je ne plains pas les Soviétiques ou les Ukrainien-ne-s, je plains les milliers de personnes contaminées ou irradiées à Tchernobyl, et je plains les générations à venir, qui auront à payer pour nos bêtises.Mais comme la plupart des gens, je continue à vivre comme si rien ne s'était passé.Je vais continuer à jeter mes papiers dans les poubelles tout en me félicitant d'être une bonne citoyenne.Je vais continuer à être heureuse d'être née du bon bord.Après tout, c'est chez les «méchants Soviétiques» que c'est arrivé.Le mythe est sauf, ma tranquillité d'esprit aussi.Pourtant.Danielle Fiset, étudiante à l'UQAM en études littéraires, n'a écrit ce commentaire que.«par accident».VJournal de Monfréal, dimanche, 11 mai 1986, p.9.VLe Devoir, mardi, 20 mai 1986, p.5.LA VIE EN ROSE septembre 1986 Chronique Délinquante Y a-t-elle une artiste dans la salle?ou glissement progressif de la statue au statut es artistes ne sont pas des gens comme les autres.Faut pas croire.Même si elles essaient de nous prouver que non, que c'est un travail comme un autre.Premièrement, la création n'est pas un travail, tout le monde le dit, c'est une obsession.Et l'obsession, notre société a la manie de toujours vouloir la soigner à tout prix, et qui plus est, de la guérir.C'est une obsession.On n'en sort pas.Non.Les artistes ne sont pas des gens comme les autres.La preuve?Elles ont besoin de silence.Plus que la moyenne des gens.Elles noyautent le silence jusqu'à ce qu'il avoue, jusqu'à ce qu'il crache les mots, les musiques ou les images qu'il contient.Les artistes ne sont pas des gens comme les autres parce qu'elles sont des tortionnaires, en fait.Des tortionnaires torturées, qui connaissent bien le supplice de la chaise électrique chaque jour de leur vie, même debout.Elles le cherchent même quand il y a une panne de courant.Surtout quand il y a une panne de courant.Les artistes sont aussi des contorsionnis-tes.Toutes.Même quand elles ne font pas dans le showbizz.Elles connaissent tous les trucs pour contourner le silence, les images.Elles connaissent le truc de la femme sciée en deux, de celle qui disparait dans une garde-robe hermétiquement fermée.Le truc du lapin qui se pose à la place de la colombe qu'elle croyait voir s'envoler.Le truc de la poussière, de l'appartement si sale que c'est lui qui empêche de se concentrer.Le truc du manque de vitamines ou de la chute de calcium à volonté, bien plus facile à réaliser que le truc de la page blanche qui se remplit de phrases inédites ou celui de la toile qui se peint directement avec les rayons du soleil ou les moiteurs de la nuit, ou encore le truc du spectacle qui monte comme une fleur en graine tellement ça a l'air facile qu'on dirait que tout le monde pourrait en faire autant.Presque.Les artistes ne sont pas des gens comme les autres.La preuve?Elles ont besoin de solitude.Beaucoup plus que la moyenne par Hélène Pedneault des gens.Et on sait que la moyenne est élevée.Elles doivent être «addict».Un genre de drogue.Il faut bien être une artiste (parce que les artistes ne se rendent pas compte de la réalité) pour avoir besoin de solitude alors que la solitude est déjà partout, banale, chez elle chez tout le monde.Les pieds sur notre table et le nez dans nos assiettes.Et les artistes trouvent le moyen de la convoiter à tout prix.À croire que c'est une courtisane.Même si elle n'est pas rare, même si elle ne vaut pas cher et que personne ne ferait monter les prix si on la mettait à l'encan.Les artistes peuvent au moins se la payer, c'est dans leurs moyens.Mais la majorité des gens qui lisent le journal pensent que le bottin de l'Union des artistes est rempli de Rockefeller.Rockefeller est mort de rire devant tant de naïveté.Mais les rumeurs continuent de circuler.Il n'y a pas que les artistes dans le bottin de l'Union des artistes.Et toutes les artistes n'ont pas leur nom dans le bottin de l'Union des artistes.Les peintres et les auteures n'y figurent pas.C'était un exemple que je prenais comme ça, pour illustrer mon propos.Les artistes ne sont pas des gens comme les autres.Faut pas croire.Vous avez raison de penser que ce sont des irresponsables, des insouciantes.Quand elles ont de l'argent, en général elles le flambent.Elles ne savent pas ce qu'est un REÉR (non mais.) ou si peu.Parfois elles ont des maisons, des voitures, mais faut pas croire.Ce n'est peut-être pas pour longtemps.Elles ne savent pas bien garder ce qu'elles ont.Elles dilapident.En plus, elles disent souvent de gros mots, des phrases qu'on ne comprend pas, elles nous tendent des miroirs alors qu'on n'a même pas demandé à se regarder, elles nous montrent sans prévenir des images qu'on n'est même pas habituées de voir.Les artistes ne sont pas des gens comme les