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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
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B. Informations générales
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1987-10-18, Collections de BAnQ.

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[" Informations générales LA PRESSE, MONTREAL.DIMANCHE 18 OCTOBRE 1987 .¦!.-¦¦» le téléphone ne cesse de sonner mm n septembre, le service pu-¦B blic WFO-mts à reçu 1400/ appels de personnes demandant de tinformation sur les maladies transmises sexuellement, dont plus dé'40 cent portaient sorte sida.À Montreal seulement, info-sida a répondu durant le même mois à près de 450 appels.¦ Les autoritfernedleales indiquent que 3ôV cas de sida avaient été.dl&gnostiqués au Québec, au l\"-, octobre 1987, ce qui représente autour de 30 p.cent des cas enregfctrés au pays.De ce nombre, 17,1 personnes atteintes sont toujour* vivantes.Selon Mme Françoise \u2022Roy, co-ordormathce.du service gouvernemental info-mts jumelle a INFO-santé depuis trois ans, les femmes s'inquiètent pfos que les hommes au sujet des maladies, transmises sexuellement, sans\" doute à cause.de l'incidence de la chlamydia parmi \"elles, tandis que l'intérêt pour te sida'se retrouve également chez les' femmes et tes hommes, Les jeunes sont aussi de plus en plus intéressés, curieux et inquiets à propos des MTSen général et du sida en particulier.\u2022 Ce qui est nouveau, indique Mme Roy.c'est te nombre croissant des jeunes 11 a 20 ans qui nous appellent â propos du sida.Peut-être sont-ils (es moins menaces par cette maladie, mais ils sont certainement aussi les moins informes.Et même quand ils reçoivent désinformation, a l'école par exemple, c'est passivement, quittes a poser .leurs questions ensuite\" au 0B8£\" phone, dans la sécurité de l'ano- a info-MTS\" (1-800-463-5655 saMilrais), information est assurée par des tnflrmieres.expéri-mentôes, ayant reçu une forma-tton^Pécialtsèe en matière dé mts, et te service garantit une confidentialité absolue.' :\u2022\u2022 / ' ; ¦ «Les gens \u2014 parmi eux, un nombre important de médecins \u2014 appellent surtout pour demander de l'information, souligne Mme Roy.Mats la plupart semé vraiment inquiets pour eux-mêmes ou un proche.En plus.de l'information sur la; maladie, nous leur fournissons alors des référencés sur lés ressources -d'aide accessibles.» :HfM INFO-SIDA, bonjour! Au Comité Sida-Alde-Montréai (C-SAM), la ligne d'écoute et d'information INFO-SIDA (282-9888{ est aussi très achalandée.Selon le directe* du comité, Richard Buranski, les demandes d'information viennent d'apord du grand public en mal d'information, puis des porteurs du virus HIV (séropositifs).En septembre dernier, 44,6 p.cent des gens qui ont appelé 3 INFO-SIDA étaient dés femmes.Les hétérosexuels comptaient pour 53 p.cent de-la clientèle, les homosexuels pour 17 p, cent, les autres n'ayant pas précise leur orientation sexuelle.«C'est curieux,.les.gens mon-Iramt beaucoup de détachement et leufc questions sont presque toujhurs très pertinentes/noté M.BurzinsW.Ils ont lu sur le sujet.On à même souvent l'Im».pression qu'ils font une recherché sur te sida.Certains commencent par demander où on peut passer le test sanguin.D'autres enfin sont inquiets, ou même paniques.À tort ou à raison.Nous avons une «abonnée», une dame convaincue quelle a te sida, même si elle a subi trois tests, tous négatifs.\u2022 Quand tes «clients» ont besoin de compréhension et de réconfort davantage que d'information stricte, on les référé â un autre service du Comité C-SAM qui leur offrira des consultations avec des personnes qualifiées et leur proposera de s'intégrer à des groupes d'entraide correspondant à leur situation (personnes atteintes du sida, porteuses asymptomatiques du virus, ou encore proches dé ces personnes).C-SAM dispose également dune liste de médecins compétents en.matière de sida et capables de désamorcer chez leurs patients l'angoisse qui suit l'annonce d'un résultat positif au test ekrilda.«Dans l'ensemble, dit RicrtamButUMlu*, les médecins font des orogrès sensibtes dans la connaissance du sida et dans l'aide psychologique aux patients; Mais plusieurs restent désemparés devant cette tâche difficile, et certains annoncent encore le diagnostit par téléphone! À nous de rescaper ces patients en pleine panique.» «Si tes £LSC et les départements de santé communautaire semblent lents a mjettre sur pied des services adéquats d'aide psycho-sociale aux personnes atteintes, du sida ou porteuses du virus (test séropositif), une action en ce sens commence a s'amorcer.« Comme société, conclut M.Burzinski, nous.n'avons pas le choix.La demande pour ces services, est déjà là, et elleVampIt-.fiera dans les mois à venir.D'autant plus qu'un consensus se dessine pour clar(HHK du sida a différentes maladies' (sarcome de Kaposi, pneumonie â pseumosvstis carinii, etc) et affections qui ne sont présentement que reliées au sida sans être pour autant intégrées aux données officielles sur le sida.« r Richard Burzljaski, directeur du Comité.jjBlda-Alde-Montréal.,,.t.IÉ Le chef des vendanges, Miguel Santos, dépouille de leurs fruits gorgés de soleil les derniers ceps de chasselas doré Les ceps les plus célèbres de France ¦ ont résisté au rude hiver du Québec ¦ ¦ C'est le temps des vendanges en Estrie et le vigneron répond à peine à la demande «RD Du gamay-beaujolais ou du chasselas doré produit au Québec, à partir de ceps français cultivés sur les coteaux d'ardoise de l'Estrie?Sûrement! Et du meilleur! Les 20 000 litres de vins fins qui sortiront cette année du vignoble de Christian Barthomeuf, à Dunham, dans l'Estrie, sont tous issus de cépages nobles comme l'auxerois, le chardonnay, le foc h, et d'autres.Le tour de force de ce vigneron français est d'avoir réussi, depuis cinq ans, à acclimater ces espèces délicates au Québec.Arrivé au Québec en 1974, Christian Barthomeuf, originaire de la Provence, s'est immédiatement mis à la recherche d'une ferme où II pourrait créer un vignoble produisant des vins de qualité à partir de cépages nobles, issus de vitis vi ni féru, originaires du Sud de l'Europe.Il a d'abord visité 12 fermes avant d'arrêter son choix sur la treizième \u2014 un chiffre qui lui a porté chance \u2014 à trois kilomètres du petit village de Dunham, sur la route 202, tout près de la frontière du Vermont.Et là, sur 70 acres de terre aride et pierreuse, il a planté des milliers de ceps importés de France.Tout le secret de la réussite consistait à protéger les jeunes plants fragiles contre la rigueur de l'hiver.Pour ce faire, M.Barthomeuf a étudié les techniques utilisées en.Union soviétique.Malgré un hiver souvent plus rude que le nôtre, l'URSS produit une grande quantité de vins de qualité à partir de ceps fragiles.Chaque pied de vigne est rigoureusement taillé après la production et littéralement enterré sous une butte de terre atteignant presque deux pieds de hauteur.