La Revue moderne., 1 janvier 1947, janvier
SCIENCE MODERNE UN ROYAUME D'AVEUGLES par Germain LEBER Quand on aura fini de troubler les océans avec les expériences atomiques, les explorateurs des profondeurs KMrinej pourront reprendre leurs études interrompues par les tondues années de guerre, afin d arracher de nouveaux secrets aux profondeurs abyssales.Sans doute seront-ils ensuite mieux en mesure de nous renseigner sur la multitude étrange qui peuple les fosses insondables des mers.£e fond des océans, et surtout du Pacifique, est habité de créatures fantastiques, de poissons myopes et surtout daveugles.En vérité, à quoi leur servirait-il de posséder le sens de la vue puisqu'ils vivent dans un habitat entièrement dépourvu de lumière7 Ces poissons évoluent à 1,000, 2,000, voire même 6,000 verges de profondeur.Us ignorent la lumière solaire, les rayons bleus et violets étant les seuls qui puissent traverser une masse d'eau de 500 verges.Quant aux rayons ultra-violets, qui échappent à la sensibilité de notre rétine, ils s'enfoncent jusqu'à mille verges, mais à 1,500 verges de profondeur marine, les plaques photographiques les plus perfectionnées cessent d enregistrer la moindre radiation solaire.C'est l'obscurité totale et absolue.Parmi les poissons aveugles, citons l'inops murrayi, dont les yeux sont remplacés par un organe phosphorescent compliqué, qui émet de la lumière à travers deux plaques transparentes.Notons aussi le thuaumatohmpas diadema, une bête gigantesque, qui atteint jusqu'à quinze verges de longueur, et qui varie à volonté la couleur de ses organes lumineux.Le halosauropsis, lui, vit à 2,000 verges de profondeur et porte de véritables lanternes latérales fixes, qu'il peut découvrir ou recouvrir à volonté au moyen d'organes semblables à des paupières.D'autre part, le maurolicus, poisson minuscule, est muni de près de 150 plaques lumineuses distinctes et vit à quelque 1,500 mètres sous la surface de l'eau.2lais de tous les spécimens, le plus étonnant reste sans doute 1e poisson-pêcheur, le pez pescado découvert à 1,000 verges de profondeur par l'explorateur américain "William Beebe, au sud-est des Bermudes.Comme son nom l'indique, cet habitant de l'onde possède tous les agrès nécessaires à sa profession.Jl est pourvu dune canne de pêxhe, d'une ligne, d'un hameçon et même d'une extrémité lumineuse pour attirer sa proie.Il ne mesure que quatre pouces de longueur.Ses mandibules sont si mobiles qu'il actionne ses dents non seulement de haut en bas, mais encore de l'intérieur à l'extérieur.A partir de deux cents verges de profondeur, la vie végétale disparait presque complètement, ce qui limite strictement le menu des bêtes abyssales.Celles-ci sont nécessairement carnivores- elles se nourrissent de proies vivantes ou des cadavres de plancton qui sombrent des régions supérieures.Certains de ces poissons, les lemnivores, se nourrissent des détritus organiques qu'ils trouvent dans la fange de ces immenses fosses marines.Vu let rareté des matières nutritives, ces poissons myopes ou aveugles ont des bouches énormes, qui engloutissent constamment des quantités considérables de fange pour en extraire les éléments alimentaires.Jante de lumière naturelle, ces étranges phénomènes doivent donc s'éclairer artificiellement.Ils dégagent leur propre lumière au moyen d'organes phosphorescents, et, dans certains cas, des yeux embryonnaires leur permettent de capter cette phosphorescence.On croyait autrfois que les fosses marines interdisaient toute vie animale.Les anciens systèmes de sonde ne permettaient d'ailleurs pas d'en mesurer la profondeur.Aujourd'hui, grâce au procédé de sonde par le son imaginé par le physicien Jioyes, des appareils acoustiques permettent d'explorer le lit de l'océan avec une étonnante exactitude.La fosse la plus profonde que l'on connaisse à l'heure actuelle se trouve près des ties Carolines, dans le Pacifique: elle s'enfonce à quelque 10,000 verges sous la surface des eaux.Mais, sous ce rapport, la science et les explorateurs n'ont sûrement pas dit leur dernier mot.Qrâce au retour de la paix, ou plus exactement à la fin des hostilités, les chercheurs vont pouvoir se remettre à l'oeuvre.Que nous apprcndront-ilsf GRÂCE À TRUSHAY LA LOTION "D'APPLICATION ANTÉRIEURE Avant.oui, avant de tromper vos mains dans l'eau rhnnde cl savonnons", protégez-les en employant la lotion protectrice adoucissante—Trushay.Quelques gouttes de cette lotion crémeuse, appliquées sur vos mains avant d'entreprendre toute tâche ménagère— les conserveront belles.Vous pouvez aussi l'employer après—comme toute autre lotion, mais Trushay donne, en plus, cette protection antérieure.Mais la protection de Trushay ne s'arrête pas aux mains.C'est le produit rêvé pour satiner bras, coudes, gorge et genoux rugueux .pour rafraîchir les pieds fatigués.Des milliers de femmes l'emploient aussi comme crème de fond.Cette lotion crémeuse connaît une multiplicité d'usages.Partout où l'on s'en sert, elle protège, adoucit et embellit l'épiderme—quelle que soit la température.Pour vous épargner des pas, ayez plusieurs bouteilles de Trushay à la maison—sur votre table de toilette, dans la salle de bain, la cuisine et la lavan-derie.Partout où vous serez, Trushay sera ainsi à la portée de la main.Trushay est économique parce qu'il est concentré—quelques gouttes suffisent pour chaque application.Trushay sert à tant d'usages que c'est un trésor dont vous ne sauriez vous passer.TRUSHAY —la lotion "d'application antérieure" —protège vos mains même dans l'eau chaude et savonneuse.Un produit Bristol-Myers—Fabriqué mu Canada Quoi ! on me paue PIERRE n'a pas de fièvre! Il essaie seulement d'expliquer à un nouveau camarade d'usine comment 35 cents de chaque dollar qu'il touche proviennent du commerce extérieur du Canada."Ces pièces de machines que tu façonnes entrent dans toute machinerie, dans les pompes de réfrigérateurs aussi bien que dans les machines marines", répond Pierre, "et les pays qui les achètent doivent à leur tour nous vendre d'autres produits, autrement ils viendraient à manquer de dollars pour payer notre travail"."Voyons! tirons ça au clair", réplique le nouvel ami de Pierre."Tu prétends que de chaque dollar que je touche, 35 cents proviennent d'autres articles, de cocos ou de bananes, par exemple?" "Oui .et du café et des patates, du sucre, du coton .des épices et du thé"."Quelle drôle de manière de gagner sa vie! Comment! 