autres parce qu'elles ne savent pas vivre.Elles n'ont pas le temps de vivre la vie parce qu'elles la créent, elles passent leurs grandes journées à l'inventer.C'est pas une vie.C'est pour toutes ces raisons, auxquelles j'ai terriblement réfléchi, que je pense qu'il faut vite leur donner un statut particulier.Pour les protéger contre elles-mêmes, en fait.Pas parce qu'on en a besoin.Mois, je vois ça comme un geste humanitaire.Ailleurs, à d'autres époques, on érigeait des statues à la gloire des artistes.Encore maintenant, c'est pas pareil, mais il arrive qu'on compte jusqu'à 50 000 personnes à un enterrement d'artiste.Le marbre est trop cher aujourd'hui.Ici, c'est pas pareil.Nous n'avons jamais eu de marbre, et l'importer est hors de prix.Et puis on s'est dit un jour «Je me souviens» parce qu'on connaissait notre tendance à l'oubli.On s'est pas corrigées de ce vilain travers et on a même oublié notre devise, puisqu'on a encore voté dans le rouge.Et puis les artistes, c'est bien de les sortir quand il y a de la visite, mais le reste du temps elles sont gênantes.A moins qu'elles n'aient la brillante idée d'aller se faire aimer ailleurs.Là, je ne dis pas.Les autres doivent savoir mieux que nous.Alors, un bon geste: donnez-leur un statut.C'est moins cher que le marbre importé de Carrare.Ou peut-être mieux: lisez leurs livres, faites tourner leurs chansons à la radio, faites-leur des spéciaux à la télé (pour un Gainsbourg saoul et sale et stupi-de, on devrait bien pouvoir se payer une dizaine d'artistes québécoises), remplissez leurs salles même si elles ne s'appellent pas Reggiani, Cabrel, Renaud ou Gréco.À bien y penser, ce serait peut-être mieux de les aimer que de leur donner un statut.septembre 1 986 9 LA VIE EN ROSE Actualité Féministe Congrès du NAC Un automne chaud enace d'une réforme de l'assurance-chômage excluant les femmes enceintes.Dépôt du rapport fédéral sur la garde des enfants.Premiers jugements basés sur la nouvelle loi régissant le divorce.Débat sur le projet de loi modifiant la réglementation de la pornographie.Réforme fiscale.Négociations avec le Secrétariat d'État pour améliorer le financement des groupes de femmes.Libre-échange.Quand Louise Dulude énumère tous les dossiers que les femmes devront suivre de près cet automne, on a presque le goût de fuir, loin, en souhaitant bonne chance aux lobbyistes féministes.Heureusement, la première présidente francophone du Comité canadien d'action du statut de la femme - mieux connu sous son nom anglophone de National Action Committee, NAC pour les intimes - ne sera pas seule au front.Après l'avoir boudé pendant de nombreuses années, les Québécoises ont en effet joint le CCA en nombre record lors de l'Assemblée annuelle de juin dernier, à Ottawa.«Le budget Wilson et la désindexation des allocations familiales nous ont fait réaliser l'importance du lobby fédéral, explique Lise Brunet, coordonnatrice du Regroupement des centres de femmes du Québec.Qu'on le veuille ou non, les lois fédérales nous régissent.Devant la montée de la droite, aussi bien faire front commun.Nous avons décidé de venir à plusieurs pour avoir véritablement notre mot à dire dans la machine.» Désormais à la tête d'un organisme parapluie regroupant plus de 458 groupes de femmes, une centaine de plus que l'an dernier, Louise Dulude rêve d'un mouvement encore plus large et surtout plus organisé.L'avocate de 42 ans, Québécoise de naissance, Ontarienne d'adoption, a d'ailleurs fait de cette réorganisation l'une de ses priorités.Un comité de travail formé au cours de l'été s'est déjà attelé à la tâche.Des rencontres de consultation, jumelées à une visite de la présidente, se poursuivront tout au cours de l'année.«Nous avons grandi tellement vite, explique Louise Dulude.Il faut se demander si nos structures sont encore adéquates.» Connue pour ses travaux sur la situation économique des femmes, Louise Dulude affirme que la majorité des Canadiennes partagent les idées féministes mais n'ont simplement pas été rejointes par un groupe organisé.Ex-travailleuse d'une clinique juridique de la métropole, Louise Dulude soutient que les femmes, si elles étaient mieux organisées, pourraient «écrire Louise Dulude, nouvelle présidente du NAC l'agenda politique» et même «élire la première femme première ministre du Canada».Connue aussi pour son franc parler et sa détermination, Louise Dulude dit ne pas craindre la présumée «montée de la droite»: «Le Gouvernement devra se rapprocher du centre à l'approche de l'échéance électorale, et la précampagne électorale commencera dès l'automne.Les femmes doivent donc penser, à s'organiser en prévision de l'élection de 1988.» Si la récente nomination de David Crombie au poste de Secrétaire d'État (responsable du programme de promotion de la femme) est plutôt rassurante, déclare Mme Dulude (Crombie, un Red Tory, est associé à la tendance plus libérale du Parti conservateur), celle de Barbara McDou-gall, au poste de ministre à la Condition féminine, l'est un peu moins.La députée de Saint-Paul (Toronto) est en effet connue pour être «très conservatrice», et elle détient aussi le porte-feuille de la privatisation, mariage plutôt curieux, estime Mme Dulude.Mais il n'y a pas que les législations à l'étude qui préoccupent le CCA.Il y a aussi toutes celles qui ont récemment été votées et qui, déplore Louise Dulude, vont nuire aux femmes.