« On oublie souvent que l'Estrie est à la même latitude que Bordeaux et Venise et que les étés y sont aussi chauds et humides, explique M.Barthomeuf.Si on arrive à protéger les plants contre l'hiver, ces derniers produisent autant1?\u2014 et parfois davantage \u2014 que leurs cousins de France.Quant à la qualité des vins, elle n'a rien à envier aux productions françaises ou italiennes ».L'an dernier, aux prestigieuses Sélections Mondiales, l'un des crus de M.Barthomeuf a décroché la médaille d'or, surclassant la France et la Californie.La vigne affectionne les terres pauvres et sablonneuses.En France, les meilleurs vins viennent de régions où le sol est aride et pierreux.En choisissant une ancienne terre pierreuse de Dunham, délaissée par les fermiers du coin, M.Barthomeuf savait ce qu'il faisait.« je me suis immédiatement rendu compte que la composition du sol rappelait celui de la Moselle.Ce sol de schiste et d'ardoise, bien ensoleillé, en pente, convenait parfaitement à la création d'un vignoble.En outre, cette terre profite d'un micro-climat exceptionnel, avec des gels plus tardifs qu'ailleurs.» M.Barthomeuf ne se trompait pas.Depuis trois ans, le vignoble du Domaine des Côtes d'Ardoise \u2014 nom retenu par M.Barthomeuf pour son exploitation de Dunham \u2014 produit 14 vins différents, autant de blancs que de rouges, très fruités, dont le goût se compare aux bons vins de France.Ces crus sont exclusivement vendus sur place, sauf quelques milliers de litres offerts par la Maison des Vins de la Place Bo-naventure.Le prix du litre varie entre $8,25 et $12,60.L'événement le plus attendu, chaque automne, est la vente du vin nouveau \u2014 un bourgogne rouge bap-tisé Primardoise \u2014 que les amateurs et les collectionneurs s'arrachent.Mais à côté de ces 14 étiquettes, M.Barthomeuf produit en quantités beaucoup plus limitées quelques crus de grande classe, destinés à ses amis ou à quelques clients privilégiés, notamment un riesling d'Alsace et un pinot noir de Bourgogne.« Quand je suis arrivé ici et que j'ai entrepris de remplacer les anciens coteaux de mais par de la vigne, tout le monde rigolait, je pense bien que pas un seul fermier du «licteur ne m'a pris au sérieux.Aujourd'hui, j'ai une dizai- ne de personnes a mon emploi.Certains jours, les automobilistes font la queue devant l'entrée du domaine, je n'arrive pas à produire suffisamment de litres pour répondre à la demande des amateurs.Mes 70 acres ne me suffiront bientôt plus.Il va me falloir agrandir.» Quand La Presse a visité le vignoble des Côtes d'Ardoise, cette semaine, c'était le dernier jour des vendanges.Les remorques ployaient sous le poids du raisin mûr et juteux.Les pressoirs étaient remplis à craquer de fruits murs et gonflés de soleil.Le chef des vendanges, M.Miguel Santos., un Portugais d'origine, a coupé, devant nous, la dernière grappe d'un chasselas doré.« Celle-là.elle n'est pas pour le pressoir.C'est la grappe symbolique.Elle appartient au propriétaire duvi-gnoble.» .\" L'instant d'après, sous la tonnelle ensoleillée, profitant de la clémence de l'été des Indiens,' les jeunes filles des vendanges se réunissaient en compagnie du vigneron, Christian Barthomeuf,'pour déguster le vin nouveau.1 PHOTOS MMANO TROTTItR Ultim Christian Sarthomeuf, propriétaire du vignohte, évalue la cpuleur et la pureté du vin nouveau. LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 18 OCTOBRE 1987 j^^JJ^^I^^JLa^ressre^JJI\t\t\t\t Paul Desmarais nresident du conseil n .idministrjtion\tRoger D.Landry president et éditeur\tMichel Roy éditeur adjoint\tClaude Cravel directeur de 1 information\tJean-Cuy Dubuc éditorialiste en chef Editorial Toronto vole haut Voulez-vous rapidement voir la différence entre Montréal et Toronto quant à leur avenir en transports aériens?Facile; vous n'avez qu'à lire les quelques lignes qui suivent.A l'aéroport de Toronto, on prépare un nouveau terminal qui s'ajoutera aux deux autres déjà utilisés et qui servira principalement à Canadien International.Le terminal sera géré par le secteur privé et ses comptoirs d'enregistrement seront le nec-plus-ultra de la technologie dans le domaine.Tout cela semble vraiment prometteur.A Montréal, on se demande encore quoi faire avec deux aéroports et deux pôles: Mirabel, vide a certaines heures et débordé aux heures de pointe; et Dorval.cerné par la ville et trop petit pour répondre aux attentes.On fait des études, des consultations el des déclarations; et rien ne bouge.La différence, c'est donc que Toronto sait mieux faire que Montréal et peut espérer bien davantage.D'accord, on peut dire que la décision appartient toujours, pour les transports aériens, au gouvernement d'Ottawa et que les Québécois, pas plus que les Montréalais, ne peuvent apporter des solutions à leur mal chronique.On peut alors se consoler en jetant tout le blâme sur Ottawa et se laver les mains en assistant au malheur qui dure.Les bonnes consciences politiques vont dormir en paix, évidemment.Mais il serait normal que Montréal s'inquiète de façon efficace du mal qui grandit.On ne peut pas espérer attirer des transporteurs, des passagers, des importateurs et exportateurs importants sans un aéroport bien organisé, bien administré et bien orienté.Tout le monde se plaint d'un manque de plan, les groupes d'intérêt se chamaillent entre eux, les gouvernements se lancent la balle et l'entreprise privée ne sait ou ne peut rien faire d'autre que de lancer des déclarations entendues par personne.Montréal est dans le brouillard, sans instruments, sans autorisation de décoller.Toronto doit jubiler de voir Canadien International s'installer de si belle façon chez elle: la nouvelle société de Calgary (et de ' Vancouver) s'avance vers l'est et prend une place importante en Ontario.Le Québec devra attendre longtemps avant de mériter que l'Ouest s'intéresse ainsi à lui.Mieux encore: c'est une entreprise privée qui prend la responsabilité de ce nouveau terminal.Donc, aucune dépense gouvernementale, aucun danger de critique politique, aucun souci.Il sera intéressant de voir le type d'administration et le bilan financier d'une organisation qui abandonnera les schemes canadiens pour utiliser une formule qui a des succès à l'étranger.Et mieux encore: on ajoutera aux qualités fonctionnelles'de l'aéroport.Pour ne pas être obligés de piétiner comme à Dorval pour l'enregistrement ou comme à Mirabel à l'arrivée.Aux deux endroits, on a toujours l'impression que personne n'attendait autant de monde en même temps.