La presse, 12 juin 1988, F. Économie internationale
[" Une filiale de Lavalîn a conseillé Hassan II sur la privatisation de 350 sociétés d'État MIVILLE TREMBLAY axime A.Crencr a du front tout le tour de la tête.Le president d'Éconosult, une filiale de Lavalin, vient de terminer un contrat téméraire: en six mois seulement, recommander au roi du Maroc, Hassan II, lesquelles des quelques 350 sociétés d'Etat et filiales il doit privatiser.«C'était extrêmement palpitant, mais difficile», explique ce Economies étrangères baroudeur de la consultation.On l'imagine assez bien.Dans un processus relativement .consensuel, comme les privatisations réalisées au Canada, les gouvernements marchent sur des oeufs, et prennent un temps fou a tout soupeser.Pour une firme québécoise, qui a fait son nom dans la construction de barrages, de débarquer au Maroc pour passer à la loupe des tonnes de documents et d'états financiers, de déchiffrer les ano- La perestroïka face au capitalisme FRANÇOIS BERCER «show» du BR^\"\"18l président ¦\\ '-:J^fm américain et du ;i m leader soviéti-^ 1 que au sommet de Moscou, il y a deux semaines, a bien sûr mis en évidence les grandes questions du désarmement et des droits de l'homme, mais a à peu près laissé dans l'ombre l'importante réforme économique envisagée en URSS d'ici à la fin du siècle.La perestroïka (restructuration) vise à moderniser l'économie de l'Union soviétique de façon à la rendre concurrentielle avec les économies capitalistes qui sont en train de se partager les marchés mondiaux.La puissance future deTURSS, puissance économique d'abord, est l'enjeu primordial de ces réformes, à l'heure de l'émergence des grands blocs économiques en Europe (CEE), en Asie ( région Pacifique), en Amérique du Nord (libre-échange Canada-États-Unis ) et même en Amérique latine.Déjà, Moscou lorgne du côté du GATT ( General Agreement on Tariffs and Trade), cette série d'arrangements commerciaux du «club capitaliste», dont il veut devenir membre.Le régime soviétique a encore récemment indiqué que le Co-mecon (le marché commun des pays socialistes) entend s'ouvrir sur l'Europe des Douze à la veille de l'intégration du grand marché européen en 1992.L'URSS a aussi entrepris des contacts avec le Conseil de coopération économique du Pacifique, l'OCDE et des pays asiatiques.Le succès de la restructura-lion de l'économie soviétique voulue par le Kremlin de l'ère Gorbatchev dépend en grande partie des ressources industrielles et financières que Moscou empruntera aux pays capitalistes au cours des dix prochaines années.¦ Sans une large collaboration 'de l'Occident, les réformes avancées par Mikhaïl Gorbatchev dans le domaine économique risquent de ne pas aller bien loin.C'est que la perestroïka doit compter sur le monde occidental pour l'acquisition de nouvelle machinerie industrielle, qui sera elle-même financée en bonne partie par les fonds des pays capitalistes.Moscou invite également au développement d'entreprises conjointes avec des firmes de l'Ouest.L'un des défis de l'URSS est de hausser la productivité de ses usines, qui ne génèrent que 60 p.cent de la productivité des mêmes équipements dans les pays capitalistes.Des prêts La collaboration de l'Occident semble acquise: déjà plusieurs firmes occidentales, dont trois américaines, ont annoncé leur participation à des entreprises conjointes (joint ventures), et les milieux bancaires européens ont accordé des prêts à l'URSS et s'apprêtent à lui faciliter l'accès au marché des obligations.Ce qui est moins acquis, c'est un recours de grande envergure à l'industrie et au financement occidentaux de la part des Soviétiques, qui se montrent très prudents.Ainsi, seulement 35 entreprises conjointes ont été conclues entre l'Union soviétique et des firmes occidentales depuis que ce type d'initiative est bien accueilli par le Kremlin (loi du 1er janvier 1987).La loi soviétique limite à 49 p.cent la participation étrangère et les partenaires occidentaux ne peuvent empocher que les profits provenant des exportations (libellées en monnaies fortes, non en roubles qui ne sont pas convertibles).Aussi, le financement de la perestroïka par les fonds occidentaux se réalise à une échelle très réduite.Les Allemands de l'Ouest ont accepté de prêter 3,5 milliards de marks ($1,7 milliard US) à Moscou pour la modernsiation de l'industrie des biens de consommation, mais selon des experts aussi bien soviétiques qu'occidentaux, c'est entre $25 et $50 milliards US que l'URSS devrait emprunter aux pays capitalistes, sur une période de trois ans, pour financer adéquatement l'importation de la technologie occidentale nécessaire à la restructuration industrielle.Certains réformateurs sont d'autre part en faveur de l'achat en Occident, tout de suite, de biens de consommation dont la disponibilité en URSS pourrait stimuler à court terme la productivité des travailleurs.L'épargne personnelle des Soviétiques est élevée et l'on estime qu'au moins 45 milliards de roubles (l'équivalent approximatif de $70 milliards US) sont actuellement disponibles (les Soviétiques ne peuvent tout simplement pas dépenser ces roubles parce qu'il y a pénurie d'à peu près tout en URSS).Mais les consommateurs attendront, puisque la perestroïka sera d'abord celle de l'infrastructure industrielle.Bref, d'abord la machinerie, les produits de consommation de fabrication soviétique, viendront plus tard, c'est-à-dire pas avant la fin des années 1990.La vie dure Les réformes économiques de M.Gorbatchev sont ainsi embrayées en «petite vitesse».Les éléments conservateurs qui s'opposent en URSS à la perestroïka, surtout à la mise en place de mécanismes dits capitalistes, font la vie dure au projet de restructuration, comme l'a montré ce printemps la bataille autour des coopératives privées qui peuvent fixer sans contrôle de l'État leurs objectifs de production, leurs prix et leurs salaires: un impôt de 90 p.cent a été décrété par le ministère du Revenu sur les profils éventuels de ces coopératives, mais les réformateurs en ont saisi le Soviet suprême (parlement) pour qu'il révise ce décret.Les travailleurs soviétiques, premiers concernés par les réformes, ne sont eux-mêmes pas très enthousiastes face à la perestroïka.Ils bénéficient déjà de toute une panoplie de services sociaux, y compris le logement subventionné, et ne sont pas nécessairement prêts à troquer des augmentations de salaires contre une'sécurité d'emploi moindre (les entreprises «restructurées» auront la liberté de licencier du personnel pour contrôler leurs coûts).Les hausses de salaires promises ne leur permettront pas, de toute façon, d'acheter plus de biens, tout simplement parce qu'il n'y aura pas, du inoins à court terme, plus de biens de consommation disponibles sur le marché intérieur.La vitesse que prendra la perestroïka sera finalement «réglée» à la fin de juin lors de la Conférence nationale du Parti communiste soviétique, où réformateurs et conservateurs s'affronteront de nouveau sur la valeur ( idéologique?) du recours aux ressources du monde capitaliste.malies suspectes, et de se débrouiller dans des conventions comptables différentes, demande beaucoup d'audace et de doigté.