La presse, 20 février 1988, J. Arts et spectacles
[" Arts et spectacles V W Littérature Arts plastiques Disques et vidéos Restaurants Vins LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 20 FÉVRIER 1988 ¦ l 1 1 m I m a I I I I I 1 1 I à 1 I i ¦ 1 Le sourire un peu grinçant de Cathy la mal aimée Michèle Mailhot revient (enfin) au roman REGINALD MARTEL I t avertissement est Hb devenu rare, il surprend : « Les personnages de ce roman sont fictifs et toute ressemblance avec Michèle M2iinot vn:i\") '!¦:>: ié des personnes réelles serait fortuite.» Peut-être, mais dans cette éducation sentimentale d'une fillette de naguère, il me plaît d'imaginer celle de Mme Michéle Mailhot, tant son oeuvre, romans et journal, est nourrie d'amours trahies, déçues ou simplement mal partagées, mais auxquelles un fabuleux appétit de vivre, bien servi par la santé du corps et de l'esprit, permet chaque fois de survivre et de recommencer.La narratrice de Béatrice vue d'en bas se nomme Cathy.Béatrice est sa mère et le titre dit bien dans quelle estime Cathy tient l'une et l'autre.La petite se meurt d'amour pour Béatrice qui ne le lui rend pas assez à son goût, toute complaisance paraissant révervée à son fils lean, un peu plus âgé que Cathy.Le sujet est bien grave : existc-t-il situation plus désolante que celle d'une enfant mal aimée ou qui croit l'être ?Qu'on se rassure tout de suite : le roman de Mme Mailhot ne doit rien à Aurore l'enfant martyre.La misère de Cathy n'est que morale, ce qui n'enlève rien il est vrai à sa qualité, et l'auteur a choisi pour la raconter le recours à l'humour, qui est la forme la plus réussie de la sagesse.Les lecteurs ne seront d'ailleurs pas abusés, qui sauront bien vite que ce voir SOURIRE en page J 2 I 1 Jérôme Lindon, artisan et ayatollah des lettres Ses Éditions de Minuit ont publié deux Nobel (Beckett et Simon), les papes du «Nouveau roman» (Robbe-Crillet, Butor et Sarraute), et Marguerite Duras LOUIS-BERNARD ROBITAILLE collaboration spéciale PARIS En 1950, un jeune éditeur de 25 ans, qui a hérité un peu par hasard d'une minuscule maison issue de la Résistance \u2014 les Éditions de Minuit \u2014, trouve un paquet arrivé par la poste au 9, rue Bcrnard-Palissy.C'est le manuscrit d'un parfait inconnu répondant au nom de Samuel Beckett.Trente-sept ans plus tard, Jérôme Lindon, au troisième étage du même immeuble vermoulu, se souvient de ce moment comme d'une « des plus grandes émotions de ma vie ».Cet amoureux intraitable de la littérature a eu d'autres coups de coeur par la suite.Mais rien de comparable avec cette rencontre-surprise de Beckett (il y aura bien le manuscrit de Jean-Philippe Toussaint, La Salle de bains, qui traînait dans les bureaux depuis des mois, après avoir été refusé par cinq éditeurs, mais ce n'est pas le même ordre de grandeur).On est ici dans les grands aléas de l'édition.Beckett, aujourd'hui prix Nobel, et considéré comme l'un des écrivains majeurs des années 50-60 (ou simplement vi%-ants), avait déjà publié une oeuvre à Paris : Murphy.« Pas une ligne de critique dans les journaux, dit Lindon, et son éditeur Bordas en vend 95 exemplaires en quatre ans.» Beckett voit donc son nouveau manuscrit refusé par Bordas et cinq des plus grands éditeurs parisiens et l'envoie, en désespoir de cause, dans cette maison « ridiculement petite », qui avait publié clandestinement des oeuvres de la Résistance (Ver-cors) puis, sous la houlette de Lindon, des voir LINDON en page J2 M.f i m.Une photo historique (de g.à d.): Alain Robbe-Crillet, Claude Simon (Nobel), Claude Mauriac (en visiteur), Jérôme Lindon, Robert Pinget, Samuel Beckett (Nobel), Nathalie Sarraute et Claude Allier.'t\u2014\u2014 Ettore sottsass, le gourou du design italien au Musée des arts décoratifs JOCELYNE LEPAGE Des meubles, vraiment ?On dirait plutôt des monuments ou des installations qui puisent leur inspiration aussi bien dans la Grèce antique et l'art primitif, que dans le kitsch le plus exubérant des banlieues américaines.Cette « chaise », par exemple, faite de deux blocs de marbre, on l'imagine plus aisément dans un cimptière que dans un salon.Ce « miroir », qui oblige à monter sur une petite scène entourée de colonnes, donne l'impression à celui qui s'y regarde de se donner en spectacle.Ce buffet, installé sur un piédestal, à l'air d'un autel dont le tabernacle est une télévision.En fait, à peu près tous les meubles d'Ettore Sottsass présentés au Musée des arts décoratifs, tes viennent comme ça avec leur socle ou leur piédestal en marbre ou en granit.Comme si leur propriétaire, quand il remplit son verre, cherche un livre dans sa bibliothèque ou une paire de bas dans sa commode, ou quand il s'écrase devant le petit écran, s'adonne en fait à une activité sacrée, à un véritable rituel de la vie quotidienne.« Meubles pour le rituel de la vie », c'est le titre que le designer a d'ailleurs donné à une série d'une trentaine de meubles commandée l'an dernier par la galerie Blum Helman de New York et dont dix-neuf sont exposés au Musée.Signalons que ces meubles, exclusifs ou édités en très petites séries, ont des titres qui ressemblent à des extraits de chansons populaires : Corning Back from Spain, Long Ago voir SOTTSASS en page J6 PHOTO PIERRE MCCANN, LA PRESSE Chaque Jour dans La Presse, des chro DIMANCHE Jazz LUNDI MARDI Littérature i Cinéma -A-j:-.iJL » MERCREDI Rock Hélène Pednenult et sa Déposition De la chanson.au théâtre .à la littérature JEAN BASILE collaboration spéciale et est un coup d'essai pour Hélène Ped-neault.C'est un succès.Du moins au théâtre où l'on vient de créer La Déposition.Mais l'heure des spotlights passe vite.La Déposition vient d'être publiée, chez VLB éditeur.Ça, ça dure! Une première encore pour la jeune dramaturge.Elle n'a jamais écrit que pour les revues et les journaux dont feue La Vie en rose qui accueillait ses célèbres «Chroniques délinquantes ».lesquelles ne tarderont pas à paraître en volume elles aussi, chez le même éditeur, en avril.Hélène Pedneault est loin d'être une inconnue, dans les coulisses du show-business du moins.Elle a travaillé pour Renée Claude, pour Clémence Desrochers.« |e me souviens très bien, dit-elle, comment tout cela a commencé, l'étais vaguement étudiante à lonquière et nous nous ennuyions, j'ai décidé avec une amie d'inviter Clémence Desrochers qui avait alors laissé la scène.On a rempli deux salles au grand étonnement de Clémence elle-même.» Puis, adieu lonquière et bonjour Montréal! Quand on est « agent libre », quand on ne s'occupe que de la promotion des artistes, il faut se faire aller.« Je suis une optimiste », dit Hélène Pedneault qui est un petit bout de femme énergique, électrique.« Alors, ça ressemble à quoi une première pièce, un premier livre ?\u2014 C'est exaltant mais ça ne rassure pas, surtout au théâtre où il y a tant de gens impliqués.\u2014 Maintenant vous êtes toute seule.Maintenant vous êtes la vedette.\u2014 l'ai beaucoup hésité à me lancer.Et puis hop, j'ai quitté Radio-Québec où j'étais recherchiste pour Droit de parole et vogue la galère.» En français ou pas « Délinquante » comme ses chroniques, oui, mais pas comme on l'entend dans les rues et sur les scènes de Montréal.La Déposition est écrite dans un français presque châtié.Hélène Pedneault ne s'en rend pas compte, « parce que j'écris comme ça, c'est tout ».II.faut comprendre.«le ne suis pas de Mont- JEUDI Théâtre PHOTO PAUIHGNRI TALBOT, LA PRESSE réal, voyez-vous.Le jouai, à lonquière, on ne parle pas comme ça.De plus, je ne suis pas sensible à la culture américaine, je ne parle même pas anglais! C'est pareil pour la chanson, l'aime la chanson avec un texte solide, qui dit quelque chose, l'en ai assez du High tech.» Alors, la discussion s'anime.Le jouai est-il une langue de femme ?NNNon.Pourtant, il y a Marie l.aberge.Est-ce que le public peut accepter une pièce de théâtre écrite dans un français universel ?Ça oui! Hélène Pedneault y croit dur comme fer.Elle pense qu'il ne faut pas le sous-estimer, ce public, qu'il faut lui faire confiance même dans sa langue, qu'il est prêt à tout, même à un théâtre écrit en français, si ça l'intéresse ou l'émeut.Et encore la chanson.« Parce que je suis une fille de chanson.» En effet, Hélène Pedneault a quinze ans dans le métier, y compris comme parolière.Sur ce sujet, elle aime rappeler l'immense succès récent d'Anne Sylvestre qu'elle a pilotée au Québec.Anne Sylvestre, c'est aussi la langue, la langue solide.« Ça ne veut pas dire que le théâtre jouai soit terminé.Mais il y a de la place pour autre chose, pour un langage plus symbolique, moins direct.» Le théâtre Le théâtre n'est peut-être pour Hélène Pedneault qu'un incident, car « elle ne se voit pas dramaturge, ou romancière, ou parolière ».Sa vie est une suite de hasards, quelque chose d'organique à quoi il ne faut pas résister.On va où on va.La Déposition, avant d'être une pièce, devait être un roman.Elle en a lu l'ébauche au Théâtre expérimental des femmes.Ça a plu.Alors, elle s'est laissé faire « parce qu'elle avait trouvé sa famille de théâtre » et que « sans famille on ne peut pas réussir ».Ça ne l'empêche aucunement de juger sévèrement la scène montréalaise.« |e n'aime pas le théâtre institutionnalisé, genre TNM ou Compagnie lean Duceppe.C'est mal joué, mal mis en scène, mal décoré, mal éclairé.Là encore, on prend les gens pour des demeurés.Ce qui m'attire, c'est l'aventure, le risque, l'expérience.