À Montréal, qui va prendre le leadership?Qui va s'imposer?Qui possède assez de prestige, d'idées et de capacité pour que l'on cesse de gémir et de nqus engloutir sous Toronto?Jean-Cuy DUBUC Les gens d'hier Le souvenir de Louis Pasteur CVRILU Collaboration spéciale DW imposantes manifestations marquent ce mois-ci à Paris le centenaire de l'Institut Pasteur: émission d'un timbre commémoratif, colloque scientifique sur «la biologie moléculaire et les maladies infectieuses», exposition publique sur l'histoire de l'Institut, etc.On déploiera de grands moyens pour rappeler à la France et au monde l'oeuvre immense de ce chercheur infatigable, bien en avance sur son temps, qui fut salué de son vivant par l'opinion internationale comme un insigne bienfaiteur de l'humanité.La pensée dominante de ce « self-made man ».fils d'un petit artisan tanneur, fut de préserver l'humanité des maladies contagieuses.Le plus étonnant, c'est qu'en quarante ans de vie et de travaux, il y réussit presque : son champ de recherches s'étendit de la cristallographie à la dissymétrie moléculaire, des fermentations à la destruction du mythe des générations spontanées, des maladies du vin, de la bière, des vers à soie, à la théorie des germes.Il fut sans doute l'un des grands précurseurs de la chirurgie moderne, par l'asepsie et l'antisepsie, qu'il fut l'un des premiers à prôner et a pratiquer; il ouvrit aussi de larges voies à la médecine préventive\" par sa lutte victorieuse contre le charbon, le choléra des poules, et bien sûr, la rage.L'histoire émouvante du petit pâtre alsacien de neuf ans, loseph Meister, gravement mordu par un chien enragé et sauvé de la mort par le premier vaccin que Pasteur appliquait sur un être humain, a dû être racontée des centaines, voire des milliers de fois.Le succès éclatant remporté par Pasteur signifia pour lui toute la différence entre la gloire.et la déchéance.On imagine bien que, s'il avait échoué ce jour-là.ses détracteurs, nombreux, l'auraient écrase sous le poids de leurs sarcasmes et de leurs dénonciations.C'était le 6 juillet 1885.À peine six mois plus tard, Pasteur commence le traitement du 174c «mordu» par chien enragé.Le chercheur est débordé par l'affluence de malades qui arrivent par trains entiers de Saint-Pétersbourg, de Berlin, de Liverpool, de partout.Cette affluence le fait réfléchir à la nécessité de créer un établissement susceptible d'accueillir la nouvelle clientèle et d'abriter les laboratoires destinés à la recherche fondamentale et à la préparation de vaccins.Individualiste forcené, Pasteur rêve de l'exemple américain et souhaite pardessus tout se passer des deniers de l'État.Il se lance aussitôt en campagne et par sa seule réputation, réussit l'impossible: en quelques semaines, il recueillera deux milliards de francs-or pour son Institut.C'est ici que se greffe une autre histoire émouvante, que racontait Sacha Guitry des années plus tard.La voici, en bref: Un bon jour.Pasteur se présente chez Mme veuve Aristide Boucicaut, grande femme d'oeuvres et propriétaire des magasins «Au Bon Marché», pionniers des magasins populaires en France.On hésite à le recevoir.«C'est un vieux monsieur», dit la bonne.«Est-ce le Pasteur pour la rage des chiens?» La bonne va demander.«Oui», dit Pasteur.Il entre.Il explique qu'il va fonder un Institut.Peu à peu, il s'anime, devient clair, éloquent.« Voilà pourquoi je me suis imposé le devoir d'ennuyer les personnes charitables comme vous», dit-il.«La moindre obole de votre part.» «Mais comment donc!» dit Mme Boucicaut avec la même gène que Pasteur.Elle prend un carnet, signe un chèque et l'offre, plié, à Pasteur.«Merci, Madame!» dit-il, «trop aimable».Il jette un coup d oeil sur le chèque et se met à sangloter.Elle sanglote avec lui.Le chèque était de UN MILLION DE FRANCS! (Soit, dans le temps, l'équivalent de.250000 dollars.américains!) Pour un homme comme Pasteur \u2014 et bien d'autres \u2014 n'y avait-il pas là de quoi être ému?LA PRESSE D'AILLEURS Réal Pelletier The Itonomist Libre-échange : le GATT pourrait exiger des comptes Dans le mélange d'euphorie, de scepticisme et de désespoir qui a accueilli l'accord de libre-échange canado-uméricain, on a assez peu parlé de ce que pouvaient en penser les autres partenaires commerciaux de ces deux pays.Le Financial Times de Londres avait attaché le grelot il y a quelques mois, indiquant que les négociateurs du GATT n'appréciaient pas du tout pareil accord bilatéral, contraire à l'esprit d'équité universelle qui doit animer le monde du commerce international.Autrement dit, ce que tu offres à ton voisin, tu dois l'offrir à l'ensemble de tes partenaires commerciaux.The Economist, la semaine dernière, sans se prononcer sur le mérite de ce principe, n'écarte pas la possibilité que les plus de 100 pays représentés au GATT demandent des comptes au Canada et aux États-Unis, quel que soit l'accueil qui sera fait à l'accord par les .pouvoirs législatifs à Washington et à Ottawa.Les négociateurs du GATT voudront savoir par exemple pourquoi le Canada aura le privilège d'être exempté de certains contrôles de commerce qui continueront de s'appliquer aux autres partenaires des États-Unis.Par contre.The Economist prend note que les négocia- teurs du GATT pourront tirer des leçons pratiques de cet accord en regardant de près comment les deux pays en sont arrivés à s'entendre