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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
La Presse plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1985-10-12, Collections de BAnQ.

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[" 1 GREICHE et SCAFF OPTOMÈTRISTÇS 336-53301 MONTREAL, LE SAMEDI 1 2 OCTOBRE 1985 Les rayons gamma pour conserver les page 7 » La guerre Irak-Iran: une 6e année page 10 Les secrets: une arme à deux tranchants page 12 nouvelles frontières^ Egypte 13 jour», 16 ncv 1,999 1,699»* 349 *AM.h .\u2022 \u2022 im nrwh wdmni wèmtmn 1 »v\" »«r \"wJHI KO* Jyer.'i Dl|MMh «*\u2022 Mv 1 :t mji ' m » \u2022 i \u2022'i Wft- 23^ ggjjgjgBfli Galapagos QQQ I3(c»«.Î7n»v I fVVW Sénégal l^îteS ftOQ! Paris J- i .I 5 -m.avion ollvt-ratour * ¦ m**mvm.bats dovUs.h .by U> Im cvtvrtt \u2022 ' «buMtt r«pM >< »*nt autu dn^Mubki a LES PHOTOS DE la presse Jean-Yves Letourneau 00 Ul ot CO to \u2014r \u2022S g 2 O \u2014( Cl.Fidèles au rendez-vous Les grandes oies blanches, encore une fois, sont fidèles au rendez-vous bi-annuel du Cap Tourmente.Par milliers, elles hantent les battures, se gavant de scirpc, avant de poursuivre leur périple vers des cieux plus cléments.Fiche technique Appareil: Canon F/1 Objectif: SS mm Ouverture: 1/250* à F/5,6 Pellicule: Tri-X tmÊBBmam I m .a\\.,\\ L'usager du métro, cet inconnu On les appelle USAGERS, personnes qui utilisent.Eux-mêmes ne se dénomment presque jamais.Ils habitent Laval, Saint-Henri, le Plateau Mont-Royal ou N.D.G.Ils sont de toutes les couleurs, parlent toutes les langues el se partagent iouies les croyances.À part le fait d'utiliser le métro les Usagers ont peu de choses en commun.Ils forment une tribu étrange.Deux fois le jour ils se réunissent à plusieurs milliers et s'adonnent au même rite.En se frôlant, sans s'adresser la parole et de préférence en évitant tout contact avec les yeux, les Usagers descendent sous terre, s'entassent dans des wagons bleus et se déplacent dans l'espace.On peut aimer le fré-quenter.Il arrive aussi qu'on le déleste.En général on est partagé.On admet c|ii'il est bien conçu, bien entretenu.On le trouve rapide, pratique.En fin de compte on est content qu'il existe et on l'apprécie ; l'hiver surtout.Certains jours on ne supporte pas le métro.Ces jours-là, sous les neons, suivre l'histoire de chacun au fil des rides, c'est trop.Se voir, se regarder et s'épier de tellement prés les uns les autres devient insoutenable.L'oxygène se fait rare.On se hate de remonter a la surface.Il arrive parfois que l'on aie le metro léger, que l'on voyage fa- cilement dans ses couloirs sans presque s'en apercevoir.Isolé au milieu de la foule, plonge dans ses pensées on oublie ce qui nous entoure.On laisse passer la station où l'on devait descendre.L'Homo sapiens a deja vécu dans des cavernes.C'est peut-être pourquoi il ne redevient pas « souterrain » impunément.Les promiscuités du métro exacerbent notre peur des autres.Elles rétrécissent notre espace vital.Dans les wagons ou sur les quais on est expose.On attend.N'importe qui peut nous adresser la parole.On sait que ça ira pour un renseignement.Mais s'il allait s'agir d'autre chose?Si l'autre voulait engager la conversation ?Passer le temps_ En attendant, dans le metro chacun a sa manière, on passe le temps.Si les humeurs ne sont pas trop fragiles, si le moral est bon, on s'adonne a une occupa-lion vieille comme le monde : l'observation de ses semblables.Naturellement, il faut savoir s'y prendre.L'usager moyen maîtrise presque toujours l'art de regarder droit devant lui, dans le vide, a travers les gens.Sans en avoir l'air il est a l'écoute, attentif aux moindres mouvements.Dans le metro, a la condition de demeurer furtifs et de ne pas se repeler.les regards peuvent se croiser.Ces regards le code des usagers du metro en determine la durée.Et l'usager est au courant.Dans les profondeurs du metro, qui sont exactement tous ces autres qui nous entourent, nous étourdissent el nous envahissent ?Les administrateurs de la CTCUM connaissent peu de choses des usagers du metro.Ils ont tout de même dessine un profil sommaire île leur clientèle.L'usager du métro est proche parent de Vusager du transport en commun.Le Plan directeur 1984-86 delà CTCUM indique que 85 p.cent des usagers ne possèdent pas d'auto.Il precise que les adultes (de 18 a 64 ans) utilisent moins le transport en commun que les jeunes et les personnes de b5 ans el plus.Il ajoute que les femmes l'utilisent davantage que les hommes.En fait.bO p.cent des usagers du transport en commun sont des usagères .C'est chaud et vivant Pour qui sait observer elles deviennent un peu inutiles ces etudes officielles.Inutiles et froides.Le metro, lui.est chaud et vivant.Il mérite qu'on en parle autrement.La fortune et la gloire ne voyagent pas en metro.Anonymes les immigrants, les vieilles personnes avec leurs vêtements uses, leurs souliers trop grands visitent les poubelles.Sur leurs talons hauts, chevilles enflées, les femmes quittent leur travail de ménagère et se rendent en photothèque LA PRESSE Dans les profondeurs du métro, qui sont exactement tous ces autres qui nous entourent, nous étourdissent et nous envahissent ?accomplir un deuxième.Rémunérateur celui-là.Devant l'immense fatigue de ces gens on pense comme celui qui chantait « la vie ne fait pas de cadeau ».Pour soi, on ajoute que l'organisation sociale que se sont donne-les humains n'arrange pas les choses.A propos d'organisation sociale justement, il est utile de s'attarder aux details.Il convient de s'intéresser aux souliers, point neglige dans les etudes officielles et pourtant révélateur des conditions socio-économiques des usagers .Les talons aiguilles par exemple.Traîtres et vengeurs ils se prennent clans les planchers grillages aux sorties des stations.Quand les trains sont bondes ils transpercent des pieds inno- cents.Et les jours ou la ville est inondée de sloche, qui dans le metro a les pieds au sec, qui les a mouilles?Un Nicaraguayen chausse de pantoufles de toile chinoise en plein mois de février, c'est dérangeant.Pour se frayer un passage dans la jungle du metro Vusager délaisse son clan.Les femmes de menage côtoient les secretaires de direction, les prostituées.Les parfums des machos se mêlent a ceux des féministes et des homosexuels.Les timides rencontrent les violents.Les racistes croisent les immigrants.Les robineux empestent les bien-pensants.Savoir s'occuper_ Est-ce pour ne pas voir ?Les usagers choisissent souvent de s'occuper pour la durée du trajet.Ballotté par les tvagohs on tricote, on mange (du lunch complet a la tablette de chocolat), on se coiffe, on se cure les ongles, les dents, on étudie, on dresse îles listes, on prend des notes, on écoute de la musique, on lit.Toutes les lectures sont permises : la Tîible.les romans-photos, le Selection du Reader's Digest, le Monde et La Presse.Sans pudeur, des voyageurs plein d'espoir se plongent dans des livres qui promettent d'apprendre a vivre ( Vingt-quatre heures ;i la fois.etc.).Dans les wagons on dort aussi, a ses risques et perils et plus ou moins profondément.On écoute les conversations ou on converse, même sans interlocuteur Le metro n'est pas toujours bonde.A certaines heures du jour, ou tard dans la soiree on le trouve presque vide.Dans les trains les voyageurs s'eparpil lent.Les publicités des murs et des wagons se foin plus présentes.L'alcool, les cigarettes, la crème a bronzer, les agences de voyages, les toniques vitamines, les banques sollicitent les usa-gers pendant que Musak leur ville le coeur Si, a ces heures, au tournant d'un couloir on tombe sur un musicien, on est reconcilie.Mais si.seul autre passager du wagon un adolescent silencieux « sniffe » son sac de colle, on est bouleverse.Le metro est-il dangereux ?Les usagers qui y ont connu des mésaventures repondront par l'affirmative.À l'heure où sur les quais on entend ses pas resonner il faut être vigilant.Le soir les femmes se préoccupent des hommes qu'elles croisent.Ces hommes de toutes les grandeurs, de toutes les couleurs, on les laisse passer devant soi pour ne pas les savoir ailleurs.Les usagers se méfient les uns des autres, c'est evident.Mais des que l'environnement permet la detente ils retrouvent leur bonne humeur.Les usagers aiment bien jouer.Toutes sortes de jeux On s'adonne à toutes sortes de jeux dans le metro.On se surveille, on se fait de l'oeil dans le reflet des vitres des wagons.On se « cruise » indirectement.Si deux trains viennent a se croiser en station on en profile pour se faire des grimaces ou pour se lancer des regards c 5 O z appuyés.Séduction cl complicité garanties sans lendemain.Pour le plaisir on accroche un visage que la rame emportera avec elle dans une minute.Le métro se prête bien au jeux de la scène.On fait toujours un peu de theatre dans le métro.Un public aussi vaste et varié, c'est tentant.Au théâtre du métro les jeunes sont ceux qui réussissent le mieux.Aucune catégorie d'usagers n'a encore égalé leurs talents pour l'improvisation.Il faut dire qu'au de-part les jeunes disposent d'avantages importants sur leurs aînés : les troupes sont nombreuses, leur énergie nouvelle et les costumes somptueux.Dans le métro les jeunes réussissent toujours a l'aire frémir leur public.Le jeu qui consiste a détourner les panneaux de signalisation ou les publicités est également très populaire chez certains usagers .Mystérieux humoristes publics ces gens donnent bien du mal au service de l'entretien.Mais leurs oeuvres peuvent changer le cours de certaines journées.Elles accrochent des sourires dans la tête des voyageurs.Des humoristes donnent du mal au service de l'entretien Ces détourneurs de signes et d'images ont certains coups de maîtres à leur compte.Ce panneau de la station Place Saint-Henri par exemple, devenu ironiquement mais beaucoup plus poétiquement.Lac Saint-Henri.On leur doit également le SNOW de la station Snowdon.Chaque année les détourneurs dessinent des centaines de moustaches et autant de paires de lunettes aux plus langoureuses pin-up des placards de publicité.Naturellement ils sont aussi responsables des graffiti.A la CTCUM les graffiti, on les craint comme la peste.On a mis sur pieds un programme qui vise à « détecter, corriger et prévenir» les écritures et dessins illicites.Au bureau des Relations publiques de la Commission de transport on est fier d'annoncer qu'ils sont enlevés vingt-quatre heures après leur apparition.Quatre préposés à l'entretien sont spécialement affectés à l'effacement des graffiti.On les appelle usagers , Personnes qui utilisent.Leur fréquentation nous entraine loin des calculs des ingénieurs, des projections des architectes, des prévisions des urbanistes et des stratégies des économistes qui ont construit le métro.Elle permet de saisir la vie en direct.?JOCELYNE SANSCHAGRIN est journaliste-pigiste.Les tribulations d'un narcoleptique Un ami revenait un soir sur la ligne numéro 1.Embarqué pour le dernier métro à la station Guy vers 23 h 30, le trajet prévu déco voit l'amener jusqu'à Berri-de ^ AAontigny.Il devait ensuite cm-uu prunter la ligne 2, descendre à m la station Sherbrooke et, finale-0 ment, rentrer chez lui.u La journée avait été longue.O Les jobs sont rares et comme 2 plusieurs, pour boucler les fins g de mois, l'ami se fait engager tu chaque fois qu'il le peut.Comé-J dien de profession, il avait tra-i/) vaille comme menuisier jusque _r tard dans l'après-midi.Il s'était .25 alors rendu à une répétition et £ avait ensuite assisté à un cours z du soir à l'université.L'ami en 9 question est narcoleptique, \u201e c'est-à-dire qu'il lui arrive d'être j£ pris d'accès subit de sommeil.ât La journée avait été longue.Elle allait s'étirer davantage.L'ami n'a pas souvenir de s'être endormi.Il se rappelle avoir payé son passage, passé le tourniquet et pris place à bord du train.Il reprend conscience parce qu'on le brasse vigoureusement.Quand il ouvre les yeux il aperçoit, debouts devant lui, deux agents de surveillance.L'un d'eux a pris son porte document et se trouve très occupé à le vider de son contenu.Complètement abasourdi l'ami demande : \u2022 Qu'est-ce que vous faites ?\u2022 Encore dans les vapeurs du sommeil il dit : \u2022 Je vais m'en aller.> Il essaie de se lever.Les deux agents l'en empêchent et le tutoient : \u2022 Qu'est-ce que t'as fait ?\u2022 Découragé, plutôt inquiet, l'ami répond qu'il n'a rien fait, qu'il s'est tout simplement endormi.Questionné par les agents il admet que oui, il a pris un verre après les cours.Il ajoute qu'il ne voit rien de reprehensible là-dedans.Puis il tente d'expliquer qu'il est narcoleptique.Ça va mal.Les agents se montrent désagréables et passent des commentaires d'un goût douteux à propos de son nom et de son accent.On avait oublié de mentionner ce détail.L'ami parle un français des plus châtié, mais il est anglophone.Son nom, d'origine allemande, est difficile à prononcer.Exaspéré l'ami demande finalement : \u2022 What do you charge me with ?