La presse, 12 septembre 2009, C. Arts et spectacles
[" ARTS ET SPECTACLES ISABELLE VINCENT LA REVANCHE DE LA TIMIDE PAGE 20 ARTS VISUELS ART, KETCHUP ET AGROALIMENTAIRE PAGES 10 ET 11 www.cyberpresse.ca/arts Fabrice Luchini.PHOTO THOMAS BRÉMON, COLLABORATION SPÉCIALE FABRICE LUCHINI Après nous avoir lu Céline, Nietzsche, Baudelaire et Hugo, Fabrice Luchini est de retour à Montréal pour nous lire cette fois-ci les Valéry, Flaubert, Chrétien de Troyes et Roland Barthes.Mais, fait nouveau, il nous en dira un peu plus sur ce mystérieux Robert \u2013 son prénom d\u2019origine \u2013 dans un spectacle qu\u2019il a lui-même écritàmoitié et qu\u2019il n\u2019hésite pas à qualifier de one man show littéraire.Discussion avec un pro de la lecture en pages 2 et 3.AUDIO Écoutez des extraits musicaux de nos critiques de CD sur cyberpresse.ca/disques DOSSIER Envie d\u2019une sortie au théâtre ?Consultez notre dossier de la rentrée théâtrale sur cyberpresse.ca/theatre BLOGUE Alain Brunet commente le dernier CD de Willie Nelson sur cyberpresse.ca/brunet MONTRÉAL SAMEDI 12 SEPTEMBRE 2009 museumsnature.ca La Magie des lanternes 11 septembre au 1er novembre \u2022 9 h à 21 h 1822279A ARTS ET SPECTACLES ENTREVUE FABRICE LUCHINI HUGO DUMAS CHRONIQUE Allez, on enchaîne, on enchaîne, vite, plus vite, lancerait une Denise Filiatrault exaspérée.OK, pas de tataouinage.Une nouvelle fournée d\u2019émissions a envahi le petit écran québécois et \u2013 c\u2019est chaud, c\u2019est chaud \u2013 en voici trois qui ont été dégustées cette semaine juste pour vous: Voir, Kampaï et Les hauts et les bas de Sophie Paquin.Entamons ce menu 100% télé avec Voir, la branche animée de l\u2019hebdomadaire culturel en papier, qui a décollé sur les ondes de Télé-Québec mercredi soir, tout de suite après Les francs-tireurs.Visuellement, ce magazine, qui a été regardé par 28 000 personnes, s\u2019inscrit dans la lignée des Mange ta ville et Urbania avec sa réalisation très léchée en teintes de gris.Bref, l\u2019emballage est très joli.Voilà pour le contenant.Côté contenu, l\u2019équipe de Sébastien Diaz utilise de façon très efficace les extraitsdes films critiqués, car, bien évidemment, on ne veut pas le savoir, on veut le voir.On apprécie aussi les courtes vignettes «à écouter si vous aimez» ou «à voir si vous aimez», toujours très utiles pour les boulimiques de culture.À la chronique musicale, on aurait aimé qu\u2019Olivier Robillard-Laveaux passe au crible une plus grande quantité de disques.Même chose pour les livres et les DVD: donneznous- en davantage.C\u2019est pour ça qu\u2019on vous regarde, non?Moment le plus étrange de l\u2019émission: la prestation acoustique de La patère rose.Pas certain que c\u2019était réussi.Autre point agaçant: le long reportage sur Fred Pellerin à Saint-Élie-de-Caxton, qui n\u2019a rien révélé d\u2019extraordinaire sur ce conteur doué.En fait, Voir gagnerait à être raccourci de 60 à 30 minutes.Plus compact, moins éparpillé.Et dernier truc: attribuer deux étoiles et demie à une pièce de théâtre (Mort de peine), ce n\u2019est pas la démolir.Alors, on se calme.Personne n\u2019est mort.De peine ou de trouille, choisissez.En même temps que Voir, mais à l\u2019antenne de Radio- Canada, l\u2019énergique Sophie Paquin réapparaissait dans nos salons complètement gaga pour David le dentiste anglo de Toronto.Cote d\u2019écoute : 467 000 fans.Première observation: cette nouvelle \u2013 et dernière \u2013 saison pétillait moins, il me semble.Les intrigues n\u2019aboutissaient pas et certains personnages, comme Gisèle, Estelle et Damien, tournaient en rond.Même la truculente Loulou (et ses deux gros implants) semblait en panne de répliques assassines.C\u2019est nono, mais Martin, Mélissa et Sophie nous divertissent pas mal plus lorsqu\u2019ils sont célibataires et empêtrés dans des histoires rocambolesques.Espérons qu\u2019Isabelle (Julie LeBreton), la meilleure amie de David, ramènera un peu de chaos dans la vie de nos amis.Finalement, première hier soir pour Mitsou à la barre de Kampaï, un magazine de cuisine santé enregistré devant public.Première observation: avec son décor illuminé de vert, de jaune et d\u2019orangé, Kampaï ressemble plus à un show du matin de style Ricardo qu\u2019à une émission de soir comme À la di Stasio ou Les pieds dans les plats.Ça manquait de vino et de folie, mettons.Aux côtés de Mitsou, qui navigue plutôt bien dans cet univers culinaire, Richard Béliveau livre des infos pertinentes (on sait maintenant ce qu\u2019est la globésité, merci) et Stefano Faita mitonne de bons petits plats.Mais le lien qui unit les segments disparates de Kampaï n\u2019est pas toujours évident.Hier, c\u2019était l\u2019huile d\u2019olive, l\u2019aliment vedette de la semaine.Ah oui?La semaine prochaine, place au gingembre.Vais-je retourner à Kampaï ?On verra.Par contre, si l\u2019aliment vedette de la semaine est la courge-spaghetti, oubliezmoi.J\u2019irai trinquer à votre santé.ailleurs.Je lévite Avec le coffret DVD de Tout sur moi 2.Pour revoir et déguster les épisodes humiliants avec Pierre Lapointe, Janette Bertrand, Paul Buissonneau, Claude Legault et la diabolique Émilie Bibeau.Et pour les savoureux bloopers aussi.Magie ! Je l\u2019évite Le coffret DVD de Tout sur moi 2.Pour une quarantaine de dollars, le fan s\u2019attend à des extras, un livret avec photos, des scènes commentées, bref, à une valeur ajoutée aux 13 épisodes originaux, ce qui manque cruellement ici.Déception.Pour joindre notre chroniqueur : hdumas@lapresse.ca C\u2019est juste de la télé C\u2019est nono, mais Martin, Mélissa et Sophie nous divertissent pas mal plus lorsqu\u2019ils sont célibataires et empêtrés dans des histoires rocambolesques.Espérons qu\u2019Isabelle (Julie LeBreton), la meilleure amie de David, ramènera un peu de chaos dans la vie de nos amis.CHANTAL GUY \u2013 C\u2019e s t le Québec?Ah , quelle merveille ! Je m\u2019assois et on attaque ?Ent re un au revo ir à un ami et l\u2019essayage d\u2019un costume pour le prochain f i lm de Fr a nço is Oz on avec Gérard Depardieu et Catherine Deneuve, Fabrice Luchini accorde cette interview par téléphone d\u2019un hôtel en France, dans une chambre qui semble bourdonner d\u2019activités.« Je viens d\u2019apprendre que j\u2019ai 37 de longueur de manche et 150 de jambe.Et le sexe, je ne peux en parler, parce qu\u2019on ne le met pas en cause.» Alors on attaque par cette question: Quel est votre rapport au téléphone ?C\u2019est que, dans le spectacle Le point sur Robert, il s\u2019agit d\u2019une question cruciale que pose Roland Bar thes , le célèbre sémiologue, au jeune Fabrice Luchini tétanisé devant cette star de l\u2019intelligentsia, le seul qui semble avoir aimé sa performance dans le film Perceval le Gallois d\u2019Éric Rohmer, massacré par la critique.« Bien joué! répond l\u2019acteur, avant de recourir à ses textes.«Moi, mon rapport, ça va.Barthes cite Freud en disant que Freud n\u2019aimait pas le téléphone, car il trouvait que c\u2019était la cacophonie, lui qui pourtant aimait écouter.Barthes, lui, il avait un très mauvais rapport au téléphone.Il dit que c\u2019est la voix qu\u2019on voudrait retenir et qui va s\u2019en aller.La voix du fading.» C\u2019est un peu comme ça qu\u2019on se sent avec Fabrice Luchini au bout du fil.On ne sait jamais où et quand il va s\u2019en aller.Ses envolées ly r iques ou enf lammées sur les plateaux de télé en France sont célèbres et considérées comme du cabotinage de haut niveau.Car, fait étonnant pour un acteur, c \u2019est bien plus à la scène qu\u2019au cinéma qu\u2019il doit sa renommée, lui qui a remis au goût du jour les lectures publiques, en lisant Céline, Nietzsche ou Baudela i re.Souvent imité par des collègues, jamais égalé.«Ce n\u2019est pas de la fausse modestie, mais jamais je n\u2019aurais imaginé ce succès en adaptant Voyage au bout de la nuit de Céline au théâtre \u2013 puisque je l\u2019ai joué 15 ans \u2013 ni toutes les questions soulevées par les problèmes de l\u2019oeuvre transformée en dramaturgie.Qu\u2019est-ce que c\u2019est, un acteur qui s\u2019empare d\u2019un texte, qui a sa propre musicalité, ses propres secrets, sa propre dimension.» Et soudain, il hurle dans le combiné : «QU\u2019EST-CE QUE C\u2019EST UN ACTEUR FACE À ÇA ?P ou r ne pas débaucher, comme dit Valéry, pour ne pas réduire un texte qui est plus grand que lui ?» «Alors ça, ça a été 20 ans de ma vie comme questionnement.Dès qu\u2019un acteur s\u2019empare d\u2019un texte, obligatoirement, il ne peut que le réduire parce qu\u2019il faudrait obtenir quelque chose d\u2019impossible, c\u2019est-à-dire l\u2019impersonnalité.» Comment en savoir plus sur Robert Étonnante réf lexion de la part d\u2019un homme à la personna lité aussi f lamboyante.Et pourtant, oui, Fabrice Luchini a un côté très secret.On ne le voit pas dans la presse people et on en connaît très peu sur sa vie intime.On ne lui connaît pas d\u2019amour stable, mais on sait qu\u2019il a une fille.Né Robert Luchini, il a grandi dans une fami l le modeste, élevé par une mère qu\u2019il adore et qui le place à 13 ans comme apprenti dans un salon de coiffure où il sera rebaptisé Fabrice.Sa culture, il la construira en autodidacte.C\u2019est en le voyant avec un livre de Nietzsche à la main qu\u2019Éric Rohmer aura le coup de foudre pour ce jeune interprète avec qui il collaborera dans plusieurs films.Un épisode de sa vie qu\u2019il raconte dans Le point sur Robert.Car la particularité de ce nouveau spectacle est qu\u2019il a été écrit à moitié par Fabrice Luchini, qui s\u2019y dévoile un peu plus qu\u2019à l\u2019habitude.C\u2019est pourquoi il le considère en partie comme un one man show.«Vous connaissez ça, au Québec, puisque c\u2019est vous qui avez amené ça.Vous avez amené la peste, comme dit Freud ! Qu\u2019est-ce que vous nous avez envoyés comme comiques solitaires, oh putain, on n\u2019en peut plus! Mais il ne faut pas être méchant, il y en a de très bons.Ce que je veux dire, c\u2019est que ce spectacle-là est une tentat ive de respect absolu des écrivains dont je parle, entremêlé de mes expériences personnelles en tant qu\u2019individu.C\u2019est un spectacle qui mêle ma vie et les auteurs.» Le poi nt sur Robe r t e st une expérience qui se vit comme les montagnes russes.Il faut être un peu fou pour imposer des textes de Paul Valéry, Chrétien de Troyes ou Roland Barthes, des auteurs qui ne sont pas réputés faciles.N\u2019importe qui d\u2019autre, avec une telle a f f iche , au ra i t fa i t f u i r l\u2019auditoire.Fabrice Luchini en est bien conscient et il s\u2019en amuse, introduisant des pauses sous forme de longues anecdotes hilarantes.Sa rencontre avec Rohmer, la première de Perceval le Gallois avec tout le gratin parisien, son rendez-vous avec Roland Barthes.Tout cela pour nous faire passer la pilule de textes complexes qu\u2019il sait rendre à merveille.«Ça demande au spectateur un mélange entre une très grande concentration et un très grand soulagement, par le rire.C\u2019est un spectacle qui alterne entre la supériorité absolue de la grande littérature et tout ce qu\u2019elle provoque comme réflexion, et l\u2019amusement le plus organique de mes petites histoires parallèles aux oeuvres immenses.» Un ami fervent du Québec Il aura fallu presque dix ans à Gilbert Rozon pour convaincre Fabrice Luchini de présenter ses lectures à Montréal.Il n\u2019a pas regretté son passage au Québec en 2006, loin de là, puisqu\u2019il est de retour trois ans plus tard.«Parce que c\u2019est mon devoir, lance-t-il, solennel, en affirmant être devenu un \"fou du Canada\".Le plus beau compliment que j\u2019ai eu dans ma vie vient de votre ancien premier ministre (Bernard Landry).Il m\u2019a dit: \"Vous savez, pour être là et comprendre ce que vous dites, il a fallu plusieurs siècles de résistance de notre part, et la preuve qu\u2019on a eu raison, c\u2019est qu\u2019on est là ce soir et qu\u2019on comprend toutes les nuances de votre langue géniale.\" C\u2019est un compliment qui dépasse mon ego.Que les Québécois aient comme ferveur et résistance l\u2019amour de cette langue au milieu de l\u2019Amérique du Nord, matérialiste et effrayante de pragmatisme, qu\u2019il y ait eu un peuple qui arrive de Bretagne, de Vendée ou de je ne sais où et qui a voulu garder cette langue.Un acteur qui aime la langue française ne peut pas ne pas être là ! » I l sera là, dès demain, et pour une douzaine de représentations pratiquement inint e r rompue s.Un véritable lecteur-athlète de 30 ans de métier dont on observera avec fascination la performance.Le point sur Robert de Fabrice Luchini, du 13 au 27 septembre au Monument-National.QUAND ROBERT RENCONTRE ROLAND Trois ans après son premier passage à Montréal, Fabrice Luchini sera de retour sur les planches du Monument-National pour présenter son one man show littéraire, Le point sur Robert, un autre grand succès en France, que d\u2019aucuns considèrent comme son meilleur spectacle.Drôle et cérébral, est-ce possible ?Tout est possible quand on sait chauffer les planches comme Luchini.Il aura fallu presque dix ans à Gilbert Rozon pour convaincre Fabrice Luchini de présenter ses lectures à Montréal.Il n\u2019a pas regretté son passage au Québec en 2006, loin de là, puisqu\u2019il est de retour trois ans plus tard.«Parce que c\u2019est mon devoir, lance-t-il, solennel, en affirmant être devenu un \"fou du Canada\".» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 SE P T E M B R E 2 0 0 9 ARTS ET SPECTACLES NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Je m\u2019en souviens comme si c\u2019était hier.Je m\u2019en souviendrai sans doute toute ma vie.C\u2019était au matin du 18 octobre 1970, exactement 10 jours après avoir entendu la voix décalée de Gaétan Montreuil lire à la télévision de Radio-Canada le manifeste du Front de libération du Québec.Dans le salon de la maison, rue Melrose, j\u2019avais levé le poing en signe de solidarité, convaincue que malgré mes 16 ans de petite bourgeoise bien élevée, j\u2019allais faire la révolution du prolétariat.Plus tard, quand le pauvre Montreuil, la mort dans l\u2019âme, avait été obligé d\u2019ânonner «Drapeau le dog, Bourassa le serin des Simard et Trudeau la tapette», j\u2019avais éclaté de rire et applaudi d\u2019un a ir ravi .Trudeau la tapette, ha! ha ! ha ! Je ne suis pas allée au grand rassemblement au Centre Paul-Sauvé le 15 octobre.Mais même si je n\u2019y étais pas physiquement, j \u2019y étais avec mon coeur d \u2019adolescente rebel le et avec mes sympathies pour le FLQ.Qu\u2019importe s\u2019ils avaient enlevé deux hommes à la pointe du fusil et les séquestraient quelque part en ville.La cause était noble et personne n\u2019était mort .Vive le Front de libération du Québec! Vive la révolution québécoise! Vive le Québec libre ! Et puis, le matin du 18 octobre, dans les splendeurs incendiaires d\u2019un automne d\u2019or et de feu, mon poing tendu dans l\u2019enthousiasme de mon engagement adolescent a été broyé par une nouvelle crachée par la radio.Pierre Laporte était mort .Pierre Laporte avait été assassiné.Pierre Laporte avait été exécuté par les gars du FLQ.Vous dire le choc, la culpabilité et la honte, l\u2019horrible honte d\u2019avoi r sympathisé avec des assassins.Depuis, chaque fois qu\u2019il est question du manifeste du FLQ, mon coeur se crispe légèrement et je pense moins à l\u2019Histoire qu\u2019à ma propre perte d\u2019illusions.Ce long préambule pour en venir au Moulin à paroles, spectacle commémoratif de la bataille des plaines d\u2019Abraham qui débute aujourd\u2019hui à 15h sur les plaines à Québec après avoir fait couler des litres d\u2019encre.Au coeur de la controverse, la lecture du fameux manifeste du FLQ par Luck Mervil qui, au moment de la crise d\u2019Octobre, avait 3 ans et vivait encore en Haïti.C\u2019est dire que celui qui a insisté pour lire le manifeste n\u2019a pas vécu ni ressenti dans son ventre et dans ses tripes le traumatisme collectif causé par le FLQ.Idem pour la metteuse en scène Brigitte Haentjens qui avait 19 ans, mais qui vivait encore à Paris.Idem pour Biz et Sébastien Ricard, les instigateurs du spectacle qui, en octobre 1970, n\u2019étaient même pas nés.Si j\u2019insiste sur ce détail, ce n\u2019est pas pour accabler les organisateurs du Moulin à paroles, qui se sont démenés tout l\u2019été pour choisir les 140 textes et la centaine de personnalités qui les liront pendant les 24 prochaines heures.Ils ont fait un travail colossal et généreux.C\u2019est tout à leur honneur.Comme l\u2019est leur choix esthétique de monter un spectacle sobre, sans artifices, sans strass, sans showbiz.Un spectacle où la parole et les textes écrits dans l\u2019encre indélébile de l\u2019Histoire seront souverains.Il n\u2019en demeure pas moins que leur obstination à voir le manifeste du FLQ comme un texte parmi tant d\u2019autres témoigne d\u2019un manque évident de sensibilité.Qu\u2019on le veuille ou non, le manifeste n\u2019est pas et ne sera jamais un texte comme les autres.Ce n\u2019est pas un texte drôle ou glorieux.C\u2019est le texte d\u2019une défaite et d\u2019une impuissance collective.J\u2019espère que Luck Mervil le lira avec cette gravité en tête.J\u2019espère aussi que quelqu\u2019un lira le texte que René Lévesque a écrit par la suite dans l\u2019espoir de régler ce qu\u2019il qualifiait de drame québécois.Mais avant, par respect pour les morts et les blessures collectives qui n\u2019ont jamais tout à fait cicatrisé, il faudra que quelqu\u2019un s\u2019avance avec une lettre qui commence par : «Mon cher Robert, j \u2019ai la conviction d\u2019écrire la lettre la plus importante de toute ma vie.» Et qui se termine par : « Décide de ma vie ou de ma mort .Amitiés, Pierre Laporte.» Pour joindre notre chroniqueuse : npetrows@lapresse.ca Un drame québécois Au coeur de la controverse, la lecture du fameux manifeste du FLQ par Luck Mervil qui, au moment de la crise d\u2019Octobre, avait 3 ans et vivait encore en Haïti.C\u2019est dire que celui qui a insisté pour lire le manifeste n\u2019a pas vécu ni ressenti dans son ventre et dans ses tripes le traumatisme collectif causé par le FLQ.PAUL VALÉRY (1871-1945) Poète, philosophe, écrivain, Paul Valéry aura consacré son existence à « la vie de l\u2019esprit », qu\u2019il a notamment consignée dans des carnets.Dans son oeuvre gigantesque, on lui doit entre autres La soirée avec Monsieur Teste, Le cimetière marin, Regards sur le monde actuel, Notre destin et les lettres.