La presse, 16 novembre 1985, B. Informations nationales
[" \"A NrYnONALES LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 16 NOVEMBRE 1985 SAUF POUR LES INAPTES AU TRAVAIL Rôles inversés I Qui a accepté le premier \u2014 et qui a refusé le dernier ?Qui a accusé l'autre de se réfugier derrière qui?L'interminable «débat sur le débat* débouche sur une seule certitude: il n'y aura pas de débat télévisé.Il y en aura un à ia radio, mais l'engouement est moitié moindre quand c'est d'images et de marketing que sont faites les campagnes électorales contemporaines.L'autre certitude qui se dégage de cette semaine de campagne, plus chargée que les deux premières, c'est que Hyundai assemblera des automobiles au Québec, à Bromont plus précisément.L'aide gouvernementale au constructeur est appréciable, les motifs de réjouissance sont nombreux dans les Cantons de l'Est, mais le coup est dur pour l'Est de Montréal: le redressement du secteur industriel lourd devra y emprunter une piste autre que sud-coréenne.La dernière certitude de la semaine confirme.l'incertitude qui plane sur l'éventuel vainqueur: les électeurs n'en finissent plus de chercher qui est qui, tellement les rôles traditionnels sont maintenant in versés.Contrairement à ce qui se passait il y a cinq, dix nu quinze ans, l'est le PQ qui tient le role du « réaliste», celui qui dénonce les «illusions à rabais» cîu PLQ.Les exemples ont été nombreux: les libéraux s'engagent, coup sur coup, à ouvrir le Régime des rentes à 800 000 Québécoises au foyer ; à « régler» le problème des salles d'urgence; à élargir la clientèle écolière en abaissant l'âge d'accueil.Le tout en baissant les impôts et en abolissant des taxes, notamment sur les primes d'assurance.La riposte péquiste: «On n'est pas des marchands de rêves » ; l'État n'a pas les moyens de ceci et de cela, choses par ailleurs souhaitables; F Agir pour demain de Pauline Marois a déjà identifié les motifs qui rendent «irréalisable» l'accès universel à la RKQ des femmes au foyer.Holes inversés: M.Bouras-sa va dire aux nationalistes du Lac-Saint-Jean que le PQ a affaibli le Québec français et que le PLQ redressera ces torts.Au même moment, M.Johnson reçoit un accueil respectueux ù l'université McGill.Le folklore change aussi de camp: ce ne sont plus Gilles Rocheleau, Pierre Paradis ou John Ciaccia qui organisent une soirée de raillerie de l'adversaire: ce sont plutôt les candidats péquistes de la capitale qui se moquent de leurs concurrents.Et c'est le premier ministre, médecin et avocat Johnson qui mène la charge, reprochant à M.Buurassa d'avoir beauccup voyagé et beaucoup écrit ces neuf dernières années.Pour comprendre l'inversion, il faut avoir la mémoire aussi longue que les syndicats de salariés de l'État disent l'avoir.Massivement, soutiennent-ils, les fonctionnaires, enseignants et travailleurs d'hôpitaux vont «renier» le parti qui s'est longtemps prétendu leur allié, jusqu'à la «grande trahison» des dernières négociations du secteur public.Ces années économiquement noires de 1981-82 nous ont aussi valu, cette semaine, d'autres inversions des idées reçues.Des gens d'affaires interrogés par LA PRESSE lèvent leur chapeau devant le redressement économique géré par le gouvernement sortant.Puis une enquête du journal Les Affaires indique que le PQ a réussi une percée dans ce milieu présumé acquis aux libéraux.Mais le clou de l'inversion appartient au Conseil du pe tronat, qui juge «vague sur toute sa longueur» la réponse du PLQ à sa question sur le contrôle des dépenses publiques, alors qu'il juge «assez claire» la réponse du PQ à la même question primordiale.GILBERT BRUNET Les libéraux seront plus parcimonieux dans la distribution de l'aide sociale n Si le Parti libéral est élu, les ™ prestations d'aide sociale seront réservées aux personnes qui sont inaptes au travail ou qui participent à des activités d'inser- PIERRE VENNAT_ don ou de réinsertion sur le marché du travail.Il ne sera plus question de prestations automatiques à quiconque est dans le besoin.C'est ce qu'a annoncé hier M.Christos Sirros, député de Laurier et critique de son parti en cette matière.Il était accompagné des députés Thérèse Lavoie-Roux et Jean-François Viau, et dui candidat André Vallerand.Dorénavant, toute personne apte au travail