35 cents par dollar, mais c'est plus qu'il me faut pour payer mon loyer .Qu'est-ce qu'il arriverait si ces étrangers cessaient d'acheter nos pièces de machine?" "Ceci ne doit jamais arriver", répond Pierre, songeur."Et c'est pour cette raison que je tiens tant à l'excellence des pièces que nous fabriquons.Nos produits doivent être tellement supérieurs que les acheteurs étrangers les préfèront toujours à cause de leur excellence et de leur haute qualité.C'est ainsi que nous établirons solidement notre commerce extérieur"."Pourtant, nous pourrions aussi bien vendre toutes ces pièces ici-même! Pourquoi alors s'occuper des vendeurs de cocos?" "Voilà où il nous faut en venir! Nous devons trouver des débouchés pour nos marchandises canadiennes .autrement, inutile d'espérer que nos usines resteront en production lorsque tous nos gens auront acheté ce qu'il leur faut".Et maintenant, à votre tour, ami lecteur! Au moins 35 cents de chaque dollar que vous touchez proviennent aussi du commerce extérieur du Canada.Si vous tenez à assurer votre avenir, ne vous impatientez pas trop lorsque vous constatez que certaines marchandises que vous désirez sont vendues à d'autres marchés étrangers.N'oubliez pas non plus que tout ce que vous produisez ajoute ou nuit au bon renom des produits canadiens sur les marchés étrangers .Alors, allez-y de tout coeur! Jt# Quiconque achète ou vend à l'étranger, crée de l'emploi au Canada! Et c'est la raison d'être ** de l'Office du Commerce extérieur du Ministère du Commerce.Le Ministère a nommé des Commissaires dans 30 pays du monde et il a au siège de l'administration un personnel d'experts en exportation et en importation, qui recueille les renseignements les plus récents sur les marchés étrangers et donne des conseils pratiques à tout le monde, à toutes les maisons de commerce qui s'intéressent à l'achat ou à la vente en pays étrangers.Ministère du Commerce OTTAWA, CANADA L'hon.James A.MacKinnon, Ministre M.W.Mackenzie, Sous-ministre MONTHKAI.JANVIIH 1017 — v du mois qui précède la publication de la revue.Afin d'êvl-ter tout alms, la direction de la Kev ue Moderne se réserve le droit de refuser les annonces ou de les modifier au besoin.Les changements seront faits de façon a respecter le *ens de l'nnnonce.Nous retournons l'urgent lorsque les annonce* lu- sont pus publiées.Nous ne donnerons suite a aucune cnrrcHjM>!ulaiicc non Conforme aux .miililiiiiis evpos.-es ci-loiot.M.Armand.—Seul.50 ans.affectueux, d'.e tlcigué, grand, sobre, bonne éducation, aimerait reiicontircr personne douce et affectueuse.3261 est, Ste-Catherlne.Montréal.• * » Mireille-Trifluvienne.— Jeune fille dlstln-u-.¦ desire correspondre avec Jeune homme -érleux et réservé de 21 à 25 ans.5225.De Gaspé.Montréal.• * * Pierrette-Trifluvienne.— Jeune fille dls-Mniruée demande correspondant sérieux et distingué de 25 à 30 ans.6225, De Gaspé.Montréal.• » * Herthe L.—Célibataire à l'aise, de Montréal, désire correspondants de 44 à 50 ans.côllbatalres ou veufs Instruits, à l'aise, possédant bonne position.Réponse assurée.6225.De Gaspé, Montréal.» * • Ex-Journaliste.—B.A .célthatalre.35 ans.désire correspondante 25-35 ans.très distinguée, à l'aise et ayant relations familiales influantes.But sérieux.5225.De Gast>é.Montréal.• * » Montréalais.—42 ans.désirerait rencontrer demoiselle ou veuve de 30 à 35 ans.But sérieux.5225.De Gaspé, Montréal.• • • Francine.—Désire correspondants de 21 à M ans.But: distraction.5225, De Gaspé, Montréal.• • • Françoise.—Belle apparence, désire correspondants de 30 à 40 ans, sérieux, honnêtes, de préférence pas trop Jolis physiquement.312.rue St-Marc.Shawlnlgan-Falls.• • • Pierrette.—Demande correspondants de 30 à 35 ans, sérieux et honnêtes.312.rue St-Marc.Shawlnigan-Falls.• • • Célibataire.—15 ans, désire correspondre avec fille ou veuve qui aimerait aller en Californie.5225, De Gaspé.Montréal.• * • Anita.—Demoiselle de 38 bjis, distinguée.Instruite, sags, catholique, à l'aise, désire correspondant célibataire de 35 à 45 ans, même éducation aces tree bonne position 5225.De Gaspé.Montréal.• • • Jeon-I'iiul R.—Jeune homme.2: ans.bonne position, désire correspondantes.6225.De Gaspé.Montréal.• • • Jeune homme.—19 Mis, de Montréal, désire Jeunes correspondantes.6226, De Gasj>é.Montréal.» • • Jocelyne Lefranc.—Infirmière aimant la vie belle et bonne demande correspondants de 40 à 50 ans, Instruits et distingués.Réponse assurée.5225.De Gaspé.Montréal.» • » Jany.—Sera heureuse de correspondre amicalement avec messieurs érudlts de 33 ans et plus.Case postale 12, Station Roaemont.Montréal.• • • Veove.—Désire correspondre avec messieurs de 40 a 45 ans.célibataires ou veufs, honnêtes, distingués et sobres.5225, De Gaspé.Montréal.• * » Pour l'amour.—Célibataire très distingué 37 ans.bonne apparence, désire correspondre avec demoiselle ou dame veuve, bien équilibrée mentalement et physiquement.5225.De Gaspé.Montréal.• * » Chrysanthème—Demoiselle avec revenus désire correspondant dans la cinquantaine taille d'au moins 5' 8".cultivé, honnête, eo ore et aimant les voyages.6225.De Gaspé.Montréal.• » * G.Lespéranre.—Jeune fille.22 ans.accueillerait correspondants distingués.Réponse assurée.6225, De Gaspé.Montréal.• * • Elizabeth.—Demeurant à la campagne, de bonne famille, aimerait correspondants célibataires ou veufs.Instruits, aimant la musique, de 3« a 45 ans.5225.De Gaspé.Montréal.(S.V.V., lisez la suite à la page J2) de ferme, bonne d'enfants, cuisinière et ous ne gagnerez presque rien.— Je ne dirais pas que c'est la position rêvée.Cependant ce serait plus facile à upporter que les grands airs de Lilian Batterfield.Dites-moi de quoi il s'agit?— Eh bien, voilà.Les Patterson sont de vieux amis à moi.Ils sont instituteurs dans un village du New Jersey.Ils ont cheté une petite ferme qu'ils faisaient aloir eux-mêmes avec l'aide d'un vieil homme.Dorothy a décidé d'adopter trois petits Anglais pour la durée de la guerre.Les enfants étaient à peine installés que e vieil homme est mort.Impossible de trouver de l'aide en ce moment, tout au moins au salaire que Dorothy et Tom peuvent payer.Vous voyez la situation L'avantage est que vous pourrez garder votre fille avec vous.L'inconvénient est qu'il vous faudra travailler comme un cheval.Elle se mordit les lèvres, ce qui était chez elle signe de réflexion puis déclara avec décision: — Ça me va.Je ne serai pas traitée en domestique, je pourrai m'occuper de Bar bara et ce ne sera pas pour l'éternité.De plus, j'aiderai à gagner la guerre J'hésitais encore.Toutes sortes d'objections auxquelles je n'avais pas pense tout d'abord me venaient à l'esprit Bubble bouillait d'impatience.— Vous n'aurez pas à le regretter, je vous jure.Téléphonez tout de suite, je vous en prie.Impossible de résister à la prière des grands yeux bleus.La voix de Dorothy m'arriva pleine d'espoir: — Vous avez trouvé quelqu'un?— Oui, dis-je.Pas la bonne, grosse, forte femme que vous me demandez mais une de mes anciennes élèves et sa petite fille.Une jolie.Dorothy m'interrompit: — Logée, nourrie.Sa fille aussi.Quinze dollars par mois.— Quinze dollars par mois, dis-je à Bubble.— J'accepte, répondit-elle.— Elle accepte.— Bon.Dites-lui de venir le plus tôt possible.On ira la chercher à la gare.Elle n'a qu'à envoyer un télégramme.Mon Dieu, les haricots qui brûlent.Elle raccrocha précipitamment.Bubble se jeta à mon cou.