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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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Références

La Revue moderne., 1927-11, Collections de BAnQ.

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ftlEDOIHHl' 'Les Cuisines Clark vous Aideronï' Beefsteak aux Oignons Clark Ce régal des plus délicieux est tout prêt à servir.Du bon boeuf "Canada Approved", des oignons cuits à point et une sauce appétissante — essayez-le.Les Mets Préparés Variez le service des repas et évitez de la main-d'oeuvre fatigante en servant les délicieux Mets Préparés CLARK qui épargnent temps et combustible.Quel avantage aux jours de lavage, du grand ménage, de marché, etc., de pouvoir servir un repas délicieux dans quelques minutes.Quelle ressource lorsqu'arrivent les convives imprévus.Les habiles Chefs CLARK préparent ces mets si bons dans des cuisines scientifiquement aménagées en se servant autant que possible des produits des fermes du Canada.Les Fève* an Lard Clark —sont la perfection des fèves, nourrissantes, délicieuses et économiques.Dîner Bouilli Canadien Clark—pl a t sa t i s f a I -sant qui comprend viande et légumes.Langue de Boeuf Clnrk —la perfection même —prête à servir.Boeuf salé haché Clark —sans os ni cartilage.Soapea Clark—choix de 13 soupes délicieuses.Ajoutez de l'eau, faites jeter un bouillon et servez.Spaghetti rult Clark— avec sauce aux tomates et fromage.Viande en pot et en pain Paré de Veau, Jambon et Langue, etc., délicieux pour sandwlches.Ketchup aux Tomates Clark Banco Governor Clark les Tomates "Northern", variété exclusive Clark, apportent ce goût savoureux si recherché aux produits ô la tomate Clark.Simplifiez l'ordinaire Avec un assortiment des bonnes choses CLARK dans la dépense, vous éviterez la cuisine.W.CLARK, Limitée, Montréal, Que ST-REMI, Que.- - - HARROW, Ont La Revue Moderne Il n'est pas accepté d'abonnement pour moins d'une année.Toute année commencée est due en entier.Tout chèque pour paiement d'abonnement doit être fait payable au pair à Montréal.— Littéraire — Politique — Artistique — Directrice: Madame HUGUENIN (Madeleine) Kédlafc< en Collaboration 198 Est, rue Notre-Dame.MONTREAL, Canada Tel: Main 3272 Chèques, mandats, bon de poste doivent être faits payable à "ordre de la " Revue Moderne" Prière d'adresser toute communication à "LA REVUE MODERNE" Montréal çe Année No.i "S'Unir pour Grandir" Novembre, 1927 Sommaire Page Je MlK mollit'')- KTS lil colline.M ,.|.n> :! L'Honorable H.IL Bennett, Luc Aubry.5 La Pension Leblanc (chapitre) Robert Choquette.7 L'Art d'embellir la Vie, Gabrielle Lan-gelier.8 A travers tout, Madeleine.Les Antilles, La Directrice.!» Quelques Notes, Jacques Hardy.11 Venise (poésie), Mme Alphonse Daudet.11 Vers les Pays enchantés, R.R.12 ROMANS: Anne Mérival, (roman canadien inédit à suivre).13 Le Prince Cbarmnnt, (complet.Alphonse Croizière.19 Malencontre, (à suivre), Guy de Chante-pleure.27 FEMINA: Les choses féminines.50 Pour les Jouets.:!s Les Choses Féminines, Mme Vennat.39 Le Coin des Mamans, L'Hygiéniste.tl Mademoiselle PlégTBS, Frédéric Boutet.42 Le Courrier du mois, Madeleine.1.1 Etudes graphologiques, Pierre Lumen.46 Comment Elever nos Bébés, Dr P.Piron- neau.49 Petite Poste.48 Livres et Revues.4,1 Enquête de Lue Auhi'y.4.'{ LA REVUE MODERNRE \K REPOND F \n DES MANUSCRITS COMMl MlH h RESULTATS DU CONCOURS MOIS D'OCTOBRE Et je suis montée vers la colline 2lèrne 3ième 4iéme âième 6iénie 7ième 8ième 9ième lOiéme 3.00 No 8907 No 9302 No 17300 No Kl.-.dl No 1S!I!I!I No 12222 No 19957 No 14558 No 16699 No 13348 Les personnes détenant l'édition de septembre portant un des numéros gagnants, sont priées de réclamer leur prix sans retard.Les numéros suivants ont gagné des prix: 701, 2003, 6, 4000, 270.9009.11015, 4600, 2.3417.A travers les arbres embrasés de pourpres et d'ors, je me suis avancée lentement, agrippée par des branches rudes qui faisaient de ma montée vers la colline, un véritable supplice.Je sentais que les pieds me faisaient mal.et que l'effort de marcher allait devenir impossible.Est-ce que je rêvais ?Peut-être ?Arrivé à mon point, d'aimer l'isolement, l'on ne sait plus être éveillé ou endormi, si on parle avec soi, ou avec un autre?Si rude que fut la montée, j'allais, et maintenant j'avais la certitude que j'étais bien éveillée, que mes gestes étaient voulus, que toute ma volonté gravitait, car un cri léger me rappela le petit chien qu'aurait aimé if.Bergeret, ma petite San Toy, au trot menu, qui me suivait dans la montagne, et faisait pour la première fois sa visite aux morts.Nous passâmes toutes deux par des sentiers impossibles, afin que la bête qui est une "lady" dans sa race de peti s chiens, n'eut pas l'affront de se voir mise hors les murs.Elle ne sait naturellement pas toutes les mesures rigoureuses prises par les gros hommes contre les petits chiens, mais elle m'a confié le soin de sa dignité, et je n'ai garde de l'exposer à quelque affront.Furtivement, par une entrée-découverte, nous pénétrâmes après maints détours, dans la cité du Silence et de la Douleur, plutôt la cité de la Paixl Tavais pris San Toy, sous mon bras, afin qu'elle n'imaginât aucune gambade intempestive sur les tombes où des gens pleuraient.Je lui parlais pour qu'elle cessât ses petits cris nerveux qui étaient sans doute autant de questions craintives.Et je lui expliquais où nous étions, ce que nous venions faire en ce lieu, où il ne fallait pas aboyer ni ne faire aucun bruit.Elle m'écoutait les yeux levés sur les miens, et si intelligemment liée à mes pensées, que j'avais conscience qu'elle me comprenait.Le cimetière avait fait toilette automnale, et tous les tombeaux, ou presque, portaient des fleurs, au milieu des feuilles frémissantes.Certaines concessions funéraires où se fanaient des roses, avaient l'air triste d'une maison où l'on serait souvent venu, puis que l'on aurait finalement désertée.Comme ils doivent se sentir morts, ceux qui dorment sous les fauchées de fleurs mortes, et n'entendent jamais les voix qui traversent les couches de terre et font entendre des mots de tendresse.Est-ce que la douleur de n'être pas aimés s'arrête à la mort, ou se continue dans l'infinité des siècles?L'on croit volontiers, dans son égoisme brutal que la souffrance humaine s'arrête à la vie, mais jusqu'où va-t-elle nous poursuivre ?Où atterrissons-nous pour recommencer à souffrir, pour être heureux ou malheureux, le jour où, de ce monde-ci, nous nous détachons, las et écoeurés, pour qu'on nous enterre au pied d'un monument sur lequel notre nom se grave.Puis c'est bien fini] Il se trouve quelquefois une pauvre femme.Quelques enfants et un tout petit chien pour aller jusqu'où nous sommes.Et l'on redescend, pour embrasser d'un geste d'admiration, toute la vallée, au fond de laquel'e se démasque le Saint-1.aurenl, et s'écrier, comme si vraiment nous aimions la nature: Mon ^'n£gQQQ^/' Csl ^ II arrive à des âmes trop lourdes, à des coeurs trop fatigués, à des âmes trop secouées d'éprouver l'appel des morts, et de crier leurs peines aux disparus, dans le fol espoir qu'ils peuvent quelque chose, pour les vivants, nos pauvresmortsl Ont-ils gagné des sphères inaccessibles ou subissent-ils le spectacle de la vie d'autrefois, dont ils sont débarrassés ?Ce jour-là, je trouvais au cimetière le calme que mon âme cherchait, et San Toy, en boule à mes pieds se recueillait les yeux luisants entre les cils mi-clos.J'avais besoin de rester.Ne doit-on pas parfois s'arrêter auprès de ceux qui sont morts, mais qui vivants n'ont jamais détourné leur coeur et leur pensée de notre unique présence.Et adossée au socle funéraire, je regardai très loin, plus loin, m'appliquant à déchiffrer des noms sur les monuments.Les noms de gens dont j'aurais connu l'histoire, ou trouvé l'amitié.Je me souvins soudain de grandes tendresses passées dans ma vie et qui m'avaient si adorable-ment apporté le charme de leur sourire et la grâce de leur sagesse, hommes et femmes, dont l'esprit charmant avait laissé planer sur nos générations des souvenirs de bonté, de finesse et de distinction.Je les implorai à voix basse et tendre, et de m'être souvenue d'eux, j'éprouvai une soudaine détente.Je m'habituai à la pensée d'habiter cette Cité que dominaient des êtres que mon coeur avait jadis élus, et qui m'attendaient là.dans la terre où, un jour, sans doute, j'irai dormir.La nuit s'en venait.San Toy, discrète et douce se frôlait à mes jambes, un peu effrayée de descendre le raidillon qui apparaissait noir comme un grand trou creusé au flanc de la colline.DANS NOTRE PKOCH AIN F.EDITION: Tous nos lecteurs se rnp|M'lloiit le Joli roman: "Bols de Huis", publie sous la signature de Madame .Liinni' Perdrld-Vnlssière.Il y a une couple d'années, el qui mail remporté un profond sucres.Nous croyons répondre à l'attente plusieurs l'ois exprimée par les lecteurs de notre revue, en donnant une nniivcllc œuvre de cette distinguée i, mm.de lettres.Nous leur présenterons cette fols "1 est votre Histoire", histoire triste H douce.Hère et sensible ou s'iifflrnienl des êtres d'une belle qualité d'âme el d'une rare distinction à côté de personnages i^iit.tsqui's i qiihei|nés.et parvenus.Tous ceux qui liront "("est votre histoire" se sentiront surtout i l'aise nu milieu île o«* siècle qui est le leur el «il Ils retrouvent des êtres qui pensent et sentent comme eux"."Anne Mérivai sera donnée en suite et fin pour élre olciiltc distribue en volume le mois suivant et mis en librairie s-us le titic 'Comme on fait sa *ii .awe une préface de M.1 oml.in de Montlgny.Les plus chair.iatils éloges accueillent ce roman qui exprime l'âtttf do notre directrice, et s» façon de souligner le» plus p'-i'ls détails s;nis paraître y toucher.I n troisième roman, etc.