concrètement sur des - « points nouveaux» de négociation internationale comme le commerce des services financiers, les investissements étrangers et la propriété intellectuelle (droits d'auteur, brevets); un secteur, note le journal, où les négociateurs du GATT se perdent en conjectures théoriciennes et abstraites.Quant à l'avenir de l'accord lui-même, The Economist estime qu'il devrait triompher assez facilement des réticences protectionnistes du Congrès, mais est moins sûr de la réaction canadienne, marquée par la peur.La peur notamment que plusieurs entreprises américaines installées au Canada ferment leurs usines,-une fois libérées des contraintes tarifaires existantes.BusinessWeek évoquer aussi cette peur, mais juge que la majorité du premier ministre Mulroney en Chambre est suffisamment forte pour qu'Ottawa endosse l'accord.Le magazine est impressionné par cet accord, le plus considérable sur un plan régional depuis la formation de lu Communauté économique européenne en 1957.(\u2022 Un bungalow en Floride?allez plutôt en montagne Si vous avez aujourd'hui 20 ans et que vous envisagez une retraite en bord de mer en Floride, pensez-y deux fois: le bungalow que vous achetez aujourd'hui pourrait bien se trouver inondé dans 50 ans.C'est que, sous l'effet combiné du réchauffement de la planète et de la fonte des glaces aux deux pôles, l'océan enfle.Sans vouloir crier au loup, le Miami Herald de dimanche dernier joue en manchette ce volet du «choc du futur», à partir d'un certain nombre de modèles d'évolution écologique inspirés d'observations courantes.L'accumulation des gaz industriels (acide carbonique et méthane principalement)dans l'atmosphère crée un effet dit de serre, entraînant une hausse planétaire de la température: presque un degré Fahrenheit de croissance en moyenne depuis un siècle.Pas de quoi fouetter un chat à première vue, mais les hommes de science voient là le signe important d'un déséquilibre fondamental qui s'est créé; et on ne peut mesurer tous les effets à venir de ce qui se passe actuellement, disent-ils.Au rythme actuel de la production des gaz, la planète se dirige actuellement vers un réchauffement moyen de deux à quatre degrés F vers la moitié du 21e siècle et là.les consé- quences apparaissent importantes.Exemple: une ville comme Washington connaît actuellement 36 jours par an de température au-dessus de 90 degrés F; ce chiffre passerait à 87 jours.Par contre, ces mutations de température pourraient modifier le cours du Gulf Stream et entrainer le refroidissement de l'Europe, des Iles britanniques en particulier.Autre conséquence: ouragans, tornades et raz-de-marée seraient plus intenses et plus fréquents.Plus chaude, l'eau des mers gonflerait, sans compter\" que les glaces \u2014 une couche d un mille d'épaisseur en Antarctique par exemple \u2014 commen- ceraient à fondre.Déjà, on observe que le niveau des océans a augmenté de cinq pouces en un siècle.Il pourrait croître de dix pieds au cours du prochain siècle, de 20 pieds sur deux siècles.Avec des conséquences dramatiques pour des pays comme le Bangladesh où la majorité des quelque 100 millions de population Vit à moins de dix pieds au-dessus de la mer.Une élévation de dix pieds du niveau de la mer inonderait la majorité dû territoire du sud de la Floride.Sans compter que dans le processus graduel d'élévation, les inondations se feraient de plus en plus fréquentes et importantes.£l)c lliasl)mQton jtost La télévision à haute définition : encore le Japon otre collègue Louise Cou-sineau l'a dit samedi dernier: la télévision à haute définition (HDTV) promet, en matière de plaisir de regarder le petit écran, une révolution aussi importante que celle qu'a représentée l'avènement de la couleur, il y a près de trois décennies.Mille cent vingt-cinq lignes au lieu des 525 lignes actuelles: des images très claires avec des couleurs beaucoup plus précises et diffusées sur écran large comme au cinéma ; une qualité telle que même le film pourrait être menacé à terme; et en prime, la promesse d'en arriver à des écrans de haute qualité couvrant tout un pan de mur chez soi.Un reporter du Washington Post a assisté, à deux pas du Capitale, à la transmission par satellite des premières images en HDTV depuis les studios de Radio-Canada à Ottawa.Il partage l'enthousiasme de Cousi-neau pour ce qu'il a vu, mais s'interroge sur l'accueil qu'y fera l'industrie américaine, mal préparée à cette révolution.Dans divers laboratoires d'un peu partout aux États-Unis, des techniciens travaillent sur des systèmes très différents les uns des autres et incompatibles, de sorte que les manufacturiers d'appareils sont loins d'être prêts à envisager sérieusement la production en série d'appareils.D'autant plus inquiétant, d'un point de vue américain, que les analystes voient là un chiffre d'affaires d'une centaine de milliards de dollars US au tournant du siècle.et que les japonais sont fin prêts à occuper le marché.Ces derniers en effet ont déjà mis au point pour la HDTV un code national de spécifications s'appli-cant à tous les niveaux de la chaîne technique et sont sur le point de commencer à produire des appareils.Avec une échéance : le système fonctionnera fin 1990 ou début 1991.À cette date, un nouveau satellite entrera en fonction, diffusant les images HDTV directement dans les foyers qui devront se munir d'une petite «soucoupe» de réception.Le téléviseur HDTV coûtera quelque $4 000 au départ, mais les japonais entrevoient une expansion très rapide du marché conduisant à réduire le prix d'achat à celui des téléviseurs traditionnels et entraînant la disparition du système actuel à 525 lignes.Les premiers appareils pourront capter tant la HDTV que la télévision conventionnelle, ce qui devrait, dit-on au japon, accélérer les ventes et finalement la conversion de l'ensemble du système.FINANCIALTIMES Le mariage de raison franco-britannique: l'Eurotunnel Après un millénaire de bouderie qui a parfois dégénéré en querelle, quand on en venait pas carrément aux coups, nos parents britanniques et français ont décidé d'injecter dans leur ménage \u2014 l'affection étant hors de question \u2014 une bonne dose de raison.Exemple: le projet d'Eurotunnel sous la Manche qui prend forme, avec la promesse de faire passer ses premiers