La presse, 11 avril 1987, B. Plus
[" il LA PRESSE, MONTREAL, SAMED111 AVRIL 1987 Plus Les \u20acc AnçgËGÊËs » ont change Une réalité aujourd'hui saute aux yeux : la population anglophone de \u2022^13.Montréal a perdu sa « psychologie > majoritaire confiante ».Elle a découvert qu'elle était bel et bien une minorité et quelle devait apprendre à vivre comme telle.ROCH COI Les «Anglais» ont change.Ces mêmes Anglo-Quebecois qui, il y a à peine douze uns.estimaient avoir droit de vivre exclusivement en anglais, acceptent aujourd'hui la promotion du française! la nécessité du bilinguisme.Un chemin important a été parcouru depuis le soir du 10 juin 1974 lorsque 5000 anglophones, en colère contre la loi 22, se réunissaient dans le stade du collège Loyola pour entendre des orateurs comparer le Quebec a l'Allemagne nazie.Aujourd'hui, on peut voir dans le West Island, des parents anglophones en colère réclamer plus Je places pour leurs enfants dans les écoles françaises.bien sur.les Anglo-Ouebecois ne se sont pas convertis en masse à l'idéal de Camille Luurin qui résait d'un «Québec aussi français que l'Qntario est anglais».Le sondage que publie aujourd'hui Lu Presse montre bien que les Anglo-Québécois refusent que l'anglais ait un statut de seconde zone.D'autres, que l'on peut dénicher dans certaines boutiques de Montreal ou de Westmount.quand ce n'est pas a la direction de The Gazette, affichent toujours un unilinguisme tranquille, rarement agressif.Mais une realite aujourd'hui saute aux yeux: la population anglophone de Montreal a perdu sa «psychologie majoritaire confiante ».comme la nomme le professeur Michael Stein.Elle a pris le parti de s'adapter it un Québec Où la majorité francophone fixe les règles du jeu.Il emerge actuellement a Montreal une nouvelle «race» d'Anglo-Québécois qui se découvre une identité propre, ni torontoise ni américaine, et qui voit d'un oeil nouveau ses relations avec les francophones, lin l'espace d'à peine une generation, les Anglo-Québécois ont réalise discrètement une sorte de revolution.L'impensable devenu raisonnable «Oui, il > a une période qui est bien finie» constate Gary Caldwell, soeiologe.charge de cours à McCill et membre de l'Institut québécois de recherche sur la culture.Même langage chez le president d'Alliance-Quebec, Michael Goldbloom: il y a des choses que les anglophones acceptent maintenant et qui étaient Impensables il y a une quinzaine d'années.«Ce qui est remarquable, affirme M.Caldwell, c'est l'adaptation qui s'est faite.En l'espace d'une dizaine d'années, la population anglophone s'est adaptée a une nouvelle realité et on n'a pas vu de violence, comme en 1847 lorsqu'une foule anglaise a brûlé le parlement du Canada».M.Goldbloom, lui, constate chez les anglophones, «un assez grand consensus sur un nouveau contrat social entre les francophones cl les anglophones du Québec.La communauté de langue anglaise a évolué énormément.l'affirme avec confiance que la vaste majorité des anglophones croient que c'est important de protéger la langue française an Quebec et légitime pour le gouvernement de légiférer pour le faire.Ce n'était pas le cas il y a quinze ans.» Le sondage de La Presse con firme les propos de M.Goldbloom.Une majorité de répondants se dit favorable «a ce qui s'est fait au Quebec au cours des dix dernières années pour améliorer la situation de la langue française».Une immense majorité estime le bilinguisme essentiel.«Il aurait été impensable il y a quinze ans.ajoute M.Caldwell, que beaucoup d'anglophones acceptent la priorité du français dans l'affichage».Le sondage de Lu Presse montre en effet qu'ils sont pies de 40 p.cent a accepter la priorité du français, les autres étant majoritairement favorables au bilinguisme.Sheila Mcl.eod Arnopoulos, coauteur avec Dominique Gift du livre Le fuit anglais au Québec, constate elle aussi que les anglophones ont fait le pari de l'adaptation.Les deux auteurs écrivaient en 1980 que les Anglo-Québécois devaient «décider s'il était plus important de défendre une suprématie historique OU de chercher un nouveau type de relation avec la majorité française de la province».«Ils ont change», constate aujourd'hui Mme Mcl.eod Arnopoulos.«Il n'y a plus d'agressivi-té.Il y a des choses qu'ils n'acceptent pas, comme l'affichage unilingue et certains aspects de la loi 101.mais plusieurs n'ont plus envie de se battre pour ça.Ils se disent: bon.ça va, si les francophones y tiennent tant, laissons faire, il y a des choses plus importantes.» Une espèce a pratiquement disparu, conslate-t-elle: celle qui Un bout de rue de Westmount: un landau qui fait très britannique, une Jaguar qui ne cache pas ses origines et le nom Westmount bien en évidence.photo Michel Gravel, la Preste Le caractère francophone de Montreal n'est pas encore tellement evident a l'angle des rues Victoria et Sherbrooke.photo Michel Gravel La Pres>c s'oppose farouchement aux changements.«D'autres se tiennent a l'écart, ne se mêlent pas aux de-bals.Il puis la composition de la communauté anglophone change.On voit plus d'excentriques, des originaux qui nous reviennent de Toronto et qui restent ici parce qu'ils aiment cette société, ils aiment cette ville».Dans le monde des affaires ou la minorité anglophone puisait le sentiment de sa suprématie, Alex Harper, vice-president et directeur du Board of Trade, constate que «les choses se sont mises a changer au milieu des années 70.Les gens ont ete mis devant un choix, s'adapter au changement ou partir, beaucoup d'unilingues et de gens qui n'étaient pas a l'aise ici sont partis.Cela a eu un impact certain sur le niveau île bilinguisme dans les affaires a Montreal ».Ceux qui sont partis Alex Harper n'est pas le seul a penser que le depart de plus de 100000 Anglo-Quebeeois dans les années 70 a eu un impact majeur sur l'évolution de cette minorité.Dans son Histoire du Quebec anglophone qui vient de paraître, Ronald Rudin, professeur a l'Université Concordia, démontre que «les perles britanniques furent particulièrement lourdes parmi les unilingues».«Il s'agissait en partie, écrit-il, du départ de ceux qui étaient les moins aptes à s'adapter a la nouvelle conjoncture québécoise.» M.Caldwell constate aussi que l'émigration anglophone entre 1971 et 1981 a été «sélective».«Il y avait des gens, dit-il, pour lesquels la situation était devenue intolerable.Cette émigration a été un processus qui a contribue à l'adaptation de ceux qui sont restes.L'histoire a toujours fait des choses inattendues.» Un long processus Le bel univers des anglophones montréalais, celui de la majorité confiante qu'on a même qualifiée tic « rhodesienne».a commence a craquer en I9b0, sans qu'elle s'en rende tellement compte.Le professeur Michael Stein décrit ainsi l'âge d'or de la supréma- tie anglaise à Montreal: «La conscience confiante d'appartenance a une majorité des anglophones québécois était marquee d'un sen-liment de supériorité, tant au plan éducatif que culturel, renforce par des revenus moyens plus élevés et par une situation décommande dans l'économie du Québec».Puis en I960 surgit le «maîtres chez nous» de lean Lesage.le démarrage de la revolution tranquille.C'est aussi l'époque des premieres bombes du 110.Mais on se rend compte aujourd'hui que ce ne sont pas les bombes qui ont lézarde le bel edifice «anglais».Les bureaucrates francophones ont été plus efficaces.La centralisation des réseaux SCO- La minorité anglophone du Québec est engagée dans une course contre la montre laires et de services sociaux, l'infiltration de l'État dans les écoles, les universités, les hôpitaux a sonne le debut d'une nouvelle ere pour les anglophones: celle de l'intégration de leurs institutions dans l'ensemble québécois.L'autarcie et le bel isolationnnismc de jadis devenaient de moins en moins possibles.Puis graduellement, le «bastion anglais» a ete investi de toutes parts sous la poussée d'une société francophone dynamique.La prise en main de l'Etat comme instrumeni de promotion collective par les francophones, la montée du nationalisme, les diverses legislations sur la langue -loi b3, loi 22 et loi 101-, la montée d'une nouvelle élite francophone des affaires, le «long» règne du Parti Québécois de 197b a 1985, tout cela a, en une vingtaine d'années, bouleversé l'environnement des Anglo-Québécois.La minorité anglophone a découvert qu'elle était bel et bien une minorité et qu'elle devait apprendre à vivre comme telle.Etait-ce possible?Certains ont cru que non.A la fin des années 70.M.Caldwell écrivait durement: «Dépourvue de tout sentiment de ce qu'elle est et de son histoire, la communauté anglophone du Quebec a de la difficulté a envisager l'avenir et par consequent, elle est chroni-quement incapable \u2014encore qu'il ne faille pas lui denier toute possibilité d'évolution future \u2014 de façonner et de définir cet ave nir».L'avenir Pour David lohnston.recteur de l'Université McGill.le choix a ele clairement fait.Les Anglo-Ouebecois acceptent leur nouvelle situation tie minoritaires dans un Quebec devenu plus français.Le sondage de La Presse montre d'ailleurs que le «sentiment minoritaire» est fort chez les Anglo-Québécois.Pour 42 p.cent d'entre eux.les anglophones constituent une minorité ethnique et culturelle comme les autres au Quebec.Autrement dit.les Anglo-Quebeeois peuvent être considérés comme les Italiens, les Grecs ou les Portugais de Muni réal.Est-ce un drame?Pas pour le recteur de McGill qui constate qu'aujourd'hui « les francophones île Montreal sont plus a l'aise .m gnalant par la le relâchement des anciennes tensions.Typique de la nouvelle elite anglophone.M lohnston a accepte d'emblée le bilinguisme pour ses cinq enfants lorsque, il y a plus de sept ans, il .1 fait le saut de l'université Western Ontario a son poste actuel de professeur de droit et de recteur a McGill.Ses cinq enfants ont reçu leur education en français au Collège Marie-de-l ranee.Quant a ses étudiants en droit \u2014car a McGill la tradition veut que le recteur continue d'enseigner\u2014 M.lohnston les trouve moins inquiets qu'il y a quelques années.«Il y a eu une période ou les étudiants anglo-quebeeois rc-gardaient surtout vers l'extérieur du Quebec.Mais plus mainte num.C'est au Québec qu'ils envisagent leur avenir».Encore la.le sondage le confir me.La grande majorité des anglophones, soit 78 p cent, pense être encore an Québec dans cinq ans Une nouvelle identité Gary Caldwell voit lui aussi des signes encourageants De plus en plus d'anglophones, estinie-l-il.prennent leur part de responsabilité quant a la santé et a l'avenir de la société québécoise.M.Caldwell va plus loin el pen se même qu'on pourrait Voir dans l'avenir une elite anglo-quehc coise devenir plus «nationaliste» que ne le sont les francophones «Il y a.dit-il.une tradition intellectuelle anglo-québécoise qui valorise beaucoup la vie au Que bec.Ce sont des gens qui estiment que l'on a ici une qualité de vie exceptionnelle et qui pensent qu'il va falloir taire certaines cho ses pour que ce soit préserve.» Les jeunes, pense M Caldwell, surtout la masse de ceux qui sont passes par les écoles françaises, ont acquis une identification nouvelle a la société québécoise.