\u2014 Votre pièce est d'une facture toute traditionnelle pourtant.C'est un long mo- voir PEDNEAULT en page J 2 CONCEPTION : JEAN ORUNEA'J VENDREDI \u2022 Groupies J 2 LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 20 FÉVRIER 1988 LITTÉRATURE LINDON Jérôme Llndon, artisan et ayatollah des lettres SUITE DE LA PACE J1 oeuvres de Blanchot, Bataille, Klossowski, rejetées par Gallimard.Mais l'« image » de la maison est loin d'être fixée.Pas plus de 25 titres par année C'est l'irruption de Beckett, la publication de Molloy (sans le nom de l'imprimeur, qui en réprouve l'obscénité), qui en cons-ituent vraiment l'acte de fondation.Après, la liste s'égrène à un rythme régulier tout au long des années 50 : Robbe-Grillet, Claude Simon (autre prix Nobel ), Robert Pinget.Nathalie Sarraute, Marguerite Duras ( partagée par Gallimard ).Le tout constituant le « Nouveau roman », une étiquette discutable, mais aussi importante dans l'histoire de la littérature moderne que ce qu'a été la nouvelle vague pour le cinéma.Quel éditeur français peut se vanter d'avoir chez lui autant de noms prestigieux et reconnus internationalement que Jérôme l.imJon ?Surtout que chez Minuit on se fait une règle et une gloire de ne jamais publier plus de 25 titres par année (romans pour moitié), soit le dixième d'une grande maison, et à peine plus qu'en 1948.j'avais rencontré Lindon il y a plus de dix ans.Il est inchangé : grand, mince, élégant, intelligent, la quintessence de la bourgeoisie intellectuelle parisienne.Il a la modestie des grands orgueilleux : bureau exigu (murs couverts de livres de la maison, avec les traductions étrangères), au dernier étage d'une maison très étroite, aux murs et aux planchers plus ou moins inclinés (mais on a refait la peinture récemment).La maison Gallimard a le confort discret des vieilles maisons bourgeoises.Au Seuil, on bricole comme des scouts ou des jécistes, mais en agrandissant continuellement le territoire : il y a trois adresses.Chez Flammarion éclate le néo-classicisme cher aux décorateurs en vogue.Minuit fait dans le style chambre de bonne rénovée à tous les étages.Et Jérôme Lindon se vante de ne pas avoir plus d'employés qu'en 1948.Plus exactement, ils étaient dix, ils sont maintenant douze (dont sa SOURIRE Le sourire un peu grinçant de Cathy la mal aimée SUITE DE LA PACE J1 roman a deux héroïnes et non pas une seule, luxe bien agréable, et que malgré leur opposition fondamentale ou stratégique, elles fascinent également.Pour tirer les choses au clair, il faudra un jour demander à la romancière comment elle partage ses sympathies entre Béatrice, qui voit tout de très haut, et Cathy qui voit Béatrice depuis sont point de vue objectif, celui d'en bas.La première, femme souveraine, nous révèle des choses que les mères d'hier n'avouaient pas toujours spontanément : que le mari n'est pas tout dans la vie, qu'il peut être presque rien et que cela est bien ; que les enfants ne sont pas nécessairement choisis et qu'il n'est pas interdit de se reconnaître et de s'admirer dans l'un plutôt que dans l'autre; que le travail de mère au foyer, ce vaste ennui quotidien, n'interdit pas les aspirations à un meilleur statut économique et social.Quant à Cathy, cette fillette d'une époque enfin révolue, ses propos en disent long sur la difficulté d'être fille dans un univers qui tient ce sexe pour peu de chose (sauf pour en tirer des jouissances parfois interdites).Un garçon manqué selon sa mère, aussi bien dire une fille manquée, ce qui n'est guère prometteur.Privée de pouvoir sur les êtres et sur elle-même, car tout est décidé par Béatrice, la petite est prête à renier ses désirs et ses sentiments profonds et à se mettre littéralement au service des autres, dans l'espoir d'attirer d'abord leur attention, ensuite, si c'est possible, leur affection.F.lle a beau pour cela faire tout ce qu'elle croit qu'on attend d'elle \u2014 on attend surtout qu'elle se fasse silencieuse et invisible \u2014, elle n'obtient qu'une attention ennuyée ou hostile, sans les manifestations d'amour ou de tendresse qui font le bonheur, même inconscient, de tous les enfants du monde.Délaissée par sa mère, Cathy ne peut compter da- CROISSANCE PERSONNELLE PAR L'ÉCRITURE CRÉATIVE ATELIER «À la plume de soi» les 18,19 et 20 mars RESPONSABLE: Nadine GUEYDAN psychologue psychothérapeute 843-7983 ARC-EN-SOL 4276, rue St-Denis, Montréal vantage sur son frère Jean, qui n'a pas besoin toujours de l'esclave qu'elle veut être pour lui et qui la congédie quand il en est las.Reste le père, Bertrand.C'est un personnage assez représentatif de son époque lui aussi, à peu près inexistant dans le royaume familial, car Béatrice prend toute la place, et qui semble se satisfaire de sa condition de pourvoyeur.Il est instituteur, métier qu'il exerce sans passion.Il est surtout pêcheur (et buveur de bière) et cela seul l'intéresse vraiment.Comme il est l'élément faible du couple, il est plus près de Cathy que des autres, par défaut peut-être, et la fillette l'accompagne dans ses sorties de pêche.Elle s'y ennuie absolument, l'homme n'étant pas bavard et pour cause, car il n'a rien à dire.Voilà une histoire assez terne dira-t-on, malgré sa valeur de document sociologique.Et pourtant, j'y reviens, l'humour de Mme Mailhot fait des miracles.Chez Cathy la narratrice, les bonheurs d'expression, les jeux de mots aussi, arrivent à point nommé pour tourner en dérision ce qui autrement serait insupporta- ble.Sans contester la réalité des ennuis de la petite, on se dit qu'ainsi armée elle a dû faire dans la vie un sacré bout de chemin et qu'elle a appris à attendre plus de l'exercice de sa liberté enfin conquise que du fragile amour des autres.Sans jamais prêcher, et avec une extrême lucidité, Mme Michèle Mailhot a consacré à la situation historique des femmes d'ici des romans qui, en raison de leurs qualités de forme, n'ont sans doute pas vieilli (on pourra profiter bientôt de quelques rééditions pour le vérifier).Cet apport unique a été enrichi, de façon tout aussi lucide et sans craindre d'exprimer les douleurs les plus vives, dans des pages de journal qui sont certainememt des chefs-id'oeuvre du genre.Béatrice vue d'en bas est un vaste sourire un peu grinçant, où se trouve heureusement sublimés l'amertume et les regrets.C'est une oeuvre vivante, attachante.Et essentielle.Michèle Mailhot, BÉATRICE VUE D'EN BAS, roman, éditions du Boreal, Montréal, 1988.PEPNEAULT Hélène Pedneault et sa Déposition SUITE DE LA PACE J1 nologue intérieur.\u2014 Oui mais ça touche.Après le boom sur le contenu des années soixante, on s'est replié sur le contenant.L'avant-garde maintenant, c'est l'émotion.» Et toujours la chanson, la chanson.« La chanson, dit Hélène Pedneault, c'est rassembler du monde.L'art, c'est rassembler du monde, les mettre ensemble.De plus, il faut aimer son public, respecter son bon goût, son intelligence.Ça ne veut pas dire qu'on n'ait pas le droit de rire.Je comprends le succès de Broue même si ce n'est pas pour moi.Mais, au théâtre, les gens veulent aussi autre chose de plus sensible.En tous cas, je suis certaine qu'une partie du public n'aime pas suivre la mode.Je le sens rien qu'à écouter le silence de la salle à l'Espace GO, à deviner le plaisir des comédiens à dire une langue qui essaie d'être belle.\u2014 C'est toute une aventure! \u2014 Je ne suis pas pressée.J'ai attendu d'avoir trente-cinq ans pour écrire un texte long.Du moment que je suis avec des gens, je me sens bien.» Projets divers Il y a aussi les projets.Si tout va bien, très bien, La Déposition aura été jouée à Montréal jusqu'à la fin février.Hélène Pedneault espère une tournée et, pourquoi pas, l'Europe.Il y a aussi une adaptation, celle du roman Calathée de Suzanne Jacob qui est une vieille amie et qu'elle admire sans se soucier de savoir si l'oeuvre de Suzanne Jacob est difficile.D'ailleurs, ce n'est rien à côté d'un autre projet.« Quand j'en parle, on me prend pour une folle.» Hélène Pedneault veut adapter pour lu scène L'Euguélionne de Louki Bersianik.« Ça m'a stupéfiée quand je l'ai lu pour la première fois.Depuis, je traine cette idée avec moi.Si ce n'était que du théâtre! Non! j'aimerais que cela devienne une comédie musicale.\u2014 Pourquoi ?\u2014 C'est comme ça que je le sens.» Pour le reste, on ne sait pas.Hélène Pedneault en est à l'extase de cette expérience.Elle se demande quand même comment on comprend sa pièce.« Pour les uns, dit-elle, c'est le huis clos typique du roman policier à la Maigret, genre Garde à vue», qui est un film qu'elle adore.Elle espère qu'à la lecture, maintenant que la pièce est en librairie, on verra qu'il ne s'agit pas seulement d'une pièce policière.La Déposition se passe à l'intérieur, dans l'âme d'une femme, les protagonistes n'étant que les projections qu'elle se fait d'elle-même.