«La nouvelle loi sur le divorce, par exemple.Il va falloir surveiller les jugements.» La question des régimes de rente comme celle des régimes matrimoniaux et du libre-échange demeurent au cœur des préoccupations du CCA, ajoute Louise Dulude.«Le Québec a déjà été en avance en matière de régimes matrimoniaux, affirme-t-elle, mais maintenant nous sommes en retard sur l'Ontario.» Effectivement, des modifications législatives votées l'an dernier par le gouvernement ontarien font en sorte que lors d'un divorce, tout est désormais partagé entre les deux conjoints, les revenus de pension y compris.Avec le retour de l'automne, le CCA suivra aussi de près les travaux d'un comité fédéral-provincial sur la question des pensions pour les femmes au foyer.Six provinces, dont le Québec, participent à ce groupe de travail.«Tout ce qui est dans l'arène politique nous concerne, commente Louise Dulude, même le projet de loi sur les produits pharmaceutiques et surtout cette réforme fiscale qui vient d'être annoncée.Nous devons être particulièrement vigilantes.» Heureusement que Lise, Dominique, Chantai et d'autres Québécoises ont traversé le canal Rideau.L'automne sera chaud.Carole Beaulieu LA VIE EN ROSE 10 septembre 1986 La Vie en rose, état de santé ous vous demandez peut-être, l'été coulant vers sa chute, ce qu'il advient de votre magazine préféré, de ses finances menacées et de son projet éditorial ?Eh bien, nous n'avons pas encore le mot de la fin ! Dans l'éditorial du numéro de mai, nous révélions l'ampleur de nos problèmes financiers et vous demandions de contribuer à la campagne de financement lancée auprès d'individu-e-s féministes.Objectif: 200 000 $.Dans le numéro d'été, nous annoncions avec fierté et reconnaissance le succès de cette première étape de la campagne: en cinq semaines, plus de 1 500 d'entre vous, lectrices régulières ou non, abonnées ou non, nous avaient fait parvenir près de 100 000 $.Cet argent soigneusement déposé en fiducie, et intouchable (il y est toujours), nous allons maintenant solliciter auprès des gouvernements, des syndicats et d'organismes progressistes les autres 100 000 $ nécessaires pour assurer la re- VENEZ FÊTER SUR NOTRE TERRASSE! APPORTEZ VOTRE VIN 521, rue Duluth est Montréal De midi à minuit 521-4206 lance de LVR, prévue pour novembre.Car cette opération coûte cher: nouvelle maquette, achat de listes d'abonné-e-s poten-tiel-le-s, commandes de reportages, promotion spéciale (des milliers de Québécoises et de Canadiennes francophones n'ont encore jamais eu accès à LVR), etc.Aujourd'hui, deux mois plus tard et ralentissement estival oblige, ces démarches de financement se poursuivent toujours et même si nous sommes sûres.à 75 % de recueillir les fonds manquants, nous ne pouvons pas encore le garantir.C'est pourquoi votre contribution financière, si minime soit-elle, serait toujours la bienvenue1.et pourrait même influencer les résultats.Entre-temps, nous n'avons pas chômé.Réorganisation interne, plan de financement, préparation de la relance dans ses moindres détails, embauche de nouvelles employées: l'été n'a pas été si calme.Tout aussi intéressant : ces mois de crise nous en ont appris plus, sur l'état du projet et de l'entreprise, et sur nous-mêmes, comme féministes, comme employeures, comme amies, que bien des réunions et des fêtes précédentes.D'abord, vous l'avez peut-être remarqué, la composition de l'équipe a changé.Deux de nos principales «pilières» et amies nous ont quittées, à la fois pour cause de fatigue et par goût de relever d'autres défis: il s'agit d'Ariane Émond, cofondatrice, coadministratrice et responsable des relations extérieures de La Vie en rose depuis 1980, et de Louise Legault, bénévolement impliquée dans LVR depuis les débuts et directrice des finances depuis 1983.Sans elles et leur détermination, vous n'auriez sans doute jamais connu le magazine.C'est l'occasion de les remercier pour leur ténacité à exercer un travail souvent invisible et ingrat.Elles nous manquent déjà.Les tâches et fonctions ayant été redessinées, nous avons maintenant une directrice