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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1985-07-20, Collections de BAnQ.

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[" «a Pttïf» ARTS ET SPECTACLES LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 20 JUILLET 1985 LES JEUNESSES MUSICALES EN FÊTE Dix jours de célébrations DES A-MEI THE AME THE AMERICAS I Rarement ai mi vu pareil ™ déploiement pour célébrer la Musique, et ce dans la limite d'une dizaine de jours.Du 21 juillet, donc demain, jusqu'au 31, «Musique des Amériques» propose dans quatre villes, Montréal, Québec, Ottawa et Toronto, quatre points de mire dont voici les grands traits.YVES-G.PRÉFONTAINE collaboration spéciale_ II v a d'abord la présence de l'orchestre mondial des Jeunesses, musicales.Celui-ci célèbre cette année son quinzième anniversaire.Rappelons que l'orchestre tel qu'on le connaît actuellement est né à Orford en 1970 et que le fondateur des JMC, Gilles Lefebvre, n'y est pas étranger.Au début du projet, cette formation ne devait étendre ses activités que sur cinq ans.Elle survit depuis et jouit certes d'une bonne santé.Les participants, tous âgés de moins ,de vingt-trois ans, sont choisis parmi les pays membres, afin de travailler pendant un mois avec un chef chevronné (Leinsdorf, Mehta, Bernstein.Baudo.).Cette année, depuis le 7 juillet, 103 musiciens de 23 pays (une vingtaine du Canada) répètent au camp du Mont-Or-ford, sous la direction du chef suisse.Michel Tabachnik.Celui a reçu a peu près toute sa formation à Genève, où il est né; il a eu par la suite l'occasion de travailler avec Markevitch, à Madrid, et Boule/., a.Londres.On le retrouve depuis à la téte des plus importantes formations (Berlin, Paris, Rome.Prague), sans parler de sa participation assidue à la plupart des grands festivals européens.Son assistant, cet été, est Derek Bate, qui depuis 1979 s'est acquis une réputation surtout en direction d'opéra.Les répétiteurs de chacune des sections de l'orchestre mondial ont été triés sut le volet: Théo Olof, violon solo de l'orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam et professeur au conservatoire de La Haye; chez les alto nous retrouvons Chantai Masson, bien connue chez nous également comme chef de choeur; le violoncelliste Walther Joachim assumera la responsabilité des cordes graves: Serge Laflamme prendra en charge les percussions ^alors que David Beicher s'occupera des vents.C'est la troisième fois que l'orchestre mondial est réuni au Canada.On pourra l'entendre d'abord à Sherbrooke le 16 et à Orford le 20: puis le premier concert de -\u20147-g- m Le chef d'orchestre Michel Tabachnik tournée se déroulera à la basilique Notre-Dame le jeudi 25 juillet, à 19:30 heures.Le lendemain soir, ce sera Ottawa et le 28, Toronto.Le programme des concerts, dirigés tantôt par Michel Tabachnik, tantôt par Derek Bate comprend des oeuvres de Stravinsky (Oiseau de Feu), de Beethoven (3,,m symphonie), de Pierre Mercure (Pantomime)', de Bernstein (ouverture Candide), de Tchaikovsky (6mt sym-phone).et de Villa-Lobos (Ba-chianas Brasileiras).Le 31 juillet, l'ensemble quittera le Canada en direction de la Corée et du Japon où le chef Hiroyutd Iwaki assumera la relève.Nouvelles répétitions, nouveau programme pour l'Orient, à l'exception du Tchaikovsky et du Stravinsky.Grâce à la compagnie Alcan.les villes hôtes de « Musiques des Amériques» recevont quelques-uns des cinquante représentants Photo Pierre Côté, LA PRESSE de quinze pays, â l'occasion de huit concerts.Signalons la pre sence des jeunes artistes canadiens Katja et Corey Cerovsek, duo de violon et piano; ils sont respectivement âgés de 15 et de 12 ans.Ont été retenus également la percussionniste Marie- PAGE C 9 SOPHIE ROLLAND Une jeune virtuose québécoise à Londres ¦ A 24 ans.Sophie Rolland possède tous les attributs qui peuvent faire dire qu'elle est â l'aube d'une brillante carrière internationale.Elle a commencé ses études musicales à un très jeune âge, puis à dix ans, elle a choisi le violoncelle et étudié au Conservatoire de Musique à Montréal avec Walter Joachim; elle y a obtenu un premier prix à l'unanimité du jury.Depuis 1982, elle a donné plusieurs récitals au Canada dont â trois reprises comme soliste avec l'Orchestre Symphonique de Montreal.En 1983, elle a remporté le Prix d'Europe et le Concours Du Maurier.Elle a poursuivi des études à New York et depuis le mois d'avril 1984, elle est à Lon- CATHERINE SAINT-GERMAIN Collaboration spéciale dres où elle étudie sous la direction de William Pleeth.Je l'ai rencontrée après son récital de mardi dernier au presti- gieux Wigmore Hall de cette capitale où sa performance fut brillante, succès auquel son accompagnatrice au piano, Carmen Picard, a beaucoup contribué.La chance ne semble pas avoir arrêté de suivre Sophie.Tout d'abord, elle a pu trouver, dans cette ville où sévissent une crise du logement et de loyers excessifs, un hébergement de rêve.M.Christopher Evens, médecin retraité et mécène en son genre.offre dans sa luxueuse résidence de Hamstead, deux appartements à bon compte aux musiciens talentueux.Elle y travaille au moins six heures par jour, et elle y est suivie par un de ses héros de toujours, William Pleeth, maitre international du violoncelle.Sophie rêvait depuis longtemps de pouvoir un jour travailler avec lui.Elle avait admiré, et admire toujours, la talentueuse violoncelliste québécoise Jacqueline Dupré qui elle- PAGE C 9 Quand Jean Guilda se venge de Guilda \u2022g Depuis un certain temps ™ Jean Guilda et Guilda ne s'entendaient plus très bien.Jean Guilda avait atteint la soixantaine et la vamp qu'il incarne en travesti depuis 40 ans au music hall refusait obstinément de vieillir.Guilda était exigeante: il fallait continuellement renouveler sa garde-robe, lui offrir les plus beaux bijoux, les dernières créations.Bref elle coûtait les yeux de la tête et Jean Guilda, qui avait débuté dans la carrière comme comédien, il y a plus de 40 ans, voulait prendre ses distances avec les variétés pour revenir â la scène théâtrale.RAYMOND BERNATCHEZ_ Il y a quelques mois la décision était prise: Jean Guilda se consacrerait, dorénavant, prioritairement au théâtre et Guilda n'aurait d'autre choix que de le suivre dans cette nouvelle direction.Durant toute la période estivale, Jean Guilda évolue dans un boulevard, mi-français, mi-québécois, à la Butte de Val-David.Le titre: «Qui a vendu la mèche?».Ses relations avec Guilda ne sont pas rompues pour autant.Il l'a en quelque sorte intégrée à ce spectacle théâtral en lui faisant subir un traitement choc C'est en versant le café, dans son chalet laurentien, qu'il explique sa démarche: «J'étais tellement noyé dans cette femme (Guilda) que j'étais devenu l'ombre derrière le personnage.J'ai fais ce numéro durant 40 ans au music hall.Le public ne voyait que Guilda mais personne ne savait réellement qui était Jean Guilda.