La Revue moderne., 1 janvier 1937, janvier
e coeur répond ?par H.-A.Dourliac L'ESPAGNE EN ROUGE, par Jean BRUCHESI m.m MLmmm 2 tasses de Poisson Canadien (restes, en conserves ou poisson cru finement haché) 1 gros oignons ou deux petits 3 ou 4 pommes de terre moyennes Sel et poivre Farine 1 Lasse de lait (environ) Enlevez les arêtes et effeuillez le poisson.Etalez-en la moitié dans un plat à rôtir bien beurré.Recouvrez de tranches minces d'oignon cru puis d'un bon lit de pommes de terre crues coupées en tranches minces.Saupoudrez de sel et poivre, puis de farine.Répétez ces trois lits, puis versez-y suffisamment de lait pour qu'il arrive jusqu'au dessus.Parsemez de beurre et faites cuire au four, à 375-400 degrés Fahrenheit pendant environ 45 minutes ou jusqu'à ce que les pommes de terre soient cuites.SANDWICHES AU POISSON Mélangez du .n cuit ou de conserve avec du céleri haché menu et des cornichons sucres en tranches minces.Salez et poivrez; madé-nez avec de la mayonnaise et étalez entre des tranches de pain minces.Découpez les sandwiches de façon attrayante.Servez du POISON pius souvînt "^"OMBRE de nouvelles recettes délicieuses .salades, ' entrées .plats principaux .aucun autre aliment n'offre un choix aussi illimité et varié que les Poissons, les Mollusques et les Crustacés Canadiens.Il y a là un choix illimité de saveurs .plus de soixante espèces de Poissons .au goût excellent .à la chair ferme, délicate et facile à digérer pour laquelle les Poissons, Mollusques et Crustacés Canadiens sont renommés dans toutes les villes du monde entier.Présentez ce mets plus souvent à voire table.Offrez "du Poisson n'importe quel jour".Servez plus souvent, dans le courant de la semaine, des Poissons, Mollusques et Crustacés Canadiens.Bénéficiez de leur richesse en protéines fortifiantes, en vitamines précieuses, en sels minéraux, en iode, en sels cuprifères et autres éléments nécessaires aux enfants en croissance ainsi qu'aux grandes personnes.Régalez-vous d'une variété d'espèces et de saveurs qui sera une source constante de repas appétissants.Appréciez l'économie que vous permet cet aliment sans égal en vous assurant une nourriture satisfaisante pour chaque sou que vous déboursez.Et rappelez-vous que peu importe le genre que vous préférez .poisson de mer ou d'eau douce .que vous l'aimiez frais, frigorifié, en conserve, fumé, séché ou mariné .vous recevrez toujours votre poisson favori en état parfait et appétissant, grâce aux facilités de transport moderne organisées par le Canada.MINISTÈRE DES PÊCHERIES, OTTAWA SALADE DE POISSON Effeuillez du poisson bouilli (refroidi) ou de conserve et mettez-le avec des tranches de concombres, sur de la laitue croquante.Garnissez d'oeuf dur en tranches, de rondelles de poivron vert et d'olives farcies.Servez froid, avec de la mayonnaise ou une sauce à salade bouillie.> TARTINES AU POISSON Prenez du poisson bouilli ou de conserve, enlevez peau et arêtes, et mélangez avec une mayonnaise à salade bouillie, en ajoutant une petite quantité de poivron vert nu ruuge haché menu.Assaisonnez de sel et poivre, et étalez sur du pain blanc ou brun beurré et découpé en rondelles, en languettes ou en triangles.Garnissez de tranches S de concombres, de tranches ou de rondelles d'oeuf dur, et d'olives farcies tranchées.Ecrivez Pour Cette Brochure, é Ministère des Pêcheries Ottawa Veuillez m'envoyer votre brochure gratuite de 62 pages, intitulée "Du Pni&snn n'importe qurl ji»ur", et contenant plus de 100 Recettes de Poisson, délicieuses et éciinomiques.l.RM .NM3F P O I S S O ]V TOUJOURS DE SAISON La joie passe./'ANNEE neuve n'est déjà plus! Ses mois, prometteurs de jours meilleurs ont * ressemblé à ceux qui les ont précédés.Tour à tour, ils ont été de brefs intermèdes de calme, de courtes étapes de confiance, de passagères trêves aux inquiétudes quotidiennes.Ils ont aussi été parjois remplis de lourde anxiété, de pénibles appréhensions, de soudaines difficultés.Aujourd'hui, tout cela c'est le passé, et au moment de jeter le vieux calendrier, d'en détacher le dernier feuillet, le mirage des promesses riantes et des frais espoirs pare de son prestige toujours renouvelé, l'année nouvelle, mystérieuse magicienne dont, depuis des siècles, la baguette magique enchante le monde.Quand, par toute la terre, Noël répand la lumière de sa fête merveilleuse, "Une daire aWigresse traverse la nuit".Son écho résonne dans tous les cœurs parce qu'il n'en est pas un seul — même le plus malheureux — qui ne ressente, à l'heure bénie de son mystère, l'émoi des souvenirs attendrissants.Evocation des jours d'insouciante quiétude, des joies intimes, des rêves na'ijs, des événements greffés à notre cœur, d'un bonheur que la vie a émietté un peu chaque jour, mais dont les débris, toujours chers, brillent comme des étoiles à la voix des cloches de Noël.Par contraste, de l'année qui meurt, il jaillit un regain dévie, un renouveau de vigueur.Plus rien n'est ardu, plus rien n'est compliqué, tout se simplifie, et demain apparait dans la clarté de l'embellie.Demain, c'est le nouvel an.C'est pour une journée, un cantique d'espérance au bonheur, aux succès, à la prospérité.C'est la réunion des jamilles, la joie des foyers, les réjouissances d'une fois l'an.C'est le réveil des vieilles amitiés, l'heure des réconciliations, l'oubli des malentendus, le geste des mains bénissantes, l'échange des souhaits.On m'a demandé, à titre de doyenne de la revue, de me faire son interprète auprès de ses lecteurs.Pour traduire les sentiments que l'on me charge d'exprimer, la phrase traditionnelle reste la meilleure par son sens profond et sa douce simplicité.Bonne et heureuse année! Quatre mots qui résument tous les vœux, tout ce qu'il faut à l'homme pour être heureux, tout ce qu'il cherche dans la vie.Bonne et heureuse année, lecteurs et lectrices! Qu'elle soit douce à chacun! Aux familles heureuses, aux favorisés de la fortune, à l'insouciance des enfants, aux rêves de la jeunesse, aux soirs des vieillards.Bonne et heureuse année aux éprouvés, aux infortunés en détresse! Qu'elle apporte la douceur des compensations à ceux que le malheur, la souffrance, les revers affligent, et la douceur des consolations aux orphelins, aux malades, aux isolés! Qu'elle atténue la rudesse de ses devancières par un bienheureux optimisme qui rallie tous les courages, toutes les énergies, toutes les volontés, pour que chacun ait sa part de joie.Qu'elle soit douce au saint Vieillard du Vatican à qui nous offrons l'hommage de nos vœux de rétablissement.Qu'elle jette sur les misères du monde une lumineuse éclaircic qui Lui permette de bénir l'univers pacifié.Qu'elle soit douce à notre pays, au règne du nouveau roi et de la nouvelle reine du Canada, Georges VI et Elizabeth, à nos Pasteurs, à nos gouvernants, aux foyers canadiens, à nos institutions religieuses et nationales.Qu'elle soit douce, qu'elle soit heureuse pour que l'on croie qu'elle est enfin venue l'année la meilleure, la bonne année! Par P.-H.I.EFEBVRE P.A.CHOQUETTE: Un demi-siècle de vie politique; préface de Robert Rumilly.(Editions Beauchemin).Un ouvrage qui tire de l'interviou: "Choquette possède sur plus d'un demi-siècle de la vie politique canadienne une expérience et des souvenirs qui sont une mine d'or.Il a bien voulu les évoquer pour nous, écrit le préfacier, au cours d'un certa:n nombre de causeries amicales." L'intervioué?L'honorable Philippe-Auguste Choquette, né à BeJœil en 1854, d'une famille de cultivateurs.C'est le frère de Mgr C.-P.Choquette, ancien supérieur du séminaire de Saint-Hyacinthe dont il a écrit l'histoire ainsi que celle de la cité, et du docteur Ernest Choquette, auteur de plusieurs ouvrages.L'honorable P.-A.Choquette, ancien secrétaire de Mercier, a fondé lui-même des journaux et est devenu propriétaire du "Soleil".Feu J.-A.Choquette, fonctionnaire, son fils, a écrit "Claire" et "Le Retour", deux pièces à succès.Le politique?Ancien député de Montmagny, membre, actuel du Sénat.Nommé Juge des Session de la Paix à Québec, en 1915, il prenait sa retraite en 1930; s'est voué depuis à une fonction toute spéciale: il s'occupe des relations domestiques.Au moment où débute son demi-siècle de vie politique, ce sont les conservateurs qui régnent à Québec; M.de Boucherville vient de faire élire 50 de ses partisans contre 15 libéraux.Nous sommes en 1877, année de l'entrée de M.Choquette à la faculté de droit de l'université de Laval.Laurier a bien été défait dans Drummond-Arthabaska, mais il s'est repris dans Québec-Est.Moment d'effervescence politique.N'assdstet-on pas, le 2 mars suivant, au coup d'Etat Letellier?Puis c'est l'entrée en scène des libéraux, avec le gouvernement Joly, qui est défait au bout d'un an.Et les conservateurs de revenir au pouvoir jusqu'à l'avènement de Mercier, qui tombe à son tour en 1890 pour laisser de nourveau le champ libre aux ministères de Boucherville, Taillon et Flynn, le dernier avant le règne des ministères libéraux: Marchand, Parent, Gouin et Tasche-Teau .Au cours de ces quelque 300 pages de souvenirs, nous revoyons les fameuses questions: Riel, Baie des Chaileurs, écoles du Manitoba, nationalisme, pierre de 1914-1918, etc.Et nous ne relevons que quelques faits principaux, auxquels fut intimement mêlé M.Choquette; le duel Choquette-Parent, au début du siècle est des plus captivant.Question opportune: que pense l'honorable D.-A.Choquette de la Confédération?Quant à la valeur de la Confédération, répond-il, il faut distinguer., Au point de vue canadien-français, ce régime nous a valu des ennuis, des injustices et des heurts.Il nous en vaudra encore.Mais c'est le sort inéluctable des minorités; et tout autre régime administratif nous eût peut-être meurtris davantage.Au point de vue canadien tout court, ce régime fait la part trop belle à l'impérialisme.Il gêne la formation d'un esprit vraiment national.Nos meilleures ambitions portent sur des objets trop éparpillés, et c'est peut-être une des raisons pour lesquelles notre pays ne dépasse guère une dizaine de millions d'habitants.Tout de même, l'Acte de l'Amérique britannique du Nord a du bon.Et l'on doit y penser à deux fois et plus avant de l'amender, et comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire en Chambre et ailleurs, cette Confédération ne durera qu'aussi longtemps que notre chère province de Québec le voudra, c'est-à-dire tant que ses droits religieux, civils et politiques resteront intacts.* * * R.P.HUGOLIN LEMAY.O.F.M.de la Société Royale du Canada: Vieux papiers, vieilles chansons.(Imprimerie des Franciscains.Montréal)."Tout finit-il par des chansons", bégaye, en chantant, Brid'oison dans le Mariage de Figaro.Ce vers caractérise la jovialité du Français de la Vieille-France; mais personne, jusqu'ici, ne savait qu'il caractérise également celui de la Nouvelle .L'auteur était allé faire des recherches aux archives de l'Hôtel-Dieu de Québec, lorsque, soudain, il tomba sur trois recueils de cantiques .où s'étaient égarées quelques chansons.Une trouvaille, quoi! Une trouvaille qui évoque les beaux jours du régime français.Nous sommes en 1711.Huit des vaisseaux de l'amiral Walker viennent de se briser sur lTle-aux Oeufs, noyant à la fois, Matelots, soldats et drilles, Mousses, goujats et cochons, Chiens, chevaux, chèvres et moutons, Boeufs, vaches, femmes et filles.(!) Aussitôt nos ancêtres de railler, en chantant, l'ennemi; ils vont même jusqu'à faire dire à l'Anglais, ô dérision! De notre insensée entreprise Profitez, courageux François (Français), Et ne craignez point qu'à nos lois Vos terres soient à jamais soumises.Puis ce sont la Monongahéla, Chouaguen, William Henry et Carillon qui déclenchent vncore leur verve endiablée.Il est vrai qu'en Angleterre, Nous avions toujours compté De vous renverser par terre, Mais nous nous sommes trompés.Ah! grand Montcalm .Vous détruisez tous mes Anglais, Suspendez donc votre courage.Le Français comme l'Anglois (.Anglais) Prétend soutenir ses droits: Voilà la ressemblance; Le Français par équité, L'Anglais ji«r duplicité: Voilà la différence.L'Anglois cherche des lauriers, Autant en font nos guerriers: Voilà la ressemblance; Lis Français en font amas, L'Anglois n'en moissonne pas: Voilà la différence.Notre société nationale, la Saint-Jeun-Baptlal de Montréal v'ent de publier un périodique FIERTE! Publication opportune comme en témoignent Vieux papiers, vieilles chantons.Est-ce que A.-B.Routhier, dans l'hymne qu'il a consacré au Canadien, ne dit pas du reste que: Il est né d'une race fière.Nous répondrons donc: OUI à la question que pose l'auteur en guise de point final: "Les modestes chansons par moi exhumées de la poussière des archives auront-elles apporté quelque aliment au culte du passé chez mes compatriotes?" n le faut: le culte des ancêtres est la marque des peuples qui ne veulent pas mourir.Le lecteur trouvera d'ailleurs dans ce captivant ouvrage d'intéressantes remarques lexicologiques «ur certains mots de nos chansonniers d'autrefois: "STUILA qu'a battu l"nglois" rappelle, en mieux, CETTUI-LA qu'on trouve dans le vieux Marot; DRILLE, soldat, n'est-il pas proche parent du verbe anglais to drill, faire des exercices militaires?Comment ne pas reconnaître une expression du cru dans celle-ci: Braddock (le vaincu de la Monongahéla) "voulut faire le fendant" ( fanfaron) ?Chers ancêtres! .* * * CLOVIS DUVAL: Les aspects; préface de Jean-Louis Vaneille.(Editions de "Scripta", Saint-Lo, France).Clovis Duval est médecin.Médecin de campagne: il réside à Batiscan, (ians la Mauricie, si vivante depuis qu'un abbé, amant du régionalisme, M.Albert Tessier, l'a complètement électrisée — sans allusion aucune.Ses loisirs — espérons que notre élite l'imitera — il les consacre à ciseler des vers à la Heredia avec, en plus, comme l'observe le préfacier, "une psvchologie particulièrement subtile".Les aspects?Voici : Qu'ils soient forme, couleur, sentiment, [.harmonie.Pleuvant au cœur humain par les sens grands [ ouverts, Les aspects sont sur nous des miettes d'univers Pour affamer notre âme ou nourrir le génie.Ces miettes d'univers, Clovis Duval les cherche partout, tant elles affament son âme: dans Ciel et Nature, l'Ame du Sol, Reliefs mentaux, les Angles libres, les Nuances du Temps, la Couleur des Fêtes, le Feu des Nimbes, Notre-Dame des Victoires, le Vent du Soir — et la Poésie acquiesce.Clovis Duval est un penseur qui a la fringale de la beauté.La note canadienne-française ne manque pas: Sur "O notre histoire! Ecrin de perles ignorées" — Fréchette.Elles brillent, dans notre écrin, belles et chères.Leur ferme éclat, se mtHe au sang des purs coraux Dont l'Epoque Héroïque a nombé ses vitraux.On ne l'a pas trop dit dans le livre et les chaires.Sur le St-Laurent- Mirant les sites vieux avec les moissons neuves, Sur un sol doucement par son lit déplacé, Beau comme un avenir et.grand comme un passé.Du Sud-Ouest au Nord-Est il va, ce roi des [Fleuves.La Revue Moderne « 4 » Janvier 1937 LA MUSIQUE, LANGAGE SUBLIME DE LA VIE La musique au point de vue physique; l'analyse du rythme — La vie intellectuelle et artistique de la musique comme langage universel Par Gérard GAMACHE JE me garderai bien, dans cet article, de présenter la musique sous ses angles techniques, ni même d'en faire l'histoire.Je ne chercherai qu'à mettre en lumière les principes naturels de la musique ainsi que les effets qu'elle produit sur les êtres humains.La première partie traitera de la base de la musique au point de vue physique, telle que je la conçois, en analysant le grand principe de la vie: le rythme.Je consacrerai la seconde partie à la vie intellectuelle et artistique de la musique comme langage universel.Dans la vie, tout a son langage.Un être comporte en lui-même, dès sa conception, sa propre faculté d'inspirer, de traduire, ou d'exprimer la beauté comme la laideur, la bonté comme la méchanceté.Des trois langages: parlé, mimique et écrit, le langage parlé est sûrement le plus vivant et celui qui rend les plus grands services à l'humanité.Le langage mimique a la faculté d'exprimer d'une façon évidente, les sentiments d'un être ou l'état d'une chose.Ce langage se perçoit par l'oeil.Dans l'univers, chaque astre a son propre langage.A la vue d'un de cea astres, nous déterminons son rôle, sa puissance, son énergie.Le soleil, par exemple, représente pour nous la chaleur, la lumière, la force, en un mot, toute la vie.La lune et les étoiles, elles, ont le don d'inspirer les poètes de la terre.Le langage écrit est le complément 'lu langage parlé, en perpétuant le souvenir des pensées énoncées, par des paroles ou de simples sons.Tout ce qui a la vie a son rythme, soit régulier ou irrégulier, base de toute langue et de toute expression.Ainsi, la terre, dans sa course à travers l'espace, nous apporte périodiquement les luatre saisons; ce qui comporte un rythme bien mesuré.Tous les jours, le soleil revient nous réchauffer de ses rayons bienfaisants, et ce, sans ¦ manquer.A l'automne, les arbres se dépouillent de leurs feuilles pour en produire d'autres le printemps suivant.Les mois se succèdent aux mois; les semaines aux semaines; les jours aux ours; les heures aux heures.Voilà un rythme le mesure ou de temps bien juste et bien or- lonné.Il y a aussi le rythme d'accent; ainsi, le froid st l'accent de l'hiver, l'été un accent contraire e produit, celui de la chaleur, et ainsi de suite.I faut donc admettre que toute chose qui a la ie a un rythme et par conséquent, peut avoir on propre langage.Le rythme à temps binaire battement à deux temps) est un rythme inné, 'ien naturel; il se perçoit sans effort.Ainsi, orsque nous marchons, le rythme est binaire; e battement du cœur se fait aussi à deux temps; e jour et la nuit, voilà encore un rythme bi-îaire.Nous pouvons ouvrir les yeux et les fer-'ier; le rythme de la mâchoire inférieure, lorsque ous mangeons, est un rythme binaire; nous ouvrons la main et nous la refermons.Le rythme ternaire, est celui qui se divise par.trois.En admettant le rythme comme moyen de structure d'un langage, les sons en deviennent le complément.Le rythme donne la vie aux paroles et én détermine le sens et la valeur.Ainsi, quand je dis "je m'en vais", le rythme avec lequel je l'aurai dite, donnera à cette phrase, son propre sens.GERARD GAMACHE Les sons ont le don de charmer, de suggérer et de définir une pensée, une idée.Ils sont aussi naturels à l'homme que le rythme peut l'être, seulement, les sons, eux, n'ont qu'un seul moyen de s'insinuer dans l'être, celui de l'ouïe, au moyen de vibrations qui à leur tour, ont un rythme de battements qui permet de déterminer soit l'intensité, soit l'intonation du son.Donc, le rythme étant incorporé à tout ce qui a la vie, il est et demeure le roi de l'expression, dont les sons deviennent les serviteurs interprètes, et Ils complètent la pensée conçue.La musique, de par sa nature, est le langage le plus naturel qui soit, puisqu'elle ne fait appel qu'aux sons et aux rythmes.En effet, un simple son, sans aucune articulation, pourvu qu'il soit soumis au rythme, soit de mesure ou d'accent, devient l'interprète d'une pensée, d'une idée, et donne à cette idée, à cette pensée, une lorme et une couleur, suivant le rythme et l'intonation subis, et peut définir un sentiment d'amour ou religieux, d'allégresse ou d'angoisse, suivant la conception de l'auteur de ce son et de ce rythme.Dans cette première partie, j'ai mis en lumière le coté physique de la musique, comme langage.Dans la seconde, je m'inspirerai de la vie immatérielle de la musique par l'idéal.Dans la vie, l'homme a besoin de manifester ses sentiments et ses désirs, comme il réclame l'affection et l'indulgence.Il ne saurait vivre sans aimer et sans être aimé.Il revendique le droit de vivre en société avec les autres humains.En un mot, l'homme n'est pas fait pour vivre seul.Les hommes pour se comprendre entre eux, ont inventé des moyens conventionnels appelés: langues.La musique, soit par son rythme, soit par ses sons, soit par ses nuances, sert de base à toutes les langues parlées.Elle est donc le principe fondamental et naturel de toutes manifestations des sentiments et des désirs, ainsi que des conventions humaines du langage parlé.