— Oh madame, que vous êtes bonne.Je ne sais pas ce que je ferais sans vous Après son départ, je me demandai si Dorothy aurait sujet de m'être reconnaissante.Bubble s'était fort bien occupée de sa petite fille; cela ne voulait pas dire qu'elle saurait comment surveiller trois petits Anglais qu'elle ne connaissait pas.Elle n'était pas habituée aux durs travaux manuels.Et puis, Tom était le meilleur des maris mais, tout de même, comme la plupart des hommes de son âge, il est persuadé paraître de dix ans plus jeune.Et Bubble était assez flirt.Je mis ma jeune amie dans le train en compagnie de Barbara et de deux énormes valises le lendemain après-midi.Comment elle s'était arrangée pour sous-louer son appartement et tout préparer en si peu de temps, je n'en sais rien.Ce miracle d'énergie et de rapidité me parut de bonne augure.Cependant je ne pouvais m'empêcher d'éprouver certaines craintes en la voyant s'embarquer, le coeur léger, dans ce qui me paraissait une formidable aventure.Trois jours plus tard, quelques mots de Bubble griffonnés sut une carte m'ar rivèrent."Merci, madame, de m'avoir donné cet te magnifique position.Dorothy et les enfants sont adorables, juste merveilleux.Mr Patterson très gentil.Tout est ma gnifique." Je n'eus pas d'autres nouvelles.Bubble estimait avoir rempli tous ses devoirs épis tolaires à mon égard et Dorothy n'écrit que dans les cas d'absolue nécessité.Plu sieurs mois s'écoulèrent.J'avais plusieurs cours supplémentaires et je m'y donnais de tout coeur pour faire passer le temps plus vite.Dorothy se décida enfin à m'envoyer trois lignes pour m'inviter à passer les vacances de Noël chez elle.J'acceptai avec autant de plaisir que je pouvais en ressentir en ces temps désolés.Lin spectacle amusant m'attendait à la petite gare perdue dans la neige.Bubble, en jaquette de renard et pantalon de coutil bleu, ses boucles blondes flottant au vent, était flanquée à sa droite de Barbara, emmitouflée jusqu'aux oreilles, se démenant comme un diable.A sa gauche les trois petits Anglais, ronds comme des boules dans leur tenue d'hiver, me considéraient avec une dignité qui auguraient bien pour l'avenir de l'Empire Britannique.Bubble me sauta au cou: — Ah madame, que c'est bon de vous voir.Que dites-vous de ma bande.J'embrassai Bubble et Barbara, serrai de gros gants de laine.On s'empila dans la vieille auto de Tom, les petits Anglais à l'arrière, Bubble et moi à l'avant, Barbara sur mes genoux.Mon ex-élève conduisait avec cette aise que donne une longue habitude.Je lui en fis la remarque — J'adore conduire surtout dans les petits chemins.Dorothy qui est absolument merveilleuse me laisse toujours faire les commissions.Tom et elle me gâtent, vous savez.L'auto stoppa devant la maison, une vieille maison en briques du dix-huitième siècle.Mes amis l'avaient achetée vingt ans plus tôt, dans un accès de romantisme.Tom parlait continuellement de la revendre parce qu'elle coûtait trop cher à entretenir.Dorothy pestait du matin au soir contre le nombre et la grandeur des pièces, autant de nids à poussière à ce qu'elle assurait.L'un et l'autre aimaient leur vieille demeure avec passion et n'auraient voulu vivre ailleurs pour rien au monde.Dorothy a eu, comme tout le monde, sa crise de meubles anciens, mais elle n'a pas duré longtemps.Les chaises branlantes sont maintenant reléguées au grenier.Tout est simple, pratique, confortable et sympatique chez elle.Elle accourut en coup de vent, ses cheveux gris coiffés à la diable, une pelle et un chiffon à la main.— Cette Manou, s'écria-t-elle oubliant de me souhaiter la bienvenue, en plein dans votre chambre.Manou est une vieille chatte grise qui, lorsqu'elle va avoir des petits, retourne toujours à certaines mauvaises habitudes de son enfance.— C'est sa façon de m'accueillir, dis je en riant.Pendant le diner, Tom et Dorothy me racontèrent leurs soucis.Ils sont toujours persuadés qu'ils vont perdre leur position au prochain changement d'administration, qu'ils n'auront jamais assez d'argent pour payer l'hypothèque mm l.i maison, eu Raconter leurs malheurs futurs est un de leurs grands plaisirs.Je crois que, moi même, je serais déçue si chacune de nus rencontres ne commençai! pas par un duo désole.Bubble, occupée à mettre dans sa charmante penonne uni énorme quantlti de nourriture, poussait de temps en temps des /'en lu» approbatifl bien qu'inalten tifs.Ce ne fut qu'au dessert qu'elle se mêla à la conversation qui, immediate ment, devint légère et joyeuse.Les fras qtics des élèves de Tom n'étaient plus des tragédies mais des comédies sans importance Je m'aperçus aussi que Bubble s'y était très bien prise pour résoudre la ques tion "monsieur d'un certain âge".Elle traitait Dorothy comme une contempo raine, et Tom comme un homme âgé à qui on doit le respect.Tactique inverse de celle de beaucoup de jeunes personnes qui appellent le mari par son prénom et la femme par un madame cérémonieux, tactique qui avait amené une atmosphère quasi familiale.Je passai la plus grande partie du lendemain à décorer l'arbre de NJoèl avec les enfants.De temps en temps, Bubble passait en tornade, redressait un ornement mal posé par une petite main malhabile et disparaissait.Dorothy venait se lamenter: le dindon lui paraissait dur, les châtaignes refusaient de se peler.Toni fumant sa pipe, fulminait contre le "board of education" L'étonnant était, qu'en dépit des plaintes et gémissements, l'atmosphère avait quelque chose d'apai sant, d'heureux qui agissait sur mes nerfs new-yorkais comme un baume bienfai sant.Peut-être ces plaintes et gémisse ments n'étaient-ils que des offrandes au destin pour l'attendrir.Toujours est-il que personne n'en était troublé, pas même ceux qui en étaient responsables.De temps en temps, la sonnette reten tissait.C'était un nouveau cadeau que nous ajoutions à la pile déjà imposante.— Les gens du village adorent Doro thy, me dit Bubble Ils se mettent en quatre pour lui faire plaisir.Il faut dire que c'est positivement incroyable tous les services qu'elle rend.C'est vers trois heures de l'après-mdi que le fatal coup de sonnette retentit Aucun de nous n'eut le moindre pressen timent.Bubble se précipita vers la porte en criant: — Un autre cadeau pour les enfants sages.Tous les regards se dirigèrent vers la porte dans une attente silencieuse, pleine d'espoir.On entendit la voix de Bubble, une voix où il y avait de l'étonnement et de la révolte: — Charlie! Elle se recula, de sorte que, la porte du salon étant grande ouverte, nous fû mes témoins de la scène du retour de l'enfant prodigue.Il n'était pas du tout embarrassé de sa personne, l'enfant prodigue.Il embrassa sa femme comme s'il l'avait vue la veille, la contempla avec une admiration affectée: — Laissez-moi vous regarder.Vous êtes plus jolie que jamais.Bubble fronça les sourcils en haussant les épaules d'un air excédé.Peu troublé par cet accueil plutôt froid, Charlie ouvrit une boîte de fleuriste qu'il tenait à la main, en sortit trois orchidées magm fiques qu'il lui offrit avec grâce.Elle les prit avec un plaisir soudain: LA REVUE MODERNE — JANVIER IÇ47 — Mon Dieu, qu'il y I longtemps que ic n'en ai vu.Elit les épingla sur la brctclli de sa salopette, dit en riant: — Elles sont en drôle de compagnie.Merci tout de même.Elle présenta son mari à la ronde.Il se livra à une petite démonstration d'amour paternel avec Barbara, puis entreprit la conquit! de Dorothy.Cela ne commenta pal trop hien.Dorothy lui demanda avec sa franchise liahilucllc pourquoi il avait quitté sa femme, un amour de petite leiimie.Charlie lit un noir tableau de sa vie.A l'en croire, c'était pour débarras •er sa femme d'un oiseau de malheur qu'il était parti.I.a séparation avait été très dure