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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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Références

La Revue moderne., 1927-10, Collections de BAnQ.

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NOS ROMANS: Roman canadien inédit: -ANNE MERIVAL" par Madeleine Roman complet: "LA PEUR DE VIVRE par Henry Bordeaux Roman à suivre: 'MALENCONTRE" par Guy de Chantepleure 8ème Année - No 1 2 MONTREAL, CANADA OCTOBRE 1927 PRIX: 25 SOUS DAWES Black horse La Revue Moderne.— Octobre 1927 3 La Revue Moderne.—Octobre 19 27 Justement ce qu'il .me faut/ Old Stock Ale S/me gpomf Prime par ia Force et par la Qualité La Revue Moderne Il n'est pas accepté d'abonnement pour moins d'une année.Toute année commencée est due en entier.Tout chèque pour paiement d'abonnement doit être fait payable au pair à Montréal.— Littéraire — Politique — Artistique — Directrice: Madame HUGUENIN (Madeleine) Rédigé* en Collaboration 198 Est, rue Notre-Dame.MONTREAL, Canada Tel: Main 32 72 Chèques, mandats, bon de poste doivent être faits payable à "ordre de la " Revue Moderne" Prière d'adresser toute communication à "LA REVUE MODERNE" Montréal 8e Année No i: "S'Unir pour Grandir" Octobre, IQ27 Sommaire Pafte Le Siècle du Canada, Madeleine.5 Madame de LaFayette et Madame, Emile Henriot.6 Quelques Notes, Jacques Hardy.8 Concoors Mensuel, Le Gérant.10 En Marge de l'Histoire, Fernande-Cho-quette-Clerk.11 ROMANS: Roman Canadien Inédit: Anne Mérhal (à suivre), Madeleine.13 Roman complet: La Peur de Vivre, Henry Bordeaux.19 Roman à suivre: "Malencontrc", Guy de Chantepleure.43 FEM1NA : Tramu Féminins, Madame Raoul Vennat 40 Travaux de Broderie.41 Manteaux et Robes.42 Etudes graphologiques, Pierre Lumen.47 La Petite Poste.4S Le Courrier de Madeleine.49 Comment élever nos Enfants, Dr.Piron-neau.49 Les Choses féminiHes, Soeur Marthe.5(1 LA REVUE MODERNRE NE REPOND l'vS DES MANUSCRITS COMMUNIQUES Le Siècle du Canada Résultats du Concours Mois de Septembre Les personnes détenant les numéros suivants sont priées de réclamer leur prix sans délai, soit en se présentant à nos bureaux, soit en nous envoyant ^ous pli recommandé la copie de LA REVUE MODERNE qui portera le numéro gagnant.Voici la liste des numéros, ainsi que le» prix que nous lonnerons à qui de droit: 1er Prix No.701 .$10.0(1 -'ième ¦ No.2003 .5.00 Même P No.« .S.00 llême " No.400(1 .J.ihi Même " No.270 .1.00 filéme * No.9009 .1.00 TIème « No.11016 .1.00 sléme - N».4600 .1.00 9léme * No.4 .1.00 Mlènte » No.8417 .LW Les paroles de Laurier: "le siècle que nous vivons sera celui du Canada" prennent de plus en plus une allure prophétique et que justifie le dernier succès que vient d'enregistrer notre pays, en s'élevant, au sein de la Société qui cause à Genève des graves intérêts des pays, au rang des nations.Nous prenons, de ce fait, la place d'un peuple qui seul répond pour lui-même, et élève la voix dans les délibérations internationales.Le Canada est donc reconnu comme un trop grand pays pour rester vassal d'une puissance, autrement que de son propre consentement, mais nous ne désirons pas le dénouement des liens qui nous attachent à l'Angleterre, nous désirons par-dessus tout la création de l'esprit canadien.Longtemps, il y eut entre les deux races anglaise et française qui habitent notre immense pays, une barricade qu'il semblait impossible d'abattre, et à l'abri de laquelle, nous nous observions dans l'espoir de nous découvrir un sujet de bataille.De plus en plus, nos rapports s'adoucissent et combien nous devrons à l'esprit conciliant et lumineux de politiques comme Cartier-MacDonald, Laurier et King, Taschereau et Ferguson, et tant d'autres qui ont servi et servent avec le plus grand sens du devoir canadien, la marche ascendante de l'esprit national vers les seules et magnifiques responsabilités que confère la ' grandeur du pays qui est le nôtre et qui ne s'appelle ni la France, ni l'Angleterre mais le Canada! Il faudrait avoir la compréhension bien obscure pour ne pas se sentir éclairé par l'incident qui de Genève, nous investit de nos droits de nation, et il faut reconnaître qu'un homme entre les hommes qui nous ont noblement servis, voit de ce fait sa personnalité égaler les plus nobles et les plus hautes, de l'histoire canadienne.Nous avons nommé M.Raoul Dandurand.En effet l'acte de Genève, ne nous le dissimulons pas est son oeuvre.Déjà la Société lui avait conféré la dignité d'être son chef; aujourd'hui elle l'honore plus encore, en inscrivant son pays au titre de ceux qui non-seulement sont les seuls juges de leurs destins, mais encore apportent leurs lumières, au secours de l'humanité tout entière! Jamais, peut-être aucun Canadien n'a autant contribué au prestige de la race canadienne aucun, même Laurier.Car celui-ci nous a grandis par son talent, dans les propres conseils de la nation, tandis que la personnalité de M.Dandurand nous impose dans les conseils du monde entier, conquis à nous, grâce au rayonnement personnel d'un homme qui s'est élevé à la plus haute compréhension des destinés canadiennes! Si nous l'étudions cet homme étonnant par son talent, sa constance au travail, son impeccable dignité, nous voyons que sa pensée dominante; celle qui dépasse tous ses enthousiasmes,—et Dieu sait s'il en a,— c'est le désir magnifique que nous sachions nous maintenir à la hauteur des plus rudes tâches et que nous atteignions ainsi à la dignité des grands peuples.Ceux qui ont travaillé à ses côtés, aux jours sinistres de la guerre, alors qu'il déployait un zélé insurpassable, sans cesse sur la brèche, se prodiguant au service de la cause française, vers laquelle ses affinités les plus profondes l'entraînaient, savent encore qu'il ne pratiquait nullement la haine anglaise, mais qu'il avait trouvé dans son esprit lumineux autant que sincère, la formule d'aimer et de comprendre les qualités des deux peuples, et d'en tirer pour son pays, comme pour sa race les plus merveilleuses conclusions.En ces temps tourmentés, personne ne l'a jamais vu cesser d'être serein, et pour comprendre toute l'ardeur qu'il apportait dans la poursuite de son idéal, il fallait entendre la lecture des mémoires qu'il envoyait en France, aux amis d'élite qu'il y compte, où il exposait la situation canadienne, dans cette langue sobre qu'illuminaient des arguments d'une force irrésistible.Il a contribué alors à mettre fin à la campagne hostile qui tentait de se manifester dans la presse française, capable de créer un mouvement d'opinion, qui aurait compromis nos relations futures avec la seule nation dont nous puissions souhaiter recevoir quelques lumières, et il a éclairé l'esprit français de la seule façon qui fut véridique et juste.Le patriotisme, qui le domine, lui fait reporter à la nation, tous ses succès, même ceux qui lui sont tout-à-fait personnels, et qu'il obtient par les qualités exubérantes d'une nature supérieure auxquelles ne manquent jamais les secours d'un cœur qui s'incline devant les plus simples devoirs, comme devant les plus grands, et qui remplit les uns et les autres, avec un fier dévouement.II est peut-être parmi nos Canadiens, celui qui possède le plus hirge esprit public, et un devoir ne le trouve jamais récalcitrant.Il est à toutes les tâches et les responsabilités l'accablent, sans jamais lui faire négliger ce qui serait une faute contre le pays, les siens, la France qu'il adore, voire même les amis qui réclament le secours de sa force intelligente et de sa sympathie débordante.Cet homme, dont l'on aime le type B français d'allure et de sentiment, devait conquérir les hommes illustres qui viennent de conférer à la patrie qu'il incarné, le droit de siéger au plus haut tribunal du monde.Et qu'il soit désigné ou non au rôle qu'il a créé, par sa propre valeur, il n'en restera pas moins aux yeux de tous ceux qui l'ont regardé conquérir à sa patrie, cet hommage magnifique, (Mintne le seul digne d'occuper le siège du Canada à l'auguste Société qui, de Genève, entend diriger et sauver le monde! fa* f La Revue Moderne.— Octobre 19 27 Madame de La Fayette et Madame LE petit chef-d'oeuvre de Mme de La Fayette, dont nous faisons en ce moment imprimer une nouvelle édition mériterait, si elles étaient conséquentes, de prendre place dans la bibliothèque des personnes qui se piquent d'aimer la Princesse de Clèves et les tragédies de Racine, sur le même rayon que ces très célèbres ouvrages.Par le sujet qui y est traité, l'Histoire de Madame Henriette d'Angleterre n'est pas, en effet, sans analogie avec l'histoire de Bérénice, et ce n'est pas d'aujourd'hui que des critiques avisés ont signalé, après MM.d'Haussonville et André Beaunier, le ton racinien de cet écrit, si convenable au portrait d'une princesse qu'Andromaque, la première, avait fait pleurer.On peut le lire aussi comme un roman, ou, pour traduire au mieux notre pensée, comme le canevas d'un roman sur les jeunes années du règne de Louis XIV, dont l'auteur n'aurait pas encore affublé de noms de fantaisie les personnages, ainsi qu'il sied à qui s'avise de peindre des contemporains, et ainsi que Mme de La Fayette le fit dans sa nouvelle de Mademoiselle de Montpensier, où elle paraît bien avoir prêté les sentiments de Louis XIV, de Madame et de son mari à des héros imaginaires, empruntés à la vieille cour des Valois.Toutefois, et parce que BOtM préférons toujours la vérité non voilée et les récits les plus dénués d'ornementations romanesques, YHistoire de Madame 11, nri* ttt garde pour nous une saveur particulière, d'être un témoignage direct, et de l'un des observateurs le mieux placé, le plus as non plus un portrait: Mme de La Fayette aurait eu garde de tout dire; mais on art est si fin qu'il laisse apercevoir entre es lignes bien des choses que sa sympathie >urne d'ailleurs complètement à l'avantage le Madame, sous les yeux de laquelle fut crit ce petit roman.Elle l'écrivit en deux ois.Une première partie, en 1664 .après lue les manoeuvres de Vardes et les folies de Guiche eurent contraint ce dernier, "qui ne trouvait rien de plus beau que de tout hasarder," à aller faire oublier ses imprudences, le temps d'une campagne chez les Moscovites, où d'ailleurs il se couvrit de gloire; la seconde, en 1669, pendant les couches de Madame, à Saint-Cloud.Ces circonstances éclairent bien les mélancoliques dessous de la grandeur; et voilà le jour sous lequel il convient de lire ces pages si simples, si aisées : en imaginant ces deux femmes amies malgré l'inégalité de leurs rangs, la jeune princesse de vingt ans rendue à sa solitude par l'exil de l'homme qu'elle aime ou par les fonctions naturelles de sa condition de femme, ouvrant son coeur charmant à sa confidente plus âgée, la seule qu'elle puisse aimer dans cette cour pleine d'embûches, la seule dont elle connaisse le désintéressement, la sagesse et le bon conseil, et dont elle estime la raison comme elle en a su discerner, dès la première page écrite, le talent; l'autre écoutant et faisant la lumière dans les ténèbres incertaines de ce coeur; telles qu'on aime enfin à se les représenter toutes deux, retirées dans la chambre de la princesse, celle-ci dans l'attitude habituelle à sa confiance, allongée par terre sur des coussins, la tête reposant sur les genoux de son amie, ainsi qu'elle sommeillait au jour de sa mort, quand elle fut saisie soudain du mal qui Fallait si rapidement enlever.Cependant, si pleines d'enseignements sur les manèges de la cour, si pénétrantes qu'elles soient par la justesse du coup d'oeil ; avec quelque subtilité d'esprit qu'elles distinguent, dans les intrigues incessantes des amoureuses et des ambitieux, les mobiles secrets de chacun; avec quelque naturelle aisance et bienséance qu'elles décrivent les noirceurs compliquées des comparses intéressés à la perte de Madame, ces deux premières parties du livre me semblent singulièrement dépassées en intérêt et en émotion par les trente dernières pages, où, quinze années après l'événement, Mme de La Fayette, reprenant son manuscrit interrompu, s'est donné pour pieuse mission, à l'égard de l'amie disparue, de le terminer en retraçant d'une plume qui tremblait encore, la pathétique mort de Madame, dans un récit d'une simplicité si forte qu'il passe en grandeur même les pages pourtant si belles, mais théâtrales, de Bossuet.Il se peut que Madame ait été légère, et, par sa conduite, ait favorisé les incartades du comte de Guiche, que Monsieur manqua, paraît-il, de surprendre chez elle un jour, si bien qu'on dut cacher dans une cheminée l'audacieux venu prendre congé de sa dame.Est-ce assez pour la croire coupable et souscrire au dur jugement de Brunetière, qui la dit frivole et perfide?Tout au plus devrait-on lui supposer l'étourderie de la jeunesse: au plus grave de son aventure avec Guiche Mme de La Fayette dit qu'elle n'en voyait pas les conséquences, qu'elle y trouvait seulement de la plaisanterie de roman.Eût-elle été ce que croit ce juge si sévère, sa fin terrible, a vingt-six ans, telle que la décrit Mme de La Fayette, serait encore capable de faire verser quelques larmes.Au milieu de ses souffrances intolérables et des plaintes que la douleur arrache à sa faiblesse, malgré même la persuasion où elle est qu'elle meurt empoisonnée de la main de ses ennemis, Madame, qui aurait eu tant sujet de se plaindre de Monsieur, trouva la force merveilleuse de lui demander pardon, au moment de mourir, du mal qu'elle ne lui avait point fait.Et avec quelle mesure quelle parfaite dignité, cette mourante prend-elle le soin de laisser d'elle une image sans tache à l'homme le moins fait pour la mériter! "Hélas! Monsieur, vous ne m'aimez plus il y a longtemps, mais cela est injuste, je ne vous ai jamais manqué." Au roi, qui pleurait en lui disant adieu, elle demanda de ne point pleurer, parce que cela l'attendrissait.Pendant que Bossuet, si troublé qu'on a pu le croire épris d'elle, l'exhortait à la mort chrétienne, se penchant sur sa femme de chambre, elle lui fit, en anglais ("afin que M.de Condom ne l'entendît pas, conservant jusqu'à la mort la politesse de son esprit") cette recommandation : "Donnez à M.de Condom, lorsque je serai morte, l'émeraude que j'avais fait faire pour lui." On sait gré à Mme de La Fayette de nous avoir conservé ces traits touchants de son amie; et de l'avoir fait d'un ton si juste, avec une simplicité si convaincante que peu d'ouvrages de ce temps nous font mieux apercevoir à quel point les moeurs n'y étaient si polies qu'en raison de la politesse des cours.Je ne vois, pour mettre en pendant à ces pages parfaites, d'une sensibilité si humaine dans l'expression contenue, que les vers incomparables de Racine, écrits eux aussi sous l'inspiration transparente de Madame, qui lui avait donné pour sujet la délicate histoire de Bérénice, où sans doute elle se retrouvait: .iJf V V V V V V V V SE % Nos Abonnements d'Etrennes Les abonnements d'étrennes ont toujours été très populaires, et nul doute que cette année, plus nombreux encore seront ceux qui voudront offrir comme cadeau de Noël ou du Nouvel An, un abonnement de LA REVUE MODERNE aux amis et parents auxquels ils veulent offrir un cadeau d'ordre intellectuel.Cette étrenne sera la bienvenue par toute la ville, comme à la campa-•ine./,'¦'/< m mut un nuvinii ijnilinli ¦ /un n i Ot, LÀ RJ 1 ; I lK( MODERNE, c'est douze livres de lecture aimable, instructive, et ce qui ne ^L.flg gâte rien, essentiellement canadienne.^Jj^ Chaque donateur ou donatrict d'un abonnement d'étrennes d* SLA FiEVl'E MODERNE I» ut nous ennfii i sueurti (li eisitt , m /un/m iL.( '/< .st.s souhaits, ii nous aurom U "m d'attacher cettt earU à la R Jfijî qui sera envoyée sous une enveloppt spécial* nu ni pr< par» t à a ttt fin, Faites-nous i n 11 ii n 11 a s abonnement au pUu tôt, afin d'éviter let erreurs qui pt m < nt surt/u- du us lu hâte les plus puissants, les plus énergiques et les plus avancés font une grande consommation de Boeuf.Sous une forme concentrée, le BOVRIL contient toutes les vertus nutritives du meilleur boeuf, et la science a établi que le Bovril augmente la vitalité, stimule la circulation et vous donne ce surcroît de vigueur et d'énergie qui permet de jouir de la vie.Une Tasse, par Jour, de BOVRIL VOUS donne la Force du BOEUF ^ Remarquez U nom sur la bouteille et refusez tout succédané.81P Concessionnaires pour le Canada : IUr.M F.Ritchia Co.1 i .10-18 McCaul St.Toronto. La Revue Moderne.