«J'avais 17 ans*lorsque j'ai débuté dans le miétier à Paris.J'étais alors comédien.J'ai joué Guilda incarnant la belle-mère dans «Qui a vendu la mèche» photo Pierre Côté.LA PRESSE au cinéma avec François Ro-zet, j'étais de la distribution ¦Des enfants du paradis».C'est Mistinguet qui m'a conseillé de faire du music hall mais j'ai également fait du cinéma en Italie avec l'appui d'Anna Magnani.«C'est a Paris, il y a une quarantaine d'années que le personnage de Guilda est né.Le public a si bien marché, Guilda était si populaire, que j'ai poursuivi dans cette voie.Mais ce que les gens n'ont pas compris, c'est que Guilda n'aurait jamais pu exister si celui qui l'avait façonnée n'avait pas reçu une solide formation de comédien.On s'étonnait lorsque l'on voyait Guilda évoluer avec aisance sur tin plateau de danse mais évidemment personne ne pouvait concevoir que la chose était po->ibl> parce que Jean Guilda avait fait deux années de ballet avec la troupe de Monte-Carie «Je songeais depuis quelques années à revenir au théâtre, à mon métier de comédien.U y a deux ans, à Marieville, j'ai participé à une comédie, «Et ta PAGE C 4 Pour la 1ère fois à Montréal présenté en version |7Q!VIIV»iflnnJ OOUBYSTEREO \\ HjG I N fll.HIH si»\\>\\ »Mi : m EX r/:\\TK.\\ 1) KHI SI Kl I le film qui a ému le monde entier*., est enfin de retour! EN .VERSION FRANÇAISE! C 2 LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 20 JUILLET 1985 lirrÉaMTisE AU PLAISIR DE LIRE De la tendresse et de la nuit tm Donc, la littérature serait ce qui reste quand on a ôté l'anecdote.C'est Malraux qui '.e dit, et moi je veux bien.Et sans anecdote, pourtant, il ne saurait y avoir de littérature.C'est Hemingway, cette fois, et je veux toujours bien.Il est vrai que la merveilleuse histoire du Vieil homme et Ja mer, n'est-ce pas, si elle n'était pas là, comme un suspense (d'ailleurs faux, puisqu'on a compris très vite que le poisson sera bouffé jusqu'aux os) eh bien nous laisserions tomber peut-être la littérature.JACQUES POiCN- RlftAS collaboration spécial* Hemingway qui, lors de la parution de Tendre est la nuit de Scott Fitzgerald, en 1934, déclarait à qui voulait- l'entendre que ce livre était un chef-d'oeuvre.C'en est un.D'abord, il a une histoire belle.Fitzgerald l'écrivit durant dix ans.Il en fit trois versions, puis une dizaine de sous-versions.Personne n'en voulait.11 débita le roman en nouvelles, publiées par-ci, par-là, dans des magazines.Le roman saucisson.L'auteur, pris de remords encore une fois, en refit une quatrième mouture.Et il est presque certain que, seule, sa mort l'empêcha de changer ce texte sur lequel il travaillait toujours.En voulez-vous un, de roman de vacances?Un vrai?Lisez Tendre est la nuit.Car vous ne l'avez, pas plus lu que moi: en anglais, il y en eut plusieurs, et amputés, et tailladés par ces monstres que sont les éditeurs, lorsqu'ils ont une idée en tête et ne veulent pas se la garder.En français.Il y a eu une traduction sabotée, incomplète, horrible.Si bien que personne ne l'a lu, ce grand roman de la génération Derdue.Le voilà enfin, pour vrai, à peu près complet (puisqu'il a fallu tout de même choisir, parfois dans sa version de 1934.Traduit par Jacques Tournier, qu'on ne remerciera jamais