à suivre."Malencontre".Pour encadrer toutes ces belles oeuvres des axtl-des île Madeleine, des contes canadiens et antres, tons de Noël, des Illustrations choisies. nyo rue Saint-Denis La Revue Moderne.— Novembre 1927 Le Nouveau Chef Conservateur » Le choix de l'Hono'rable M.R.B.Bennett comme chef du parti conservateur, a paraît-il, cause un profond étonnement, et je me demande où vivaient les gens qui ont pu être surpris d'une telle élection que tout recommandait, que tout imposait! M.Bennett, d'ailleurs, a l'allure d'un chef; l'on voit très bien cet homme conduire les autres, mais on ne l'imagine guère dans les rangs! Je l'entendis un jour parler dans un grand discours dès les débuts, je crois, de sa carrière politique.Un ami qui savait mon peu d'enthousiasme pour les dissertations de bleu ou de rouge, avait insisté pour que j'assiste à l'assemblée: "Tu sais qu'on entendra, ce soir, un tout jeune député, récemment élu dans l'Albcrta, et qui parle mieux que Laurier et Bourassa." Et comme il me vit lever le sourcil du courroux, il retraita prudemment, en disant: "ou aussi bien, aussi bien." La salle était enthousiaste.en sens contraire.Sir Robert Borden y avait été respectueusement écouté; il était le chef, et l'on sait recevoir dans Québec, mais les autres orateurs ne purent se faire entendre.C'était un tapage indescriptible.Je poussai mon compagnon et l'invitai à vider les lieux, avant que ne survienne la grande bataille.Il refusa net de sortir avant d'avoir entendu M.Bennett, et quoique sûr que son attente serait vaine, je me résignai à faire comme lui.Quelques minutes plus tard, un grand et fier jeune homme s'avança, sans hardiesse mais avec une mâle assurance.Mon bonhomme n'attendait que cela pour crier: "Hardi, Bennett, conte-leur ça!" Je crus que la catastrophe éclaterait.Mais à ce nom de Bennett tout se passa bien autrement.Le peuple renseigné sur la prestigieuse! éloquence de M.Bennett était d'avance décidé à l'écouter.Il pouvait ne pas penser comme lui, mais ça ne lui paraissait pas suffisant pour refuser d'écouter un homme qui pouvait parler comme Laurier ou Bourassa.Et ce fut un discours si admirable, si vibrant, si empoignant que je ne l'ai jamais oublié! Et sans qu'il s'en soit jamais douté, je crois que ce soir-là M.Bennett lit la conquête de la province qui est plus sensible que toute autre, parce que latine,à la somptuosité dans tous les arts, or le nouveau Chef possède à un degré merveilleux, celui de soulever les émotions humaines par la splendeur du verbe.L'éloquence de M.Bennett ne peut atteindre à sa fougue comme à toute sa puissance si elle choisit son expression hors la plus belle langue qui soit parlée au monde.II sait bien laquelle! Et, pour un homme qui s'assimile comme en se jouant les problèmes les plus arides, qu'est-ce que c'est que d'apprendre le français?Quand je dis le français, je n'ai nulle intention des petits plats que de nos compatriotes anglais bien intentionnés et charmants nous offrent en hors- d'œuvre, mais le français de tout un discours et que l'on manierait avec clarté, précision et vigueur, pas dans des termes traduits, mais pensé en français.Certes, cela paraîtrait énorme, s'il fallait se vouer aux bouquins, aux manuels, tout aussi bien qu'au dictionnaire.M.Bennett sait mieux que personne qu'il faut penser en français—et je jure qu'il trouvera cela délicieux.Il sait encore qu'il ne peut arriver rapidement à cet effort qui pourrait effrayer un esprit moyen, mais émerveillera un esprit supérieur Donc, M.Bennett sera tout de suite rallié à ma suggestion.Et pour lui en avoir inspiré le goût, il faut que je complète mon bienfait en lui présentant le compagnon Idéal qu'il doit attacher à sa personne et ne pas s'en détacher avant que celui-ci ne lui dise: "Allez vers ceux de ma race, et dites-leur que vous avez appris leur langue pour savoir comment leur dire que vous voulez aider et servir leur idéal." Et ce com- pagnon, cet animateur français que je dois bien nommer comme l'esprit le mieux avisé et aviseur, qui connaît sa province, sa race, et les hommes de sa nation, qui comprend mieux que bien d'autres de quelles scories il faut déba-rasser le viel arbre conservateur pour y faire refleurir de jeunes pousses, ce jeune homme est un journaliste au courant du coeur canadien-français, et il se nomme M.Louis Francœur, rédacteur à La Patrie.Nul mieux que M.Francœur ne saurait être professeur d'histoire québécoise, ni professeur de franc,lis.Tous en conviendront ! De ce congrès de Winnipcg jaillit le fait saillant que le parti conservateur est resté solide et uni.Le nom de M.Bennett s'imposait, et devant le magnifique vainqueur, tous, délégués et candidats, d'un seul coup, se sont inclinés! Voilà de la discipline, et qui mène haut! Il es) évident que la tâche la plus rude de M.Bennett sera Québec, et que cette tâche, il devra l'accomplir seul ou à peu près.Il s'est déjà affirmé trop fort tacticien pour utiliser des concours inutilisables, et les concours nouveaux il faudra les trouver lui-même, parce que lui seul est capable de ce geste d'autorité et de belle tactique dans le présent.Il ne peut oublier que M.Mackenzie-King rallie dans Québec ses meilleurs lieutenants, et que c'est en équilibrant de telles valeurs qu'il pourra entreprendre la grande lutte.Du tempérament de M.Bennett je dégage certaines caractéristiques.Il est mystique parce qu'il a la foi vive qui permet les plus hauts sacrifices, soutient les courages et maintient les énergies! Ce mysticisme nous le rendra donc plus sympathique.Il est fantasque, emporté.toutes vertus françaises que l'on verra pratiquer à cet Ecossais de la meilleure souche, sa façon de comprendre trahit encore le traditionnaliste en lui.Je soupçonne encore M.Bennett d'aimer les vieilles choses et leur charme désuet.Il subira l'emprise émouvante de notre vieille province, écrite en style héroïque, à la première page de notre histoire, et il voudra l'aimer! LUC AUBRY.LE QUARTIER LATIN Le petit journal universitaire sérieux, gouailleur, et un petit brin bohème nous revient, et recevra de partout le plus souriant accueil ! Il reflète la jeunesse de l'époque, et loin de désirer que les professeurs y occupent une large collaboration, nous proposerions volontiers qu'on restreigne leur place à sa plus simpliste formule, voire même à zéro, et que tout soit pensé, écrit et mis en page par les grands gosses du béret.Dans le Quartier Latin, les professeurs peuvent nous débiter tous les cours, funèbres ou réjouissants, mais paraîtront toujours faire tète de conférem m r-, écoutés par politesse, tandis qu'il sera si amusant d'y voir se démener à la diable, tous ces jeunes qui essaient leurs plumes, et diront sans doute beaucoup de bêtises amusantes.Cela me rappelle une fantaisie sportive, signée Eddie B., dans Ib premier numéro de cette année qui avait ses défauts, mais annonçait un sens de l'humour très fin.Alors, celui-là, lancez-le dans Max (VRell.Il y fera aimable figure, je vous l'affirme.Mais pas de fadadises, déversa ux étoiles, de couplets à la demoiselle, de lamenteries sur la vie qui change.Laissez-la changer la vie, mes gSs, et sachez bien qu'elle a de grandes chances de devenir meilleure que l'ancienne, et posez-lui, le rire, le rire immortel de votre jeunesse.Et surtout, surtout, mon Dieu, gardez-vous d'être mufles, solennels aji pompiers, et faites que l'on n'accroche pas à votre petit journal, quand vous l'aurez fait combattre comme un jeune coq, cette manière d'ultimatum qui fait que l'on peut vous prendre pour de jeunes bêtes féroces échappées de la forêt.Je n'insiste lu*, mais vous verrez, c'est entouré, et écrit en noir, vous savez, en vedette.Empêchez que vos confrères vous fassent passer pour des crétins, et prouvez-leur que vous respectez les dames.sans qu'on vous l'ordonne.Et là-dessus, mes gais lurons, allez, et pour l'amour du bon Dieu, donnez-nous la jolie aumône de votre esprit, le meilleur, celui qui est parfumé de la saine odeur des Gaules, Soyez français que diable, et vifs à l'attaque et prompts à la riposte, tout cela accompli avec de grands airs de gentilshommes de la meilleure époque.LUC AUBRY.Monsieur R.B.BENNETT La Revue Moderne.— Novembre 19 2 7 KÎetide Mieux/ La Revue Moderne.— Novembre 19 2 7 7 La Pension Leblanc Par ROBERT CHOQUETTE Mme Claire Nantel, 28 ans, vient passer un mois dans le "petit Nord" des Laurentides.Elle s'amuse à tourner la tête à Rosaire, fils aîné des Leblanc.Le chapitre VIII raconte la première occasion qu'elle a de faire parler le jeune garçon.Les lignes qui suivent sont extraites d'un roman de Robert Choquette, "La Pension Leblanc", actuellement sous presse aux Editions du Mercure, de Louis Carrier et Cie.CHAPITRE VIII "Après le dimanche le lundi se présenta, avec son air bête ordinaire.On faisait le blanchissage en plein air, dans la cour.Allongés sur l'herbe, à droite de la maison, des draps blancs séchaient au soleil de onze heures.Florida étendait le linge que les deux autres, Léocadie et Toinette, les bras mouillés jusqu'au coude, tiraient des bassines pleines d'eau savonneuse.Une brise molle enflait la jaquette en coton du père Samuel.Denis, assis sur les marches du tambour, tenait la boîte à biscuit Viau, en fer blanc, dont on se servait pour mettre les épingles de bois.La bonne femme s'occupait de la cuisine, aidée de temps en temps par l'une des filles.Elle se retourna.Rosaire, ramenant la trappe d'une épaule, descendait à reculons les marches ratatinées de l'escalier." Il doit mener Mme Nantel au village, en boghei.Mme Nantel s'amuse à le faire parler."Rosaire rit tellement fort qu'il se cogne les genoux l'un contre l'autre.Il se sentait heureux comme jamais dans sa vie.Pour la remerc er de son bonheur, il dit en rougissant, les yeux rivés au porte-fouet: — Vous pouvez dire "tu", madame Claire; c'est comme vous voudrez.