La presse, 16 octobre 1988, B. Élections 88
[" LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 OCTOBRE 1988 Un second mandat très colérique pour Mulroney, prédit une voyante PAUL ROY Détendez-vous.Enroulez-vous un turban autour de la tête et imaginez une boule de cristal.Vous êtes prêts?Pensez à une date, n'importe laquelle.Disons le 21 novembre.Que va-t-il se passer le 21 novembre?C'est ça, des élections.Et qui va gagner?Brian Mulroney.Oui, vous avez encore raison.L'opposition officielle, maintenant : concentrez-vous.Le-NPD?Tut, tut.pensez encore.Eh oui, le bon vieux Parti libéral.Mais peut-être plus celui de John Turner.Ça aussi, vous vous en doutez bien.Reposez-vous maintenant.Laissez poursuivre Mme Chris-tiane Lélus, une vraie clairvoyante chez qui une équipe de La Presse s'est pointée, rue Sherbrooke, hier matin.Mme Lclusdit qu'elle avait prédit un deuxième mandat à Mulroney dès janvier 1986 \u2014 à l'époque, c'était plus risqué \u2014 et le krach boursier de l'an dernier en janvier 1987.Brian Mulroney va entreprendre son second mandat avec «une majorité assez confortable», selon elle.Mais les scandales ne seront pas loin.«On ne va pas le laisser tranquille, prévoit Mme Lclus.Cet homme-là va faire de ces colères ! » Chez les libéraux, Jean Chrétien va faire surface tandis que PHOTO PIERRE COTE U Prroe Mme Çhristiane Lelus, clairvoyante chez les néo-démocrates, «Broadbent fera son petit ménage ».Mulroney aussi.«II va s'entourer beaucoup mieux cette fois-ci, prédit la clairvoyante.Sa formation sera plus équilibrée.» Mais les temps seront durs: le vase de l'environnement va déborder de temps en temps et le printemps 1989 va nous apporter un nouveau krach boursier.Et après 1993, ça s'annonce encore plus mal.Une fin de siècle difficile.\u2014 Fera-t-il beau, au moins, le 21 novembre?\u2014 le ne fais pas la méléo, monsieur.Electogmmmes RECHERCHE CANDIDATS DÉSESPÉRÉMENT ¦ Pas facile de dénicher des candidats libéraux par les temps qui courent! Prenez le COinté de Ciiaiiipiaiû: Un premier aspirant-candidat, l'ancien député Michel Veillette, s'est désisté une première fois il y a environ un mois.Puis il a semblé revenir sur sa décision.pour se désister à nouveau.Le parti a alors approché le président régional de l'UPA, Claude Carignan: pas de chance, après quelques jours ce dernier a lui aussi tiré sa révérence.Finalement, il a fallu faire appel à un permanent libéral de Montréal, André Burke, dont l'assemblée d'investiture doit avoir lieu demain.Même phénomène dans Témiscamin-gue: le candidat néo-démocrate Rémi Trudel y fait campagne depuis déjà six mois contre le député sortant Gabriel Desjardins.Mais les libéraux ont du reporter leur assemblée d'investiture, faute de candidat.BUJOLD RESTE CONFIANT ¦ Refusant de se laisser abattre par les tuiles qui tombent sur les libéraux depuis le déclenchement des élections, M.Rémi Bujold, responsable de l'organisation du PLC pour le Québec et candidat dans Québec-Est, soutient que la campagne libérale est bien amorcée dans la province.Il croit en outre que la mise en branle de l'opération-publicité, au 28ème jour de la campagne, aura pour effet de secouer l'apathie de la population envers le rendez-vous électoral du 21 novembre.Il a d'ailleurs pu prendre les mesures de cette apathie en faisant du porte-à-porte dans sa circonscription: «Quarante-cinq p.cent des gens que je rencontre ne savent même pas de quel comté ils font partie.» TURNER DANS L'ESTRIE ¦ Le chef libéral John Turner fera un saut imprévu dans l'Es-trie, aujourd'hui, où il assistera entre autres au lancement de la campagne du député libéral sortant de Richmond-Wolfe, Alain Tardif.Ce même Alain Tardif qui avait ouvertement contesté son leadership il y a un peu plus d'un an.«Quand on l'interroge à ce sujet, M.Tardif réplique qu'en tant qu'avocat, il a vu beaucoup de couples en instance de divorce faire marche arrière et revenir ensemble.Ça fait souvent des mariages solides», a noté un organisateur du comté.D'ONCLE À NEVEU.¦ Le candidat libéral de Laval-des-Rapidcs, François Arse-nault, est le neveu de l'ancien et coloré député libéral à Québec, Bona Arsenault.Neveu au deuxième degré, puisque son père est le cousin de l'cx-minis-tre du gouvernement Lesage.Une famille rouge?Pas vrai- ment.«Mon grand-père était organisateur conservateur dans le bas du fleuve», précise François Arsenault.Ce dernier estime qu'à 41 ans, il était temps pour lui de se lancer en politique active, pour empêcher «une bande de profiteurs de donner le Canada aux États-Unis».LE TRAIN NE FERA QUE SIFFLER.¦ Les six électeurs de M'CIin-tock, à 850 km au nord de Winnipeg, avaient l'habitude d'aller voter dans un bureau de scrutin ambulant, situé dans le wagon à bagages du train qui traverse la toute petite communauté à 5 h 34 du matin.Mais cette année, leurs habitudes électorales risquent d'être bouleversées.11 semble qu'à Élections Canada, on estime que celte façon d'exercer ses droits démocratiques contrevient aux règles établies, ne serait-ce que parce que les bureaux de scrutin sont censés ouvrir non pas à l'aube, mais à 9 h du matin.Solutions?Noiiser un hélicoptère, ou organiser une séance de vote par anticipation.Pour le moment, les responsables s'arrachent les cheveux.ALLIANCE-OUÉBEC RIDES ACAIN ¦ Le président d'Alliance-Québec a envoyé hier une lettre aux chefs des trois grands partis fédéraux, leur demandant de «renouveler leur engagement envers l'abrogation de la clause nonbstant.» M.Royal Orr s'est dit «encouragé» de voir que la question de la clause derogative ait déjà été soulevée en cours de campagne.