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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2010-09-17, Collections de BAnQ.

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[" MARIE-CLAUDE GIRARD Au lever, Roxane compte les bouteilles de bières vides laissées par sa mère.Au delà de huit, sa mère ne se lèvera pas.Avec sept, Roxane pourra s\u2019acheter un May West au dépanneur avant d\u2019aller à l\u2019école.Certains détails ne s\u2019inventent pas.Dans le long-métrage Le ring, la réalisatrice décrivait le combat d\u2019un garçon d\u2019Hochelaga malmené par la vie.Dans son premier roman, Je voudrais qu\u2019on m\u2019efface, elle reprend le même fil pour raconter jusqu\u2019au bout l\u2019histoire des jeunes battants qu\u2019elle a côtoyés à la fondation du pédiatre social Gilles Julien.Inspirés par des enfants qu\u2019elle a fréquentés, ses trois personnages au seuil de l\u2019adolescence habitent un même «bloc» où ils se croisent sans vraiment se parler.Il y a Kevin, garçon sur le Ritalin qui, comme le Jessy du Ring, s\u2019évade dans les spectacles de lutte au sous-sol de l\u2019église où son père se transforme en superhéros.Il y a aussi Mélissa, dont la mère toxicomane fait le trottoir à quelques pas de chez elle et ne peut plus approcher ses enfants sur ordre de la Cour.Dans la petite Roxane, «mésadaptée socio-affective » qui s\u2019échappe dans une Russie imaginaire pour fuir ses problèmes scolaires et son foyer alcoolique, il y a beaucoup de la «petite soeur» qu\u2019Anaïs Barbeau-Lavalette a parrainée et qui est aujourd\u2019hui dans la vingtaine.«C\u2019est elle à une période où elle aurait pu tomber.Sa fuite par l\u2019imagination frôlait la folie, mais c\u2019était sain.Elle se disait : \"Je n\u2019appartiens pas à ce monde-là.\" Elle a sauvé sa peau», raconte la cinéaste en entrevue.On reconnaît dans le roman des scènes du Ring.C\u2019est que l\u2019idée du livre est née avant le long métrage.La réalisatrice a commencé par écrire de courts textes inspirés des enfants qu\u2019elle rencontrait.Ceux-ci ont alimenté le scénario de Renée Beaulieu.Après le film, elle a eu envie de poursuivre leurs histoires, sans la lourdeur du cinéma.Et voilà un premier roman qui la laisse dans un état de «nudité vertigineuse », plus vulnérable qu\u2019elle ne l\u2019a jamais été à la sortie d\u2019un de ses films.«J\u2019ai l\u2019impression d\u2019une très longue naissance et aussi de la fin d\u2019une étape.Je suis allée au bout de ce que je peux raconter de ce quartier-là », explique- t-elle.« Je ne l\u2019ai pas écrit pour éveiller les gens mais parce que je crois que ces kids ont les plus grandes histoires au monde à raconter.» ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE ÉLOGE DES PETITS BATTANTS ARTS ET SPECTACLES www.cyberpresse.ca/arts CRITIQUES Consultez les critiques des nouveaux films à l\u2019affiche sur cyberpresse.ca/critiques PHOTOS Voyez les photos du film Incendies en salle aujourd\u2019hui sur cyberpresse.ca/incendies BLOGUE Passionné des médias ?Discutez avec Nathalie Collard sur cyberpresse.ca/collard TORONTO LES LEÇONS À TIRER LE BILLET DE MARC-ANDRÉ LUSSIER PAGE 7 THE TOWN BEN AFFLECK L\u2019IMPORTANT, C\u2019EST L\u2019ACCENT PAGE 3 PHOTO ANDRÉ PICHETTE LA PRESSE Ben Affleck Son documentaire sur les figurants d\u2019Incendies est présenté demain à Radio-Canada.Son film Les petits géants, sur un opéra créé par des écoliers du sud-ouest de Montréal, est en nomination aux Gémeaux dimanche.Mais c\u2019est d\u2019abord un premier roman \u2013 doublé d\u2019une expo de photos ! \u2013 que la jeune cinéaste globetrotter a lancé cette semaine.>Voir ÉLOGE en page 4 MONTRÉAL VENDREDI 17 SEPTEMBRE 2010 ARTS ET SPECTACLES FLASHES Godspeed You ! Black Emperor, le groupe culte qui, au tournant du millénaire, a braqué les projecteurs sur la scène rock indépendante montréalaise, confirme son retour sur scène après sept ans d\u2019inactivité.Une vingtaine de dates de concerts ont été annoncées, coïncidant avec la fin de 2010 et le début de 2011.Plusieurs autres restent à confirmer, dont les dates à Montréal.Le site web du label de GY!BE, Constellation, indique dans le détail ces deux premières séries de dates.Le groupe a déjà accepté de jouer au festival britannique d\u2019avant-garde All Tomorrow\u2019s Party, au début du mois de décembre.Un premier volet européen de cette tournée se déroulera en Grande-Bretagne puis repassera par Paris et Bruxelles en janvier.Le volet nord-américain de la tournée débute à Vancouver le 16 février, et sera suivi par au moins 14 concerts, à Los Angeles, Chicago, Detroit et New York.Des sources nous ont confirmé que des pourparlers avaient commencé pour produire un concert à Montréal, mais aucune date, ni salle n\u2019a encore été décidée.Formé au milieu des années 90, le collectif Godspeed You ! Black Emperor a pondu trois albums d\u2019un rock instrumental marqué par les longues progressions et les arrangements aux couleurs d\u2019avant-garde.C\u2019est toutefois l\u2019album double Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven qui l\u2019a propulsé à l\u2019avant de la scène rock indépendante mondiale.Avec le groupe The Unicorns, GY!BE a pavé la voie aux Arcade Fire et autres Wolf Parade en confirmant le calibre international des créateurs d\u2019ici.