« Vous savez, conclut-elle, La Déposition est avant tout une analyse de la culpabilité et, notamment, de la culpabilité entre enfants et parents.En cette matière, le vrai tribunal que l'on ait à affronter, c'est le tribunal de soi-même.On est extraordinaire-ment sévère pour soi.Les autres sont beaucoup plus indulgents.Malheureusement, on ne le sait pas toujours, on ne le croit jamais.» A l'Espace CO, dans une production du Théâtre expérimental des femmes.Dernière représentation ce soir, samedi, a 20 h 30.Dans un style direct, Margaret Truman nous conduit dans ce dédale, en familière des lieux.Ici, nul mystère: l'auteur est la fille du président Harry Truman.fille Irène qui l'assiste et, à ma connaissance, incarne à elle seule le service de presse, alors que le même service, dans les « grandes maisons », compte au moins une demi-douzaine de personnes).Chiffre d'affaires avancé par le magazine Lire : environ $4,5 rail-lion par année.Ces choses horribles qu'on appelle «best-sellers» Quand on demande à Jérôme Lindon s'il n'aurait jamais eu envie de faire quelque « gros coup », de créer une collection de romans policiers ou autre chose, il répond avec un accablement feint : « Je sais que je suis rigoureusement incapable de gérer une grande maison, avec beaucoup d'employés.Assez souvent on est venus me proposer une idée, une collection.Mais si j'étais embarqué là-dedans, nos structures n'auraient pas suffi, il aurait fallu tout chambarder.Vous savez, nous allons très bien et nous équilibrons depuis 1956.Alors pourquoi changer ?» Sous la célèbre couverture blanche (avec filet bleu), la plus belle avec celle de Gallimard, il y a hélas pourtant des choses horribles qu'on appelle « best-sellers » : L'Amant de Marguerite Duras a quand même vendu 900 000 exemplaires de l'édition originale.Godot (Beckett) et La Modification (Butor) ont atteint les incroyables tirages de 700 000.La Salle de bains du belge Toussaint : 50 000.Depuis son prix Médicis, le remarquable Jean Echenoz semble avoir un public respectable : 20 000 exemplaires pour L'Équipée malaise.Minuit se retrouve \u2014 comme les grands éditeurs d'ailleurs \u2014 avec des premiers romans à 500 exemplaires vendus.Mais, en gros, c'est une affaire « qui marche », auprès de la critique, des journaux, du public.Cependant, chez Lindon, on fuit tout ce qui pourrait ressembler au commerce : « II ne faudrait pas, nous dit-il le plus sérieusement du monde, qu'il nous tombe dessus un succès comme celui de L'Amant: on ne tiendrait pas le coup.» Un peu de gauche, surtout du roman Étant donné ses origines clandestines de la Guerre, Minuit avait dans l'édition une vocation semblable à celle que devait jouer plus tard Maspero : les oeuvres de la « gauche engagée ».Il y a eu un peu de cela épisodiquement : principalement lorsque, au pire de la guerre d'Algérie, Lindon publia La Question du communiste Henri Alleg, sur la torture pratiquée par l'armée française.Facture : un procès qui par la suite se perdit dans les sables mouvants, .et l'appartement de l'éditeur plastiqué par l'OAS.(Il reste dans ce domaine une confidentielle Revue d'études palestiniennes).Minuit publia aussi Bourdieu, Marcuse en français, des essais fameux, Broué, Trotski, Lukacs, Karl Korsch.Mais, que Lindon le veuille ou non, c'est le roman qui a fait l'image de marque de la maison.Préférant être le premier rue Bernard-Palissy que le second rue Sébastien-Bottin, siège de l'innombrable famille Gallimard, Jérôme Lindon publie petit, fait dans la dictature absolue et malthusienne.« Ici le comité de lecture s'appelle Jérôme Lindon, nous dit-il.C'est peut-être ce qui fait l'unité des romans publiés.Ce n'est pas du tout une école \u2014 et je les vois tous très différents les uns des autres \u2014 mais c'est moi qui les ai personnellement choisis.Je ne dis pas que j'ai raison.Je ne discute pas du tout ce que publient les autres maisons.Mais, que voulez-vous?j'ai des coups de coeur pour des manuscrits, ou alors il ne se passe rien.C'est du domaine du rapport amoureux : ça colle ou ça colle pas.Sur trois mots.Sur la gueule.» Jérôme Lindon « voit » \u2014 s'il Jérôme Lindon se vante de ne pas avoir plus d'employés qu'en 1948.Plus exactement, ils étaient dix, ils sont maintenant douze (dont sa fille Irène qui l'assiste).ne les lit pas tous, bien entendu \u2014 tous les manuscrits qui arrivent, à raison de cinq ou six par jour : l 800 l'année dernière.Il y a.dit-il, rigoureusement de tout et de tous les horizons : de Belgique, du Canada, des polars, des romans d'aventure, des oeuvres écrites en anglais.Lindon a même reçu le manuscrit des Valseuses de Bertrand Blier qu'il a refilé à Robert Laffont.Bilan de cette pêche en vrac par la poste : l'an dernier, deux manuscrits publiés (« une grosse année », dit-il sans rire).Des auteurs que je ne trouve plus extraordinaires Sur la place de Paris, et ailleurs, Jérôme Lindon agace parfois, comme jadis les ascètes du désert à qui on ne pouvait rien reprocher.Certes il a publié des oeu- vres faibles ou négligeables.Lui-même le dit volontiers : « Après le faste des années 50, il y a eu un grand creux dans les années 60-70, mis à part Tony Duvert.Aujourd'hui ça va beaucoup mieux, avec Toussaint, Bon, Echenoz, Marie Redonnet.Mais il m'est arrivé de publier des auteurs que maintenant je ne trouve pas extraordinaires.» Sauf que dès qu'il s'en est rendu compte, il a cessé de les publier.À Lindon on peut reprocher des erreurs, mais pas l'ombre d'une opération bassement commerciale, comme c'est le cas de tous les autres, à commencer par « GalliGrasSeuii ».Quand dans sa modeste officine, le grand Lindon vous affirme, tout bien pesé, qu'il n'aurait pas publié Le Nom de la rose ( Umberto Eco ), mais volontiers les essais ( invendables) du même Eco sur la linguistique, on le croit sans hésiter.« Les best-sellers ne me font ni chaud ni froid, car je suis rigoureusement incapable de les deviner à l'avance.» Aurait-il publié les romans de Tournier ?II hésite tellement qu'on croit savoir que la réponse est non, même si « les romans de Tournier sont intéressants ».En fait, le seul romancier vivant qui manque à son catalogue s'appelle Le Clézio.Il y avait le regretté Georges Pérec.Un titre de Philippe Sollers, ancien déjà.La liste s'arrête là : on aura compris que M.Lindon ne s'intéresse guère au roman « naturaliste », balzacien : « Pour moi, dit-il, Mozart est un grand génie, mais est-ce que ce serait intéressant que quelqu'un aujourd'hui compose la symphonie Haffner ?» Installé au dernier étage de sa maison étroite donnant sur une rue encore plus étroite, Jérôme Lindon est un ayatollah souriant et modeste des lettres: satisfait (on le serait à moins), indulgent vis à vis des « confrères ».Et quand vous le poussez un peu dans ses retranchements, il vous répond : « Je suis une maison minuscule ».Ou mieux encore : « Au fonds je dois avoir une idée étroite de la littérature ».Et bien entendu il n'en croit rien.| LES BEST-SELLERS\t\t Fiction et biographies 1 LaPopessa Murphy R.Arlington Lieu Commun\t\t(16)« 2 Myrlam première FrancineNoël\tVLB\t(6) 3 Une invitation pour Matlock Robert Ludlum\tRobert Laffont\t(5) 4 LatemaMagica I.Bergman\tGallimard\t(D 5 La grande sultane Barbara Chase-RIboud\tAlbin Michel\t(1) 6 Les tilles de Caleb (1) Ariette Cousturo\tQuébec/Amérique\t(2) 7 Miroir secret Shirley MacLalne\tMichel Lafond\t(11) 8 Sans les mains P.D.James,\t,.Mazzarino\t(2) 9 Spy Catcher P.Wright\tRobert Laffont\t0) 10 La petite noirceur J.Larose\tBoréal\t(') Ouvrages généraux 1 Guide l'auto 88 Lachapelle/Duquet La Presse\t\t(1) 2 La Bombe et l'orchidée Fernand Séguin\tLibre Expression\t(10) 3 Ces hommes qui méprisent les femmes Forward /Torres\tL'Homme\t(1) 4 Paroles pour le coeur Placide Gaboury\tMortagne\td) 5 L'âme désarmée Allan Bloom\tGuérin\t(D Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes: Allre (Place Longuouil), Bertrand, Les Bouquinistes, Boyor (Valleyfield), Champigny, Ducharme, Flammarion, Hernies, Leméac, Lirelire, Le Parchemin, Martin (Joliette).Montréalolalr, Ratlin, Sons et Lettres.* Ce chillre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente.\t\t L'ECHANGE ACHETE ET VEND AU MEILLEUR PRIX disques, livres,cassettes, compact dise usagés choix 3694 et St-Denis qualité 849-1913 MÉTRO SHERBROOKE 713 est Mt-Royal 523-6389 MÉTRO MT-ROYAL FLAMMARION Nicole Avril: des personnages aux blessures secrètes, qui recherchent LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 20 FÉVRIER 1988 J 3 Les essais Les petites noirceurs du Prix gouverneur général JEAN BASILE collaboration spéciale KHlIlli ¦ y a quelques I années, recevoir un Prix du Gouverneur général revenait à offrir sa joue à un soufflet.C'était un Prix fédéraliste, un Prix de traître.La question n'est plus là.Tant mieux.C'est donc La Petite noirceur (éditions du Boréal) de Jean La-rose qui le reçoit cette année dans la section des essais.J'ai écrit dans ces pages ce que je pensais de ce recueil d'articles publiés autrefois et pour la plupart dans la revue «Liberté».Je le redis en bref.Commençons par les qualités.Jean Larose est un écrivain de style, même de panache.Il a un sens développé de la polémique.C'est certainement un homme de culture et de culture francophone dans le sens le plus large du terme, il la voit en danger.Il s'attaque donc sans grande nuance à tout ce qui la menace de l'intérieur, ce qui nous vaut, à nous ses pauvres compatriotes, une volée de bois vert, une fois de plus.Les défauts de ce recueil qui montre parfois du courage sont, hélas, rédhibitoires si tant est que l'on s'intéresse à l'évolution de la pensée.La technique de Jean Larose est trop souvent d'écarter d'un revers méprisant de la main ce qui ne lui plaît pas.Au fond, quand on le lit bien, ce'nësottt'pas des idées qu'il défend \"hîàî's une passion.Sa démonstration' è'si égocentri-que.On comprend l'excès.Il peut arriver que l'on partage la colère contenue dans La Petite noirceur.Quand on a fini de lire ce livre, on ne peut s'empé-cher de penser que Jean Larose défend les forts et les nantis dont il fait partie.C'est pourquoi l'on ne peut pas ne pas être blessé par ce que ce livre a de mesquin, et au pire, de vulgaire sous le couvert de «remède de cheval».Parmi les trois finalistes, on trouvait éga'tëm'&ii Marcéï ïridel et scs^Mèmôires d'un aiitfë Sjècleléditions du Boréal).