— Si tu veux, répondit-elle, touchée.—Vous savez, elle n'est pas ma mère propre.C laire fit une mine surprise.Alors, avant même qu'elle le lui demandât, cherchant ses mots, appuyant sur les passages tristes, Rosaire lui conta son enfance, la mort de sa mère, le découragement du bonhomme; et puis l'arrivée de la Dubuc.Aux deux côtés de la route le sol inculte, semé de roches énormes et de plus petites, montait par houles jusqu'à se perdre sous les paquets d'aulnes et d'arbres à résine établis en étagères.S'il se faisait une éclaircie dans le feuillage, on apercevait plus loin le dos bosselé des Laurentides sur qui l'ombre des nuages jetait de larges taches mouvantes.On approchait du village.Les oreilles de Ben dansaient vis-à-vis des maisonnettes groupées au bout de la route, à huit arpents loin.Le clocher brillait.On arrivait aux premières maisons du village, espacées les unes des autres.Une charrette venait en sens contraire; l'homme s'y tenait debout.— Bonjour, Tit-Noir! lança Rosaire avec un trémolo d'orgueil dans la voix.— Salut, répondit l'autre en rajustant son chapeau de paille.Il resta retourné jusqu'à ce que le boghei fût arrêté en face de chez Jobin.La belle visiteuse descendit.— Damné chanceux! pensa Tit-Noir.La façade du magasin général était peinte en vert.Sur la vitrine de droite, derrière laquelle s'étalait de la verrerie commune, on lisait le nom du marchand.Les lettres, en peinture blanche, s'écaillaient par endroits.Ceux qui ne faisaient que traverser le village restaient sous l'impression que le monsieur s'appelait J.B.JOBIN et conjecturaient sur ses ancêtres.L'autre vitrine présentait, en caractère moins hauts: SALADA TEA.Rosaire ouvrit la porte à carreaux dont le loquet était lâche.Une grêle clochette tinta au-dessus de leurs têtes.Jobin, crayon sur l'oreille, déroulait de l'étoffe sous les mains fureteuses d'une cliente.— oui, oui, c'est en plein ça qu'il vous faut.Combien, vous dites ?Trois verges ?— Deux! rectifia la dame, tournant les petites oreilles de sa bourse en cuir rogné.Mme Nantel tambourinait sur la vitre à niveau du comptoir, où se répartissaient les bonbons à la cent.Rosaire, près de la porte, à côté de l'évier rouillé, attendait.Une odeur d'étoffe et de vernis tapissait la pièce.Devant la fournaise Tortue accroupie au milieu, un crachoir plat ouvrait sa gueule répugnante, pleine de bouts d'allumettes et de bagues de cigares disjointes.Les boîtes de conserves, inégales et de toutes couleurs, se tenaient sur les tablettes derrière le comptoir, épaule contre épaule comme les cadets d'une école militaire.Les tablettes du mur opposé, plus doux à l'œil, étaient rembourrées de lustrine, d'indienne et de flanelle.Casseroles, parapluies, haches, baquets, pelles à main, chapeaux de paille, tout un méli-mélo d'articles restait pendu contre le mur du fond, autour d'une porte battante.Mme Jobin, en matinée en pois verts, parut.On distingua derrière elle, par l'entrebâillement de la porte, un coin de poêle qui fumait, et une chaise droite, sur le plancher jaune.Un enfant pleurait." Mme Nantel achète deux boîtes de chocolat "qui n'en reviennent pas d'étonne-ment".On sort."On fit le tour du village, c'est-à-dire on alla jusqu'au bout de la rue principale, sans hâte, au pas.Ici demeurait le ferblantier, avec la traditionnelle paire de ciseaux dessinée sur une pancarte.On passa devant l'hôtel Canada, tenu par le frère du maire, une façade longue, carrée, percée à distances égales de plusieurs fenêtres qui dénombraient les chambres.Au rez-de-chaussée s'allongeait un châssis vitré où, derrière, deux hommes en train de causer, Mme Nantel devina le nom LOISELLE.Trois maisons plus loin se trouvait une masure abandonnée, la famille qui l'habitait jadis étant partie pour les filatures de la Nouvelle-Angleterre; en face, une cheminée se dressait encore sur des ruines calcinées.D'autres habitations suivaient, dont le perron de quelques-unes, mal peintes, faisait mine d'envahir le trottoir de bois.Plusieurs avaient tout de même un brin de coquetterie.Blanches, plus reculées de la rue, elles montraient une galerie basse, munie de deux ou trois chaises, et dans les fenêtres une rangée de boîtes de conserves où vivotaient des géraniums.De temps en temps le bras d'une femme remuait un rideau, et Claire voyait apparaître un visage d'enfant aux joues gonflées, qui collait sa bouche contre la vitre.Ou bien, quelque chien, sortant de dessous la galerie, survenant du fond d'une cour, venait aboyer près des roues, sans malice, par désoeuvrement.Chaque porte avait son image du Sacré-Cœur, en tôle, et de toutes les cheminées montait une fumée paisible qui bientôt se désagrégeait dans le ciel bleu.— Comment, demanda Claire, vivement, vous n'êtes jamais allé à Montréal ?— Eh! non.répondit le jeune homme en fuyant les yeux de Mme Nantel.— Alors, qu'est-ce qui vous fait croire que c'est beau ?— Bien, j'ai vu des images, des cartes postales.Je ne suis pas un fou non plus, quand je vois les habillements des gens de la ville.Les pantalons de Rosaire, étroits du bas et tirés par le genou, découvraient une chaussette de coton qui disparaissait sous la languette tordue de la chaussure rouge.Claire releva l'œil.Avec la demeure de Jos.Parent, c'était la fin du village.Au-dessus de la porte on lisait, sur une planche clouée: CHARTIER.Mme Nantel, d'un geste machinal, se prit à ouvrir l'une des boîtes de chocolat.La forge était muette pendant le dîner du patron.Une barouche attendait.Claire ne vit rien d'autre.Mais sale, nu pieds, assis sur le pas de la porte à coulisse, un petit pauvre était là.Tout en maniant négligemment un vilbrequin hors d'usage, il regardait venir la voiture.Rosaire, à qui Claire présentait la boîte, ne prit pas moins d'une minute à découvrir le plus petit morceau.— Bouh! fit Mme Nantel en jetant loin d'elle celui qu'elle avait pris, c'est du fer que j'avais sous les dents! Rosaire sentit grandir d'une coudée l'éton-nement respectueux où le tenait cette femme.Mais il avait besoin de se convaincre qu'il n'était pas ébloui.Alors, ne sachant que dire, il mit Ben à son trot du dimanche.Derrière eux le petit pauvre se levait.Et il s'approcha de la route.Les mains dans les poches, le regard ailleurs, d'un coup d'orteil, puis d'un autre, puis d'un troisième, il amena le morceau de chocolat jusqu'à la porte de la forge, parmi les ferrailles recroquevillées.Il se rassit.Ayant ramassé un caillou qu'il fit jouer dans sa main, l'enfant se mit à siffler d'un air indifférent.Il se pencha de nouveau, ramassa ce qui devait être un autre caillou.Mais cette fois il disparut derrière la barouche la tête penchée comme quelqu'un qui examine les roues." S Nos Abonnements etEtrennes 5§ Slï Les abonnements d'etrennes ont toujours été très populaires, et nul 89 Mû doute que cette année, plus nombreux encore seront ceux qui voudront offrir comme cadeau de Noël ou du Nouvel An, un abonnement de |Xjf LA REVUE MODERNE aux amis et parents auxquels ils veulent offrir un cadeau d'ordre intellectuel.Xk 2?Cette etrenne sera la bienvenue par toute la ville, comme à lu campa- gne.Rien ne vaut un souvenir symbolisé par un livre.Or, LA REVUE 2^ MODERNE, c'est douze livres de lecture aimable, instructive, et ce qui ne |ǧ gâte rien, essentiellement canadienne.WÊ n| Chaque donateur ou donatrice d'un abonnement d'etrennes de LA REVUE MODERNE peut nous confier au carte d< visiti , accompagnée j^Ç de ses souhaits, et nous aurons le soin d'attacher cette carte à la Revue qui sera envoyée sous une enveloppe spécialement préparée à cette fin.^£ ^« Faites-nous parvenir ces abonnements au plus tôt, afin d'éviter les flg erreurs qui peuvent surgir dans la hâte des derniers moments. 8 L a Revue M d e r n e — Novembre 1927 L'Art d'Embellir la Vie Les Fleurs dans la Maison.LORSQUE nous avons des amis bien chers, nous aimons à les avoir près de nous, et à les voir souvent.Pourquoi ferions-nous autrement avec les fleurs qui sont aussi nos amies?Les fleurs sont belles au jardin, mais il faut aussi en orner l'intérieur de nos foyers, qu'elles rendent plus intimes, moins froids et plus accueillants.Malheureusement, plusieurs se privent du plaisir de décorer leur "home" parce qu'il existe un faux préjugé, qui veut, que les fleurs soient pour les gens fortunés.Il est vrai qu'il y a des fleurs très dispendieuses, mais elles ne conviendraient pas pour décorer la plupart des appartements de nos demeures, et elles sont loin d'avoir le charme de certaines fleurs, qui se font aimer pour leur grande simplicité.Les orchidées, les camélias, les lis, etc., sont pour les palais; tandis que les marguerites des champs, les pois de senteur, les tulipes, les roses, les muguets, les violettes, les pensées, les pâquerettes, les soucis (calendula), les oeillets, les reines-marguerites, les capucines, les pieds-d'alouette, les glaïeuls, les dahlias et une quantité infinie, conviennent à nos foyers qui ne sont pas des palais, mais où nous aimons à vivre et où nous sommes heureux.Les vases jouent un grand rôle dans IVt'fH décoratif et artistique des fleurs.Les plus simples sont toujours les plus jolis.L'argent, le cuivre, le cristal, les porcelaines de couleur, ainsi que les paniers d'osier conviennent bien à presque toutes les fleurs.Les récipients ornés de fleurs ne font jamais bon ménage avec les fleurs naturelles.Comment voulez-vous que ces pauvres fleurs peintes puissent figurer près des autres?Il faut aussi éviter de mettre plus de fleurs que ne peut contenir le récipient.Des fleurs enfouies dans