> Puis il repose la question en français.Les agents n'en supporteront pas davantage.Sans répondre on lui met les menottes et on l'entraîne sur le quai.L'ami aperçoit l'inscription Honoré-Beaugrand (station terminus de la ligne 1).Il comprend alors qu'il a dormi un bon moment.On monte l'escalier.À la sortie de la station un panier à salade attend.Les agents de surveillance confient leur prisonnier aux policiers do la CUM.Et le bal commence.Tranquillement la voiture cellulaire fait sa tournée.Une première fois l'ami demande la permission de téléphoner.Les policiers ignorent sa requête.Le camion stoppe devant un poste de police de l'est de la ville et ramasse de nouveaux passagers.Une fois encore, mais toujours sans résultat, l'ami demande à téléphoner.Deux ou trois arrêts plus tard, le panier à salade se déleste de sa cargaison.On est au Quartier de détention du Quartier général de la police de la CUM, dons le Vieux-Montréal.Au quartier de détention se déroule le scénario habituel : on vide les poches, on retire les lacets, les ceintures et on parque en cellule.L'ami obtient finale- ment la permission de téléphoner et prévient sa famille.Sans nouvelle de l'accusation qui pèse sur lui, en compagnie d'une dizaine d'autres détenus, il passe la nuit en prison.Le lendemain matin l'ami attend qu'on dispose de lui.Dans la cellule communautaire le petit-déjeuner est servi à 7 h 30.À 8 h les policiers changent de quart.À 10 h on tient la classique session d'empreintes et de photographie.En attendant de les faire passer devant la cour criminelle, vers midi, on transfère les prisonniers dons une nouvelle cellule.L'ami en fait la demande et on lui assigne un avocat.Aux accusations d'« entrave .et de \u2022 flanôge \u2022 il plaide non coupable.Douze heures après s'être endormi dans le dernier métro de la ligne numéro 1 l'ami peut à nouveau circuler librement, j.S. La surveillance du métro ronge les nerfs On s'en doute.Les 335 millions d'Usagers qui prennent le métro chaque année ne sont pas livres complètement à eux-mêmes.On les surveille un peu.Les quartiers généraux du service de Surveillance du metro sont installes a la station Bcrri-De Montigny, à l'étage au dessus des quais.Sans fenêtre, le local minuscule s'ouvre sur un vestibule : vers le fond, un comptoir de reception derrière lequel sont installes téléphones et radios-émetteurs.Sur un mur, à droite, un grand tableau d'affichage attire l'attention.Épinglées au même tableau : des feuilles de directives aux employés, des listes de sentences, et des affichettes de facture artisanale qui portent l'en té te « Disparu(e) ».Ces affichettes se ressemblent toutes.Elles sont fabriquées à partir de montages photocopiés : en haut, une photo polaroid ou format photomaton ; dessous, manuscrits ou tapes à la machine, le nom et une description physique de la personne représentée sur la photo.Certaines de ces descriptions laissent songeur.Ce disparu de 33 ans par exemple, qualifié de dépressif et vétu d'un chantail Michael lackson la dernière fois qu'il a etc vu.Ces cas de disparition ont d'abord tous été signales aux différents corps policiers (CUM.GRC, SQ).Ces derniers les ont ensuite transmis au service de Surveillance du métro.Ceux qui sont perdus, qui ne savent plus où aller dirigent souvent leurs pas vers les quais.Le local du service de Surveillance comprend deux autres pièces.Une table en plein milieu, quelques machines distributrices, c'est la salle où l'on mange, où l'on rédige les rapports.La deuxième piece sert de vestiaire.Quand on a jeté un coup d'oeil aux deux cellules, vastes comme des placards (marquées chambre I et 2).on a fait le tour des lieux.Les agents de surveillance du metro, un effectif de 6b dont 3 femmes, ne sont pas des policiers.Ils tiennent a le préciser.Ils sont fonctionnaires de la CTCUM et le Plan directeur 1984-86 définit leur tache comme suit: .responsable de la surveillance des biens et pro priétes, ainsi que de l'application des règlements de la CTCUM.en particulier celui concernant le transport des voyageurs.Il assure en même temps une presence visible de la Commission dans le metro.Les employés de surveillance ont aussi pour role d'aider le public voyageur dans le métro.» p.41 Les fonctionnaires de la CTCUM n'ont pas le droit de restreindre la liberté d'un passager, sauf si ce dernier refuse d'obéir a un ordre, celui de s'identifier par exemple Quand un voyageur refuse d'observer pareil ordre, il fait entrave à l'exécution du travail d'un employés de la fonction publique.L'agent du service de Surveillance est alors en droit de procéder a son arrestation.Les agents du service de Surveillance ne chôment pas.Leur journée de travail est de huit heures.On alloue une demi-heure pour le lunch.Quinze agents sont en service en même temps.Ils ont chacun b ou 7 stations a patrouiller.Généralement ils circulent seuls.Ils se regroupent deux par deux pour repondre aux appels du Centre des communications du metro (Centre Providence).Ces appels sont transmis par le système de sonorisation de chacune des stations.Les agents n'ont pas de walkie-talkie.Ils communi- quent leurs informations a l'aide des telephones installes sur les quais du metro.Il n'est pas de tout repos le travail de surveilance du métro.D'abord ces bains île foule quotidiens et continuels, ça ronge les nerfs.Pour avoir passe trois heures d'affilée a voyager dans les trains et a visiter les stations (et encore c'était dimanche, donc moins achalandé), je suis qu'à trop frequenter les profondeurs du metro on peut facilement manquer d'oxygène.On peut aussi être atteint de clans- trophobie.Huit heures de foule qui bouge et se déplace, de bruit incessant, de lumière artificielle, on imagine facilement que ça puisse ébranler le plus imperturbable des systèmes nerveux.Ht ce fameux règlement 18, celui affiche sur les cartes du reseau urbain de chaque station, il faut le faire respecter.Pendant les heures d'affluence il est hors de question de s'adresser a qui que ce soit sur le ton de la réprimande.Il s'agit plutôt de procéder avec délicatesse.L'agent de surveillance travaille seul, il ne faut pas l'oublier.Bien sur on lui fourni bâton et menottes.Des instruments qui s'avèrent bien dérisoires devant une foule en colère.Dans la cohue l'agent de surveillance a tout intérêt a utiliser ses talents de négociateur.Au Quartier general on raconte que l'agent doit avoir la parole facile.S'il ne sait pas y faire les usagers peuvent facilement le prendre a partie.Mais quand, deux par deux, ces agents vont cueillir un contrevenant, et quand les couloirs du metro sont deserts, ces agents font-ils toujours preuve d'autant de tact, de diplomatie ?On peut se poser la question.j.s.De la véritable science fiction Les trains du métro ne vont pas toujours comme sur des roulettes.Les rames font par-lois îles arrets brusques.It les Usagers, qui jusque-là se tenaient dignes, sont projetés les uns sur les autres dans une absence totale de decorum.Des hommes se retrouvent assis sur îles genoux de femmes, des gros écrasent îles petits.Les contenus îles cartables et des sacs de provisions s'éparpillent.Dans la rame rien ne va plus.I e premier moment de surprise passe, quand les corps peuvent enfin se démêler et rétablir leui équilibre, chacun a leur façon les propriétaires de ces corps tentent île réparet les pots casso.Le protocole n'est pas severe, toutes les réactions sont permises.Certains Usagers se niellent en colère, d'autres s'csclul'fent ou commentent.Une minorité présente des excuses Plusieurs pestent contre le conducteur.Dans ces moments-là il est tout a fait inutile d'en vouloir au conducteur.Le conducteur en question s'appelle en fait « operateur » et il n'a, la plupart du temps, rien a voir avec la vitesse du train ou ses freina ges I e métro île Montreal fonctionne sur pilotage automatique avec contrôle continu de vi tesse.Si.pour une raison ou pour une autre, la rame ne res peele pas les consignes de viles se elle est automatiquement freinée en urgence.Quand tout se passe bien, les fonctions de l'operateur consiste a >< surveiller la marche du train, et.nu passage, le comportement «'es voyageurs sur le quai.Il effectue a chaque station, le serv ice des portes, commande le depart et renseigne le régulateur du Poste de commande et de contrôle centralises (PCC) de toute chose anormale >' (') Les arrets brusques des rames de métro ne se produisent pas fréquemment.Si l'on excepte le lait qu'ils obligent les Usagers a entrer soudainement en contact les uns avec les autres, ils sont presque toujours sans conséquence.L'operateur veille.Et si le système de pilotage automatique vient a faire défaut il prend les commandes II conduit le train manuellement, et le mène a bon port Les Usagers connaissent aux \u2022\"antes de metro un autre type de comportement bizarre.I e cas ou la rame ralentit pour finir par s'immobiliser complètement au milieu du couloir est un des plus courant Le train devient silencieux, les voyageurs aussi.Cinq longues minutes s'écoulent s;ms que le haut-parleur du wagon n'amené d'explication.On promène ses regards sur les visages des autres.Ont-ils peur eux aussi ?L'idée qu'une tentative de suicide a pu provoquer cet arrôl leur traverse-telle l'esprit ?Ou pense a la mort, on considère sa vie.On craint la panique ; la sienne autant que celle des autres.Mors que dans la rame tout le monde essaie de garder contenance, le plus grand calme règne au PCC.le centre nerveux du metro.Sur son tableau île contrôle optique le régulateur observe un minuscule rectangle rouge lumineux : le train en question.Le rectangle et son numéro d'identification scintillent Ils indiquent qu'il y a immobilisa tion, Sur la ligne numéro 1 (du Collègc-Henri-Boùrassa) toute la circulation des rames est au ralenti.Les yeux rives sur le tableau de contrôle optique, le régula teur communique avec l'opéra-leur du train.Ce dernier lui explique qu'on a fait tomber des extincteurs sur la voie et qu'il ne peut avancer tant qu'on n'aura pas déblaye.Par lélépho ne le régulateur s'entretient avec les employes qui travaillent en tunnel.Il leur donne les directives de libérer la voie Bientôt le nain pourra conti nucr son chemin ; ses passagers cesseront de retenir leur souffle.Le Poste île commande et de contrôle centralises loge dans le Centre Providence, un edifice impersonnel du genre bunker, situe au coin des rues liorri et Ontario.Lu plus du PCC le Centre Providence abrite le centre de Renseignements (qui répond quand on compose AUTOBUS), le centre de Communications du métro, le poste de Commandes et de mesures.Le Centre Providence distribue également l'énergie électrique C est le principal poste a haute tension du metro.!! cm .rai que les temps changent.Mais l'histoire le dit bien Encore aujourd'hui le sort des voyageurs en difficulté se trouve entre les -nains de- la Providence.t'lle Metro de Montréal, Corn munaulé Urbaine de Mil.p Mb I Les jeunes causent i 50% des problèmes l en période scolaire Les informations, les nouvelles détaillées concernant les usagers, c'est chez les agents de surveillance du métro qu'on peut les trouver.Ces fonctionnaires de la CTCUM patrouillent continuellement les trains, les quais et les entrées des stations de métro.Ils baignent littéralement dans la foule.À la CTCUM.ce sont les spécialistes des usagers.Les agents de surveillance ont un tas d'histoires à raconter.Ils connaissent les stations « chaudes » du métro, celles qui sont des points de correspondance : Berri-de-Monligny et Lionel-Groulx.La station Honoré-Beaugrand se distingue, elle, comme un point de vente de drogue et de recel.Les agents y pratiquent régulièrement le jeu du chat et de la souris.Pendant qu'ils font des affaires, les « marchands » déploient leur réseau d'informateurs.Des qu'un uniforme apparait tout le monde déguerpit.La station Georges-Vanier serait la phobie des cchangeurs.La CTCUM a beaucoup de mal à trouver du personnel pour y travailler, même quand elle offre de payer en temps supplémentaire.Fatigués des vols à répétition, les concessionnaires du kiosque a journaux de cette station ont ferme leurs portes depuis longtemps.Suicides bt les suicides ?Il y en aurait moins que durant les premières années d'exploitation du métro.Les chiffres recueillis chez les agents de surveillance corroborent les dires des responsables des Relations publiques de la CTCUM.Les usagers feraient beaucoup de tentatives.On en réussirait autour de 18 chaque année.Des femmes surtout, des personnes âgées (cf.profil de la clientèle de la CTCUM) et « des gens qui ont récemment eu une grosse peine » utilisent le métro pour tenter de mettre fin à leurs jours.Si l'on se fie à une théorie des gens de la surveillance, les usagers du métro seraient hypersensibles aux idées et nouvelles charriées par les médias.Chaque fois que la radio, la télévision ou les journaux rapportent ou parlent de suicides dans le métro, on note une recrudescence de tentatives de suicides.