qui désirera toucher des prestations devra s'inscrire comme participant à un programme qui sera connu sous le nom d'Action positive pour le travail et l'emploi.Un contrat individuel sera signé avec chaque participant établissant ses obligations ainsi qu'un échéancier de réévaluation de sa situation.L'aide consentie selon les termes du contrat pourra être suspendue si le participant ne respecte pas ses obligations.Ce programme servira de guichet gouvernemental unique pour l'accès au travail des gens à la recherche d'emploi.Mme Marie-Louise Parent-Johnson a félicité M.Tancrède FredeHe, qui vient de passer le cap de son premier centenaire.photo Armand Trortier LA PRESSE LES ÉPOUSES DES CHEFS Discrètes, mais pas indifférentes I On voit sans cesse leurs ma ™ ris à la télévision, dans les journaux, sur les panneaux publicitaires.¦ Une campagne de type présidentielle », ont décrété certains observateurs.Pourtant, à rencontre de ce qui existe aux États-Unis, Mmes Parent-John-son et Bourassa ont fait preuve d'une grande discrétion depuis le début de la campagne électorale.MARIO FONTAINE Les épouses des chefs mettent bien sûr la main à la pâte, mais sans fracas, presque à la dérobée.Il est ainsi virtuellement impossible de rencontrer Andrée Bourassa en entrevue.Celle-ci fait campagne dans Bertrand, où certains sondages donnent le chef du Parti libéral perdant contre son adversaire péquiste.Elle visite régulièrement le local de comté, fait du porte à por- te.Mais de rencontres avec les médias, point ou presque.Ses mentors conseillent de la saisir au bon moment, entre deux cours à l'université et deux tournées dans la circonscription.Il en va pratiquement de même avec Mme Marie-Louise Parent-Johnson.Celle-ci assistait toutefois hier à une petite fête donnée au Manoir de l'âge d'or, situé en plein coeur du centre-ville à Montréal.Elle y est entrée presque du bout des pieds, sans bruit.Elle n'a pas demandé de faire de discours, on ne le lui a pas proposé.Des amis à elle avaient réclamé sa présence pour célébrer deux centenaires, Mme Laure Rcynaud et M.Tancrède Fredette, en présence de trois douzaines de bénéficiaires.Quelques poignées de main, des sourires, aucune précipitation, rien de forcé.Une robe noire très sobre, un chemisier blanc.« J'ai mes activités professionnelles, mes responsabilités », dira cette secrétaire générale de la Bourse de Montréal pour expliquer sa participation effacée à la campagne.Il lui faut en outre s'occuper de leurs deux enfants.Marc-Olivier et Marie-Claude.Il lui reste donc quelques soirées et quelques week-ends.Elle consacre justement celui-ci à une tournée à Aima et à Chibouga-mau.Car discrétion n'est pas indifférence.Si les sondages l'inquiètent?«Quels sondages?Ceux commandés par des hommes d'affaires pour le Parti libéral?*.Ses commentaires politiques, elle les formule avec le sourire, d'une voix pour ainsi dire non partisane.Ce qui n'empêche pas la conviction chez cette avocate de 11 ans: «Mais bien sûr que nous allons gagner les élections, c'est évident! » LES PROMESSES LIBÉRALES EN MATIÈRE DE SANTÉ Chevrette trouve «farfelue» l'analyse que fait Bourassa wm Le ministre Guy Chevrette juge farfelue l'analyse des dépenses publiques en matière de santé et de services sociaux avancée jeudi par le chef du Parti libéral du Québec Robert Bourassa.HUGUETTE ROBERGE Le ministre de la Santé et des Services sociaux réagit au dévoilement du programme libéral en santé en se disant à la fois « heureux, surpris et déçu ».Il s'étonne de constater que « M.Bourassa ne s'est même pas rendu compte qu'un certain nombre de ses engagements sont déjà en application, que d'autres sont des engagements du Parti québécois et que, pour le reste, il ne s'agit que d'énoncés de politique et de promesses floues.Il y a tout un monde entre ses propositions et ses virulentes dénonciations.» À propos du financement des hôpitaux, M.Chevrette rappelle qu'il a annoncé, en juin dernier, la mise sur pied d'une équipe de fonctionnaires du MSSS chargée de visiter chaque hôpital accu- sant un déficit en 1984-85 et d'étudier son cas au mérite.Jusqu'à présent, une quarantaine d'hôpitaux ont été visités.Cette étude cas par cas permet d'attribuer une bonne part des déficits à des dépenses autorisées, dues par exemple à une