un vase, sans souci de leur bien-être et de leur effet artistique, font toujours peine à voir.Lorsque nous disposons corbeilles, vases et paniers, il faut les placer de manière qu'ils soient vus d'en haut plutôt que d'en bas.En disposant les fleurs dans un vase, il faut les choisir à différents stages de leur maturité; il faut essayer d'imiter l'effet produit par la plante, qui porte en même temps des fleurs épanouies, des demi-épanouies et des boutons.Il va sans dire que les fleurs de haute taille sont destinées au long vase, panier de plancher, haute corbeille et pour produire des effets dégagés.Tandis que les fleurs de taille moyenne sont toutes désignées pour les effets massés, les bols, et les petites corbeilles.Maintenant je vais donner ici quelques détails pour des centres de table : Décoration de pois de senteur mauve et rose, avec petite fougère, se servir d'un vase très bas en poterie verte.Si on le veut on peut ajouter quatre petits vases remplis des mêmes fleurs, à chaque coin du centre.Une autre jolie décoration pour centre de table: Remplir une corbeille d'osier (couleur naturelle) avec des narcisses jaunes, des tulipes bronzées et quelques violettes pour masser la base des fleurs.Maintenant, passons à une combinaison pour le vivoir: Panier bas en osier avec des reines-marguerites mauves et des soucis jMfcteB et quelques giroflées roses, comme ordure, de la mignonnette.v.jB .n'y a rien de plus gracieux qu'un vase e'n cuivre élancé, avec une seule rose rouge, Par G ABRI ELLE LANGELIER le tout dans cet arrangement dépend de la qualité de la rose.Les pavots d'Islande sont très jolis, lorsque nous les disposons sans aucun feuillage dans une poterie noire.Pour les conserver longtemps, il faut brûler le bout de leur tige, ce même traitement convient aux dahlias.Toutes les fleurs se fanent beaucoup moins vite, si nous les mettons quelques heures au froid et à l'ombre avant de les disposer dans les vases.Ceux qui ont une glacière peuvent les y mettre quelques heures avant de s'en servir.Rien n'égale les fleurs pour égayer un foyer, bien souvent, la présence d'une seule fleur, peut faire oublier bien des misères.Les Bulbes Octobre passe à peine, et il est temps de dire avec le poète Muselli:— "Le vent dans le jardin dépouille les corbeilles; "La lumière qui fuit remporte ses couleurs; "Et l'allée abandonne aux dernières abeilles "Les restes de l'été qui traînent sur les rieurs." Le jardin voit ses fleurs agoniser une à une.La terre se durcit et se blanchit.Les feuilles se traînent et se tordent péniblement, elles semblent crier grâce, demander encore quelques jours de soleil, de vie.Mais, rien ne peut arrêter les éléments des saisons.La nature suit son cours.Il ne nous reste qu'à nous incliner devant l'ordre établi par la volonté de Dieu.Le mieux que nous ayons à faire est de préparer les beautés de demain, qui refleuriront notre jardin dès que les premiers rayons du soleil printanier reviendront nous réchauffer et nous faire revivre.Pour arriver à ce but, il nous faudra planter d'ici à la mi-novembre, tous les bulbes et les plantes bulbeuses, à l'exception du glaieul qui ne se plante qu'au printemps, ainsi que les tubercules de bégonias tubéreux et les dahlias.Tout le reste se plante en automne.L'abbé Provencher nous explique pourquoi les bulbes se plantent à l'automne, en nous définissant ce qu'est un bulbe.Il nous dit que le bulbe appartient plutôt à la tige qu'à la racine, puisqu'il porte des bourgeons et des feuilles, et qu'il donne naissance à des racines.Le bulbe n'est, à proprement parler, qu'un rhizonce plus arrondi, plus charnu ou plus épais, qui donne naissance à des racines dans sa partie inférieure, et à des feuilles dans sa partie supérieure.Durant l'hiver, la plante qui est dans le bulbe, vit aux dépens de ce dernier, qui lui fournit sa nourriture.Le bulbe demande une époque de repos, durant laquelle la fleur et ses alliés commencent à se former.Les plantes bulbeuses ont le très grand avantage d'être variées, de fleurir * une époque très hâtive, quand le jardin est nu et inhabité, et de disparaître dès que leur beauté est passée.Presque tous les bulbes se plantent à l'automne, pendant leur état dormant.Au printemps, dès que le soleil revient, leur beauté sans égale refleurit le jardin.Leur culture est relativement facile.Toutes les plantes bulbeuses aiment un sol assez riche en humus.Cependant, il faut être très prudent, et ne pas les mettre trop en contact avec une fumure trop fraîche.Si l'on emploie de l'engrais animal, il faut le choisir bien pourri; si on ne peut pas l'avoir vieux, il vaut mieux se servir d'os broyé (bone-meal).Il faut aussi que le terrain soit bien drainé.Ils aiment aussi beaucoup de soleil.Une protection contre les grands froids est absolument nécessaire.Un paillis provenant d'une litière de cheval, est un abri sans égal.Pour les espèces très hâtives telles que: lees crocus (saffran), les scillas (scilles), les chinodoxas et les narcisses, il faut enlever le paillis dès que les premiers rayons du soleil se font plus chauds, vers le commencement d'avrrl.Les autres: tulipes hâtives, Cottage et Darwin, peuvent être abritées un peu plus longtemps.Les narcisses et les tulipes peuvent se cultiver en différentes catégories et en différentes variétés.La liste suivante peut convenir pour les jardins d'amateurs et les jardins ruraux: Parmi les narcisses, j'aime beaucoup les: "King Alfred" d'un beau jaune doré, "Em-peror" jaune clair, "Victoria" jaune et blanc, "Poeticus" blanc, avec œil orange.Chez les tulipes hâtives simples et doubles, fleurissant en même temps que les narcisses, les meilleures variétés doubles sont: "Murillo" blanc rosé, "Boule de Neige" blanche, "Safrano" rose thé ou saffran, "Imperator Rubrorum" rouge, "Couronne d'Or" jaune.Parmi les simples: "Pottabakker Scarlet" rouge, "Pottabakker White" blanche, "Rose Luisante" melon d'eau, "Duchesse de Parme" rouge strié de jaune.Au commencement de juin, nous avons les "Cottage" dans les variétés: "Fairy Queen" ambre et saumon, "Avis Kennicott" jaune doré, "La Merveille" saumon, "Cottage Mais" rose pâle.Pour terminer la liste, la fin de juin nous donne les "Darwins", dont ies suivantes sont quelques-unes des plus belles: "Pride of Haarlem" rouge carmin, "Clara Butt" saumon, "Révérend Eubank" et "Re-membrance" héliotrope et mauve, "Farcombe Sanders" et "Isis" rouge brillant, "La Tulipe Noire" rouge sang presque noir, "Margaret'1 rose mauve, etc., etc.Les hyacinthes sont un peu trop délicates pour endurer nos rigoureux hivers.A certains endroits, quand elles sont bien protégées, elles peuvent réussir.Mais comme règle générale, il vaut mieux la cultiver comme plante de maison.Elles sont les fleurs par excellence pour décorer et égayer nos intérieurs rendus sombres par les longs mois d'hiver.Leurs bulbes se plantent individuellement dans des pots, ou encore en groupe dans des boîtes ou des grands pots.La terre doit être riche, noire, assez compacte, sans toutefois, être glaiseuse et dure.La fin d'octobre est le meilleur temps pour les empotter, si nous voulons avoir une floraison hâtive.Après l'empottage, il faut mettre les pots dans une cave noire et les tenir constamment humides.Lorsque le feuillage a atteint quatre à cinq pouces, les pots doivent être montés dans la maison; on les met dans un endroit ombragé jusqu'à ce que le feuillage ait une teinte bien verte, c'est-à-dire, pour une huitaine de jours.Après cela, leur donner beaucoup de soleil et des arrosages fréquents.Il est bon de tenir les pots humides; l'hyacinthe est une des seules plantes qui profitent de l'humidité aux pieds.Rien n'est plus agréable en hiver quand il fait froid dehors, et que la nature est en furie, que de posséder quelques-unes de ces jolies fleurs près de nous.Leur haleine parfumée semble nous réchauffer et nous apporter une brise printanière, qui nous fait oublier la neige et ses misères.GABRIELLF.LANGELIER.N.B.—Pour tous renseignements concernant la culture des fleurs et des arbustes, s'adresser à Mademoiselle Gabrielle Langelier, Station Expérimentale, Cap Rouge, P.Q. La Revue Moderne.— Novembre 1927 A TRAVERS TOUT I I S III I KM SI S NOMINATIONS D'abord, celle de M.I.orenzo Prince, qui n'a jamais perdu dans l'honorable confrérie des journalistes la place de bon camarade, et d'excellent directeur qui le rendait si précieux dans les cadres.Nul n'a jamais su mieux que lui se faire obéir, et servir plus intelligemment les intérêts du journal, sans autrement se soucier de ceux des patrons .qui ont tout de même bénéficié copieusement de toutes ces qualités d'initiative, d'invention, de belle humeur, de flair journalistique et de metteur en scène magnifique où chaque figurant jouait un rôle palpitant.On ne s'ennuyait pas, ce temps-là, dans les bonnes salles de rédaction, aux heures, où chacun sortait sa bouffarde, et la bourrait de tabac du pays, non parce qu'il sentait mauvais mais parce qu'il coûtait bon marché .Quel temps c'était tout de même! Voilà aujourd'hui notre glorieux Prince du journalisme qui occupe d'augustes fonctions, et des fonctions qu'il saura tenir, non-seulement avec une parfaite dignité, mais avec une intelligence aiguisée par une sensibilité psychologique naturelle que des études ardemment suivies ont naturellement orientée vers la perfection.Nous souhaitons à l'excellent camarade d'antan, au cher ami de toujours les récompenses que méritent les gens d'esprit avec lesquels on peut bien mettre les doubles rations, étant donné qu'ils deviennent de plus en plus rares.M.Gustave Comte, journaliste, récemment élu secrétaire de la Commission des Tramways.Puis une autre, qui a eu son petit retentissement heureux dans le corps