« Le point sur Robert est né d\u2019une phrase de Paul Valéry.Je me promenais, j\u2019étais tombé amoureux d\u2019une fille, et j\u2019étais dans un de ces états de complète intensité anxiogène.En ouvrant un livre chez un bouquiniste, il était écrit: «Il n\u2019existe pas d\u2019être capable d\u2019aimer un autre être tel qu\u2019il est.On demande des modifications.» Cette phrase m\u2019a tellement fasciné, et je me suis dit : et si l\u2019acte de résistance contre la bêtise, l\u2019acte de citoyenneté le plus suprême n\u2019était pas d\u2019imposer dans un spectacle de deux heures un quart d\u2019heure de Paul Valéry, de pure intelligence?» CHRÉTIEN DE TROYES Poète français du XIIe siècle, il est considéré comme l\u2019un des premiers auteurs de romans de chevalerie, inspirés de la légende du roi Arthur et de la quête du Graal.Dans son spectacle, Fabrice Luchini raconte comment Éric Rohmer a traduit les quelque 9000 vers de son oeuvre en langue d\u2019oïl pour l\u2019adapter au cinéma dans Perceval le Gallois.Une adaptation libre (et chantée) qui en a rebuté plus d\u2019un.D\u2019ailleurs, Fabrice Luchini chantera plus qu\u2019il ne lira le texte ! ROLAND BARTHES (1915-1980) Sémiologue et écrivain français, il fut une véritable star intellectuelle à son époque.Le monde littéraire lui doit des essais importants comme Le degré zéro de l\u2019écriture, S/Z, Système de la mode, Le plaisir du texte, et son plus populaire, Fragments d\u2019un discours amoureux, dont Fabrice Luchini nous lira quelques extraits.Éreinté par les mauvaises critiques de sa performance dans Perceval le Gallois, Fabrice Luchini l it un texte élogieux de Roland Barthes dans Le Nouvel Observateur et se précipite au Collège de France pour le rencontrer.Il obtiendra un rendezvous dont le récit est l\u2019un des moments d\u2019anthologie du Point sur Robert.«C\u2019est vraiment comme ça que ça s\u2019est passé.Il avait dit du bien du film de Rohmer, il m\u2019avait trouvé très mignon et invité chez lui.Tout ce que je raconte est totalement vrai.Je me demande d\u2019ailleurs quel équivalent cela aura à Montréal.» Fabrice Luchini lira aussi Molière, Flaubert, Rimbaud.\u2013 Chantal Guy Fabrice Luchini lira.PHOTO FOURNIE PAR H&K PARIS Le point sur Robert est une expérience qui se vit comme les montagnes russes.Il faut être un peu fou pour imposer des textes de Paul Valéry, Chrétien de Troyes ou Roland Barthes, des auteurs qui ne sont pas réputés faciles, entrecoupés de pauses sous forme de longues anecdotes hilarantes.«Ça demande au spectateur un mélange entre une très grande concentration et un très grand soulagement, par le rire.C\u2019est un spectacle qui alterne entre la supériorité absolue de la grande littérature et tout ce qu\u2019elle provoque comme réflexion, et l\u2019amusement le plus organique de mes petites histoires parallèles aux oeuvres immenses.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPECIALE Cent mille albums vendus, ca ne change pas le monde, sauf que.Sauf que Morin a bien failli succomber.Ce sera dfailleurs la revelation-choc de cette ronde dfentrevues que le musicien, compositeur et realisateur accorde en prevision de la sortie, la semaine prochaine, de Resistance, digne successeur de Chillfem All , lance il y a cinq ans deja.Car voila, Champion a jete aux poubelles le premier jet de ce nouvel album.Dit comme ca, ca frappe; en realite, ces chansons sont surement toujours quelque part sur un disque dur.Le geste fait neanmoins foi de la volonte de repartir avec ce projet sur de nouvelles bases.áJfecoutais ce que jfavais compose, ca nfallait pas, dit candidement Maxime Morin.Cfest le DJ en moi qui mfa fait realiser ca.Le musicien aime toujours sa musique; pas le DJ, il a du discernement.Et il nfetait absolument pas satisfait.Oh! il y avait de bonnes chansons, surement des chansons qui vendraient, mais cfetait ennuyant.â Sfil faut trouver un sens au titre de cet album, disons alors que Champion a áresisteâ au chant des sirenes.Tout le nouvel album respire cette volonte de passer a une autre etape, dans la forme comme le fond.En douceur, tout de meme.Les premieres chansons de lfalbum, Clear Beach .une chanson qui represente pourtant á la cassureâ entre les premieres maquettes et le resultat final, selon Champion ., Resistance (Skool) et Perfect in Between, breves et intenses compositions electro-rock, renvoient aux structures de Chillfem All.Cfest ensuite que ca se gate.Superbement.áApres avoir rejete mes premieres maquettes, jfai eu lfidee dfessayer de faire des chansons avec des sons que je nfaimais pas, une sorte dfexercice.Composer avec des notes de guitares trop fortes, trop saturees, des bruits.â La bougie dfallumage qui lui manquait.Dans lfimperfection, dans lfimprevisible, de lfemotion.áA partir de ces experiences, jfai su que je tenais quelque chose.Ca mfa permis de me reinventer â, assure-t-il.Ca donne des pistes hallucinantes et inattendues de la part de celui qui traine depuis cinq ans la meme efficace formule de rythmes techno et house aux velleites rock, aux guitares qui sfempilent et qui tonnerrent.Plastiques&metaux, par exemple, vient freiner les relents Chillfem All du nouveau disque, meme si Champion nfhesite pas a la comparer, sur le plan de la structure, a la langoureuse Tawoumga du premier disque.La rythmique qui pique dfabord notre curiosite.Meticuleuse, raffinee, cfest elle qui vole le show alors que les sons de guitares sont relegues a lfarriere-plan, au simple (mais riche) maquillage sonore, ou encore a lfappui des breves ponctions de basse.Plus loin, cfest la rampante L6 (The Blooded), une chanson construite autour dfharmonies vocales aeriennes.La guitare, ici, nfest qufun accessoire, et meme pas indispensable.Enfin, lfepique Sanois Beach emploie bien un solo de guitare, mais toutes les autres sont traitees comme une dense et instable matiere sonore, une grosse couche de fond de fuzz et de grichements.Lfarrivee de Pilou Ces changements sfaccompagnent bien sur de nouvelles responsabilites vocales au sein du groupe.Desormais, Champion compte sur Pilou (Pierre-Philippe Cote) pour donner encore plus dfame a ses machines.Le chanteur, egalement contrebassiste qui a accompagne Yann Perreau et Ariane Moffatt sur scene, lui a ete presente par lfentremise dfun de ses G-Strings.áLa premiere fois qufon sfest rencontres, il a improvise sur des rythmes que jfavais faits.Il chantait dfune voix douce, falsetto, cfetait tres Feist, tres Patrick Watson, jfai trouve ca beau, jfai realise que cfetait le type qufil me fallait.Cfest drole parce que, sur lfalbum, il ne chante a peu pres pas comme ca.â Une voix typee, facilement adaptable aux ambiances assez sombres de Resistance.Lfarrivee de Pilou se fait bien sur apres le depart de Betty Bonifassi, qui semble avoir emporte avec elle les influences de vieux blues qui coloraient Chillfem All.En realite, ce Resistance est autant une evolution du ásonâ Champion qufun retour aux sources purement electroniques de celui qui a lance ses premiers albums, techno, sous le pseudonyme Mad Max.áJfai emerge de Mad Max pour faire DJ Champion, un peu parce que jfavais besoin de changer dfair.Juste le nom du projet, cfetait une maniere de ridiculiser ce que je faisais, ce que jfetais devenu.Or, apres le succes de Chillfem All, je sens que jfavais besoin de reaffirmer mes racines techno.Jfappartiens autant aux guitares de So Big (lfun des titres les plus rock du nouveau disque), mais jfappartiens aussi a Plastiques&metaux.â Une dualite musicale motivante.Et motrice: áDerriere Resistance, il y a une volonte dfaller ailleurs.A la limite, j faurais pu me planter, je tenais a ce que soit autre chose que Chillfem All.Pour evoluer.Pour me botter le cul .il faut se botter le cul dans la vie.Mon pere a lfair jeune, il a 70 ans.Je lui ai demande son secret.Il mfa repondu: nfarrete pas.Cfest ca, la philosophie du disque.á Je nfavancais pas, dit Champion.Quand tu nfavances pas, tu vieillis.Je ne veux pas vieillir.â DJ CHAMPION Champion joue dfaudace Maxime Morin, alias DJ Champion, nous revient avec Resistance, un deuxieme album solo qui se fout des compromis.Nous lfavons rencontre peu de temps avant lfinauguration officielle de la place des Festivals, une ceremonie qui sfest terminee dans lfallegresse caracteristique des concerts de Champion et ses G-Strings, invites a clore la soiree.EN UNMOT Cinq ans apres le succes initial de Chillfem All, DJ Champion revient avec du neuf.PHOTO ANDRE TREMBLAY, LA PRESSE Sfil faut trouver un sens au titre Resistance, disons que DJ Champion a áresisteâ au chant des sirenes.Tout le nouvel album respire cette volonte de passer a une autre etape, dans la forme comme le fond.ELECTRO DJ CHAMPION RESISTANCE SABOTEUR RECORDS Metro, boulotc micro ! A la fin de la journee de travail, lundi, a 17h30, les portes du Metropolis sfouvriront pour accueillir gratuitement ceux qui aimeraient voir Pascale Picard Band, Les Trois Accords, Lulu Hugues et son Big Band, ainsi que le groupe Porn Flakes qui accompagnera Marie-Chantal Toupin, Stefie Shock, France DfAmour, etc.Pas besoin de laissez- passer pour ce Sennheiser Soundfest, propose, eh oui ! par la compagnie Sennheiser, fabricante de micros, ecouteurs, blue tooth et autre materiel audio de pointe.Tous les artistes presents recoivent le soutien technique de Sennheiser lorsqufils sont en studio et sur scene, et ce spectacle assez heteroclite est leur facon de rendre a lfentreprise ce qufelle leur apporte.Spectacle de 18 h a minuit.Entree libre.Infos : www.sennheiser.ca Souvenirs retrouves, prise deux Lfan dernier, cfest au profit de la Fondation Samuel Paquin, qui aide et soutient les familles dont un enfant est gravement malade, que les B.B., Noir Silence, Vilain Pingouin, Daniel Lavoie et compagnie sfetaient produits au Club Soda, lors de la soiree intitulee Souvenirs retrouves.Cette annee, cfest le centre Le Phare, Enfants et famille, dont la mission est la meme, qui beneficiera des fonds amasses a lfoccasion de la deuxieme soiree Souvenirs retrouves, jeudi, a 20h, toujours au Club Soda.Cette fois, ce sont les Marie Carmen, Johanne Blouin, Colocs, The Box, Dubmatique, Joe Bocan, etc., qui seront de la partie.Notons que la totalite des fonds sera versee a lforganisme.Infos : www.souvenirsretrouves.com ou www.clubsoda.ca Des duos du Studio Il y a du disque de duos dans lfair.Apres le disque Duos Ferland .Bijoux de famille, lance cette semaine, lfalbum Studio 12 prendra la releve le 29 septembre.Tire des meilleurs moments de lfemission radio Studio 12 animee par Rebecca Makonnen a la Premiere Chaine de Radio-Canada, lfalbum compte 12 collaborations vocales vraiment pas banales, telles que captees pour les ondes : Les uns contre les autres par Pierre Lapointe et Marie-Josee Lord, Tous les sens reinventee par Ariane Moffatt et Beast, Oublie pas chantee par Karkwa et Marie-Pierre Arthur, Prince-Arthur par Pierre Flynn et Catherine Durand sont au nombre des duos de lfalbum, concu par la realisatrice de lfemission Diane Maheux.TRIO MUSIQUE MARIE-CHRISTINE BLAIS Pascale Picard PHOTO MARC MONTPLAISIR áJfai eu lfidee dfessayer de faire des chansons avec des sons que je nfaimais pas, une sorte dfexercice.Composer avec des notes de guitares trop fortes, trop saturees, des bruits.â llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R E A L SA M E D I 1 2 S E P T E M B RE 20 0 9 DU 8 AU 18 SEPTEMBRE 2009 / TNM.QC.CA / 514.866.8668 AvecMAURICE BENICHOU/ LEA DRUCKER/ PHILOMENE BILODEAU Traduction ZABOU BREITMAN/ LEA DRUCKER Assistance a la mise en scene MARJORIE EVESQUE / Conception CHRISTIAN FENOUILLAT assiste de CATHERINE FLORIET / FRANCK THEVENON/ BERNARD VALLERY/ AGOSTINO CAVALCA áTous deux magnifiquement intenses, Lea Drucker et Maurice Benichou donnent vie et sang a un a\u201arontement equivoque regle par Claudia Stavisky.La derniere creation Des Celestins frappe a lfestomac.â .JEAN-PIERRE BOURCIER, La Tribune (Lyon) de DAVID HARROWER / m.e.s.CLAUDIA STAVISKY Coproduction DES CELESTINS, THEATRE DE LYON et du THEATRE DE LA VILLE (Paris) INVITATION INTERNATIONALE / A LfAFFICHE! 1934639A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE GUTTERMOUTH, ce soir aux Foufounes électriques.THE SOUNDS, ce soir au Métropolis.PRIMAL FEAR, demain aux Foufounes électriques.JOLIE HOLLAND, mardi à La Sala Rossa.CATHERINE DURAND, mardi et jeudi au Cabaret Lion d\u2019or.SONDRE LERCHE, mardi au Petit Campus.KINGS OF LEON, mercredi au Centre Bell.MATT ANDERSON, mercredi à l\u2019Astral.JOSHUA RADIN, jeudi à La Tulipe.REGINA SPEKTOR, jeudi au Métropolis.YARON HERMAN, jeudi à l\u2019Astral.SNOWPATROL, vendredi au Métropolis.HARRY MANX, vendredi à l\u2019Astral.SUR LES PLANCHES Catherine Durand PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE ALAIN DE REPENTIGNY Le printemps dernier, Steve Hill a eu un flash.Il a pris le téléphone pour demander à un agent s\u2019il y avait de l\u2019intérêt pour un show de blues qu\u2019il promènerait dans les festivals cet été.L\u2019instant d\u2019après, Hill avait déjà une vingtaine d\u2019offres sur la table.«Je me suis dit: tant qu\u2019à répéter, aussi bien installer des micros et enregistrer un album, racontait Hill lors de sonpassage à La Presse mardi.Nous n\u2019avions jamais joué tous les quatre ensemble mais au bout de cinq jours en studio, nous avions un album.Pas le choix! On jouait au Festival de jazz le 6 juillet et l\u2019album Damage Done devait être en magasin le lendemain.» Pas mal pour un gars qui avoue spontanément avoir passé beaucoup trop de temps en studio à peaufiner ses deux albums précédents, Devil At My Heels (2007) et Domino (2002).L\u2019ouragan Damage Done a tout emporté sur son passage, y compris un autre album qui était déjà prêt, mais dont la sortie a dû être reportée à 2010.Le guitariste que j\u2019ai devant moi est tout sourire.Pour la première fois, le gars qui joue les DJ pour ses musiciens dans leur véhicule de tournée s\u2019est fait plaisir : «J\u2019avais fait une playlist de blues-rock pour le jour où je déciderais d\u2019interpréter des chansons des autres.Dès qu\u2019on a parlé de cet album, j\u2019ai fait un CD pour les gars et on a pigé dedans.» En plus des compositions solides de Hill, Damage Done comprend des empru nts aux Yardbirds, à Taj Mahal, Howlin\u2019 Wolf, Don Nicks, Bob Seger et Robert Johnson.Le 6 juillet, Hill et les Majestiks nous ont balancé ces 13 pièces dans l\u2019ordre, pas une de plus, pas une de moins, pendant la petite heure qu\u2019ils ont passée sur la scène de l\u2019Astral.Ce soir, ils nous en promettent au moins le double.Les Majestiks S\u2019ils n\u2019avaient jamais joué tous les quatre ensemble, les Majestiks n\u2019en sont pas moins de vieux complices de Hill : Sam Harrisson a été son batteur de 1994 à 1999, le bassiste Rock Laroche jouait avec Hill à 14 ans avant de le retrouver il y a cinq ans, tandis que le guitariste bien nommé Johnny Flash est un vieux chum qui jouait de la batterie avec Hill il y a cinq ans.Les Majestiks?C\u2019était le nom du groupe des années 60 dans lequel jouaient le père de Johnny Flash et l\u2019oncle de Rock Laroche.«Flash a fait l\u2019album et les shows cet été avec nous, mais il est parti à Las Vegas jouer dans le spectacle du Cirque du Soleil sur Elvis, précise Hill.C\u2019est Richard Boisvert qui le remplace, un super guitariste avec qui j\u2019ai déjà joué.» Steve Hill est un boulimique de musique.Pour lui, Howlin\u2019 Wolf et Black Sabbath, c\u2019est la même musique.Ses yeux pétillent quand il me parle de Judas Priest, de Freddie King, de Muddy Waters, des disques Stax, du Fleetwood Mac de Peter Green, ou de Steve Marriott, le regretté chanteur des Small Faces et de Humble Pie dont Robert Plant s\u2019est «inspiré» pour chanter Whole Lotta Love.Hill est occupé jusqu\u2019au mois de décembre, qu\u2019il passera à l\u2019Impérial de Québec avec les Majestiks et Nanette Workman.Samedi dernier, il jouait avec les Majestiks à Rimouski ; lundi, il accompagnait Éric Lapointe à Gatineau; mercredi, il était avec Papillon à Québec, et les Respectables l\u2019ont invité à jouer avec eux à Longueuil hier soir.