augmentation de clientèle.Cela réduit d'environ $80 millions le déficit global appréhendé.Selon M.Chevrette, dans la pire des hypothèses, les hôpitaux n'enregistreront donc pour 1985-86 qu'un déficit de l'ordre de $40 millions, ce qui éloigne le spectre d'un déficit énorme de $125 millions agité récemment.M.Chevrette ajoute qu'en annonçant la création d'un \u2022 comité \u2022 chargé d'analyser tout le problème du financement du réseau de santé au Québec.M.Bourassa nie carrément la valeur des travaux de la Commission Rochon dont c'était le principal mandat.Quant au problème des urgences, le ministre se dit heureux de voir le Parti libéral endosser certains engagements pris par Pierre Marc Johnson la semaine dernière.Ainsi les libéraux manifestent leur appui à la proposition du premier ministre de voir des médecins coordinateurs agir dans les urgences d'hôpitaux.De même, l'implantation d'une quinzaine de nouvelles unités gériatriques a déjà été annoncée par M.Johnson.M.Chevrette se pose des questions sur l'engagement des libéraux à augmenter les lits de soins aigus.\u2022 S'agit-il de construire ou d'agrandir des établissements?», lance-t-il, en rappelant que sa solution à lui passe par l'amélioration des soins à domicile, une meilleure distribution des services sur le territoire de Montréal, la reconnaissance du secteur privé autofinancé, l'augmentation de places en familles d'accueil et en pavillons pour les personnes âgées.Enfin le ministre Chevrette est d'avis que M.Bourassa promet, par souci électoraliste, des sommes importantes qui n'existent pas.« Les promesses libérales en matière de santé et de services sociaux se chiffrent globalement à $150 millions, mais aucune ventilation de ces promesses n'a été faite et on ignore où un gouvernement libéral irait chercher ces millions.» « Ce guichet unique pourra réduire de beaucoup la confusion qui existe quant aux différentes mesures et permettre de rejoindre les personnes ayant besoin du programme », explique M.Sirros.Seules les personnes inaptes au travail continueront à bénéficier du programme actuel.Selon les libéraux, le régime actuel d'aide sociale est désuet et inéquitable.Il s'agit de plus d'un programme ¦ ramasse-tout », alors qu'il doit plutôt être un programme de dernier recours.Le manifeste des libéraux établit clairement que si toute société a une responsabilité d'aider ceux parmi ses membres qui sont aux prises avec des problèmes de revenu et de subsistance, ¦ en corollaire à cette responsabilité, une personne qui fait appel à la société doit aussi être responsa- ble.Il est malsain d'encourager une mentalité de dépendance parmi la population.D'ailleurs.le faire avec la jeunesse, devient presque criminel ».Les libéraux affirment que dorénavant, le montant d'aide que recevra tout participant sera établi indépendamment de son âge.« Le seul critère qui doit être utilisé pour planifier nos interventions est celui de l'aptitude au travail ».Au Parti québécois, on ridiculisait hier le programme libéral.La ministre Pauline Marois, responsable de ce dossier au sein du gouvernement Johnson, a fait savoir qu'il s'agit d'un recul important de la part de ses adversaires libéraux qui, après avoir promis la parité d'aide sociale pour les moins de 30 ans, finissent par préconiser une politique semblable à celle des péquistes.La poursuite contre le candidat libéral Maltais est maintenue ¦ OTTAWA \u2014 Le candidat U-^ béral dans Duplessis, M.André Maltais, fera l'objet d'une nouvelle plainte en vertu de la loi électorale.Le Ci.mmissaire aux élections fédérales a en effet donné le mandat à ses avocats de déposer une nouvelle dénonciation dans les jours qui viennent.MANON CORNELL1ER de notre bureau d'Ottawa_ On avait annoncé jeudi l'abandon d'une autre plainte qu'on avait portée contre M.Maltais à la fin octobre.Le retrait de cette dénonciation ne remet pas en cause son bien-fondé mais sa for-* mulation, a annoncé hier le Commissaire aux élections fédérales, M.Joseph Gorman.Le candidat libéral s'était empressé jeudi soir d'annoncer en conférence de presse le retrait de la plainte.Hier, c'était au tour du Parti libéral d'émettre un communiqué où était reproduite la lettre des avocats de M.Maltais annonçant l'abandon de la poursuite.Cependant, nulle part on ne faisait mention d'une seconde plainte.Pourtant, les avocats de M.Maltais étaient présents jeudi à la Cour des sessions de la paix alors que les procureurs du Commissaire faisaient part de cette décision.Me André Gauthier, avocat de M.André Maltais, a expliqué que les avocats du Commissaire avaient seulement laissé sous-en-tendre que d'autre plaintes pourraient être déposées.