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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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Références

La Revue moderne., 1934-02, Collections de BAnQ.

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LA MARQUE DE L'HOSPITALITÉ PARFAITE CLUB SANDWICH avec olives et bacon croustillant .un vrai régal avec Bière Molson: INDIA PALE (étiquette blanche), EXPORT (étiquette dorée) ou STOCK (étiquette bleue).Prenez trois rôties, enlevez-en la croûte et garnissez-les de beurre et de mayonnaise.Sur la première, placez tm une feuille de laitue et du poulet froid tranché mince;assaisonnez et recouvrez avec la seconde rôtie.Sur celle-ci, placez encore une feuille de laitue, puis de minces tranches de tomates et des bandes de bacon frais cuit et croustillant; assaisonnez et recouvrez avec la troisième rôtie.Coupez le sandwich en diagonale et servez sur feuille de laitue avec olives enroulées de bacon croustillant.Ce bacon est frit dans la poêle autour des olives elles-mêmes.1 3 MOLSON BIERES À VOTRE CHOIX bicre que vUtre arrière-yratid-pere bumil INDIA PALE (Etiquette blanche) EXPORT (Etiquette dorée) STOCK (Etiquette bleue) La Revue Moderne — Montréal, Février 19 3k Page 3 Montréal, Février 1934 EVUE MDDERNE Revue mensuelle Président-Directeur : Noél-E.Lanoix Rédacteur en chef.Jean Bruchesi Pages féminines.Marjolaine Bureaux: 320 est, rue Notre-Dame Tél.HArbour 6195 Bureaux à: Toronto, New-York, Chicago, Londres, Ang.PRIX D'ABONNEMENT: Canada: 1 an.J1.60 — Etats-Unis: 1 an.|2.00 ommaire Le problème de nos destinées.3 W.G.Francoeur Le jardin du poète.4 Alfred droin-Comtesse Clo Mariette Doran L'opinion des autres .4 Dans le Grand Nord .5-6 Hélène de Harven Pourquoi parler de Liturgie?.7 P.Dominique-M.Clark, 0.P.Brins de vulgarisation scientifique.7 Docteur Faust Dans le Monde des Lettres.8 Rex Desmarchais La Vie Canadienne.10 Le salon de l'Auto.12-14 La Puissance du charme personnel.18 L'art de combiner l'antique et le moderne.22-23 La mode .24-27 Pour celles qui collectionnent les recettes .34 Nos Casse-tête historiques .36 Le courrier .41 La Petite Poste .42 ROMAN L'Enfant de la Larme Par Guy d'AvEUNE Sur les infâmes intrigues et les machinations diaboliques des méchants, l'auteur a fait rayonner la grandeur, la beauté et la noblesse d'un coeur de mère, et celles non moins sublimes de l'amour d'un coeur de femme.11 _n - "ne r He problème bc ncrô Besrtméesi SA DONNEE- SA SOLUTION Par W.-G.FRANCOEUR 1.— La Donnée du Problème Elle a été exprimée à toutes les époques critiques de notre histoire, depuis que la France a dû nous abandonner aux rives du Saint-Laurent.Sous des formules différentes elle est demeurée la même et peut se résumer en ces quelques mots: LE CA NA DA - FRA NCAIS ENTEND RESTER MA ITRE DE SES DESTINEES Sous Papineau, pour ne pas remonter plus loin, la nation canadienne affirme sa volonté de vivre, indépendamment du Colonial Office et du Haut-Canada, avec qui elle repousse la fusion dans un mouvement de révolte contre l'autorité britannique où la cause des insurgés est pourtant commune.En 1840, tous les corps de la nation, le clergé lui-même, si conservateur, si respectueux de l'autorité, protestent contre l'union avec le Haut-Canada, décrétée contre notre consentement par le Parlement anglais, et réclament le rétablissement de la Constitution de 1791 qui assurait notre indépendance dans le cadre de l'Empire.Contrairement au but du régime et des intentions avouées du Gouvernement métropolitain, la législation sociale, l'instruction publique, l'administra- iion du domaine et les lois sur la propriété privée font l'objet d'une décentralisation complète.Cartier lui-même crut qu'il avait garanti l'avenir de ses compatriotes en faisant confirmer cette décentralisation par l'Acte constitutionnel de 1867.Errol Bouchette, obsédé à son tour par ce problème, le résoud en proposant l'organisation de notre indépendance économique.Le groupe de l'Action française, rallié autour de l'abbé Groulx, professeur de l'Université de Montréal, publie en 1922 les conclusions d'une enquête sur l'avenir politique du pays franco-canadien.Ces conclusions aboutissent à la légitimité, à la nécessité d'un Etat indépendant de langue française dans l'est du Canada.Une autre voix cléricale, celle d'un moine distingué, le P.Thomas-Marie Lamarche.s'élevant dans le temple saint en présence de l'archevêque de Montréal et d'un nombreux clergé, donnait, le 24 juin 1932, la définition du patriotisme canadien-français."Le temps n'est plus, disait-il, aux discours lyriques par lesquels nous célébrions hier encore les exploits de nos pères.Qui sait si l'heure n'est pas venue de préparer ceux de nos fils! L'indépendance absolue du Canada-Français, pour être un objet éloigné, n'en est pas moins un but que nous devrions nous efforcer d'atteindre rapidement".M.Alexandre Taschereau, chef du gouvernement de Québec, parlant devant la Société des conférences de l'Université d'Ottawa, fin 1933, examine les trois alternatives possibles dans l'évolution du Canada: annexion aux Etats-Unis, indépendance ou statu quo.Il se prononce pour le maintien du statu quo, qui réserve l'avenir, et parce que l'indépendance du Dominion donnerait au Parlement central le pouvoir de changer la Constitution, Pour préparer l'avenir il n'est que de le forger soi-même.Georges Clemenceau et par conséquent notre situation, par un simple vote majoritaire.A la suite du Statut de Westminster, qui fait du Canada un pays virtuellement indépendant du parlement britannique, la Conférence de 1929 proclame que la Constitution fédérale canadienne, contrairement à celle des autres dominions, ne pourra être modifiée sans l'adhésion unanime des Etats provinciaux.Toujours le souci, chez nos chefs politiques, de mettre à l'abri le patrimoine moral du peuple canadien-français et de défendre contre toute atteinte sérieuse la destinée des futures générations.Mais l'avenir demeure précaire en dépît des apparences et malgré notre volonté de survie, et cela pour deux raisons: d'abord, parce que nous ne tenons pas tous les fils qui nous conduiraient sûrement à notre destin.Les grands pouvoirs sont à Ottawa aux mains d'une majorité qui n'a pas nos traditions ni nos aspirations; deuxièmement, parce que cette volonté de survie est dispersée et vacillante;elle s'est montrée molle et hésitante en plus d'une occasion, et le fera encore.Or, pour être vraiment maître de ses destinées, un peuple doit avoir une volonté ferme et éclairée, avec les moyens de la faire prévaloir en toute rencontre par le jeu de ses institutions publiques libérées de la tutelle étrangère, tutelle financière comme tutelle politique, car l'une ne va pas sans l'autre, et la liberté politique serait vaine si elle ne s'appuyait sur l'indépendance économique.Pour être maîtresse de ses destinées la nationalité franco-canadienne doit être forte.Un peuple, pour se sentir fort, doit être riche et nombreux.Telle est la réponse au problème.Pour avoir le nombre, la nationalité canadienne-française doit s'adresser à trois sources: natalité, la colonisation et Vimmigration.Pour avoir la richesse, il faut se hâter d'inaugurer une politique économique qui nous donne une avance sur nos concurrents, qui favorise le développement rapide de notre production, qui assure une répartition équitable des biens créés par le travail de tous et qui fusionne dans une étroite solidarité toutes les catégories de producteurs et de consommateurs.Pour atteindre ces différents buts, il est nécessaire d'obtenir la collaboration cordiale de tous les Canadiens dans un plan de réforme gouvernementale et administrative.S'il est juste que l'effort d'ensemble surgisse des initiatives privées à tous les degrés, on ne saurait compter, pour la consolidation des gains obtenus, que sur une solide organisation administrative qui agirait à la manière d'un cordon de forteresses protégeant nos positions et servant de points d'appui pour exploiter le succès conquis.De là la nécessité d'envisager, dès le départ, la réforme des services publics.Une longue plainte s'élève, dans toutes les langues humaines, qui crie le désespoir des malheureux: ouvriers, petits bourgeois, ex-grands seigneurs, etc., que l'arrêt des affaires a jetés à la rue et à la mendicité, car (Suite à la page io) Page 4 La Revue Moderne — Montréal, Février 1 9 S 4 Jardin du poète A l'Unique Fleur Glycines dont mon rêve est l'ingénu miroir, De vos grappes d'argent, quelle ferveur s'exhale! Et de vous, ô lilas, ô splendeur triomphale, Quelle volupté sort, quand il vient de pleuvoir! O fleurs, brûlantes fleurs, qui bercez mon espoir, Et nourrissez mes sens d'ambroisie idéale, Dans ce siècle bruyant où tant d'orgueil s'étale, Ne m'enseignez-vous pas le suprême savoir ?Tulipe cygne blanc, gracieuse ancholie, Le nœud de la douleur, devant vous, se délie; Tu parfumes mes vers, narcisse imperator/ Mais ne triomphez pas, corolles que j'acclame! Car une fleur humaine est plus charmante encor, Et rien ne vaut l'odeur séraphique d'une âme! Alfred Droin Madrigal d'Autrefois " Un frisson vous saisit, marquise?L'hiver est pourtant loin encor, L'automne même, cette exquise, Glisse à peine ses teintes d'or.Que faites-vous tête penchée Dans les flots de vos noirs cheveux ?Sans poudre oh! la sombre jonchée! Mais vous pleurez plus fort ?Je veux Prendre ma part de cette peine, A deux les chagrins sont moins lourds; Pour vos lèvres, il faut, ma reine, Rires et mouches de velours." Du bout des doigts, il en cueille une Et la pose très galamment."Marquis, marquis, quelle infortune! Ah! ne raillez point n.on tourment." Et de son front sans ride encore Ecartant les boucles de jais: "Regardez, dit-elle, l'aurore Des frimas que je redoutais." En la nuit de la chevelure Un indiscret fil argenté Ourle de blancheurs l'annelure Dont se couronne sa fierté.Il sourit à tant de détresse Puis, le regard sur sa beauté Il dit, baisant la brune tresse: "C'est joli la neige en été." Comtesse Clo Le Rocher de Grand'mère (Grand Mother's Rock) En mon pays, là-bas, se dresse sur la grève, — Buriné par les flots, battu par tous les vents,— Un roc nu; on dirait une femme qui rêve.Et le rêve de ce récif est émouvant.Elle a le dur profil de quelque idole antique, Ses cheveux, faits d'iris et de varechs soyeux, Couronnent un front bas sur un masque tragique; Nul ne peut deviner le secret de ses yeux.Dès le matin vermeil, son rêve solitaire S'attarde jusqu'au soir, sous les deux laqués d'or; Elle me fascinait jadis par son mystère, El son regard étrange et las me trouble encor.Entend-elle toujours, dans les lointains d'orages, La plainte des noyés, leur atroce clameur ?Maudit-elle à jamais la mer lâche et sauvage, Sirène qui séduit l'âme de nos pêcheurs ?.Mariette Doran L'OPINION DES AUTRES Le Parlement Champêtre LHISTOIRE rapporte que Louis XIV songea un jour à transporter le siège du gouvernement français à la campagne.M.Pierre Gaxotte, à qui nous devons deux livres remarquables: "La Révolution française" et "Le Siècle de Louis XV", rappelle, dans Je Suis Partout, cette heureuse idée du grand roi.Il rappelle aussi que le Roi-Soleil "avait, de parti pris, organisé sa vie pour la mettre à l'abri des agitations, des désordres, de tout ce qui obscurcit et trouble la réflexion.Tous les jours, après-midi, il prenait son fusil et marchait une heure ou deux dans son parc, en tiraillant ou en réfléchissant.Aussi arrivait-il à son Conseil la tête rafraîchie, le pouls régulier, sans tension et sans fièvre".Lin tel régime de vie explique sans doute, en très grande partie, que Louis XIV, pendant un règne de soixante-treize ans, ait pu s'astreindre, sans y manquer jamais, aux multiples et assaillantes obligations de ce "noble mais difficile métier de roi" dont il a lui-même parlé en ternies remarquables.Le souvenir de Louis XIV inspire à M.Pierre Gaxotte d'amusantes réflexions au cours desquelles, pris de pitié pour les parlementaires de notre temps, pour ceux de la France en particulier, il propose son "petit plan".Nous le reproduisons pour le bénéfice de nos lecteurs et de ceux qui, tout en améliorant le sort de nos députés et sénateurs, à Québec comme à Ottawa, voudraient voir notre pays aux mains d'hommes à la fois sains de corps et d'esprit.,.Article Premier.— Peuvent seuls être députés, sénateurs ou ministres, les Français majeurs qui ont un bon estomac et un sommeil régulier, dont le Wassermann est négatif, la tension normale, les poumons sains, les analyses de sang et d'urée conformes à la règle."Article Deux.— Les parlementaires seront soumis, chaque mois, à une visite médicale, à la suite de laquelle les malades, les agités et les déprimés seront exclus à temps ou à perpétuité."Article Trois.— Le Parlement siégera à la campagne, dans une salle largement aérée.Les séances auront lieu trois fois par semaine.Elles commenceront au plus tôt à neuf heures du matin, finiront à onze heures et demie, pour reprendre à trois heures et finir à six."Article Quatre.— Tous les députés devront faire, au grand air, une heure de sport par jour: marche, équi-tation, tennis, golf, etc.Les championnats sont interdits, ainsi que tous les sports belliqueux."Article CINQ.— Les parlementaires devront prendre chaque année un mois de repos complet à la mer ou à la montagne.Pendant ce laps de temps, il leur sera interdit de lire un journal et d'ouvrir une lettre."Article Six.