\u2014 Philippe Renaud, collaboration spéciale MUSIQUE GODSPEED YOU! BLACK EMPEROR RESSUSCITE C\u2019est aujourd\u2019hui que démarre le 16e Festival international de la littérature, avec une nouvelle mouture de Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent.Ce toujours populaire spectacle de poésie festive, « joyeux bordel de mots » mis en scène par Loui Maufette, est présenté chaque année depuis 2006.Autour d\u2019une table immense, une vingtaine de convives prennent part à un banquet de poésie.Cette année, de nouveaux venus (Marie Tifo, Céline Bonnier, Julie Perreault, Patrice Coquereau) se mêlent aux anciens passeurs de mots.Ce soir 20h et samedi 16 h et 20h30 à la Cinquième Salle de la Place des Arts.La troupe partira la semaine prochaine en France pour trois représentations aux Francophonies en Limousin.\u2014 Marie-Claude Girard LITTÉRATURE Julie Perreault PHOTO ANDRÉ TREMBLAY, LA PRESSE BANQUET DE POÈMES ARTISANS DE L\u2019OMBRE RÉCOMPENSÉS Bien que le gala télévisé des 25es prix Gémeaux ait lieu ce dimanche, plusieurs travailleurs de l\u2019ombre ont été récompensés hier à l\u2019occasion de la Soirée des artisans et du documentaire.Parmi les lauréats, les membres de l\u2019équipe de Musée Éden \u2013 mettant en vedette Mariloup Wolfe et Laurence Leboeuf \u2013 ont remporté les honneurs en se distinguant dans six catégories : meilleure direction photographique, meilleurs décors catégorie dramatique, meilleure création de costumes toutes catégories, meilleurs maquillages/coiffures (toutes catégories), meilleure musique originale (dramatique) et meilleur thème musical (toutes catégories).L\u2019émission Enquête a pour sa part gagné trois Gémeaux : meilleure réalisation affaires publiques, meilleure recherche affaires publiques et meilleur reportage.\u2013 Nathaëlle Morissette GEMEAUX Mariloup Wolfe et Laurence Leboeuf dans Musée Eden.PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION Les comédiens Marc-André Grondin et Karine Vanasse, le réalisateur Claude Demers (Les dames en bleu) ainsi que les journalistes Susan Ayscough et Baschar Schbib (aussi réalisateur) composeront le jury de la Sélection internationale du 39e Festival du nouveau cinéma (FNC) qui aura lieu du 13 au 24 octobre.Comme le veut la tradition, des personnalités québécoises formeront le jury de la Sélection internationale alors que des professionnels étrangers sont appelés à juger les films de la section Focus consacrée aux films québécois et canadiens.Des prix sont également attribués pour des films inscrits dans les sections courts métrages et très courts métrages.L\u2019Association québécoise des critiques de cinéma remet enfin son propre prix au meilleur film de la Sélection internationale.\u2014 André Duchesne CINÉMA Trop long, Virginie?Le soap américain As the World Turns disparaît aujourd\u2019hui même après 54 saisons à l\u2019antenne de CBS.Plusieurs vedettes y ont fait leurs débuts au fil des années, dont James Earl Jones, Marisa Tomei, Meg Ryan et Parker Posey.C\u2019est le deuxième téléroman d\u2019après-midi qui paye pour la chute des audiences sur cette chaîne.Il y a un an, CBS avait mis fin à Guiding Light, qui aura duré 72 ans à la radio et à la télévision.\u2014 Richard Therrien, Le Soleil TÉLÉVISION La Galerie d\u2019art d\u2019Outremont (GAO) présente jusqu\u2019au 26 septembre une exposition des oeuvres du sculpteur de Saint-Alphonse-Rodriguez Ivanhoë Fortier et celles de sa conjointe, Carmen Gagnon Fortier, peintre.Réalisées dans les années 90, les sept sculptures de veines et d\u2019artères du corps humain créées en fibres de verre (et en grand format) par Ivanhoë Fortier ont l\u2019air de coraux qu\u2019on aurait plongés dans un bain de teinture.Cet hommage au système circulatoire humain ne cache pas le regret de l\u2019artiste d\u2019avoir étudié les arts plastiques plutôt que la médecine.M.Fortier dit qu\u2019il sculpte ces tubulures colorées de taches de mouches (d\u2019abord dans du polystyrène) par la seule grâce de sa joie de vivre.«Je choisis mes couleurs d\u2019instinct », dit-il.Artiste depuis 50 ans, M.Fortier a déjà travaillé le bois, le bronze, le calcaire, le marbre, l\u2019aluminium, le plastique et le fer.Mais ses sculptures en fibres de verre, équilibrées et élégantes, traduisent sa grande force d\u2019évocation poétique.Dans la même salle, Carmen Gagnon Fortier expose 25 toiles «sans titre», des patchworks de couleurs enchevêtrées qu\u2019elle a créés de 1962 à 1979 et dont une partie a été exposée au Musée d\u2019art contemporain.Ses toiles les plus sombres et les plus construites sont les plus anciennes, le blanc ayant pris plus d\u2019importance dans son geste à la fin de cette période.