— Octobre 1027 mit l'impruilcncc de rappeler à son mari la promesse que, du temps de leurs fiançailles, il avait faite solennellement.En homme d'honneur, le lieutenant de dragons s'exécuta: dans les vingt-quatre heures il envoya sa démission.Il se livra avec plaisir à ses instincts de paresse que la vie militaire dérangeait.Et dès lors ce fut une chute progressive et profonde.Il commença par fréquenter les cafés assidûment.Il commença de jouer au haccara et gagna.Il eut des liaisons avilissantes qui furent répandues par les habitués de la ville d'eaux.Alice connut un jour ces basses trahisons.Elle s'isola désormais et s'enveloppa dans un douloureux silence qui, sans être résigné, convenait à sa nature passive.Quand elle eut récapitulé toute cette existence misérable, Alice se souvint du jour où Paule Guibert, dans le bois de chênes, avait agité son cœur d'un désir inconnu.Elle revit les lumières sanglantes du couchant à travers les arbres, et l'émouvante descente du ciel dans son âme transportée, et Marcel qui penchait vers elle sa haute taille et lui parlait d'amour, Et puis.et puis elle le vît étendu là-bas, sur une terre lointaine et brûlée du soleil, le front ouvert, pâle et sinistre, qui la regardait fixement avec des yeux de reproche.Oh! ces yeux d'agonie! comme elle connaissait bien leur regard! ils la fixaient ainsi, quand elle garda ce silence coupable qui ruina leur bonheur.Et dans cette chambre obscure elle se cachait vainement le visage pour ne plus les voir.Egarée et tremblante, elle adressa au mort des supplications amoureuses: "Marcel, pardonnez-moi.Ne me regardez plus ainsi! Je ne savais pas, J'étais une enfant.C'est mon excuse.Oui, j'ai été lâche, jai eu peur de lutter pour vous, de défendre ma tendresse; j'ai eu peur d'attendre, d'aimer, de souffrir, de vivre.Mais Dieu m'a punie! Ah! si curellement Fermez vos yeux, pardonnez-moi!.La porte de la chambre s'ouvrit et Mme Dulaurens, inquiète de l'absence prolongée de sa fille, interrogea les ténèbres et demanda: — Alice, es-tu là?Réponds-moi.— Oui.Que me voulez-vous?Surprise de cette dureté inattendue, Mme Dulaurens regagna le corridor éclairé et revint avec de la lumière.Elle trouva sa fille immobile et pâle, et reconnut la trace des larmes sur les joues mal essuyées Aussitôt elle s'assit à côté d'elle, et voulut la prendre dans ses bras.Mais Alice se déroba à son étreinte.Ce cœur qui n'était que maternel se serra.— Ma chérie, tu souffres! Dis-moi ton chagrin.Je suis ta mère.Qu'as-tu donc ce soir.?— Rien, fit Alice d'une voix ferme que sa mère ne lui connaissait pas.Celle-ci, devant la gravité de cette douleur de femme, hésita, partagée entre deux questions qu'elle brûlait de poser.— Il s'agit de ton mari ?demanda-t-elle enfin, quand elle avait deviné que la mort du commandant Guibert n'était pas étrangère à ces larmes.Mais elle n'osa pas toucher à ce secret que jadis elle avait -i légèrement tr.iité.— Oui, murmura Alice retrouvant sa faiblesse.Elles acceptèrent toutes deux ce mensonge qui leur épargnait l'inéluctabie reproche du passé.Elles pensaient à Marcel Guibert, et elles s'entretinrent de M.de Marthenay.Quand elles rentrèrent au salon, quelques instants plus tard, calmes, appuyées l'une à l'autre, nul n'aurait soupçonné le drame intime qui venait de les séparer.Isabelle dirigeait la conversation, parlait fort, avec insolence, faisait des mots d'esprit montrait ses dents blanches.Et de temps à autre elle jetait sur tout son entourage, sur son mari, sur ses adorateurs, M.de Marthenay, M.de l.avernay et spécialement sur Clément Dulaurens, un regard chargé de haine et de mépris.Elle les détestait tous, parce qu'ils ne pouvaient pas lui assurer que Jean Berlier était vivant.Elle vit qu'Alice avait pleuré et envia la sincérité de sa douleur.Au moment de partir, comme son amie l'accompagnait au vestiaire et l'aidait à m-'t s.i fourniri-, elle profita de leur isolement pour lui jeter ses bras autour du ¦ou, et, s'abandonnant enfin à l'émotion lue toute la soirée elle avait contenue, La peur elle murmura ces paroles étranges qui furent aussitôt comprises: — Ma pauvre Alice! Comme nous avons été lâches! Ah! que ne pouvons-nous ce soir pleurer librement nos morts.Notre vie leur appartenait, et nous l'avons refusée.Pleurons sur nous et sur notre obscure existence qui aurait pu être lumi-neuse ! — Oui, dit Alice, la douleur même est plus enviable que notre destinée.Il La mission du garde.Maire Cognin près Chambéry.Prévenez de suite famille Guibert du décès du commandant Guibert, tué en défendant la casbah de Tlmmi-moun (Algérie) d'une balle au front après avoir repoussé l'assaut.Ayant pris connaissance du télégramme, le maire balança sa tête rouge.— Il n'y a pas à dire non.Ces Guibert c'est de la bonne graine.Je vais passer ma lévite et monter au Maupas.Il avait fait la campagne de 1870 dans un corps de mobilisés qui ne s'était pas battu.De l'année terrible il avait rapporté la crainte de la guerre et l'admiration du courage.Flatté de recevoir une dépêche officielle, il participait en outre à l'héroïsme de son lointain administré.Et il appela ses filles pour leur communiquer le secret.Puis ennuyé d'avoir à remplir cette triste mission, il se fit remplacer par le garde-champêtre.Je rentrerai à la nuit tombante, avait dit Mme Guibert à sa fille en montant dans le char de Trélaz.Elle se rendit à Chambéry pour les affaires de la famille à qui l'aide d'Etienne et de François, heureux dans leurs entreprises au Tonkin, et celle même de Marcel pendant la mission du Sahara, permettaient de garder la propriété du Maupas.Au soleil couchant, Paule vint une première fois s'accouder à la rampe du perron.Elle tendit l'oreille, cherchant à surprendre le bruit de la voiture gravissant la pente.Mais, dans le calme et le silence, elle écoutait en vain.Comme le • froid était vif, elle courut s'envelopper dans un châle et attendit.La campagne couverte de neige devenait rose au soir.Une sorte de pudeur virginale la parait toute entière.Les treilles de vignes et les haies portaient une fine dentelle de givre qui resplendissait aux derniers feux du jour.Les bois dépouillés n'avaient plus de secrets, et leurs branches aux milles brindilles se découpaient dans l'air pur comme de légères graminées.Paule, qui tenait à ce coin de terre par toutes les fibres de sa sensibilité, admira la féerie de l'hiver.Le froid la fit tressaillit.Comme elle repassait le seuil, un corbeau traversa l'horizon en croassant.Ses ailes noires tâchaient le ciel pâle.— Oiseau de malheur! murmura la jeune fille négligemment et sans y attacher aucun sens de présage.Comme elle était agenouillée, elle entendit ouvrir la porte du salon — Maman est là ?cria-t-elle, en se levant, à la vieille Marie qui se montrait sur le pas de la porte.— Non, mademoiselle.C'est un homme qui demande à parler à madame.— Qui?— Il dit comme ça qu'il est garde champêtre et qu'il est envoyé par le maire.— Le garde champêtre ?Qu'est-ce qu'il nous veut ?Et, rassemblant en un faisceau tous les mauvais présages de cette soirée, la jeune fille frisonna en donnant l'ordre d'introduire le visiteur officiel.Mais elle se domina, et reçut l'envoyé du maire avec les apparences du plus grand calme.Faroux, le garde champêtre, était un de ces paysans taciturnes et indifférents qui se donnent entièrement à leur besogne sans jamais y réfléchir.Cependant, quand il se trouva en présence de Paule Guibert, il lui fut impossible de ne pas comprendre enfin l'importance de sa mission.Le long du chemin il n'y avait pas songé.Tant d'hommes marchent ainsi distraits aux buts les plus graves et les plus sacrés! Debout en face de lui, la jeune fille lui disait: — Ma mère est absente, monsieur.Mais ne puis-je vous répondre à sa place ?Il demeurait muet, hébété, et ce silence de vivre augmentait l'angoisse intime de Paule.Il balbutia: — Mademoiselle, c'est pour c'est pour vous dire.Elle lut, sur son visage que la lampe éclairait, tant de gène et de trouble, qu'elle se livra sans défense aux plus noirs pressentiments.D'une voix rapide, elle secoua de sa torpeur le pauvre homme effaré.— Parlez.Mais parlez donc! Y a-t-il un malheur ?Ma mère.sur la route.Elle n'acheva pas.— Non! fit l'homme.Je n'ai pas rencontré la dame.Et il rentra dans son mutisme.— Alors, pourquoi êtes-vous venu ?Si vous avez quelque chose à dire, dites-le.Dé péchez-vous.Droite et fière, elle parlait de ce ton de commandement qu'elle savait prendre à ses heures, comme Marcel.La raideur de son attitude acheva de décontenancer le garde.Interdit, il tira de sa poche le télégramme, et de sa grosse main tremblante, il le tendit à la jeune fille, puis voulut le retirer.Déjà Paule tenait le papier bleu.Avant même de l'ouvrir, elle pensait à son frère.Elle y jeta les yeux, fit : "Ah ! froissa la dépêche, et devint d'une pâleur mortelle.Mais d'un effort suprême elle resta debout et ne pleura pas.A cet homme qu'elle croyait insensible, elle ne donna pas le spectacle de sa faiblesse.Cependant elle dut s'appuyer à la table.Ce geste et sa pâleur furent son seul aveu.Un silence effrayant les enveloppa.Enfin elle dit sans tressaillir: — C'est bien.Allez.Je vous remercie.Comme il sortait, elle se rappela les lois de l'hospitalité paysanne, et ajouta: — Demandez à boire à Marie, je vous prie.Mais le garde traversa la cuisine en courant et s'enfuit comme s'il avait assassiné.— Ah! mon Dieu! soupira Paule quand personne ne put l'entendre.Elle se traîna vers la cheminée, s'y retint un instant des deux mains, voulut demeurer un instant debout, et dut se laisser tomber dans un fauteuil.Tout son corps tremblait.Elle passa la main devant ses yeux égarés qui ne pleuraient pas, pour fuir l'horrible vision dont ils étaient pleins.Elle voyait devant elle, là, sur le tapis de la chambre, son frère couché, le front ouvert, et par la blessure coulait le sang généreux, coulaient la vie.Oh! ce visage grave, mélancolique et fier, conscient de sa destinée, qu'elle lui avait toujours vu depuis le refus d'Alice qu'elle revoyait maintenant sans regard, immobile et glacé, beau et calme dans la mort : "Marcel! Marcel! " et se cacha la tête dans les mains.Les larmes se refusaient à sa souffrance.Son frère adoré, dont elle avait l'orgeuil, était mort.Mort! elle répétait dix fois, vingt fois ce mot, pour en extraire toute l'horreur.Mort, filières d'Andriba, le vainqueur de Rahah et du désert! A trente-deux ans, cette vie de vaillance, d'audace et fie sacrifice était fauchée.Ah! il y tenait si peu, à cette vie! Il la méprisait dès longtemps déjà."Oui, songeait-elle, tu reposes en paix.Notre tendresse n'avait pas suffi à tes jours.Nous t'aimions tant, Marcel.Tu n'as pas su comme je t'aimais.Moi, je ne sais pas parler; mais mon cœur était plein de toi.Pourquoi n'ai-je pas été choisie à ta place ?Ne suis-je pas inutile ?" Une autre inquiétude, qu'elle ne voulait pas s'avouer à cette heure funèbre, achevait le désarroi de son esprit.Marcel n'était pas seul à Timmimoun.Elle se redressa tout à coup: "Maman! maman qui va revenir!" Ce dernier coup n'allait-il pas briser cette vieille vie accablée île tant d'cprrii ves ?Vainement, dans sa pensée, Paule cherchait du secours.Elle ¦.entait .iiitoin d'elle la tristesse d'un cimetière.Ah! puisqu'il le fallait, elle saurait être courageuse et soutenir de force cette pauvre femme chancelante.Elle essuya ses larmes et se lava le visage "Pas maintenant! Pas tout de suite! se répétait-elle en songeant à sa mère.Qu'elle ait le temps de se réchauffer, de se reposer.Je lui dirai ce soir qu'il est malade.Elle n'a pas dormi la nuit dernière.Que du moins elle dorme CCtt* nuit encore! Demain son COUT sera brisé.Au jour, la souffraui e est plus supportable que clans l'horreur de la nuit pareille à la tombe.Ce soir, je me tairai Elle écartait pour sa mère la coupe d'amertume.De la terre lointaine où il était couché, son grand frère à l'âme apaisée lui criait: "Epargne-la ce soir! Elle a déjà tant souffert." Elle entendit un bruit de pas.Elle se hâta de cacher le télégramme qui portait la mort.Marie, la servante, entra au salon : — Madame arrive.On entend le char dans l'avenue.III Niobé — Bonsoir, maman.Elle l'appelait maman quand elle voulait lui témoigner plus d'enfantine tendresse.Mme Guibert entra, un peu courbée, pliée dans un vieux manteau dont la fourrure était usée.Le capuchon baissé de la lampe l'empêcha de remarquer la pâleur de sa fille quand elle l'embiassa.Elle s'approcha du feu.— Ah! qu'il fait bon rentrer chez soi! Et comme on s'attache à ses anciennes maisons! Te souviens-tu, Paule, de notre tristesse quand nous devions quitter le Maupas ?Elle chauffait à la flamme du foyer ses mains ridées.Paule vint par derrière lui enlever son chapeau.— Gardez votre manteau, mère, quelques instants.Vous avez eu bien froid, n'est-ce pas ?Mme Guibert se retourna pour regarder sa fille.— Chère petite, ta vue me réchauffe plus que ces bûches que tu as mises au feu pour moi.La jeune fille, presque agenouillée, s'emparait de la bouilloire.— Vous allez vite prendre un grog bouillant.Comme elle se relevait, sa mère eut le temps de remarquer à la lumière son teint de cire.— Mais c'est toi qu'il faut soigner, Paule.Tu es toute blanche.Tu es malade et tu ne me disais rien.— Oh! ce n'est pas grave, maman.Ne vous inquiétez pas.J'ai pris froid peut-être en vous attendant sur le perron.J'irai me coucher tout de suite après souper.Et pour calmer les appréhensions maternelles, elle eut le courage de répéter en riant: — Ce n'est rien mère, je vous assure.— Si nous mangions la soupe ici, devant le feu! I.i chambre i si nu illi ure.— Je veux bien, petite Tu i- glacée, et dans le char découvert de Tréîaa on est exposé à toute la rigueur de la température.Comme sa fille s'éloignait après avoir versé quelques cuillerées de rhum dans le verre, elle ajouta: — Dis à Marie de descendre à la ferme une on deux bouteilles île vin.Trélaz l'a bien mérité.Selon l'usage antique de Savoie, la famille du fermier habitait le rcx-de-i haussée de la maison l'aille achevait de desservir la table de la salle à manger quand l.i servante remonta, la ligure boiile\ iimi Mademoiselle! l'amie mademoiselle! Qu'est-ce que j'apprends! La jeune fille la regarda en face.— Monsieur Marcel! — Ah! dit Paule d'une voix rauque, tais-toi! Nous le dirons demain à ma mère.C'est assez tôt.la vieille Marie s'.uni., ,|, pleurci ( >n le sait nu village.Faut pas le dire à madame.Ca lui donnerait un coup, I' .1 Ut l.l [ir.p.nel Et admirant l'énergie de sa jeune mai-tresse — Vous êtes brave, vous.Vous lui ressemblez.D'une main mal assurée elle fit son service, et abrita ses yeux rouges derrière ses lunettes.— Notre Marie prend exemple sur moi, remarqua Mme Guibert.Elle devient vieille.Vainement elle tentait d'animer la conversation.— Tu n'as rien mangé, Paule.Tu es maladi \ i le coucher.Je bassinerai ton lit, et je te préparerai du thé.A mon tour je veux te soigner.— Non, merci: je n'ai pas besoin de rien. La R c v u c M u d c /• /< c Octobre 1927 La peur de vivre vraiment.Vous aussi, couchez-vous de bonne heure.Bonsoir, maman.Chère maman chérie! Elle embrassa sa mère avec passion et disparut dans sa chambre.Elle était à bout de forces et de courage.Elle arracha ses vêtements défit d un seul coup ¦es longs cheveux, éteignit son bougeoir, et roulée dans ses couvertures elle s'abandonna furieusement à sa douleur qu'elle avait trop longtemps comprimée.Elle connut tour à tour dans les ténèbres l'accablement, la révolte, et enfin la soumission et la pitié.Elle pleura sur son frère, sur sa mère, sur elle-même.Tournée contre la muraille et perdue dans sa peine, le visage enfoui dans son mouchoir, elle oublia le temps qui marchait, et n'entendit pas que sa mère venait se coucher à son tour.Mme Guibert occupait la chambre voisine.Elle ouvrit doucement la porte de communication afin de ne pas réveiller sa fille et fie pouvoir l'entendre, au cours de ta nuit, si elle était fatiguée.Quand elle fut au lit, elle crut entendre un faible soupir.Elle écouta vainement, et se rassura."Paule dort, songca-t-cllc.Elle était pâle ce soir.Chère petite! que Dieu la garde et lui donne le bonheur!.La vieille Marie aussi a dû prendre froid.Elle avait les yeux rouges et les mains tremblantes.Je lui ai dit de boire du thé ce soir, avec un peu de rhum.C'est le rhum qu'elle préfère." Tout à coup elle se dressa.Cette fois, elle ne s'était pas trompée.Ce sanglot étouffé venait du lit de Paule.Et, l'oreille attentive, elle perçut enfin le bruit des larmes et du desespoir.La poitrine étreinte d'une horrible angoisse, elle se leva.Déjà elle n'était plus inquiète de la santé de sa fille.Elle s'expliquait maintenant cette tristesse qu'elle avait sentie au Maupas toute la soirée.Un malheur était entré avant elle dans la maison, un malheur que tous savaient et qu'elle ne ¦avait pa», et qui était bien redoutable puisqu'on le lui cachait.Elle devina la présence obacure et détestée de sa vieille connaissance, la mort: qui avait-elle frappé?quelle victime encore lui réclamait-elle ?Tandis que pieds nus elle marchait à tâtons dans les ténèbres, elle comptait les absents, Marguerite, Etienne, François, Marcel.Marcel: c'était Marcel! Elle poussa la porte entr'ouvertc, elle toucha le lit de Paule, et »e penchant vers celle-ci, elle appela: — Paule, réponds-moi, qu'as-tu ?La jeune fille, éveillée en sursaut de sa douleur, laissa échapper un cri de détresse qui révélait son secret: — Marcel, n'e»t-cc pas?reprit Mme r.uibert haletante.Tu as de mauvaise» nouvelle» de Marcel.