«Notre équipe de 15 personnes a passé des samedis, des dimanches, des nuits entières à tout éplucher, à innover sur le plan méthodologique.C'était un travail'dur et complexe», affirme M.Crener.Pour tenter pareille aventure, il fallait être inconscient ou avoir la chance d'indiana Jones.Imaginez-vous naviguer, dans un pays dont la culture est radicalement différente, entre un roi dont les pouvoirs sont très réels, et qui vous presse d'aller vite, et des fonctionnaires nerveux qui sont persuadés, fort légitimement, d'en savoir beaucoup plus long et qui ont peur, tout aussi légitimement, de perdre leur emploi.«On est arrivé dans des choses extrêmement sensibles.Vous opérez comme dans la jungle, c'est violent, c'est épuisant.On a eu des conflits avec nos partenaires marocains.Tout ce qui était possible est arrivé.» «C'est le métier de consultant, souvent vous faites des erreurs.Même si vous êtes bons sur le plan intellectuel, vous perdez tout en quelques secondes à cause des relations interpersonnelles.» Les Marocains ont des compétences techniques extrêmement poussées, mais sur le plan administratif, ils ont adopté ce que les Français ont de pire, explique M.Crener, lui-même d'origine belge.«Vous voulez faire quelque chose et un fonctionnaire vous dit que vous ne pouvez pas parce que vous n'avez pas le bon cachet.Il a fallu des négociations perpétuelles, très byzantines.» Libéralisation Le Maroc, qui était déjà l'un des pays les plus libéraux du continent africain, s'est engagé dans un ambitieux processus de libéralisation de son économie.Qualifié de «bon élève» du Fonds monétaire international, le Maroc a obtenu l'an dernier un rééchelonnement de sa dette extérieure.Le pays a pris des mesures crédibles pour réduire son déficit commercial et contrôler ses dépenses publiques.De plus, avec la Banque mondiale, il négocie une aide d'environ $400 millions US pour réaliser des ajustements structurels à son économie, notamment la rationalisation des entreprises du secteur public, qui compte pour 20 p.cent du PNB.Avant que le Maroc n'obtienne ces fonds, la Banque mondiale a exigé une étude indépendante, qu'Econosult a réalisé pour $1 million, suite à un appel d'offres international.Éconosult a obtenu le gros morceau, mais on a confié à une société Française le secteur du sucre et des mines.Tout devait être terminé pour la rentrée parlementaire d'avril 1988.De plus, le roi, qui voulait une deuxième opinion, a demandé une étude parallèle à un autre groupe français.Éconosult a donc bâti une banque de données et selon les entreprises, fait quatre types de recommandations: celles que l'État doit maintenir dans son patrimoine, celles qui doivent être vendues, celles que l'État doit garder mais pour lesquelles des arrangements particuliers peuvent être pris avec le secteur privé, et enfin, un bloc d'entreprises qui doivent être réorganisées avant que l'on puisse statuer sur leur sort.La répartition s'est faite en fonction d'un modèle qui comprenait des variables économiques, financières, politiques et sociales.Nouveau marché Ce type de contrat est nouveau pour Éconosult, mais M.Crener croit que le marché de la restructuration des entreprises publiques du tiers monde est prometteur.Toutes les grandes firmes d'ingénierie ont des services d'études économiques pour évaluer la faisabilité des projets.Chez Lavalin.PHOTO BERNARD QRAULT, La Presse Maxime A.Crener, PhD.en administration, et président d'Éconosult, avec son étude remise au roi Hassan II.ce service s'est élargi avec les années et il soumissionne maintenant pour des études qui n'ont rien à voir avec la construction.La filiale Éconosult réalise donc des recherches sur des questions de transport, d'énergie, de tourisme, de culture et plus récemment, sur des problèmes de gestion.Éconosult réalise les trois-quart de son chiffre d'affaires d'environ $9 millions à l'étranger.La boite emploie 70 personnes et au besoin, s'associe les services de contractuels.Pour ce qui est des questions de privatisation, Éconosult a fait sa première tentative au Mali, mais n'a pu décrocher le contrat.L'an dernier, elle a connu un premier succès avec l'analyse de dix entreprises d'État du Sénégal.Éconosult pose des diagnostics et fait des recommandations.Dans l'avenir, la firme pourrait, en collaboration avec des institutions financières, prendre part à la vente des entreprises nationales.Selon M.Crener, ces opérations, quoique risquées, peuvent être intéressantes pour des investisseurs Canadiens.Avec des partenaires locaux et du capital de la Banque mondiale, ces redressements peuvent être rentables.Pour les pays en développement, la collaboration est intéressante car cela permet de remettre en marche une partie de leur appareil de production, estime M.Crener.Montréal, c'est l'Amérique du Nord en français MIVILLE TREMBLAY Comme bien d'autres pays, le Maroc cherche à diversifier et à accroître ses exportations afin de financer sa dette extérieure.Pour appuyer ces efforts, la Banque centrale populaire du Maroc ouvre cette semaine st Montréal un bureau de représentation.C'est le premier que la plus grande banque du Maroc ouvre sur ce continent.«Montréal, c'est l'Amérique du Nord en français.Le Canada est plus à notre dimension et c'est une première étape vers les États-Unis», affirme M.Bennani Smires, directeur de la division internationale de la Banque centrale populaire.Dans un premier temps, on n'y fera que de la représentation, et pour les opérations financières, on utilisera les services de correspondants bancaires canadiens.Mais si les choses évoluent favorablement, l'institution marocaine demandera une charte au gouvernement fédéral.jusqu'à ce jour, la Banque centrale populaire était perçue comme une importante ban- que locale, mais avec très peu d'activités internationales.L'international était l'apanage de la Banque commerciale du Maroc et de la Wafa Bank.Les quelques succursales de la région parisienne de la Banque centrale populaire ne servent qu'à rapatrier les épargnes des travailleurs marocains en sol français.Mais récemment, l'institution a ouvert un bureau à Bruxelles et en plus de Montréal, elle s'établira à Madrid et à Abidjan, en Côte d'Ivoire.Coopérative La banque dispose d'une structure décentralisée de type coopératif.Toutefois, son.capital est entièrement la propriété de l'État marocain.Son actif dépasse les $4 milliards.Le commerce marocain est essentiellement tourné vers l'Europe, et particulièrement avec la France.Le pays a demandé à joindre la Communauté économique européenne, mais il est peu probable que cette requête sera acceptée avant 1992, si jamais elle l'est.11 est donc impératif que le pays diversifie ses marchés et ses produits.Le commerce avec le Canada est relativement modeste.Le Maroc nous a vendu l'an dernier pour $29,4 millions, dont plus de $23 millions en mandarines et en oranges.Les exportations canadiennes à destination du Maroc ont chiffré $203 millions, dont $178 millions en soufre d'Alberta.Le Québec n'a vendu que pour $6,4 millions, dont la moitié en produits agricoles.En revanche, Bell Canada International vient d'y décrocher un important contrat pour la modernisation du réseau téléphonique.Selon