«Au Québec, si t\u2019as juste une carrière, tu ne donneras pas 150 shows par année, dit Hill.Les artistes qui m\u2019appellent (Zachary, Pag, Lapointe, Leloup, Nanette) savent ce que je vais leur apporter, même s\u2019il faut toujours que je m\u2019adapte à leur style.Dans la dernière année, j\u2019ai fait des sessions en studio avec Louise Forestier aussi bien qu\u2019avec le band de hip-hop Taktika.Un musicien qui ne travaille pas, c\u2019est pas mal inutile dans la société ! (rires)» Steve Hill and The Majestiks, à l\u2019Astral ce soir, 20h.STEVE HILL Le boulimique de musique Ce soir, Steve Hill et les Majestiks joueront à l\u2019Astral qu\u2019ils ont fait trembler avec leur blues-rock vitaminé pendant le Festival de jazz.Retour sur un accident de parcours particulièrement heureux sur la route du guitar hero québécois.EN UNMOT Un guitar hero québécois, champion du blues-rock, que les chanteurs rock d\u2019ici s\u2019arrachent quand il est disponible.PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Le 6 juillet dernier sur la scène de l\u2019Astral, dans le cadre du Festival de jazz, Steve Hill et les Majestiks ont balancé les 13 pièces de Damage Done dans l\u2019ordre, pas une de plus, pas une de moins.Ce soir, dans la même salle, ils en promettent au moins le double.L\u2019ouragan Damage Done a tout emporté sur son passage, y compris un autre album qui était déjà prêt, mais dont la sortie a dû être reportée à 2010.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 1881063 1934678 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE CLAUDE GINGRAS D\u2019abord paru en Europe chez Sony, le Mahler de Kent Nagano et l\u2019Orchestre Symphonique de Montréal, Das Lied von der Erde (Le Chant de la terre), vient de sortir ici sous la marque-maison de l\u2019orchestre.À l\u2019instar des grands orchestres du monde, l\u2019OSMamaintenant son propre label.L\u2019enregistrement fut réalisé lors de deux concerts, les 13 et 14 janvier derniers, salle Wilfrid-Pelletier de la PdA.Réalisé en partie, faut-il préciser.À la fois cycle et symphonie vocale, Das Lied von der Erde est constitué de six lieder avec orchestre: trois pour ténor et trois pour mezzo-soprano (ou contralto), en alternance.Les deux solistes ne chantent jamais ensemble.La partition autorise le remplacement de la voix de femme par une voix de baryton.Dietrich Fischer-Dieskau fut le premier, il y a 50 ans, à adopter cette formule, reprise occasionnellement depuis, au concert et au disque, et notamment par Nagano.Les trois lieder pour ténor chantent l\u2019ivresse et la jeunesse, les trois lieder pour voix grave (de femme ou d\u2019homme) pleurent la solitude de l\u2019être humain et mènent à l\u2019adieu final, ce sixième lied intitulé Der Abschied qui dure à lui seul autant que les cinq lieder précédents.À l\u2019OSM, Nagano avait confié la partie de baryton à l\u2019Allemand Christian Gerhaher, qui chanta les deux soirs, tel que prévu.Le ténor annoncé était un Lituanien inconnu du nom d\u2019Edgaras Montvidas qui, au dernier moment, fut remplacé par l\u2019Américain Stuart Skelton, inconnu lui aussi, sauf qu\u2019il arrivait précédé d\u2019un enregistrement de 2007 de Das Lied dans la version ténor-baryton, avec Thomas Hampson et l\u2019Orchestre Symphonique de San Francisco, dir.Michael Tilson Thomas.Skelton chanta lui aussi les deux soirs mais fut remplacé, pour l\u2019enregistrement et pour la tournée européenne de l\u2019orchestre, en avril, par l\u2019Allemand Klaus Florian Vogt.Le disque qui vient de paraître contient donc: a) les trois lieder pour baryton chantés par Gerhaher à Wilfrid-Pelletier; b) les trois lieder pour ténor greffés dans un studio de Munich par Vogt en surmixage sur une bande enregistrée par l\u2019OSM seul en studio à Montréal.Ouf ! Bien des complications pour un résultat qui, finalement, ne change rien à une discographie de Das Lied où abondent les grandes et très grandes versions, dont au moins six, avec des chanteurs différents, dirigées par Bruno Walter, qui créa l\u2019oeuvre en 1911.Gerhaher apporte une voix superbe et une totale expression à ses trois lieder, mais sans faire oublier le timbre d\u2019une Kathleen Ferrier dans la version courante avec voix de femme.Vogt est moins intéressant comme chanteur et comme interprète et Nagano dirige un OSMprofondet coloré mais non exceptionnel.Vogt fond bien sa voix avec l\u2019orchestre préenregistré, mais, étrangement, la voix de Gerhaher, captée en public, possède plus de présence.MAHLER Das Lied von der Erde.Klaus Florian Vogt, ténor, Christian Gerhaher, baryton, Orchestre Symphonique de Montréal, dir.Kent Nagano.OSMCD-7436 hhh CLASSIQUE Complications mahlériennes JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE D\u2019abord l\u2019événement.Tout le catalogue des Beatles est enfin «remasterisé».Ça faisait une mèche qu\u2019on attendait ça.Que le plus grand groupe pop de l\u2019Histoire n\u2019ait pas profité plus tôt d\u2019une restauration digne de ce nom dépasse l\u2019entendement: rien n\u2019avait été fait depuis leur premier transfert sur CD en 1987! C\u2019est encore plus indécent, considérant que la plupart des autres groupes rock avaient tous déjà subi un lifting en bonne et due forme.On ne reviendra pas sur les longues négociations qui ont retardé cette sortie.Ni sur les quatre années de studio nécessaires à ce patient dépoussiérage qui \u2013 rappelons-le \u2013 n\u2019est pas un «remixage» des chansons, mais bel et bien un «rematriçage» fait à partir des bandes finales originales.La question, ici, serait plutôt : est-ce que le produit fini vaut le prix demandé?Est-ce que le coffret, vendu depuis mercredi en magasin, vaut ses 190$ (pour la version stéréo) ou ses 250$ (pour la version mono) taxes non comprises?Eh bien! la réponse, chers lecteurs, est que\u2026 euh\u2026 ça dépend de vous.De vos finances.Et de votre degré d\u2019obsession pour les Fab Four.Crinquer le volume L\u2019objet lui-même est assez chic, avec son boîtier noir lustré et ses 14 pochettes cartonnées.Chaque disque vient avec un livret bien garni \u2013 qui ne vous apprendra toutefois pas grandchose, sinon, peut-être, pour ces «notes d\u2019enregistrement», à saveur plus technique \u2013 et un clip «infomercial» de 5 minutes qui nous sert du réchauffé.Mais pour ce qui est du son, véritable vedette de ces rééditions, parlons d\u2019une nette amélioration.Fini le temps où les chansons des Beatles sonnaient deux fois moins fort que toutes les autres dans vos mix de iPod.Nous avons fait le test et le résultat est convaincant.Des connaisseurs affirment que les tambourines et les claquements de main sont dix fois plus clairs.Que les cors français et les clavecins n\u2019ont jamais été aussi précis.Et qu\u2019on peut quasiment entendre les gars respirer en studio.Tant mieux pour eux: ils ont des oreilles bioniques.Pour le simple mortel que nous sommes, disons que la plus grosse différence se situe au niveau de la batterie et de la basse, dont le volume a été crinqué au maximum.Et ça fait du bien.Jusqu\u2019ici, la section rythmique des Beatles paraissait un peu mince.On redécouvre ici une vraie machine de guerre.C\u2019est particulièrement remarquable dans les albums de la seconde moitié des années 60, qui bénéficient plus encore de ce traitement aux hormones.Aucun doute, c\u2019est une coche au-dessus.Mais on reste quand même avec l\u2019impression que cette réédition boostée n\u2019est qu\u2019une opération mercantile de plus pour la compagnie de disques, qui a passé les 20 dernières années à presser le citron beatlesque et à le commercialiser au compte-gouttes.Revamper les Beatles n\u2019aurait dû être qu\u2019une formalité.On en fait tout un plat.On aurait pu en profiter pour ajouter des inédits, des chutes de studio, d\u2019autres nananes.Qu\u2019en est-il de la fameuse Carnival of Light, titre perdu et retrouvé, qu\u2019on nous promet depuis si longtemps?Enfin, pourquoi lancer deux coffrets différents pour les versions mono et stéréo?Techniquement, et sauf exceptions (le double blanc, Past Masters), il y aurait eu assez d\u2019espace pour tout mettre dans le même paquet.Alors voilà.Si vous avez 200 piastres en trop, allez-y, on ne vous retient pas.Si vous n\u2019avez aucun album des Beatles, c\u2019est le bon moment.Et si vous êtes de la génération numérique ben\u2026 riez un bon coup.Aussi aberrant que cela puisse paraître, les Beatles ne sont toujours pas disponibles sur iTunes.Y a des dol lars qui se perdent\u2026 The Beatles Remastered Apple/Capitol/EMI RÉTRO/THE BEATLES REMASTERED Est-ce que ça vaut 200$?PHOTO ARCHIVES AP Tout le catalogue des Beatles est enfin «remasterisé » dans un coffret vendu en magasin depuis mercredi : la version stéréo vaut 190$ et la version mono 250$.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 6 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 2 S E P T E M B RE 20 0 9 et 12 comédiens YVES AMYOT / OLIVIER AUBIN / DANY BOUDREAULT / SOPHIE DESMARAIS / SIMON FRÉCHETTE-DAOUST / MAXIM GAUDETTE / ROBERT LALONDE / MILÈNE LECLERC / VINCENT-GUILLAUME OTIS / FRÉDÉRIC PAQUET / ÉRIC ROBIDOUX / VÉRONIC RODRIGUE/ Assistance à la mise en scène et régie LOU ARTEAU Concepteurs JEAN BÉGIN/ MÉRÉDITH CARON/ ESTELLE CLARETON/ ALAIN DAUPHINAIS / MARTIN LABRECQUE/ PIERRE-ETIENNE LOCAS/ RACHEL TREMBLAY / DU 29 SEPT AU 24 OCT / TNM.QC.CA / 514.866.8668 Shakespeare / Adaptation et mise en scène René Richard Cyr L\u2019amour dans tous ses états ! Macha Limonchik / David Savard 1955648A Fragments de mensonges inutiles création de Michel Tremblay mise en scène de Serge Denoncourt 5 CRÉATIONS 2009 - 2010 5 AUTEURS QUÉBÉCOIS Du 9 SEPTEMBRE au 17 OCTOBRE Gabriel Lessard OlivierMorin NormandD\u2019Amour Antoine Durand Maude Guérin Roger La Rue Gabriel Sabourin Linda Sorgini décor Louise Campeau costumes François Barbeau éclairages Martin Labrecque bande sonore Antoine Bédard accessoires Normand Blais en collaboration avec Théâtre Jean-Duceppe duceppe.com 1934703A 1934705 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATION SPÉCIALE Elle a une de ces voix qui rajeunissent celles qui la poussent, un univers lyrique fait de comptines et une technique pianistique qui témoigne de sa formation classique.Non, Coeur de Pirate n\u2019a rien inventé : dans le registre indie pop juvénile, Regina Spektor est la reine incontestée, depuis presque dix ans et cinq albums.On nous la passe au bout du fil, non sans nous avoir préalablement fait parvenir une liste de sujets qui l\u2019ennuient abyssalement et qui, prévient-on, risquent de faire sombrer l\u2019entrevue.Regina en a marre de devoir encore expliquer comment, à l\u2019âge de 9 ans, elle a quitté Moscou avec ses parents, profs de musique, pour s\u2019établir à New York et poursuivre ses leçons de piano classique hors de l\u2019emprise communiste.Sujet proscrit, les racines soviétiques.Sujet éculé.Au bout du fil, Regina Spektor est, contre toute attente, a ffable et généreuse.Surtout lorsqu\u2019il est question de son instrument naturel : «Oh ! dit-elle avec sa petite voix douce, je sais aussi jouer un peu de guitare.Mais c\u2019est au piano que je me sens vraiment à l\u2019aise, c\u2019est l\u2019instrument sur lequel je compose \u2013 les musiques me viennent toujours en premier, avant les textes.» «Je crois que ma formation de piano classique transparaît beaucoup dans ma musique, ajoute la jeune femme.Ça influence la manière dont je joue ainsi que mes compositions.Pour ceux qui ont étudié Chopin et Mozart, la musique pop restera toujours une forme musicale très basique.» Qui a toutefois l\u2019avantage de plaire à un plus grand nombre.Regina Spektor en sait quelque chose: elle vient de passer l\u2019été à promouvoir les chansons de son album Far sur les plus grosses scènes d\u2019Europe.Après deux albums plutôt confidentiels, Regina Spektor s\u2019est vraiment révélée grâce aux charmantes ritournelles de Soviet Kitsch (2004).Par de judicieux placements de chansons dans différentes publicités et séries télévisées (Grey\u2019s Anatomy, CSI : NY et Weeds, pour ne nommer que celles-là), la demoiselle a trouvé un public «de tous âges, c\u2019est toujours surprenant de voir ça pendant mes concerts », affirme-t-elle.Le charme opère toujours sur Far, son cinquième album, un disque sur lequel Regina déploie des trésors d\u2019imagination lyrique \u2013 farfelus, souvent, confus, parfois.Elle devient un robot dans Machine, utilise une onomatopée en guise de refrain (Eet) et délire sur toutes les autres chansons.Pour la première fois, elle a convié quatre réalisateurs à bosser sur l\u2019un de ses albums.L\u2019Américain David Kahne, complice de longue date, y est, mais on remarque surtout la participation de l\u2019illustre Jeff Lynne, perfectionniste de la pop, jadis tête chercheuse de l\u2019Electric Light Orchestra.Son travail se remarque sur Folding Chair et Blue Lips, ainsi que la toute simple et magnifique Genius Next Door.«C\u2019est un plaisir de travailler avec cette légende », affirme Regina Spektor, en spécifiant qu\u2019elle n\u2019a pas cherché à approfondir l\u2019oeuvre de Lynne avant de collaborer avec lui, pour ne pas se laisser intimider par sa légende.«Il avait une vision claire et précise de ce qu\u2019on pouvait faire avec mes chansons.Surtout, il apportait des idées qui m\u2019échappaient complètement.» Regina Spektor, le 17 septembre, 20h, au Métropolis.REGINA SPEKTOR L\u2019enfant prodige New-yorkaise aux origines juives et russes, Regina Spektor, 29 ans, a un style que plusieurs ont copié.Reste que chaque nouvel album de la tendre et emphatique auteure, compositrice et interprète est perçu comme un petit happening sur la scène indie, et Far, lancé en juin, n\u2019y échappe pas.EN UNMOT Dix ans de métier, toujours ce brin de petite fille dans la voix.La diva indie pop s\u2019amène en ville avec de nouvelles comptines.PHOTO FOURNIE PAR L\u2019ARTISTE Dans le registre indie pop juvénile, Regina Spektor est la reine incontestée, depuis presque dix ans et cinq albums.Le charme opère toujours sur Far, un disque sur lequel elle déploie des trésors d\u2019imagination lyrique \u2013 farfelus, souvent, confus, parfois.«Pour ceux qui ont étudié Chopin et Mozart, la musique pop restera toujours une forme musicale très basique.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 7 au Théâtre Rouge du Conservatoire d\u2019art dramatique de Montréal Stations Mt-Royal et Laurier 4750 avenue Henri-Julien, Montréal une mise en scène de Frédéric Blanchette Neil Labute \u2022 Jon Fosse \u2022 David Mamet \u2022 David Ives \u2022 Harold Pinter 1.800.361.4595 .com 1956212A À L\u2019AFFICHE AU CABARET 12 - 13 - 16 - 17 - 18 - 19 - 20 SEPTEMBRE DE RETOUR AU CABARET À LA DEMANDE GÉNÉRALE! DERNIÈRE CHANCE! COMPLET COMPLET 4 FÉVRIER AU 2 AVRIL COSSETTE SYLVAIN 514 790-1245 1 800 361-4595 Infos: cabaretducasino.com *moyennant les frais de service www.admission.com* 19 NOVEMBRE AU 30 JANVIER 12 AU 14 NOVEMBRE SUPPLÉMENTAIRES 23 - 24 - 25 - 26 - 27 SEPTEMBRE 5 - 6 - 7 - 8 NOVEMBRE NORMAN PATRICK COMPLET COMPLET DE RETOUR AU CABARET! 30 SEPT.| 1 - 2 - 3 - 7 - 8 - 9 - 10 - 14 - 15 16 - 17 - 21 - 22 - 23 - 24 - 28 - 30 - 31 OCT.COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET COMPLET DERNIÈRE CHANCE! 1963071A A 1898944 1940943 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE MARIE-CHRISTINE BLAIS Ce soir, à l\u2019émission de télé Belle et Bum (Télé-Québec, 21h), toute la bande \u2013 Caleb, Mossbass, Izra-L et Taroum de la famille Rimtobaye ainsi que leurs amis d\u2019enfance Charles et Service Ledjebgue \u2013 interprétera quelques chansons de son nouvel album, mais également They Don\u2019t Care About Us de Michael Jackson, interprétée en langue sara, l\u2019une des langues officielles du Tchad.Car Izra-L est un fan fini de Michael Jackson alors que Caleb, principal auteur-compositeur du groupe, cite, lui, Guns N\u2019 Roses et AC/DC au nombre de ses artistes cultes.Amateurs de folklore «typique », oubliez les boubous et faites place à un groupe de jeunes chanteurs blacks contemporains, amateurs aussi bien de rythmes des Caraïbes, de reggaeton, de soul, de hip-hop que de percussions africaines ! «À la base, on est restés nous-mêmes, explique Caleb en entrevue, c\u2019est-à-dire qu\u2019on écoute de la musique urbaine, comme on le faisait au Tchad (ils sont arrivés au Québec en 2001, avec le statut de réfugié), mais c\u2019est encore plus accentué sur ce deuxième album.» Sur le premier disque, lancé en 2003, les jeunes chanteurs (ils ont aujourd\u2019hui entre 21 et 30 ans) chantaient beaucoup a cappella parce que, n\u2019ayant pu se payer d\u2019instruments dans leur pays d\u2019origine, ils ont tablé sur leurs seules voix pour créer leur répertoire.Aujourd\u2019hui, la situation est différente: sans tourner le dos au passé, ils évoluent, mêlant sara, arabe (l\u2019autre langue officielle du Tchad), français et anglais dans leurs chansons \u2013 à tout hasard, signalons que Charles et Service parlent aussi mandarin et qui sait si on n\u2019entendra pas un jour H\u2019Sao en Chine?Pourquoi avoir baptisé l\u2019album Vol 235?Parce que 235 est l\u2019indicatif téléphonique du Tchad: «C\u2019est une espèce de voyage à travers tout ce qu\u2019on a vécu qu\u2019on propose aux gens», explique Izra-L.Entre autres choses, le groupe a rencontré Boule noire lors de l\u2019hommage que lui a rendu Belle et Bum avant le décès de ce dernier.C\u2019est là, en présence du regretté chanteur, qu\u2019ils avaient interprété, avec Luck Mervil, Aimer d\u2019amour, chanson qu\u2019ils reprennent a cappella sur Vol 235.