administrative, Johanne Isabelle, autrefois rédactrice en chef de Nursing Québec, la revue officielle de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, et une autre secrétaire-réceptionniste, Johanne Lessard, pour remplacer Andrée-Anne Delisle, partie se recycler auprès des jeunes (!).Aux abonnements, Marie-France Poirier revient, l'enfant réussi, rejoindre Anne-Marie Cormier.Claude Krynski, elle aussi en congé de maternité depuis quelques mois, reprend le service de la publicité.Avis aux intéressé-e-s.Après l'administration, la rédaction.Parce qu'elle veut faire plus de journalisme et moins de coordination, Francine Pelletier quitte la permanence.mais demeure au conseil d'administration et au comité de rédaction.Ce qui fait que vous la lirez aussi souvent qu'avant.Ce qui fait aussi de Françoise Guénette la (seule) rédactrice en chef.Assistée cependant d'une toute nouvelle secrétaire de rédaction, Louise Bessette, qui, pour avoir été de Presse libre et de Vie ouvrière, connaît bien la dynamique parfois stressante d'une presse d'opinion à petit budget! Quant aux collaboratrices principales, elles demeurent toutes au poste, de la chroniqueuse délinquante Hélène Pedneault à Dominique Pasquin, la correctrice d'épreuves (en passant par les Poitras, Escomel, Alonzo, Beaulieu, Sarrasin, Trépanier, etc.).Et l'aspect visuel continue pour l'instant d'être assuré par Sylvie Laurendeau, directrice artistique depuis deux ans, assistée de Diane Blain.S'ajoutera bientôt à cette équipe passablement rajeunie une directrice générale chargée de superviser tous les secteurs et d'assurer, en plus, les relations extérieures du magazine - une femme que nous prenons le temps de sélectionner soigneusement parmi quelques candidatures top secret.Voilà pour les travailleuses salariées.Mais La Vu en rose, c'est aussi, désormais.Pendant qu'au Sommet de Londres sept leaders du Commonwealth discutaient des sanctions économiques contre l'Afrique du Sud, que la dame de fer restait de fer et que Mulroney démontrait à nouveau ses talents de médiateur., l'Association coopérative d'économie familiale de Laval, de son côté, décidait d'inviter la population à boycotter les produits de l'apartheid.Saviez-vous que les compagnies Alcan, Jus FBI, Bata, Weider, Rothman's, Vins Jordan, IBM, Carling/O'Keefe, Dominion Lock, Bombardier, Rock City, Sun Life, Falconbrid-ge, Outspan, International Paints, Canadian Button et les banques Royale, de Commerce, de Montréal, de Nouvelle-Ecosse étaient liées à l'économie sud-africaine?Peut-être fumez-vous des cigarettes, buvez-vous du vin ou mangez-vous des pommes et autres produits d'Afrique du Sud! L'appel au boycott est lancé.L'ACEF de Laval vous invite aussi à lui faire parvenir un soutien financier pour cette campagne, au 231, des Laurentides, Pont Viau, Laval, Québec H7G 2T7.Tél.: (514) 663-3470.septembre 1 986 11 LA VIE EN ROSE un conseil d'administration plus fort et plus polyvalent, et un comité de rédaction élargi.Le c.a.de La Vie en rose, corporation à but non lucratif, était auparavant composé de permanentes, donc un peu redondant.Lise Moisan, cofondatrice de LVR, en demeure présidente mais, à Francine Pelletier et Françoise Guénette se sont jointes de nouvelles administratrices.Camille Bachand, consultante en communications et marketing, est depuis longtemps pour LVR une personne-ressource fiable; et si Andrée Lafortune, comptable agréée, professeure en comptabilité à l'École des Hautes Études Commerciales, trente ans à peine, nous était jusqu'alors inconnue, ce n'était pas le cas de Greta Nemiroff, écri-vaine et directrice du New School College, dont les fictions et autres textes ont souvent paru dans le magazine.Tout l'été, d'une réunion à l'autre, le c.a.a poursuivi la campagne de financement, confirmé le mandat et redéfini la politique éditoriale de LVR, modifié (légèrement à la hausse) l'échelle salariale des employées, dessiné le nouveau sommaire et d'autres prévisions budgétaires, réévalué sans fin les coûts réels de la relance, embauché et amorcé des commandes, etc.Mais les résultats de ce travail ne seront guère visibles avant la distribution en novembre de la nouvelle Vie en rose, avec sa maquette plus aérée et ses rubriques repensées.Actualité Féministe Quant au contenu lui-même, s'il montre des améliorations, ce sera grâce à l'élargissement du comité de rédaction.Là aussi, de nouvelles collaboratrices, comme Marie-Claire Dumas, Hélène Lévesque, Martine D'Amours, Françoise David, Lynda Baril, viendront apporter suggestions, critiques et analyse.en plus de nous aider à mieux surveiller et prévoir, dans le fouillis d'une actualité débordante, ce qui touche ou touchera bientôt les femmes dans leurs intérêts particuliers.Autrement