« La présence de la clause nonobstant est un danger constant pour nos droits en tant que citoyens», conclut M.Orr.Rappelons que cette clause, que M.Turner a l'intention d'abolir, permet aux provinces de se soustraire à l'application de la Charte des droits et libertés.LE NERF DU CHEF ¦ Petite précision pour éviter la confusion: le chef libéral John Turner souffre d'un léger malaise dû à un nerf coincé au dos, et non au genou comme nous l'affirmions dans une légende hier.Dans sa chronique, Lysiane Gagnon avait d'ailleurs, de son coté, posé le bon diagnostic.AUJOURD'HUI ¦ Ed Broadbent et Brian Mulroney prennent un jour de congé aujourd'hui.¦ Le chef liberal lohn Turner se rendra dans la région de l'Estrie, où il assistera, en compagnie de Francis Fox, à l'assemblée de mise en nomination du candidat de Richmond-Woire, M.Alain Tardif.Il prendra part également à une assemblée libérale dans le comté d'Asbestos.AT V Mulroney promet d'améliorer le sort des personnes âgées et des plus démunis PIERRE APRIL de la Presse Canadienne SUMMERSmr.IleduPrinceÉdouard Après deux semaines de campagne électorale, le premier ministre Brian Mulroney a senti le besoin d'expliquer pour la troisième fois en deux jours ce qu'il a l'intention de faire avec les programmes sociaux, s'il est reporté au pouvoir le 21 novembre prochain.C'est devant les membres du Club de l'Age d'or de Summcrsi-dc dans l'île-du-Prince-Edouard, qu'il a réaffirmé sa ferme intention de ne pas toucher aux programmes sociaux existants, sinon pour les améliorer.«Pendant cette campagne, a-t-il déclaré, nos adversaires ont décidé pour des motifs purement partisans, de pratiquer les politiques de la peur, d'essayer d'effrayer les Canadiens et les Canadiennes en leur faisant croire que si nous intensifions nos échanges commerciaux avec les États-Unis nous finirions par perdre nos programmes sociaux, ou notre identité culturelle, ou même notre indépendance politique.«C'est insensé, a-t-il poursuivi, et les Canadiens le savent.Pensez-vous que notre gouvernement aurait pris des initiatives de développement régional et sur le plan social comme dans le cas des garderies si nous avions eu les mains liées par le traité commercial avec les États-Unis.» Sans pour autant pointer directement les programmes sociaux comme l'assurance-chômage, les allocations familiales et l'assurance-santé, sans mentionner s'il entendait préserver l'universalité de ces politiques sociales, le premier ministre a promis davantage pour les personnes âgées et les plus démunis de la société canadienne.Déjà dans un premier mandat, le ministre des Finances a tenté, sans succès de désindexcr les pensions, le ministère de l'Emploi et de l'Immigration a commandé une enquête exhaustive sur une révision de la loi de l'Assurance-chômage pour finalement ne rien changer et a souvent laissé entendre que le principe de l'universalité des allocations familiales, par exemple, n'était pas nécessairement juste, puisque les plus riches de la société recevaient autant que les plus démunis.A ceux de ses adversaires qui ont décidé de lier l'avenir de nos programmes sociaux à l'entrée en vigeur, en janvier 1989 et sur une période de dix ans, de l'accord bilatéral commercial avec les Américains, M.Mulroney a opposé la théorie que la prospérité contribue infailliblement à l'amélioration des politiques sociales.« Un des résultats de l'Accord, a-t-il dit, sera justement de maintenir la croissance et la prospérité de notre économie, ce qui aura M.Brian Mulroney pour effet d'une part d'augmenter le nombre d'emplois et les salaires, et d'autre part de créer les nouvelles richesses nécessaires pour soutenir et étendre nos régimes de pensions, de soins médicaux et nos autres progrmmes sociaux.Ainsi, nous allons étendre notre régime national de sécurité sociale pour mieux répondre, au cours de la prochaine décennie, aux besoins de notre société dont les membres seront plus âgés.» La politique conservatrice consiste à rendre l'économie plus vigoureuse, de telle sorte que la société sera plus en mesure d'aider ceux qui en ont besoin: «les personnes âgées, les anciens combattants et tous ceux et celles qui ont été désavantagés d'une façon ou d'une autre et pour qui la nation peut faire quelques chose».«Je voudrais dire un mot.u ajouté le premier ministre, tout particulièrement à nos citoyens du troisième âge: n'ayez crainte, dans l'avenir le Canada va augmenter l'aide qu'il vous offre, à chacun de vous; il ne le diminuera pas.Aussi longtemps que je serai premier ministre du Canada, les avantages sociaux, et en parti culicr ceux s'adressant à nos personnes âgées, seront améliorés et non diminués par notre gouvernement, qui s'est engagé à promouvoir la justice sociale et l'équité.» Immédiatement après avoir rencontré cette centaine de personnes âgées, le premier ministre a visité un producteur de pommes de terre de Summerside, pour les besoins en images des réseaux de télévision.En fin de journée, hier, et après une visite dans la capitale de l'Ile-du-Prince-Edouard, Charlotte-town, le premier ministre est rentré à Ottawa pour deux jours.