assez.L'anecdote?Oh la la! Simple comme une journée d'été au Québec.Vous avez quatre ou cinq climats superposés, j'espère que votre garde-robe est bien variée.On ne sait plus comment s'habiller.On pourrait raconter l'histoire, cela n'aurait pas grande importance: il s'agirait d'un certain Dick River, psychiatre, qui a soigné une certaine Nicole.Le traitement fut à base de séduction, Nicole devient amoureuse du médecin et se crut guérie, du même coup.Que faire, que faire?Si je ne l'épouse pas, elle redevient folle.Si je l'épouse elle est guérie, oui mais moi, est-ce que je l'aime assez pour?Ils se marièrent, et les années passèrent, et Dick sentit que ce n'était pas bon, car il vieillissait.Un échec, donc, tout d'abord: celui d'une carrière de médecin, et celui d'une vie amoureuse.Parlons de Fitzgerald, talentueux et pauvre, qui soudain devint célèbre avec la publication d'un livre, et qui de ce fait même put épouser Zelda Sayre, fille de juge, belle, dépensière, droguée par la haute société et la vie à bâton rompus\u2014on ne disait pas encore la La dolce vita, En 1920.Il l'épousa.Zelda et Scott firent le couple le plus sensationnel de l'entre deux guerres.Diamants, ombrelles, robes de Fath, longues Hispano-Suita, palaces de la Cote et de la Riviera.En même temps la bohème, car les géniales nouvelles de Scott Fitzgerald, même payées trois mille dollars de l'époque, ne nou-rissaient pas une telle faim de luxe.Or, Zelda devint folle.Cyclothymic ou quelque chose d'approchant.On dut l'interner, par- Tendre est la nuit.fois, dans une clinique en Suisse.L'anecdote du roman Tendre est la nuit, et certains des ses décors, reposent sur une réalité que Scott connaissait bien.¦ Mais le'moyen choisi par l'auteur pour montrer le désastre chez son personnage Dick River, lui, est tout à fait imaginaire.C'est tout simplement la rencontre d'une jeune femme, Rosemary, sur une plage de la Côte d'Azur, près de Cannes.Et alors là , tout de suite, dès le premier chapitre, on voit l'inimitable style à la fois contourné (nous dirions: ratoureux) dans ses dessins, et net (nous dirions: coupant) dans sa forme.Il y a beaucoup de monde sur cette plage; le dernier de tous, presque invisible au début, portant une casquette de jockey, c'est lui.c'est Dick.Qui apparaît pro- gressivement et s'installe enfin, dans l'esprit de Rosemary.Par cette femme, la lucidité arrive chez le séducteur lié à Nicole, sa femme.Il commence à se souvenir, à raconter ce qui l'a abandonné: sa jeunesse, ses rêves.Il boit un peu (Fitzgerald buvait beaucoup).Nicole est splendide (Zelda l'était).Rosemary n'est pas vilaine non plus.Mais nous nous acheminons vers un dénouement qui, en aucune façon, ne sera celui que nous imaginerions.Preuve que nous ne sommes pas Scott Fitzgerald.Le lecteur d'un très grand roman n'a aucune imagination.Scott Fitzgerald: TENDRE EST LA NUIT, roman, traduit de l'anglais par Jacques Tournier, dons sa version de 1934, 383 pages, Éditions Belfond, Paris, 1985.EN TRADUCTION Entre l'argent et la joie de vivre ¦ L'Afrique du Sud n'a pas beaucoup de partisans dans les milieux internationaux avec sa politique d'apartheid.Madge Swindells a réussi à écrire un roman de 454 pages se déroulant dans ce pays, en parlant très peu de l'apartheid.Il s'agit de Tant d'étés perdus, intitulé Summer Harvest en version originale.Cet « oubli exploit, mais L'auteur, qui mier roman, d'une jeune Anna, qui épouse sans le sou, Simon.i constitue tout un il laisse songeur, en est à son pre-raconte l'histoire fille très riche, un fermier due, mais la jeune femme n'arrive pas à trouver le bonheur.Anna nous convainc que «l'argent ne fait pas le bonheur, mais rend le malheur confortable».'