«La musique, dit Platon, est une loi morale.Elle donne une âme à l'univers, des ailes à la pensée, un essor à l'imagination, un charme à la tristesse, la gaieté et la vie à toute chose.Elle est l'essence de l'ordre et élève vers tout ce qui est bon, juste et beau dont elle est la forme invisible, mais cependant éblouissante, passionnée, éternelles En effet, la musique est l'expression vivante de la Beauté; elle est aussi la voix d'un monde immatériel.L'objet de la musique est de satisfaire l'exubérance d'une âme heureuse ou d'une âme triste, ou encore de chanter la joie du coeur comme d'en apaiser la douleur.Il n'y a pas un seul instant de la vie qui ne se reflète dans la musique.Cette musique peut demeurer intérieure, tout en conservant sa consistance, puisqu'elle est fondue dans tous nos sentiments, même les plus profonds et les plus intimes.A travers les siècles, la musique a subi autant de transformations auditives que l'exigeait le changement de moeurs et de coutumes de la vie des peuples.Elle a eu, elle aussi, ses modifications littéraires.Comme fidèle servante de la pensée, elle a dû se soumettre aux mille exigences du progrès intellectuel, physique et matériel.La force impulsive qui engendre la musique, n'est pas due à un simple mécanisme de sons et de rythmes qui serait l'invention d'un compositeur.La musique est plus noble et plus haute que tout cela; cette force impulsive découle de la vie même et engendre la musique qui en est le chant.Ce mécanisme des sons et des rythmes permet de donner une forme expressive aux sentiments de l'âme et du coeur, et coopère à la présentation bien ordonnée des pensées conçues par l'esprit.La musique est d'essence divine.Elle vient de Dieu pour retourner à Dieu.Elle enchante la terre et ses habitants; elle fait partie de toutes les religions et de tous les corps militaires, en passant à travers les peuples pour assouplir la rudesse de la vie matérielle.Elle est ce chant d'amour qui ne cessera que lorsque le glas de l'univers aura sonné.ANVIER 1937 « 5 » La Revue Moderne L'ESPAGNE EN ROUGE par Jean BRUCHESI L'AN dernier, à pareille date, la radio, le lèle-.graphe et la presse lançaient a travers le monde les noms de Desslê, d'Harrar, d'Addis-Ahéba.A peu près totalement inconnu, jusque-là, sauf des diplomates, des historiens, des géographes et de quelques voyageurs, l'Empire du Kol des Rois devenait la grande vedette dont le sort préoccupait les chancelleries.A Paris, a Londres, a Genève, les hommes d'Etat inquiets se demandaient chaque jour si le lendemain ne verrait pas surgir l'incident qui plongerait de nouveau l'Europe et le monde dans une conflagration sans exemple.Pendant qu'on suivait sur la carte d'Afrique la marche lente mais progressive des phalanges fascistes, les puissantes unités de la Home FJcct sillonnaient la Méditerranée et Home répondait aux sanctions par le spectacle d'une volonté ferme, froide, prête à tous les sacrifices.A la nervosité britannique, l'Italie opposait, comme pour faire mentir la tradition, le flegme réfléchi des gens du nord.L'Ethiopie n'occupe plus le devant de la scène.Mussolini l'a conquise presque tout entière et le Lion de Juda cache ses illusions perdues au fond de quelque retraite dorée.Depuis le 19 juillet, c'est l'Espagne qui retient l'attention émue et nourrit l'angoisse d'un univers bouleversé.Comme il y a un an, avec plus de raison encore, le monde assiste, impuissant, à un conflit sanglant d'intérêts locaux, doublé cette fois d'ifn conflit de doctrines qui a pris des proportions formidables, qui divise l'Europe, comme l'Espagne, en deux camps, conflit d'où peut, à chaque Instant, jaillir l'étincelle qui allumera l'incendie redouté.La dictature débonnaire de Primo de Rivera avait, de 1923 à janvier 1930, orienté l'Espagne dans une voie nouvelle, commencé l'œuvre de redressement qu'un illusoire libéralisme, en attendant des faits plus graves, devait hélas compromettre pour longtemps.Un an à peine après la mort subite, survenue à Paris, de Primo de Rivera, et au lendemain des élections d'avril 1931 dont les premiers rapports donnèrent l'impression d'une victoire républicaine, le roi Alphonse XIII quittait Madrid, sans renoncer cependant à ses droits.Le souverain, qui était tout le contraire d'un lâche, mais qui répugnait à l'emploi de la force — ce qui, pour un chef d'Etat et dans des circonstances critiques, constitue une faiblesse impardonnable — crut, en s'exilant, épargner à son pays les horreurs de la guerre civile.La partie était simplement remise et la Képublique, trahissant ses promesses, se révéla bientôt impuissante à retenir l'Espagne sur la pente rapide de la révolution sanglante et de l'anarchie.En cinq ans, le peuple espagnol allait voter trois ou quatre fois, user une dizaine de ministères.L'alliance ténue des républicains et des modérés de Gil Robles ne faisait, un temps, que retarder la chute à l'abîme.D'une année à l'autre, et bientôt d'un mois à l'autre, le désordre croissant trahissait l'impuissance des gouvernants.Réactions sans lendemain des catholiques désunis, aspirations autonomistes des Basques, politique séparatiste de la Catalogne, résistance des grands propriétaires terriens, périodiques poussées anarchistes minaient rapidement la santé morale et physique de l'Espagne déjà si fort ébranlée.La doctrine communiste, ainsi que Lénine l'avait souligné dans son testament, ne pouvait trouver un terrain plus propice; et, sur le vieux fond anarchiste et révolutionnaire qui persiste, suivant le mot de Louis Bertrand, "dans toutes les régions espagnoles où l'Islam a dominé", la main de Moscou jeta à profusion les semences de haine.(Suite à la page 22) La Revue .Moderne « 6 » I VNVIER 1937 L'EXPÉRIENCE DE LA VIE FAÇONNE L'ÂME HUMAINE (Cliché Allwrl D par Valmore GRATTON LES phases tourmentées de cette prodigieuse j aventure qu'on appelle la vie se déroulent, en silence, dans les profondeurs de l'àme humaine.C'est là que la véritable physionomie morale des êtres s'étale sans aucun artifice, à l'abri des regards indiscrets.Que d'émotions inavouées, aussi que de laideurs insoupçonnées y germent, s'épanouissent librement en dehors de toute contrainte.Le contrôle de ce monde invisible échappe à l'emprise des hommes.Si on pouvait en pénétrer l'énigme, on serait déconcerté, parfois même dégoûté d'y découvrir la trame complexe des sentiments.La psychologie dispose de bien faibles moyens pour étudier le paradoxe de la vie aivec ses manifestations contradictoires.D'abord, la faculté d'analyse n'est pas une qualité connue à tout le monde; elle suppose une aptitude naturelle que l'on peut cultiver à l'infini.Forcément, l'observateur doit comprendre la nature humaine à fond et surtout se connaître lui-même puisqu'il procède par déductions.L'expérience jointe à une forte intuition constituent donc la plus sûre éducation, en la matière.Ainsi, les indices qu'il perçoit sont des éléments révélateurs qui lui permettent de reconstituer le drame intime dont il prévoit déjà les péripéties.Par ailleurs, il est exposé à se tromper lorsqu'il cherche à percer les mobiles secrets d'un acte isolé ou à expliquer une intention traduite par des paroles incohérentes.Ses conjec- tures s'appuient alors sur une foule de facteurs vraisemblables mais qui n'en demeurent pas moins inconnus.Les jeux involontaires de physionomie, à peine perceptibles, les gestes esquissés inconsciemment éveillent son attention, orientent son imagination, mais suffisent-ils à produire une conviction raisonnable?Néanmoins, il est certains faits qui ne trompent pas puisque fatalement l'individu finit par révéler sa véritable nature, à son insu.Vient un moment où il n'éprouve plus le besoin de se composer un caractère factice.Regardez vivre les êtres dans leur milieu et vous les verrez agir à leur naturel.Je crois bien qu'il n'existe pas de volonté assez puissante pour se dérober indéfiniment aux influences provenant de l'ambiance.La personnalité humaine n'est-elle pas le produit d'une infinité d'impressions reçues de l'entourage et accumulées depuis l'enfance ?L'être vivant se façonne dès qu'il commence à sentir sa vie c'est-à-dire à la minute précise où il s'aperçoit que le monde est cruel.Du même coup, il constate combien il est illusoire de compter sur les autres.Au fur et à mesure qu'il prend conscience des turpitudes de l'existence, un réveil brutal s'opère en lui.L'enfant fantasque fait place à une créature de chair, tour à tour fébrile et résorbée.Or, cette initiation à la souffrance s'associe, dans son esprit, aux images familières qui composent l'atmosphère environnante.Ceux que les circonstances ont meurtris, à l'âge où l'on s'accroche d'habitude à l'espoir de vivre gardent tous en eux-mêmes la réminiscence vivace de ces heures troubles.Leurs fibres les plus émotives ont été à ce point remuées qu'ils en gardent l'empreinte ineffaçable.Il est facile de vérifier dans la pratique la solidité des liens qui rattachent l'individu aux décors de son enfance.Essayez, par exemple, d'enlever à un bambin un jouet fané, tout désarticulé.Vous constaterez par la façon spontanée dont il réagira combien il tient à ces objets inanimés, témoins de sa croissance.rius tard, lorsque ses illusions seront disparues une à une, le vieillard décrépit, conservera encore, au déclin de ses jours, le souvenir attristé de ses premiers attachements rompus.Du fond de sa mémoire, ces hantises évoquées tardivement rempliront le vide du crépuscule.Après tout, il ne faut pas s'en faire, la grande éducatrice de la sensibilité, c'est encore la douleur, la bonne et saine douleur comme disait un psychologue averti.Les froissements coutumiers subis à l'école de l'expérience complètent l'éducation des forces nerveuses que la culture livresque n'a pas achevée.A vrai dire, le pauvre malheureux qui n'a jamais connu la détresse morale est incapable de comprendre les autres.Il circule comme un aveugle dans une société qu'il ne voit pas, côtoie des intimes qu'il ignore parce qu'il n'a pas appris à les deviner.Pourtant, l'expression par laquelle s'affirme un être traduit les particularités de l'âme qui l'anime avec autant de précision que la démarche et la physionomie en dénotent les affinités intellectuelles.En d'autres termes, la source d'inspiration est le produit d'une ambiance.L'artiste inculque à son œuvre les impressions qu'il a reçues de la vie.Ces images auxquelles il essaie de donner une forme concrète, sont en quelque sorte l'évocation des êtres et des choses qui ont contribué à l'épanouissement de sa personnalité.Qu'est-ce que représente un poème ou une mélodie sinon une émotion ressentie avec acuité ?Cette rare faculté que possèdent certains êtres privilégiés de remuer l'âme humaine par des mots, des sons ou des couleurs est le fruit d'une culture poussée jusqu'à l'exaltation.Il faut de raffinement pour réussir à décrire les nuances les plus subtiles du sentiment.Effectivement, une œuvre émeut lorsqu'elle cristallise un phénomène psychique à l'état aigu.On comprend alors pourquoi les musiques vibrantes ont le don de charmer l'auditoire le plus disparate.Au fond, cette préférence est un fait symptomatique attestant que le thème sentimental correspond à une expérience douloureuse dans laquelle tout être normal retrouve l'incarnation de sa propre mélancolie.De fait, l'existence turbulente des grandes villes provoque, en surexcitant l'organisme, une lassitude morale qui confine à la tristesse.Le langage musical dispense de parler; il apaise les nerfs aguichés en même temps qu'il satisfait un besoin émotionnel collectif.La musique, comme toutes les autres formes de l'art possède aussi un pouvoir suggestif.Pour l'âme poétique, elie devient une source intarissable d'inspiration.On pourrait se demander si les forces agissant autour de nous fournissent à l'initiative individuelle l'impulsion motrice.Pas totalement.Il y a une part énorme de déterminisme en nous.Notre volonté, par exemple, ne pourrait changer l'ensemble des particularités physiques, intellectuelles et morales qui constituent une personne.Nous ne choisissons le lieu de notre naissance, ni notre tempérament.Dès lors, la psycho-analyse doit tenir compte du subconscient, faire la part de l'atavisme.(Suite à la page 22).Janvier 1937 « 7 » la rfa'ce Moder.xe QUE SAVEZ-VOUS DES INSTRUMENTA A MARQUER LE TEMPS?X Par Maurice PAQUIN 1 —Prenez votre montre.Elle est précise à la seconde près.Vous savez qu'elle est formée d'un assemblage de pièces.Avez-vous idée cependant du nombre de pièces nécessaires à la réalisation de ce petit instrument si parfait?2 — Pourquoi une horloge fait-elle ce bruit régulier qu'on nomme tic-tac?^ — Toutes les horloges n'ont pas de pendule et de poids.Comment fonctionnent-elles?Quel est en particulier le fonctionnement de nos montres ?4 — Comment se fait-il que les aiguilles ne tournent pas à la même vitesse?Y a-t-il plusieurs forces motrices dans une montre ou une horloge ?— Qu'entend-t-on par pierres dans une montre?On dit: ma montre a dix ou quinze pierres.^ — Comment se fait-il que les montres ne soient pas plus dispendieuses, alors qu'on y trouve jusqu'à dix ou vingt diamants?-nr- | —Ceci est très variable entre des montres plus ou moins dispendieuses, plus ou moins précises, il pourra y avoir des différences de quarante ou cinquante pièces.Règle générale, cependant, nous pouvons dire qu'il faut de quatre-vingt-dix à cent morceaux différents pour fabriquer une montre ordinaire.2 — Toutes les pièces d'horlogerie moderne sont basées sur le principe du pendule.Un poids au bout d'une corde enroulée sur l'axe d'une roue i dentelée, cherche à tomber entraînant ainsi la roue dans son mouvement rotatoire.C'est le moteur.Pour ré"Tilariser son mouvement, tendant toujours à s'accélérer à mesure que le poids tombe vers le sol, on se sert du pendule ou balancier.La tige du pendule se termine au haut, près de l'axe d'attache par une petite pièce horizontale, la fourchette, munie de deux dents à ses extrémités.Une roue dentelée engrenée sur la roue motrice, vient en contact avec les dents de la fourchette.Si on imprime un mouvement oscillatoire au pendule, la fourchette balancera également.Ses deux dents se lèveront alternativement, échappant ainsi une dent de la roue, mise en mouvement par la force du poids.L'autre dent l'arrêtera aussitôt, pour l'échapper de nouveau au retour du pendule.C'est donc le balancier arrêtant ainsi la roue à intervalles réguliers, qui cause le tic-tac de l'horloge.Le poids et le balancier se complètent donc l'un l'autre.La force motrice du poids entretiendra les oscillations du pendule, qui, lui-même, régularisera le mouvement.^ — Il eût été impossible, surtout pour une montre, d'avoir poids et pendule.On a donc trouvé une autre solution, en se basant toujours sur le même principe.Un ressort en spirale donne la force motrice.On roule le ressort sur lui-même, en remontant sa montre.Il cherche évidemment à reprendre sa position normale, et actionne ainsi la roue principale, qui lui est attachée.La fourchette régulatrice se relie à un balancier en forme de roue, muni lui-même d'un petit ressort très fin, le cheveu.La roue motrice, entraînée par le gros ressort, fait glisser la première dent de la fourchette sur une de ses propre* dents faites en pente.La fourchette s'incline et le balancier tourne à droite resserrant le cheveu.Rendu au maximum de contraction, le cheveu tend à reprendre son état normal, ramenant le balancier à gauche.La fourchette s'incline également à gauche, échappant une dent de la roue, pour accrocher la suivante.La pente ramène la fourchette à droite et ainsi de suite.LE premier numéro oé l'année présente aux I lecteurs une page nouvelle qui saura sans doute les intéresser et les attacher davantage à la Revue.Le mot "revue" sign'.fie.en effet, examen d'un ensemble de sujets variés; qui lit la Revue veut y trouver de quoi s'instruire et se délasser.L'idéal est de pouvoir unir les deux à la fois.Ce n'est pas impossible: déjà les mots croisés étendent le vocabulaire en amusant.En amusant également, nous voulons, si possible, élargir le cercle de nos connaissances, sur les choses les plus usuelles, celles dont no.is nous servons, que nous voyons quot dennemcnt.Nous sommes tellement habitués à leur existence que nous nous arrêtons rarement à nous demander quelles sont leurs origines, à qui nous sommes redevables de leur découverte ou de leur utilisation, quels sont les éléments de leur fonctionnement, et foule d'autres détails tant historiques que pratiques.Nous pourrions obten:r ces connaissances en fouillant les bouquins, nuis, la journée finie, nous aimons mieux nous reposer à des lectures faciles et à des amusements du genre des mots croisés ou de ce que nous vous proposons aujourd'hui.Tous les mois nous aurons un nouveau sujet.Nous proposerons d'abord des questions, auxquelles vous vous efforcerez de répondre.Vous pourrez même en faire un jeu de société.Plus bas, vous trouverez les réponses, qui vous permettront de vérifier à comb'en de q"estions vous avez répondu correctement.Espérons que le jeu saura vous plaire tout en rafraîchissant vos connaissances.-TF - ^ — Il n'y a qu'une seule force motrice.On arrive à faire tourner les aiguilles à différentes vitesses, par l'engrenage d'une série de petites roues dentelées.La plus grande roue comptant plus de dents, prendra plus de temps à faire une révolut'on.On lui reliera donc l'aiguille des heures.La petite, prenant moins de temps, on y attachera l'aiguille des minutes.^ — Ce sont de petits diamants servant d'appui à l'axe des diverses roues.La propriété du diamant est d'être inusable.Si le métal servait d'appui à l'axe des roues, la friction causée par le mouvement continuel l'userait bientôt et dérangerait la précision de la montre.Les petits diamants, permettent un mouvement beaucoup plus doux, à cause de leur surface polie, et ne s'usant pas, réduisent au minimum la friction 7—-Y a-t-il longtemps que l'horloge et ta montre existent?g — Comment mesurait-on le temps avant la découverte de l'horloge?Q — Quel pays jouit d'une réputation mondiale pour la perfection de ses travaux d'horlogerie ?|Q — Pouvez-vous dire où se trouve la plus grosse horloge du monde ?| | — Nos montres modernes sont-elles bien précises ?|2 — Dans quelle ville trouve-t-on une horloge indiquant non seulement l'heure, mais les jours, les fêtes mobiles, le cours des planètes, les phases de la lune, les éclipses du soleil et de la lune?-w- et prolongent la durée.Les montres très bon marché s'usent vite et n'arrivent jamais à une bien grande précision, justement parce qu'elles n'ont pas de pierre.^ — Pour l'horlogerie on emploie le diamant jaune, de beaucoup plus commun et plus répandu que le diamant bleu de la joaillerie; ce qui ne l'empêche pas d'avoir les mêmes qualités de dureté et de poli."j — Il semble qu'un système aussi simple que le poids et le pendule devrait exister de temps immémorial.Il n'en est rien cependant.Ce n'est qu'à la fin du XVIe siècle, que le physicien italien Galilée découvrit le système du pendule.Et l'horloge à pendule ne se généralisa que sur la fin du XVIIe siècle C'est au mathématicien hollandais Huyghens de la fin du XVTIe siècle, que l'on doit l'invention du balancier à ressort spirale, dont nous avons parlé plus haut.g — Il existait une foule de système, plus ou moins précis les uns que les autres.Le plus connu et le meilleur était le cadran solaire.Un autre, aussi très connu, était le sablier, encore utilisé en cuisine.On employait également l'horloge à eau, ou clepsydre.Ç — La Suisse.| Q — Le Parlement de Londres possède cette merveille appelée "Big Ben".On peut se faire une idée de sa grandeur, lorsqu'on sait que l'aiguille des minutes mesure près de quatre verges de long.Le mécanisme forme une véritable machinerie, dont le remontage demande le travail de deux hommes pendant cinq heures.Le timbre sonnant les heures, pèse treize tonnes.Par contre, on réussit ce tour de force d'insérer toute une montre dans le chaton d'une bague! | j —Les montres ordinaires peuvent se permettre des variations de secondes, dans les vingt-quatre heures.Mais pour les chronomètres de précision, on ne tolérera pas un écart de 1/50 de seconde en vingt-quatre heures.On peut juger de la perfection de ces instruments.|2 — La cathédrale de Strasbourg possède cette merveille.En plus, chaque fois que l'heure sonne, un coq chante en battant des ailes.La Revue }ifnnF.rne « s » Janvier 1937 YVON ROBERT VOIT.En vérité, Je crois que cet accident, tout regrettable semble-t-11, aura un effet salutaire sur ma destinée.Plus j'y songe, plus grande en est ma conviction.Certes, cette jambe fracturée constitue pour moi une perte d'argent considérable et un déclin physique momentané, mais j'estime heureux que cet accident me soit arrivé et j'en remercie la Providence!» Je n'en pouvais croire mes oreilles.J'étais comfortablement assis dans la chambre ensoleillée de Mlle Robert, sise au rez-de-chaussée de leur demeure, rue Christophe-Colomb, et servant de chambre à coucher au champion lutteur du monde pour sa convalescence.Je regardai Yvon d'un air incrédule.Il remarqua sans doute mon scepticisme, car il reprit en souriant: «Je ne badine pas, cette fois, je suis parfaitement sincère!» Etait-ce possible.Et dire que les rédacteurs sportifs évaluaient à près de $25,000.00 les recettes perdues pour Yvon à cause de cette malheureuse blessure.Ne prétendait-on pas d'ailleurs que le trône du champion vacillait déjà, et ne doutait-on pas qu'il pût reprendre son prestige après une telle calamité! — Comment peux-tu voir un bienfait dans cet accident?répliquai-je aussitôt, c'est absolument paradoxal.Ma surprise fut à son comble lorsque mon interlocuteur répondit philosophiquement: «Ça me donne le temps de méditer!» J'allumai une cigarette après en avoir offert une à Yvon qui la refusa et je le priai de bien vouloir m'expliquer ce sophisme qui constituait pour moi un réel mystère.Voici en substance ce qu'il me raconta.J'ai joint à son récit mes propres commentaires.— Je suis né, comme tu le sais, sur le boulevard Lasalle à Verdun.Mes parents sont revenus de l'Ouest canadien un peu avant la guerre.C'est au plein milieu de la conscription que je vins au monde.C'était le 8 octobre 1914.Yvon fit ses études primaires à l'école Saint-Etienne où le Frère Victorien exerça une profonde influence sur le bambin.Né de parents campagnards, le Frère Victorien était un homme de principes et d'action.Il se prit d'affection d'une vie réellement vigoureuse.A l'âge de 10 ans, le jeune Robert eut un moment l'intention de suivre l'exemole de son professeur.Je n'aurais probablement pas à écrire cette histoire aujourd'hui, si Yvon avait suivi ses premiers penchants et s'il avait embrassé cette vocation.Pourtant l'actif exemple de ses deux frères aînés devait beaucoup influencer son imagination en éveil.— Armand et Maurice sont mes deux frères, me dit Yvon, et comme tu le sais l'un fait partie de la Police de Montréal et l'autre est membre de la R.C.M.P.Quand j'étais enfant je les admirais et je désirais suivre leurs traces.Tous deux étaient bons boxeurs; ils excellaient dans tous les sports et quoiqu'ils n'aient jamais connu la renommée, ils pouvaient faire belle figure dans n'importe quel .LA VIE AVEC OPTIMISME YVON ROBERT domaine.C'est alors que notre famille transporta ses pénates au no 6025 Christophe-Colomb, c'est-à-dire ici même où nous causons actuellement, et je commençai à fréquenter le club Outremont dont Léo «Kid» Roy était membre.Il me souvient un jour qu'il me gratifia de son autographe et je me souviens encore parfaitement qu'il me conseilla certain soir de continuer à m'entrainer si je voulais devenir bon boxeur, de poursuivre Yvon avec un sourire narquois tout en s'aidant de ses bras muscu-leux pour placer sa jambe encore dan:, le plâtre dans une meilleure posture.Le champion consacra la majeure partie de ses loisirs d'enfant au club Outremont, encouragé par son père.Georges H.Robert, qui l'incitait sans cesse à pratiquer la culture physique.M.Robert senior a toujours préconisé les bienfaits de ces exercices quotidiens et il suffit de constater la grande vitalité de sa personne en dépit de ses soixante ans pour comprendre qu'il en est rester un adepte convaincu.— Au club Outremont, j'eus l'occasion de voir à l'œuvre plusieurs bons lutteurs, tels Harry Madison et Emile Maupas, de poursuivre le champion, mais ce n'est que dans la personne de Henri DeGlane que j'entrevis lï symbole de mon idéal.Il m'apparut tel que je l'avais conçu en imagination et il produisit une heureuse influence sur mon esprit! Il me souvient avoir entendu quelqu'un me révéler un jour: DeGlane n'est pas un Français, il ne connaît même pas le premier mot de notre vocabulaire, c'est un Allemand, ou tout simplement une marotte .Durant les jours qui suivirent je me sentis envahi par un certain malaise intérieur.J'en perdis presque le sommeil.J'avais cru fermement que Henri était réellement un Français venu du sol de nos pères et je ne pouvais me résoudre à croire le contraire.Pour en avoir le cœur net.je décidai enfin d'aller parler en français à cette «marotte» dont j'aurais moi-même qualifié le champion s'il m'avait déçu.Lorsque j'arrivai en face de DeGlane.mes nerts me trahirent et je lui demandai en anglais: «Do you speak French?» Il me répondit du même langage: «W'hy, yes I do!» Sur ce, je poursuivis en français cette fois?