«Mulroney aurait dû rompre son amitié avec Reagan à cause des pluies acides» CUV TAILLEFER de la Presse Canadienne TORQNTO La question de l'environnement, a déclaré hier à Toronto le chef du NPD Ed Broadbent, aurait mérité que le premier ministre rompe l'amitié qu'il a si os-t*-»rjcjtiiomj}n* epîr°!°!ïue av^^ le président américain Ronald Reagan au cours des quatre dernières années.«Si le premier ministre avait été réellement préoccupé par l'environnement, il aurait mis à l'épreuve son amitié avec M.Reagan sur la question des pluies acides», a-t-il affirmé devant 150 membres du Réseau environnemental de l'Ontario, une organisation parapluie qui chapeaute 275 groupes écologistes provinciaux.\"M.Broadbent avait placé hier sa journée sous le signe de l'écologie.Après son discours livré en matinée devant un auditoire conquis d'avance, il visitait dans l'après-midi en hélicoptère la vallée de la rivière Rouge, située près de la métropole torontoise, l'un des sites écologiques non-protégés les plus riches au pays.C'est un dossier qui fait depuis des années l'objet d'une polémiqué à Toronto.Un gouvernement du NPD, a dît M.Broadbent, céderait au gouvernement ontarien les 140 acres de terré que possède Ottawa dans là région à la condition qu'il accepte d'en faire un parc ou une réserve.M.Ed Broadbent Queen's Park subit de fortes pressions de promoteurs immobiliers qui préféreraient en faire une zone résidentielle.L'engagement de M.Broadbent témoigne de l'importance électorale qu'accorde le NPD à la question de l'environnement.Un sondage Environics publié hier indique que des trois partis fédéraux, c'est le NPD qui traite avec le plus de compétence des dossiers de l'environnement, des programmes sociaux et de l'intégrité gouvernementale.Devant le Réseau environnemental, M.Broadbent a dénoncé une fois de plus l'hypocrisie du gouvernement Mulroney, qui tout à la fois prétend faire de la dépollution une «priorité no.1» et coupe dans les budgets et le personnel du ministère de l'Environnement.«Le traité de libre-échange, a-t-il soutenu, est la meilleure illustration de toute la distance qui sé- \u2014 Ed Broadbent pare la rhétorique de la pratique de M.Mulroney en matière environnementale.» M.Broadbent a ridiculisé le ministre du Commerce extérieur John Crosbie, selon lequel l'entente canadp-américaine est un document de nature strictement commerciale, sans conséquence sur la juridiction du Canada au chapitre écologique.«C'est complètement absurde», a dit M.Broadbent.selon lequel Washington pourrra très bien, si le traité entre en vigueur, considérer comme de la concurrence déloyale les subventions versées par Ottawa aux entreprises qui prennent des mesures anti-pollution.«C'est une capitulation de l'autorité que nous avons sur notre environnement», a-t-il affirmé dans son discours d'une quinzaine de minutes.Le chef néo-démocrate Ed Broadbent a dénoncé hier la «mauvaise foi » du gouvernement conservateur dans le dossier des indiens Lubicon de l'Alberta, qui ont décrété leur indépendance hier.«Il existe un besoin réel de négociations sérieuses», a-t-il affirmé hier à Toronto, refusant toutefois de porter un jugement sur l'initiative autochtone.Le chef du NPD Ed Broadbent a poliment rabroué hier son député d'Ottawa-centre Michael Cassidy pour avoir engagé le parti à verser S23 millions en compensations aux Sino-Canadiens.Libre-échange les provinces risquent gros, avertit Romanow Presse Canadienne OITAWA Les premiers ministres de l'Ouest canadien et celui du Québec risquent de perdre des droits provinciaux difficilement acquis s'ils continuent à donner leur appui au traité de libre-échange, a déclaré hier le leader néo-démocrate de la Saskatchewan, M.Roy Romanov.L'ancien procureur général de la Saskatchewan, et un des principaux acteurs des négociations constitutionnelles de 1981, a déclaré que des années de pourparlers et de compromis entre les gouvernements fédéral et provinciaux pourraient être anéanties si, à cause du libre-échange, Washington devait avoir sa voix au chapitre.Selon lui, grâce aux négociations constitutionnelles, les provinces ont gagné le plein contrôle de leurs ressources naturelles et le droit d'utiliser les profits qu'elles en tirent pour des programmes gouvernementaux.Mais la loi fédérale qui mettrait en vigueur le traité de libre-échange permettrait à Ottawa de passer outre les lois provinciales entrant en conflit avec les conditions du traité, comme celle donnant libre accès aux réserves de pétrole et de gaz naturel, a-t-il soutenu.«Maintenant, il y aura un tiers parti à la table de négociations», a déclaré M.Romanov.Dans Levis, les sous-marins nucléaires font encore partie de l'enjeu électoral RUDV LE COURS LEVIS Accuse par ses adversaires libéral et néo-démocrate d'avoir laissé filer les frégates au Nouveau-Brunswick au détriment des chantiers de Lauzon, le député conservateur sortant Gabriel Fontaine n'est pas à court d'armes.