~ - Cet ouvrage, qui est une autobiographie, est un beau témoignage de maîtrise intellectuelle et humaine, un exemple de l'homme apaisé qui regarde son destin.J'aurais aimé que ce livre remportât le Prix.Le grand absent de cette compétition est Du Canada au Québec (éditions de l'Exagone) de Heinz Weinman.II n'était même pas parmi les trois finalistes, ce qui est stupéfiant.Dans ce livre imaginatif et parfois étrange, Heinz Weinman nous raconte l'histoire du Canada depuis les incursions vikings jusqu'à nos jours.Pour ce faire, il utilise une technique mixte charpentée autour de la notion freudienne du «roman familial».Une idée forte et brillante domine cet ouvrage d'une belle profondeur de réflexion : Saint Jean Baptiste.Heinz Weinman en voit deux.Le premier est celui du petit mouton, bien connu ici.L'autre est le saint Jean Baptiste de Salomé, celui de la tête coupée.On peut donc voir l'histoire du Québec de feux façons.La première est sentimentale, la seconde travique.Un autre aspect de cet ouvrage est l'examen qu'y fait l'auteur de la «névrose» et de ses comportements.Heinz Weinman montre qu'il existe des «névroses nationales» comme il existe des «névroses familiales» selon Freud.Un des comportements de la «névrose» est une tendance à la compulsion, c'est-à-dire qu'on répète le même geste indéfiniment.L'histoire du Canada et du Québec montrerait une tendance à la compulsion.Il est clair que l'on pourra reprendre Heinz Weinman sur mille et un points de détails, que l'on pourra ne pas être d'accord avec ses avancés.Mais c'est un livre solide, original.Dans ces pages, le Québec n'est plus, ne peut plus être un petit pays perdu capricieux et sanglotant sur lui-même comme un enfant.Il vaut exactement ce que valent les autres à condition qu'il assume ses «crimes» nationaux et qu'il sache en «faire le deuil».Heinz Weinman tente de comprendre le passé pour mieux envisager l'avenir selon les lois des grandes synthèses «à l'allemande».Le Prix du Gouverneur général a été trop souvent le lieu de spéculations sordides.Il est d'usage de convenir que c'est un Prix de complaisance, offert par des amis à un confrère.Cette année encore, on ne peut pas ne pas remarquer quelques faits décourageants.\u2014 Dans la section essai, deux \"des jurés sont professeurs à ^l'Université de Montréal, l'autre est un journaliste.Sur les trois essais retenus en finale, deux ont été écrits par des universitaires le troisième est une compilation d'articles publiés dans un journal quotidien dirigé par le journaliste en question.Le finaliste est professeur à l'Université de Montréal.C'est quand même gros.L'excuse que l'on donne toujours dans ce genre de situation est que le milieu est petit, que tout le monde se connaît forcément.Cela est vrai partout et l'éthique n'est pas faite pour les chiens.Le grand public ne s'intéresse pas à ce genre de chose.Pourtant il le devrait.Le marché de la littérature, des idées, est subventionné par le gouvernement.En ce qui concerne les essais, et de presque tout ce qui touche directement et indirectement la recherche intellectuelle et «savante», les sommes dépensées par les gouvernements sont très importantes, plus importantes que celles dépensées pour les écrivains comme tels.Il sera intéressant de publier un jour le coût de tels travaux qui peut aller jusqu'à plusieurs centaines de milliers de dollars.Ce n'est pas rien.Le prix du Gouverneur général, section essai, pour modeste qu'il soit financièrement ($5 000), participe à cette valse des cultaro dollars.Il ne s'agit pas seulement de vanité, de fierté, il est question ici aussi de pouvoir et le pouvoir contrôle les fonds.Nous reprendrons ce sujet en temps voulu pour éclaircir l'esprit des lecteurs.Pour l'heure, on pourrait souhaiter que le jury soit élargi et sélectionné non selon les caprices d'un quelconque fonctionnaire du Conseil des arts du Canada, lui-même juge et partie, mais dans un esprit d'équilibre par rapport aux différentes tendances du milieu.Ce jury n'est pas connu officiellement avant la proclamation du Prix.On prétend que l'anonymat protègent les trois jurés des pressions indues.Allons donc ! Je les connais depuis longtemps.Mais l'éthique professionnelle empêche que l'on mentionne leur nom.Une discussion publique, avant la proclamation d'un finaliste, serait profitable à tous et permettrait de redonner à ce Prix une certaine transparence qu'il n'a plus.Un dernier point.Sur les trois livres finalistes, un seul, celui de Marcel Trudel, était une oeuvre finie, jamais publiée, un vrai livre.Les deux autres sont des reprises, des rééditions.Si l'on accepte en concours des recueils d'articles déjà publiés dans des revues ou journaux, pourquoi ne pas accepter les rééditions en livre de poche par exemple?Cela permettrait parfois de réparer des injustices.Comment, en honneur, peut-on concevoir que des jeunes écrivains sans oeuvre aucune soient récompensés parce qu'ils recyclent sitôt leur fond de tiroir?Jean-Guy Pilon, de l'Académie canadienne-française, le faisait remarquer en 1950: nous sommes bien paresseux intellectuellement.AU PLAISIR DE LIRE Florence et Louise, les lumières de l'art JACOUIf POLCK-R1DAS Lt heure exquise, qui nous grise.Pourquoi me revient cette belle mélodie, si ce n'est parce qu'elle fait surgir un visage de femme, ni tout-à-fait la même, ni tout-à-fait une autre et que s'embrouillent les sensations, les musiques et les poèmes par-dessus les époques et les lieux, lorsqu'il est question de douceur féminine?Je songeais à cela en refermant ce petit livre de Jean Chalon intitulé Florence et Louise les Magnifiques.Un tendre petit livre.Jean Chalon est un auteur prolifique, dont on retiendra d'abord la biographie d'Alexandra David-Néel publiée en 1985, couronnée par de nombreux jurys.Elle faisait connaître une femme étonnante.Dont on a salué, ensuite (j'en ai parlé ici même) le roman Un éternel amour de trois semaines, bref récit désabusé qui m'avait beaucoup plu.Aujourd'hui, Jean Chalon nous présente deux femmes célèbres et lumineuses qui firent pour la littérature \u2014 très exactement pour les écrivains \u2014 ce qu'elles seules pouvaient faire, par leur fortune: donner une aide impavide, contre vents et marées, à l'art.D'abord Florence Jay-Gould, que Chalon appelle joliment «la dernière sirène».Américaine, belle de cette beauté 1930 qui ne se fait plus, et riche de son mariage avec un Crésus, Frank Jay-Gould, roi des chemins de fer et du télégraphe américains.L'une des grandes fortunes mondiales.Celle qui collectionnait les perles \u2014 la dame aux perles \u2014 et les tableaux de maître.Entraînée par Chalon, un jour, dans un célèbre musée d'Espagne, celle qui s'écria : « Je ne comprends pas que l'on m entraîne ici pour voir des tableaux qui sont moins beaux que ceux que j'ai à la maison».Et c'était vrai.Florence, qui organisa les déjeuners célèbres où se rendaient les plus grands écrivains, Jouhan-deau, (qu'elle aima sans doute, le temps d'une saison), Colette, Morand, Mauriac, nommez-les tous il y furent, ces célèbres repas dont on trouve l'écho acerbe, grinçant et drôle dans le journal de Léau-taud qui s'y rendit, parfois, pour «casser du sucre» sur le dos des petits copains littérateurs.Et alors surgit tout un monde de richesses auquel, par la grâce de Florence la dame aux perles, se frotta la grande misère des écrivains qui sont faits pour l'argent comme les papes pour le sexe ; en1 parler beaucoup et n'y toucher jamais.Comme le dit Chalon, son amitié pour Florence fut relativement simple: «Il n'y avait qu'à la considérer comme un être hu- main et non comme un carnet de chèques.Il ne fut jamais question d'argent entre nous».?Plus complexe est le cas de Louise de Vilmorin.Ses amis l'appelaient sainte Louise.Très riche, elle aussi, et ne manquant pas un salon parisien ni un voyage avec le jet set.Mais touchée, elle, par ce virus de l'écriture qui n'effleura pas Florence Jay-Gould, et qui lui fit tout de même écrire de fort bons romans.Celle que Chalon n'hésite pas à appeler une «collégienne sexagénaire» garda toute sa vie l'empreinte du virus littéraire, mais la modestie nécessaire lorsqu'on a fréquenté tout le monde, d'Orson Welles auquel on fait repasser les pantalons, à René Clair, à Cocteau, à Rubinstein, pour finir (si l'on peut ainsi s'exprimer) par devenir la compagne de Malraux.Une compagne très particulière, d'ailleurs.«l'ai un faible, un fort faible, disait-elle, pour les hommes célèbres».Elle se faisait ainsi injure, jouant la modestie appuyée, la tête de linotte, le bas-bleu, pour mieux se faire pardonner son talent, son intelligence, sa force de caractère.Son amour pour Malraux, que je crois partagé, fut d'une qualité rare.Elle disait ne plus même se souvenir si elle avait fait l'amour avec lui.Elle se baptisait Marilyn Malraux.Ils furent les deux doigts de la main, ceux qui se font face, pouce et index, dans une alliance de chaque instant, et pourtant Malraux n'était pas facile \u2014 doux euphémisme pour un tel numéro de cirque! Lorsqu'elle mourut d'une crise cardiaque, on ensevelit son corps dans le parc des Vilmorin.Sur sa tombe, l'épitaphe: «Au secours!» Deux femmes qui aimèrent la poésie, la vie, l'art, plus que de raison.De passion.À ce degré, ce n'est pas une question de moyens, et on en vient (grâce aux deux «portraits collages» de Jean Chalon) à oublier la richesse, somme toute fruit du hasard le plus pur, pour ne plus rêver qu'à l'amour de la beauté et de ce mystère absolu qu'on appelle la création.Celui-là, il a besoin d'une présence féminine, sans aucun doute, pour vivre ses heures esquiscs.Jean Chalon: FLORENCE ET LOUISE LES MAGNIFIQUES, Florence Jay-Gould et Louise de Vilmorin, 169 pages avec cahiers photographiques, Editions du Rocher, Paris, 1988.PREVENIR LE BURN-OUT la méthode pour prévenir etguérir EH Les éditions Héritage inc DISPONIBLE CHEZ Librairies Papeteries 1691, rue Fleury est (près Papmoau) (514) 364-9920 Les Promenades St-Bruno (514) 653-0546 Centre commercial Duvornay (514) 661-6000 Librairie Carrefour du Nord, St Jerome (514) 432-9100 Carrefour do l'Estric (019) 569-9957 Carrefour des Bois-Francs Victonavillo (819) 758-9449 Complexe Desjardins {niveau do la place) (514) 288-4844 Les Galeries de Hull (819) 770-4058 VIENT DE PARAITRE 1# CHEZ LA FEMME /comment le reconnaître /comment y réagir /comment le prévenir Herbert J.Freudenberger, Ph.D.et .Gail North ïtffî Robert J.Forcode LE BURNOUT CHEZ LA FEMME par Herbert J.Freudenberger, Ph.D.et Gail North Ce guide simple et rassurant peut aider toutes les femmes à surmonter la fatigue et la dépression, souvent causées par le burnout au travail et au foyer, et à réorienter leurs énergies d'une façon positive et productrice.COMMENT GERER SON STYLE DE VIE ENTRE LE TRAVAIL ET LE FOYER par Ruth Market Comment gérer son style de vie entre le travail et le (oyer s'adresse aux femmes qui veulent réussir à intégrer vie familiale et vie professionnelle.Cet ouvrage les aidera donc à éliminer le travail et les soucis inutiles, a déléguer des responsabilités et à demeurer fidèles a leurs priorités de vie.144 pages POUR REGARDER NAITRE LE JOUR Roman par Robert J.Forcade Pour regarder naître le tour est l'histotro de Rob Judge, un garçon do treize ans dont le pore est tué durant les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale.Cost un roman qui ôvoquo les drames personnels d'une famillo canadienne dont los trois generations sont réunies par le courage ot l'amour 372 pages tiansmonde (une tiivj - ion des Éditions La Presse, Ltèe) 368 pages (une division des Editions La Prosse.Ltoo trans monde EN VENTE PARTOUT >__ vos livres: ftQftd 1 Pn composant!