«Boule noire nous a bénis ce jour-là, explique Izra-L, et sa veuve nous a donné son accord pour qu\u2019on l\u2019enregistre.» C\u2019est plutôt lors d\u2019un grand spectacle avec l\u2019Orchestre Symphonique de Montréal, en 2006, que H\u2019Sao rencontre le chef d\u2019orchestre et compositeur Guy Saint-Onge, bien connu pour son travail avec Gregory Charles, Ima et Félix Gray (c\u2019est lui qui signe les musiques de Don Juan et Shérazade).«Il nous a vraiment aidés à finaliser l\u2019album, explique Caleb.Il devait simplement le mixer et puis, finalement, il a joué des instruments et il nous a aidés pour la réalisation.On avait commencé à écrire le nouvel album à la fin de 2006, mais on a tellement fait de tournées (Australie, Roumanie, États-Unis, Afrique du Sud, Québec\u2026) qu\u2019on n\u2019avait jamais le temps de s\u2019y mettre.Guy, ainsi que notre ancien gérant Marc Labelle, nous ont beaucoup aidés à finalement faire le disque qu\u2019on voulait.» Album où il est question d\u2019amour, de foi et de paix, lancé il y a quelques jours en présence de\u2026 leur père (qui est pasteur protestant), leur mère et autres frères et soeurs.Car, depuis trois semaines, toute la famille Rimtobaye vit désormais au Québec.«Je donne des cours de sara, explique Caleb, et quand papa a entendu des Québécois s\u2019exprimer dans notre langue pendant le lancement, ça lui a tiré quelques larmes.Qui sait, ça pourrait peut-être devenir la troisième langue officielle du Québec?» H\u2019SAO Une bande des six éclectique Ils vont en avoir du plaisir, à l\u2019ADISQ, quand viendra le temps de catégoriser le deuxième album de H\u2019Sao : comment classer Vol 235 de la formation d\u2019origine tchadienne ailleurs que dans « folk contemporain », «musique du monde», «pop-rock», «artiste s\u2019exprimant dans une autre langue que le français » ET «groupe de l\u2019année » ?EN UNMOT Remarqué d\u2019abord pour la beauté de ses chants a cappella, le sextuor d\u2019origine tchadienne H\u2019Sao vit au Québec depuis 2001 et a lancé son second disque il y a quelques jours.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Les six membres de H\u2019Sao, originaires duTchad et établis au Québec depuis 2001, lancent leur deuxième album intitulé Vol 235.«C\u2019est une espèce de voyage à travers tout ce qu\u2019on a vécu qu\u2019on propose aux gens», explique Izra-L (à gauche, à l\u2019arrière-plan.MUSIQUE DU MONDE H\u2019SAO VOL 235 NDJAM/DEP Amateurs de folklore «typique », oubliez les boubous et faites place à un groupe de jeunes chanteurs blacks contemporains.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 8 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 SE P T E M B R E 2 0 0 9 « Le théâtre-cirque proche de la pureté absolue [.] tout est bon ou magnifique dans Nebbia [.] souvent on frôle le sublime [.] la machine à fabriquer de la poésie scénique commence à être rodée.» La Presse, Montréal 1946955A 1946987 Samedi 12 septembre \u2022 20h STEVE HILL AND THE MAJESTIKS Ce soir ! Billets en vente àlaporte de l\u2019Astral Jeudi 17 septembre \u2022 20h Un pianiste français exceptionnel YARON TRIO HERMAN Mercredi 16 septembre \u2022 20h LA découverte blues du Festival 2009 HARRY MANX SOLO Vendredi 18 et samedi 19 septembre \u2022 20h Nouvel album, nouveau spectacle: Bread &Buddha Le fils du légendaireLonnie Brooks Mercredi 23 septembre \u2022 20h Le band le plus funky de Chicago! huit musiciens sur scène Mardi 22 septembre \u2022 20h HYPNOTIC BRASS ENSEMBLE Les Mercredis blues RONNIE BAKER BROOKS Les Mercredis blues MATT ANDERSEN OCTOBRE - MARK BÉRUBÉ & THE PATRIOTIC FEW, DAVID MARTEL & THE FRIEND SHIP, CAROLINE KEATING (dans le cadre de Pop Montréal) - 2 octobre, IRIS DEMENT, KATIE MOORE ET INVITÉS (dans le cadre de Pop Montréal) - 6 octobre, TIERNEY SUTTON BAND - 6 octobre, BOB HARRISSON - 7 octobre, THE SOCIOPATHS avec CHARLES PAPASOFF, CORAL EGAN et MATT HERSKOWITZ - 8 octobre, WAX TAILOR - 9 octobre, KURT ROSENWINKEL - 10 octobre, CABARET BIO DÉGRADABLE - 15 octobre, JULIAN LAGE - 16 octobre, OLIVER JONES TRIO - 20 octobre, THE JW-JONES BLUES BAND - 21 octobre, JULIE LAMONTAGNE TRIO - 22 octobre, ORANGE ORANGE - 27 octobre, ANGEL FORREST - 28 octobre, JASON LANG - 29 octobre, AFRO-CUBAN ALL STARS - 30 octobre NOVEMBRE - DUKE ROBILLARD BAND - 4 novembre, STEVE AMIRAULT TRIO - 5 novembre, SUZANNE VEGA - 7 et 8 novembre, THAT 1 GUY - 11 novembre, SUSIE ARIOLI - 12 et 13 novembre, SARA TAVARES - 17 novembre, COWBOY JUNKIES - 18 et 19 novembre, CAROL WELSMAN - 20 et 21 novembre, DAVID GOGO - 25 novembre, ALEX CUBA - 27 novembre, MICHAEL KAESHAMMER - 28 novembre DÉCEMBRE - COCO MONTOYA - 2 décembre, JOHN PIZZARELLI QUARTET avec CORAL EGAN - 3 et 4 décembre AUSS I À L\u2019 A F F I C H E À L\u2019 A STRAL 305, rue Sainte-Catherine Ouest \u2022 Réservations: 514 288-5992 Du jeudi 24 au samedi 26 septembre \u2022 20h McCOY TYNER TRIO avec INVITÉ SPÉCIAL GARY BARTZ La dernièrelégende vivante du jazz Mardi 29 septembre \u2022 20h Mercredi 30 septembre et jeudi 1er octobre\u2022 20h ALLAN HOLDSWORTH TRIO MENU BISTRO Du lundi au mercredi : 11h30 à 23h Du jeudi au samedi : 11h30 à 23h30 Les amateurs de bonne chère pourront succomber à leur 5e péché en goûtant le menu de type bistro français du Balmoral, qui présente une carte spécialement concoctée par le chef François Carré pour les beaux jours d\u2019été.LE FESTIVAL DE JAZZ VOUS INVITE À SON BISTRO Terrasse Côte du Rhône CROMMEN EN DUO: L\u2019HARMONICA EN VERSIONS ORIGINALES THIERRY Billets en vente maintenant ! L\u2019ASTRAL (Maison du Festival Rio Tinto Alcan) 305, RUE SAINTE-CATHERINE OUEST 514 908-9090 \u2013 ticketpro.ca BILLETTERIE à la nouvelle salle du Quartier des spectacles À l\u2019affiche en SEPTEMBRE 1963531A ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE ALAIN DE REPENTIGNY Harry Manx est un artiste au parcours vraiment atypique.Né dans l\u2019île de Man, au large de l\u2019Angleterre, il a vécu à Toronto, en Europe, au Japon et 12 ans en Inde, avant de s\u2019établir en Colombie- Britannique avec sa femme brésilienne.C\u2019est dans les rues de Vancouver que ce musicien a été «découvert», ce qui lui a permis de lancer, à 46 ans, le premier d\u2019une série d\u2019albums.Manx est un original qui parcourt la planète avec sa mohan veena, une guitare-sitar à 20 cordes, et joue avec des musiciens qu\u2019il recrute en chemin.Sa famille élargie comprend aussi bien la chanteuse canadienne aux racines indiennes Samidha Joglekar et le percussionniste allemand Yeshe que le pianiste américain Mark Kieswetter, qu\u2019il a déniché tout à fait par hasard dans une petite boîte de Toronto et qui donne une nouvelle dimension à sa musique.Font aussi désormais partie de cette confrérie la chanteuse Geneviève Jodoin et le guitariste Simon Godin, de Belle et Bum, une émission qui a valu à Manx un public fidèle au Québec.Ces jours-ci, Harry Manx est aussi l\u2019auteur d\u2019un nouvel album, Bread and Buddha \u2013 eh oui, il joue aussi avec les mots \u2013 dont il nous livrera l\u2019essentiel à l\u2019Astral, les 18 et 19 septembre.Les très belles compositions de Manx y côtoient avec bonheur des classiques du répertoire de Johnny Cash (Long Black Veil) ou du pionnier du blues Charlie Patton (Moon Goin\u2019 Down).D\u2019autres emprunts sont plus étonnants, comme cette Humble Me que son ami Kevin Breit a donnée à Norah Jones.Manx dit en souriant qu\u2019il aurait préféré être le premier à l\u2019enregistrer, mais que ce n\u2019est quand même pas une bonne raison pour bouder une aussi belle chanson: «Kevin a fait pas mal d\u2019argent avec Humble Me, puis il a décidé de se retirer du groupe de Norah.Quand il m\u2019a proposé de la chanter, je n\u2019avais entendu sa version qu\u2019une seule fois.Cette chanson a été écrite pour qu\u2019un homme la chante: elle parle d\u2019amour perdu, de séparation, de coeur brisé.Ma femme et ses deux amies sont venues voir mon spectacle et elles ont pleuré toutes les trois quand je l\u2019ai chantée.» Nine Summers Lost, que Manx a écrite à la mémoire de neuf jeunes victimes de la violence des gangs de rue à Toronto, ne laisse personne insensible non plus, au Canada comme en Australie.«Je n\u2019aime pas dire les choses trop littéralement, prêcher ou tenter d\u2019influencer les gens, précise Manx.Mais à Toronto, des citoyens se réunissaient et se demandaient comment ils pouvaient exprimer leur perte.J\u2019ai essayé de mettre ça dans une chanson.» Plus accessible Bread and Buddha est sans doute le moins exotique des albums de Manx et pourtant le plus étoffé, le plus diversifié.Il y joue beaucoup plus souvent de la steel guitar que de la mohan veena.«C\u2019est encore très difficile de marier la musique classique indienne et lamusique occidentale, explique-t-il.J\u2019ai utilisé la veena sur Love Is the Fire uniquement parce que c\u2019est un instrument qui sonne bien.» Love is theFire est probablement la chanson la plus commerciale qu\u2019Harry Manx ait jamais enregistrée.C\u2019était pourtant au départ une chanson sur l\u2019amour divin écrite par un ami indien avec qui Manx la chantait dans un ashram à Pune, dans le Maharashtra.«J\u2019en ai fait une chanson pop-rock contemporaine, reconnaîtManx.Peut-être qu\u2019inconsciemment, je veux toucher un plus large public.Cet album, je crois, est un peu plus accessible.» Des compagnies de disques lui ont proposé de faire de la musique de relaxation comme tant d\u2019autres musiciens rentrés de l\u2019Inde.«Je n\u2019en ai jamais fait, dit-il.Je suis tombé dans le blues, j\u2019ai joué dans la rue et, comme on dit en anglais, the rest is history.» Il ajoute: «C\u2019est drôle, j\u2019ai fait une tournée avec Richie Havens au cours de la dernière année et il portait des vêtements indiens, mais pas moi.Pourtant, sa musique n\u2019a rien à voir avec l\u2019Inde.Je n\u2019ai pas à parler aux gens de mon expérience en Inde, ils ont des oreilles pour entendre.» Vendredi et samedi prochains, Harry Manx sera seul sur la scène de l\u2019Astral.Il croit qu\u2019un concert en solo a plus d\u2019impact parce qu\u2019il lui permet de toucher à l\u2019essence de sa musique.N\u2019empêche, il faisait bon l\u2019entendre jouer avec les musiciens de l\u2019émission de Bons baisers de France le mois dernier et il ne refuserait sûrement pas une invitation du Festival de jazz pour s\u2019y produire avec un groupe complet l\u2019été prochain.Harry Manx à l\u2019Astral, les 18 et 19 septembre.HARRY MANX Répandre la bonne nouvelle On associe souvent Harry Manx au mariage de la musique indienne et du blues.Pourtant, son premier album de chansons originales en cinq ans transcende de beaucoup l\u2019exotisme.Rencontre avec un artiste épanoui.EN UNMOT Heureux qui comme Harry Manx a beaucoup voyagé avant d\u2019atteindre, au milieu de la cinquantaine, sa pleine maturité artistique.PHOTO ROBERT MAILLOUX, ARCHIVES LA PRESSE Harry Manx est un original qui parcourt la planète avec sa mohan veena, une guitare-sitar à 20 cordes, et joue avec des musiciens qu\u2019il recrute en chemin.BLUES/MUSIQUE DU MONDE HARRY MANX BREAD AND BUDDHA DOG MY CAT RECORDS/SRI En magasin mardi llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 9 1963454A L\u2019ÉVÉNEMENT ORANGE À SAINT-HYACINTHE SAINT-HYACINTHE A TOUJOURS ÉTÉ PORTÉ SUR L\u2019AGROALIMENTAIRE.LA VILLE A LE PLUS VIEUX MARCHÉ PUBLIC DU QUÉBEC, DES CENTRES DE FORMATION, UN ENVIRONNEMENT AGRICOLE.MAIS CES JOURSCI, CE SONT LES ARTISTES QUI PRENNENT LE CONTRÔLE DE LA BOUFFE.DURANT PLUS D\u2019UNMOIS, LA MANIPULATION ORANGE MET L\u2019ART CONTEMPORAIN ET L\u2019ALIMENTATIONDANS LAMÊME ASSIETTE ET DRESSE DES CONSTATS PARFOIS DIFFICILES À DIGÉRER.STÉPHANIE BÉRUBÉ Pour réa l iser son oeuv re au centre-ville de Saint- Hyacinthe, Cosimo Cavalaro n\u2019a pas utilisé une seule goutte de peinture.Il s\u2019est installé dans un petit appartement et y a largué 518 litres de ketchup.Il a tout couvert : les murs, les meubles, les souliers qui traînaient par terre, le frigo.La sauce rouge frappe l\u2019oeil, on pense inévitablement à un carnage.Mais l\u2019odeur, elle, entre dans les narines des visiteurs qui s\u2019attardent sur place.Elle y reste des heures après qu\u2019on a quitté l\u2019endroit et rappelle que le ketchup, en plus des tomates, est bel et bien fait principalement de sucre et de vinaigre.Bienvenu à Orange, une exposition qui met l\u2019art contemporain et la bouffe dans la même assiette.«C\u2019est une manifestation très intellectuelle, mais c\u2019est surtout très sensuel, assure l\u2019une des trois commissaires, Sylvette Babin.C\u2019est aussi très ludique.» La nourriture comme objet d\u2019art peut effectivement devenir un jeu.«Ça nous ramène à l\u2019enfance, dit-elle.On a tous joué avec notre nourriture.» Une oeuvre présentée auparavant était entièrement faite de maïs soufflé.L\u2019installation était jolie et étonnante, mais soulevait néanmoins le problème du maïs en tant que monoculture.Cette fois, c\u2019est l\u2019appartement ketchup qui risque d\u2019attirer le plus de curieux.«Il y a plusieurs niveaux dans cette exposition, indique Sylvette Babin.Les gens ont parfois peur de ne pas comprendre, mais le public va se promener dans les oeuvres et va se faire sa propre idée de ce que les artistes ont fait et ont voulu exprimer à propos de l\u2019agroalimentaire.» La triennale d\u2019art contemporain se tient pour la troisième fois à Saint-Hyacinthe, capitale agroalimentaire du Québec.La nourriture a toujours été au coeur des expositions, mais cette fois, on s\u2019est aussi intéressé à l\u2019éthique de l\u2019assiette.Le jeune Américain Joseph Kohnke a fait des petits puits de pétrole avec des fourchettes de plastique jetables, symbole de l\u2019importance du pétrole dans l\u2019alimentation.Dean Baldwin présente une installation participative, une sorte de buffet dans lequel les visiteurs peuvent puiser.Le travail du Québécois Michel Boulanger s\u2019intéresse au problème du territoire et de l\u2019agriculture.Et il y a le cas Cosimo Cavallaro.«Lorsque j\u2019étais étudiant en art, j\u2019ai vu des enfants jouer avec leur nourriture et j\u2019étais jaloux d\u2019eux.C\u2019est la forme d\u2019expression la plus pure qui soit, jouer avec ses aliments», explique l\u2019artiste, au milieu de ce paradis de tomates liquides.Une petite fenêtre a été laissée ouverte pour l\u2019aération, ce qui ne laisse pas assez d\u2019espace pour évacuer cette odeur aigredouce.«Quand j\u2019ai débuté le travail, je me suis aussi rendu compte à quel point je suis conditionné par les pressions sociales, dit-il.Je me sentais coupable de gaspiller de la nourriture et d\u2019utiliser un appartement qui pourrait être habité.» L\u2019oeuvre s\u2019appelle Exit: A Room in Ketchup.Cosimo Cavallaro avait déjà fait une expérience semblable, avec du fromage.Pourquoi cette obsession de la bouffe?Raisons culturelles.L\u2019artiste, né àMontréal, est d\u2019origine italienne.Dans son enfance, lorsque la parenté venait en visite, elle apportait un cadeau pour le petit Cosimo.Le cadeau sentait inévitablement le fromage, car il avait traversé l\u2019océan dans la même valise qui cachait aussi le fromage.La tomate, à l\u2019automne, ça allait de soi.C\u2019est la période des récoltes.Le temps où les familles italiennes font les conserves.«Dans ma famille, ça durait une semaine ! » lance-t-il.Signe des temps, il a préféré le ketchup, symbole de notre ère de prêt-à-manger qui utilise des produits préparés dans une industrie plutôt que dans une corvée familiale.Au-delà de ses souvenirs sensoriels, l\u2019artiste confie une fixation alimentaire.«La première chose à laquelle je pense quand je me réveille le matin, c\u2019est la bouffe, dit-il.Et j\u2019y pense toute la journée.» Orange commence aujourd\u2019hui.Deux publics s\u2019y intéressent.Les amateurs d\u2019art qui fréquentent naturellement les galeries.Puis les gens d\u2019agroalimentaire qui entendent parler d\u2019Orange dans des médias spécialisés.Il y a trois ans, La semaine verte avait fait un reportage sur la manifestation.Des gens d\u2019agriculture avaient été intrigués et étaient allés voir par eux-mêmes ce qui mijotait à Saint-Hyacinthe.Les organisateurs espèrent 10 000 visiteurs, jusqu\u2019à la clôture, le 25 octobre.Orange, l\u2019événement d\u2019art actuel de Saint-Hyacinthe ; infos : www.expression.qc.ca/orange3 STÉPHANIE BÉRUBÉ Ce n\u2019est pas d\u2019hier que les artistes s\u2019intéressent aux aliments.Il y a les natures mortes qui les représentent et le Food Art qui les utilise comme matériau.On pense aux fruits de Picasso, aux personnages d\u2019Arcimboldo \u2013 nés d\u2019un assemblage de fruits et de légumes, aux conserves de soupe de tomates de Warhol ainsi qu\u2019aux sculpteurs qui travaillent avec de la viande ou de la gomme à mâcher.C\u2019est bien, mais ce n\u2019est pas vraiment ce dont il est question ces jours-ci à Saint-Hyacinthe.Les artistes qui participent à Orange ne font pas que des représentations : ils remettent en question la façon dont les aliments sont produits et la façon dont ils sont consommés.Les artistes ont les mêmes préoccupations que tout le monde.Ce sont d\u2019abord des citoyens qui mangent et qui consomment, précisent les trois commissaires d\u2019Orange, Sylvette Babin, Geneviève Ouellet et Marcel Blouin.Il ne faut donc pas s\u2019étonner de voir maintenant l\u2019alimentation au coeur de l\u2019art contemporain, comme il l\u2019est au cinéma et dans la littérature, notamment avec la multiplication des ouvrages ayant pour sujet la provenance des aliments, la composition de l\u2019assiette et l\u2019industrie agroalimentaire.