— Mère, mère! murmura Paule.— Il est malade, bien malade?— Oui, mère, il est malade.El Paule, relevée à demi, entoura de ses bra» le cou de »a mère.Doucement, mai» fermement, rellc-ci la repoussa: — Il est mort ?— Ah! s'écria la jeune fille.Attendons demain, maman.Non» aurons de» nouvelle».Soyez forte, maman.Non» ne savons pas.— Tu a» reçu quelque chose, une lettre, un télégramme.Montre-les-moi.Je veux le» voir.— Mon Dieu! mon Dieu! ne vous tourmentez pa» ainsi, supplia Paule d'une voix brisée qui était un aveu.— Il est mort! il est mort! reprit Mme (iuibert comme un refrain funèbre.Assise sur le bord du lit, toute glacée, elle sentait de son errur ouvert fuir l'espoir et la vie.Vainement elle se tournait vers Dieu, son refuge suprême aux heure» de deuil Plu» effrayante sans larmes que si elle avait pleuré, elle »c plaignait à voix haute: — Ah! cette fois, c'est trop.Je ne peux pas.Non, je ne suis pas résignée.Je me sui* toujours soumise a vo» lois, mon Dirai I 'âme broyée, ie tous ai béni.Maintenant mes forces déclinent.Je suis une pauvre femme bien vieille et bien faible, et j'ai déjà plus souffert qu'il n'était — Mania l'étreignait Elle sent le» fr froid cel! qui r le dans la nuit.Aussitôt elle se leva, frotta une allumette, et enlaçant la malheureuse femme sans courage qui se lamentait, la soutenant, elle la conduisit dans sa chambre.Là, elle voulut l'aider à se coucher.Mais Mme Guibert qui jusqu'alors s'était laissé faire sans résistance, se redressa.— Oh! non, je veux rester debout.Paule dut l'habiller en hâte, avant de s'habiller elle-même.Puis elle l'emmena au salon où elle parvint à rallumer les cendres éteintes.Elle fit un grand feu, et sur les braises posa de nouveau la bouilloire.Silencieuse et désolée, elle allait et venait à travers la pièce.Elle avait installé sa mère près du foyer, dans un fauteuil, une couverture sur les genoux.Touchée aux sources sacrées de sa vie maternelle, celle-ci demeurait inerte, sans un mouvement, sans un geste, sans une larme, dans un état de prostration plus inquiétant que le désespoir.Patiente, Paule attendait que les larmes accumulées rompissent enfin cet horrible silence, comme un torrent contenu emporte soudain la digue qui s'opposait à son passage.Mais 1 immobilité et le mutisme de sa mère se prolongeaient.Elle s'approcha et tenta vainement de lui offrir à boire.Elle s'agenouilla devant elle, lui prit les mains, et l'appela: — Maman, Maman! parlez-moi de Marcel.Parlez-moi, je vous en supplie.Elle ne reçut aucune réponse.Alors elle eut peur.Elle se sentit dans une solitude de mort.Eperdue, elle sanglota: — Maman! Ne suis-je pa9 votre fille, votre dernier enfant, votre petite Paule ?Mme Guibert sembla sortir d'une léthargie.Elle vit ce visage douloureux qui se tendait vers elle avec angoisse.Un long frémissement la secoua toute.Vaincue, elle tendit les bras à sa fille, et appuyée contre elle, elle pleura._ Les jours suivants, les grands journaux retracèrent dans ses moindres détails le diamc de Timmimoun, et, sans distinction de partis, rendirent hommage à la mémoire du commandant Guibert dont la courte carrière touchait tous les cœurs.Renchérissant encore sur ces justes éloges, les feuilles de Savoie se disputèrent sa biographie et son portrait.Dans leur solitude du Maupas, ces dames, accablées de douleur, recevaient avec douceur et résignation les innombrables témoignages de sympathie qui leur venaient de toute la France, de l'Etat, de9 camarades de Marcel, des connus et inconnus.Elles s'appuyaient l'une à l'autre pour mieux approfondir et supporter leur malheur et ne trouvaient de consolation que dans la prière et dans leur mutuelle tendresse.Seules, les visites de Mme Saudet, mère de \| mm I l ii nue < .11iI>'¦ rt, leur apportaient un peu de réconfort; celle-ci savait les mots qu'il faut dire à ceux qui souffrent des séparations.Par un brusque retour, l'opinion du monde, qui n'avait pas suivi les Guibert dans leur ruine honorable, se décida à favoriser le mouvement public.Mme Dulaurens ne pouvait demeurer inactive en cette occasion.Elle décida Mlle de Songeon, présidente honoraire de la Croix-Blanche de Savoie, à prendre l'initiative de l'organisation d'un service funèbre qui serait célébré en grande pompe dans la cathédrale de Chambéry.Il importait, en effet, d'accaparer l'illustre défunt et de rappeler d'une façon éclatante ses origines sociale».Le» autorités seraient convoquées à la cérémonie.Leur présence en rehaussant le prestige, ou leur absence alimenterait la campagne des journaux de l'opposition.Rien n'était donc à redouter.Quand tout fut préparé,—les quêtes faites, le service commandé, les invitation* libellée», — Mlle de Songeon et Mme Dulaurens, officiellement déléguées, montèrent au Maupas pour demander r.nitorisation de la famille.Mmcde Mar-thenay accompagnait sa mère.Elle désirait présentv ses condoléances à Mme (iuibert et à Paule, et n'avait point osé u < omplir toute seule ce pèlerinage.On était aux premiers jours de mars, l-a neige fondait par les champs mornes et boueux, par le» chemin» défoncés.Suis le .ii I bas, entourée d'arbrea noir» et nus aux geste» désolé», la vieille maison de campagne prenait un aspect mélancolique d'abandon.— Je n'aimerai» pas m'enterrer toute l'année ici, dit Mme Dulaurens à Mlle de Songeon.comme la voiture s'engageait dan» l'avenue déserte.La vieille Marie, voyant l'équipage, ne refusa pas à ces dames de les introduire, malgré la rigoureuse consigne.Elle courut annoncer les visiteuses, aussi vite que ses jambes le lui permettaient.— J'avais donné l'ordre de ne pas recevoir, observa Mme Guibert avec tristesse.Et se tournant vers Paule:—Je n'ai plus de courage en face des étrangers.Pourquoi Mme Dulaurens vient-elle troubler notre peine?Nous n'avons rien de commun: que nous veut-elle?— Mère, je ne sais pas.La jeune fille n'eut pas d'hésitation et fit signe à la domestique d'introduire ces dames: — Je resterai, mère.Mlle de Songeon, peu versée dans la diplomatie, céda le pas à Mme Dulaurens qui porta la parole.— Vous avez été bien cruellement frappée, dit celle-ci en s'avançant vers Mme Guibert qui avait dû s'appuyer à la cheminée pour se lever de son fauteuil.Puis elle salua Paule dont elle sentait sur elle le regard ferme et l'attention hostile.Elle eût préféré son absence.— Oui, répondit la mère de Marcel, Dieu nous éprouve.Ainsi elle donnait de suite à l'entretien un tour grave et religieux.Mlle de Songeon hocha la tête en regardant le ciel, comme si elle avait seule l'autorisation nécessaire pour appeler l'intervention divine.— Que de consolations dans votre deuil ! reprenait Mme Dulaurens.Ces témoignages unanimes qui célèbrent l'héroïsme du commandant, ce concours de toutes les sympathies, de tous les regrets.Emue dès qu'on lui parlait de son fils, Mme Guibert songeait: "Elle s'excuse en ce moment d'avoir écarté Marcel.Elle se rend compte, enfin, de son erreur ancienne, et la déplore.Mais Mme de Marthenay n'aurait pas dû venir.Sa présence nous est douloureuse." Elle regardait son interlocutrice, et ce regard lumineux éclairait sa figure dévastée comme un rayon de soleil pénètre, l'hiver, dans les bois sans feuilles.Paule demeurait sur ses gardes.Cependant elle ne pouvait se douter de l'inconscience de Mme Dulaurens.Celle-ci, après un temps d'arrêt, exposa le motif de sa visite: — Aussi vous trouverez naturel que nous ayions le désir de rendre hommage à cette mémoire si chère.La Savoie en-lii'-n- partage votre deuil, mais spécialement l'élite du pays dont le commandant faisait partie par sa famille et sa valeur.Elle reprit haleine, et, trouvant qu'elle parlait bien, jeta un coup d'œil rapide sur son auditoire.Mlle de Songeon approuvait en agitant sa longue figure sèche.Alice, absorbée et attentive, contemplait les tristes visages de Mme Guibert et de Paule, son amie d'autrefois.Son chagrin l'oppressait tant qu'elle posa la main sur sa poitrine: elle étouffait de ses sanglots contenus.Elle eût voulu donner son cœur à ces pauvres femmes et ne l'osait point.Elle tenta de s'emparer doucement des doigts de Paule assise à côté d'elle.Mais la jeune fille avec résolution retira son bras: elle n'avait rien oublié.La voix fortement timbrée de Mme Dulaurens retentit de nouveau dans le silence du salon.— Les dames patronesses de la Croix-Blanche de Savoie, toutes ces dames de la société en un mot, dans un élan spontané, se sont entendues pour demander la célébration d'un service funèbre à Chambéry.Mgr l'archevêque officiera; il l'a promis, nous avons la parole d'un grand vicaire.Plus de cinquante prêtres assisteront à la cérémonie.La préfecture, la division y seront invitées, et nous ne doutons point qu'elles ne s'y fassent représenter.Par sa pompe et son éclat elle sera digne, vous pouvez le croire, de l'illustre défunt.Mme Guibert avait écouté sans interrompre; elle répondit simplement: — Je vous remercie, madame, et je vous prie de remercier pour moi ces dames de leurs bonnes intentions.Nous avons fait célébrer un service à Cognin selon nos ressources.Nos amis, malgré le froid et la distance, y sont venus.Le général de division s'y est rendu en personne.Un gTand nombre d'officiers avaient bien voulu l'accompagner.Nous ne voulons pas d'autres manifestations extérieures.Je vous remercie.— Oui, madame, je comprends votre sentiment.Les familles ne supportent pas volontiers l'intrusion des étrangers dans leur deuil.Mais le cas est spécial.La mort du commandant Guibert est un malheur public.La France est atteinte dans votre fils.Sa vie et sa mort honorent la Savoie.Vous ne pouvez vous étonner que la Savoie lui témoigne hautement sa gratitude.Les ressources des familles sont forcément restreintes.Laissez-nous agir.Ne nous ôtez pas cette joie.Et rattrapant au vol ce mot malheureux: — Cette triste joie funéraire qui vient de la prière pour les morts.Les cérémonies, les prêtres, ce sont des prières.Vous, la chrétienne excellente, pouvez-vous refuser celles que nous vous offrons ?Pouvez-vous songer à nous empêcher de communier avec vous dans la même douleur ?Craignant la timidité de sa mère, la jeune fille hardiment la devança: — Nous sommes très touchées, madame, de votre démarche.Nous l'apprécions comme elle le mérite, et nous regrettons de décliner une telle faveur.La mémoire de mon frère a reçu les honneurs convenables.Nous ne désirons pas d'autres témoignages publics que ceux que nous avons déjà reçus.Dieu ne mesure pas ses bénédictions à l'importance des cérémonies.Comme si elle n'attachait aucune autorité aux déclarations de Paule, Mme Dulaurens affecta de se tourner du côté de Mme Guibert.Celle-ci le comprit et crut devoir ajouter.: — Oui, madame, Paule a raison.— Je ne m'explique point votre refus.Notre sympathie pour votre deuil ne demandait qu'à s'exprimer de la manière la plus naturelle.Ces dames, Mlle de Songeon, la marquise de Lavernay, la baronne d'Ambelard partagent mon avis.Paule vit la gêne de sa mère.Elle prit l'offensive aussitôt, afin d'en finir: — Le service de Cognin a été annoncé à Chambéry.Tous nos amis nous ont assistées.Il en est venu de très loin.Il en est venu que nous ne connaissions pas et qui ont partagé notre peine.Mais on m'a dit, madame, que votre banc était vide, et je ne l'ai pas cru.Comprenant l'inutilité de son insistance, Mme Dulaurens se leva: — Je regrette, madame, ce malentendu que nous ne parvenons pas à dissiper.Je ne m'attendais point à cet acceuil.Mais je vois que mademoiselle votre fille a toute influence sur vous.— Nous sommes d'accord, dit la vieille femme se levant péniblement à son tour.Elle approuvait sa fille, mais elle eût souhaité que les mêmes choses fussent dites sur un ton moins impérieux.Elle craignait que les visiteuses du Maupas ne fussent froissées, et s'en affligea.Un peu de sang afflua à ses joues pâles.Comme elle reconduisait Mlle de Songeon et Mme Dulaurens, cette dernière remarqua cette légère coloration.Elle cherchait une revanche; elle crut aussitôt l'avoir trouvée, et avec une perfide ironie, elle lança ces paroles: — Adieu, madame.Ah! comme vous avez bonne mine! C'est admirable! Nous en sommes surprises et heureuses.Des larmes montèrent aux yeux de Mme Guibert trop sensible encore à l'injustice Vieillie, courbée, cassée, elle eût fait pitié à toute autre qu'à une femme du monde éconduite.Doucement elle murmura, tandis-que le sang abandonnait ses joues: — Que Dieu me garde ma santé: ma tâche n'est pas finie.Elle songeait à Paule, dont la destinée incertaine lui causait de l'inquiétude et l'attachait encore à la vie.Instinctivement, elle se retourna pour la regarder.Mais la porte du salon s'était refermée.Elle dut suivre ces dames qui rejoignaient leur voiture et, une fois installées, réclamèrent Mme de Marthenay demeurée en arrière.— Je l'avertirai, dit Mme Guibert en remontant difficilement les marches de l'escalier.Alice, restée seule avec Paule, avait enfin laissé déborder sa douleur.— Paule, ma chère Paule, voulez-vous me permettre de vous embrasser?J'ai tant pleuré, moi aussi.Si vous saviez ?j'ai connu tant de tristesse depuis .depuis qu'il n'est plus.Ah! vous ne pouvez pas savoir! La Revue Moderne.— Octobre 1927 35 La jeune fille, immobile, interdite, considérait avec étonnement cette jeune femme élégante aux traits si purs et si beaux qui la suppliait, et se souvenant du passé: — N'êtes-vous pas un peu la cause de notre malheur ?( i-pendant Alii r -.inclut.lit : — Ah! je suis plus malheureuse que vous.Son désespoir était si évidemment sincère, que Paule, émue, prit son ancienne amie dans ses bras, et, comme autrefois dans la joie, les deux femmes mêlèrent leurs larmes dans la souffrance.— Pourquoi n'avez-vous pas voulu ?— Ah! c'est le malheur de ma vie.Paule connut alors le secret dont son amie étouffait.Sur les apparences, elle avait pu la croire heureuse: les bruits de la ville ne parvenaient guère jusqu'au Maupas.Voici que brusquement elle entrevoyait la punition immédiate et durable de la peur de vivre.Alice s'était appuyée à son épaule, comme si elle implorait son secours.Malgré la fourrure de martre qui l'enveloppait elle tremblait toute.La jeune fille l'embrassa, et relevant ce doux visage en larmes: — Pauvre Alice, comme je vous plains! Soyez courageuse, il le faut.Il faut que vous l'oubliez.Songez à votre enfant.Faites d'elle une femme plus vaillante.— Je l'aimais, répondit-elle faiblement.Mme Guibert rentra et, voyant les deux femmes enlacées, elle comprit la cause de leur émotion.— Votre mère vous attend, madame, Elle chercha une autre parole et murmura: — Je vous remercie de votre visite.Ainsi pardonnée, Alice lui prit la main et l'effleura de ses lèvres.Elle essuya ses yeux, regarda une dernière fois la photographie de Marcel, et s'enfuit.V Jean Plusieurs mois ont passé sur le combat- de Timmimoun.Des deux femmes en deuil de Maupas, l'une s'est courbée davantage et son sourire déjà si rare et si frêle s'est éteint à jamais; l'autre est restée droite et fière, mais, dédaigneuse de sa jeunesse, elle s'abandonne amèrement et sans espérance aux jours qui passent.Enveloppées de solitude et de silence, elles ne descendent plus à la ville, et ne franchissent plus que ces seuils misérables où leur présence est toujours attendue.Cependant, quand le pas du facteur écrase le sable de la cour, elles tressaillent encore.Le brave homme, qui se réjouit de son importance, ne les laisse pas languir, et, selon les timbres, il s'écrie: "C'est de Paris.C'est du Tonkin.C'est d'Algérie." — Bien, Ravet, Marie vous attend: allez boire un verre.Cette correspondance est maintenant la seule joie de la maison.Elle est plus fréquente qu'autrefois.De loin, les enfants de Mme Guibert s'efforcent d'entourer d'affection sa vieillesse.Les lettres d'Afrique viennent de Jean Beriier.Elles ne parlent que de Marcel et de sa glorieuse mort.Dans la dernière, Jean annonçait son retour en Savoie pour la fin de mai.Mai est venu, dans un cortège de lumière et de fleurs.Au Maupas, anxieux, on interroge chaque jour l'avenue déserte où les marronniers portent avec orgeuil leurs thyrses blancs.Le jeune homme qui monte lentement la pente boisée par où l'on accède à l'ancienne demeure n'est plus le galant cavalier d'Isabelle Orlandi.Pourtant, il I toujours sa jolie taille mince et sa démarche élégante et assurée.Mais sa figure brunie revêt une expression plus virile, et ses yeux se posent sur les choses avec des regards plus précis qui distinguent nettement chaque objet.De son insouciante jeunesse il a fait un âge qui réfléchit et qui vient.Arrivé de la veille, il a quitté ce matin la villa des Roses, et, le long du chemin il a respiré son pays natal en réveil.Sur la terre frileuse et parée de vapeurs mauves et lilas, semblable à une jeune femme qui ouvre lentement les paupières, s'étire et agite ses voiles de gaze, il surprit la beauté nouvelle du printemps et cette La peur joie de vivre qui commence avec le jour.Il fit des yeux le tour des formes naturelles qui s'offraient à sa vue.Il aspira le parfum de la terre et des bois au matin.Et dans l'air natal il huma le goût de la vie.Le vieux portail du Maupas est ouvert comme autrefois.Jean monte l'avenue des marronniers.Il respire le parfum de leurs thyrses.Il sait que, dans un instant, des larmes vont de nouveau couler, douloureuses mais bienfaisantes.Au craquement du sable de la cour, une vieille femme qui était assise sur le perron et, dans l'air frais du matin, travaillait de ses doigts sans agilité, s'est levée et des yeux cherche le visiteur.Elle aperçoit le jeune homme.