dit, depuis deux mois, nous avons pris les moyens de continuer, en termes d'effectifs et d'argent.Entre-temps, malgré les incertitudes et le temps mort de l'été, les revenus publicitaires n'ont pas trop fléchi et les abonnements ont même connu une certaine remontée.Ce qui nous a permis de vous préparer ce numéro un peu dense, contenant, enfin, un dossier sur le langage prévu depuis longtemps.Bonne lecture et, pour des nouvelles plus précises sur la suite de La Vie en rose, rendez-vous au numéro d'octobre, diffusé dès le 26 septembre.Et combien voulez-vous parier avec moi qu'elles seront bonnes, les nouvelles?Françoise Guénette 1/ Toujours au moyen d'un chèque adressé à la Fiducie La Vie en rose, au 3963, rue Saint-Denis, Montréal H2W 2M4.Divorce, no: divorce, so Alors qu'en Irlande, depuis juin, on continue d'interdire le divorce (les partisan-e-s du Non emportaient le référendum sur le sujet), au Canada, de nouvelles dispositions entraient en vigueur cet été.La nouvelle législation fédérale donne la possibilité d'obtenir le divorce sur demande après un an de séparation plutôt qu'au bout de trois ans, comme c'était le cas auparavant.Désormais, les couples peuvent demander le divorce le jour même de leur séparation.En cas d'adultère, de cruauté physique ou mentale, le divorce peut être obtenu immédiatement (à moins que l'un des époux ne décide de contester la demande.).Les époux en instance de divorce ne sont plus tenus de comparaître en cour.Mais on s'attend à ce que la plupart d'entre eux continuent à faire appel aux avocat-e-s en ce qui concerne le partage des biens, les allocations familiales et la garde d'enfants.L'analyse des relations hommes femmes d'hier à demain 22,95 $ LA VIE EN ROSE 12 septembre 1986 Femmes de science Sortir de l'ombre lors que la moitié de la clientèle universitaire scientifique est désormais féminine, le profil du pouvoir, lui, n'a pas beaucoup changé et c'est à l'ombre que plusieurs femmes de science travaillent dans les universités au Québec.Après une percée rapide au début des années 70, ces superfemmes isolées en ont maintenant lourd sur les épaules et sur le coeur: la science est toujours un univers essentiellement masculin, comme l'avait déjà révélé en 1983 la chercheure Isabelle Lasvergnas-Grémy1.En mai dernier, lors du 54e congrès de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS), une soixantaine de professeures et de chercheures se sont interrogées sur leurs relations au «Savoir» et à son administration.Une question a vite surgi: comment s'intégrer dans les structures du pouvoir universitaire sans se désintégrer?Quel que soit leur âge, et à peu d'exceptions près, les femmes occupent le bas de l'échelle universitaire.Moins de 5% d'en- tre elles accèdent à des postes de direction.Elles occupent en grande partie des emplois non permanents.Souvent mal intégrées aux groupes de recherche, elles éprouvent des difficultés à obtenir des budgets car, leur dit-on, leurs travaux ne s'effectuent pas dans les «bons» domaines.Malgré le vieillissement du corps professoral, la récession restreint leur embauche.Sauf en sciences pures et en administration, peu d'étudiantes poursuivent au-delà de la maîtrise.Selon la paneliste Michèle Jean, sous-ministre adjointe au ministère de la Main-d'oeuvre et de la sécurité du revenu (MMSR) et directrice générale de la formation, les femmes hésitent à cause des règles du jeu et des attitudes liées à l'exercice du pouvoir: la compétition, la froideur, la hiérarchie, les «games à jouer».Par ailleurs, les femmes sont toujours exclues du «Boy's club», ces réseaux et clubs sportifs où les hommes trinquent en parlant politique et attribution de postes.De concert avec l'Ontario, le gouvernement du Québec haussera le salaire minimum de 4 $ à 4,35 $ à compter du 1er octobre.Les moins de 18 ans en profiteront également: la discrimination basée sur l'âge est abolie.La rémunération minimum des travailleuses à pourboire passera, elle, de 3,28 $ à 3,63 $.Le salaire hebdomadaire d'une domestique demeurant chez son employeur-e atteindra 150 $.Près de 70 000 femmes, travailleuses de l'hôtellerie, de la restauration ou du commerce au détail, seront touchées par cette mesure.Elles gagneront 9 000 $ l'an, soit encore 1 000 $ sous le seuil de pauvreté.La surenchère de la compétence est un autre obstacle, constatait madame Jean.Les femmes exigent - et on exige - beaucoup d'elles-mêmes avant d'accéder à un poste de direction.alors qu'il y a tellement d'hommes incompétents au pouvoir! Pour sa part, elle a avoué que son emploi le plus difficile, bien que le moins reconnu, a été d'élever ses quatre enfants! Etesvous prêts.qui s dénoncer un proche Hmit Hp namlp abuse sexuellement *Jl UI1 uc