M.Rida Lamrini, conseiller économique à l'ambassade du Maroc, les manufacturiers de son pays ont encore beaucoup à apprendre avant de pouvoir percer le marché canadien.Tant pour la conserve que pour le prét-à-porter, deux secteurs en développement, les fabricants sont plus familiers avec les normes européennes que canadiennes.M.Lamrini, qui est en poste à Montréal, espère que la présence de la banque facilitera la diffusion de l'information commerciale sur le Maroc.OPEP: baisse de $2 du prix du baril?Les États membres sont divisés sur la question du piafond de production AFP et Rcuttv VIENNE Les divisions qui opposent les pays membres de l'OPEP, au moment où l'organisation vient d'ouvrir sa conférence semestrielle à Vienne, pourraient entrainer, en bout de ligne, une baisse de $2 US du prix du baril de brut, estiment les analystes.Une faction de pays producteurs milite en faveur d'une baisse de la production, mais un autre groupe, plus aligné sur l'Occident, tente de faire barrage à cette proposition.Le Venezuela, la Libye et l'Algérie souhaitent une réduction de la production pour maintenir le prix du brut à $18 US le baril.Mais une faction dirigée par l'Arabie Saoudite s'oppose à cette éventualité, qui n'a pas reçu l'assentiment des ministres du pétrole ayant participé au Sommet arubc qui avait lieu la semaine dernière à Alger.Les États membres de l'OPEP sont tellement divisés sur la question du plafond de production que plusieurs analystes s'attendent à ce qu'ils en discutent pendant au moins une semaine, pour finalement prolonger le statu quo jusqu'à la fin de l'année.Un pétrolier de New York, Harry Ncustcin, a prédit que ce litige provoquerait une baisse des prix du pétrole, pouvant atteindre jusqu'à $2 US le baril.En attendant, le président de l'OPEP, le ministre nigérian du pétrole Rilwanu Lukman, a appelé hier les pays membres à surmonter leurs divisions pour répondre à la proposition de plusieurs pays extérieurs à l'organisation visant la stabilisation du marché pétrolier.M.Lukman préside l'organisation depuis 1986 et a été réélu à son poste hier, à l'ouverture de la conférence l'organisation.A la première journée de la conférence, les 13 pays membres se sont contentés de résoudre des problèmes d'organisation et ont ensuite ajourné leurs travaux, qu'ils doivent reprendre aujourd'hui.La conférence s'ouvre dans une conjoncture difficile, les cours du brut ayant atteint vendredi leurs plus bas niveau depuis trois mois sur le marché de New York.L'objectif de la conférence est double: fixer un plafond de production afin de stabiliser les cours et déterminer plus rigoureusement les quotas de production des États membres pour le deuxième semestre de 1988.Un scandale ébranle la Bourse de Paris Agence France-Presse PARIS n nouveau scandale ébranle depuis vendredi la Bourse de Paris: la Société des Bourses Françaises (SBF), ancienne chambre syndicale des agents de change, a reconnu avoir perdu 500 millions de francs (près de 88 millions de dollars) lors du krach boursier d'octobre 1987.après avoir réussi à dissimuler cette perte record pendant six mois.La SBF, considérée depuis 1986 comme un des pivots de la modernisation des marchés français, a avoué vendredi que ces lourdes pertes sur le marché à terme des instruments financiers (MATIF - marché hautement spéculatif où les investisseurs parient sur l'évolution des taux d'intérêt) étaient ducs à une mauvaise gestion du fond de garantie de la société.Ces révélations ont surpris nombre d'agents de changes parisiens, qui ignoraient tout de ces pertes.Cette affaire, esti-me-t-on dans les milieux boursiers parisiens, pourrait coûter son poste au président de la SBF, M.Xavier Dupont, et à certains de ses proches collaborateurs.L'affaire de la SBF s'ajoute ù une série de scandales qui ont défrayé la chronique depuis six mois.Le plus retentissant avait été celui de la COGEMA, filiale du commissariat à l'énergie atomique, qui, victime d'une escroquerie, avait perdu 259 millions de francs (45,4 millions de dollars) sur le MATIF en 1987.Selon les milieux boursiers parisiens, cette nouvelle affaire porte sérieusement atteinte à l'image de la place de Paris à l'étranger, alors que la Bourse de Paris a réalisé un important programme de modernisation pour pouvoir rivaliser avec les grandes places internationales de New York, Londres ou Tokyo.ft LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 12 JliiN 1SS8 Le problème des «p'tits génies» Président sortant de Douance Québec, Fran-çoys Gagné dit pourquoi il ne partage pas le point de vue de la Centrale des enseignants du Québec sur la question des jeunes surdoués.Le texte a été préparé avec la collaboration de lacques For-gel, Carole Morelli et .Michael Thomas.FRANÇOYS GAGNÉ B Au cours des derniers mois, la Centrale de l'enseignement du Québec est partie en guerre contre la «douance», plus précisément contre ceux qui prônent des services éducatifs spéciaux pour les jeunes doués ou talentueux.Minutieusement orchestré, le plan d'attaque de la Centrale s'efforce de remettre en question tout autant le principe même de ces services spéciaux que la plupart des moyens d'intervention préconisés par les «avocats de la douance».Devant ce barrage d'informations tendancieuses et d'accusations injustes, Douance Québec, une association de parents, d'enseignants et de professionnels intéressés à promouvoir le développement maximal de ces jeunes, a jugé nécessaire de préciser certaines de ses positions sur la question.Qui sont-ils?Notre province compte bien plus d'enfants doués ou talentueux que la plupart ne l'imaginent.Vous êtes surpris?Sans doute que les termes «doué» ou «talentueux» vous font spontanément penser à ces petits « bol-lés» qui raisonnent comme des adultes, se maintiennent à la tète de leur classe et vivent plongés dans leurs bouquins! Ces élèves très doués intellectuellement et très talentueux sur le plan scolaire ne sont qu'une forme de douance ou de talent.Il en est d'autres, tout aussi intelligents, qui échouent ou presque à l'école (les doués sous-performants); certains manifestent une originalité débordante (les doués créatifs) ou démontrent un talent particulier pour les langues, pour les sciences ou pour les mathématiques; d'autres ont un talent de bricoleur et de «patenteux», ou se sentent aussi à l'aise devant un micro-ordinateur que la majorité des adultes; plusieurs manifestent leur talent dans les arts visuels (dessin, peinture) ou d'expression (musique, danse, art dramatique), ou encore se révèlent d'excellents leaders, de bons pédagogues ou de fins vendeurs; n'oublions pas enfin ceux qui manifestent leurs habiletés sensori-motrices dans des talents athlétiques ou sportifs.Voilà le véritable univers de la douance et du talent! Notre société n'est pas composée que de Mozart, d'Einstein, de Gaétan Boucher ou de Wayne Grctzky! La plupart des enfants peuvent être jugés doués ou talentueux sans manifester un niveau de performance ou de précocité qui pourrait les conduire à une carrière émi-nente dans leur champ de talent.Ainsi, le talent musical peut déboucher sur une carrière de professeur de musique, pas nécessairement sur celle