— C'est vous, Jean ?Comme je vous attendais! Du premier regard, il découvre en elle les traces de l'épreuve.Elle s'est voûtée davantage, ses cheveux ont blanchi.Mais il reconnaît avec surprise, sur sa figure un peu amincie, une expression paisible qu'il a déjà vue.— Madame.Oh! madame! Il gravit rapidement les marches, et, s'inclinant d'un geste naturel, il embrasse Mme Guibert.Celle-ci tâche vainement de ne pas pleurer et murmure le nom de Marcel.— Venez, dit-elle enfin.Nous serons mieux au salon pour parler de lui Elle le précède de son pas traînant.Puis elle ouvre une porte et appelle — Paule.C'est Jean Beriier — Je suis arrivé hier soir, explique le ieune homme.Et je suis venu ce matin.J'avais hâte de vous retrouver.— Vous êtes bon pour nous.Je savais bien que vous viendriez vite.Depuis plusieurs jours, nous surveillons le chemin.Paule entre et serre la main de îean.Ses beaux cheveux noirs font ressortir son teint mat.Ses yeux sombres n'ont nas de flammes.Plus droite et plus fière encore que jadis, elle porte avec orgeuil son cœur brisé.Bien que préoccupé de son récit funèbre, Jean s'étonne de lire sur ce jeune visage sérieux et dans l'attitude raidie de ce corps un tel désintéressement de la vie.Elle, surprise, constate le changement du jeune homme: avec les années, il a pris un air plus décidé et plus ferme, l'air de Marcel.Il parle de lui comme il l'eût désiré, simplement et dignement.Il a ce don rare du mot exact qui livre la vérité sans mollesse comme sans emphase.Sa voix, qui se fait douce et caressante pour cette douleur, garde cependant la force secrète de l'autorité.Elle écarte, elle met en fuite la faiblesse et la désespérance.Elle encourage, elle réconfotre, et dans la mort même puise une excitation.Ces deux femmes qui pleuraient à son arrivée l'écoutent en se contenant.— Le sergent qui était à ses cotés m'a raconté sa fin.Je dirigeais notre défense sur la gauche.Lui prenait de face les Rerabers.Après les a,voir délogés, il organisait la poursuite.Sur les premières lueurs du jour il se détachait en silhouette noire.Le sergent lui montra un pli de sable:—Là.peut-être, il s'en cache encore.Comme il faisait un pas en avant, il porta la main à son front, demeura debout une seconde, et tomba d'un seul coup.Mme Guibert se cache la tête dans les mains, et les larmes troublent les yeux de Paule qui s'efforce de se dominer — Il ne remua pas, reprend le capitaine.Il ne connut pas de souffrance.La mort le toucha où il pensait, en plein front.Et il pensait à sa patrie, à vous.— Je dus prendre le commandement à sa place.Mais sa victoire était complète.Quand je pus enfin le rejoindre, on l'avait transporté à quelques pas, sous un palmier, le me suis penché vainement sur lui.Notre médecin-major me regardait avec tristesse; déjà il l'avait examiné.Notre commune existence avait fait de nous des frères.Je l'aimais comme vous l'aimez.Là-bas, je l'ai pleuré comme vous, en votre nom.Et j'ai vu ce que vous n'avez pas eu la triste joie de voir: la sérénité qu'il avait dans la mort.Elle lui donnait une expression de paix éternelle.Quand je la revois dans ma mémoire, il ne me rient que des pensées nobles et fortes.Il faut cpie vous le sachiez, afin que son souvenir vous soit plus doux.Jean se tait, puis il dit encore: — I,a veille au soir, il m'a accompagné jusqu'à mon logement, avant de faire une dernière ronde.C'était une claire nuit d'étoiles.Souvent nous nous entrete- de vivre nions de la Savoie.Il me parla de vous et de mademoiselle Paule; il vous avait vues récemment.Aucun présage ne l'attristait, mais il ne redoutait pas la mort.Dans la poche de sa tunique, il y avait cette lettre que je vous rapporte.Elle recouvrit les derniers battements de son cœur.Mme Guibert reconnaît sa propre écriture.Elle relève son visage tout chargé de son angoisse maternelle.Quand elle peut parler elle demande: — Maintenant, maintenant il repose dans le calme de Dieu.Jean, dites-moi dans quel lieu il est enseveli ?— Devant Timmimoun, madame.Comme il est plus élevé en grade, sa tombe est placée entre celle de l'officier d'administration, à droite, et du sergent, à gauche.Ceux-là furent tués dans le même combat.A ses pieds sont enterrés les tirailleurs.Paule intervient: — Nous nous sommes informées des démarches nécessaires pour obtenir qu'on le transporte à Chambéry.Il dormira dans notre caveau de famille, près de mon père, près de sa petite sœur Thérèse.Jean regarde la jeune fille.Il sait que les Guibert ne sont pas fortunés.De sa voix caressante, persuasive, impérieuse, il va les dissuader de ce projet coûteux et inutile: —Pourquoi réclamer ce retour ?Le lieu de sa mort est un nom de victoire, il repose dans son triomphe.Quel tombeau lui conviendrait davantage ?Quel plus beau monument aurait-il désiré?— Bientôt, personne ne le connaîtra là-bas.— Vous vous trompez, mademoiselle Paule.Toutes ces tombes ont leurs inscriptions.On les entoure de soins.Tant que l'on tiendra garnison à Timmimoun, elles seront honorées.La sienne porte son nom, son grade, deux dates: 25 avril 1868 et 1° février 1Q01, et ces trois mots glorieux qui résument sa carrière: Madagascar, Mission du Sahara, Timmimoun.Songez que l'on vénère encore en Algérie les tombes de ceux qui furent tués au temps de la conquête.La sœur de Marcel n'insiste pas.Mais Jean surprend les larmes qui coulent sur ses joues.— Il était notre orgeuil et ma vie, sou-pire-t-elle, et plus bas elle ajourte:—Lui, depuis longtemps, avait deviné.— Dieu le voulait ainsi, dit sa mère.Nous ne connaissons pas ses desseins.Ils nous paraissent quelquefois si cruels que nous sommes tentés de murmurer.Pourtant sa bonté est infinie.Jean, ému, prend dans la sienne une main ridée qui tremble, et, pris de respect, comme autrefois Marcel, il la baise pieusement.— Vous nous quittez déjà ?demande timidement Mme Guibert.Iean, pour consoler la pauvre femme, lui rappelle tous les liens qui la rattachent enrore à l'existence.Il l'entretient de ses autres enfants, de sa fille Marguerite qui est religieuse à Paris et soigne les malades, de ses fils qui fondent une France lointaine.— Combien Etienne a-t-il d'enfants?— Il attend le troisième.Je ne les connais pas.Et pourtant je les aime, oh! je les chéris comme les dernières joies our Dieu me donne.Ils s'appellent Maurice et Françoise.Ne le savez-vous pas ?— Mais oui, dit lean dans un sourire.— C'est le nom de mon mari et c'est le mien.Ils sont la bénédiction de notre race.Celui qui va venir se nommera Marcel.— Et si c'est une fille ?— Marcelle encore.Voici la photogftv phie des deux aines.D'avance elle affirmait la vie de l'enfant que portait dans son sein la femme de son fils.— N'est-ce pas qu'ils sont beaux ?dit Paule en se rapprochant pour regarder ses neveux.— Oui, la fillette vous ressemble.Elle a vos yeux noirs.— F.lle sera bien plus jolie.— Je ne crois pas, répond le jeune homme en rendant l'image à Mme Guibert.Et il ajoute avec ce beau sourire qui donne à son visage un air si jeune: — N'est-ce point assez ?Vous êtes difficile.Involontairement Paule rougit, et son teint qui s'anime, la transforme comme un rayon de soleil fait d'une goutte de pluie.Dans son désespoir, elle avait perdu jusqu'au sentiment de sa beauté, et voici qu'elle le retrouve avec joie.Jean, qui voit les deux femmes distraites un instant de leur peine, continue d'interroger: — C'est dans la baie d'Along, près de Hanoï, qu'ils sont installés?— Ils n'y sont plus, répond Mme Guibert.Ils habitent une île prospère.Mais Paule vous expliquera mieux que moi.Je m'embrouille dans ces noms étrangers.I.i jeune fille proteste: — Mais non, mère, je vous assure.Et puis elle se décide rapidement: — Etienne a acheté l'île de Kébao qui est en face de la baie d'Along.Elle appartenait à une société qui fut mal administrée et tomba en faillite.Elle contient des gisements houillers importants, et son sol est fécond.Les mines, le matériel, la terre furent vendus aux enchères, à vil prix.Et mes frères dirigent l'exploitation des mines, des rizières, et font des plantations merveilleuses d'un bois qu'on appelle le lilas du Japon et qui sert à construire.Leur activité ne peut suffire à tant de travail.Mais ils cherchent en vain une aide en France.Personne ne veut s'expatrier.Pourtant, le pays est sain et pittorssque, et ils comptent sur le succès.Elle a débité son discours avec une claire simplicité.Jean s'extasie.: — En France, on n'a plus d'avenir.Je vais les rejoindre.— Et votre carrière ?observe Mme Guibert, tandis que le jeune homme se lève pour prendre congé.— Je n'en ai pas la passion, comme avait Marcel.Il y a tant d'heures perdues, de forces oubliées.Mais je plaisantais, madame.Ils sortent sur le perron, devant la maison fleurie dont la façade disparait sous l'envahissement des chèvrefeuilles, des roses et des clématites.Courbée et lasse, obsédée par le souvenir, Mme Guibert laisse sa fille reconduire le capitaine jusqu'au portail.Elle les voit s'éloigner, songe doucement à ce qui pourrait être, confie à Dieu l'avenir de Paule, et rentre pour mieux se rappeler dans l'isolement le récit funèbre.Paule et Jean se sont dit adieu au bout de l'avenue.Le jeune homme s'arrête pour suivre des yeux cette forme souple et allongée qui glisse sous les arbres.A ce moment, la jeune fille se retourne à son tour.Elle rougit de cette coïncidence, et, prenant bravement son parti, elle revient sur ses pas afin d'éviter toute équivoque.— Jean, murmurc-t-clle émue, je ne vous ai pas assez remercié, pour mon frère oui fut un peu le vôtre aussi, pour ma mère à qui vos lettres, votre visite ont causé tant de bien.Vous avez été bon pour nous.Je n'ai pas su vous le dire.Alors je suis revenue.F-lle est plus humaine et touchante dans l'émotion qui l'agite.— Oh! non, répond* le jeune homme.Ne me remerciez pas.N'étais-je pas l'ami de Marcel, et nos pères déjà s'aimaient.Ils demeurent ainsi face à face, ne trouvant plus de paroles.— Ecoutez, dit-il enfin.Dans la tunique de Marcel il n'y avait pas que la dernière lettre de votre mère.Cette photographie s'y trouvait encore.J'ai pensé vous la remettre à vous.Il lui tend un carton usé sur quoi elle reconnaît, dans une allée du Maupas, deux petites filles de dix ou douze ans: l'une est blonde et l'autre brune, l'une csl assise cl sag< il regarde, étonnée, lis choses, l'autre est fixée en mouvement ce sont Alice et elle-même.— Ah! fait la jeune fille.F^t d'une voix sourde elle demande: — Il ne vous a jamais parlé d'elle ?— Non, jamais.Elle laisse échapper l'image i »t r\«com* Gro*: 40 onces S3.fc5 Moyen*: 2i onces 2 55 Petit»: 10 onces 1.10 M»l,h»r.rM.||l|«rT Cm.Umlltd La Revue Moderne.— Octobre 19 27 37 Paule au nom de son neveu.Lorsque la voiture eut disparu au tournant de la route, Jean, impatient et agite, au lieu de rentrer à la villa des Roses, suivit lentement le même chemin.Ainsi rencontrerait-il plus tôt son ambassadeur de retour, et peut-être aurait-il le temps, avant le soir, de monter lui-même à la maison de campagne et de parler à celle qui serait alors sa fiancée.Sur la route du Maupas, il marchait à la rencontre du bonheur, tandis que le beau soir d'été répandait sur l'heureuse nature sa lumière.La vieille Marie introduisit M.Loigny au salon et s'en fut chercher sa maîtresse en murmurant: — Qu'est-ce qu'il nous veut, ce vieux-là, avec sa lévite et son grand chapeau ?Mais M.Loigny ne prêtait aucune attention à la servante que son déguisement mondain courrouçait.Il venait de tomber en arrêt devant une coupe de roses qui s'épanouissaient au milieu de la table.Penché, il les observa de si près qu'il parut les renifler, et tout à coup, il se mit à donner les signes d'une prodigieuse stupéfaction.Mme Guibert le trouva dans cet état singulier.Il la salua à peine, et la conduisant aussitôt vers les fleurs, il s'écria: — Celle-ci, là, voyez.— Oui, dit-elle, surprise.— Comment l'avez-vous?— Je ne sais pas, monsieur.— Il est impossible que vous ne le sachiez pas.Répondez.Et moins brutalement le maniaque ajouta: — Je vous en prit, madame.C'est très grave.Mme Guibert, complaisante, interrogea sa mémoire.— Mon fils Etienne, à son dernier voyage, nous a apporté des boutons de rosiers.Elles ont trouvé au Maupas un terrain favorable.Ce sont leurs roses.Elles sont belles, mais n'ont pas de parfum.— En effet, elles ne sentent rien.Mais cela m'est égal.Et d'où venait-il votre fils Etienne ?— Du Tonkin, monsieur, de la baie d'Along qui produit des fleurs et des fruits en abondance.— Ah! c'est un rosier chinois.Parfaitement.Je l'avais deviné, Et vous ignorez son nom, naturellement.En France, personne ne connaît les noms des fleurs.Mme Guibert s'excusa avec un sourire, — Je n'y entends rien, avoua Mme Guibert, Pourtant, j'aime les fleurs.Mais le vieillard enthousiaste ne s'arrêtait plus: — Nous n'avons pas l'esprit inventif, madame, Et puis nous ne savons plus nous émerveiller, nous émouvoir devant les miracles incessants de la nature.Nous nous sommes installés dans l'univers comme dans une salle à manger.L'habitude et l'utilité ont émoussé nos sensations.Et l'univers est vainement délicat, varié, agréable.Ah! madame, croyez-moi, nous sommes loin d'égaler les jardiniers chinois.— Savez-vous quels noms précieux ils distribuent aux fleurs?— Comment le saurais-je, monsieur?— Des noms qui résument la beauté multiple de la terre.En voici quelques-uns: l'Eau qui dort sous la lune, le Soleil dans la forêt, le Premier Désir de la Vierge couchée, et celui-ci que je vous prie de goûter: la jeune Fille qui offre ses seins.Indulgente mais étonnée, Mme Guibert sourit de cette folie inoffensive et essaya de détourner son cours: — Donnez-moi des nouvelles de Jean.Nous ne l'avons pas vu de plusieurs jours; il nous délaisse.— Jean va bien, madame, répondit-il négligemment, et aussitôt:—Oui, cette espèce est pour ainsi parler inconnue en France.Je la cataloguerai.Voulez-vous me permettre, madame, d'en emporter cet échantillon ?— Je vous en prie, monsieur, acquiesça avec courtoisie Mme Guibert qui craignait de s'être trompée et tremblait pour son espérance.— Mille fois merci, madame.Je cours m'en occuper avant qu'elle se fane.Sur le seuil le vieillard s'arrêta, et d'un ton mystérieux qui fit tressaillir la pauvre femme: — Je vous confierai un secret.Par d'ingénieuses greffes, j'ai réussi à proluire une rose nouvelle.Vous la verrez.La peur Elle n'a pas de nom encore.Je lui donnerai celui de votre fille.Mon neveu sera enchanté.Elle s'appellera Madame Paule Berlier.Et sans avoir trahi sa mission autrement que sous cette forme bizarre, il s'éclipsa, tenant sa fleur dans les mains et l'observant encore.Mme Guibert, en le voyant s'éloigner, ne put réprimer un sourire: "Le pauvre homme! Il nous a tous oubliés pour s.i ro»r " Jean qui marchait à la rencontre de M.Loigny était parvenu au bois de chênes qui borde la route à la montée de Vimines.Il entendit le bruit des roues grinçantes que le sabot retenait, et bientôt il aperçut la voiture à travers les branches.Impatient, il se précipita malgré la pente.— Eh bien, mon oncle ?M.Loigny éleva sa fleur en l'air d'un geste victorieux qui rassura le jeune homme.— Eh bien! voici une rose qui manquait à ma collection.— Que m'importe! dit Jean avec brusquerie.Accepte-t-elle, oui ou non ?Le vieillard laissa tomber la tige qu'il tenait si soigneusement, se prit la tête dans les mains et se désola: — O mon Dieu! Je suis fou, je suis un fou dangereux.J'ai oublié ta demande.Jean le considéra avec pitié.— Ah! vous avez oublié! — Mais je vais retourner, fit M.Loigny qui se redressa.