pour lui II avait beaucoup nuffert, etc.Hubble suspendait de petits ballons multicolores aux branches de l'arbre sans dis-tmulcr un sourire ironique II me semblait que j'émettais des rayons hostiles qui auraient dû détruire l'effet de cette fa-conde.Il n'en était rien.Dorothy est incapable de résister à un récit de souffrance.Je la sentais fondre.Il coupa le récit par un soupir, remercia Dorothy de l'avoir écouté et compris, et, se mit à nous aider à décorer l'arbre tout en expliquant aux enfants combien c'était beau la Noel, combien il était heureux étant petit quand le père Noel arrivait.Rubble, excédée, sortit sous prétexte d'aller voir ce qui se passait à la cuisine.Je résistai au désir d'en faire autant.Je voulais savoir jusqu'où irait l'hypocrisie de Charlie.Je n'en découvris pas la limite.On aurait juré que son plus grand bonheur sur la terre était de faire plaisir aux petits enfants.Les pauvres mignons se laissaient prendre à toutes ces histoires, surtout Barbara qui comprenait vaguement qu'avoir un papa lui donnait une supériorité sur les autres petits.Dorothy qui, facilement, prête aux autres sa propre bonté souriait béatement, l'oeil sentimental et attendri.Je rageais ferme.Je ne sais pas encore à quoi Charlie aurait pu être bon dans la vie.Que de grands talents de diplomate et d'acteur eussent été gaspillés, je n'en avais aucun doute ce soir-là.Pendant tout le diner, Rubble avait adopté une attitude, distante et réservée, qui aurait réduit la plupart des maris au silence.Charlie ne semblait pas s'en apercevoir.II fit enfourcher à Tom le dada éducation et ('écouta avec un profond respect.Il produisit même sur l'enseignement de la psychologie élémentaire quelques vues ingénieuses qui me plongèrent dans l'étonncment.Il parla de lui-même comme d'un raté à bonnes intentions, ce qui inspira à mes deux amis éducateur! un désir prodigieux de lui venir en aide.Ils se mirent en devoir de lui prodiguer des conseils qu'il recevait avec juste assez de résistance pour en provoquer d'autres.— Si vous aviez pu guider mes premiers pas, dit-il, en avalant sa dernière cuillerée de crème glacée, vous auriez fait de moi un homme! Bubble se leva avec un mouvement d'humeur et se mit à desservir.La veille, nos longs bavardages devant les assiettes sales avaient été la meilleure partie de la journée.Ce soir-là, j'étais contente d'avoir un prétexte pour quitter la table et je suivis ma jeune amie dans la cuisine.Elle enlevait les détritus des assiettes avec rage et un bouchon de papier.Ses yeux bleus étincelaient de colère: — Vous avez entendu ça"1 Comme avec papa cl maman avant le mariage.Il est en train de les mettre dedans.Ils pensent déjà que c'est ma faute si le mariage n'a pas marché.— Qu'est-ce qu'il vient faire ici?de-mandai-je.— Se faire entretenir, sans aucun doute.Nous étions si heureux.J'ai réussi à économiser quarante dollars.Je peux leur dire adieu Pourquoi diable les gens d'âge ¦ont-ils si naifs?Dorothy vint nous aider encore toute rayonnante de l'effet de cette agréable soirée.Dorothy pense tout ce qu'elle dit et dit tout ce qu'elle pense Elle commença donc un panégyrique de Charlie La contredire eût été l'ancrer davantage dans son idée Attaquer quelqu'un qui lui plait, c'est lui inspirer le désir de le dé fendre jusqu'à la mort.Nous nous taisions donc Bubble serrait les dents pour ne pas éclater et frottait les couverts avec une vigueur inutile.— Les dames nous manquent, dit la voix aimable de Charlie, Il entra suivi de Tom qui fumait sa pipe avec sérénité, enleva de force le torchon des mains de Dorothy, la pria de s'assoir et de ne nous aider qu'en nous distrayant par sa conversation Ce qu'elle fit avec un sourire que je ne pus m'em-pécher de trouver niais.Il se mit à essuyer les assiettes avec un savoir-faire étonnant.— C'est bien la première fois que je vous vois faire ça, observa Bubble, ironique et rageuse.— Vous ne savez pas quelle a été ma vie pendant ces derniers mois, dit Charlie avec un air de profonde tristesse assez bien imité.Bubble haussa les épaules, Dorothy fondait comme du beurre dans une poêle trop chaude Elle nous fit un discours sur les devoirs de l'épouse.Bubble faillit en casser une tasse.Nous nous remimes aux préparation?de l'arbre de Noël.La confiance, l'entente qui avaient règne le matin avaient disparu J'étais irritée par l'obstination naïve de Tom et de Dorothy à ne vouloir voir en Charlie qu'une victime des circonstances.Ils me blâmaient de ce qu'ils appelaient mon manque de compréhension Bubble ne desserra pas les dents de la soirée.L'ineffable Charlie nous confiait qu'il s'épanouissait dans cette atmosphère familiale, que rien n'était précieux dans la vie comme une bonne affection, etc.* * * le n'étais pas dans ma chambre depuis dix minutes qu'un coup discret fut frappé à ma porte.C'était Bubble enveloppée dans une longue robe de chambre, genre tailleur, d'un bleu pâle fané par l'âge.— Est-ce que ça vous ennuierait que je passe la nuit dans votre chambre?Je serai très bien sur le divan — Pas du tout, dis-je continuant à me brosser les cheveux.— Vous êtes gentille Elle tira des couvertures d'un placard, les étendit sur le divan.— Ce n'est pas la peine de sortir des draps, je garderai ma robe de chambre.Elle s'assit sur le divan, les mains entre ses genoux serrés, le front plissé par la reflexion.Je continuai à me brosser les cheveux avec un soin dont ils n'avaient pas l'habitude, afin de ne pas troubler ce que je sentais être un moment décisif de sa vie.— Il a pleure quand il m'a vu partir, dit-elle brusquement.Des larmes d'hom- I GATEAU AU GINGEMBRE DE LUXEI Utilisez votre recelte préférée de gâteau ou gingembre ou un paquet de mélange préparé et cuisez tel qu'indiqué.Quand le gâteau est refroidi, coupez-le en carrés et séparez choque carré en deux étages.Amollissez du Fromoge à la crème Philadelphia oeuf aussi marier le crêpe et la dentelle.- robe de crêpe mat et lardes manches serrées aux poignets en fine dentelle.Le noir contiendrait particulièrement bien à cet ensemble, line ceinture noire brodée dardent ou d'or, su//ira pour orner cette robe classiV/ue.Patron ^ dit que les femmes, en vraies amazones qu'elles étaient, couraient au combat corn me les hommes.Madeleine de Vtrchèn dont le nom restera gravé dans l'hiftoil est le vivant témoignage de la vaillance J.nos mères.On se souvient de tous les e» ploits de ce'te jeune personne qu'on nou apprend à aimer dès les bancs d'école Après avoir sauvé le fort de Verchèi' d'une bande d'iroquois, elle eut à deux reprises différentes, l'occasion de lauvei son mari de leurs mains barbares.On ne peut passer sous silence l'aven ture, aussi tragique qu'amusante, arrivée à Catherine Primot, une autre de n pionnières canadiennes.Vers 1651 ou 52, cette bonne dame fut un jour assaillie par une bande de sauvages.Elle se démena tant et si bien des pieds et des mains qu'elle ameuta nos soldats.Mais avatu leur arrivée, les Iroquois eurent le temps de l'abattre de trois ou quatre coups de hache.Ils s'enfuirent à l'exception d'un seul, qui, la croyant évanouie voulut lui lever la chevelure.Mais notre amazone se sentant ainsi saisie se leva plus furieu