de virtuose ou de membre d'un orchestre symphonique; même le musicien amateur possède sûrement un niveau de talent nettement supérieur à la moyenne des gens.On peut manifester son talent littéraire en écrivant des lettres aux journaux, de courts articles ou d'excellents rapports administratifs, sans pour autant publier le «roman du siècle»! L'enfant qui sait déjà lire et compter lorsqu'il entre en première année manifeste une nette précocité, mais moindre que ces enfants exceptionnellement précoces qui ont maîtrisé la lecture et le calcul dès l'âge de trois ou quatre ans.La C.E.Q.tente de convaincre le milieu enseignant que les jeunes doués ou talentueux que nous dépistons ne se retrouvent que clans des familles économiquement favorisées: pour être doué selon «nos» critères, il faudrait avoir des parents riches! Rien n'est plus faux.Visitez n'importe quelle école, de quelque milieu qu'elle soit, et vous y trouverez des premiers de classe, des forts en maths, en dessin , en sciences, en improvisation, en gymnastique ou en sports, tout autant que des leaders, des organisateurs ou des bricoleurs.De plus, notre système d'éducation à toutes fins utiles gratuit, permet à tous ceux qui possèdent les habiletés nécessaires, ainsi qu'une bonne dose de motivation et de persévérance, d'aller décrocher un diplôme universitaire.Qu'on ne nous fasse pas croire que l'argent est un obstacle majeur; des milliers de diplômes issus de familles inoins aisées pourraient témoigner du contraire.Il est vrai qu'on retrouve certains talents plus souvent dans des milieux socio-écomomique-ment plus favorises, mais il n'y a pas que l'argent qui distingue ces milieux.Il y a aussi les valeurs que les parents transmettent, notamment quant à l'importance de l'éducation ; il y a le support quotidien qu'ils offrent à leurs enfants, la meilleure qualité du climat familial, etc.Voilà quelques facteurs, parmi d'autres, qui favorisent l'éclosion du talent.Mais, ces valeurs, ce support et ce climat ne constituent pas un monopole des classes aisées: on les retrouve dans des familles de tous les milieux socio-économiques.Nous avons affirmé plus haut qu'il y avait beaucoup d'enfants doués ou talentueux.Peut-être voyez-vous maintenant pourquoi.Parce que les habiletés et les talents sont diversifiés, parce que nous ne nous intéressons pas qu'à la surdouance ou au surtalent, parce que nous cherchons à les dépister dans tous les milieux.Soyons conservateurs: imaginons que nous ne retenions que 25 à 30% (c'est-à-dire environ 5% par champ de talent) de la population du primaire et du secondaire; cela fait environ 250 000 enfants doués ou talentueux qui pourraient bénéficier de services spéciaux pour se développer au maximum dans leur champ de talent.Le texte qui précède montre bien jusqu'à quel point les élèves doués ou talentueux diffèrent les uns des autres, tant par ervatoircs de musique, les écoles de ballet, les clubs d'athlétisme ou les équipes sportives de haute performance constituent autant d'excellents exemples de réponse pertinente à un type spécifique de talent.Que vivent-ils à l'école?Il est un sous-groupe particulier d'élèves doués ou talentueux qui nous semblent plus délaissés dans notre société actuelle: il s'agit des élèves qui démontrent un talent scolaire nettement supérieur à la moyenne, affichant des performances qui dépassent souvent d'un an (et parfois même de deux ou trois ans), les performances des élèves d'habiletés moyennes.Est-ce que le système scolaire québécois tient compte de ces différences individuelles énormes?À compter du préscolaire et jusqu'à la fin du secondaire, il n'existe qu'un seul programme d'enseignement: à part quelques options «enrichies» à la toute fin des études secondaires, c'est officiellement le même programme pour tous, des plus lents aux plus rapides, et ce progrumme doit être suivi au même rythme par tout le monde.Il ne faut guère se surprendre qu'il ne réponde pas aux besoins des élèves doués ou talentueux (pas plus qu'il ne répond d'ailleurs aux besoins des musique, qui est même inscrit à des cours privés, doit suivre le même cours de musique que les autres élèves de sa classe.Qu'est devenu le respect des différences individuelles dans ce «menu» identique pour tous?En principe, les éducateurs demeurent soucieux et convaincus qu'il faut respecter les différences individuelles.Mais il est plus facile d'énoncer ce principe que de le concrétiser quotidiennement dans une classe de 25 élèves.Depuis quelques années, on incite les enseignants à individualiser leur enseignement, à offir à divers sous-groupes ou individus des «cheminements particuliers» (un nouveau mot à la mode!), plus conformes au rythme et au style de chacun.S'il s'agit là d'un principe fort louable, son application quotidienne par l'ensemble des enseignants s'est avérée jusqu'à présent un échec.Trop de facteurs font obstacle à l'individualisation des apprentissages: taille élevée des groupes, intégration dans la classe ordinaire d'élèves de classes spéciales, activités de préparation et de correction, etc.Le peu de temps dont les enseignants disposent pour offrir un support individuel à certains, ils le consacrent (et c'est bien normal!) à ceux qui ont de la difficulté à suivre le rythme moyen.De nouveau, ce sont les jeunes doués ou talentueux qui est beaucoup trop facile pour des milliers d'écoliers, sinon des dizaines de milliers ! Du point de vue des jeunes eux-mêmes, les risques se situent au niveau d'un non-apprentissage de l'effort, du développement progressif d'une certaine paresse intellectuelle.L'apprentissage de la facilité n'augure rien de très bon pour personne.Pourtant, il ne faut surtout pas augmenter les exigences, ni leur offrir des défis plus grands, à leur mesure ; s'il fallait qu'ils émergent de la masse, on risquerait de porter atteinte à l'amour-propre des élèves plus lents ! L'univers des connaissances devient chaque jour plus complexe.Pour atteindre les frontières de la plupart des disciplines, il faut assimiler de plus en plus de notions préalables.Le rythme uniformément lent qu'on maintient jusqu'à la fin du secondaire constitue un handicap sérieux pour ces jeunes talentueux qui révent de percer au firmament d'une spécialité professionnelle.Aurions-nous des athlètes olympiques si nos jeunes les plus prometteurs devaient suivre le programme régulier d'éducation physique jus-qu'à la fin du secondaire?Aurions-nous des musiciens de renom si nos instrumentistes précoces étaient forcés de ne pas dépasser le cadre du programme d'initiation musicale offert à l'ensemble des élèves?leur profil d'habiletés et de talents, par l'intensité de ces talents et par les caractéristiques individuelles de motivation et de personnalité de chacun.Au-delà de ces différences, il reste cependant quelques points commun autour desquels ils se regroupent.En effet, quel que soit le type d'habileté ou de talent, ces jeunes manifestent tous une grande aisance à maîtriser les connaissances et les techniques caractéristiques de leur champ de talent; ils comprennent facilement, sans répétitions nécessaires, de sorte que leur performance progresse rapidement, d'autant plus rapidement