« La décision de construire les sous-marins à propulsion nucléaire me semble irrévocable», clamc-t-il en entrevue.II rappelle que son chef Brian Mulroney a réitéré le 28 août sur les ondes d'une radio M.Gabriel Fontaine anglophone sa décision d'aller de l'svant.Depuis, on le sait, le gouvernement a annoncé qu'il ne choisirait pas avant le 21 novembre entre le modèle britannique Trafalgar ou le français Rubis-Améthyste.Ce report permettait jeudi soir au secrétaire d'Etat Lucien Bouchard de décla-t rer à l'émission Le Point que la décision était «suspendue», laissant même entendre qu'elle pourrait ne jamais être prise.Cela n'empêchera pas le député de Lévis de dire à ses électeurs que ni les libéraux, ni les néo-démocrates ne commanderaient les sous-marins.«Seuls les conservateurs investissent dans la défense», affirmc-l-il.M.Fontaine est convaincu qu'à la différence des frégates dont trois sont fabriquées à Lauzon et neuf au Nouveau-Brunswick, les chantiers navals de son comté hériteraient de tous les sous-marins, fussent-ils britanniques ou français.Selon lui, seul le consortium formé de Marine Industries, La-valin, SNC, Litton et Halifax-Dar-mouth pourra en être le maitre d'oeuvre, donc Lauzon.Le député se croit fort en avance et prétend disposer déjà de plus de 50 p.cent des intentions de vote, selon une extrapolation dans son comté de sondages menés à l'échelle de la région de Québec.Son adversaire liberal Denis Sonicr soutient lui aussi être en avance, ce qu'aucun autre candi- dat libéral de la région n'ose affirmer.Son organisation compte sur 300 bénévoles, souligne-t-il, et plus de 1 000 membres.Elle est dirigée par M.Daniel Vachon, ex-candidat NPD en 1980 et 1981 (partielle) et organisateur de Jean-Paul Flarncyen 1984.Fait presque inusité, l'assemblée d'investiture libérale dans Lévis s'est déroulée le 30 août avec une forte participation et dans l'enthousiasme.L'adversaire de M.Sonicr, M.Denis Grenier, s'est rallié de bonne grâce, et a jeté ses troupes derrière lui.M.Sonier affirme que M.Fontaine a éprouvé quelques difficultés à fournir des recenseurs dans certaines paroisses comme Saint-Narcisse.Dans sa campagne, il tente de démontrer que Lévis n'a pas profité de la manne gouvernementale, faute de représentation efficace.En plus des frégates.M.Sonier juge inacceptable que le député sortant n'ait rien dit lorsque Brian Moloney a déclaré que Sept-llcs était le meilleur emplacement pour une nouvelle alumine! ie alors que le rapport Carrier- Trottier concluait que ce devait être Lauzon.«Si mon chef disait une affaire comme ça, je me lèverais et le dénoncerais au nom des gens que je représente», affirme-t-il.De son côté, Jean-Paul Harney a remplacé M.Vachon par Robert Gaulin, l'ancien président de la CEQ, à la tétc de son organisation d'une trentaine de militants et de ses 377 membres.Il fera campagne sur la dépollution du Saint-Laurent et aussi, sur les chantiers navals.Il s'en prendra à la vedette libérale Paul Martin dont la compagnie CSI.vient tout juste de commander quatre vracquiers para-max au Brésil, conçus pour affronter les glaces du Saint-Laurent! M.Harney prepare aussi activement la venue d'Ed Broadbent dans son comte mais n'avait pus au moment de l'entrevue détermine a quelle activité il le convierait.M.Jean-Paul Harney B 2___ LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 16 OCTOBRE 1988 ¦ La PresseMH Paul Oesmarais president du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins, directeur de I information éditeur adjoint Alain Dubuc, éditorialiste en chef Editorial Sortez des chambres! Le projet du gouvernement Bourassa de réformer l'aide sociale est en train de créer une véritable psychose chez une partie de la population.Les méthodes répressives employées par certains fonctionnaires du ministère de la Sécurité du revenu, apparemment avec la bénédiction des autorités, sont telles qu'on en vient à complètement oublier le pourquoi de la réforme.Celle-ci devrait viser à réinsérer le plus d'assistés sociaux sur le marché du travail, assurer un revenu minimum vital à ceux qui en ont besoin, en augmentant même, si possible, les prestations actuelles, et enfin, s'assurer que les sommes allouées à l'aide sociale vont bien à ceux qui les méritent.La faille de la présente réforme, c'est qu'on a resserré les mesures de contrôle à un point tel que, dans certains cas, il y a eu harcèlement, pour ne pas dire persécution.Quand la nouvelle présidente du Conseil du statut de la femme, Marie Lavigne, et la ministre déléguée à la Condition féminine, Monique Ca-gnon-Tremblay, disent s'opposer à ce que les enquêteurs du gouvernement poussent leurs investigations «jusque dans les chambres d coucher», c'est qu'il y a eu abus.Quand leurs remarques rejoignent celles de la Commission des droits de la personne, de la Ligue des droits et libertés ou du Comité des affaires sociales de l'épiscopat catholique, organismes tous crédibles qu'on ne peut taxer de partisannerie, on se dit qu'il n'y a pas de fumée sans feu et que bon nombre de plaintes portées contre les enquêteurs sont sûrement fondées.Les fraudeurs de l'aide sociale \u2014 et il y en a \u2014 ne sont pas plus dangereux pour la société que les fraudeurs du fisc, par exemple, qui chaque année privent l'État de sommes bien plus rondelettes.Or on ne sache pas que les inspecteurs de Revenu Québec ou ceux de Revenu Canada aient employé des mesures aussi basses, qu'ils aient fouillé la vie privée des contribuables comme l'ont fait certains de ceux qu'on a appelés les «boubou-macoutes».Les articles d'Huguette Roberge dans La Presse d'hier démontrent clairement que les avantages et désavantages de la réforme Paradis-Bourbeau ne se