clients en 1993.Un enjeu de dix milliards de dollars, financé sur une base privée.Le projet de génie civil le plus extravagant de cette fin de siècle, note le Financial Times de Londres, dans un cahier spécial.D'ici deux mois, une première émission d'ac- tions d'une valeur d'un milliard et demi de dollars sera offerte au public.Si le test se révèle positif, un consortium de 50 banques internationales \u2014 dont 15 japonaises, les plus enthousiastes \u2014 est prêt à prendre le relais, On franchira en trois heures la distance Paris-Londres, par train ultra-rapide, le convoi roulant par 40 mètres de fond à 100 kilomètres heure dans le tunnel de 50 kilomètres sous la Manche, emprunté près de Calais et débouchant sur un point de la côte anglaise entre Folkestone et Dover.Des trains continueront directement sur Birmingham et Edimbourg.Londres, qui aura rénové sa vieille gare de Waterloo, ne sera plus qu'à deux heures 45 de Bruxelles, centre administratif de la Communauté européenne.Le marché est là : 48 millions de passagers ont traversé la Manche d'une façon ou d'une autre en 1985, mais seulemen trois millions d'entre eux ont utilisé la formule train-fcrry.L'accélération du service ferroviaire par l'Eurotunnel devrait écumer une partie du transport aérien, de la même manière que l'apparition du TGV français (train à grande vitesse) a grugé la clientèle des transporteurs aériens entre Paris et des villes comme Lyon, Nice ou Marseille.Même chose pour le fret: seulement quatre p.cent ne traverse la Manche par train-ferry, le reste passant principalement par camions-ferry.L'ouvrage sera réalisé par un consortium formé de cinq entrepreneurs français et de cinq entrepreneurs britanniques.C'est sérieux cette fois-ci: les Britanniques ont déjà investi $200 millions dans les travaux d'approche du tunnel tandis que (es Français ont déjà creusé un trou de 70 mètres de hauteur sur 40 de largeur à Sangatte, près de Calais.La seule opposition sérieuse que les promotteurs anticipaient se situait du côté des exploitants de ferry-boat qui comptaient évoquer les problèmes de sécurité posés par l'Eurotunnel.La tragédie du ferry Herald of Free Enterprise a comme refroidi leurs ardeurs.THE SUNDAY TIMES THE WALL STREET JOURNAL.£I)C toasJjmgton JÎOSt gtjr gooton (globe Mafiaski Racket de la protection, drogue, prostitution, «contrats»d'assassinat: il n'est question ni de New York ni de Montréal dans cet article du Sunday Times de Londres, mais plutôt d'une nouvelle réalité soviétique.Un reportage à ce propos, interdit de publication jusqu'ici en URSS, a paru dans un journal d'immigrants russes à Munich.Le reporter, Dmitri Likhanov, correspondant en Uzbekistan du journal moscovite Ogonyok, apparente le fonctionnement du crime organisé dans cette province à celui de la mafia.L'article, qui s'appuie sur des dossiers de police et de l'État, dit que la mafia d'URSS s'est partagée le pays depuis 1979, date à laquelle se serait tenu un «congrès des parrains» du pays.Marins Ecole Ils sont un million de nos jours à sillonner les océans a bord de cargos où la vie, loin de s'améliorer, a tendance à se détériorer.Le Wall Street tournai consacre un reportage aux conditions faites aux marins de par la monde, évoquant un certain nombre de situations pathétiques où ces travailleurs sont privés d'eau ou de nourriture, sinon carrément des salaires promis; d'autres où ils doivent s'entasser dans des trous où triomphe la vermine.La moitié des marins venaient de pays en développement il y a 20 ans; le pourcentage atteint plus de 60 p.cent aujourd'hui.Les syndicats de marins US veulent forcer le Congrès à imposer les lois du travail américaines à tout cargo étranger entrant aux USA.\\- Débordée par l'arrivée d'immigrants à familles nombreuses, Los Angeles a décidé, plutôt que de construire de nouvelles écoles, d'adopter le calendrier scolaire de 12 mois.Le programme, le plus vaste du genre aux États-Unis, sera suivi de près par les spécialistes de tout le pays.Les immigrants, hispanophones pour la plupart, se réjouissent de la décision, économique; les autres maugréent cependant parce que la formule gênera les vacances familiales, les longs voyages notamment, et promettent d'inscrire leurs enfants à l'école privée.Des partisans du calendrier scolaire de 12 mois estiment que le calendrier de neuf mois est un reheat des sociétés agricoles du 19e siècle.Mandarinat Le géant américain de l'automobile, General Motors, vit des années pénibles.Trente mille des 800 000 employés du groupe perdront leur emploi d'ici la fin de 1988, sous l'effet de la fermeture de 11 usines.Dans le diagnostic qu'établit le Boston Globe, c'est le management qui écope.Un management qui baigne dans une culture administrative dépassée.Des cadres qui ont commencé, dès les années 60, à repousser les idées novatrices.Pareille attitude avait failli faire culbuter deux concurrents, Ford et Chrysler, qui se sont resaisis depuis, Ford ayant battu cette année tous ses records.Un expert: «GM est comme la Chine: pleine de coutumes anciennes et de beaucoup d'inertie.» Des mandarins, dit-il. LA PRESSE.MONIKtAL.DIMANCHE IH UUÛbfct l3o/ SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ SEMAINE DU 18 OCTOBRE 1987 La personnalité de la semaine Supérieure générale des Soeurs Grises de Montréal, qui célèbrent leur 250e anniversaire de fondation CUV PINARD Elle éclate: «Mon Dieu que c'est beau cela! Franchement, je ne m'y attendais pas du tout!» Depuis que La Presse a lancé cette initiative de choisir chaque semaine une personnalité marquante, il y a déjà plus de trois ans, peu de personnalités choisies ont fait preuve d'autant d'enthousiasme et de ravissement que Soeur Marguerite Létourneau en apprenant que le jury de La Presse venait de leur conférer le titre de Personnalité de la semaine.En effet, les mots ne suffisent pas pour traduire adéquatement l'indicible joie de Soeur Létourneau, lorsque La Presse lui a appris la nouvelle jeudi après-midi.Et même si elle devait forcément partager l'honneur avec ses consoeurs puisque le jury voulait souligner à travers elle le 250 anniversaire de fondation des Soeurs Grises, elle s'en sentait quand même flattée, et fort heureuse, cela se devinait facilement au timbre de sa voix.Quelques minutes plus tard, on a senti la même fierté, le même ravissement dans la voix de Mme Louise Pominville, responsable des relations publiques de la communauté, qui aurait déplacé monts et marées pour faciliter la tâche de La Presse.Il faut savoir que Soeur Létourneau jouit, au sein de sa communauté, d'une popularité peu commune.Notre collègue chroniqueur aux Affaires religieuses, Jules Béliveau, soulignait justement qu'en conférence de presse, la semaine dernière, les religieuses, qui assistaient à l'événement, buvaient littéralement ses paroles et riaient de bon coeur aux pointes d'humour de leur «patronne».