— Non, j'irai moi-même.Allez retrouver vos fleurs, mon oncle.Et il monta vers le Maupas.Le vieillard le suivit des yeux jusqu'au détour du chemin.Puis il s'essuya le visage, fit signe au cocher de repartir, et pour la première fois rentra sans plaisir à la villa des Roses.Jean trouva Mme Guibert dans le jardin du Maupas.Elle eut, en l'apercevant un sourire doux et craintif.Et il sentit son cœur s'apaiser.— Bonjour, Jean.Votre oncle est venu me rendre visite.Le savez-vous ?— Oui, madame.Il venait en ambassade, et il a omis de vous le dire.Pour lui, c'est un oubli léger.— Oh! ne le traitez pas durement.Et avec une grâce un peu timide, elle prit la main du jeune homme: — Mais, rassurez-vous, je comprends le langage des fleurs.Ils s'assirent près de la table d'ardoise, sous les arbres.Jean lui baisa la main.Déjà tous deux s'étaient compris.— Alors vous savez que je l'aime ?dit le jeune homme avec émotion.— Elle en est digne, répondit la mère de Paule, qui réfléchissait à ce nouvel avenir.— Je crois que je l'ai toujours aimée.Seulement je ne connaissais pas mon cœur.Quand on est trop jeune, on ne distingue pas nettement le dessin de sa vie.Et je l'aime aussi pour toujours.— Oui, reprit-elle gravement.Avant de se lier par des serments éternels, il faut être sûr de soi.Et j'ai confiance en vous.— Oh! madame.Vos paroles me sont si douces.Mais elle ?— Ne soyez pas inquiet, Jean, Paule acceptera, je le crois.Cependant vous le lui demanderez à elle-même.Mais vous avez bien réfléchi, n'est-ce pas, à votre futur foyer ?Nous ne sommes pas riches, vous le savez.Mon fils Etienne et moi nous donnerons à Paule, si elle consent à être votre femme, les revenus de la propriété du Maupas.Elle ne rapporte pas beaucoup depuis que les vignes ont été détachées.Nous ne pouvons pas davantage.Elle donnait tout et s'en excusait.— Je ne veux pas, madame, dit Jean.— Laissez-moi parler.Je désire me retirer.J'ai besoin de peu de chose pour vivre.Etienne qui le peut me fait une pension que, malgré ries instances, il ne veut pas réduire.Il faut songer à votre famille nouvelle, Jean.— Oh! madame, quel trésor est comparable au cœur de Paule ?Mais ne supposez pas que j'accepterai votre offre trop généruese.J'ai songé déjà à notre avenir matériel.Etienne a besoin d'un aide au Tonkin.Dans toutes ses lettres il réclame un associé pour l'exploitation de ses trop vastes entreprises.Eh bien! je lui offre mon concourt.En Algérie, je m'intéressais aux choses île la terre.Je de vivre partirai.Je lui ai écrit le mois dernier.— Ah! vous emmènerez là-bas votre femme ?A ce moment, Jean regardait le perron où Paule venait d'apparaître.Et il ne vit pas deux larmes jaillir des yeux de Mme Guibert.Quand il se retourna vers elle, déjà elle était prête à ce nouveau sacrifice que la vie lui demandait, et ce fut d'une voix ferme qu'elle lui dit : — Que Dieu bénisse vos projets! Voici ma fille, Jean.Elle a vécu trop tôt dans la solitude et la peine.Elle a besoin d'être heureuse.Comme elle va l'être, avec votre amour! Elle sentira sa jeunesse qu'elle oubliait.Je vous autorise, Jean, à lui dire que vous l'aimez.Plus bas elle ajouta, car Paule s'approchait, et il n'entendit pas ses paroles: — Je vous donne mon dernier, mon plus cher enfant.Elancée et droite, Paule traversa la cour et les rejoignit à l'ombre des marronniers.Mme Guibert les enveloppa tous deux de son regard maternel.Elle quitta le fauteuil de paille ou elle était assise: — Je vais rentrer pour m'occuper du dîner.Vous m'excuserez, Jean.Il fait, beau ce soir.Tu n'es pas sortie, Paule, de tout le jour.Vous devriez vous promener ensemble avant que le soleil soit couché.Allez jusqu'au bois de Mont-charvin, et revenez.Revenez bientôt, mes enfants.Au delà du chemin de Vimines, un sentier qu'un rideau de peupliers sépare du Forezan aux pentes abruptes contourne les prairies et conduit à la ferme de Montcharvin.Paule et Jean le suivirent.La jeune fille marchait la première.— Allons, dit-elle, jusqu'au bois de frênes.A travers les branches nous verrons le reflet du couchant sur les montagnes.Il s'arrêta: — Non, restons ici, voulez-vous?Et il lui montra le vieux tronc-d'arbre coupé qui servait de banc.Jamais plus elle ne s'y était assise depuis sa dernière promenade avec Marcel.Livrée à ce souvenir, elle hésita.Elle se rappelait avec une poignante précision les paroles que Marcel lui avait adressées sur ce même tronc coupé, le soir de son départ pour l'Afrique: Paule, disait la voix évanouie, ne t'inquiète pas; tu seras heureuse un jour.— Depuis le retour de Jean, elle acceptait sa vie sans amertume et sans faiblesse.Oui, elle rencontrait une sorte de bonheur stoïque où elle se complaisait après tant de secousses.Etait-ce ce bonheur-là qu'il avait désigné ?Et dans la paix de 1 heure, le vague désir d'une autre félicité renaissait en elle.Cependant, elle ne savait pas que les temps étaient venus.Jean se décida: — J'ai dit à votre mère, Paule, mes projets d'avenir.1-11U- li- regarda .— Votre congé est déjà fini ?Vous allez repartir bientôt ?— Je ne rentrerai pas au régiment.Etonnée, elle attendait une explication.—Je démissionne.— Vous, Jean! Oh! c'est mal.Vous n'avez pas trente ans, vous portez le ruban rouge et vous abandonneriez votre carrière! Qu'aurait pensé Marcel ?— Marcel m'approuverait, Paule.Car je servirai encore la France, d'une autre manière qui ne sera pas moins utile .De soldat je deviendrai colon.J'ai écrit à votre frère Etienne qui ne peut suffire à sa tâche au Tonkin.Je vais le rejoindre.— Ah! dit-elle.Quelle joie pour eux, là-bas! Ils savent l'amitié qui vous unissait à Marcel.Vous leur parlerez de lui, comme vous nous en avez parlé.Vousver-rei mon neveu et ma nièce.Vous les connaîtrez avant moi.Jean se leva et demeura debout devant la jeune fille.— Vos frères se réjouiraient bien davantage, s'ils connaissaient mon autre projet.Et baissant les yeux vers le sol, il ajouta plus doucement : — C'est un projet qui m'est infiniment cher.Votre mère le sait.Il la regarda, et vit avec surprise qu'elle ne soupçonnait rien.Il admira cet oubli de soi-même, et avec une gravité et une tendresse profondes il dit enfin les paroles décisives: — Paule, je vous aime.Voulez-vous être ma femme et m'accompagner là-bas?Interdite, elle se leva à son tour et devint mortellement pâle.Sa poitrine oppressée révélait le tumulte de son cœur.Cependant elle se taisait.Il reprit: — Je vous aime, Paule.Ne le saviez-vous donc pas ?Ne l'avez-vous pas deviné ?Quand je suis revenu d'Algérie, je vous ai retrouvée si courageuse.et ri belle.Oui, ne protestez pas.Pendant la traversée du Sahara, je me souviens, Marcel m'a dit souvent, quand nous parlions de la Savoie, que vous étiez le soutien de votre mère.Dans le désert, quand je cherchais, pour exciter mon énergie, quelque image réconfortante et capable d'inspirer la vaillance, c'est à vous que je pensais.Je vois bien que je vous ai toujours aimée, depuis le temps de notre enfance où je riais de vos longs cheveux noirs.Mon bonheur est dans vos mains, Paule, ne voulez-vous pas me le donner ?Elle ne répondait pas.Elle était si pâle qu'il semblait que tout le sang se fût retiré de ses veines.11 prit sa main qu'elle ne retira pas.Il attendait, confiant, tranquille, le cœur gonflé d'espérance.Comme elle continuait de se taire, Jean connut une angoisse infinie.D'une voix altérée il répéta pour la troisième fois: — Paule, je vous aime.Pourquoi vous taisez-vous ?Répondez-moi, je vous en supplie.Doucement la jeune fille dégagea sa main.— Non, non, je ne veux pas, dit-elle.Les sanglots étouffèrent sa voix, et elle s'enfuit en courant vers la maison.Alors, il sentit la nuit entrer jusque dans son cœur.Il méprisa la vie qu'il avait adorée, et il envia Marcel couché sur la terre d'Afrique, Marcel que la paix définitive avait touché.VIII Madame Guibert Mme Guibert attendait sur le perron le retour de ses enfants.Ses bras étaient croisés sur la balustrade de fer, et de l'une de ses mains cachées elle égrenait un chapelet, tandis que ses lèvres balbu-taient les Ave Maria.Une paix profonde semblable à celle qui était descendue sur la campagne, habitait maintenant son visage où les larmes avaient coulé.Elle vit revenir Paule éperdue et sanglotante et vainement tenta de l'arrêter au passage avec ces paroles: — Paule, qu'y a-t-il ?dis-moi.La jeune fille rentra sans répondre et gagna -.i et 324fibis.Voici maintenant une ravissante parure se composant de la robe et de la havette.I-e feston à dents de roses, est très découpé, et dans chaque gr.inde dent - incruste une églantine sur fond île brides.Les manches et l'encolure sont orneés de la même manière, ainsi que la bavette.Cette robe peut se faire en crêpe ou en Imon I e crêpe plat se brode très facilement à jours.En nansouk blanc ou de couleur on en fera une petite robe très simple, mais jolie tout de même.No.3247.In autre modèle de bavette, d'une extrême simplicité; sa forme pratique le fait apprécier pour l'usage courant.No.324°bis.I-a vogue des chaussons tricotés ne fait pas oublier les ravissants souliers brodés qui complètent si bien une toilette légère.On les fait en toile ou en gros grain, bien résistant.Les semelles se font souvent en tissu; on peut aussi s'en procurer ru c-uir souple, car ces souliers ne sont bons que pour les bébés qui ne marchent pas encore.I petite manche à capuchon aussi appelée "passe-couloir", est un nt pratique, qui évite au bébé bien des refroidissements.On le fait, n tissu léger, doublé de ouatine.le capuchon est coulissé par un tif de feuilles et de fleurettes ome le coin et la passe du bonnet.No.3112his.Encore un petit bonnet, de forme différente; il est formé d'un morceau droit en avant, et arrondi en arrière, de sorte qu'une fois coulissé, il forme la profondeur du bonnet.I-a passe est à même, ou peut se rajouter à volonté.No.J0R5.< vêtement extrèrr soit en flanelle, < ruban.Un peti Nos.3245 et 3245bis.Voici enfin la garniture de berceau, oreiller et couverture très sobrement ornée de triangles au richelieu entourés de cartelles, partie pleines, par-tic au richelieu.Très simple à faire, ce dessin est cependant tout à fait effectif.Nos lectrices trouveront, dans ces divers modèles, de nombreuses suggestions, pour elles-même ou pour cadeaux.Nous sommes à leur disposition pour tous les renseignements qu'elles pourraient désirer au sujet de ces patrons.Elles savent que nous pouvons de même leur faire n'importe quel modèle qu'elles désirent avoir, et le coupon de la Revue leur assure le meilleur service et les meilleurs prix.Madame RAOUL VENNAT.Travaux féminins de la Revue Moderne Veuillez trouver ci-inclus le montant de.pour le modèle No_____ Nom_______________.___________________________________________ Adresse____________________________________________________________ Veuile* présenter ce coupon avec chaque achat a la Maison RAOUL VENNAT 3070, rue St-Denis, Montréal WABASSO signifie : " Le Lapin Blanc du Nord " et veut dire aussi pour les Canadiens : " Un Coton de qualité supérieure produit au pays et l'équivalent des meilleures lignes venant de l'étranger." La Cle WABASSO fabrique des Batistes, Madapolams, Shirtings, Nansouks, Cotons pour Lingerie, Voiles, Cotons à Draps de Lits, Cotons Circulaires, etc., etc.; et depuis une année, a mis sur le marché, des Broadcloths, des Voiles, des Quadrillés à lingerie, etc., dans les couleurs pastels telles que Crème, Rose, Ciel, Mauve, Maïs, Nil, Pêche, Corail, etc., etc."Bon comme l'Or" " Blanc comme la Neige " "WABASSO" •WABASSO" EST AU COTON CE QUE "STERLING" EST A L'ARGENT : LA MARQUE DE QUALITE.The Wabasso Cotton Company.Limited TROIS-RIVIERES, QUE. La Revue Moderne.—Octobre 1927 kl LES TRAVAUX AJOURES FONT DES CHEFS-D'OEUVRE DE BRODERIE loi.sn W4SII Dessin de décalque pour dessus et série de buffet, à être travaillé ajouré, contour, points-satin ou de boutonnières.Une série pour buffet, le napperon de centre ovale de 15 x 22 pouces et deux napperons ronds de 10% pouces de diamètre; un dessus de 18 x 45 pouces avec dentelure supplémentaire pour faire le dessus de 50 x 55 ou 60 pouces de long.Prix 45c.Bleu.1(1354—Dessin de décalque pour pièce de centre et chemin, à être travaillé en combinaison: ajouré, point-satin, oeilleis et dentelure.Une pièce de centre de 36 pouces de diamètr?, 3 motifs pour bouts de chemin de 11% x 18 pouces, 6 motifs de 3 x 11% pouces, 2% verges de dentelure.Servez-vous de toile de fine qualité pour le fond.Prix 40c.Bleu.10179 10479—Dessin de décalque pour nappe à déjeûner ou à thé, a être travaillé en combinaison: ajouré, contour, points-satin ou de boutonnières.Une nappe à goûter de 52 pouces de diamètre.Cette nappe s'assortit avec la série et le dessus de buffet 10480.Prix 50c.Bleu.lo.i:, I ¦ l>- nVssnt ulfcl |0|S(| Nappe à déjeûner de 52 pouces "Ce snnl «le» l'ATKONN III TTERICK.si totre rn:i rr lui ml local ne p*-ut tout fournir .'ions, .1.m.i ml.¦/ I, - .lu.I.mm ni n II.Itulterieft fui.listing (oin]iaii).Mis \% .Min t ¦ • .slreel Wrsl, Toronto. La Revue Moderne.—Octobre 1927 Les manteaux et robes d'automne tendent vers une plus grande unité / 1.S7H K.I.1 .iv< i• n« .il tarhéern travrraen avant, irni rc cl'unr si-iiIp pi" «•• Uirgrur du b.n .i\rc pli» tendus h I rmw rv ' '¦*'"r 3o requiert 2 \rrijr» ilr tweed rlc lainr ilr M pouce».Cette robe tailleur e»t avantagriiof' |x.iir 1 S i IHanurt bu»te» «lr 36 à 40 Prix.45 cent*.1556—Manteau droit avec manche formant épaulette, bas de jupe droit, collet en deux largeurs.(Convenable pour bordures larges et autres tissus).(A faire sans couture sous l'aisselle en tissus larges et en certaines grandeurs.) Bas de 45 pouces.La taille 36 requiert 2 verges de cachemire de 54 pouces.Un manteau de ce genre est ce qu'il faut pour 15 à 18 ans et bustes de 38 à 44 pouces.Prix, 45 cents.1563—Robe ronde avec plis insérés en avant.Large du bas avec plis tendus lî verge.La taille 36 requiert 3 J de crêpe de soie de 39 pouces, avec de verge de crêpe de soie contrastant.La soie imprimée ou des lainages légers tels que flanelle ou jersey seraient très pratiques.Particulièrement convenable pour jeunes filles de 15 à 18 ans et femmes de 36 à 44 de buste.Prix, 45 cents.1587—Robe ronde avec jupe attachée en travers en avant, arrière d'une seule pièce.Large au bas avec plis tendus 2 verges.La taille 36 requiert 2 verges de lainages légers de 54 pouces, avec j verge de lainage contrastant de 35 pouces pour collet et bandes.Le crêpe de soie et crêpe satin, etc., peuvent aussi être employés.Cette robe fashionable est très bien pour jeunes filles de 15 à 18 ans et femmes de 36 à 44 de buste.Prix 45 cents.1555—Robe de deux pièces, avec blouse ronde et jupe droite attachée au haut du corsage.Le bas avec plis tendus 2 verges.La taille 36 requiert 1 i verge de crêpe de soie de 39 pouces, avec 2 verges de crêpe de soie contrastant de 39 pouces pour la jupe, etc.Les lainages légers tels que cachemire, crêpe de laine sont d'autres tissus convenables.Pratique pour 15 à 18 ans et bustes de 36 à 40.1559—Manteau droit avec collet champignon, poche extérieure ou poche intérieure.Largeur du bas, 46 pouces.La taille 36 requiert 2 verges d'un nouveau mélange laineux de 54 pouces, avec i de verge de bande de fourrure de 7^ pouces.Cachemire, drap fin, suède à manteau, satin à manteau ou crêpe de soie sont aussi très jolis.Pratique pour jeunes filles de 15 à 18 ans et femmes de 36 à 48 de buste.Prix, 45 cents.dr« r\ll.i>N*> Itl rTFIlll k.M »»trr niMrrhnnil h.ral m i" ni mus fournir rr» |ialrn:i .il> mandoz-li- ilirr< te ment à The Huttrruk PiiblMiin- lumpant.|i;*> M.lllnirton «.trwt \\t*t.Toronto."' La Revue Moderne.