«Voudriez-vous me dire quelque chose», et il répondit du même ton: «Tu es un garçon cossu et si tu prends soin de toi, tu pourras devenir un jour un lutteur!» J'étais tellement heureux que je dus me retenir pour ne pas danser de joie.Je me disais intérieurement: puisque le Français Henri DeGlane a pu arriver au championnat mondial, pourquoi n'y arriverais-je pas moi-même! A partir de ce jour, Yvon travailla avec ardeur pour en arriver au but qu'il rêvait d'atteindre.L'un de ses compagnons, Jean Pusie, le quitta un jour pour s'adonner au hockey, mais Arthur LeGrand, un autre ami d'enfance, résolut d'embrasser avec lui la carrière de la lutte.A 14 ans.Yvon était déjà bon lutteur.C'est à cette époque qu'il commença ses études de mécanisme au Montréal Technical School.coin des rues Sherbrooke et Kemberley.On le remarqua bientôt pour sa puissance physique peu commune pour son âge.Il avait 16 ans lorsque le promoteur Lucien Riopel lui donna son premier «essai».Quoique le jeune Robert se fut endurci les muscles en travaillant avec les Russes et les Polonais engagés par son père dans des travaux de construc- Entrevue par PAUL PARIZEAU tion.le promoteur jugea que Yvon n'était pas encore de taille à lutter contre les poids lourds et il lui conseilla d'attendre.Vers ce temps-là, Georges Robert obtint le contrat pour la construction de l'église de St-Constant.Au cours de ces travaux Yvon vint à un cheveu près de la mort lorsque s'effondra l'échafaudage construit sur le clocher.Il put heureusement s'accrocher à un pan du clocher et s'y cramponner en attendant qu'on vint le secourir.— Emile Maupas descendit un jour à Montréal pour me parler, de poursuivre Yvon.C'était en 1932.11 connaissait mon ambition et me savait en parfaite condition.Il me contia son intention de me prendre en tutelle pour un an, ajoutant qu'il me ferait suivre un entraînement selon le meilleur de sa connaissance.Et comme chacun le sait, la lutte n'a plus de secret pour Maupas.Naturellement, répondis-je, votre proposition me plait énormément mais je suis incapable de vous payer le salaire que demande un tel travail.Ma bourse est très mince! Imagine-toi mon émotion lorsque Maupas reprit: «L'argent n'a rien à faire dans mes propositions.Depuis que j'ai combattu contre Frank Gotch.il y a Ae cela plusieurs années, je nourris l'espoir et l'ambition d'être le formateur d'un champion lutteur du monde canadien-français.Si je puis faire de toi ce champion désiré, mon travail et mes efforts seront pleinement rémunérés.Le patient Emile Maupas amena donc le robuste et ambitieux jeune homme de 18 ans et commença son travail de formation.Lorsqu'il arriva au camp des Laurentides, Yvon pesait 263 lbs.Son poids se réduisit graduellement jusqu'à 198 lbs et après plusieurs semaines d'un régime draconien il atteignait sa pesanteur normale de 225 lbs qu'il pèse aujourd'hui.En 1933, le promoteur Riopel lui accorda un combat contre John Charet-te.Il remporta les honneurs en 9 m.45 s.Son adversaire s'en tira avec un œil au beurre noir et il ne se souvenait plus de ce qui s'était passé lorsqu'il rouvrit les yeux dans sa chambre après le combat.Yvon venait de gagner son premier combat.Au cours de cette même soirée, Henri DeGlane battit le Comte GeoTge Za-rinoff devant une assistance de 9.300 (Suite à la page 17) Janvier Ie37 « 0 » La Revue Moderne l PUIS NOIMID LES GENS ont l'habitude «le beaucoup espérer ' de la vedette des voitures.Ainsi, dans notre conception «lu Chevrolot pour 1937, nous avons cherché la réalisation d'un auto complet — complètement nouveau.Nous avons change le stylp.Nos nouvelles voitures n'avaient pas encore passé vingt-quatre heures dans la rue.après leur apparition, i|iiViles s'étaient déjà arrogé la popularité d'une vedette par la beauté de ligne de leur noiivi'.iii -l\le 'Miamond crown ! Nous nions eut, d'habitude, se tenir dix minutes tranquille, reste là, sans bouger de son auteuil, toute au plaisir de vous écouter.Marcel fit un mouvement de protesta-ion: — Vous vous méprenez, je crois, monsieur Ashley sur des témoignages d'amitié dictés par le bon cœur de Miriam envers un étranger sans parents.— La, la! Je sais ce que je sais .je ne la blâme pas, mais j'ai des projets pour elle.que je finirai bien par lui faire accepter.et qui auront plus de garantie de bonheur que là où il existe différence totale de mentalité, de fortune, de religion, de caractère .Ai-je raison ?— Parfaitement raison! — Bien! Nous sommes d'accord.et croyez-bien, Marcel, que je n'ai jamais douté de vous; la preuve, c'est que j'ai fait préparer certains documents, qui nous concernent tous les deux! — Des documents ?— Oui.Je songe à fonder, à Montréal, une succursale de mon journal d'ici, le Daily Financial.Votre collaboration et votre secrétariat au travail financier que nous avon6 terminé, vous a acquis beaucoup d'expérience à ce sujet.Voulez-vous accepter la rédaction de cette feuille?— Monsieur Ashley! Vous me comblez! Croyez-vous vraiment que je puisse m'ac-quitter de cette tâche ?— Je le crois.Ce journal devra se publier en français seulement pour le moment.Je le destine surtout à la Province de Québec.Plus tard nous lui donnerons peut-être plus d'envergure .Pour lancer l'affaire, je déposerai chez un banquier de Montréal un certain montant en fiducie pour les frais d'installation.Vous louerez un local convenable, engagerez le personnel nécessaire, achèterez l'outillage de l'imprimerie, et surtout, vous ferez une bonne publicité Mon journal ici, dont je vous ai fait étudier l'agencement à cette fin, et avec lequel vous serez en communication par fil privé, vous tiendra au courant.J'ai déjà l'appui de nombreux annonceurs.Pour commencer, je crois qu'il vaut mieux que vous soyez à salaire, mais je suis convaincu que dans peu de temps, le journal paiera lui-même ses dépenses, avec de bons bénéfices pour son rédacteur! Monsieur Ashley s'était assis de nouveau à son pupitre.Marcel vint à lui et lui serra la main.— Comment vous remercier ?dit-il.— En faisant de l'entreprise un succès! — J'y mettrai toute ma volonté, mon énergie et mon temps! — C'est ça! Et vous savez .toujours droit, jamais de fausses nouvelles.il faudra garder intact la réputation de véracité acquise par mon journal.Il ne faudra jamais vous laisser cabaler! — Je vous le promets et je vous assure de ma profonde reconnaissance! — Bon, mettez-là votre signature, l'affaire est conclue.Vous trouverez avec ces papiers, tout un chapitre d'instructions auxquelles je sais que vous vous conformerez; vous parlez de reconnaissance.ne vous dois-je pas la vie de ma petite Miriam ?Et de plus, je suis convaincu qu'en fondant ce journal, je fais une affaire payante! — Quel nom donnerai-je à ce journal ?— Eh bien.La Finance Quotidienne/ — Très bien ! Les deux signatures furent apposées au document fait en duplicata.Marcel s'engagea à transmettre toutes les semaines à monsieur Ashley, le compte-rendu de ses opérations.Devant partir le lendemain matin, il fit ses adieux au généreux financier, le remerciant de nouveau de la confiance qu'il lui témoignait, en lui donnant la chance de se faire une carrière.Monsieur Ashley lui serra la main et le regarda avec une franche affection: — Vous réussirez, Marcel, j'en suis sûr.Persévérez, soyez droit toujours et prenez ma devise: Straight always, and stick (0 it.c'est avec ça que j'ai bâti ma fortune! Le lendemain matin, Marcel prenait le train pour Montréal.A la gare il aperçut la stalle d'une fleuriste.Il choisit une douzaine de superbes roses et les adressa à Miriam, avec son nom, Marcel, griffonné sur une carte blanche.Puis il s'installa dans le train, heureux de sa bonne fortune.Sur une banquette non loin de lui, un jeune homme causait à haute voix, racontant à un autre le dénouement favorable d'une entreprise.Leurs paroles arrivaient clairement à l'oreille de Marcel.— Comme vous devez être content.Qu'allez-vous faire en arrivant ?— Aller embrasser maman, qui pleurera peut-être de joie! Marcel n'en entendit pas plus, mais son cœur se"serra.— Pauvre mère que je n'ai pas connue, murmura-t-il, et toi, père, que je devrais peut-être maudire.qui donc étiez-vous ?Qui suis-je moi-même?Le souvenir de sa douce marraine lui revint; il revit les gâteries dont elle avait entouré son enfance.puis il songea à Val-Ombreux et décida de s'y rendre immédiatement.Sans s'arrêter à Montréal, il continua-jusqu'à la jonction d'où il pouvait atteindre son village.Rendu à la petite gare, il sauta sur le quai, reconnut bien des figures familières et partit d'un pas rapide vers le presbytère.Le curé marchait sur la véranda, lisant son bréviaire.Soudain, il aperçut Marcel et de loin lui ouvrit les bras! V LE lendemain, un dimanche, Marcel as-j sista à la grand'messe, et à la demande de son protecteur, il chanta, à l'Offertoire, un Ave Maria que le curé aimait beaucoup.Sa belle voix de baryton remplissait la modeste église et semblait faire vibrer une prière au-delà des voûtes du petit temple.Le curé était content des perspectives favorables qui s'ouvraient devant son protégé.Ce lui fut aussi un soulagement moral de le retrouver si peu gâté par une année de luxe et par ses relations mondaines.Depuis son départ du collège, Marcel avait très peu vécu au presbytère, ses différentes occupations temporaires le retenant toujours en dehors de Val-Ombreux, mais il revenait au gîte le plus souvent possible, restait au presbytère un jour ou deux, passait de bonnes heures avec le curé, puis repartait bientôt vers la ville.Cette fois, le curé lui-même lui conseilla de se rendre sans tarder à Montréal, afin de mettre tout de suite son affaire en marche et il fut décidé que Marcel repartirait dès le lendemain.Dans l'après-midi de ce dimanche, ils montèrent ensemble le long de la petite terre de la fabrique: les champs de foin étaient rasés, quelques tardives marguerites fleurissaient çà et là.Marcel en cueillit une et la mit à sa boutonnière; l'avoine et le blé commençaient à blondir; le long des clôtures la verge d'or se balançait sur ses longues tiges gracieuses, parmi les fougères et les herbes, les quatre-temps formaient un tapis de corail, et du bois voisin venait une âpre senteur de résine que Marcel respirait voluptueusement.Ils passèrent à travers l'érablière et s'arrêtèrent à la petite cabane à sucre où ils entrèrent pour se reposer.— Ça me rappelle mon temps de gamin de venir ici.dit le jeune homme.Il y a bien sept ou huit ans que je n'avais pas vu la sucrerie! — C'est vrai, tes visites ont toujours été si rapides! Dis-moi, Marcel, tu ne me parles jamais d'aucune femme.N'as-tu pas des amies ?des blondes ?C'est de ton âge! — Je connais bien des jeunes filles.mais je ne fais la cour à aucune.— Pourquoi ?— Pourquoi?Vous le savez! Je vous ai promis, et je me suis promis à moi-même, que.que.je me souviendrais toujours de mon malheur et que je ne m'exposerais jamais à en causer de semblable.— Oui, m.us .— Mais, interrompit Marcel, vous allez me dire: il y a les bonnes jeunes filles, et il y a le mariage! — Justement ! — Le mariage ?Quand on est pauvre ?Quand on n'a pas même un nom à offrir à une femme! — Tu vas t'en faire un nom, mon cher enfant! Je suis comme ton américain, j'ai confiance en toi! (Suite à la page 28) f AN VIER 1937 « 25 » La Revue Moderne On a tourné." MES TANTES ET MOI " gnifique Le sympathique René Lefèvre, ie héros de scène du maintes comédies intelligentes que nous a pré- film tiré sentées le cinéma français, nous revient dans un de l'œuvre nouveau film qui a pour titre «Mes tantes et de Decour- moi».celle "Le-i Le scénario de celte brillant! comédie se résu- deux me dans les quelques lignes suivantes: Elol esl gosses".un jeune homme timide qui vit avec ses trois tantes dans une petite ville du midi de la France.Pour s'excuser d'un retard, le Jeune homme fait "CESAR" DE PAGNOL APRES «Marius» et «Fanny» Pagnol nous f\.revient cette fols avec «César».C'est la suite logique qui forme la trilogie de cette œuvre forte et prenante de Pagnol.«César» aurait pu s'intituler «20 ans après».L'action de ce troisième film de la série marseillaise de Pagnol se passe, en effet, 20 ans après le mariage de Kanny avec Panlsse.Nous retrouvons dans «César» les même personnages si familiers que nous avons vus évoluer dans «Marius» et «Fanny».Ils n'ont presque pas changé à l'exception de César qui a un peu vieilli.A remarquer que Pagnol, qui dirige lui-même ses productions, n'attache guère d'importance aux vétilles du grimage, pas plus, d'ailleurs, qu'il n'en accorde à la finesse du son, à la douceur de la photographie ou au réglage des lumières.Il trouve bien plus commode de rectifier à l'aide de son texte toutes ces choses qu'il considère comme des détails.C'est peut-être ce qui vaut à ses films d'être si vrais et humains.C'est ainsi que Pagnol fera expliquer è Marius par Fanny que c'est grâce à l'argent de Panlsse qu'elle a pu se conserver jeune en n'économisant pas sur les soins de beauté.«César» s'ouvre avec la mort de Panlsse, pleuré de Fanny et de Césario.Le brave Panlsse a bien élevé l'enfant de Fanny et de Marius, 11 en a fait son fils et, en mourant, il lui laisse une fortune.Césario a suivi brillamment Polytechnique et 11 vient d'en sortir major.Ce garçon Intelligent et si bien doué n'a pas été sans remarquer bien des choses qu'il désire tirer au clair.Prétextant des vacances bien méritées, à sa sortie de Polytechnique, il va trouver Marius, à Toulon, sans lui avouer qui il est.Il a fait causé Marius qui travaille honnêtement dans un garage.Puis c'est à Marseille que son enquête se poursuit, là, il interroge les habitués du petit bar que tient toujours son vieux parrain César.Pour punir le jeune homme de sa curiosité, le farceur Doumel lui monte un bateau et lui fait croire que Marius fait partie d'une bande de voleurs.Césario revient dans sa famille désespéré.Doumel, qui est au fond un brave type, apprend la parenté qui existe entre César et son jeune questionneur et se met en frais de remettre tout au point.Il ne reste plus à Césario et à son grand-père qu'à pousser Fanny dans les bras de Marius.Marius vient à Marseille pour se justifier devant Fanny et César.Là, se joue une des scènes la plus remarquable du film.Marius se justifie au sujet de ses peccadilles de jeunesse dont on a pu le noircir aux yeux de son fils, il accuse à son tour l'ne belle élude photographique de Pierre Fresnay, qui continue à tenir avec le même auccès le rôle de Marius dans le nouveau film de Pagnol "César".César qui, par sa dureté et son intransigeance, l'a privé des joies de la famille et en a fait un exilé à Toulon.Il reproche même à Fanny d'avoir trop facilement cédé aux instances du riche Panisse.Il démontre enfin que Panisse lui-même a profité de sa fortune pour se payer une jeune femme, qui a ensoleillé ses vieux jours, et un enfant qu'il n'a eu que le plaisir d'élever.Après ce triple et violent réquisitoire, Marius s'en va en claquant la porte.Le lendemain, Fanny qui aime toujours Marius le rappellera et le film se termine sur une superbe scène où l'on voit les deux amoureux réunis et enlacés se diriger vers une clairière.L'interprétation de ce film n'est pas moins réussie que celle de «Marius» et de «Fanny».Le trio Raimu-Demazis-Fresnay y est à son mieux.Raimu est meilleur que jamais en César vieilli, Fresnay est admirable comme toujours, Orane Demazis excelle dans son rôle de mère affligée et d'amoureuse vibrante de passion résolue à conquérir son bonheur.André Fouché s'est tiré très honorablement de son rôle difficile de Césario.Citons aussi Charpin, dans le court rôle de Panisse mourant, et les heureuses interprétations de Dulac, Milly Mathis, Vattier, Delmont, le docteur, et Maupi.Ce brillant film remportera sûrement un aussi vif succès que «Marius» et «Fanny».croire à ses tantes qu'il a sauvé une femme qui se noyait.Une aventurière profite de la circonstance et se fait passer pour la rescapée Inconnue.Par la suite, un vol se commet à la banque où Eloi est employé comme caissier.On l'accuse, mais une jeune collègue qui l'aime, démasquera l'aventurière et son complice, qui jouait le rôle de son frère.René Lefèvre comme toujours tient dans ce film le rôle d'un timide.Il est habilement secondé par Marguerite Moreno, Alice Tlssot, Jacqueline Francell et Tramel." LES DEUX GOSSES " Cette oeuvre universellement connue de Pierre Decourcelle a été portée, avec beaucoup de tact, à l'écran par Fernand Rivers.En adaptant ce roman populaire au cinéma, Rivers a réussi à en éliminer les longueurs et à en atténuer le mélo par trop larmoyant.Serge Grave et Jacques Tavoli ont Interprété avec un naturel étonnant les rôles des deux enfants.Le second s'est tout particulièrement amélioré au cours de ce film.Dorville dans ie rôle de la Limace a campé là un de ses meilleurs rôles.Maurice Escande, Marguerite Pier-ry, Annie Ducaux et Germaine Rouer ont aussi grandement contribué à la réussite de ce film." SEPT HOMMES, UNE FEMME " Voilà une comédie des plus originale interprétée par une troupe du meilleur choix.L'intrigue en est curieuse et nouvelle.Les dialogues de «Sept hommes, une femme» et sa mise en scène soignée en font un film fort intéressant.Il s'agit ici d'une jeune veuve élégante, riche et belle, qui apprend que de son vivant son époux l'a odieusement trompée.Elle invite sept hommes à sa propriété de chasse et décide d'épouser celui qui, après un sévère examen, lui paraîtra le plus acceptable.Ils se révèlent tous, sauf un brave entrepreneur, mufles et intéressés.C'est à celui-ci qu'iront ses préférences.Vera Korene, Fernand Gravey, Félix Oudart, Pierre Feuillère, Saturnin Fabre, Roger Duches-ne, Robert Arnoux, Jeanne Loury et Larquey sont de la distribution de «Sept hommes, une femme»." ENFANTS DE PARIS " Gaston Roudes affectionne les sujets populaires.Ses réussites dans ce genre ne se comptent plus.Cette fois ce n'est pas une matière de feuilleton qu'il a travaillée, mais bien en pleine p&te cinématographique, brassée par l'excellent écrivain qu'est Roger Francis-Didelot.L'action de ce film a pour pivot une idylle entre une médinette et un fils de bourgeois.Après maintes péripéties savamment conduites, le film se termine par une scène des plus heureuse.«Enfants de Paris» est très bien joué.Paul Bernard, Lisette Lanvin, Jacques Varennes et Milly Mathis s'y montrent à la hauteur de leur réputation.Robert Arnoux, qui jouait jusqu'ici les jeunes premiers, débute avec le plus grand succès dans un nouveau rôle.La Revue Moderne « 26 Janvier 1937 58 TINO ROSSI C'est une femme qui m'a amené à la chanson.— Au son des liuitares.— Tino chante au "Cuba".— Le semeur de rêves.TINO ROSSI PILLS ET TABET A L'ECRAN CEUX qui sont ailes entendre, il y a plus d'un an, au Stella, la chanteuse de genre Lucienne Boyer dans son répertoire, n'ont sans doute pas oublié les incomparables duettistes Pills et Tabet, qui furent bissés et rappelés à maintes reprises au cours de ces représentations.Le disque à la radio nous a aussi fait connaître plusieurs chansons de ces deux intéressants artistes.Voilà maintenant que le cinéma nous les présente dans une opérette filmée de Jean Boyer titrée «Prends la route».Nul doute que ce film, ayant comme auteur et directeur Jean Boyer, à qui l'on doit déjà tant de succès, basé sur la musique du compositeur Georges Van Parys et interprété par le trio Pllls-Tabet-May, remportera, à coup sûr, les plus vifs succès.On rapporte qu'au cours du montage de ce film, Tabet, qui ne peut voir un piano sans s'y asseoir, découvrait à tout coup, à chaque décor, un piano caché dans un coin sur lequel il se mettait à jouer.On s'attendait à tout moment à voir le metteur en scène Jean Boyer se lever et se fâcher tout rouge pour aller fermer le piano à clef.Il n'en était rien.Boyer faisait mine d'aller tancer Tabet, entre deux réglages de lumière, mais se mettait tout simplement à jouer avec lui.Et comme presque toujours Georges Van Parys, le compositeur du film, se trouvait sur le plateau, on finissait régulièrement par trouver un clavecin mélancolique, ce qui faisait six mains.Et pourtant, l'attrait i .et c'est prmr les femmes que je continue à chanter!* IORS de ses grands débuts au Casino de Paris, j où il fit accourir tout Paris, Tino Kossl confiait au représentant d'un quotidien parisien l'un de ses plus chers souvenirs de jeunesse: «J'avais alors quinze ans, dit-il, je passais tous les jours, en allant au collège, dans une petite rue d'Ajaccio où j'avais remarqué une adorable petite brunette .Et, chaque soir, sous sa fenêtre, je chantais un vieil air du pays, où j'essayais de mettre toute l'émotion de mon cœur! Qu'est-elle devenue?Je ne sais pas.Et si je la rencontrais, par hasard, je ne la reconnaîtrais sans doute pas.Elle a allumé, toutefois, en mon coeur une petite flamme qui est toujours en moi quand je chante.Et puis la vie a passé.elle m'a entraîné loin de la Corse.Et pourtant.chaque fois que je chante pour le public, 11 me semble que je chante encore pour la petite fille d'Ajaccio, premier amour de mes quinze ans!» Hier, inconnu de tous, Tino est aujourd'hui l'idole des grandes capitales.Ses modestes débuts dans un petit café-concert d'Aix-en-Provence lui valurent plusieurs offres d'engagement.Il accepta alors un tour de chant dans un music-hall de Marseille où il fut très applaudi.Ce succès l'encouragea à se rendre à Paris pour enregistrer quelques disques.C'est à ce moment que la Casino de Paris, qui préparait sa «Revue des provinces françaises», engagea, pour symboliser la Corse, un jeune chanteur, ni vu, ni connu, qui n'était autre que Tino Rossi.Il chanta: «Vieni.Vieni.» pour lequel tout Paris s'enthousiasma tout aussitôt.Comme une traînée de poudre, cette chanson se répandit par toute l'Europe et dans le monde entier.Le disque et la radio firent ce miracle.En quelques semaines, Tino Rossi était devenu célèbre.Paris, Bruxelles, Londres, Berlin et Rome fredonnaient la chanson désormais fameuse.Le nom du chanteur était sur toutes les lèvres et dans bien des coeurs.Le cinéma bientôt s'en mêla.Les chansons de « Marinella » connurent une aussi grande popularité.Dès «Bella Ragazzina».Elles sont peut-être les meilleures que Tino ait encore jamais créées.Le populaire chanteur est actuellement au Casino de Paris, où il est la vedette de la revue «Tout Paris chante».Mais saviez-vous qu'il a aussi chanté récemment dans un cabaret trè« à la mode, fashionable et des plus achalandé, qui s'appelait le «Cuba».Ne cherchez pas dans les journaux l'adresse du «Cuba», vous ne l'y trouveriez pas.Le «Cuba» n'a eu qu'une existence éphémère; il servit de cadre et de décor à plusieurs scènes du dernier film de Tino «Au son des guitares».L'on verra dans ce film réunis autour du chanteur en vogue, dans ce décor pittoresque de «boite de nuit», les excellents artistes: Pauley, Paul Azais, Nlta Raya, Pierre Stephen et Monique Rolland.Tino Rossl est décidément l'homme du jour.Sa voix nostalgique fait résonner dans des milliers de coeurs féminins une note romantique.Est-ce là sans doute le grand secret de son ascension si rapide.Quelqu'un disait tout récemment de Rossi, que tout comme Rudolph Valen-tino au cinéma, il avait plus fait pour les femmes, en les charmant par sa voix et ses chansons, que toutes les féministes qui s'évertuent à leur obtenir des droits et des prérogatives dont elles ne sauraient que faire.On a surnommé Tino Rossi le «semeur de rêves», pouvait-on vraiment mieux trouver?Hollywood réclame maintenant Tino Rossi.Se laissera-t-il tenté par les gros cachets que lui offrent les firmes américaines?Si oui, souhaitons qu'on ne le transforme pas en un «crooner» yankee braillard et insipide et qu'il ne délaisse pas le genre de chansons qui ont fait jusqu'ici son succès.irrésistible de Tabet pour les pianos n'a pas le moindrement retardé la mise au point du film.Dans cette charmante opérette, Pills et Tabet ne peuvent se retrouver sur cette fameuse route sans repartir sur une chanson qui parait improvisée tant elle est enlevée .et ces chansons des deux fameux duettistes ne seront sûrement pas étrangères au succès de cette production.Notons enfin que la distribution de «Prends la route» comprend en outre de Pills et Tabet, Claude May, Alerme et Colette Darfeuil, la charmante Monette Dinay, Jeanne Loury et plusieurs autres artistes de l'écran français.lors, ce fut la gloire et la fortune pour Tino Rossi.Ce sera demain au tour du film «Au son des guitares» à lancer aux quatre vents les chansons que Vincent Scotto a composées pour son Interprète favori.Ces chansons s'Intitulent: «Pour ma brune», «Loin des guitares», «Tant qu'il y aura des étoiles» et Les vedettes de trois grands films que l'on verra prochainement sur nos écrans: en gros plan, la tête de Raimu dans "César"; Jacques Varennes, l'un des principaux interprètes du film de Gaston Koudes "Knfants de Paris" et Vera Korene qui paraîtra dans le premier rôle du film "Sept hommes, une femme".Janvier 1937 « 27 » La Revue moperse 80 Chantons tous Jioèl ! .Noël! Voici venir la joie sur les chemins du monde.