\u2022¦ Heureusement ou malheureu-sement pour elle, Anna subira un revers financier majeur.Cpt événement sera pour elle l'occasion de se retrouver sur le plîn émotif et d'envisager l'existence d'une façon plus saine.Cela explique aussi le titre du roman Tant d'étés perdus, car Anna en est alors rendue à la cinquantaine.« LA RÉVOLTE DES JUPONS » Et si ça arrivait pour vrai?m Un lundi matin, Paul La-H bonté se rend comme à son habitude dans la cuisine.Son humeur n'est pas très bonne: aucun fumet de café ne flotte dans la maison.Bizarre.Malédiction: le déjeuner n'est pas prêt! Marié depuis 32 ans à Constance, pas une seule fois elle n'a manqué à sa tâche.S'en suit une discussion orageuse avec l'épouse qui refuse de quitter le lit.Pas question non plus qu'elle lui prépare son lunch.C'en est trop, il quitte la maison, l'humeur massacrante, pour se rendre à son travail, CLAUDE ARCHAMBAULT Midi.La foule des employés de bureau envahit les restaurants de la Place Ville-Marie.Les serveuses refusent de servir leurs clients.Mais que se passe-t-il donc?Bientôt, le mouvement s'étend aux autres restaurants de la ville.C'est la panique.Entre-temps, Paul Labonté rentre chez lui.Pour une rare fois, il n'est pas à la hauteur de son nom et frappe sa femme qui le quitte.Bientôt, le mouvement de protestation s'étend aux secrétaires, aux réceptionnistes.Puis c'est au tour des infirmières, des enseignantes, jusqu'aux prostitués qui refusent de «travailler».Le curé, du haut de sa Chaire, tente de ramener les femmes à l'ordre.Rien n'y fait.Rassemblement monstre de femmes au Stade olympique.«À bas les machos! Les femmes au pouvoir! Finie la tyrannie! À partir de maintenant, vous n'avez plus de femmes, vous n'avez plus de cuisinières, vous n'avez plus de secrétaires, vous n'avez plus de collaboratrices, vous n'avez plus de mères, vous n'avez plus de maitresses, vous n'avez plus d'esclaves, vous n'avez plus de putains.Voyons si notre monde pourra tourner aussi rond que vous le prétendez depuis toujours! > En effet, le lundi suivant, pas une femme ne se présente au travail.Alerté, le gouvernement réunit son cabinet des ministres pour examiner la situation.On décide de voter une loi spéciale forçant les femmes de rentrer au travail.Puis, on lance l'opération Éon qui consiste à former des travestis qui infiltreront les protestataires.Fait exceptionnel, les syndicats appuient la loi spéciale.Mais rien n'y fait, les femmes résistent.L'économie de la province est en chute libre, des compagnies ferment leurs portes; l'opération Eon échoue lamentablement; à l'étranger on s'inquiète car on semble s'intéresser de près au mouvement.Acculé au pied du mur, critiqué par l'opposition, ne pouvant prendre la situation en main, le gouvernement est forcé de démissionner; des élections sont déclenchées.Comme par enchantement, les grévistes reprennent le travail.Coup de théâtre: les femmes décident de mettre sur pied un parti politique: le Parti féministe québécois, dont le porte-parole est Reine Tremblay, institutrice.Les élections suivent: c'est le raz-de-marée! Seulement 