F*»1 UIC d'un enfant?mjitioinjmi.niiiuMon» vendredi 19 septembre à 20h Radio Québec septembre 1986 13 LA VIE EN ROSE L'exercice du pouvoir n'est pas toujours facile.Denise Veillette, première femme directrice au département de sociologie de l'Université Laval, l'expérimente.En début de mandat, on l'a ignorée et on a tenté de remettre en cause ses décisions.Elle a donc dû déployer efficacité et habileté pour obtenir la reconnaissance de son statut.Madame Veillette a mis les participantes en garde contre la tentation de miser uniquement sur des réseaux parallèles «qui les marginaliseraient».Les Cahiers de recherche sociologique consacrent leur dernier numéro aux femmes de science: Des femmes dans les sciences et des sciences sur les femmes (avril 1986).Avec des textes de Louise Vandelac, Francesco Arena, Marianne Gotzonyi Ainley, Josiane Boulad Ayoub et Isabelle Lasvergnas traitant de «L'économie des femmes?Esquisses et jeux de piste.», de la «Présence des femmes en science et technologie au Québec» et même «D'assistantes anonymes à chercheures scientifiques: une rétrospective sur la place des femmes en science».Pour se procurer ce numéro, écrire à: Ca-hurrs de recherche sociologique.Département de sociologie, Université du Québec à Montréal, C.P.8888, Succursale A, Montréal, Québec H3C 2P8.Les femmes désireuses d'apporter une contribution ne devraient pas reculer devant le pouvoir, a poursuivi Michèle Jean: elles sont souvent plus accessibles, se réfèrent constamment aux objectifs de la tâche, admettent plus facilement leurs erreurs et acceptent de modifier leurs méthodes.De plus, elles questionnent différemment la science et ses orientations.Les participantes se sont rapidement entendues sur l'importance de s'immiscer dans tous les «territoires» masculins: syndicat, direction, commission pédagogique, comité de sélection.Elles veulent y prendre du pouvoir pour faire reconnaître les travaux scientifiques (les approches autant que les résultats) des chercheures actuelles Au début de l'été, l'Hôtel-Dieu de Montréal décidait de rendre payants certains tests de dépistage des maladies transmises sexuellement, dont ceux du chlamydia, à des coûts pouvant varier de 33 $ à 100 $.Rappelons que la chlamydia, qui ne présente à peu près pas de symptômes, cause beaucoup de ravages chez les jeunes femmes, dont des dommages aux organes reproducteurs pouvant conduire à l'infertili- et de leurs successeures.Pour y parvenir, elles privilégient le développement de réseaux de femmes pour se soutenir mutuellement et pour «reprogrammer la journée de travail scientifique au féminin».Aussi, pour y élaborer des stratégies en vue de miner - en posant, en douce, de petites bombes - le pouvoir scientifique masculin.S'intégrer dans les structures du pouvoir universitaire?Elles en sont, mais elles doivent éviter de disperser leurs forces et de s'essouffler en cours de route.Car elles sont peu nombreuses.El, ce jour-là, la relève n'était pas venue en abondance.Natalie Boisseau 1/ Lors du colloque Être femme de science, au congrès de l'ACFAS en 1983, à Trois-Riviè-res.té, à des complications en cours de grossesse et lors de l'accouchement, à des maladies diverses chez le bébé né de mère atteinte.On a même comparé cette maladie au Sida chez les hommes.(Voir «Êtes-vous une dame au chlamydia?», Carole Beau-lieu, LVR, septembre 84.) Peu après, le Conseil du statut de la femme dénonçait vigoureusement le geste de l'hôpital montréalais.Le Sida des dames L le Service d'animation culturelle de l'Université de Montréal vous propose un programme _ MUSCLE pour la saison automne '86 V du JAZZ: Gary Burton, Ralph Towner M W de la CHANSON FRANÇAISE: Isabelle Mayereau, Graeme Allwright ' un ÉVÉNEMENT: les 25 ans d'Amnistie Internationale f du CINEMA AMÉRICAIN.New York ex 88 ATELIERS Université de Montréal Services aux étudiants Service d animation culturelle pour en savoir plus, demandez le programme du S.A.C.au 343-6524 i LA VIE EN ROSE 14 septembre 1 986 Ces dames contre-attaquent! Frais modérateurs à modérer! Une sexagénaire de la Rive-Sud a réclamé de la Cour supérieure l'autorisation d'exercer un recours collectif contre le CLSC Kateri, à Candiac, en son nom et en celui de tou-te-s les bénéficiaires (environ 1 000) qui, depuis 1976, doivent débourser À bas la discrimination! Une autre requête est inscrite en Cour supérieure pour exercer un recours collectif, cette fois-ci contre le gouvernement du Québec, au nom des 75 000 assisté-e-s so-ciaux-ales àgé-e-s de moins de 30 ans, aptes au travail et vivant seul-e-s.Louise Gosse-lin, 27 ans, elle-même bénéficiaire d'aide sociale et membre du Réveil des assistés sociaux de Longueuil, soutient que la différence de prestation de 285 $ par mois entre les moins et les plus de 30 ans est discriminatoire au sens de la Charte des droits et libertés de la personne.Si elle avait gain de cause, il pourrait en coûter au Trésor provincial 320 millions $.