se encore et, empoignant ce démon, elle parvint à lui faire lâcher prise sous la force de la douleur.Le gouverneur de I'Acadie, M.d'Aul nay, apprenant un jour l'absence dj gou verneur du fort Saint Jean en profite pour lancer une attaque Mais madame de la Tour prend avantageusement la place de son mari et organise la défense de la place.Avec ses soldats, elle re pousse l'envahisseur que doit se retirer après avoir perdu 33 hommes dont 20 tués.Mortifié d'être vaincu par une femme, le commandant Charnisé conçoit alors un traité avec les Bostonnais et retourne au fort St-Jean Mme de la Tour sout nt le siège durant trois jours encore.Mais vendue par un traitre, elle entraîna la garnison dans une partie du fort d'où elle put poursuivre le combat et forcer ses ennemis a accepter ses conditions de paix.Charnisé, lorsqu'il vit le peu de monde à qui il avait affaire prétendit avoir été trompé et fit pendre sur le champ toute la troupe des défenseurs en obligeant Mme de la Tour à assister au supplice une corde au cou.Au mois de février 1661, le geste courageux d'une femme, Madame Du Clos sauva la vie de plusieurs Français.Voyant nos gens fuir devant les Iroquois pane qu'ils n'avaient pas d'armes, elle s'empara de plusieurs fusils et sous le feu et les projectiles divers, elle courut à leur de vant leur livrer ce moyen de défense.En juin, 1758, madame Drucourt, femme du gouverneur de Louisbourg s'acquit une gloire immortelle durant le siège des Anglais.Elle s'employa à encourager les soldats, à parcourir les remparts au milieu de la mitraille, tirant elle-même du canon et du fusil, en plus de panser les blessés et de relever leur moral.Son histoire est un témoignage de plus du courage que déployèrent nos mères canadiennes en maintes circonstances semblables.LA REVUE MODERNE — JANVIER IQ17 43 It VI INNl/A VOI III.(Suite de la page 9) Ce système, tant attendu en notre pays, ne s'arrête pas au mobilier.Il comprend uissl toute la décoration de foyer: impes, papier-tenture, tissus, tapis, jirélarts, tableaux.Pour obtenir cet •nsemble harmonieux on a choisi irois styles: Traditionnel, Moderne con icmporaln, et Colonial en bois d'érable En plus de cette combinaison de mobi lier et d'accessoires, les teintes choisies pour chacun des trois styles, contribuent î donner à chaque foyer meublé selon le système d'achat suivi, un cachet d'ori-k'inalité.Prenons pour exemple le style tradi tionnel.Ses couleurs sont: vert laurier, que l'on retrouve dans les parchemins îyant appartenu aux pionniers américains,-bleu Wedgwood; gris charbon de bois (connu sous le nom technique d'ombre) une teinte chère au style Empire français; «ris mouette, teinte vaporeuse dite "aube", nr empire,- chartreuse, et rose DuBarry.Les lignes du mobilier style traditionnel sont classiques et rappellent le luxe des meubles d'acajou.On a pris pour modèles des pièces originales exécutées par des ébénistes américains au début du XIXe siècle.Ce style rappelle l'interpré-tation que ces artisans faisaient des ameublements français et anglais au XVIIIe siècle, période qui suivit immédiatement l'époque de la Fédération Américaine et qui précéda l'ère victorienne.Aussi, le groupe comprend-il des interprétations de Chippendale, Hepplewhite, Empire, jusqu'aux jours austères de la reine Victoria.De cette façon, il ne représente pas uniquement une période en son entier, mais il réunit on choix de styles plus faciles à adapter et moins monotones.Ce mobilier a l'avantage, par la diversité de ses dimensions, de parer n'importe quelle maison, grande ou petite.Le tissu joue un rôle prépondérant dans la décoration d'intérieur On recommande pour le style traditionnel, le damas, le matelassé et les satins antiques Certains imprimés réunissent toutes les teintes propres à ce style, d'autres tissus sont tout unis.On n'a pas oublié le fond du décor digne de cet ameublement, puisque les papiers-tentures s'harmonisent aux tissus par leurs dessins et leurs couleurs.Et nous avons un treillis de ruban parsemé de couronnes de laurier, un papier rayé — une large bande de couleur et une rayure étroite d'un ton plus foncé sur fond blanc ou pastel.Quand il s'agit de teintes foncées on a recours au papier uni.L'ameublement style moderne est sobre d'apparence et souvent incrusté de noyer naturel.On y retrouve l'influence chinoise dans les bases en ébène et les poignées en forme de pagode.Les tissus imprimés rappellent l'exubérance tropicale par leurs dessins et leurs couleurs, mais l'artiste, au lieu de nous donner des teintes franches, nous offre des demi-teintes s'apparentant à deux et même trois couleurs à la fois: gris très doux teinté de mauve; vert jaunâtre, bleu vert tirant sur le gris, bleu gris délicat, beige rosé et rose cerise.Ce système d'achat remporte déjà un vif succès à Toronto où la maison Robert Simpson en a fait l'essai en offrait k ses clients le mobilier "Wishmoker".Et de nombreux jeunes ménages au budget restreint, d'innombrables maîtresses de maison, désireuses de rajeunir l'aspect de leur foyer sans faire sauter la banque d'un seul coup, souhaiteront voir d'autres grands magasins du pays adopter ce nouveau système de vente.LA MAGIE DU PLASTIQUE (Suite de la page to) Jiicns, ours, girafes, éléphants ont envahi nos maisons.Au début, ces joujoux consistaient en toile cirée bourrée de coton au de ouate.La toile cirée avait le défaut de s'écaler sous les caresses trop pressantes des marmots et en un rien de temps, Icannot Lapin avait perdu son lustre et souvent son attrait.Ces jouets, dont la popularité est indiscutable sont aujourd'hui recouverts d'une couche de plastique dont l'aspect brillant institue un attrait de plus pour les entants.En outre, les parents n'ont rien à craindre de ces jouets dont la couleur est indélébile.Plusieurs firmes canadiennes fabriquent le plastique.Il y a quelques mois nous ivons été invités à visiter l'usine de la Canadian Resins and Chemicals, à Sha-winigan Falls, où l'on a ouvert un pavillon immense, à air filtré et climatisé, consacré à la fabrication du plastique "Vinylite".Un tuyau de quatre pouces de diamètre transporte, grâce à un système de cou-principale, au dernier étage du pavillon rant d'air, la résine en poudre, de l'usine de fabrication de la Vinylite, soit une distance de plus d'un quart de mille.La poudre s'accumule dans de grands réservoirs, puis elle est pesée dans des chariots qui la transportent aux malaxeurs géants.On y ajoute alors de nombreux ingré- dients, dont la couleur, nécessaires à la fabrication du plastique, et l'on mélange le tout parfaitement Après avoir passé dans d'autres malaxeurs énormes, le nouveau produit, toujours sous forme de poudre, passe entre les laminoirs chauffés qui retirent en feuilles brutes, épaisses et inégales.Le procédé se divise alors en trois opérations.L'une pour le plastique très mince dont on fait les imperméables, les rideaux de douches,- l'autre pour le plastique épais, destiné à la confection des sacs à mains, des souliers, des sacs de voyage; enfin la troisième pour le plastique granulé en usage dans la construction, pour recouvrir les fils électriques par exemple.Le plastique épais étendu en