que leur talent est-grand.De cette aisance et de cette rapidité découle un besoin commun de recevoir un programme adapté.Quand nous demandons des services éducatifs spécifiques, il est pour nous question d'un programme de formation adapté au besoin commun de cette population, donc non adapté au rythme de la population ordinaire des élèves qui ne manifestent pas.dans un champ de talent ou dans un autre, celte aisance et ce rythme rapide.Ce besoin commun ne les rend pas similaires sur tous les plans, ne permet pas de tracer un portrait type des élèves doues ou talentueux.Déjà, dans le langage courant, on a beaucoup trop tendance à discuter en général de ces élèves comme s'il s'agissait d'enfants quasi identiques.Ainsi que nous l'avons dit plus haut, ils se distinguent par le type et l'intensité de leur talent, tout autant que par leurs caractéristiques individuelles sur le plan personnel et social.Le type et l'intensité du talent engendrent une réponse pédagogique différenciée: on ne développe pas le talent musical avec de l'enrichissement en fiançais ou en ma-Ihémathique, pas plus qu'on ne développe le talent scientifique avec un mi-temps sportif! La réponse aux désirs de développement de ces jeunes doit être pertinente c'est-à-dire adaptée à leur profil de talents.Les cons- élèves qui apprennent plus difficilement).«Qui trop embrasse, mal étreint».dit l'adage.A vouloir embrasser trop de monde, on ne répond aux besoins d'aucun de ceux qui se situent en périphérie.Du point de vue des besoins des élèves doués ou talentueux, le programme «ordinaire» présente deux lacunes importantes: plafonnement et manque de souplesse.Même si les programmes scolaires prévoient toutes sortes de modalités d'enrichissement et d'approfondissement, celles-ci peuvent rarement être exploitées dans la classe ordinaire à cause d'un fort pourcentage d'élèves qui réussissent à peine à maitriser les objectifs minimaux de ces programmes.Les enseignants se montrent, à juste titre, plus soucieux de réduire les taux d'échecs et d'abandons et de garantir à un plus fort pourcentage d'élèves l'obtention d'un diplôme minimal, celui de fin d'études secondaires.Pendant que ces élèves y gagnent, ce sont les élèves doués et talentueux qui subissent le contrecoup de ce plafonnement dans l'application des programmes: moins de stimulation intellectuelle, moins de défis, moins d'efforts à fournir, donc moins d'intérêt et de motiva-lion.Dans toutes les classes du primaire, on consacre chaque année plusieurs semaines à la révision des contenus de l'année précédente.Précaution fort louable pour assurer un minimum d'échecs, mais perte de temps totale pour ce 15 à 25% d'élèves talentueux qui ont depuis longtemps maîtrisé ces notions.Il est rare que ce plafonnement soit contrebalancé par de la souplesse dans l'application.Ainsi, les révisions de début d'année s'adressent à tous: pas question de «remise de peine» pour les plus futés.De même, tous les cours sont obligatoires pour tous, sans égard aux acquis individuels.Par exemple, l'élève bilingue doit suivre le même cours d'anglais que tout le monde; l'élève très talentueux en sont laisses pour compte.Peut-être certains enseignants trouveront-ils le temps, à l'occasion, de leur préparer quelques fiches de travail supplémentaires poulies «occuper» lorsqu'ils terminent leurs exercices avant les autres; plus souvent qu'autrement, il s'agira alors d'exercices additionnels portant sur des notions déjà bien assimilées.Eaul-il se surprendre que la plupart de ces jeunes apprennent rapidement a ralentir leur rythme et à travailler bien en-deçà de leurs capacités?«Ils vont réussir de toute façon!», affirme-t-on sans ambages.C'est vrai qu'ils se débrouillent mieux que la moyenne, qu'ils réussissent pour la plupart fort bien.C'est vrai que les risques de mésadaptation grave (délinquance, drogue, suicide, décrochage, etc.) ne sont pas si élevés que certains «avocats» de la douance l'affirment.On sait par ailleurs que les risques de mésadaptation sont reliés au niveau des habiletés: ce sont les surdoués et les surtalentueux qui ont le plus de chances de mal réagir à l'environnement scolaire peu stimulant qu'ils subissent.Evidemment, plus grand est le talent, moins le programme «ordinaire» est adapté! Ce qui nous inquiète, c'est le peu d'efforts que la plupart d'entre eux fournissent pour atteindre leur niveau de réussite.En effet, les quelques écoles qui offrent un programme mi-temps scolaire et mi-temps enrichissement (musique, ballet, sports, etc.) ont clairement démontré que des milliers d'écoliers peuvent assimiler deux fois plus rapidement, et ce, sans efforts démesures, l'ensemble des contenus du programme d'enseignement primaire.De même, selon le témoignage de centaines d'enseignaiH(e)s, au moins 25'i des écoliers du primaire pourraient aisément couvrir le programme en cinq ans au lieu de six.Ce que nous disent ces chiffres, c'est que le cours primaire (pour ne parler que de celui-la) PHOTO J Y.LET0URNEAU.L3 Presm Ne nous surprenons pas que des milliers de parents, parmi ceux qui se montrent soucieux d'assurer à leurs enfants la meilleure éducation possible, se tournent vers le réseau d'enseignement privé, y cherchant un programme scolaire plus dense et riche, en même temps qu'un environnement intellectuellement plus stimulant.Par son comportement d'autruche devant les besoins éducatifs des jeunes doués ou talentueux et par ses préoccupations sociopo-litiques plutôt que pédagogiques, la C.E.Q.ne fait qu'accentuer un exode qui affecte directement la qualité de l'enseignement public et la stabilité du personnel qu'elle représente.Ou'attendons-nous pour agir?Ce portrait de la situation actuelle est-il vraiment fidèle?Reflète- t-il réellement la situation que vivent les jeunes cloués ou talentueux dans les écoles?N'as-siste-t-on pas a la naissance de dizaines de projets d'intervention aux quatre coins du Québec?N'est-on pas en train de déplacer massivement vers la douance, comme l'affirme la C.E.Q., des ressources jusque-là dédiées aux élèves en difficulté?Malheureusement {sic), la réalité ne confirme d'aucune façon leur vision «alarmiste» de la situation.Selon les données d'un récent sondage, la très grande majorité des commissions scolaires du Québec ne possèdent aucune politique sur l'éducation des élèves doués ou talentueux; leurs commissaires ne se sont pas prononcés sur l'opportunité et la nature de tels services; aucun budget, si minime fût-il, n'a clé mis de côté pour supporter l'expérimentation de quelques prototypes d'intervention; aucun projet d'intervention n'existe clans leurs écoles.Selon la C.E.Q., on dénombrerait une cinquantaine de projets un peu partout dans la province.Mais qu'est-ce qu'une cinquantaine de projets, lorsqu'on sait que la-majorité d'entre eux ne concernent qu'une ou deux classes a l'intérieur d'une école, alors qu'il existe des dizaines de milliers de classes dans les quelques milliers d'écoles de plus de nos 200 commissions scolairesl Cinquante projets?Une bien petite goutte d'eau dans l'océan des besoins! Pourquoi continue-t-on a ignorer de façon aussi flagrante les besoins particuliers d'un si grand nombre de nos