«De plus en plus, il y a une préoccupation citoyenne face à l\u2019alimentation, explique l\u2019artiste Thierry Bossé-Arcand, auteur d\u2019une oeuvre mettant en scène Ronald McDonald.Les gens cuisinent de plus en plus.Ils prennent le temps de cuisiner.Ils s\u2019intéressent à l\u2019agriculture.On en parle plus à la télévision et dans les journaux.» L\u2019artiste Richard Purdy présentera une conférence sur l\u2019importance de l\u2019aliment dans l\u2019art contemporain.Il est d\u2019accord, le contexte social explique cet intérêt accru des artistes pour les questions alimentaires.Mais il explique aussi cet engouement par un effet de réaction.«Les gens passent leurs journées devant leur écran d\u2019ordinateur, dit-il.Ils arrivent à la maison et s\u2019installent devant l\u2019écran de télévision.» En travaillant avec la matière organique, les artistes font des oeuvres qui ont une odeur et même, parfois, un goût.Et ces oeuvres «d\u2019art chimique», dit-il, laissent des souvenirs plus forts encore chez ceux qui les voient, puisqu\u2019elles marquent plus d\u2019un sens et contrastent avec un univers, autrement, trop fade.Nature morte, Food Art ou art engagé?Faux mets chinois Il y a des restaurants chinois partout sur la planète.Si on prenait le temps de faire une analyse de leurs menus, on trouverait des différences qui en disent long sur la culture d\u2019adoption de ces restaurateurs-immigrés.Les repas seraient certainement plus épicés en Inde et plus sucrés aux États- Unis, explique l\u2019artiste Shelly Low.Les menus sont aussi témoins de leur époque.Lorsque les parents de Shelly Low ont ouvert la Pagode royale, dans l\u2019est de Montréal dans les années 70, ils ont adopté la mode «des buffets polynésiens et chinois ».«Les gens étaient suspicieux dès qu\u2019on parlait de cuisine chinoise, explique l\u2019artiste.Ils croyaient qu\u2019on mangeait des chats, des chiens, des rats.Alors c\u2019était impossible de mettre des pattes de porc au menu.Les clients voulaient de la friture, alors il y avait de la friture.Ils voulaient des sauces sucrées, alors il y avait au menu de belles sauces brillantes d\u2019un rouge vif.» Cette belle imposture culturo-gastronomique est au coeur du travail de l\u2019artiste.«Nous ne mangions jamais cette nourriture à la maison», peut-on lire, en trois langues, sur les assiettes de l\u2019oeuvre présentée à Orange.Low veut mettre en image ce mirage de la Chine qui est encore présent dans plusieurs restaurants.Semer et jeter «Le collectif ne prétend pas faire des oeuvres engagées.Nous faisons une réflexion esthétique.» L\u2019avertissement vient de Noémie Payant-Hébert, jeune artiste installée au Saguenay, où elle travaille avec trois collègues au sein de Cédule 40.Curieux, car à vue de nez, l\u2019oeuvre de Cédule 40 est certainement parmi celles qui semblent le plus «engagées» de la manifestation Orange.Et peut-être celle qui est le plus loin de l\u2019esthétisme artistique au plan formel.Il s\u2019agit d\u2019une roue de tracteur qui jouxte un semoir.Le visiteur peut la pousser pour semer des graines.Mais s\u2019il le fait, il détruira du coup la semence du visiteur précédent puisque l\u2019appareil trafiqué possède aussi un râteau.Que comprendre?Que nous appauvrissons nos sols en les travaillant continuellement?Que nous gaspillons la nourriture?Que notre gestion individualiste de l\u2019agriculture ne mène à rien de bon collectivement?Tout cela et rien de cela.Comme la plupart des artistes présents, Noémie Payant- Hébert explique que l\u2019interprétation du visiteur prend toute la place dans l\u2019oeuvre.Elle ajoute que s\u2019il y a critique, elle s\u2019adresse davantage au consommateur qu\u2019à l\u2019agriculteur.«Les consommateurs veulent une agriculture plus environnementaliste, mais refusent de faire des actions au plan individuel.Ils sont contre les mégaporcheries, dit-elle.Mais combien y pensent encore à l\u2019épicerie au moment d\u2019acheter un paquet de porc?» Le kidnapping de Ronald Ce n\u2019est pas la première fois que Thierry Arcand-Bossé s\u2019intéresse au kidnapping dans ses tableaux.Mais c\u2019est la première fois que les ravisseurs s\u2019attaquent à un personnage avec une charge symbolique de la trempe de.Ronald McDonald ! Pourquoi ce pauvre clown est-il emmené de force, menottes au dos, par une bande de voyous anonymes qui s\u2019apprêtent à le mettre dans le coffre de leur voiture ?Il n\u2019y a pas de réponse ni sur le tableau ni dans la tête de l\u2019artiste.Le choix de la victime n\u2019est pas pour autant innocent.«On a tous besoin de nourriture, tout le monde doit manger, mais ce n\u2019est pas tout le monde qui peut manger à sa faim », dit-il.McDo est partout sur la planète et a marqué la culture populaire, explique aussi l\u2019artiste, qui aime flirter avec la bande dessinée.Pourtant, dans cette toile faite spécialement pour Orange, le clown mis à part, la scène est plutôt dramatique.«C\u2019est comme une scène au cinéma, dit Thierry Arcand-Bossé.C\u2019est une image arrêtée d\u2019un film.Il y a du drame à l\u2019excès.J\u2019ai mis des arbres noueux en décor.Des volcans.» «La thématique peut certainement piquer la curiosité des gens», concède l\u2019artiste, qui avoue aussi que cela lui permettra peut-être de rejoindre du coup un public plus large.« Lorsque j\u2019étais étudiant en art, j\u2019ai vu des enfants jouer avec leur nourriture et j\u2019étais jaloux d\u2019eux.» \u2014 Cosimo Cavallaro rain PHOTOS ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE PHOTOS ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE PHOTOS ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 10 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 0 9 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 11 ARTS ET SPECTACLES POP Light Matisyahu HH1/2 Epic/Sony Que la lumière soit Matisyahu Miller, le plus célèbre hassidim de la planète pop, revient sous les projecteurs avec son troisième album longue-durée.Exit le costume orthodoxe traditionnel.Le reggaeman juif barbu opte cette fois pour la capuche et les sneakers urbains, question de renouveler son image.Mais ce n\u2019est pas suffisant \u2013 hélas \u2013 pour renouveler l\u2019intérêt.Car Light n\u2019a franchement rien de très allumé (scusez-la).Ni dans les textes mysticomachin- chose, puisés dans la Torah des clichés et du gros bon sens, ni dans sa musique, soupe informe de reggae/dancehall/ hip-hop/hippie-folk/pop et rock alternatif réchauffé collé au fond de la casserole.Bon.On exagère.Light n\u2019est pas complètement nul.L\u2019effort y est.Il y a quelques bons moments.Mais on n\u2019y verra \u2013 aumieux \u2013 qu\u2019un albumde plus, sans grande personnalité et surtout, sans chansons ni mélodies mémorables.Rentre par une oreille, sort par l\u2019autre.Manque de sel.Manque d\u2019une direction artistique éclairée (scusez-la encore!) Passé l\u2019effet de surprise, le plus poteux des loubavitch n\u2019a toujours pas trouvé sa propre voix.Lui donnera-ton une quatrième chance?Pas sûr.\u2013 Jean-Christophe Laurence À écouter : I Will Be Light CHANSON POP-ROCK Albin de la Simone Bungalow HHHH Wagram Dans la maison d\u2019Albin Au fil des ans, certains artistes français se sont véritablement intégrés à notre univers québécois: Arthur H., Thomas Fersen, M\u2026 Albin de la Simone est sur le point de les rejoindre dans la section «Cousins hexagonaux avec qui on a des atomes crochus».Collaborateur de Souchon, M, Vanessa Paradis et autres artistes qu\u2019on aime, le pianiste-chanteur s\u2019était mis à son propre service avec deux premiers albums en 2004, pas désagréables, mais pas indispensables à notre bonheur.Sur Bungalow, il frappe un grand coup: des textes très bien écrits, un humour incroyablement fin (y compris dans les faux choeurs féminins à accent anglophone, qui sont en fait sa propre voix trafiquée), un sens de la mélodie imparable, des arrangements très variétés françaises 70\u2019s, un timbre de voix qui cajole.Comment dire?Il y a quelque chose d\u2019Henri Salvador chez Albin de la Simone par le mariage de badinage, de sensualité, de rythme chaloupant, de raffinement.Pas étonnant que Pierre Lapointe, Ariane Moffatt, Stéphanie Lapointe et compagnie se garrochent sur Albin de la Simone pour un duo chaque fois qu\u2019il est de passage aux FrancoFolies.\u2013 Marie-Christine Blais À écouter : Catastrophe CHANSON ROCK Arthur H, Amour, délice et extase HHH1/2 Polydor Arthur l\u2019aventurier Un de mes distingués confrères l\u2019a baptisé à juste titre «Montréalais honoraire » : Arthur H entretient en effet une relation privilégiée avec le Québec depuis ses débuts en 1989.Mais nous ne sommes pas seuls, hors France, à l\u2019apprécier; le Brésil et la Grande-Bretagne en font tout autant.La compilation à édition limitée Amour, délice et extase s\u2019adresse justement à tous ses pays d\u2019adoption \u2013 le titre de l\u2019album est même en anglais sur la tranche du CD (Love, Delight&Ecstasy).On y a réuni 14 des meilleurs morceaux de ses quatre derniers albums \u2013 souvent avec des titres en anglais, mais écrits dans un français impeccable, sonore et archivivant, comme Arthur H en a l\u2019habitude \u2013 y compris ses duos avec Feist, Lhasa de Sela et M.C\u2019est étonnant comme les chansons s\u2019intègrent bien les unes aux autres, bien que tirées d\u2019albums lancés entre 2000 et 2008.Ça s\u2019écoute tout seul et ça donne toujours, étrangement, envie de boire un scotch\u2026 \u2013 Marie-Christine Blais À écouter : La chanson de Satie CHANSON/ROCK Damien Robitaille Homme autonome HHHH Audiogram/Select Musique pour les hanches Quand on est déjà très différent, peuton devenir plus différent?Surprendre encore plus quand on est surprenant en soi?Oui, si on s\u2019appelle Damien Robitaille.En 2006, le Franco-Ontarien avait séduit bien du monde par son burlesque L\u2019homme qui me ressemble.Abandonnant cette fois le ton farfelu et la métaphore animalière, Robitaille a réussi à concevoir un «album pour les hanches», pour reprendre ses mots, très dansant et rempli d\u2019esprit, mais également spirituel! Les premiers morceaux, aux textes toujours aussi inventifs et font dans le soul, le rocksteady jamaïcain et même le disco, souvent soutenu par des choeurs très chouettes.Les dernières chansons sont plus introspectives et parfois même poignantes (Un jour, ton jour viendra).Le tout est parfaitement uni par la voix du gars, son étrange sens du rythme, son côté «crooner» assumé, son amour du kitsch parce que le kitsch rend heureux, sa plume parfois stupéfiante, son charme curieux\u2026 Et impossible en plus de ne pas craquer en contemplant le «poster» intérieur\u2026 \u2013 Marie-Christine Blais À écouter : Casse-tête CHANSON Jean-Pierre Ferland Bijoux de famille \u2013 Duos Ferland HHH Tandem.mu/sélect Des duos et quelques trésors À la première écoute, ce Duos Ferland paraît inégal et soulève quelques questions.Pourquoi un autre Petit roi de Kevin Parent?Pourquoi reprendre Un peu plus haut, un peu plus loin qui, malgré le talent et l\u2019évidente bonne volonté de Marie-Élaine Thibert et Natasha St-Pier, ne gagnera jamais au jeu des comparaisons avec vous-savez-qui?Pourquoi une chanson popularisée par Reggiani jumelée à Ma chambre, confiée à une adolescente inconnue qui fera inévitablement penser à la jeune Céline?Pourquoi ce solo qui détonne de Bruno Pelletier sur un extrait de Madame Simpson?Pourtant, Duos Ferland est une réussite.À cause, notamment, de la version dépouillée de La musique de Florence K, un grand moment d\u2019intelligence et d\u2019émotion dans lequel Ferland intervient discrètement; de l\u2019inédite Le chanteur est menteur, avec Parent et Éric Lapointe, preuve irréfutable que Ferland n\u2019a rien perdu de sa verve; de Qu\u2019est-ce que ça peut ben faire dans laquelle, inspiré par Lapointe, Ferland mord avec vigueur ; et de l\u2019intemporelle Y a pas deux chansons pareilles, chantée avec Vigneault qui la fait sienne en partant.Des trésors qui feraient de n\u2019importe quel album un indispensable.\u2013 Alain de Repentigny À écouter : Le chanteur est menteur HIP HOP JAY-Z The Blueprint III HHH Roc Nation/Universal Bon, sans plus Jay-Z aurait mieux fait de donner un autre titre à son 11e album studio.The Blueprint III soutient mal la comparaison avec les précédents, particulièrement le Blueprint/original (2001), un classique du rap américain.Comme sur ses derniers disques, Jay-Z, ménage la chèvre et le chou en proposant des chansons «street», sérieuses et authentiques \u2013 le premier extrait D.O.A., Thank You, Venus vs.Mars \u2013 et d\u2019autres ritournelles R&B/pop/dance qui, le plus souvent, finissent par diluer la valeur du produit final.S\u2019adjoignant des collaborateurs de longue date \u2013 Kanye West qui réalise presque la moitié de l\u2019album, Swizz Beats, Timbaland \u2013 le rappeur new-yorkais invite quelques nouveaux visages: le Torontois Drake (gros buzz sur ce type, franchement ordinaire sur Off That), Rihanna (sur Run This Town, très bonne), Young Jeezy, Mr.Hudson, Alicia Keys (jolie Empire State of Mind).Belle affiche, résultat sans grand éclat.On prévoit quand même un succès chez les disquaires, ce qui a ceci de rassurant: il y a encore de la place pour les MC vieillissants comme Jay-Z, 40 ans.Surtout lorsqu\u2019ils sont capables de faire mieux.- Philippe Renaud, collaboration spéciale À écouter : D.O.A.(Death of Autotune) POP Rufus Wainwright Milwaukee At Last! HHH1/2 1 CD + 1 DVD Decca/universal Pour le DVD Parce que leurs CD ne se vendaient plus, les artistes \u2013 et les compagnies de disques \u2013 ont eu la bonne idée d\u2019en donner un peu plus aux acheteurs.Rufus Wainwright, lui, ne fait jamais les choses tout à fait comme les autres.Le DVD qui accompagne son CD Milwaukee at Last! n\u2019est pas une plate «valeur ajoutée», mais la véritable raison pour laquelle tous ses fans \u2013 et les autres \u2013 voudront se le procurer.Ce CD live de son spectacle de 2007 est un peu ordinaire en ce qu\u2019il reprend essentiellement des chansons de son dernier album studio Release the Stars.Un moyen comme un autre pour Rufus de ne pas se faire oublier pendant qu\u2019il se consacrait à son opéra avant de nous livrer son prochain album de chansons originales en 2010.Mais le DVD est tout à fait à la hauteur du spectacle extraordinaire de Rufus, de loin son meilleur en carrière, que Montréal a acclamé deux fois.Avec les liens loufoques filmés en coulisses et les suppléments tournés à Milwaukee et à Montreux, vous en avez pour près de trois heures de musique \u2013 et de bonheur \u2013 pour le prix d\u2019un CD.\u2014 Alain de Repentigny À écouter : Release the Stars DANCEHALL SEAN PAUL Imperial Blaze VP Records/Atlantic/WEA HHH Le compromis Quatre ans en musique pop, c\u2019est long, encore plus en pop jamaïcaine.C\u2019est pourtant le temps qu\u2019a mis Sean Paul pour lancer le successeur du populaire The Trinity.Entre temps, le chanteur s\u2019est fait voler la vedette par les Vybz Kartel, Mavado ou Mr.Vegas qui, s\u2019ils n\u2019ont pas encore atteint sa stature, ont une vision, un son, une pertinence terriblement séduisants.Comme Cham, Sean Paul souffle le chaud et le froid pour tenter de satisfaire ses fans de la première heure tout en visant le palmarès Billboard.Les compromis, ça banalise, faut-il conclure à l\u2019écoute d\u2019Imperial Blaze, un disque qui se démarque surtout par la qualité de sa production.Les compositeurs-réalisateurs y font un sacré beau boulot, en particulier Stephen «Di Genius» McGregor (fils du chanteur Freddy), le beatmaker qui domine la scène dancehall.Ainsi, sur cet album, quelques bombes \u2013 So Fine, l\u2019excellente et très pop Pepperpot, la ballade reggae Straight From My Heart \u2013, mais beaucoup trop de remplissage où, d\u2019un point de vue lyrique, Paul semble à court d\u2019inspiration.Pas désagréables du tout, ces chansons pour les filles et les soirées en club, mais inférieures à celles de ses deux disques précédents.