Élue par ses pairs Sa popularité auprès des religieuses de sa congrégation est facile à comprendre dès qu'on apprend qu'elle en est actuelle- ment à son deuxième terme de cinq ans.«C'est une élection qui nous permet d'atteindre ce poste.C'est la démocratie qui prévaut, le crois qu'il s'agit souvent d'un concours de circonstances; par ailleurs, je pense qu'il faut beaucoup aimer la fondatrice, la bienheureuse Marguerite d'You-ville, il faut aimer le charisme qui est nôtre, la mission qui est la nôtre, il faut beaucoup aimer la congrégation, et s'impliquer beaucoup dans tout ce qui touche la vie de notre congrégation.Et vous savez que vous ne pouvez pas toujours recevoir d'une communauté \u2014 et moi j'ai beaucoup reçu \u2014, et qu'un jour on vous demandera de donner à un niveau imprévu», a dit celle qui, en I949, prenait le voile des Soeurs Grises dans son Alberta natal.«Chez nous, cela se passe de la façon suivante: a tous les cinq ans se déroule ce que nous appelons un «chapitre» et ce que vous appelleriez congrès.Ce chapitre comprend l'élection de la supérieure générale.J'ai été élue la première fois en 1981, et j'ai été réélue en 1986», a-t-elle poursuivie.Communauté fondée en 1737 La communauté a été fondée le 31 décembre 1737 par Marie-Marguerite Dufrost de Lajem-merais, veuve d'Youville, et trois de ses amies.Initialement connue sous le nom d'Institut des soeurs de la Charité de Montréal, les quelque 1 100 religieuses qui forment les rangs aujourd'hui, affectionnem plus particulièrement le nom de Soeurs Grises qui leur fut initialement accolé par dérision.La congrégation, qui a des ramifications partout au Canada, puis aux États-Unis, et dans deux pays d'Amérique latine, célébrera évidemment l'heureux événement avec pompes dans chacune des maisons où elles sont à l'oeuvre.«Nous avons commencé les célébrations le 15 octobre parce que c'est la date de naissance de Marguerite d'Youville.Et nous SOEUR MARGUERITE LETOURNEAU «Vous savez que vous ne pouvez pas toujours recevoir beaucoup d'une communauté; moi, j'ai reçu beaucoup » terminons le 16 octobre en 1988, parce que c'est la date de son baptême et de sa fête liturgique, a dit Soeur Létourneau.A Montréal, comme on le verra plus loin, les Soeurs Grises sont actives à maints endroits, mais elles sont concentrées dans deux maisons.Il y a d'abord l'ancien hôpital Général du Vieux-Montréal, qui abrite 26 religieuses et où se trouvent les bureaux administratifs et le centre de formation de la communauté.Cet édifice a été récemment restauré par les Soeurs Grises.« Vous savez, c'est le lieu où a vécu la fondatrice et nous voulions faire revivre nos racines.Mais c'est aussi un bien culturel et en bonnes citoyennes, nous voulions mettre ce patrimoine en valeur», a dit Soeur Létourneau au sujet de la restauration.La maison-mère «Quant à l'édifice du Boulevard Dorchester, c'est toujours la maison-mère, ça demeure une place de retraite pour nos soeurs, et un carrefour pour nos oeuvres», a-t-elle dit.Et ces oeuvres sont nombreuses: Inter-Val, une maison pour mères et enfants victimes de violence, la maison Marguerite pour femmes itinérantes, Bonjour toi, qui est un centre de jour pour ces femmes, la pastorale des handicapés, un bureau pour le mouvement Pro-Vie, Marie Céleste, un lieu pour dames qui veulent un milieu un peu plus protégé, et qui contribuent, avec des jeunes filles, aux oeuvres des 280 religieuses qui y résident.«C'est un vrai carrefour», a dit Soeur Létourneau.Au service des pauvres Les religieuses ont évidemment d'autres propriétés à Montréal, comme le foyer Rous-elot par exemple, mais leur action s'exprime surtout dans des organismes où elles exercent leur apostolat.On peut penser à la maison Bonneau, à la maison lean-Lapointe, à la maison Louis-Braille/Nazareth, des foyers pour personnes âgées et des hôpitaux, à titre d'exemple.Depuis ce jour de 1737 où Marguerite d'Youville et ses compagnes ont «consacré solennellement leur vie au service des pauvres», il s'est évidemment passé beaucoup d'événements, mais la générosité des soeurs est restée la même.«Le fil conducteur est toujours le même en ce sens que nous aidons toujours les pauvres, les personnes qui sont le plus dans le besoin par le moyen d'oeuvres et de toutes sortes d'insertions, mais nous devons nous adapter parce que si les besoins sont les mêmes, la façon d'aider n'est pas pareil.«Alors cela demande une adaptation constante, et c'est, tout un défi.Mais comme nous travaillons souvent avec beaucoup de laïcs, ces derniers noua aident beaucoup à nous adapter, à nous maintenir à jour, et à toujours apporter des réponses à ces besoins qui changent.Prenons l'exemple des jeunes, un domaine dans lequel nous nous travaillons de plus en plus.Enfin, nous nous impliquons dans beaucoup d'oeuvres qui ne sorit-pas les nôtres, mais cela importe peu; notre souci est de toujours venir en aide à ceux qui sont dans le besoin », a-t-elle ajouté.