élèves?Il faut en chercher les ruisons dans l'ignorance, dans les préjugés et dans le manque de lea-, dership des autorités scolaires, locales et provinciales.Trop peu d'éducateurs ont été sensibilisés au phénomène de la douance et aux problèmes éducatifs de ces jeunes; peu d'enseignants et d'administrateurs ont reçu un minimum de formation en ce domaine.Lorsque les connaissances sont déficientes, la porte est ouverte aux préjugés, -sous la forme d'attitudes moins,, que sympathiques à l'égard de ces jeunes.Alors que leurs besoins exigent autant d'attention que ceux des autres enfants, toute proposition d'intervention risque de déclencher une accusation d'«élitisme».D'aucuns mentionnent même (fort sérieusement!) comme motif de non-intervention les risques de vanité, d'orgueil et de suffisance qui guettent ces jeunes dont on reconnaîtrait le talent en émergence.On ne peut passer sous silence l'immobilisme de ces institutions vers lesquelles les écoles se tournent pour y chercher un leadership; nous l'avons vu plus haut à propos des directions des commissions scolaires.Pour leur part, les associations d'administrateurs ou de professionnels n'ont guère élevé la voix pour défendre les besoins éducatifs de cette population spéciale.Quant au ministère de l'Éducation, il a publié en 1985 un document intitulé «Les élèves doués et talentueux à l'école: état et développement», dont les porte-parole répètent à tout venant qu'il ne constitue pas un énoncé de politique.Certes, le M.É.Q.y défend le bien-fondé d'une intervention spéciale auprès de ces jeunes, mais il se lave les mains de tout leadership en ce domaine et demeure plus que prudent (pour ne pas dire pusillanime) dans les positions qu'il énonce et les suggestions qu'il formule; de plus, il laisse l'entière responsabilité de l'intervention, tant sur le plan des ressources humaines que financières, aux commissions scolaires.Mentionnons quand même le récent geste courageux du ministre de l'Education, qui a «légèrement» ouvert la porte à l'entrée hâtive à l'école des enfants précoces nés après le 30 septembre, et ce alors que ses propres fonctionnaires lui avaient proposé une politique plus restreinte et «étapiste ».Pendant qu'ici on tergiverse.« disputai Ile » et «polémise», ailleurs on s'occupe activement de développer les talents.En voici quelques exemples.Dans la plupart des pays de l'L'urope de l'Est, le dépistage systématique des latents scolaires, artistiques et athlétiques s'amorce dès l'école primaire (comme en témoignaient eloquemmcnt les récents |eux olympiques de Calgary!).En Israel, on a depuis longtemps reconnu que les habiletés et les talents consti-iliaient la principale ressource naturelle de ce petit État.Aux Etats-Unis, les sommes consacrées annuellement aux services spéciaux en douance se comptent par centaines de millions de dollars.En Ontario, une loi reconnaît officiellement les jeunes doués ou talentueux comme clientèle spéciale et oblige les commissions scolaires à leur offrir des services appropriés.En guise de conclusion Quand poserons-nous, à l'échelle de la province, des gestes concrets pour offrir aux jeunes doués ou talentueux des environnements pédagogiques qui permettent le développement optimal de leurs talents?N'y ont-ils pas droit comme tous les autres enfants?Quand accorderons-nous à leurs besoins une certaine priorité, même si, comme nous le reconnaissons, cette priorité est moindre que.celle des élèves en difficulté?À nos yeux, la justice distributive exige une juste distribution: moindre priorité devrait signifier moindre participation aux ressources humaines et financières, et non pas absence de toute participation.Voilà pourquoi nous trouvons démagogique et malhonnête l'argumentation delà C.E.Q.où chaque dollar versé à la douance est un dollar retranche aux élèves en difficulté.Qu'ils soient conséquents avec leur principe du «tout ou rien», en versant les cotisations syndicales à l'enfance exception nelle! C D i_A PRESSE, MONTRÉAL DIMANCHE 12 hhw iqrr Un membre de l'Église unie président de l'ACAT JULES BËLIVEAU Bien que majoritairement catholiques, les membres de la sec-t i o n canadienne de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture ( ACAT ) viennent d'élire comme président de leur organisation, à l'occasion de leur assemblée annuelle, un membre de l'Église unie du Canada, M.Gérard Gautier.Celui-ci succède à la direction de l'organisme à une religieuse catholique, soeur Thérèse Ben-guerel.Association oecuménique vouée à la défense des victimes de la torture, l'ACAT est une organisation humanitaire poursuivant sensiblement les mêmes buts qu'Amnistie internationale, avec laquelle clic entretient d'ailleurs des liens étroits.Elle ajoute toutefois à ses moyens d'action la prière de tous ses membres.Au cours d'un entretien à bâtons rompus avec le représentant de La Presse, le nouveau président de l'ACAT-Ca-nada a dit ainsi la raison de la prière au sein de son organisation : «Nous croyons en son efficacité.Aussi prions-nous non seulement pour les victimes de la torture, mais également pour les tortionnaires.» Dans le monde, l'ACAT, qui a été fondée en 1974, compte des sections nationales dans une douzaine de pays \u2014 surtout en Europe \u2014 et réunit de 25000 à 30000 membres.La section canadienne de l'organisation, dont font partie environ 300 membres, a été mise sur pied en 1985 par l'abbé Gabriel Villemure, curé de la paroisse Saint-Léon de West-mount.L'actuel conseil d'administration de l'ACAT-Canada regroupe, outre, son président membre de l'Église unie, des catholiques, un orthodoxe et un prêtre de l'Église épiscopale (anglicane).LE CARDINAL VACHON A LA LEGION D'HONNEUR ¦ Le cardinal Louis-Albert Va-clion a été nommé officier de la Légion d'honneur par le président de la République française, M.François Mitterand.La distinction prestigieuse accordée à l'archevêque de Québec, qui est également primat de l'Église catholique canadienne, lui a été décernée à la veille de son 50e anniversaire d'ordination à la prêtrise.En faisant l'annonce de cette nouvelle, le consulat général de France a souligné que cet honneur vise à couronner les efforts exceptionnels déployés toute sa vie par le cardinal Va-chon pour la qualité, la défense et le rayonnement de la langue française en Amérique du Nord.Le consulat a ajouté que cette distinction exprime en outre «la gratitude des autorités françaises pour la contribution de tout premier ordre que le cardinal Louis-Albert Vachon, comme recteur de l'université Laval puis comme archevêque de Québec, a apportée au renforcement des liens entre le Québec et la France.» Le cardinal Vachon, qui est âgé de 76 ans, a été ordonné prêtre le 11 juin 1938.LE MTC DEVANT LES DÉFIS D« UNE SOCIETE BRISÉE» ¦ «Une société brisée».Cette expression courte et tragique résume les réalités devant lesquelles cinq délégués québécois et 145 autres membres originaires de quelque 45 pays du M.Jacques Archibald Le cardinal Louis-Albert Vachon Mouvement mondial des travailleurs chrétiens ( MMTC) se sont trouvés au cours de l'assemblée mondiale de leur mouvement, qui vient d'avoir lieu à Alicante, dans le sud de l'Espagne.M.Jacques