* 285\"SL carta VISA ou lundi au vendredi d* 9 *t 2.a*.*-'-\"**\"\"'\"\"'* joint.OFFRE SPECIALE AUX ABONNEES DE LA PRESSE: 20% DE REDUCTION [ BON DE COMMANDE Veuillez me faire parvenir le(s) livre(s) indiquè(s) par un crochet: Prb Pri>i6c«»(>l« rtgutsr «UPmM ( ) Le burnout chez la femme (022) 24,95$ 19,95$ ( ) Comment gérer son style de vie (515) 14,95$ 11,95$ ( ) Pour regarder naître le jour (013)19,95$ 15,95$ IMPORTANT: Joignez à cette commande un chèque ou mandat payable aux Éditions La Prosse.Vous pouvez également utiliser votre carte do crédit commo mode do paiement.MasterCard ?N° Visa ?- No dabonné(e).A retourner aux: Editions La Presse, Ltée 44, Saint-Antoine Ouest Montréal (Québec) H2Y 1J5 NOM.ADRESSE-VILLE.No d'abo PROVINCE.CODE P0STALT%ùi'V.W$pouiïrâ.sdé' poste ot do manutention CI-JOINT.S avec chaque commando) Priirt M now oue les e&anoes et les 'embankments ne «vil pas ao-aj'cs J 4 _ _LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 20 FÉVRIER 1988 DISQUES world Sax Quatre des meilleurs saxophonistes ALAIN BRUNIT collaboration spéciale Après le superbe microsillon consacré à Ellington l'an dernier, le World Sax revient à ses habitudes, c'est-à-dire à un sérieux mélange de free, de liens directs avec un jazz plus orthodoxe, et à une écriture conçue pour vents seulement.Il va sans dire, c'est carrément virtuose.Quatre des meilleurs saxophonistes au monde s'ébattent une fois de plus selon un langage toujours aussi impressionnant, toutefois moins excitant qu'il ne l'a déjà été.Souvent, le scénario est ainsi construit: les saxophones graves maintiennent la basse, créent un beat de locomotive, pendant que les autres effectuent d'audacieuses mélodies et de très beaux solos dans les hautes fréquences et les surai-gues.Le blues et le chant des iles se mêlent aux plus folles impros, ainsi qu'aux sérieuses élucubra-tions de ces souffleurs.Ces messieurs sont parmi les principaux propagandistes de la musique afro-américaine de pointe, tant sur le plan de l'écriture que de l'exécution instrumentale.David Murray est un des meilleurs ténors au monde.|ulius Hemphill et Oliver Lake ne donnent pas leur place à l'alto (Hemphill joue aussi admirablement du soprano, et il peut aussi se défendre fort bien au ténor).Hamiet Bluiett est l'un des plus brillants saxophonistes barytons de cette petite planète.Pour les fans cependant, le WSQ n'amène pas grand-chose de neuf, si l'on veut être sévère sur un plan conceptuel.La musique organisée, d'un type «mélodique », domine l'atonal, le free et la bouillabaisse collective.Rassurant pour les oreilles allergiques à l'avant-garde strictement cérébrale.Très beau disque, de toute façon.DANCES AND BALLADS, World Saxophone Quartet, Elektra/Nonesuch 979164-1 + cassette ?disque compact.District Six ¦ EG, l'étiquette exploratoire de Robert Fripp (l'àme de toutes les versions du groupe King Crimson) vient de lancer un disque de jazz aux consonances sud-africaines.Ce disque s'inscrit dans la lignée des jazzmen fortement attirés par les chants et rythmes folkloriques du Tiers-monde.À l'héritage du jazz, ils combinent les versions ancestrales de certaines mélodies sud-africaine et le saucent parfois dans le free.Une démarche typique des jazzmen de la première génération free (Coltra-ne, Don Cherry, etc.) et celles qui suivirent dans les années 70, notamment quelques musiciens et l'étiquette ECM.Le disque est centré sur la thématique de la libération du peuple noir en Afrique du Sud.Les titres des pièces sont d'ailleurs évocateurs: Ke A Rona signifie le pouvoir au peuple, Songs for Winnie Mandela ne requiert pas d'explication, etc.Toute cette galette plaira certainement aux fans d'Abdullan Ibrahim et ouvre la porte aux prochains chapitres du jazz sud-africain.Il était temps, car on ne connaît que bien peu de jazz issu du continent noir.L'affaire, c'est que tous ces musiciens sont blancs de peau, sympathisant à leur façon avec la cause anti-apartheid.Pas mal du tout.TO BE FREE, District Six, EC.ECEB 53.Whltenolse ¦ Free funk, free rock, free tout ce que vous voudrez.Heavy Meta (quel beau titre! Les épistémolo-gues en raffoleront.) nous présente enfin ce groupe torontois.Avec les Shuffle Demons, Whi-tenoise est l'un des principaux représentants de la musique actuelle dans la Ville reine.Inspiré du funk atonal d'Ornet-tc Coleman (harmolodique, si vous jouez au connaisseur), du funk décontracté et libre dans l'impro chez Defunct, Slickapho-nies ou encore The Decoding Society.Le sax est totalement free, mais manque un peu de profondeur dans le timbre.La guitare pioche a qui mieux mieux, rien de très orthodoxe.La section rythmique est solide, le slam bass est fort bien livré, la batterie est tout aussi correcte.On y chante, des choeurs féminins se superposent à toute cette bouillabaisse.Personne n'est d'un très haut calibre dans cette formation, mais la chimie est généralement bonne.Pour les amateurs de nouvelle musique improvisée, il faut absolument découvrir ce groupe canadien, un des rares à livrer ce genre de matériel.Pour les 75 ans de Lutoslawski CLAUDE CINCRAS itold Lutoslawski, le doyen des composi teurs polonais actuels, vient d'avoir 75 ans (il est né le 25 janvier 1913) et Philips souligne l'événement par deux enregistrements réunissant cinq oeuvres de lui, jouées sous sa direction.Ces oeuvres englobent près de trente ans de composition.La plus ancienne est le groupe de cinq pièces intitulées Prelu-dia taneczne (ou «Préludes de danse»), à l'origine (1954) pour clarinette et piano, jouées ici dans la version avec orchestre qu'en fit l'auteur l'année suivante.La plus récente est la troisième Symphonie, créée par Solti et l'Orchestre de Chicago en 1983, et à laquelle Lutoslawski travaillait déjà lorsqu'il vint diriger un concert de ses oeuvres à l'OSM en 1980.Un monde sépare les deux oeuvres.Les Préludes de danse, qui font moins de dix minutes, restent de petites pièces d'inspiration folklorique rappelant Bartok, bien que l'orchestration leur donne une dimension nouvelle.La troisième Symphonie, en plusieurs sections jouées sans interruption et totalisant une demi-heure, fait appel à un orchestre énorme, mais le résultat s'arrête, justement, à cet aspect extérieur.Beaucoup de bruit, des effets faciles, peu de profondeur.Les trois oeuvres intermédiaires sont plus originales et laissent une impression plus durable: Les Espaces du sommeil, pour baryton, sur un texte de Robert Desnos, oeuvre de 1975, et, surtout, le Concerto pour violoncelle, de 1969-70, et le Double Concerto pour hautbois et harpe, de 1980.Fait unique en musique contemporaine, la Symphonie no 3 et Les Espaces du sommeil ont connu non pas un mais deux couplages presque simultanés, dont un, celui-ci, dirigé par le compositeur.La Symphonie et les Espaces ont d'abord paru sur un disque CBS (IM 42203), Cojocorxîono *« Eduard Brunncr, clarinettiste, Witold Lutoslawski, compositeur et chef d'orchestre, Heinrlch Schiff, violoncelliste, Ursula Holliger, harpiste, et Heinz Holliger, hautboïste.exécutés par l'Orchestre Philharmonique de Los Angeles, dir.Esa-Pekka Salonen, avec le baryton John Shirley-Quirk dans les Espaces.Peu de temps après paraissait le présent couplage Philips, avec cette fois l'Orchestre Philharmonique de Berlin, le compositeur au pupitre et le baryton Dietrich Fis-cher-Dieskau, dédicataire et créateur des Espaces.Lequel des deux couplages choisir?Pour la Symphonie no 3, on note chez le jeune Salonen (récemment chef invité à l'OSM) une direction plus dynamique que chez le compositeur.Mais la différence est davantage sensible dans Les Espaces du sommeil.Si la voix de Shirley-Quirk donne un caractère plus sombre au texte de Desnos, sa diction reste assez mauvaise.Fischcr-Dieskau, sans être irréprochable à cet égard, prononce quand même mieux.Or, le texte, ici, est de la première importance.Les deux concertos n'en sont pas non plus à leur première au disque.En fait, ceci est le troisième enregistrement du Concerto pour violoncelle; les deux précédents étaient également dirigés par le compositeur.L'oeuvre fut d'abord enregistrée par son dédicataire et créateur, Mstislav Rostropovitch, avec l'Orchestre de Paris (EMI-Angel), ensuite par Roman |u-blonski et l'Orchestre de la Radio Polonaise (EMI-Electrola).Cette fois, Lutoslawski a le même soliste que lorsqu'il dirigea son Concerto à l'OSM en 1980, soit Heinrich Schiff.Quant au Double Concerto pour hautbois et harpe, il existe maintenant en deux versions, toutes deux réalisées par Heinz et Ursula Holliger, qui l'avaient créé en 1980.Les Holliger l'enregistrèrent d'abord avec l'Orchestre de Cincinnati, dir.Michael Gielen (Vox Cum Laude); ils le reprennent maintenant sous la direction du compositeur.Le présent enregistrement a l'avantage de réunir les deux concertos, d'ailleurs sur un disque tout-Lutoslawski, alors que, dans les autres versions, chaque concerto est jumelé avec des oeuvres d'autres compositeurs.Seule fait exception la version [ablonski, encore que celle-ci soit incluse dans un coffret Lutoslawski de six disques.Au cachet d'authenticité que confère la présence du compositeur au pupitre s'ajoutent des interprétations dans l'ensemble meilleures.Sans faire oublier Rostropovitch, Schiff joue le Concerto pour violoncelle d'une façon que je dirais plus «moderne».Quant à la nouvelle version du Concerto pour hautbois et harpe, Heinz Holliger s'y surpasse en fait de virtuosité et la prise de son rend la harpe plus clairement que dans l'ancienne version.Ces deux enregistrements Philips existent dans les trois éditions courantes.J'ai écouté le premier en.33-tours et le second en compact.