«L\u2019amour de la nature m\u2019inspire, dit-elle.Et la peinture se crée inconsciemment.» \u2014 Éric Clément Exposition Ivanhoë Fortier et Carmen Gagnon Fortier Jusqu\u2019au 26 septembre Galerie d\u2019art d\u2019Outremont 41, avenue Saint-Just, Outremont De 13h à 18h du mardi au vendredi, de 13h à 17h le samedi et le dimanche GALERIE D\u2019ART D\u2019OUTREMONT Notre critique musical Claude Gingras animera un jeu-questionnaire sur l\u2019opéra et les chanteurs mardi, le 21 septembre, à 18h30, au Café d\u2019art vocal (1223, rue Amherst).Il a préparé toutes les questions et les posera lui-même.Des prix seront offerts.«Les questions sont tellement difficiles, prévient-il, que je suis passé de 10 à 12 afin d\u2019augmenter les chances de gagner ! » La salle étant petite, il est préférable de réserver : 514-397-0068.\u2014 La Presse OPÉRA UN QUIZ AVEC ÇA?LE FNCDÉVOILE SON JURY FIND\u2019UNSOAP APRÈS 54ANS UN FORTIER PEUT ENCACHER UN AUTRE Meg Ryan et Scott Bryce PHOTO ARCHIVES AP, CBS PHOTO FOURNIE PAR LA GALERIE.Marc-André Grondin PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 2 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É A L V E N D R E D I 1 7 S E P T E M B RE 20 1 0 ARTS ET SPECTACLES SONIA SARFATI TORONTO Ben Af f leck a grandi à Cambridge, à proximité de Boston \u2013 qu\u2019il semble avoir pris comme théâtre de son oeuvre cinématographique quand il passe derrière la caméra: après Gone Baby Gone, adaptation du roman de Dennis Lehane, il se retrouve aujourd\u2019hui aux commandes de The Town, film de gangsters lui aussi inspiré d\u2019un roman, Prince of Thieves de Chuck Hogan, dont l\u2019action se déroule également à Boston.Plus précisément à Charlestown, un quartier où forces de l\u2019ordre et bandits se livrent une lutte sans merci.C\u2019est là que l\u2019on rencontre Doug (Ben Affleck), Jem (Jeremy Renner) et leur bande, alors qu\u2019ils cambriolent une banque.Ils prennent une femme en otage, Claire (RebeccaHall).La libèrent plus tard.Elle se retrouve dans les bureaux du FBI, en compagnie de l\u2019agent spécial Frawley (Jon Hamm).Puis dans les bras de celui dont elle ignore qu\u2019il est à l\u2019origine de son kidnapping.S\u2019ensuivront de folles parties de «gendarmes et voleurs» dans les rues de Boston et de «détresse et enchantement» derrière les murs bostoniens.«Je ne cherche pas à faire carrière en réalisant des histoires campées à Boston», a indiqué l\u2019acteur-réalisateur-scénariste lors d\u2019une conférence de presse tenue pendant le TIFF, «mais il se trouve que je suis tombé sur deux histoires bostoniennes qui m\u2019ont inspiré \u2013 et probablement que le fait qu\u2019elles se déroulent dans ma ville m\u2019a un peu aidé».Entre autres, sur le dossier «accent».Celui de Boston est typique, très connu.«Un accent comme celui-là est une énorme problématique.Si vos acteurs ne le fait pas bien, la crédibilité du personnage est entachée et cela peut tuer le film», poursuit Ben Affleck.Qui a beaucoup coaché ses troupes.Mais, auparavant, il a choisi des acteurs capables de se mettre le bostonien en bouche.«Non, non, Ben ne m\u2019a pas aidé!» rigole Jeremy Renner (The Hurt Locker).« Il m\u2019a envoyé des enregistrements de bandits originaires de Boston.J\u2019ai écouté ça en boucle.Ça m\u2019a aidé, mais ça n\u2019a pas rendu l\u2019accent plus facile à faire.» Blake Lively, la bombe blonde de Gossip Girl qui joue ici du contre-emploi en incarnant une paumée, a fait des pieds et des mains pour avoir le rôle: «Quand vous travaillez 10 mois par année sur une série télévisée, pendant les deux mois qui restent, vous pouvez vous reposer\u2026 ou participer à un autre projet.Mais pour ça, il faut qu\u2019il vous intéresse vraiment.C\u2019était le cas pour The Town et pour le personnage de Krista\u2026 même si au départ, j\u2019étais plus la mauvaise personne pour l\u2019obtenir que la bonne», explique celle qui a un profil glamour collé à la peau.Mais elle a travaillé fort, entre autres le fameux accent.«Après la première lecture qu\u2019elle m\u2019a faite, je lui ai demandé de quelle partie de Boston elle venait », remarque ici Ben Affleck.Quant à Jon Hamm, il a été attiré par l\u2019idée «d\u2019être un étranger dans ce microcosme».Son accent pouvait être d\u2019ailleurs et c\u2019était très bien pour lui.