Archibald, de Québec, qui a terminé son mandat comme président international du mouvement, et les autres délégués québécois disent avoir constaté que, dans tous les pays, des faits et des événements montrent de grandes brisures dans notre monde: entre ceux qui ont un emploi stable et les chômeurs et assistés sociaux, entre les travailleurs syndiqués et organisés et ceux qui n'ont aucune protection, entre les pays riches et ceux en développement.Les représentants du Mouvement des travailleurs chrétiens du Québec (MTC-Q) ont identifié ainsi les priorités proposées pour les quatre prochaines années et qui peuvent avoir le plus d'impact dans leur organisation au Québec: 1- Combattre la progression du travail précaire: emplois occasionnels, sous-payés, à temps partiel, clandestins; 2- S'informer sur les conséquences pour les travailleurs et travailleuses de la ratification éventuelle de l'accord du libre-échange entre le Canada et les États-Unis; 3- Continuer la sensibilisation aux effets néfastes de l'industrie militaire dans notre pays et dans le monde et rechercher les alternatives possibles à ces industries; 4- Faire une place de plus en plus grande aux chômeurs et aux marginalisés et prendre une part active dans leurs luttes, entre autres celle contre la réforme de l'aide sociale; 5- Appuyer les membres du MTC déjà engagés dans des groupes politiques (municipaux ou provinciaux ) et s'enrichir de leur expérience; 6- Mieux comprendre comment la foi invite à s'engager pour transformer le monde et agir à l'intérieur de l'Église pour que cette «dimension politique» soit acceptée et influence l'action et les prises de position.Le Mouvement des travailleurs chrétiens du Québec, qui a été fondé en 1949 sous le nom de Ligue ouvrière catholique, a changé d'appellation et d'orientation en 1965.Il existe dans une dizaine de villes du Québec.H y compte environ 400 membres répartis dans quelque 50 groupes.UN DINER-BENEFICE POUR L'INSTITUT CATH0LI0UE ¦ Un diner-bénéfice au profit de l'Institut catholique de Montréal, dont la mission est la formation des maîtres catholiques, aura lieu demain soir à l'hôtel Bonavcnturc-Hil-ton de Montréal sous la présidence du cardinal Paul Grégoire.Mgr Gérard Dcfois, recteur de l'institut catholique de Lyon, prononcera à cette occasion une conférence dont le thème sera «L'enseignement catholique: un prophète dans le monde actuel ».On sait que l'Institut catholique de Montréal, qui a été fondé il y a quelques années par le cardinal Grégoire, lui tient fortement à coeur: cette institution, dont les locaux sont situé dans l'édifice de l'ancien Institut pédagogique Murgucritc-Bourgcoys ( la maison mère actuelle de la Congrégation Notre-Dame), veui en quelque sorte reprendre le flambeau des écoles normales disparues et assurer une formation vraiment catholique h de futurs enseignants.L'équipe du Bureau Interculturel Montréal : à l'arrière plan, de g.mier rang, Claudel Toussaint, Fernando Rivera Joaquina Pires et à d., la coordonnatrice Viviane Ducheine et les agents de liaison Diane Lehoux, secrétaire.photo robert naoon ufttm Anh-Dao Nguyen, Dominique Fortier et Anna-Maria Fiore.Au pre- Les premiers pas d'un nouveau-né LILY TASSO Ce qui devait être un comptoir multi-/Jj^_^ lingue lors de sa conception, il y a VI plus d'un an, a .«m pris le nom de ¦l «H Bureau Interculturel Montréal en voyant le jour, le 7 mars dernier, et en é-largissant sa vocation première.Centre d'information sur les services municipaux, centre de consultation et de référence, le BIM qui loge au rez-de-chaussée de l'Hôtel de Ville, devient aussi le pivot de la communication interculturellc entre l'administration municipale et les 700000 Montréalais d'origines diverses.En d'autres termes, un lieu de sensibilisation à la réalité interculturelle de la métropole et le trait d'union entre les services municipaux et les groupes ethniques.C'est tout un programme.Aussi le BIM mettra-t-il quelque temps encore à trouver sa vitesse de croisière.«On ne peut pas régler en trois mois ce qu'on n'a pas fait en dix ans», constate André Huneauit, assistant-directeur du module Relations avec les citoyens et responsable du BIM pour lequel la Ville de Montréal a investi $450000.La difficulté à l'heure actuelle consisterait d'abord à concilier les activités dé développement prévues avec des dossiers ponctuels: fêtes, événements culturels spécifiques, assistance particulière, demande de locaux, etc.«On balbutie encore, mais il faut que notre présence marque une différence», estime un membre de Kéquipe triée sur le volet et coordonnée par Viviane Ducheine.Ses agents de liaison \u2014 Anne-Marie Fiore, Dominique Fortier, loaquina Pires, Anh-Dao Nguyen, Fernando Rivera et Claudel Toussaint \u2014 en plus du français et de l'anglais, parlent respectivement l'italien, le grec, le portugais, le vietnamien, l'espagnol et le créole.Font partie également de l'équipe Diane Lehoux, la secrétaire, et Karin Michnick, prêtée au service des affaires corporatives où elle est affectée au programme d'accès à l'égalité.A propos de langue, précisons que le BIM entend augmenter son registre en mettant sur pied une banque d'interprètes bénévoles, recrutés parmi les fonctionnaires municipaux.Pas moins de 450 candidats avaient brigué ces postes récemment créés à l'Hôtel de Ville : 77 avaient été retenus et 16 seulement ont passé haut la main le concours et satisfait aux exigences d'un jury de trois membres.Leurs expériences n'étant pas égales, c'est M.Huneauit qui a procédé au choix final.Les élus détiennent tous soit une maîtrise soit un baccalauréat en sciences sociales, humaines ou politiques et ont à leur actif au moins trois années dans le domaine interculturel.Plus, évidemment, l'esprit de synthèse et la capacité d'analyse inhérents à leurs postes.Entrés en fonction le 11 janvier dernier, ils ont commencé par recevoir six semaines de formation sur les structures municipales et ses 12 services qu'ils ont visités l'un après l'autre afin de les connaître d'un peu plus près.Ce sont eux qui devront transmettre aux 12000 fonctionnaires municipaux «une philosophie d'ouverture envers les communautés culturelles», comme le souligne loaquina Pires.De plus, c'est le BIM qui jouera le rôle de service conseil auprès des instances politiques, en préparant à leur intention des profils des communautés, au fur et à mesure des besoins.Le BIM compte aussi relever le défi de sortir les groupes ethniques de leur repli sur eux-mêmes.Les maisons de la Culture devront s'ouvrir davantage aux minorités, ce qui entraînera un appel aux nombreux artistes des communautés, encore trop peu connus.On peut présumer d'ores et déjà qu'en réussissant à remplir sa tâche, le BIM pourra contribuer dans une large mesure à intégrer avec harmonie un cosmopolitisme réel et non pas de surface au caractère essentiellement français de notre ville.PREMIER POLICIER D'ORIGINE VIETNAMIENNE ¦ M.Quoc Tuan Trfnh devient le premier policier d'origine vietnamienne au Service de la police de la CUM.Il a été assermenté par le directeur du service de police de la Communauté urbaine de Montréal, M.Roland Bourgct, au cours d'une cérémonie spéciale vendredi dernier.FEMMES AFRO-ASIATIQUES ¦ Vendredi et samedi, les 17 et 18 juin, à l'UQAM.1495 St-Denis, Foyer Alfred-Lali- berté, salle |M400, colloque organisé par le Centre maghrébin de recherche et d'information sur «La longue marche des femmes afro-asiatiques vers l'égalité: bilan et perspectives», avec la participation de déléguées venues de nombreux pays.Date limite pour les inscriptions: 15 juin.Renseignements: Fatima Houda-Pepin 487-6488.