définissent pas toujours en noir et blanc.Et que, par conséquent, Québec aura fort à faire pour convaincre la population de ses vertus.Dans un tel contexte, le ministre Bourbeau aurait intérêt à recommander à ses fonctionnaires de cesser immédiatement leur harcèlement.Vouloir mener de front \u2014 et si maladroitement \u2014 un projet de réforme et une opération de surveillance risque de tout embrouiller.Le Front commun des assistés sociaux dit rêver d'une «vraie» réforme de l'aide sociale, axée sur la lutte à la pauvreté, une meilleure répartition des richesses et l'autonomie des personnes.C'est à la réalisation de cet objectif et non à «'jouer à la police» que devraient s'atteler les décideurs et fonctionnaires du ministère de la Sécurité du revenu.Sinon la réforme de l'aide sociale québécoise risque de connaître le sort de celle de l'assurance-chômage à Ottawa : dormir sur les tablettes.Pierre VENNAT La fin de Tito Pendant 30 ans, le maréchal Tito a maintenu l'unité et l'indépendance yougoslaves face aux tensions de la guerre froide.Les récentes manifestations sont peut-être la fin .de son oeuvre.Malgré des liens linguistiques évidents, la Yougoslavie est un pays artificiel.Depuis l'époque romaine, une partie du pays s'est toujours tournée vers Rome, Venise et Vienne, alors que l'autre regardait du côté de Constantinople et de Moscou.Dès la fin de la guerre, l'unité a été maintenue grâce au pouvoir incontesté du parti communiste et à une constitution qui laissait beaucoup d'autonomie aux pouvoirs locaux.Le marasme économique \u2014 baisse du niveau de vie de 50 pour cent en huit ans et une inflation de 200 pour cent \u2014 a provoqué une profonde méfiance à l'égard du pouvoir et attisé la haine des Serbes à l'égard de la minorité albanaise.Le parti communiste de Serbie, avec l'appui de la population, prône l'instauration d'un gouvernement central fort pour l'ensemble de son territoire.Le chef du parti serbe, M.Slobodan Milosevic, serait par ailleurs prêt à devenir l'homme fort de toute la Yougoslavie, ce que la constitution entrée en vigueur à la mort de Tito veut expressément éviter.Il aurait des appuis ailleurs, notamment dans l'armée, mais la plupart des autres républiques craignent cette renaissance du nationalisme serbe.L'opposition la plus forte aux ambitions serbes vient de Slovénie et de Croatie, les deux républiques les plus prospères.Elles estiment qu'elles font partie de l'Europe occidentale et non des Balkans.Leurs gouvernements redoutent que des manifestations antiserbes puissent facilement prendre une saveur anticommuniste, surtout en Slovénie dont le parti communiste est à la glasnostce que la glasnost est à Staline.Demain, le comité central essaiera de démêler cette crise qui pourrait scinder le pays en deux et provoquer des interventions militaires étrangères, une crise que Tito avait voulu épargner à son pays.Frédéric WACNIÈRE Le prix de la fête L a Fête du Patrimoine que promet M.John Turner coûterait au bas mot un milliard et demi de dollars.Quand le chef libéral a lancé cette promette, il pensait sans doute avoir résolu la quadrature du cercle: faire plaisir à tout le monde sans que cela ne coûte un sou.Pas de chance! Le principe même d'un congé férié veut que les gens soient payés même s'ils restent à la maison.Conséquence: les employeurs, à travers le Canada, devront verser un salaire à douze millions de travailleurs en congé.Le coût total d'une journée de salaires s'élève à $1,1 milliard.A cela s'ajoutent des pertes économiques pour les secteurs où l'on ne pourra pas récupérer les activités perdues; s'ajoutent aussi les heures supplémentaires des employés qui devront quand même travailler.Cela fait facilement monter la note à plus de $1,5 milliard, soit infiniment plus que les éventuelles retombées économiques d'une longue fin de semaine.En soi, cette promesse est cocasse et anodine.Mais l'omission du chef libéral quant aux coûts est très révélatrice.Elle montre que le cafouillage du programme sur les garderies n 'était pas un hasard: le chef libéral, malgré son passage à Bay Street, malgré son expérience au ministère des Finances, n'a aucun réflexe économique.'¦ Mais si M.Turner développe, au fil de la campagne, une préoccupation plus grande pour l'impact économique et financier de ses engagements, voici une solution pour lui.Puisqu'il souhaite que la date de ce congé soit fixée dans le deuxième mois de l'année, pourquoi ne pas choisir le 29 février?L'économie serait appréciable.Alain dubuc ON PASSE L'OPPOSITION 1 Reprise de la campagne 84.DROITS RÉSERVES TRIBUNE LIBRE Mere Teresa et l'avortement Les prises de position de Mère Teresa sur la délicate question de l'avortement sont loin de faire l'unanimité chez les chrétiens, même pas chez les catholiques les plus pratiquants.Quelques lettres le démontrant ont déjà paru sous cette rubrique.En voici aujourd'hui deux autres.