À la suite des événements du métro de Toronto, le Centre des communications du métro de Montréal a vu augmenter légèrement le nombre «d'appels à la bombe ».A leur façon, les « anges gardiens » n'échapperaient pas non plus à l'influence des mé- dias.Quand on s'informe d'eux à la Surveillance, on a pas l'air au courant.Il apparait même compliqué de pouvoir localiser les patrouilleurs à bérets.De façon cocasse, le surveillant en poste ce jour-là se tourne vers un subalterne et demande, très sérieux : « On en as-tu des anges ?» Sur la réponse négative de l'interrogé, il ajoute : « Ils ne se manifestent plus tellement.On les voit quand il y a des journalistes ou pour une inauguration.à la sortie de certains matches de boxe.» Si les « anges du métro » se sont envolés, il semble que les graffiti reviennent en force.Ils subiraient, eux aussi, l'effet médias.Selon M.Marier, le direc- teur des Relations publiques de la CTCUM, les graffiti ont proliféré l'été dernier, en juillet et en août plus précisément.Leur réapparition coïnciderait avec la présentation de Beat Street dans les cinémas de Montréal.Le film raconte les rivalités et les affrontements de deux bandes de dessinateurs de graffiti du métro de New York.Monsieur Marier ajoute : « Sur les murs de métro de Montréal on retrouve, copiés, certains des jiraffiti de « Beat Street ».Influence des médias Les réflexions des agents de la surveillance à propos de l'influence des médias sur les agissements des usagers rappelleront des faits à ceux qui s'intéressent à la vie du metro.Ils se souviendront qu'aux lendemains des arrestations de jeunes étudiants à la station Villa-Maria, au printemps 84, dans la plupart des entrées de stations de métro, les écoliers se sont mis à pousser comme des champignons.On parlait d'eux dans les journaux.Plus nombreux que la veille, comme pour prouver qu'ils existaient, les jeunes prenaient les stations d'assaut.Durant l'année scolaire surtout, les jeunes constitueraient 50 p.cent des problèmes que les agents de surveillance ont à régler dans le metro.Les stations situées à proximité des écoles, naturellement, sont les plus touchées : Saint-Henri, larry, Villa-Maria, Snowdon, loli-coeur et |ean-Talon.Les écoliers flânent à l'heure du lunch ou à la sortie des cours.Ils montent ou descendent les escaliers mécaniques à contre-courant, glissent sur les rampes courantes ou « piquent » chez les marchands de journaux.Ils endommagent le mobilier, nuisent à la fermeture des portes des wagons et retardent les horaires des trains.Le dernier jeu inventé par les jeunes consiste à « faire un tour» de rame.On attend que le train démarre, on passe les mains entre les rebords de caoutchouc tics portes de wagons.Les bouts de pieds posés sur le mini marchepied on se laisse emporter par la rame.Cinq, six mètres plus lard on se laisse retomber sur le quai.Que ceux qui ne se sont jamais amuses a s'accrocher aux pare-chocs arrière des autobus ou des tramways pour glisser et « faire un tour » jettent la premiere pierre.Même les agents de sur veil lance rapportent ces histoires sans animosilé ' j.s.Quelques chiffres \u2014 A l'automne 8b le métro de Montréal aura 20 ans.\u2014 Les 3 lignes du métro comptent 57 stations réparties sur 50.5 km.Il faut 35 à 45 minutes pour parcourir d'un bout à l'autre la plus longue de ces lignes.Les stations sont distantes de I à 3 minutes de trajet les unes des autres.Elles comptent 237 escaliers mécaniques et deux tapis roulants.\u2014 Le métro transporte 335 millions d'usagers chaque année.On estime son achalandage quotidien à 700 000 passagers.La vitesse maximum de ses trains est de 45 m/heure.\u2014 La CTCUM possède 759 voitures de métro : 336 modèles MR-63 (Vickcrs) et 423 modèles MR-73 (Bombardier).\u2014 Le métro fonctionne 20 hres / jour, de 5 h 30 à I h30.Cest à 8 h qu'il est le plus achalandé, il fonctionne alors à 85 p.cent de sa capacité.Une rame peut contenir I 500 personnes.\u2014 Le métro a 1 000 travailleurs à son service.Le tiers de ces person/ies sont préposées à l'entretien.Il faut 45 000 litres de savon liquide concentré pour nettoyer les couloirs et les quais du métro chaque année.\u2014 Le Centre de renseignements du métro (AUTOBUS) est ouvert 24 heures sur 24.25 hommes y travaillent.On y reçoit 750 000 appels chaque année.\u2014 Depuis 81 les voitures du métro de Montréal ont parcouru 440 220 630 km.\u2014 Le nombre d'incidents provoquant des retards de trains est en moyenne de 200/année.\u2014 La division Architecture du métro comprend 6 architectes et un conseiller artistique.\u2014 Le démarrage simultané de deux trains requiert environ 12 000 ampères.\u2014 Les pneus des voitures de métro sont examinés complètement tous les 8 000 V tn' ¦ J photothèque LA PKbbSt o Les écoliers flânent dans les stations de métro à l'heure du lunch cm a la sortie, des cours., LES RAYONS GAMMA Un apport précieux à la lutte pour I conserver les denrées Les chercheurs, les décideurs et les industriels découvrent progressivement les bienfaits de la technologie aux rayons gamma.Le Canada, principal fournisseur mondial d'appareils d'irradiation, doit répondre à une demande toujours croissante.À la fin des années 1980, l'industrie agroalimentaire adoptera, par étapes, une innovation majeure: la radiation commerciale des denrées.Mais les consommateurs accepteront-Us la nouvelle nourriture ionisée ?Comment s'effectuera l'éducation du public ?Chaque année, prés d'un demi-million de personnes dans quatre-vingts pays sont soignées à l'aide d'appareils de co-balthérapie.Les rayons gamma émis par le cobalt 60 détruisent la tumeur.En médecine nucléaire, la camera gamma peut reproduire l'image d'un organe.Une fois sur deux, la seringue utilisée pour une injection ou une prise de sang a ete stériliée par ces rayons microbicides.Le sang que vous donnez à la Croix-Rouge sera traité aux rayons gamma afin de prémunir le receveur éventuel contre toute réaction immunitaire.Le rythmeur cardiaque, utilisé par certains individus, émet de faibles rayonnements gamma.Complices de la revolution verle, ces rayons ionisants permettent une maturation accélérée des plantes et de meilleures récoltes, par l'irradiation des graines avant la mise en terre.Depuis les débuts du programme spatial, les astronautes consomment de la nourriture ionisée aux rayons gamma.F.t il y a fort à parier qu'une source émettrice de rayons gamma se trouve directement au-dessus de vos têtes, au bureau ou à la maison, incorporée au détecteur de fumée à ionisation.Les rayons gamma font partie de nos vies et.bientôt, ils occuperont une place de choix comme technique de conservation des aliments.La radiation commerciale des denrées deviendra un procédé aussi révolutionnaire que le fut l'invention de la mise en conserve par voie de chaleur, il y a près de cent suixante-quin/e ans.Rayons gamma a bon marché_ En 1947, le Canada mettait en opération son premier réacteur nucléaire.C'était le NRX.un réacteur à uranium naturel modéré par de l'eau lourde, l'ancêtre du CANDU.Le Canada trouvait au bon moment une solution a l'épuisement des stocks mondiaux de radium utilise en radiothérapie.En effet, le réacteur NRX produisait des radio-isotopes commercialisa bles.Parmi eux, le cobalt 60 allait se substituer au radium.Le cobalt 59, élément non radioactif présent en quantité presque illimitée au Canada, est irradie par un flux de neutrons dans les réacteurs CANDU de l'Hydro Ontario.Il séjournera de deux à (rois années dans le réacteur avant de se transformer en cobalt 60 (isotope radioactif).En se désintégrant, ce radio-isotope libérera tics rayons gamma.Il perd la moitié de sa puissance après une période de 5,3 années, c'est sa demi-vie.«Il est possible de produire du cobalt 60 dans d'autres filières nucléaires, mais la filière CANDU est la seule où l'on fabrique du cobalt 60 à très bon marché et cela est du à sa conception.Par ailleurs, le cobalt 60 est obtenu plus rapidement dans le réacteur CANDU parce que son combustible est l'uranium naturel (non enrichi)», explique M.Yves Doyle.physicien a la Division des irradia-teurs industriels de l'Énergie Atomique du Canada, Limitée.Le césium 137 est un second isotope radioactif employé dans la fabrication de quelques irra-dialeurs.Plus dispendieux à produire, il est aussi soluble dans l'eau et la vapeur d'eau.Il doit donc être manipulé avec d'infinies precautions.A present, seuls les Américains en élaborent une petite quantité.L'Énergie Atomique du Canada, Limitée, leader mondial_ Aujourd'hui.135 irradiateurs industriels fonctionnent dans 42 pays.De ce nombre.74 ont été fabriqués par l'FACL.Sur les 90 mégacuries de cobalt 60 en service.69 megacuries (77 p.cent) proviennent de l'EACL.l'u vue de combler les besoins relies aux nouvelles applications, on prévoit que la demande annuelle pourra atteindre 70 megacuries en 1990.Le premier appareil conçu uniquement pour l'irradiation des aliments fut développé par l'FACL en 1981.Destiné à l'Afrique du Sud, il permit de prolonger la période de conservation des fruits a pulpe molle (bananes, mangues et papayes) de leur récolte 1981-1982.Société d'État créée en 1952, l'EACL est également le plus grand fournisseur d'irradia-teurs de recherche aux rayons gamma.Cette société a vendu au-delà de 400 appareils à plus de 50 pays.En médecine nucléaire, elle produit environ la moitié de l'approvisionnement mondial en radio-isotopes utilisés a des fins de dépistage.Au Canada, il y a actuellement trois irradiateurs commerciaux.Tous trois situés en Ontario, ils servent a la sterilisation gamma de fournitures médicales uniservices et de produits sanitaires.Les Etats-Unis représentent 80 p.cent de notre marche de cobalt 60.Ce marché pourrait devenir plus lucratif encore, car les Etats-Unis visent l'élimination de la trichine du porc d'ici quelques années et l'irradiation de la viande est un des moyens envisages.De quoi rêver.Cela nécessiterait 300 millions de curies et 90 irradiateurs commerciaux.Rayons sécuritaires Contrairement à l'opinion courante, la radiation est un phénomène universel et naturel puisque le soleil et les étoiles sont en fait d'immenses réacteurs nucléaires.D'ailleurs, par une surexposition répétée à la lumière solaire, on s'expose au cancer de la peau.En outre, les rayonnements cosmiques produisent du carbone 14 radioactif, composant de toutes les créatures vivantes.Le corps humain renferme aussi des quantités mesurables de potassium 40, element radioactif, produit dans la nature.Après quarante années d'études portant sur l'irradiation des denrées alimentaires, les scientifiques ont fait la preuve de l'inocuite de ce procède.Cette technique recelé une myriade d'avantages.Ainsi, l'irradiation des céréales aura pour effet de détruire les insectes ou les larves qui les infestent.Le radio-traitement des plantes racines (carottes, pomme de terre, ignames, etc.) provoquera l'arrêt de la division cellulaire et, partant, stoppera la germination.Le ralentissement de la maturation posl-reeolte et l'action microbi-cide sont d'autres avantages de cette technologie.Les rayons electro-magneti-ques comme les rayons gamma, les rayons X, la lumière du soleil, la chaleur et les ondes hertziennes sont tous composes de ia même substance : de photons.I.'énergie émise varie avec la longueur d'onde de ces photons.Par exemple, pour se pro-leger adéquatement du rayonnement gamma, il faudra un « écran » de 28 cm de plomb, de 1,33 m de béton ou de 3,66 metres d'eau.Selon M.Montague Cohen, directeur de l'Unité de physique médicale de l'université McGill, on doit entreprendre une campagne d'information auprès des consommateurs qui ont tendance a assimiler irradiation et radioactivité.L'énergie des photons émise par le cobalt 60 est de 1,33 MeV (0,66 MeV dans le cas du cesium I 37).L'énergie de ces radiations ionisantes est donc bien en-deca du seuil critique de 5 MeV.a partir duquel il y aura risque d'induire une radioactivité dans les atomes recevant ces photons gamma », explique M.Cohen.La Côte d'Ivoire produit deux millions et demi de tonnes d'ignames par année/et«en perd 50 p.cent.» \u2022 - »\u2022'\u2022¦>'\u2022\"' Irradiateur Gamma à Laval_ Au mois d'avril dernier, l'Institut Armand-Frappier \u2014 constituante à vocation spécialisée de l'université du Québec \u2014 concluait une entente avec l'Énergie atomique du Canada limitée, en vue de construire un centre d'irradiation gamma sur le campus de la prestigieuse institution lavalloise.M.Aurèle Beaulnes, directeur de l'IAF, confirmait récemment à LA l'RESSk l'existence d'un accord permettant la construction d'un irradiateur de type semi-industriel (muni d'un convoyeur).Cet irradiateur servirait essentiellement à des fins de recherche et pour le contrôle de la qualité des aliments irradiés.Sans but lucratif, le centre d'irradiation de Laval veillera également à la formation du personnel technique et scientifique.L'entente prévoit que l'EACL érigera le centre et fournira l'ir-radiateuret le cobalt.En contre partie, le personnel de l'IAF assurera son fonctionnement.Coté financement, les gouvernements federal el provincial doivent defrayer, a parts égales, les coûts ($6,5 millions).