— Chaque député aura droit à une inauguration par trimestre.Le menu du banquet sera conforme à un menu type établi par l'Académie de Médecine".Patois Canadien TA légende du "patois canadien" n'est pas morte.I Aussi faut-il accueillir avec reconnaissance les témoignages autorisés qui viennent, de temps à autre, au secours de la langue que nous parlons.Dans le Canada Français d'octobre, M.Ernest Martin, professeur agrégé à l'Université de France, invoque son expérience personnelle pour combattre la légende: "Quant àmoi, écrit-il, je viens de passer près d'un an au Canada.J'ai parcouru en tous sens la Nouvelle-Ecosse, notre ancienne Acadie, le Nouveau-Brunswick et la province de Québec; j'ai poussé dans l'Ontario jusqu'au-delà d'Ottawa; j'ai vécu dans l'intimité de nombreuses familles canadiennes; j'ai fréquenté l'élite intellectuelle du pays; je me suis assis à la table de ministres et à celle de modestes employés; j'ai questionné des chauffeurs de taxis, des garçons de restaurant, des pay- sans, des pêcheurs, des gamins qui jouaient sur la neige dans les bas quartiers de Montréal ou sur l'esplanade de Québec; j'ai couché dans des auberges de villages, où les voisins venaient "veiller" après dincr; j'ai écouté, le coeur battant, dans de petites paroisses, les voix fraîches de chu-urs d'enfants et le sermon du curé à la messe du dimanche; j'ai tendu l'oreille constamment, dans les trains, à l'hôtel, dans la rue; j'ai parlé à maintes reprises devant des auditoires canadiens, devant huit cents personnes à Ottawa, devant plus d'un millier à Montréal; j ai vu à Moncton, dans une salle comble, des prêtres, des journalistes s'asseoir, faute de chaises, à même le parquet pour écouter un Français de France; partout, j'ai trouvé des Canadiens de langue française plus ou moins instruits, ayant des connaissances grammaticales plus ou moins sûres, un accent plus ou moins prononcé, un vocabulaire plus ou moins riche, plus ou moins émaillé de vieilles expressions rustiques mais savoureuses et ayant toujours cours en France; je n'ai trouvé nulle part de patois proprement dit, ayant son vocabulaire particulier, sa syntaxe rudimentaire.Il m'a été donné, par contre, de rencontrer nombre de Canadiens cultivés qu'il serait inconvenant pour moi de complimenter sur la qualité de leur français".Que notre langue soit un patois: il n'est personne de sérieux qui se refuse à le nier.Mais que notre langue soit pure: c'est une autre affaire.Arts populaires ¥ gS lecteurs de La Revue Moderne n'ignorent pas, I pour avoir lu ici même, à plusieurs reprises, de solides articles sur le sujet, la campagne entreprise chez nous en faveur des arts populaires.Non sans raison, certains économistes et sociologues en recommandent la diffusion la plus large comme un excellent moyen de lutter contre le machinisme et de compenser le désordre de la grande industrie.D'autres y voient un remède au chômage ou bien conseillent aux ouvriers de s'y livrer dans leurs moments de loisir, ceux-ci tendant à se multiplier par la réglementation des heures de travail.En matière d'arts populaires, comme en toutes choses, il faut cependant prendre garde de ne rien exagérer.On a cru longtemps que les épopées étaient nées du peuple.Des érudits, en particulier M.Malkiel-Jirmounski, affirment qu'il n'en est rien et, passant au chapitre des arts populaires, nient, preuves à l'appui, que ces derniers soient également nés du peuple.Analysant, dans Je Sais Partout, un article récent de M.Jirmounsky, M.François Fosca conclut que "l'artisan populaire répète, tant bien que mal, les motifs que l'art savant doit aux grands artistes".Il serait intéressant de rechercher dans quelle mesure le grand art a pu influencer nos arts populaires encore au berceau.La Monnaie du Pape LE Pape, qui a le droit de battre monnaie, et dont toutes les pièces émises par lui ont cours légal en Italie, vient de livrer à la circulation, à l'occasion de l'Année Sainte, pour un million de lires de pièces d'or.Car la Cité du Vatican est un des Etats qui sont restés fidèles à l'étalon-or.Bien mieux, pour affirmer cette fidélité, et prêcher d'exemple en faveur de la plus absolue honnêteté monétaire, il a décidé d'augmenter le volume et le poids des pièces d'or qu'il a mises en circulation.Il n'y a pas en effet d'exemple plus convaincap .( L'Européen) La Revue Moderne — Montréal, Février 1 9 3 A Page 5 ?Dans le Grand Nord ?# UNE CHASSE AU CARIBOU Par Hélène de Harven Vous le savez, on appelle "Grand Nord" la vaste région déserte qui s'étend au-dessus de Québec, de la rive gauche du Saint-Laurent à la Baie d'JIudson.On y chasse l'ours, le renne et maints animaux à fourrure.Le caribou (renne d'Amérique) plus grand que le renne d'Europe, n'a jamais pu être domestiqué; il se fait rare et le Gouvernement au Dominion prend des mesures pour prévenir sa destruction.Nous allons suivre ici une scène de chasse.filmée par la parole si l'on peut dire.Les mots que l'on trouvera inscrits en italique sont en usage parmi les Habitants.• • • UN traîneau gravissait lentement la route abrupte de Saint-Ferréol.Les trois hommes qui le montaient avaient mis pied à terre afin d'alléger la charge.Il neigeait dru; le jarret du petit cheval se tendait nerveusement à chaque foulée, tandis que les mocassins des hommes disparaissaient dans la blancheur sans ombres et sans reliefs du sol.Au fond du traîneau étaient entassés des caisses de comestibles, des sacs, des plaids, des raquettes et des fusils engainés.Les cahots de l'attelage, le tintement ralenti des grelots, s'atténuaient dans l'épaisseur du poudrin et se perdaient parfois entièrement dans les bribes de la conversation.— Comme ça, Monsieur, vous venez de Montréal et vous allez rejoindre là-haut les autres .Dommage tout de même que vous ne soyez pas arrivé hier, rapport à la neige qui va vous mettre en retard.Aujourd'hui c'est rien encore; mais je crains bien que cette bordée dure vingt-quatre heures; et le chemin sera malaisé passé Saint-Ferréol.Celui qui parlait de la sorte en coupant ses phrases d'un "marche donc" sonore, à l'adresse du vaillant petit cheval, avait la physionomie intègre des Franco-Canadiens: collier de favoris gris, teint parcheminé, stature élancée, le père Morel passait pour le personnage le plus considéré de l'endroit.Sa maison servait d'auberge aux rares touristes et chasseurs se rendant au hameau de Beaupré perdu sur les confins de la vie civilisée au milieu de quelques pâturages et de nombreuses éra-blières.Par delà le mont Sainte-Anne à la base duquel il s'abrite, toute trace humaine s'arrête et la contrée demeure vierge comme aux premiers jours du monde.— Ma foi, avait riposté son interlocuteur (un élégant Européen, dans la force de l'âge) dès que l'on peut disposer de deux ou trois semaines de vacances m'est avis qu'on en doit profiter.Il y avait longtemps que mes affaires ne m'avaient plus laissé de répit.A présent, je compte rejoindre, pour me divertir à la chasse avec lui, mon ami Roger Yerneuil.Je voudrais rapporter des panaches pour décorer mon hall et il faut me hâter, avant que les mâles mettent bas leurs têtes.Chaque chasseur étant autorisé à tuer deux caribous par hiver et votre fils Abel devant me seconder, cela nous fera six paires de cornes à rapporter au logis.— Ben, avec un peu de chance si vous pouvez en prendre sept.fit Morel, goguenard.— Non .je sais bien qu'il est aisé de frauder dans les bois, mais il suffit d'une trahison des guides pour perdre ses droits de chasse.Je tiens à rester correct.Ce disant il jetait un coup d'ail par dessus son épaule vers le troisième personnage qui cheminait en silence à l'arrière du traîneau.Morel avait esquissé un geste d'approbation; ils poursuivirent muets leur ascension laborieuse.Les éléments semblaient se confondre.En poudre dense et cristalline, les fines paillettes hexagonales tombaient de plus en plus serrées.Les branches des grands pins lentement s'affaissaient, résignées au poids du manteau hivernal.Le Nordd commençait à souiller.— Je suppose, reprit Albert Duflot (c'était le nom de l'Européen) que mon guide a toutes ses instructions?— Rassurez-vous, Monsieur.De sitôt que j'ai reçu votre lettre j'ai prévenu le sauvage (il désignait, d'un mouvement de tête celui qui les suivait et dont l'accoutrement ne différait en rien du sien).C'est le meilleur des guides de Lorette; il connaît le pays à la ronde.Il a passé, ces jours-ci, au campement de votre ami.— Ah! ont-ils fait quelque bonne prise ?— Oui et non.Ils ont vu des pistes d'ours s'en revirer sous un arbre mais ils n'ont pas pu étraquer la bête.Vous savez, c'est le temps où les ours senca-banent avant les grandes neiges, à moins que d'être inquiétés, ils ne sortent plus d'hiver.Au reste, leur peau ne vaut pas cher en cette saison.Mais on a eu mieux.On a posé des trappes et attrapé des martres.Et m'sieur Verneuil, qui ne rate pas son coup de feu, a tiré deux renards argentés d'un fameux prix.pour ce qui en est du caribou, il a fait très mauvais; des bourrasques suivies de dégel et de pluie.on n'en a pas pris un seul.— Celte fois la neige tiendra.— Oui.Et mon cheval ne pourra pas aller plus loin que la maison de Simar.De là, mon fils vous amènera au chantier où l'on vous donnera une traine.Ou bien, à votre gouverne, on portagera votre butin.De toute façon vous pourrez dormir au chantier.L'Européen fit la grimace à cette proposition.Il savait ce qu'est un chantier: vaste loghouse servant d'abri à une cinquantaine de bûcherons occupés, trois mois durant, à l'abattage de la forêt.Il entrevoyait, par anticipation, dans la buée chaude, les dormeurs séchant leurs habits à même le corps, auprès du grand poêle.Les ailes de son nez aquilin battirent d'une manière expressive: — Hum, fit-il, j'espère que la lune luira demain soir.Une nuit de marche ne me fait pas peur.Je suis désireux d'aller tout d'une traite.— Comme vous voudrez, Monsieur.Mais je crains que vous trouviez, par là-bas, beaucoup de cailloux.Le monsieur sourit.Savait-il qu'en langage canadien les cailloux sont souvent des blocs rocailleux difficiles à escalader ?Morel arrêta son cheval au sommet de la côte.Albert Duflot réendossa sa pelisse pour reprendre sa place à côté du conducteur, le sauvage s'accroupit au milieu des sacs et le traîneau repartit bon train.Ils croisaient parfois un véhicule chargé de bois, mais rien ne remuait dans la montagne et la neige, fraîchement étalée atteignait, par endroits, neuf pieds d'épaisseur.Ce que l'on convenait d'appeler la route devenait impraticable.Plus d'une fois le traîneau chavira.Les hommes alors poussaient, tiraient, rétablissaient l'équilibre; la poudrerie les ensevelissait à demi.— Un vrai blizzard, disait l'Européen.— Tout de même, bon temps pour le caribou, concluait Morel.Bientôt apparurent les cabanes de Saint-Ferréol.Devant l'une d'elles Morel stoppa: — Bonjour, Simar.— Bonjour, riposte laconiquement Simar, attiré sur son seuil par le bruit de l'attelage.Il introduit les voyageurs dans sa demeure peuplée par la ménagère en sarreau rose et par une quinzaine d'enfants de tous âges.L'atmosphère est suffocante dans cette maison de bois surchauffée nuit et jour, mais notre monsieur s'en accomode sans broncher et il se hâte de serrer la main à tout le monde.Il sait que les Québecquois ne manquent jamais de tendre leur main cordiale et, par un reste d'amour propre, il préfère prendre l'initiative du geste que d'avoir à y répondre.Toute distinction sociale est lettre morte pour ces braves gens, dont l'hospitalité est proverbiale."Soyez le bienvenu, disent-ils; commandez en maître; vous êtes l'hôte, ce que nous avons est à vous.Nous sommes à votre service." On les offenserait en leur offrant la moindre rétribution.Cela n'est-il pas touchant?Le lendemain au déclin du jour le vent s'apaisa, les étoiles s'allumèrent.Albert Duflot.conduit par Abel et par son silencieux sauvage arriva cependant fort tard au chantier.Il laissa le fils de Morel se concerter avec deux bûcherons pour le transport de son bagage et se coucher ensuite parmi les travailleurs.Quant à lui, guidé par le Huron, il s'équipa et repartit après une courte halte.