16 comtés résistent au balayage.Chez les Labonté, Constance revient au foyer, Paul fait ses excuses.Tout est bien qui finit bien.se Le livre de Bertrand Leblanc lit facilement même si ce n'est pas de la grande littérature.L'humour n'est pas toujours très subtil, mais La révolte des jupons laisse songeur: et si ça arrivait pour vrai?LA RÉVOLTE DES JUPONS, de Bertrand B.Leblanc, éditions Leméac, 1985, 188 pages.FRANCIN1 OSBORNI Il est évident que l'écrivain connaît bien le pays, décrivant habilement les paysages et le climat particulier de l'Afrique du Sud.Pourtant, on sent qu'elle laisse volontairement de côté les questions raciales.Le personnage principal, Anna, professe bien sur quelques opinions libérales et avec son argent, elle soutient plusieurs bonnes oeuvres.Mais tout au long du livre, dont l'action se déroule à partir des années 1930 jusqu'à aujourd'hui, on a l'impression que les Noirs, qui forment la grande majorité de la population, sont à peu près absents de la vie quotidienne d'Anna.Le lecteur ne sent pas que l'apartheid et les tensions raciales confrontent chaque jour la minorité blanche.Malgré tout, une partie de l'intrigue y est liée, car Katie, la fille adoptive d'Anna, a été conçue lorsque Simon a violé une servante noire.Ses cheveux roux et son teint clair n'en laissaient rien soupçonner toutefois.Quoi qu'il en soit.Tant d'étés perdus, traduit de l'anglais par Nicole Bensoussan, raconte une histoire émouvante.Anna se marie à 18 ans avec Simon.Son père, furieux, la déshérite.La jeune femme travaille très dur pour rentabiliser la ferme de Simon et en arrive à amasser une fortune importante.Elle réussira en affaires au prix de son bonheur conjugal.Simon, qui est resté à bien des égards un paysan mal dégrossi, se sent inférieur devant cette femme froide, rationnelle et calculatrice.En dépit de ses succès en affaires, Anna a complètement perdu la joie de vivre.Son associé, Kurt, lui fait une cour assi- En lisant les renseignements biographiques fournis par.lu maison d'édition, on peut se demander s'il n'y a pas une certaine ressemblance entre Madge Swindells et son personnage principal.L'auteur est née en Angleterre, mais vit à Johannesburg.Elle a eu un destin passion' né: quatre maris en autant de pays.Madge Swindells, comme Anna, est une femme entreprenante et a exercé différents métiers, allant de l'élevage de voi lailles au journalisme, et maintenant à la carrière d'écrt vain.t Comme toujours, dans ce gen; re de récit, on compare le roman a l'oeuvre de Colleen McCu'U lough, Les oiseaux se cachent pour mourir.Il serait temps qu'on laisse tomber, car le mu tageme est usé, ayant été utilisé au moins une dizaine de fois.Madge Swindells, TANT D'ÉTjS PERDUS, Collection Best-sellers, notions Robert Loffont, Paris, 1985, 453 pages, $16,95.5« LtVUES REÇUS\" L'amour par petites annonces, par M.E.Austen,251 pages.Editions Acropole.Quelqu'un pour quelqu'un, par Patrick Segal, 292 pages.Éditions Flammarion.La rose de sang, par Jacqueline Monsi-gny,368 pages.Editions Grasset.Lincoln, par Gore Vidal,688 pages.Libre Expression-.Prix.: $19.95.La soupe aux doryphores, par Bernard Deflandre,333 page-s.Editions Flammarion.Raphaël, je voulait te dit:., par Clarisse Nicoïski,257 pages.Éditions Flammarion.Le prisonnier do Trafalgar, par Robert Escarpit,351 pages.