«Nous attendons la réponse c y O z \u2014I m-> r- > 5 O n \u2014< O CD O eu o, LES RAYONS GAMMA L'industrie manifeste un intérêt de plus en plus vif u O ex ë < I/O < ¦lu z o (/> 3 du gouvernement du Québec qui a le dossier entre les mains», explique le Dr Beaul-nes.«Cela devient urgent que le Québec bouge» dans le domaine de l'irradiation.Parce qu'aux États-Unis, à la suite des bannissement des gaz bromures (désinfectants cancérigènes), cette technologie va se répandre rapidement.D'après le directeur de l'IAF, les États-Unis vont même imposer le procédé de l'irradiation à certains pays avant l'importation de leurs denrées.Le Dr Beaulncs est convaincu que Québec va repondre favorablement d'ici quelques semaines.D'autant plus que le ministre de l'Agriculture, des Pêches et de l'Alimentation du Québec, M.Jean Garon.vient juste d'effectuer une visite à l'IAF où il n'a pas caché son penchant pour la technologie de l'irradiation gamma comme procédé de conservation des aliments.Par ailleurs, l'IAF s'est associé avec la firme 1,malin au sein de « Biopréserv », une entreprise vouée au commerce international.Une fois résolus les problèmes de recherche-développement inhérents à la technique de l'irradiation gamma, Biopréserv s'attaquera au marché international et livrera des centres d'irradiation « clé-en-main ».Selon le Dr Beaulnes, trois pays maintiennent déjà d'étroites relations avec Biopréserv: l'Egypte, la Côte d'Ivoire et le Sénégal.Pour l'Egypte, les études de faisabilité portent sur les crevettes du lac Nasser (en amont du grand barrage d'As-souan), tandis que l'igname est la cible des expérimentateurs en Afrique occidentale.M.Marcel Gagnon, directeur du Centre de recherches en sciences appliquées à l'alimentation (CRESALA) de l'Institut Armand-Frappier, travaille fébrilement à mettre en place une ébauche de réseaux d'irradia-teurs gamma en Afrique.Lorsque la législation et la technologie permettront l'exportation de ce matériel sophistiqué vers des pays ayant le personnel formé à l'ionisation des denrées, M.Gagnon aura réalisé un rêve pour lequel il ne manque pas de ressources.« La Côte d'Ivoire produit deux millions et demi de tonnes d'ignames par années et en perd 50 p.cent», observe-t-il, dépité.D'après les données de l'Académie nationale des sciences des États-Unis, les pertes mondiales d'aliments en 1985 seront de l'ordre de $11,5 milliards.En Afrique, les céréales détruites par les insectes et les micro-organismes à chaque an-.née, suffiraient à nourrir 75 millions d'Africains.En Inde, des irradiatcurs pour le grain aident déjà à réduire ce type de pertes.Les chercheurs de l'Institut Armand-Frappier se penchent deja sur différents aspects de la recherche et du développement de la technologie des rayons gamma.«Une entreprise lava-loise spécialisée dans la fabrication de fournitures médicales nous a déjà approchés en vue d'utiliser notre futur irradia-leur pour stériliser ses produits», avoue Madame Mireille Gougeon, chef du contrôle de la qualité physico-chimique.Par exemple, une compagnie québécoise qui fabrique un filtre pour les reins artificiels doit envoyer sa production en Ontario pour l'irradiation gamma.Cette Ce sigle garantit la qualité de l'aliment irradié.Il atteste que l'utilisateur s'est conformé aux règles du code international relatif à l'opération des irradiateurs d'aliments.marchandise revient ici et nous effectuons les tests de contrôle, ajoute-t-elle.Les effets des rayons gamma sur les polymères, utilisés dans l'industrie des plastiques, nécessitent une étoile surveillance.Comme pour les aliments, si la dose de rayonnement absorbée est trop importante, les qualités intrinsèques du matériau seront modifiées.Dans une autre aile de l'IAF, deux chercheurs, Valério Micu-san et Raymond Charbonneau, ionisent déjà des crevettes de Matane dans un irradiateur de recherche.«Le Canada a fait très peu de recherches en irradiation des aliments.Même si d'autres pays sont très en avance, comme les Pays-Bas par exemple, nous devons effectuer nos propres travaux de recherche parce que la flore microbienne diffère dans de nombreux cas», de dire M.Micusan.De son côté, M.Charbonneau explique qu'il s'agit d'identifier et d'isoler les souches des bacté- ries qui constituent la flore de la crevette.Dans un deuxième temps il faut établir les courbes de résistances de chaque espèce aux rayons gamma.« Ainsi nous pourrons établir la dose minimale requise.» Le Centre de Recherches Alimentaires de Saint-Hyacinthe_ L'industrie alimentaire canadienne (transformation, distribution et mise en marché des aliments et boissons) représente un chiffre d'affaires de 30 milliards de dollars et emploie 240 000 travailleurs.Malgré ses incidences socio-économiques, cette industrie innove peu et n'accorde pas suffisamment d'importance à la recherche (fondamentale ou appliquée).Pour mettre un terme à ce laxisme coûteux, le ministère fédéral d'Agriculture Canada a permis d'ériger, à Saint-Hyacinthe, un centre de recherches alimentaires.À côté d'usines-pilotes pour les secteurs traditionnels de l'alimentation on trouvera, dans le Centre de recherches alimentaires, des usines spéciales pour les biotechnologies, l'huilerie, les extractions, le génie mécanique et l'irradiation des denrées aux raysons gamma.Le Dr.Chand Passey.chef du génie alimentaire du centre, dont l'ouverture est prévue à l'automne 1986, ne cache pas sa fierté à l'égard de cette usine-pilote de traitement des aliments aux rayons ionisants.C'est en effet une première au pays.« Nous prévoyons cinq créneaux majeurs pour le développement de ce procédé, souligne-t-il.Ce sont le contrôle des sal-monelles (volailles et oeufs), l'augmentation de la durée de conservation (poissons, fruits et légumes), la désinfectation (épices, farine, céréales), la combinaison de l'irradiation avec d'autres procédés de transformation (comme le blanchiment, refroidissement, extraction, etc.) et finalement la stérilisation gamma.L'irradiateur du futur centre sera muni de quatre plateformes rotatives pouvant recevoir 1815 kilogrammes de denrées chacune.Au total, 7260 kilogrammes pourront être traités simultanément.L'irradiateur Gammabeam 651PT à dose variable de l'EACL sera pourvu d'une source de cobalt 60 de 150 000 curies.«Ce qui différencie notre irradiateur d'un irradiateur commercial, explique M.Passey, c'est que le nôtre est muni d'un système spécial permettant la réfrigération e,t la ventilation de la chambre à irradiation.Nous comptons, toutefois, tisser des liens avec l'industrie pour qu'elle puisse effectuer les tests requis dans notre centre, avant la commercialisation effective de leurs produits.» Les laboratoires regroupes dans le Centre de recherches alimentaires réaliseront toutes les analyses.Le Centre permettra, en outre, aux entreprises de profiter d'installations coûteuses afin d'effectuer la gamme d'expériences nécessaires avant la mise en marché de leurs «produits ionisés».Dans les grands aéroports internationaux, il s'accumule jusqu'à 50 tonnes de déchets ali- mentaires par jour.Ces déchets sont en général incinérés.Le Canada, pays exportateur de viande, ne peut se payer le luxe d'une épidémie de fièvre aphteuse ou de peste porcine.Le ministère fédéral d'Agriculture Canada détruit donc ces déchets.Après la stérilisation aux rayons gamma, ces déchets alimentaires ne pourraient-ils pas servir dans l'alimentation des animaux?Le Dr Pierre Viviers, responsable de l'Inspection vétérinaire à l'aéroport international de Mirabel, pense qu'il y a là un débouché pour les pays PETIT LEXIQUE DE L'IRRADIATION GAMMA \u2022 Curie: unité de mesure de l'activité d'une substance radio- active (source radioactive) mégacurie: I million de curies \u2022 gray(gy): l'unité ou le degré d'absorption de l'énergie ioni- sante par un aliment I gray (gy): 100 rads lOOOgy: I kilogray (I kgy) Le Gray va supplanter le rad en tant qu'unité de mesure.\u2022 MéV: million d'électrons-volts unité de mesure d'énergie (des rayons électro-magnétiques).\u2022 Rad : autre appellation de l'unité d'énergie absorbée De «radiation energy absorbed*.1000 rads: I kilorad: 10 ray I 000000 rads: I mrad: 10 kgy \u2022 Radiation gamma: radiation électro-magnétique (énergie ionisante) de longueur d'onde très courte, comme les rayons X.Les rayons gamma sont émis par les isotopes du cobalt et du césium lorsqu'ils se désintègrent spontanément.\u2022 Salmonelles: bactéries qui provoquent la fièvre typhoïde et des toxi-infections alimentaires.\u2022 Salmonelloses: maladies transmises par les salmonelles et dont le porteur principal est la volaille.\u2022 Trichine: ver filiforme parasite de certains animaux, dont le porc.COMMERCIALISATION DES PRINCIPAUX PRODUITS\t\t\t \tALIMENTAIRES IRRADIES\t\t \tQUANTITÉ\t\t \tCOMMERCIALISE\tPÉRIODE\t Pftoourr\t(en tonnei)\t\tPAYS Pommes de terre\t200000\t1964-1982\tCanada, Chili.Allema- \t\t\tgne de l'Ouest, Hon- \t\t\tgrie.Italie, Japon, \t\t\tPays-Bas, Afrique du \t\t\tSud, Uruguay Farine de blé\t114\t1967-1969\tÉtats-Unis Onions\t3000\t1968-1982\tFrance, Hongrie, Is- \t\t\traël.Italie.Pays-Bas, \t\t\tThaïlande Champignons\t45\t1970\tPays-Bas Épices\t500\t1971-1982\tHongrie, Pays-Bas Colorants organiques 1700\t\t1976-1982\tPays-Bas Mangues\t28\t1977-1982\tPays-Bas.Afrique du \t\t\tSud Filets de poisson\t25\t1977-1978\tPays-Bas Fruits de mer et\t\t\t cuisses de grenouilles\t\t\t congelés\t2500\t1978-1982\tAustralie.Pays-Bas Papayes, fraises\t50\t1S78-1982\tAfrique du Sud i i i i i\t(0 après M.Beddoes, EACI\t\t1982) ¦ _,_ LES RAYONS GAMMA Mais pourra-t-on calmer les craintes du consommateur?en développement.«En ce qui concerne un pays comme le Canada, je ne pense pas que cette nourriture irradiée puisse trouver preneur.La composition du régime alimentaire des porcs est très rigoureuse: l'exploitant agricole met 514 mois pour les engraisser.Avec de la nourriture en vrac, il Faudrait 7 mois et plus: ce ne serait pas rentable», constate-t-il.Toutefois, le Dr Viviers croit que l'irradiation des pommes qui nous viennent de France ou des poires d'Italie serait un excellent substitut a la fumigation, tandis que les déchets alimentaires irradiés feraient peut-être un bon engrais.De Lisbonne à La Havane Les bouchons de liège utilisés par la Société des alcools du Québec proviennent du Portugal.« Pour prévenir toute contamination du vin par les moisissures ou les levures, les bouchons doivent être traités avec des solutions détergentes, puis neutralisés, rinces et sèches», explique M.loeelyn Tremblay, vice-president à la production de la SAO.«Toutes ces opérations sont effectuées au Portugal, mais c'est nous qui réglons la note», soulignc-t-il.«De plus, à cause de la porosité du liège il peut y avoir des résidus chimiques qui altéreront éventuellement le vin».C'est pourquoi la SAQ a déjà-demandé à Biopreserv d'irradier ses bouchons et même des échantillons de ses vins pour l'évaluation de cette méthode de stérilisation.Actuellement, la SAQ élimine les micro-organismes par filtration, ce qui revient à un cent le litre.Avant que notre- bois d'oeuvre puisse être exporté vers l'Australie, lu Nouvelle-Zélande ou Cuba, il doit être fumigé au Poste de fumigation du port de Montréal.M.Rupert Smiley, son directeur, explique qu'il utilise le plus souvent une chambre à gaz métallique ressemblant à un gros conteneur.Pour le bois, on utilise le bromure méthylique, gaz qui détruit les insectes et les larves.Cependant, pour stériliser les plantes médicinales et lesépices c'est plus compliqué.Il faut 60 kg d'oxyde d'éthylène en maintenant la température à 140* F, l'humidité à 80 p.cent et ce, pendant 16 heures.La stérilisation gamma de ces denrées offriraient une solution de rechange à ce long procédé.De plus, les gaz sont évacués directement dans l'atmosphère.Les États-Unis interdisent maintenant l'emploi de gaz à base de .bromure.Le Canada Le Centre de recherches alimentaires de Saint-Hyacinthe.La salle d'embouteillage à la SAQ.Assisterons-naus bientôt à l'irradiation des bouchons de liège?n'effectue donc plus la fumigation des fruits et légumes tropicaux pour la réexportation vers le marché américain.Vaincre les résistances au changement__ En Amérique du Nord, on relève entre 10 et 15 millions de cas de salmonelloses.Au Canada, 300 000 personnes sont atteintes annuellement, dont plusieurs mortellement, «le crois que l'industrie adoptera d'abord le procédé d'ircadialiou gamma pour la volaille Puis suivra l'irradiation du poisson pour prolonger la durée de conservation», prédit M.Arnold Herer, défendeur du MBA de l'université McGill dont la thèse porte sur la commercialisation du radiotraitement gamma.