journalistique, en apportant la nouvelle de la nomination de M.Gustave Comte, à la charge de secrétaire de la Commission des Tramways, où il saura rendre des services de premier ordre.Ceux qui répétaient sur tous les toits que le journalisme menait à tout, pourvu que l'on en sorte commencent à s'inquiéter en voyant notre Gustave, le plus courtois de notre confrérie qui menaçait de ne pas s'en aller, mais notre cher confrère déserte! Il quitte ngs bancs, mais je suis sûre qu'il ne trouvera pas son fauteuil, aussi moelleux que cela, et que ce journaliste qui n'a jamais quitté la bataille \a regretter parfois l'activité contre laquelle, pourtant, il pestait congru ment.Nous le félicitons et de tout notre cœur, nous souhaitons qu'il devienne heureux dans une existence bienheureuse, et nous lui défendons bien de se creuser la cervelle pour "dégager" la circulation! Qu'elle s'emmêle, s'embrouille, s'entortille la circulation.Fini de faire de l'csbrouffe, de s'inquiéter, de courir après les écrasés, de relever les renversés, «le questionner les témoins, et de rechercher les criminels! Fini, ce métier assommant ! Mon bon Gustave, cher et aimable camarade, vivez tranquille, heureux, satisfait ! Tout ce qui vous arrive d'aimable, nous vous l'avons vu gagner à la peine, et sans perdre le sourire jamais! LA FRANCE ET NOUS.D'un geste charmant, la mère-patrie vient de resserrer encore plus étroitement les rapports d'amitié et de confiance qui, notamment depuis quelques années, s'établissent entre la grande et la petite France, par de nombreux échanges de communiqués qui ont paru surtout intéresser la profession médicale.Les derniers congrès ont été remarquables par la qualité des hôtes, par le choix des programmes, et par la généreuse hospitalité et la courtoisie, qu'ils auront reconnue, parce que, toute française, ceux qui, de là-bas, sont venus connaître le grand pays des neiges, pays perdu.Ils ont bien senti, ces grands hommes de la science médicale, ces lumières du monde scientifique, que nous avions gardé en nos âmes inoublieuses un amour qui était quelque chose de neuf et que l'on ne voit croître ailleurs que sur le sol canadien-québécois.Depuis, ils se sont souvenus de leurs confrères du Canada, et récemment, lors des élections du bureau des médecins de France, ils ont offert un siège de directeur à M.le Docteur Albert LeSage, de Montréal, Chevalier de la Légion d'honneur, l'un de nos plus savants praticiens, et l'âme dévouée de tous les mouvements qui tendent à faire progresser la science en cepays.Nous tenons également à signaler le fait qui les honore du choix de M.le Docteur Desloges et de M.le Docteur M.le Dr.Albert LeSage, Chevalier de la Légion d'honneur, à qui la Société Médicale de France vient d'offrir un siège dans son bureau de direction' Archambault, tous deux de la Légion d'honneur, qui ont été choisis comme rapporteurs pour le prochain congrès médical de Nancy.Et souhaitons que cette entente qui s'accentue entre les scientifiques de nos deux pays, s'étendent et rapidement entre nos gens de lettres, poètes et prosateurs et cimentent indissolublement l'entente de nos esprits comme de nos coeurs.MADELEINE.LA COMEDIE FRANÇAISE A MONTREAL La Compagnie de Madame Gabrielle Dorziat et de M.Victor Mauloy, sous la direction immédiate de M.J.A.Gauviq, et sous l'administration Cardinal, interprête en ce moment, dans la gTande salle du théâtre Saint-Denis, des pièces du meilleur choix devant des "auditoires aussi nombreux que bien choisis".Le vieux cliché est si vrai que le voilà qui tombe sous notre plume tout naturellement, et on nous pardonnera de l'utiliser pour apprendre à tous ceux qui en pourraient douter, qu'il y a assez de public intelligent, tant à Montréal qu'à Québec et dans toute la province pour comprendre et apprécier des artistes de belle qualité qui mettent leur talent au service de la cause dramatique française avec un absolu dévouement.M.Gauvin exerce le choix de ses artistes, avec le plus grand souci, et dans la troupe qui séjourne actuellement dans notre ville nous ne comptons que des amis, qui nous laisseront le regret de les avoir trop peu longtemps gardés, et dont nous souhaiterons souvent le retour en la terre canadienne.M.Gauvin rêve d'une grande tâche: implanter une saison permanente de Comédie française avec toLtes les chances de réussite.Il arrivera à son but, parce qu'il possède la meilleure vaillance, celle qui résiste, et s'areboute devant les tâches difficiles, et sans s'émouvoir jamais, grâce à la ténacité d'un tel imprésario et à sa spirituelleendurance.de Montréal partiront chaque année, les tournées françaises pour la Province et même l'étranger, avec des troupes bien homogènes où s'affirmeront des vedettes de belle grandeur surgie des cadres bien dressés.Les Antilles A moins de deux jours de New-York, les Antilles offrent à ceux qui veulent fuir les rigueurs de l'hiver ca-nad ien, le charme d'un climat tropical.En janvier et février, on peut y prendre des bains de mer sur des plages bordées de superbes palmiers qu'agite une brise douce et embaumée.Chaque hiver, le Pacifique Canadien organise des croisières aux Antilles qui remportent beaucoup de succès.L'itinéraire comporte des escales aux Bermudes, à Nassau, Kingston, La Havane, Porto-Rico, San-Juan, Cristob.il, Panama, La Guayra, Trinidad, etc.Cet hiver, le "Montroyal" fera les deux croisières du Pacifique Canadien, par tant de New-York a la fin de janvier pour la première et à la fin de février pour la deuxième. 10 L ({ R fournir rvs initrniis, cW'Iii:hiii.• mi ni TPrs le liaul.Ici qne le sang affine »erx le coeur.Si vous, un parent ou ami êtes tracassé avec des veines varices ou nouées.le meilleur conseil que quiconque puisse vous donner est de demander à votre pharmacien de vous donner une bouteille originale de deux onces d'HnIle i m, r.i,,,l, de Mnone vacances dans leur appartement de Paris, qui, pourtant, était étroit et étouffant.Une cloche retentissante le fit bondir vers la maison.Rouge et essoufflé, il se précipita dans la salle à manger.D'un regard foudroyant, Mlle Piégris, qui déjà était assise, le cloua au seuil.—Doucement, dit-elle de sa voix aigre.Chez moi, on ne galope pas et on arrive à l'heure.Resors et entre posément.Maurice n'avait pas l'habitude d'être traité de la sorte.Il regarda ses parents qui ne le regardèrent pas.Il se souvint de leurs recommandations et, refoulant des larmes de vexation, sortit et rentra lentement."Ce garçon doit vous donner bien du tourment, ma nièce, ajouta en manière de commentaire Mlle Piégris.Vous l'avez trop gâté, cela se voit; du reste, vous avez toujours été faible." Elle exprima l'espoir que Maurice avait à faire des devoirs de vacances, et l'opinion qu'un emploi du temps devait lui être fixé.Puis, s'adressant à M.Laval, elle lui demanda s'il occupait toujours le même poste dans le ravitaillement.Sur sa réponse affirmative, elle remarqua que c'était sans péril, mais du reste conforme à son âge, car il n'était plus jeune, et à sa santé, qui était débile, comme elle l'avait fait remarquer à sa nièce quand celle-ci avait voulu, à toute force, le prendre pour mari.Ensuite, très en verve, Mlle Piégris dit du mal de toutes leurs relations communes et raconta d'interminables et venimeuses histoires sur des personnes que les Laval ne connaissaient pas du tout.En même temps, elle surveillait du regard la façon dont chacun se servait, et l'appétit de Maurice, qui était bon, excitait visiblement son indignation.Un malaise planait.Lorsque le déjeuner fut terminé, Mlle Piégris se retira pour sa sieste coutumière, et M.et Mme Laval, avec leurs enfants, gagnèrent les chambres qui leur étaient assignées.La petite Suzanne, fatiguée du voyage, s'endormit dans un fauteuil ; et Maurice resta à bâiller en regardant des cartes postales pendant que ses parents causaient à demi-voix dans la pièce voisine.Bientôt leur ton s'éleva, non pas qu'ils se disputassent, mais parce que le sujet de leur conversation les animait.Maurice se leva tranquillement et alla (Moone's Emerald Oil), pleine force, et de vous en frotter selon les instructions, soir et matin, sur les veines «ri.Nsi.-s ,-t enflées liiontôt.vous remarquerez qu'elles diminuent et.le traitement devra se continuer jusqu'à ce qu'elles reviennent à leur état normal.L'Huile I n • i .mif est si péné-ininte et puissante, que même les hémorroïdes sont rapidement soulagées.Toute pharmacie peut vous en fournir fermer la fenêtre afin qu'on n'entendit rien du jardin.Au bout d'un instant, son père entra dans la pièce où il se trouvait.—Tu viens faire un tour dans la campagne avec moi, Maurice ?—Oui, papa, dit Maurice avec empressement.Ils sortirent et marchèrent quelque temps en silence, contents d'être ensemble.Soudain, Maurice prit la parole: —Alors, papa, prononça-t-il gravement, c'est à cause de notre avenir, à Suzanne et à moi, qu'on est venu ici ?M.Laval sursauta.—Qu'est-ce que tu racontes, Maurice ?—Je ne raconte rien.Je dis ce que je sais.(Maurice secouait la tête avec un air sérieux qui le vieillissait.) J'ai bien entendu ce que vous disiez, toi et maman, l'autre soir, et puis tout à l'heure.Même j'ai fermé la fenêtre .Il faut ménager la tante parce qu'elle est riche et que nous sommes pauvres.J'ai bien compris, va! C'est pour ça que je suis sorti comme elle l'a dit, au déjeuner, et que je n'ai rien répondu.Pourtant, tu sais, j'en pleurais.Il réfléchit un moment et ajouta à voix basse : "Alors, c'est si important que ça, l'argent ?" M.Laval était si surpris qu'il oublia que c'était un enfant qui l'interrogeait; il exprima sa pensée avec une amertume résignée: —Quand tu auras travaillé vingt ans de ta vie sans pouvoir amasser un sou pour les tiens, tu ne demanderas plus cela Gêné de ce qu'il avait dit, il s'arrêta, puis, s'efforçant de rire: "Allons, je plaisante.Il faut obéir à la tante, qui est une excellente personne.Du reste, on est très bien ici.