— Octobre 1927 A3 MALENCONTRE Par GUY CHANTEPLEURE PREMIERE PARTIE I Paris, le 5 novembre 191.Une dernière fois j'ai fait le tour de l'appartement, lentement m'im-prégnant de sa lumière un peu grise de son atmosphère un peu lourde et comme saturée de ces parfums vieillis qui s'échappent des tiroirs d'aïeule.Il nous est naturel de dire un adieu mélancolique aux choses que nous quittons, alors même qu'elles ne semblent pas nous avoir été particulièrement favorables.Aussi bien n'est-ce pas elles que nous pleurons, mais ce que nous croyons laisser parmi elles de nos jours abolis, ce que nous ne pouvons emporter de nous-mêmes et qu'en partant nous abandonnons définitivement du passé.Dans la maison que Madame Hermance Roche, ma grand'tante, habita pendant un demi-siècle sans plus songer à rajeunir son logis que son mobilier, dans la maison triste, et, malgré tout, hospitalière où je suis entrée vêtue de deuil, il y a dix ans, où j'ai grandi, où je viens d'atteindre ma majorité et d'où je vais demain, vêtue de deuil encore, m'éloigner pour toujours, le fantôme de mon enfance demeure.Et j'aimais le doux spectre craintif, l'image effacée de cette petite Flavie Clairande qu'un soir de novembre brumeux et froid comme celui-ci, madame Hermance Roche accueillit sous son toit vénérable— pauvre gamine si menue dans les les plis trop amples de sa robe d'orpheline, si nouvelle au monde et riche déjà de ce grand trésor douloureux, le souvenir d'un bonheur perdu ! Je me rappelle les années qui précédèrent mon arrivée chez la tante Roche, comme un temps de paradis.Ma toute jeune mère m'avait été enlevée peu de semaines après ma naissance, mais ne l'ayant pas connue, je ne la regrettais qu'impersonnellement et mon père me chérissait pour deux.Mon père, le meilleur, le plus tendre, le plus aimable des pères! En vérité, je l'adorais,.Je l'admirais aussi, fière d'être la fille de Jean Clairande.Toujours il avait été pauvre.Les figurines qu'il modelait et qu'à la manière des coroplastes de Ta-nagra, il nuançait de teintes délicates, charmantes créations de sa fantaisie ingénue, de son génie souple et harmonieux, ne furent appréciées à leur valeur qu'après sa mort, pour le grand bénéfice des marchands d'objets d'art et le contentement des collectionneurs clairvoyants.Cependant, je n'ai jamais vu mon père triste ni surtout maussade ou amer.Il était généreux, enthousiaste, serviable malgré ses déboires.Parfois, il reprenait courage en se répétant cette phrase plusieurs fois séculaire du vieux peintre Cennino Cennini."Il y a ceux qui vont à l'art pour le gain et ceux qu'y conduit la beauté de leur âme." Parce que son âme était belle.Jean Clairande aimait son art saintement, purement et d'un amour allègre.J'entends encore ce rire franc et singulièrement limpide qui m'a appris la sainte gaieté.Un de mes amis appliquait à mon père ce mot de la Béatrice de Shakspeare: "Quand je naquis, une étoile dansait au ciel." Etait-ce donc de cette marraine sidérale qui, pour n'être pas l'étoile d'un homme fortuné, fut certes, bien celle d'un artiste et d'un poète, que mon père tenait son pouvoir magique d'embellir tout ce qui effleurait sa pensée ou son regard ?Il savait dégager pour moi le charme, le sens et, parfois le mystère des choses.Il me donnait tout le miracle joyeux et fleurissant de la nature en fête dans une petite caisse pleine de terre où nous semions des graines et voyions s'ouvrir des corolles, et tout l'infini de la mer dans une coquille nacrée dont il me faisait écouter la voix montante et sentir l'arôme salin.Avec ce maître charmant, l'étude m'était douce; Nos promenades étaient magnifiques, nos repar.avaient un air de dînette et jamais enfant n'entendit contes plus merveilleux que ceux dont s'enchantèrent mes veillées.Enfin mon père me fit connaître "Lull", et ce fut là le plus précieux de ses dons.Je me souviens du jour où nous avons parlé de "Lull" pour la première fois.Par grand hasard, j'étais demeurée seule à la maison une partie de l'après-midi et mal disposée, j'avais pleuré d'ennui.Mon père montra un grand éton-nement: — Tu t'es ennuyée toi, petite!.Eh! bien mais.et ton imagination ?Qu'est-ce que tu en fais ?Son apostrophe s'amplifiait d'emphase.Il avait prononcé ces mots:" Et ton imagination ?" du ton dont il eût dit à un milionnaire qui se fût plaint de mourir de faim: "Et ta fortune?" Et je me sentis honteuse tout à coup.— Petite Flavie, reprit mon père, ignores-tu ton privilège ?Les artistes et les enfants, qui sont de grands imaginatifs, ont reçu des dieux un présent magnifique, le pouvoir de ne s'ennuyer jamais.dans la solitude s'entend!.L'ennui, le découragement, l'envie, la paresse, autant de monstres hideux et perfides.Quand ils te menaceront, petite Flavie, chasse-les impitoyablement et, pour ce faire occupe et charme ta pensée, joue, travaille, chante des chansons, redis-toi des histoires, rêve à des chimères, appelle à l'aide ton esprit familier et, d'une chiquenaude, il te délivrera des visiteurs malfaisants.— Mais, objectai-je amusée, c'est que je n'ai point d'esprit familier.— Tu en as un ! s'écria mon père.Comme le plus pauvre des poètes, comme la plus simple des petites filles, tu en as un.,.Tu ne le connais pas encore, mais je l'ai vu se pencher sur ton berceau; il te fut toujours fidèle.C'est lui qui te répond, quand tu parles à ta poupée, c'est lui qui aime les images que tu regardes, lui qui t'apprend tout bas les plus jolis jeux, ces jeux subtils que les grandes personnes ne conçoivent pas.C'est lui qui, par ses sortilèges, te rend plaisantes les leçons et facile l'effort d'être une enfant bien sage, lui qui te sourit parmi les choses que tu trouves belles, qui pare toute ta petite vie de grâce et de gaieté.— Cher bon père, insinuai-je alors, malicieuse, je crois connaître fort bien au contraire, le sorcier, qui accomplit ces prodiges.c'est toi! Mais mon père protesta.— Quelle erreur, c'est bien lui, mignonne! Donne un nom à cet esprit ami, à ce serviteur de ta fantaisie et de tes rêves et tu verras qu'il existe en dehors de moi, tu éprouveras sa présence et ses charmes.et plus jamais, tu ne seras seule.L'idée me séduisait infiniment, je m'informai du nom que je devais choisir.— N'importe, fit mon père, la première syllable qui te viendra aux lèvres.Dans un rayon de soleil, des grains de poussière dansaient.Mes yeux suivirent distraitement cé chemin oblique et doré sur lequel des miliers d'êtres aériens semblaient monter et descendre et soudain, je ne sais pourquoi, ce vocable au son léger sortit pour moi de la lumière: Lull.— Lull! m'écriai-je.Il s'appellera Lull.avec deux I.Mon père se mit à rire.Il paraissait ravi.— Lull avec deux ailes, Flavie!.c'est cela.Oui, Lull doit avoir des ailes; il t'emportera plus loin, ma fille.et plus haut! Quelque temps après, je priai mon père de me décrire Lull ; al( m, d'un peu d'argile et de rêve, il fit une statuette.Et Lull qui était déjà un esprit et un nom, eut désormais une apparence corporelle.Pétri d'une matière suave et, en vérité, comme diaphane dont il semble que mon père ne se soit jamais servi avant ni depuis cette incarnation d'un être insaisissable Lull est fragile et charmant.C'est un adolescent, presque un enfant, et c'est un lutin, elfe, ou sylphe Son sourire est clair comme l'aube et frais comme le printemps mais ses yeux sont pensifs et mystérieux ; on se dit qu'ils ont dû voir et comprend re beaucoup de < hoses.D'impalpables gazes voilent son corps long et frêle qu'on croirait enveloppé d'illusions et de songes, et il a des ailes, des ailes délicieuses qui vivent, dont on ai tend le frisson argenté .Lull ingénu, chimérique et profond fut le chef-d'œuvre de Jean Clairande.Au salon de l'année, on se disputa l'exquise figurine.Mais Lull n'était pas à vendre Jean Clairande me l'avait donné.Et, dans son testament, mon père exprima la volonté formelle que sans souci de la valeur de l'œuvre ni de ma jeunesse, Lull me fut laissé.Les dernières paroles de mon père me recommandaient à madame Hermance Roche, la tante de ma mère, qui me prit chez elle et veilla pendant dix ans à ma santé, à mon bien être et à l'heureux achèvement de mes études.Madame Hermance Roche était ma seule parente; je dois lui savoir grand gré de sa sollicitude, car je ne lui inspirais aucune sympathie et il lui déplaisait certainement de voir en moi le portrait vivant de mon père que, par incompatibilité de nature, elle n'avait jamais aimé.Ma tante Hermance s'était formé du devoir un idéal assez austère et très strict auquel on ne peut lui reprocher d'avoir été infidèle.Mais pour la louer, on en venait toujours à employer des formules négatives; on disait : "Elle n'est pas méchante, elle n'est pas sotte, elle n'est pas avare, elle n'a jamais fait de mal.Il ne fut pas venu à l'esprit de dire: "Elle est bonne.elle est intelligente, elle est généreuse, elle fait le bien." Et cette remarque la peint à merveille.Son plus grand défaut était de se complaire dans une indifférence inoffensive, Tout lui était embarras.Un remords l'eût fatiguée.Elle avait placé sa fortune à fonds perdus, sortait peu, ne recevait pas,ne s'intéressait beaucoup à rien ni à personne et menait ainsi, sans peines ni joies, la vie la plus monotone et la plus insipide qui se pût concevoir.Le bonheur était à ses yeux une chose négative comme la vertu.Et j'imagine qu'elle se fût empressée de refouler comme importune et dangereuse, toute velléité d'attachement qui l'eût poussée vers moi, l'affection n'allant pas sans trouble, elle le savait.Quant à moi, si je songeais à reprocher quelque chose à ma tante Roche, ce serait moins peut-être de ne m'avoir pas aimée que de ne m'avoir pas permis de l'aimer elle-même.La maladie qui l'emporta, une bronchite aiguë, dura douze jours pendant lesquels jt> l'ai soignée très tendrement, sans que rit n indiquât qu'elle en fût contente ou touchée.Mais, deux ou trois heures avant sa mort, comme je me penchais pour la faire boire, une grande douceur passa dans ses yeux ternis, et, très bas, elle murmura : "Pauvre petite1" C'est l'unique parole aimante qu'elle m'ait adressée jamais.Maintenant, je suis seule, toute seule dans le vaste monde et, demain, la vieille maison familière ne m'abritera plus, quoique je sois bien pauvre, n'ayant plus devant moi que quelques centaines de La Revue Moderne.—Octobre 19 27 francs, reliquat du legs de mon père, je ne me sens ni abattue ni troublée, et l'incertitude me plaît en ceciqu'elle comporte des possibilités, d'agréables imprévus.Mon cher père.Dieu merci, ne m'avait pas laissé que de l'argent.Lull me reste et, avec lui, quelque chose du courage, de la force joyeuse, de l'enthousiasme actif, de la gaieté de Jean Clairan-de.Je suis jeune, bien portante, pas trop sotte ni maladroite.Je travaillerai vaillamment.J'ai beaucoup lu, l>eaucoup appris, un peu rêvé, feuilleté les belles images, écouté les belles leçons que m'offrait le vieux Paris, mon ami et mon maître.et, je puis le dire, ô cher père, jamais plus je n'ai souffert d'une heure d'ennui.Ainsi, je me suis préparée à la lutte qui, je le savais, m'attendait tôt ou tard, à la vie qui m'attire, en vérité, plus qu'elle ne me fait peur.Peut-être ne montre-t-elle grise mine qu'aux visages timides ou maussades ?Moi je lui souris de toute ma jeunesse.Peut-être est-elle moins revêche qu'elle ne le parait .qu'on ne le dit ?Il Paris, 11 novembre.Quelques mois avant sa mort, mon père m'avait dit: "Tu devrais Malencontre écrire ton journal, petite, c'est une habitude excellente et salutaire, et c'est un passe-temps charmant.Quand on raconte sa vie, on s'aperçoit généralement qu'elle est beaucoup plus intéressante qu'on ne pouvait le penser.On prend de ses actes une notion plus juste, on classe ses idées, on voit plus clair en soi, et autour de soi, on évite ainsi quelques sottises.Puis, ma foi, pour peu que l'on soit sincère et qu'on ait l'âme propre et jolie, on en vient insensiblement à se préoccuper de vivre en harmonie, en beauté, afin de pouvoir écrire la vérité toujours et de n'avoir à écrire jamais rien de mauvais, de laid ni de vulgaire.Raconte ta vie à Lull, le soir avant de t'en-dormir.il en fera son profit." Et plus tard, chez ma tante Roche, un gros cahier aux trois quarts griffonnés déjà, avait continué de recevoir, avec le récit fidèle des événements de ma petite vie, le secret enfantin de mes impressions de chaque jour.Ma tante s'avisant de cette expansion quotidienne s'en montra surprise et mécontente.— Ecrire son journal, dit-elle, c'est donner à sa propre personnalité une importance ridicule, c'est livrer la clef des champs à la folle du loigs qui s'enfuit je ne sais Pour être au courant de la nouveauté en Musique et Broderie, il faut s'abonner à notre Journal mensuel de Broderie et Musique 25 CENTS PAR AN Raoul Vennat 3770-.Î772 (Ancien 642) St-Penis Tri.I -i ii-m'J.:!ih;.-, LES PARENTS souvent ijrnorent la faiblesse visuelle de leurs enfants.La Prudence exige que vous leur fassiez examiner la vue avant l'entrée en classe.CARRIERE Se SENECAL OptnmMrlafM-OptU Irni è l'HAivl-Olcu I.l ( ST> •( ITIIHCIM' KST.TKL.IA.7070./'owr vous tenir nu courant du mouvement scientifique Lisez LA SCIENCE MODERNE Revue Mensuelle Illustrée Directeur, L.J.DALBIS.Demandi z lis conditions d'abonni nu nt avec primes.Boite Postait' \M, Station \.Montréal.Prix du numéro, 25 sous.Prix de l'abonnement, $.1.00.où et court la prétentaine, à la chasse aux papillons bleus.Une petite fille ne doit pas écrire son journal.et cette distraction pernicieuse vous sera désormais formellement défendue.A cette réprimande, je ne répondis rien, et, forte de l'opinion de mon père, je m'empressai de désobéir à ma tante le soir même, de reprendre mon journal.Par malheur, ma rébellion fut découverte, et le pauvre gros cahier définitivement confisqué.Je pense que ma tante le brûla et cette exécution découragea ma plume.L'autre jour, cependant, parce que je me sentais seule et singulièrement désœuvrée dans le vieux logis inhabité et sans âme d'où mes habitudes étaient déjà parties, j'ai écrit quelques pages, précisé, au hasard, des souvenirs lointains et le goût m'est revenu des grifon-nages confidentiels.Une existence nouvelle va commencer pour moi, j'en dirai à Lull, comme autrefois, les bons et les mauvais jours, les réalités et les rêves.Une amie de ma tante, madame Marcilly qui est bonne et me témoigne une grande sympathie, m'a indiqué une pension de famille, tenue par de braves gens parfaitement dignes et honorables, et dont les prix sont des plus modérés.M'y voici, depuis plusieurs jours, installée.J'habite une petite chambre claire à laquelle des rideaux blancs bien lavés et noués de rubans cerise donnent un air propre et presque coquet.Sur la cheminée et la commode, j'ai disposé des choses précieuses, les photographies de mon père et de ma mère, tout jeunes et souriants, Lull fragile et éternel, mon bel encrier de Saxe, la petite aiguière de cristal filé où mon père aimait à mettre une fleur, une seule, la plus belle que, selon la saison, il pût se procurer, le coquillage nacré où j'écoutais la mer, puis, dans un cadre ancien, une exquise miniature, le portrait d'une aïeule de mon père, une dame Rose de Clairande, peinte à seize ans, en costume de fée.Mon père se plaisait à constater entre mes traits et ceux de la petite dame de Clairande, une ressemblance qu'il déclarait saisissante.— Quand tu seras grande, disait-il, on pourra croire que c'est là ton portrait.Mon père aimait cette grand'-mère qui semblait devoir à sa baguette de fée la grâce d'avoir encore après plus d'un siècle, si joliment seize ans, et dont les yeux rieurs pensaient sous leurs cils incurvés, des choses mystérieuses.Sans qu'il y eut peut-être préméditation de la part de l'artiste, il advint que Lull aussi, Lull au fin visage adolescent se trouvât res-remblor à Rose de Clairande.Ainsi, l'aïeule-fée, Lull et moi, gardons-nous un air de famille.I.ull qui fut mon jouet chéri, reste mon ami, mon dieu lare; où que j'aille, je l'emporterai, où il sera, je ne me sentirai pas tout à fait étrangère.Mais où vous emporterai-je, Lull, où irons-nous, tous les deux ?Demeurerons-nous à Paris ?Oublierons-nous notre vieux quartier Saint-Sulpice et le Luxembourg élégant et noble ?Emigrerons-nous en province, ?Traverserons-nous la frontière ?Courrons-nous vers des pays inconnus où les lèvres, les esprits et les coeurs ne parlent pas le même langage que nous ?Les points d'interrogation ont une physionomie, j'en vois d'importants et de légers, de souriants et de maussades.Lull, esprit subtil, savez-vous où la vie nous mène ?et ce que je serai demain, secrétaire, demoiselle de compagnie, ou institutrice?.Mon hôtesse, madame Painfray —un nom prédestiné—me comble d'attentions et de sourires maternels; sa maison est calme et d'une bonhomie charmante, j'y resterai jusqu'au jour où j'aurai trouvé la situation que je cherche, que madame Marcilly veut bien chercher pour moi.La volonté de travailler ne suffit pas.La difficulté paraît-il, est de rencontrer, au moins à Paris, une situation qui implique l'avantage d'être logée et défrayée des soucis de la vie matérielle.Pourtant, je n'ai pas l'intention de me montrer exigeante.Et j'accepterais sans dicussion le premier emploi acceptable qui serait offert à mon impatiente activité.Paris, 13 novembre.Madame Painfray m'a communiqué, une annonce parue, ces jours derniers, dans un magazine familial et bien pensant et qu'une de ses pensionnaires avait soulignée de rouge à mon intention."Dame âgée, habitant toute l'année la campagne, cherche demoiselle de compagnie, jeune instruite, de famille distinguée, de caractère facile et gai.Appointements annuels 2,400 frs.Envoyer portrait et références sérieuses.Château de Malencontre,—Salvat l'Aigueverte— par Saint-Allyre, Cantal.Madame Painfray avait l'air triomphant.