«Puis viendront les applications dans le domaine des fruits et legumes.C'est la perspective d'une plus-value qui fera bouger l'industrie», préci-se-t-il.«L'Association des consommateurs du canada appuie l'uti- lisation de l'énergie ionisante.I.'ACC a propose au gouvernement canadien, en 1982, l'usage d'un logo d'identification pour les produits traités à l'énergie ionisante», souligne madame Lucille Brisebois, présidente de la section québécoise de l'ACC.Un tel logo est utilisé en Australie, en Belgique.au Pays-Bas, en Israel et en Afrique du Sud.Présentement, le Canada ne requiert aucun étiquetage parti culier.Contre toute attente, la réglementation canadienne concernant le radiotraitement des aliments date de l'époque où le procède d'irradiation était considère comme un additif alimentaire! Bref, la legislation canadienne tarde, depuis quatre ans, a mettre au jour ses règlements.En 1981, les agences internationales appropriées et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont statué que la consommation de produits irradiés à des doses inférieures a 10 KGy ne présentait aucun danger pour la santé.Aujourd'hui 25 pays irradient plus de quarante produits alimentaires, mais le Canada autorise l'irradiation de seulement trois denrées et a des doses bien en-deçà de 10 KGy: pommes de terre et oignons (maximum 0.15 KGy); blé, farine et farine de blé entier (maximum 0,75 KGy).Selon ces règlements, un producteur de croustilles ne serait pas autorisé à substituer les rayons gamma aux préservatifs chimiques comme agent de conservation, car les doses nécessaires excéderaient 0,15 KGy.' '.Unanimes, les chercheurs canadiens constatent que le moment est venu d'appliquer cette technologie.Sinon les Ameri cains mettront au point une filière concurrentielle d'irradia leurs gamma au cesium 137 Leurs recherches dans le domaine de l'irradiation sont très en avance sur les nôtres.L'armée américaine nourrit depuis 40 ans.ses soldats sur les champs de bataille avec des aliments irradiés.Comment accélérer le développement et que faire pour vaincre les resistances?Selon Marcel Gagnon.ce sont les scientifiques canadiens qui ont un role de «missionnaires».Ce sont eux qui sont les mieux places pour sensibiliser les industriels et les politiciens.Fn ce qui concerne l'étiquetage, l'utilisation du sigle international contribuerait a la promotion du procède auprès des consommateurs.De son coté, M.Trembluy promet une campagne publicitaire si la SAO adopte les rayons gamma.L'éducation du public, méfiant a l'égard de tout ce qui touche le nucléaire, ne se fera pas sans heurts.«Sous un régime dictatorial on peut imposer au peuple une mesure innovatrice, mais dans une démocratie il faut toujours tenir compte de l'opinion publique, conclut M.Cohen.?LOUIS-HENRI COMTE étudie en Information et journalisme à l'Université de Montréal., ., c y 5 O z -I 3D m- > i\u2014 c/i > O Q o m O oo Cn Les explosions de bombes irakiennes et le tumulte de la DCA iranienne se sont tus.La « guerre des villes » fait relâche depuis deux mois maintenant.Mais dés le coucher du soleil les trottoirs se vident et les lumières s'éteignent dans les rues de la capitale.Viendront; viendront pas?Ce que l'Iran appelle lu « guerre imposée » entre maintenant dans sa sixième année.Le 22 septembre, 1980: l'armée irakienne franchit la frontière i-ranienne.Le président iranien.Saddam Hussein, lors d'une conference de presse tenue à Gujlan-Gharbc-, en territoire iranien, au deuxième jour des hostilités, cessa soudainement de parler, disant qu'il finirait sa conférence à Teheran.On tonnait la suite.Depuis cinq ans la guerre d'usure avec l'irak domine la vie iranienne.Lllc serait a l'origine d'un mécontentement grandissant chez les classes moyennes urbaines et occidentalisées.Au bazar, l'un des bastions autretois inconditionnels du pouvoir religieux, l'on s'interroge sur l'efficacité de la politique économique du pays.Mais chez les Moustaz'afirw \u2014 les paysans, les déshérités \u2014 qui ont porté l'Ayatollah Khomeini au pouvoir en février 1974, le soutien demeure intact et massif.Le régime malgré ses défaillances, jouit d'une côte d'amour encore très élevée auprès de la majorité de la population iranienne.Les grondes puissances du mai Des manifestations spontanées surgissent lorsqu'un passant pro nonce une dénonciation en règle du president irakien Saddam Hussein et de ses méfaits.Ou lorsqu'une mere en tchador s'en prend aux « grandes puissances photo Ronald Hallu < Les invités de l'ayatollah » \u2014 prisonniers de guerre derrière les 2 barbelés.Plus de 50 000 Irakiens sont détenus en Iran.du mal » \u2014 les Etats-Unis, l'URSS.Israel \u2014 sur la tombe de son fils, à Behecht-e Zahra, le cimetière des martyrs.Même les murs sont criards à Téhéran en état de guerre.Cha que mètre carré arbore des slogans mettant en relief des pensées de l'Imam Khomeini («l'Amérique est un tambour vide» vu sur les murs de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en Ecole militaire).Exception bizarre: les murs de l'ambassade Soviétique viennent d'être blanchis à la chaux.« Déjà les tentatives de Saddam en vue d'obtenir des inissiies SS-12 ont échoué », a explique une source près du gouvernement.« Pour l'instant, nous attendons d'eux un geste positif.Si, par conire, ils continuent à soutenir Saddam, les surfaces blanches des murs de l'ambassade serviront bientôt à écrire bien des choses! » Guerre de tranchées, guerre de marais \u2014 la guerre en est une aussi d'épuisement, de moral.Sur ious les tableaux, l'Iran semble prédominer, ne serait-ce qu'en vertu de sa population de 45 millions, dont 40 p.cent a moins de 15 ans.Vue de Téhéran, une victoire i-ranienne parait désormais presque certaine, même si personne n'ose parler d'échéancier.Le ton officiel permet néanmoins de déceler une ouverture vers un règlement négocié, à en juger par les propos tenus lors d'une entre La guerre d'usure Irak-Iran entre dans ¦ * sa sixième année vue accordée par M.Hossein Sheikholeslam, ministre adjoint aux affaires étrangères de la République islamique.Déchéance d'un Hitler « Depuis le début de la guerre jusqu'à present, nos conditions pour en mettre fin n'ont pas change.Après tout, c'est Saddam qui a déclenche cette guerre, or, sa déchéance devrait être celle d'un Hitler», at-il dit.« Cela se produira pat le truchement d'un règlement, qu'il soit politique ou militaire.Nous préferons, bien sûr, un règlement politiqtte.mais nous sommes assez forts militairement pour pouvoir lui administrer nous-mêmes un châtiment approprié.» Nul, cependant, ne recherche a dissimuler le prix élevé que la République islamique a du payer \u2014 et continue à payer, d'ailleurs.Selon un journal koweïtien, le conflit aurait fait plus de 300 000 morts de part et d'autre.En occident, on porte ce chiffre au-delà du million.C'est un prix qui se fait sentir dans chaque foyer.Comme celui de M.Abdulva-had Hosseini, menuisier de métier et militant islamique de la première heure.Trois de ses cinq enfants sont des « martyrs » \u2014 une fille torturée à mort par la SAVAK, la police secrète du Chah, et deux fils morts au front.« |e suis heureux que mes enfants aient été martyrisés au nom de l'Islam.Tout père, toute mere connaît ics sentiments des parents envers leurs enfants ».ra-conte-t-il.« Mais nous avons sciemment envoyé nos enfants au martyre, sachant qu'ils seraient d'un apport a la révolution, a cause de leur intelligence et de leurs qualités spirituelles.F.! ils savaient, eux.qu'ils pour raient devenir 1res utiles à la révolution dans l'avenir.Ils savaient aussi qu'il fallait défendre l'Islam, qui se trouvait en danger à ce moment.» S'ils n'ont pas sape le moral de tous les citadins, ni entamé l'esprit de sacrifice, les bombardements irakiens auraient permis aux dissidents de rompre leur silence.Assez représentatif, un professeur d'anglais rencontre par hasard devait déclarer que « tout le monde a peur des bombes irakiennes.Des que l'alerte es! donnée, tout le monde saute dans sa voiture pour s'enfuir.Ce sont des fous qui mènent ici.Ils poursuivent la guern-Scins pouvoir même contrôler l'espace aérien au-delà de Téhéran.» La chute du pouvoir islamique__ Le mécontentement cl l'épuisement chez une partie des classes moyennes pourraient-ils cependant entraîner a brève ou mente a longue échéance la chute du pouvoir islamique?Pour le régime, la réponse définitive a été donnée le 14 juin quand, selon les chiffres avancés par le gouvernement.25 millions d'Iraniens, dont cinq millions à Téhéran seul, ont participé à des manifestations marquant la journée de Oods (lerusalcm).L'opposition armée, les Moud-jaheddinc du peuple (MKO).est moins en évidence à Téhéran que dans les grandes villes de l'Occident.Plus en mesure d'organiser des attentats comme celui qui a tué 72 membres du Parti républicain islamique en juin 1980.le MKO a ajusté son tir.Cinq ans plus tard, la télévision iranienne a diffusé les aveux filmés de six jeunes militants fusillés deux semaines auparavant pour le meurtre de 11 citoyens dans des actions terroristes remontant à 1984.Mais à, Téhéran, on redoute moins l'action terroriste du MKO qu'une flambée de problèmes économiques.Dès sa fondation, lit République islamique a fait valoir son soutien à la libre entreprise, revue et corrigée par souci des principes islamiques.Mais voila qu'aujourd'hui, sous la pression croissante de la guerre.Ton met en question le fonctionnement de l'économie nationale.A rencontre des règlements vestimentaires stricts, largement soutenus par la population, les problèmes d'approvisionnement et de prix sont ressentis comme des faiblesses majeures du régime.« Pourquoi et comment se fait-il que ce marché libre qui s'ap pelle 'Bazar-i-Azad' puisse exister dans notre société?» C'est la question que l'influent quotidien Kayhun (progouverncmental) a posée à ses lecteurs à la mi-juillet en page éditoriale.« Nous savons », souligne l'éditorialiste, « que le peuple accorde une priorité à la cause islamique, et qu'il est prêt à consentir encore plus de sacrifices, jusqu'à tolérer des prix déjà très élevés qui montent sans cesse, la pénurie de certaines denrées essentielles, et des loyers trop onéreux : mais ce serait d'un apport considérable si les autorités faisaient l'effort d'élucider l'étal véritable de la situation économique.» Soumis au rationnement, le riz, la viande, les huiles comestibles et autres denrées de base peuvent être achetés avec des coupons émis à partir des mosquées à des prix officiels.Si ces prix-la sont assez bas pour permettre aux ménages ouvriers de vivre convenablement, il en va tout autrement pour les prix « libres », qui sont parfois de trois ou quatre fois plus élevés.C'est au grand bazar de Téhéran que les problèmes économiques nés de la guerre risquent, à moyenne échéance, de déborder.Ville dans une ville, un labyrinthe de passages étroits ou la production artisanale, la vente en gros et au détail coexistent fébrilement, mais harmonieusement, le bazar accapare, avec ses plus de 10 000 commerces, près de la moitié de l'activité économique du pays.Plus qu'un vaste marche, le bazar est une institution particulière, relié au clergé islamique par le biais de liens historiques, familiaux et économiques.Comme l'explique M.Ali Arabmazar, conseiller économique auprès du ministère des Finances, le bazar était Tun îles principaux soutiens financiers du mouvement qui renversera le regime impérial.Le Chah, dont la famille possédait un quasi-monopole sur les Un conflit qui n'inquiète plus BBS Guêtre éclair, s'imaginait en septembre w.c l'ambitieux président de l'Irak, Saddam Hussein, en agressant l'Iran de l'ayatollah Khomeini.Six ans après, le conflit pourrit et n'inquiète plus, ou si peu, la communauté internationale.C'est que les intérêts vitaux des deux superpuissances ne sont pas directement menacés.Donc, il n'y a pas de danger de conflagration mondiale.Pourtant, au début, le monde s'affolait devant la perspective de l'embrasement do la route du pétrole.En Occident, plus d'un pays souhaitait l'écrasement de la \u2022 révolution islamique \u2022 qui avait balayé la dictature proaméricaine du shah Reza Pahlavi.S'en souvient-on encore ?Le Chatt-el-Arob, source centenaire de tensions entre Baghdad et Téhéran, servit de prétexte à Hussein pour attaquer l'Iran devenu théocratie.Ce fleuve formé par la réunion du Tigre et de l'Euphrate se jette dans le golfe Persique.En 1975, aux termes des accords d'Alger, l'Irak avait accepté de repousser sa frontière ou milieu du Chan.En échange, l'Iran s'était engagé à ne plus soutenir les Kurdes dissidents du nord de l'Irak.Hussein rêvu i\u2014 On > m O n O O œ Cn Jean Basile PARLER D'ICI ë î* t yju ft t Non, ce n'est pas facile d'être hétérosexuel < _r < IU i\u2014 \u2022tz o CO 7/ Depuis que les «rôles» sexuels ont été remis en quesiton, il y a eu bien des interrogations et peu de réponses.C'est que le champ de la sexualité, comme telle, et de la sexualité considérée dans ses rapports avec l'autre est un domaine difficile à cerner, piégé de toutes parts.C'est là, en effet, où l'être humain éprouve sa complexité.C'est là où il découvre son angoisse.Mais, lentement, des lignes directrices émergent qui permettent de mettre un peu d'ordre dans cette jungle toujours à explorer.Dans un petit livre parfois remarquable, Les Sexes de l'hommeC).la préfacière, Genevieve Dclaisi de Parseval, dégage les deux axes principaux qui ont presque forcé les mâles hétérosexuels à reévaluer leur identité profonde: le féminisme et l'homosexualité masculine.Le féminisme, parce que le mâle hétérosexuel s'est vu soumis à un désir qui ne passait plus par ses propres fantasmes mais bien par le fantasme de sa ou ses partenaires.L'homosexualité, parce que l'homosexuel masculin au-delà de toute ses marges, vit, selon le mot de l'historien des mentalités, Philipe Ariés.