• * • A présent, le croissant de la lune scintille, détaillant sur le sol l'ombre portée des branches; sa limpide clarté bleuit le merveilleux tapis de diamants et d'opales.Dans les hauteurs, les aurores boréales s'allument; ellea déroulent, en replis mouvants, leurs écharpes soyeuses au travers desquelles transparait le firmament étoile; elles emplissent tout l'espace de leur magnificence.Le ciel célèbre, pour la terre vierge, ses grandes féeries mystiques.Chaussé de ses raquettes, le sac au dos, le coutelas et la hache à la ceinture, le fusil sur l'épaule, l'européen a emboîté le pas de son guide.Son haleine crépite, subitement cristallisée au sortir des narines.La température a baissé; d'électriques effluves emplissent l'atmosphère.Tout en marchant allègrement et tout en ouvrant l'œil, il sourit à ses pensées.11 a toujours savouré avec volupté les heures vécues en pleine sauvagerie.Ainsi l'intellectuel arrivé par son labeur à la fortune, renouvelle ses facultés vitales en les remettant aux prises avec la nature.Il habite Montréal depuis de longues années.Il s'y est acclimaté au point de ne plus désirer le retour au pays natal.Un de ses jeunes compatriotes, un fils de famille, grand disciple de Nemrod, ayant entrepris sous ses auspices, une tournée dans le Grand Nord, il a projeté de le rejoindre; il réalise aujourd'hui ce projet conforme à ses goûts et il se sent rempli de bonne humeur.Il éprouve en ses muscles, une force inextinguible; il est content de ses raquettes neuves et de l'ajustement parfait des courroies, détail important surtout en vue des étapes futures.Son pied aguerri enfile, d'un glissement souple, le sillage du Huron.Celui-ci, taciturne et grave, fraie la voie, escaladant les blocs de pierres, les troncs des arbres morts, ou enfonçant entre les têtes de jeunes sapins complètement ensevelis.De ravine en roidillon, ils vont, l'un suivant l'autre, en se hissant parfois à la force du poignet ou en dévalant sur les talons jusqu'au fond des coulées, parfaitement rompus à la gymnastique requise en l'occurence.Bientôt, ils longèrent un torrent.Les méandres des rivières, moins parsemés d'obstacles que les fourrés, s'offrent de préférence au coureur de bois.Il faut cependant connaître le parcours des eaux pour s'y hasarder.Les dégels survenant aux premiers temps des froidures occasionnent de redoutables déplacements du chenal.Les remous s'ouvrent alors une issue entre les couches solides et rien ne sauverait l'imprudent de la mort s'ils l'attiraient dans le gouffre.Combien sinistres ces flots noirs passant à toute vitesse avec des frôlements perfides! Ils bondissent entre les crevasses, se dissimulent sous les glaçons, roulent et bruissent en de sourdes clameurs .aussi, ne C.N.R.Photo Dans le grand Nord Page 6 La Revue Moderne — Montréal, Février 1984 s'aventure-t-on qu'à bon escient.Lorsque la raquette se mouille, trahissant une infiltration, lorsque la dalle oscille, avec des craquements pareils au bris du verre, gardez-vous bien d'avancer.Ou, tout au moins, armez-vous d'une forte perche et sondez à chaque pas l'épaisse neige; craignez de vous tremper les pieds.Vos chevilles seraient bloquées séance tenante en des bottes de glace qu'il vous faudrait briser à coups de hache.La nuit touchait à son terme.La lune avait sombré derrière les Laurentides, les constellations avaient gravité, les aurores boréales s'étaient évanouies.La neige ne luisait plus; de sa nappe amatie s'élevait une blancheur diffuse; le voûte éthérée demeurait criblée d'astres; cependant elle pâlissait.L'aube pointait.Sans trêve, au balancement rythmé des raquettes, nos marcheurs avançaient, allongeant leur sillon sur la neige.Le soleil se leva dans sa gloire, les ombres de vif azur s'écourtèrent.Alors un bruit familier, un bruit de cognée résonna, net et clair et bientôt, sur le rideau sombre des conifères, un mince filet de fumée révéla le campement.La place était fort bien choisie.Entre les merisiers et les bouleaux, dans un circuit nivelé par la nature, à l'abri du nordâ deux tentes profilaient leurs cônes frêles.Un lac s'étalait vers la gauche et, à droite, sous un bouquet d'épinettes, une coulée indiquait le cours d'une source.Un homme en remontait, chargé de deux seaux pleins.— Mon ami, s'écria, sur un ton enjoué AlbertDuflot, voulez-vous me donner à boire?L'autre s'immobilisa, troublé dans sa solitude.Cependant sa physionomie s'anima.— Ah! fit-il.vous êtes monsieur Duflot.— Vous me connaissez donc ?— Comme ça .je vous connais de réputation; not' monsieur vous espérait quasiment.Il versa le contenu d'un des seaux dans un chaudron suspendu au dessus du feu: — Si c'est pour vous radouber sur l'heure, j'ai du lard reprit-il et du pemmican et du thé plein la jarre.Notre excursionniste se sentait affamé.Il engagea d'ailleurs son "sauvage" à se rassasier comme lui; mais il refusa le thé infusé de longue date et le pemmican, et il entreprit une visite aux provisions de son ami, ce qu'il fit sans scrupules, certain de combler le déficit par le renfort qu'apporterait Abel.Il pénétra dans la plus petite des deux tentes, de beaucoup la plus cossue.Elle était, selon les règles, profondément enchâssée dans la neige et proprement tapissée d'une litière de jeunes pousses d'épinettes, empilées à trois pieds d'épaisseur.Des couvertures pliées, une caisse de vivres, quelques ustensiles d'aluminium, quelques vêtements suspendus, et le sac de voyage traditionnel, en composaient le mobilier.Un cadenas, au bout d'une corde en points de chaînette, scellait le sac.Le petit poêle regorgeait de bûches et, somme toute, pour un logis de jeune seigneur au fond des bois, l'ensemble présentait un aspect confortable.Albert choisit, parmi Dans le Grand Nord les conserves, une soupe aux pois et utie langue de bœuf, il trouva du biscuit, du sucre et du thé, ainsi lesté il revint vers le bûcheron: — Apprêtez-moi ceci, fit-il et faites frire un peu de lard.Mais, avant tout, donnez-moi de l'eau chaude pour faire tomber les glaçons de ma figure ma longue étape m'a fort échauffe, j'ai les chevilles moulues.Un bain de neige, un repas substantiel, ensuite un bon somme surriront pour le reste de la journée.Il conjecturait que son ami, parti en chasse avec son guide, ne rentrerait qu'à la nuit close; et, sous la tente aux odeurs résineuses, bercé par le ronllenient du petit poêle, il s'endormit du paisible sommeil du juste.Lorsqu'il rouvrit les yeux, à la lueur vacillante d'une bougie une ombre se mouvait sur la cloison.Le maître de séans, respectant le repos de son hôte, vaquait discrètement à ses occupations; mais le dormeur sauta debout et une chaleureuse accolade fut échangée entre les deux amis.De notables modifications avaient transformé la physionomie de Roger Verneuil.Sa barbe avait crû, ses cheveux s'étaient amassés touffus et bouclés sur sa nuque, sa carrure s'était élargie.Le mondain de naguère n'avait rien moins que la mine d'un vrai coureur de bois.Tout au plaisir de se retrouver, et de fraterniser, ils se prirent à rire, l'un demandant à l'autre l'adresse de son barbier.On leur apporta de quoi pourvoir au repas du soir.Assis sur leurs plaids, la caisse tenant lieu de table ils fumèrent ensuite, sous forme de pipes, le calumet de paix.pendant qu'au dehors, la nuit hyperborée rallumait ses lueurs de rêve.Dès l'aurore la petite caravane se met en route.Abel a rejoint les chasseurs.Les guides prennent alternativement la tête ou la queue de la file indienne et ainsi, pendant plusieurs jours ils s'acharnent à la poursuite du caribou.Cette chasse demande, pour réussir plusieurs circonstances favorables.Les caribous vivent communément en troupeaux, souvent aussi par groupes de trois individus: mâle, biche et veau.Essentiellement nomades, ils se nourrissent d'une sorte de lichen appelé mousse à caribou, dont les racines et les écorces des arbres, dans toute la région, se couvrent abondamment.Leurs ravages (lisez pistes, car le terme ravage ne s'applique, à proprement parler qu'aux tranchée creusées par l'orignal) s'entrecroisent à tel point qu'ils mettent en défaut l'indien le plus sagace; au surplus, si le soleil a donné sur la piste et qu'ensuite l'ombre et le gel en ont durci les marques, celles-ci se retrouvent, au bout de plusieun> Un grand mâle aux bois magnifiques s'est affaissé .C.N.R.Photo jours, aussi ncltes qu'à la première heure.11 devient, dès lors impossible d'en rien déduire; au contraire, s'il vente dur la menée se couvre ou s'éralle; et si le vent viraille le craintif animal Maire l'homme et s'enfonce dans le bois vert, son sûr refuge.Mais une foulée mousseuse, légère au toucher trahit un récent passage.Nos chasseurs tiennent enfin la voie vive, et il s'agit de rejeter le gibier dans les jardins.(lisez: clairières).Tentative délicate.Les bête», averties par leur ouie autant que par leur odorat subtils, ont vent du danger bien avant cju'on n'approche.Leurs membres spatules se jouent de 1 épaisseur des neiges.En un trot allongé, d'une rapidité inconcevable, elles fendent les espaces découverts et se rembuchent au fond des fourrés; mais lorsqu'on croit les rejoindre, la place abandonnée ne garde plus que le moule des grandi corps profondément imprimé dans le linceul moelleux.Il neige doucement.L'air est calme.Les chasseurs avancent en ce moment le long d'une coulée; leurs pas s'étouffent, la forêt s'épaissit; entre les cîmes jointes le jour filtre à peine.De ci de là un furtif indice révèle la vie, au sein du grand silence.Les griffes d'un loup cer-vier se sont imprimées, par bonds distants et rapides.Les mulots, les belettes, les écureils ont laissé la trace légère de leur passage; une loutre a remonté le lit du ruisseau; des perdrix se sont fait un nid duveté dans la neige.Les hommes, cependant, dédaignent ces humbles empreintes.D'un pied précautionneux, l'œil au guet, l'arme prête, ils pressentent leur proie tout près d eux.Le Huron, avec un redoublement de prudence, fraie la voie .il s'arrête.il pointe l'index vers un bas-fond obscur.Instinctivement les mains ajustent les armes, les regards percent le voile pailleté qui, sans bruit, descend entre les arbres.Qu'est-ce donc ?le geste du guide n'est point un signal d'attaque.Non.il signale un spectacle muet de la forêt vierge.Contre un gigantesque pin, deux squelettes de caribous sont affalés.Les ossements s'unissent aux branches et, comme elles, sont saupoudrés de neige; les andouillers de l'un sont soudés à ceux de l'autre, et l'on en conclut que les deux rivaux s'embarrassèrent de telle façon qu'ils ne purent dégager leurs bois, l'un à l'autre rivés.En confondant leurs souffles et leurs regards furieux, ils moururent là, sur place.Jeunes sapins écrasés, troncs séculaires blessés à vif.sur un large pourtour les végétations arborescentes témoignèrent du lent et mortel combat.puis, la paix retomba comme en un sépulcre; la neige molle et douce, recouvrit les carcasses restées debout; et les majestueux panaches, hauts de six pieds conservèrent leur air de défi implacable.Par une entente tacite, après un instant de halte méditative, les chasseurs se sont remis en marche.Ils approchent d'un lac.inopinément, au pied de la falaise qu'ils surplombent, ils aperçoivent sept ou huit caribous vivants paisiblement couchés, ruminant sans défiance Une biche, postée en sentinelle a poussé le cri d'alarme.Trop tard! Avant que le troupeau puisse se réembusquer l'éclair de l'acier a lui, les détonations ont éclaté.Un grand mâle, aux bois magnifiques, s'est affaissé, le front en avant; trois autres bêtes sont tombées au pied de la falaise, à peu de distance l'une de l'autre.Descendre sur le lac fut l'affaire d'un instant pour les chasseurs.Le mâle agonisait.Il haletait sans remuer Son flanc perforé rejetait un flot de sang écarlate qui se solidifiait en coulant, tel un chapelet de petites perles rouges.Les naseaux exhalaient une poussière de neige et de sang, l'air soufflait bruyamment dans le trou fait par la balle, le grand œil effaré s'embrumait Quelle stupeur anxieuse dans ce regard de bête sauvage qui jamais n'avait vu un homme! Immobiles et silencieux les vainqueurs assistèrent à la'mort du noble animal.De leur côté les sauvages se précipitèrent sur les autres blessés et les achevèrent au couteau.Ils s'empressèrent de les plumer (lisez: dépouiller) avant que la congellation ne rendit cette opération impossible; les larges nappes fauves furent roulées sur elles-mêmes, les têtes, les pieds, les râbles, les cuissots les épaules et les langues furent détachés et l'on abandonna le reste.Nos tueurs de caribous redescendent la côte frisée par l'or du couchant.L'air se rassérène, les cieux se teignent de pourpre pendant que les Laurentides reflètent le bleu indigo du soir, et que, dans l'orbe crépusculaire, un faisceau de rayons, toujours plus embrasé, plus éployé, plus immense, se maintient en demi cercle, pareil à une roue flamboyante.Chargés de trophées sanglants, les épaules surmontées de massacres aux allures menaçantes, escortés d'indigènes porteurs de venaison, ils passent dans le paysage splen-dide.Robustes, les pommettes rutilantes, les sourcils et la barbe hérissés de givre, ils vont à grandes enjambées.Leur démarche dénote ce contentement, cette assurance intime que laisse la victoire.Ils viennent d'arracher aux solitudes inhabitées, des créatures de Dieu, farouches et indomptables; ils les ont détruites, ils s'en estiment glorieux.L'homme primitif peut-il mourir en nous?Dans son aveugle et insensible loi, la nature n'atfirme-t-elle point la suprématie du fort sur le faible?L'être humain, pétri de chair et d'os ne supprimera jamais ses forces natives.Celles-ci le poussent à conquérir le monde, son domaine.Antée, perpétuel lutteur, recouvre une vie nouvelle, chaque fois qu'il reprend contact avec la terre.Hélène de Harvf.n La Revue Moderne — Montréal, Février 1 9 S h Page 7 Pourquoi Parler de Liturgie?Par P.Dominique-M.Clark, O.P.Cette nouvelle rubrique, dans la Revue Moderne, est due à l'initiative toujours en éveil de votre sympathique rédacteur en chef.Voulant satisfaire des désirs, souvent exprimés, d'avoir, chaque mois, de courts articles sur la liturgie, l'apologétique et l'action catholique, il nous a demandé, avec bienveillance, notre collaboration.Il nous a été très agréable d'accepter, malgré nos déficiences, voyant dans ce geste une occasion de combler un besoin, toujours latent, de connaissances et de certitudes.Il nous fait réellement plaisir de rencontrer des lecteurs désireux de mieux connaître, et par voie de conséquence, de mieux aimer tout ce qui touche à la religion.Nous espérons que ces articles sauront satisfaire voire légitime curiosité pour les choses de l'esprit, devinant votre goût prononcé pour tout ce qui concerne les arts, les sciences et les lettres, puisque vous lies, des assidus à lire cette revue qui ne néglige rien pour vous offrir tous les éléments constitutifs d'une véritable culture intellectuelle, en alliant, dans ses pages, l'utile à l'agréable.