— Ne prends pas ça de si haut, m'a dit ma meilleure amie, celle qui me tire brusquement la manche quand je bats des mains et que je m'exalte, et que j'espère et que je promets des choses sans réfléchir.Elle a pris sa voix qui va à tous les dangers, pour m'impressionner: "Il y a des phrases qui n'ont l'air de rien, m'a-t-elle dit, et qui sont des traquenards: tu te trouves prise dedans, et après tu ne sais plus comment en sortir.Tu sais bien que la joie, c'est ce qu'il y a de plus difficile sur la terre, alors ne va pas la promettre à l'aveuglette à tout le moruie.Il y en a tellement qui l'ont méritée et qui ne l'auront pas encore cette fois.— Tu veux dire que ce sera moins gai que l'an dernier?ai-je répliqué avec mon timbre tout descendu dans la gorge.—- Non, mais non.Il y aura de la joie pour un grand nombre.Pour d'autres, ce sera de la gaieté tout simplement.Il faut faire la différence.J'ai respiré.pendant que mon amie reprenait, tout d'un soifflc, comme Yvonne Printemps quand elle chante "l'air de la Lettre": — Vois-tu, la gaieté ça n'empêche pas les embêtements et tu n'as pas besoin de me regarder avec les paupières accrochées de surprise, ta bouche pétrifiée et ton nez saisi! Les embêtements.mais bien sûr.Les cadeaux que l'on a honte d'offrir parce que l'on a trop lésiné en magasinant, les cadeaux que l'on croyait être agréables et qui ne plaisent pas, les cadeaux que.l'on ne reçoit pas.Tu sais qu'il s'agit d'avoir horreur des chiens pour qu'ils te courent: tu ne peux pas souffrir les tricots, tu en recevras.Et il te faudra remercier.Je te connais.Tu voudras être à la hauteur d'une telle bonté, mais ce n'est pas facile les effusions, quand on n'a pas d'aptitudes pour l'art dramatique.Quand on est déçu, se fabriquer du ravissement tout d'un coup, ce n'est pas facile! Il y aura un moment lourd, où tu te sentiras malheureuse, où l'amie qui te donne se trouvera si lamentable que l'on ne pourra pas dire laquelle des deux fait le plus pitié.Que répondras-tu quand elle bafouillera: Je.je ne.je ne tricote pas très-bien, je commence à apprendre.c'est un essai.mais j'ai pensé que.que.enfin.c'est de tout mon cœur." Toi, l'expression toute défaite, le sourire carré, tu rebouteras: "C'est ton intention qui me touche." Sache bien que cette phrase, ça ne fait pas seulement "toucher" la chère amie, ça la frappe! ! Elle est guérie du coup de te tricoter des crémones, des fichus et des cache-nez.Et tu ne lui trotteras plus dans les pensées quand viendront les autres Noëls.Oui.C'est ton intention qui me touche.Voilà une expression qui a déjà été essayée dans le passé et qui a toujours réussi.Réussi à rompre l'amitié.Veux-tu en exemple une autre suggestion?Louise, l'an dernier, au lieu d'une bague dont elle rêvait, a reçu une potiche de grès.Elle a voulu paraître, sinon radieuse, du moins satisfaite.Elle s'est mise à chercher des mots qui ne venaient pas, pendant que son ami, moins riche que rougeaud, se caressait la moustache, dans l'attente de baisers effrénés.Louise n'a pas parlé, n'a pas bougé pendant un bon moment.Puis, elle a repris le dessus, et d'un petit air d'enthousiasme raté, — comme dans les tragédies d'amateur: "Je sais que ça n'a pas grande valeur, dit-elle, mais c'est charmant !" Oui, c'est charmant.en effet, d'entendre ça! Passe encore pour les gaffes personnelles, mais de grâce, dites aux enfants de se taire.C'est toujours désagréable, quand vous apportez un bouquet à la chère amie qui s'exclame: "Que c'est généreux!." .c'est déplaisant d'entendre votre petit expliquer: "Ca lui coûte rien à maman.elle les a reçues hier.puis elle a dit "j'vas les r'filer à Marne Dubois.Pour ce qu'elle m'a donné elle!" Et si l'un de vos intimes manque au réveillon de Noël, et qu'il arrive le lendemain, flanqué de son épouse, dites n'importe quoi, mais jamais: "Pourquoi n'étiez-vous pas avec nous cette nuit, Anatole?" On ne sait jamais ce qui a pu arriver dans cette nuit de Noël, et vous éventriez la mèche sans le vouloir.Ca fera des scènes de famille.Sa femme, à Anatolt, si elle a une belle éducation, lui dira tout de suite: "Anatole, tu m'as blaguée !." et des histoires et des flons-flons.D'autant plus que le mari ne se souvient peut-être plus où il a bien pu passer la nuit.C'est Noël! qu'est-ce que vous voulez.Ne rappelez pas de souvenirs du réveillon, au lendemain.Et cela, pour une autre raison.Anatole peut dire: "Excusez-moi, hier soir, je n'avait pas énormément faim.alors, ce sera pour ce soir." Et vous serez bien embêté de les garder tous les deux à dîner.(Suite de la page 25) — J'espère réussir et ne pas tromper votre confiance.j'espère toujours bien agir.être toujours honnête.mais ça n enlèvera pas la tache de ma naissance! — Ta naissance.qui sait ?Elle était peut-être moins triste que tu ne le penses! — Non, puisque ma chère marraine, ma mère d'adoption par le cœur, l'a tellement craint, qu'elle n'a pas osé me faire héritier de son nom! — Elle est morte plus tôt qu'elle ne le croyait, murmura le curé.— Ce n'est pas la raison .j'étais jeune, je n'avais que douze ans, mais j'ai entendu et compris ses paroles.elles sont restées dans mon cœur d'orphelin comme des flèches acérées.l'atavisme d'une ascendance douteuse, une origine inconnue, une hérédité peut-être vicieuse .et toutes ces autres choses dites alors, comme je me les rappelle! — Tu dois alors te rappeler aussi les mots d'affection, de tendresse, que ta marraine a eus pour toi! — Oui, certes, je me rappelle son accent ému en disant: je suis tendrement attachée à Marcel! Elle l'a prouvé d'ailleurs, chère marraine, en me laissant le peu qu'elle possédait! — Oui, dit le curé, continue de chérir sa mémoire! Je sais que du ciel elle veille sur toi ! — Dites-moi, cher tuteur.je ne vous ai jamais questionné, mais maintenant je veux savoir.quels détails pouvez-vous me donner sur.sur mon origine douteuse ?Le curé se recueillit.Oui, il attendait cette question depuis longtemps et il fallait y répondre! Avec une douceur paternelle, le prêtre raconta en tous ses détails, l'arrivée de madame Saint-Denis à la Crèche Saint-Vincent-de-Paul, en 1905, le récit de Sœur Saint-Amable et le départ de Québec pour Val-Ombreux.— Tes premiers vêtements ont été donnés à d'autres petits pauvres.On a conservé l'enveloppe avec ton nom écrit de la main de ta mère.Je l'ai dans mon coffre-fort.Je te la donnerai ce soir.Marcel ne répondit pas; il regardait droit devant lui et des larmes amères tombaient goutte à goutte de ses yeux bruns, tandis qu'il murmurait à demi-voix: "Pauvre mère!Pauvre mère!" Puisse raidissant: — Et vous croyez qu'on n'a pas le droit de maudire un père inconnu, qui ruine une femme, la conduit à la mort, et abandonne l'enfant dès sa naissance?— Tu ne dois pas le maudire! Tu ne sais pas ce qui s'est passé.Ta naissance, il l'ignorait, peut-être.Marcel se calma un peu.— C'est possible, dit-il, je sais le peu de cas que certains hommes font de la vertu.Mais pensez-y donc! Ce père inconnu, je puis le rencontrer.je vais peut-être le coudoyer dans la vie, lui parler, sans savoir ce qu'il est pour moi.et rien ne me dira: c'est lui! C'est lui, la cause de ta fausse situation dans le monde, c'est lui, la cause de la mort misérable de ta mère, c'est lui la cause de l'humiliation qui te hantera toujours! Ah malheur! je le hais, cet inconnu! — Ne parle pas ainsi, dit le prêtre, tu n'en as pas le droit; cet inconnu, il est peut-être devant Dieu.où il expie peut-être d'une manière terrible, dès ce monde, les faiblesses du passé.s'il eut connu ton existence n'aurait-il pas cherché à te protéger lui-même ?Laisse à Dieu seul le droit de juger! — Soit, je n'en parlerai plus.Mais vous voyez bien, continua-t-il souriant tristement, vous voyez bien, que je ne puis songer au mariage! C'est égal, j'ai eu rudement de la chance, à la mort de marraine, d'avoir un protecteur comme vous! — Je t'ai pris d'abord par devoir, Marcel, parce que madame Saint-Denis me l'avait demandé dans une lettre qui m'a été remise après sa mort; mais ensuite, je t'ai gardé par affection.Tu sais bien que je t'aime comme un fils! — Et moi, dit Marcel, en lui serrant la main, mon sentiment pour vous est tout filial.et lorsque j'ai eu la belle proposition de monsieur Ashley, ma première pensée a été pour vous! — Je le sais, mon garçon, nous nous comprenons! Et maintenant, il faut s'en retourner, il y a prière à cinq heures et salut du saint sacrement.En redescendant la colline, ils prirent la route au lieu de passer par les champs, ils rencontrèrent plusieurs connaissances; chacun arrêtait, leur disait quelques mots, les uns gravement, les autres avec cette La blessure verve originale si caractéristique de quelques-uns des campagnards canadiens.Pour tous, le curé avait un mot amical, une rcvonuii.iml.il inn un une taquinerie.— Tiens, te voilà, Joseph, dit-il, à un homme assez âgé, comme ils passaient devant la beurrerie; je ne t'ai pas vu à l'église, ce matin ! — J'ai 'té a la basse messe.j'sus occupé a plein ! — Même le dimanche ?— Ben, vous savez, m'sieur l'curé, i Ysl pas toujours pareil! J'sus occupé après mes machines! — Pour la beurrerie ?— J'en fais p'us de beurre! Demain, j'vire en fromage! — Ah! je comprends que ça te donne de l'occupation! fit le curé en riant.Plus loin, un grand garçon endimanché, passa près d'eux, conduisant un boghei, attelé d'un gros cheval pesant.Il arrêta: — Tiens! C'est ben Marcel Pierre! Bonjour, dit-il, tendant sa grosse main.Marcel lui serra amicalement la main.— Je vois que tu te souviens bien de moi, dit-il.Je t'ai reconnu tout de suite, moi aussi, Menomme! — Pas moé! Si t'avais pas été avec m'sieur l'curé, j'passais tout dret! — Vous vous êtes bien connus?dit le curé.— Ben mé! On a marché au catéchi'me côte à côte.on a péché des rouget tes dans l'p'tit lac, on a volé des pommes au père Eqienne, on a couru tout partout ensemble! — Ces souvenirs là, ça ne s'oublie pas, dit Marcel en riant; et maintenant, tu vas voir les filles! — A c't'heure, j'vas voir ma blonde.on va mett' les bancs à l'église ben'vite, m'sieur l'curé! — Tant mieux, Menomme, dit le prêtre.— Tu as un beau gros cheval, dit Marcel.— Oui, y est ben vigoureux.mais j'pense ben que j'vas m'acheter un auto, si j'peux faire un peu d'argent, l'été qui vient.Au revoir, dit-il, bonne chance! — Bonne chance, repéta Marcel.Et tandis que la voiture s'éloignait au trot pesant du cheval, Marcel Pierre, instruit, élégant, musicien et à la veille de se créer une carrière, envia le sort de ce jeunepaysanqui pouvait sans crainte offrir à une femme le nom honorable qu'il tenait de ses parents! Continuant leur route, le jeune homme ne parlait pas; le prêtre comprit et respecta son silence.Rendu au presbytère, le curé entra; Marcel se dirigea vers le home de son enfance, la maison de sa marraine, vendue peu de temps après sa mort.Il s'y arrêta un instant et revit en pensée la douce figure de Suzanne Saint-Denis, ses cheveux d'argent, ses yeux bleus un peu tristes, sa peau blanche, ses mains effilées, sa robe noire.il entendit sa voix suave, qui n'avait eu pour l'orphelin que des paroles de bonté et de tendresse.— Chère marraine, se dit-il, ému, jamais, jamais, je ne pourrai cesser de l'aimer! VI DEUX ans se sont passés depuis que monsieur Ashley a lancé dans le public: La Finance Quotidienne.L'entreprise a été un succès complet et le jeune rédacteur, Marcel Pierre, s'est déjà fait un nom dans le journalisme financier de la Province de Québec.Son salaire généreux s'est accru d'un percentage important sur les recettes du journal.Il se trouve en relations d'affaires avec les banquiers, les courtiers, les industriels, les marchands .Il est allé deux fois à New-York, à la demande de monsieur Ashley, qui semble très satisfait de sa gestion de la succursale, et qui lui donne des conseils.Il n'a pas revu Miriam; elle est en Orient avec des amis; à son retour, son père espère lui voir épouser le parti riche qu'il lui destine depuis longtemps.':: de paiements faciles.Des milliers de jeunes Ri-ns et Jeun filles, diplômés recommandent notre cour*.Informeï-Tous.Ecrire* AUJOURD'HUI pour plus de drU Us.LE CONSERVATOIRE DE MUSIQUE HAWAÏENNE 251 W RUE ST-JOSEPH QUEBEC, P.Q.DANS VOS SOIREES La Dentellière Belge ENREGISTREE RIDEAUX DE LUXE de roue*, largeur SOIE — BRUGES FILET, etc., et toutes dentelles véritables.NAPPES COUVRELITS AUBES SURPLIS Modèles nouveaux et exclusif Démonstration a domicile.Tél.CH.6160 1831, de Lasalle, Montréal Ianvier 1937 « 29 » La Revue Moderne LE BRIDGE MODERNE Par Arsène DesROCHERS - Professeur Associé de Ely Culbertson =====^~~~~ Principes élémentaires du Bridge Afin d'aider les débutants, j'ai préparé une série d'articles au cours desquels je vous expliquerai le sens et la logique des principales situations créées par différentes déclarations entre partenaires.La lecture de ces articles vous apprendra ce que maints joueurs, supposés experts, ne savent pas encore: comment reconnaître une déclaration de faiblesse (ou signal d'arrêt) d'une déclaration de puissance, invitant le partenaire à continuer.Les signaux d'arrêt Un des plus sûrs moyens de gagner au bridge-contrat est de ne pas subir d'amendes onéreuses.En respectant les signaux d'arrêt expliqués Ici, les joueurs éviteront de se lancer dans des contrats Infaisables.Le Changement par 1-Sans Atout en réponse d l'Ouverture d'une levée à une couleur du partenaire.Après le passe-parole, ce 1-Sans Atout négatif est le plus éloquent signal d'arrêt à la disposition du partenaire de l'Ouvreur.Si l'adversaire intermédiaire a passé, cette déclaration dénote un faible Jeu, contenant à peine une Levée d'Honneurs, renie généralement une couleur déclarable et le soutien à la couleur du partenaire.La redéclaration de 1-Sans Atout par l'Ouvreur quand son partenaire lui a répondu par une levée a une couleur.Exemple: Sud 1 -SA Nord En plus de renier le soutien à la couleur du partenaire, le 1-Sans Atout de Sud renie aussi la présence d'une seconde couleur déclarable.Il faut aussi en déduire que son Coeur n'est pas redéclarable.En autant que l'Ouvreur est concerné, ce 1-Sans Atout est un signal d'arrêt.La redéclaration de 1-Sans Atout par le partenaire de l'Ouvreur.Exemple: Sud Nord i-0 i-9 J-£ 'SA ?Cette redéclaration de Nord indique une couleur de Cœur non redéclarable.Elle renie toute possibilité de Manche et exprime la crainte d'un retour à 2-Carreaux.Un signal d'arrêt en autant qu'est concerné le partenaire de l'Ouvreur.La redéclaration par juste le nombre de levées nécessaires d'une couleur déclarée ultérieurement.Exemple: Sud Nord l-£> l-*rinlifé- Contrat d'inspection mensuelle.opcciaiue.pap|ercarbone, rubans, papeterie.General Tvpewriter Téléphone: SERVICE LIMITED LA.7595 1063, rue bleury GRATIS BET DB TOILETTE.Marmite, Coutellerie, Nappée.Serviettes.Couvertes, Chapelet, Montre.Poupée, etc.Donnés gratuitement aux personnes qui 100 ou plus de nos paquets de 6 cents chacun.Demandez notre catalogue et 100 paquets.ALLEN NOl' VE AITES, St-Zocbarie, Que.(.Suite de la page 30) — Sur les plages, elles sont toutes au plaisir de la mer et du sable ensoleillé.elles seraient peut-être davantage dangereuses, en se couvrant tout de suite au sortir de l'eau, d'un manteau ou d'une cape, parce qu'alors elles seraient infiniment plus jolies qu'avec simplement leur maillot de bain! — Cependant, se récria l'un des cinq, pour le mariage.— Pour le mariage, combien d'entre nous, sont des fous.qui oublient l'âme, souvent exquise, qui se cache parfois sous des dehors moins troublants, pour ne s'attacher qu'aux lèvres peintes et aux yeux agrandis par l'art .et qui passent à côté du bonheur à cause de cela! Ces femmes .si plus tard d'autres hommes, à leur tour, les trouvent provocantes et que les maris en souffrent .tant pis pour eux c'est leur faute! — Je ne vous savais pas ainsi le champion des femmes, dit Chimerre, en riant, on m'avait dit que vous étiez plutôt disposé à les fuir! — On m'a fait plus sauvage que je ne le suis, dit Marcel avec un sourire; mais franchement, nous sommes ici cinq du sexe fort, il ne fallait pas laisser calomnier ces dames! — Médire d'elles, serait mieux dit.glissa sournoisement Georges.— Incorrigible] dit Chimerre, en hochant la tête.Le lendemain soir vers neuf heures, Marcel se rendit au bel appartement occupé par les Chimerre, se demandant où il avait pu rencontrer cette Jeanine Char-tré dont il n'avait nul souvenir.Lorsqu'il entra au salon, deux tables de bridge étaient déjà formées; Chimerre vint au devant de lui et le présenta à sa femme.— Jeanine, voici monsieur Pierre, qui ne se souvient pas de toi! Marcel regarda madame Chimerre qui lui tendait la main.il hésita .puis, tout-à-coup se rappelant .— Ah ! mais je me souviens parfaitement de vous, madame, dit-il.C'est sur la Riviera que je vous ai rencontrée; votre nom de jeune fille, je ne le connaissais pas! Si Chimerre avait dit madame Durand.— Cela explique tout, et à vrai dire, à Cannes, nous avions à peine fait connaissance .Mais venez rencontrer nos amis, dit-elle, et elle le présenta à ses autres invités.A ce moment, une jeune fille entra au salon et s'avança vers le groupe formé par Jeanine, Chimerre et Marcel.elle s'arrêta, surprise et son amie l'aperçut.— Isabelle! Comme tu viens tard! J'ai ici une de nos connaissances de la Côte d'Azur .monsieur Pierre, venez, je désire vous présenter à mademoiselle Comtois! Ces deux amis de voyage se retrouvèrent avec un plaisir mutuel.— Vous n'avez jamais donné signe de vie, dit Isabelle, d'un accent d'amical reproche.— Je suis si occupé.et je suis sûr que vous ne m'auriez jamais donné une pensée sans la rencontre de ce soir! — Vous vous trompez; je vous savais ici à Montréal et Gilles m'a dit qu'il vous avait rencontré.— En effet.— Et vous êtes lancé dans la finance?PILULES MATERNELLES Dr JOeTETH COMTOIS.B.AA Pharmacien-Chimiste -1ISI IIU.1IIMM1I.Osant* do Berthler.P.Q.ou * Montréal a la Pharmacie MONTREAL Tél.HArboor 7161 Les mère» de famille n'ont pins raison de ne pas nourrir leurs enfants maintenant qu'elles ont ces Pilules ù leur portée.Celles-ci augmentent la sécrétion du lait chez la femme et lui permettent de nourrir son enfant aussi longtemps qu'elle le veut sans avolr ses menstruations.Elles donnent la santé à la mère et à l'enfant et ne sont Jamais dommageables.L'expérience de nombreux médecin* depuis plusieurs années a démontré que les Pilule» Maternelles sont presque spécifiques dans les cas de dysménorrhée, régies douloureuses chez les femmes et Jeunes filles.Ces Pilules étant composées d'extraits de glandes mammaires, etc., elles favorisent le éveloppement du buste et son perfectionnement chez la femme et la Jeune fille.Pour 100 PILULES MATERNELLES —-•- dillac ronfle qu'elle reconnaît bien, l'auto des Norcy.Défaillante de joie, muette de surprise Jacqueline ne s'est pas débattue .cette étreinte, pourrait-elle l'avoir oubliée?Jean est là.Jean est revenu.Elle se laisse bercer, couvrir de baisers, son bonheur l'écrase.Demain elle saura, non, pas tout de suite, elle ne voudrait pas troubler sa joie, leur joie! Sans doute elle devine, son mari revenu pour toujours .bien à elle cette fois.et l'autre?L'autre.n'est plus! Soudain, mue par une grande pitié reconnaissante."—Jean nous prierons pour elle."