- Oeuvres do Witold Lutoslawski, dirigées par le compositeur, sous étiquette Philips: Concerto pour violoncelle et orchestre (1969-70); Double Concerto pour hautbois, harpe et orchestre de chambre (1980); Preludia taneczne.pour clarinette et orchestre (1954-551.Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, Heinrich Schiff, violoncelliste, Heinz Holliger, hautboïste, Ursula Holliger.harpiste, et Eduard Brunner, clarinettiste (416817-1, 33-tours;+com-pact et cassette); Symphonie no 3 (1983); Les Espaces du sommeil, pour baryton et orchestre (1975).Orchestre Philharmonique de Berlin, Dietrich Fischer-Dieskau, baryton («16387-2, compact;+33-tours et cassette).VIDEOS Les Ripoux dans les bayous : The Big Easy LUC PERREAULT Au moment où le lieute-nant Remy McSwain effectue une enquête sur le meurtre d'un trafiquant de drogues, une avocate, Anne Osborne, recherche des cas possibles de corruption dans le corps de police de la Nouvelle-Orléans.Le jeune poli cicr a beau faire la conquête de la belle avocate, celle-ci le traîne en cour pour certaines irrégularités commises dans l'exercice de ses fonctions.Acquitté, Remy a toutefois eu sa leçon et ses yeux commencent à s'entrouvrir sur la corruption qui l'entoure.Le titre rend très bien compte du ton de.ee drame romantique.Tout baigne dans l'huile pour les policiers de la Nouvelle-Orléans jusqu'au jour où cette jeune avocate vienne semer la zizanie dans leur petit milieu tranquille.Ces ripoux américains semblent avoir hérité d'un tempérament cajun.À preuve cette scène de séduction du début dans laquelle Dennis Quaid répète « it's the big easy » avec des gestes de chaud lapin.Pour couronner le tout, la bande sonore du film mérite à elle seule une écoute.On y retrouve un tas de chansons cajun, y compris la célèbre Colinda que chante dans sa langue Zachary Richard, sans oublier Zydeco gris gris de Bcausoleil ou la Valse de Balfa.Même si la fin reste plutôt conventionnelle, c'est un film qui mérite d'être vu.Son réalisateur, Jim Me Bride n'est pas n'importe qui.On lui doit un récent remake d'A bout de souf- fle, sans parler de ses débuts fracassants avec son David Holz-man 's Diary.**** THE BIG EASY (LE FLIC DE MON COEUR), de Jim Me Bride.Ê.-U., 1986.Int.: Dennis Ouaid, Ellen Barkln, Ned Beatty.Couleur.1 h41.HB0 Video pour la v.o.et Cinema Plus Video pour la v.f.Travelling avant La passion Barbara ¦ Deux copains, Nino et Donald, tombent amoureux de la même fille, Barbara.Celle-ci choisit Donald, fils de famille qui rêve de devenir réalisateur.Une passion les unit, le cinéma.LASuetmseou FESTIVAL CE» FUMS DU MONDE 1387! Ils en parlent, ils en rêvent, ils en mangent presque.On est à Paris en 1948.Les ciné-clubs se multiplient.Nino réussit à ouvrir le sien grâce à la nièce d'un propriétaire de cinéma qui a un faible plur lui.Mais les cinéphiles ne suivent pas.Des incidents tragiques vont le ramener de sa province où, déçu, il s'était retiré après cet échec.Les amateurs de cinéma vont raffoler de ce film bien tourné qui a le don de provoquer la nostalgie du vieux cinéma de papa qui a précédé en France l'avènement de la Nouvelle Vague.Tacchella a réalisé pratiquement une oeuvre autobiographique.En fait, il rend hommage à toute cette génération de cinéastes qui comme lui, après la guerre, s'était réfugiée dans le cinéma comme d'autres à d'autres époques se réfugiaient dans la religion.*** TRAVELLING AVANT, de Jean-Chartes Tacchella.France.1987.Int.: Thierry Fremont, Ann-Cisel Class, Simon de la Brosse.Couleur.Ih44.Malo Vidéo.Profession Journaliste Le scoop à tout prix ¦ Après avoir été viré d'une station de New York, Frank Ken-lcy est engagé à grands frais comme annonceur vedette d'une station de San Diego, le canal 11.Son jeune patron aux dents longues entend bien par tous les moyens regagner les places perdues dans les cotes d'écoute.L'occasion lui en sera donnée par l'arrestation d'un professeur de théâtre, soupçonné d'avoir eu des relations sexu- elles avec une étudiante mineure.Maigre les scrupules grandissants de Kenley, le canal 11 exploite cette nouvelle et verse dans le sensationnelisrae.Écar-telé entre sa conscience professionnelle et les impératifs de la station, le journaliste devra faire des choix difficiles.Ce téléfilm mettant en vedette Martin Sheen jouant le rôle d'un journaliste vedette ne bénéficiait peut-être pas au départ des moyens de Broadcast News mais le réalisateur Mike Robe (auteur également du scénario) réussit malgré tout à tirer son épingle du jeu.Ceux qui ne sont pas familiers avec le monde du journalisme télévisé verront comment la recherche du sensationnel peut parfois nuire à des individus innocents.Évidemment, la thèse n'est pas très nouvelle ni la mise en scène très spectaculaire.Mais on a déjà vu pire.** PROFESSION JOURNALISTE i\\uf.de News at 11 ), de Mike Robe.Ê.-U., 1986.Int.: Martin Sheen, Peter Riegert, Barbara Bab-cock, Sheree J.Wilson.Couleur.1 h 36.Paramount Vidéo.Le jupon rouge Froufrou, froufrou.¦ Manuela dessine des costumes de théâtre et sert, à l'occasion, de secrétaire à Bâcha, une Polonaise qui a miraculeusement survécu à un camp de la mort et qui milite pour Amnesty International.L'arrivée de Claude vient perturber leur amitié.Manuela s'éprend de cette jeune femme qui vient habiter chez elle.Elle découvre que Bâcha, très possessive, est jalouse de cette liaison.La vidéo n'est peut-être pas le support idéal pour ce drame psychologique dont l'action, très diffuse, repose pratiquement essentiellement sur des dialogues bavards et plutôt creux.Il faut préciser, à la décharge de la réalisatrice, qu'il s'agit de son premier long métrage.On doit reconnaître que celle-ci a évité tout ce qui de près ou de loin pourrait ressem- LE PALMARÈS* 1.Robocop(3)«* 2.Platoon (1) 3.Predator (2) 4.Dirty dancing (5) 5.ImpassoNo way out ( - ) 6.L'arme fatalolethalw.(7) 7.Secret de mon succès (4) 8.Mannequin (6) 9.JawslV(-) 10.Dragnet (8) * Cette liste est établie avec la collaboration du Club International vidéo film.** Classement précédent.bler à une exploitation de son sujet quelque peu scabreux, les amours lesbiennes.Avec Marie-Christine Barrault et Alida Valli au générique, on se serait pourtant attendu à une plus grande audace sur le plan de l'interprétation.?LE JUPON ROUGE, de Geneviève Lefeb-vre.France, 1986.Int.: Marie-Charistine Barrault, Alida Valli.Guillemette Crobon, Julian Negulesco.Couleur.1 h 30.Malo Vidéo.Nos cotes \u2022 Navet.Inutile de se déplacer au video-club.* Moche.Emprunter la copie a la rigueur.** Intéressant mais pas un chef-d'oeuvre.+** Remarquable.Se laisse voir avec plaisir.**** Extraordinaire.A louer sans réserve.***** Chef-d'oeuvre.Courir au plus vite acheter la copie I LES NOUVEAUTÉS AVENTURE ET ACTION A Time to Die Atom Man VS Superman I et II Campus Heroes Three vf On m'appelle Bruce Lee Survival Gome Terreur à Chicago TV's Best Adv.of Supermen 3-4 COMÉDIE Académie de vacances Escrocs à croquer Monster Squad Revenge of the Nerds 2 Surf Nazis Must Die Un cerveau en or DRAME The Big Easy Le Flic de mon coeur *** Castaway Charlotte for ever vo fr.Nadine Portfolio Shallow Grave DRAME SENTIMENTAL After Julius Sister Dora HORREUR Island of the Alivelt's Alive 3 POLICIER Masques\u2022\u2022\u2022 THRILLER Almost Human NON RÉPERTORIÉ Hulk Hogsn Animated Return of Ruber Blades \u2022\u2022\u2022 Nos choix.à îaffiche de votre citib International vildéc m m (VERSION FRANÇAISE) UN NOUVEAU CHAPITRE SUR L'HORREUR S-0UVREI.fL NEW WORLD vroco a»?ÇV&l^ SORTIE SUMULT DISPONIBLE | BIENTÔT SIMULTANÉE FRANÇAIS/ANGLAIS VAARNEfi HOMF VCCO , y*.¦! MAINTENANT DISPONIBLE ffl&DEN DISPONIBLE BIENTÔT LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 20 FÉVRIER 1988 J5 EN TRADUCTION ARTS PLASTIQUES Le succès et, patraque! VRANCINB OIBORHI ' ' £1 cs Lumières Ëy kïmde Broadway, voilà un ti-jjjHe tre qui fait rè-\\'V ver.Nombreux / \" : sont les artistes .\\-h h* de tout genre qui rêvent de briller au firmament de Broadway, ou de réussir au moins modestement à New York.Charles Fuller, Chub pour les intimes, est étudiant dans un collège de l'Illinois.11 rêve de devenir écrivain.Le problème, ce n'est pas le manque de talent, ni l'absence de pistonnage, car Chub écrit très bien.En plus, il devient, sans le savoir au début, l'ami du fils d'un des plus importants éditeurs de New York.Au début, tout va bien.Chub publie plusieurs nouvelles dans des revues littéraires prestigieuses.Son premier recueil de nouvelles, Patraque, connait beaucoup de succès.C'est à ce moment-là que l'auteur devient lui-même patraque : il ne peut compléter son premier roman, même s'il a un très bon sujet, il commence à boire, son mariage tombe à l'eau, etc.Mais sous les lumières de Broadway, Chub s'en sortira à sa façon.La fin du roman, qu'on sent peut-être un peu autobiographique, laisse le lecteur complètement pantois.L'auteur du roman Les Lumières de Broadway ( The Color of Light en anglais), est William Goldman, qui a aussi écrit Magic, Marathon Man et Les Sanglants.Goodman a aussi signé les scénarios de Butch Cassidy et le Kid, ainsi que dé\" Les Hommes du président.Le fait qu'il ait beaucoup écrit pour le cinéma contribue à la vivacité de son style.?Qui peut se vanter de bien connaître la Nouvelle-Zélande ?Peu de Québécois peuvent y prétendre, de sorte que le roman Te Pahi, les jours heureux, d'Yvonne Kalman, devrait combler quelque peu cette lacune., Le récit se situe vers le milieu du XIXe siècle, au moment où les Britanniques commen- cent à envoyer des colons en Nouvelle-Zélande.