—Compte sur moi, papa, dit Maurice, avec un air d'homme.Seulement, toi, n'est-ce pas, tu n'en as que pour ta semaine de permission, tandis que moi j'en ai pour mes deux mois de vacances."Quelles vacances! vrai, quelles vacances! Ce que j'aimerais mieux être à Paris avec papa! Ce que j'aimerais mieux être au lycée! Ce que j'aimerais mieux être n'importe où!.Je peux dire que je compte les jours tant je voudrais que ce soit fini!" Seul au fond du parc, Maurice avait parlé haut.Son indignation éprouvait le besoin de s'exhaler.Depuis trois semaines, Mlle Piégris faisait peser sur lui un despotisme assidu, aigre, injurieux, révoltant."Elle est vieille, elle est méchante, continua-t-il à demi-voix.Elle fait exprès de m'humilier! Elle me déteste et je la déteste aussi! Quand je la vois arriver avec ses faux cheveux, sa figure jaune, son nez pointu et ses yeux mauvais!.Et elle est tout le temps sur votre dos .On est juste tranquille à cette heure-ci, après le déjeuner, pendant qu'elle fait sa sieste." Il resta un instant silencieux et reprit: "Tout de même, ce que je voudrais entrer dans son salon.Il doit y avoir des choses épatantes.Pourquoi est-ce qu'elle défend qu'on y entrer.Le salon était, au rez-de-chaussée, une vaste pièce dont les persiennes ainsi que les portes restaient soigneusement fermées.C'était simplement parce que Mlle Piégris craignait qu'on ne lui abîmât ses meubles ou qu'on ne lui cassât ses bibelots; mais Maurice était imaginatif et ce qu'il considérait comme un mystère l'intriguait au plus haut degré et lui inspirait une curiosité grandissante.Il se disait qu'entrer dans la pièce défendue serait en quelque sorte un triomphe remporté sur Mlle Piégris et une revanche de ses mauvais procédés.Tout en y songeant, Maurice, le long des allées ombreuses, revint à la maison pour prendre un livre dans sa chambre.II gravit le perron et entra dans le vestibule désert.Son premier regard fut pour la porte du salon.Il tressaillit profondément La porte était fermée mais la clef était sur la serrure.C'était certainement la femme de charge qui l'y avait laissée car.seule investie de la confiance de Mlle Piégris, elle était entrée le matin même dans le Jalon.Maurice eut une hésitation brève, puis rapidement, silencieusement, il alla a la porte, l'ouvrit, retira la clé, entra et referma.Le cœur battant, tremblant de son audace et de son triomphe, tout d'abord Il resta immobile.Encore ébloui par le grand jour, il voyait mal les choses dans la demi-clarté que les persiennes laissaient filtrer.Ses yeux s'accoutumèrent, il distingua mieux et fut fortement déçu.Il ne savait trop ce qu'il espérait découvrir dans ce salon fermé, mais, à coup sûr, c'était autre chose que ces meubles, ces tentures, ci lui., lots en vitrine, ces tableaux et ses glaces.Tout cela n'avait rien de mystérieux ni de passionnant et ne valait pas de risquer la fureur de la tante.C'était un beau salon, voilà tout.M .1 il ru ,-, désappointé, voulut cependant faire le tour de la pièce.L'image d'un vieux monsieur en perruque l'amusa un moment; la pendule qui, sur la cheminée, représentait la ronde des heures, lui parut curieuse, mais il était pressé de fuir et hâtait ses pas étouffés.Soudain, il s'arrêta.Un tableau accroché très bas l'avait frappé.C'était un portrait romanesque, de tons pâles et comme vaporeux, représentant une séduisante figure de jeune fille au sourire mélancolique et doux, aux grands yeux bleus rêveurs, aux joues délicates que caressaient les grappes lustrées d'une chevelure noire.Maurice, saisi d'admiration, pensa qu'il n'avait jamais rien vu au monde d'aussi joli.Tous les visages qui, jusqu'alors, lui avaient paru attrayants, soit parmi les jeunes femmes que connaissait sa mère, soit parmi les petites filles que connaissait sa sœur, lui semblèrent soudain ternes et laids auprès de cette exquise beauté dont il ne pouvait détacher ses regards.Lorsque, enfin, la prudence lui fit, avec précaution, quitter le salon, il en emporta la clé résolument, se disant que pour la revoir, il braverait tous les périls.De ce jour, Maurice ne désira plus s'en aller, et à toutes les épreuves quotidiennes il opposa une dignité muette.Ces choses n'étaient plus rien pour lui.Il avait son secret et des joies mystérieuses embellissaient sa vie.Chaque après-midi, pendant le sommeil de Mlle Piégris, furtivement il se glissait dans le salon fermé et, devant la ravissante figure inconnue, restait de longues minutes en contemplation, perdu dans des rêves d'aventures romanesques où, pour elle, il se dévouait et mourait en héros.—Qu'est-ce que vous faites ici, garnement ?C'était Mlle Piégris.Avisée de la dis-pation de la clef elle avait, par principe, soupçonné aussitôt Maurice et, ayant sacrifié sa sieste pour l'épier, elle s'était, ce jour-là, cachée dans le salon afin de l'y surprendre.Elle tremblait de fureur.Maurice, à la voix de sa tante, bondit, mais comment, sous ses yeux à elle (elle, c'était le portrait), paraître un gamin qui a peur?Il resta calme.—Je ne fais aucun mal, ma tante.Je viens regarder cette figure qui est si jolie.—Tu viens regarder mon portrait ?dit Mlle Piégris étonnée.Maurice, recula, boule versé,-se refusant à comprendre.Sa tante! c'était le portrait de sa tante! Béant, il regardait la vieille demoiselle et il regardait le portrait.Le prestige de la charmante figure, pour lui, décroissait confusément de toute l'aversion que lui inspirait sa tante, et, par contre, cette aversion diminuait pour faire place à une sorte de respect mystérieux.Mlle Piégrif regardait aussi son portrait et, d'une voix qui peut-être tremblait un peu, elle dit pour elle-même: "Oui, c'a été moi." Mais elle revint bientôt au temps présent.Elle se tourna vers Maurice et probablement avait-elle été flattée de son admiration, car elle lui dit d'un ton doux: "Je te permets d'entrer dans ce salon quand tu en auras envie." Maurice comprit qu'elle lui permettait de venir voir son portrait.Il ne dit pas qu'il en avait maintenant beaucoup moins envie.Il ne dit rien du tout.Il restait profondément stupéfait, étant trop jeune encore pour savoir ce que la vie peut faire de U jeunesse.FREDERIC BOUTET.LA LUMIERE ARTIFICIELLE Son usage journalier dans les bureaux, magasins, etc.nous prédispose à une faiblesse prématurée de nos yeux.D'où nécessité de les soulager au moment opportun par des verres appropriés, de qualité indiscutable.CARRIERE Se SENECAL ' 'I.,,' r r I « I \XXXXXXXXXX d'emploi seront les mêmes que pour l'ai" laitement artificiel.La technique peut varier suivant les cas.Quand il s'agit d'une simple insuffisance de sécrétion ou d'un retard de la montée du lait, c'est-à-dire pendant les premières semaines, il est préférable de compléter chaque tétée par la quantité voulue de lait animal.De cette façon, l'enfant mis au sein à des heures régulières tend à rétablir le taux normal de la sécrétion glandulaire.Par la pesée, on apprécie la dose de lait ingérée et, s'il y a insuffisance, on y supplée par l'addition de lait animal dans les proportions nécessaires telles que le total réponde à peu près aux doses fixées par les tables citées plus haut.Il arrive ainsi, fréquemment, qu'au bout de quelques jours, la sécrétion lactée se rétablisse.Le biberon peut alors devenir inutile.Quand il s'agit d'enfants plus âgés, a" sein d'une mère dont le lait tend à diminuer d'abondance ou perd sa richesse, il est plus pratique de substituer un ou plusieurs biberons à une ou plusieurs tétées.Enfin l'allaitement mixte peut devenir nécessaire dans certains états maladifs de l'enfance alors que l'analyse du lait ne montre ni une insuffisance de sécrétion ni un trouble de composition.Ainsi certains eczémas de la face et du corps relèvent d'un vice de constitution du lait maternel, sans qu'on puisse en préciser la raison exacte.Les faits sont là néanmoins pour montrer que l'allaitement mixte suffit à guérir le petit malade.Dans des cas plus rebelles.il peut devenirabso-lument nécessaire de suspendre complètement et de façon définitive l'allaitement maternel.Le Dr Yariot a montré les bons effets de ces "mutations lactées".LE SEVRAGE On doit distinguer dans le sevrage deux actes différents: Le sevrage proprement dit, qui consiste à suspendre définitivement l'allaitement au sein de la mère ou de la nourrice.Le sevrage partiel ou ablactation, dont le but est de donner en plus du lait d'autres substances alimentaires nécessaires à l'accroissement de l'enfant.Indications.—Quand l'enfant atteint le 8e ou le 9e mois de sa première année, il lui faut pour continuer son développement absorber des doses de lait très abondantes, que le sein de la mère ou de la nourrice n'est plus toujours en état de lui fournir.Or, à cet âge, l'organisme du nourrisson est capable de digérer et d'assimiler d'autres aliments; l'adjonction au lait de ces nouvelles substances nutritives permet d'assurer une alimentation suffisante sans avoir à augmenter la ration de liquide.Cela ne veut pas dire qu'un enfant nourri exclusivement au sein ne pourrait pas après le huitième mois présenter un accroissement très satisfaisant; bien des mères ou des nourrices sont susceptibles de fournir au delà même de la première année un lait de bonne qualité; mais, d'une façon générale, surtout dans les villes, en raison des fatigues de la vie courante, la sécrétion lactée est moins abondante et devient insuffisante.C'est là surtout la raison du sevrage.Mais on doit toujours admettre que le lait devra rester la base essentielle de l'ait mentation infantile.On ne saurait assez se défier des 'erreurs trop souvent répandues par certains médecins étrangers qui déclarent qu'à partir du sixième mois le lait peut devenir nuisible.De tels principes ont pour funeste conséquence de fournir à l'enfant une ration lactée insuffisante ou un mode d'alimentation incompatible avec ses facultés digestives et avec les exigences de son accroissement.Epoque du sevrage.