« Mais je le croirai quand ce sera fait », a-t-il dit.Il s'est d'ailleurs dit renversé de l'annonce de M.Gorman.Selon lui, cela va à rencontre des droits fondamentaux de son client.« Imaginez s'il ne présente Johnson invite Bourassa à acheter du temps pour un affrontement sa plainte que dans une semaine, trois semaines ou un mois, que fait mon client?U ne sait pas à quoi s'en tenir et cela porte atteinte à sa réputation.» Pour Me Gauthier, la confidentialité des enquêtes n'est pas, pour une seconde fois respectée.« La plainte doit devenir publique uniquement quand elle est déposée.» «Les procureurs du Commissaire ont retiré volontairement la première et la deuxième ne résoudra toujours pas le problème de respect des droits de mon client », a poursuivi Me Gauthier, -visiblement choqué.«Cela commence à ressembler à du harcèle-, ment », a-t-il ajouté catégorique.« La plainte a été retirée car les procureurs de M.Maltais prétendaient qu'elle ne contenait pas les détails suffisants pour assurer à leur client une défense pleine et entière », a soutenu de son côté Me Serge Kronstrom, procureur du Commissaire aux élections fédérales.« Nous avons préféré retirer la plainte pour en porter une nouvelle dans les prochains jours.Elle, comportera suffisamment de détails pour que les procureurs de la défense puissent discuter, sur.le fond et non sur la forme ».a ajouté Me Kronstrom.Ces plaintes reprochent à M.Maltais d'avoir omis de déclarer une dépense électorale de $5 000 alors qu'il briguait les suffrages, contre M.Mulroney dans le comté de Manicouagan au cours de la.dernière campagne électorale fédérale.La semaine dernière, M.Maltais s'était retiré de la campagne provinciale à la suite de la première poursuite.Devant les pressions de près de 5 000 libéraux de son comté, Il est revenu sur sa décision il y a quelques jours.p;i Le chef péquiste Pierre «*\u2022» Marc Johnson a lancé tout un défi à son adversaire libéral Robert Bourassa en l'invitant hier à acheter à frais partagé une heure et demie de temps d'antenne au réseau TVA afin de donner aux Québécois le débat des chefs tant attendu, vendredi soir entre 21h et 22h le 22 novembre.CLAUDE-V.MARSOLAIS L'invitation a été adressée sous forme de télégramme à l'organisateur en chef du Parti libéral, Fernand Lalonde.par le mandataire du chef péquiste, André Sormany.Hier soir, M.Lalonde n'était pas en mesure de réagir prétextant ne pas avoir reçu le télégramme.Selon cette offre, les deux partis assumeraient à part égale la note de $40 000 (le PQ a déjà remis un chèque de $20000 en guise de dépôt) poui le» 90 minutes que le réseau TVA est prêt à aménager aux deux principaux adversaires de la présente campagne électorale.En lançant ce défi, M.Johnson a laissé à son adversaire jusqu'à dimanche midi pour accepter l'invitation.« M.Bourassa, si pressé il y a quelques jours encore, reste silencieux.Maintenant qu'il ne peut plus invoquer la durée des débats pour alimenter ses charges démagogiques, il jette son dévolu sur les tiers partis en les assimilant à la candidature de Coluche en France.Cette attitude doit être jugée sévèrement puisqu'encore une fois elle révèle un mépris profond de la loi électorale et de ses fondements démocratiques », affirme le chef péquiste.Par ailleurs, les quatre chefs de partis habilités à participer à un débat ont mis au point la formule du débat radlophonique qui aura lieu à Télémédia le 22 novembre de n bis à 14h05 à l'émission de Pierre Pascau.Il s'agit d'une formule souple qui prévoit un face à face Bourassa Johnson de 60 minutes et d'un débat à quatre (incluant muoiè-re et Le veil le) pendant 64 autres minutes, des discours d'ouverture et de fermeture de 10 et 8 minutes.r\"* ' B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 16 NOVEMBRE 1985 « Harry Blank ne tire pas fort » MAIS ON NE MÉNAGE RIEN POUR LE NEUTRALISER.;
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