«A ceux-là s'ajoutent tous les jeunes immigres que la loi 101 a envoyé à l'école française et qui y ont acquis une identité québécoise.Ce sont tous ces jeunes qui vont finir par faire la difference.» .Rudin, l'historien, pense aussi que la francisation du Québec ira en s'accentuant et contribuera .1 la bilinguisation accrue des Anglo-Quebeeois.Il prévoit menu-que cette francisation pourrflii avoir des effets négatifs sur les effectifs dé la mint rite anglophone Il risque de devenir difficile pour elle, estime M.Rudin.de conli nuer à garder ses institutions.Il rejoint par ce type de reflexion la conclusion du livre de C lift et McLcod Arnopoulos qui veut que la minorité anglophone du Québec soil engagée dans une course contre la montre.Un nouveau pont relie désormais les «deux solitudes» du Quebec: l'incertitude de l'avenir et le sentiment de la fragilité de son existence propre DEMAIN: Westmount La popularité de John Turner semble être a la baisse, et advenant une election, les libéraux pourraient bien avoir à le cacher s'ils veulent vraiment prendre le pouvoir.1.Europe de I Ouest dans le désarroi Le dégel apparent dans les relations sovieto-americaines est venu si soudainement que les alliés des Etats-Unis ne savent plus a quel bouclier nucléaire se fier.Un texte de Louis Wiznitzer.moudre de l'aparttiolti C est l'Occident qui la crée, qu'il le desarme, disent certains Africains - Nous nous arrangerons avec le reste.» Jooneed Khan, de retour de son périple en Afrique australe, fait le point.i 3 _-\u2014 PatiiDesmar.ii' Roger D.Landry Michel Roy claud* Gravel Jean-Guy Dubuc president du conseil president éditeur éditeur adiomt airecteur de l'information éditorialiste en chef d administration Éditorial La première privatisation Il y a près de quatre mois que le Conseil économique du Canada a recommande au gouvernement la privatisation d'Air Canada et de Petro-Canada.Depuis, pas de reaction officielle, même si Ion sait que la question est toujours a I agenda du cabinet et qu une decision est de plus en plus imminente.Mais le silence qui entoure la discussion est inquiétant pour deux raisons.La premiere: si le gouvernement reculait et ne privatisait aucune de ses deux grandes sociétés?Et la seconde: s'il en privatisait une seule et ne choisissait pas la bonne?En fait, la privatisation appartient a la philosophie des Progressistes conservateurs.En toute logique, ils doivent se preparer a passer a I action pour respecter leurs engagements envers les défenseurs de lentreprise privée.Comme la cote du parti est on ne peut plus a la baisse, comme la deception la plus blessante provient du monde des affaires, comme rentrée de fonds nouveaux servirait a équilibrer un budget fragile, on peut s'attendre a la privatisation d une des deux sociétés de la Couronne avant la fin du present mandat du gouvernement.Et pour lui, le plus tot sera évidemment le mieux.Mais quelle société va-t-il privatiser?Cela, il est probable qu'il ne le sache pas encore très bien.On sait que le premier ministre Brian Mulroney a deja dit qu Air Canada n était pas a vendre On sait également que le ministre des Finances a declare que Petro-Canada était a vendre: «J'estime que nous pouvons maintenant aller de lavant dans ce cas-, disait M.Michael Wilson, le mois dernier.Mme Barbara McDougall avait d ailleurs reconnu, quelque temps plus tot, que les deux privatisations étaient étudiées de pres.On peut donc dire que l'une ou l autre des deux peut survenir a tout moment.Or, même s il est raisonnable de penser a privatiser, un jour.Petro-Canada, il ne faudrait pas que cette privatisation passe avant celle d Air Canada Car c est cette dernière qui presse le plus L Etat federal possède encore 55 entreprises commerciales.Et en deux ans, il a procède a huit privatisations, les plus importantes étant évidemment celles de Canadair et de Teleglobe.On ne peut donc pas lui reprocher de ne pas tenir ses promesses a ce chapitre.La privatisation de Petro-Canada s'inscrirait donc dans la même ligne de pensée et d action.Mais celle d Air Canada est d un autre ordre : elle devient nécessaire pour conserver a la société d'Etat le role qui lui est défini par son mandat original.Et surtout, pour permettre aux Canadiens de profiter d un transport aérien adéquat dans un monde ou la communication aéronautique est de toute premiere importance On ne va pas reprendre toute I argumentation, souvent répétée dans cette page, concernant la nécessite d avoir des lignes aériennes faisant face aux mêmes règles du jeu dans un ciel déréglemente.Ceux qui ne sont pas convaincus aujourd'hui ne le seront pas davantage, quelle que soit la valeur de la demonstration.Prenons donc pour acquis que la logique exige qu'Air Canada trouve, le plus tot possible la même latitude d action que son concurrent, Canadien international.Personne ne peut sainement combattre lidee.Encore faut-il qu Air Canada soit capable d intéresser des actionnaires.Pour cela, il lui faut une image attirante, principalement fondée sur des bilans avantageux Or, selon les chiffres actuellement disponibles, Air Canada montre des profits fort intéressants.Même que les premiers mois de la nouvelle année battraient tous les records des années précédentes.Si ces trois premiers mois reflètent une juste image du premier trimestre, Air Canada pourrait montrer des profits qui intéresseraient des investisseurs divers.Si les chiffres disent vrai, les premiers interesses devraient être les employes: ce serait la meilleure façon de les intégrer a I aventure et de les faire profiter de la qualité de leur travail.Ensuite, les autres Canadiens, qui seront fiers de voyager sur des avions qui leur appartiennent.Mais aussi, des gens de tous les pays, qui voudront bien investir au Canada.Ce qui pourrait signifier un partage oes actions avec une forte majorité réservée aux investisseurs canadiens.Mais aussi, une possibilité de cueillir d'importantes sommes d argent qui serviront a bâtir un service irréprochable.On peut imaginer un partage entre lEtat et les citoyens; on peut penser a des proportions qui préservent la presence de lEtat Mais on peut également, si I état de santé de la société le permet, envisager la privatisation totale.D autres pays, comme la Grande-Bretagne, font réussie.Pourquoi pas nous?Pour le moment, ce qui importe, c'est une comprehension gouvernementale qui dépasse la perception partisane politique.Au moment ou Air Canada célèbre ses cinquante ans, le gouvernement doit lui donner les moyens de survivre.Mais surtout, il doit repondre aux attentes et aux besoins de tous les Canadiens: a ce chapitre, Air Canada passe bien avant Petro-Canada.Jean-Cuy dubuc À qui l'aéroport?Une autre privatisation : celle des aéroports.Avec cette difference que cette fois, les responsabilités passent d'un niveau de gouvernement a un autre.Ottawa a donc decide d offrir I administration de ses 138 aéroports aux autorités locales La decision répondait a une attente.Il faut se rappeler que le 5 mars dernier, une delegation de la region de Montreal avait propose au ministre federal des Transports, M.John Crosbie, de laisser une part de I administration de nos aéroports aux élus et aux gens d affaires de la region.A ce moment-la, on assistait a une heureuse collaboration entre le monde politique et celui des affaires, avec, a sa tete, le maire de Montreal et les représentants de la Chambre et du Bureau du Commerce.On ne pouvait qu'applaudir à l'initiative.H faudrait donc, aujourd hui, applaudir a sa réussite.D accord Apres un bon débat où les contribuables de toute la region de Mirabel autant que de Dorval, auront accepte de se lancer dans la merveilleuse aventure.C est vrai que Dorval fait des profits.Mais c'est aussi vrai que Mirabel perd plusieurs millions de dollars chaque année, depuis sa fondation.Et aussi sympathique que soit l'initiative de Canadien International qui fera atterrir à Mirabel son avion cargo de The Flying Tiger Line Inc., chacun sait qu'il faudra bien davantage pour sortir Mirabel des embarras qu'elle connaît sans que personne ne puisse y trouver de solution.D ailleurs, l'administration montréalaise elle-même s est deja prononcée en faveur de Dorval.Il faut donc négocier: a qui appartiendrait Mirabel?Comment pourrait-on trouver des solutions a ses deficits?Peut-on espérer v trouver des profits comme savent faire plusieurs villes américaines?Peut-être.Il est fort probable qu'en certaines circonstances, dans certaines conditions, avec certaines équipes de collaboration, Montreal puisse faire mieux qu'Ottawa J.-C.DUBUC MHez-foos les uhs courBe-ies AvrBes iCs o'esr tuvti ou ./¦ Bol/, foolS, com T.OH £&3frftëij6e j DROITS RESERVES TRIBUNE LIBRE La STCUM sur la sellette On nous énerve ¦ Le 17 mars, les chauffeurs d'autobus et operateurs de metro de la STCUM ont vole, a mon grand déplaisir, a 85 p.cent en faveur de la grève.Les chauffeurs et operateurs de métro ont vote en faveur de la grève pour prolester contre l'offre salariale de la STCUM qui serait une augmentation d'environ 3.5 p, cent par année, alors qu'ils veulent 6 p.cent.Ils veulent aussi contester leurs horaires de tra\\ail qui seraient, selon eux, mal organises.Depuis quelques années, les grèves a la STCUM sont devenues des événements presque bisannuels.Au début, en faisant la grève, les employes voulaient que les usagers poussent les patrons a accepter leurs demandes, ce qui n'a pas eu un grand succès.Mais si les employés continuent, la population est a la veille de se retourner irrémédiablement contre eux.Que leurs raisons soient bonnes ou non.je compte sur le transport en commun puur me rendre a l'école et ces petites grèves bisannuelles commencent a me taper sérieusement Mir les nerfs.Pierre-Andre HAMEL Mont-Royal Bande de chanceux A toi et tes con frères de la Fraternité, ¦ Pourquoi es-tu si malheureux?Pourquoi ton .sort te semble-t-il si lourd et sombre?Si tu retournes en arrière, rappelle-toi le jour où, enfin, tu avais trouvé un emploi à la STCUM ! Quel coup de chance ! Rappelle-toi ta lierte.ton contentement.1 n venais d'accoster a la SÉCURITÉ! Plus jamais tu ne perdrais ton emploi.Ton employeur ne pouvait faire faillite! lit tous ces autres avantages: bon salaire, augmentations assurées régulièrement par tes syndicats! Tu as toujours le même employeur, alors pourquoi, dis-moi, es-tu si malheureux?Regarde en bas.ceux qui n'ont pas eu ta chance.Ils sont légion.Josephine DOUCETTE Montreal Articulez donc! ¦ Vos annonces verbales dans les métros sont inutiles car personne ne les comprend.Cela n'est donc d'aucune aide pont ceux qui ont du mal a lire et les onomatopées prononcées ne font qu'exaspérer les gens.le suis parfaitement d'accord avec l'idée d'aider les aveugles, mais il Faudrait au moins > mettre du respect.La personne qui fait les annonces parle comme si elle avait une patate dans la bouche.Les mots sont tellement détonnes qu'on doit lire les noms des stations pour ne pas les confondre.Ce n'était pas le but, j'imagine! |e ne vois que deux solutions: soit que l'on nielle des cassettes préenregistrees par un annonceur professionnel ou que l'on donne des cours de diction aux chauffeurs de métro.Les aveugles ont autant le droit à une information verbale «audible» que nous avons droit à une information visuelle lisible.C'est la moindre des choses lorsque l'on respecte les gens.Martin LIZEE St-Lamberi Arrêtez-moi ça ¦ |'ai été consterne de lire a la une de La Presse du 18 mars ll)87 que les employes de la SI CUM ont vote eu faveur de la grève.Cela devrait être interdit ! Est-ce concevable qu'on puisse laisser une communauté comme celle de Montreal, privée