À quand la canonisation?La conférence de presse de la semaine dernière a marqué le début d'une année qui sera ferti- : le en émotions pour la congrégation.Déjà réjouie par l'abondance ' des jeunes novices (elles sont 40 contre une quinzaine il y a à peine cinq ans), Soeur Marguerite > Létourneau entrevoit l'avenir avec un optimisme évident.Ixt*.Le plus grand plaisir qu'on pourrait lui faire?Il ne saurait .venir que de Rome.Car le plus beau cadeau que pourrait leur offrir le pape lean-Paul II, ce serait de leur annoncer la canonK sation de la bienheureuse Marguerite d'Youville.Encore plus que du talent, de Vintelligence, même du génie, l'excellence naît de Veffort ALCAN au magazine La personnalité de la semaine vous attend demain à 13M5 et à 23h20 Avec Dominique Lajeunesse et Normand Harvey, du lundi au vendredi.Télévision LE MOT DU SILENCIEUX AUMRT BRU collaboration spéciale La manière la plus fréquente d'être reconnaissant à un autre d'un service qu'il vous a rendu, c'est de lui en demander un plus grand.o O o L'amour passion est si exclusif qu'on veut être le seul à faire souffrir qui l'on aime.o O o L'ordre ne crée pas la vie.il la paralyse, o O o |e ne connais pas d'hommes riches qui soient bons.La secte des économistes fait florès, jamais on a tant vu de gourous envahir les médias, voyants et missionnaires, exploiter la crédulité des gogos, qui croient qu'il n'y a qu'à se pencher pour amasser l'or de ce nouveau pactole.o O o Les comédiens qui font métier d'imitateurs sont, à peu près tous, de grands timides.Les personnages qu'ils singent leur servent de paravents, o O o Existe-t-il dans la nature quelque chose de réellement parfait, à l'exception de la betise humaine?o O o On voit parfois des couples vivre ensemble 50-60 ans.Qu'est-ce qui les tient unis?.Une lutte à finir, à savoir qui du mari ou de la femme aura le dernier mot.-$- On ne pourrait pas être l'ami d'une personne qui a toutes les qualités qui nous manquent.o O o C'est justice que de dépouiller un capitaliste, car on lui fait rendre ce dont il a dépossédé les autres.o O o N'appelons pas charité mais calcul ce que nous versons aux défavorisés pour nous donner bonne conscience.o O o Nous autres, civilisés, sommes barbares?o O o Consommateur.\u2014 Race de l'espèce déraisonnable qui estime que telle chose sans valeur n'en acquiert que si on la lui fait payer.savons-nous que nous Nous avons les gouvernements que nous méritons; or, comme nous ne méritons pas grand chose, nous les avons.o O o En général, la critique se soucie moins d'éclairer le public que de paraitre elle-même intelligente.o O o |e peux passer des heures devant la télé, sans bouger, jusqu'à ce qu'un raseur vienne allumer l'appareil et ainsi m'obliger à aller lire ailleurs, o O o Si les automobilistes utilisaient les routes quand elles ne sont pas encombrées, ça changerait les accidents d'heure.o O o Le dernier cri de la science diététique: l'homme doit cesser de manger à jeun.-C-T- Ariette Cousture Les Filles de ôaJeb LeQdefoitblanche roman QUEBEC AMSttBJE \u2014 49 \u2014 Le soir venu, elle mangea du bout des lèvres, le front agglutiné entre les sourcils, l'oeil lointain, le cerveau en ebullition.Combien de temps pourrait-elle continuer ce manège?II lui fallait trouver une solution à son problème le plus rapidement possible.Le mardi, en fin de journée, pendant que les grands étaient affairés et qu'elle portait son attention au travail de son Pierre, elle recula pour jeter un meilleur coup d'oeil sur le dessin qu'il lui montrait et trébucha.Son pied droit chavira en bas de l'estrade.Elle poussa un petit cri de douleur et les enfants la dévisagèrent.Elle retint son souffle pendant quelques secondes puis se redressa avant de remonter, en sautillant, à sa place.«le pense que j'ai la cheville foulée.Est-ce qu'il y en a un qui pourrait aller dehors tremper une guenille en dessous de l'eau de la pompe en la faisant couler longtemps pour qu'elle soit glacée?» Trois élèves se levèrent et se précipitèrent à l'extérieur, tenant chacun un chiffon, bile attendit leur retour sans dire un mot.Dès qu'elle eut enroulé sa cheville, elle demanda aux élèves s'ils accepteraient de quitter l'école un peu plus tôt.Elle s'efforça de sourire devant leurs mines réjouies.Us quittèrent calmement.Vingt minutes plus tard, la mère d'André, un des grands élèves de sa classe, frappa à la porte.Elle lui ouvrit en boitant.« Non mais, ça a pas de bon sens.Votre mère au lit, pis vous la cheville foulée.André nous a raconté ça.Est-ce que vous avez besoin d'aide?\u2014 Non, merci, le suis capable de me débrouiller.Mais vous êtes bien aimable.h p 1 1 \u2014 Mon mari pis moi, on s'en va au village.Est-ce que vous voulez quelque chose?\u2014 Peut-être, oui.Juste un peu de boeuf haché.Pis si c'est pas trop demander, seriez-vous assez aimable de passer au bureau de poste?\u2014 Ça va nous faire plaisir.Montrez-moi donc ça, votre cheville.\u2014 |e vous avoue que j'ai pas envie d'enlever les guenilles d'eau froide.C'est que ça élance.\u2014 Vous avez raison.Faut pas faire de folies avec ça.Vous êtes sûre que c'est pas cassé?\u2014 Oh ! non.J'ai réussi à m'appuyer dessus un tout petit peu.\u2014 Bon, j'vas vous laisser.Pis si vous avez besoin de quelque chose, faites-nous-le savoir par André.On va au village à peu près à la même heure à tous les jours.C'est comme ça quand on va chercher deux grands garçons au collège.\u2014 Bourrés de talent à part de ça.» La mère d'André vint lui porter sa viande une demi-heure plus tard.Elle n'avait cependant reçu aucune lettre.Elle la remercia et monta à l'étage en promettant de saluer sa mère.loachim Crête était revenu, mais cette fois elle l'avait empêché de monter en l'assurant que sa mère dormait paisiblement et qu'au moindre bruit elle se réveillerait.Crête l'avait regardée d'un regard perçant et méfiant.Elle se tenait la cheville élevée sur une chaise qu'elle avait recouverte d'un coussin.«La prochaine fois, je veux la voir.C'est à croire que ta mère est pas ici.\u2014 Voyons donc, monsieur Crète.Vous l'avez vue vous-même!» Les parents d'André, qu'elle attendait toujours dans la classe, la dépannèrent pendant dix jours.Il y avait maintenant près de deux semaines qu'elle vivait avec le fantôme de sa mère et se laissait gagner par le découragement.Ce jour-là, ils apportèrent enfin une lettre.Elle regarda la lettre et éclata de rire.«C'est toujours pareil.Ma mère est revenue d'Abitibi depuis deux semaines pis sa lettre arrive aujourd'hui.C'est à se demander si les maîtres de poste ont l'horaire des trains.» Elle se tourna vers l'escalier.«Moman! moman, votre lettre est arrivée.Hahaha.» Elle la jeta dans la corbeille à papier en riant encore, «l'ai pas besoin de la lire, je sais tout ce qu'il y a dedans.C'était la seule lettre?\u2014 Oui.Pis on vous a apporté un petit extra, pour vous pis votre mère.» Blanche blêmit.Leur générosité la mettait franchement mal à l'aise.Elle accepta néanmoins les deux bananes qu'ils lui tendaient.