Éditions Flammarion.L'on né* de fous les dangers, par Christopher Koch, trad, par Denis Authier,342 pages.Presses de la Renaissance.Le temps des prodiges, par Aharon Ap-pelfeld.226 pages.CREATION \u2022 DECORATION \u2022 CONCEPTipN DESlCH CHINEUR \"QUÉBEC r \u2022 FJLM *THÉATlŒfPHCTO^ etc.| Choix sans précédent d'accessoires boutes sortes de I presentations.^«wujmoHsj*uttisihmne» | J iMcnaurneNS de cette semaine: M«n« Mfa»d-ln^«™*«.«rr^t^ \u2022 ^S^grj*.ReskMUrvtu-CoMtW \u2022 Hsrtri (*ic*nJr*h jgs^S*i VENDRE LOUERj i NADEAU.I LE liOWlMTMR POOJBTiWoWltOOlPtS BWUS LJOUlO^TlUKS Alhtàk LMR6 UOÛfo/nlONS j ouvert a*public de mi d.â 9rifs.tous les Jou^sgsaufledin Juste en haut du FoRUMDu Livre/ enbi-ée gratuite 5849 Boyer ctoiN gosEMoNT) 271-6178 ,Ci NOGKAPHîl \u2022 VÏDEO FîLM \u2022 location «\u2022 VENTE \u2022 CtC Éditions Belfond.Prix.: $15.95.BANDES DESSINÉES Le vieux Nick of Barbe-Noire No 9.L'Or du «El Terrible», par Remade,46 pages.Éditions Dupuis-.Prix.:$6.95.Los centaures,Aurore \u2022t Ulysse no4:Los Amazones, par Se-ron,48 pages.Éditions Dupuis.Prix.: $6.95.Las jungles perdues No7 .-Los aventuriers de la préhistoire, par Mazel et Cauvin,46 pages.Éditions Dupuis.Prix.: $6.95.Recueil Spirou No 174,600 pages.Éditions Dupuis-.Prix.:$9.75.Los aventures do jeanneffe Poinfu,reporter photographe No Lie fils do l'Inca.par Wasterlain.Éditions Dupuis-.Prix.:$6.95.Jacques Le Gall et les naufrageurs, par Mitacq.Coll.«Péchés de jeunesse» No 20.48 pages.Éditions Du-puis.Prix.:$6.95.Tout Buck Danny No 5.Pi/ores do oorfe-avions.par Hubinon et Charlier,144 pages.Éditions Dupuls-.Prix.: $19.95.6 T Mélodie, par Denis Sire.Coll.«Pied Jaloux»,48 pages.Les Humanoïdes Asso-ciés.Prix.: $12.75.Bois Willys, par Atti-lio Micheluzzi.Coll-.«Pied Jaloux»,53 pages.Les Humanoïdes Associés.Prix.: $13.75.POfra chérie, par Atti-llo Micheluzzi,62 pages.Coll.«Aventure->.Les Humanoïdes Associes.Prix.: $9.50.Sandman, le justicier des rêves veille, par Jack Kirby et Joe Simon,118 pages.Coll.¦ Xanadu.Les Humanoïdes Associés-.Prix.: $23.50.Trucs-on-vrac 2, par Collin.Éditions Dar-gaud.Prix.:$8.95.Marie de boit et (es soeurs de la côte, par Dubos et Billon.-is pages.Coll.«Histoires fantastiques».Éditions Dargaud-rf>rix.:$6.50.DÉCOMPTE TITRES 1.EVERYTHING SHE WANTS 2.THINKING ABOUT YOUR LOVE 3.NO MERCY 4.INTO THE GROOVE 5.00 YOU WANNA GET AWAY 6.19 7.ALONG COMES A WOMAN 8.THAT WAS YESTERDAY 9.JUST A GIGOLO 10.IN MY HOUSE 11.FOT0N0VELLA 12.LUCKY IN LOVE 13.THINGS CAN ONLY GET BETTER 14.WOULD I LIE TO YOU 15.IMAGINATION 16.RASPBERRY BERET 17.LET IT ALL HANG OUT 18.ALL SHE WANTS TO DO IS.19.WALKING ON SUNSHINE 20.STAY IN THE LIGHT INTERPRÈTES WHAM SKIP WORTH & TURNER STRANGLERS MADONNA SHANNON PAUL HARDCASTLE CHICAGO FOREIGNER DAVID LEE ROTH MARY JANE GIRLS IVAN MICK J AGGER HOWARD JONES EURYTHMICS BELOUISSOME PRINCE THE NAILS DON HENLEY KATRINA & THE WAVES HONEYMOON SUITE Le DÉCOMPTE DANCE MUSIC est diffusé tous les samedis, de I5hà 17h, sur les ondes de CKMF/94. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 20 JUILLET 1985 -LITTÉRATURE- C-3 MICHEL BEAULIEU Une oeuvre inscrite dans le vécu quotidien \u20221 -=1 Michel Beaulieu, mort à 43 ¦™ ans II y a quelques Jours, a beaucoup écrit.Il est bien sûr trop tôt pour faire le bilan de J'oeuvre.Il m'aurait fallu tout lire, en tout presqu'une quarantaine d'oeuvres principalement .poétiques mais aussi théâtrales et romanesques.Mais j'ai encore tout frais à l'esprit son dernier recueil «Kaléidoscope ou les \"aléas du corps» publié l'année dernière aux éditions du Noroit.PILLES TOUPIN_ ., Je l'ai parcouru à nouveau cette semaine pour y retrouver ie même éblouissement qu'à la première lecture, cette vitalité du verbe qui se déplace dans l'intime et les petites choses du quotidien, brusqué par le siècle et l'absurdité.J'ai retrouva l'impression d'être au cinéma, d'assister dans ce mélange d'écritures moderne et lyrique au spectacle de la ville, des mouvements étranges et aléatoires du corps, des rapports souvent tortueux entre les hommes.Far exemple, cette ville qui l'obsède dans chacun des trente et un poèmes intitulés «entre autres villes» c'est pour lui «celle où fu débarques dans l'Idée d'appartenir a la famille des êtres de bonne volonté», Pourtant c'est elle qui « t'assaille aussitôt de babioles dont le prix t'échappe./», celle ou le narrateur «s'échappe» en taxi mais où «le coeur comme on dit n'y est pas».Depuis le premier recueil paru en 1964 et intitulé «Pour chanter dans les chaînes».Beaulieu est resté fidèle à des interrogations bien inscrites dans le vécu de tous les jours.Son projet poétique n'a rien d'une envolée métaphysique; c'est bien plus autour du «Pain quotidien», autre titre d'un recueil publié en 1905.que s'articule son écriture ayant pour ainsi dire choisi de faire des petites choses de la vie de grandes choses, attentif qu'il fut au moindre bruissement du inonde.Claude Beausoleil.qui a écrit avec justesse sur l'univers poétique de Michel Beaulieu.a dit quelque part que sa poésie s'offrait «comme nourriture «le chaque instant et le texte est le révélateur de chaque question, de chaque angoisse».Côté écriture.Michel Beaulieu s'est forgé une langue évoea trice mais simple avec des mois souvent usuels mais à l'occasion rares et inattendus.Le rythme est lent, volontairement lent, comme s'il nous invitait a réciter les textes a haute voix.Et le travail T.vSs BEST-SELLERS\t\t\t DELA SEMAINE\t\t\t 1 Ramses 11.le pharaon Triomphant\tK.A.Kitchen\tL Homme\tCl 2 Pablo Picasso.rencontre à Montreal\tCollectif\tMusée des Beaux-Arts\t5 3 Une enfance à l'eau bénite\tDenise Bombardier\tSeuil\t5 4 Comme neige au soleil\tWilliam Boyd\tBalland\t1 5 Sang et orchidées\tNorman Katkov\tSeuil\t1 6 Tant d'étés perdus\tMadge Swindells\tRobert Lalfonl\t1 7 lacocca\tLee lacocca\tRobert Lalfonl\t1 8 De guerre lasse\tFrançoise Sagan\tGallimard\t1 9 Rupture avec Moscou\tA.Chevchenko\tÊd du Roseau\t1 10 Holon\tPhilippe et jean-Chrislophe Colonna\tSeuil\t1 tes listes nous sent fournies par les librairies suivantes Bertrand.Oemarc, Ducharme.Scorpion.Flammarion, Guenn.Herméi, Lemeac.flaffln, Rennud-Dray.Sons et Lettres et Martin /Jollette).\t\t\t ^===^^ Participez au concours y ¦¦nal J.~ cles p'us be',es couvertures IgMflSJlP des grands romans Belfond et GAGNEZ UN MAGNÉTOSCOPE et de nombreux autres prix.Renseignez-vous chez les libraires participants.BONNE CHANCE! 5198, rue Saint-Hubert Montréal H2J 2Y3 S ON A BESOIN PE PLACE.ON TASSE LES MURS.CHEZ NOUS, C'EST «45 COMME AILLEURS II/ DES LJVRES DE TOUTES SORTES - ET DES LIVRES DE RÉFÉRENCES COMMP VOUS EN TROUVEZ PAS EU LÎ-BKAlRiE CONVENTIONNELLE.Le Jéc, JOROM an livRE I *4Qp ' ' f IT\" 7 FAUT y FAIRE UNE VISITE PJ Hr A y FAUT S7 ATTARDER H P s-za/ 1 -4ÊLM JS \u2014> PAUT CniJOlli KJETRUJ FAUT BOU
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