d'un moyen de transport absolument essentiel?Ceux qui prennent l'autobus et le métro régulièrement: les travailleurs, les étudiants, les assistés-sociaux, etc., sont dependants de ce SERVICE public: il est la pour repondre aux besoins de la population, et non pour l'importuner! Le gouvernement devrait faire une loi qui interdirait le droit de grève dans les services publics en general, parce qu'un employe du gouvernement a deja des privilèges que d'autres n'ont pas.il devrait aussi être soumis à des obligations! De plus, ils ont îles responsabilités sociales à remplir.Etant au service du public, il est de leur devoir de répondre, en tout temps et en toutes circonstances, u ses besoins, au même titre qu'un médecin ne peut refuser de soigner un malade.Dans de telles circonstances, le droit de grève dans les services publics est absolument inacceptable! Frederic LEBLANC Outremonl C'est émouvant ¦ l'ai lu avec beaucoup d'attention et d'attendrissement le feuillet que vous avez mis si gentiment a ma disposition dans l'autobus, l'en ai presque eu la larme a l'oeil ! le me demande comment il se fail que tant de jeunes femmes ont fait des pieds et des mains pour devenir chauffeurs d'autobus.Lst-ce par esprit de sacrifice, pour ne pas être en reste avec vous et s'inscrire au martyrologe?Pourtant, lorsque vous avez sollicite votre emploi, vous étiez au courant de ce qui vous attendait.Vous avez accepte les avantages et aussi les aléas.Vous étiez très heureux d'endosser votre costume tout neuf, ne vous en déplaise, à mes frais.Votre salaire a toujours été bien supérieur au mien.Cela ne vous suffit plus.Il vous faudrait du 9 a 5.vos fins de semaines et quoi encore?Votre petit dejeuner sur un plateau d'argent ! Vous me dites que je suis «assure des services essentiels».Mais, chers amis, ce n'est pas toute la population qui prend l'autobus aux heures de pointe.Ils sont nombreux ceux qui ont des heures comme les vôtres et qui travaillent le samedi et le dimanche.Malheureusement, ils n'ont pas votre salaire, pas de voiture et pas les moyens de se payer le luxe d'un taxi.Par malheur, eux ne peuvent pas faire la grève.Chers chauffeurs, vous avez les nerfs à fleur de peau.Prenez donc une année sabbatique et profitez-en pour vous trouver le travail ideal que je vous souhaite de tout coeur.Tant de chômeurs seront ravis d'avoir un beau costume tout neuf.Au fait, en ce moment, vous êtes allés chercher à la cave ou au grenier ce que vous aviez de plus usé et de plus disparate; cela ne m'impressionne pas du tout.Tout à fait entre nous: vous étiez plus à votre avantage dans votre uniforme bleu.C.V.HEBERT Montréal TÉMOIGNAGE Pierre Thériault ¦ Pierre Thériault est mort, dont la vie a témoigne, jusqu'aux dernières heures, que la poésie ne meurt pas.D'une génération à l'autre, certains êtres l'incarnent, comme malgré eux parfois, et par une sollicitation essentielle.Elle leur donne la force de porter, dans un monde de marchands de l'efficacité et de technocrates-prophètes, l'appel d'un autre destin.Quand tout le discours public parait confisqué par des dirigeants pour qui le bonheur des peuples et l'équilibre des nations tiennent à la seule croissance technico-êconomique, la parole de l'artiste, sa musi- Sfue, son jeu, l'univers de ses ormes inventées, est précieuse comme la vie même.La vie, toujours avide de liberté, toujours imprévisible et subreptice, échappant aux glaciales certitudes des planificateurs.Pierre Thériault ne savait guère compter.Ni son argent, ni son temps, ni les élans de sa générosité, ni les saillies de son incurable folie.Cela compliquait, bien sur, ses rapports avec certains êtres, mais lui a valu d'indéfectibles fidélités et, dans d'innombrables regards, l'éclair soudain d'un autre monde évoqué.Pour ses collègues comédiens et comédiennes, et pour beaucoup d'autres de la communauté artistique, il incarnait la dévorante passion du théâtre, la totale consécration à l'oeuvre et au public, l'irréductible entêtement à ne pas tricher avec un dur métier.Il y a, en peu d'années, totalement épuisé un organisme d'une robustesse pourtant peu commune.En cela sa vie à été grande.«Il n'y a que la passion Ïui compte», disait un jour 'oethe.La mort d'un artiste est un événement grave.Il rappelait aux hommes, indéfecti-blement, que la vraie vie est ailleurs.Si les mêmes fées qui ont souri sur son berceau ne devaient séduire après lui d'autres poètes, notre planète, livrée à l'inconscience et aux avides appétits des scientifiques et des entrepreneurs, ne serait bientôt plus que le séjour irréel d'évanescents automates.Par-delà les héros du jour, astronautes ou PDG, Rimbaud nous demeure essentiel.Claudia-Alberte THÉRIAULT Gaétan DAOUST Lysiane Gagnon IA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED111 AVRIL 1987 Plus rares»; I MF Les libéraux pourraient bien avoir à « cacher » Turner MSURICH JMNHARD du bureau de La Presse OTTAWA Durant deux ans le leadership de lohn Turner a été lourdement hypothéqué par la contesta-lion ouverte de lean Chrétien.La menace du « petit gars de Shawini-u;tn » a rendu le chef libéral plutôt nerveux.Ce danger est chose du passe.Mais |ohn Turner n'arrive toujours pas à s'imposer a l'ensemble de son parti.Comme politicien, son comportement soulève plusieurs questions.Deux petits incidents l'ont fait paraître encore tout récemment comme maladroit.La semaine dernière, alors que la députée de Hamilton-Mountain.Sheila Copps, est venue présenter son bébé de trois semaines à ses collègues et aux médias de la colline parlementaire, le chef du parti, pour taire une blague, a jure devant les journalistes qu'il n'était pas le père de l'enfant.Il y a des libéraux qui ont ri jaune : sans le vouloir, leur chef a laissé planer des doutes sur sa fidélité conjuguait- ou sur celle de sa collègue.L'autre mésaventure est survenue cette semaine, au lendemain de la visite de Ronald Reagan.En chambre, |ohn Turner a critique le premier ministre Mulroney pour le peu de résiliais découlant de cette rencontre, la qualifiant de pure seance de piton-graphie.La riposte de Brian Mulroney a été rapide et cinglante : « Comme on a vu, le chef de l'opposition tenait beaucoup lui aussi a se faire photographier avec M.Reagan ».Et, vlan, il se faisait clouer le bec.au grand plaisir des conservateurs qui ont bien rigolé.Lundi en matinée, MM.Turner et Reagan ont eu une rencontre d'une demi-heure, événement que les libéraux ont largement publicise par la suite.Cela a démontré pour une niè-me fois que le chef conservateur est plus habile que son opposant comme politicien.Ouand on demande aux deputes libéraux comment ils comptent faire durant la prochaine campagne pour « vendre » leur chef, ceux-ci ne se gênent pas pour dire: «On va le cacher.On va faire comme les libéraux du Québec avec Bourassa.lors de leur dernière campagne ».Au-delà du comportement de John Turner, il y a un problème de fond : sa difficulté à faire accepter ses idées dans le parti.Le mois passe, quatre députés l'ont défie ouvertement, en appuyant une motion présentée par le NPD pour mettre fin aux essais du missile de croisière au Canada, alors que l'ensemble des libéraux s'y opposaient.leudi dernier.Lloyd Axworthy, le député de Winnipeg-Fort-Gary, a carrément contredit son chef en soumettant un projet de modification du Sénat.Dans le but de rétablir l'équilibre régional et de renforcer la présence de l'Ouest, M.Axworthy suggère que les sénateurs soient dorénavant élus et que chaque province détienne le même nombre de sièges a la Chambre Haute.Deux jours auparavant.Turner avait accepté l'idée d'un Sénat élu.mais il avait rejeté le principe de l'égalité du nombre de sièges pour les provinces.L'Acte de I8b7 garantit notamment que le Québec aura un nombre plus élevé de sénateurs.Le représentant manitobain apparaît de plus en plus comme le penseur le plus influent du parti.Sur tous les grands dossiers, les missiles Cruise, le libre-échange et la réforme du Sénat, il se situe de plus en plus a gauche de M.Turner.Ln outre, il exerce un grand pouvoir de persuasion sur les jeunes libéraux.Au congres de novembre dernier.Lloyd Axworthy a négocié son appui John Turner a la résolution constitutionnelle de l'aile québécoise, en lui faisant accepter son projet de relorme du Sénat.lohn Turner n'est peut-être pas le plus charismatique des leaders devant de vastes auditoires, mais ses deputes sont d'accord pour juger son travail efficace au sein de leur formation.On le dit très persuasif dans les petits groupes et dans les tèie-à-(éte.On croit que ses efforts pour cour-i iscr les jeunes porteront leurs fruits.le moment venu.|ohn Turner a réussi également à dénicher une candidature importante pour les prochaines élections : Mme Maude Barlow, ex-conseillère de Pierre Trudeau en matière de condition féminine, qui se présentera dans Ottawa-Centre.Mlle devra toutefois se faire élire par les militants du parti dans une assemblée de mise en nomination.Bien connue au Canada-anglais, elle est de calibre aussi à se présenter dans une course à la direction.Une bonne partie de l'avance du PLC dans les sondages s'explique aussi par la popularité du député de Montréal-Sle-Marie, |ean-Claude Malépart.auprès des travailleurs et des personnes âgées.Dans deux dossiers majeurs, soit sur l'indexation des pensions de vieillesse et celui des revenus des pré-retraites, M.Maie-part a réussi a faire reculer le gouvernement.Le PC est très mal vu des gens de l'âge d'or.Les stratèges conservateurs se demandent comment ils vont s'y prendre pour remonter la cote auprès de cet electorat.lohn Turner doit par contre trouver une solution avant les prochaines elections au deficit de $3 millions auquel le PLC est confronte.Il s'est montré avare de commentaires, mercredi, après la réunion de son caucus, disant seulement que la campagne de financement « allait bien ».A cette occasion, il a dit que le parti devra communiquer et diffuser davantage ses politiques, à l'avenir.Des changements ont etc entrepris dans ce but.Le relationniste Dean Dussault a cte congédié.Mme Michèle Tremblay a perdu ses fonctions de conseiller spécial pour le Quebec.El le demeure toutefois conseillère auprès des médias.A deux ans des elections, il semble bien que les libéraux aient décide de mettre l'acceni sur leur programme plutôt que sur leur chef.Le fait que lohn Turner soil moins populaire que son parti, selon les sondages, y est sans doute pour quelque chose.L'opposition péquiste cafouille entre la certitude et le malaise GILBBRT BRUNIT du bureau de la Prewe QUÉBEC n malaise persistant défraie la conversation dans les milieux politiques québécois depuis plus d'un an : collectivement, les députés péquisles ratent souvent leurs cibles, arrivent en retard avec leurs questions ou manquent généralement de mordant.Typique sujet de propos privés, comme si chacun, qui ne cesse pourtant de l'aborder a huis clos, craignait de le faire sur la place publique, sous peine d'anathème.Regarde/ d'abord dans les autres cours : la population-lasse, saturée de politique; le gouvernement fuyant, qui mise sur cette saturation pour faire du « surf »; les médias qui ne rapportent que le sensationnel.A l'inverse, le malaise se traduit également comme suit : quel courageux personnage que celui qui frappe sur quelqu'un qui est déjà au sol ! On hésite.On s'interroge.On tente de se convaincre que ça changera.La lune de miel du gouvernement prendra bien fin un jour.Comme les déchirements entre souverainistes et « affirmationnistes », à la faveur des congres qui se multiplient.Il ne s'agit pas de tirer en l'air.Le malaise tient d'abord, si on le circonscrit à l'aile parlementaire péquiste.