«une sexualité à l'état pur.et par conséquent, une sexualité pilote».Ces deux assertions, si brutales, sont certainement choquantes.Peu d'hommes hétérosexuels y réagiront positivement.Quoi! les «p'Ioves» et les «fifs» vont nous donner des leçons! Il semble que cela soit po rutant vrai, étant entendu qu'il ne faut pas mélanger ce que l'on voit aisément du féminisme et de i'homoscxualtié masculine (la démarche politique radicale, le terrorisme intellectuel ou émotif) et une réalité plus profonde., que ne connaissent pas toujours la féministe et l'homosexuel, pris eux-aussi, il.ms la rond* des apparences'et des futilités L'avantage de ce petit livre est sa clarté.Il ne tombe jamais dans la polémique ou lu simplification à outrance, il y a donc linéiques témoignages, puis un peu de physiologie, puis beaucoup de psychologie basée sur une clinique.Chaque texte arrive ii su place, explique, détruit un petit mythe au passage.Fous montrent que la quesiton est chaude, que l'hétérosexuel masculin, lui aussi, est encore la victime de préjués.Celui de la masturbation, par exemple, le Les sexes de rhomme Seuil «vice» par excellence des vieux collèges classiques, que le pape condamne encore, dont l'on sait pourtant aujourd'hui qu'elle est sinon innocente, inévitable du moins.On ne peut pas ne pas signaler deux témoignages remarquables tous deux pour des raisons différentes.D'abord, celui de Thomas Trahant sur l'homosexualité.On sait peu de choses sur le comportement homosexuel.On le voit de loin.On l'imagine surtout et les stéréotypes abondent.L'auteur nous propose donc quelques «portraits» très sensibles et qui ne cachent aucunement ce qui parait être une banalité dans le monde homosexuel masculin: la multiplicité de l'aventure sexuelle.Mais ce n'est pas tout.On y voit que l'homosexuel masculin s'interroge lui-aussi sur sa nature.On le voit chercher îles «types» possibles viables.Puis, le témoignage de Marc Chabot, professeur de philosophie à Québec.Son interrogation est, dans un sens, plus tragique parce qu'il représente l'hétérosexuel masculin majoritaire.Comment l'hétérosexuel peut-il se définir au sein de ce brassage social dont il est le témoin et parfois la victime?Comment résister aux assauts de l'homosexualité, du féminisme.et des autres hétérosexuels qui ne tiennent pas tellement a se poser de questions?Dans une entrevue qu'il m'a accordée, Man- Chabot m'a raconte cette histoire assez révélatrice.Il a prononcé une conférence devant les Gais de l'Université Laval.Le lendemain, participant a une joute de hockey, ses eocqui- Phllippe Barbaud piers, fort gênés, lui ont demandé s'il était «viré gai».Mais non! Il n'était pas viré gai.Il acceptait simplement de parler, de se mettre en situation, de comprendre et.surtout, de se comprendre.Plus général est le bel article «lacanien» de Patrick Vatas sur la sexualité de l'homme en général.Il se pose la quesiton de savoir si cette nature sexuelle masculine est semblable à la nature feminine.Faisant sienne l'idée de Lacan, Patrick Valas postule une scxualtié masculine «perverse».Il écrit: «La perversion est bien un mode d'exercice du désir où se manifestent toutes les passions humaines, avec leurs nuances, de la honte au prestige, de la souffrance à l'héroisme.» Il y a beaucoup à dire sur ce sujet.On ne se gène pas d'ailleurs.C'est pourtant là un domaine du spécialiste qui, lui-même, n'y retrouve pas toujours son latin.Mais il en faut.Ce petit livre a malheureusement ses propres limites.L'hétérosexualité mâle a imposé son discours durant de nombreux siècles, pour le meilleur et pour le pire.Elle a occulté tout autre discours ou à peu près.L'hétérosexualité masculine serait-elle un «genre épuisé»?On aurait du traiter de cette question.D'un autre côté, il y a beaucoup de theories dans ces textes et pas beaucoup de choses pratiques.Changer?Très bien! Comment?Si l'on excepte les deux témoignages que j'ai cités, remarquables justement à cause de ça, il n'y a pas grand chose de concret la-dedans.Ouelques statistiques des changements reels (place de la femme dans le marche du travail, évolution de la loi concernant la pratique sexuelle, etc.) n'auraient pas lait de mal Les sexes de l'homme participe d'une prise de conscience collective très difficile, surtout pour les hétérosexuels mâles.Cela, il ne faut jamais l'oublier, ni en rire.Il n'est pas toujours facile d'être femme.Il n'es! pas toujours facile d'être homosexuel.H n'est pas facile non plus d'être hétérosexuel mâle.(') Les Sexes tic l'homme, en collaboration sous la direction de Ce neviève Dclaisi de Parseval, 2VKJ pages Le Si ml Les ondes et l'intox (2) Il me tient à coeur d'affirmer et même de faire mousser le « visage français » de Montréal, sans pour autant « faire la barbe » à mes concitoyens anglophones et allophones.Mais le visage français de Montreal, c'est aussi ce que d'aucuns appellent « le son de Montréal » et que d'autres appellent « the beat of Montreal ».|'ai donc voulu en avoir le coeur net avec cette histoire de niveaux minima imposés par le CRTC aux stations de radio en ce qui concerne la diffusion de musique vocale française.Consciencieusement, j'ai lu le procès-verbal en deux tomes des audiences publiques tenues le 25 mars dernier à l'occasion des demandes logées par les deux stations MF, à savoir CKOI-FM et CKMF-FM visant à faire réduire à 40% le contenu français de la musique vocale qu'elles diffusent.Motif principal invoqué : l'énorme difficulté de s'approvisionner dans le genre « rock progressif » ou «danse music » (sic) par suite de la baisse marquée de la production de disques de langue française.Dieu merci, cette année encore le CRTC a opposé un refus catégorique à toutes les demandes de dérogation dans .une decision prise le 22 mai 1985.Mais l'avenir peut reserver des surprises désagréables lorsqu'on connaît l'esprit pugnace et opiniâtre des états-majors de la radiophonie, le dois avouer que leur argumentation a été loin de me cbnvaincre qu'ils avaient raison.C'est qu'on doit garder à l'esprit plusieurs faits troublants.Premièrement, il n'y a pas que les deux stations précitées qui ont demandé d'abaisser les niveaux minima: plusieurs stations AM l'ont fait aussi.Ce que l'on accorde à l'un, il faudra l'accorder aux autres.Deuxièmement, déjà en 1972, avant que le CRTC ne mette en place sa nouvelle politique, plusieurs stations francophones étaient prises en flagrant délit de diffuser moins de 50% des pièces musicales en français.Leur mauvaise habitude tend a devenir une coutume.'I roisiememenl.l'argument de la baisse de production de disques français entraînant, semblé*! i', cl*- graves difficultés d'approvisionnement est rabâché depuis au moins 1472.Bref, la kiissc n'en iinit pas de baisser.I inulc-ment, les résultats des enquête!) conduites par le CU'l'C ont indiqué, dans un avis-rendu public le > mars 1983, que la situation de la production de disques français était relativement la même que celle de I9K0 et que la baisse alléguée par les stations n'était pas aussi considerable qu'elles le prétendaient.Les statistiques sont donc contestables.Voilà pour l'histoire.Maintenant, voyons les faits.D'abord le contexte de concurrence à Montréal : 9 stations anglophones pour 664 000 Montréalais de langue anglaise, soit 1 poste pour moins de 74000 auditeurs; 12 stations francophones pour 2498000 Montréalais de langue française, soit 1 poste pour 208000 auditeurs.|e mentionne aussi qu'il existe 2 stations multilingues à prédominance française et que Montréal a une population dite «allophone» totalisant 10,7 pour cent de sa population totale, soit 379000 auditeurs présumément partagés entre stations francophones et anglophones de façon égale, ce qui est loin d'être vrai.Le moindre qu'on puisse dire de ces chiffres, c'est que le potentiel radibphonique francophone est loin d'être épuisé.En revanche, la communauté anglophone s'est donné les moyens de survivre, merci.Nos concitoyens ont beau se faire arroser dans leur langue, les ondes anglophones saturent beaucoup moins Montréal, sem-blcnt-il.que les permis de taxi.Indéniablement, il existe là un problème pour les stations francophones de musique populaire : l'auditeur francophone ne s'empêchera pas d'écouter la chanson anglaise \u2014 bien peu canadienne, soit dit en passant \u2014 au poste anglophone de Montréal s'il ne trouve pas son compte à son poste francophone préféré.En d'autres termes, il convient que le CRTC limite l'octroi non pas des permis mais des formats musicaux au prorata de la population linguistique.Par ailleurs, la réglementation actuelle du CRTC permet d'assimiler la culture anglo-canadienne à toute production anglo-saxonne (lise/ américaine et britannique, c'est-à-dire étrangère).Faite pour assurer la protection et l'égalité linguistiques dans le contexte du bilinguisme institutionnel canadien, une telle politique n'en confère lias moins un avantage, indu aux stations de rock anglophones Astreindre les stations francophones à rie diffuser que >5i de musique rock anglo-saxonne est une mesure qui devrait avoir sa contrepartie chez, les stations anglophones de même format musical ile telle sorte que celles-ci soient astreintes à partager leur programmation entre 35'.«.de production étrangère et le reste de production canadienne (anglaise et française).Mais nos concitoyens anglophones de Montréal n'ont ni le courage ni la conviction d'affirmer leur identité canadienne.Ce faisant, leur assimilation devient la nôtre.(à suivre) Jean-françols Doré Le retour du Martien Bonne nouvelle.Wayne Shorter est de retour.En solo, cette fois-ci, c'est-à-dire qu'il a enfin largué, le temps de quelques mesures bien senties.Weather Report, ce groupe jazz-rock qu'il a fondé avec Joc Zawinul il y a de cela bien des lunes.Ces deux anciens complices de Mi les Davis avaient longtemps fixé le baromètre du jazz-rock au beau fixe avec leur Rapport-Météo.Malheureusement leur flamme créatrice avait bien diminué depuis quelques années ; leur ciel s'assombrissait et pour paraphraser un critique américain : Weather Report wus ge/-ting cloudy.Autant j'aimais le Weather Report des années 70, alors que le sax magique de Wayne Shorter colorait avec une grâce presque divine les thèmes veloutés de |oe Zawinul, autant aujour- d'hui je n'en pouvais plus d'avoir à me mettre sous la dent une sauce épaisse et indigeste.Bof! même les bonnes choses ont une fin, me disais-je en ma lord intérieure.Mais j'acceptais somme toute assez mal de ne plus entendre la magnifique musique de Wayne Shorter.|e l'avais découvert en particulier par un disque magistral datant des années 60, Speak No Evil.Une pure merveille.Et depuis ce temps, je suivais avec ferveur toute sa production, jusqu'à tout récemment.L'attente en valait la peine.Wayne Shorter nous concoctait en cachette un petit bijou d'album.Son titre : Atlantis , sur étiquette CBS.Un album très moderne en ce sens qu'on y utilise avec justesse certains éléments de la musique funk comme la basse Slam, lorsque le bassiste martèle les cordes en cadence avec son pouce pour en faire sortir le clinquant métallique.Ou encore le rythme abrupt du rock contemporain.Par ailleurs, il rejeté carrément l'emploi des instruments électroniques comme les claviers maquilleurs de sons et le syn-clavier, cette guitare-synthé popularisée par Pat Metheny.