\u2014 Philippe Renaud, collaboration spéciale À écouter: So Fine STÉRÉO llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 12 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 2 S E P T E M B RE 20 0 9 Forfaits, détails et extraits vidéo au WWW.TOHU.CA Téléchargez la brochure sur www.tohu.ca .ca présente Du 23 septembre au 2 octobre 2009 UNE CRÉATION CIRQUE signée Compagnie XY (France) « Littéralement scotché à son fauteuil, le spectateur est ébloui par tant de virtuosité, d\u2019imagination, d\u2019invention, de maîtrise (\u2026) » La Marseillaise (France) En collaboration avec ABONNEZ-VOUS 3SPECTACLES 53$ ET PLUS 1934750A LLaamoorrtt sseerraa ttoouutt uunn ssppeeccttaaccllee!! UUNNEE CCRRÉÉAATTIIOONN CCIIRRQQUUEE ssiiggnnééee présente .ca En collaboration avec DDuu 115 aauu 20sseepptteembbrree 22000099 © Andrea Lopez_Matthias Clamer_Marion Bellin _ Conception graphique Stéphane Parent POUR 6 REEPRÉÉSEENTTATTIIONS SEEULLEEMEENTT!! Forfaits, détails et extraits vidéo au WWW.TOHU.CA Téléchargez la brochure sur www.tohu.ca ABONNEZ-VOUS 3SPECTACLES 53$ ET PLUS 1934746A 1934748 ARTS ET SPECTACLES MUSIQUE ALAIN BRUNET «Je vous ai déjà dit que je disposais encore d\u2019une assez grande marge de progression technique », réplique-t-il lorsque l\u2019on lui fait remarquer que sa virtuosité est encore plus remarquable qu\u2019elle ne l\u2019était l\u2019an dernier.Yaron Herman a la mémoire vive et le sourire en coin.Transplanté à Paris, le pianiste israélien se souvient clairement avoir causé à La Presse de la spécificité de sa formation, fondée sur un apprentissage tardif du piano (il a commencé à l\u2019âge de 16 ans) et de la musique en général.Nous avions alors parlé du développement technique d\u2019un instrumentiste de niveau international, développement qui se prolonge bien au-delà de la vie estudiantine.Il faut rappeler que ce musicien extrêmement doué a pu bénéficier d\u2019une formation atypique (du prof israélien Opher Brayer), une approche pédagogique qui a produit des résultats exceptionnels.Philosophie du jeu et de l\u2019impro.Philosophie tout court.Liberté d\u2019action dans un cadre rigoureux et exigeant.Technique pianistique en phase parfaite avec la personnalité de l\u2019interprète.Passion débordante.Profondeur de l\u2019expression.Singularité.Sensualité du corps \u2013 sa gestuelle «chorégraphique » (il est souvent debout et surplombe les ivoires) n\u2019est pas sans rappeler celle de Keih Jarrett, c\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019unique rapprochement que l\u2019on puisse faire avec le monument.Voilà la troisième escale montréalaise de Yaron Herman, un des jazzmen les plus intéressants à émerger de la planète jazz.Ce 17 septembre à l\u2019Astral, il se produira avec le même trio qu\u2019il nous a présenté l\u2019an dernier au Gesù: Matt Brewer à la contrebasse, Gerald Cleaver à la batterie.Le contenu d\u2019un nouvel album sera le plat principal de la rencontre jazzistique: l\u2019excellent Muse vient de paraître sur étiquette Laborie, l\u2019album comprend aussi d\u2019ailleurs les interventions du quatuor à cordes Ébène \u2013 à l\u2019occasion, l\u2019ensemble français se joint au trio, mais ce ne sera pas le cas à Montréal.La matière de Muse ?Con Alma de Dizzy Gillespie.Isobel de Björk.Lamidbar d\u2019Alexander Argov et Lu Yehi de Naomi Shemer, auteurs-compositeurs renommés en Israël.Hormis ces relectures, le répertoire est constitué de matériel original de YaronHerman, à l\u2019exception d\u2019une paire de pièces signées Matt Brewer.Standards, relectures du répertoire pop, musiques inédites.«Mes nouvelles compositions, estime l\u2019interviewé, sont peut-être un peu plus complexes, plus matures, un peu moins proches de la pop que dans mes albums précédents.J\u2019essaie de rester proche d\u2019univers musicaux qui me sont très chers, mais je veux aussi mettre en place mon propre espace de création, c\u2019est-à-dire exprimer au piano ce qui me traverse l\u2019esprit.Ainsi, je n\u2019ai cessé de composer en tournée, depuis la sortie de l\u2019album précédent \u2013 A Time For Everything.«Mamusique a pris une autre dimension avec la scène; l\u2019interaction avec le trio est devenue plus intéressante et plus profonde, cela m\u2019a inspiré d\u2019autres musiques pour cet ensemble.J\u2019ai commencé à écrire des morceaux dans les avions et les trains, on a repris ces compositions en concert.Et voilà.Cette nouvelle matière m\u2019a permis d\u2019explorer autre chose.» Inutile d\u2019ajouter que l\u2019univers musical de Yaron Herman ne cesse de prendre de l\u2019expansion, comme c\u2019est le cas de sa technique pianistique.«Ces derniers mois, racontet- il, j\u2019ai écouté plein de choses, de la musique classique de toutes époques \u2013 Bach, Scriabin, Bartok, les grands maîtres du contrepoint comme Couperin ou Froberger, etc.J\u2019adore Avatar, le dernier album de Gonzalo Rubalcaba; sa touche si personnelle, ce contrôle du son de plus en plus profond.Également, j\u2019écoute nombre de pianistes de jazz des époques antérieures \u2013 Art Tatum, Bud Powell, Thelonious Monk, Lennie Tristano, Bill Evans, etc.» À l\u2019instar de son collègue parisien Baptiste Trotignon, notre Parisien d\u2019adoption a créé un ensemble avec des pointures new-yorkaises de sa génération: «AvecMatt et Gerald, dit Yaron, ça se passe toujours très bien.Or, lorsqu\u2019ils ne peuvent pas jouer, ma musique n\u2019en souffre pas.L\u2019esprit en reste le même quels que soient mes musiciens.» Samedi dernier, le trio se produisait au Festi Jazz de Rimouski, il était mardi soir au Jazz Standard de New York, pour ne nommer que deux étapes de l\u2019itinéraire.Dans quelques semaines, ce sera au tour du Japon et de la Corée.«J\u2019habite dans une valise », résume-t-il.Chose certaine, il s\u2019en passe des choses dans cette valise ! Le trio de Yaron Herman à l\u2019Astral le jeudi 17 septembre.YARON HERMAN Le parcours atypique d\u2019un virtuose À 28 ans, Yaron Herman est à se tailler une place de choix parmi les pianistes émergents du jazz mondial.En témoigne sa troisième escale montréalaise pour la troisième année consécutive.PHOTO FOURNIE PAR L\u2019ARTISTE Le pianiste israélien Yaron Herman est un des jazzmen les plus intéressants à émerger de la planète jazz.Il se produira le 17 septembre à l\u2019Astral avec le même trio qu\u2019il nous a présenté l\u2019an dernier au Gesù.JAZZ YARON HERMAN MUSE LABORIE «Mes nouvelles compositions sont peut-être un peu plus complexes, plus matures, un peu moins proches de la pop comme dans mes albums précédents.» llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 13 1954655A À l\u2019affiche au À l\u2019affiche au Jeudi 15 octobre \u2022 20h Keb\u2019 Mo\u2019 Band Première Partie : Kristina train La star du blues acoustique Mercredi 7 novembre \u2022 20h Le nouveau maître de la slide guitar trucKs Band the DereK Dimanche 22 novembre \u2022 20h John Mayall andthe BluesBreakers Vendredi 23 octobre \u2022 20h Paco PeÑa Une soirée exceptionnelle avec Le guitariste flamenco Le dieu du blues rock sur scène! Billets en vente maintenant ! MétropoLis 59, rue Sainte-Catherine Est 514 908-9090 \u2013 ticketpro.ca théâtre oUtreMont 1248, avenue Bernard Ouest 514 908-9090 \u2013 ticketpro.ca billetterie À l\u2019affiche en autoMne 1963532A ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE ALEXANDRE VIGNEAULT Disons-le d\u2019entrée de jeu : bien mal in qu i pou r r a prétendre savoir ce que Stéphane Crête a mis dans son spectacle Esteban avant de l \u2019avoir vu.Après une qua rant a ine de minutes de discussion désordonnée avec son unique architecte, scripteur, metteur en scène et interprète, on a une idée du comment et du pourquoi, mais on a encore du mal à saisir de quoi on parle exactement.L\u2019impossibilité de cerner avec précision le projet de ce créateur déluré vient de son goût pour les « formes bâtardes ».Ici, le comédien se donne le défi de créer un spectacle à mi-chemin entre le théâtre expérimental et les variétés dans lequel il va chanter, danser, raconter, se costumer, faire du mime et même du lipsync.« Esteban parle de la solitude de cet humain-là, qui est seul sur scène, mais le fil conducteur que je me suis donné, c\u2019est : qu\u2019est-ce que je pourrais faire si j\u2019étais seul sur scène sans devoir rendre des comptes à personne ?Qu\u2019est-ce que je ferais de cette liberté-là?Serais-je vraiment plus libre ?» Stéphane Crête a donc créé Esteban en vase clos, sans regard extérieur et en marge de tout système de production ou de diffusion.Seul devant un miroir et une caméra, il s\u2019est adonné à des expériences à l\u2019aide de différents costumes, différentes musiques et différents textes.«Ce qui est vertigineux, c\u2019est le pari solo, dit-il.De porter une parole intime.» Esteban n\u2019est toutefois pas un spectacle à saveur autobiographique.Ce que le créateur affirme vouloir dévoiler, c\u2019est moins sa vie qu\u2019une partie de son imaginaire.Tout en faisant «une espèce de synthèse de mon activité dans le monde de la représentation », précise le comédien, qui a commencé à plancher sur ce projet à l\u2019aube de la quarantaine.Il s\u2019est efforcé de ne pas céder aux règles de bienséance, «d\u2019abolir les filtres », d\u2019assumer sa voix et son corps (« je suis souvent dans des vêtements qui ne m\u2019avantagent pas»).«Les gens rient beaucoup, poursuit Stéphane Crête, qui a présenté une mouture préliminaire d\u2019Esteban au OFF.T.A.en 2008.Il y a quelque chose d\u2019absurde, de loufoque, de fou dans cette affaire-là.» Une folie qui inciterait les spectateurs à s\u2019abandonner à une forme de rire libérateur et à «quitter le mental ».Voilà le projet .Pour le reste, il faut faire confiance au créateur, qui affirme n\u2019avoir aucune envie de tester les limites des spectateurs avec ce spectacle.«Je m\u2019arrange pour qu\u2019ils ne soient pas perdus, alors que dans d\u2019autres spectacles, j\u2019aime bien provoquer des malaises, admet-il.Dans Esteban, c\u2019est vraiment le contraire, c\u2019est quelque chose de très enveloppant.Cela dit, je n\u2019ai pas fini d\u2019expérimenter avec le spectateur.» STÉPHANE CRÊTE / Esteban Les vertiges du solo Touche-à-tout imaginatif, Stéphane Crête lance la saison de La Chapelle avec son premier solo, Esteban.Un spectacle «drôle et weird », dit-il, où il explore la solitude et la censure dans une forme éclatée destinée à nous libérer de l\u2019emprise du mental.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Avec Esteban, le comédien Stéphane Crête se donne le défi de créer un spectacle à mi-chemin entre le théâtre expérimental et les variétés dans lequel il va chanter, danser, raconter, se costumer, faire du mime et même du lipsync.> Caravansérail, au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, du 15 septembre au 15 octobre.> Un suaire en Saran Wrap au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui (salle Jean-Claude Germain), du 15 septembre au 3 octobre.> Une truite pour Ernestine Shuswap, à Espace Go, du 15 septembre au 10 octobre.> Esteban, au Théâtre La Chapelle, du 15 au 19 septembre.Pi.?! , à La Licorne, du 15 septembre au 24 octobre.> La maman du petit soldat, au Théâtre Prospero, du 15 septembre au 3 octobre.ENTRÉE EN SCÈNE Esteban n\u2019est pas un spectacle à saveur autobiographique.Ce que le créateur affirme vouloir dévoiler, c\u2019est moins sa vie qu\u2019une partie de son imaginaire.1 2 3 TRIO ALEXANDRE VIGNEAULT TOUT SUR SA MÈRE (ET SA MORT) Avec Un suaire en Saran Wrap, Manon Lussier aborde de front la mort d\u2019un être proche.Ici, la comédienne parle de celle de sa mère Ginette, morte d\u2019un cancer du sein à l\u2019âge de 64 ans.La mort ici est le point de départ d\u2019un «voyage dans l\u2019existence de Ginette, mais surtout, de la fin de sa vie».Manon Lussier parle (avec beaucoup d\u2019humour et d\u2019ironie, dit-on), de tout ce qui entoure la mort: les soins palliatifs, les arrangements funéraires préalables, les funérailles et ce qu\u2019on trouve dans les boîtes qu\u2019on laisse derrière soi.Seule sur scène, Manon Lussier ne propose pas un solo ordinaire: elle y dialogue avec un fantôme, celui de sa mère, dont elle a enregistré les paroles sur son lit d\u2019hôpital.Du 15 septembre au 3 octobre à la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.La comédienne a aussi concocté un petit clip publicitaire qu\u2019on peut voir sur YouTube: www.youtube.com/watch?v=p0rK1MW2_BQ CÔTÉ COURTS La fougue des jeunes diplômés en théâtre est impressionnante.Ceux de la promotion 2009 du Conservatoire d\u2019art dramatique de Montréal viennent à peine de décrocher leur diplôme qu\u2019ils fondent déjà La Troupe en Rage et offrent un premier spectacle en salle.Courts univers étranges, dont la mise en scène est signée Frédéric Blanchette (Cheech, Le paradis à la fin de vos jours), regroupe cinq courtes pièces : Le châle (David Mamet), Célébration (Harold Pinter), Le club des menteurs (Neil Labute), La colline verte (David Ives) et Pendant ce temps-là, la lumière commence à baisser et tout devient noir (Jon Fosse).Jusqu\u2019au 19 septembre au Théâtre Rouge du Conservatoire d\u2019art dramatique de Montréal.LA GUERRE À NOS PORTES «Un blindé vient d\u2019exploser.Un jeune soldat est chargé d\u2019interroger une femme et sa fille dans leur maison.Dans un vertigineux télescopage du temps et de l\u2019espace, cette rencontre se confond pour lui avec les retrouvailles tant espérées avec sa propre mère et sa petite soeur.» Ce résumé de La maman du petit soldat, pièce de Gilles Granouillet, est tiré du site de son éditeur, Actes sud.Difficile de le lire sans penser à ses nombreuses familles qui ont un fils, là-bas, en Afghanistan.La guerre est parfois plus proche qu\u2019on le pense, semblent vouloir dire le dramaturge et Réverbère Théâtre, qui se targue de présenter la pièce en première mondiale.Du 15 septembre au 3 octobre dans la salle intime du Théâtre Prospero.Manon Lussier PHOTO GENEVIEVE LANGLOIS llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 14 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 2 S E P T E M B RE 20 0 9 Écoutez C\u2019est bien meilleur le matin courez la chance de GAGNER UN VOYAGE À SHANGHAI et de visiter l\u2019exposition universelle de 2010 ! Shanghai express ConCours Lundi, écoutez C\u2019est bien meilleur le matin et surveillez votre quotidien.1957501A ARTS ET SPECTACLES THÉÂTRE ALEXANDRE VIGNEAULT Route des épices, traversée du désert, caravanes de marchands et de pèlerins, lemot caravansérail évoque des images immanquablement exotiques.L\u2019appel de l\u2019ailleurs, Paul (Paul Savoie) et Benoît (Benoît Dagenais) le ressentent aussi très fort.Désabusés, désenchantés, ils vivent ce qu\u2019il convient d\u2019appeler un coup de foudre amical et décident d\u2019écrire ensemble le prochain chapitre de leur vie.Celui qui, peut-être, corrigera ou effacera tous les autres.Ce n\u2019est toutefois pas en Orient que leur soif de vivre les portera.Ils rêveront d\u2019abord d\u2019une route des vins du sud de la France \u2013 Rasteau, Gigondas, Beaume-de-Venise \u2013 avant d\u2019acheter une ferme en ruine dans les environs de Joliette.«C\u2019est une maison qui deviendra le sens de leur vie, le lieu de leur amitié et de leur discorde», raconte Paul Savoie.Et le point d\u2019ancrage d\u2019une quête ponctuée d\u2019épisodes quasi fantastiques.Deux amis Avant d\u2019être partenaires de scène, Paul Savoie et Benoît Dagenais sont eux aussi des amis.De vieux potes qui ont demandé à un troisième, Robert Claing, de leur écrire une pièce.Ce n\u2019était pas une commande officielle, plutôt une envie formulée autour d\u2019un repas et d\u2019une bonne bouteille.«Un an plus tard, on avait un texte», se rappelle Benoît Dagenais.Que le dramaturge ait écrit sur l\u2019amitié et les interrogations des hommes d\u2019âge mûr semble aller de soi dans les circonstances.Mais Robert Claing, qui fut des quatre cofondateurs du Nouveau Théâtre Expérimental, n\u2019allait pas en faire une simple conservation.Partant du Bouvard et Pécuchet de Flaubert, il a inventé une pièce qui s\u2019apparente à un voyage initiatique dans lequel il s\u2019est amusé à intégrer des clins d\u2019oeil à la réalité.«Ce n\u2019est pas une pièce biographique, mais elle se sert de l\u2019amitié qui nous lie tous les trois», précise Benoît Dagenais.Malaucène, lieu dont il est question dans la pièce, est le village où Jean-Pierre Ronfard (autre cofondateur du NTE) et Marie Cardinal possédaient une maison.Paul Savoie, comme son personnage, a déjà joué dans Le Cid.Benoît a été enseignant dans un collège, profession qu\u2019exerce toujours Robert Claing.«Il est intéressant de mettre le monde devant cette ambiguïté- là, mais ce n\u2019est pas capital pour le sens de la pièce», assure Paul Savoie, signalant que la démarche du dramaturge n\u2019a rien à voir avec le jeu de miroirs auquel s\u2019adonnent les artisans de l\u2019émission Tout sur moi.«La pièce se sert bien sûr de nos âges, ajoute Benoît Dagenais.Et il est vrai que, arrivés à un certain âge, on se demande ce qu\u2019on a fait.Estce que j\u2019ai surfé sur la vie ?Est-ce que j\u2019ai raté ma vie?Où est-ce que tout ça s\u2019en va?» Voyage imaginaire Pièce sur « l\u2019amitié et le sens de la vie», Caravansérail multiplie les références littéraires (Flaubert, Gauvreau, Cervantes, Ferré) et évoque de manière plus ou moins explicite d\u2019autres célèbres tandems masculins : Vladimir et Estragon (En attendant Godot), Don Quichotte et Sancho Pança ou même, clin d\u2019oeil amusant, Astérix et Obélix.Pau l Savoie e t Benoî t Dagenais, qui n\u2019ont pas souvent eu l\u2019occasion de partager la scène, prennent plaisir à jouer deux amis, bien entendu.Ce qui les réjouit le plus, toutefois, c\u2019est la conviction d\u2019avoir un vis-à-vis solide, capable de prendre toute la place qui lui revient.L\u2019un et l\u2019autre sont par ailleurs très impliqués dans la mise en scène du spectacle, signée Robert Bellefeuille.