«J\u2019étais attaché au projet alors qu\u2019un autre réalisateur était en charge.J\u2019ai lu une version très préliminaire du scénario et, déjà, j\u2019étais intéressé.Quand Ben est arrivé, j\u2019ai été encore plus intéressé», fait celui dont la vie a changé depuis qu\u2019il est devenu le Don Draper de Mad Men: «Mais ma route jusqu\u2019à cette table, devant vous, a été plus longue et tortueuse que beaucoup d\u2019autres.Aucun de nous ne serait là si nous n\u2019avions pas la peau dure.Ce métier en est plus un de refus que d\u2019acceptation.» C\u2019est donc entouré de ces acteurs motivés et inspirés et «bostonisés» que Ben Affleck s\u2019est placé devant et derrière la caméra de The Town.Avec la ferme intention de rendre Boston crédible non seulement par les dialogues, mais par les images.Tournage dans des lieux réels.Avec des gens réels.À l\u2019intérieur : «J\u2019étais dans ce bar louche, pour une scène, avec ces hommes autour de moi qui avaient l\u2019air\u2026 louche, quoi.Et bientôt, j\u2019apprends que des anciens prisonniers avaient été engagés pour faire de la figuration», se souvient Blake Lively.Et à l\u2019extérieur, entre autres dans les rues du secteur nord de la ville: «Ça n\u2019a pas été facile, les rues sont tellement étroites dans ce coin! assure Ben Affleck.Nous voulions donner cette impression de chasse confinée dans un terrier, et c\u2019était l\u2019endroit pour ça.Cela étant dit, la communauté a beaucoup de pouvoir dans le North End.Quand vous bloquez des rues là, vous devez le faire de façon judicieuse.» Peut-être que là aussi, être de Boston a aidé.The Town prend l\u2019affiche aujourd\u2019hui.Les frais de voyage ont été payés par Warner Bros.THE TOWN L\u2019important, c\u2019est l\u2019accent Après avoir connu le succès que l\u2019on sait à la barre et à l\u2019écriture de Gone Baby Gone, Ben Affleck élargit son mandat : s\u2019il cosigne le scénario de The Town et en occupe la chaise du réalisateur, il s\u2019y est aussi donné l\u2019un des rôles principaux.Rencontre avec les artisans d\u2019un film de gangsters où l\u2019on ne joue pas qu\u2019aux gendarmes et aux voleurs.PHOTO CLAIRE FOLGER, FOURNIE PAR WARNER BROTHERS Jeremy Renner et Ben Affleck dans une scène du film The Town, qui prend l\u2019affiche aujourd\u2019hui.Ben Affleck s\u2019est placé devant et derrière la caméra avec la ferme intention de rendre Boston crédible non seulement par les dialogues, mais par les images.PHOTO CALIRE FOLGER, FOURNIE PAR WARNER BROS Le tournage a eu lieu dans des lieux réels.Ainsi, Boston devient aussi un acteur du film.Sur la photo, Ben Affleck et Chris Cooper.Le samedi dans VOUS CHERCHEZ ?VOUS TROUVEREZ ! Tous les samedis dans CE QU\u2019ON A VU, CE QU'ON EN PENSE.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L V E N D R E D I 1 7 S E P T E M B R E 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 3 © 2010 UNIVERSAL STUDIOS (Version française de DEVIL) À L\u2019AFFICHE Consultez le Répertoire des Cinémas ou www.universalpictures.ca pour l\u2019horaire des films ARTS ET SPECTACLES BIBLIO OURAGAN LAURENT GAUDÉ ACTES SUD/LEMÉAC, 208 PAGES HHH1/2 Lorsque les éléments se déchaînent, la vraie nature des gens se révèle.Avec Ouragan, Laurent Gaudé (prix Goncourt pour Le soleil des Scorta en 2004) plonge au coeur de l\u2019ouragan Katrina, qui a ravagé La Nouvelle-Orléans il y a cinq ans.Il est aussi étonnamment d\u2019actualité : un des personnages a travaillé sur une plateforme de forage dans le golfe du Mexique et critique la propension de l\u2019humain à siphonner tout ce dont il est capable \u2013 cruelle anticipation de l\u2019explosion de la plateforme Deepwater Horizon en avril dernier et du désastre écologique qui a suivi.Ouragan est ainsi à la fois un roman écologique et humaniste, avec son choeur de personnages affrontant la tempête, autant intérieure qu\u2019extérieure.De la «négresse depuis presque 100 ans» Joséphine Linc au révérend Steelson, qui pète littéralement les plombs, l\u2019auteur alterne les monologues intérieurs et la narration neutre dans une forme haletante qui épouse le chaos ambiant.Et pendant que les prisonniers en cavale jouissent de leur nouvelle liberté et que les hordes d\u2019alligators prennent possession des rues, un couple se retrouve, un enfant emmuré dans son mutisme s\u2019ouvre au monde.Composé d\u2019images fortes qui ont marqué les mémoires, comme celles des milliers de réfugiés du Superdome ou des files interminables des voitures désertant la ville, Ouragan fait un portrait désolant d\u2019un pays toujours divisé entre les Noirs et les Blancs et frappe là où ça fait mal, directement au coeur.