¦ Le Réseau oecuménique des femmes du Québec, dans sa critique de Mère Teresa (La Presse, 28 septembre), semble vouloir se couvrir du manteau de quelques églises, dont l'Église catholique, pour donner du poids à ses prises de position.Beaucoup d'organismes ont, eux aussi, des membres appartenant à plusieurs Églises sans qu'ils soient justifiés d'en tirer caution pour leurs opinions.Il va sans dire que ceci sème la confusion dans la population.Faire connaître la grande préoccupation de Mère Teresa pour le sort cruel que l'avortement réserve aux enfants, prisonniers dans le sein de mères qui n'hésitent pas à leur enlever la vie pour protéger leur égoïs-mc et leur confort, n'est pas «utilisation politique».C'est apporter un puissant encoura- gement à ceux qui se battent pour préserver la vie.Permettez-moi de rappeler aux «chrétiens» de votre réseau oecuménique que la pensée de Mère Teresa n'est pas «la pensée d'une seule personne» mais bien la pensée de l'Église et des centaines de millions de fidèles qui admettent, comme «vérité unique et absolue», l'enseignement de Dieu que le Christ nous a incessamment rappelé: Tu ne tueras point.(.) .¦ ¦- Il E Montréal Le Réseau oecuménique des femmes du Québec a£ S.Yvette Laprise ¦ Nous avons pris connaissance de l'intervention faite par S.Yvette Laprise au nom de votre réseau, dans la Tribune libre de La Presse du 28 septembre dernier sous le titre Mère Teresa et la politique.Nous vous rejoignons dans la nécessité de dire «une autre parole» dans ce débat si mal engagé de l'avortement et de Taire entendre une opinion concernant l'utilisation politique que l'on a fait du discours de Mère Teresa.Merci de l'avoir fait sur le ton respectueux qui convenait.Au nom de notre foi chrétienne, il fallait reposer la délicate question de l'avortement dans un contexte autre que celui de la condamnation, c'est-à-dire en invitant à une réflexion plus large, plus humaine, plus évan-gélique qui tienne davantage compte du drame que vivent les femmes aux prr.es avec ce problème.Nous sommes également bien d'accord avec vous pour affirmer que «les énergies et les fonds du gouvernement et des citoyens devraient se consacrer au redressement des conditions sociales plutôt qu'à la poursuite des présumés coupables.» Toutes nos félicitations pour ce geste collectif et soyez assurées de tout notre appui.Le Conseil exécutif des Soeurs Auxiliatriccs Suzanne LOISELLE, s.a.Nicole JETTE, s.a.Clotllde LEMAY, s.a La crise africaine ¦ Les pays riches tentent de trouver des moyens pour réduire la dette des pays en voie de développement (La Presse, 15, 19 et 20 septembre).En effet, depuis le début du « Programme d'action pour le redressement de l'économie et du développement africains», il y a deux ans, la situation s'est dégradée au lieu de s'améliorer.On assiste à une gigantesque partie de Monopoly aux frais d'un milliard d'individus qui sont sous-alimentés, qui n'ont pas le minimum suffisant pour vivre.Ceci est plus facilement explicable quand on sait que dans le monde bancaire, il existe des gens, comme monsieur Walter Seipp de la Commerzbunk d'Al- lemagne de l'Ouest, pour proférer des choses telles que: «Je n'ai pas travaillé 16 heures par jour dans une banque pour payer pour leur style de vie.Le mot compassion n'existe pas dans mon vocabulaire» ( Times Magazine, 10 octobre 88).En observant les photos publiées dans le même article, tout nous semble beau.Pourquoi veut-on réduire la dette de ces pays?Est-ce seulement pour leur permettre de payer?Pour leur permettre de survivre juste assez pour nous assurer des revenus jusqu'à la fin des temps?Quand prendrons-nous conscience que, à l'autre bout de la terre, des millions de gens meurent de faim?Quand verrons-nous l'aspect humain du problème?Christian AINSLEY Montréal-Nord Le mariage contre nature de Greenpeace ¦ Nous sommes dans une époque d'impérialisme économique: tout ce qui crée des jobs, ne serait-ce que deux ou trois, obtient immédiatement l'oreille attentive (et même un peu plus) des élus et fait presque automatiquement la une des journaux.Tout ce qui crée des jobs sauf.peut-être un cas bizarre concernant l'usine Alcan à |on-quière.Dans La Presse du 1er octobre, on apprenait que notre valeureux ministre Clifford Lincoln, trop heureux de se refaire une crédibilité durement amochée par les événements de Saint-Basile, avait bravement sommé (avec quand même un peu d'hésitation dans la voix) l'Alcan de fermer son usine polluante à mesure que la nouvelle de Latcrrière serait en opération.Les gens du Lac-Saint-Jean ne doivent pas en croire leurs oreilles, eux qui avaient vu M.Lincoln, au lendemain des élections, mettre cavalièrement de côté le rapport du Bureau des audiences publiques recommandant, principalement pour des motifs écologiques, d'interdire à l'Alcan d'augmenter le niveau du Lac-Saint-Jean.Ça parait bien comme ça: on ferme une vieille usine polluante pour en ouvrir une autre supposément non polluante, mais on oublie de spécifier (oh ! merveille de l'innovation technologique) que là où ça prenait trois ou quatre employés pour faire un travail, ça n'en prend maintenant qu'un seul.Il y aura donc perte importante d'emplois suite à la fermeture de l'usine de Jonquière.C'est ce débat sur les coûts sociaux que le cours actuel des événements permet à l'Alcan d'éviter.Comme par hasard.?et pourtant c'est drôle, quand on regarde l'cnchaincment des événements, il y a parfois de ces hasards.Au mois de juin dernier, dans un premier geste d'éclat d'une tournée nord-américaine, Greenpeace ascalade les cheminées placées en plein milieu de l'usine de Jonquière dont le système de sécurité et de surveillance est pour le moins important.Quelques jours plus tard, l'Alcan annonce qu'elle sera le \u2022principal financier d'un symposium organisé par Greenpeace et portant sur la santé des bélugas à l'embouchure du Sague-nay.Lors de ce symposium, M.Lincoln fait sa déclaration «fracassante».Et jusq'au président de ce symposium, M.Prcscott, qui, tel un somnambule dans ce théâtre de marionnettes, semonce les participants pour y être allé trop durement avec l'Alcan.On imagine les dirigeants de cette compagnie dans leurs bureaux à tapis épais, verre de scotch à la main, esquissant presque un sourire gêné et se disant entre eux: «vraiment, on-n'en demandait pas tant».Qui, N.B.