«C\u2019est juste mathématique », signale Paul Savoie, précisant que, moins il y a de comédiens dans la pièce, plus ils sont portés à donner leur avis.Le voyage «sédentaire» de Paul et Benoît sera bien sûr plus suggéré que montré.«Il n\u2019y a pas tellement de place pour des choses réalistes dans le décor, dit Benoît Dagenais, car toute la place est occupée par l\u2019écriture.» «Je pense que c\u2019est ce que Robert (Bellefeuille) visait : dépouiller le décor le plus possible, que Paris soit dans nos yeux et notre ton, que la vieille maison soit dans nos regards, expose Paul Savoie.Que ce ne soit pas montré.Et les gens vont le voir.» Caravansérail, du 15 septembre au 10 octobre, au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.PAUL SAVOIE ET BENOÎT DAGENAIS / Caravansérail À la croisée des chemins L\u2019un s\u2019appelle Paul, l\u2019autre Benoît.Deux hommes d\u2019âge mûr liés par une amitié aussi fusionnelle que spontanée, déterminés à changer le cours d\u2019une existence qui ne les satisfait plus.Caravansérail aborde la crise de la cinquantaine et en fait le point de départ d\u2019un voyage initiatique à la fois ludique et dramatique.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Avant d\u2019être partenaires de scène, Benoît Dagenais et Paul Savoie sont, comme les personnages qu\u2019ils incarnent, des amis.De vieux potes qui ont demandé à un troisième, Robert Claing, de leur écrire une pièce.«Ce n\u2019est pas une pièce biographique, mais elle se sert de l\u2019amitié qui nous lie tous les trois », précise Benoît Dagenais.Pièce sur « l\u2019amitié et le sens de la vie», Caravansérail multiplie les références littéraires et évoque de manière plus ou moins explicite d\u2019autres célèbres tandems masculins.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 15 1903970A ARTS ET SPECTACLES ENTRACTE entracte@lapresse.ca EN HAUSSE.EN BAISSE PAUL JOURNET Crazy Frog SÉPARÉSÀLANAISSANCE Même s\u2019ils vivent dans des dimensions différentes, Aleksandra Wozniak et Crazy Frog, la grenouille qui chante (emblème d\u2019une sonnerie de téléphone mobile), partagent la même moue charmante.On l\u2019a remarqué lorsque la joueuse de tennis grimaçait d\u2019effort sur les courts des Internationaux des États-Unis, la semaine dernière.Merci à Marc Desbiens pour la suggestion.PHOTO PC Aleksandra Wozniak DANYLAFERRIÈRE Bel honneur pour l\u2019écrivain.Son dernier roman, L\u2019énigme du retour, est l\u2019un des 16 titres retenus dans la première sélection du prix Médicis dans la catégorie des romans français.Dans ce nouveau livre, Dany Laferrière parle de son retour en Haïti après le décès de son père.Nos collègues qui l\u2019ont lu sont emballés.Même enthousiasme de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique, notamment dans Télérama, L\u2019Express, Le Point et Le Journal du dimanche animé par Bernard Pivot.«Le verbe poétique de Dany Laferrière enchante le livre et, en dépit de la mort qui y a fait alliance avec le soleil, l\u2019on se prend à rêver de Haïti», écrit-il.ANNIE LEIBOVITZ La célèbre photographe est dans le rouge.Au moment d\u2019écrire ces lignes, elle devait encore rembourser 24 millions à son créancier, le Art Capital Group.Âgée de 59 ans, Leibovitz est célèbre pour ses portraits de John Lennon et d\u2019autres vedettes.Mais elle semble moins talentueuse dans la gestion de son argent.Elle s\u2019est endettée en achetant et rénovant des propriétés dans Manhattan.Pour rembourser ses dettes, elle a dûmettre en gage ses maisons et les droits de ses photos afin d\u2019emprunter pour rembourser ses dettes.Elle risque de les perdre.La faillite personnelle fait partie des options qu\u2019elle examine.ILS, ELLESONTDIT «Ce n\u2019est pas parce qu\u2019un cow-boy arrive à la retraite qu\u2019il n\u2019a pas le droit de faire d\u2019équitation.» Jean-Pierre Ferland à Paul Arcand au 98,5FM, parlant de son autre retour.«Les perruques sont déjà achetées\u2026» Jean-René Dufort à René Homier-Roy à la Première chaîne, expliquant que Marc Labrèche et lui sont prêts à se moquer de l\u2019émission Dumont 360 sur V.«Le film devrait montrer un côté plus humain (\u2026) que le côté héroïque des événements de ma vie.» Le commandant Robert Piché, sur le film Piché: entre ciel et terre, dont la sortie est prévue en 2010.«On s\u2019est fait brasser comme une distributrice à gâteaux défectueuse dans les locaux du Bloc Pot.» François Morency à CKOI, se plaignant de la météo cet été.«C\u2019est la célébration de la solitude.» Damien Robitaille qui parle sur V de son nouveau disque, Homme autonome.\u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 Jean-René Dufort, PHOTO RADIO-CANADA PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Dany Laferrière llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 16 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 1 2 S E P T E M B RE 20 0 9 Direction artistique Claire Guimond Une saison lumineuse et énergisante Abonnez-vous! BILLETTERIE & INFORMATIONS 514.355.1825 www.arionbaroque.com C.P.E.BACH : CONCERTOS & SYMPHONIES 20 & 21 novembre Salle Claude-Champagne PURCELL : INCIDENTAL MUSICKE 11, 13 & 14 février Salle Redpath J.S.BACH : CANTATES & CONCERTOS 11 & 12 mars Salle Claude-Champagne VIVALDI : LES QUATRE SAISONS 29 & 30 avril Salle Pierre-Mercure HANDEL : LES FEUX D\u2019ARTIFICES, ARION & TAFELMUSIK! 1er & 2 octobre Salle Claude-Champagne 1933658A 1933659 25 septembre au 4 octobre 2009 orgueetcouleurs.com 514-899-0644 1956312A DE FERNAND NAULT DU 12 AU 30 DÉCEMBRE 2009 LA MAGIE DU TEMPS DES FÊTES ! Plus de 90 danseurs, 150 personnages, 234 costumes sur scène avec l\u2019orchestre des Grands Ballets.RÉSERVEZ AVANT LE 15 SEPTEMBRE 2009 ET PROFITEZ D\u2019UNE RÉDUCTION DE 15% SUR LES MEILLEURS SIÈGES*! *RÉDUCTION DE 15% ACCORDÉE SUR LE PRIX RÉGULIER SEULEMENT.NON VALABLE SUR LES RÉSERVATIONS ANTÉRIEURES.-15% COMMANDITAIRE DE SAISON EN COLLABORATION AVEC 1913096A 1913097 arts et spectacles arts visuels JOcelYNe lepaGe Jim Dine, artiste new-yorkais dont les oeuvres se retrouvent dans les grands musées du monde, était de passage à Montréal cette semaine pour assister au vernissage de l\u2019exposition que lui consacre la Galerie de Bellefeuille, rue Greene, dans Westmount.Il s\u2019agirait de la première exposition solo de Dine dans une galerie privée canadienne.Non pas que ses oeuvres n\u2019aient jamais été offertes dans les galeries qui en avaient fait l\u2019acquisition pour les revendre (marché secondaire, nous a-ton expliqué), mais elles sont ici pour la première fois exposées par un galeriste qui représente l\u2019artiste (marché primaire).Quand un artiste est «pop», ça ne veut pas dire qu\u2019il est léger, ou superficiel, même si le symbole du coeur, le motif le plus répandu sur la Terre, est sa marque de commerce.Il faut voir ce qu\u2019il advient du motif parmi la trentaine d\u2019oeuvres rassemblées par Jacques et Helen Bellefeuille.L\u2019exposition compte quelques sculptures et peintures récentes, mais surtout beaucoup de grandes gravures, dont plusieurs sont déjà vendues.Jim Dine fut «pop» avant Andy Warhol et Lichtenstein \u2013 c\u2019est-à-dire qu\u2019il intégrait déjà, avant que les autres n\u2019entrent en scène, des objets du quotidien dans ses oeuvres.Si le coeur est le motif qui lui est le plus associé, Dine en a exploité d\u2019autres.Le peignoir, par exemple, symbole de l\u2019autoportrait selon l\u2019artiste, la «Vénus» de Milo (référence à l\u2019art) ou encore Pinocchio.Et pourquoi Pinocchio, avons-nous demandé au jeune homme qui accueil le les visiteurs à l\u2019entrée, Hugues Charboneau, visiblement passionné par l\u2019oeuvre de Jim Dine?«Parce qu\u2019il est une métaphore de l\u2019art, dit-il.Voilà un pantin sculpté par un vieux monsieur qui tente de lui donner vie, comme un artiste cherche à faire vivre son oeuvre.Et Pinocchio est un menteur, comme toute oeuvre d\u2019art est un mensonge.» Jim Dine a une feuille de route impressionnante.Quelque 3000 oeuvres en 40 ans de carrière : sculptures, peintures, gravures, montages, dessins, performances, photos, décors, design, poésie\u2026 Il est l\u2019auteur, avec Oldenburg, du premier «happening » à la fin des années 50, forme d\u2019art intégré proche du théâtre, et il fit partie du groupe Fluxus, un mouvement d\u2019artistes européens et américains néo-dada des années 60, qui ont fait table rase des notions traditionnelles de l\u2019art et tenté l\u2019intégration des arts entre eux, et avec la vie.Yoko Ono et le musicien John Cage faisaient partie de ce groupe.Si Jim Dine fut un pionnier de l\u2019art contemporain, il est aujourd\u2019hui un artiste toujours aussi curieux et prolifique.La Galerie de Bellefeuille, logée sur quatre étages dans un vieil édifice en pierre, compte une douzaine d\u2019employés.Elle est l\u2019une des deux ou trois plus importantes galeries privées à Montréal.Jacques Bellefeuille est particulièrement fier d\u2019accueillir chez lui Jim Dine qu\u2019il «courtise» depuis une trentaine d\u2019années, dit-il.Il semble qu\u2019il y ait, à Montréal et dans les environs, des collectionneurs intéressés par l\u2019oeuvre de Dine, et qui ont aussi les moyens d\u2019acquérir ce qu\u2019ils désirent.Jim Dine à la Galerie de Bellefeuille, 1367, avenue Greene.Jusqu\u2019au 7 octobre.Ouvert du lundi au samedi, de 10h à 18h; le dimanche de 12h à 17h30.infos : www.debellefeuille.com JIM DINE À MONTRÉAL De la grande visite PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Jim Dine, pionnier du pop-art, a une feuille de route impressionnante.Quelque 3000 oeuvres en 40 ans de carrière : sculptures, peintures, gravures, montages, dessins, performances, photos, décors, design, poésie\u2026 Son coeur bat devant le Musée des beaux-arts de Montréal.En vérité, deux de ses sculptures en forme de coeur, rouges.Un autre coeur, beaucoup plus gros, de couleur turquoise, monte la garde à l\u2019entrée du domaine de Guy Laliberté, à Saint-Bruno.À 74 ans, Jim Dine, l\u2019un des derniers artistes «pop» toujours vivants, met encore beaucoup de coeur dans son labeur.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll l a p r e s s e M O N T R É A L S A M E D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 17 PAGLIACCI LEONCAVALLO GIANNI SCHICCHI PUCCINI 26.30 SEPTEMBRE \u2013 3.5.8 OCTOBRE 2009 À 20 H SALLE WILFRID-PELLETIER b OPERADEMONTREAL.COM MARC HERVIEUX .MARIE-JOSÉE LORD .GREGORY DAHL .MARIANNE FISET MARIE-NICOLE LEMIEUX .MISE EN SCÈNE : ALAIN GAUTHIER 2009/2010 30e SAISON 1933712A «\u2026étoffé, mature, intelligent.» Jasmin Roy, 98,5 FM « De la poésie qui sonne! » Québec-Pop, Michel Parent « À découvrir, plage par plage! » 7-Jours.ca - Clotilde Seille « Résolument intemporel » Le Droit, Valérie Lesssard 1934582A 1934570 MONTRÉAL 15 et 17 septembre au Lion d\u2019Or Billets en vente : Ticketpro (Disponibles dans tous les points de vente Ticketpro) www.ticketpro.ca, 514.790.1111, 1.888.908.9090 Album disponible En tournée à travers le Québec 2 octobre : Pavillion Wilson, Coteau-du-lac 10 octobre : Maison de la culture, Waterloo 15 octobre: Marine Cabaret, Sorel 16 octobre : Église Sacré-Coeur, Sainte-Thérèse 17 octobre : Chasse-galerie, Lavaltrie 14 novembre : Théâtre du Marais, Val-Morin 21 novembre : Le moulinet, Terrebonne 27 novembre : Café-Théâtre Côté-Cour, Jonquière 11 décembre : Grand Théâtre de Québec, Québec 12 février 2010 : Salle Antony-Lessard, St-Jérôme 12 mars 2010 : Basoche, Gatineau 13 mars 2010 : Maison de la Culture, Trois-Rivières 1954838A ARTS ET SPECTACLES TÉLÉVISION RICHARD THERRIEN LE SOLEIL La dernière fois que les Moquettes coquettes ont frayé avec la télé, c\u2019était pour le Tapis rouge des Jutra à ARTV, il y a trois ans.Une catastrophe.Beaucoup plus structurée et pertinente que cette précédente expérience, mais pas parfaite pour autant, leur nouvelle émission hebdomadaire, qui commençait hier, à Télé- Québec, a ce qu\u2019il faut pour se forger un public fidèle.Les cinq filles du groupe se sont connues à l\u2019UQAM avant de coanimer une émission matinale à la radio étudiante.Mais c\u2019est sur scène qu\u2019elles ont fait leur marque en humour.Le directeur des programmes de Télé-Québec, Martin Roy, les a remarquées et a voulu leur donner leur chance, comme il l\u2019a fait pour Les Appendices.Enregistrée devant public, cette émission d\u2019une heure par semaine leur permet d\u2019exploiter toutes les facettes de leurs talents.Là où les filles réussissent le mieux, c\u2019est dans leurs parodies de chansons.Valérie Caron excelle dans son imitation de Coeur de pirate, devenue Coeur d\u2019artichaut, dont «les refrains sont pareils aux couplets », et dont «personne ne peut dire en quelle langue est-ce qu\u2019elle chante ».Marie- Hélène Lebeau-Taschereau est tout aussi drôle en Lady Gaga aux grosses lunettes noires, rebaptisée Lady Gougoune.«Ah oui chu hot, quand j\u2019enfile mes bottes », chante-t-elle sur l\u2019air de Poker Face.Les filles proposent aussi une parodie d\u2019émission féminine, intitulée Show de dames, et dont l\u2019animatrice rappelle étrangement une certaine Geneviève St-Germain.Une discussion futile entre quatre filles, dont l\u2019une, plus bourgeoise et coincée que les autres, semble s\u2019emmerder royalement.Très drôle.Une personnalité partage le plateau du groupe chaque semaine.Comme premier invité, les Moquettes ont choisi Richard Martineau, qui se prête de bonne foi à la folie des filles.Dans une entrevue située dans un décor de garderie pour rappeler les virulentes envolées de Martineau contre la génération Passe-Partout, le journaliste parle de son enfance modeste à Verdun.Premier de classe, il se faisait ami avec les plus toughs de l\u2019école en leur fournissant des réponses aux examens.Sur cette image de personnage controversé qu\u2019il entretient, Martineau affirme n\u2019avoir aucun besoin d\u2019être aimé.«Je m\u2019en balance totalement.Je suis riche en amour, mon compte de banque est plein», dit-il, ajoutant avoir reçu beaucoup d\u2019amour de ses parents.Tout n\u2019est pas réussi dans cette émission, et on est encore loin du génie de RBO.Les détracteursdeMartineau auront de quoi le faire chanter avec le sketch burlesque auquel il s\u2019est prêté, une parodie d\u2019«émission du bon vieux temps», évoquant l\u2019été pluvieux qu\u2019on a connu.Dans Nos étés de marde, il interprète un simple d\u2019esprit sur une période de 60 ans.L\u2019effort est louable, le résultat, désastreux.Les Moquettes tournent aussi des saynètes en dehors des studios.Celles de la première émission tombent à plat.Elles promettent toutefois des parodies de webtélé, «la nouvelle radio communautaire» en terme de moyens et d\u2019expertise.Comme l\u2019émission est tournée à peine deux jours avant la diffusion, un segment est consacré à l\u2019actualité, avec l\u2019invité de la semaine, autour d\u2019une table.Martineau, «un gars de chars», y a pourfendu les vélos Bixi, qu\u2019il trouve inutiles et encombrants.Plus brouillon, ce moment n\u2019est pas le meilleur de l\u2019émission.L e s i t e i n t e r n e t de s Moquettes permet de visionner l\u2019émission et de voter pour son sketch préféré de la semaine.L\u2019émission est rediffusée trois fois, dont le mercredi à 23h.Dans les prochaines semaines, le groupe recevra Sophie Cadieux, Pierre Lapointe, Yves Pelletier et Réal Bossé.LES MOQUETTES COQUETTES Il y a du potentiel PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Les cinq filles des Moquettes coquettes animent à Télé-Québec une nouvelle émission qui leur permet d\u2019exploiter toutes les facettes de leurs talents.Là où les filles réussissent le mieux, c\u2019est dans leurs parodies de chansons.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 18 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 SE P T E M B R E 2 0 0 9 2 1 4 6 , p l a c e D u b l i n , P o i n t e - S a i n t - C h a r l e s , M o n t r é a l , Québec Renseignements : 514 935-8136 - www.maisonsaint-gabriel.qc.ca De l\u2019art\u2026 au godendard! LE DIMANCHE 13 SEPTEMBRE DÈS 11 H 11 h : causerie musicale avec l\u2019Ensemble Claude-Gervaise 12 h : Le céleri.avec feuilles ou avec racines?conférence avec Rita-Lise Bergevin, De 12 h à 17 h, venez rencontrer le très bavard Baptiste Durand, fondeur de cuillères.Apprenez à creuser des auges avec le creuseur d\u2019auges ou à manier les fils avec France Hervieux, artiste de la ceinture fléchée.Voyez la cuisson du ketchup à l\u2019ancienne.Et participez nombreux au concours de godendard! 