\u2013 Josée Lapointe BIFTECK MARTIN PROVOST PHÉBUS, 125 PAGES HHH1/2 André est boucher comme ses père, grand-père et arrièregrand- père à Quimper quand éclate la Grande Guerre.Trop jeune pour les tranchées, il devient vite du village le spécialiste de la tranche, fût-elle de boeuf, de veau, de mouton ou de porc.Les femmes esseulées apprécient vite ses talents dans le maniement de la chair et se disputent chaque samedi le morceau d\u2019araignée qui donne droit à un rendez-vous derrière la basilique.Avant longtemps, André se retrouve avec sept marmots au moment où meurent ses parents et que la paix est retrouvée.Pour sauver l\u2019honneur de ses valeureuses clientes, il plie bagage et s\u2019embarque sur un rafiot en quête de l\u2019Amérique.Le voyage est long comme la vie.Un beau jour, toute la famille se retrouve sur une terre inconnue.André prend conscience que ses petits ont grandi.Dans une langue savoureuse à faire damner un végétarien, Provost invente une jolie parabole de la vie.Tout comme elle, le temps s\u2019accélère dans ce récit empreint d\u2019humour, de sagesse et d\u2019amour de la langue française.La chute, étonnante à souhait, fera grincer les esprits chagrins ou les irréductibles passéistes, victimes «des atermoiements tourmentés et stériles, quand le présent meurt au passé sans avoir encore défini l\u2019avenir ».\u2013 Rudy Le Cours GRANDIR SOPHIE FONTANEL ROBERT LAFFONT, 145 PAGES HHHH Surprise.On connaissait de la journaliste Sophie Fontanel les drôles de chroniques qu\u2019elle signe dans le Elle français.Dans Grandir, elle touche à quelque chose d\u2019universel, de fondamental, avec une profondeur et une justesse qui vont droit au coeur.Dans une langue toute simple, claire et lumineuse, elle raconte une histoire qu\u2019on soupçonne intime: la prise en charge d\u2019une mère âgée et dépendante.Et surtout, comment cette expérience l\u2019a transforme malgré elle, quadragénaire sans enfant qui pensait placer la liberté au-dessus de tout.«Laisse-toi chambouler, lui conseille un ami, ce qu\u2019elle est en train de parfaire, c\u2019est ton éducation.» Une mère reste une mère, même diminuée, invalide ou à la mémoire trouée.Avec humour, Sophie Fontanel livre une très belle réflexion sur la vieillesse, la peur de la mort, les déchirements et la culpabilité propres aux relations mère-fille \u2013 «Rien ne la contrarie plus que mes sacrifices» \u2013, la vulnérabilté qui nous guette tous.Comment pourra-t-on un jour s\u2019en remettre à notre tour à la bienveillance d\u2019autrui ?On sent aussi une affection énorme pour cette vieille dame moderne, qui se redresse sur son lit pour lui asséner ses quatre vérités : «Comment ça, tu ne sors pas ?(.) Dis donc, tu ne vas pas te désintéresser de la vie juste quand ta mère en voit la valeur ?(.) Et du côté des hommes, on n\u2019a rien?» \u2013 Marie-Claude Girard ESSAI QUÉBÉCOIS LA CONSTELLATION DU LYNX Pour les 40 ans de la Crise d\u2019octobre, Louis Hamelin propose une interprétation romanesque des évènements, vaste fresque qui emprunte au thriller politique.Un «portrait d\u2019une société entre deux époques», promet-on.Chez Boréal, le 21 septembre.L\u2019ESPRIT DU NORD L\u2019essai du médecin et écrivain Jean Désy sur l\u2019autochonie québécoise, le nomadisme et la nordicité, paru plus tôt cette année chez XYZ, vient de remporter le prix Intérêt général du Salon du livre du Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean, qui se déroule du 30 septembre au 3 octobre.LE GRAND LIVRE DES FOUS À la demande de sa grandmère mourante, un homme entreprend de «conter ses fous », les ex-psychiatrisés qu\u2019elle avait hébergés chez elle.Cela donne ce second roman de Mathyas Lefebure, qui avait séduit avec D\u2019où viens-tu berger ?Chez Leméac depuis mercredi.Elle avait l\u2019intuition de savoir le faire, non seulement en créant une histoire qui sonne vraie mais en collant à leurs mots, leur débit, leurs pensées, leurs peurs, leur instinct de survie.Les faire exister le plus for t possible et pour le plus grand nombre, c\u2019est là l\u2019engagement d\u2019une artiste qui a toujours voulu faire oeuvre utile.«J\u2019espère que les gens vont y trouver une bonne histoire et que cette histoire va s\u2019inscrire en eux, provoquer quelque chose.Si ces enfants réussissent à survivre à la dernière page, au livre fermé, c\u2019est merveilleux !» Éviter le misérabilisme Elle y arrive avec talent, même si le pari n\u2019était pas gagné d\u2019avance.Comment éviter le misérabil isme ?Comment créer un vrai roman plutôt qu\u2019un scénario prétexte à une campagne de financement?(Elle avait songé un temps à faire intervenir le Dr Julien dans l\u2019histoire, mais s\u2019est ravisée.) La narration emprunte le point de vue et la langue crue et parfois gauche des personnages.Les dialogues brefs, les phrases courtes, sont remplis de non-dits, de silence.Si elle ose sortir les violons, -un seul dans les faits, entre les mains de Roxane\u2013, c\u2019est pour la bonne cause.Et c\u2019est peut-être le seul moment où on pourrait lui reprocher de nous tirer trop facilement les larmes.(Ce qui n\u2019empêche pas d\u2019être réellement ému.) Dans le Ring, la famille éclate.Dans Je voudrais qu\u2019on m\u2019efface, la vie n\u2019est pas rose non plus.On craint plus la DPJ que l \u2019absence de parents.Le filet social plein de trous laisse les enfants à eux-mêmes.Mais on retient davantage la volonté des jeunes à s\u2019en sortir et la force des liens qui les attachent à leurs parents , aussi «poqués » soient-ils.L \u2019 â g e des petits h é r o s n\u2019est pas f o r t u i t .