— MARYEL SONNEZ CLOCHES, SONNEZ ! Janvier 19.37 c .33 » LA Revue Moderne Pour Pliôtesse et ses invitées 7105 Pour l'heure du bridge vous aimerez ce modèle qui sans être très habillé est d'une jolie coupe.Encolure drapée et épaules étroites, jupe ondulante en avant.Les manches peuvent être d'une autre couleur.Métrage: Pour un 36 (18 ans) 3^ verges de matelassé.12 à 20 ans, 30 à 42.Prix: 25 sous.7145 7145 Pour l'heure du thé, cette robe est attrayante en tous points.Encolure froncée, tunique ondulante et manches bouffantes.La jupe étroite est ouverte dans les côtés.Métrage: Pour un 36 (18 ans) 5 verges de crêpe en 39 pouces.12 à 20 ans, 30 à 44.Prix: 45 sous.7117 Pour porter tous les jours voici un excellent modèle en crêpe noir et de Ugnes simples.L'encolure est nouvelle; carrée en avant, les plis qui partent du dos en font toute la garniture.La jupe est plutôt ample.Métrage: Pour un 36 (18 ans) 4 verges de matelassé en 39 pouces.12 à 20 ans, 30 à 44.Prix: 45 sous.8% votre marchand local ne peut vous fournir ce» patrons Butterick, demandez-les directement à The Butterick Company, 1,68 Wellington Street West, Toronto La Revue Moderne , 34 , Janvier 1937 7111 Robe de taille ajustée très seyante pour l'heure du dîner.L'effet ondulant de la jupe lui confère une note juvénile; plis aux manches.Métrage: l'our un 36 (18 ans) 3 7/8 verges de satin en 39 pouces.12 à 20 ans; 30 à 44.Prix: 45 sous.7143 Modèle tout à fait nouveau.Le drapé de soie autour du cou et rentré dans la ceinture donne un bel effet de couleur.Les épaules sont plutôt hautes.Métrage: Pour un 36 (18 ans) 2 5/8 verges de lainage en 54 pouces; 5/8 verge de soie en 35 pouces.12 à 20 ans; 30 à 40.Prix: 45 sous.7113 7138 Toilettes d'après-midi 7 143 7138 Modèle d'un grand choix de détails; se fait en tissu riche, tel le lamé.L'ampleur des manches est modifiée, la taille est ajustée, la jupe est large, collet étroit à pointes.Métrage: Pour un 36 (18 ans) 41î verges de lamé en 35 pouces: 3/8 verge de tissu contrastant en 35 pouces.12 à 20 ans; 30 à 44.Prix: 45 sous.7113 Ce modèle s'adapte à toutes les circonstances.Il a la simplicité voulue pour les réunions où se porte le tailleur et ses manches courtes le font assez habillé pour une sortie inattendue.Métrage: Pour un 36 (18 ans) 2 3/8 verges de lainage "sheer".12 à 20 ans: 30 à 44.Prix 25 sous.Si votre marchand local ne peut vous fournir ces patrons Butterick, demandez-les directement à The Butterick Company, 46$ Wellington Street West, Toronto Janvier 1937 « 35 » La Revue Modes Pour 1 £ % le début de l'hiver 7123 Toutes les élégantes savent qu'il est de haute nouveauté de porter une robe noire garnie de tresse.Notre modèle a des manches froncées, une jupe à godets et une encolure a la chinoise.Métrage: Pour un 36 (18 ans) 3 verges de broadcloth en 54 pouces; 12 verges de tresse de 3/8 pouce.12 à 20 ans, 30 à 44.Prix: 45 sous.7 142 7123 7136 Ce genre de robe qui se porte sous le manteau est de plus en plus en vogue, surtout pour les jeunes filles.L'ampleur de la jupe, en arrière, ia ceinture sous forme de câble, les manches carrées en sont les principales caractéristiques.Métrage: Pour un 36 (18 ans) 4 1/4 verges de lainage en 54 pouces.12 à 20 ans, 30 à 40.Prix: 45 sous.7142 Jolie pour les parties de bridge, cette robe facile à porter sous le manteau.A noter: les manches froncées, la igne gracieuse de l'encolure et la pointe de la jupe dans le corsage.Se fait en satin pour la blouse, en velours pour la jupe.Métrage: Pour un 36 (18 ans) 2 verges de satin en 35 pouces; 2 1/4 verges de velours en 39 pouces.12 à 20 ans, 30 à 44.Prix: 45 sous.Si votre marchand local ne peut vous fournir ces patrons Butterick, demandez-les directement à The Butterick Company, j/68 Wellington Street West, Toronto La Ria I / MODERNE « 36 » Janvier 1937 âge quand ils ;ont rougis et rrités.S'oppli-|ue aisément, 'our adultes et îbés.Employez le chaque jour.La blessure 1 (Suite de la page 32) — Je suis fière d'être votre ;iniie, dit a jeune fille, vous êtes si distant avec les aitrcs femmes! — Sauf Jeanine! — Jeanine, c'est autre chose .la fem-ne de votre ami!.je parlais des jeunes ¦ Iles! — Isabelle, il aurait peut-être mieux alu que je reste distant avec vous! — Pourquoi ?Vous ai-je jamais blessé ?— Pas du tout.jamais encore.mais.— Tiens, vous voilà pessimiste! Vous broyez du noir! Parlant de broyer du noir, figurez-vous que Jean Litois, l'ami «le Gilles, est au désespoir! — Pourquoi ?Que lui arrive-t-il ?— Il s'est épris, eperdument épris, d'une jeune fille rencontrée à Québec.Il est sorti souvent avec elle, l'amenait constamment au Château pour danser, pour prendre le thé, allait la voir chez ses parents et a fini par la demander en mariage.— Elle n'en a pas voulu ?— Au contraire, elle en est folle! — Alors, je ne vois pas.— Attendez! Après s'être engagés mutuellement et s'être jurés un amour éternel, il a été question d'aller parler aux parents, alors la jeune fille lui dit: — Vous savez, ce ne sont pas mes parents véritables, ils m'ont adoptée! — Vous êtes leur fille adoptive alors, vous portez leur nom! — Pas légalement.quoiqu'on m'appelle toujours ou presque toujours ainsi! — Je ne sais pas au juste quelle autre explication elle a donnée, toujours est-il que lorsque Jean parla au père, il apprit que sa fiancée est une enfant prise dans une institution de charité, à Ottawa, je crois.le père, la mère.ni vus ni connus.la pauvre jeune fille n'a pas été légalement adoptée, elle n'a pas de nom! — Que vont-ils faire ?demanda Marcel, d'une voix si étrange que la jeune fille le regarda, inquiète.— Je ne sais pas.la famille de Jean ne la recevra jamais et, lui-même, il l'aime énormément, mais.il hésite et parle de se suicider! Papa dit que c'est une injustice envers un enfant, lorsqu'on le prend chez soi, de ne pas l'adopter légalement.mais qu'avez-vous, Marcel, vous ne parlez pas! Vous souffrez ?Cette blessure encore ?— Oui, dit le jeune journaliste, c'est cette même blessure, et ce soir, elle saigne! VIII 10RSQUE Marcel se trouva seul, en face j de ses pensées, il eut un mouvement de révolte contre la vie.Deux fois, ce soir, on avait inconsciemment ravivé chez lui cette douleur sourde, persistante, cette humiliation de l'enfant sans nohi, cette sensation inavouée d'être comme un paria dans la société qui le recevait.Après avoir ramené Isabelle chez son père, il avait renvoyé le taxi, pour revenir à pied jusqu'à la maison de la rue Peel, où il avait sa chambre.Le long des rues, presque désertes à cette heure, ses idées sombres l'obsédaient et il découvrait en son âme des rancœurs ignorées jusqu'alors et qui semblaient lui donner le droit de maudire ce père inconnu, cause de tout le mal.Un sentiment nouveau avait surgi dernièrement dans ce cœur ardent mais concentré, un sentiment très doux et à la griserie duquel il s'était livré sans songer à l'impossible.il aimait Isabelle Comtois! Ce n'avait été, tout d'abord que de l'amitié, de la camaraderie, mais depuis quelques semaines, il se rendait bien compte que ce n'était plus du tout ça.C'était l'amour qui remplissait son Ame, et lui faisait accepter toujours d'aller chez les Chimerre afin d'y rencontrer Isabelle.A vrai dire, il ne lui avait jamais parlé de ses sentiments, mais il croyait qu'elle l'avait deviné, et c'était bien vrai.Avec cette intuition spéciale à la femme et surtout à la femme éprise, elle pressentait l'amour de Marcel, et elle aussi se sentait invinciblement attirée vers lui.Et maintenant, Marcel se demandait ce qu'il allait faire.Les deux incidents de la conversation de ce soir lui avaient brusquement ouvert les yeux et l'avaient tiré de son rêve.Il ne pouvait plus continuer ces relations dont le charme lui faisait oublier la tache de sa naissance! Que faire?Parlera Isabelle?Lui révéler son origine?Implorer pitié pour son amour?Jamais il ne pourrait se résoudre à cela! Il pourrait le lui dire, oui, dans un adieu, mais non dans une prière de pitié! Depuis une demi-heure déjà, il était rendu dans sa chambre et toujours il continuait son triste monologue intérieur.Marchant nerveusement dans la petite pièce, il fumait distraitement des cigarettes, qu'il jetait à demi-consumées dans un cendrier; sa nervosité ne s'apaisait pas.Le souvenir de sa marraine d'adoption lui revint et il alla se placer devant sa photographie, qu'il avait dans un petit cadre sur son bureau.— Ah! marraine! lui dit-il tout bas, vous qui m'avez recueilli, instruit, aimé, pourquoi ne m'avez-vous pas donné votre nom que j'aurais été si fier de porter?Ce nom qui m'aurait permis d'être comme les autres.Ce nom qui aurait aplani tant d'obstacles! Mais, vous ne saviez pas.je ne sais pas moi-même, quel sang coule dans mes veines! J'ai peut-être en moi ce que vous craigniez .un atavisme vicieux.Peut-être suis-je le fils d'un escroc, d'un voleur! Ah! malheur! Ce n'est pas juste! Il se jeta dans un fauteuil et se prit la tête dans 6es deux mains .Sa fierté se révoltait contre cette possibilité.Combien il avait souffert, depuis toujours, lui semblait-il, de cette absence de parents.Il se rappelait, lorsque tout petit, il entendait les autres enfants parler de leur maman, de leur papa, son petit cœur d'orphelin ressentait un serrement de chagrin inconscient.En avait-il eus, lui, un papa, une maman?Il ne les avait jamais vus, n'en avait jamais entendu parler.Il avait demandé un jour à sa marraine: — Où sont-ils donc, mon papa et ma maman à moi ?— Ils sont morts, mon petit Marcel, lui avait-elle répondu.Puis, plus tard, un des enfants de sa classe, avec qui il avait une querelle, lui avait dit: — Tu fais ton fier, mais tu n'es qu'un trouvé, élevé par charité! Marcel avait bondi sous l'insulte, son poing levé pour frapper .Le maître était intervenu et avait fait taire son jeune camarade.Mais le souvenir de ces paroles poursuivait le petit garçon et il questionna sa marraine; ses réponses furent évasives; puis, le jour de sa mort, il avait entendu ce qu'elle disait au curé à son sujet et son pauvre cœur d'adolescent en était resté meurtri! — Elle m'aimait tant, murmura-t-il, et elle était si croyante .Pourquoi Dieu ne lui a-t-il pas inspiré de m'adopter ?Est-ce juste que je souffre ainsi, moi qui ne suis pas coupable ?Il repassa ensuite sa vie de collésrien.Il revit la bonté admirable du curé Roussel, sa patience, la peine qu'il se donnait pour cultiver son talent de musicien, pour lui inculquer le goût de la poésie, de l'art, de tout ce qui élève l'esprit et le cœur.N'y avait-il pas eu là un gîte pour l'orphelin, lorsque la mort lui avait fermé son foyer d'adoption ?Et ensuite, cette année de voyage, bienfait inespéré, surtout cette carrière qui s'était ouverte devant lui d'une manière si imprévue .ne devait-il pas ce bienfait aux prières du saint curé de Val-Ombreux ?— Ah! Pardon, mon Dieu, se dit-il, j'ai blasphémé votre justice! Les leçons de foi reçues pendant tant d'années remplirent soudain ce pauvre cœur agité et, s'agenouillant, Il fit une courte et fervente prière .Un sommeil profond calma ses nerfs surexcités.Il se leva le lendemain, plein de courage et bien déterminé à se livrer entièrement au travail et à refuser, pour quelque temns, toutes les invitations.Avant neuf heures, il était déjà installé dans son cabinet de travail, aux bureaux de La Finame Quotidienne, et après avoir dépouillé la correspondance du jour, il prit la liasse de documents concernant la Golden Logoing, afin de voir ce qu'il pourrait faire à ce sujet pour obliger son ami Chimerre D'après ces documents, les perspectives de cette affaire paraissaient certes très bonnes.Tout de même, avant de commenter cette valeur dans son journal, il résolut de prendre des informations immédiates au bureau-chef du journal à New-York.Par son fil privé, il eut bientôt fait sa demande.Peu de temps après, la Daily Financial lui envoyait ce message: "Ne publiez rien de bon au sujet de G.L.Co., c'est une valeur absolument nulle." Content de s'être informé, il appela Chimerre au téléphone et à mots couverts, il lui fit comprendre qu'il ne pouvait publier l'article demandé.— Etes-vous seul à votre bureau, dans le moment ?demanda Chimerre.— Oui.— Alors, je m'en vais vous voir.à tantôt! — C'est bien dommage, dit Marcel, en replaçant le récepteur, je regrette d'avoir à le refuser, mais je n'y puis rien! Vingt minutes plus tard, Chimerre arrivait à son bureau, souriant, comme d'habitude.Il s'assit en face de Marcel, sortit son étui d'argent et lui offrit une cigarette, puis, légèrement arrogant: — Vous n'êtes pas content de la situation de la Golden Loggingl — D'après mes renseignements de New-York, dit Marcel, l'affaire est nulle! — On vous trompe! Vous avez lu les prospectus, vu les plans ?— Oui, et je trouvais les apparences bonnes, mais la nouvelle de là-bas est formelle! — Alors, vous ne pouvez rien faire, même pour obliger un ami ?— Je suis désolé, mon cher Chimerre, d'avoir à vous refuser, mais je ne puis vous obliger aux dépens de la véracité des renseignements donnés dans La Finance l Chimerre se leva, regarda autour de lui, tourna la clef dans la serrure de la porte et se rapprocha du journaliste: — Ecoutez, Pierre, dit-il, c'est une question de succès ou de ruine pour moi.J'ai des fonds à retirer pour certains stocks, des paiements à faire, et il faut, vous me comprenez, il faut que je vende, et bientôt, plusieurs milliers d'actions de Golden Loggingl Marcel le regarda, surpris.— N'êtes-vous pas imprudent, en vendant à vos clients un stock semblable ?VOYEZ Pour la première fois au Canada Vos Instantanés préféré* (snapshsts) films arrandis en un superbe portrait fini platine de 8" x lu" dons valeur de 91.00 pour .Z&t seulement.Cinq pour $1.00.Noos développons et Imprimons, aussi vos films pour J!5< toute grandeur.Argent comptant arec- commande.Satisfaction parant le.ACME STUDIO 128 ouest, rue S te-Catherine, Montréal Le docteur dit: Prenez la prescription BILOCOLATE aux sels biliaires Pour soulager douleur au foie.1 En vente partout - 50c la boise Recommandées par Cousine Blanche BEAUTE de Madame SYBIL - FERMETE DE LA POITRINE Le traitement de MADAME SYBIL est garanti absolument sans danger, approuvé par les sommités médicales.IL DEVELOPPE et RAFFERMIT très rapidement la POITRINE.Peut être pris en tout temps, pendant la MATERNITE, MENSTRUES, etc.Excellent pour personnes MAIGRES et NERVEUSES.Bienfaisant pour la santé comme TONIQUE pour RENFORCIR.Convient a la JEUNE FILLE comme a la FEMME.PENDANT L'INTRODUCTION, BOUTEILLE de $1.50 pour $1.0» TRAITEMENT DE 6 BOUTEILLES POUR $5.00.Pour renseignements confidentiels gratuits téléphonez à LA.1015 ou passer au bureau de 2 h.à 9 h.p.m., tous les jours.Expédition sous enveloppe ordinaire.Livraison rapide et courtoise dans toutes les parties de la ville.LE LABORATOIRE "J.-A.N0SSI0P ENRG" 124 est.Boulevard St-Joseph — LAncaster 1015 Dept.1* Casier Pascal No » Station B-Montréal Découpez ce coupon Si vous ne voulez pas couper la page frontispice de la revue et que vous désiriez vous procurer quand même la brochure offerte dans l'annonce paraissant en deuxième page intérieure de la couverture servez-vous du coupon ci-contre.Nous vous reconvnandons fortement d'écrire pour qu'on voits fasse tenir cette brochure intitulée: «Du poisson n'importe quel jourt.ADRESSEZ DES MAINTE NANT VOTRE COUPON.s s s s Nom.______ y Aitri-tse.Ministère des Pêcheries Ottawa Veuilles m'envoyer votre brochure gratuite de 62 pages, intitulée "Du Poisson n'importe quel jour", el contenant plus de 100 Recettes de Poisson, délicieuses el économiques.L.RM j \w ii h 1937 « 37 » La Rf.vie Moper.xe MauxdeTête La Petite Revue ?est en vente chez votre dépositaire a sous le numéro — Je le crois bon! Je crois votre monde mal renseigné, ou peut-être vous trompe-t-on sciemment! — Ça n'est pas possible! Le journal de monsieur Ashley est au-dessus de ces vilenies! — En tous les cas, dit Chimerre, pensez-y encore.Si vous faisiez ça pour moi, personne n'en souffrirait et vous auriez sauvé un ami de la ruine! Chimerre détourna la tête en disant ces mots, et comme Marcel se taisait, il s'écria avec presque un sanglot dans la voix: — Mais, vous n'avez donc jamais souffert dans votre vie, que vous pouvez laisser un ami dans le désespoir comme ça ?— Si j'ai souffert?Ah! Dieu le sait! Et je souffre doublement de ne pouvoir vous obliger! — Alors, dit Chimerre, le fixant de son regard inquiet, songez-y encore! Si d'ici à quarante-huit heures vous n'avez pu m'aider.bien.ce ne sera pas long! Et montrant sa tempe, il fit un geste expressif.Puis, sans hâte, il sortit et referma la porte.Marcel était atterré! Il avait toujours cru les affaires du courtier très prospères.Allait-il donc, ce pauvre ami, sombrer, lui aussi, comme tant d'autres ?Comment lui venir en aide ?La bourse semblait très agitée ce jour-la, et les nouvelles de New-York se succédaient très vite.Marcel fut tellement harassé de besogne qu'il n'eut pas un instant pour songer à ses propres affaires et à celles de son ami, avant l'heure du dîner.Il passait sept heures et demie, lorsqu'il entra dans son restaurant habituel.IX PAUL Chimerre était seul avec sa femme dans le salon élégant où ils avaient si souvent leurs soirées de bridge.Il arpentait fébrilement la chambre et Jeanine le regardait, inquiète.— Tu n'as pas réussi?Il ne veut rien faire ?— Rien! — Il n'a donc pas lu tes papiers?— Oui, il les a lus, mais il a ensuite télégraphié à New-York, à son journal, et tu comprends.— Que vas-tu faire ?— Si la bourse ne baisse pas trop vite, je puis tenir encore quelque temps, mais je lui ai donné deux jours pour se décider à m'éviter le suicide! — Pourquoi deux jours?— Parce qu'il faut que d'ici à la fin de la semaine, je vende un paquet de ce maudit stock! Jeanine soupira.— Je comprends! S'il le faisait mousser, tu pourrais vendre! — Justement! On guette les opinions de cette feuille! Elle influe beaucoup sur les achats de valeurs! Ecoute, Jeanine! Notre ruine peut-être évitée de cette manière seulement.et si tu voulais.— Où veux-tu en venir ?— Ecoute! Tu es femme.tu es belle .tu as des armes pour séduire un homme! Il va falloir t'en servir! — Il est invulnérable! Tu le sais bien! Ce n'est pas un Georges Lemmé! A part chez Isabelle et ici, il ne va chez aucune femme! — C'est absolument ce qui te donne un avantage! Il est fait de chair et d'os ce garçon là! Sapristi, je n'ai pas besoin de te donner de détails! Tu me comprends! Songes-y et songes-y tout de suite.Il faut que tu lui parles ce soir, ou demain au plus tard! Jeanine n'était pas vraiment méchante, mais elle redoutait le moindre revers de fortune.ce luxe qu'elle adorait, elle ne voulait pas le voir s'envoler.De plus elle aimait son mari et voulait le sortir d'embarras.Elle ne se rendait pas compte qu'en agissant ainsi elle devenait complice d'une fraude.Son idée fixe c'était de sauver Paul de la ruine.Elle ne se fixa pas un plan de conduite, mais résolut de profiter de l'amitié que lui avait toujours témoignée Marcel, et de le faire venir le soir même, si elle avait pu décider de quelle manière elle essaierait de le fléchir.—Après tout, se disait-elle, ce n'est pas une si grosse affaire .quelques lignes dans un journal et Paul semble convaincu que ça peut lui faire vendre ses vilains stocks! Ce ne fut cependant que le lendemain, vers midi, qu'elle appela Marcel au téléphone.— Allô.Marcel, pourriez-vous venir ici ce soir?J'ai absolument besoin de vous parler! Marcel hésita; pour plusieurs raisons, il aurait désiré refuser.— C'est que.commença-t-il — Ne cherchez pas de prétextes, interrompit-elle, je suis dans une inquiétude affreuse.(sa voix se fit comme suffoquée par les larmes) Pardon.mais je ne puis plus parler! — J'irai, j'irai! fit Marcel, désolé de l'entendre pleurer.J'irai vers neuf heures.Vous me pardonnerez si je ne reste que quelques minutes, n'est-ce pas?Un engagement d'affaires.— C'est bien, fit-elle d'une voix étouffée, je vous attendrai! Depuis la veille, le jeune journaliste n'avait cessé de penser à cette affaire de Golden Logging.A maintes reprises, il prit son crayon et commença un article qu'il voulait faire tellement vague qu'il pourrait être interprété pour ou contre l'affaire selon le sens qu'on voudrait lui donner.Mais toujours il déchirait le papier en morceaux! Non! Il ne pouvait faire ça! Ça ne serait pas honnête! Ça serait donner, de propos délibéré, une fausse opinion à ses lecteurs! Non.plutôt perdre l'amitié de Chimerre, que de manquer à l'honneur! Quelques minutes avant le téléphone de Jeanine, Isabelle l'avait appelé: — Vous ne m'avez pas parlé hier, alors, je vous appelle.— Vous êtes gentille! — Etes-vous mieux?Vous étiez souffrant l'autre soir! — Je vais mieux, merci.Pas le loisir d'être souffrant ces jours-ci! — Venez faire un peu de musique ce soir! — Je regrette, Isabelle, je passe la soirée à mon bureau! Vous ne pouvez vous figurer le travail que j'ai devant moi! — A cause de la Bourse ?— Vous êtes renseignée! — Papa m'a dit que le marché allait mal, mais qu'il prévoyait une amélioration demain.— Tant mieux, je l'espère aussi! — Alors, puisque vous ne venez pas ce soir.à bientôt ! — A bientôt! répéta-t-il, sans rien ajouter.Isabelle, intriguée par son ton un peu bref, se demanda: "Qu'a-t-il ?L'autre soir, je l'ai trouvé étrange.un moment plus expansif, un autre, raide et morose.Ah! mon Dieu, pria-t-elle, joignant ses jolies mains blanches, n'allez pas le laisser s'éloigner de moi! Vous savez combien je l'aime! Gardez-le moi, car je crois qu'il m'aime aussi!" Tout le reste de la journée Marcel se livra au travail avec acharnement.Il se fit apporter des sandwiches à son bureau et ne sortit que pour son dîner de sept heures.Lorsque vint l'heure d'aller chez Jeanine Chimerre, il ne prit pas le temps de refaire un peu sa toilette, mais se rendit tout de suite chez elle.Le salon où on le fit entrer était faiblement éclairé par une lampe à grand La blessure • abat-jour rose.Sur le large canapé au au fond de la chambre, Jeanine était à demi-couchée, un mouchoir sur les yeux Elle portait un négligé de georgette mauve très échancré et transparent, et dans la pénombre rose de la pièce, la blancheur di sa poitrine et de ses bras était presque nacrée; des bas de soie couleur chair don n.lient l'illusion de la nudité et de petite; nulles de velours noir chaussaient ses pieds.Elle feignit de ne pas le voir arriver et continua de pleurer.— Jeanine, fit Marcel doucement, en s'approchant un peu.— Ah! vous voilà?dit-elle en lui tendant la main; comme vous êtes bon! Asseyez-vous là, près de moi, et elle lui indiqua une place sur le canapé.— Qu'avez-vous, ma pauvre amie ?dit-il, sympathique.— Ce que j'ai ?Mais vous vous en doutez bien, voyons! — Où est votre mari ce soir ?— Je n'en sais rien! Il erre comme un fou de place en place et ne parle que d'en finir! — Il faut lui faire entendre raison! dit le jeune homme.— La seule chose qui lui ferait du bien, ce serait.ce serait vous qui pourriez la faire.mais vous ne voulez pas! — Je voudrais.mais je ne puis pas.ce qui est différent ! — Ah! Marcel, vous ne m'aimez pas! — Au contraire, Jeanine, j'ai beaucoup d'amitié pour vous! — Si c'était vrai, vous ne me verriez pas dans la peine sans essayer de me consoler un peu!.et elle glissa sa main parfumée dans celle du jeune homme.Marcel, un peu énervé, lui serra la main et se levant, il s'excusa: — Je ne puis rester plus longtemps, ma chère amie, vous savez, je vous l'ai dit ce matin, un engagement d'affaires.— Et vous partez comme ça, sans me donner d'espoir ?— Voyons Jeanine, soyez raisonnable! Je ne puis pas et j'en suis navré! — Marcel, quelques lignes.ce ne serait pas si difficile.Si vous avez de l'amitié pour Paul, pour moi, faites-le.— Jeanine, je.— Pour sauver Paul de la mort, interrompit-elle; pour me sauver, moi, du désespoir! Se levant brusquement, elle le saisit par les deux bras et le fixa avec ses grands yeux veloutés, cherchant à le gagner.A ce moment la portière s'ouvrit et Chimerre entra avec Isabelle.— Ah! Tiens, vous étiez ici, Pierre?dit le mari: je parie que vous êtes venu faire du bien à Jeanine avec une bonne nouvelle! — Je le désirerais bien, pauvre ami, mais.Bonsoir, Isabelle, je partais justement, je suis très occupé.Isabelle regarda le négligé de Jeanine, la mise en scène étudiée, l'air un peu étrange de Marcel.sans lui donner la main, elle répondit: — Bonsoir.je croyais que vous passiez la soirée à votre bureau.