* * • DE nos jours, on entend souvent parler de liturgie.Il y a, en effet, de par le monde, depuis quelques années, un mouvement liturgique fort prononcé.Sa Sainteté Pie X, de vénérée mémoire, fut le grand promoteur de ce mouvement dans l'Eglise catholique, par son Molu Proprio, où II affirme que "le véritable esprit chrétien a sa source première et indispensable dans la participation active aux mystères sacro-saints et à la prière publique et solennelle de l'Eglise".Peu à peu ce mouvement s'est étendu dans tous les pays.En Allemagne, ce fut comme un renouveau de piété et de foi.En France, l'Abbaye de Solesmes fut la grande instigatrice.En Belgique, depuis 1909, se tient, chaque année, une semaine liturgique, sous la direction des Pères Bénédictins.Au Canada, ce mouvement ne fut pas méconnu.Il y a trois ans, à Ottawa, se tenait une Semaine liturgique, sous la direction de Dom Gaspar Lefebvre et Dom Anselme Veiss, O.S.B., et sous l'instigation du R.P.Voyer, O.P.Et depuis, ici et là, dans différents diocèses, se sont tenues des journées liturgiques qui ont obtenu plein succès, comme celle tenue à Chicoutimi, l'an dernier, pour ne nommer que celle-là.?Brins de EN GUISE DE PRELUDE Ldirection de la Revue Moderne a bien voulu nous permettre de présenter périodiquement des articles concernant le fonctionnement du corps humain.Tous les jours de la vie, il s'opère dans l'intimité de l'organisme une série de transformations successives qui en assurent la vitalité; or il n'est pas permis d'ignorer complètement le mécanisme régulateur de ce travail vital et c'est à le vulgariser sommairement que les articles qui vont suivre seront consacrés.Combien peu, en effet, soupçonnent toute l'énergie dépensée, les forces combinées, le rouage quasi miraculeux qui préside au mouvement continuel des organes entre eux, pour assurer l'existence normale.On a comparé le corps humain à une vaste usine; l'idée est peut-être juste; elle a le tort de n'être pas adéquate.Chaque usine fonctionne pour fabriquer une ou quelques substances déterminées: une centrale électrique pourra transformer par ses dynamos la force de chute d une masse d'eau en un courant de force électromotrice; une autre pourra extraire du sol les éléments mixtes qu'elle épurera ensuite pour les livrer dans le commerce à l'état de pureté, etc.niais chacune, agissant seule, ne fournit qu'un ou quelques éléments utiles à la vie.Dans le corps humain, c'est tout autrement; il y a là une synergie capable de réaliser toutes les fonctions et un réglage automatique pourvoit à diminuer le débit d'un organe pour le remplacer par une surproduction au dépens d'un autre organe si les besoins du moment le nécessitent.Et c'est justement cet équilibre qui amène l'état de santé idéal.Qu'est-ce donc que la santé, sinon cet équilibre des fonctions de l'organisme dans des appareils qui présentent une intégrité parfaite?Nous passerons en revue successivement chacun de ces appareils.Commençons par situer la question en la divisant.Le corps île l'homme se compose d'organes constitués en vue d'une fonction déterminée.Tous les organes qui Pourquoi ce mouvement liturgique a-t-il tant d'emprise sur les âmes catholiques, malgré cette indifférence envers tout ce qui est au-dessus du matériel et du palpable, qui caractérise si bien notre siècle ?C'est que ce mouvement vient combler un besoin profond de notre temps."C'est une nécessité interne, écrit Romano Guardini, qui a rendu notre temps mûr pour la liturgie.Il est né, ce mouvement, il a jailli d'un vouloir universel de vie vraiment et pleinement catholique".Les âmes sérieuses veulent vivre en profondeur.Elles veulent s'évader du superficiel, du senti, pour rechercher l'absolu.Elles ont appris, au contact des événements et de toutes les théories contemporaines, Vulgarisation Par Docteur Faust ont une structure analogue forment un système et tous les systèmes qui concourent à une même fonction constituent un appareil.On distingue dans le corps humain trois sortes d'appareils: les appareils de la vie de nutrition, les appareils de la vie de relation et les appareils de la génération.Nous avons résumé, dans l'intention du lecteur, toute la question dans un petit schéma qui se passe de commentaire.Appareils de .Nutrition:— Respiration, circulation, digestion, appareil urinaire; Relation:—Locomotion: squelette, articulations et muscles.Innervation: cérébro-spinale et sympathique.Sensoriel: toucher, goût, odorat, vue et ouïe; Génération:— Appareil mâle.Appareil femelle.En suivant le programme, nous rencontrons au premier chapitre, la Respiration.Appareils de la vie de Nutrition I — LA RESPIRATION Nécessite de la Respiration Il n'est de doute pour personne qu'on ne peut, pour vivre, se passer de respirer et la meilleure preuve en est que cette fonction se fait à notre insue, sans que nous soyons obligés d'y penser continuellement.Ainsi, dans toutes les circonstances de la vie, aussi bien dans le plaisir que dans la peine, au travail comme à l'amusement, au sommeil comme à l'état de réveil, le mouvement d'inspiration et d'expiration se continue régulièrement sans que nous y prenions garde.Autrement, si la vie ne peut se passer de la respiration, ce serait payer bien cher un seul petit moment d'oubli.Les Trois Types de Respiration Peut-être serait-il intéressant de se demander, avant de commencer la description du mécanisme de la respiration, si cette fonction s'opère identiquement chez à ne plus s'arrêter aux seules apparences sensibles.1 leur faut maintenant briser cette écorce, si décevante parfois, des apparences, de ces impressions qui captivent et qui trompent trop souvent.C'est pourquoi les Semaines liturgiques, les livres et les écrits sur la liturgie ont trouvé dans le public, dans le monde catholique, un accueil si bienveillant et si intéressé.Ce mouvement a fait enfin comprendre à ceux qui veulent vivre leur religion que la liturgie n'est pas exclusivement l'affaire des moines.Il est vrai que les moines sont les authentiques dépositaires et les fidèles gardiens des traditions liturgiques; qu'ils ont entretenu, depuis des siècles, dans leurs cloîtres, l'intelligence et l'amour de la saine liturgie, comme un bien de famille que l'on garde, loin du siècle et de son indifférence, pour le conserver dans toute son intégrité et dans toute sa pureté, mais si nous nous arrêtons à la définition de la liturgie, nous constatons que ce bien de famille appartient aussi réellement aux fidèles qu'aux moines.En effet, la liturgie n'est autre chose que l'ensemble des rites et des prières concernant le culte public de l'Eglise.Ce culte s'adresse à tous les fidèles, ils en sont, de droit, les participants actifs et vivants.S'il est vrai que ce culte public est exercé par des ministres, choisis par l'Eglise, il ne faut pas conclure de là que la liturgie est "une simple organisation du culte extérieur et public que l'Eglise rend à Dieu; que c'est une vaste mise en œuvre de rubriques et de cérémonies qui ne concerne guère que les prêtres".C'est un préjugé néfaste; préjugé qui a longtemps retardé le mouvement liturgique; préjugé qui, enraciné en plusieurs, explique l'apathie de beaucoup de nos catholiques et qui explique aussi l'incompréhension des rites, des cérémonies, des symboles qui composent le corps de la liturgie.Et pourtant, la question de la liturgie est une question vitale pour tous, parce que la liturgie est un élément essentiel dans toute vie spirituelle.De là son importance, importance à mieux connaître cette question, à comprendre quel rôle elle doit jouer dans notre vie De là la nécessité d'étudier cette question pour en sai^., tous les contours et en retirer le plus de profit.Cet article, qui n'est qu'une pâle introduction à tous ces problèmes, montre un peu l'actualité de la liturgie et justifie, nous le croyons, pourquoi nous devons parler de liturgie.\ Dans notre prochain article, nous parlerons, après avoir bien définie ce que c'est que la liturgie, du rôle qu'elle doit avoir dans notre vie de chrétien.tous les êtres animés.Evidemment non: en logique, 1 hyérarchie dans les espèces nécessite des organes de plus en plus compliqués à mesure que nous montons dans l'échelle des êtres vivants.Si l'homme est considéré comme le summum de perfection dans son organisation, il est permis de conclure que chez les êtres inférieurs la respiration se réalise beaucoup plus sommairement.Prenons par exemple, le cas du poisson.Qui de vous n'a eu le bonheur de capter ces petits animaux qui alimentent nos lacs et nos rivières?Rappelez-vous l'orgueil que suscitaient nos belles pêches.Eh bien ! vous êtes-vous déjà demandé, comment ces petits Jêtres.truites, brochets ou autres, nageant toujours dans les eaux, pouvaient respirer, habitués que nous sommes de prendre l'airdirectementde l'atmosphère qui nous entoure.Le mécanisme de cette respiration est tout autre: les poissons respirent l'oxygène dissout dans l'eau qu'ils avalent constamment; cette eau ne pénètre pas dans le tube digestif mais sort par des fentes situées de chaque côté de la tête, en baignant les branchies où le sang circule en abondance.Le sang du poisson, pauvre en oxygène arrive au réseau sanguin de la branchie, s'enrichit de l'oxygène dissout dans l'eau et retourne ainsi vivifier tout le corps.C'est le type dé la respiration branchiale.(Suite à la page p) _j Figure 1 Scientifique ? Page 8 La Revue Moderne — Montréal, Février 1 9 3 ; Dans le Mond des Lettres » » L'Homme et son Péché (1) ÏES fondateurs-propriétaires des Editions du Toteam, I MM.Albert Pelletier et Lucien Parizeau, semblent résolus à publier peu d'ouvrages et à ne se laisser déterminer dans leur choix que par la qualité.Il importe de les féliciter vivement de cette conduite: elle leur confère, dans l'édition canadienne-française, une originalité.Il y a quelques mois, Les éditions du Totem présentaient au public leur premier ouvrage: une traduction des meilleures pages de Walt Whitman, dues à la plume du jeune poète franco-américain, Rosaire Dion-Lévesque.Walt Whitman: le chantre ardent de la liberté, de la puissance et de la beauté de l'homme étroitement uni à la nature, le vaticinateur aux accents parfois primitifs et parfois aussi grandioses, et qui lance sa parole de feu contre les hypocrisies puritaines sévissant dans son milieu.On retrouvait, au fil de la traduction de Rosaire Dion-Lévesque, le frisson, le souffle chaud et revigorant de l'inspiré Whitman.J'ignore totalement l'accueil que le public fit au volume.Toutefois, j'imagine que devant cette éruption de lave bouillante sur un fond de ciel au coloris ineffable, il dût surgir des étonnements et des bêlements apeurés."Nos écrivains", en effet, n'ont pas accoutumé de verser à leurs hypothétiques lecteurs semblable cordial de sincérité.Quant à "nos poètes"(2), il serait hasardeux de soutenir que le sublime et l'ineffable soient leur genre.D'habitude, ils se contentent de traduire la complainte douceâtre de la brise dans les bosquets, le coassement musical des grenouilles, les nostalgiques sanglots des saules près des étangs et le charme sirupeux des vieilles maisons, grises, roses ou incolores.Pris à doses prudentes, ces soporifiques "littéraires" n'assassinent pas.Simplement, ils causent une paralysie générale des facultés intellectuelles et font que le lecteur répugne à toute pensée virile et hardie.Aujourd'hui, Les éditions du Totem nous offrent le premier roman de Claude-Henri Grignon, l'Homme et son péché.De Claude-Henri Grignon on peut affirmer qu'il est le plus puissant lyrique de notre littérature en prose: deux ouvrages en témoignent suffisamment: Le secret de Lindberg et Ombres et Clameurs (aussi une longue étude sur Léon Bloy, enfouie dans Les soirées littéraires de Montréal, ce que je n'ai découvert que récemment).De façon incidente, j'avais écrit de Grignon, dans les colonnes du Canada, qu'il n'était qu'un bon critique littéraire.Je m'étais trompé.Il n'y a pas de mal à le reconnaître.Bien plus qu'un critique littéraire, l'auteur d'Ombres et du Secret se révèle un tempérament, une nature de poète, tour à tour enthousiaste et désespérée; bref, une âme, ce qui n'est guère commun parmi les écrivains de ce temps.Cet homme du Nord vibre profondément aux grands souffles de son pays.Rien ne le laisse indifférent des beautés diverses que Dieu répand en toutes saisons sur les collines et dans les vallons laurentiens.Il vit au cœur de ces paysages aux lignes immuables mais aux couleurs, aux nuances infiniment variées et changeantes, et dont le citadin, villégiaturiste amateur, ne sent même pas les secrètes splendeurs, les enchantements, le charme envoûtant.Mais Claude-Henri Grignon, lui, les sent et les comprend, ces paysages, ces horizons, et il possède l'instrument littéraire qui le rend capable d'en transposer l'essentiel sur le plan artistique.A l'instar de Walt Whitman, son mérite consiste, lorsqu'il écrit, à oublier son érudition, son bagage livresque, et à communier à la nature, à transcrire fidèlement les voix qui s'élèvent de la terre natale, éveillant toutes les cordes de sa sensibilité saignante d'artiste.Cependant, on pouvait craindre que, chez Claude-Henri Grignon, le lyrique nuisît au romancier et que cet (li I.'Homme et «on Péché, par Claude-Henri Orlgno».éditions du Totem.(2) J'excepte, bien entendu, Paul Morln et Alfred Desro- cheri dont les oeuvres n'ont rien à voir avec la poésie des Us dolents et des chaudrons patriotiques.