« P o u r e u x , i l y a un e urgence à se trouver, dit Anaïs Barbeau- Lavalette.L e u r quête, c\u2019est de se donner le droit d\u2019exister même si personne d\u2019autre autour ne leur donne.Certains y arrivent.Avec ce départ de vie-là, cela relève du miracle.» Si elle affirme ne pas avoir écrit le roman pour éveiller les consciences, on le referme avec le désir de changer les choses.D\u2019a illeurs, depuis le lancement, lundi dernier, Anaïs Barbeau-Lavalette et André Turpin exposent des photos d\u2019enfants d\u2019Hochelaga- Maisonneuve au Café de l\u2019Usine C.Les fonds amassés lors la vente des photos seront remis à la Fondation du Dr Julien.Et l\u2019une d\u2019elle illustre la couverture du roman.Je voudrais qu\u2019on m\u2019efface Anaïs Barbeau-Lavalette Hurtubise, 175 pages HHH1/2 ANAÏS BARBEAU-LAVALETTE Éloge des petits battants ÉLOGE suite de la page 1 CHANTAL GUY Dès le début, Benoît Murray commence sa vie en retard.La picote volante lui vole sa première semaine à l\u2019orphelinat.Alors que tout le monde s\u2019installe et apprend, il est en quarantaine.Cela ne l\u2019empêchera pas de devenir le premier chanteur de la chorale, une visibilité qui le fera remarquer de la famille Cyr, dont les parents tiennent une petite boulangerie, et qui l\u2019adoptera.On pourrait croire que son destin va enfin s\u2019épanouir, mais Benoît Murray ne rattrapera jamais vraiment ce retard originel dans sa vie.Dans l\u2019univers de Michael Delisle, les personnages sont rarement responsables de leur sort, ils sont happés, pour ne pas dire broyés, par les circonstances, l\u2019époque, les conditions sociales.Rebaptisé, Benoît Murray ne sera jamais du sang des Cyr.De plus, constate-t-il, « ils m\u2019ont adopté dans une période faste.Juste avant l\u2019Expo (\u2026) J\u2019ai compris que mon arrivée était ou bien le souvenir d\u2019un temps d\u2019abondance, ou bien le début d\u2019une débâcle qui n\u2019en finissait plus de finir».Car en face de la boulangerie vient s\u2019installer un concurrent, un traiteur belge beaucoup plus au goût du jour de ce Plateau en devenir que la vieille boulangerie familiale sans lustre et sans raffinement.Le Québec change, mais les Cyr sont incapables de s\u2019adapter.Alors qu\u2019il a pour mission de surveiller l\u2019ennemi, Benoît tombera follement amoureux du nouveau traiteur, qui lui fait découvrir un nouveau monde, rempli de merveilles, et cela passe par la langue : les saveurs, les sensations, les mots, surtout.Car, dit-il, «mon père ne m\u2019a rien appris.Je n\u2019ai appris que des mots inutiles, tout seul dans mon coin, avec des mots croisés.De mon père, il me semble que je n\u2019ai eu que du silence.Je lui en veux».En fait, Benoît ne possède rien, pas même son identité, hormis ce tiroir no.24 qu\u2019on lui a un jour attribué à l\u2019orphelinat.Quand cette histoire d\u2019amour se termine, et que sa famille se débarrasse de lui brusquement, il dérive, dans la drogue, la prostitution, sans autre repère que ce triste tiroir no.24, jusqu\u2019à une ultime et tragique tentative de renverser les choses qui, finalement, ne changeront pas.Michael Delisle est passé maître dans la description de ces tragédies ordinaires mettant en scène les laissés-pourcompte, et cela, toujours dans une langue d\u2019une sobriété exemplaire, dont la redoutable efficacité consiste à sceller les émotions dans des phrases si étroites, si brutes, qu\u2019on se sent oppressé malgré l\u2019épuration du style.Une mélodie de déshérités de la vie qui ne sonne jamais faux, malgré la maigre partition qui leur est donnée.Tiroir no.24 Michael Delisle Boréal, 127 pages HHH1/2 CRITIQUE / Michael Delisle Né pour un petit pain Michael Delisle est passé maître dans la description de ces tragédies ordinaires mettant en scène les laissés-pour-compte.Elle ne choisit pas les chemins faciles, Anaïs Barbeau-Lavalette.La cinéaste et documentariste globetrotter aborde souvent des sujets durs, sensibles.Son intérêt pour le monde de l\u2019enfance se manifeste dans Les petits géants, le documentaire sur un projet d\u2019opéra avec des écoliers du Sud-Ouest qu\u2019elle a coréalisé avec son conjoint, Émile Proulx-Cloutier.En nomination aux Gémeaux, ce dimanche, il sort en DVD à la fin du mois de septembre.Son documentaire sur le tournage du film Incendies, de Denis Villeneuve, a pris une nouvelle tournure lorsqu\u2019elle a constaté que des scènes atroces avaient été réellement vécues par des figurants.Se Souvenir des cendres sera présenté demain à 22h30 à Radio-Canada et au Festival du nouveau cinéma le 21 octobre.Son prochain film, Inch\u2019Allah se déroule en Palestine, où elle a habité et étudié.Et même si elle doit donner naissance à un premier enfant en décembre, elle compte bien attaquer le tournage l\u2019année prochaine.