— Isabelle, croyez bien que.Mais Isabelle était déjà à l'autre bout de la chambre, auprès de Jeanine, qui s'était assise sur le canapé.Marcel répéta son bonsoir et sortit de la pièce.Chimerre le suivit : — Pensez à mon affaire, cher ami, lui dit-il.J'ai certains autres détails à vous donner, je vous enverrai ça demain par un messager, dès l'ouverture de votre bureau! Marcel, ahuri, furieux de la méprise d'Isabelle, et se rendant compte de l'apparence suspecte de sa visite, lui répondit un rapide: "Très bien, très bien," et partit.Il retourna à son travail et resta à l'ouvrage pendant plus de deux heures avant de retourner à sa chambre.La figure défaite de son ami le hantait et il se demandait s'il ne pourrait pas, pour une fois, sacrifier la vérité à l'amitié.Mais sa droiture lui interdisait de donner suite à cette pensée que lui dictait son sentiment amical pour Chimerre et il restait chagrin de son refus, mais bien décidé à ne pas se laisser cabaler.— Après tout, se disait-il, Chimerre s'exagère probablement l'importance qu'aurait pour lui cet article; il se tirera sans doute d'affaire.Que ne puis-je lui aider autrement ! (Suite à la page 41) LE "GRANGER" MAGASIN PAR EXCELLENCE DES "belles étrennes" Beaux livres Reliure* d'Art Album* .1 m, JL.- •JOUetN - i mm;,.- Roi (en peinture Jeux de société V Garnitures de bureau M.vIoh funtuihie : Bu*e* Onyx Appui-livres, écrit «lires l'upt-tcrie» de luxe Mjios, crayon» assortis Article* religieux pour radeaux Décorations et curt«** Tour Noël et Nouvel An Liseuses Erritolres Porte-Billets Porte-lettres Agendas-Calepins Albums en cuir GRAINGER FRÈRES 54 ouest, rue Notre-Dame LAncaster 2171 NOS MAGASINS SONT OUVERTS JUSQU'A S HRES LE SAMEDI (Facilité de stationnement) 15 La Revue Moderne « 38 » Janvilr 1937 k95 i Photo Dellneator > SUGGESTIONS POUR LES FETES A l'occasion des fêtes nos lectrices aimeront sans doute à trouver dans leur revue quelques suggestions intéressantes pour le choix des cadeaux à cette époque où l'on aime à se rappeler aux parents et aux amies sous forme de souvenirs tangibles.Plus que tout autre cadeau, un bon parfum sera grandement apprécié, ou encore une lotion, un crayon pour les lèvres, des sels de bain, une bonne poudre, un sac comprenant tous les accessoires de beauté requis, et une lotion pour les mains.Qui n'aime à employer une crème de qualité reconnue ou encore une bouteille d'eau de cologne et cet objet si pratique qu'est le manicure.Un miroir, une brosse ou encore un vaporisateur pour parfum donnent à la table de toilette un effet des plus agréables.Nul doute que la jeune fille moderne sera heureuse de recevoir une sacoche à cosmétiques qu'il lui sera facile d'attacher à sa ceinture si elle pratique quelques sports.Les savons font aussi partie des cadeaux de choix et sont aussi d'une réelle utilité.Recevoir une boite de savon préféré fait toujours grand plaisir.N'oublions pas de mentionner les plumes réservoir, les crayons automatiques, les boîtes de papier à lettre et mille autres jolis articles qui ne laissent que l'embarras du choix.Janvier 1537 « 39 » La Revue Moderne Les Idées jfc Pratiques —.- Dentelle à l'aiguille Dentelle.— Cette dentelle est faite à l'aiguille; elle est d'un charmant effet et peut garnir cols, robes d'enfant, tabliers, dessus de plateau, etc.Avec une aiguille réunir 6 dents en une marguerite dont le cœur est fait des points de réunion de chaque pétale; faire une marguerite une fois dans un sens, une fois dans l'autre.Point croisé.— Le point croisé est des plus faciles à exécuter, et il est du meilleur effet; il forme un petit grain très en relief quand il est fait avec de la grosse laine (quatre ou cinq fils) et avec un crochet pas trop gros.Au contraire, il fait un point très lâche et très souple quand on le travaille avec un fil de laine zéphir et un crochet un peu gros.Sur une chaînette de longueur voulue on travaille comme suit: Premier rang: Passer le crochet au travers de la plus proche maille chaînette, tirer la laine.Passer le crochet au travers de la seconde maille chaînette, tirer la laine, faire un jeté et passer le jeté au travers de toutes les boucles qui se trouvent sur le crochet, soit trois; faire une maille en l'air et recommencer jusqu'à la fin du rang ou de la chaînette.Deuxième rang.— Ce deuxième rang se travaille sur les dessins que forme le premier rang.Passer le crochet à droite du premier dessin, tirer la laine, passer le crochet à gauche de ce même dessin, tirer la laine, puis faire un jeté et le passer au travers des boucles du crochet; faire une maille en l'air et recommencer.La première bouclette du dessin qui suit doit toujours être tirée dans le même endroit que la deuxième bouclette du dessin précédent.Tous les rangs suivants se travaillent comme le deuxième rang.Les mouchets.— Les mouchets sont des points qui servent surtout à orner des fonds de crochet unis.Ils peuvent varier à l'infini, car on les obtient plus ou moins gros en mettant plus ou moins de brins, ce qui les rend très différents d'aspect.Supposons une chaînette ou un pied d'ouvrage commencé, premier rang: faire un jeté, passer le crochet dans la deuxième maille, faire une bouclette assez lâche, faire un jeté, tirer la laine, dans la même maille, faire une deuxième bouclette, assez lâche aussi, un jeté, etc., etc.autant de fols qu'il est nécessaire.Dans notre modèle nous avons sept boucles en tout (ce chiffre est variable); faire un jeté, le passer au travers de toutes Jes boucles recueillies, c'est-à-dire pas dans celle du crochet, celle-ci sera fermée en maille serrée à l'aide d'un jeté, ce qui servira à fermer le mou-chet.Tunisien double.— Ce point a beaucoup d'analogie avec le tunisien ordinaire; cependant on fait un jeté avant de relever les bouclettes et pour les relever on pique le crochet sous les bouclettes verticales après avoir fait ce jeté; au retour on démonte la première maille seule, puis les autres boucles, quatre par quatre.Réunir ensuite les marguerites d'un côté à l'aide de mailles serrées prises dans la pointe des dents et de mailles en l'air pour réunir deux des marguerites; pour faire un entredeux, réunir 2 côtés de marguerites.On peut également faire des fleurettes séparées pour faire des semis sur des robes de linon ou de voile de coton, l'effet est charmant.Deuxième rang.— On fait toujours un jeté avant de relever la bouclette, mais avoir soin d'en relever deux à la fois, les deux perpendiculaires.Point tunisien spirale.— Ce point s'exécute généralement en grosse laine, pour tous objets un peu épais.Monter les mailles chaînettes un peu lâches.Premier rang.— Tourner la laine cinq fois autour du crochet passer trois mailles et piquer dans la suivante (la quatrième).Tirer le brin de, laine au travers de cette quatrième maille, faire un jeté et le passer au travers de tous les brins plus la bouclette qui se trouvait primitivement sur le crochet.On conserve cette bouclette sur le crochet, on recommence le même travail en conservant sur le crochet la bouclette que l'on a passée au travers des brins tournés sur le crochet.Deuxième rang.— Rabattre les mailles comme dans le tunisien ordinaire.Picot à l'endroit.— Supposons un ouvrage terminé sur lequel on veut faire un picot à l'endroit.On fera quelques mailles en l'air après avoir piqué au début du rang, on réunira la dernière à la première en fermant en rond, puis on fera quelques points sur le travail, de nouveau quelques mailles en l'air, cinq, six ou davantage, suivant que l'on veut, un plus ou moins grand picot, puis on réu- nira de nouveau la dernière à la première, etc.Entre-deux à jours: deux poses.— Ce genre de jour sert souvent à réunir deux parties d'un vêtement.Il sert à passer un ruban, une cordelière, etc.Première pose.— Supposons un travail commencé.Nous débutons au commencement du rang comme pour exécuter une double branche, en jetant le brin de laine deux fois sur le crochet, piquer le crochet dans la seconde maille du travail, opérer comme pour la double bride; après avoir tiré le brin au travers de la maille, faire un jeté que l'on passe au travers des deux premières bouclettes du crochet, faire à nouveau deux jetés sur le crochet, le piquer deux mailles plus loin, attirer le brin de laine au travers de la maille, faire une bouclette, et démonter ensuite après avoir fait un jeté toutes les bouclettes deux par deux.On aura ainsi les trois premières branches de l'X.Deuxième pose.— Faire deux mailles en l'air et terminer par une bride qui sera piquée à l'intersection des deux doubles-brides pour terminer l'X complètement.Reprendre depuis le début et faire autant de jours que cela sera utile.Picots à l'envers.— Ce picot s'exécute comme les mouchets, mais au lieu de piquer les mailles de droite à gauche on fait la maille chaînette et on le pique de gauche à droite.Ceci fait, tournez le picot et ne lui donnez pas le même aspect qu'au tricot du picot dit picot à l'endroit.Notre service de broderie Nos lectrices pourront se procurer ce napperon ovale, en adressant leur commande à: Service de Broderie de La Revue Moderne 320, rue Notre-Dame est, Montréal, P.Q.No 117.— Joli napperon (12" x 15") étampé sur toile huître, 14 sous.L'argent devra nous être envoyé par mandat de poste ou lettre recommandée.Nous déclinons toute responsabilité pour toute somme qu'on pourrait nous adresser sous un autre mode d'envoi, et nous ne nous tenons pas responsables de la perte d'un colis à moins qu'on nous envoie trois sous (3) supplémentaires, coût de l'assurance postale.La Petite Poste Les annonces de ta Vetite Poste sont publiées .raison de — UNE INSERTION; 75c Cette somme donne droit à dix-huit (iH) mots abrites.La direction n'accepte aucune formule FANTAISISTE rl se réserve le droit de retrancher te qui ne serait pas ton/orme ou reniement.Choque annonieur devra fournir pour te renseignement de la direition, outre le Pseudonyme les nom et adresse véritables — teti est OUI.ICA TOI RI-Chaque envoi des-ra ftre accompagné de montant requis — bon postal ou timbres.Les annonces doivent nous ftre adressées avant le eoute du mois qui précède la publiiatton de la revue.Ceux qui désirent se faire adresser leur courrier a La fs'evue Moderne, n'auront qu'a ajouter quelques timbres en plus, pour que nous leur ru fassions l'expédition.Le tourrier non réclamé, après un* période soixante (M)) jours sera détruit.Oh desra adresser: — La Petite Poste, La Revue Moderne.320.rue Notre-Dame est.Montréal avis Nous ne nous charftcons'd'uucun'messafle pour les correspondants.La correspondance doit se faire DIRECTEMENT entre eui.On voudra bien aussi prendre note qu'il est ABSOLUMENT Inutile de demander le nom et l'adresse véritables des correspondants, et qu'à l'avenir nous ne répondrons plus aui lettres de ce genre._ La Direction • • • Désirent des correspondants, les Jeunes filles dont les noms suivent — Mesdemoiselles: BLANCHE LE BLANC.— Jeune fille dist.30 ans.(Corr.céllb.ou veufs, 35 & 60 ans: but: dlst.et faire conn.).Poste Restante, Lachute Mills, P.Q.SUZANNE DORLANUES.— Inst.dlst.(Corr.sérieux, probes, céllb.ou veufs, 37 à 60 ans).320, rue Notre-Dame est, Montréal, P.Q.RAYMONDE LARUE.— Jeune fille dlst.(Corr.Inst.dlst.18 à 24 ans; but: corresp.amicale, distraction.).St-Françols du Lac (Yamaska), P.Q.JEANNE LEBRUN.— Jeune fille dlst.(Corr.inst.dlst.de 22 à 30 ans ayant position; but: l'avenir le dira.Réponse ass.).Ste-Hénédlne (Dorchester), P.Q.FLEURETTE DUCHARME.— Brunette de 31 ans.(Corr.céllb.Inst).320, ru» Notre-Dame est, Montréal, P.Q.ALICE BENOIT.— Veuve honn.dlst.(Corr.sérieux céllb.ou veuf; 46 ans ou plue).320, rue Notre-Dame est, Montréal.P.Q.NOEIXINE.— Châtaine aux yeux bleus, gale et sérieuse.(Corr.ayant bonne position de 36 a 46 ans).320, rue Notre-Dame est, Montréal, P.Q.CLAUDETTE.— Aux yeux noir».(Corr.ayant position perm.céllb.ou veuf; 36 a 46 ans).320, rue Notre-Dame est, Montréal, P.Q.SYLVIE BELLEAU.— (Corr.Inst.dlst.bonne éducation, 27 ans et plus).320, rue Notre-Dame est, Montréal, P.Q.SUZANNE LEHOUX.— (Corr.Inst.dlst.très bonne éducation; 30 ans et plus).Poste restante, Sherbrooke, P.Q.MADELEINE N.SMITH.— (Corr.Intellectuels, veufs ou céllb.16 a 60 ans).Livraison générais, Westmount, P.Q.FRANCE ROY.— Inst.dlst.(Corr.dlst.céllb.ou veufs, 36 a 66 ans; but sérieux).3286, blvd.Perras, Montréal, P.Q.Désirent des correspondantes, les messieurs dont les noms suivent — Messieurs: j.DAVID.— Veuf.(Corr'tes ville ou campagne, réponse a toutes).6866, Sléme avenue, Rosemont, Montréal.ANTONIO TARDIF._ Bland, menuisier (Corr'tes do ville ou campagne), a/s James Barnett, camp 3, Upton, Maine, U.8.MEDE B.— (Corr'tes Jeunes filles ou veuves avec un ou deux enfants; ville ou campagne; but sérieux).320.rue Notre-Dame est, Montréal, P.Q.-•- Le crochet La Revue Moderne « 40 » Janvier 193? La blessure (Suite de la page 38) X APRES le départ de Marcel, Isabelle regarda son amie el dit à demi-voix: — Vous ftes devenus bien intimes, Marcel et toi! Jeanine montra son mari qui revenait lans la chambre et mit un doigt sur ses èvres: — Je t'expliqueraiI murmure-t-elle, Isabelle ne répondit pas et se mit à parler de choses indifférentes.Au bout d'une demi-heure elle se leva: — Tu ne pars pas déjà ?— Oui.Je ne suis venue que pour te voir un instant, Paul m'ayant dit au téléphone que tu étais souffrante.— C'est vrai! J'ai eu la migraine toute la journée! Paul va te reconduire! — Ce n'est pas nécessaire, merci, notre chauffeur est à la porte, je dois arrêter prendre papa à son club.J ai rendez-vous avec lui pour dix heures.La jeune fille partit, ne laissant rien voir du désespoir qu'elle avait dans le cœur.Marcel l'avait trompée, lui avait menti.quelle déception! Elle l'aurait jamais cru capable d'une pareille fausseté! Restés seuls, les Chimerre échangèrent leurs impressions: — Tu l'as voulu, dit Jeanine, furieuse.Eh bien! nous ne sommes pas plus avancés! J'ai peiné, peut-être perdu ma meilleure amie et je suis déchue aux yeux de Marcel, sans avoir réussi à le gagner! — J'aurais peut-être dû jouer le mari jaloux.le menacer.il aurait sans doute fait ce que je lui ai demandé, pour éviter une esclandre! — Tu es fou! Penses-tu qu'il serait tombé dans le piège ?Jamais de la vie! — Que puis-je faire?Je suis à bout d'expédients! — Pour gagner Marcel, il eut peut-être été mieux de le lui faire demander par Isabelle! — Impossible! Son père est un de ceux sur lesquels je compte le plus comme gros acheteur de la Golden Logging I — Alors, s'il fait cela.ils seront peut-être ruinés, nos amis?— Je n'ai pas beaucoup de choix.eux ou nous! Jeanine, plutôt légère que fourbe, restait stupéfaite du cynisme de son mari.Elle essaya de le raisonner.— Paul, réfléchis! C'est un vrai vol que tu ferais là! C'est ta réputation perdue pour toujours.ton nom avili.ta femme, humiliée.— Et si je n'arrive pas comme ça, cependant, c'est tout ce que tu dis là.et la pauvreté par dessus le marché! — Alors, ta fortune, lors de notre mariage ?— Fictive, chère naïve enfant! — Ton bureau important ?— Il est très important de bien des façons, et nous lui devons ce charmant nid, si douillettement capitonné.Mais enfin rien ne presse vraiment, et sauf une crise à la bourse, je suis bon pour quelque temps encore.Quant à Marcel, je vais essayer un dernier moyen de le convaincre.Jeanine ne l'écoutait plus, elle pleurait, et cette fois, c'étaient de vraies larmes.• • • Marcel venait d'entrer à son bureau le lendemain matin, lorsqu'un messager lui apporta une lettre de Chimerre.C'était une offre de partager avec lui les profits énormes que donneraient les ventes de la Golden Logging, la seule condition étant de faire paraître dans un prochain numéro de la Finance Quotidienne, un article signé, disant du bien de ce stock.Marcel était insulté."Mais il me prend donc pour un misérable, se dit-il, un voleur!.Il est donc lui-même malhonnête! Quelle saleté! Et moi, naïf, qui croyais à son amitié, qui regrettais tant d'avoir à lui refuser un service.Et Jeanine, par quels moyens elle a cherché à m'enjôler! Et cette pauvre Isabelle, qui croit que je l'ai atrocement trompée.Tout ça, c'est à rendre un homme fou!" Et déchirant la lettre de Chimerre, il en jeta rageusement les morceaux au panier.La bourse de Montréal, comme celle de New-York, fut, les jours suivants, dans un état alarmant.Les banques étaient inquiètes, les courtiers sur les dents et les spéculateurs au désespoir, les valeurs baissaient.baissaient toujours, sauf la Golden Logging, qui semblait justifier l'espoir de Chimerre, en se maintenant à peu près au même point.Chaque midi, les hommes d'affaires s'emparaient fébrilement de la feuille financière, y cherchant un renseignement encourageant, une nouvelle rassurante.Un matin, monsieur Comtois, étant venu régler certaines affaires au bureau de Chimerre, relui-ci en profita pour l'engager à acheter tout de suite une quantité de (jolden Logging.— C'est le temps, lui dit-il, ce stock, vous le voyez, n a pas ou presque pas baissé durant tes trois derniers jours.tandis que la plupart des autres, même d'excellentes valeurs, ont perdu plusieurs points! — C'est vrai, et je crois tout le bien que vous m'en dites.Mais, voyez-vous, mon cher Chimerre, avant de risquer un demi-million dans une affaire il me faut, surtout en ces jours inquiétants, il me faut, dis-je des renseignements absolument sûrs! Or, La Finance, qui tient ses renseignements du journal de M.Ashley à New-York, journal reconnu pour sa véracité et pour la sûreté de ses informations, n'a jamais mentionné votre stock! — Pierre n'est pas suffisamment renseigné, dit Chimerre, ou il l'aura omis involontairement.Puis, rusant: — Allez donc le voir! Son bureau est tout près d'ici! — C'est une idée! J'y vais! Si ce qu'il me dit est satisfaisant, je reviens bâcler l'affaire, dès ce matin.Vous me donnerez de la marge?J'achèterai un gros paquet! — Tant que vous voudrez! Dès que monsieur Comtois fut sorti, Paul saisit le téléphone: — Allô! C'est vous Pierre?— Oui.— Vous avez ma lettre, à laquelle vous n'avez pas encore répondu ?— Oui.— Monsieur Comtois s'en va vous voir pour se renseigner.S'il est satisfait, je suis sauvé! Mon offre tient pour renseignements vira voce au lieu de l'article.— Je ne suis pas de ce calibre là, répondit Marcel avec une colère contenue.— Vous êtes humain, comme les autres! Ce sera plus sage pour vous de faire ce que je vous demande! Marcel, furieux, raccrocha le récepteur sans répondre et un instant plus tard, on introduisait monsieur Comtois.— Bonjour, mon jeune ami, dit-il, donnant la main au journaliste, vous êtes sans doute très occupé ?— Toujours, répondit Marcel, mais davantage lorsque les marchés financiers sont dans l'agitation, comme actuellement! — Oui, la bourse est en effervescence, les valeurs baissent.C'est le temps d'acheter! — Lorsque ce sont des valeurs sûres! — Oui, et à ce sujet je suis venu vous consulter! — Vous n'aimeriez pas mieux consulter un courtier ?— Non.Vous trouvez peut-être étrange pour un vieux renard de la finance, un industriel retiré comme moi, de venir consulter un jeune homme comme vous ?Marcel sourit sans répondre et monsieur Comtois continua: — J'ai confiance en vous, à cause du journal de monsieur Ashley que vous représentez, et qui a la réputation de ne jamais fausser les informations.-Je vous parle confidentiellement.Depuis deux ans, ma fortune a considérablement augmenté, et vous savez, plus on fait d'argent, plus on veut en faire! J'ai une grosse somme disponible dans le moment et on m'a suggéré d'acheter une bonne quantité de Golden Logging Company; on dit que ce stock vaudra dans moins d'un an, trois fois sa cote actuelle, peut-être davantage! Que pensez-vous de cette valeur ?— Elle n'est pas de celles que nous avons commentées dans La Finance, dit Marcel.— Je le sais; j'ai étudié la feuille 'tous les jours, croyant toujours voir quelque commentaire à ce sujet.Pourquoi n en avez-vous jamais parlé ?— Parce que je n'en sava s rien de bon! — Je vous demande, pour me rendre service, de me dire le fond de votre pensée! — Monsieur Comtois, je vais vous parler franchement, et, à mon tour, ce que je vous dirai, c'est confidentiel.La Daily Finance, de qui nous tenons tous nos renseignements, nous a dit, sur demande de ma part, que cette valeur était absolument nulle! Je réponds à votre question, parce que mes instructions sont de donner des renseignements verbalement, lorsqu'on me les demande.Monsieur Comtois paraissait surpris, mais satisfait de s'être informé.— Savez-vous que Chimerre en a à vendre?Qu'il en vend beaucoup?— Je le sais, et je sais que je me suis fait un ennemi.Mais je ne pouvais me porter garant d'une fausseté, ni même feindre l'ignorance! — En tous les cas, mon cher monsieur, dit monsieur Comtois, je vous remercie et ceci restera entre nous.Si toutefois ce stock était bon, tant mieux pour ceux qui en auront.Quant à moi, je reste du côté de la prudence! Resté seul, Marcel se remit à l'ouvrage, cherchant à oublier, dans un travail absorbant, les ennuis qui l'assiégeaient.XI Asix heures, tout le personnel de La Finance Quotidienne était parti, mais son jeune rédacteur travaillait encore à son pupitre, encombré de liasses de papiers, de dossiers, de longues feuilles d'épreuves, couvertes de chiffres et d'évaluations diverses.Il était si absorbé dans son travail, qu'il n'entendit pas la porta de son bureau s'ouvrir doucement.Il leva les yeux.Chimerre était devant lui! — Vous ne m'attendiez pas, n'est-ce pas?dit-il avec un rire amer.Marcel le voyant pâle et hagard, lui indiqua une chaise: — Asseyez-vous! dit-il.— Je ne veux pas m'asseoir, répondit Chimerre, d'une voix creuse et cassante, mais je veux vous dire ceci: vous m'avez ruiné! Comtois a tout lâché! Plusieurs autres, voyant qu'il n'achetait pas, ont vendu leur Logging.Le stock s'est effondré.il est à rien ou presque, et je suis un homme fini ! — Je suis désolé, commença Marcel.Mais l'autre l'interrompit: — Je vous avais prévenu.Vous n'avez rien voulu entendre.Tant pis pour vous!.Et sortant un revolver de sa poche, le visa et pressa la détente.Marcel s'était levé aux dernières paroles de son visiteur.Il tomba sur son fauteuil, puis glissa sur le tapis.Chimerre le regarda un moment et voyant qu'il ne bougeait pas, il ouvrit la porte, la referma doucement et partit à la hâte.Ce soir là, quand monsieur Comtois et sa fille furent réunis à dîner, le père paraissait jubilant.— Tu sais, ma petite, dit-il, ton ami le jeune Pierre, m'a rendu un fier service! — Oui?— Oui; il m'a tout bonnement sauvé un demi-million de dollars! — Comment ça ?