—On a beaucoup discuté sur l'époque du sevrage.Nous n'entrerons pas dans l'étude des diverses théories; la majorité des médecins est aujourd'hui d'accord pour admettre que le sevrage partiel (allaitement mixte et farines) doit être institué du 8e au 9e mois et le sevrage définitif (suppression du sein de la mère ou de la nourrice) du 13e au 15e.La substitution partielle du lait animal au lait de femme peut, nous l'avons vu, être pratiquée de bonne heure à titre d'adjuvant, suivant diverses indications tenant soit à la santé des mères, soit à certaines exigences sociales.Mais l'addition de farines au lait de vache répond de façon générale à l'époque d'éclosion des premières dents.C'est en effet à cette date que le tube digestif commence à être vraiment en état d'utiliser les substances qui entrent dans la composition des farines.Dans le cas où l'enfant, bien portant, n'a cependant pas présenté encore au 9e mois ses premières dents, on peut lui donner des bouillies.II est classique d'admettre que le sevrage ne doit pas être institué à l'époque des chaleurs; cette opinion est très légitime, la susceptibilité du tube digestif étant, dans ces périodes, plus accusée que pendant la saison fraîche.Sevrage brusque et sevrage progressif.—Certaines circonstances peuvent imposer la nécessité d'un sevrage brusque; ainsi l'exigeront une maladie subite et grave, le départ soudain de la nourrice; on comprend pourquoi ces éventualités nous entraînent à recommencer la substitution précoce d'un biberon à une tétée.En dehors de ces circonstances soudaines, le sevrage doit être pratiqué de façon progressive.Plusieurs cas sont à envisager: L'enfant est au sein exclusivement.On donnera un biberon à la place d'une tétée pendant la première semaine.La semaine suivante, un deuxième biberon remplacera une deuxième tétée.Ces deux biberons seront espacés dans le courant de la journée.Le nourrisson qui n'a connu que le sein n'accepte pas toujours de bonne grâce cette modification apportée à son régime et s'il est nerveux, exigeant, il faudra souvent beaucoup de patience pour lui faire absorber le lait nouveau.Moindre est la difficulté si la mère ou la nourrice a peu de lait; dans ce cas, certaines tétées de la journée sont pauvres, l'enfant affamé tète sans succès; il ne résiste guère à l'offre du biberon et même la facilité avec laquelle il satisfait sa faim à ce régime rend le sevrage plus aisé.Certains médecins préfèrent l'administration d'une bouillie en place d'un premier biberon.Ils s'appuient sur ce fait que le goût en est plus agréable et que l'enfant l'absorbe plus aisément que le lait pur.Cette opinion est très soute-nable.On agira suivant les circonstances.Si l'enfant est nourri exclusivement au lait de vache, on remplace d'abord un, puis deux biberons de lait par une, puis deux bouillies.Conseils aui mères.Incidents de sevrage.—Il n'est pas toujours aisé d'acclimater un enfant à une alimentation nouvelle et de le séparer définitivement du sein de sa mère ou de sa nourrice.Nous avons tous assisté à ces premières manifestations de l'opiniâtreté des tout petits.Il faut savoir leur opposer une ferme énergie et triompher de leurs caprices.Tous les moyens sont bons; mais, de grâce, jeunes mamans ne cédez pas.Sinon, vous verrez vos enfants user des pires ruses, régurgiter leur bouillie, leur potage, les rejeter à mesure que vous enfoncerez la cuiller dans leur bouche qui se ferme opiniâtrement; chaque repas deviendra un drame.Si l'enfant ne sent pas une volonté plus ferme, et cela de très bonne heure, il vous imposera la sienne et désormais vous céderez toujours.Vous aurez un petit maître qui fera de vous ce qu'il voudra.I I n'est pas toujours aisé de convaincre les jeunes mères de cette vérité.Il nous est arrivé de recourir dans de telles circonstances aux grands moyens et de faire prendre nous-mêmes à des bébés leur première bouillie, leur première purée, en ayant bien soin d'éloigner l'entourage, car les petits savent de bonne heure les effets attendrissants de leurs larmes.Point ne fut besoin de pincer le nez, ni de gourmander; il nous suffît de savoir insister; au repas suivant, les enfants acceptaient fort bien de leur mère ou de leur bonne l'aliment qu'ils avaient refusé précédemment.De multiples petits troubles peuvent survenir à une période plus avancée et 6e caractérisent notamment par de l'inappétence; ils sont liés à l'éclosion des dernières incisives et des premières molaires.Nous les décrivons plus loin en détail.Nous ne voulons pas terminer cette étude du sevrage sans attirer l'attention sur une erreur d'alimentation trop répandue dans ta classe ouvrière et sur laquelle notre maître, M.Yariot, a spécialement insisté.Soit dans un but d'économie, soit en raison d'une croyance injustifiée, on abuse de l'usage précoce de la panade à l'eau.Ce mode d'alimentation trop exclusif est une des principales causes de rachitisme.(A suivre) Savon Pour bébé Babi/s Own et Pour Vous Mamans ! Vous pouvez être aussi habiles qu'une garde-malade pour alimenter Bébé.[natlnctlvemenl in mt-re suit comment nola-ner «on bébt Mata lei conaelle dea autorltéa et lea tableaux de nourriture peuvent lui être d'un grand aecoura.Noua avona une aérte de llvreta renfermant de nombreux et précieux conaella aur lea aolna et aur l'allaitement des nourrlKaona Cea llvreta aont gratuit*.Demandei-lea à I-a Compagnie Bord en Limitée, 180 Oueat, rue St-Paul.Montréal.LAIT CONDENSE ÈAGLE BRAM) 50 La Revue Moderne.— Novembre 19 27 Un nouveau Jupon Princesse Savles-vous qu'une enveloppa de 16 centa de Teintures Diamond peut donner la même délicate teinte qui est en vogue pour un charmant sous-vêtement?Conservez votre plus ancienne lingerie, ainsi que les bas.dans la nuance en faveur.C'est facile si vous vous servez d'une vraie teinture.Ne rayez pas vos Jolies choses avec des teintes synthétiques.Teignez ou teintez n'Importe quoi; robes ou draperies.Vous pouvez faire des merveilles avec quelques Teintures Diamond peu dispendieuses (vraies teintures).De nouvelles couleurs sur les anciennes.Tout genre de tissu.Votre pharmacien vous donnera l'Encyclopédie de la Teinture Mamond; 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faites prendre couleur au lard, puisajoutez alors une cuillerée de farine que vous remuez bien.Lorsque vous verrez cette dernière brunir, ajoutez un bon verre d'eau ou de bouillon, sel, poivre et bouquet de persil, thym et, laurier.Coupez vos pommes de terre en morceaux et mettez-les dans votre sauce.Laissez cuire à feu doux.Une heure de cuisson suffit.Jambon à la Poêle.—Prenez une demi-livre de jambon cru, que vous coupez en tranches minces et, pour désaler ces dernières, déposez-les une minute dans l'eau.Mettez, dans la poêle, du beurre, gros comme la moitié d'un œuf; lorsqu'il est chaud, placez les tranches de jambon, que vous faites cuire à feu vif pendant cinq minutes, en ayant soin de les retourner; mettez-les ensuite dans un plat creux et versez dessus une sauce préparée de la manière suivante.Mettez une cuillerée de farine avec le beurre qui est resté dans la poêle,et ajoutez, quand la farine est bien mêlée au beurre, un bon verre de vin blanc; laissez cuire un moment pour que la sauce épaississe et versez sur les tranches de jambon.Si vous le préférez, vous pouvez servir les tranches de jambon cuites comme ci-dessus, avec des œufs cuits dans la poêle.Côtelettes de Veau sur le Gril.—Prenez quatre petites côtelettes de veau; mettez-les sur le gril, à feu doux; retournez-les et saupoudrez de sel et de poivre.Faites fondre un morceau de beurre dans la casserole, jettez-y du persil haché et ajoutez un jus de citron.Mettez vos sôtelettes sur un plat et versez votre cauce dessus.Haricots Verts à la Poulette.—Prenez une livre de haricots verts pour trois personnes; épluchez-les, lavez-les et met-tez-l«s cuire a l'eau bouillante avec un peu de sel.Ne les couvrez pas pendant la cuisson, pour qu'ils gardent leur belle couleur verte.Après quinze ou vingt minutes d'ébulition, sortez-les, égoutez-les, dans la passoire, et mettez-les dans une sauce poulette, que vous pouvez lier avec un jaune d'œuf.La sauce Poulette se fait comme la sauce blanche, mais avant de la servir on ajoute du persil haché, et la liaison à l'œuf.Potage aux Tomates.—Mettez dans une casserole quatre ou cinq tomates divisées en quatre, une petite feuille de laurier, une branche de thym, un oignon coupé en rouelles (ronds); placez votre casserole sur un feu pas trop vif et laissez cuire une demi-heure au moins.Lorsque vos tomates sont cuites, passez-les dans une passoire fine; remettez cette purée sur le feu, et ajoutez un litre et demi d'eau; mettez du sel et gros comme un œuf de beurre, servez sur des croûtons frits.Filets Mignons de Porc Frais Panes et Grilles.