feuille, est pressé entre deux plaques de métal chromé, soumis à la chaleur et enfin empaqueté prêt à être livré à l'industrie.Plastique ne veut pas nécessairement dire beau et bon.Il y en a de nombreuses qualités et bien des articles fabriqués aujourd'hui en plastique gagneraient à l'être d'une autre matière.Nous traversons une sorte de "rage" du plastique qui s'ajustera avec le temps.Malgré les abus, il n'en demeure pas moins vrai que le plastique est un produit peu coûteux dans sa substance, appelé à jouer un rôle important dans notre vie moderne.IL SOULAGE MERVEILLEUSEMENT si votre nez SE BOUCHE LA NUIT Une médication spéciale la respiration .AMENE SI vous n'arrivez pas à vous endormi r parce que la congestion passagère vous bouche le nez et gêne votre respiration—quelques gouttes de VICKS VA-TRO-NOL dans chaque narine vous feront rapidement du bien! Vous sentez cette médication spéciale vous soulager! En général, ce résultat remarquable est dû à ce que le Va-tro-no! apaise la coneestion, corrige qui facilite rapidement UN SOMMEIL RÉPARATEUR! la sécheresse anormale, facilite la respiration—et aide à amener un sommeil reposant et réparateur! JOUISSEZ DU BIEN-ÊTRE QUE LE VA-TRO-NOL VOUS APPORTE—dès ce soir, si vous en avez besoin.Suivez le mode d'emploi.VICKS VA-TRO-NOL votre HOHÎt Les découvertes faites par les garde-malades à corriger les taches du visage Peut-être ne faites-vous pas ce qu'il faut pour corriger les affections de la peau.Les dissimuler sous le maquillage peut les aggraver.Alors pourquoi ne pas faire usage de la Noxzema Skin Cream ?Les garde-malades ont été parmi les premières personnes à découvrir l'efficacité de la Noxzema à corriger l'acné et les taches.Cette crème est préparée selon une formule médicale.Elle contient des in- grédients qui, non seulement soulagent et adoucissent la peau sèche et rugueuse, mais aident réellement à guérir les taches et l'irritation.Faites-en usage fidèlement pendant 10 jours comme crème de nuit et fond de teint.Elle améliorera l'apparence de votre peau.On peut se procurer la Noxzema dans toutes les pharmacies et les magasins à rayons.17é.39é, 59*.NOXZEMA aide a embellir l'epiderme LA REVUE MODERNE — JANVIER 10.J7 44 Fabrication canadienne Le nettoyage des bols de cabinets n'est plus une corvée! Vous n'avez qu'à verser de la Lessive Gillett non diluée et actionner la chasse d'eau.Les taches brunes disparaissent et, en un rien de temps, la porcelaine devient d'une blancheur parfaite.La Gillett peut aussi vous être utile pour déboucher les renvois d'eau, dégraisser les ustensiles et effectuer toutes sortes de nettoyages à la maison.Ne foites jamais dissoudre la lessive dans l'eau chaude.L'action de la lessive elle-même t échauffe l'eau.PILULES MATERNELLES ~1 CES PILULES augmentent la Mwrétion «lu lait chez la femme et lui permettent de nourrir son enfant aussi longtemps (lu'elle le veut sans avoir ses troubles ireriodiquea.Les pilules maternelles sont efficaces dans les cas de dysménorrhée, règles douloureuses, trop abondantes ou trop fréquentes chez les femmes et jeunes filles.Etant composées d'extraits de glandes mammaires, etc., ces bonnes pilules favorisent le développement du buste et son perfectionnement chez la femme et la jeune fille.Demandez à votre médecin de vous prescrire les 100 Pilules Maternelles ou envoyez $2.00 en mandat-poste au Dr JOS COMTOIS, M.D., St-Barthélémy, P.Q.qui vous les enverra affranchies, 33 Jours de traitement.— En vente à Montréal, Pharmacie Laurent, 2610 rue Saint-Jacques et Phar-marle Montréal.A Québec, Pharmacie Bra net et Livernois.Crème Orientale GOURAUD Von, procure satisfaction- Elle too* redonne la peao souple et fraîche d* votre Jeunesse.6 Blanc.ChMr.Rach ¦ I Sun- T am DETECTIVES.Agents secrets.Hommes ambitieux de 18 ans et plus demandés partout au Ca/nada.pour devenir détectives.Ecrivez Immédiatement a Canadian Investlg-atorn, Casier 25.Station T.Montréal.dans toute la ville une cretonne rappelant de près ou de loin ce motif pour les tentures dont vous rêvez.Le pochoir résoudra le problème.Vous relevez le dessin du papier tenture sur un pochoir transparent, vous le découpez à l'aide d'un canif tranchant ou d'une lame de rasoir, et vous reproduisez le motif sur des draperies unies, le dispo sant et le peignant selon votre goût et votre fantaisie.Voulez-vous décorer vos tabliers des mêmes motifs qui ornent votre cuisine, petits Hollandais, moulins à vent, chefs à grand bonnet?Le pochoir comblera vos voeux et pour longtemps! Car les peintures spéciales pour ce genre de travail sont lavables et indélébiles.à condition d'observer certaines précautions.D'abord, il faut laver dans une eau chaude savonneuse le tissu à peindre afin d'en enlever tout l'empois ou l'apprêt.Puis rince l'étoffe, l'essore, la laisse sécher à IH LA 4 Ol I Kl II PARTOUT (Suiie de la page n) demi et enfin on la repasse avec soin afin d'en enlever le moindre pli.Le tissu est maintenant prêt à recevoir la peinture.On tend l'étoffe sur une planche recouverte d'un buvard blanc qui absorbera 11 surplus de peinture.Ce détail est très ini portant à la réussite du travail.Sans le buvard, la peinture aura tendance à s'étendre au-delà du dessin.On applique la peinture avec un pinceau raide, par petites quantités a la fois afin que la couleur pénètre bien dans le tissu.Après quelques essais vous saurez mélanger vos couleurs pour obtenir des teintes intermédiaires qui vous permettront d'obtenir les plus jolis effets.Pour fixer la peinture dans l'étoffe, on la repasse avec un fer chaud dans le cas du coton ou de la toile, et d'un fer doux quand on traite la soie ou la rayonne Rien n'est plus simple.La seule chose à observer est le séchage parfait de la peinture avant de fixer celle-ci dans l'étoffe Méfiez-vous.La peinture semblera lèchi au bout de quelques minutes, mais elle ni le sera tout à fait qu'au bout de 12 à 2-1 heures.De ce détail important dépend la durée des motifs peints a la main.Quand la peinture est bien sèche, on recouvre le dessin peint d'un linge sec ci on repasse avec un fer chaud, 350 degrés pendant au moins une minute.Tourmi le tissu à l'envers et répéter l'opération Pour les tissus de rayonne on emploiera un fer doux, 200 à 230 degrés, mais on prolongera la période du repassage L'étoffe est maintenant imprimée ei mi peut la repasser avec un linge humide afin de lui donner une apparence lisse et glacée.Et si vous êtes habile I faire vous même vos pochoirs, vous trouverez de nombreuses idées dans les dessins des ta pis, des prelarts, de vos robes imprimées Votre home sera un témoignage vivant de votre personnalité et de votre bon goût III MOI S EX Ml IMTI Itlt \ VM I CSuite de la page il) et 1939, sont perdues sans espoir de retour Mussolini avait donné à son peuple un empire ou mieux "l'illusion impériale", car l'on est rêveur sur la productivité de territoires calcinés par le soleil et envahis par les sables du désert africain.En ce qui concerne la Libye, l'Erythrée et la Somalie, plusieurs thèses s'affrontent.Le Négus revendique les possessions italiennes de la Mer Rouge et de l'Océan Indien qui constituent des débouchés maritimes excellents pour son pays.L'U.R.S.S.