épris de lui-même — comme le sont tous les véritables lyriques — fut empêché de créer des personnages différents de lui.De là, à l'annonce de son premier roman, L'homme et son péché, une appréhension.Or, aussitôt le livre paru, je me le suis procuré dans l'édition de luxe(l), je l'ai ouvert—ainsi qu'on ouvre tout roman canadien-français — avec un esprit prévenu et la détermination plus ou moins vague d'en dire peu de bien.Le feuilleter me paraissait très suffisant — la vie est courte et il y a tant de beautés à découvrir, à admirer ! Pourtant, je l'ai lu jusqu'à la dernière ligne sans sauter un mot, je me suis passionné à suivre en Séraphin Poudrier, le personnage central, la marche progressive de son péché; il y a là un être vraiment humain, charnel, et que la passion d'avarice occupe, possède, ronge et, finalement, tue —après avoir tué sa malheureuse jeune femme.Le titre choisi par le romancier convient à merveille; l'avarice informe Séraphin Poudrier comme sa coquille l'huître; elle motive le moindre comme le plus important de ses actes; elle étouffe en son sang la meute grondante de la luxure.Sans l'avarice, il n'existerait pas.Mais, par elle, il atteint à la grandeur maléfique.Sa rage d'épargner des sous lui fait inventer des trucs de génie (ainsi il a conservé secrètement dans sa grange un cercueil fabriqué pour une parente qui ne mourut pas: Séraphin prévit qu'il servirait dans une autre occasion!).L'homme et son péché ne comporte pas d'intrigue; il ne s'y déroule aucun événement extraordinaire.C'est un récit d'une parfaite simplicité où l'on rencontre à peine une courte digression (pp.99 à 101) sur le rôle d'un curé de campagne, émule du curé Labelle.Les divers épisodes qui surviennent sont tous centrés sur Séraphin Poudrier; chacun d'eux concourt à nous livrer un aspect, toujours de plus en plus répugnant, de son avarice.Son expérience matrimoniale lui a bien coûté vingt dollars; au régime horrible qu'il lui a imposé, Séraphin a réussi à assassiner sa robuste jeune femme en l'espace d'un an.Veuf, il décide de ne plus se remarier, de ne vivre désormais que pour l'or: dans la suite, toute son ingéniosité s'épuisera à rogner sur la nourriture, le chauffage, le vêtement, etc.Il accomplit dans cette voie des prodiges.Pourtant, cet homme qui se nourrit chaque jour d'un infect brouet, qui accumule les loques sur sa charogne pour la défendre du froid, il est "le millionnaire", le puissant du comté.Il pratique l'usure avec l'astuce et l'implacabilité du prêteur juif.Chacun, du plus humble colon au plus rutilant notable, demeure plus ou moins son débiteur.Autour de lui et de l'atmosphère pestilentielle de son vice, le faisceau des haines et des peurs se resserre graduellement.Et, lorsque durant une courte absence, la tanière de Séraphin Poudrier brûlera, engloutissant dans le foyer vengeur les lingots d'or et les billets de banque qu'elle recèle au fond d'un sac rempli d'avoine, on ne saura pas exactement si cet incendie est un pur accident ou bien œuvre de vengeance — et de justice.Séraphin, survenant au plus intense de la conflagration, se jette dans le brasier pour sauver son dieu et, plus tard, lorsque son cousin, Alexis, retrouve dans la cave le cadavre calciné de l'avare: "Il ouvrit les mains de l'avare.Dans la droite il trouva une pièce d'or, et dans la gauche, un peu d'avoine qus le feu n'avait pas touché".Ainsi s'achèvent le livre et la vie de l'homme qui, mort, serre d'une suprême étreinte de sa main crispée son péché.* • * Voilà un beau livre, d'une ligne sobre, d'un trait cursif et âpre, d'une langue forte, dédaigneux des "jolis" tableaux au caramel.Un livre qui tranche nettement sur la production romanesque, courante au Canada français.Et qui relèverait nos Lettres (si elles étaient susceptibles de relèvement, les pauvres!) Dans la littérature française, les caractéristiques de l'avarice ne pouvaient manquer d'intéresser les obser- (1) Un volume sur papier coquille teinté, d'excellente tenue, et que les bibliophiles — s'il en existe parmi nous' — devraient se faire un devoir de placer sur leur rayon d'ouvrages canadiens valeurs et les peintres de passions.Il existe des types littéraires d'avares, désormais devenus symboles: llar-pagim, le père Grandet.Ht, pour en nommer un plus récent, mais non moins réussi, le héros du Nœud de vipères (qui, cependant, n'est pas un avare aulhentique puisqu'il ne voit dans la fortune qu'un refuge, une arme défensive, un moyen de châtier des êtres dont il eût désiré l'amour et desquels il n'obtint que l'indifférence).Par contre, jusqu'à L'homme et son péché, notre prose romanesque ne comprenait aucun "type".Il y avait bien, ça et là, dans quelques romans, des êtres pâlots, débiles, grimaçants tels des mimes et qui parodiaient quelque passion (généralement sur-noble) mais qui restaient aussi loin de la réalité, de l'humanité, que Véga de notre planète—car, si nous comptons parmi nous de nombreux apôtres, les tempéraments de romancier n'abondent pas; et ce qu'il faut pour construire un roman ce n'est pas un apôtre mais un romancier.Certains jeunes faisaient des exercices de roman, manquaient quelquefois leur coup et quelques-uns d'entre eux—j'en connais au moins un — n'attachaient pas un prix infini à ces exercices, les considérant tout au plus des devoirs d'écoliers.Durant ce temps, des messieurs au penchant de leur existence racontaient en trois ou quatre tomes leurs cristallines amours de jeunesse ou détaillaient fort minitieusement leur âme lamartinienne.Cette production, pour honnête et considérable qu'elle fut, n'enrichissait pas d'un copeck la littérature nationale.Toutefois, environ 1914 ( ?), un jeune français de génie, Louis Hémon, était venu nous enseigner l'art du roman, nous avait légué l'immortelle Maria Chape-delaine et avait synthétisé dans la création du père Chapedelaine l'âme aventureuse du défricheur canadien français.L'enseignement ne profita guère: il fallut attendre des années pour qu'un romancier canadien-français put réussir l'unique "type" dont nous pourrions aujourd'hui tirer orgueil, si nous avions conservé un grain de vrai goût, un atome de discernement.Qu'on le veuille ou non, Séraphin Poudrier, l'avare, existe.Il est d'esprit grossier, de physique sale jusqu'à la dégoûtation, d'âme veule; il est bien canadien-français également.Le roman se déroule vers 1890, dans un centre de colonisation (au nord de Sainte-Agathe).Pour qui connait le campagnard laurentien, s'est mêlé à sa vie et l'a observé sans parti-pris, la peinture de Claude-Henri Grignon n'apparaîtra pas une caricature ou une charge.Séraphin Poudrier incarne, résume en lui, le type de l'avare rustre et placé dans des conditions telles que son vice peut se développer monstrueusement en pleine liberté.Il chérit l'or non pour les jouissances qu'il peut procurer mais pour lui-même, pour sa couleur, sa forme, son poli, j'allais dire pour son odeur.Sa vie entière s'organise, pivote autour de la représentation mentale qu'il se compose de la richesse visible, palpable et sur laquelle il peut limer ses doigts crasseux.Selon le mot d'Alphonse de Chateaubriant: "son" image le mène.Irrésistiblement.Je sais des paysans et des paysannes qui ne le cèdent en rien à Séraphin Poudrier sur le chapitre de l'avarice.Je conserve dans mes notes des traits, affreux ou réjouissants — comme on voudra — tous saisis sur le vif.Mais, certes!—pour agencer harmonieusement tant de matériaux dans une œuvre aussi équilibrée que L'homme et son péché il fallait beaucoup d'art! Qu'on chicane tant qu'on voudra Claude-Henri Grignon sur des points de détail, qu'on lui reproche l'abus du patois, la crudité de certaines expressions (que, pour ma part, je trouve admirables) etc.c'est là métier de chercheurs de cirons.Il lui reste l'honneur d'avoir gratifié le roman cana-dien-fran ,ais de son premier caractère symbolique, de son premier personnage qui ne soit pas un pantin.Et, désormais, si les Lettres comptaient pour quelque chose dans notre belle province, on pourrait dire afin La Revue Moderne — Montréal, Février 1934 Page 9 de stigmatiser un maniaque de l'épargne: "Avare comme Poudrier".Mais, hélas! on continuera de dire: "Y est avare en C.I" Car, toute l'érudition et l.i puissante métaphorique de nos bonnes gens ne dépasse guère cette image-là.Rex Dksmarciiais P.S.— UanB une prochaine chronique, je parlerai d'André Malraux, de qui le dernier roman, I,a condition humaine, vient d'obtenir le prix Concourt.Malraux, particulièrement par son dernier ouvrage, ne laisse pas d'être un ries plus troublants parmi les jeunes Français anxieux d'aujourd'hui.K.D.La Vie Chantée de Botrel (1) ¥l.faudrait une voix plus autorisée que la mienne I pour présenter au public lecteur du Canada cette intéressante biographie du barde breton dont les deux tournées de concerts ont contribué à nous faire mieux aimer la France et la Bretagne, et qui avait su se créer des amitiés parmi nous.Lorsque, en juillet 1926, les journaux nous apprirent que Théodore Botrel n'était plus, les Canadiens éprouvèrent un regret unanime de la disparition de ce chantre des grèves et des landes, des goélands et des goélettes, et ce regret fut partagé aussi bien par les jeunes qui n'avaient pu l'entendre mais qui avaient appris de leurs aînés à chanter ses refrains populaires, que par ceux qui avaient eu le bonheur de le connaître personnellement.- Botrel avait laissé de son premier passage au Canada avec sa douce, en 190.}, un impérissable souvenir et lorsqu'il y revint seul, quelque vingt ans plus tard, les mêmes foules se réunirent pour l'applaudir.Mais si Botrel fut aimé chez nous, si son souvenir y vit encore, bien peu de nous cependant ont pu pénétrer dans son intimité et connaître la grande âme qu'était la sienne.Comme la plupart des poètes, Botrel n'était pas un esprit pratique et il ne sut jamais, malgré sa grande popularité, faire fortune car il donnait tout ce qu'il avait.Il était apôtre, tout charité et dévouement, et il se dépensa au profit des pauvres, des humbles et leur consacra son talent.C'est pour les rustres que je chante, disait-il avec fierté.Mais il ne chante pas seulement pour eux.En Belgique il débuta dans un gala artistique présidé par les Souverains, et durant la guerre ses chansons furent le réconfort moral des petits soldats qui le voyaient avec joie passer au milieu d'eux, héroïque et serein malgré le deuil qui venait de le frapper: la mort de sa douce.C'est toute la vie de Botrel, depuis sa naissance à Dinan la Jolie jusqu'à sa mort dans sa maison basse et vieillotte de Pont-Aven, que raconte Tyl, en un style agréable et nuancé qui fait de cette biographie le plus captivant des romans."Que nous y songions ou non, les morts vivent encore autour de nous par leurs auvres."(2) Botrel n'est plus, niais son âme demeure au milieu de nous; elle vibre dans le rythme de ses chansons graves et tendres comme la Paimpolaise, mélancoliques comme ses berceuses qui ont endormi tant de petits Canadiens, frères des petits Bretons.Ariane La Cité du Vatican (1) ¥ ES Accords de Latran, signés en 1929 par le chef I visible de l'Eglise catholique et le roi d'Italie, ont mis fin au régime injuste imposé à Pie IX par les patriotes italiens qui proclamaient, il y a plus de soixante ans, l'unité politique de la Péninsule.Sans doute, les Etats de l'Eglise, sur lesquels la Papauté avait régné pendant plus de dix siècles, n'ont pas été reconstitués dans leur forme première et le Patrimoine île Sainl - Pierre ne coin prend plus que la Cité du \ al » an Cela suffit au Pape dont la liberté d'action, tant au point de vue religieux que politique, est officiellement reconnue par le gouvernement italien.Cette Cité du Vatican est un véritable petit Etat dont la régie interne relève de la science politique.Elle représente surtout pour les catholiques un ensemble grandiose digne d'être la capitale de la catholicité.Ce que renferme la Cité du Vatican, les transformations (1) I41 Vie cliuntec de llntrel, pur Tyl, volume île L'iii paies.Illustre, 13 fra.franco, o la librairie J.M Pelguei' 66 rue N-D.-dea-Champa, Parla, France.(i) Préface.(1) La Papa et la Clt« du Vatican, par Charle» Plchon.prefaco île Mgr naudrlllart, près do cent photographies Inédites prise par Jean Clalr-Ouyot.Pion.