À l'exception de la pièce Endangered Species qui s'abandonne aux molles caresses d'une électronique complaisante, Wayne Shorter privilégie l'emploi du piano acoustique et de la batterie conventionnelle.Toute la section rythmique, basse, batterie, et souvent piano, accomplit un boulot admirable, alors que les sonorités sont simples et les cadences redoutables, pour mettre en valeur l'écriture sophistiquée de Wayne Shorter toute en syncopes, en contrepoints et en sou- LES CHOIX DE GÉRARD LAMBERT JOHN COUGAR MELLENCAMP «Seare crovv» Riva RVLS 7505 ***+\u2022 J'ai vu l'a venir de Bruce Springsteen, il s'appelle John Cougar?Je sais, ce genre de formule ne veut trop n'en dire (mais j'avais tellement envie.) Ces lyrics sont souvent beaux à pleurer, gorgé d'un humanisme de combat a fleur de peau.Un vrai, un grand disque d'amour et de colère, lardé de guitares vengeresses et ponctué d'hymnes au souffle long.Poète populaire ou intello du caniveau, il peut garder sa clé à molette.C'est John Cougar: l'outsider.Un certain rock américain, relevé à la sauce Stones, pour la furie et les rifls couperets.Un des meilleurs rock blanc à racines noires, du terrien aux larges épaules.Enfin, et c'est ce qui nous occupe, fori de sa notoriété nouvelle, l'hidiana rebel déboule avec un album de.s plus jouissifs qui soit.Ce n'est que du rock'n'roll, mais de la magie rocn'rollienne.Parce que c'est vraiment très fort.Un disque qui, après des années de galères et de succès d'estime lui permettra de toucher un grand public.Un phéno-niéne du genre sur lequel les sociologues ne manqueront pas de se pencher.Moi je me suis déjà penché que je suis carrément tombé dedans et que je continue à m'y sentir très bien.CHEAP TRICK «Standing on the Edge* Epie EE 39592 *** \\ la première note, ce nouvel album vous intime automatiquement le silence.Il passe d'une traitcCaptant l'attention comme le chat quand il guette sa proie.Cadence moyenne et pas une seconde d'ennui.Un album usine ou rien ne se perd et tout se crée.Ces malins savent taper dur, même quand ils ont l'air de taire patte de velours.Ils jouent aux sauvages.Mais leurs moindres distorsions.leurs plus intimes louches d'impro sont programmées, orchestrées, arrangées au quart de poil.Production léchée, travail soigné ces types là ne sont pas ringards.Hien qu'à les voir, sans même les avoir entendus, on pouvait penser ça.Quand on les entend, c'est encore mieux que ça: son d'une formidable cohérence et avec ça chaque pièce est un petit joyau taillé à toute vitesse dans un diamant spécial.Quoi qu'il eu soit tout cela est fait avec une grande distinction et une science fort rare: du dosag et de la bonne mesure.DAVE HOLLAND QUINTET \u2022Seeds of time» EC M 25(K12-1 E Comment appelez-vous cela?Faute de mieux, on a recours au label 'musique de jazz», c'est de la musique, de la très bonne musique.Dave Holland est indiscutablement le chef de file de.s bassistes de jazz aux dents longues et au cerveau rempli d'excitantes stratégies musicales.Un quintet où l'on rlève les noms de Steve Coleman aux saxophones.Julian Priester, trombone.Marvin Smith, batterie et percussions et Kenny Wheeler aux trompettes.Tous ont la téfe pleine de jazz et de classique créant une musique inédite.Cet album étonnant marque la preuve d'une forte maturité, d'une musique allant en s'ap-profondissant à mesure que ses créateurs la parcourent.Comme ses solos de basses, ses émotions de trompettes, ses sensibilités de saxes, ses délicatesses dans les percussions et ce trombone plein de tact.Un disque qu'il faut écouter plusieurs fois pour commencera le maîtriser, à saisir toutes ses subtilités, à suivre les dédales de cette pensée labyrinthique qui mul-tiplie les merveilles.Voilà en tout cas un album fort dont vous n'êtes pas près d'épuiser la substance, t bresauts.A la faveur rythmique Shorter oppose des cuivres éclatants.Il propulse son sax a un niveau stratosphérique.Celui qu'on appelle le Martien tant ses compositions recèlent d'am- PREFAB SPROUT \u2022'Two wheels gond» Epic EE 10100 +** Ce disque ne manque pas de charme, un groupe à saveur de bizarrerie douce, i.a musique de Prefab Sprout semble ne reposer sur aucune fonda tion tangible, aucune experience, mais émanerait plutôt d'un concept fumeux mi se fondraient de.s bribes de mo-dtsme et d'existentialisme, saupoudrées d'exotisme Habitai 67.C'est un groupe trop discret, un groupe que personne n'a encore vraiment pu assimiler.Ce deuxième album, un peu trop fluide pour avoir un reel impact fait montre à maints enroils de reels éclairs brisant en mille les songes tranquilles du rock.Il reflète l'intérêt à vouloir dépasser le schema traditionnel du refrain couplet pendant trois minutes.Parlant d'un minimum, le groupe construit les pièces d'un puzzle qui s'emboîtent les unes dans les autres jusqu'à ce que le son vous caresse la peau légèrement, tendrement, les doigts battant une rythmique chaude et un funky soyeux saupoudré de.s soupirs de VVend.v Smith.Prefab Sprout n'est pas un ectoplasme, c'est un groupe, le seul peut-être à être d'aujourd'hui, pur produit d'une culture rock mais absolument pas gêné par elle.biguites tonales et rythmiques éclabousse l'auditeur d'envolées a l'onirisme délirant.Il se fait aider en la matière par le flûtiste |im Walker qui l'accompagne pas a pas dans sa celeste derive.Dans la piece Atlantis , Shor ter propose un monde multiple el délicat en continuelles transformations.Sax et voix se chevauchent, pendant que la finie taquine avec ivresse les contre points massifs de la basse et du piano.Dans The Last Silk Hat .au tempo plus tranquille, Shorter brode une fine mélodie au vibrato elhere alors que la rythmique concasse savamment les temps forts.Dans Griançus .on s'acharne a détruire un rythme latin pour en recoller par la suite les morceaux au hasard de l'émotion.Sobriété et éloquence font alors bon menage.Et dans Shere Khan .The finer .la musique de Shorter prend l'allure feline du tigre pour marquer au détour des sons une expressivité souriante et torturée a la fois.Un beau disque donc, bien construit, interprète avec bagout.Un disque intelligent dans lequel on n'hésite pas a opposer les tons aux rythmes el les rythmes a la voix des instruments pour créer une musique originale et prenante, une musique qui accroche a prime abord mais qui ne prend tout son sens qu'a la dixième écoute.Il s'agit d\"Atlantis du Martien Wayne Shorter.O 3 CD 3D O CD VIEILLI Gtëirê Ditfisac On a trop fui le dentiste.û LU < to Dand les centre d'hébergement pour personnes âgées, manger est Tune des occupations importantes de la journée.On les voit se masser non loin de la salle à diner une demi-heure ou plus avant de pouvoir y pénétrer.C'est donc un lieu de rencontre, une occasion d'échanger, de louer ou de critiquer.la nourriture! lin sont l'expression éloquente les nombreuses lettres déjà publiées dans mon courrier et de plaintes reçues par téléphone ou par tierces personnes.Un problème ignoré Ces bénéficiaires parlent souvent de divers malaises physiques qu'ils éprouvent (difficulté de digérer, d'avaler, d'éliminer, etc.) mais rarement de leur santé buccale.L'Ordre des Dentistes nous faisait part, dans une conference de presse, en mai dernier, des solutions qu'il préconise pour remédier (dans certaiens limites) à une situation désastreuse.La nouvelle publiée dans La Presse dit: «.comme il faut bien commencer quelque part, l'Ordre des Dentistes du Québec compte offrir, a compter d'avril 1986, un examen de dépistage gratuit aux personnes âgées vivant en centre d'accueil ou en centre hospitalier dans les villes de Montréal, Hull, Québec, Sherbrooke et T rois-Rivières.» Formidable! Il faut applaudir.Car ce dépistage pourra démontrer non seulement à ceux et à celles qui voudront bien en profiter mais aux autres personnes âgées l'importance de conserver les dents que nous avons ou de porter une prothèse bien ajustée.Une étude, effectuée en 1980-1982 par un groupe de recherche de l'Université de Montréal, donne de précieuses indications sur l'état de nos dents, quand nous arrivons au Troisième Age.Pour vous en transmettre, dans un premier temps, les données essentielles, j'ai interviewé le directeur de l'équipe, le Dr lean-marc Brodeur.m Un peu d'histoire < 'LU OC _Z La recherche, financée par le O gouvernement fédéral, a donné 5 des résultats effarents.«Ça n'a SJ> pas coûté cher, dit le Dr Bro-gj deur, car nous avons utilise, outre des dentistes en pratique privée, ceux qui oeuvrent en jj DSC (département de santé communautaires) ou en CLSC (centre locaux de services communautaires).» «Douze dentistes sont allés à domicile et dans les établissements visiter des personnes de 65 ans et plus.Nous avions un échantillonnage de plus de 2,000 noms.Le taux de participation a été très élevé: 85 p.c.soit, 1.822 individus.» C'est évidemment très révélateur.«De ce nombre, 80 p.c.avaient besoin de traitements plus ou moins compliqués; 60 p.c.requéraient de nouvelles prothèses ou des extractions multiples (dents cassées au niveau de la gensive, par exemple); 72 p.c.étaient complètement édentées.et de ce nombre, 16 p.c.ne portaient pas de prothèse!» Le Dr Brodeur souligne: «Nous sommes drôlement en retard en ce qui a trail à la conservation des dents».Il me fait, avec les Etats-Unis, des comparaisons chiffrées qui me confondent! Le Dr B.\u2014 L'Etat assure les frais hospitaliers, les soins médicaux, les médicaments, l'optométric.Les dentistes, non.\u2014 C'est peut-être qu'une maladie peut nous faire mourir; la perte d'une ou de toutes nos dents, non.Le Dr B.\u2014 Les optométristes, alors?\u2014 Le raisonnement est similaire.Nos yeux nous paraissent plus précieux que nos dents.Le Dr B.\u2014 Pourtant, sans dents, on ne digère plus de la même façon.Les problèmes occasionnés par une bouche partiellement ou totalement sans dents peuvent être importants pour la santé en général.Même le vécu social en est effecté: on ne sort plus, ne voyage plus, on mastique mal les aliments, on ne peut plus manger ce qu'on aime.etc.Nous avons aussi constaté que 45 p.c.des personnes perçoivent leurs problèmes.D'autres trouvent normal de porter une prothèse et pensent que leur état est sans remède.L'utilisation des services Les chiffres fournis par le Dr Brodeur sur l'utilisation des services m'éberluent.«Le délai moyen remonte à 14 ans.Seulement 10 p.c.des personnes âgées avaient consulté un professionnel dentaire au cours de la dernière année; 26 p.c.l'avaient fait dans une période s'échelonnant entre un et quatre ans; 13.3 p.c.entre cinq et neuf ans et plus de 50 p.c.des individus n'avaient pas consulte au cours des dix dernières années.» Si on parle uniquement de ceux qui ont encore une ou des dents, le délai moyen de consultation remonte à 10.6 années.De ce groupe, 22.2 p.c.seulement ont consulté un dentiste au cours de la dernière année.Chez 33.5 p.c, le délai varie de un an et quatre ans; 11.4 p.c.ont consulté il y a de cinq à neuf ans et 32.9 p.c.n'ont pas vu un dentiste au corns des dix dernières années.Chez les personnes complètement édentées, le délai moyen est plus long encore: 15.3 années.Seulement 23.1 p.c.ont consulté, il y a entre unà quatre ans; 14 p.c.entre cinq et neuf ans et 57.4 p.c.n'ont consulté ni un dentiste ni un dcnturolo-giste depuis au moins dix ans.Les méthodes ont changé._ Il est que la très grande majorité des personnes âgées ignorent que les méthodes ont changé.Il est probable qu'elles se disent: «|e n'a plus de dents, ou si peu, qu'il n'y a rien à faire qu'à porter un dentier.» Et si la prothèse les blesse, elles la jettent dans un tiroir.Comme si une prothèse ne pouvait être ajustée ou changée.Le Dr Brodeur affirme: «On peut s'attendre, devant un si faible recours au dentiste, à une prévalence élevée de maladies péridentaires.de caries non traitées, de caries de la racine, etc.Pourtant, la profession dentaire recommande la nécessité de visites annuelles chez ceux qui ont encore des dents, la nécessité de visites de contrôle chez ceux qui portent des prothèses et le besoin de refection ou de confection de nouvelles prothèses à tous les cinq ou sept ans chez ceux qui ont deux prothèses.Soulignons que c'est la prothèse du bas qui est.la plus importante.Cette recherche a décidé l'Ordre des Dentistes à lancer son projet de dépistage, au printemps 1986.Un comité a été formé pour recruter des dentistes acceptant de participer à cette expérience.Les Administrateurs de l'Ordre seront appelés, le 18 octobre prochain, à lui donner son aval.|e suis convaincue que ce dépistage et ses conséquences amèneront les personnes âgées à prendre conscience de l'importance d'avoir des dents, bonnes et solides, naturelles ou artificielles.Chère Madame, J'ai lu avec un vif intérêt votre article du 21 septembre 1985, publié dans La Presse PLUS et intitulé: «Une loi inhumaine à remanier.