— En étant très honnête et très droit, sans craindre les conséquences; tu sauras tout plus tard.Mais tu sais, ton ami Chimerre____ — Parlant des Chimerre, je viens de téléphoner, je voulais parler à Jeanine, pas de réponse.C'est étrange! — Tout ne doit pas être rose chez eux ce soir.Ils ont probablement donné ordre de ne pas répondre! — Qu'est-ce qu'ils ont ?Les affaires qui ne vont pas t — Je le crois très embarrassé! — Est-ce ce matin que vous avez vu Marcel ?— Oui, et je retourne lui dire un mot ce soir! Je l'ai appelé cette après-midi, il m'a dit qu'il serait à son bureau jusqu'à dix heures ce soir.Avertis donc le chauffeur d'être prêt dans un quart d'heure, veux-tu ?Isabelle donna l'ordre d'amener la limousine dans quelques minutes.— Viens-tu avec moi ?demanda son père.Elle hésita.Certes, elle était reconnaissante a Marcel pour ce service rendu à son père, mais elle ne pouvait oublier le scène chez Jeanine.Cependant elle consentit à accompagner son père, heureuse, malgré tout, de voir son ami dans ce bureau ou il passait tant d'heures de travail, et qu'elle avait la curiosité de connaître.ÔSL cotorx,-&>i, Ooisi DMC MARQUE DC FABR'QUC OC'OSEC CwupéAxSUlASL LES GENERATIONS PASSENT LA MARQUE DM-C DEMEURE Janvier 1937 « 41 » La Revue Moderne os a in 1sti:s LE TRIO LARIVIERE Mademoiselle Georgette Marsile est née à Montréal.Elle débuta très jeune à la scène; elle se fit entendre au Loew's, à l'Impérial, aux théâtres de la United Amusement, et en concert, dans quelques villes du Canada.Elle participa aux émissions de «L'Heure Provinciale», à certaines émissions du poste CHLP, à l'étranger, à celles de C K C V à Québec et autres.Dirigée par M.Roger Larivière, Mlle Marsile a devant elle, un avenir des plus brillant.Sa merveilleuse voix de soprano s'adapte aussi bien à l'opéra, au concert, qu'à la radio.Sous l'habile direction de M.Larivière, dont la carrière comme soprano coloratura commença dès l'âge de neuf ans, notre jeune artiste, remportera sûrement de nombreux et brillants succès.Mlle Georgette Marsile Mademoiselle Françoise Servètre, mezzo-soprano, fit partie des programmes «Ogilvie», au poste CFCF Elle participa également à ceux de «L'Heure Provinciale» à C K A C et se fit aussi entendre dans les principaux théâtres de Montréal.Mlle Servètre étudia le chant avec M.Roger Larivière qui la fit connaître au public montréalais.Appréciée dès ses débuts, Mlle Servètre a à son actif de nombreux succès qui seront sans doute suivis de beaucoup d'autres.Mlle Servètre s'embarquera à la fin de janvier pour un court voyage d'études en Europe.Mlle Françoise Servètre M \dricn J.achance M.Adrien Lachance, baryton, déjà bien connu des amateurs de musique, débuta aux théâtres de la United Amusement où il chanta tantôt comme soliste, tantôt en trio.11 obtint de si vifs succès que son professeur, M.Roger Larivière, le reconnaissant doué de qualités exceptionnelles, le dirigea vers la radio.A maintes reprises, 11 participa aux programmes du poste C K A C, de «L'Heure Provinciale», de CFCF, de la Radio-Canada, de CRCM, à Montréal, et de CRCK, à Québec, comme soliste, avec la Petite Symphonie.En peu de temps, l'auto atteignit la rue St-Jaeques; cette rue si encombrée et bruyante dans le jour, était près |ne déserte; le cadran éclairé du liurean de poste marquait neuf heures.Bientôt on fut devant La Finance.L'enseigne électrique brillait en lettres lumineuses, les fenêtres restaient sombres; dans les passages, une grosse lumière.Le gardien de nuit fumait sa pipe près de l'entrée.— Monsieur Pierre est-if encore à son bureau ?demanda monsieur Comtois.— Je crois bien, je ne l'ai pas vu sortir.— Pourriez-vous voir, s'il voua plait ?— Oui, monsieur, suivez-moi.C'est au second, l'ascenseur ne fonctionne pas le soir.Ils monterait l'escalier.Une porte à vitre opaque était éclairée.— Il est là, dit le gardien.Il frappa doucement et ouvrit la porte.personne! Il entra suivi d'Isabelle et de son père.— C'est étrange, dit-il, la lumière allumée, la porte non fermée à clef .Peut-être.Un cri d'Isabelle lui coupa la parole.Elle venait d'apercevoir Marcel gisant inanimé sur le tapis! Les deux hommes le relevèrent et le placèrent sur un fauteuil; il était blanc comme la neige et ne bougeait pas.Un peu de sang tachait son gilet et l'intérieur de son habit.Isabelle se jeta à genoux près de lui, saisit sa main froide et inerte et éclata en sanglots.— Appelez vite un médecin, dit monsieur Comtois.Tenez appelez le mien.Et il donna le numéro.Dites que ça presse.Attendez, je vais parler moi-même! — Il vient tout de suite, dit-il, replaçant le récepteur, puis regardant sur le pupitre .pauvre garçon, il était à l'ouvrage.voyez tous ces papiers étendus.Et ce sang sur le tapis et sur lui.c'a tout l'air d'un attentat! — Il est mort! Il est mort, gémissait Isabelle.Mon Dieu! qui donc l'a tué?— Je n'ai vu passer personne, dit le gardien.Il a pu venir quelqu'un avant mon arrivée, mais depuis six heures et demie, je sais que personne n'est passé.Monsieur Comtois était atterré et ne parlait pas.Quelques minutes plus tard, le médecin entrait.On lui expliqua les choses.Il se pencha sur le pauvre journaliste, ouvrit son gilet, sa chemise, appliqua l'oreille sur la poitrine.— Il n'est pas mort, dit-il, mais gravement blessé.Une balle de revolver, je crois.Il faut le transpoter immédiatement à l'hôpital Victoria! Il va falloir faire l'extraction de la balle.— Ma limousine est en bas, dit monsieur Comtois.— Peut-être faudrait-il l'ambulance, dit Isabelle.— Ce serait bien mieux, mais il faudrait attendre.Et dans ce cas, ce serait dangereux! — Mais les autorités, dit monsieur Comtois, ne faudrait-il pas les prévenir ?— La vie du blessé est en jeu.Je prends sur moi de l'amener.Nous téléphonerons de l'hôpital.Vous restez ici, n'est-ce pas?dit-il au gardien.— Oui, monsieur, je suis gardien de nuit.— C'est bien, je vais vous envoyer quelqu'un pour rester avec vous ce soir.et maintenant, à nous trois, portons le blessé.Vous, mademoiselle, ouvrez-nous les portes! Avec des précautions infinies, on transporta Marcel jusqu'à la limousine.Là, on l'étendit autant que possible.Isabelle s'assit, soutenant la tête du blessé, le médecin prit place à ses côtés, et monsieur Comtois monta auprès du chauffeur.Doucement on parcourut la distance qui sépare la rue S.-Jacques de l'Avenue des Pins.A chaque secousse, le médecin fronçait les sourcils et Isabelle, regardant la pauvre figure exsangue appuyée sur ses genoux, ne pouvait retenir ses larmes.Enfin l'on arriva; des infirmiers portèrent le blessé jusqu'à l'ascenseur, les gardes et le médecin les suivirent, tandis que monsieur Comtois et la jeune fille, restés dans une salle d'attente, se demandaient avec angoisse ce qui allait arriver.XII MONSIEUR Comtois était désolé de ce qui arrivait et le chagrin non dissimulé d'Isabelle lui donnait aussi à penser.Qu'y avait-il entre ces deux-là?Il savait bien qu'ils sortaient ensemble, se voyaient chez les Chimerre.Mais n'y avait-il pas autre chose ?Cessant de faire les cent pas, dans la salle d'attente, La blessure il s'arrêta près de sa tille, qui les yeu» mugis, regardait an\ii-iisemcnl la porte — Ma petite fille, dit-il avec tendresse s'asseyanl près d'elle et l'attirant à lui tu l'aimes ce pauvre garçon?— Oui, nun iiiura-l-elle.— Et lui?— Lui ?Oli, je ne sais pas.Mai» qui font-ils donc là-haut qu'ils nous laissent languir connue ça dans un inquiétudf mortelle ?La porte s'ouvrit à ce moment et It docteur entra : — C'est fait! dit-il, a-t-il des parents cr jeune homme ?— Non, fit Isabelle.— Alors, personne à avertir ?— Il se meurt donc?s'écria la jeune fill* d'une voit étranglée.— Non, niais II est dans un état critique .je viens de demander qu'on lui envoie un prêtre! — Ca me rappelle, dit monsieur Comtois, il a eu pour tuteur monsieur Roussel, le curé de Val-Ombreux.C'est, m'a-t-il dit, toute sa famille! — Il faudrait l'avertir alors de venir sans tarder! — Je vais lui téléphoner, dit Isabelle, d'ici même.Et elle partit vers une autre pièce de l'hôpital.— Mais les autorités?dit monsieur Comtois, au médecin.— Inutile de les appeler.Il a recouvré connaissance pour quelques instants.Je lui ai demandé s'il avait vu son agresseur.— Je le connais, dit-il, faiblement.Qu'on ne le cherche pas.Je ne désire pas le poursuivre.— Va-t-il mourir ?demanda monsieur Comtois.— Il est jeune, dit le docteur, il est fortement constitué.Il a une chance d'en revenir sur dix d'y rester.La balle a effleuré le poumon gauche, près du cœur.Mais c'est possible qu'il en revienne le pauvre garçon.J'ai dit quelques mots au gardien de nuit de La Finance, continua le docteur, pour lui demander certains détails, avant que mon blessé ait recouvré connaissance.Il m'a dit qu'il avait averti le secrétaire de monsieur Pierre et que celui-ci allait téléphoner à New-York pour informer monsieur Ashley de l'attentat.Un quart d'heure plus tard, Isabelle revint: — J'ai parlé à monsieur Roussel, dit-elle; il sera ici demain.Docteur, puis-je voir le blessé ?— Impossible, chère mademoiselle, il lui faut un calme parfait, personne ne doit l'approcher.Je redoute même l'entrevue avec ce prêtre qui doit être maintenant auprès de lui.Je vais aux nouvelles! Quelques instants plus tard, il revint: — Il dort, dit-il; le prêtre lui a dit quelques mots.Il n'a pu répondre, mais il lui a serré la main.— Y a-t-il du danger pour cette nuit ?demanda monsieur Comtois.— Je ne crois pas.Je vous conseille de retourner chez vous maintenant et de faire reposer cette enfant-là, qui est énervée par le saisissement et l'inquiétude.— Mais les nouvelles, dit Isabelle, qui nous en donnera ?— La garde de nuit à qui j'ai donné votre numéro de téléphone et qui vous appellera s'il va plus mal; si vous n'avez pas de nouvelles, soyez tranquille! — Merci, docteur dit Isabelle, vous avez pensé à toutl Elle repartit alors avec son père, et une demi-heure plus tard, ils étaient de retour chez eux.— J'ai bien envie d'essayer encore de parler à Jeanine, dit-elle, lorsqu'elle fut un peu remise de ses émotions.— Essaie.J'ai dans l'idée que les Chimerre sont absents! Quelques minutes de vaine attente et elle y renonça.Il n'y avait pas de réponse à ses appels répétés.Le lendemain matin, les journaux racontaient l'attentat dont avait été victime le jeune rédacteur de La Finance Quo-lidienne.Ce journal lui-même parut comme d'habitude à midi, et annonça que sa publication ne serait pas suspendue, et qu'un rédacteur suppléant était déjà en fonctions.Les mêmes journaux qui annonçaient l'état critique de Marcel Pierre, parlaient aussi du départ précipité d'un courtier (Suite à la page 44) La Revue Moperxe « 42 » Janvier 1937 HOUX ET GUI ¦ K dci nii-i mois de i*1j111r-.¦ nous l_i porta in féte de Nofil h svac «lie: «Cette partie, l;i meilleure, de la vie d'un honnête homme, remplie île gra-tillesses, si vite outillées Dans tous les siècles on a toujours eu pour coutume d'orner la maison, l'église cl les inities lieux de rassemblement à l'époque de Noël; l'échange de cartel est une coutume plu3 récente.L'arbre de Noël toujours pn ai la11 ¦, le houx, le gui, la verdure de Noel ou les mousses de Noël, avec les tUtrM plantes vlvaces et la poln settle éclatante, ont peul-ôtre une plus larg l l>lace que toutes les autres plante3 dans les plans décoratifs modernes, tandis que gentillesses et politesses sont exprimées par des bouquets de roses, d'œillets et de muguet.Il semble que l'emploi d'arbres de Noël remonte au dernier siècle avant Jésus-Christ; la coutume tut peut-être introduite en Allemagne par Lai légions de Nero Claudius Drusus, comm.1 ûétO-ration pour l'ancienne féte des campagne!— les Saturnales.Bien des siàJ.s plus tard, elle fut Introduite d'Allïma-gne en Angleterre et finalement au Canada, où, en général, les grands arbre* de Noël sont des sapins bau-nners, et les petits, des épinettes noires ou blanches et parlois aussi, des épinettes de Norvège.Le rôle que joue le houx, au point de vue ecclésiastique et séculaire, dans la décoration de Noël, est également d'origine ancienne.On dit que presque tout le houx employé à Noël au Canada vient de la Colombie-Britannique.Malheureusement l'es- pèce connue sous le nom de houx d'Angleterre n'est pas rustique dans les autres provinces.Il y a cependant le houx verticillé, un proche parent, un arbuste d'une très grande beauté, à baies rouge écarlate et à feuilles sans épines, qui pousse dans les autres provinces, mais qui ne convient pas pour les décorations de Noël parce qu'il ne reste pas toujours vert.Le gui, une plante parasitaire, a toujours souffert de son ancienne association avec le paganisme, et c'est pourquoi il n'a aucune place parmi les plantes qui décorent l'église pour cette grande fête.On pourrait bien lui pardonner aujourd'hui le rôle qu'il a joué dans le culte païen, mais on considère peut-être que même le chaste salut de Pax Tecum (La paix soit avec vous) n'éveillerait pas les pensées qu'il faudrait si l'on voyait du gui suspendu à côté du banc de la famille.Quoiqu'il en soit, Herrick.qui trouve des leçons précieuses dans les choses les plus simples et les plus improbables, voit dans cet ostracisme ecclésiastique du gui un superbe emblème de la dépendance en la Providence.^Seigneur, je suis comme le gui Qui n'a pas de racines et ne peut [pousser, Ou prospérer, sauf par ce même arbre Autour duquel il s'enroule, et c'est [pourquoi je reste près de Toi*.Le gui.qui s'associe à Noël, est importé d'Angleterre et des Etats-Unis.Il existe cependant une espèce diminutive indigène qui pousse sur l'épi-nette et d'autres conifères dans ce pays, mais qui ne convient pas pour la décoration.Heureusement il ne saurait y avoir d'objection à l'emploi du grand poin-settie vermeille pour les décorations.Cette plante superbe et intéressante appartient à une famille dont d'autres membres, comme le poinsettie, ont leurs feuilles supérieures d'un brillant coloris, et dont les vraies fleurs sont trop petites pour être vues aisément; il en est de même de l'euphorbe marginée et de l'euphorbe jaune, dont les feuilles supérieures sont blanches et jaunes respectivement Cette saison trop courte d'harmonie entre les hommes doit avoir une fin, mais on s'en console en pensant à la vieille maxime de La Rochefoucauld: «La fin d'une bonne chose est un mal; la fin d'une mauvaise chose est un bien».(Ministère de l'Aerlculture> -•- Concours littéraire sur l'économie Chacun aspire à l'aisance et à l'indépendance pour ses vieux jours, mais peu nombreux sont ceux qui prennent les moyens d'atteindre cette fin.C'est dans le but d'inculquer dans l'esprit du public cette idée d'épargne et d'économie que la Corporation de Prêt et Revenu organise un Concours Littéraire sur «L'ECONOMIE».Ce concours se terminera le 15 janvier prochain.Tous peuvent y prendre part.Des prix en argent seront distribués aux concurrents qui se seront classés dans les dix premières positions.Les candidats qui désirent obtenir des informations au sujet de ce concours littéraire, pourront communiquer en écrivant à 934 Ste-Catherine est, suite 103, ou en téléphonant à PLateau 1510, avec l'organisateur, M.P.E.Duhamel, qui se fera un plaisir de les renseigner et de leur faire parvenir les conditions du Concours.La Revue Moperxe (Suite de la page 42) très en vue de la métropole et de la fermeture d'un bureau important dans les cercles financiers.Monsieur Comtois passa le journal à sa fille en lui indiquant l'entrefilet.— C'a l'air du mari de Jeanine, hein ?— Oui, c'en a l'air, puisqu'ils ne répondent pas au téléphone, et qu'ils ont semblé si étranges dernièrement.— C'en a encore plus l'air quand on regarde la cote de la bourse d'hier après-midi et qu'on voit la chute de la Golden Logging.Mais, dis-moi, la garde t'a donné de bonnes nouvelles ?— Oui; elle m'a dit que la nuit avait été assez bonne; Marcel n'a pas trop de température et il a reconnu monsieur Roussel, arrivé ce matin.— Tant mieux! — Vas-tu te rendre à l'hôpital, papa?— Ce soir seulement; j'espère y rencontrer le curé de Val-Ombreux; je lui dirai que si je puis faire quelque chose pour ce jeune homme, je le ferai sûrement.Nous lui devons une belle chandelle! La vie de Marcel Pierre fut menacée pendant des semaines.Le bon curé de Val-Ombreux le quittait à peine, passant auprès de lui bien des heures du jour et une grande partie des nuits.Monsieur Ashley avait téléphoné de New-York, à l'hôpital, pour s'informer de Marcel et demander à l'abbé Roussel certains détails.— Il a été victime de sa loyauté et de son devoir, lui répondit le prêtre.Il n'a pu me raconter les faits, pauvre garçon, mais j'ai acquis cette certitude par certaines choses qu'on m'a dites et par les quelques phrases que le cher blessé a pu prononcer! Enfin, après plus de deux semaines d'angoisse et de crainte, l'état du blessé commença à s'améliorer.Peu à peu, il reprit complètement connaissance, la fièvre le quitta et un bon matin, les médecins le déclarèrent sauvé! Ce jour-là, le bon curé Roussel eut un élan de reconnaissance indicible envers Dieu qui conservait Marcel à son affection quasi paternelle, et ce fut avec des accents très émus qu'il annonça cette bonne nouvelle à monsieur Comtois.Isabelle, dont le cœur avait été torturé par toutes les angoisses de l'incertitude, et la crainte d'un dénouement fatal, jeta un cri de joie en apprenant que Marcel était hors de danger.— Enfin, mon Dieu! enfin! s'écria-t-elle, et jetant ses bras autour du cou de son père, elle se cacha la figure contre son épaule.— Je suis folle, papa, dit-elle, je suis ravie, heureuse .et je pleure! XIII MARCEL était convalescent.On lui permettait maintenant de se lever un peu tous les jours et de s'asseoir dans un fauteuil II pouvait lire et même recevoir des visites.Il prenait de la nourriture et ses forces revenaient.Le curé Roussel avait repris le chemin de Val-Ombreux, satisfait de voir son pupille en voie de parfait rétablissement.De temps en temps, monsieur Comtois venait voir le malade et un jour, il amena Isabelle.Lorsqu'elle entra à la suite de son père dans sa chambre d'hôpital, la pale figure du convalescent s'illumina d'un sourire ému et il tendit vers elle ses deux mains amaigries.— Marcel! Que je suis heureuse de vous voir mieux! dit-elle affectueusement en lui serrant les mains.Voyez, je vous ai apporté ces violettes de Parme que vous aimez tant, elles parfumeront votre chambre! Où puis-je les mettre?— La gentille garde qui me soigne si bien, va les mettre dans l'eau pour moi, n'est-ce pas nurse ?— Avec plaisir mais ne parlez pas trop! Laissez parler vos visiteurs! dit la garde.— C'est ça, dit la visiteuse, papa et moi allons faire tous les frais de la conversation.D'abord, je vais vous donner toutes les nouvelles.Saviez-vous que les Chimerre avaient quitté Montréal?— Je l'ai appris .— Ça ne vous a pas surpris ?— Non.franchement non! — Eh bien, moi j'en ai été stupéfaite, M.iis toi, papa, tu avais l'air de t'y attendre) — Dame, comme dit monsieur Ashley, de New-York: je sais ce que je sais.n'est-ce pas, monsieur Pierre?Marcel sourit sans répondre.— Ensuite, continua Isabelle, Gilles va revenir à Montréal.Vous vous rappelez que la banque l'avait transféré à Ottawa .eh bien, il revient, avec une promotion! — Ça, c'est une bonne nouvelle, dit Marcel.— Puis je veux vous dire que le ma riage de Miriam Ashley est annoncé pour janvier prochain! — Tant mieux, son père doit être content, murmura le jeune homme.— Ensuite.eh bien, papa, dis l'autre nouvelle, toi! — Ensuite, reprit alors monsieur Comtois, comme je savais que nous allions venir vous voir, j'ai parlé à l'abbé Roussel, afin de savoir s'il avait quelque message.— C'est bon de votre part.je suis confus .— C'est un plaisir pour moi; ce bon curé m'a prié de vous dire qu'il croit que votre convalescence se complétera plus vite au presbytère de Val-Ombreux que partout ailleurs! — Comme il est bon! murmura Marcel.Oh! oui, j'irai me rétablir là! Lorsque les visiteurs se levèrent pour partir, monsieur Comtois serra amicalement la main du jeune homme; Isabelle resta un instant de plus et lui dit, à demi-voix, un au revoir très doux.Marcel, dans sa faiblesse, se laissait aller à la douceur de sa présence passagère et murmura: — Comme c'a été bon de vous voir, là, près de moi! Le retour de la garde empêcha la jeune fille de répondre et, avec un sourire amical, elle s'esquiva et rejoignit son père.Quinze jours plus tard, Marcel fut en état de se rendre à Val-Ombreux.Mais plusieurs mois de repos allaient lui être nécessaires pour compléter sa guérison.Lorsqu'il fit demander son compte à l'hôpital, afin de le payer avant son départ, il apprit que monsieur Ashley avait tout réglé! La protection du financier se continuait pour celui qui avait sauvé la vie de Miriam.Il y avait encore la question de son journal qui le fatiguait.Il fit venir soi remplaçant, un monsieur Green, et lui dit qu'il serait plusieurs mois avant de pouvoir reprendre la besogne.— C'est entendu, mon cher monsieur, dit monsieur Green.J'ai des ordres de vous remplacer aussi longtemps qu'il sera nécessaire.Le patron me fait garder ma position là-bas en attendant; et je m'accommode fort bien de la vie dans votre charmant Montréal.Marcel pouvait donc se guérir sans inquiétude.Il n'avait jamais révélé, sauf au curé Roussel, le nom de celui qui avait failli le tuer, ni la cause de l'attentat.Isabelle, voyant sa réticence à ce sujet, n'avait pas osé le questionner, Monsieur Comtois eut la même discrétion.Mais ce dernier se rappelait les paroles du jeune journaliste: "je me suis fait un ennemi", la fuite de Chimerre le soir même du crime, ses fraudes énormes mises à jour, et tout se liait dans la pensée de cet homme d'expérience pour accuser Paul Chimerre.Il ne parla pas cependant à sa fille des soupçons qu'il avait, mais Gilles fut son confident et admit que c'était fort possible que Chimerre fut le coupable.Il restait à Marcel une chose très pénible à accomplir.Il avait résolu de révéler le secret de son origine, la tache de sa naissance, à Isabelle.Le grand amour qu'il avait pour elle s'était encore augmenté à la vue de sa bonté et de ses attentions.Il avait pu s'apercevoir aussi combien il comptait dans sa vie, à elle, et sans avoir encore échangé des mots d'amour, ils se comprenaient.Mais Marcel ne pouvait se leurrer plus longtemps de l'espoir que les choses pourraient continuer ainsi et il voulait avoir avec elle une longue conversation intime, qui, hélas! briserait sans doute ces chères relations, briserait en tous les cas sa vie à lui, mais satisferait son honneur.Cependant, la veille rlî son départ arriva et l'occasion voulue mais redoutée ne s'é-t .it pas présentée.Marcel ne sortait pas encore, la jeune fille ne venait jamais seule le voir.La blessure I c m.ii m où 'i de> m pai l h poui Val Ombreux,il lui dit quelques mois ,111 télé phone, mais il ne la vit pas.