\t La moitié du monde^\t Levesque a-t-il sonné le glas des garderies privées ?HUGUETTE ROBERCE omment peut-on concevoir que le budget Levesque puisse créer et financer 60 000 nouvelles places en garderie, alors que plus de 10000 places existantes sont en péril et que, jusqu'à présent, aucun moyen financier n'a été avancé pour maintenir ces places?» Difficile de ne pas déceler l'accent du désespoir dans ce cri d'alarme lancé par l'Association des propriétaires de garderies du Québec, réagissant au budget «nataliste» du ministre des finances Gérard-D.Levesque.L'organisme rappelle que 25 p.cent de l'ensemble du réseau des services de garde est actuellement privé de toute subvention.Qu'il est financé à 100 p.cent par l'entreprise privée gérée par des femmes.Que cela représente, outre les 10000 places en garderies menacées, plus de I 100 emplois.«Pourtant, nos garderies privées offrent une qualité équivalente ou supérieure aux garderies subventionnées, plaident les propriétaires.Elles observent les mêmes normes et sont soumises aux mêmes règlements fixés par l'Office des services de garde.Et nos tarifs sont équivalents à ceux des garderies subventionnées.De l'avis de l'Association, il serait préférable, avant d'injecter quelque somme que ce soit dans de nouvelles garderies, que l'on voit d'abord à consolider clans les plus brefs délais ces places-enfants déjà reconnues par l'Office des services de garde.« Il serait logique que nous occupions les 10000 premières des 60000 places annoncées dans le discours du budget de M.Levesque.«À l'heure où tous les paliers de gouvernement s'alarment et s'inquiètent de la baisse du taux de natalité et cherchent des mesures pour encourager et aider les familles, nous, investisseurs restés fidèles à notre vocation sans égard aux contraintes budgétaires, avons compris bien avant aujourd'hui cette mission sociale» disent encore les propriétaires de garderies privées qui pressent maintenant le gouvernement à joindre ses efforts aux leurs.D'aucuns se diront: «La belle affaire! Que les garderies privées s'intègrent au réseau public, ou se résignent à disparaître! Une garderie publique, c'est une entreprise qui ne vise pas le profit et dont la gestion et l'administration impliquent parents et employés.Le gouvernement n'a pas à financer l'entreprise privée, qui fonctionne à la façon décrétée par lela propriétaire, c'est-à-dire chacune à sa façon.» Il reste que, dans les faits, plusieurs parents confient leur enfant à une garderie privée dont ils ont vérifié la bonne tenue, parce que leur travail ne leur permet pas de s'impliquer, à quelque titre que ce soit, dans la gestion et l'administration de cette entreprise.Le peu de temps qui leur reste, ils choisissent de le passer auprès de leur enfant.« Une garderie, c'est une garderie, disent les propriétaires.Et l'entreprise privée ne peut plus à elle seule financer un service d'État.Quand donc notre travail sera-t-il reconnu?Quand donc aurons-nous l'égalité, comme cela peut se vérifier ailleurs au Canada?N'a-t-on pas compris que la garderie est l'outil indispensable, une aide directe à la famille et que, pour ces raisons, il serait bon que tous les établissements reconnus par l'Office soient considérées de façon équitable pour le micux-étre de l'ensemble de la population.» LA FOIRE INTERNATIONALE DU LIVRE FEMINISTE: ÇA Y EST! ¦ Sous la présidence de Nicole Brossard, la Foire internationale du livre féministe, troisième de son histoire, promet d'être un événement culturel de premier plan.Plus de 200 auteures de 50 pays sur le campus de l'Université de Montréal, du 14 au 19 juin.Une occasion unique de découvrir des paroles de femmes auxquelles nous n'avons que trop peu accès.La Foire internationale du livre féministe, c'est 10,000 ouvrages à signatures féminines, des périodiques féministe, des conférences, des ateliers, des lectures publiques, des tables-rondes, des spectacles, etc.Chaque journée se verra attribuer un thème particulier ( la mémoire, le pouvoir, les stratégies de la pensée féministe.).Billets quotidiens et passeports (pour l'ensemble des activités) en vente aux librairies l'Essentielle.420 est.Rachel, et l'Androgyne, 3636 Saint-Laurent.Pour plus d'information: 843-3169 ou 3282.ENSEIGNANTE HONORÉE ¦ Le président de la commission scolaire Blainville-Dcux-Montagnes, M.René Tousi-gnant.a décerné récemment une médaille d'or portant l'inscription Les enseigne- ments restent, accompagnée d'une bourse de Si.000, à Mme Louise Lecompte, enseignante à l'école Gustave-Desjardins de Mirabel.Mme Lecompte (notre photo) s'est mérité ce prix pour l'enseignement des sciences décerné conjointement par l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences et la compagnie Northern Telecom.Mme Lecompte a ainsi vu sanction ner son travail passionné et soutenu en faveur de la formation scientifique des jeunes.En recevant cette distinction, elle a dit souhaiter «une conspiration du milieu industriel, scientifique et pédagogique» pour favoriser le goût des sciences chez les jeunes.CANCER DU SEIN ¦ Avec son nouveau programme de «clinique de la femme», le Centre médical du Sanctuaire du Mont-Royal, veut assurer la relève au projet fédéral de recherche^ cl inique sur le dépistage du cancer du sein qui s'est terminé en mars dernier.Mené durant cinq ans à l'initiative du ministère fédéral de la Santé, ce projet visait à vérifier la va- leur de la mammographie comme outil de dépistage.Les médecins qui ont participé à ce projet à l'Hôtel-Dieu de Montréal sous la direction du Dr Jacques Cantin, du service de chirurgie oncologique, entendent mettre à projet à La Clinique de la femme, l'expérience acquise dans le cadre du projet de recherche.A portée plus large, les services disponibles à cette clinique couvrent les maladies du sein, de l'utérus et des autres organes féminins touchés par la contraception et la ménopause.La Clinique de la femme est située dans l'Atrium du Sanctuaire, et honore la carte-soleil.OBJECTIFS D'ÉQUITÉ ¦ Le gouvernement d'Ottawa a récemment fait connaître les nouveaux objectifs qu'il s'est fixés pour les trois prochaines années à l'égard des femmes, des autochtones et des minorités visibles dans la fonction publique fédérale.Ainsi, on a établi à 15,2 p.cent, ou 678 femmes, l'objectif à atteindre d'ici le 31 mars 1991 quant à la représentation féminine dans la catégorie de la gestion, laquelle s'établissait à 10,6 p.cent (ou 481 femmes) à la fin de 1987.Cette catégorie comptait 281 femmes en 1984.Dans les professions non traditionnelles, la representation des femmes devrait passer de 7,4 p.cent à 10,3 p.cent durant les trois prochaines années, soit une augmentation de 1096 femmes."]
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