«Mais c'est une folie.Des bananes! Comment vous remercier?\u2014 En faisant tout pour que notre André soit prêt pour le collège, lui aussi.C'est sa dernière année de petite école.C'est cette année que ça se décide.» Blanche promit.De recevoir des nouvelles de sa mère lui guérit presque complètement la cheville.Elle conserva néanmoins un bandage, pour plus de protection.Maintenant, elfe attendrait loachim Crète qui, elle le savait, arriverait à la même heure que la semaine précédente: l'heure des visites aux pensionnaires.Il avait rôdé autour de l'école pendant toute la semaine, mais comprenant son manège, elle allumait ou éteignait la lampe dans la chambre de sa mère selon l'heure du jour, écartait ou tirait le rideau, ouvrait ou fermait la fenêtre.Le dimanche matin, elle enleva les cinq couvertures du lit de sa mère et aéra la chambre.Elle rangea le plateau et s'assit a la table de la cuisine pour relire la lettre une centième fois.Sa mère lui annonçait qu'elle ne rentrerait pas.Son frère Honoré venait de perdre sa femme et elle avait décidé de l'aider avec les enfants, décision facilitée par le fait que tout près de Val-d'Or, ils avaient besoin d'une institutrice.De plus, le salaire était plus intéressant que celui qu'elle aurait fait à Saint-Tite.Sur le troisième feuillet, elle la priait d'aviser loachim Crète de son départ prolongé, de l'excuser et d'embaucher une remplaçante.Elle reprendrait ses classes l'année suivante.Sur le quatrième feuillet, elle demandait à sa fille de prendre soin de ses soeurs, auxquelles elle promit d'écrire à toutes les semaines.Si Blanche comprit la décision de sa mère de demeurer auprès de son frère \u2014 tout en sachant qu'ils ne s'étaient ni vus ni écrit depuis des années \u2014 elle ne réussissait pas à s'expliquer que sa mère s'exposât aux représailles des commissaires en ne se présentant pas en classe.Mais elle fut davantage attristée par le sentiment d'abandon qu'elle ressentait.Sa mère, elle le soupçonnait, cachait quelque chose.Maintenant, il lui faudrait annoncer cette nouvelle à ses jeunes soeurs qui, elle n'en doutait pas, réagiraient fort mal.Elle craignait surtout les réactions d'Alice et de Rolande.L'absence inexpliquée de leur mère, sûrement incompréhensible pour elles, renforcerait leur triste sentiment d'être des orphelines.loachim Crète entra en trombe, sans frapper, en hurlant comme un putois.Blanche l'avait vu arriver et s'était empressée de feindre de l'accueillir.«C'est fini, ton petit jeu! Ta mère est pas ici, j'en mettrais ma main au feu.» Sans attendre, il se rua dans l'escalier et se précipita vers la chambre d'Emilie.«Haha! |e le savais!» Il se tourna vers Blanche, qui l'avait suivi.«Tu vas avoir des comptes à rendre, mam'zel-le.De mémoire, ta mère a jamais manqué une journée d'école pis tu as voulu me faire croire qu'elle était couchée depuis deux semaines.\u2014 J'ai rien voulu faire croire.Ma mère a perdu sa belle-soeur pis elle est partie cette nuit, pourl'Abitibi.\u2014 Tu me prends-tu pour un imbécile?Elle a jamais pris de train pour la bonne et simple raison que des trains pour l'Abitibi.il y en avait pas! \u2014 Je safe.Elle est partie en auto avec son frère Napoléon, celui qui habite à Saint-Stanislas.» loachim demeura bouche bée, gesticulant des bras et des mains.Blanche se retint pour ne pas rire.Elle prit le troisième feuillet de la lettre de sa mère et le lut à Crète.Crète lui arracha la feuille des mains et relut par lui-même.Elle remerciait le ciel que ce feuillet, annonçant son intention de ne pas rentrer, ressemblât à un mot écrit expressément pour régler ses affaires, loachim froissa le papier.« Peut-être que vous devriez l'apporter aux autres commissaires, monsieur Crête.Pis le mettre dans vos dossiers.C'est pas que j'ai pas confiance en vous, mais des fois on peut perdre un papier.Par distraction, bien entendu.Mais ma mère vous a avisés, vous pis les commissaires, en bonne et due forme.Si vous pensez que vous pouvez être distrait, je peux porter le papier moi-même.» Elle savait que Joachim Crête l'aurait crucifiée, mais il lui fallait protéger l'emploi de sa mère.Sans ce papier, il pouvait l'accuser d'avoir abandonné son poste \u2014 ce qu'elle avait fait \u2014 mais grâce au jeu de cachette que Blanche avait joué pendant deux semaines, Emilie était sauve.loachim mit le papier dans sa poche et sortit de l'école en claquant la porte.« Du trouble.Ta mère pis le trouble, c'est là 1 même affaire.Astheure, il va falloir qu'on trou» ' ve une autre maîtresse pour l'année.Rien que du trouble!» Dès qu'il fut hors de vue, Blanche monta a l'étage en sautillant allègrement sur sa cheville bandée.Elle arracha le bandage joyeusement et fit trois pas de valse.Puis elle éclata de rire.Elle avait gagné! S'il avait eu des doutes quant à la présence de sa mère, il n'avait jamais imaginé qu'elle avait feint une foulure, uniquement pour ne pas quitter l'école.Si seulement elle avait pu raconter à quelqu'un ce qu'elle avait fait! Elle redescendit dans sa classe, prit une feuille de papier et sa plume et écrivit toute l'histoire dans une lettre à sa mère.Deux semaines plus tard, elle reçut une réponse.Sa mère avait écrit: «Hahahaha, mon père n'aurait pas fait mieux !» Rien de plus.27.Laurette Dontigny arriva la semaine suivante: Les commissaires avaient mis trois semaines à trouver une remplaçante à Emilie.Blanche fut heureuse de l'accueillir, car maintenant que récoltes et labours étaient terminés, de nouveaux élèves entraient à chaque jour.Laurette, qui était plus âgée qu'elle, s'installa dans la chambre de sa mère.Quoiqu'elle fût de Saint-Tite, elle habitait à l'école pendant la semaine, ne rentrant chez ses parents que la fin de semaine.Cet arrangement satisfaisait Blanche.Maintenant qu'elle assumait la responsabilité de l'école et de la famille, elle était allée rencontrer les religieuses et leur avait demandé s'il était possible que-ses soeurs sortent à toutes les semaines.Cette permission, compte tenu de la situation familiale, lui fut accordée.Blanche eut l'impression qu'elle l'avait été davantage pour la désennuya/, elle, que ses soeurs.à suivre £ 14X6 EDITIONS QIEBEC *MERIQLE t HIlittraliiMi de I.i pjxt .oii.t/min- di-ljil d'une unie (k ( h.ml.il l'ciiilln "]
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