«La meilleure façon de prouver qu\u2019on peut être femme et faire des films, comme on nous demande souvent, c\u2019est de tourner mon prochain film en Palestine avec un enfant au sein ! » dit-elle en riant.SE SOUVENIR DESCENDRES PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Si Anaïs Barbeau-Lavalette affirme ne pas avoir écrit le roman pour éveiller les consciences, on le referme avec le désir de changer les choses.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll 4 A R T S E T S P E C T A C L E S L A P R E S S E M O N T R É AL VE N D R E D I 17 SE P T E M B R E 2 0 1 0 ARTS ET SPECTACLES LECTURES JOSÉE LAPOINTE Six enfants observent leur père, un doux excentrique, en s\u2019interrogeant sur l\u2019existence de l\u2019âme et en trépignant d\u2019impatience devant l\u2019avenir.Dans Le temps qui m\u2019est donné, plus récent roman de Jean-François Beauchemin, on reconnaît immédiatement le terreau de l\u2019auteur qui, depuis La fabrication de l\u2019aube, aime poser de grandes questions universelles en s\u2019inspirant de ses souvenirs et de son histoire.«Je pensais avoir écrit un livre sur l\u2019enfance, mais ce n\u2019est pas le cas, puisque ces enfants réfléchissent comme des futurs adultes.» Jean- François Beauchemin ne s\u2019en cache pas: cette bête à six têtes \u2013 le livre est presque entièrement écrit au nous \u2013, c\u2019est lui, ses quatre frères et sa soeur.Et le narrateur raconte au nom du groupe comment ce père unidimensionnel, éternel patenteux et incapable de communiquer, les a tellement intrigués qu\u2019ils ont vite essayé de comprendre son fonctionnement \u2013 comme il le faisait lui-même avec les grillepain éventrés qui traînaient sur la table de la cuisine.«Ces enfants cherchent ce qui anime leur père, et ça les force à réfléchir sur l\u2019esprit humain, sur cette chose indéfinissable qu\u2019est l\u2019âme.» Leur quête n\u2019est cependant pas mystique ou nouvelâgeuse: les enfants ne cherchent pas de réponse dans la religion, mais dans les livres et dans leurs propres observations.Ils découvriront beaucoup plus tard, pendant les derniers mois de sa vie, que l\u2019âme de leur père «dormait».Ils constateront ainsi la sensibilité et la grande solitude de cet homme.«Ça m\u2019aura pris 43 ans avant de comprendre mon père, raconte Jean-François Beauchemin.C\u2019est triste, mais c\u2019est réjouissant aussi, parce qu\u2019on s\u2019est finalement tout dit.Plein de gens ne réussissent pas cela et regrettent que leurs parents leur aient échappé jusqu\u2019à la fin.» Le temps qui m\u2019est donné n\u2019est pourtant pas un livre sur la mort, mais bien sur la beauté de la vie, cette «expérience prodigieuse ».Et surtout, soutient l\u2019auteur, ce n\u2019est pas un roman nostalgique.«Je viens d\u2019avoir 50 ans et je ne pense que très peu au passé.J\u2019aime ce qui m\u2019attend, ça m\u2019intrigue.» Jean-François Beauchemin aime la maturité, apprécie la durée, et considère la vie comme un privilège.«Malgré la violence, la guerre, les cataclysmes, les malheurs, ajoutet- il.Parce qu\u2019à côté, il y a la beauté.» C\u2019est qu\u2019il est un éternel optimiste: la fraternité est d\u2019ailleurs le thème central de son livre.«La vedette, c\u2019est la cohésion.» Il raconte ainsi «une certaine façon de vivre ensemble», la beauté du clan, quel qu\u2019il soit.Vision du monde Même si Le temps qui m\u2019est donnéades alluresd\u2019autofiction, ce n\u2019en est pas une, soutient l\u2019auteur, qui déteste ce terme fourre-tout.«À ce compte-là, mettons le mot autofiction à la place de roman en dessous des noms de Proust, ou de Dany Laferrière!» De toute façon, il ne parle pas tant de sa vie que de sa vision du monde.Et même si, depuis le temps, les lecteurs ont l\u2019impression de le connaître, il estime qu\u2019il ne se dévoile pas tellement.«Ma vie n\u2019est pas très significative.Je m\u2019intéresse plus à la pensée qu\u2019aux faits et gestes.» Parce qu\u2019il se déroule dans le monde de l\u2019enfance, Le temps qui me reste est plus ludique et joyeux que sa trilogie qui s\u2019est terminée avec Cette année s\u2019envole ma jeunesse, où lamort était dans chaque page.Mais le temps de la légèreté est terminé pour cet auteur qui a radicalement changé ses thèmes et samanière d\u2019écrire après avoir passé quelques jours dans le coma il y a six ans.« Je n\u2019écris plus de la même manière, et je préfère mes livres post-maladie.Je suis plus profond maintenant.» Quand on a frôlé la mort de si près, on n\u2019en sort pas indemne, et chaque geste prend une autre signification.«Dans chaque phrase que j\u2019écris, il doit y avoir du sens, une réflexion, une émotion.J\u2019essaie qu\u2019aucune phrase ne soit inutile.» Jean-François Beauchemin n\u2019a rien contre le divertissement.Mais pour lui, la littérature a une autre fonction, celle d\u2019éclairer.