à une pertinence douteuse des interventions.Parfois, c'est carrément dedans : le débat linguistique, les privatisations, les soins dentaires ou l'aide sociale sont autant d'exemples de sorties réussies.Dans de tels cas, c'est relevé dans les médias.Et c'est noté, autant par le gouvernement que par ceux qui, dans la population, pensent encore à autre chose qu'à « planifier leur REA et leurs prochaines vacances », pour reprendre l'expression de Pierre Marc lohnson.De tels exemples illustrent ce à quoi l'on est en droit de s'attendre de la part d'une opposition qui cons-tituait le « gouvernement précédent ».Pour d'ex-ministres, la barre est placée plus haut que pour une op- Pierre Marc Johnson position créditiste, peu susceptible de prendre le pouvoir.La quantité de travail ne fait pas de doute.Ce qui fait souvent problème, c'est l'à-propos, le « timing ».Des exemples récents : ¦ mardi matin, le sujet de l'heure était la grève des chargés de cour de l'UQAM, la session prolongée qui en découle, les étudiants qui tentent de s'ajuster, le sous-financement chronique de cette institution publique.Le PQ a posé sa question mercredi après-midi; ¦ autre sujet chaud mardi : l'aide gouvernementale pour relancer la production à la mine incendiée de Murdochville.Le critique péquiste était prêt, mais son tour n'est venu que mercredi, après qu'un député libéral l'eut précédé sur ce sujet; ¦ en juin dernier, durant le conflit du bâtiment, les députés péquistes ont oublié d'interroger le ministre du Travail trois jours de suite.Et les libéraux ont oublié d'agir à titre de « frappeurs suppléants ».En riposte, l'opposition affirme que les ministres, à l'exemple de leur chef, ne répondent à peu près jamais aux questions.Donc que la pertinence douteuse n'est pas son apanage, loin de la.En second lieu, le PQ réplique que, de toute façon, les médias véhiculent mal son message, obnubilés qu'ils sont par la recherche de « scandales croustillants », comme il s'en découvre chaque jour à Ottawa.Enfin, les stratèges péquistes sont jaloux de leurs prérogatives : nul ne leur dictera comment aborder leur adversaire; comment démontrer patiemment * l'ineptie d'en face »; comment leur tache est de parler des regions périphériques, le gouvernement les négligeant systématiquement; ou comment songer à leur esprit d'équipe, en « donnant de la glace » a tous leurs joueurs, bons et moins bons.lout cela, a la fois, explique en partie le résultat constate depuis Ib mois.Faut-il être tout en nuances ou appliquer un jugement en noir ou blanc?Un avion, ça décolle ou ça ne décolle pas.Le fait d'être dans l'opposition appclle-t-il des zones grises?Est-il encore trop lot pour juger?Doit-on attendre après le congrès de juin prochain?En regardant d'autres exemples récents, on trouve d'autres elements de réflexion, sinon de réponse, quant a la façon dont le PQ s'y prend pour sortir de son « malaise » : ¦ il se risque parfois sur le terrain de l'exagération, destinée a «sensibiliser l'opinion ».Cela a cte le cas, cette semaine, quand M.lohnson a exigé rien de moins que des « excuses diplomatiques » du gouvernement du Quebec a l'égard de la France.Motif : la « Lettre du Quebec ».publiée à Paris, reproduit le texte critique d'un journaliste du «Figaro ».Que ce soit une « maladresse ».soit ! De là à y voir, sans rire, un incident diplomatique, il y a un monde; ¦ la plus grande crainte des 23 deputes péquistes.manifestement, c'est de « tomber dans un piège », de recevoir des «baffes» ou de «donner une tribune en or à un ministre qu'il vaudrait mieux ignorer ».Comme si le gouvernement allait se priver de tendre des pièges, de distribuer des gifles ou de s'inventer des tribunes à sa convenance.Les électeurs péquistes s'attendent à plus d'agressivité, a moins d'abstentions tactiques; ¦ peut-être, présume-t-on au PQ, que de légers ajustements, de personnel et de stratégie suffiront à corriger le tir.au fil des mois.Puisque l'opposition est une traversée du désert, il ne sert à rien de gaspiller ses réserves, du moins pas avant la dernière année du mandat du gouvernement.Les thèses varieront a l'infini, entre la certitude et le malaise.C'est encore le moment des questions; celui des réponses approche néanmoins à grands pas.Et c'est sur la place publique que questions et réponses seront débattues.Même si la conclusion doit s'apparenter à l'histoire du soldat qui était le seul de son bataillon à avoir le pas.« Tant va la femme.»! n vieux dicton a longtemps couru les campagnes : « Tant va la femme, tant va la ferme.» Les agronomes ei les cultivateurs le répétaient l'esl de la valeur de la femme, de l'épouse, que dépendait la valeur de la ferme.Quand on parle des femmes collaboratrices, celles qui travaillent sans salaire et sans pouvoir formel dans l'entreprise familiale qui appartient au mari, on pense aux femmes qui peuplent les petits commerces, et aux agricultrices.Il y en a environ 30 000 au Quebec, presqu'autant qu'il y a de fermes, mais un pourcentage infime, moins de 5 000.ont des titres de propriété.Pourtant.Dieu sait qu'elles y travaillent : en moyenne 25 heures par semaines, de 30 a 45 heures en été, et plus de 45 heures pour ce qui est du quart d'entre elles.l'ai deja vécu deux ans dans un comte agricole, la-mais je n'ai vu des femmes travailler aussi dur Levées a l'aube, elles voyaient au bétail, au poulailler, au potager, nettoyaient l'etable, aidaient a la récolte, se levaient en pleine nuit quand une vache était sur le point d'accoucher, préparaient le «souper» en rentrant de la traite, et après, quand les hommes, fatigues et repus, fumaient leur pipe devant la television, elles n'avaient pas fini : le lavage, les conserves, et les comptes, surtout les comptes : l'apanage de la femme.« De fait, dit Mme Suzanne Dion, responsable de la condition féminine au ministère de l'Agriculture, les femmes sont de meilleures gestionnaires.Files ont une vision plus globale, plus équilibrée, de l'entreprise.Le mari aura souvent tendance, pour com-petitionner avec les autres agriculteurs, a acheter un plus gros silo, le nouveau modèle de tracteur.et ce n'est pus toujours le meilleur investissement.» La ferme reste l'un des principaux refuges du patriarcat.L'epouse et le fils travaillent sous la domination exclusive du père, et l'on voit souvent des fils maintenus sous la tutelle jusqu'à 40, 50.60 ans.jusqu'à la mort du père en somme.Quand un fils entreprenant, formé aux nouvelles techniques, las de se battre pour faire passer ses propres idées sur le développement de l'exploitation agricole, menace de s'en aller, le pere cede et en fait son associe.Mais dans un ménage qui marche bien, la femme, évidemment, se refuse au chantage.Ft dans un menage qui marche mal.c'esi un jeu dangereux, car elle n'a rien, rien qui lui appartienne : pas d'argent, pas d'accès au credit, pas un pouce carre de la terre sur laquelle elle a travaille, rien.L'ancien regime de la communauté de biens était, en ce sens, plus favorables aux femmes rurales car la moitié des biens leur revenait à la séparation.quand le mari n'avait pas ( c'était ce que conseillait le notaire ) prévu un contrat en separation de biens.Le regime actuel de la société des acquêts n'est pas une protection suffisante, car si la ferme appartenait au mari avant le mariage, elle lui revient a sa dissolution.Deux causes célèbres, de femmes divorcées qui revendiquaient la moitié de l'exploitation agricole a laquelle elles avaient consacre leur vie.sont allées jusqu'en Cour suprême.Dans un cas.la femme a gagné, parce qu'elle avait investi de son argent dans l'opération; dans l'autre, elle a perdu : elle n'y avait laisse que son travail, que les trois-ejuaris de sa vie.* * * Les choses changent.Le minisire de l'Agriculture, M.Michel Page, a augmente le budget de la condition feminine à son ministère, qui compte maintenant quatre professionnelles et deux secretaires.Il n'y a pas un discours où il ne parle des « agricultrices » autant que des « agriculteurs ».« Ça fait plaisir aux femmes, dii Mme Dion, car elles ont tellement été méprisées.» Surtout, il a amende la loi pour faciliter l'accès a la copropriété aux épouses d'agriculteurs dont le travail sur la ferme constitue la principale occupation, en doublant la prime jusque la consentie à ceux qui s'établissent en association, avantage que l'ancienne loi n'offrait pas aux couples mariés.La loi prévoit que la femme doit avoir accès a au moins 20 p.cent des titres de propriété, et le contrat peut stipuler que sa pari ira en augmentant avec les années.Pourquoi un minimum de 20 p.cent?Parce que souvent les parents vendent leur terre a leur fils a un prix inférieur au marche, la condition implicite étant que ce soit celui-là surtout qui bénéficie de l'aubaine.Puissant argument a la disposition de la femme : le partage de la propriété constitue maintenant une bonne affaire.Ce programme n'étant accessible qu'aux moins de 40 ans.le ministère étudie d'autres solutions d'ordre fiscal pour les autres, dont la possi-hilite que les frais de notaire, lors du contrat de copropriété, soient deductibles de l'impôt.Fout est plus difficile pour elles : même une chose aussi simple que le fait d'aller a une réunion de femmes exige une petite négociation : dans un rang, il n'y a pas d'autobus, pas de ineiro, il faut « emprunter » l'auto.« Mais je suis optimiste, dit Mme Dion, car quand on commence a loucher au partage de l'entreprise de production, c'est plus important encore que le salaire égal.» Suzanne Dion : le genre de femme qu'on a plaisir à rencontrer, directe, réaliste, intelligente, avec le sens des nuances : « On est ici en terrain délicat, car ce n'est pas la relation patron-employé, c'esl une relation affective où rien n'est noir et blanc.Le travail gratuit des femmes suppose aussi de belles qualités, comme l'altruisme.Il faut bien prendre garde de dévaloriser cela, l'admire les femmes qui renégocient leur statut au sein de l'entreprise, car elles négocient en terrain émotionnel.C'est une operation complexe.Notre tâche a nous, c'était de la faciliter par des incitatifs financiers.» Ft aussi par des guides, très bien faits, qui fournissent a la femme de bons arguments, calmes, rationnels, efficaces, en laveur du partage de la propriété.La conjoncture était favorable : le precedent ministre, M.Garon, avait deja pave la voie, notamment en encourageant le comité provincial des agricultrices mis sur pied par quelques femmes courageuses qui ne s'étaient pas laisse abattre par le manque de cooperation de l'Union des Producteurs agricoles.En 60 ans.une seule femme s'est rendue jusqu'au conseil général de l'UPA.Elle y est restée un an.Il n'y a pas une femme parmi les cadres de l'UPA.Il y a cinq ans, quand un groupe d'agricultrices demandèrent un colloque sur leurs problèmes, l'UPA a refusé.« laites donc des réunions régionales ».leur fut-il paternellement conseillé.Files n'avaient pas un sou mais elles en firent : 13 en six mois, où affluèrent I 600 femmes.Devant cela.l'UPA a du battre en retraite.Le comité a eu son colloque provincial, et loge dans un local fourni par l'UPA, et en 84, recevait de Garon sa premiere subvention.Le dernier mot de M.Garon aux agriculteurs, quand il fit son dernier discours de ministre : « Faites place aux femmes.» C'est commencé. 