édlt.Brins de Vulgarisation Scientifique ?Suite de la (h Prenons maintenant, en montant toujours dans la série animale, le cas des insectes; ici, la respiration est dite tranchéale; c'est un système miniature: l'air tel que nous le respirons arrive par l'ouverture de la bouche et se distribue par un système de petits tuyaux ramifiés élémentaires.Nous arrivons enfin au troisième type de respiration, la respiration dite pulmonaire, celle qui nous intéresse plus particulièrement et nous prendrons comme sujet d'expérience, l'homme.Ici, encore, l'air de l'extérieur est introduit par un mécanisme spécial dans des sacs membraneux et richement vascularisés que nous appellerons les poumons.Description de l'Appareil Respiratoire L'appareil respiratoire comprend l'étude du nez, du larynx, du pharynx, de la trachée, des bronches et des poumons.Nous n'étudierons que les trois derniers.La trachée est un conduit qui fait suite au larynx et se termine dans les poumons après s'être divisée en deux branches de bifurcation: les bronches.La trachée a la forme d'un tube aplati en arrière.Longue de 4 à 5 pouces, son diamètre est ordinairement un demi pouce.Elle est constituée d'anneaux cartilagineux au nombre de 16 à 20, placés les uns au-dessus des autres et reliés par des fibres élastiques ou ligaments interannulaires.La trachée se divise en deux branches appelées Bronches droite et gauche, qui pénètrent dans le poumon au niveau du hile.La droite est plus courte que la gauche.Les poumons au nombre de deux disposés symétriquement dans la poitrine ne sont pas identiques; le droit est plus gros que le gauche; le gauche est un peu plus long que le droit.Le poumon droit pèse environ vingt-trois onces, le gauche, de dix-huit à dix-neuf seulement.Le poumon droit est divisé en trois lobes par deux sillons, l'un supérieur, l'autre inférieur; le poumon gauche ne compte que deux lobes et un seul sillon.sort ne prend pas le même chemin.L'air inspiré i au niveau du cornet moyen et l'air expiré, au niveau du cornet inférieur.Le dessin suivant démontre clairement ce trajet.Ut tr, tou^f Figure 5 Trajet de l'Air Si vous le voulez bien, nous prendrons une quantité d'air suffisante pour assurer un mouvement respiratoire normal et nous suivrons cet air dans tout son trajet à partir de l'extérieur jusque dans la profondeur du tissu pulmonaire.Les voies respiratoires commencent au niveau des fosses nasales; c'est donc le nez qui préside à l'entrée de l'air et non pas la bouche.On a dit et avec raison: il est aussi insensé de respirer par la bouche que'^ie manger par le nez.II y a beaucoup de personnes qui ont contracté la mauvaise habitude de respirer par la bouche; ils s'exposent ainsi à faire entrer dans les poumons toutes les poussières et tous les microbes que contient l'atmosphère et qui seraient restés dans les fosses nasales si la respiration s'était faite par le nez comme elle doit se faire.L'air qui entre dans le nez et qui en A.» B.t." de Su chevaux-vapeur telle iiitio\ntion ainsi imc plusieurs améliorations effectuées dans le mécanisme BD font un char tout -A-fait nouveau. La Revue Moderne — Montréal, Février 1 9 3 h Paye 15 L'Enfant de la Larme (Suite de lu page II) — Elle peut tomber malade subitement elle n'est pas immortelle comme les dieux .antiques .Un accident est bien Olearri\é Suuveiiiv-voii* de la mon du feu prince, le mari de votre sueur On peut aider le sort pour Hedwigc comme pour lui.— Oh! protesta Michel.Que veux-tu dire?Elle rit encore, haussant ses belles épaules, puis quitta la pièce.— Je ne vous savais pas si scrupuleux, mon père, lanca-t-elle ainsi que la flèche de Part lie.Il haussa les épaules à son tour, une fois la porte fermée.— Elle est folle folle Vais-je me mettre à la merci d'un complice pour fabriquer encore un accident ?Pour aider le sort comme elle dit Impossible Le meilleur moyen est de décider Vvan à se ranger à mes avis lui montrer qu'il est nécessaire de répudier sa femme pour assurer un héritier aux Strolenski, par un autre mariage.Comme ce serait facile si cet Yvan était orthodoxe comme moi.Michel Ovanioff était relativement jeune, environ trente ans.Issu d'un second lit, il était encore bébé au mariage de sa sueur.Marié de bonne heure, comme cela se fait en Russie, pour ne pas manquer la riche héritière proposée, il se trouvait de six ans seulement plus âgé que le prince Yvan.De sa femme morte poitrinaire, il n'avait eu que cette Katia dont il comptait se servir pour ses perfides projets.Il avait un fort ascendant sur le prince, ayant partagé ses études et ses jeux.Son beau-frère, Stanislas Strolenski, resté veuf, s'était remarié fort tard pour une union éphémère.Il n'aimait guère Michel, qui maintes fois avait eu recours à lui pour payer d'énormes dettes de jeu, et se défiait à juste titre du comte Ovanioff.Or, dès qu'il voulut le séparer d'Yvan, un bizarre accident de cheval tua net Stanislas, deux ans après le mariage de son fils Yvan.Yvan d'ailleurs, nature indolente, faible, subissait facilement une influence étrangère.Cela surtout était dû à sa santé subitement altérée dès son mariage.Les sommités médicales, sans bien comprendre ce mal étrange, fait d'atonie, de langueur, l'avaient déclaré incurable, ne se doutant pas que le changement de cette belle santé devenue débile était dû au travail mystérieux et criminel du comte Ovanioff.Depuis longtemps il préparait ainsi l'héritage.Sa cupidité ne reculait devant rien.Tout lui paraissait bon pour arriver à ses fins: régner un jour sur les domaines des Strolenski.Prendre le titre et le nom du prince lui serait facile avec ses attaches à la Cour du Tsar.Ayant renié sa foi pour plaire à l'autocrate, il s'était, à Péters-bourg, fait un clan d'amis, comme lui sans conscience et sans honte.Mais contre les prévisions de Michel, Yvan se rattachait à la vie, ne négligeant rien pour retrouver sa santé perdue.Tout lui souriait; tous les dons semblaient lui être échus sans partage.11 possédait une richesse incalculable; la faveur impériale lui était acquise; la princesse Hedwige, épouse rêvée, charmait sa vie autant par le cœur que par la beauté.Il avait raison de vouloir vivre.Sa seule douleur était de voir son foyer vide, sans un berceau pour s'y pencher.Le vieux nom si glorieux des Strolenski menaçait de s'éteindre après lui.Sa richesse, biens, châteaux et domaines serait morcelée, s'en irait à la dérive.Cela lui était d'une amertume sans pareille.Aux premières ouvertures de son oncle, le prince avait énergiquement protesté: — Je suis trop catholique, pour que la pensée d'un divorce m'effleure.Ne heurte jamais nies convictions, Michel, ce serait créer une barrière entre nous.Ensuite, je suis trop attaché à ma Femme, je ne saurais m'en séparer.Ne lui parle pas surtout de cela.Ma pauvre Hedwige en souffrirait.— C est elle.au contraire, qui regrettant sa stérilité, ne serait pas.contre un mariage»morganatique, dit le comte Ovanioff montant effrontément en voyant qu'il ne fallait plus parler de divorce à Yvan.Je l'ai sondée, et.— Elle?.Un mariage morganatique ?Mais, c'est impossible.Elle ne peut admettre une chose pareille.Cela se pratique, mon ami, c'est vrai, mais en Russie orthodoxe, en Grèce, aux Balkans .Moi je suis contre ce fait autant que contre un divorce, parce que, tous les deux sont la ruine d'un foyer dont les bases doivent rester indestructibles.Yvan refusant l'une et l'autre chose, les deux moyens semblaient impraticables.Il restait à décider la princesse, à la menacer même, pourqu'elle consentit.Michel s'y prêta à diverses reprises; parla d'abord de la chétive santé du prince, ne donnant aucun espoir de guérison: le mal dont il mourait était sans remède, disait-il.— Mais, enfin, qu'a-t-il ?fit-elle un jour les larmes aux yeux.C'est inexplicable Les plus habiles médecins m'ont déclaré n'y rien comprendre.— Parce qu'ils n'ont rien voulu vous dire, Princesse, affirma Michel.Mais à moi.— A vous ?.I Is ont donc parlé ?.Ils savent ?.— Hélas! reprit hypocritement le comte Ovanieff.Le mal dont se meurt notre pauvre Yvan est le chagrin! — Le chagrin?.s'écria Hedwige stupéfaite.N'a-t-il pas tout ce qu'il peut désirer ?— Non, justement.— Que lui manque-t-il ?— Un enfant.Un héritier de ce beau nom des Strolenski.— Oh! gémit-elle, recevant le coup en plein cœur, atteinte elle-même dans son amour, sa fierté, sa propre douleur.— Il meurt de voir mourir son nom; de se sentir le dernier de cette noble lignée illustre depuis tant de siècles, et qui fournit des rois jadis à la Pologne par ses alliances avec les Piastes.— Hélas! si c'est de cela dont il souffre, le mal est.en effet, sans remède.Oh, mon Dieu, verrai-je donc mourir mon Yvan ?— Non, Princesse.Si vous l'aimez vous le sauverez.— Ah! je suis prête à tout.Que faut-il faire ?— Le moyen est tout simple, fit négligemment Michel, secouant la cendre de son cigare.Il est d'ailleurs en usage de nos jours .C'est le divorce.Hedwige devint blême, se leva droite et frémissante, toute blessée.— Le divorce?.C'est là votre moyen?Et pourquoi le divorce?Alors vous avez raison Yvan doit mourir Il eut un imperceptible mouvement d'impatience pour répondre: — Ne prenez rien au tragique.Princesse.J'ai parlé du divorce comme d'une chose très commune .naturelle après tout .Vous ne seriez pas la première ni la dernière à employer ce moyen, Hedwige II permettrait à votre mari de prendre une autre femme.d'avoir des enfants .— Qu'en savez-vous ?.— Je l'espère du moins.— Eh bien, laissez cette espérance, comte Ovanieff.Jamais je ne consentirai au divorce pas plus que mon mari, j'en suis certaine.— Evidemment.Evidemment.Perdre un titre est quelque chose.Mais il vous serait constitué un beau douaire.— Comment?interrompit-elle, le visage stupéfait.Yous pensez que mon refus a une cause si indigne, si vénale?.Je suis catholique.Michel, voilà la seule raison de mon refus.Il haussa les épaules, murmurant tout bas: — La même marotte qu'Yvan II y aura du tirage.Aussitôt il reprit avec un ton d'indifférence affectée: — Ce sont des considérations oiseuses, ma chère.Avec elles, on gâte sa vie.Comme il serait sage à vous d'envisager la situation plus noblement, avec générosité, de prouver en un mot votre.grand amour pour votre mari, termina-t-il avec une emphase ironique.— Je prouve mon amour par ma fidélité à la foi jurée.Combattez la pneumonie— son oeuvre de destruction est rapide tomme le feu de la forêt ï A PNEUMONIE tue chaque année en ce pays j_i des milliers de gens.Un grand nombre do ces décès sont dus à ce que la pneumonie n'est pas combattue avec une rapidité égale à celle de l'assaut.• Quelquefois, une personne apparemment très bien portante, est frappée de pneumonie.Mais cette maladie est généralement contractée par quelqu'un dont la vitalité a été diminuée par épuisement ou refroidissement, ou qui, ayarut un rhume obstiné, se traîne durant plusieurs jours à force de volonté ou par entêtement.Durant les phases critiques d'une attaque de pneumonie, les chances de guérison du malade tiennent souvent, dans une large mesure, aux bons soins que peut donner une garde-malade bien formée et dévouée.11 existe un sérum qui est d'un grand secours dans certaines formes de pneumonie.Grâce à lui, on a sauvé bien des vies.S'il esit recommandé par votre médecin, ce sérum doit être administré le plus tôt possible.Il n'y a pas une minute à perdre.On peut étouffer un incendie quand il est petit, mais on est impuissant contre une conflagration.S'il est des maladies dont on ne peut triompher qu'après des mois et parfois des années de courageuse résistance, la lutte contre la pneumonie est généralement gagnée ou perdue dans une période de temps relativement courte : question de jours ou même d'heures quelquefois- A la rapidité de l'assaut de la pneumonie, opposez une rapidité de défense encore plus grande.La Metropolitan sera heureuse de vous envoyer gratuitement sa brochurette "Un simple rhume?Ou" — Ecrivez au Service des brochurettes 2-R-34 Metropolitan Life Insurance Company FREDERICK H.ECKER, PRÉSIDENT BUREAU CHEF CANADIEN, OTTAWA AU SERVICE DU CANADA DEPUIS 187 2 3 Page 16 La Revue Moderne — Montréal, Février 1 9 3 U 1 ^ I Pourquoi les CHINOIS portent-ils leurs ongles longs?• Les ongles longs sont une marque de noblesse en Chine, parce que la main qui les porte ainsi ne peut évidemment pas vaquer aux travaux ménagers, comme par exemple le lavage du linge, de la vaisselle ou le nettoyage des légumes.Pourtant, il y a aujourd'hui au Canada des milliers de femmes qui travaillent tout le jour, à la maison ou au bureau, et qui ont les mains aussi fraîches et satinées que celles d'une jeune Chinoise de haute lignée.C'est grâce au Baume Italien Campana! 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Mon Dieu!.Que faire pour qu'Yvan ne faiblisse pas.pour que cette iniquité ne soit pas commise.Un divorce!.Un divorce!.— III — MONSEIGNEUR ANDREW L'un des pavillons du parc Strolenski était affecté au chapelain, l'abbé Georges Andrew, du même âge environ que le comte Ovanieff.Lors du mariage d'Yvan il avait reçu le titre de prélat romain, sollicité pour ui par le prince Stanislas Strolenski auprès du Saint-Siège.Très dévoué à la famille, Monseigneur Andrew ne voyait pas sans souffrir la mésentente se glisser sournoisement entre les deux époux.Une intervention près d'Yvan était chose délicate, nécessaire pourtant.Sur la prière d'Hedwige, il tenta un jour de parler au prince.Malheureusement Michel veillait, se doutant bien que la princesse essayerait du chapelain vis-à-vis de son mari.Aussi, demeura-t-il quand le prélat fut introduit.—-Je ne crois pas que vous ayez rien de particulier à dire au prince, fit le perfide.Je me permets de rester.Yvan n'aime pas Ovanieff.J'ai intervint Andrew.A certaines heures, la solitude.—- Précisément, comte à entretenir.— C'est que.interrompit Michel, risquant un atout.Si c'est au sujet d'Hedwige .c'est inutile pour le moment.Yvan se trouve très fatigué pour entendre cette affaire.Le faible Yvan qui redoutait la question parce qu'il la supposait contre lui, sur les insinuations de son oncle, le faible Yvan asquiesça d'un geste las.— Une autre fois, Monseigneur.une autre fois.L'autre fois se présenta vite, car le digne chapelain était de ceux que rien ne rebute, quand le devoir est en jeu.Il devait tout faire, tout oser, tout risquer pour réconcilier ces deux êtres si bien faits pour s'entendre et s'aimer comme au début.Mais Michel aux aguets encore d'une façon énergique.— De grâce, Monseigneur Epargnez à mon pauvre neveu les récriminations de sa femme.Il aspire au repos de tous ses vœux.Il désire.il veut ardemment la séparation.— Mais il est de mon devoir.