— Allons, se dit-il, puisque je n'ai pu lui parler, je lui écrirai de Vul-Ombreux.Après tout, ce sera moins dur de ne pas la voir détourner de moi sa chère téte, et elle ne sera pas témoin de mon désespoir1 Le même soir, il arrivait à Val-Ombreux, chancelant et fatigué; il dut se mettre au lit immédiatement.Une bouffée de fièvre lui fit garder la chambre pendant plusieurs jours, puis grâce à sa forte constitution, Il reprit peu à peu 9es forces et sa santé de jadis.XIV ISABELLE venait de descendre déjeu -ner.Elle était délicieuse à voir dans son négligé azur, ses cheveux blonds moussant autour de son front lisse et poli, ses grands yeux semblant refléter le bleu de la soie qui la drapait si joliment.Sun père regardait le courrier: — Tiens, une lettre pour toi! Tiens, une autre ! — Donne! S'emp.irant des deux lettres, elle courut à un fauteuil et s'y blottit pour les lire.L'une portait le timbre des Etats-Unis; Isabelle y reconnut l'écriture de Jeanine et l'ouvrit à la hàtc, sans regarder l'autre lettre.New-York Ce 19 décembre 1929.Chère Isabelle, M'as-tu cru perdue?Tu ne te serais pas beaucoup trompée! Naturellement, tu as su ce que ce pauvre Paul avait fait à Montréal.quant à moi, je le savais en difficultés, mais j'ignorais combien tragique était notre dépari, quand il m'a fallu fuir avec lui, à moins d'une demi-heure d'avis.Isabelle, Paul s'est tué quelques jours après notre arrivée ici! Il m'a avoué, la veille de sa mort, qu'il était entré au bureau de Marcel et lui avait tiré une balle en pleine poitrine, pour se venger du refus de publier ce qu'il lui demandait; ce qui avait amené, précipité, disait-il, sa ruine.Le lendemain, à mon réveil, Paul était étendu dans un fauteuil, empoisonné avec de la strychnine! Il m'avait laissé un adieu et une demande de pardon.Lorsque j'ai vu, dans un journal de Montréal, que Marcel refusait de nommer son agresseur, j'ai été touchée de sa loyauté.Aussi, je veux le justifier à tes yeux, au sujet de la dernière fois que vous vous êtes rencontrés dans notre appartement à Westmount.Paul voulait à tout prix lui faire publier quelque chose dans son journal, à propos d'un mauvais stock, qu'il devait vendre.Marcel avait refusé; Paul m'a demandé d'essayer à mon tour et d'user de séduction pour le fléchir! J'ai pleuré au téléphone avant qu'il consente à venir, j'ai préparé la scène que tu as vue .et je n'ai réussi qu'à l'ancrer, le ferrer dans son refus! Pardonne-moi de ne pas t'avoir expliqué la chose tout de suite! J'ai été soulagée d'un poids terrible dernièrement lorsque les journaux ont annoncé le rétablissement de Marcel.Inutile de te dire que je suis malheureuse et pauvre, et que je dois rester exilée! Mes petites rentes ont coulé avec le reste! Il me semble que j'aurai à peine de quoi ne pas être dans la rue! Quant à ce pauvre malheureux, mon mari, on ne peut condamner les morts, n'est-ce pas?.Que Dieu en aie pitié! Adieu! J'ai toujours eu pour toi, la plus sincère amitié.Jeanine.Isahelle, impressionnée, passa la lettre à son père, et apercevant sur l'autre enveloppe le timbre de Val-Ombreux, elle l'ouvrit avec un frémissement de joie.Presbytère de Val-Ombreux le 20 décembre 1929 Chère visiteuse de mes jours d'hôpital, chère amie, chère Isabelle, combien j'ai apprécié vos attentions et votre exquise bonté! Maintenant que je vais beau.oup mieux et que mes forces reviennent à vue d'oeil, je ne dois plus différer un; confession que j'ai à vojs faire! (Suite à la page 46) Pour ajouter la VERTU NUTRITIVE DU BŒUF DE PREMIÈRE QUALITÉ et de la SAVEUR à tous les plats de viande CUBES oxo PLUS GROS ET ctf* PLUS RICHES Boîtes de 4 et de 10 LES ESSENCES CULINAIRES JONAS — fjONAS VANILLA NE SE REMPLACENT PAS Elle* •* m plus pure*, plua riches, plut forte* et plua écoDomlquea.¦ ¦ EN VENTE PARTOUT La Revue Moderne « 44 » Janvier 1937 Pour le buffet des fêtes C'EST le temps des fêtes.Faisons la part des mets de circonstance et embaumons les maisons de leurs parfums exquis.Ce sont des traditions délicieuses, chères à toute maîtresse de maison et qui font oublier les soucis de tous les jours.Chaque pays a ses recettes favorites pour Noël et le nouvel an.Plusieurs d'entre elles sont faciles à apprêter, peu coûteuses, tout en étant excellentes.Les menus cl-dessous vous en offrent une grande variété vous permettant de faire un choix approprié.Le Kolacky, plat favori en Tchéchoslova-quie est une brioche des plus exquises.Le Risotto à l'écrevisse, recette italienne, ne demande qu'une salade pour que le souper offert soit au goût des invités les plus difficiles.Ces mets étrangers relèvent les menus les plus simples et les plats les mieux assaisonnés.Voici donc des menus qui serviront pour toutes les occasions, pour les budgets les moins élevés comme pour les bourses les mieux garnies.Ils ne sont pas expressément pour Noël et les jours de fêtes, mais ils sont bons pour les trois mois d'hiver et même plus.Far exemple le souper: Quelques bouchées, peut servir huit invités pour à peu près deux dollars.Le menu: four avant le bridge, pour seize invités, est moins coûteux, plus facile à servir et plus amusant que celui d'un dîner de cérémonie.Pour la décoration de la table, il ne faut pas oublier que la simplicité est à la mode.Le noeud d'argent sur la branche de pin rehausse l'éclat de la porcelaine et de l'argenterie.La porcelaine par elle-même est décorative quand elle est remplie d'un potage au poulet qui ne demande aucune préparation extraordinaire si on se sert de conserves.Si nous donnons une salade et des craquelins chauds pour le service principal, nous devrons les accompagner d'un plat substantiel tel que fèves avec bacon ou poisson bouilli avec blé-d'Inde, pour aiguiser l'appétit.KOLACKY.Délayer un carré de levure avec un peu d'eau tiède.Défaire en crème H- tasse de shortening, ajouter deux jaunes d'oeufs et battre.Incorporer à la levure deux blancs d'œufs battus ferme, deux ta3ses de lait évaporé non dilué.5 tasses de farine.!4 de tasse de sucre.1 cuillerée à thé de sel et le z;ste râpé d'un citron.Laisser lever légèrement, couper en morceaux, rouler en petites boules et mettre sur une tôle graisrée.Creuser le milieu de chaque gâteau, remplir de marmelade, de noix hachées ou de fromage.Cuire à 425o F.Ces gâteaux sont exquis.DINDE A L'ANGOSTURA.Une excellente suggestion pour utiliser les restes de la dinde.Mélanger 4 cuillerées à soupe de shortening.2 cuillerées à table de farine, 2 tasses de restes de dinde, % de tasse de crjme ou lait évaporé non dilué, une pincée de Cayenne et sel au goût.Ajouter IS tasse de dinde hachée, deux oeufs cuits durs, H: tasse de champignons émincés que l'on fait mijoter trois minutes dans un peu de beurre.">4 tasse d'amandes blanchies et râpées, une cuillerée à thé d'Angostura.Mettre au four.«Il II.Ol'ES BOUCHEES Riz au Curry Croquettes aux pommes de terre Chutney — Pistaches hachées Laitue Gâteau à l'ananas Café chaud ME*U SIMPLE Moules avec cœurs de céleri Fèves au lard Bouchées de poulet Petits pains chauds Amandes salées Tartelettes à In viande émincée Café chaud AVANT 11 BRIDGE Coquetel au jus de tomates Bouillon de poulet chaud Jambon de Noël Salade Oslo et aux fruits Oeufs pochés Olives — Céleri Crème d'abricots — Demi-tasse roi Kill l.NDEM vis m Mil I Huîtres Dinde à l'Angostura Salade d'oranges Bananes sur tranches d'ananas Plum Pudding — Sauce au chocolat Thé à la Russe MEM' MODERNE Risotto à l'écrevisse Oeufs farcis en aspic Laitue avec mayonnaise Bombe glacée Gâteau de Noël Demi-tasse Janvier 1037 La Revue Moderx Nous recevrons les solutions écrites sur le carrelage publié ci-dessous, jusqu'au lundi 18 janvier, à midi.SOLITION ÎJI ritOItl-KMK Xo 2!) LES GAGNANTS DU VINGT-NEUVIEME PROBLEME Mme J.-Ernest Drolet, Saint-Casimir, (Portneuf) P.Q.Mlle Jeanne Raymond, 1234, avenue Lajoie, app.3, Outremont, P.Q.M.Alphonse Asselin, Saint-Casimir, (Porteneuf) P.Q.PROBLEM E No 30 A DKTACHKK Nom Adresse (Prière d'adresser à: Nos Mots Croisés, "La Revue Moderne" 320, rue Notre-Dame est, Montréal.A IIKTAI 1IER HORIZON I xi IMI.NT 1.Kspuee île canal compris entre dcov écluses.— Itunl d'un llstrc.— Kspccc de papillon.2.Banal.— Quchiiie.3.aniihe.Il Itison.— Morceau ipie l'on ulule lestement et sank marner.— Ville de llcl-«jl'iue.12.Arrorul.de l.olis-lc-S},niiler, 1.1.Oruane dont la fonction est de prnduirc une sécrétion.— Uicne il'ohjcts fori.t un olistarle à lu vue.11.luce d'Israël.— Xiîent politiipie, (I72H- Itlni.I "> It.malice 1res cultivée en AllcuiuKne.— l.irpleur evlraile de certaines plantes.— Unis de i-umpêche.VERTK AI.KMKVI I I mule i|"c torn.n dessus la cross,, des fusils.— l'aire une mise.— Indifférent, -cmlilulile.Kijalité.— ruissanee, autorité.3.Iloi di* Thèhes, tué [ur Achille avee ses sept fils.— Divinité des montagnes.I.I se de suliterfue.es.5.Partie d'une voile destinée a être serrée sur la verKlle pour Pn diminuer la surface.— Sculpteur français, i IH.04-1 Mliô 1 .— Poème 1} rique.I!.rianchc de iiois.— Fleuve d'Allemagne.— Caprice.ï.Ksealier sur une côte escarpée.— Jeu de cartes.H.Adoucir, modérer.— Indépendance.!i.K\plitpiés.— Arrond.de Kedon.lu.\ ille du WurtcmherK.— Plainte.— Trois fois.II.Hardi.— t.rue employée pnllr chnrKer et décl.arKer les nul ires.— Piéee de bois pour soutenir les tonneaux dans une ea\ e.I'.'.Petits corps proéminents ipii poussent sur une plante cl donnent naissance a une litre.l:t.(ouiposéis initiées à flc.irs Jaunes, amè-res et aronuit iipies, cm plo.vées en médecine.— Knmii île toute chose.II.damais.— -luire d'Israël.15.Peintre hollandais, (1M8-I677).— Sorte de lève, uni sert â aromatiser le tahne.— Amas île sahle que les ven's aecii-muleiit dans l'intérieur de- dési rts (Suite de la page 44) Isabelle, vous vous ôtes bien aperçue, n'esl i c pas, que je \ ¦ mis aime et depuil longtemps peut-être depuis notre rencontre fortuite à Cannes CI tl.ivaiil.ine encore en ces derniers temps.Vous ave/ toujours été dans iiitr) cœur la seule élue.Lorsque vous m'avez vu chez Jeanine, quand je VOUS .nus dit devoir rester à mon bureau, je n'ai rien pu vous expliquer, mais, croyez-moi, je n'étais pas fautif! Et maintenant, chère adorée, voici ce que j'ai à vous dire, à vous que j'aime plus que ma vie, à vous dont j'aurais tant voulu faire ma femme, vous.à qui je n'ai rien.rien à offrir! Car a part mon manque de fortune suffisante, je n'ai pas même un nom!.Je suis.je suis.comme la malheureuse fiancée de Jean Litois.un pauvre abandonné, emprunté, recueilli à la Crèche tie Québec par Madame Saint-Denis, une marraine d'occasion .A sa mort, elle me légua le peu qu'elle possédait île biens terrestres, la chère âme, mais pas son nom! Le nom de Pierre que je porte, elle me l'a donné à ma confirmation .Voilà! L'aveu est fait! Je vous ai perdue, ma bien-aimée, mais l'honneur me commandait de vous confier cette triste chose, alors que vous aimant île toute mon âme, je n'ai pas le droit de vous épouser! Si ma chère marraine m'eut légué son nom, oui, j'aurais pu alors espérer vous avoir un jour pour épouse; me faire une carrière dont vous auriez été l'inspiration, me créer un foyer dont vous auriez été l'idole, avoir de chères petites têtes blondes à chérir; ce rêve m'est interdit par cette loi implacable qui fait qu'on souffre par la faute d'autrui! Mais je ne veux plus, comme je l'ai trop souvent fait par le passé, mettre en doute la justice du Dieu qui vient de me ramener à la santé.Vous qui êtes bonne, vous qui êtes pieuse, demandez-lui pour moi le courage et la vaillance.Même sans nous revoir, resterons-nous amis, Isabelle ?Ah! Je ledésire ardemment.Ne me refusez pas cette miette de bonheur! La triste chose que je vous révèle, le public, je le sais, ne l'apprendra pas de vous, mais dites-la à votre père, afin qu'il comprenne mon attitude; je suis sûr qu'il m'approuvera.Adieu, vous que j'aurais tant voulu appeler ma femme; adieu la seule aimée .adieu ! Marcel.xv PLUSIEURS mois se sont passés.Le jeune rédacteur de La Finance Quotidienne a repris ses fonctions à Montréal.Sa vigoureuse jeunesse a triomphé de la débilité qui avait suivi son séjour à l'hôpital et ses forces retrouvées lui permettent de mieux supporter ses peines de cœur.Il songe souvent à l'absente, qui voyage avec son père depuis quelques mois, et son chagrin profond, mais concentré, d'avoir renoncé à la femme qu'il aime, a imprimé des plis sur son front haut et bombé.Sa lettre d'adieu n'était pas restée sans réponse.Isabelle lui avait envoyé au début de janvier une missive tout imprégnée de tendresse pour lui et il l'avait lue et relue avec émotion.La jeune fille se disait prête à l'épouser malgré sa confession ."Le nom de Marcel Pierre, lui disait-elle, est pour moi synonyme de loyauté et de droiture.Je sais tout! Jeanine m'a écrit et je vous inclus sa lettre! Ce nom, je le prendrais avec bonheur, si je pouvais obtenir le consentement de mon père mais je ne désespère pas! Il a tant d'amitié pour vous et de tendresse pour moi qu'il finira bien par consentir!'" Mais Marcel n'avait pas cru devoir accepter ce sacrifice; il le lui dit dans une lettre touchante mais ferme, et le curé trouva sage cette décision de sa part.— C'est irrévocable maintenant! dit le jeune homme avec accablement.— Courage, mon garçon, dit le prêtre.Te voilà revenu à la santé; tu vas reprendre tes occupations et tu verras.Parfois Dieu fait surgir des événements imprévus et qui changent le cours des choses.aie confiance! Marcel ne répondit pas; il songeait combien vide allait malmenant lui sembler la vie.combien dénuée d'intérêt serait cette existence sans but.La blessure Lorsqu'il relourna à Montréal, un min plus tard, les t'oiniiiis étaient déjà parti Il repril en pallie ses habitudes préc denies.Il allait peu dans le inonde cependant, mais il ne manquait aucun be.i concerl, aucune manifestation artUtiqtl et fréquemment il se rendait à son il tir • sportif.Son apparence tie Inné physique élan n n peu amoindrie depuis que la balle di Chimeric lui avait effleuré le pmiii.Mais, sans s'en douter, il .iliii.nl toujours l'attention, él.inl reniai quai ilcincnl beau, malgré l'expression un peu ainère de sa bouche.Il était très grand, très droit ei toujours vêtu avec une subie et 'irépru eliable élégante.Il lisait beaucoup et cultivait, dans ses loisirs, ce gnût inné de la poésie qui aeeoni pagne si soin eut le talent des musiciens.Sun amour sans espoir pour Isabelle, le terrible denouement de son amitié avec Chimerre, le suicide de celui-ci, avaient accru le sérieux île son caractère.Le sentiment d'amertume provenant tie sa naissance irrégulière ne s'émoussait pas.Il en souffrait au point que ça devenail parfois une hantise .Et ayant un cœur très aimant, il avait la nostalgie d'un foyer.Cependant, sa jeunesse, sa vaillance, et ses occupations absorbantes ne lui permettaient pas de songer tout le jour à ses malheurs.11 était très satisfait de sa carrière de journaliste.Monsieur Ashley l'avait fait venir à New-York et avait alors appris dans tous ses détails la véritable cause de l'attentat de Chimerre.11 félicita Marcel de sa fermeté et avant son départ, il lui offrit de continuer à diriger le journal non plus à salaire, mais comme associé.Ce fut avec un sentiment très reconnaissant pour ce généreux américain que Marcel signa, le même soir, l'acte de société.Quand vint l'été, il se rendait souvent passer une fin de semaine à Val-Ombreux.Il y arriva un samedi, à la fin d'août, et trouva à son curé un tel air heureux et réjoui, qu'il lui dit: — Qu'est-ce qui se passe ?Vous êtes rayonnant ce soir! — Oui .Je suis heureux.C'est que nous arrivons au premier septembre! — Ah! dit Marcel, le premier septembre .j'ai vu par les journaux que les Comtois sont attendus à Montréal vers ce temps.— Oui, dit le curé; vas-tu les revoir?— Comment le pourrais-je mainlenant ?Et d'ailleurs, Isabelle a peut-être.il s'arrêta et serra les lèvres.— Tu l'aimes toujours?— Toujours! C'est devenu une passion absorbante et unique, quoique je la sache vaine et sans issue! Le curé hésita un instant, puis très grave : — Marcel, il y a quelque chose que je devais te remettre le premier septembre 1930 .C'est ce soir presque la vigile de ce jour, et c'est ce soir que je vais te donner une lettre de madame Saint-Denis, écrite quelques mois avant sa mort! — Une lettre?dit Marcel surpris.— Attends, dit le curé, se dirigeant vers son coffre-fort.Un instant plus tard, il en sortit une enveloppe cachetée, adressée ainsi: "Pour Marcel, lorsqu'il entrera dans sa vingt-huitième année.(premier septembre 1930)." Le jeune homme prit l'enveloppe de la main du curé et en brisa les cachets d'une main un peu tremblante: Val-Ombreux, Septembre 1914.Mon petit Marcel, cher fils de mon cœur, si tu reçois cette lettre, c'est que tu seras bien mon fils.car si je t'ai adopté dans mon cœur depuis que je t'ai pris chez moi, je ne l'avais pas encore fait publiquement ! Cher enfant, m'as-tu trouvée injuste de ne pas compléter ma tâche envers toi ?Maintenant que tu es un homme, tu peux comprendre mes raisons et Dieu merci, tu n'as pas démérité et je puis maintenant te donner une compensation pour cette longue reticence de ma part.Marcel, je t'ai adopté.Tu es mon fils par la loi, tu es maintenant Marcel Pierre (Suite à la page 50) (La solution de ce problème sera publiée dans La Revite Moderne de lévrier).La Rev ce Moderne « 46 » Janvier 1937 A la Découverte des Idées NOTRE DERNIER CONCOURS QUESTION Laquelle itiH deux épreuve» eat la plug grande: la perte totale de la fortune ou une déception d'amourï RESULT \T 1er l'HIV: l'MHI Ht.mit' l. (Colle tonrurrento denim garder 1-1(1 X : IN \ OM Mh Itiiinoii l .Mn,.M, l:.,:i .I93C, rue Pure Lafontalne, Montréal.1er PRIX Si une déception d'amour abolit en un instant de chers rêves d'avenir édifiés avec toute l'ardeur d'un cœur très épris et qui s'est donné librement, la perte totale de la fortune peut provoquer les pires catastrophes.L'expérience impartiale est là pour démon trer l'irrésistible puissance de l'argent et les conséquences néfastes que sa perte occasionne.Ne l'oublions pas c'est la misère qui est le plus farouche ennemi de la dignité, c'est elle qui produit les idées révolutionnaires.Les fluctuations incessantes qu'elle suscite causent souvent l'affaiblissement des forces physiques.Pauvre, malade, quel sort est plus pitoyable que celui-là.Que la foi en Dieu vienne à manquer et c'est le désespoir qui s'empa-e de cette âme en déroute, et compte une victime de plus.Quant au cœur broyé par une déception d'amour, il peut goûter encore des jours de paix, après la crise passée.Sans doute certains cœurs n'oublient jamais, et pour eux: "le souvenir ne meurt pas sur un acte de volonté." Cependant un noble cœur se ressaisira en évitant les rêveries stériles et en s'appliquant à des travaux adéquats à ses goûts et selon ses aptitudes.Tant de distractions agréables s'offrent à qui Dame Fortune a comblé de ses faveurs! Tout cela, néanmoins, ne serait qu'un palliatif s'il ne songeait à se pencher vers les déshérités, à leur porter avec l'aide matérielle l'appui moral."Le cœur s'enrichit de ce qu'il donne" et c'est la charité intelligemment comprise qui cicatrise le plus efficacement un cœur blessé! Il n'en sera pas ainsi de l'être malheureux affligé par la perte de sa fortune.La débâcle financière ne lui causera pas seulement la privation d'objets matériels; elle entraînera l'abandon d'amis autrefois empressés mais que son infortune détournera de lui.Il sera forcément jeté dans la mêlée et pour assurer sa subsistance il devra s'astreindre à une tâche souvent contraire à ses goûts pour quiconque n'a pas été préparé à la lutte.Combattre et souvent ne pas entrevoir la fin de ces épreuves déprimantes! Si d'autres existences réclament son auxiliaire, la pénurie de ses moyens ne le fera-t-il pas doublement souffrir?Toutes les épreuves sont dignes de compassion, mais aucune ne suscite plus de pitié que celle du pauvre être privé de tout bien-être, affaibli par la maladie, et devant quand même s'acharner à sortir du marasme dans lequel il est tombé.Simonne LEROY 2ème PRIX L'argent?L'amour?Mais l'argent d'abord .Un chagrin d'amour, sauf exception se supporte assez facilement.Nous ne sommes plus à l'époque de Lamar tine et de Chateaubriand où l'on demeurait inconsolable, quand on ne se faisait pas sauter la cervelle.Notre siècle, plus pratique en apparence et en réalité, pleure, se désole, trois mois, six mois et l'oubli vient .L'amour encore aujourd'hui, garde ses droits incontestés sur le bonheur.Après une déception, on croit bien ¦qu'on mourra, toutes les forces du cœur semblent s'être brisées.Mais la vie est là avec ses diversions et l'on arirve peu à peu à l'indifférence; quand on rencontre sur sa route un autre amour, le premier n'est bientôt qu'un lointain souvenir.La chanson est menteuse qui dit: "Après toi, je n'aurai plus d'amour".Mais la perte totale de la fortune, c'est la fin de tout.Resterait-il un grand amour, qu'il s'enfuirait épouvanté, devant cette nouvelle venue, la misère.Réalise-t-on toute l'horeur de ce mot pour l'homme qui a grandi dans le luxe, dont les désirs les plus irraisonnés même deviennent bientôt réalité et qui ne connaît de la vie que le soleil et les fleurs?Le mendiant de profession n'a jamais appris que l'indigence peut quelquefois, posséder un certain bonheur relatif.Mais pour le ruiné, c'est le coup de revolver lorsque le déshonneur suit la perte de la fortune et l'abrutissement plus ou moins complet dans l'autre cas.J'ai dit abrutissement — Ne faut-il pas une préparation pour endurer toutes ces tortures: ventre creux, tenue minable, chaleur étouffante et froid excessif ajoutés à mille autres souffrances?Et l'absence des ioies délicates goûtées à l'audition d'un concert, d'une pièce de théâtre, d'une conférence, à la lecture d'un chef-d'œuvre?Ces plaisirs ne sont-ils pas devenus nécessaires à celui qui y est habitué?presque aussi nécesaires que le boire et le manger.Sans parler de la nostalgie de l'existence ancienne, opulente, où la pauvreté n'ajoutait pas aux peines morales.On a beau crier: "L'argent ne fait pas le "bonheur", il y contribue de façon si puissante, qu'il en forme une bonne moitié.Les moins de vingt ans, sont d'avis que la déception d'amour est la plus grande épreuve Chez eux.le cœur domine trop la raison.Ils font le mariage de la faim et de la soif, quitte à le regretter plus tard.Mais quand on n'a plus vingt ans le cœur acquiert de l'esprit.On réalise que si l'amour est indispensable il faut le tempérer de bon sens.A cet âge, on connaît la vie, dans sa réalité brutale; on sait qu'on peut se rendre maître d'un chagrin d'amour avec de la volonté et du jugement.On sait aussi qu'il est bien difficile de reconstituer une fortune entièrement engloutie, parce qu'il faut alors recommencer une existence nouvelle et que souvent les ressorts de l'énergie sont trop détendus pour le permettre.RAISON La Banque Provinciale du Canada RÉSUMÉ DU IMIW \L 30 NOVEMBRE 193*, ACTIF Kspcccs en
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