¦ La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite à des articles publiés dans ses pages et se réserve le droit de les abréger.L'auteur doit être clair et concis, signer son texte, donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone.Adresser toute correspondance comme suit: Tribune libre, La Presse, 7, rue Saim-'iacques, Montréal, H2Y IK9.M.Lincoln, il y avait de quoi avoir la voix hésitante.Mais c'est drôle, quand on identifie une usine polluante, est-ce que généralement on ne parle pas plus de système antipollution que de fermeture d'usine, surtout quand il y a quelque 5000 emplois en jeu?Germain DALLAIRE Montréal Les agressions sexuelles dans l'est de l'île ¦ Les derniers événements dans l'est de Montréal ont beaucoup consterné les travailleuses du centre d'aide et de prévention des agressions à caractère sexuel de Montréal «Trêve pour Elles».Nous ne pouvons qu'être attristées et partager notre sympathie avec les femmes agressées sexuellement dans l'est de Montréal.Il est déplorable qu'encore aujourd'hui les femmes ne puissent circuler en toute liberté.De telles situations nous font croire qu'il est difficile pour les femmes de vivre en sécurité, tant qu'il y aura des agresseurs qui utiliseront la contrainte et la coercition pour exercer leur pouvoir.La violence peut aller jusqu'à la mort dans certaines situations et, malheureusement, elle fait partie du quotidien pour de nombreuses autres femmes et enfants agressés sexuellement par des personnes proches et connues.Jusqu'ici les femmes et les enfants on eu peu de pouvoir sur leur vie, mais il est possible de développer des moyens pour reprendre le contrôle de nos vies en prenant contact avec notre force par des cours d'auto-défense, en apprenant à s'affirmer davantage, en brisant notre isolement.Pour changer les règles du jeu, il est important que les véritables coupables, ceux qui abusent, déchirent, haïssent, cessent leurs gestes et que la société prenne des mesures adéquates pour arrêter la violence faite aux femmes et aux enfants.Les travailleuses de Trêve pour Elles Montréal (251-0323) LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 OCTOBRE 1988 \u2022 B3 \t \tla Presse ¦ _SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ_ SEMAINE DU 16 OCTOBRE 1987 La personnalité de la semaine La carrière de ce jeune baryton débouche aujourd'hui sur une participation à une réalisation cinématographique MARIO ROY Avec ce calme et cette assurance qui n'appartiennent qu'à lui, Gino Qui-lico dit: «J'ai eu la chance, étant jeune, de pouvoir compter sur le meilleur professeur: mon père.De sorte que, lorsque je suis véritablement entré dans le métier, j'étais prêt vocalement.Je ne possédais peut-être pas un répertoire très vaste, mais j'avais acquis une bonne maîtrise technique.C'est souvent l'inverse que, malheureusement, l'on retrouve chez les jeunes chanteurs: ils se constituent un répertoire mais négligent la technique, et au moment où ils éprouvent des problèmes de voix.» Le baryton laisse sa phrase en suspens.Lui, en tous les cas, ne semble pas connaître ce genre de problèmes.Sa carrière \u2014 encore courte : il a à peine 33 ans ! \u2014 est une suite de succès qui débouche aujourd'hui sur sa participation à une grande réalisation cinématographique.Il s'agit du film- -['\u2022-il.u«i,vi-, va w « wwwiii*) oeuvre du cinéaste italien Luigi Comencini (on lui doit notamment La Storia), qui met aussi en vedette la soprano Barbara Hendricks.Le film prend maintenant l'affiche dans les salles montréalaises.C'est le moment que choisit La Presse pour souliger le travail du chanteur montréalais en lui attribuant le titre de Personnalité de la semaine.Il y a quelques jours, c'est en compagnie de son père, Louis, que Gino Quilico a assisté à la première montréalaise de La Bohème, donnée à la salle Maison-neuve de la Place des Arts.«Je suis aussi nerveux que si j'allais chanter», répétait Quilico, apparu à l'aéroport sans cette barbe qu'on lui connaissait depuis plus d'une dizaine d'années (dans La Bohème, il est encore barbu, ce qui sied bien au personnage de Marcello, un jeune homme plein d'ironie, qu'il interprète dans l'opéra de Puccini).Un film tourné à Rome et à Paris Le film a été tourné à Rome et à Paris, entièrement en studio, ce qui ne laissera pas de surprendre lorsqu'on verra les scènes pétantes de vérité que Comencini a réussi à tourner.Les voix ont été enregistrées à la Maison de Radio-France sur la musique de l'Orchestre national de France (l'enregistrement a été fait sur le mode numérique, afin d'accommoder le disque compact).Tout le monde connaît un peu la trame de l'oeuvre de Puccini, l'histoire de ces artistes pauvres et insouciants, et de leur mansar- ' v uc où ils Vivront une tragédie: la maladie puis la mort de la petite Mimi \u2014c'est ce rôle qu'assume Barbara Hendricks.