À suivre en septembre.de l'argent pour les services à domicile.Selon la loi, ces services de maintien à domicile (entretien ménager, travaux lourds, lessive, préparation de repas) doivent être gratuits.Malgré cela, le directeur du CLSC impose des frais modérateurs de l'ordre de 0,50 $ à 10 $ par jour selon les revenus, ce qui lui a permis de recueillir 300 000 $ en dix ans! La requête de madame Gisèle Robert Dagenais sera entendue le 15 septembre prochain.La Cour suprême, féministe! Mary Sorochan, une Albertaine de 71 ans, vient de remporter une cause importante pour l'avenir économique des femmes non mariées.Fin juillet, la Cour suprême du Canada rendait un jugement lui donnant droit de recevoir une part du patrimoine (dont son conjoint était l'unique propriétaire), bien qu'elle ait seulement (sic) L'Assemblée nationale adoptait le 11 juin dernier la très attendue réglementation concernant les programmes d'accès à l'égalité.À compter du Ie' septembre, les tribunaux pourront imposer aux entreprises publiques et privées des programmes d'accès à l'égalité, tel que l'avait prévu la Charte des droits et libertés de la personne.La Coalition des femmes pour l'accès à l'égalité, représentant 350 000 femmes, s'est déclarée satisfaite du règlement.Elle le réclamait depuis deux ans.Patience et longueur de temps.participé à son entretien et à son maintien, sans y avoir apporté une plus-value.Cette décision va plus loin que les précédentes, les tribunaux ayant déjà reconnu à l'épouse de fait le droit d'avoir une part du patrimoine de son conjoint quand elle y avait contribué, même sans titre reconnu.Après 42 ans de vie commune à la ferme, Mary Sorochan, maintenant retirée dans un foyer, aura droit à sa part des biens.Le travail ménager serait-il enfin reconnu?rMîxLUIvb MUblQUb LA QUALITÉ D'UNE CHAINE STÉRÉO SE JUGE À L'INTENSITÉ DE L'ÉMOTION MUSICALE QU'ELLE PROCURE.Le système LINN-NAIM vous procure une émotion musicale à un prix étonnant.Vous n'avez plus d'excuse de vous contenter d'une chaîne médiocre.Haute Fidélité 1675, St-Hubert, Montréal tel: 526-4496 septembre 1986 15 LA VIE EN ROSE Actualité Féministe Ces invisibles néo-Québécois-es e Conseil des communautés culturelles et de l'immigration du Québec a tenu une consultation publi- bque les 12 et 13 juin sur le thème «Les communautés culturelles et les communications».Expédié le 22 mai, le communiqué l'annonçant fixait la date limite d'inscription au 30 et celle du dépôt des mémoires au 10 juin: les «Néo» doivent avoir des réflexes rapides! Une trentaine d'organismes ont tout de même réussi à présenter leurs recommandations.Protestations contre la suppression de l'émission Ammages (Radio-Québec) mises à part, les demandes exprimées par les différentes communautés culturelles ressemblent étrangement à celles qu'elles font depuis des années, preuve que depuis des années les vœux pieux n'ont rien changé à leur image.Imperturbablement, les médias continuent à refléter une image de «pure-laine-blanche» du Québec, à esca- moter, sauf s'il y a délit ou altercation avec la police, 10 % de sa population «allopho-ne» - représentant 80 communautés culturelles dont la langue d'origine n'est ni le français ni l'anglais.Pourtant, le quart de la population montréalaise est constitué d'immigrant-e-s.Elles et ils ont investi, de 1979 à 1984, plus de 300 millions $ au Québec, créant ainsi environ 4 000 emplois.Pourtant, les 54 956 travailleur-euse-s hautement quali-fié-e-s ou spécialisé-e-s reçu-e-s entre 1968 et 1980 ont représenté une épargne de coûts de formation académique de 3 milliards $.Pourtant, devant la dénatalité galopante, c'est sur les immigrant-e-s que l'on compte pour assurer la relève et nos retraites futures.Et la population reste avec ses préjugés, ses ignorances, ses frustrations vis-à-vis des minorités visibles dans les rues, invisibles sur cet écran de la société que constituent les médias.Quant aux femmes immigrantes, dans leur majorité parquées dans des ghettos d'emplois, n'ayant ni la possibilité ni le temps d'apprendre le français ou l'anglais, ou bien terrées dans leurs maisons où personne ne viendra les chercher, elles sont encore plus invisibles.Depuis juin, rien n'a bougé: vacances, préparation lente de documents de synthèse des mémoires, acheminement des recommandations à la ministre concernée, Mme Louise Robic.On verra bien en septembre.Nous y sommes.Quelle image nos médias reflètent-ils des Néo?Sont-ils toujours invisibles?Caricaturés?Folkloriques?N'y a-t-il pas lieu, alors, de