\u2022 Permettez-moi d'y apporter quelques commentaires et précisions qui, espérons-le, sauront profiter à vos lecteurs aux prises avec un problème d'incapacité nécessitant une mise en tutelle.Pour ce qui est du problème soulevé par le paragraphe trois de votre article concernant le rôle du psychiatre, disons que la famille aurait pu simplement demander l'interdiction pour prodigalité, et ce, sans l'intervention d'un psychiatre.Je dois cependant ajouter que, dans certains cas, le psychiatre devra faire état de la capacité d'une personne à administrer ses biens.En effet, en vertu de la Loi sur la Protection du malade mental, si une personne, dont le comportement mental présente un danger pour elle-même ou pour autrui, refuse de se soumettre à un examen clinique psychiatrique, tout intéressé pourra s'adresser à la Cour (Provinciale, à Montréal) pour obtenir une ordonnance de subir un tel examen, laquelle ordonnance pourra être exécutée par tout agent de la paix.Si le psychiatre, chargé de cet examen, juge que la personne est incopable d'administrer ses biens, le directeur des services professionnels du centre où a lieu l'examen devra aviser immédiatement le Curateur public qui automatiquement entrera en fonction.(.) Une curatelle privée peut être demandée par la famille sans aucune intervention de la Curatelle publique.Le Curateur public sera cependant curateur si un psychiatre remplit un certificat d'incapacité et qu'aucun intéressé ne demande l'interdiction et il sera aussi curateur si, lors des délibérations du conseil de famille en vue de la nomination d'un curateur privé, personne n'accepte la charge.Quant à l'interdiction (prévue au Code civil), il faut dire qu'elle est prononcée par le Tribunal et qu'elle peut aussi être levée par le Tribunal, le cas échéant.(.) Vous soulevez, aux paragraphes neuf et onze de votre article, un problème d'argent et un problème de procédure relativement à une curatelle privée.Disons d'abord que la consultation du psychiatre, dans la plupart des cas, est gratuite.Quant aux démarches à faire, elles sont simples et rapides.Il s'agit de préparer une requête en interdiction, obtenir une date à la Cour (environ trois mois) et se présenter devant le juge ou le protonotaire qui rend jugement.Quant aux avantages et inconvénients de chaque genre de LE COURRIER On adraiM le courrier à Clair.Dutrisac la Près ie \u2022 PLUS 7, ru* Saint-Jocquoi Montréal, Ou*.H2Y 1K9 curatelle, je dirais qu'une curatelle privée est plus personnalisée puisque la personne nommée a souvent intérêt à bien administrer.(.) Pour ce qui est des abus, j'ajouterai qu'il arrive que les membres d'une famille, sachant qu'un parent sera bientôt soit interdit, soit sous la juridiction de la Curatelle publique, prendront les devants et, surtout s'ils ont une procuration, déplaceront à leur profit une partie de la fortune de ce parent.La Curatelle publique fait un inventaire des biens mais ne demande pas de rendre de compte.Finalement, j'admets avec vous que les trois lois en cause sont complexes.Il faut les lire ensemble pour bien comprendre le processus à suivre.Quant au profane, je crains qu'il soit difficile de vulgariser un domaine éminemment complexe.J'espère avec vous que le législateur saura nous donner une loi qui traitera de problème d'incapacité de façon claire et complète.Gilles Lebeau, avocat, Ville Saint-Laurent.R.\u2014 Merci de votre lettre que j'ai du tronquer à cause du manque d'espace.|e ne suis certes pas compétente pour discuter avec vous les détails des trois lois en cause.Trois.ça me parait excessif.Vous nagez dans la procédure avec une aisance et une autorité que vous confère votre profession.Le profane, lui, se perd aisément dans cette jungle.|e veux seulement souligner quelques points importants: 1) la famille n'est pas toujours avisée par le directeur des soins professionnels de l'établissement que la nomination d'un curateur est devenue nécessaire.Elle est mise devant le fait accompli.C'est un procédé inacceptable.Il faut tenir compte non seulement de notre ignorance en la matière, mais également de la répugnance que l'on éprouve à faire interdire un être cher; 2) vous dites que les démarches sont « simples et rapides » pour parler ensuite d'un délai de trois mois! C'est ici qu'éclate toute la relativité des mots-Deux questions : la loi sur la Protection du malade mental s'applique-t-elle à des personnes que la psychiatrie rejette?Qu'arrive-t-il durant le délai de trois mois ?La Curatelle publique intervient ?D'un individu à l'autre, les situations varient beaucoup.Les lois représentent l'ordre, non la justice.Cl Lorsque la forêt s'embrase Impossible de ne pas se réconcilier avec l'automne lorsqu'il se fait, comme cette année, chaud, agréable, coloré, avec des couchers de soleil époustouflants de beauté, avec aussi ce qu'il faut de pluie pour conserver, jusqu'aux froidures, le vert aux pelouses et la fraîcheur aux fleurs qui durent, durent.À l'instant où j'écris ces lignes, j'aperçois, de la fenêtre de mon bureau, d'éclatantes fleurs jaunes, mauves et orange tranchant sur le vert mouille de l'herbe.Épanouies, elles se gavent d'eau en attendant le soleil de demain.Tout prés de moi.à gauche de ma machine à écrire, ma chatte qui dort paisiblement levant le nez, elle, sur la pluie qui mouillerait son pelage, et.à ma droite, un gros livre contenant les précieuses feuilles d'automne que j'ai ramassées dimanche dernier au parc Paul-Sauvé.l'ouvre délicatement le reliquaire: apparaissent alors, au fil des pages, les bruns et les écartâtes, fauves, oranges, ocres, jaunes et verts des feuilles, couleurs qui se marient, se superposent, s'estompent, éclaircissent les nervures, foncent les contours.|'ai ramassé une dizaine de feuilles de vinaigrier; elles vont du bordeaux au rouge vif, en passant par le brun tacheté de vert et le rouge tacheté de jaune ou marient élégamment l'orange, le jaune et le vert! Que dire aussi des différentes tonalités des feuilles de l'érable, du hêtre, du chêne, du peuplier, du micocoulier ou du bouleau (dommage que les illustrations de cette chronique ne soient pas en couleur! ) Mais comment expliquer ce changement de coloration chez les arbres en automne?Bris des molécules de chlorophylle_ Lorsque la température devient plus froide et les journées plus courtes, il se produit dans les feuilles un bris des molécules de chlorophylle, cette matière colorante des plantes dont la lumière est le facteur nécessaire à lu production.N'étant plus masquée par le vert, la présence de grosses molécules nommées «pigments» devient alors plus évidente grâce à la teinte spécifique de ces derniers.Et naissent de flamboyantes couleurs avant que ne tombent les feuilles.photo Jean Goupil, LA PRESSE Pour conserver les feuilles mortes ramassées pour leur couleur ou comme souvenir, il suffit de les placer dans un livre ou dans un dictionnaire.«Ainsi donc se mêlent le jaune des xanthophylles, l'orange des carotènes et le rouge de l'anthocyane.Ces trois pigments, trouvés en proportions variées selon les espèces et les individus, produisent une gamme de couleurs allant de l'or au pourpre.Chez les érables, par exemple, l'anthocyane est élaboré à partir des sucres qui s'accumulent dans les feuilles, à l'automne», nous disent Monique Laforge.Linda Rail et Véronique Sicard dans La forêt derrière les arbres, petit livre nouvellement sur le marché (édition Marcel Broquet) qui perce quelques-unes des énigmes de la forêt tout en la dévoilant comme un milieu grouillant où plantes et animaux perpétuent un cycle de vie qui semble éternel.C'est d'ailleurs ce que j'ai pu vérifier, une fois de plus, lors de ma ballade de dimanche dernier, dans l'un des sentiers du parc Paul-Sauvé, celui qui mène, à travers un havre de couleurs, d'odeurs et de lumière, de courses d'écureuils et de chants d'oiseaux au lac de la Sauvagine.Un castor solitaire_ Il était onze heures lorsque nous nous sommes engagés dans le sentier tapisse d'aiguilles de pin prenant naissance près de l'usine d'épuration du parc.Marchant lentement, il faisait bon se pencher de temps à autre pour dénicher, parmi l'amoncellement de feuilles, les plus beaux spécimens \u2014 les plus étranges aussi, telle cette feuille de peuplier moitié jaune, motié verte, comme dessinée par une main d'homme \u2014 des différentes espèces d'arbres qu'on trouve dans cette vaste étendue protégée.|e m'étonne de l'éclat des coloris, de la douceur des feuilles, celles du vinaigrier entre autre, et de leur unicité.Chacune, en effet, a ses couleurs propres et ne ressemble qu'à elle-même, touchante dans sa simplicité, sa délicatesse et sa symétrie, dans sa perfection en somme qu'il faut aller découvrir par terre, avant que la feuille ne sèche, se décompose, morcelée par les decompose urs \u2014 bactéries, vers de terre, insectes et champignons \u2014 avant de retourner au sol, «remettant ainsi en circulation une importante quantité d'éléments nutritifs» ( «La forêt derrière les arbres»).Partout des cupules de glands de chêne, sortes de coupes couvertes d'écaillés noueuses faisant penser à de petits bérets, témoignant de l'activité intense des écureuils en cette saison préparatoire au long hiver.Par tout également cette lumière particulière qui nous enveloppe, nous donnant envie de nous installer ici pour longtemps, d'autant plus que nous ne rencontrerons personne avant 13 heures.Personne?Pas tout a fait, puisqu'un castor adulte nous permettra d'assister, tout le temps que nous le voudrons, a ses activités de rongeur calme et persévérant.Tout d'abord assis sur le bord d'un marécage se grattant et se nettoyant (?) le pelage, il semblait vivre en dehors du temps tellement st-s gestes étaient lents.Qu'il était har monieux et paisible le castor brun fonce a la queue plate! Qu'il nageait bien aussi, quelques minutes plus tard, avançant, ou plutôt glissant sur l'eau sans faire la moindre gouttelct te, une branche d'arbre dans la gueule! Sans compagnons, il ne semblait pas être le moindrement incommodé par cette solitude, vivant au ralenti.D'où venait-il donc, ce castor?Énigme que nous n'avons pu résoudre.Après avoir mangé notre lunch tout en l'observant attentivement, nous avons quitte le marécage, nous dirigeant vers le lac de la Sauvagine, ousis de beauté où encore une fois, presque seuls ( les gens qui vont au parc Paul-Sauvé aiment plutôt se prélasser sur la plage du lac des Deux Montagnes, la où planches à voile et bateaux sont deux activités fort prisées), nous avons laisse le temps couler, construisant dans le sable fin un château ou restant immobiles au soleil, enivrés de tant de beauté tranquille.Dans le freez-bec d'Alexandre, le tas de feuilles fragiles que nous avons ramassées.Contournant le lac de La Sauvagine, nous sommes revenus à notre point de départ, là où une foule de cyclistes s'apprêtaient, eux aussi, à retourner à la maison, sourire aux lèvres et mollets revigorés.Certains d'entre eux se dirigeaient vers Montréal, empruntant la piste cyclable du parc jusqu'à Saint-busta-chc.Le parc Paul-Sauvé est situé à Oka.On y accède, de Montreal, par l'autoroute 640.?c y O z m-> r\u2014 > 5 o 00 Oi A Aux Éditions La Presse EN VENTE PARTOUT «LE GUSDE DE JEAN PAGE DE L CHASSE AU QUEBEC: est agrémenté de nombreuses photos et dessins qui sauront sûrement plaire à l'amateur de chasse.u-> co o.Ill oc o 5 < < -UJ oc \\-Z O S «/?i o CM Chroniqueur de chasse et de pêche bien connu des amateurs québécois, Jean Page collabore depuis nombre d'années à la plupart des revues et emissions traitant de plein air.Sa connaissance des ressources de chasse et de pêche au Québec en fait l'un des plus grands experts dans le domaine.Le guide Jean Page de la PÊCHE au Quebec, aussi disponible.Cet ouvrage contient tout sur: : le gibier que l'on trouve au Québec; c l'équipement et la technique de chasse; c la chasse à la sauvagine; la façon de conserver et d'apprêter le gibier; les sites de chasse.EN PLUS! Nombreux conseils pratiques et renseignements généraux 384 PAGES iLUSTRÉES M COMMANDEZ PAR TÉLÉPHONE riiyffl^^M'nfîliiîn Service rapide et efficace Economisez temps et argent en commandant vos livres des Éditions La Presse par téléphone.Vous n avez qu'à composer le numéro 285-69G4, donner votre numéro de carte VISA ou MASTERCARD et le tour est joué.Ce service vous est offert du lundi au vendredi de 9 h à 16 h.Prière de noter que les échanges et les remboursements ne sont pas acceptés BON DE COMMANDE Pi l> Veuilinz me lake parvenir ( ) exemplano(s) de ( ) Le guide Jean Page de la CHASSE au Cuebec (683) 14.95$ ( ) Lo guide Jean PAGE de la PECHE au Québoc (682) 12 95$ Plll aU.i ¦ *< del.APn.ESSF 11,95$ 10,35$ À retour nor aux: Éditions La Presse, 44, rue Saint-Antoine ouest Montréal (Québec) H2Y1J5 N° d'abonnc(e).IMPORTANT: Joignez a celle commande un chèque ou mandat payable aux Editions La Picsse Liée.Vous pouvez également utiliser voire carte de dédit comme mode de paiement.MASTERCARD N°.VISA N°.NOM.ADRESSE VILLE PROVINCE COC.E POSTAL .TOTAL ci-joint .TÉL.(UPlus 1$ (hiuf Vais poste -$ Ill ItiùMUtlHillOll) r- rrwrcijj'ii mil t-vm\" *« S ¦\".£ «\u2022 * r.^ u.S '£ O o \"i c V "]
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