— Je ne nie point, mademoiselle, dit-elle, que vous puissiez trouver une résidence plus désirable que ce château auvergnat, mais il est de fait que cette châtelaine auvergnate pourrait bien chercher dix ans et ne pas trouver une jeune compagne qui répondit aussi bien à ses vœux.J'aime les décisions promptes, elles satisfont à la fois ma nature et mes goûts.J'ai donc pris ma plus fine plume et offert mes services à la châtelaine de Malencontre.Je lui ai parlé de la famille de Clairande qui est fort ancienne et a laissé tomber la particule je ne sais quand, et de Jean Clairande mon père,.Je lui ai dit que j'étais jeune et gaie, que je chantais un peu, d'une voix haute qui passait pour jolie, que j'avais fait d'assez bonnes études pour n'être pas trop ignorante et que, si elle voulait bien m'accueillir avec indulgence et bonté, j'aurais un trop grand désir d'être aimée d'elle pour ne pas essayer de lui paraître aimable et ne pas apporter à lui complaire tous mes soins. Octobre 19 27 , U5 Malencontre La Revue Moderne.Les références sérieuses n'étaient pas pour me gêner, madame Mar-cilly m'ayant autorisée à me recommander d'elle et à donner son adresse aux personnes qui souhaiteraient de se renseigner sur mon compte.Restait la question du portrait.Là, mon embarras fui grand.Mon portrait! Mais depuis mon enfance, depuis la mort de mon cher père, personne jamais n'a songé à me conduire chez le photographe et j'avoue n'avoir pas plus songé à y aller.Qui donc se fût soucié de posséder mon image ?Quelques compagnes de cours, madame Marcilly,.la vieille bonne de ma tante, voilà tout.et encore! Devant la demande formelle de la dame âgée, à quel parti me résoudre ?Courir chez un photographe et poser ?Mais pour avoir une épreuve, je devrais attendre au moins huit jours! Que faire, que faire ?Mes yeux cherchaient Lull, implorant un conseil.Ils rencontrèrent un clair visage.celui de l'aïeule-fée qui, tendre et malicieuse, souriait du fond de son cadre, sa baguette d'or à la main.Je pris la précieuse miniature et je m'approchai de la glace.La veille même, madame Pain-fray réalisant la prédiction de mon père, m'avait demandé à quelle occasion de bal ou de comédie, j'avais porté ce gracieux costume de conte ?Je ne le lui avais pas fait dire!.Etais-je donc aussi jolie que cela ?Très consciencieusement, très impartialement, j'ai comparé.Dame Rose de Clairande, la chose n'est pas contestable! Après trois générations, je vous dois cet oval pur, encore un peu enfantin, cette bouche, ce nez, ce teint transparent, blanc et pourtant rose, ces cheveux dont on pourrait dire qu'ils sont trop blonds si le soleil au moindre reflet ne leur prêtait son ardeur dorée, et trop fins s'ils étaient moins mousseux et moins abondants, ces yeux enfin, ces yeux bruns qui sont un peu gris ou un peu verts selon l'heure et qui rient en pensant à on ne sait quoi.Une étoile brille à votre front, votre robe légère, blanche et pailletée d'argent découvre vos épaules fines et je suis vêtue de noir jusqu'au menton, mais j'ai votre cou fragile et un peu long, votre port, votre taille; comme vous je suis très mince, avec un corps qui semble frêle et qui n'est que souple et qui est robuste et sain.".oui, en vérité, votre portrait, grand'-mère toujours jeune, votre portrait c'est le mien ! Alors.Alors, bonne grand'-mère-fée.j'ai couché votre image dans une petite boîte ouatée comme un écrin, et, pensant que votre baguette vous garderait de toute aventure malheureuse, je vous ai envoyée en messagère, vers la dame vénérable qui aime la jeunesse et la gaieté.Vous m'attendrez là-bas dans le château inconnu.et votre pouvoir me portera chance.Paris, 19 novembre.Pas de réponse! .Le temps me semble long.Oh ! les jours écoulés ne sont pas encore assez nombreux pour justifier mon anxiété.Ce sont les paroles de madame Marcilly qui m'ont déconcertée, inquiétée même.J'arrivais joyeuse, contant mon bel espoir, mais, comme je terminais mon récit, avouant dans un sourire l'envoi quelque peu frauduleux du portrait, de cette ancienne miniature que MadameMar-cilly connaissait bien, mon aimable protectrice changea brusquement de visage et prit un air désolé.— Vous avez envoyé cette miniature! Mais ma pauvre enfant, que ne m'avez-vous consultée! C'est fou, absolument fou!.Vous lui envoyez votre image—car il n'y a pas à dire, c'est bien votre image—en robe de féerie, les épaules nues et les cheveux épars.Ma pauvre, pauvre enfant, à quoi avez-vous pensé ?Toute mon exaltation était tombée.— J'ai pensé, madame, fis-je très confuse, que cette dame qui souhaitait une demoiselle de compagnie jeune et gaie, ne se souciait point d'avoir sous les yeux un trop laid visage.— Hélas, ma mignonne, si elle a fait quelque réflexion de ce genre, c'est soyez-en certaine, un visage trop joli qu'elle a—assez justement—redouté.Mon Dieu, quelle opinion lui avez-vous donnée de vous.Maintenant, je serais bien surprise si vous receviez une réponse favorable.Et je vais reprendre mes démarches d'un autre côté.Ma chère petite, votre ignorance, votre extraordinaire ignorance de la vie me navre, quand je songe que vous voici jetée si seule et si désarmée dans la lutte! En quittant madame Marcilly, j'avais, bien qu'elle m'eut embrassée avec une tendresse apitoyée, les yeux pleins de larmes et le cœur serré.Il faut donc qu'une demoiselle de compagnie soit désagréable à voir ?Moi, j'aurais cru le contraire.C'est sans doute, parce que je n'ai pas assez réfléchi.ou peut-être encore parce que j'ai trop rêvé.Je me figurais déjà ma vieille dame adorablement souriante et main nelle, sous ses cheveux blancs.car elle aura les cheveux blancs!.Comment une si charmante vieille dame eût-elle supporté la présence morose de la jeune fille à coiffure tirée, à visage terne, à robe mal taillée, sous les traits de laquelle, Madame Marcilly—et toits les gens sensés, j'imagine—se représentent très certainement la demoiselle de compagnie idéale ' Lull, mon doux ami, c'est vous qui m'avez passé cette inspirai ion funeste.Lull.l'envoi de l'aïeule-fée, c'est un tour de votre façon.Oh! Lull, devrai-je désormais me méfier de vous ?Paris, 22 novembre.Victoire! ma lettre a plu et les atours de Rose de Clairande n'ont pas causé de scandale, puisque ma châtelaine «antalienne—elle s'appelle madame de Malencontre—se montre satisfaite et m'ouvre toutes grandes les portes de son château.Avant-hier, je me sentais déjà un peu rassurée, sachant que Madame Marcilly avait reçu de madame de Malencontre un long message à mon propos.Mais aujourd'hui, je triomphe! Quatre pages m'arrivent à moi, une lettre de ton assez mélancolique, mais si bienveillante que me voici enchantée de mon futur sort.Dans la seconde partie de cette lettre, madame de Malencontre, s'excuse presque, cependant, de m'ofïrir une existence très sévère, peu conforme sans doute aux goûts d'une jeune fille telle que moi— ceci est la part du costume de fée— et me conseille de réfléchir avant d'en affronter la paix monotone et peut-être l'ennui."L'annonce de la Veillée dit que j'habite la campagne, n'est-ce pas plutôt la montagne et le désert qu'on devrait dire?Certes le roc basaltique au faite duquel, depuis sept siècles, le château de Malencontre domine les gorges farouches de la Salve, peut séduire une imagination romantique.Mais le village de Salvat et ses environs sont dépourvus de toutes ressources en fait de société.Quant à moi, je suis vieille et triste, et, comme beaucoup de vieilles gens que la vie a lassés et meurtris, fort sédentaire.Il y a bien trois ans que je n'ai quitté ma retraite rocheuse où la belle saison ne change guère que l'apparence extérieure des choses et où l'hiver est plus long et plus noir qu'il ne vous est possible de l'imaginer.Eprouvez donc, mademoi-moiselle, votre courage et votre gaieté.Dites-vous qu'il faut aimer beaucoup la nature et n'en point craindre les solitudes sauvages ou agrestes, pour se plaire à Salvat et qu'il faudrait porter en soi la joie et le soleil avec la jeunesse, pour ne point trouver Malencontre bien sombre et ma compagnie bien morose.Méditez votre décision, je vous le répète pour le repos de votre conscience, en souhaitant toutefois de ne pas être parvenue à vous faire trop peur de mon pays et de moi." Ici suivent des indications précises sur le voyage de Paris à Salvat qui est assez long et compliqué.Le sort en est jeté! Je vais écrire à madame de Malencontre que, ce 24 novembre, je me mettrai en route vers Salvat l'Aigueverte, par le train du soir.Paris, 24 novembre, 5 heures Le temps est triste et noir II a plu de la "neige fondue" comme dit l'excellente madame Painfray.Il fera froid cette nuit dans le train.Je vais partir; ma chambre est dépouillée de ce qui en faisait un "home", Lull enveloppé de papiers soyeux et d'ouate floconneuse, dort dans une boite blanche où j'ai celé sa forme fragile avec les violette d'un gros bouquet que madame Marcilly m'a envoyé ce matin.Et ma malle est pleine.tout ce que je possède est là! Le chemin de fer ne passe qu'à une assez grande distance de Salvat.A Saint-Allyre, j'abandonnerai le train et prendrai la patache qui fait le service de Salvat.En quittant Paris ce soir, je sera à Saint-Allyre demain vers deux heures.Quant au moment du jour où j'atteindrai Salvat et Malencontre, qui peut le prévoir avec l'aléa du mode de transport ?Madame Painfray m'a dit, les larmes aux yeux que, sans moi, la maison, maintenant, lui semblerait vide.Je lui ai promis que, si je revenais à Paris, je lui écrirais pour lui demander la chambre aux rubans cerise et qu'ainsi, je croirais revoir un petit "chez moi".Madame Marcilly m'avait très amicalement demandé de lui consacrer ma dernière soirée de Paris, et, hier, j'ai dîné chez elle.Son accueil comme toujours a été cordial.Nous avons parlé beaucoup de mon voyage et des conditions de ma vie à Malencontre.M.Marcilly se souvient d'avoir souvent rencontré à son cercle, il y a quelque vingt ans, un baron Renaud de Malencontre, le mari de ma châtelaine selon toutes probabilités.— C'était du reste,, dit-il, un assez triste sire.pas un méchant homme, peut-être, mais un de ces êtres faibles et inconscients qui déconcertent la sévérité autant qu'ils éloignent la sympathie.—.Je n'ai pas eu l'honneur d'être présenté à madame de Malencontre, ajouta M.Marcilly, mais elle %rivait à l'écart et je n'ai jamais entendu prononcer son nom qu'avec beaucoup de compassion et de respect.Monsieur de Malencontre mort, le silence complet se fit et j'ignorais totalement le sort de la pauvref emme si, longtemps après, je ne m'étais trouvé en relations d'affaires avec un cousin du baron Renaud, monsieur André de Malencontre qui est un agronome distingué.J'appris ainsi que mada^ me de Malencontre avait bravement tenu tête à l'adversité, jusqu'au moment où l'héritage d'une parente lui avait permis de racheter Malencontre et ses dépendances et de connaître des jours meilleurs.Son fils avait fait un assez beau mariage et sa vieillesse s'annonçait paisible et heureuse.Je ne puis me rappeler—peut-être ne l'ai-je jamais su—dans quelle province de France était perché le vieux nid des barons de Malencontre, mais il y a les plus grandes chances, je crois niaclemoiselli .poui que !> i hateau où vous allez vivre se trouve être celui dont j'ai moi-même entende parler et pour que voire aimable "dame âgée" soit la veuve du baron Renaud.Ces détails m'avaient vivement intéressée.— Je suis contente, remarqué m.«laine Mm .i i un peu chez qui vous allez, petite Flavie, et je n'aurais pas manqué de faire allusion à ces relations anciennes, dans ma lettre à madame de Malencontre, si j'avais supposé que le nom de monsieur de Malencontre dût évoquer autre chose que de pénibles ou tragiques souvenirs.Je me suis donc bornée à dire le bien que je pense de nous.et j'en pense assez, vous le voyez, peur que la bonne dame -TAMCi> Mli.Wl^mr.Ontario Teintures Diamond Trempe» «.-ni»,,,mi pour TKTXTKR.nu faits* hnuillir pour TBlNPiiK sorte de réaction ; se croit l'éternelle sacrifiée.Désirs et aspirations inassouvis, demande trop à la vie, et ne sait pas voir les petits bonheurs qui passent.et.pourtant le graphisme ne manque pas d'énergie, mais l'imagination trop vive développe un sentimentalisme romanesque.On regarde ses chagrins avec une loupe, et la sensibilité trop vive, presque maladive, gâte cette nature qui pourrait être charmante.Réagir.réagir à tout prix, chasser de son esprit les espoirs fous, irréalisables, ne plus vivre d'un rêve, mais de la réalité.Mais voilà, il y a l'égoïsme qui n'est pas mince, et qui fait qu'on se comptait dans son "Moi".Bonne affectueuse, sentimentale, facile à se chagriner, sa nature inquiète la porte à se tourmenter.Volonté passive, pleine d'endurance, une force d'inertie qui fait qu'elle est très résistante.Rarement satisfaite, et pour uu rien, boude la vie, broie du noir.et noie dans des peines qui n'existent que dans son imagination féconde, les petites joies de chaque jour.Un bon et très juste sentiment du devoir .pleine de bonne volonté, mal soutenue.Un cœur exalté comme l'imagination.Humeur variable et dépressions morales.Tout cœur et tout sentiment.La Petite Poste—* CONDITIONS:—1° 8 sous do mot.1 | ¦ onijtrla lea mota de l'adresae.1 2° Chaque annonce devru être accom- I par née du nom et de l'adresse de I i'annonceur.3° l.cn annonces doivent t notiN être adressées avant le quinze | du itioIm qui précède ta publication • de la REVUE.Afin de réprimer tout abus qui 1 pourrait s'Insérer dans la Petite Poste, ! la direction de La fie-vue Moderne se X réserve le droit de refuser lea annon- t ces ou de lea modifier suivant le cas.g I.ee changements seront faits de façon t a respecter 1er sens absolu de l'annon- t ee.L,'arj;rnt sera retourné avee lea | annoncée refusées, moins les frais de 1 poste.; NOTE DE LA REDACTION:—Les personnes dont les noms suivent, sont priées de réclamer leurs lettres à la Revue Moderne avant le 15 octobre, après cette date, toute correspondance étant entre nos mains, depuis plus de trente jours, sera impitoyablement jetée au panier.Mellcs Violette Laforest, Thérèse Laurier, Marise Lalande, Louise Lalement, Madeleine Lebrun, Mireille, Melle "B.A." Simone Beauchamp, Jocelyne Brunette, Catherine Moderne, Chrysanthème, Clair de Lune, et Rayon de Miel.Messieurs C'ourval, G.Duclos et Sans Chagrin.JE M'ENNUIE.Qui veut me dis-11 aire ?Lia, Casier 67, Sherbrooke.OI.A demande correspondants, soit anglais ou français.01a Matt, Poste Restante, Sherbrooke.YVETTE GIROUARD, instruite, distinguée, jolie, musicienne, bonne, recherche tendre ami.Ayant position assurée, Rivière-du-Loup, Que."ROMEO" cherche Juliette.Casier 67 Sherbrooke.DESIRERAIT correspondants distingués, cultivés.Thérèsc de Varcnnes, Poste Restante, Sorel, Que.GENTILS correspondants demandés."Kglantine Saismoy", Yamachiche.MONIQUE et DENISE désirent correspondants .Une est musicienne, choisissez.5512 Jeanne D'Arc, Montréal.A JEAN LE MYSTERIEUX, qui passe ¦ s \ .n .mers à Old Orchard, Me., et m'écrivit de là; Melle "X", St-Jérôme, demande les noms et adresse, pour commu-nii .itions importantes.QUI VIENDRA distraire Marguerite IVschamps ?.Rivière Bleue, Co., Té-misrouata.Ql'l dans la trentaine veut correspondre avec Camille-Bienvenue ?.198 rue Nntn 1 l.imi I , Montréal.M1VS IVEet LOUISE PRINCE veulent des amis Casier: 239 Ste-Thérèse, ( Trrrebonne), Que.QUI veut aimer "Petite Souvenir"?Souvenir, St-Gédéon, I-ac-St-Jcan, Casier: 25.Que.BRUNETTE instruite, anglais, français, correspondrait avec jeune homme de 25 à 35 ans.But quelconque: Melle Bor-deau, Boîte 70, Embrun, Ont.CORRESPONDANTS de 30 à 35 ans demandés.Gisèle DeBoncœur, 192 Bart-lett, St., Lewiston.'.Maine.DEMOISELLES riches, de 18 à 40 ans, venez causer avec René.1835 .William David.Montréal.