84 Plus LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMED111 AVRIL 1987 Ci» pH© îiés Le grand exode des anglophones est terminé T»Kte»; MARIO fOHTAINS mt ROCN cow Le grand exode des anglophones est bel et bien terminé.Lorsqu'on leur demande si, dans cinq ans, ils prévoient demeurer encore au Québec, c'est par un massif 78 p.cent qu'ils répondent par l'affirmative.A peine neuf p.cenl d'entre eux pensent qu'ils auront levé le camp à ce moment que 13 p.vent trop rien.Le sondage CROP-La Presse démontre que cet enracinement caractérise l'un et l'autre sexe, les anglophones de souche aussi bien que ceux qui ont opte pour cette langue.On est bien loin, ici, de la forte vague de departs consécutive a l'élection du Parti québécois en 1976.La fraction des anglophones qui songent à partir se recrute surtout chez les jeunes, chez les gens nés à l'extérieur du Québec, chez ceux de langue maternelle autre que l'anglais, ainsi que chez les répondants les plus éduqués.Mais encore là.il ne s'agit que d'une faible minorité.Cet attachement au Québec est d'autant plus remarquable que la moitié des personnes interrogées n'y sont pas nées.Dix-neuf p.cent ont en effet vu le jour ailleurs au Canada, tandis que 31 p.cent viennent d'un autre pays.Il n'est pas étonnant de constater que les trois-quarts des répondants de cette dernière catégorie n'ont pas eu l'anglais comme langue maternelle.Les anglophones sont même optimistes quant au climat pour les affaires et bon nombre d'entre eux ont des amis francophones.Les «anglais» dans leur ensem- ble apprécient leur vie au Québec comme le démontrent leurs réponses à la question de savoir s'ils sont aussi bien de vivre aujourd'hui au Québec que n'importe où ailleurs au Canada.C'est aussi bien ici, affirment 50 p.cent des répondants tandis que 18 p.cent pensent que c'est mieux ici qu'ailleurs.Cela laisse 27 p.cent de malheureux qui pensent qu'ils seraient mieux de vivre ailleurs au Canada.On remarque à l'analyse plus détaillé des résultats une plus plus grande tendance à la satisfaction chez les jeunes et les plus bas salariés.Cinq p.cent ne savent pas trop ou refusent de répondre.Les Anglo-Québecois, comme c'est normal, recrutent surtout leurs amis parmi les gens de langue anglaise, mais pas exclusivement.Seulement 12 p.cent des répondants affirment que tous leurs amis sont anglophones.Chez les autres, 53 p.cent affirment que leurs amis sont surtout anglophones, ce qui indique qu'ils se trouve probablement chez ces amis un certain nombre de francophones.Chez les 35 p.cent qui restent.31 p.cent affirment avoir autant d'amis francophones qu'anglophones et 4 p.cent ont surtout des amis francophones.Sur ce plan donc, on constate une certaine ouverture du groupe anglophone, particulièrement chez les plus bas sala- 1 .HiptiS! Cljtii'ci) Dans leur majorité les Anglo-Quebecois trouvent qu'il leur est possible de vivre complètement en anglais dans leur ville.En voici une preuve.Vivre en anglais n 'est pas un calvaire linguistique ries \u2014moins de $20 000 annuellement\u2014 qui ont plus tendance à recruter leurs amis chez les francophones.Les affaires Quant au climat pour les affaires, on enregistre la même satisfaction générale.Soixante-ct-dix-neuf p.cent des répondants le trouvent positif.On retrouve 27 p.cent des répondants pour considérer que le Québec est «très bon» pour faire des affaires actuellement.La majorité, 52 p.cent, le trouvent «assez bon».Les pessimistes ne sont que 17 p.cent, soit 15 p.cent qui répondent «pas tellement bon» et 2 p.cent de pessimistes qui ne le trouvent « pas bon du tout ».La vie en anglais dans la région de Montréal n'est pas un calvaire linguistique.Dans leur majorité les Anglo-Québecois trouvent qu'il leur est possible de vivre complètement en anglais dans leur ville.Dans la vie quotidienne, malgré certaines restrictions imposés a l'anglais, les problèmes dus à la langue ne sont pas très frequents.Les Anglo-Québecois de la région métropolitaine ont peu de problèmes, a cause de la langue, dans l'ensemble des commerces et des services.On peut y lire que tout va pour le mieux, ou pres- que, chez le dentiste ou le médecin, dans les banques, les supermarches d'alimentation et chez le dépanneur.On constate que ce sont dans les ministères provinciaux et les grands magasins que les problèmes sont le plus fréquents.Le gouvernement du Québec remporte la palme de l'insatisfaction : près d'un usager sur trois y a connu des problèmes de langue au cours des douze derniers mois.(ait connu, les anglophones sont particulièrement absents de la fonction publique québécoise.Il n'est donc pas étonnant qu'un anglophone y éprouve plus souvent qu'ailleurs un problème de communication.Quant aux magasins à rayons, les problèmes de langue n'y prennent pas une dimension alarmante, mais ils surgissent tout de même à peu près deux fois plus souvent que chez le dépanneur ou au supermarché.Enfin, pour ce qui est de la police, elle aussi largement francophone, elle ne cause aux anglophones pas plus de problèmes en pourcentage, que les ministères du gouvernement fédéral.Est-ce à dire que la vie quotidienne d'un anglo-québécois dans sa ville peut se dérouler entièrement en anglais?Pas tout à fait.À cette question.59 p.cent des répondants affirment qu'il leur est possible de parler et de vivre entièrement en anglais dans leur ville.Pour 40 p.cent, c'est possible en partie seulement, tandis que un p.cent trouve que c'est impossible.Le bilinguisme s'impose donc pour une portion relativement importante de la population anglophone.Voudriez-vous me dire si vous avez eu affaire avec chacun des services suivants au cours des douze derniers mois?Si oui, dites-moi si vous avez eu des problèmes à cause de la langue.\tAffaire* » %\trobK-me» %\tTOT % \u2014 dépanneur\t89\t1\tM \u2014 supermarché d'alimentation\t96\t7\t6,7 \u2014 magasin à rayons\t98\t12\t \u2014 médecins et/ou dentistes\t95\t2\t1,9 \u2014 services hospitaliers\t18\t9\tt\\1 \u2014 services sociaux\t31\t11\t3,4 \u2014 police\t37\t12\t4,4 \u2014 banques et/ou institutions financières\t99\t6\t5,9 \u2014 ministères provinciaux\t;57\t31\t17,7 \u2014 services municipaux\t45\t16\t7,2 \u2014 ministères fédéraux\t43\t10\t4,3 Son mflwence a cessé de s'éroefer La communauté anglophone a senti le tapis lui glisser sous les pieds au cours des dix dernières années.Elle considère toutefois que son influence a cessé de s eroder, et qu'elle sera en mesure de conserver sensiblement les mêmes prérogatives dans la décennie à venir.Qu'on parle d'écoles, d'universités, d'hôpitaux, de médias, d'affaires ou de politique, une majorité de personnes interrogées par CROP-La Presse pense en effet que les anglophones exercent encore aujourd'hui beaucoup ou passablement d'influence dans différentes sphères de la société.Cela va de 51 p.cent dans le domaine politique à 77 p.cent pour les médias.On remarque incidemment que les répondants de 18 a 24 ans, toutes catégories confondues, sont les plus confiants quant à l'influence de leur groupe.À l'opposé les personnes les plus âgées font preuve de plus de pessimisme a cet égard.On le voit notamment dans le domaine des médias (elles ont vu mourir le Montreal Star) et dans celui des Voici un certain nombre d'institutions que l'on retrouve au Québec.Pour chacune dites-moi si, selon vous, les anglophones y exercent encore aujourd'hui de l'inlluence : beaucoup, passablement, très peu ou pas du tout?\tBeaucoup %\tPana-blâment \u2022/.\tTrae peu %\tPas du tout %\tNSP pu - écoles\t15\t40\t24\t2\t18 \u2014 universités\t27\t38\t12\t1\t22 \u2014 hôpitaux\t18\t40\t27\t3\t12 \u2014 médias (radio, télévision, journaux)\t32\t45\t13\t2\t8 \u2014 organismes de services sociaux\ts\t27\t29\t4\t31 \u2014 affaires\t30\t45\t15\t1\t8 \u2014 politique\t14\t37\t34\t5\t10 affaires.oU les entrepreneurs francophones ont gagné beaucoup de terrain au cours de la dernière décennie.Un seul secteur, celui des organismes de services sociaux, obtient une cote de confiance inférieure à 50 p.cent.Mais cela peut tout aussi bien tenir à l'ignorance qu'on a du domaine qu'a la certitude d'une perte réelle d'influence: les non-réponses et «ne sait pas» y composent en effet 31 p.cent du total.Si les anglophones gardent tou- jours le sentiment d'exercer un fort degré d'influence sur les principales institutions de la vie de la communauté aujourd'hui, ils admettent en revanche que celui-ci se retrouve diminué de beaucoup en 1987 par rapport à 1977.Une décennie qui correspond, grosso modo, à la période d'exercice du pouvoir du Parti québécois.Cela s'observe dans tous les secteurs, mais tout particulièrement au niveau des écoles où deux sondes sur trois évoquent une diminution de leur influence.On sait À votre avis, est-ce que l'influence des anglophones a augmenté, a diminue ou est demeurée la même dans chacune des institutions suivantes au cours des dix dernières années?\t\t\t\t i\tugetenu %\tDiminue %\tPit de chengt.%\tNSP/ PP.% \u2014 écoles\t4\t67\t19\t10 \u2022 \u2014 universités\t5\t45\t37\t14 - hôpitaux\t3\t64\t26\t8 iÏ \u2014 médias (radio, télévision, journaux)\t6\t46\t42\t6 \u2014 organismes de services\t\t\t\t sociaux ij- >\t\t57\t20\t20 ' \u2014 affaires\t6\t59\t29\t6 \t.7\t62\t23\t1 que la clientèle scolaire totale a chute pendant cette période, une chute encore plus prononcée du côté anglophone du fait de nombreux départs vers l'extérieur du Québec et de l'obligation désormais faite aux enfants d'immigrants d'envoyer leurs enfants à l'école française.À des degrés moindres les répondants appliquent cette perte d'influence aux hôpitaux (64 p.cent) et à la politique (62 p.cent).Les universités et les médias leur apparaissent par contre beaucoup moins affectés.Et l'avenir?Mais qu'en sera-t-il de l'impact exerce par la communauté anglophone sur ses institutions au cours des dix prochaines années?Nos répondants s'inquiètent surtout pour les écoles, les hôpitaux et les organismes de services sociaux.Cela dit.dans l'ensemble, ils pensent qu'il n'y aura pas de changement par rapport à aujour-d'hui et un certain nombre croient même accroître leur influence.Et croyez-vous que l'inlluence des anglophones va augmenter, va diminuer ou restera la même dans les institutions suivantes au cours des dix prochaines années?\tAugmente %\tOtminut %\tPat de changl.%\tMSP/ PP.% utt^gMMBWaWttatfanMBWai - école»\t16\t17\t3J, .\t:\u2022: * : \u2014 universités\t13\t26\t51\t9 - hôpitaux\t\t28\t52\t| ' \u2014 médias (radio, télévision, journaux)\t16\t23\t54\t8 \u2014 organismes de services sociaux\t&£.