1953081A COMMANDITAIRE EN TITRE COLLABORATEUR CONCERT AVEC MARC LABRÈCHE Après le travail, offrez-vous une sortie originale! Marc Labrèche partage sur scène ses choix musicaux, joués par les musiciens de l\u2019OSM et animé par André Robitaille : Brahms : Danse hongroise no 5 Tchaïkovski : Roméo et Juliette Satie : Gymnopédie no 1 Gershwin : An American in Paris Mardi 29 septembre /18 h 30 Vin servi gratuitement dès 17 h 30 MARC LABRÈCHE ANDRÉ ROBITAILLE Soirée présentée par les vins sont une gracieuseté de Série Les Apéros de l\u2019OSM présentée par SEPTEMBRE À L\u2019OSM! VIENNE ÉTERNELLE! L\u2019OSM et la remarquable soprano Karina Gauvin interprète des oeoeuvres de : Mozart : extraits de La Flûte enchantée Mahler : extraits du Cor merveilleux de l\u2019enfant R.Strauss : extraits du Chevalier à la rose J.Strauss : valses Mardi 15 septembre /20 h Causerie avec le chef d\u2019orchestre Jean-Marie Zeitouni à 19 h Série Les Évasions classiques présentée par SÉLECTION DE FORFAITSCONCERTS ÀPARTIRDE 125$ osm.ca/forfaits ABONNEZ-VOUS À LA SAISON 2009/2010! On peut vous conseiller! 514-842-9951/OSM.CA KARINA GAUVIN 1961607A CHEF YANNICK NÉZET-SÉGUIN SOLISTE BARBARA BONNEY, SOPRANO LUNDI 14 SEPTEMBRE 2009, 19 H 30 SALLE WILFRID-PELLETIER, PDA BONNEY NÉZET-SÉGUIN &STRAUSS RENCONTREAUSOMMET CONFÉRENCE PRÉCONCERT GRATUITE À 18 H 30 RICHARDSTRAUSS DONJUANCINQ LIEDEREINHELDENLEBEN ABONNEMENT 514 598 0870 ORCHESTREMETROPOLITAIN.COM 1947441A 1959979 ARTS ET SPECTACLES Retrouvez les grilles télé d\u2019aujourd\u2019hui et de demain dans le Voilà! inséré dans La Presse d\u2019aujourd\u2019hui.VOILÀ! VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION Votre guide télé complet sur CYBERPRESSE.CA/TELE Tous les mercredis et samedis dans PARTONS ! Concert hommage à Michael Jackson reporté Le concert hommage à Michael Jackson, qui était programmé pour le 26 septembre à Vienne, a été reporté au mois de juin à Londres, ont annoncé hier les organisateurs.Georg Kindel, promoteur de l\u2019événement, a expliqué que trop d\u2019artistes importants avaient des problèmes de calendrier pour se rendre à Vienne à la fin du mois.«Nous avons peut-être sous-estimé ces problèmes», a-t-il déclaré.Selon certaines informations, Mary J.Blige, Chris Brown et Natalie Cole n\u2019étaient notamment pas certains de pouvoir participer au concert de Vienne.Georg Kindel n\u2019a pas dit à quel endroit de Londres aurait lieu le concert hommage.Il a seulement déclaré que la manifestation était prévue pour la première quinzaine de juin 2010.Associated Press Google prêt à partager sa librairie Google permettra à d\u2019autres entreprises de vendre ses éditions numériques d\u2019ouvrages épuisés si une entente avec des auteurs et éditeurs américains obtient l\u2019approbation de la cour.L\u2019entreprise a annoncé cette décision, jeudi, après que l\u2019entente conclue il y a 10 mois eut suscité une forte opposition.Les opposants affirment que l\u2019entente donnerait à Google le monopole numérique de millions de livres qui ne sont plus publiés.Google affirme maintenant qu\u2019elle partagera sa librairie numérique de livres épuisés avec Amazon.com et d\u2019autres concurrents.Ces autres vendeurs pourront conserver la majeure partie des revenus générés par leurs ventes.Google a annoncé cette nouvelle disposition peu après que le patron du bureau américain du droit d\u2019auteur eut informé un comité du Congrès que certaines parties de l\u2019entente contrevenaient à la loi.Associated Press EN BREF MOTS CROISÉS DES ARTS SOLUTION de la semaine dernière 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 NH 1652 HORIZONTALEMENT 1 La nouvelle animatrice de Deux filles le matin \u2013 Division d\u2019une pièce.2 Prénom de la comédienne Guilbault \u2013 Prénom de l\u2019interprète du Dr House.3 Mélanges confus \u2013 Réponse positive.4 Pianiste prénommé Emmanuel \u2013 Agite pour mélanger \u2013 Trompe quelqu\u2019un en profitant de sa crédulité.5 Zen \u2013 Proviens (de).6 Structure de la musique savante hindoue \u2013 Plaques de verre.7 Rôle de Marina Orsini dans Les filles de Caleb \u2013 S\u2019ajoute à une énumération.8 Petite brise subite et passagère \u2013 On y parle hébreu.9 Titre d\u2019un album de Daniel Lavoie \u2013 Entre Valence et Alicante (cap de la .) \u2013 Christiane Charette y anime Cabine C.10 Possessif \u2013 La croix de Saint-Antoine en est un \u2013 Assemblée.11 Ressenties \u2013 Film de Clint Eastwood sorti en 1988 \u2013 Tantale.12 Pardonnées \u2013 Inflexible (de .).VERTICALEMENT 1 Comme la dernière version de Jaune de Jean-Pierre Ferland.2 Rôle de Claude Legault dans 450, chemin du Golf \u2013 Qui manifestent un sentiment d\u2019affection.3 Sensille \u2013 Pris d\u2019un mouvement rapide \u2013 Initiales du ténor Caruso.4 Prénom de la chanteuse Boulay \u2013 Ville du Japon.5 Récompense cinématographique \u2013 Victoire de Napoléon.6 .Faulkner \u2013 Partie d\u2019une roue hydraulique.7 Infusion \u2013 Deux \u2013 Argos était chargé de veiller sur elle \u2013 C\u2019est-à-dire.8 Qui épuisent la santé \u2013 Légumineuses.9 Initiales de l\u2019animateur de l\u2019émission Enquête \u2013 Patrice, dans Caméra café.10 Pâtisserie soufflée \u2013 Intervalle.11 Vétustes \u2013 Coupe la cime d\u2019un arbre.12 Observés secrètement \u2013 Un des chefs de l\u2019indépendance argentine (de .).1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1 C H A R T I E R B E L 2 L E B O E U F M O M E 3 O U R S L E L O U P 4 U R I E E N O R M E S 5 T E S A D I A S E 6 I M A R T I N L E O N 7 E H O N T E T E R N E 8 R A N G R E A R S 9 P K T R U I T E P 10 E P R O Y N E U M E 11 R E N O M S E R R E R 12 G R E Y A S S I S T E NH 1651 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 0 9 A R T S E T S P E C T A C L E S 19 09-2010 COMPOSTELLE VIÊTNAM ARGENTINE LA LOIRE NÉPAL TOSCANE Dans une salle près De chez vous ! ABONNEz-VOuS et courez la chance de gagner une croisière pour deux dans les îles grecques._ www.lesgrandsexplorateurs.com (514) 521-1002 ou 1 800 558-1002 présenté par : COMPOSTELLE VIÊTNAM ARGENTINE LA LOIRE NÉPAL TOSCANE Dans une salle près De chez vous ! Saison2009-2010 1895758 1895781 peinture et photographie des paysages américains et canadiens de 1860 à 1918 18 juin 27 sept.2 0 0 9 1379, rue Sherbrooke Ouest.Métro Guy-Concordia/Peel Nocturnes les mercredis, jeudis et vendredis soirs jusqu\u2019à 21h Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins* * Accompagnés d\u2019un adulte.Non applicable aux groupes Horaire des visites commentées disponible sur mbam.qc.ca/nature Albert Bierstadt (1830-1902), Vallée de Yosemite (détail), 1868, huile sur toile, 137,8 x 184,2 cm.Oakland Museum of California, gift of Miss Marguerite Laird in memory of Mr.and Mrs.P.W.Laird.une présentation de derniÈre chance! pLusQue2semaines! « Une des plus intéressantes expositions des 10 dernières années ! » Jocelyne Lepage, La Presse 1902584A 2009/2010 30e SAISON PAGLIACCI LEONCAVALLO & SCHICCHI PUCCINI LA FLÛTE ENCHANTÉE MOZART TOSCA PUCCINI SIMON BOCCANEGRA VERDI CENDRILLON MASSENET COUREZ LA CHANCE DE GAGNER UN ABONNEMENT DE SAISON SOYEZ L\u2019UNE DES 5 PERSONNES GAGNANTESQUI RECEVRA UN ABONNEMENT POUR DEUX POUR LA SAISON 30e ANNIVERSAIRE DE L\u2019OPÉRA DE MONTRÉAL! Pour participer, rendez-vous sur cyberpresse.ca/operademontreal ou retournez le coupon dûment rempli au plus tard le 17 septembre à : CONCOURS «CÉLÉBREZ LES 30 ANS DE L\u2019OPÉRA DE MONTRÉAL» La Presse, C.P.11619, Succ.Centre-Ville, Montréal (Québec) H3C 5W6 NOM ADRESSE VILLE CODE POSTAL TÉL.(RÉS.) (TRAV.) COURRIEL ÂGE QUESTION-CONCOURS Nommez l\u2019un des compositeurs à l\u2019affiche cette saison : Cochez si vous désirez être informé des offres promotionnelles de La Presse Le règlement est disponible à La Presse.Les fac-similés sont refusés.Le tirage aura lieu le 18 septembre 2009.Valeur totale approximative : 5 650$.CÉLÉBREZ LES 30 ANS DE L\u2019OPÉRA DE MONTRÉAL 1937612A ARTS ET SPECTACLES NATHALIE PETROWSKI Isabelle Vincent est arrivée au Café Italia sans faux seins et sans bourrures autour des hanches, toute menue dans un pull bleu pétrole, un casque de vélo dans les mains.Si Louise Nantel, le croustillant personnage qu\u2019elle incarne dans Les hauts et les bas de Sophie Paquin, avait été là pour l\u2019accueillir, elle l\u2019aurait probablement détaillée de la tête aux pieds d\u2019un air méprisant en lui annonçant qu\u2019elle n\u2019avait aucune chance d\u2019obtenir un rôle dans un futur immédiat ou lointain.Pourquoi?Pas assez connue.Au suivant.L\u2019image et la personnalité de Louise Nantel ont eu un tel effet sur moi (et sur la plupart de mes collègues journalistes) qu\u2019en prenant place à la table d\u2019Isabelle Vincent, j \u2019ai eu le réflexe un peu stupide de croire que l\u2019actrice lui ressemblait suffisamment pour me servir le même genre de remarques trempées dans l\u2019acide et le vitriol.J\u2019ai vite compris qu\u2019Isabelle Vincent, qui est la petite soeur de l\u2019actrice Julie Vincent et du peintre François Vincent, n\u2019a rien, mais alors strictement rien à voir avec la directrice de casting de Sophie Paquin.Même qu\u2019elle est son parfait contraire.Mère de deux g ra nds enfa nts , en amour et en ménage avec le même homme depuis plus de 20 ans, timide, candide, pleine d\u2019humour mais aussi réfléchie, analytique, un brin intello, esprit de défricheuse, coureuse de fond et auteure à ses heures (elle a coécrit la pièce Avaler la mer et les poissons avec Sylvie Drapeau), Isabelle Vincent et Louise Nantel sont aussi dépareillées que le jour et la nuit.Comment se fait-il alors qu\u2019elle interprète le rôle avec autant de brio, comme s\u2019il existait une adéquation parfaite entre elle et le personnage?Une revanche «On dirait qu\u2019avec ce personnage, je me permets ce que je ne me permettrais jamais dans la vraie vie.Moi qui suis gentille, polie, timide, je prends ma revanche.En même temps, il ne faut pas oublier le contexte et le sous-texte du personnage.Louise Nantel est une femme qui abuse de son pouvoir.Il y a 10 ans, un tel personnage aurait choqué.Aujourd\u2019hui, Louise Nantel s\u2019inscrit dans une époque où les femmes en position de pouvoir sont plus nombreuses et où on est plus conscient de leurs failles, mais aussi du prix qu\u2019elles doivent payer.Si Louise Nantel n\u2019essuyait pas échec amoureux après échec amoureux, peutêtre qu\u2019elle serait moins frustrée et abusive.» Petit potin: dans un des prochains épisodes de Sophie Paquin, Louise Nantel rencontrera l\u2019auteur de ses jours : Richard Blaimert lui-même en personne, qui jouera son propre rôle.En le voyant arriver, Louise Nantel s\u2019écrira: «Ah non, pas le loser à Blaimert ! » Dire qu\u2019Isabelle Vincent n\u2019a même pas passé d\u2019audition pour obtenir le rôle, entre autres parce que le personnage ne devait apparaître que dans deux épisodes.Sa fonction était purement utilitaire et ne devait servir qu\u2019à humilier Estelle (Élise Guilbault).Le réalisateur Claude Desrosiers, qui est aussi le conjoint d\u2019 Isabelle Vincent , lui a donc demandé de prendre le rôle pour lui rendre service.L\u2019actrice a accepté, profitant de l\u2019occasion pour se métamorphoser physiquement avec des bourrures et des faux seins.Et le reste, comme on dit, appartient à l\u2019histoire avec, en plus, la possibilité qu\u2019à la fin de Sophie Paquin \u2013 qui se conclut cette année \u2013, une nouvelle série voie le jour autour du duo diabolique que forment Estelle et Louise Nantel.Pour les médias, le rôle de Louise Nantel a mis Isabelle Vincent au monde.Pourtant, Isabelle Vincent avait une vie et un long parcours professionnel avant de briller dans ses bourrures.Née à Montréal, cadette des quatre enfants de Thérèse et de Marcel Vincent, un assureur agréé adepte de méditation, Isabelle Vincent a grandi à Montréal-Nord, a fréquenté le collège Mont- Saint-Louis avant de partir vivre dans une famille de mormons à San Diego, en Californie, grâce à un programme d\u2019échange pour étudiants.Pendant une année complète, elle a fréquenté la La Jolla High School et la plage tous les jours.C\u2019était en 1980, de sorte qu\u2019Isabelle Vincent a raté le premier référendum mais, en contrepartie, elle a pu célébrer son bal de finissants sur un bateau dans la baie de San Diego avec Don Hendricks.«Ce séjour en Californie a été extraordinaire.Il m\u2019a ouvert l\u2019esprit, m\u2019a permis de vivre autre chose que ma réalité et de m\u2019affranchir de mes parents.J\u2019ai mis plus d\u2019un an à m\u2019en remettre.» Théâtre ou journalisme?De retour à Montréal, elle s\u2019inscrit au collège Ahuntsic en sciences humaines avec maths, mais son jeune coeur confus balance entre la psycho, le journalisme et le théâtre.Au bout de deux ans, lorsque l\u2019UQAM, tout comme l\u2019École nationale de théâtre, accepte sa candidature, elle se sent déchirée.Théâtre ou journalisme ?Le théâtre l\u2019emporte.De 1982 à 1986, elle étudie l\u2019interprétation aux côtés de Sylvie Drapeau, de Patrice Coquereau et de Roy Dupuis.Mais après avoir obtenu son diplôme, au lieu de tenter de démarrer sa carrière d\u2019actrice, elle s\u2019occupe plutôt de sa vie amoureuse et part pour Toronto où elle renoue avec.le journalisme.Pendant un an et demi, elle sera à la fois chargée du calendrier culturel et de la météo au bulletin de 18h de Radio-Canada Toronto, où ses collègues ont pour noms Jul ie Mivi l le-Dechêne et Dorothée Giroux.Puis un coup de fil de René Richard Cyr, qui lui propose un rôle dans une des trois courtes pièces qu\u2019il est en train de monter, la ramène à Montréal.D\u2019abord temporairement, puis pour de bon.Pendant les 15 années suivantes, Isabelle Vincent va v iv re sa vina igret te , fonder une famil le avec Claude Desrosiers, mettre au monde deux enfants, fonder une troupe (les Éternels Pigistes) avec ses amis Marie Charlebois, Patrice Coquereau et Christian Bégin, écrire une pièce avec Sylvie Drapeau qui connaîtra un grand succès, puis une deuxième, Les saisons, qui sera à l\u2019affiche d\u2019Espace Go en mars.Elle va aussi jouer dans une dizaine de séries québécoises et autant de pièces de théâtre et dans deux films de Robert Morin, mais en disparaissant chaque fois derrière le personnage et en poussant la composition au point de tous nous faire oublier l\u2019existence même d\u2019Isabelle Vincent.«Ce n\u2019est pas accidentel.C\u2019est ce que je voulais.Me transformer, me déguiser, composer, disparaître, c\u2019est pour cela que je fais ce métierlà.Je le fais aussi pour la recherche, le défrichage, le long terme.Quand je faisais de l\u2019athlétisme de compétition, j\u2019ai toujours été une coureuse de fond, plutôt qu\u2019une sprinteuse.C\u2019est sans doute pourquoi je suis convaincue que je vais vivre jusqu\u2019à 100 ans au moins, et en santé.» Le théâtre pour le fun En at tendant , I sabel le Vincent remonte sur la scène de La Licorne (le 15 septembre) avec les Éternels Pigistes pour la reprise de la pièce Pi.?!, l\u2019histoire d\u2019un souper entre amis où l\u2019hôte de la soirée interdit à ses convives d\u2019évoquer les 17 minutes où il a été déclaré cliniquement mort après un grave accident.Chaque soir jusqu\u2019au 24 octobre, Isabelle et ses amis joueront pour la maigre somme de 100$, parce que sous prétexte que tous les membres des Éternels Pigistes gagnent bien leur vie, les gouvernements refusent de subventionner leurs projets de théâtre.Pourquoi alors continuer ?«Pour le plaisir de se retrouver dans cette famille artistique qui nous appartient, le plaisir aussi de rire de toutes les crises, chicanes, ruptures qu\u2019on a vécues et aussi parce qu\u2019on a trop de fun ensemble », répond Isabelle Vincent d\u2019un air enjoué.Heureusement que Louise Nantel la cynique n\u2019entend pas l\u2019idéalisme généreux et engagé qui module la voix d\u2019Isabelle Vincent, sinon elle hocherait la tête d\u2019un air profondément découragé.La revanche de la timide Parfois, il suffit d\u2019un rôle, d\u2019un seul, pour propulser une actrice dans la lumière.Louise Nantel, la directrice de casting amère et cynique de la série Les hauts et les bas de Sophie Paquin, fut ce propulseur pour Isabelle Vincent.Les médias raffolent du personnage alors que le public lui préfère celui, plus rassurant, de Diane Bourgeois dans Providence, raconte Isabelle Vincent, qui s\u2019apprête à remonter sur les planches de La Licorne pour la reprise de la pièce Pi.?!.Rencontre avec une timide passée maître dans l\u2019art de disparaître.«Louise Nantel est une femme qui abuse de son pouvoir.Il y a 10 ans, un tel personnage aurait choqué.Aujourd\u2019hui, Louise Nantel s\u2019inscrit dans une époque où les femmes en position de pouvoir sont plus nombreuses et où on est plus conscient de leurs failles, mais aussi du prix qu\u2019elles doivent payer.Si Louise Nantel n\u2019essuyait pas échec amoureux après échec amoureux, peut-être qu\u2019elle serait moins frustrée et abusive.» PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE La comédienne Isabelle Vincent n\u2019a rien, mais alors strictement rien à voir avec Louise Nantel, la directrice de casting qu\u2019elle incarne dans Les hauts et les bas de Sophie Paquin.Même qu\u2019elle est son parfait contraire.«On dirait qu\u2019avec ce personnage, je me permets ce que je ne me permettrais jamais dans la vraie vie.Moi qui suis gentille, polie, timide, je prends ma revanche.» ENTREVUE ISABELLE VINCENT llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 20 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L SA M E D I 12 SE P T E M B R E 2 0 0 9 "]
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