«Cette musique est émouvante et pénètre le coeur», affirmait Oscar Wilde.Bref, pour un chanteur, c'est un défi que de faire face à la grosse machine du cinéma, avoue Gino Quilico.«Les films-opéras ont parfois été de gros succès, comme Carmen, ou de véritables désastres», dit le chanteur.Il poursuit: «C'est un art difficile pour tout le monde: pour le réalisateur; et pour le chanteur « J'ai eu la chance, étant jeune, de pouvoir compter sur le meilleur professeur: mon père.Lorsque je suis entré dans le métier, j'étais prêt vocalement» qui doit penser à la fois à la musique et au personnage qu'il doit jouer.Pour moi, ça n'a pas été trop difficile tout de même: je jouais très bien la comédie lorsque j'étais enfant !.» Attiré par la scène dès le jeune âge En tous les cas, très jeune, Gino Quilico a été attiré par la scène sur laquelle, dit-on, il voulut d'abord monter en tant que chanteur rock! 11 est vrai qu'il est le fils d'un chanteur et d'une pianiste concertiste.Né à New York, il a étudié la musique à Toronto et, à 22 ans, il a fait ses débuts à Montréal dans Don Giovanni et à Toronto dans Le Médium de Menotti.De 1977 à 1.979, il chante au Canada et aux États-Unis puis, en 1980, il fait ses débuts européens à l'Opéra de Paris dans le rôle de Morris Townsend dans L'Héritière de Damasc.Depuis ce temps, Gino Quilico a fait toutes les grandes scènes d'Europe et d'Amérique, de Londres à Wa- shington en passant par Munich, Hamhnnrd Rnnn fîpnôup rui - o »- - - -1 \u2014-¦- Florence.Il a en outre enregistré une dizaine d'opéras, en plus de donner de nombreuses prestations pour télédiffusion.C'est précisément de cette façon qu'a commencé pour lui l'aventure de La Bohème.L'importance de la tête.Il raconte: «À Paris, j'avais participé à un enregistrement vidéo de Roméo et Juliette.Comencini a visionné cette cassette et a pris contact avec moi.C'était important pour lui de me voir: au cinéma, l'opéra s'adresse à un autre public, souvent plus jeune, et les réalisateurs attachent évidemment beaucoup d'importance à la tétc des interprètes qui, en général, ne doivent pas correspondre à l'image typique que l'on se fait d'un chanteur d'opéra et qui doivent bien passer à l'écran.La décision d'embaucher tel ou tel chanteur est une décision qui se prend à deux: le réalisateur du film et le chef d'orchestre (fames Conlon dans ce cas-ci)».Bref, Gino Quilico devait se retrouver sur le plateau de tournage de La Bohème, où rien n'a été facile.«Comencini n'est pas un grand amateur d'opéra et il a travaillé très fort pour mener à bien cette entreprise.Tout cela est très compliqué pour un cinéaste.Par exemple, beaucoup de séquences de deux minutes et plus doivent être tournées sans coupures: il est arrivé qu'on mette un jour entier à tourner une seule de ces séquences», raconte encore Quilico.Notons que Comencini a également eu à composer avec la maladie de l'un des interprètes, le ténor José Carreras, qui ne put prendre place devant les caméras après avoir prêté sa voix au personnage de Rodolphe; à l'écran, le rôle est donc campé par Luca Canonici.Gino Quilico, lui, est déjà passé à autre chose: il se produit ce mois-ci au Metropolitan Opera de New York pour ensuite donner à nouveau La Bohème à San Francisco, à l'intention des ca- ! méras de télévision cette fois, en ; compagnie de Luciano Pavarot-ti.Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, l'excellence naît de l'effort alcan au magazine La personnalité de la semaine vous attend demain à 13 h 15 m jour Réalisatrice-coordonnarrice: LOUISE B.TARDIF Lt JOUR Avec Dominique Lajeunesse et Normand Harvey, _._ _._ ._ .a.il V M.m v Radio-Canada du lundi au vendredi.W h ¦ Télévision Sciences et techniques B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 16 OCTOBRE 1988 Science, conscience et ADN.JEAN-PIERRE ROGEL collaboration spéciale Agence Science-l'ressc arce qu'ils nous ont révélé les secrets de la vie, les généticiens sont devenus les magiciens de la science.Les initiales de ce mystérieux acide désoxyribonucléique qu'ils étudient.ADN, sont même devenues familières.À tel point que j'ai eu la surprise d'entendre un héros de dessins animés pour enfants discourir allègrement d'ADN, dimanche dernier au petit écran! Pendant ce temps, une grande majorité des adultes, qui ont à peine entendu parler lors de leurs études des lois de l'hérédité, du moine Mendel et de ses petits pois, des chromosomes et de la transmission sexuée de la vie, sont bombardés chaque jour de nouvelles ponctuelles, du genre «identification du gène X qui serait responsable de la maladie Y».On les alerte aussi presque quotidiennement au sujet des nouvelles techniques de reproduction humaine, fruit des progrès de la génétique et de la biologie: bébés-éprouvette, FIVETTE, DOTE, tri des chromosomes Y, on peut parler d'un véritable feu d'artifice de nouvelles sur la génétique.Comment garder un sens de la perspective globale dans ce tourbillon?Personnellement, je .n'en sais trop rien et j'ai parfois l'impression que même les spécialistes sont dépassés par la vitesse du progrès scientifique.Que la machine va trop vite et qu'il faudrait peut-être l'arrêter pour se donner le temps de poser quelques questions fondamentales du
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