À onze ans, Juliette est témoin de l'assassinat de sa mère et de trois de ses frères et soeurs.Elle se retrouve ballo-tée de famille en famille jusqu'à ce que son père se remarie.Sa belle-mère est une femme froide et sévère, qui n'a jamais aimé Juliette.La petite fille connait une adolescence très malheureuse et s'embarque dans un mariage encore plus désastreux.Mais avec beaucoup de courage, elle arrivera à se sortir de ses difficultés et trouvera enfin un mari à sa mesure.Le livre nous transporte dans un monde de végétation luxuriante et de mers limpides.En matière de colonisation, les Britanniques ont commis là-bas les mêmes erreurs qu'ailleurs, en envoyant des dirigeants qui ne comprenaient rien aux Maoris et qui n'ont jamais cherché à trouver moyen de cohabiter de façon pacifique avec eux.Comme roman, Te Pahi se défend.L'action ne traîne pas, les rebondissements sont nombreux et les personnages sont crédibles.L'auteur vit en Nouvelle-Zélande et de toute évidence, elle connait bien l'histoire de son pays.La version originale du livre s'intitule Greenstone.William Goldman, LES LUMIERES DE BROADWAY.Editions Flamme, Paris, 1987,341 pages, î 21,50.\u2022 Yvonne Kalman, TE PAHI.LES JOURS HEUREUX, Editions Belfond, Paris, 1988, 362 pages, $22,95.' Pablo, Vincent.et les autres à Paris RENE! VIAU collaboration iptclale paris ¦ Marqué par plusieurs grandes expositions fracassantes, l'hiver 88 à Paris sera définitivement un bon cru pour les amateurs d'art du monde entier.Trois grandes manifestations, qui se termineront autour de la fin avril, retiendront plus particulièrement l'attention.Van Gogh à Paris, qui retrace en autant de jalons que sont les tableaux présents les deux brèves années ( 1886-1888) de sa découverte des couleurs claires qui marqueront dorénavant son oeuvre et son destin.Autre retour spectaculaire, celui des demoiselles les plus célèbres de l'art moderne.Peintes à Paris par Picasso, en 1907, Les Demoiselles d'Avignon ont élu domicile au Musée d'Art Moderne de New York en 1937.Enfin, avec l'exposition Zurbaran (1598-1664), les parisiens redécouvrent un des plus grands peintres espagnols de tous les temps.Un autre! C'était l'un des plus grands peintres espagnols de son siècle, avec Velasquez et Murillo.Pourtant, sa présence se faisait fort discrète dans les volumes d'histoire de l'art.Et pour cause.la-mais aucune grande rétrospective n'avait été montée de son oeuvre.De concert avec le Metropolitan Museum de New York, ou a d'abord été présentée l'exposition cet automne, la Réunion des musées français a rassemblé, à Paris, pour la première fois, venant d'un peu partout à travers le monde \u2014 car il a aussi peint pour les colonies d'Amérique\u2014, les oeuvres de ce peintre.Le résultat est renversant.Juxtaposées, à nouveau accrochées ensembles comme elles l'étaient à l'origine, notamment sur des retables, car Zurbaran a beaucoup peint pour décorer des églises et des couvents, ses toiles sont empreintes d'une piété grave.Ses compositions sont rigoureuses, sculpturales.Sous leur robe de bure ou de satin, les moines, les vierges et les saintes qu'il peint éclatent de santé et de vérité.Ces figures s'illuminent en se détachant en formes amples des clairs-obscurs ténébristes.À la fois calme et dramatique, cette peinture austère, attentive aux détails, un brin étrange nous fait respirer une grande paix silencieuse.Zurbaran (1598-1664) a Les Demoiselles d'Avignon.des accents rustiques et vrais.(Au Grand Palais, jusqu'au 6 avril) Les Demoiselles d'Avignon retournent à Paris « Le tableau qu'il avait peint là, écrit Kahnwciler, le premier marchand de Picasso, sur Les Demoiselles d'Avignon, paraissait à tous quelque chose de fou ou de monstrueux.Braque avait déclaré qu'il lui semblait que c'était comme si quelqu'un buvait du pétrole pour cracher du feu.Derain m'a dit, à moi même, qu'on trouverait un jour Picasso pendu derrière son grand tableau tellement cette entreprise paraissait désespérée.» 1907.Le « Bateau-Lavoir ».Kahnweiler vient de pousser, pour la première fois, la porte de l'atelier de ce jeune peintre dont on lui avait parlé : Picasso, alors inconnu, auteur «d'un tableau à l'air assyrien, quelque chose de tout à fait étrange ».En faisait le récit de son obsédante découverte, Kahnweiler est frappé «de l'héroïsme incroyable » de Picasso.« Sa solitude morale était quelque chose d'effrayant, écrit-il, car aucun de ses amis peintres ne l'avait suivi ».Pourtant, Picasso venait là de réaliser son chef- GALERIES D'ART EXPOSITION Robert ^atgneewft Scenes de i(CCe L'cxpositon se poursuit Jusqu'au dimanche 28 février GALERIE D'ARTS CONTEMPORAINS DE MONTRÉAL 2165, rue Crescent, Montréal Tél.: 844-6711 lun.au sam.- 10 h 11B h \u2022 Oim.-14 h à 18 h r EXPOSITION lack Barrett Vernissage dimanche 21 février 1988 à14h GALERIE D'ARTS CONTEMPORAINS DE MONTREAL 2165, rue Crescent, Montréal Tél.: 844-6711 Du lun.au sam.de 10 h i 18 h Le dim.de 14 h A 18 h.285-7111 LES ANNONCES CLASSÉES Vi on sa Oeuvres récentes v«/ «Les Palais de Chicoutîmi» du 20 février au 5 mars Venez rencontrer l'artiste le 20 février Mar.-Ven.9h à 17 h 30 Sam.9 h à 17 h.GALERIE DOMINION Le plus trand choii de peinlures.el sculptures au Canada dans la plus jrande pierre d art au Canada 1438, rue Sherbrooke ouest, 845-7471 ét 845-7833 Cours de dessin, peinture, aquarelle, pastel, modelage.SESSION PRINTEMPS 1988 Début: semaine du 7 mars Durée: 4 mois, 75 h de cours Jour ou soir, tous les niveaux.Portraits, nus, figurines, paysages, fleurs, natures mortes, compositions, etc.«Théories développées et appliquées au contact de la nature.» Seance publique d'inlormalion Le mardi 8 mars à 19 h.Ri-lenoi vos places.Renseignements: 669-7573 ou 270-3198 6585, St-Deni3 (métro Beaut4«n) PetmH minttttft Éducation no.T49S0O.CLASSES DE DESSIN ET DE PEINTURE Base, intermédiaire et avancé Inscription en tout temps jour et soir.3623, St-Denis, Montréal (métro Sherbrooke) p,rmls culturol 043-6030 no 749502 Galerie Pierre Bernard Exposition des grands peintres du Québec \u2014 Léo Ayottt, 1I0MI7» \u2014 Umberto Bruni, roa, iiM- \u2014 Roger Cantin, iiio- \u2014 Mare-Aurélt Fortin, m, im-mo \u2014 Aritt Gagnon, 1830- \u2014 Francesco lacurto, RO», itoi \u2014 André Larchevesque, 1922- \u2014 Claude LeSauteur, iift- \u2014 Narcisse Poirier, 1U3-1MS \u2014 René Richard, RU, H»-itl2 \u2014 Albert Rousseau, 180IMH2 \u2014 Paul Sûunkia», lîîS- \u2014 L.Tremblé, mi-Cette publicité vous servira de carton d'invitation.Le vernissage aura lieu le 21 février de 12 h à 18 h.L'exposition se poursuivra jusqu'au 13 mars-Nouvelle direction Hélène Laplante Desbiens Dir.Dr Gilbert Jolicoeur Dir.Ruth Hèroux O'Connor Dir.Nouvelles heures d'accueil: Mercredi de 12 h à 17 h 30 Jeudi et vendredi de 12 h à 20 h 30 Samedi et dimanche de 12 h à 17 h 30 Nouveau local: 4611, St-Denis (coin Mont-Royal) Mil, H2J 2L4, Tél.: 819-285-6361 GALERIE NOVA PRÉSENTE.\t EVA H.M0S0HYI\t De retour sur la scène montréalaise après une\t absence de 20 ansl\ti 1 Wt WÊÊk*' fTaf Une présentation spéciale de ses oeuvres récentes et de peintures faites clans les années 60 sera tenue ce\t \t¦ , .¦ ¦ dimanche 21 février de 13 h à 17 h\t¦¦^Bb^BbW aSM i 11 fr l*S«MB|B«MSMff jgM^ GALERIE NOVA\t #f/w!& 21 °0, me Crescent'TéL 8^5-1221\t mW}mXE£ÊL^ Ouvert 7 jours\t«Olivier», huile 20\" x 20\" 1968-69 d'oeuvre, fécondant, avec les contorsions de cette toile inquiétante, le 20e siècle.Plus de 80 ans après, cette toile-clef qui allait donner naissance au cubisme traverse à nouveau l'Atlantique.Achetée par le couturier-collectionneur Jacques Doucet en 1921, sur les conseils d'André Breton qui considérait ce tableau comme une « image sacrée », Les Demoiselles d'Avignon seront revendues puis acquises en 1937 par le Musée d'art moderne de New York.Pour la quatrième et dernière fois, elles retournent à Paris au Musée Picasso (jusqu'au 18 avril) pour ensuite être montrées à Barcelone (Museu Picasso du 10 mai au 14 juillet) à la suite des accords de réciprocité conclus lors de la grande exposition Picasso de New York en 1980.On a du fabriquer, pour elles, un caisson insubmersible sous une température minutieusement contrôlée.As- surées à prix d'or, elles ont été expédiées par avion.Pas étonnant que l'exégèse de cette peinture-sondage qui a fait couler pourtant beaucoup d'encre fascine encore les spécialistes.En deux tomes, un catalogue de 348 pages documente ici les obscurs mystères du Bordel philosophique, premier titre donné à cette composition représentant cinq prostituées dans une maison Carrer d'Avynio, rue d'Avignon dans le quartier chaud de Barcelone.