«Les mots ont un rôle à jouer, on ne peut pas les utiliser à tort et à travers.Ma crainte, c\u2019est d\u2019arriver au bout de ma réserve.Mais si je n\u2019ai plus rien à dire d\u2019intéressant, ou si le public ne me suit plus, j\u2019arrêterai.» Le temps qui m\u2019est donné Jean-François Beauchemin Québec Amérique, 156 pages HHH JEAN-FRANÇOIS BEAUCHEMIN/Le temps qui m\u2019est donné Chercheur d\u2019âme PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE Parce qu\u2019il se déroule dans le monde de l\u2019enfance, Le temps qui me reste se veut ludique et joyeux.Mais foi de Jean-François Beauchemin, le temps de la légèreté est terminé.DANIEL LEMAY Les invités à la réception du 50e anniversaire des éditions Hurtubise HMH, hier soir, ont reçu un exemplaire de l\u2019édition de luxe des Songes en équilibre, recueil qu\u2019avait publié Anne Hébert aux Éditions de l\u2019Arbre de Claude Hurtubise en 1942.Comme d\u2019autres grands noms de la littérature «canadienne- française» du temps, Anne Hébert suivra Hurtubise à la nouvelle maison qu\u2019il fonde en 1960 et à laquelle il donne son nom et les initiales des associés français, Hatier et Mame.«Claude Hurtubise était un excellent éditeur», rappelle Jacques Michon de l\u2019Université de Sherbrooke, spécialiste de l\u2019histoire de l\u2019édition québécoise.«D\u2019abord éditeur de guerre, il avait ensuite été représentant pour Beauchemin et Mame avant de devenir administrateur des Écrits du Canada français en 1954.» Quand Claude Hurtubise part aux Éditions La Presse en 1975, HMH a déjà publié des ouvragesde laplupart desnoms importants de l\u2019intelligentsia de la Révolution tranquille : Rocher, Ferron, Thériault, Marcotte, Dumont, Kattan, Ouellette, Vadeboncoeur.Dans les bureaux, un jeune administrateur attend son heure: il a la «piqûre» du livre \u2013 il a le nez dedans depuis qu\u2019il est petit \u2013 et la piqûre du Québec où il est arrivé deux ans plus tôt.Hervé Foulon, fils du propriétaire de Hatier et arrière-petit-fils du fondateur de la prestigieuse enseigne, deviendra propriétaire de Hurtubise HMH en 1977.«Comme le gars des rasoirs, j\u2019aimais tellement la compagnie que je l\u2019ai achetée», lance à la blague Hervé Foulon, actionnaire «à 99%» de l\u2019une des rares maisons d\u2019édition québécoises à avoir atteint les 50 ans; les autres sont Leméac, fondée en 1957, les éditions de l\u2019Homme, fondées en 1958 et aujourd\u2019hui partie de Quebecor; et Fides, fondée en 1947 par les pères de Sainte-Croix.Indépendant «Hurtubise est indépendant des grands groupes et compte parmi les maisons les plus diversifiées de l\u2019édition québécoise », souligne M.Foulon, reconnu par ses pairs comme un administrateur de premier plan.«Nous vendons des livres grand public, comme les romans historiques de Michel David (La poussière du temps), mais nous avons aussi des collections plus pointues, comme Textures et amÉrica.» Et Les Cahiers du Québec, la plus ancienne collection d\u2019essais de l\u2019industrie.«Tout est dans l\u2019équilibre\u2026» Le Groupe HMH (voi r www.editionshurtubise.com) est aussi propriétaire d\u2019une compagnie de distribution, de la Bibliothèque du Québec à Paris \u2013 10 000 volumes en rayons \u2013 et, depuis l\u2019an dernier, des éditions XYZ, dont l\u2019ajout a considérablement raffermi la position du groupe dans le secteur littéraire, mouvement amorcé avec l\u2019arrivée de Jacques Allard en 2001.Hurtubise a été par ailleurs le premier à publier des traductions d\u2019auteurs anglophones \u2013 McLuhan, Richler \u2013 et des adaptations d\u2019ouvrages didactiques français.Ainsi, avec des ventes de l\u2019ordre de 150 000 exemplaires, le Bescherelle (L\u2019art de conjuguer) est-il toujours «le bestseller toutes catégories» de l\u2019édition québécoise.E t Her vé Foulon vo i t l \u2019aveni r avec opt imisme : l\u2019édition québécoise se porte bien et sa relève est assurée, ses enfants Arnaud et Alexandrine représentant la cinquième génération des Foulon éditeurs.Gens de lettres qui savent compter ; gens de chiffres qui savent lire.Les éditions Hurtubise HMH ont 50 ans PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Hervé Foulon (à gauche), avec ses enfants Alexandrine et Arnaud, dans l\u2019entrepôt de la rue de Lorimier : les quatrième et cinquième générations d\u2019une grande famille d\u2019éditeurs.«Ça m\u2019aura pris 43 ans avant de comprendre mon père.Plein de gens ne réussissent pas cela et regrettent que leurs parents leur aient échappé jusqu\u2019à la fin.» \u2014 Jean-François Beauchemin llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R É A L V E N D R E D I 1 7 S E P T E M B R E 2 0 1 0 A R T S E T S P E C T A C L E S 5 \"%#'!!'&'$( ,-*)(&).\"/%!/(!)./*'#& $& #* .&/(.+& .(515 *,&%+# 650-'%&3$%/24,#+/)#,!!,0%5& ?2 >/
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