—Prenez un filet de porc frais d'une livre et taillez dedans quatre ou cinq filets de l'épaisseur du doigt; ayez un œuf battu en omelette; trempez vos filets dedans et roulez-les dans de la mie de pain émicttée très fin; saupoudrez de sel et de persil haché fin; mettez sur le gril à feu pas trop vif pendant quinze minutes.Servez soit avec du beurre d'anchois, soit avec une sauce tartare ou soubise.On prépare ainsi le beurre d'Anchois: Prenez les chairs de six anchois et pilez-les avec un morceau de beurre gros comme deux noix.Et pour la sauce Tartare, on procède ainsi: Mettez dans un bol trois échalottes, cerfeuil, estragon, le tout haché bien fin.Ajoutez, moutarde, sel, poivre et une petite cuillerée à thé de vinaigre.Laissez tomber goutte à goutte de la bonne huile d'olive, jusqu'à ce que vous ayez la quantité de sauce voulue.Quant à la sauce Soubise, en voici la recette.Prenez sept ou huit gros oignons; épluchez-les et coupez-les en tranches minces, mettez-les dans la poêle avec un bon morceau de beurre ou de saindoux; laissez-les jusqu'à ce qu'ils jaunissent, puis saupoudrez-les de farine; remuez avec la cuiller de bois pour lier farine et oignons et ajoutez un verre d'eau, sel et poivre; laissez cuire quinze à vingt minutes, et garnissez avec cette sauce, vos filets mignons.Filets de Chevreuil.—Les filets de chevreuil doivent être apprêtés, tout comme les filets de bœuf, mais on doit les faire mariner, deux ou trois jours à l'avance; c'est-à-dire, qu'on met dans un plat creux; Thym, laurier, persil, ail, deux ou trois cuillerées d'huile et une de vinaigre, on y met les filets, et on les arrose tous les jours, pendant au moins trois jours.Carottes au Beurre.—Prenez une dizaine de belles carottes, épluchez-les, coupez-les en petits morceaux de l'épaisseur de deux doigts, et faites cuire à l'eau bouillante avec du sel et un petit morceau de beurre.Lorsqu'elles sont cuites, retirez-les de l'eau et faites-les égoutter dans la passoire.Mettez alors sur le feu, une casserole avec un morceau de beurre de la grosseur d'un œuf; laissez-les fondre, ajoutez persil et ciboule hachés, sel, poivre et vos carottes que vous sautez avec le beurre.Faites attention que le beurre ne tourne pas en huile.Pudding au Pain.—(Plat Anglais).— Prenez une demi-livre de mie de pain que vous faites tremper dans du lait pendant 10 minutes; retirez-la, sans la presser et ajoutez-y un peu de sel fin et de canellc, une cuillerée de farine, trois œufs entiers; un quart de raisin de corinthe bien nettoyés, un quart de raisin de Smyrne et un quart de beurre.Mélangez le tout de manière à former une pâte.Trempez un torchon dans l'eau bouillante, tordez-le étendez-le sur une table et saupoudrez-le de farine, puis versez-y votre pudding qui doit tenir le milieu du torchon dont vous relevez les bords sans trop serrer la pâte.Attachez les bords du torchon avec une ficelle que vous serrez fortement, puis plongez votre pudding, ainsi attaché, dans l'eau bouillante; il faut avoir soin de le tenir suspendu dans l'eau sans que le torchon touche au fond de la marmite pareequ'il pourrait brûler, vous devez, pour cela, attacher le torchon à l'anse de la marmite.A partir du moment ou le pudding est dans l'eau, cette dernière ne doit pas cesser de bouillir et cela pendant deux heures et demie.Au bout de ce temps; retirez le pudding, laissez-le un moment dans le torchon pour qu'il prenne consistance, puis, au bout de vingt minutes, sortez le du torchon et faites une sauce comme suit: Mettez un quart de beurre dans une casserole, avec une cuillerée à café de farine; ajoutez trois cuillerées d'eau et autant de rhum; 60 grammes de sucre et une pincée de sel; laissez sur feu doux pendant sept à huit minutes, mais ne cessez pas de tourner.Enfin versez votre sauce sur le pudding, et servez.Ce pudding se mange chaud.Vol-au-Vent Maigre.—Après avoir préparé de la pâte feuilletée aplatissez-la avec le rouleau et donnez lui l'épaiseur de deux doigts.Posez sur cette pâte un rond de bois, ou un couvercle plus ou moins grand, suivant la grandeur que vous désirez donner à vos vol-au vent.Coupez autour du couvercle, la pâte qui dépasse, enlevez le couvercle, et avec un couteau, faites un cercle à trois centimètres du bord de la pâte, en ayant soin que votre couteau n'entre pas trop profondément; il faut aussi laisser assez d'épaisseur pour que le fond tienne au bord, A la cuisson, le rond indiqué par le couteau, formera le couvercle.Faites ensuite quelques incisions sur le milieu, dorez à l'œuf, et laissez cuire aussitôt à four pas trop chaud.Il faut à peu près trois quarts d'heure de cuisson.La pâte étant bien faite, renflera au bout d'un quart d'heure elle doit avoir au moins 7 à 8 centimètres au bord.Retim le vol-au-vent du four lorsqu'il a pris une belle couleur; détachez le couvercle, et enlevez à l'intérieur la pâte non cuite, en laissant assez d'épaisseur pour le fond Garnissez l'intérieur, avec une garniture de poissons ou de champignons en ragoût puis remettez le couvercle, et servez.Les viandes, poissons, ou champignons qui doivent servir de garniture aux vol-auvent, doivent être coupés menus.Melons.—Il est difficile de bien choisir les melons, cependant lorsqu'ils sont lourds, que la queue est cernée tout autour, et que la partie opposée à la queue fléchit sous le doigt, il est rare, si le parfum est bon, que le melon soit de mauvaise qualité.On mange le melon, soit comme hors-d'œuvre, tel qu'indiqué dans notre Menu Maigre, soit comme dessert; comme hors-d'œuvre, on le sert avant la pièce de résistance, ou immédiatement après le potage quand il y en a un.On le coupe en tranches en suivant 1rs côtes, et on le passe à chaque convive.Cabillaud, (où morue fraîche).Sauce Hollandaise.—Videz votre poisson lavez-le et faites-le cuire â l'eau de sel ; dans laquelle vous mettez en même temps quelques pommes de terre.Faites en sorte que votre poisson ne soit pas trop cuit, il perdrait son goût.Egouttez, et servez avec les pommes de terre et une sauce Hollandaise, dans une saucière.Pour la "Sauce Hollandaise", procédez ainsi: Prenez un quart de bon beurre; ajoutez pas mal de sel blanc; faites fondre à feu doux et battez avec une fourchette; servez aussi chaud que possible, dans une saucière.On emploie cette sauce pour tous les poissons préparés à l'eau, et on ajoute quelques pommes de terre cuites au court-bouillon, qui a servi à la cuisson du poisson.Navets au Sucre.—Il faut choisir les navets bien blancs et bien fermes, et faire attention à ce qu'ils ne soient pas creux ni piqués des vers.Les navets ronds se prennent surtout pour le pot-au-feu.On peut conserver les navets sur la paille, dans un endroit sec, en faisant attention qu'ils ne gèlent pas.Manière de procéder pour les navets au sucre; Prenez de beaux navets bien sains, épluchez-les et mettez-les dans la poêle avec de la bonne graisse et un morceau de sucre, gros comme une noix; retournez-les souvent pour qu'ils jaunissent également et veillez à ce que le feu ne soit pas trop vif.Lorsque vos navets auront une belle couleur dorée, saupoudrez-les d'une bonne cuillerée de farine; laissez-les un moment, puis ajoutez un verre d'eau ou de bouillon ; enfin mette* une pinceé de sel blanc et un ou deux morceaux de sucre gros comme une noix.Couvrez votre casserole et laissez cuire à feu doux; il faut compter au moins une heure de cuisson.Le C ourrier du M ois (.Suite de la page 46) tout le reste j'ai perdu souvenance.Aidez-moi à vous rappeler ?Dites-moi sous quelle forme vous avez envoyé cet argent, chèque, argent, mandat-poste, etc., à l'ordre de qui, enfin tout ce qui pourra m'amener à trouver le fil de cette chose mystérieuse.Aussitôt que de l'argent m'arrive pour la revue je ne fais qu'un saut pour le remettre afin qu'aucune erreur ne survienne par le fait d une négligence.Est-ce bien à moi personnellement que vous l'avez adressé?à quelle date?, sous quelle forme d'envoi et si vous voulez bien vous rappeler tout cela, je veillerai à mettre fin à cet ennui.TANTE MADELON.—Trois lettres pour ce seul courrier, et quelles aimables lettres spirituellement ponctuées et reçues avec tant de plaisir.L'une d'elles m'a surtou» émue.Oui, que de vies trop vite construites, et quelle navrance de s'apercevoir un jour, qu'il est trop tard Heureux encore quand des bribes d'un pauvre bonheur se peuvent tirer et que l'on a assez d'idéal dans l'âme pour s'imaginer du bonheur.Je penserai à vous dorénavant avec plus de tendresse.Et n'ayez crainte, mon héroïne ne commettra pas de lourdes erreurs.Envoyez-moi un petit mot à la veille de votre venue, et nous fixerons ensuite u t rendez-vous qu'il me serait difficile d'ar êter dès aujourd'hui. Assurez-vous que c'est du "Premium" COMME plat approprié pour maintes occasions et offrant tant de manières variées et délicieuses d'être servi, le Jambon Premium de Swift est en faveur partout.Il est reconnu comme étant la meilleure qualité de tous les jambons — toujours uniformément tendre, doux et savoureux.Votre dîner du Jour d'Actions de Grâces sera plus riche si le menu comporte le Jambon Premium de Swift.Swift Canadian Co.Limited Jambon et Bacon Premium de Swift 4 S BERMUDES Les Iles au Trésor A ux "lointaines Bermudes." le voyageur trouve en abondance les plus rares et les plus réels trésors.; — ta santé, le repos, la récréation.«"es lies océaniques, bijoux scéutuups dans une mer iridescente, sont riches en fait de romans, de légendes, et le charme atténué des siècles passée s'attache toujours à.leurs anciennes hi&bttatlonà et ft leurs vieux jardins.î"n pays a l'écart du monde affairé, vierge d'autos, de chemins de fer.de tramways, de manufactures—et pourtant à deux journées de New - York.T,a moyenne des températures d'hiver est de 60° a 70°.C.oit Idéal, tennis et tous les sports nautiques, aous le plus tempéré et le plus égal clImats de l'univers.HAteJs modernes et maisons de *'\ pensions il"1 pusse- \"X port demandé.y E& pirate;* et corsaires figurent dans plusieurs m i.-ycndes des Bermudes Lee vaisseaux char-m .1.treaon s'arrêta lent ici venant du " X Mexique et du Pérou en route pour l'Espagne, et l'nn raconte que quelques-unes de leurs cargaisons furent enfouies sur les pro-montoirs de la
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