- JE SUIS "CANADIEN" J'aimerais à correspondre avec "Canadienne" âgée de vingt (20) ans, environ.Gérard Bouchard, 11 Mill Street, Amesburg, Mass.VENEZ distraire deux exilées: Lili et Mimi, 852 South Main, VVaterburg, Conn.QUELLE petite dame ?particulière, d'affaires, franche, 30 ans ou plus.But: Conseils mutuels.Jour d'Automne, 198 Notre-Dame Est, Montréal.QUI veut être le prince charmant de Marise ?St-Georges de Beauce, Que.ISEULE est bien seule.St-Georges de Beauce, Que.EXISTE-T-IL un gentil correspondant ?Bibiane-Jeannine.St-Georges, Co.Beauce, Que, DEMOISELLE de profession désire correspondre avec monsieur de profession, d'âge moyen.V.S., Boîte postale, G.Station N., Montréal.QUI distraira Andrée Duval.Poste Restante, Sherbrooke, Que.JEUNE FILLE de bonne éducation désire correspondants distingués et sérieux, dans la trentaine.Violette Dupré, 15 Milville Ave, Cornwall, Ont.JEUNE MEDECIN demande gentilles correspondantes.Jean Rollin, 198 Notre-Dame Est, Montréal.W JEUNE HOMME désire '''correspondre avec jeune fille distinguée.Lucien, 356 St-François, Quévbec."JEUNE FILLE" distinguée, vingt ans et "vingtième siècle": style simple, yeux noirs, trouvera-t-elle le correspondant rêvé?, sérieux, pas trop sentimental, ni banal, sachant écrire, etc.Colette Gauthier, St-Anselme, Que.DEJA LA BRISE glaciale souffle dans la ramure.Qui viendra jaser à mon foyer ?Gaston D'Orléans, Cléricy, Via Rouyn, Québec.JEUNE HOMME, de 25 ans, désirerait correspondantes, pour distraire ses moments de nostalgie.Edgard Bienvenue, Copper Hill, Cléricy, Que.BERTHE répond toujours.Bcrthe Dubreuil, Robcrval, Que.QIM?.viendra distraire la petite Robervaloise.Lelly Francœur, Rober-val, Que.JEUNE FILLE, instruite, pratiquant les sports, aimerait à correspondre avec étudiants.Jan Yeu.Poste Restante, Sherbrooke, Que."CLAIRE DE MAUR" désirerait correspondants gentils et distingués.147 Boulevard I.angelier, Québec.QUI saura m'apprendre à aimer?.Yvonne Laviolctte, 198 Notre-Dame Est, Montréal.AIMONS-NOUS.Renée Adorée, 198 Montréal.Voulez-vous ?.Notre-Dame Est, QUI aime l'avion?.J'attends réponse par Spirit of St.Louis, Colinette Lindberg, 4210 Garnier Montréal.CORRESPONDANTES demandées .Maurice.640 Bloomfield, Outremont.ETUDIANT en repos, désire correspondants, correspondantes, cultivés: Photos demandées.A De Lamartine, St-Pbilippe, Kamouraska, Que, Courrier de Madeleine {Suite de la page 49) vous le méritez! Des distractions vous sont offertes qui rompront la monotonie de votre vie, et vous rapprocheront, qui sait, peut-être de la joie que vous convoitez.Nul ne peut le souhaiter plus vivement que celle qui vous aime bien.EVE AUX VIOLETTES.—Vous ai-je déçue par mon peu de perspicacité?Je le crains puisque pas un mot n'est venu, même pour me dire qu'en fait de devin, il y avait mieux.Peut-être ai-je tort de ne prendre des gens que ce qu'ils veulent bien me livrer, er de ne pas chercher à savoir davantage.Que le début de l'automne a de charme, et comme les érables deviennent jolis, émouvants même.JEUNE AMIE.—Je souhaite que votre année soit heureuse, et que l'étude apporte à votre esprit si ouvert, les plus belles satisfactions.Profitez de ces années pendant lesquelles la vie se prépare, et entassez en vue de l'avenir les biens intellectuels qui sont les plus précieux.Je ne vous oublierai pas petite fille charmante, et j'attendrai de temps à autre un mot de bonjour.EMILIENNE M.—Il faudrait adresser à chacun d'eux personnellement, votre invite à la correspondance, car nous ne pouvons nous faire l'intermédiaire entre ces personnes et vous.Ces relations doivent s'établir personnellement et non par mon entremise.Je regrette de ne pouvoir vous obliger ainsi mais je suis sûre que vous comprendrez que la chose m'est impossible.LES POUDINGS COMME DESSERT Les Poudings se recommandent à la ménagère comme dessert à servir fréquemment, parce que le pouding ordinaire se digère facilement par les enfants.Toute la famille peut ainsi jouir du régal.Voici 2 recettes qu'on a trouvées spécialement délicieuses qui sont faciles à préparer et des plus économiques.Pouding au Pain à l'Orange.3-4 tasse de lait condensé Eagle Brand 1 tasse de miettes de pain émiettées fin.2 jaunes d'oeufs légèrement battus Jus de trois oranges 2 tasses d'eau chaude 1 cuillerée à table de beurre fondu Ecorce d'orange râpée 1-4 cuillerée à thé de sel.Ajoutez l'eau chaude au lait condensé mêlez bien et versez sur les miettes.Laissez refroidir.Ajoutez les jaunes d'oeufs, le sel, le beurre fondu, le jus d'orange et l'écorce et versez le tout dans un bol beurré.Mettez le bol dans une casserole d'eau chaude et faites cuire au four à peu près 45 minutes.Faites une meringue des blancs d'œufs battus en neige et 1-4 tasse de sucre et étendez sur le pouding.Faites brunir au four modéré Servez froid.Ajoutez les œufs entiers au pouding, si vous préférez et servez froid avec la crème en omettant la meringue.Résultats du Concours Mois de Septembre Les personnes détenant les numéros suivants sont priées de réclamer leur prix sans délai, soit en se présentant à nos bureaux, soit en nous envoyant sous pli recommandé la copie de LA REVUE MODERNE qui portera le numéro gagnant.Voici la liste des numéros, ainsi que les prix que nous donnerons à qui de droit: 1er Prix No.701 .$10.00 2ième " No.2003 .'.00 Slème " No.6 .3.00 llèrne ¦ No.4000 .2.00 .Même " >n.270 .1.00 filème * No.9009 .1.00 7ième " No.1101Ô .1.00 Même " No.4600 .1.00 !»lèmc " No.4 .1.00 lOlème « No.3417 .1.00 La Revue Moderne.— Octobre 1927 Comment Elever nos Bébés Par le Dr.P.PIRONNEA U Le lait de chèvre.—Dans certains pays, notamment dans les régions montagneuses où les vaches font défaut ou sont rares, l'emploi du lait de chèvre est assez répandu.On y voit même les enfants téter directement le pis de l'animal.Ce mode d'allaitement a été tenté dans certaines villes; à Paris, notamment, MM.Barbillion, Boissard, Toussaint ont cherché à le répandre.Les avantages reconnus au lait de chèvre résident surtout dans le fait que cet animal est rarement frappé par la tuberculose.Sans doute les statistiques révèlent-elles une moindre morbidité chez la chèvre que chez la vache par le bacille de Koch, Néanmoins du jour où elle cesse de vivre isolée, mais est soumise à la stabulation au milieu des vaches, la chèvre devient tuberculisable.D'autre part, des travaux publiés dans ces dernières années ont montré que, dans diverses contrées où les chèvres sont nombreuses (île de Malte, Tunisie, etc.,), une grande proportion de ces animaux véhicule une espèce microbienne redoutable pour l'homme; ce microbe engendre la maladie dénommée fièvre de Malte ou mélitococcie.D'autre part l'usage du lait cru de chèvre n'est pas absolument inoffensif, et, si certains faits ont pu paraître favorables, il en est d'autres par contre signalés par M.Variot et M.Marfan et d'autres médecins d'enfants où ces auteurs ont observé de fréquentes infections gastro-intestinales, de l'amaigrissement, des troubles de l'accroissement, du rachitisme.Enfin les principaux reproches adressés à l'usage du lait de chèvre dans l'aliment-tation du premier âge résident dans la différence de composition comparée avec celle du lait de femme et surtout dans la variabilité de sa valeur qualitative tant suivant les race que chez le même animal suivant les jours.Sans vouloir frapper d'interdiction de façon absolue le lait de chèvre dans l'allaitement du nourrisson, nous estimons pouvoir avancer, d'après les griefs précédemment exposés, qu'il ne constitue qu'un aliment d'exception.Lait d'ânesse.—L'emploi du lait d'â-nesse ne peut pas plus que celui du lait de chèvre être étendu à la pratique courante.La faveur dont il a paru jouir tient à ce qu'il est un lait maigre, c'est-à-dire pauvre en graisse et en matières albuminoïdes.A ce titre il ne peut être utilisé qu'au cas de troubles dyspeptiques.D'autre part il supporte mal la stérili-lisation et doit être traité par la mèhode aseptique.C'est de plus un lait extrêmement cher.Son emploi est donc réservé aux enfants malades.Le lait cm.—Nous avons vu dans un précédent chapitre avec quelle rapidité le lait est envahi par une flore microbienne très riche.Nous avons également montré qu'il pouvait être le véhicule de divers microbes pathogènes, notamment du bacille tuberculeux.Donc pour s'autoriser à pratiquer l'allaitement artificiel au lait cru, il faut avant tout s'être assuré qu'il a été trait par la méthode dite de la traite aseptique et peu avant l'heure de sa distribution.Cette règle est encore plus rigoureuse pendant la saison chaude.On devra également exiger que la vache laitière ait subi l'épreuve de la tuberculine.La première de ces conditions confère au lait de vache un prix de revient très élevé, qui fait de ce procédé d'allaitement une méthode réservée aux familles privilégiées.Mais, ces cond'tons mises à part, le lait cru est loin de convenir dans la majorité des cas au premier âge.Le nouveau-né le digère difficilement; nous avons pu constater par nous-même des indigestions que caractérise le rejet soit par les vomissements, soit par les gardes-robes de blocs voluminux de caséine et de beurre que n'avaient pas attaqués les sucs digestifs.Les selles sont souvent grumeleuses, d'odeur fétide.Au bout de quelques mois, le lait cru est plus aisément digéré et peut, dans certains cas, rendre des services.Mais ils ne sont pas suffisamment nombreux ni certains pour nous pei mette d'ériger ce mode d'allaitement en règle générale.Le C oumer de Madeleine RODOLPHINE C—Je regrette que vous n'ayiez pas eu les renseignements que j'avais préparés à votre intention, mais je m'en console en constatant que vous avez trouvé déjà ce que vous cherchiez.Il me reste maintenant à former des vœux pour votre définitif succès, et à attendre votre future visite qui ne tardera pas trop je l'espère.YVONNE M.—Voulez-vous envoyer directement votre acquiescement, car à la revue, nous ne nous chargeons pas de faire communiquer les correspondants à la petite poste, entre eux.Nous leur laissons le plaisir de se trouver tout seuls, et l'opération, me dit-on, ne rate jamais.SŒUR MARIE E.B.—J'ai énormément regretté de vous avoir manquée, lors de votre passage à Montréal, mais ma tentative de vous rejoindre a malheureusement échouée.J'espère être plus heureuse la prochaine fois.Il m'intéresserait de savoir si tous les éloges que je vous ai faits du milieu, où vous alliez passer, se sont vérifiés, ce que je souhaite bien vivement.MME ARTHIUR M.—J'espère que l'exemplaire que nous avons envoyé a reçu votre approbation, et que nous vous compterons désormais au nombre de nos meilleures amies.MELLE RACHEL B—En vous adressant au sous-ministre de la voirie, M.Boulanger, vous recevrez sans doute le recueil si intéressant que vous désirez obtenir.MME NAPOLEON F—Je vous ai moi-même fait l'expédition demandée, et je suis prête à recommencer autant de fois qu'il vous sera agréable de faire appel à mes bons offices.S'il est une chose qui est facile, c'est bien de faire plaisir à une amie telle que vous, sensible et charmante qui sait si bien apprécier la plus petite attention.Je vous recevrai toujours avec plaisir au courrier.Je vous attendrai fidèlement, et nous retirerons l'une et l'autre de nos entretiens, j'en suis certaine, de consolantes pensées.FRAGILE.—Oui, je vous garde tout près de mon cœur, petite chose fragile et charmante dont j'aime l'expression attendrie, qui se révèle dans chacun de vos billets.Je ne me lasse pas de vous lire, et je me sens le grand désir de vous être utile, si je le puis, et agréable autant qu'il se pourra.Gentil votre envoi que nous ferons paraître l'un de ces jours prochains, et qui ravira ceux qui aiment les choses fragiles.qui durent, en raison même de leur fragilité! SABRI.—Je suis tombée en arrêt devant ces lignes: je me suis sentie désappointée de vivre", de revivre plus tôt, "c'est facile de mourir".Je suis de celles qui croient en effet qu'il n'y a qu'une chose difficile: vivre! Et que mourir vient tout doucement, .sans que l'on s'en aperçoive beaucoup, et au moment, où l'on est détaché de l'existence, que l'on a fait même le sacrifice d'aller plus loin,.On a cru au repos, et il faut reprendre la route et continuer, nous ne savons trop où, tant les chemins sont longs et difficiles.Puis avec les forces, le courage remonte, et c'est heureux que nous ne restions pas là, désemparés et malheureux, sans un secours qui vienne de nous-même.Quand je souffre, j'aime le silence, et les consolations glissent sur moi, J'attends toujours le songe qui montera et fera tout rayonner, et qui m'est envoyé par la Grande Force qui régit les âmes.Je tiens à très |X'u de choses, si vous saviez, et j'aime le travail qui permet d'être un peu utile.Il faut faire ce que l'on doit faire, pour gagner le lot suprême à la loterie de la vie, et ce lot-là, n'est-ce pas de gagner sa mort sereine, apaisante et acceptée ?Vous l'aviez méritée, et si elle s'est enfuie, c'est que vous avez encore quelque chose à faire, et que vous devez aller jusqu'au bout du devoir.D'ailleurs, vous avex autour de vous des êtres à chérir.Vous ne faillirez pas à la tâche de les aimer chèrement, je le sais, et ainsi vous reprendrez dans l'existence le rôle bienfaisant qui vous est dévolu, et dont vols vous êtes crue un moment déchargée.Je souhaite que vos forces reviennent vite, vous apportant le goût des joies qui composent la plus belle partie des jours.Ecrivez moi souvent; ne sommcs-ni/fu pas de la sorte d'amies qui se restent fidèles à travers les ans, et savent toujours reprendre la conversation où elle s est arrêtée la veille, si loin que soit la date de cette veille-là.RACHEL.—Voulez-vous hausser vos lignes un peu plus, afin que votre jolie écriture si lisible pourtant devienne encore plus accessible à mes yeux tourmentés r Vos chers billets me sont une joie, car j'aime la sensibilité dont ils s imprègnent tout autant que la confiance qu'ils reflètent.Vous savez offrir votre tendresse avec un tel charme que de la recevoir nous devient un contentement exquis.Continuez à verser la meilleur de votre affection, ce trésor qui s'enrichit à se donner, et devenez ainsi la petite millionnaire qu'aucune débâcle ne pourra atteindre et qui restera immuablement riche.CROQUEMITAINE.—Est un personnage, absolument légendaire, né dans quelque conte bleu, et que l'on utilise pour faire peur aux enfants, surtout à ceux qui rechignent le soir, pour gagner leur petit lit.MARGUERITE LA FOLLE.—Anne d'Autriche était l'épouse de Louis XIII de France, et non de Louis XIV qui avait épousé Marie Thérèse d'Espagne, reine qui fut d'ailleurs aussi terne que son mari, éblouissant.Aussi a-t-il pu dire d'elle à sa mort: "c'est le premier chagrin qu'elle me fait" chagrin d'ailleurs dont il se consola fort bien, comme savent se consoler les hommes, de tous les chagrins de ce gentre.MIMI PINSON—Manon Lescaut a été écrit par l'Abbé Prévost, dont l'oeuvre fut médiocrement appréciée par ses confrères religieux, et cela va de soi.C'est Massenet qui a écrit la belle musique de cet opéra si intéressant.Vous pouvez juger par vous-même de ce choix, que je serais fort en peine de dicter alors que je ne connais personne de ceux que vous me nommez, il me faudrait donc fermer les yeux pour désigner quelqu'un, et vous avouerez que cette manière de procéder n'aurait rien pour vous convaincre que j'ai raison.FOLLE AVOINE.—Tiens! c'est assez curieux ce que vous me dites-là, mais je ne me sentirais pas du tout à l'aise pour en causer avec chance de vous convaincre.Seulement vous estimez avec moi que la jeune fille qui vous aime ne pourra accepter que vous vous payiez tous.ces petits luxes, sans concevoir de grandes craintes pour son bonheur futur.La liberté que vous réclamez est, ma foi, assez large, et je connais bien peu de femmes qui reconnaîtraient que vous avez le droit d'agir ainsi.Vous permettez que je pense, cette fois, avec la majorité,.J'HESITE.—Vous hésitez à renoncer à ce qui donne actuellement à votre existence tout son intérêt pour accepter de vivre absolument en dehors de votre cadre ordinaire, avec un mari que vous aimeriez naturellement.Seulement vous craignez tout ce changement et qu'il vous apporte des ennuis pour gâter votre bel amour.Si vous n'étiez pas capable de surmonter votre crainte, me dites vous, qu'adviendrait-il de votre bonheur?Dans les circonstances, il ser.iit dangereux pour l'avenir de votre fiancé de lui demander de changer de ville et d'aller tenter fortune ailleurs, c'est-à-dire de laisser le certain pour l'incertain.Il est prêt à tous les sacrifices, me dites-vous, mais vous savez combien celui-là est périlleux entre tous qui vous expose à des désillusions et à îles reproches, si tout ne s'arrange pas au gré de vos espoirs.Je ne saurais donc vous dofIMI un conseil que vous seriez en droit de me reprocher, et je ne puis que «nu-haiter que tout s'arrange au mcilleui de vos intérêts et de vos sentiments.NIX.—Heureux monde qui vivi / s.ui* inquiétude, et qui cependant .ispirez encore à quelque chose que vous n'avez pas, qui rêvez du tumulte quand vous possédez la paix, l.i divine p.iiv1 |.connais votre jolie thébaide et le charme q'jj s'en dégage m',» .laissé un inoubliable souvenir Je- yojis' .71 ¦ tous revu» en •.mag-nat'iol, • e,i 'tpuhaitûnt 'que votre bonheur soit doux et par'f.in, '.fill.int que (Suit* tta pirge:4$)t ;¦ r Pour /a Chevelure Savon Babij's Own .j i « Le me/I/eurpour bébé etpour vous ion La Qualité du VERRE TAILLÉ portant celle cliqueite it Garant le par THE NATIONAL ASSOCIATION OF nJT GLAS S MANUEACTURERS Lie Manulacturf i Montréal pai GEO.PHILLIPS t, CO.LTD.0*5.u« s, Il.Il 11 11 J» 4&-S-J.D-0 " "Lt* Cunwnm CLARK Vou.A.
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