— De grands mots.Comme elle et comme lui, interrompit le comte haussant les épaules.Inutile de parler au prince.N'insistez pas davantage.Conseillez plutôt à ma nièce d'accepter la situation.Faites appel à son dévouement parlez lui de sacrifice.dans l'intérêt de son mari.Le chapelain toisa froidement son interlocuteur.— Vous avez une étrange façon de voir les choses, Michel Ovanieff.Ceci me prouve que je dois au contraire insister, dire au prince que son épouse n'a jamais désiré le quitter.Michel sourit ironiquement.Il savait mieux que personne les sentiments de la princesse.Mais il manœuvrait adroitement pour que son neveu l'ignorât.Le château de cartes si minutieusement édifié par lui, créé de toutes pièces, se serait de suite effondré.Il fallait à tout prix empêcher Monseigneur Andrew de parvenir jusqu'au prince.— Si vous voulez, Monseigneur, reprit-il fourbe et cauteleux pour gagner du temps.Je lui parlerai de votre visite, demandant pour vous une audience particulière.— Je trouve étrange, répliqua le prêtre, qu'il faille tant de formalités à présent pour parvenir auprès d'un Strolenski, alors que j'avais jadis mes entrées à toute heure.— Ce qui était ne peut plus être.La mauvaise santé d'Yvan.— Allons donc.Que je lui parle cinq minutes et sa mauvaise santé sera guérie.Le comte eut un rire ironique.Lui seul disposait de cette santé, soit qu'il additionna ou non le poison aux aliments du prince.— Vous vous leurrez, Monseigneur Andrew.Le seul remède efficace est l'acceptation de la princesse aux volontés de son époux.— Dites aux vôtres, comte Ovanieff.Mais souvenez-vous que si votre chance tourne.— Elle ne tournera pas.— C'est bien.Brisons la.Le prince ne peut m'entendre, il me lira du moins, fit le chapelain en se retirant.— L'imbécile! ricana Michel.J'ai aussi prévu cela.Je détruirai ses lettres.De fait aucune des missives du prêtre ne parvint à Yvan.Hedwige avertie osa un jour dire au prince: — Vous n'avez jamais répondu à Monseigneur Andrew.II vous a maintes fois écrit.— Il m'a écrit?.fit le prince stupéfait.Que veut-il?.Et pourquoi m'écrire?.Ne peut-il venir ?.Elle regarda Michel dont les yeux semblaient ceux d'un tigre prêt à bondir.Epouvantée, elle baissa la tête répondant toutefois bravement: — Quand il veut vous voir, Yvan, le comte Michel s'y oppose.— Naturellement, Hedwige.Il ne faut aucune agitation, aucun souci dans la vie de votre mari.Pourquoi Monseigneur Andrew vient-il constamment troubler le repos du cher malade?savez-vous ?, Il désire roiin, litre jusqu'à ijuc point le prince veut cette séparation, il.— Malheureuse! Taisez-vous.dit Michel, se levant subitement, voulant étourdir la princesse d'un (lot de paroles avant qu'elle ne se ressaisisse.Voulez-vous donc sa mort soudaine?.Ne pouve/-vous attendre?.L'ambiguité voulue de ces mots troubla Hedwige autant qu'elles furent cruelles au prince.— De grâce, Hedwige, retirez-vous.Et vous Michel?OhT.Que l'on ne me parle plus de rien, fit le malade d'une voix tremblante et saccadée.Je veux être seul.Michel satisfait s'empressa d'entraîner Il princesse interdite.— Voyons, Hedwige, dit-il doucereux, presque conciliant.Evitez à l'avenir ce sujet pénible.— Mais, protesta-t-clle.Je ne puis me faire à cette idée.Je veux garder mon mari.— Vous le garderez aussi.Laissez faire le temps.Quelques mois de séparation feront une œuvre salutair» sur l'esprit inquiet, neurasthénique d'Yvan.Après il vous reviendra plus aimant que jamais.Elle le regarda indécise, ne sachant que croire dans ce ramassis de paroles contradictoires.Des larmes remplirent ses beaux yeux; elle eut un geste de profond découragement, ne voyant plus clair dans ce dédale de mensonges, d'hypocrisie, de mots désavoués, de promesses artificieuses.— Ah! comte Ovanieff, si vous me trompiez, moi innocente, moi qui aime mon mari.Sachez que Dieu me vengerait.Derrière elle, il haussa les épaules.— Ils sont vraiment faits pour s'entendre, murmura-t-il.Ils parlent à l'unisson.Quand Monseigneur Andrew connut le triste résultat des tentatives faites par la princesse, il comprit que le comte Ovanieff jouait un double jeu, d'autant plus cruel qu'il brisait deux êtres jusque là tendrement unis.Il conseilla la résistance à sa pénitente.Une séparation ne se fait juridiquement que par consentement mutuel.Que ce jour arrive, elle pourrait alors devant témoins affirmer son refus.— Mais si vraiment la santé de mon pauvre Yvan demande ces quelques mois de séparation ?— C'est faux! trancha énergiquement le prêtre.Le comte Ovaniff joue, je le vois, une indigne comédie.Mettez votre espoir en Dieu, princesse, Lui seul peut confondre le coupable et faire la lumière.Priez, Hedwige Strolenska.— J'ai tant prié déjà! fit-elle avec découragement.— Priez encore.Dieu aime la persévérance.S'il donne l'épreuve, et je sais que la vôtre est grande, Il est aussi le dispensateur des joies.Je ne puis que vous dire: Continuez comme par le passé, votre tendresse et vos soins au prince.Soyez patiente, attentionnée, douce et confiez-vous à Dieu.Ce qu'il garde est bien gardé.Quand elle partit, le prêtre réfléchit longuement à cette étrange situation.Où était la vérité ?Les manières d'Yvan semblaient donner raison au comte Ovanieff.D'autre part, qu'avait-il pu insinuer pour que le prince changea ainsi d'attitude envers sa femme ?Le dernier moyen était de pouvoir démasquer Michel auprès d'Yvan, en le montrant sous son vrai jour: traitre, perfide et faux.C'était difficile; Monseigneur Andrew se l'avouait; mais Dieu n'est-il pas le défenseur des opprimés ?Le mal ne pouvait indéfiniment triompher; tôt ou tard, l'heure de Dieu devrait sonner.Avec confiance, le digne prêtre l'attend.ni en pn.inl.IV LA VIERGE DU MIRACLE Les jours passèrent, semblant creuser peu à peu un abîme entre les deux époux, hypocritement travaillés par Michel, * l'insu l'un de l'autre.Hedwige croyait avoir perdu l'amour de son mari, n'osait lui parler, ouvrir La Revue Moderne — Montréal, Février 1 9 3 U Page 17 L'Enfant de la Larme •on cœur, le prier de ne pas la répudier.La fierté blessée niellait une barrière à la tendresse de l'épouse.De son coté le prince habilement influencé par les récits mensongers de son oncle, pensait que la douce I ledwige n'était pus loin de regretter une union stérile avec un mari toujours malade.Michel avait même cette perfidie diabolique d'excuser l'un, prés de l'autre.11 voyait déjà le moment où il pourrait escompter le consentement mutuel, favorable ù une séparation.Il jouait gros, mais l'enjeu en valait la peine.La princesse cependant quittait rarement son époux, lui prodiguait ses soins; mais Vvan prévenu, l'accusait en lui-mtmc d'hypocrisie, s'énervait de la voir, réclamant la solitude.Désolée, Hedwige quittait la pièce, fermement convaincue que son mari ne l'aimait plus.La tension entre eux devint si forte, qu'un matin le prince lui dit: — Ne prenez pas tant de peine, princesse, vous serez bientôt délivrée d'un mari malade.— Que voulez-vous dire, Y van ?ques-tionna-t-elle, subitement alarmée.— De grâce, Hedwige.Vous me comprenez très bien.D'ailleurs, je ne suis pas en état de parler longtemps.Veuillez me laisser.Je ne suis pas seul, puisque Michel est près de moi.Elle n'osa insister, défendre sa cause devant le regard d'aigle du mauvais génie, dont le geste impérieux la renvoyait.— Ne vous troublez pas, Hedwige, dit tout bas le comte en la reconduisant.Yvan est nerveux ce matin.Elle s'en alla, morne et désolée, n'espérant plus qu'en Dieu, sachant la force de conviction employée contre elle par le comte Ovanieff.Cependant ce matin-là, justement, le prince se sentait mieux.C'est que le lent poison n'était plus mis dans les aliments, depuis que le criminel espérait arriver à l'union du prince avec sa fille Katia.Il évitait de lui parler d'elle pour ne pas éveiller les soupçons d'Vvan, qui lui, ne s'arrêtait qu à l'idée d'une séparation, voulue, croyait-il, par la princesse.Derrière Hedwige il congédia cependant Michel, s'habilla sans le recours de son valet de chambre, ouvrit la porte de l'oratoire donnant dans sa chambre et se prit à considérer avec une amère tristesse un superbe tableau devant lequel brûlait jour et nuit une lampe.C'était la Vierge du Miracle.A ses pieds, Tatiana pleurait les bras levés, cramponnés aux plis rigides de la pierre, le visage appuyé contre les genoux de la statue.Le regard du prince remonta pour s'arrêter sur la larme de diamant.— Grâce à cette larme divine, murmu-ra-t-il, les Strolenski vivent encore aujourd'hui .Hélas! Je suis désormais le dernier descendant du pieux Boreslas, VEnfanl de la Larme.Il fléchit le genou, pria tout bas devant la sainte image tant vénérée des Strolenski, courba sa tête altière, pleura sa misère, sa solitude, son foyer vide.— O Protectrice des Strolenski! murmu-ra-t-il.Prenez en pitié le malheureux que je suis.L'humilité de cette prière détendit •on cœur fier.Il eut l'idée d'avoir une explication avec sa chère Hedwige.Oh!.se pouvait-il qu'elle se détournât de lui?.Elle si compatissante et si bonne!.Elle dont il avait connu l'amour et apprécié les vertus! Il la fit demander, mais la princesse faisait en ce moment sa tournée chez les pauvres.— Ne suis-je pas le plus pauvre si je la perds?.Si pour lui éviter une vie triste et morne près d'un malade, comme l'affirme Michel, je consens à une séparation.Que deviendrai-je sans elle?.Sans sa présence, sans son sourire.Il monologua longtemps sur ce thème, l'âme ravagée de douleur.L'absence d'Hedwige lui retirait la soudaine envie d'une explication qui eut amené la lumière sur les intrigues du comte Ovanieff.Injustement, comme tout cœur qui souffre, il l'accusa.— Elle me néglige, donc Michel a raison, elle ne iii'.iimic |>lu- Si son bonheur est dans une séparation.eh bien, qu'elle soit! Il descendit dans le parc où Katia se trouvait comme par hasard.Ayant vu la princesse sortir, elle dit hypocritement: — Hedwige ne vous accompagne pas ?— Elle est près de ses pauvres.— Ou ailleurs.Comme elle vous néglige depuis quelque temps, mon pauvre Yvan! Le prince tressaillit.Le coup perfide le touchait au cœur, à la plaie saignante.Ainsi, chacun pouvait le voir: la princesse l'abandonnait, quand elle eut du l'entourer de soins tendres et dévoués.Il oublait volontairement qu'il les refusait par dépit ces soins et ce dévouement; repoussant maladroitement les avances que sa femme lui faisait sur les judicieux conseils de Monseigneur Andrew.— Laissez, Katia.Tout cela va changer.Après tout, la vie n'a rien d'attrayant pour une jeune femme près de moi.Ma santé la condamne à l'isolement.Oui, il est juste que la pauvre Hedwige.Il n acheva pas, ta voix brusquement coupée d'un sanglot.Pour montrer à Katia qu'il désirait être seul, il la salua et changea de direction.La princesse Hedwige avait, en effet, visité ses pauvres avec plus de commisération peut-être que d'ordinaire, comme pour appeler sur elle la protection divine par la charité.Mais en les quittant, elle était entrée chez Monseigneur Andrew.Là, mettant son cœur à nu, foulant aux pieds tout décor mondain, elle avait comme le prince devant la Vierge,_pleuré sa vie sur le point d'être brisée.— Il ne m'aime plus! disait-elle.Ma stérilité lui pèse.Je sens qu'il va céder aux insinuations de son oncle.Oh! se peut-il qu'Y van désire une séparation ?— Qu'y a-t-il vraiment derrière les intrigues du comte Ovanieff?— Ne devinez-vous pas?.Il y a le divorce, puis Katia comme épouse.— Rassurez-vous, Madame.Le prince ne consentira jamais à un divorce, à plus forte raison à un second mariage, protesta le prêtre avec force.— Je deviens folle.Toutes nos tentatives ont été vaines.Michel est toujours là, entre Yvan et moi, comme s'il craignait une explication, un rapprochement, lui qui a su nous désunir si habilement.— Essayez encore, Princesse .Priez comme je le fais.Le prince me parait aller mieux ces jours-ci.Espérez.Puis jetant un coup d'œil par la fenêtre, il ajouta: — Voici Michel et sa fille.Ils semblent converser longuement.Cela signifie que le prince est seul.Oh! princesse, tâchez de le voir.Allez.Je vais prier pour que Dieu vous aide.Elle le quitta en hâte.Il avait raison, c'était le moment de surprendre Yvan, de parler à son cœur, de démolir l'œuvre du génie malfaisant dont la néfaste influence faisait sombrer son bonheur d'épouse.Elle trouva vide l'appartement du prince.C'en fut assez pour que son âme alourdie de tant de peines secrètes, de tant d'angoisses motivées, connut un brusque découragement.— C'est fini.fini.dit-elle avec désespoir.Comme elle s'en retournait, Hedwige aperçut par la grande glace de la cheminée, l'oratoire ouvert.La Vierge du Miracle semblait lui barrer le passage, lui montrant l'aïeule des Strolenski, Tatiana prosternée, réclamant le secours divin.Brusquement elle se retourna, rebroussant chemin.— Qui donc a ouvert cette porte ?murmura-t-elle.Yvan a donc prié devant la Mère de Dieu ?Un secret espoir illumina son cœur.Elle contempla la Vierge, eut sans s'en douter les mêmes gestes que son mari, pour abaisser son regard sur Tatiana demandant un enfant, puis sur la belle Larme.la larme de diamant.— Ah! soupira-t-elle.J'ai tant prié déjà.Moi qui connais la détresse de Tatiana, aurais-je moins de confiance?."Mimi, ma chérie, tu n'as pas joué une minute de la journée .