— on le sait — demande — on ne sait trop au nom de cruelles raisons — que lui soit confiée la tutelle de la Cyrenaïque.Les U.S.A., tout en étant partisans d'une tutelle conjuguée des grandes nations victorieuses épouseraient le point de vue britannique visant à rendre autonome la partie côtière du désert libyque.La Grande Bretagne s'est fait attribuer, devant l'échec des conférences de Paris, la garde pour un an des anciennes colonies italiennes.Mais il y a gros à parier que cette possession provisoire s'affirmera et elle agit d'ailleurs dans ce sens: l'administration militaire britannique en Tri-politaine a permis le retour du "Grand Senoussi" chef religieux très favorable à la cause anglaise et elle a par ailleurs donné des assurances aux indigènes quant à l'expulsion des colons italiens.Ce ne sont pas là des actes de "possesseur temporaire" mais bien de "propriétaires".Quoiqu'il en soit, le régime de "trusteeship" institué par la Charte de l'Atlantique réduit à sa plus simple expression les droits de l'Italie.On assiste donc au déclin et à l'agonie de "l'épopée coloniale" italienne, grandiloquente appellation que le quotidien fasciste "la Stampa" décernait à la série d'agressions et de rapines dont est faite la politique extérieure italienne de l'entre deux-guerres.Mais bien plus graves — à notre sens — sont les amputations de territoires métropolitains dont le gouvernement de Rome ne saurait que fort difficilement se garantir.La peu amusante formule du "Daily Mail": "Trieste est l'un des points de la terre qui contient assez de dynamite pour faire sauter le monde" illustre bien l'opposition farouche des italiens et des yougoslaves sur I'Istrie et la Vénétie julienne.Un compromis a été réalisé entre la thèse de Rome et celle de Belgrade donc implicitement entre celles du Foreign-Office et du Kremlin: Trieste et son arrière-pays seront désormais zone autonome.A ces revendications que présentaient les tenants du Maréchal Tito, s'ajoutent celles de l'Autriche qui considère la partie méridionale du Tyrol comme géographique-ment et ethniquement autrichienne et qui, en conséquence, exige à son profit une rectification de frontières.Les ministres des Affaires Etrangères des quatre grands appelés à statuer sur le bien-fondé de cette demande n'ont cependant pas fait prévaloir la thèse de Vienne.Quant aux possessions italiennes du bassin oriental de la Méditerranée, il est à présumer qu'elles échapperont également au contrôle du gouvernement de Rome La Grèce, dont les fils furent, dans cette guerre, les dignes descendants de leurs valeureux aïeux et qui détient des droits incontestables sur la Mer Egée, exige le retour des îles du Dodecanese avec la grande base de Rhodes.De plus, quel sera le sort de Pentelleria et de l'Archipel pelagien qui rendirent, en raison de leur militarisation, la traversée du Détroit de Sicile très périlleuse durant le conflit et l'on ne peut en les considérant s'empêcher d'évoquer la mythologie qui assignait à Charybe et Scylla, terreur des navigateurs, la même position géographique.Au titre des réparations de guerre, il est indéniable que l'Italie sera amenée à consentir d'autres douloureux sacrifices, l'implacable "Vae victis" des Romains victorieux d'il y a vingt siècles est encore de nos jours lourd de sens et cette nation latine paiera le tribut des aberrations et des crimes de ses gouvernants totalitaires.L'avenir de la nation italienne est encore assombri par les velléités autonomistes des Siciliens, par la pléthore des partis poli tiques, certains conservant intact leur in défectible attachement à la Couronne d'autres, chauds partisans de la Républi que.Pour l'heure, le moins qu'on puisse dire est que l'oeuvre unificatrice du Comte Benso de Cavour semble bien compromise, sans qu'il faille pour cela conclure à un retour à la mosaïque de provinces et de villes franches, véritable "puzzle politique" de l'Italie médiévale.En matière de conclusion, il n'est pas inutile de mentionner une opinion italienne: celle d'Africanus dans le "Naovo Giornale d'Italia" qui s'essaie à légitimer l'empire italien parce que nécessaire à l'équilibre colonialiste (sic) il s'exprime en ces termes: "Si l'Angleterre réussissait à expulser l'Italie d'Afrique, la puissance qui, après nous serait la plus lésée, c'est la France Aussi demande-t-elle que nos colonies nous restent.Pourquoi la France nous protège-t elle en Afrique?Remontons en arrière.Bien que le souvenir de l'affront anglais de Fachoda soit resté toujours vivant dans l'âme assez passionnée des Africanistes français, l'Angleterre et la France.Aussi demande-t-elle que nos être de bonnes amies en Afrique sur le terrain des intérêts réciproques.C'est surtout parce qu'elles ne furent pas limitrophes.Ayant délimité les sphères qui leur revenaient — les Anglais dans la Méditerranée orientale et les Français dans la Méditerranée occidentale — les deux grandes Puissances africaines purent mener une existence de longue concorde, qui n'était pas différente de celle de deux époux qui ne s'entendent pas, mais qui arrivent finalement au bonheur modéré mais sûr de la séparation des biens et des personnes." L'empire italien était donc le "terzo uncomodo" nécessaire.On ne sait quelle valeur revêt aux yeux des vainqueurs, cette solution de statu quo mais soyons assurés qu'elle a eu sa part dans la décision commune des quatre Grands de remettre à l'année prochaine le règlement définitif de la question médi terranéenne, véritable "noeud gordien" delà paix.LA REVUE MODERNE — JANVIER 1ÇM7 I."I I Oil I SOI s .(Suite de la pacte 12) Où sont ses belles théories?"La cliente neut s'égarer, c'est i vous de guider son holl ¦" O duplicité masculine! Annette iNiiche le fond du désespoir.Cette fois, elle n'aura même plus les clous pour se .onsolerl Mais, haussant les épaules, reti-i.int l'affreux blbl de ses cheveux d'argent mauve, la dame intervient: — Mais pas du tout, je ne veux pas il'excuscs.Mademoiselle a dit vrai, je suis ridicule avec ce chapeau, et c'est le plus beau compliment qu'on puisse me faire, celui que j'attendais J'achète ce chapeau précisément pour être ridicule, dans un film que je vais tourner.C'est au tour de M.Raymond de perdre contenance: — Oh' pardon, madame, je ne vous avais pas reconnue.Vous êtes Jenny Rose ray, notre grande artiste.Et Annette, elle aussi, écarquillc les veux: mais oui, c'est Jenny Roscray! Comment ne I'a-t-elle pas reconnue plus tôt?C'est vrai, ça, on ne peut jamais s'imaginer que les étoiles de cinéma vivent en dehors de l'écran, qu'elles circulent parmi les autres mortels, qu'elles peuvent entrer dans un magasin.—¦ Oui, je suis Jenny Roseray, répond la dame en souriant.Et il m'a fallu venir jusqu'à Joliville-Ia-Campagne pour trouver le chapeau du rôle, tel que je le voyais.Je ne l'ai pas trouvé à Paris.— Permettez-moi de vous l'offrir, dit M.Raymond, tout confus, en regrettant de vous faire un si piteux cadeau.J'avais ''intention au prochan inventaire, de vendre tout le stock au chiffonnier, car les vieilles campagnardes elles-mêmes n'en veulent plus! Et tous les trois, M.Raymond, Jenny Roseray et même Annette, rassérénée, se mettent à rire de bon coeur.