\t32\t\t16 \u2014 affaires\t26\t26\t41\t7 - politique\t19\t26\t46\t LA PRESSE MONTREAL, SAMED111 AVRIL 1987 Plus B5 L'anglais demeure leur langue de travail Lf anglais demeure lu langue de travail pour la grande majorité des.Anglo-Québécois de la région de Montréal.Soixante-et-sept p.cent des répondants affirment que leur patron immédiat parle le plus souvent l'anglais, tandis que ll) p.cent repondent que c'est le français.Les autres categories se repartissent ainsi: neuf p.cent n'ont pas de patron, deux p.cent ont un patron immédiat qui parle une autre langue que le français ou l'anglais et deux p.cent ont un patron qui parle autant l'une ou l'autre langue.Les anglophones sont donc le plus souvent en compagnie de patrons de leur groupe linguistique.On remarque par ailleurs que ce sont les plus bas salaries qui ont le plus souvent un patron de langue française.Par ailleurs, dans leurs communications avec leur patron, les anglophones utilisent le plus souvent l'anglais, ce qui est le cas de 80 p.cent des repondants.Le français s'impose dans seulement 10 p.cent îles cas tandis que pour neuf p.cent des repondants, les communications se font autant en anglais qu'en français.Les collègues de travail Les communications avec les compagnons de travail se font par ailleurs un peu plus souvent en français que ce n'est le cas avec le patron immédiat.69 p.cent des répondants parlent le plus souvent anglais avec leurs collègues de travail tandis que le français est employe par 29 p.cent des répondants.Ce dernier chiffre se repart il ainsi: 18 p.cent parlent surtout français u leurs collègues et 11 p.cent employent autant le Ilançais que l'anglais.Encore la.ce sont les plus bas salariés qui sont amenés a utiliser le plus souvent le français.L avenir Même si l'anglais demeure largement la langue de travail pour les anglophones, ils estiment par ailleurs en majorité qu'ils emploient plus de français maintenant qu'il y a cinq ans.Dans une proportion île 52 p.cent, les répondants estiment qu'ils utilisent maintenant plus de français qu'il y a cinq ans.tandis que 34 p.cent estiment que cela n'a pas change.Il s'en trouve par ailleurs neuf p.cent pour affirmer qu'ils utilisent moins de français (trois p.cent ne travaillaient pas).Quant a l'avenir, il est ires clair pour la majorité des anglophones que le français ne sera pas moins utilise au travail.La moitié des répondants croient que le niveau de français au travail sera le même dans cinq ans tandis que 40 p, cent pensent qu'il ira en augmentant.Seulement deux p.cent croient que le français sera moins utilise dans l'avenir Les Anglos-Québécois se considèrent de plus en plus comme une minorité Il n'y a pas de doute, les Anglo-Québécois se considèrent de plus en plus comme une minorité et ils entrevoient leur avenir comme groupe avec une certaine appréhension.Au surplus, ils se trouvent plutôt mal aimés des francophones.Par ailleurs, ils n'entretiennent en général que peu d'inquiétudes quant a l'avenir des francophones en tant que minorité en Amérique du Nord.Voila ce qui ressort de plusieurs questions portant sur la perception qu'ont d'eux-mêmes les Anglo-Quebécois comme groupe distinct.Le sentiment minoritaire a certainement fait son chemin dans la conscience collective des anglophones.La question posée était la suivante: « Considère/-vous ou non, que les anglophones constituent une minorité ethnique ou culturelle comme les autres au Québec?» Pour 42 p.cent des repondants, la réponse est oui.54 p.cent répondent non et quatre p.cent n'ont pas fourni de réponse.A premiere vue.les anglopho-nés n'ont pas dans leur majorité le sentiment de constituer une minorité.Pourtant, il faut bien voir que la question du sondage ne parlait pas seulement de miiio-rite mais bien de « minorité ethnique ou culturelle comme les autres».Autrement dit, les anglophones sont-ils un groupe ethnique minoritatire comme le sont a question suivante: «Croyez-vous un non.que les Anglophones sont Montreal les Italiens, les Grecs ou les Portuguis?C'est a cette perception de leur groupe qu'adhèrent 42 p.cent des repondants, ce qui constitue une proportion assez élevée.On peut légitimement croire alors que si la question n'avait parle que de «minorité», sans lu qualifier, le taux de réponses positives aurait dépasse les 50 p.cent.Bien traites Le sondage comportait aussi la truites de lu même façon que les autres minorités du Québec'!» Les réponses ressemblent a celles de lu question précédente: 44 p.cent de oui, 52 p.cent de non et quatre p.cent d'abstention.Ce qu'il faut ailleurs souligner, c'est que le recoupement entre les réponses aux deux questions laisse voir que les anglophones ne s'estiment pas trop mal traites comme minorité.Ainsi ceux qui pensent que les anglophones sont une minorité ethnique comme les autres esti- Des mal aimés ¦ es anglophones aiment-ils les francophones et vice versa?Selon nos répondants, les anglophones du Québec oui plutôt ties sentiments positifs a l'égard des francophones alors qu'a l'inverse, ils sont plutôt portes a croire que les francophones entretiennent a leur endroit des sentiments négatifs.I n majorité, soil 54 p.cent, les répondants trouvent que les senti ments des anglophones a l'égard des francophones sunt très (M p.cent) ou plutôt (48 p.cent) positifs.Par contre, il s'en trouve 5b p cent pour penser que ces sentiments sont plutôt négatifs (quatre p.cent ne répondent pas).II faut ici noter l'écart énorme qui sépare sur cette question les jeunes des plus vieux.La courbe des réponses indique nettement que plus on est jeune plus on trouve que les sentiments des anglophones sont négatifs.Les jeunes ont-ils repondu pour eux-mêmes ou ont-ils ainsi juge les sentiments de leurs aines?A l'inverse quand on demande aux repondants de juger des sentiments des francophones a l'égard des anglophones, on découvre que pour 51 p.cent des répondants, ces sentiments sont négatifs, et pour 42 p.cent ils sont positifs.Encore la.la courbe d'âge des repondants indique que les jeunes se démarquent nettement des plus vieux: les jeunes estiment dans leur vaste majorité que les sentiments des francophones sont négatifs.Les jeunes anglophones se sentent-ils a ce point mal aimes?Le-sondage semble l'indiquer ment en majorité être traites comme les autres minorités.Ceux qui ne pensent pas que les anglophones sont une minorité comme les autres estiment aussi majoritairement qu'ils ne sont pus traités comme tels Un avenir difficile La minorité anglophone perçoit par ailleurs majoritairement l'avenir plutôt difficile pour ses enfants.Lu question était ainsi formulée: «A votre avis, est-il très facile, plutôt facile, plutôt difficile ou très difficile pour les jeunes de rester anglophones tout en continuant de vivre ici'?» Les réponses se repartissent ainsi: très facile 7 p.cent, plutôt facile 19 p.cent, plutôt difficile 38 p.cent et très difficile 31 p.cent.Ouatre p.cent ne se prononcent pas.Il est donc clair pour b9 p.cent des répondants que l'avenir linguistique n'est pas assure et que les choses n'iront pas toutes seules.Cela confirme la presence d'une «psychologie minoritaire» L autre minorité Par contre, les anglophones n'ont pas tendance a considérer que les francophones connaîtront de très grandes difficultés.Le sondage révèle en effet que pour 78 p.cent des anglophones, les francophones ne constituent pas une minorité ethnique en voie de dis-pariton en Amérique du Nord Dix-neuf p.cent pensent le con-iraire et trois p.cent n'ont pas de réponse La promotion du français est maintenant acceptée Le sondage CROP-La Presse indique clairement que la promotion ci l'apprentissage du français sont maintenant des choses acceptées par les anglophones D'abord pour les enfants.Les répondants affirment a 95 p.cent qu'il est important que leurs enfants parlent français.Les réponses se répartissent ainsi: 80 p.cent affirment que cela est très impor-lant.13 p.cent que cela est assez important, tandis que seulement un p.cent n'y attache aucune im- portance.Cinq p.cent affirme ne pas avoir d'enfants.Va pour les enfants, niais pour eux-mêmes et pour les immigrants, qu'en est-il?Les taux de réponses affirmatives sont encore la assez élevés.Soixanlc-et-irois p.cent des répondants affirment posséder un certain niveau de bilinguisme.Ainsi.21 p.cent disent être capa- Une classe d'eleves anglophones de l'école française primaire de Pointe-Claire.Les anglophones pensent massivement que le français est essentiel pour leurs enfants.I Ne comptons que sur nos propres moyens ff e comptons que sur nos _ propres moyens».Cette phruse pourrait presque servir de devise à la communauté anglophone de Montreal, qui se sent bien seule, quand elle songe a lu promotion de ses intérêts.Une communauté du reste très sceptique sur l'apport des gouvernements ù son épanouissement.\u2014 Selon vous, qui travaille le plus à promouvoir la vie en anglais au Québec?, a-t-on demande aux 4bb répondants du sondage CUOP-La l'resse.Le gouvernement federal, affirment a peine-huit p.cent d'entre eux.même si Ottawa a consacre plusieurs millions de dollars durant la dernière décennie aux groupes de defense des anglophones.Six p.cent repondent que c'est le gouvernement québécois, six p.cent les municipalités, 2b p.cent les associations anglophones et 42 p.cent les anglophones eux-mêmes.C'est dire que.pour deux répondants sur trois, la communauté anglophone doit compter sur ses propres efforts ou sur les associations dont elle se dote, plutôt que sur l'aide hypothétique des gouvernements.Pourtant, ses attentes sont 1res grandes dans ce domaine.Lorsqu'on leur demande qui devrait travailler le plus a promouvoir la vie en anglais au Quebec, 52 p.cent des personnes interrogées soutiennent que c'est le gouvernement provincial.Onze p.cent optent pour le gouvernement federal, uu famélique un p.cent pour les gouvernements municipaux, quatre p.cent les associations anglophones, 24 En général, les anglophones du Quebec ont-ils des sentiments très positifs, plutôt positifs, plutôt négatifs ou très négatifs à l'égard des francophones du Québec?°0 Très positifs plutôt positifs plutôt négatifs très négatifs ne sait pas/ pas de réponse p.cent désignent les anglophones eux-mêmes et sept p.cent ne savent pas ou refusent de repondre.Des bons points pour Alliance Pour l'heure, l'organisme sans doute le plus actif dans la defense des droits des anglophones s'appelle Alliance-Quebec.Ce lobby anglophone critique le premier ministre Bourassa pour son «manque de leadership linguistique», continue de reclamer l'affichage bilingue et l'accès a l'école anglaise à tous les enfants dont les parents ont reçu une education anglaise où que ce soit dans le monde.La très grande majorité des repondants ont déjà entendu parler d'Alliance-Quebec (89 p.cent).Chez les gens qui ont un revenu variant entre $40 000-$b0 000.il faut chercher beaucoup pour en trouver un seul qui ignore de quoi il s'agit.Le seul segment qu'Alliance laisse indifférent se trouve chez les jeunes.Et encore, cela ne concerne que 11 p.cent d'entre eux.Pour 62 p.cent des personnes interrogées, ce groupe de pression uccomplit un truvuil très sa- tisfaisant (15 p.cent) ou assez satisfaisant (47 p.cent)au profil des anglophones du Quebec.Il s'en trouve cependant 12 p.cent qui se mollirent peu satisfaits et un p.cent pas du tout satisfait.On notera toutefois un taux élevé de non réponse a cette question: sept p.cent se déclarent indifférents et 18 p.cent ne savent pas ou refusent de répondre.Et diriez-vous que les francophones du Québec ont généralement des sentiments très positifs, plutôt positifs, plutôt négatifs ou très négatifs à l'égard des anglophones du Québec?Très positifs plutôt positifs plutôt négatifs très négatifs ne sait pas/ pas de réponse m y- 42 9 bles de converser 1res bien en français et 42 p.cent pensent qu'ils le peuvent assez bien L'unilinguisme total n'est le fait que de I I p.cent des répondants, landis que 2b p.cent affirment ne .pas converser tellement bien en français.La courbe des ages confirme.Comme on pouvait le penser, que les plus jeunes sont les plus aptes