pousser, nous aussi, à la roue?En tant que femmes, ne connaissons-nous pas ce même phénomène des miroirs déformants ou pâlissants?Gloria Escomel, néo ENCORE UN PTIT COUP DE COEUR?POURQUOI PAS! Une étude de marché récente nous apprend que vous appréciez la publicité dans LA VIE EN ROSE.Très bien.Alors quand vous achetez un produit ou un service chez un-une de nos annonceurs-euros, POURQUOI ne pas lui laisser savoir que c'est dans L4 VIE EN ROSE que vous avez vu sa publicité?Il, elle en sera ravie et d'autant plus intëressé-e à répéter ses annonces.Vous pouvez également faire connaître et apprécier votre magazine préfère a certaines commerçantes, nouvelles publicitaires éventuelles.POURQUOI ne pas leur parler de LA VIE EN ROSE et leur révéler que vous achetez chez nos annonceures?Vous leur donnerez le goût de nous choisir mme vehicul septembre 1 986 Communiqués vénements La rue, la nuit, femmes sans peur, devenue la Journée d'action contre la violence faite aux femmes, sera soulignée le 19 septembre prochain dans une vingtaine de villes au Québec, différemment selon les régions.Pour plus d'informations, contacter le Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS): C.P.1594, Sherbrooke J1H 5M4.Tél.: (819) 563-9940,(514)445-6056.Les femmes et les mots organisent, le samedi 20 septembre, à Montréal, une journée sur les ateliers d'écriture.France Théorêt, Claudine Bertrand et Madeleine Gagnon animeront les ateliers.Le thème: la rue, la nuit, femmes sans peur.À l'Institut Simone-de-Beauvoir, au 2170, rue Bishop, Montréal, de 11 h à 17 h.Pour s'inscrire: Marvse Pellenn (526-2471) ou Lynn Lapostolle (277-4960).Action femmes handicapées, nouveau groupe montréalais, organise une activité de financement le 28 septembre.Au menu: mets ethniques.Musique et cinéma en soirée.L'invitation est lancée à toutes les femmes.Rendez-vous au YMCA, 1355, boul.Dorchester Ouest, Montréal, à compter de 16 h.Apporter ses breuvages et sa contribution.Confirmer sa présence en appelant Lucette Sabelle (656-5673) ou Susan Czaj-kowskyj (259-5082).Le 28 septembre, participez au 7e Marathon international de Montréal pour soutenir les peuples d'Amérique centrale.Au cours des six dernières années, 150 000 $ ont été recueillis pour financer des projets au Salvador, au Nicaragua et au Guatemala.Pour courir, recueillir des fonds, parrainer une coureuse ou contribuer à l'organisation, écrire au Comité Marathon avec l'Amérique centrale, C.P.794, Suce.N, Montréal H2X 3T7.Tél.: (514) 521-7451.La journée d'interaction lesbienne aura lieu le samedi 4 octobre, au 2025, rue Gilford, de 9 h à 17 h.Choix d'une dizaine d'ateliers thématiques.Show en soirée.Pour informations: (514) 522-5778.ervices Le Centre de santé des femmes de Montréal offre, dès septembre, différents ateliers-cliniques sur la santé physique et mentale des femmes: auto-examen, cycle menstruel, infections vaginales, maladies transmises sexuellement, cape cervicale, contraception douce et sexualité, ménopause, plaisir sexuel, droits et pouvoirs des femmes dans le système médical.Pour informations et inscriptions: (514) 842-8903 et 8904.Le Centre de gestion pour femmes du \rWCA ajoute un nouveau cours à sa programmation régulière: «L'ordinateur: principales utilisations au travail».D'une durée de 12 heures, un soir par semaine ou durant deux fins de semaine.Au YWCA, 1355, boul.Dorchester Ouest, Montréal.Info: 866-9941, postes 31 ou 61.Si vous êtes sans emploi depuis les 26 dernières semaines, Options non traditionnelles peut vous aider à intégrer le marché du travail non traditionnel: information, orientation scolaire et professionnelle, formation au centre et en entreprise, techniques de recherche d'emploi et références.Communiquer dès maintenant au 91, rue Saint-Jean, bureau 300, Longueuil J4H 2W8.Tél.: (514) 646-1030.Montréal-Accueil: un nouveau service pour faciliter l'intégration des Françaises et Français fraîchement arrivé-e-s.Renseignements sur les services sociaux, scolaires, les institutions financières, les assurances, la vie quotidienne, réunions amicales, randonnées, rallyes.Pour informations: (514) 844-4827.Permanence à l'Union française, rue Viger, les mardis et jeudis de 13 h à 16 h.L'Atelier des arts martiaux des femmes vous propose des cours de taï-chi et de karaté.Pour informations et inscriptions: (514) 527-2607.L'Écho des femmes de la Petite Patrie, centre de jour pour femmes, lance sa campagne de financement du 28 août au 16 septembre prochains.Faites parvenir votre contribution à: L'Écho des femmes de la Petite Patrie, 6469, rue Bover, bureau 303, Montréal H2S 2J2.Tél.: (514) 277-7445.$a?se moderne et chorégraphies: 9'(3^so9orc7 £$u>ica>i à
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