\ raiment, Madame Duval, je ne comprends pas pourquoi elle est si languissante." "C'est souvent la constipation qui affecteles enfantsde cette manière, chère amie.Mon Pierre m'a causé les mêmes inquiétudes, mais je lui ai donné un laxatif—du Castoria—et il se porte à ravir." "Chère Madame Duval.ma petite Mimi est gaie comme un pinson aujourd'hui .J'ai suivi votre conseil et je lui ai donné du Castoria hier soir." "Quelle bonne idéel Le Castoria est le laxatif tout indiqué pour les enfants.Préparé spécialement pour eux, son effet est bénin, mais efficace, et il ne contient aucune drogue.Ce sont ces substances nocives—souvent même dos narcotiques—qui rendent certains purgatifs si dangereux pour les tout petits.Et, de plus, le Castoria a bon goût!." Tous les mercredis, de 8 heures 30 à 9 heures p.m.(H.N.E.), syntonisez avec les postes CK AC ( Montréal) et CFRB (Toronto), et entendez Albert Spalding-et les excellente artistes auxquels est confié l'intéressant programme radiophonique de la Marque CASTOR1AI CASTORIA Le Laxatif des Enfants de la petite enfance à la llièmo année Les mamans qui ont de tout petits bébés trouvent dans le Castoria un médicament souverain contre la colique causée par les paz.In diarrhée entraînée par un répime imprudent, lu tintulencc,l'acidité et l'nipreur stomacles.Et toutes les mères savent que, pour soigner un rhume, les médit in- rerommnndent, «vaut tout, un laxatif! :ea Page 18 La Revue Moderne — Mon t r é al Février 19 3* LaP uissance du Ch.p arme rersonnei Par Celia Caroline Cole QUELLE grande chose émouvante que d'avoir conscience de son charme personnel ! Il y a parmi nous des milliers de jeunes filles avançant dans la vie aussi jolies que des papillons, ou de toutes façons, jeunes, saines et fraîches — c'est-à-dire fraîches sans artifices — dont le charme est comme sous clé et qui ne savent pas ce qu'il faut faire pour le développer.Et parce qu'elles ne savent pas, elles font toutes sortes de choses nulles et excentriques.Elles gâtent le charme naturel de leur figure, elles essaient trop bruyamment, trop clairement, ou trop sournoisement d'être populaires.Ou bien, elles se découragent, elles prennent un air ennuyé, maussade, pleurent en secret et se demandent pourquoi elles sont dans le monde.Est-ce cela la vie ?Il ne s'agirait pourtant pour elles que d'en comprendre la valeur, d'en user avec tact et délicatesse, et d'être naturelles, pour être de vraies jeunes filles charmantes.Les bambines que leurs mamans entouraient de tendres soins ont pris, avec les années, une attitude nouvelle: leurs espoirs sont sans limites, elles attendent tout de demain.Suivant la loi naturelle, leur beauté, leur personnalité, leur charme se sont développés en même temps.Qu'elles soient blasées, joyeuses ou confiantes, la vie avance quand même, invariablement.Point n'est besoin d'efforts exagérés.Les choses suivent leur cours normal, et l'excès ne peut qu'être néfaste.La simplicité est la plus belle parure de la jeune fille.Mais la simplicité n'est rien sans la propreté, le premier facteur de la santé, de ce bien inestimable qui fait trouver la vie agréable et le travail plaisant.La propreté est une qualité que tout le monde estime et qui est toujours remarquée.11 faut en contracter l'habitude de bonne heure, adopter comme méthode de se laver la figure à l'eau .chaude et au savon une fois par jour; les autres fois à l'eau froide.On doit se laver à grande eau, c'est-à-dire non pas seulement en la faisant couler sur la serviette, ce qui n'est pas suffisant pour bien nettoyer la peau, et ensuite rincer à l'eau froide.Pour faire disparaître les points noirs, il suffit géné- ralement d'appliquer une bonne crème et ensuite un tampon de coton trempé dans l'eau chaude.On laisse quelques minutes, et avec la brosse douce on frictionne la figure à l'eau tiède et au savon.Si une première application n'est pas suffisante, répétez le traitement le soir suivant et même plusieurs fois s'il est nécessaire.Après disparition des points noirs, refermez les pores ou au moyen de l'eau froide ou par un tonique de la peau.L'acné provient presque toujours de troubles digestifs ou du mauvais fonctionnement des intestins.On peut l'éviter en s'abstenant de temps à autre de manger des bonbons, des marinades, des mets épicés, et en suivant un régime comprenant beaucoup de fruits, de légumes, de salades vertes, et en buvant beaucoup d'eau.Le manque de sommeil donne souvent à la peau une apparence terne, une couleur grise.Il faut à la jeunesse au moins neuf heures de bon repos pour que le teint soit frais, clair, de bonne santé.Les boutons sont désolants.Un mauvais régime, le manque de bon air, de sommeil, d'exercice, la tension des nerfs en sont les causes ordinaires.Appliquer de l'eau chaude sur les boutons au moyen d'un morceau de coton, jusqu'à ce que les boutons deviennent aussi rouges que le feu, est un excellent moyen de les faire disparaître.Couvrir d'une bonne crème médicamentée pour faire sécher les éruptions.Pour l'acné, on n'emploie pas de cold cream, et on ne louche pas avec les doigts, c'est tout simplement étendre l'infection.L'importance de la propreté n'est jamais exagérée.C'est une atmosphère personnelle, c'est la Santé.(Courtoisie du Delineator) La Revue Moderne — Montréal, Février 19 Page 19 L'Enf a n t de la La r m e Soulagement Instantané du Mal de Gorge Pour Ulcération ou Irritation, Ne Retardez Pas! Ces illustrations vous enseignent quoi faire Ecrasez et faites dissoudre 3 tablettes d'As-pirin dans un demi-verre é'eau.Gargarisez - vous à fond.Pench ez votre ttt en arrière, de manière à ce qu'un peu d gargarisme coule dans la gorge.Répétez l'opération et ne vous rincez pas la bouche.Pour une plus grande efficacité, laissez séjourner le gargarisme sur les membranes de votre gorge.Sachez que: Seuls les remèdes peuvent soulager le mal de gorge.Comme elle je suis aux abois .Un autre l'élros s'acharne contre moi.Vaincue, fondant en larmes, la malheureuse s'écroula devant le tableau, H .ml li.nl Ii.hii — O Vierge des Strolenslci!.Aie pitié de l.i p.invill IC< llt-4 IMM II II J.&P.Coats Fabriqué au Canada par Ici Fabricants du Coton en Bobines Coats et Clark The Canadian Spool Cotton Co., I30F Dépt.B-t6,Gase postale 519, Montréal.P.Q.rinrluê 15c.pour le NOUVEAU LIVRE ** A Complet* Collection af Crochet Detign§'* {Un» Collection Complète de Itestin» au Crochet) ain%i qie ta brochure!!* "Crochet and Lmbroidery ^tilrhet" (Pointa au Crochet et Point* de liro-dmrie).Nom.L'Enfant de la Larme (Suite de la page 21) — Pourquoi donc ?questionna Sonia vivement intéressée.— C'est que l'on ne m'espérait plus.Mes parents croyaient ne jamais avoir d'enfant.Un jour ma mère ayant prié la Vierge du Miracle devant laquelle on la trouva en pleurs, évanouie, acquis quelque temps après la certitude inespérée de sa maternité.— Comme vous devez aimer votre mère, Boris! — Je la vénère comme une sainte.— Avec quelle ferveur vous devez aussi prier cette Vierge! 11 resta un instant silencieux, puis avoua: — Je ne la prie plus guère maintenant.Mais quand j'étais petit, j'avais une piété d'ange.Ah! .continua-t-il, avec un vague regret, le petit Enfant de la Larme, en ce temps là, ne s'éveillait pas sans donner un sourire à sa belle Vierge; le soir il n'aurait pu dormir sans l'avoir saluée comme un chevalier saluait la Dame de ses pensées au Moyen-Age.— Pourquoi, Boris, fit-elle câline et tendre, pourquoi ne la priez-vous plus ?Il baissa la tête devant le clair et pur regard qui le fixait.N'osant dire "Je n'en suis plus digne", il balbutia: — Je ne sais les idées changent.— Mais la foi doit être inébranlable, mon ami.— Sans doute .Oui.— Eh bien, mon chevalier du Moyen-Age, promettez-moi que nous la prierons ensemble cette Vierge Dame de vos pensées, quand vous m'aurez conduite en Pologne.Là encore était l'écueil.N'ayant averti personne de son mariage, il ne pouvait sitôt y conduire sa jeune épouse.A quel titre y entrerait-elle?La situation lui parut pour le moment inextricable.Il ne pouvait, devant partir, l'emmener avec lui; il ne pouvait non plus vivre loin d'elle, il l'aimait trop.Et la laisser en plein Paris!.— Pour le moment, Sonia, je dois .je ne puis.articula-t-il, la gorge serrée.Je vous quitterai pour quelques jours, ensuite.— Me quitter ?interrompit-elle ?Déjà ?— Un devoir urgent, ma chérie.Après je serai libre vous me rejoindrez.Je préviendrai ma mère.— J'aime tant déjà la princesse Hed-wige, qu'elle m'accueillera comme une fille.Il ne répondit rien, mais le soir s'arra-chant à son rêve de tendresse, il partait en Pologne.C'était là la page secrète du cœur de Boris, la page ignorée de Michel et de tous.Un matin, le comte Ovanieff entra chez Boris: — Mon cher, dit-il solennellement, l'heure est venue.Je pars à l'instant, tu devras me rejoindre demain.La Cour quitte Péterhof dans deux jours.Là-bas un des nôtres te remettra l'objet .pour le train impérial, comme il est convenu.Boris pâlit affreusement.Il eut un geste de violent refus, mais Michel le foudroya du regard, pesant sur les mots: — Il faut! Impossible de reculer.— Mourir maintenant ?balbutia-t-il.Il pensait à sa Sonia, à son amour, à son secret bonheur si tendre, si beau.— Rien ne prouve que la mort est au bout de l'aventure.Mais elle y est sûrement si tu refuses.Vas-tu reculer comme un lâche, toi qui parlais si haut d'abolir régime et tyran ?— Soit.Je partirai, fit Boris frémissant à ces insultes sans oser les relever.Le comte Ovanieff parti, il se mit à réfléchir, reculant à présent.Allait-il en plein bonheur risquer sa vie parce qu'il avait plu aux chefs du Comité de donner son nom ?Il ignorait que son oncle le jugeant bon pour le crime, l'avait désigné lui-même pour l'attentat monstrueux qui se préparait.Sa résolution fut vite prise.Il partirait, mais à Paris, chercher sa femme, tout dire au comte Czarnewski et voir comment recouvrer sa liberté en rompant avec les révolutionnaires.— Mon ami, dit-il à Méloutine qu'il avait fait appeler.Tu es seul au monde, je puis te faire riche comme tu n'as pas rêvé de l'être.Prends ma place, pars de- main pour Peterhof.Nul ne saura rien car je pars aussi.Ils parlèrent ensemble tout bas, discutant; l'un priant, l'autre refusant.Enfin l'accord fut conclu.Quand Méloutine quitta le prince, il emportait deux chèques importants, payables en deux échéances.Le soir même Boris avec un subit attendrissement faisait ses adieux à sa mère qu'il trouva dans l'oratoire.— A peine arrivé, tu pars, mon Boris! — Mère, je reviendrai cette fois pour toujours, j'espère.— Au moins, prie avec moi la Vierge du Miracle afin qu'elle te garde! — Priez vous même, chère mère, moi.je ne crois plus à ces bêtises .— Oh! gémit-elle.Boris, mon Boris, Enfant de la Larme, tu priais jadis.— Ce temps n'est plus, fit-il un peu brusque et l'heure presse.Le lendemain le prince et Grégor Méloutine quittaient le château, que ni ni l'autre ne devait revoir.VIII ORDRE DU TSAR Hedwige seule encore une fois, le cœur oppressé ne sut que pleurer.— Le malheureux a perdu la foi, dit-elle à Monseigneur Andrew.Dans quelle route ce scélérat de Michel a-t-il conduit mon enfant ?Hélas! Elle ne devait pas tarder à le savoir.Trois jours après la princesse lisait dans les journaux avec une stupeur, une épouvante indicible, ces lignes qu'elle croyait être le récit de quelque cauchemar."Le train impérial de Peterhof vient d'être l'objet d'une odieuse tentative.Une bombe à renversement allait être jetée sur la voie par un nihiliste fameux, qui, prit de remords fit des aveux complets.C'est un nommé Grégor Méloutine.Il affirma avoir re^u des ordres et la bombe même du prince Boris Strolenski, déjà suspect et surveillé depuis quelque temps, sur les indications du comte Al.O.un fidèle serviteur de notre Petit Père le Tsar, S.M.Nicolas H".Plus loin, en dernière heure: "Le prince vient d'être arrêté comme il cherchait à passer la frontière".Hedwige resta un moment hébétée, ne comprenant pas l'affreuse chose.Son Boris, son fils bien-aimé serait donc un bandit ?Un misérable accoquiné avec les pires malfaiteurs, les assassins et les révolutionnaires ?Cela se pouvait-il ?— C'est le dernier coup.Oh, mon Dieu! .O Vierge secourable, gémit-elle.Ayez pitié de mon enfant.Le Novroiê Vrêma du lendemain confirma l'horrible nouvelle.Cette fois au lieu des initiales déjà si transparentes s'étalait le nom de Michel Ovanieff, que Sa Majesté allait récompenser pour lui avoir sauvé la vie.Monseigneur Andrew démêla très vite la trame du long travail de l'odieux tuteur.Après avoir entraîné Boris dans ce milieu mal famé, il avait, conservant des intelligences à la Cour, dénoncé comme chef nihiliste, pire, peut-être, celui que, depuis sa naissance il vouait à l'opprobe.Les dernières nouvelles indiquaient que Grégor Méloutine, de connivence avec le comte avait simulé l'obéissance pour mieux tromper le prince et le faire prendre.11 appuyait ses dires en montrant deux chèques de 100,000 francs signés chacun du prince Boris.— Voyez-vous, Princesse, le comte Ovanieff avait depuis longtemps combiné ses plans.Il a fait là une œuvre diabolique et y a pleinement réussi.— Mon enfant est perdu, dit-elle.Rien ne peut plus le sauver.— Dieu seul commande aux événements.— Le Tsar ne pardonnera pas.— Evidemment, mais.la Sibérie rend quelquefois ses victimes; j'en suis une preuve.Faites agir à la Cour, pour déportation.— Hélas! Je n'y connais plus personne Je n'ai aucun moyen.— Il vous reste la prière, Princesse Tatiana Strolenska non plus ne connaissait personne.Elle fut sauvée cependant.— linris! lions! tu es bien l'Enfant de mes larmes! — Princesse, soyez forte, soyez courageuse.Je vous dis justement comme Sainte Monique: "I c lils de tanl
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