a parler français.Chez les 18-24 ans.le taux d'unilinguisme anglais total est même à zero p.cent Enfin, si les anglophones sont opposes a ce que le français soit la seule langue d'enseignement pour les enfants d'immigrants, par contre, ils pensent a 85 p cent que le gouvernement du Québec devrait promouvoir l'apprentissage du français chez les immigrants adultes.Onze p.cent sont contre el quatre p.cent ne donnent pas de réponse.I n somme, les anglophones reconnaissent clairement la nécessite de l'apprentissage du français tant pour eux-mêmes que pour leurs entants ou les immigrants Méthodologie Ce soudage a etc realise par CHOP pour La /'/esse Les résultats reposent sur 4bb entrevues téléphoniques, d'une durée moyenne de 19 minutes, effectuées du 27 mars au 5 avril 1487 l.e questionnaire a etc prepare par CROP en collaboration avec La l'resse.Il avait comme objectif general de tracer un portrait de la communauté anglophone de Montreal el de sa region, el de completer, par des données de sondage, un grand reportage sur celte population.Seulement les personnes de langue maternelle anglaise et les individus d'origine ethnique autre qu'anglaise, mais dont l'anglais constitue la principale langue d'usage a la maison, étaient vises par le sondage el lurent releiuis dans l'échantillon.Une liste initiale de I 780 numéros de telephone correspondant a des adresses situées dans la region métropolitaine de Montréal a etc tirée selon la méthode du hasard systématique, Afin de minimiser le nombre de contacts téléphoniques initiaux, seuls les secteurs de recensement comptant au moins 35 p.cent de ménages ayant l'anglais comme langue d'usage a la maison oui eie retenus pour les fins d'echanlillonage.L'échantillon couvre la totalité des municipalités suivantes: baie d'Urfe.Beaconsfield, Coie St-Luc.Dollard-des-Ormeaux, Dorval, Hampsteud, Kirkland, LaSalle, Mont-Royal, Montréal-Ouest, Pierre-fonds.Pointe-Claire.Hoxboro.Sl-1 aurenl, Senneville.Westmount.Il couvre en partie la ville de Montreal comprenant surtout les quartiers Cenire-viIle-ouest.Notre-Dame-de-tirace.Snow don.Cole-des-Neiges.Cartierville.De celte premiere liste, 851 ménages lurent élimines et classes hors échantillon, a la suite d'un premier contact téléphonique: 581 ménages francophones; 171 ménages allophones; 57 cas île service téléphonique interrompu; 22 numéros non résidentiels; 17 personnes soul-frani d'un handicap les empêchant de faire une entrevue téléphonique et 3 ménages ne comportant aucun adulte.Ainsi épure, échantillon veritable comprenait donc 924 ménages admissibles au sondage.Dans ces 429 ménages admissibles, il fut possible, dans 4bb cas.de réaliser une entrevue avec un individu choisi aléatoirement, a partir d'une grille de selection qui tient compte du nombre d'hommes et de femmes de 18 ans el plus dans le menage, soit un taux de collaboration de 50 p.cent.Signalons que ce taux de réponse ne nous semble pas refléter le veritable taux de collaboration au sondage qui.selon toute v raisemblance, serait plus élevé que ne le laisse croire ce chiffre.L'analyse de la non réponse au sondage révèle 207 cas île refus-menage el 103 cas d'appels demeures sans réponse après de multiples tentatives infructueuses.Comme il nous est impossible d'évaluer le nombre de cas qui se seraient avères «hors échantillon» parmi ces 310 cas ou les enquêteurs n'ont pu verifier si le menage était admissible au sondage, nous ne sommes pas en mesure d'établir la taille de l'échantillon final ni, par consequent, le veritable taux de réponse Dans les cas ou il lut possible de sélectionner un répondant duns le menage muis ou il u etc impossible de completer une entrevue uvec la personne choisie, on relève les motifs suivants: absence du foyer pendant la période du sondage (b7); refus de collaborer au sondage (bO); abandon en cours d'entrevue (18); maladie (8).Lors du traitement informatique, les informations recueillies furent pondérées, sur la base des statistiques officielles de Statistique Canada, en fonction du sexe et de l'âge de la population étudiée.D'un point île vue statistique et dans la mesure où la population non rejointe par le sondage -la non réponse- ne diffère pas significutivemenl des repondants, la marge d'erreur du sondage est estimée a 4.5 p.cent -plus ou moins- 19 fois sur 20.Les entrevues ont etc laites en anglais, la traduction des questions est de CROP.Le directeur de la recherche Claude Gauthier Vice-présideni B6 Plus LA PRESSE, MONTREAL, SAMED111 AVRIL 1987 Le dégel so viéto-américain plonge l'Europe l'Ouest dans le désarroi LOUIS WIINIRIR collaboration spéciale BRUXELLES Les pourparlers soviéto-ameri-cains concernant les euromissiles ont plonge l'Europe occidentale dans le désarroi.Contrairement a ce qu'une pieuse rhétorique émanant de milieux proches du pouvoir, a Londres, à Paris, à Bonn, laissait entendre ces derniers jours, les alliés européens de l'Amérique ne ¦\u2022ont pas parvenus à harmoniser leurs positions à propos du démantèlement des euromissiles propose par Gorbatchev.Quant à l'élaboraîion d'une strategic commune a propos de leur sécurité, elle n'a pas été amorcée et \u2014 selon des sources haut placées dans les capitales précitées \u2014 n'est pas prés de l'être.« Le degcl sovieto-américain nous a cueillis par surprise.Nous n'avions pas prévu que les choses iraient si vite.Nous n'avons aucune stratégie de rechange et nous ne savons pas comment nous jdaptera la grande redistribution de cartes Est-Ouest qui est en cours.Du coup, nous n'aurons pas notre mot a dire, alors que notre destin est en jeu », reconnaît en privé un officiel français de haut rang.Les rencontres se multiplient Depuis deux semaines, ii n'est question dans les médias que de «concertation sur la sécurité entre Européens de l'Ouest ».Francois Mitterand a rencontre successivement Margaret Thatcher et Helmut Kohi.Le chancelier allemand a rencontré de son cote la Dame de fer.Des experts ont voyage entre Rome, Paris, Bruxelles.Londres et Madrid.On a parle de rendre vie a l'UEO ( Union de l'Europe occidentale ).fondée en 1954 pour traiter des questions stratégiques spécifiquement européennes.Tout le monde, à en croire la presse.« refléchit ».« En fait, tout cela est du bavardage, ni plus ni moins.Du café, du commerce.Il n'y a pas la moindre volonté politique, dans les grands pays d'Europe de l'Ouest permettant le « reexamen déchirant » de notre concept stratégique ou permettant qu'on s'engage sur la voie des sacrifices politiques et financiers qu'exigerait la mise en place d'une force européenne conventionnelle, à la fois autonome et credible ».nous explique un diplomate britannique.Les Européens de l'Ouest se trouvent places entre l'arbre et l'écorce.Ils ne pourraient qu'approuver les mesures qui découleraient d'un éventuel accord sovie-to-americain de désarmement, étant donne que l'opinion publique, partout sauf en France, campe sur des positions de plus en plus antinucléaires.D'un autre cote, ils s'inquiètent, dans la mesure où le retrait des euromissiles américains pour-rail les placer dans une situation d'infériorité vis-à-vis des forces conventionnelles soviétiques.Forcés de réviser leur stratégie commune, ils révèlent leurs contradictions et leurs divergences.« Nous avons vécu trop longtemps dans une confortable certitude.D'une part nous allions bénéficier toujours du parapluie américain.D'autre part les Soviétiques poursuivraient toujours leur politique de l'immobilisme.Tout cela s'est effondre et nous sommes en pleine insécurité », avoue un conseiller de l'Elysée.Pour ce qui est de la proposition de Gorbatchev \u2014 l'option zero \u2014 qui avait été d'abord proposée par Ronald Reagan lui-même et qui avait obtenu le soutien sans équivoque de Francois Mitterrand \u2014 les Européens de l'Ouest sont divisés et perplexes.Publiquement, ils les approuvent.En fait, la Trance est opposée avec vehemence au retrait des euromissiles parce que.n'étant pas membre de l'OTAN, elle serait livrée a ses propres forces.De plus, dans une Europe denucléarisée, les missiles français ( Hades et Pluton ) feraient mauvaise figure, dépareraient le paysage et lui vaudraient des pressions de plus en plus fortes l'invitant a ne pas jouer les troublc-féic.Bien sûr, l'Allemagne fédérale et le Royaume-Uni craignent aussi, de leur coté, que le retrait des euromissiles américains ne laisse l'Europe découplée de l'Amérique.Mais les gouvernements de ces deux pays n'osent pas caresser leurs opinions puhliqucs dans le mauvais sens du poil.La perspective de ne plus servir de base aux eurofusées américaines et de n'être plus la cible des euromissiles soviétiques rejouit plutôt qu'elle n'inquiète la majorité des gens.La France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne fédérale insistent pour qu'un accord sur les missiles a moyenne portée s'accompagne ou se prolonge par un accord sur les SRINF ( missiles de courte portée ).( Rayon d'action inférieur a I0O0 km ).Mais les Européens ne sont pas d'accord sur la nature du lien a établir entre les deux négociations.Dans ce domaine les Soviétiques disposent d'une supériorité de l'ordre de l à 6.Incoherence Nous sommes en pleine incoherence.Les Français veulent un accord sur les fusées a courte portée.Mais en même temps ils craignent que ces deux accords, ensemble, ne tendent à dénucléariser l'Europe.Ils ne veulent surtout pas être les seuls, même aux cotes des Britanniques, à disposer en Europe de l'arme nucléaire.Ouanl aux Anglais et aux Allemands, ils ne savent pas s'ils veulent que les liens entre les deux négociations soient étroits et forts ou laches ou souples.Bien sûr, les Européens sont d'accord pour faire valoir leurs droits à pouvoir disposer d'un même nombre de fusees à courte portée que les Soviétiques.Mais cela les avancerait à quoi puisqu'il ne saurait être question pour eux de consentir l'effort financier < considerable ) qu'exigerait la fabrication et la mise en place de missiles a courte portée pour rétablir dans ce domaine l'égalité avec les forces du pacte de Varsovie.Mais c'est à propos de la situation nouvelle où l'Europe occidentale sera placée le jour où les Pershing et missiles de croisière américains auront ete retirés et ou même une partie des forces conventionnelles américaines auront été rapatriées, que les Européens sont le plus divises.« Rien n'indique qu'une nouvelle con- ception de notre commune sécurité pourra être dégagée dans le proche avenir.Il faudra sans doute que nous soyons plonges dans une grande peur, un jour, pour que les sombres previsions que font les officiels, pour que les analyses des experts que vous lisez dans la presse, se transforment en actions concrètes et que les concertations platoniques entre allies débouchent sur une entreprise commune dans le domaine militaire », nous dit un dignitaire elyseen.Il ajoute : « Hélas ».La seule proposition sérieuse en vue de la constitution d'une force militaire européenne autonome qui ait été faite est celle avancée en I979 par le chancelier Helmut Schmidt.Il proposa alors d'unifier entièrement les forces françaises et allemandes, d'intégrer les deux commandements, d'étendre à l'Allemagne fédérale le parapluie nucléaire français.Plus tard, les autres Européens viendraient s'agglutiner autour de ce noyau central franco-allemand.Cette proposition n'a jamais été sérieusement prise en considération et discutée au niveau du pouvoir, en France et en Allemagne fédérale.Dans l'idée de Schmidt, cette force européenne aurait ete « l'autre palier de l'Alliance atlantique » indépendante de l'américaine mais alliée à elle.