(Au Musée Picasso du Marais) Les années parisiennes de Van Gogh Paysages, natures mortes, autoportraits, compositions florales.Le Musée d'Orsay présente avec fracas (jusqu'au 15 mai), les années parisiennes de Van Gogh.De mars 1886 à février 1888, Van Gogh affirmera son style, décantant les influences réalistes, impressionnistes, japonisantes et pointillistes qui le hantent.C'est à Paris que Van Gogh passera des couleurs sombres de sa Hollande natale à l'éblouissement des jaunes de Arles où il réalisera les grands chefs-d'oeuvre trop souvent exclusivement accolés ù son nom.L'exposition préparée par la grande spécialiste mondiale de l'artiste, la canadienne Bogomiia Welsh-Ovcharov de l'Université de Toronto, rompt avec le cliché de « l'artiste maudit ».Un autre visage de Vincent défile ici en 64 tableaux.Solidaire et non solitaire, à Paris, en un très court temps, Vincent Van Gogh assimile les courants les plus novateurs de l'époque.Préoccupé par la diffusion de son travail, il vendra à Paris quelques tableaux; au contraire de la légende disant qu'il n'a jamais rien vendu.Il se fera même l'organisateur d'expositions de ses amis : Bernard, An-quetin, Lautrec, Signac et aussi Seurat, Monet, Pissaro et Renoir dont les toiles cohabitent ici avec les siennes.Son frère Théo l'introduit dans ces milieux d'avant-garde dont il était l'un des meilleurs marchands.C'est là aussi l'une des grandes découvertes de l'exposition en un hommage pluriel à Théo et à Vincent.MUSEES , Musée McCord d'histoire canadienne Jouets de A à Zoo Jouets ci jeux du XIXcet début XX' siècle Place aux jouets, l'enfant est Roi! 690.rue Sherbrooke ouest (Métro McGIII) Du mercredi au dimanche de 11 h à 17 h.Entrée: 1,00 $ Information 398-7100 Le Muse* remercie de leur appui les Musées nationaux du Canada, le ministère des Affaires culturelles du Quebec, le Conseil des aïs de la CUM.La fondation McLean et la Fondation de la famille Zeller.VIDÉO Rétrospective Marcel Odenbach Principales oeuvres vldéographlques de ce jeune allemand Prolongation jusqu'au 6 mars EXPOSITIONS A VENIR Ewen, Gagnon, Gaucher, Hurtublse, Me Ewen: À propos d'une peinture des années soixante Exposition organisée par le Musée d'art contemporain de Montréal à partir de sa collection permanente Du 24 février au 22 mai Mlquel Barcelo Peintures récentes Du 24 février au 22 mai ¦ Ken Lum Oeuvres récentes Du 24 février au 22 mai Entrée libre Cité du Havre (514) 873-2878 MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 20 FÉVRIER 1988 ARTS PLASTIQUES SOTTSASS Ettore Sottsass, le gourou du design italien au Musée des arts décoratifs SUITE DE LA PACE J1 ( Where Are You Dear Spanish Lover?) ou We Went To Crete (That Raining Spring), Coming Back From Malibu ('Two Days Ago), Dear Palladio (Cive Me A Break ), etc.Extravagant et sage Vous croyez peut-être que les extravagances de Sottsass sont le fait d'un créateur jeune et fou, un jeune loup ?Faux.F.ttorc Sottsass, architecte et designer, de Milan bien sur, a 70 ans.On le considère comme le gourou du design italien, celui qui a semé le doute et provoqué la consternation sinon la révolution dans le monde du design, surtout à partir des années quatre-vingts quand il a fondé le groupe Memphis.Mais tout au long de sa longue carrière, M.Sottsass, qui fut, entre autre, l'un des principaux designers d'Olivetti, semble être allé à contre-courant.Déjà le nom du groupe, Memphis, en dil beaucoup sur l'esprit sottsassècn.II a été inspiré, dit-on, d'une chanson de Bob Dylan (Stuck Inside of Mobile With the Memphis Blues Again ), et rappelle la ville où est née Elvis Presley (champion du kitsch) en même temps que l'ancienne capitale d'Egypte.Un nom qui traverse de belle manière et sans préjugés différentes couches culturelles.Évidemment que le groupe Memphis est allé à rencontre du design dominant, aux prises avec les lois du capitalisme d'une part et de celles du bon goût moderniste d'autre part.Les matériaux privilégiés par le groupe Memphis sont les matéiiaux industriels de « mauvais goût » comme le plastique et le métal plaqué, qu'il a associé à d'autres matières « nobles », comme le marbre, en exploitant leurs textures, leurs motifs, leurs couleurs, leur clinquant et leur brillance.Le groupe Memphis voulait travailler librement, sans se soumettre aux diktats de l'industrie.Ses meubles étaient conçus pour la société post-industrielle, celle qui devrait apprendre un jour à ne pas travailler et à ritualiser la vie.On cherchait des formes personnelles, sen- \t\t \t\t \t\t \t\t! \t\t \t\t \t- ; /^BBmM\t -Dear Palladio (Cime Me A Break!)» d'Ettore Sottsass.sorielles et symboliques qui créeraient des liens entre les meubles et leurs pro: priétaircs, les obligeraient à réfléchir sur ce qu'ils font et ce qu'ils achètent, mais qui ne serviraient plus à indiquer leur statut social et leur fortune.On pensait les meubles en vue de leur production en série.Le groupe Memphis a fait beaucoup de petits, c'est-à-dire qu'il a eu pas mal d'imitateurs, et son esprit s'est un peu perdu en s'éparpillant.Mais on peut quand même en avoir une bonne idée avec l'exposition d'Ettore Sottsass au Musée des arts décoratifs.Même si le designer a cette fois prévilé-gié les matériaux luxueux, ça n'empè; che pas le mélange des genres, des mr> tifs, des zébrures et des sources d'inspiration de demeurer étonnant, les couleurs d'être aussi exubérantes.Et l'humour, cette qualité que l'on attribué rarement à des meubles, n'y perd rien au change, surtout quand on pense aux prix auxquels ces monuments doivent se vendre.Ettore Sottsass, MEUBLES POUR LE RITUEL DE LA VIE, Musée des arts décoratifs-Château Dufresne, angle Sherbrooke et Pie-lX, jusqu'au 3 avril.RESTAURANTS Le restaurant de fruits de mer.X le pius original SPÉCIAUX CHAQUE JOUR HOMARD DU VIVIER 1-VAIb OFFRE SPECIALE «SOUPE-TÔT» $599 à partir de de 17 à 18 h 30 SPECIALITES DE FEVRIER SAM.'/> Ib de crevettes à l'ail en écailles DIM.Pétoncles de Digby grillés LUN.S onces de filet mignon cl 3 crevettes géantes MAR.l'Assiette du capitaine MER.L'assiette maritime JEU.Vi Ib de partes de crabe grillées VEN.brochette de crevettes et pétoncles $|99 seulement par personne 1498, Stanley (et de Maisonneuve) 842-1964 @&oucAa!id FESTIVAL DE CREVERES ET DE FILET MIGNON \"M 95 poUje.uUdc et dessert du jour inclus | f Pj| Soirées musicales les samedis et dimanches avec DENYS LAVERGNE et ses invités TABLE D'HÔTE XoiïiV à compter de 1195$ Salons privés pour gens d'affaires.881, boul.de Maisonneuve est Rés.: 527-1221 i Stationnement gratuit à l'arriére Métro Èerri-de Montigny Sortie couloir Oupuis CASA GRECQUE apportez votre vin 200.RUE PRINCE-ARTHUR EST (coin Hôtel dcVilie) 842-6098 fl\\ Moiro \\£/ Sherbrooke wern 1459.BOUL.ST-MARTIN OUEST (Chomedey, Lavnl) Tél.: 663-1031 Che$ nota comme che?voua! spécialités: LANGOUSTINES - FRUITS de MER - STEAKS \u2022 BROCHETTES SUPER-FESTIVAL DE LANGOUSTINES Langoustines grillées Surf'n turf avec filet mignon et langoustines Filet de poulet parmesan avec langoustines ^ Chaque plat est servi avec soupe, salade César, riz, pommes de terrre et champignons TOUS LES MIDIS \u2022 T jours par «main» À NOS 3 CASA GRECQUE Q 50$ Spécial 2 pour 1 ifttiir/t O Lundi au vendredi, 11 h à 17 h ^Samedi et dimanche, 11 h à 16 h LAVAL SEULEMENT SPÉCIAL 2 pour 1 tous les soirs de 17 h a la fermeture ,\u2022 Ou lundi au jeudi fia Balmmere, m t l 4 GRILLADES ET FRUITS DE MER FESTIVAL «À VOLONTE» Langoustines et cuisses de grenouilles I W par pert, serties avec salade César et soupe i l'oignon 1095$ I V par pert SUPER-SPECIAL POUR 2 tous les jours 4Q9S$ Entrée, au choix: soupe à l'oignon ou escargots ou salade César Assiette du pêcheur ou Surf'n turf avec riz et légumes, pain à l'ail, consommation, café et dessert GAtesu d'annlvorsBlre offert sur réservation.Montréal-Nord f tationnement gratuit y* * 5872 boul.Léger, ft (a I est do Lacordaire) S_____ ^ Réservations: (514) 324-29002r Nous acceptons des groupes de 15 A 150 personnes pour toutes les occasions.******************** 2 ASSIETTE DE CREVETTES, CÔTES LEVÉES ET POULET * A| DEUXIEME PERSONNE À Vz PRIX ' ~\" tfL \u2014.-.13*® 5 Succulentes crevettes sur un lit de riz maison, deux côtes levées glacées au JBkA miel et Vt de poulet barbecue avec notre sauce exclusive, et une portion de Hp salade de chou crémeuse.LE MARDI EST LE JOUR DE LA CÔTE DE BOEUF DEUXIÈME PERSONNE GRATUITE Côte do boouf au jus.choix t do pommos do terre, salade de chou, potit pain et beurre.0EUXIEME PERSONNE GRATUITE S A Q «5S De 17 h a la fermeture ^ £1\"^* LE LUNDI EST LE JOUR DES CÔTES DE BOEUF À VOLONTÉ Reportages sportifs de choix tous les soirs sur écrans géants 14068, boul.Gouin 624-0121 7500, Victoria 739-3317 Propriétaire-exploitant: La Diligence * À la demande populaire ) A la demande populaire 25e ANNIVERSAIRE 2e personne: gratuit # m RÔTI DE CÔTE DE BOEUF AU JUS Bar à salades, hors-d'oeuvre, pâtes et fruits frais de Montréal, choix de pommes de terre, pain frais et beurre.Valable pour le mois de février.]J95$ 2e PERSONNE GRATUIT BRUNCH DU DIMANCHE delihai4h30 En vedette: buffet cte 7b aliments $ 1 *1\\JQ et 10 plats chauds I £ 1/2 de rôti de boeuf au jus et 5 scampi d'Islande $-j^|95 ffiaStliçtcncc \u2022 7385, BOUL.DÉCARIE \u2022 731-7771 1 i i CUISINE FRANÇAISE FAITE It.* PAR LES PATRON 2098, rue Jean-Talon (i«ll«>i.olmar L'ORGUEIL DE LA CUISINE ET DU SPECTACLE MENU DE GALA AVEC VIN INCLUS VARIETE DE BOEW.«AU, VOUIUE, GIBIER ET FRUrrS DE MES FADO ET DANSE 365 SOIRS 111, rue Saint-Paul Est 861-4562 Beaucoup do stationnement 861-3210 M I Un vent de Bretagne dans la cuisine française! X! MembredolARQ.a 6 (Association des ! W Restaurateurs du Quebec) TOPANT M5cg: RESTAURANT FRANÇAIS ÉLÉGANT PIANO BAR TOUS LES SOIRS SOUPERS DANSANTS VENDREDI ET SAMEDI SOIRS Animé ;;ar SHELDON KAGAN Stationnement au sous-sol 801, boul.de Maisonneuve Ouest Réservations: 849-6331 £2 McGILL 99, AV.LAURIER OUEST (Coin rue St-Urbain) Rés.: 271-3095 1550, lu Hum coin Maisonneuve Rés.: 523-2551 Fermé le dimanche fRestaurant Le Piémontais Cuisine italienne et française FERMÉ LE DIMANCHE 1145 A, rue De Bullion 861-8122 At Membre do l'A.R.O.(Association des Restaurateurs du Québec) II Restaurant Italien Terrasse 205, boul.Stc-Rose Stc-Rost, Uval, Que.625-4083 p=T RESTAURANT - I be Negroni Cuisine gastronomique italienne i FERMÉ LE DIMANCHE 2100, boul.Le Corbusler, Laval, Que.Tél.: 687-6912 n Restaurant LA MER À BOIRE |\\f 429, rus St-Vincent RQ Vieux-Montréal Ré*.: 397-9610 Salle de réception disponible SPECIAL DE FEVRIER SOUPE À L'OIGNON 1195$ Venez vous réchauffer auprès de notre foyer VL Ib de cuisses Z de grenouilles Soupers dansants du mercredi au dimanche SPECIAL DU MOIS SOUPE DU JOUR SCALLOPINI DE VEAU (sauce selon * f|QCtt votre goût) 1 /uJ
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