— Vous avez là une vendeuse remarquable, assura la grande artiste en reprenant son sérieux.Sa conscience profes- sionnelle est tout à son honneur.On n'en trouve plus beaucoup de cette valeur, cher monsieur, croyez-moi! Voilà M.Raymond tout fier d'avoir découvert et protégé ce trésor.L'opinion d'une étoile de cinéma, ça compte! La preuve, c'est que dans les journaux on demande toujours aux artistes — et sou vent à Jenny Roseray — ce qu'ils pensen-de la crise européenne, de la mode de ongles pailletés, ou de questions senti mentales telles que celle-ci: "Un jeune homme riche peut-il épouser une jeune fille de condition inférieure à la sienne s'il lui reconnaît les qualités qui feront son bonheur?" Ce que Jenny Roseray répondrait à cette question?Voyons! c'est facile à deviner! Avant de s'en aller, entre-la double haie admirative et respectueuse de toutes les vendeuses du magasin qui sont accourues pour voir "la grande ve dette", elle effleure de ses doigts gantés 'c visage rougissant d'Annette et murmure avec un clin d'oeil à l'adresse de M Raymond: — Et puis, elle est mignonne comme tout, cette enfant-là! Alors, voilà.Annette n'est plus une vendeuse ordinaire.C'est la vendeuse qui a servi Jenny Roseray, c'est l'héroïne du magasin! Ça vous pose tout de suite d'être héroïne.M.Raymond cause avec elle de l'incroyable aventure, de la grande artiste, de cinéma.Et quand le film passe, six mois après, à Joliville-Ia-Campagne, il emmène Annette au cinéma pour qu'elle voie l'effet du fameux chapeau.Le film est gai, un peu langoureux vers la fin.L'ombre est complice.C'est ainsi, je vous l'avais bien dit, que la semaine dernière, dans la basilique tout illuminée, la petite Annette a épousé M.Raymond, fils unique des Galeries Parisiennes, et tout ça parce qu'une étoile .1 acheté un vieux chapeau! (Reproduction autorise par la Société des Ge-na d« Lettres de Franc*.) (.0114,1 s CHAI DES (Suite de la pade 15) familière à Etienne.Finalement les ténèbres d'un banyan l'absorbèrent.Nerfs tendus, l'amoureux hésita.Cet espionnage lui répugnait et, au surplus, lui paraissait grotesque.Néanmoins ta passion mendiait une certitude et il ne se décidait pas à fuir.C'est alors qu'il perçut un chuchotement d'homme.Un homme! Désormais il lui fallait savoir et, les doigts crispés sur la bourre sèche d'un palmier, il attendit.Quand le couple sortit de l'ombre impénétrable, Etienne reconnut aussitôt, à sa carrure, le grand Marcel qui enlaçait Agnès.Les hommes vaquaient à leur toilette matinale.Rabaud, les yeux bouffis de sommeil, poussa du coude le grand Marcel.— La couchette de Gomet n'est pas dé-faite, remarqua-t-il.L'autre pouffa.— Il doit en avoir gros sur la patate, le don Juan! — Qu'est-ce que vous lui avez fait?questionna quelqu'un.— Une drôle de blague! s'exclama le petit Rabaud.Marcel m'a fait enfiler une robe d'Agnès qui finissait de sécher à la buanderie.Habillé, j'ai traversé la maison et suis sorti par devant pour que Cornet puisse me voir, vous comprenez?Il m'a suivi, comme de juste, et j'ai rejoint Marcel qui a fait semblant de me conter fleurette.On s'est quitté en douce et Marcel a remis la robe à sa place.L'autre idiot n'y a vu que du feu.Il en dira quatre à sa dulcinée! Secoués de gros rires, les hommes étaient entrés dans la salle de l'auberge où Agnès préparait le café.C'est là que Rastogi, tout haletant, apporta la nouvelle: — Un boy arrive de la mine.Parait que, dans la nuit, Gomet est tombé au fond d'un puits.Mais qu'est-ce qu'il foutait là au lieu d'être dans son lit, bon Dieu! Si jeune.Un accident si bête.Et là! fifille, tu ne vas pas te trouver mal, toi?Un homme avait, de justesse, recueilli Agnès dans ses bras et les autres s'empressaient.Le grand Marcel, tête basse, recula lentement.( Reproduction autorlaée par la Société de Gens de Lettres de France.) "C'est heureux pour elle que Roger n'ait jamais eu de veine' "Pauvre Roger, disait Jeanne avec un soupir, il n'a jamais eu beaucoup de veine.-— Non, mais quand on considère ce qu'il a laissé à Rose, il faut admettre que c'est heureux pour elle que Roger n'ait jamais eu de veine — Comment peux-tu dire une chose semblable?— Voici: Roger a organisé sa vie et s'est occupé de ses affaires comme si la chance n'existait pas.C'est ainsi que la situation de Rose est assurée.Roger avait une confiance sans bornes dans l'assurance-vie.C'est à lui que je dois mon habitude de faire un budget Et maintenant, je r'ai plus à me soucier de l'avenir: chaque jour de paye, je mets quelque chose de côté, en prévision de ['avenir." L'Assurance-Vie Gardienne des foyers canadiens Un message des compagnies d'assurance-vie et de leur mgt ut s au Canada, LA REVUE MODERNE — JANVIER IO47 EDITORIAL ENTRE NOUS La loi de la citoyenneté canadienne, enliée en vigueur le premier janvier, vient confir mer légalement, tant à l intérieur qu à l ex térieur, un état de fait que les mérites écla tants de netre pays ont depuis longtemps établi: le Canada est un pays majeur, libre de ses décisions, responsable à sa seule conscience souveraine.Dans l acheminement vers la souveraineté absolue, c'est un pas décisif.C est aussi la conséquence logique des res ponsabilités que notre pays a prises dans le domaine extérieur.C est enfin l'aboutisse ment de presque un siècle de progrès dans l évolution progressive et prudente de notre nation.Nous continuerons d'être liés au Commonwealth des nations britanniques par des liens de loyauté, d affection et d'intérêt mutuel, mais les assises véritables de notre grandeur future viennent d être posées sur le fond le plus solide: le sentiment national.Cette citoyenneté, qui ne comporte pas que des prérogatives mais aussi des devoirs, aura sans doute comme principal mérite d être un agent agglomératif.Sur le plan intérieur, le Canada pourra se permettre de rester une mosaïque de peuples divers.La nationalité canadienne n'exclut pas les caractères ethniques que les groupes impor tants voudront conserver.Notre système fé dératif favorise même le maintien de ces dif férences.La nation n en présentera que plus d intérêt aux yeux de l étranger et nous pourrons en plus bénéficier de tous les apports.Mais toutes différences seront abolies lors qu il s'agira d'engagements extérieurs à prendre ou à respecter.Si tous nos conipa triotes se pénètrent de la dignité que leur confère le statut de citoyens, ils en arriveront à penser exclusivement "canadien et l'union motivée à laquelle nous aspirons sera enfin réalisée.C est pourquoi il importe que ce progrès soit autre chose qu'une disposition légale.Des manifestations extérieures sont nécessaires si l on veut que le symbole porte toute sa signification et chaque Canadien, à sa majorité, devra comprendre qu avec le droit de voter, lui incombent de sérieuses responsabilités.De même le Néo-Canadien fran chira des étapes successives apanf d obtenir sa citoyenneté.Il connaîtra, le jour de son acceptation, l'étendue des devoirs qu il assume et des avantages qu on lui offre.Peut-être aussi notre citoyenneté fera-t- Hon.Hector Authier Roland Beaudry, M.P.l'réntlient Vlc»-prénl
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