« Quand on pense qu'il a fallu trois ans aux industriels de la defense allemands et français pour decider sous la pression de leurs gouvernements respectifs de fabriquer ensemble un hélicoptère militaire, que cela a etè vrai pour toutes les entreprises communes de ce type, que la méfiance la plus profonde règne entre industriels de nos pays ( chacun s estimant « le meilleur » et refusant de partager son expertise ); quand on pense qu'après toutes ces années les Européens ne sont pas parvenus à s'unifier politiquement, comment voulez-vous nous faire croire qu'ils vont soudain renoncer à leur souveraineté sur le plan militaire », demande un diplomate du Foreign Office, posté à Bruxelles.Prisonniers de leurs geographies L'opinion française ne consentirait sans doute pas, en l'état actuel des choses, a partager le contrôle de la «force de frappe» avec son allie d'outre-Rhin.L'Allemagne, où la plupart des euromissiles américains sont stationnés et en direction de qui la plupart des fusées russes sont pointées, ne verserait pas de larmes si les « INF » ( Intermediary Nuclear Forces ) étaient retirés de son territoire et si elle cessait d'être à la fois une base et une cible nucléaire.Chacun, dans ce-domaine, est prisonnier de sa géographie, de son histoire, de ses intérêts propres.Chacun a Londres.Bonn et Paris a des arrière-pensées différentes.L'Allemagne fédérale veut surtout mener a bien ses retrouvailles avec l'Allemagne de l'Est et ne rien faire qui puisse faire déraper la normalisation inlerallemande.La France craint les Soviétiques mais, sans le dire a haute voix, craint également une dérive vers le neutralisme de la Bundesrepu-blik.La Grande-Bretagne, en dernière analyse, reste amaree au cousin américain.L'Europe vit encore a l'heure du plan Marshall.Elle croit que l'Amérique se dévouera pour assurer la defense de l'Furope car.pour citer Hubert Védrine, conseiller du president Mitterand.« sans l'Europe les États-Unis ne seraient qu'un énorme faubourg de Mexico ».Mais les choses ont change.L'énormité du deficit budgétaire américain va forcer l'Amérique a effectuer des coupes claires dans ses dépenses.L'isolationnisme relève la tète.Un nombre croissant d'Américains estime que les Européens n'ont qu'a se débrouiller : s'ils veulent un bouclier, qu'ils le mettent en place eux-mêmes.Du coup, les Européens sont déconcertes.On entend Mitterrand dire qu'« un accord sur les euromissiles serait bon » et Chirac, en privé, mettre Reagan en garde contre ce même accord : « Un piege à c.», selon la définition peu diplomatique d'un de ses conseillers.« One voulons-nous en définitive?Moins d'armes nucléaires basées ici, mais sans pour autant rester exposés à la supériorité conventionnelle soviétique, mais sans pour autant avoir a dépenser ce qu'il faut pour nous doter du moyen de damer le pion a cette dernière.« Nous voulons une chose et son contraire », declare un officiel italien, en poste a Paris.La fonte des neiges soviéto-americaines a pris l'Europe de l'Ouest au dépourvu, c'est le moins qu'on puisse dire.LOUIS WIZNITZER est un journalislc pigiste qui h ses bu rcaux ,i l'Hris.N'ayant plus rien à proposer, les socialistes .sont prêts à reprendre le pouvoir LOUIS-MRNARD RORfTJUUR collaboration spéciale PARIS E7B os socialistes v S ik français ont T JE longtemps consti-Jm tue le parti ( sur papier ) le plus à gauche, le plus « idéologique » d'Occident.Entre 1972 et 1982.ils annonçaient qu'ils allaient vous refaire la société et l'économie françaises en deux temps trois mouvements et, au passage, régler son cas au chômage.Aujourd'hui, ils s'installent confortablement dans ce qu'un commentateur appelait « un vide idéologique de bon aloi ».Pour avoir beaucoup trop promis à d'autres époques, c'est comme s'ils s'étaient définitivement vidés de leur substance vitale.Et n'ayant plus rien à dire, les voici plus près que jamais d'un retour au pouvoir, dont ils ont été vigoureusement chassés il y a un an à peine.Le PS, au congres de Lille la fin de semaine dernière, a confirmé sa mutation.Il est devenu à peu près exclusivement un parti de gouvernement, c'est-à-dire une machine à prendre le pouvoir et à gagner des élections.Un seul objectif repérable pendant ces deux jours : resserrer les rangs en vue de l'élection présidentielle de mai 88.Le principal événement de ce congrès aura consisté à faire monter à la direction du parti toutes les « vedettes », de manière à constituer un état-major de campagne ( et ce, après avoir expulsé quelques indésirables ).La problématique électorale étant la suivante : avec un électorat que l'on peut estimer avec optimisme à quelque 35 p.cent, le PS ne peut vraiment espérer gagner des élections législatives, même si le Parti communiste ( en perdition ) est force de lui apporter ses voix.La droite, telle que constituée à l'heure actuelle, reste nettement majoritaire dans le pays.Il n'en va pas de même à l'élection présidentielle.Il s'agit d'un scrutin très personnalisé, où les sympathies individuelles bousculent le clivage gauche/droite.Arithmétiquement gagnant au premier tour de 1981, Giscard d'Estaing a été battu au second parce que beaucoup le trouvaient antipathique.Aujourd'hui un socialiste « sympathique » ( et qui surtout affiche sa modération ) peut fort bien gagner l'élection présidentielle prochaine, en débordant sur l'électorat traditionnel de la gauche.Ce qui achèverait de bouleverser le paysage politique français.L'heure n'était donc pas au bavardage, à Lille ( ou plutôt oui, à condition qu'il soit parfaitement inoffensif ).La seule question étant de savoir comment préparer cette campagne décisive en mobilisant un électoral naturel sans effaroucher personne.Objectif : que le candidat socialiste obtienne 40 p.cent des voix dès le premier tour ( contre 26 p.cent à Mitterrand en avril 1981 ).Et qu'il ait les mains libres entre les deux tours pour ramener les voix indispensables du centre.Du coup, les divergences idéologiques et les débats théoriques pourtant dramatiques à une autre époque s'étaient volatilisés.Il y eut un temps où I ' entre Shonas et Ndcbcles.Lu Zambie, l'essouflemcnt du regime Kaundu et la crise économique suscitent un cynisme qui s'exprime par une hausse île la criminalité, ce qui ajoute a l'insécurité deja grande du fait des ope-rations de «dissidents» armes par l'Afrique du Sud et d'actions terroristes de commandos sud-afrj-cains eux-mêmes: au Mozambique au moins on distingue les «bons» des «méchants», et on se sent en sécurité avec les soldats du Frelimo; mais à Lusaka, ou je fus détenu en rase campagne pendant plus de deux heures par des militaires, tandis que mon chauffeur de taxi, insulte et intimide, tremblait comme une feuille, on ne sait trop a qui se fier, et surtout pas aux agents armes, fussent-ils policiers ou soldats Au Botswana, où le terrorisme sud-africain a encore frappé jeudi, a l'aide d'une voilure piégée qui a explose près du QG de la Force de defense a Gaborone, faisant trois morts, les étudiants dévorent les journaux de Soweto, It quand Paul Simon chante «.a distant constellation dying in a corner of the sky», pour eux c'est l'empire de l'apartheid qui se désintègre.En attendant loshua Nkumo.a Bulawayo, sa secretaire me fil entendre de la musique de Soweto.A chaque fois que les hordes surannées t)t.- l'apartheid frappent dims les États «de premiere ligne», Soweto célèbre des messes a la mémoire des victimes.Le ministre Pik Botha prévoit des actions de l'ANC a l'approche des elections « pour Blancs seulement» en Afrique du Sud: les pays voisins doivent s'attendre a des raids sud-africains et Soweto peut deja preparer d'autres messes.Dynamisme et fierté Sauf au Mozambique, pays littéralement en état de choc, partout ailleurs, durant ce périple mouvementé, j'ai ete étonne par le dynamisme, la fierté et l'énergie créatrice de l'Afrique inde- a créé le monstre de Ë'ag3artHei\u20act pendante.L'apartheid reste un monstre terrifiant, qui ne rendra pas l'ame avant d'avoir encore beaucoup détruit, mais ses nombreux adversaires savent que ses jours sont comptes.A commencer par ceux des Blancs et des Noirs d'Afrique australe \u2014 hommes d'affaires el dirigeants politiques, l'Anglo-Américain comme l'ANC \u2014 qui voient désormais l'apartheid comme lu plus grave menace pour le niveau de développement et de prospérité en Afrique du Sud.et qui veulent que ce progrès profile a tous les Sud-africains dans un cadre démocratique el a l'Afrique australe toute entière, dans un contexte de paix et de cooperation.Vu d'ici, par le prisme des agences de presse notamment, le regime de l'apartheid apparaît tout puissant el les États .«de premiere ligne» foin figure de friable magma politique ou régnent le chaos, le totalitarisme et le tribalisme.C'est l'apartheid qui le veut ainsi, et qui se présente d'ailleurs lui-même comme un «gouvernement démocratique», garant de «la loi et l'ordre» et des «valeurs civilisées» en Afrique du Sud.en Namibie occupée et dans toute la region.Joshua Nkomo, chef de la ZAPU et depute a Harare Mais nu de Harare, de Bulawayo.de Gaborone, de Lusaka, de Maputo, ou encore de l'arrie-re-pays nio/ambieain.l'apartheid apparaît comme une triste manoeuvre minoritaire pour retarder l'Histoire, un dérapage suicidaire de la nation afrikaaner, une aberration anii-democratique qui suscite la reprobation universelle \u2014 et qui est contestée de l'intérieur mente du laager\u2014 un «gou- Abilio Salomao, secretaire du Frelimo au Mozambique vernement » qui ne gouverne plus que par la loi martiale, l'occupation militaire et la guerre civile un peuple devenu de plus en plus \u2022< ingouvernable ».el qui est a couteaux tires avec tous ses voisins.La vie continue Cela dit.la vie continue, de part et d'autre de «la ligne du front».A la Galerie nationale du Zimbabwe, c'est l'âge d'or de la sculpture shona.Matins et soirs, touristes et hommes d'affaires étrangers se heurtent a Harare.Lusaka ei Gaborone, au fourmillement d'écoliers et eeolieres en uniformes.Dans les pays de la SADCC.coopérants et techniciens canadiens et autres livrent la bataille du développement, conjointement avec les talents autochtones.Dans la ville mo/am-bieaine d'Inhambane.maigre la discipline socialiste du frelimo.le Cluhe f'erroxiario attire les samedis soirs une jeunesse en mal de disco, alors que.le dimanche matin, les parents se retrouvent a l'église.En conclusion, ceux el celles dont la récente couverture de plus en plus approfondie de l'Afrique australe a stimule la curiosité d'en savoir plus, je recommande les ouvrages suivants, qui sont tous en anglais malheureusement: Apartheid's Second Front.de loseph Hanlon.publie chez Penguin's, a Londres; Destructive Engagement, de David Martin et Phyllis lohnston.publie par la Zimbabwe Publishing House, à Harare: South Africa.A Different Kind of War.de lulie i rede-riksc, publie par Mainbo Press, a Gvveru.au Zimbabwe; et The Struggle for South Africa, de Dan O'Mcara.Rob Davies el Sipho Diamini, publie chez Zed Books, a Londres Dans le centre-ville de Zavala, province d'Inhambane, au Mozambique, pillé et incendie en 1983 par les «bandits armés».Ù ai \u2014\u2014 ; i «| "]
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